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 Le hasard fait parfois bien les choses, mais seulement parfois. (Yitzhak Anavim)(terminé)

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MessageSujet: Le hasard fait parfois bien les choses, mais seulement parfois. (Yitzhak Anavim)(terminé)   Sam 31 Mai - 18:56

Deuxième nuit dehors, la ville de New-York me donne envie de vomir par moment. On dit souvent que c'est la plus belle ville du monde, que c'est la véritable capitale d'une Amérique rayonnante et puissante. En ce moment elle ressemble à un tas de fumier représentant toute la dégénérescence d'une humanité qui succombe à une peur panique. Ce n'est pas la première fois que ce genre de chose arrive mais pour la première je suis du mauvais coté de la barrière et ça me met particulièrement mal à l'aise. Je marche tranquillement sur le goudron mouillé d'une rue numéroté, cette piètre façon de nommer ses rues me mets également mal à l'aise mais ça c'est une raison plus ou moins culturelle et ce n'est pas vraiment le sujet. La nuit est tombée depuis de nombreuses heures, la pluie continue de tomber sans relâche, recouvrant d'une brume hasardeuse la ville, brouillant toutes les lumières qui clignotent dans l'obscurité peu réconfortante de cette fin d'hiver. Bien sûr la neige a déjà rendue les armes mais le vent glacial continu d'assaillir les os des new-yorkais qui ne tardent pas pour rentrer dans une échoppe quelconque.

Un petit sourire aux lèvres je pousse la porte en bois ciré d'un vieux pub, l'odeur d'alcool et de cigare me prend le nez tout de suite. La mauvaise bière et les hamburger hideux accompagnent joyeusement des hommes saouls qui tentent d'acquérir les charmes de femmes trop laides pour espérer meilleur parti. Je pose ma veste en cuir sur le porte-manteau branlant et compte m'asseoir sur une des tables du fond quand un colosse me barre la route. Sans dire un mot je lui fait un léger sourire avant de tourner les talons et de m'installer dans le coin opposé. La chaise est inconfortable et la table n'est pas nettoyée, voilà véritablement ce qu'on pourrait appelé une taverne digne de ce nom. La serveuse habillée de manière tout à fait vulgaire se penche allègrement sur la table son plateau sur le bras droit essayant de me mettre son décolleté plongeant sous le nez. Je commande une bière sans même lever les yeux et la regarde partir alors qu'elle se déhanche en repartant vers le bar, peut être que cinquante ans plus tôt j'aurais été capable de me battre pour ce genre de femme alors que maintenant seule la bière qu'elle allait me ramener m'importe.

L'important breuvage posé sur la table je glisse un billet de cinquante sur le plateau avant de sortir mon paquet de cigarette. La flamme du briquet danse quelques secondes avant que l'âcre fumée emplisse mes poumons une fois de plus. Je joue quelques secondes avec cette pièce d'acier impeccablement nettoyée passant mon pouce sur la gravure, suivant les ailes de l'aigle ornant le corps du briquet tout en laissant glisser mon regard sur la pièce enfumée. On ne voit même pas le plafond dans cet ambiance totalement viciée. La mauvaise aération fait stagner les fumées de cigare, pipe et autre cigarettes qui s’agglutinent au sommet de la pièce et recouvrent les lustres bon-marché d'un matelas intangible. Il fait chaud, très chaud et la proximité des hommes ne fait qu'ajouter à la moiteur de la pièce. Plus loin un homme ne voit même pas qu'un laidron est tout à fait prêt à lui faire ses quatre volontés sans qu'il ne dépense un seul billet pour elle, des motards se prenant pour des durs jouent au billard en se racontant leur guerre alors qu'il n'en ont connus aucune et près du bar un jeune homme espère convaincre son meilleur pote que les mutants à New-York représentent la plus grande menace jamais connue de l'humanité.

La bière qui rafraîchit à peine ma gorge et cette fumée qui déchire ma trachée n'arrive pas à m'empêcher de réfléchir. Les souvenirs s'entre-coupent et l'expérience m’apparaît comme le pire des pièges pendant un petit moment. L'aigle gravé sur mon briquet voudrait me souffler que j'ai toujours fait les bons choix et qu'au final la seule issue valable pour cette humanité serait d'être détruite pour mieux se reconstruire mais je ne veux pas l'écouter. Un léger sourire étire mes joues quand je remarque un jeune homme embrasser une fille d'une quinzaine d'année alors que de petites écailles dépassent du haut de son débardeur. Non l'humanité n'est pas perdue et il ne faut pas que je quitte le cap que je me suis fixé depuis quelques années. J'écrase ma cigarette et en rallume une autre en reprenant une gorgée de bière. Xavier a peut être raison finalement, les humains peuvent changer.


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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Le hasard fait parfois bien les choses, mais seulement parfois. (Yitzhak Anavim)(terminé)   Mer 4 Juin - 22:29

Parfois, il nous arrive des trucs de malade, rencontrer une personne perdue de vue depuis des années à l’autre bout du monde, découvrir un vaccin miraculeux en commettant une erreur de formule que l’on pensait gravissime, hacker quelqu’un en tapant un truc débile pour se moquer de lui au moment d’entrer son mot de passe… Ce que j’ai découvert le mois dernier tient du même registre. En gros, je vais vous raconter une de ces histoires à ma façon. Si le protagoniste n’avait pas été moi, on pourrait parler de hasard. Mais s’amuser à retracer le parcours des nazis dont les décès n’ont jamais été officialisés n’est généralement pas un loisir innocent. A vrai dire, à une époque où je m’ennuyais beaucoup, j’avais trouvé ce projet distrayant. L’idée m’est venue un soir, sans véritable raison. Je réfléchissais à un millier de choses en même temps, je me suis posé des questions sur les procès nazis, j’ai voulu vérifier certains doutes, et, soudain, il était neuf heures du matin, j’avais les yeux explosés devant une cinquantaine d’onglets ouverts sur deux écrans et presque autant de documents. Je me suis amusé pendant plusieurs semaines à retracer, fasciné, les existences de chaque type, de ceux qui n’avaient pas eu beaucoup de chances aux plus malins qui avaient réussi à passer entre les mailles du filet. Si j’ai pensé à traquer les survivants pour venger mon « peuple » ? Bof, faut arrêter avec le cliché du juif vénère, même si je sais qu’ils sont nombreux. J’ai mieux à faire qu’aller casser la gueule à des grabataires pour un passé lointain, et des crimes qu’un climat assez étrange rendait acceptables. Y’en a tellement qui se sont fait arnaquer dans le lot. Ça continue aujourd’hui d’ailleurs, avec les leaders des purificateurs. Mais j’y reviendrai. J’ai surtout retenu une chose de ces recherches. L’un des officiers nazi les plus éminents n’avait « pas de passé ». Oui, complètement.

