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 A l'ombre de Bleecker Street (libre)

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Colleen Caravella
Neutre Alpha
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Messages : 78
Date d'inscription : 05/01/2013

MessageSujet: A l'ombre de Bleecker Street (libre)   Lun 16 Fév - 23:05

La pluie, le calme, les ruines. C'est ainsi que je peux résumer l'état des lieux régnant sur l'angle de Bleecker Street. Difficile d'imaginer... Non, je me mens à moi-même, il est tout à fait évident de revoir la catastrophe en contemplant les fleurs, les photos et les fissures dans le sol. Je suis devant la bouche de métro où le drame c'est déroulé. Ici que les journalistes se sont massés, ici que les survivants furent évacués et ici que la panique à envahit New-York. C'est devant ses gerbes de fleurs et de bougies que chacun, anonymes et officiels, familles et amis, viennent se recueillir en mémoire des nombreuses victimes de l'accident. Et au milieu de cette foule emplit de larmes et de respect, une fille paumée, se sentant irrémédiablement responsable des événements et dont le corps tremble de tout son être. A genoux, une capuche cachant ses larmes et le regard dans le vague, c'est bien de moi dont il est question. Et cela ne va pas fort, ce n'est pas peu dire.

Pourquoi suis-je venu ? Pour me recueillir ou pleurer une connaissance impliquée dans ce désastre ? Non. Je ne connaissais sur la liste des victimes, je ne connais pratiquement personne tout court depuis que je suis sur ce continent. Est-ce que j'ai quelque chose à voir avec l'explosion ? O... Non. Mais cela aurait pu. Il y a quelques mois, je me suis retrouvée à deux doigts de ne plus rien contrôler et de provoquer un attentat similaire. Une foule ivre de colère, une mutante totalement dépassée par la situation et un pouvoir lui permettant d'exploser. Les ingrédients étaient réunis pour faire un prélude à Bleecker Street mais un homme-chat, Sanzo, m'a tiré de ce pétrin avant que cela ne dégénère. Pourtant, en contemplant les débris qui s'amassent hors de la station, ce n'est pas ce passage de ma vie que je retiens, c'est bien plus loin. Enfuis en moi et marqué à jamais. C'est le souvenir du dernier jour dans ce foutu institut psychiatrique. Quand j'agrippe cette bonbonne d'oxygène et que j'explose, comme jamais je n'avais explosé et ensuite... Les ruines, les blessés et les morts. Bleecker Street, voilà ce que voir cette catastrophe aux infos m'a provoqué comme souvenir. En restant branchée une journée entière sur les chaînes d'info, c'est exactement ce qui me passait par la tête. Cette explosion, ces déraillements de métro, j'aurais très bien pu provoquer ce chaos. Une nouvelle perte de contrôle de mes pouvoirs, une crise de panique voir une nouvelle hallucination provoquée par je ne sais quelle drogue, les causes sont multiples et toutes aussi probables l'une que l'autre. Ce front de libération des mutants revendique l'attaque ? Cela aurait très bien pu être une cinglée australienne qui s'est envoyée en l'air suite à une crise d'angoisse. Et il faut que je vienne sur place pour me rendre compte du monstre que je suis, e la bombe à retardement que je cache. Je frappe le sol sans raison, me sèche une larme se mêlant à la pluie et me redresse, ne prêtant guère attention à mon entourage.

Que dire ? Dans la liste des mauvaises idées des choses à faire, venir me recueillir ici est bien une chose aussi irréfléchie que futile au final. Dangereuse même. Non, je ne comptais pas me faire exploser dans la station, quelqu'un s'en est déjà chargé. Mais quelle est la probabilité que la mystérieuse mutante explosant dans les tunnels du métro il y a quelque mois fait partie des suspects potentiels pour tout enquêteur ayant assez de jugeote pour faire le lien. Mon changement de look tout récent en est d'ailleurs une conséquence. Fini la dégaine de la paumée aux allures de gamine sage et timide. Non, j'adopte pour ce que je suis, une junkie. Plus la peine de m'en cacher et même si j'ai l'air totalement défoncée aujourd'hui, je suis relativement clean. J'essais. Un sweat à capuche, un jeans trouée le maquillage outrancier et une nouvelle coloration, je suis méconnaissable même pour mon miroir. C'est Norah, ma sœur, qui m'a conseillé ce changement radical si ce n'est de personnalité, au moins d'apparence. Un style plus assuré devrait me rendre un peu de confiance en moi et au moins, j'ai l'air plus cool que la gamine cafardeuse que je traînais auparavant. J'ai mis tout de même une réserve quant aux tenues proposées car bon, entre le trash et faire le trottoir, le changement risquait d'être un peu trop radical. Déjà que je me sentais ridicule la première journée, je dois tout de même admettre que je me sens mieux dans mon corps maintenant. Mais je ne suis pas venue ici pour une question de garde-robe, plutôt pour une prise de conscience. Un gosse me regarde de travers, il m'a reconnu ? Non, c'est impossible, évidemment. Juste que ma dégaine ne lui revient pas. J'ai pas l'étiquette de la grande sœur idéale, mais ça ne m'empêche pas de toiser du regard ce morveux. Non, je ne l'exploserais pas aujourd'hui, pas ici. De toute façon, il disparaît de ma vue quand une troupe de japonais vient immortaliser leur voyage à grands coups de selfies, le respect ils ne l'ont que dans leur pays il faut croire. L'un d'eux m'adresse même dans un anglais approximatif pour savoir où l'on peut trouver des mutants à photographier, si il savait, l'idiot. A croire que la renommée de New-York ce sont les films, le shopping et les suprahumains en collants. Lui aussi j'aimerais l'exploser un jour. C'est ma nouvelle technique pour me contrôler, imaginer que j'explose les gens dans ma tête est moins problématique que de le faire vraiment. Ca et un peu de dope au soir pour passer une bonne nuit.

Au moins, cet interlude me permet de sortir un peu de mes pensées. C'est bien beau de se recueillir devant la station, de culpabiliser devant ce que je pourrais faire, de bien me foutre de la gueule des touristes et de me lamenter sur mon sort mais... Ce n'est pas tout. Non car des allumés de racistes viennent aussi manifester avec leurs pancartes anti-mutants, ils les considèrent comme les responsables de ce carnage, comme responsables de tout ces morts et de tout ces blessés. Ils omettent juste de préciser que le bilan aurait pu être bien plus lourd encore sans l'action et le dévouement d'autres mutants. Eux aussi, ils me dégoutent, totalement. J'ai même pas envie de les exploser car ils ont raison mais comme je suis une mutante, je ne vais pas les soutenir. Surtout que les esprits commencent à s'échauffer un petit peu entre ces radicalistes et des personnes se recueillant et prétendant qu'une mutante rousse les a sorties de là, d'autres prétendent avoir vu un téléporteur sortir tout le monde et j'entend même une histoire de cafards...

Et comme c'est une tradition quand les voix s'élèvent, les poings se referment. Les forces de l'ordres présentes, ne tardent pas à venir calmer les esprits, et montrer leurs gros muscles. Côté neutres, c'est l'indignation de perturber un tel lieu. Il est temps que je file d'ici, cette rue a déjà connue son lot d'explosions, je ne compte pas y apposer ma signature destructrice. Mais au moment de tourner les talons, l'une des brutes me prends par le bras et m'accoste, sans oublier de m'honorer de ses postillons puant la bière.

