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 Loyautés {Abraham Blackwood}

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Amy de Lauro
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MessageSujet: Loyautés {Abraham Blackwood}   Sam 4 Juin - 16:29

Vendredi 3 Juin 2016 – 04 : 49 P.M.

Les températures étaient celles d’un bel été newyorkais, dépassant les vingt degrés sans atteindre les trente malgré le ciel bleu aux quelques nuages blancs chassés par les vents marins, et les parcs comme le Bryant Park de la NY Public Library étaient bondés de monde. Beaucoup de touristes, beaucoup de locaux, beaucoup de langues et d’accents, beaucoup de couleurs et de mouvements, beaucoup d’odeurs végétales et animales, beaucoup de choses en sommes. Je me tenais aux limites de la partie boisée et des terrasses au dos de la grande bibliothèque, baignant dans tout cela avec un certain apaisement. Ça pourrait m’être douloureux du fait de mes capacités mais ne l’était pas, mon cerveau continuant de disposer du reflexe normal d’en ignorer certaines ; c’était ce qui m’empêche de finir autiste. Ce n’était cependant pas pour les chaos ambiant que j’étais ici, vêtue d’un t-shirt à col bateau blanc, d’un pantalon de coton noir, d’une veste grise dotée d’un unique bouton à la manière de celles des tailleurs et d’une chevelure rousse lisse descendant jusqu’à mes épaules. Je percevais certes beaucoup de choses mais mes yeux verts en cherchaient des précises au sein des quelques centaines de personnes se trouvant là, les doigts de ma main gauche pianotant contre ma cuisse pendant que ceux de ma main droite tenaient fermement un dossier papier.

J’étais revenue au cours de la journée précédente de mon affaire à Londres et celle-ci m’avait laissée entrevoir une possibilité dont j’avais fait part au Trium à mon retour, une possibilité que j’avais le loisir d’exploiter à présent même si elle n’était nullement officialisée. J’ignorais si j’avais bien négocié mais je savais qu’il me faudrait encore le faire avec quelqu’autres candidats dont le principal était attendu ici et maintenant. Comme trop souvent, on avait considéré que seuls les X-Men pouvaient servir d’agents de liaison avec les X-Men mais mon départ de l’organisation pour réellement intégrer le Bureau des Affaires Mutantes avait permis de prouver le contraire, l’important étant d’avoir les bons contacts. Et je n’étais pas la seule à disposer de contacts avec l’organisation tout en pouvant être utile au Triskelion, je le savais. Cela ne rendait pas moins paris moins risqué mais il suffisait de miser sur les bonnes personnes.

Abraham Blackwood me semblait en faire partie. J’ignorais peut-être pour qui il travaillait réellement mais ma rencontre avec lui et tout ce que j’avais pu obtenir sur lui m’indiquaient que c’était un homme bien. Ses actions et dires à l’hôpital MayFLower Parc m’avaient déjà laissée une bonne impression à l’époque, et pourtant j’étais méfiante, mais la réitération au cours de Bleecker Street et l’aide inestimable fournies par ses capacités de téléportation continuaient de plaider en sa faveur ; sa présente avait été corroborée par de nombreux témoins même s’il n’avait pas été interrogé par le BAM suite à cela. Rachel aussi en parlait en bien, une chose absolument normale considérant leur lien, et m’avait permis d’avoir un angle d’approche. Il avait finie son année scolaire avec le mois de Mai, même s’il possédait un retard depuis le second semestre 2015 du fait d’un problème familial, et s’en allait conclure cela avec ses amis avait le week-end. Le rendez-vous était fixé à seize heures à la NY Public Library où ils avaient l’habitude d’étudier et allaient rendre leurs livres ensembles. Néanmoins, rendre leurs livres n’était qu’une étape et j’allais gâcher la suite, même si j’avais attendue trois quarts d’heures avant d’intervenir.

L’homme ne me reconnaitrait pas, les différences étant trop importantes avec l’apparence qu’il n’avait vu brièvement qu’une unique fois dans sa vie, mais sans doute se serait-il rendu compte qu’Amaranth Oldfield n’était pas réel après notre rencontre et un prénom semblable était assez rare ; il n’était devenu vrai que récemment, conséquence de ma rupture avec la belle-famille. Etait-ce suffisant pour faire le lien ? Je ne pensais pas. Les informations que j’avais sur lui et que le BAM ignorait seraient bien plus indicatrices de ma véritable nature même si je ne lui reprocherais pas d’appartenir à une organisation secrète : j’avais commencé au Triskelion comme X-Woman, même si ça n’était plus tellement secret, et continuait de posséder une loyauté externe au BAM. Qu’Abraham soit dans ce cas aussi ne me gênait pas, il pouvait faire beaucoup sans avoir à renier son affiliation réelle. Il y avait bien le risque que l’obligation plus prenante du Triskelion lui nuise mais c’était à moi de le convaincre qu’il y avait plus à gagner qu’à perdre.

L’observant sans difficulté de par sa grande taille, après tout il avait une tête de plus que la plupart des gens et peut-être deux avec moi à présent, j’arrêtais de pianoter de mes doigts et analysais ses interactions avec ses proches. Rachel était bien occupée actuellement avec les révisions pour les jeunes élèves de l’Institut et les autres pairs d’Abraham m’étaient inconnus. Je savais devoir les chasser mais m’imposer ainsi me gênait un peu et il me fallut une grande inspiration pour me lancer à son encontre. Mes mouvements étaient assez amples et lents, une habitude prise afin de gérer au mieux ma vitesse et mes interactions avec mon environnement, et il me fallut plusieurs minutes pour en arriver jusqu’au groupe et m’y intégrer d’un hochement de tête que j’escomptais digne accompagné d’un sourire poli.

Bonjour. Veuillez m’excuser d’ainsi vous interrompre. Monsieur Blackwood, Amaranth de Lauro, BAM. J’aimerai m’entretenir avec vous si vous permettez.

Cela faisait bizarre de ce présenter ainsi, je n’étais pas encore habitude et puis avoir un « Amaranth » parfaitement anglais accompagné d’un « dé laouro » typiquement italien n’était pas un mélange courant. Dans tous les cas, je pouvais montrer la plaque si elle était demandée, c’était le genre d’accessoire que j’aimais beaucoup avoir sur moi parce que je la trouvais belle. Avoir sa photo et son identité à côté d’un impressionnant insigne gravé pour soi, je trouvais ça classe. Même sans avoir la tenue, l’arme de service ou une ceinture pour l’accrocher, j’avais généralement ce truc dans une poche ou une autre. Mais je n’allais pas laisser mon professionnalisme être contaminé par du fanboyïsme, surtout que la planque était celle d’agente de liaison du secteur interne et, pour le coup, c’était sacrément moins impressionnant que l’investigation ou l’intervention.

Une autre chose que j’étais parfaitement prête à faire était changer mon dossier de main afin de lui serrer la sienne, s’il me la tendait d’abord. Ma poigne était étonnamment forte mais je savais la doser pour qu’elle paraisse humaine, quand bien même je pouvais broyer les os assez simplement. Je ne m’attendais pas à ce qu’Abraham douta longtemps de ma mutation et j’étais curieuse des éléments qu’il pourrait déduire. Je n’avais jamais pris le temps de le côtoyer réellement et, même si je le faisais par intérêt, j’avais beaucoup de choses à découvrir. J’avais suffisamment entendu parler de lui pour avoir une familiarité mais je n’avais pas l’intention de me laisser tromper par cela ; sans me mêler de ce qui ne me regardait pas comme Sage pouvait le faire, je gardais un minimum de recul sur ce que je faisais et devais faire.

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Mar 14 Juin - 20:58


Vendredi 3 Juin 2016, 16:23 UTC, Bryant Park
Manhattan, New York, USA

« Freedooooooom ! »

Sous le regard étonné de la plupart des personnes présentes à la sortie de la NY Public Library, qu’elles en sortent réellement ou qu’elles soient détendues dans le parc qui se déroulait à ses pieds, une paire de baskets s’envola dans un rire joyeux. Et pour une autre catégorie de présents, ce fut un bel ensemble d’yeux levés au ciel, accompagné malgré tout de rires et sourires en coin.

« Rappelez-moi quel âge il a déjà ?
- Tout dépend. Tu veux mon âge réel ou mon âge mental ? »

Une nouvelle salve de rires ponctua la question alors qu’Abraham sortait une paire de tongs de son sac qu’il glissa à ses pieds, ses orteils s’intercalant avec habitude.

« Ça ne va pas jurer avec le reste de ta tenue tes tongs ?
- Penses-tu ! J’suis en jean coloris et forme standards … mon tee-shirt, excepté le fait qu’il ait un col en V et qu’il soit gris anthracite, pour aller mes yeux pardi, il n’y a rien à dire non plus. T’inquiètes, je gère. un blanc puis une reprise amusée Tiens attends, je vais ajouter au cliché du touriste.
- Hu ? »

Se penchant, diminuant sa carcasse de moitié, il fit un revers aux jambes de son pantalon, le transformant en pantacourt.

« Voi-là. Vacances ! »

Il se redressa et admira son œuvre avec un sourire idiot puis avança vers ses propres pompes, abandonnées. Plus ou moins. D’un même mouvement, le reste du groupe suivit docilement pendant que leur propriétaire ramassait ses affaires pour les ranger tout en chantonnant tranquillement en français.

« Il est liiiiiibre Bee, il est liiiiiibre Bee …
-  Et bien, tu es de bonne humeur toi aujourd’hui !
- Attends mais il nous chante quoi-là ?
- Aucune idée. C’est du français mais à part ça … ma connaissance de la culture ne va pas aussi loin.
- Parce que tu en as une de culture ? »

Nouveaux éclats de rire pendant lequel était accordée la facilité de la réplique. La discussion reprit tranquillement, s’orientant sur les prévisions de chacun, sans compter sur les disponibilités. Les téléphones et agendas divers enregistraient les informations, vérifiant que chacun avait les mêmes.
Et si l’ambiance était détendue, certains réflexes persistaient. Comme celui d’avoir un œil sur son environnement, quel qu’il soit, sans pour autant en avoir l’air. De ce fait, une personne qui s’approchait en ligne droite d’un pas assuré ne passait pas inaperçue. D’autant plus si elle était rousse. Encore ? Il avait l’impression de ne voir que ça ces derniers temps … Il sourit bêtement en pensant à l’une d’entre elles particulièrement avant de revenir à la conversation qu’il avait délaissé, gardant malgré lui un œil sur le point mouvant dans son champ de vision.

Cette dernière cessa quand l’inconnue, arrivée à leur hauteur, s’intégra d’un simple bonjour poli auquel tout le monde répondit, certains avec plus d’accent que d’autres. New-York et son côté cosmopolite dans toute sa splendeur. Et comme elle le regardait, il était presque sûr qu’il allait gagner le jackpot … et bingo. Il sourit en entendant son nom tout en tiquant sur le sien. Le prénom tout comme le nom ne lui étaient pas inconnus. Surtout le prénom. A la mention du BAM, des yeux s’écarquillèrent de surprise mais aussi de curiosité.

« Qu’est-ce que tu as encore fait ?
- Ah ah, si je savais ! puis s’adressant à l’agent de Lauro En attendant, je ne vois pas pourquoi je refuserais une requête formulée aussi poliment. Je suis à vous dans un instant. »

Il ajouta un petit signe de tête avant de se tourner de nouveau vers son groupe d’amis, terminant la conversation interrompue auparavant, tapant la bise aux filles et serrant la main aux hommes. Puis il sortit du cercle et invita l’agent à le suivre plus loin. Mains dans les poches et sac à l’épaule, il essayait de se souvenir où il avait déjà entendu ce prénom, tout en se demandant ce qu’il y avait dans le dossier qu’elle tenait à la main. Il ne reprit la parole qu’une fois assez éloignés.

« J’avoue que je m’attendais à vous, enfin, pas vous personnellement mais quelqu’un de chez vous, à vous voir bien plus tôt que ça … genre il y a plus d’un an. Mais je ne suis pas rancunier. Et après tout ce temps, je doute que votre visite ait un rapport avec Bleeker. Ou pas directement en tout cas. Alors, que me vaut cet honneur ? »

Il était assez curieux de savoir ce qu’on lui voulait cette fois-ci. Peut-être qu’il devrait tenir une liste. La dernière fois  qu’une requête similaire lui avait été présentée, il avait gagné un boulot. Mais il ne pouvait pas avoir du bol à ce point-là. Et avant qu’elle n’eut le temps de lui répondre, l’autre question lui échappa.

« Nous nous sommes déjà rencontrés, non ? »

Il n’avait pas pu la retenir.

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Amy de Lauro
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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Dim 19 Juin - 23:26

Une personne de plus d’un mètre quatre-vingt-dix n’était pas difficile à repérer dans une foule mais lorsqu’elle criait et lançait des projectiles dignes d’un discourt de Georges Bush c’était plus aisé encore. C’était imprévu et surprenant, indiscutablement. Je ne m’étais pas attendue à quelque chose de particulier mais je ne m’étais pas attendue à cela. Abraham semblait particulièrement apprécier la bonne humeur et se faire remarquer pour cela, Rachel m’en avait déjà parlé mais je ne l’imaginais pas ainsi mais je pouvais comprendre ce qui plaisait dans ce naturel expansif. Mon amie n’était pas discrète le moins du monde mais elle n’avait pas cette aura de joie tout en devant y être très réceptive. Il était trop tôt pour dire s’ils c’étaient bien trouvés et j’étais surtout là pour trouver Abraham à mon tour ; l’un des avantages c’était qu’il n’y aurait pas besoin de le menacer s’il faisait souffrir sa petite copine, comme toute famille le faisait, considérant qu’elle saurait répliquer par elle-même. Sans doute valait-il mieux l’avertir de cela d’ailleurs mais je laissais à Sage le soin de ce détail, pour peu qu’il ne soit pas déjà accomplit. Moi, je m’en allais gâcher les vacances déjà très appréciées.

Abraham me remarqua aisément, malgré ses planifications estivales, mais sa réaction se limita à de la surprise et une joie absente avant qu’il ne m’ignore jusqu’à ce que je m’impose. Ce que je fis comme prévu, accueillie sans hostilité et par une diversité d’origines familière. Malgré mon appréhension d’ainsi intervenir, je manifestais un sourire d’aise et vis celui de mon centre d’intérêt quand il découvrit l’être ; s’il bloqua à mon prénom, je le fis un micro-instant à sa réaction. C’était quelque chose que je déclenchais à présent mais, comme pour mon nom, je ne m’y étais pas encore habituée. Un comble pour une personne capable de se souvenir du moindre instant de sa vie sans souci.

Hochant la tête à l’instant demandé après l’acceptation de mon interlocuteur de discuter avec moi, j’attendis simplement qu’il termine sa conversation en prenant le dossier à deux mains. Rompant ma position pour le suivre à son invitation, je marchais à côté d’Abraham dont la détente était perturbée par la réflexion. Je ne perturbais pas cela, le laissant aller à son rythme en espérant qu’il ne serait pas trop long à la détente, quoi que fut le ressort qu’il entortillait.

L’aveu de l’homme m’aurait conduit à hocher la tête, comprenant ce qu’il voulait dire avant qu’il ne finisse de le faire, s’il ne s’était pas interrompu pour des précisions qui me firent sourire d’amusement. Cela passant néanmoins vite, tant par l’évocation de l’attentat de Bleecker Street que par l’assurance qu’il n’était pas rancunier ; quelles raisons avait-il d’être rancunier envers le Triskelion vis-à-vis de l’attentat ? C’était un mauvais moment, de mauvais souvenirs et sentiments, cela avait brisées bien des vies… mais s’il était une rancune à tenir, c’était envers le FLM.

