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 Amélie, L'ange du passé. Hopes, Paris, Années 20.

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Daniel Hopes
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MessageSujet: Amélie, L'ange du passé. Hopes, Paris, Années 20.   Lun 2 Avr - 19:39

Rien ne viendrait plus d’intéressant de ce matin froid en ce mois de décembre de l’année 1922. La neige se faisait attendre et Paris avait le vague à l’âme. Déjà le bruit des chevaux se mêlait avec la cacophonie des moteurs des voitures. La ville était entre deux époques, elle voulait murir au sortir de la Grande Guerre, le siècle venait de se déniaiser abandonnant ses illusions de jeune enfant pour entrer dans le temps de la responsabilité des adultes. Sa mue était palpable, visible et malodorante comme tout ce qui faisait le décor de cette chambre de bonne du quartier de la Butte.

Assis sur le lit, il écoutait les anges qui mouraient et renaissaient dans une farandole quotidienne. Chaque jour poussait l’autre, chaque nuit accouchait d’une même plainte douloureuse dans une fuite en avant éternelle mais cette réalité due à son gêne lui échappait encore. Il jeta un regard distrait vers le lit. Une courbe féminine se dessinait d’un revers charnu offrant une perspective qu’un grand maitre de 19eme siècle aurait sans doute appréciée. Une longue crinière rousse se découpait sur une peau quasi laiteuse. Comment s’appelait-elle déjà ? Un prénom irlandais peut-être…impossible de s’en souvenir et en définitif cela n’avait que très peu d’importance. Il l’avait consommé sans extase et sans amour, juste une envie de remplir un corps d’étoiles avant de retomber le cœur en cendre comme aurait si bien dit un chanteur des rues.
Il reboutonna sa chemise laissant sa cavalière d’un soir reposer, elle sortait de son existence aussi rapidement qu’un météore. On vivait d’excès mais on en mourait rarement. Il attrapa son haut de forme avant de s’engouffrer dans le corridor, fermant derrière lui le chapitre de la journée précédente. Tout en dévalant les marches, l’esprit embrumé de vapeurs d’alcool, il essaya de trouver une nouvelle raison de pousser l’existence jusqu’à l’aube du lendemain. La rue s’offrait à lui, bruyante et rassurante encombrés de fantômes qui ne pouvaient pas se voir. Ses pas ralentirent près d’une librairie où il jeta un regard négligeant aux étales. Puis d’un geste emprunt d’une grande dextérité il consulta sa montre en or l’expression grave.
Une voix vint briser la routine de ses actions anodines.



« Excusez-moi ? »

Hopes mit un temps à réagir, sans doute les restes de ses mois de dépravations d’une descente effrénée vers l’enfer de la flagellation morale. Elle était là, fragile et gracile avec ses grands yeux qui le perçaient comme si déjà depuis toujours elle l’attendait pour lui adresser ses quelques mots. Le vent agitait ses longues boucles noires. Son sourire était pâle et lui donnait un air halluciné.


« Ca fait quelques instants que je vous observe, est-ce que cela vous ennuierait de poser pour moi ? »

Daniel resta silencieux et comme légèrement perplexe. Comme le silence devenait gênant. La jeune fille justifia sa requête sur le même ton toujours enjoué.

« Je suis Artiste Peintre, je me nomme Amélie Duchesnes. J’habite pas loin d’ici ? Ca vous direz de venir chez moi ? »

C’est la saison des météores pensa le jeune homme en souriant perfidement.
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Daniel Hopes
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MessageSujet: Re: Amélie, L'ange du passé. Hopes, Paris, Années 20.   Lun 2 Avr - 19:43

- Ce n’est pas parce que tu n’y entends rien que tu n’es pas capable de te sentir toucher par l’émotion de ces couleurs, non ?

