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 Une ambition dévorante [Sage]

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Une ambition dévorante [Sage]   Sam 2 Mai - 9:34

2 avril 2015 – 10h15

Un regard peut faire autant de bien que de mal. L’éclat pétillant d’un iris, la froideur d’une pupille, le moindre détail est porteur de signification pour qui sait les interpréter. Et il se trouve que je suis un spécialiste en la matière. Et ce sans même recourir à ma télépathie. Un simple coup d’œil et, dans bien des cas, je peux déceler les intentions de la personne face à moi à travers un micro-froncement de cils ou une pupille légèrement plus dilatée que la normale. Et plus je suis familier de la personne, plus le travail est aisé. Raison pour laquelle, sans même me tourner vers lui, je devine la lourdeur du regard de Dimitri, signe évident de son mécontentement qu’il tente probablement de cacher derrière une impassibilité apparente. Notre dernière conversation me revient à l’esprit.

-Tu es sûr de toi ? Parce qu’une fois que tu te lances, la marche arrière n’est plus une option.
-A cent pour cent. J’ai eu le temps d’y réfléchir longuement et je suis convaincu que c’est la meilleure solution tant pour moi que pour la famille.
-Pour la famille ?

Un sourcil se lève, signe avant-coureur d’un scepticisme bien mal dissimulé.

-Absolument. Alekseï a toujours été un grand impulsif et cela finira par le mener à sa perte et l’empire derrière lui. Non pas que je mette son intelligence en doute, en termes de QI, il est peut-être même plus doté que moi – son instinct pour les affaires par exemple est hors pair – mais tous ses talents sont ruinés par son incapacité à régner sur ses sentiments. Il est violent et irascible – je suis extrêmement bien placé pour le savoir – et ne s’arrête que bien rarement à réfléchir aux conséquences sur le long terme de ses actes lorsqu’il est sous l’emprise de la colère. Pour ne citer qu’un exemple, sa prise de pouvoir fut autant due à son impatience face au temps pris par Père pour lui céder son poste qu’à sa jalousie envers l’importance que je prenais dans les affaires familiales. Il s’est donc imposé comme l’homme fort par la violence. Ce que je ne lui reproche pas, les affaires ne s’en portent pas plus mal et je m’apprête à faire de même. Mais, de la même façon qu’il était prêt à se débarrasser de moi sans remords plutôt que de chercher à m’utiliser pour faire prospérer l’empire, je crains qu’il ne regarde jamais au-delà de ses intérêts premiers.
-Beau discours mais au fond tu veux surtout te venger des humiliations passées ou est-ce que je me trompe ?
-C’est un bonus non négligeable je te l’accorde mais ce n’est pas tout. Je n’impliquerais pas Rosneef pour une simple vengeance entre frères. Si je voulais me débarrasser de lui, il y a des moyens plus aisés. La vérité c’est que j’ai pris plaisir à diriger et je n’ai pas envie de m’arrêter à contrôler un casino pour aussi luxueux qu’il soit ni même la filière américaine de notre trafic alors que je pourrai diriger l’empire tout entier.

Une moue mécontente déforme les traits vieillissants du cinquantenaire.

-Fais attention à ne pas reproduire le schéma que tu lui reproches. L’ambition est un mal vicieux qui a perdu plus d’un homme de ta famille.

Cette dernière phrase résonne dans ma tête tel un avertissement que je décide pourtant d’ignorer malgré sa véracité. Pour une fois, je n’ai pas envie de me laisser aller à ma pente naturelle, celle de la paranoïa, qui pourrait si aisément me faire reculer. Car combien de choses pourraient mal se terminer ? J’ai eu beau réfléchir longuement à mon plan, trop de variables (le Cercle, Rosneef, Alekseï, ses hommes, …) sont concernées pour imaginer un instant que tout se termine comme prévu. Sans compter que j’ai jusqu’ici joyeusement ignoré un problème majeur : que faire d’Alekseï, une fois écarté du pouvoir ? Car je ne peux décemment pas imaginer qu’il se contentera d’accepter de rester tranquillement dans son coin. Or, c’est une chose qu’il meure au cours des affrontements, ç’en est une autre d’exiger sa mort de sang-froid. Je ne suis pas certain que tous les coups reçus dans mon enfance soient suffisants pour m’amener à demander la mise à mort de mon aîné. Je le méprise et le déteste certes, mais avoir son sang sur les mains n’est pas quelque chose qui me réjouit. Et à vrai dire, si tel était le cas, je m’inquièterais certainement de mon état mental.

Décidant qu’il ne sert à rien de s’avancer de trop dans mes projets sans savoir seulement si Lady Hartley sera disposée à les soutenir, j’enfile le pardessus que me tend Dimitri et nous quittons le loft sans un mot. Je monte à l’arrière de la limousine tandis qu’il prend la place du chauffeur et nous voilà partis pour le manoir du Club. Une vingtaine de minutes plus tard – le trafic était moins fluide que prévu – il se gare quelques rues plus loin et m’accompagne jusqu’à la porte. Je vois dans son regard qu’il rêverait de m’accompagner mais ce n’est pas une option, je rentre donc seul. Un majordome s’empresse de prendre ma gabardine et nous prenons la direction des escaliers. Avant de monter au premier, nous passons devant le couloir menant au bureau de Miss Orchent et j'ai un flashback de ma visite chez la jeune secrétaire quelques jours auparavant. C'est que contrairement à Faust et sa fille qui vivent au manoir, Lady Hartley n’y vient que pour affaires. Par conséquent, j'ai dû passer par Miss Orchent pour prendre rendez-vous avec la Reine. J’avais proposé plusieurs dates et Lady Hartley a finalement choisi aujourd’hui, à quelques jours du dimanche de Pâques comme les devantures des multiples chocolateries de la ville le laissent percevoir.

Un instant, je me laisse aller aux réminiscences enfantines. Pâques était, avec Noël, la seule fête religieuse que l’on fêtait à la maison. Ma mère, orthodoxe plus ou moins pratiquante, considérait qu’il était nécessaire de célébrer tout au moins la naissance et la résurrection du Christ. Personnellement, j’étais plus intéressé par les cadeaux et les chocolats qui y étaient associés – seule marque tangible de l’affection parentale que mes géniteurs se refusaient à m’offrir le reste de l’année – et, si pour les obtenir, il fallait aller à la messe, je n’avais rien contre. Autant vous dire que depuis que j’ai quitté le domicile familial, je n’ai plus remis les pieds dans une église, orthodoxe ou autre. Mon penchant pour les douceurs chocolatées n’a, lui, cependant pas disparu pour autant. Ainsi, alors que le majordome frappe à la porte de la pièce où doit se trouver Lady Hartley qui, si mon sens de l'orientation n'est pas trop mauvais, se trouve dans le même coin du manoir que le salon de notre dernière rencontre, je me surprends à rêver d’un panier rempli d’œufs chocolatés. Au moins, je sais ce que je ferais en ressortant. Qu’il s’agisse de célébrer l’implication du Club ou plus prosaïquement de me réconforter après un échec diplomatique, j’ai toute l’intention de m’en mettre plein la panse.
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Sage
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MessageSujet: Re: Une ambition dévorante [Sage]   Ven 8 Mai - 21:45

Jeudi 2 Avril 2015 – 10 : 15 A.M.
Quatre saisons, quatre salons, c’est d’une logique implacable. La dernière fois, lorsqu’ils se sont rencontrés, ils étaient en hiver et étaient donc dans le salon d’hiver. Ils en sont au printemps et elle attend donc dans le salon de printemps. Il a toute une histoire, ce salon ; récente, qui plus est. C’est ici qu’il y a quelques années à peine, le Roi Noir de l’époque a recruté un mercenaire mythique dont la seule désignation véritable est Léviathan, le Léviathan. Et cette pièce a été témoin de ce que le mercenaire a fait au HellFire Club.  Elle possède comme ses homologues des bibliothèques et des tables basses, des divans et des sièges de salon, tous sculptés dans des motifs printaniers et arborant les couleurs du renouveau du monde. Elle les possède à nouveau maintenant que l’ombre du mercenaire l’a quittée. Mais avant cela, le mercenaire en avait faite son antre : il y avait été recruté, puis la place de son recruteur usurpée il avait fait de ce lieu son bureau, corrompant sa fonction première comme il envenimait l’entièreté du Club. Il y avait rencontrée une adversaire politique qu’il avait destituée et il y avait entreposé, en lieu et place des rayonnages de livre, un vivarium contenant son homologue à couleur opposée une fois qu’il l’avait piégée sous forme de guêpes, lobotomisé et asservi. Puis le Salon et ses meubles uniques parfois centenaires avaient été dévastés par la colère du Léviathan, partiellement réduit à la ruine. Le mercenaire avait eu beau essayer de réparer, de reconstruire, ces actes et leurs conséquences étaient toujours marqués dans l’âme de ce lieu. L’une des bibliothèques était récente, neuve, sans en dénoter avec l’environnement, tandis que certaines places étaient vides, laissées vacantes par la destruction d’ouvrages anciens et uniques.

Tessa attend au milieu de tout cela, assise sur l’un ses sièges de salon. Ses jambes sont tendues, ses avant-bras posés sur les accoudoirs dont ses mains tombent simplement, son dos est courbé ; la Reine Noire est là en tenue d’apparat, dans une position bien moins royale que celle que pouvait posséder son homologue et prédécesseurs dont ce lieu empeste toujours la présence, comme si le Léviathan en avait imprégner les meubles. La Lady a rassemblés ses cheveux en un chignon séré et s’est vêtue d’une façon sans doute surprenante mais qui ne l’est point si l’on en considère les traditions de ce club tricentenaire. Sa cape recouvre son siège et descend jusqu’au sol tapissé de moquette, sol contre lequel reposent ses talons noirs qui sont le point de départ de ses bottes qui lui remontent jusqu’à mi-cuisse, aussi proche de son corps que ne le sont les gants qui couvrent du bout de ses doigts jusqu’à ses bras, alors même que son corps est couvert d’un corset de cette même matière mais bienheureusement plus épaisse. Enfin son cou et entouré d’un collier ras-de-cou, il lui enserre la gorge comme cette servitude qu’elle aurait du quitter lorsqu’après avoir corrompu ce lieu le Léviathan l’en a chassée. Mais non, Tessa est toujours là et aujourd’hui c’est comme elle l’était avant que le mercenaire ne décide de prendre le pouvoir, à l’instar de cette pièce.

