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 Un Air de Déjà Vu [Rachel Summers & Sage]

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Charlie Reyes
Élève à l'Institut Delta
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Messages : 218
Date d'inscription : 24/08/2014
Age : 22

MessageSujet: Un Air de Déjà Vu [Rachel Summers & Sage]   Lun 17 Oct - 10:34

Salem Center NY – Samedi 8 Octobre, 00:35 EST


Tournez à droite. Puis, vous êtes arrivé.

Il avait cessé d’écouter les instructions de la voix robotique depuis une bonne dizaine de minutes, sachant pertinemment où il se trouvait. Il avait passé en ces lieux ce qui lui semblait être une portion significative de sa vie consciente. Six mois avaient passé, six très long mois, mais il n'avait rien oublié.

Il tourna le volant, tout en laissant échapper un baillement. Les presque cinq mille kilomètres qu’ils avaient avalé aussi rapidement que possible n’avaient certainement pas été de tout repos. Il avait l’impression de ne rien avoir vu d’autre que de la route vide et monotone, durant les quatre derniers jours. S’arrêtant uniquement pour manger, changer des langes ou dormir quelques heures. Il avait l’impression d’être en cavale. Ce qui était d’ailleurs en quelque sorte le cas.

A la fatigue et au stress venait s’ajouter la culpabilité qui l’avait très vite accablé avec une violence inatendue, au point qu’il avait failli faire demi-tour à la moitié du chemin. Autant dire que tout cela n’avait pas eu un effet très bénéfique sur son humeur, et que même Darwin avait compris qu’il était préférable de se tenir calme, malgré son opinion claire sur l’idée de rester immobile dans un siège pour bébé pendant plus de douze heures par jour. Heureusement pour lui, il avait su passer le plus clair de ce temps à dormir, ce que son grand frère lui enviait au plus haut point.

C’est également ce à quoi il était occupé pour le moment, tandis que Charlie commençait déjà à ralentir dans une rue bien connue, ses mains collées au volant tremblant incontrôlablement malgré le point d’ancrage. Était-ce la fatigue, l’overdose de caféïne ou l’excitation de ce qu’il allait retrouver dans seulement quelques minutes, il n’aurait pas su le dire. Ce qu’il savait, c’est que pour la première fois depuis que le soleil s’était couché, il avait cessé de lutter de toutes ses forces contre le sommeil. Il avait rêvé de ce moment trop longtemps pour penser à se reposer maintenant.

Il se garra sur le côté de la route sans regarder derrière lui, son rétroviseur central étant obstrué par deux guitares posées avec une stabilité discutable sur le tas informe que représentait la banquette arrière. Il était de toute façon très peu probable qu’à cette heure et à cet endroit, il voie passer une autre voiture.

Après avoir éteint le moteur bruyant de la vieille Polo grise, il attendit plusieurs dizaines de secondes, profitant de cet instant de calme absolu si l’on faisait abstraction de la respiration sifflante du bébé. Après cela, tout repartirait très vite, il le savait. Il devrait s’expliquer longuement, même s’il était plus que probable que la majorité de son entourage soit déjà au courant de tout. Il devrait s’enfouir dans de la paperasse, en espérant que lui-même ou un résident majeur de l’Institut puisse être reconnu comme tuteur légal du bébé qu’il avait, techniquement, kidnappé. C’était ridicule, mais la loi était la loi. Il devait s’occuper aussi, surtout, de certains aspects pratiques ; comment un enfant aussi jeune allait-il pouvoir vivre dans le domaine ? Il ne savait pas si c’était déjà arrivé, même s’il le supposait étant donné le caractère de lieu de refuge du manoir. Et enfin, il devait penser à lui-même. Allait-il pouvoir reprendre ses cours ? Il n’existait pas d’option photographie à l’Institut, mais maintenant qu’il n’était plus seul, peut-être allait-il pouvoir reprendre le cursus général. Allait-il, aussi, récupérer sa chambre ? Peut-être avait-elle été mise à disposition d’un autre locataire. Peut-être que ses affaires avaient été jetées. Peut-être même, pensa-t-il l’espace d’une seconde déjà trop longue, n’était-il plus bienvenu après la façon dont il était parti.

C’était la fatigue qui parlait, il le savait. D’une main, il tourna le rétroviseur pour y apparaitre. Comme il s’en doutait, il n’était pas beau à voir. Sa peau était encore plus pâle que d’habitude, ses yeux enflés et injectés de sang, soulignés par des cernes noires qui descendaient presque jusqu’aux pommettes. Sa machoire était pendante, son front luisant sous des cheveux plaqués par la transpiration. Son t-shirt noir, lui aussi, semblait avoir vécu, maculé de sauce du sandwich qu’il avait mangé en conduisant quelques heures plus tôt. Il avait l’air de quelqu’un qui venait de traverser le pays au volant. Ce qui tombait plutôt bien.

