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 De l'utilité de l'art {Libre}

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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: De l'utilité de l'art {Libre}   Mer 14 Jan - 17:36

Mardi 25 Novembre 2014 – 02 : 34 P.M.
S’installer c’était bien, une bonne base, un truc à faire avant les autres ; et on l’avait fait aussi bien que possible. Maintenant il s’agissait de remplir et là il y avait des priorités. Les placards de la cuisine et le réfrigérateur étaient en pôle position mais heureusement Maman s’en était chargée le matin-même, à des heures que j’ai toujours trouvées mal placées mais de toute façon je n’avais pas mon mot à dire que ce soit sur le placement ou le fait qu’elle y aille à ces heures-là ; j’avais bien eu le choix de me lever pour l’accompagner mais me lever quoi ! Le soleil était pas assez haut entre les immeubles pour que je le fasse et puis même si je devais me réhabituer avant de retourner en cours il me restait un mois avant la prochaine rentrée disons que… c’était un sujet compliqué qui restait à voir sur le tas comme d’hab’. Et non c’était pas moi le tas !

Toujours était-il que considérant que nos affaires n’étaient pas suffisantes pour remplir le reste je me méfiais ; oui, les placards étaient bien remplis, oui Papa bosserait dès la semaine prochaine et Maman allait avoir une aide à l’emploi, Marshal n’avait pas à refaire le sermon à un « tas », je restais sur mon idée. Fine Fare serait un bon plan B au besoin mais le supermarché était trop proche de la maison pour qu’on ne soit pas capable de reconnaitre ma tête et était trop petit pour que je ne m’y fasse pas remarquer rapidement, au mieux je ramènerai un portefeuille trouvé mais à partir du second je serais grillée. Néanmoins il restait intéressant puisque la majeure partie des gens qui y allait vivait dans les environs donc, moyennant que je réussisse à passer les portes magnétiques des autres bâtiments, je pourrais leur ramener tranquillement dans les boites aux lettres. Un bon plan B, comme je disais, mais que je n’avais pas encore pu repérer comme je le souhaitais.

En continuant sur Clinton Street, une rue où j’éviterai de trouver un stage, on arrivait sur Grand Street et les deux coins étaient occupés par une pharmacie, un plan Z vu que les personnes y allaient pas par plaisir généralement, et une banque Citibank, ce qui n’était pas un plan du tout ça. En continuité du bâtiment de la banque et du supermarché se trouvait un magasin de vins et spiritueux, donc là aussi c’était mort j’avais même pas le droit de rentrer, et de l’autre côté il y avait un arrêt de métro qui, je crois, était plus sécurisé que la banque. Bon… Ensuite c’était des parkings sur je sais pas combien de dizaines de mètres puis les route menant à Williamsburg Bridge, ce qui limitait mon territoire pour l’heure ; le commissariat de Papa était en dessous en tout cas, je savais comment y aller du coup ce qui serait très pratique pour en revenir seule.

En revenant sur Grand Street, qui méritait bien son nom, il y avait d’un côté un fast-food spécialisé crème brulée et gousse de vanille, deux restaurants et Essex Street. Essex Street, c’était un peu comme la frontière entre le terrain de chez moi, où je devais être sage, et celui où je pouvais faire ce que j’ai envie : des bâtiments en bordel tout serrés les uns contre les autres, des magasins, des restaurants, des cafés, des bars, des banques, le seul point négatif c’est qu’il y avait aussi le complexe scolaire incluant la Seward Park High School ; mais je tacherai de m’en accommoder, et puis c’était plutôt positif d’avoir son école sur son terrain de chasse en fait. Les chinois c’était l’avenir, même dans Manhattan !

C’était donc dans l’est de Chinatown, à deux cents mètres de chez moi, que je pouvais commencer à faire du repérage efficace. Il était une heure de l’après-midi qui m’était inconnue, il devait faire aux alentour de cinq degré selon moi, et j’avais trouvé mon poste d’observation au-dessus d’un magasin de fringue, Project No. 8, dont le bâtiment était doté d’un escalier de secours et qui laissait à voir les entrées des deux galeries d'art se trouvant sur l’immeuble opposé vis-à-vis du croisement Orchard et Hester Street ainsi que celle de l’immeuble d’en face comme de ceux d’à côté, lesquels en contenaient respectivement une et trois autres. Oh, inutile de dire qu’une gamine de quinze ans et dont la taille dépassait à peine dix fois ce chiffre, vêtue d’une veste de cuir de laquelle dépasse la capuche d’un sweat toute aussi baissée qu’elle soit et d’un survêtement lacéré maintenu par des sangles, n’avait rien à faire de l’art ; outre qu’elle n’y comprenait rien elle ne s’y intéressait pas, bien plus préoccupée par la matière et en ces instants les clients qui entraient et sortaient. Mais nulle crainte, je tâchais également d’avoir l’œil sur BBS Products Inc, le concessionnaire de motos se trouvant également dans la rue d’en face, parce qu’on avait beau être dans un regroupement de bâtiments plutôt branché art il ne fallait pas oublier qu’on était aux US.

Mitaines sur les mains elles-mêmes sur les barreaux de l’escalier de secours, je restais accroupie à regarder tout ce beau monde en tâchant d’en trouver un plus intéressant que les autres, quelque soit le détail qui me fasse tiquer. Le post était bon, j’y reviendrais en attendant que l’hiver se finisse et que le terrain devienne plus propice pour décamper, néanmoins même sans essayer de voler commencer à suivre n’était pas impossible ; ça dépendrait de si la personne semblait plus riche ou plus intéressante, l’idéal étant les deux mais je savais me satisfaire à mon petit niveau.

Et puis il fallait faire gaffe, on était vraiment pas loin de Mutant Town et potentiellement une personne sur dix de celles qui passaient était un mutant ; pourquoi ceux qu’on voyait à la télé avaient généralement une pancarte « I’m Mutant » alors que là il y avait que des gens semblant normaux dans la rue ? Pas une queue qui dépasse, pas une peau d’une couleur étrange, pas un mec qui se balade tellement emmitouflé qu’à défaut d’avoir « Mutant » au-dessus de lui il a « Cache un truc »…

Mais bon, l’observation c’était comme la pèche, en moins chiant : on n’attendait pas bêtement, on observait ces gens qui pour la plupart ne levaient pas le nez suffisamment haut pour me voir. D’un autre côté apparemment une mannequin c’était baladée avec un jeans en bodypainting et il avait fallut qu’elle aille dans le métro pour être captée par des ados, donc ça n’avait rien d’étonnant que l’américain moyen ait le niveau d’observation d’une chauve-souris. Fonctionnaient-ils tous au radar ? Merde, dans un quartier « artistique » ça ferait bien chier. D’où l’importance du mec avec les motos.

