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 Des hommes d'action [Yit]

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Damian Clester
Apprenti Gamma
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MessageSujet: Des hommes d'action [Yit]   Dim 23 Aoû - 22:21

Ce RP est la suite directe de celui-ci.
Jeudi 16 Avril 2015 - 7:30


Amusant. Il suffit de lui donner une excuse de se lancer sur les armes pour que Zack en oublie de flirter avec moi. C'est ça, ou il a compris que je voulais calmer le jeu et ça l'a refroidi. En tout cas, j'apprends que le gamin est un fana des flingues. J'ai bien peur de ne pas avoir grand-chose à discuter avec lui sur ce point-là ; les armes à feu, je m'y connais juste assez pour faire mon boulot correctement. Je me suis jamais servi d'une. Je suis pas un grand amoureux du second amendement, d'ailleurs. Ca peut sembler hypocrite de la part d'un mec qui a passé les dernières années de sa vie à faire la justice lui-même, j'en suis conscient. Mais premièrement, ce sont des outils prévus pour tuer efficacement, là où j'utilise des armes non létales et je fais mon possible pour mettre mes adversaires hors d'état de nuire sans les amocher de façon irrémédiable. Et surtout, je supporte pas le fusils parce que c'est horriblement égalitaire. Au point que c'en est injuste. Tu peux avoir passé des années à t'entraîner pendant plusieurs heures par jour, être un combattant expert, et malgré ça n'importe quel abruti avec un 9mm est capable de te faire sauter la cervelle. Elle est où a beauté, là-dedans ?

En parlant de beauté, une fois levé et sorti de la pièce, je surprend un regard sur mes biceps, avnt d'entendre le commentaire qui l'accompagne. Ca m'amuse beaucoup, parce que soulever de la fonte,  c'est plutôt la passion de Bri que la mienne. D'ailleurs si on parle purement au niveau de la force physique ou de la masse musculaire, il me bat largement. Seulement, ça se remarque généralement moins chez lui que chez moi. Quelque chose dans la façon dont il se tient, je suppose. Je sais me mettre en valeur sans que ça n'en ait l'air ; lui, je crois qu'il s'en fiche. Il aime être propre sur lui, prendre soin de son corps, mais c'est plus pour lui-même qu'autre chose.

Par contre, pour ce qui est de se battre sans pouvoir, c'est effectivement quelque chose que je maitrise. C'est pas comme si ma mutation pouvait me servir pendant un affrontement de toute façon, à part pour me retaper en urgence. Ce qui m'intrigue en revanche, c'est ce que Zack veut dire par cette phrase. Bon, c'est peut-être moi qui suis parano, mais ça me semble assez lourd de sous-entendus. Et quand on sait qu'un gars d'ici m'a approché au zoo parce qu'il m'avait démasqué – Dieu sait depuis combien de temps d'ailleurs – il est vraiment pas impossible que le jeune homme sache à quoi j'occupe mes soirées. Ce serait même plutôt surprenant si ces gars ne se sont pas renseignés en profondeur sur les petits nouveaux qu'ils engagent. Seulement, si la moitié de la Confrérie est au courant de ce que je fais, j'aimerais autant le savoir. Question de prudence de base. Mais bon, chaque chose en son temps, et j'imagine que les réponses que je cherche viendront bien assez vite.

-Oui, je pense on peut dire que j'ai l'habitude. Je fais de l'aikido depuis pas mal de temps maintenant, donc pour ce qui est du combat rapproché je me débrouille pas mal du tout. J'avais même envisagé ça comme un plan carrière à une époque, mais c'est assez rude comme milieu.

Je pense en dire tout juste assez pour susciter le doute chez mon interlocuteur, et je l'observe à l’affût de la moindre expression faciale sortant de l'ordinaire, au cas où ça m'indiquerait à quel moment il commence à poser des questions – et donc, potentiellement, ce qu'il sait.

-Les armes à feu, c'est moins ma spécialité. Je suis un homme d'action, j'aime être en plein milieu de là où ça bouge, je rajoute avec un nouveau sourire. A ce stade, je me dis que je peux tout aussi bien lui demander cash ce que je veux savoir, ce serait bien plus efficace et pas beaucoup moins discret. La subtilité ça ne s'apprend pas, on l'a ou on ne l'a pas. Moi, la plupart du temps je ne l'ai pas. Mais ça me permet de faire des sous-entendus vaguement sexuels à tout moment, et rien que pour ça, ça en vaut la peine.

-Mais ça m'intéresse quand même de visiter, faudra juste pas te foutre de moi quand tu verras à quel point je suis doué en tir.

Sérieusement, la dernière fois que j'ai tenté un truc comme ça c'était un stand de tir à la carabine, et je devais avoir douze ans. Et déjà à ce moment-là, c'était plutôt lamentable. Heureusement, mes forces sont ailleurs.

-Et toi, tu t'en sors en combat ? Quels tours secrets tu caches derrière tes cinquante kilos?
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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Des hommes d'action [Yit]   Mer 2 Sep - 20:47

Parler d'armes à feu nous rend tout de suite un peu moins complices que faire des sous-entendus scabreux. Forcément, c'est plus facile de se trouver des points communs quand il s'agit de drague que sur des sujets techniques. Damian est loin de partager mon enthousiasme pour la merveilleuse salle des guns. Tant pis, j'en ferai rêver d'autres. Et puis, j'avoue que ça n'a jamais été un très bon créneaux pour sympathiser ou flirter avec des personnes un minimum saines d'esprit. Au contraire, c'est même le meilleur moyen de partir dans des débats assez ennuyeux sur le fait que les flingues c'est mal, à la portée de tout le monde, sans vrai challenge etc. Je veux bien. Sauf que quand tu mets un bon calibre censé faire du dégât bien vénère à un mec qui n'a jamais tiré de sa vie, bizarrement, il a plus de chance de se blesser lui-même qu'autre chose. Mais je préfère ne pas m'attarder sur les préjugés convenus des gens. Surtout que, pour moi, c'est différent, j'ai tout le côté ingénieur avec. Je crois en la supériorité de la machine sur l'homme, à condition que l'homme sache mettre la technologie à son service. Le combat à main nues, c'est cool, mais on ne peut jamais réaliser rien d'autre que des performances limitées, déjà exécutées par d'autres personnes des millénaires avant nous. De quoi énerver les fervents défenseurs des traditions et valeurs guerrières mais que voulez-vous, je suis un esprit scientifique, je ne crois qu'au progrès. Bref. En parlant de combat, Damian est un peu plus à l'aise sur le sujet. Je le sais. Les gens de la Confrérie ne sont pas embauchés sur du vide. On prend toujours le temps d'éplucher un peu leur vie d'avant pour voir s'ils feront l'affaire, et les données sont stockées. J'ai accès à ces données, en plus de les alimenter de temps en temps. Je rends service à la communauté dans l'ombre, c'est même mon activité ici en général. Concernant notre nouvelle recrue, je sais qu'il a l'habitude de se défouler sur des tocards, comme je peux me douter qu'avec une mutation comme la sienne, on ne l'aurait pas recruté s'il n'avait pas un niveau minimum en self-defence. Il m'apprend cependant qu'il envisageait de manière très sérieuse de se lancer dans le sport de combat professionnel.

– Donc, forcément, tu as choisi un milieu beaucoup moins rude en venant parmi nous.

La pique était trop tentante. C'est sûr qu'entre ce choix de carrière et verser dans une activité considérée comme terroriste, on a vite fait de savoir où on sera le plus tranquille hein. Mais au fond, je suis sûr que l'ambiance reste meilleure avec nous.

– Enfin, je te comprends. A part le risque de mourir ou de finir en prison, on est solidaire en général. Pas de rivalités débiles pour gagner plus de fric ou de popularité ici, on est plutôt cool.

Il m'avoue ensuite ne pas beaucoup s'y connaître en armes à feu et ajoute qu'il préfère être au milieu de l'action en souriant. Je crois qu'à ce stade, je montre assez peu d'étonnement pour le mettre un peu mal à l'aise. Était-ce une façon de vérifier ce que je sais sur ses activités secrètes, la volonté de me rappeler qu'il aime s'amuser en général ou un reproche quand à mon intérêt pour les armes à feu ? Du style, il me prend pour le nerd toujours à l'arrière plan ? Il risque d'être déçu s'il croit que les choses vont s'organiser de cette manière en mission. Je lui retourne son sourire.

– T'es pas le seul à aimer te défouler. Je te jure qu'on peut être là où sa bouge avec des armes aussi, même s'il faut avoir d'autres atouts dans sa manche, c'est sûr.

On arrive au bout du couloir et plusieurs portes se présentent à nous. Je n'ai pas forcément envie de l'entraîner dans la salle d'armement si ça ne l'intéresse pas mais il m'assure qu'il veut au moins voir. Bah c'est toujours mieux de savoir ce que la maison laisse à disposition pour les départs en mission. Je lui déverrouille donc l'accès et on arrive dans une petite pièce assez largement fournie qui ouvre sur une terrain plus large, où l'on peut s'exercer sur des cibles sans être entendu. Je lui explique vite fait comment ça fonctionne.

