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 Tout n'est que poussière

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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Tout n'est que poussière   Sam 29 Aoû - 13:27


Vendredi 28 Aout 2015 – 02 : 32 A.M.

La lune éclairait les arbres de Seward Park, non loin du balcon où je me tenais. On ne voyait pas les étoiles à cause des lumières de la ville mais celles-ci était suffisamment bloquées par les arbres de l’orée du parc pour que ceux que je regardais soient uniquement éclairés de l’argenté lunaire. C’était plus beau et sincère que le jaune cru des lampadaires. Pourtant, il s’étendait toujours plus, surtout dans les agglomérations, dissimulant ce qui avait longtemps été les points de repères des Hommes. Je ne me souvenais pas avoir vues les étoiles, ne serait-ce qu’une fois dans ma vie, et constatais combien la lune elle-même devait ce battre contre les artifices humains pour continuer à exister. Assise sur la rambarde du balcon, je regardais et pensais tout cela dans une triste absence.

Mon cœur battait doucement, anormalement doucement, mais en adéquation avec cette petite zone de tranquillité perdue au milieu de la ville qui ne dort jamais. J’aurais aimé que les choses soient aussi calmes que je l’étais mais ce n’était pas le cas, il y avait toujours ce bruit tout autour et il continuerait à jamais. Viendrait un jour où je ne l’entendrais plus, c’était certain, mais lui continuerait. Tout avait une fin, c’était cela la vie et c’était l’ordre naturel des choses. Sans cela, sans doute n’auraient-elles eues aucune valeur ; sans cela, sans doute nos souvenirs n’auraient-ils été qu’accessoires. Ce n’était pas le cas, cela ne le serait jamais. C’était simplement dommage que les valeurs changent, que les souvenirs changent, que le monde change. Mais cela aussi, c’était la vie.

J’étais un grain de poussière sur Terre,  tout autant que la planète était un grain de poussière dans l’univers ; sans doute lui-même un grain de poussière dans autre chose. Un grain de poussière, que cela soit au carré ou au cube, c’était insignifiant. C’était ainsi. Les autres aussi, sans doute. Mais faire le ménage apprenait une chose : des grains de poussières agglutinés formaient un mouton de poussière. Ce n’était et ne serait jamais grand-chose de plus que de la poussière mais pour la poussière elle-même, n’était-ce pas infiniment plus ? C’était ce que je croyais, pour ma part.

J’avais toujours été plus forte en présence de mes parents, de mes amis, de mes proches. J’avais toujours pensé que c’était réciproque également. Peut-être que cela dépendait des personnes finalement. Et puis qu’on soit mouton de poussière ou poussière seule, on était tout de même balloté par le vent. Le vent, comme le bruit, ne cesserait pas avant qu’il n’y ait plus la moindre poussière pour le subir ou en faire. Une constatation qui m’arracha un soupire.

J’entendis le bruit d’une porte suivit de celui d’une lumière dans mon dos, rapidement accompagné de chuchotements. Je n’avais pas besoin de me retourner pour savoir qui, je les connaissais car ils faisaient parti de mon mouton. Et comme je faisais parti du leur, ils vinrent s’agglutiner auprès de moi. Ils ne franchirent pas la vitre, se contentant de m’observer. S’ils ne me sortirent pas de ma torpeur, ils étaient là et c’était suffisant. Le vent qui soufflait dans les arbres devrait être plus puissant à présent s’il voulait nous emporter et l’existence de poussière était bien moins difficile.

Je fixais toujours la lune. J’avais entendu dire qu’elle tombait si vite que jamais elle ne s’écraserait ; si c’était mieux pour toutes les poussières de poussières, c’était triste pour cette poussière également. La seule chose pouvant rompre sa solitude la détruirait et détruirait ladite chose également. Serait-ce cela sa fin ? Je ne doutais pas que des personnes bien plus intelligentes que moi détiennent cette réponse mais je ne l’avais pas. Et en un sens, c’était surement mieux : la fin était toujours la même, c’était au chemin qu’il fallait accorder de l’attention.

Ce fut pourquoi je me retournais vers eux, vers ces parents qui me regardaient non loin et à qui je souris tristement. Ils m’avaient regardée en attendant que je sois prête, côte à côte, et je l’étais à présent. Leur importait-il ce que je faisais à cette heure, perchée sur le balcon en pyjama ? Probablement moins que le fait que j’y sois. Passant mes jambes par-dessus la rambarde, je cessais d’y être pour m’avancer vers eux. Qu’importe ce que j’avais, ils voudraient m’aider et ils ne pouvaient le faire que si je leur en laissais l’occasion. Je les pris donc dans les bras, un instant avant qu’ils ne le fassent à leur tour.

Ce n’était pas la gravitation qui maintenait les poussières comme nous en mouton. C’était l’amour.

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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: Tout n'est que poussière   Dim 27 Sep - 16:51

Dimanche 30 Aout 2015 – 08 : 13 P.M.

