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 Saisir sa chance {Clems Harke}

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Echo
X-Men Oméga
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MessageSujet: Saisir sa chance {Clems Harke}   Lun 13 Juin - 23:09

Lundi 13 Juin 2016 – 02 : 30 P.M.

L’été revenait et l’Echo en était contente, prête à profiter des températures avoisinant les 25°C et du temps dégagé. Les étudiants dans le supérieur étaient en phase de terminer leur année, pour peu que ça ne soit pas déjà le cas, tandis que les autres étaient en préparation d’examens pour la plupart ou en simple attente des vacances pour les autres ; un petit mois et l’Institution se viderait de la plupart de ses élèves, seuls restants ceux voulant rester et ceux ayant des choses à y faire pendant les deux mois de vacances. Les entrainements des Apprentis X-Men reprendraient avec intensité, compensant la population mon nombreuse à surveiller par une implication plus grande dans les activités de celle-ci. Néanmoins, la jeune femme savait qu’elle aurait, comme la plupart du temps, beaucoup de temps à occuper. Quand bien même elle était chargée de la sécurité du campus et aidait les surveillants dans leurs tâches, Rachel parvenait à le faire d’une façon particulièrement passive : son esprit percevant son environnement physique comme psychique, elle avait une construction mentale de la totalité du manoir en tête et observait ainsi les mouvements fluides de la matière et les résonnances de l’astral s’y trouvant avec la même aisance qu’elle voyait et entendait. Son temps de travail et son temps libre étaient donc confondus, en un sens, même si elle restait prête à interrompre toute activité si son devoir l’appelait.

Hors, il fallait déjà trouver lesdites activités et c’était toute une activité en soit. Le retour des beaux jours et des grosses chaleurs lui plaisait particulièrement, chose dont Rachel plaisantait en disant qu’elle n’était pas une Summers pour rien, mais il lui semblait encore un peu tôt pour lézarder sur la terrasse se trouvant à l’arrière du Manoir, directement en suite de la grande pièce vitrée qu’était le réfectoire et s’étendant sur le terrain de basket puis la piscine. En la saison à venir ça serait là une activité particulièrement prenante que de faire bronzette, son bouclier psionique lui évitant de finir en écrevisse comme la plupart des rousses s’essayant à l’exercice sans avoir la présence d’esprit de se munir de crème solaire, mais à l’heure actuellement elle en doutait encore. Ses entrainements matinaux étaient terminés et elle n’éprouvait pas l’envie d’en faire de nouveaux à l’heure de la sieste, sans plus être une habituée de celle-ci d’ailleurs, tout en ne se sentant pas l’humeur de ne pas profiter du temps en s’en allait sur son ordinateur personnel ou l’une des consoles du foyer. L’Echo se trouvait donc en pleine expectative, assise sur l’une des tables extérieures du réfectoire et vêtue simplement d’un débardeur blanc, d’un jeans, de bottines à talon compensé et d’une ceinture à sacoches qui pourraient se retrouver en une autre tenue plus adéquate dès qu’elle aurait la moindre idée de quoi faire en simultanée de sa vieille. Une main sur la tempe, doigts dans les cheveux, et le coude apposé contre la table, elle glissait petit à petit alors que son regard était perdu sur son autre main pianotant au rythme de sa réflexion sur son téléphone portable.

Mais toute concentrée à autre chose qu’elle puisse être, Rachel n’en restait pas moins vigilante. Beaucoup critiquaient le non-respect de la vie privée qu’elle pouvait avoir de par ses sens mutants mais, outre qu’elle entretenait une image plus intrusive que ce qui était réellement, elle c’était améliorée et ne pouvait de toute façon percevoir les détails avec un rayon de perception mental aussi étendu que celui qui lui permettait de surveiller la totalité du Manoir Graymalkin. Elle ne réagit pas vraiment lorsqu’un jeune élève sorti précipitamment d’une classe, une chose assez rare pour être soulignée mais qui ne l’impliquait pas pour autant. Continuant d’observer la scène comme elle observait le reste, la télépathe nota tout de même les nombreux échos astraux témoignant de pensées fortes importantes. Rachel les percevait bouger, constructions liquides et translucides composées de nombreuses couches dénuées de couleurs, tout comme elle percevait les ondes sonores et les échos mentaux qu’ils dégageaient sans rien entendre de ce qui ce disait. Mais le plus problématique fut qu’une fois accolé à un mur, l’élève sorti un objet petit et plat avant de se le passer contre la peau, la rompant et laissant du contenu de son corps s’échapper ; pour le coup, l’X-Woman s’immobilisa et tourna le regard en direction de la grande bâtisse de briques rouges.

Danger n’eut pas le temps de l’avertir sur son beeper que déjà l’Echo traversait le réfectoire à marche forcée, négociant agilement un environnement qu’elle connaissait parfaitement afin d’avancer au plus rapidement, s’en arrivant à remonter l’un des couloirs du rez-de-chaussée longeant les flancs du Manoir et donnant sur les salles administratives et, pour celui nord-est qu’elle empruntait, la salle des professeurs. Le centre de sa perception mentale se déplaçait en même temps qu’elle et Rachel continuait de se concentrer sur la situation problématique, observant l’arrivée d’un autre élève et la mauvaise réaction que cela entraina. Les échos astraux continuaient de se manifester en grand nombre et la télépathe abaissa ses blocages mentaux, les voix des autres commençant à raisonner autour d’elle pour lui transmettre leurs pensées les plus imprégnées émotionnellement. S’il y avait du monde et qu’il était impossible de distinguer la véritable provenance d’une de ces voix, Rachel n’était pas stupide et savait ce qu’elle cherchait : la colère, la douleur et la peur. Et il y en avait, même si elle n’aurait pu jurer que c’étaient celles qu’elle cherchait.

La situation continua de se tendre alors qu’un gaz s’échappa de l’élève problématique, s’élevant pour l’entourer un peu plus à chaque seconde  avait que son créateur ne cherche à se blesser à nouveau. Les pieds de Rachel s’élevèrent à quelques centimètres du sol alors qu’elle lévitait pour remonter plus rapidement encore le couloir et en arriver aux mandibules contenant les salles de classe, où se déroulait l’agression. Car il s’agissait bien d’une agression, non entre deux élèves mais par réflexe défensif de l’un d’eux et le gaz infiltrait virulemment l’autre. Tout ne dura qu’un instant et l’X-Woman arriva après celui-ci, découvrant la scène de ses yeux alors même qu’elle la connaissait déjà parfaitement.

Ses pieds se posèrent dans un claquement de talon et son esprit rétrécit sa perception afin de pouvoir percevoir plus précisément l’intérieur des corps des deux jeunes élèves, dont la fille lui était inconnue. Rachel croyait se rappeler d’une arrivée pour l’année suivante d’une jeune fille jusque-là en foyer mais, comme on ne l’avait pas chargée de la visite, elle n’en savait guère plus et n’avait pas le temps d’y réfléchir. Se rapprochant des deux jeunes gens alors même que l’inconnue aidait l’autre à se relever, la jeune femme rejoignit le mouvement pour porter une main au dos et l’autre au torse du second afin de l’accompagner pour qu’il trouve appui contre le mur à son tour. Le regardant dans les yeux, elle y vit la paralysie causée par le choc s’effacer sous l’éveil et le bien-être tout autant qu’elle percevait les molécules étrangement familières se répandre à partir du système sanguin et à être absorbé par les organes. S’accroupissant pour lui faire face, la jeune femme resta parfaitement calme et maintenue sa main contre le torse de l’adolescent. Sa voix forte au parlé rapide et accentué d’américain.

Ça va aller.

Rachel avait déjà observée la drogue qui circulait, même si en très faible quantité, dans le corps de l’élève ; le nom officiel était Speed X. Comment ou pourquoi, cela ne lui importait pas. L’adolescent allait avoir un contrôle et des capacités légèrement amplifiés durant les prochains instants, n’étant pas encore un danger, mais restait à déterminer s’il le serait à la redescente. La dose absorbée était infime et, comme c’était la première fois, seules des impressions de dépendance devraient persister hors l’Institut saurait éviter toute accoutumance. Tournant le visage vers l’autre adolescente, l’Echo reprit avec plus de bienveillance en alternant entre ces deux interlocuteurs :

Ça va aller, vous allez voir.

Attendant un acquiescement de chaque parti, Rachel se redressa ensuite avant d’apposer les mains sur les hanches en regardant les deux jeunes gens tour à tour, n’imposant pas le mètre quatre-vingt que permettaient les talons à sa silhouette émaciée mais en usant tout de même.  Penchant la tête sur le côté, elle s’adressa à nouveau à ses deux interlocuteurs.

On se soigne d’abord et vous m’expliquez ce qui c’est passé, oki vous deux ?

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Clems Harke
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MessageSujet: Re: Saisir sa chance {Clems Harke}   Mer 15 Juin - 16:15


Une main adulte se porta au dos de Clems, elle frissonna à ce contact. Elle ne comprenait rien à ce qui venait de se passer. Et cette odeur de brûlée entêtante qui bien que disparue restait encore à sa mémoire. Le peu de calme qu'elle venait de gagner fondit quand le gamin  se mit à respirer fort, probablement l'angoisse suite à...ce qui s'était passé...Clems n'aurait pas su le définir.


« Ça va aller. »

La voix de la jeune femme fit sursauter la toute jeune adolescente. Clems reporta son regard sur le jeune garçon , il avait repris une respiration calme. L'adulte tourna son regard vers elle quand elle prononça : 
« Ça va aller, vous allez voir. » La voix de la jeune femme était calme et bienveillante mais la jeune fille était trop secouée pour s'en sentir rassurée. Terrorisée elle regardait tour à tour la jeune femme puis son camarade qui allait mieux elle ne savait comment.

« On se soigne d’abord et vous m’expliquez ce qui s’est passé, oki vous deux ? »


Du sang coulait le long du bras de Clems, la demoiselle, par réflexe, tira sa manche pour couvrir la blessure. Elle refusait de montrer son bras, elle était sale et elle venait de blesser un élève même si il paraissait étonnement en bonne santé à présent .

Elle regardait toujours alternativement les deux autres qui ne furent pas longtemps deux... Un groupe de trois ou quatre élèves s'était approché hélant le jeune adolescent, inquiets. Le professeur les avait-ils envoyé ne les voyant pas revenir ? Peu probable... Puisque la sonnerie de fin de cours retentissait. Tout allait très vite dans l’esprit de Clems regardant tout autour tel un animal traqué. Elle ferma les yeux tentant de mettre de l'ordre dans ses pensées mais cette concentration en état de stress ne la tranquillisa pas au contraire.


Des Flashs se déclenchèrent. Un jeune homme arriva, une silhouette rouge... un mutant, elle ne perçut pas ce qu'il dit. Elle tourna le regard et dans la pièce sans sol apparent qui avait empli son crâne, les perceptions arrivaient trop vite pour être assimilés dans un état d'affolement. Le jeune homme s'approcha d'elle, elle le reconnut comme étrangement familier cet adulte, sûrement l'homme l'ayant menée ici... Il tenta de lui prendre la main dans une parole qui se voulait rassurante mais dont Clems ne perçut que le ton réconfortant pas la signifiance. Clems le poussa vivement de peur de le blesser et recula d'un pas avant de s'enfuir en courant percevant un vague :

«  Madame Summers ! Clems ! »

La gamine courut à perdre haleine à travers les couloirs, comme elle n'avait jamais couru. Des corps rouges submergeaient son esprit par centaines à lui donner une migraine ou était-ce la perspective d'avoir blessé son camarade qui lui donnait la nausée ? Elle détecta un groupe d'élèves, elle vit un placard à balais non loin et s'y enferma. Dedans, elle s'assit sur un seau et tenta de reprendre le contrôle. Elle commença par se concentrer pour essayer de comprendre ce qui s'était passé. Mais peine perdue elle n'arrivait pas à répondre à la question : Que vient faire ce gaz à la place des informations ? Les secondes passèrent... Elle réussit à se ressaisir un peu même si elle était toujours perdue face aux récents événements. La vision se stabilisa en même temps que sa respiration ralentissait. Elle s'aperçut alors que ses mains tremblaient. Elle les mit dans ses poches de Jeans pour les oublier.


« Tu as entendu parler de la Nouvelle ? »

_ Non
« Parait qu'elle a blessé un collégien ! »
_ Comment tu sais ça ?
«  Eh ! Je te signale que je lis les pensées des gens proches ! »
_Ouais bah faudrait déjà avoir l'exam pour te vanter ! Tes notes en physique rasent le sol.
« Ça c'est à cause de l’interdiction d'utiliser notre don en contrôle ! Mais c'est qui qui va me passer ses notes pour m'aider à réviser ? »

_ Moi mais tu le sais déjà non ?
«  Parfaitement ! Applaudissez moi ! »
_ Franchement, pas besoin d'être télépathe pour ça, c'est toujours la même rengaine. A ce rythme là tu ne l'auras pas ton diplôme de fin de ly..
«  Ferme là ! »
_ Quoi ?
« Y a une personne dans ce placard !
_ Oh arrête, y a personne j'te dis !
«  Mais je te jure ! »
_ Parano Women !
«  Elle vient de penser vouloir disparaître loin d'ici ! »
_ Bon je l'ouvre mais si tu me fais marcher je réquisitionne tes desserts pendant un mois !
«  C'est fermé ! »
_ Il est jamais fermé d'habitude !
«  Je te l'ai dit ! »
_ La surveillante doit déjà savoir ce qui se passe on va la chercher ?