Votre…

Je n’eu pas le temps de finir ma phrase qu’il reprenait déjà, me coupant dans ma réaction rapide. Je l’écoutais de nouveau du fait, souriant de gêne et me passant ma main libre dans la nuque pour cette même raison sans ralentir le rythme de marche. Celui de réponse attendit un petit peu en revanche, me temps que je regarde ailleurs et m’en revienne à lui.

Nous nous sommes déjà rencontrés en effet. J’étais, disons différente. Je voyais encore mes pieds quand je regardais vers le sol.

Ça, c’était fait. Ça ne l’aidait surement pas beaucoup mais c’était fait. Je n’hésitais pas beaucoup avant de reprendre avec franchise, bien consciente que c’était là le mieux que je pouvais faire.

Amaranth Olfield, à l’hôpital MayFlower Parc. Le Wonder Beaver et vous aviez stoppé un mutant en manque de Speed X.

J’ignore de quoi Abraham ce souvient de ce jour-là, j’ignore ce qu’il à découvert après. Je n’éprouve simplement pas l’envie d’en dire énormément plus ; cela doit ce voir sur la gravité de mon visage, bien différent de celui de l’époque même s’il résulte de ceux que l’on y avait.

Vous avez aussi raison pour le rapport indirect avec ce qui c’est passé à Bleecker. Le Triskelion vous a laissé tranquille après cela parce qu’il vous considère comme un honnête citoyen qui a simplement fait son devoir et mises ses capacités au service du bien commun. Je le crois aussi, pour ne pas dire que je le sais, je sépare juste le fait que vous soyez honnête de celui que vous soyez citoyen. Vous êtes un citoyen américain et vous êtes honnête mais vous n’êtes pas plus un honnête citoyen que moi. Je pense que vous comprenez ce que je veux dire.

Nous n’avions pas demandée la véritable organisation d’Abraham lors de notre rencontre, lui accordant une confiance qui avait sans doute disparue avec les ans, mais nous avions su qu’il appartenait à une organisation secrète. Que des choses échappent encore aux X-Men était rassurant, prouvant leur faillibilité malgré leurs pouvoirs et leurs compétences, et dangereux également. Mais nous tentions tous de faire notre petit bout de chemin et le danger resterait omniprésent, quand bien même il ne fallait pas se focaliser dessus sans quoi on finissait par se faire plus de mal qu’il ne réussissait à nous en faire. Nombre de mauvais souvenirs me firent me taire mais j’en revins rapidement à la discussion et, une fois qu’Abraham eu confirmé ou infirmé ma pensée, je pus reprendre.

Je ne suis pas intéressée par savoir à qui va votre allégeance. Nous avons tous nos croyances et je le respecte. En revanche, je suis intéressée par savoir si votre allégeance comme vos croyances vous permettraient d’accepter d’aider comme vous l’avez fait à Bleecker Street. Je suis actuellement en charge de faire la liaison entre le Bureau des Affaires Mutantes et les X-Men, de part mes contacts en leur sein, mais je suis également habilitée à intervenir en cas de nécessité « insuffisante » à faire appelle à eux.

M’arrêtant de marcher, je me retournais pour faire pleinement face à Abraham et constater tout aussi pleinement que mes talons ne suffisaient absolument pas à combler notre trentaine de centimètres de différence. Cela ne me gênait pas, j’avais l’habitude de me tenir dans les ombres d’êtres tellement plus exceptionnels que moi ainsi qu’il s’agisse simplement d’une question de taille était presqu’amusant. Je n’avais pas l’humour de la fille de mes voisins à dire que le téléporteur en tongs me faisait de l’ombre mais s’il était bien placé au soleil s’eut été le cas.

Vous avez des contacts aussi, je le sais. Loin de moi l’idée de me mêler de votre vie privée, cependant vous devriez être tout autant en capacité que moi de faire appel à la X-Team au besoin. C’est l’argument que j’ai présenté au Trium Virat du Triskelion lorsque je leur ai parlé de vous. Je n’ai rien dit au sujet de votre secret mais je leur ai dite la même chose que je vais vous dire. J’aimerai que vous m’aidiez, monsieur Blackwood.

En une année, le Bureau des Affaires Mutantes a été capable de passer un accord avec une organisation privée de vigilantisme, s’attirant les foudres de bon nombre de personnes pour avoir cédé une partie de sa capacité sécuritaire à un groupe indépendant mais augmentant celle-ci de part les possibilités dudit groupe,  et c’est vu confier la tâche de l’intégration d’une partie de la communauté mutante acceptant de se faire enregistrer à un niveau étatique, s’attirant la colère d’une partie de la population mutante pour les dérives sécuritaires que cela peut entrainer et celle d’une partie de la population humaine pour le favoritisme que cela a entrainé. Qu’il subisse le feu croisé de tous les partis fait parti de sa nature, il ne pourrait en être autrement considérant les diverses institutions qui sont sensées le régir. Cependant, si on veut qu’il prenne le bon chemin, il faut y participer. C’est l’une des organisations les plus impliquées dans la cohabitation pacifique, malgré l’image de gros bras qu’on cherche à lui donner, et l’un des rares organismes étatique à traiter avec parfaite égalité l’humain lambda et l’humain mutant. C’est un exemple pour beaucoup, l’attention qui lui est accordée le prouve. Avec l’élection présidentielle, le Triskelion et la gestion de la mutation vont devenir encore plus débattus.

Si votre organisation possède la même volonté de bien faire que vous, et j’y crois, peut-être sera-t-elle intéressée par y voir plus clair dans le jeu du BAM. Et vous, peut-être serez-vous intéressé par cette possibilité. Nous avons eu accès à vos états de service au sein de l’US Army ; opérations spéciales, je n’ai pas les habilitations pour percer du confidentiel mais mes supérieurs oui. Et si ce qu’ils y ont vu leur avait déplus, je ne pense pas que je serais en mesure de vous remettre ceci.

Marquant une troisième pause dans mon monologue, je tendis à mon interlocuteur le dossier papier que j’avais en main, lui laissant le soin de s’en saisir avant de poursuivre.

Vous avez été renvoyé pour de mauvaises raisons. Vous n’auriez pas du et c’est pour cela que vous avez été récupéré par d’autres plus « compréhensifs », je suppose. Un cas comme le votre n’est pas étranger des Agents du BAM et je pense que leurs tests ne sauront pas être trop problématiques pour quelqu’un de votre trempe. Lorsque je vous vois avec vos amis, je regrette de vous proposer, de vous demander cela ; vous avez su prendre un nouveau départ, manifestement. Mais je pense que vous n’avez pas perdu la volonté d’aider les autres, sinon vous n’appartiendriez pas à une organisation secrète, sinon vous ne vous seriez pas exposé à Bleecker. Ne pensez pas que je déconsidère ce que vous avez entrepris ; c’est votre vie, ce sont vos choix. Je respecte cela. Je vous en offre simplement un nouveau. Lire le formulaire de candidature devrait vous apporter tout ce que vous avez besoin de savoir sur le Bureau et ses Agents. Néanmoins, si vous voulez en discuter, je vous invite à boire un verre, monsieur Blackwood.

Inviter avant de poser la proposition aurait été de la manipulation puisque créer un terrain propice aux émotions positives afin d’axer le sentiment d’Abraham par rapport à moi. L’inviter après devrait m’éviter cette prédisposition tout en ayant toujours le terrain favorable à la discussion. Me tenant droite, les mains le long du corps, je continuais de le fixer de mes yeux verts constamment en mouvement, semblant vibrer de par les vifs déplacements provoqués par la surveillance de ses points d’expression faciale.

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Mar 21 Juin - 21:53

Ils s’étaient donc déjà rencontrés. Peut-être que sa mémoire ne lui faisait pas défaut tant que ça. Sauf que sa précision ne l’aidait mais alors, absolument pas. Elle voyait ses pieds ? Elle voulait dire quoi par-là ? Qu’elle avait pris du ventre depuis ce moment-là ? Il lui jeta un bref coup d’œil. Elle n’en avait pas, ça ne pouvait pas être ça. Peut-être que c’était plus haut que le changement s’exerçait. Nouveau regard en coin qui ne s’éternisa pas plus que nécessaire. Il n’était pas à classer dans les pervers. Et quitte à dévisager attentivement quelqu’un, ça ne serait pas elle mais bel et bien une autre jolie rousse. Souriant tout seul en y pensant,  il revint à sa réflexion précédente. Peut-être que c’était ça ? Moins de poitrine la fois précédente ? Peut-être. Il n’en savait rien puisqu’il ne se rappelait pas cette fois passée. Ou alors elle était plus grande maintenant ? Aucune idée. Peut-être daignerait-elle lui apporter la réponse ?

Il semblerait que oui. Son cerveau s’activa et commença à ouvrir les archives pour retrouver les informations associées. Il se rappelait bien de ce jour-là. Non seulement, ce n’était pas tous les jours que l’on prenait un bain dans un couloir d’un hôpital, mais surtout, c’était là qu’il avait rencontré Sasha. Rencontre un peu tordue il est vrai puisqu’il avait commencé leur relation en la giflant mais il n’avait jamais recommencé par la suite. Outre le fait que ce n’était pas dans son éducation que de répondre par la violence quand il pouvait l’éviter, il n’en avait surtout jamais eu besoin. En attendant, il faisait défiler ses souvenirs jusqu’au moment qui l’intéressait. L’après mise hors état de nuire de l’hydrokinésiste. L’interrogatoire en bonne et due forme, les yeux verts, les ailes …

« Finalement, j’ai peut-être bien fait d’oublier de vous serrer la main tout à l’heure … »

Il lui accorda un sourire et n’insista pas plus sur ce point. Il ne lui en avait pas tenu rigueur sur le coup et ne lui en voulait toujours pas pour ça. Il aurait fait pareil si les rôles avaient été inversés. Il s’apprêtait à demander des nouvelles de Caitlyn mais l’air qu’elle arborait l’en empêcha. Un sixième sens lui indiqua que ce n’était pas la meilleure chose à faire. Ou pas maintenant en tout cas. Plus tard qui sait ? Avec une situation plus propice et une relation un peu plus engagée que celle qu’ils avaient actuellement, celle qui se résumait à un jeu de questions-réponses et une interruption de vacances. En fait, s’il avait à lui reprocher quelque chose, c’était bien de l’avoir coupé dans son élan. Mais c’était tout. Et il serait déjà passé à autre chose dans dix minutes.

Abraham continua donc de l’écouter, sans changer de rythme dans sa démarche. Un rire bref lui échappa à la mention du devoir et de la mise à disposition de ses capacités personnelles au service du bien commun. Ben tiens. C’était ce qu’il avait fait, à la base, en choisissant de s’engager dans l’US Army à sa sortie de l’école avant d’en être jeté comme un malpropre. Il n’avait rien demandé. Y rester lui aurait plu. Il n’attendait que ça. Rien ne l’attendait chez lui à cette époque-là. S’épuiser et se vider pendant les entrainements lui convenait. Et ça aussi on le lui avait pris. Que soient remerciés ses parents et l’éducation qu’ils lui avaient donnée. Parce que sans ça, sans l’environnement dans lequel il avait grandi, il aurait tout simplement pu regarder la scène d’un air dédaigneux, lui tourner le dos et rentrer chez lui sans demander son reste. Après tout, que devait-il à tous ces gens ?
Dans l’absolu, rien du tout. Mais il n’était pas comme ça. Et s’il ne pouvait pas sauver tout le monde ce jour-là, il avait au moins voulu faire de son mieux et éviter que d’autres, le plus possible, se retrouvent dans la même situation que lui. Ce n’était peut-être pas uniquement pour ça qu’il avait agi mais c’en avait été le principal moteur. Il soupira malgré lui et se rendit compte qu’il avait totalement décroché de la conversation ne percutant que les derniers mots impliquant qu’il comprenait ce qu’elle voulait dire.

Du fait, non, il ne comprenait pas. Mais il n’avait pas écouté donc c’était plus normal. Elle répéterait si c’était important. Un léger silence lui laissa supposer que ça ne l’était pas. Docilement, il attendit la suite, ne sachant toujours pas vraiment ce qu’elle lui voulait. Elle était là au nom du BAM oui, mais après ? Il secoua la tête brièvement comme pour ramener son attention et sa concentration avec lui quand sa voix s’éleva de nouveau. Il la coupa brièvement entre deux phrases.

« Ma seule allégeance va à ma famille, qu’elle soit de sang ou non. Tout le reste n’est qu’arrangement temporaire entre deux parties. »

Il tournerait volontiers le dos et sans hésitation à son employeur actuel ou à la faculté si sa famille entrait dans la balance. Il ne pouvait pas être plus clair et ne s’attarda pas sur ce point. Pas pour le moment. Si elle voulait y revenir, libre à elle. Il reprit son écoute silencieuse, enregistrant les informations fournies et mettant de côté les questions qui se présentaient au guichet de la curiosité. L’américain s’arrêta une seconde après elle et baissa les yeux pour la regarder. Nulle trace de condescendance dans ce geste, il ne pouvait juste pas faire autrement pour ne pas la quitter du regard. Il attendait la suite, patient. Et elle ne tarda pas. Il n’avait pas cillé.

Qu’elle ne s’occupe pas de la sienne et il ferait de même. Il doutait du besoin de faire appel à la X-Team mais tout aide était bonne à prendre en certaines occasions. Pour le moment, seul un de ses membres l’intéressait et c’était en tant que jeune femme qu’il avait besoin d’elle, pas en tant qu’X-Women. Juste elle. Mais ce n’était pas le sujet du moment et il poussa son image un peu plus loin histoire de rester attentif. Aider l’agent Amaranth de Lauro ? Et en quoi pouvait-il bien l’aider ? S’il se rappelait bien, elle avait suffisamment de compétences pour ne pas avoir  besoin des siennes. Et si ces contacts incluaient ceux de Caitlyn, si sa mémoire était bonne, alors elle connaissait les deux meilleures téléporteurs sur plusieurs univers. En plus impressionnantes que lui en plus. Pourquoi lui, donc ?
Un nouveau rire sec lui échappa à la mention du Mutant Registration Act. Une bien belle connerie à son avis. Lui-même avait décliné l’invitation à se faire recenser. Pourquoi faire ? Outre le fait qu’il n’était pas d’accord avec le principe, il devait être fiché depuis son départ de l’armée. Ce n’était pas la peine d’en rajouter. Mais serait-il obligé de le signer officiellement s’il acceptait de l’aider ? Traitement avec une parfaite égalité ? Il demandait à voir mais pourquoi pas. Elle en avait l’air convaincue en tout cas.
Quant à son organisation, il ne réagit pas plus que précédemment, soupçonnant sans être au courant qu’elle avait déjà un pied dans le BAM, si ce n’était pas une jambe entière. Cela dit, rien n’empêchait d’ajouter une oreille pour être sûr d’entendre au maximum. De l’infiltration à un autre niveau. Dommage, ce n’était pas lui le plus doué pour ça. Isaïah sortait totalement du lot suivi par Tadeki. Mais eux avaient la chance d’être toujours dans l’unité. Il les enviait, parfois. Puis cela passait en un  battement de cils. Un nouveau rire bref lui échappa à la mention de ses états de service. Il se permit une remarque quand elle fit une pause et qu’il attrapait le dossier d’une main habituée.