Nikolaï Mikhaïlovitch Kolyakov, le renard moscovite, le dernier des élus du Léviathan mais que ce dernier n’a pu introduire lui-même au sein de leur société secrète et qui par voie de fait est tombé sur la Lady. Représente-t-il l’avenir de ce club là où des Immortels en sont devenus le passé ? Cela ce pourrait. Mais ils n’en sont qu’au début même s’il a déjà été bien long ; le HellFire Club se montre plus sélectif que tous les autres clans parce qu’il nécessite membres et agents bien plus compétents et si sa faible population peut être une force elle a tôt fait de devenir une faiblesse depuis que le principe de sélection naturelle s’y est appliqué de façon forcée. Le jeune parrain a méritée sa place ici et sans doute méritera-t-il plus avec le passage du temps. Mais pour l’heure il a simplement demandée audience et a été reçu dans les plus brefs délais.

La raison reste à découvrir mais Tessa comme les autres agents savent que l’on ne demande pas à rencontrer un membre du Cercle sans raison valable et partant de cette connaissance Nikolaï Kolyakov a une raison valable. Laquelle ? La Lady a une liste de possibilités dans l’esprit et un pourcentage de probabilité même s’il est probablement faux, du fait que toutes les données ne lui sont pas connues. Néanmoins, elle n’a cessé de suivre son nouveau collaborateur et la Reine Noire a donc connaissance d’une bonne partie des actions accomplies par le jeune homme depuis leur dernière rencontre ; actions qui n’ont de toute façon pas différées de celles qui précédaient ladite rencontre. Sauf s’il a réussi à dissimuler des choses à son regard, ce qui reste une possibilité.

On toque à la porte et la Lady ouvre ses yeux d’un bleu froid, l’absence de maquillage laissant couler les tatouages noirs en croissant de lune contre ses joues, fixant le majordome qui annonce son invité et l’invité dont l’analyse commence une nouvelle fois dans un rétrécissement pupillaire. Se penchant en avant et appuyant sur ses bras, Tessa se relève pour lui faire face, toujours plus petite que lui malgré ses talons. Talons dont le bruit raisonne dans le silence trouble alors qu’elle s’avance à la rencontre du jeune homme.

- Bien le bonjour, Nikolaï, commence-t-elle avec un sourire poli et en tendant sa main vers son interlocuteur, sa voix relativement grave toujours aussi posée et maitrisée que le moindre de ses mouvements. Comment allez-vous depuis la dernière fois ?

Quand se sont-ils vus ? Peut-être pour les festivités de fins d’année, le manoir accueillant la plus somptueuse des fêtes à chaque nouvel an pour que tous les membres du Club des Damnés n’aient pas à attendre les douze coups de minuit en compagnie de leurs proches mais en celle de leurs plaisirs et vices. Toutes les salles du rez-de-chaussée sont ouvertes en cette occasion tandis que le transept est transformé en salle de bal et le prolongement de la nef en salle de banquet. Une organisation monstre que son cerveau lui a permis d’accomplir en un instant, comme Tessa l’avait déjà fait pendant une décennie, mais qui l’avait agacée plus qu’alors puisqu’elle aurait eu autre chose à faire qu’organiser et diriger ce Club qui lui avait déjà tant pris. C’est à cause de tels sentiments et de telles pensées qu’elle est ainsi vêtue aujourd’hui, pour s’effacer plus complètement encore derrière Tessa, Reine Noire du Cercle Intérieur et Lord Cardinal du HellFire Club.

- Je vous en prie, prenez un siège, poursuit-elle en désignant de la main l’un des meubles de confort prévu à cet effet. Voudriez-vous un rafraichissement ? Un verre de Romanée-Conti ?

Tessa n’a rien à prendre cette fois et se contentera de faire suivre la commande au majordome, qui s’en repartira rapidement, alors même que la Lady s’en reviendra s’installer à cette même place que précédemment tout en conservant plus digne posture, le dos droit et les mains croisés contre son ventre.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Une ambition dévorante [Sage]   Ven 15 Mai - 9:43

Elle est stupéfiante. Sa tenue magnifie à l’extrême la moindre de ses courbes sans rien retirer de l’impression de puissance qu’elle dégage en permanence. Comme une mer tranquille dont on peut admirer la beauté sans se lasser tout en sachant que le moindre coup de vent peut transformer le calme en tempête. La comparaison me semble d’autant plus réussie que derrière l’apparente régularité des marées, la mer est un des éléments les plus imprévisibles de la planète. Un instant bienveillante, elle peut devenir menaçante voire mortelle en un claquement de doigts. A l’instar de la Reine Noire dont la loyauté même reste un mystère. Une X-Woman à la tête du Club des Damnés, un paradoxe apparent qu’elle réussit pourtant à rendre parfaitement viable et même profitable à chacun. Un talent que peu de personnes possèdent.

Car Lady Hartley sait percevoir le potentiel des gens et l’utiliser à bon escient pour faire prospérer ses affaires. Toute la difficulté consistant donc à la convaincre de l’utilité de s’associer à vos projets. Raison pour laquelle je suis venu préparé à notre réunion. Mais avant d’entamer la discussion, il faut en passer par les formalités. Je m’empare donc de sa main que je baise sans emphase mais dans un petit rappel complice de l’embarras dans lequel je me suis retrouvé lors de notre première rencontre à vouloir la traiter en égale d’une poignée de main alors qu’elle désirait imposer des règles sorties d’un autre âge. Ce qui, après quelques mois à suivre le fonctionnement du Club, semble en réalité être leur spécialité.


-Très occupé avec les besoins particuliers que toute nouvelle année suppose pour une quelconque entreprise mais, mis à part cela, je me porte pour le mieux Milady.

Notamment depuis que, suite à l’ennuyeuse soirée du nouvel an – je savais que j’aurais dû accepter la proposition de passer la soirée au Club mais j’avais déjà accepté l’invitation de l’ambassadeur et étant donné ses liens avec le FSB on ne lui fait pas faux bond sans conséquences – j’ai pris mon courage à deux mains et contacté Lilian. Notre relation a en effet pris un tournant qui me plaît grandement ce jour-là et, force est de constater, qu’un des raisons pour lesquelles je suis plein d’entrain pour me lancer dans le projet pharaonique que représente le renversement d’Alekseï est que je suis heureux sur le plan personnel et que je veux tout faire pour éviter que, sur un coup de tête, mon frangin ne vienne tout faire capoter. Car pour aussi complaisante que soit ma situation, je vis néanmoins avec une enclume au-dessus de ma tête qu’il est difficile d’ignorer. Tant que mon aîné se satisfait de ma relégation aux Etats-Unis je ne risque rien mais, le jour où il se sentira menacé par la réussite de ma partie du business, rien ne me dit qu’il ne cherchera pas à se débarrasser de moi. C’était son idée originelle et il lui coûterait bien peu de me remplacer par un de ses hommes pour ne pas perdre les revenus qu’engendre la filiale américaine. Autrement dit, je ne fais qu’anticiper sur un futur plus ou moins lointain, la meilleure défense étant, dans ce cas précis, l’attaque. Attaque pour laquelle j’ai néanmoins besoin d’une sacrée artillerie, et ma présence ici aujourd’hui est le premier pas pour l’obtenir.

M’asseyant suite à ses paroles, j’hésite un instant à accepter sa proposition d’un verre de Romanée-Conti. Est-il prudent de prendre le risque d’engourdir mes facultés intellectuelles au vu des enjeux de la conversation ? Peut-être pas mais la tentation est trop grande de goûter de nouveau à ce nectar des dieux. Et puis, lorsque vous êtes abreuvé à la vodka depuis la préadolescence, il serait invraisemblable qu’un verre de Bourgogne vous intoxique. J’accepte donc finalement d’un hochement de tête et le majordome prend note avant de repartir. Quant à moi, je me tourne vers l’amphitryonne et décide de me lancer. A quoi bon perdre notre temps en plaisanteries alors que nous sommes tous deux des gens occupés, elle probablement encore plus que moi ?


-Tout d’abord, merci de m’avoir reçu dans un délai aussi court, j’imagine que cela n’a pas dû être évident de me caser dans votre emploi du temps, vous m’en voyez par conséquent particulièrement reconnaissant. Raison pour laquelle je ne m’attarderai pas en politesses inutiles et vais en venir directement aux faits.

Regrettant l’absence de verre dans mes mains qui me permettrait de contenir une partie du stress que je sens m’envahir, je croise mes doigts sur mes genoux pour empêcher ma nervosité d’être ressentie trop brutalement par la très observatrice Lady.

-Suite à notre dernière rencontre et aux nouvelles voies qui se sont ouvertes à moi de par mon intégration au Cercle Intérieur, j’ai pesé le pour et le contre longuement et décidé qu’il était temps de prendre intégralement les rênes de l’empire familial. Mon frère représente en effet une variable bien trop instable, tant pour ma survie que pour celle de notre business commun, pour le laisser agir comme bon lui semble.

Une fois lancé, le trac disparaît et les paroles me viennent naturellement. Sans compter les heures passées à monter mon plan, la rhétorique est un domaine où je suis à l’aise pour ne pas dire que j’excelle.

-Tout le problème étant que, si mon coup réussit, je ne compte nullement retourner vivre dans la Mère Patrie. Je me suis fait aux plaisirs new-yorkais et, pour autant que je puisse me déplacer régulièrement entre New-York et Moscou, j’aurai besoin d’hommes de confiance sur place. Et qui mieux que les hommes déjà en place pour continuer à gérer les affaires courantes ? Toute la difficulté étant qu’il s’agit d’hommes qui ont fait le choix conscient de suivre mon frère lors de sa prise de pouvoir car ils le considéraient comme le plus puissant des Kolyakov à défaut d’être le plus apte à diriger. Mon objectif étant de leur démontrer que l’équilibre des forces a basculé depuis et que je ne suis plus un adolescent à peine sorti de l’université mais une option parfaitement viable pour diriger l’intégralité de l’empire. Et pour y arriver, je dois pouvoir leur prouver que j’ai des soutiens supérieurs à ceux d’Alekseï.

