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 Last Hope... {LIBRE}

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X-Men Oméga
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MessageSujet: Last Hope... {LIBRE}   Ven 18 Jan - 19:32

Mercredi 19 Septembre – 14 : 40 P.M.
J’observais le monde ; j’observais ce monde, ce monde étranger, pour tenter de le comprendre, de savoir comment faire pour m’y intégrer. C’était mon activité principale, observer. Pas des yeux, non, je n’observais pas du regard, mais de l’esprit. Mes perceptions extrasensorielles formaient une reconstitution tridimensionnelle de l’Institut dans mon esprit, mes sens psychiques étendus du maximum de leur portée. J’observais le monde ainsi, jour après jour, méditant depuis ma chambre. J’observais les gens, la plupart que je ne connaissais pas, essayant de comprendre, de les comprendre. Comment vivre, comme agir, comment comprendre le monde, même, je devais redécouvrir cela à travers leurs vies routinières pour la plupart. La routine était le fruit de la normalité, une normalité que j’observais à travers eux. Je n’espionnais pas, j’observais.

Mais parfois, il y avait des choses qu’il ne valait mieux pas voir.

Il n’avait pas fallut longtemps pour que les bruits se répandent : une nouvelle X-Woman, Caitlyn Elioth ; Fuzzy rejoignait la X-Team. Avoir pour camarades et amies les Stepford Cuckoos permettait de compléter mon observation psychique par des ragots bien plus physiques, là plupart concernant des personnes que je ne connaissais pas, mais parfois concernant de mes proches. Je savais que je devais me méfier des ragots car ils étaient faux pour la plupart, comme ceux concernant Ernest, mais les Cuckoos ne profitaient pas de ma naïveté et m’indiquaient le degré de fiabilité du ragot, pour que je ne crois des âneries, et encore moins que je les répète. Et dans ce cas là, c’était sur : Caitlyn était passée X-Woman.

Je m’étais faite belle ; un gilet bleu sans manches et un pantalon de toile noir, j’étais allée jusqu’à me coiffer et me vernir les ongles, ramenant mes cheveux en une cascade sur la moitié droite de mon visage et ajoutant du rouge brillant à mes mains. Je m’étais faite belle car j’avais prévu tout autre chose : Caitlyn X-Men, n’était-ce sensé être joyeux ? Etre une fête ? Cela n’avait rien été de tout cela, car la passation avait résulté sur, après un bref séjour à l’infirmerie, un isolement. J’aurais été prête à essayer d’affronter du monde pour contempler la victoire d’une de mes amies, mais il n’y avait eut nulle fête pour cette victoire. Qu’avait-il bien put se passer dans cette salle ? Caitlyn en était-elle aussi ressortie changée, comme l’avait été sa copine ? Je n’avais pas reconnue Amy après sa transformation, elle avait trop changée ; toujours cette volonté d’aider, mais une distance entre nous, et cette impression que tout était faux, jusqu’à ses sourires. Je ne pouvais pas supporter cette nouvelle personne, je m’en méfiais, et du coup nous nous étions de beaucoup éloignée. En serait-il de même pour Caitlyn ? Ne la reconnaitrais-je pas non-plus et la perdrais-je ?

Cette peur n’avait saisit le cœur ; cette peur m’avait poussée à sortir de mon antre. J’avais voulut la voir, mais elle était trop prise. J’avais voulut qu’on m’explique, mais là encore, je n’avais rien obtenu. Pourquoi personne ne voulait jamais rien me dire ? J’étais un secret, mais était-ce à cause de cela que le reste du monde devait me rester étranger? Je ne forcerais pas les gens à me répondre, même si j’aurai put, car je ne violerais pas leur intimité, mettre leurs secrets à la lumière aurait été les trahir ; j’avais préféré aller chercher les réponses là où elles se trouvaient : dans le passé.

Cela m’avait prit du temps pour me décider, non réellement peser le pour et le contre, mais plutôt par peur de voir les X-Men, même s’ils ignoraient ma présence. Finalement, j’avais décidé d’utiliser mes pouvoirs. Nos pouvoirs ne nous définissaient pas ? J’avais rencontré plus de personnes croyant le contraire qu’adhérant à cette thèse, et malheureusement pour moi, certaines étaient toujours là. Je n’étais pas l’instrument de mes pouvoirs, mais j’avais toujours été un instrument, et aujourd’hui qu’on m’avait coupé les fils, j’apprenais à bouger sans. Je m’étais concentrée, et j’avais projeté mon esprit dans le flux temporel.

La vision humaine du temps était erronée, car il n’était pas linéaire. Le temps était simultané : pas de passé ou de futur, seulement le présent. Ce n’était pas parce qu’on avait fait quelque chose qu’on l’avait fait dans le passé, puisqu’il s’agissait du présent au moment même de l’acte. Dès que l’on parvenait à agir en quatre dimensions, on prenait conscience de cela. Mais on comprenait également que chaque possibilité entrainait un temps différent, ainsi qu’il y avait une infinité de présents ; les réalités alternatives. Je n’étais peut-être pas scolaire, mais cela, je l’avais vécu, et je pouvais le vivre encore, avec ou sans le concours du Phénix.


C’était ce que j’avais fait, revenant une journée plus tôt pour voir la séance de passation de mon amie. C’était un moment désagréable, je le savais, c’était la guerre ; pas de quartier, pas de pitié, se battre jusqu’à la mort. Tuer ou mourir. Caitlyn avait choisit de mourir, de mourir pour ce et ceux en quoi et qui elle croyait. Le sacrifice, cette chose qui m’avait trop coûtée. Cette passation, on aurait dit mon histoire ; non, c’était mon histoire. Les Shi’ar, le cristal M’Kraan, le Phénix, le sacrifice de ceux que j’aimais pour me protéger, et moi ; tout y était. Pourquoi ? Pourquoi m’y avoir incluse ? Que faisais-je là ? Il… il n’avait pas le droit. Pas le droit !

Il avait révélé mon passé à tous les X-Men, alors même qu’il m’avait promit de ne rien leur dire, de ne pas les laisser l’approcher. Il n’avait jeté en pâture à mes terreurs, il… il m’avait trahit. Je savais déjà comment cela allait se terminer, mais je ne savais pas ce que cela avait coûté. Avait coûté à Caitlyn, et m’avait couté à moi. Elle n’avait pas que changé, je l’avais perdue également. Elle culpabilisait d’avoir fait de moi ce que je n’étais plus, ce que je ne voulais pas redevenir. Je n’étais pas l’illusion, mais elle était trop réaliste. Il n’avait pas fait que me mettre à nue devant ceux que je craignais, il n’avait aussi prit ceux que j’aimais.

Charles Xavier… J’avais admiré ce nom. Je lui avais fait confiance, je lui avais laissé la vérité sur mon être. Il avait tout brisé. Il m’avait trahit. Cela faisait mal, tellement mal.

C’était pleine de haine et de tristesse que j’étais revenue à mon présent, à mon corps laissé sur mon lit, inconscient, à l’instant même où je l’avais quitté. Les larmes, la tristesse, la douleur… qu’aurais-je dû faire ? Fuir encore ? Courber l’échine et me cacher dans le seul endroit où personne n’arriverait à me retrouver ? Je n’arrivais pas à mourir, j’avais déjà essayé. Et mourir, c’était trahir Ernest, c’était trahir les Cuckoos, c’était trahir Caitlyn. S’eut été la voie la plus facile, la plus logique, la meilleure si j’avais réussit. Mais je ne pouvais pas fuir, je ne voulais pas fuir. Me battre, me battre pour ce que j’avais gagné, c’était cela que je voulais faire. La colère, la haine, elles étaient de retour, me donnant à nouveau des forces. Mais elles disputaient mon âme à la tristesse et à la peur. Ces dernières avaient eut la prédominance en moi, il était temps de rééquilibrer le temps de parole.

Je sortais de mon lit d’un bond, poings serrés. Je marchais dans les couloirs, en chaussettes et en pleurs, mais comme jamais je ne l’avais fait auparavant, ignorant tous ceux que je pouvais croiser. La plupart de ceux qui me croisèrent ne savaient rien de moi, mise à part ce que les rumeurs avaient put leur colporter. Ils n’avaient pas la moindre espèce d’importance, car je n’avais qu’un seul objectif : le bureau du directeur.

Malgré les larmes, mon visage était plié de colère, et les marques des limiers étaient à vif. Il saurait que je venais, surement, il pourrait m’arrêter, tout aussi surement aussi. Il n’avait déjà trahit, à lui de voir jusqu’où il était prêt à aller. Il n’aurait qu’un coup, pas un second.

Mon arrivée dans le bureau fut précédée d’un cri de rage, alors que je prenais appuis sur mes pieds pour enfoncer la porte, arrachant la poignée d’un coup de talon, forçant l’ouverture quant bien même ce n’aurait pas été fermé, pénétrant après quelques éclats de bois dans cette pièce qui avait vu naître mon émergence, autrefois. Mais aujourd’hui, j’étais la seule tempête ici, reprenant mon mouvement avec la célérité de ceux dont le doute était étouffé par la colère les dirigeant.

J’interrompais le briefing de Fuzzy en tant qu’X-Woman, mais cela ne m’importait pas. Elle n’attendait plus rien de moi, et savait ce que j’étais, elle l’avait vu. D’une pensée, sans même un regard, je l’immobilisais sur son siège, qu’elle ne s’interpose pas, continuant de me rapprocher de l’homme en chaise roulante portée par les ailes de la haine.

Un crochet du gauche, à direction du visage ; je ne pouvais pas lui avoir brisé la nuque, mais la mâchoire, je ne garantissais rien, mes gestes surement amplifiés par mes pouvoirs.

- POURQUOI ?! Po… pourquoi est-ce que vous essayé tous de nous détruire ? Nous endurcir, c’est ça ? Les forts survivent et les faibles meurent ? J’ai déjà entendue ça par le passé, mais eux au moins ils n’ont jamais prétendu vouloir le bien de qui que ce soit. Comment… COMMENT AVEZ-VOUS PUT ?! R…rousse aux yeux verts… télékinésiste et télépathe de niveau oméga… vous avez sous-entendu la présence du Phénix… y’a que l’Voyage Temporel dont vous avez pas parlé… mais vous les croyez idiots à ce point ? Ils… ils vont venir me poser des questions… ils voudront comprendre… qu’importe votre interdiction de m’approcher… ils trouveront d’autres moyens de savoir ! Et… et quant ils sauront, ils… ils… Vous avez trahit votre promesse, vous m’avez TRAHIT !