«  Franchement tu pourrais être moins trouillard ! »
_ …
«  Je refuse de traduire ce que tu viens de penser passe moi ton trombone qu'on force la serrure. »


La collégienne avait suivi le discours des deux lycéens sans piper mot, ayant retrouvé un peu de calme elle cherchait à penser le moins possible à l'entente du don de télépathie de la lycéenne, les flashs s'étaient arrêtés à son plus grand soulagement et elle tentait de se cacher derrière un minable tas de balais, elle voulait rester seule. Cependant cela semblait compromis, cela faisait à peine une minute qu'elle était dans ce placard que déjà on tentait de crocheter la serrure.


Elle tenta rester paisible hésitant à se montrer avant qu'on ne la découvre. Elle avait fui submergée par la culpabilité et, très vite, le flot de silhouettes rouges, elle n'en était pas très fière. Elle tentait de se réconforter à présent se disant que son camarade avait été laissé entre de bonnes mains. Ce qui fonctionnait plus ou moins. D’ailleurs que faisait la femme adulte qui était venue ? Elle devait être très en colère... Pourtant, elle n'en avait pas l'air, il y a un peu plus d'une minute. Mais depuis toute petite, la gamine savait que le mensonge existait bien trop souvent. Non qu'elle ait peur des représailles, elle se savait coupable mais l'idée nouvelle que, en plus de la côtoyer trop souvent d'où sa distance envers autrui, les autres puissent être en danger par sa mutation l'horrifiait et lui donnait encore plus envie de s'isoler.


Alors que la serrure se déverrouillait peu à peu, ce devait être une serrure pas bien solide et peu utilisée, en même temps pour garder quelques balais... Et que la collégienne se préparait à assumer le regard des lycéens malgré son appréhension face à ce qu'elle pourrait leur faire... sans le faire exprès bien entendu mais ce n'était pas une circonstance atténuante selon elle... Ce jour là, elle aurait dû mourir de son coma, peut-être que le déclenchement de son don mutant lui a rendu une vie de mort-vivant ? Se disait-elle dans son esprit encore jeune presque enfant. Avant de se raisonner se disant que les morts-vivant n'existaient pas.


« Alors qui suis-je ? »


Cette phrase, elle l’avait prononcé à voix haute par mégarde, la jeunesse de sa voix de treize ans et demi la surprit, une voix d'enfant, une voix de gamine qui la vexa presque car elle lui semblait montrer sa vulnérabilité. La porte s'ouvrait doucement le verrou cédant en même temps que ses chances de rester à couvert. Elle cacha un peu plus son bras douloureux recouvert de sang séché, elle ne remarqua pas que sa lame avait disparu, tombée ou prise précédemment.

Elle voulait seulement revoir sa maman Jane une dernière fois, pourquoi ces imbéciles l'avaient emmené dans cet établissement à, selon elle, leurs risques et périls... Étrangement elle espérait que la femme adulte, Summers c'est ça ? La retrouve pour protéger ceux qui allaient l’extirper de sa cachette à son plus grand effroi.

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Echo
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MessageSujet: Re: Saisir sa chance {Clems Harke}   Sam 18 Juin - 18:21

Que les deux élèves fussent sous le choc ne surprenait en rien l’Echo et elle continuait donc d’essayer de rassurer afin que le retour à la réalité soit le moins violent possible. En état de choc, les gens tendaient à se raccrocher aveuglement à toute main tendue pour se sortir des circonstances du choc, la jeune femme l’avait constaté bien avant Bleecker Street même si c’était à partir de cela qu’elle avait réellement commencé à l’utiliser. L’espère et la confiance étaient des choses puissantes, elle en était bien consciente et tâchait d’être digne de l’une comme de l’autre, les possédant toutes deux.

Rachel avait perçu le sang, mentalement, mais l’écoulement le long du bras et le réflexe protecteur qu’une l’adolescente en cachant cela conduisirent à ce que ses sens physiques en tiennent compte et elle cligna des yeux tout en déglutissant. Malgré les années et l’entrainement, l’effet du sang continuait de lui donner faim mais elle savait se gérer à présent, respirant calmement et ne cherchant à brusquer personne. Néanmoins la sonnerie de commencement de l’interclasse réduisit cette tentative à néant alors que les plus promptes des élèves sortaient déjà de leurs salles de cours. Et si le jeune drogué réagit avec une normalité légèrement altérée, la jeune blessée s’en referma sur elle-même alors que son activité cérébrale s’intensifiait. Reportant son attention sur la seconde, l’X-Woman interdit d’une simple geste de la main l’approche d’un curieux mais l’agitation mentale se poursuivit de plus belle. Quoi qu’il se passait dans la tête de la jeune adolescente, cela prenait en compte son environnement et l’en affolait d’autant plus, une chose à laquelle un nouvel arrivé ne réagit pas pour chercher à forcer le contact avec une certaine familiarité.

Se redressant et laissant faire, l’Echo constata avec une grimace le rejet, pourtant prévisible, puis la fuite de l’adolescente qui fit tomber l’objet qu’elle tenait se faisant. D’un geste de la main, la jeune femme barra la route à celui qui était manifestement lié à la nouvelle élève, déclenchant une parole à son encontre avant que l’autre ne rappelle la fuyarde. Continuant de surveiller celle-ci, elle parla simplement à l’homme.

Poursuivre une personne apeurer c’est participer à sa peur.

Rachel détourna son attention visuelle de la dénommée Clems, ne la perdant pas de l’esprit, pour regarder les élèves sortant de cours. En appelant aux délégués de classe, elle demanda à ce qu’on conduise l’infecté à l’Infirmerie et qu’on précise bien qu’il venait d’absorber une faible dose de Speed X. L’homme, lui, s’en allait expliquer les choses au professeur. Les autres pouvaient continuer leur journée normalement. La jeune femme se chargeait de la fuyarde, qui avait trouvée refuge dans une réserve et tâchait de se calmer à présent. Les pensées fortes raisonnaient tout autour d’elle et, par incapacité d’obtenir ce qu’elle cherchait, la télépathe referma son esprit tout en s’accroupissant vers l’objet petit et plat que la nouvelle venue avait utilisé pour se mutiler ; une lame de rasoir, l’Echo dégluti alors qu’elle s’en saisissait. Une lame de rasoir ensanglantée. L’estomac se fit entendre mais elle l’ignora pour se redresser et reprendre sa marche aux enjambées amples et rapides lui assurant un bon rythme. Son attention divisée entre les deux délégués accompagnant le drogué, l’Institut plus généralement et la jeune apeurée, elle s’en alla à la rencontre de cette dernière avec un naturel serein même si elle était prête à contenir la moindre apparition de gaz.

Ce furent des élèves qui approchèrent les premiers, sortis au plus tôt de leurs cours, et s’arrêtèrent proche de la cache. Inspirant, l’Echo accéléra à nouveau le rythme pour éviter une nouvelle mauvaise réaction ; si elle ne courrait pas dans les couloirs, c’était tout comme. Heureusement, elle n’eut pas à retraverser le Manoir Graymalkin pour arriver à destination et percevoir les dires en plus des actes. Actes qui la firent soupirer en guise d’introduction, interrompant les deux élèves et croisant les bras face à eux. Une voix étouffée parvint de l’autre côté de la porte et Rachel y accorda son attention, bien consciente de qui elle provenait, avant de parler avec simplicité aux deux autres présents.

Kelly, écouter les pensées fortes pour gossiper dessus, on te dira rien mais ne lis pas les pensées instantanées des gens sans leur permission.

L’Ethique de la Télépathie était une grande partie du cours télépathique du professeur Xavier mais beaucoup de gens, plus chez les non-télépathes que chez ceux-ci, ne prenaient pas réellement la mesure de l’intrusivité et des dangers de ce domaine des capacités. Néanmoins, là où Emma Frost avait données des leçons par démonstration relativement marquante allant de faire de la balançoire dans la tête d’un élève à manipuler l’esprit d’une résidente pour qu’elle pense être une grenouille, Charles Xavier était plus conciliant et espérait tout résoudre par la parole ; relativement inefficace contre quelques fortes têtes comme l’adolescente ci-présente. Adolescente qui avait son binome.

John, l’utilisation des capacités en accord avec le bon sens ne s’applique pas qu’aux capacités mutantes. Range ta tige de métal, s’il te plait.

L’Institution Charles Xavier avait une population très hétéroclite allant des enfants de personnes riches et influentes à des délinquants en réinsertion et il n’était pas rare de voir des amitiés improbables en un autre lieu se nouer parfaitement naturellement ici. Tous partageaient à divers degré l’Idéal de la Cohabitation Pacifique et apprenaient à accepter les différences, les leurs comme celles des autres.

Demandant aux deux élèves de poursuivre leur chemin d’un signe de tête, l’Echo constata avec eux que retirer le trombone de la serrure laissa la porte s’entrouvrir, pour peu qu’elle ait jamais été fermée à clé d’ailleurs, mais le soufflement de la jeune femme suffit à ce que cela ne distrait pas du départ prévu. Lorsqu’il se fit, elle s’en alla se mettre dos au mur mitoyen de la porte et s’y appuya tout en abaissant son regard vers la lame.

Ils sont partis. Je ne te garanti pas qu’on ne nous dérange pas à nouveau mais on s’arrangera pour éviter des attroupements.

Rachel estimait avoir pas mal d’autorité sur les élèves, moins que la sévérité de Sage ou la sagesse de Xavier mais elle avait su être proche d’eux et gardait cette aura dont on lui parlait parfois et qu’elle associait à son héritage de Summers. Disperser les curieux qui passeraient dans le couloir afin qu’ils ne s’y amassent pas ne devrait pas nécessiter plus d’une demande, physique ou orale. Au pire, il y aurait des transformés en ballon.

Sinon, pour répondre à ta question, tu es Clems. Mais ça t’aide pas hein ? Moi je suis Rachel, même si ça doit pas beaucoup t’aider non plus.

Etrangement, l’Echo ne cherchait pas à se détourner de la lame et du sang alors qu’elle parlait. Cela ne lui rappelait pas de bon souvenir et elle concevait parfaitement qu’il y ait des êtres pour chercher à mutiler leur corps afin qu’il corresponde à leur esprit. Elle n’avait jamais eu besoin de ça, comme témoignait sa faim grandissante.

Je te laisserai refermer la porte du placard si tu acceptes que je soigne ton bras, d’accord ?

En vérité, Rachel n’avait pas la moindre intention d’empêcher Clems de recréer la bulle de sécurité qu’était devenu le petit lieu mais il fallait bien marchander quelque chose pour que l’adolescente se laisse soigner. Elle n’avait pas non plus l’intention de la laisser dans le placard mais elle attendrait que l’enfant en sorte d’elle-même, la laissant faire le premier pas pour outrepasser sa peur. Avec de la chance, le soin seul suffirait à ce que Clems se laisse approcher mais le moyen que choisit l’Echo de le savoir était d’attendre et de voir.

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Clems Harke
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MessageSujet: Re: Saisir sa chance {Clems Harke}   Dim 19 Juin - 20:30



« Kelly, écouter les pensées fortes pour gossiper dessus, on te dira rien mais ne lis pas les pensées instantanées des gens sans leur permission. »


Cette voix fut comme une bouée de secours pour la gamine qui s'y accrocha, se fixa sur elle. Elle ne connaissait pas les différentes pensées mais le sens importait peu. La porte ne s'était pas ouverte suite à cette voix, cela calma un peu sa peur. Ses mains cessèrent de trembler. Elle les retira de son jeans mais resta aux aguets comme un chaton des rues à qui on propose un peu de lait. Tel un petit félin encore tout jeune, un jeune chat qui du long de sa courte vie a déjà vécu l'abandon et la déception, le mensonge et la perte. La solitude. Elle avait peur, elle ne faisait pas confiance au monde et était si rejetée de tous qu'elle croyait même ses propres défenses monstrueuses.

Mais il y avait cette voix.



« John, l’utilisation des capacités en accord avec le bon sens ne s’applique pas qu’aux capacités mutantes. Range ta tige de métal, s’il te plait. »


John, Kelly ces prénoms étaient inconnus à la gamine de 13 ans et demi, pourtant si on occultait le fait qu'ils étaient dans une école de mutants et que la fille avait parlé de télépathie, ils semblaient être des adolescents tout à fait normaux.

Clems regarda ses mains sans un mot, des mains d'enfants encore, fines et petites, des mains humaines. Elle déglutit en se voyant dans le miroir cassé près de la porte, sûrement mis ici dans l'attente d'être réparé par un membre du personnel. Ses traits de panique, ses cheveux en batailles, ses yeux d'être en fuite, tout en elle respirait la peur.