En fait, le seul défaut à mon plan c’est ma planque. Elle est cool y’a même un paravent au-dessous pour les besoin d’évacuation rapide mais comme le dit ledit paravent, c’est un immeuble d’appartement à louer et j’ai pas vérifié s’il y avait quelqu’un ou pas. Bah, de toute façon je ne cherchais pas à m’introduire chez lui et l’escalier de secours il donnait bien sur un lieu public, j’avais le droit d’être là. Nan ? Damn it…

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: De l'utilité de l'art {Libre}   Lun 26 Jan - 21:21

Mardi 25 Novembre 2014, 14:34 UTC, Chinatown, New-York, USA

Déjà des heures qu’Abraham était debout.
De mémoire, le réveil avait affiché un peu moins de 8h au moment où il avait décidé de quitter la tiédeur et le confort de la couette. Energique, il l’avait écartée d’un mouvement ample, sans ménagement, et s’était levé juste après, s’étirant comme à son habitude. Personne n’était là pour lui reprocher le bruit provoqué par ses os de toute façon. Alors pourquoi s’en priver ?
Réflexe, presque conditionné il fallait bien le dire, il avait refait son lit, tiré les rideaux et ouvert en grand la fenêtre malgré la température extérieure. Comme tous les jours. Excepté le dimanche peut-être. Quoique … cela dépendait du dimanche. Il jeta un petit coup d’œil critique par la fenêtre sur son jardin. Et l’idée d’offrir une petite coupe à la pelouse lui traversa l’esprit. Peut-être plus tard dans la journée, s’il en avait le temps. S’il en prenait le temps.

Laissant sa chambre s’aérer, il avait enchainé avec un petit-déjeuner léger dont la vaisselle avait été faite aussitôt une fois celui-ci terminé. Pour un verre, un mug et une cuillère, le temps nécessaire était plus que réduit. Cinq minutes tout au plus. A partir de là, le rituel avait commencé : la tenue de sport en adéquation avec l’époque pour éviter de se les geler dehors, baskets aux pieds, téléphone dans une poche intérieure de sa veste, portefeuille dans une autre et surtout, playlist lancée, diffusion directe au creux des oreilles via les écouteurs qui le quittaient rarement quand il était en extérieur. Une fenêtre refermée plus tard et une fois sur le palier, les clés de chez lui avaient rejoint une des poches après qu’elles aient tournée dans la serrure de la porte. Il avait vérifié qu’elle était bien verrouillée puis il était parti sans attendre.

L’américain n’avait pas cours aujourd’hui. Il n’avait donc aucun horaire particulier à tenir. Et il n’avait pas non plus de compte à rendre, c’est pourquoi il allait courir si tôt et qu’il allait se permettre une bonne boucle. Déjà, il y aurait moins de monde autour du réservoir, car c’était là-bas que le menait son itinéraire. Et puis, cela lui laissait le reste de la journée pour s’organiser comme il l’entendait, d’autant plus qu’il avait un repas à organiser pour le soir. Sauf erreur d’estimation ou interruption inopportune, il aurait la fin de la matinée pour vérifier son menu et toute l’après-midi pour le préparer.
L’entrainement militaire et la pratique régulière aidant, sa vitesse de course était bien supérieure à la moyenne. Pour les mêmes raisons, il savait la réguler selon le temps dont il disposait et ses objectifs du moment. Cette fois, il allait rester tranquille, profitant de l’occasion plutôt pour se dégourdir les guiboles que pour courir et se maintenir à niveau. De ce fait, malgré la distance entre son chez-lui et Central Park, malgré l’utilisation du réservoir comme d’un rond-point pour faire demi-tour, il n’était qu’à peine onze heures quand il s’arrêtait devant sa porte d’entrée.
Il termina la bouteille d’eau qu’il avait gardée à la main pendant sa course et s’étira, déployant son mètre 92 en tendant les bras au-dessus de sa tête. Il posa alors le contenant en plastique, maintenant vide, près du seuil et compléta son exercice matinal par une série d’étirements et d’extensions. Il serait quand même dommage de se chopper des courbatures à cause de cet oubli.

Ce n’est qu’une fois l’ensemble achevé qu’il récupéra la bouteille et qu’il rentra enfin chez lui, refermant derrière lui. Un petit détour par la cuisine lui permit de la jeter dans les recyclables et un autre par sa chambre le délesta de son portable, de son portefeuille et de ses écouteurs. Il retourna dans l’entrée pour y larguer ses chaussures avant d’aller dans la salle de bain. Ses fringues finirent dans le panier de linge sale avant qu’il ne se glisse sous la douche, profitant honteusement du ballon d’eau chaude. Personne ne viendrait râler si l’eau était froide.
Tout en restant en serviette, et sans répandre d’eau partout, il retourna en cuisine et commença à parcourir ses placards les uns après les autres. Il vérifiait s’il avait tout ce qu’il lui fallait pour se mettre aux fourneaux dans les heures à venir. Faire des courses ne le dérangeait pas. S’interrompre en revanche, c’était une autre histoire. Il conclut par le réfrigérateur. Et la réponse était non. Un petit aller-retour à Chinatown allait s’imposer. Après tout, rien de plus logique quand on prévoyait un repas asiatique. Il sortit un bloc-notes ainsi qu’un crayon d’un des tiroirs pour noter sur la première page les ingrédients manquants … et quelques autres en bonus, quitte à ne pas se déplacer pour rien. De toute façon, il savait très bien où s’adresser.

Les instants suivants se découpèrent entre enfiler des fringues sèches, laisser ses cheveux en vrac, déjeuner en paix et faire sa vaisselle. Puis s’en suivit le choix de la veste et la réinstallation des classiques : portefeuille, portable, écouteurs. Il repassa en cuisine pour non seulement prendre la liste, qu’il serait idiot d’oublier maintenant qu’elle était faite, mais aussi attraper deux sacs pour rapporter ses denrées. Après ça, la porte d’entrée était de nouveau close et il était reparti à pied.

Et cela faisait maintenant une trentaine de minutes qu’il déambulait dans les rues, de boutique en boutique, rassemblant tout ce qu’il avait listé. Un seul des sacs était employé pour l’instant, il n’était même pas sûr d’utiliser le second. Mais il avait préféré prévoir pour éviter de galérer au retour. Alors qu’il s’avançait vers une épicerie, il se sentit observé. Non, toujours pas de second pouvoir à son actif, simplement un simple sixième sens développé tout au long de ces dernières années. Il fronça les sourcils et se retourna pour jeter un coup d’œil aux passants. Rien ne lui sauta aux yeux. Il haussa les épaules et fit résonner la clochette d’une porte d’entrée.

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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: De l'utilité de l'art {Libre}   Mer 28 Jan - 21:31

Il aurait fallut que je trouve une montre. C’était toujours utile une montre. Juste que c’était dur à trouver, parce que les gens réagissaient vachement aux frôlements à leurs poignets. Non, cela ne me venait pas à l’esprit parce que je m’emmerdais mais un mardi après-midi d’hiver à attendre en regardant les entrées de galeries d’art de l’est de Chinatown… disons qu’il y avait plus intéressant à faire. Pas tant de gens que ça dans les rues, d’une, ce qui réduisait encore le nombre de personnes à s’y arrêter, de deux, et pas un seul qui semblait intéressant, de trois. En fait, cette planque serait bien les jours de vernissage ou lorsqu’il y aurait des touristes, les jours avec des groupes quoi. Après, il y avait quant même quelques allées et venues mais personne qui ne donnait envie d’être suivi ; sans doute que dans plusieurs semaines, une fois des visiteurs réguliers repérés, ça pourrait le faire. Mais pour l’heure, non. Peut-être vaudrait-il mieux y venir les samedis, plutôt : en week-end, les gens avaient sans doute plus le temps de sortir. Ouais, à faire s’il n’y avait personne d’un minimum intéressant vu dans la journée. Parce que parfaitement, je répartissais mes postes d’observation fonction des jours pas par amour particulier de la routine mais parce que la plupart des gens en avait une et donc que pour les observer sur le plus ou moins long terme, il fallait bien s’y adapter.

