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 La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Dim 7 Fév - 17:54

Samedi 25 juillet 2015, Arbat, Moscou

Il n’avait pas réalisé à quel point Moscou lui manquait jusqu’à y remettre les pieds. Il avait bien fait quelques allers-retours pour affaires, sans compter les immanquables rendez-vous familiaux, mais, en presque cinq ans, il n’avait jamais eu l’occasion de réellement profiter de nouveau de l’atmosphère si particulière de la capitale. Ses passages éphémères, même lorsqu’ils l’autorisaient à se poser dans son appartement personnel et non le manoir familial, le tenaient trop occupé pour pouvoir s’imprégner à nouveau de l’âme de la ville. C’est pourquoi lorsqu’il était arrivé deux jours auparavant, la première chose qu’il avait faite était de se balader dans les rues de la vieille ville. Il avait même poussé le vice jusqu’à se rendre devant son ancien lycée, observant les jeunes sortir tout en étant incapable de se remettre à leur place. Il était si loin le temps où il était un adolescent chétif et inquiet à peine capable d’empêcher les pensées de tout un chacun de pénétrer son esprit.

Il avait néanmoins apprécié ce petit détour nostalgique qui faisait éclater au grand jour l’abîme qui existait entre le Nikolaï de dix-sept ans et celui de quasiment vingt-sept. En dix ans, il s’était tout bonnement transformé jusqu’à ne pratiquement plus reconnaître celui qu’il avait un jour été. A tel point qu’il se demandait parfois s’il ressentirait la même chose à la veille de ces trente-sept. Dans le fond, ce n’était pas impossible. C’était après tout à dix-sept qu’il avait commencé à vraiment comprendre l’étendue de ses pouvoirs, et si tout fonctionnait selon ses prévisions, ce serait à vingt-sept qu’il hériterait de l’empire familial. Autrement dit, une nouvelle page de son histoire était sur le point de s’écrire et il pourrait très bien entrer dans un monde n’ayant rien à voir avec celui qu’il connaissait. Tout allait dépendre des évènements des jours à venir.

Ainsi, jetant un dernier regard à l’aurore illuminant Moscou de ses lueurs incandescentes, il referma la fenêtre de sa chambre, entreprit d’enfiler une tenue confortable et fonctionnelle – jean, chemise à col ouvert et pull Lacoste – puis quitta la pièce. Il était sept heure et demi du matin et il savait que la plupart des habitants du loft seraient déjà débout. Ses hommes dormaient peu, quant à Lady Hartley, elle s’était retirée tôt la veille au soir après son arrivée mais il ne savait pas si cela signifierait qu’elle ferait bientôt son apparition ou non. En attendant, il se dirigea vers la cuisine où il trouva Anton, Sergei et Anatoly en train de prendre leur petit-déjeuner. Il les salua en russe, se servit à la cafetière et prit place à leurs côtés.

Ils se restaurèrent en silence, chacun perdus dans leurs pensées. Pourtant, il n’était pas inhabituel qu’ils discutent, Nikolaï ayant choisi trois de ses plus fidèles lieutenants pour l’accompagner, des hommes avec qui il entretenait une relation plus proche de l’amitié que de la hiérarchie de pouvoir, preuve en était le tutoiement avec lequel ils s'adressaient à lui. Mais, il semblait que le poids des actions qu’ils s’apprêtaient à entreprendre dès le lendemain empêchait toute conversation futile. Finalement, ce fut l’entrée de Dimitri qui les réveilla tous.


-Les hommes de Rosneef nous rejoindrons demain à huit heures un peu à l’écart du manoir, je viens d’avoir Leonid au téléphone.

-Très bien, il ne nous reste plus qu’à savoir où et quand nous retrouverons les mercenaires qui nous accompagnerons et nous pourrons réviser le plan d’action.
-T’es sûr de c’que tu fais en faisant confiance à des hommes qu’on connaît pas, patron ? J’voudrais pas que tout notre travail de préparation parte en fumée parce que t’as craqué sur une belle gonzesse et qu’elle t’a promis la lune.
-Anton, ta gueule.
-Jamais mieux dit Anatoly. Je n’ai qu’une relation de travail avec notre associée et je te déconseille très fortement de lui manquer de respect si tu tiens à la vie. J’avais cru être assez clair durant le trajet : sa participation est essentielle pour s’assurer qu’Alekseï ne cherchera pas à se venger. Et je ne risquerais pas ma relation avec elle pour sauver ta peau.
-Okay, okay, j’ai compris, j’me tais.
-C’est toujours mieux.
-Sergei n’en rajoute pas.
-Roh Dim’ t’as toujours pas retiré ton balai du cul mon pauvre vieux ?
-Appelle-moi comme ça encore une fois et je ne serais pas le seul à avoir le fessier anormalement rempli.

Je ne peux m’empêcher de sourire face à la menace de Dimitri. Même lorsqu’il s’énerve, il reste étrangement poli. C’est d’autant plus hilarant que ça ne colle pas du tout avec sa mine patibulaire. Enfin, c’est aussi pour ça que je l’apprécie tant, parce qu’il est aussi physique que mental. Je réalise par ailleurs que cette ambiance détendue me fait du bien après les dernières semaines où le stress n’a fait qu’augmenter à l’approche du jour J. Pouvoir faire relâcher un peu la tension à la veille du moment fatidique m’est bénéfique et probablement pas qu’à moi.

Pourtant lorsque je lève les yeux et observe la silhouette de la Reine dans l’encoignure de la porte, mon humeur facétieuse s’envole aussitôt. Depuis quand est-elle là à nous observer et devrais-je m’inquiéter du fait qu’aucun d’entre nous ne l’a remarquée plus tôt, pas même Dimitri qui est pourtant toujours sur ses gardes ? Je sais bien que c’est moi qui l’ait invitée sur mon domaine et que je n’ai normalement rien à craindre de sa part mais je me rends compte qu’à force d’être en terrain connu, j’ai relâché mon attention, ce qui n’augure rien de bon pour la suite des événements. Je me redresse donc et, me raclant la gorge pour attirer l’attention de mes hommes, j’accueille notre invitée d’un sourire à peine forcé.


-Bonjour à vous, thé ou café ?


Dernière édition par Nikolaï M. Kolyakov le Dim 13 Mar - 14:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Ven 12 Fév - 20:06

Samedi 25 Juillet 2015 – 06 : 38 A.M.
Tu n’as jamais été aussi proche d’eux depuis que tu es partie.

Elle s’interrompt dans ses exercices physiques matinaux, entrepris avec discrétion dans la chambre qui lui est allouée à elle-seule, et relève la tête vers son interlocutrice. Elles sont une sorte de miroir et elle en a parfaitement conscience : elle-même arrive au milieu de la trentaine, assise les jambes fléchies à même le sol alors que sa chevelure soyeuse cascade littéralement de tous côtés puisque sa longueur lui permet d’arriver jusqu’à ses fesse, tandis que l’autre doit avoir la dizaine, portant des cheveux pouilleux inégalement coupés courts au couteau et s’appuyant des coudes sur la fenêtre fermée pour regarder l’horizon. Elle-même est silencieuse et l’autre bavarde même s’il ne doit pas être possible de l’entendre au-dehors de la pièce.

Tu penses qu’ils sont toujours en vie ?

Elle ne répond rien, respirant juste calmement après son effort. Enoncer des choses ne la conduit qu’à prendre conscience de réponses même si, énoncées par « autrui », cela lui donne à réagir plus que si tout restait dans sa tête. Même s’il s’agit bien de sa tête, en réalité. Ramenant une main contre son visage, elle en chasse une mèche et perd un instant sans main dans sa chevelure.

L’autre se retourne vers elle et leurs yeux azur clair se croisent et se fixent jusqu’à ce que les siens se perdent dans le vide. Elle n’a pas besoin d’être focalisée pour voir et ne le fait plus vraiment, du fait, là l’enfant continue de regarder en plus de voir. Un regard qu’elle laisse la détailler, consciente de ce qui est perçu.

C’est bien que t’ais réussi à les avoir longs finalement.

Sa main quitte sa chevelure pour s’en retourner sur le sol, faisant sourire d’amusement l’enfant. Celle-ci se décolle de la fenêtre, s’avançant vers elle sans perdre son sourire. Se mettant à genou, l’autre appose ses mains sur ses genoux à elle puis y accole son menton, penchant légèrement la tête sur le côté tout en la fixant et captant son regard.

Oui, il risque de me sentir. Il progresse vite en télépathie. Mais c’est un risque que tu es prête à prendre. Patience, pas Prudence, toujours.

Le clin d’œil lui fait baisser les yeux alors que Sage constate combien prudence a pris le pas depuis que patience n’existe plus. Mais elle est là, à présent, et c’est pour cela que l’X-Woman l’observe comme elle ne peut s’observer elle-même, lui parle comme elle ne peut se parler elle-même. Et, paradoxalement, c’est exactement ce qu’elle fait. Personne n’en est témoin et personne n’a à l’être. Il ne s’agit pas de trouver des gens capables de le comprendre ou non.

Il s’agit que toi, tu l’acceptes.

Celle qui ne possède rien n’a rien à perdre mais tout à regretter. Le regret est inutile car nos choix sont déjà faits mais il ne tient qu’à nous de choisir à nouveau. On ne change pas le passé mais on façonne l’avenir.

L’échange est si fluide que les paroles se suivent comme autant de pensées, celles d’une même personne. Sage prend une lente inspiration, son jeune reflet se contentant de sourire.

Elle se relève et la forme astrale se dissipe, fantôme du passé retournant au silence de la même manière qu’il en est venu à la parole. Prenant les affaires de toilette entreposées sur son lit, elle s’en va occuper la salle de bain avec vingt minutes d’avance sur son horaire habituel. Mais une fois installée, elle ne prend guère moins de temps qu’à l’habitude : si ses exercices physiques ont été interrompus, le reste de son entretient est égal à lui-même : une lotion désincrustante est appliquée sur sa peau avant même la douche qui la voit utiliser un gel moussant, un gommage corps et un autre visage, puis cela finit elle s’en va faire un masque à la mente avant de passer par une crème  reconstituante, une crème contour des yeux et pour finir une crème protectrice hydratante. Ses cheveux réclament également un lourd entretient, entretient qu’elle peut se permettre et se permet donc, en finissant par simplement les enchignonner pour cacher au monde la longueur fantaisiste qu’ils possèdent. Les marques de lune, sertissant  comme des larmes les coins de ses yeux, sont aussi cachées sous un maquillage sobre mais présent, lequel précède l’habillage justifiant son heure de préparation quotidienne.

Elle ressort donc de la salle de bain après que tous soient levés et regroupés à la cuisine, des hommes qu’elle a rencontrés la vieille pour quasiment tous et qui se méfient d’elle à la mesure. Ils parlent russe, elle comprend parfaitement même si elle ne l’a en rien signalé. Quand bien même ce pays et cette langue n’auraient été impliqués dans son histoire, elle n’aurait mis aucun temps à apprendre la seconde. La seule chose sur laquelle elle c’est restreinte est la mémoire des lieutenants de Nikolaï ; celui-ci ayant respectés l’éthique de la télépathie en présence des suivants du Club des Damnés, la Reine Noire en fera de même dans la présente situation. Question de politesse plus que de confiance.

Ce qui ne l’empêche pas de les écouter parler : Dimitri énonce, Nikolaï prend en considération, Anton doute, Anatoly maintient l’ordre et Sergei plaisante. Certaines paroles ont plus de portée que les mafieux ne l’imaginent et sont parfois proche d’une vérité. Il est improbable que Nikolaï Kolyakov succombe aux charmes d’une personne comme Tessa, pour des raisons que ses subordonnés ignorent peut-être mais qu’elle-même pense posséder même si l’idée ne lui aurait pas déplu, tandis qu’il est possible de voir les promesses du Club des Damnés de la manière d’Anton. La relation de travail est réelle mais le manque de respect ambigu ; Sage ne veut pas que quiconque meurt, même si Tessa n’est pas certaine de savoir serait sensément responsable du meurtre. Mais personne ne le saura puisqu’Anton sauve sa peau seul.

Les choses se poursuivent et l’humour de Dimitri, sans la faire sourire, lui assure la préférence de la Lady parmi les autres lieutenants. La prudence d’Anton le fait en seconde position, suivit de la surenchère de Sergei pour en conclure avec l’impolitesse d’Anatoly. La « bonne humeur » disparait dès que Nikolaï aperçoit l’observatrice apprêtée qu’elle est, vêtue d’un tailleur la plaçant à égalité avec les hommes du milieu quand bien même elle attend à la porte de celui-ci, et lance un appel à la déférence.

Tessa répond d’un signe de tête afin de saluer l’entièreté de l’assemblée, son visage restant impassible. A la question de Nikolaï, une pensée s’égare à réclamer un chocolat mais elle n’échappe pas à la forteresse mentale de la Lady. Sans perdre sa contenance, la Reine Noire répond en anglais de sa voix placide.

Ce sera un thé, merci. S’il est possible d’obtenir une assiette de fromage blanc nature et une coupelle de fruits secs et de noix, ma gratitude sera encore plus grande.

Sans s’empresser plus que cela, la Lady pénètre dans la cuisine pour aller prendre une place libre à la tablée mafieuse. Tessa s’y installe posément, croisant doucement ses doigts avant de poser les tranches de ses mains jointes sur le rebord du plan de travail en toute distinction. Reprenant la parole, elle prie avec politesse les autres présents.

Messieurs, ne vous interrompez pas pour moi.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Lun 22 Fév - 13:46

La télépathie est un outil utile mais il ne doit pas devenir la solution de facilité. On peut apprendre énormément en se contentant d’observer les mimiques des gens, d’autant plus lorsque l’observation a lieu sur une certaine durée et que les recoupements deviennent possiblement, facilitant par-là l’interprétation. Ainsi, je n’ai nul besoin d’envahir la psyché de mes lieutenants pour lire leurs pensées lors de l’entrée de Lady Tessa.

Dimitri qui est le seul à connaître sa véritable identité incline discrètement la tête à son passage avant de se charger d’aller chercher les ingrédients demandés. Côté fromage blanc, elle va être servie, le réfrigérateur a de quoi nourrir une armée en campagne mais je suis moins sûr pour les fruits secs. Ils ne font pas partie de notre régime habituel, je crains donc que Dimitri ne doive faire des miracles ou plus prosaïquement des courses pour subvenir à ses besoins, à moins bien entendu que notre invitée ne soit capable de s’en passer.

Anton, malgré sa promesse de tantôt, est clairement sur ses gardes et ne fait rien pour le cacher. Assis face à la Reine, il la fixe d’un œil suspicieux comme s’il s’attendait à ce qu’elle sorte d’un instant à l’autre une arme pour tous nous descendre. L’idée est absurde – si elle devait nous abattre, je doute qu’elle aurait besoin de sortir une arme – mais, sans compter ma propre paranoïa qui m’interdit de juger quiconque, la méfiance intrinsèque du Tchétchène est ce qui l’a maintenu en vie en Russie malgré ses origines. Le monde de la pègre a beau ne pas se mêler de politique autrement que pour gagner des faveurs sonnantes et trébuchantes, les questions ethniques sont l’exception et la participation du balafré à la première guerre russo-tchétchène du côté des insurgés lui a offert son lot d’inimitiés de ce côté de la frontière. Raison pour laquelle il sauta sur l’occasion de m’accompagner outre-Atlantique lorsque mon déménagement se fit nécessaire. Père avait beau l’avoir accueilli pour ses connaissances hors du commun en termes d’explosifs, sous son règne il lui était impossible de monter les échelons hiérarchiques, la faute originelle s’imposant à chaque fois entre lui et une possible promotion. En ce qui me concerne, ce que le quarantenaire a pu faire alors que j’usais mon pantalon sur les bancs de l’école primaire m’est égal. Tant qu’il m’est loyal, c’est tout ce que je lui demande.

Anatoly, à côté de qui Lady Hartley a pris place, finit quant à lui son café en silence. Sa position détendue laisse entendre qu’il a accepté la trentenaire parmi nous, mais la façon qu’il a de ne pas complètement lui tourner le dos malgré le fait que la position est nécessaire pour me regarder démontre parfaitement qu’il est paré à toute éventualité. Une attitude normale pour le seul de la bande qui, comme moi, est tombé dans le chaudron de la mafia dès la naissance. Son père et son grand-père avant lui se mouvaient déjà dans ce milieu et c’est donc tout naturellement qu’il a suivi les traces familiales. La seule différence c’est que là où les précédentes générations se contentèrent d’être des gâchettes parmi tant d’autres, le talent d’Anatoly fusil à longue portée à la main attira l’intérêt de plus d’un parrain sur lui. Au final, c’est Père qui remporta la partie sur ses concurrents, comment exactement j’ai toujours préféré l’ignorer. Quoiqu’il en soit, si j’ai hérité de ce tireur hors-pair au moment de la séparation des biens avec mon frère c’est tout bonnement car Anatoly ne supporte pas Alekseï et ne s’en est jamais caché. Une sombre affaire de femme dont personne n’a jamais osé demander les détails n’arrangeant rien à la relation déjà tendue entre les deux hommes et vous comprendrez que le Moscovite m’ait accompagné jusqu’à la Grosse Pomme.