« Ils sont partis. Je ne te garantis pas qu’on ne nous dérange pas à nouveau mais on s’arrangera pour éviter des attroupements. »


La voix de la femme tintait à nouveau mais sa mélodie n'empêcha cependant pas Clems de sursauter à l'ouverture de la porte. Elle recula vivement mais la femme qui avait parlé n'entra pas. Tentant de reprendre contenance, Clems se concentra sur sa respiration précipitée. Elle réussit à la ralentir un peu.


« Sinon, pour répondre à ta question, tu es Clems. Mais ça t’aide pas hein ? Moi je suis Rachel, même si ça doit pas beaucoup t’aider non plus. »


Rachel, c'était un joli prénom pensa Clems. L'enfant hésitait à parler. Rachel disait qu'elle était Clems, Clems oui, pas la petite fille qui doit se priver d'exister pour permettre aux autres d'être heureux. Clems sentit sa gorge se nouer, elle ne savait plus pleurer, pourtant, à cet instant, elle aurait voulu faire confiance à cette femme qui avait fait autorité sur les lycéens, et qui lui permettait, semble t-il, d'exister.


« Je te laisserai refermer la porte du placard si tu acceptes que je soigne ton bras, d’accord ? »


Clems hésita encore en regardant l'ouverture puis son bras alternativement. Elle releva sa manche et constata qu'elle n'y était pas allée de main morte. La plaie plus profonde que les autres était également plus douloureuse. Mais devait-elle vraiment accorder sa confiance à la femme adulte ? Son bras était son plus intime et douloureux secret car c'est sur lui qu'elle reportait tous ces malheurs. Elle le voyait sale, amer. Exutoire de toutes ses douleurs il était la part d'ombre qu'elle voulait cacher au monde.

Pourtant, Rachel voulait la soigner cette ombre, la guérir peut-être. Tout cela lui semblait trop facile et elle avait peur. Elle avait besoin de se rassurer, ainsi, elle ferma les yeux, elle se sentait un peu coupable de faire cela sans autorisation. Mais elle avait vraiment besoin d'être sûre.  Elle repensa à la voix de sa sauveuse et cela lui permit de se concentrer calmement, une silhouette rouge lui apparut non loin parmi d'autres mais elle ne s'en occupa pas, Rachel...elle tentait de se concentrer sur ce prénom pour calmer sa peur mais au moment où elle voulut zoomer sur celle ci elle se reçut une claque mentale si violente qu'elle recula de quelques pas et tomba à la renverse.


« Clems ! Premier jour et tu fais déjà du grabuge ! Kelly m'a prévenue ! On ne t'a jamais appris qu'ici n'on utilise pas son don sur autrui ? »


Clems regarda alternativement le jeune homme vexé par la remarque de Rachel et Rachel. Elle s’attarda un instant sur Rachel, la femme avait de beaux et longs cheveux roux et était plutôt grande du moins par rapport à la pré-adolescente. Elle se sentit moche face au charisme de la jeune femme. La gamine en eut presque honte de son audace. Mais le mal de tête provoqué par la gifle mentale qui avait coupé court à son investigation lui fit porter sa main au front avant de vite la retirer, ne pas montrer ses faiblesses, jamais.


Qui avait porté le coup ? Il lui semblait que le surveillant qui l'avait amenée à l'institut, avait quelque chose de spécial, quand elle lui avait pris la main elle s'était sentie comme démunie de cette sensation de tiédeur qui emplissait son cerveau à chaque instant, ce don qu'elle avait était comme absorbé par ce contact, incrédule elle avait mis ça sur le compte de la fatigue mais à cet instant où elle fusillait le jeune homme du regard elle constata qu'elle ne pouvait étrangement pas le sonder ni même le « voir » en vision. Il était comme absent face à son don, l'annulait-il ? Elle ne le savait pas mais elle ressentait à ce moment un frisson de malaise plus grand encore qu'auparavant face à lui.
 

Rachel dit peut-être quelque chose ou pas, quoi qu'il en soit la petite en colère s'exclama :
«  On ne vous a jamais appris à ne pas gifler les gens M'sieur ? Je pourrais dire la même chose de vous au niveau du don. »

Fusillant le surveillant de yeux, qui, s'ils auraient été des armes l'auraient tué, elle attendit une réponse. Ce regard meurtrier sur un visage d'enfant le déstabilisa et tentant de se justifier, il balbutia :
 «  13 ans et déjà insolente ! »

Clems ne le quitta pas des yeux, menaçante, le petit chat en danger qui sort ses griffes. Le surveillant  vacilla et comme pour ne pas perdre la face face à son collègue, ce qui était peut-être déjà le cas, Clems l'ignorait trop concentrée à insulter l'homme de tous les noms en pensées, il dit :
«  De toutes façons que peut on attendre d'une gosse dont la mère est purificatrice ? »

Ce fut la phrase de trop et Clems perdit contenance mais elle fut arrêtée dans son élan par sa migraine, il n'y était pas allée de main morte non plus lui ! Renonçant à l'asséner de coups, pour le moment, elle tourna le regard vers Rachel et l'enfant dit gravement dans un murmure :
«  Partons, il n'en vaut pas la peine ! »

Elle avait vraiment envie de pleurer là, qu'est ce que ça pouvait lui faire que sa mère soit dans tel ou tel clan ? Elle détourna le regard de la jeune femme qui avait peut-être réagi, Clems était trop choquée pour le savoir, elle ne savait même pas si le jeune homme était toujours là tout ce qu'elle savait était qu'elle voulait partir. Ses mains d'enfants se fermèrent en poings de rage mais dans ses yeux sombres il y avait comme un désir d'espérer , pas de l'espoir encore, une envie d'espoir.


«  Je m'appelle Clems, c'est vous qui l'avez dit...Rachel. »
mumura la petite fille sombrement. Sa main se resserra sur celle de la femme mais elle la lâcha très vite peu habituée aux gestes affectifs. Non elle ne pleurerait pas. «  J'ai 13 ans et demi pas 13, il se trompe le type... »

Clems voulut sourire mais ce fut un échec.


«  Rien qu'à voir sa tête, tout rouge, il est amoureux de vous mais honnêtement trouvez vous quelqu'un d'autre. »


La petite fille fit silence...serrant les dents , déglutissant, elle ne pleurerait pas
. «  C'est un pauvre type il fait ce qu'il interdit à ses élèves. Même si, je ne compte pas en être une longtemps... » Dans un grimace l'enfant continua : «  Il n'a rien à faire ici ! Pour être respecté, il faut respecter... »

La culpabilité la saisit :
«  Je suis désolée pour tout à l'heure...et aussi pour mon camarade...Moi aussi je n'ai rien à faire ici. »

Clems en avait gros sur le cœur mais...elle refusait de montrer sa tristesse un peu plus. Alors elle leva la tête confrontant ses yeux sombres mais encore avec cette étrange lueur d'enfant aux yeux verts de Rachel.


«  Je n'ai rien à faire ici. Je dois partir d'ici... Ici ce n'est pas chez moi ! Vous comprenez ? »
dit la gamine de sa voix d'enfant perdue, enfant qu'elle était encore.

Elle baissa la tête combattant le sentiment que révéler son envie de partir à une surveillante était peut-être une mauvaise idée, mais Rachel était la seule bouée qui lui restait en ce monde, la seule à l'avoir appelée Clems en la définissant comme telle.


«  Le foyer n'est pas chez moi aussi, mon seul chez moi est où est Jane celle qui m'a donnée la vie. »


Son regard s'assombrit. Si il y avait d'autres personnes , peu importe, seule Rachel aurait pu entendre tant elle parlait à voix basse.


«  Peu importe ses idées je vais la retrouver et partir d'ici avec ou sans aide ! De toute façon on ne me retiendra pas éternellement. »


A ces mots la préadolescente regarda à nouveau les yeux de la femme avec la même sincérité que dans ses murmures et elle ajouta :
«  C'est mon plus grand secret et cela se fera. Je suis sûre que mon don m'a permis de vivre en cet unique but. Peu importe les obstacles, je l'atteindrai.»

C'était un peu dérangeant le ton de sa voix à ses dernières paroles, une haine rageuse contre tous ceux qui l'en empêcheraient s'y sentait mais aussi une souffrance perceptible jusqu'au plus profond de son regard, douleur que tout en elle cachait mais qu'à ces mots elle ne pouvait éluder.

Et cette douleur était inquiétante de la bouche d'une enfant de 13 ans et demi.

Pourquoi en dire autant à Rachel ? Ces mots elle les avait toujours gardés au fond d'elle, elle , le fantôme de la cours d'école ou du foyer, elle qui se gommait face aux gens, s’effaçait du monde pour les rendre heureux, elle que tous signifiaient qu'elle dérangeait...même ici au vue de l'attitude de l'homme.

Mais Rachel, Rachel, avait respecté son silence, ses cris de détresses muets, elle ne l'avait ni forcé à parler ni à sortir du placard, elle n'était pas comme ces docteurs de l'hôpital, une sorte de respect pour Rachel commençait à naître en l'enfant, car Rachel respectait son jardin secret peu importe qu'il soit plein de ronces. Elle n'y touchait pas. Et pour Clems cela lui procurait un sentiment de sécurité que dans toute sa vie elle avait rarement éprouvé.


Et pourtant Clems tira à nouveau sur sa manche voulant signifier par ce geste qu'il était encore trop tôt pour lui montrer son bras. Étonnement, cela aurait détruit sa confiance naissante de petite humaine terrorisée et méfiante. Car devant Rachel elle se permettait comme jamais depuis de longues années de ne pas se comparer à un monstre. Mais c'était encore fragile, la confiance et le respect pour la jeune femme était tel un funambule tremblant et tomberait au moindre souffle de vent. C'était perceptible à cette main qui tirait sans cesse sur la manche.

Au bout de quelques secondes de silence, la voix de la préadolescente demanda en tremblant au souvenir de ce qui c'était passé :
« Mon camarade ça va aller ? »

Elle voulut demander qu'est ce qui c'était passé mais elle se retint et ne fit que le penser très fort malgré elle, elle ne savait pas vraiment si elle était prête à avoir une réponse dure à porter face à ses interrogations angoissantes. Alors elle n' en dit pas plus attendant la réponse de la femme nommée Rachel.

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Echo
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MessageSujet: Re: Saisir sa chance {Clems Harke}   Mar 21 Juin - 22:34

La jeune fille tentait de garder son contrôle précaire, l’Echo le voyait parfaitement. Elle ne s’imposerait pas, préférant le naturel et laissant les choses se passer. Elle agissait dans le monde mais l’observait plus encore, n’accomplissant ni l’un ni l’autre autant qu’elle aurait pu mais le faisant déjà au-delà de ce que la moyenne pouvait, et acceptait les difficultés que cela rajoutait. Clems n’était pas sortie mais doutait à présent, partagée entre la main tendue et celle qu’elle s’esquintait. Il y avait beaucoup dans ce simple geste, la jeune femme le voyait : rester sur ses blessures, dans l’ombre et la solitude, ou aller vers l’autre, dans la lumière et la possibilité de guérir. Rachel n’avait aucune leçon à faire sur cette démarche, sur ce choix, bien consciente qu’il était difficile pour en être déjà passé par là. Jamais elle n’aurait approchée une lame de son propre corps pour s’infliger ce que d’autres lui avaient bien trop fait mais elle comprenait la perte des repères et les hésitations à faire confiance. Elle savait aussi comment il fallait y répondre, avec patience et présence. Cela lui venait naturellement, on l’avait aidée de similaire manière par le passé et elle savait pouvoir en faire de même à présent.

Tous n’avaient pas cette douteuse chance ni cette bienveillante sagesse et le visage de Rachel se ferma à la perception de l’approche d’une personne n’ayant manifestement pas les compétences pour faire ce qu’elle tentait de faire. La jeune femme avait pourtant expliqué à l’homme de surveillance qu’elle se chargeait de cela, étant apte à le faire et ayant de toute façon une place plus importante dans la structure de l’Institut ; dans un lieu où le moindre élève pouvait faire des morts, les surveillants perdaient en possibilités d’intervention au profit de l’agente de sécurité, quand bien même c’étaient les compétences d’X-Woman qui étaient les plus reconnues et importantes aux yeux des gens. L’onde de perturbation mentale qui s’échappa du crâne de l’accompagnateur fut perçue et Rachel se retourna vers lui pour le fixer, celui-ci avançant et heurtant l’esprit qui réussissait peu à peu à se calmer si fort qu’elle fit tomber la jeune fille à la renverse.

Alors que l’antipathe reprenait sa gueulante, l’X-Woman quitta son appui pour ce placer entre lui et la fillette, restant à moitié tournée vers chacun d’entre eux malgré que son visage faisait face au plus agressif des deux ; un visage calme à l’antipode de celui de son interlocuteur.

Je m’occupe d’elle.

