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 Visite de court-oisie [Rachel]

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Visite de court-oisie [Rachel]   Lun 5 Jan - 21:20


Jeudi 23 Octobre 2014, 16:48 UTC, Brooklyn, New-York, USA

Abraham était chez lui, peinard. Il aimait son petit pied-à-terre. Quand on passait la porte d’entrée, on remarquait tout d’abord le couloir, assez large pour passer à trois de front et aussi long que la maison était large. Parquet de teinte claire au sol et mur d’enduit blanc, il réussissait à rester lumineux avec pour source de lumière, la porte vitrée coulissante qui se trouvait à l’autre bout. Cette dernière débouchait sur le petit jardin entretenu avec soin. Ce dernier avait la tendance à se poursuivre à l’intérieure de la maison à travers un ensemble de plantes vertes et fleurs diverses. Le transat y était toujours même si les températures allaient en rafraîchissant.
Si l’on restait sur le seuil de l’entrée et que l’on regardait sur la gauche, il n’y avait qu’un pan de mur d’un mètre, devant lequel se trouvait un porte manteau et une console qui servait de surface à bordel incluant le téléphone sans fil, avant une large ouverture qui amenait directement sur le salon. Le même parquet clair et le même enduit s’y retrouvait, toujours dans un souci de luminosité. Cette dernière était néanmoins largement de mise grâce à la grande baie vitrée, agrémentée de voilages, qui donnait sur la rue. Sofa, fauteuils et table basse  où trônait un jeu d’échecs en verre entre autres choses, composaient la pièce ainsi qu’un doux tapis sur lequel poser ses pieds. L’écran plat accroché au mur côtoyait des bibliothèques et des étagères, remplies de bibelots et cadres à photos.
Au contraire, si l’on regardait à droite, c’était une arche donnait sur la cuisine qui se présentait. Aménagée plus que dignement, on aime cuisiner ou pas, lave-vaisselle inclus, cette dernière se divisait en deux, la séparation officieuse étant faite par un bar et ses deux chaises hautes. Du côté gauche, tous les plans de travail, évier et appareils attendaient d’être utilisés, se battant presque pour être le premier. Du côté droit, une table rectangulaire et ses quatre chaises, éclairées par une large fenêtre, patientaient, espérant des convives à venir.
En avançant dans le couloir, une porte, généralement fermée à clé, se dévoilait sur la droite. Quand elle était ouverte, elle permettait d’accéder à un bureau contenant, au-delà d’un ordinateur dont les performances étaient supérieures à la moyenne, un ensemble d’écrans, de disques durs et de câbles. Des armoires à rangement étaient également présentes.
Toujours en poursuivant, on finissait par se trouver face à la porte vitrée coulissante qui emmenait dans le jardin. A droite et à gauche, même constat : une porte. La première accédait à la salle de bain. Le long du mur de droite se trouvaient la douche, un petit meuble de rangement et un lavabo sur pied, surmonté d’un miroir. Le long du mur de gauche, les toilettes, une plante verte et, grand luxe qu’il chérissait après les longues journées, une baignoire.
La porte de gauche donnait sur l’une des pièces qu’il affectionnait chaque soir : sa chambre. Moquette douce sous les pieds, elle était faiblement meublée : un lit double entouré de deux tables de chevet, une armoire et une grande penderie vitrée pour pouvoir s’observer sous toutes les coutures. Des lys blancs étaient disposés sur l’une des petites tables, à côté d’une photo où sa femme et sa fille riaient aux éclats.
De façon similaire au jardin, tout était propre, bien entretenu et rangé. Excepté la table basse et la console où pouvaient régner, de temps à autre, un désordre aléatoire … ainsi que le lit qui n’était pas toujours fait. La poussière était absente, exterminée par le côté maniaque du résident permanent qui gagnait chacune des luttes inlassablement.

A l’heure actuelle, c’était assis en tailleur sur le sofa, un bouquin entre les mains, que l’ancien soldat était localisé. Une bouteille d’eau était posée non loin, accessible en tendant le bras, et son portable se baladait docilement sur la table basse, prêt à attaquer une rangée ordonnée de pions. Il sursauta presque lorsque ce dernier se mit à vibrer. Il décrocha sans fermer son livre ni jeter un œil à l’appelant.

« Blackwood.
- Agent 42. »

Tiens, le boulot. Et que lui voulaient-ils en cette journée tranquille ? Il se décida à marquer sa page et se leva pour écouter la voix, tout en se dégourdissant les jambes. Il n’appréciait pas forcément ce qu’il entendait mais n’en montra rien, restant silencieux la plupart du temps. Il fut interrompu par la sonnette.

« Attendez un instant, j’ai de la visite. »

Pieds nus, ses pas ne provoquèrent qu’un léger craquement sur le parquet alors qu’il passait du salon au couloir, se dirigeant vers la porte d’entrée, le téléphone ayant quitté sa place contre l’oreille pour être tenu en main. Le bruit caractéristique d’une porte qui s’ouvre se fit entendre puis un blanc s’y superposa, créant un moment d’absence oscillant entre la surprise et le bug. Surtout le bug. Et finalement, il récupéra sa voix, plus rauque qu’à l’accoutumée.

« Je vous rappelle. »

Et il raccrocha sans autre cérémonie, ne laissant nullement le temps à son interlocuteur d’en placer une. Il aurait bien le temps de s’expliquer plus tard. Il s’effaça alors du seuil et sourit à sa visiteuse, reprenant un semblant d’aplomb.

« Je t’en prie Rachel, entre. »

Il rangea le téléphone dans la poche de son jean et ferma la porte une fois qu’elle fut entrée. Pourquoi ? Et comment avait-elle eu son adr … elle avait sûrement dû le lire dans sa tête. Dans le fond, ce n’était pas important. La raison de présence l’intriguait plus que de savoir comment elle l’avait retrouvé.

« Fais comme chez toi … énonça-t-il, sincère, en lui désignant le salon Tu veux boire quelque chose ? »

Si la réponse était positive, il irait chercher ce qui correspondrait à sa demande et des verres avant de poser le tout sur la table basse. Mais qu’elle le soit ou non, il finirait par la rejoindre dans le salon et se rassiérait en tailleur avant de reprendre la parole.

« Je dois t’avouer que je suis plutôt surpris de te voir ici. Que me vaut l’honneur de ta visite ? »

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Mar 6 Jan - 20:35

Jeudi 23 Octobre 2014 – 04 : 26 P.M.
Bientôt un mois que Bleecker Street était arrivé, bientôt vingt jours que Rachel en était revenue. Le quotidien avait reprit, avec toutes les différences dues aux événements ; différences chez les autres comme chez elle ainsi qu’entre eux. Murmures, regards, tristesses et promesses ; elle les percevait quand bien même on cherchait à ce qu’elle ne les voit pas tout autant qu’il était possible de voir son trouble, vis-à-vis de cela comme du reste. C’était épuisant et chacun gérait cela à sa manière ; espoir, silence, cuisine, solitude… il n’y en avait pas de bonne. Des plus efficaces que les autres, sans doute, mais pas de bonnes. Halloween approchait et elle tenterait de remonter des morals avec cela, elle tenterait d’agir à un niveau humain pour une fois même si elle ignorait si cela passerait ; ce n’était pas ce qu’on attendait d’elle. On ne la regardait plus avec peur ou méfiance à présent et les prédictions tendaient à continuer à se réaliser. L’Echo continuait ses participations et avait reprises ses activités avec un degré d’abrutissance légèrement croissant ; elle allait devenir imbattable à Mario Kart 8 mais risquait également d’y laisser une partie de ses empruntes digitales, à force de passer du temps sur la manette. Mais au moins elle accomplissait une activité normale et elle entretenait les liens avec ceux manifestant le désir d’y participer, ne pouvant s’adonner à l’envie à la cuisine considérant l’occupation subie par cette dernière ou passer trop de temps à débriefer des évènements du métro que ce soit avec Sage ou l’une des institutions officiellement chargée de cela. Mais bon, elle devait positiver : malgré la déferlante de cookie, leur disparition au profit de muffins et sa consommation de cela elle n’avait pas prit un kilogramme. Et ce n’était pas les quelques entrainements avec ou contre Amy en Salle des Dangers qui l’avaient permit, c’était plus l’italienne qui pouvait y laisser des choses que la rousse. Mais comme la première le faisait souligner, elle régénérait donc ce n’était pas grave ; Sanzo n’aurait pas cette chance, s’il finissait par commencer l’entrainement avec elle un jour. De toute façon, elle n’en changerait pas son entrainement régulier puisque continuant d’agir selon ses envies sans chercher à prévoir grand-chose, une habitude qu’elle devrait changer tant pour l’organisation d’un Halloween à l’Institut que la gestion de sa carrière médiatique. Mais elle n’en était pas encore là.

Mais du coup, quitte à continuer de rompre le jeu-vidéo-boulot-dodo qui lui servait de quotidien sur des coups de tête, elle finit par se dire qu’il serait peut-être bien de retrouver quelques uns des secouristes de Bleecker ; en fait, elle pensait surtout à celui auquel elle avait le plus eu recourt et envers qui elle avait le plus « fait confiance », notamment lorsqu’elle lui avait confié les élèves. De sa faute aussi, il était téléporteur et n’avait pas besoin de faire de trous dans la réalité pour se faire ! Après, c’était bien là le plus important : il n’était pas que téléporteur. Rachel désespérait qu’on la considère autrement que par ses pouvoirs et se devait donc de tâcher de ne pas en faire de même avec autrui. Ce fut sur cette conclusion et sans réellement savoir comme elle en était arrivée là qu’elle se leva de son canapé et éteignit la Wii U sur laquelle elle s’exerçait peut-être beaucoup trop désormais, appuyant négligemment sur le bouton du Game-pad qui trahissait toujours la propriété de la console ; quelle géniale invention de la part de Nintendo qu’une manière différente des autres pour contrôler la console à distance et doucement signifier qui avait le pouvoir décisionnel. Il battait même celui conféré par la télécommande de la télé puisque le Game-pad avait son propre écran. Après ce n’était pas sa console puisqu’elle n’avait pas l’argent pour s’en installer une dans sa chambre, chose lui évitant surement d’y passer une partie de son temps en sous-vêtement puisqu’il y avait en ces lieux une absence de nécessité de tenue plus « habillée ».

D’un autre côté, même lorsqu’elle était au foyer, ses tenues avaient parfois une notion différente de celle du commun de « l’habillé ». Aujourd’hui par exemple c’était débardeur, short et bottines à talons, en molécules instables évidemment puisqu’elle se servait toujours de ses pouvoirs pour transformer ses combinaisons afin que ces dernières imitent tenues et matériaux, dont l’aspect était proche de la mousseline noire et donc plus proche d’un voilage que des vêtements d’origine. Ah, Rachel était habillée, elle suivait juste les modes à venir qui iraient au court et au transparent, même si elle n’en dévoilait pas moins beaucoup de son corps du fait. D’un autre côté, entre être considérée pour son apparence et pour ce qu’on la supposait capable de faire elle avait vite fait son choix ; elle n’avait pas passé l’été à s’entrainer à s’accepter pour rien. On lui répétait souvent qu’elle était jolie ou belle et cela, plus que lui faire plaisir, la rassurait quant à son complexe physique : les cicatrices. Les marques de son passé étaient plus que présentes sur son corps et en assumer la monstration avait été difficile même si elle estimait avoir accompli la majeure partie, à savoir celle nécessaire à ce qu’elle puisse porter le genre de vêtement qui était sien comme celui d’Aislinn, elle aussi venue d’un futur même si elle n’avait guère eue l’occasion de regarder et d’envier les « grandes » de ce dernier. Toujours était-il que si Rachel avait réussie à les accepter cela ne réduisait pas la foule de cicatrice qui lui donnait ce sentiment et cette crainte de « défiguration ». Et il était vrai que les vêtements, qu’ils soient court ou transparent, révélaient rapidement ce qui faisait tant se questionner : balafre de la destiné plus que véritable cicatrice, la Marque du Phalkon couvrait la majeure partie de son dos, tel un mélange de grain de beauté et de tâche de naissance démesurée. La forme étrange s’étendait du creux de ses reins jusqu’à sous ses épaules avec un tronc principal suivant sa colonne vertébrale jusqu’entre ses omoplates où se trouvait un rétrécissement digne d’un cou et un nouvel élargissement triangulaire en guise de tête alors même qu’au niveau des reins deux courbes se séparaient pour remonter jusqu’en-dessous de ses épaules en laissant régulièrement des segments brisés épais comme des côtes s’en aller à direction de ses flancs qu’ils n’atteignaient pas. Mais en plusieurs endroit ce glyphe funeste avait subit les mêmes dommages que la peau « normale » ainsi se trouvait-il barré de véritables cicatrices dont la plus longue partait depuis l’épaule gauche jusqu’au flan droit en une quasi-continuité de lacérations laissées par des coups de fouet mal guéris, à l’instar de celles qui se retrouvaient sur cette même épaule jusqu’à l’aisselle, sur le bras en continuation de façon presqu’horizontale et sur la cuise en contrebas bien plus verticale cette fois. A côté de cela, l’impact de balle à l’arrière de la cuisse droite paraissait bien discret et insignifiant. Mais le pire de cela restait ce qu’elle dissimulait, à l’aide de ses pouvoirs encore une fois : les Marques d’Assermentation des Limiers la couvraient du visage jusqu’aux pieds de lignes rouges et parallèles, signifiant tant qu’il n’y avait que lorsqu’elle se battait en tant qu’X-Woman qu’elle acceptait de dévoiler ce qui lui brulait le plus l’âme. Non, elle n’avait à se plaindre de ses 174cm pour 57kg, de ses 85C-62-88, de son visage à l’ossature marquée et aux traits acérés, de ses fins sourcils surplombant ses yeux verts et son nez en trompette eux-mêmes au-dessus deux joues légèrement creuses et d’une petite bouche aux lèvres pulpeuses, mais cela ne faisait qu’augmenter cette crainte que cela ne soit gâché par les marques de ses malheurs. Une crainte peut-être futile et enfantine mais ce second point marquait généralement ses expressions et comportement car de tout ce qui pouvait émaner d’elle son naturel allait à une fraicheur joyeuse et infantile ; elle était une grande gamine parce que son adolescence était responsable de ses balafres et parce qu’elle voulait rester simple et gentille, pour ne pas dire simplette et gentillette.

Et son action était cohérente avec cela : son association d’idée lui fit prendre cette décision sans aucune considération spatiotemporelle et à part éteindre la console, l’Echo ne se préoccupa pas de grand-chose. Ce n’était pas réellement un manquement à son devoir que de quitter l’Institution « comme ça », il était peu probable qu’il y eut des problèmes en son absence et même en un tel cas il ne faudrait qu’une seconde à sa projection astrale pour revenir ; la seule différence était qu’elle n’aurait plus les actes de chacun des élèves dans son esprit, de son point de vue. Et puis même, on ne pouvait pas la virer, elle était bénévole. Du coup, elle se contenta de suivre le couloir jusqu’à l’arrière de l’Institution puis de s’envoler direction New York, par flemme de s’employer à ouvrir un trou de verre comme par envie de « prendre l’air ».

Rachel appréciait cela, voler ; la vitesse n’importait pas vraiment, mais le décor et la sensation de liberté totale étaient très plaisant pour elle, même si la liberté n’était vraiment totale qu’en chute libre, lorsqu’elle était libérée de l’emploi de ses capacités également. C’était pour cela d’ailleurs qu’elle montait en altitude alors même qu’elle se dirigeait vers la mégalopole, afin de pouvoir chuter librement une fois au-dessus de cette dernière ; une perte de temps consentie sans autre raison que son envie de l’accomplir.