La colère, la rage et la haine se libéraient dans les gestes comme dans les mots, s’évacuant pour laisser place à la tristesse, la tristesse qui étouffait les mots et les cœurs. Lorsque j’eus fini de crier, il n’y avait plus qu’elle, et je prenais conscience de ce que j’avais fait, restant vacillante, bouche entr’ouverte et tremblante de tout mon corps.

Qu’avait-je fais ? Frapper Xavier… Frapper l’homme qui m’avait enseigné, qui m’avait recueillit, qui m’avait protégée… Quel monstre suis-je ? Ne pouvais-je que détruire, même les constructions branlantes que d’autres s’échinaient à me bâtir ? Il avait été là, il m’avait trahit mais jusqu’à lors, il avait été là. Pourquoi avait-il fait cela ? Pas par méchanceté, mais pour autre chose. Autre chose que je n’aurais dû comprendre que plus tard, si je n’avais pas tout gâché.

- je… je… je…

Les mots ne voulaient plus sortir, la peur et la tristesse, la culpabilité, tout me submergeait à nouveau. Je tournais mon regard vers Caitlyn, complètement affolée. Elle ne m’avait pas faite redevenir un monstre, je n’avais jamais cessé de l’être. Secouant la tête à la négative, je fermais les yeux avant de faire ce que j’aurais dû faire dès le début : m’enfuir.

Déjà, une foule commençait à s’amasser, et je la traversais en les expulsant par télékinésie, courant littéralement à travers l’Institut, vers son refuge ; non-pas la chambre que je partageais avec les Cuckoos, non-pas même la chambre que j’avais eut à l’infirmerie, ou bien les combles, mais quelque chose de bien plus ancien et de bien plus profond, pour moi. Les chambres de X-Men, je me souvenais encore parfaitement. J’arrachais une porte pour me réfugier à l’intérieur, comme autrefois, ouvrant le placard et m’y recroquevillant avant d’en refermer les portes. J’ignorais à qui appartenait cette chambre ici, mais chez moi, là d’où je venais, elle avait été celle de mon père.

Je pleurais, je pleurais sans arriver à faire ou à penser à autre chose ; j’avais tout perdu, encore. Tête dans mes mains, front contre mes genoux, je sanglotais comme à l’époque, comme lorsque j’étais enfant, avant qu’on ne me prenne tout ce qui comptait pour moi. J’ai tout détruit, cette fois.

Les larmes redoublèrent. J’étais allée trop loin ; on ne pourrait me pardonner. Il m’avait donné une seconde chance, et je lui avais renvoyée en plein dans la mâchoire. Il m’en voudrait, ils m’en voudraient tous ; désolé Ernest, désolée Irma, désolée Phoebe, désolée Céleste. Désolé, Papa, désolé Maman. Désolée d’avoir existée.

Le verre de la fenêtre se brise selon ma volonté alors que j’ouvre le placard pour me saisir d’un morceau de verre que j’ai appelé à moi. Je referme la main si fort sur lui qu’elle en saigne, et je ferme à nouveau la porte de mon abri. Autrefois, lorsque je croyais aller mal, lorsque j’avais peur ou que j’étais triste, je me réfugiais ici. Aujourd’hui que je suis au fond du gouffre, il est temps de passer à la vitesse supérieure.

Je pose la tête contre le mur et regarde le fragment tranchant, bloquant les portes de mon abri avec ce qu’il me reste de volonté. Si j’y vais trop profond, je chopperai les tendons, mais je n’aurai pas le temps d’écrire une lettre de toute façon. Encore que…

*Je n’en peux plus. Je n’en peux plus de survivre. Je ne veux plus survivre. J’ai toujours survécu, envers et contre tout. Je veux plus. Je peux pas. Je peux plus. Je veux la paix. Je veux plus avoir peur. Je veux plus me battre. J’ai plus la force. La force, elle vient des autres, mais même ceux en qui j’ai confiance, ils partiront. Ils partiront quant ils auront vu mon vrai visage, comme Fuzzy. Ils seront tous comme ça, et ils auront raison de l’être. Ils me jugeront, mais il n’y a qu’une seule sentence qui puisse m’être rendue. J’en ai assez d’avoir peur, assez d’avoir mal, assez de survivre.
Céleste, Irma, Phoebe, avez-vu ? J’ai suivit vos conseils, le bleu contraste bien avec mes cheveux. J’ai bien aimée le shopping, j’avais jamais fait ça avant. Merci pour m’avoir fait confiance, merci pour m’avoir acceptée et protégée. J’étais pas votre sœur, mais il y avait des moments où je me sentais comme telle, et souvent j’aurai aimée l’être. C’est trop tard pour ça, et faut que je corrige l’erreur de ma vie. Prenez soin de Cerberus, j’espère qu’elle se sentira pas seule.
Caitlyn, tu as vu qui j’ai été, qui j’avais peur de redevenir. J’étais là, tu sais ? C’était moi, dans ta tête. Une fois que t’as viré la fausse moi, c’était moi. T’as réussit ton épreuve, à moi de réussir la mienne. Tous ceux que j’aime se sacrifient toujours pour moi, quant j’ai pas leur sang sur les mains. Faut pas m’aimer, j’apporte que le malheur. J’ai voulut t’aider, j’y ai pas arrivé. Pardon. Pour qui j’étais et ce que j’étais, Pardon.
Ernest, j’ai fait beaucoup de progrès, grâce à toi. Désolée, mais on pourra pas aller voir le Seigneur des Anneaux 4 au cinéma ensemble. J’ai essayé, je te promets, j’ai essayé. J’ai pas réussit. Faut pas que tu perdes espoir, faut que tu continue à essayer, à réussir. T’es quelqu’un de bien. T’as fait des erreurs, mais t’es quelqu’un de bien. N’en doute jamais. Tu trouveras des amis, il faut que tu les laisses t’approcher. J’espère que tu m’en voudras pas trop.
Papa, Maman, vous que j’ai pas connu ici, je vous en pris : ignorez ma mémoire. Il n’y a rien à sauvegarder de moi, comme il n’y avait rien à sauver. Je m’en vais vous rejoindre ou pas, mais j’y vais sans peur. La mort est encore ce qui me fait le moins peur à présent.*


Un simple message, lancé dans les esprits qui m’étaient familiers, une lettre d’adieu que j’espère arriver à bon port.

J’ai les yeux ouverts, et ma main lâche le fragment de verre. Je suis paisible, pour la première fois depuis longtemps, je suis paisible. J’ai trouvé le moyen de ne pas éveiller le Phénix lors de ma mort : je n’ai pas peur, je n’ai pas mal. Je me laisse mourir, c’est tellement plus doux et plus facile. Mon visage marqué par mon passé regarde le plafond de cette cache familière sans le voir. Plus rien n’a d’importance, je me libère enfin. Bientôt, il n’y aura plus de peurs, plus de tristesse, plus de douleur. C’est le dernier espoir qu’il me reste.

_________________
Phénix

"Des monstres ont fait de moi un monstre,
Des divinités ont fait de moi une divinité,
Seuls les humains peuvent faire de moi une humaine."






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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Ven 18 Jan - 23:05

Le tic-tac de la montre posée sur le bord de la table résonnait dans la chambre. Le blanc de la tenue d'Emma tranchait avec le marron omniprésent des meubles en bois verni. Les draps satinés reflétaient une partie de la lumière qui filtrait délicatement de l'extérieur. Tic. La directrice adjointe appréciait à sa manière la tranquilité dont se parait cette journée. Seule, assise immobile sur sa chaise, on aurait pu croire qu'elle dormait, si ce n'était que ça tête restait droite et son expression affichait un certain effort. Tac.

Le temps semblait s'écouler au ralenti alors que la concentration d'Emma grandissait. Il s'agissait de ne pas laisser échapper le moindre détail. Il y avait forcément une raison pour que sa reine ait été avancée comme ça. Tic. Ca ressemblait à un suicide, mais quelque part, ça devait cacher une stratégie, Emma n'avait juste pas encore trouvé laquelle. Elle repensait à ce qu'elle avait lu la veille dans le livre qui était encore posé sur la table de chevet : Les 1000 plus grands coups utilisés aux échecs. La configuration actuelle de l'échiquier ne correspondait à aucun d'entre eux. Tac. Très bien, il fallait donc tendre un piège pour empêcher cette stratégie mystérieuse d'aboutir.

Emma s'avança un peu au dessus de l'échiquier, posant un coude pour reposer son menton sur le dos de sa main. De l'autre, elle déplaça avec délicatesse une pièce, affichant un petit sourire satisfait. Tic. Elle referma les yeux aussitôt :

Cavalier en E4.

Le message télépathique traversa l'espace instantanément pour atteindre son destinataire. Maintenant, le temps comptait pour elle. Tac. Elle soupira un instant puis s'adossa à nouveau dans son siège. Tic. Elle savourait son stratagème, mais en même temps se demandait si l'hameçon allait être mordu. Tac. La réponse n'allait pas tarder. Tic. Elle se doutait qu'il ne lui faudrait que quelques secondes pour faire son choix. Tac. Mais elle n'obtint pas ce qu'elle attendait.

Le message était un peu intrusif et Emma détestait ça. Elle essayait toujours de respecter les autres, ce n'était pas pour qu'on lui vole sa liberté de penser. Elle hésita à bloquer l'attaque, mais se ravisa quand elle reconnut la signature psychique : Xavier.

Rachel vient de me voir, elle est très troublée.

Emma n'eut pas besoin de plus d'information. Une puissante télépathe et télékinésite contrariée, c'est un danger réel pour l'institut. Surtout quand il s'agit de Rachel. Elle chercha à joindre Rachel par télépathie, ou du moins, à la localiser. Charles Xavier devait probablement faire la même chose, et il était très probable que Rachel bloque sa tentative de communication. Emma aurait peut-être plus de chance, parce qu'elle ne l'attendrait pas.

La lutte ne dura que quelques dixièmes de secondes, mais Emma pouvait sentir que Rachel ne cherchait pas à être contactée. Satanée surdouée ! Se surprit-elle à jurer. Elle se leva de son siège et se dirigea dans les couloirs, se demandant si elle devait errer au hasard en tentant de la croiser. Mais la communication sembla facilité. Emma ne captait que quelques mots, des brides envoyées à d'autres personnes. Rachel parlait à quelqu'un par télépathie. Peu importe qui et peu importe ce qu'elle lui disait, cela suffit à Emma pour la localiser : l'ancienne chambre de Scott. Qu'est-ce qu'elle pouvait faire là ? Ce n'était pas la sienne.