A une époque où tout est numérisé, pas moyen de trouver un avis de naissance, des parents, des études. Rien, le néant. Il s’appelait Friedrich Reichner, et il apparaissait dans l’histoire au début des années 30, pour prendre dix ans plus tard la tête d’une troupe de la Wehrmacht. Considérant qu’il est impossible de monter de tels échelons sans avoir accompli le moindre exploit dans sa jeunesse, ça m’a tout de suite semblé suspect. En suivant la trace de ce type, j’ai vu qu’elle s’arrêtait dans les camps soviétiques après la seconde guerre mondiale. Pas de corps à rapatrier et, évidemment, aucune famille pour le réclamer. Par intuition, et estimant que le petit père des peuples tenait peut-être un atout trop précieux pour s’en débarrasser, j’ai cherché les noms apparus ensuite dans les listes des services secrets de l’URSS. Pour le coup, il y avait plusieurs identités sans passé mais l’une d’entre elle avait exactement la même tête que ce cher colonel, Sergei Asimov (on appréciera l’ironie du nom). Puis, quelques années plus tard, nouvelle disparition. Les aventures de ce caméléon m’ont amusé un temps. Et, quand j’ai admis qu’il ne faudrait entamer des recherches aussi colossales qu’inutiles pour resituer toutes  les années qui manquaient à son cv, je suis passé à autre chose. Mais ça, c’était avant le mois dernier.

Je suis un fouineur maladif, surtout quand ça concerne mes ennemis potentiels. Du coup, j’essaye toujours de garder un œil sur l’institut Xavier. Quand je repère une nouvelle tête, un nouveau nom, je fais mon possible pour trouver tout ce que je peux sur sa vie. Et, comme avec les pro de la cause anti mutant, je fais des fiches, « au cas où », pour passer le temps. Dernièrement, ils ont accueilli un résident qui vient d’Allemagne, un quarantenaire avec une photo d’identité qui m’a fait pousser un cri en ouvrant de grands yeux comme un con devant mon pc. Y’avait même plus de bulles dans mon cocas quand je me suis suffisamment remis de mes émotions pour envisager de le finir, c’est vous dire. Enfin, je vous le donne en mille, le nouveau, Erl Linden, il avait la même tronche que l’ex-nazi-agent-du-kgb. Qu’est-ce qu’il foutait là-bas ? Le professeur X ne pouvait pas ignorer son passé, en plus ce type devait sérieusement dater. Il n’avait pas pris une ride, un genre d’immortel qui avait sans doute vu un peu plus que l’entièreté du XXe siècle. On pouvait en tout cas se demander s’il n’était pas ici en mission d’espionnage… Aurait-il pu cacher ça au directeur ? En tout cas, j’ai gardé l’information très précieusement dans un coin de ma tête. Si 90% de mes fichages ne servent à rien, des pépites pareilles sont là pour vous dire que mener l’enquête à fond sur tout et n’importe quoi fini par être récompensé à un moment.

Ce soir, j’étais de sortie pour rencontrer cette incroyable mémoire vivante. Il y avait plusieurs motifs à cela, mais je vous en parlerai plus tard. J’avais pris soin de relever ses habitudes quand il quittait l’école. Rien de très très palpitant. Il menait l’existence d’un zoneur dépressif. Après tout ce qu’il avait fait, sa vie actuelle était d’un ennui à mourir. Ça ressemblait un peu au parcours du gars qui essaye de se racheter une image, pense que tout ira mieux en se posant du côté de la « bonne pensée » et qui, au lieu de remonter la pente, s’écrase encore plus lamentablement. Normal. Ça ne marche jamais comme ça. C’est pas en ayant fait l’imbécile une centaine d’année qu’on se découvre une nature plus douce, paisible, etc. Et je sais bien de quoi je parle. Quand on s’arrête, il ne reste plus que les remords, le souvenir de toutes les horreurs commises dans le feu de l’action pour pleurer. J’aimais l’idée d’un type perdu dans ce désespoir là, parce qu’il serait plus simple à « engager ».

Erl ne choisissait jamais des bars très agréables. Il avait l’air d’entrer dans les lieux les plus sordides possibles au hasard de ses errances. J’avoue que j’ai un peu hésité à le suivre dans l’enseigne moisie qu’il avait choisie ce soir. Aucune personne n’entrait là-dedans pour y faire autre chose que se bourrer la gueule à peu de frais dans une ambiance bondée, crasse et même pas un peu recherchée, mauvaises musiques, enceintes bon marché, lumières qui grésillent et chaîne sport branchée H24. ça craignait à mort. Tous les deux mètres carré, on voyait un mec obèse tellement alcoolisé que sa peau se confondait avec celle d’une écrevisse et que les cheveux se collaient sur les tempes. Dégueulasse. Pour le coup, j’évite de débarquer avec un air trop marqué de minet juste bon à se faire violer. Pas envie d’attirer toutes les curiosités sur moi dès la première apparition. J’ai un look à me faire presque gerber, le jean informe avec le débardeur du premier groupe de nu metal pas trop connu qui m’est passé par la tête. J’ai la peau plus pâle que d’habitude, et des cheveux châtains embroussaillés qui hésitent trop entre le court et le long pour ne pas réclamer d’urgence une paire de ciseau. Bref, encore une fois, je m’amuse pour faire à peu près parti du décor. Je me suis même ajouté des tatouages sur tout un bras. Personne devrait avoir envie de m’embêter instinctivement. Par contre, alors que je me dirige vers ma cible, une conversation me donne sérieusement envie de m’énerver. Un fanatique de la cause anti-mutant bien entamé expose sa cause d’une voix un peu trop forte et zélée à son « pote » au comptoir. Comme c’est pas le moment de commencer une bagarre, j’adopte la technique fourbe. J’attends qu’il lève le bras pour se rincer la gorge et je m’accoude près de lui en le bousculant au passage. Ses réflexes sont assez ralentis pour qu’au lieu de se prendre une simple éclaboussure, il s’en fiche la moitié sur son pull tout blanc.