Sergei, enfin, est le seul à adresser un sourire amical à la Reine, avant de se lever pour faire bouillir de l’eau pour son thé. Rien de surprenant de ce côté, le benjamin de la bande qui pourrait aisément se faire passer pour mon frère aîné s’il n’était aussi blond que je ne suis brun est d’une nature sociable qui lui permet d’en savoir bien plus sur les gens qu’en usant d’une quelconque persuasion violente. Il est d’ailleurs le premier à s’adresser à notre invitée avec un accent savamment travaillé pour faire craquer ces dames alors qu’il ouvre une armoire pour en sortir un pot à thé.


-Vous nous ferez bien l’honneur de boire du thé local ?

Le roulement d’yeux d’Anatoly résume notre pensée à tous. Même au vu de la situation et malgré mes mises en garde sur la façon de s’adresser à notre compagne, le Casanova de la bande ne peut s’empêcher de faire du charme à la magnifique Lady. Il faut dire aussi qu’avec son air de jeune chien fou associé à un physique de mannequin il pourrait aisément passer pour l’héritier d’une famille noble plutôt que pour le fils d’ouvrier de la sidérurgie qu’il est. Enfin, il a toujours su quelles sont les limites à ne pas dépasser, alors je lui fais confiance pour se comporter correctement. Après tout, derrière la façade de provocateur suicidaire qu’il maîtrise à la perfection, c’est un stratège de première catégorie. Raison pour laquelle, il s’est fait remarquer par Dimitri à vingt-ans à peine alors qu’il dirigeait une équipe de braqueurs de banque discrets et efficaces dont la moyenne d’âge doublait le sien. Le convaincre de m’accompagner en Amérique n’a d’ailleurs pas demandé grand travail, notre proximité en âge - il a fêté ses vingt-neuf ans il y a un mois - nous ayant déjà grandement rapproché.


-Fromage blanc nature et noix. Il n’y avait pas de fruits secs.

La voix profonde de Dimitri me tire de mes réflexions alors qu’il dépose le plateau devant Tessa. Je lui fais ensuite signe de s’asseoir et tous les regards se portent sur moi, même celui de Sergei encore affairé aux fourneaux. Tous les concernés étant présents, je peux commencer mes explications. Mais avant cela, il me manque la dernière pièce du puzzle et c’est Lady Hartley qui la possède.

-Nous voilà tous réunis, parlons donc affaires. Milady, avez-vous convenu d’un lieu de rendez-vous avec nos renforts ?
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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Mar 1 Mar - 17:10

Tessa est gonflée, d’un certain point de vue. D’un autre, la Lady agit simplement comme une personne de sa condition quand bien même celle-ci tranche avec celles des autres hétéronymes ainsi que la véritable. Personne n’ose lui faire de commentaire, soit parce qu’on la prend au sérieux soit parce qu’on prend son rôle au sérieux. Déférence, méfiance, indifférence et concupiscence, tout cela lui est normal et Lady Tessa compose avec distinction. Sa réponse à la question de Sergei a la politesse distante d’une grande éducation, motivation possible au jeu du jeune russe qui semble vouloir sauter les classes sociales.

Bien entendu.

Que dira-t-il lorsqu’il verra la tenue de Reine Noire ? Il pourrait tellement y avoir tout une réflexion quand au sexisme ou au féminisme de telles tenues puisque portées par des gens asseyant leur puissant par rapport à leurs interlocuteurs mais cela en restera surement à un nom d’oiseau même s’il s’accompagne d’un qualificatif commençant par la même lettre. Mais ce n’est là que l’avis d’une petite voix que personne n’a invitée à s’exprimer, ce qu’elle ne fait donc pas. Sans compter qu’à par elle, personne ne peut réfléchir jusque-là ; chaque parti se contente de tirer sur ce qui lui est familier. Mais afin de flatter l’autre parti, il est véridique que Sergei est un parti fort intéressant et esthétique. Une chose qu’il se dira surement de la tenue de Reine Noire d’ailleurs, si la tension de la découverte n’accapare pas toute sa pensée.

Cet aparté opportuniste mis à part, la Lady reste concentrée à son affaire quand bien même sa demande n’est que partiellement satisfaite ; une chose dont, fort heureusement, Tessa s’accommode avec simplicité et qui la conduit à remercier le service partiel assuré par le mafieux. Le repas continu malgré un cran de tension supérieur : les choses sérieuses commencent, malgré un commentaire pour les malentendus.

Oui. Un kilomètre au sud du manoir, quatre voitures. Matériel militaire dont des technologies expérimentales.

Sans éprouver le moindre intérêt à fournir à ses miliciens des tenues en molécules instables, puisque leurs vies ne valaient pas les 300.000$ à l’unité, le HellFire Club s’assurait cependant d’avoir des troupes dont le matériel ne faisait pas défaut aux compétences. Ainsi, les Miliciens du HellFire Club sont tout aussi aptes à mener des opérations paramilitaires que les militaires nationaux et encore plus expérimentés dans le combat à l’encontre des mutants. Vingt d’entre eux, en accompagnement des hommes de Nikolaï, ont été estimés suffisant à reverser Alekseï sans avoir à trop dévoiler des capacités de Lady Tessa Hartley.

A ce sujet d’ailleurs, vous serez remerciés de ne vous munir que des munitions qui vous seront transmises par mes hommes, lesquels doivent tâcher d’amener un maximum de calibres différents afin de satisfaire tout le monde.

L’une des conditions à la participation de Sage à l’opération reste l’absence de morts durant celle-ci et elle continue de s’employer à le faire. Les X-Men ne tuent pas, c’est un souhait bien trop transgressé au cours des dernières années mais elle-même ne l’a jamais fait et tâche que ses alliés ne le fassent pas non plus. Sans doute ont-ils tous du sang sur les mains, comme nombre de membres des X-Men, mais elle fait son possible pour éviter cela dans les opérations auxquelles elle est mêlée. Par conséquent, Tessa aussi.

Mais Tessa ne justifie pas ses décisions, les exposant simplement en attendant un assentiment sans accorder d’importance à la méfiance supplémentaire qu’elle ne manquera pas de susciter suite à cela. Peut-être la Lady n’est-elle pas plus du milieu militaire que de celui du crime organisé mais savoir s’adapter fait parti de son éducation, quand bien même on ne peut se limiter à la théorie dans une telle aventure, et énoncer sa volonté comme s’il est naturel de la suivre fait entièrement parti du milieu aristocratique.

Tessa ne doute pas que Nikolaï lui fasse assez confiance pour être en accord avec sa décision, sachant pertinemment que l’allégeance continue d’impacter, mais la Lady n’est pas bête quand à la défiance qu’elle peut susciter en faisant passer son autorité au-dessus de celle du véritable leader du présent groupe. Une chose qui la conduit à préciser :

Il n’est pas dans mon intention de faire de décès prématurés, ainsi donc toutes les armes à feu employées durant notre opération le seront avec des munitions chimiques anesthésiantes. Un seul contact, même à travers des tissus perméables, permettra d’expédier la cible dans l’inconscience durant plus de temps qu’il ne nous en faudra pour en avoir fini.

Tessa se tait simplement, terminant d’énoncer un fait qui n’a pas à être discuté. Qu’ils y voient faiblesse, gaspillage ou risque inutile à loisir, la Lady sait être en accord avec Nikolaï et voit ceux qui approuvent l’initiative comme ceux qui la réprouvent. Dans un cas comme dans l’autre, elle ne laisse pas le choix et la Reine Noir le fait appliquer.

Entreprenant à manger une fois son thé entrain d’infuser et ses paroles finies, Tessa écoute avec une attention manifeste les dires concernant leur affaire. La Lady fait toute confiance à Nikolaï pour avoir planifié avec sa compétence habituelle et attends donc les plans principaux et secondaires ainsi que les propositions d’emploi des « mercenaires » du HellFire Club.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Sam 5 Mar - 13:37

Plus la conversation avance, plus la tension augmente. La Reine, toute aristocrate qu’elle est, n’annonce pas, elle ordonne. Avec un calme olympien, sans jamais élever le ton ni imposer sa volonté d’aucune façon, elle présente les faits comme ils sont. Comme si l’idée même que quiconque s’oppose à son récit était absurde. Et peut-être bien qu’elle l’est au Club où tout le monde connaît sa véritable identité, mais dans cette pièce où, à l’exclusion de Dimitri et moi-même, personne ne sait vraiment qui elle est, il s’agit d’une position dangereuse. Non pas pour elle bien entendu, mais pour mes hommes qui ne sont pas habitués à me voir traiter qui que ce soit avec une telle déférence, encore moins lorsque la personne en question est du sexe opposé.

Car, on dira ce que l’on voudra sur l’amélioration de la vision des femmes dans la société, mais le monde du crime organisé n’en reste pas moins un milieu hautement machiste. Et pour autant que mes lieutenants sachent reconnaître la valeur intrinsèque de n’importe quel combattant, peu importe son sexe, l’a priori qu’une femme n’a pas à les dominer n’en reste pas moins fortement ancré dans chacun de leurs esprits. A l’exception peut-être de celui de Sergei qui serait bien capable de trouver cela particulièrement motivant, mais les implicites sexualisants d’une telle pensée démontre une vision tout aussi distordue de la puissance des femmes que la méfiance d’Anton ou le désintérêt poli d’Anatoly. Heureusement néanmoins, aucun d’entre eux n’est suffisamment stupide pour mépriser - ou pire sous-estimer - Lady Hartley pour autant. Ils attendent cependant tous en silence mon assentiment, comme s’ils ne pouvaient accepter la situation qu’à condition qu’elle provienne de ma part et non de celle de notre invitée.

C’est un jeu d’egos assez inutile mais auquel je me plie sans difficulté, sachant que cela nous évitera bien des problèmes par la suite. Sans compter que je suis certain que le matériel que nous fournira le Club aura de quoi adoucir toutes les rancœurs. Après tout, nous sommes tous alliés dans cette histoire et si la méfiance est au plus haut, encore plus à l’idée que nous allons nous battre avec des pistolets tranquillisants quand le camp adverse ne nous fera pas cette fleur, je n’ai pas le moindre doute qu’un seul regard d’Anton à l’artillerie et tout sera oublié. Offrez-lui un nouveau joujou et cet homme redevient doux comme un agneau. Enfin, à moins que vous ne soyez de l’autre côté de son viseur bien entendu.


-Nous nous plierons donc à vos règles Milady puisque vous avez pris le soin d’amener toute l’artillerie avec vous. Ou de comment donner l’impression d’accepter plus ou moins à contrecœur un point sur lequel vous vous étiez déjà mis d’accord. Je vous prierais néanmoins de me laisser expliquer la situation aux hommes de Rosneef. Ils ont beau n’être que là pour le décor, je doute qu’ils apprécient de se voir dépossédés de leurs armes.

Je sais néanmoins que Rosneef ne sera pas difficile à convaincre. Il me faudra sûrement accepter de céder sur quelque chose, histoire qu’il sauve la face, mais il a trop à gagner à m’aider pour changer d’avis à la dernière minute. Je l’appellerais donc personnellement une fois cette réunion terminée.

-Sergei, tu as récupéré les gilets ?
-Hier soir. Six gilets pare-balles en kevlar à porter sous nos vêtements. J’ai pris l’initiative d’en commander un pour Madame au cas où, ne sachant pas si elle possédait ses propres protections.

Je doute qu’elle en ait besoin, mais l’attention est touchante. Car elle démontre qu’il a pleinement intégré la jeune femme au groupe, et ce avant même de la rencontrer.

-Très bien. Vous connaissez le topo, pas de prise de risques inutile. Si mettre votre vie en jeu apporte un avantage conséquent, allez-y mais n’oubliez pas que cette dernière m’est un atout bien plus précieux que la plupart de nos objectifs.

L’esquisse de sourire qui éclaire les traits de Dimitri, le grognement d’Anton, le hochement de tête silencieux d’Anatoly et le signe de la victoire de Sergei me prouvent qu’ils ont compris. Ils savent que je fais rarement dans le sentimental mais la mission de demain peut aussi bien être la plus grande réussite de notre carrière qu’une catastrophe sans nom, alors je peux bien me permettre de me laisser un peu aller. Surtout que, d’un point de vue purement pratique, ce que j’ai dit est totalement vrai. Obtenir des hommes capables et loyaux n’est pas une tâche aisée, je n’ai donc aucune intention d’en perdre bêtement parce qu’ils ont décidé de jouer les martyrs.  

-Maintenant, distribuons les rôles. Anatoly, tu partiras le premier avec quatre mercenaires pour sécuriser le périmètre. Ton job est simple, nous soutenir si on rencontre des difficultés à l’arrivée. Je te passerai les plans du manoir et de ses alentours tout à l’heure pour que tu puisses régler le reste directement avec les hommes sous ton commandement.

La flamme qui s’allume dans le regard du sniper me rassure, rien à craindre de ce côté-là. Cela fait longtemps qu’il n’a pas eu l’occasion de revenir à ses premiers amours et de tenir un fusil longue distance entre les mains, je suis donc certain qu’il fera un travail irréprochable.

-Anton, en ce qui te concerne, ta partie est simple. Tu choisiras les hommes que tu veux tant que tu m’en laisses quatre et tu n’auras qu’un objectif, t’assurer qu’une fois le bureau d’Alekseï atteint, personne ne puisse nous rejoindre.
-C’est comme si c’était fait boss.
-Sergei et Dimitri, vous nous accompagnerez, Miss Hartley et moi jusqu’au bureau d’Alekseï. Le reste des mercenaires et les hommes de Rosneef seront également de la partie, histoire d’accélérer le processus et de faire impression une fois devant Alekseï.
-Okay mais juste une question : qu’est-ce qu’on fait avec les quatre fantastiques ?
-Commence par arrêter de les appeler comme ça gamin.
-Aye aye sir mais ça ne répond pas à ma question. Patron ?

Ah la garde rapprochée de mon frère… Il convient déjà d’expliquer qui ils sont à Lady Hartley.

-Ceux que Sergei appellent ainsi sont les quatre lieutenants principaux de mon frère. Lev Korski, Grigori Satine, Maxim Jdanov et Vassili Dmitriev. Ils se connaissent tous depuis l’adolescence – oh les souvenirs ! Ce que ces connards aimaient s’en prendre à moi en groupe – et sont inséparables. D’une loyauté sans faille. Le principal objectif d’attaquer à neuf heures du soir est justement de les chopper tous en pleine réunion hebdomadaire. S’il y a une chose qu’Alekseï ne change pas c’est sa routine et par conséquent sa réunion du dimanche soir à huit heures trente. En arrivant une demi-heure plus tard, on s’assure d’avoir tous les protagonistes au même endroit, ce qui facilite notre tâche grandement.
-Donc l’idée c’est de se les faire tous d’un coup ?
-Grossièrement dit oui. Mais pour ça, il faut arriver jusqu’au bureau le plus vite possible. Tout le monde se souvient de comment.

Le lueur mauvaise qui illumine le regard d’Anton me dit que oui.


-Facile, je fais exploser le grillage à l’entrée et ensuite on des... endort tout ce qui se met sur notre chemin.

Bon au moins il fait des efforts pour intégrer les nouvelles règles du jeu, je ne peux pas lui en demander plus.

-C’est ça. Des questions ?


Mon discours s’adresse à mes hommes mais c’est la Reine que je regarde. Après tout, elle est celle qui est le moins au courant de mes plans depuis la fin de notre correspondance.

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Sage
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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Sam 12 Mar - 21:41

Toutes les réactions sont notées et seule la tension de Nikolaï a le moindre intérêt. Mais considérant que toutes les autres réactions suivent également celle logique de primordialité vis-à-vis du jeune parrain, les choses sont intéressantes à observer : les loyautés ne sont pas factices et transpirent face à une adversité qu’aucun homme ci-présent ne peut combattre, quand bien même cette vérification n’est pas le but recherché. Et il sait en jouer, se plaçant en position défavorable face à Lady Tessa Hartley mais se retrouvant du fait en accord avec ses suivants.

Il va de soi que vous continuez de mener les opérations. Les thermes de leur participation sont aussi importants que les miens. Rassurez-vous quand au fait que seules les munitions seront offertes, libre à chacun d’entre vous de les prendre pour vos armes personnelles ou de choisir une partie de notre « artillerie ».

Bien qu’elle nuance grandement la prise de pouvoir mafieuse, elle tâche de ne pas nuire à ses alliés dans l’affaire. Et Tessa suit son objectif, comme toujours.

La discussion se poursuit et l’attention de Sergei comme la façon qu’il a de s’adresser à la Lady accorde à celle-ci que nouvelle considération du jeune homme, lui faisant décliner poliment l’offre en accompagnant ses paroles d’un geste de la tête.