Je zonais avec toute ma classe contre la porte du frigo. J’avais mes nouvelles fringues et ma nouvelle coiffure, permises par la bonne utilisation de l’argent des impôts comme la réinsertion professionnelle de mes parents. Maman était à la douche, Papa ne tarderait pas à rentrer puisqu’il n’était pas de garder, tandis que Marshal et moi on bouffait des nouilles chinoises à même les boites en carton. Elles étaient faites pour ça de toute façon, un tour au microonde et directement dans le gosier à grand renfort de baguettes. C’était comme mes fringues et ma coiffure : faites pour que j’ai la classe. Le t-shirt et le sweet-shirt n’avaient pas changés, pas plus que les mitaines ou les chaussures, que le collier et les bracelets. Par contre, le reste si. Le manteau de "cuir" était mi-long, descendant jusqu’au haut des cuisses, et disposait toujours des cinq poches minimales qu’il me fallait pour ne pas m’embarrasser de sac à main. Le pantalon était sanglé sur tout l’avant, couvrant la partie maillée en hexagone qui révélait ma peau nue (et épilée), et moulait plutôt bien considérant combien je le serrais afin qu’il me tienne au corps à l’instar du précédent. Enfin, pour les cheveux, j’avais ramenée ma tignasse bordélique et bouclée sur le côté avant droit, me couvrant le front et une partie du visage en un méli-mélo que j’aimais assez. Même la faire c’était pas compliqué : on mouillait les cheveux, on ramenait tout d’un côté et on allait se coucher comme ça pour que la nuit fasse le reste. Ça faisait ganger qu’il disait mon père… c’était bien qu’il ait comprise l’idée. J’espérais bien qu’il comprenne aussi bien ce que je m’apprêtais à lui demander ce soir.

La rentrée des classes approchait à grand pas et ce n’était pas parce que je n’avais pas réussi à me faire renvoyer définitivement de la Seward Park High School que j’avais l’intention de repiquer le neuvième grade. J’avais tellement plus productif à faire et je l’avais prouvé de par mes deux premiers renvois temporaires, à mes yeux. Je préférais toujours faire fructifier ce temps et ces efforts, continués durant les vacances d’été d’ailleurs, plutôt que de retourner sur les bancs d’une institution où je n’avais rien à foutre. J’étais capable de suivre des cours, en sport ou en techno ça se passait bien et l’ABA New York Capoeira Center au coin de Rivington et Suffolk n’avait jamais eu à se plaindre de moi, c’était juste l’école en elle-même qui me posait problème. Et j’avais pas envie de réessayer sur trois ans dans l’espoir de faire quelque chose d’intéressant plus tard : c’était maintenant que je voulais le faire, les trois ans je ne les avais probablement pas. Tout finirait par finir et je préférais faire ce que je voulais avant que ça soit le cas. Le hic c’était qu’il fallait toujours une autorisation à un moment donné.

La porte s’ouvrit bruyamment sur une personne bien plus silencieuse, laquelle se défit de son manteau et de son chapeau sans rien dire alors que l’ouverture se refermait derrière lui. Prenant une inspiration, je marquais une pause dans mon enfournement de nouilles en regardant celles prises entre mes baguettes pendouiller au-dessus de leurs copines. Tête immobile, je bougeais les yeux vers le couloir d’entrée pour voir Papa s’avancer simplement alors qu’il défaisait la cravate, pendante elle aussi mais au-dessus d’une chemise cette fois. Tournant le visage vers lui pour lui sourire alors qu’il s’en allait faire la bise à Marshal, j’attendis qu’il me fasse la bise aussi et me vire du chemin le séparant de son verre d’alcool du soir. Une chose qu’il fit sans la moindre surprise, me laissant toute l’occasion d’en revenir à mes pâtes et d’avoir une raison de l’accompagner jusqu’au canapé où il s’affala, prêt à regarder la télé. Il ne prit même pas la peine d’allumer l’écran, manifestant sa conscience de ma manœuvre d’un « qu’est-ce que tu me veux ? » blasé. Et moi, je pris une grande aspiration de nouilles, bruyante et longue, avant de lui tendre le pot en mâchonnant.

Si j’escomptais lui échanger mes pâtes contre son verre d’alcool afin d’y gouter ?! Mais nan, pas du tout. J’avais bien enregistré que l’alcool avant vingt-et-un an c’était comme le vol à la tire, pas vu pas prise, mais ce n’était pas ça que je m’apprêtais à quémander. Ouais, autant le vol à la tire j’avais officiellement arrêté depuis qu’on avait moins besoin d’argent, autant le quémandage j’étais grillée à l’instant même où j’avais été sur son chemin. J’étais un chat, j’étais pas au milieu sans vouloir quelque chose et j’allais finir par cracher quoi. Ouep, il me connaissait comme s’il m’avait faite. D’un autre côté j’étais sa digne fille donc bon. C’était d’ailleurs pour cela que je devais lui demander l’autorisation. Ce que je finis par faire, non pour éviter que lui finisse par s’énerver car ça allait l’énerver de toute façon.