En tout cas, du haut de mon point de surveillance, j’avais fini par m’assoir puis m’étaler, chaque chose en son temps. Ce n’était pas des plus confortables mais ce n’était pas fait pour l’être non plus. J’en serais presque allé jusqu’à toquer à la fenêtre pour savoir s’il y avait quelqu’un et s’il n’avait pas un ou deux coussins à prêter ; presque. La boisson chaude n’aurait pas été de refus non plus mais, de toute façon, si je m’écoutais (et si il m’écoutait d’ailleurs) j’aurai fini par m’installer chez lui pour le confort.

En attendant, je restais perchée en attendant justement. Heureusement que j’avais trop de mauvaise fois pour revenir sur ma comparaison avec la pêche. Et pour l’étayer, même, je dirais qu’à la pêche tu as du suspens avant d’avoir une prise, alors que moi je devais attendre d’avoir une prise pour avoir du suspens. Je ne savais pas réellement si cela plaidait en ma faveur ce genre de pensées mais bon, comme elles restaient bien sagement dans ma tête il n’y avait de crainte à avoir.

Continuant de regarder les passants faire leur activité leur valant ce titre, formulation compliquée pour dire passer mais qui avait le mérite de m’occuper un peu plus, j’en remarquais un différent des autres ; pas qu’ils soient tous les mêmes mais celui-là je ne savais pas réellement. Il y avait quelque chose. La tête en plus qu’il avait sur tout le monde ? Ouais, surement ça, ça aidait bien à le repérer. La taille comptait, toujours.

Blanc, brun, grand, athlétique, tenue neutre voir basique mais sauvée de justesse par la veste de cuir, sac de course à la main, il n’était pas du genre à clignoter comme un point d’intérêt mais il était suffisant pour que je me remette sur mes pattes et le regarde remonter Orchard Street ; chose qu’il faisait à une bonne allure, d’ailleurs. Il arriva au coin du croisement avec Hester, s’arrêtant un instant pour regarder aux alentours. Il était perdu ? Non, c’était les autres passants qu’il regardait. Quoi alors ? Je ne savais pas mais c’était bon, j’avais mon quelqu’un d’intéressant ; comme quoi il n’en fallait pas beaucoup, juste une presqu’armoire à glace en train de faire ses courses. Mais je faisais confiance en mon instinct, il m’avait toujours bien aidé lorsqu’il était là à l’heure.

Grand'course reparti rapidement et j’entrepris alors de le suivre, me relevant et m’accrochant à l’échelle de secours permettant de descendre jusqu’à la rue pour, sans la déplier, redescendre jusqu’au béton des citadins en limitant juste la chute. Et cette fois, je n’eus pas besoin de grimper et de bondir en laissant une grosse trace de chaussure de neige poisseuse sur la vitre du magasin ! Bon, c’était pas des plus discrets non plus mais à part quelques regards que j’ignorais en enfonçant les mains dans les poches et traversant au passage piéton, je n’avais pas l’impression d’avoir été trop remarquée. Me retrouvant sur la rue d’en face, je retraversais rapidement pour suivre Hester depuis l’autre trottoir, perdant quelques instants de vue Grand'course qui avait contourné le bloc sur Allen Street ; Allen Street que je rejoignis donc en passant devant la poissonnerie qui ne m’aida pas à regarder au bon endroit. Mais bon, un nouveau passage piéton plus tard, j’étais sur Allen Street et cherchait mon intérêt du jour qui vraisemblablement n’y était plus.

Enfin, plus visible : c’était donc vers les enseignes que je tournais mon regard puisqu’après tout, il avait un sac de course. Outre le restaurant chinois qui faisait l’angle, il y avait surtout un cybercafé exclusivement cyber, une agence de consultation, une imprimerie et une épicerie. Bon, et bien que de choix ; la technique ? Prendre le passage piéton pour se retrouver entre les deux doubles voies d’Allen Street, un petit passage encadré de pistes cyclables, de barrière et d’arbres nus, et marché sur l’autre trottoir en regardant les vitrines disponibles voir s’il y était puis se poser à un endroit et attendre qu’il ressort si ce n’était pas le cas. Le restaurant et l’agence de consulting c’était peu probable, le cybercafé aussi. Restait les deux autres ainsi ce fut à mi-chemin entre eux que je m’arrêtais pour me caler sous un arbre, à simplement regarder et attendre.

Il allait bien finir par ressortir et là il me suffirait de marcher tranquillement pour le suivre, sachant que s’il revenait sur ses pas j’avais un passage piéton (le même que déjà prit) pour revenir sur les miens également et que s’il continuait à descendre au prochain carrefour j’en aurai un autre pour rejoindre son trottoir, quelque soit la direction qu’il prenne. Plan approuvé, patience éprouvée. C’était parti.

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: De l'utilité de l'art {Libre}   Lun 2 Fév - 19:59

Il était rentré naturellement et il avait salué l’agent d’accueil avec son sourire habituel. Ce dernier lui avait demandé de lui montrer ses sacs, il s’était exécuté sans l’ombre d’une hésitation, son regard allant par réflexe vers l’entrée. Mais personne ne l’avait franchie. Quand il avait eu l’aval, il s’était engagé dans la première allée qui s’était présentée, celle avec une vue imprenable sur la porte. Comme s’il cherchait quelque chose, il s’était arrêté à mi-hauteur et lorgnait sur les articles rangés sur l’étagère la plus éloignée du sol. Ce n’était qu’apparent, tout son esprit était tourné vers l’accès au magasin. Même s’il n’avait aucun pouvoir à ce sujet, il était certain d’avoir été observé en venant ici. Il n’était pas paranoïaque, loin de là d’ailleurs, mais  s’il commençait à l’être, il aimait autant le vérifier rapidement …

Abraham attendit quelques instants mais aucune âme ne se présenta. Il ne s’en offusqua pas. Si les rôles avaient été inversés, il serait méfié d’un réflexe de ce genre. Lui, il aurait attendu dehors. S’il n’y avait qu’une sortie, c’était un moyen sûr de ne pas rater sa cible. Il quitta le rayon et débuta réellement ses courses, pour les quelques ingrédients qu’il lui manquait. L’idée d’une seconde sortie faisait toujours son petit bonhomme de chemin. N’ayant pas eu le besoin d’obtenir les plans du quartier et ne venant pas assez régulièrement, il n’avait pas la moindre esquisse de l’organisation des lieux en tête. Il n’était pas non plus en mission. Enfin, si. Mais pas de ce genre-là. La sienne était uniquement culinaire et c’était bien suffisant. Autrement, c’est un autre genre de sacs qu’il aurait et ses poches ne contiendraient ni portefeuille ni clés. Plutôt chargeurs et autres petits outils utiles. Et il aurait déjà repéré les lieux et toutes les voies d’accès et de retraits possibles.
Sans avoir besoin de chercher des yeux l’enseigne lumineuse qui indiquerait une voir plusieurs sorties de secours, il doutait de pouvoir passer par là sans avoir à se justifier. S’il n’avait pas réellement besoin de ces produits, il l’aurait fait. Mais le repas de ce soir avait plus d’importance à ses yeux que le fait d’être potentiellement suivi. Et puis, ce n’était pas la seule corde à son arc. Une téléportation serait tout aussi efficace et l’éventuel suiveur se retrouverait le bec dans l’eau. Sauf s’il avait été marqué mais là, il voyait vraiment trop loin. Cela dit, disparaître au milieu de l’épicerie serait fort peu discret. Au détour d’une ruelle en revanche … c’était parfaitement envisageable. Ce n’était pas ça qui manquait par ici, les petits recoins sombres.
Souriant et confiant, il poursuivit ses achats qu’il termina rapidement puis passa en caisse, jetant tout de même un œil à l’entrée, par réflexe. Peut-être allait-il s’amuser un peu en sortant. Ou peut-être les infiltrations et filatures lui manquaient trop. Peut-être un mélange de tout ça à la fois. Il remercia le caissier avant de récupérer son second sac qu’il avait rempli uniquement pour rester équilibré et ne pas se fatiguer en vain. Puis il sortit l’air de rien.

