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 La magie de Noël [Libre]

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Charlie Reyes
Élève à l'Institut Delta
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MessageSujet: La magie de Noël [Libre]   Mar 24 Fév - 11:16

Lundi 22 décembre 2014 - 12:20

Ah, Noël! Quelle période plus agréable que Noël? Noël, c'était des guirlandes, des décorations, des cadeaux, des repas. Noël, c'était la joie de vivre, l'esprit de famille. Et dans le cas de Charlie, Noël c'était les vacances, et la première occasion de voir la sienne en presque six mois. C'était étrange. Longue période, pour quelqu'un qui n'avait jamais été réellement séparé de ses parents pour plus de deux semaines. Cependant il appréciait cette pseudo-indépendance, même si en réalité il n'était pas beaucoup plus libre à l'internat qu'à Seattle. La preuve, c'est que Noël c'était aussi sa première occasion de voir New York, après en avoir vécu à moins de 100km durant tout le semestre.

Son avion décollant en fin d'après-midi, le jeune mutant avait décidé de quitter l'Institut plus tôt, se laissant une bonne partie de la journée pour visiter la ville. Il avait un programme chargé, du moins en apparence. Tant de choses à voir, entre la Statue de la Liberté, Broadway, Central Park, la 5th avenue, et surtout il avait des courses à faire. L'un de ses jeans avait fini par rendre l'âme, ses chaussures étaient sur le point d'en faire autant, et le plus évident, les courses de Noël. C'est qu'il avait une famille à pourvoir en cadeaux en tout genre, la tradition c'était la tradition. Ce qui faisait qu'il n'avait pour le moment pu qu'admirer brièvement l'Empire State Building, et qu'il était actuellement occupé à tenter à se frayer un passage parmi la foule, au milieu du Manhattan Mall.

Un jean noir et étonnament neuf, une doudoune grise habillée directement par dessus un t-shirt de la même couleur, les cheveux fraîchement coupés courts, et coiffés en pointes, l'adolescent d'un mètre presque-cinquante maintenant faisait de son mieux pour éviter de se faire bousculer à chaque pas par des personnes le surplombant tous d'au moins une tête, ses deux sacs en papier à la main. Heureusement il avait eu le bon sens de consigner sa valise avant de se lancer dans cette épopée.

Car c'était ça aussi, Noël. Des rues marchantes bondées, les gens qui se marchaient les uns sur les autres, chacun courant pour trouver la meilleure affaire avant son voisin. Des heures de file dans chaque magasin. Pas exactement ce dont Charlie rêvait, mais à faire ses emplettes à deux jours du réveillon c'était ce qu'on récoltait. Il s'y était évidement attendu, même si ça ne rendait pas l'expérience beaucoup plus agréable.

La bonne nouvelle, c'est qu'il en avait presque fini. Après pas mal de recherches, il s'était arrêté sur un joli collier pour sa grand-mère. Un set de peinture presque luxueux pour son père, qui ne lui servirait probablement mais lui fairait plaisir – sans doute. Il n'était pas le plus doué en matière de cadeaux, mais il savait les recevoir, c'était le principal non? Restait sa mère, et là flou total. Deux-trois idées lui étaient passées par la tête, toutes plus mauvaises que la précédente. Il ne savait vraiment pas ce qui pourrait lui plaire.

Ce qu'il savait, c'est qu'il commençait à avoir sérieusement faim, et que la 5th avenue se trouvait à seulement une rue de là. Une grande et célèbre avenue marchande, il était certain d'y trouver de quoi manger. Et même, selon toute probabilité, un KFC. Il avait l'impression de ne plus avoir mangé dans un fast food depuis des années, et actuellement la simple pensée le faisait saliver. Il aurait bien le temps de penser au cadeau de sa mère en se nourissant, de toute façon. Entre ça et tourner en rond dans le centre commercial sans aucun résultat, comme il le faisait depuis maintenant une bonne demi-heure...

D'un pas aussi rapide que le lui permettait la foule environnante, Charlie commença donc à se diriger vers la sortie du batiment, qui donnait sur la 32e. De là, en trois minutes il serait sur 5th avenue, enfin en théorie. Le temps qu'il se fraye un passage, ça serait sans doute plus proche du quart d'heure, mais ça valait la peine. La simple pensée d'une délicieuse aile de poulet pannée suffisait à rendre l'effort tolérable.


Dernière édition par Charlie Reyes le Mar 21 Avr - 21:52, édité 1 fois
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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Mer 18 Mar - 21:33

Lundi 22 Décembre 2014 – 00 : 20 P.M.
J-3 avant Noël. Pour moi, ça n’avait pas réellement plus de signification que J+25 après Thanksgiving. En clair, pas grand-chose. Je ne venais pas d’une famille religieuse, pour ne pas dire que ma mère était plutôt anti-religion, et je ne venais pas non plus d’une famille riche, pour ne pas dire qu’on était pauvre par moment. Du coup, Noël c’était de la neige, du froid, de belles décorations un peu partout mais rien de plus. Les soirées en famille, on faisait déjà, les réveillons, ça servait pas. Le seul avantage que j’avais trouvé à Noël au cours des dernières années c’était que les gens se baladaient avec plein de liquide pour acheter les cadeaux et étaient moins attentifs que de norme ; une chose inversement proportionnelle avec les vigils mais il y avait plus de gens que de vigils et j’étais pas obligée de voler dans les centres commerciaux, même si c’était vachement simple. Le must restant gares et aéroports, toujours. M’enfin aujourd’hui, les unes comme les autres c’était mort ; je ne savais même pas s’il y avait une gare à NYC même si ça devait être, on était à NYC après tout, et puis le réseau de métro pouvait bien marcher également… moyennant que rien n’explose. Mais du coup, aujourd’hui, c’était le Manhattan Mall.

Dire que j’avais dépassé mon territoire en tenait de l’euphémisme, on avait traversée la moitié sud de l’île pour arriver à ce gigantesque centre commercial traditionnel. Un centre commercial avec sa propre station de métro sous le bâtiment, c’était la classe ; à ce demandé pourquoi c’était pas ici que Bleecker Street avait eu lieu. Mais on n’allait pas s’en plaindre, c’était trop loin de Mutant Town sans doute. Tiens, j’avais pas capté qu’on avait du en approcher en venant ; le quartier ne devait pas jurer tant que cela avec le reste, en fait, pour qu’on ne le remarquât pas. Nan parce que bon, je restais très fière de mes capacités d’observation alors merde !

Aller de Seward Park au Manhattan Mall, par la route, c’était presque aussi simple que long : suffisait de chopper une avenue pour remonter jusqu’au centre, dommage que ça signifiait aussi chopper des embouteillages. Enfin j’avais pas eu trop à me plaindre, le fait d’y aller en voiture m’avait permis de roupiller parce que merde, il était encore tôt quand on était parties. Mais pas de panique, ça ne m’avait pas empêché de me plaindre : il était tôt, j’avais mal dormi, j’étais pas dans un bon jour, j’avais mal au ventre, c’était sadique de m’emmener là-bas en comptant me surveiller, il y aurait du monde que je ne pouvais pas recycler, je ne connaissais pas l’endroit, je n’avais rien à y faire ni rien envie d’y faire – enfin si mais je ne pouvais pas y faire ce que je voulais y faire, cf. les deux plaintes précédentes, j’escomptais bien profiter de mes derniers jours de liberté de façon constructive, à quoi bon y aller puisqu’on avait pas d’argent, je ne croirais qu’on avait de l’argent que quand je le verrais et si je le voyais à cause du recyclage ça allait créer des problèmes, je me mordais la queue dans mes gémissements, j’avais pas envie de faire du tourisme c’était déjà fait, le trajet était trop long au départ et trop court à l’arrivée parce que j’aurai bien dormi plus…

Papa m’aurait rapidement dit de me la fermer, Maman m’aurait sans doute démontée par A + B pour que je me taise, Marshal, elle, ne m’écoutais tout simplement pas. Car oui, c’était Marshal qui m’accompagnait avec pour mission du jour… ben me protéger, comme d’hab’. Mais aussi s’assurer que je trouve des cadeaux de Noël pour mes parents. Une idée bien à elle, parce que nous on l’avait jamais fêté et on n'avait aucune raison de commencer à le faire. Marshal, hors donc, une rousse d’un mètre soixante, d’une soixantaine de kilo et d’une trentaine d’année, avec des yeux d’un marron claire soulignés de tâches de rousseur à m’en faire crever d’envie (alors même que j’étais très contente de mes yeux), avec un petit front, un petit nez, de petites lèvres mais sur une bouche assez large, un petit menton… bref, une petite dame qui me mettait tout de même une dizaine de centimètres dans les dents. Mais tant que c’était juste en taille et en poids qu’elle me foutait des trucs dans les dents, les dommages étaient limités. La seule chose où je la battais à plate couture c’était la résistance au froid, au vent et à l’humidité : grandir à Windy ça laissait des traces. Il devait faire quoi dehors ? 0°C ? Et l’autre qu’avait son écharpe, sa polaire et ses gants… pff. Moi avec le survêt’ déchiré, les chaussures montantes, un t-shirt, un sweet-shirt et ma veste de cuir je faisais de -5 à +25°C sans avoir mal. Autorégulation thermique du tonnerre, la Lucky. Et quelques poils pour tenir chaud aux jambes ? Certes, mais je l’emmerdais Marshal ! Mais alors à un point…

Après, je ne disais pas que je n’étais pas contente qu’elle soit là ; enfin, je ne lui disais pas à elle, bien sure, mais considérant les quelques emmerdes qui ponctuaient déjà mon parcours à NYC c’était rassurant. Je n’avais pas parlé du Grand’con de mutos du premier jour, non, après tout j’étais à moitié en tord puisque je l’avais suivi, mais en revanche étouffer l’affaire du second même pas en rêve. J’avais fait mon devoir civique et apparemment tout était rentré dans l’ordre, la victime c’était pas mal remise et avait même passé récemment un entretient pour devenir danseuse ou un truc du genre. Si ses blessures étaient déjà guéries, ça devait être une mutos aussi ; comme quoi, tous les problèmes impliquaient des mutos. Pas forcément en tant que coupables, comme le disait le Sénateur Kelly à la télé, mais quand même. C’était pour ça que je m’étais jamais approchée de Mutant Town, pas envie de me faire des problèmes inutiles. Les humains à Mutant Town, ça n’avait pas beaucoup de chances de survie. J’étais bien plus à mon aise à China Town, sans même savoir lire le chinois. D’un autre côté je ne savais pas lire le mutos non plus. Mais y avait-il une langue mutante ? Aucune idée.

Partant du principe que selon les statistiques officielles un habitant de New York sur dix était mutos il y en avait forcément parmi tous les étages du Manhattan Mall. Voir à tous les étages. Pas rassurant. Mais vu le monde c’était déjà pas bien rassurant non plus, me motivant à me déplacer mitaines dans les poches de mon survêt’, les doigts de la droite sur ma protection. J’avais arrêté de trainer des pieds quelques instants lorsqu’on était entrées au rez-de-chaussée du Mall, levant mon nez aplati et large comme mes grands yeux verts sur la structure pareille à une cathédrale du shopping. La tignasse brune-châtain toujours en bataille mais laissée visible puisque ma capuche était rabattue, la bouche petite aux lèvres en promesse de développement entrouverte, les sourcils épais et bordéliques relevés, je regardais cette hyper-structure où l’on était sensé dépenser de l’argent… tant de portefeuilles à portée de main et une garde-chiourme fonctionnant sur le principe du « pas vu pas prise » alors même qu’elle me surveillait ; hypocrite. Me renfrognant assez vite, je contractais ma petite mâchoire pour reprendre l’énoncé de mon humeur du jour : rouge. Reniflant un bon coup, j’avais tout de même consentis à continuer de suivre moyennant un très léger ronchonnement auquel même moi ne prêtait réellement attention. C’était plus pour la forme qu’autre chose parce que j’avais bien mieux à faire maintenant mais que ne pas le faire aurait été démontré qu’il n’était pas nécessaire et m’aurait donné tord. M’entendait-elle avec le brouhaha ambiant ? J’espérai bien !

La foule, le brouhaha, le bordel, cela ne me gêne pas. Les gens qui se collent les uns aux autres dans les escalators et les étales, un peu plus parce que plus qu’empiéter sur mon espace vital je ne peux pas recycler. Pourtant, la plupart semblent n’attendre que ça ! J’étais même sure que je ne serais pas la seule à le faire, si j’arrivais à le faire ; mais moi au moins, je rendrais le portefeuille à qui de droit. Ou plutôt le laisserait aux objets trouvés du secteur pour qu’il vienne le rechercher quand il aurait comprit qu’il l’avait perdu. Mais il fallait pas me faire gauler, parce que même mon indiscutable argument avait été refusé : j’avais rien contre acheter quelque chose à mes parents, je voulais même leur faire plaisir, mais on n’avait pas l’argent ainsi à moins de recycler l’argent que je dépenserais aujourd’hui, je n’en dépenserai pas. Le but c’était de faire un cadeau, non ? Alors hors de question d’un cadeau empoisonné.

A bien y réfléchir, si je n’avais pas le droit de recycler je n’avais aucune raison de rester à l’intérieur du Manhattan Hall, je n’aurai pas dû écouter Marshal. Baver sur les vitrines, très peu pour moi. Baver sur les gens dépensant de l’argent pour des conneries, très peu pour moi. C’était pas mon monde tout ça. Moi, je ne bavais pas sur les choses, j’en bavais des choses. Nuance que Marshal devait avoir du mal à comprendre, avec son éducation de bonne famille et son serment à une justice plus que discutable.

Alors que l’on s’apprêtait à rentrer dans un escalator, je fis un pas sur le côté pour me séparer du flot qui l’emporterait et me tirer droit vers la sortie Sud, celle qui donnait sur la 32e West. Là, il suffirait de continuer à l’ouest justement et de traverser la VIe Avenue et de rechopper la Ve pour la longer jusqu’au fast-food où Mary avait garé le Dodge. Puis simplement attendre, l’attendre. J’aurai « volé » personne, elle n’aurait rien à me reprocher. Juste que je ne vivais pas d’espoirs, moi.

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Charlie Reyes
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Mar 31 Mar - 20:27

Bon, où en était-il, niveau financier? Il était parti avec cent-soixante dollars. Quarante pour le taxi, cinq pour le bus et la consigne, vingt-cinq pour le cadeau de son père et douze pour celui de sa grand-mère. A prévoir encore dix pour la nourriture, quinze pour la navette, et encore dix pour un magasine et un souvenir à l'aéroport, auquel il ne manquerait pas de succomber... Bref, ça lui laissait quarante dollars qu'il pouvait encore dépenser, sur les quatre-vingt qu'il avait sur lui en ce moment. Quant aux deux-cent pour la Harley Benton folk devant laquelle il avait bavé un peu plus tôt, et qu'il avait même eu la permission d'essayer pour s'assurer de son magnifique son, il tenterait de les extorquer à ses parents avant de prendre l'avion du retour.

Le retour... Charlie s'arrêta un instant sur l'expression. Ainsi donc, voyager de Seattle vers New York était à présent un “retour”. Il pouvait désormais plus considérer l'Institut comme un “chez lui” que l'appartement dans lequel il avait vécu toute sa vie. Perturbant. Comment verrait-il Seattle, une fois arrivé? Se sentirait-il comme un touriste? Peu probable, mais il était certain qu'il n'y serait pas aussi familier que quelques mois auparavant. C'était assez impressionnant, la vitesse à laquelle on pouvait modifier ses habitudes lorsqu'on y était forcé.

On pouvait supposer que comme le vélo, ça ne s'oubliait pas, et qu'il était donc probable qu'après deux ou trois jours dans sa ville natale le jeune homme y reprenne ses aises. Mais malgré cela, il ne parvenait pas à s'imaginer sa vie s'il retournait vivre sur la côte Ouest. C'était plus que simple, sa place était à l'Instution Charles Xavier. Avec ses nouveaux amis, ceux qui partageaient sa mutation et qui ne le jugeraient pas sur le sujet... Et avec les X-Men. Qu'est ce qu'il fouttrait à emménager à nouveau à Seattle?

Il fut tiré de sa réflexion par une vibration dans la poche arrière de son jean. Pas la gauche où il gardait son portefeuille bien sûr, d'autant qu'en arrivant à New York City il avait déplacé l'objet dans la poche intérieure de sa veste par peur des pickpockets, mais la droite, d'où son portable lui signalait la réception d'un nouveau message. Message pour lequel il n'avait que peu de doutes sur l'identité de son expéditeur.

Sortant l'appareil et confirmant ses doutes sur l'envoyeur, l'adolescent laissa échapper un gloussement en lisant l'envoi. Si Martin avait un sens de l'humour assez particulier, et que beaucoup auraient qualifié de lourd, il se faisait que c'était typiquement le genre d'humour auquel Charlie souscrivait lui aussi. Son meilleur ami était d'ailleurs probablement la seule personne capable de le faire littéralement éclater de rire même par écrit. Bien entendu, une grande partie du potentiel humoristique résidait dans des private jokes et des délires que les deux garçons avaient construits au fil des derniers mois, ce qui faisait que si n'importe qui lisait leurs discussions, il n'y verrait sans doute qu'une succession de phrases sans la moindre cohérence. Mais il fallait admettre que le jeune Anglais était particulièrement imaginatif lorsqu'il s'agissait d'adapter ces délires dans toutes les situations possibles. Ainsi les blagues en question ne vieillissaient pas, malgré leur caractère extrèmement répétitif.

Sortant d'un escalator qui venait de l'amener au rez-de-chaussée, Charlie pressa un peu le pas en contournant un petit groupe de badauds immobiles, sans pour autant lever les yeux de son téléphone, sur lequel ses deux pouces pianotaient à toute vitesse un réponse aussi drôle que stupide au message de Martin. Et évidement, il ne vit pas le dos qui se trouvait droit devant avant qu'il ne fût à  une trentaine de centimètres de lui. Sous la surprise, il parvint à dévier sa trajectoire pour ne pas heurter la personne de plein fouet, mais ne sut pas s'arrêter ni l'éviter complètement. Ainsi, tout en dépassant la personne, il en bouscula un peu trop brusquement l'épaule, perdant presque l'équilibre.

Se freinant dès le pas suivant, il se retourna et leva les yeux pour voir sans vraiment la regarder une adolescente de même taille et probablement de même âge que lui, qui avait l'air assez mécontente de cette rencontre inopinée. Moitié surpris, moitié honteux, le gamin leva brièvement une main à hauteur de son visage, les doigts légèrement écartés, tout en articulant vaguement un simple “Vraiment désolé”, avant de se retourner vers la sortie du complexe, replongeant aussitôt dans sa rédaction sur smartphone.
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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Jeu 2 Avr - 20:04

La foule c’était l’anonymat et l’anonymat c’était protecteur. La foule était donc protectrice ? Pas sure. De l’extérieur, il y avait de cela, mais à l’intérieur même, pas forcément. La foule continuait d’arriver et de partir, avec moins de personnes mais plus d’encombrement pour le second troupeau, et me démontra rapidement la vérité de mon idée lorsque quelqu’un m’heurta par l’arrière. J’étais un peu plus lourde que lui, je suppose, mais sa vitesse supérieure à la mienne me fit manquer de m’étaler et devoir faire plusieurs pas pour l’éviter. Ça n’avait pas le ridicule d’un tour sur moi-même ni le salissant d’un contact avec le seul dégueulassé par la neige fondue des semelles des gens mais ce fut suffisant à me faire me crisper et sauter instinctivement le cran de sécurité. Il me fallait une seconde pour dégainer et une autre pour planter, je savais pour m’être entrainée ; et me retournant en faisant un pas en arrière, je fis face avec tension.

Un ado d’à peu prêt ma taille, avec les cheveux bruns courts ne pouvant pas gêner la vision, en doudoune grise amortissante et jean noir rutilant tout en tenant des poignets des sacs de courses en papier contenant je-ne-savais-quoi et surtout un téléphone ; encore un qui ne regardait pas où il marchait parce que branché au monde virtuel. L’abaissement d’yeux fait je les remontai pour fixer son visage dont les lèvres fines sont entrouvertes et leurs coins plissés, alors même qu’une main s’en venait les cacher. De tâches de rousseurs et des yeux bruns, c’était du foutage de gueule ? Certains croyaient que le hasard faisait bien les choses, d’autres que Dieu avait le sens de l’humour, moi je ne croyais qu’en ce que je voyais et je les renvoyais donc au banc.

- Vraiment désolé, qu’il m’a dit avant de tourner les talons et de poursuivre ce qu’il faisait avant que je ne le gêne.

Le regardant s’en aller, je me détendis lorsqu’il l’eut fait et repris ma marche dans cette même direction qu’il avait empruntée : la sortie. Elle arriva bien vite et me laissa tout loisir de rejoindre la rue où le flot, bien que se divisant, n’était pas moins fournis ; NYC, il y avait toujours des gens dans les rues. C’était, après tout, l’une des si ce n’était la plus grande métropole au monde. Continuant à fouler son sol boueux, je remettais ma capuche sur les oreilles à défaut de pouvoir la faire tenir avec mon serre-tête habituel et me dirigeais au sud-est en longeant la 32e West puis traversais l’Avenue of the Americas pour me retrouver à l’entrée de Greekey Square, regardant les enseignes des magasins de la rue d’en face en me surprenant à m’être familiarisée à ne rien comprendre à ce qui était écrit en gros.  Passant le sens unique de Broadway, bien loin de ce que la rue devenait plus au sud, je poursuivais dans ma direction en mieux des grands immeubles et de leurs enseignes ; rien que dans la centaine de mètres me séparant du prochain croisement, il y avait sur ce trottoir comme celui d’en fasse suffisamment de restaurant pour que je doive m’arrêter afin de les compter. Dix sept d’après les enseignes, allant de l’indien au français en passant par Shanghai et la Corée, accompagnant six bar, une branque, un supermarché, quatre magasins et trois hôtels ; l’Empire State Building était à un bloque au nord, même s’il était dans un de mes angles morts, cela devait justifier un tel quartier touristique. C’était bien connu, les touristes avaient de l’argent à perdre et la configuration l’expliquait assez clairement : des endroits où manger et dormir, d’autres où dépenser son argent et une banque où en retirer. Et arrivé au croisement, j’eu droit à six nouveaux restaurants et deux nouvelles banques, choisissant de ne pas m’attarder et d’accélérer le pas en remontant au nord-est par la Ve Avenue. Il me faudrait juste traverser la 33e West puis la Ve elle-même pour arriver au McDonald’s devant lequel on était garé, un exploit assez impressionnant considérant l’heure et indiscutablement du à ma chance.

Mais la chance ne rapportait pas d’argent lorsqu’on était mineur, ou trop peu pour survivre. Ou aider à survivre. Prenant une grande inspiration, je m’arrêtais au croisement des deux rue, non loin de l’arrête de bus, attendant que l’un des feux passe au vert pour les piétons ; je n’avais cure de traverser l’une ou l’autre d’abord, ça ne changeait tellement rien à ma vie que ce n’était pas un choix. De toute façon, mes choix changeaient-ils réellement quelque chose à ma vie ? Je n’avais pas fait le choix de naitre, ni celui de voir ce que j’ai vu, ni réellement celui de rejoindre le Programme de Protection des Témoins, ni celui d’être pauvre… on pouvait me dire que ça allait s’arranger, que ça allait aller mieux, je l’avais déjà entendu plein de fois ce discourt et au final, tout finissait toujours de la même manière. Le Système D avait été rodé depuis la nuit des temps, le reste c’était du bullshit. Je ne pus m’empêcher de regarder le Learn QTP Online, situé au pied de l’Empire State Building de l’autre côté de la route, à cette pensée contre les écoles puis de lever le nez vers le légendaire immeuble, me tordant le coup à le regarder aussi haut qu’il était.

Impossible à escalader, ce genre de chose ; cela avait peut-être été bâti par l’Homme mais désormais cela le dépassait purement et simplement. C’était un peu comme la vie, somme toute : une chose gigantesque que l’on essayait de construire et de contrôler alors qu’au final il ne resterait que pierre froide. Méprisant l’ironie de la chose, je traversais une première fois, puis attendis à nouveau la seconde, avant de me rendre devant le McDonald’s dont l’espèce de paravent s’avançait sur tout le trottoir. Le Dodge était deux places plus loin, devant le J.S. Sutton & Son, un vendeur de souvenir, et j’allais y faire le pet sans décrocher mon regard du grand building dont le nom était gravé en doré sur la façade, surplombé d’un drapeau américain comme si ceux des angles ne suffisaient pas, juste au-dessus de l’une des entrées menant au complexe. Penchant la tête sur le côté, j’eu l’envie de mettre un terme à mes pensées en allait faire la touriste mais je n’avais rien à y faire tout comme pas l’argent pour me le permettre ainsi donc concluais-je d’un simple soupir, m’en remettant à un autre passe-temps en attendant que Marshal arrive et ne me dise de grimper dans la voiture pour m’engueuler d’être partie comme une voleuse. N’était-ce pas tout ce que j’étais, une voleuse ? Une petite voleuse qui n’avait de valeur que parce qu’elle avait été témoin d’une chose, c’était tout.

