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 Chroniques

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MessageSujet: Chroniques   Ven 27 Mar - 15:12



14 Novembre 2014
New York State Cemetery

Les rangées de tombes contiennent une fois de plus une assemblée officielle, parée de bleu et ne paradant pas plus qu’ils n’ont le devoir de le faire. Les discours ont été prononcés et l’heure est au silence comme au recueillement. C’est difficile, c’est difficile de se contenir. « Trop de flics tués », cela pourrait remplacer le « Courtoisie – Professionnalisme – Respect » qui leur sert actuellement de slogan. Ce ne sont pas eux qui ont brûlé, pourtant, trois jours plus tôt. Mais se sont de leurs proches, de leurs amis, à nouveau. Il n’y a qu’une tombe qui est mise en terre aujourd’hui mais il y a au moins cinq vies brisées et le corps consumé enfermé à jamais entre quatre planches contamine les âmes de ces proches d’un feu tout aussi brûlant. Il se nomme haine.

Au premier rang, il y a une femme, elle s’appelle Nina. C’est une trentenaire sans histoire, comme des millions d’autres personnes ici. Elle pleure, elle pleure encore. Elle-même ne sait pas si elle s’en remettra un jour. Son mari croyait en le bien fondé de cette institution qu’il servait, il croyait en ces valeurs et avait fait preuve de courage ces dernières années. Il avait bravé les flammes de Mutant Town pour évacuer des inconnus, mutants ou humains, et avait protégé ces mêmes inconnus face aux monstres d’Yggdrasil. Aujourd’hui il n’était plus qu’un nom sur une pierre, celui de Lou Bloom, et un souvenir douloureux. Sans partager le fatalisme de son collègue à croire qu’ils laisseraient leurs peaux à chercher à aider les autres et à assurer leur sécurité, il n’avait jamais voulu avoir d’enfant et il avait promis à Nina qu’il ne la laisserait pas seule. Elle n’est pas seule, la douleur, le chagrin et la colère de cette perte lui font trouver de nouveaux points communs avec d’autres personnes, connues comme inconnues.

A son côté se trouve une autre femme de son âge qui elle-même tient un garçon d’une douzaine d’année par la main. Ils ont la chance douteuse que leur mari et père survive à cette intervention mais Rick Loder ne peut être présent à l’enterrement de son ami et collègue de la dernière décennie car son corps a les mêmes marques de ce qui consume tous les cœurs aujourd’hui. Linda ne l’a pas reconnu et n’a pas laissé Joe le voir, lorsqu’ils sont arrivés à l’hôpital où il a été évacué. Ce qui devait assurer sa survie a été retourné contre lui pour devenir une torture presque dantesque et aujourd’hui il est dans le coma, un presque-mort handicapé à vie dont les chairs ont été plus ou moins fondues et dont les organes ne sont plus suffisants à le maintenir en vie. Rick a toujours eu l’intime conviction que son altruisme lui coûterait la vie mais s’il n’avait pas tord, c’est à sa femme que revient l’ultime décision de l’achever ou non.

Les mémoires ont encore dans le souvenir Frank Kruse, dont la veuve Jackie est aussi présente, tué par un mutant quelques mois plus tôt. Mutants, toujours des mutants. Ce mot revient si souvent lorsqu’il est question de mal, de monstruosité, de meurtre ; l’enquête n’a pas encore déterminé s’il s’agit là encore de l’un des Inhumains mais il semble clair à tous ceux présents que c’est le cas. Qui de mieux qu’un manipulateur de feu pour ainsi massacrer tous les humains dans ce bar ainsi que ceux venus chercher à comprendre ce qui se passaient, à aider. Le Bureau des Affaires Mutantes est sur l’affaire, c’est une preuve suffisante à tous.

Le silence est trouble et il me permet de regarder cette assemblée de fidèles trembler de la plus grande force du monde. On dit que la Foi peut déplacer des montagnes mais la haine peut consumer tellement plus. Pourtant, il ne faut pas se laisser consumer par elle, il faut réussir à trouver la paix car c’est ce que le Seigneur souhaite pour nous même si pour la préserver et l’entretenir nous devons être prêt à nous battre pour la pureté et l’harmonie de Sa création. Je regarde les tremblements, je regarde les larmes, je compatis mais vois au-delà de tout cela également.

Je ne sépare mes mains de ma bible et ne relève le visage que lorsque le silence s’achève. La main qui tient le livre saint se libère de doigts pour ouvrir ma veste alors que ma main y va chercher mon paquet de cigarettes ; la troupe se disperse et si d’aucuns s’en vont continuer de porter leurs croix d’autres commencent à s’embraser à leur tour contre cette vilenie. Ce sont eux que j’approche, ayant déjà accompli mon office envers les précédents. Je fais don de mon tabac à ceux qui en veulent, gardant l’un des tubes pour moi-même si ce dernier ne m’empêche pas d’avoir des paroles de réconfort et de condoléances. Je comprends leurs points de vue, je comprends leur haine mais je les encourage à ne pas y céder, à ne pas faire de folie. Il est un moyen bien plus simple et efficace de faire face au Problème Mutant.

Je les intrigue et ils me demandent de développer, une chose qui me fait sourire alors que, rangeant mon paquet de cigarettes, je sors un briquet. Je vais leur expliquer, leur dis-je, je vais leur montrer la voie, leur promets-je, puis approchant le zippo de ma cigarette, j’en allume la flamme.

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MessageSujet: Re: Chroniques   Ven 3 Juil - 22:47




Mutant Registration Act - Première Partie
Samedi 4 Juillet 2015 – 08 : 10 P.M.
Lincoln Park, Washington D.C.

