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 La curiosité est une vertu, si l'on parvient à lui survivre [PV]

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Warren Worthington
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MessageSujet: La curiosité est une vertu, si l'on parvient à lui survivre [PV]   Ven 17 Juil - 2:41

Le secrétariat était en effervescence à Worthington Industries, car au-delà du grouillement incessant de hauts représentants, de commerciaux et d'employés, une visite sortant de l'ordinaire était en pleine phase de préparation. Warren avait toujours mis un point d'honneur à accueillir correctement ses hôtes, du client le pus important à journaliste qui semblait insignifiant à ses côtés. Ayant choisi d'accepter son interview, le mutant estimait tout à fait normal de faire un effort pour que Garrett River se sente chez lui. C'était un peu une tradition dans cette entreprise qui se voulait plus humaine que les building voisins. D'ailleurs elle était aussi un peu plus "mutante", et c'était précisément pour cette raison que le journaliste venait lui rendre visite.

Le PDG et propriétaire, prudent depuis un certain attentat, s'était bien sûr informé sur l'individu en question auparavant: un trentenaire mutant, ce qui du reste était peu étonnant vu le journal pour lequel il travaillait. Fait intéressant, il existait plusieurs types de manifestation du gêne X, tantôt invisible, tantôt drastiquement envahissant, or chez Garrett c'était le cas. Warren appréciait beaucoup ce genre de personnes, capables d'accepter le changement au point d'en tirer avantage, un supposé hybride souris journaliste, ça relevait presque du génie. Voilà le constat qui avait achevé de le convaincre de creuser un petit trou dans son emploi du temps pour recevoir Garrett qui lui avait précédemment envoyé une demande d'interview.

La dite interview concernait bien évidemment la mutation, le thème qui restait à la mode sans se fatiguer depuis des années ! Que ce soit négatif ou positif, et d'ailleurs, vu le physique des deux principaux acteurs, on se doutait de quel côté se placerait l'article de Monsieur River. Plus précisément, ce dernier s'était apparemment intéressé à Worthington Industries pour ses quotas élevés de recrutement de mutants, et pas n'importe lesquels. Un programme interne de réinsertion visait à donner un emploi à de vraies victimes du gêne X: condamnés à mort par leur propre mutation dans un délai plus ou moins court, particulièrement laids ou effrayants, handicapés voir dangereux même si ces derniers étaient moins nombreux. Angel était philantrope certes, mais il n'avait pas envie de voir son entreprise exploser du jour au lendemain. Quoiqu'il en soit, ayant à coeur d'aider ses "frères" bien au-delà encore de l'institut, Warren avait commencé à recruter ces personnes depuis des années, même si le programme ne faisait surface qu'aujourd'hui, car il avait bien évidemment fallu installer des bâtiments spéciaux, modifier des machines de construction et tout le matériel entourant ces employés. On ne pouvait pas dire que sans subvention ce soit un vrai avantage pour Worthington Industries, mais qu'importe, après le projet complètement avorté de MutaVie, Angel préférait y aller doucement, tout faire soi-même et surtout ne pas attirer les requins. Avec un petit projet comme celui-ci qui lui faisait perdre de l'argent plutôt que d'en gagner, il ne craignait pas vraiment d'attentats, sinon un petit brin d'humanité en plus dans le monde terrible des affaires.

L'heure arriva, et, ponctuelle comme toujours, la nouvelle secrétaire de Monsieur Worthington -une mutante dont la peau changeait de couleur selon les émotions- s'empressa d'acueillir l'hybride. De petite taille, bardée de rondeurs qui lui dessinaient une poitrine et un derrière généreux ainsi que des jambes solidement plantées dans le sol, elle abordait une mine très déterminée, d'autant plus souligné par ses lunettes en demi-cercle, exagérément pointues sur les bords. Elle parut toutefois plus sympathique lorsqu'elle offrit sourire plein de retenue mais sincère au journaliste, lui proposant des chocolats et une boisson que l'homme pouvait accepter ou refuser. Ensuite, sans trop tarder, la mutante mena l'hybride devant le bureau de Monsieur Worthington, suivant un horaire précis. Ses petits yeux bruns couvaient Garrett comme pour le remercier de s'intéresser à leur cas, à eux, les rejets de la société.

-Entrez

Proposa la voix à l'intérieur du bureau, à la seconde même où l'aiguille indiquait 11h. Lorsque Garrett River déciderait d'obéir à la voix, il découvrirait derrière cette porte opaque un bureau spacieux à demi-occupé par un grand bureau design. Sur ce dernier, derrière un ordinateur plat et quelques dossiers bien rangés, se trouvait Warren, installé en smoking gris -sans cravate- dans un grand fauteuil en cuir noir. Généreusement étalées et ressortant d'avantage encore vu leur taille et leur couleur, les ailes du mutant formaient un halo immaculé autour de leur propriétaire. Un sourire courtois, discret mais sincère accueillit le journaliste, lequel fut invité d'un geste de la main à s'assoir sur un fauteuil un peu moins riche mais également très confortable -quoique probablement haut pour le mutant rongeur.-

-Bonjour Monsieur River, bienvenue à Worthington's industries. Tout d'abord je vous remercie de vous être intéressé à notre entreprise, sachez par ailleurs que je lis assiduement votre journal, surtout vos articles depuis que vous m'avez contacté. C'est parfois un peu tapageur mais visiblement construit sur des faits réels et des enquêtes approfondies. J'ai apprécié ma découverte... Donc, comme convenu, j'ai libéré mon emploi du temps, et je suis tout à vous pour cette interview dont je suis curieux de connaître l'exacte teneur pour être honnête. Un rafraîchissement ?

Direct mais poli, digne mais accessible. Warren Worthington.
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Garrett River
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MessageSujet: Re: La curiosité est une vertu, si l'on parvient à lui survivre [PV]   Ven 17 Juil - 9:47

S’il y avait bien quelque chose que Garrett n’avait pas prévu en acceptant de bosser pour le Mutant Attitude, c’était de se retrouver rapidement en des lieux prestigieux. Il s’imaginait plutôt jouer les fouilles-merdes dans les ruelles de Mutant Town. Au lieu de cela, il avait été le premier journaliste à franchir les grilles de l’Institution Charles Xavier. Et, à présent, il était reçu à la célèbre Worthington Industries. Il avait fini par se résoudre à acheter un nouveau costume afin de soigner son image, donc celle de son journal. Et, pour une fois, il s’était préparé à l’interview en se renseignant un minimum sur l’entreprise et son PDG. Certes, il n’avait ni le sérieux ni la formation pour mener de véritables investigations, mais au moins avait-il jeté un coup d’œil au web. Google avait fait le reste. Peut-être qu’à la longue, il finirait par ressembler à un vrai reporter. Pour l’heure, il demeurait un amateur sans formation spécifique, juste recruté à cause de l’héritage de son gène x et de sa débrouillardise.

