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 Marquer les changements ( enora)

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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Marquer les changements ( enora)   Lun 30 Mar - 7:57


Fin Mars 2015

Le printemps annonce un nouveau cycle et avec lui toujours les mêmes questions et les mêmes recommencements. Elle se perd en instant dans la contemplation du soleil de milieu de mâtiné déjà assez haut dans le ciel, même l'opacité de ses lunettes aux verres rosés ne pourraient l'empêcher d'en plisser les yeux et d'esquisser en réflexe l'ébauche d'un sourire naïf et jeune. Il fait déjà bleu, ça augure une bonne journée. Une de ces journées dont la chaleur et la vivacité vous recharge enfin d'un long hivers traînant et grignotant.

Cette journée ne sera pas exempt de ses responsabilités quotidiennes, paperasse administrative et un interview en début d'après midi pour un périodique dont elle a oublié le nom. Une vie de people à laquelle elle ne se fait pas mais la notoriété ne la lâche plus depuis le show d'Elen et elle se doit d'y faire face, elle est devenu un personnage public et son image ne lui appartient plus vraiment.
L'après midi sera riche en événements puisqu'elle avait rendez-vous avec des représentants du gouvernement irlandais à Dublin afin d'y recevoir une sorte de distinction honorifique de citoyenne irlandaise d'honneur, l'Irlande toute heureuse de l'effet d'aubaine de compter parmi les x men médiatiques du moment, une de leurs ressortissantes. Elle ne s'y rendrait que peu de temps grâce à l'aide d'Aislinn et voulait que cet événement se déroule le plus discrètement possible mais elle savait déjà qu'elle ne couperait plus à ce type de mondanités épuisantes.
Pour l'heure, c'était le rendez vous hebdomadaire d’entretien de la tombe de son vieil ami, un moment qu'elle prisait pour le calme et le bien être qu'il lui apportait dans toute ces frénésie, là au creux du parc, lové parmi les arbres et le fleurs, avec l'indulgence d'une brise fraîche et le son murmurant d'abeilles, reposait une tombe vide comme un rocher accroché à la mémoire de quelques uns, dernier témoignage d'un temps qui passera comme passe le temps de chacun ici bas. Mais un endroit paradoxalement vivant et bavard de par ceux qui continuaient à venir s'y abreuver de confidences ou de silence comme c'était le cas de la californienne qui contempla un instant le nom gravé sur le marbre intemporel avant de poser son sceau et sa petite pelle et de s'agenouiller pour entretenir pensées et autres vivaces bordant la tombe.
Genoux sous son jean à même la terre, elle se fichait bien de salir sa veste rouge et œuvrait avec affection comme elle l'avait fait ici des centaine de fois, qu'il vente et qu'il neige ne comptait pas, on n'abandonne pas un ami comme Hopes, jamais.

Ça vous fait marrer j'suis sure....Qu'une fille comme moi s'affiche à la télé et finisse par recevoir une babiole d'un pays qu'elle connaît si peu...Et puis quoi après ? Obama ? Ça en boucherait un coin à certains ça non ? Je veux croire que ça puisse servir aux autres même si...même si tout ça c'est pas moi, les honneurs, la lumière, vous savez vous combien ça me répugne. Vous aviez raison Daniel, il y a bien des moyens de devenir une sacrifiée de l'Histoire, il n'y a pas que le combat : il y a l'ombre où vous , vous opériez et la lumière là où moi je me noie. D'une intendante à un autre, tout cela m'épuise....j'ai bien essayé le carpé diem, vous savez, vivre au jour le jour mais c'est comme si la vie ne voulait pas me lâcher la grappe, elle me pousse en avant, me hisse où je ne veux pas aller. Moi je voulais vivre aimée dans un petite maison et ne pas avoir d'histoire mais c'est ma vie qui est devenue une histoire.

Elle s'arrêta un instant en soupirant brièvement.

Et je crois que seule la disparition m'apportera le repos, après tout ça à l'air de bien vous réussir à vous. Plus on avance, plus on est seul....c'est ce que je ressens...c'est peut être par ce que tout me semble au point mort à un niveau personnel et que j'ai l'impression de subir plutôt que de vivre où juste parce que je suis fatiguée...Peut être aussi parce que j'ai couru tout ce temps pour obtenir une sorte de reconnaissance et que je m’aperçois que cette reconnaissance , ceux dont je la voulais n'existent plus. Oui je sais je geins...mais que peut on faire d'autre devant une tombe ? Et puis si vous n’étiez pas d'accord pour subir mes états d’âme, vous n'aviez qu'à rester en vie, voilà.