" Et toi la junkie, t'en penses quoi de tout ça ? Ces p#$^%£ de mutants ont devrait tous les enfermés non ? "
J'ai à peine le temps de repousser violement son bras avant de répondre.
" J'en ai rien à foutre de tout ça, ces mutants, ces morts et vos conneries. Fout moi la paix ou je t'explose... "

Je ne sais pas si c'est mon insensibilité quand aux événements survenue ou les mots que je n'aurais pas dû employer mais la brute me lâche un instant, j'ai l'impression que d'un coup le silence règne et que tout les regards se tournent vers moi. Merde. La situation est tendue mais c'est moi qui stresse pour rien, la brute me dévisage avant de m'insulter et de retourner débattre de sn QI avec les japonais. J'ai eu chaud, je ferme les poings et m'accroupis de nouveau devant un parterre de fleurs pour cacher mon stress. Cette andouille a failli me sortir de mes gonds, pas besoin d'un second Bleecker Street, non, juste d'une clope et que cette foutue pluie s'arrête.

hrp:
 
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Yitzhak Anavim
Confrériste Delta
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MessageSujet: Re: A l'ombre de Bleecker Street (libre)   Mar 17 Fév - 22:27

Je ne sais pas trop ce qui m’a pris de retourner sur les lieux du désastre. Enfin, si, depuis l’automne dernier, je surveille. La station condamnée de Bleecker Street est devenue un lieu de rassemblement pour curieux et connards en tout genre. Bien sûr, ce sont les connards qui m’intéressent. Quand je m’ennuie, ou si je suis en manque de cibles, je me poste dans un coin, déguisé en touriste asiatique, ou en dessinateur de rue, et j’observe, j’écoute les discours, je repère les connards avec des pancartes et des patchs anti-mutants collés aux vestes, je mémorise, je fiche. Les attentats ont au moins eu l’avantage de rendre les racistes les plus virulents faciles à repérer. Ici, c’est la pêche miraculeuse à la tête de nœud. Mais il ne faut pas croire que je me réjouisse des événements. Pas du tout en fait. Quand j’ai vu la nouvelle et les vidéos des attentats se propager partout sur la toile, je vous jure que j’en ai pleuré, de rage, mais pleuré quand même. J’ai failli jeter mon ordinateur par la fenêtre dans un accès de colère, mais je ne suis pas débile à ce point, j’ai fait dans le moins spectaculaire en cassant la télé qui, éteinte depuis des mois, n’avait vraiment rien demandé. Quand tu passes des mois, des jours, des nuits à traquer les anti-mutants pour faire taire les discours haineux, et qu’un sombre Front de Libération des Mutants remet la colère au centre des débats, ça devient difficile de contrôler ses nerfs. Puis, comment ignorer les débats ? Toutes les accusations irréfléchies qui se déversent sur internet, les anti-mutants s’empressant de faire des émules avec leurs « on vous l’avait dit », les soupçons qui se tournent en masse vers la Confrérie. Mince, pourquoi on serait assez cons pour faire ça. Le FLM a été détruit en plus. Ou pas tout à fait, ou, vous savez quoi, je suis sûr qu’il y a des humains assez tarés pour s’entretuer si ça peut permettre de faire passer des lois contre nous. D’ailleurs, j’ai cru comprendre en écoutant et filant la recherche que c’est même hautement probable. Mais je n’en doute pas un seul instant. Franchement, c’est trop gros, et les gens qui y croient refusent de voir l’évidence parce que ça leur fait trop plaisir de cracher sur des êtres plus évolués qu’eux. Au moins, ceci dit, si on les coince et que ça éclate au grand jour, ça pourra sans doute tourner à notre avantage. En attendant, les tensions grimpent. Alors je surveille. Je fais mon possible pour éviter plus de victimes mutantes collatérales qu’il n’y en a déjà.
 
Aujourd’hui, j’ai pas prévu de rester trop longtemps, il pleut, il fait froid, la lutte contre le mal à ses limites. Ceci dit, les ciels gris, ça a tendance à faire éclater les disputes plus vite, ou mon arrivée a tendance à déclencher les disputes (allez savoir), parce que même pas cinq minutes après avoir fait le tour des ruines en cherchant rapidement de nouveaux taggs insultants, une bande de connards bien éméchés décide d’en faire des siennes. Des nouveaux à ajouter à la liste. C’est reparti pour un tour de « Les mutants sont responsables », « Tant qu’on ne les parquera pas, on ne sera jamais en sécurité » et, ce qui fait plaisir, les objections de bons citoyens qui rappellent que des mutants ont sauvé des victimes. Je profite de l’embrouille pour sortir mon téléphone et prendre discrètement des clichés des mecs. On va éviter de faire du tapage dans la rue. Mais je vous promets qu’il y a des chances pour qu’on se retrouve mes cocos. Je cherche aussi l’élément le plus vulnérable de la bande, par là, je n’entends pas le plus faible, mais le moins attentif. Avoir des visages ne suffit pas, par contre, si je choppe le portefeuille de l’un d’eux, j’aurai de quoi tous les retrouver, et m’offrir leur intimité sur un plateau d’argent (ou de données). Un truc perturbe cependant mon observation. Dans la confusion, un type visiblement bien ivre a attrapé un genre de punkette qui traînait par là pour lui poser une question stupide. Rien de très étonnant, cependant, la voix de la jeune fille éclate dans ma tête. Déjà, elle m’est assez familière et, surtout, je connais cette menace. Il y a un peu plus d’un an, j’ai dû gérer la crise d’une mutante complètement cramée qui menaçait d’exploser dans une pharmacie. Colleen ? Elle s’est refait un look à ce que je voix. Je me suis souvent demandé ce qu’elle devenait après la longue discussion qu’on a eu dans l’appartement d’un mec inconnu, mais on a pas tellement eu l’occasion de se retrouver. Je me suis dit après réflexion que, c’était peut-être un trop gros morceau à gérer. Si elle avait cherché à me revoir, ou même juste demandé mon aide, je serai venu, je lui ai promis de rester là pour elle, et c’était pas des paroles en l’air, mais elle ne l’a jamais fait. Bah… Pas grave. Je suis content de la savoir en vie. Puis si le hasard l’a décidé ainsi, je peux aussi en profiter pour venir aux nouvelles. Avant de me précipiter, je remarque que le lourdaud qui l’a bousculé a son portefeuille qui dépasse de la poche-arrière de son jean. Y’en a qui se doutent de rien. Vous n’imaginez pas à quel point c’est facile de voler à quelqu’un ses papiers d’identité en y allant au culot. Je passe, je me sers, et je vais retrouver ma « vieille amie ».
 
-          Toujours à menacer d’exploser à tout va à ce que je vois…, je lui lance ça d’un air un peu taquin même si elle risque de mal le prendre. Au moins, ça m’a permis de te reconnaître, parce que t’as plutôt changée depuis le temps. Sympa le nouveau look, tu te souviens de moi ?
 
Je me pose à côté d’elle et j’ouvre le portefeuille en tissus, tout crade et défoncé, que je viens de gagner. Dedans, quelques dollars tous froissés, et, surtout, une carte d’identité, un permis de conduire, des cartes de fidélité à la pelle, une mine d’or d’information.
 
-          Tiens tu vas rire, il s’appelle Boderic le mec qui a posé ses sales pattes sur toi. Un bon nom de gros naze tu trouves pas
 
Aborder quelqu’un qu’on a rencontré qu’une fois dans des circonstances gênantes, il y a longtemps, après une situation tout autant embarrassante, ce n’est pas évident. Donc, je dis ce qui me passe par la tête. Au pire, elle s’en ira. Une oreille qui traîne un peu hors scène m’informe que la colère continue de gronder à quelques pas de nous.

_________________

Scipion : Je puis nier une chose sans me croire obligé de la salir ou de retirer aux autres le droit d'y croire.
Caligula : Mais c'est de la modestie, cela, de la vraie modestie ! Oh ! cher Scipion, que je suis content pour toi. Et envieux, tu sais... Car c'est le seul sentiment que je n'éprouverai peut-être jamais. [Caligula, Camus]


Dernière édition par Yitzhak Anavim le Mar 3 Mar - 20:53, édité 1 fois
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Amy de Lauro
Agent du BAM Gamma
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MessageSujet: Re: A l'ombre de Bleecker Street (libre)   Mer 18 Fév - 21:21

Samedi 11 Octobre 2014 – 11 : 52 A.M.
New York City est une ville qui m’horrifie à présent. Les deux personnes que j’aime le plus au monde sont mortes dans les rues de Manhattan, dans la violence et la douleur. Elles m’ont été ramenées, oui, par cette même personne qui se tient à mon côté, mais cela n’enlève rien à la perte. Même si, et c’est horrible à dire, perdre puis retrouver des gens d’une telle manière insensibilise progressivement à leur décès. C’est sans doute pour le mieux, d’ailleurs, parce qu’à de rares exceptions près tout le monde fini par mourir et ces exceptions doivent survivre à cela. Je suis une exception, le temps ne m’aura pas plus qu’il n’a eus mes aïeux ; selon toute probabilité, c’est la violence qui mettra fin à ma vie. Si fin il y a.

