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 Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Lun 20 Juil - 7:37

La température est fraîche, pour ne pas dire franchement froide pour une fin avril. Y compris pour la capitale française réputée pour sa météo capricieuse. Malgré cela, la lumière se reflétant sur la vitre entrouverte du taxi fait briller les boulevards haussmanniens de mille feux, me tirant un sourire appréciatif. Je n’ai que trop peu souvent l’occasion de fouler le sol de la Ville des Lumières, mais son charme ne me laisse jamais indifférent. Paris est une ville aux mille facettes que l’on peut aussi aisément haïr qu’adorer, faite de contradictions et d’incohérences qui peuvent amuser ou exaspérer, parfois un peu des deux. Bien à l’abri de mon taxi, j’observe ainsi le ballet silencieux des Parisiens pressés avec affabilité alors que l’immersion dans la foule me causerait grande contrariété.

Laissant mon regard glisser sur le paysage d’immeubles Second Empire sans vraiment se fixer nulle part, mes pensées se mettent à dériver, me ramenant quelques semaines en arrière à ma dernière entrevue avec la Reine Noire. Entrevue qui n’aurait pu m’être plus favorable si je l’avais prévue comme telle. Alors que je m’étais présenté au QG du Cercle Intérieur muni d’une idée encore assez floue, ma proposition sembla convaincre Lady Hartley qui m’offrit son soutien tant logistique que personnel simplifiant grandement ces derniers semaines de préparation. Même Dimitri, pourtant originellement si craintif à l’idée de déstabiliser l’empire une fois de plus, a bien été obligé de reconnaître que l’aide apportée par le Hellfire Club est notable. Cela ne signifie nullement qu’il apprécie mon idée, toujours convaincu que je risque d’y perdre plus que d’y gagner, mais il m’est trop attaché pour ne pas me suivre, y compris dans ce qu’il perçoit comme une entreprise vouée à l’échec.

Il n’apprécie en effet que très moyennement mon idée d’impliquer Rosneef dans des affaires purement familiales, certain que si un vieux loup de sa trempe peut se révéler un allié de taille, il ne le sera que tant qu’il y trouvera son compte. Ce à quoi je lui réponds aisément qu’il me suffit de continuer à satisfaire ses demandes et tout se passera pour le mieux. Ayant eu le temps de m’informer plus longuement sur ses besoins et désirs, je sais ainsi que Rosneef dont la famille a prospéré sous le communisme puis la transition cherche depuis un certain temps à se rapprocher des nouveaux cercles du pouvoir. Le vieil homme a longtemps méprisé Poutine et ses sbires, n’ayant qu’une piètre opinion de ce qu’il appelle les « bouchers du KGB » mais les temps ont changé et il n’est pas possible de se maintenir dans une position élevée du monde du crime organisé sans quelques contacts dans l’administration haut placée. Et c’est là que le réseau de casinos de standing que possède ma famille entre en jeu. Tout ce que la Russie possède de gratin finit un jour ou l’autre par s’y rendre mais l’entrée de familles rivales y est très strictement contrôlée. Offrir à Rosneef un droit d’entrée illimitée devrait donc me permettre de faire pencher la balance en ma faveur, au-delà des échanges de bons procédés réciproques qu’une véritable alliance implique toujours. En effet, je n’ai pas de secteurs de distributions ou autres compensations habituelles à présenter à un homme de son calibre, mais la possibilité de se mêler aux strates supérieures du pouvoir devrait me permettre de l’attirer fermement dans mes filets. Et, quoiqu’en dise Dimitri, le jeu en vaut amplement la chandelle. Mon second est simplement inquiet de nature. Je ne m’en plains néanmoins pas, c’est son job et il le fait mieux que personne, m’ayant déjà évité plus d’une erreur de débutant.

Cette fois-ci néanmoins, je suis sûr de mon coup. Le soutien du Cercle Intérieur associé à celui que je ne doute pas d’obtenir de la part de Rosneef me permettront aisément de soumettre Alekseï et son groupe de proches à ma volonté, le tout sans effusions de sang inutiles. Car si croire une seconde à une reddition pacifique serait d’une naïveté que je n’ai jamais possédée, il n’est pas impossible de croire en la chance. Or la déesse Fortune m’ayant jusqu’à maintenant fait don de ses bienfaits, pourquoi ne pas espérer qu’elle continue ? Cependant l’étape d’aujourd’hui est finalement la plus facile et c’est une fois sur mes terres natales que j’aurais besoin de mettre toutes les chances de réussite de mon côté. Il est en effet plus aisé d’obtenir de loin des informations sur un parrain mafieux que sur des hommes de main. Ainsi, la partie consistant à m’informer précisément de ce qui pourrait convaincre – au-delà de la force brute représentée par les hommes prêtés par Lady Hartley – les hommes d’Alekseï de changer d’allégeance reste encore en projet pour une bonne partie. Rien d’insurmontable néanmoins puisque la Reine Noire avait déjà envisagé la possibilité en me proposant d’entamer mon entrainement psychique à cette occasion.

Le reflet d’un rayon sur une carrosserie m’aveuglant un instant me ramène à la réalité et je réalise que nous approchons de ma destination. Un coup d’œil au compteur du taxi m’indique aussi qu’en bon commerçant, mon chauffeur a jeté un regard à ma tenue de soirée et sut immédiatement qu’il avait affaire à un pigeon étranger qu’il pourrait aisément plumer en exigeant des tarifs exorbitants. Je suis néanmoins de trop bonne humeur pour le remettre à sa place, surtout que je peux me permettre son prix sans problème aucun, pour aussi exagéré qu’il soit. Sans compter que la photo qui pend de son rétroviseur central de deux jolies jumelles à qui il manque les dents de devant et que je suppose sans mal être ses filles au vu de la ressemblance familiale frappante m’attendrit. Qu’il use donc de cet argent dont je n’ai pas plus besoin que cela pour leur faire plaisir. Après tout, ce n’est pas parce que ma famille est totalement dysfonctionnelle que toutes se doivent l’être.
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Sage
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Lun 27 Juil - 20:59

Elle ne peut s’empêcher de frissonner alors que la fumée noire se regroupe pour former ce monstre dont l’apparence est aussi humaine qu’il est en réalité inhumain. Il est si facile de se laisser tromper par cette silhouette féminine d’une taille similaire pour un poids inférieur et des mensurations supérieures. Le tour de poitrine et celui de hanche sont équivalent, couvert l’un comme l’autre par cette longue chevelure brune qui peut presque concurrencer la noire si cette dernière était libre, et celui de taille au tiers inférieur ; la poitrine se gonfle et se dégonfle au rythme d’un cœur inutile tandis que les hanches s’actionnent face à l’avance de la créature et que la taille dévoile un nombril n’ayant jamais servi. La chevelure est son seul habit jusqu’à ce que sa peau commence à exsuder une forme de vie filandreuse, boueuse et métallique, qui tisse une tenue révélatrice de la nature véritable du Léviathan, ou tout du moins d’une de ses parties. Sage y fait face impassible mais ne peu retenir une déglutition.

- Le Roi Noir vous envoie ses salutations, déclame une voix assurée et profonde, s’échappant d’entre les lèvres charnues. Votre demande l’a beaucoup amusé.

Lady Tessa Hartley se contente de faire face au familier qui s’approche lentement, continuant de le fixer sans décroiser ses bras. Sa nuque est légèrement courbe, sa tête tout aussi légèrement penchée vers l’avant de tension ; une chose vue par sa vis-à-vis même si la Reine Noire ne doute pas que ses odeurs corporelles la trahisse bien plus face à la bête humaine.

- Faire appel à lui alors même qu’il c’est retiré du jeu en vous laissant le soin de gérer ses affaires, la voix se meure alors que la langue tape contre le palais et les dents dans un clapotis sonore signifiant clairement la négation. Vous, les X-Men, êtes des enfants ; tous, et toujours. Quelques soient les choses que l’on place entre vos mains, vient un moment où vous ne savez qu’en faire ou vous nécessitez aide pour en user.

Le Léviathan s’arrête face à son interlocutrice, penchant la tête sur le côté à la manière d’un reptile et sourit face au silence et à l’immobilisme qui lui répondent de toute part, y comprit celle qui l’intéresse.

- Tout ce qui est dans votre tête reste dans votre tête, n’est-ce pas Mlle X ?

La main, blindée et griffue, se lève à direction des tatouages en croissant de lune et caresse la joue du dos de son index.

- La Déesse de la Lune a-elle été capable d’y pénétrer ?

- Vous êtes ici pour délivrer un message, répond-t-elle froidement, et serez remerciée de respecter les convenances.

La main se fige et se retire puis vient se poser au niveau des hanches en simultanée avec sa jumelle.

- J’en conviens, déclare la créature en s’avançant afin de  déposer sa joue contre celle de la mutante en une silencieuse paire de baisers. Lorsqu’elle se recule enfin, laissant l’espace vital réclamé, ses lèvres se retroussent sur des dents trop blanches alors que les yeux bruns fixent leurs homologues azurs. Comme vous conviendrez que vous n’êtes pas une combattante. Vous êtes une espionne, espionnez ; surveillez-nous, jouez votre rôle. Ne cherchez pas à nous combattre.

- Ce n’est pas mon intention, tranquillisez votre maître à ce sujet.

- Bien, déclare-t-elle avec amusement, ramenant ses bras le long de son corps. Nous viendrons donc jouer dans votre mascarade. Nous sommes curieux de voir ce que vous nous préparerez.

Couche par couche, le symbiote puis les chairs se dispersent en fumée. La gélatine des yeux laisse place à une lumière d’un bleu froid, lumière qui perce toujours plus l’enveloppe à mesure qu’elle ce dissipe.

- Soyez prudente avec vos plans. raisonne la voix transfigurée du Spectre alors qu’il disparait d’en l’astral, N’oubliez pas que lorsque vous regardez trop longtemps l’abysse, elle vous regarde à son tour…

Sage prend une nouvelle inspiration. Pour la partie liée au HellFire Club, tout est en place.
***
Mardi 28 Avril 2015 – 18h15
Les choses étant organisées d’avance elle n’a pas eue d’autres obligations que celles communes à tous les autres invités : se présenter au 82 Boulevard de Clichy à 18h30 au plus tard ; et c’est avec cette ponctualité qu’elle s’y présente. Elle n’est jamais venue à Paris avant et a profité de son temps libre pour y marcher, simplement. Le Sacré-Cœur a été visité, bien sur, elle est même montée tout en haut pour voir la ville dans son ensemble. Le Square Louise Michel, à son pied, lui a occupée une bonne partie de l’après-midi également alors qu’elle c’est simplement assise sur un banc pour regarder les gens. Le temps n’est pas des meilleurs mais cela lui indiffère et n’a pas découragée la plupart des touristes venus dans le quartier. Que de restaurants et de bars, que d’hôtels et de magasins, de galeries d’arts et de théâtres… et, bien évidemment, le Moulin Rouge.

L’entièreté de l’établissement a été réservée pour l’entièreté de la soirée, Féerie ne sera que pour les festivités qui s’invitent à son spectacle. Les règles étaient les mêmes que de norme : outre les interdictions d’enregistrer les lieux et le spectacle, sous quelque forme que ce soit, comme de fumer quelque soit la pièce dans laquelle on se trouve, ce sont surtout les exigences dans les tenues et la présentation qui sont inchangées. Heureusement correspondent-elles aux critères des personnes qui s’y rendent en cette soirée : tenues « de ville » exigées, avec vestes et cravates appréciées.