Les minutes du trajet ne furent pas passées qu’à s’éloigner des routes et forêts de l’Etat de New York puisqu’elle continuait de penser alors même qu’elle le faisait, démêlant trois trucs principaux qu’il lui faudrait régler assez rapidement. Premièrement, comme toute personne sortant de plusieurs heures d’un écran quelconque, Rachel avait une assez forte envie d’uriner ; mais bon, elle irait une fois arrivée. Où que soit Abraham, il devrait bien y avoir des toilettes. Chose conduisant au secondement, à savoir le fait qu’elle n’avait pas la moindre idée d’où se trouvait ledit Abraham ; cela ne l’empêcherait nullement de le trouver, même si elle n’aimait pas avoir l’impression de « traquer » des gens, mais impliquait qu’elle puisse le déranger. Ce qui donnait le troisièmement, puisqu’elle devrait sans doute penser à s’excuser et donc lui amener un truc au passage, s’eut d’ailleurs pu être une bonne idée vu qu’elle venait le remercier, cependant elle n’avait pas d’argent pour acheter quoi que ce soit ; elle avait bien une « boite à sous » dans sa chambre, habitude héritée de son enfance et reprise avec certaines de ses protégées consistant simplement à réunir les pièces et billets trouvés jusqu’à pouvoir s’acheter quelque chose mais non seulement cette boite était à sa chambre, donc loin derrière, mais en plus elle ne devait pas contenir grand-chose. Pas de quoi se retourner du coup l’Echo se contenterait de se pointer « au naturel » ; les mains dans les poches et un sourire aux lèvres.

L’esprit d’Abraham ne lui était pas familier ainsi malgré sa portée télépathique il fallut plusieurs minutes à Rachel pour le repérer ; heureusement il y avait plusieurs minutes de voyage vers New York et ladite portée était suffisante pour effectuer les recherches tout au long. Il n’était pas sur Manhattan mais au sud de l’île, dans l’un des autres quartiers dont la jeune femme n’avait jamais prit la peine de faire la différence, et elle vit tant le quartier que le lieu où il se trouvait se rapprocher durant quelques autres minutes alors qu’elle chutait purement et simplement à leur direction. Son atterrissage suivit une grande décélération et se ponctua d’un claquement de talon sonore, lui faisant poser le regard sur une petite maison de cette espèce de banlieue résidentielle. Sans étage, en forme de « L » horizontal et avec de grandes baies vitrées carrelées, elle faisait assez penser à une architecture japonisante vue de l’extérieur même si l’intérieur était bien différent et parfaitement segmenté à l’occidentale. La porte d’entrée, double et vitrée, se situait à la jonction des deux parties et donnait sur un large couloir qui allait jusqu’au mur du fond en donnait sur les autres pièces et parties, cour arrière incluse. Le salon était grand et expliquait l’avancement du « L », une idée aussi lumineuse que la pièce sans doute mais bien plus décorée ; c’était en son sein que se trouvait celui qui devait être le propriétaire des lieux, marchant téléphone à l’oreille.

Bon, elle avait raison sur la majorité des points : il y avait des toilettes et elle dérangeait Abraham. Du coup, elle tâcha de le faire dans les règles et appuya sur la sonnette histoire que les personnes à l’autre bout du sans-fil puissent entendre également, plutôt que de bourriner sur la porte du poing fermer comme à son habitude ; en plus sur une porte de verre ça ferait des traces, il ne manquait plus qu’elle salope la maison et en fait ses remerciements ressembleraient beaucoup à du foutage de gueule.

Entreprenant d’attendre sur le seuil que l’on vienne lui ouvrir, Rachel respira un peu l’air extérieur en se disant et l’hiver approchait et que bientôt elle devrait recommencer à mettre des tenues chaudes ; elle n’aimait pas l’hiver, tant parce qu’elle n’aimait pas le froid que parce qu’elle avait de mauvais souvenirs liés à eux deux. Et puis en bonne Summers, sa saison préférée était l’été !

Lorsqu’Abraham ouvrit la porte, l’Echo se contenta d’un petit sourire et d’un coucou de la main, lui laissant le temps de quitter son effarement comme son interlocuteur. Ce ne fut que ceci fait qu’il lui sourit et l’invita à entrer, ce qu’elle fit simplement sans rien dire. Regardant un instant de ces yeux ce qu’elle avait déjà perçu avec son esprit, elle en revint rapidement à l’homme qui la surplombait et qui reprenait la parole.

- Fais comme chez toi…

- Oki, répondit-elle de sa voix fluette au débit rapide, même si elle estimait qu’il était encore un peu prématuré de se balader dans un tel lieu en sous-vêtements en laissant du bordel partout.

- Tu veux boire quelque chose ?

- J’irai me servir, précisa-t-elle en se dirigeant vers la troisième porte à droite, celle de la salle de bain, dans laquelle elle entra sans ménagement ; après tout, il lui avait dit de faire comme chez elle.

La pause pipi terminée, elle s’en revint sur ses pas pour prendre la porte de la cuisine et aller fouiller le frigo à la recherche d’un quelconque soda, dont elle ramènerait la bouteille au salon juste en face où Abraham avait reprise sa position initiale et sorti deux verres qui trônaient désormais sur la table basse, à côté d’un jeu d’échec.

- Je dois t’avouer que je suis plutôt surpris de te voir ici. Que me vaut l’honneur de ta visite ?

- Je suis venue te remercier, déclara-t-elle simplement en s’en allant le rejoindre sur le sofa, pour m’avoir aidée avec les élèves.

Rachel n’envisagea que sur le coup qu’il ne soit pas au courant pour l’Institution Xavier et cela l’arrêta bien un instant, puisqu’elle venait potentiellement de faire une connerie. M’enfin Abraham était, d’après le rapport fait par Caitlyn et Amy sur lui, un agent secret donc s’il savait pas ça il était mauvais et puis de toute façon Sage les avait dans le collimateur, lui et son organisation, donc bon…

S’asseyant sur le canapé, la jeune femme prit l’un des verres et commença à se servir, avant de regarder son interlocuteur, prête à lui faire passer la bouteille dès qu’elle-même aurait fini.

- T’en veux ?

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Phénix

"Des monstres ont fait de moi un monstre,
Des divinités ont fait de moi une divinité,
Seuls les humains peuvent faire de moi une humaine."






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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Jeu 8 Jan - 21:56

Un petit rire lui avait échappé quand Abraham avait entendu la réponse de Rachel. Après tout, il lui avait dit de faire comme chez elle. Et quand on est chez soi, on va se servir tout seul comme un grand, on n’attend pas que quelqu’un le fasse pour nous. Cela dit, c’était bien la première fois que l’un de ses invités le prenait au pied de la lettre à ce point. Enfin, de ceux qu’il ne pouvait pas prétendre connaître. Il ne l’avait croisée qu’une fois. Et pas dans les meilleures conditions pour tailler la bavette. A contrario, Ixas et Aiolos faisaient réellement comme chez eux, laissant les marques, souvent bordéliques, de leurs passages derrière eux, mais depuis le temps qu’ils se connaissaient, c’était l’inverse qui l’aurait étonné.

Il ne put  s’empêcher de la suivre des yeux quand elle passa devant lui pour s’avancer directement dans le couloir. Il haussa un sourcil perplexe avant de la voir s’engouffrer dans la salle de bain sans lui demander la moindre indication. Rapide et précise. Ainsi donc, elle connaissait, en plus de son adresse, l’aménagement de son chez-lui ? Pourquoi pas après tout ? Elle lui avait bien fourni une imagerie 3D des lieux à Bleeker … ce devait être du même genre ici. Les conditions désastreuses en moins, le confort en plus.
En dépit de cette moitié de cerveau qui raisonnait normalement sur un sujet tout à fait convenable, il fallait avouer que l’autre moitié continuait de pédaler activement dans la semoule. Transparent. Son débardeur était transparent. Elle aurait tout aussi bien pu déambuler sans que le résultat aurait été quasiment le même. Il était tout de même heureux qu’elle ne soit pas de celles qui se baladaient sans sous-vêtements. Là, peut-être lui aurait-il prêté une veste ou un tee-shirt ou peu importe quoi.
Mais au-delà de ça, des marques, aperçues à travers le tissu, avaient attiré son attention quand elle lui avait tourné le dos, le détournant du reste. Cela ne ressemblait à aucune forme ou dessin qu’il connaissait. Cela dit, ses notions dans le domaine étaient limitées. Peut-être qu’une mise à jour serait à envisager. Tatouage ? Il n’aurait su dire. Mais dans tous les cas, cela lui occupait tout le dos et ce n’était pas sans lui rappeler Elena. Lui-même avait été petit joueur sur ce coup. Uniquement la nuque et l’avant-bras gauche. Rien à voir en comparaison. Il s’en gratta la nuque. Il n’y avait pas que ça. Sans avoir eu le temps de coller le nez dessus, il avait eu l’impression que la marque, à défaut de savoir ce que c’était vraiment, était comme abîmée, elle n’était pas nette sur les bords. Et à part des cicatrices, il ne voyait pas ce qui pouvait en être responsable. Il soupira et se palpa le flanc gauche. Chacun les siennes s'il ne se trompait pas.

L’américain secoua la tête comme pour chasser ses pensées. Il pivota à droite, direction la cuisine, ouvrit un placard et attrapa deux verres. Et sans plus de cérémonie, il retourna s’asseoir en tailleur et déposa les contenants sur la table basse, attendant que la jeune femme revienne, se demandant toujours pourquoi elle était venue. Et la réponse ne tarda pas. Il soupira malgré lui en la regardant.

« Je t’en prie, arrête. Tu n’as pas à me remercier pour ça. Je ne les ai pas téléportés au X-Jet pour des remerciements. Je ne le referai pas plus pour des remerciements. Je l’ai fait et je le referai s’il y a besoin mais uniquement parce que ça doit l’être. Parce que si l’un d’entre eux avait été mon fils ou ma fille, j’aurai aimé que quelqu’un les emmène en sécurité. Parce que si quiconque de ma connaissance avait été là-dessous, j’aurai aimé qu’on l’en fasse sortir … »

Oui, cela avait beau faire des années mais il continuait, malgré lui, de culpabiliser pour son absence. S’il avait été là ce jour maudit, peut-être les choses auraient-elles été différentes. Ou pas. Il n’en savait rien. Peut-être aurait-il pu les sauver. Ou peut-être que l’une des deux. Ou peut-être qu’aucun d’eux n’aurait survécu. Il n’avait pas moyen de le savoir. Et dans le fond, il ne voulait pas. Il joua avec son alliance alors qu’elle commençait à se servir. Il lui répondit dans la foulée.

« Oui, s’il te plait. »

Et il tendit son verre en souriant légèrement de nouveau. Et parce qu’il n’aimait pas forcément les silences s’installer, il reprit de cette même voix tranquille, souhaitant vraiment connaître la réponse, tout en regardant son verre.

« Et comment vont-ils ? Physiquement, j’imagine qu’ils se remettent à leur rythme mais … pour le reste ? Ils arrivent à avancer doucement ? Même un peu ? demanda-t-il en marquant un temps avant de reprendre, la regardant alors dans les yeux Et toi, comment tu vas ? »

Il n’avait pas oublié l’espèce de soirée diapo dans les souterrains. Et même sans ça, même si elle avait beau se targuer d’être le Phénix, il ne connaissait personne qui puisse sortir indemne d’une journée comme celle qu’ils avaient vécu. Peut-être qu’elle ne voudrait pas lui répondre mais il estimait normal d’au moins tenter de lui poser la question.

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Sam 10 Jan - 14:10

- Je t’en prie, arrête. Tu n’as pas à me remercier pour ça. Je ne les ai pas téléportés au X-Jet pour des remerciements. Je ne le referai pas plus pour des remerciements. Je l’ai fait et je le referai s’il y a besoin mais uniquement parce que ça doit l’être. Parce que si l’un d’entre eux avait été mon fils ou ma fille, j’aurai aimé que quelqu’un les emmène en sécurité. Parce que si quiconque de ma connaissance avait été là-dessous, j’aurai aimé qu’on l’en fasse sortir…

Ce qui rendaient les remerciements d’autant plus important en un sens : ceux qui agissaient pour la gloire ne les méritaient pas alors que ceux qui agissaient par désintérêt ou compassion n’en voulaient pas et c’était bien ce qui les rendaient plus précieux. Enfin de son point de vue. Après l’Echo n’irait pas débattre là-dessus considérant que le silence d’Abraham était parlant dans ce qu’il taisait, déclarant un malheur similaire. Autant Rachel ne comprenait pas beaucoup les gens de ce monde, généralement, dans leurs comportements et leurs pensées, autant le malheur était universel et c’était le langage qu’elle avait le plus pratiqué. La bague que l’homme trifouilla fut révélatrice elle-aussi et la jeune femme était bien placée pour comprendre qu’on ne parle pas de cela.

Assise à son côté, elle se servit et proposa la boisson comme de nature néanmoins si elle l’aurait fait sans autre sujet, elle le fit un peu pour le distraire de ses pensées également. Cela marcha puisqu’il lui tendit son verre en répondant ; et Rachel lui rendit son sourire avec tout autant de tristesse alors qu’elle remplissait l’autre récipient. D’ordinaire elle aurait plutôt fait passée la bouteille histoire qu’on soit libre de se servir comme on l’entendait mais là c’était un geste de soutien plus que d’utilité.

- Et comment vont-ils ? Physiquement, j’imagine qu’ils se remettent à leur rythme mais… pour le reste ? Ils arrivent à avancer doucement ? Même un peu ?

Rachel inspira doucement en posant la bouteille, fermée, à côté du jeu d’échecs, cherchant ses mots pour répondre tant de la pensée que du geste, portant son verre à ses lèvres comme s’il eut pu les contenir.

- Et toi, comment tu vas ?

Il avait raccrochée ses yeux par cette question plus directe et elle le fixa tout autant qu’il le faisait. Elle resta plusieurs secondes sans rien dire puis détourna la tête, brisant l’échange de regards comme le silence.

- Ils essaient. Une se mure dans le silence, une autre fait des pâtisseries à la chaîne, un semble avoir adoptée une gamine, un autre prend de la distance…

Rachel marqua une pause et en profita pour avaler sa salive et regarder son reflet dans le verre, apposant ses deux mains autour de celui-ci et se courbant pour prendre appuis des coudes sur ses genoux.

- Ils ont survécu, ils survivront encore. La difficulté est qu’ils réapprennent à vivre.

Vivre et survivre, deux notions bien différentes lorsqu’on prenait la peine de considérer que l’une était meilleure que l’autre. Philosophie à laquelle elle adhérait pour avoir énormément survécu et très peu vécu même s’il lui semblait globalement qu’elle n’avait que trop vécu, ou peut-être vécu trop de choses. Un corps jeune, une âme âgée ; là aussi c’était des conceptions philosophiques. D’autant plus lorsqu’on savait l’âme faite d’énergie et qu’on était capable de manipuler cette énergie. Rachel prit une gorgée de soda comme si elle l’aidait à faire passer cela et pouvait le ronger par son acidité.

Quant à elle… son regard se perdit dans le vide ; que pouvait-elle bien dire ? Jusqu’où pouvait-elle parler ? L’Echo était peut-être chez une personne dont ce qu’elle savait de lui par l’action et la pensée l’encourageait à lui faire confiance mais cette personne n’en restait pas moins un inconnu tout autant que cela était réciproque ainsi démêler ce qui pouvait être dit ou non demandait réflexion. Même si elle avait tendance à préférer la confiance à la méfiante Rachel savait qu’elle devait rester équilibrée là-dedans, comme pour le reste.

- Quand à moi j’étais plus à ma place en bas, finit-elle par lâcher brièvement, assez froidement même.