Rien ne le frappa au premier abord. Mais c’était souvent au second que les détails pouvaient sauter aux yeux ou au moins se démarquer. Il tourna une fois la tête à droite, fronçant les sourcils, puis à gauche, levant le menton comme s’il cherchait quelqu’un. La rue n’était pas bondée mais c’était suffisant pour ralentir son observation. Il leva le bras gauche et dégagea un peu la manche pour regarda sa montre. Il passa son sac de la main droite vers la gauche puis sortit son portable pour naviguer dans des menus au hasard, simplement pour avoir l’air de vérifier quelque chose afin de donner le change. Quelques personnes apparaissaient en surimpression des autres : une jeune femme plutôt typée des îles qui mâchouillait sans doute un chewing-gum tout en pianotant sur son portable, un homme probablement chinois assis sur un banc pas très loin, ne lisant pas du tout son journal puisque ses yeux ne suivait ni ligne ni colonne de lecture, une ado appuyée contre un arbre qui semblait attendre quelqu’un et un monsieur tout le monde qui marchait lui-aussi au milieu des deux voies.
Et bien, c’était le moment de voir ce qu’il en était. Il posa les deux sacs par terre, entre ses jambes, le temps de se préparer. Il sortit ses écouteurs, les brancha sur son portable mais ne lança aucune playlist avant de prendre soin de le remettre dans sa poche. Il replaça sa veste et tendit simplement les bras pour ramasser ses sacs. Puis sans attendre, il embraya vers le sud. S’il continuait sur Allen Street, il allait croiser Canal Street. Là, il prendrait à droite pour dépasser Eldrigde Street puis Forsyth Street.
Ne lui resterait qu’à emprunter le chemin réservé aux piétons pour le Manhattan Bridge.

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MessageSujet: Re: De l'utilité de l'art {Libre}   Mer 4 Fév - 21:18

Après je-ne-savais-pas-combien-de-temps à attendre de trouver quelqu’un, le perdre était assez frustrant même si je le retrouvais relativement rapidement ; pas suffisamment pour m’empêcher de penser cependant. Et quand il s’agissait de penser et bien je cogitais pas mal. Ça occupait, généralement, sauf quand c’était pour envisager un foirage bête et m’auto-frustrer gratuitement. Mais il fallait être logique : Grand’course était innocent jusqu’à preuve du contraire, comme tout le monde. Innocent de quoi ? Et bien, de délit de fuite. Cela ne semblait-il logique qu’à moi ?

Enfin bon, patience était mère de sureté à moins que ce soit d’autre chose mais en tout cas patience était alors je devais être patiente aussi même si j’estimais l’avoir déjà bien été. En tout cas, pour m’occuper, j’avais pris sur moi de commencer à lui rédiger une fiche, au Grand’course. Mon carnet de stalkeuse dans une main, un stylo effaçable dans l’autre, je rajoutais le surnom et la localisation à une autre liste de nom des plus obsolètes : Grand’course, Orchard/Hester/Allen, Mardi, milieu d’après-midi. Il fallait vraiment que je me trouve une montre. Hors de question de demander à un passant, pas que les rendre utiles m’aurait troué le cul mais plutôt que l’on m’avait apprit à ne pas parler aux étrangers. Oui, parfaitement, j’étais très silencieuse quand j’observais les gens ! Même durant leur filature ! Surtout durant leur filature, d’ailleurs… Encore que… C’était une excellente question cela : ne pas plus parler quand je suivais quelqu’un considérant que je ne parlais déjà pas de norme était-ce considérable comme moins parler ou comme parler également dans le sens où je ne parlais déjà pas ?

Une dizaine de minutes de réflexion plus tard, voici un Grand’course qui sortait de l’épicerie avec son sac lui ayant valu la moitié de la désignation. Le fait d’avoir eut raison me fit sourire intérieurement, j’adorais avoir raison. Après, la situation aurait pue être encore mieux si j’avais eue raison et qu’il avait eu tord mais difficile de voir en quoi il avait eu tord alors je me contentais aisément d’avoir raison. Et alors qu’il entreprenait de regarder autour de lui j’en faisais de même pour noter ce que je supposais être son habitude, ressortant mon petit journal de ma poche ventrale sans me presser ; il était à nouveau là, je n’allais pas le perdre, inutile de paraitre plus suspecte que n’importe quelle personne immobile dans la foule. Tout était question de naturel, je n’avais rien de remarquable et je le savais. Hors donc, lui avait sa montre et son téléphone et moi mon carnet et un grand besoin de montre. Mais passons : Grand’course, Orchard/Hester/Allen, Mardi, milieu d’après-midi, Buffalo Trading, avec une flèche depuis le nom de l’épicerie jusqu’à la rue pour me rappeler où allait quoi ; oui, autant la partie journal intime était correctement entretenue, autant les pages stalker étaient des plus brouillons. Même mes cours étaient dans un meilleur état ! Bon, ils étaient beaucoup moins remplis aussi…

Tiens d’ailleurs, il était rempli son sac de course ? Un peu plus ou un peu moins, j’étais bien incapable de le dire vu la distance. Je le laissais donc repartir, ce qu’il fit après avoir sorti une boite à musique quelconque et mis des oreillettes. Rangeant simplement mon carnet et mon stylo, je commençais à marcher à mon tour, continuant de regarder dans sa direction. Et main dans les poches, c’était très important ça ! Pour deux raisons, la première étant qu’il faisait plus chaud dedans que dehors et la seconde qu’il se trouvait une chose que j’aimais tenir en main au cas où.

Grand’course descendit la rue en longeant le bloc d’immeuble alors que j’en fis de même sous couvert des arbres, pour peu qu’on considère qu’ils couvraient encore quelque chose malgré l’absence de feuilles, puis entreprit de tourner au croisement avec Canal Street ; et il entreprit de pas tourner dans le bon sens ce con : il venait vers moi ! Enfin, vers moi, tout était question de point de vue : il venait vers la voix depuis laquelle je l’observais, la nuance était grande. Sauf, évidemment, s’il me gaulait ce faisant. Mais il était inutile et con de paniquer et je ne le fis pas, même si je me tendis et que mon cœur s’accéléra légèrement. Ne ralentissant pas ma marche, je corrigeais ma direction vers l’autre rue également, pour prendre de l’avance en quelque sorte. Le passage piéton le ralentirait le temps que je vienne me placer vers l’autre voix d’Allen Street, pour suivre Canal Street vers l’intérieur de Manhattan. La mauvaise nouvelle, c’était que j’allais sortir du territoire exploré et que je navigerai à l’aveugle. La bonne nouvelle… nan en fait, j’en voyais pas pour l’heure. Donc l’autre mauvaise nouvelle, c’était que j’allais au mieux faire une filature par l’avant. Et ça c’était vachement plus compliquer : d’une, les gens ils ont des yeux à l’avant, de deux les miens étant peu ou prou aux mêmes emplacements, bah si j’étais devant je ne pouvais plus suivre discrètement quelqu’un ! Bloody Hell !