- Sérieusement mec ! qu’il s’écrie aussitôt. Tu pourrais pas faire gaffe ? R’garde c’que t’as fait putain de connard !! Et même pas tu t’excuses ! J’te jure, tu vas me la repayer la pinte !!!
Je hausse un sourcil désinvolte.
- Eh du calme espèce de gros cinglé. Ça va bien d’agresser les gens comme ça ? Je t’ai à peine effleuré ok. Quand on tient pas l’alcool, on va se coucher à 20h ou on s’achète au moins un bavoir. – Puis, en l’ignorant totalement, j’interpelle la serveuse : - Une pinte, please.
La seconde d’après, j’arrête d’une main le poing qui menace de s’écraser sur ma joue en lui choppant le poignet.
- Mauvaise idée mec. – On se dévisage un instant d’un regard mauvais. J’entends le type à côté du gros con lui dire de se calmer. – Ouais, écoute ton pote. J’aime pas taper les types bourrés, ça me donne l’impression de m’en prendre à des handicapés, ça fait trop mauvais genre. En plus tu risquerais de te faire expulser.

Il me répond un truc que j’écoute même pas. Pour ce qui était de rester discret, c’est un peu mort, pas mal de gens surveillent la vague altercation en attendant ou craignant que ça n’explose. Mais je me contente de l’ignorer, il se résigne à en faire de même et je m’éloigne avec une bière pour enfin approcher le colonel nazi. Je pose la choppe à côté de lui et j’attaque d’emblée dans le vif :

- Ainsi, c’est à ça que ressemble la vie après plus d’un siècle de jeunesse ? Des enfilades de bière dans un coin plus glauque que festif. Je m’attendais à plus incroyable. – J’étire un sourire de côté. – Erl, c’est bien ça ? Je pense qu’on a quelques trucs à se raconter.

Ou comment la jouer trop mystérieux pour être à peu près sûr de retenir l’attention de l’autre. Il est pas mal l’autre, d’ailleurs, avec sa mine sombre, ses épaules carrées, son air de vieux combattant. J’aime bien. Je suis sûr qu’il devait être terriblement sexy dans ses tenues de nazi. Mais enfin, ce n’est pas le moment d’alimenter les fantasmes, je dois me concentrer sur des choses un peu plus sérieuses.

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Scipion : Je puis nier une chose sans me croire obligé de la salir ou de retirer aux autres le droit d'y croire.
Caligula : Mais c'est de la modestie, cela, de la vraie modestie ! Oh ! cher Scipion, que je suis content pour toi. Et envieux, tu sais... Car c'est le seul sentiment que je n'éprouverai peut-être jamais. [Caligula, Camus]


Dernière édition par Yitzhak Anavim le Dim 13 Juil - 11:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le hasard fait parfois bien les choses, mais seulement parfois. (Yitzhak Anavim)(terminé)   Jeu 10 Juil - 21:54

La bière est à moitié chaude et la fumée embrume à peine mon esprit. Un jeune coq est entré il y a peu et commence déjà à mettre de l'ambiance, je n'ai vraiment pas envie de me battre ce soir et ce jeune con va réussir à réveiller de mauvais instinct mais je ne dois pas bouger, pas regarder, juste finir ma bière d'un trait avant de retenir un rot fort peu sociabilisant. Mon regard se porte sur la télévision au dessus du mur du fond, un pitoyable match de football, quoi que ce jeu était assez amusant fut un temps. Je claque mon verre sur la table crasseuse au moment ou une autre chope se pose sur celle-ci. Je lève les yeux et regarde d'un œil assez mauvais mon interlocuteur qui vient de m'adresser la parole, comment peut il savoir ca ? Comment peut il m'avoir retrouvé aussi aisément ? Qui peut il bien être ? Ces questions j'aurais les réponses plus tard, je suis patient, après tout j'ai tout mon temps. Je lève la main droite et claque des doigts alors que la jeune serveuse à qui j'avais donné un énorme pourboire vient vers moi et se penche au dessus de mon épaule faisant par la même voir ses arguments à mon nouvel ami.

« Une bouteille de Vodka polonaise et deux verres Miss, je suis sûr que tu vas nous trouver ça. »

Entre mon majeur et mon index raccourcis je tiens William McKinley, le 25 ème président des Etats-Unis qui pose fièrement à coté du chiffre 500. Pendant quelques secondes la jeune femme le regard incrédule et le range entre ses seins avant de me susurrer quelques chose à l'oreille et me mordre un peu celle-ci avant de s'en aller. Calmement je reprend mon porte-cigarette et en pose une entre mes lèvres avant de l'allumer et de claquer le briquet que je pose sur les clopes, Aigle vers lui,  avant de les faire glisser sur le bois en face du jeune homme. La jeune serveuse revient et pose une belle bouteille rempli d'un liquide clair comme de l'eau dont l'étiquette est écrite en polonais et un verre à Schnaps de chaque coté de la table. Prenant la bouteille à la main et toujours dans un silence parfait je verse le liquide et saisit mon verre et le lève vers l'inconnu en déclamant un « prost » peu discret. Même pas une grimace en sentant le liquide brûler mes muqueuses et me revoilà parmi les vivant, j'avais presque oublié cette odeur délicieuse. Je tire à nouveau sur la cigarette et regarde le jeune dans les yeux.

« Oui Erl c'est bien mon nom aujourd'hui, mais tu es pas venu parler de généalogie il me semble, et pour ta gouverne j'en suis à presque trois siècle alors épargne moi tes reflexions à la mord moins le nœud compris ? »

Je tire à nouveau sur ma cigarette en étudiant un peu le freluquet que j'ai en face de moi, il n'est pas de l'institut sinon je l'aurait remarqué et reconnu alors d’où peut il bien me connaître. Je rempli à nouveau mon verre et le vide aussi sec, ne quittant le petit que quelques secondes. Un cri de joie sonore ébranle le bar un court instant et j'attend que la tension redescende pour ouvrir à nouveau la bouche d'une voix grave et sans concession qui ferait peur à plus d'un mortel.