– Il y a plusieurs programmes si tu veux t'éclater un peu pour exercer la précision sur des cibles plus petites ou en mouvement. La pièce n'est juste pas assez grande pour donner dans du tir longue distance, mais je ne pense pas que tu aies besoin de maîtriser ça.

Faut avoir envie de rester à son poste assez longtemps pour piquer parfois du nez mais enfin… De mon point de vue, placer un tir là où il faut sur une cible qui n'a rien vu venir est une satisfaction qui n'a pas de prix. Mais je parle surtout d'armes et Damian s'en fiche un peu. Il aimerait plutôt savoir si j'ai des réserves qu'il peut évaluer à partir de son expérience malgré mes 50 kg, soi disant. Ça me fait un peu lever le sourcil. Sérieusement, les gens ne se rendent pas compte. Si je faisais ce poids, j'aurais pas la moindre masse musculaire, en plus d'avoir des allumettes à la place des jambes.

– Oh, tu n'as pas idée de tous les secrets que je cache… - Je lui envoie un clin d’œil taquin avant de poursuivre plus sérieusement : – Je me débrouille assez bien pour ne pas avoir beaucoup d'inquiétude à me faire si un sac de muscles me prend à partie. Mais je donne pas tellement dans un sport en particulier, même si j'ai pas mal été formé au krav-maga. J'essaye de maîtriser des techniques qui neutralisent rapidement n'importe qui avec n'importe quoi. Je touche un peu à tout, je peux gérer avec une arme blanche aussi, et disons que ma mutation me donne d'autres ressources. Tu penses pouvoir me défier ?

Je lui lance un regard moitié arrogant, moitié séducteur, même si la proposition n'a rien de tellement indécent. En général, je ne décline pas mes compétences de parfait assassin sans foi ni loi aux gens, mais si ça pose un réel problème de morale à un confrériste, c'est qu'il n'a rien à faire ici, non ? On doit composer avec les capacités et fonctions de chacun. Alors, se mentir pour avoir l'air plus clean ou autre, ça n'aurait pas de sens ici.

_________________

Scipion : Je puis nier une chose sans me croire obligé de la salir ou de retirer aux autres le droit d'y croire.
Caligula : Mais c'est de la modestie, cela, de la vraie modestie ! Oh ! cher Scipion, que je suis content pour toi. Et envieux, tu sais... Car c'est le seul sentiment que je n'éprouverai peut-être jamais. [Caligula, Camus]


Dernière édition par Yitzhak Anavim le Ven 18 Sep - 19:02, édité 1 fois
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Damian Clester
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MessageSujet: Re: Des hommes d'action [Yit]   Jeu 10 Sep - 1:23

Je ne peux m'empêcher de rire à la petite pique de Zack. Décidément, il manque pas de mordant. Ni d'intellect, il semblerait. C'est pas trop surprenant, de toute façon. En tout cas il a raison, la rudesse du milieu ne fait pas vraiment partie des éléments qui ont influencé cette décision. Ma mutation en est un. L'héroïne aussi, mais ça c'est une autre question.

Pour la solidarité aussi, je veux bien le croire. Ils sont toujours en vie et libres, c'est la seule preuve nécessaire. Dans des associations comme celle-ci, si y a pas une cohésion à toute épreuve, généralement ça se finit très vite. Et pas de la façon la plus agréable. Donc, règle de base, je suppose. Entre terroristes, on se serre les coudes. Si un gars doit être complice de tous mes crimes, j'aime autant avoir que je peux lui faire confiance. Et réciproquement, forcément.

Par contre, il a l'air de pas très bien prendre mon commentaire sur les armes à feu. Le but était pas de le blesser dans son orgueil, ou de remettre en question sa virilité. Avec ou sans flingue, je ne doute pas qu'il se débrouille très bien. Tant qu'il est un allié fiable, et qu'il n'est pas un fou de la gâchette, le genre à te dire «On tire d'abord, on pose les questions après», c'est pas moi qui vais le juger. Après tout, chacun s'éclate comme il le souhaite. Quant à mon opinion personnelle sur le sujet… Il faut bien avouer qu'une arme de poing bien maniée, c'est diablement efficace. La vérité, c'est que j'ai déjà envisager plus d'une fois de m'en procurer une à prendre pendant mes interventions. Pas dans l'intention de m'en servir, sûrement pas, juste au cas où je me retrouve vraiment dans une situation de merde. Un ultime recours, en quelque sorte. Ce qui m'en a dissuadé, c'est Brian. Il tolère déjà très difficilement mes petites balades nocturnes, j'ose même pas imaginer sa réaction s'il retrouve un fusil dans mon kit de survie du parfait justicier. Et ce malgré son réel amour pour l'Amérique et ses traditions.

Zack me mène dans un couloir que je n'ai pas encore visité, et ouvre une porte, me dévoilant la pièce en question. Vraiment pas grande, mais pas moins impressionnante : si j'avais vu un tel stock d'armes clandestines dans une autre situation, j'aurais déjà dû commencé à réfléchir à un moyen rapide et efficace de toutes les bousiller. Mais à partir d'aujourd'hui, je vais devoir m'habituer à vivre à côté de ça. Il est de toute façon évident qu'on ne fait pas la révolution à coups de bâton, malheureusement.

Tout en l'écoutant m'expliquer le fonctionnement de la salle, je décroche l'une des armes, un pistolet  d'apparence plus que classique, qui s'avère être un Colt 45. Premier réflexe, m'assurer que la sécurité est enclenchée. Je voudrais pas faire de conneries. J'entreprends ensuite de le soupeser, puis je tends le bras droit devant moi, l'oeil gauche fermé, faisant mine de viser un point dans le vide, dans le large espace servant certainement de champ de tir. Le doigt sur la gâchette, j'essaye de m'imaginer la sensation de l'arme, la détonation, le recul… Puis je baisse le bras en regardant à nouveau vers le jeune homme. Je dois vraiment pas avoir l'air crédible, avec mon flingue en main dont je sais pas réellement quoi faire. Autant dire que les cibles petites ou en mouvement, ou le tir longue distance, je ne vais probablement pas en profiter directement. On a pas tous les mêmes talents.

Ramenant l'autre main sur le Colt, je lui pose ma question, qui lui fait hausser les sourcils. Comme j'aurais pu le supposer, il commence par prendre sa pose suggestive avant de me répondre. Il semble se débrouiller plus que correctement, et finit même en me mettant au défi. Je me demande s'il est sérieusement si arrogant – et si oui, si c'est justifié – ou si c'est juste une façade, une technique de persuasion dans le genre «Ta force est celle que tes adversaires t'accordent». Je lui renvoie son regard avec une touche de fausse surprise.

-Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir, non?

Ce n'est pas ironique, il est absolument pas exclu que son assurance ne soit pas du bluff. Et moi, je suis loin d'être invincible. Rien qu'au dojo, il y a entre autres Chris, un gars de la même catégorie que mon interlocuteur, niveau corpulence, qui m'étale sans se poser de questions. Je préfère donc ne pas trop faire le malin, avant de savoir à quoi m'en tenir. Parmi les Confréristes, il n'y a personne qui soit là par hasard, je crois. Sauf peut-être mon frère, mais ça c'est un cas particulier. Et je continue à penser qu'il n'a rien à foutre là, même si au fond je suis très heureux qu'il y soit avec moi.

-Pour ça par contre, y a pas photo, j'en suis sur, je rajoute en levant à nouveau le flingue dans la même direction, cette fois-ci de manière plus pro, genre avec la main gauche qui soutient pour stabiliser, comme apprennent les flics. Je dois pas avoir l'air beaucoup plus crédible que la dernière fois, mais au moins je fais pas d'erreur trop basique. En tout cas je l'espère.

Ramenant à nouveau le bras vers moi, je retourne l'arme pour la tendre au gamin, crosse en avant.

-Tu veux me montrer ce que tu sais faire?