Hors donc, voilà le truc : je voulais bosser pour lui. Bah tien ? Oui bah tien, y’avait rien de surprenant « bah tien ». Je commençais à avoir pas mal de connaissances sur mon territoire et je pouvais renseigner pas mal au besoin, pour peu qu’on me demande de trouver d’autres informations je pouvais m’arranger pour…

Non. C’était juste non. On était ici parce que je m’étais amusée à suivre des gens que je n’aurais pas dus et il n’était pas question d’en faire un hobby ? Pour la première partie, oui, pour la seconde c’était un peu tard en fait. Mais plus qu’un hobby, je voulais en faire un métier. J’étais en âge de bosser et…

Et j’aimerai finir une phrase avant de me faire interrompre. Qu’il me laisse m’expliquer, merde ! Nous nous relevâmes tout les deux, lui d’abord pour faire quelques pas et moi ensuite pour lui faire face à vingt centimètres près. Son doigt accusateur vint pointer près de mon visage, me faisant reculer de méfiance, alors qu’il m’interdisait expressément de chercher la merde avec les criminels, même des petites frappes de mon niveau. On était au moins d’accord sur un point : j’avais un niveau de criminalité. Satisfaite qu’on soit d’accord sur ce point, je me rasseyais en prenant toute la place sur le canapé, une jambe posée sur l’autre et un bras sur le dossier. Derrière moi, Marshal posait sa boite sur le plan de travail duquel elle n’avait pas bougé et croisait les bras pour simplement observer.

Papa aussi croisa les bras, son verre toujours en main. Son visage était fermé mais ses yeux toujours aussi expressifs. Je l’agaçais prodigieusement et il se focalisait sur les emmerdes que cela pouvait me rapporter, par sur le positif. Qu’est-ce qu’on s’en foutait des emmerdes lorsqu’on pouvait mourir chaque jour, pour moi c’était pas quelque chose qui fallait craindre. Je n’en disais rien cependant, il y avait tout un tas de choses qu’on ne disait pas et généralement les dires apportait plus de problèmes que ça n’en résolvait. Preuve en était notre discussion.

Si j’avais déjà commencer à jouer les indic’ ? Oui. Et pas qu’à l’école. Mes clients restaient principalement des gens du quartier et je me faisais déjà quelques sous que j’utilisais pour rémunérer mes informateurs. Qu’est-ce qu’il croyait que je faisais de mes journées ? Ouais, dormir et faire mes « singeries » ça prenait déjà pas mal de temps mais je trainais pas tous les jours avec mes potes et les entrainements à la capo comme sous tutelle de la voisine c’était deux fois par semaine et c’était qu’une heure. J’avais bien… six à huit heures par jour à trainer dans les rues tout en pouvant être là quand Maman ou lui rentraient à la maison. Marshal savait où je me trouvais, oui, mais elle n’allait pas me coller au cul pendant que je tapais la discut’ avec tous les clodos du quartier.

Ouais, pour l’instant, mes informateurs c’étaient principalement des sans abris, ça posait un problème ? Ces gens étaient pas lépreux, ils étaient généralement sympas quand on s’intéressait à eux, ce que la majorité des personnes qu’ils voyaient passer ne faisait pas, et ils ne crachaient jamais sur la générosité des autres. Ma générosité était intéressée ? Ouais, assez. Pas au début où je donnais juste parce que maintenant on pouvait donner, quand je ne donnais pas le fruit de quelques rapines mais ça il ne fallait pas en parler, mais après je leur demandais des petits services. Et les choses se faisant, ça c’était pas mal démocratisé. Ça marchait bien : je donnais la moitié de l’argent que je touchais à la personne m’ayant aidée, c’était jamais grand-chose mais ils avaient pas grand-chose de toute façon, et je gardais l’autre. Quand je savais pas quoi en faire, ben elle allait à un autre qui en avait plus besoin que moi. Juste que maintenant qu’on dépassait la dizaine de personne, ça devenait compliqué à gérer.

Papa faisait une de ses têtes. Une main sur le front à se détourner en disant que sa fille jouait les espionnes internationales avec des clodos… j’étais d’accord ni avec l’espionnage, même s’il y en avait un peu, ni avec l’international puisque je restais sur mon territoire, mais les clodos c’était mon réseau. Chacun son niveau. Maintenant, si je pouvais être plus utile qu’à quelques commerçants un peu parano ou à des élèves et parents d’élèves un peu trop curieux, je prenais. Et si un de mes « informateurs » se faisait prendre ? Bah j’haussais les épaules : rien ne pouvait être mieux caché que ce qu’on ne voulait pas voir. Recommençant à manger négligemment, j’écoutais sa réponse.

C’était une discussion pour ma mère ? Pas sure que Maman aime la réplique. Ça sonnait très bien sur le papier parce que c’était plein de bonne volonté, parce que ça faisait une source de revenu et une aide aux plus défavorisés, parce que ça mettait à contribution une communauté rejetée par la société tout en faisant des contacts avec des gens normaux aussi. Manquait plus que le faire pour les forces de l’ordre et j’avais l’immunité diplomatique tout en aidant la loi. Oui, ça sonnait très bien sur le papier parce que dans les faits j’étais une gamine de seize ans qui côtoyait des marginaux dont elle ne savait rien pour chercher les emmerdes à leur côté afin de récolter trois dollar cinquante qu’elle leur partagerait. Papa ne savait pas s’il ne préférait pas que je finisse au poste pour avoir faites les poches d’un touriste finalement… ce qui n’était absolument pas une incitation à le faire.