Pour sa part, Tessa a choisi une robe à fourreau lui descendant jusqu’aux genoux et s’émaillant au-dessous de sa gorge accompagnée de chaussures à talon haut ouvertes sur ses pieds nus et d’un long trench-coat pour combattre le mauvais temps, tous noirs. Ses cheveux, de cette même couleur, lui tombent sur les épaules en une douce courbe qui se réunie en une tresse jusqu’à ses fesses tandis que ses ongles ont été vernis sans changer de gamme chromatique, gardant cette sobriété mystérieuse dont la signification échappe à la quasi-totalité et dont le seul contraste ce situ au niveau de ses yeux : si son maquillage vise principalement à uniformiser son teint et à cacher ses marques, il entoure également ses paupières de fard et d’eye-liner pour que cette unique touche de couleur que sont ses yeux clairs ressorte d’autant plus. Unique touche de couleur qui se promène sur la façade de la rue Lepic puis des quelques mètres du Boulevard de Clichy qu’elle a à franchir pour arriver à destination. Les limousines et autres voitures privées s’arrêtent devant l’établissement là où elle arrive à pied, passant sous les deux grandes enseignes afin d’être accueillie par les majordomes en costume qui l’accompagnent le long du tapis rouge jusqu’au véritable hall, une fois sa carte d’identité vérifiée et comparée à la liste des invitations. Il va de soit qu’elle y est, puisqu’elle est l’organisatrice ; et c’est avec la déférence nécessaire qu’ils l’ôtent de son manteau et la conduisent jusqu’à la salle de spectacle.

L’immense scène est encore cachée derrière les rideaux mais les tables sont toutes tournées vers celle-ci et les invités à y être déjà installés sont salués comme il se doit. Tessa a rencontrée la plupart d’entre eux durant sa période de secrétaire du Club des Damnés et son retour dans l’organisation d’événement n’est pas sans ravir des personnes comme Thierry Desmarest ou Robert Iger, qui l’ont littéralement connue « à ses débuts ». Il est nombre d’autres personnalités de tous horizons et secteurs d’activité à avoir été conviés et ils sont regroupés à des tables comme il se doit, afin de retrouver leurs « amis » et « concurrents » de leur milieu ; moyen discret et simple de conduire Nikolaï à proximité de celui qui l’intéresse. Moyen qui implique néanmoins qu’elle se retrouve une fois de plus en présence des personnalités officielles du Club, une chose qui se résume à faire table commune avec la famille von Orchent au complet. Si la « fille », Lupita, ne lui pose guère de problème malgré son remplacement au secrétariat, les « parents » sont une autre histoire : s’il est inutile d’introduire Sébastian von Orchent, le Lord Imperial du HellFire Club, Roi Noir du Club des Damnés et Héraut du Léviathan, sa moitié peut s’avérer plus surprenante. Une moitié toujours aussi inhumaine qu’elle se montre humaine : Amanda von Orchent.

C’est l’alpha qui entre le premier, comme il se doit, bien qu’il semble tant plus petit que sa femme ou que la Lady du fait de leurs talons respectifs. Il est vêtu d’un costume sombre mais sa chemise est bleue, toujours inchangé par les ans et les guerres secrètes qu’il mène ; combien de personnes ont périe à cause de lui depuis la dernière fois qu’ils se sont croisés ? Elle ne saurait le dire. Sa peau est toujours aussi pale, ses cheveux noirs ont toujours cette même longueur et son regard aussi délavé. Néanmoins à défaut de percevoir l’aura de mort de Frederick Faust ou celle de néant d’Aaron Adams il est clair que l’individu reste aussi dangereux qu’intelligent, tout occupé qu’il soit à feindre la jeunesse d’Erasme Hobbes dont on fête l’anniversaire. A sa droite, la plus petite du lot se tient sur des chaussures plates, unique infraction au code vestimentaire établie puisque sa longue robe à bustier noire lui descend jusqu’aux chevilles, et voit sa chevelure coiffée en crinière ; officiellement, Lupita est juste une amie du jeune homme mais elle tend trop à lui ressembler pour bien finir. A sa gauche, la plus grande et voyante du lot, vêtue d’une robe moulante, à dos nu, décolleté et ras-de-cou, descendant à mi-cuisse et complétée de gants longs remontant à mi-bas ainsi que de bottes à talons compensés et cuissardes s’en arrivant à quelques centimètres de la robe tandis que sa chevelure brune lui tombe en filaments jusqu’au bassin ; officiellement, il s’agit de Jeanne Delattre, fille de l’ambassadeur à l’ONU François Delattre et petite amie d’Erasme Hobbes, tandis qu’officieusement, il s’agit d’Amanda von Orchent, défunte femme de Sébastian von Orchent depuis trois quart de siècle. Et réellement, c’est plus terrible encore. Le maquillage et l’allure ne laissent rien présager mais Tessa voit combien cette créature n’a rien d’humain, ses gènes défiant toute forme de vie terrestre.

Se parant d’un sourire poli, Tessa s’en vient à leur encontre afin de les saluer. Les confrontations commence et son allié et motivation à faire tout ceci ne devrait pas tarder à s’y joindre, ne serait-ce que pour quelques salutations de circonstances ; et le souhait, bien évidemment.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Sam 1 Aoû - 16:21

-Nous y voilà Monsieur. Cela vous fera 48 euros et 56 centimes.

Pour un trajet qui n’aurait pas dû me coûter plus d’une vingtaine d’euros ne puis-je m’empêcher de penser. Néanmoins, je me contente de sortir mon portefeuille en silence et de lui mettre un billet de cinquante euros dans la main.

-Gardez la monnaie.


Je ne vais pas commencer à chipoter pour quelques euros au vu de ce que me coûte la nuit au Saint Séverin. Et puis quitte à payer mon trajet plein pot, autant ne pas m’encombrer de petite monnaie qui ne ferait qu’alourdir mon par-dessus. Le chauffeur ne se fait, quant à lui, pas prier qui empoche immédiatement la somme. Il jette ensuite un regard par la fenêtre à la devanture illuminée du Moulin Rouge où se pressent déjà les nombreux invités de la soirée, semble sur le point de me faire une remarque, mais se retient à la dernière seconde. Il déverrouille donc la portière arrière et je sors dans l’air frais de début de soirée.

Le soleil brille encore fermement, rappelant que l’été et ses longues journées ne sont plus très loin mais la bise insidieuse qui souffle m’incite à ne pas m’attarder sur le porche du cabaret. Je m’engage ainsi à l’intérieur à la suite d’un couple âgé vêtu avec plus d’ostentation que de style. Devant eux je reconnais le port discret de Rodolphe Saadé, l’héritier et DG de l’empire maritime CMA CGM. La vérification d’identité ne dure que quelques minutes et, une fois mon nom repéré sur la liste des invités, un majordome me propose de me délester de mon trench. Ce que j’accepte gracieusement, laissant apparaître un costume couleur ébène, rehaussée d’une cravate et un mouchoir de poche rose pâle. Le gilet posé par-dessus la traditionnelle chemise immaculée à col fermé est d’un blanc cassé parcouru de veinules rosées qui rappellent la cravate et le mouchoir de poche. En somme, une tenue classique mais avec une pointe de fantaisie, un rappel que l’inventivité et la persévérance de la jeunesse coule dans mes veines, toujours prêtes à me permettre de mener mes projets à bien.

Il n’est pas certain que Rosneef soit sensible à de tels détails mais j’aime venir complètement préparé. Sans compter que je trouve les costumes classiques d’un ennui à mourir. Les hommes ont certes un choix limité lorsqu’il s’agit de venir en tenue de soirée mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faille venir habillé comme pour un enterrement quelle que soit l’occasion. Au contraire, c’est le défi de réussir à rester sobre tout en étant inventif qui rend la mode masculine de luxe si intéressante. Il suffit ainsi d’observer l’apparence de l’hôte de la soirée pour comprendre que c’est la touche de couleur apportée par sa chemise d’un bleu puissant qui renforce l’impression de pouvoir qui ressort de sa personne. En attirant le regard, elle souligne la silhouette ciselée de celui qui se présente ce soir sous le nom d’Erasme Hobbes mais dont la dureté tant bien que mal dissimulée des traits est incapable de cacher la véritable identité. Qu’on l’appelle Frederick Faust, Sebastian von Orchent ou d’autres pseudonymes encore car je ne doute pas un instant qu’il en possède plusieurs, il reste avant tout l’incarnation d’une monstruosité que je ne suis pas prêt d’oublier.

Pourtant, c’est d’une démarche décontractée que je me dirige vers le birthday boy. A ses côtés, je reconnais Lady Hartley, époustouflante comme toujours dans sa robe bustier, ainsi que Lupita Orchent qui semble avoir opté pour une paire de chaussures discrètes et confortables plutôt qu’un de ses objets de torture rehaussés que sont les talons que se sont infligées bien des femmes présentes. La troisième représentante du sexe féminin, la soi-disante petite amie française d’Hobbes m’est inconnue mais, dès que mon regard se pose sur sa silhouette alléchante, un frisson impromptu me parcourt l’échine. Je ne sais qui elle est ou plutôt ce qu’elle est mais instinctivement je décide de m’en méfier. Néanmoins, cela ne m’empêche pas d’afficher un sourire ravi en m’approchant du petit groupe qu’ils forment.

Je tends en premier lieu la main à Faust, dans la parfaite imitation du jeune héritier découvrant les hautes sphères du Hell Club et trop heureux de faire la connaissance d’un de ses membres de premier ordre, avant de déclarer dans un anglais oxfordien sans reproche.


-Mr Hobbes, Nikolaï Kolyakov de Kolyakov Inc., permettez-moi de vous souhaiter bonheur et réussite pour cette nouvelle année qui s’ouvre à vous.

Je me tourne ensuite vers la sublime et terrifiante créature à ses côtés et, réprimant un tremblement malvenu, m’empare délicatement de son poignet que je suis surpris de découvrir complètement humain – ou tout au moins ç’en est une parfaite imitation – avant d’effleurer sa paume de mes lèvres tout en m’adressant à elle dans le plus pur français.

-Madame, si je puis me permettre une telle insolence, restez à ses côtés, cela lui réussit.

Mon tour continue auprès de la Reine Noire avec laquelle la mascarade n’est plus nécessaire puisque son ancienne position de secrétaire permet de laisser supposer que nous nous sommes déjà croisés. Renouvelant le rituel du baisemain qu’elle m’a elle-même inculqué, j’annonce donc de nouveau en anglais avec l’ombre d’un sourire complice :

-Milady, c’est toujours un plaisir de vous revoir. Vous êtes resplendissante.

Je finis enfin par porter mon attention sur la benjamine du Cercle dont les convenances m’obligent à ignorer l’identité. Ne voulant cependant pas la singulariser en lui appliquant un traitement différencié, je m’empare également de sa main que j’effleure rapidement, malgré le regard circonspect qu’elle me lance, et me contente d’un simple :


-Enchanté Madame.

Puis, englobant d’un regard la salle qui se remplit peu à peu d’invités de tous milieux et nationalités, je termine.

-L’endroit mérite sa réputation. Je suis impatient de profiter de toutes ses aménités.

Le côté jeune homme excité devant la perspective d’assister à un spectacle révélateur mais trop bien éduqué pour le montrer ostensiblement est volontairement mis en avant pour justifier mon départ prochain en direction des tables face à la scène où sont déjà installés les plus fatigués des invités. De ce que je peux observer Rosneef n’est pas encore arrivé mais quelle meilleure façon de l’approcher discrètement que de l’attendre déjà assis à sa table ? A moins bien sûr que la Reine n’ait d’autres projets pour moi.
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Mer 5 Aoû - 23:38

Elle ne peut s’empêcher de se dire que le baisement du Léviathan peut lui couter sa main ou que la bise de l’autre moitié du Léviathan peut en faire tout autant avec la moitié, si ce n’est la totalité, de son visage. Néanmoins Tessa accomplit quand même les actions de circonstances. La prise de nouvelles est aussi inutile qu’aimable, aucun d’eux ne se laissant aller à la moindre once de sincérité dans cette représentation qu’ils donnent tous. Sébastian von Orchent aime à se prêter au jeu des demi-vérités afin de ne jamais se laisser aller à la simplicité du mensonge, la Lady ne s’embarrasse pas de cette vanité ; ils savent tous deux que la partie d’échec entre eux continue sans savoir qui gagnera et ce qui sera gagné ou perdu. Au plus probable, la place puisque la vie est exclue. Tessa ne déclenchera pas de guerre, non, car le Léviathan a raison quand au fait qu’elle ne soit pas une guerrière. Mais être une espionne n’implique pas qu’elle reste les bras croisés à observer depuis « son » trône, pas plus que son adversaire le faisait. Elle a passé prêt d’un tiers de sa vie à observer, surveiller et arbitrer, à présent c’est fini.