Ne perdant pas mon calme pour autant, j’attendis simplement que le feu passe au vert en resserrant ma prise dans ma poche puis entrepris de travers la rue et de faire le pet à l’autre passage piéton pour travers encore. Grand’course venait du sud, donc il faudrait qu’il reparte au sud à un moment ou un autre. Que j’en fasse déjà à cette intersection pour être prête à continuer sur Canal comme sur Allen, cela ne changeait pas grand-chose. On devait rejoindre Division Street que l’on suive Allen ou la prochaine rue dont le nom m’était inconnu pour l’heure ainsi, même s’il n’était pas dans l’intention de contourner le bloc d’immeubles pour ne pas risquer de le perdre encore, je gardais l’intention de recommencer à le suivre dès qu’il serait passé derrière moi ou à mon côté. Après, rien qu’aux vues des enseignes des magasins, on arrivait dans un truc plus commercial dont il était possible qu’il s’arrête je-ne-savais-où également pour continuer ses courses.

Mais bon, s’il continuait de se diriger vers l’intérieur j’en ferais de même depuis l’autre trottoir et s’il se dirigeait vers le sud et… ah bas non, il continuait vers l’intérieur. Bon, et bien plan A : on traversait la rue et on continuait à suivre depuis l’autre trottoir, en bénissant le temps mit pour traverser le passage piéton. Un carrefour inconnu, puis un autre où il entreprit à nouveau d’aller vers le sud et me repositionna dans la même posture que précédemment : il revenait vers moi… Bon, si ça n’avait pas été le but que d’ainsi me coller sur le trottoir sud, j’aurai pu m’en plaindre mais… nan, en fait, je m’en plaignais quand même : goddamn, il allait arrêter de se rapprocher de moi ! Pas que je ne voulais pas le voir de plus prêt mais ça c’était à mon initiative ! Question de principe.

En plus, y’avais quoi au croisement de Canal Street et dela rue au pied du Manhattan Bridge ? Le magasin de variété Goodvieiw Trading ? Qu’est-ce que j’aurai bien put aller foutre dans un magasin de variété, si ce n’était demander ce que c’était que la variété ? Nan, du coup, j’attendais encore devant un passage piéton pour traverser et pour me retrouver sur la rue d’en face, comme lui s’il voulait emprunter la voie piétonne du pont en somme… Ouef mais là j’étais coincée en fait : si je poursuivais sur le même trottoir et qu’il prenait la voie piétonne, je pouvais plus le suivre, si j’en changeais je serais obligée de prendre la voie piétonne aussi et du coup j’allais beaucoup trop m’éloigner du terrain reconnu. Damn it !

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: De l'utilité de l'art {Libre}   Jeu 12 Fév - 21:20

Abraham, une fois ces sacs en main, avait embrayé directement sur Allen Street, direction le Sud afin d’atteindre le croisement avec Canal Street. De là, il pourrait tourner la tête sans être spécialement repéré, donnant simplement l’impression de vérifier la circulation avant de traverser. Nettement plus naturel que de se retourner au milieu de la rue … s’il y avait eu un trajet de bus ou de tram, il aurait pu faire croire que c’était cela qu’il surveillait. Et se mettre à courir après. Là, ç’aurait été radical pour voir qui le suivait. S’il l’était bel et bien. En attendant, la distance était d’un tout petit plus que 100 mètres, il ne mit pas longtemps à atteindre sa première zone de vérification, la longueur de ses enjambées y étant pour quelque chose, et se tourna vers la droite, regardant Canal Street et l’intérieur des terres.
Aucun des quatre supposés ne vint se mettre à sa hauteur. Mais le principe d’une filature était de rester à distance alors … cela dit, agir ainsi pouvait être un pied-de-nez aux techniques habituelles. Son unité y avait déjà recours. Après tout, ceux qui craignaient d’être suivis regardaient souvent au loin, pas sous leur nez. Et en tout cas, sous le sien, il n’y avait rien. En revanche, un peu plus loin … il en avait deux. L’adolescente et le monsieur tout le monde qui passaient tous deux de la voie centrale vers l’intérieur eux-aussi. Œuvraient-ils ensemble ? Peu probable mais il gardait tout de même l’hypothèse, histoire de ne pas être surpris si tel était le cas. Quoiqu’il en soit, leur choix de direction l’avantageait beaucoup : c’est lui qui se retrouvait derrière. Bien plus simple pour les observer tout en avançant tranquillement.

Le piéton passa au vert pour tout le monde. Finalement, il traversa sans changer d’orientation. Initialement, il avait prévu de rejoindre l’autre trottoir de Canal Street pour pouvoir attraper directement le passage qui menait au pont. Là, il se laissait un peu de temps pour observer … et la possibilité de changer totalement de trajet sans donner d’indice sur sa destination première. L’autre homme garda le même cap, s’éloignant doucement sans donner l’impression d’en avoir après lui. Ce qui était le mieux à faire s’il était effectivement en filature. Seule la jeune fille se plaça, comme il en avait eu l’intention au début, de l’autre côté de la rue. Peut-être allait-elle continuer tout droit sur Allen. Se détournant de son observation, lui-même continua d’avancer pendant que le passage piéton était encore libre.
Il poursuivit sa progression en regardant droit devant lui, remuant les lèvres et hochant la tête en rythme comme s’il était happé par la mélodie diffusée au creux de ses oreilles. Qui pouvait bien vouloir le suivre ? Un rire bref lui échappa sans qu’il n’y fasse attention, s’attirant un regard surpris qu’il ne remarqua pas d’une petite mamie qu’il dépassait rapidement. Une surveillance toujours active de la part de sa propre agence ? Non, il ne l’espérait pas. Des ennemis de son ancienne unité peut-être ? En supposant qu’il soit plus faible isolé. Ce n’était pas faux. Mais il avait pour lui l’avantage de se téléporter sur simple concentration … excepté s’ils avaient des colliers inhibiteurs mais ce n’était pas vraiment la technologie la plus répandue … Ou alors il psychotait totalement.

Alors qu’il n’allait pas tarder à arriver au croisement avec Eldridge Street pour attendre le changement de couleurs des feux, son potentiel adversaire entra dans une boutique, une bijouterie s’il avait bien vu l’enseigne sur laquelle il ne s’était pas attardé. Option une : il y allait vraiment. Option deux : c’était une façon comme une autre de le laisser passer pour se repositionner derrière lui. Quoiqu’il en soit, lui n’allait pas s’arrêter avant le croisement alors il traça sa route, tournant rapidement la tête pour jeter un petit coup d’œil … qui ne lui apprit rien devant la porte refermée. Il éliminait quand même l’homme de sa liste de suspects. Risquer de perdre sa cible ainsi … la devanture aurait été une baie vitrée, ç’aurait été bien joué. Là, c’était tout simplement idiot.
Il s’arrêta, patienta le temps que son tour arrive. Il n’oublia pas de regarder à droite et à gauche avant de traverser, par principe et parce qu’il n’était jamais prudent. Il mit un pied sur le passage piéton et se mit à sourire tout seul avant de reprendre ses paroles imaginaires. Il ne restait donc que la demoiselle. A moins qu’ils n’aient le même itinéraire mais il en doutait. Et dans le cas contraire … pourquoi ? Il n’en savait rien. Un petit détour n’avait jamais fait de mal à personne. Confiant et sans s’occuper d’elle, il ne ralentit pas un instant sur Canal, se retrouvant rapidement à croiser Forsyth.