Et nous en arrivons au cœur du problème et à la raison pour laquelle j’ai décidé de passer par le Club.

-Or, pour cela, j’ai besoin de l’aide du Cercle. En effet, je compte rendre visite à Piotr Rosneef, un de plus puissants parrains de la mafia russe avec qui mon père entretenait des relations cordiales mais qui n’a jamais porté mon frère dans son cœur car il l’a toujours trouvé trop impulsif malgré toute son intelligence. Je voudrais le convaincre de me soutenir en échange de ce qu’il voudra. Sauf qu’on ne se présente pas chez un homme comme Rosneef la bouche en cœur en espérant être reçu. Et, même ma filiation ne sera probablement pas suffisante pour exiger un tête-à-tête avec une des éminences grises les plus puissantes de la Russie actuelle. D’où ma présence en ces murs aujourd’hui. Je me suis en effet permis de faire quelques recherches dans les registres du Club et, sans surprise étant donné son influence, j’y ai trouvé le nom de Rosneef. Je voudrais donc savoir s’il serait possible que j’use de ma carte de membre du Hellfire Club pour l’approcher ?

Alors que je termine mon discours, le majordome frappe à la porte et, après avoir été autorisé à rentrer par Lady Hartley, me tend mon verre dont je m’empresse de boire une gorgée. Et si je n’en apprécie certes pas toute la saveur, je me sens néanmoins moins fébrile en attente de voir comment la Reine va réagir à mes propos.
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MessageSujet: Re: Une ambition dévorante [Sage]   Jeu 21 Mai - 19:38

Nikolaï est d’une sobriété appréciée et d’une complicité amusante, ou presque ; il détaille les nouvelles après s’être arrêté sur le baisemain qui l’avait déjà arrêté d’une manière différente lors de leur première rencontre mais ponctue le tout par un Milady qui arrête à son tour la Lady. Il ne l’emploie nullement comme une provocation, à l’instar de l’autre mafieux des Agents du Cercle, mais cela fait tiquer Tessa qui reste à cheval sur l’emploi de ce nom. Une marque, un rappel constant qu’elle n’est pas elle mais l’une de ses créations, un hétéronyme amplifié par manipulation mentale jusqu’à ce qu’il en devienne la personnalité d’un rôle. Mais Nikolaï ne sait pas, personne ne sait, pour cela ; il n’est qu’une exception au monde et celle-ci a contribué à cette capacité et à la naissance de Tessa.

Tessa qui laisse se poursuivre les choses comme elles doivent le faire, arrêtant une fois de plus son interlocuteur par l’hésitation. La Lady passe la commande comme prévu puis, une fois installée, écoute. Le majordome est parti en ayant fermée la porte, ils sont donc autant en sécurité pour leur conversation que le permet la confidentialité du Club ; aucun mot ne sortira donc sans que l’un ou l’autre ne le décide.

Les remerciements de Nikolaï trouvent réponse en un hochement de tête, tandis que leur développement et la reconnaissance qui les accompagne ne reçoivent aucune réaction particulière ; il ignore tout d’elle mais est bien plus occupé, malgré qu’il pense l’inverse. Néanmoins la concision est appréciée, surtout amenée ainsi : il ne s’agit pas de manquer de politesse mais de ne pas s’y attarder et la nuance fait toute la différence.

Les manifestations de stress sont notées, qu’elles soient au niveau du buste qui essaye de les contenir à la manière experte des joueurs de poker ou le visage qui est parfaitement conscient de ces deux faits comme de celui que rien de tout cela n’échappe à la Reine Noire. Ce n’est pas là sa seule trahison sur ce qui se trouve dans son esprit et les paroles en donnent de nouvelles. Nikolaï se voit déjà intégré au Cercle Intérieur, que cela soit dans ses réflexions politiques ou un simple lapsus ça en démontre toute l’ambition qu’il entretient. Ce n’est pas réellement surprenant même si, sans le stress, il aurait probablement été capable de garder cela secret ; il est néanmoins important à noter que s’il ne vient pas demander de « promotion » ce n’est qu’une question de temps avant que les nouvelles voies qui se sont ouvertes à lui ne l’y conduisent. Le business familial n’est qu’une première étape, anticipée depuis leur première rencontre, qui ravira certaines personnes d’ailleurs. Reste à savoir comment neutraliser la variable instable qu’est Alekseï Kolyakov.

- Tout le problème étant que, si mon coup réussit, je ne compte nullement retourner vivre dans la Mère Patrie. Je me suis fait aux plaisirs new-yorkais et, pour autant que je puisse me déplacer régulièrement entre New-York et Moscou, j’aurai besoin d’hommes de confiance sur place. Et qui mieux que les hommes déjà en place pour continuer à gérer les affaires courantes ?

Le problème étant de changer leur loyauté. Si Alekseï est le plus puissant des Kolyakov, il faut donc que Nikolaï se montre soit plus puissant, ce qui est le cas à présent, soit plus apte à diriger, se qui est le cas dans sa pensée puisqu’il élimine son frère de cette place par sa formulation. Maintenant, comment prouver sa puissance lorsqu’elle provient d’un organisme secret ; c’est une autre affaire.

Une affaire que le jeune parrain mène avec brio : ce n’est pas le HellFire Club qui lui permettra de prouver sa supériorité à son ainé, contrairement à ce qu’on pourrait croire, mais c’est lui qui lui permettra de trouver les soutiens nécessaires à prouver la supériorité suscitée. Parfaite utilisation de l’outil qu’est le Club des Damnés dans son aspect officiel, en sommes.

Piotr Rosneef, le nom n’est pas familier à Tessa même s’il lui est possible de le retrouver dans les registres des membres du Club ; un des plus puissants parrains de la mafia russe, tout s’explique. Tant son absence d’intérêt pour la personne que celui que lui porte Nikolaï. La Lady note les points faibles d’Alekseï tout comme l’avis mutuel que portent les deux futurs alliés sur celui-ci. Et en effet, fonder une alliance ne se peut que par rencontre et négociation, une chose qui sera difficile à obtenir d’un être comme Rosneef. Enfin, pour peu que l’on la joue franche.

C’est là ce que semble proposer Nikolaï, concluant sur une question quand à si son investissement dans le Club des Damnés portera ses fruits. Tessa s’apprête à répondre lorsque l’on toque à la porte, l’interrompant par inadvertance et lui faisant changer de sujet le temps que les autorisations soient données et que le majordome accomplisse sa tâche avant de s’en retourner. La Lady note l’action et sa vitesse une fois que le jeune parrain a son verre en main, sans rien considérer cela différemment que pour l’information que c’est : un signe de stress.

- Il est probable que passer par une structure du Club des Damnés vous facilite grandement l’accessibilité à Monsieur Rosneef, en effet, déclare simplement la Reine Noire, traitant là encore une information simple. Il y a plusieurs manière d’aborder la chose, soit en lui demandant un rendez-vous de membre à membre, auquel cas il faudrait se déplacer pour les deux partis, soit utiliser le prétexte d’une fête ou d’une invitation au Club pour l’aborder.

Ce qui, au final, implique également le déplacement ; Tessa n’en dit rien car il est encore des informations en sa possession qui lui permettent de considérer cette option valide.

- Comment contiez-vous vous y prendre, Nikolaï ? Utiliser votre carte de même comme « passe-droit » jusqu’à sa demeure ou comme motif pour une rencontre entre vous, en terrain neutre ? Dans le second cas, il me sera possible de vous aider : le Club des Damnés dispose de branches à Paris et à Hong Kong, sans doute qu’une invitation à se rendre dans l’une de ces structures à l’intention de Monsieur Rosneef vous permettrait d’accéder plus facilement à lui.

Tessa n’a pas réellement d’idée sur la manière de s’y prendre alors se contente de faire ce que le Cercle fait et que Nikolaï a pu expérimenter récemment : l’invitation. Non il n’est pas question de recruter Rosneef mais il n’a jamais été question de recruter qui que ce soit dans l’un des cartons et pourtant tous sont toujours venus.

Impassible, elle attend la réponse de son vis-à-vis.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Une ambition dévorante [Sage]   Lun 25 Mai - 20:24

J’avais originellement envisagé une rencontre de membre à membre et n’étais par conséquent venu que demander l’autorisation d’user de l’influence qu’être membre du Club m’offre justement. Tel l’artiste désirant adapter une œuvre se doit d’en obtenir l’autorisation de la part des ayant-droit, il me semblait naturel – sans compter nettement plus prudent – d’informer la hiérarchie du Club que je me déplace de par le monde en faisant savoir que j’appartiens au Club. En effet, bien que celui-ci soit public pour sa partie officielle, il n’en fleurit pas moins à l’ombre des projecteurs plutôt que sous les feux de ces derniers. Un minimum de discrétion est par conséquent la bienvenue lorsqu’il s’agit de traiter de questions en liaison avec le Club.

Néanmoins, la possibilité de profiter d’un évènement officiel organisé par le club pour faire venir Rosneef à moi, si je ne l’avais nullement considérée dans un premier temps, est une occasion inespérée qu’il serait des plus stupides de refuser. Il sera en effet bien plus aisé de le faire se déplacer sous couvert d’être invité dans un établissement géré par le Club. Et, une fois sur place, l’approcher devrait se révéler moins complexe. Car si, je suis loin de posséder quantité d’informations sur l’homme, je n’en sais pas moins qu’en bon businessman la possibilité d’étendre ses affaires à bas coût l’intéressera forcément. Or je ne lui propose rien d’autre que d’avoir accès à du gaz liquéfié et des drogues de première qualité, le tout à coût préférentiel. Sans compter qu’avec l’éviction d’Alekseï de l’échiquier, ce n’est pas vers le marché intérieur russe que je compte me tourner et cela ne lui fera que plus d’espace pour continuer à agrandir son territoire. De mon côté, les marchés indiens et chinois et leurs innombrables consommateurs m’intéressent bien plus. Je laisserai donc avec plaisir mes aînés se disputer le bout de gras russe, sachant pertinemment qu’à moins d’un changement brutal, l’avenir ne se jouera pas dans la Mère Patrie. Certes, elle constituera toujours un lieu d’appui utile de par la corruption rampante et l’absence d’Etat puissant qui la caractérise depuis la chute du gouvernement soviétique mais, économiquement parlant, le futur se trouve plus à l’est. Ou vu de New-York plus à l’ouest.