« Qu'est ce qui te fait croire qu'on a quelque chose à se raconter ? Je te connais pas et toi apparemment tu me connais ca fait de toi plus une menace qu'autre chose, et je deteste qu'on me menace crois moi. Je t'écoute essaye d'attirer mon attention avec tes airs de puceau du XXIème siècle qui se croit viril au moins je pourrais rigoler quelques minutes. »
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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Le hasard fait parfois bien les choses, mais seulement parfois. (Yitzhak Anavim)(terminé)   Dim 13 Juil - 14:06

Il m’a sorti un de ces regards à vous refroidir sur place. Je m’y attendais un peu. Mon entrée en matière était pire qu’une agression directe. En quelques mots, je lui balançais que je m’étais introduit sans son autorisation dans sa vie et connaissais déjà une partie de ses secrets. J’imagine que lorsque les révélations ont l’importance de celles que j’ai déterrées, on pouvait assez facilement éveiller les instincts du prédateur. Ça ne m’empêche pas de continuer à sourire. J’aime taquiner les gens un peu bourrus, ça permet de les tester dès le départ et je ne vois de toute manière pas comment je pourrais « essayer » de partir du bon pied avec quelqu’un dont j’ai déjà retourné tous les dossiers personnels. Loin de s’énerver, il a l’air plutôt résigné, comme s’il attendait ce genre de fatalité. Je ne sais pas très bien si je dois m’en inquiéter ou non. D’abord, il commence par demander une bouteille de vodka, signe sans doute qu’il se prépare à entamer une discussion sérieuse et pénible avec moi. Il s’amuse au passage avec une serveuse au décolleté abusivement échancré qui voudrait faire passer pour naturelle sa manière de se pencher en creusant le dos. Je suis sûr que j’aurais pu lui péter quelques vertèbres rien qu’en lui donnant un coup avec la tranche de la main. Mais, si drôle que soit l’image, ce n’est pas tellement le moment de penser à ce genre de conneries. Je les laisse donc faire leur show étrange, en me posant tout de même la question du type de nana qu’on embauche exactement au bar, et continue de fixer mon futur interlocuteur d’un air très attentif pendant qu’il se grille une cigarette. Il m’invite à en faire de même. J’aime pas tellement ça, comme je ne suis pas fan de blonde premier prix ni de vodka pure – avant un taux avancé d’alcoolémie du moins – ceci dit, je sais m’adapter. Celui qui dit « non » se pose toujours en ennemi ou en étranger. Tant qu’on partage les mêmes choses, on peut entretenir un faux climat de sympathie, règle de base des échanges de négociation.

Je tire une taffe sans enthousiasme. La pseudo-serveuse revient en tournant des fesses et en continuant à faire des appels de phare à Erl pour récupérer un plus gros pourboire avant la fin de la nuit je suppose. Heureusement, il ne s’occupe pas trop d’elle, et on lève bientôt le shooter à la santé d’on ne sait qui. Je bois d’un coup aussi, et ça m’arrache le palais. Faudra quand même que je fasse gaffe à ce qu’il se la joue pas « je vais essayer de faire grimper ton taux d’alcoolémie pour mieux te faire parler ». Je suis à peu près sûr de ne pas tenir aussi bien la route que lui dans ce registre. Dans un autre sens, je peux complètement tricher si j’en ai envie. Maintenant qu’il se trouve en conditions pour parler de choses sérieuses, il m’apprend qu’il n’a pas un siècle mais trois dans les pattes. Pas mal. Je lui donnais bien 200, et j’accueille l’information sans réelle surprise. Je suis donc face à un produit du début XVIIIe siècle, c’est plutôt cool. Le type a l’air cependant trop sur la défensive pour me faire partager sa grande expérience. Il se sert un verre, le vide encore, et reprend sur un ton qui ferait pleurer sa mère à n’importe quelle personne un peu impressionnable. Moi, j’encaisse. Je me fiche de savoir qu’il est prêt à m’assassiner sur place, je suis préparé à cette éventualité. Tout en me provoquant, il m’invite à vider mon sac. Je lui sers un sourire en coin furieusement agaçant et tire encore sur la cigarette.

- Peut-être bien que je ne suis pas si jeune que j’en ai l’air moi aussi, dis-je avec une pointe de provocation. En même temps, je ne mens qu’à moitié, je n’ai pas l’expérience qu’on est en droit d’attendre d’un ado de dix-huit ans. Mais tu as raison, je ne suis pas très viril, surtout si ça implique de se payer ouvertement des putes.

Je prends une légère gorgée de bière. Pas la peine de trop tourner autour du sujet, je sens que le nazillon est pas trop du genre patient.

- Je ne te connais pas personnellement, et je n’ai rien contre toi Erl, pas pour l’instant en tout cas. Aux dernières nouvelles, tu n’étais pour moi qu’un visage aux identités multiples qui s’est baladé dans un lointain IIIe Reich et la défunte URSS. Va pas t’imaginer que je te cherchais en particulier, je suis tombé sur cette anomalie en explorant des archives, j’ai pas essayé de creuser tes vies d’avant, et j’ai d’ailleurs perdu ta trace ensuite. Plus récemment, ton visage m’a rappelé tout ça quand je l’ai trouvé dans la liste des nouveaux entrants à l’institut. Vu ton passé, ça m’a assez étonné, mais je sais aussi qu’ils préfèrent avoir le contrôle sur tous les mutants potentiellement dangereux chez les x-men, alors, oui pourquoi pas. C’est pas mon problème. Moi, je me contente d’identifier mes camarades mutants et, quand ils ont l’air d’en valoir la peine, je vais à leur rencontre. A part ça, tu peux m’appeler Zack, et considérer que je donne pour l’essentiel dans la chasse aux purificateurs.

J’en dis beaucoup sans en révéler vraiment, juste assez pour inciter l’autre à poser des questions plutôt qu’essayer de me menacer avec un couteau sous la gorge. Si j’arrive à le faire se relâcher un peu, on pourra aborder des questions plus philosophiques etc. De toute façon, a-t-il vraiment d’autre choix que celui d’être un minimum sympa ? Je détiens assez d’éléments sur lui pour attirer la justice du peuple sur sa tête. Même pas besoin d’un procès pour lui causer de gros problèmes, et qu’il ne s’imagine pas, d’ailleurs, que je n’ai pas déjà pris soin de sauvegarder toutes les données en gardant la possibilité de les lâcher sur la place à tout moment.