Je regardais le monde avec cet esprit critique insuffisant à me faire croire qu’il n’était pas bien trop grand pour moi, qu’il n’était pas comme cet immeuble parmi les plus hauts du monde à me dominer hors de ma portée alors même que je pataugeais dans sa gadoue, anonyme parmi des anonymes. Baissant les épaules, je quittais ma contemplation en en faisant de même de mon regard et pu remarquer sur la rue d’en face, devant l’Heartland Brewery, un simple banc. De quoi m’installer et me poser même si une fois cela fait je ne devrais pas en perdre de vue mon objectif, de quoi me motiver à traverser une nouvelle fois la trois voies qu’était la Ve Avenue pour avoir un siège humide sur lequel je n’avais pas l’intention de m’assoir de toute façon.

Accroupie, dos courbés et bras appuyés sur le dossier, je me contentais de regarder au travers de la circulation ce véhicule dont on avait changées les plaques d’immatriculation récemment mais qui, au final, était sans doute le point le plus familier de cette putain de ville. Pas le seul, cependant.

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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Mar 21 Avr - 21:53

Une fois sorti du bâtiment, et après avoir pressé la touche “Envoi” de son écran tactile, Charlie continua sa marche d'un pas vif, mais cette fois-ci plus attentif. En même temps, quelle idée on avait d'avancer aussi lentement en plein milieu d'un centre commercial bondé. D'accord, les gens étaient trop pressés, et la plupart sans réelle raison. C'était même le propre des grandes villes, et c'était d'autant plus vrai pour New York. Mais tout de même, il fallait s'y coller un minimum. Pas pour se conformer à la masse, simplement pour ne pas gêner le mouvement général. Ce n'était pas pour rien s'il y avait une vitesse minimale sur les autoroutes. Bon, lui-même avait avancé plus vite que la moyenne, c'était vrai. En y réfléchissant, peut-être que cette fille n'avait pas été si lente. D'ailleurs, dans les collisions de voitures, c'était toujours celui à l'arrière qui était fautif... Mieux valait ne pas y réfléchir, en fait. De toute façon, aucun mal n'avait été causé, et il s'était excusé. Sujet clos.

Après avoir tourné à gauche sur la 32e West et traversé 6th avenue et Broadway, il s'immobilisa quelques instants devant la vitrine du Thirty Two Fashion Inc, le temps de jeter un coup d'oeil à leur marchandise. Des vêtements, c'était l'une des possibilités. Sa mère n'étant jamais venue à New York, lui ramener un chemisier provenant de l'une de ces boutiques n'était peut-être pas une mauvaise idée. Malheureusement, ce n'était pas vraiment dans son budget. Il y avait bien certains habits qui entraient dans les quarante dollars disponibles, mais tout de même, c'était bien trop cher pour ce que c'était. Des simples vêtements. Idée à écarter, donc. L'adolescent continua donc sa route, s'arretant ci et là par poignées de trois à cinq secondes, tout en s'énérvant contre les passants qui avançaient toujours trop lentement à son gout, jusqu'à enfin atteindre la 5th avenue. Là, il tourna encore à gauche, en direction de l'Empire State Building.

Traversant la 33e West, il passa à côté du légendaire immeuble, tout en se faisant la réflexion qu'il n'avait croisé pour l'instant aucun KFC. Peut-être n'y en avait-il tout simplement pas, mais cela lui avait semblé impensable, sur une avenue si fréquentée. Il pouvait s'entêter sur l'idée de ses ailes pannées et tenter d'en chercher un sans rien connaitre de l'endroit, soit se rabattre sur le McDonald's qui se trouvait juste en face. Se “rabattre” n'étant même pas le bon mot, puisque ce fast-food là n'était pas moins bon que l'autre. Tout était une question de désir du moment.

Après avoir attendu le feu, le garçon entra enfin dans le restaurant. Il y avait du monde, évidement. Rien de surprenant, il était midi et demi, en un jour où un tiers de New York était présent dans ce quartier-ci. La file ne le découragea pas tant que le fait qu'il ne voyait aucune table de libre. Mais il avait faim, alors il attendrait. A défaut de poulet panné, un burger était assez motivant en soi. Mais il devait bien patienter un moment avant de prononcer les mots magiques:

-Un big mac menu medium, siouplait. Coca, et ketchup.

Un peu plus de cinq minutes plus tard, il sortait du McDo, un sac papier de plus à la main. Il avait demandé à emporter, puisque l'intérieur de l'établissement était bondé. Les parcs étaient loin, mais il y avait des bancs en face qui fairaient parfaitement l'affaire. La chaleur de sa nouriture serait suffisante pour compenser le froid ambiant, si les bancs n'étaient pas mouillés.

Après avoir traversé à nouveau la 5th avenue, il leva les yeux vers le bâtiment devant lequel il se trouvait. Il n'était pas particulièrement beau, à vrai dire, mais il fallait bien admettre qu'il étit impressionant par sa taille. En y repensant, Charlie n'avait jamais vu de construction de cette hauteur. La vue le captiva quelques secondes... Jusqu'à ce qu'il ressente à nouveau la vibration caractéristique du téléphone dans sa poche arrière.

L'adolescent n'avait pas vraiment besoin de regarder autour de lui, il avait d'autres priorités. Il avait pu voir depuis le trottoir d'en face que le premier banc était occupé, ce que sa vue périphérique suffisait à lui confirmer en ce moment. Le suivant, en revanche, était libre, et c'est vers celui-là qu'il dirigea son attention ainsi que son mouvement. Par chance, il était sec, et presque propre. S'y installant, il posa les sacs à ses pieds, sauf celui qu'il laissa à côté de lui pour en ouvrir le paquet de frites, dans lequel il commença à piocher d'une main tout en dégainant son portable de l'autre.
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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Mer 22 Avr - 16:05

Il m’était familier mais je n’arrivais pas à le remettre. Il sorti du McDo avec ses deux sacs en papier du Manhattan Mall, plus celui qu’il venait se s’acheter, emmitouflé dans une doudoune grise et vêtu d’un jeans noir, il devait avoir grosso-modo mon âge et ma taille, des cheveux bruns coupés courts et coiffés en pointes ; pourquoi me revenait-il plus que le reste de la foule ? Je le regardais à travers cette dernière et ce n’était pas peu dire considérant les trois voies de la Ve, les voitures garées sur l’autre trottoir comme les personnes qui le parcouraient et mettant à l’adolescent une bonne vingtaine de centimètres en moyenne. Le suivre c’était presque comme chercher le creux parmi le flot de tête, heureusement son creux était élargi par ses affaires. Etait-ce juste pour la taille ou les sacs du Mall qu’il me disait quelque chose ? Peut-être que je l’y avais croisé, pas comme si j’avais fait attention aux gens durant ma brève apparition dans ce temple du ce-que-je-ne-pouvais-pas-me-payer.

L’autre gosse s’arrêta un instant pour regarder dans ma direction, me faisant fixer le Dodge en une tentative des plus remarquables d’être discrète ; en effet, accroupie sur l’un des bancs segmentés qui entourait le building à regarder les gens sur le trottoir opposé je devais être aussi discrète qu’une marmotte à l’affut. Juste que je sifflais pas en cas de danger, parce que c’était con de siffler quand on essayait d’être discret. Et que je savais pas siffler aussi donc on allait éviter le ridicule.

M’avait-il grillée ? Cela ne me sembla pas car même s’il traversa la rue vers l’Empire State Building également, se rapprochant de ma position, je pus reprendre ma surveillance sans qu’il ne me renvoi d’autre regard, concentré sur ce qui éclipsait tout aux alentours. Et ouais, le constructeur avait sérieusement quelque chose à compensé lorsqu’il avait fait cet immeuble, à moins que ce ne soit le commanditaire qui avait spécifiquement voulu un truc aussi haut. Je pensais pas qu’ils pensaient déjà aux avions à l’époque mais j’en savais rien, après tout. Et je m’en foutais d’ailleurs, c’était juste des associations d’idée en passant.

En passant, ce fut ce que fit mon centre d’intérêt qui recommença à s’approcher de moi et du me faire à nouveau regarder ailleurs pour pas être grillée ; s’il l’avait fait, il m’aurait mis un vent monumental alors je partis du principe qu’il ne l’avait pas fait (me griller, comme ça il ne me mettait pas de vent non plus). En tout cas, j’eus tout le loisir de le regarder continuer à descendre la rue, s’arrêtant devant le banc identique au mien qui se trouvait face à l’entrée de Walgreens Pharmacy. Joliment imagé : il avait de la bouffe et des courses et allait se poser devant une pharmacie, moi j’avais ni l’un ni l’autre et j’attendais devant un restaurant, tandis que tous les deux ont se trouvait du haut de notre mètre cinquante face à un immeuble au moins cent fois plus grand. Bon, cent c’était peut-être trop ou alors pas assez, j’en savais rien moi.

Inspirant à plein poumon les gaz d’échappement refroidis par l’hiver et les odeurs de bouffe et de cigarettes, je tachais de me concentrer à nouveau sur le point fixe qu’était le Dodge trois voies plus loin même s’il m’était impossible d’ignorer la foule tant visuellement qu’auditivement. Je n’étais pas à ma place et attendais pour me faire remettre en place, tout ça parce que j’avais pas eu le choix quand à aller dans le centre pour offrir des cadeaux que je ne pouvais pas obtenir par l’achat. Si encore je faisais les poches de tous ces gens ça rimerait à quelque chose, je pourrais même acheter rapidement des cadeaux je pense, mais je n’avais aucun moyen de leur retourner leurs papiers une fois mon recyclage fait. Encore que les délais d’attente entre les feux devaient être suffisants. Ouais, c’était une idée ça !

Considérant les deux passages piétons aux deux carrefours entre la Ve Avenue et les 33e et 34e Street, je pouvais faire du manège en suivant un sens et faisant les poches d’une personne à chaque feu rouge ! Ce qui me faisait deux personnes à chaque passage, plus celles s’arrêtant dans les queues devant l’une des boutiques. Tant que j’avais pas à me tirer, ça irait, parce que là niveau se tirer j’ai aucun escalier de secours sur les deux façades d’immeubles et j’ai pas reconnu les autres rues. Et je dois rester prêt du Dodge… C’était un plan risqué mais ça me permettrait peut-être de sauver la journée. Merci à la bonne volonté des gens.

Descendant un pied après l’autre du banc, j’entrepris de chercher une personne sortant du restaurant  pour s’en descendre vers le sud, trouvant rapidement mon bonheur dans une femme à bottes à talons garnis de fourrure, à manteau d’hivers et surtout à sac à main en bandoulière avec fermeture magnétique. Celle-là, à part rajouter une démarche de dinde et des lunettes de soleil, on pouvait difficilement faire plus une invitation à être plumée. La suivant d’un pas bien plus soutenu afin de me placer juste derrière elle, je passais devant l’autre gamin qui en était à bouffer puis m’arrêtais à l’instar de ma donatrice au feu rouge, prête à tourner vers l’autre rue. Discrètement et avec toute l’innocence du monde, je regardais le feu piéton de notre côté et glissait ma main dans le sac dont le petit soubresaut d’ouverture me stressait toujours autant, puis de doux tâtons je trouvais ce qui ressemblait le plus à un portefeuille. Cuir, dépliable, avec une partie fermée par une fermeture éclair… l’index et le pouce pour zipper, l’annulaire et l’auriculaire pour s’infiltrer et pincer ce qui ressemblait à des billets… et op on se faufilait vers la sortie alors que la marche reprenait. Une petite bousculade de la dame en feintant que j’étais partie plus vite qu’elle pour pas qu’elle ne fasse attention au mouvement de son sac qui ne la suivait pas encore, une main posée contre elle pour nous séparer et des excuses comme celles que j’avais reçues toute à l’heure, et mon autre main s’en retournait tranquillement dans ma poche, laissant ma prise avec ma sécurité alors que je commençais à traverser devant elle pour faire mon tour de manège, ayant quelques minutes pour trouver une nouvelle victime et recommencer mon tour de manège lucratif.

Petit détail qui me fut sourire une fois arrivé sur l’autre trottoir, il y avait entre le restaurant Wendy’s et le magasin de souvenir Liberty Empire un petit bureau de change, comme quoi je n’étais pas la seule à le faire. Après, leurs prises étaient surement moins maigres que les miennes, même si je n’avais pas encore compté les quelques trucs retirés précédemment. Je misais déjà sur moitié moins que ce que j’avais eu l’impression de toucher, parce que les billets devaient être pliés en deux, mais je ne m’en assurerai que lorsque je les compterais. Pour l’instant, pas un regard ne leur avait été accordé, même s’ils avaient eu droit à une nouvelle migration depuis la poche de mon pantalon vers l’une de mon blouson. En attendant, j’avais une nouvelle personne à trouver moi.

Un mec, sortant de Souvenirs & Gifts en rangeant son porte-monnaie dans sa poche… Lucky Rules ! Aller, op, lui-même pas il avait atteint le passage piéton que le recyclage était fait et que je l’interpelais pour lui signaler qu’il avait fait tomber son porte-monnaie en sortant du magasin. Un merci, auquel je me retins de lui rendre, et il repartait déjà dans la foule. Ah, les touristes, ils oubliaient toujours que la règle numéro un c’était qu’on ne pouvait pas faire confiance à un(e) inconnu(e), même lorsqu’elle agissait gentiment. Car j’avais agit gentiment : ce qu’il y avait de bien avec les porte-monnaie c’était que je pouvais le jeter sans créer de problème avec leur propriétaire, il ne perdait rien que le contenant puisque ce dernier n’avait pas de carte de crédit ou autre. Mais pour le coup, c’était tellement facile que j’avais l’âme à lui rendre tout de même, quand bien même il était vide. Par contre du coup je ne pus pas faire la fine bouche au passage-piéton suivant.

Je ne la fis pas et ne trouvais rien du tout, effleurant les poches du mec en treanc-coat à côté duquel j’attendais sans rien trouver à leur intérieur; ce qui était toujours préférable à tomber sur une mauvaise chose, genre un mouchoir usagé ou un chewing-gum. Les poches des gens c’était comme les kinder surprise, rien de disait qu’on allait apprécier ce qu’on trouvait dedans.

Retour au point de départ, devant le Hearland Brewery, sans passer par la case prison. Ça m’avait pris quoi ? Cinq minutes ? Record à battre. Un nouveau tour, repassant devant Walgreens Pharmacy et l’autre adolescent entrain de bouffer sur un bac clean en plus, et nouvelle attente au passage piéton sud avec une nouvelle victime, en sac à dos cette fois ; j’étais baisée. Les poches, faire cela discrètement c’était la base. Mais le sac à dos d’une personne d’un mètre quatre-vingt quand on faisait soi-même un mètre cinquante, c’était tellement le bol de bonbon sur la commode juste trop grande pour qu’on puisse l’attraper… Chier, en plus dans sa poche il avait juste un ticket de métro et un téléphone portable. Il aurait parfaitement put y avoir sa main que ça m’aurait évité le détour !

Le Liberty Empire me permit le retour de ma chance, parce que merde on était pas en vacances même si on avait pas encore reprise l’école, alors que de ado un peu plus vieille que moi regardes cartes postales et t-shirt sur promontoire, téléphones en main et l’autre occupée à leurs grands gestes, sacs à main au clair. Pas moyen d’en chopper un discrètement et pas question de partir en courant avec l’un d’eux, du coup je leur laisse payer 9$ leurs T-shirts NY en me disant que je devrais monter une entreprise de vol parce que visiblement une enseigne sa rend la chose légale. Du coup j’attends un peu qu’elles ressortent, surveillant les lieux de placement de leurs argents respectifs et constatant que l’une d’elle le met dans la poche arrière du jeans. Nan mais franchement… bah, au moins elle pourra s’assoir dessus. Si je dois effleurer le cul d’une rousse pour atteindre mes objectifs, aucun problème. Mais non je suis pas lesbienne !

Un trottoir, une poche arrière et un sac à main plus tard, je repasse devant Mallgreen, qui est toujours là et héritera de ce surnom aussi longtemps que je m’en souviendrais ou ne lui en aurait pas trouvé un autre. Et un tour plus tard, je vins m’assoir sur la troisième place de son banc, sortant simplement mes prises pour entreprendre de les compter. Marshal n’était toujours pas arrivée, je pensais qu’elle avait perdu du temps à me chercher dans le Mall, mais j’allais peut-être avoir suffisamment recyclé pour répondre à son souhait de faire des cadeaux. Aucune idée de si ça serait grand-chose mais un petit quelque chose serait toujours mieux qu'un grand rien ; hors les grands riens, ça nous connaissait pas mal.

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Charlie Reyes
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Mar 28 Avr - 22:06

Téléphone dans une main, junk-food dans l'autre, sacs de courses à ses pieds chaussés de Converse, Charlie se fit la réflexion que si on avait voulu représenter l'Américain moyen, on ne s'y serait probablement pas pris autrement. C'était ça qu'il était, une caricature? Non bien sur, il avait une vie, des buts haut placés, un caractère totalement différent de ce qu'il pouvait laisser supposer dans cette posture. Et pourtant personne, en le voyant ainsi, ne pourrait supposer qu'il était un mutant, résidant à l'Institut Charles Xavier, travaillant à devenir un X-Man... Lui seul le savait. Ce qui ne l'empêchait pas de juger lui-même les gens qu'il croisait. Derrière ce clochard qui boitait un peu plus loin sur la 5eme se cachait peut-être un vétéran, derrière cet ado de quelques années son ainé qui sentait l'herbe à plein nez, un brillant chirurgien en devenir... Il ne s'était même pas posé la question à vrai dire, se contentant de dépasser le premier avec un léger dégout et de regarder brièvement le deuxième d'un air condescendant, en dépit du fait que lui-même, du haut de ses quatorze ans, s'était déjà mis plus d'une fois dans des états comparables. Mais après tout, c'était tellement plus simple de s'arrêter aux apparences! L'être humain était tout de même drôlement fait.

Rangeant son téléphone tout en continuant sa réflexion, et se demandant comment il se jugerait lui-même s'il se croisait dans la rue, le gamin leva les yeux pour observer les passants, sans s'arreter des manger. Cette femme au manteau de fourrure et bottes assorties, quelle était son histoire? Et ce cinquantenaire au costume trois pièces, qui laissait pousser ses cheveux du côté droit pour les plaquer sur le haut de son crâne en une triste tentative de camoufler sa calvitie? Ou cette adolescente à l'air pressé, dans son blouson de cuir, qui... Qui lui était étrangement familière, en fait. Il l'avait déjà vue quelque part, mais il n'arrivait pas à déterminer où. Le fait qu'il se trouve à New York, alors qu'il avait passé sa vie sur la côte Ouest et n'était pratiquement pas sorti de l'Institut depuis qu'il n'y était plus, limitait fortement les possibilités. Elle n'était pas une habitante du manoir, ça il en était à peu près certain -à en juger par son âge apparent, elle devrait être dans la même classe que lui, éventuellement dans la supérieure, pas moins puisqu'à quelques exceptions près Charlie était l'un des plus jeunes; dans tous les cas, impossible qu'il l'aie ratée. Il était possible cependant qu'il s'agisse de quelqu'un qu'il ait rencontré à Seattle, et qu'elle ait déménagé, ou se trouve simplement à New York pour les vacances de Noël. Ce serait une coïncidence étonnante, mais pas complètement improbable. Ou il l'avait peut-être connu en camp de vacances, le dernier remontant au début de l'été 2012 il serait normal qu'il ne la remette pas complètement.

La tête tournée vers sa gauche, il l'observa un moment tandis qu'elle attendait que le feu passe au vert. Une taille indentique à la sienne, ou peu s'en fallait, quelques boucles brunes dépassant de la capuche de son survêtement, des yeux verts; elle lui disait quelque chose, aucun doute là dessus. Peu importait probablement, puisqu'elle commença à traverser d'un pas toujours aussi vif, bousculant au passage la femme au manteau. Il ne la suivit pas du regard une fois qu'elle eut atteint l'autre trottoir, ramenant son attention sur celui-ci. Cependant il n'y perdit pas immédiatement intêret, visualisant tant bien que mal son visage à la recherche d'une piste. Pas trop longtemps cependant, il avait d'autres priorités pour le moment.

Et pour la première, il reposa la boite en carton contenant les frites dans le sac en papier, pour en sortir une autre, tout aussi alléchante. Une grande bouchée dans le hamburger, pour réaliser avec déception qu'il avait commencé à doucement refroidir. Il s'agissait de le terminer rapidement, avant qu'il ne devienne complètement immangeable. Il en était à la moitié, descendant chaque bouchée avec un peu de coca, lorsqu'elle passa devant lui. Ou plutôt qu'elle repassa devant lui, puisqu'il s'agissait de la même fille qui, tout à l'heure, avait eu l'air plutôt pressée. Plutôt intriguant, à vrai dire. La paille en bouche, il la suivit du regard cette fois-ci, tandis qu'elle allait à nouveau attendre au même feu rouge, se collant à un passant.

Il se retourna lorsqu'elle traversa pour longer le trottoir d'en face vers la gauche, Cependant elle s'arrêta devant un petit magasin, son regard dirigé vers deux adolescentes plus agées. Peut-être qu'elle les attendait. L'une d'elles était sa grande soeur, elles l'avaient emmené faire du shopping et la plus jeune s'impatientait. Ca devait être ça, c'était logique. Mais sa logique s'effondra lorsque les deux filles ressortirent du magasin. Même si elles les suivit sur quelques pas, elle les dépassa vite, après les avoir collé. Et elle traversa à nouveau, se dirigeant vers lui. Elle faisait des tours, ceci expliquait cela. Combien de passages avait-elle effectué avant qu'il la remarque? Elle s'était sans doute imprimé inconsciemment dans sa mémoire, c'était sans doute pour ça qu'elle lui semblait connue. Mais pourquoi faisait-elle des tours? La possibilité qu'elle attende quelqu'un restait d'actualité. Mais elle avançait d'un pas déterminé, comme si elle allait à un endroit bien précis, plutôt que de simplement déambuler pour tuer le temps. Il y avait quelque chose qui clochait.

Et ce quelque chose, il sembla s'expliquer lorsqu'elle entama le troisième tour -d'après ce qu'il en savait. Ce qu'il venait de voir, c'était bel et bien un mouvement de main, non? Ca avait été rapide, mais c'était l'impression qu'il avait eue. Aucune certitude, mais cela répondrait à pas mal de questions. Il la suivit plus attentivement, et son avis fut tranché lorsqu'il se tordit le cou pour la regarder rejoindre le passage piéton suivant. Aucun mouvement apperçu cette fois-ci, elle était trop loin et bien cachée par d'autres usagers de la voie. Mais son comportement correspondait parfaitement avec l'idée que se faisait le jeune homme. Pour quelle autre raison collerait-on les gens de si près? Une pickpocket, voilà ce qu'était cette fille!

Presque par réflexe, il porta la main à la poche intérieure de son manteau, mais son portefeuille était toujours là. Il résista à l'envie de le sortir pour en vérifier le contenu, car l'autre adolescente revenait déjà vers lui. Il baissa légèrement la tête dans un souci de rester discret, bien décidé à continuer à la surveiller depuis sa place, mais contre toute attente elle s'arrêta, s'asseyant sur le même banc que lui.

Et maintenant, il faisait quoi? Il ne pouvait être certain de rien, il n'avait que des doutes. Et quand bien même ces doutes étaient fondés, comment devait-il agir? Il en était à hésiter, les yeux baissés, lorsqu'elle sortit quelqu chose de la poche de sa veste, et il tourna la tête, intrigué. Des billiets! Bon, le doute n'était plus permis, il s'agissait d'une voleuse. Et plutôt douée par ailleurs, Charlie était absolument certain qu'il ne l'aurait jamais remarquée si elle n'avait pas attiré son attention par son air famillier. Et elle semblait assumer pleinement ses actes, presque les revendiquer, en s'asseyant à côté de lui pour compter ses gains d'un air tout ce qu'il y avait de plus naturel. Etrangement, cela amusa le jeune homme. Bien sur, la morale voudrait qu'il la dénonce. Mais lui aussi en avait fait, des bêtises. Certes il n'avait volé que dans des magasins, jamais à des particuliers. Et certes il n'avait pas une telle technique, pour lui la chose avait consisté à fourrer ce qu'il voulait dans sa poche lorsque le vendeur regardait ailleurs, avant de sortir plus ou moins naturellement. Mais il aurait été hypocrite de sa part de juger des actes pour lesquels lui-même ne ressentait que peu de remords. Et conformément à sa pensée de quelques minutes plus tôt, il était tout à fait possible que l'adolescente ait réellement besoin de cet argent, et ce pour un tas de raisons.