« Vous ne ratez pas grand-chose à ne pas les avoir vous savez. La plupart de nos interventions n’existent pas. »

Et n’étaient donc pas notifiée, que ce soit numériquement ou réellement. Il ouvrit le dossier du coin et avisa l’en-tête. Dossier de candidature pour le BAM. En fait, si, il avait du bol. Même si là de suite, il ne savait pas trop quoi en faire. Il referma le dossier, le tenant d’une main pendant que l’autre ouvrait le sac qu’il avait fait basculer devant lui d’un coup d’épaule. Il rangea les papiers soigneusement, entre deux bouquins personnels pour éviter le froissement et le contact  avec les baskets. Parallèlement, il continuait de l’écouter. Il ne reprit qu’une fois qu’elle eut terminé, ne revenant pas sur son renvoi et sa récupération.

« Je veux bien subir le gage de votre choix si vos tests sont plus retords que les entraînements que nous concoctait notre supérieur. Quant au nouveau départ … il fallait bien, vous ne croyez pas ? lui demanda-t-il en la regardant Que pouvais-je faire ? Rester cloîtré chez moi en maudissant le monde entier pour son incapacité à ne pas craindre ce qu’il ne connaissait pas ? Ou à m’en vouloir d’être ce que je suis ? Cela aurait-il changé ma situation ? Non. Et je deviens chèvre si je reste à l’intérieur trop longtemps de toute façon … donc j’ai trouvé une alternative. Un peu moins plaisante que mon choix premier mais elle a le mérite de me maintenir occupé, d’augmenter mes connaissances et de me fournir une certification en bout de course. Je ne suis pas à plaindre, loin de là. »

Il marqua une pause, refit basculer son sac à sa place définie dans son dos et s’étira avant de poursuivre.

« Quant aux choix …  vous connaissez un bar sympa dans le coin pour que nous puissions le boire ce verre ? questionna-t-il en souriant Ah, et s'il vous plait agent de Lauro, si vous pouviez m’appeler Abraham tout simplement, j’aimerai autant. Ou alors faites sauter le Monsieur devant mon nom. Je n’en ai pas l’habitude. Je n’ai pas l’impression que c’est à moi que l’on s’adresse mais à mon père. »

Il ne savait pas où cela allait mener ni même s’il allait accepter mais toute information supplémentaire était bonne à prendre. Et un point n’avait pas changé depuis toutes ces années : il aimait toujours autant avoir les tenants et les aboutissants avant de se décider. A quelques exceptions près.

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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Sam 25 Juin - 18:16

Finalement, j’ai peut-être bien fait d’oublier de vous serrer la main tout à l’heure…

Et paf, dans les dents ; Abraham s’en amusait peut-être mais mon sourire parfaitement mimétique témoigna d’un malaise assez important. Il se souvenait, c’était certain, et avec suffisamment de précision pour que cela me déclencha un petit rire nerveux. Mais même cela ne suffisait à me distraire de mes souvenirs et s’en reparti aussi vite que c’était venu, étant chassé avec cette même vélocité. J’avais la douteuse qualité d’être bavarde, ayant été capable de noyer sous mes paroles avant même que les pensées qu’elles exprimaient ne deviennent plus rapides que celles des humains, et ma mutation comme un sujet de conversation n’arrangeaient rien à cela. Trop parler plutôt que de ne pas assez le faire, j’avais toujours combattue ma timidité comme cela et c’était l’une des grandes réussites de ma vie. C’était aussi totalement hors de propos.

Je n’étais pas télépathe mais j’étais capable de lire sur les visages et cela m’aidait à comprendre les gens et leurs ressentis, me permettant de pleinement comprendre l’amertume du rire jaune d’Abraham quand bien même je ne le regardais pas. Une chose qui revint rapidement, alors que je m’immobilisais pour lui faire face. Sa seule allégeance allait à ça famille, cela m’attristait par égocentrisme ; non pour lui mais bien pour l’expérience que j’avais eu d’une famille. La sienne avait du être aussi importante dans sa construction psychologique que l’absence d’une mienne l’avait été pour moi et nous avions là un sujet où ne serions probablement pas capable de nous accorder. Mais que la mienne ait mal terminée ne signifiait pas que toute famille était à condamner, simplement que je ne croyais plus en cette notion naturelle et obligatoire. Je laissais chacun libre de sa croyance, je le repréciserai toujours, mais que le reste n’importe pas était à double-tranchant, je le savais pertinemment pour l’avoir appliqué durant toutes les années où j’avais eue une famille. Au moins, l’absence d’idéologie principale du Bureau des Affaires Mutantes lui conviendra parfaitement même si ça fiabilité s’en ressentira. Mais parler de fiabilité dans nos cas devait être un peu hypocrite.

Je voyais les absences d’Abraham tout autant que ses interrogations, je constatais son mépris à l’égard du MRA et le dégout mêlé de doutes qui le suivit, il me surprit de son impassibilité travaillée à l’évocation de son organisation même si elle se joignit rapidement de réflexions qui furent balayées à cette même vitesse. Que je n’aie pas raté grand-chose à ne pas avoir eu accès à la partie confidentielle me laissa perplexe jusqu’à ce que l’explication vienne et j’hochais la tête, n’ayant pas envisagé le terme de « spéciales » comme une appellation polie pour « clandestines ». Je m’étais plantée mais ça ne m’étonnait ni ne me posait réellement problème, ce n’était pas une chose exceptionnelle surtout concernant le fait de dissimuler ses traces ou d’entreprendre des opérations paramilitaires illégales ; dans un cas comme dans l’autre, je n’avais pas une grande expérience. Je n’avais jamais cherché à me dissimuler, plus croyante en la reconnaissance de mes droits et de mes capacités, et j’avais une expérience du terrain largement au-dessous de la moyenne des X-Men, quand bien même la Salle des Dangers me permettait de rester plus qu’adéquate à ce genre d’intervention. Toute mauvaise X-Woman que j’ai été, je n’en avais pas moins réussi à devenir X-Woman.

La curiosité d’Abraham concernant le dossier lui déclencha de la joie et du doute, une chose des plus positives pour moi ; il n’était pas fermé à l’idée et appréciait le geste, même s’il n’était pas encore question d’une réponse. Le soin avec lequel il rangea le document était illustratif du soin qu’il apportait à la proposition, me rendant un peu plus confiante dans mon approche. Je pris note du gage si les tests du BAM réussissent à le mettre en difficulté et acquiesçais au nouveau départ, un peu trop rapidement une fois encore puisque mon interlocuteur poursuivit par des questions purement rhétoriques et témoignant de ce qu’il avait pensé autrefois. Je connaissais des personnes capables de faire ces choses que lui considéraient comme aberrantes et qu’il avait refusées pour des raisons probablement plus importantes que le simple fait de ne pas rester enfermé.

La façon dont Abraham parlait de son alternative m’interpelait, tant par son aspect « moins plaisant » que par « le mérite de le tenir occupé » ; je ne parvenais pas à déterminer s’il parlait de son organisation secrète ou de la faculté, traduisant que s’il n’était pas à plaindre il était tout de même prêt à mieux. Voici qui pouvait plaider en ma faveur mais je ne connaissais que trop bien le coût de faire des choses, même bons, pour de mauvaises raisons. Hors je voulais éviter à toute personne d’en faire, l’âge n’apportant nulle sagesse face à cela alors que les erreurs des uns pouvaient bénéficier aux autres. J’espérais que mes erreurs puissent servir, sans oublier que mon expérience ne valait pas mieux que celle d’autrui.

J’écoutais l’hésitation et la question d’Abraham, m’apprêtant à lui répondre sans le faire du fait de sa reprise quasiment immédiate afin de suivre le fil de ses pensées. Fil qui conduisit à une nouvelle demande plus amusante que la précédente, laissant un choix plutôt sympathique entre le prénom et le nom mais évitant toute marque de respect qu’il associait à son père. Je comprenais parfaitement ce que cela fait, même si c’était le « madame » que je ne tolérais plus. Je répondis donc avec un sourire amusé en le fixant.

Et bien, j’accepterai Abraham si vous me rendez la pareille en m’appelant Amy. Je réserve le « Blackwood » pour l’éventualité où je serais un jour autorisée à vous pester dessus.

C’était dit avec humour même si, comme toujours, il y avait un peu de vrai là-dedans. Je savais avoir trop tendance à subir plutôt qu’à réagir mais je tâchais de m’améliorer sur ce point également et commencer à pousser des gueulantes pour faire comme si j’avais une autorité était donc envisageable ; tout autant que me faire rire au nez si j’essayais. Mais bon, le ridicule ne tuait pas même s’il amochait bien et c’était ce qui me permis d’ouvrir un bras pour désigner là d’où nous venions, à savoir les terrasses du grand bâtiment de la NY Public Library.

Sinon pour le café, le Bryant Park Café me semble indiqué. Sinon on a un Starbuck de l’autre côté de la rue.

Je n’y connais rien en bars et cafés mais je suis observatrice et j’ai suffisamment attendu dans Bryant Park pour repérer le café et le restaurant qui se trouvaient en terrasse ; je ne pensais pas qu’ils soient des attrape-touriste de par l’emplacement culturel mais je m’attendais à payer un sacré prix. Cela ne me gênait cependant pas vraiment, ayant plus d’argent que j’en avais l’utilité depuis que tous mes projets d’avenir avaient rejoint la poussière. Mais il vallait mieux trop que pas assez.

J’ignore si je fais bien de vous le dire dès maintenant mais j’ai tendance à savoir ce que je fais de façon générale, pas dans le détail. J’ai l’idée, le plan ; je l’ai aussi mais c’est plus approximatif déjà. Par exemple, je suis venue vous voir, je vous ai fait un speech improvisé et là je compte sur vous pour avoir de quoi faire la discussion.

J’étais parfaitement capable de trouver, là n’était pas la question, mais cela ne risquait de pas être aussi constructif et de dériver un peu plus que si Abraham restait concentré sur l’affaire. J’ai tout autant du mal à m’y faire que ma nouvelle apparence mais, désormais, je suis celle qui a les réponses ; sensément. D’ailleurs Blackwood, c’est agente de Lauro !

Enfin bref. Vos amis et vous êtes plus familiers du coin que moi, une préférence ?

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Sam 9 Juil - 16:10

L’américain la regarda à son tour, baissant les yeux à cause de sa taille et lui sourit en retour.

« Cela me semble un deal des plus équitables. J’accepte avec plaisir, Amy. Mais j’espère que je ne vous donnerai jamais l’occasion d’avoir des reproches à me faire. Par contre, si jamais j’acceptais de remplir ce dossier et que je sois admis au BAM, pourrai-je continuer à vous appeler ainsi ? Ou une dénomination particulière est requise ? »

A l’armée, le grade était de mise quand un supérieur était dans la pièce. Ou que son unité devait faire bonne figure. Chose qu’ils détestaient tous les cinq. C’est pourquoi Isaïah avait plus ou moins aboli cette règle quand ils étaient seuls. Quand cela arrivait, plus fréquemment qu’on ne pouvait se l’imaginer, le prénom, le surnom ou tout autre sobriquet destiné à emmerder l’autre était de rigueur. C’était bien plus simple et cela correspondait mieux à l’esprit de famille qui régnait entre eux.

« Même si je n’ai rien contre le sucre, je ne tiens pas à ingurgiter ma dose de la journée en une seule boisson dont la qualité est plus que discutable … alors si nous pouvions éviter le Starbuck, cela m’arrangerait plutôt. »

Les propos lui avaient échappés. Il n’avait rien contre les employés dudit café à la chaine. Juste quelques griefs contre leurs produits. Et leurs clients. Mais c’était une autre histoire.  Il allait lui proposer de se diriger plutôt vers le Bryant Park Café mais elle reprit avant lui. Il l’écouta donc comme il savait si bien le faire. Il sourit.

« Je serai plutôt dans l’extrémité inverse. Tout prévoir dans le moindre détail et à réfléchir à tous les scénarios à chaque nœud du plan … ça fait gagner du temps quand ledit plan bien huilé se grippe pour une raison ou pour une autre. »

Cela leur était déjà arrivé, plusieurs fois. Et si Isaïah n’avait pas insisté, à leurs débuts, pour que chacun ait plusieurs options à tout moment, la liste de ses cicatrices ne se limiterait pas aux deux impacts circulaires sur l’épaule droite, la rectiligne sur le flanc gauche et les micros sur l’avant-bras droits et le flanc droit … Et le tatouage de l’unité n’ornerait sans doute pas sa nuque.

« Cela étant, savoir improviser quand la situation l’exige rend pas mal service … Mais ce n’est pas à vous que je vais apprendre ça. Quoiqu’il en soit, ne vous en faites pas pour la conversation, il parait que je peux être un vrai moulin à parole quand je le veux. A ce propos, n’hésitez surtout pas à m’interrompre  … »

Chacun de ses proches avait sa propre technique. Les jumeaux lui balançaient un simple « Bee, ferme-la » en grec, sa mère lui disait souvent « Mon chéri, tu deviens ennuyeux ». Rapide et poli. Elena l’embrassait pour le faire taire. Ses cousins et sa tante lui jetaient de l’eau quand ils étaient en extérieur. La méthode était radicale mais elle rafraîchissait. Et elle terminait souvent en bataille d’eau dans le jardin. Bon, entrainement militaire oblige, il arrivait toujours à se venger sans téléportation et sans le moindre problème. Mais ça ne valait pas Halloween, son costume de Dracula et ses apparitions soudaines derrière ses victimes. Un sourire amusé se dessina sur ses traits alors qu’il y repensait. Plus l’idée de répondre à Amy lui apparut comme étant censée. Il désigna le Bryant Park Café de la main.

« Du coup, celui-ci me semble me semble largement préférable. Et puis, il y aura moins de monde. Sans compter la terrasse ombragée avec une vue sympa. Il fait beau. Et je suis en vacances. Autant en profiter. »

S’y engageant tranquillement en vérifiant que la jeune femme le suivait, et même s’il avait décidé de lui poser des questions autour du verre frais et rafraichissant qui ne ferait pas de mal, ne serait-ce que par principe, l’une d’entre elles lui semblait prioritaire voire décisive pour la suite. C’est pourquoi, finalement, il n’attendit pas plus.

« J’aurai tout de même besoin d’une … précision, si nous pouvons appeler ça ainsi, avant d’aller plus loin. Toujours dans l’éventualité où je remplis le dossier, suis-je obligé de signer le MRA ? Il me semble bien qu’il est, normalement, basé sur le volontariat mais est-ce que choisir sciemment de ne pas le faire peut poser problème ? Notez que dans mon cas, au vu de mes antécédents militaires et de la raison de mon renvoi, je crois qu’ils ont déjà tout ce qu’il faut. Mais j’aimerai tout de même avoir un autre avis sur le sujet. »

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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Sam 16 Juil - 14:20

Un deal était un deal, un espoir était un espoir aussi ; les deux étaient des choses que l’on escomptait accomplir au moment de leur apparition, en général, et que le temps consoliderait ou détruirait. L’éventualité et la question qui suivirent me laissèrent à penser deux ou trois cinquièmes de seconde avant que ma décision ne fut prise.

La structure du BAM est assez souple et je suis une agente « de terrain », même si c’est con à dire vu que j’appartiens au secteur interne. Je ne pense pas qu’on me donnera une promotion si je parviens à réunir une escouade de liaison avec les X-Men, se qui sera le cas si vous me rejoignez, donc nous serons égaux. Pas de dénomination particulière du coup et, même si je change de grade, je préfère conserver les familiarités. Question d’éducation. Après, si jamais il vous vient l’idée d’user du rang, c’est agente ; le féminin est important.