Le silence revint alors même qu’elle ne savait pas si elle devait reprendre la parole ou non ; elle n’avait pas envie de faire mourir la conversation sur ce point ni ne savait si elle voulait ou pouvait le développer. Peut-être aurait-elle du rester à l’entrée pour les remerciements, plutôt qu’entrer directement… après elle avait eue une vessie à soulager et ça, dans le jardin ce n’aurait pas été apprécié du tout. Elle prit donc une inspiration nasale digne d’un soupir retenu avant de retourner vers Abraham, se redressant et croisant les jambes, gauche sur droite.

- Et toi, alors ?

Elle laissait la question ouverte et le savait parfaitement. Rachel n’avait pas besoin de beaucoup de mots pour exprimer beaucoup de choses et cette question exprimerait autant qu’Abraham en répondrait, tenant tant sur ce qu’il avait ressenti durant Bleecker Street que ce que cela lui avait remémoré ou encore ce que ces événements avaient changés dans sa vie, la place qu’il leur donnait comme celle qu’il se donnait par rapport à eux, voir plus ou moins selon ce qu’il serait prêt à concéder… beaucoup de pensées, beaucoup d’idées et de suppositions, que la parole n’auraient réellement su retranscrire quelque soit le nombre de mots que l’Echo aurait prononcés. Elle ne parlait pas forcément peu mais toujours brièvement, par petites phrases, tant par problèmes avec les mots que parce qu’ils n’étaient qu’un reflet sur la surface de son étendue de pensées et d’émotions.

Rachel resta immobile et à l’écoute, même si elle ne le regardait pas forcément puisque son regard était parfaitement apte à se perdre si les dires évoquaient des choses chez elle. Elle percevait mentalement aussi bien les cicatrices que les tatouages : les traces de blessures par balle lui étaient familières, celles de déchirure également, celles de shrapnel moins même si elle savait les reconnaitre et enfin celles de coupure aussi malgré que les siennes aient généralement bien guéries. Les deux tatouages quant à eux n’avaient pas la moindre signification pour elle, même si elle comprenant le symbole cyborg sur l’avant-bras gauche et dépréciait la fine suite de marque sur la nuque même si c’était plus dû à l’endroit qu’autre chose. Ce qu’elle percevait aussi, et craignait de percevoir encore, ce serait une douleur sourde un peu trop familière.

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Dim 11 Jan - 13:37

Enfin quelqu’un qui fermait le bouchon après s’être servi ou rempli le verre des autres ! Enfin un geste pour éviter toute fuite ou accident en cas de renversement de la bouteille. Combien de fois il avait sauvé son tapis d’une averse malheureuse quand Ixas ou Aiolos étaient venus le voir ? Ou même Jake ? Ou l’une de ses frangines ? Ce n’était pas incalculable, mais cela représentait un certain nombre de fois tout de même. Ce n’était pas compliqué de reboucher tout de même … A tout bien y réfléchir, il préférait une absence totale qu’un semi vissage traitre et vicieux, celui qui ne laissait que le bouchon dans les mains quand on attrapait la bouteille par le haut.

Il souffla un remerciement à Rachel et but une gorgée avant de lui poser ses premières questions. Puis il attendit qu’elle pèse le pour et le contre de lui répondre ou non, sans cesser de la regarder. Ou qu’elle ne choisisse les meilleurs mots à utiliser. Quand il lui vint à l’esprit que peut-être préférait-elle discuter via ce dernier justement. Elle l’avait fait au début à Bleeker … mais c’était parce que tout le monde n’était pas à portée de voix physique. Après … non, elle avait parlé comme elle le faisait là. Mais ce n’était pas forcément significatif. La question demeurait, ne manquait plus que le moment adéquat pour la lui poser.
Il ne se détourna pas quand elle le fit et écouta la réponse … qui ne l’étonnait pas vraiment. Chacun avait ses propres réactions face à un événement de la sorte. Plus ou moins rationnelles, plus ou moins efficaces. Seul le temps, la famille et les amis pourraient véritablement agir, pour qu’y survivre se transforme en vivre. Il était encore bien trop tôt pour eux pour réussir à y faire face totalement. Mais ils étaient jeunes pour la plupart. Ils auraient, il l’espérait, le temps de vivre d’autres choses, des choses bien plus heureuses et bien plus joyeuses. Ils n’oublieraient jamais totalement mais cet événement tragique pourrait se transformer en force …
Les propos de la jeune femme faisaient échos aux siens même s’il ne les avait pas formulés à haute voix. Il était lui-même passé par les deux phases. Il avait tout d’abord vécu, puis avec intensité lorsqu’Elena était à ses côtés. Après, il n’avait que survécu à sa mort et celle de Kira pendant un certain temps qu’il ne saurait pas vraiment définir. Maintenant, il vivait de nouveau, même s’il y avait un peu moins de couleurs. Il était optimiste : un jour, sa vision aurait de nouveau toutes les teintes.

Il fut surpris, doublement, par la dernière réponse et se détourna pour fixer son verre. D’une part par le ton plutôt froid employé alors qu’il était neutre jusqu’ici. De l’autre, par son contenu. Comment pouvait-elle dire, et penser, qu’elle avait davantage sa place en bas ? Sa curiosité le poussait à le lui demander. Il était à deux doigts de le faire, les lèvres entrouvertes, quand son bon sens lui en colla une mentalement, gardant la question et refermant la bouche dans la foulée. Il ne la connaissait pas. Commencer par ça lui semblait déplacé. Avait-il le droit de lui poser ce genre de questions ? Devait-il attendre ? Il était en train de débattre avec sa moitié de cerveau efficace quand son attention fut attirée par un son et un mouvement.
L’autre moitié de cerveau revint à la charge pendant qu’il entendait distraitement sa question, qui n’était ni plus ni moins que la même que la sienne. Le fait qu’elle se redresse lui rappelait que son haut était transparent. Transparent. Et qu’en croisant les jambes, il venait de constater que le short l’était lui aussi. Mais pourquoi ? Avait-il raté un épisode au rayon mode ? Ou bien était-ce autre chose qui lui échappait ? Non mais enfin parce que c’est-à-dire que là, pour lui, quand même cela ressemblait plus à une tenue de nuit à mettre pour le plaisir des yeux de quelqu’un qu’à une tenue casual. Un pourcentage très faible de son esprit fut conscient d’avoir ses genoux, mieux valait cela qu’autre chose à défaut, et il cligna des yeux, comme ébahi par sa propre surprise. Sans toucher à son verre, il se renfonça dans son canapé, fixant désormais un point sur le mur au-dessus de l’écran plat.

Et lui alors, comment allait-il ? Ses moitiés de cerveau semblaient s’amuser à changer de commandant de bord régulièrement. Ainsi, c’est d’une voix totalement neutre et placide qu’il s’entendit répondre sérieusement.

« Étrangement, et probablement a contrario de la plupart de ceux qui y étaient, bien. Mais il faut dire aussi que ce n’était pas ma … première scène si je peux dire ça comme ça. C’est peut-être moche mais j’en ai eu l’habitude alors … je crois, je sais que ça m’atteint moins. Et moins longtemps. Ce n’est pas forcément un bien mais au bout d’un certain temps, il le faut, sinon … un émotif n’aide pas vraiment dans une équipe, dans ce genre de moments. Et j’en ai eu un certain nombre de comme ça. Et je tenais, tiens, trop à ceux qui constituaient notre unité pour être la source de ce risque. »

Ils étaient tous passés par des moments délicats pendant certaines missions. Tout dépendait de son contexte, des paramètres, de leurs cibles. Ils ne fléchissaient jamais pendant, refoulant ça dans un coin le temps nécessaire au bon déroulement des opérations. Et tout sortait après, lorsqu’elle était terminée. Parce qu’ils avaient besoin d’en parler pour ne pas se faire bouffer et qui mieux que ceux qui y avaient participé pouvaient comprendre ? Parfois, il s’en était ouvert à sa femme. Pas toujours, même si elle le lui avait demandé. Il ne voulait pas qu’elle prenne part à ça. Elle n’en avait pas besoin. Et puis, elle réussissait toujours à le faire sourire, quelle que soit la situation. Il se mit à sourire tout seul en pensant à elle, sans cesser de fixer le mur.

« Au-delà de ça, je pense surtout à tous ceux qui ont perdu quelqu’un. Parce que je sais ce que c’est ainsi que par quoi ils vont passer avant d’aller bien de nouveau. Je ne leur souhaite qu’avoir le soutien nécessaire pour traverser cette épreuve, tout comme j’ai eu celui de ma famille et de mes amis. »

Abraham continua alors de sourire. Il ne pouvait pas le nier. Il avait fait une partie du boulot tout seul, parce qu’il le fallait, mais sans les siens, sans leur support, sans leur amour indéfectible ou leur amitié inébranlable, il n’aurait pas autant avancé. Même s’il avait perdu sa femme et sa fille, il se réjouissait chaque jour d’être aussi bien entouré. Tout le monde ne pouvait en dire autant et il se savait parfaitement chanceux.
Machinalement, il se redressa pour attraper son verre d’une main pendant que l’autre tâtonnait à côté à la recherche d’une assiette qu’elle ne trouvait pas. Exact, Rachel l’avait pris de court en débarquant de la sorte, sans compter la tenue qui continuait de l’étonner, et il n’avait eu le temps de rien. Sans s’en rendre compte, il fronça les sourcils.

« C’est con, si tu avais appelé avant de venir, j’aurai peut-être eu le temps de cuisiner quelque chose pour que l’on ait un truc à se mettre sous la dent en même temps. Remarque, on peut toujours le faire maintenant … des cookies, ça te dit ? »

Et une question en entrainant souvent une autre …

« Au fait, t’es venue ici comment d’ailleurs ? Je ne me rappelle pas avoir vu de taxi … »

Cela étant, avec le freeze monumental qu’il s’était tapé en ouvrant la porte … il lui avait peut-être tout simplement échappé.

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Echo
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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Lun 12 Jan - 15:30

Le regard d’Abraham n’avait pas vacillé lorsqu’elle avait parlé des autres puis avait fuit lorsqu’elle avait parlé d’elle-même, justifiant ses craintes même si ses mouvements avaient à nouveau attirée l’attention de l’homme qui après un nouveau regard s’en était détourné à nouveau ; encore un perturbé par ses tenues. A moins que ce ne soit son physique ? Les vêtements de Rachel avaient généralement l’avantage de bien la laisser voir mais à faire cela elle n’en montrait que plus ses cicatrices et ces dernières pouvaient aisément gâcher le tout. Pourtant, ainsi assise sur le canapé l’Echo devait en avoir la majorité hors de vue, seules pouvaient transparaitre des bouts de celles de ses jambes et encore, uniquement la gauche et elles étaient plutôt prises entre les deux mollets. Son verre vint se poser là pour renforcer sa pause défensive, lui mettant un peu la chair de poule du fait de la fraicheur de son contenu.

Ce n’était pas étrange qu’Abraham aille bien à contrario de la plupart de ceux qui y était, ce qui était étrange était le fait qu’il dise que c’était étrange avant de justifier combien cela ne l’était pas. Il n’avait perdu personne et avait déjà de l’expertise dans de tels événements, tout comme elle même si elle se situait à l’autre bout du spectre tant pour le fait qu’elle avait perdu quelqu’un que celui qu’elle les créait. Moche, sans doute, en avoir l’habitude, oui. Insensibilisation progressive, elle comprenait, quant à savoir si c’était bien ou mal cela n’avait pas la moindre importance puisqu’au final, c’était ; il le fallait, elle acquiesça. Un émotif n’aidait pas, non, mais un insensible non plus, il fallait donc réussir à garder la mesure et surtout le contrôle « dans ce genre de moments ».

- Et j’en ai eu un certain nombre de comme ça. Et je tenais, tiens, trop à ceux qui constituaient notre unité pour être la source de ce risque.

Le raté ne lui échappa pas ; il n’était plus question d’unité à l’heure actuelle, ou en tout cas pas de celle avec laquelle il avait déjà vécu « ce genre de moments ». Elle ne dit rien, n’ayant aucun commentaire à faire puisque le sens de la camaraderie et l’inquiétude pour ses coéquipiers n’avait pas faite partie de son entrainement tandis qu’ici elle n’avait pas eu l’occasion de le manifester avec beaucoup de personne. Néanmoins dans la X-Team tous étaient ses proches et oui elle tenait à eux. Peut-être trop mais elle les avait déjà perdus une fois, tous ou presque.

- Au-delà de ça, je pense surtout à tous ceux qui ont perdu quelqu’un. Parce que je sais ce que c’est ainsi que par quoi ils vont passer avant d’aller bien de nouveau. Je ne leur souhaite qu’avoir le soutien nécessaire pour traverser cette épreuve, tout comme j’ai eu celui de ma famille et de mes amis.

Rachel le regarda en plus de l’écouter, le fixant ou plus particulièrement fixant son sourire. Comment Abraham pouvait-il sourire en parlant de cela ? Elle comprenait son souhait et la positivité de celui-ci mais il avait perdu un proche également. Comment ce fait pouvait-il être allié à un sourire, même s’il avait eu d’aussi bons soutiens ? L’Echo en était incapable et pourtant elle avait du soutien également, jamais sur le moment c’était vrai mais faire le deuil prenait du temps et il y avait toujours autre chose de plus pressant, pour la survie ou tenter de se battre. C’était peut-être cela, en réalité : se battre, encore et toujours, envers et contre tout, malgré tout également.

Les sourcils roux se froncèrent et dispersèrent les pensées pour une nouvelle vague alors que le propriétaire du lieu tendait la main à la recherche d’une excellente question car il n’y avait vraisemblablement pas ce qu’il voulait. C’était con ? Bah, oui, sans doute. Appeler avant de venir ? C’était pas con ça mais ce n’était pas pour cela qu’elle le ferait non plus ; dans la vie c’était plus malin d’être con donc si c’était con c’était malin. En tout cas, qu’il veuille lui cuisiner quelque chose la surprit ; et il continua de le faire avec sa proposition.

- Euh…

- Au fait, t’es venue ici comment d’ailleurs ? Je ne me rappelle pas avoir vu de taxi…

- Euh… nan y’en avait pas.

Ça prenait des plombes de se déplacer en taxi et ça coûtait cher donc si elle l’avait fait une fois dans le but de démontrer que malgré ses capacités mutantes on pouvait être humain elle ne le referait pas non plus pour le plaisir surtout lorsqu’il y avait l’entièreté de NYC à traverser pour arriver à destination : une heure de voiture pour arriver à Manhattan, c’était long, si c’était pour se faire une heure de bouchon dans Manhattan avant d’arriver en-dessous non merci. Pour le coup elle aurait pu l’appeler et lui faire la conversation en effet !

- En fait je suis arrivée par les airs, en volant.

En chutant plus exactement mais il avait bien fallut monter et éviter de faire un deuxième trou dans New York, celui de Mutant Town avait déjà fait suffisamment de bordel ; atteindre les égouts en passant au-travers de la chaussée à cause de l’urgence c’était déjà moyen, alors simplement se crasher parce qu’elle n’avait pas freinée… D’où qu’elle n’expliquerait pas parce que ça serait long et compliqué et elle n’avait même pas abordé le pourquoi ou le comment.

- Mais du coup, reprit-elle après une pause pensée relativement courte mais tout de même présente, Je comptais pas te squatter longtemps en fait.

Bon, après ce n’était pas comme s’il semblait débordé pourtant ils devaient être un jour de semaine et c’était à Abraham de rappeler au téléphone donc techniquement il avait tout son temps de libéré à défaut d’être libre et elle… elle était elle. Et puis avoir accès à une cuisine autre que celle de l’Institut pour pratiquer l’une des rares activités où l’Echo pouvait tout faire du début à la fin dans une normalité relative et partager le fruit de se labeur, activité qu’elle appréciait pour ces faits, pouvait être sympathique vu que la cuisine de l’Institut était assiégée de toute façon. Par contre les cookies, c’était pas question ; et les muffins non plus.