Les salutations en auraient été également de même si l’arrivée d’un nouveau protagoniste réel de cette mascarade ne s’était pas faite. Nikolaï est vêtu comme il se doit, ajoutant également des pointes de couleurs aussi discrètes que bien placées ; un peu sur le cœur et un peu en veine sur le reste de son torse, sans pour autant renier les conventions par du trop voyant, voici qui est parlant à qui sait lire. De même que la couleur, d’ailleurs. Le jeune homme est aussi décontracté qu’il le peut en présence de chose qui le dépasse, souriant et cachant ses craintes instinctives face à des créatures pouvant se prétendre d’ascendance divine ; très rares sont les mutants se prenant pour des dieux et encore plus rares sont ceux qui servent de véritables créatures supérieures néanmoins il en est un en face d’eux et il est accompagné d’une incarnation de ladite créature. Plus que l’instinct, c’est peut-être la télépathie de Nikolaï qui le conduit à naturellement craindre cette forme de vie extra-réalitaire qui lui fait fasse sous les traits d’une humaine morte il y a bien longtemps, dont elle c’est appropriée la personnalité et l’esprit. Hélas, les choses s’arrêtent là et la véritable nature du Spectre est pire encore que celle du Héraut.

- Je vous remercie, Mr Kolyakov, répond Erasme Hobbes avec un accent typiquement américain. J’ai ouïe dire le plus grand bien de vous et de votre entreprise familiale. Permettez-moi de vous présenter ma petite amie, Jeanne Delattre. Nous étudions les sciences politiques ensemble, à Providence.

La ville n’a pas plus été choisie par hasard que la fille et l’étude commune des sciences politiques ne signifie pas littéralement cela ; oh, bien sur, le faux Erasme Hobbes et la vraie Jeanne Delattre étudient bien à Providence afin de pouvoir se lancer dans une carrière politique, chose qui ne devrait plus tarder d’ailleurs, néanmoins c’est une autre science et une autre politique à laquelle participe le couple inhumain.

- Madame, reprend Nikolaï après un courageux baisement et usant de la langue d’origine de son interlocutrice, tant dans sa fausse identité que dans sa « véritable », si je puis me permettre une telle insolence, restez à ses côtés, cela lui réussit.

- Merci, Monsieur, répond Amanda von Orchent avec un sourire flatté. Enchantée de faire votre connaissance.

Le tour de la Lady vient, comme si Nikolaï suivait d’instinct l’ordre d’une hiérarchie qui devait être remis en cause ; même s’il était plus probable qu’il se soit occupé du personnage principal de la mascarade d’abord, de sa compagne par répercussion, et s’en retourne par la suite aux autres personnes présentes.  Néanmoins, Tessa est la seule pour laquelle le sourire ne soit pas forcé. Une chose que, sans doute, tous ici remarque ; un point pour son camp ? Pas forcément. Tout dépendra de la partie adverse.

- Vous avez également su vous distinguer avec goût, Nikolaï, répond aimablement la Lady.

L’enchanté Madame semble rester en travers de la gorge de Lupita, que ce soit par cette considération moindre ou par le « Madame », et elle répond donc à la mesure avant de rester en retrait. Les trois télépathes naturels savaient leur niveau d’existence moindre face aux deux autres, leur dangerosité ayant les mêmes proportions, néanmoins cela n’empêche pas Nikolaï de souligner que tout ne se joue pas dans ce cercle ; enfin, tout n’est pas sensé s’y jouer. Une partie d’échec se fait avec pour joueur Nikolaï face à un adversaire qui n’est pas convié et celle-ci représente une stratégie sur la partie plus globale qu’est le jeu de pouvoir interne du Cercle Intérieur.

- C’est exact, répond Sébastian von Orchent, conscient du double-sens. Profitez au mieux de ce qui vous est offert, Mr Kolyakov.

- Ces chances sont rares et toujours mémorables, ajoute Amanda von Orchent avec amusement.

Il y a prêt de quatre centaines de personnes à joindre les lieux durant la demi-heure qui suit, laissant ample loisir d’occuper les von Orchent. C’est donc en le prenant par le bras que Tessa conduit Nikolaï hors du centre d’attention de la soirée. Le geste est inhabituel et trahit une chose que la Lady comme qui elle est réellement perçoit immédiatement, sans savoir si le Léviathan et sa « fille » ou même le jeune homme qu’elle tient le comprennent à sa mesure.

- Je ne vous retiendrai pas trop longtemps, précise doucement la Reine Noire, car nous avons tous deux forts à faire.

Se dirigeant lentement vers la table des parrains, pour la nommer simplement, Tessa garde un pas mesuré afin d’être sure de pouvoir terminer son discourt et d’avoir une réponse, quand bien même serait-elle brève.

- Néanmoins, s’il vous prend l’envie de commencer votre formation télépathique ce soir, c’en sera un moyen simple de communiquer entre nous.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Sam 29 Aoû - 9:23

La mascarade bat son plein et les personnes présentes ne sont que trop heureuses de rentrer dans mon petit jeu, à l’exception notable de la plus jeune des Orchent. Notre relation avait commencé dans la froideur et l’indifférence respectives et ce n’est certainement pas cette soirée qui changera son opinion de moi. Je n’ai néanmoins pas réellement l’occasion de m’en préoccuper puisque la partie reprend à l’initiative de Von Orchent senior qui m’offre plus ou moins sa bénédiction pour quitter son entourage. Je ne doute pas un instant qu’il sache exactement la raison de ma venue et que sa présence ce soir soit une façon de laisser entendre qu’elle lui est égale. Mais qu’attendre de plus d’un être se définissant comme le Héraut de la Prédation ? Mes faits et gestes sont probablement pour lui l’équivalent des gesticulations d’un enfant capricieux, selon le moment il convient de les ignorer ou bien d’en user à son profit. Et si l’enfant finit par faire preuve de trop d’audace, il suffit de lui rappeler la hiérarchie en place.

La prise amicale mais ferme du bras de Lady Hartley annonce la suite des évènements et je me laisse entraîner à sa suite, non sans me demander que penser de ce geste ô combien inattendu. Je refuse d’y voir la preuve d’une quelconque inquiétude en présence du Léviathan, mon opinion de la Reine Noire est bien trop élevée pour la rabaisser au simple rang de frêle femme effrayée. Sans compter que la logique implacable dont elle fait preuve en permanence ne peut que lui faire réaliser que, si elle ne se sent pas en état d’affronter Von Orchent, ce n’est certainement pas ma petite personne qui lui apportera la protection nécessaire. Si ce n’est en tant que bouclier humain, et encore ne serais-je que d’une aide bien limitée dans le temps si les créatures qui résident en Faust venaient à faire leur apparition.

L’autre option me paraît donc plus crédible. Ce bras coincé sous le mien est une façon de rappeler aux présents à quel camp j’appartiens et qui dirige mes actes. Dans le duel évident qui fait s’affronter Roi et Reine, si je n’ai pas la prétention d’être plus qu’une des nombreuses pièces qu’ils avancent et reculent à loisir, je pense néanmoins en être une particulière. Mon premier contact du Cercle Intérieur a en effet eu lieu auprès de Von Orchent mais, une fois officiellement intégré, c’est Hartley qui est devenue ma souveraine. Une double allégeance compliquée dont j’ai su jusqu’ici user de tous les avantages mais qui pourrait s’avérer des plus dangereuses à l’avenir. Or, mon instinct de survie étant probablement le plus développé de mes sens, c’est la raison pour laquelle je me coule sans difficulté dans l’intimité inhabituelle instaurée par la Reine. Le moment n’est peut-être pas encore donné de faire un choix définitif, cependant mieux vaut préparer le terrain et il me semble évident que le camp de la Lady est le plus approprié.

Pourquoi vous demanderez-vous sûrement alors qu’elle n’est pas la plus puissante des deux ? Pour deux raisons. Car le simple fait qu’elle soit encore des nôtres malgré le parcours compliqué qu’elle possède démontre une capacité à survivre que j’admire et qui m’inspire confiance. Et car, si j’ai peu de principes dans la vie, lorsque le choix m’est donné, je préfère encore travailler pour un être dont l’humanité est assurée, tout au moins en grande partie. Ainsi, lorsqu’elle me propose d’entamer ma formation psychique dès ce soir, c’est dans son esprit que je réponds.


*Cela me semble des plus appropriés, cela me permettra de vous tenir informée de l’avancée de mes projets*

Après cette première phrase, je ressors de son esprit. En effet, la première plongée dans une psyché inconnue est toujours une expérience intense et j’aime à me donner le temps d’organiser mes ressentis avant d’y retourner. En l’occurrence, les quelques secondes passées chez Lady Hartley m’ont donné la très nette impression que, chez elle, l’intérieur est conforme à l’extérieur. Son esprit est tout aussi impeccable que son apparence. Et son comportement réglé au millimètre prêt reflète parfaitement l’esprit le plus rangé qu’il m’ait été donné d’infiltrer. Cependant je me méfie des télépathes de son niveau, elle aurait pu tout aussi bien ne me laisser voir que ce qu’elle désirait, voire projeter une image totalement fausse pour me conforter dans une impression qui l’arrange. Quoiqu’il en soit, avant de partir voler de mes propres ailes dans le monde duquel je proviens originellement, je préfère vérifier un point de détail avec elle. Par précaution, je choisis néanmoins de poser la question à voix haute, le brouhaha ambiant étant bien trop important pour que quiconque entende notre conversation. Avant d’en avoir la réponse, je ne me sens en effet pas de retourner me promener dans son esprit sans en connaître tous les dangers.

-Etes-vous capable d’écouter une conversation par communication télépathique ?

Comprendre : si jamais nos deux esprits sont reliés, entendra-t-elle la moindre des paroles prononcées entre Rosneef et moi et, dans ce cas-là, je n’aurais qu’à lui transmettre mes impressions et non l’intégralité de la conversation par-dessus le marché ou n’aura-t-elle accès qu’à mes pensées personnelles ? Dans les deux cas, la confiance nécessaire pour accepter une femme aussi dangereuse dans mon esprit est haute, peut-être même trop haute mais, si c’est le sacrifice à faire pour progresser dans l’usage de mon pouvoir, je suis prêt à le faire. Je n’ai de toute façon rien de particulier à cacher à ma Reine. Certaines affaires ne la concernent pas mais je doute qu’elle perde du temps à fouiller mon esprit alors que nous avons une affaire à régler dans laquelle, à un moindre degré que moi, mais elle a également des intérêts. Et puis dans le pire des cas, cela me forcera peut-être à commencer à développer des défenses mentales puisque n’ayant jamais appris à en user, je ne sais si je suis incapable d’en produire ou si je manque simplement de pratique.