Je n’étais pas particulièrement féministe car les valeurs du mouvement tenaient du bon sens à mes yeux mais, du fait, je soulignais souvent l’égalité des sexes jusque dans les mots. Peut-être cela prenait-il d’autant plus d’importance que je ne m’exprimais pas en ma langue natale mais cela tenait du détail ; tant que le féminin y était, cela allait.

Surement plus que le StarBuck, visiblement ; pourtant c’était bien le sucre, tant qu’il ne squattait pas trop quelques portions du corps bien précises, et Abraham n’avait pas l’air d’en souffrir. Pour la qualité discutable en revanche, je ne pouvais que le croire considérant mes interactions limitées avec la quasi-totalité des cafés et autres bars de la ville. J’en avais visités lors de sorties avec Ninon, Rachel, Pristina et Neassa mais je n’étais pas non plus une franche habituée. Et le sucre ne me dérangeait pas, je pouvais en consommer sans crainte et les rares nourritures que je mangeais étaient pour leur goût ainsi elles étaient généralement sucrées à souhait.

Mais Abraham était dans l’extrémité inverse pour cela comme pour sa manière d’approcher les choses : prévoir dans le moindre détail et dans tous les scénarii, j’avais essayé ça aussi au début puis laissé tomber par la suite. Mon esprit fonctionnait suffisamment vite pour raccorder les choses en temps réel donc je ne perdais jamais vraiment de temps à chaque grippe d’un plan plus complexe. Mais je comprenais le principe et il était surement plus professionnel que le mien. Je compensais avec mon adaptabilité et cela fut supposé. Ainsi qu’accompagné d’une déclaration qui me fit sourire ; oui, Rachel m’avait déjà dit qu’il était excellent guide touristique et qu’il pouvait beaucoup s’exprimer, que ce soit oralement ou par des actions de lancé végétal comme de refroidissement aqueux.

Vous non plus, n’hésitez jamais à m’interrompre si je vais trop vite ou simplement que je parle trop ; je ne vous garanti cependant pas de m’arrêter.

Je souriais également en me disant que les discussions gossips qui seront la majeure partie de notre travail de fonctionnaire ne seront que plus intéressantes avec deux bavards et une timide. On serait moins bien installés qu’à Bryant Park mais les boissons seraient moins chères également. Et on serait payé.

Je suivais Abraham de ma démarche souple et placide, les bras balançant lentement dans le sens inverse des jambes et le regard détaillant tout ce qui passait avec une vivacité contredisant tout le reste. Retournant la tête au besoin de précision, je fixais un instant le visage du géant avant d’en revenir à ce vers quoi nous nous dirigions.

Le MRA est sur le volontariat, beaucoup de membres du Bureau ne l’ont pas signé. Je ne pense pas que ni Fury ni Dagger l’aient fait d’ailleurs… mais le BAM possède ses propres dossiers, moins accessibles, sur ses agents et ceux-ci contiendront vos capacités qu’elles soient d’origines humaines ou mutantes. Probablement comme vos antécédents militaires. Je pense que certaines parties du MRA ont été calquée sur la politique du BAM envers ses agents, cette discrimination positive dans le cas où les capacités mutantes sont un plus pour le travail, mais les dossiers restent similaires à ceux des autres agences fédérales.

A défaut de savoir ce qu’Abraham pensait du Mutant Registration Act, je sais ce qu’il ressentait envers lui pour le voir et je ne pensais pas que cela plaide en la faveur du Triskelion même s’il était parfaitement normal de posséder un dossier sur les membres de son organisation. C’était d’ailleurs le dossier qu’Abraham a à remplir, sans doute bien plus complet que celui pour la fac mais moins indiscret que celui pour son organisation secrète.

Si je trouve naturel de placer en l’organisation à laquelle on appartient cette même confiance que ladite organisation place en nous, il doit être possible de cacher des choses au BAM. Nos télépathes ne sonderont pas les esprits des gens à l’entrée, il faut un mandat pour faire ce genre de choses.

Ou du Patriot Act mais ça c’était que dans le cas de Confréristes et de Purificateurs en général, de Maraudeurs et d’X-Men à l’occasion. Le Bureau des Affaires Mutantes inquiétait de par ses possibilités de dérive, tout autant que le Mutant Registration Act qu’il gérait, mais il fallait regarder tout ce que cette organisation répressive avait fait au niveau des démarches de réintégration et d’amélioration du statu mutant. Pour moi, le MRA était une démarche de plus afin de quitter la répression vers de l’insertion mais le meilleur moyen de s’en assurer était d’aider à ce que cela advienne, de collaborer en somme. Je ne plaidais pas ma cause à l’oral cependant, pas sans y avoir été invitée, et restais apte à accepter les désaccords ; j’en avais énormément avec mes proches sur ce sujet d’ailleurs.

Arrivant en terrasse, je cherchais une table avec une partie à l’ombre et l’autre au soleil afin de laisser Abraham profiter de la vue sympa mais ombragée pendant que je m’installais sous le soleil. Prenant un menu, je mis moins d’une seconde à le lire et à faire la grimace ; les prix allaient de 6 à 26$, ce qui était cher mais sans surprise, et il n’y avait surtout que du snack. Du snack sympathique mais du snack quand même. Même si je savais que je ne serais pas regardante sur l’état de mes comptes en banque, j’aimais savoir ce que je dépensais. Ne pouvant m’aider à cela, je reposais le menu un instant après l’avoir pris.

Défaisant ma veste pour la laisser sur le dossier, je croisais les doigts sur la table en une position d’attente alors que toutes les discussions autour de nous se mêlaient à la notre qu’il fallait encore redémarrer. Une chose que je fis en commençant à regarder directement le soleil, clignant des yeux pour déployer les membranes nictitantes vertes et lumineuses.

Rachel parle un peu de vous, vous savez ? Ce qui est pas mal considérant qu’elle ne parle pas beaucoup en général. Et que l’on se voit moins qu’à l’époque où nous étions toutes deux à l’Institut. C’est elle qui m’a fait penser à vous pour ma tentative de chasseuse de tête. L’armée, des études de langues, une organisation secrète, des interventions comme à l’hôpital MayFlower Parc et à la station Bleecker Street ; vous avez pas mal de points communs de parcours. Vous avez aussi une part d’ombre discrète mais présente, d’autant plus petite que votre part de lumière semble importante, et une grande expérience de la vie.

Je parlais de cela normalement, avec même un peu de contentement : avoir une part d’ombre n’était pas quelque chose de foncièrement négatif pour moi car les expériences qui la forgeaient, bien qu’étant généralement négatives, pouvaient apporter du positif également. Il ne tenait qu’à nous de chercher du meilleur à partir du pire et c’était ce que Rachel faisait ainsi donc je supposais qu’Abraham le fasse aussi sans quoi cela ne fonctionnerait pas entre eux. J’en savais quelque chose. Néanmoins ma part d’ombre comme mon expérience de la vie restaient limitées et c’était pour cela que j’avais besoin de gens comme eux, non pour me guider mais pour avoir cette complémentarité avec ma propre vision.

Lorsqu’on c’est rencontrés, on a choisi de vous faire confiance et on en est restés là. On était des inconnus alors. Aujourd’hui, j’espère pouvoir vous connaitre plus et qu’on collabore à quelque chose. J’ai l’impression que ça fait des années, bien plus que les deux ans qui se sont écoulés en réalité.

Ramenant mon regard vers Abraham, je clignais de nouveau des yeux pour rétracter mes paupières verticales et souriais avec amusement.

Et encore une fois, n’hésitez pas à m’interrompre ; vous allez prendre quoi ?

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Mer 20 Juil - 19:39

L’américain écouta ses propos, répondant parfaitement à l’une de ses questions. Il reviendrait sûrement sur cette histoire d’escouade mais pour le moment, il se contenta d’acquiescer d’un petit signe de tête avant de répondre à son tour d’un ton simple.

« J’en prends note. »

Nul dénigrement là-dedans, une simple acceptation de la remarque. Il poursuivit, autant oralement que physiquement en poursuivant vers le café. Il émit un petit rire amusé à la réponse d’Amy. Ainsi donc, ils étaient deux à pouvoir palabrer sans ressentir le besoin de faire une pause pour respirer de temps à autre. Ou pour laisser les oreilles des amis refroidir, au choix. Après, il était à noter qu’il ne se transformait en pipelette que s’il avait des choses à dire. Et qu’il était intéressé par le sujet. Autrement, il était parfaitement capable de se terrer dans un mutisme total, ses seules réactions audibles  étant alors des soupirs de lassitude. Mais il doutait que cela se produise aujourd’hui. Les silences marqueraient plutôt la réflexion. L’espérait-il en tout cas.

Tout en avançant docilement vers le café, il continua de l’écouter et d’autant plus quand elle répondit à sa question. Donc ce n’était pas obligatoire. Très bien. A partir de là, il pouvait commencer à considérer sérieusement le dossier qui patientait sagement dans son sac à dos. Il ne fut pas surpris de l’existence de dossiers. Quelle agence n’en avait pas ? Cela devait probablement faire partie des prérequis. La condition zéro : de la paperasse sur tes employés tu accumuleras.
Quant à ses capacités, mutantes ou issues de l’armée, s’ils avaient récupérés son dossier militaire, chose dont il ne doutait pas, alors ils avaient tout ce qu’ils avaient à savoir. Le reste … était très bien là où il était. Un nouveau rire, sec cette fois, lui échappa à l’entente de quelques mots.

« Discrimination positive … dommage que cette discrimination ne soit pas étendue à l’armée et qu’elle ne soit pas rétroactive. Cela étant, nous n’aurions pas cette conversation si tel était le cas. »

Retournerait-il dans l’unité d’Isaïah si l’occasion lui était donnée ? Plutôt deux fois qu’une et en courant. Enfin, se téléportant. Mais l’idée restait la même.

« J’espère bien qu’ils ne sondent pas à l’entrée. Ou à la sortie. S’ils veulent savoir ce que j’ai mangé au petit déjeuner ou combien de fois j’ai fait le tour du réservoir, ils peuvent me le demander directement. Quant au reste et notamment mes souvenirs, j’aime autant être libre d’en parler quand je veux et surtout à qui je veux. »

Même sa propre mère ne savait pas tout. Et heureusement d’ailleurs. Si elle rirait de ses bêtises et autres murs adolescents ou autres gaffes adultes, il ne tenait pas spécialement à ce qu’elle voit ce que lui-même avait vécu pendant certaines de ses missions. Même Elena n’avait pas forcément su tous les détails à chaque fois alors qu’elle les demandait, curieuse de savoir par quoi son époux pouvait passer comme épreuves quotidiennes.

Abraham suivit la jeune femme quand ils arrivèrent à la terrasse et qu’elle dénicha l’emplacement parfait pour la pause qu’ils s’accordaient. Il nota tout de même deux ou trois pivots de tête en sa direction quand ils passèrent entre les tables. Et bien quoi, ils n’avaient jamais vu d’homme mesurait plus d’1m90, musclé avec un tatouage sur l’avant-bras ? Apparemment, non. Mais leur curiosité s’arrêta là, simplement passagère. Tant qu’elle n’allait pas plus loin, cela ne le dérangeait pas.
S’asseyant tranquillement, il posa son sac à dos aux pieds de la chaise, évitant ainsi de le laisser en évidence. Les voleurs à la tire n’étaient pas légion mais il préférait éviter de tenter le diable. Même s’il pouvait le rattraper assez facilement puisqu’il connaissait la zone par cœur … Il attrapa un menu et étendit ses guiboles au soleil sans pour autant les laisser trainer dans le passage. Inutile qu’un serveur se prenne les pieds dedans.
Il leva les yeux de la carte qu’il connaissait relativement bien au point qu’il se demandait encore pourquoi il l’avait entre les mains quand Amy mentionna Rachel. Et il se mit à sourire tout seul, manquant de peu la suite de la phrase. C’est vrai qu’en y réfléchissant un peu, c’était plutôt lui qui parlait … que ce soit pour des conneries ou non d’ailleurs. Mais elle ne s’en était jamais plainte. Et il ne doutait pas qu’elle le fasse si cela commençait à lui courir sur le haricot. En attendant, c’était grâce à elle qu’il avait un nouveau dossier d’inscription dans son sac. Et par sa faute que son début de vacances avait été interrompu. Pour le moment, l’interruption valait le coup. Et pourvu que ça dure.

« Il vous manque surtout la cuisine dans votre liste. Autrement, je serai curieux de savoir ce qu’elle vous a dit … mais en même temps, je ne veux pas savoir. Ce serait beaucoup moins drôle. »

Là, il pouvait imaginer tout ce qu’il voulait et cela le fit sourire encore un peu plus. Ils avaient également d’autres points communs mais ils n’étaient pas de ceux dont on parle un beau jour comme celui-là.

« Quant à la part d’ombre, je pense que l’on en a tous une, plus ou moins visible. Tout dépend de ce que l’on souhaite voir dans la glace et montrer au reste du monde. »

Le soldat haussa les épaules tout en reposant la carte. Il choisissait de faire ressortir le lumineux et le positif même si cela n’avait pas été toujours facile. Il s’étira, jeta un petit coup d’œil en arrière pour vérifier qu’il n’allait pas éborgner quelqu’un avec ses bras plus grands que la moyenne. Il regarda à nouveau son interlocutrice maintenant qu’il ne fixait plus la carte. Il pencha un peu la tête à droite.

« Il est vrai que nous en sommes restés là. Pendant un temps, j’ai cru que j’allais vous recroiser, d’une façon ou d’une autre. Et puis les mois se sont enchaînés. Au final, ce n’est pas vous que j’ai revu en premier. Et j’aurai préféré ne voir aucune de vous deux ce jour-là. »

Il ne s’appesantit pas sur le sujet. Il n’avait pas suivi tout ce qu’il s’était passé et il n’avait rien demandé à Rachel parce que cela ne le concernait pas. Il n’aimait pas qu’on fouille sa vie privée alors il ne faisait pas la même chose aux autres. Mais si Amy était au BAM, en solo, alors qu’il les avait vues soudées, il devait bien y avoir une raison. Sauf qu’il ne la demanderait pas de lui-même. Il ne s’en sentait pas le droit. Pas maintenant en tout cas. Il sourit.

« J’espère moi-aussi que nous aurons l’occasion de nous connaître davantage. Que je remplisse ce dossier ou non. »

Excepté qu’il avait cru ne pas revoir sa main, il avait plutôt eu une bonne impression la première fois qu’ils s’étaient rencontrés. Et il s’était rarement trompé. A voir une fois encore.

« Sinon, vu l’heure … tarte au chocolat sans aucun doute. Le chocolat, c’est la vie. puis, paraphrasant, en prenant un air sérieux, un magnet qui trônait sur son frigo et que sa mère lui avait offert Et s’il n’y en a pas au paradis, alors je n’irai pas. »

Il parait que certains échangeaient leur royaume pour un cheval. Lui il opterait pour le chocolat, sans aucun doute. Quant au paradis, c'était encore une autre histoire. Il reprit alors normalement, quittant le sérieux pour une voix chaleureuse.

« Et vous alors, vous avez réussi à y trouver votre bonheur ? »

Ils commandèrent quand le serveur vint leur demander ce qu’ils désiraient et il attendit qu’il s’éloigne pour poursuivre avec une nouvelle question.

« Vous avez dit plus tôt être agente de terrain et que si jamais je vous rejoignais, nous serions égaux. Concrètement, à quoi je peux m’attendre d’un tel poste ? »

Inutile de préciser qu’il n’avait pas besoin du bel emballage médiatique. Il voulait seulement la vérité avant de savoir où il pouvait potentiellement poser le pied. Même si, sans l’absolu, il pouvait obtenir cette réponse ailleurs, il voulait que ce soit elle qui la lui fournisse.