Là … là il aurait dû aller à gauche passer les clous une nouvelle fois et prendre le petit chemin en direction du pont.
Là, il prit à droite et s’engagea sereinement vers la PACE High School et son campus.

Il comptait lui faire faire une petite boucle. Il allait traverser le parc pour se retrouver sur Hester. Puis de nouveau prendre à droite pour remonter la rue en direction de l’East River, en direction d’Allen Street. Et quand il croiserait cette dernière, il prendrait encore à droite. Il avait remarqué que de nombreux bâtiments n’étaient pas de plain-pied : il y avait des escaliers montants d’un demi-niveau et des descendants qui en faisaient autant. L’idée ? S’engouffrer à l’ombre d’un descendant et disparaître en souriant.

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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: De l'utilité de l'art {Libre}   Mar 17 Fév - 14:47



J’avais eu tord. J’aimais plus avoir raison que détestais avoir tord car avoir tord était l’occasion de m’améliorer pour avoir raison la prochaine fois cependant je ne reconnaitrais jamais que je ne détestais pas avoir tord alors … Mais … de chez !

Pourtant c’était logique qu’il retourne vers le sud s’il venait du sud. Il n’allait pas se la jouer Chris Colomb et faire le tour du monde pour espérer revenir chez lui, si ? Ou alors prendre une station de bus ou de métro un peu plus haut, à la limite, m’enfin c’était pas comme s’il en manquait sur Canal et Allen. En tout cas, il n’alla pas vers le sud le Grand’course, il parti même à l’opposée. A l’opposé du sud, normalement il y avait le nord, mais à l’opposé du sud dans le présent cas du croisement de Canal Street et de Forsyth Street, il y avait une impasse pour les voitures alors que la seconde rue devenait piétonne et longeait un énorme complexe et un parc. J’avais un mauvais pressentiment. Après je tâchais de me dire qu’on s’éloignerait moins de mon territoire autoproclamé et partiellement exploré du coup, ce qui était une bonne chose, mais si je ne râlais pas je n’aurais plus grand-chose à penser.

A la limite, sur la cohérence de son trajet ; il n’était pas cohérent. Sauf s’il n’avait pas finies ses courses. Mais même là, il quittait le quartier commerçant vers un jeu-ne-sais-pas-quoi qui ne m’inspirait pas. En tout cas, moyennant le temps d’attente au passage piéton, je poursuivis mon suivi en positivant : j’étais à nouveau derrière. Bon, sur la même voie que lui puisqu’on était passé piéton mais c’était pour le mieux. C’était même trop pour le mieux, il y avait forcément un piège. D’où mon mauvais pressentiment.

Alors que je marchais sur la rue piétonne, j’eu tout loisir de regarder à ma droite le gros complexe à l’extrémité ronde  et à ma gauche le parc s’ouvrir sur un terrain de foot où deux équipes d’adolescents se disputaient une partie malgré les températures, me rendant compte que le complexe devait être une fois et demi plus grand que le terrain et surtout qu’il s’agissait là d’une école. PACE High School, j’avais raison ! On longeait une école sous une voie couverte par cette dernière, une école de plusieurs étages et plus grande qu’un parc contenant un terrain de foot ! Et pire, une High School, le genre de structure où je serais emprisonnée d’ici à deux mois !

Bon, relativisons… Seward Park High School devait être genre… trois fois moins grande ? En tout cas, il ne fallait pas s’attarder sans accélérer le pas parce que le Grand’co…urse il l’accélérait pas non plus. J’avais même l’impression, sans doute fausse, qu’il le faisait trainer son pas.

Arrivé à la moitié de la longueur du parc, qui est en fait bien plus long que l’école puisqu’il continue encore un petit moment en longeant une autre rue, et bien Grand’course parti sur la droite pour continuer le longer l’école suscitée qui était définitivement un fucking complexe, presque de la taille d’un pâté de maisons. J’étais sure, dans mon grand sens de la mesure, qu’il y avait de quoi coller tous les ados de Manhattan dans cette fichue école et mon observation de l’échantillon ethnique ne me donnait pas réellement tord. Damned, même si devait y avoir autant d’asiat’ dans cette école que dans celle où j’allais il y avait du noir et de l’hispanique aussi, avec quelque blanc, j’aurai carrément préférer y aller ne serait que pour la diversité colorimétrique. Encore que ce que j’aurai préféré c’était aller à aucune des deux. Puis il y avait trop de monde. Puis j’avais intérêt à rester concentrée sinon à Grand’course allait répondre P’tit’conne. Nan, je l’avais déjà perdu une fois alors pas deux !

Mais pour l’heure on se contentait de revenir vers mon territoire, ce qui m’allait et me rassurait même si je gardais mes mains dans les poches. Deux rues plus loin, puis une lorsqu’on en traversa une qu’on avait déjà traversée genre, cent mètres plus bas, c’était la double voie d’Allen avec ses arbres au milieu. Reconnaissable même quand lesdits arbres faisaient la tronche à cause de la saison. Ça y était, j’avais trouvé : Grand’course avait oublié quelque chose donc il revenait sur ces pas ! Enfin, il faisait un détour pour le faire. C’était tellement pute ça dans une filature, que le filé fasse demi-tour parce qu’il avait oublié un truc ; comment pas te faire griller quand tu le suivais ?

Ma théorie se confirma lorsque, une fois sur Allen, il reprit vers le sud après s’être payé un beau tour de quartier ; ce qui était toujours mieux que ma tête, d’un autre côté. Ah, Allen Street, ma frontière, plein de magasin avec des enseignes chinoises et d’escaliers de porches facilitant l’accès aux escaliers de secours couvrant littéralement les façades. Un lieu idéal pour fuir dans les hauteurs. Voir même fuir tout court, pour peu qu’un soit adepte du sprint. Ou d’autre choses…

Grand’course emprunta l’un des escaliers descendant pour s’en aller dans une boutique quelconque, me faisant prendre une grande inspiration pour un soupire sec puisqu’il allait encore falloir attendre. Je n’étais pas suffisamment conne pour m’en retourner sur la rue du milieu et attendre comme précédemment mais je devais reconnaitre que sur ce trottoir-ci c’était chiant, pas de bancs ni même un pan de mur libre pour zoner. Hors de question de m’arrêter sur un lampadaire, j’étais ni un vélo ni un clébard et puis les clébards rendaient ce genre d’endroit piégé, c’était le second truc le plus arosé après les arbres. D’ailleurs, je m’étais pas appuyée contre un arbre tout à l’heure ? Oh Shit… bon relativisons : l’arbre il y a de la terre dessous, donc ça épongeait, puis si ça ne puait pas c’était bien qu’il n’y avait rien à craindre. En tout cas, j’avais la volonté de pauser mes fesses quelque part du coup, ma quête secondaire m’occupait dans l’attente de ma principale.

