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MessageSujet: Back to business   Jeu 24 Mai - 11:18

Posant le pied hors de l’avion, Chris sourit à la vue des quelques journalistes de la presse à scandale venus le photographier à son retour sur le sol américain. Quatre mois de vacances intempestives, voilà qui en avait fait jaser plus d’un, lorsqu’il avait brusquement décidé de changer d’air, sans préavis, sans tenir compte des échéances à venir, laissant tout entre les mains de collaborateurs expérimentés dont il s’était néanmoins assuré la fidélité par divers moyens, exploitant les faiblesses habituelles des hommes habitués aux salaires à cinq zéros. Changer d’air pendant une durée aussi étendue, d’aucuns diront que c’était peu avisé. Pour le patron de WitCom, en revanche, son absence n’avait pas eu de répercussions véritables sur le fonctionnement de son empire commercial, le jeune homme y avait veillé, laissant son conseil d’administration gérer le quotidien, mais restant disponible en cas de décision importante à prendre.

C’était d’ailleurs dans ce genre de situation qu’il avait accepté l’idée émise par le numéro deux de son organigramme, une incursion dans le domaine énergétique, d’une manière intéressante : allier le rentable -autrement dit le nucléaire-, au populaire, soit l’énergie renouvelable. Le premier assurant des bénéfices dégagés très rapidement, grâce à la reprise d’une société de portefeuille canadienne solidement installée dans la province de New Brunswick : NB Power. Ce rachat de parts, quoique coûteux, avait néanmoins été possible grâce au scandale d’ententes entre cette dernière et Hydro-Québec, ayant rendu leur fusion impossible aux yeux de la communauté sans entraîner des vagues de contestation, et affaiblir leurs positions respectives. NB Power, outre l’avantage d’être située relativement proche de New York au niveau de ses infrastructures, possédait également l’attrayant atout de gérer des centrales énergétiques comptant déjà sur la diversité des processus, que ce soit au fioul, au charbon, un réacteur nucléaire ou –force indéniable- de l’hydro-électrique. S’étant assuré pour l’occasion le concours d’autres membres du Hellfire Club afin de faciliter ce rachat, la WitCom avait ainsi quelques semaines auparavant présenté à la presse leur nouvelle filiale : WitGie, fusion du géant local NB Power et d’un petit laboratoire de recherches en énergie verte dont le nom ne fut pas retenu. Quant à savoir pourquoi il avait été décidé d’investir au Canada et non dans une société américaine ? C’était évidemment pour une question de coûts, la société cherchant un repreneur depuis quelques temps, alors que la consommation en électricité par habitant dans ce pays étant une des plus élevées au monde. Bref, si l’investissement avait été conséquent, la rentabilité était d’or et déjà établie sur le moyen terme, ce qui ouvrait des perspectives d’avenir particulièrement intéressantes.

Dans l’ensemble, sinon, ces quatre mois passés à Ibiza avait été exactement ce qu’on pourrait imaginer : fêtes à foison, excès successifs, rares accalmies avant un retour dans ce cercle infernal au sein duquel seuls les plus riches peuvent se laisser entraîner sans heurts, certaines soirées privées ne déméritant pas et ayant presque le potentiel de tenir la comparaison face aux festivités organisées par le Club. Il y avait cependant eu un incident lors d’une fête à bord d’un immense yacht, croisant autour de l’île. Une jeune et charmante passagère clandestine, invitée surprise de la soirée, ayant réussi à s’introduire avec succès sur le navire avant son appareillage, l’avait vu. Oh, certes, au cours de la soirée, cela n’avait rien d’étonnant, puisque tout le monde se croisait à un moment où un autre des festivités, l’esprit plus ou moins embrumé par l’alcool ou autres substances plus ou moins légales. Mais elle l’avait vu changer. Enervé pour une raison qu’il avait maintenant oubliée, il était monté prendre l’air à la poupe, dans un coin qu’il croyait suffisamment isolé pour laisser libre cours à sa colère. Et il avait brusquement pris cette force d’essaim qui le dégoutait et fascinait à la fois, comme cela lui arrivait encore parfois s’il ne se maîtrisait plus, les effluves œnoliques ayant il est vrai contribué à cette perte de contrôle. Et le mouvement bref qu’il avait perçu alors avait tout autant suscité son ire que sa peur. Quelqu’un l’avait vu ainsi. Heureusement pour lui, à cette heure-ci, la fête battait son plein à l’intérieur, les rares personnes restant sur le pont préférant nettement la proue, réalisant de temps à autre un remake de la célébrissime scène de Titanic.