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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Ven 22 Juil - 17:34

J’étais douée pour comprendre les choses de travers, un comble pour une personne analyste comme moi, mais je pensais m’être assagit sur ce point-ci aussi. Je n’avais peut-être pas le plus grand sang-froid du monde mais j’apprenais à chercher le recul à présent, histoire de limiter mes risques d’erreur. Après je ne me formalisais pas non plus d’en faire tant qu’elles n’avaient pas de conséquences trop graves. La bonne ambiance de la discussion aidant, je ne prenais pas les choses mal même en cas d’ambigüité puisque, si les mots pouvaient être trompeurs, l’attitude ne l’était pas.

Discrimination positive… dommage que cette discrimination ne soit pas étendue à l’armée et qu’elle ne soit pas rétroactive. Cela étant, nous n’aurions pas cette conversation si tel était le cas.

Je le croyais bien volontiers et le prenais comme une appréciation d’Abraham de sa période militaire plus qu’une dépréciation de ma proposition puisque son attitude allait certes dans l’amertume mais pas dans le dégoût. Les militaires n’étaient pas prêts d’apprécier les capacités surhumaines puisqu’elles étaient des armes qu’ils ne pouvaient avoir et bien souvent égaler ; quelques exo-armures étaient développées pour contrer cela mais la technologie avait d’énormes difficultés à rattraper les effets du Gène X. Et même lorsqu’humains et mutants pourraient disposer de capacités similaires, je n’étais pas certaine que l’absence de conformité plairait beaucoup aux unités standards des différentes forces militaires.

Le Bureau des Affaires Mutantes avait un respect des lois que peu d’organisations de son gabarit avait mais ni les X-Men ni la Confrérie n’étaient garants d’un respect de la loi à son instar. Il y avait bien l’Ethique de la Télépathie mais lorsqu’il fallait choisir entre éthique et sécurité c’était généralement fait rapidement. Cela pouvait être amer à dire mais je faisais partie des personnes ayant des facilités avec la télépathie, quand bien même j’avais bon nombre de mésaventures à cause d’elle. Des pans entiers de ma personnalité et de ma mémoire avaient pour origine celles de Franklin Richards et d’Emma Frost tandis que j’avais également été influencée par Rachel durant la période où elle m’avait possédée et me doutais que les entrainements au partage de corps avec Nobody avaient laissées des traces également même si elles n’étaient pas visibles. J’étais quelqu’un de parfaitement à son aise avec l’idée de ne pas être seule dans sa tête ou dans son corps, contrairement à beaucoup, même si la confiance jouait énormément. Les X-Men m’avaient enseignée des routines pour détecter et perturber des lectures mentales et je pensais que le BAM en faisant de même ainsi je ne m’inquiétais pas de leur sincérité là-dessus. Qu’ils puissent dériver ne signifiait pas qu’ils le fassent ou le feraient.

Je souris à l’installation d’Abraham, parfaitement à son aise malgré les regards qu’il attirait déjà, et continue sur ma lancée ou plutôt relancée. La simple évocation de Rachel lui procure de la joie puis un peu de réflexion, ce que je constate sans ralentir. J’hoche la tête au fait qu’ils fassent tout deux la cuisine, même si je n’énumérais pas les points qu’ils avaient en commun puisque mon amie n’avait jamais faites d’études et que sa version de l’armée n’était pas ce que je nommerai ainsi, même si c’en était une.

Sans vous gâcher le plaisir, considérez que nos discussions sont celles de jeunes adultes de 18 à 25 ans. Et qu’il y en a deux du lot qui sont très curieuses.

C’était drôle en somme. Plus pour nous que pour Rachel et lui d’ailleurs. Le gossip était une chose que j’avais développée au mieux durant mes périodes d’emploi à l’Institut, que ce soit à la vie scolaire ou à l’infirmerie, et je le conservais lorsque je retrouvais mes amies ou que je n’avais rien de mieux à faire.

J’hochais la tête quand à la part d’ombre, en accord. Je n’estimais pas en avoir une immense, considérant toutes les personnes que j’avais côtoyés et dont les histoires personnelles étaient aussi tragiques les unes que les autres et les fantômes d’une importance et d’une corrosivité que je ne pouvais bien souvent pas imaginer, mais je savais avoir cette violence contenue en moi quand bien même elle ne pouvait me pousser au meurtre sans influence extérieure. D’un autre côté, le sentiment d’absence d’âme et d’incomplétude qui me tenait souvent était peut-être bien plus ténébreux que je ne le croyais ; nous n’étions jamais les bonnes pour juger de nos parts d’ombre, même si j’étais habituée à ce que la mienne soit éclipsée par celles des autres.

Je compris la référence à Bleecker Street et j’hochais doucement la tête. Jade sortait des ombres à cette époque et y était replongée avec une violence inouïe. Caitlyn naviguait déjà dans sa part d’ombre et y a sombré même si cela avait pris des mois pour que j’arrive à le voir. J’avais fait au mieux ce jour-là, agissant pour le bien du plus grand nombre même si c’était lâche également. J’avais créée la fracture qui allait conduire, des mois plus tard, à la perte de ma famille parce que je n’avais pas sue être égoïste au bon moment. Je l’acceptais quand bien même ça m’enserrait gorge et cœur d’y penser. Nous avions tous des choix à faire et j’avais fait celui des autres. J’en payais le prix. Je restais prête à en payer le prix. Mon visage le reflétait, bien moins jovial que je ne l’aurais pensé et voulu ; pour ne pas dire qu’il ne l’était plus du tout.

La tarte au chocolat me fit sourire un peu cependant ; Ninon considérait également que le chocolat c’était la vie et j’étais tombée dedans plus d’une fois, pouvant engloutir une tablette de 150g en quelques minutes. Ne pas aller au paradis sans cela mit fin à mon action cependant, cette notion étant une chose à laquelle j’avais longtemps accordée beaucoup d’importance et qui me révulsait à présent.

Et vous alors, vous avez réussi à y trouver votre bonheur ?

Je restais silencieuse plus d’une seconde alors que mon visage se refermais jusqu’à ce que je trouve la nuance au sein de la phrase qui me fit la réintégrer à son contexte. Je repris donc avec entrain, souriante et plus joyeuse.

Vous m’avez convaincue avec la tarte et j’y ajouterai un mojito.

Le serveur tomba à point nommé et reparti aussi vite, tout aussi agréable que nous, et je me retournais vers Abraham alors qu’il reprenait la parole sur le possible avenir commun même s’il souhaitait me connaitre qu’il existe ou non. Me réinstallant afin d’être plus droite et de le fixer, les mains toujours croisées sur la table, je pris la parole non sans l’une de mes rapides hésitations, semblable à une simple pause de respiration.

Alors, le BAM a une structure incroyablement simple et adaptable : le Trium Virat dirige l’organisme depuis le Triskelion, ici à New York, et chacun de ses membres s’occupe d’un département ; Interne, Investigation et Intervention. Ses départements se divisent en secteurs, généralement géographiques afin de diriger les différentes bases du BAM dans les autres états mais également par spécialité au sein du Triskelion ; techniquement j’appartiens au secteur Diplomatie, qui se charge des liaisons avec les autres organisations. Les secteurs se composent d’escouades de deux-trois agents regroupées par trois sous le commandement d’un agent de coordination ; les escouades pouvant être spécialisées, elles permettent alors à l’agent de coordination d’effectuer des opérations au mieux en combinant les forces sous son commandement sans devoir en référer au chef de secteur. Le cas des X-Men étant assez particulier, nous n’avons pas d’agent de liaison et en référons directement au Trium qui fait appel à nous lorsqu’il a des demandes et des requêtes à effectuer envers l’organisation. Dans la théorie, notre travail ce limite à cela.

Dans la pratique, c’est autre chose. Si on voit effectivement passer un certain nombre de paperasse de manière ponctuelle, lorsque les organisations ont quelque chose à se dire, il est possible que le Trium souhaite une intervention X-Men alors que ceux-ci jugent qu’elle n’est pas nécessaire ou qu’ils n’ont personne de disponible. L’intervention devant être faite quand même, le Trium veut pouvoir compter sur quelques personnes ayant une formation supérieure aux agents lambda et pouvant effectuer aussi bien de l’intervention que de l’investigation ; ce sont ces personnes que j’essaie de rassembler. Vous pouvez donc vous attendre à beaucoup de gossip pour occuper le temps, de l’administratif de temps à autre et parfois des investigations ou des interventions « spéciales » généralement dans l’urgence. On peut également être mis en relation avec d’autres escouades ou d’autres membres d’escouade à la demande des agents de coordination, du fait de nos compétences particulières, lors de la réunion d’un Task Force.

Je pensais avoir tout dit. La hiérarchie minimale du BAM avait beau être stricte, elle maximisait les marges de manœuvre des agents et minimisait contraintes et lenteurs bureaucratiques. La diversité d’origine des agents ainsi que les formations supplémentaires offertes au Triskelion permettaient d’avoir une excellente efficacité et d’agir sur la totalité du territoire américain. Comme les autres escouades du secteur Diplomatie, la mienne avait une spécialisation précise envers une organisation unique et pouvait être détachée à d’autres bases si cela était jugé utile cependant, à l’inverse de toutes les autres, nous pouvons nous retrouver à faire tout les rôles en tant qu’agents spéciaux.

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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Ven 5 Aoû - 15:51

Tout à sa position de détente en s’éventant avec le menu, l’américain ne put s’empêcher de rire à la réponse non demandée d’Amy.

« Je ne suis pas franchement surpris en fait … Excepté pour ce côté deux du lot en fait … Vous êtes combien à commérer du coup ? Trois ? Quatre ? Obi-Wan Kenobi ? interrogea-t-il, ne sachant s’il voulait une réponse ou non Le prochain coup, venez avec un autre questionnaire, du genre de ceux qu’on envoie quand on est plus jeune : date de naissance, couleur favorite, groupe préféré, top 3 des films … ça pourrait être drôle à remplir cela étant … »

Leurs échanges continuèrent docilement sans accroc jusqu’à la mention de Bleeker. Il n’avait pas nommé l’événement expressément volontairement mais le hochement de tête indiqua qu’elle avait bien compris de quoi il parlait. Et même s’il était loin d’être un expert en réaction humaine, il fallait être aveugle pour voir que c’était bien plus qu’un mauvais souvenir pour elle. Si elle avait été souriante et plutôt enthousiaste jusque-là, toute trace en avait à présent disparue. Ce n’était pas ce qu’il avait recherché comme effet. Il avait juste voulu répondre à une question. Peut-être aurait-il dû s’y prendre autrement. Sûrement d’ailleurs. Il était désormais au courant. Mine de rien et malgré lui, il devenait curieux. Que s’était-il passé pour elles ce jour-là ? La réponse déplaisante restait en suspens pour le moment.

Alors qu’il la regardait, il nota que le sourire revenait brièvement avant de foutre le camp tout aussi rapidement quand il mentionna le paradis. Ah. Elle n’était donc pas une fervente croyante de cette notion. Lui-même ne l’était pas particulièrement. Ses parents non plus. Mais le magnet avait bien fait rire sa mère, tout partait simplement de là. Il ne fallait pas chercher plus loin. Il rangeait le sujet dans les à éviter si possible … Malgré ça, elle réussit à sourire pour lui répondre. Copieuse.

« Vous avez bien raison. Sur les deux points d’ailleurs, j’en prendrais un aussi. »

Copieur.

« Et puis, si vous ne l’aimez pas, je suis volontaire pour la terminer à votre place. Même si vous aimez ça d’ailleurs. »

Le chocolat, à la vie, à la mort et l’au-delà, qu’il y en ait ou pas. Alors que le serveur allait et venait en souriant, lui-même enchainait avec sa propre question. Et il était prêt à entendre la réponse qui ne tarda pas à lui être servie. Il ne quittait pas son interlocutrice des yeux. Il n’était toujours pas capable de dire si elle lui mentait ou pas mais ce n’était pas pour ça de toute façon, simple question de principes. Ses parents lui avaient juste appris à regarder la personne qui s’adressait à lui, ni plus ni moins.
La description de la structure de l’organisation ne l’étonna pas. C’était assez simple, plutôt classique et étrangement censé. Ce qui n’était pas toujours le cas, notamment dans l’Administration … Il ne put s’empêcher de sourire quand elle utilisa le terme « techniquement ». Cela signifiait qu’en pratique, ce n’était pas forcément ça. Le contraire l’aurait étonné. Il continuait d’écouter silencieusement en jetant parfois des regards aux alentours pour s’assurer de leur tranquillité. La division en escouades sous un agent supérieur, loin de le surprendre, lui rappelait sa propre unité même si le champ des opérations différait. Rien de nouveau sous le soleil en somme … Et s’ils passaient à la pratique maintenant ?
Nouveau rire bref de sa part. Le jour où tout serait comme sur le papier n’était pas encore arrivé et c’était bien dommage. Mais il fallait faire avec. Alors il poursuivit son écoute. Il grimaça brièvement à la mention de la paperasse. Il ne la détestait pas, il n’en était pas phobique mais c’était loin d’être son amie. Il maintenait avec elle un statut neutre depuis des années et cela leur allait bien l’un comme l’autre. Il payait ses impôts dans le délai imparti, il rendait ses rapports à temps mais il ne fallait pas trop pousser le bouchon plus loin non plus.
Donc en fait, ils faisaient office de bouche-trous quand les X-Men décidaient qu’ils avaient un peu la flemme, en gros. Pas très gentil de leur part. Il soupira malgré lui à cette idée combinée à celle du commérage. Ce n’était pas forcément ce qu’il préférait. La notion de fréquence mentionnée pour les activités d’investigations et d’interventions ne lui plaisait pas des masses non plus. Quant à l’urgence, ça en revanche, même si ce n’était pas ce qu’ils avaient fait le plus puisqu’ils aimaient à tout planifier, il savait faire également. Il s’étira quand elle sembla avoir terminé.
Le serveur revint, lui épargna la reprise momentanée de la parole. Il déposa les deux mojitos, les deux tartes et l’addition avant de repartir vers les autres horizons de la terrasse. Attrapant son verre, Abraham le touilla brièvement pour diffuser la menthe avant de le lever docilement.

« A mes vacances, à la paperasse, aux nouvelles aventures, à nous ! »

Il sirota une première gorgée avant de le reposer pour attraper la cuillère qu’il utilisa pour désigner celle d’Amy.

« N’oubliez pas, si vous n’aimez pas, j’suis volontaire ! »

Il sourit et mangea en savourant sa première bouchée. Un jour, le médecin lui avait dit qu’il était peut-être allergique au chocolat. Un des pires jours de sa vie. Lui ? Allergique et ne plus manger de chocolat ? Ha ha ha … non. Heureusement pour lui, le diagnostic s’était avéré erroné.

« Donc, si je reprends et que j’ai correctement tout suivi … ça donne 60% de potins, 20 d’administratif et 15 d’investigations ou interventions. Et 5% bonus pour les liaisons. Vous m’excuserez mais je ne trouve pas ça spécialement vendeur en ce qui me concerne. Après, je peux me tromper sur les proportions mais actuellement, c’est ainsi que je le ressens. Et autant être franc, en l’état, je ne remplirai pas le dossier. »

Cela ne servait à rien de le cacher, il n’était pas spécialement motivé pour le coup. Un peu l’effet soufflé qui retombe. Soit, il y avait une petite part d’intervention mais celle-là, il en disposait déjà actuellement. Et il était libre du reste de son temps avec très peu de comptes à rendre. Il reprit après une nouvelle bouchée.