New York City est une ville qui, sans être très froide, est d’une humidité qui est désagréable. Moins mal mais je n’en reste pas moins montagnarde, à l’origine. Les températures basses, j’encaisse si elles sont sèches mais l’humidité me les colle aux os tout autant que le poison s’insinue en moi ; poison que je nomme remord. J’ai fait ce que j’avais à faire pour le bien commun, ce jour-là, mais je suis restée à l’écart de ce que j’aurai eu à faire pour ma famille ; des personnes de confiance s’en chargeaient pour moi, des personnes aptes à faire ce que je ne pouvais accomplir. Mais cela ne change rien : si j’ai échappés aux souvenirs éternels d’un corps mort j’ai l’ombre de cela sur la conscience. Le monde verse aujourd’hui des larmes que je n’ai pas versées et elles m’assaillent les chairs et la volonté ; d’un autre côté, il n’y a plus réellement de différence entre elles chez moi.

New York City est une ville que je dois endurer, c’est mon Purgatoire. Il y a toujours une raison pour le faire, toujours une nécessité pour m’y rendre. Aujourd’hui j’étais entendue par le Bureau des Affaires Mutantes au sujet de mon implication dans Bleecker Street, ayant quittée l’Institution Charles Xavier très tôt en espérant que sacrifier ma matinée me permettrait de ne pas en faire de même de mon après-midi ; les activités de loisirs sont plus que nécessaires, ces derniers temps. J’ai eue raison, nous sommes ressorties du Triskelion à présent. D’où ma présence ici.

Le croisement entre Bleecker Street et Lafayette Street est le celui entre deux doubles voies à sens unique, la première allant d’ouest en est et la seconde du sud au nord. Un croisement d’importance tant sur terre que sous terre, même s’il est à présent dévié sous cette dernière alors même que son sol c’est marqué des stigmates de la tombe qu’il surplombe. L’environnement immédiat de l’intersection se compose, au sud-ouest, d’un bâtiment résidentiel de sept étages dont le rez-de-chaussée voit le café Noho Star faire l’angle et dont la terrasse le long de Lafayette Street voyait régulièrement ses tables blanches encadrées de clôtures vertes et de stores blancs rayés de bleu réunir quelques uns des voyageurs en attente du métro ; c’est une clientèle bien différente qui l’occupe aujourd’hui. On en fait parti.

De l’autre côté de la rue se trouve un autre bâtiment sans étage et dont le toit n’est autre qu’une grande publicité, surplombant un fastfood à emporter et un restaurant dont les quelques barrières rouges font échos à celles du bar où l’on se trouve, alors même que le coin de rue est occupé par le feu tricolore, des poubelles et les boites d’expédition de courrier. Côté nord-ouest, l’angle est fait par l’autre feu tricolore, une autre poubelle et la seconde entrée du métro ainsi que par un autre bâtiment sans étage, composé des enseignes vertes de diverses échoppes tandis qu’au nord-est se sont là encore plusieurs magasins qui se contentent de faire le rez-de-chaussée d’un bâtiment de bureau à louer de deux étages. Les entrées condamnées de Bleecker Street Station se trouvent, pour la sud, à quelques mètres seulement du Noho et, pour la nord, devant l’entrée des magasins aux enseignes vertes.

Combien de mètres carrés pour témoigner silencieusement de ce qui c’est passé ? Je n’en ai aucune idée. Combien de personnes au mètre carré pour en faire de même ? Beaucoup. Le NYPD Auxiliary Police est engagé dans le maintient de l’ordre et c’est ce qu’ils tâchent de faire lorsque racistes de tout bord tendent à faire dégénérer la situation ; des antimutants, des antihumains, cela ne fait pas de grande différence pour moi. Je connais juste les chiffres et s’il y a des agressions de part les deux camps, les cadavres sont généralement humains. Voici qui me fait soupirer et dévier mon regard vers le feu tricolore et la caméra qui le surplombe ; New York City est la seconde ville la plus surveillée au monde après Londres et il y a plus de dix milles caméras en service que la NYPD et le BAM, ainsi que grâce au Programme Brother de Sage le HellFire Club et les X-Men, peuvent surveiller constamment. Des gueules commencent à revenir et si les X-Men s’allient réellement au BAM, il y aura sans doute quelques interventions à mener. On doit passer dans la prévention, plus dans le déblayage ; et s’il faut des missions de contre-terrorisme pour arriver à rendre New York City plus sure, cela me permettra de mettre à profit mes entrainements quotidiens. Bon, je ne suis pas d’X-Calibur mais ils ne cracheront pas sur ma présence, je pense, et elle est plus souhaitable que celle de Rachel en intervention violente. Pour la survie des adversaires.

Je rajouterai bien celle de ses alliés aussi mais c’est autrement qu’elle les malmène, la Grande Rousse. Elle est capable d’avoir des idées à la con mais le problème c’est qu’elle les assume jusqu’au bout et qu’en personne fidèle, elle fait participer les amies. Même quand lesdites amies ont pas envie. Oui, elle m’a traumatisée aujourd’hui. Aller à la prise de déposition du BAM ensemble, j’étais d’accord, y aller en tailleur, cela me semblait normal ; puis vient son grain de sel et un pari auquel même admettre que je n’étais pas capable n’a pas été suffisant à ce que j’y réchappe. Les X-Women Nephilim et Phénix se sont donc présentées au Triskelion en tailleur, la première en noir et la seconde en blanc, sans chemise ni soutien-gorge… Je tiens à ce titre à remercier les patches soutien-gorge autocollants ainsi que mon trench-coat qui reste aussi fermé que possible. Des fois, il faut VRAIMENT l’aimer la Rachelou, je ne sais même pas pourquoi j’ai acceptée cette idée. D’autant que j’étais pas capable de le faire !

Mais bon, essayer d’être léger était bien tenté de sa part, de toute façon ce sont souvent les choses les plus légères qui finissent par devenir les plus graves. Et en effet, on a passé un sale moment durant la prise de déposition, à devoir surveiller ce qu’on disait et arranger la vérité d’une façon que je qualifierai de « fraternelle ». On s’en est sorties mais pas sans un besoin pour ma part de revenir ici, sur les lieux du drame, pour contempler ce que l’Humanité, mutante ou non, en fait. Assises à la terrasse du Noho Star, protégées du mauvais temps par les stores blancs rayés de bleu, on observe simplement ce qui se passe.

Mes sens sont suffisants pour les percevoir, images et sons, odeurs aussi et ça n’en rajoute que plus à ma dépréciation de NYC. Mon regard est attiré par l’une des altercations qui arrivent, opposant une petite jeune femme s’en retournant à un homme grand d’âge moyen qui l’a interpellée. Il lui demande son avis, elle l’envoie chier ; ça n’aurait pas grand-chose d’intéressant ou de notable si ça n’était pas fait ainsi. Le mécanisme de défense est flagrant et il contient une colère sourde. La menace n’est pas en l’air et si à une époque les menaces d’une petite femme à la carrure frêle, perceptible même dissimulée sous ses vêtements, n’auraient rien faites à une presqu’armoire à glace comme celle qui lui faisait face, aujourd’hui il faut se méfier car toute personne peut être armée ou mutante même si l’américain moyen craint plus le mutant que l’arme à feu. Après, même l’américain moyen a tendance à éviter la violence s’il le peut, en moyenne.

Je déduis ce que j’ai à déduire de la jeune femme une fois qu’elle a attirée mon attention, que ce soit grâce à sa tenue ou à son profil morpho-psychologique ; je ne me cache pas de la regarder puisqu’elle a attirée l’attention mais je sais voir contrairement à la plupart. Sweat-shirt à capuche relevée et jeans troué, coloration partielle et maquillage exagéré déformé par des écoulements de larmes, front dégagé mais assez doux, yeux grands, nez petit à l’arrête épaisse coulant directement du front, bouche petite mais lèvres charnues, menton discret ; mode de cognition émotif, j’hésite entre le complément, classe moyenne inférieure voir inférieure, avec des problèmes évidents de consommation de drogues. Une âme perdue comme New York en compte des millions ; nous sommes au Purgatoire après tout. Une âme qui s’effondre à genoux un peu plus loin, profitant des décorations d’un marchant pour courber l’échine devant la couleur de l’espoir quand bien même celle-ci est ternie par la pluie.