En attendant sa réponse, je remarque immédiatement la silhouette trapue de Rosneef faisant son apparition au niveau de l’entrée. A l’inverse de la carrure de géant des glaces de mon père, Piotr Rosneef est en effet construit sur un tout autre modèle. Ne dépassant pas le mètre soixante-cinq, ses épaules larges et sa bedaine à vodka pourraient lui donner un air presque débonnaire à qui ne le connaîtrait pas. Pourtant, il s’agit d’un des hommes les plus dangereux de la pègre russe. Derrière une façade débauchée, il possède en effet une intelligence rare et sait faire preuve d’une implacabilité à toute épreuve pour se faire respecter. La violence n’est ainsi pas son arme de prédilection mais, si elle apparaît comme la seule option viable, il se révèle alors dénué de la moindre empathie. A ses côtés, j’aperçois son fils adoptif et second, Leonid. L’homme est un véritable mystère et à part savoir qu’il est marié à la fille unique de Rosneef, Alisa, je ne sais rien de lui. Personne ne sait même si l’union est de circonstances ou si les mariés s’apprécient sincèrement. Leonid a en effet grandi sous la protection de Rosneef depuis son adolescence pour des raisons obscures, il est donc dur de savoir si fréquenter la sublime Alisa a fini par les faire se rapprocher ou si Rosneef y a vu un moyen de conserver un homme puissant près de lui. En tous les cas, sa présence complique les choses car je manque sincèrement d’informations sur son compte. Je ne pense néanmoins pas qu’il représente un obstacle insurmontable puisque l’offre que je viens faire à Rosneef est honnête.
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Sage
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Mer 2 Sep - 20:25

Oui, l’appropriation est osée. Elle se sait. Cela serait même une prise de risque si le parti-pris de Nikolaï laissait encore à douter ; mais son sourire à mit fin à cela. La sincérité est une chose dangereuse dans leur milieu, quand bien même il est improbable que le Léviathan leur en tienne rigueur : tout comme le précédent Roi Noir, celui-ci a toujours été honnête envers ses collaborateurs. Néanmoins là où le précédent cherchait à maximiser la collaboration, l’actuel a toujours clairement écarté ceux qui l’entravaient. Ils auraient fait une bonne équipe, tel que l’ancien l’avait escompté à l’époque, mais aujourd’hui il fallait négocier avec le pire des deux. Sébastian Shaw avait évincé Noctis pour être évincé par Sébastian von Orchent, laissant supposer que seul un nouveau Roi Noir pourrait perpétrer la tradition. Tradition qui n’a jamais impliquée la tête d’une tour servie sur un plateau et la lobotomie d’un roi, quand bien même la première Reine Noire tenait aussi son cercle par la puissance. Le Cercle Intérieur avait, par deux fois, été tenus sous le joug d’êtres se pensant divin et ayant les capacités de le prétendre ; la dernière fois, c’était par les règles du Cercle que le plus ancien c’était fait renverser. Cette fois-ci, il faudrait que s’en soit de même. Le Léviathan le savait, ce n’était pas difficile à prévoir, mais cela allait dans son sens de tester les capacités tant de la nouvelle Reine qu’il avait mise en place que de ce nouvel agent qu’il avait plébiscité. Un immense test en sommes.

Cette soirée en sera remplie et le suivant advient avec une situation à laquelle la Lady n’a pas fait attention ; faire face au Léviathan lui demande plus de concentration que cela ne devrait et elle en néglige les autres fils de son immense toile. Hors, un fil se tisse à destination de son esprit et cherche à y entrée sans plus de manière, ni bonne ni mauvaise. Le pare-feu l’analyse comme toute autre chose entrant en contact avec la muraille qu’il forme mais la décision quand à l’acceptation ou le refus passe par une réflexion bien plus longue que l’instantanée habitude. Surprise, sans doute. Heureusement, le temps de surprise est suivit d’un temps de réaction humain et Tessa en use à bon escient, capable de faire plus de chose en une seconde qu’un être lambda en une vie. Le fonctionnement du Cerveau Numérique de Sage rend son esprit bien différent des standards humains et mutants, même de ceux des télépathes : les pare-feu délimitent des zones entières telles les murailles d’un fort, la première enceinte cernant l’entièreté du cerveau et la seconde se trouvant  dans ses pensées profondes, tandis que les capacités d’analyse font fonctionner tout cela comme une immense usine où les secteurs peuvent se reposer séparément et où les données peuvent migrer des uns aux autres de façon volontaire, pouvant aller jusqu’à être expulsé hors des murs. Dans le cas de la pensée de Nikolaï, la réflexion mentale l’a conduit dans l’esprit d’une autre femme de la condition de Lady Hartley, détournant tant le message que la perception de quelques secondes vers une zone bien plus normale mais supposée tout aussi ordonnée ; une zone qu’elle a pu observer également. Nikolaï a-t-il eu le temps de sentir les défenses naturelles capables de donner de la difficulté aux plus grands télépathes du monde avant d’entrapercevoir le miroitement de son fil psychique vers un autre esprit ? Sage ne saurait le dire mais elle sait une chose : n’ayant jamais accepté d’apprendre des capacités létales dans le domaine de la télépathie, même son contrôle mental et ses illusions ne pouvant blesser autrui, son esprit guère plus dangereux que celui du commun une fois le pare-feu franchit. Bien sur, elle peut causer des problèmes mentaux en incrustant des commandes psychiques mais si elle n’a aucune attaque à réfléchir, Tessa ne peut infliger de dégâts.

Contenant la pointe de mécontentement face à la témérité imprudente de Nikolaï, la Lady crispe simplement la mâchoire et laisse-là l’invitée qui risque de rentrer dans la danse, suite à l’écho télépathique dont elle a été l’infortunée réceptrice. Heureusement que la plupart des gens évitent d’ébruiter la chose lorsqu’ils entendent une voix dans leur tête.

- Etes-vous capable d’écouter une conversation par communication télépathique ?

- Oui, répond-t-elle impassiblement, alors que le jeune télépathe détourne son attention vers celui qui a motivé tout ceci. Néanmoins, la première leçon qu’il vous faudra apprendre est à établir une communication neutre.

Marquant une pause, Tessa attend que Nikolaï lui accorde de nouveau son regard, portant le sien face aux deux autres mafieux ; ses pupilles se rétractent un instant alors qu’elle lit les informations de Piotr Rosneef et de son jeune second jusqu’à leur génotype.

- Lorsqu’un télépathe pénètre un autre esprit, il entend généralement toutes les pensées instantanées et peut, fonction de son niveau, aller jusqu’à capter les messages nerveux sensoriels ou les hormones émotionnelles ; c’est généralement à partir de cela qu’il peut les truquer. Néanmoins, afin d’éviter l’ascendant sur l’autre dans le cadre de discussion entre deux télépathes, le point de rencontre de leurs constructions psychiques se fait à même le plan astral : chacun choisit alors ce qu’il veut transmettre.

Une solution plus appréciable pour les deux partis que la domination de l’un sur l’autre. Arrêtant son pas, la Lady fixe le jeune parrain.

- Il est probablement temps pour vous de vous en aller vers votre objectif. A la prochaine déformation de votre esprit, laissée l’excroissance dans le vide du Plan Astral, comme une main tendue ; elle sera saisie. Réussissez cela et nous pourrons passer à la suite, où vous devrez surement faire le tri des informations que vous m’enverrez, la conversation incluse si vous le souhaitez.

Relâchant Nikolaï pour se positionner face à lui, bras le long du corps, Tessa entreprit de conclure sur le ton de la réprimande.

- Il est possible que mon contact ait été d’une trop grande familiarité, auquel cas veuillez m’en excusez. Néanmoins, vous serez remercié de ne plus vous rendre dans mon esprit sans y avoir été convié au préalable. C'est une familiarité qui ne vous est pas accordée.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Dim 13 Sep - 17:53

La réprimande royale cingle l’air, telle la menace à peine voilée qu’elle est. Pourtant à aucun moment la Reine n’a élevé le ton. Il lui a suffi de moduler sa voix pour que je me retrouver à baisser instinctivement le regard, dans l’attitude naturelle de l’enfant pris en faute. En d’autres circonstances, je m’en serai voulu de montrer ainsi mes faiblesses mais je m’estime actuellement trop heureux que l’agacement de Lady Hartley n’ait pas eu de répercussions supérieures à une simple reprise orale pour me préoccuper de quoique ce soit d’autre. C’est qu’à force d’ascension au sein du Cercle, j’en viens parfois à oublier qui je côtoie et la capacité qu’ont la plupart des personnes à mes côtés d’en finir avec moi d’un geste, voire d’un mot. Désirant au plus vite laisser cet impair derrière-moi, je me contente d’un simple acquiescement à l’arrière-goût d’excuse.

-Cela ne se reproduira plus. J’ai outrepassé mes droits et vous m’en voyez désolé.

Plus encore qu’une erreur inconsciente, je réalise que mon imprudente intrusion est le résultat d’un apprentissage lacunaire. J’ai en effet été formé à pénétrer l’esprit de quiconque pour y chercher les informations dont j’avais besoin sans jamais me préoccuper d’obtenir l’accord du propriétaire. Raison également pour laquelle je n’ai encore jamais communiqué avec un autre télépathe. Je n’en ai pas eu besoin jusqu’à aujourd’hui. Même dans le cas de mon professeur, ce dernier n’usait pas de télépathie pour s’adresser à moi. Il m’invitait à visiter son esprit pour que j’apprenne à contourner un bouclier mental mais il ne m’apprit jamais les bonnes manières à user en cas de rencontre avec un autre télépathe. Je retiens donc chaque phrase de l’explication que me fournit Lady Hartley, rassuré d’avoir une excellente mémoire et d’avoir étudié la théorie derrière les capacités télépathiques depuis notre dernières conversation sur la possibilité de me faire progresser dans ce domaine. Dans le cas contraire, je ne suis pas certain que j’aurais aussi aisément compris ses directives.

Après un dernier hochement de tête respectueux en sa direction, je me dirige vers la table qui m’a été attribué alors que Rosneef s’y installe déjà, Leonid à sa droite dans une symbolique qui n’échappe à personne. Je reconnais également un parrain albanais que je n’ai encore jamais rencontré en face d’eux ainsi que deux dirigeants de cartel nigérians avec qui j’ai déjà eu l’occasion de traiter à l’époque où je servais de détecteur de mensonge personnel à Père. Chaque nationalité est assise dans son coin, des gestes de tête mi respectueux, mi méfiants s’échangeant à l’arrivée d’un nouvel invité mais sans que personne n’entame réellement de conversation avec ses voisins. Il est donc temps d’aller bousculer cet ordre trop bien établi. Mais avant cela, suivant les consignes qui m’ont été données, j’avance mon esprit sur le plan astral et y attend celui de la Reine. Puis, lorsqu’elle me rejoint je lui fais un topo sur chacun des participants présents. La conversation que j’envisage d’avoir avec Rosneef se déroulant dans notre langue natale, je doute que quiconque s’y immisce à l’exception probable de Leonid mais je préfère parer à toutes les éventualités.


*Milady, au cas l’information soit d’un intérêt quelconque par la suite, deux sièges sur la droite de Rosneef et son second, vous trouverez Siaka et Ngozi, deux des principaux dirigeants du réseau de drogue nigérian. Et encore plus à droite, en face de Rosneef, se trouve Hoxha, une figure montante de la pègre albanaise*

Pur une fois, j’ai l’impression que les cours de Who’s who dans le monde du crime organisé que Dimitri m’impose de temps à autres ne sont pas si inutiles. Ainsi, lorsque je m’installe avec tranquillité sur le siège à gauche de Rosneef, je sais exactement à qui j’ai affaire. Les regards se tournent un instant vers moi, se demandant surement ce qu’un si jeune homme fait seul à la table. Mais, très vite, l’intérêt est détourné lorsqu’il devient clair que je ne représente pas un danger quelconque. Les seuls qui continuent à me fixer d’un air circonspect sont Rosneef et Leonid qui doivent sûrement se demander de quel droit je me suis installé à leurs côtés. J’abrège donc leurs conjectures en me présentant dans ma langue natale, tout en maintenant le lien télépathique ouvert avec Lady Hartley pour qu’elle puisse écouter la conversation à venir sans pour autant lui ouvrir le chemin à mes pensées personnelles.