Finalement, l’escalier montant au côté de celui descendant du 35 Allen Street m’alla parfaitement, me permettant au passage de regarder l’intérieur de la laverie grâce à la façade vitrée et… et merde ! Merde de Merde de chez MERDE. Où qu’il est le Grand’course ? Qu’est-ce qu’il allait chercher dans une laverie le Grand’course ? Qu’est-ce qu’elle avait encore merdée la P’tit’conne…

Bluffée, pour le coup j’étais bluffée. Le bluff, chez moi, c’était souvent précurseur à une immense frustration. J’avais beau être bonne perdante je n’avais pas la bonne fois pour le reconnaitre du coup je restais avec des billes pas possible devant l’entrée de la laverie, échouant simultanément à mes deux objectifs. Mais c’était pas possible, il devait y avoir une pièce mitoyenne à la con dans laquelle il était parti le grand’con.

Non, deux rangées de machines à laver, une contre chaque mur, avec un distributeur au fond et à côté de l’entrée un type assis derrière un pseudo-comptoir… c’était tout. 35 Allen Laundromat, wash fold dry drop off, voici ce que j’aurai à mètre en épitaphe sur mon carnet de stalkeuse concernant celui-là…

Nan mais là, c’était franchement de la merde, un genre de gros bullshit quoi. Il était rentré dans un tambour ? Il avait rien à foutre là pour ses courses et il n’y était plus… j’aurai bien dit que je m’étais faite avoir par mon incompétence mais il n’y avait vraiment pas d’autres sorties. C’était quoi le délire ?

L’idée qui me traversa l’esprit me fit me redresser et me tendre légèrement alors que mon visage se contractait et que je déglutissais ; et si c’était un mutos ?

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: De l'utilité de l'art {Libre}   Mer 25 Fév - 19:37

Abraham quitta l’impasse goudronnée  pour rejoindre le chemin qui permettait de traverser le campus à travers le parc. Il n’était pas le seul à passer par là même si une majorité d’étudiants se faisait voir. Et entendre surtout. En même temps, ils étaient sur leur territoire. Reléguant pour l’instant la demoiselle qui le suivait au second plan, il se la joua aventurier, dévisageant les lieux tranquillement sans cesser d’avancer pour autant.
Le brouhaha ambiant était en grande partie généré par le match de football actuellement en cours sur le terrain à sa gauche. Sans compter les supporters présents autour. Il sourit tout seul. Et repartait quelques années en arrière quand lui-même était encore à l’école avec Ixas et Aiolos. D’excellentes années que celles qu’il avait passé avec eux. Autant celles où ils avaient fait les quatre cent coups pour faire tourner leurs professeurs en bourrique que celles où ils s’étaient assagis afin de pouvoir aller dans les écoles voulues. Si les jumeaux avaient toujours voulu faire l’école de journalisme, lui n’en savait trop rien au début. Alors il avait fait pour avoir de bons résultats, au cas où. Pour au final se tourner vers l’armée. Il ne regrettait nullement son choix. Et encore moins celui de ses amis.

Après tout, si chacun d’eux n’avait pas fait ces choix en particulier, jamais il n’aurait rencontré Elena lors d’une de ses permissions alors qu’il venait voir lesdits amis. Délicieux jour que celui-là. Il n’avait jamais particulièrement cru au coup de foudre. Jusqu’à croiser le regard de la demoiselle. Son sourire s’agrandit. Elle-même avait détourné les yeux rapidement pour reprendre sa lecture. Lui … lui il était resté immobile cinq bonnes minutes avant de se rendre compte de la situation, sorti de sa léthargie par Aiolos qui qui se foutait de sa gueule à gorge déployée et par Ixas qui, plus charitable que son frère, lui pinçait le bras. Il se rappelait sa question comme si c’était hier. Voulait-il qu’il lui présente Elena, étudiante présente suite à un échange culturel avec la faculté de Tomsk ? Oui, non, peut-être, pourquoi, non. Il se rappelait parfaitement sa difficulté à former une réponse unique et cohérente. Tout comme il se souvenait avoir maintenu et répété la négation sous les yeux ébahis des grecs. Pourquoi ? Mais parce qu’il voulait se débrouiller tout seul pardi. Et il ne s’était pas trop raté sur ce coup-là …

Il avait atteint Hester avant même de s’en rendre compte. Sourire au vent et se plonger dans les souvenirs pouvaient être des occupations prenantes. Comme il l’avait prévu, il tourna à droite, retourner vers Allen Street sans sourciller. Sa jeune amie avait-elle deviné qu’il la faisait tourner en bourrique ou pas encore ? Un petit coup d’œil à droite avant de reprendre la rue lui avait permis de s’assurer qu’elle était toujours là. En revanche, il ne savait toujours pas pourquoi. Pickpocket ? Cela lui semblait étrange, ils étaient d’habitude plus rapides et plus furtifs. Et ils n’engageaient pas de filature à moins de viser plus haut. Sauf que là … il ne se baladait pas un costume trois pièces et aucun signe particulier de richesses. Ce n’était pas cohérent. Simple curiosité de sa part peut-être ?


L’américain poursuivit sa progression, dépassant de nouveau Eldridge Street sans lui accorder la moindre attention. Pourquoi faire ? Il savait très bien où il allait de toute façon. Il continua encore, souriant déjà alors qu’il apercevait les arbres de la double voie d’Allen. Intérieurement, il jubilait de sa prochaine action. Extérieurement, il mourait d’envie d’éclater de rire mais il se retenait pour éviter de tout gâcher. Si seulement il pouvait voir sa tête en même temps … ce serait la cerise sur le gâteau. Mais comme il n’était pas possible d’avoir le beurre et l’argent du beurre, il se contenterait de sa propre satisfaction.
Il tourna de nouveau à droite sur Allan, revenant à son point de départ alors que le Buffalo Trading s’affichait de l’autre côté de la rue. Il aurait pu la balader là-bas aussi. Mais elle ne l’aurait pas suivi à l’intérieur. Ç’aurait été moins drôle. Il resta de ce côté et avança encore de quelques mètres, voulant s’assurer qu’elle le verrait bien et qu’elle viendrait jusqu’à sa hauteur. Il bifurqua dans les escaliers juste avant une laverie et par habitude, s’accroupit avant de visualiser sa cuisine. L’instant d’après, il n’était plus là.


Même jour, plus tard, Brooklyn, New-York, USA

L’instant d’après, il était chez lui, riant pleinement entre ses plans de travail et son réfrigérateur alors qu’il posait ses sacs. Si seulement quelqu’un avait été avec lui et derrière elle pour filmer la suite … ç’aurait été génial. Mais il imaginait très bien quelles pouvaient être ses réactions. Surprise, étonnée, ébahie. Frustrée aussi peut-être puisqu’elle avait pris soin de le suivre pour … rien au final. Continuant de rire tout seul, il se débarrassa de sa veste qu’il remit à sa place avant de remonter ses manches.

Rire rallongeait peut-être l’espérance de vie mais cela n’avait aucun effet sur la préparation d’un repas !



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MessageSujet: Re: De l'utilité de l'art {Libre}   Ven 27 Fév - 20:17

La ville était quelque chose de dangereux, je le savais. New York était la plus grosse ville du monde et la plus dangereuse aussi. S’il n'y avait pas de rapport entre la taille et le danger, c’était un fait prouvé depuis plusieurs années. Et ce fait tenait en un mot : mutants. A New York City, les mutants avaient un quartier dans le borough le plus riche de la ville ce qui retraduisait leur présence massive ; un dixième de la population, d’après les estimations officielles. Si je savais suffisamment bien compter je me figurerais ce que ça fait en nombre de personne donc, ne sachant pas le faire, je me limitais au fait qu’une personne sur dix était mutante. Donc, dangereuse. Pas forcément plus qu’un taré avec un gun ou un couteau mais tout de même, il fallait faire attention ; une chose à laquelle je préférais généralement la fuite.