Le pupitre a été savamment placé sur la petite colline. Considérant le parterre d’herbe entretenu qui commence à s’étendre dix mètres plus loin, il n’est nul besoin de la moindre estrade pour le faire ressortir. Les journalises, accroupies pour la plupart, occupent une bonne moitié de ces dix mètres tandis que les militants sont relégués sur les pelouses du Lincoln Park. Derrière le pupitre, il y a un homme. Derrière l’homme, il y a l’Emancipation Memorial.

L’homme approche de la soixantaine, du mètre quatre-vingt et des quatre-vingt kilogrammes mais ce n’est pas cette stature, son costume bleu à cravate raillée de rouge ou ses épaisses lunettes qui lui donnent sa prestance. Ses cheveux autrefois bruns ont blanchis mais son front large n'a jamais été renforcé par une quelconque calvitie. Son visage fin commence à se marquer des rides de l’âge même si le soin qu’il y apporte l’a préservé du pire. Son regard, s’il est plus terne qu’autrefois, est d’une résolution sans famille. Son nez, supportant ses lunettes, s’avance et surplombe une bouche aux lèvres pincées d’où émane une voix étonnamment forte où se retrouve cette même résolution que dans ses yeux.

Il parle au monde, à toutes ces caméras qui lui font face comme aux gens qui se trouvent derrière ; que ce soit au sein du Lincoln Park ou chez eux. Il maintient le pupitre contre lui d’une main et élève l’autre en accompagnement de ses paroles.

- La raison de ma présence est simple. Mes électeurs du Massachusetts l’ont compris et je vous promets que vous comprendrez aussi.

Il croit à ce qu’il milite. Il croit à ce qu’il dit. Ce n’est pas le jeu d’un de ces nombreux politiciens ne cherchant que leur profit personnel, lui est de ceux qui ont l’aura de grandeur et la force de conviction qui font les plus grands.

- Il faut arrêter de se voiler la face : le Phénomène Mutant est un Problème Mutant. Toute personne en pleine possession de ses capacités intellectuelles l’a compris. Depuis combien d’années les Mutants sont-ils au cœur des problèmes de notre société ? Il est une génération entière pour n’avoir rien connu d’autres que les problèmes liés à ces êtres. Voici bientôt trente ans que la Confrérie des Mutants perpétue des actes de terrorisme à l’encontre des populations innocentes de notre pays et du monde ; faut-il citer l’attaque d’Huston Bridge et l’assassinat du Maire de New York, en 2009 ? Ou bien la destruction du Cube pour libérer les dangereux criminels qui s’y trouvaient, en 2010 ? Et quid de l’arbre géant qui à dévaster Manhattan, en 2012 ? De la destruction du port de San Francisco, en 2013 ? Et ces X-Men, qui tentent de les combattre mais cause tout autant de dégâts qu’eux et négocient avec le Bureau des Affaires Mutantes comme tentent de se faire aduler des foules pour échapper à la Justice ? Ils parlent de Cohabitation Pacifique, de l’Idéal de leur fondateur Charles Xavier, mais sont-ils autre chose que des militaires surentrainés aux aspirations de célébrité ? Tous, quelques soient leurs objectifs ou leurs revendications, ne prouvent qu’une chose : les Mutants sont dangereux. Un danger aussi réel que les terroristes de part le monde mais qui se trouve ici, chez nous.

Il s’arrête de parler quelques instants. Il prend une grande inspiration et soupir, sa voix se faisant plus posée.

- Je ne les blâmes pas pour ce qu’ils sont et crois bien volontiers que la plupart d’entre eux souhaitent simplement vivre en paix, loin des problèmes. Ce sont des gens après tout. Mais des gens dont certains possèdent le potentiel d’armes, qu’elles soient à feu ou de destruction massive ! Un criminel mutant sera toujours pire qu’un criminel humain car le mutant a des capacités que l’humain n’aura jamais ; que vous et moi n’aurons jamais. Et c’est notre droit que d’être protégés de ces capacités. Le Bureau des Affaires Mutantes était là pour cela, à l’origine, mais qu’est-il devenu aujourd’hui ? Et surtout, est-il suffisant ? Difficile de le croire lorsqu’on le voit accepter l’aide d’un groupe sur lequel la lumière n’est toujours pas faite. C’est pour cela que ma proposition de loi est une nécessité. C’est pour cela qu’en Septembre prochain, dans l’aile nord du Capitole qui n’est qu’à un kilomètre derrière moi, le Sénat se réunira pour voter la loi fédérale du Mutant Registration Act !

Il c’est emporté sur la fin lorsqu’il a évoqué son projet. Il est là pour cela, cela lui tient à cœur. Il s’interrompt donc de lui-même pour reprendre son rythme et son ton d’orateur.

- Vous savez, je n’ai rien contre les mutants. Mais le Massachusetts a été témoin des difficultés de notre cohabitation. En 2008, la Massachusetts Academy ouvrait ses portes aux mutants exclusivement. En 2010, après un premier incident avec l’un d’eux, elle accepta les humains également. Et en 2011, les élèves ont fait sauter l’école et la directrice, mutante, a été contrainte de tuer sa propre sœur, co-directrice jusqu’à lors. Voilà pourquoi j’ai décidé de me présenter avec mon programme de régulation. D’aucun me taxent d’Anti-mutant, de raciste ou de fasciste, mais que faire lorsque régulièrement aux informations on entend parler de policiers obliger d’abattre des mutants de crainte de leurs pouvoirs ? Que faire lorsque chaque année pratiquement, la plus grande métropole du monde panse ses plaies suite aux prémisses d’une guerre dont nous sommes tous responsables ?