L’hybride souris s’était rendu au building en taxi. Le chemin depuis chez lui ou depuis le siège de son journal aurait été trop long en vélo. Souliers en cuir ciré, pantalon et veste de velours brun, béret assorti, nœud papillon noir, chemise blanche, poils brossé, un soupçon de parfum pour homme... il s’était pris au jeu et s’était fabriqué son petit style mondain personnel. Le style souris des villes. De toute façon, avec la tête qu’il avait, il aurait été vain de chercher à se fondre dans le paysage. Il tenait une petite mallette à la main qui complétait le tout. Droit, digne, aimable, il pénétra dans le bâtiment et n’eut pas à se plaindre de l’accueil qu’on lui fit. Même la secrétaire de Warren se montra très sympathique. Ce ne fut pas une surprise, au contraire. Cela confirmait les informations qu’il avait glané. Le voilà introduit dans le bureau du grand patron. Comparé à Blackletter, c’était un ange, dans tous les sens du terme. Il déposa sa mallette et grimpa sur le siège désigné. Puis, il salua à son tour, avec cette jovialité dont il avait fait sa spécialité.

« Bonjour Monsieur Worthington ! Je vous remercie de bien avoir voulu me consacrer un peu de votre temps précieux. Je tiens également à préciser que patienter en vos locaux est des plus agréables ! Je suis ravi que vous appréciez le Mutant Attitude. C’est certain que notre ligne éditoriale fait parfois un peu grincer des dents mais nous mettons un point d’honneur à offrir à la vérité la place qu’elle mérite ! »

Surtout si cette vérité pouvait faire jaser. Les potins, les scandales, les sujets chauds bouillants, le Mutant Attitude avait une plume corrosive. Et c’était bien pourquoi il s’arrachait.

« Ma foi, je ne suis pas contre un rafraichissement. Quant à l’exacte raison de ma présence, je ne vais pas vous surprendre : c’est votre politique vis-à-vis des mutants dans votre entreprise qui a attiré notre attention. Vous vous érigez en modèle et ça mérite bien un article ! Alors voilà, je suis là pour fouiller le sujet, voir ce qu’il en est sur place et puis, peut-être, recueillir votre avis sur l’actualité. »

Il sortit un dictaphone.

« Par mesure de commodité, j’ai l’habitude d’enregistrer les échanges. Le fichier audio ne sera pas directement exploité, il sert juste à élaborer nos textes. Mais si ça vous dérange, je prendrais juste des notes. C’est vraiment comme vous voulez. »
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Warren Worthington
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MessageSujet: Re: La curiosité est une vertu, si l'on parvient à lui survivre [PV]   Ven 17 Juil - 11:03

Warren observa à la dérobée l'installation de Monsieur River sur son siège. Il trouva cocasse son accoutrement, loin d'être déplaisant quoiqu'un peu cliché et finalement pas si discret. Dans la rue, il l'aurait lui-même directement identifié comme journaliste... Ou personnage de conte/bande-dessinée qui sait. Mais après tout, sa tenue restait des plus élégantes, collant parfaitement à son physique certainement difficile à assumer. Aujourd'hui d'ailleurs, contrairement au stéréotype du journaliste, Garrett n'avait aucune raison de cacher son métier, sans compter qu'il fallait bien avouer que ce qui restait d'enfant en Warren ne pouvait s'empêcher de craquer -sans rien en montrer évidemment- pour cette petite boule de poils blanches aux yeux en forme de bille. River faisait tellement penser à une adaptation d'Oliver Twist version animalière, ou encore à Fievel, la souris du désert ayant un béret semblable à celui de son interlocuteur. Pour sûr, rien ne laissait penser que la demi-souris avait 36 ans. Pour sa profession, cela devait être un véritable avantage et inconvénient à la fois. Enfin bon, revenant rapidement à la réalité lorsque la voix du chétif mutant l'interpella, Angel chassa de sa tête son gêne de gamin qui rêvait de caresser le dos du journaliste pour porter un regard concentré et tout à fait sérieux à ce dernier.

Hochant la tête une fois, avec profondeur, Warren le remercia pour sa précision quant à l'accueil. Il aimait recevoir des critiques, positives ou négatives sur l'entreprise en général. C'était d'ailleurs via plusieurs d'entre elles qu'il avait viré l'ancienne secrétaire, mauvais cliché de l'hôtesse acerbe et anti-sociale. Bien sûr, les compliments du journaliste lui faisaient d'avantage plaisir que de recevoir un blâme, même s'il aurait également accepté le contraire. Le tout maintenant était de continuersur cette ligne de conduite.

C'était donc dans une ambiance détendue bien qu'assez chic, avec des codes de politesses implicites dûement respectées par les deux partis que la conversation débuta tranquillement. Appuyant sur l'interphone, le jeune homme demanda aimablement le rafraîchissement désiré par Garrett ainsi qu'un café pour lui, le tout accompagné de petits gâteaux. Autre spécialité de l'entreprise prêtant à sourire, le patron étant un véritable goinfre- surtout à cause de sa mutation pour les mauvaises langues, bien qu'il apprécie aussi naturellement l'art de la table.-, on ne lésignait ni sur la quantité, ni sur la qualité des douceurs offertes aux clients. D'ailleurs, la salle des employés ou Warren piquait souvent des en-cas ressemblait à un paradis vu le choix de boissons et de snack. Pour avoir des travailleurs rentables, il fallait que ces derniers soient heureux. Politique Made in Worthington qui fonctionnait. La majorité des entreprises rechignaient à le faire, frileuse quant à l'idée d'investir de l'argent sans être sûres d'obtenir un résultat, craignant au contraire de rendre les dits employés plus faignants. Enfin bref, comme avait déjà dû le remarquer le rongeur poilu, ici, on travaillait différemment pour ne pas dire à contre-courant.

Les tasses demandées arrivèrent assez rapidement la secrétaire savait que le patron détestait attendre et ne se risquait pas à ce petit jeu avec lui, comme chacun -ou presque- de ses employés. Pourvu de certaines qualités humaines, Warren avait des des défauts tout aussi humains comme l'exigence parfois abusive, l'impatience et oui, une petite touche de caprices en bon fils-à-papa. Il aimait quand les choses se déroulaient bien, comme il l'avait prévu dès le début. Heureusement pour l'instant, tout se passait à merveille, aussi Angel souriait à l'homme-rongeur, reprenant la parole dès que la secrétaire fut partie.

-Enregistrez je vous en prie. Il n'y a rien à cacher ici.

Renchérit le mutant, sûr de lui car se sachant parfaitement net à défaut d'être aussi riche qu'il l'aurait pu-pour cette même raison.- au niveau de ses comptes. Bien entendu comme toute entreprise, surtout une multi-nationale, le jeune homme avait ses petits secrets mais en général, encore une fois Worthington Industries se démarquait en ce sens. Moins de bénéfices mais des bénéfices propres. Question de morale mais aussi de commodités pour le patron qui se passait volontiers des ennuis que la moindre magouille pouvait apporter.

-C'est bien aimable de votre part de me considérer comme tel, néanmoins, je pense vous rediriger vers Charles Xavier qui est le véritable modèle d'aide à l'intégration et à l'éducation des mutants. Mais il me semble que vous avez déjà fait un article sur l'institut, me tromperais-je ? Quoiqu'il en soit, je suis prêt, nous pouvons débuter quand vous le souhaitez. Précisez donc de quelle "actualité" vous parlez je vous prie.