Je suis vachement intéressé de voir comment il s'en tire, ça pourra me donner une estimation assez précise de son niveau dans le reste, suivant ce qu'il annonce et le résultat final. Et personne ne peut être spécialiste en tout. Même moi. Même lui. Avec un sourire à nouveau bien large, je rajoute avec toute la subtilité du monde :

-En échange, je te montrerai après ce dont je suis capable.
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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Des hommes d'action [Yit]   Ven 18 Sep - 20:33

Vu le flingue que se choisit Damian, il est clair qu'il ne se sent pas l'âme d'un grand tireur. C'est vrai quoi, on a de tout, une collection superbe, des gros calibres, des fusils-d'assaut, des mitrailleuses, et il prend une arme de petit joueur, le truc passe-partout qui n'en jette pas deux minutes. Je ne le sens pas très à l'aise avec la bestiole. Il l'examine, prend la pause, en fermant un œil comme n'importe quel débutant incapable de faire la différence entre fusil et revolver. Je ne fais pas de remarque parce que ça ne me semble pas le bon moment pour intervenir. Puis mon rôle n'est pas de jouer les entraîneur flippé qui hurle dès que son élève commet une petite erreur. D'ailleurs, Damian peut faire le con et me tirer dessus accidentellement, ça ne changera rien à nos relations. Comme il me demande presque aussitôt quels sont mes autres talents, je les lui énumère tranquillement. Je sais que je dois ressembler à un petit con qui adore se la ramener, mais j'exagère même pas là. Franchement, je suis soft, presque modeste. Si je voulais vraiment me faire passer pour un dieu, j'aurais pu faire pire. En général, les gens ne me croient pas, donc que j'en dis plus ou moins, ça ne change pas grand-chose, on considérera presque toujours que je fais le malin. Parfois, ça m'énerve et puis au final, quoi de mieux que passer pour un rigolo face à son adversaire ? Je sens Damian sur la réserve, mais faut pas qu'il s'inquiète. Je ne lui ai presque pas dit de conneries depuis qu'on se parle. Ça me semble mieux de ne pas l'embrouiller, sinon il risque de ne plus démêler le vrai du faux quand je commencerais à faire véritablement du bluff en mission. On se met d'accord pour que je lui donne une preuve de mes capacités en combat, mais avant, il veut voir si je lui raconte pas des craques sur le tire. Je lui fais un sourire un peu trop enthousiaste. Même l'idée d'avoir un prétexte pour tirer me rend joyeux. Il m'assure qu'il pourra me montrer ce dont il est capable ensuite, je lui lance un « Ne m'en montre pas trop tout de suite » espiègle avant qu'il s'en retourne à son arme. Quand il reprend la pose avec son flingue, il essaye aussi d'avoir l'air plus sérieux. Bon, c'est déjà mieux. Je lève le pouce.

– Good, tu progresses vite, et sans conseils en plus, quel pro ! Mais tu m'excuseras, c'est un peu ennuyeux le colt. 45.

Je lui retire des mains et opte pour un classique toujours sympa, un beretta 45 ACP, du bon gros calibre quoi. Pas le plus rapide, mais ça fait de gros dégâts bien sales, alors ça ira pour une démonstration.

– Je vais te montrer ça attend, j'ai monté quelques programmes.

Je me baisse vers le grand ordinateur de contrôle pour lancer une situation sur le terrain de tir. On a assez de matériel pour projeter des sortes de réalités virtuelles devant nous, comme une foule mobile avec les personnes à descendre colorées en rouge. Le but du jeu, comme l'explique une voix informatique dans le haut parleur, est de tuer les cibles sans toucher les civils. Je me positionne sur la rambarde et je lance l'exercice en essayant de ne pas y aller de manière trop désinvolte, ce serait un coup à tout rater. Cinq cibles apparaissent en tout, on éclate un nombre supérieur de civils, on a perdu. Je me suis assez exercer pour savoir que je peux faire un sans faute. Je prépare mon bras sans le tenir, par la peine, j'ai l'habitude et des os en acier qui supportent bien le recul. J'en dégomme un premier. Aussitôt, les autres commencent à essayer de se sauver. J'ai pas lu le niveau le plus simple, si on ne va pas assez vite ils risquent aussi de disparaître de l'écran. Mais ça va, j'en aligne trois autres, et le dernier, c'est limite. Il court juste devant un clampin qui va lui offrir une superbe protection jusqu'à sa sortie du décor. Comme je ne suis pas beau joueur et qu'il me reste deux coups, je descends le type et la cible juste à la suite. Ça me donne pas un score parfait mais, parce que j'ai choisi moi-même le paramétrage des scores, c'est quand même mieux que de laisser filer la cible. J'essaye de l'expliquer à Damian :

– Bon, on va dire que moralement, j'aurais mieux fait de le laisser partir et de leur tirer dans les jambes, mais c'est pas la réalité. D'ailleurs, c'est aussi valable pour le niveau de facilité. Je connais bien le programme et le niveau de son intelligence artificielle. C'est bien pour s'entraîner, mais on peut totalement se rater en terrain même en le maîtrisant à la perfection. Je suppose que tu pourras mieux me montrer tes talents dans une autre pièce que celle-ci ?

Je range l'arme à sa place et me montre prêt à quitter la salle, sauf si il a des questions ou une folle envie de me défier après avoir vu à quel point c'est funky de tirer dans la tête des gens avec un 11mm. [/color]

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Damian Clester
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MessageSujet: Re: Des hommes d'action [Yit]   Jeu 22 Oct - 21:50

Zack se fout ouvertement de mon talent au maniement de l'arme. Je lui en donnerai moi, des comme un pro. Je le laisse rire, il a certainement de quoi le faire de toute façon. Je sais pas ce que j'ai fait comme erreur, mais j'envisage très bien le fait d'avoir l'air d'un abruti pour quelqu'un qui s'y connaît un minimum, ce qui a l'air d'être son cas. Au point qu'il me retire le Colt des mains en le faisant passer pour une arme d'amateur, avant de sortir un autre pistolet, que je connais de vue mais pas de nom, et dont je ne perçois que très peu les différences avec le premier.  J'imagine qu'il s'agit d'un plus gros calibre, s'il veut me montrer le véritable potentiel d'amusement des armes à feu.

Il tapote un peu sur un clavier, sélectionne son programme, et se tourne vers le champ de tir sur lequel apparaissent des projections de silhouettes humaines, certaines colorées en rouge. J'ai déjà compris ce dont il s'agissait, mais l'ordinateur décide de tout de même nous l'expliquer, au cas où certains d'entre nous ne connaîtraient pas les bases des codes vidéoludiques. Rouge méchant, toi tuer méchant. Toi éviter de tuer pas rouge, ça pas très cool. Il ne manque plus que le coéquipier de douze ans qui parle de ses rapports sexuels avec ma génitrice pour que je me croie dans un remake de Call of Duty grandeur nature, où on défonce l'ennemi générique de la plus glorieuse nation au monde. Je ne sais pas encore s'ils sont sous Hitler ou Staline, mais en tout cas c'est les vilains, pas de doute là-dessus. Et je trouve tout cela moralement assez discutable, dans le cas où on utilise de vraies armes. D'un côté, le fait de transformer une tuerie en jeu me laisse assez dubitatif, de l'autre je me dis que si je dois m’entraîner à tirer sur quelqu'un, je préfère largement le faire sur des êtres virtuels qui ne ressemblent que très vaguement à des humains. Terroriste ou pas, c'est pas trop mon délire de regarder les gens dans les yeux au moment où je leur loge des bouts de métal dans le corps.

Zack, il se fiche de mes réflexions. Peut-être les a-t-il déjà mené en long et en large bien avant moi, ou peut-être n'a-t-il pas envie d'y penser, se contentant de s'amuser sur des faux preneurs d'otage. En tout cas, c'est avec tout le calme du monde qu'il lève le bras armé et descend quatre des vilains-communistes-nazis. Après le premier coup c'est la panique, ça court dans tous les sens et les méchants en profitent, mais le gamin se laisse pas démonter. On dirait qu'il a fait ça toute sa vie. Ce qui est d'ailleurs peut-être pas si éloigné de la vérité, en fait ; je suis très curieux de connaître son histoire, vu que lui semble connaître au moins partiellement la mienne, mais ce sera pour une autre fois. Pour l'instant, on tire dans le tas. Et à ce sujet, il n'y a que le cinquième clampin qui le fasse hésiter quelques instants, vu qu'il est plutôt bien caché derrière un pas-vilain-communiste-nazi. Mais là encore, il ne se laisse pas mener longtemps, et finit par céder à la simulation une petite perte collatérale, histoire d'être sur d'avoir bien défoncé tous les bad guys. Après quoi il se tourne vers moi, en faisant vaguement semblant d'être désolé.

Je le fixe sans réagir. Certes, c'est loin de la réalité, mais je viens quand même de voir un adolescent buter de sang-froid six personnes, dont un civil. Je ne sais pas comment Zack considère cette simulation, mais je décide de lui accorder le bénéfice du doute. Peut-être, sans doute, n'y voit-il qu'un FPS un peu plus réaliste que la moyenne, et qui fait appel à de vraies compétences. Ce qui ne m'empêche pas de me poser quelques questions. Comment réagirait-il dans une situation similaire et bien réelle ? Hésiterait-il une seule seconde avant de presser la détente ? Sait-il seulement ce que ça fait, de prendre une vie ? Sur ce dernier point, je pense déjà connaître la réponse. Le jeune homme est plus précoce que moi, sur de nombreux sujets il semblerait.