Mon propre matériel me suffira. Cependant, sachez-moi grée de votre attention.

Un matériel qui devrait plaire au jeune Sergei, même si c’est là aussi une pensée résonnante n’ayant pas lieu de s’exprimer. C’est le problème avec tout nouvel hétéronyme, il parasite quelques peu le flux mental le temps que Sage s’y habitude ; une chose qu’étonnamment, elle ne cherche pas à restreindre.

Reprenant son repas, Tessa écoute le discourt de Nikolaï et son avertissement sur la prise de risques mortels. Elle est en accord avec le jeune parrain mais se montrera plus extrême dans cette préservation de la vie humaine, par principe. La Lady n’intervient cependant pas, n’ayant pas à bousculer l’autorité naturelle comme la virilité des personnes présentes qui se sont préparés à cette bataille. Leurs réactions en témoignent.

La mémoire eidétique de Sage s’active pour retenir les paroles liées au plan et aux rôles le composant. Anatoly et quatre Miliciens pour sécuriser le périmètre et soutenir à distance, avec des armes longues plus probablement. Anton avec une douzaine d’hommes pour s’assurer de bloquer d’éventuels renforts une fois le bureau d’Alekseï atteint. Sergei et Dimitri, plus un minimum de quatre Miliciens, en suite de Nikolaï, de Tessa et des porte-étendards de Rosneef.

L’explication concernant les « quatre fantastiques » n’est pas superflue et la Lady écoute attentivement en continuant d’enregistrer les informations. Les identités lui sont étrangères et Tessa n’a pas ses Cyberlunettes afin de changer ce fait néanmoins il n’est qu’une seule chose à l’intéresser vis-à-vis de cette garde rapprochée, une chose n’étant pas évoquée.

Le lapsus d’Anton est noté mais nullement considéré, même s’il a fait un effort afin de se reprendre, et la question de Nikolaï obtient réponse.

Les Quatre Fantastiques seront ma partie. Néanmoins, il me faut des informations concernant leurs capacités de combat et éventuellement mutantes.

Tessa n’est pas une combattante. Sage, sans apprécier le terrain, l’est. Et elle se doute bien de la nécessité de maîtriser Alekseï et les siens sans leur faire perdre connaissance, une chose qu’elle est capable de faire rapidement s’il n’est pas d’imprévue. C’est une X-Woman et elle ne doute pas son niveau au-delà de cette élite dirigeante néanmoins elle sait pouvoir faire preuve de trop d’assurance et agit donc avec prudence.

***
L’heure est venue. Lady Tessa Hartley c’est préparée d’une façon qui marquera les esprits, indéniablement, et le sait parfaitement. Les blagues ne seront pas faites en sa présence mais resteront dans les esprits durant longtemps. Cependant, si cela nuira peut-être à sa crédibilité les premiers instants, l’action suffira à outrepasser l’esthétique traditionnelle du Club des Damnés imposant une tenue rappelant les prostituées des premiers temps. Et, bien évidemment, une tenue bien plus appropriées aux réunions secrètes où elle est obligatoire qu’aux interventions violentes que les membres du Cercle Intérieur ne mènent que très rarement. Néanmoins, la seule autre tenue de molécules instables en possession de Sage étant sa tenue d’X-Woman, le choix de la tenue ne fut pas compliqué.

Sergei serait probablement enchanté de votre la mystérieuse et impérieuse Tessa paraitre uniquement vêtue d’un body digne d’un maillot de bain, de gants lui remontant jusqu’au milieu des bras, de bottes à cuissarde et d’un tour-de-cou tous noirs le tout couvert d’une cape couvrante qui aurait été un véritable suicide à Moscou s’ils n’étaient pas dans le mois le plus chaud et où les températures avoisinaient les 20°C. Mais le jeune russe serait tout aussi probablement le seul à manifester une réaction positive face à la tenue : Anton serait sans doute le plus mécontent, convaincu de l’influence des mœurs de la « belle gonzesse ayant promise la lune » à son patron, tandis qu’Anatoly n’en penserait pas moins malgré son débit de parole largement inférieur à ceux des autres. Si Nikolaï est au fait des traditions du HellFire Club et de l’officialité d’une telle parure, la réaction de Dimitri sera intéressante afin de former des hypothèses conservant le degré de connaissance de celui-ci face à la société secrète.

Une inspiration est cependant suffisante à faire face à cette clique d’hommes n’éprouvant probablement pas plus de respect pour la figure féminine après cette observation. Le regard d’un bleu azur se fait cependant d’une dureté inquiétante alors que Lady Tessa Hartley prend la place qui lui a été réservée afin d’accompagner la suite de son allié jusqu’au point de rendez-vous avec ses propres hommes.

Hommes qui ne partagent avec leur employeuse que la couleur noire de leurs tenues, étant équipés de la tête aux pieds ; bottes militaires, gilet pare-balles, ceinture multi-usage, trench-coat et gants renforcés ainsi qu’un casque de moto modifiés afin d’inclure les systèmes de communications inter-escouades. Si la Reine Noire a l’air tout droit sortie d’un film érotique, ses Pions viennent d’une quelconque fiction d’anticipation. Et ils en ont l’imposante stature, même alors qu’ils attendent têtes nues prêts de voitures aux plaques d’immatriculation réfléchissantes. C’est d’ailleurs vers les coffres de celles-ci qu’ils se dirigent, une fois les inclinaisons à la Lady et les salutations à Nikolaï et sa suite effectuées, afin de les ouvrir sur un arsenal ayant sans doute eu bien du mal à passer la douane. Si tous ont à la ceinture un Beretta 92FS avec silencieux, les râteliers de leurs transports assignés comportent des pistolets mitrailleurs Uzi et FN P-90, des fusils d’assaut H&K G36 et des fusils à pompes Mossberg 500 Cruiser pour chaque membre de l’escouade ainsi qu’un fusil de précision Walther WA 2000 pour chacune d’elle ; le matériel standard des Milices d’intervention, chaque milicien étant libre de s’équiper à loisir. Il y a avec cela des caisses de munitions et, Tessa ayant commandée cette expédition, les différents calibres s’y trouvant ont des balles de couleurs bleutés.

Il s’agit de munitions biochimiques ayant un effet anesthésiant cutané ; une fois la balle tirée, les frottements de l’air la transforme en spray et n’importe quel contact avec la peau, même à travers des vêtements ou un gilet pare-balles, entraine la sédation.

La rapide explication est faite alors que la Lady s’empare de deux Uzi, installant l’un après l’autre des chargeurs de 20, tout en expliquant le plan de Nikolaï à ses propres hommes en réemployant les exactes paroles du jeune parrain. Hochant sobrement la tête, les Miliciens commencent à s’équiper à leur tour fonction de leur répartition : ceux en soutien sous les ordres d’Anatoly se répartirent en deux duos, l’un s’équipant de fusils d’assaut et l’autre de fusils de précision de manière à laisser l’un des rares WA 2000 à leur supérieur improvisé, tandis que ceux chargés de pénétrer le manoir se dirigèrent vers les pistolets mitrailleurs.

Les questions des Miliciens sont limitées au strict nécessaire afin d’effectuer au mieux leur mission indifféremment des raisons les poussant à la faire et c’est Tessa qui interrompt les choses, se rapprochant de Nikolaï pour lui parler simplement.

Avant de lancer l’assaut, il faudrait que vous accomplissiez un exercice. Libérez votre esprit et essayez de sentir ceux ce trouvant au sein du manoir, Nikolaï. Cela vous permettra d’identifier le monde de personnes s’y trouvant, potentiellement leurs positions et peut-être même la présence éventuelle de mutants parmi elles.

Cette reconnaissance télépathique est naturelle à la Lady, dont l’une des capacités lui permet de détecter et d’identifier passivement tous les êtres vivants et leurs espèces, sans avoir à entrer en contact télépathique avec eux, se trouvant dans un rayon variable autour d’elle ; un rayon incluant le manoir pour l’heure. Si Sage ignore si Nikolaï possède la portée ou même une forme latente de cette capacité, elle lui laisse la chance d’essayer.
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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Sam 26 Mar - 16:57

-Leurs capacités mutantes sont inexistantes. Je les connais depuis l’enfance et la jalousie intense de mon frère lorsque mon propre pouvoir s’est déclaré rend totalement improbable la possibilité qu’il ait accepté un mutant dans son cercle d’intimes. Par ailleurs, il est complètement impossible que l’un d’entre eux ait caché une mutation quelconque puisqu’ils se fréquentaient déjà à l’adolescence, autrement dit au moment où celle-ci se serait déclarée et où il aurait été incapable de la maîtriser.

Sans compter que si je découvre qu’un de ces connards est un mutant après qu’ils aient plus ou moins passé mes années de lycée à essayer de me faire passer pour une erreur de la nature, je me le fais, et tant pis pour l’accord avec la Reine.

-Pour ce qui est de leurs capacités de combat, Vassili et Maxim sont les gros bras de la bande et pratiquent le systema à haut niveau depuis l’adolescence. Vassili est aussi doué arme au poing, mais Maxim est loin d’être une gâchette de précision. Grigori et Lev sont, quant à eux, spécialistes des armes à feu. Ils se débrouillent en combat au corps à corps mais, ce n’est pas spécialement leur tasse de thé. Quant à mon frère, il préfèrera éviter le combat direct puisqu’il est toujours armé et vise extrêmement bien. Néanmoins, si le besoin de se battre se fait sentir, il a des bases sérieuses en systema. Bases qui ne m’ont pas empêché de le vaincre plus d’une fois lors de nos quelques affrontements avant que je quitte le cocon familial mais il se bat comme il agit, c’est-à-dire sans forcément réfléchir, alors ça a toujours joué à mon avantage malgré notre différence de gabarit. Reste que cela commence à remonter et qu’il est raisonnable de penser qu’il se soit amélioré depuis.

Après tout, j’ai beau avoir élevé le dénigrement de mon frère au rang de discipline olympique, je n’en suis pas pour autant aveugle et sait pertinemment qu’Alekseï est moins con que je n’aimerais qu’il le soit. A vrai dire, il est même très loin d’être idiot, c’est juste que notre relation conflictuelle m’empêche bien souvent de passer outre son esprit parfois borné. Pour moi qui aime prévoir la moindre possibilité, sa capacité à se voiler la face en sous-estimant l’adversaire m’a toujours dérangée. Ce qui ne l’empêche cependant pas d’être un très bon businessman.  

***

J’avais oublié les tenues du Club… Par conséquent, quand j’ai vu arriver Lady Hartley en grande – ou petite tout est une question de point de vue – tenue, je me suis dit que sa place dans notre joyeuse équipée n’allait pas en être facilitée. Je suppose néanmoins qu’elle sait ce qu’elle fait et j’ai suffisamment confiance en mes hommes pour se garder les quelques remarques désobligeantes qu’ils pourront se faire en l’observant. Sans compter que je n’ai pas le temps de me préoccuper de ce genre de détails à l’aube de la plus grosse opération de ma carrière. Si qui que ce soit a un problème avec les vêtements de la Lady et qu’ils osent le lui faire remarquer, ils n’auront qu’à en subir les conséquences, j’ai d’autres chats à fouetter actuellement que de jouer les médiateurs de cour de récré.

Je ne manque cependant pas les regards lourds de sous-entendus de mes lieutenants. L’appréciation illumine celui de Sergei, le mépris celui d’Anton, l’incompréhension celui d’Anatoly – ce qui jusqu’ici est probablement la réaction la plus normale, on ne s’attend habituellement pas à ce que quelqu’un vienne à un coup d’Etat habillé comme pour rentrer dans un bordel – et finalement celui de Dimitri, bien que globalement neutre, penche pour la curiosité. C’est que mon second en sait plus que les autres sur la nature réelle de mes relations avec la Reine mais il n’est pas au courant de l’intégralité des secrets du Club. Je n’en vois pas l’intérêt et, s’il est certain qu’il n’apprécie pas forcément d’être mis à l’écart, il n’a jamais fait preuve de la moindre critique à mon égard sur ce point. Or, je vous assure qu’il n’a aucun problème à me rappeler à l’ordre lorsqu’il l’estime nécessaire. J’en déduis donc que ce qu’il sait de mes affaires avec le Club lui suffit. Même si, à condition de revenir victorieux aujourd’hui, je suis convaincu que je vais devoir répondre à un certain nombre de ses questions. Après tout, une fois que sa curiosité est piquée, elle est encore pire que la mienne. C’est l’ex-chercheur en lui.

Néanmoins, la tenue de Lady Hartley est bien vite oubliée lorsque l’arsenal est mis à disposition de tous. Anton ne cache d’ailleurs pas son admiration et pousse un sifflement appréciateur devant l’armurerie à sa disposition. C’est cependant la réaction d’Anatoly qui est la plus surprenante. Son regard se pose directement sur les Walther WA 2000 et l’esquisse d’un sourire adoucit ses traits. Pour l’handicapé social du groupe c’est un véritable exploit et il est évident que son respect pour la Lady et ses moyens vient de grimper en flèche en un seul instant. De même que pour les Miliciens mis à sa disposition lorsqu’ils ont la déférence de laisser un de ces petits bijoux à son usage. Il s’en empare donc immédiatement et commence à vérifier qu’il est en parfait état de fonctionnement. Pendant ce temps-là Sergei observe les lieux, calculant sûrement déjà les diverses possibilités de retraite si les choses venaient à mal tourner. Dimitri, quant à lui, a les yeux tournés vers la route, attendant sûrement l’arrivée de groupe de Rosneef. Enfin, Anton donne quelques ordres personnels aux hommes sous sa direction.

C’est alors que la Reine s’adresse à moi et me fait une proposition inattendue. Je n’avais jamais envisagé d’user de ma télépathie ainsi. Mais il faut dire que la fréquentation de l’X-Woman m’a été des plus bénéfiques de ce point de vue-là. J’en ai plus appris à ses côtés en quelques semaines que durant tout mon entraînement adolescent. Pour la défense de mon professeur de l’époque, j’étais originellement un élève plutôt réticent mais, tout de même, plus je grandis et plus je réalise qu’il était loin d’être un brillant pédagogue. Quoiqu’il en soit, l’heure n’est plus aux réminiscences, je me lance donc dans l’exercice après un hochement de tête en direction de Lady Hartley pour lui indiquer que je l’ai entendue.

Dans un premier temps, je ne ressens rien. Puis, la présence psychique de ma compagne du jour se fait brutalement ressentir. Toute sa puissance potentielle rend son « aura » mentale presqu’écrasante et je m’empresse de m’en éloigner pour tenter de pénétrer les murs du manoir d’Alakeseï. C’est plus difficile que prévu et je choisis de me concentrer d’abord sur la signature psychique de mon frère que je connais mieux que les autres, puisqu’il a été le cobaye de plus d’une expérience adolescente avec mes pouvoirs lorsque c’était là ma seule façon de me venger de son traitement abusif.

La recherche dure quelques instants mais je finis par le localiser dans ce que je suppose être son bureau. J’y remarque également trois autres présences, ce qui signifie qu’un de ses lieutenants n’est pas encore arrivé mais il reste trente minutes avant le début de leur réunion, alors rien de bien surprenant là-dedans. Je laisse donc leurs présences de côté et commence à me « promener » mentalement dans les lieux, à la découverte des occupants du manoir. Cela s’avère assez naturel, une fois la première difficulté surmontée. Je compte vingt-cinq personnes présentes plus Alekseï. Ce que je suppose être deux gardes à l’entrée, quatre autres qui font des rondes autour du périmètre du bâtiment principal, trois au niveau de ce qui est censé être l’armurerie. Les douze autres se répartissent de manière inégale. Six au repos dans la pièce principale, undans un des bureaux (sûrement le « fantastique » manquant), et les cinq autres sont en déplacement à divers endroits. Je constate néanmoins que, si je suis capable de déterminer où se trouve chacun sur un plan plat, je suis incapable de dire qui se trouve au rez-de-chaussée et qui se balade dans les étages.

Je transmets néanmoins l’information obtenue à chacun des présents, n’éprouvant aucun scrupule à faire ample mesure de mes capacités puisque tous sont au courant ou soumis à secret professionnel. Il en ira différemment une fois les hommes de Rosneef arrivés, je repars donc à l’assaut avant qu’ils n’arrivent pour essayer de déterminer si mon frère a à ses côtés des mutants ou non. J’ai failli demander à la Reine comment les reconnaître mais je préfère tenter le coup seul avant de m’adresser à elle. Si je prends trop l’habitude de recourir à elle à chaque nouvelle situation, je vais finir par devenir dépendant et il en est hors de question. Je recommence par localiser Alekseï, étant certain que lui ne l’est pas, puis j’élargis peu à peu la recherche et quelle n’est pas ma surprise lorsque, soudain, une sensation étrange que je mets sur le compte d’une mutation génétique attire mon attention à quelques mètres de son bureau. Pire, il s’agit d’une silhouette se dirigeant vers celui-ci. Un des quatre fantastiques aurait-il après tout des pouvoirs ? J’en doute fortement mais il n’en reste pas moins que, quelqu’un dans le manoir, est en possessions de capacités améliorées d’un type inconnu. Je poursuis donc ma recherche pour vérifier s’il est le seul ou pas puis annonce le fruit de mes investigations à tous.