« Et d’ailleurs, qu’entendez-vous par investigations et interventions spéciales ? Surtout ce deuxième point en fait … parce que je ne sais pas si nous en avons la même définition. »

Il sirota une gorgée de Mojito avant de formuler un début d’idée.

« Dites, vous pensez qu’il serait envisageable de remplacer les potins par, disons, au hasard, un suivi de cours ? »

Parce que si c’était le cas, cela pouvait satisfaire tout le monde …

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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Lun 8 Aoû - 17:36

Combien nous étions à commérer ? Nobody, Rachel et l’apprentie de celle-ci qui préférait être ailleurs formaient la partie Institut, Ninon, Pristina, Teresa et moi formions la partie Extérieur, ça faisait sept dont deux participantes très récentes et qui suivaient plus qu’elles ne participaient d’ailleurs. Je ne répondis pas mais pris en note la proposition du questionnaire, tant qu’il n’était pas rédigé par Neassa cela irait ; sinon, Abraham décèderait à lecture des questions. Drôle oui, mais une fois encore plus pour nous que pour lui.

Il se rattraperait avec du chocolat visiblement, étant d’un volontariat assez familier lorsqu’il était question de cette nourriture. Il n’y avait cependant pas de risque que je ne l’aime pas, chose dont mon interlocuteur était conscient et qui rendit sa précision finale amusante. Abraham avait cet altruisme d’essayer de me sortir de mes pensées lorsque celles-ci tanguaient à en prendre l’eau, j’ignorais si c’était utile considérant combien je pouvais changer du tout au tout avec une incroyable célérité dans mes ressentis. C’était plaisant cependant et me confortait dans mon bon choix de coéquipier. Restait à me vendre et ça c’était plus difficile. Toute chasseuse de tête que je sois, ce n’était pas un entretien d’embauche et, du fait que j’étais demandeuse, j’étais dans une position moins confortable que lui.

Je voyais ses réactions et, s’il y avait des points de marqué dans le BAM lui-même, ma proposition perdit vite en intérêt et Abraham s’en dirigea vers une impatience contenue et un rire blasé. Arrivé à la partie de l’escouade à laquelle j’appartenais, les choses se firent encore pires. L’administratif ne lui plaisait pas, l’idée de servir d’intervention de secours non plus, et le fait que cela soit une mineure partie du temps terminait d’achever ma crédibilité. C’était bien pour cela que le Trium ne s’embarrassait pas d’un agent de liaison, nous n’étions pas assez actif pour former une division et seule la possibilité de relais des X-Men permettait de tenter de former une escouade là où, en vérité, j’étais largement suffisante.

Le serveur offrit un temps mort comme une distraction dans une tension grandissante avec laquelle je composais moyennant une certaine impatience, ayant vue et appréhendant la suite des évènements. J’en étais même à envisager de préciser que mon escouade n’était qu’une partie du Bureau des Affaires Mutantes et que si c’était l’intervention paramilitaire comme à l’armée qu’Abraham recherchait, il y avait possibilité de cela dans le département d’intervention. C’était juste hors de mon champ d’influence, pour peu que j’en ai un.

Ne touillant en rien ma boisson, je me repris à temps pour la lever afin de trinquer avec lui-même si je n’ajoutais rien de plus qu’un sourire poli et continuait d’attendre sa réponse, chose qu’il contrecarra avec son trait d’humour. Difficile de croire, à la vue de nos attitudes, que j’étais à l’initiative de tout cela mais c’était surement la différence d’expérience qui se manifestait dans nos attitudes.

Verre dans les mains et posé à côté de l’assiette avec son contenu, j’accordais toute mon attention aux mots et aux expressions d’Abraham. Je grimaçais à son estimation, n’ayant pas eue l’impression de l’exprimer ainsi mais ne pouvant lui donner entièrement tord non plus, et ne fus nullement surprise à sa franchise « excusée ». L’absence de remplissage du dossier était également attendue sans en être plaisante pour autant.

Et d’ailleurs, qu’entendez-vous par investigations et interventions spéciales ? Surtout ce deuxième point en fait… parce que je ne sais pas si nous en avons la même définition.

Commençant à y réfléchir rapidement, je m’abstiens de répondre en observant son mouvement. La nourriture comme la boisson restaient pour moi parfaitement secondaire alors qu’Abraham en profitait correctement, posant une nouvelle question d’une bienveillance sans pareille : à défaut d’être réellement tenté par ma proposition, il était prêt à subir ses conséquences juste pour m’aider tout de même, parce que j’étais venue le trouver lui. Voici qui me fit sourire et baisser les yeux vers ma propre boisson avant de la remuer négligemment.

Nous sommes des fonctionnaires, je pense que le contrat de travail nous réclamera sur notre lieu de travail durant nos horaires de travail. Après tout, nous sommes payés, même quand nous ne sommes pas au plus efficace. Cela étant, le gossip n’est pas restrictif ; afin de me maintenir, je suis un entrainement d’environ quatre heures quotidiennes et le Trium n’a rien eu à redire quand à ce que je les pratique au sein du Triskelion durant mes heures de travail. Ils ne nous obligent pas à être assis à notre bureau en nous tournant les pouces, surtout considérant qu’ils nous bipent quand ils ont besoin de nous. J’ai un certain nombre d’heures par semaine qui vont au suivi psychologique de mutants registrés et régulièrement des colloques sur la synergologie et les techniques de décryptage comportementales afin de former les agents qui le souhaitent. C’est plus à voir avec le Trium qu’avec moi.

Si je ne pense pas que le Bureau accepte de payer un agent qui ne soit même pas dans leurs locaux aux heures de travail parce qu’il préfère continuer les études, je sais qu’Abraham a un argument très important pour lui : la téléportation. Il pourrait être à la fac qu’il sera toujours plus vite arrivé que Teresa et moi qui sommes pourtant dans le Triskelion et super-rapides.

Notre régime suit celui des membres du département interne, des « administratifs » en gros, même si nous n’avons pas tant de paperasse que ça : prendre connaissance des rapports d’intervention X-Men et faire les recherches afin de recouper ce qui y est dit avec notre propre investigation, s’il y en a une, ainsi que nos connaissances c’est fait en quelques minutes, surtout avec mes capacités. Effectuer des demandes ça revient à se faire remettre un « carnet de doléances » de la part du Trium et à le faire parvenir aux X-Men, généralement à la X-Team dont Rachel est meneuse, soit numériquement soit physiquement, donc s’est pas long non plus. Je m’en suis chargé sans difficulté depuis que j’ai été affectée au Triskelion et je pourrais continuer sans souci.

Non, je ne surestime pas mes capacités mais globalement, et c’est la partie rebutante, on est principalement payé « au cas où » et nos interventions sont sensément administratives. A l’instar du département d’intervention, c’est à nous d’occuper notre temps quand nous n’avons rien à faire et c’est pour cela que la demande d’Abraham est parfaitement légitime. Je conceptualise les choses comme à l’armée, ce qui est peut-être une erreur.

Là où ça se complique, c’est au niveau des désaccords : les opérations spéciales, dont vous m’avez demandée ma définition. On ne va pas se mentir, le département d’Intervention du BAM est largement capable de gérer un attentat Confrériste mineur ou un groupe de purification. Ses agents sont formés pour. Par contre, confronter des Acolytes ou des Zodiaques risque rapidement de tourner au massacre. La plupart du temps, les X-Men interviendront d’eux-mêmes ; mais s’ils ne le font pas, le BAM doit pouvoir agir tout de même. Et il se trouve que le déploiement des Mandroïdes n’est pas la chose la plus rapide ou la plus aisée à faire ; il suffit d’un combat dans les égouts ou incluant des sculpteurs d’esprits et elles vont rapidement être obsolètes ou risquées d’être retournées contre nous. Dans ce cas-là, ce serait notre escouade qui interviendrait. J’ai la formation des X-Men, vous avez celle des Forces Spéciales et j’ai déjà recrutée une personne disposant de capacités similaires aux miennes.

Voici qui doit être la partie qui intéressait le plus Abraham et je le comprenais parfaitement. Entre le passage à l’armée et l’appartenance à une organisation secrète, il était bien plus habitué aux interventions qu’à l’administratif. Mais administrativement, mon escouade était dans le département interne, donc chez les administratifs. Mais c’était principalement parce qu’on faisait plus que ce qu’on était censés faire.

Au niveau des enquêtes spéciales, le Trium veut pouvoir compter sur nous pour des opérations officieuses à l’instar de ce que les X-Men peuvent accomplir. Grosso-modo, nous donner un ordre de mission et nous laisser nous démerder en vérifiant notre rapport ; un peu comme ça se passe pour n’importe quelle escouade sans s’embarrasser de l’administratif. Y’a juste nous qui aurons des rapports à écrire, plutôt qu’à réceptionner. Et, comme précédemment, cela devrait concerner principalement des affaires qu’il est trop délicat de remettre à d’autres. On est encore dans le théorique et dans la construction de cette escouade puisque, à l’origine, il n’était pas sensé que ça devienne une escouade. Les X-Men et le BAM ont convenu d’un agent de liaison entre eux et j’ai pris un travail au Triskelion afin de gagner ma vie comme d’y être véritablement intégrée. L’escouade est en formation pour prévenir des problèmes à venir donc on est encore sur beaucoup de théorique. Je ne crois pas qu’il y ait d’opérations secrètes au BAM, de toute façon je ne suis pas le genre de personnes qu’on informerait de cela, mais avoir une unité de choc autre que les Mandroïdes est ce qui manque le plus cruellement au Triskelion et c’est ce que je cherche à leur apporter.

Les Mandroïdes sont un outil de dissuasion extrêmement efficace contre des mutants bourrins : physiquement, elles sont quasiment indestructibles. Mais elles sont peu nombreuses et le BAM n’est pas capable d’en reproduire sans l’Olymp Corp. donc ils ne peuvent pas se permettre d’en perdre une tandis que voir un télépathe retourner un de leur agent afin de contrôler l’une de ses machines poserait beaucoup de problèmes également. Elles sont une arme importante et puissante oui mais, s’il faut de la précision ou de la discrétion, elles sont inutiles. Un peu comme la politique de bombardement sur Daesh : sans troupes standard pour effectuer des opérations, les Mandroïdes élimineront la résistance mais ne couperont jamais les racines.

Il est aussi possible que je m’y prenne mal, ça je l’admets parfaitement. Dans nombre d’affaires sensibles, des Task Force ont été formées afin de regrouper des agents de l’Investigation et de l’Intervention au sein d’une même escouade afin que celle-ci puisse générer l’entièreté de l’affaire. Je suis immédiatement partie sur la constitution d’une équipe spéciale mais c’est peut-être plus intéressant pour vous d’user des institutions déjà en place et de vous concentrer sur le département Intervention. Après vous aurez plus de contraintes, du fait du supérieur et d’une escouade clairement définie.

C’était bien loin de ce que je pensais au départ mais je pensais que c’était un plan de secours valable. Teresa me suivait parce que j’étais moi, ce qui équivalait à être une autre elle en qui elle avait pleinement confiance, mais je ne devais pas me limiter à ce fonctionnement même si je conservais cet esprit d’équipe et de famille cher aux X-Men.

Après, l’inconvénient d’appartenir à une autre escouade que celle à laquelle j’appartiens vient dans le fait que je ne pourrais pas vous couvrir vis-à-vis de votre allégeance secrète. Je ne remets pas en question le fait que vous sachiez le faire seul, je pense juste que ça serait plus facile à mon côté.

Mon allégeance ne faisaitt aucun doute pour le Trium, c’était surement pour cela qu’ils gardaient un œil sur moi directement plutôt que de passer par la hiérarchie standard. Je pensais également qu’ils avaient foi en ma volonté de bienfaire et que c’était cela qui les poussaient à me laisser essayer de rallier des gens sur ce projet. C’était une chance que j’avais eue dans ma vie, obtenir la bienveillance de personnes importantes à leur façon. Cette rencontre ne faisant pas exception et, même si j’étais trop tendue pour encore toucher à ma commande, je remerciais Abraham de la bienveillance qu’il manifestait à mon égard. J’essayais cependant que celle-ci ne le pousse pas à m’aider moi mais à le faire pour le Bureau des Affaires Mutantes également ; je connaissais le prix de prendre une bonne décision pour de mauvaises raisons et je craignais fort qu’il faille mieux prendre une mauvaise décision pour une bonne raison, psychologiquement parlant. Abraham devait avoir l’expérience pour savoir cela et sans doute de viendrait-il pas au BAM s’il risquait de le regretter. Cet apprentissage avait complètement sabordée ma synergie avec les X-Men et je ne voulais vraiment pas que cela arrive à quelqu’un d’autre, étant disposée à comprendre un refus.

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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Mer 24 Aoû - 20:14

Ses propos ne lui plaisaient pas et c’était bien normal. Elle venait le chercher spécifiquement avec un dossier tout beau et lui l’envoyait balader. Enfin, pas elle mais sa proposition tout du moins. Et ce n’était jamais agréable comme sensation. Ayant posé ses questions, quitte à être là, il attendait en profitant du mojito mais surtout du chocolat. Il y avait des priorités dans la vie. Cela ne l’empêchait pas de garder un œil vigilant aux alentours. Paranoïaque, non. Prudent, oui. On ne défaisait pas dix ans de réflexe comme ça. Il doutait de le perdre un jour. Il surveillerait ses arrières même dans la tombe en continuant comme ça.
C’est ainsi qu’il remarqua le sourire avant qu’elle ne reprenne la parole. Un bref haussement de sourcil curieux fit son apparition pour foutre le camp aussitôt. Il savait ce qu’il avait dit mais il ne voyait pas en quoi cela pouvait la faire réagir ainsi. Et il n’allait pas lui demander maintenant puisqu’il faudrait lui couper la parole pour ça. Lui apportant des réponses, cela serait plutôt malpoli. Il attendrait son tour, patiemment.

Il hocha la tête à sa première remarque. C’était logique. Ils n’étaient pas payés pour être ailleurs … même si lui avait moyen de revenir rapidement de cet ailleurs. Il pouvait peut-être mettre ce point en avant. Il avait déjà quitté des cours et des exams en plein milieu. Les corps enseignant et administratif avaient été compréhensifs et l’avaient toujours laissé récupérer son retard. Mais peut-être qu’il ne devrait pas tirer sur la corde trop longtemps. Tout le monde avait une limite à la patience. Lui-même en avait une même si elle était bien plus élevée que la moyenne. Il savait pertinemment ce qu’il se passait quand les gens patients étaient à bout …
Il y avait tout de même peut-être un autre moyen de négocier. Elle disait s’entrainer quatre heures par jour sur place. En un sens, c’était de l’entrainement aussi. Et un polyglotte pouvait toujours servir. Ce à quoi ils pouvaient arguer qu’il l’était déjà et que les certifications n’étaient que de la décoration. Ce qui n’était pas totalement faux. Peut-être y avait-il moyen, à l’instar d’Amy qui faisait du suivi psychologique et dispensait des colloques, entre autres choses supposait-il, de suivre des cours de langue et de passer des validations au sein du Triskelion ? Il n’en savait encore rien mais peut-être qu’il existait des passerelles de connaissances entre l’organisation et l’Etat ? Il nota ça dans un coin pour y revenir plus tard.  