Quelqu’un s’en vient à sa rencontre, prenant le relais et le portefeuille du précédent ; jeune, grand, maigre, téléphone à la main, une démarche factice digne d’un défilé de mode, une tenue remarquable, un front large, des yeux moyens, un nez en trompette, une bouche épaisse aux lèvres charnues, un menton prononcé. Méthode de cognition cérébro-mandibulaire, classe moyenne supérieure voir supérieure… s’il s’agissait de faire un lien préconçu entre les deux, il serait le consommateur et elle serait la dealeuse de basse extraction. Ils se connaissent, en tout cas. J’écoute leur conversation et les regarde, sans savoir si je capte-là un instant de vie sans importance ou s’il arrivera quelque chose d’important. Ces deux jeunes gens m’intriguent, surtout l’adolescente dont les émotions dégoulinent sur elle plus que la pluie.

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Nephilim

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Echo
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MessageSujet: Re: A l'ombre de Bleecker Street (libre)   Mer 18 Fév - 21:24

Samedi 11 Octobre 2014 – 11 : 53 A.M.
C’était tous des emmerdeurs. Ou en tout cas la grande majorité. Si Rachel était d’accord pour s’en aller aux diverses rencontres afin de prouver la bonne foi des X-Men et de débriefer sur les événements de Bleecker Street une fois rentrée de l’exil qui avait suivit ce dernier, elle l’était beaucoup moins pour faire tout cela tôt le matin. Hors pour être tôt, leur rendez-vous avait été tôt : à croire qu’elle se serait rendue à un travail ! Londres avait cet avantage important qu’était le décalage horaire afin que le MI-13 ne l’emmerde pas trop lorsqu’il faisait appel à elle mais le Triskelion et New York non ainsi avait-elle dû se bouger les fesses. Mais bon, il fallait faire ce qu’il fallait, question de devoir, et c’était bien moins léger que le fait de pester parce qu’elle avait du se lever lorsqu’elle avait été réveillée et non quelques deux-trois heures plus tard. Oh, elle aurait parfaitement pu faire comme elle avait faite pour la réunion des X-Men, quelques jours plus tôt, et laisser son corps à cette place qui était habituellement sienne en de pareilles heures (dans son lit) mais devant faire sa « prise de déposition » aux côtés et avec les conseils d’Amy, la rousse avait faite un effort.

Mais comme la fois précédente suscitée, une fois sa nuit à trou terminée l’Echo avait ramenée son idée sur le tapis, cette même idée qu’elle savait conne mais qui ne lui avait pas quitté l’esprit depuis sa « levée » de « bonne grâce » pour la réunion : aller au Bureau des Affaires Mutantes en tailleur mais sans chemise ni sous-vêtement, juste pour voir la tête des agents. C’était moins stupide que l’on pouvait croire puisque cela revenait à tester ce que permettrait le Triskelion à leur égard, un peu comme des enfants testaient les limites de leurs parents, néanmoins ce n’était pas du tout comme cela que ça lui était venu à l’esprit ; il s’agissait juste de le justifier auprès d’une italienne qui n’était pas du tout, mais alors pas du tout, partant. Pas capable de le faire, une chose assumée voir revendiquée, mais qui avait été finie par être faite tout de même. Et le résultat avait été probant, tant au niveau de la tête des agents que de leur permissivité ; heureusement que l’enregistrement n’était qu’audio. En tout cas, Rachel c’était faite pour l’occasion un magnifique tailleur blanc à liseré noir et avait même été jusqu’à tresser ses cheveux et les nouer d’un nœud noir, tout indiquant une préparation au-delà de la simple provocation qu’était sa tenue. Elle n’avait pas menti à la réunion, elle surveillerait le BAM et se tiendrait prête à le détruire s’il le fallait, néanmoins pour l’heure ils n’en étaient pas là et du fait elle titillait cette bête omniprésente et légèrement inquiétante. Et elle n’était pas cachée sous un trench-coat dehors, elle, protégée des températures comme de l’humidité par son bouclier psionique. Heureusement, d’ailleurs, sinon elle aurait rapidement finie transparente… ce qui, à son sens, était toujours moins ridicule que la tonne de rouge à lèvres mise par l’italienne dans son stress du port altéré de cette tenue professionnelle. Mais l’esthétique étant un problème secondaire par rapport aux autres, elle n’avait pas développé plus loin.

L’interrogatoire c’était « bien » passé, sa position géopolitique lui offrant un ascendant relatif dont elle faisait profiter à son amie, et il n’avait nullement été besoin de faire appel aux services d’avocat de Caitlyn ou à l’ambassade du Royaume-Unis. Néanmoins cela avait remuée de la merde à peine tassée depuis les évènements et lorsqu’Amy avait voulue, au sortir de leur rendez-vous, s’en aller sur les ruines de Bleecker Street, Rachel l’avait accompagnée. Elle faisait le taxi aujourd’hui, donc il faudrait bien l’attendre, puis c’était une manière de veiller également. D’où que plutôt que de simplement regarder la foule assemblée sur les lieux du drame, foule justifiant la déviation des routes de Bleecker et de Lafayette, elle avait proposée d’aller s’assoir au café. L’Echo aurait bien invitée l’italienne mais n’ayant pas d’argent, c’était forcément cette dernière qui paierait. Et si elles tardaient trop, elle paierait même le déjeuner ; inutile de dire que le fast-food d’en face attirait un peu l’attention de la rousse, considérant comment l’heure du déjeuner approchait.

Dos à la foule qu’elle percevait tout de même dans son esprit comme le reste de son environnement, uniquement vêtue de son tailleur particulier associé à des chaussures à talon simples, Rachel faisait tourner entre ses doigts son verre d’Orangina, jouant simplement avec la pulpe en son sein. Elle ne parlait pas, laissant Amy penser et observer en connaissant tant la vitesse de faire de celle-ci que le fait qu’elle serait bavarde si elle le voulait. De toute façon, l’Echo avait à penser également.

L’attentat de Bleecker Street en lui-même ne l’avait pas usée, elle était familière de ce genre de décor et s’il avait appelé des mauvais souvenirs tout autant que lui avait donnée faim de par son conditionnement, elle avait su gérer. En revanche, ce qui l’avait réellement marquée était le décès de Jade et cette sensation dans l’esprit de Caitlyn, suffisante à déclencher son syndrome de répétition, puis cette foi presque aveugle qu’on avait placée en elle et ces attentes qui la poussaient à se consumer pour les autres. Elle l’avait fait autant que nécessaire puis c’était coupée des autres une bonne semaine, le temps d’encaisser. C’était là le principal sujet de préoccupation la concernant et même si elle en avait beaucoup discuté avec ses proches Rachel savait que ce n’était pas fini. Ils approchaient d’une chose qui la faisait se tendre même si elle conservait l’espoir de pouvoir faire changer les choses sans avoir à lutter pour sa survie. Il n’était pas question que la Confrérie ou les X-Men se départagent, elle savait d’expérience que si les X-Men échouaient ils se fondraient avec la Confrérie ; heureusement son expérience n’était pas celle de ce monde et elle attendait encore afin de lui donner toutes ses chances. La Confrérie ne devait pas assassiner le Sénateur Robert Kelly, même s’il ne lui avait pas donnée sa parole Exodus savait ce que cela déclencherait et elle lui faisait toujours confiance pour avoir prévu comment éviter cela. Mais les différences entre les réalités étaient suffisantes pour que similaires choses leurs arrives de différentes manières. Seuls les heurts entre Sapiens et Superior ne semblaient pas différents.

Sans même se retourner ou écouter, Rachel percevait son environnement à l’aide de ses sens psychiques, faisant apparaitre dans son esprit une construction mentale tridimensionnelle de ce qui l’entourait tant sur le plan physique que sur le plan astral. Cette perception, plus modulable et maitrisable que les sens humains, était laissée au repos mais son rayon lui suffisait à suivre ce que son amie suivait, sans qu’elle cherche particulièrement à l’analyser. L’altercation entre humains ne la fit guère réagir, la police s’en chargerait, quand à la saisie d’un humain sur une mutante quasiment au tiers moins grande que lui, elle se contenta de relever la tête de sa boisson. Amy avait captée et s’il fallait faire du maintient de l’ordre, elles avaient déjà fait un tour au Triskelion aujourd’hui et peut-être qu’elles pourraient profiter de la cantine en cas de second passage.