-Mr Rosneef, c’est un honneur de vous rencontrer enfin. Je suis Nikolaï Mikhaïlovitch Kolyakov, Père m’a toujours dit le plus grand bien sur votre personne.

La lueur de reconnaissance qui s’allume dans son regard laisse rapidement la place à une méfiance bien compréhensible.

-Le cadet de Kolyakov ? Tu as bien grandi, la dernière fois que je t’ai vu tu te réfugiais encore dans les jupons de ta mère au moindre bruit.

Fort peu probable sachant qu’elle m’aurait probablement renvoyé d’où je venais de peur que je n’abîme sa tenue de soirée mais je comprends l’intention derrière l’expression. Si je n’ai aucun souvenir précis de l’homme c’est car la dernière fois que nos routes se sont croisées je portais encore la culotte courte. Je souris aimablement.

-Bien des choses ont changé depuis.
-Oui, j’ai entendu parler de la passation de pouvoir.

Quel bel usage de l’euphémisme. C’est tout à son honneur.

-Je n’aurais jamais pensé que Mikhaïl se retirerait de sitôt. Il semblait parti pour régner indéfiniment. J’espère que la retraite anticipée lui réussit.

Mon sourire se tend volontairement, démontrant une gêne que je ne ressens qu’à moitié.

-Tout le monde ne peut pas bénéficier de votre longévité dans les affaires mais il sait se tenir occupé. Après tout, chacun a dû se réadapter à la nouvelle configuration familiale.

Comme s’il avait senti la pointe d’amertume qui pointe de mes propos, ou alors trouve-t-il simplement que je dérange son maître depuis un peu trop longtemps avec mes histoire, le regard de Leonid se plante sur moi et je me sens observé au plus profond de moi-même. A tel point que je ne peux m’empêcher de demander mentalement à Lady Hartley si elle perçoit la moindre activité télépathique du côté du second de Rosneef. Cela expliquerait pourquoi ce dernier se l’est attaché si jeune. Et dans le cas contraire, je respecte sa capacité à vous donner l’impression de voir à travers vous d’un simple regard d’ébène.

-Certains avec plus de facilité que d’autres néanmoins, finis-je pour amorcer la transition une fois que la Reine aura répondu à ma question.
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Jeu 17 Sep - 13:02

La réaction de Nikolaï déclenche sur son visage de traces de remontées de sourcils, une légère ouverture entre la paupière supérieure et ceux-ci ainsi qu’une trace de décrispation de la mâchoire ; elle a conscience de manifester un 1A+2A+5B+26A, la formule FACS de la surprise. Cela ne dure qu’un instant et la Lady reprend son impassibilité mais l’enfantillage, à défaut de la faire se radoucir, ne l’a pas laissée indifférente. L’acquiescement et la parole sont encaissés comme tel cependant, n’entrainant pas la moindre réponse. Fixant le jeune homme, Tessa le laisse réfléchir avec le poids de ses pupilles azurs, froides.

Ils s’en quittent sur un hochement de tête mutuel et la Reine Noire regarde le jeune parrain s’en aller à sa table faire ses affaires avant de s’en retourner aux siennes. Difficile de dire si cela enchante Nikolaï de se retrouver ainsi avec les représentants de son milieu mais Tessa se passerait bien de la table des Lords Cardinaux. Surtout lorsqu’il n’est qu’un seul Lord Cardinal pour faire face à l’Imperial, son assistante personnelle et sa secrétaire qu’il a attribué à tout le Club ; cette place a toujours été la plus enviable à ses propres yeux, tout autant que celle d’un arbitre impartial et n’étant visé par aucun parti. Ce n’est plus sa position aujourd’hui et, sans la regretter, elle aurait préférer la prendre plutôt que d’assurer une intendance risquant de mal se terminer. D’un autre côté, son secrétariat c’est mal terminé également.

S’asseyant à droite du Roi Noir, telle que le veut sa place sur le plateau d’échec, Tessa ferme les yeux un instant. La pause passée, elle en vient à son tour chercher la construction de Nikolaï pour y entremêler la sienne, fixant la scène du Moulin Rouge sur laquelle le spectacle ne tardera plus à présent que tous rejoignent leurs tables. Les pensées de Nikolaï sont acceptées par le pare-feu et raisonnent dans la tête de la Lady, rejoignant le flot de données qui y est analysé. Les informations sont enregistrées sur le même principe qu’elles lui ont été fournies, au cas où, néanmoins aucune réponse n’est fournie pour l’instant ; pour la simple raison qu’il n’y en est aucune à fournir. Le retour des von Orchent pour prendre place à leur table n’est pas non plus des plus encourageants à répondre, considérant que tous doivent déjà avoir perçue la conversation à défaut d’en avoir le contenant. Le malaise est là, même s’il n’est guère manifesté.

La discussion s’engage avec le naturel des gens « comme eux », et sur les deux tables. S’il est difficile de voir ce qu’ils ont en commun à part leur participation au HellFire Club, pour celle où Tessa est physiquement présente, il l’est beaucoup moins pour Nikolaï et ses homologues. C’est le point le plus perturbant pour un télépathe, généralement, que d’avoir ces multiples voix dans sa tête ; peut-être plus que pour les gens victimes de sa télépathie. Néanmoins elle-même pratique cela depuis plus de vingt ans et a eu le meilleur professeur qu’on puisse avoir dans le domaine, ainsi donc ni la double conversation ni les voix ne la perturbe le moins du monde. Et il est des similarités dans les civilités comme la prise de position sur l’échelle des pouvoirs, également. Et comme pour les von Orchent, ce n’est pas l’individu qui parle qui est celui dont il faut le plus se méfier, mais le second qui ne dit rien. Echangeant une parole à Amanda, Tessa transmet une pensée et des informations le long de son lien mental.

*Ce n’est pas télépathique mais Leonid est bien un mutant. Vision améliorée à large spectre, contrôlable et contrôlée. Usages multiples depuis le scannage de son environnement à l’analyse en profondeur de la structure anatomique. Cela ne lui permettra cependant pas de détecter votre mutation par observation des modifications de votre cerveau.*

Un pouvoir physique visuel, cela fait quelque temps qu’elle n’en a plus vu. Hormis le sien, qui lui a permit en un seul regard d’analyse le grand jeune homme à la coiffure militaire qu’est Leonid Rosneef jusqu’à son génome. Un grand nombre d’informations que la Lady ne fait cependant pas partager, laissant juste échapper les conclusions, afin de préserver l’esprit de Nikolaï. Sans doute qu’injecté directement dans son cerveau, comme s’il était s’agit d’informations innées, ne serait guère plus perturbant que l’apprentissage télépathique classique mais donné à la conscience cela pourrait être douloureux. Un cerveau normal ne peut supporter ce que fait le Cerveau Numérique et la conscience de Sage elle-même c’est détachée du flot de données qui remonte à sa surface à chaque instant.

Sébastian von Orchent reprend la parole alors que les menus sont distribués, précédent d’une dizaine de minutes le commencement de Féerie, l’un des spectacles qu’aucun appareil d’enregistrement n’a put voir et ne verra probablement jamais. Les choix les plus aisés seront ceux de la carte, Tessa en est consciente mais la voix du Roi Noir entreprend de lui montrer combien ce sera vrai.

*Nikolaï, Leonid risque de vous percer à jour si vous mentez, par l’intermédiaire de votre cœur ou de vos muscles faciaux. Vous devriez tenter d’infiltrer son esprit parallèlement à notre conversation. L’étendue de votre maitrise m’est inconnue, sans doute cela vous sera-t-il aisé, néanmoins l’exercice se complexifiera à mesure de la soirée. Prenez garde aux erreurs d’inattention.*

S’il est bien un domaine où elles ne pardonnent pas, c’est la télépathie. La majorité des télépathes finissent avec des troubles mentaux à cause d’elle, qu’il s’agisse de partie de personnalité voir de personnalités complètes ramenées d’autres esprits, d’une simple perte de la leur ou d’autres désordres moins enviables encore. Les télépathes sont crains car seuls d’autres télépathes sont en mesure de leur faire opposition, dans la plupart des cas, mais ils sont également la personne la plus dangereuse pour eux-mêmes, fonction de leur potentiel, de la docilité de leur compétence et de la force de leur volonté. Tessa a eue la chance d’avoir les trois et elle attend de voir ce que possède Nikolaï.

Parallèlement, elle fixe son interlocuteur physique qui lui fait sans détour quelques explications sur sa guerre secrète. Les choses se poursuivent, sans réelle surprise, et les Maraudeurs semblent dissous. Essex a échoué sur le plan politique et l’alliance autour du HellFire Club a condamnée toute chance de réussir une opération à découvert, maintenant il reste à détruire le réseau underground ; une chose bien plus complexe. Et une chose pour laquelle le Léviathan développe une « nouvelle arme ». La Lady déglutit, consciente qu’elle n’aimera pas ce qu’elle va entendre.

Un Lord Cardinal peut prendre une initiative sans consulter le reste du Cercle Intérieur pour peu qu’il en assume l’entière responsabilité et c’est ce que Sébastian von Orchent a fait ; contrariant. Contrariant lorsqu’on sait quels sont ses objectifs actuels et les moyens dont il peut faire usage pour les atteindre. Il semblerait que la Reine Noire se soit vue reléguer les opérations sur le sol occidental pendant que le Roi se concentrait en orient. Hors, depuis une année, l’orient est le producteur d’une arme fort intéressante.

Détournant le regard jusqu’à son menu, elle reste impassible alors qu’il lui assène une révélation qu’elle a déjà comprise : le Speed X a faites ses preuves, il en est pour vouloir le transformer en arme.

*Comment vous en sortez-vous, Nikolaï ?*

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Dim 27 Sep - 16:33

Vision améliorée. Voilà qui explique pourquoi j’ai l’impression qu’il peut voir jusqu’à la moelle de mon être. C’est parce qu’il peut. Ça ne va pas me faciliter la tâche s’il peut détecter le moindre de mes changements d’humeur mais l’affaire n’en devient pas pour autant impossible. Une fois de plus, je rappelle que l’offre que je viens faire à Rosneef est tout ce qu’il y a de plus honnête. Non seulement cela, mais il a sérieusement à y gagner. Je n’aurais pas préparé aussi soigneusement mon coup si je n’étais à peu près sûr d’obtenir le résultat que je désire. L’objectif n’est pas de me faire rembarrer comme un mal propre mais bien de repartir avec le soutien du vieux parrain. Sans me laisser démonter pour la découverte de la mutation de Leonid, je poursuis donc sur ma lancée, amorçant le sujet qui m’a amené jusqu’à eux.

-Personnellement, je trouve fort à redire à la gestion de mon frère.

Nul besoin d’y aller par quatre chemins. J’envisage de renverser Alekseï et suit venu demander le soutien de Rosneef, tenter d’édulcorer la réalité ne me mènera pas loin. Encore moins avec un détecteur de mensonges humain face à moi. Je laisse cependant le temps à l’information de faire son chemin dans l’esprit des deux hommes face à lui, leur permettant de tirer leurs propres conclusions avant d’enchaîner. J’en profite d’ailleurs pour mettre en pratique les conseils de Lady Hartley et commence par m’infiltrer dans l’esprit de Rosneef. Ce n’est pas la première fois que je tente une intrusion alors que mon esprit est par ailleurs connecté à celui d’un autre mais la sensation de dédoublement n’en est pas moins étrange. Pourtant ce n’est pas une réelle ubiquité, mon esprit n’est plus auprès de celui de la Reine tandis qu’il s’introduit dans le cerveau de Rosneef, seul le canal de communication entre nos deux psychés reste ouvert. Ma concentration, elle, est toute tournée vers mon interlocuteur du soir.