-Si vous m’offrez la possibilité d’opter pour un terrain neutre sous l’égide du Club, il serait idiot de ma part de la refuser. Et entre Hong-Kong et Paris, je ne pense pas vous surprendre en choisissant la ville des Lumières. Outre que, lorsque le choix m’ait offert, je préfère toujours me trouver dans un pays dont je comprends et parle la langue, la capitale française a probablement plus de chances d’attirer les bonnes grâces du sieur Rosneef. En bon Russe, s’il se considère supérieur aux Européens de l’Ouest, simplets laquais des impérialistes américains, il leur reconnaît une culture digne d’être appréciée. Alors que, vous pouvez être certaine qu’il observe tout ce qui est plus à l’est de la Volga avec un mépris teinté d’une bonne dose de racisme.

Mon discours pourrait sembler particulièrement cliché et Dieu merci tous les Russes ne pensent pas ainsi mais c’est bien le cas de la grande majorité. Le Russe moyen a un complexe de supériorité mal digéré vis-à-vis du reste du monde. Le patriotisme est en effet l’essence de notre culture sauf que les jours glorieux de l’Unions soviétique ne sont plus et que bon nombre d’entre nous ne sait aujourd’hui plus trop comment se positionner sur l’échiquier en perpétuel mouvement des relations internationales. Regarder tout le monde de haut et éviter de s’impliquer de trop près dans les affaires mondiales semble donc la plus aisée des solutions. Sauf que cela ne va pas sans nous causer bien des soucis, notamment avec nos ex-camarades des républiques sœurs qui voient d’un très mauvais œil que Moscou les considère comme un « étranger proche » qu’elle se doit de garder sous son contrôle. Vous n’avez qu’à demander aux Ukrainiens !

Bref, tout cela pour dire, que si je ne me mêle pas personnellement de (géo)politique, la bonne société mafieuse fonctionne un peu comme les anciennes aristocraties du temps des tsars et il n’est pas rare que les parrains de la vieille génération aient ainsi un mal fou à voir plus loin que le bout de leur nez et ne parlons même de dépasser les frontières de la Mère Patrie ! D’où un attrait plus aisé pour les charmes de la belle francilienne que du dragon chinois.


-Permettez-moi néanmoins de vous demander de préciser un point. Lorsque vous proposez d’inviter Mr Rosneef au nom du Club, serait-ce dans le cadre d’un évènement particulier au cours duquel il me resterait à rentrer en contact avec lui ou bien m’offrez-vous la possibilité de nous voir en tête en tête mais en l’invitant au nom du Club dans une des résidences de celui-ci ? Sachant que, bien entendu, je me conformerais des deux solutions mais j’ai besoin de savoir laquelle préparer puisque l’approche ne sera nécessairement pas la même.

Je ne veux en effet pas abuser de la bienveillance de la Reine mais quitte à gagner ses faveurs autant m’assurer d’obtenir les meilleures conditions possibles pour mon rendez-vous. Et si elle exige une contrepartie, je suis certain que je ne saurais que trop heureux de la lui fournir.
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MessageSujet: Re: Une ambition dévorante [Sage]   Ven 29 Mai - 20:52

La surprise précède la joie sur le visage de Nikolaï alors que celui-ci reçoit une aide visiblement inattendue dans les mots de la Reine Noire ; il est une bonne chose d’être débrouillard et indépendant, c’est un fait, mais cela ne signifie pas qu’ils s’y limitent et le Club des Damnés est le clan qui prend le plus soin de ses membres. Peut-être est-il le plus difficile d’accès mais cette réussite ne laisse pas indifférent ainsi plus qu’une autorisation c’est une aide que recevra le jeune parrain de la par de ses collaborateurs. C’est là la notion de collaboration de Tessa, tout du moins. Tant mieux qu’elle lui plaise.

Il ne serait pas forcément idiot de refuser la proposition de la Lady s’il y avait déjà un plan bien ficelé mais ils en sont encore à une ébauche ainsi n’y a-t-il rien à contrecarré pour l’heure. Quand à Paris, c’était le choix le plus probable pour les raisons que cite Nikolaï juste après, concernant les généralités russes ; le Club des Damnés est déjà au courant du fait que Nikolaï soit polyglotte, plus que l’anglais et le russe il semble logique qu’il maitrise le français puisqu’il y a des terres et une fausse identité, néanmoins elles n’entraient pas en compte dans le calcul. Erreur d’inattention.

Erreur potentiellement suivie d’une autre que Nikolaï illustre avec brio par sa demande de précision ; demandée écoutée et analysée à laquelle Tessa tranche avec son instantanéité habituelle, répondant dans la seconde suivant le silence de son interlocuteur.

- Tout dépend de la voie que vous préférez. Il est possible de l’inviter à vous rencontrer dans l’une des structures du Club à Paris comme vous avez-vous-même été invité, on ne refuse pas une de nos invitations, même si cela témoignera de votre réseau avec les dirigeants ; il est de votre décision de divulguer ou non cela, cela peu être un atout comme une faille. Dans l’idéal, le Club des Damnés devrait rester un simple intermédiaire mais il nous est possible de faire une exception pour vous. Néanmoins, si vous préférez conserver cette exception pour plus tard, il devrait être possible d’organiser une festivité vers la fin du mois ; notre Lord Imperial ayant son identité officielle née un 28 Avril, une fête d’anniversaire en son honneur est envisageable et considérant qu’elle est liée à la nation française, la capitale du pays fait sens. La seule difficulté étant d’obtenir l’accord et la présence du Roi Noir mais cela, ce sera ma partie.

Sébastian von Orchent a toujours construites ses fausses identités sur de véritables papiers ; à la différence d’elle-même, il ne se servait pas de personnes mort-nées dont il usurpait l’identité car il avait tout le loisir de déclarer des naissances irréelles basées sur des faux mais qui, du fait, donnaient de vrais résultats. De plus, le Léviathan était allé jusqu’à trouver un polymorphe pour jouer le rôle de son Erasme Hobbes, étudiant en science politique dans une université de Providence, et avait arrangé sous rapprochement avec la fille de l’ambassadeur français François Delattre, Jeanne, anciennement aux Etats-Unis et à présent à l’ONU. Une ruse pour préparer une immunité tout en permettant une nouvelle usurpation d’identité à sa « défunte » femme déjà connue sous le nom de Dianora Vendramin, ancienne Tour Blanche dont le Léviathan a livrée la tête sur un plateau d’or au Roi Blanc Christopher Witman en guise de bonne volonté, lors de sa propre ascension sur le Trône Noir. Sombres histoires puisque Witman lui-même c’est retrouvé, par la suite, réduit à l’état d’essaim de guêpe psychiquement assermenté par von Orchent. Néanmoins cela laisse une marge de manœuvre plus grande qu’on pourrait le croire, pour peu que l’on en révèle un peu plus au « faux » Erasme Hobbes. Ou que le Léviathan accepte de se montrer une soirée. Tessa ignore ce qui est le plus dangereux.

Regardant le jeune parrain, la Lady fait silence. Sa réflexion n’entrave en rien sa capacité à accomplir d’autres tâches simultanément mais elle le laisse considérer les deux possibilités comme le sous-entendu qu’est l’exception. Le HellFire Club est prêt à se mouiller pour ses membres, ça ne serait pas la première fois, mais il faut bien garder en tête qu’il s’agit là d’une action rare et que la participation du réseau formé par le Cercle Intérieur et ses Agents reste le principal recours, afin de garantir la sécurité et la « propreté » du Club des Damnés. Même s’il rend les choses légales, il ne faut pas moins éviter d’éveiller les soupçons sur les pratiques qu’elles soient légales ou non.

- Maintenant, si vous pouviez me parler plus en détail de votre projet, Nikolaï. Renverser votre frère pour contrôler votre empire mafieux, c’est l’objectif. Vous alliez à Mr Rosneef pour vous assurer du soutien sur place et faire virer de bords aux Sbires d’Alekseï,  c’est une première étape. Commencez-vous déjà à prévoir la suite ? Le fait d’avoir Rosneef à vos côtés forcera les suivants de votre frère à réévaluer votre position mais ils ne trahiront pas pour cette simple raison, pas sans que vous leur offriez quelque chose pour les rallier, non ? Et votre père dans l’histoire, il est lié au Léviathan et toujours dans la partie, du fait.

Le Léviathan avait-il un plan pour Nikolaï Kolyakov ? Question idiote. Du fait, c’est une bien étrange partie d’échec qui risque de se jouer en coulisse de cette prise de pouvoir mafieuse. Roi contre Reine au sein d’une même couleur. Voici qui peut promettre comme amorcer la déchéance d’une des deux pièces, avec un jeune prodige comme enjeux qui pourrait y gagner plus qu’il ne s’y attend. Mais il faudra faire cela proprement et dans les traditions, plus que von Orchent ne le faisait d’ailleurs, et les arrières du Léviathan sont toujours protégés par le Black Hawk, dont l’impossibilité de lié Nick Fury au HellFire Club complique la déchéance de William Gallagher dans un objectif de raffermissement du contrôle du Cercle Intérieur sur la cellule d’assassin mais également d’enracinement auprès du Bureau des Affaires Mutantes. La route est donc longue même si Tessa dispose d’ores et déjà d’un raccourcis, même si bien plus risqué politiquement parlant. Peut-être le blanc irait-il à Nikolaï, malgré qu’elle n’ait aucune espèce d’influence sur la branche opposée, à l’inverse du Lord Imperial.