Mais il semblait ne pas y avoir de bagarre, même s’il y avait clairement des personnes en envisageant dans le futur depuis la simple propagande orale au repérage et à la prise en photo discrète grâce à un téléphone portable. Bleecker Street allait encore poser plus de problèmes de violence que New York City n’en connaissait déjà, visiblement. Des morts et des affaires qui aggraveraient encore la situation jusqu’à ce qu’elle dégénère complètement en Guerre Génétique, c’était à craindre.

S’adossant à son siège l’Echo tourna le regard vers la mutante qui s’en retournait du croisement, s’effondrant à genou un peu plus loin une fois libérée de l’autre homme. Autre homme qui se fit prendre son portefeuille et sa place par un grand brun venant à la rencontre de la petite blonde. Elle n’entendait pas ce qu’ils se disaient et le son n’étant qu’onde ne pouvait déduire psychiquement cela, ainsi se contenta-t-elle de s’en revenir à sa boisson pour en avaler une grosse gorgée.

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Des divinités ont fait de moi une divinité,
Seuls les humains peuvent faire de moi une humaine."






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Colleen Caravella
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MessageSujet: Re: A l'ombre de Bleecker Street (libre)   Dim 22 Fév - 15:11

La pluie continue de tomber et je me coupe de nouveau au monde extérieur. C'est un coup à repartir malade, surtout que e choix d'un jeans troué, à genoux, n'est pas le plus judicieux de la journée mais je suis coutumière aux mauvaises décisions. Comme celle de me rendre ici, à l'endroit même ou l'une des pires tragédies mutante s'est déroulée. Tout ces gens autour de moi, ils m'éviterait comme la peste si ils savaient de quoi je suis capable, ce gros lourd de raciste n'oserait même plus respirer si j'étalais mes pouvoir devant son nez. Et boom, j'explose, je refais les gros titres, ils m'enferment ou m'exécutent pour faire bonne figure et on est repartie pour une bonne hystérie collective. Sauf que cela ne sert à rien, la terreur ont est déjà en plein dedans. La différence c'est qu'ils n vont pas envoyer des soldats dans un pays lointain pour la transformer en une haine par correspondance. En attendant, comme Ground Zero, la station va se transformer en beau site touristique et de recueillement. Les cierges bruleront à Union Square et Mutant Town brulera sous les agressions de représailles, New York vivra.

Soudain, je suis tirée de ma morosité par une nouvelle voix s'adressant à moi. Je reste un moment sans réaction, toujours un peu paumée dans le vide, il me faut quelques secondes avant de réaliser que le timbre de ces paroles m'est familier. En relevant la tête, je reste un peu confuse avant de reconnaître Zack. Il a bien changé, un peu comme moi à vrai dire et il ne s'en prive pas pour me le faire remarquer. Au moins il ne me trouve pas immonde, cela à de quoi me rassurer un peu car j'avais des doutes sur les goûts stylistiques de ma sœur. Un peu interdite en le revoyant après tout ce temps, toujours son petit air taquin et son assurance innée, je ne sais trop comment réagir, alors telle une ado de quinze ans devant son prof de gym ultra mignon, je balbutie un peu gênée et timide, comme prise sur le fait.

"B... Bien sur que je me souviens de toi, comment oublier ? Et je te rassure, je ne comptais pas exploser pour du vrai cette fois, surtout pas ici... Et je n'ai rien à voir avec la catastrophe. "

Oui bon, autant le préciser. Zack me connaît, il sait qu'il en faut peu pour que je perde le contrôle, je préfère le préciser avant que cela ne vienne de lui. On ne sait jamais, après tout c'est dans un situation bien critique que l'on s'est rencontré tout deux. Une petite pharmacie, une camée en manque et un début de prise d'otage, rien de tel pour finir avec une jolie carte postale de quartier transformé en scène de guerre et une mutante dans un sac poubelle. J'étais en ville depuis peu, sans vraiment de repères et livrée à moi-même après des années d'enfermement psychiatrique et d'expériences. Une gamine face au monde, normale que e pète les plombs, surtout à la morphine, quelle idiote j'étais à cette époque. Je ne suis pas raiment sortie de cette spirale négative mais au moins depuis le temps, j'ai appris à survivre et à me faire plus discrète. Quoiqu'il en soit, dans cette pharmacie, j'ai eu de la chance d'être tombé sur ce consommateur d'éther qu'est Zack. Bon, on a un peu braquer le pharmacien au final mais on s'en est sotie presque sans heurt si ce n'est sa mâchoire un peu déboitée par ma faute. Enfin, mes souvenirs sont un peu flou maintenant, oui je me suis défoncée en rentrant chez moi ce jour-là, mais je me souviens tout de même d'un morceau de pizza dans un appart sordide, il essayait de me montrer une voie plus saine que la rogue pour m'en sortir mais bornée comme je suis, je ne voulais rien entendre. A l'époque je ne voyais aucune solution à mes problèmes hormis celles que les hommes en blouses blanches se faisant passer pour des docteurs, des psychiatres et des spécialistes n'avaient trouvé. Ils ne me soignaient pas, ils me neutralisaient. Seulement je ne m'en suis jamais vraiment sortie. Mais je m'améliore, c'est déjà un progrès en soi.

Je me redresse a ses côté alors que le bougre expose fièrement un butin qu'il vient à tout les coups de chaparder. J'en reconnais sur la photo d'identité le crétin qui s'est adressé à moi juste avant. Boderic ? Il a raison d'en vouloir au monde entier avec un nom pareil mais je ne vais pas le plaindre pour autant. Je ne vais pas en rire non plus, c'est dur déjà de sourire ces temps-ci. Par contre faire des trucs totalement irréfléchies et immature, c'est mon truc.

" Je... " Et je n'ai surtout pas le temps de finir ma phrase avant de venir tomber dans ses bras et l'étreindre contre moi. Des troubles affectifs ? L'émotion qui ressort de ce lieu de recueillement ? Ou juste un soulagement et une joie sincère de le revoir ? Un peu des trois, mais quand je réalise la puérilité de mes gestes et la gêne que cela puisse engendrée chez Zack, il est trop tard pour m'en défaire. Et je pleurniche encore, c'est pas ma faute, c'est la pluie évidemment.

Je... Désolé pour ça. Je suis contente de te revoir Zack, je n'ai jamais e l'occasion de te remercier pour tout. Je... C'était une époque ou j'étais un peu à côté de mes pompes pour tout te dire. Ca va... un peu mieux maintenant mais te revoir, cette catastrophe et tout ça. C'est beaucoup pour moi. "

Quittant ses bras dan lesquels je me serait bien réfugiée une éternité, j'ôte ma capuche, tant pis pour la pluie et la coloration, de toue façon, si je dois chopper la crève, c'est déjà fait. Mais en parenthèse de ces joyeuses retrouvailles, je vos en coin, dans le dos de Zack que le prétendue Boderic est entrain de s'agiter de nouveau, insultant à peu prés tout ceux qui ont un air louche pour lui, pour ainsi dire tout le monde donc, car il aurait égaré sont portefeuille...