Un bruit de pas derrière elle la force à se retourner avec une expression intriguée devant cette silhouette qu'elle ne reconnaît pas car elle se découpe devant la lumière solaire. Une femme élégante et posée... Portant sa main au front pour en faire une visière malgré ses lunettes, elle finit par s’agacer.

- J'ai pas de stylo pour un autographe et jouer à « coucou qui c'est ? » ça me défrise, vous venez pour une inscription ou vous êtes parente d'élèves ? Désolée l'entrée est plus loin.

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Enora Lacourt-Bourdieux
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MessageSujet: Re: Marquer les changements ( enora)   Mer 1 Avr - 11:33

Le printemps. J’aimais particulièrement cette saison durant laquelle la verdure reprenait ses droits sur un hiver terne, sombre et froid. Chaque année, cette saison marque le renouveau, la renaissance. Et chaque année, je ne fais pas exception à cette règle.

Cela allait bientôt faire deux ans. Deux ans que je m’accrochai à la solitude que le deuil m’avait laissée. La période demeurait difficile malgré le nouvel esprit avec lequel je l’abordai. J’avais changé, c’était un fait. Physiquement, cela se remarquait particulièrement par un changement radical de ma garde robe, passant des T-shirt d’adolescente aux chemises en coton ou au hauts en soie. Je gardais avec précaution les quelques Jeans que j’avais l’habitude de mettre, ajoutant à ceux là de nouveau pantalon à la coupe cigarette que je mettais généralement avec des escarpins ou des ballerines – tout dépendait du confort recherché. De nombreuses robes et vestes avaient également fait leur entrée dans mon armoire, principalement là pour m’habiller quand un gala ou un événement où mon nom était de rigueur, le prestige qu’il représentait avec. C’avait été difficile de se faire à cette nouvelle situation, moi qui avais pris l’habitude de compter l’argent que je pouvais dépenser dans les hobbies et les vêtements, je pouvais désormais dépenser sans compter. Et pourtant, je ne pouvais pas m’empêcher de faire attention aux sorties d’argent que je réalisai. Jarvis prenait parfois l’initiative de me faire livrer un colis ou deux avec certaines choses que je n’osai acheter de moi-même mais qui lui semblaient légitimes si je souhaitais avancer. Je le laissai faire sans broncher, persuadée qu’il savait d’avantage que moi ce qu’il faisait.

D’ailleurs, je venais de raccrocher d’une conversation avec lui, jetant mon téléphone portable sur mon lit et lâchant un soupir. Etre responsable d’une entreprise qui se trouvait de l’autre côté de l’Atlantique commençait à devenir gênant et, bien que Jarvis s’occupait de tout, je ne pouvais m’empêcher d’avoir mon mot à dire. Je m’étirai sur ma chaise de bureau et refermai le clapet de mon ordinateur. Je me levai et me dirigeai vers la fenêtre de ma chambre. Le soleil était assez haut dans le ciel et, bien que n’ayant aucune idée de l’heure qu’il puisse être, la matinée semblait bien avancée. L’idée me vint de m’enfuir d’ici et d’aller faire un tour dans la fameuse voiture que Daniel m’avait laissé mais l’envie me manquer. Daniel. Pas un jour passait sans que je ne pense à lui, son petit sourire en coin qu’il m’adressait dès qu’il rentrait de sa journée de travail, les mots que nous avions l’un avec l’autre, la montre à gousset qu’il m’avait offerte et qui ne me quittait jamais. L’envie dépassant l’idée, je pris un blazer noir dans mon armoire, enfilai une paire de ballerines assorties et me dirigeai vers le parc de l’institut.