Il continua d’écouter en touillant son mojito en prenant soin de ne pas faire tinter le verre. Pas tant de paperasse que ça, peut-être, mais ça en restait tout de même. Il est vrai, qu’à l’entendre, ça semblait restreint. Et il n’y avait pas de rédaction apparemment. Et surtout, elle semblait très bien s’en charger d’elle-même, en fait. Sans compter le fait qu’elle proposait de continuer. Alors pourquoi était-il là déjà ? Il devait y avoir autre chose …

L’américain sourit doucement. Il espérait bien que le département d’Intervention était capable de gérer un attentat Confrériste de petite ampleur ou un groupe de purificateurs. Le contraire l’aurait et autrement, ce n’était pas une image très flatteuse que le BAM renvoyait. Il supposait qu’il avait déjà bien d’autres problèmes sur les bras. Hochant docilement la tête, il imbriquait les informations qu’elle lui fournissait. En d’autres termes, elle cherchait à former un groupe qui agirait si les X-Men étaient déjà occupés et que les unités d’Intervention, qui devaient tout de même être plus efficaces que la moyenne, ne l’étaient encore assez. Une sorte de maillon entre les deux, du coup. Pourquoi pas ? L’idée était intéressante. Il était curieux de savoir qui pouvait être la personne ayant des capacités semblables aux siennes.

Nouveau hochement de tête silencieux alors qu’il avalait une nouvelle bouchée de tarte sans pour autant quitter son interlocutrice des yeux. Les opérations officieuses, elle n’avait pas vraiment besoin de lui donner de détails : il avait baigné dedans pendant dix ans. Un des points qu’elle n’abordait pas était l’échec sur l’une de ces missions. Un rapport suffisait-il ? Ou bien était-ce comme son unité où l’échec signifiait soit qu’ils étaient seuls et que personne ne les couvriraient soit qu’ils étaient morts ? Ils n’avaient jamais testé les deux options. Vivre, survivre et réussir leur prenaient bien trop de temps. Il restait curieux néanmoins.

La jeune femme déclarait avoir pris ce boulot pour gagner sa vie et s’y intégrer. Bien que les X-Men soient libres d’exercer un emploi à côté,  le BAM lui apparaissait quand même comme un choix curieux. Cet éloignement de l’Institut avait-il un rapport avec Bleecker ? Ou peut-être qu’il cherchait trop loin. Après tout, il ne la connaissait pas et partager un second moment ne suffisait  pas.
En attendant, il avait vu juste avec le chaînon manquant. L’idée lui plaisait vraiment bien. Excepté la partie où il fallait rester assis en attendant que ça passe mais il espérait vraiment pouvoir trouver un arrangement là-dessus. Ou alors, il demanderait à être intégré uniquement après avoir été diplômé. Ce qui pouvait aussi être une façon de faire. Ne cessant pas d’être attentif, il secoua la tête mais négativement cette fois quand elle lui proposa de se rapprocher des unités déjà en place. Il attendit qu’elle termine avant de reprendre la parole.

« Je ne tiens pas particulièrement à rejoindre le département Intervention. Effectivement, il se rapproche plus de ce que je connais et de ce que j’ai fait. Les contraintes et le supérieur ne me sont pas inconnus. Seulement, je pense que les unités sont déjà rodées ou au moins en place et qu’il y a déjà une cohésion d’équipe. Enfin, je l’espère sincèrement en tout cas. S’immiscer dans de tel groupe n’est pas évident. Ni pour les membres ni pour ceux qui cherchent à les rejoindre. Je ne dis pas que c’est impossible. Uniquement que ce n’est pas simple et que chacun des partis doit y mettre du sien. Et même avec la meilleure volonté du monde, éclater un groupe pour le ressouder, ça prend du temps. Surtout quand le nouveau venu n’est pas connu du service. Et inversement. Je ne tiens pas me retrouver avec des personnes que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. »

Lui-même, avait été entrainé pendant plus d’un an avec Jake avant qu’ils ne soient tous deux recrutés par Isaïah. Et même là, il les avait prévenus : ils étaient à l’essai. Si ce n’était pas concluant, que ce soit pour eux ou pour lui, la porte de sortie n’était pas fermée. Seulement, le courant était passé entre les anciens et les recrues toutes fraiches. Et le supérieur basait tout sur cette entente. Sans qu’ils ne s’en rendent compte, ils étaient des leurs. Et d’un coup, cela faisait dix ans.

« Et puis, entre nous, je ne crois pas réussir à supporter un supérieur au sein d’une équipe autre que celui que j’avais avant. Du fait de notre relation, certains réflexes pourraient resurgir. Et ils ne plairaient pas forcément à tout le monde. »

Il ne mentionna en rien l’autre organisation qui de toute façon n’existait pas. Mais si elle pouvait éviter d’en parler comme s’il s’agissait de la librairie du coin, il apprécierait assez. Cependant, il n’en dirait rien puisque cela reviendrait à reconnaître son existence. Quelle organisation ?
Il sourit et désigna la part de tarte qu’elle n’avait pas encore daigné entamer du bout de sa cuillère.

« Si vous ne la commencez pas, je vais finir par le faire pour vous Amy. »

Abraham mangea une nouvelle cuillerée de la sienne avant de poursuivre tranquillement comme s’ils parlaient de la pluie et du beau temps même si ses yeux gris continuaient de balayer les alentours à intervalles réguliers.

« L’idée d’être membre d’être membre d’un maillon pour l’instant manquant me plait. Beaucoup. Parce que de la même façon que j’ai rejoint l’armée pour servir mon pays, ce serait rejoindre une organisation pour lui apporter quelque chose en plus avec le petit espoir de faire une différence en cas de besoin. S’il n’y avait que ça, vous auriez déjà un dossier complet. La seule partie qui me pose vraiment problème, est la même que tout à l’heure : que faire quand nos services ne sont pas requis ? Vous l’aurez compris, rester assis sans bouger n’est pas dans mes cordes et je ne tiens pas non plus à laisser mes études de côté maintenant que j’en suis là. J’ai trois idées en tête, à vous de me dire ce que vous en pensez. Première option : certains agents vous suivent pour se former, je fais de même mais mon formateur est en extérieur. Pouvant revenir immédiatement à n’importe quel moment en cas de besoin, je continue mes cours comme actuellement puisque la différence est minime. Seconde option : des agents polyglottes dispensent des cours aussi et il existe un moyen de certification au sein du BAM. Dans ce cas, je laisse tomber mon école avec des motifs sérieux et j’obtiens tout de même ce que je veux en bout de course. Troisième option : je finis tranquillement mes études et je reviens vers vous une fois mes diplômes en poche. »

Il sirota une nouvelle gorgée de Mojito.

« Autant vous dire que la première option a ma préférence mais je ne suis pas fermé à toute discussion. Je tiens juste à savoir ce qu’il en est pour ce point avant de décider quoi que ce soit. Notez aussi que je n’attends pas nécessairement une réponse aujourd’hui. Après, si vous voulez partir de suite pour vous renseigner et laisser cette pauvre tarte inentamée, je ne vous retiendrai pas. »

Il lui adressa un grand sourire amusé et s’étira de nouveau en attendant la suite avec une certaine impatience. Quoi qu’il en soit, il appréciait de la revoir et de partager ce moment avec elle, même si elle avait interrompu son début de vacances.

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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Sam 10 Sep - 15:50

Abraham considérait tous mes dires avec attention, peut-être d’autant plus que je cherchais à me rattraper. Il réfléchissait d’autant plus, sans doute afin de faire des compromis au mieux si j’arrivais finalement à le convaincre ; ce qu’il favorisait grandement une fois encore. Il avait de la joie à l’idée de mon unité spéciale, même si la tarte en était pour beaucoup responsable il réagissait également à mes dires, et cela faisait donc quelques points pour moi. Il y a des doutes aussi mais ils sont brefs ainsi ne m’en stresse-je pas trop. Quand au fait de ne pas partir vers le Département d’Intervention, je ne me stresse pas même si cela confirme qu’il s’agit plus de m’aider moi que d’aider le BAM ; ce qui me va. L’explication m’éclaire à ce sujet d’ailleurs, même si je sais que tous les Départements du Bureau sont capables de monter de nouvelles équipes grâce à leur recrutement et je pense que les équipes, mêmes rodées, peuvent accepter de nouveaux membres moyennant une période d’habituation et d’apprentissage de travail en équipe. Après, je suis en accord avec la synergie préexistante et les problèmes qu’il peut y avoir, c’est l’une des choses où je n’ai jamais véritablement réussi chez les X-Men.

Quand à ne pas supporter un supérieur autre que celui qu’il avait avant, cela me fit avoir un sourire crispé. Je comprenais parfaitement cela, même si j’étais plutôt de nature docile, mais je n’étais en effet pas certaine que trop de familiarité puissent plaire les premiers mois. Je ne connaissais pas les membres de l’Intervention quand à Trium, Dagger restait un militaire malgré son allure de bon papy, Gallager était un mystère et je crois fermement que Fury m’avait à la bonne parce que j’étais à son goût. Pourtant c’était un militaire aussi. M’enfin bon, tous étaient professionnels. Beaucoup plus que moi.

Regardant Abraham après que celui-ci ait désigné ma part de tarte, je me passais une main dans la nuque en un geste de gène qui s’interrompu de lui-même lorsque ladite main apporta sur ladite nuque la froideur de ce qu’elle tenait précédemment ; non-pas ladite tarte mais le mojito. Je ne savais pas quoi faire pour le coup, sur tous les plans, heureusement il n’attendit pas que je le fasse avant de reprendre.

L’escouade spéciale plaisait par patriotisme mais restait toujours l’occupation du temps libre. Je confirmais que j’avais bien compris d’un hochement de tête et ne fus nullement surprise qu’il veuille terminer ses études.

J’ai trois idées en tête, à vous de me dire ce que vous en pensez. – je cligne des yeux guise d’acquiescement – Première option : certains agents vous suivent pour se former, je fais de même mais mon formateur est en extérieur. Pouvant revenir immédiatement à n’importe quel moment en cas de besoin, je continue mes cours comme actuellement puisque la différence est minime. – participation analogue à celle de son organisation rendue possible par ses capacités mutantes, négociable – Seconde option : des agents polyglottes dispensent des cours aussi et il existe un moyen de certification au sein du BAM. Dans ce cas, je laisse tomber mon école avec des motifs sérieux et j’obtiens tout de même ce que je veux en bout de course. – les séminaires du Triskelion suffiraient-ils ? Ils sont reconnus mais ne sont pas aussi prenant que des études, quand bien même les maitrises n’ont que quelques heures de cours par semaine et les thèses plus du tout – Troisième option : je finis tranquillement mes études et je reviens vers vous une fois mes diplômes en poche. – je grimace un instant, considérant les années que cela signifie. Autant vous dire que la première option a ma préférence mais je ne suis pas fermé à toute discussion.

Je me permets de boire une bonne moitié de ma propre boisson alors qu’il parle, me préparant à répondre à mon tour tout en lui rendant son sourire amusé alors qu’il en revenait à la part de tarte.

Si elle vous fait tant envie, je vais vous la laisser. Je ne mange pas régulièrement, absence de nécessité principalement. Considérant que vos études vous prendrons encore des années, je vous avoue déprécier la troisième option et, sachant que le Triskelion organise des séminaires plus que des études, je crains que la seconde ne vous aille pas véritablement non plus. Le déplacement instantané est pour moi un argument parfait afin de pouvoir vous tenir à disposition dès qu’on fait appel à vous, cela se négocie avec le Trium. Reste à le faire. Je peux le négocier pour vous sans difficulté et vous apporter la réponse prochainement. Je vous demanderai cependant votre numéro de téléphone pour pouvoir le faire.

Je pourrais obtenir le numéro d’Abraham de façon « loyale » en passant par Rachel et de façon plus discutable en passant par Sage mais je préfère le lui demander directement, question de politesse et d’éducation je suppose. Nous avons un certain nombre de connaissances en commun et ça facilite toujours la transmission d’un message, c’est d’ailleurs pour cela qu’il est éligible à mon escouade de liaison.

Tournant le regard vers ma tarte, je la pousse jusqu’au côté de l’assiette de mon vis-à-vis d’une main puis m’en revient à mon verre, l’achevant rapidement. Le déposant à la suite, je lève la main afin de me signaler auprès d’un serveur et enchaine avec fluidité avec la sortie de mon portefeuille.

Dictez-moi, je me souviendrais. Et merci, pour votre aide.

M’adossant complètement, je relève les yeux vers Abraham pour lui sourire avec gratitude.

Je ne vais pas vous retenir plus que le nécessaire, avec de la chance vos amis ne seront pas partis bien loin. Je ne doute ni de votre capacité à les retrouver, ni de celle à les rattraper. Vous devez même être suffisamment capable pour le faire après avoir pris le temps de manger les deux parts de tartes et, ce faisant, si vous souhaitez continuer de discuter je vous tiendrais la conversation.

Nous ne tarderons pas à nous séparer mais je ne tiens pas à précipiter cela et j’escompte bien faire connaissance ; Abraham, si nous finissons par travailler ensemble, ne sera pas un collègue. Un coéquipier, peut-être même un ami, dépendant de l’affinité. Et même si nous ne finissons pas par travailler ensemble, ça reste le copain de ma meilleure amie ainsi qu’une personne bienveillante et agréable donc je suis plutôt contente de pouvoir le côtoyer.

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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Mar 27 Sep - 18:21

# Keuwah ? Me la laisser ? Mais … mais mais elle est malade ? Elle n’a pas faim ? Elle n’aime pas le chocolat ? #

Un éclat de surprise traversa son regard, pendant que la trajectoire de sa cuillère s’interrompait un instant avant de reprendre, nullement perturbée par ce ralentissement imprévu. Attentif, Abraham l’écoutait alors qu’elle avait repris la parole. Ne pas manger régulièrement par absence de nécessité.
Soit. Admettons. Pourquoi pas. Ne pas être obligé de manger à intervalle pour que le corps suive … Peut-être que lui-même pourrait, ne pas manger … quoi que … non, pas sûr. Parce qu’il prenait quand même à malin plaisir à dévorer ce qu’il aimait. Après, elle n’avait pas dit non plus qu’elle n’avait plus de goût. Là, ce serait le désastre pour lui. Total. Ce serait un contrecoup assez vicelard d’un pouvoir. Si c’était bien à cause de ça qu’elle n’avait pas besoin des trois repas par jour. Ou plus si vous étiez apparenté à un hobbit. Manger moins, s’il profitait toujours du goût, il pouvait l’envisager sans devenir chèvre. Mais du coup, il cuisinerait beaucoup moins lui et déjà qu’il ne cuisinait plus tant que ça pour les autres …
Non, finalement, ce n’était pas génial comme idée et il préférait l’oublier et revenir à ce qu’Amy lui disait. C’était moins déprimant. La troisième option ne lui plaisait pas plus que ça et ça l’arrangeait bien puisque c’était également son cas. Mais quand il cherchait des solutions, il proposait tout ce qui était viable même si ce n’était pas à son avantage. Cela lui apportait l’opportunité de choisir, au moins. La seconde disparaissait à son tour lentement à l’horizon puisque cela tenait plus du séminaire que de véritables cours. Finalement, c’était la première idée, celle dont il usait régulièrement pour être disponible en tout temps n’importe où, ou presque. Il acquiesça d’un signe de tête, toujours en souriant, bien qu’un peu surpris qu’elle ne l’ait pas déjà. Après tout, il n’était pas sans savoir qu’elle était en contact avec Rachel, ç’aurait pu être vite fait. Cela dit, même si le numéro était déjà en sa possession, il appréciait qu’elle lui en fasse la demande.
Il allait commencer à le lui dicter quand une nouvelle tarte apparut dans son champ de vision et les chiffres ne sortirent pas.