Emma pressa le pas. Non qu'elle était bloquée, mais au contraire, c'était comme si la présence d'habitude si solide et résistante de Rachel s'effritait tout doucement, laissant des volutes de pensées s'échapper. Elle était en sérieux danger, et c'est un peu paniquée qu'Emma entra dans la chambre. Elle ne la vit pas. Et vu qu'elle ne communiquait plus, il était difficile de préciser sa localisation. Emma chercha du regard. La vitre était brisée, avait-elle sauté ? Puis elle vit le sang, le sang qui coulait sur le bas du placard.

Non non non, tu peux pas nous faire ça. Rachel ! Rachel !

En disant ces mots elle essaya d'ouvrir le placard, mais rien n'y fit. Elle devait l'avoir bloqué. Emma se changea instantanément en diamant pour essayer de forcer la porte, mais encore, la télékinésie de Rachel restait trop puissante. Elle se rappela de sa partie d'échec. Il faut contourner le problème, attaquer par un endroit où on ne peut pas l'attendre. Elle se précipita dans la pièce voisine, heureusement vide, visa rapidement et enfonça son poing dans le mur. Le diamant pénétra facilement dans le contreplaqué, puis elle arracha un à un les morceaux pour créer sa propre porte. En y réfléchissant, c'était assez inconscient car elle aurait pu blesser la jeune fille de l'autre côté, mais sous forme de diamant, ce genre de considération ne venait plus à l'esprit d'Emma. Elle découvrit la jeune fille inanimée, le regard vide, le poignet tranché et le morceau de verre chu de sa main. Emma la porta et la sortit du placard pour la coucher au sol. Elle tapota sur les joues de la jeune fille, cherchant une réaction dans le regard. Rapidement, elle saisit un drap et d'en déchirer une bandelette avant de redevenir de chair et d'os. La priorité était d'arrêter le saignement. Elle essaya de nouer le bout de tissus sur le poignet pour panser la blessure, mais au vu de la tâche rouge dans le placard, elle avait déjà trop perdu. Le stress était devenu trop intense pour lui permettre de penser clairement, et il lui en coûta un énorme effort pour vider son esprit, séchant au passage une petite larme qui avait commencé à perler sur sa paupière.

Elle s'agenouilla derrière la tête de Rachel, posant ses mains de chaque côté et approchant le front. Elle prit une grande inspiration et ferma les yeux. Ses défenses était toujours levées, et se dissipaient lentement. Mais un soupçon de vie était encore là, derrière ce mur. Elle déployait ses tentacules de pensée à la recherche de la moindre faille, l'espoir de ne pas laisser une si jeune fille être vaincue par la situation difficile dans laquelle elle vivait, sans l'avoir choisie. Une course s'était lancée : sa volonté allait-elle céder suffisamment tôt ou est-ce que c'était sa vie qui partirait en premier ? Volonté, vie, les deux devraient toujours aller dans le même sens. Emma se ressaisit, ce n'était pas le moment de philosopher, elle avait besoin de toutes ses facultés à cet instant.

Rachel, je t'en prie, montre-moi au moins un signe que tu ne nous a pas complètement rejetés. Laisse-moi t'aider, juste quelques secondes.

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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Sam 19 Jan - 11:05


- J’comprends votre point d’vue, je vous dis simplement l’fond d’ma pensée…On m’a dit qu’Amy avait eu des mots très durs, il n’faut pas l’en blâmer, j’ai eu la même réaction lorsque les rôles étaient inversés. Il faut en prendre et en laisser, c’est sûr..Mais j’continue d’être persuadé qu’elle n’a pas tort sur l’principe. C’est pas en nous déshumanisant qu’on fera de nous des personnes aptes à mieux comprendre ce qui s’passe dehors…Professeur, sauf votre respect, vous ne mettez pas assez l’nez dehors pour comprendre ce qui s’y passe. Vous êtes très bien dans la théorie, mais vous pigez queued en pratique. J’ai géré Rachel comme vous l’dites, mais combien d’personnes là dehors sont en passe d’être des bombes sur pates ou de perdre les pédales ?
J’ai trouvé ma voie, j’veux être celle qui guide, pas celle qui cogne parce que vous savez, maintenant, combien j’peux cogner. Le BAM punit, laissez nous nous charger d’éduquer…où leurs geôles ne seront plus assez grandes pour y entreposer les mutants. C’est pourquoi j’veux cette équipe, et j’veux la diriger. Un équipe spécialisée dans la récupération et l’extraction de mutants isolés et en détresse, là dehors… J’veux m’battre avec mes mots, vos mots. Ah et puis tant qu’j’y suis..j’ai une proposition de costume, j’ai fait un dessin…Bon Wonder Beave, c’est pas super sérieux, on peut voir pour l’nom mais j’aimerai que vous m’disiez ce que vous en…




Pas le temps de terminer sa phrase qu’il fit irruption dans la salle en mode tempête. Grande Rousse en mode berserk ! Caitlyn s’apprêtait à montrer au professeur son chouette dessin qui avait tant fait rire Amy la veille et vu la violence de l’entrée en matière, la porte pouvant en témoigner, elle resta stupéfaire sur son siège, lèvres a demi ouvertes en un prénom interrogatif. Pas bon ! Pas bon du tout ! Les mains de la Ptite Rousse se crispèrent sur le siège, prête à bondir pour s’interposer mais une violente attaque psy la cloua littéralement sur le siège, lui arrachant un gémissement de douleur et de frustration. Inutile d’en chercher la cause, elle était devant elle et venait de décocher un magistrale coup de poing à un homme en fauteuil roulant ( !!). Un cri muet voulu percer le discours de Rachel, un magistral « Rachel ! Arrête ! » mais elle ne lui laissait aucune possibilité de le faire, impossible de l’atteindre cette fois ci. Son flot de colère sembla enfin se tarir et son regard effrayé accrocha celui de Caitlyn, stupéfaite et impuissante. Elle semblait se rendre compte mais bien trop tard, le geste avait été trop loin. Enfin, Fuzzy sentit la pression sur elle se lever et de nouveau elle put être libre de ses gestes et de ses paroles. Elle adressa un regard consterné à Grande Rousse avant de balbutier.

- Tain…Par le Sang du Chriiiist…Rachel…


Trop tard, elle s’enfuyait sous mes yeux. Plus urgent, il y avait plus urgent. D’un bond je laissé ma chaise tomber sur le sol pour me porter au secours de Xavier.

- B…bordel…elle vous a pas loupé…

Tout en l’aidant à se relever, elle s’adressait d’une voix vive et claire au dispositif de défense de l’Institut.

- Danger !! Ici Fuzzy ! Code 3, Résidente en perte de contrôle ! Sujet Rachel richards : localisation mais pas d’interventions, surtout ne l’approchez pas. Fais venir immédiatement Irina Cameron pour des soins d’urgence dans le bureau de Professeur Xavier
!

Une voix dans sa tête, celle de l’homme qu’elle soutenait par le bras, la mâchoire en sang.

- Emma est sur ses traces, pas d’inquiétude. Aides moi juste à me relever, ca va bien.



Elle reporta son attention sur lui en lui manifestant un demi-sourire et l’aida a la remettre sur sa chaise roulante.

- Vous tiendriez pas un round contre Rocky Balboa, Prof’.

Se tournant vers les curieux.

- Dégagez, vous n’avez donc rien à faire ? Le spectacle est terminé ! Foutez-moi tous le camp ou je vous garantis que vous vous souviendrez de cette journée comme la pire de votre période scolaire ! Ouste ! Du vent !!


Elle s’assit sur le bureau en attente de l’infirmière et secoua la tête d’un air désolé.

- Pardon d’enfoncer l’clou mais autant dire que vous récoltez c’que vous avez semé. C’est l’illustration parfaite de ce que j’vous disais avant qu’elle déraille. A jouer à l’apprenti sorcier, on s’crame les doigts. Je voulais vous dire…je voulais vous d’mander de reconsidérer la place de Rachel ici et de l’envoyer croupir au BAM , trop dangereuse, elle est vraiment trop dangereuse. Mais là….Merde..Prof ! C’est pas c’qu’elle vient de vous faire qui me cloue le plus, c’est ce qu’elle n’a pas fait ! Elle garde le contrôle, vous ne voyez pas ? Elle y arrive ! elle y arrive…Vous savez comme moi de quoi elle est capable, et elle avait toutes les raisons et la puissance pour le faire. Elle ne l’a pas fait. Professeur, on peut la sauver, j’en suis sure à présent, on est en train de la sauver ! Je vais y arriver, j’en prends l’entière responsabilité. Vous m’avez lancé sur l’job, ben je vais le faire jusqu’au bout !


Irina apparut dans l’encadrement de la porte arrachée en manifestant un cri de surprise et lança à la Rousse un regard assassin.

- Hé ho, c’est pas moi hein…Moi j’etai..


Message télépathique de Rachel. Ainsi c’était elle ? Cette voix à ses côtés ? Et ce discours…il n’augurait que du mauvais. Les choses tournaient mal. Fuzzy sauta du bureau en se dirigeant vers la porte. Un regard à Xavier.

- Où ?

Un léger silence alors qu’Irina l’entourait déjà et que Caitlyn se voyait imposer une réponse télépathique.

- Ok…merci pour l’info. Ma responsabilité, c’est clair ? Il est préférable de ne plus intervenir auprès d’elle pour l’Instant. Je la prends en charge. Évitez les rings de boxe et les rousses professeur, les deux ne vous réussissent pas trop. Irina, fait au plus vite, je crois que Rachel va avoir besoin de tes services.

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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Sam 19 Jan - 12:27

-Alors, c’est comme ça que ça se termine...

Dans le do d’Emma Frost, une voix nasillarde et haut perchée, une voix reconnaissable entre mille. Ernest, essoufflé, se tenait sur le pas de la porte, une main sur le battant. De son rouge regard, il observait l’effroyable scène qui se jouait. Rachel, entre la vie et la mort, et la directrice adjointe de l’Institut qui faisait ce qu’elle pouvait. Madame Frost était puissante, mais n’était-elle pas déjà impuissante devant le drame annoncé ? Et lui, était-il acteur ou spectateur ?