En tout cas, il est attentionné envers les confrères, puisqu'il semble avoir compris que la salle me mettait pas particulièrement à mon aise et me propose de bouger vers des entraînements à ma portée. Mais il m'a intrigué, et je suis tout à fait conscient que savoir manier un flingue peut facilement me sauver la vie, vu mon domaine d'activité. J'en viens donc à décider de voir ce dont je suis capable, ça risque d'être amusant. Je prends donc le pistolet des mains du garçon avant qu'il ne le range, et affiche mon sourire le plus innocent.

-Tu m'as tenté. Tu sais me le lancer?

Je suis tout à fait conscient qu'il existe d'autres programmes, peut-être plus à mon niveau, mais c'est à celui-là que je veux m'essayer. Pas tellement pour me mesurer à Zack, vu que je me fais peu d'illusions sur ce plan-là, mais surtout pour voir comment je réagirais dans une situation pareille. J'envisage même dans un premier temps de chercher à ne pas tuer, mais je me ravise vite alors que les cibles apparaissent devant moi : je vais déjà avoir assez de mal, sans avoir besoin de me rajouter des difficultés. Et puis bon, c'est une simulation. Pas une vraie intervention.

Ecartant légèrement les jambes, je soulève le flingue des deux mains. Il est un peu plus léger que je premier, j'ai l'impression. De là à ce que ça le rende plus facile à utiliser…

Je pointe mon canon en plein milieu du torse d'une des cibles, je ferme un œil. J'expire doucement, et je fais feu, plutôt sur de mon coup. Seulement, le recul me surprend. Le recul m'était complètement sorti de la tête, et je ne m'y étais pas préparé. Ma main bouge légèrement, suffisamment pour faire passer la balle à plusieurs dizaines de centimètres au-dessus de la tête du type. Aussitôt, c'est la même panique que la dernière fois. Je recentre mon viseur sur le même gars, mais il bouge vite. Il me faut plusieurs secondes pour me décider, et je finis par tirer juste avant qu'il ne quitte la scène. Cette fois je suis prêt à retenir le recul, et à ma grande surprise, je parviens à le toucher au flanc, ce qui ne suffit cependant pas à l'empêcher de se barrer. J'étouffe un juron, et je reporte à nouveau mon attention sur le reste du champ de tir. Un des hommes a déjà disparu, deux autres sont en train de quitter l'écran. Je n'ai pas le temps de tourner l'arme en leur direction avant qu'ils sortent tous les deux du décor. Il n'en reste qu'un, qui semble à la traîne, mais déjà derrière la foule. J'en viens presque à me demander si c'est le même que le dernier de mon jeune guide, mais je décide qu'un programme d’entraînement qui répète en permanence exactement la même situation deviendrait très vite bien inutile.

Tachant de calmer ma frustration, je jauge le cinquième adversaire. A voir sa trajectoire, j'estime qu'il passera dans une seconde en un point non protégé par la présence des civils. Ce sera sans aucun doute ma dernière chance de l'avoir. Je pointe donc l'arme dans cette direction, et après une très longue seconde, je balance la charge au moment où je le vois sortir d'entre les têtes. Mais bien sur, j'ai fait une erreur débile. La pire erreur que je puisse commettre. Le genre que je n'aurais jamais commis sur le terrain, j'en suis certain.

J'oublie que les civils bougent, eux aussi. Et de façon plutôt aléatoire, ce en quoi la simulation est bien faite. C'est donc une pauvre silhouette non rouge qui apparaît par hasard dans ma ligne de mire au pire moment possible, et qui voit sa tête exploser comme une pastèque trop mure lorsque ma balle la traverse. Le temps que je réalise ce qu'il vient de se passer, le méchant a filé en douce, et la voix informatique m'informe gentiment que j'ai foiré comme une bouse.

-MERDE!

Mon poing gauche cogne bruyamment la rambarde devant moi, mais c'est le seul accès de rage que je me permettrais, surtout avec une arme à feu dans l'autre main. Je sais pas ce qui me saoule le plus, entre le fait même d'avoir fait n'importe quoi, celui d'avoir laissé les criminels filer, ou celui d'avoir buté un innocent. En vrai, c'est vite fait : j'ai assez confiance en mes capacités à rattraper les connards par la suite. Alors que le gars par terre, je le relèverai pas. Sauf qu'effectivement, je l'ai accordé à Zack, on est pas en situation réelle. Et je viens surtout de passer pour un bon gros con devant lui. Mais bon, je l'avais prévenu.

Après quelques inspirations, tandis que je regarde les projections s'éteindre, je fais plusieurs pas de côté pour accrocher le flingue à sa place, après quoi je me tourne vers le gamin en prenant un air amuser, histoire de ne pas passer en plus pour un mauvais perdant – ce que je ne suis absolument pas.

-T'as bien raison, c'est pas ici que je vais te montrer tous mes talents. On va bouger, avant que je me ridiculise encore plus. Tu m'amènes à un tatami ? Là, on pourra parler un peu!

Je résiste à l'envie de me la péter plus que ça, parce que j'aurais l'air bien con s'il m'éclate en combat aussi. Surtout que je repense au recul du flingue, et au jeune homme qui le tenait à une main. Il est plus solide qu'il n'en a l'air, avec sa gueule d'ange chétif. Des ressources cachées, clairement. Mutation, entraînement de dingue, ou les deux ? En tout cas, j'ai vraiment hâte de voir ça.
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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Des hommes d'action [Yit]   Dim 22 Nov - 1:59

Un programme de simulation, ça n'a l'air de rien comme ça, mais ça permet déjà d'évaluer les dispositions psychologiques des nouvelles recrues. Ça ressemble à un bon vieux FPS sauf que ça en est pas un, parce que t'as un vrai flingue entre les mains, que tu joues pas un personnage et que t'es pas dans un monde imaginaire avec une histoire construite de toutes pièces. L'écran te met juste face à une rue bondée, et il faut tirer dans le tas. Damian sait ce que ça implique, et c'est pas mon rôle de le cacher. Beaucoup de mutants débarquent à la confrérie avec de grands idéaux sans imaginer ce qu'ils devront faire pour servir le groupe. Même si on déteste l'étiquette de terroristes que nous collent les médias, on est bien obligés de reconnaître qu'on ne fait pas dans la douceur. Face à l'intolérance, nos réponses sont violentes. Si t'as pas les épaules, faut aller faire du social chez les x-men, parce qu'en cas de coup dur dans les rangs mutants, les x-men peuvent compter secrètement sur nous pour frapper fort, aller là où leurs codes moraux les arrêtent. Si on reste peu nombreux, c'est parce que peu de personnes sont capables de supporter notre réalité. Il faut des esprits capables de laisser au vestiaire toutes leurs belles valeurs dans une situation d'urgence, parce que l'hésitation tue. On peut trouver critiquable mon choix d'avoir abattu un civil plutôt que d'abattre ma cible. Mais, admettons que la situation se produise vraiment. Si on se retrouve à devoir descendre plusieurs personnes de sang-froid dans une foule, c'est qu'elles représentent un danger direct. On a vu que certains groupes anti-mutants étaient près à tuer des centaines de personnes pour propager le sentiment d'insécurité, on peut pas se permettre de faire des ronds de jambe, sinon on veut sauver la vie d'un innocent, et on en laisse mourir dix pendant ce temps. Les flics font souvent ce genre de trucs pour pas avoir de problèmes avec l'opinion publique ensuite, mais nous, on s'en fout, on agit pas pour être aimés ou approuvés. On agit, et c'est tout.

Et Damian ose se lancer malgré ses hésitations. Il commet des erreurs assez normales pour une personne qui n'a encore jamais vraiment tiré, et qui n'a pas réalisé l'état de nervosité dans lequel plonge une simple simulation. Mais ça c'est rien, sur le terrain c'est pire. Je l'observe sans me moquer. C'est pas le but. J'ai suivi un entraînement sévère et très tôt. Je pense pouvoir dire que je serai plus adapté à ce genre de situation qu'il ne le sera jamais, même avec une prise en main solide pendant plusieurs mois, alors je ne m'attends pas à ce qu'il me la joue Lucky Luke. Sur la fin, il tue un civil par erreur, et je vois qu'il le vit assez mal, comme s'il se voyait déjà faire ce genre de conneries en vrai. Sous ses airs de dur rigolard, il est sensible le Damian. Je crois que je l'ai assez éprouvé comme ça, et qu'il est temps de le rassurer un peu. J'ai pas envie qu'il fasse des cauchemars et remette en question sa place ici. Il y a des chances pour que son frère finisse par partir, vu son caractère très pacifiste, alors il s'agirait pas qu'il lui donne toutes les bonnes raisons de revenir sur son allégeance.

– Du calme… C'est juste un exercice, et si je reboot, promis, le gus que t'as explosé aura de nouveau toute sa tête, c'est l'avantage du virtuel. La mise en situation là est l'une des pires possibles. Tu te doutes bien qu'on s'amuserait pas à mettre en danger des civils si les mecs à abattre ne présentaient pas un danger encore plus grand. Je n'ai encore jamais tué d'innocents, et j'espère que ça n'arrivera pas, mais il faut se tenir prêt parce que l'ennemi anti-mutant sera souvent sans pitié.