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Dernière édition par Yitzhak Anavim le Mar 22 Juil - 18:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le hasard fait parfois bien les choses, mais seulement parfois. (Yitzhak Anavim)(terminé)   Dim 13 Juil - 16:00


Je le regarde prendre une cigarette et tirer dessus, au moins il marque un point et semble avoir un semblant d'éducation ou de malignité. Dans les deux cas ça me plaît et je le regarde avec plus d'attention maintenant. Je me ressert un verre alors qu'il déballe son sac d'un ton des plus calme. J'ai assez peu aimé sa réflexion sur les putes, comme si c'était ce que je faisais. Je me détend quand même un minimum, son ton est moins brusque plus posé et ce qu'il dit est bien plus intéressant. Finalement ce petit est intéressant. Je suis intrigué par ses premières paroles serait ce possible qu'il soit comme moi ? Certes non sinon il n'aurait pas cette tête et moi même je ne l'avais pas remarqué avant un bon moment, ce n'est vraiment pas le moment de se mettre des espoirs dans la tête. Ces espoirs ne sont d'ailleurs pas fondé puisqu'il m'explique rapidement qu'il m'a trouvé en faisant des recherches sur moi et que mon visage à l'institut le lui a rappelé alors comme ça il espionne l'institut mais je crois qu'après ma conversation avec Rachel je vais garder cela pour moi, elle n'a pas besoin d'en savoir trop ce serait mauvais pour une personne aussi instable. J'écrase ma cigarette avec minutie alors que j'évite encore une fois le regard de la serveuse alors que je tourne la tête légèrement pour que la lumière éclaire le coté de mon visage resté dans la pénombre, la large cicatrice apparaît en relief et la serveuse détourne le regard, fier de ma victoire je me ressert un verre de vodka et le vide à nouveau avant d'allumer une nouvelle cigarette. Les dernières paroles qu'il prononce raisonne dans mes tempes, j'ignore ce qu'est un pacificateur même si leur nom est assez équivoque mais le plus important est qu'il me dise les combattre ou du moins les chasser. Je fais un petit sourire.

« Très bien ... Zack, si tu es le «soldat » que tu prétend être tu as toute mon attention. Je reprend la bouteille et le sert à nouveau avant de me servir moi même. Si tu veux tout savoir je suis né en 1739 et j'ai été soldat durant la plus grande partie de ma longue vie et si un puceau comme toi sait prendre un engagement tu commence a gagner mon respect. »


Un autre cri s'élève dans le bar suite à un autre but de leur équipe favorite, nous sommes en plein milieux d'une guerre et les humains ne pensent qu'à leur petite vie. Je remarque toujours les deux jeunes qui se bécotent et je vide mon verre d'un trait dans la foulée. Je conserve ma cigarette au bec et regarde les réactions du jeune homme, il a l'air détendu et particulièrement réfléchis, un brin calculateur peut être. C'est assez inutile de chercher le conflit avec lui si il voulait ma mort il aurait pu me livrer aux autorités après ses découvertes mais il a préféré me suivre, il attend quelque chose. Une paquet de viande saoule vient s'écraser près de notre table, le menton a la hauteur du plateau en baragouinant dans un langage plus que douteux, je le repousse de ma semelle pour le faire tomber à plat dos avant de continuer ma conversation le plus normalement du monde.

« Ca serait inutile de te demander d'effacer ce que tu as découvert sur Reichner, Asimov et toute la clique donc je ne vais pas te le demander. Tout ça est derrière moi à présent et j'essaye de me racheter à défaut de pouvoir me laver les mains. »


D'un mouvement fluide je me baisse légèrement avant de déposer un couteau à lame fixe sur la table sans un bruit.

« Ne me fait pas le coup du vieux chasseur de nazis je l'ai déjà trop entendu et ces personnes ne sont plus là pour en parler, a mon humble avis si tu es là ce n'est pas par bonté d'âme, j'ai connu peu de mutants près à protéger l'un des leurs qui a commis des atrocités. Alors pour qui tu travaille et pourquoi tu es venu me voir. Je t'écoute...Zack. »

Ma main continu son chemin vers la bouteille et la penche pour remplir mon verre avant de la vider aussi rapidement que les précédents, mon visage c'est fait plus tranquille et je garde mes mains bien en évidence afin de le mettre en confiance, il faut qu'il comprenne que je suis prêt à l'écouter très attentivement.
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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Le hasard fait parfois bien les choses, mais seulement parfois. (Yitzhak Anavim)(terminé)   Mar 22 Juil - 19:42

Good, j’ai réussi à retenir son attention. Il a l’air bien calé avec sa clope et son alcool, prêt à écouter ce qu’un petit con comme moi avait bien à lui dire. En même temps, il a raison. J’aurais été surpris un expert des identités multiples comme lui me saute à la gorge dans un lieu public alors que je lui déballe l’état avancé de mes recherches sur son compte. Et, avec ce que je lui révèle, je prends aussi des risques. Les boss de l’institut Xavier ont une fâcheuse tendance à donner la chasse aux taupes qui s’amusent à dresser des profils de leurs résidents. Préciser mon statut d’ex combattant m’attire une sympathie assez instinctive. Pas sûr que j’aurais retenu le même intérêt si j’avais précisé sous quelle bannière j’ai agi, mais on aura tout le temps d’en discuter plus tard, peut-être. Dans l’immédiat, je préfère éviter de mettre mes origines en évidences. Je suis le premier à penser que les gens changent d’idées politiques avec le temps, et qu’il n’est pas de positionnement moins stable, mais je sais que certains préjugés peuvent aussi être très coriaces. Il serait idiot de s’engager dans un débat improductif. Donc, je le laisse me servir encore, me raconter qu’il a passé sa vie à servir diverses armées, en mode gros hardcore. C’est un malade de la « guerre », c’est très bien comme ça. Il a l’air d’aimer le vocabulaire militaire aussi, celui qui fait de toi un gosse sexuellement inexpérimenté par défaut si t’as pas un poil sur le menton. J’ai envie de lui sortir une blague déplacée et vaguement homosexuelle mais je me retiens au dernier moment. Je parle à un ex nazi dont je ne connais pas très exactement la réelle évolution idéologique alors, là non plus, ce ne serait pas d’une grande intelligence.