Il laisse quelques secondes s’écouler, écoutant les bruits du parc autour de lui et de la route non loin. Il interroge du regard, comme s’il s’attendait qu’on brise se calme pour lui répondre. Personne ne le fait. Alors il prend à parti ceux à qui il s’adresse ; alors il leur parle de cœur à cœur.

- Citoyens des Etats-Unis d’Amérique, mes confrères sénateurs, le monde a les yeux rivés sur nous depuis le commencement, depuis l’apparition du Problème Mutant. Nous éclairons et devons continuer d’éclairer sur la démarche à suivre. Et cette démarche, je crois fermement qu’il s’agit du Mutant Registration Act. Un homme a dit un jour qu’un grand pouvoir impliquait de grande responsabilité ; en acceptant le recensement, vous, mes compatriotes mutants, prouverez détenir la responsabilité de vos capacités.

Une fois encore, il se ménage une pause. A moins qu’il ne la ménage à son public, à moins qui ne la ménage pour vous. Mais cela lui permet de reprendre de plus belle, haussant le ton pour emporter ceux qui le suivent avec lui.

- Cette loi n’est pas un fichage, cette loi n’est pas un piège ! Cette loi est l’occasion de légaliser les capacités extraordinaires de certains de nos concitoyens. Cette loi vise à ce que les pouvoirs des mutants deviennent un atout pour notre société, non la menace qu’ils sont aujourd’hui. En étant recensé, un mutant prouvera qu’il a le désir de s’intégrer et d’user de ses capacités pour le bien de tous ; voyez les Agents du Bureau des Affaires Mutantes, leurs capacités sont connues et ils peuvent s’en servir au mieux. N’est-ce pas là la démarche à suivre ?

Ses deux mains reviennent, pour la première fois, s’agripper à son pupitre. Il est calme, il est confiant. Il conclut.

- Ce qui serait véritablement anti-mutant c’est de refuser à nos concitoyens cette chance de s’intégrer. Non, cela ne changera rien pour les criminels mutants. Mais eux doivent être combattus et arrêtés. Ce n’est pas pour eux que je me bats. C’est pour vous. Mesdames et messieurs, humains et mutants, citoyens des Etats-Unis d’Amérique… nous pouvons résoudre le Problème Mutant. Tous ensembles.

Ainsi termine-t-il son discourt. Ainsi, au pied d’une statue d’Abraham Lincoln libérant un esclave, la foule ovationne le Sénateur Robert Edward Kelly.

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Magneto
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MessageSujet: Re: Chroniques   Dim 19 Juil - 19:25




Mutant Registration Act - Seconde Partie
Dimanche 19 juillet
Eastern standard Time 7:48pm

_ Penny? Tu veux bien mettre la table s’il te plait?

Assise en tailleur sur le tapis devant la télévision, la jeune adolescente soupira en entendant la voix de sa mère lui parvenir de la cuisine. Elle jeta un dernier coup d’oeil vers l’écran, sur lequel était diffusée une série policière, avant de se lever et ne plus écouter que distraitement son programme en sortant les deux assiettes. Puis, après un énième soupire en cherchant dans un tiroir, ce fut au tour des couverts de les rejoindre.

_ Et pourquoi c’est toujours moi qui met la table?

_ Parce que je cuisine chérie.

Cette fois-ci, la mère et la fille soupirèrent en même temps, la première dans la cuisine et la seconde dans le salon d’où un grésillement anormal s’échappa. Penny se tourna vers la télévision en fronçant les sourcils, alors que l’image de l’inspecteur chaussant ses lunettes sur Won’t get Fooled Again de The Who se pixellisa avant de geler et de sauter sur l’écran.

_ M’man! La télé’ recommence! …

L’adolescente poussa un grognement mécontent et commença à s’en approcher pour lui donner un coup sur le côté, mais une nouvelle image était déjà apparue avant même qu’elle n’eut le temps d’amorcer un premier pas. La silhouette de l’homme se stabilisa enfin, et bientôt, tous les spectateurs réunis devant leur poste purent reconnaître la carrure unique du leader de la confrérie.
La coupe de son costume noir ne pouvait être plus sobre, mais elle ne mettait que mieux en valeur la hauteur de sa stature, l’étroitesse de ses hanches et la largeur de ses épaules, autour desquelles était enroulé le drapé d’une cape, noire elle aussi, et doublée d’un satin carmin qui ne se révélait qu’avec la brise tournoyante du lieu.
A en juger par la couleur verte du cuivre oxydé, et l’aspect martelé du métal se trouvant derrière lui, Magneto ne pouvait être nul part ailleurs que sur la Statut de la Liberté, sur sa torche plus précisément, une partie interdite d’accès au public.
Il porta ses mains gantées de cuir noir à sa tête pour la libérer de son lourd casque, bouclier contre son unique faiblesse et dont il ne se séparait jamais. Mais aujourd’hui, le monde verrait les cheveux et les yeux couleur d’acier de cet homme dont les années et les combats avaient définitivement marqués le visage, même si ses traits possédaient encore tout le charme et le charisme nécessaires à un leadeur. Ses pupille froides et assurées encrées dans celles des spectateurs de l’autre côté de leur écran, il tint son casque sous son bras gauche, à la manière de la grande dame sur laquelle il se tenait.
Non, aujourd’hui, son casque n’avait rien à faire sur sa tête, car aujourd’hui, c’était à tous ses frères mutants qu’il parlerait.

_Homo Sapiens.

_ M’man? … Faut qu’tu viennes!

Fatiguée, la mère de Penny sortit de la cuisine en soupirant, et essuya ses mains encore mouillées du jus des légumes qu’elle découpait, sur son tablier.