Perturber les ondes mentales d’une adolescente déjà perturbée n’avancerait à rien si ce n’était l’acculer plus et, si la privation de pouvoir pouvait être une sécurité nécessaire, Rachel se considérait parfaitement apte à gérer la situation sur ce plan-là aussi. Couper l’accès au pouvoir de Clems ne lui serait pas plus difficile qu’à n’importe quel autre télépathe de son niveau mais elle conservait l’utilisation de ses capacités intrusives pour une nécessité. Peu de gens osaient lui faire face aux considérations de ce qu’elle était capable de faire, la jeune femme en était bien consciente. Tout autant qu’elle était consciente que c’était parce qu’elle faisait un usage mesuré de ses capacités qu’on pouvait lui faire confiance sur ce point. L’accompagnateur n’avait pas montrée plus de retenu que de jeunes élèves et, s’il se croyait capable de la supplanter par ses pouvoirs d’annulation des capacités mutantes, il aurait une belle surprise. Si peu de gens comprenaient la nature de la télépathie, encore moins conceptualisaient ce qui se trouvait au plus profond des pupilles comme de l’esprit de Rachel. Pourtant, elle le présentait toujours puisque c’était autant son identité que celle que lui avait donnée ses parents et sa nation d’adoption.

La réplique suivante provint de Clems, faisant inspirer l’Echo quand à la surenchère que cela apportait ; une surenchère qui ne se fit pas attendre, même si elle n’était que constatation. Se tournant un peu plus vers l’accompagnateur, la jeune femme n’en perdait pas pour autant sa perception de l’agressivité de l’enfant. Il n’y avait pas de bon ou de mauvais rôle actuellement, juste un homme manquant de pédagogie et une fille qui répondait à l’agression par l’agression. Hors, ni l’un ni l’autre n’arrangeait quoi que ce soit.

De toutes façons que peut on attendre d'une gosse dont la mère est purificatrice ?

Les yeux de Rachel s’écarquillèrent et son visage, la surprise passée, se ferma. L’Institution X était un microcosme et les mots qui avaient été dit ici seraient répétés, aggravant encore une réputation déjà mal commencée pour Clems. Les étudiants et résidents sauraient faire la part des choses, pour la plupart, puisque la philosophie de l’acceptation d’autrui imprégnait l’endroit mais cela allait jaser, plus encore que pour une blessure involontaire qui n’était absolument pas inédite en ces lieux. La filiation avec une Purificatrice, si.

La ferme.

La voix forte et le regard vert de l’Echo étaient aussi froids que ses mots étaient fermes ; ce n’était pas une demande, c’était une injonction. Attaquer sur la famille était une réaction que seuls les résidents de l’Institut les moins réadaptés se permettaient de faire, nombre de gens ici ayant des histoires malheureuses avec leurs proches à cause de leur mutation, et de la part d’un accompagnateur c’était intolérable au sentiment de la jeune femme. Elle ne prendrait pas la peine d’expliciter plus cependant, escomptant bien que la discussion s’arrête-là.

Clems assena un dernier coup avant de se replier, faisant se retourner le visage de Rachel vers elle. S’il y avait deux choses à retirer de positif de cette confrontation, c’était que l’enfant était sortie du placard et qu’elle se laissait approcher à présent. Jouer à l’adjuvant et à l’opposant n’était certainement pas une chose que la jeune femme appréciait mais cela marchait visiblement ; elle continuait de s’en passer volontiers et, se retournant vers l’accompagnateur, elle répéta une dernière fois en insistant sur les mots.

Je m’en occupe.

Ceci dit, elle se détourna et entreprit de suivre la jeune adolescente, ses propres enjambées la portant rapidement. L’Echo avait tout de même à conduire Clems à l’Infirmerie et il suffirait de prendre les escaliers qui se trouvaient à l’intersection plus loin du couloir, en queue de l’Institut et permettant de joindre également le dortoir des garçons ainsi que le réfectoire d’où elle-même était arrivée. Se laissant prendre par la main, la jeune femme écouta simplement la confession discrète et vacillante. Un peu de mauvaise foi pour se donner du courage, sans grand succès, une réplique sans fondement pour avoir le dernier mot, avec plus de succès, un jugement qui n’était pas faux mais était en réalité plus complexe, comme bien souvent, et un aveu déterminé suivi d’un acte de résistance. L’Echo regarda et écouta en silence, son visage exprimant sa compassion ; une adolescente perdue, sans repère, cela lui était très familier. Red soutint sans difficulté le regard sombre de Clems.

Non, ce n’est pas chez toi. Mais ça peut devenir un chez-toi, si tu te laisses une chance.

Laisser une chance à l’Institut serait une étape mais avant Clems devait se laisser une chance à elle-même. Beaucoup d’élèves avaient le fort sentiment de ne pas mériter leur cursus ou leur seconde chance à l’Institution et, si pour la plupart c’était vrai, ce n’était pas le mérite qui importait. Le mérite pouvait s’acquérir en se montrant digne. Ce qui importait, c’était la volonté. C’était le choix.

Jane, c’était le choix de Clems. Sa mère aussi. La Purificatrice. Rachel avait une connaissance du fonctionnement du réseau Purificateur et savait que cela compliquerait la recherche de la personne ; même au niveau des X-Men et il n’était pas encore question qu’ils s’impliquent. La détermination irréaliste de l’adolescente prouvait une volonté certaine, même si employée dans une direction toute aussi destructrice qu’avec la lame de rasoir. On ne la retiendrait pas éternellement mais on pouvait le faire sans doute jusqu’à sa majorité, d’un certain point de vue. Après, les vacances scolaires approchant pouvaient parfaitement signifier que Clems partirait pour ne jamais revenir, comme tant avant elle. Lâcher la main n’était pas moins signifiant que le reste.

C'est mon plus grand secret et cela se fera. Je suis sûre que mon don m'a permis de vivre en cet unique but. Peu importe les obstacles, je l'atteindrai.

Donnes-toi le temps d’y arriver. Et si les obstacles ne t’importent pas, n’oubli pas que tu peux avoir besoin d’aide pour les vaincre.

La colère était un moteur parmi les plus puissants, l’Echo le savait pour avoir survécu à son adolescence en partie grâce à elle. Il y avait de la peur également et cette volonté de survivre principalement, mais la colère avait une énergie ardente. Peut-être que de tels propos à treize ans et demi étaient dérangeant mais la jeune femme ne le ressentait pas ainsi. Elle ne savait plus exactement si elle avait douze ou treize ans lorsqu’elle avait été intégrée au programme des limiers mais elle était persuadée que l’âge n’importait pas pour les réactions aux malheurs. La douleur était la même, qu’importait l’âge ; c’était l’écoulement du temps qui permettrait de la guérir et de vivre malgré ses séquelles.

S’arrêtant arrivée au croisement où le couloir de flanc de l’Institut s’en rejoignait un autre menant au dortoir, en face à gauche, ainsi que traversant la largeur du manoir, à droite, où il ne tardait pas à y avoir des escaliers à droite encore et une porte à gauche donnant sur la lumineuse pièce vitrée du réfectoire sur laquelle les yeux verts s’attardèrent un temps, Rachel escompta que Clems suive son mouvement par automatisme considérant combien la jeune fille était perdue dans ses pensées et cachait sa blessure auto-infligée, laquelle continuait de souiller tant les tissus que l’âme.

Mon camarade ça va aller ?

Suis-moi et tu le verras par toi-même.

Accompagnant sa proposition d’un geste incitatif de sa main libre, l’Echo se dirigea vers les escaliers et entreprit de grimper les marches, sa démarche lui conduisant à les faire deux à deux malgré ses talons. Arrivée au premier étage, qui se résumait en de larges salles fermées autour d’un couloir central traversant la bâtisse, la jeune femme se retourna pour attendre Clems.

On t’a faite faire la visite ? Sinon, je peux m’en charger. Mais d’abord, on va à l’infirmerie.

L’infirmerie, qui en tenait plutôt du dispensaire, était située deux étages au-dessus ; l’un des « champignons » rajouté à la structure originelle du manoir afin d’accueillir l’école. Les escaliers y finissaient, non sans avoir dépassé l’étage de la bibliothèque et du bureau de la direction. Clems aurait droit à une visite de celui-ci considérant ce que l’Echo avait toujours dans l’une de ses mains mais d’abord il fallait s’occuper des blessures, celle de l’autre élève comme celle de l’adolescente.

Ça fait combien de temps que tu es arrivée, que tu veux déjà repartir ?

Attendant que Clems la rejoigne pour pousser plus avant son ascension, Rachel restait prête à redescendre s’il le fallait.

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Clems Harke
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MessageSujet: Re: Saisir sa chance {Clems Harke}   Jeu 23 Juin - 22:47


« Ça fait combien de temps que tu es arrivée, que tu veux déjà repartir ? »


Devenir un chez moi...cette phrase tournait dans la tète de Clems alors qu'elle suivait instinctivement Rachel dans les escaliers.

Elle ferma les yeux un instant, un souvenir lointain, quel âge avait-elle ? Moins de six ans c'est sûr. Peut-être cinq ans ? Elle était avec Nourrice dans un grand parc, c'était l 'automne. Grand-frère était au lit comme chaque jour, le médecin était à la maison, comme souvent. La fillette s'amusait à faire un bouquet de feuilles oranges, elles sentaient un peu l'herbe mouillée de pluie et le vent frais, elles étaient lisses et douces comme la peau d'un parapluie, et elles protégeaient des malheurs du monde. Nourrice avait attaché ses longs cheveux d'encre en une tresse et regardait l'enfant avec tendresse. Soudain la pluie se mit à tomber. Nourrice invita la petite fille à rentrer mais celle ci refusa. La nourrice s'approcha mais la petite courut à l'autre bout du terrain et se cacha dans un arbre. Nourrice la chercha longtemps puis la nuit tomba. La petite de cinq ans se retrouva seule dans le grand parc, elle était glacée et trempée, elle descendit alors de l'arbre. Le vent bruissait, l'obscurité lui semblait vivante, elle étouffa un sanglot. Elle marcha longtemps jusqu'à croiser un adulte qui était en habit de policier. Et si on la mettait en prison ? Terrorisée, la  fillette partit en courant et perdit son précieux chargement. Les feuilles s'éparpillèrent dans la brise de l'été fini et retombèrent au sol dans un bruit muet. Elle arrêta sa course et voulut les ramasser mais le policier fut plus rapide qu'elle. A la maison, elle supporta la sermon de la nourrice en silence. Puis elle monta dans sa chambre. Mais bien  plus que le sermon c'est l'absence de ses parents qui la blessa. Ils étaient à l'hôpital avec le Grand. Ils avaient pourtant dû remarquer que Nourrice rentrait seule... mais le lendemain il n'y eut aucune parole comme chaque jour, elle pouvait disparaître rien ne changerait. Elle n'existait pas. Alors elle sortit dans le jardin avec Nourrice et le cœur gros la fillette tenta de nouveau un bouquet de feuilles tel le soleil couchant qui selon un de ses camarades d'école porterait chance, elle ne croyait pas à la chance mais elle voulait tenter pour le grand. Car c'était juste important. Mais peu importe le nombre de ses bouquets le grand n'a jamais guéri.


«  Puis il est mort ici... »

Cette phrase arrêta l’ascension de la préadolescente, elle leva la tête et parcourut des yeux les étages, son regard s'arrêtant sur chaque pierre des murs.


« Grand-frère est mort ici. » dit-elle avec un peu plus de conviction.

Elle fit silence quelques secondes tentant de calmer sa panique et ses yeux sans larme mais qui la brûlaient de souffrance.


« Il disait que L’institut Charles Xavier serait un endroit pour nous protéger, on y est allés ensemble pour le vérifier. »


En prononçant ces mots, Clems se mit à avoir une respiration saccadée, tout en elle était détresse, il ne manquaient plus que ces larmes qui ne voulaient plus sortir lui pesant sur le cœur et l'âme.  Elle se souvenait: Le ciel qui devient sombre, les hurlements par centaines, la panique, la foule qui la piétine...et les raisons de ce soir terrible qu'elle avait appris un an après le comprenant à sa façon...


« On voulait être une famille et il est mort ici ! »


A cette phrase la voix de l'enfant de  13 ans et demi tremblait de fureur et de larmes qui ne viendraient pas.


« A cause de la confrérie et des X-Men, je n'ai pas pu le sauver. Je n'ai pas pu l'aider ! Ils se moquent bien d'un préadolescent mort dans du ciment frais  ces gens là... Ce n'est qu'un dommage collatéral de leur guerre... »
 
cracha l'adolescente dont les yeux brillaient de larmes invisibles et qui ignorait tout des activités de Rachel à qui elle faisait confiance.

«  Mon frère n'est qu'un dommage collatéral... »
dit la petite écrasée par la souffrance qui lui broyait comme chaque muscle de son corps. Elle se laissa glisser le long du mur sans un mot de plus.

Elle resta quelques secondes la tête dans ses genoux, ses larmes intérieures qui ne se libéraient pas, ses yeux secs mais si lourds de peine.

Elle finit par reprendre la parole.


« Cet endroit ne sera jamais chez moi Rachel...parce-que c'est trop tard....parce-que ils l'ont tués...parce-que la perspective d'habiter ici s'est éteint avec lui et moi ce jour là...»


Elle se tut encore une seconde avant d'ajouter la voix enraillée de larmes absentes.