Après, c'est sûr que tout dépend de la définition qu'on attribue au mot « innocent ». Mais disons que, dans mes critères, une personne qui est prête à faire du mal à une autre pour des raisons assez gratuites ne l'est pas. Mais il me semble qu'on sera plus à l'aise pour discuter de tout ça dans un endroit un peu plus agréable à Damian. Il est avec nous en partie grâce à ses compétences au corps à corps, et il montre d'ailleurs plus d'enthousiasme à l'idée de me les montrer. Je l'approuve avec un sourire en coin vaguement menaçant, du style « essaye de m'impressionner pour voir ! » J'éteins les machines, referme tout derrière nous, et je le guide jusqu'à une salle d'entraînement plus classique, sorte de grand gymnase dans lequel pourrait s'entraîner n'importe qui.

– Voilà un endroit où j'aurais plus de chances de te trouver dans les prochains jours j'imagine ! Il y a un peu de tout, c'est réservé aux entraînements « sans pouvoirs » même si certains d'entre nous ont quelques difficultés physiques à ne pas les utiliser, mais le principal entraîneur de la Confrérie y tient. Dans le coin là-bas, il y a aussi tout ce qu'il faut pour les armes blanches. Tu trouveras surtout des armes d'exercice, mais on en garde des vraies pour ceux dont la mutation permet de les utiliser sans risque. Mais je te défierais pas à ça, j'utilise les lames juste quand je suis sûr de toucher, mais je triche un peu.

Et pour illustrer mes derniers propos, je fais sortir une pointe d'acier aiguisée de ma paume. Avec ce genre de capacité, c'est sûr que j'ai certaines facilités à prendre un assaillant qui me pense désarmé en traître. De toute façon, il ne me semble pas que Damian soit un féru d'escrime, alors j'attends de voir ce qu'il va me montrer à son tour.

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Damian Clester
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MessageSujet: Re: Des hommes d'action [Yit]   Lun 11 Jan - 18:05

Je peux pas m'empêcher de sourire face à Zack qui fait de son mieux pour me rassurer. Je sais bien que ce n'est qu'une simulation, et qu'il ne s'agissait pas de vrais êtres vivants, mais c'est effectivement la perspective de la situation réelle qui me gêne. Si cela s'avère vraiment nécessaire, serais-je capable de presser la détente face à un civil ? Ce qui m'effraie réellement, c'est que je suis à peu près certain connaître la réponse. D'autant plus que d'une certaine façon c'est déjà arrivé, même si les circonstances étaient différentes. Zack, lui, ne s'en émeut pas particulièrement. Il n'a jamais tué d'innocents – une chose dont je ne peux pas me vanter – mais il est certain de le faire si la situation l'exige. Quelle résolution. Je tique aussi sur la référence à « l'ennemi anti-mutant » comme une entité unique et manichéenne, on en revient presque aux vilains-communistes-nazis de la simulation. Je me demande par quoi il est passé pour en arriver à cette vision de son monde. Finalement, ce n'est peut-être qu'un gosse. Un gosse blessé et effrayé, qui fait ce qu'il peut pour survivre.

Peut-être. Ou peut-être que je devrais arrêter de me prendre pour un psy. Quelle que soit la raison, il est là, et il semble clairement y avoir sa place.

A ma demande, et avec un autre de ses sourires arrogants qui lui donne un petit truc ultra sexy malgré le sujet plus que sombre de la conversation – et qui lui retire au passage tout le côté gamin paumé, il me mène en dehors de la pièce, puis dans le réseau de couloirs. J'essaye de retenir le chemin mais je suis pas sur d'y parvenir. Pas qu'il soit compliqué, je crois qu'on a du tourner deux fois au total, mais c'est qu'en ralentissant artificiellement le pas pour être légèrement derrière lui, j'ai d'autres choses pour occuper mon attention. Il sait se mettre en valeur, que ce soit dans sa démarche, dans ses regards, dans ses gestes. Ca m'a moins marqué quand il tirait pour des raisons évidentes, mais c'était quand même là. Il a une présence dingue, à la limite du sexuel, et même si c'est un peu forcé – je le sais parce que je fais la même chose – ça garde son petit effet. Même en jogging. Sérieux, j'avais pas fait gaffe à ça jusqu'ici, mais il arrive à être désirable en jogging. Là, je suis impressionné.

Personne n'est sensé être sexy, en jogging.

J'ai toujours le coin de l’œil rivé sur son cul lorsqu'il s'arrête pour ouvrir une porte. Peu de chances qu'il ait pas remarqué, mais j'assume pleinement. Le seul truc, si on repart dans le petit jeu de séduction de tout à l'heure, c'est que je garantis pas que ça va bien finir. D'autant que ma Conscience est en route pour un rendez-vous avec son promoteur de mémoire, et que Zack a l'air très loin de l'innocence.

Je fais quand même semblant de regarder en l'air pour la forme alors qu'on entre dans la pièce, qui est en fait une large salle à peu près vide à part les quelques pièces d'équipement sur le côté. Le jeune homme m'explique le principe une fois de plus, tandis que je retire mes bottines pour les poser, bien alignées, à côté de la porte. Sur la fin, il lève la main et j'en vois émerger une pointe métallique bien brillante. Intéressant. Avec ce genre de capacité, on pourrait s'attendre à ce qu'il privilégie la mêlée, de ce que j'ai pu voir de son caractère. Mais qui sait ce qu'il cache d'autre.

-Tu m'as l'air plein de surprises, dis-moi.

Et j'ai l'impression que je ne vais pas tarder à en découvrir plus. Ce qui n'est pas spécialement pour me déplaire.

-Tu te sens d'attaque pour un petit essai?

Je fais craquer mes jointures en attendant son accord. Il m'a dit préférer ne pas utiliser d'armes, alors on va le faire à l'ancienne, même si je suis un peu moins à l'aise à mains nues. On verra pour la suite si ça s'avère nécessaire.

Une fois qu'il me signale être prêt, je me mets en garde et j'avance doucement vers lui. Il s'agirait de ne pas le sous-estimer, je me suis déjà assez ridiculisé comme ça. Je n'ai pas envie de lui donner de raisons de penser que je n'ai pas ma place ici.

Une fois arrivé à sa hauteur, je pivote rapidement sur moi-même pour lancer un coup de pied circulaire à hauteur de son épaule. Je m'attends bien sur à être contré assez facilement, mais l'idée est dans un premier temps de le jauger correctement, pour éviter de me faire surprendre.
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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Des hommes d'action [Yit]   Mer 27 Jan - 1:11

On pourrait croire que mes discours et mon attitude de mec prêt à descendre n'importe qui contrecarrerait ses plans avaient mis Damian sur la réserve. Je suis du genre à souffler le chaud et le froid, ce qui se passe généralement assez mal dans mes relations sociales. Quand un post-ado aguicheur se transforme en implacable tueur, les gens ont tendance à ne plus s'y retrouver. On se demande pourquoi ! Je garde toujours un certain besoin de renvoyer une image positive, sympa, cool, voire candide de moi. Et la plupart de mes relations artificielle restent pour maintenir ce 'moi' idéalisé, celui que j'aurais pu devenir si je ne m'étais pas perdu en chemin. Mais, à la Confrérie, je ne peux pas me cacher très longtemps. Souvent, les réactions des nouvelles recrues me donnent une assez juste mesure de celles que pourraient avoir un camarade de classe en découvrant ma double vie. Le contraste est assez brutal pour me donner l'air furieusement dérangé. Alors je me blinde. J'essaye de ne pas y penser, de passer par des automatisme, et ça se sentait dans la salle d'armes, le ton de voix plus sec, la provocation plus belliqueuse. Le jeu de séduction avec Damian s'est presque effacé dans le nouveau rôle que j'ai endossé pour le briefer. Je ne dirais pas que ça m'est sorti de la tête mais presque, je cloisonne beaucoup depuis que je n'arrive plus à nuancer. Et puis, je pensais avoir créé une sorte de malaise par habitude. J'ai du mal à considérer la possibilité d'être devenu plus attirant après avoir headshoté un gars et troublé les valeurs de mon bel « étudiant ». Pourtant, je sens son regard traîner sur moi. Vu l'angle de ses yeux quand je me retourne vers lui, je jurerais même qu'il matait mon cul. Et il ne s'en cache pas. Sa manière ostensible de s'intéresser au plafond est un aveu sans honte. Je suppose qu'on est sur la bonne voie. Enfin, me faites pas dire n'importe quoi, je fais pas tout ça pour m'assurer un plan régulier au QG mais il n'y a pas si longtemps, il me voyait comme un gamin à la légitimité douteuse. Là on peut dire qu'il n'a plus peur de me casser en deux de quelque manière que ce soit. On va pouvoir parler sérieux donc. J'ai beau raconter mentalement ce que je veux pour ma défense, les vieux réflexes expriment autre chose. Je retiens pas le sourire amusé, puis mystérieux quand il me dit que j'ai « l'air plein de surprises ». Et je fonce forcément en ajoutant :

– Pas le genre de surprises qu'on apprécie découvrir, en général.