La jeune intruse était restée médusée, bouche bée devant ce qu’elle venait de voir, et sans doute également ralentie par tout ce qu’elle avait ingéré au cours de la soirée. Chris, pour sa part, n’hésita pas une seconde à s’assurer de son silence par le plus radical des moyens. Fondant sur elle d’un seul mouvement, l’essaim au complet s’était attaqué à celle qui n’avait commis d’autre erreur que se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, les guêpes se faufilant un chemin par son nez, sa bouche, ses oreilles… évitant ainsi toute possibilité de cri, pour la dévorer de l’intérieur. En l’espace de quelques minutes, alors que quelques guêpes jouaient les sentinelles une fois repues afin de repérer toute approche, le reste de la nuée finit proprement son repas, ne laissant que des os d’une propreté impressionnante reposant au sein de vêtements désormais bien trop grands. Cette étape franchie, le plus dur avait été fait, n’était resté à qu’à éparpiller le tout au large, l’essaim transportant le tout dans la nuit noire et en relarguant au fur et à mesure tous les miles, toujours plus au large, avant de revenir discrètement à l’arrière du bateau, reprendre forme humaine, et se rhabiller prestement. Chris avait alors calmement repris place parmi les convives, et continué à festoyer jusqu’au petit matin sans plus se soucier de l’affaire. La malheureuse ne faisant pas partie de la liste des invités, et ne l’aillant de plus que très peu côtoyée au cours de la soirée, il n’avait aucune raison de se retrouver inquiété.

Mais évidemment, le lendemain, tandis qu’il récupérait, l’ascenseur émotionnel par lequel il était alors passé l’avait rappelé à la réalité, le temps pour l’oisiveté était révolu. Pour la forme, il avait encore assisté à deux ou trois réceptions, mais le cœur n’y était plus. Comme une overdose de distraction, la flamme de vice qui brûlait en lui avait été mouchée par ces événements, ne laissant en son être qu’une passion dévorante pour le pouvoir sous toutes ses formes. Cette flamme n’était sans aucun doute qu’atténuée temporairement, la véritable nature d’un homme ne pouvant être changée aussi profondément en si peu de temps, et il était certain que cette facette de sa personnalité referait surface d’ici quelques semaines ou mois, mais pour l’instant son sens des affaires avait été mis en exergue, désormais moins distrait par la soif de luxe. Couplé à cet attrait irrésistible pour le pouvoir qui l’animait et ses contacts au Hellfire Club, Chris était certain de faire de grandes choses dans les mois à venir. Mais il avait également conscience de devoir ronger son frein par moments, car tout travail de fond allait demander du temps et de la patience, qualité qu’il était jusqu’alors loin de posséder, ce qui lui avait déjà joué des tours par le passé.

En cela, son absence avait ainsi été une bouffée d’air frais au sein de la WitCom, le conseil d’administration avait pu planifier à son rythme de menus rachats, et conclure des accords rentables, là où Witman avait eu ces derniers temps tendance à simplement écraser les firmes et lancer OPA sur OPA –victorieuses, il est vrai, mais laissant aux nouveaux employés un goût amer dans la bouche–. A la réflexion, le jeune PDG convenait maintenant que couvrir de temps à autre sa poigne de fer d’un gant de velours pourrait avoir des vertus bénéfiques, ne serait-ce que pour l’image qu’il renvoyait.

C’est pourquoi, maintenant revenu au siège de sa société, il regardait la vue par la baie vitrée de son bureau, embrassant Manhattan du regard, partagé entre cette avidité de conquêtes économiques et sa conscience nouvelle de la nécessité de bien préparer les choses. En premier lieu, il était important qu’il aille prendre la température au sein du Club des Damnés, pour voir ce qui avait évolué. Serait alors temps de réfléchir aux répercussions à engendrer sur le marché.


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