_ Penny, la journée a été longue, qu’est-ce qu…

_ Homo Sapiens,

Grave sans être roque, calme sans n’être qu’un murmure, sa voix était ce qu’il fallait de suave, et ses modulations parfaite avaient toute l’assurance que lui conférait l’âge et l’expérience. Chaque mot, chaque respiration, chaque pause étaient calculés.

tu te crées bien des soucis avec ce que tu ne comprends pas, car si tu avais su te montrer curieux plutôt que craintif, si tu avais su ouvrir ton esprit plutôt que de ne manifester que méfiance, il n’y aurait jamais eu ce que tu te plais à appeler le “problème mutant”.
Petit Homme, ce que tu ne comprends pas, tu le crains, et ce que tu crains, tu veux le contrôler. Mais contrôler n’est pas comprendre, car tu ne fais que brider, que mettre à l’écart, qu’emprisonner… et exterminer.


Le recensement aujourd’hui, et demain les chambres à gaz !


Ne vois-tu pas que tu tournes en rond et reproduis sans cesse les mêmes erreurs? Je sais ou cela nous mènera, car je sais où cela nous a déjà mené. J’étais là, comme je suis là aujourd’hui et comme je le serais demain!

N’apprendras-tu donc jamais?

Homo Sapiens,
je me demande sincèrement lequel de nous deux peut bien être le pire. Celui qui a, ou bien celui qui veut? Mes frères et moi n’avons jamais fait le choix de naître mutant, de posséder ce “potentiel” que tu envies tant. Mais toi, Petit Homme, tu as choisi les armes pour augmenter ta propre puissance destructrice.
Car oui, tu détruis Homo Sapiens, et tu le fais si bien, alors même que ton cher “potentiel” n’est pas inné, comme le mien.
Non, le tiens est recherché, optimisé et modernisé! Il a un prix, en bons dollars Américains, car ce que tu n’as pas, tu le veux, et ce que tu veux, tu l’achètes!

Alors dis moi, lequel de nous deux peut-il bien être le pire?

Homo Sapiens,
tu es bien prompt à rappeler les dommages que les miens et moi-même avons causé, mais as-tu oublié tes propres atrocités?
Car ce ne sont pas les mutants qui ont perpétré des meurtres de masse!
Ce ne sont pas les mutants qui ont crucifié mes frères à travers Manhattan!
Ce ne sont pas les mutants qui ont menacé de continuer à faire pleuvoir des cadavres sur ce “symbole de liberté” qu’est New York!
Ce ne sont pas les mutants qui ont brûlé Mutant Town jusqu’à la dernière brique!
Ce ne sont pas les mutants qui ont détruit un quartier civil entier, assassinant hommes, femmes et enfants!

Maintenant dis moi, lequel de nous deux est-il vraiment le pire?

Homo Sapiens,
indigne toi si cela te chante, crains si tu n’arrives pas à comprendre et essaye de te battre si tu ne sais faire que ça, mais saches que nous nous montrerons toujours plus dignes de notre humanité que toi, car ce n’est pas une menace que je profère à ton encontre, mais un avertissement que je t’offre.
Le passé a pourtant déjà été témoin de notre entente, de notre fraternité, comme lorsque Bleecker street fut éventrée, et où les Homo Sapiens et les Homo Supérior ont sut agir ensemble, sans aucune distinction génétique!
Avaient-ils besoin de ton acte d’enregistrement pour ouvrir les yeux ce jour là, et pour réaliser que la vie avait bien plus de valeur qu’un simple jugement basé sur la nature?
Avaient-ils besoin de ton fichage à peine déguisé, pour légaliser l’utilisation de leur pouvoirs alors qu’ils s’en servaient pour sauver chaque âme qu’ils pouvaient trouver?


Non !


Homo Sapiens,
tu luttes, mais tes bras s’agitent dans le vent, car l’évolution est déjà en place, et aucune de tes lois n’y pourra rien changer.
L’évolution, Petit Homme, pas la guerre.
L’évolution, c’est une chose infiniment grande, et infiniment lente. Il aura fallu des milliers d’année pour qu’elle commence, et il en faudra d’avantage pour qu’elle s’achève. Elle va bien au-delà des quelques grains de sable que représente ta vie! Elle est naturelle, et sans elle, que serais-tu?
Un primate, à la cime d’un arbre, observant sans la comprendre l’immensité du monde qui l’entoure?
Un reptile chassant nuit et jour dans l’unique but de survivre?
Une simple bactérie, errant sans autre ambition que celle de se nourrir pour se démultiplier?

Pourquoi crains-tu tant ce qui t’a permis de devenir la machine parfaite que tu es aujourd’hui? Cette horlogerie minutieuse qui n’est que le fruit du hasard et de l’évolution?

L’Homo Superior ne sera jamais la cause de ton extinction, car tu disparaîtras de toi-même, naturellement, sans douleur, à part peut-être celle que tu t’infligeras, car de la douleur, tu t’en ait toujours causée, seul.


Magneto s’arrêta dans son discours pour laisser place au vent, et à son souffle faisant claquer sa cape. Il fallait un temps pour que son auditoire comprenne ce qui lui était dit et assimile chaque mot, que les humains prennent conscience de la petitesse de leur existence, et de la futilité de leurs querelles.
Il s’était arrêté, mais son regard n’avait pas vacillé, et il scrutait toujours celui de ceux le regardant à ce moment à travers leurs écrans, sur les grandes chaînes nationales du monde entier.