Tout était allé si vite... Dans sa tête, la voix soudaine du professeur Xavier, un message très court et pressant. Un nom, un lieu... Mais que pouvait bien faire Rachel au niveau des chambres des X-Men ? Pourquoi le lui dire ? Son esprit vif décoda l’implicite. C’était grave et il devait y aller. Le voilà en chemin, allant le plus vite qu’il le pouvait. Et c’est en chemin qu’arriva le second message, la seconde voix, celle de son amie. Funestes mots, noir présage. « Non, attend ! » hurla-t-il en son fort intérieur, espérant que la télépathe l’écoute. Mais rien, plus rien ! Décharge d’adrénaline, Altérion usait de ses dons pour traverser couloirs et escaliers comme un bolide. Les chambres des X-Men, les voilà, mais laquelle ? Où aller maintenant ? Le jeune mutant entendit des coups, un mur qui volait en éclats. Il suivit le bruit et le voilà au pas de cette porte.


-Tant d’efforts pour ça.

De la colère dans sa réplique. Dans son esprit, les idées se bousculaient, des souvenirs se superposaient. Terrible gâchis... Non, ce ne pouvait finir ainsi et ça n’allait pas terminer ainsi ! Il avait donné sa parole. Il serait toujours là pour Phénix. Et il était là. Il avait dit qu’il l’aiderait toujours. Et c’était ce qu’il allait faire. La colère se tintait de fermeté. S’il y avait encore une chance de faire quelque chose, le temps était compté. Pas de grands discours. Du direct et de la conviction ! Il s’avança de quelques pas, vissant ses yeux dans ceux de la moribonde. Maitre de lui-même, il allait dire ce qu’il croyait le plus judicieux. Peut-être allait-il faire une erreur, mais il aurait essayé. C’était ça ou rien...

-Tu fais une grosse connerie et je suis sûr que tu le sais, Rachel ! Tu fais le contraire de ce que tu me conseilles. Où est ta crédibilité ? Toi le poignet, moi, la langue, chacun sa méthode. Mais moi, si j’avais réussi mon coup, je n’aurais pas connu Cérès, je n’aurais pas connu Karma, je ne t’aurais pas connu. Ma vie n’aurait été que celle d’une loque méprisable. Je ne voyais pas d’espoir, j’aurais juré qu’il n’y en avait pas. J’ai la preuve du contraire. Bon dieu, la mort c’est la fin de tout ! Et t’as encore tant à faire ! Tu n’as même pas le droit d’en douter !

Il soupira. Et si, déjà, il parlait à un cadavre ? Il aurait l’air fin. Pas grave. Il tourna un regard inquiet vers Madame ]Frost. Lui n’était qu’un élève, un aspirant X-Men, rien de plus au fond...
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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Dim 20 Jan - 16:57

Il s’écoulait lentement. Il marquait le temps, le temps qui s’écoulait, mais également la vie ; la vie qui s’écoulait. La vie qui s’écoulait par ses poignets tranchés. Rachel était bien, dans ce cocon de son passé, de son enfance, lorsque tout allait bien. Recroquevillée, elle attendait, elle attendait la fin, passive, en paix.

Des pas ; des pas et une voix. Une voix, une voix qui l’appelait, une voix connue, familière. Mindee ? Phoebe ? Céleste ? Non, aucune des trois, mais si semblable. Elle connaissait cette voix, elle l’avait déjà entendue : Emma…

On força contre la porte du placard, on voulait la sauver ; pourquoi ? Pourquoi la sauver ? Elle ne lui en avait pas assez fait voir lorsqu’elle était gamine ? Elle ne lui en avait pas assez fait voir lorsqu’elle lui a craché au visage la mort de Scott ? Elle avait échoué à sauver le monde, elle avait échoué et Emma était morte avec les autres dans le camp… Non, ce n’était pas la même Emma… Celle-ci ne la connaissait pas, celle-ci ne savait rien de Rachel Summers ; Xavier l’avait mise sur la voie. Mais alors, pourquoi celle-ci voulait la sauver, comme l’autre ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Frost avait vu comme les autres qui elle était et ce qu’elle était, alors pourquoi ? Si elle savait, pourquoi essayait-elle de la sauver ? Rachel n’en avait aucune idée, mais elle ne la laissa pas faire, bloquant les portes de toute sa volonté, chose qui l’affaiblissait encore plus. Elle sentait les tentatives de contact télépathiques, mais ne savait ce qui s’épuiserait en premier : sa vie ou sa volonté. La Dame Blanche échoua, et les pas s’éloignèrent à nouveau. Avait-elle comprit ? Avait-elle abandonné ? Avait-elle accepté son choix ? Non, s’eut été trop simple ; les X-Men n’abandonnaient jamais, ils se battaient jusqu’au bout. Ils l’avaient fait pour elle, ils étaient morts pour elle. Phénix n’avait pas tuée Emma Frost, même si a une époque, elle l’aurait voulut ; l’une des ombres qui la côtoyait dans les camps, elle s’en souvenait, la Dame Blanche.

Rachel ne comprit pas réellement ce qu’il se passa, les pas n’étant pas revenus mais une main la trainait au-dehors de son abri. Emma, elle l’arrachait à son univers, encore. Toujours intrusive, toujours là où il ne fallait pas, là où Phénix ne la voulait pas. Elle fut déposée contre le sol, le heurtant sans réellement le sentir, et Emme lui administra des gifles. Des gifles, comme quant elle était enfant, lorsqu’elle faisait l’une des nombreuses bêtises que son imagination lui inspirait ; mais ce n’était pas des gifles pour punir, c’était des gifles pour sauver. Phénix n’eut aucune réaction ; cela n’avait pas d’importance, elle ne voulait pas être sauvée, elle voulait juste partir.

Elle se laissait faire, Emma n’arriverait pas à la sauver. Elle essayerait, mais il n’y avait rien à sauver. Rachel ne lutterait pas, cette fois. Elle n’affronterait plus ni la vie, ni le monde, c’était fini. Elle avait déjà échouée.

Un déchirement, puis on lui prit les mains, les attachant. Non… non… pourquoi ? Pourquoi essayer de la sauver ? Elle méritait amplement sa mort, et elle la désirait tout autant. C’était encore la meilleure chose qui pouvait lui arriver, la paix. Pourquoi lui refusait-on la paix ? N’avait-elle pas assez souffert ? Pourquoi voulait-on la faire souffrir encore ? On lui avait tout prit, on lui avait donné des espoirs pour mieux lui les prendre. Ne plus se battre pour sa survie, cela signifiait mourir. Elle ne voulait plus se battre pour sa survie. Elle fuyait la peur, elle fuyait la douleur, elle voulait la paix, juste la paix.

Des pas, et un contact contre ses tempes, des tentacules psychiques tentant de pénétrer son crâne. Jusqu’où pouvaient-ils aller pour la sauver ? Contre vents et raisons, Frost prenait des risques, car on était toujours plus vulnérable lorsqu’on lisait dans un esprit. Elle allait voir, si elle passait, la Dame Blanche allait tout voir ; aucune importance, elle savait déjà la majeure partie. Rachel Anne Summers-Grey, la Limier, la Warhound, la Meurtrière.

*Rachel, je t'en prie, montre-moi au moins un signe que tu ne nous a pas complètement rejetés. Laisse-moi t'aider, juste quelques secondes.*

Les flammes, les draps qui retenaient ses poignets brûlèrent, la morsure du feu lui prenant le dos des poignets, pour ne pas risquer de cautériser les plaies.

*Pourquoi…* commença-t-elle faiblement. *Pourquoi … pourquoi vous me laissez pas mourir ? A l’époque… j’étais votre seul espoir… j’ai échoué… laissez-moi partir… s’il vous plait…*

Elle ses pensées étaient lancées sur le plan astral sans grande cohérence, cherchant tant bien que mal l’esprit des personnes proches ; elle souffrait, maintenant, elle souffrait en repensant à son passé, aux camps de la mort, à la lutte pour la survie, pour changer le monde ; à son échec, à leur sacrifice à tous, ses ombres dont elle se souvenait à peine, à l’exception de quelques unes. Une de plus avait un visage désormais, Emma Frost ; Rachel ne l’avait pas tuée, mais elle l’avait vu mourir. Aujourd’hui, c’était son tour. Pas de grand départ ou de sacrifice, juste une mort à la hauteur de son existence. Elle était née dans le sang, elle avait vécu dans le sang, elle mourrait dans le sang.

-Alors, c’est comme ça que ça se termine...

Ernest… il lui faisait des reproches, il l’engueulait presque. Une grosse connerie ? Non, elle faisait le bon choix, le bon choix pour elle. Tout serait plus simple, tout serait plus facile, tout serait mieux. Où était sa crédibilité ? Quelle importance ? Et puis la langue, elle avait déjà essayée. Non, s’il avait réussit, il n’aurait connu ni Cérès, ni Karma, ni elle ; et cela ne lui aurait pas manqué. La vie d’une loque méprisable ? Celle de Rachel était celle d’un monstre, d’une tueuse, d’une meurtrière ; Warhound, Limier…

Il y avait eut l’espoir, mais on le lui avait prit ; on l’avait remplacé par la peur, la peur du jugement des X-Men, la peur de l’avenir. Ce n’était pas une seconde chance, c’était sa punition. Vivre était son châtiment. Mais elle ne voulait plus vivre, elle n’avait pas la force

*Je veux pas… je veux pas qu’ils me jugent… je veux pas qu’ils…*

Elle avait peur, peur du regard des X-Men, de leur jugement, peur de les rencontrer, peur de se souvenir ou de rester dans l’ignorance, tant de peurs que Frost pouvait voir, et qu’Ernest connaissait déjà. Son bouclier mental était lacéré, percé ; user de ses forces pour parler l’avait affaiblit encore plus. Elle n’en avait plus pour longtemps.

*J’ai échouée… j’ai échouée avant même… ici… Je veux plus avoir peur… je veux plus avoir mal… je veux la paix… je veux... oublier... laissez-moi partir… par pitié…*

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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Lun 21 Jan - 22:34

Emma restait coi devant le mur de pensées qui s'élevait sur son passage. Il s'effritait lentement, trop lentement pour qu'elle puisse se frayer un chemin à temps. Elle était tellement concentrée qu'elle n'entendit pas l'arrivée d'Ernest du premier coup. Elle ne savait pas tout de Rachel, elle ne connaissait pas ses relations avec les autres élèves. Ernest était une personne particulière et un modèle pour beaucoup d'entre nous. On pouvait se plaindre de sa mutation, du fait qu'elle pouvait nous mettre en marge, mais Ernest affrontait cela dès le premier regard. Et même parmi les autres mutants, il pouvait être mal considéré. Comment pouvait-on se plaindre de migraines quand on a quelqu'un enfermé dans un corps de demi-rongeur ?