- Si t’as vraiment envie de cuisiner, moi ça me va ; par contre, Brownies ça te dirait pas plutôt…

L’atmosphère se détendait un petit peu ou en tout cas Rachel le faisait, changeant le croisement de ses jambes alors même qu’elle surélevait un peu son verre et se préparait à se lever, que ce soit pour partir ou s’en aller dans une cuisine où elle connaissait déjà les emplacements des objets et continuerait de faire comme chez elle.

- T’aime aussi cuisiner ?

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Lun 12 Jan - 22:22

Tiens donc, une hésitation ! HA HA ! Abraham n’était donc pas le seul à être pris de court aujourd’hui ! Un point partout, balle au centre. C’était idiot et plutôt puéril mais cela lui faisait tout de même plaisir.  Une sorte de petite vengeance. Âge mental à l’heure actuelle : pas loin de 2. Et encore … Heureusement qu’il ne l’avait pas prononcé à haute voix où il passerait vraiment pour … sauf si Rachel avait perçu son exclamation de joie. Auquel cas, c’était déjà foutu. Tant pis.
Il hésitait à passer le score à 2-1 mais sa réponse l’intrigua plus que sa seconde hésitation. Si elle venait de l’Institut, localisé à l’autre bout de New York de ce qu’il en savait, elle n’avait quand même pas fait le trajet à pied. Ou cela faisait un moment qu’elle était partie. Il n’avait pas vu de vélo non plus et elle n’avait pas pu le cacher sur elle … à moins qu’il soit vraiment miniaturisé. L’avait-on déposée ? Peut-être. Mais depuis l’Institut, ça ne restait pas la porte à côté. A moins que quelqu’un ait à faire dans le coin. Ou …

« Pardon ? »

Il se tourna vers elle d’un mouvement leste. Finalement, il y avait bien 2-1, mais pour elle, par pour lui. Par les airs, en volant. Et bien, oui. Totalement normal voyons. Pourquoi n’y avait-il pas pensé tout de suite ? Par contre, il n’avait pas vu de balai devant sa porte alors elle devait avoir une autre technique … il l’avait vu léviter à Bleeker, il y avait peut-être un lieu. Peu importe. Sa réponse était tellement surprenante, et surtout, énoncée avec autant de naturel, qu’il eut d’abord un blanc, que la jeune femme se chargea de remplir, puis il ne réussit pas à garder plus longtemps pour lui sa crise de rire qui dura quelques instants.

« Excuse-moi, désolé ! Ce n’est pas pour toi spécialement hein ! C’est juste la façon dont tu me sors ça aussi naturellement, ça m’a surpris ! Au moins je serai prévenu maintenant … »

Quelques éclats de rire vinrent encore s’intercaler avant qu’il ne reprenne en souriant à Rachel.

« Je ne te force pas à rester si tu n’en as pas envie, mais si tu veux cuisiner, ou regarder, et papoter un peu tout en esquivant une poignée de farine, tu es la bienvenue. »

Et cette invitation n’était pas limitée dans le temps. Il appréciait toujours de cuisiner, que ce soit pour, avec ou les deux en même temps, des gens. Il se leva de la position assise, moins avachie qu’avant puisqu’il s’était redressé à moitié quand elle lui avait parlé de voler, et se leva les bras au-dessus de sa tête pour s’étirer tranquillement, sans se presser. Et il se tourna vers elle, toujours tout sourire.

« C’est comme tu veux ! J’aime autant l’un que l’autre alors si tu as fait une overdose de cookies récemment, ça ne me pose aucun souci. Allez viens, enchaina-t-il avec un petit signe de tête on va voir ce qu’on peut foutre comme bordel dans la cuisine … »

Sifflotant gaiement, et lui tournant allègrement le dos pour éviter de remettre la pédale à semoule en marche, il franchit les quelques petits mètres qui séparaient le salon de la cuisine pour y entrer, limite victorieux. Son âge mental n’avait guère décollé du 2 en cet instant. Il s’avança vers un placard pour sortir saladiers et balance.

« Je ne sais pas si la branche française de la famille qui ressort ou quoi, mais j’adore ça. On y passait pas mal de temps avec mon père quand j’étais plus jeune. Soit on restait dans les clous en cuisinant des classiques, soit on testait des nouvelles recettes et ma mère servait de cobaye quand elle revenait … sauf quand c’était vraiment trop immonde pour qu’on lui laisse goûter. Il ne faut pas exagérer non plus. »

Certains résultats avaient été … pires que désastreux. Et ces fois-là, Flavie ne savait même pas qu’il y avait eu un raté. Tout était nettoyé, jeté avant qu’elle ne revienne. Ils ne lui présentaient que ce qui pouvait l’être, même si elle n’aimait pas.

« En fait, je crois qu’ils sont partis plus ou moins de l’idée de m’apprendre à cuisiner les bases, histoire que je ne colle pas au cliché de l’homme qui ne sait pas se débrouiller et qui ne se nourrit que de pâtes ou de plats livrés. Mais ils se sont vite rendu compte que j’adorais ça. Quand ma mère était là le week-end, on pouvait y passer un temps fou. Et Elena adorait quand c’était moi aux fourneaux alors, forcément, ça aide à y rester, surtout quand on aime ça initialement. »

Il continua de sourire, se remémorant des fous rires qu’ils avaient pu avoir en préparant simplement le repas du soir.

« Mais pardon, tu me disais ‘aussi’ tout à l’heure, parce que c’est également ton cas ? »

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Mer 14 Jan - 15:28

- Pardon ?

Si elle n’avait pas été « lancée » à sa façon, Rachel l’aurait volontiers excusé à défaut de savoir ce qu’il avait fait. En tout cas rien qui ne la contrariait, à part peut-être la gêner dans ses paroles mais vu le débit comme du fait qu’elle les suivrait malgré tout, ce n’était pas super-gênant non plus. Sans doute Abraham était-il le plus à plaindre en fait, discuter avec elle devait être chiant du fait de son morcellement de paroles mais c’était ainsi, s’il souhait un flot continue c’était par la pensée qu’il fallait converser.

En tout cas l’Echo laissa le surprit à sa surprise et poursuivit jusqu’à ce qu’il déraille et parte en fou-rire ; à elle de s’interrompre de surprise et de s’interroger : qu’est-ce qu’elle avait dit ? Le fait qu’elle voulait pas squatter longtemps ? Elle avait tant l’air que ça d’une squatteuse ? Mais c’était de sa faute à lui, c’était lui qui avait dit de faire comme chez elle ! P’tain, en plus il reprit avec une double excuse ; « excuse-moi, désolé », mais c’était bon, elle l’excusait, pas la peine d’insister. Et si c’était pas spécialement pour elle, d’où qu’il le redemandait trois fois ? La façon dont elle sortait « ça », sans doute, restait à savoir quoi ; c’était vraiment si surprenant qu’elle ne passe pas son temps à squatter ? Ey, elle avait une vie aussi ! Des activités, des amies, même un animal de compagnie. Il serait prévenu, il serait prévenu… ouais… Rachel le fixait mais pas tellement convaincu. Ce fut pour cela qu’elle conclu en toute dignité.

- C’est pas faux…

- Je ne te force pas à rester si tu n’en as pas envie, mais si tu veux cuisiner, ou regarder, et papoter un peu tout en esquivant une poignée de farine, tu es la bienvenue.

Il visait si mal que cela ? Et bah, l’agent secret tenait plus du Double Zéro que du 007. Après, il n’avait aucun moyen de la forcer d’aucune façon que ce soit, donc ça tombait sous le sens, quant à regarder quelqu’un cuisiner… Sadique ! Ça ne se faisait pas de regarder quelqu’un cuisiner, enfin c’était pas possible pour quelqu’un comme elle qui aurait tant l’envie de participer que de bouffer sans pouvoir faire l’un ou l’autre sans quoi elle participerait ou se prendrait autre chose au point de n’en avoir plus faim quant la cuisine serait terminée.

C’était comme elle voulait pour les brownies, là encore Abraham n’aurait pas à se répéter ; nan, elle n’avait pas vraiment faite une overdose de cookies mais varier un peu de temps en temps, de préférence en moins de deux semaines, c’était sympa aussi. De toute façon, au final elle boufferait quant même du chocolat donc niveau varier… Brownies ou cookies à la pâte d’amande, pourquoi n’y avait-elle jamais pensé ? Sans doute parce que c’était incuisinable, ouais…

Quant à venir foutre le bordel dans la cuisine… Abraham était définitivement masochisme. Rachel était bordélique, seulement elle n’avait pas assez d’affaire pour que cela ce voit, donc s’il lui donnait l’autorisation d’en foutre partout elle en foutrait partout. Et à son niveau, comme toujours. L’Echo le regarda s’éloigner, remit de sa position assise et sifflotant, alors qu’elle-même se contentait d’ajuster la sienne pour continuer à le percevoir de ses yeux.

- Je ne sais pas si la branche française de la famille qui ressort ou quoi, mais j’adore ça. On y passait pas mal de temps avec mon père quand j’étais plus jeune. Soit on restait dans les clous en cuisinant des classiques, soit on testait des nouvelles recettes et ma mère servait de cobaye quand elle revenait… sauf quand c’était vraiment trop immonde pour qu’on lui laisse goûter. Il ne faut pas exagérer non plus.

Rachel avait aussi passé beaucoup de temps à cuisiner dans son enfance, avec Ruby et pour le plus grand déplaisir d’Emma d’ailleurs ; elle, c’était l’inverse : plus s’était immonde, plus elle était pour le proposer à sa belle-mère, et quant c’était mangeable elle s’assurait de l’emmerder quant même en montrant toujours plus d’inventivité depuis la robe blanche-torchon à l’utilisation de certains accessoires pour faire des moules. C’était la classe le gâteau en forme de main, dommage que le gant ne soit pas récupérable après à cause des traces, traces qui ne partiraient pas aussi bien que celle de main qu’elle-même aurait sur la joue. Souvenirs heureux qui la firent sourire, puis tout se teinta de tristesse alors qu’elle reprit conscience qu’elles étaient mortes. L’Echo ferma les yeux et posa la tête sur le dossier, restant immobile et silencieuse après cela.

Abraham avait été éduqué pour ne pas ressembler au cliché ; ah, les clichés, elle s’en souvenait de certains, même si c’était plus par pays que par genre, considérant que l’endroit où elle avait grandie s’acharnait à les éduquer sans préjuger. En tout cas, il ne collait à aucun cliché connu de l’Echo en effet. Rafraichissant, détendu, ouvert, cela faisait plaisir à voir. C’était comme cela qu’elle avait tendance à être aussi, ou du moins qu’elle essayait ; elle ne s’était pas aussi bien remise que lui.

Elena ; était-ce la perte ? Le premier nom à venir et non désignatif de la relation comme les personnes précédentes évoquées. Rachel resta silencieuse, observant. Abraham avait l’air plus que ravis de ne plus être seul, il s’ouvrait et reprenait des habitudes qu’il avait eu avec des proches d’une façon impressionnante.

- Mais pardon, tu me disais « aussi » tout à l’heure, parce que c’est également ton cas ?

- Prendre des choses, les transformer en d’autres par son investissement avant de pouvoir les partager et les déguster avec d’autres…

Prenant appui de sa main posée sur le dossier et décroisant ses jambes pour poser l’une de ses bottines sur le canapé, Rachel se leva pour poser les fesses à côté de son premier appui et passer le second comme sa jumelle pardessus ledit dossier afin de se retrouver simplement de l’autre côté du canapé, avançant vers la cuisine qui se trouvait en face et celui qui se trouvait à l’intérieur.

- C’est un passe-temps qui se prépare et se partage. Il rassure aussi, on sait qu’on aura à manger et ce qu’on mangera.

Entrant dans la cuisine, elle se dirigea vers les plans de travail à gauche et commença à entreprendre d’y réunir sucre, œufs, farine, beurre et chocolat, continuant de se servir comme chez elle et n’hésitant pas à faire venir les choses par la pensée et la main ; un geste des doigts pour ouvrir la porte du placard, puis un autre pour faire venir à elle le contenant et elle l’attrapait simplement, le déposant avec le reste.

- Morceau de noix, caramel salé ou chocolat blanc ? demanda-t-elle simplement, alors qu’elle se dirigeait vers l’évier pour se laver les mains. J’aurai une préférence pour caramel perso, mais on peut en faire de plusieurs types.

Alors même qu’elle se savonnait les mains, Rachel entreprit de changer sa tenue pour quelque chose de plus adapté, ce qui lui demanda un peu plus de concentration. Lentement, ses vêtements commencèrent à changer, devenant plus couvrant alors qu’elle en faisait une tunique de cuisinière, blanche, au manche courte et à double boutonnage, couvrante de la gorge jusqu’aux genoux. Elle ne toucha en revanche pas au bas dans sa forme, même si le short comme les bottines adoptèrent la couleur blanche.

Secouant les mains en en éjectant l’eau pour n’avoir à se les essuyer, l’Echo se retourna vers Abraham en entreprenant de réunir ses cheveux en un mélange de tresse et de queue de chevale basse qui aurait plus pour but de les tenir dans son dos et éloigné de la nourriture qu’autre chose ; chose qui lui laissa tout loisir de s’interrompre dans son geste avant de lever les yeux au ciel en un sourire de dépit.

- Ep, presque, conclu-t-elle en finissant sa coiffure avant de s’en retourner au lavage de main. Sisi, j’arrive.

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Sam 17 Jan - 11:42

Sans savoir si elle avait les mêmes références que lui, après tout c’était une série française et il n’était pas sûr qu’elle ait traversé l’Atlantique, la réplique lui arracha un nouveau sourire. Abraham se retint, lutant fermement contre sa volonté, de lui demander ce qu’elle n’avait pas compris même si l’air qu’elle affichait en le fixant était loin d’être des plus persuadés. Il n’insista pas. Il n’y avait rien d’important et tant qu’elle ne prenait pas mal son éclat de rire, ce qui ne semblait pas être le cas, il n’avait pas à s’en faire.

En même temps qu’il répondait docilement à ses questions, il ne pouvait manquer de constater ce petit écart entre eux. Il avait la tendance, fâcheuse ou non selon le contexte, à s’épancher lorsqu’il était confiant ou avec des personnes qu’il appréciait, avec ou sans raison. En mission, il savait parfaitement la boucler pendant des heures entières si c’était nécessaire mais autrement … il aimait juste discuter. De tout et de rien. De sujets sérieux comme du temps qu’il allait faire. Mais d’autant plus si cela pouvait lui permettre de parler des siens et de montrer à tout le monde combien ils étaient formidables. Leur bonheur suffisait amplement au sien et penser à eux suffisait à le faire sourire.
Il était conscient que tout le  monde n’avait pas cette chance  et que certains en soient jaloux. Dans ces cas-là, lorsqu’il le comprenait, plus ou moins tard, il consentait à la boucler. Ne voyant plus Rachel d’où il était et n’entendant aucune contestation ou remarque, il ne savait pas vraiment encore ce qu’il en était. Peut-être avait-il raté une réaction en lui tournant le dos mais ça, n’ayant pas d’yeux derrière la tête et n’ayant pas conscience de l’environnement, il ne pouvait pas le savoir. Pas encore.