Qu’il se rassure, j’avais rien dit moi. Innocente, comme d’hab’ ; ils auraient du en faire mon deuxième prénom déclarais-je en recommençant à trifouiller mes pâtes avec les baguettes. Je sursautais lorsqu’il m’arracha la boite des mains, me figeant pour le fixer avec des yeux ronds sans doute de l’exacte manière qu’il le souhaitait. Ça n’était pas drôle ? Non, ça n’était pas sensé l’être. J’étais super-sérieuse quand je parlais de ça. J’avais encore deux ans à attendre avant de pouvoir essayer d’entrer à l’école de police, si j’essayais, et ces deux ans j’avais pas l’intention de me les frapper à m’emmerder sur les bancs de l’école, ça c’était sûr. Je pouvais faire plus et j’avais déjà commencé. S’il fallait que j’apporte des preuves, je le ferais sans soucis.

J’allais me la fermer ? Remontant mes chaussures sur le canapé, j’y apposais les mains pour rester en position de grenouille sans quitter mon père des yeux. Yeux qui étaient, chez lui comme chez moi, plissés ; juste que lui avait plein de rides alors que moi pas. Qu’on soit clair, je ne faisais rien qui ne me mette en danger ? Je baissais la tête en soupirant. L’un de mes pieds s’en alla au contact du sol, rapidement suivit par l’autre alors que je quittais le canapé. Marchant au côté de mon père, je le contournais en lui répliquant que j’avais mieux à faire qu’à parler à un hypocrite.

Les pâtes volèrent et leur boite heurta le sol pour les vomir sur le parquet alors que celui-ci tremblait sous mon pas chancelant. Un seul, plus aurait été donner trop de satisfaction. Tout comme d’apporter la main à ma joue ou de réagir plus qu’en retournant la tête vers mon père. Poings serrés, immobilisée, je lui fis face en tremblant. Mon visage retenait quelques ébauches de larmes par la force combinée du pincement de mes lèvres et de la crispation de ma mâchoire.

Plus un mot ne fut échangé, on se regardait simplement malgré la différence de taille. On n’avait pas besoin de se dire les choses, pour ce coup-là. Je connaissais sa peur comme il connaissait la mienne. Je comprenais qu’il ne veuille pas que je prenne ce genre de risque mais lui, était-il vraiment trop con pour comprendre pourquoi j’étais prête à les prendre ?

Il m’expédia dans ma chambre. Comme si cette « punition » avait jamais eu le moindre effet sur moi considérant que le premier lieu duquel j’apprenais à sortir et à rentrer par la fenêtre restait ma chambre, même si j’avais passé un certain temps sans en avoir. Etait-il aussi trop con pour comprendre qu’une fois bannie dans MA chambre, je ne m’enfermai pas à clé parce que je ne voulais plus les voir mais pour qu’il ne voit pas que je m’étais cassée ? Les adultes et leur croyance de tout savoir parce qu’ils étaient plus vieux, quelle connerie ; ils avaient faites nos conneries avant nous ? Et bien qu’ils arrêtent de nous emmerder avec ça et assume qu’on soit comme eux, merde.

Reprenant ma marche, je laissais la bouffe en plan et m'en allais dans le couloir, jetant un regard lourd à Marshal qui avait été témoin de tout cela et connaissait elle aussi ma manière de gérer les choses malgré sa neutralité observatrice face aux actions familiales, particulièrement celles de mon père.

Je ne les détestais pas mais j’en avais fini avec eux pour l’heure. Ils ne m’arrêteraient pas : il y avait toujours tout un tas de particulier pour être friand de ce que la police ne voulait pas. J’avais des gens qui comptaient sur moi et je n’avais pas l’intention d’arrêter de bosser avec eux. Ça allait me retomber sur la gueule, j’étais bonne pour une connerie comme du ménage dans les prochains jours. En plus, j’avais du lui faire louper le journal du soir et les news sur le MRA. Il était particulièrement concerné à deux jours du vote final. Moi pas.

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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: Tout n'est que poussière   Dim 4 Oct - 16:57

Lundi 31 Aout 2015 – 10 : 17 A.M.