Elle réfléchit sur tous les échiquiers, puisqu’il est la dimension des X-Men à la concerner aussi, tout en écoutant les paroles de Nikolaï avec attention ; il est un long chemin à faire à partir de ce point mais il faut un début à tout, même à un début. Ils en sont au début de l’ascension du renard moscovite et il est difficile de prévoir jusqu’où elle s’élèvera.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Une ambition dévorante [Sage]   Dim 7 Juin - 9:52

Les deux options sont viables. D’un côté cela m’arrange, de l’autre n’avoir qu’un choix m’aurait évité d’avoir à réfléchir à laquelle des deux voies de l’alternative me convenait le plus La décision aurait été prise pour moi. Il est néanmoins hors de question de me plaindre de la liberté d’action qui m’est offerte par Lady Hartley. Sans m’avancer de trop, je pense en effet pouvoir me permettre d’y voir une certaine confiance placée en ma personne et j’ai toute l’intention de lui démontrer qu’elle n’est pas erronée.

Faisant inconsciemment tourner le nectar pourpre dans ma coupe, j’entame donc une réflexion sur les pour et les contre de chaque possibilité. Inviter directement Rosneef à me rejoindre est réellement tentant. Ce serait l’occasion de lui en mettre plein la vue dès l’arrivée de par les liens qu’une telle entrevue supposerait entre la hiérarchie du Club et mon humble personne. Néanmoins, quelque chose me retient, une petite voix dérangeante qui me souffle que ce n’est pas la méthode la plus sûre. Car rien ne me prouve que Rosneef soit du genre à se laisser impressionner par de belles apparences. Au contraire, j’aurais plutôt tendance à imaginer qu’il en faut beaucoup pour surprendre un homme possédant l’expérience dont il bénéficie. Autrement dit, user de mon joker auprès de la royauté du club pour un plan dont la réussite n’est pas assurée me semble un pari risqué, probablement trop. La simple volonté de renverser mon frère est un saut dans l’inconnu comme j’en fais rarement alors, si je ne veux pas m’écraser quelques mètres plus bas, je désire tout au moins pouvoir compter sur un matériel de vol certain. En l’occurrence sur un plan d’attaque aussi infaillible que possible. Et puisque Lady Hartley se propose si gentiment de se démener pour mon bien en s’assurant de la présence du Roi Noir à une célébration en son nom, je crois bien que je vais compter sur sa bienveillance.


-A condition que faire se déplacer le Roi ne soit pas un effort excessif de votre part, je pense opter pour le plan « soirée d’anniversaire ». Rosneef ne prendrait pas le risque d’irriter la hiérarchie du Club en ne se présentant pas à un évènement aussi important. Et je me sentirais moins illégitime en le contactant de cette manière plutôt qu’en tête-à-tête. Ma présence à la soirée devrait être suffisante pour lui indiquer l’importance que j’ai prise dans la famille et l’inviter à m’accorder son attention. Sans compter que je fais confiance à mes talents de négociateur pour réussir à piquer sa curiosité ; s’il y a un talent dont la Nature m’a gratifié c’est celui du maniement des mots. A l’inverse, j’aurais peur que l’inviter personnellement ne donne une impression mitigée : d’un côté j’aurai la capacité de demander au Club de le faire se déplacer et de l’autre j’aurai besoin de son aide pour renverser Alekseï ? Le paradoxe est flagrant et je crains qu’il ne joue pas en ma faveur. Alors qu’une première approche dans le cadre du club mais sans excès de préparation aura peut-être plus de chances de m’attirer ses faveurs. Il ne s’agirait après tout pas de menacer sa supériorité, or une trop grande proximité avec le Club pourrait être perçue comme un danger qui pourrait à tout moment se retourner contre lui. Alors que si je viens à lui en tant que simple membre, je montre une certaine débrouillardise tout en laissant clair, qu’ayant besoin de son aide, je ne mets pas en péril ses affaires.

La bouche légèrement pâteuse après ce long discours, je cesse mon geste mécanique et porte délicatement la coupe à mes lèvres, appréciant une nouvelle fois le délice procuré par la saveur forte d’un excellent VRC. Je profite aussi de cet instant de répit pour organiser mes idées avant de reprendre la parole. Le moment de vérité est en effet arrivé et la Reine désire connaître mon plan dans ses moindres détails. Sur ce point je ne pourrais néanmoins pas la satisfaire pour la simple raison que je n’en suis pas encore à ce point de précision. Avant d’avoir obtenu le soutien du Cercle, je ne voulais pas trop m’avancer dans mes projets de peur de les voir s’écrouler tel un château de cartes devant un refus. Cela ne m’a néanmoins pas empêché de réfléchir sérieusement à la question, j’entame donc mes explications avec tout le calme dont je suis capable malgré l’excitation qui s’est emparée de moi depuis que la réponse positive de Lady Hartley a donné consistance à ce qui n’était jusqu’alors que fantaisies et spéculations.

-Je vous rassure, je n’attends pas des hommes d’Alekseï qu’ils prennent fait et cause – et probablement même les armes, la solution de force m’apparaissant comme difficilement évitable étant donné que mon frère ne quittera pas le pouvoir sans se battre – pour ma personne sans contrepartie. Mon premier argument est celui de la promotion. Alors qu’ils travaillent pour l’instant sous l’œil vigilant de mon frère qui, trait familial, possède un certain besoin de tout contrôler – l’hôpital qui se fout de la charité je sais – n’’ayant nulle intention de me relocaliser à Moscou comme je vous le disais tantôt, sous ma tutelle, ils géreraient eux-mêmes la partie russe de l’empire. Bien entendu, je ne suis pas suffisamment idiot pour ne pas mêler à leurs rangs des hommes qui me sont déjà fidèles mais les postes de commandement reviendront aux hommes actuels de mon frère. Et ce pour deux raisons, la première m’assurer leur soutien, la deuxième purement matérielle : assurer la poursuite interrompue des affaires. Qui mieux pour comprendre la complexité du terrain que les personnes y étant déjà implantées ?

Reposant ma coupe sur la table pour bénéficier d’un silence qui ne soit pas trop lourd, je me redresse ensuite sur mon siège et poursuit mon propos.

-Par ailleurs, désormais que je sais pouvoir compter sur votre aide, j’ai l’intention de m’informer plus longuement sur les désirs des principaux lieutenants d’Alekseï pour savoir lesquels sont relativement mécontents de leur sort. Car si son cercle proche le suivra probablement jusqu’à la mort – il sait après tout choisir ses hommes de confiance, ce sont à peu près tous des psychopathes aussi brillants et/ou dérangés que lui – la grande majorité de l’état-major est héritée du règne de notre père et je doute qu’ils apprécient tous la façon d’agir de mon très cher aîné.

Notamment, je pense que son impulsivité doit en exaspérer plus d’un. Car si Père pouvait se révéler terrifiant pour ne pas dire traumatisant lorsqu’il perdait le contrôle de ses nerfs – notamment après deux ou trois verres de bonne vodka – Alekseï ne nécessite pas l’aide de spiritueux pour démontrer une promptitude marquée à la violence. Violence à laquelle je doute que ses sous-fifres échappent. Or, pour autant que mon frère soit un génie des chiffres, en cela bien meilleur que Père et moi, il serait malhonnête de ne pas le reconnaître, cela ne suffit pas à faire de lui un chef apprécié. Un homme d’affaires de premier plan, certes, un chef que ses hommes soutiendront contre vents et marées j’en suis nettement moins sûr. Et à vrai dire, je compte là-dessus.

-Quant à Père, très honnêtement, je ne saurais que vous dire. J’ai découvert récemment qu’il n’était pas du tout l’homme que je m’étais représenté durant toute ma vie mais quelqu’un de bien plus malin qui a certainement laissé mon frère prendre sa place en partie car Alekseï était plus fort et en partie parce qu’il a dû considérer qu’il pourrait désormais agir plus utilement depuis les coulisses. Ainsi, si je vous mentirais en déclarant ressentir un fort attachement pour lui, je me rends compte qu’il a tout fait pour s’assurer que ses deux héritiers soient en mesure de tenir la barre lorsqu’il ne serait plus capitaine. Et ainsi, contre mon gré en partie, il a contribué à faire de moi l’homme que je suis aujourd’hui. Par conséquent, je pense qu’à condition que je ne commette pas de bourde énorme et que le business familial gagne au change, il ne se mêlera pas de notre querelle fraternelle. J’imagine qu’il aurait préféré qu’Alekseï et moi unions nos forces pour faire prospérer l’empire mais ce ne fut jamais une option, et ce encore moins après la découverte de ma mutation dont Alekseï ne s’est toujours pas remis, – la jalousie est un vilain défaut je l’ai toujours dit – alors il devra accepter la confrontation qui devait finir par arriver un jour ou l'autre.

Toute la question étant de savoir comment elle se terminera.
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MessageSujet: Re: Une ambition dévorante [Sage]   Sam 13 Juin - 15:30

A condition que faire se déplacer le Roi Noir ne soit pas un effort excessif ; la Lady n’y réagit pas physiquement parlant tout en sachant qu’il aurait fallu. La soirée d’anniversaire sera à son initiative et Tessa tachera de tout organiser, quitte à feindre la présence de cet hôte qui a su se rendre incontournable, une chose toujours gênante pour les affaires.

Improbable que Rosneef cherche à irriter la hiérarchie du Club des Damnés, non, mais impossible de savoir s’il sait qu’Hobbes et le Léviathan ne font qu’un, malgré l’œuvre de référence à laquelle cela fait référence. Si le parrain faisait parti des clients de Frederick Faust sans doute viendra-t-il par politesse ; il est des personnes dont la méfiance se fait avec le sourire et l’amicalité.

La légitimité de Nikolaï prête à sourire également : il s’agit moins de légitimité, puisqu’en tant qu’Agent du Cercle il a toute la légitimité officieuse, que de se montrer plus indépendant qu’il ne l’est réellement. Le self made man est le Rêve Américain, aucun d’eux n’a à s’y sentir concernés mais cela n’influence en rien l’image qu’ils choisissent de donner. Et si le jeune homme cherche à sortir de l’ombre de son frère de la même que ce dernier à évincé leur père, il est sans doute mieux de se montrer en lumière plutôt que dans l’ombre de quelqu’un d’autre. Ou de quelque chose.