Interlocuteur qui se demande ce que j’insinue avec mes remarques et dont la patience commence à se réduire fortement. Il n’est en effet pas habitué à ce qu’un blanc-bec quelconque, fut-il fils d’un ancien partenaire d’affaires, s’immisce à sa table et monopolise son attention. Son irritation est cependant contré par une réelle curiosité et une pointe d’acquiescement, il n’apprécie pas l’attitude de mon frangin, j’avais vu juste de ce côté-là. Ne m’attardant pas plus longtemps, je passe à l’esprit de Leonid. Je ne suis pas surpris de le trouver aussi rigide que son propriétaire mais c’est d’autant plus facile à naviguer. Toutes les pensées sont rangées logiquement et le sentiment qui domine est celui d’une méfiance grandissante à mon égard. Il ne me considère pas comme une menace mais désire savoir ce que je veux à son maître histoire de pouvoir décider d’une fois pour toutes si je dois être éliminé ou non. Et de quelle façon. Charmant et compréhensible. Il ne fait que ce pourquoi il est payé. Quoiqu’il en soit, il est temps de mettre fin à leur attente et de leur expliquer la raison de ma présence.


-Raison pour laquelle j’envisage une nouvelle « passation de pouvoir », j’use exprès de sa formule pour qu’il comprenne bien que j’y mets la même signification que lui tantôt, et le plus tôt sera le mieux.

Le regard du vieil homme s’écarquille un instant avant de retrouver une totale neutralité. Je viens de lui en boucher un coin ça pour sûr. Il faut dire que je viens de déclarer vouloir renverser mon frère avec la même tranquillité que si j’avais été en train de discuter de la pluie et du beau temps.

-Un tel changement ne peut néanmoins s’organiser sur un coup de tête et je chercher à assurer mes arrières avant de passer à l’action. J’espère par conséquent pouvoir vous intéresser à mon projet ce soir. Le cadre n’est peut-être pas le plus propice à une discussion d’affaires mais les occasions de nous rencontrer sont si limitées que j’ai agi comme j’ai pu.

Me taisant de nouveau, j’attends la suite et alors que je m’apprête à aller chercher la réalité des pensées des protagonistes à la source avant même d’écouter ce qu’ils accepteront de me révéler, la voix de Lady Hartley résonne dans mon esprit pour me demander des nouvelles. Je lui explique donc que nous arrivons au nœud du problème et que je le tiendrais au courant de l’avancée des négociations dès que j’en sais plus. J’aurais aussi pu attendre de m’introduire dans les esprits de Rosneef et Leonid avant de lui répondre mais après ma bourde de tout à l’heure, je préfère ne prendre aucun risque avec le protocole. Si la Reine appelle, je réponds et puis basta.

Faisant un rapide saut dans l’esprit de Leonid, je le découvre assez abasourdi par mon culot mais préférant attendre l’avis de son patron avant de faire quoique ce soit. Je passe donc à l’esprit de ce dernier et réalise que deux émotions contradictoires font rage sous sa tête. D’un côté, mon côté jeune loup ambitieux l’agace, de l’autre il ne peut s’empêcher de reconnaître que, dans notre milieu, qui ne tente rien n’a rien. Autrement dit, mon impudence l’irrite et l’amuse à parts égales. A moi donc de faire pencher la balance de mon côté.


-Bien entendu, je ne viens pas les mains vides. Il est de notoriété publique que votre empire n’a plus besoin que de s’ouvrir les portes de la haute administration pour prospérer sans inquiétude aucune et bien c’est cela que je vous offre. Soutenez ma prise de pouvoir et vous et vos hommes serez toujours les bienvenus dans le réseau de casinos Kolyakov.

Cette fois-ci, je n’ai pas le temps de m’infiltrer de nouveau dans son esprit, à l’affût de la réussite ou l’échec de mon appât car il reprend la parole.

-Tu m’as l’air affreusement certain de ton coup. Penses-tu que ta famille pourrait se remettre de deux changements aussi soudains sans que ses fondations ne s’effondrent sous elle ? A force de trahisons au sommet, les hommes du dessous finissent par croire qu’il s’agit de la règle à suivre.

Plutôt que de me précipiter dans ce piège si évident, je préfère faire une nouvelle incursion au royaume des pensées rosnéviennes et suit rassuré de voir que, derrière des précautions de façade, mon offre a atteint son objectif. Sans compter qu’il n’y a aucune amitié particulière entre Alekseï et lui, contrairement à la camaraderie qui pouvait le lier à Père, les avantages qu’il pourrait tirer d’un accès illimité au réseau familial de casinos sont nettement supérieurs aux inconvénients que s’attirer les foudres de mon frère en cas d’échec de ma part comporte. Après tout, tout le monde sait que, qu’il me prête ou non certains de ses hommes, rien ne l’oblige à tenir ses engagements en cas d’échec patent. Et puis Alekseï n’oserait pas entamer une guerre ouverte avec une des familles les plus puissantes du pays juste parce qu’ils m’auraient soutenu dans une prise de pouvoir ratée. Autre façon de dire qu’il n’a rien à perdre et qu’il le sait. Tout comme le sait Leonid dont les muscles se sont détendus désormais qu’il est clair que, même mes idées farfelues ne causeront aucun dommage à son patron. Attendant la réponse de celui-ci, je reprends donc contact avec Lady Hartley, sûr de mon coup cette fois-ci.

*Il a mordu à l’hameçon. Vont désormais venir les négociations de circonstance mais la petite virée dans son esprit m’a assuré de son soutien. Il a trop à gagner pour ne pas tenter le coup. Il a beau s’être assagi avec le temps, on n’arrive pas à son niveau sans un certain goût pour les paris. Et celui que je lui propose n’est même pas particulièrement risqué.*


Du moins par pour lui, rajoutais-je dans l’intimité de mon propre esprit.
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Sage
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Sam 10 Oct - 17:17

Nikolaï en est au nœud du problème, menant la conversation, là où Tessa atteint ce même point sans rien contrôler. Il y a des similarités de manières sur les deux tablées mais elle n’oublie pas que tous appartiennent au milieu du crime organisé à son exception ; elle sait s’y adapter, cependant. Les voix raisonnent autour d’elle comme dans sa tête mais ce ne sont qu’informations de plus, traitées parmi d’autres. Suivre deux conversations, voir trois du fait des transmissions du parrain télépathe, n’est d’aucune difficulté. La tension induise par le Léviathan est un point bien plus complexe.

Croisant les doigts de ses deux mains avant d’en poser la tranche sur la table, la Lady s’enquiert de l’avancement de ce projet paramilitaire qui n’aurait pas du être entamé sans sa consultation. Une chose amusant beaucoup Sébastian von Orchent : la place de Reine Noire n’a été attribuée que parce que les X-Men n’ont pas tenus leurs engagements, trop occupés à devenir des stars de la télévision mélodramatique et à exploiter leur statut particulier pour lancer leurs carrières en lieu et place de se servir de leurs carrières pour promouvoir leur message, un cruel manque de jugeote qu’il fallait combler puisque la X-Team n’est plus qu’une épave suite aux gangrènes dignes d’une sitcom.

Il fallait donc une personne pour couvrir les arrières si magnifiquement éclairés par les projecteurs et jusqu’à preuve du contraire, considérant le passif de « Tessa » au HellFire Club, elle est le plan B idéal. Un plan B réévalué à la hausse vis-à-vis du plan A pour permettre une pérennité mais un plan B tout de même. Ceci étant établit, il ne faut pas surestimer l’influence d’une « Reine Noire » datée d’une génération dans ce milieu où seuls les plus compétents prospèrent. La force du HellFire Club est qu’à défaut d’être loyaux ses membres ont la bonne intelligence de travailler ensemble et d’être constructifs, une chose que les X-Men ont un grand mal à accomplir depuis bien des années, hors cette loyauté revient à celui qui a reconstruit le Cercle actuel.

Oh, bien sur, les ambitions et les rancunes des Agents peuvent permettre à qui est suffisamment malin de les retourner contre le Lord Imperial. En quoi est-ce nouveau ? Le désir de toute personne est d’augmenter son pouvoir tout autant que celles qui le détiennent ne veulent pas le perdre lorsqu’elles sont suffisamment lucides pour voir ce qu’il leur apporte comme avantage. Et c’est pourquoi le petit jeu ci-présent n’est qu’un vaste jeu de tests : ils sont tous testés, à travers Loyautés et Ambitions, Fiabilités et Parti-pris… Un test dont le Léviathan garde les résultats secrets pour l’heure, peut-être dans l’éventualité d’une nouvelle purge. Car ce sont bien les purges qui ont évité au Cercle Intérieur de moisir comme l’a fait la X-Team.

Les pensées de Nikolaï côtoient celles de Sage alors que les conversations sont aussi parallèles que les situations : il a mordu à l’hameçon lui aussi. Pas de quoi faire bouger le visage impassible de la Lady cependant, l’esprit affairé aux négociations de circonstance des deux côtés.

*Bien. Votre but est pratiquement accompli sur ce plan-ci. Afin de complexifier l’exercice précédent, essayez de suivre leurs deux flux de pensée simultanément, Nikolaï.*

- Vous savez, Monsieur Hobbes, ma participation à notre association n’en tient plus à un objectif sécuritaire. Comme toutes les autres, elle est motivée par l’avancement de mon entreprise.

*Au début, essayer d’alterner votre concentration afin de suivre au mieux les différents échos de votre esprit, sauf bien sur si vous parvenez à les suivre tout deux sans difficulté.*

- La représentante de ma famille vous a peut-être fait faux bond, sans rien de personnel à cela évidemment mais vous la connaissez mieux que moi, mais il est des membres pour rattraper les choses et agir malgré tout tel que cela a été convenu.

*Dans ce cas, n’hésitez pas à essayer de me les transmettre également. Ne tirez pas sur la corde si les voix de votre esprit commencent à l’agresser, cependant.*

- C’est bien là la raison pour laquelle je vous écouterai et tâcherai de travailler à votre projet tout autant que je vous invite à travailler aux miens. La coopération est une chose qui reste à apprendre aux plus jeunes d’entre nous, coincés dans leur vision de l’Idéal et déséquilibrés dans leurs vies, mais elle ne me pose aucun problème.


Les armes à Speed X, ce n’était qu’une question de temps avant qu’elles fassent leur apparition. C’est probablement le but des Zodiaques depuis le début d’ailleurs, il est incohérent qu’un groupe puisse monter un réseau de distribution mondiale d’une drogue n’étant pas rentable puisque tuant ses utilisateurs sans avoir du financement pour quelque chose de plus productif à moyen ou long terme.

Et une industrie se nourrissant des tensions et des conflits était toujours extrêmement productive, que cela soit légal ou non. Plutôt que d’aller contre cela, chercher à le contrôler afin de le restreindre est la meilleure option qui s’offre à elle, quand bien même la puissance militaire du HellFire Club va croitre à nouveau ; peut-être même au-delà de celle de Weapon X, lequel se remet toujours de sa destruction précédente malgré les soutiens officieux du BAM, du FBI et de la CIA. Un danger duquel elle protège et protègera les siens puisque c’est là sa principale motivation, malgré le mensonge précédent.

La discussion est interrompue par le serveur qui prend les commandes, chaque table ayant le sien, puis reprend une fois qu’il est parti.