La reine blanche rouvrit les yeux uniquement en entendant les paroles d'Ernest. Elle sursauta d'abord, réalisant que quelqu'un d'autre était là, puis fut rassurée de na pas être seule dans cette situation. Les mots d'Ernest étaient juste. Ce n'était pas ceux qu'elle aurait choisis, mais ils étaient pertinents et résonnaient probablement dans le coeur de Rachel. C'était ce genre de mots qui manquaient à Emma. Elle arrivait avec ses pouvoirs, ses grands airs, son autorité et son grand coeur, mais elle ne connaissait pas assez Rachel pour arriver à la toucher au plus profond de son âme. C'était ce genre de choses qui pouvait briser les défenses de Rachel, car elle le comprenait à présent, elle ne pourrait pas la sauver contre son gré, ou du moins, entièrement contre son gré. Si elle pouvait franchir ses barrières, elle pouvait forcer Rachel à se sauver elle-même. Les draps qui pansaient ses plaies venait de prendre feu, comme pour appuyer les propos d'Emma.

*Pourquoi… Pourquoi … pourquoi vous me laissez pas mourir ? A l’époque… j’étais votre seul espoir… j’ai échoué… laissez-moi partir… s’il vous plait… Je veux pas… je veux pas qu’ils me jugent… je veux pas qu’ils… J’ai échouée… j’ai échouée avant même… ici… Je veux plus avoir peur… je veux plus avoir mal… je veux la paix… je veux... oublier... laissez-moi partir… par pitié…*

Emma était choquée par les propos de Rachel. Comment une si jeune fille pouvait-elle se faire ronger par une telle culpabilité ? Pourquoi ne voyait-elle sa vie que comme un échec alors que sa vie était justement devant elle. Du moins, Emma se refusait d'émettre une hypothèse différente.

Non Rachel, c'est faux, tu ne peux pas porter la responsabilité de tous ceux qui t'entourent. Tu as le droit de ne pas être à la hauteur, et tes amis seront là pour te soutenir. Ils t'aiment Rachel, ils ont besoin de toi, pas pour que tu les sauves, pas pour que tu les protèges, mais pour que tu leur rendes leur amour.

Emma était persuadée par ses propres propos, mais elle doutait de sa capacité à les transmettre dans toute leur vérité à Rachel. Elle aurait voulu avoir le pouvoir de toucher Rachel plus profondément. Elle regarda Ernest avec un fond de désespoir dans les yeux. Elle, la grande stratège, ne trouvait pas le moyen de résoudre un problème dont les enjeux étaient plus grands qu'une simple partie d'échec. Elle cherchait, faisait tourner son cerveau aussi vite qu'elle le pouvait. Pendant quelques secondes elle regretta de ne pas avoir la vitesse de traitement de l'information d'Amy.

Son regard semblait soupirer : Ernest, aide-moi, donne-moi une idée. Mais rien ne lui venait. Rien à part abattre cet épais mur entre elle et Rachel. Il lui fallait un moyen de contourner le problème. Cette fois-ci pas de mur à défoncer. Réfléchis Emma, réfléchis. Comment tu ferais aux échecs. Si la reine adverse vient bloquer votre reine, que faire ? Quelles autres pièces avait-elle à sa disposition ? Elle devait bien avoir une autre corde à son arc. Elle scrutait toujours Ernest.

Quelle idiote ! Elle n'avait pas d'autres pièces, mais elle n'était pas la seule "joueuse" sur le plateau. Elle tendit lentement la main vers Ernest, affichant toujours une expression affligée :

Ernest, est-ce que tu veux bien m'accompagner ? Je ne suis pas assez forte...

Elle tourna la tête vers le visage étrangement apaisée de la jeune fille, laissant tomber une mèche de cheveux qui vint lui cacher le visage.

... pour elle.
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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Mer 30 Jan - 23:20

*J’ai échouée… j’ai échouée avant même… ici… Je veux plus avoir peur… je veux plus avoir mal… je veux la paix… je veux... oublier... laissez-moi partir… par pitié…*

*Non Rachel, c'est faux, tu ne peux pas porter la responsabilité de tous ceux qui t'entourent. Tu as le droit de ne pas être à la hauteur, et tes amis seront là pour te soutenir. Ils t'aiment Rachel, ils ont besoin de toi, pas pour que tu les sauves, pas pour que tu les protèges, mais pour que tu leur rendes leur amour.*


Leur rendre leur amour… Elle ne l’avait jamais fait. Jamais…

***

Rachel avait froid, elle avait très froid ; elle avait toujours eut froid, mais pas autant. Il faisait plus froid ici que dans sa cellule, et même si les autres disaient qu’elle finirait par s’habituer, elle n’y arrivait pas. L’obscurité ne l’atteignait plus, la faim ne l’atteignait plus, mais le froid…

Elle était recroquevillée sur elle-même, dans un coin sombre d’une pièce où la seule lumière, blanche et aveuglante, provenait de la porte d’entrée, quelques mètres plus loin. Tremblante et dos au mur, la rousse se frottait le torse aussi fort qu’elle pouvait ; se frotter le torse permettait de se réchauffer, qu’on lui avait dit. Alors elle le faisait. Mais cela n’aidait que peu : elle avait toujours froid.

Une silhouette arriva sur le pas de la porte, projetant son ombre avant de s’approcher d’elle pour la prendre dans ses bras ; cheveux blonds, yeux bleus, et cette chaleur qu’elle aimait tant. A peine l’eut-il enlacé qu’elle en faisait de même, réfugiant son visage dans le creux de l’épaule de l’homme, qui lui disait, qui lui répétait, que tout allait bien aller. Non, tout n’allait pas bien aller ; elle n’y arrivait plus, elle n’avait plus personne à haïr, elle n’avait plus de raison de survivre, de ce battre, de souffrir. Et elle ne voulait plus le faire, c’était trop dur.

- On… on n’a pas changé le monde… On n’a pas sauvé les autres… vous êtes juste… tous morts… je veux pas… je veux pas… On pourra pas ce marier comme on s’était promit, on pourra pas changer le monde comme on s’était promis… vivre heureux… vivre ensemble… vivre en paix… jamais… Tout est de ma faute… Pardon, pardon… j’ai échouée…

Elle l’avait aimé, elle l’aimait encore ; elle l’avait vu mourir, il avait rendu son dernier souffle pour elle, comme tous les autres, mais il avait rendu son dernier souffle dans ses bras. Il aurait put s’appeler Espoir, il aurait put s’appeler Rêve, il s’appelait Franklin ; son amour, son mari… Main dans sa main, ses bras autour d’elle, elle n’était pas heureuse, mais elle n’était plus tristes, elle n’avait plus froid ni ne haïssait plus personne, ce qui au final, ce rapprochait du bonheur. Il était le seul à parvenir à la faire sourire, à la faire se sentir humaine ; plus de monstruosité, plus de bestialité, juste une humanité fragile.

- Viens avec moi, déclara-t-il avec un sourire, se relevant sans lui lâcher la main, pour l’aider à son tour.

Rachel se laissa faire, comme elle l’avait toujours fait avec lui depuis qu’il avait franchit les barrières de son cœur, depuis qu’elle était ici, depuis qu’elle l’aimait. Ils franchirent le seuil, ensemble, et elle eut de nouveau froid.

Ils arrivèrent au beau milieu d’une plaine enneigée, dans laquelle se trouvaient des bâtisses en bois d’une qualité médiocre, et au-delà de véritables rempart, uniquement surpassés par le ciel et des gardiens silencieux et métalliques. De nombreux souffles faisaient buée, celui d’hommes et de femmes, la plupart des ombres, silhouettes indistinctes dont la mémoire de la jeune femme avait hottée toute identité. Mais parmi elles, on pouvait en reconnaitre plusieurs. Franklin à ses côtés, Rachel les regarda tour à tour, les larmes coulantes silencieusement sur ses joues.

Le premier à s’avancer était un homme donc l’âge n’avait pas entamé la constitution, et qui avait été sa Némésis les premier temps, prenant sur lui d’être le déversoir de sa rage et sa culpabilité pour qu’elle tente de s’en remettre ; Max Eisenhardt, autrefois nommé Magnéto. Figure paternelle, bienveillante, aussi tourmentée qu’elle par son passé et dont les rêves brisés et les espoirs morts n’avaient empêchés de continuer la lutte ; un model, tant des erreurs à ne pas commettre que de comment se remettre. Il ne s’était jamais remit, et avait donné sa vie pour les jeunes gens qu’il avait côtoyé ici.

Puis vint Katherine Pryde, ici quarantenaire, la mentor et l’amie ; elles avaient affrontés les démons de la Terre et de l’Espace ensemble, elles s’étaient battues jusqu’au bout pour tenter d’accomplir leur rêve. Kate était la nouvelle chef des X-Men, ou de ce qu’il en restait : un petit groupe de résistants n’ayant plus besoin de nom et n’ayant pour objectif qu’un rêve brisé, quelqu’en soient les moyens. Shadowcat avait demandé à Rachel de l’envoyer dans le passé pour tenter de changer les choses, c’était cela l’élément déclencheur de la fin de tout ceci. Elle avait réussit, mais rien n’avait changé, à part la colère des Humains et l’extermination du champ ; du camp et de ceux que Rachel aimait.

Parmi les ombres, il n’y avait ni Jubilee ni Hank, ni Cyclope ni le Professeur X, mais une Emma Frost vieillit d’une quinzaine d’année. Certaines ombres commençaient déjà à se détourner, à se disperser, Rachel essayant de les retenir de la main.

- Je… je suis désolée… vous aviez foi en moi, et j’ai échoué. J’ai pas changé le passé, j’ai pas changé le monde, et vous êtes tous morts… morts pour moi… J’ai pas put vous protéger, j’ai pas put vous sauvez… S’il vous plait, laissez-moi vous rejoindre, laissez-moi vous retrouver. C’est trop dur ; c’est trop dur sans vous, sans ennemis, sans personne à aimer, ou à haïr. J’ai essayé, je veux plus essayer, je veux juste… Vous me manquez tant…

Elle suppliait, à travers les larmes, elle suppliait à nouveau, perdue dans quelque méandre de son esprit à voir une scène qui n’avait jamais existée.

- Ne te reste-t-il donc personne à aimer ? Et que fais-tu des personnes qui t'aiment ? lui demanda Franklin avec une voix triste, lui indiquant de la tête de se retourner.

Et Rachel se retourna, dans la crainte de qui se tiendrait derrière elle, dans ce décor de son passé caché au fin fond de son esprit. Qui pour venir la chercher jusqu’ici ? Qui pour tenir suffisamment à elle, non pas comme personne à sauver, mais en tant que Rachel ?

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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Jeu 31 Jan - 9:02

HRP : vraiment désolé pour le retard.