Il continua de sourire lorsqu’il entendit sa voix, simplement content qu’elle accepte à son tour de répondre. Il n’attendait pas autant de mots qu’il en avait énoncé. Même un basique oui ou non lui aurait suffi. Il était vrai qu’il appréciait de transformer les ingrédients en quelque chose de plus abouti. Il y prenait plaisir. Mais c’était dans le partage qu’il se retrouvait vraiment. S’il cuisinait avec quelqu’un ou pour quelqu’un, c’était un autre niveau de satisfaction. Il exultait. C’était une des raisons pour lesquelles il chérissait les repas en famille et entre amis. C’était juste une super concentration de ce qu’il aimait.
L’américain se retourna quand il entendit sa voix plus proche et resta silencieux, réfléchissant à ce qu’elle venait de dire pendant qu’il remarquait brièvement qu’elle connaissait parfaitement l’emplacement de tout dans sa cuisine. Et qu’elle utilisait ses pouvoirs. Savoir que l’on aura à manger et ce que l’on mangera. Si, plus jeune, il s’était parfois inquiéter de savoir ce qu’il allait manger, c’était uniquement pour s’y préparer psychologiquement s’il n’était pas fan ou râler pour le principe. Jamais il n’avait imaginé n’avoir rien dans son assiette. Etait-ce son cas ? Pourtant, si elle avait vécu à l’Institut … sauf s’il ne savait pas tout, ce qui était hautement probable. Ce n’était qu’une goutte d’eau de plus dans l’océan de son ignorance. Plus tard peut-être …

« Hm ? énonça-t-il, sortant de sa rêverie avant de se reprendre Pourquoi choisir ? Autant faire des trois … mais la moitié en caramel puisque c’est ce que tu préfères. Et si on n’a pas tout mangé d’ici-là, tu en emporteras avec toi. »

C’était normal puisqu’elle participait à leur confection et en plus, avec une joie similaire à la sienne. Et il était équipé : il avait de quoi faire des petits sachets. Il s’étira, prêt à se mettre au boulot, quand il remarqua que la tenue de son interlocutrice changeait aussi bien de couleur, optant pour le blanc, que de forme. Il en resta silencieux, observant le processus. Et uniquement le processus. Pratique, il fallait bien l’avouer. Le premier avantage qu’il remarquait était l’absence d’avoir à faire des machines pour le lavage. Le second, le gain non négligeable de place dans les armoires. Le troisième, le choix dans les tenues sans tenir compte de la physique et des règles de la couture.
Cependant, d’un point de vue tout personnel, il se demandait si ça se retirait. C’était nettement moins drôle si ce n’était pas le cas …
Il secoua la tête comme pour revenir au présent et constata qu’elle était en train de se coiffer. Pour éviter le problème des cheveux devant les yeux ou dans la pâte sans aucun doute. Il lui sourit.

« J’aurai pu te proposer un coup de main, je ne dois pas avoir oublié comment on fait même si ça fait un moment, mais je crois que tu n’as pas besoin d’aide ! »

Il attrapa son tablier, noir avec un squelette dessiné façon rayons X, passa la tête dans l’encolure et le noua dans son dos avec une facilité évidente due à l’habitude. Il passa à son tour par la case évier et lavage de mains. Il tendit le bras pour atteindre le torchon pour se les essuyer avant de le reposer au même endroit. Attrapant un saladier, il commença à y casser le chocolat blanc tranquillement.

« Je me demandais, entre autres choses, tu préfères parler de vive voix ou directement d’esprit à esprit ? Enfin, si ce sont les bons termes … »

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Lun 19 Jan - 15:18

- Pourquoi choisir ? Autant faire des trois… mais la moitié en caramel puisque c’est ce que tu préfères. Et si on n’a pas tout mangé d’ici-là, tu en emporteras avec toi.

N’avait-il aucune préférence, lui ? Rachel ne se plaindrait pas qu’on lui laisse la moitié à bouffer, puisque d’une ils étaient que deux donc une moitié chacun semblait logique et de deux elle était plutôt grosse mangeuse, néanmoins peut-être valait-il mieux faire en tiers… ou pas, même si elle ne voyait pas comment privilégier deux parties à la troisième sans faire du compliquer : la moitié, c’était simple, les deux cinquièmes pour chaque préférence et le restant pour le délaissé c’était déjà plus compliqué. Même si, en cuisinant pour quatre personnes, ça devait être faisait puisque les grammes devaient être divisibles… plus que les œufs en tout cas. Et elle n’allait pas essayer de diviser les œufs d’Abraham, les casser serait suffisant. Et oui, il était bien question d’en faire pour quatre personnes : une moitié pour elle ici, un quart pour lui, et elle repartirait avec le reste ; une fois encore c’était Abraham qui proposait.

Abraham qui aurait pu lui proposer un coup de main, pour les cheveux ; il proposait beaucoup de choses mine de rien, c’était intriguant. Tout autant que le fait qu’il ne devait pas avoir oublié malgré le temps. Non, elle n’avait pas besoin d’aide pour faire son truc qui ne ressemblait pas à grand-chose, et puis ne pas oublier comment faire ce genre de choses impliquait qu’il faille savoir les faire de base alors que ça ne nécessitait, aux vues de la réalisation, aucun savoir particulier. Enfin, des bases non accomplies. Mais l’idée y était et l’information aussi, même si l’Echo n’y répondit rien.

Un tablier assez étrange plus tard, son binôme en passa lui aussi par le lavage de mains, première et plus importante étape si l’on écoutait Jade qui était capable de demander à ce qu’on les relave entre les différentes étapes depuis son siège d’inspectrice des travaux finis. Et enfin ils commencèrent à entrer dans le vif du sujet.

250g de chocolat noir, 150g de sucre en poudre et autant de beurre, 1 sachet de sucre vanillé, 60g de farine, 3 œufs, du sel ; tout y était.  Abraham se chargeant de casser le chocolat Rachel s’en alla prendre une petite casserole pour la mettre sur le gaz, à feu doux, et y balança littéralement le beurre alors qu’elle retournait à l’évier et appelait à elle une autre casserole qu’elle remplie d’eau pour en faire un bain-marie.

- Je me demandais, entre autres choses, tu préfères parler de vive voix ou directement d’esprit à esprit ? Enfin, si ce sont les bons termes…

- Mentalement. En général c’est ce que je fais avec mes proches quant j’ai beaucoup de choses à dire.

Marquant une pause, elle ouvrit le robinet et se tourna pour continuer à le regarder et à converser.

- Penser est plus facile que parler, je trouve. Les mots… ils deviennent facilement compliqués ; double-sens, second-degré, tout ça quoi. Au naturel, les pensées de l’ont pas.

Au naturel. C’était là la base de la défense « volontaire » à la télépathie que de savoir jouer de cela et moduler ses pensées pour complexifier la lecture ; après, il fallait bien voir que ça ne fonctionnait qu’avec les pensées instantanées et la lecture superficielle donc que c’était complètement inutile si le télépathe remontait chercher l’information dans le cerveau mais c’était toujours prise de tête quelque soit le niveau d’expérience. Toute télépathe de haut niveau qu’elle soit, Rachel n’avait pas grande expérience de la télépathie mais une bonne méthode de contre : un gros « ta gueule » dans l’esprit d’un autre avait tendance à remettre les idées en place, ne serait-ce que pour l’incongruité de la chose.

- Après… c’est assez intime. Autant, les autres entendent uniquement ce que je leur transmets, autant moi j’entends tout ce qu’ils pensent.

D’aucun n’hésitaient pas à comparer la télépathie au sexe, du coup, chose que Rachel concevait sans être parti-prenante puisqu’ayant des problèmes particuliers avec le sexe alors que la télépathie lui était plutôt naturelle.

- D’où que je le fasse qu’avec mes proches d’ordinaire.

La question venait-elle du fait qu’elle avait employé ce moyen de communication durant Bleecker Street ? C’était parfaitement possible. Terminant de remplir la seconde casserole, l’Echo l’emmena jusqu’à la gazinière sur laquelle elle la déposa puis céda la place à Abraham et au chocolat. Il ne lui restait donc qu’à attendre que le beurre fonde…

- Après, sur le terrain ça peut être utile aussi. Mais ça peut être dangereux. C’est pour ça que j’ai coupé à Bleecker…

Rachel se tue sombrement. Télépathe de haut niveau, cela impliquait qu’elle disposait d’au moins six capacités télépathiques ; une ou deux, c’était bas niveau, trois à cinq niveau intermédiaire, six ou plus haut niveau. Simple, rien à voir avec la puissance. La puissance, elle avait, la maitrise non ; d’où que lorsqu’elle était en souffrance, il valait mieux qu’elle ne soit pas connectée avec autrui. Elle pouvait faire d’instinct beaucoup de choses dans et avec l’esprit d’autrui mais personne n’avait jamais prit la peine de lui apprendre à le maitriser ; les Limiers, pour traquer les mutants, et Exodus, pour se dissimuler, c’était tout. Jamais l’Echo n’avait participé au cours télépathique d’Emma Frost lorsqu’il en était encore question, jamais Xavier ne l’avait prise sous son aile pour lui enseigner et jamais Sage n’avait abordée le sujet. Peut-être serait-ce à elle de réclamer mais Rachel considérait son ignorance comme bienheureuse lorsqu’il s’agissait de ses pouvoirs, c’était un simili de limite rassurant. Dangereux oui, mais rassurant également.

Regardant le beurre fondre sans réellement le voir, elle hésita de longues secondes. Puis son regard vers se releva vers Abraham, bien plus terne qu’auparavant.

- Tu l’as vu ?

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Mer 21 Jan - 22:38

Silencieusement et tout en continuant de casser la tablette en petits morceaux pas forcément très équitables, Abraham acquiesça les propos tenus par Rachel, simplement pour notifier qu’il l’avait entendue même s’il n’ajoutait rien pour l’instant. Il mémorisait aussi bien le terme correct à utiliser, se demandant pourquoi le mot ne lui était pas venu au moment de poser sa question puisqu’il tombait sous le sens, que le contexte dans lequel elle le faisait. Avec des proches qu’elle avait dit. En un sens, c’était plutôt logique. Tout le monde n’appréciait pas d’entendre une voix supplémentaire dans sa tête. Cela en avait mené quelques-uns à faire de brillantes actions, comme bouter les anglais hors de la France, mais ils n’étaient pas Légion. Peut-être était-ce un mutant à l’époque … pourquoi pas ? Ce serait amuser de creuser un peu, par curiosité.
Après, les proches en question devaient en avoir l’habitude. L’imaginait-il en tout cas. En l’absence d’autres télépathes à portée, ce devait tout de même être un excellent moyen de communiquer tout en gardant la teneur de l’échange pour soi. Il se mit à sourire en pensant aux conneries qu’il aurait pu faire avec Ixas et Aiolos si tous trois avaient disposés de cette capacité … leurs enseignants ne s’en seraient jamais remis ! Il réprima un rire mais continua d’arborer un sourire en coin.
En attendant, lui-même ne se considérant pas forcément comme l’un de ses proches selon sa propre définition, il ne lui en tenait pas rigueur de discuter à haute voix.

La tablette y passait lentement mais surement alors qu’il oscillait la tête de droite, rythmant les propos que son interlocutrice énonçait au fur et à mesure. Plus facile. Peut-être. Il ne s’était jamais véritablement arrêté sur la question, il n’en avait pas d’avis bien tranché. Cependant, il était vrai que jouer sur les mots, de quelque façon que ce soit, pouvait compliquer grandement une conversation. Mais cela lui rajoutait un petit quelque chose. Est-ce que la pensée n’en était pas moins plate ou morne ? Pas forcément … il était persuadé d’être parfois très sarcastique sans pour autant que ses propos n’en deviennent audibles. Mais auquel cas, la pensée en devenait tout aussi compliqué, non ? Il décida de ne pas pousser d’avantage la réflexion, la gardant pour plus tard.

Si de base il n’était pas vraiment surpris qu’elle ne le fasse qu’avec ses proches, il l’était encore moins alors qu’elle lui rapportait qu’elle entendait tout ce qui se passait dans leur tête au même moment. Ce devait être assez déroutant quand l’habitude ou l’entrainement n’y était pas. Peut-être fatiguant à force, d’entendre ce que l’on ne voulait pas forcément savoir.

« J’imagine oui … il faudrait qu’ils puissent bloquer le reste mais ça reviendrait à être télépathe … dit-il en réfléchissant à moitié à voix haute Et tu ne pourrais pas toi … je ne sais pas trop, mettre une espèce de filtre qui empêcherait cette lecture ? Et … rha ! »

Un double juron russo-japonais échappa à l’américain. Il avait réduit la tablette entière sans y faire attention et il venait de tout mettre dans la casserole. Pour diviser et en faire plusieurs, c’était raté. Sous cette forme-là en tout cas. Il haussa les épaules.

« Tant pis. On en fera un second pour le caramel ! »

Il était loin d’être à quelques grammes de farine, de sucre ou autres. Il savait pertinemment qu’il disposait d’assez pour en refaire trois ou quatre dans la foulée avant de commencer à se demander s’il allait en avoir suffisamment.

Il allait répondre que sur le terrain, l’utile était souvent dangereux mais il n’en eut pas le temps. Elle s’interrompit d’elle-même en mentionnant Bleecker et il savait très bien pourquoi. C’était à ce moment-là qu’il, et les autres surement, avait vu un bout de son passé sans l’avoir demandé. Sans qu’elle ne le veuille. Cela semblait lui avoir échappé. Il ne connaissait pas les causes de cette fuite mémorielle. Emotion forte ? Peut-être. Ou pas. Il n’avait aucune connaissance dans ce domaine. Il n’était sûr de rien et ne présagerait de rien. Tout comme il ne chercherait pas à en savoir davantage si elle ne voulait pas en parler maintenant. C’était sa vie, son choix. Mais si cela pouvait la soulager de lui en faire part, alors il l’écouterait avec attention.

Il attendit. Il attendit et mélange le chocolat et le beurre, baissant la température pour éviter qu’ils ne brûlent. Il attendit et finit par regarder Rachel alors qu’elle lui posait cette question attendue compte tenu des derniers mots échangés. Peut-être n’aurait-il pas dû poser la sienne, de question. Peut-être qu’il aurait dû s’asseoir sur sa curiosité. Ce qu’il n’aimait pas, c’était cette diminution d’éclat dans ses yeux, comme si la joie venait d’en partir. A raison sans doute. L’épisode qu’elle lui avait transmis n’avait rien d’exaltant.
Ayant appris à le faire pour la réussite de certaines missions, il pouvait lui mentir et lui dire que non. Outre le fait que ça ne servirait à aucun d’eux, il n’avait tout simplement pas envie de faire ça à la jeune femme. Il continua de la regarder.

« Oui. »

Il ne pouvait faire réponse plus concise. Oui, il avait vu la neige et le sang. Oui, il avait senti le froid et la mort. Et par-dessus tout, il avait ressenti ce même désespoir. Si ce n’avait pas été elle en face de lui, il serait avancé pour l’étreindre, parce que la chaleur humaine était un réconfort. Là, il ne savait s’il en avait le droit ou non. Alors le bras qu’il avait commencé à lever retomba contre son flanc.

« Je suis désolé de ce qui t’est arrivé ce jour-là. Tu n’aurais pas dû … personne ne devrait avoir à vivre … »

Il ne termina pas sa phrase et soupira doucement. Il jeta un bref coup d’œil à son alliance avant de commencer à la faire tourner du bout du pouce.

« Je ne sais pas si tu préfères en parler, maintenant, une autre fois ou jamais, mais si tu en as besoin, tu sais où me trouver. »

Devait-il se remettre à cuisiner l’air de rien ? Non, ce serait lui manquer de respect tant qu’elle ne lui avait pas répondu. Il préférait attendre qu’elle lui réponde, qu’elle fasse un signe ou un geste, peu importe quoi. Elle méritait cette attente.

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Jeu 22 Jan - 16:52

Bloquer le reste… oui c’était ainsi que se passaient les transmissions neutres entre télépathes, lorsque les deux esprits étaient connectés ; avec un esprit connecté à un autre, avec un rapport de force inégal, ce n’était pas le cas. Quant à mettre un filtre, peut-être ou peut-être pas, elle n’en savait rien. Et pour une seconde fournée de Brownies, elle n’en savait rien non plus. C’était lui qui était questionné sur son savoir, lui qui avait prise la place qui lui avait été laissée malgré son « erreur ». Il la regardait tout autant qu’elle le regardait et il lui répondit aussi simplement et sobrement qu’elle lui avait demandé.