La confiance et les raisonnements de Nikolaï lui valent un hochement de tête sobre ; même si le Club des Damnés n’implique en rien la puissance pour renverser un ponte de la mafia puisqu’ils ne sont que divertissements, officiellement, une trop grande position en leur sein laisserait envisager des prétentions plus grandes encore. Et, même s’il est probable que ces prétentions finissent par germer, pour l’heure le jeune homme avance pas à pas sans excès d’impétuosité, se gardant bien de partager les pensées « trop » ambitieuses qu’il pourrait avoir. Il a un plan et progresse par étape, tout simplement. Même sa venue ici a été pensée comme une étape et visiblement cela n’a pas été sans faille vis-à-vis des possibles suivants cette discussion : ils n’en sont restés que possibles, non décidés et planifiés encore. Il n’y a néanmoins aucun problème à cela, puisqu’il s’agit bien de mettre en lumière les étapes suivantes et non de vérifier le plan qui leur permettra de les traverser.

La solution de force comme difficilement évitable, voici un nouvel angle d’abord de la chose ; sans doute le Léviathan, adepte de ce genre de pratique, aurait commencé par cette approche lorsque le coup d’état aurait commencé. La Reine Noire, elle, évitera tout régicide. Tessa n’a pas la moindre compassion voir même intérêt pour les mafieux qu’ils soient suivants d’Alekseï ou de Nikolaï, néanmoins elle a une préférence pour éviter les morts et la guerre, incontestablement ; elle reste une X-Woman, malgré le masque et l’hétéronyme psychologique. Il faudra limiter les dégâts, ce qui impliquera peut-être sa participation plus personnelle.

Premier argument, la promotion ; augmentation de la liberté d’action par tutelle lointaine et non participation à une quelconque suite. Malgré le besoin de contrôle familial dont Nikolaï n’est pas dépourvu non plus, chose faisant qu’il maîtrise parfaitement le sujet dont il parle. Surveillance à distance, par l’intermédiaire de seconds, de contremaitres ou de collaborateurs selon les besoins, la Lady comprend parfaitement.

- Qui mieux pour comprendre la complexité du terrain que les personnes y étant déjà implantées ?

Question rhétorique qui reçoit pour toute réponse un sourire amusé. Se délestant de sa boisson, Nikolaï se met plus en confiance et fait face pour exposer la seconde partie du premier argument ; sa partie favorite, sans doute. La réunion d’information peut être un jeu aussi amusant que périlleux pour un télépathe, ce que Nikolaï reste à défaut d’être particulièrement téméraire avec ses capacités mutantes. Une chose lui évitant bien des surprises et des problèmes incontestablement.

Fixant le vide, Tessa considère le fait qu’il est tout un cercle de personnes à retirer du jeu car prêt à suivre son meneur « jusqu’à la mort ». Son implication « personnelle » lui semble de plus en plus probable afin de limiter les pertes des deux parties.

Le Père Kolyakov comme élément hasardeux de l’affaire, cela lui serait allé s’il était réellement hasardeux. Le hasard n’est que probabilité. Le pion d’une puissance est pièce d’un plan bien plus complexe qui n’a rien à voir avec les probabilités. Improbable que le Léviathan tente de mettre des bâtons dans les roues de Nikolaï mais dans celles de Tessa ; leur accord n’implique pas qu’ils se fassent confiance. Sébastian von Orchent a protégée sa famille de ce qu’il savait dangereux, la présence de l’ancienne secrétaire sur le trône n’est due qu’à des raisons personnelles et n’empêche en rien qu’ils en viennent à s’opposer professionnellement parlant. Difficile de dire qui en ressortira vainqueur. Selon toute probabilité, Mikhaïl n’est pas le seul s’être arrangé pour que son fils cadet puisse faire pencher la balance.

- Bien.

Cette réponse vaut aussi bien pour la conclusion concernant l’inaction de l’élément que l’énoncé qui l’a précédée. Nikolaï sait ce qu’il va faire à défaut de savoir réellement comment il va le faire. Les choses viendront en leur temps, dans une prochaine étape.

Prenant une inspiration, la Lady croise les doigts sur ses cuisses, fixant Nikolaï et reprenant la parole.

- Votre mutation, voici un sujet que nous n’avons pas abordé jusqu’ici.

Un temps mort, pour laisser Nikolaï apprécier le changement de sujet comme reprendre son masque de contenance, puis elle reprend.

- Vous êtes un télépathe de bas niveau, actuellement capable de transmettre les données stockées dans la mémoire à court terme ; les pensées instantanées, si vous préférez. Vous n’avez jamais tenté d’en user dans le cadre du Club, ce en quoi nous vous sommes reconnaissants d’ailleurs, mais cela vous permettrait de grandement facilité l’acquisition d’informations sur les vassaux de votre frère, moyennant que vous escomptiez le faire vous-même.

L’éthique de la télépathie est une chose très importante pour la plupart des Télépathes. A l’Institut, c’est la première chose qui leur est enseignée et il n’est pas question d’être clément avec les négligences, considérant l’intrusivité et la dangerosité du domaine de capacités. Mais dans un milieu comme la pègre où la morale est bien plus nuancée, la progression d’un télépathe dépend selon toute probabilité de sa capacité à résister aux influences étrangères ; en sommes, s’il ne devient pas fou il est probable qu’il devienne très puissant. La totalité des Télépathes autodidactes ont été dans cette situation et c’est pour cela que la plupart des plus puissants du monde sont tant autodidactes que mentalement dérangés. Elle-même a eue la chance d’avoir un professeur.

- Autre point sur lequel il faudrait revenir, c’est la confrontation armée avec votre frère et son cercle proche. Qu’il ne se rend pas sans combattre est logique. Qu’ils le suivent jusqu’à la mort est tout à leur honneur. Néanmoins s’il est un moyen d’éviter un bain de sang durant cette prise de pouvoir, cela doit être fait.

Elle ne se fait pas d’illusion sur les agissements et commerces de ces gens, non. Il ne s’agit pas d’excès d’idéalisme mais simplement d’intégrité : elle est une X-Woman, quand bien même elle est Tessa, et cela implique qu’elle ne commande pas la mort de personnes. Pas quand elle est évitable ; le Club des Damnés se différentie de la mafia dans le respect de la vie dont il dispose, tant vis-à-vis de ses membres que de ses employés. La Lady tient à ce respect, déjà trop perdu sous le règne du Léviathan.

- S’il me faut m’impliquer personnellement pour que cela soit faisable, ainsi soit-il.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Une ambition dévorante [Sage]   Sam 20 Juin - 9:13

La conversation prend un tour inattendu. Ma mutation, je ne m’attendais pas à ce qu’elle entre soudainement en ligne de mire. Pourtant, j’aurais dû me douter qu’elle finirait par être évoquée un jour ou l’autre. Après tout, si comme Lady Hartley le précise bien, je suis loin d’être un danger public de par la puissance que je possède ou du moins les limites que je me suis plus ou moins inconsciemment imposées à la suite de mon entraînement forcé et des conséquences désagréables qu’il s’est révélé avoir, je n’en reste pas moins un télépathe. Or la télépathie est un pouvoir loin d’être anodin, surtout dans le milieu dans lequel je me meus. Celui qui sait user correctement de ses capacités se retrouve rapidement avec un avantage majeur. Et si - je le précisais tantôt - ma puissance brute laisse à désirer, cela ne m’empêche nullement de savoir jouer de toutes les possibilités offertes par mon niveau actuel. Y compris lorsque la plus prudente consiste à ne rien faire du tout, comme dans le cadre du Club.

Je n’ai en effet encore jamais eu le déplaisir de faire face à un télépathe réellement puissant dans le cadre d’un duel mental – et à vrai dire je ne m’en porte que mieux, je tiens à ma clarté d’esprit merci bien – mais je ne doute pas une seconde que le Cercle Intérieur en possède. Peut-être même bien que la Reine Noire elle-même en est une. Le calme avec lequel elle observe posément les gens et cette impression d’être en permanence sondé jusqu’au plus profond de votre être quand elle vous regarde correspond à l’impression générale que le grand public se fait des télépathes. Raison pour laquelle je mets un point d’honneur à ne pas agir de la sorte, pour n’allumer les alarmes de personne. Sauf que, pour en revenir à Lady Hartley, je suis certain qu’elle ne s’est jamais permis la moindre intrusion au royaume de mes pensées. Et non pas parce que je l’aurais senti dans le cas contraire – quelque chose me dit que la différence entre nos pouvoirs si tant est qu’elle soit bien une télépathe comme je le suppose lui permettrait aisément de pénétrer mes défenses sans se faire remarquer – mais car elle semble vivre selon un code moral des plus stricts, certainement en lien avec son appartenance aux X-Men. Appartenance que j’ai toujours un peu de mal à assimiler mais qui explique beaucoup de choses dans son attitude.


-Je comptais en effet profiter de mon passage en Russie pour m’informer moi-même. Car si la méthode habituelle a fait ses preuves et que je connais plus d’une langue bien pendue qu’il suffira de délier de quelques verres de vodka, je n’avais nulle intention de m’arrêter là. Après tout, les hommes sur lesquels je désire en apprendre plus sont loin d’être idiots et savent aussi bien que moi lesquels parmi leurs suivants sont plus prompts à parler – volontairement ou non – que les autres. La moindre des précautions exigerait donc qu’ils se gardent de révéler quoique ce soit d’important en leur présence. D’où le plan B qui suppose une petite virée dans leurs esprits. Je n’ai pas encore réfléchi à tous les détails de l’opération et notamment je doute de les approcher tous directement. C’est que si certains pourront voir mon arrivée d’un œil relativement bienveillant, il me paraît plus prudent d’observer les autres de loin – mon pouvoir n’exigeant pas une grande proximité mais simplement un contact visuel – puisque je ne sais l’image que vous devez vous être faite d’un groupe où les prises de pouvoir par la force paraissent se succéder mais une partie des hommes travaillant aujourd’hui pour mon frère ont beau ne pas l’apprécier foncièrement, l’idée de trahir un Kolyakov même pour un autre leur répugne encore plus.