Homo Superior!
Je sais que tu seras tenté d’aller dans les bras accueillants que l’on t’ouvre, pour le “bien de l’Amérique”, mais demande toi: qu’adviendra t’il de ceux qui se refuseront à ce “recensement”? Penses-tu que l’on nous laissera en paix, ou bien serons-nous serons traqués?
Serons-nous tous considérés comme de dangereux criminels et terroriste refusant d'obtempérer?
Qu’est ce qui empêchera l’Homo Sapiens d’ouvrir complètement cette porte qu’il vient d'entrebâiller pour plus de persécutions?
Car ce n’est rien d’autre qu’un fichage de tout ce que nous sommes qu’il prépare!

Mes frères!
Avons-nous besoin de l’aval de cet homme du passé pour légitimer ces dons qui nous prédisposent au futur?


Nous sommes destinés à survivre!
Nous sommes destinés à perdurer!


Avons nous besoin de l’accord de quiconque pour nous justifier de ces droits inaliénables?

C’est un monde vierge des crimes de l’Homo Sapiens que je vous propose, un monde sans discrimination, sans persécutions et sans conflits idéologiques. C’est un monde de tolérance, et de liberté que je vous offre!



_________


Encore engourdie après la nuit mouvementée qui vient de l’agiter, comme elle a agité celle des grandes chaînes du monde entier, New York se réveil pourtant aussi paisiblement que chaque matin, caressée par les premières lueurs paresseuses du soleil sur le sommet de ses gratte ciels. Elle ouvre à peine les yeux, mais ses artères pulsent déjà d'un nouveau flux. Une nouvelle énergie qui file et se répand par de petites fourmis dont les pas rapides résonnent dans ses ruelles encore fraîches, et dont les bombes de peinture tatouent la pierre.


MAGNETO
IS RIGHT


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Hammond Darger
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MessageSujet: Re: Chroniques   Lun 3 Aoû - 17:54




Mutant Registration Act - Troisième Partie
Vendredi 24 Juillet 2015 – 11 : 52 A.M.
Lincoln Park, Washington D.C.

Le lieu n'a pas été choisi par hasard. De nouveau un pupitre a été installé sous la statue de Lincoln. Trois hommes se tiennent cote à cote. Darger, sanglé dans son uniforme impeccable de général de l'Armée de l'Air, ses décorations brillantes sous le soleil, est aussi à l'aise que lors d'un déjeuner familial. À coté de lui, aussi sombre que ses vêtements, Fury garde les lèvres closes et les mains jointes dans le dos. Quand au 3ème, il semble s'ennuyer ferme et fume cigarette sur cigarette. Gallagher a tenu lui-meme à assister à ce qu'il qualifie de "mascarade".
Devant le pupitre, un nombre impressionnant d'hommes et de femmes, vêtus à l'identique attend patiemment. Costume-cravate noir pour les hommes, pantalon-chemisier blanc pour les femmes. Beaucoup sont armés et portent le badge du BAM.
Ensuite un parterre de journalistes, les memes venus il y a 15 jours et enfin le public. Humain et mutant. Se mélangeant tous unis par le meme sentiment : la curiosité.

Midi.

Le général Darger se dirige vers le micro suivi dans un meme mouvement par Fury et Gallagher.


"Bonjour à tous. Belle journée n'est ce pas."

Un léger rire parcoure l'assistance.

"Vous savez tous pourquoi vous êtes ici aujourd'hui et pour ceux qui auraient oublié je ne dirais que trois mots : Mutant Registration Act. Ces derniers jours beaucoup de mots ont été prononcés. Beaucoup d'accusations ont été portées. Beaucoup de violence ont été perpétuées. Je ne vais pas vous faire un long discours juste expliquer quelques points. Je comprends que beaucoup d'entre vous considère cet enregistrement comme du fichage mais je peux vous assurer que ce n'est pas le cas. C'est pour cela que le Bureau des Affaires Mutantes a été chargé du recensement. Tout sera mis en ouvre pour garantir la confidentialité des informations exactement comme pour nos agents. Les recenseurs seront choisis parmi nos agents mutants afin de faciliter le dialogue. Une aide même, pour tous les recensés qui en feront la demande sera donnée. Je peux aussi assurer nos amis mutants qu'aucune représaille n'aura lieu de la part du BAM pour ceux refusant le recensement. C'est un acte libre et totalement volontaire.

Merci"


Un long silence suivit la déclaration du Général. Les mots étaient prononcés. Les choses étaient dites. Puis les mains se lèvent et les questions fusent mais le Général les ignore. Il n'est pas là pour répondre aux questions, c'est encore trop tot.

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Charles F. Xavier
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MessageSujet: Re: Chroniques   Dim 23 Aoû - 14:23




Mutant Registration Act - Quatrième Partie
Samedi 1er Aout 2015 – 01 : 00 P.M.
Tompkins Square Park, Alphabeth City, Manhattan

Son costume bleu est impeccable et cache en parti le dossier de son fauteuil roulant dont seul le haut dépasse légèrement derrière ses épaules larges. Son impressionnante carrure  le démarque des personnes qui l’entourent tandis que son crâne chauve laisse apparaitre quelques goutes de sueur sous la lumière imposante des projecteurs. Pas de quoi entacher le charisme donné par son visage amaigri et son regard bleu, tous deux dévalés par les ans et les batailles.