- Voici ma proposition : notre association utilisera ses contacts vis-à-vis des fournisseurs pour un double objectif. Le premier est de s’assurer des quantités de substance suffisantes à produire des armes, ainsi qu’à la dupliquer au besoin. Le second est de s’intégrer à la filière pour l’identifier et fournir à ma famille des informations suffisantes pour la neutraliser. Le Club gagnera en puissance militaire tandis que les X-Men nettoieront les rues de la drogue et de ses effets secondaires destructeurs. Qu’en dites-vous ?

Les propositions sont faites sur cette tablée et, même si la Lady y agit directement, elle n’en perd pas de télépathie celles de l’autre table et de son seul véritable allié.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Ven 16 Oct - 12:18

La proposition de la Reine n’est que le conseil de celle qui s’est proposée de jouer le rôle de mentor télépathique mais je ne peux m’empêcher de la prendre comme un défi. Je n’ai jamais essayé de m’infiltrer dans deux esprits à la fois. Tout autant parce que je n’en avais jamais vraiment eu besoin jusqu’à aujourd’hui que parce que je ne pensais pas cela possible. Preuve de ms lacunes en termes de théorie psychique. En effet, si je me base sur les suggestions de Lady Hartley, il s’agit moins de pénétrer deux consciences à la fois que de commencer par passer de l’une à l’autre jusqu’à pouvoir synchroniser les deux flux de pensée.

Si j’use d’une comparaison un peu bancale mais qui a l’avantage d’être suffisamment claire pour me faire comprendre, c’est comme si j’écoutais un morceau en mono : d’abord l’oreille droite, puis la gauche, puis à nouveau la droite et ainsi de suite jusqu’à finir par passer en stéréo. Autrement dit, jusqu’à écouter le morceau des deux oreilles en synchronisation parfaite et pas en simple superposition. Sauf que, bien entendu, tout ceci est plus évident à expliquer qu’à mettre en pratique. Je me mets donc au travail sans perdre un instant. Mais avant cela, je me décide enfin à répondre à la provocation du vieil homme.


-C’est un risque que je suis prêt à prendre. Après tout, tout le monde sait que la trahison n’est envisageable que lorsque le chef est faible ou qu’une meilleure option se présente. Or, lorsque j’aurais pris les rênes du pouvoir, je n’ai aucune intention de laisser la moindre faille par laquelle un possible traître pourrait s’infiltrer. J’ai déjà prévu comment me débarrasser définitivement de la menace représentée par mon frère et les avantages que je pense fournir à mes futurs hommes devraient les satisfaire amplement.

M’arrêtant un instant pour commander, je reprends avec une totale tranquillité mais une lueur sans pitié dans le regard.

-Si, malgré cela, certains se sentent suffisamment puissants pour tenter de me ravir le pouvoir, je les attendrais de pied ferme.

C’est qu’on ne grandit pas dans une famille mafieuse sans finir par comprendre que, si la violence n’est pas la solution à tous les problèmes, elle peut s’avérer extrêmement efficace de temps à autres pour rappeler au petit peuple qui dirige.

Une fois ma réponse donnée, je commence par me concentrer sur l’esprit de Leonid car il semble clair que Rosneef va bientôt reprendre la parole et je trouve intéressant de commencer par un petit échauffement consistant à suivre à la fois les paroles du parrain et les pensées du second. Et, ainsi, je découvre bientôt que Leonid, derrière une façade de désintérêt maîtrisée à la perfection, est néanmoins curieux de savoir ce que son patron va me répondre. Car, s’il est désormais évident que je ne représente aucun danger particulier pour le vieil homme, ma proposition n’en est pas moins fort peu orthodoxe et pas qu’un peu culottée. Me voilà du haut de mon quart de siècle à peine dépassé en train de prévoir un coup d’Etat me mettant à la tête d’un des principaux empires mafieux de Russie et, pour cela, je cherche à obtenir l’aide d’un des parrains les plus puissants du pays. Le tout sans que cela ne semble me poser le moindre problème. Bien entendu, c’est en partie une façade, mais seulement en partie. Je suis ambitieux et désormais que j’ai les moyens de mes projets, je compte bien les mener jusqu’au bout.


-Il faut reconnaître que tu en as dans le pantalon. Mais avant de prendre une quelconque décision j’ai besoin d’en savoir plus. Et notamment sur la promesse que tu viens de me faire.

A ce point de la conversation, je switche d’esprit, trop curieux de savoir en quoi paroles et pensées de Rosneef diffèrent.

-Tu me promets une entrée dans le réseau de casinos familial mais comment tes hommes reconnaîtront-ils les miens pour leur laisser ce fameux droit de passage ?

Alors comme ça il veut savoir si j’ai réfléchi aux détails pratiques ? Et bien qu’il se prépare à être, si ce n’est épaté, tout au moins rassuré sur mes compétences.

-Voyons Mr Rosneef, vos hommes ne seront que trop heureux de montrer vos armes aux miens.


Tout le monde sait en effet qu’à partir d’un certain degré d’importance dans une mafia, il est habituel de se tatouer le blason de la famille dirigeante. Tout homme se désignant comme subordonné de Rosneef n’aura donc aucune difficulté à nous le prouver. Et si un type est assez stupide pour se faire tatouer les armes de Rosneef sans faire partie de son empire juste pour rentrer dans nos casinos, les véritables hommes du vieil homme se feront un plaisir de lui apprendre la vie, je ne m’inquiète pas de ce côté-là.

Les sourcils du vieux parrain se froncent légèrement dans un geste qui démontre aussi clairement que ses pensées que, si mon projet lui plaît, mon attitude quant à elle l’agace sincèrement. Je ne change néanmoins rien au rôle que je joue car, pour aussi agacé qu’il puisse être, c’est ma capacité à lui répondre sans me démonter qui attire également son intérêt. Ses pensées conscientes ne le disent pas explicitement mais le sentiment diffus qui s’impose dans son esprit l’exprime, quant à lui, clairement. Seul mon aplomb à la limite de l’orgueil l’autorise à croire au réalisme de mes projets. J’ai confiance en moi et semble savoir de quoi je parle alors pourquoi ne pas parier sur mon optimisme à toute épreuve ?

Une fois les pensées du vieil homme bien ancrées dans mon esprit, je tente une excursion côté Leonid mais sans abandonner complètement l’écoute des pensées de Rosneef. Au début, je me rends compte que dès que je me concentre sur l’un, je lâche l’autre mais, profitant du fait que Rosneef prend son temps pour me répondre sans perdre contenance, je finis peu à peu par réussir à synchroniser les deux flux de pensée. Et autant vous dire que ça n’a rien d’évident. Ainsi, lorsque l’aîné de notre tablée reprend la parole, je perds sans surprise ma concentration et doit tout reprendre depuis le début. Mais, plutôt que de m’y mettre de suite, je préfère écouter ce qu’il a à dire.


-Bien. Deuxième question alors : qu’attends-tu exactement de moi en termes d’aide ?

Aha. Le climax de la soirée. On y arrive enfin. C’est maintenant ou jamais que tout se joue et pour cela, je préfère prévenir la Reine.

*Milady. Les négociations sont pratiquement terminées. J’ai réussi une première fois à réunir leurs deux flux de pensée mais je manque encore sincèrement de pratique. Je vais cependant retenter et vous transmettrais les informations ainsi reçues. Je pense en effet que vous pourriez être intéressée par les détails dont nous discutons*
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Mer 28 Oct - 20:38

Le Club gagnera en puissance militaire tandis que les X-Men nettoieront les rues de la drogue et de ses effets secondaires destructeurs. Qu’en dites-vous ?

Les pensées de Nikolaï filtrent le long de leurs fils mentaux et sont analysés simultanément à la réaction de Sébastian von Orchent, lui permettant de savoir avant même qu’il n’y ait la moindre réponse. Les sons virevoltent autour d’elle et raisonnent en elle, ce ne sont que des informations qu’elle traite avec un naturel maladif. La réalité est là, l’entourant et la traversant, mais les choses sont tant perçues qu’elles la détachent complètement. Le jeune parrain à progressé en parvenant à analyser deux flots de pensée en plus du sien, elle-même aimerait souvent être limité à cela et ne pas pouvoir le faire sur un milliard d’individus sans autre effet qu’une accélération de son cœur.

*Soit.*

Réponse brève et concise, non sèche mais neutre ; Tessa n’est pas indifférente aux pensées du jeune homme. Sa progression est vive et il n'en démontre qu’une nouvelle fois ses capacités d’adaptation, ne surprenant en rien, et elle croit volontiers que la suite puisse l’intéresser également. Il n’est pas de félicitations ou de remerciements à fournir, les choses sont ainsi tout simplement. Peut-être qu’une approbation à la fin de la soirée encouragera Nikolaï mais ils n’en sont pas encore là pour l’heure. Enfin, de façon globale : Sage a limités les dégâts de son côté, quand bien même cela ne lui est pas encore avoué.

Le Léviathan reprend la parole, confirmant ce que son visage a trahit. Cela prendra du temps de mettre sur pied une telle opération mais ce ne sera pas forcément du temps gaspillé, si les X-Men n’ont pas perdue les capacités guerrières qui ont faite leur réputation plus qu’aucune de leurs autres actions. Il est amusant de se demander qui manipule qui dans cette affaire mais la Lady l’interrompt : dans une alliance, tout le monde y gagne et c’est ainsi que les choses doivent être.

Les X-Men ne sont pas comme les autres organisations liées au Cercle Intérieur. Les X-Men ont une représentante dans le Cercle Intérieur là où les chefs des autres organisations appartiennent au Club ainsi donc si les autres organisations peuvent être subordonnées au Cercle, les X-Men y sont alliés. Remettre en question ce point est synonyme de rupture des accords entre leurs factions. Quand à considérer les X-Men comme manipulant le HellFire Club, cela aurait pu si le Speed-X avait été totalement détruit ; hors ce n’est pas le cas. Donnant-donnant.

L’amusement d’Amanda von Orchent est manifesté à sa dérangeante façon. Il est véritable que, d’un certain point de vue, les von Orchent sont plus liés aux X-Men et à X-Team que « Lady Tessa » elle-même. Il est aussi possible que ces liens leur permettent de mettre en porte-à-faux l’X-Woman avec ses coéquipières, avec sa « famille » d’intérêts là où eux ont accès à la famille « véritable ». Néanmoins c’est hors de propos et si tenter de retourner les X-Men les uns contre les autres n’est pas œuvre difficile ce n’est dans l’intérêt de personne ici. Un fait que Sébatian lui-même reconnait également.

Il leur restera, à eux aussi, le soin de régler des détails sur les opérations mais les humains n’ont pas eu le temps de découvrir lesquels qu’elle-même a déjà toutes les réponses. Et une fois de plus, ses pensées vont vers Nikolaï. Les laboratoires du jeune parrain pourraient avoir une utilité dans la production de Speed X une fois les Zodiaques sortis du jeu. Encore une fois, une alliance est faite pour que tous les partis aient un bénéfice et Tessa n’oublie pas son allié, tout autant que celui-ci ne l’a pas oubliée.

Elle écoute ce qu’il a à lui dire tout en étant consciente que les choses vont vers leur fin aussi prestement que le spectacle va vers son commencement. Bientôt, le stress de leur affaire retombera pour voir un spectacle réputé et conservé secret, leurs efforts seront distraits quelques temps avant que les choses ne reviennent comme elles le sont toujours.

Il n’est qu’une certitude dans la vie de gens comme eux, de gens qui prennent des décisions importantes et avancent par leur seule volonté et bien souvent dans la solitude : celle que le show doit continuer.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Dim 1 Nov - 10:58

Formuler une demande de manière claire et concise représente le summum de l’art de la négociation. Tout la subtilité tient dans la capacité à convaincre celui dont vous exigez l’aide que votre demande est d’une telle évidence qu’il ne peut que vous l’accorder. Simplicité et efficacité ont toujours fait bon ménage. Mais donner l’impression de la facilité tout en ne cachant pas la complexité de la réalité n’est pas tâche aisée. Je prends donc un instant avant de répondre à Rosneef.