Habillée du traditionnel Jean-chemise désormais, j’avais remonté mes cheveux en chignon, me donnant un air sérieux, adulte et me vieillissant plus que nécessaire. Je plaquai mes lunettes de soleil sur mes yeux et sortis de l’institut. L’air frais du parc vint emplir mes poumons d’une fraicheur agréable. Il ne faisait plus froid mais ma veste était la bienvenue. Je marchai doucement, entamant mentalement ce petit pèlerinage que j’exécutai à chaque fois que je me rendais sur la tombe de Daniel Hopes. La sérénité m’envahit autant qu’une certaine nostalgie, et je me mettais tout simplement à oublier tout le reste. Mes pensées devinrent futiles et inutiles et je me contentai de me remémorer les souvenirs heureux que nous avions vécus ensemble.

Ce ne fut que lorsque mes yeux tombèrent sur l’endroit où la stèle se trouvait que je constatai que quelqu’un se trouvait déjà là. Malgré la légère teinte qu’imposaient mes lunettes de soleil, la coloration vive de la tignasse de cette personne suffit pour que je puisse la reconnaître de loin et un sourire apparut sur mes lèvres. Caitlyn. Le castor roux. Je ne l’avais pas recroisée depuis bien longtemps et l’idée de la revoir dans un moment aussi solennel et intime avait quelque chose d’agréable. Je m’approchai le plus discrètement possible, entendant alors sa voix au loin sans pouvoir distinguer les mots qu’elle prononçait. Je n’étais qu’à moitié étonnée de la voir ici, sachant qu’elle avait été également proche de Daniel dès lors qu’il lui avait tendu une main pour lui offrir une seconde chance. Cette chance, elle avait su la saisir et plus encore. Elle était devenue X-woman, avait su sauver des vies lors de divers événements, avait une vie médiatisée et devait maintenant vivre avec les conséquences de tous ses actes. Loin était la jeune femme perdue qui ne savait plus vers où se diriger et à qui Amy avait offert son cœur.

La discrétion n’étant pas mon fort, elle finit par faire volte face. Le soleil étant dans mon dos, elle ne put m’identifier en premier lieu. Son expression intriguée ne put que me confirmer cela avant qu’elle ne commence à froncer les sourcils, portant une main en visière, cherchant à se protéger des rayons du soleil. Puis, sa voix s’adressa à moi d’un ton peu amical. Un autographe ? Une parente d’élève ? Une inscription ? Je haussai les sourcils lâchant un petit rire amusé devant une Caitlyn Eliott qui ne changerait décidément jamais. Mais, afin d’éviter de contrarier le castor, je fis un pas de plus vers elle, lui offrant mon ombre pour lui voiler le soleil. J’ôtai alors mes lunettes de soleil avant de m’adresser à elle d’un ton amusé.

« Eh bien, c’est une habitude de saluer les gens en faisant ça de manière peu normative, ou bien tu ne fais ça qu’avec moi ? »

Je souris légèrement en coin, plantant mes yeux verts dans les lunettes rosées de Caitlyn. La première fois, elle avait eu du mal à faire le lien entre mon nom et qui j’étais de réputation. Aujourd’hui, c’était mon physique qui semblait faire barrière entre nous. Je baissai le regard lâchant un léger soupir.

« Promis, pas d’autographe, pas de jeu idiot. Je suis juste venue faire ce que… Tu étais en train de faire. »

Je montrai d’un coup de tête la plaque de marbre sur laquelle était gravé le nom de mon tuteur.

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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Marquer les changements ( enora)   Mer 1 Avr - 18:00

Institut, quelques années auparavant

Elle soupira en se redressant puis laissa échapper un long gémissement.

PPPPPPPPPPPPffffffffffffffffffffff ! Ca fait tellement chier vot'truc qu'on va finir par mettre mon portrait sur les rouleaux de PQ en remerciement pour une hausse de profit sur 10 ans !!!

Le time tricker ne releva pas la tête de son dossier, toujours attablé à sa table un café refroidissant devant lui.

Caitlyn...économises ta salive...j'ai promis à Miss Frost de me charger de cette punition, tu éviteras donc de me rabattre les oreilles de ton verbiage affligeant et tu continueras à recopier ce bouquin. Fort instructif de part ailleurs.


Les photocopieuses, c'est pas fait que pour les blagues potaches genre fesse en A3, merde ! J'use mon poignet à recopier ces articles de lois débiles depuis 2 plombes, suis pas une gamine, c'est à la maternelle qu'on fait ces trucs !

Daniel souleva enfin la tête et réajusta en silence ses lunettes rondes sur le bout du nez. Puis posa ses coudes sur la table en réprimant un tic d'agacement devant la tiédeur de son café.