Autre défaut de Warren, son idéalisme menant inévitablement à une certaine naïveté. Puisque lui-même était droit dans son travail, il avait tendance à penser que tout le monde était pareil. Aujourd'hui, c'était donc particulièremen détendu, persuadé que le rat des villes s'en tiendrait à son thème de recherche que le blond attendait des questions très certainement toutes aussi innocentes.
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Garrett River
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MessageSujet: Re: La curiosité est une vertu, si l'on parvient à lui survivre [PV]   Sam 18 Juil - 9:17

Garrett alluma son dictaphone puis le déposa à côté de lui, sur la table. Il n’y prêta plus d’attention et espérait bien qu’il en airait de même pour cet aimable ange PDG. C’était toujours bon d’oublier que tout était enregistré. Sitôt sa tasse de café apportée par la secrétaire, il commença à la siroter tout en écoutant avec attention son interlocuteur. Ses yeux noirs détaillaient autant la pièce que le maître des lieux. Cette curiosité collait tant à sa bouille qu’il aurait été difficile de lui en faire grief.

« Oui, en effet, j’ai eu la chance de me rendre à l’Institution Charles Xavier. Ce fut une expérience tout à fait particulière. L’endroit est fascinant et je ne suis pas étonné qu’on cherche à s’en inspirer. »

Il déposa sa tasse et commença à piocher dans les biscuits. Il n’était pas du genre à refuser ce genre de petit plaisir. Peu lui importait que pour atteindre le plateau il dût tendre le bras à l’extrème et se pencher en avant. Fichtre, le bureau était large ! Pas assez pour taire l’appel du gâteau sec.

« Avant d’aborder l’actualité, parlons de votre remarquable entreprise et surtout de cette initiative à l’égard des mutants. Je suppose qu’elle est motivée par la doctrine de Charles Xavier, mais concrètement, comment cette idée se traduit-elle ? Comment l’avez-vous mise en place ? Qu’à-t-il fallu mettre en place ? Quels résultats actuellement ? Quelles prévisions pour l’avenir ? Ho, vos biscuits sont super bons ! Même chez moi, j’en ai pas des comme ça, c’est dingue ! »

Il était sincère, il avait déjà engloutit le premier et il enchaînait sur le suivant. Peut-être serait-il judicieux de se modérer, pour ne pas passer pour un goinfre. Le café aussi, il était bon. Pas l’un de ces liquides abjectes vomit par une machine bas de gamme. Non, c’était du premier choix assurément.

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Warren Worthington
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MessageSujet: Re: La curiosité est une vertu, si l'on parvient à lui survivre [PV]   Sam 18 Juil - 18:46

Rafraîchissant. Ce café brûlant était rafaîchissant.

Jamais Warren n'aurait imaginé se détendre lors d'une interview. A ses yeux, la majorité des journalistes, talentueux ou non, étaient des rapaces. Comment leur en vouloir ? C'était leur métier, tout comme cela faisait parti du sien de se méfier d'eux. Depuis tout gamin, son paternel lui avait enseigner à échapper à leurs griffes acérées ainsi qu'à leur bec déversant tour à tour inepties, mensonges et mauvaises interprétations. A l'égal des vautours, ils étaient une plaie pourtant nécessaire à la nature (ici la société humaine.) dont on ne saurait se passer. Rongeant charognes et corps encore en vie, ils étaient aptes à briser ou lancer la réputation de n'importe lequel des "people". Stars de cinéma, nouveaux talents de la chanson, hommes d'affaires et politiciens. Tous n'étaient que des ver de terre juteux pour les grands rapaces de la littérature.

Tous ? Peut-être pas, Garrett bien qu'Angel s'en méfie -connaissant la technique du journaliste sympa à l'égal du gentil policier.- semblait plus naturel, pour ne pas dire humain. Avec sa bouille ronde adorable, il avait déjà inconsciemment obtenue une petite part de la confiance de Warren, mais en plus, ses réactions presque enfantines d'émerveillement face à de simples gâteaux achevaient de le rendre irrésistible. Pour l'instant, aucun piège dans les questions de l'homme-rongeur, pas de quoi s'inquiéter donc, sinon prendre ce rendez-vous comme une pause informelle.

-Je suis ravi qu'il vous plaîse, et que pensez-vous du café ? Worthington Industries vient d'acquérir l'entreprise qui le fabrique via une OPA amicale. Si les produits plaisent, il est probable qu'elle devienne le fournisseur officielle du siège et des différentes entreprises dérivées comme les hôtels ou les restaurants.

Sans en posséder dix de chaque, Warren était tout de même le propriétaire d'une chaîne d'hôtels, surtout implantés à Las Vegas et ici, à New York, ainsi qu'un autre au Texas mais qui ne fonctionnait pas très bien.-on ne peut pas avoir que du succès dans les affaires.- Un essai de restaurant japonnais avait fait tristement faillite, en revanche l'enseigne française sous sa coupe rapportait des milliers de dollars chaque mois. Prochaine étape, McDonald... Ou pas, car comme avait pu le constater Garret, Angel se diversifiait énormément tout en restant dans le domaine du luxe. Certains de ses produits n'étaient pas chers, répondant à un autre programme "la qualité accessible à tous", bien que moins développé que celui de l'intégration des mutants. Entre charité et affaires, il fallait que chacun garde sa place, évitant d'empiéter sur le territoire de l'autre sous peine de faire faillite. Enfin bref, toujours est-il qu'en lui donnant son avis en tant que nouveau consommateur -au même titre que ses employés a qui il faisait distribuer des enquêtes de satisfaction- Monsieur River pourrait l'aider à mieux aiguiller la fonction de sa nouvelle acquisition. Chez Warren, aucune seconde, aucune parole ni occasion ne se perdait dans le vide. A travers une question savamment posée-quoique sincère, il s'inquiétait réellement de bien recevoir ses hôtes- le mutant allait prendre la température. D'une pierre deux coups avec l'interview, laquelle reprit d'ailleurs rapidement son cours.

-Et bien... un jour, un homme dont le Gêne X avait complètement déformé le visage s'est présenté au secrétariat. C'était un quadragénaire désespéré, femme au chômage, enfants en bas-âge... Il travaillait pour une entreprise de nettoyage que je recrutais souvent avant d'avoir décidé de constituer ma propre équipe. Après l'apparition des premiers symptômes de sa mutation, il a été licencié sous un faux prétexte de "faut grave" et a donc, en désespoir de cause, décidé de venir ici, réclamer un poste. Monsieur Styler ne voulait pas partir tant qu'on ne lui avait pas donné un emploi, le secrétariat a essayé de le virer, la sécurité aussi mais il est revenu presque de suite. Mes agents m'ont contacté pour savoir s'ils devaient venir en mains mais je préférais tenter de calmer les choses avant d'en arriver là. Comprenez bien, la violence est un recours ultime que ce pauvre homme, du reste, ne méritait pas. J'ai essayé de lui faire entendre que Worthington Industries faisait appel à des entreprises de nettoyage, que nous ne recrutions pas personnellement mais il était têtu. Son histoire m'a finalement ému et j'ai décidé de créer ma propre équipe de nettoyage. Monsieur Styler m'a amené sa femme ainsi que son fils, atteint de la même mutation. La rumeur a fait venir plusieurs mutants désespéré jusqu'à ma porte, et le projet "Inspiring People" a donc été crée en même temps que l'équipe de nettoyage que vous voyez circuler dans les couloirs. Nous avons confié d'autres secteurs à ces personnes, des postes plus ou moins importants selon leurs études et capacités, prenant en compte leur curriculum comme dans toutes entreprise... Même si vous le devinez, le fonctionnement diverge, au même titre que le matériel, la maintenance et la sécurité.