-Il y a trois mutants à l’intérieur. Un des gardes de l’armurerie à l’est du manoir, un des types dans le salon principal et celui – ou plutôt celle si mes impressions se confirment – qui est en train de se diriger vers le bureau de mon frère. De par sa signature psychique, j’ai eu l’impression qu’il s’agissait d’une femme mais j’ai pu me tromper. Quoiqu’il en soit, sa puissance est nettement supérieure à celle des deux autres aucun doute là-dessus.

A peine ai-je fini de parler que les voitures transportant les hommes de Rosneef font leur apparition. Or, comme je pense qu’il est possible que les présents aient des questions sur ce que je viens de dire, je fais signe à Dimitri d’aller les accueillir, leur expliquer les règles du jeu et leur fournir les munitions pour la soirée. Ce qui me fait penser que je ne me suis pas encore moi-même armé. Mais cela ne saurait tarder.

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Sage
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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Mer 6 Avr - 17:19

Tout se passe comme prévu, depuis les réactions à la tenue jusqu’à celles aux armes, et tout fini donc comme Lady Tessa Hartley l’a escompté. Chacun y va de son rôle et il n’est que la Reine Noire pour changer au dernier moment afin de pousser l’exercice plus loin que ce qu’il est annoncé. La surprise de Nikolaï ne trouve aucun écho dans les yeux azurs et le temps de réflexion comme celui de concentration lui est laissé à loisir.

Les informations qu’il découvre sont transmises à tous, offrant déjà une représentation mentale des lieux et de la manière d’intervenir en leur sein. Tessa n’ajoute rien, restant impassiblement en retrait alors que Nikolaï limite les risques pour leur camp tout en découvrant des choses qu’elle-même sait déjà. Sa télépathie lui apporte la connaissance de toutes les créatures vivantes autour d’elle et les hommes d’Alekseï n’échappent pas plus à cela que ceux de Nikolaï ou du HellFire Club. La Lady sait également pour les mutants sans pouvoir non plus connaitre leurs capacités ; il lui faut les voir pour cela.

Ce qu’elle voit venir, ce sont les hommes de Rosneef arrivent et Nikolaï délègue leur accueil pour ne pas se perturber dans sa préparation plus que la Lady l’a elle-même fait et continue de le faire.

Deux mutants à potentiel restreint et un troisième à potentiel important, oui. Néanmoins ne confondez pas la puissance et le potentiel : le développement de la présence astrale est lié au potentiel, du fait des plus larges modifications de l’esprit, et n’implique en rien la puissance brute.

Malgré la croyance populaire, les classes de mutation ne sont pas là pour mesurer la puissance des mutants mais leur potentiel évolutif. Celui-ci passe tant par le fonctionnement que les possibilités d’action, donnant respectivement les trois niveaux de potentiel que sont les potentiels illimités Omega, les potentiels forts Alpha/Beta/Gamma et les potentiels faibles Delta/Delta-Epsilon/Epsilon, et les défauts de fonctionnement, donnant respectivement les trois niveaux de fonctionnement que sont les sans défauts Omega/Alpha/Delta, les défauts mineurs Beta/Delta-Epsilon et les défauts majeurs Gamma/Epsilon.

Un mutant avec une super-force est classifié à potentiel faible puisque son pouvoir est restreint évolutivement mais est généralement plus puissants que des télékinésistes pourtant dotés d’un potentiel fort.

Un exemple vaut mieux qu’un long discourt théorique même si Tessa est prête à le faire, en un autre lieu et un autre temps. Il est prévu de faire s’intéresser Nikolaï aux conflits sociaux des mutants, une fois qu’il sera confortablement installé dans les sièges d’influence de son monde mafieux, mais c’est se projeter plusieurs mois en avance également. Pour l’heure, ils en sont à la partie la plus difficile et elle le sait bien.

Les deux armes de plus de trois kilogrammes chacune en main, Tessa regarde ce que ces nouvelles informations viennent apporter au plan : Anton et son équipe d’intervention auront donc à s’occuper des trois hommes au niveau de l’armurerie, dont le mutant mineur, et des six dans la salle de repos, dont l’autre mutant mineur. Anatoly et les siens s’occuperont des deux gardes à l’entrée et des quatre patrouilleurs. Nikolaï, Tessa et leur suite des cinq autres en déplacements aléatoires, dont le mutant majeur, ainsi que des quatre lieutenants et d’Alekseï. La répartition des cibles est équitable aux yeux de la Reine Noire et seuls les mutants feront pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Restez derrière moi et marquez deux secondes entre nos positions.

Elle sait que leurs adversaires se battront pour blesser et tuer et, du fait, préfère ramener les attentions à elle afin d’éviter les pertes dans son camp. De plus, Sage a confiance quand à la probabilité qu’elle puisse effectuer seule une telle mission et n’évalue pas prendre de risque inutile en faisant cela. Cela qui n’est pas une question ou une demande mais, une fois encore, un fait.

Vassili, Maxim et Alekseï devrait pouvoir être neutralisés en moins d’une minute sans l’emploi des munitions anesthésiantes, il vous faudra vous occuper de Grigori et Lev par vous-mêmes.

Vassili et Maxim pratiquent le Systema à haut niveau depuis leur adolescence, elle les évalue donc comme d’un niveau légèrement inférieur à un X-Man traditionnel. Le développement scientifique de l’art martial russe n’est pas très éloigné sur le principe que les bases de self-défense enseignées aux apprentis X-Men, visant à être très adaptable et pratique tout en exploitant la biomécanique du corps humain, mais pose problème du fait de l’absence de posture et d’enchainements prédéfinis ; Sage est habituée à anticiper les coups et, dans un tel cadre, les  techniques des arts martiaux orientaux sont d’une grande aide. Mais ce n’est pas la première fois qu’elle se retrouve opposée à du libre et elle doute que ses adversaires soient aussi problématiques que Rachel ou d’autres X-Men. Néanmoins, ses adversaires seront trois et peut-être qu’Alekseï sera de trop. Heureusement, Alekseï restera d’abord en retrait et la laissera libre de s’occuper au plus rapidement des deux « gros bras de la bande ». Cette instantanée évaluation faite, reste à les atteindre.

Une fois tout le monde en position, Tessa laisse le plan se dérouler. Anatoly et les siens sont les premiers à devoir être en position et lancent logiquement l’assaut à l’ordre de Nikolaï, puis Anton et sa section s’en vont en avance pour s’emporter le gros d’une résistance qui se rendra rapidement compte de leur présence. Et enfin, la Lady suit d’un pas égal et maitrisé pour s’engouffrer dans les couloirs du grand manoir.

Elle n’en connait pas l’agencement des pièces et se laisse guider mais ne ralenti nullement le pas. Ses capacités d’anticipation et de calcul suffisent à ce que tout se déroule dans son esprit un instant avant que ça n’arrive dans son environnement et en résulte une action d’une fluidité semblant chorégraphiée : elle avance sans marquer de pause et tire en simultanée l’unique projectile anesthésiant nécessaire à écarter chacun des êtres qui la croise. Son visage bouge à peine, sa vision périphérique permettant de capter les mouvements d’autrui, et son corps bouge avec célérité, ses anticipations et transmission nerveux lui permettant de réagir en une demi-seconde.

Les Miliciens agissent avec un professionnalisme paramilitaire également, ceux avançant étant couvert par les immobiles dans un relai explorant chaque couloir et chaque angle d’une nouvelle pièce. Ouvrant le feu à vue par à-coups automatiques, ils ont la précision de militaires d’intervention et la demi-douzaine de balles ainsi projetées s’assure qu’au moins l’une d’elle fasse mouche. Néanmoins, leur priorité en cas de fusillade reste de se mettre à couvert ou d’offrir le tir de couverture afin que d’autres puissent avancer et contourner les couverts des adversaires. Les mutants ne les effraient pas et ils connaissent des contre-mesures pour les neutraliser tout en sachant la règle d’or de cette confrontation : la vitesse.

Même avec les silencieux des armes, il est improbable que les fusillades échappent à Alekseï, ses trois fantastiques et la femme mutante qui se dirige vers son bureau ainsi reste-t-il à savoir si celui-ci sera atteint suffisamment rapidement pour que ceux-ci n’aient pas le temps de s’échapper à leur tour ; ou encore d’organiser une résistance quelconque.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Dim 17 Avr - 10:50

Alors que la Reine donne ses dernières recommandations, je suis satisfait de constater que tout le monde a fini par accepter son positionnement si particulier dans notre petite équipée. Elle ne m’est pas supérieure mais ne dépend pas pour autant de moi et ses conseils sont à suivre avec la plus grande attention. Les hommes de Rosneef qui nous ont rejoint pendant son discours lui jettent certes quelques regards surpris mais sont trop entraînés pour se permettre la moindre remarque qui risquerait de coûter cher à leur patron. Ils se positionnent donc à nos côtés après s’être équipés en armes de poing. Celles-ci ne sont là que pour assurer leur propre défense et il est clair qu’ils n’apprécient que moyennement le changement de munitions mais, une fois de plus, il semblerait que Rosneef ait trié les personnalités qu’il m’a envoyées pour leurs capacités d’adaptation. Un détail dont je lui serai gré si jamais je ressors vainqueur de l’affrontement.

Jetant un regard à ma montre, je constate que l’heure de lancer l’assaut est presque arrivée. Je me rends donc à mon tour jusqu’aux coffres contenant les munitions et charge minutieusement mon Beretta ainsi que mon Glock. Ce dernier n’est là qu’en dernier recours, étant donné que, malgré tous mes efforts, je ne suis toujours pas ambidextre et que ma précision en tirant de la gauche est toute relative. Je suis donc plus rassuré avec le Glock 23 qui fait presque tout le travail pour moi. A l’inverse, mon Beretta 92FS, prunelle de mes yeux, est un petit capricieux que j’utilise depuis bientôt cinq ans et dont je connais la moindre spécificité. Je me sens donc bien plus à l’aise avec son poids habituel dans la main, même si les balles qui le remplissent ne sont pas mes 40mm régulières, qu’avec n’importe lequel des modèles mis à ma disposition par les Miliciens.

Pendant que je m’arme, vérifiant par habitude qu’aucun de mes semi-automatiques n’est enrayé, Anatoly et son groupe sont déjà partis se mettre en position. Anton, quant à lui, est prêt à activer les charges explosives autour du portail dès que les snipers auront fait le ménage. Ainsi, lorsque je reviens vers les restants, je peux donner tranquillement l’ordre de lancer l’assaut. Et aussitôt dit, aussitôt fait. Sans un bruit, les deux gardes à l’entrée s’effondrent, victimes d’Anatoly et son groupe. C’est alors au groupe d’Anton d’entrer en lice et le portail en fer forgé ne fait pas long feu. L’explosion a volontairement été contenue pour éviter de prévenir tous les habitants du manoir de notre arrivée mais sans surprise, les gardes en patrouille autour du périmètre font bien vite leur apparition.

Du coin de l’œil, je constate que celui qui s’est éloigné du groupe, sans aucun doute pour prévenir Alekseï, est abattu par un sniper tandis que les trois autres nous foncent dessus en tirant. Chacun se met à l’abri mais, l’attaque ne dure pas longtemps car ils font, quant à eux, face aux tirs d’Anatoly et des siens. Sergei profite donc de leur inattention pour se rapprocher discrètement et en finir. Il n’est pas le meilleur des tireurs mais n’a jamais eu peur de se rapprocher du danger pour s’assurer des dégâts maximums. Nous poursuivons donc notre avancée jusqu’à l’entrée du manoir, laissant Anton prendre la tête de notre expédition. En effet, se débarrasser des gardes n’aura certes pas duré plus de trois minutes mais, malgré toutes nos précautions, lorsque le bruit des Kalachnikov se fait entendre, il est difficile de rester incognito. Je fais néanmoins toute confiance à Anton. Il n’est pas la subtilité incarnée mais il est efficace nul doute là-dessus. Quant à la Reine et ses Miliciens, ils sont à la hauteur de leur réputation, ça pour sûr. La voir se déplacer est un spectacle en soi et si je n’étais pas trop occupé à assurer ma propre protection ainsi que notre avancée, je pourrais bien me perdre dans son admiration.

Très vite, le gros des troupes arrive et le moment de se séparer d’Anton est venu. Le plan est simple. Le bureau d’Alekseï est au premier étage alors que l’armurerie et la salle de repos sont au rez-de-chaussée, l’objectif est donc de poster Anton et son groupe en bas des escaliers pour éviter d’être pris en étau et s’assurer que nous n’ayons à nous occuper que du nombre le plus restreint possible d’assaillants. Les Miliciens ouvrent donc la marche, attirant volontairement l’attention sur eux, tandis que nous continuons notre avancée sans être plus dérangés que cela. Tout au moins jusqu’à ce qu’un type avec plus de muscles qu’il n’est possible physiologiquement d’en avoir ne fasse son apparition sur notre gauche en provenance de la direction de l’armurerie. Quelque chose me dit que c’est mutant numéro 1. Si ce n’est à cause de son apparence, tout au moins parce que c’est le seul à ne pas être armé, comme s’il s’agissait d’une précaution inutile pour lui. Il porte cependant ce qui ressemble clairement à une veste en kevlar modifiée pour s’adapter à sa morphologie. Autrement dit, Monsieur Muscles n’est pas invincible, juste surpuissant. Une information que les hommes de la Reine ne mettent pas longtemps à intégrer car, tandis que le groupe d’Anton se charge de tirer sur tout ce qui bouge, ils s’approchent à deux du tas de testostérone, et évitant savamment ses coups, ils finissent par lui tirer une balle dans le cou.

Tout à l’honneur des hommes d’Alekseï, la chute de ce qui semble bien être leur as dans la manche ne les perturbe pas et ils continuent le combat. Je ne m’en préoccupe cependant pas plus, Anton déclarant qu’il a la situation bien en main et qu’on peut poursuivre notre chemin. A vrai dire, je crois bien qu’il est de plus en plus content des hommes qui lui ont été assignés et ça ne m’étonnerait pas une seconde qu’il tente de repartir à la maison avec une de leurs tenues. Paranoïa oblige, vous comprenez. En attendant, je constate aussi que s’ils essayent de n’en laisser rien paraître, les hommes de Rosneef sont drôlement impressionnés également. Ce qui m’arrange bien puisqu’ils pourront par la suite rapporter à leur patron que j’ai des alliés qu’il convient de ne pas embêter. Non pas que je craigne une trahison quelconque du vieillard mais c’est toujours une garantie de plus que je n’aurai pas un couteau planté dans le dos à la première occasion.

Soudain je ressens un malaise, comme le début d’une migraine ophtalmique, et mon regard croise celui d’un homme au sourire mauvais. J’ai l’impression de l’avoir déjà aperçu dans les suivants de mon frère et il est clair que lui sait qui je suis. Pire, je suis certain qu’il est le deuxième mutant que j’ai senti, un mutant expressément choisi pour les dégâts psychiques qu’il peut infliger. Rien de surprenant connaissant mon frère. Alors, avant qu’il ne me cause plus de soucis – car je doute que Lady Hartley soit perturbée étant donné l’immensité de son pouvoir – je lui tire dessus. Le connard est cependant particulièrement rapide et la balle qui devait lui arriver entre les deux yeux ne fait que frôler sa joue. Suffisamment cependant pour qu’il soit affecté par l’agent contenu en son for intérieur et l’étau sur mon esprit se desserre légèrement. Ne voulant pas gâcher une deuxième balle alors que la première a fait effet, je continue à avancer, faisant un effort pour ne pas me concentrer sur les relents de mal de tête que je ressens encore.

En l’espace de quelques instants, nous voilà au niveau des escaliers et, toujours à la suite de la Reine, on commence l’ascension mais alors que nous sommes pratiquement en haut, Anton assurant nos arrières, une nouvelle attaque psychique, sorte de dernier assaut désespéré, me transperce le crâne. Elle n’est pas très puissante mais me prend par surprise et si Dimitri n’avait pas été là pour me rattraper, j’aurais sûrement raté la marche. Je vois l’inquiétude dans ses yeux, surtout qu’il ne comprend pas ce qui m’arrive, mais je ressens la présence du mutant disparaître et lui fait signe que tout va bien. Ou du moins tout irait bien si, alors que nous arrivons en haut des escaliers, Alekseï et toute sa joyeuse bande de sociopathes ne sortait pas du bureau. Je compte sept personnes. Alekseï, Grigori, Maxim, Vassili, Lev, celle qui doit être la dernière mutante du manoir et deux hommes sans importance. Bon et bien on dirait bien que les choses sérieuses vont commencer. Et comme pour le prouver, mon frangin, fidèle à son amour de la théâtralité, déclare comme si les coups de feu ne fusaient pas autour de nous.