Mais surtout, et c'est ce qui changea probablement la donne, puisque sans ça il se serait sans doute contenté de l'ignorer mal à l'aise, il était vraiment impressionné par le culot de la jeune fille. Si lui avait passé une dizaine de minutes à dépouiller les passants, il ne serait certainement pas posé calmement en plein milieu de sa zone d'action pour vérifier son argent comme si de rien n'était. Etrangement, ça lui plaisait. Et la fille, sans être particulièrement belle, ne manquait pas d'un certain charme. Un charme peu conventionnel pour une adolescente de cet âge, mais pas moins plaisant, à fortiori pour le style underground dont Charlie aimait à se croire.

Avalant une gorgée de coca pour faire descendre quelques frites, il désigna de la main qui tenait le gobelet le butin de l'adolescente, l'abordant avec un demi-sourire.

-C'est pas très très bien ça, tu sais?

Restait à voir comment elle allait réagir, mais il n'envisageait pas que ce soit trop négatif, considérant le comportement qu'elle avait adopté jusqu'à présent. De sa main droite, il prit la petite boite rectangulaire rouge marquée d'un M jaune, avant de la tendre en direction de la fille.

-Une frite? Elles sont pas encore tout à fait froides.
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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Jeu 30 Avr - 18:20

Mais vu la dose de billets que j’avais, une fois défroissés ils devraient valoir une belle petite somme. Oui, le recyclage de billets n’était pas des plus soigneux envers lesdits billets mais qu’ils soient beau n’importaient pas, tant qu’ils conservaient leur valeur. J’avais pas l’air soignée alors que l’argent que je refilais ne le soit pas non plus plaidait plutôt en ma faveur je trouvais. Car non, je n’avais pas la dégaine de la pickpocket ! C’était un préjugé ça, la capuche, les poches et les mitaines ça ne signifiait pas forcément qu’une personne était voleuse, moi par exemple  j’avais la capuche pour tenir chaud aux oreilles, les mitaines pour protéger les mains vis-à-vis du Parkour sans en perdre le touché et les poches parce que ma veste en était pleine. Bon, j’étais pickpocket aussi mais je n’avais pas d’autres exemples sous la main. C’était mal de juger les gens sur leurs apparences, de toute façon.

- C'est pas très très bien ça, tu sais ?

La voix était aigue, enfantine presque, et l’intonation assez lente et un peu forcé. Je ne sursautais pas mais me figeais comme prise en flagrant délit. Il fallut bien un mouvement pour me faire me tourner dans la direction d’où venait la réplique et du fait la première chose que j’y vu fut une main désignant ma nouvelle propriété alors qu’elle continuait te tenir fermement la sienne, de propriété. Suivant le bras qui désignait, je remontais mon regard jusqu’au visage de l’importun que je n’avais pas oublié mais qui m’avais surpris à oser se la ramener ; de quoi ce mêlait-il ? Après, il n’était pas agressif et semblait même vouloir adoucir son approche en partageant sa bouffe, posant sa petite boite de frittes McDo sur la place du milieu du banc propre. Ah, c’était donc ça, parce que le banc était propre il n’y avait que des personnes clean à s’assoir dessus ?

Sans redresser le dos et le visage toujours partiellement couvert de ma capuche, je le regardais de biais sans rien dire alors qu’il illustrait son geste par la parole. Ses cheveux bruns cachaient son front et ses sourcils mais ses yeux étaient parfaitement visibles, bruns et enfoncés dans leurs orbites, encadrant un long nez en trompette. Il avait une petite bouche aux lèvres agréables, proportionnée à la taille de sa bouche et par conséquent assez fine, ainsi qu’un menton assez marqué. Le tout couvert de quelques tâches de rousseur ; sans cela, il aurait été quelconque même si la bouche m’interpelait, mais avec… bah à défaut d’être particulièrement remarquable ou autre, il était moins quelconque déjà.

Me redressant pour m’adosser complètement, je ramenais mes mains dans mes poches : la gauche, avec l’argent, s’en alla dans la poche assimilée de mon blouson tandis que la droite allait trouver refuge dans la poche de mon survêtement, saisissant et ôtant le cran de sureté de ma protection. Ressortant ma première main de la cachette de mon recyclage, je zippais la fermeture éclair de ma veste avant de me tourner légèrement vers l’autre adolescent. Le coude droit contre le dossier et le dos entre ce dernier et l’accoudoir sur lequel se trouvait le coude gauche, j’étais désaxée sur mon siège mais pouvait au moins lui faire à peu près face. Mes sourcils cessèrent de se froncer pour se soulever alors que le reste de mon visage perdait son expression de contrariété. Il n’aurait plus manqué que je mette ma cheville gauche sur mon genou droit pour marquer combien j’étais à l’aise mais comme ce n’était qu’une feinte je ne le fis pas.

- Pârdon ?

Ma voix était assez basse et mon parlé peu articulé mais c’était surtout mon accent qui allait me griller mille fois : grandir à Windy, ça laissait des traces. Et j’étais vraiment le pur produit avec l’accent inimitable. Ou au moins très dur à imiter. Le hic étant qu’il était peu ou prou impossible de paraitre impressionnante avec l’accent du nord ; déjà que j’avais du mal à l’être de base. Cela faisait chier, en plus j’avais quelqu’un de ma taille pour une fois.

- T’âs un problème ?

Je mettais les pieds dans le cliché mais je mettais le gauche d’abord donc ça me porterait chance. D’un autre côté, à défaut de venir d’un ghetto en particulier je n’avais pas l’intention de me démonter parce que se démonter c’était bien souvent accompagné par se faire démonter, même si Mallgreen n’était pas vraiment très impressionnant. Mais il fallait toujours se méfier des inconnus, particulièrement dans la ville la plus dangereuse du monde ; entre les criminels et les mutos, y’avait moyen de s’attirer très rapidement des emmerdes. Pas pour rien que j’avais jamais foutus les pates à Alphabet City, à défaut d’être illettrée j’évitais de trop tenter ma chance. Ma dernière rencontre avec un mutos c’était terminée dans un commissariat alors qu’il me suivait, une fois qu’il m’avait grillée à en faire de même, et la première… n’avait pas à être évoquée. Ma vie était suffisamment pourrie comme ça, comme à cause de ça d’ailleurs.

Déglutissant sans cesser de fixer son nez, prête à soutenir son regard envers et contre presque tout, je restais calme comme méfiante. J’étais dans une position de merde mais au moins elle en imposait, je serais peut-être allé jusqu’à poser ma joue contre mon poing libre mais les accoudoirs du banc étaient trop merdique pour que je ne risque pas de glisser comme une merde. Du coup la pauvre main gauche pendouillait d’aise, prête à signifier inintérêt des plus naturels.

Mais pour l’instant il avait tout mon intérêt le Mallgreen et mon intérêt était insistant et direct.

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Charlie Reyes
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Ven 1 Mai - 14:03

L'autre adolescente ne réagit pas directement, se contentant de tourner très légèrement la tête pour avoir son visage dans son champ de vision, tandis que le sien à elle restait en grande partie caché sous sa capuche relevée. Des mouvements lents et calculés, comme le calme avant la tempête. Charlie s'attendait à la voir déguerpir dans la direction opposée d'une seconde à l'autre.

Elle n'en fit rien, se redressant sur le banc, toujours avec cette tranquilité pparente dans les gestes. Tandis qu'elle remettait son butin dans la poche de son blouson, le jeune homme eut tout le loisir de l'observer à son tour. Des cheveux bruns coupés court, du moins pour une fille, mais pas moins bordéliques pour autant, qui tombaient des deux côtés de son visage, laissant visible un front assez petit, juste au-dessus d'une paire de sourcils dans un état proche de celui de la chevelure. Plus bas, un nez juste un brin trop large pour être attirant, une petite bouche, elle, tout ce qu'il y avait de plus plaisant, et un menton relativement fort, mais pas assez pour sembler disgracieux. Et au milieu, de tout ça, des grands yeux verts en amande, qui retinrent son attention plus que le reste. Il n'y avait pas grand chose à préciser à leur sujet, les yeux verts c'était toujours beau, de toute façon. Le tout formait un ensemble assez particulier, plutôt mignon. Elle n'avait pas la beauté des magazines, ou celle de certaines filles de sa classe qui, coiffées et maquillées, semblaient déjà être des femmes, mais elle dégageait quelque chose, de par ses postures et ses expressions, qui pouvait difficilement être ignoré. Clairement, cette fille l'intriguait.

S'installant en une pose désinvolte, comme pour montrer à quel point elle se fichait qu'il l'eut repéré, elle le regarda encore quelques instants en silence, avant d'ouvrir la bouche.

- Pârdon ?

Sous la surprise, Charlie retint de peu un pouffement. Voilà qui brisait un peu le mythe. Ce qui était certain, c'est qu'elle n'était pas d'ici. Mais le jeune homme aurait difficilement pu se moquer. Lui-même ne l'avait jamais entendu, peu importe les efforts qu'il y mettait, mais ses amis lui assuraient que chaque fois qu'il ouvrait la bouche, c'était comme si un panneau lumineux “West Coast” clignotait au dessus de sa tête. Heureusement, la plupart du temps il échappait aux moqueries sur le sujet de la part de Martin et son accent British parfait, pour la simple et bonne raison qu'un autre membre de la petite bande avait grandi au Canada. Toutes les attaques à thème prononciation étaient donc dirigées vers lui.

- T’âs un problème ?

Le sourire du garçon s'élargit, non pas naturellement mais par la volonté de son propriétaire. Elle se voulait impressionnante, et il devait bien admettre qu'elle l'était, avec son air je-m'en-foutiste malgré le fait qu'elle ait été prise la main dans le sac -et ce en dépit de son accent, qui déforçait franchement l'effet. Air qui d'ailleurs était probablement aussi simulé que celui du gamin, mais ça importait peu. Il ne pouvait pas montrer l'impression qu'elle lui laissait, et d'ailleurs il était bien capable de le cacher; être sidekick de Max Button à Seattle, puis celui de Martin Parsons à Salem, ça offrait une formation presque complète pour faire face à la gent féminine. Du moins celle de sa génération, autrement c'était un tout autre combat. Mais même dans le premier cas, la théorie n'était pas suffisante. Ne pas se montrer trop déstabilisé, il gérait, le reste c'était de l'improvisation et c'était généralement désastreux.

-Pas le moindre, sinon j'aurais pu te balancer y a un bon quart d'heure.

Mensonge, mensonge éhonté puisqu'il n'avait compris son petit manège que lors du dernier tour; il ne savait même pas si elle l'avait déjà commencé un quart d'heure plus tôt, pour ça il comptait sur sa chance. Ses amis lui avaient souvent dit qu'il ne savait pas bluffer, mais le contexte du Poker était différent. Les gens s'attendaient à ce tu bluffes, donc il fallait contre-bluffer, voire contre-contre-bluffer... Toute une histoire. Ce qui le trahissait alors, ce n'était pas son visage, mais son manque de stratégie ou de psychologie qui le faisait à chaque tour agir exactement comme ses adversaires l'attendaient.

Parce que simplement montrer un autre visage, ça c'était dans ses cordes. On lui avait déjà reproché de ne pas avoir de caractère propre, se contentant d'afficher ce que son interlocuteur attendait de lui, comme un simple mirroir. Si l'accusation était fortement exagérée, il fallait admettre qu'elle n'était pas complètement infondée. Charlie, plus que la moyenne, avait tendance à adapter naturellement son comportement en fonction des personnes face à lui. Ce qui ne signifiait pas tout de même qu'on ne pouvait pas voir son “réel” visage en le rencontrant, simplement qu'on risquait alors de le trouver méconnaissable si on le recroisait en présence de ses amis. Mais ce n'était pas vraiment de la comédie, le changement d'attitude se faisait plus ou moins inconsciemment. Ce n'était pas tout à fait le cas face à sa nouvelle rencontre, là sa conduite était plus artificielle, puisqu'il semblait évident qu'une approche différente ne permettrait pas vraiment de communiquer avec elle, du moins dans ce contexte.

Gardant son sourire en coin forcé, et continuant de soutenir son regard, puisqu'aucun des deux ne semblait résolu à lâcher, le jeune mutant laissa passer encore quelques secondes de silence. Après avoir bu encore une gorgée de la boisson sucrée, toujours sans la lacher des yeux, il posa le gobelet sur la place libre du banc et s'essuya les mains et les lèvres avec une serviette en papier, avant de tourner son buste vers son interlocutrice, appuyant son coude contre le dossier, sa main pendant tranquilement, à l'image de celle de la jeune fille.

-On s'connait, non?

Oui bon, plus bateau comme technique d'approche, c'était difficile. Mais dans ce cas-ci, c'était justifié, puisque Charlie avait réellement l'impression de l'avoir déjà rencontré. De toute façon, tant qu'on avait l'air d'y croire, ça passait. Là, le jeu était à qui se laisserait lire le premier. Et ce ne serait pas lui, ça c'était hors de question.
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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Ven 1 Mai - 21:40

Mallgreen se foutait de ma gueule ; ou plutôt il se foutait de la gueule de mon accent. Goddamn… ! Je pouvais pas lui en vouloir mais ça faisait pas plaisir ; et c’était volontaire qu’on ne puisse déterminer de si je parlais de l’accent ou de l’autre adolescent. Mais quand même quoi ! Voici qui renforçait le besoin de savoir si l’autre avait un problème, que ce soit avec moi ou mon bloody hell d’accent. C’était tellement pas le jour à me faire chier avec ça parce que c’était bien à ce niveau là que bloody pouvait servir de qualificatif également. Journée de merde de merde de merde en somme. Et qui allait en empirant parce que plus que soutenir mon regard, il me souriait au nez ! Mallgreen c’était trop neutre pour un mec comme ça, il foulait me tendre une fritte alors il s’appellerait La Fritte du coup, voir La Fritte Tiède !

- Pas le moindre, sinon j'aurais pu te balancer y a un bon quart d'heure.

Sa réplique me fit soulever les sourcils et fut balayée de ma main libre, dont les doigts se tendirent un instant avec une discrète ondulation de main ; s’il savait à quel point j’en avais rien à foutre qu’il me balance, j’avais déjà un marshal furax aux fesses. Mais en tout cas, c’était parti pour LFT et j’allais lui sortir ça les yeux dans les yeux. Son petit sourire méprisant et sa boisson qu’il buvait à la paille sans même la regarder, s’il croyait que rien de tout cela ne passerait de travers il avait de l’espoir ; je n’avais aucune idée de son niveau de dangerosité mais pour l’instant c’était juste un petit con. Je savais reconnaitre mes semblables.

Il posa le gobelet entre nous sans me quitter des yeux, ce que je fis également et ne pus donc savoir exactement de quel côté de sa barquette de frittes il l’avait mis, mais je devais avouer que j’aurai adoré qu’il le foute dessus et que tout se casse la gueule ; plus que l’ex-æquo sur le regard il aurait eu droit à une belle réplique niveau foutage de gueule. J’aurai ma revanche sur ce point, un jour ou l’autre. Il s’essuie la bouche avec une serviette McDo comme s’il venait de me molarder à la face, le petit prince, qu’il fasse gaffe sinon j’aillais lui faire voir des moutons à défaut de lui demander de les dessiner !

Oh, et il fit face aussi, se tournant vers moi avec au moins la partie haute de son corps et s’installant à son tour. On s’connaissait ? Je plissais les yeux car, merde, il cherchait à m’impressionner ou à me draguer LFT ? Hum, c’était pas forcément le meilleur surnom du coup. Mallgreen c’était bien.

Ce détail mis à part, j’avais beau fixer sa tête OUI elle me disait quelque chose MAIS je n’avais aucune idée du pourquoi. Juste l’impression d’être dans une cour de récrée avec un petit caïd en face. Restait à savoir jusqu’où il était capable d’aller mais moi je ne disais rien que je n’étais capable de faire, sauf quand je mentais. Comme tout le monde en fait, quoi, parce que c’était un mensonge quelque part que de dire un truc qu’on n’était pas capable de faire. Ou pas. Ça aurait fait un bon sujet de philo ça et comme de toute façon, je devais bien m’occuper l’esprit pendant que je continuais de le fixer c’était un passe temps comme un autre. Soit ça soit lui compter les tâches de rousseur, j’avais le choix. Ou essayer de le remettre mais c’était une autre paire de manches et si ça faisait appel à ma mémoire je risquais de détourner le regard pour me souvenir et ça c’était hors de question.

Du coup, c’était parti pour un silence entêté et impassible, aussi longtemps que je pourrais faire des associations d’idées à la con dans ma tête. Du fait, aussi longtemps que Marshal ne m’aurait pas goalée. Donc quelques minutes tout au plus en fait. Parce que c’était vrai que je l’avais complètement zappée Marshal, si elle avait rappliquée quand je faisais les poches je me serais faite explosée. Mais du coup, elle foutait quoi ? Rah, il fallait que je regarde ailleurs.

- J’ârrive pâs à sâvoir si j’te remets ou si tâ tronche me revient pâs, en fait, finis-je en détournant la visage avec une expiration nasale brève et une expression j’m’enfoutiste, regardant vers le Dodge.

J’avais peut-être passée une bonne partie de mes périodes scolaires à trainer dans les rues, sans parler de mes vacances, mais ça ne changeait rien au fait que j’avais une prof de philo en guise de mère et un sacré sens de la ruse à défaut d’être particulièrement intelligente. J’ignorais si Mallgreen comprendrait le double sens de ma réplique mais en tout cas il avait pas intérêt de continuer à se marrer sinon je dirais plus rien, moi ! Ce montrer plus impressionnante que lui, c’était une chose, mais s’il me vexait ça allait être une autre histoire. Ne jamais vexer une fille en mauvaise semaine, ça s’appelait l’instinct de survie.

- Qu’est-ce tu veux, repris-je en lui faisant face à nouveau, la tête dodelinant et l'intonation trahissant l'agacement, une pârt ?

J’évitais de lui préciser que si c’était le cas il pouvait aller se faire foutre par toute la communauté gay de SF et c’était dire s’il y aurait eu du monde pour faire la queue. J’avais pas plus peur des flics que de lui même si, dans le second cas, c’était peut-être de l’inconscience. Mais il restait à mon niveau jusqu’à preuve du contraire.

Et en un tel cas… que pouvait bien foutre Marshal ? J’allais finir par croire qu’elle avait eue une emmerde. Elle était capable de se défendre ouais mais y’avaient des mutos qui craignaient pas les balles ou les arts martiaux. En fait, on aurait eu sans doute plus vite fait de lister ce que les mutos pouvaient pas faire.

J’avalais ma salive un instant, n’attendant plus qu’à moitié la réponse de Mallgreen même si, physiquement, je continuais de lui faire face en le fixant à nouveau. J’aurai très bien put aller dans de la provocation, sa boisson était en terrain neutre et je n’aurai pas eue besoin de détourner le regard pour la prendre et en boire un coup aussi. MAIS rien ne me garantissait qu’elle soit à mon goût et que je ne finisse pas par me ridiculiser à essayer donc j’éviterai là-encore la connerie débile. Sans compter que niveau sens ça aurait été bien polysémique aussi ; je ne savais pas ce qu’il voulait mais plus que m’en méfier il n’était pas question de me laisser faire.

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Charlie Reyes
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Sam 2 Mai - 0:59

L'autre ado continuait à soutenir son regard, avec son expression indifférente. Une expression visant clairement à lui faire comprendre -ou à lui faire croire du moins- qu'il n'était qu'un désagrément mineur dans sa journée, et qu'il pouvait tout aussi bien ne pas être là, pour ce que ça pourrait changer. Et pourtant il était là, et elle continuait à le fixer, refusant de céder. Cela aurait pu durer très longtemps, mais elle finit par briser la tension en détournant le regard. Ca aurait pu être une petite victoire pour le garçon, au final ça ne s'en approchait même pas, tellement l'autre semblait s'en désintéresser. Frustrant.

- J’ârrive pâs à sâvoir si j’te remets ou si tâ tronche me revient pâs, en fait

Oh, farouche! Finalement elle était probablement plus présente que ce qu'elle ne voulait laisser percevoir, si elle prenait la peine de répondre. Et de l'insulter, d'ailleurs. Mais du coup elle confirmait l'impression de Charlie: ils s'étaient déjà croisés quelque part! Restait à déterminer où et quand, mais dans l'immédiat son interlocutrice n'était sans doute pas très disposée à l'aider à trouver la réponse à cette question. Il pourrait toujours tenter de résoudre le mystère plus tard.

Il tourna tranquillement la tête en direction de la rue, pour tenter de voir ce qu'elle regardait. Mais soit il n'y avait rien à voir, soit c'était en dehors de son champ de vision et il devrait se dévisser la nuque pour le voir; il décida donc qu'elle regardait dans le vague, et redirigea son attention vers elle, cherchant une réplique. Quelque chose à hauteur de son adversaire, de l'esprit et de la provocation; le tout sans être insultant, sinon ça risquait fortement d'être contreproductif, d'autant qu'elle commençait à avoir l'air franchement agacée. Entre mériter son attention et ne pas la faire fuir -au sens propre comme au figuré- il marchait sur une corde fine.

La question suivante, en revanche, le déstabilisa. C'était plus innatendu, au point que son sourire vascilla, le temps d'une seconde. Il ne savait pas à quel point ça avait été visible, mais du coup il préféra lâcher directement le plissement de lèvres, plutôt que de lui laisser deviner qu'il était faux. Quitte à sauver la face par une autre expression, ce qui se traduisit par un léger haussement des sourcils. Des deux, parce qu'il n'avait jamais appris à n'en soulever qu'un. Des petits malheurs de la vie, comme ça.

Ce qu'il voulait? C'était une très bonne question, et si elle le déconcerta à ce point c'était parce que lui-même n'en savait rien. Une part du butin, certainement pas; d'une il s'en fouttait, de deux il se refuserait à l'extorquer de son argent si honnêtement gagné. Et de trois, elle proposait cela comme un moyen de se débarasser de lui, et il n'avait aucune envie de se lever de ce banc. Mais du coup, ce  qu'il lui voulait, pourquoi il lui adressait la parole? Aucune idée. La fille l'intriguait, tant par l'impression de la connaitre que par son attitude si détachée. Ce qu'il voulait? Il voulait en savoir plus. Il voulait combler cette étrange curiosité qu'il ressentait à son égard. Et puis, sans doute, il voulait un défi. Dans ses relations humaines, il était toujours très clairement et dès le début définissable soit comme dominé, soit comme dominant; ici, il y avait une résistance des deux côtés, ce qui rendait l'interaction d'autant plus intéressante. Et peut-être aussi voulait-il passer le temps. Encore près de trois heures avant qu'il ne doive prendre la navette en direction de l'aéroport, et il avait vu assez de shopping jusqu'à présent. Restait le tourisme, mais à vrai dire ça ne le tentait absolument pas en ce moment précis.

Basculant la tête en arrière, il scruta quelques secondes le building au pied duquel ils étaient assis. C'était utile à qui un batiment de cette taille? Bien sur, dans une ville de plus de huit millions d'habitant, ça aider à régler le problème de la surface. Seulement, l'Empire State ne comprenait aucun logement, donc le concept perdait de son intérêt. C'était la prouesse pour la prouesse, une sorte de Qui A La Plus Grosse, en version architecturale. D'une certaine façon, pas très éloigné du petit jeu auquel lui-même se livrait en ce moment. A une autre échelle bien sur.

Baissant les yeux à nouveau vers ceux de la jeune fille, il croisa les bras, avant de reprendre son demi-sourire. Cependant les yeux étaient cette fois ci un peu plus doux, dans le but de paraitre moins arrogant tout en gardant la même désinvolture. A voir maintenant si le but était atteint.

-Tu peux garder ton fric, dit-il en changeant très légèrement sa position puisque le dossier métallique devenait assez inconfortable. Je vais pas essayer de t'le prendre, t'inquiète.

Pas qu'il se fichait de l'argent, comprenons-nous bien. Mais c'était secondaire dans ce cas-ci, et puis c'était de l'argent volé. Charlie n'était pas tout à fait un ange en la matière, mais encore une fois c'était une chose de voler des commerces, s'en était une autre de le faire avec les passants. Bien sur, il n'y avait en fait pas de réelle différence dans le cas des petits magasins, puisqu'il dépouillait directement le propriétaire, mais c'était... Moins personnel en un sens. Hypocrite, peut-être. Mais de toute façon il ne la jugeait pas particulièrement en tant que pickpocket, donc il pouvait très bien être hypocrite si dans les faits ça ne changeait rien.