Inspiring People. Personne ou presque n'en avait entendu parler, Warren n'en faisait pas la publicité, ayant bien assez de mutants à ses portes. Les satisfaire prenait du temps car il fallait sans cesse renouveler et adapter les installations. Ne pouvant honnêtement accepter tout le monde, Angel avait fini par se concentrer sur les mutants horriblement déformés, handicapés voir un ou deux éléments instables donc dangereux. Ceux qui avaient un Gêne X moins visibles se faisaient gentiment renvoyés, sauf sa secrétaire ne souffrant pas spécialement de sa mutation-en fait elle en était même fière.- qui elle, avait gagné sa place grâce à ses compétences.

-L'institut Charles Xavier m'a beaucoup aidé à une époque de ma vie... Alors certes, même si le projet a été crée par hasard plus qu'autre chose, c'est son idéologie qui m'a suffisamment sensibilisé pour employer Monsieur Styler. Je considère être en dette avec son dirigeant jusqu'à la fin de mes jours. Quant aux résultats, ils sont plutôt mitigés côté financier mais très satisfaisants côté humains. La société n'évoluant pas, lorsque certains clients apprennent qui fabrique, invente ou exporte nos produits cessent de commander chez nous. Heureusement de nouveaux partenaires sont intéressés et reconnaissent les capacités des employés de ce projet. Pour l'instant j'ai l'intention de maintenir ce projet à une petite échelle, privilégiant la qualité de vie de ces salariés à la quantité. Je regrette de ne pas pouvoir aider plus de personnes dans le besoin, mais il faut être réaliste. Si d'autres entreprises suivaient ce chemin, je suis sûr que nous pourrions rêver d'un futur sans discrimination ni rejet, mais c'est comme pour tout, la différence à toutes les échelles fait peur.

Que ce soit la mutation, la maladie, l'âge, le sexe, l'orientation sexuelle ou la couleur de peau... Toutes les sortes de racismes avaient leurs associations et leurs projets les défendant avec le même souci: l'insensibilité des gens. Alors ceux qui essayaient de changer le monde prenait soin d'agir avec parcimonie, laissant parler à regret la logique avant le coeur pour éviter de devoir fermer définitivement. Warren avait des ailes mais n'était pas un ange, il ne pouvait créer des centaines d'emplois pour sauver des gens sans en subir les conséquences ensuite: soit une faillite de ce secteur et finalement, le renvoi des personnes précédemment prises à la louche. Non, même ce type de projet humanitaire devait être calculé au centime près. Perdre un peu d'argent, d'accord, mais il fallait toutefois éviter la fissure par laquelle s'engouffreraient toutes ses économies.

-Si vous souhaitez parler avec Monsieur Styler, il m'avait dit être partant pour être également interviewer. D'autres employés également même s'ils préfèreraient que leurs identités ne soient pas révélés. Qui sait, peut-être vous diront-ils du mal de moi ? Mais je prends le risque. Chacun a le droit de s'exprimer après tout -s'amusa Warren, conscient que cette "transparence" pouvait effectivement lui valoir des surprises. Mais bon, tant pis, lui estimait être en paix avec sa conscience et n'avoir rien à cacher sinon quelques brevets, secrets de fabrications et opérations financières à venir. Ah oui, et un mariage à Las Vegas aussi.-Je peux également vous montrer les locaux et les installations, vous comprendrez mieux ainsi.


Toujours sous le "charme" de ce raffraîchissement inattendu, Warren eut un léger rire tandis que la patte de l'homme-rongeur faisait main basse sur un second gâteau.

-Si vous acceptez, n'hésitez pas à emmener le paquet pour la visite.

Comme pour prouver que lui aussi était un gros gourmand et que les manières -dans ce cas précis- étaient inutiles, Angel repiocha dans la boîte. Il était plutôt heureux de ce luxe, étant d'habitude celui qui coupait son élan afin de ne pas avoir l'air d'un goinfre devant ses clients ou partenaires lors d'une réunion.

-Le projet "Inspiring People" n'est pas très connu, voir pas du tout, nous n'en sommes qu'à la phase d'essai. Terminale certes, mais en essai quand même. Où en avez-vous entendu parlé ?

Angel se leva autant pour se dégourdir les jambes qu'anticiper une confirmation de Garrett concernant cette visite improvisée. Ses ailes majestueuses suivirent le mouvement, retombant gracieusement jusqu'à ses genoux. Le regard du mutant se porta d'abord sur la baie vitrée, faisant dos au journaliste avant de se retourner vivement vers lui, le dardant de leur bleu intense. Autant dire qu'il était bien curieux de savoir comment Garrett River avait été mis au courant de son entreprise, non pas secrète, mais finalement bien peu divulguée jusque là.
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Garrett River
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MessageSujet: Re: La curiosité est une vertu, si l'on parvient à lui survivre [PV]   Dim 19 Juil - 8:29

« Le café est très bon aussi, meilleur que celui de mon journal. En même temps, il aurait été difficile de faire pire. Et chez moi, je ne prends pas de café. Comme dit ma mère, si j’en abuse, ça me change en Speedy. »

Référence à Speedy Gonzalez, la souris mexicaine ultra rapide de la Warner Brothers. Il était assez évident que Garrett n’avait pas besoin de stimulant. Rien que sa gestuelle témoignait de sa vivacité.

« L’histoire du projet Inspiring People est très intéressante, très illustrative à mon humble avis de vos convictions. Combien de personnes, à votre place, n’aurait même pas pris la peine d’écouter ce monsieur Styler ? Combien de personnes, à votre place, n’auraient pas initié un processus si peu rentable ? Beaucoup, j’en mets ma main à couper. Comme vous devez le deviner, j’ai moi-même été confronté à quelques petits soucis dans ma vie professionnelle. Et encore, moi, je n’ai pas trop à me plaindre. Je n’ose même pas imaginer ce qu’il en est pour des mutants réellement qualifiable de repoussant. »

L’hybride souris parlait un peu de lui, parce que cela se prêtait à la conversation. Encore une fois, il n’avait absolument aucune formation en journalisme. Il ne pouvait compter que sur son feeling, un feeling qui lui dictait d’attirer la sympathie. C’était presque toujours un bénéfice. Son objectif, il ne le perdait pas de vue. Il n’était peut-être pas lui-même un vautour de l’information, mais son patron, lui, en était un assurément, et un gros, un terrible. Garrett vida sa tasse.