Passant le bras derrière lui pour attraper un ensemble de lanières rembourées qu’il attacha à son torse d’un seul geste expert, il sortit de la voiture avant d’en faire le tour. Il ouvrit la portière passager pour y soulever son frère, qui se réveilla en marmonnant doucement, et l’arnacher plus ou moins confortablement dans le porte-bébé sur sa poitrine. Il se pencha ensuite pour atteindre le porte-gobelet et la tasse contenant un fond de café froid, avant de verrouiller la voiture et de se tourner enfin vers le trottoir d’en face.

Un portail en fer forgé, marqué d’un large X noir, donnait une ouverture sur un long mur de brique qui privatisait l’énorme domaine.

La première fois qu’il était venu ici, Charlie venait de fêter son quatorzième anniversaire. Deux ans avaient passé entre temps. Deux ans qui n’auraient pas pu être déterminés, en voyant les lieux… Et pourtant tout avait changé, depuis. Sauf, peut-être, les vêtements tachés. Ainsi que la personne par qui il était presque certain d’être accueilli.

Retenant involontairement son souffle, l’adolescent traversa la route qui le séparait de cet endroit tant convoité. Il ne se permit d’expirer longuement qu’une fois que le portail accepta silencieusement leur arrivée en s’écartant pour eux, et qu’il entendit le gravier de l’allée crisser sous sa semelle. Il n’avait jamais été aussi heureux d’entendre un bruit aussi banal.

Avec un large sourire dévoilant ses dents blanches, Charles Reyes pressa le pas, impatient d’arriver en vue du vieux bâtiment. Il s’arrêta alors brusquement, pour contempler le manoir comme il ne l’avait jamais fait. Chaque brique, chaque fenêtre, chaque tuile du toit semblait être la plus belle chose qu’il n’aie jamais vue.

Serrant d’une main son reste de café, il caressa de l’autre le crâne du bébé. Lorsqu’il lui parla, il ne se rendit pas compte qu’il chuchotait.

-Bienvenu chez nous, Darwin.

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Sage
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Age : 23

MessageSujet: Re: Un Air de Déjà Vu [Rachel Summers & Sage]   Sam 26 Nov - 18:51

Samedi 8 Octobre 2016 – 00 : 35 A.M.

La chambre fait 20m², avec une fenêtre sur tout un flanc et à l’opposée d’une porte excentrée pour laisser place à une pièce mitoyenne contenant une salle de bain minimaliste avec douche, toilette et évier. Le mur commun forme un petit vestibule et ce qui fut une penderie c’est vu adjoindre un porte-bouteilles rempli de quelques alcools tandis que dans sa continuité se trouve une armoire, occupant une petite partie de la pièce principale de 9m². Centré et posé au pied de la fenêtre se trouve un grand lit à baldaquin, grignotant la quasi-totalité de la place non par sa propre taille mais son positionnement qui empêche l’ajout de meubles plus larges que l’armoire suscitée, une chaise et une petite commode en kit sur laquelle repose une lampe de chevet. Heureusement, visible depuis la chaise, des écrans se trouvent sur les divers murs de la pièce afin d’en décorer les murs, quand bien même tous sont éteints pour l’heure. La lampe l’est également jusqu’à ce qu’une discrète vibration perce le silence du lieu et qu’une main l’allume, le chapeau dirigeant la lumière sur les lunettes aux verres rouges ainsi qu’un Smartphone et le communicateur en X cerclé qui se trouvent à son pied, le dernier responsable de la perturbation.

La luminosité dérange bien plus notable que la vibration, provoquant un grognement mal réveillé et conduisant la main à replier dans les draps parés de motifs stellaires relativement enfantins, des lunes souriantes côtoyant des étoiles à cinq branches et des planètes à l’anneau unique, eux-mêmes couverts d’une longue et dense chevelure noire se mouvant au rythme croissant du corps s’agitant sous tout cela. Le visage pâle, qui s’il est toujours trop fort pour paraitre joli en est moins frappant qu’à l’habitude, émerge tant de sous son oreiller que des brumes du sommeil. Malgré ses tatouages aux coins des yeux, qui soulignent la courbe osseuse sous ses joues, la face aux nez et sourcils légèrement épais s’est déparée de son inexpression habituelle et l’étroite bouche aux lèvres asymétriques s’est légèrement écartée pour laisser échapper un bâillement. La main s’en vient le dissimuler comme le veut par politesse, faisant frotter les manches lâches laissant découvert le bras et l’avant-bras en ne s’accrochant qu’aux épaules, coudes et poignets contre le drap. Alors qu’elle se redresse, la femme dévoile le haut ample noir fait d’étoffes légères et descendant jusqu’au nombril, soit moins que la chevelure, puis le bas assorti. Une fois assise, elle se penche pour appuyer sur le communicateur qui s’ouvre et transmet la voix synthétique de Danger.