Il inspira profondément par le nez, avant de décroiser les bras pour reprendre sa pose précédente. Moins protecteur, mais dans ce contexte c'était un avantage, puisqu'il devait avoir l'air détendu, maintenant plus que jamais. Relevant légèrement le menton, ses yeux se perdirent un petit instant sur la rue en arrière-plan, avant de revenir se fixer sur elle.

-J'm'appelle Charlie, annonça-t-il, la parole étant jointe à un hochement de tête.

Bon, là on devenait plus concret. Si elle donnait son nom elle aussi c'était plié, sinon le jeu continuait, le but temporaire devenant de l'apprendre. Ce n'était pas tout à fait annodin. Le prénom n'était pas vraiment quelque chose de très privé, puisque c'était habituellement la première information que l'on avait. Mais dans ce contexte, ça avait sa petite importance, puisque ça impliquait quand même une certaine ouverture. Et d'ailleurs, il n'était pas exclu que la mention de son nom débloque l'information si recherchée dans sa mémoire. Du coup il lui offrait un avantage stratégique en se livrant le premier, sans aucune certitude. Mais on ne gagnait pas de bataille sans prendre de risques, n'est-ce pas?
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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Sam 2 Mai - 20:46

Haha ! Je n’avais pu retenir un petit sourire de supériorité lorsqu’il perdit le sien mais ça ne dura pas puisque j’avais autre chose à penser, de plus inquiétant d’ailleurs. Et puis j’avais pas dans l’intention de l’écraser le Mallgreen, juste de ne pas perdre la face. Et dans le domaine, savoir retomber sur ses pattes était très important : hors les chats retombaient toujours sur leurs pattes et mon animal fétiche était le chat, ce qui était partiellement responsable de ma croyance dans le fait que je pourrais toujours retomber sur mes pattes. Après, d’expérience, ça n’empêchait pas de se faire mal non plus, quand c’était au sens propre. Pour le coup, ce n’était pas le cas, néanmoins.

Et pour le coup encore, il dût réfléchir le Mallgreen, ce qui me fit hausser les sourcils comme il l’avait fait un instant auparavant : il était sérieux là ? Aucune suite dans les idées ? Damn, il faisait ça juste pour le fun ?

Il tourna la tête et regarda ailleurs, vers cet immeuble qui me faisait plus d’ombre que lui n’en était capable, me conduisant à un pouffement dédaigneux et une levée des yeux aux ciels. Bon, je devais bien avouer qu’avant ça j’avais aussi regardée dans la direction où lui regardait mais c’était par pur réflexe et sans cela j’aurai critiqué sans savoir ! Oui, ça n’empêchait pas de le faire généralement mais shut, je retombais sur mes pattes là.

Mallgreen recommença à me regardé rapidement, croisant les bras pour reprendre son sourire à la con ; chose qui me fit souffler. Je pouvais garder mon fric ? J’en avais pas l’intention car je comptais le dépenser mais il ne faisait pas parti des cadeaux du jour. Il n’allait pas essayer de me le prendre ? Qu’il essaie, juste pour voir. Quand à m’inquiéter, c’était l’une des choses que rapportait l’argent : de l’inquiétude. L’inquiétude d’en manquer, l’inquiétude de savoir comment on allait faire puisque l’on en manquait, l’inquiétude de trouver le moyen d’en gagner, l’inquiétude… Je devais avouer que sur ce coup-là, je m’étais bien tendue. D’autant qu’une inquiétude, j’en avais une autre actuellement. Marshal.

Je m’apprêtais à détourner le regard quand Mallgreen inspira nasalement, me faisant raccrocher à lui alors qu’il se détendait un peu.

- J'm'appelle Charlie.

Levant les sourcils à nouveau, je ne tardais pas à les plisser tout comme mes paupières, le fixant avec des petits yeux. S’il était bien une chose que je n’arrivais pas à comprendre c’était son but. Pas l’argent, ok, alors quoi ? Moi ? Ça n’était déjà passé par la tête mais merde quoi, je voulais pas qu’on s’intéresse à moi. Me redressant et décrispant mon visage, je repris la parole avec un peu de nonchalance.

- J’suis douée à chercher Chârlie. Et je crois que si tu continues ton mânège, tu vâs m’trouver.

Le pire, c’était que c’était vrai ; et pour les deux. D’une, ça avait été un bon entrainement pour devenir une personne aussi observatrice que je m’estimais l’être que d’en chier à chercher une gueule de con sur une page de format moyen. De deux, il était hors de question de baisser mes défenses tant que je ne saurais pas ce que je voulais savoir et que je m’aurais pas éliminée la possibilité du mensonge dans la réponse de Mallgreen. Enfin, je n’aurais probablement pas eu le temps de tout faire avant l’arrivée de Marshal et si elle n’arrivait pas j’aurais bien mieux à faire que cela.

Détournant la tête de l’autre tête, bien décidée à être plus tête de mule que lui, je regardais une nouvelle fois le Dodge et la rue qui en descendait vers la 33e west, parcourant la foule des yeux. Toujours pas de marshal en vue. Pinçant les lèvres, j’en revins à Mallgreen en me disant qu’il faudrait envisager de retourner au Manhattan Mall au cas où ; ce qui était potentiellement con si on ne se voyait pas en se croisant mais au bout d’un moment elle aurait du arriver.

- Me suis âssise sur « ton » banc, c’est çâ ?

Il ne voulait pas me dire ce qu’il me voulait, le Mallgreen ? Soit, j’allais le découvrir par moi-même. Ou non, j’allais tout simplement m’en foutre en fait, juste je m’en tirerais sans dommage. C’était pas ce genre de conversation qui m’empêcherait de dormir la nuit, je ne savais même pas si l’un de mes actes pouvait me troubler la conscience.

- C’est çâ chu veux ? Que j’me câsse ?

Bon, alors l’accent n’aidant toujours pas j’étais absolument par certaine qu’il y verrait la mise des points sur les « i » légèrement hautaine que c’était, malgré le retroussement du nez et le regard qui l’accompagnait. En tout cas, je continuais de le fixer en attendant sa réponse même si elle ne m’importait pas vraiment, mon plan de repli pour partir à la recherche de Marshal déjà enclenché depuis la première réplique.

- Ben tu sais quoi ?

Je m’avançais en avant pour avoir tout son attention, arquant le cou pour continuer à lui faire face dans les yeux.

- J’vais te le laisser. Ton banc. Y’en a plein d’autres.

Me relevant, toujours la main droite dans la poche, je commençais à me détourner de lui sans le quitter du regard, lui assénant la dernière preuve de ma victoire avec une moue dégoutée.

- Âller, à lâ revoyure, « Charlie ».

J’entrepris de faire un pas tout en me détournant complètement de cette histoire quand la chance se rappela à mon bon souvenir d’une façon que j’aurais probablement du venir voir à des kilomètres tellement il n’était pas possible de la manquer. Hors si je ne l’avais pas vue venir celle que je vis vachement venir c’était Marshal, sur le même territoire et m’ayant parfaitement grillée. Et plus furax que je ne l’avais jamais vue. Ouais mais non, il y avait déjà suffisamment de rouge sur sa tête pour qu’elle en rajoute sur ces joues et-et-et…

Et elle avait beau ne pas être tellement plus grande que moi elle pesait plus lourd et elle avait la force de la vitesse ainsi que la technique secrète de Maman, pas si secrète au passage puisque la traitresse lui avait donnée, pour me remettre en place ainsi donc me remit-elle en place fissa. Mais genre fissa-fissa. Les yeux marrons m’incendiaient littéralement et le doigt accusateur, s’il n’heurta pas, se posa sur mon nez avec une énergie rendant d’autant plus désagréable ce geste honni. J’avais horreur, mais genre horreur de chez horreur, qu’on me fasse ça ; ce qui signifiait que ma mère en avait fait une arme de punition bien pire qu’un simple renvoi dans la chambre. Et ce jour-là fut pire encore que l’habitude parce que derrière moi il y avait le banc de Charlie et que donc, se produisit ce qu’il devait se produire.

- Lucy Prissy, avait-elle commencé en sifflant bien mon nom, me faisant reculer reculais face à l’Agression Nasale Indexée (ou NIA pour Nasal Indexed Aggression) et par conséquent entrer en contact d’un arrière de genou sur le rebord du banc, me faisant me péter la gueule en un « NIA ! »  relativement sonore et parfaitement approprié.

Etalée sur, je l’espérais, uniquement deux des trois places du banc et non sur Mallgreen également, je ne chus pas plus bas tant grâce à la largeur du banc qu’à ma main gauche qui s’était par réflexe accrochée à son dossier. Mais cela ne m’empêcha pas d’avoir le droit à toute la compassion de ma protectrice alors qu’elle croisait les bras avec une indifférence complète à mes déchéances tant physique que dans mon estime personnelle, vis-à-vis de l’autre adolescent.

- Que tu zones dans China Town c’est une chose. Que tu t’enfuis du Manhattan Mall alors que tu es sous ma surveillance c’en est une autre.

Ouais, c’était noté ça : j’avais le point sensible de Marshal même s’il s’accompagnait du fait qu’elle ne déconnait vraiment pas sur ce coup-là. Elle pouvait me faire une clé de bras en rigolant que je n’étais pas assez habile pour avoir son portefeuille mais là, elle ne déconnait vraiment pas. Ça ne m’empêcherait pas de chercher une vengeance plus tard mais je pensais que je retiendrais la leçon pour le coup, au moins jusqu’à l’interro. Retirant ma main droite de ma poche, j’entrepris de me gratter ce nez qu’elle m’avait attaqué si violemment.

- Tu as gagné : on rentre, conclut-elle en m’attrapant par ledit bras pour me remettre sur pieds.

Je la regardais les poings serrés en bouillonnant de colère, le temps de l’inquiétude comme celui de la surprise passé, et entrepris de me dépoussiérer, derrière inclus. J’en avais plein le dos et mon mécontentement alla encore plus croissant lorsque je me rendis compte que ce n’était pas qu’au sens figuré : non seulement l’humiliation publique passait très mal, puisqu’il y avait quand même plusieurs personnes pour s’être arrêtées et avoir regardé, mais en plus je m’étais étalée sur bouffe et boisson que Mallgreen avait lassées trainer sur le non man’s land !

Après avoir senti ce que je supposais être du coca-ketchup, je me contins tout en fixant avec une impassibilité froide Marshal. Puis, d’un pas sur le côté, je lui désignais du pouce l’autre adolescent.

- Marshal, Charlie. Tu lui dois un McDo.

- Oh, reprit-elle, levant les sourcils de surprise alors que je me détournais pour me saisir d’une des serviettes en papier dépassant du sac de Mallgreen pour m’essuyer le dos au mieux, sans rien demander. Hum, excuses-moi pour ça, Charlie. Je te payerai le même menu, en dédommagement.

Ça faisait tellement chier, en plus le coca ça péguait à mort et le ketchup ça tâchait presqu’autant que le sang… sans compter que je n’y voyais rien pour la tâche parce qu’elle avait la bonne idée d’être dans le dos. Hors de question de la laisser sur ma veste, je l’aurais un jour et ce serait aujourd’hui, même si je devais passer la journée dessus !

- Mary Shalimar « Marshal » McClaine, sa cousine, se présenta-t-elle, essayant de justifier par des mensonges rodés ce surnom, que la moitié de gens ne comprenaient pas de toute façon, ainsi que notre relation. J’espère ne pas avoir interrompue une discussion importante.

Un regard pour chaque alors que la foule commençait à s’en retourner à ses occupations et que je m’entêtais à en faire autant, défaisant ma veste pour l’enlever et voir si je n’étais pas entrain d’étaler les cochonneries partout. Le sweet-shirt à capuche ne serait pas suffisant à me protéger longtemps du froid, surtout considérant que cette dernière ne me couvrait plus la tête, mais pour l’instant je me devais de nettoyer au mieux ma veste en vrai faux cuir.

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Charlie Reyes
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Mar 5 Mai - 1:01

Elle le regarda quelques secondes en plissant les yeux, visiblement indécise sur le comportement à adopter. Il n'avait jamais compris cette manie de quasiment fermer les paupières en inspectant quelqu'un. C'était sensé montrer quoi? Ca la rendait plus menaçante, quelque chose comme ça? Ou ça lui permettait de mieux se concentrer sur des détails visuels? Ce n'était pas comme si il y avait grand chose à voir, sauf si elle tentait de deviner l'emplacement de son portefeuille; auquel cas elle pourrait toujours s'y essayer, il l'avait à l'oeil. Il n'allait pas se laisser avoir si bêtement! Finalement elle ouvrit tout de même les yeux, détendant son visage par la même occasion, pour répondre calmement.

Et confirmer en même temps l'idée de la menace. Et de façon pas très fine, par ailleurs. Si c'était juste pour annoncer “Me parle plus sinon j'te casse la gueule”, autant le faire directement. Ca aurait été tout aussi crédible. Encore qu'en fait il n'en savait, si ça trouvait cette fille était vraiment capable de lui faire mordre la poussière. Enfin, il avait toujours un joker, mais l'idée de se transformer en flaque de gelée royale en plein milieu de la foule le tentait moyennement. Et de toute façon il n'avait pas besoin de s'en inquiéter, il était presque évident qu'elle bluffait au moins autant que lui, probablement plus.

Quant à la blague sur son nom...

-Tiens on me l'avait jamais faite, celle là. Fais-la déposer, on sait jamais.

Non mais franchement. Certains prénoms étaient maudits par la culture populaire. Des prénoms qui étaient forcément reliés à un personnage, et même souvent à une réplique, que le pauvre porteur était certain d'entendre lorsqu'il se présentait. Et encore, lui était relativement épargné. A un niveau au-dessus des Charlie, il y avait les Harry, les Homer et autres For(r)est, et pire que tout, les Luke. En tout cas sa remarque à lui ne sembla pas amuser l'adolescente, qui détourna une fois de plus le regard en direction de la rue, avant de pincer les lèvres.

“Son” banc? Charlie arqua à nouveau les sourcils. Il avait apparement réussi à l'énerver. Bon, réussi n'était pas le mot, puisque ce n'était pas vraiment le but. Mais du coup, elle n'avait plus l'air trop encline à la discussion. Encore moins qu'avant, pour utiliser les termes corrects. Il ne voyait juste pas vraiment ce qu'il avait dit pour amener cette réaction. D'accord il s'était montré plutôt chiant, mais rien d'éxagéré non plus, il lui semblait.

- C’est çâ chu veux ? Que j’me câsse ?

Là il devait dire non, c'était bien ça? Ouais, mais il ne pouvait pas, sinon elle gagnait. Et il ne pouvait pas dire oui, pour des raisons évidentes. Et puis il voulait qu'elle reste, sans bien sur y tenir tout particulièrement. Son départ ne changerait pas grand chose à la vie du gamin, mais sa présence était préférable. Dans le doute, Charlie haussa nonchalament les épaules en faisant une légère moue, seule réponse qu'elle obtiendrait.

Et du coup, évidement, elle lui annonça son départ, se penchant en avant. Peut-être aurait-il du dire quelque chose alors, mais il n'avait rien trouvé. Echec dans le petit jeu donc, il avait perdu mais elle n'avait pas gagné. Frustrant à tout point de vue. Mais encore une fois, il ne pouvait rien montrer, la dernière balle se jouait toujours. Il leva mollement la main, regardant déjà ailleurs tandis qu'elle le saluait avec tellement de sarcasme palpable dans la voix qu'elle aurait sans doute pu décoller des papiers peints.

Ainsi il vit encore plus tard que l'adolescente la nouvelle arrivante. Une rousse plutôt jolie qui les surpassait tous les deux d'au moins dix ans et d'autant de centimètres, qui vola droit sur la plus jeune pour lui... Lui toucher le bout du nez? Eh bien. Plus jeune qui sous la surprise fit un pas en arrière, et finit par basculer sur le banc. Par réflexe, et oubliant momentanément le rôle qu'il s'était attribué, Charlie ammorça  un mouvement pour la rattrapper dans sa chute. Mais bien sur, il ne fut pas assez rapide, et elle posa son postérieur... En plein sur le menu big mac du garçon, récoltant une bonne partie du coca sur sa veste, tandis que le reste forma une petite flaque sur le banc, et une autre sur le sol. Immédiatement, le jeune homme se redressa, souhaitant éviter à son nouveau pantalon ce bizutage fort désagréable. Debout à côté du banc, il croisa les bras, contemplant quelques secondes le désastre qui avait eu lieu sur le banc. Par la suite son regard fluctua entre les deux filles qui se trouvaient face à lui.

Lucy Prissy, donc. Intéressant. Bon, avoir son nom n'était pas une finalité en soi, et vu la façon dont il l'avait obtenu l'intérêt se perdait grandement. Le but était surtout que ce soit elle qui le lui donne. Enfin pour la peine, il avait la complète, et ça, ça voulait dire qu'il pouvait la retrouver sur les réseaux sociaux. Eh, aucune arrière-pensée hein! Et peu probable qu'il la contacte. Il était simplement curieux. Et d'ailleurs s'ils avaient des amis en commun, cela lui permettrait peut-être de découvrir comment ils se connaissaient.

Ah, donc elle s'était échappée du Manhattan Mall. Peut-être l'avait-il croisé là-bas tout compte fait. Mais il se l'était mis en tête, son visage lui était trop famillier pour qu'ils se soient juste croisés une fois. En tout cas la surveillante bernée était furieuse. Charlie ne put s'empêcher de se demander comment elle aurait réagi si elle savait comment sa petite protégée passait son temps lorsqu'elle fuyait.

Se relevant, Lucy regarda sa protectrice en silence quelques secondes. Elle avait l'air hors d'elle, et le jeune mutant la comprenait parfaitement. Finalement tous les adolescents étaient les mêmes, sur certains points.

- Marshal, Charlie. Tu lui dois un McDo.

Wow wow wow, il n'avait pas signé pour être melé à ça! Si elle voulait tenir tête à sa baby-sitter, elle se débrouillait toute seule, c'était un peu facile de l'embrigader, alors qu'elle l'abandonnait d'un air méprisant quinze secondes plus tôt. Quoique, pensa-t-il en regagnant son sourire, si elle voulait l'impliquer pourquoi ne s'impliquerait-il pas? La dernière balle était toujours en jeu, et on venait de mettre à sa disposition une arme puissante: la technique Stifler. A savoir être capable, peu importe à quel point on était exécrable avec ses connaissances, de se faire adorer par leurs parents. Ou qui que soit cette Marshall pour sa jeune adversaire.

-Oh non vraiment, ne vous inquiétez pas. J'avais fini de toute façon,
dit-il d'un air innocent, avant de tourner la tête vers l'adolescente qui galérait à essuyer son dos pour ajouter, c'est juste dommage qu'il ait sali son blouson.

C'était une manie chez eux, de lui proposer de l'argent? Bon, cette proposition-ci était plus plausible que l'autre. Mais même sans tenir compte du fait que les frites étaient sans doute froides, ce qui ne lui laissait que son coca à regretter, il n'aurait pas accepté cette somme. Ou au moins il aurait refusé poliment, quitte à espérer qu'elle insiste.

Sa cousine, donc. Une grande différence d'âge, mais tout à fait plausible. Le plus agé des cousins du gamin, dans la branche mexicaine de sa famille, avait trente-deux ou trente-trois ans; peut-être même un peu plus, il n'était plus certain. Il fallait dire que son père était le cadet d'une fratrie de quatre, et avait eu trente ans bien sonnés à la naissance de Charlie.

-Charles Samuel Stone, enchanté de vous connaitre Madame McClaine, répondit-il avec un large sourire chaleureux et une voix enjouée. Sonnant tout aussi faux que ses expressions faciales antérieures, voire plus encore, mais là n'était pas la question.

Pour ce qui était de son mensonge, il n'allait tout de même pas leur donner son vrai nom. Il n'avait aucune raison de se méfier d'elles, ou en tout cas de Mary, mais il n'avait aucune raison non plus d'énoncer son identité complète à de parfaits inconnus. Et puis quoi, son dossier médical et le numéro de carte visa de son père? De toute façon il n'avait pas réellement menti, puisqu'il avait utilisé le nom de famille de sa mère. Il savait juste que sous ce nom on ne pourrait pas remonter jusqu'à lui.

-Vous ne nous interrompez pas, n'ayez pas d'inquiétude. Je suis ravi de rencontrer une proche de Lucy
, ajouta-t-il d'un ton mielleux, fier de pouvoir appliquer à la perfection sa technique. Je crains qu'elle ne m'ait pas beaucoup parlé de vous.

Fier l'espace d'une seconde seulement, puisqu'il regretta immédiatement sa tirade. La différence notoire entre Charlie et le personnage de Steven Stifler était que le premier avait une conscience. Et il lui avait suffi d'un regard à la Lucy en question, qui venait d'enlever sa veste pour la frotter avec ce qu'il restait de sa serviette, pour savoir qu'il était allé trop loin. Il n'en avait pas tant dit que ça bien sur, mais il savait que dans l'état d'énervement dans lequel se trouvait la jeune fille il pouvait suffir de très peu pour la faire craquer. Il souhaitait garder l'ascendant sur elle par fierté, pas la torturer. Et d'ailleurs à présent il ne voulait même plus gagner, il se sentait juste désolé pour elle.

Lançant un regard au sac McDo pour découvrir que la troisième serviette n'avait pas survécu au raz-de-marée sucré, il fouilla la poche de sa doudoune pour en sortir un paquet de mouchoirs, avant de le tendre à la jeune fille avec un air concerné, reprenant une expression et un timbre de voix beaucoup plus naturels.

-Tiens. Tamponne, ne frotte pas!

Une réplique qu'il avait entendue dans une série qui n'avait rien à voir avec American Pie. Bien sur, ça concernait la soie, ou le cachemire, c'était à vérifier. En tout cas pas le cuir, puisqu'on aurait presque pu passer le matériau au karcher sans craindre de dégrader son état. Mais ça sonnait bien, et c'était le principal.
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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Jeu 7 Mai - 12:20

Marshal me trollait, Mallgreen me trollait, la tâche me trollait ; pour le coup c’était moi qui avait bien l’impression d’en être une, de tâche. Vie de merde. Il fallait que j’arrête avec ce pléonasme moi. De toute façon j’avais à continuer sur la tâche (de soda) pendant que la discussion continuait à côté. Etant une fille, je pouvais suivre la conversation en même temps que je m’occupais d’autre chose, et étant moi, je faisais les deux à peu près bien.

Le Mallgreen avait fini « de toute façon » ? Le rat, il avait voulu me refiler ces déchets tièdes ! C’était toujours mieux que les jeter mais merde quoi… quand à mon blouson, ouais hein ? C’était dommage qu’il ait Sali mon blouson… d’un grand dommage. C’était dommageable aussi pour le coupable qui laissait trainer partout ses déchets alimentaires.

Il ne voulait pas d’un autre McDo, moi j’aurai pas dit non. Bon, moi c’était surement Marshal qui me dirait non mais c’était un détail, si l’autre avait accepté j’aurais sans doute eu moyen de gratter mais là c’était aussi mal barré que mes tentative pour sauver ma veste des fluides de Mallgreen. Je commençais à comprendre pourquoi les adultes n’avaient jamais apprécié les dessins à la gouache sur leurs fringues que je pouvais faire étant petite. Mais aucun problème, maintenant j’avais les murs même si je n’avais toujours aucun talent pour le dessin ; peut-être pourrai-je prétendre à de l’art conceptuel du coup. Mais c’était hors sujet : tâche-tâche-tâches… tâche d’enlever la tâche pendant que les tâches parlaient.

- Charles Samuel Stone, enchanté de vous connaitre Madame McClaine.

Et paf, un Madame dans les dents, un ! Elle en tenait encore du « mademoiselle » Marshal même si « Madame la marshal » ça sonnait mieux que « mademoiselle la marshal » (qui sonnait moins bien que Marshal tout court mais ça c’était un autre truc) mais je compatissais à ce qu’elle ne se soit jamais trouvé de mec ; plus que son métier, c’était la seconde personne la plus insupportable que je connaissais. Nan, en fait la troisième, j’avais la première place. Quand à « Stone », même moi je n’aurais pas fait de blague dessus ; pas qu’il n’en avait pas la tête, du mec stoned, mais on lui avait surement déjà faite donc je n’aurai rien à déposer sur ce coup-là hors je tenais à ce qu’on sache que les choses étaient bien à moi. Mon nom dessus c’était le minimum, toutes les étiquettes de toutes mes fringues y étaient passées !