Amélie lui adressait un sourire entendu se hissant sur la pointe des pieds pour mieux entrevoir le tourbillon de couleurs qui emmenait la peinture bien au-delà de ce que la perception humaine pouvait laisser supposer. A cette heure tardive de la soirée, les galeries du Louvres se couvraient d’ombres fantomatiques et menaçantes. De rares fidèles s’attardaient encore devant quelques œuvres intemporelles tendit que déjà le silence ensommeillait les lieux. Daniel soupirait. Se faire initier par Amélie avait tout du parcours du combattant, il n’appréciait pas particulièrement le contenu des programmes journaliers mais la fille était si mystérieuse et attractive qu’il avait décidé de se laisser guider par son charme même si les évènements de la première rencontre l’avaient déstabilisé puisqu’il n’avait rien obtenu d’elle qu’une lutte de pouvoir assez étrange mais stimulante. Elle était une sorte de veuve noire complètement abimée par la vie. Daniel avait donc décidé de se contenter de la suivre et de l’observer sans plus rien demander en retour. Ses mystères et ses contradictions l’entrainaient sur une pente « dangereuse » ,leurs noirceurs se nourrissaient mutuellement et ils glissaient au fur et à mesure des mois vers une descente aux enfers contrôlée mais délicieuse.

- Quel intérêt de se sustenter de la vision d’un autre ? je ne comprends pas ce que tu peux trouver de stimulant là dedans.


- C’est parce que tu ne sais pas voir les brisures de l’âme à travers une œuvre…


Elle était extrêmement sérieuse, sa lèvres inférieure mordue sans cesse en un tic nerveux.

- Et veux-tu qu’on compte les nôtres ou veux tu absolument trouver un chemin de douleur inédit, si cette chose te fais du mal, pourquoi y plonger à cœur ouvert ?

- Parce qu’en elle je me vois..moi et mes regrets, mes échecs, mes remords.

- Ah oui ? et que regrettes tu qui t’était si précieux ?


- De n’être que mon ombre…mes vêtements ont déjà l’odeur de la terre et je n’aspire qu’à ca.

Daniel resta interdit devant la dureté des propos de son amie, une vie de remords faisait-elle réellement souffrir celui qui l’endurait ? C’était inconcevable pour lui que ne ressentait plus qu’indifférence. Elle passa son bras entre le sien lui souriant malicieusement puis ajouta sur un ton mi rieur, mi sérieux.

- Je gage qu’après mon passage, tu sauras enfin voir les couleurs…et si nous allions nous enivrer ?
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Daniel Hopes
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MessageSujet: Re: Amélie, L'ange du passé. Hopes, Paris, Années 20.   Lun 2 Avr - 19:48

Chaque nuit vomissait le même jour comme un reliquat du prix à payer pour toute sorte d’excès. Ils n’étaient que deux enfants au cœur de la tempête.
1923 agonisait mais le temps n’avait plus vraiment d’importance lorsque la lumière qui vous éclaire n’est qu’un palliatif artificiel pour mieux se voir chuter à travers les ténèbres. Tout était prétexte à plus de misères, lorsqu’ils se retrouvaient l’un l’autre, miroir malheureux de leurs âmes consumées, ils ne cherchaient qu’à faire voler en éclats l’écorce protectrice qui les séparait de la réalité pour mieux s’abreuver d’un épanchement de sève malsaine.
Le ciel était le même, sa pureté n’avait rien d’inquiétant, même pas la douceur exceptionnelle de ce mois de novembre. Daniel s’éveillant de son gouffre, tendit le bras au devant de lui comme pour pouvoir saisir un peu de ce qui restait des cieux. Une supplique intime et désespérée pour retourner là où ses espoirs s’étaient déchirés. Il faudrait vivre puisque Dieu lui-même restait impuissant et ses desseins, à peine voilés d’ironie, n’occupaient que son esprit. Les quais de la Seine étaient brumeux encore souillés du passage d’indolents de la veille, c’était l’heure matinal où l’œuvre des hommes cherche à s’excuser par son silence d’avoir osé prendre le pas sur la nature. Verdure contre bitume, grisaille contre couleurs mais au bout du compte, un rapport au temps similaire même si l’œuvre de la main humaine portait en son sein le mensonge d’une éternité limitée.
Pour l’instant, le risible de cette découverte échappait totalement au jeune homme. Il avait choisi de vivre pour mieux mourir, lui et son étrange compagne blottie à ses cotés dans une même débauche et partageant la même maigre chaleur. Les cadavres des flacons trahissaient l’ivresse : spiritueux et résidus de substances opiacées.
Amèlie appelait cela « l’essence du véhicule » tendit que le corps en serait l’habitacle et l’âme le moteur. Ce qui amusait fortement Daniel restait que si le paysage, aussi distrayant soit-il, défilait à toute allure, la destination demeurait inexorablement inconnue. Sa passagère avait changé. Ses traits trahissaient sa déchéance morale par une déchéance physique. Elle accusait toutes ces heures qui glissaient sur Hopes, alors Bourdieux en ce temps précoce de son existence. Malingre, le teint blafard, elle tait devenue incapable de peindre mais son esprit restait vif et acéré comme s’il désirait avant tout rester au diapason de cette symphonie absconde et distordue.