Alors elle baissa les yeux et serra les lèvres. Alors il ramena son bras contre lui.

The Sound of Silence by Simon & Garfunkel on Grooveshark

- Je suis désolé de ce qui t’est arrivé ce jour-là. Tu n’aurais pas dû… personne ne devrait avoir à vivre…

Les mots moururent dans un soupir discret mais bien là, alors que les regards s’en allaient à un unique objet sur lequel il commença à jouer, parlant plus que ce que les mots n’auraient pu dire. Parler, maintenant, une autre fois ou jamais. Ecouter, maintenant, une autre fois ou jamais. Elle continua de fixer l’alliance, ses propres mains s’approchant pour qu’index et pouce touchent son annulaire qui n’en avait jamais eue.

Le silence se serait installé s’il n’y avait eu ces deux casseroles sur le feu mais leurs clapotis ne faisaient-ils pas partis des sons du silence ? Une vision s’insinuant lentement et laissant des graines, restant encore dans leurs esprits en un silence alors même qu’elle contenait ses propres sons. Un rêve agité où l’on marchait seul dans des rues étroites clairsemées d’halos de lumière et parcourues d’humidité glacée. Un rêve qui ne se terminait que lorsqu’on ouvrait les yeux sur l’aveuglante d’une lumière nouvelle, déchirante, et que l’on restait là, plus ou moins paniqué, à nouveau entouré des sons du silence.

Rachel ferma doucement les yeux alors que son visage se défigurait des Marques d’Assermentation des Limiers, tatouages allant par paires en une simili-symétrie et lui partant du front pour disparaitre sous sa chevelure, des joues pour s’en aller jusqu’à ses oreilles et partir vers ses épaules, et du menton pour glisser sur la gorge et disparaitre sous ses vêtements. Abraham touchait du doigt ce qui avait été son bonheur et symbolisait maintenant un malheur, l’Echo répondait par ce qui avait été son malheur et symbolisait tant la volonté que plus jamais cela ne se reproduise que, quelque part, la mémoire de son bonheur également. Pourquoi ne les laissait-elle voir que lorsqu’elle se battait pour les X-Men ? Etait-ce parce qu’elle ne voulait pas des atrocités de son passé dans le quotidien de sa seconde chance ou bien parce que, quelque part, ces marques ne symbolisaient pas que le mal qu’elle avait pu faire mais également comment des gens comme Kate ou son mari avaient essayé de transformer ce mal en bien ? Rachel n’en savait rien, ce qu’elle savait juste c’était que la simple vision de ces cicatrices morales dans le miroir lui donnait envie de pleurer d’un mélange d’émotions aussi extrême qu’ambivalent.

Le silence continuait de grandir, non par non-dit mais par laisser-entendre. Il avait des choses à enseigner, il avait des choses à montrer.  Comme des goutes de pluies silencieuses, ces choses étaient et raisonnaient.

- En parler sans discuter, s’écouter sans s’entendre, n’est-ce pas ce qu’on fait déjà ?

Son murmure était audible, un écho de l’Echo. Leurs tristesses n’étaient pas de celles qui s’effaçaient avec le temps, il fallait apprendre à vivre avec et à continuer malgré tout ; les aides permettaient de continuer, de penser à autre chose, peut-être même d’oublier parfois, mais c’était et ça serait toujours là. Relevant doucement le visage, Rachel fixa Abraham.

- J’essaie de ne plus comparer les peines.

Elle se tue, non parce qu’elle ne savait pas quoi dire après mais parce que c’était là tout ce qu’elle avait à dire pour l’instant, une pensée émergeant des autres, un triste énoncé d’un apprentissage de Bleecker Street. Jusqu’où pouvait-elle en parler ? Jusqu’à ce que son cœur lui dise stop, pour une raison ou une autre, dans un sens ou un autre.

- Personne ne devrait avoir à vivre cela… Caitlyn l’a vécu, ce jour-là. Elle…

Rachel remonta ses bras pour les croiser contre son torse et baissa les yeux vers la gauche. Elle se serait bien appuyée de l’épaule ou du dos contre quelque chose mais un dodelinement fut son seul mouvement, lui rappelant qu’il n’y avait rien pour la soutenir pour l’heure.

- Elle m’a dit un jour avoir endurée une douleur pire que ce que j’avais enduré. Mais aucune douleur ne m’a jamais tuée. Perdre sa fille l’a tuée, ce jour-là. Alors je lui ai ramenée.

Relevant le visage, l’Echo commença à trembler. Qu’était-ce ? Elle-même n’était pas sure de le savoir. Tristesse, oui, mais pas seulement. Un mélange complexe, acide, lui crispant le visage et lui réchauffant le regard.

- J’ai perdue toutes les personnes que j’ai connues, que j’ai aimées, durant les vingt premières années de ma vie. J’en ai même tuées certaines. J’ai apprit à développer ma mémoire pour me souvenir du nom des morts…

Sa mâchoire se resserra et ses lèvres recouvrir ses dents, se pinçant. Tout son corps se tendit, peut-être à l’encontre des tremblements même s’ils n’en furent que plus présents. Rachel continua de parler malgré cela, n’ouvrant pour réellement la bouche pour s’exprimer.

- Je peux perdre tout le monde… amis, famille, mari, enfant… j’y survivrais… j’y survivrais encore…

Prenant une grande inspiration, l’Echo sembla se radoucir, se détendre, s’attrister. Ses bras tombèrent et les tremblements furent laissés à leur naturel.

- Mais que les personnes que j’aime se perdent entre-elles, reprit-elle d’une voix bien moins froide, légèrement cassée, non. Quoi qu’elles en disent, quoi qu’elles en pensent, elles ont leurs limites. Ce qui m’est arrivé ne doit jamais leur arriver.

Sortant de ses songes, Rachel posa de nouveau le regard sur leur témoin ; témoin qu’elle ne connaissait pas assez pour qu’il soit légitime dans ce qu’il venait de voir mais qui l’avait vu tout de même. Elle prit une inspiration, à nouveau, mais plus courte que la précédente puisque mêlée à un reniflement discret.

- Je suis désolée que tu comprennes cette peine… désolée que tu l’ais vécue… Perdre amour et enfant… je ne crois pas qu’il y ait pire.

Caitlyn partageait certaines de ses douleurs et elles en étaient devenues sœurs ; Sœur de Cœur ou Sœur de Souffrance, qu’importait, elles s’étaient adoptées sœurs. Abraham partageait d’autres souffrances, celles-là même que Caitlyn n’avait pu supporter ; que deviendraient-ils ? Il n’y avait qu’une place surpassant celle de la Gardienne du Cœur, Rachel ne savait juste pas si elle était prête et encore moins comment Abraham le vivait et le vivrait de son côté.

Elle ne lui demanderait pas s’il voulait en parler, maintenant, une autre fois ou jamais, pas plus qu’elle ne préciserait qu’en cas de besoin il savait où la trouver. Il n’avait besoin d’elle pour cela.

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Mar 27 Jan - 21:20

Peut-être aurait-il poursuivre son action et l’étreindre. Peut-être qu’il aurait dû se foutre d’en avoir le droit ou pas. Peut-être qu’il aurait y aller à l’instinct et aviser après pour les conséquences de son geste. Mais il ne l’avait pas fait. Et maintenant, Abraham voyait Rachel baisser les yeux. Puis lui-même regarda son alliance avant de jouer avec, par réflexe.
Il s’était fait à la mort de sa femme et de sa fille pourtant. Il pouvait très bien en parler sans le moindre souci. Il en était capable … dans un contexte plus ou moins normal. Là, c’était un ensemble d’éléments qui le faisaient réagir ainsi. Et la question qu’il s’était déjà posée dans les souterrains de Bleecker revenait : quel était le pire, perdre son enfant avant même qu’il n’ait vu le jour ou lui laisser 6 ans pour s’épanouir avant de le voir s’échapper ? Il n’avait toujours pas de réponse. Il ne pensait pas l’avoir de sitôt. Et cela ne changerait rien de toute façon. Cela ne les leur ramènerait pas. Il s’apprêtait à soupirer mais le mouvement de son interlocutrice l’interrompit.
Définitivement, il n’aurait pas dû interrompre son geste.

Il leva le regard vers elle et l’observa fermer les yeux puis suivit, avec intérêt et curiosité, l’apparition de marques qu’il ne lui connaissait pas. Elles aussi devaient avoir leur histoire. Mais il croyait fermement qu’il était bien trop tôt pour en demander les détails. Il ne pouvait que supposer. Il présumait qu’elles avaient un lien avec la perte évoquée. Mais dans quel contexte et quelles proportions, il n’en avait pas la moindre idée. Il partait juste du principe que c’était un lien avec son passé. Et qu’à l’image de son alliance, il devait être à double tranchant : figure de bonheur et de malheur.
Il s’attarda sur ces tatouages carmin, les suivant des yeux.  Ceux du front continuaient-ils sous la chevelure rousse, épousant son crâne et se terminant dans son dos ? Ou bien s’arrêtaient-ils nettement à un moment ? Les mêmes questions se posaient avec les autres, que ce soit sur les joues vers les oreilles ou de son menton vers son cou. D’un point de vue plus pratique, comment avaient-ils été tracés ? Comment faisait-elle pour les faire apparaître et surtout disparaître sur demande ? Simple volonté de sa part ou cela lui demandait plus de concentration ? En souffrait-elle, physiquement ? Psychologiquement, il se doutait que cela ne devait pas être simple puisqu’elle ne les arborait pas en toute circonstance. Cela pour être simplement pour ne pas être dévisagée mais il supposait que ce n’était pas si primaire comme réflexion.

L’américain ne répondit pas à sa remarque murmurée alors qu’il la regardait. Il était d’accord avec elle sur le premier point. Ils laissaient voir à l’autre ce qui les avait marqués. En bien, en mal. C’était un premier pas. Cependant, il n’estimait pas ne pas l’entendre. Mais peut-être avait-il tort. Peut-être quelque chose lui avait échappé. Et si c’était le cas, puisse-t-elle lui laisser une chance de se rattraper.

Il ne cilla pas quand elle releva la tête et continua simplement de la voir. Essayer de ne plus le faire ? Parce qu’elle en avait l’habitude auparavant ? Lui-même n’avait jamais vraiment cherché à le faire. Jusqu’à sa rencontre. Et la question ne le torturait pas. Elle était revenue, revenait et reviendrait peut-être par instant mais ne s’était pas imprimé, ne s’imprimait pas et ne s’imprimerait jamais en priorité. Peut-être qu’il poserait la question à ses proches, et surtout à son père, pour avoir un avis, mais c’était bien tout ce qu’il comptait faire. Peut-être. Après tout, cela faisait presqu’un mois et il n’avait rien demandé …
Ainsi, Caitlyn y avait eu droit à son tour ? Elle était déjà morte quand il lui avait adjoint d’aller la chercher alors. Elle-aussi était arrivée trop tard. N’être là que pour constater la réalité, il connaissait. Et c’était cela qui le hantait le plus. N’avoir rien pu faire de plus pour elles. Il laissa Rachel croiser les bras et regarder ailleurs alors que lui-même n’avait toujours pas bougé d’un pouce. Un bout de cerveau encore dans la cuisine lui rappela qu’ils avaient mis des casseroles sur le feu. Il le coupa machinalement. Mais c’est bien là le seul mouvement qu’il effectua.

Pour se permettre de répondre, il lui aurait fallu en savoir plus. Il ne savait pas par quoi elles étaient passées. Il avait un bout de solution pour la jeune femme qui se tenait en face de lui mais il ne savait rien de l’autre. Comment se faire un avis en partant de rien ? Il n’eut pas le temps d’assimiler les premiers propos que les derniers prenaient la place. Ramener les morts lui était donc possible. Il y a quelques années, il l’aurait sans doute suppliée pour qu’elle lui rende les siens. Mais à quel prix ? La question s’appliquait autant à elle qu’à lui. Et pourquoi choisir Elena et Kira ? Comment décider qu’une personne valait plus qu’une autre ? Il ne l’enviait pas, pas du tout. Il ne voulait pas avoir ça sur la conscience. Il se demandait de ce fait comment elle faisait pour gérer ça.
Il continua d’écouter ce qu’elle disait, découvrant des nouveaux pans de sa vie, toujours moins joyeux. En 32 ans, il en avait perdu deux. Il n’imaginait même pas ce qu’il aurait pu devenir si ce chiffre avait été plus élevé. Comment faisait-elle pour surmonter toutes ses pertes ? Comment faisait-elle ? Survivre n’était pas vivre. Perdre tout le monde … c’était impensable pour lui. Perdre tous ceux qu’il aimait serait cette fois au-dessus de ces forces. Parce qu’il n’y aurait plus personne pour l’aider. Parce que sans eux, la vie n’avait rien d’engageant. Et qu’il préférait l’espoir de les retrouver dans un ailleurs que de vivoter dans un morne et dénué d’intérêt.
Et elle-même alors ? Ne risquait-elle pas de se perdre en plaçant toujours les autres avant elle ? Ne  risquait-elle pas de s’oublier ? Il comprenait aisément pourquoi elle souhaitait le faire. Mais il ne trouvait pas ça juste, pour elle. Qui faisait la même chose pour elle ?

L’ancien soldat croisa de nouveau le regard vert de Rachel, l’écouta et n’hésita pas cette fois. Il tendit les bras, les passa dans son dos et l’attira à lui pour l’enlacer sans se soucier des conséquences. Il n’avait aucune arrière-pensée en tête, il voulait juste partager de la chaleur humaine, parce que c’était efficace comme réconfort. Juste lui faire savoir qu’elle n’était pas toute seule.

« Vivre sans amour. Je pense que c’est pire. Même en les ayant perdues, je préfère avoir eu la chance de connaître Elena, le bonheur de l’épouser et la joie d’avoir eu une petite fille que d’être passé à côté. »

Il finit par relâcher son étreinte, ne sachant pas véritablement combien de temps il se l’était permis, avant de se retourner vers les fourneaux. Il ralluma les plaques. Les brownies n’allaient pas se faire tout seul. Et eux-aussi étaient du réconfort.

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Ven 30 Jan - 14:53

Quand on perd son amour by Saez on Grooveshark

Abraham fit face et ne se détourna que pour couper le gaz mais cela n’empêcha pas l’explosion puisqu’à dire vrai Rachel ne prit pas réelle considération de ce geste. Elle n’en était plus là, plus à cela, mais continuait sur sa lancée, simplement, naturellement, entre tristesse et colère, entre haine et amour…

Qu’y avait-il à répondre à ses paroles ? Qu’y avait-il à répondre à elle ? Ils en étaient sans doute au plus difficile, au seuil de ce qu’elle était. Peu y avaient été, peu avaient été confrontés à cela. Même parmi ceux qu’elle considérait comme ses proches. Et moins encore avaient été capables de franchir cette porte, de braver la tempête de meilleur et de pire qui se trouvait derrière. Caitlyn était gardienne de cela, tant par affection que devoir sans doute, et était sans doute la seule à pouvoir se tenir face à elle en connaissance de ce qu’elle était réellement. Ernest en avait été capable également mais il n’avait pas cette volonté de cultiver le mieux juste celle de trouver protectrice et n’était plus, désormais. Mais les autres… Amy et Sanzo s’aveuglaient, Jade, Ninon et Kaede ignoraient, Kaya avait fuit. Abraham, lui, écarta les bras, s’avança, et l’enlaça pour l’attirer à lui.