" T'es toujours dans le vol je vois, quand ce n'est pas une pharmacie, c'est les racistes ? Enfin, quoiqu'il en soit on ne devrait pas trop s'éterniser sur la place sinon "Booooderic" risquerait de revenir vers la fille explosive et je ne garantie pas que je me contiendrais cette fois ! "
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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: A l'ombre de Bleecker Street (libre)   Mar 3 Mar - 23:03

Elle a l’air un peu perturbée de se retrouver nez à nez avec moi. En même temps, je lui ai pas tellement laissé le temps de gérer cette rencontre imprévue que je lui débite déjà tout un tas de choses plus ou moins pertinentes. La bonne nouvelle, c’est qu’elle n’était cependant pas assez défoncée l’année dernière pour m’avoir effacée de sa mémoire. Par contre, elle semble toujours assez mal à l’aise avec son pouvoir vu qu’elle se sent obligée de préciser qu’elle n’a rien à voir dans cette histoire. Le délire de la persécution, un truc fréquent chez les drogués et gens traumatisés en général. Évidemment, je n’aurais jamais eu l’idée de l’accuser. J’ai souvent pensé à elle, à son pouvoir, en me trouvait un peu irresponsable de l’avoir laissée courir en liberté et prendre le risque qu’elle pète un câble, explose en pleine rue et lance un déchaînement de haines pire que celui provoqué par l’attentat, mais qu’aurais-je pu faire ? Il n’était pas question de l’enfermer contre sa volonté, de se comporter de la même manière que les humains qui l’avaient tant amochée. Au final, après avoir évité un massacre dans une infirmerie, j’ai bien fait de lui faire confiance. Je ne sais pas jusqu’à quel point elle s’est améliorée, si elle a réussi à s’intégrer à NY, se faire des amis etc, mais, au moins, elle a visiblement appris à contrôler ses colères. Dans l’intérêt de tous, ça reste l’essentiel.
 
-          Eh j’ai même pas pensé une seule fois à t’accuser ! Tu as bien réagi face à l’autre débile, il mérite même pas qu’on sorte nos pouvoirs pour lui
 
D’ailleurs, on parie que je l’explose à mains nues facile ? C’est le genre de mec qui se croit puissant parce qu’il est un peu corpulent. Face à quelqu’un qui sait se battre, ça vaut rien, ça flippe à la première mandale et se barre en courant. Je me fais ces réflexions en examinant de plus près sa tête d’imbécile. Je trouve qu’il y a toujours une impudeur terrible à regarder les photos d’identité des gens, ça rend un peu con même le pire des tueurs. On est bien obligé de l’imaginer dans un photomaton, à essayer d’avoir un air digne en sachant très bien que le résultat sera assez nul. Certains s’en sortent quand même mieux que d’autres. Mais, clairement, déjà qu’il est pas avantagé par la nature, Boderic a salement raté son coup. Le gros ivrogne qui fait le malin à quelques pas à l’air de se faire braquer par un flash. Faut dire qu’il doit pas avoir l’habitude de se retrouver confronté à un appareil photo. Qui voudrait épingler cette gueule sur son album facebook, très franchement ? Je suis prêt à partager toutes ces passionnantes réflexions avec Colleen quand elle semble décidée à prendre la parole. Sauf qu’à la place, elle fait un truc un peu bizarre, elle me tombe dans les bras. Je me crispe un peu sous le coup de la surprise. J’ai rien contre les câlins mais là, dans ce contexte, sans être prévenu, c’est assez troublant. Je m’attendais plutôt à me faire envoyer bouler. Apparemment, je ne lui ai pas laissé une impression si terrible. Avec maladresse, je pose une main sur son dos mais je n’ai pas le sentiment de gérer. On croirait plutôt que je caresse un chien un peu trop enthousiaste non ? Wah, j’espère qu’elle ne va pas se dire que je me moque d’elle !
 
-          Wow… Je suis content aussi de te revoir et puis t’inquiète, j’attendais pas de remerciements. L’essentiel, c’est que tout le monde s’en soit sorti, puis que tu sois toujours là à… à faire je sais pas quoi encore, mais là en tout cas !
 
Le tact et moi dans une situation sociale un peu inattendue et donc stressante, c’est même pas la peine d’y penser, le degré zéro absolu. Je cherche mes mots pour dire des choses un peu plus profonde, comme exprimer le fait que je suis vraiment heureux de la savoir en meilleure forme, mais elle m’ôte cette difficulté en plaisantant au sujet du vol. C’est cool qu’elle ne le prenne pas mal, je déteste qu’on me fasse la morale en se figurant que je ne suis pas conscient de faire des choses légalement inacceptables. Par contre, Boderic n’étant pas assez ivre pour oublier son portefeuille, mon rapt vient de le rendre un peu trop envahissant pour son entourage. On l’entend beugler des insultes au loin, il va sans doute pas tarder à se rappeler de la fille qu’il a arrêté juste avant puis laissé filer. Coupable idéale non ? Bon au pire quoi… S’il nous crie dans les oreilles, je l’assomme.
 
-          Non mais je te signale que la pharmacie, j’avais pas l’intention de la voler ! – Je lui lance ça d’un autre choqué. – Et puis là, on appelle pas ça du vol, mais de la récupération d’information. J’aime pas quand des gars dans son genre se croient suffisamment libre et en sécurité pour hurler leurs idées racistes n’importe où. Tu sais quoi, je pense que ce sont des gens qui s’ennuient… Faut s’ennuyer pour cultiver toute cette haine. Mais quand j’en saurai un peu plus sur sa vie, je lui donnerai de l’occupation.
 
Et, en disant cela, je lui tourne un grand sourire, attrape sa carte d’identité, sa carte bancaire, et les glisse sous la peau de mon bras. Ensuite, je lui fais un carte assez grossière pour qu’il ait pas l’impression de s’être fait voler en vérifiant hâtivement le contenu de son portefeuille, et je me redresse en évaluant la scène. Bien, personne n’a encore l’idée de faire attention à moi. Je préviens Colleen.
 
-          Bouge pas, j’ai une idée !
 
C’est jamais bon signe quand j’ai une idée. Donc je reviens tranquillement dans la foule, et je guette le bon moment pour lâcher le portefeuille dans la grosse poche d’un de ses potes en treillis en étendant légèrement mon bras avec une pince (s’agirait pas d’être trop près). Ensuite, je donne une tape sur l’épaule de l’autre ivrogne et lui murmure : « Sérieux mec, t’es lourd, apprend à mieux surveiller tes potes ». C’est un coup banal, mais avec une personne imbibée et naturellement violente, ça a tendance à marcher. L’important, c’est que le temps que le problème se règle, il reporte sa colère sur sa bande de dégénérés. Je m’éloigne donc avec un sourire en l’entendant balancer une flopée d’insultes vers son camarade de beuverie. Puis j’allonge le pas pour retrouver Colleen. En vrai, ça m’a pris plus de temps que ça n’a l’air quand je le raconte, mais je crois qu’elle a eu la patience de m’attendre.
 
-          Désolé ! A peine j’arrive et c’est déjà n’importe quoi mais… T’as raison, on devrait peut-être pas rester ici. Je préférais quand même éviter qu’un touriste se fasse taper à cause de moi, sinon ça veut dire baisse du marché, faillite du pays et tout ça, je peux pas être responsable d’un truc pareil
 
Mais blague mise à part, on sait jamais qu’il ait l'envoie de chercher à éclairer l’histoire. Donc on a plutôt intérêt à se faire discret, j’ai pas envie de me retrouver comme la dernière fois dans une course poursuivre à travers New-York. Et sans trop attendre, j’engage Colleen à s’éloigner avec moi.

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Scipion : Je puis nier une chose sans me croire obligé de la salir ou de retirer aux autres le droit d'y croire.
Caligula : Mais c'est de la modestie, cela, de la vraie modestie ! Oh ! cher Scipion, que je suis content pour toi. Et envieux, tu sais... Car c'est le seul sentiment que je n'éprouverai peut-être jamais. [Caligula, Camus]
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Amy de Lauro
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MessageSujet: Re: A l'ombre de Bleecker Street (libre)   Sam 14 Mar - 14:27

Rachel aussi regarde la scène un instant, pour le peu que cela lui est utile ; s’il est improbable qu’elle entende il est probable qu’elle perçoive, les deux autres ne doivent pas encore être à une dizaine de mètres de nous pour peu qu’elle-même se limite à cette perception de « repos ». Je mise sur cette perception puisque son attention physique s’en revient à notre table, à sa boisson. On ne discute pas, pas pour l’instant, même si on l’a évidemment fait tout à l’heure. Nous sommes à l’ombre de Bleecker Street et cette ombre s’étend sur nous comme sur tout autre. Elle s’étend même en nous, je le crains, même si nous ne nous effondrons pas comme l’adolescente.