La vérité cruelle était qu’elle se noyait complètement dans la noirceur du jeune homme. Ils s’étaient vu semblables mais lui était un gouffre dont le fond restait à délimiter. Elle creusait à pleine peur mais pour chaque déchirure mise à nue, une entaille plus profonde lui cinglait le cœur. Cette relation devenait autodestructrice, d’autant plus qu’elle n’avait jamais été consommée.

D’abord elle s’était refusée à lui et par la suite, par un jeu pervers, il avait décidé d’en faire de même tout en sachant qu’elle mourait de désirs. Il alla jusqu’à lui choisir ses amants dans un jeu de luxure sadique et lubrique, assistant avec un sourire malsain à ses ébats, un verre de mauvais alcool dans la main tendit que jusqu’au bout, elle gardait durant son ouvrage son regard scotché au sien. Ils se martelaient l’âme sur la même enclume mais ne jouaient pas dans la même juridiction, Daniel n’avait rien à perdre dans sa chute mais Amélie était dépendante de lui. Elle avait bien des blessures analogues aux siennes sur lesquelles jeter du sel mais par refus mutuel de pitié, ils en ignoraient réciproquement la teneur, c’était une règle : rien n’avait filtré de leur passé. Ils brulaient le présent car ce passé ne servait à rien et faussait le jeu diabolique où on frappait au hasard, jamais en connaissance de cause, quand à l’avenir : il n’existait simplement pas.
Une voix ensommeillée et enrouée vint bousculer dans leur patience la symphonie silencieuse du matin.


- Tu m’emmèneras un jour. dis-moi ?

Il ne la regarda pas, il savait depuis déjà le sujet qui habitait son esprit fiévreux.

- Je t’ai déjà dis que c’était impossible, ce lieu est à moi seul…il n’est pas en mon pouvoir d’y emmener des gens.

- Ce n’est pas juste…tu défies le temps…tu peux te créer un univers qui n’existe pas…un endroit où je ne peux pas te suivre..ce n’est vraiment pas juste..je veux vivre éternellement.

Daniel avait envi de l’abimer un peu plus, de lui faire volontairement mal comme on brise le bras d’un adversaire au cours d’un combat aveuglé par l’ivresse de l’adrénaline.

- Qu’est-ce que je pourrai bien faire de toi durant une éternité ? Touche le fond et nous aviserons à donner un épilogue à cette cavalcade. Mais pour ta requête, c’est un non définitif.

Un silence terrible vint poser une chape de plomb sur la quiétude du matin avant que la voix d’Amélie, tremblante ne vint tenter une dernière estocade. Elle vibrait sous la douleur, il avait fait mouche et Daniel ne pu réprimer un sourire de satisfaction.

- Dans ce cas…promets moi que nous partirons..ensemble…je veux monter avec toi dans les cieux comme une commette pour leur crier ma haine, je veux monter, monter, monter…culminer et irradier. Que chaque ange entende mon nom ! Et forcer Dieu à me regarder en face pour m’avoir condamné à mourir comme tous les autres. Je vais lui arracher ce regard et puis..et puis..je vacillerais et je m’éteindrai…promets moi.

- Et si tu t’occupais de descendre avant de chercher à monter ?



Le silence à nouveau.
- Reste…Reste t-il de l’absinthe ?

Cette fois ci, Daniel sentit poindre la morsure du remord. Il tenait plus à Amélie qu’il voulait le montrer, il la sentait sur le point de rupture et étrangement, il n’en tirait aucune satisfaction. Toujours ce même vide dans son âme que ni plaisir, ni douleur ne venait combler. C’était une dérive sans fin. Il finit par baisser la tête et lui déposa un baiser sur la tête.