J’accomplissais des exercices de redressement du buste depuis un peu plus d’un quart d’heure quand elle entra. Elle n’avait jamais appréciée me voir faire mes « singeries » mais elle devait reconnaitre que je tenais la forme grâce à elles ; et puis c’était moins risqué d’être retenue par les genoux et les mollets à mon lit en mezzanine qu’au balcon, quand il s’agissait de faire des abdominaux. Les crunchs étaient super-utile, au sol ou non, pour la flexibilité du tronc et l’endurance comme la résistance de cette partie ; très utile en équilibre, de ce que j’en jugeais. Du coup, mains aux niveaux des tempes, j’enroulais mon buste vers l’avant dès le réveil pour me retrouver la tête dans le bon sens, avant de dérouler pour pendouiller tête en bas. Et évidemment, c’était dans cette position fort peu gracieuse qu’elle me trouva, cette mère indigne qui entrait sans frapper. Ni merde ni bonjour, je l’invitais à recommencer sa tentative dans les formes tel qu’indiqué sur ma porte d’entrée. Nan, je n’étais plus furax d’hier soir, c’était juste MA chambre et pas un moulin. J’allais déjà prendre le temps de discuter avec elle alors qu’elle fasse un effort aussi. Et pas besoin d’argumenter, tout était sur le message d’entrée même si j’étais pas dans la position de venir la virer de force : j’avais aucun problème à ce qu’elle me voit en brassière et en pantalon de pyjama, je ne voulais juste pas d’intrusion dans mon intimité sans mon autorisation. Point.

Le second essai fut le bon et j’eus même la bonté d’arrêter mes abdominaux ; j’avais peut-être déjà des tablettes de chocolat de type « dégustation » tellement elles pouvaient être marqué, une chose qui me fit sourire d’amusement quand Maman me le dit, mais j’avais besoin de garder le rythme, ça je pouvais le lui assurer. Bon, j’avais absolument aucun rythme de sommeil ou autre considérant que je dormais quand j’étais fatiguée, mangeais quand j’avais faim et improvisais le reste du temps, mais quand même, le physique ça se perdait vachement vite.

Niveau physique, j’étais déjà plus baraquée que tous les Ex-petits amis de Maman, et même que Papa quand elle l’avait connu ?! Qu’elle ne sorte pas des trucs comme ça quand j’avais la tête en bas, j’allais me péter la gueule ! Redescendant de mon perchoir d’une cabriole en arrière, avec les mains sur le rebord du lit car il ne fallait pas déconner, je lui fis face dans ma chambre se résumant à une grande partie vide, malgré la présence d’une armoire, et à une mezzanine avec au rez-de-chaussée un bureau qui me servait de rangement à fringues (à quoi aurait-il pu servir d’autre ?) et à l’étage un lit monoplace. Le siège accompagnant tout cela était glissé sous le bureau, histoire d’éviter que je m’explose la tête dessus durant mes exercices. Parce qu’il n’y avait pas que les abdominaux à échauffer dès le matin ! Je ne disais pas que je finissais en sueur non plus, même si le jogging sous la chaleur d’Aout était assez propice à ça, mais je ne mentirais pas sur l’utilisation outrancière du déodorant avant tout cela.

Arrivée sur le planché des gens, j’y déposais les mains pour commencer un arbre droit, ne disant pas non au surplus de sang dans la tête afin d’être parfaitement adéquate à l’écoute de ce que ma mère avait à me dire. Enfin, fallait pas trop qu’elle me déconcentre non plus sinon je finirais quand même par terre, même si de moins haut. Et je m’en foutais qu’elle parle à mes pieds, c’était toujours mieux qu’elle ne parle à mes mains non ? Elle s’assit donc pour le faire, prenant son mal en patience tant qu’il lui en restait un minimum. Restant concentrée sur mon équilibre à garder le bassin droit, je ne relevais (ou rebaissais selon le point de vue) pas la tête pour la regarder.

C’était à propos d’hier soir ? Ouais, ils avaient pu discuter entre eux sans faire la suite avec moi puisque j’étais barrée. D’après mon heure de réveil, je devais être rentrée vers les une heure du mat’ pour m’être couchée au deux, une chose qui déplaisait fortement à ma mère pour qui les onze heures voir minuit restaient le maximum raisonnable, surtout dans une ville comme New York City. Bof, j’étais suffisamment douée pour fuir les emmerdes, même de nuit. M’enfin bon, elle était là pour le second round, j’étais prête aussi.

Ce que j’avais à dire après une nuit de réflexion ? Et bien pas grand-chose de plus que la soirée précédente en fait puisque j’avais déjà réfléchi avant de faire ma demande et pas tellement l’intention de me faire démonter mes arguments un à un par rhétorique. Je savais qu’ils ne voulaient que mon bien mais c’était pas à l’école que je le trouverais. Surtout pas avec ma mère pour m’y fliquer en tant que prof. Qu’elle se rassure, niveau amis je continuerais de les voir en-dehors des heures de cours parce que, de toute façon, durant c’était mort vu que ces cons de profs m’avaient pas laissée passer. J’avais pas les notes, ouais ça j’étais au courant. Les études j’y croyais toujours pas et le milieu scolaire ne me plaisait pas. Et si l’école de police n’était pas différente, tant pis. Tant pis j’y resterais pas.

Ramenant mes pieds au sol car ayant bien conscience qu’il vallait mieux que j’évite tout ce qui me faisait risquer une chute tant que Maman était encore là, j’y gardais les mains et commençais quelques pompes. Le geste me semblait approprié puisqu’elle ne tarderait pas à me pomper l’air.