- "B… Bien sur que je me souviens de toi, comment oublier ? Et je te rassure, je ne comptais pas exploser pour du vrai cette fois, surtout pas ici… Et je n'ai rien à voir avec la catastrophe. "

Des connaissances, visiblement rencontrées dans des conditions spéciales, mais trop distantes néanmoins pour que ma théorie préconçue tiennent la route. Néanmoins le plus important reste l’innocence face à la catastrophe et la polysémie de l’action d’exploser ; n’est-ce pas exploser de colère ? Le « pour de vrai » me fait légèrement tiquer.

- Eh j’ai même pas pensé une seule fois à t’accuser ! Tu as bien réagi face à l’autre débile, il mérite même pas qu’on sorte nos pouvoirs pour lui.

Voici qui donne un sens bien différent à la notion d’exploser : des mutants. Toute aussi dédaigneuse que soit la réaction de l’adolescent pour l’humain elle est pacifiste donc meilleure, ou au moins « moins pire », mais mon attention n’en est que plus fixée sur le duo. Une agression de mutants sur les lieux d’un drame dont ils sont responsables serait jeter de l’huile sur le feu et ajouter à cela une mutante explosive c’est juste bon à aggraver les conséquences de l’attentat. Inutile d’insister sur la dangerosité de certains d’entre nous, particulièrement si elle peut évoquer des événements traumatisants.

Je continue mon observation sans rien dire, laissant s’écouler goutes de pluie et secondes depuis ma place assise. L’adolescente se relève et étreint son homologue, me faisant me dire que je m’immisce sans doute dans des choses qui ne me regardent pas. La plupart du temps, les démonstrations d’affection en public sont plus gênantes pour ledit public que pour les démonstrateurs, néanmoins je suis dans le cas inverse tant que je suis ma pensée ainsi voir une personne esseulée se faire aborder par une autre et lui témoigner ce genre d’affection, je trouve cela plutôt encourageant. Un fin sourire sur mes lèvres en cette journée de tristesse ? Très fin, oui, mais là tout de même. Quand à la gêne qui en résulte pour l’adolescente, elle témoigne tout simplement de son adolescence.

« Zack », quand à lui, tente de soutenir avec des gestes et des paroles malaisés et là encore légèrement dédaigneux, cela semble lui coller à la peau. Il n’est pas doué mais n’a pas l’air méchant. Un voleur de seconde zone visiblement, qui soit le fait par plaisir soit s’en sort extrêmement bien pour vivre.

Le petit couple participe à un échantillon social mutant : isolés de la société et vivants à la débrouille. Ils ne sont pas bien différents de cet homme spolié de son portefeuille même si la nature les a équipés différemment. Je prends une inspiration nasale et la soupire alors que le concerné s’agite un peu plus loin, s’attirant une certaine attention. Sont-ils des délinquants ? A les écouter parler, oui. Sont-ils des dangers ? Voici qui est plus problématique. Une fille explosive laissée seule dans un environnement comme New York est un risque parce qu’à la dérive elle peut être ramassée et utilisée à des fins malveillantes ; sa place se finirait soit entre les murs du Triskelion, avec peut-être le supplément Programme Hopes, soit entre ceux de la Confrérie, pour devenir un rebut d’une société qu’on encourage à dépasser sa rancœur pour créer une nouvelle société mais qui au final n’est qu’une chimère car l’on ne crée pas une société meilleure avec les pires rebuts de l’ancienne, soit bourreau ou victime de ce conflit qu’on se saigne à essayer d’éviter. Lorsque Kyle a trouvée Kaede, mutante dangereuse et traumatisée par l’Humanité, il l’a envoyé à l’Institut malgré son allégeance à la Confrérie car sa conscience lui disait que l’adulte n’était pas assez mature pour prendre la décision et que l’enrôler reviendrait à faire d’elle une arme, manipulée, rien de plus. Mais c’est souvent comme cela que cela fonctionne et je pense que la Confrérie des Mutants est un refuge pour les désespérés de l’Humanité qui n’ont pas vocation à essayer d’améliorer les choses. Ce sont des terroristes, pas si différent d’Al Qaeda ou de Daesh si l’on exclue la dimension « suicidaire » et religieuse. Que faire pour des jeunes personnes comme eux ?

Je continue d’observer l’idée de Zack s’accomplir, ce dernier s’en retournant dans la foule avant de s’adresser à sa victime pour rediriger la colère contre d’autres. Un fouteur de merde, mais un fouteur de merde malin ; ce sont les pires. Mais au moins, Mr Boderic n’est pas réellement un danger pour l’Auxiliary, là où l’on peut raisonnablement penser que les deux adolescents le sont. Ils parlent légèrement de choses qui les dépassent, ils parlent naturellement de choses qui les dépassent. Ils s’en vont.

Je les regarde commencer à s’éloigner, jeunes mutants borderline mais encore du bon côté de la ligne. Ils s’entraident, ils n’ont pas besoin de nous pour s’entraider. Ils doivent être comme la plupart des communautaires de Mutant Town, pas de la meilleure extraction mais pas de la pire non plus, avec leurs problèmes et leurs possibilités. Des jeunes gens comme les autres, différents de par les gènes mais similaires de par l’âme. Je prends une nouvelle respiration nasale puis m’en vais boire à mon tour une gorgée de ma boisson.

Je ne perds pas foi en l’Homme, mutant ou non. Chacun fait de son mieux avec sa vie et c’est tout. Certains mieux sont pires que d’autres, certaines personnes cherchent le pire aussi. Il faut de tout pour faire un monde. Je ne perds pas foi en l’Homme, mutant ou non. Je crois que c’est en la vie que je perds foi. Je ne suis pas bien plus vieille qu’eux je pense et je suis déjà pourtant bien plus désillusionnée alors que manifestement, j’ai connu moins de problèmes. Mes problèmes ont sans doute été plus graves, pour compenser, mais cela je ne peux en jurer puisque je ne connais pas les leurs. Ils sont des visages plus ou moins anonymes dans une foule, des gens que j’ai vus et qui ne m’ont pas vue.

J’ai captée une scène de leur vie durant une scène de la mienne et cela c’est arrêté là, c’est majoritairement ainsi que cela se passe. Nous n’appartenons pas au même monde, nous construisons nos vies de façon presqu’hermétique fonction des objectifs que nous nous fixons. J’ignore si ce sont de bonnes personnes, j’ignore qui ils sont. Je les ai vus, je les ai écoutés, je les ai analysés… mais ça ne va pas plus loin.

Je leur souhaite du mieux, c’est dans ma nature, mais je ne pense pas que la vie sera plus tendre avec eux qu’avec n’importe qui. Est-ce irresponsable que de les laisser partir ? Sans doute pourrais-je les aider, tout autant qu’ils ne voudraient pas de mon aide puisqu’ils le font déjà entre eux. Sans doute devrais-je chercher à ce qu’ils ne soient plus un danger, mais je me refuse à les considérer pour leurs potentialités néfastes. Les gens sont innocents jusqu’à preuve du contraire, c’est un principe de base de la justice humaine ; les gens sont bons jusqu’à preuve du contraire, c’est un principe de base de la croyance en la Cohabitation Pacifique. Peut-être le regretterai-je en découvrant un jour qu’ils ont mal tournés, qu’ils sont responsables de morts et de larmes, peut-être devrais-je même un jour les affronter pour éviter qu’ils le soient. Mais ils ne le sont pas jusqu’à preuve du contraire et semblent aptes à se débrouiller à deux. C’est tellement plus encourageant que de devoir s’exténuer à maintenir soi-même la tête de quelqu’un d’autre hors de l’eau.

Zack et la Fille Explosive, je vous souhaite bonne chance. Bonne chance dans la vie, bonne chance dans la preuve que vous êtes humains avant tout. Peut-être que je m’illusionne en cherchant à voir en vous des personnes comme celles que l’Institution cherche à former, non « parfaites » ou « supérieures » mais humaines et pacifiques, non pas normées mais normales. Si vous pouvez l’être sans avoir à recevoir notre enseignement, c’est que nous ne le dispensons pas pour rien à ceux qui ne pourraient pas l’être. Nous ne formerons pas le monde, juste une partie, et si d’autres parties tendent vers les mêmes objectifs que nous alors nous réussirons tous.