Depuis bientôt dix mois, il faisait l’objet d’une controverse puisqu’il avait offert à Greta Van Susteren, faisant face à Robert Kelly et Bolivar Trask, la révélation marquant l’ouverture médiatique des X-Men ; l’émission de débat spécialisée dans le droit et les faits divers judiciaires, souhaitant discuter de la remise en question des libertés concernant les mutants suite à l’Attentat de Bleecker Street, s’était donc retrouvée avec la controverse du chef de fil de la Cohabitation Pacifique comme fondateur d’une société secrète œuvrant pour son Idéal. Société qui avait faite son entrée sur scène quelques temps plus tard, et sur une chaine concurrente, avant de chercher à s’attirer les faveurs des masses par des apparitions médiatiques régulières. A présent que cela était terminé, c’était vers lui qu’on se tournait pour attaquer aussi bien ses idées que son organisation ; s’il les défendait sans faiblir, gardant ses apparitions rares pour qu’elles n’en perdent pas de leur impact, son image était bien plus controversée et l’on s’intéressait de bien plus prêt à ses actions. Ainsi, lorsqu’il avait organisé une conférence de presse au sein de Tompkins Square Park, le parc de Mutant Town, celui-ci c’était retrouvé bondé de monde. Son avis avait été plus attendu à mesure que chacun prenait position au sujet du Mutant Registraction Act et c’était sur le lieu qui portait le plus les marques de l’Incendie des Purificateurs que Charles Francis Xavier allait le donner.

Il y a des personnes de toutes origines, blancs et noirs, normaux et mutants, assemblés dans les allées du parc et patientant pour voir ce que télévision et presse papier sont aux premières loges pour immortaliser. Les agents du BAM sont présents en nombre, assurant la sécurité en lieu et place de la NYPD, et si aucun X-Men n’est visible beaucoup sont à chercher un signe de leur présence. Tous reviennent cependant à Charles Xavier lorsqu’il prend une grande inspiration avant de commencer son discourt. Se penchant, il approche le micro de son visage et ouvre ses lèvres, libérant sa voix grave et suave au parlé calme et doux.

- Je sais que beaucoup attendaient avec impatience cet instant. Je sais que nombre voudrait qu’il ne soit jamais venu. Mais toujours est-il que nous sommes à l’aube d’un changement majeur. Un changement qui nous concerne tous. Un changement dont l’on observe, depuis bientôt un mois, le commencement. Ça c’est cela qu’est le Mutant Registration Act : les prémices d’un changement.

Il marque une pause. Il a énoncé une évidence que pourtant, tous n’avaient pas saisie jusqu’ici. Il n’a pas encore commencé à se positionner non plus car, comme beaucoup l’ont déjà supposé, il est dans une position délicate. Magneto a toujours été le partisan de la protection violente et de la revanche hors son propre message était étonnamment retenu ; tout autant que les actions de la Confrérie des Mutants au cours de la dernière année. Bien entendu, c’était toujours un appel à rejoindre les rangs de la fraternité de son vieil ami mais emprunt d’un renouveau laissant présager que quelque chose d’important soit arrivé. Ou aille arriver. Ils n’en étaient cependant pas encore là et c’était dans ce flou de qui semblerait faire le plus pour les mutants que Charles Xavier devait se démener. Hors déceler la vérité était, même pour lui, difficile.

- Sera-t-il bon ? Sera-t-il mauvais ? On nous promet l’un ou nous assure l’autre. Je pense que cela dépendra de comment l’on en use. Sans avoir pu lire les textes de loi, ceux-ci n’étant toujours pas définitifs, il me semble que la démarche actuelle du Mutant Registration Act se veuille relativement neutre.

Une nouvelle pause ponctue un nouvel énoncé d’évidence qu’une fois encore, tous n’ont pas été capables de voir. A force de chercher à voir le MRA sous certains angles au détriment d’autres, à force de craindre ce qu’il pourrait faire, on en a perdu de vue les informations dévoilées sur ce qu’il ferait. Ni bien ni mal, comme bien souvent entre les deux.

- L’amendement nous est présenté comme un élément qui aidera les mutants à s’intégrer dans la société mais qui jugera également des possibilités d’utilisation des capacités mutantes dans le cadre de celle-ci. Oui cela peut être du fichage des mutants et de leurs aptitudes mais cela peut aussi être un moyen de les guider dans leurs possibilités. Rares sont les structures aujourd’hui capables de permettre à des mutants d’exploiter leurs capacités et courantes sont celles à s’arrêter sur leur simple apparence extérieure. Beaucoup d’humains mutants se cachent et perçoivent leur mutation comme une maladie qu’ils sont incapables de gérer seuls, un certain nombre d’autres la perçoit comme une chance et la revendique fièrement. Le Mutant Registration Act peut être l’occasion pour les premiers de trouver de l’aide et pour les seconds de mettre en avant leurs capacités.

Pour la partie positive, c’était fait. Cependant, il n’est pas question de s’en contenter et de prendre un parti aussi tranché car c’eut été ignorer une autre potentialité du sujet.

- L’amendement peut également servir à restreindre les libertés des mutants voir à identifier les dangereux, c’est un fait. Certains clament que les capacités mutantes sont des armes et ceux-ci sont généralement fervents défenseurs du second amendement ; du fait, il n’y a pour moi aucune différence entre faire confiance à un humain non mutant pour porter une arme et à un humain mutant pour posséder un pouvoir dangereux. Ce point-là fera surement parti des plus problématiques du débat mais je vous invite une fois de plus à regarder votre voisin : croyez-vous qu’il vous veuille du mal ? N’est-il pas à la recherche de mener sa vie, comme nous tous ? La Cohabitation Pacifique ne se fait pas entre des espèces, elle se fait entre des personnes. Néanmoins, la crainte de voir apparaitre des « capacités illégales » est bien réelle. Peut-être plus qu’un fichage dans l’optique où il est d’ores et déjà établi que le recensement serait volontaire.