-J’aurais besoin de votre soutien.

Je n’ai pas besoin de lire ses pensées pour comprendre qu’il apprécierait quelques éclaircissements après cette annonce pour le moins simpliste.

-Je veux dire par là que ce n’est pas tant d’une force d’assaut que d’un porte-bannière dont je voudrais pouvoir disposer.

C’est au tour de Leonid de froncer les sourcils et une rapide incursion sous son crâne m’apprend qu’il a un langage des plus fleuris derrière cet air d’armoire à glace silencieuse. Il faut croire qu’il n’apprécie pas l’idée que j’use de son patron comme d’un marchepied pour m’élever dans la société. Je continue par conséquent mes explications avant qu’il n’explose.

-Je désirerais que vous me prêtiez un petit groupe d’hommes, trois ou quatre devraient être suffisants. Néanmoins, pas n’importe lesquels de vos hommes, des personnalités connues, que quiconque associera à votre personne. L’idée est qu’il soit évident à quiconque les croisera à mes côtés que vous soutenez mes projets.

Le plissement quasi imperceptible des yeux du parrain laisse entendre qu’il commence à entrevoir où je veux en venir.


-La force de frappe sera fournie par mes propres hommes. Je ne gagnerai jamais le respect des hommes d’Alekseï si je devais me reposer sur un autre pour lui ravir le pouvoir. Mais, la présence à mes côtés d’hommes portant vos couleurs devrait calmer les ardeurs des plus belliqueux. Mon frère notamment, pour aussi impulsif qu’il puisse être, n’est pas idiot, loin de là. Il y repensera à deux fois avant de s’en prendre à moi s’il me voit si bien accompagné. Je ne pense pas qu’il se rende sans combat pour autant mais je saurais gérer cette partie du plan. La présence de vos hommes serait plus une sorte d’assurance. Une fois au pouvoir, je ne vois pas lequel des hommes d’Alekseï lui est suffisamment loyal – à l’exception de son « cercle intérieur » – pour tenter de reprendre le pouvoir en son nom si cela signifie se mettre votre empire à dos.
-Tu fais là une supposition bien culottée : celle que je risquerais mes hommes si ta position était compromise.
-Non, je joue simplement au bluff. Que je connaisse la réelle extension de notre alliance ne signifie pas que mes futurs subordonnés seront dans la confidence. Après tout, vous étiez aussi proche de Père que peuvent l’être deux rivaux, est-il donc si difficile de croire que vous me prendriez sous votre aile ?, finis-je avec un air satisfait.

Laissant au vieil homme le temps de réfléchir à ma proposition, je retente de synchroniser ses pensées avec celles de son second et suis agréablement surpris en réalisant que cela me vient beaucoup plus naturellement que la première fois. Comme quoi la pratique fait des miracles. Néanmoins, après quelques minutes, la connexion commence à se briser et je préfère lâcher du lest plutôt que de forcer et risquer de compromettre ma position au moment le plus crucial de la discussion.

-Лисица Москвы*, je trouvais le nom aussi pompeux que son propriétaire mais je commence à y voir plus clair.

Oh il sait rendre même un compliment à double tranchant, je lui reconnais cela, mais rien ni personne ne pourra ruiner mon humeur. Car, s’il n’a pas encore accepté ma proposition verbalement, il l’a fait en pensées. Même Leonid le sait, lui qui sait mieux que personne observer les mimiques et autres gestes imperceptibles de son beau-père. Je garde d’ailleurs toutes ses connaissances dans un coin de mon esprit pour les réutiliser le moment venu. Je ne peux après tout pas toujours compter sur ma télépathie, je me retrouverais bien trop handicapé en cas d’incapacité à l’utiliser.

-Permets-moi cependant une dernière question : quid d’Alekseï ? Il est suffisamment vif pour voir à travers ton bluff. Vous avez été élevé par le même homme et être plus similaires que vous n’aimez à le reconnaître.

Retenant au dernier instant une moue de mécontentement à l’idée d’être comparé à mon frère et plus encore par l’arrière-goût amer de vérité dans les paroles de Rosneef, je calme mes traits et lui renvoie un sourire mystérieux.

-Si je vous révélais tout, je ne serais pas digne de chercher à me tenir sur la même scène que vous, n’est-ce pas ?

Et alors qu’à la surprise de toute la tablée – nos trois compagnons de soirée se tournent même vers nous pour essayer de comprendre de quoi il retourne – voilà qu’il éclate de rire.

-Le digne fils de ton père. Ton air de jeune premier te vient certes de Natalia mais c’est un Kolyakov qui se cache derrière tous tes beaux discours. Je suis curieux de voir jusqu’où tu iras. Compte donc sur la présence de mes hommes. Je te préviens cependant, ils se contenteront de faire figuration et n’useront de leurs armes que pour se protéger. Tu pourrais être torturé, violé – je rêve où Leonid vient d’esquisser un sourire mauvaise à cette idée, foutu pervers ! ou tué sous leurs yeux qu’ils ne bougeraient pas un petit doigt, je me fais comprendre ?

Toute trace d’amusement a disparu de sa voix et, le temps d’une menace, j’aperçois le tueur sans pitié qui règne d’une main de fer sur la pègre russe. Je reprends donc mon sérieux et lui tend la main pour sceller notre accord.

-Je n’en attendais pas plus.

Lorsque nos mains s’entrelacent, je contacte de nouveau ma Reine et me contente d’un laconique.

*C’est fait*

Elle n’a pas besoin de plus.


*Le renard moscovite
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Dim 15 Nov - 22:08

Les choses deviennent plus familières avec la pratique, toujours ; c’est ce qui fait craindre à Sage les méthodes d’autodidactisme de son mentor, même si elle n’en a jamais parlé avec lui. Sans doute furent-elles proches de celles de Nikolaï, même si lui l’a elle pour le conseiller. En a-t-il réellement besoin ? La Lady l’ignore.

L’éclat de rire la fait réagir elle aussi, de même que le Léviathan à son côté ; en son temps, la créature fut bien plus proche des cercles mafieux qu’elle-même ne l’a jamais été et une telle réaction attire également son attention. Tessa sait que les choses sont faites avant même que la pensée de Nikolaï ne raisonne dans sa propre tête et elle prend cela comme c’est : une information. Mais une information teintée d’une petite couleur tout de même, celle de la fierté.

Sébastian von Orchent se pare d’un sourire ancien et croise les doigts, attirant son attention et soulignant que son instinct ne lui avait pas menti quand au potentiel du dernier né Kolyakov. C’est un fait. L’avenir dans la mafia pourra lui sourire, comme celui dans le HellFire Club ; mais s’il est aisé de savoir qui il détrônera dans le premier cas, c’est plus complexe dans le second. Que la Reine Noire ne s’avise pas d’escompter se trouver un nouveau compagnon pour l’heure, le Léviathan saura se retirer s’il considère son successeur digne. Sans combat ? Tous ne sont pas faits de violence.

Tessa prend une grande inspiration. Leurs objectifs de la soirée sont accomplis de part et d’autre. C’est un soulagement, même pour elle. La présence du Roi Noir et de ses suivantes reste source de désagrément mais au moins sont-ils tous là où ils voulaient être. Il n’est plus nécessaire de lutter, il n’y a plus qu’à laisser les choses se faire et à attendre que la causalité s’accomplisse. Le pouvoir des mots c’est révélé une fois de plus et ils poursuivent la mise en place de parcours de dominos qui, finalement, résumeront leurs vies.

Construire, construire jusqu’à la destruction, reconstruire après celle-ci… cela semble tout résumer. Rien ne dure éternellement et c’est parce qu’ils appartiennent à ce rien qu’ils peuvent fait tant de choses, un paradoxe puisque l’on sait que ces choses disparaitront elles aussi. Deux visions s’opposent et s’opposeront toujours : l’une dira que cela ne sert à rien de chercher quelque chose s’il est périssable, l’autre considérera que c’est justement cette périssabilité qui donne une valeur. Par pragmatisme, elle-même considère qu’accomplir du périssable est naturel pour une créature l’étant tout autant. De plus, ne rien accomplir de futile implique souvent ne plus rien accomplir du tout ; cela a résumé en partie sa vie.

Qu’en sera-t-il à présent ? Qu’en sera-t-il à l’avenir ? Elle voit des chemins tracés aux côtés d’autres comme des chemins de solitude. Elle voit des chemins tracés par d’autres, à son côté ou dans leur solitude. Elle voit trop de choses et cela les gâches. D’autres, en revanche, sont si évidentes qu’elle ne les voit pas. Ou plus simplement, elle ne les fait pas.

Sa pensée sur la périssabilité ne s’applique pas à la gratuité d’une chose ; hypocrisie ? Ignorance, plus simplement. L’Ignorance est un luxe dont il ne faut pas abuser et elle ne peut plus le faire pour un point précis. Un point précis qui lui fait exprimer une unique chose, perdue dans les échos qu’une unique autre personne peut entendre présentement.

(Félicitations, Nikolaï.)

Deux mots, dont l’un n’est pas nécessaire. Pourtant, cela traduit beaucoup plus que deux mots à qui sait entendre ; et le jeune parrain, elle le sait, est doué pour cela.

Doucement, Tessa ramène ses quelques cheveux libres dans son dos, à l’aide de ses mains. Ensuite, elle se réinstalle plus confortablement sur sa chaise, croisant les doigts et posant les poignets sur la table. Son visage n’exprime rien car elle peine à exprimer des choses sans les jouer et ne se résout pas à jouer ce qui est sincère, sans quoi il n’y aurait plus de différence avec ce qui ne l’est pas. Ses félicitations ont la sobriété de sa sincérité. C’en est presque en opposition avec l’opulence qui les entoure.

La soirée se poursuivra tout autant que leurs vies et, parce qu’ils fonctionnent ainsi, leurs projets et leurs plans. La suite viendra bientôt car, en tant qu’êtres périssables, ils ne s’arrêteront pas avant la fin.
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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   Dim 22 Nov - 15:46

Les compliments de la Reine, évènement si rare qu’il est digne d’être noté, viennent renforcer le sentiment de bien-être qui s’est emparé de moi depuis l’acceptation de mon offre par Rosneef. J’ai l’impression qu’en l’espace d’une demi-heure d’âpres négociations j’ai réussi à enclencher le premier engrenage qui me mènera finalement à la tête de l’empire familial. Il ne s’agit néanmoins que de la première étape d’un plan loin d’être évident à mettre en place et la meilleure façon d’échouer serait de me révéler trop sûr de moi. En effet, tout comme le manque de confiance en soi est un problème majeur dans le monde où je me meus car les apparences y sont maîtresses, un excès de certitudes peut tout aussi directement mener droit dans le mur.

Sans aller plus loin, Rosneef a été on ne peut plus clair sur l’étendue exacte de l’aide qu’il accepte de me fourni. Et si, comme je le disais à l’instant, la présence de ses hommes à mes côtés lorsque j’irais me débarrasser d’une bonne fois pour toutes de mon frangin sera essentielle pour laisser paraître que je dispose de l’entier soutien d’un des principaux parrains du pays, la réalité n’en sera pas moins qu’en cas de difficultés, ils ne moufteront pas. Autant dire que si l’engrenage est bien enclenché, je dois encore sérieusement l’huiler pour être sûr qu’il ne se bloque pas au moment fatidique. Mais, en attendant, j’ai une soirée de spectacle qui m’attend. Car, quitte à avoir été invité au Moulin Rouge, je compte bien profiter du show. Après tout, comme disent les hôtes de mon pays d’accueil : « No matter what, the show must go on ! ».
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MessageSujet: Re: Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]   

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Démarrer l'engrenage n'est jamais que la partie la plus aisée du travail [Sage]
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