Tant de désespoir... Et si peu de temps... Ernest était prêt à faire tout ce qui était en son pouvoir, mais le voilà ébranlé, presque désarmé. Que dire, que faire ? Maintenant, il doutait. Maintenant, il envisageait l’effroyable échec. Le pire, ce fut quand il tourna la tête vers la directrice adjointe et qu’il lut dans son regard, non pas l’assurance qu’il y cherchait, mais les mêmes doutes. Terrible confirmation du critique de la situation. Elle avait essayé, en vain. Il avait essayé, en vain.

Là où résidait encore un semblant d’espoir, c’était que tous deux n’avaient pas encore uni leurs efforts. Madame Frost lui tendit la main. Il la prit et murmura, avec une conviction certaine :


« Pour elle. »

Les pouvoirs de l’esprit, Altérion commençait à y être habitué. Entendre des voix dans sa tête ne le surprenait plus. Avoir des visions, non plus. Ceci-dit, jamais encore il n’était ainsi entré dans la tête de Phénix. L’heure n’était pas à l’appréhension, d’autant plus qu’il avait une guide émérite : Emma.

Le voilà dans la neige, dans le froid. Plus loin, sinistre silhouette battu par le vent funeste, c’était le camp. Il l’avait déjà vu. Forcément, il ne pouvait que s’en souvenir. La mort de Franklin... Et ce même Franklin, version adulte du garçon croisé dans la réalité, se tenait aux côtés de Rachel. Face à elle, des ombres, des spectres. Et lui, Ernest, dans cette autre réalité, était-il devenu X-Men ? Et si non, quel avait été son destin ? Pour la première fois, il éprouva le besoin de le savoir, même si ce n’était pas sans appréhension. Sa peur, ce n’était pas de découvrir qu’il faisait partie des victimes de son amie. Non, sa peur, c’était d’être resté Crapule.

Rachel se retourna et dès lors, le petit mutant ne pensa qu’à elle. Il était là pour elle, pour elle et pour lui, car il avait besoin d’elle. Il posa sur son visage son rouge regard. Restant là où il était, il prit la parole, tant d’émotion dans la voix. Ici, ça aurait été un crime que de se cacher derrière sa froideur. Au contraire, dans toute cette neige, dans tout ce cauchemar, il fallait de la chaleur.


« J’ai donné ma parole. J’ai dit que je ne t’abandonnerai pas. Mais ce n’est pas qu’une histoire de loyauté. On est si différent et pourtant, si semblable. Toi, tu peux me comprendre. A toi, je peux tout dire. Peut-être ne t’en rends-tu pas compte, mais tu m’as tellement donné. Tu m’as donné de l’espoir. Je ne veux pas te perdre ! Assez de vide dans ma vie, reviens s’il te plaît ! »
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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Jeu 31 Jan - 19:05

A peine le contact du bout des doigts avec Ernest fut-il établi qu'Emma sentit l'accès à son esprit. Elle dirigea immédiatement le flux vers son autre main, envoyant son esprit directement dans celui de Rachel. La jeune fille faiblissait à vu d'oeil, tant et si bien que sa barrière ne pouvait plus contrer la force de deux esprits. Emma y vu à la fois un espoir, parce qu'elle pouvait accéder à Rachel, mais aussi une peur, parce qu'ils n'auraient peut-être plus assez de temps pour la raisonner.

Le corps de l'homme-rat se relâcha et Emma tenta tant bien que mal de la rattraper pour qu'il ne se heurte pas au sol. Elle amortît sa chute et le laissa allongé comme s'il dormait paisiblement. Mais elle n'était pas dupe, là où il était, il était probablement bien plus en danger que dans ce monde. Cette pensée lui rappela ses anciens élèves, les Hellions, qui s'étaient sacrifiés pour sauver leurs camarades. Elle était touchée par ce sacrifice, et même si à l'époque elle s'en était rendu directement responsable, elle comprenait aujourd'hui que c'était aussi leur choix à eux. A nouveau, elle avait exposé Ernest à un danger, mais c'était aussi son choix à lui. Et c'est précisément ce choix qui la touchait.

Elle regarda la porte de la chambre. Si Ernest avait appris pour Rachel, peut-être d'autres allaient aussi arriver. D'un autre côté, elle ne pouvait pas vraiment laisser Ernest seul dans l'esprit d'une autre télépathe. Elle hésita, regardant à tour de rôle la porte et le visage de Rachel, sa main toujours posée sur le front de plus en plus pâle de la jeune fille. Elle devait se décider.

Et pourquoi choisir ? Elle laissa sa main offerte en direction de la porte, puis se laissa entrer dans l'esprit de Rachel. Si quelqu'un touchait sa main, elle pourrait le ramener aussi, enfin, si toute fois Rachel de les emprisonnait pas.

Le monde s'effaça autour d'elle dans un vertige surréaliste. Emma se retrouva dans la neige, fouettée par un froid qu'elle n'attendait pas. Comme à chaque manifestation psychique, elle portait sa tenue blanche de mission. Elle regarda autour d'elle pour trouver des repères. Il était évident que la lumière serait centrée sur la conscience de Rachel. Elle était un peu plus loin, aux côté d'un homme blond qu'elle ne reconnaissait pas. Ernest était entre Emma et eux, lui tournant le dos. Plus loin, des silhouettes étrangement familières. Emma mît quelques secondes pour les re-situer. Comme un vieux visage que l'on n'a pas vu depuis longtemps, un ancien camarade de classe, un voisin... Soi-même...

Emma marqua un temps d'arrêt devant se spectacle alors qu'elle reconnaissait peu à peu les visages de différentes connaissances. Rachel les avait connus. Emma se demanda si c'était une chose parallèle ou si c'était leur réel futur. La vision faisait froid dans le dos, ou peut-être était-ce juste le vent. Emma rabattit sa cape autour d'elle. Elle ne voulait pas intervenir parce qu'elle ne savait pas vraiment ce qu'elle aurait pu dire de mieux qu'Ernest. Mais si ça tournait mal, elle devait être capable d'intervenir vite et préféra donc rester. Elle se rapprocha d'Ernest tout en restant un peu en retrait. Elle posa sur Rachel un regard tendre et sur Ernest une main délicate.

« Tu m’as donné de l’espoir. Je ne veux pas te perdre ! Assez de vide dans ma vie, reviens s’il te plaît ! »

Emma voulait rajouter quelque chose, mais avait peur d'être de trop. Pourtant, cette situation lui rappelait la discussion qu'elle avait eue une semaine avant avec Amy. Au final, elles se ressemblaient trop pour qu'elle reste silencieuse.

Rachel, s'il-te-plait, ne laisse pas tes amis impuissants dans cette situation. Ils veulent t'aider, mais si tu leur enlèves ce droit, ils ne pourront que passer le reste de leur vie à s'en vouloir de ne pas avoir su te retenir. Ils te tendent la main parce qu'ils t'aiment et qu'ils veulent encore vivre à tes côtés. Ne les rejette pas... S'il-te-plait... C'est une grande souffrance de vivre avec le remord de ne pas avoir pu sauver une personne qu'on aime et que l'on voit partir. Et je te parle de ça parce que je le vis.

Elle espérait que ces mots pourraient toucher Rachel, c'était quelque chose de personnel qu'elle confiait et même si Amy l'avait aidée à accepter de partager ses sentiments, ça lui demandait encore quelques efforts.
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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Ven 1 Fév - 0:09

Lentement, doucement, craintivement, Rachel se retourna, son visage plissé dans une expression effrayée, les larmes coulant toujours. Elle tremblait, mais ce n’était pas de froid ; non, elle avait peur de ce qu’elle allait voir, peur des jugements qui allaient lui être porté, peur du mal qu’elle avait fait et celui qu’elle ferait encore. Peur du monde, peur d’elle-même, peur de ceux qu’elle pouvait encore aimer.

Car elle le savait pertinemment, il y avait encore des personnes qu’elle pouvait aimer, et qui pouvait l’aimer. Il fallait l’aimer ? Non : il fallait aimer. Aimer tout court.

Ernest était là, dans la neige, dans ce mirage, ce lieu qu’il avait déjà vu, peu de temps plus tard ; dans son esprit. Frost… Où était-elle ? L’avait-elle envoyé ici, seul ? Etait-elle suicidaire à ce point ? Elle pouvait l’accompagner, le protéger, mais si elle le laissait seul, il n’était qu’un esprit enfermé dans un autre esprit, à sa merci. Si elle mourrait maintenant, elle emporterait Ernest avec elle.

Et Rachel ne pouvait pas tuer Ernest, cela n’était pas possible. Disparaitre, oui, mais pas tuer ; pas emporter quelqu’un avec elle, surtout pas Ernest. Les échos de noms, portés par les vents, les échos d’une aventure écrite un siècle plus tôt et contée deux mois plus tôt. Des rires, des paroles, les vents hurlant n’apportaient plus que cela.

Frost apparut à son tour, dans sa tenue blanche, s’emmitouflant face aux vents hurlant de souvenirs, hurlant de voix : celle d’Ernest, celles des Franklin, celles des Kate Pryde, celles des Cuckoos, celle de Magnéto, celle de Cyclope, celle de Caitlyn, celle de Xavier ; il y avait tant de voix, tant de voix et des hurlements, tant de hurlements.

Mais même dans ce chaos, alors que Frost dévisageait les spectres, Ernest avança, parlant d’une voix claire, si nasillarde et désagréable pour le commun, mais qu’elle avait apprise à apprécier, rassurant et contant les mythes de la Terre du Milieu.

« J’ai donné ma parole. J’ai dit que je ne t’abandonnerai pas. Mais ce n’est pas qu’une histoire de loyauté. On est si différent et pourtant, si semblable. Toi, tu peux me comprendre. A toi, je peux tout dire. Peut-être ne t’en rends-tu pas compte, mais tu m’as tellement donné. Tu m’as donné de l’espoir. Je ne veux pas te perdre ! Assez de vide dans ma vie, reviens s’il te plaît ! »

Rachel plaqua ses mains sur ses oreilles, regardant Ernest en remuant la tête à la négative. Pas une histoire de loyauté ; pas qu’une histoire de loyauté. Elle avait été loyale, un bon petit chien de guerre, et cela l’avait damnée. Pas une histoire de loyauté, mais une histoire de compréhension, de confiance ; on lui avait fait confiance par le passé, on lui avait fait confiance et tout était parti en cendres. On lui avait fait confiance et on était mort pour elle, mais en définitive, elle avait échouée.