Oh que non Marshal ne nous avait pas interrompu : j’en avais fini avec le « nous ». En revanche elle m’avait interrompu dans ma gentille recherche envers sa personne, m’explosant certes justement pour ce que j’avais fait mais m’empêchant injustement de me faire pardonner en m’en allant à sa recherche. Conclusion tout était de la faute de Marshal, il n’y avait pas à débattre de cela.

- Je crains qu'elle ne m'ait pas beaucoup parlé de vous.

- Il n’y a pas de mal, Lucy est tellement ouverte avec les étrangers, répliqua Marshal avec un sourire.

Là le Mallgreen il venait de se griller mais genre tout le quartier avait perdu l’électricité. Si on avait été dans un cartoon il aura continué de clignoter jusqu’à la fin de l’épisode. Surtout que Marshal n’était pas dupe, elle était permissive ; j’adorais cette nuance, c’était une très bonne réplique pour quand moi-même je me faisais avoir. C’était vrai que je n’étais pas tellement ouverte avec les inconnus, c’était plutôt leurs portefeuilles que je cherchais à m’ouvrir, mais mes parents n’avaient bien appris à me méfier des gens, avec circonstances aggravantes s’ils étaient noirs ou mutants. Mais les premiers ça allait maintenant, pas comme si on en était à ce que des flics leurs tirs dessus. En revanche les seconds…

Mon regard revint vers Mallgreen lorsqu’il me tendit un paquet de mouchoirs, que je regardais un instant avant de fixer à nouveau son propriétaire lorsqu’il parla. J’aurai bien dit que je m’en tamponnais mais ce n’était pas le cas, du fait je fis un nouvel aller-retour visuel entre l’objet et l’autre alors même que je m’étais immobilisée.

Il me fallut plus d’une dizaine de secondes, plusieurs autres allers-retours et une interrogation du regard à Marshal, avant de savoir réellement que faire. Je tendis la main à mon tour pour prendre le paquet entre l’annulaire et l’auriculaire tout en laissant la serviette contenant la majeure partie du ketchup et une bonne imbibation de soda à la place, avant de simplement remercier le généreux donateur.

- Excuses âcceptées, ai-je dit négligemment, même si j’avais du mal à cacher le petit sourire content une fois le geste terminé.

J’avais gagné, tout c’était tout comme, mais surtout je n’avais pas l’habitude qu’on me donne quelque chose et tout tribut de soumission que ce soit (même si c’en était pas un à la base, on allait se tenir à ma version officielle des faits) ça n’en faisait pas moins plaisir. Après, il fallait garder les choses à leurs mesures : il m’avait tendu un paquet de mouchoir pour que j’en prenne un et j’avais pris le paquet, ce n’était pas extraordinaire non plus comme cadeau. De quoi faire soupirer Marshal en tout cas.

- Lucky…

M’interrompant dans mon examen olfactif, je détournais les yeux de ma nouvelle acquisition qui se trouvait à quelques centimètres de mon nez pour fixer celle qui m’interpelait.

- Âh, tu sais comment çâ mârche : ce qui est à moi est à moi, ce qui est aux autres est négociable.

Et j’estimais, à défaut de l’avoir négocier, fort bien mériter mon paquet de mouchoir. Ceci étant dit, je repartis à sentir le paquet de mouchoirs et une fois le test terminé, après tout c’était un paquet de mouchoirs sorti de la poche d’une doudoune d’adolescent en plein mois de décembre, je le mis dans ma propre poche. Récupérant l’une des feuilles absorbantes, je poussais le reste au fond de ma poche et la zippais avant de m’en retourner à mon nettoyage qui passa cette fois par du tamponnage.

Bras croisés, Marshal me regardait de pas si haut que ça, avant de reprendre.

- Tu devrais attendre qu’on rentre à la maison, tu as déjà limités les dégâts ici.

- C’est pâs lâ première fois que je me pourris, je sais très bien que j’en ârriverais pas à bout à moins d’une éponge humidifiée et frottée dans une pierre d’ârgile ou d’un gant de toiledde imprégné d’eau et de savon mais à cœur vâillant, rien d’impossible.

On ne parlait que partiellement de la même chose, je le savais, mais j’amenais sur le terrain où je voulais aller.

- Et puis, autant Charlie en âvait fini âvec sâ bouffe, autant sâ boisson il en reste bien lâ moitié sur mâ veste donc je suis témoin qu’elle n’était pâs finie. Tu sais juste pâs t’y prendre Marshal. Même quand il cherche à t’plaire !

Et paf, un partout la balle au prisonnier c’était moi qui l’avait. Me tournant vers Mallgreen en ignorant complètement Marshal qui était de façon tellement au-dessus de ça que ça devait lui passer au-dessus de la tête, j’arrêtais de tamponner ma veste pour la passer sur mon épaule.

- Çâ te dirais de venir boire un coup avec nous ?

Et oui, il était fin mon plan ! Non seulement Marshal allait rembourser ce qu’elle avait gâché à Mallgreen, mais en plus elle allait se faire pardonner envers moi d’avoir gâché sur ma veste et j’allais faire à mon tour un cadeau à Mallgreen sans avoir à débourser un centime. Tout le monde y gagnait et surtout je n’y perdais pas. J’aurai peut-être même la chance de trouver du savon et de chouraver une éponge quelque part afin de poursuivre plus avant le nettoyage de ma veste.

- En fait, je n’sais pâs pourquoi j’te laisse le choix : t’es excusé, pâs pârdonné. Donc tu viens et c’est tout. D’âc ?

Marshal me connaissait et la situation l’amusait plus qu’autre chose, elle savait donc qu’à défaut d’avoir une idée précise j’en avais une floue derrière la tête. Elle ne refuserait pas d’autant que ce n’était pas tous les jours que je me montrais si « ouverte » envers un étranger. Si cela la rassurait, je n’avais toujours pas la moindre confiance envers Mallgreen.

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Charlie Reyes
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Sam 9 Mai - 21:54

Cramé. Mais d'une de ces forces, c'en était presque beau. Heureusement qu'il avait concédé le match nul, sinon c'était directement manche à l'équipe d'en face, pour le coup. Pourtant, il était certain d'avoir géré son coup à la perfection. Etait-ce sa technique qui laissait à désirer ou la défense adverse qui était irréprochable? Dans le doute, il opta pour la seconde option, moins néfaste pour son ego. Dans tous les cas c'était loupé, et Lucy ne tarderait surement pas à exploiter la faille pour se fouttre de sa gueule, alors que Mary le faisait déjà.

Lucy qui, pour l'heure, balançait son regard entre son visage et sa main tendue, hésitant visiblement sur la démarche à suivre. Il avait réussi à la déstabiliser aussi, c'était déjà ça. Bon, ce n'était absolument pas le but de la manoeuvre, mais c'était déjà ça. Mais du coup elle resta immobile de longues secondes, au point que Charlie était sur le point de renvoyer le paquet dans la poche dont il venait en haussant les épaules lorsque finalement elle tendit la main à son tour pour prendre l'objet entre deux doigts. Pour le coup, elle le faisait penser à un petit rongeur, un écureuil tiens, à qui on tendait de la nourriture, et qui pesait le pour et le contre de loin, avant de finalement tendre une patte craintive et s'éloigner aussitôt.

A la différence près qu'elle ne s'enfuit pas, au contraire elle avait l'air plutôt satisfaite, même si elle tâchait tant bien que mal de garder son air suffisant. Et elle lui laissa même un cadeau en retour. Sous la surprise, il laissa tomber la serviette sale, mais pas à temps pour ne pas sentir un peu de la substance rouge collante lui tacher la main. Trois fois rien, mais toujours trop. C'était absolument dégueulasse ça. Et elle continua comme si de rien n'était. Excuses acceptées? Si elle se croyait tout permis la Lucy elle avait vite déchanter, il avait baissé sa garde quelques instants par pitié mais pouvait tout à fait relancer la balle. Elle essayait visiblement de l'énerver, ça n'arriverait pas. Quoique, peut-être un peu. Mais il n'alait pas se laisser faire, la contre-attaque serait fulgurante. Et si sa première tentative d'utilisation de la cousine à son avantage avait foiré, ça ne signifiait pas pour autant qu'il avait joué toutes les cartes qu'il avait en main. Bon, ce n'était qu'une image, et ce n'était pas comme s'il avait un plan précis pour la suite. Et il y avait des priorités.

D'un geste qui se voulait précis et rapide, il tendit la main vers le paquet, pour en prendre un unique mouchoir. Cela lui prit tout de même plusieurs secondes, le temps que ses doigts parviennent à séparer les différentes couches de papier, mais il finit par en extirper un et put s'essuyer la main. Bien sur, il aurait pu avoir l'air beaucoup moins maladroit, et de fait sans doute plus digne, en utilisant la serviette qu'il avait utilisée un peu plus tôt, et qui n'éait pas encore trop poisseuse, mais c'était une question de principe. Il lui avait offert le paquet, sachant bien qu'un unique mouchoir ne serait pas suffisant, mais la Lucy se fouttait ouvertement de lui et il ne pouvait pas laisser passer ça.

La Lucy donc, qui après avoir accepté l'offrande, s'était mis à le renifler. Charlie ne comprit pas vraiment ce qu'elle tentait de faire, d'autant que les mouchoirs n'étaient pas parfumés. Même si ce n'était pas une mimique de rongeur, cela renforça l'idée du petit animal craintif à apprivoiser... Mais oui, c'était ça! L'adolescent laissa passer un gloussement en réalisant, c'était bien ça qu'il faisait, l'apprivoiser, plus que de seulement tenter de garder l'ascendant. Et pour le coup, ça avait l'air de plutôt bien fonctionner, malgré le "cadeau" en retour et le petit sourire victorieux de la jeune fille, durant son inspection peu commune de l'objet. Elle jouait les farouches, mais Charlie commençait à voir clair dans son jeu.

Inspection, d'ailleurs, qui fit réagir la Mary, également, mais Lucy ne se laissa pas démonter. Le gamin ne pût s'empêcher la réflexion qu'elle avait une conception assez intéressante de la négociation. Mais du coup, la cousine était au courant de ses rapines? Elle n'avait pas l'air de se s'en soucier énormément, en tout cas, puisqu'elle continuait simplement la discussion tandis que la plus jeune s'en retournait à son nettoyage – en écoutant ses conseils, c'était tout de même à noter!

Tu sais juste pâs t’y prendre Marshal. Même quand il cherche à t’plaire !

Cramé, encore. Deux fois en l'espace d'une minute, c'était fort. Ce n'était pas tout à fait fair-play de la part de la Lucy, mais il fallait bien admettre que c'était de bonne guerre. Chacun usait des moyens qu'il avait à sa disposition, après tout. Mais pour la peine c'était échec complet sur ce point-là. Il fallait se rendre à l'évidence, la technique était à revoir. La vérité, c'était qu'il n'avait jamais eu l'occasion de l'utiliser, c'était de théorie pure. Force était de constater que son efficacité dans les films ne garantissait rien.

L'autre adolescente se tourna vers lui, s'interrompant dans son activité. Et pour le coup, elle parvint à le désarçonner complètement. Quelques instants plus tôt, elle se barrait en l'insultant, puis elle lui balançait des mouchoirs sales, et là elle l'invitait à boire un verre? Et puis c'était quoi qu'elle lui propasait, un rencard? Il aurait pu y croire si elle n'avait pas impliqué sa baby-sitter dans l'histoire, mais là ça serait intéressant à expliquer. Soit il avait été ultra-compétent dans ses tentatives (involontaires) de l'amadouer, soit... Aucune idée, peut-être avait-elle quelque chose de précis en tête, mais le jeune mutant n'avait pas la moindre idée de ce dont il pouvait s'agir.

Et elle en rajoutait une couche, avec un air faussement autoritaire. C'était clair, elle voulait quelque chose. Que ce soit le draguer -ce à quoi il serait loin d'être opposé, mais il n'avait pas la moindre idée du comportement à adopter; ça n'avait jamais été dans ce sens-là pour lui- ou lui extorquer quelque chose -ce à quoi il était un peu plus opposé. Restait à découvrir laquelle des options était la bonne. Et pour ça, il fallait bien accepter son offre. Ce n'était pas comme s'il avait grand chose d'autre à faire, de toute façon.

Sortant son téléphone de sa poche pour vérifier l'heure, tout en s'efforçant de garder une expression négligeante malgré le bouillonement qui se faisait dans son esprit, il décida qu'il avait clairement le temps pour un verre. Il avait complètement oublié le cadeau de sa mère, mais il aurait tout le loisir de s'en souvenir plus tard et de paniquer avant d'acheter une babiole de l'aéroport.

-D'ac. Du moment qu'on s'éloigne pas trop, je dois être au Port Authority dans pas longtemps.

Le Port Authority Bus Terminal, où sa valise l'attendait, ainsi que la navette qui l'emmènrait à JFK. Il s'agissait surtout de ne pas s'oublier, quel que soit l'intéret qu'il portait à la discussion, et de rater son avion. Il n'était pas pressé, clairement, mais on ne savait jamais. Et puis, c'était toujours mieux d'avoir l'air occupé, non? Il n'en était pas à checker ses disponibilités dans son agenda, mais c'était un début.

-Enfin, si ça ne vous dérange pas, ajouta-t-il en se tournant vers Marshal, après s'être baissé pour ramasser du bout des doigts la serviette au sol, par l'un de ses coins propres, pour la jeter dans le sac en papier. Ce n'était pas parce que ses essais avaient été tristement piétinés qu'il fallait se comporter n'importe comment. D'autant que l'invitation se faisait à son compte, selon toute logique.
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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Lun 11 Mai - 15:48

Que Mallgreen ait laissée tomber sa serviette par terre, je m’en foutais. Qu’il se rebiffe parce que je venais de transformer son geste de bonne volonté en un de soumission, ça me concernait déjà un peu plus mais bien moins que la tâche sur ma veste. Qu’il me pique un de MES mouchoirs, en revanche voici qui m’alertait au plus au point : donner c’était donner, reprendre c’était voler ! Mais bon, ce n’était qu’un mouchoir, je gardais le reste, et puis appliquant cette même politique aux autres qu’à moi il pouvait bien me voler un mouchoir, ça n’avait pas grande importance. Non que je me laissât faire, il m’avait eu par surprise, mais je me figeais à nouveau et il eut donc tout le loisir de se servir alors que je le fixais. Je ne perdis ma tension qu’une fois qu’il en fut à son essuyage et pus donc retourner au mien moyennant les étapes d’analyse préliminaire de ma nouvelle acquisition. Ce qui le fit se foutre de moi d’ailleurs, le Mallgreen, et me fit donc le fixer une fois encore, avec réprobation cette fois : je faisais ce que je voulais et ça incluais l’emmerder. Ça n’effaçait en rien ma volonté de lui faire boire un coup mais j’étais amplement capable de tout faire en même temps ; mal certes, mais quand même.

La tête de Mallgreen face à ma proposition me fit pencher la tête sur le côté ; c’était quoi le problème ? Nan sérieusement, il n’y avait pas de piège. Pas encore plus exactement mais j’allais bien finir par trouver. Enfin pour l’heure, la demande était aussi sincère que je le pouvais. C’était dire. Et puis zut, s’il savait pas quoi penser pour se décider, je ne lui donnais pas le choix. Oui, parfaitement : j’étais capable de ne pas lui donner le choix en en terminant sur le fait qu’il était d’accord ou non. Ce n’était pas contradictoire, c’était Moi. S’il voulait pas venir, je le forcerai mais je ne le trainerai pas non plus par la peau du cul, fallait pas pousser Lucky dans les orties.

Le vent qu’il me mit ! Si j’en avais eue la capuche, je l’aurai perdue. Si j’avais été coiffée, j’aurai été décoiffée ! Heureusement je n’avais ni l’un ni l’autre mais je levais tout de même les sourcils lorsqu’il sorti négligemment son téléphone. Merde, c’était ça : il m’avait bousculée tellement il était absorbé par le bidule, à l’entrée du Manhattan Mall. Et là il se refoutait de moi avec/grâce à son engin… J’aurai pu gueuler un moment pour la forme mais je n’en avais ni l’envie ni le temps, d’une parce que c’était lui accorder plus d’importance qu’il n’en avait, de deux parce que… ben il m’accorda très rapidement l’importance que j’avais. Oui, la personne la plus importante pour moi c’était moi, charité bien ordonnée commençait par soi-même et j’étais très charitable, toujours prête à prendre aux riches et au moins riche pour donner aux pauvres, donc principalement à mes parents.

- D'ac. Du moment qu'on s'éloigne pas trop, je dois être au Port Authority dans pas longtemps.

Port Authority… je savais pas où c’était mais il y avait « authority » dedans donc ça risquait de mal se mettre. Mais Mallgreen avait dit le mot magique donc il avait qu’à se débrouiller comme un grand pour tout concilier. Je ne me sentais pas concernée.

- Enfin, si ça ne vous dérange pas.

- Non, pas du tout, répondit tranquillement Marshal. C’est sur la 8e de mémoire. Je connais un café près de la 7e, ça t’en rapprochera sans trop nous éloigner nous non-plus.

- Ouais, puis le Mall est aussi près de lâ 7e, non ? commençais-je à mon tour en fixant également Marshal, avant de me taire face à son regard.

On se fixa quelques secondes, elle me reprochant de m’en être enfuit et moi ne cédant pas quand à mes raisons de l’avoir fait ; elle ne pouvait pas comprendre avec sa bonne famille de bons chrétiens. Mais il était hors de question que je reparte sans cadeau pour mes parents à présent que j’avais trouvé l’argent.

- On en discutera plus tard.

J’hochais la tête puis perdis ma résolution comme si elle n’avait jamais été là, me retournant vers Mallgreen avec la franchise de celle qui avait bien décidée et menait la marche, hochant à nouveau la tête alors que je parlais.

- On y go.

Remettant ma veste sale non sans avoir laissé le mouchoir usité, donc sale, dans la poubelle de Mallgreen (attention, je parle bien là du sac en papier où lui-même avait jeter sa serviette sale et son mouchoir sale, pas de lui-même ; même pour moi il y avait des limites à la vacherie), je laissais tout soin à ce dernier de porter son barda. Le temps qu’il avait pour s’en saisir était à peu près équivalent à celui que je mis pour, d’une lui compliqué la tâche en partageant son sac en papier à détritus et de deux remettre ma veste ; après, je commençais à marcher sans lui. Et j’avais un bon pas !

Ma capuche ne tarda pas à revenir me réchauffer les oreilles, alors que sans me perdre de vue Marshal proposait certainement son aide à Mallgreen, et je pus avancer le long de la façade nord de l’Empire State Building, sur la 34e West. Quasiment que des magasins sur cette section, c’était impressionnant : tant de gens à qui je pourrais surement recycler quelques trucs. L’un d’entre eux (de magasin, pas de gens – il y avait Marshal donc j’étais mal) s’appelait le Golden Mall, ce qui me fit repenser la viabilité du surnom de Mallgreen. En effet, s’il n’y avait plus qu’un seul Mall, surtout coloré, et bien il n’avait plus aucune originalité. Hors l’originalité c’était important. Sauf qu’avant d’être original, un surnom se devait d’aller bien à la personne. Mallstone ? Nan, merdique. Malltâche ? Nan ça c’était moi qui l’avait, la tâche. BousculeMall-detoutefaçonjetesnobe ? Imprononçable. C’était bien Mallgreen. Le hasard faisait toujours bien les choses avec moi : Lucky Powa !

Ouais, inutile de préciser qu’à marcher plusieurs pas devant j’en dirais pas une et j’en pensais beaucoup pour contre balancer. Néanmoins, arrivée sur la 6e Avenue, et regardant au passage le Lids Manhattan Mall qui me faisait dire qu’il n’y avait plus aucun moyen d’être original avec Mall dedans vu qu’ils se copiaient entre eux, je commençais à les attendre parce que si traverser la trois voies ne me pausait aucun problème, le fait que je n’avais pas la moindre idée d’où se trouvait le café de Marshal, ni même comment il s’appelait d’ailleurs, risquait de me poser problème incessamment sous peu. J’avais jusqu’à la 7e pour m’en aller tout droit, cependant. Sauf que c’était avant la 7e avenue et qu’avec la partie piétonne de Broadway on remonta vers la 35e West avant de la suivre… Encore une fois, Lucky Powa : dix mètres plus loin et j’étais bonne pour nous faire faire un détour ; détour qui ne m’aurai pas gêné mais je me serais ridiculisée.

Prenant une place dans le duo, qui du coup devenait un trio parce que j’étais dedans, je pris tout de même soi d’avoir Marshal entre Mallgreen et moi. Certes, je ne menais plus vraiment, mais c’était une sécurité. Une sécurité qui ne tarda pas à virer le cran…

- C’est parce que je suis là que vous ne dites plus rien ?

Et paf, un pour Charlie et un pour moi. Marshal savait très bien que je ne disais pas grand-chose aux étrangers et avait parfaitement grillé Mallgreen quand il avait prétendu le contraire, donc là elle se chargeait juste de faire passer le courant. Ey, en plus c’était dans plusieurs sens du terme ! Je lui aurai bien dit qu’elle avait plombé l’ambiance mais je me demandais si le plomb n’était pas conducteur également donc dans le doute, je me taisais. L’intelligence c’était comme les parachutes, quand on n’en avait pas on s’écrasait.

- Plus rien à dire Mallgreen ? lançais-je donc sans même me retourner vers lui.

J’avais raison : l’intelligence, quand on n’en avait pas, on faisait mieux de s’écraser. Et une fois encore, ce n’était pas contradictoire avec ce que je venais de faire : c’était juste… moi.

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Charlie Reyes
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Jeu 21 Mai - 21:15

Un café sur la 7e, ça semblait tout à fait correct. Il faisait confiance à Mary pour la proximité, puisque même s'il ne l'admettrait jamais à voix haute, il savait ne pas pouvoir énormément compter sur son sens de l'orientation. Heureusement d'ailleurs qu'il pouvait compter sur la technologie, par le biais de son téléphone. A quoi bon savoir trouver son chemin, lorsqu'un satellite le faisait pour nous? D'ailleurs ce n'était pas plus mal, puisque ce genre de situation constituait le principal argument officiel pour ne pas couper son accès à la 3G, malgré le fait qu'il vive en internat avec un accès wi-fi. Officiel, oui, puisque “contourner le filtre parental de l'Institut” n'était pas vraiment utilisable, face à ses parents.

Chassant les pensées hors de propos, il regarda ses deux nouvelles rencontres, qui pour l'heure se toisaient mutuellement suite à la réplique de la plus jeune. Réaction compréhensible, étant donné que la réplique en question n'était clairement qu'une provocation. Elle s'était enfuie de la garde visiblement très attentive de “Marshall” dans le Manhattan Mall, et elle la narguait en proposant d'y retourner. Quelle sale gamine. Elle commençait à lui inspirer une certaine sympathie, finalement elle avait d'assez nombreux points communs avec la plupart de ses amis. Et du coup, probablement, avec lui; mais ce point restait à démontrer.

L'ainée coupa court à la tension, déclarant qu'elles règleraient leurs comptes plus tard. Plutôt une bonne chose d'ailleurs, puisque autrement il aurait été bon pour les regarder jouer un match similaire à celui que lui-même venait de jouer. Et celui-ci aurait pu durer plus longtemps, puisque Lucy n'avait pas le loisir de simplement annoncer son départ.

A défaut, elle annonça donc le départ groupé, histoire de confirmer son autorité, après que sa cousine ait renoncé à appliquer la sienne sur le moment. Tandis qu'elle enfilait à nouveau sa veste presque propre, Charlie se pencha pour ramasser d'une main les deux sacs estampillés Manhattan Mall, et dans l'autre le troisième, marqué d'un M d'une autre forme, qui s'était entretemps transformé en poubelle – apparement à usage public, d'ailleurs. Un signe de tête et un sourire, pour refuser poliment l'offre d'aide non moins polie de Mary, et ils se mirent en route, suivant l'autre adolescente qui menait la marche quelques mètres plus loin.

Arrivant au coin de la rue, il fourra sa poubelle en papier dans la première poubelle métallique qu'il croisa, avant de tourner à gauche sur la 34e West. Une enième rue marchande, qui abritait... Eh bien, des marchands. Et la plupart spécialisés dans le textile. C'était assez impressionnant, le nombre de magasins de fringues qui pouvaient cohabiter dans cette zone. On pourrait croire que la concurence en conduirait une bonne partie à mettre la clé sous le paillasson, mais apparement il y avait assez de clients pour tout le monde. Pas grâce à lui en tout cas, généralement il visitait ce genre de boutique une fois par an. Il aurait bien aimé être contraint à le faire plus souvent, mais il attendait toujours la fameuse poussée de croissance fulgurante que plusieurs médecins lui avaient promis, lors de diverses visites médicales.