- C’est simple. Aujourd’hui, t’as le choix entre devenir un crétin de consommateur qui s’auto-persuade de son génie, ou accomplir des trucs utiles pour l’avenir. Je crois pas à ces discours utopistes de tous ces gens qui voudraient changer le monde tous seuls, par la force de leur intelligence et en râlant dans leur coin. Puis j’aime les flingues, c’est mon côté ado frustré je suppose.

Je ricane doucement et j’avale une moitié du verre. Pas tout, faut pas exagérer, surtout que l’autre a une sacrée descente. S’il me fait la remarque, j’hésite encore entre lui dire non clairement ou me construire une double trachée qui débouche à l’extérieur du corps. Rien à fiche de l’honneur, j’assume d’être un escroc. Quand au discours, je l’ai prononcé avec toute la désinvolture blasée dont je suis capable. Je donne des mots simples, jalonnés de directions qui peuvent inspirer une personne encore orientée extrême droite, en me laissant la possibilité de corriger le tir s’il trouve mes paroles inappropriées. Mais elles sont assez sincères dans l’ensemble. Je pars juste du principe que je n’ai pas besoin de mâcher mes mots dans l’immédiat. Un gros lourdaud nous interrompt un moment en s’écrasant juste à côté de notre table et mon comparse le repousse négligemment. Il a de la chance l’ivrogne. S’il s’était explosé sur moi, ça aurait probablement donné un truc moins méprisant et beaucoup plus énervé. Erl m’explique ensuite qu’il essaye de se racheter. C’est touchant… Manque de chance pour lui, j’ai tendance à penser que ce genre de postulat relève de la belle arnaque. Puis il enchaine sur les questions de fond à savoir : qu’est-ce que je lui veux ? Pour qui je travaille ? Etc. Je tire une autre taffe sur la cigarette pour éviter qu’elle ne s’éteigne et je me donne le temps de la réflexion. Ce n’est pas le moment de se précipiter.

- Et une vieille branche dans ton genre y croit sérieusement ? je lui lance. Au fait de se racheter, je veux dire. J’imaginais bien un motif de ce genre en te découvrant à l’institut mais j’ai jamais pu croire à ces histoires de repentance. Il n’y a rien d’autre que des actions passées et présentes. Quand je pense à des conneries que j’ai commises, je me rappelle toujours qu’à ce moment là, j’agissais avec des raisons qui me semblaient justifiées. Et si elles n’étaient pas bonnes, tant pis, ce n’est rien d’autre que mon point de vue présent. Le "moi" de la semaine dernière appartient déjà au passé. Essayer de faire des bonnes actions pour satisfaire des principes moraux abstraits, c’est contre-productif.
Et, comme tu t’en doutes en effet, t’es pas devant un hipster jewish qui milite avec un demi-siècle de retard contre les nazis en épinglant des affiches Inglorious Bastard dans sa piaule. Ne crois pas non plus que je suis prêt à te protéger, disons que tant que tu ne me causes pas de problèmes, ton passé n’en sera pas un pour moi. C’est honnête non ?
– Je lui fais un sourire plus espiègle qu’amical. – Ceci dit, je crois aussi que tes expériences plus ou moins avouables font de toi un expert dans la propagande politique, ce qui devrait t’aider à comprendre ce qui me pousse à venir vers toi. Depuis quelques mois, je mène quelques actions isolées contre des anti-mutants qui prennent pour cible les plus faibles d’entre nous. Je les surveille, je suis là pour leur rappeler que ce n’est pas un jeu. Et je considère en même temps qu’ils sont des victimes eux-mêmes. Victimes de ceux qui font grandir la haine et la paranoïa en faisant monter au créneau le moindre petit incident impliquant un mutant. – Je fais un pause pour souffler à nouveau la cigarette puis j’ajoute soudain : - J’ai les noms. Mais les attaquer sera plus compliqué que donner quelques baffes à des agresseurs de rue.

Là, mon regard est droit et décidé. Malgré ma bouille juvénile, je sais que je laisse paraître une vive détermination et j’espère qu’Erl comprendra où je veux en venir. Je ne suis pas le genre à la jouer grand mystérieux de manière trop évidente. Je préfère donner suffisamment d’informations aux personnes que j’engage pour leur permettre de peser le pour et le contre, de réagir comme leurs impressions premières le leur dicteront. La méthode est très frontale, mais elle évite de se retrouver avec des indécis lancés dans une mission plus parce qu’on les a obligés de le faire que par volonté propre. Je besoin de savoir, très vite, à quel genre d’homme je m’adresse, et je suppose qu’il en va de même pour l’immortel.

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Dernière édition par Yitzhak Anavim le Lun 1 Sep - 23:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le hasard fait parfois bien les choses, mais seulement parfois. (Yitzhak Anavim)(terminé)   Lun 1 Sep - 23:08


Son ton est respectueux, il semble savoir de quoi il parle et je fume tranquillement en l'écoutant débiter presque sans respirer tout ce qu'il me dit. A de nombreuses occasions j'ai envie de le couper pour lui mettre ma main dans la gueule mais je me retiens et le laisse aller au bout de son idée. Mon regard croise le sien il n'est pas haineux simplement sûr de ce qu'il avance, il n'y a aucune animosité peut être un peu rancoeur lorsqu'il parle de ses frères les plus faibles qui sont les premières victimes de ce conflit. Une seule question me vient à l'esprit, que fait l'institut pour ces gens là ? Xavier serait il quelqu'un ne défendant que son petit pré carré qu'est l'école ? D'un certain point de vue il arrive à me piquer l'égo. Je veux me racheter mais j'ai l'impression d'avoir choisit le mauvais camp. Sentant la carotte de la cigarette me brûler je l'écrase et en reprend une autre au moment ou il finit son discours. Il s'en suit un certain moment de reflexion, le couple se bécote encore et toujours, la viande saoule ronffle bruyament à nos pieds et les autres personnels présents dans le bar regardent toujours le match à la télé. Comme toujours un petit anodin qui m'a pourtant fait percuté n'a alerté personne. Je prend une très longue inspiration à travers le filtre et ferme les yeux une seconde avant d'expirer. Apparemment c'est à ce moment précis que je dois essayer de prendre une décision pour l'avenir. Je me sert à nouveau un verre en regardant ma montre, ca y est nous sommes le 1 septembre, excellente date pour prendre une décision. Je relève mes yeux vers le petit jeune que j'ai en face de moi et il me semble plus déterminé qu'une armée.