« Parce qu'il est mort en venant ici... »

A présent, des flashs assaillaient la jeune fille qui n'aurait pas dû se concentrer pour garder son calme, le type qui annulait son don ,semble t-il, devait être loin maintenant. Un don...non plutôt une malédiction...Des silhouettes rouges par centaines emplissaient sa tête à lui en donner le tournis. Elle arrivait tant bien que mal à ne zoomer sur personne mais cela la fatiguait encore plus et lui donnait des vertiges d'autant plus.

Elle se souvint alors de la phrase de Rachel :
* Donnes-toi le temps d’y arriver. Et si les obstacles ne t’importent pas, n’oublie pas que tu peux avoir besoin d’aide pour les vaincre. *

Oui, elle avait besoin d'aide mais pour le moment seule Rachel lui semblait apte à être une personne de confiance... Pour oublier la douleur mentale elle se mit à gratter son bras déjà blessé...Il resaigna. Elle s'en moqua. Elle n'arrivait pas à se calmer et n'avait pas la force de dire à Rachel de la laisser. La douleur vive que lui procura son bras soudainement la fit arrêter de rouvrir les plaies de ses ongles. Cela lui fit reprendre pieds également.

Les Flashs s'arrêtèrent mais elle n'osait pas relever la tête.


«  Rachel...j'ai réussi à contrôler mon don vous avez vu ? »


Cette phrase tremblait de sanglots mais aucune larme ne coula, comme coincées en la préadolescente. Le bras de Clems saignait un peu plus, elle ne s'en occupait pas plus que la douleur, elle avait des cicatrices bien plus grandes en elle.

Et à cet instant seule Rachel lui paraissait bouée de secours.
« Rachel qu'est ce que je dois faire ? » finit par murmurer l'enfant recroquevillée. Tête cachée mais larmes qui ne coulaient pas...

C'était un SOS à un phare au loin, le navire de Clems pris dans la tempête du passé qu'elle voyait en ces lieux. Retrouver sa mère était toujours un but pour elle mais pour y arriver elle était seule, seule et dans l'endroit qui, selon elle, a causé la perte de son aîné.

Elle avait en cet instant vraiment besoin d'une bougie étincelante, d'une lumière sur l'océan pour arriver au port de la vie, de Rachel.

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Echo
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MessageSujet: Re: Saisir sa chance {Clems Harke}   Dim 26 Juin - 12:22


La phrase comme l’immobilisation de Clems interpellèrent l’Echo un instant après être advenues, la conduisant à regarder l’adolescente avec un visage à nouveau compréhensif. L’absence de son interlocutrice lui expliqua le qui mal la jeune femme n’en avait pas besoin pour percevoir le sentiment et compatir. La perte des êtres chers était une chose qu’elle avait expérimentée également et elle savait que faire le deuil était d’autant plus dur lorsque l’on vivait dans un lieu hanté. L’Institut était hanté pour elle, des fantômes parfois entièrement vivants côtoyant des souvenirs flous d’une vie qui lui semblait antérieure, et visiblement Clems aussi avant le spectre d’un aîné. Descendant quelques marches pour s’assoir au niveau de l’enfant, l’X-Woman l’écouta et la regarda tristement sans perdre sa paix.

Le contraste était important mais Rachel restait calme face à la détresse de Clems, sa présence comme son attention toutes aussi manifestées que distantes afin de laisser le soin à celle qui subissait les chaos de s’en rapprocher sans risquer de la faire s’éloigner. La colère succéda à la tristesse chez l’adolescente alors que celle-ci restait perdue en elle-même, laissant s’échapper le venin qui l’empoisonnait et le jetant à la face d’autrui. La Confrérie et les X-Men ne c’étaient croisés à l’Institut qu’en deux-trois occasions et, pour les plus récentes, Rachel avait été là. L’attaque de la base des X-Men en 2008 avait fait un unique mort, mettant un terme à l’assaut ; l’X-Woman n’existait pas encore sur cette réalité à l’époque, ignorante de qui il s’était s’agit et n’appréciant guère s’attarder auprès des tombes qui se trouvaient à l’écart dans le parc. Outre que ses fantômes étaient bien vivant, il y avait surtout une présence ancienne et endormie qui la dérangeait et qu’elle ne voulait pas plus éveiller que les autres personnes ayant perçues sa présence. Ainsi, elle ignorait parfaitement l’identité de l’élève décédé et qu’il s’agisse du frère de Clems n’était pas impossible, même si Rachel ne comprenait pas l’implication du ciment frais. Elle comprenait cependant parfaitement la rancœur à l’encontre de sa famille comme des pseudo-adversaires que représentaient les Confréristes, la réalité étant bien plus complexe qu’une guerre. Après tout, quatre années après l’attaque de l’Institut, Ororo avait acceptée une alliance avec la Confrérie pour contrer les Maraudeurs.

Clems finit par s’assoir à son tour, dos au mur comme elle devait l’être en son cœur. L’Echo soupira tristement, la laissant continuer d’évacuer le mal qu’il y avait en elle de la manière qu’elle le souhaitait. L’enfant avait tord, tant sur la Confrérie que les X-Men, tant sur la guerre que les dommages collatéraux, mais c’était une enfant. Sans nier la culpabilité des partis impliqués, la jeune femme percevait cette haine globale qui se tournait autant vers les autres que vers Clems elle-même. La culpabilité était le plus légitime des venins mais il fallait réussir à l’utiliser pour arriver à mieux, non pour se laisser trainer dans le pire. Hors, à écouter l’adolescente, le pire était déjà là ; elle se disait même morte ce jour-là. Parce que son frère était mort en venant ici.

L’activité cérébrale de la petite mutante s’agita à nouveau, témoignant de ses capacités retrouvées et qui la perturbaient à nouveau. Se décalant sur le coté, Rachel s’approcha d’elle sans crainte et chercha à lui faire face, à attirer un regard pour l’heure cachée entre les genoux et derrière les paupières. La jeune femme vit le grattement frénétique de la plaie et les tissus se rouvrir, retenant son souffle malgré la faim que cela lui causait toujours plus, puis elle chercha à tendre la main vers l’adolescente alors même que celle-ci en revenait à la conscience.

Rachel… j'ai réussi à contrôler mon don vous avez vu ?

Hochant lentement la tête, l’interpellée continua d’approcher sa main du bras meurtri tout en fixant la propriétaire de celui-ci. Ce n’était pas dit sur un ton de victoire et son geste ne sera pas vu, la conduisant à répondre à son tour avec bienveillance.

Oui, j’ai vu.

Apposant le bout de ses doigts sur le poignet de Clems, l’Echo signala sa présence alors qu’une nouvelle question aveugle lui était posée. Avec la réhabilitation de Kaede, plusieurs années plus tôt, la jeune femme avait comprise une chose qu’elle jugeait importante : c’était dans les nuits les plus noires que les étoiles brillaient le plus fort. Et elle savait être une étoile, ayant pu l’être pour plusieurs personnes comme d’autres l’avaient été pour elle avant cela. Sa réponse était donc aussi simple dans les mots qu’elle serait compliquée dans les faits et l’Echo la dit avec cette même intention. Qu’est-ce qu’il fallait faire ?

Guérir.

C’est la première épreuve et, si tu ne l’accomplis pas, tu ne seras jamais assez forte pour les autres. Mais, comme pour les autres, tu peux avoir besoin d’aide pour le faire.

Ayant signalée la présence de sa main, Rachel la releva un peu afin que sa paume frôle la peau de Clems et elle le fit en suivant le bras meurtri. Une petite flamme apparue dans cette paume, dansante et insensible. Ni chaude ni froide, l’énergie psychique parcouru les plaies de l’adolescente qui se guérir à son contact sans laisser de trace ni effacer les cicatrices se trouvant déjà là. Gardant la flamme du phénix en main, la jeune femme retourna celle-ci pour la présenter au visage de Clems comme la curiosité que c’était toujours ; une flamme jaune-orangée comme les autres mais plus calme et harmonieuse, à l’instar de celle qui la tenait en main, et qui enveloppait sans consumer ce qu’on lui présentait, ne produisant aucune sensation comme si elle avait été irréelle.

Après de longs instants, l’Echo referma la main sur sa manifestation et celle-ci disparu. Continuant de fixer Clems en espérant avoir attiré son regard à présent, la jeune femme poursuivit.

Il y a des fantômes ici, pour nombre de gens. Mais c’est ce qui leur permettra de comprendre les tiens.

La mort n’était difficile que pour ceux qui vivaient, Rachel le savait pour avoir trop survécu et être morte par deux fois. Mais elle était le Phénix, ou l’Echo du Phénix, cela ne faisait pas tellement de différence à ce niveau-là. Comme à beaucoup d’autres d’ailleurs. Et ne pas savoir exactement ce qu’elle était importait bien moins que savoir ce qu’elle essayait d’être, ce qu’elle voulait être.

Se relevant et se plaçant face à Clems, un pied sur la marche au-dessus de celle-ci et un autre sur celle au-dessous avec de disposer d’un équilibre au mieux, l’Echo se pencha vers elle et lui tendit la main pour l’aider à se relever.

On peut t’aider, l’Institut peut t’aider. C’est à toi d’accepter cette aide, Clems.

Rachel ne demandait pas de pardonner pour ce qui c’était passé avec le grand frère, les X-Men avaient fait de leur mieux pour protéger les élèves et leurs parents mais n’avaient pas pu sauver tout le monde, comme à Hudson Bridge, comme à Mutant Town, comme à Yggdrasil, comme à chaque fois. Ils étaient humains et ils étaient faillibles, ils n’avaient pas à s’excuser de l’être. Clems aurait à leur pardonner, oui, tout comme elle devrait le faire à l’Institution et à elle-même, mais cela ne pressait pas. Cela viendrait avec le temps ou ne viendrait pas, difficile à dire. Mais ce qui serait la base de tout cela, c’était cette main tendue qui résumait tout ce qui aurait pu être dit et se passait de promesse.

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Phénix

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Des divinités ont fait de moi une divinité,
Seuls les humains peuvent faire de moi une humaine."






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Clems Harke
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MessageSujet: Re: Saisir sa chance {Clems Harke}   Dim 26 Juin - 22:20


« Guérir. C’est la première épreuve et, si tu ne l’accomplis pas, tu ne seras jamais assez forte pour les autres. Mais, comme pour les autres, tu peux avoir besoin d’aide pour le faire. »


Clems sans un mot et pour la première fois ne retira pas son bras, elle laissa la flamme qui ne brûlait pas guérir ses plaies. Elle regarda l'étincelle de lumière sans un mot. Alors tous les mutants n'étaient pas méchants ? L'enfant faillit l'accepter jusqu'à se rappeler où elle était. L'institut... Là où son frère est décédé, là où tout a commencé.

Au bout de quelques minutes, la flamme auquelle Clems se rattachait comme une étoile au ciel, la vie à une respiration, s'éteignit .


« Il y a des fantômes ici, pour nombre de gens. Mais c’est ce qui leur permettra de comprendre les tiens. »


En prononçant ces mots, Rachel avait capté le regard de l'enfant et celle-ci admira les yeux verts de la jeune femme. Non, Rachel ne lui voulait aucun mal elle le ressentait, elle le savait sans s'expliquer pourquoi. L'adulte se releva et tendit la main à la petite fille.


« On peut t’aider, l’Institut peut t’aider. C’est à toi d’accepter cette aide, Clems. »


L'enfant regarda la main une bonne minute du haut de ses 13 ans et demi, puis elle sortit non sans une pointe d'ironie :
«  L'institut m'a déjà tellement aidée jusque là ! » Elle regretta aussitôt son arrogance  et tenta sans succès de se détacher du regard de l'adulte. Elle rit, elle qui ne sait pas pleurer. Mais ce rire n'était pas un rire heureux, c'était des lames de larmes sonores en cascade.

« Désolée... » maugréa t'elle une fois calmée. Elle réussit enfin à baisser la tête et tenta une explication : «  C'est juste que je n'y crois pas, alors pour être franche, si d'autres gens ont souffert ici, et qu'ils y croient encore, je trouve ça affreusement crédule et naïf... » Mince, en plus, elle venait d'insulter Rachel, alors qu'elle voulait présenter ses excuses, depuis quand était-elle si franche ? Elle n'en avait pas le droit. Elle devait s'effacer, et pourtant...

« Cependant... »
Elle releva son visage tentant de fixer Rachel dans les yeux :  « Il y a sûrement des gens bien ici ... des sortes d’exceptions... » Elle fit silence quelques secondes et attrapa la main tendue : «  Alors je vais rester un peu. » Elle se releva, elle fixa Rachel sans un mot de plus la dévisageant presque, elle tenta un sourire sans succès, tant pis. Elle se renfrogna soudain : «  Mais juste  quelques jours le temps de trouver un plan pour retrouver Jane. » L'enfant s'accrochait à cette idée. Se donner quelques jours de vie était toutefois pour la petite fille un progrès.