A vrai dire, les plus vieux d’entre eux se sont fait au coup d’Etat de mon frère car l’idée de quitter la famille qu’ils avaient toujours servie leur était insupportable et je compte en partie sur une réaction similaire à mes actions mais je sais pertinemment que ce ne sera pas nécessairement sur eux que je devrais compter pour prendre le pouvoir. C’est dans la génération intermédiaire entre celle des hommes proches de Père et les lieutenants d’Alekseï que je pense trouver mes soutiens sur place. Ils auraient en effet dû gagner en importance de par leur expérience désormais que la génération de Mikhaïl se fait vieille mais comme mon frère est arrivé avec un petit groupe déjà constitué, ils ont de nouveau été renvoyés au second plan. Ce qui, je suppose, ne leur a plus que très moyennement. Encore moins étant donné que mon aîné s’intéresse moins au bien-être de ses hommes que ne le faisait Père dont les crises de colère mémorables étaient contrebalancées par une réelle attention aux problèmes de sa suite. Alekseï a quant à lui toujours considéré que chacun doit régler ses propres soucis et que les ennuis des hommes travaillant pour lui ne sont pas les siens. Non pas que, de mon côté, je m’intéresse à la vie de chacun de mes hommes mais dans un monde où les trahisons peuvent vite devenir légion si quiconque sent la faiblesse faire un minimum dans le social est une question de survie.

En parlant de survie, la Reine vient d’approcher du véritable nœud du problème : l’éviction d’Alekseï par les armes. Je l’ai en effet déjà dit, l’idée de liquider mon frère pour aussi réjouissante qu’elle puisse me paraître par moments – d’autant plus lorsque je sais que dans la position inverse lui n’hésiterait pas une seconde – ne fait pas réellement partie de mes projets de vie. Je suis un mafieux certes et j’ai déjà plus d’une mort à mon actif mais cela ne fait pas pour autant de moi un assassin. Je dirais même que j’ai horreur de la violence gratuite. Et mettre fin aux jours de ma chair pour aussi insupportable qu’elle se révèle être rentre dans cette dernière catégorie à mes yeux. Certains y verront une faiblesse et je ne doute pas un instant que ce très cher Aliocha le voit de cet œil-là mais je préfère encore être faible que sans aucune conscience morale.

Le problème c’est qu’une fois toutes ses belles paroles prononcées, ça ne règle pas mon problème. Je suis parfaitement capable d’imaginer une situation me permettant d’évincer Alekseï sans bain de sang inutile, d’autant plus si la Reine en personne fait le déplacement, mais mon inquiétude est plutôt la suite : que faire d’Alekseï ? Où l’envoyer pour ne pas craindre en permanence pour ma vie ? C’est que l’objectif de prendre le pouvoir n’était pas de risquer d’être assassiné tous les quatre matins. Je fais donc part de mes inquiétudes à mon interlocutrice.


-Je me range avec joie à votre avis, les effusions superflues d’hémoglobine n’ont jamais été à mon goût et je pense pouvoir deviser sans trop de difficultés un plan dans lequel mon frère se retrouvera face à un déséquilibre de forces tel que le départ sera la seule option viable. Je doute que nous évitions complètement les combats, ne serait-ce que pour arriver jusqu’à lui, mais une bonne préparation et le soutien d’une partie conséquente de ses hommes actuels ainsi que de Rosneef peut me permettre de renverser la tendance en ma faveur. Les problèmes cependant commencent ensuite. Que faire de lui et son cercle proche ? Car je n’envisage pas de remplacer mon frère pour vivre ensuite dans la peur constante d’un assassinat consistant en sa revanche.
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MessageSujet: Re: Une ambition dévorante [Sage]   Ven 26 Juin - 13:21

Le projet de Nikolaï prend un nouveau jour alors qu’il révèle son intention de s’impliquer personnellement, une probabilité qui conduit Tessa sur le rail des Possibles en suite ; son arbre imaginaire de possibilités situationnelles c’étend jusqu’où il est raisonnable de s’étendre par anticipation en possession des données que la Lady sait posséder, avec même un indice d’erreur croissant en fonction de l’éloignement de la situation présente. Difficile de la surprendre du fait, il ne s’agit que de confirmer l’une des possibilités déjà anticipée.

Néanmoins, la télépathie est là en plan B, le A restant simplement de tenter la « méthode habituelle » ; et ce malgré que le jeune homme reconnaisse les défenses déjà élevées contre cette méthode par ses adversaires. Ce qui amène une autre question : si Alekseï a connaissance des capacités de son cadet, n’a-t-il pas également établies des défenses contre cela ? Les bouilleurs psychiques de la Shaw Industries n’ont jamais aboutis et il n’est aucune entreprise au monde pour en produire, quand bien même certaines organisations comme le BAM disposent de détecteurs psychiques aptes à les avertir des éventuelles intrusions télépathiques. Néanmoins il est quelques techniques pour compliquer la lecture superficielle, elle-même a enseignée la plus simple à un agent du BAM quelques mois plus tôt, comme si de rien était. Pour peu que certains proches d’Alekseï aient cette ressource de discipline, il faudra peut-être à Nikolaï un entrainement plus poussé afin d’apprendre à contourner ce problème-là.

L’utilisation de la télépathie est plus floue que le reste et, du point de vue de la Lady, un peu trop d’ailleurs. La limite du contact visuel est gênante, bien plus que l’image qu’elle se fait du groupe des Kolyakov ; image qui, a dire vrai, reste plutôt secondaire. Ce groupe n’a de tangibilité à ses yeux que parce que le jeune homme y est impliqué, Tessa n’a aucun intérêt particulier en-dehors d’améliorer la position de son collaborateur. Mais la Lady leur reconnait une éthique à être loyaux ou au moins répugner à la trahison.

Ce qui n’empêche pas Nikolaï de s’inquiéter, une foi s le sujet des armes abordé ; qu’il apprécie l’idée d’éviter un bain de sang est une bonne chose mais cela le stress plus que la partie sur ses capacités « secrètes », toute mesure gardée. Et selon ce même principe de mesure, le jeune homme commence à plaire à la Lady : pas d’effusion de sang superflue et la volonté d’en arrive à un tel point que la reddition est la seule option viable, quand bien même il y aura un baroud d’honneur.

- Les problèmes cependant commencent ensuite. Que faire de lui et son cercle proche ? Car je n’envisage pas de remplacer mon frère pour vivre ensuite dans la peur constante d’un assassinat consistant en sa revanche.

- Non, cela serait fâcheux, en convient la Lady avec politesse. Néanmoins il est un moyen simple d’empêcher cela : la télépathie. Sans aller jusqu’à le lobotomiser ou briser son libre-arbitre, il nous est possible de lier toute volonté d’attenter à votre vie avec une réaction physiologique pour le moins désagréable. Jamais lui ou l’un de ses suivants ne pourra attenter à votre vie si la simple évocation de cela le fait sombrer dans l’inconscience, par exemple.

Le contrôle mental est l’une des capacités télépathiques les plus criantes, à juste titre. Et s’il est peu de choses pires qu’une domination d’un esprit par un autre, l’implantation d’ordres « préenregistrés » ou le lien entre des idées ou actions et des réactions cérébrales doit au moins le concurrence ; à défaut de briser le libre-arbitre, on lui applique des conséquences. Une politique proche de celle de la société, en somme, qui explique que l’Institution Charles Xavier y ait eu recours plus d’une fois sur de ses membres, consentant ou pas. Et une politique par conséquent parfaitement dans son arsenal tant capacitaire qu’éthique. Et puis cela permettra d’assurer ses arrières en ayant un point dans la demeure Kolyakov, à l’instar du Léviathan.

- S’il est improbable que l’on vous enseigne cette capacité, il va de soit qu’elle sera mise à la disposition de votre projet. L’atteinte violente de votre frère comme l’assurance qu’il ne vous nuise pas par la suite seront donc mes parties.

Les probabilités qu’il y ait le moindre mort viennent de chuter drastiquement, à ses yeux. Néanmoins cela a nécessité l’ouverture d’une porte qui représente un autre danger à plus long terme : la progression télépathique de Nikolaï. S’il est clair que Sage n’enseignera jamais le contrôle mental à un individu qui pourrait en faire un usage trop important, il est dans les intérêts de Tessa qu’il progresse un minimum en télépathie. Le jeune homme n’est pas un ennemi des X-Men et n’a aucune volonté antagoniste à leur encontre ainsi donc la possibilité de le former comme tout Agent du Cercle est d’une logique certaine.

- Maintenant, il reste possible de mettre à profit ce projet pour vous permettre de progresser également. Si cela vous intéresse du moins.

Les hommes de la maison Kolyakov ont cela de particulier qu’ils semblent, à défaut d’être particulièrement loyaux, peut prompt à la trahison. Et cela même s’ils sont relégués à des positions secondaires ; Nikolaï est à une position secondaire dans le HellFire Club pour l’heure mais il semble logique de s’attirer son absence de trahison en lui apportant plus que ce que d’autres peuvent lui apporter. Alekseï permettra d’obtenir l’égalité face à Mikhaïl dans la partie d’échecs opposant la Reine et le Roi Noirs, il est donc temps de réussir à ramener Nikolaï dans un camp pour faire pencher la balance.

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MessageSujet: Re: Une ambition dévorante [Sage]   Dim 5 Juil - 15:36

S’il me restait le moindre doute sur les capacités télépathiques de Lady Hartley, sa proposition les balaie définitivement. Personne ne parle avec une telle aisance du monde de la psyché sans l’avoir soi-même arpenté. Pourtant, ses paroles sont mesurées et l’insistance sur le pronom neutre rappelle sa réticence à en dévoiler trop sur elle-même. Néanmoins, j’ai beau être un télépathe de médiocre qualité, je perçois dans ses intonations une totale certitude de réussir que l’on ne possède que lorsque l’on a déjà accompli une tâche. Je m’en sens immédiatement rassuré. Savoir que je pourrais écarter la menace d’Alekseï sans avoir à recourir aux méthodes les plus brutales est un véritable soulagement. Pour aussi ténu que notre lien soit, il n’en reste pas moins mon frère et je me targue d’avoir encore une conscience or liquider mon aîné sans remords lui causerait de sacré dommages.