Mes syllabes se traînent sur la fin, sous-entendant que les bonnes surprises restent possibles. Mais je me sens presque menacé. Vu le regard qu'on s'échange, si j'étais prudent, raisonnable, je prétendrais avoir un travail à finir absolument avant la fin de la matinée et refuser de m'entraîner avec lui. Sauf que si je savais m'arrêter à temps, dans tout ce que j'entreprends, ça serait une grande nouvelle. Avec les hommes qui me plaisent, c'est toujours pareil, je me dis « si je ne fais rien de spécial, il ne va rien se passer parce que ce n'est pas une bonne idée. » puis je perds un peu le fil, j'envoie des messages que je ne maîtrise même plus mais qui sont parfaitement interprétés. Mais, en ce moment, je me tiens encore à ce genre de croyance pour relever le défi. Un combat armé aurait favorisé un terrain plus neutre mais pour moi, une lame a la même fonction qu'un fusil. Il faut frapper vite et bien pour tuer. Je n'ai pas forcément envie de montrer mes techniques d'assassin complètement déloyal à Damian maintenant, alors on en restera aux poings et aux coups de pieds. Il débute d'ailleurs par un coup assez simple à parer en visant l'épaule. Là, il y a plusieurs moyens possibles pour contrer mais quand on ne se donne pas pour consigne de respecter des règles de combat en particulier, j'y vais au feeling en mélangeant tout ce que je sais. En voyant son pied arriver, je le frappe du plat de la main opposée d'un geste vif pour le déséquilibrer dans son élan, et diriger un chassé frontal sur son autre cuisse avant de lui laisser le temps de répliquer.

– T'inquiète, on peut commencer. Tu pourras pas vraiment me blesser.

Moi si par contre, et je devrais faire attention parce que c'est bien le problème de ce genre de combats entre mutants, on ne peut pas effacer tout ce qui nous rend spécial et dans mon cas, j'ai des allié mes os à du métal depuis trop longtemps pour retrouver une composition humaine standard. Je vais essayer de retenir mes coups, et ne pas me laisser dépasser par la rage de vaincre jusqu'à dépasser les limites de fair-play implicite. Même si, après tout, il devrait pas avoir de soucis pour s'en remettre non plus. Je ne lui donne pas le temps de me répondre ou vraiment reprendre ses esprits d'ailleurs. On a commencé, alors je feins de le viser au poing pour préparer un autre coup de pied au niveau de ses genoux.

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Damian Clester
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MessageSujet: Re: Des hommes d'action [Yit]   Jeu 4 Fév - 15:44

« En général ». Zack me fait le coup du sexy dangereux, en mode femme fatale, et c'est tellement gros comme technique que c'en est presque drôle. Mais c'est pas ça, le souci. Non, le souci c'est que moi je marche à fond avec ce genre de conneries. Reste plus à ce qu'il me jette un regard en coin en se mordant la lèvre inférieure, et c'est fini. Je suis pas très compliqué sur ce plan-là, quand je trouve quelqu'un ne serait-ce qu'un peu mignon il suffit de trois fois rien pour me faire craquer. Alors vous imaginez quand la personne en face de moi est un concentré de sex-appeal ambulant. C'est un problème que j'ai depuis que j'ai découvert la sexualité et j'ai jamais vraiment travaillé dessus, pour la simple et bonne raison que je le considère pas réellement comme un problème. Au final j'obtiens ce que je veux, l'autre personne obtient ce qu'elle veut, et même si ça m'implique dans des relations purement superficielles – dans les rares cas où elles dépassent la première nuit – je m'en contente parfaitement puisque j'ai déjà prouvé que le couple, c'était pas vraiment ma tasse de thé. En vingt-huit ans d'existence, ma seule et unique relation pouvant être qualifiée de sérieuse a commencé sur un plan cul régulier et s'est terminé de la même manière. Je me suis parfaitement fait à l'idée de trop tenir à mon indépendance personnelle pour être un jour capable de construire quelque chose de durable avec qui que ce soit, et puisque mon frère comble très bien le vide sentimental laissé par ma désintoxication, la seule personne à réellement se plaindre de la situation est ma nièce Thea qui attend désespérément de Brian ou moi de voir apparaître un petit cousin. Attente qui, nous connaissant tous les deux, risque fort de durer éternellement, à moins qu'un jour je n'oublie de me protéger et je me retrouve avec une mauvaise surprise.

Mais je m'égare. On en était à ma séance de drague pleinement assumée avec Zack, qui d'après mon expérience se finira probablement de la même façon que toutes les autres. A la différence près que si on travaille ensemble, il y a moins de chances de partir le matin sans jamais le rappeler – une activité qu'à première vue, il pratique très certainement avec autant d'assiduité que moi. Ce qui est loin d'être un mauvaise chose, étant donné que ça peut nous épargner beaucoup de drame inutile ; et par la même occasion, la certitude que coucher avec des personnes aussi jeunes est presque toujours une mauvaise idée, puisque malgré son côté très enfantin Zack est certainement plus mature que moi sur pas mal de points.

Mais je m'égare encore. On vérité, on en était à notre petit entraînement de combat. Avant le réconfort, l'effort. Comme prévu, il pare mon premier coup sans aucune difficulté, en un geste aussi précis que rapide qui m'aurait bien déstabilisé si je ne m'y étais pas plus ou moins préparé. Juste avant que je n'ai remis le pied à terre, le sien m'atteint au niveau de la cuisse et me fait reculer d'un pas en me frottant la jambe avec un sourire. Il est doué, bien plus doué qu'on ne pourrait le supposer en le voyant. Mais je pense pouvoir le battre, même si je sais d'expérience qu'il est très difficile de juger un combattant sur un seul échange, surtout en sachant pertinemment qu'il n'a pas donné tout ce qu'il avait. Ce qu'il ce fait une joie de me rappeler, en me précisant que je peux m'y mettre sérieusement aussi, si j'espère réussir quoi que ce soit. Pas besoin de me le dire deux fois ; si je peux y mettre du mien sans risque d’abîmer son joli minois, autant placer toutes les chances de mon côté.

Il met ses paroles à exécution d'ailleurs, s'avançant vers moi avec un coup de poing un rien trop lent pour ne pas cacher une feinte, si je l'ai bien cerné. Je suis assez sur de moi pour le coup, puisque je sais parfaitement comment réagir à ça. En un seul geste fluide, je pose la main gauche sur son avant-bras pour dévier son coup tout en faisant un pas pour arriver à côté de lui, tandis que le tranchant de ma main droite frappe ses côtes d'un coup sec… et je ne retiens pas un grognement en sentant une douleur fulgurante me remonter jusqu'au coude. Quel abruti je fais, évidemment qu'il est plus solide qu'il n'en a l'air, il me l'a dit lui-même ! Je ne sais pas ce que j'ai, mais c'est la deuxième erreur ridiculement idiote que je fais aujourd'hui. Le genre d'erreur qui, sur le terrain, me coûterait probablement la vie.

Je n'ai pas le temps de me remettre de la douloureuse surprise et de m'énerver sur ma propre connerie, que je le vois pivoter sur lui-même et que sa jambe fauche la mienne, me forçant à plier un genou pour le poser à terre. Et il ne me laisse pas un instant de répit, puisque je vois déjà un autre genou, le sien cette fois, se diriger rapidement vers mon flanc. J'arrive à l'esquiver cette fois-ci en me laissant tomber sur la gauche avant de me relever avec une roulade. Le temps d'une respiration pour me ressaisir, et je suis son exemple de la feinte avec un coup de poing du droit qui ne sert qu'à me permettre d’attraper son bras de l'autre. Un rapide pas pivotant, un point d'appui sur ma hanche, et une projection réalisée à la perfection, dans un style purement scolaire qui rendrait mon sensei fier.

Sauf que Zack lui aussi sait s'y prendre, et d'un mouvement assez habile il arrive à tourner pour se retrouver face à moi. Si ce n'est pas suffisant pour lui faire garder l'équilibre, ça lui permet de m'agripper fermement par le débardeur et d'envoyer son talon dans mon tibia, en me faisant tomber avec lui. On s'étale donc au sol l'un sur l'autre, les yeux dans les yeux. J'ai l'impression d'assister au début de la scène de romance de n'importe quel mauvais film d'action.