-Mais si ce n’est pas Kolia qui vient nous faire une petite visite. Tu aurais pu prévenir de ta venue, petit frère.

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Sage
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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Ven 22 Avr - 18:05

Atteindre le manoir est facile et y pénétrer tout autant. Explosions et fusillades ne sont l’affaire que de secondes tandis que les marches et les précautions prennent des minutes. Tout ce déroule selon le plan et même la présence du mutant est contenue simplement ; sans doute la musculature surhumaine accordait-elle également une quelconque résistance physique importante mais, les munitions chimiques s’activant au contact de l’épiderme, cette éventuelle invulnérabilité n’aurait été d’aucun secours même si elle l’avait immunisé aux balles standards. De plus, le kevlar n’étant pas imperméable, les munitions créées par Sage passent au travers sans difficulté.

Alors que Tessa entreprend de monter l’escalier toujours en avant de son groupe, un contact mental se fait avec son pare-feu et celui-ci le bloque avec le naturel d’un refus. Néanmoins la présence d’un télépathe adverse est identifiée dans l’instant et les cibles sont les esprits de leur groupe hors il n’est aucune protection technologique à portée des hommes de Nikolaï comme du HellFire Club pour leur éviter l’attaque. Le Léviathan avait su mettre à profit la rareté des technologies anti-psy en donnant naissance à des monstres psychiques innommables qui lui avait permis, sans même se lever de son siège, d’exterminer l’équipe de sécurité Canadienne afin de récupérer un Confrériste. Il ne fait aucun doute que l’adversaire mafieux ne soit pas aussi dangereux que les créatures dévorant les esprits mais leurs hommes ne sont pas plus protégés que ne l’était Alpha Flight et les routines de complexification de la lecture mentale ne sont d’aucune utilité contre une attaque en bonne et due forme. Ce qui arrive, Nikolaï et les autres étant pris de malaise, et force la Lady à s’en revenir prestement sur ses pas afin d’assurer le tir de couverture.

Le réflexe de Nikolaï est cependant plus vif que la Reine Noire et celle-ci ne finit son mouvement que pour constater l’effondrement du télépathe adversaire, la joue marquée par l’impact partiel mais suffisant de l’agent chimique. La marche se reprend donc en même temps que tous les hommes ci-présents et la Lady s’en avance avec sa célérité. Cette distance laisse le loisir aux derniers relents psychiques adverses d’atteindre Nikolaï spécifiquement mais son bras droit reste infaillible et Tessa ignore cette difficulté pour garder son rythme.

L’arrivée au sommet de l’escalier enclenche une nouvelle fusillade alors que l’état major adverse se dévoile au combat. La réactivité permise par l’anticipation comme la kinésie améliorée de la Lady conduit à l’anesthésie des deux gardes avant même que celle-ci n’ait terminée de monter les marches tandis que ses capacités d’analyse apportent des probabilités quand aux identités des gens qui lui font face en se basant sur leurs conditions physiques, leur position dans le groupe, leur éventuel équipement et leur génotype. Vassili et Maxim sont ainsi identifiés ainsi que la nature des capacités de la mutante, lesquels sont instantanément évaluée comme une menace supérieure aux deux mafieux. Ce sont vers elle que les deux canons des uzis se dirigent mais lorsqu’ils parviennent à l’aligner celle-ci les écarte de ses mains tout en terminant sa course d’un coup de genou dans le ventre de la Reine Noire qui soulève celle-ci du sol.

Capacités Physiques Améliorées par contrôle du biologisme, ce n’est pas une mutation étrangère à Sage et elle sait combien cela rend Amy dangereuse. Comme pour Amy, si la force n’est pas suffisante à briser net l’os elle n’en reste pas moins à même de faire des dégâts osseux à chaque coup et, si l’X-Woman les évite par la zone de frappe, ses intestins et son estomac n’en sont pas moins endommagés malgré l’amortissement des molécules instables. Et comme pour Amy, ce n’est pas la force le plus dangereux mais bien la vitesse et celle-ci est suffisante a rattraper la Reine Noire avant qu’elle ne retouche le sol pour la projeter un peu plus loin dans le couloir, dégageant les lignes de tir pour l’escarmouche qui s’en suit.

L’atterrissage contre le sol se fait sur le flanc et dans un rebond presque grotesque précédant un nouveau coup de pied au sein du ventre qui engendre à son tour un nouveau ricochet et fait lâcher les armes et mains de Sage. Une troisième occurrence arrive mais cette fois-ci, l’X-Woman agit à son tour et ses mains se referment de part et d’autre de la cheville l’heurtant et la projetant, usant de la force de celle-ci pour la déboiter. Les deux mutantes chutent au sol, peut-être une seconde et demi après le début de leur affrontement, mais, malgré la douleur et la vitesse, l’esprit de l’X-Woman est parfaitement clair.

Si elle n’a pas anticipée la présence de telles capacités mutantes, Sage s’y est adaptée et le plus dommageable pour elle a été de se débarrasser de ses armes afin de pouvoir neutraliser la vitesse de déplacement adverse en utilisant la propre force de son adversaire pour cela. Peut-être glisse-t-elle encore quelques secondes sur le sol avant d’heurter le décor mais l’X-Woman anticipe déjà ce qui se passera après, plus part nature que par concentration. Elle sait pertinemment que les capacités de Biokinésie de son adversaire lui permettront de remettre sa cheville en place en quelques secondes mais ce délai est nécessaire à ce qu’elle se relève et reprenne le combat. Ce qu’elle fait avec détermination. Un genou à terre et courbée de douleur, Sage croise le regard de l’autre mutante dont le membre est à nouveau en place.

Evaluation, prévision, action ; les trois sont faits avec instantanéité.

Les mains de Sage commencent à se rapprocher de sa propre gorge alors que l’autre mutante fond sur elle, plus rapide, une main en avant pour briser la posture de l’X-Woman et se créer des ouvertures de frappe voir peut-être simplement lui briser la nuque. Les mains des deux femmes atteignent en même temps la gorge de la première et, malgré le choc, la seconde s’immobilise. Sage est debout et étranglée mais sa main droite maintient le point de pression manuel de son adversaire afin de la paralyser. Les deux regards continuent de se fixer froidement alors qu’aucunes des deux combattantes ne peut réellement échapper à la prise de l’autre. Incapable de respirer mais tout aussi calme que son cœur battant sous l’effort le lui permet, Sage déploie l’un de ses fils psychiques afin d’investir le cerveau de son adversaire et de l’endormir, les laissant toutes deux s’écrouler lourdement sur le sol. Son corps très occupé à tousser, elle ce concentre sur son esprit dont les tentacules psychiques continuent de s’échapper.

D’après son évaluation, les 4 miliciens et Dimitry ne peuvent pas vaincre la suite d’Alekseï ne serait-ce que par incapacité à vaincre les deux artistes martiaux dont elle-même était chargée de s’occuper ainsi se décide-t-elle à faire d’ores et déjà ce qu’elle savait devoir faire afin de tenir sa part du contrat et c’est avec un gout de sang bien réel dans la bouche qu’elle brise les libres arbitres des quatre Fantastiques et d’Alekseï, tous jetant leurs armes et levant les mains avant de sortir de leurs couverts pour exprimer à l’unisson les paroles qu’elle leur impose.

Ils sont sous mon contrôle. La bataille est terminée.

Se relevant complètement cette fois, avec tout autant de difficultés que la précédente, Sage ravale son sang afin qu’il retourne dans des endroits qu’il n’aurait jamais dû quitter et entreprend de marcher vers l’escarmouche, remontant le couloir. Son pas est plus saccadé mais, si la crispation est visible, elle ne manifeste pas sa douleur pour reprendre le masque impassible de Lady Tessa Hartley.

Arrivant au niveau des escaliers, elle poursuit aux travers des bouches de ses pantins à qui elle instaure déjà les commandes psychiques afin de s’assurer qu’aucun d’eux ne tentent jamais d’organiser quoi que ce soit contre Nikolaï.

Les contre-mesures psychiques sont instaurées. Si tu veux bien nous accompagner, Nikolaï, nous allons parler de la passation de pouvoir.

Comme un seul homme, les contrôlés s’en retournent au bureau et Tessa attend Nikolaï pour l’y accompagner. Son regard azur est moins froid qu’à l’habitude, non de douleur mais de dégoût ; voilà pourquoi elle ne veut pas lui apprendre certaines arcanes de la télépathie.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Mer 27 Avr - 9:49

Plus que le ton condescendant d’Alekseï, c’est l’usage de ce diminutif insultant qu’il a toujours été le seul à utiliser, comme dans une proximité moqueuse détruisant toute possibilité de tendresse, qui m’irrite. Père ne jamais appelé autre chose que Nikolaï ou Fils dans ses rares moments de fierté, quant à Mère, je peux m’estimer heureux quand elle daigne user de mon nom pour autre chose que se plaindre. Non, Alekseï est bien l’unique personne au monde à chercher à imposer sa supériorité en usant d’un surnom enfantin à mon égard. Cela fait cependant longtemps que je rends tous les coups qu’il me porte et je m’apprête déjà à lui donner du Aliocha mais la Reine ne m’en donne pas le temps. Je me retrouve donc comme un imbécile fini à observer les deux seules femmes de la salle se porter coup sur coup avec une violence que j’ai rarement observée de si près.

Le spectacle est morbide mais fascinant et je me surprends à ressentir un profond malaise m’envahir à l’idée que la Reine pourrait tous nous réduire en bouillie non seulement psychiquement mais également physiquement. Et qu’on ose ensuite me dire que les X-Men sont le bien incarné. Personne d’aussi puissant n’est innocent. Le pouvoir corrompt et si Lady Hartley a un contrôle impressionnant du sien, je ne veux pas imaginer les cadavres qui ont dû remplir ses armoires pour arriver à un tel résultat. Car aucune personne, aussi brillante soit-elle, ne naît avec un contrôle parfait de ses pouvoirs, encore moins lorsqu’ils sont d’un tel niveau. L’occasion de m’effrayer plus longtemps ne m’est cependant pas donnée car, à peine les deux mutantes libèrent-elles la ligne de tir que les coups de feu commencent. Je ne sais pas qui a tiré le premier mais mon corps se jette instinctivement derrière les barreaux de l’escalier. Je m’apprête ensuite à riposter lorsque la phrase la plus glaçante qu’il m’ait été donné d’entendre de toute mon existence résonne dans le couloir soudain étrangement calme.


-Ils sont sous mon contrôle. La bataille est terminée.

L’ensemble des cinq voix, quatre amplement chargées d’accent russe et la cinquième dans l’anglais oxfordien le plus snob qui soit, attire mon regard vers leurs propriétaires respectifs et retenir le frisson qui me parcourt l’échine devant leur aspect est au-dessus de mes forces. Leur regard est complètement vide, l’étincelle de malice mêlée d’intelligence qui allume habituellement les pupilles d’Alekseï définitivement éteinte. Et, lorsque nos yeux se croisent quelques secondes, c’est comme s’il ne me voyait pas. Un instant, l’esquisse d’un sourire amer se dessine sur mes lèvres. Combien de fois n’ai-je rêvé d’obtenir la cure miraculeuse pour éviter que les attentions de mon frère et ses gorilles ne se fixent sur ma petite personne ? Et désormais que c’est fait, je me prends à espérer retrouver au plus vite la colère toujours contenue dans les iris glacées de mon aîné. Ironie quand tu nous tiens ! Incapable de soutenir plus longtemps ces yeux sans vie, j’emboîte donc le pas à la Reine qui semble bien mal en point malgré sa victoire rapide. L’idée de lui demander comment elle se sent ne m’effleure cependant même pas l’esprit. Qui sait comment elle pourrait le prendre ? Sans compter que, qu’est-ce que je pourrais bien y faire ? Ce n’est pas comme si j’avais la moindre connaissance en premiers secours.

M’efforçant de ne pas laisser mon malaise paraître de nouveau, je poursuis donc notre marche vers le bureau de mon frère, Dimitri me suivant comme une ombre fidèle. L’invitation ne lui a pas été proposée mais je sais parfaitement qu’il serait complètement inutile de lui demander désormais de nous laisser seuls. S’il se fiait à mon jugement de la Reine jusqu’ici, désormais qu’elle a fait montre de ses amples pouvoirs, je peux être certain que toute confiance en elle a disparu chez mon second. Non pas qu’il craigne une attaque en traître mais son côté père surprotecteur fait toujours son apparition quand nous sommes en présence de quelqu’un de particulièrement dangereux. Une attitude que j’ai arrêté d’essayer de contrer, me contentant d’espérer qu’il ne mettra jamais sa menace de se sacrifier pour moi à exécution.

Par ailleurs, même si je ne le reconnaîtrais jamais publiquement, l’idée de le savoir à mes côtés me rassure profondément. Tout comme il s’est auto-attribué la position de seule figure paternelle potable de mon existence, j’ai fini par me reposer sur lui instinctivement et affronter la situation actuelle avec sa présence familière calme quelque peu mes angoisses. Car je ne sais pas trop ce que j’avais imaginé lorsque la Reine m’avait parlé de contrôle psychique - à vrai dire je crois que j’avais volontairement préféré ne pas m’attarder sur la question - mais définitivement pas les marionnettes zombifiées qui me font désormais face. A tel point que je ne sais où poser mon regard, aussi dérangé par l’attitude totalement contre-nature des cinq hommes que par le calme olympien dont fait preuve la Reine.

Heureusement pour ma santé mentale, cette dernière semble relâcher quelque peu son contrôle et les regards d’Alekseï et des siens reprennent vie. Alors, pour la première fois de ma vie, j’observe les pupilles de mon frère s’élargir sous l’effet de la peur et, si cela ne dure qu’une demi-seconde avant qu’il se contrôle de nouveau, cachant la terreur sous une dose saine de colère, je ne peux m’empêcher d’éprouver une pointe de compassion pour sa situation actuelle. J’ai beau le détester cordialement, il n’en reste pas moins que nous sommes liés par le sang, et désormais que je comprends l’étendue des pouvoirs de la Reine, je ne souhaiterais à personne de subir sa puissance psychique. Je me reprends cependant bien vite, sachant que la pitié ne me mènera à rien si ce n’est à me réveiller un jour avec un couteau sous la gorge.

Ainsi, lorsqu’Alekseï reprend la parole d’une voix glaciale, toute prétention de bienveillance jetée aux oubliettes, sans ressentir la joie malsaine que je m’attendais à éprouver en observant son impuissance, je peux décemment dire qu’il ne m’impressionne pas une seconde. Il a beau se contrôler divinement, c’est complètement inutile car tous les présents lisent à travers son jeu. Vassili, Maxim, Lev, Grigori, Dimitri et moi-même le connaissons depuis toujours ou presque, quant à Lady Hartley je doute que qui que ce soit puisse lui cacher quoique ce soit. Je suppose cependant que cette mascarade lui donne l’impression de continuer à maîtriser un minimum la situation et je ne peux pas lui en vouloir pour ça.


-Alors comme ça, ta propre anormalité ne te suffisait plus, il a fallu que tu fasses appel à un monstre de cirque encore plus dangereux pour régler tes problèmes ? Voilà qui te ressemble bien, frérot.

Je suis surpris qu’il ne réalise pas à quel point il est idiot d’insulter la personne qui contrôle actuellement le moindre de ses gestes mais il a toujours été incapable de se contrôler sous l’effet de la haine. Toute cette intelligence qui fait de lui un adversaire redoutable en temps normal semble s’évaporer à l’instant où la rage s’empare de sa personne. Je ne lui laisse donc pas le temps de creuser plus profondément sa tombe, reprenant les rênes de la discussion.

-Etant donné les mutants que nous avons rencontré en arrivant ici, tu es bien mal placé pour parler. Sans compter que je croyais que tu étais le premier à dire que la seule leçon utile que Père t’ait jamais inculquée était de te servir de tous les outils à ta disposition. Il se trouve que Madame, je me retiens volontairement de dévoiler son identité, considérant qu’il s’agit d’une information inutile pour la bonne marche des négociations, et moi avons des intérêts communs et elle a gracieusement accepté de se joindre à moi. Il aurait donc été idiot de me passer de ses extraordinaires capacités, tu ne crois pas ?

Poursuivant sans m’arrêter puisqu’il s’agit d’une question parfaitement rhétorique, j’en viens au cœur du problème.

-Mais, assez discuté, je ne te ferais pas l’insulte de te dire pourquoi je suis là, tu le sais aussi bien que moi.

La haine profonde qui embrase son regard est toute la réponse qu’il me faut.


-Alors avant d’entrer dans les détails ennuyeux, je vais laisser Madame t’expliquer le fonctionnement de ses pouvoirs histoire que tu réalises pleinement la situation. Je ne voudrais pas que tu partes avec la fausse notion que tu as la moindre chance de l’emporter dans le futur.
-Tu veux dire que tu ne vas me tuer ? J’ai toujours su que tu étais faible et stupide mais pour une fois, je ne peux que m’en réjouir.