Je manquais de maturité pour savoir réellement ce que je voulais faire ? Je savais ce que je voulais faire à défaut de savoir comment je pouvais y arriver et je savais ce que je ne voulais pas faire, plus exactement. Une partie c’était juste une crise d’adolescence ? Bon, mettons. Laquelle maintenant ? Le fait que je ne veuille pas de l’école pour glander en pseudo-indépendance dans les rues. Mme Prissy avait jouée et Mme Prissy avait perdue : je n’avais rien à foutre à l’école, j’avais jamais pu brêler ça, et je ne glandais pas dans les rues. Sinon elle ne serait pas là à essayer de me convaincre de renoncer à mon projet. Parce que c’était clairement ça le but, il fallait juste l’intro et l’argumentation avant. Mes parents me connaissaient peut-être mais je les connaissais aussi, mine de rien.

Et ils m’aimaient, oui j’étais au courant. L’amour de Papa m’avait bien frappé hier soir, tellement que j’avais pas fini ma bouffe. Il voulait mon bien… je sais, j’avais déjà dit ça précédemment ! Non seulement je dépassais Maman en poids à présent, plus de sa faute que de la mienne d’ailleurs, mais en plus je commençais à la prendre à ses propres pièges monologiques ! Soit l’âge commençait à la rattraper, soit c’était moi qui étais encore meilleure que je le croyais. Et non, c’était absolument pas une tentative de changer de sujet, je m’auto-congratulais là.

Hors donc… il s’agissait effectivement de m’encourager dans un autre projet. C’était beau les tournures de phrase : qu’est-ce qu’elle voulait que je construise un projet… je faisais ce qui pouvait être utile à moyen terme parce qu’au-delà, on n’avait pas. C’était pas comme à son époque où y’avait pas les mutos, où on pouvait faire des projets sur 10 ans au niveau des études ou des relations. Chaque jour, des collègues à Papa pouvaient sonner à la porte pour dire qu’il ne rentrerait pas. Chaque jour, c’était moi qui pouvais ne pas rentrer non plus. J’avais pas envie que ça ce termine comme ça et pas l’intention d’attendre paisiblement sans rien faire. Ouais, je prenais des risques, je disais pas le contraire. Mais au moins ceux-là de risques ils étaient utiles.

Ma mère soupira et se passa une main dans ses cheveux filandreux, faisant une fois de plus bien plus vieille qu’elle ne l’était réellement. M’interrompant dans mon effort, je vins me placer accroupie en face d’elle, épaules basses. Notre soupir fut presque simultané, nous conduisant toutes les deux à sourire.

Et pourquoi pas essayer dans le sport après tout ça me branchait bien et ça pouvait aussi être un métier plus tard, qu’elle me déclara Maman. C’était reparti pour un nouveau paragraphe argumentaire…

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MessageSujet: Re: Tout n'est que poussière   Dim 4 Oct - 22:23

Lundi 31 Aout 2015 – 11 : 06 A.M.

Le footing se faisait en tenue spéciale : débardeur court de sport, survêtement et baskets. J’aurai bien dit que le trottoir filait sous mes pieds et que les blocks d’immeubles ainsi que leurs décors en faisaient de même sur mes côtés, comme c’était le cas quand j’étais à Windy City, mais considérant que Seward Park restait un complexe du Sud de Manhattan et que les pauvres de l’île étaient assez proches des riches du Bronks ce n’était pas le cas : le parc avait sa propre piste de course. Je dirais qu’un tour faisait une centaine de mètres et je ne comptais pas les tours à dire vrai, je courais tout simplement. La discussion avec Maman avait un peu ralenti mon échauffement mais ça ne saurait me perturber outre mesure : je restais un chat dans l’esprit.

Marshal m’accompagnait, en tenue de sport débardeur/survêtement, chose qui m’amusait beaucoup puisque laissant voir combien j’étais proche d’elle à présent, tant en poids qu’en taille. Elle devait avoir quoi, 2-3kg de plus que moi pour 3-4cm. Je l’avais tellement rattrapée sur tous les plans dernièrement, j’en étais pas peu fière. A mon âge, avoir la carrure d’une agente du gouvernement entrainée c’était la classe à mes yeux. D’autant plus que je restais incroyablement plus agile qu’elle, voir incroyablement agile tout court. Plus endurante aussi j’espérais mais de toute façon on en finirait pas avec la course, c’était juste une parti des différentes choses qu’on faisait pour s’échauffer. Et l’avantage du jogging, c’était qu’on ne parlait pas pendant.

Papa y était passé, hier soir. Maman avait suivit tout à l’heure. Marshal était la seule à avoir observé sans rien dire, c’était son truc ça. Observer et n’intervenir qu’au besoin, le besoin restant à son entier jugement. Je ne savais pas pourquoi mais elle se tenait toujours ainsi en retrait. Elle avait pourtant un sens de l’humour et pouvait être sympathique quand elle voulait mais c’était plus une gardienne taiseuse qu’une grande sœur ou, comme on le mentait régulièrement, une cousine. Elle ne parlait que peu d’elle et à défaut de m’en foutre je n’avais jamais poussé le bouchon trop loin ; enfin si, mais pas dans le personnel.