Elle entendit un quatuor sortir en courant non loin, des premières années de collège, 12 ans ou un peu moins, montaient vers l'infirmerie, elle sursauta et se cacha derrière Rachel apeurée, mais les plus jeunes ne la virent pas. L'un d'eux se transforma en oiseau et piqua le serre tête d'une gamine qui rit dans un
«  Hé tu triches ! » avant d'allonger ses jambes et de récupérer l'objet. Les autres gosses rirent de bon cœur et s'exclamèrent :  «  Allez le premier qui arrive à l'infirmerie gagne un dessert supplémentaire ! » «  Tu vas le donner à ton cousin, façon ! » «  Et alors ? »  C'était la petite fille qui venait de parler. Celle qui allongeait ses jambes...Cousin ? Infirmerie ? Dessert ? Clems fut prise d'un horrible pressentiment. Elle se mit à suivre les gosses n'écoutant pas les propos de Rachel, si elle avait parlé... Arrivée devant une porte entrebâillée où des piaillements d'enfants sortaient elle sentit son cœur s'accélérer...

« Comment ça on ne peut pas le voir ? »
s'indignait et criait la petite du groupe. «  C'est mon cousin ! » Un des garçons prit la parole :  « Un adulte a parlé d'un monstre c'est vrai ? » Un monstre... Clems  s'appuya sur la porte pour tenir debout, le souffle saccadé . Et soudain, la porte s'ouvrit  brusquement.  

«  T'es qui toi ? »
s'étonna un garçon de pas encore 12 ans, il semblait le plus jeune du groupe. Le fillette de 12 ans lui donna un coup de coude. «  Franchement tu crois que Xavier approuverait ton attitude ! » s'exclama t'elle. Elle s'approcha et tendit la main vers Clems. «  Bonjour, moi c'est Samy et toi ? Tu es nouvelle, je t'ai jamais vu ! » «  Un monstre a attaqué son cousin ! » ne put s'empêcher de dire le garçonnet. «  Du speed x d'après une plus grande, Kelly, une télépathe ou je sais plus quoi ! » dit le troisième garçon d'une voix plus assuré mais qui n'était pas apparemment le chef de bande vu comment la fillette le reprit : « Regarde comme elle est pâle ! Franchement, arrête tu lui fais peur ! T'en fais pas le monstre sera vite attrapé ! Et Xavier va le virer d'ici ! Xavier c'est le directeur, il est fun tu verras ! » Le quatrième gamin reprit alors : «  Ouais, mais il aimerait pas comment tu parles tu te souviens pas de l'idéal de l'institut ! » La fillette renchérit :  « Je suis sûre, que ce n'est pas un humain, tu crois vraiment qu'un mutant ou non, mais humain ferait ça ? Mon cousin c'est le plus chouette au monde ! » «  Tu crois que c'est quoi alors ? » « Un truc comme la plante géante de 2012 dans le nord de Manhattan nommée Yggdrasil en plus discret ? Bref, une arme qu'il faut détruire ! » «  Tu crois que Xavier laissera CA entrer ? » «  Et mon cousin, il bluffe pas non ? » «  Ouais » « Eh oh ! Ça va ? T'es vraiment palote ! »  

Clems ne percevait plus du tout qui parlait, elle sentit ses jambes céder. Et comprenant ce qu'elle avait fait, qu'elle avait empoisonné son camarade sans savoir comment , et que cet acte aux yeux de tous lui semblait digne d'une arme, supposant cela, elle se prit encore plus en horreur. Non, ce n'était pas les autres les fautifs... ni même cette école, mais ce poison en elle, poison qui avait amené son frère à se tuer. Elle entendit un cri, elle ne sut pas de qui il provenait, et sombra dans l'inconscience.


Elle reprit conscience peu après mais n'ouvrit pas les yeux. Il n'y avait plus de bruit dans l'infirmerie. Les enfants devaient être partis, elle était allongée et son corps fatigué grognait de cette journée. Elle se concentra et perçut une silhouette rouge près d'elle, elle arrêta presque aussitôt la vision. Était-ce Rachel ? Peut-être ou pas... Dans le doute, elle prononça en refusant d'ouvrir les yeux au jour :
«  Pourquoi vous restez avec moi ? Qu'est ce que ça vous apporte ? » Sa voix enfantine l'agaça sur le coup mais cette fois elle ne s'en formalisa pas longtemps.

«  Je ne suis qu'une arme et on ne veut pas de moi ici vous les avez entendu ? J'ai déjà attiré des ennuis à trop de gens...Vous feriez mieux de me laisser avant de vous attirer des ennuis... »


Cependant, elle suivit ses dires en attrapant la main près d'elle, elle ne savait pas si c'était Rachel mais elle avait besoin de ce contact. Contact, qui contredisait ses paroles.


« Partez pas, pas pour le moment... »
murmura t'elle. «  s'il vous plaît ! »

Une enfant qui ne comprend pas le monde, Clems n'était que cela, elle resserra sa prise sur la main, encaisser tout ça était dur, mais se confier encore plus et pourtant elle avait besoin de se libérer de ces mots qui traduisaient son incompréhension, ces 'pourquoi' auxquels personnes ne répondaient, pas même elle. Ces quatre mots, qui défiaient les péripéties de sa vie, en traduisant son envie d'exister mais aussi sa peur et sa culpabilité face à ce désir de vivre. Tout cela, mélangé dans un beau bazar de sentiments, qui se traduisaient en quatre mots répétés :
«  J'ai pas fait exprès !   J'ai pas fait exprès !   J'ai pas fait exprès !   J'ai pas fait exprès !   J'ai pas fait exprès ! »

Ces mots scandés étaient telles les larmes sèches de cette enfant qui ne savait pas pleurer. Clems ouvrit alors les yeux découvrant celui ou celle qui lui faisait face. Car tu mentais petite fille, toi qui convaincue et convainquais de ta déjà mort et du mieux de ton isolement. Tu avais au fond de toi deux désirs inavoués : Celui de ne plus être toute  seule et celui d'être.

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Echo
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MessageSujet: Re: Saisir sa chance {Clems Harke}   Lun 27 Juin - 14:03

Les instants de fragilité apparaissaient et disparaissaient rapidement, mots et gestes de l’Echo pouvant les déclencher avant que les pensées et les sentiments de Clems les faisant taire. Une défense, tout simplement. La jeune femme pinça les lèvres à la réplique ironique de l’adolescente, voyant l’hésitation de fuite comme le rire amère. L’idée de retirer sa main lui vint mais elle ne le fit pas car, si elle ne pouvait pas donner tord aux malheurs qui pouvaient arriver à l’Institut, elle avait à cœur tout le positif qui s’y trouvait également. Comme pour les mutants, comme pour tout en fait, c’était toujours le mal qui marquait plus que le bien. Un mort mais combien de sauvés dans la confrontation au Bal ? Pourtant on retenait le mort et on jugeait sur lui. Clems n’avait pas à être désolée de son sentiment, il était d’autant plus normal qu’elle était personnellement touchée, courbant l’échine à nouveau.

C'est juste que je n'y crois pas, alors pour être franche, si d'autres gens ont souffert ici, et qu'ils y croient encore, je trouve ça affreusement crédule et naïf…

Ça ce nomme l’espoir.

Rachel était douce en disant cela, comprenant parfaitement le rejet et la perte de croyance. Une fois encore, elle était passée par là et avait su traverser cela pour devenir ce qu’elle était aujourd’hui. L’espoir était une chose qu’il était facile d’oublier ou de dénigrer mais ses cendres pouvaient toujours se ranimer à quiconque soufflait dessus assez longtemps. Le désespoir de la jeune femme avait durée des années, la faisant vivre au jour le jour sans autre objectif que sa survie à l’instar d’un animal, mais elle avait réapprit à espérer et à essayer par aspiration. Elle avait souvent apporté l’espoir, malgré elle sur sa réalité puis par bienfaisance sur celle-ci. Combien avaient cru en elle et s’en étaient remis à elle pour les aider lorsqu’il ne semblait rien leur laisser ? Amy, Caitlyn, Ernest, Sanzo, Kaede, Jade, Ariella, Charlie… Kate, Korvus et Ruby… les gens de Bleecker Street… Rachel dégluti, refoulant des souvenirs d’êtres partis aujourd’hui pour la quasi-totalité.

L’Echo en revint au visage de Clems lorsque celle-ci repris la parole, cherchant à se rattraper. Même dénuée d’espoir, l’enfant ne voulait pas faire souffrir comme elle-même souffrait, une chose que la jeune femme ne comprenait pas pour des raisons de conditionnement. Pour beaucoup, elle faisait parti des gens biens ici ; elle-même n’en était pas certaine. Elle avait fait beaucoup de mal et faisait beaucoup de bien, cela lui importait moins que de faire ce que lui dictait son cœur et de posséder sa liberté de choix. L’univers ne fonctionnait pas par moral, il fonctionnait par équilibre et c’était une chose qu’elle avait trouvée : l’équilibre, la paix.

Plusieurs enfants de l’âge de Clems couraient dans les couloirs du rez-de-chaussée, Rachel le perçut et y accorda de l’attention lorsqu’elle se dit qu’ils auraient du être en classe, l’intercours devant être fini. Ne pouvant être partout, elle aurait voulu se désintéresser d’eux mais ils semblaient suivre le même chemin qu’elles en plus de courir et cela continua de lui raisonner dans l’esprit.

Hochant sobrement la tête alors qu’elle aidait Clems à se relever, l’Echo ne sourit pas plus que la jeune adolescente. Celle-ci s’y essaya mais son échec la conduisit à nouveau à un rejet défensif. L’X-Woman ne commenta pas, ramenant sa main le long de son corps ; un plan pour retrouver une Purificatrice, cela prenait déjà du temps pour des agents du BAM entrainés alors, à moins d’avoir l’appui de Sage, quelques jours ne seraient jamais suffisant. Mais la jeune femme ignorait qui l’enfant cherchait à convaincre par ces mots ainsi les laissa-t-elle partir.

L’arrivée des autres enfants empruntant les escaliers à cette même vitesse fut perçue par les sens physiques cette fois et Rachel se tourna vers eux, intimant de ne pas courir dans les bâtiments avec simplicité. La réponse d’un zoomorphe vint alors qu’il prit une forme aviaire, ce qui ne manqua pas de faire sourire la jeune femme puisqu’utilisant ses capacités dans la bonne humeur afin de ne pas transgresser les règles, mais les autres ne ralentirent guère ; l’utilisation de modifications biomorphiques humaines ne changeait rien à la course, à ce titre. Le premier qui arrivait à l’infirmerie ? Outre que courir sur les trois étages était un moyen simple mais efficace de devoir y finir, y aller à l’intercours était une bonne idée en cas de nécessité ; la bonne humeur manifestée devant être celle d’avoir une excuse pour rater des cours tandis que l’arrivée bruyante seraient sans doute bien malmenées par Teryl Ticalamira, infirmière cinquantenaire récupérée par Xavier après plusieurs années d’armée. Si Irina Cameron était la gentille infirmière, trentenaire ayant fait son cursus à l’Institut, Teryl était la méchante et s’occupait des « cas problématiques » qui regroupaient toute personne pouvant utiliser du côté bonne poire de sa cadette. Rachel avait passé suffisamment de temps à l’infirmerie pour bien les connaitre toutes les deux.

L’Echo ne pensa pas plus que Clems suivait le mouvement avec le même empressement, une chose qui lui fit faire la moue avant de suivre également moyennant un étage de différence. De toute façon, si l’un se ramassait la gueule, elle était l’occasion de le récupérer sur le plat et ne garantissait pas de soigner le bobo bien mérité, sauf s’il était grave.

Les deux escaliers de l’arrière de l’Institut et l’ascenseur se rejoignaient au dernier étage, laissant un petit vestibule au dispensaire qu’était l’infirmerie puisqu’elle disposait autant d’une partie commune pour les choses scolaires que diverses pièces allant de la consultation médicale à l’étude en passant par les chambres d’observation. Dans une école spécialisée dans les mutants et autres êtres dotés de capacités surhumaines, l’Infirmerie était un lieu se devant d’être tout équipé. Et sans surprise, les personnes en charge de le faire tourner ne virent pas d’un bon œil l’interruption, faisant réaliser à Rachel que le cousin évoqué devait être le mutant sous Speed X, lequel était gardé dans une chambre d’observation et accompagné le temps de sa redescente. Venir troubler le calme de l’infirmerie n’était pas mieux perçu que celui de la bibliothèque, chose généralement résumée au fait qu’on ne pouvait être bruyant qu’au rez-de-chaussée vu que les étudiants n’avaient rien à faire au premier étage où se trouvaient les chambres des X-Men, et y aller avec un mot problématique n’allait pas arranger les choses. La jeune femme entendant tout dans le silence des escaliers uniquement troublé de son ascension, elle soupira face à la bêtise de la jeunesse.

Monstre était un terme qui revenait souvent à l’Institut alors qu’il aurait pu en être banni même si en généralité les mutants l’utilisaient pour se désigner eux-mêmes plutôt que pour pointer du doigt d’autres, considérant qu’on leur apprenait à ne pas faire cela. Qu’un adulte ait parlé de « monstre » renvoya immédiatement l’Echo à l’accompagnateur de Clems, lequel n’avait définitivement rien à foutre en ces lieux et expliquait l’euphorie des gamins. Gamins néanmoins chassés et qui se retrouvèrent vers leur homologue encore nouvelle, conduisant la jeune femme à accélérer le pas pour arriver plus vite.