Alors que son visage reprend son masque d’impassibilité, Sage ne peut s’empêcher de troubler celui-ci d’un léger sourire. Une inspiration et il n’y parait plus, l’X-Woman se levant et se débarrassant de son pyjama sur le dossier de la chaise afin de prendre une tenue plus convenable. Sans être habituée aux réveils nocturnes, cette partie étant sensément celle de Rachel, elle a spécifiquement demandé à être réveillée à l’arrivée de son ancien protégé ; que celle-ci soit en pleine nuit n’entre pas en ligne de compte. A part pour le fait qu’elle ne soit ni maquillée ni soignée, du fait. Le débardeur, le jeans et les gants montants, tous noirs, mettent trop de temps à être trouvés et le plus long reste encore de ramener sa chevelure de ses cuisses à un épais chignon. La ceinture est passée avec ses étuis et le Smartphone comme le communicateur y trouvent refuge tandis que les Cyberlunettes sont portées devant les yeux. Ainsi apprêtée, elle s’empare de ses bottes et s’en va à la rencontre de Charles Samuel Reyes avec toute la dignité possible pour une personne s’étant couchée trois heures plus tôt.

Sortie de sa chambre, elle poursuit dans le couloir pour descendre dans le hall à l’intermédiaire du grand escalier. La double-porte d’entrée est rapidement ouverte sur quelqu’un qui a une mine bien pire qu’elle, ce qu’elle note avec neutralité. Les traces d’un périple physique et psychologique sont présentes depuis les cernes contrastant avec une pâleur inhabituelle tout en soulignant les yeux ouverts depuis trop longtemps d’un adolescent à bout jusqu’aux vêtements tout aussi collés au corps et à d’autres choses que le sont les cheveux. Ultime changement chez le jeune mutant est l’autre jeune mutant qu’il porte contre lui, n’étant guère plus propre que lui mais dans un état plus reposé. Rien n’étonne l’X-Woman, tout est constaté dans l’instant où elle le voit et ce qu’elle savait déjà de la situation la conduit à réassembler la majeure partie du puzzle. Le sourire qui survit sur les lèvres du jeune homme se transmet doucement à la femme et c’est la seule réponse, toute faible soit-elle, qu’elle lui fournie avant de s’écarter de la porte et de l’inviter à entrer. Aucun commentaire, aucune question, cela n’est pas nécessaire. Des précisions s’imposent cependant, étant faites avec le naturel neutre et monocorde.

Votre arrivée n’ayant été anticipée pour des horaires aussi tardifs, l’Institution n’a de chambre vous étant réservée. Crocheter le secrétariat pour en obtenir une étant exclu, vous dormirez dans une chambre du manoir. S’il vous disposez d’affaires pour vous changer, indiquez-moi où elles se trouvent. Une douche vous fera surement le plus grand bien.

Elle sait que beaucoup de choses sont à régler et qu’il est des affaires pour placer Charlie dans la difficulté mais il est trop tard pour cela, en termes d’horaire. Elle a quelques coups d’avance, ayant comme toujours anticipé, mais tâche de faire ce que l’adolescent n’a pas fait ces derniers temps : le ménager. Elle accorde également de l’attention au nourrisson sans chercher à faire quoi que ce soit avec ou pour, celui-ci étant très bien contre le ventre de son grand frère. Si les bébés tendaient à l’apprécier, Sage ne savait jamais véritablement quoi faire avec eux lorsque ce n’était pas aussi évident pour elle que pour le commun. Ils étaient aussi des rares personnes qu’elle craignait de manipuler du fait de leur grande fragilité, même si le dernier né Reyes avait de la ressource dans le domaine.

Attendant la décision de Charlie, elle reste aussi immobile et impassible qu’à son habitude sans pour autant le quitter du regard ; ses yeux sont peut-être cachés derrière les verres rouges mais l’inclinaison de sa tête ne saurait mentir et elle ne fait volontairement rien pour le cacher.

_________________
Sage

J’évalue, je prévois, j’agis ; mon Don, ma Malédiction.





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