Arrivés à la 6e, Lucy se laissa ratrapper, et Mary les mena sur Broadway. Plutôt décevant pour le coup, après qu'il en ait tant entendu parler comme étant LA rue par laquelle passer impérativement lorsqu'on visitait New York City. Pareil pour le fameux Macy's, qu'ils continuèrent d'ailleurs à longer en prenant la 35e. Puis la plus agée des trois brisa enfin le silence.

Ca, c'était fait. Deux en un, on pouvait difficilement rater qu'elles étaient de la même famille pour le coup. Sauf que Charlie ne comprenait pas pourquoi elle jouait, elle n'avait visiblement aucun besoin d'établir une dominance, contrairement à l'autre cas. Alors c'était par simple plaisir cruel? Ca devait être assez intéressant à voir, lorsqu'elle s'y mettait vraiment. Il devait y répondre quoi? Oui, la présence d'une adulte n'aidait pas à la discussion, il fallait le dire. D'un autre côté, si elle n'était pas arrivée il n'aurait probablement plus personne avec qui discuter, à l'heure qu'il était.

- Plus rien à dire Mallgreen ?

Et l'autre qui en profitait pour rajouter une couche. Avec une mauvaise fois absolue, puisqu'elle avait été tout aussi silencieuse que lui. Il pouvait bien lui retourner la question, mais elle l'avait posée en première, ce qui lui donnait l'avantage sur ce point. Il était donc forcé de trouver une autre réplique cinglante, s'il ne voulait pas continuer à se ridiculiser.

-J'ai toujours quelque chose à dire, t'inquiète pas pour moi, fut la seule chose qu'il trouva à répondre. Mouais, pas terrible, et le fait qu'il ait mis l'accent sur le toujours n'y changeait rien.

Tiens d'ailleurs, il venait seulement maintenant de le relever, mais c'était quoi, Mallgreen? C'était lui, Mallgreen? D'où est-ce que ça venait, ça? Bon, la première partie n'était pas difficile à deviner, mais green? Un instant de doute, il baissa les yeux sur son t-shirt. Non, ce n'était pas ça. Qu'est ce qui pouvait être vert, sur lui? Il paniqua l'espace d'un instant, croyant comprendre, puis passa sa main droite sur son visage et en profita pour pincer discrètement son nez. Non, pas de saleté qui dépassait d'une narine, pour le coup c'était un véritable soulagement. La compréhension du surnom n'était donc pas si urgente, d'autant qu'il n'allait certainement pas lui demander.

Tournant la tête, il se pencha légèrement vers l'avant pour avoir Lucy dans sa ligne de vue.

-Et toi, rien à nous raconter?
demanda-t-il d'un ton faussement innocent, et volontairement exagéré. Tu t'enfuis et tu fais des bêtises, il parait? Fronçant les sourcils, il agita un index en direction de l'adolescente. Fais attention hein, si t'es pas sage le Père Noël le saura!

Et paf, retour à l'envoyeur. Bon, bien entendu elle s'en fouttait éperdument, qu'il fasse semblant de la gronder. C'était pas le but, mis à part se moquer d'elle gentiment. Ou presque gentiment. Le but était surtout de jouer sur la présence de la cousine, et ça, ça pouvait très bien avoir son effet. Et ouais, quand on cherchait le Reyes, on le trouvait!
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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Lun 25 Mai - 22:04

Il avait toujours quelque chose à dire, le Mallgreen ? Ça c’était le genre de déclaration qui signifiait qu’il n’avait rien de plus à dire car s’il avait eu quelque chose à dire il l’aurait rajouté après hors il se contenta de dire qu’il avait toujours quelque chose à dire sans le dire ce qui signifiait qu’il n’avait plus rien à dire… et donc que j’avais raison : il n’avait plus rien à dire. Oui, il retombait sur ses pattes, moi aussi, tout le monde était content et personne ne disait plus rien. D’une logique aussi implacable que le fait qu’on n’ait pas avancé d’un pet.

- Je m’inquiète pâs, répondis-je donc, histoire d’avoir le dernier mot à défaut de quelque chose à dire, sachant que le dernier mot était quelque chose à dire donc que j’avais quelque chose à dire également ; Lucky's Rules. M’en fous en fait.

Ouais, la conversation n’avançait pas d’un pet parce qu’on était trop occupé à ce balancer des fientes ; bravo à Marshal pour ne pas l’avoir compris et avoir mis les pieds dans le plat. Mais pas de panique, on dit que du pied gauche ça porte bonheur ! Et c’était qu’elle avait soupirée la Marshal. A bah c’était certain, ça, on disait que qui se ressemblait s’assemblait et à défaut de m’assembler avec le Charlo il répliquait autant que moi. Et en parlant de moi, il me renvoya la balle à son tour… avec un supplément encore plus pire que le mieux ! Oui, plus pire, non seulement il tapait plus mais en plus il tapait pire !

- Et toi, rien à nous raconter ?

Goddamn, il disait ça d’une de ses manières, j’y réagis de la seule façon dont je pouvais réagir : si j’aurai bien voulu l’ignorer superbement, je croisais les bras et tournais les yeux vers lui. Uniquement les yeux. Des petits yeux qui se rétrécirent à mesure de ses paroles.

- Tu t'enfuis et tu fais des bêtises, il parait ?

Mon visage se tendit un peu, genre un peu un peu, alors que je voyais clair la manœuvre ; Marshal et moi avions un deal : pas vue, pas prise. J’étais bien moins pire que des personnes qu’elle avait déjà protégées par le passé et du fait elle m’autorisait l’errance tant que je ne dépassais pas certaines limites. Limites floues et indéfinies, certes, mais sans doute arbitraire de sa part ou de celle de ses supérieurs, je n’en savais rien. Ils étaient tous des serviteurs de la Justice hors la Justice était aveugle, c’était bien connue. L’interdiction exagérée d’un con pédant n’y changerait rien. En fait, plus que les paroles ce fut le geste qui me fit me tendre un peu, genre un peu beaucoup. Mâchoire crispée et regard froid, venimeux presque, du coup.

- Fais attention hein, si t'es pas sage le Père Noël le saura !

Bonne perche pour répliquer, ce que je fis avec un sourire méprisant en recommençant à regarder droit devant moi. Marshal n’avait pas relevé, ou plutôt avait faite mine de ne pas relever, sur l’instant.

- Réfléchis un instant, Chârlie…

Je décroise les bras et me détends un peu plus, fourrant mes mains dans les poches de mon jeans et reprenant mon air légèrement hautain. Je vais faire une leçon et j’en suis toute fière parce qu’une fois encore, en plus d’avoir raison, je vais marquer des points ; pas avec lui mais contre lui.

- Tes pârents t’ont pas âppris à te méfier des inconnus ? Surtout ceux qui veulent te donner quelque chose ? Dans lâ rue, c’pâs le Père Noël qui te propose un câdeau si t’âs été sâge, ce sont les pédophiles générâlement.

Combien d’enfants étaient enlevés chaque année parce qu’ils n’avaient pas été assez méfiants envers des inconnus ? Ça pouvait faire une sorte de tri sélectif, genre la théorie qu’on n’avait pas le droit de nous enseigner à l’école d’un autre Charles-Charlie-Charlo (comme quoi c’était un nom à problèmes), mais c’était surtout sans commentaire. Moi j’aurai jamais ce problème, les inconnus avaient la peste jusqu’à preuve du contraire, point. Et puis je savais me défendre, viser les yeux, tourner la lame dans la plaie pour qu’elle reste ouverte et maximise l’hémorragie… ce genre de choses.

- Cedde histoire de Père Noël c’est juste un fucking deal âvec tes pârents : t’es sâge, ils te payent des trucs. Ils sâvent juste que t’es trop con pour le comprendre formulé ainsi alors ils t’inventent une histoire.

Comme avec la petite sourie en sommes ; sauf que la fée des dents j’avais encore jamais compris pourquoi, quel était leur intérêt. Qu’on pleure pas la perte d’une dent ? Pourtant c’était un bloodyhell de soulagement de se débarrasser de cette emmerdeuse qui bougeait dans tous les sens ! Puis il fallait remarquer que c’était encore une personne inconnue qui venait se mêler de ce qui ne la regardait pas et rentrait par effraction… comment pouvait-on vouloir que les enfants tournent bien lorsque tous leurs héros de jeunesse, en plus d’être des mensonges, étaient des cambrioleurs ? Les enfants étaient cons de croire à ces conneries mais ils avaient de qui tenir, considérant qui les inventait.

- Tu sais Lucky, si tu avais été sage une fois dans ta vie, tu aurais pu recevoir un cadeau de Noël.

- C’pâs une question d’être sâge, c’est une question d’fric, répondis-je avant de fermer lèvres et visage, gardant pour moi que c’était bien le fait de ne pas être sage qui me permettrait de faire des cadeaux à mes parents.

- Et toi Charlie, tu es gâté en général ?

Il suffisait de voir les sacs qu’il se trimballait ; soit il était suffisamment gâté pour pouvoir rendre la pareille, soit il était tellement pas sage qu’il devait acheter son ticket sur la liste du Père Noël. Dans un cas comme dans l’autre, le Mallgreen était gâté, la seule différence c’était que l’un des cas le transformait en pourri-gâté.

Une fois la double-voie en sens unique qu’était la 35e West traversée, nous arrivâmes au pied de ces hauts bâtiments inescaladables tant la façade était percée de fenêtres ; c’était vrai, quoi, au rez-de-chaussée on avait des enseignes, au premier il n’y avait rien qui ne donnait sur la rue, puis second et troisième c’était des je-ne-sais-trop-quoi avec des larges fenêtres et ensuite, une frontière de fenêtre plus petites mais encore encadrée par ces mêmes colonnes (bien que plus petite aussi) qui séparaient déjà les grosses et enfin plein de petites fenêtres aussi nues qu’anonymes grimpant sur plus d’étages que je ne pouvait en voir de ma position, jusqu’au toit du bâtiment. Une vraie merde en somme.

Le Andrews Coffee Shop avait trois fenêtres donnaient sur la rue, en rez-de-chaussée, toute avec ce même motif vertical pour séparer les différentes vitres, et lorsqu’on entrait APRES toutes ces fenêtres on arrivait dans un petit hall séparé du reste par de nouvelles vitres. Un gros panneau « EXIT » au plafond, le tarif des menus du déjeuner et une autre porte à l’opposée de celle de l’entrée, voici dont était composé le vestibule dans lequel on ne s’attarda pas. Instinctivement, je m’étais rapprochée de Marshal tout en saisissant ma sécurité dans la main, faisant sauter le cran d’arrêt. Adjacent au vestibule, un petit accueil avec ordinateur et téléphone fixe, ainsi qu’hôtesse souriante et en bonne santé pour nous donner le menu et nous laisser nous installer dans l’un des carrés à banquette de faux cuir avec dossier de tissus ; une fois assis et décidés, on n’aurait plus qu’à commander au comptoir, situé dans le mur du fond au niveau de la porte.

Laissant Marshal choisir une table parmi celles de libres, le 01 P.M. approchant ayant rempli la plupart des carrés, je faisais un tour d’horizon tout en constatant qu’une fois de plus, Lucky's Rules : un petit sourire à la con passa fugacement sur mes lèvres lorsque je vis l’un des employés qui terminait à nettoyer un siège tâché à l’aide d’une éponge humide tout en regardant l’une des télévisions accrochées au mur. Alors que ma protectrice nous mena à un emplacement qui ne donnait pas sur la rue et me laissa, avec un naturel protecteur, la place du fond, je lui mis un gros vent car étant bien plus intéressée par ma future acquisition et les toilettes que je cherchais des yeux. M’approchant négligemment du nettoyeur en feignant de me rendre au coin des dames, usité par tous les nécessiteux car on acceptait de le partager (pourquoi, me demandez pas, j’étais certaine que l’accès aux WC aurait pu être un argument majeur dans les relations hommes-femmes si on interdisait le « sexe fort » de faire dans ces endroits décents – qu’au passage ils avaient tendance à saloper pour se sentir bien dedans), je me saisi de l’ustensile qu’il laissait trainer sur la table, occupé qu’il était à regarder des images de l’X-Woman rousse qui avait faite sa célébrité sur Youtube. Elle était passé au petit écran maintenant, elle finirait surement par arriver au grand et en attendant je continuais de mon pas constant à direction du fond de la salle et de l’icône des Watter, objectif en main.

Marshal allait sans doute râler, doublement râler même, et légèrement pester contre ma « kleptomanie » tout en conseillant à Charlie de faire gaffe à ses poches et à ses sacs comme de m’accuser directement s’il lui manquait quelque chose. Mais ça m’irait guère plus loin, je pense, elle s’assiérait et parlerait avec lui ; avais-je les oreilles qui sifflaient ? Sacrément oui et c’était pas des ultrasons. Que pouvait-elle bien lui dire ? Lui demander comment on s’était croisé et il me supportait ? Nan parce que c’était vrai ça, j’étais peut-être moins chiante que j’en avais l’air mais je restais une chieuse de première ! Ou alors lui demander s’il était de passage à NYC, pour les fêtes considérant les sacs qu’il se trimballait. Nous, non, nous étions des locales même si moi j’avais grandie à Chicago et elle à Washington. Nous étions même sensées faire les courses de Noël, si je ne m’avais pas filée à l’anglaise ; le pire c’était qu’on n’avait pas de sang anglais chez les Prissy, du français qui tout dilué qu’il soit nous permettait de conserver notre caractère de merde mais pas de l’anglais, contrairement à cette Irlandaise de Marshal ! Mais la version officielle étant qu’on était cousines, elle se démerderait pour mentir sur les origines si elles étaient abordées : ma mère gagnerait des origines irlandaises, donc, comme le père de Mary. Personnellement je ne trouvais pas que c’était une bonne idée de coller à ma mère des gênes d’alcoolo mais ça serait un autre débat. Et puis à part les oreilles qui sifflaient comme si j’avais mise la tête sous le séchoir à mains, je n’étais en rien au courant de leur discussion et bien trop concentrée à terminer le nettoyage de ma veste.

Capuche abaissée et veste enlevée, je me fis face dans le miroir un instant, me perdant dans de sombres pensées. Une pirouette et je retombais sur mes pattes : il fallait que je fasse la gueule en sortant, le mensonge comme quoi j’avais mal au ventre était trop longtemps passé à la trappe. Une fois ma veste nettoyée, j’ôtais mes mitaines pour les faire y passer à leur tour avant de me laver les mains. Remettant les gants propres sur mes mains propres ainsi que ma veste ouverte sur mon sweet, je ressortis des toilettes après une demi-douzaine de minutes pour découvrir que l’inattentionné employé avait quittée sa place, me faisant regarder son éponge puis la salle en cherchant à le retrouver pour la lui rendre avant de simplement la ranger dans une poche en me rendant à la table des deux autres ; autres dont la position avait ainsi été prévue pour que j’ai le choix entre me retrouver en face de Mallgreen ou à côté de celui-ci… pour le coup je tirais la gueule, ouep. Bande de vicelards ! Et oui, à partir de deux on pouvait dire une bande.

M’asseyant à côté d'une Marshal dévêtue de plusieurs épaisseurs, je piquais de ses mains son menu avant de le regarder, sachant déjà ce que je voulais. Je m’installais donc en bonne moi que j’étais, à mon aise et le papier plastifié tenu d’une main à ma verticale devant moi, histoire de me cacher Mallgreen, puis cherchais les mots clés dans les sections logiques avant d’accomplir un rapide coup d’œil gauche-droite qui je fis prendre une inspiration contrariée. C’était du foutage de gueule : le lait froid et le chocolat froid était à $2,60, le chocolat chaud « fait avec du lait » à $2,25… c’était quoi le délire ? Du lait en poudre ? Mais bon, il était moins cher.

- Vais prendre un chocolat chaud, déclarais-je, bougonne. Vous ?

Marshal, ça serait un Mochaccino, qu’elle ne pourrait évidemment pas aller commander au comptoir puisqu’elle était « coincée » par ma présence. Du coup, je regardais Mallgreen.

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Charlie Reyes
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Dim 14 Juin - 18:04

Visiblement, il avait touché une corde sensible. Elle le fusillait du regard, réaction que l'adolescent trouvait étrangement jouissive. C'était compréhensible qu'elle le prenne de cette façon, elle craignait certainement qu'il en dise plus. Ou au moins, qu'il le dise moins subtilement. Mais elle pouvait se rassurer, le Reyes avait tout de même des principes. Frapper en dessous de la ceinture oui, le faire lorsque l'adversaire était déjà à terre, non. Quant à la subtilité, il pouvait dire que ça le connaissait. Bon, de là à ce que quelqu'un le croie, c'était une toute autre question, mais il pouvait bien le dire, non?

Un sourire désagréable à sa réplique concernant le barbu en rouge, indiquant qu'elle avait une réplique toute faite. Réplique à laquelle Charlie réagit en haussant les sourcils, avec le même type de léger rictus méprisant que celui qu'elle lui adressait. C'était quoi l'idée, elle essayait de l'effrayer?  A d'autres, elle ne parvenait même pas à lui mettre le doute. Et même en imaginant qu'elle disait vrai… Qu'elles essayent seulement le Reyes était irrattrapable !

-Je crois que tu as plus à t'inquiéter que moi, Princesse, rétorqua-t-il directement. Surtout quelqu'un d'aussi… charmant et sociable que toi. Surtout si tu tâtes le cul à tous les passants avait été la suite logique de la phrase, mais on avait parlé de subtilité, il fallait bien faire un effort.

Seulement la Lucy l'ignora complètement, l'attaquant à nouveau sur le Père Noël. Pour la peine, ce fut lui qui serra la mâchoire. Evidement qu'il ne croyait plus depuis bien longtemps à un vieux joufflu qui faisait les cheminées du monde entier une fois par an pour déposer des cadeaux, elle le prenait pour qui ? Et surtout, qu'était-il sensé répondre à ça ? Quoi qu'il dise, il ne serait pas crédible. Heureusement pour lui, ce fut Mary qui asséna le coup suivant, qui pourtant ne déstabilisa pas du tout la jeune fille. C'était donc réellement par besoin qu'elle volait ? Il avait un peu de mal à y croire. La famille du garçon était tout sauf riche, elle aussi, il pouvait témoigner.

- Et toi Charlie, tu es gâté en général ?

-Ouaip, dit-il sobrement, sans lever les yeux vers la chaperonne. Tellement gâté que mes parents m'envoient dans un internat tous frais payés à l'autre bout du pays pour pouvoir joindre les deux bouts.

Ah, c'est sur que présenté de la sorte, sa situation ne vendait pas du rêve. Ce n'était même pas un mensonge complet ; c'était un fait, l'Institut Charles Xavier soulageait énormément ses parents, d'un point de vue financier – ce n'était juste pas la raison principale de sa présence sur place. Il réalisa alors qu'il en avait peut-être trop dit. Un internat gratuit, à moins d'un centre de redressement… Pour autant que l'une des deux connaisse l'Institut, il venait de se griller. Mais il fallait mieux ne pas en rajouter maintenant, et si elles posaient des questions il trouverait une façon de se rattraper, il était confiant là-dessus.

Marchant encore quelques instants en silence, quelques instants pendant lesquels l'adolescent put se rassurer concernant sa légère bourde, puisque personne ne semblait relever, ils finirent par arriver à destination. Un café somme toute plutôt ordinaire, avec de larges fenêtres donnant sur le trottoir et une enseigne lumineuse précisant son nom. Passant le vestibule, Mary les mena vers une table du fond. Tandis qu'ils s'y installaient, Lucy s'éloignait en direction des toilettes, s'appropriant au passage une éponge et provoquant un soupir de sa cousine. Charlie, lui, riva les yeux sur son menu, faisant un effort particulier pour ne pas regarder l'écran affichant Caitlyn, de plus en plus médiatisée depuis le talk-show. Montrer un intérêt face au Wonder Beaver, après la révélation de Xavier, ne risquait pas d'arranger son cas. Ils restèrent donc ainsi, probablement un peu plus de deux minutes.

-Et donc Charlie, c'est quel genre d'école que tu fréquentes?

Et merde, forcément elle se doutait de quelque chose. Au moins elle avait eu la décence d'attendre que la plus jeune s'absente, mais ça ne changeait pas grand-chose. Il devait trouver une explication, et vite.

Faisant de son mieux pour ne rien montrer de sa panique, il attendit quelques secondes avant de lever le regard de son menu pour les fixer sur la jeune femme, gardant l'air le plus désinvolte possible.

-C'est, hum, un internat privé. Un peu en dehors de la ville, le directeur est un vieux ami de mes parents. C'est pour ça qu'il a accepté de leur faire un geste, et me prendre à ses frais. Parler, parler le plus possible. Un bon mensonge se basait sur le détail, s'il se contentait du strict minimum son histoire semblerait moins crédible. Ils continuait donc à développer s'exprimant assez lentement, une courte pause à la fin de chaque phrase, le temps de trouver la suivante. Mes parents ont pas beaucoup d'argent, donc on avait un peu de mal à tenir les fins de mois. Maintenant c'est beaucoup plus simple, et avec ce qu'on économise je peux quand même voyager pour aller les voir, donc c'est chouette.  

Une pause un peu plus longue, tandis qu'il finissait par se débarrasser de sa veste, s'étant enfin suffisamment réchauffé. Après un instant de réflexion, il sortit son portefeuille de la poche intérieure pour le renvoyer à sa place habituelle, dans celle de son jean. Si jamais sa nouvelle rencontre s'asseyait à côté de lui, il préférait être prudent.

-Et puis ils ont trouvé que ça me donnerait plus de chances pour plus tard. Avant, j'étais dans une école publique à Seattle, c'était pas ce qu'il y avait de mieux mais c'était ce qu'ils pouvaient m'offrir. Donc ils ont été plutôt contents avec cette possibilité, il paraît que ça m'ouvrira beaucoup de portes, à l'avenir.

Face à lui, Mary souriait et hochait légèrement la tête, ne semblant rien vouloir ajouter. Se frottant les mains entre elles, le jeune homme fit de nouveau semblant de s'intéresser au menu. Il avait sauvé les apparences, il en était persuadé. Que quelqu'un lui parle encore de subtilité, seulement !

-Enfin voilà, conclut-il alors que Lucy s'en revenait, l'air tout aussi renfrogné qu'en partant. Cette fille passait son temps à faire la gueule, c'était impressionnant. Mais enfin, il avait réussi à gagner du temps jusqu'à son retour, donc il avait géré. Et ça, c'était la classe.

- Vais prendre un chocolat chaud. Vous ?

Bon, c'était le moment de ne pas prendre de chocolat chaud. Il pouvait bien se la jouer un peu.

-Café aux noisettes, pour moi répondit-il. S'il n'adorait pas le café, il ne trouvait pas cela particulièrement mauvais non plus, et c'était tout de suite plus classe qu'une boisson d'enfant. Je vais les chercher, vous voulez quoi Mme McClaine?

Une fois la réponse de Marshal obtenue, il se leva pour commander les trois boissons, avant de les attendre debout, ses doigts pianotant sur le trottoir, ses yeux lançant quelques regards discrets en direction de la télévision, tout en tachant toujours de ne pas sembler s'y intéresser. C'est après deux ou trois minutes que la caissière lui présenta les trois gobelets, accompagnés d'un ticket de caisse. 9$, forcément s'il commandait il devait aussi payer, il n'y avait pas pensé. Bah, il était certain que Mary décide de le rembourser. Et cela lui donnerait l'occasion de faire semblant de refuser poliment, ça donnait un bon genre. Sortant de son portefeuille un billet de 10$, il le tendit à la jobiste et attendit sa monnaie de retour, avant de prendre le petit plateau et de retourner s’asseoir à sa place, déposant les boissons sur la table.

-Voiiiilà. Santé à vous!

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Lucy "Lucky" Prissy
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Jeu 18 Juin - 14:04

Princesse ?! Il n’avait gagnée qu’une chose à l’emploi de cette dénomination : Connard. Et Connard assumé, vicieux et vénéneux. Il ne valait même pas la peine que je lui marche dessus du pied gauche. Au moins, je lui fis fermer sa gueule à coup de Gros Barbu Rougeau ; vive l’esprit de Noël.