« Jeune, si ce que tu me dis est vrai. Si tu te bats vraiment pour les raisons que tu as énoncé et si tu as véritablement besoin d'une aide et pas seulement d'un bouc émissaire tout trouvé je peux peut être t'aider. »


Mon premier maître d'arme me disait souvent que chaque homme avait son prix, qu'il soit palpable ou non. Cette leçon que je pensais avoir apprise depuis longtemps me paraît encore plus évidente aujourd'hui. Je ne cherche pas d'argent mais ce petit jeune à tout de suite compris ce que je cherchais et pourrais peut être utilisé cela pour son propre compte. Ne serait ce qu'une grande manipulation. Nous sommes tous les deux des mutants pourtant et il n'y a rien qui peut me faire croire qu'il veuille me la mettre à l'envers. Je vide mon verre d'un trait et repose le verre en le claquant sur la table, à l'envers. La bouteille est au ¾ vide et il n'y aura plus grand chose à en tirer. Il est temps à présent de parler affaire.

« Je te préviens petit, je suis un soldat la manipulation politique ce n'est pas mon truc, je suis pas fait pour poser des affiches, une action isolée c'est déjà plus dans mes cordes mais je suis pas un enfant de cœur et je n'aime pas faire des prisonniers. Le message est reçu ? »

Je continu à fumer, me redresse contre le dossier et fait craquer ma nuque. J'ai ce délicieux frisson de l'action qui parcourt à nouveau mon dos et mon palpitant s'agite un petit peu comme une pucelle au moment de l'acte fatal qui la changera à tout jamais et qu'elle ne voudra ou ne pourra jamais oublier. J'ai cependant besoin de garantis, je ne fonce plus tête baisser dans la gueule du loup.

« Je veux t'aider mais qu'est ce qui me dit que tu ne me jetteras pas en pâture au B.A.M pour me faire porter le chapeau sur toutes tes actions isolés. Si tu me répond bien je tuerais pour toi grand si tu me répond mal je disparaitrait et crois moi je sais très bien faire cela alors réfléchis bien avant de répondre. Une autre Zigaret pour t'aider à choisir tes mots ? »
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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Le hasard fait parfois bien les choses, mais seulement parfois. (Yitzhak Anavim)(terminé)   Jeu 18 Sep - 10:20

Au début, ça a quand même pas trop l’air gagné. Je sais bien que ma manière de parler, de mettre cash en doute l’utilité de sa rédemption etc, a de fortes chances de l’énerver, de le faire réagir violemment. Mais je m’en fiche. Je ne sais pas parler avec douceur, ça m’ennuie. Pourquoi passer par un tas de chemins tortueux pour exprimer une chose simple ? J’ai pas peur de blesser les gens, ni de les énerver, au contraire. Ne dit-on pas qu’une personne qui perd son sang froid est quelqu’un qui a perdu ? Mais Erl se contient, c’est évident. Il ne dit rien, ne cherche pas à me couper même s’il semble que ses lèvres se pincent un peu parfois. En gardant le calme, il accepte aussi le doute, le fait qu’il se soit peut-être planté de combat. Du moins, c’est ce que sa première réaction laisse à supposer. Un admirateur zélé de Xavier se serait de suite dressé contre mes affirmations pour vanter tous les bienfaits de l’institut. Là, rien. Après sa mûre réflexion dans l’agitation d’un bar où la peuplade se fiche bien de ce qu’on peut se raconter, il envisage déjà se répondre à la mission que je souhaite lui donner. Je ne pensais sincèrement pas avoir visé si juste en misant sur la faiblesse de son repentir, et j’en suis très satisfait. Bien sûr, il reste encore méfiant. Je pourrais l’utiliser comme fantoche. J’en serais parfaitement capable d’ailleurs, et je n’irais pas jusqu’à dire que je suis un type fiable à 100% tant que je n’ai pas décidé de défendre une personne à la vie à la mort. A ce niveau, je n’ai pas de parole, je préfère les sentiments. Cependant, quand on veut s’assurer une protection à deux, il vaut mieux établir un contrat stable. Quand trahir l’autre devient dangereux pour sa propre vie, on tient bizarrement plus facilement ses engagements.

Au cas ou je n’ai pas tout compris, il me rappelle bien aussi qu’il n’est pas là pour militer comme un étudiant avec des affichages sauvages, on est bien d’accord là-dessus. Si j’avais voulu un représentant charismatique, je serais allé voir ailleurs, bien sûr. J’ai besoin d’un tueur qui ne laisse pas de traces, de pratiques un peu différentes des miennes, parce qu’il va falloir déguiser tout ça. En clair, il ne faudra pas attirer l’attention, juste couper les têtes des principaux commanditaires, et laisser le doute s’instiller parmi les suiveurs. Pas besoin de faire la Une des médias, pas la peine non plus de désigner un tueur. Il est certain que si je pouvais faire porter le chapeau de tous mes crimes à un bouc émissaire, ce serait un bon moyen de me laisser tranquille pour un moment, mais ça ne marcherait jamais. Les enquêteurs ne sont pas stupides, je suis certain que Erl et moi avons des styles beaucoup trop différents pour que cela devienne crédible… Après, en me donnant un peu de mal, en les forçant à désigner un coupable pour apaiser le brave peuple, cela devrait pouvoir marcher, ce n’est qu’un jeu après tout, on peut créer un tas de fausses preuves pour faire inculper une personne dont le profil psychologique contredit pourtant toutes les accusations du procès. Sauf que j’ai besoin d’alliés. Mieux, un mutant qui marche avec moi, c’est un mutant que l’institut n’a plus. Pas que ça m’embête qu’ils aient du monde avec eux mais, on ne sait jamais, dans le doute, je préfère savoir les gens utiles dans mon camp plutôt que dans un autre.