La discussion se poursuivit avec la violence de l’innocence et les gossips de Kelly se répandaient comme une trainée de poudre, n’ayant ni l’humour ni la maitrise de ceux de Neassa afin de populariser des instants gênant mais sans danger ; même si un enregistrement audio d’X-Women ivres était risqué, même pour une troll du niveau de Nobody, et se pointer à l’halloween de l’Institution déguisée en Magneto pouvant être de mauvais goût. Mais la discussion était encore plus de mauvais goût, surtout considérant le nombre de problème que l’absence de contrôle sur des pouvoirs avaient déjà engendré et l’absence de toute monstruosité qu’il y avait eu là-dedans.  Sans faire la liste de toutes les péripéties rencontrées depuis que l’Echo était arrivée, une « agression » accidentelle n’aurait du faire autant réagir ; entre les élèves qui s’étaient battu et ceux qui avaient échangés de corps, ils n’en étaient plus à ça prêt. Et puis l’Yggdrasil avait été un mutant, aussi…

Rachel perçu Clems tomber et celle-ci n’atteignit jamais le sol, immobilisée par une déformation du bouclier psionique de la télékinésiste. L’X-Woman n’avait pas besoin de regarder Clems pour connaitre ses constantes vitales, lui évitant de s’étouffer avec sa langue alors qu’elle-même arrivait physiquement. Son regard sur la troupe d’enfants était triste et, alors que Ticalamira intervint à son tour, elle lui confia l’inconsciente avant de parler aux inconscients. Elle n’aimait pas parler autant mais le fit, rappelant à tous qu’ils étaient ici pour apprendre et que leurs pouvoirs, même lorsqu’ils en perdaient le contrôle, ne faisaient pas d’eux des monstres ou des armes. Détruire n’était pas la vocation de l’Institution, ils cherchaient à enseigner et à construire car c’était ainsi que l’on arrivait à un monde meilleur pour tous. Le mot monstre, Rachel ne voulait plus l’entendre de leurs bouches et ils avaient intérêt à retourner en cours ; s’ils voyaient Kelly en passant, qu’ils l’avertissent que l’agente de sécurité voulait la voir dès que possibles. Non, elle ne l’engueulerait pas plus que les autres mais elle avait des points sur les i à mettre et si ce n’était pas elle qui le faisait, la jeune femme demanderait à Sage. Au choix, donc.

La morale faite et l’avis de Teryl allant au fait qu’elle était trop gentille, l’Echo prit des nouvelles de l’infecté au Speed X dont la descente se passait bien, surveillée par Irina et Moïra, puis de Clems, qui avait également été placée dans une chambre d’observation en attendant qu’elle se réveille. Cela prendrait moins d’une heure, une révélation qui fit hocher la tête à la jeune femme ; sans lier sa non-intervention avec le fait que la visite se soit mal passée, puisqu’elle refusait de voir le négatif par-delà le positif, elle sut au moins qu’elle avait trouvée l’occupation de son après-midi.

Toutes les chambres d’observation se ressemblaient et Rachel les connaissait parfaitement, tant parce qu’elle les percevait dans son esprit que parce qu’elle y avait passés des mois. La porte liée à l’infirmière donnait sur une petite salle possédant, dans les coins de part et d’autres de l’entrée, un aménagement douche-toilette et une table prête à supporter ce qu’on y déposerait. Plus loin, du cpôté de la table, se trouvaient une table de nuit puis la tête d’un lit, lui-même parallèle à une grande fenêtre donnait sur l’extérieur et le panorama de Graymalkin Lane ; fonction de la position, on pouvait avoir le lac Breakstone et le parc au-delà ou encore les bois avec le labyrinthe d’un côté ou le potager de l’autre. S’asseyant sur le rebord de la fenêtre, la jeune femme recommença à prendre le soleil en ressortant son téléphone portable, recommençant à envoyer quelques sms afin de poursuivre les conversations de trompe-ennuie laissées en plan ainsi qu’à avertir Sage comme Nobody de problèmes qu’elles avaient surement autant constatés que Xavier lui-même. Restait à savoir ceux qu’eux feraient pendant son attente et sa veille ; Xavier, ou Sage s’il lui demandait de le faire, devraient pouvoir remettre à sa place l’accompagnateur comme faire la morale de façon plus ou moins diplomate aux partis impliqués, même si Rachel l’avait déjà partiellement fait, quand à Nobody, elle devait être à la vie scolaire actuellement considérant que ces examen étaient terminés et aurait donc plusieurs tampons à ne pas donner. Il y avait aussi cette histoire de lame de rasoir à régler.

***

L’activité cérébrale consécutive des capacités de Clems averti Rachel que celle-ci reprenait conscience, la faisant poser le regard vers le lit qui n’était pas plus éloigné d’elle que si elle avait posée une chaise à son coté. La question de la jeune adolescente la fit se lever pour s’assoir sur le lit, action qu’elle accompli avec douceur en laissant les paroles de son interlocutrice s’évacuer et en acceptant que celle-ci s’accroche à elle comme dans un réflexe de survie.

Pourquoi vous restez avec moi ? Qu'est ce que ça vous apporte ?

Ça ne m’apporte rien… mais je reste avec toi parce que j’ai de l’espoir pour toi.

Je ne suis qu'une arme et on ne veut pas de moi ici vous les avez entendu ? J'ai déjà attiré des ennuis à trop de gens… Vous feriez mieux de me laisser avant de vous attirer des ennuis…

J’ai entendu des enfants parler sans savoir et avec maladresse d’un non-événement et d’une personne qu’ils ne connaissent pas.

Partez pas, pas pour le moment… s'il vous plaît !

Je ne pars pas. Je te donne ta chance, comme cette Institut. Si tu nous acceptes, nous serons là ; même si tu nous apportes des ennuis.

L’Institut était prêt à prendre des risques pour ses pensionnaires, étant reconnu comme une zone de non-droit par le BAM même s’il tâchait de ne pas en abuser. Clems ne pouvait guère apporter d’ennuis à l’Institution elle-même, se limitant à des problèmes internes qu’elle pourrait gérer en interne, comme nombre d’autres jeunes mutants. Ses capacités étaient peut-être insidieuses mais elles n’étaient pas ingérables, pas plus que la jeune adolescente. Jeune adolescente qui craqua, le barrage de ses émotions cédant avec une violence qui se répercuta dans ses membres comme dans ses paroles. L’Echo l’écouta, la regarda et lui rendit sa poigne afin de lui faire sentir sa présence, son soutien. Elle attendit que l’évacuation se finisse, n’interrompant pas la tempête que l’âme de Clems ne pouvait plus contenir.

Je sais.

Contrairement aux pensées, les mots pouvaient avoir une polysémie trompeuse. Mais celle-ci pouvait, si elle était bien utilisée, offrir également bien plus que toutes les paroles qui pourraient être dites. Rachel n’était pas douée pour les mots et n’appréciait pas parler trop longtemps, ayant ainsi une affinité particulière avec ces déclarations courtes et sincères dont le sentiment transpirerait au-delà des syllabes les composants.

L’infirmerie était l’un des endroits où il était le plus improbable d’être dérangé et ce calme serait apprécié par l’Echo, n’escomptant plus avoir à composer avec des élèves trop curieux ou un accompagnateur aussi concerné que consternant. Un moment d’intimité permettait de faire bien plus que toute l’agitation du monde.

Clems, souviens-toi de ce que je vais te dire. Tu n’es une arme que si tu laisses ceux qui le disent avoir raison. Sinon, tu es Clems.

Oui, un organisme producteur de Speex X pouvait devenir une arme au même titre que bien des mutants mais potentiellement plus dangereuse qu’une grande majorité d’entre eux. Et oui, il y aurait des gens pour vouloir utiliser le potentiel de cela. Tout autant qu’ils y en avaient pour simplement vouloir l’aider, lui apprendre à cohabiter avec elle-même et avec les autres. Il fallait de tout pour faire un monde. Et au final, ce qu’on était importait moins que ce qu’on cherchait à devenir, encore et toujours.

Je vais te montrer quelque chose, d’accord ?

Si l’accord était obtenu, Rachel poursuivrait ; sinon, elle resterait simplement silencieuse à écouter Clems. La plupart des gens avaient suffisamment de curiosité pour accepter sans réfléchir ce genre de proposition et la jeune femme le savait, c’était bien pour cela qu’elle était prête à faire l’effort de dévoiler son véritable visage. Fermant les yeux, Rachel se concentra et ses traits sculpturaux se marquèrent de cicatrices artificielles, des tatouages rouges formant des paires de lignes partant de ses joues, de son front et de son menton, pour se poursuivre sous sa chevelure et sur sa gorge puis dans son dos, sur ses bras et son buste, s’en allant disparaitre sous ses vêtements ou s’arrêter au niveau de ses mains.

J’ai été une arme moi aussi. J’ai créés plus de fantômes que je ne suis capable de m’en souvenir. J’ai fait du mal et j’ai voulu mourir.

Il y avait une profonde douleur dans ses mots et dans ce qu’elle évoquait à demi-mot mais l’Echo l’acceptait comme une partie d’elle. Elle ne pouvait se faire face dans la glace avec ces Marques d’Assermentations des Limiers sans devoir réprimer des pleurs pour ce qu’elles signifiaient, pour ce qu’elles rappelaient voir commémoraient, mais elle acceptait cette partie d’elle.

Ce sont des cicatrices de ma vie mais elles ne m’empêcheront pas de vivre, des traumas qui me marquent à jamais mais qui ne sont pas obligé de me défigurer à présent.

Beaucoup d’élèves de l’Institution l’avaient déjà vue avec les tatouages, lesquels avaient été particulièrement flagrants durant sa phase d’acceptation, mais beaucoup d’élèves l’avaient vue en bikini, en pyjama ou en tenue d’X-Woman également. Peu connaissait la véritable signification des M.A.L. comme l’histoire de celle qui les portait. Elle avait eue une réputation de bizarre, de dangereuse, de dépressive… nombres des jugements portés sur elle avaient un peu de vérité malgré leur ignorance. Mais cela n’avait pas empêché de l’accepter et de l’aider.

Un jour, tu comprendras cela aussi. Je ne peux pas te le promettre mais penser cela m’aidera à croire en toi. L’espoir, toujours.

L’espoir pouvait être crédule et naïf mais l’on en payait le prix que s’il était mal placé. Hors, en attendant de le savoir, il conduisait toujours plus à essayer que la croyance que l’on échouerait. Qui ne tentait rien n’avait rien, tout simplement.

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MessageSujet: Re: Saisir sa chance {Clems Harke}   Ven 15 Juil - 0:52

« Je sais. »

Deux petits mots et pourtant une réponse, une réponse à cette enfant qui criait dans l'obscurité sans qu'aucune lumière ne vienne briller, une bougie, une présence. Deux mots qui permirent à Clems de se calmer tout doucement, sa respiration reprit lentement un rythme normal et son cœur cessa de battre à tout rompre.

« Clems, souviens-toi de ce que je vais te dire. Tu n’es une arme que si tu laisses ceux qui le disent avoir raison. Sinon, tu es Clems. »

C'était précieux et Clems reçut ces mots comme un cadeau. Elle voulut les prononcer mais il était bien trop tôt. Tu es Clems... Comment y croire quand on avait passé notre vie à être persuadée et se persuader d'être rien ? Tu es Clems. Pas un être qui n'existe pas, pas un être à anéantir juste Clems...juste...quelqu'un à qui une humaine parlait...peut-être une humaine aussi alors ? Peut-être quelqu'un qui comptait ? Cette pensée fit peur à l'enfant qui la rejeta aussitôt, et pourtant elle ne pouvait nier l'évidence aux yeux de Rachel elle existait, elle ne savait pas encore ce qu'elle représentait mais il se reflétait de ses mots comme une Clems humaine, une Clems individue qui faisait se serrer d'angoisse et de bonheur le ventre de l'enfant.

« Je vais te montrer quelque chose, d’accord ? »

Clems se releva sur ses coudes intriguée. L'enfant lâcha la main pour poser sa tête mais ne la perdit pas de vue comme un petit animal guetterait la présence parentale afin de se rassurer. D'accord était perceptible dans le regard enfantin bien que dénué de parole, le regard noir de nuit était calme comme celui d'un enfant de cinq ans auquel un proche lit une histoire du soir. Clems en avait treize et demi c'est pourtant cette première et même confiance qu'elle ressentait envers Rachel. Comme un petit enfant le phœnix lui faisait commencer une histoire, une histoire qu'elle n'avait jamais commencé : L'histoire de sa vie d'enfant, l'histoire de Clems. Et dans cette acceptation d'être à travers le regard qui prend en compte et dont la fragilité d'existence dépend encore tant, Clems acquiesçait attendant.

Des cicatrices longues et en lignes se mirent à marquer le corps de la jeune adulte, Clems regarda sans un mot, elle regarda le corps de la première personne qui lui permettait de s'autoriser à exister se blesser sans chercher à arrêter la transformation. Elle ne la connaissait que trop comme les paroles qui en suivirent.