Tu as traité Miss Frost de vieille rombière constipée en classe, endroit où on m'a dit que tu allais plus que rarement déjà et en plus pour te faire remarquer, tu agis comme une gamine capricieuse, tu es punie comme une gamine capricieuse. Je ne vois pas où cela peut mener à quelque diatribes argumentaires. Tu ferais mieux de prendre modèle sur la petite De Lauro.


Amy ? Elle a un épis de maïs carré dans l’oignon, j'l'aime bien mais elle manque cruellement de fantaisie...


Elle te supporte depuis deux semaines en colocatrice, Ce qui justifie le fait d'appeler le guiness Book des records.


Guinesse ? Comme la bière ?

Il soupira en secouant la tête d'un air navré avant de replonger dans son livre.

Active la cadence, jeune fille...

Vous n'aviez qu'à me mettre chez votre petite Enora ! Je suis sur que vous m'avez mis avec Miss Perfect pour me brimer, et l'autre c'est pas mieux avec sa tête de Sadako, il manque un chien et on va remonter le scooby-band..

Laisse Enora en dehors de ces considérations, tu veux ? Tu ne l'as même pas approché.

Les rumeurs disent que vous êtes comme qui dirait...très proches

Les rumeurs disent que tu es comme qui dirait azimutée...Laisse les rumeurs parler, jeune fille sinon tu n'as pas fini de te retourner sur leurs passages. Enora est ma pupille, je suis son représentant légal, son tuteur.

Z'êtes sur qu'il est pas sous votre pantalon, le tuteur ? C'est ce qui s'dit...

Il laissa passer un sourire et de nouveau plongea son regard dans le sien.

Prends garde de ne pas te mordre la langue, tu mourrais foudroyée d'empoisonnement...Enora est à mes yeux plus précieuse qu'une fille, plus précieuse que mon propre sang, elle est ma famille.

Ca m'fait doucement glousser moi, c'délire, comment qu'on peut aimer comme sa fille une meuf qui n'est pas de sa famille dans les gènes, c'est impossible. C'est juste des grand mots, c'est tout !

Des mots précieux, Caitlyn...des mots qui viennent du cœur, pas du sang. Tu es jeune d'esprit mais je ne désespère pas que tu comprennes ce principe un jour car c'est ce principe qui sauvera l'Humanité et toi avec...


Ca peut m'sauver d'cette punition débile ?

Si les mots viennent du cœur, ils peuvent changer le destin du monde. Recopie cette page de Droit, ca te sera profitable un jour ou l'autre, tête de pioche.


Profitable...tain, chier, merde ! Autant me torcher les fesses avec un cactus, ça au moins ça ne me fera pas mal comme votre torture mentale. Je vous jure que c'est un cri du cœur !!

_______________________________________________________

« Eh bien, c’est une habitude de saluer les gens en faisant ça de manière peu normative, ou bien tu ne fais ça qu’avec moi ? »
« Promis, pas d’autographe, pas de jeu idiot. Je suis juste venue faire ce que… Tu étais en train de faire. »


L'expression de la Californienne passa de la surprise à la naissance d'un franc sourire.

….Nono ? Enora ? ! Par le Sang du Chtist 

Elle se redressa avec une rapidité marquant son emballement avant d'avancer vers elle en écartant grand les bras pour la serrer puis se ravisant soudainement en la regardant en coin sans laisser disparaître son expression complètement réjouie.

Oupsss...C'est que tu fais grande dame maintenant....J'ai su que tu étais revenue mais tu sais ce que c'est, il paraît que il ne faut pas brusquer les gens et puis je ne savais pas si...si tu allais mieux, ça fait presque deux ans déjà mais il s'est passé tant de choses que...j'ai l'impression que ça fait un siècle. Tu vois ? Tout est propre ! J'entretiens personnellement cet endroit tous les mois, j'aime y venir pour..pour lui parler, être au calme. C'est un lieu important pour moi, personne ne l'oublie ici. Personne ne l'oubliera jamais.
Tu es revenue pour quelques temps ou tu as des projets dans le coin ? Mon dieu ça me fait si plaisir de te voir ! Tu viendras manger chez nous ? Amy serait contente ! Je t'assomme avec mes mots, j'en suis désolée..