Je suis quand même impressionné par la rapidité avec laquelle il a descendu sa bouteille. Il est toujours vraiment clair ? Il a un syndrome régénérant qui le soutien ? Non parce que, je veux bien que certains alcooliques violents se fassent une à deux bouteilles de 40° par jour, mais à cette vitesse, ça me semble assez irréaliste. De toute façon, ce n’est pas mon truc. Faut pas trop me faire boire, c’est toujours une super mauvaise idée avec moi. J’accepte quand même sa cigarette parce qu’on est dans un moment crucial et que je préfère le laisser dans de bonnes dispositions. Dans un entretien du genre, si l’autre bois ou fume, t’as plutôt intérêt à lui rendre la pareille, sinon ça pause un problème de confiance, évidemment.

- Tu vas tuer, t’inquiète, j’ai pas non plus envie de me lancer dans une collection d’otages. Mais tu as raison, je pourrais te faire porter le chapeau. – Je me force à fumer encore, pour laisser planer un instant de doute. - Quand tu sauras qui je suis vraiment, tu comprendras que ce serait assez maladroit de ma part.
Pendant un très court instant, la moitié de mon visage retrouve ses traits habituels. Je veux lui faire comprendre que je serai prêt à me livrer bientôt, que je ne suis pas un débutant dans ce registre.
- L’autre point est que je n’ai pas l’intention de faire dans le retentissant, au contraire. Je veux atteindre la source même, et j’ai besoin de quelqu’un de discret pour cela. Pourquoi essayerai-je de dénoncer ensuite un mutant avec un profil comme le tien au B.A.M ? Pour donner raison à tous les antis ? ça n’aurait pas de sens. En tout cas, ça n’en aura plus quand tu verras tout le mal que je me suis déjà donné pour ne rien leur laisser passer. Mais je ne peux pas t'énoncer ou te tendre des preuves ici.

Je préfère éviter de m’étendre davantage. Même si personne n’a l’air d’écouter, au bout d’un moment, quand une discussion commence à devenir trop « étrange » et inhabituelle, les cerveaux sortent de leurs veilles, les oreilles se dressent, et peu importe le bruit que les autres font autour, cela peut devenir dangereux. J’attends donc de connaître sa réaction et, peut-être proposer de fixer un rendez-vous. Afin de ne pas aiguiser sa méfiance en lui désignant un lieu qu’il ne maîtrisera pas, je préfère lui laisser éventuellement le choix de la décision.

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MessageSujet: Re: Le hasard fait parfois bien les choses, mais seulement parfois. (Yitzhak Anavim)(terminé)   Mer 12 Nov - 15:56


L'alcool, ce délicieux breuvage qui éveille les sens et délie les langues. J'ai une dette envers lui je dois l'avouer. C'est grâce à lui que j'arrive à dormir d'un sommeil sans rêves quelques heures par nuit, que je ne me lève pas en sueur, hanté par des visages ou des scènes issues d'un passé lointain. Ce jeune ne me mens pas, il réfléchis, il cogite, il tâte l'obscurité pour trouver une base solide. Je n'aime pas faire confiance aux gens avant de les avoir vu en pleine action on se demande toujours ce qui peut bien se passer si jamais votre ailier perd ses moyens au moment de frapper au but c'est bien connu. Je renifle quelques instants et vide mon dernier verre. La fille aux gros seins s’approche mais je donne un signe de la main pour l'arrêter et lui faire comprendre qu'on a plus besoin de ses services. Je vois son visage s'embrumer, bouger, prendre d'autre trait. Ca me dit vaguement quelque chose mais je prend ça comme un signe de confiance à moins que ce soit la vodka qui me joue des tours. Je claque le verre contre le bois et regarde autour de moi comme si je cherchais les toilettes quelque part. Vous savez ce regard du type pressé mais qui essaye de garder toute sa superbe.

Mes yeux scrute l'assemblée, il n'y a rien à craindre, à part peut être ce mec scarifié au fond, avec son visage osseux et son imper noir. Lui il a quelque chose d'anormal dans l'attitude, il semble observé aussi bien que moi la vie qui grouille dans cette fourmilière géante. Je secoue la tête et allume encore une fois une cigarette et pose le paquet vide sur la table poisseuse avant de regarder l'heure sur la montre à mon poignet. Je fais craquer ma nuque et profite de la valse endiablée du lustre au plafond. Je ferme les yeux quelques secondes et cherche dans ma poche intérieur de veste avant de griffoné un petit mot, une date et un lieu tout simplement. Je tape sur l'épaule de Yit comme si c'était un vieil ami à moi et me lève. La vodka, la fumée de cigarette, le manque d'air, tout cela me fait tourner la tête et je me rattrape au dossier de la chaise et respire à plein poumons pour calmer mon rythme cardiaque, il semblerait que je vieillis légèrement tout de même.

« On se voit au match des Yankee alors, pas de soucis. »

Je reprend mon briquet et adresse un léger sourire à Yit, ce petit est assez sympathique sans compter le fait qu'il m'intrigue légèrement. Je ne vais même pas cacher mon plaisir d'avoir été reconnu par une personne ayant réalisé un véritable travail de bénédictin,.Il faut le dire, ca fait plaisir d'être reconnu parfois, on se sent encore en vie quand quelqu'un nous court après. Je sors dans la rue qui est complètement vide, les étoiles bougent toutes seules et les lampadaire semblent se déhancher sensuellement le long de la route, courtisé par des parkmètre aussi petit que maladroit. Ce mec aux cicatrices me dit quelque chose mais je ne saurait plus le replacer, peut être que si j'avais été sobre je l'aurait reconnu mais ma mémoire est un amas gigantesque et flou et c'est un peu l'effet recherché. Je traverse deux rues et contemple le métro qui passe en aérien à cet endroit. L'enseigne d'un petit hôtel clignote et je me décide à entrer. Une femme en petit tenue sur ma droite, une vieil adipeux derrière le comptoir, nous sommes dans un hotel de passe. Tant pis. Je prend une chambre et monte sans demander mon reste, la fille veut m'accompagner mais je la repousse, il faut réfléchir cette nuit.
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