Et ce serait pas désagréable, si je n'avais pas mon petit doigt pour continuer à me lancer violemment.
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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Des hommes d'action [Yit]   Jeu 11 Fév - 22:50

Après un premier coup presque « pour la forme », on passe aux choses vraiment sérieuses. Damian ne se laisse pas surprendre deux fois, ce qui me rassure et me contrarie tout à la fois. Bah oui, j'aime gagner, être plus vif, plus malin. Jubiler devant des adversaires à ma hauteur dans les combats, c'est pas mon truc. Je préfère les défis dans les guerres plus intellectuelles. Sur le plan physique, si le duel s'éternise, j'ai l'impression de perdre mon temps. Mais enfin, je ne suis pas là pour exploser mon collègue afin d'atteindre un but plus grand. On s'évalue, on se teste, et ça permet de développer une complicité qui n'est pas désagréable d'une part et qui, de l'autre, est essentielle pour former une équipe cohérente sur le terrain. Pour bien connaître les forces comme les faiblesses de l'autre, il faut provoquer ce genre de situation. Les découvrir face à un adversaire compliqué et prêt à tuer, c'est très dangereux. Et puis, si Damian est capable d'anticiper mes mouvements contre lui, il saura aussi de quelle manière je pourrais réagir avec un ennemi pour me seconder. Beaucoup de personnes meurent au combat parce que leur binôme manque de pertinence au mauvais moment. Là, de la pertinence il n'en manque pas puisqu'il sent venir le coup fourré. Par contre, il réagit avec un peu trop de zèle. Je grimace un peu en recevant sa main dans les côtes, mais pas autant que lui. Bon, j'aurais pu préciser en quoi j'étais plus solide même sans utiliser ouvertement mon pouvoir… mais, je vous l'ai dit, je ne suis jamais vraiment fair-play quand il y a une victoire à la clé. Je m'étais donc gardé l'atout des os en métal et je ne me gêne pas pour l'utiliser en répliquant sans lui laisser le temps de se remettre de sa douloureuse surprise. Alors pendant qu'il se tient la main, je lui fauche une jambe. Il tombe à genou, je l'enchaîne avec le genou mais il m'esquive à nouveau. Dans le feu de l'action, je n'ai pas le temps de me mettre en position de parer une éventuelle feinte. Il joue rapide, m'attrape un bras au vol, et me déséquilibre. J'essaye de retrouver un appui mais sans grand succès. Enfin, je pourrais y arriver, mais ça me mettrait dans une position trop vulnérable. Plutôt que lui donner l'opportunité de me frapper à nouveau, je préfère me laisser tomber l'entraînant avec moi. C'est encore une fois pas très loyal, vu que je saisis son t-shirt comme j'aurais pu me cramponner à une mèche de cheveux et j'accélère brutalement ma chute. Son débardeur se détend au passage, mais pas au point de me rester entre les mains non plus.

Vous voyez, si on se retrouve dans une position ambiguë maintenant, ce n'était absolument pas voulu ! Et puis, quand on se bat avec quelqu'un, ce genre de chose arrive très souvent. Le truc, c'est que je commence à avoir un certain passif avec Damian et qu'on a un échange de regard un peu interrogateur, du style « on est censé reprendre le combat ou passer à autre chose ? » Franchement, j'en sais rien, j'ai pas d'avis. C'est vrai, il est attirant, et éprouver la force d'une personne bien roulée dans un duel à main nue donne certaines idées, mais c'était pas prévu. Enfin, c'était pas prévu ce matin, avant qu'il déboule dans la cuisine et qu'on commence à se chauffer. Reste que ça fait un temps limité pour réorienter mes pensées. J'en ai pas l'air comme ça, à faire la grosse traînée, mais j'ai un rapport à la sexualité bordélique au possible. Bon, c'était simple au départ, mais j'ai l'impression que plus le temps passe, plus je m'y perds. Il y a quelques mois, j'essayais de réorganiser ça, de me trouver un petit ami normal, mais j'ai lâché l'affaire en cours de route, à cause du sentiment trop douloureux de ne plus être à la hauteur pour offrir quoique ce soit de positif à une personne assez gentille pour me donner envie de changer. Je le dis pas, j'aime pas y penser, mais ça m'a beaucoup affecté. Alors, depuis quelques mois, j'ai décroché. Vu que je ne sais plus ce que je veux, je connais des hauts et des bas, des périodes d'hypersexualité puis du vide total, où le simple fait d'être touché peut être perçu par mon corps comme une profonde agression. J'essaye même plus de comprendre. Enfin là ça va, je me sens pas agressé, juste un peu mal à l'aise parce que je ne suis pas dans la bonne dynamique malgré mon attitude. Mais mon attitude ne varie jamais, quelle que soit mon humeur. D'ailleurs, la preuve, je pense pas que Damian a la moindre idée de la tempête que j'ai sous le crâne quand j'attrape sa main endolorie et que je passe son petit doigt enflé sur mes lèvres, en suçotant le bout au passage et en lui lançant avec un sourire mutin :

– Alors... tu veux profiter de ta victoire jusqu'au bout ou on reprend le combat ?

Pourquoi ? Parce que je ne veux pas briser mon image et avoir l'air encore plus perturbé. Et puis, sans doute que j'en ai un peu marre de la solitude. Au lieu de craquer d'ici quelques semaines pour me perdre dans un appartement crasseux avec un pervers, Damian est un meilleur choix. Je savais que ça pourrait aller vite entre nous, parce qu'on cherche du physique sans avoir de place pour le reste avec la plupart des gens qu'on croise. C'était pas prévu, mais je devrais pas éprouver d'immenses difficultés à m'y accommoder. Et si ça se fait pas, rien de grave, on pourra presque se féliciter d'avoir su nous retenir jusqu'au bout, ou jusqu'à la prochaine fois en tout cas.

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Dernière édition par Yitzhak Anavim le Mar 21 Juin - 21:41, édité 1 fois
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Damian Clester
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MessageSujet: Re: Des hommes d'action [Yit]   Dim 29 Mai - 20:29

La seule chose qu'il manquerait à cette scène est que quelqu'un entre dans la pièce sans frapper, là maintenant. Se faire interrompre, tout frustrant que ce soit, résoudrait beaucoup de choses.

Pas que je sois franchement persuadé que tout ce qu'il peut se passer entre nous soit forcément une mauvaise idée. J'ai dépassé depuis des années l'époque où le sexe me semblait une chose tellement importante et lourde de conséquences, et je pense que Zack est plus qu'assez mature sur ce plan-là pour pouvoir gérer nos partenariats futurs comme deux adultes responsables. Deux adultes responsables qui couchent potentiellement ensemble de temps en temps.

C'est ce que je me dis. C'est ce que j'essaye de me dire. Mais malgré ma volonté de rationaliser ma sexualité, la petite parcelle de conventionnalité qu'il reste en moins insiste pour me chuchoter que ça partira en couille à un moment ou un autre. Que l'un des deux finira bien par avoir mal – et qu'il y a de fortes chances que ce ne soit pas moi. Et que bien que ce serait tellement typique de moi, m'attirer des problèmes à peine arrivé avec quelqu'un qui est potentiellement mon supérieur… Eh bien si, ça pourrait s'avérer une très mauvaise idée.

Bien sûr, je n'écouterai pas cette partie de moi. Elle le sait bien. Je sais déjà ce que je veux, et je l'obtiendrai. Elle le sait bien, mais ça ne l'empêchera pas de m'emmerder pendant encore un bon moment. Elle me lâchera pas. Alors si quelqu'un entrait maintenant, ça lui donnerait raison. Elle serait satisfaite, et moi je n'aurais pas à céder. Je me déresponsabilise vu que tout résulte d'un non-choix, et tout le monde est content – sauf le bonhomme en bas, mais il en verra d'autres.

Sauf que voilà, personne n'entre. Ce qui veut dire que je dois prendre mes décisions, et les assumer par la suite. Dieu sait que j'aime pas ça.

Sauf que Zack semble comprendre ça, et décide de prendre les choses en main. Il prend la mienne, toujours endolorie, en un geste qui ne laisse pas le moindre doute sur sa volonté à lui concernant la suite des événements. Je me mords assez discrètement l'intérieur de la lèvre, sans savoir si c'est l'excitation ou la douleur du contact qui prend le dessus. En tous les cas, ça fait que l'autre chieuse se tait. Ou en tout cas, que j'arrête de l'entendre. Je me surprends quand même à être surpris du naturel du gamin. Est-ce une vraie preuve de maturité sexuelle, ou au contraire une insouciance complète due à son âge, difficile à dire. Dans tous les cas, ça me convient. Je ne fais que suivre le mouvement, je me déresponsabilise vu que tout résulte de son choix à lui, et tout le monde est content – y compris le bonhomme en bas.