En revanche, la confirmation ironique me déstabilisa à mon tour ; gâté, il le semblait avec ses gros paquets même pas pour lui, sa morale à deux ronds et sa gueule d’acteur français. Je ne parlais même pas des fringues neuves ou du brushing. Mais le coup de l’internant tous frais payés me posait problème. Il était été très facile de lui répondre que c’était pas une question de thunes mais d’arriver à le supporter et que s’en tenait du miracle que son école ne fasse pas payer sa présence, à moins qu’elle ne soit au frais de l’état par décision d’un juge, mais je pensais qu’on en arrivait sur du sensible et préférais éviter de taper dedans. Pour l’instant : j’avais toujours un Princesse à régler. Mais pour le coup, la conversation fut morte de chez morte au point que même Marshal ne chercha plus à faire la loi.

Mon retour de mes longues minutes aux toilettes du café se fit avec les oreilles bien moins sifflantes que je m’y étais attendu, mais osef je restais le centre de mon petit monde car j’étais Moi. De quoi avaient-ils parlé du coup ? Aucune idée. Aucun intérêt d’ailleurs. Un peu de mauvaise foi par contre. Si leur intérêt pour Moi était factice, le mien pour eux (particulièrement Connard) était certes bien moins poussé mais au moins honnête. Enfin Voilà, comme disait l’autre.

Ma fixation dudit autre après l’aveu, pour ne pas dire la revendication, de l’impossibilité de bouger de « madame McClaine » (qui en prenait toujours pour son âge) permis au doublement suscité autre de comprendre l’ordre silencieux et d’aller se chercher son café aux noisettes, comme quoi il passait son temps à en casser, le Mochaccino de Marshal et mon chocolat chaud. Et surtout, il se barra avant que Mary lui file la monnaie !

Je le fixais marcher avec des yeux ronds puis la contrariété, réelle cette fois, revint sur mes traits.

- Prépâre la monnaie, tu vâs tout faire foirer, dis-je à Marshal, doucement, entrainant son rire amusé.

- Faire foirer quoi, ton plan drague ?

- Non, ton remboursement de dedde, répondis-je sèchement, taisant le fait que si j’avais un plan il ne concernait pas la drague mais mon remboursement de dettes par Marshal interposée ; Connard m’avait filés ses mouchoirs, je m’arrangeais pour qu’il ait à boire en compensation de son soda qu’il avait étalé sur MA veste à le laisser trainer partout (il n’était pas le seul coupable, non, il y avait Marshal pour m’avoir poussé donc à elle de payer et de se faire pardonner auprès de moi également).

- Voilà un billet de dix, ça lui fera un supplément pour t’avoir supportée.

- Bien, concluais-je, moins mécontente et continuant d’observer le Connard qui en faisait de même ailleurs. Dis…

J’avais parlé trop vite et croisais les doigts en serrant mes mains l’une contre l’autre, poignets contre la table, afin de les fixer et de me concentrer dessus. Je savais que Mary me regarderait en attendant simplement que je crache la boule de poils. Tout comme je savais que je n’avais pas beaucoup de temps pour le faire avant que l’autre ne rapplique avec le service. C’était d’autant plus difficile à faire sortir du coup.

- Tu penses que çâ soulâgerait mes pârents, si j’étais dans un internât tous frais payés ?

Le rictus d’amusement passa vite sur les traits de Marshal, chassé par ma posture des plus équivoques. Même ma voix en avait perdue de sa superbe, à défaut de l’avoir fait de son accent.

- Je sais qu’j’ai rien à foutre dans une école. Mais un centre spéciâlisé ou juste… j’sais pâs, une église de bonnes sœurs ?

Mary se serait tellement foutue de moi si je n’avais été débilement sérieuse sur ce coup-là. Une église de bonnes sœurs, sérieusement ? J’avais plus de chance d’intégration dans un centre de redressement. Sans même parler du « ni Dieu ni maître, juste des employeurs » de ma mère, qui ne pouvait pas se piffrer Dieu et ses croyants au passage, j’avais déjà pas envie de faire acte de présence pour ce qui ne m’intéressait pas alors je faire pour ce qu’on m’avait appris à ne pas aimer et qui en plus demandait un engagement supérieur à de la présence… c’était une blague d’un goût étonnamment amer.

Me séparer de ma famille ne m’avait pas traversée la tête, ou alors tellement rapidement que c’était entré par une oreille et ressorti par l’autre avec cette même accélération que prenaient habituellement les blablas des profs ; autrement dit je n’avais aucun souvenir d’un tel raisonnement. Mais maintenant que j’y pensais, c’était peut-être le moins pire : plus de danger pour mes parents, certes pour d’autres personnes mais j’en avais rien à taper d’elles. Une bouche à nourrir en moins, ça permettait même de voyager et de faire des cadeaux sans avoir à recycler quoi que ce soit. Beaucoup de mieux en sommes, pour du pire mais de toute façon le pire était la chose la plus facile à trouver.

Le retour de Mallgreen me ramena à la réalité et me fit comprendre que les paroles de Marshal n’avaient même pas eue droit à la pénétration de mon oreille pourtant pas si lointaine de sa bouche. Le Connard semblait être fier et content d’avoir fait le service, nous souhaitant même la santé. Je le regardais sans expression, réintégrant la réalité comme on sort d’un rêve.

- Merci, déclarais-je brièvement, prenant mon chocolat chaud pour le conserver entre mes mains, les ramenant au même endroit que précédemment.

- Santé, répondis également Marshal, levant légèrement son gobelet avec l’expertise irlandaise avant d’en prendre une gorgée étonnamment petite ; sans doute parce que c’était trop chaud et pas assez alcoolisé.

- Ton ârgent, finis-je par désigner à Mallgreen du bout du nez, n’ayant que faire de la politesse ou du silence qui peinait à s’installer à cause des bruits de la salle.

Un refus poli ? Je lâchais mon chocolat chaud pour regarder Connard avec des gros yeux, relevant la tête d’agacement. J’avais peut-être pas de noisette mais là il me les réduisait en cendres pour pouvoir les boire dans un café chaud, bollocks !

- Bon, repris-je assez rapidement, agressive. On est v’nus ici pour te rembourser ton sodâ et ton pâquet d’mouchoirs, âlors nous emmerde pâs âvec tâ générosité, on t’fait pâs lâ mânche. Avec 10$, tu fais bouffer une personne sur trois repâs s’tu t’démerdes bien donc t’âccepte qu’on te rembourse et s’tu veux pâs d’notre fric tu le donneras à tes pârents, c’serâ toujours çâ de pris per eux.

Ça, c’était dit. Me collant au dossier du banc, je croisais les bras sur le ventre et bombait légèrement le torse.

- S’tu prends pâs le billet, je touche pâs au chocolât, assénais-je avec un rapide hochement de tête à l’affirmative, l’agressivité ayant complètement disparue sous de l’assurance.

Le soufflement de Marshal me fit tourner les yeux vers elle, constatant au passage qu’elle levait les siens (d’yeux) au ciel. Je ne fis aucun commentaire mais la contrariété revint, accompagnée d’un pianotement de mes doigts sur mon bras ; c’était fini oui ? Elle était de quelque côté à la fin, la Marshal ? Protéger ma vie ça signifiait aussi protéger mes intérêts, un minimum, merde !

- Tu sais Lucky, en trois mots c’était réglé.

- Bordel de merde ?

C’était demandé comme une véritable question et avec le plus grand naturel du monde ; et lorsque je l’eu réalisé, j’en fus fière, c’était presque aussi élevé en connerie qu’en fierté pour tout dire… et cela termina d’achever l’agacement naturel que pouvait me procurer Mallgreen l’instant d’avant. Mallgreen sur lequel je revis rapidement d’ailleurs, le pointant d’un doigt accusateur en me tenant toujours bien droite et bombant un peu plus le torse encore.

- Lâ Princesse t’l’ordonne.

Baissant la tête une fois ma déclaration osée faite, je regardais quelques instants mon second bras resté contre mon torse ; la, le pouce, Princesse, l’index, t’l’ordonne, le majeur. Bien. Et j’avais réutilisé le « Princesse » au désavantage de Connard. Mieux. Et je faisais pouffer Marshal. Bien plus mieux.

Ramenant mes deux bras contre moi, pour bien signifier que j’avais vraiment dans l’intention de ne pas toucher au chocolat chaud s’il n’encaissait pas l’argent, je tournais mon regard vers Mallgreen pour le fixer avec toute mon assurance. Rien ne changeait entre nous, il était peut-être moins connard comme j’étais peut-être moins peste mais tout restait à prouver. Et puis si cela pouvait le rassurer, je serais redevenue imbuvable avant le chocolat chaud.

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Charlie Reyes
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Jeu 9 Juil - 22:39

Il attendit les deux autres avant de prendre son propre gobelet, à deux mains pour profiter autant que possible de sa chaleur. Après quelques secondes, il porta la boisson à ses lèvres, en avalant une petite gorgée. Amer. Moins amer que du café noir, mais amer tout de même. Ce n'en était pas mauvais pour autant, et il reposa le récipient sur la table sans avoir grimacé, pour voir Lucy lui désigner un billet de dix dollars, en précisant qu'ils lui étaient destinés. Tout fonctionnait, donc.

-T'inquiète pas, c'est pour moi, répondit-il avec un léger sourire. Restait maintenant à ce qu'elle insiste, et qu'il finisse par prendre l'argent. Et quand bien même elle ne le ferait pas, il ne s'agirait pas d'une si grande perte, maintenant qu'il y pensait.

Elle le fit. Cependant, ce fut la façon de procéder qui le déstabilisa. Elle s'était déjà montré désagréable, voire agressive, mais cette fois elle avait semblé réellement sérieuse. A croire que lorsqu'il s'agissait d'argent, elle ne plaisantait vraiment pas. Cela, plus le fait qu'elle affirmait savoir nourrir une personne sur trois repas avec ce billet, fit comprendre au jeune homme qu'elle n'avait pas menti sur leur situation financière. Sa famille à lui avait toujours été relativement pauvre, mais ils n'avaient jamais du se priver. Il la regardait donc, en silence, tâchant de ne manifester aucune émotion mais son menton tombant légèrement alors que son visage s'allongeait. Il n'avait pas la moindre idée de la façon dont il devait réagir, d'autant plus que le jeu n'était plus en vigueur ; devait-il l'écouter et empocher l'argent pour éviter de s'éterniser sur un sujet qui visiblement fâchait, ou aurait-il été préférable de réellement refuser, puisqu'elle en avait visiblement plus besoin que lui ?

Face à son mutisme, la jeune fille en rajouta une couche, déclarant qu'elle ne toucherait pas à sa boisson s'il refusait. Pour ce qui en était de la cousine, vers laquelle il se tourna en même temps que Lucy, Charlie n'avait pas la moindre idée de son opinion, mais elle semblait suivre la scène avec un mélange d'amusement et d'agacement, si bien qu'elle intervint dans le but apparent de régler la situation rapidement.

- Lâ Princesse t’l’ordonne.

Se tournant à nouveau vers l'adolescente, le jeune mutant écarquilla les yeux. Elle semblait avoir mal pris son utilisation du titre de Princesse, un peu plus tôt, mais ce n’était pas cela qui le surprit. Pour le coup, il n'en revenait plus. Toute cette conversation avait quelque chose d’irréel, et la façon dont son interlocutrice sautait d'un extrême à l'autre était tout simplement fascinant. Pendant plusieurs secondes encore, il la fixa, incrédule, tentant entre autres de déterminer à quel point elle était sérieuse. Et puis, il éclata. D'abord un pouffement, camouflé par une main droite qui venait se placer devant les lèvres. Pouffement qui se transforma très vite en gloussement, et encore plus vite en fou rire. Il n'y pouvait rien, à ce stade c'était physiologique, ou presque. Avec sa dernière réplique, Lucy avait relâché d'un seul coup toute la tension qui s'était accumulée jusque lors, il avait maintenant besoin de le faire à sa manière. Et sa manière, dans ce cas-ci, c'était un rire nerveux aigu, assez particulier, à la fois perçant et cristallin, qu'il faisait tout son possible pour contenir après s'être rendu compte que les clients des tables alentours avaient commencé à se retourner. Il riait donc, presque hystériquement, penché sur la table et le visage enfoui dans le creux de son coude, pour un temps qui lui parut une éternité. Il ne voulait pas réellement se faire remarquer, pour une fois c'était plus fort que lui ; et il craignait déjà de savoir comment l'autre adolescente réagirait à la scène.

Lorsqu'il parvint enfin à reprendre son souffle – au bout trente secondes ou trois minutes, il ne n'aurait pas su le dire, mais retiendrait certainement le second – il se redressa, essuya du bout des doigts les larmes qui s'étaient formées au coin de ses yeux, laissa passer encore quelques gloussements pour faire bonne figure et enfin s'adossa à la banquette avec un petit sourire légèrement crispé.

-D'accord, laissa-t-il échapper d'une voix aiguë, avant de toussoter légèrement et de reprendre avec son timbre habituel, d'accord, je discute plus. Tes désirs sont des ordres, Princesse!

Un nouveau petit rire, alors qu'il tendait la main vers le billet posé sur la table et le fourrait dans sa poche arrière, remettant le rangement dans son portefeuille à plus tard. Cependant il y avait encore un dollar de monnaie ; le rendait-il ou était-il préférable de se tasser et d'oublier définitivement le sujet, à présent ? Dans le doute, il opta pour la seconde possibilité, décidant qu'il pourrait toujours y revenir par la suite si la situation s'y prêtait. Pour l'heure ils avaient plus urgent à traiter, des boissons chaudes à boire tant qu'elles l'étaient.

-C'est pris et rangé, détends-toi, lança-t-il en levant les mains pour montrer ses paumes ouvertes et vides. Maintenant bois ton chocolat, il va refroidir.

Il ne tentait même plus de se placer en supérieur, il était prêt à simplement plaisanter, signe qu'au moins à ses yeux l’atmosphère s'était détendue et qu'il commençait à se sentir bien. Lucy Prissy était une peste, sans l'ombre d'un doute, mais une peste attendrissante.

-Et t'as pas envie qu'il refroidisse, ajouta-t-il en levant sa propre tasse, parce que je payerai la prochaine, peu importe ce que tu diras.

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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Dim 12 Juil - 21:33

Lucky 1.000 – Mallgreen 0 ; car cette tête valait bien un super-bonus, comme sur les flippers. En quelques secondes, il avait eu droit au pire de la vraie moi, morose et agressive, au meilleur, humoristique et douée en improvisation, et surtout il avait bouffé son insulte de princesse plus vite qu’un commissariat de flics n’engloutissait une boite de Donuts ! Lucky’s Rules x1.000 donc 1.000 à 0. J’étais unanime.

Et lui aussi visiblement, même s’il tenta de le cacher d’une main ; il pouvait juste pas test le Mallgreen, 1.000-0 c’était tellement mort pour lui. Surtout vu comment je l’avais snobé dans son observation pour me rendre compte que Marshal avait eue raison et que la situation c’était réglée en trois mots. En tout cas, on perdit Charlie qui parti dans un fous-rire face auquel j’essayais de me montrer aussi vexée que j’en étais contente. Me manquait plus que les lunettes de soleil et c’était cool.

Enfin, c’était cool, les meilleures blagues étaient les plus courtes qu’on disait, même si j’étais persuadée que les meilleures blagues étaient celles qu’on improvisait sur le pouce et qui n’avaient pas besoin d’une explication pour faire éclater de rire, genre le coup de la princesse là. Après le rire il durait un peu trop et n’ayant pas été particulièrement discrète, bien que mille fois plus que lui, je n’appréciais pas qu’il attirât ainsi les regards. Sans compter que son rire, ben il était pas agréable au Mallgreen ! Une espèce de petit cri perçant et aigu, répétitif et environ aussi contenu qu’une baudruche percée sur laquelle tu appuyais de ton doigt pour essayer  de retenir l’air… d’ailleurs, Charlie retenait son rire avec presqu’autant d’efficacité. C’était dire !

Couché sur la table à continué de se faire mal aux côtés et de me faire me tasser sur moi, j’envisageai la crise cardiaque à un moment (pour lui, pas pour moi, merci bien !) mais il fini par ce calmer. Il avait presque chialé, le Mallgreen ! Et Marshal avait un long et fin sourire vis-à-vis de la situation, d’une bienveillance parfaitement visible. Quand à moi, et bien j’avais perdu quelques centimètres de tassement mais c’était un détail qui n’entachait en rien ma victoire. Si je ne pouvais pas vaincre quelqu’un par mon mauvais caractère, je le ferais par le bon ! Ce qui me fit avoir une révélation sur mon comportement : en fait, j’étais pas qu’une chieuse ! Il y avait plus et je me le gardais dans un coin de la tête pour l’expliquer plus tard. Quel suspens… nan, le vrai suspens c’était si j’oubliais en fait.

En tout cas, quand il s’en fut remis et que les gens s’en furent retournés à ce qui les concernaient, non ce qui les consternaient, je me réinstallais plus confortablement, le laissant glousser malgré la crainte qu’il reparte tout seul. Non, non et non : je voulais bien supporter l’attention générale à moins d’un mètre cinquante de moi (attention générale qui mesurait un mètre cinquante, d’ailleurs) mais j’étais seule déclencheuse de ce fait, Mallgreen avait le droit à aucune initiative !

- D'accord, d'accord, je discute plus. Tes désirs sont des ordres, Princesse !

Hochant doucement la tête, je me retournais vers Marshal pour le faire avec un peu plus de vigueur : c’était comme ça qu’il fallait dresser les mecs, qu’elle en prenne de la graine. Ce qui refit un peu rire Mallgreen qui s’emparait du billet lui étant dû, me permettant d’accéder à mon chocolat chaud qui était, après tout, également une réparation envers moi. Les comptes y étaient enfin. Que de travail rondement mené et j’aurai pu en profiter comme il se devait si le Charlo n’en avait pas rajoutée une couche : pris et rangé, bien ! Montrer les mains, c’était de la provocation là. Mais le « détends-toi » et le « bois ton chocolat »… mais bordel il avait rien compris ?! Ou alors il en appelait à mon esprit de contradiction en guise de revanche ? Genre il voulait me faire attendre que le chocolat soit froid juste parce qu’il avait osé me donner un ordre même pas sur le bon ton ? Même si j’aurai toujours gagnés des dollars de différence aux considérations des différences de prix entre le lait froid, plus cher, et le chocolat chaud « avec du lait », moins cher, je n’avais juste tellement pas l’intention de lui laisser cette petite victoire face à moi que…

- Et t'as pas envie qu'il refroidisse, parce que je payerai la prochaine, peu importe ce que tu diras.

Le regardant d’un air surpris, j’en passais vite au blasé.

- Nan mais t’âs vraiment rien compris toi, lui dis-je comme un reproche, alors même qu’il s’apprêtait à boire à nouveau. Finis tâ gorgée s’il te plait, je voudrais pâs que tu me recrâches tout dessus.

Le soda c’était déjà trop, on n’allait pas passer au café en plus ! Merde à la fin, j’allais pas me faire mouiller par tous les restes que Monsieur Charlie foutrait à côté à cause du destin, de Marshal et Moi. Qu’il vise Marshal d’ailleurs, elle c’est faite pardonner avec l’invitation mais ça me fera une vengeance par Mallgreen interposée.

Attendant qu’il finisse effectivement de boire, voir même qu’il repose sa boisson, je laissais le suspens se faire en souriant déjà de ma future connerie. Aller, un peu de sérieux pour faire partager ma révélation sur moi-même !

- Faut pâs surenchérir avec Moi pârce que, tu vois, je suis comme les jeux à grâdder : je vais te faire chier jusqu’à ce que tu gâgnes !

Ça c’était de la révélation et j’en étais tout autant fière que l’autre même si c’était pas totalement exact. Il ne gagnerait pas contre moi, il gagnerait plus que le droit de rejouer. Genre comme avec le Princesse, il avait gratté et il avait gagné au retour. Mais j’avais plus gagné que lui ! C’était pourtant pas compliqué à comprendre, si ? Mais bon, pour pas gâcher à bonne ambiance à défaut de faciliter les boissons de tout le monde, je les entretiendrais à ce sujet-là plus tard.

En parlant de boisson, c’était donc en toute indépendance et de ma propre initiative que je soulevais mon verre afin de regarder le chocolat qui fumait encore. Et l’hésitation qui suivie fut réellement naturellement, même si la précision était juste pour continuer d’entretenir le ballon percé.

- Tu sais que j’hésite sérieusement à le boire maintenant ? Juste per âvoir le dernier mot…

Posant un coude sur la table, je commençais à agiter la main liée au fil de mon débit de paroles.

- Nan pârce que, tu vois, je vais pâs t’expliquer le principe de crise d’âdolescence mais je veux mon indépendance, mon autonomie, mâ liberté… et bien sur, le dernier mot.

- Et comme c’est une chieuse bornée…

- Mais pârfaitement. Regârde Mallgreen, tu me dis : « détends-toi et bois ton chocolât ». Nan mais franchement, tu t’âddends à c’que j’fâsse quoi ? Si je vais dans ton sens, ben t’âs le dernier mot. Donc forcément… l’Esprit de Contrâdiction.

M’avançant vers lui, le commençait à taper de l’index sur la table, à l’endroit précis où c’était tenu mon coude quelques instants auparavant.

- Et tu prévois âlors tu me menâce de payer le prochain ; sérieusement ? « Peu importe ce que je dirais » en plus ? Nan mais tu vois le dilemme ?

Ramenant mes deux mains autour de mon chocolat chaud, je les pose tout trois contre la table en faisant à nouveau face à Charlie avant de lui asséner l’achievement :

- Donc, ce que je dirais serâ simple : dès que j’ai finis ce chocolât chaud, on pârt !

Ponctuant mon discourt d’un coup sur ta table à la manière d’un juge, je m’immobilisais un instant sans oser baisser les yeux. Pas la peine, j’avais le petit message nerveux dans la tête qui me disait que le retour de chance c’était maintenant. Oh, et accessoirement qu’il était encore bien chaud, le chocolat.

- Tu vois, là maintenant tout de suite, j’ai bien envie qu’il refroidisse, assurai-je avant de relâcher la tasse en secouant les mains et en exprimant mon désarrois et ma douleur de façon mesurée et polie : Fucking bloody hell de bullshit de cunt de piece of shit de chocolât chaud à 2$25…

Une serviette et quelques jurons de plus plus tard, je m’essuyais nerveusement les mitaines avec contrariétée. Marshal était toujours aussi blasée et amusée, ce qui me semble aussi contradictoire mais je ne vois pas comment décrire son expression autrement, quand à Mallgreen…

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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Dim 2 Aoû - 21:10

Ainsi donc, il n'avait rien compris. Une chose était sure en tout cas, c'est que «Lucky» n'était pas prête à le céder, le dernier mot. Ce qui n'était pas particulièrement mauvais, puisque l'entêtement de l'un comme de l'autre était la seule raison pour laquelle ils étaient en ce moment en train de discuter. Si l'un d'entre eux avait su lâcher ses positions en temps et en heure, chacun aurait actuellement été libre de vaquer à ses propres occupations. Ce qui aurait été fort dommage, ne serait-ce que pour le café offert.

Il était donc assez curieux d'apprendre ce sur quoi il était dans le faux, mais pour toujours cette même raison il ne pouvait pas se permettre de le montrer. Aussi laissa-t-il couler dans son œsophage une gorgée exagérément longue de café, de quoi faire patienter Lucy durant quelques secondes qui lui paraîtraient certainement interminables. Il reposa ensuite sa tasse devant lui avec cette même lenteur dans les gestes, avant d'enfin fixer ses yeux dans ceux de la jeune fille, un sourire volontairement stupide aux lèvres et le menton enfoui dans ses deux paumes ouvertes tandis que les coudes s'appuyaient sur la table des deux côtés de la boisson. Il espérait être assez évident dans son rôle de l'interlocuteur niais prêt à recevoir la plus importante révélation de sa vie.

Et même s'il ne s'était pas réellement attendu à être transcendé, la révélation le laissa plutôt perplexe. Sans rien changer de sa posture, il se contenta de hausser les sourcils. C'était réellement sensé vouloir dire quelque chose ? Il n'y voyait pas grand-chose, à part une invitation plus ou moins cachée à continuer à jouer le jeu sans céder, jusqu'au moment où elle le laisserait gagner. Mais bon, il doutait que ce soit réellement l'idée, même si ça ne l'aurait pas particulièrement gêné, puisque ça signifierait qu'elle soit en train de le draguer. Ben si ! Mettre autant d'efforts à jouer sur les nerfs de quelqu'un, l'inviter à un café tout en prévoyant de le laisser prendre la main sur la fin… Oui, sur le papier ça ressemblait beaucoup à du flirt. Mais bon, mieux valait ne pas se faire de films trop vite ; si personne n'avait jamais dragué le jeune mutant – ou du moins il ne s'en était jamais rendu compte, ce qui revenait au même – ce n'était certainement pas sans raison, malheureusement. Et puis la Lucy avait l'air plutôt farouche.