Elle ne s’en rendait pas compte, non ; elle ne s’en rendait pas compte, car c’était Ernest qui l’avait aidé, non l’inverse. Elle avait essayé, elle avait essayé après le départ de Néko, elle avait essayé de lui remonter le moral ; elle avait réussit. Pour combien de temps ? Ils avaient été dans un autre monde, ils avaient été sous les arbres, dans les bras l’un de l’autre, et désormais, ils étaient dans la neige, à plusieurs mètres.

Elle lui avait donné l’espoir ? L’espoir ne faisait pas vivre, il ne faisait que se sacrifier inutilement, souffrir inutilement, continuer un combat qu’on avait déjà perdu jusqu’au bout. Il ne voulait pas la perdre, car elle laisserait un vide. Il…

- J’ai plus d’espoir… Ils sauront maintenant… Regarde autour de toi ! C’est cela, mon monde ! Fantômes glacés, de gens et de lieux, de gens que j’ai tué, de gens qui sont morts pour moi ! Tu crois qu’ils pourront l’accepter ? Ils me jugeront, ils me condamneront ! Je… je… je veux pas… ça fait trop… mal… J’ai pas voulut les perdre… j’ai pas voulut qu’ils meurent pour moi… ils ont laissé un vide… un si grand vide… Je veux pas qu’ils me rejettent… je veux pas qu’ils me haïssent… je veux pas qu’ils me jugent… j’ai peur de leurs regards, j’ai peur des différences… j’ai peur du passé, j’ai peur du futur… Les jours d’un futur passé, les jours d’un passé futur… je… je peux pas… je veux les rejoindre… combler le vide…

Ses premiers mots avait été hurlés, certains d’entre eux contenaient le peu de rage qui lui restait encore, mais la plupart avaient été noyés dans les larmes, prononcés difficilement.

- Rachel, s'il-te-plait, ne laisse pas tes amis impuissants dans cette situation. Ils veulent t'aider, mais si tu leur enlèves ce droit, ils ne pourront que passer le reste de leur vie à s'en vouloir de ne pas avoir su te retenir. Ils te tendent la main parce qu'ils t'aiment et qu'ils veulent encore vivre à tes côtés. Ne les rejette pas... S'il-te-plait... C'est une grande souffrance de vivre avec le remord de ne pas avoir pu sauver une personne qu'on aime et que l'on voit partir. Et je te parle de ça parce que je le vis.

- Je sais ce que ça fait… Je sais ce que ça fait de les voir mourir, un à un ; je dispose d’un pouvoir défiant l’imagination mais j’ai dû les regarder disparaitre, sans pouvoir rien faire… Je peux pas passer ma vie comme cela… je veux pas passer ma vie comme cela… Je peux pas supporter de savoir que j’ai pas put les sauver, qu’ils se sont sacrifiés pour rien… Je peux pas les croiser dans les couloirs comme si de rien était… comme si je ne les avais pas tué… comme s’ils n’étaient pas morts pour moi… Ils sauront… Vous saurez… et vous allez me juger… meurtrière que vous m’appellerez… Ce n’est pas moi qui vous rejetterais, c’est vous… je préfère rejoindre ceux qui sont morts en croyant en moi que vivre sous les regards accusateurs de ceux qui ne me connaissent pas. Jamais je pourrais affronter vos regards… Qu’allez-vous faire de moi ? Je ne suis PAS UNE X-MEN ! Ce concept était déjà mort lorsqu’on a commencé à ne plus lutter pour un idéal, mais simplement pour la SURVIE ! J’ai vu et fait des horreurs que vous ne pourrez accepter… que je peux pas accepter… Je veux plus me battre… non, non, non… je veux plus me battre… je veux seulement la paix… je veux seulement les retrouver… On n’est pas fort pour soi… on est fort pour les autres… mais les autres… ils me rejetteront… ils me rejetteront…


Elle prit une grande inspiration, se tournant vers le ciel pour hurler de toutes ses forces :

- JE NE VEUX PLUS SURVIVRE ! JE NE VEUX PLUS DE LA DOULEUR ! JE NE VEUX PLUS DES REMORS ! JE VEUX OUBLIER ! JE VEUX ETRE OUBLIEE !

Rachel s’effondra à genoux, pleurant dans la neige, épaules et tête basses, ne regardant plus Ernest mais lui adressant ses dernières paroles.

- Ernest… je serais toujours avec toi… je serais toujours avec toi parce que j’ai une place dans ton cœur… s’il te plait, réussit là où moi j’ai échoué… laisse les autres trouver leur place… leur place en ton cœur… il y a une place pour eux… comme il y avait une place pour moi… comble le vide… t’as pas à avoir peur d’eux… ils te rejetteront pas… Je ne t’ai pas donné l’espoir, tu l’as trouvé seul ; aider les autres, devenir X-Men, c’est cela ton rêve ? Alors suis-le. Aide le monde, empêche-le de devenir comme le mien… et laisse-moi partir… tout sera plus simple… tout serra moins triste… moins douloureux… tout serra… plus facile…

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Des divinités ont fait de moi une divinité,
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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Ven 1 Fév - 8:59

Emma Frost était venue elle-aussi. Sa main, sa présence et ses paroles, tout pour soutenir Altérion. Etrange sensation que celle d’être à ses côtés pour un même but. La dame blanche, presque autant que Xavier, représentait l’Institut. Fallait-il y voir un début de concrétisation des efforts de l’ex-criminel ? Il n’y avait pas si longtemps que ça, il sentait encore la perpétuité planer au dessus de sa tête comme une épée de Damoclès.

Ernest s’approcha, bataillant contre le vent, frêle silhouette dans le désert blanc. Monde de cauchemar à la gloire des sans espoir, le mutant y restait de marbre. Tant de nuits tourmentées qu’il avait traversées, il était un écorché vif marqué au fer rouge par l’existence. Voilà bien pourquoi il ne ployait pas face à la tourmente. En cet instant, c’était son affreux passé qui le rendait légitime. Mais il lui fallait la foi en l’avenir pour trouver les mots, les gestes.

Devant Rachel, nul besoin de s’agenouiller, car debout il était juste à la bonne hauteur. Il porta sa main griffue à son menton pour lui redresser la tête. Maintenant si proche l’un de l’autre, sans blizzard pour les voiler, elle put détailler son apparence, celle qu’il avait adopté sans même le savoir. C’était la première fois que son esprit était ainsi projeté. Il portait les traits de ses remords. Le poil zébré de cicatrices, poisseux de sang et de crasse, vêtu de noir, petit soldat du chaos, plus bestial, sauvage, dément que jamais, ainsi était Crapule. Mais dans ses yeux sanglants brillait cette lueur qui, à elle seule, changeait tout.


« J’étais persuadé que mon père allait me juger, moi, son fils indigne, moi, qui a souillé le nom de la famille. J’ai trahi sa confiance, ses valeurs. Il ne pouvait en être qu’ainsi. Ce n’est que trop tard que j’ai compris à quel point je me trompais. Jusqu’au bout, il m’a cherché. Jusqu’au bout, il m’a défendu. Jusqu’au bout, il m’a aimé. Si j’avais ouvert les yeux plus tôt, peut-être ne serais-je pas tombé si bas. Peut-être serait-il encore de ce monde. »

Il marqua une pause et reprit, tant d’énergie dans la voix.

« Je te juge ? Madame Frost te juge ? La seule personne qui te juge, c’est toi-même. Je ne sais pas de quoi est fait l’avenir, il n’est pas encore écrit. Ce que je sais, c’est que tu y as ta place. Ce que je sais, c’est qu’avec toi, je me sens bien. Je ne crois pas à la fatalité. Les drames, on peut leur dire merde ! »


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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Ven 1 Fév - 18:32

Emma réfréna un frisson en entendant les cris de Rachel. Dans cet univers onirique où tout pouvait être métaphorique, sa voix prenait une telle puissante qu'elle semblait fouetter autant que le vent glacial qui les enveloppait. Elle comprenait bien ce que la jeune fille pouvait ressentir, mais elle voulait la convaincre de ne pas abandonner. Pour être honnête, c'était aussi en partie elle-même qu'elle cherchait à rassurer. Elle avait forcément fait le bon choix en allant de l'avant, elle ne pouvait pas se soulager en laissant tout disparaître avec la fin de sa propre existence.

Le froid lui cinglait les joues et à mesure que Rachel parlait, elle réalisait ce qui allait se passer. Ils avaient perdu. Rachel cesserait d'être dans quelques secondes et tout cet univers allait s'effondrer avec elle. Ses pensées se tournaient à présent vers Ernest. L'homme-rat était là, rien ne prouvait qu'il pourrait survivre à la disparition de ce monde. Elle devait se préparer à l'extraire le plus rapidement possible. En l'écoutant, Emma voyait une autre facette de lui. Il avait une très belle façon d'expliquer ce qui n'avait pas été par le passé et cette intelligence à l'observer d'une part et à se remettre en question d'autre part étaient admirable. La directrice adjointe le regardait différemment, comme une personne qui avait appris de son passé, qui avait réussi à s'en extraire. Il méritait beaucoup de respect pour ça.

Plus que tout, ses mots étaient juste. Il devenait évident pour Emma qu'elle ne pouvait pas dire mieux. Gardant la main sur l'épaule d'Ernest, elle se contenta d’acquiescer :

Il a tellement raison, Rachel, l'histoire s'écrit en ce moment même.

Elle avait l'espoir que Rachel entendrait raison, mais elle savait que l'éventualité contraire était possible, aussi, elle se tint prête. Prête à resserrer son étreinte sur Ernest et à l'expulser de ce cauchemar dès la première marque de danger. En tant que télépathe, elle pouvait s'arranger pour sortir au dernier moment, mais elle ne pouvait pas risquer de perdre deux étudiants d'un coup. Elle se serait pas capable de s'en remettre.
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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Ven 1 Fév - 20:29

Tête et regard baissé, elle continuait de pleurer, regardant ses larmes couler et tomber, tomber depuis son menton jusqu’à la neige pour y laisser leur emprunte ; leur emprunte… Le monde avait laissé son emprunte sur elle, mais elle avait laissé son emprunte sur nombre de gens également, en bien ou en mal. Ces empruntes étaient indélébiles, comme les cicatrices des limiers sur son corps ; on pouvait les cacher, ce les cacher à soit comme aux autres, mais elles n’en restaient pas moins là. Elles faisaient parti d’un tout, elles appartenaient à quelque chose. Comme elle.