Néanmoins, comment fuir lorsqu’on ne sait pas où est ce que l’on doit fuir ? Invisibilité, intangibilité, téléportation, phase… il y avait tellement de possibilités pour expliquer une disparition, à présent… Ce qui pouvait relever de l’impossible à ma naissance était du courant à présent. Flippant, oui, enviable aussi, dangereux surtout. Je me tenais donc droite et à l’affut, mes deux mains dans mes poches et le cran d’arrêt levé. Par à-coup, je regardais aux alentours même si j’en revenais vivement à l’intérieur, au cas où il y soit encore tout autant qu’il y réapparaisse. J’avais aussi mes points de fuite au besoin.

La dernière fois que j’avais suivit un mutant cela c’était mal terminé, sans doute ferais-je bien d’apprendre de mes erreurs et de passer mon chemin. Difficile de croire qu’ils soient tous les mêmes pour une individualiste comme moi mais je dois faire plus gaffe, je suis déjà recherchée. Pas que pas des mutants, je suppose, mais c’est l’un d’eux qui me fait le plus peur. Je n’irais pas jusqu’à psychoter un lien entre celui qui me cherchait et celui que je cherchais mais l’idée me traversa l’esprit. J’en déglutis.

Rester calme, ce n’était pas difficile pour moi ; étrangement pas difficile d’ailleurs. J’avais remarqué que mes réactions n’étaient pas toujours en adéquation avec celles des autres mais je n’avais pas à me conformer à la norme. Et puis je n’étais pas non plus seule à réagir ainsi, ça devait déprendre de l’animal dont on se rapprochait le plus. La plupart des gens étaient des chiens, les « meilleurs amis de l’homme », alors que moi j’étais un chat. Et un chat silencieux, quand il n’était pas chez lui. Un chat n’aboyait pas, un chat ne grognait pas, il feulait à la limite et il pouvait montrer les dents mais personnellement, je préférais attendre et agir : crever les yeux était plus difficile si tu avais menacé de le faire juste avant. Je pouvais être une grande gueule mais dans les situations extrêmes, je savais ne pas hérisser le poil et attendre le bon moment pour sortir les griffes. Une fois griffée, il ne me restait plus qu’à m’échapper même si c’était ce que je préférais faire en premier.

Ce fut la raison pour laquelle je ne m’attardais pas, une fois qu’il fut clair que l’inconnu avait le dessus. Si je n’arrivais pas à le repérer, alors je devais faire qu’il me perde aussi. Je recommençais à marcher rapidement, parce que la course éveillerait forcément des soupçons, le long d’Allen Street avant de le traverser pour m’en revenir à ce que j’avais enregistré comme mon territoire, marchant dans les rues déjà explorées sans cohérence aucune afin de simplement chercher à le repérer. S’il me suivait à son tour, il était définitivement plus doué que moi. S’il n’était pas là… mieux valait prévenir que guérir, comme disait Maman.

Et quoi de mieux pour prévenir que le faire à la police ? Oh, non, je n’allais pas donner la description du type en disant qu’il m’avait suivit et qu’il était probablement mutant. Néanmoins à mesure d’errances je me retrouvais à longer Delancey Street un peu au-dessous de Willamsburg Bridge, tâchant de me diriger lentement mais surement et en zigzag vers le commissariat de Papa. Il n’y serait pas encore, oui, mais je pourrais au moins rencontrer quelques uns de ses futurs collègues et brouiller ma piste en attendant. Et puis si cela se trouvait, il en avait lui-même déjà fini avec ses supérieurs du central et était venu visiter sa nouvelle affectation.

Arrivée au croisement entre Broome Street et Pitt Street, chacune pouvant devenir humoristique pour l’emplacement d’un commissariat avec juste une lettre en moins, je regardais le grand bâtiment de brique et ses larges pans de fenêtres quadrillées puis vint pousser mon tourisme fuyard sur le porche du septième district de la NYPD. Quelques marches plus loin, par flemme d’avancer jusqu’à l’accès handicapé se trouvant sur l’autre rue, je regardais la colonne et les lumières de ce bâtiment d’angle qui avait un côté assez caverneux, comme une boite ; ce qui n’était pas pour me déplaire. Poussant la porte, j’entrais discrètement en regardant l’accueil et les alentours, y comprit derrière mois pour voir si celui qui m’avait battue était visible.

Cela commençait bien, pour une première filature : je l’avais perdu deux fois et c’était moi qui avais finie par être suivie. Horripilant, inquiétant également.  On n’était plus à Windy ici, les gens mettaient plus l’accent sur les « a », ils disaient « th » au lieu de « d », ils prononçaient des « o » au lieu des « e », ils avaient inventé le « ctu » et manquant de nez lorsqu’il fallait parler de double « d » alors qu’ils articulaient vachement plus que le nécessaire ! Et là je parlais juste de l’accent local, je ne passais pas encore par la faune et la flore.

Toujours était-il que je devrais faire gaffe, peut-être reconsidérer la possibilité d’avoir un moyen de contacter marshal en cas d’urgence. J’avais dit non si vite la première fois que j’avais pas la moindre idée de son idée à elle : téléphone portable ? Ça serait cool, mais ça permettrait de me localiser ? Bracelet électronique ? Ça serait pas cool car non seulement ça permettrait de me localiser mais en plus ça me ferait un poids sur la cheville. En fait, tout ce qui pouvait prouver que j’étais à l’endroit incriminé lors d’un de mes recyclages, je ne voulais pas, mais du coup je n’aurais probablement pas grand-chose. Choix compliqué.

Et pour l’heure, inutile en plus d’être compliqué. Il fallait faire sa Lucky pour l’instant, se montrer aimable ou au moins sociable avec les gens parce que ce soit pour le privé ou le professionnel, j’allais forcément finir par les revoir ceux-là. Mais bon, j’étais plutôt à mon aise chez les bleus, tant qu’il n’y en avait pas trop. Inutile de dire que dans le nid à bleu je ne me faisais pas trop remarquer non plus ; juste ce qu’il fallait, comme précédemment. Enfin, vu mon foirage précédent je ferais mieux de me méfier, sinon j’allais finir marron. C’était jamais agréable de finir marron à cause des bleus, je préférais encore avoir des bleus à cause de marron puisque généralement ça m’épargnerait de virer rouge…

Quelle suite donner à cette histoire ? Devrais-je attendre la semaine prochaine et prendre le risque de recroiser le mutos ? Ou devrais-je changer de jour pour cette planque et tâcher d’attendre des journées plus intéressantes pour l’art ? L’art, ça ne servait vraiment qu’à cacher la misère, un comble quand on savait combien d’artistes étaient miséreux ; chose n’étant pas mon cas mais j’avais l’image en tête, en tout cas. Il me faudrait viser les magasins et les centres commerciaux plutôt, peut-être les bars également, enfin les endroits où les gens viennent avec du pognon plein les poches et une régularité au moins hebdomadaire. Ça serait surement plus productif. Plus intelligent aussi.

Moins dangereux ? Nan, que ce soit dans un quartier d’art ou dans un quartier commerçant, j’avais toujours une chance sur dix de tomber sur un mutos. Et avec la chance que j’avais…
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