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Enora Lacourt-Bourdieux
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MessageSujet: Re: Marquer les changements ( enora)   Dim 5 Avr - 23:46

La réaction à mes mots fut quasi immédiate. L’expression de Caitlyn passa de quelque chose qui s’apparentait le plus à la méfiance à un large sourire qui transparaissait sa joie. Le vrai plaisir de me revoir et de constater que j’étais toujours sur mes deux jambes. D’ailleurs, elle jura, ce qui me fit tout simplement sourire également avec cette même franchise. Caitlyn demeurait le fameux castor roux croisé avec une pile électrique, comme à chaque fois, et j’étais toute aussi ravie de la revoir et qu’elle soit cette première personne que je retrouvais réellement après deux ans de présence en pointillés. Elle se mit sur ses pieds à la vitesse de l’éclair. Je haussai doucement les sourcils, surprise par tant d’enthousiasme de sa part.

Elle fit un pas en avant et je l’observai sans bouger d’un poil tandis qu’elle se figea finalement. Jamais nous n’avions eu d’accolade, de bise ou tout autre chose qui montrait notre amitié. Caitlyn avait toujours été quelqu’un d’assez distant avec les autres – Amy exceptée, bien sûr – mais aujourd’hui, il semblait que cela ait changé. Je constatai cela avec un nouveau sourire, plus mince que le premier quoique toujours aussi satisfait. Puis, elle relança ce qui lui servait de moulin à parole. Daniel m’avait dit un jour que, plus bavarde que moi ne pouvait exister car les sucreries que j’ingurgitai alimentaient directement mon moulin à paroles. J’aurais aimé être là le jour où il a pu rencontrer Caitlyn et le voir constater que cette personne bien réel m’arrivait au moins à la cheville. La première constatation de la rousse me fit doucement rougir. Une grande dame. J’aurais pu, j’aurais ri, mais je ne pouvais que lui accorder un point là-dessus car mon nouveau look me vieillissait.

Apparemment, les nouvelles de mon retour avaient circulées mais jamais prouvée car ma discrétion méritait belle et bien un record dans le livre associé. De plus, Caitlyn me fit comprendre qu’elle pensait que c’était à moi de faire le premier pas vers les autres, non l’inverse. Et c’était également ce que j’avais fini par penser, essayant de retrouver certains amis de cette vie New Yorkaise. J’avais revu David il y avait de ça un an maintenant, mais je n’avais pas eu plus de nouvelles.

Caitlyn poursuivit ses enfilades de mots sans fin, car oui, des années s’étaient écoulées depuis que je ne l’ai vue. Des choses à raconter, je ne doutais pas une seconde qu’elle en débordait. A chaque mot qu’elle ajoutait, je ne pouvais m’empêcher de sourire d’avantage, prenant un certain plaisir à la voir blablater de la sorte. Puis, elle reporta mon attention sur la tombe de Daniel qu’elle prenait soin d’entretenir. Mes yeux se posèrent sur ce petit parterre qui lui était consacré et mon sourire s’adoucit légèrement, plus affectueux et plus triste. Je ne pouvais que féliciter un travail qui aurait certainement du être le mien et pourtant, j’avais toujours autant de peine à regarder cette stèle à son nom. Certaines blessures ne guérissent jamais, j’avais fini par le comprendre. J’avais appris à vivre avec, bien que certaines choses pouvaient ramener la douleur qu’elle causait. Je hochai machinalement la tête tandis qu’elle repassait encore sur autre chose. Ce fut alors le moment de quelques questions que la rouquine s’autorisait enfin à me poser. Je la laissai finir, souriant légèrement et venant croiser mes bras contre ma poitrine, comme pour venir rattraper mon cœur qui chutait tant cela demeurait dur de parler. Et pourtant, j’en étais désormais capable. Je laissai échapper un léger rire quand elle acheva sa tirade avant de lui répondre avec simplicité.

« Oh, tu ne m’assommes pas, bien au contraire… Ta voix est toujours aussi plaisante à entendre et ton débit de parole m’avait manqué, je peux te l’assurer… »

Un léger sourire en coin se dessina alors sur mes lèvres, malicieux sourire enjoué qui était toujours de rigueur quand vous vous adressez à Caitlyn Eliott. Puis, je crimaçai légèrement, me tortillant un peu sur moi-même.