Si les craintes principales se portent sur la mauvaise utilisation des données recueillies voir une obligation de recensement, peu ont envisagé le fait qu’un certain nombre de Mutants pourraient être placés dans l’illégalité par simple possession de leurs pouvoirs, à l’instar de la détention d’armes de guerre. Peut-être est-ce un sujet tabou du fait de l’accord entre le BAM et le MI-13 mais, aux considérations de l’existence du Patriot Act, c’est une possibilité bien réelle.

- Je ne détiens pas les réponses. Je ne pense pas que quiconque détienne pour l’heure toutes les réponses. Mais ce que je crois, c’est que le Mutant Registration Act sera ce que nous en ferons. Nous, les humains comme les humains mutants. Cela peut inquiéter lorsque l’on sait que c’est le Bureau des Affaires Mutantes qui sera chargé de s’occuper de cela mais réfléchissons : oui, l’organisme a été fondée pour endiguer la criminalité mutante. Cependant, il ne s’est pas limité à la répression promise dans les heures de peur ayant suivie la destruction du Cube et la libération de ses criminels. Il a également protégé des humains mutants victimes de crimes et a cherché à aider ceux victimes de leurs pouvoirs.

Depuis que des journalistes avaient fait leurs reportages sur l’Institut, il était de notoriété publique que le BAM et l’école privée de Xavier travaillaient main dans la main à l’intégration de jeunes mutants ; les rumeurs allaient bon train quand à la présence d’X-Men sur les lieux mais ni l’Institut ni le Bureau n’avaient accepté de communiquer sur ce fait, ni les X-Men eux-mêmes, d’ailleurs. Les curieux non invités restaient éloignés de l’Institution avec une réelle efficacité, d’ailleurs.

- La méfiance que nous pouvons avoir envers le Triskelion est compréhensible mais ne commettons pas l’erreur de le juger sur sa réputation. Peut-être qu’un organisme à part entière aurait pu voir le jour mais je pense que le BAM a déjà prouvé sa volonté d’aller dans le sens de la Cohabitation Pacifique. Surement plus que le Gouvernement ne le voudrait ou ne serait prêt à l’admettre.

Reprenant une grande inspiration, Charles Xavier se permet un sourire. Il regarde la foule et l’écoute, apaisé.

- Je ne jugerai pas le Mutant Registration Act. J’encouragerai néanmoins les personnes à s’y intéresser et à agir en leur âme et conscience. J’appellerai également les organisations de défense des Droits de l’Homme à le considérer comme n’importe quelle autre loi concernant ceux-ci. Nous vivons dans un pays de liberté où les humains et les humains mutants ont toujours bénéficié des mêmes droits, ceux garantis par notre constitution ; cela ne doit pas et ne doit jamais changé.

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MessageSujet: Re: Chroniques   Dim 13 Sep - 20:30




Mutant Registration Act - Dernière Partie
Mardi 1 septembre 2015
08 : 12 A.M
CNN

”Oui, c’est exact John; et je me trouve en ce moment même sur les marches Ouest du Capitol où est en train d’être voté, par le Sénat, le Mutant Registration Act proposé par le Sénateur Kelly. Rappelons que le texte a d'ors et déjà été accepté par la chambre des représentants, et ce dernier vote sera donc décisif dans l’histoire des relations liants humains et mutants sur le sol Américain. Comme vous pouvez le voir derrière moi, la situation est plus que tendue sur les lieux, car une foule de manifestants se déploie depuis quelques pas en contrebas, jusqu’à l’Ulysses S.Grant Memorial, se continuant même sur un tiers du National Mall.
Pour le moment, la marée humaine où se mélangent pro et anti M.R.A semble cohabiter paisiblement, et même si le discours du mutant Magneto, chef de fil du mouvement Confrériste, s’est vu étonnement pacifiste dans ces propos, le gouvernement n’a voulu prendre aucun risque. Les forces de l’ordre sont présentes en nombre sur les lieux, se tenant prêtes à agir à la moindre altercation. Avec eux se trouvent des agent du BAM, le Bureau des Affaires Mutantes, et il est fort possible que des X-Men soient eux aussi disséminés parmi les petits groupes, la menace d’une attaque terroriste  étant plus que redoutée en cet instant historique.
Malgré ce risque, le Sénateur Kelly et le reste du Congrés se sont refusés à voter ce texte à huis clos, et la séance qui se déroule maintenant sous cette coupole, est diffusée en directe comme cela a toujours été le cas. Certains avancent que ce comportement est gage de la bonne foi du Sénateur sur la transparence de son projet, d’autres y voient plus de la fierté et un trop plein de confiance devant le danger.”


Mardi 1er septembre 2015
7:27 p.m
NBC

Dans l’immense salle au sol recouvert d’une moquette d’un bleu roi identique à celui de la tenture drapée entre les deux colonnes de marbres ornant le mur du fond, les cents sénateurs vinrent tous de reprendre place à leur bureau de bois verni. Ils s’assirent en silence, les uns après les autres tandis que la présidente de la séance retrouva son fauteuil de cuir, dos à la tenture, et face au demi cercle où étaient installés ses collègues. Toujours dans le silence, elle ouvrit l’enveloppe que l’on venait à peine de lui avoir remis avant d’en sortir une feuille A4 dont elle écarta lentement les deux plis. Le Sénateur Kelly, les mains jointes et les doigts croisés sur son bureau au premier rang ne la quittait pas des yeux, impassible. Pour n’importe qui, il paraissait confiant, presque détendu, mais l’imperceptible contraction qui saisissait sa mâchoire de temps à autres trahissait sa véritable appréhension.

La présidente s’éclaircit brièvement la voix, chacun retint sa respiration, avant de se pencher calmement vers son micro, ne laissant rien transparaître de ce qu’elle avait pu lire.