- Soit…je te promets.
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Daniel Hopes
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MessageSujet: Re: Amélie, L'ange du passé. Hopes, Paris, Années 20.   Lun 2 Avr - 19:53

La chaleur était étouffante, le soleil de juillet 1924 dardait de ses rayons pesant et sans joie. La ville vivait alors sous l’oppression de sa tyrannie caniculaire et chaque être se mouvait avec une paresse surnaturelle et inhabituelle. Il est dit souvent que la chaleur augmente l’activité humaine, il semblait alors que l’adage porte en son sein une étrange contradiction. Le lieu était au-delà du sale et sans doute la souffrance de trop de nuits étaient venu éclabousser d’un malheur silencieux et malodorant ce qui voulait encore subsister de couleur sur les murs de ce corridor qui ne semblait vouloir ne déboucher que sur le néant. L’éclairage dansait ca et là enténébrant certains détails qui finalement se complaisait à l’obscur plutôt qu’à la clarté d’une vérité qui dérange. Des gémissements s’élevaient comme autant de plaintes livrés à l’écho sans espoir d’une réponse. Ils montaient, réguliers et sinistres, et se désintégraient dans une solitude froide et terrifiante. Chacun d’eux était une histoire mille fois livrée, mille fois rêvés, mille fois perdue. Ceux qui connaissent le chemin en goutent déjà l’amertume : aux autres l’adage de l’imaginaire, ici la parole de l’agonie domine en maitre. Les lieux drainaient la misère humaine, s’abreuvant à la source de l’immonde et s’ensommeillait tel un animal repus. L’écho des pas sourds sur le marbre souillé répondait aux suppliques des anonymes.

Il savait où il allait, dans cet ultime voyage où pour une fois il ne serait pas seul. Il allait comme à certains rendez-vous galant dont on espère beaucoup et qui portent les promesses de jours éclatants. Cette démarche était feinte, cet entrain il l’avait façonné jour après jour. Il se refermait enfin sous son masque froid. On lui avait signifiait. On l’avait mandatait par intermédiaire. On l’avait poussé à sortir de son ivresse et de sa décrépitude. Qui d’autre à part son binôme, un ange vengeur qui avait fracassé dans un nuage de plumes ensanglantés sa belle noirceur sur le bitume froid et sans avenir de l’Humanité.
Daniel savait qu’on naissait pauvre de n’être que soi même et que sous le far, on devinait toujours la même couleur. Celle du sang, le liquide carmin dont on célébrait la noblesse ou la perte était aussi corruptible que la chair qu’il faisait vibrer. Ils n’étaient qu’Humain, les deux enfants du siècle. Ils n’étaient qu’Humain. Ce soir prenait fin la danse. L’orchestre se retirait déjà et seul assis sur son siège en Spectateur Divin, il se prenait à s’être cru danseur quand il n’avait été que menteur.

La chambre où s’accomplit la dernière déchirure est presque à porté de la main. Le Gardien du lieu, sorte de caricature grotesque et difforme lui avait montré du bout de son dédain la marche à suivre. Cellule C , secteur trois. On disait bien des choses sur cet asile Mais il n’y a pas de folie, il n’a que des gens qui rêvent et qui un matin qui un matin oublient simplement de se réveiller. Que peut-on deviner derrière ces paupières closent ? Un monde plus merveilleux où un atroce cauchemar ?

Derrière les paupières fines et bleuté d’Amélie Duschesne ? Que pouvait-on lire ? Ce regard qui ne s’allumerait plus. Ses yeux tournaient en dedans regardaient à présent toute la magnificence de l’obscure et à la noirceur, elle s’était brulé et perdu enfin dans les méandres de sa déchéance. Il était là et elle était enfin ailleurs, bien plus loin que lui. Le problème était qu’à présent sa chute serait éternelle et sans fin.

Le dernier rendez vous où tout s’arrête car c’est le jour de la promesse, le jour ou il faut solder les comptes et apprendre ce qui doit être retenu. Hopes poussa la porte vers le théâtre de la rupture ou le dernier acte allait se tenir dans une splendeur misérable et touchante. Le grincement de la charnière déchira l’accalmie des hurlements de détresse.


Seule en sa scène au soir des rois, la pénombre dessinait sur son visage des souffrances en devenir ou des inquiétudes sourdes et chimériques. Ses traits étaient diaphanes et maladif, son visage reflétait une absence de vie et même au-delà puisqu’il s’agissait même d’une absence d’envie manifeste. Elle restait troublante dans sa dernière chute. La symphonie était parachevée et l’instrument au bord de la rupture. Jamais cependant il ne l’avait trouvé plus désirable que ce jour là maintenant qu’elle était bien au-delà de sa propre souffrance.