Nous sommes à l’ombre de Bleecker Street mais c’est à nous de prouver qu’une fois qu’elle sera passée, cette ombre, nous nous tiendrons en pleine lumière. Il y a des nuances à l’horizon mais s’ils voileront le soleil ils ne le détruiront jamais.
RP TERMINE pour Amy

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Echo
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MessageSujet: Re: A l'ombre de Bleecker Street (libre)   Lun 16 Mar - 19:12

New York City, comme plus ou moins toute autre grande ville du monde, avait cela de différent d’une fourmilière l’individualisme exacerbé de ses ressortissants. Très peu pensaient voir même se concevaient comme membre d’un tout, qu’il soit communautaire ou racial, et ceux qui le faisaient avaient tendance à le faire de façon problématique : les humains, mutants ou non, s’unissaient toujours mieux avec leurs semblables contre une adversité que de nature. De nature, même, en l’absence d’adversité ils tendaient à s’en créer une, les frères d’hier s’entredéchirant aujourd’hui. Déprimant et désespérant, à dire vrai.

Le volé continuait de faire des siennes, se rendant compte d’un nouveau problème aggravant encore sa situation d’individu au sein d’une masse qui ne contenait pas un autre individu responsable de son problème mais l’était toute entière. La solution la plus simple aurait sans doute été d’apporter la justice et de désigner le coupable, sans doute celui qui s’en tirait le mieux dans l’histoire, mais c’était là une solution qui aurait ses propres problèmes aussi puisque c’était risquer une confrontation certes légitime mais plus directe. Et si un mutant secondaire faisant les poches n’était pas un cas si grave, le BAM ayant déjà eu à traiter bien pire, considérant qu’il faisait du repérage également cela pouvait laisser présager de l’antihumain bien plus embêtant. Il y avait des racistes des deux côtés et qu’ils se balancent mutuellement la faute ne changeait rien à l’aggravation de la situation. Hors la situation était déjà assez grave avec l’attentat de Bleecker Street mais même venu ici dans une volonté de recueillement commune, ils étaient bien incapables de se défaire de cette nature belliqueuse.

L’Homme était-il profondément mauvais ? La plupart des films poussant le raisonnement, principalement par des machines et autres IA, jusqu’à son terme logique semblaient dire que oui. L’Homme, mutant ou non, était la cause de ses problèmes ; d’autres hommes, toujours, ce qui justifiait qu’il faille craindre et confronter l’autre et ne s’unir que face à un danger plus grand encore. Cela laissait penser à l’Echo du Phénix que plus qu’essayer d’aider et d’éduquer les humains, il fallait leur donner un ennemi commun qu’ils ne pourraient pas vaincre, de préférence un ennemi éternel afin que leur alliance dure éternellement. Etait-ce plus ou moins moral que de simplement imposer la paix ? De son point de vue, cela revenait au même à ceci prêt qu’imposer la paix c’était priver du libre-arbitre et éviter énormément de morts.

Rachel n’aimait pas avoir de telles considérations mais c’était tout ce que lui évoquait cette scène dont l’émotion était rongée par des individus particuliers, possiblement indésirables selon les points de vue. Tout ces gens qui avaient perdu quelqu’un, n’avaient-ils pas le droit qu’on leur foute la paix et qu’on respecte leur souffrance ? Et les autres, n’étaient-ils pas sensés venir ici pour devoir de mémoire ? Le respect de l’autre et le devoir n’étaient pas des choses si facilement acceptées par d’aucuns tant qu’on ne leur imposait pas. Mais cette imposition entrainant toujours résistance et rébellion, elle ne faisait que déplacer le problème sur un autre plan et, au final, les choses en revenaient à cette base violente. La nature était violente, c’était même la base de la vie, néanmoins la nature était harmonieuse et la violence nécessaire. L’Homme était d’une violence disharmonique et futile. Beaucoup les pensaient au-dessus des animaux mais en réalité les autres animaux n’éprouvaient pas cette haine pour leur propre espèce et, sans doute, eux-mêmes.

Une belle philosophie de comptoir mais à ceci prêt qu’elle était assise à une table, Rachel n’était pas philosophe malgré que nombre de ses questions y ressemblaient. Ou en soient, elle laissait chacun libre de juger. Si elle avait du faire des études s’eut été dans la philosophie, sans doute, mais elle n’en ferait jamais. L’Humain avait brisé son destin bien avant cela.

Combien de destins brisés ici aussi ? Ces hommes et ces femmes, ces parents et ces enfants, ces frères et ces sœurs, ces amis et ces connaissances, ils étaient bien là pour quelque chose. Même l’agressif et le voleur étaient bien là pour quelque chose, même l’effondrée et sa propre amie y étaient. Effondrée qui trouva réconfort chez le voleur alors que son amie regardait la scène.

Rachel soupira et décrocha l’une de ses mains de son verre pour s’en aller à l’une de ses poches, en sortant un collier long dont le pendentif doré n’était autre qu’un X cerclé portant deux noms d’importance. Portant négligemment son verre à la bouche, elle n’en détourna pas les yeux ni ne perdit de perception ce qui l’entourait. Se balader avec le symbole des X-Men, même ceux d’un autre univers, alors que les médias commençaient à connaitre notre visage était s’assurer que ceux qui ne nous auraient pas reconnus sans fassent l’association, même si le symbole reposait sur un plexus au-dessous duquel se trouvait un décolleté des plus remarquables. Sans compter que même si elle n’était pas totalement hors sujet, l’image ainsi renvoyée par association d’éléments visuels n’était pas vraiment celle voulue.

Après, considérant qu’au bout de quinze ans le monde semblait toujours ne pas avoir réellement compris ce que les X-Men voulaient…

Après, considérant qu’au bout de millénaire l’Humanité ne semblait toujours pas avoir réellement comprise que si son ennemi c’était elle-même, c’était à l’échelle d’un unique individu que cela se jouait non à celle de la différence entre eux…

Rachel pensait que des monstres avaient fait d’elle un monstre, des divinités une divinité et donc que seuls les humains pouvaient faire d’elle une humaine ; une belle phrase, un beau raisonnement. Mais s’ils n’avaient rien de divins, les humains n’avaient-ils pas intrinsèquement quelque chose de monstrueux ?

Ils pouvaient faire tant de bien comme tant de mal, fallait-il réellement opposer humanité et monstruosité ? N’était-ce pas, comme pour elle, une question d’équilibre ?

Le voleur avait volé et s’en était retourné provoquer sa victime mais à côté de cela il avait aidée une victime elle-même ayant été prête à en découdre avec son homologue. Et ledit homologue avait ses raisons également d’ainsi avoir altérer son système de pensée par la prise d’alcool et de rejeter aussi violemment la faute sur d’autres. Qui avaient-ils perdus, tous ?

L’Echo ne cherchait pas d’excuse, elle cherchait l’acceptation. Trouver des excuses c’était aisé, accepter les choses comme elles étaient beaucoup moins ; elle n’avait jamais réussi considérant la vie et ses événements, cherchant à se battre et à lutter pour améliorer les choses. Peut-être que cette lutte était vaine, peut-être que même si elle réussissait le problème serait transféré ailleurs. Mais elle se devait de continuer d’essayer car si le futur était possible, le passé était certain et trop de personnes avaient tout donné pour que le futur soit bon pour qu’elle puisse abandonner cette quête. Elle avait été éduquée dans un espoir qu’elle avait vu détruire et avait contribué à éradiquer, maintenant elle se battait pour qu’il perdure et qu’il ne connaisse jamais similaire sort. Gagner une guerre était moins difficile que l’empêcher, tuer les hommes plus facile que les sauver.

Bleecker Street en était une preuve de plus. Tout ces gens en étaient une preuve de plus. Il fallait toujours qu’au malheur suive autre chose, autre chose de meilleur. Mais cette chose, comme le malheur qui l’avait précédée d’ailleurs, était et serait de leur fait.

Peut-être était-ce cela, être humain. Peut-être était-ce cela, la différence entre l’Homme et l’Animal. Pouvoir tenter de changer le monde, en mieux ou en pire.
RP TERMINE pour Rachel

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Phénix

"Des monstres ont fait de moi un monstre,
Des divinités ont fait de moi une divinité,
Seuls les humains peuvent faire de moi une humaine."






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