Des pas s’enfonçant dans la neige, alors qu’on s’approchait d’elle, et les rivières de ses larmes faisant un détour par un nouveau lit alors qu’on lui soutenait le menton pour lui remonter le visage. Ce contact, il n’avait que peu de choses d’humain ; des griffes, une fragilité, une habileté, une sensation rêche… Il n’avait que peu de choses d’humain, il était tellement plus. Relevant son visage marqué des cicatrices des limiers, elle le regarda, ne prononçant plus un mot, lèvres tremblantes.

Il était si différent, ici, dans un de ces états ; blessé, ensanglanté, sale, bestial, mais dans ses yeux, dans ces yeux elle retrouvait cela qu’elle avait connu. Les yeux étaient les fenêtres de l’âme, lui avait dit Amy il y a longtemps ; les yeux d’Ernest ne représentaient ni la méchanceté des actes qu’il avait put commettre, ni la cruauté. Ils étaient tristes, ils avaient peur, et ce pour la simple raison qu’elle avait bien plus marqué Ernest Lenoir que les cicatrices qui pouvaient orner son corps.

« J’étais persuadé que mon père allait me juger, moi, son fils indigne, moi, qui a souillé le nom de la famille. J’ai trahi sa confiance, ses valeurs. Il ne pouvait en être qu’ainsi. Ce n’est que trop tard que j’ai compris à quel point je me trompais. Jusqu’au bout, il m’a cherché. Jusqu’au bout, il m’a défendu. Jusqu’au bout, il m’a aimé. Si j’avais ouvert les yeux plus tôt, peut-être ne serais-je pas tombé si bas. Peut-être serait-il encore de ce monde. Je te juge ? Madame Frost te juge ? La seule personne qui te juge, c’est toi-même. Je ne sais pas de quoi est fait l’avenir, il n’est pas encore écrit. Ce que je sais, c’est que tu y as ta place. Ce que je sais, c’est qu’avec toi, je me sens bien. Je ne crois pas à la fatalité. Les drames, on peut leur dire merde ! »

Il a tellement raison, Rachel, l'histoire s'écrit en ce moment même,
intervint Emma Frost, posant à nouveau sa main sur Ernest.

Mesure de sécurité.

Rachel les regarda tour à tour, leurs yeux, puis baissant à nouveau le regard sur la neige, elle la vit maculée de sang ; de son sang. Une nouvelle emprunte sur le monde, celle qu’elle voulait la dernière.

- Je… je… j’ai tué… mon p…père… J’ai tué… m…mes amis… et ceux qui m’ont survécu… je les ai vu mourir… je le sais… Vivre… c’est affronter leurs regards… leurs jugements… tu me juge pas… non… tu me juge pas… qu’a fait Xavier, qu’a fait Caitlyn, qu’a fait Jubilee ? Que feront les X-Men ? Je suis pas une personne à… à sauver… je suis… je suis ce qu’ils ont juré de combattre… je les ai assassiné, j’ai assassiné des mutants, j’ai chassé, traqué, tué… Le temps ? Que savez-vous sur le temps ? Vos visions sont faussées ; le temps n’est pas écrit, pas plus qu’il n’est linéaire… ce n’est pas parce que vous ne les voyez pas qu’elles ne sont pas là… Elles sont là, hors de portée de vos regards… Ce n’est pas parce qu’elles sont invisibles qu’elles ne sont pas là… C’est arrivé, pas sur votre monde, mais sur le mien ; cela ne change rien pour vous, et tout pour moi… J’arrive pas à m’adapter, seul l’anonymat me protégeait… Xavier l’a détruit… Ils vont savoir… ils vont savoir pour Rachel Anne Summers… ils vont savoir pour moi… et ils me rejetteront… Je…

- Rachel, pourquoi voulait-on changer le monde ?


Restant agenouillée, bras pendant se vidant peu à peu de leur contenu carmin, Phénix retourna la tête vers Franklin, qui vint à son côté s’accroupir, ne regardant qu’elle.

- On… on voulait changer le monde… pour qu’il n’y ait plus de chasses… plus de massacres… plus de camps de la mort… plus de Sentinelles… plus de Limiers… plus de…

- On voulait changer le monde pour pouvoir être heureux, Rachel. Pour que tu sois heureuse, toi aussi. Nous sommes morts pour cela, mais toi, tu peux être heureuse. Tu peux être heureuse pour nous. Nous ne sommes pas morts en vain, pas si tu réussis à trouver le bonheur.

- J’y arrive pas… c’est trop dur… je veux plus lutter… je veux plus survivre… je veux vous retrouver…

- Mais nous sommes là, dans ton cœur ; tu l’as dit toi-même, nous sommes là car nous avons une place dans ton cœur… Tu ne veux plus survivre ? Alors vis. Vis Rachel. Nous avons tous eut une vie avant les Limiers, toi pas. Ceci est ta seconde chance, ne la gâche pas.

- Ce… c’est trop tard… ils… ils vont savoir… ils vont me chasser… ils vont me haïr… ils…

- Ils sont venus te chercher jusqu’ici. Ceux qui t’aiment comme ceux qui ignorent tout de toi, Rachel. Laisse-leur une chance. Ils te jugeront ? Oui. Mais feront-ils l’erreur que tu as faite ? Pourquoi penser qu’ils te rejetteront ? Ernest a raison : il n’y a que toi pour te voir coupable, là où tu es victime. Vis ta vie, Rachel ; et si tu ne la vis pas pour toi, vis-la pour tous ceux qui t’aiment, ou qui t’ont aimé.


Son emprunte avait été, et était encore, indélébile. Elle comprenait à présent ; le seul meurtre dont elle serait responsable, à leurs yeux, c’était son suicide. Elle ne voulait pas faire souffrir Ernest, et si elle devait souffrir pour lui épargner cette souffrance, cela ne valait-il pas le coup ? Ils étaient tous morts pour elle, elle n’avait pas le droit de mourir pour elle aussi, elle allait devoir vivre pour les autres.

Rachel se tourna vers Ernest, vers Frost, les regardant tour à tour, le connu et l’inconnue, l’ami et l’étrangère, ces deux personnes qui à elles seules résumaient et représentaient un monde, tout en étant distingué de celui-ci en tant qu’Ernest et Emma.

- Vivre ne sera pas mon châtiment… vivre sera ma rédemption… vous serez ma rédemption… C’est le seul espoir qu’il me reste, murmura-t-elle lentement. Merci… merci Nesty… merci de me l’avoir fait comprendre… Merci ‘mma, de l’avoir guidé jusqu’ici. Je ne vous abandonnerai pas… je t’abandonnerai pas Ernest, promis. Repartez, maintenant… je dois dire au-revoir aux fantômes de mon monde… avant de revenir vers le votre…

Se levant, elle se retourna vers Franklin qui était déjà parti rejoindre les Spectres, et entreprit de le suivre, laissant à la vu des vivants le tatouage qu’elle avait dans le dos ; le Phénix des Shi’ar.

La construction mentale commençait à s’effondrer, son utilité touchant à sa fin ; Rachel ne risquait rien, ici, tant que son corps survivant, son esprit en ferait de même, mais ce n’était pas le cas des esprits étrangers, qui pourraient se retrouver enfermés ou blessés.

S’interrompant dans sa marche, elle tourna la tête, regardant Ernest et Frost de biais.

- Je suis le Phénix, et je vais renaitre de mes cendres…

RP TERMINE pour Rachel

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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Sam 2 Fév - 13:52

Ernest rouvrit les yeux. Il était au sol, de retour dans la chambre avec le placard. Un instant désorienté, il se mit sur son séant. Il avait froid, surtout aux pieds. Pieds nus dans la neige, ce n’était pas très conseillé. Il se les frictionna... chose stupide puisque la neige n’avait été que dans son esprit, ou plutôt celui de Rachel. A présent, cet instant était devenu un souvenir, un de plus, qui resterait à jamais limpide dans sa tête.

« Rachel... «

Avec Emma Frost, ils avaient gagné une bataille. Rachel n’avait pas renoncé à vivre. Il n’allait pas la perdre. Ce Franklin adulte, également, avait été décisif. Mais Altérion supposait qu’en réalité, cette personne, comme toutes les autres, n’était qu’une réminiscence de son amie, donc une partie d’elle-même. Quoi qu’il en soit, son travail à lui, élève X-Men, n’était pas achevé. Penser, il aurait le temps plus tard. A présent, il se releva, prêt à aider la directrice adjointe, prêt à suivre ses instructions. Rachel était dans un sale état, il fallait l’en sortir...


HRP : dernier post pour moi.



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MessageSujet: Re: Last Hope... {LIBRE}   Lun 4 Fév - 17:33

Emma sourit en constatant que Rachel avait renoncé à partir. Cette élève, au moins, allait être sauvée. Elle se demanda de quelle partie de sa personnalité l'homme blond était l'incarnation. Peut-être la sagesse, peut-être le désir de vivre, peut-être le devoir. Quoi qu'il en était, cela ne changeait pas que c'était cette partie de Rachel qui avait eu le dessus. Mais ce soulagement se ternît rapidement lorsqu'Emma vît le tatouage sur le dos de son élève. Un phénix... Et les mots de Rachel vinrent insister sur ce détail. Cette façon de parlait dénotait complètement avec la Rachel qui était devant eux quelques secondes auparavant. Cette assurance. Emma en eut un frisson dans le dos. Peut-être était-ce une autre facette de sa personnalité, plus froide, plus arrogante, ou peut-être était-ce autre chose...

Sentant que l'univers de Rachel allait être restructuré, Emma n'hésita pas une seule seconde et renvoya Ernest dans son corps avant de s'échapper elle aussi. Elle ouvrit les yeux, voyant à nouveau la porte d'entrée et Ernest qui se relavait. Elle avait toujours l'autre main posée sur la tempe de Rachel. Elle hésita à utiliser ses capacités pour engager la guérison de la jeune fille, puis se ravisa, d'une part parce qu'elle pouvait entendre les secours arriver dans le couloir, mais aussi parce que de ce qu'elle savait de Rachel, elle était tout à fait capable d'appliquer des soins elle-même, certainement aussi bien que l'aurait fait Emma.

La directrice adjointe envoya rapidement un petit regard complice à Ernest. Seuls eux trois savaient ce qu'il venait de se passer. L'association de la Reine Blanche et d'Altérion était bien insolite, mais elle avait porté ses fruits. Elle esquissa un petit sourire, puis reprit son masque d'arrogance et de suffisance, alors que les secours arrivaient.

Prévenez-moi quand elle se réveillera, j'aimerais lui parler.

Puis elle quitta sa chambre. Sûr que son partenaire d'échec allait considérer cela comme un forfait. Peu importe, elle saurait prendre sa revanche.

RP terminé pour Emma
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