Elle ne cilla pas à sa venue. Son monde n’était pas le sien. Ils évoluaient à présent dans deux phases différentes de leur conscience. Doucement, il prit possession de l’espace en se mouvant avec une lenteur calculée sous le regard de marbre de sa compagne de solitude. Le décor ne détonnait pas de la misère humaine qui avait planté ses crocs dans l’âme tout entière des lieux. Il vint se poser comme le capitaine regagne la barre, sur le lit souillé tendit qu’il scrutait la pénombre à la recherche de quelques illusions détenant une clé de vérité.

Il aurait voulu lui dire mille choses mais une fois de plus, le mur qu’il avait construit peine contre peine, venait empêcher toute tentative de reconstruction de cette vénéneuse alliance. Les mots s’étranglaient refusant de livrer leurs armes. Il demeurait en admiration devant cette morte vivante dont les vêtements déjà sentaient l’humus des cimetières. Les médecins en avaient été formels, sa déchéance morale augurait la déchéance physique, il lui restait peu de temps tendit que la maladie rongeait ce vaisseau d’âme. Comme un miracle n’arrive jamais seul, la lueur soudaine s’anima dans le regard de l’exilée, revenant dont ne sait quel rêve étrange et fantasmagorique.

Imperceptiblement, elle sortit de son immobilisme et ses iris vibrèrent lorsque la mémoire connecta au stimulus la réponse sur l’identité de son mystérieux visiteur.

- Tu…..es……revenu……..me chercher.

Le silence amer comme réponse. D’une main plus assurée qu’il n’y paraissait il lui balaya une mèche de cheveux sales lui barrant le visage pour mieux saisir sa pâleur spectrale. Elle le regardait du fond du gouffre avec une lucidité bientôt enfuie, comme un évident appel à l’aide, les ténèbres prêtes à jaillirent pour le saisir lui.
Enfin, il égraina avec parcimonie ses mots.


- Non…Je suis venue pour tenir ma promesse.

Elle sembla chercher dans d’obscurs méandres la signification propre de ses paroles étranges, puis de nouveau la même voix sans vie.

- Me feras tu enfin l’amour ?

Hopes plissa les yeux sous le poids de la souffrance, du tombeau : elle agitait encore le cœur. A sa main toujours sur sa joue , il y apporta sa jumelle, prenant le frêle visage entre ses mains. Il en approcha lentement le sien pour la retenir des yeux encore un instant.

- Non.

Il n’ajouta rien et ses mains doucement descendaient vers ses épaules en une ultime caresse. Elle frémit : froid, désir, peur ? Impossible d’en discerner d’avantage.

- Me diras-tu que tu m’aimes ?

Les mains se joignirent sur le cou de la jeune Amélie, veille d’avoir été, l’espace d’un instant, un ange ténébreux précipité vers la terre.

- Non.

Elle sembla comprendre, sa respiration se fit plus calme.

- Alors nous pourrons..repartir…tu es..ma plus belle œuvre…nos histoires..restent à écrire.


Il serra. Ses jointures soudainement blanchie par l’effort. Il ne la quittait plus du regard.

- Hurles aux anges ma haine de ce monde…et j’écrirai cette histoire pour deux.


Cela fut bref.
Pas plus d’une minute de lutte. Il garda en tête tous les détails anatomiques de l’atterrissage, tous les détails de la destruction dont il venait sceller l’histoire par l’odieux sceau de la Mort. Il la déifiait enfin et lui permettait de prendre son envol vers ce royaume qu’elle pervertirait, échappant par lâcheté à sa part du contrat.
Lorsqu’il desserra les mains et que tout fut consommé. Il éclata en sanglots se laissant chuter à même le sol. Au dehors, le monde se foutait bien qu’un déchu remonte aux cieux pour y demander des comptes. L’enfer n’était pas ailleurs finalement.

L’enfer était là, vrombissant à travers les rues de chaque ville et pourrissant ce qui restait de candeur dans le cœur de chacun.
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MessageSujet: Re: Amélie, L'ange du passé. Hopes, Paris, Années 20.   

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