Ces quatre babouins s’esclaffent à ses paroles, mais ils se taisent bien vite lorsque je me contente de répondre avec le calme le plus total.

-Si je me fie aux quelques minutes qui viennent de s’écouler avant le début de cette discussion, à votre place, je préfèrerais amplement la mort au sort qui vous attend.

Et je crois bien que c’est la totale sincérité dans ma voix qui les glace d’effroi.

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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Jeu 28 Avr - 17:57

Comme la plupart des affrontements impliquant des mutants, celui-ci n’a pas duré une minute mais les dégâts ont été suffisants à ce que la télépathe s’épargne tout effort sur l’utilisation de cette capacité : les pensées des cinq hommes avec qui son esprit est en contact sont dictées comme une leçon et ne souffre ni individualité ni semblant d’humanité. Elle pourrait le faire mais l’état hypnotique lui est moins fatiguant hors économiser ses forces considérant les coups reçus est un réflexe. C’était une possibilité que cela crée la peur et le malaise chez ses alliés, qu’ils soient du HellFire Club ou de la mafia Kolyakov, mais le regard de Nikolaï ajoute à cela de Sage de la tristesse, en plus du dégout qu’elle possède pour ce qu’elle accomplit. Il est néanmoins de son rôle que de faire ce que les autres ne peuvent accomplir, depuis aider les jeunes recrues à prendre confiance en elles et en leur potentiel à s’assurer de l’absence de nuisance d’une organisation à laquelle appartenir signifie forcément se salir le main, alors elle le fait. Qu’importe que cela engendre l’isolement, la crainte envers elle et les critiques ; c’est à faire, c’est fait.

Lady Tessa Hartley est bien au-delà de telles considérations et sa seule douleur est celle qui lui tenaille le ventre ainsi est-il confortable de la devenir en la présente situation. L’innocence de Nikolaï est une chose qui l’amuse par son ironie, considérant qu’il est sensé être le criminel de l’histoire, et la méfiance de Dimitry est superflue considérant l’inefficacité du protecteur. S’ils peuvent se rassurer mutuellement c’est tant mieux car il ne manquerait plus que le nouveau parrain des Kolyakov manque de confiance en lui au moment d’arriver à la tête de son empire. Mais c’est une réaction naturelle que d’être effrayé par l’inconnu ou l’invisible et il n’est pas pour rien que, même au sein de leur propre peuple, les mutants craignent les mutants. La Reine Noire a toujours craint le Léviathan au même titre que celui-ci craignait la Déesse de la Lune et au même titre qu’elle est crainte.

L’entrée dans le bureau d’Alekseï se fait en suite de lui et ses hommes tout en permettant à la Lady de trouver un siège pour la supporter, une chose lui faisant fermer les yeux alors même que son emprise sur les esprits qu’elle a piratés se desserre partiellement ; sans leur rendre leurs capacités motrices, Tessa accorde au moins la liberté de penser et se limite à écouter les discours énoncés comme les flux raisonnant dans sa tête. Ses yeux se rouvrent pour observer la scène alors que Lady Tessa Hartley se redresse sur sa chaise malgré la douleur qu’implique le déplacement et, si son impassibilité vacille, qu’elle croise les droits en une position posée et éduquée.

Le dialogue commence entre les deux frères et l’évocation imagée de sa personne la laisse de marbre même si aucun de soutien d’Alekseï n’ose le suivre. La colère raisonne dans son esprit mais la Lady y trouve plus une force qu’un désagrément, comprenant comment fonctionne l’ainé de Kolyakov et pourquoi il aurait en effet été impossible pour son cadet de le mettre à la retraite sans crainte. Mais les intérêts communs et la bienveillance mutuelle des Damnés envers les leurs offrent cette opportunité et elle a été saisie.

Nikolaï domine la discussion malgré les soubresauts hargneux d’Alekseï, obtenant cette fois du soutien, mais la réponse du benjamin de l’assemblée frappe tout le monde, jusqu’à des personnes n’étant pas réellement là. Un souvenir de Sage s’échappe et il est tout aussi désagréable pour elle que pour Tessa dont le délai de réponse s’allonge de quelques secondes ; elle aussi a préférée la mort au sort que lui a infligé la Déesse de la Lune et qui marque à jamais ses chairs là où elle a usé de ses pouvoirs pour oublier. Cette mortalité… cette destruction… cela avait motivé à prendre un nouveau départ qui, au final, n’a jamais été réellement pris. C’est elle qui se retrouve aujourd’hui dans le rôle de l’inhumaine.

Les paupières couvrent un instant les yeux bleus et la bouche s’entrouvre.

L’esprit humain est un mécanisme à l’instar du reste de son organisme, duquel il dépend et sur lequel il a une influence. Actuellement, mon esprit interfère avec les vôtres et vous impose cette paralysie partielle tout comme il vous imposait précédemment vos propres pensées. A l’avenir, vous serez simplement incapable d’entreprendre quelqu’action qui pourrait nuire à la santé ou à la stabilité de Nikolaï ci-présent sans, par la suite, vous infliger l’exact même schéma. Plus simplement expliqué : ce que vous lui ferez, vous vous le ferez également. Que cela soit directement ou indirectement. Vous êtes tous suffisamment intelligents pour comprendre les implications sous-jacentes.

Ce n’est que partiellement vrai mais cela, Tessa restera l’unique personne à le savoir. Oui, Alekseï et les siens seront incapables de lever la main sur Nikolaï ou d’ourdir un plan à son encontre sans se frapper ou se saborder eux-mêmes, comme s’il s’agissait d’un réflexe, mais toute action trop extrême pouvant entrainer des blessures graves voir la mort est simplement bloquée et aucun des hommes ainsi manipulé ne pourra jamais s’y résoudre. Néanmoins, le respect de la vie étant une faiblesse chez eux, Lady Tessa Hartley n’escompte rien dévoiler de cela. Qu’importe si cela aggrave la situation.

Evidemment, toute tentative de vous faire « opérer » du cerveau afin de vous débarrasser de ces modifications risque de ce conclure par des dommages cérébraux qui vous rendront dans l’incapacité d’être une menace pour qui que ce soit. La particularité des gens du cirque étant de dédier leur vie au perfectionnement de leurs capacités, vous êtes vivement invités à ne pas tenter les artifices d’un monstre de mon niveau de dangerosité.

La Lady se tait et fait signe à Nikolaï de poursuivre, continuant de suivre les pensées et la conversation en étouffant le malaise provenant de Sage ; malaise hors de propos et qui n’est nullement manifesté malgré un soutien inattendu et tout aussi approprié.

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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Lun 2 Mai - 12:13

Tandis que la Reine s’exprime, je comprends de mieux en mieux pourquoi elle avait de telles réticences à l’idée de me servir de mentor télépathique au début de notre relation. Car s’il n’est aucun doute que mes capacités ne sont ni du niveau ni de la diversité des siennes – j’ai déterminé il y a longtemps que ma mutation n’est que passive et je ne peux en aucun cas modifier les pensées de qui que ce soit – avec un peu d’entraînement, les possibilités qui s’ouvrent à moi mettraient à mal le compas éthique de bien des gens. Mais ce qui m’impressionne le plus, c’est son compas à elle. Alors qu’elle a la possibilité de forcer quiconque à lui obéir, elle choisit la non-violence et met ses talents au profit d’une des organisations de protection planétaire parmi les plus puissantes au monde. Car si jusqu’ici, je n’avais accordé que peu d’importance à la véritable nature de ses loyautés, je prends désormais pleinement conscience qu’elle est cruciale. Si elle n’avait pas été une X-Woman, qui sait ce qu’elle serait devenue alors une telle puissance au bout de ses neurones ?

Alekseï, quant à lui, ne semble pas se préoccuper de ces détails. La seule émotion visible - je dirais même palpable - à son alentour est la colère, la rage, la haine, ce feu qui brûle clairement ses entrailles en cet instant. Mon frère a en effet horreur de perdre et le discours de Lady Hartley est le plus brutal des échec et mats qu’il lui sera probablement donné de vivre. Plus elle parle et plus l’inéluctabilité de sa défaite se fait jour. Il n’y a rien à faire, pas de retraite stratégique possible, nul recul regroupé pour attaquer de nouveau, aucune porte de sortie : il est vaincu, un point c’est tout. La seule chose qu’il reste à faire est de régler la succession. Je lui laisse cependant quelques secondes pour au minimum décider qui de la Reine ou moi-même, il déteste le plus. Un match serré si j’en crois les regards assassins qu’il ne sait à qui de nous jeter.

Du côté des Quatre Fantastiques, les réactions divergent. Maxim semble faire preuve d’une incrédulité totale qui borde sur le déni, si j’en crois son attitude détendue. J’ai toujours su qu’il était le plus idiot du groupe car toute personne dotée d’une once de bon sens aurait compris après la démonstration de la Reine qu’elle ne bluffe pas quant à ses capacités. Pas Maxim. Lev et Grigori, quant à eux, semblent suivre les directives d’Alekseï et la violence qui brille dans leurs yeux n’a rien à envier à celle qui allume le regard de mon frère. Enfin, Vassili cache tant bien que mal une panique grandissante derrière une agressivité exagérée. Il est le seul à démontrer une futile tentative d’échapper au contrôle de la Lady et je suis prêt à parier mon empire nouvellement acquis que ses efforts n’ont pas pour objectif de culminer en une attaque contre la maîtresse de ses mouvements.

L’heure n’est cependant pas à l’observation des multiples réactions du genre humain en situation de grand stress, ne serait-ce que parce que mon alliée du jour est blessée et que je n’ai aucune intention de prolonger ses souffrances par plaisir du spectacle. J’ai obtenu ma victoire, et sans combattre ou presque qui plus est, j’aurais toute l’occasion de me venger pleinement des humiliations subies aux mains des cinq hommes qui me font face à un autre moment. Même si quelque chose me dit que j’aurais du mal à leur faire quoique ce soit qui les affecte après ce soir.


-Maintenant que ces précisions ont été données, concentrons-nous sur le sujet principal de la soirée. Je suis désormais la tête de l’empire Kolyakov. Une décision acceptée à défaut d’être soutenue par Piotr Rosneev comme l’atteste la présence de certains de ses hommes à mes côtés ce soir donc pas la peine de chercher à la contester. Mais si vous ne me croyez pas, libre à vous de vérifier de vos propres yeux.

Dimitri se rend à ces mots jusqu’à la porte pour demander à un des laquais de Rosneev de passer la tête par l’embrasure de la porte. Le haut du tatouage qui l’identifie comme un des sous-lieutenants du vieil homme est parfaitement visible sur la partie droite de son cou et dès que tout le monde a pu l’observer à loisir, Dimitri lui fait signe de repartir, ce qu’il fait sans broncher.

-Je me suis aussi mis d’accord avec certains des anciens hommes de Père, il faut croire que ton règne n’a pas plu à tous frangin, – okay c’était de la provocation facile mais vous ne pouvez pas décemment attendre de moi que je ne profite pas un peu de la situation pour mon plaisir – et ils prendront les rênes des affaires de ce côté-ci de l’Atlantique en mon nom. Je laisserais bien entendu certains de mes hommes sur place, je pensais à Sergei pour le moment avant d’envoyer plus de gens, mais je fais confiance à Fedor, il n’était pas un des lieutenants de Père sans raison.

A vrai dire, il était le seul à être bien plus jeune que les autres ce qui explique qu’il n’ait pas suivi Mikhaïl dans sa retraite anticipée. Il devait espérer pouvoir bénéficier du même type de liberté sous le règne du fils que du père. Ce ne fut pas le cas avec l’aîné, heureusement pour lui le cadet est plus doué pour déléguer. La preuve : c’est Dimitri qui sort de la poche intérieure de sa veste un document d’une vingtaine de pages qu’il dépose sur la table à ma demande.

-Voici le contrat officiel par lequel tu renonces à ta position de PDG de Kolyakov Inc. et me désigne comme ton successeur. Après tout, il ne faudrait pas que nos clients officiels aient des doutes sur la légalité de cette passation de pouvoir. Mais je suis certain que personne n’aura de difficultés à croire que tu as décidé d’aller passer le restant de tes jours à faire la fête sur une île tropicale quelconque. Car, crois-le ou non mais je suis magnanime et te laisse ta part de l’héritage. J’accepte même de te verser une pension annuelle. Je ne voudrais pas que tu penses que je suis ingrat.

Bon, et bien après tout, je n’aurais pas besoin d’enfoncer le couteau dans la plaie plus tard, je m’en sors déjà très bien maintenant. En effet, je sais pertinemment qu’Alekseï préfèrera crever mille fois avant d’accepter ma charité. Aux yeux du monde, je serais donc le frère sensé qui soutient les folies de son aîné alors que, dans la réalité, il ne touchera pas un centime de cet argent à cause de sa fierté stupide. Mais, il est temps de porter le coup final. Après tout, je ne tiens pas à rester ici plus longtemps que nécessaire.


-Je te laisserais bien le temps de lire attentivement les clauses mais, soyons honnêtes, ce n’est pas comme si tu avais la possibilité de refuser, alors…

Et pour finir de l’achever, je lui tends un stylo pour qu’il appose sa signature.

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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Mer 4 Mai - 15:54

Le visage est trop fort pour paraitre joli mais est frappant. Difficile de dire pourquoi cependant ; est-ce l’impassibilité qui tient ses sourcils noirs et épais ainsi que sa bouche étroite aux petites lèvres asymétriques et le nez droit qui les sépare ? Ou est-ce la fixité absente de ses yeux ternes dont les principaux mouvements viennent du ballet de contraction et de décontraction de leurs pupilles azurs ? La lingette de démaquillant s’approche de la tempe, la main le guidant poussant la longue chevelure noire, puis la caresse se fait et la peau entretenue se laisse voir derrière l’aspect qu’elle a montré au monde. Du coin de l’œil jusqu’au milieu de la joue descend une marque noire similaire à une lune, une larme cachée à défaut de pouvoir jamais être enlevée. Peu à peu, le masque tombe mais le visage ne change pas réellement et son expressivité reste inexistante.

Il y aurait tant à exprimer pourtant. Elle a vue la haine, elle a vu le déni, elle a vu les résolutions, elle a vu la panique, elle a vu la tension et elle a vu la joie de tenir sa revanche, alors que la passation de pouvoir était faite. Elle les a vues sur les visages et la plupart raisonnaient dans son esprit également. Elle les a lues comme elle lit la réalité et cette analyse se rapporte à elle-même également, plaçant cette infinie distance qu’elle conceptualise parfaitement alors qu’elle se fait face dans le miroir, cheveux détachés et une lingette à la main. Il y aurait tant à exprimer mais Sage analyse ses ressentis de la même manière que ceux de n’importe quelle autre personne et n’en manifeste donc rien. Cela ne lui est pas naturel, même lorsque les choses sont aussi importantes qu’elles le sont en cette soirée.

La douleur est encore présente, précédent l’hématome qui sera désagréable une bonne semaine. Mais ce n’est pas là le plus important. Sa respiration est calme et ses gestes sont précis afin de s’ôter de tout ce qui a constituée cette journée. Elle ne la regrettera pas parce qu’elle est incapable de regretter, parce qu’en une situation donnée et avec les mêmes variables pour prendre ses décisions, elle prendra toujours la même. Tout ce qui c’est passé est le fruit d’une causalité construite avec Nikolaï et dont ils ont tous deux abaissé le dernier domino aujourd’hui, arrivant là où ils le voulaient de la manière qu’ils le voulaient. De la manière nécessaire à y arriver. Dette manière est juste écœurante.

Sage n’est pas surprise, elle savait ce qui adviendrait bien avant que cela n’advienne. C’est là sa capacité, qu’elle soit don ou malédiction, son éternelle aptitude à tout traiter comme informations de la façon la plus inconsciente et la plus naturelle qui soit. Des informations analysées ou anticipées, le présent n’étant que la confirmation de l’une des possibilités envisagée pour le futur à chaque seconde qui passe. Elle avait envisagés ses sentiments bien avant de les avoir et les analyse à présent, elle avait envisagée la situation bien avant d’y être et la vit à présent. Elle constate des choses qu’elle sait déjà et rien n’échappe de sa forteresse mentale, rien ne se marque sur son visage, rien ne sera dit à personne.

Derrière elle, déposés chaotiquement sur le lit de la chambre qui lui a été allouée dans l’appartement de Nikolaï, se trouve la tenue de molécules instables du Club des Damnés. Sage respire calmement mais ne saurait l’ignorer, même maintenant qu’elle s’en est dévêtue, de part son reflet dans le miroir. Cette tenue n’a été que trop portée durant trop longtemps et côtoyée durant trop de temps et trop d’épreuves pour trop de concessions. Aujourd’hui n’en était qu’une de plus mais c’était une qu’elle aurait aimée avoir à ne pas faire. Le Club des Damnés devait être fini, il lui avait pratiquement coûté la vie. D’autres devaient prendre la relève mais leurs fausses promesses et la nécessité l’ont conduite à y revenir, plus importante qu’elle ne l’était auparavant et plus impliquée du fait ; plus sale.