Rachel le laissa faire, comprenant bien l’intention derrière le fait qu’il ne vienne pas jusqu’à elle mais tente de lui faire faire le dernier pas ; vint-elle ? Pas immédiatement, non, elle resta un instant à résister à ce contact en se tendant en un réflexe défensif. Il n’alla pas plus loin, ce réflexe, alors la jeune femme finit par accomplir le pas en se collant contre le torse de l’homme, posa sa joue contre la clavicule et le nez contre la gorge. L’Echo n’était pas douée avec les contacts malgré un naturel tactile, elle avait ce même déphasage comme cette même sincérité dans ses interactions physiques, allant du câlin au coup de poing fonction de ce qui lui passait par le cœur, ainsi tendait-elle plus à se laisser faire puis à mimer ou à réclamer simplement. Et accepter qu’on lui fasse tendant de ce même ressenti de l’instant. Le ressenti avait commencé par la méfiance primaire puis c’était laissé allé à la confiance. Non, Rachel n’avait pas enlacé Abraham en réponse, il restait le seul maître de cette accolade, libre de la maintenir ou de la briser à l’envie alors qu’elle se contentait d’y être, d’y prendre part. D’y prendre sa part, d’une certaine façon.

- Vivre sans amour. Je pense que c’est pire. Même en les ayant perdues, je préfère avoir eu la chance de connaître Elena, le bonheur de l’épouser et la joie d’avoir eu une petite fille que d’être passé à côté.

- J’aurai aimé mourir avec eux… mais j’y arrive pas.

Un mal pour un bien, certainement, mais c’était là l’ultime échec de sa vie : l’Echo du Phénix n’avait jamais réussit à sauver ceux qu’elle aimait, malgré cette absence de limites qui la caractérisait, et elle avait été incapable de les rejoindre. Que ce soit de la mains d’autrui ou de la sienne. Même ses décès n’avaient été que temporaires et n’avaient, à partir du second, plus réellement affectés ses proches. Comment craindre la mort lorsqu’on était capable de changer cet état ? Comment mourir lorsqu’on était une incarnation de la vie et du feu ? Rachel ne devait pas manipuler l’état de crainte que justement la crainte de la mort ne disparaisse, elle avait comprise la leçon, et devait simplement vivre jusqu’à ce qu’elle doive disparaitre, d’une façon ou d’une autre. En attendant restaient les errances et les compagnons de route mais c’étaient ces derniers qui faisaient toute la valeur du trajet, elle le savait.

Sa parole énoncée et sa pensée réfléchie, Rachel se laissa aller et ferma les yeux. Vivre sans amour comme pire douleur, elle ne le pensait pas; mais peut-être que le vide était pire oui. Elle avait été beaucoup de choses et ressentis tout autant mais jamais elle n’avait été vide ou évidée. Peut-être, du fait, que la douleur de Caitlyn avait été pire dans l’immédiateté mais elle s’était estompée avec le temps. Dans tous les cas, était-ce si important que cela ? Pourquoi comparer, surtout si c’était dans le pire ? Pourquoi ne pas simplement chercher le meilleur ? C’était tellement plus facile, sans doute. Mais vivre était difficile, la facilité c’était la mort.

Le câlin fini par s’arrêter, conformément à la volonté de celui qui l’avait initié, et ce dernier s’en retourna à la cuisine. Immobile, la jeune femme regarda distraitement cela se faire sans elle.

- En fait, reprit-elle alors qu’elle revenait de son absence, tout chocolat c’est pas une mauvaise idée.

Bon, le chocolat blanc était le pire des chocolats mais elle n’en reviendrait pas sur les notions du pire. Rachel avait prit un coup de fatigue, cela se percevait parfaitement sur son visage comme son attitude. Se rapprochant de la gazinière à son tour, elle fixa simplement le beurre en attendant qu’il fonde, le moule à manqué déjà prête à le recevoir. La jeune femme laissait à Abraham le soin de mettre son four à préchauffer puisque c’était lui qui en connaissait le fonctionnement et sans être incapable de le faire marcher elle n’avait pas envie de se prendre la tête à comprendre comment cela marchait. Du fait elle resta simplement là, absente ou au moins au ralenti, alors que les minutes s’écoulaient à nouveau.

- Tu sais, finit-elle par dire doucement alors que ses pensées en arrivaient à nouveau à ce point, toutes les personnes qui partagent une douleur avec moi ont finie par devenir importantes.

Jade et le viol, Kaede et les expériences, Sage et l’oubli, Amy et la perte de l’être aimé, Caitlyn sur beaucoup trop de points dont la destruction dans la violence et les pertes de la famille, de l’être aimé et de son enfant à présent. C’était ces souffrances partagées qui permettaient d’aller au-delà de la sympathie comme elle pouvait en avoir pour Nobody, pour Irina, pour Sean… Sanzo avait été une exception mais il avait une souffrance désormais, celle de la perte de Jade, et Ninon pouvait rejoindre ce cercle d’affection  douloureuse à présent. Prenant une grande inspiration, l’Echo tourna son regard vers Abraham.

Les yeux verts surlignés de sourcils roux sombres et encadrés de tatouages rouges fixèrent silencieusement plusieurs instants puis retournèrent au beurre qui commençait à s’agiter. Rachel tendit la main pour prendre la casserole et s’éloigna, éteignant le gaz d’une pensée, puis se posant au-dessus du moule à manqué et entreprit d’y verser directement le beurre, doucement, portant le plat de sa main libre au-dessus du flux pour le limiter par la pensée et ainsi palier à la non-utilisation d’un pinceau pour badigeonner ; néanmoins elle en avait le geste, il ne lui manquait que l’instrument.

Une fois cela accomplit, elle se tourna vers Abraham pour lui tendre d’une main le moule à gâteau, dirigeant son autre vers les divers sachets de sucre en poudre et vanillé qu’elle fit léviter en agitant les doigts, les amenant à portée pour pouvoir les verser une fois que le chocolat fondu serait mélangé avec le beurre.

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Dim 1 Fév - 16:02

Sans que l’américain ne s’en rende vraiment compte, il avait légèrement resserré son étreinte suite à l’entente de ses propos. Il comprenait bien qu’elle n’arrivait pas à mourir. Ce point était totalement clair. Son interrogation portait plutôt sur le sens de cette négation et par extension, sur la façon de s’y prendre. Est-ce qu’elle n’arrivait pas à franchir le pas pour s’ôter la vie ? Ou bien est-ce qu’elle ne pouvait tout simplement pas passer de l’état de vivante à décédée ?
Dans le premier cas, c’était tout à son honneur qu’elle n’y arrive pas. Mourir est facile. Vivre était plus dur. Et d’autant plus lorsque l’on perdait les siens. Il le savait bien. Il l’avait envisagé pendant  un temps, au début, de les rejoindre. Parce qu’il n’arrivait juste pas à vivre sans elles. Il avait été invivable, exécrable durant les premiers mois. Il survivait dans une espèce de paradoxal relationnel : quand il était seul, il recherchait la présence de ses parents ou de ses amis, quand il était avec eux, il étouffait rapidement et trouvait une excuse pour s’en aller. Et ainsi de suite. Personne n’en avait pris ombrage. Personne ne s’en était vexé. Personne ne le lui avait reproché. Tous avaient été compréhensifs et patients. Et puis un jour, le déclic. Cela ne lui apportait rien. Cela ne les lui ramènerait pas. Il fallait qu’il aille de l’avant et qu’il vive, et non survive, avec leurs souvenirs. Se rappeler du meilleur parce qu’il était plus important.
Quant au second cas … il ne savait pas vraiment quoi en penser. Il n’était pas étonné dans le fond. Après tout, elle était aussi le Phénix. Et ce dernier n’était-il pas connu pour renaître de ses cendres ? Et pourtant … il ne l’enviait pas. Bien sûr, cela devait avoir une sorte de côté pratique mais il trouvait que ça retirait un des attraits de la vie justement, l’idée qu’elle va se terminer et que le temps qui nous est accordé est défini. Il y avait aussi la relation avec les autres. Cela devait forcément influer. La peur de la perdre devait s’estomper puisqu’elle pouvait revenir. Là encore, si c’était bel et bien le cas, il ne trouvait pas ça très juste pour elle. Il ne trouvait pas ça normal. Même si c’était à un autre niveau, l’entrainement rigoureux qu’avait reçu son ancienne unité ne l’empêchait pas de craindre pour leur vie même s’ils étaient tous à même de revenir de mission. Peut-être aborderait-il ce sujet une autre fois.

Alors qu’Abraham avait lâché Rachel et rallumé les plaques, il constatait enfin la présence des deux casseroles. La sienne, avec le chocolat blanc et le beurre qui fondaient. Et l’autre, à laquelle il n’avait pas fait attention jusqu’ici et qui ne contenait que du beurre. Pourquoi ? Il devait avoir raté un épisode. C’est en y réfléchissant qu’il répondit distraitement mais avec le sourire.

« Le chocolat n’est jamais une mauvaise idée … »

Excepté à Noël ou à Pâques peut-être. L’indigestion pouvait arriver rapidement. Mais à part ça … il s’assurait toujours d’en avoir plusieurs tablettes à disposition, au cas où. En attendant, il avait son mélange chocolat blanc et beurre, il lui restait à mixer les œufs et le sucre … puis à ajouter la farine et le sucre pour finir par tout rassembler. Alors pourquoi cette seconde casserole pleine de beurre ? Il avisa alors le moule que la jeune femme avait sorti. Est-ce que chacun suivait une recette différente tout en pensant que l’autre avait la même ? Alors qu’il entreprenait d’allier les œufs et le sucre dans un autre saladier, tout en surveillant du coin de l’œil la fonte et en réfléchissant à l’hypothèse qu’ils n’étaient plus sur la même longueur d’onde culinaire, il l’écouta reprendre la parole.

Une fois de plus, il trouvait ça assez triste. Peut-être qu’elle-même ne le voyait pas comme ça mais c’était son ressenti. Il n’y avait pas que des douleurs à partager. Il y avait tellement d’autres choses, plus belles, plus joyeuses. La peine était une sorte de relation, il ne le niait pas. Mais n’avoir que ça risque de finir par être destructeur. Il lui sourit doucement et reprit tranquillement, lui donnant alors son avis sur la question.

« Alors j’espère que nous trouverons autre chose à partager. Ce serait dommage et surtout malheureux de se limiter à cette comparaison. Cela dit, je crois que nous avons déjà la cuisine … donc on est plutôt bien parti je trouve ! »

Enfin, s’ils arrivaient à finir les brownies … ce qui n’était pas gagné au premier coup d’œil. Il observa Rachel sans ciller, souriant toujours puis se détourna en  même temps qu’elle lorsque le beurre se rappela à eux dans un gargouillement. Il ne savait pas à quoi il s’attendait mais … pas à ça. Ce n’était pas l’emploi de la télékinésie qui lui posait un problème. En fait, ce point de détail lui passait totalement, complètement au-dessus, chacun sa technique et ses moyens. En revanche, pourquoi diable versait-elle le beurre dans le moule ?
Par réflexe, il l’attrapa quand elle le lui tendit mais son regard alterna entre elle et lui.

« Hum ... Rachel … au risque de paraître idiot … je peux savoir ce que tu fais avec ce beurre ? »

Un rire nerveux lui échappa alors qu’il posait le moule sur le plan de travail pour éviter de le renverser et d’en foutre partout.

« Je crois que nous n’avons pas exactement la même recette en tête. Côté proportions, ça y ressemble mais pour la suite, pas vraiment ! Perso … j’allais ajouter la farine et le sucre vanillé puis mélanger avec le chocolat et beurre fondus … que je vais couper tout de suite pour éviter qu’il ne me crame entre les mains. dit-il en s’exécutant, poussant la casserole sur une autre plaque avant de continuer Et après, j’aurai tout mis dans un moule que j’aurai enfourné. D’ailleurs, un préchauffage ne serait pas du luxe. »

Il se détourna vers le four qu’il régla au thermostat 6, soit 180° à peu près, et à la chaleur tournante. Et fixa de nouveau Rachel, curieux.

« Du coup … tu allais faire comment toi ? Parce que j’ai l’impression que ça ne devait pas être tout à fait ça … »

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Mar 3 Fév - 20:07

Le chocolat n’était jamais une mauvaise idée ? Tout dépendait lequel et le chocolat blanc était sans doute le pire. Mais les Brownies étant majoritairement composés de noir, ce n’était pas les quelques carrés de blanc qui poseraient problèmes… à moins que ; quel chocolat Abraham avait-il fondu pour faire le gâteau ? Rachel n’avait pas réellement fait attention ni supervisée comme elle pouvait le faire et n’en avait pas envie : elle faisait, et voilà.

- Alors j’espère que nous trouverons autre chose à partager. Ce serait dommage et surtout malheureux de se limiter à cette comparaison. Cela dit, je crois que nous avons déjà la cuisine… donc on est plutôt bien parti je trouve !

Les lèvres de l’Echo se plissèrent légèrement à cette réplique, tant face à l’enthousiasme de l’autre que face à son positivisme ; non, elle n’avait pas non plus l’intention de se limiter à ce point commun mais avait parlé sincèrement, sans attendre de réelle réponse. Trouver autre chose à partager lui allait, de ce fait, même si cela restait vague.

Et en parlant de cuisine et de partager, elle tendit le plat beurré à Abraham pour pouvoir constater combien sa simplification extrême de la cuisine en équipe l’avait conduite sur une autre voie que celle de son coéquipier, même si ce dernier eue la bonne idée de ne pas lui laisser bêtement tendre l’objet et le prit ; pas sans rien dire, s’eut été exagéré, mais tout de même, il y avait effort. Ou pas. Quant à ce qu’elle faisait, cela lui fit lever les sourcils et elle aurait bien répondu qu’elle suivait la recette si le rire de l’homme ne l’avait pas devancée, alors même que ce dernier se débarrasser du plat.

Pas exactement la même recette en tête… voilà pourquoi elle préférait la télépathie ! Pas de problème quant à savoir ce que l’autre avait en tête. Niveau des proportions, ouais peut-être, mais ils ne boufferaient pas directement les proportions, fallait les cuisiner avant. Ajouter la farine et le sucre vanillé puis le chocolat beurré fondus avant de couper le tout et de le foutre au moule lui-même foutu au four qu’il n’avait pas encore pensé à allumer. D’accord. En effet, pas du tout la même recette en tête.

- Du coup… tu allais faire comment toi ? Parce que j’ai l’impression que ça ne devait pas être tout à fait ça…

- Non, répondit-elle simplement, directement. J’étais partie sur faire fondre le beurre dans une casserole, ce qui est fait, et en faire de même pour le chocolat noir dans un bain-marie.

Une chose qui était faite, mais pas pour le chocolat noir et à force de ne se fier qu’à ses sens psychiques elle n’avait pas faite gaffe de sa vue, même si cette dernière comme son esprit avait été occupée.

- Puis badigeonner le moule à manqué et faire chauffer le four, mélanger le chocolat fondu avec le beurre, y foutre le sucre en poudre, le vanillé et les œufs en omelette avec un peu de sel puis la farine.

Première partie, c’était faite, seconde, c’était à faire et visiblement ça bloquait même si en définitive les étapes différaient mais le reste restait approximativement similaire. Bon, après l’approximativement étant le plus sur moyen de rater la cuisine…

- Enfin, foutre dans le moule et foutre un quart d’heure au four. Laisser refroidir dans le four cinq minutes puis ne pas attendre plus, couper et bouffer. Je crois que c’est comme ça qu’on fait.

Rachel avait une excellente mémoire, ou plus précisément une mémoire eidétique par palais de mémoire comme télépathie ; néanmoins elle n’avait jamais eut le loisir d’y inscrire des recettes de cuisine de son enfance et qu’elle se plante complètement était probable. Elle ne s’en excuserait pas, elle n’avait rien fait de mal, mais c’était assez problématique pour la suite des opérations.

Croisant les bras, l’Echo regarda les ustensiles comme les ingrédients encore libres et se renfrogna, grimaçant légèrement. Bon, le point positif c’était qu’elle avait faite comme chez elle jusqu’au bout, recette incluse, juste qu’elle était chez Abraham qui faisait de même du coup sauf pour le seul truc qu’ils faisaient ensemble. C’était presque drôle pensé ainsi.