« Une tarte pour un numéro de téléphone ? C’est plutôt un bon deal. J’en ai passé des pires que ça … »

Amusé, il lui débita, sans hausser la voix outre mesure parce qu’il ne désirait pas que tout le monde l’entende, l’ensemble de numéro à la façon de l’annonce du tirage gagnant du loto avant de poursuivre.

« Un peu plus sérieusement, mais pas trop quand même, il ne faut pas vous sentir obligée pour la tarte. J’aime bien taquiner gentiment les gens que j’apprécie et si jamais ça vous dérange, n’hésitez pas à me le dire, je m’en souviendrai pour la prochaine. »

Non pas que la tarte ne lui fasse envie, ce n’était plus de la faim mais de la gourmandise, mais ce n’était pas pour autant qu’il voulait qu’elle se prive juste parce qu’il l’avait charriée à ce sujet. Parallèlement, il avait noté le portefeuille et aurait pu sortir le sien. Elle l’avait invitée, il n’allait pas s’immiscer. Certains de ses amis se vexaient quand quelqu’un tentait de payer sa part alors qu’ils avaient précisé que c’était pour eux. Il ne tenait pas à vérifier si c’était le cas avec la jeune femme. Il le lui demanderait plus tard s’il n’oubliait pas entre temps.

« Merci à vous d’être venu me chercher. répliqua-t-il avec le même sourire chaleureux avant de reprendre, beaucoup moins sérieux En revanche, je ne me suis pas encore tout à fait décider sur le fait de vous en vouloir ou non pour avoir interrompu mon début de vacances. Mais je pense que le non est en train de l’emporter ... puis, marquant une pause Grâce au chocolat bien entendu. »

Il termina sa propre part avant de siffloter tranquillement en prenant la seconde qu’on lui offrait doublement. Il en prit une première bouchée, le chocolat est-il plus noir chez le voisin ?, et l’avala docilement avant de lui répondre.

« Si j’avais voulu ne pas être retenu, je n’aurai pas accepté votre invitation, je n’aurai pas pris de chocolat. Et je n’entamerai pas votre part. Quant aux copains … il haussa les épaules J’ai les numéros de téléphone. Et il est déjà prévu qu’on se retrouve prochainement. Vous leur offrez donc un peu de répit avant qu’ils ne m’aient de nouveau sur le dos. »

L’autodérision lui avait toujours fait beaucoup de bien. Et, même si ce n’était pas le cas d’Amy, ça aidait les autres à être à l’aise avec lui quand sa taille et son regard gris le desservaient.

« Mais ne vous sentez pas non plus obligée de rester ici si vous avez mieux à faire. Cela dit, si vous avez une tâche déplaisante à effectuer, j’accepte de vous servir d’excuse. Ou d’alibi. Ou les deux. »

Il avala une nouvelle bouchée avec le même plaisir que les précédentes.

« Oh, j’ai une nouvelle question : il y a un code vestimentaire à suivre dans les locaux ? Ou c’est libre tant que les fringues sont propres et non trouées ? »

Il ne l’avait pas spécifiquement mentionné mais il était plus à l’aise en tee-shirt qu’en chemise. Excepté sa chemise hawaïenne. Mais il ne la portait qu’en vacances. Et il doutait que même s’il ne se restreignait pas,  ça passe au BAM.

« Et si vous avez des questions, personnelles ou non, qui vous passe par la tête, n’hésitez pas, même si vous pensez que ce n’est pas le moment : j’ai du chocolat, c’est forcément un bon moment. »

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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Mer 5 Oct - 12:43

Abraham réagissait vivement, bloquant à l’énoncé de l’effet de ma mutation primaire avant de se rattraper sur la suite. Je n’eus pas réellement le temps de m’inquiéter plus que cela, persuadée de réussir à partir sur quelque chose de plus positif en m’accordant sur la solution qu’il plaçait en première par faveur probablement. Passer par lui pour obtenir des informations sur lui fut apprécié également, me conduisant à penser qu’il n’avait guère appréciée « l’entrainement » de Charles Reyes dans sa demeure sur commande de Sage qui n’avait pas prise la même politesse que moi pour en savoir plus, mais l’homme ne me répondit pas tout de suite puisque ma tarte le distrait.

Je ne fis aucun commentaire autre qu’un sourire mi-amusé mi-gêné quand à notre « deal » et enregistrais dans ma mémoire le numéro de téléphone avant d’ajouter un trait d’humour qui rendit mon sourire complètement amusé ; un peu plus sérieusement mais pas trop quand même, voici qui était une belle formule.

Ça ne me dérange pas d’être taquinée, même si je ne vous connais pas encore assez pour savoir quand vous le faites, cependant vous découvrirez que je réagis beaucoup plus vite que les gens normaux. C’est une autre de mes capacités. Je suis aussi très douée pour me faire avoir en beauté, paradoxale avec un doctorat dans la détection de mensonge…

Mais plutôt cohérent avec mon propre caractère et l’espère de naïveté inexpérimentée que je continuais de posséder. Et je préférais qu’il en soit ainsi, à dire vrai, même si cela pouvait me desservir parfois. Je souriais de nouveau à la réciprocité des remerciements, m’apprêtant à hocher la tête avant de marquer un à-coup à l’incertitude quand à m’en vouloir ou non ; c’était une taquinerie mais elle me causa un cinquième de seconde de doute et cela s’en ressenti dans mon acquiescement, devant rendre étrange.

J’ai bien fait de vous acheter avec la tarte alors.

Mon sourire était amusé, tant parce que je cherchais à donner la réplique que parce que je trouvais là une bonne similarité avec Rachel ; si j’avais quoi que ce soit à demander à l’un comme à l’autre, cela passerait par l’estomac. Simple, efficace, appréciable.

Si j’avais voulu ne pas être retenu, je n’aurai pas accepté votre invitation, je n’aurai pas pris de chocolat. Et je n’entamerai pas votre part. Quant aux copains …

Certes, d’un autre côté la politesse envers un agent du gouvernement restait assez bien ancrée dans la culture, surtout à Manhattan, pour accepter de lui accorder du temps. Mais rien n’était problématique donc inutile de se plaindre et offrir du répit à des innocents faisait parti de ma vocation ; il était juste trop tôt pour que je plaisante là-dessus, si jamais je finissais par le faire. Au moins les pensées me venaient, c’était déjà une bonne progression de mise à l’aise.

La proposition de me servir d’excuse et/ou d’alibi d’Abraham me fit sourire avant que je ne lui réponde.

Et bien, même si négocier avec le Trium Virat n’est pas franchement ma partie préférée du travail, il faut bien que je le fasse si je veux que l’on travaille ensemble. J’ignore quand il sera disposé à me recevoir mais il faut tout de même que j’aille demander.

La nouvelle question me fit faire un petit rire nerveux alors que je me passais une nouvelle fois une main dans la nuque.

Alors, le code vestimentaire des locaux du Triskelion… vous demanderez à Rachel ce qu’elle en a fait la dernière fois. Sinon, en tant qu’agent, je répondrais bien « oui » : la grande majorité des agents ont le costume ou le tailleur. Après, le reste… Fury et quelques uns ont des combinaisons de molécules instables, généralement moins moulantes que dans l’imaginaire collectif, tandis que la mienne a un dos nus du garrot au bassin… en somme, tant que cela donne une image « sérieuse » du BAM et de votre fonction, ça devrait passer.

On restait un organisme d’état, même si on avait nos spécificités, donc le sérieux était de mise même si les uniformes pouvaient varier. Sans aller jusqu’aux trois pièces, il valait mieux quelque chose de professionnel.

Lorsque le serveur arriva, je lui demandais l’addition et la machine à carte bancaire et, alors qu’il s’en retournait les chercher, sortis ma carte ainsi que 2$ de pourboire.

Sinon je n’ai aucune question à vous poser pour l’heure. Outre que j’ai du plus entendre parler de vous que l’inverse, je préfère apprendre à connaitre les gens au fur et à mesure : ça limite mes risques de déformation professionnelle. Et puis nous nous reverrons très bientôt.

Je me lève, faisant face à égal avec le serveur alors que je règle mon dû, puis me retourne vers Abraham avec un sourire provocateur.

Je vous mettrais bien en garde que si vous faite souffrir Rachel je vous casserai la gueule et tout et tout… mais bon, vous savez comme moi qu’elle se débrouillera très bien toute seule.

Ponctuant d’un clin d’œil une phrase qui sonnait bien plus maladroite que je ne la pensais une fois dite, j’observais un instant la réaction d’Abraham avant de m’en retourner. J’ignorais si la tarte valait son prix mais la rencontre le valait clairement. J’espérais bien que le Trium serait en accord avec moi et ne tarderais pas à le voir à m’en aller aux bureaux de ses membres pour leur demander le aval.

Après un nouvel instant d’hésitation, j’entrepris de marcher à ma vitesse naturelle malgré que cela ne manquerait pas d’attirer quelques regards et, évidemment, c’était celui d’Abraham qui était visé. J’avais déjà évoquée ma réactivité, il était temps de l’expliciter un peu plus et me voir marcher à une trentaine de kilomètres par heure devrait lui donner une bonne mesure. En plus d’évidemment me permettre de rejoindre rapidement le Triskelion à l’aide des pistes cyclables car, à défaut d’être un véhicule, j’avais le bon sens de choisir la voie de déplacement où ma vitesse était la plus adaptée. Ce qui ne m’avait pas empêché de me faire flasher par un radar une ou deux fois mais c’était une autre histoire.
RP TERMINE pour Amy
vivement la suite Wink

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MessageSujet: Re: Loyautés {Abraham Blackwood}   Mer 12 Oct - 19:35

« Oh ne vous en faites pas, en général, ça se voit assez bien. Vous le découvrirez avec le temps. Je l’espère en tout cas. »

Après tout, il n’était pas encore acquis qu’elle obtiendrait l’approbation du Trium. Il le souhaitant, pour tout un ensemble de raisons aussi diverses que variées. Son autre occupation était plutôt en phase sommeil pour le moment et rester actif ne pouvait pas le desservir. S’intégrer permettrait également d’avoir une autre source d’informations sur le BAM même s’il était persuadé qu’il y avait déjà quelqu’un en place. Et puis, le peu qu’il avait pu la côtoyer, il appréciait la jeune femme. C’était un moyen comme un autre d’apprendre à la connaître.

« Une autre de vos capacités ? Est-ce que vous tenez une liste ? Histoire que … il s’interrompit et secoua la tête Non, en fait, je ne veux pas savoir. Je verrai bien au fur et à mesure. Ce sera plus sympa ainsi. »

Tout savoir tout de suite ? Très peu pour lui. Sauf pour planifier une mission mais ce n’était pas le cas. Tout savoir sans effort, au sein d’une relation, il trouvait que cela détruisait la spontanéité et retirait l’intérêt que l’on portait à l’autre. Mais cette vision des choses n’engageait que lui. Quant à se faire avoir alors qu’elle disposait d’un doctorat en « Je sais que tu mens » … il n’en dit rien mais nota l’information dans un coin. Allait-il l’embêter en utilisant cette capacité spéciale ? Non, il n’oserait jamais voyons. Pas tout de suite en cout cas …

Il sourit, sans chocolat sur les dents s’il vous plait, alors qu’il venait de manger une nouvelle cuillerée de tarte, achevant ainsi la sienne avec une certaine satisfaction.

« Tant que ça contient du chocolat, vous pouvez être certaine que ça va marcher. Ou que ça augmente grandement les chances en tout cas. »

Evidemment, pas pour tous les sujets mais il n’estimait pas nécessaire de le lui préciser. Elle devait bien s’en douter. Il continuait de prendre son goûter, comme un gosse, sauf qu’il n’était pas accaparé par lui et qu’il était capable de continuer à l’écouter et à la regarder en même temps.

« Effectivement, qui ne tente rien n’a rien. Et plus tôt vous vous y collerez, plus vite vous en serez débarrassée. »

Technique éprouvée lors des divers passages à l’oral qu’il avait dû faire tout au long de sa scolarité. Sa mère lui avait donné le tuyau et s’il avait rechigné à l’appliquer au début, il avait vite changé d’avis. En effet, en passant dans les premiers si ce n’était LE premier, outre le fait qu’il pouvait glandouiller ensuite pendant que certains étaient encore dans l’attente à cause de leur indécision ou de leur timidité, les enseignants avaient tendance, dans une grande majorité, à être moins sévères avec les volontaires du premier instant. Et pour quelqu’un qui, à ses débuts, avait tendance au minimum syndical, c’était toujours ça de pris. Cela lui fut moins utile quand, après découverte de sa mutation, il se mit à bosser vraiment, mais il pouvait toujours profiter de la tranquillité après le passage. Cela lui laissait du temps pour des choses qu’il préférait.

La main dans la nuque ne lui sembla pas de très bon augure alors qu’elle abordait la question de la tenue vestimentaire. Il grimaça avant même qu’elle ne prononce un mot.

# Pas le costume de pingouin, pas le costuuuuume … #

La surprise remplaça la grimace rapidement et il attendit la fin de la réponse avant d’en placer une.

« Ah ? J’essayerai d’y penser … même si je crains un peu la réponse du coup. Et je note de ne pas venir en tongs. Sauf si j’ai à me planquer dans une salle des archives sombre, humide et isolée. »

Il savait être sérieux quand c’était nécessaire et là, ce n’était qu’à moitié le cas alors autant se permettre les clichés maintenant. En attendant, il comprenait bien ce qu’elle lui disait. Il fallait être propre sur soi et maintenant l’image sérieuse de l’institution. Demande assez normale, en fait. Il visualisa rapidement son dressing. Il avait de quoi faire. Et au pire, Sasha serait ravie de l’accompagner pour faire du shopping. D’infirmière lambda, elle était devenue l’une de ses amies les plus proches à New York. Si ce n’était la plus proche, en fait. Certains amis communs leur avaient demandé s’ils étaient ensemble mais ils s’étaient regardés puis avaient éclaté de rire sous le regard médusé des autres. Tout comme il voyait plutôt sa tante comme une grande sœur, il voyait Sasha comme sa petite sœur. Elle-même le considérait comme son grand frère. Dans les deux sens du terme. Et cette relation leur convenait très bien.

Abraham approuva en souriant sa réponse. Il avait surtout envisagé des questions professionnelles dont les retours pouvaient éventuellement lui permettre d’argumenter en sa faveur face au Trium. Pour les questions personnelles, il la rejoignait et préférait apprendre à connaître tranquillement, en prenant son temps.

« Effectivement … mais c’est un peu trichette ça d’abord. Autrement, la découverte progressive me va très bien, au contraire. Et j’espère bien que nous nous reverrons. Que je sois des vôtres ou non. »

Il remercia le serveur d’un signe de tête et s’étrangla à moitié avec une bouchée de tarte quand il voulut rire à la remarque d’Amy. Il déglutit et avala une gorgée de Mojito qui trainait encore là.

« Oui … je pense qu’elle sera à même de le faire toute seule mais je note que vous prendrez la suite histoire de faire bien les choses. »

Il sourit, autant des propos échangés que de l’attachement de la jeune femme envers Rachel. Puis il la salua d’un signe de tête alors qu’elle s’éloignait rapidement. Très rapidement même. Il se mit à rire tout seul. En effet, elle pouvait parler de réactivité. Il détourna le regard de l’intéressé en riant encore doucement pour se tourner vers les alentours. Il n’était pas le seul à l’avoir suivie des yeux. Côté discrétion, on repassera.

En attendant, il avait une autre tarte à avaler et il allait s’en donner à cœur joie.


● RP terminé pour Bee ●

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