Comme pour Piotr Rosneev face à la succession au sein de l’empire Kolyakov, c’est une décision acceptée à défaut d’être soutenue, à défaut d’être voulue. Il n’est cependant personne pour en témoigner, pas même Tessa dont l’existence sert d’outil dans cette mascarade qu’est le HellFire Club. Il n’est cependant personne pour être en accord, pas même elle-même dont l’existence est finalement celle d’outil pour les X-Men. Elle a fait son choix et ne le regrette pas, confiante en son combat et son utilité, consciente qu’il fallait bien des gens pour accomplir ce qui devait être fait. C’était l’engagement d’une autre que d’intégrer le HellFire Club, une autre qui avait changé d’avis pour décider de partir au BAM par volonté que Sage n’y aille pas et avait finie par simplement chercher la célébrité pour son seul compte après cela en blâmant ceux qui auraient dû être sa famille, et qui n’avaient pourtant jamais cessé de lui tendre cette main qu’elle leur renvoyait au visage, d’être ses agresseurs. Les tâches ont été accomplies parce qu’il le fallait et la part de Sage lui a peut-être coutée sa seconde chance.

Elle l’accepte car elle n’a pas la hargne d’Alekseï pour continuer de se donner l’impression de lutte alors même qu’il est déjà vaincu. Elle l’accepte car il n’y a personne, des anciens ou des nouveaux, pour faire cela quelque soit le côté de l’Atlantique. Elle l’accepte parce qu’elle a confiance en sa famille même si elle aimerait en avoir le soutien également. Pour l’heure, il lui est plus facile de faire des parallèles entre la relation démontrée par Nikolaï envers son frère incapable de répondre et ses propres relations avec certaines X-Women toutes aussi intouchables qu’avec l’esprit d’équipe des premiers X-Men qu’elle avait eue la bêtise de refuser à l’époque. Elle fait déjà son possible pour faire renaitre ce sentiment de famille mais continue d’avoir cette impression de se battre seule. Difficile de dire si elle fait les choses parce qu’elle y croit ou parce qu’elle est la seule à pouvoir, dans tous les cas elle les fait parce qu’elles doivent être faites.

La succession de Kolyakov Incorporated devait être faite afin que la partie officielle soit en adéquation avec la partie officieuse, afin que l’apparence soit en accord avec l’âme, et l’absence de possibilité de refuser devait être faite afin d’assurer que ces deux parties ne changent jamais, qu’importe que l’action ne soit pas en accord avec l’âme. Il n’était ni question de magnanimité ni d’ingratitude, il était juste question d’être en accord avec sa propre nature ou non. Nikolaï l’a été, compatissant mais ne perdant pas de vue son objectif dans la situation et prenant une revanche qu’il n’aurait sans doute jamais pu avoir d’une telle manière. Alekseï l’a été, hargneux jusqu’au bout et n’admettant pas la défaite même après l’avoir ratifiée. Tessa l’a été, hétéronyme parfait pour son rôle comme toujours. Sage c’est trahie, une fois de plus, et se fait face dans le miroir.

Elle en a fini avec cette affaire et ne passera pas de nouvelle nuit ici. Ça serait le plus intelligent à faire et elle le sait mais cette région du monde lui porte trop de souvenirs désagréables et de choix qu’elle n’aurait jamais voulu avoir à faire. Elle regarde une incongruité suivre le tracé des tatouages sur l’une des ses joues, la laissant un instant couler avant de la cueillir de la lingette et de la  faire disparaitre à jamais. Tout termine dans le bagage à main et, une fois prête, elle s’en va de nouveau vêtue de ce tailleur la plaçant à l’égale des mafieux ; une bien maigre signification lorsqu’elle considère la signification de son uniforme du Club.

Tessa dit adieu aux lieutenants de Nikolaï et leurs signifie l’intérêt d’avoir travaillé avec eux, bien consciente d’être perçue bien différemment à chaque fois qu’ils la voient, puis salue son collaborateur avec ce même respect.

Soyez fier de vous, Nikolaï. Vous avez méritez votre place. Sans doute nous reverrons-nous au plus tard aux festivités de fin d’années, en attendant portez-vous bien.

Elle ne dit rien au sujet de son départ précipité, ce serait attirer l’attention sur lui. Elle ne dit rien au sujet d’elle-même, ce serait attirer l’attention sur elle.

Elle s’en va, simplement, montant à l’arrière de la voiture des Miliciens du HellFire Club venus pour la récupérer et la reconduire à l’aéroport. C’est une entorse qu’elle fait, une énième erreur, puisque les membres du Club ne doivent pas créer de preuves de leurs connexions avec les milices mais elle le fait tout de même. Et, assise sur le siège de cuir, elle ferme les yeux pour s’endormir.

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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Dim 8 Mai - 17:40

Alors que je raccompagne la Lady jusqu’à la porte, je prends pleinement conscience de ses paroles. Ma place est désormais au sommet de la tour. C'est moi le grand patron. Plus personne pour me donner des ordres, me dicter ma vie ou chercher à user de mes pouvoirs pour leur bénéfice. A partir de maintenant, mes actions n’auront plus qu’un seul bénéficiaire : moi-même. Et ceux auxquels j'aurais décidé de m’allier bien sûr. Mais il s’agit d’une différence majeure qui me tire un sourire franc alors que je souhaite un bon retour à la jeune souveraine. C’est donc sourire aux lèvres que je m'en retourne au salon où mes lieutenants ont déjà largement entamé la célébration si longuement attendue.

Lorsque j'entre dans la pièce, les rires fusent et l’alcool coule à flots. Fidèle à lui-même, Sergei a en effet disparu quelque temps auparavant avant de revenir les mains chargées de la meilleure vodka de Moscou. Comment il se l’est procurée, personne n’a osé le demander, trop heureux que nous sommes de pouvoir célébrer notre victoire dans de telles conditions. Anatoly a pourtant surpris tout le monde en s’étonnant que le cadet de la bande n’ait pas ramené à sa suite une ribambelle de jeunes femmes prêtes à faire la fête. Ce à quoi Sergei a répondu avec une sagesse toute feinte que la soirée était trop spéciale pour la partager avec qui que ce soit. Une affirmation qui a été suivie d’un concert d’approbations, avant que le blond ne rompe la solennité du moment en déclarant :


-Sans compter que je ne voulais pas embarrasser ce pauvre Dimitri. A son âge, qui sait s’il est encore en état de fonctionner ?

Ç’en est suivi une poursuite épique dans la pièce - aucun des deux protagonistes ne désirant se ridiculiser devant notre hôte pas encore partie - tandis qu’Anton et moi entamions un pari. Le Tchétchène a misé cent dollars que Dimitri détruisait le faciès angélique de Sergei avant la fin de la soirée alors que j'ai quant à moi parié sur une revanche plus psychologique. Dimitri a beau ressembler à un tas de muscle sans cervelle, c'est un ancien universitaire et est conséquemment d’une patience sans nom. Sergei viendra donc à regretter ses paroles mais pas nécessairement ce soir. Dans le fond, si la revanche avait été physique, il aurait pu se rassurer en se disant qu’il va rester sur place pour assurer la transition de pouvoir mais si Dimitri use de ses méninges pour lui faire ravaler sa boutade, ce n’est pas un océan entre eux qui le protégera de l’intellect du cinquantenaire. C’est donc sûr de ma victoire que j'ai quitté le quatuor pour m’assurer du départ agréable de mon associée.

Et, désormais que je les observe de nouveau massacrer allègrement tout leur répertoire de chansons grivoises, une émotion - que j'aurais presque pu appeler tendresse si je l'osais - s’empare de moi. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas senti aussi bien et ils en sont en grande partie responsables, juste derrière la femme qui vient de nous quitter. Ainsi, grâce à eux tous, il me suffit de fermer les yeux un instant pour me remémorer l’expression d’humiliation intense peinte sur les traits de mon frère. L’image double alors immédiatement la joie qui ne me quitte plus depuis qu’Alekseï a apposé sa signature au bas du contrat me léguant l’intégralité des biens légaux et illégaux de l’empire familial. En un mot comme un cent, je suis au summum de l’extase. Alekseï n’est plus qu’un mauvais souvenir de mon enfance qui ne pourra désormais plus jamais m’importuner après sa défaite complète et totale, je suis membre du Club des Damnés, une des organisations les plus puissantes de la planète et, à mon retour, j'ai un Britannique qui ne cesse de souffler le chaud et le froid qui ne m'attend pas vraiment. Bref, la vie m'a rarement parue aussi douce. Moi qui ait maudit mes dons lorsqu’ils sont apparus, voilà qu’ils m'ont amené au sommet du business familial et plus haut encore. Je m'apprête donc à célébrer cela comme il se doit lorsqu’Anatoly déclare d’un ton d’enterrement :


-Il n’y a plus d’alcool.

Une phrase qui provoque le silence le plus total avant que Sergei ne pousse un glapissement désespéré alors que l’information finit par atteindre son cerveau déjà bien imbibé. Jetant un regard à mon entourage, je réalise alors que je vais devoir me porter volontaire pour aller chercher les bouteilles restées au frais dans la cuisine. En effet, Anton ne semble pas capable de se lever de son siège, quant à Sergei il craint trop de passer devant Dimitri qui s'est installé sur le fauteuil le plus proche de la porte, comme pour bloquer toute sortie au grand dadais de service. Je note d’ailleurs dans un coin de mon esprit d’exiger les cent dollars à Anton lorsque ce dernier sera en mesure de me les fournir. Sergei a en effet encore toutes ses dents mais si les regards apeurés qu’il lance au doyen de la bande sont une indication quelconque de ce que celui-ci a dû lui promettre pour plus tard, j'ai amplement gagné son pari.

En parlant de Dimitri, il pourrait tout à fait nous apporter la suite des boissons mais je refuse de l’embêter avec ça. Pour une fois, le géant a le droit de se détendre au même titre que nous autres. Enfin, demander à Anatoly de ramener une boisson alcoolisée est la certitude totale de ne pas en voir une goutte. L’homme a beau parler peu, il a une descente impressionnante. Je décide donc de repartir d’où je suis venu et annonce la bonne nouvelle.


-Rassurez-vous mes braves, votre valeureux souverain s’en va pourchasser les dragons en quête de la divine Vodka.


Et c’est donc au son des sifflements et autres « On t’aime patron » que je quitte la pièce.

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Dernière édition par Nikolaï M. Kolyakov le Lun 30 Mai - 13:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Dim 15 Mai - 17:57

Les bruits raisonnent à travers les murs et la demi-obscurité de la pièce, glissant sur le carrelage du sol et de certains murs, se répercutant sur les divers instruments de vaisselle visibles et s’en finissant sur les rangements et les appareils électroménagers dont le frigidaire qui s’acharne à émettre ses propres sons. A côté de celui-ci se trouve la fenêtre, unique source des lumières de la ville de Moscou dont les éclairages artificiels inondent partiellement le décor intérieur comme ils le font de la voiture qui s’en va à l’extérieur. Les ombres portées dans la salle pourraient être inquiétante mais, en toute logique, c’est l’absence de l’une d’entre elle qui inquiétera. Après tout, cette lumière qui éclaire les avant-bras posés sur la fenêtre et le visage enfantin posé dessus devrait laisser des ombres derrière ceux-ci. De même, elle devrait le faire au sein des cheveux courts et pouilleux d’une couleur plus sombre à celle de la pièce. Il n’y a que pour les vêtements aussi épais qu’usés, dissimulés à l’éclairage du fais de la taille de l’enfant, qu’il ne devrait y avoir d’ombre. Mais pour elle entière il n’y a ni ombre, ni reflet.

Les pupilles azures disparaissent et réapparaissent sous les clignements des paupières, continuant d’observer la voiture s’éloigner avec à son bord une passagère endormie. C’est cet endormissement qui permet tout cela, l’inconscient manipulant la conscience à travers le sommeil et ayant laissé un éclat s’échapper. Patience le sait tout autant qu’elle sent les regrets et le besoin de se souvenir d’une autre vie ; deux des choses qui la constituent et ont conduite à sa création. Elle apprécie l’idée d’être à part des autres hétéronymes comme Sage fut jadis à part des autres réfugiés, même s’il y a à cela du bon et du mauvais comme à toute chose. Elle apprécie aussi les aspects qu’elle amplifie et représente, trop longtemps oubliés et reniés. Il y a beaucoup de tristesse en elle mais ce n’est pas une mauvaise chose car, à travers la douleur et le vide, il y a de la nostalgie.

Sage n’a jamais été aussi proche d’être depuis qu’elle est partie ; parce qu’elle est partie, même si elle a le sentiment de les avoir abandonnés. Sage a toujours refusé de se poser la question de leur survie, après toutes ces années ; mais qu’ils vivent ou soient morts, elle est hantée et n’a pas fait son deuil. Sage a laissé pousser ses cheveux aussi longs qu’elle a pu et en est contente ; à l’époque, elle ne le pouvait pas et, comme tout ce qu’on ne peut pas avoir, elle l’a voulu. Les gens voient surtout ce qui est absent chez elle, rarement ce qui est présent. D’un autre côté, elle ne leur facilite pas la tâche considérant qu’elle cache sous du maquillage et à travers des chignons, sous de la froideur et à travers de la franchise. Même les hétéronymes sont une manière de cacher, quand bien même ils ont une utilité toute autre.

Le matin même, Nikolaï risquait de la sentir. Le soir, Patience attend d’être sentie. Il progresse vite mais, qu’elle le veuille ou non, Sage est prête à prendre le risque. Beaucoup de choses se sont passées aujourd’hui et nombre de possibilités ont été ouvertes ; une de plus, toute hors sujet qu’elle puisse être, ne devrait pas entrainer de conséquences catastrophiques. Patience anticipe les choses tout autant que Sage, elles ne sont pas des personnes différentes et ce que sait faire l’une l’autre y a accès également, mais elle sait faire une chose que son « modèle » ne fait plus depuis longtemps : ne pas tenir compte. Que les choses soient comme elles sont n’importe pas vraiment, le savoir fait une belle jambe et quand Patience en aura deux elle pourra se mettre en jupe. Sage ne se met pas en jupe.

D’un autre côté, Patience ne se laisse pas totalement aller non plus. Ce n’est pas un hasard qu’elle apparaisse ainsi et, d’après ses prévisions, Nikolaï finira bien par atterrir en cuisine à la recherche désespérée d’alcool pour ses congénères. Sergei est allé chercher la vodka en ville, il n’a donc pas été puiser dans les éventuels « stocks personnels » de l’équipée mais, qu’il y ait stock ou pas, il n’a surtout pas cherché dans la cuisine. Que les bouteilles soient dans le frigo côtoyé ou dans l’un des rangements annexes, cela n’importe pas. Ce qui importe, c’est que le jeune parrain découvre la réfugiée de guerre d’une dizaine d’année qui regarde la ville à travers sa fenêtre sans être réellement là. Que ce soit par les yeux ou l’esprit, cela n’importe pas non-plus. La lumière de la cuisine finira par s’allumer et la rencontre finira par se faire. C’est une question de Patience, dans tous les sens du terme.

Dis, brave souverain… tu penses que ton courage te permettra de ne pas penser au contrôle mental à chaque fois que tu la verras ?

Patience dit cela le plus simplement du monde, sans bouger de ce rebord de fenêtre où elle a apposés ses bras et sur lesquels elle a posée sa joue. Elle sait très bien que le contrôle mental n’est que l’une des choses qui effraient Nikolaï chez la Reine Noire, que cette apparition astrale pourrait tout autant effrayer, que les possibilités vont à ce qu’il finisse par l’oublier ou ne rien manifester par politesse ou respect mais, plutôt que d’anticiper, l’enfant interroge juste. Elle ne lit pas le monde en façonnant sa causalité, elle explore et s’implique.

C’est pour cela qu’elle décroche de sa fenêtre pour faire face à Nikolaï et le regarder de ses yeux azurs perçant un visage dont les courbes de l’enfance sont aux prises avec les traces de la malnutrition. Patience ne s’approche pas ni ne se recule mais regarde d’au-dessous, étant bien petite par rapport au jeune homme, et parle sans détour.

Je t’embêterais pas longtemps, promis, et je ne pourrais pas répondre à toutes les questions que tu me poseras.

Patience expose les choses simplement, ne cherchant pas à complexifier de part sa nature de projection astrale limitée par la portée d’une télépathe qui s’éloigne toujours plus et n’a pas l’intention de trop en dévoiler sur elle-même à quiconque. Les interrogations de Nikolaï lui semblent évidentes mais les réponses attendront qu’il ait posées les questions, comme la politesse le veut, et les interrogations attendront qu’il prenne la mesure de ce qui se passe-là.