Sortant du parcourt après une demi-heure à tourner dessus, on continua de jogger jusqu’à notre bâtiment pour s’y arrêter. Après quelques minutes d’étirement, on marquait une pause alors que je me préparais à la suite, remettant la bretelle de mon débardeur à sa place. On n’avait pas beaucoup d’activités en commun, considérant qu’elle ne passait pas son temps à me coller malgré son affectation permanente à ma famille, mais on ne se limitait pas qu’à la course ou des sorties ensembles. Le parkour n’en était pas non plus ainsi se contenta-t-elle de détourner les yeux alors que je mettais un pied sur la petite barrière de sécurité séparant les places de parking de la pelouse au pied du mur de notre immeuble, m’en servant comme tremplin pour me projeter sur le rebord marquant la différence entre les étages du bâtiment, à environ deux mètres cinquante du sol. M’issant dessus à la force des bras, je pus relancer ces derniers à l’encontre du balcon, un mètre cinquante plus haut, et rentrer à la maison en toute simplicité. Maman préparait sa rentrée sur la table de la salle à manger mais, ayant prévue le coup, elle avait sortis les gants de boxe qu’on m’avait offert ainsi que les gants renforcés de Mary. Je préférais largement ceux-là aux miens, d’une parce que l’herbe était toujours plus verte chez le voisin et de deux parce qu’ils ne couvraient pas les doigts. Et puis les miens étaient rose-bonbon aussi. Mais difficile de les piquer pour s’entrainer.

La remerciant en prenant les équipements que ni Marshal ni moi ne souhaitions nous trimbaler durant les courses, je bazardais ceux-ci par la fenêtre avant d’en redescendre presque comme j’étais monté : par-dessus la rambarde du balcon, les deux pieds sur le rebord puis les deux mains dessus avant de me laisser pendouiller de toute ma taille et de choir d’un peu plus d’un mètre. Facile.

A l’ombre du grand building et sur la petite portion dénuée d’arbre qui séparait celui-ci de la New York Public Library qui se trouvait à son côté, nous commençâmes à nous rééquiper pour la suite. De la boxe, ouais, ou plutôt du kick-boxing puisque c’était une discipline dans laquelle Marshal avait pas mal d’expérience. J’étais bien plus pour la fuite que l’affrontement et considérais toujours une personne avec une arme plus dangereuse qu’une autre avec un entrainement mais c’était assez sympa d’essayer de lui taper dessus. C’était différent de la Capoeira que j’appréciais véritablement en tant que tel, plus attirée par les acrobaties et l’aspect danse que réellement le martial, mais c’était cool tout de même, plus pour la personne que l’activité.

On faisait cela depuis que je m’étais foutue sur la gueule avec un autre élève à la High School, ce qui m’avait valu l’un de mes renvois temporaire. Si j’avais su, j’aurai sorti le couteau et j’aurai eu droit au renvoi définitif ; une chose qui m’aurait épargné de devoir trouver une combine pour prouver que je pouvais faire des trucs extrascolaires comme activité courante avant que la rentrée n’arrive. Et en l’occurrence, il me restait une semaine pour ça. Heureusement que j’avais un plan. Marshal n’estimait pas avoir à prendre partie dans les affaires familiales, j’ignorais pourquoi même si je respectais sa volonté de ne pas en parler, et elle était restée neutre par rapport au conflit qui agitait actuellement le foyer. Pas de quoi lui faire part de mon idée d’hier soir cependant, celle-ci ayant encore à murir sur comment bien faire les choses dans le  court délai qu’il me restait.

Court certes mais plus long que celui me séparant du commencement de ma séance d’entrainement, accomplie quasiment à jeu égal à présent ; enfin, niveau physique, parce que la technique c’était pas ça. Me mettant en garde, je commençais à taper au rythme qu’elle m’imposait, cherchant à rester concentrer tout en participant à la discussion qui entrecoupait les consignes.

Ouais, j’avais un plan pour montrer que j’étais capable. Question bête. Non je ne lui en ferais pas part. Question bête aussi. Et ce fut moi qui me senti bête lorsqu’en lieu et place d’encaisser le coup qu’elle m’avait demandé, Marshal esquiva et m’attrapa par le poignet et l’épaule pour me faire une clé de bras. Sale bête !

Me relâchant avant de me faire mal autrement que de surprise, elle s’arrêta de commenter pour réfléchir ; enfin de ce que je supposais. J’étais curieuse de savoir ce qu’elle en pensait, elle, de tout cela. Ça ne la concernait pas ? Un peu quand même. Si je finissais dans la merde, elle venait m’en sortir, c’était tout ; à moi de me débrouiller pour que ça ne soit pas irrattrapable. Sans aller jusqu’à dire que je savais ce que je faisais, je connaissais bien mon niveau et dans mon idée, le pire qu’il pouvait m’arriver était de finir au commissariat ; pas grand-chose de neuf en sommes.