« J’ai été une arme moi aussi. J’ai créé plus de fantômes que je ne suis capable de m’en souvenir. J’ai fait du mal et j’ai voulu mourir. Ce sont des cicatrices de ma vie mais elles ne m’empêcheront pas de vivre, des traumas qui me marquent à jamais mais qui ne sont pas obligés de me défigurer à présent.»

Tant de douleurs dans ces paroles que Clems ne comprenait que trop, instinctivement elle passa sa main gauche sur sa manche de bras droit couvert de cicatrices. Et une peur la prit et la fit reculer intérieurement. Les cicatrices de Rachel n'étaient pas volontaires, elle ne les avait pas voulu non ? Et il est peu probable, vu comment elle en parlait, qu'elle en soit l'auteur ? Non ? Clems n'en savait rien...Et ce doute la fit frisonner. Il est possible pour n'importe qui d’interpréter ce frisson comme de la peur mais il n'en était rien, c'était de la tristesse, une vague de tristesse qui fit masser le bras meurtri de Clems par Clems. Non Clems n'était pas à sa place, sa propre crédulité se moquait d'elle. Comment as-tu pu petite stupidité croire que Rachel et toi étiez pareil ? Vous n'êtes pas de la même meute car Clems n'avait pas de meute. Clems était seule, seule, seule, éternellement seule. Car Clems ne pouvait qu'être défigurée d'exister. Dans sa solitude, tout n'était que peur, dans ce cauchemar il n'y aurait pas de sortie possible.

« Un jour, tu comprendras cela aussi. Je ne peux pas te le promettre mais penser cela m’aidera à croire en toi. L’espoir, toujours. »

Comprendre quoi déjà ? Ah oui qu'il y avait une sortie, que malgré le passé on pouvait vivre...Mais pour ça il fallait vivre tout court Clems et Clems avait-elle déjà existé ? Oui elle avait existé, la petite fille était née mais avait été oubliée, elle aurait pourtant tant aimé mais...

« Rachel... »

Clems sursauta, sa voix était tremblante comme prête à éclater en sanglots qui ne sortaient pas, elle voulait avant que cette indifférence qui la tuait, cet état de non-existance, ce « compatage pour du beurre » la tue, elle voulait s'assurer qu'elle avait d'autres choix que la mort.

« Rachel... »

Et ces mots semblaient coûter à l'enfant bien que peu forts. Enfant qui approcha sa main des cicatrices et les toucha sans peur, sans rejet même sans curiosité mais avec une tendresse de petite fille qui reconnaît en un quelqu'un une personne qui compte et qui mérite de compter. Rachel avait permis à Clems d'exister quelques instants, que cela dure, qu'elle y croit restait fragile et incertain en proie aussi aux pas en arrière mais ce qui était sûre c'est qu'une confiance d'enfant apprivoisée, une confiance précieuse avait été gagnée.

« Rachel... »

L'enfant reposa sa main aussi rapidement qu'elle était venue caresser les cicatrices, dans une hésitation à demander ce qu'elle avait à demander, elle en avait presque honte en fait, pourtant tout ce qu'elle voulait tout ce qu'elle désirait résidait en cette simple question. Mais c'était tellement dur à formuler qu'elle était l'enfant devant la porte de la classe apeurée de devenir élève, élève de l'institut.

« Rachel vous êtes surveillantes ici non ? Ou au moins vous travaillez ici , non ? Ce serait logique puisque vous êtes intervenue... »

Et non vous y avez cru ? Je vous fais poiroter depuis des paragraphes en l'attente de LA question de Clems mais non ce n'est pas celle qui lui brûle les lèvres, mais laissez là s'élancer elle a besoin de temps la petite.

Et Clems hésita de nouveau, c'était peut-être mal de formuler cette question, si Rachel travaillait ici alors c'était de son devoir de répondre oui pas de sa volonté propre et pourtant Clems aurait voulu que l'adulte voit en elle plus qu'une tâche, plus qu'une corvée à traiter. Mais dans le doute elle repoussa la question qui la tenaillait. Et elle partit sur un tout autre sujet.


« Si je me blesse c'est car je l'ai mérité...Il y a des cicatrices qui doivent se faire. Pas car on le veut, je n'aime pas avoir mal...Mais il paraît...Quand j'étais petite j'ai cru que ça me faisait oublier...Mais tout ce que ça fait c'est de rappeler que je n'existe pas... »

C'était une affirmation, Clems ignorait si cela serait compréhensible, elle ne demandait pas à ce qu'on le comprenne. Elle souhaitait juste l'avouer et peut-être que ce fut le tremplin qui la fit poser cette question tant attendue hésitante : « Mais pour vous …si je fais une bêtise...Moi...Clems...si je fais une bêtise...Vous me gronderez car J'ai fait une bêtise ...N'est ce pas Rachel ? »

La question pouvait paraître étrange mais elle était essentielle car c'est en tant que Clems que Clems demandait une réponse, en tant que jeune fille, en tant que personne qu'elle demandait à ce qu'on réponde à son acte imaginaire par une réponse imaginaire mais fondamentale. Si Clems comptait alors elle devait compter dans le bon et le mauvais de ses actes comme il n'avait jamais été le cas. Mais déjà la question faisait peur à l'enfant qui baissant le regard se retrancha dans un :

« Oubliez la question. »

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Echo
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MessageSujet: Re: Saisir sa chance {Clems Harke}   Mar 19 Juil - 15:18

Le calme n’avait pas été difficile à obtenir, sans doute du fait de la sincérité des mots. L’Echo le pensait et y accordait de l’importance. Clems lui offrait une attention incroyable qu’elle-même avait mis longtemps à développer mais sans doute que les passifs émotionnels similaires aidaient à cela. La jeune fille se rapporta à ses propres cicatrices inconsciemment et la jeune femme le vit parfaitement. Tout comme elle vit le frisson, une chose qu’elle déclenchait généralement chez ceux capables de conceptualiser ce qu’elle avait subi comme infligé ; la peur était ambivalente chez l’Echo, tout à la fois moteur et délectation, mais celle-ci avait appris à vivre sans. Elle continuait d’avoir des peurs mais elle faisait face et ne vivait plus par elles à présent. Pas plus qu’elle ne vivait par les maux qu’elle avait en elle. Clems avait encore à découvrir cela et, si la jeune femme pouvait se tromper sur les ressentis de la jeune fille, elle savait avoir juste sur ça. Par expérience.

Fixant le visage de son interlocutrice alors que celle-ci l’appelait par son prénom, Rachel attendit simplement que Clems réussisse à cracher ce qu’elle voulait dire, n’interrompant pas son effort malgré le coût important de celui-ci ; fuir la douleur, la peur ou la tristesse n’apportait pas forcément autant que les endurer et ce n’était pas son choix que de le faire en cet instant.

Rachel vous êtes surveillantes ici non ? Ou au moins vous travaillez ici, non ? Ce serait logique puisque vous êtes intervenue…

L’Echo hocha doucement la tête en guise de réponse, n’interrompant pas les paroles hésitantes pour que celles-ci ne soient pas tues. Et heureusement qu’elles ne le furent pas, tant elles étaient aussi profondes que les entailles que Clems s’infligeait. La jeune femme croisa les bras, fixant la jeune fille avec un regard mêlant l’incompréhension à la tristesse et à une certaine forme de sévérité. Elle ne dit rien cependant, pas plus qu’elle ne bougea lorsque toute la confession se termina sur une question. Le libre-arbitre était une chose complexe, d’autant plus lorsqu’il interférait avec des législations particulières ou d’autres libre-arbitre. Si Clems faisait le choix de s’automutiler, c’était le simple et l’Echo le respectait, quand bien même c’était fait pour de mauvaises raisons et n’apportait pas de positif comme on aurait pu s’y attendre. Cependant, elle ne pouvait pas le tolérer au sein de l’Institution car c’était contre la volonté d’aider et de protéger ; d’ordinaire, le contrevenant ayant choisi de venir ici, son choix primait et il se devait d’accepter les contraintes. Clems n’avait pas choisi. Mais, considérant son âge, le choix ne risquait pas de lui être laissé à nouveau.

Oubliez la question.

Je pense plutôt te remercier de l’avoir posée. Ainsi que de ce que tu m’as dit avant.

Décroisant les bras, Rachel les posa sur ses cuisses sans quitter du regard son interlocutrice. L’idée de sortir la lame de rasoir lui vint mais elle s’en abstint par instinct et reprit avec sa douceur normale.

Si tu es ici, tu dois en respecter les règles. L’automutilation n’est pas une chose qu’on accepte et on t’aidera à t’en passer.

Amy avait déjà fait le coup par le passé même si cela avait été plus discret du fait de sa régénération rapide, jusqu’à ce que l’accroissement de capacités espéré par la stimulation soit efficiente et n’entraine encore pire si Rachel se souvenait bien. Accompagner Clems dans cette démarche restait une chose que l’Institut pouvait faire même si cela impliquerait un suivi psychologique que peu d’élèves avaient ; trop peu, peut-être, mais là où il y avait eu Xavier, Frost et Amy pour le faire par le passé, seul restait le Professeur actuellement et il avait déjà tant à faire.

Tu cherches à te rappeler que tu n’existes pas mais la mémoire est une preuve de l’existence, même si elle peut faillir.

Le vide de l’oubli pouvait être une preuve d’existence également si on savait avoir oublié quelque chose, l’imagination se chargeant alors de remplir le noir, mais l’Echo ne l’évoqua pas.

Très peu de gens ont ce qu’ils méritent, en bien comme en mal. J’ignore si tu mérites ses cicatrices, je sais que je ne te laisserai pas les faire cependant.

Alors qu’elle parlait, Rachel fit de nouveau migrer les pigments responsables de ses Marques d’Assermentation des Limiers afin de faire disparaitre les cicatrices qu’elles formaient et ainsi retrouver son visage « normal ».

Officiellement, je suis agente de sécurité ici. Mais comme ça n’est pas nécessaire, je fais plutôt office de femme à tout faire : les visites, l’aide à la maitrise des capacités, parfois même des réparations…

Rachel haussa les épaules, ne sachant même plus tout ce qu’elle avait pu faire au sein de l’Institut dans le simple objectif de rendre service durant cet étrange temps-libre laissé par ses capacités mutantes, lesquelles lui étaient également utile pour faire la plupart des choses qu’on était amené à lui demander.

Ce que j’ai à y faire m’importe moins que ce que j’y fais parce que je crois en ce lieu et en ce qui y est fait.

Je crois aussi dans la plupart des gens qui y sont. Je crois qu’ensemble, on peut s’améliorer et améliorer les choses. J’ai espoir et j’essaie de le partager.

Le monde pouvait être un endroit bien sombre et des histoires pouvaient être horribles mais il était une lumière qui ne devait jamais être perdue. L’Echo le savait et se battait pour car elle savait ce que cela faisait de survivre, de vivre sans espoir. Lutter pour quelque chose offrait des possibilités de s’en sortir, lutter pour lutter n’amenait qu’à l’épuisement.

Je ne te demande pas de le partager ni même de le comprendre, pas encore. Je te demande cependant de nous laisser une chance de t’aider et de te montrer.

Se levant doucement du lit, l’Echo tendit une main vers Clems et les doigts survolèrent son bras blessé.

Ceci te rappelle que tu n’existes pas, cesse de le faire alors.

Avec cette même douceur presque lente, la main désigna tour à tour le plexus et le front de l’adolescente alors que les paroles continuaient.

Ecoute plutôt ceci et ceci. Si tu ressens, c’est que tu existes. Si tu penses, c’est que tu existes. Après à le voir toi-même et les autres le verront naturellement.

Rachel se doutait bien que le problème d’existence n’était pas un problème physique de survie, comme elle-même avait pu avoir, mais, à défaut de comprendre l’ensemble dont cela retournait, elle rappelait des fondamentaux symboliques également. Penser et ressentir étaient des preuves de l’existence. Sans existence, il n’y avait rien : ni peine ni joie, ni douleur ni bien-être, ni bien ni mal. Il n’y avait même pas du vide, il y avait du néant. La jeune femme avait vue beaucoup de chose, beaucoup plus de choses que la plupart des gens pouvait imaginer, mais elle n’avait jamais vu de néant. Logique puisqu’il n’existait pas, sans quoi il ne serait plus néant.

Est-ce que tu accepterais de voir quelqu’un pour t’aider ? Quelqu’un avec autant d’écoute que moi mais qui pourrait te permettre d’avancer. Je serais là si tu as besoin.

La demande était maladroite mais sincère et la sincérité avait jusqu’ici bien fait. L’Echo ne doutait pas de la capacité de quelqu’un comme Xavier pour réussir à aider Clems. Sage était déjà plus problématique mais le plan B habituel et Amy aurait pu être utile également. Rachel pouvait accompagner et aider à améliorer mais elle n’était pas la meilleure des conseillères dans le domaine. Peut-être devrait-elle d’ailleurs récupérer des connaissances afin de pouvoir y officier en connaissance de cause, elle savait déjà chez qui demander. Cela verrait plus tard cependant, tant que sa nature suffisait la jeune femme n’irait pas puiser chez les autres.

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"Des monstres ont fait de moi un monstre,
Des divinités ont fait de moi une divinité,
Seuls les humains peuvent faire de moi une humaine."






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