Patience ne s’inquiète pas, pas parce qu’elle a anticipé ce qui va se passer mais juste parce qu’elle a confiance en Nikolaï pour gérer la situation. Il sera le plus surpris de cette intervention mais pas celui à qui elle sera la plus désagréable. Néanmoins, Sage pourra enchainer son hétéronyme autant qu’elle le voudra, rien ne serait possible si, quelque part, elle ne désirait pas cette brèche au sein de sa forteresse mentale.

Patience laisse échapper un petit sourire à l’idée qu’une forteresse mentale ne signifie pas une forteresse de solitude et Sage ne pourra pas lui donner tord.

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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Lun 30 Mai - 14:08

La logique veut que je me dirige en premier lieu vers la cuisine pour trouver de quoi rassasier la soif de mes hommes et c’est donc là que mes pieds me portent naturellement. Mon esprit, lui, est cependant resté dans le salon à s’amuser des gamineries de mes lieutenants et c’est donc quasi automatiquement, sans vraiment faire attention à ce que je fais, que je pénètre dans la pièce et allume la lumière. La réalité me rattrape néanmoins bien vite lorsqu’une voix hors de propos en ces lieux s’adresse à moi. Il me faut d’ailleurs tout mon sang-froid pour ne pas sursauter. A la place, mon regard se fait suspicieux et tout dans ma posture dénote un profond manque de confiance dans le propriétaire de ladite voix. Mais quelle n’est pas surprise lorsque je tombe sur une gamine d’une dizaine d’années mal vêtue et mal nourrie.

Sa question résonne encore dans l’air, démontrant qu’elle est là depuis suffisamment longtemps pour avoir écouté ma dernière remarque, mais je refuse d’y répondre pour l’instant. Cela signifierait baisser ma garde et j’ai suffisamment vécu pour ne pas me fier aux apparences. Un enfant peut faire autant de dégâts qu’un adulte si ce n’est plus car les gens ne prennent bien souvent pas au sérieux la menace qu’il représente. Pas moi. Elle reprend donc de nouveau la parole pendant que j’essaye de donner sens à ses paroles. L’« elle » à laquelle elle fait référence est clairement la Reine noire mais se pose toujours la question de savoir qui est cette enfant sortie de nulle part. Son comportement ne semble pas hostile – bien au contraire, elle est on ne peut plus détendue – mais il pourrait s’agir d’une ruse pour me rassurer avant d’attaquer.

Je me décide malgré tout à lui répondre car, bien que la situation soit inhabituelle, mes instincts de survie ne me crient pas de m’enfuir en courant. A la place, c’est ma curiosité naturelle qui pointe le bout de son nez et exige d’en savoir plus. Et pas dans dix ans si possible, plutôt maintenant tout de suite. Ainsi, baissant la main de l’interrupteur – je ne réalise qu’alors que j’étais resté paralysé sur place à la vue de l’enfant dans la pièce – je prends donc la parole.

-Honnêtement, je ne sais pas. J’aime à penser que la routine reprendra ses droits et que je serais capable de passer outre – voire, dans le meilleur des cas, que la confiance que j’ai en elle refera surface – mais, jusqu’à nouvel ordre, je ne lis pas l’avenir, juste les pensées des autres. Or, s’il y a une chose dont je suis certain, c’est que la prochaine fois qu’on se verra, les images de mon frère et ses babouins sous son contrôle me reviendront nécessairement à l’esprit.

Je ne sais pas d’où sort une telle sincérité, moi qui suis le roi des demi-vérités et autres mensonges à peu de frais. Peut-être que c’est son regard franc, sans la moindre once d’animosité, qui m’invite à lui dévoiler toutes mes pensées sans en changer un mot. Ou peut-être plus simplement que je suis sous l’emprise d’un pouvoir psychique quelconque m’incitant à être complètement honnête. Quoiqu’il en soit, je n’en ressens pas la moindre gêne. Au contraire, maintenant que l’inquiétude première est passée, la présence de la fillette me paraît presque naturelle, comme si je la connaissais déjà et que je savais qu’elle ne me ferait jamais de mal volontairement.

Ce sentiment est pour le moins inattendu, pour ne pas dire complètement atypique, et comme je n’aime pas laisser les choses au hasard, je profite donc de son offre pour en apprendre un peu plus sur son compte. Après tout, tout ce que je risque c’est qu’elle ne soit pas capable ou qu’elle refuse de répondre à mes questions. J’y survivrais. Ce qui est beaucoup moins sûr si je reste dans l’obscurité totale concernant ses réelles intentions en pénétrant sans invitation dans ma demeure. Car ne croyez pas que j’ai oublié qu’elle s’est introduite chez moi par effraction.


-Mais qui es-tu donc pour poser une telle question et surtout qu’espérais-tu gagner à connaître la réponse ?

Car c’est bien là qu’est le nœud du problème. Plus que connaître son identité c’est son objectif qui m’intéresse. Qui l’a envoyée s’infiltrer dans ma cuisine et dans quel but ? Cherche-t-elle à me séparer de Lady Hartley ? Mais, même si c’est le cas, qui est sa réelle cible ? Qui désire-t-elle affaiblir de cette façon : ma patronne ou moi ? Je pencherais plutôt pour la première solution, étant donné la façon qu’elle a eu de s’adresser à moi comme si mes paroles pouvaient blesser la Reine, mais cela suppose d’accepter que quoique ce soit peut toucher cette femme de glace et j’ai un peu du mal à avaler la couleuvre. Elle semble en effet si inatteignable, comme si les accidents de la vie glissaient sur elle sans l’affecter réellement. Mais, qui sait, peut-être que derrière ce masque de froideur se cache un cœur capable d’émotions humaines. Dans le fond, je l’espère pour elle. Car, parfois, il est vraiment difficile de ne pas la comparer à un ordinateur humain ou n’importe quel type de cyborg. Et ce n’est pas là une insulte mais une simple constatation. Sa compréhension de la réalité est tellement plus élevée que celle d’un humain lambda qu’elle paraît être comme déconnectée du reste des mortels. Enfin, peut-être qu’il ne s’agit là que de mon impression. Je ne voudrais pas non plus généraliser ce qui n’est après tout qu’un avis personnel.

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Sage
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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Ven 3 Juin - 15:00

Les choses se déroulent selon l’une des possibilités et Patience les regarde faire sans la moindre surprise, comme si elles s’en venaient simplement rattraper sa conceptualisation. La surprise et la méfiance de Nikolaï accélèrent ses analyses et titillent sa prudence légèrement paranoïaque mais sont insuffisantes à le conduire à une réaction de combat, qu’elle soit attaque ou fuite, et il accepte l’échange d’informations proposé par une curiosité toute aussi importante que le reste. Le jeune parrain se reprend et le petit sourire de la projection astrale s’agrandit.

Patience écoute un discourt étonnamment honnête considérant qu’il commence par un « honnêtement », considérant les possibilités qu’anticipe Nikolaï en penchant légèrement la tête sur le côté, ses cheveux continuant de suivre une gravité logique mais pourtant inexistante. L’aspiration du jeune homme fait plaisir, dévoilant bien plus de la relation qu’il possède avec Tessa que son idée de routine, tandis que la confiance avouée est d’une polysémie impressionnante. La seule certitude conduit cependant à un redressement du visage pour permettre un sobre hochement de tête, tout sourire chassé. La projection astrale agit avec naturel, continuant de fixer le jeune parrain qui en fait tout autant et hésite sur la nature de cela.

Comme Sage, Patience n’a pas besoin d’entrer dans la tête des autres car elle lit ce dont leur corps témoigne et c’est la plupart du temps suffisant. Elle sait que, consciemment ou inconsciemment, Nikolaï a perçu les familiarités entre Tessa et elle ; familiarité qui conduit à une attitude similaire à celle qu’il peut entretenir avec la Reine Noire. Il n’a pas confiance mais il est sincère. Et, d’après ses doutes, c’est plus probablement inconscient. Le jeune parrain ne tarde pas à le confirmer de par ses questions, auxquelles la projection astrale répond sans la moindre hésitation ou réflexion.

Pour faire simple, je suis un fantôme. Pour faire compliquer, je suis une construction psychique basée sur le souvenir d’une personne.

Les fantômes n’existent pas mais il est possible d’expliquer les origines des légendes les concernant par l’intermédiaire de la télépathie et du plan astral. Tout comme un corps mort se décompose dans les dimensions physiques, un esprit mort se désagrège dans les dimensions psychiques. Et comme certains télépathes sont aptes à faire apparaitre leur esprit sur les plans physiques et/ou à trouver une forme d’immortalité en pouvant survivre à l’état de pur esprit, des esprits mal décomposés ou des créatures astrales peuvent apparaitre sur les plans physiques. Les deux réponses sont donc vraies, d’un certain point de vue. Et les deux réponses sont lancées avec un naturel franc et sérieux.

Ce n’est que la seconde question qui nécessite un silence ; la réflexion était confondue avec la précédente mais nécessite quelques considérations supplémentaires de part les informations qu’elle révèlera.

Sinon, je suis incapable d’espérer. Je ne lis pas le futur non plus mais anticipe un certain nombre de futurs possibles et attends de voir lequel se réalise. Ça lui suffit à elle, du fait elle ne pose pas les questions, mais moi je préfère demander pour savoir.

Question d’âge et de développement psychologique, selon toute probabilité. Néanmoins, il y a des choses qui n’ont pas changé à travers le temps et Patience dispose de cette même gestuelle minimaliste, ne bougeant quasiment pas alors qu’elle énonce des faits qui lui sont évidents.

Je pourrais lire tes pensées pour savoir également mais je ne le ferais pas. Ça serait contre l’Ethique de la Télépathie, hors elle n’aime pas cela, et tu es déjà honnête avec moi. Ce dont je te remercie d’ailleurs. Tu ne devrais pas tarder à comprendre pourquoi mais cela encourage dans le fait que, un jour, tu ais de nouveau confiance en elle.

Patience sait que la confiance est le meilleur couvert du mensonge mais elle sait également que l’honnêteté est l’une des premières bases de la confiance. Nikolaï ne lui fait pas confiance mais, si elle devenait routinière dans son existence, cela finirait par arriver. La projection astrale ne le fera pas mais sait comment permettre à Sage de réparer à présent, tout en anticipant qu’elle ne le fera pas.

Si jamais tu as un après-midi à perdre, un jour où tu es sur New York City, rends-toi au 1407 Graymalkin Lane, à East Branch Reservoir. C’est environ une heure de route depuis Manhattan par l’Interstate 684, en sortant à Brewster. Evites juste les périodes de vacances scolaires.

Sage allait particulièrement déprécier cela mais Patience misait sur le fait qu’elle ait suffisamment de lucidité pour admettre que cette révélation, en plus d’être potentiellement superflue si Nikolaï enquêtait un minimum sur les X-Men de la Côte Est, permettrait de délocaliser les interactions avec le jeune parrain du Club des Damnés vers quelque chose de plus personnel. Un mafieux et un membre du HellFire ne serait pas le bienvenu à l’Institut mais il ne représente pas une menace suffisante pour en déclencher l’alarme et les possibilités ouvertes par cette perspective conduiraient à une nouvelle perception de Lady Tessa Hartley, quand bien même cette fausse identité est également utilisée administrativement. Patience Graymalkin a disparue sans laisser de traces depuis des années.

En te débrouillant bien, ce jeu de piste pourra te rapporter un brin de sauge. Et ce que j’ai à y gagner est entièrement personnel.

Concluant son énigme en se retournant aux trois-quarts vers la fenêtre pour regarder la rue en contrebas, Patience constate que la voiture a disparue de son champ de vision. Elle aurait encore du temps si elle le voulait mais rester trop longtemps diminuerait ses chances de réussite dans ce qu’elle essaie de faire.

Pivotant son visage pour qu’il fasse face à Nikolaï sans qu’elle-même ait à se retourner, Patience lui offrit un clin d’œil en guise de conclusion.

N’abuse pas de l’alcool ce soir et je serais sage aussi.

S’effaçant progressivement des dimensions physiques, la projection astrale s’en retourne dans son plan et suit son lien jusqu’à Sage, réintégrant le corps et la psyché à laquelle elle appartient. Sage ne se serait jamais permise cela, faisant passer son devoir avant elle-même et séparant les différents aspects de sa vie aussi bien que les parties de son cerveau et de sa personnalité. Patience le fait, ne pensant pas aux conséquences négatives car voulant les conséquences positives. Ce qui est peut être de l’Espoir.

Dans tous les cas, Patience se rappelle d'une leçon que Sage estime ne plus mériter : la famille, il n'y a que ça de vrai.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]   Sam 4 Juin - 16:31

La Reine ne cessera jamais de me surprendre. Depuis que je l’ai rencontrée, j’entrevois chaque jour un peu plus l’infini royaume des possibilités offertes par l’esprit humain. Bien au-delà de la télépathie basique, les multiples options offertes par la psyché humaine mutée me laissent bouche bée. Que la Lady soit capable de produire un résidu astral de forme humaine avec sa propre personnalité, le tout basé sur ce qui ne peut être qu’un souvenir d’enfance, m’impressionne au plus haut point. Et ce d’autant plus que les paroles de la fillette face à moi m’amènent à me demander si son aînée est seulement au courant de sa présence ici.

La façon qu’elle a de distinguer systématiquement ses pensées de celle de la Reine, la différence dans leur vision des choses qui, si elle pourrait sembler minime au premier abord, - elles sont après tout une seule et même personne - me paraît évidente désormais que je connais un peu mieux l’Anglaise, tous ces détails viennent renforcer l’idée d’une anomalie psychique incontrôlée. Une sorte de bug imprévu dans le déroulement toujours parfaitement minuté de la réalité par Lady Tessa Hartley. Et, sans surprise, cet élément perturbateur a décidé de prendre l’apparence d’un enfant, pinacle de l’inconséquence s’il en faut. Etre humain en formation, lui-même ne sait bien souvent pas exactement ce qu’il veut et plus d’une de ses actions se révèle le fruit d’une décision hasardeuse. Mais ce qui peut apparaître comme un hasard malencontreux semble ici une bouffée d’air dans un quotidien trop étriqué.

En effet, en tant que control-freak de catégorie internationale, s’il y a une chose que je repère à des kilomètres, ce sont mes congénères et la Reine en est une, nul doute là-dessus. Une conséquence infortunée de ses pouvoirs très probablement. Un peu comme moi mais multiplié par dix mille. Car, là où tout télépathe est prône à la méfiance, Lady Hartley peut quant à elle littéralement réfléchir à toutes les possibilités de la moindre action prise par elle ou un autre. Un pouvoir qui entre des mains comme les miennes finirait par rendre fou son propriétaire. A force de considération, il est si facile de se retrouver paralysé et ne pas agir du tout. Je sais ainsi qu’il m’est déjà bien souvent difficile de ne pas faire appel à mes talents pour un oui ou pour un non histoire de m’assurer que je prends la bonne décision alors si je possédais les capacités de la Reine, je préfère ne même pas imaginer les dégâts. L’idée donc que la gamine face à moi soit le petit grain de sable qui vient, non pas faire dérailler la mécanique soigneusement huilée, mais ouvrir un léger espace pour y intégrer un nouvel engrenage me plaît bien.

-Si jamais tu as un après-midi à perdre, un jour où tu es sur New York City, rends-toi au 1407 Graymalkin Lane, à East Branch Reservoir. C’est environ une heure de route depuis Manhattan par l’Interstate 684, en sortant à Brewster. Evites juste les périodes de vacances scolaires.

Voilà de quoi provoquer ma curiosité. Qu’est-ce qui peut bien se cacher derrière cette adresse si mystérieusement fournie ? Et qu’est-ce que vient faire la sauge dans cette histoire ? Les possibilités s’accumulent dans mon esprit et comme je ne possède pas de cerveau surdéveloppé pour les trier en un instant, il faudra que je m’en occupe plus tard. De toute façon, le moment est mal choisi. Comme ma jeune compagne le fait subtilement remarquer, je suis venu avec un but et les quatre pochtrons dans le salon ne tarderont pas à faire leur apparition si je ne reviens pas les mains chargées des présents promis. Pour l’instant, j’ai une victoire à fêter, je m’occuperai du reste à une date ultérieure.

Je la regarde donc partir sans réellement réagir, trop secoué par les implications des découvertes diverses de la journée. En une soirée, j’en ai appris bien plus qu’en plusieurs mois et je me connais mieux que personne, j’aurais besoin de revenir, à tête reposée, un par un, sur tous les événements d’aujourd’hui. Mais, en parlant de tête reposée, l’objectif de ce soir est plutôt de se la bourrer. Je m’empare donc des bouteilles conservées au frais dans le réfrigérateur et me dirige de nouveau vers mes amis. Jusqu’à nouvel ordre, la gosse est partie avant que je ne lui promette quoique ce soit. Après tout, dois-je vous rappeler que j’ai aujourd’hui obtenu ma revanche sur mon frère, une revanche que j’attends depuis bientôt vingt-cinq ans ? Alors, face à cela, je n’ai qu’une chose à dire une fois que tous les verres sont remplis :


-За вас !*

*Santé !
The end

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La famille, y'a qu'ça d'vrai ! [Sage]
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