Elle était d'ailleurs en train de lui expliquer à quel point elle l'était. Ce qui la rendait tout de suite moins crédible dans ce rôle. Une ado qui admettait être en crise d'ado, une chieuse qui admettait être une chieuse… Soit elle avait un recul impressionnant sur elle-même, ce qui contredisait ce qu'elle était en train d'avouer, soit elle voulait pour une raison ou une autre se faire passer pour quelque chose qu'elle n'était pas, et pas vraiment à son avantage. Dans les deux cas, elle était moins pire que ce qu'elle voulait bien faire croire. Et le rajout d'une couche par sa complice n'y changeait rien, pas plus que le fait que malgré ses paroles de rébellion elle avait tranquillement entamé son chocolat.

Il but lui-même une gorgée de son café tandis que Lucy continuait à s'indigner de sa générosité. Si, si, c'était exactement ce qu'il se passait, elle s'était arrangé pour qu'il ait une dette envers elle et ne voulait surtout pas qu'il lui renverse à nouveau la tendance puisque ça lui plaisait bien de savoir qu'on lui devait quelque chose. Au point qu'elle voulait partir une fois la boisson finie, pour être absolument certaine qu'il n'ait pas sa chance. Ce n'était pas très fair-play de sa part d'ailleurs, mais rien de bien surprenant sur ce plan-là.

Il étouffa un gloussement lorsqu'elle réussit à renverser la boisson, c'était presque à se demander si elle le faisait exprès. Peut-être était-ce le cas en fait ; une excuse pour rester plus longtemps malgré ses propos, ou une façon de montrer qu'elle ne comptait vraiment pas obéir à l'injonction de Charlie concernant le chocolat ? Une chose était sure en tout cas, c'est qu'elle connaissait une belle flopée de jurons la petite !

-Non mais si tu veux vraiment pas le boire, tu peux me le donner hein. Sauf si tu penses que tes mains et la table en ont vraiment très envie.

Il but une autre petite gorgée, sans lacher Lucky du regard. Si elle ne voulait pas de sa boisson chaude, lui voulait de la sienne, et il n'allait certainement pas la laisser refroidir.

-Non parce que si l'idée c'est juste de pas faire comme je dis, je trouve ça un peu con. Je m'en fous un peu moi, que tu le boives ou pas ton chocolat.

Le tout était encore une fois dit avec ce sourire presque arrogant. Pour le coup il était presque sur de lui, et assez content de démontrer à l'adolescente les failles de son raisonnement.

-Au final, c'est pas m'accorder un peu trop d'importance, de jeter ta boisson juste pour me remettre à ma place ? Et tout ça pour me montrer à quel point t'en as rien à foutre de ce que je dis, y a pas un problème dans ta logique?

Il se doutait bien que ce n'était pas volontairement qu'elle avait couvert ses mains de liquide poisseux et brûlant, mais ça n'avait pas énormément d'importance. A raisonnement con, réponse con.

-Tu sais, l'esprit de contradiction j'en manque pas non plus, je sais pas si ça se voit trop. C'est pas une mauvaise chose,hein. Ca prouve que t'es pas trop naïve. Que tu risques pas de gober tout ce qu'on te dit comme une idiote. Mais tu veux que je te dise un secret? Si la contradiction devient un but en soi, ça a plus aucun sens. Ca prouve pas que tu sais réfléchir, juste que tu sais dire non. Alors qu'en fait, c'est de l'esprit critique qu'il faut. Juste voir ce qui est bon pour toi, et faire ta chieuse quand ça l'est pas, le reste c'est con. Je vais te donner un exemple idiot mais vois le comme ça : si je te dis que c'est dangereux pour toi de te jeter du haut de l'Empire State, et que tu ferais mieux de pas le faire, tu vas réagir comment ? M'expliquer que j'ai rien compris et que je peux pas te dicter ta conduite ? Nan Lucy, le truc de l'esprit de contradiction c'est de réfléchir et de prendre ses propres décisions comme une grande. Tu penses pouvoir le faire?

Un nouveau voyage de la tasse vers ses lèvres puis à nouveau vers la table, puis Charlie se rassit en arrière sur son siège et croisa les bras.

-Et du coup, si tu décides de te barrer parce que je te fais chier, c'est très bien. J'peux comprendre d'ailleurs, même moi je me fais chier parfois. Par contre si tu décides de te barrer pour me montrer que je te fais chier, bah… Tu sais, assumer tes choix et pas ne faire en fonction des autres, tout ça?

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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Mar 4 Aoû - 22:59

Mallgreen il se foutait de moi. En long, en large, en travers et en 3D. Visiblement, on en était au second round même si je parti très rapidement avec un désavantage brulant ; il fallait que j’arrête d’être honnête moi, ça ne me réussissait pas. Improviser et mentir ça venait généralement bien plus simplement que de dire la vérité et d’avouer les choses tandis que c’était généralement bien plus compréhensible que la boule de poils que l’autre possibilité. Les mensonges n’avaient pas d’importance, ils n’étaient que  des briques destinées à construire autre chose ; la vérité, elle, valait pour elle-même et pour rien d’autre. La vérité c’était comme la douleur, quand elles n’étaient pas liée toutes les deux. Ce sujet de philo mis à part, je note avoir limités les dégâts sociaux à défaut de l’avoir fait corporellement parlant. J’avais une grande résistance à la chaleur, les radiateurs pouvaient en témoigner, mais cela ne m’empêchait pas de ne pas être particulièrement masochiste. Et face à moi j’avais un petit sadique ; si j’ignorais à quel point il l’était, sadique, je savais à quel point il l’était, petit, donc ma constatation était bonne.

Mes mains n’en avaient pas réellement envie, mes mitaines encore moins, et la table… je m’en foutais, j’avais l’éponge. Eponge qui n’en avait pas forcément plus envie qu’elle l’avait eu du soda d’ailleurs mais tant qu’elle était entre mes mains, elle ferait ce que je lui disais. Merde, j’avais déjà un nain pour me contrarier, j’allais pas en plus me faire emmerder par un ustensile volé ! Quand à ses commentaires au Mallgreen, il avait intérêt à éviter le point sensible parce qu’il le prendrait dans la gueule, le chocolat chaud. Je m’étais peut-être expliquée et du fait commençait-il à comprendre mais il y avait des choses qu’il ne devrait pas essayer de toucher. Sinon il paierait une addition bien différente de celle qu’il escomptait faire.

M’essuyant sans rien dire et soufflant discrètement, et pas forcément utilement, sur les dos de mes mains aspergés, j’encaissais son arrogance avec un plissement du nez. Bien normal qu’il s’en foute de mon chocolat, il ne l’avait pas payé et ça ne changerait strictement rien à sa vie tant qu’il ne lui arriverait pas dans la gueule, quand au fait que ça soit con de contredire les gens pour les principes, c’était parfaitement vrai. Je n’avais jamais prétendu le contraire d’ailleurs. Juste le ton, je l’aimais pas.

Lui accorder trop d’importance, voici qui me surprit et me força à y réfléchir ; c’était vrai que ce n’était pas dit que le chocolat chaud ait plus d’impact sur ma vie que cet inconnu que j’aurai oublié demain matin. Mais le remettre à sa place pour lui montrer à quel point j’en avais rien à foutre de ce qu’il disait… c’était peut-être pas logique mais c’était ma logique ! Et qu’est-ce que j’aurai eu à dire, sans cela ? Rien.

Retirant mes mitaines, je les sentis avant de refrotter un peu ; pas que j’aimais pas l’odeur du chocolat chaud, bien meilleure que la plupart de celles qu’elles pouvaient avoir en fin de journée, mais je devais bien m’occuper durant l’argumentation du Mallgreen. De toute façon, ça se terminerait comme habitude : la Rhétorique impliquait que l’important ne soit pas d’avoir raison mais de prouver que l’autre avait tord car s’il avait tord, on avait raison. CQFD.

Que Mallgreen ne manquait pas d’esprit de contradiction, j’avais bien vu. Si-si, je confirmais et plutôt deux fois qu’une. Et que ce soit une bonne ou une mauvaise chose m’indifférait au plus haut point, quand à prouver que je n’étais pas trop naïve cela m’arracha un sourire en coin bien méprisant ; il n’avait tellement pas idée. Je ne risquais pas de tout gober comme une idiot, pertinemment consciente que la seule chose pire que des étrangers c’était des étrangers différents, et son secret aurait ce même traitement critique. Toujours occupée avec mes mitaines, je relevais néanmoins le nez à la démonstration magistrale de ce qui sautait aux yeux. Fallait-il que les choses aient un sens ? Si oui, pourquoi la vie n’en avait-elle aucun ?

Je ne cherchais pas à prouver quoi que ce soit, tant face à lui que face à quiconque. Je cherchais juste à faire, tant que je le pouvais encore. L’esprit critique, je m’en bouffais depuis mon enfance et ça causait généralement plus de problème que ça n’en résolvait.

- Juste voir ce qui est bon pour toi, et faire ta chieuse quand ça l'est pas, le reste c'est con.

Alors je préférais être une conne contente qu’une intello déprimée. Tout ce sérieux, en plein milieu de ce qui n’était qu’un gonflage de torse, pourquoi ? Avoir raison ? Ça justifierait parfaitement tout mais pour le coup ça plombait sacrément l’ambiance. Plus que le serveur qui s’en venait s’occuper de la tâche ; enfin celle que j’avais faite, pas celle se trouvant en face de moi. Une magnifique occasion de changer de sujet et de relancer la machine.

- Nan Lucy, le truc de l'esprit de contradiction c'est de réfléchir et de prendre ses propres décisions comme une grande. Tu penses pouvoir le faire ?

J’entendis le pouffement de Marshal à côté et tournais mon regard un instant vers elle ; la situation l’amusait. Moi… je n’en savais rien. Il y avait les sons à l’extérieur et à l’intérieur de ma tête, il y avait les images à l’extérieur uniquement et il y avait ce grand flou à l’intérieur exclusivement. Mon visage n’exprimai rien car je n’aurai su quoi exprimer et que rien ne me venait. Je pris une grande inspiration alors que Charlie croisait les bras et s’adossait, remettant mes gants un à un. Le math allait reprendre. L’entracte avait suffisamment durée.

Je considérais réellement l’option de me casser, pas parce qu’il me faisait chier mais parce que c’était un moyen d’en terminer. Pas que je le voulais particulièrement mais j’étais opportuniste et une opportunité comme celle-là était assez importante. Une dernière réplique pour retomber sur mes pattes et rideaux, je gagnais quand bien même il essayait de jouer dans mon camp. Il n’y avait rien de pire que ça : qu’un adversaire joue pour soit. En tout cas, il me fit pouffer avec son histoire de s’auto-emmerder ; comme je le comprenais ! Il n’était pas un méchant garçon, sa réflexion le prouvait, mais il pouvait être très chiant oui.

- Tu sais, assumer tes choix et pas ne faire en fonction des autres, tout ça ?

- T’âs fini, Chârlintello ?

J’ignorais si ma question sonnait le second round, ou le troisième peut-être, mais je la lançais avec l’assurance que j’avais précédemment. J’étais prête à condamner à mort une personne de crainte qu’elle ne le fasse pour moi ; n’était-ce pas la pire manière d’assumer ses choix ? Oh, bien entendu, je ne le faisais pas qu’en fonction de moi mais je faisais confiance à mon égoïsme pour me faire passer, avec mes intérêts directs et indirects, avant tous les inconnus. Le recyclage en était une preuve, qu’on soit tous assis ici en était une autre ; après tout, n’avais-je pas usée de Marshal pour rembourser une dette que j’avais moi-même contractée, me faisant offrir quelque chose au passage ? Sans doute était-ce difficile à conceptualiser pour quelqu’un avec un prénom de vieux mais s’il faisait parti des personnes s’intéressant aux autres, on était bien différents sur ce point. Mon intérêt en tenait du divertissement par l’observation, je n’avais pas vocation à les aider parce que dans toute cette merde qu’était la vie, je peinais déjà à aider ceux qui comptaient. Le faire pour ceux qui ne comptaient pas ? Non merci. J’avais pu laisser une jeune femme à moitié crevée sur le trottoir sans le moindre regret et je pourrais le refaire à l’avenir. Chacun ses problèmes, je ne faisais pas partager les mieux et ne voulais pas de ceux des étrangers. Mais cela il ne le saurait pas car je ne le dirais jamais, je continuerai d’être cette ambigüe personne car c’était ma manière à moi de faire les choses. A moins d’être un mutos, il était impossible de savoir ce qui se tramait dans ma tête, même moi parfois ne m’y retrouvait pas. Alors j’improvisais. Inutile de revenir sur ce point.

L’arrivée du serveur afin de se proposer à nettoyer mon problème d’évasion chocolatée m’offrit l’occasion de redevenir ouverte et souriante, le faisant avec une légère exagération alors que je lui montrais l’éponge que j’avais piquée – à lui ou un de ses collègues je n’aurai su dire – à mon arrivée, le remerciant tant pour la bonne intention que tout court et lui assurant que je rendrais mon emprunt avec le pourboire. Sa déstabilisation fut suffisante à ce que, malgré un regard envers une Marshal qui levait les yeux au ciel et le Charlintello, il s’en retourna avec la phrase toute faite qu’il servait sans doute à chaque situation. Ouais, si on avait besoin de lui on l’appellerait, il était très aimable ; et payé pour.

Un soupire d’aise plus tard, je m’attaquais au nettoyage pour lequel le monsieur avait fait le déplacement.

- Tu pârlais d’âccorder trop d’importance à l’autre, repris-je nonchalamment à son intention. Tu es sur de pâs l’âvoir trop fait ?

- Lucky…

Guidant stratégiquement mon éponge afin d’éviter que le chocolat chaud ne finisse sur mes genoux et concluant en déposant mon reste de chocolat chaud dessus, comme sur un petit piédestal, je marquais bien mon attention en la fixant avec les sourcils exagérément relevés.

- Quoi ?

- Tu veux vraiment recommencer ?

Je réfléchissais un instant avant de répondre, hésitant entre hocher la tête ou les épaules.

- Çâ dépends, répondis-je, levant les épaules alors que je m’en allais essuyer les parois maculées de ma tasse ; une action que j’accomplie lentement et consciencieusement afin de me donner le temps de savourer et de faire monter le suspens. Si c’est pour repârtir dans de lâ philo ou finir en fâce d’une conseillère sociâle, discutez entre vous je vous en prie.

Fallait pas pousser Lucky dans les orties, j’avais déjà le genre à la maison et je ne me faisais pas inviter au café pour entendre ça à nouveau. Regardant le Charlintello, je me permis d’ajouter :

- Je vais pâs rédiger un mode d’emploi pour Moi quand même. J’ai déjà trop fait tout à l’heure et l’â même pâs été foutu de comprendre l’utilité principâle de mon Esprit de Contrâdiction.

Je m’interrompis subitement avant de tourner les yeux vivement vers Mallgreen. La tête suivit avec plus de lenteur puis j’arquais le cou en avant pour le fixer en plissant les paupières.

- Ou âlors… T’âs très bien compris et ton speech c’est juste pour âvoir le dernier mot…

Haha, je le savais ! Enfin, je ne le savais pas mais je le savais sur le coup ! Je l’avais percé à jour. Ou pas. Osef.

- Allez Mallgreen, âvoue que tu sais qu’on peut utiliser l’Esprit de Contrâdiction juste pour faire chier son monde jusqu’à trouver un terrain propice à la connerie.

Me réinstallant à mon tour contre le dossier, boisson en main, je l’interrompis avant qu’il puisse dire quoi que ce soit pour porter le coup fatal avec un sourire joueur.

- Tu sais, âssumer tes choix et ne pâs faire en fonction des autres, tout çâ ?

Ouais, ça serait mieux sans l’accent niveau citation mais ce n’était pas grave. Une fois encore, je retournais la balle au camp de Charlintello – dont le titre était en lice d’ailleurs s’il n’avait pas compris – et si je réussissais à remettre la bonne ambiance précédente, ça m’irait. Portant ma tasse à mes lèvres, je savourais une victoire allant dans le sens de mon partenaire de jeu ; enfin, de mon point de vue.

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Charlie Reyes
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MessageSujet: Re: La magie de Noël [Libre]   Sam 15 Aoû - 19:59

Deux constatations. Un, elle n'en démordait pas, mais de ce point de vue là on était très loin de la découverte ; elle ne cédait pas la main, il ne cédait pas la main, c'était pour ça qu'ils étaient assis à cette table avec une tasse en main, on tournait en rond. Deux, elle avait un très sérieux problème avec les surnoms. Quelque chose que Charlie ne comprenait qu'à moitié ; si lui-même ne se reconnaissait absolument pas en tant que Charles, et ne se présentait sous ce nom que dans des cas exceptionnels, privilégiant toujours le diminutif, et si certains de ses amis, anciens comme actuels, étaient titulaires d'un surnom tellement utilisé qu'on en oubliait parfois leur prénom, tout cela n'était jamais anodin. Un surnom, ça se gagnait, ça se méritait, il y avait une véritable histoire derrière qui justifiait de remplacer nom donné par les parents en tant qu'appellation la plus appropriée d'une personne.   Là, ce que faisait « Lucky », c'était juste l'inverse ; elle semblait être le genre de personne qui voulait à tout prix renommer tout ce qu'elle croisait, avec ou sans raison. Une façon de se détacher de tout cela, peut-être ? De prouver qu'elle se foutait tellement de l'existence de son interlocuteur qu'elle ne prenait même pas la peine d'utiliser son prénom ? Ou de montrer à quel point elle était imaginative ? Un trait familial en tout cas, puisque « Marshal » y participait aussi – à moins que la cadette n'insiste pour qu'on ne l'appelle que par son pseudonyme, ce qui ne serait guère surprenant.

Il s’apprêtait à rétorquer directement pour ne pas lui laisser le temps de poursuivre, mais fut coupé par l'arrivée d'un serveur, mettant une pause aux hostilités. Il n'y avait pas que les fous-rires de l'un qui attiraient l'attention, les maladresses de l'autre y parvenaient tout aussi bien . Décidément, ils devaient être une belle vue, de côté – la principale affectée en était d'ailleurs sans doute Mary, qui n'avait pourtant rien fait pour mériter cela à part se laisser avoir par les parents de la gamine et accepter de la sortir. Le jeune homme face à eux en souffrit aussi, à voir son air décontenancé et le regard de détresse qu'il lança à deux d'entre eux après le refus trop gentil pour être honnête de la première; regard auquel Charlie ne répondit que par un sourire faussement las et un haussement d'épaules. Il se sentait presque désolé pour le garçon, victime civile innocente d'une affrontement sanglant entre deux bêtes sauvages titanesques qui… Oh, on pouvait bien rêver. En tout cas, il avait l'air complètement paumé face à la situation, et on pouvait le comprendre. Un serveur qu'on ne laissait pas servir, c'était comme un pilote qu'on ne laissait pas piloter, ou un chirurgien qu'on ne laissait pas chirurg… Chirurgiser ? Chirurgicaliser ? Bref, il fallait laisser les gens qui faisaient des trucs faire leurs trucs, puisque sans trucs à faire les choses perdaient de leur sens, et ça c'était bien dommage. Pas que les trucs en question déterminent le sens de leur vie, mais ils y jouaient beaucoup, donc c'était normal qu'en étant prévoyant de passer sa journée à faire ces trucs-là et en étant payé pour, on soit perdu si quelqu'un commençait à faire les trucs à notre place. On ne se comprenait plus ? Normal, l'adolenscent lui-même ne suivait plus le cours de sa pensée. C'était pour éviter des soucis comme celui-ci que la plupart des langages disposaient d'un vocabulaire riche et varié, mais encore fallait-il l'utiliser, ce qui aurait été bien trop fatiguant.

C'est dans cette réflexion hautement philosophique, alors qu'il regardait s'éloigner le serveur vaincu, que l'adolescente le surprit en reprenant la parole. Ce n'était pas possible, il s'était laissé avoir comme un idiot, il le avait pourtant bien décidé de ne pas lui laisser le loisir d’enchaîner ! Même la Mary était de cet avis, pour d'autres raisons bien sur ; elle était visiblement lassée de la discussion qui n'avançait que très peu, puisque chacun campait sur ses positions, pas besoin de réexpliquer. Apparemment cela n'amusait plus Lucy également. S'était-elle vexée du fait que Charlie avait continué à se foutre d'elle après qu'elle se soit montré relativement honnête ? De là à dire qu'elle avait révélé des informations ultra-privées que le mutant n'avait pas été capable d'assimiler, il ne fallait rien exagérer. Elle avait dit deux ou trois mots qui ne relevaient pas du bluff complet, on était toujours assez loin du mode d'emploi. Mais c'était déjà plus que lui-même, il fallait lui accorder ça –  bien que ce soit toujours discutable, puisqu'il s'était présenté en premier, geste que techniquement elle n'avait pas rendu.

- Ou âlors… T’âs très bien compris et ton speech c’est juste pour âvoir le dernier mot…

Croisant à nouveau les bras, il élargit presque imperceptiblement son sourire et leva les yeux aux ciel, voulant bien faire comprendre par son air innocent qu'il ne l'était pas tant que ça et que rien ne lui avait échappé. Ce qui était faux d'ailleurs, il n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle entendait par « l'utilité principale » de son esprit de contradiction. Mais si elle pouvait se convaincre seule du contraire, il n'allait pas l'en dissuader. Quant à connaître les utilisations qu'on pouvait en faire en temps que tel, uniquement pour le plaisir de l'opposition, elle avait évidemment raison, et pour le coup il aurait du mal à le nier. Il était même prêt à ouvrir la bouche pour lui concéder ce point-là, mais elle préféra encore une fois enfoncer le clou.

Décidément, elle se faisait un plaisir de reprendre ses propres mots pour les retourner contre lui, et il fallait dire qu'elle s'y débrouillait bien. Un nouveau rire du jeune mutant, cette fois-ci pas hystérique mais tout à fait maîtrisé, et donc beaucoup moins désagréable à l'oreille – sans pour autant être particulièrement joli. Après quoi il sirota encore un peu de sa boisson avant de reporter son attention vers Lucy, avec cette fois-ci un sourire tout ce qu'il y avait de plus naturel.

-D'accord, admettons que je puisse pas te contredire sur ce coup-là. Et que c'est peut-être ce que je fais la plupart du temps. Que je peux m'amuser à rejeter ce qu'on me dit en bloc ou à jouer à l'avocat du diable, juste pour le plaisir de pas être d'accord, même quand je suis pas forcément contre. Admettons, hein. Pourquoi tu me fais les explications ? Je veux dire, le principe d'être de mauvaise foi, c'est bien de pas avouer qu'on l'est, je me goure pas ? Heh, je dis pas que t'es de mauvaise foi hein, mais dans l'idée c'est pareil. Du coup tu joues pas le truc à fond, du coup je comprends pas trop le but. C'est comme si tu me mentais et que tu finissais par « Tu vois Malgreen, là je suis pas honnête »… AH ! Oui, d'ailleurs...

Il laissa un instant de flottement, le temps de déterminer comment il allait aborder la chose, avant de finalement opter pour la méthode honnête, puisque c'était déjà ce vers quoi il était tourné et qu'au moins Lucky ne pourrait pas le lui reprocher. Il lui devait une ouverture d'ailleurs, autant être fair-play.

-Mon nom à moi c'est Charlie. Pas Mallgreen, ou je sais pas trop quoi.

C'était dit sans la moindre animosité, bien au contraire. Il gardait toujours ce sourire franc, peut-être le premier depuis la rencontre.

-Char-Lie. C'est pas très compliqué hein,  c'est deux syllabes. Si t'as envie de m'emmerder, tu peux m'appeler Charles, ou minus, ou même la limac...

Il s'interrompit le temps d'une demi-seconde, tandis que ses lèvres tressaillaient très légèrement, conscient qu'il aurait du mal à expliquer le dernier sobriquet. Il espérait juste qu'elle ne rebondirait pas dessus, il reprit donc comme si de rien n'était, il fallait maintenant faire avancer le sujet le plus possible pour qu'elle n'y pense plus. Quitte à jouer une semi-comédie qui le placerait un peu moins à son avantage, c'était malheureusement toujours moins risqué que de s'afficher mutant.

-Et puis si t'aimes pas les prénoms, tu peux te dire que Charlie c'est déjà un surnom en soi. Toi, t'as trop d'imagination pour le coup, c'est bizarre. Du coup, il va falloir soit que tu m'appelles normalement, soit que tu m'expliques d'où t'as inventé ce Mallgreen. Non parce que là, c'est, euh...

Une légère hésitation sur le terme à utiliser, tandis que son sourire commençait à sembler légèrement gêné.

-C'est perturbant.

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