On le savait toutes les deux de toute façon, telle que j’étais partie soit je finissais flic, soit je finissais criminelle, y’avait pas tellement d’autres solutions. Enfin si, la principale : je finissais cramée. Mais j’aimais pas y penser, malgré que ça soit pour beaucoup dans mes décisions. J’avais pas d’avenir alors autant vivre au présent et c’était ma façon de le faire : pas l’école, l’école de la rue. Je côtoyais bien plus de monde à zoner dans Manhattan, chose franchement moins dangereuse qu’à Windy si l’on évitait les mutos, qu’à l’école et l’apprentissage allait de pair. Je pouvais parfaitement passer une journée à Seward Park sans m’ennuyer alors qu’à l’High School c’était juste pas faisable. Je voulais vraiment pas y retourner, surtout maintenant que je n’étais plus obligée.

Marshal ne me dirait pas quoi faire, c’était un truc de parent ça. Elle voulait juste, come eux d’ailleurs, que je n’aggrave pas la situation. Baissant les poings, je soupirais lourdement : ce n’était pas ce que je voulais non plus. Mais je ne pouvais pas rester à attendre tout simplement. Agir, c’était tout. Je voulais qu’ils me fassent confiance aussi. C’était trop demander ?

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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: Tout n'est que poussière   Dim 18 Oct - 11:54

Tout avait commencé alors que j’étais dans un genre de manoir assez bizarre, en campagne. Je ne saurais pas dire exactement comment il était, au-delà du fait qu’il y avait plusieurs étages et que malgré cela il restait trapu. Il y avait du monde, une belle foule bien anonyme qui s’amassait devant, et de laquelle seules quelques personnes ressortaient. J’en faisais parti, bien sûr !

J’avais le sentiment d’une prison, surveillée et dirigée par une figure centrale patriarcale cherchant à se mêler de tout afin de tout décider. Une sorte de parrain mafieux pour qui tout ce qui nous environnait n’était rien d’autre qu’une extension de lui-même, comme un aspect. Du fait, lui déplaire c’était déplaire au lieu et y être, dans ce lieu, c’était devoir lui plaire, au parrain. Du fait, j’y causais des troubles.

Finalement, accompagnée d’un inconnu de taille moyenne plutôt maigre, âgé d’un peu plus de la vingtaine et aux yeux et cheveux bruns, j’avais été autorisée à sortir de ce lieu pour me rendre dans un autre.

L’autre m’était familier pour la simple et bonne raison que je me retrouvais dans les couloirs de mon ancienne école, quand bien même les visages étaient ceux d’amis que j’avais eus après l’avoir quittée. Grosso-modo, les couloirs étaient carrés et percés du côté gauche de fenêtres laissant entrer la lumière du jour et du côté droit de portes donnant sur des salles de classe, le tout contenant des flots d’élèves anonymes se dirigeant vers les escaliers carrés situés aux deux extrémités du couloir. Escalier que je montais à contre courant, mon accompagnateur derrière moi, en cherchant un visage précis.

Encore relativement enfantin, avec des cheveux marron coiffés en brosse et des sourcils aussi épais que son nez, des grands yeux et une petite bouche, c’était lui. Lorsque je l’eu trouvé, mon accompagnateur me pressa d’aller le prévenir tout en déclenchant l’alarme incendie. Le mouvement de foule chaotique qui s’en suivit couvrit mon déplacement comme ma rencontre, alors même que mon accompagnateur disparaissait derrière les portes coupe-feu auxquelles les anonymes s’heurtaient pour sortir.

Je finis par en faire de même, me mêlant à la foule anonyme à nouveau.

Assise sur un banc, de nuit, j’avais le dos courbé et les avant-bras posé sur mes jambes. La capuche relevée, j’attendais dos au mur gris d’un cimeterre, seulement séparée de lui par quelques arbres, et face à une route. Sur la voie d’en face, une voiture s’arrêta et mon accompagnateur, au volant, me fit signe de monter de la main. Obtempérant, je traversais pour rentrer docilement par la portière la plus proche de moi afin de m’assoir à côté du conducteur. Aucun problème avec le fait que se fut normalement la place de celui-ci d’ailleurs, j’étais seulement fatiguée quand bien même je ne voulais pas rentrer.

La voiture démarra puis nous passa devant alors nous marchions à pieds sur le côté de la route où je me trouvais précédemment, entourés de montagnes forestières et de terrains vagues éclairés par le levé du jour. Toujours la capuche sur la tête mais les bras le long du corps, j’avançais en m’appuyant contre mon accompagnateur. Joue posée contre son épaule alors que son bras me tenait au mien afin de me soutenir, je me laissais aller simplement, en confiance.

J’étais apaisée, en confiance, sans pourtant plus savoir vers où menait cette route. Lui non plus ne savait pas mais, alors même que je ne le regardais pas, je pouvais sentir son fin sourire ainsi que son regard posé sur moi.

Ce fut avec ce sentiment d’abandon à une bienveillance naturelle que je me réveillais.

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