« Oui, je suis désolée… J’aurais au moins pu appeler ou écrire pour vous donner de mes nouvelles mais… J’avais la tête ailleurs ces deux dernières années… »

Le retour du sourire triste. Mes yeux se posèrent sur un point fixe, quelque part sur la veste de couleur vive de mon interlocutrice et je dus cillai plusieurs fois et rapidement en prenant une longue inspiration pour rebondir.

« Enfin. Je suis de retour et normalement pour un certain temps… Le deuil ne m’a pas aidé dans la gestion des pouvoirs, bien au contraire. Mais bon, comme tu le disais, il s’en est passé des choses durant tout ce temps ! Ah, et ce serait avec plaisir que je dinerais avec Amy et toi ! Comment va-t-elle d'ailleurs? »

Je reposai mon regard sur la tombe de mon père.

« Merci, en tout cas… Pour avoir pris soin de tout ça pendant que j’en étais incapable. Je te comprends, je viens ici dès que j’ai besoin de parler quand je suis à New-York… C’est un peu le seul endroit où je sais qu’on m’écoutera attentivement… Il me manque toujours autant. Pas un matin je me lève en espérant l’entendre me dire que je suis en retard et que je dois descendre d’une lignée de marmotte… »

Je souris légèrement en soupirant, laissant mon esprit vagabonder dans des temps anciens et heureux.

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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Marquer les changements ( enora)   Dim 26 Avr - 17:21

Caitlyn semblait rayonnante ce qui etait souvent le cas lorsqu'elle rencontrait une personne échappée du passé qui semblait encore la connaître, chose devenue rare ces derniers temps vue le rythme trépidant des obligations et des événements. Elle écoutait avec patience sa vis à vis avant d'essuyer d'un revers de main, les saletés résiduelles s’étant invitées sur ses vêtements suite à ses travaux de jardinage.

Amy ? Oh, elle va bien, elle est stressée par ses exams et par tous les aléas de notre vie mais c'est le lot de chacun après tout, non. Devenir adulte c'est forcément chiant et puis notre situation a changé. Je suis exposée dans les médias en plus de devoir faire le travail d'Intendance, je n'ai même plus le temps pour mes fonctions d'avocate...Et puis il y a la famille aussi, nous avons adopté une fille, notre petite Jade et j'ai renoué des liens avec ma fille Naturelle, Aislinn...on essaye de suivre le rythme avec Amy mais nous n'avons plus réellement de temps pour nous...hélas. Voir du monde...de cette époque où tout était plus simple...plus calme...pour sur que ca va la faire plaisir ! Autant qu'à moi ! Et puis on pourra te présenter la petite famille, bon Jade a son caractère mais c'est un génie, un vrai ! Avec un groooos QI ! Je suis si fière d'elle !

Elle se contenta de l'écouter un instant avant de tourner son regard en écho vers la pierre tombale avec cette même expression douce amère qui se reflétait sur le visage de la jeune fille.

Oui...c'est un endroit idéal pour se ressourcer. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, il a beaucoup de visites mais ses réponses aux questions qu'on lui pose sont aussi énigmatiques qu'elles l'étaient de son vivant.Je me demande parfois ce qu'il..ce qu'il penserait de nous, sur nos choix, sur la direction que prend nos vies, sur ce que nous devenons...Te voilà, parfaite working girl et moi...mère de famille au bord du burnout...tu parles de destins ! Je passe mon temps à parler d'idéal et des x men mais pourtant...c'est si loin déjà, une époque ou nous étions...plus innocents ou plus aveugles et infiniment moins seuls. Il devait s'y connaître, lui, en solitude. De toute façon...il avait un avis éclairé sur tellement de choses que je regrette de ne pas l'avoir plus écouté quand il me sermonnait mais je n'étais...qu'une idiote alors. Il te traitait de marmotte ? Moi c'était de tête de pioche....ça l'aurait fait rire de me voir en castor...je crois.

Elle sourit légèrement avec une profonde nostalgie avant de reporter son attention sur Enora.

- Mais dis moi ? Toi ? Londres ? Comment y vit-on ? Et surtout comment Toi tu y vis ? Est-ce que tu es heureuse ? Est-ce que tu as enfin trouvé celle que tu cherchais à être ?

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