« Je veux bien rencontrer ce Monsieur Styler. En fait, j’allais le suggérer. Je veux bien parler à tous ceux qui le désirent. Et je suis curieux de voir vos installations. »

Il était aussi très curieux de voir si Warren n’avait vraiment rien à cacher. Mais cela, il évita soigneusement de le dire. Il observa l’homme ailé lorsqu’il quitta son siège. Avoir la dégaine d’un ange, c’était quand même la grande classe. Par contre, les inconvénients devaient être au rendez-vous. Rien que pour se coucher, ce devait être chiant. Toujours sur le ventre, jamais sur le dos supposa le petit mutant. Lui-même, rien qu’avec sa queue, il arrivait à se la coincer sur le dos. D’un geste, il récupéra son dictaphone. D’un autre geste, il subtilisa le paquet de biscuits. On lui proposait de le prendre, pourquoi refuser ? Puis il bondit au sol, prêt à suivre le PDG.

« Moi, j’ai connu votre projet Inspiring People grâce à un coup de téléphone de mon patron, Monsieur Blackletter, lorsqu’il m’a expédié faire cet interview. Après, je présume que mon patron en a entendu parlé par hasard et il a sauté sur l’occasion. On n’arrête pas d’interviewer des mutants. On a dû tomber sur l’un de vos employés. »

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Warren Worthington
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MessageSujet: Re: La curiosité est une vertu, si l'on parvient à lui survivre [PV]   Dim 19 Juil - 17:43

-Logique... Il faut dire que si je ne pousse pas la publicité, ce n'est pas non plus un sujet tabou évidemment. Blackletter ? En voilà un qui porte bien son nom.
Détendu, Warren n'avait pu s'empêcher de faire cette remarque certainement un brin infantile et poétique à la fois. Entraîné dans l'ambiance joyeuse qu'avait instillé l'homme-rongeur, le rapprochement lui avait simplement sauté aux yeux, un peu à l'égal du rapport entre son projet et la vie assée de Garrett. Une fois n'est pas coutume pour un journaliste, ce dernier n'hésitait pas à se confier, et même si Angel avait logiquement deviné par quels problèmes il avait pu passer, c'était touchant de le voir prendre la parole. Bien sûr, certains paparazis savaient mentir, se créer une vie qui rappelait étrangement celle de leur interlocuteur, un peu comme les policiers qui voulaient faire amis-amis avec la victime voir le présumé coupable. Pour autant, le PDG ne pensait pas que Garrett soit de ce genre. Ils étaient sortis du cadre de l'interview pour un moment de détente inédit, une visite sans enjeux dans ses locaux, d'autant plus favorisé qu'Angel estimait n'avoir rien à cacher.
Alors qu'ils déambulaient dans les couloirs, poussé par le dialogue qui s'était petit à petit installé, Warren se mit à interviewer le mutant poilu. Il était très curieux d'en savoir plus sur sa personne, de connaître son parcours, le comparant inconsciemment à celui de jeunes de l'institut l'ayant particulièrement marqués voir le sien.
-Et vos parents ? Comment ont-ils réagi ?
Direct ? Sans doute oui, Angel avait toujours manqué de tact, c'était un de ses défauts majeurs, certainement prononcé par le fait qu'étant le patron incontesté, personne ne le rappelait à l'ordre. Son autorité naturelle souffrait peu de refus en la matière, même si heureusement, son bon coeur le rattrapait. Xavier lui avait appris à nuancer un minimum et donc à accepter que quelqu'un ne réponde pas à ces questions dont il acceptait lui-même d'être la victime-jusqu'à un certain point.-
Toujours est-il qu'Angel espérait bien que l'homme-souris ne s'en formaliserait pas, et que le rendez-vous pourrait continuer sous les meilleurs hospices. Dans cette optique, le blond mena son visiteur jusqu'à une porte somme toute semblable aux autres. Il frappa puis ouvrit, laissant voir la salle de repos des employés. Si la majorité d'entre eux étaient des humains ou des mutants au gêne X invisible, deux d'entre eux avaient un physique absolument rebutant, l'un d'eux était une sorte d'hybride lézard baveux, tandis que l'autre, le fameux Ben Styler portait d'énormes cloques sur son visage. Si ce dernier n'avait pas trouvé de travail en tant que chef d'équipe du nettoyage -comme l'indiquait l'étiquette de sa blouse- il aurait certainement pu postuler pour jouer le rôle de Quasimodo dans Notre Dame de Paris. Le troisième mutant dont on voyait juste les doigts gluants portait une capuche sombre, un peu à la manière de Dark Sidious dans Star Wars. Celui-ci n'osait visiblement pas encore évoluer librement comme les deux autres. Se logeant dans un coin, Warren laissa le journaliste se promener, interviewer et fouiner sans intervenir -même si quelque part l'inquiétude rôdait, ce qui était ridicule car il n'avait rien fait, mais c'était le lott du patron qui se refusait à contrôler et tout préparer à l'avance lors d'une telle venue.-

Ce fut donc totalement ignorant de ce qui avait été dit ou fait qu'Angel fit signe à Garrett de le suivre, un nouveau café à la main. Il l'entraîna dans des bureaux, semblables à ceux d'autres employés. Une mutante à la mobilité chaque jour réduite-l'équivalent d'une maladie dégénérative en fait- les salua d'un signe de tête difficilement esquissé, avant de pivoter sur son siège pour retourner sur son ordinateur vocal. Puis, tous deux s'enfoncèrent dans les profondeurs de Worthington Industries pour se retrouver face à des portes blindées sur laquelle était placardée une série d'instructions et de signaux de dangers.
Dans ce laboratoire pourtant gigantesque, seuls 2 mutants travaillaient, l'un d'eux maîtrisait le nucléaire -à petite échelle mais quand même radioactive- et l'autre pouvait faire fusionner des matières pour se jouer de la physique. Ce qui impliquait qu'il savait aussi bien créer de l'acier qu'une bombe. Les inventeurs manipulaient un peu de tout -du moment que ce soit légal- dans ce laboratoire, ils étaient supervisés par un informaticien de génie -humain- qui donnait vie à leurs gadgets ou produits de beauté, bref, tout ce qu'avait tenté de créer Worthington Industries. Parfois avec succès, parfois avec pertes et fracas comme toute entreprise, voir plus vu la politique innovatrice -et donc risquée- de Warren.
-Nous n'avons pas de combinaison à votre taille, désolé, alors nous resterons derrière la vitre. Vous pouvez néanmoins parler à Monsieur Ken et Miss Strinker via le micro. Malheureusement nous sommes obligés de les isoler vu leurs capacités décuplées selon leurs sentiments.
Le premier, un homme extrêmement froid et endurci ne traitait pratiquement qu'avec Warren, avec qui il pouvait même se montrer parfois limite. Alicia Strinker elle était plus abordable quoique vraiment décalée avec ses cheveux roses et ses vêtements clinquants sous sa veste. C'était le stéréotype du génie incompris, enfin dans ce cas, surtout dangereuse.
-Je suppose que vous aurez recueilli tous types de propos auprès des employés, je sais que certains humains sont totalement contre la cohabitation avec les mutants d'Inspiring People, de même que certains de mes collaborateurs trouvent le projet contre-productif, mais c'est la rançon de tout travail hors norme. Les critiques peuvent être positives et négatives. A vous de juger ce qui transparaitra d'avantage dans votre article.
Se résigna Warren, sachant que certains avaient parlé de son côté très exigeant, parfois un peu capricieux. D'autres l'avaient justifié par le fait qu'il était lui-même dur à la tâche et ne se pardonnait rien. Comme tout patron, Angel avait ses partisans et ses détracteurs, même si en vérité, sa réputation était plutôt bonne, meilleure que la moyenne, le contraire aurait été un peu triste avec tous les efforts fournis.
-Et en parlant de projets, quels sont les votres ?
Observant ses deux employés se quereller derrière la vitre -le taux de nucléaire avait d'ailleurs légèrement augmenté selon l'objet qui le mesurait collé à la vitre.- le jeune homme finit par détourner le regard vers Garrett. Il avait confiance en ses installations et surtout, à ce niveau là, le taux n'était pas "bien dangereux". Ce projet lui avait beaucoup appris en retour, par exemple à se montrer moins frileux, plus osé, jusqu'au jour où il se briserait les ailes. Ca c'était déjà produit d'ailleurs, Worthington Industries avait connu une perte vertigineuse de prestige et d'argent, heureusement les billes qu'avait placé Warren dans des hôtels, des actions ou obligations avaient lentement relevé le navire. C'était ça la vraie vie d'un hommes d'affaires. Prendre des risques, gagner ou perdre, sachant que le but était de gagner plus que de perdre évidemment. Pour le moment, ça lui réussissait.
-Souhaitez-vous voir d'autres choses ? Où passons-nous à la suite ?
Demanda finalement l'ange d'un ton tranquille, pas spécialement hâtif de finir l'interview et plutôt en confiance, même si parler de l'actualité ne serait pas une sinécure pour lui.
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Garrett River
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MessageSujet: Re: La curiosité est une vertu, si l'on parvient à lui survivre [PV]   Lun 20 Juil - 10:42