Toute dernière trace de reste de fin de scrupule disparaît lorsqu'il formule sa proposition indécente à voix haute, au cas où le reste n'aurait pas été suffisamment clair. Même si je ne suis vraiment pas convaincu par sa définition de la victoire, compte tenu du fait que nous sommes tous les deux à terre, que mon doigt est vraisemblablement fêlé et qu'en conditions réelles il aurait certainement eu une ou deux occasions de me tuer, je le contredirai pas. Déjà parce que c'est vraiment pas important, et surtout parce que j'ai aucune intention de refuser ma récompense. Pas plus que je n'ai l'intention de me relever pour continuer le combat ; comme toujours, se taper dessus c'est bien, me le taper c'est mieux. Ca défoule tout aussi efficacement, on finit aussi souvent avec des bleus et des crampes, mais je pense pas avoir besoin d'expliquer pourquoi le choix est vite fait.

-Ma victoire?

Toujours à terre, couché au-dessus de lui, la main gauche appuyée sur le sol, juste à côté de sa tête, mon sourire s'élargit, laissant voir mes dents. Puis, j'approche doucement mon visage, avant de coller mes lèvres sur les siennes. C'est pas aussi magique qu'on pourrait le croire, il n'est pas tout à fait frais ; il sent la fatigue, la faim et le lait. On voit jamais ça dans les films. Mais à vrai dire, je m'en fiche. Je veux un contact humain, pas une scène de comédie romantique. Son jogging, ses cheveux en bataille, son haleine du matin, ça ne fait que rendre la chose plus réelle. Oui, on peut me croire superficiel, mais je ne le suis pas vraiment au sens le plus classique du terme. Et puis, je me rappelle à l'instant que moi non plus, je ne me suis pas encore brossé les dents. J'ai pas le droit de dire quoi que ce soit.

Pendant que l'on s'embrasse, ma main droite se referme sur elle-même derrière mon dos, et mon corps entier se met à émettre une lueur dorée, qui luit doucement. Qui a dit que les hommes ne savaient pas faire deux choses à la fois ? Mes yeux sont clos, j'ignore si Zack le verra. Ca ne m'intéresse pas particulièrement. Je n'ai besoin de d'une seconde, après quoi je m'arrête. Je remue le petit doigt pour en tester la mobilité – c'est beaucoup mieux. Je vais pouvoir me concentrer sur ce qui est important.

Doucement, je me décolle de lui, toujours souriant. La Trace, elle, ne se dissipe pas immédiatement, ce qui nous englobe tous deux d'un halo d'or, pendant que le fixe dans les yeux. Je ne peux m'empêcher de glousser légèrement en m'imaginant à quel point la scène doit sembler niaise, vu de côté. Je vous ai dit que je m'en fichais ?

-Va pour la victoire.

Mon visage se rapproche à nouveau du sien, tandis que ma main droite se glisse adroitement sous son t-shirt, pour remonter jusqu'à sa poitrine. C'est vrai, qu'il est plus musclé qu'il en a l'air.
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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Des hommes d'action [Yit]   Mer 22 Juin - 0:27

Qu'est-ce que je pourrais souhaiter de mieux, une intrusion sauvage ? Bof, la scène où une personne ouvre la porte à la volée et se fige, ça arrive jamais vraiment, à moins d'avoir affaire à un gros demeuré. En général, ça donne plutôt une poignée qui se tourne et un claquement presque aussi sec accompagné d'un « oups ». C'est sûr que c'est pas bon pour l'image, mais c'est pas non plus une véritable interruption. Qu'est-ce que tu veux faire après ça ? T'es grillé et personne n'a envie d'interrompre des gens qui baisent donc, tant qu'à faire, puisque les dés sont jetés, tu continues. J'avais pas prévu de me taper Damian avant de commencer ce jeu de séduction avec lui, j'ai jamais pensé non plus à si loin quand je parlais d'apprendre à bien connaître son binôme, et je sais que ce n'est pas une bonne idée. Pour autant, on va pas se mentir, avec nos caractères, ça allait finir par arriver. Je le sens pas raisonnable, j'aime pas la tension sexuelle inutile. Je me doute que je peux pas espérer vivre un truc mignon avec lui, donc autant ne pas y aller par quatre chemins et on sera fixés direct sur notre situation. Imaginez qu'il s'y prenne comme un manche, ça me donnera pas envie de recommencer, et ça me fera donc du parasitage mental en moins. Mais ce serait dans un monde parfait et sans problèmes. Soyons honnêtes, je l'ai déjà assez expérimenté en combat pour savoir qu'il est endurant et que je détesterais pas avoir son corps contre moi sans l'aspect mandale dans la gueule. Et, de fait, je ne déteste pas. Mais tout ça, c'est pour la partie mec pragmatique qui peut analyser froidement toutes les situations et en tirer les avantages. Dans l'absolu, je devrais penser comme ça. Je lutte pour ne pas en dévier en invoquant mes réflexes d'allumeuse. Vu la réaction physique favorable de Damian, j'ai pas perdu mon talent, même en étant parfaitement sobre. Et il est un peu là le problème, l'imprévu qui me met le cerveau en vrac, mes dernières coucheries remontent à je sais plus combien de semaines et c'est à peine si j'en ai un souvenir, au-delà de la certitude de m'être bien défoulé sur le moment.

Au moins, je risque pas de lui faire le coup du « en fait j'ai plus envie », et avec l'échauffement du combat, j'ai pas trop de mal à passer de « j'en sais rien » à « ok je suis vraiment excité » quand il commence à m'embrasser. On aurait pu attendre les douches pour que ça fasse moins sale, dégoulinant de sueur et tout mais au final, maintenant qu'on est partis, le côté âpre de l'imprévu, c'est plutôt sexy. J'hésite quand même sur l'attitude à avoir avec un mec que je risque de recroiser souvent, me laisser faire ou prendre les devants ? Ce que j'aime moyen avec le sexe, c'est que ça peut en révéler beaucoup plus que ce qu'on voudrait sur nous, et on se retrouve à livrer des parts intimes avec des personnes qui nous attirent juste un instant. Je me doute bien qu'il n'y a qu'un gros névrosé comme moi pour vraiment s'en inquiéter mais quand même, mon image risque de prendre un petit coup si je me comporte comme la dernière des salopes. En même temps, c'est plus intéressant que rester à ne presque rien faire en essayant d'avoir le moins de réactions possible. Je reste assez calme au début, un peu réservé, limite on pourrait croire que j'ai tenté de garder la face sans avoir assez d'expérience pour provoquer un truc aussi « dingue ». ça a pas l'air de gêner Damian qui fait des trucs bizarres avec son corps en nous enveloppant dans un halo doré pour mieux se régénérer ou quelque chose du genre. En le voyant examiner son petit doigt, ça me fait sourire. Je ne peux pas m'empêcher un commentaire du style :

– Maintenant, plus rien ne pourra nuire à ta performance.

Mais si je dis ça, je peux plus vraiment faire le mec blasé qui attend que ça passe, je dois être à la hauteur aussi. Alors forcément, j'ai une certaine fierté qui reprend le dessus, un peu comme pendant le combat, je peux pas me contenter d'être juste dans la moyenne, d'être un défouloir accidentel. J'ai peut être pas l'habitude d'être très clair dans ces moments, mais j'ai de la technique comme on dit et je sais comment chauffer un homme juste avant de lui laisser la relève, en lui faisant bien comprendre que j'ai absolument pas envie d'être ménagé, surtout que, la fureur, c'est mieux pour oublier la connerie qu'on est en train de faire. Ça serait bien que ça ne se termine pas en fait, ça m'évitera de méditer en boucle sur la vanité de mon acte ensuite… jusqu'à ce que le sentiment de honte ou de culpabilité soit passé et que je revienne me coller à lui comme une sangsue en manque de chair fraîche ? J'admets que c'était bien, que ça faisait un moment que j'avais pas eu un coup qui vaille la peine que je m'en souvienne. Peut-être parce que, pour une fois, je peux remettre le type ? Je me rends compte que je suis même un peu trop à l'aise parce qu'au lieu de me relever sans prendre le temps de souffler, j'ai pas l'air pressé. Au contraire, je commence à lui caresser machinalement le bras avant de m'interrompre pour me redresser d'un coup et me retrouver presque instantanément habillé grâce à la magie de la mutation. On va essayer d'oublier ça.

– Bon, c'était cool mais on va pas pouvoir y passer toute la journée. J'avais déjà une vague idée de programme en me levant ce matin en fait. Ravi d'avoir fait connaissance, à plus !

Ça pour avoir fait connaissance… Je devrais faire gaffe aux mots que j'utilise, surtout quand je me remets à paniquer socialement et que j'emploie des formules à la va-vite. Il va croire que j'ai l'habitude de me taper toutes les nouvelles recrues. Enfin, j'aurai tout le temps d'être plus précis dans un autre moment, là j'ai pas de transition intelligente à proposer.

_________________

Scipion : Je puis nier une chose sans me croire obligé de la salir ou de retirer aux autres le droit d'y croire.
Caligula : Mais c'est de la modestie, cela, de la vraie modestie ! Oh ! cher Scipion, que je suis content pour toi. Et envieux, tu sais... Car c'est le seul sentiment que je n'éprouverai peut-être jamais. [Caligula, Camus]
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