Par ailleurs, l’idée de bénéficier d’un véritablement entraînement télépathique aux mains d’un des membres du Cercle – je ne vais pas m’imaginer plus important que je suis pour supposer que la Reine Noire aurait du temps à m’accorder régulièrement – m’attire sincèrement. Si je ne pense pas posséder un potentiel caché qui n’attendrait qu’à être brillamment développé, je n’en sais pas moins que mes capacités, pour aussi limitées qu’elles puissent se révéler par moments, ne sont pas utilisées à leur maximum. En partie à cause des blocages que mes cours originels ont causés. Poussé trop loin trop vite, je me suis retrouvé avec des effets secondaires puissants m’amenant à y réfléchir à deux fois avant d’utiliser mon pouvoir à tort et à travers. Par ailleurs, avec le recul, si l’adolescent mal dans sa peau que j’étais éprouvait une véritable admiration pour le jeune télépathe qui me servait de professeur à l’époque, je réalise aujourd’hui qu’il était probablement for peu versé dans l’art subtil de la pédagogie. Sans compter qu’il ne fut nullement aidé par la demande constante de résultats de Père dont il était évident qu’il craignait le courroux plus que tout, ce qui l’obligeait à me pousser dans mes derniers retranchements et souvent bien plus loin, sans aucune préoccupation pour le besoin d’adapter nos exercices à ma progression naturelle. Rajoutez à cela qu’il y a de grandes chances qu’il n’ait lui-même pas été un brillant télépathe mais plutôt un télépathe de niveau moyen – ce n’est pas comme si Père aurait été capable de faire la différence – et cela explique en partie mes lacunes actuelles.

Bien entendu, certaines choses ne sont nullement dues à ce pauvre Vladimir. Mon incapacité criante à créer la moindre image, m’obligeant à jouer avec les souvenirs préexistants dans le cerveau de mes victimes est par exemple entièrement de mon fait. Ou plutôt du fait de mon gène X qui ne m’a pas doté de la capacité de suggestion mentale. Infiltration et manipulation sont des armes de mon arsenal, attaquer de plein front non. Néanmoins, il est certain que – mes limitations physiologiques mises à part – j’aurais encore beaucoup à apprendre de la part d’un véritable maître télépathe. Notamment dans le domaine de la protection télépathique. Je suis en effet à ce jour incapable de produire ne serait-ce qu’un semblant de bouclier mental car cela ne faisait pas partie des instructions fournies à Vladimir. Je devais être un espion de première, ma protection était secondaire. Non pas tant que mon père ne se préoccupât pas de moi mais je doute qu’il pensait que je risquais quoique ce soit dans le milieu où nous vivions. Et il était effectivement peu probable que, si tant est que je n’ai pas été le seul télépathe à la ronde, quiconque eut pensé à attaquer mon esprit. Je n’étais que le gosse de dix-sept ans à qui personne ne prêtait la moindre attention. Ce qui me rendait d’autant plus efficace. Mais le fait est là, personne ne m’a jamais appris à créer une quelconque protection mentale et je ne sais donc si mon incapacité à produire un bouclier télépathique est due à une méconnaissance du processus ou à un problème génétique.

Réfléchissant un instant à la meilleure façon de formuler ma réponse, de manière à ne pas me montrer trop enthousiaste – ma jeunesse n’a nul besoin d’être rappelée une fois de plus – tout en ne risquant pas de passer pour un goujat sans manières, je prends une nouvelle gorgée de Romanée.


-J’aurais difficilement pu imaginer une solution plus favorable. J’accepte donc avec gratitude votre aide pour s’assurer le calme d’Alekseï. Quant à votre seconde proposition, seul un idiot la refuserait et je me targue d’éviter au moins ce défaut-là. Mes capacités sont lacunaires, bénéficier de la possibilité d’y remédier fût-ce en partie est par conséquent une offre dont je vous suis reconnaissant. Je me vois néanmoins dans l’obligation de mettre en garde quiconque accepterait de s’occuper de mon cas, je ne crois pas aux miracles et si j’ai encore beaucoup à apprendre, je ne serai jamais pour autant un adversaire capable d’inquiéter un véritable maître en la matière. Autant éviter les déceptions par avance.

Il s’agit là d’une réalité que j’ai acceptée il y a fort longtemps et qui ne m’empêche nullement d’user de mon pouvoir avec grands profits. Après tout, les contraintes nous forcent bien souvent à faire preuve d’un peu plus d’imagination pour atteindre nos objectifs et s’il y a bien une denrée dont je ne manque pas c’est d’imagination.
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MessageSujet: Re: Une ambition dévorante [Sage]   Dim 12 Juil - 13:24

Les réactions de Nikolaï sont logiques et la Lady les observe comme une simple progression dans les possibilités envisagées. Le jeune homme déduit, s’enjoue, réfléchit… s’il est impossible à Tessa de connaitre ses pensées cela ne l’empêche pas d’avoir une excellente idée sur la plupart des choses se tramant dans la tête de son vis-à-vis, simplement par considération envers ses propres propos déclencheurs desdites réactions. Lorsque vient la réponse, la Reine Noire n’a réellement bougé depuis que ses lèvres se sont closes. Sa discrète mais présente respiration nasale comme son regard assurent que la femme soit toujours présente et consciente, même si elle lit la réalité d’un œil terne.

Le contentement et la gratitude de Nikolaï sont de bons points pour son bord puisque c’est principalement à cela que fonctionnent les loyautés mafieuses, de ce que Tessa en appréhende. Le trait d’humour associé à la seconde proposition dévoile légèrement l’enthousiasme que le jeune homme s’efforce de cacher et cela ne lui échappe pas, la gratitude obtenue toute aussi sincère mais peut-être plus personnelle qu’auparavant. L’avertissement du jeune télépathe est sensé rassurer, voir la rassurer, quand à sa position ; Sage est une télépathe de haut niveau et le fonctionnement particulier de son cerveau lui offre de nombreux avantages dans le domaine du Psychique mais même un télépathe de bas niveau peut s’avérer dangereux pour elle comme pour quiconque, le « niveau » désignant le nombre de capacités télépathiques développées plus que leur maitrise. Nikolaï Kolyakov est jeune et pourrait se surprendre lui-même, fonction de sa progression, même si la Lady s’assurera qu’il ne soit jamais une menace pour elle-même, en effet. Ce n’est affaire ni de déception ni d’attente, juste d’optimisation. Rien de personnel de son point de vue, simplement accomplir le nécessaire.

- Bien. Nous en avons donc finis pour aujourd’hui, déclare sobrement Tessa. Vous avez vingt-six jours afin de peaufiner votre plan, la partie de neutralisation « effective » d’Alekseï en moins. Bien que cela doivent être au planning, vous n’aurez ni hommes ni ressources à fournir, si ce n’est m’accompagner jusqu’à lui.

La Lady marque une pause comme si une sentence venait d’être prononcée. C’est quelque part le cas mais c’est un détail qui n’importe guère à côté de tout le reste : la Reddition d’Alekseï Kolyakov n’est qu’un acte de la Prise de Pouvoir de Nikolaï Kolyakov, l’élément de résolution de son histoire. Ni plus, ni moins ; tant de choses restent donc à faire avant qu’elle ne survienne.

- Suite à cela, nous profiterons de vos tentatives d’obtention de données en Russie afin de vous faire progresser dans le domaine de la Télépathie. S’il serait possible de planifier tout cela pour la mi-Juin, cela m’arrangerait. Si cela est trop tard pour vous, il nous faudra accomplir tout cela les trois premières semaines de Mai.

Elle ne s’étend pas sur le sujet car elle n’a pas à se justifier de son emploi du temps mais il est déjà prévu qu’elle soit prise fin Mai, début Juin et début Juillet et comme toujours l’Institution passe avant le HellFire Club. Son allégeance n’est pas et n’a pas à être discutée quand bien même elle fait la part des choses. Lady Tessa Hartley n’est qu’un fragment de Sage et, si ce fragment est utile pour l’interaction avec les membres du Club des Damnés, il n’est plus dominant comme il le fut par le passé. Elle a passée une douzaine d’années en tant que Tessa, Sage réclame sa part à présent. Cela c’est particulièrement manifesté aujourd’hui mais n’a guère été remarqué ; ils ne se connaissent pas assez pour cela. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? De son point de vue c’est simplement une marge de manœuvre grandissante vis-à-vis de Nikolaï. Les probabilités vont au fait qu’il ne découvrira jamais qui elle est véritablement, comme les autres membres du Club, mais cela n’implique pas qu’elle tienne ses engagements envers lui. Le HellFire Club ne demande pas l’honnêteté juste l’entraide ; Tessa comme Sage y correspondent donc parfaitement.

Se levant doucement, la Lady fait face au jeune homme avant de le raccompagner jusqu’à la porte du salon de lecture, croisant de nouveau ses mains sur son ventre, puis l’accompagne au travers du couloir et des escaliers.

- Vous et moi ne devrions être amenés à nous revoir avant Paris, n’hésitez cependant pas à faire de nouveau appel à moi si vous en éprouvez le besoin.

Tessa n’a pas grand-chose à dire de plus, si ce n’est souhaiter la bonne journée et la bonne chance à Nikolaï, chose qu’elle lui fera en guise d’au-revoir. Inutile de planifier le rendez-vous à Paris, ils se retrouveront avec autant de naturel qu’il en a toujours été pour les membres et les agents du Cercle Intérieur. Mais avant, la Reine Noire a à contacter un monstre afin de l’user pour faire cette première étape afin tant d’accomplir leur accord que de favoriser la chute dudit monstre. Si la partie d’échec entre Nikolaï et Alekseï ne fait que commencer, celle entre Sage et le Léviathan se poursuit et la première partie est représentative d’une case de la seconde, étrange mise en abîme où il est difficile de savoir qui a prévu quoi au final.
RP TERMINE pour Sage

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