Garrett était un peu surpris que Monsieur Worthington soit aussi jovial, aussi ouvert. Il ne s’était également pas attendu à faire l’objet de questions personnelles de la part du PDG. Certes, il avait tendu la perche, mais généralement, cela servait juste à détendre l’atmosphère, à mettre en confiance. Rares étaient les gens qui la saisissait vraiment. Pour autant, le petit mutant ne vit aucune raison de ne pas répondre, au contraire.

« Mes parents ? Oulla, ce fut toute une histoire ! Ouais, surtout que le gène x ne s’est exprimé chez aucun de mes proches. Et ma mère, c’est un sacré morceau, j’vous jure ! Imaginez le stéréotype de la matrone allemande. Si elle met une claque à quelqu’un, il a pas besoin d’aile pour voler ! Quand je suis devenu comme ça, sans prévenir, c’était la nuit. Ma mère a failli m’enbrocher avec ses couteaux de cuisine car bien sûr, elle m’a pas reconnu, pas sur le coup tout du moins. Et quand elle m’a reconnu, c’est la seule fois de toute ma vie où je l’ai vu désemparée. Mais ça a pas duré. Ma mère, sa philosophie, c’est marche ou crève. »

Il n’était pas prêt d’oublier cette fameuse nuit. Alors qu’il prononçait ses mots, il se revoyait nettement acculé dans le salon, nu et tremblant face à Berthe qui tenait son gros couteau et lui hurlait dessus. Il tentait désespérément de lui répondre, mais elle ne le comprenait pas. Un vrai cauchemar ! Alors, en dernier recours, il avait écrit "je suis Garrett" sur une feuille et l’avait brandit devant lui à la façon d’un bouclier. Cette feuille, sa mère l’avait gardée. À chaque fois qu’elle la ressortait, elle le raillait car il n’avait pas fait de faute d’orthographe, lui qui avait systématiquement F en dicté.

Quoi qu’il en soit, Garrett retrouva vite son rôle de journaliste car le voilà dans la salle de repos des employés. Il dût reconnaître que Warren n’avait pas exagéré. Il y avait là plusieurs mutants au physique très disgracieux, synonyme de quasi exclusion sociale. Pas ébranlé pour un sous, il interviewa tout le monde et en toute liberté, puisque le PDG s’était écarté. Ce qui devait arriver, arriva. Une petite allusion, rien que cela, et l’hybride souris trouva une piste juteuse vers ce qu’il était réellement venu chercher ici : le scoop, le scandale ! Selon les employés, un avocat allait rendre visite très souvent à Warren. Ce qui était curieux, c’était qu’il lui offrait aussi des cadeaux et que depuis, l’ange n’approchait plus aucune femme. Que fallait-il en déduire ? Le reporter avait trop peu pour s’en satisfaire mais bien assez pour fouiller. Bien sûr, habile blablateur, il sut cacher son intérêt pour la chose aux gens interviewés. Il ne négligea pas son sujet de couverture, le projet Inspiring People. Celui-ci semblait réellement coller à la description de Monsieur Worthington. C’était tout à son honneur. Il devait vraiment avoir un grand cœur. Quel dommage que ce ne soit pas le cas de Blackletter.

« Vos employés sont très aimables ! annonça Garrett, une fois de nouveau en compagnie de Warren. Par contre, le paquet de biscuit est vide. Ils en ont tous pris ! »

Lui parler de l’avocat ? Pas question ! S’il y avait vraiment quelque chose à découvrir, le PDG deviendrait méfiant et le journaliste perdrait en une seule remarque tout le potentiel sympathie qu’il avait su cultiver. La visite se poursuivit, toujours aussi intéressante. La découverte du laboratoire et de ses occupants fut proprement fascinant. Garrett, par l’intermédiaire de l’interphone, posa de nouvelles questions, toutes sur le projet. Ce fut assez rapide.

« Pour être franc, Monsieur Worthington, il serait difficile de faire des critiques négatives sur votre initiative. Si d’avantage de dirigeant vous ressemblaient, le monde aurait une autre allure. Non, vraiment, c’est bluffant tout ce que vous mettez en place ! Si jamais je me fais virer un jour, je sais où frapper. »

Garrett eut un rire léger.

« Mes projets, à moi ? Ben je vais tâcher de justement éviter de me faire virer. Être reporter, c’est classe, on découvre des tas de choses. Sinon, je suis aussi un intermittent du spectacle dans mes loisirs. Je fais des spectacles de prestidigitation et d’acrobatie. On peut passer à la suite, si vous le voulez bien. Mais si vous voulez me montrer d’autres adaptations de posts pour les mutants, n’hésitez pas. »
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Warren Worthington
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MessageSujet: Re: La curiosité est une vertu, si l'on parvient à lui survivre [PV]   Jeu 6 Aoû - 23:26

Bien qu'il soit plutôt du genre pragmatique, Warren possédait suffisamment d'imagination pour dessiner une silhouette assez caricaturale de la dite matronne allemande. Garrett n'avait pas le langage alambiqué ni au contraire extrêmement stylisé de certains journalistes, mais son naturel bon enfant gagnait facilement. Angel trouvait que son humanité -Terme légèrement déroutant vu sa mutation.- avait son charme et il espérait que ce cher Monsieur River ne la perde pas en gravissant les échelons.

-Si le plus gros problème du monde se résumait à une boîte de gâteaux vide, ce serait merveilleux.

Angel n'avait pu s'empêcher de rire, trouvant au journaliste une mine déçue. Il leur suffirait de repasser par la salle de repos pour repiocher un paquet, voir deux ou plus si ça plaisait tant que ça à Garrett. La propre réserve du blond s'en trouverait bien diminuée mais au moins ce serait un véritable appréciateur qui en profiterait.