Voici le résultat du scrutin. Nombre de votants, 100. Nombre de suffrages exprimés, 100. Majorité, 51.

Elle laissa un temps, à peine quelques secondes, pendant lequel le silence au sein des sénateurs se fit plus pesant car aucun bruit ne vint combler cette pause qui sembla durer une éternité.

Pour, 78 voix.

A peine cette première annonce était-elle terminée, que les applaudissements commencèrent à retentir dans la salle, en brisant brusquement l’atmosphère tendue qui retomba d’un seul coup, comme une bouffée d’air frais, et les sénateurs se levèrent à l’unisson, Kelly le premier. Son impassibilité avait fait place à un sourire dont transpirait de la fierté.

Contre, 22.

Les applaudissements continuèrent de plus belle, suivit d’une clameur qui parcourut l’ensemble de l’assemblée, du moins uniquement au sein du parti vainqueur.

M.R.A! M.R.A! M.R.A!

S’il vous plait!

La présidente attendit quelques instants que la foule calme ses ardeurs avant de demander à nouveau le silence en plaçant ses mains devant elle et en les abaissant avec autorité.

S’il vous plait.

Parmi les opposants, certains avaient préféré quitter les lieux, à l’instant même où les résultats avait été prononcés, mais les autres, même s’ils avaient pris la peine de se lever, n’avaient pas joint leurs mains pour applaudir. Ils se tenaient raides, déçus, leur visage tendu et bas.

La parole est au Sénateur Kelly.

Ce dernier, dont le sourire ne quittait plus les traits marqués, reboutonna l’un des boutons de sa veste avant de s'avancer fièrement vers le centre de la pièce d’un pas assuré. Satisfait et soulagé, c’était un homme pour qui l’idéal avait avait été assez puissant et abouti qu’il avait réussi à toucher ses confrères ainsi que son pays. Alors il se présentait maintenant, le visage droit, solide et dirigé vers l’avenir.

Mesdames, Messieurs les Sénateurs américains,
aujourd’hui, c’est l’histoire qui s’est écrite! Et quoi de plus beau que de l’avoir écrite avec vous? Je suis, et serai toujours reconnaissant au gouvernement Américain, ainsi qu’au président et surtout au peuple américain de m’avoir soutenu dans ce projet qui changera pour le mieux les relations si houleuses qui ont été celles entre les humains et les mutants.  
Je suis aussi reconnaissant à l’opposition qui, même s’il elle n’a pas su se montrer majoritaire aujourd’hui, a su faire valoir ses arguments à travers d’importantes interventions qui nous ont aussi aidés à avancer dans notre idéal.
Membres du Congrès, peuple américain, nous avons écouté vos inquiétudes et vos avertissements, et nous avons fait de notre mieux pour y répondre.

Je terminerai donc sur cette citation de Martin Luther King, qui illustre si bien ce combat, le mien, le votre, et surtout le notre, humains mutants ou non. Car “nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots.


Mardi 8 septembre 2015
New York Times Magazine
Page de une.

Mutant Registration Act, une nouvelle page dans l’histoire.

Hier soir, le président des Etats Unis a tenu à prendre la parole en directe de la Maison Blanche pour s’exprimer au sujet du M.R.A sur lequel il avait officiellement apposé sa signature. Le texte de loi visant à recenser les individus mutants bénévoles commencera à prendre réellement effet dès le premier du mois d’octobre et des copies du dit texte sont en ce moment même diffusées sur l’ensemble du territoire pour que chacun puisse en prendre connaissance.

Les points principaux sont les suivant :

  1. Tout individu disposant de capacités mutantes est invité, s'il le désire, à se recenser auprès du Bureau des Affaires Mutantes afin de prouver sa responsabilité civile.
  2. Tout individu recensé fera parti d’un fichier accessible aux autorités concernées.
  3. Tout individu recensé pourra mettre en avant et utiliser ses capacités mutantes dans les domaines professionnels.
  4. Tout individu recensé pourra bénéficier d’un suivi médical autour de sa mutation et/ou d’une aide à sa maitrise s’il en fait la demande.
  5. Tout individu recensé se verra attribuer un droit d’usage pour ses capacités mutantes fonction de leur nature :

    • G – General : le mutant peut utiliser ses capacités de façon générale, elles n’ont pas de potentiel offensif.
    • S – Special : le mutant peut utiliser ses capacités pour des taches spéciales, comme dans le cadre de son emploi, elles ont un potentiel utilitaire et peuvent représenter un danger mineur
    • R – Restricted : le mutant ne peut utiliser ses capacités que dans des cas bien définis, elles ont un potentiel dangereux mais peuvent être utilitaires
    • F – Forbidden : le mutant ne peut utiliser ses capacités qu’en ultime recours, car elles ont un potentiel uniquement dangereux.

  6. L’utilisation de capacités mutantes doit se faire dans le respect des lois et des personnes, tout contrevenant sera passible d’une mise en examen.
  7. L’utilisation de capacités mutantes dans le cadre de la légitime défense fonctionne de manière analogue à celles des armes à feu ; ainsi donc, il faudra réagir à la mesure de l’agression.
  8. L’utilisation de capacités mutantes ne devra pas être faite dans un but d’usurpation du rôle des forces de l’ordre ; les vigilants seront traités comme des criminels s’ils transgressent les lois.
  9. L’utilisation de capacités mutantes dans le cadre d’événements sportifs ou assimilés destinés aux humains est interdite par soucis d’égalité des chances. Une catégorie « mutante » pourra voir le jour à l’avenir dans les diverses disciplines influencées.



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