Tandis qu'il ouvrait une porte pour laisser passer le journaliste-ce qui donnait l'impression comique que c'était l'ange l'employé, cédant le pas au grand patron.- Angel en revint néanmoins à des pensées un peu plus sérieuses mais pas noires pour autant. Il était en effet quand même soulagé que ses employés se soient montrés bien éduqués, sachant que l'image de l'entreprise était en jeu. Les laisser parler librement était autant un choix qu'un risque. C'était sa manière à lui d'anticiper des fuites, qui, de toutes manières finiraient par avoir lieu, cent fois plus dangereuses si elles se révélaient derrière son dos. Le judas était alors pris pour un martyre que son patron avait refusé de laisser s'exprimer "pour d'obscures raisons à découvrir". Au moins, là, Angel avait le pouvoir de se défendre en mettant en avant son accessibilité.

Néanmoins, une mauvaise publicité restait une mauvaise publicité, aussi, il stressait toujours légèrement à l'idée d'une vengeance personnelle devant la plume avide de sang d'un journaliste. Evidemment, professionnel, il ne montrait rien, se contentant de savouer l'approche de la fin de cette partie de l'interview en silence et sous un masque aussi tranquille qu'avenant. L'attitude ouverte de son interlocuteur l'y aidait d'ailleurs car le jeune homme ne se sentait pas autant à la défensive que d'habitude. Son inquiétude demeurait mais elle était plus légère, et surtout teintée de curiosité pour la suite. Signe discret mais précieux que l'homme-souris n'était pas considéré comme un ennemi.

-Allons n'exagérez pas, je ne suis pas toujours des plus commodes vous savez. Mais bon, à chacun son chemin de croix me direz-vous. Alors vous faites de l'accrobatie ? Intéressant.

Fit Angel d'une voix profonde et calme, démontrant sa surprise à travers ses yeux bleus qui s'étaient instantanément accrochés à la silhouette du journaliste. Certes, Garrett avait une bonne ligne mais il ne suivait certainement pas le régime alimentaire d'un sportif. Ou alors cette affaire de gâteaux était une exception... A moins que tout simplement, comme lui, sa mutation consomme ce qu'il fallait de calories pour rendre jaloux toute femme devant contrôler son taux de graisse.

-Et... Où exercez-vous je vous prie ?

Pourquoi pas après tout. Même si lui et Garrett n'étaient pas spécialement destinés à se revoir, Warren projetait déjà de faire un tour dans un de ces spectacles. Evidemment, le cirque n'était pas spécialement le genre d'endroits qu'il fréquentait, poussiéreux, rempli de mômes criards et de parents de la moyenne classe sociale... Mais ça ne lui déplaisait pas pour autant. S'il ne s'était jamais rendu à ce type de soirée-spectacle, que ce soit dans un cirque ou ailleurs, c'était surtout parce que l'occasion ne s'était pas présentée, or l'ange était un grand curieux. Monsieur River lui offrait le moyen d'assouvir cette vertu-ou ce vice, selon le point de vue.- sur un plateau en or.

-Ce sont là de beaux projets. J'ai à peu près les mêmes, notamment celui d'éviter de me faire virer

Fit sincèrement Angel à l'évocation de ces derniers, sans pouvoir s'empêcher d'ajouter une petite touche d'humour, laquelle représentait bien un début d'affection naissante pour l'homme-rongeur. Mais après tout, ça n'était pas non plus totalement dénué de sens ! Si ses employés se rebellaient tous d'un coup, suite à divers crash boursier, qui savait ce qui pouvait advenir du grand patron ? Warren était un dur, d'autant plus que, prudent, il avait pris ses précautions, mais la vie était tellement versatile. Un jour tout, le lendemain rien, il ne l'avait que trop expérimentés.

Du coup, à ses yeux, Garret avait doublement raison quant à ses projets. Ils étaient simples mais pratiques et honnêtes. Le blond aimait les gens déterminés et ambitieux mais qui gardaient quand même les pieds-ici les pattes- par terre. Souriant à l'idée de voir le journaliste à un entretien d'embauche dans son bureau, n'y croyant d'ailleurs pas une seconde vu la débroullardise du phénomène, le mutant ouvrit une énième porte à son invité, celle de la fameuse salle de repos où se trouvaient la toute aussi fameuse réserve de gâteaux. L'armoire révéla ses trésors, des paquets de douceurs au chocolat blanc, au lait ou noir entassés à côté de ceux aux fruits rouges. Angel piocha encore un peu plus loin, optant pour la cannelle, il ouvrit la boîte, offrit un pauvre petit gâteau bien proche de la mort à un employé gourmand passant par là, avant d'en proposer à Garrett pour lui même finir par attraper deux autres "victimes".

-Nous avons vu le plus sensationnel, qui est l'aile que nous venons de traverser. Hautement protégée et isolée comme je vous l'ai expliqué... Du coup effectivement, je vous propose de passer à autre chose, le reste des installations n'étant que du menu fretin.

Avoua le jeune homme, laissant ainsi le journaliste décider de s'il voulait vraiment voir ces autres salles semblables aux précédentes, pourvues de chaises curieusement creuses, ou collées au sol, d'ordinateurs avec un clavier extrêmement éloigné de l'écran, entourés de mousse etc... Se promener ne les empêchait pas de parler après tout.
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Garrett River
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MessageSujet: Re: La curiosité est une vertu, si l'on parvient à lui survivre [PV]   Ven 7 Aoû - 12:13

« Je fais partie d’une troupe, les Milles Etoiles. On fait un spectacle environs une fois par semaine, le soir. Bon, ça reste modeste, hein. Mais généralement les gens aiment bien. La troupe a un site web si jamais ça vous intéresse. Il y a le planning et l’adresse de la salle. Des photos aussi. Mon nom de scène, c’est White Mouse. »

Garrett évoquait sans mal son passe-temps qui était assurément l’activité la plus honnête, la plus louable qu’il pratiquait. Les Mille Etoiles, artistes semi professionnels, distillaient des idées de liberté et de tolérance au cours de leurs représentations. Celles-ci s’adressaient à tout le monde, enfants comme adultes. Le double langage des sketchs les rendait très accessibles sans se départir d’une réflexion sociale. Pour autant, le but premier restait d’offrir un moment de plaisir. Oui, vraiment, l’hybride était plutôt fier lorsqu’il montait sur les planches.

En revanche, ce qu’il se garda bien d’ajouter, c’était qu’il participait à des spectacles d’une autre nature. Ceux-ci étaient organisés par le Club du Dé d’Or, un club que les gens aisés et à la morale douteuse pouvait connaître. Il offrait des loisirs du genre de ceux qu’on n’affichaient surtout pas en public. La liste était longue et très souples pour les clients qui payaient assez. Lorsque White Mouse, car il portait là-bas le même pseudonyme, se produisait dans ce cadre, il servait souvent de bête de foire. À plus d’une reprise, il lui était arrivé de jouer l’acrobate dans le plus simple appareil. Il lui était également arrivé de tout simplement se prostituer. Il fallait tout de même reconnaître que le Dé d’Or ne pratiquait pas l’esclavage. Il se contentait en fait de mettre en relation des mutants prêt à offrir beaucoup en échange de billets verts. Du bisness, juste du bisness. Garrett n’ayant aucun problème financier, il ne travaillait pour le club environs qu’un jour par mois, juste histoire de s’éclater. Pas de quoi le prendre pour un total dépravé. N’en demeurait pas moins qu’il n’allait pas non plus s’en venter. Sa gourmandise le poussa à rapidement profiter des gâteaux à la cannelle. Puis il retrouva un peu son rôle de journaliste.

« La suite donc. C’est l’actualité. Elle est riche en ce moment. Que pensez-vous du Mutant Registration Act proposé par le sénateur Kelly ? Et de la réponse de Magnéto ? »

Lui-même se disait que le Mutant Attitude n’avait pas terminé de couvrir des scandales. Garrett pratiquait la stratégie de l’anguille. Il s’adaptait, quoi qu’il arrive. Très lucide sur le monde, il le considérait comme une jungle. À chacun sa merde.
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Warren Worthington
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MessageSujet: Re: La curiosité est une vertu, si l'on parvient à lui survivre [PV]   Dim 16 Aoû - 21:29

Le mutant registration act. Warren s'était attendu à la référence. Peut-être pas dès l'introduction, mais il savait qu'il n'y couperait pas. C'était effectivement un des nombreux événements au coeur de l'actualité, celui qui secouait peut-être le plus la population, pourvue du gêne X ou non. L'ange quant à lui, fidèle à son éloignement s'était abstenu de toute déclaration publique, bien qu'on lui l'ait souvent demandé. En effet, il y avait de cela au moins 5 ans, le jeune homme avait fait la une de nombreux journeaux en révélant à tous et à toutes son statut. Comme si ça ne suffisait pas, il avait sauté du haut du gratte-ciel le plus imposant de Worthington's industrie, brisant la fenêtre pour mieux s'envoler.

Aujourd'hui, l'état "demandait" aux mutants de tous se révéler, de se rescencer, ce qui n'était pas sans rappeler la seconde guerre mondiale. D'ailleurs Magneto n'avait pas loupé le coche, bâtissant sa répartie sur cette ressemblance troublante. D'un côté, Warren devait bien avouer lui donner raison. Faire une confiance aveugle à l'état était impensable. Le gouvernement avait certainement une idée derrière la tête, et si pas maintenant, dans quelques années.

-C'est difficile à dire. La proposition du Sénateur Kelly part d'une bonne intention, mais je crains des abus plus ou moins proches... Il serait facile pour certains individus de s'emparer de la dite liste et de forcer les mutants qui les intéressent à les "servir". De la même manière, être fiché-car contrairement à ce que prétend le Sénateur Kelly, il s'agit bien d'un fichage.- ne favorise pas l'intégration pleine et volontaire des porteurs du gêne X qui ne souhaitent pas se révéler. D'un autre côté, certes, le rescencement de certaines personnes utilisant leurs spécificités à mal aurait permis une arrestation avant la récidive... C'est un peu le serpent qui se mord la queue, ou chaque coupable peut se transformer en victime. C'est pourquoi je trouve que le Général a bien tempéré l'idée du plan "mutant registration act". Si c'est volontaire, il n'y aurait en théorie, aucun problème. Reste encore à définir le mot "volontaire", car il est facile de suggérer fortement à ces dites personnes de s'inscrire.

Warren pesait ses mots. Autant Garrett semblait sympathique, autant il demeurait une machine à enregistrer à lui seul. C'était un journaliste, et Angel ne voulait pas se rater, conscient de faire part d'idées encore brouillonnes car il avait préféré ne jamais penser à cette intervention.

-De plus, le Sénateur Kelly est bien moins doux dans sa façon de parler que le Général Darger. Ses propos tendaient à rendre les mutants refusant le rescencement comme des criminels. Mais bon, chacun interprète je suppose. Quant à Magnéto je dois reconnaître que malgré le côté dramatique voir extrême, il parle bien, et pourrait d'avantage agiter la population, monter les mutants contre les humains. C'est une histoire sans fin.

Soupira le jeune homme, rouvrant les yeux après s'être aperçu qu'il les avaient fermé un instant, même en marchant. Son regard bleu se porta automatiquement vers le bas, guettant la réaction de Garrett. Apparemment le propre avis de ce dernier l'intéressait, même si en tant que porteur d'un gêne X visible, le mutant registration act ne le concernait pas vraiment... Ou peut-être plus encore. Il était curieux de le savoir.
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Garrett River
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MessageSujet: Re: La curiosité est une vertu, si l'on parvient à lui survivre [PV]   Dim 23 Aoû - 8:41

Garrett trouva l’avis de Warren plutôt sensé. Pas de position extrême, pas d’idée préconçus, que des arguments sages et logiques. Lui-même n’avais pas développé un tel argumentaire. Journaliste amateur, il ne se tenait pas spécialement informé plus que le citoyen moyen et s’il avait abordé ce sujet, c’était avant tout parce que celui-ci avait fait les gros titres. Il aurait été dommage de ne pas en profiter. Constatant que le PDG semblait solliciter son opinion, il ne se fit pas prier. Cet entretien n’avait décidément rien à voir avec les standards du genre.

« Ok, je vois. Pour être franc, je pense à peu près comme vous. Bien sûr, personnellement, je suis dans une situation un peu différente. D’une part, mon avis à moi, tout le monde s’en branle, heu, pardon, s’en fou. D’autre part, ben mon gène X, il est écrit en gros sur ma figure. Je me demande, si cette mesure passe, si les autorités vont pousser le vice jusqu’à me forcer à me déclarer. Je me vois bien nier l’évidence. Moi ? Un mutant ? Mais pas du tout messieurs, je suis juste une personne frappée de nanisme et d’une pilosité maladive. Ha et un camion m’a roulé dessus aussi, j’ai dû faire de la chirurgie réparatrice et le chirurgien était ivre. Il a fait des trucs bizarres. En somme, je suis pas un mutant mais un handicapé et je réclame les avantages associés ! Ce que ce serait drôle ! »

En vérité, on ne pouvait pas tout savoir de lui juste en le regardant. Certes, il était un hybride souris, mais comment en déduire qu’il pouvait parler aux souris et les contrôler ? Cela ne coulait pas spécialement de source. Ce dont il était sûr, c’était que s’il devait se déclarer, jamais il ne dévoilerait plus que ce qui sautait aux yeux. Et ainsi, le gouvernement l’aurait dans l’os, ayant de lui une image faussée. Garrett consulta sa montre.

« Ho mon dieu, le temps passe super vite ! Au moins, c’est une preuve que je me suis pas ennuyé. Un mot à me dire sur vos projets à venir pour la fin ? Une déclaration personnelle ? Un aveux d’amour envers vos fabuleux biscuits ? Limite, j’aurais envie de revenir juste pour eux ! »

Le reporter n’arrivait plus vraiment à retourner dans son rôle initial. Il n’en avait pas envie. Quoi de mieux pour conclure qu’un blabla sympathique sans prise de tête ? De bonnes relations, il avait besoin de bonnes relations ! Et ainsi, il pourrait fouiller cette histoire d’avocat offrant des cadeaux.

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