Penchant la tête sur le côté, Rachel ramena son regard sur Abraham en cherchant quoi dire. Elle avait quelques idées assez décousue et fit donc ce qu’elle faisait toujours avec ce genre de chose, elle les énonça simplement.

- Bon, du coup j’ai pas de chocolat et t’as pas besoin d’mon beurre… et t’as de l’avance.

Réflexive, Rachel se tourna vers la tablette de chocolat noir survivante de cette incoordination, tablette qui devrait se transformer en copeaux rapidement si elle voulait, elle aussi, faire sa portion quatre personnes de Brownies… pour le coup c’était sure, elle en ramènerait. Mais elle aurait ceux qu’elle voulait.

- Continue comme tu veux, je te rattrape.

Avançant vers la tablette encore entière, l’Echo serra le poing et l’abatis sur l’innocente et oubliée suscitée, la brisant pour avoir ses copeaux même s’ils n’en seraient pas aussi égaux qu’à travail délicat. Et d’un geste de la main, par télékinésie, elle expédia le tout dans le bain-marie qu’elle avait préparé à cet effet avant qu’il ne lui fut volé par un vicieux chocolat blanc, bain-marie qu’elle aida à faire rapidement fondre le chocolat en posant sa main au-dessus et se concentrant pour accélérer l’agitation des molécules tout en tendant à libre pour appeler à elle son moule à marqué qui ne tarderait pas à recevoir le chocolat fondu et l’agitation nécessaire au mélange avec un beurre qu’elle devrait refaire fondre également. Puis, pausé sur le plan de travail, Rachel y bazarderait le sucre en poudre et celui vanillé, casserait les œufs avant de les battre par la pensée de façon tout aussi expéditive et sans le moindre instrument, continuant de faire léviter ce dont elle avait besoin et de montrer que la première règle de Marraine la Bonne Fée en cuisine c’était qu’on était plus qu’au courant de son passage : éclaboussures et vaisselle sale, principalement. Prenant la pincée de sel, elle la jeta comme de la poudre de perlimpinpin et en faisant de même pour la farine, elle la versa comme une bourrine.

- Voilà, déclara-t-elle brusquement, mettant un terme à la tornade de mauvaise perdante qu’elle était. Travail d’équipe : chacun pour soi et tous pour un… ou un truc dans l’genre.

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Jeu 12 Fév - 21:21

Sans cesser de fixer la jeune femme, Abraham attendait, toujours aussi curieux, sa réponse. Selon l’adage, tous les chemins menaient à Rome. Toutes les méthodes de cuisine mèneraient-elles à des brownies ? Il avait appris à les faire de cette manière mais ce n’était pas pour autant que c’était la seule possibilité. C’est pour ça qu’il était presque impatient d’entendre la réponse. Juste parce que cela lui permettrait d’ajouter une corde à son arc. Ou une recette à son livre.
Il l’écouta docilement quand elle reprit la parole, mémorisant bien ce qu’elle lui disait. Et effectivement, cette méthode lui était inconnue. Elle n’en était pas moins bonne. Juste différente. Après, les habitudes faisaient le reste. Mais au moins, il saurait à quoi s’en tenir s’ils venaient à cuisiner de nouveau des brownies ensemble. Souriant à cette idée, il reprit brièvement lorsqu’elle eut terminé.

« Je crois que tu détiens une des façons de faire et moi une autre. Et qu’il doit en exister que l’on ne connait ni l’un ni l’autre. Mais le résultat devrait être le même. Et surtout dans la partie finale couper et manger ! »

Il continua de la regarder croiser les bras, se demandant quelle allait être la suite du programme, alors qu’elle-même semblait jauger les différentes appareils et ustensiles à sa disposition ainsi que les denrées restantes. Lorsqu’elle grimaça, il haussa un sourcil avant de reprendre la parole, s’inquiétant un peu malgré lui.

« Quelque chose ne va pas ? »

De nouveau, il l’observa, la voyant pencher la tête sur le côté, comme si elle réfléchissait avant de le fixer lui. Avait-il dit ou fait quelque chose qu’il ne fallait pas ? Peut-être s’il en croyait la suite des propos. Il y avait bien du chocolat fondu mais il était déjà incorporé à du beurre … alors oui son beurre n’était pas utile sur le moment mais rien empêchait de continuer ensuite sur sa propre recette. Il avait bien assez de chocolat pour en refaire fondre. Par contre, il avait du mal à saisir  où elle voulait en venir exactement en parlant d’avance. Sa surprise fut du même ordre.

« Pardon ? »

Comment ça il fallait qu’il continue ? Comment ça elle allait le rattraper ? Son cerveau fit la couture, assembla le patchwork de données, alors qu’elle s’avançait vers une tablette entière. Elle allait faire sa recette de son côté. Il n’eut pas le temps d’émettre l’idée qu’il pouvait l’y aider qu’un coup sec et sonore s’abattit dans la cuisine. Mais ? Et son pauvre plan de travail qui n’avait rien demandé à personne ? Cela dit, il s’en sortait bien mieux que la tablette désormais éclatée en morceaux plus ou moins égaux. Pourquoi pas ? C’était une technique comme une autre pour casser du chocolat. Plus rapide que la sienne, soit. Mais moins propre. Et plus surprenante aussi quand on ne s’y attendait pas.
Plus curieux qu’affamé, il délaissa sa propre préparation pour lui préférer l’observation. D’un geste gracile, elle envoya les miettes dans le bain-marie qui s’y laisseraient tomber sans l’ombre d’un reproche. L’idée qu’elle se brûle ne lui traversa l’esprit que quelques secondes, admirant plutôt sa méthode pour accélérer les choses. Même s’il trouvait ça un petit peu trop facile.
Il se décala d’un pas pour laisser passer un moule pressé d’être utilisé qu’elle ne tarda pas vraiment à remplir avec le chocolat fondu. Elle se décida à le poser devant elle pour y ajouter les sucres, en poudre et vanillé. Qui avait besoin d’un saladier quand il était possible de casser les œufs tout en les faisant léviter avant de les mélanger de la même manière ? Pas Rachel en tout cas. Il se mit à rire doucement dans son coin. Cependant, tout en pensant que cela évitait un certain niveau de vaisselle, il remarqua alors les différents éclats un peu partout, qu’ils soient au sol ou sur les plans de travail. Nouveau sourire de sa part. Moins de vaisselle, peut-être, moins de nettoyage … pas franchement. Mais il lui avait bien dit de faire comme chez elle … Aucune importance de toute façon, passer la serpillère ne le dérangeait pas. Encore moins quand il mettait la musique un peu trop fort. Tant que les tâches restaient en cuisine, tout irait bien.
Si le sel se retrouva totalement dans le moule, ce ne fut pas le cas de l’entièreté de la farine. Beaucoup là où il fallait, un peu au sol … qui n’était plus à ça près tout bien considéré. Il n’avait pas avancé d’un iota dans sa préparation que la jeune femme avait terminé. Il ne put s’empêcher de rire.

« Oui, un truc dans le genre … dit-il en ouvrant le four déjà chaud, le réglant maintenant pour la cuisson avant de se pousser pour lui laisser la place A toi l’honneur. »

S’écartant, il reprit son saladier qui contenait œufs et sucre mélangés en un ensemble blanchâtre. Esquissant des pas légers pour éviter de marcher pieds nus dans les éclaboussures, il ajouta la quantité nécessaire de farine, préalablement dosée, ainsi que le sucre vanillé. Il recommença à touiller avec un fouet. Il se permit un petit commentaire avec un sourire en coin.

« Alors comme ça, tu serais du genre mauvaise joueuse … à tout hasard, tu joues à des jeux vidéo ? »

Reprenant la casserole contenant le reste de sa préparation aka le beurre et le chocolat, il en versa le contenu dans le saladier précédent avant de déposer l’instrument dans l’évier. Puis il reprit le fouet pour les unir. Ensuite, il attendrait que le four soit libre avant de verser l’ensemble dans un moule flexipan.

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Mar 24 Fév - 19:38

Détenir chacun une façon de faire, aucun problème s’ils faisaient séparément. Ce qui n’était pas le cas. Ou n’avait pas été le cas, plutôt. Et l’Echo se moquait bien des recettes que ni Abraham ni elle-même ne connaissaient puisque justement, aucun d’eux ne les connaissaient. Et le résultat, le résultat… c’était qu’elle était à la ramasse ! Voilà ce qui n’allait pas, même si elle n’en dit mot. Pas le temps, pas l’utilité, pas la bonne foi, voilà.

- Pardon ?

Elle l’excuserait plus tard, pour l’instant elle avait à faire et elle fit. Elle le fit sous la surveillance du premier comme quand quelqu’un avait finie la course de Mario Kart avec beaucoup d’avance et regardait les autres essayer d’en faire de même, les commentaires en moins. Mais pour continuer la comparaison avec Mario Kart, Abraham semblait l’attendre sur la ligne d’arrivée pour passer cette dernière au dernier moment… ce qui était plus que la plupart des commentaires qu’il eut pu faire ! Ou alors de la gentillesse, éventuellement. Après tout, elle était la seule à y inclure de la compétition. Encore que… pourquoi qu’il riait, lui ?

Faisant face à ce spectateur adverse improvisé rigolard, Rachel ne se stoppa que lorsqu’il lui céda la place. Elle le regarda en levant les sourcils, hésitante un instant, puis alors qu’Abraham s’en retournait en faisant gaffe où il mettait les pieds elle enfourna son plat dans le four tout en s’interrogeant sur le fait que ce soit de là que vienne l’expression « mettre les pieds dans le plat » ; après tout, il y avait une bonne partie du plat sur le décor. Rien de grave cependant, elle avait faite pire. Bien pire.

Refermant le four et s’y adossant, l’Echo croisa les bras en regardant l’homme poursuivre sa propre recette. Il y aurait eue de la place pour leurs deux plats dans le four mais Monsieur avait préféré regarder que poursuivre ; ah, les hommes, une seule chose à la fois. Fonctionnement séquentiel, hein ?

- Alors comme ça, tu serais du genre mauvaise joueuse… à tout hasard, tu joues à des jeux vidéo ?

Se décollant du four, n’ayant pas non plus la résistance naturelle de Cerberus à la chaleur, l’Echo s’avança vers le milieu de la pièce pour regarder la cuisine comme le cuisinier.

- Hein ? Euh oui… je joue pas mal. Plusieurs heures par jour, actuellement. Cinq ou six…

Se taisant, elle réfléchit à combien cela représentait de son temps éveillé et c’était assez effrayant ; à continuer comme cela, dans cette fuite lobotomique, elle allait perdre tout contact social ou toute notion du temps. Mais au moins elle n’aurait pas de mauvaises pensées ; un mal pour un bien, somme toute. Après cela ne répondait qu’à une partie de la question.

- Et je suis vexable plus que mauvaise joueuse, je pense.

Et pour être vexée, s’être faite avoir comme une policière (après tout, c’étaient eux les bleus non ?) avec cette histoire de recette, voici qui lui avait mise mauvaise. Rien de grave, c’était déjà repassée, mais quand même.

- Ne pas aimer perdre quand on n’a pas envie de perdre, c’est être mauvaise joueuse ?

Question véridique même si elle s’en doutait quand même un peu. Auparavant, perdre ne lui posait aucun problème parce qu’elle relativisait la gravité de son échec ; finir dernière à Mario Kart Wii, ce n’était pas grave comparé à ce à quoi elle avait pu échouer, puis elle était tout de même dans les douze premiers. Tout le monde était content. Mais avec l’amélioration de son cas, Rachel était redevenue plus combative et même si le principal restait de passer un bon moment, si elle ne voulait pas perdre elle ne perdait pas. Point. Et même plus, si elle voulait gagner… ben elle faisait de son mieux pour le faire. Elle ne s’étendrait pas non plus sur le sujet, changeant rapidement au cas où.

- Sinon, je suis principalement Nintendo ; Mario Kart 8, c’est ce qui a le plus de succès avec mes amis.

Convivial, sympathique, irréaliste, trollesque ; Mario Kart avait plein de qualités supplémentaires par rapport aux autres jeux de course, y comprit le mode équipe mais ça c’était pas du jeu ! Enfin, si, pour que les nouveaux apprennent sur le tas sans pour autant avoir l’impression de perdre chaque course. Mais chut, il ne fallait pas le dire, c’était un secret. Etait-ce cela qu’on nommait « secret de polystyrène » ?

- Et toi ?

Oui, cela l’intéressait de savoir. Et tant sur le plan du mauvais joueur que de l’intérêt pour les jeux vidéo. Il l’avait eue à la cuisine même si ce n’était pas une question d’être mauvaise joueuse à ses yeux à elle mais du coup si elle pouvait l’avoir aux jeux vidéo, elle ne disait pas non. Outre que s’en serait un point commun de plus, elle s’imposerait du fait : pas question qu’elle attende sur la ligne d’arrivée, elle. Elle percevait bien l’écran plat au salon ainsi que la console Wii qui s’y trouvait mais cela pouvait être simplement décoratif ou récréatif. En revanche, ce qui l’était probablement moins se trouvait dans le bureau fermé à clé et prenait la forme d’un ordinateur à multiples écrans.

N'ajoutant rien,  l’Echo entreprit simplement d’attendre qu’il ait fini, chose qui fut rapidement perturbée par une petite pensée venant aimablement lui rappeler qu’elle n’avait pas mise la minuterie du four…

- Dis Abraham… tu as bientôt fini qu’on puisse mettre les brownies à chauffer ?

Elle l’avait attendu, elle aussi. Par oubli de démarrer mais le résultat était le même ! Et puis il n’en saurait rien, aussi, donc bon…

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Mar 10 Mar - 22:11

Abraham continuait de mélanger tranquillement, gardant un rythme régulier tout en observant Rachel refermer le four avant de s’y adosser. Allait-il parier mentalement sur le temps qu’elle allait y rester ? Non. Quoique … son esprit joueur lui soufflait de le faire malgré tout. Souriant tout seul, il poursuivit l’air de rien, attendant une éventuelle réponse à sa question.

« C’est plutôt un bon score. J’avais le même rythme à un moment. Et tu pouvais le tripler tous les jours pendant les vacances scolaires … Je ne te parle même pas du décalage horaire avec mes parents ou des cernes que j’ai pu trainer pendant un certain temps … C’était fun ! En ce moment … c’est trop variable pour te donner une plage en semaine, ça peut être une heure, comme trois, comme rien. Le week-end, c’est un peu la même chose : ça peut être cinq ou six, dix ou douze. Ou rien du tout. Ça dépend aussi des copains et des sorties. »

Apparemment, la résistance à la chaleur ne faisait pas partie de ses capacités. Ou alors elle avait juste la bougeotte. L’un dans l’autre peu importe. Elle lui laissait le libre accès pour la suite et il pouvait aussi surveiller la cuisson actuelle. Il continua de sourire quand elle nia, à moitié, le côté mauvaise joueuse. Si elle était juste vexable comme elle le disait elle-même, il s’en accommoderait s’il lui venait l’idée de la défier. S’il avait des brownies avant de la battre, ça pouvait être facile de lui faire oublier une défaite. Après, il était tout aussi envisageable que ça soit elle qui lui colle une dérouillée. Il n’était pas partisan du cliché comme  quoi les femmes ne savaient pas jouer.

« Un petit peu quand même. Après, c’est humain d’être mauvais joueur. La seule chose qui importe à mes yeux étant combien de temps tu peux en vouloir aux vainqueurs. Si ce n’est que quelques instants, ça va. Si la durée est trop longue, c’est juste ridicule. Mais ça reste mon avis. »

Tant que ça n’était qu’un jeu et qu’il n’avait aucun autre portée que le côté ludique, il ne voyait pas franchement de raisons d’en vouloir aux autres parce qu’ils étaient tout simplement meilleurs. Ou qu’ils avaient eu un gros coup de chance à un moment donné, fait totalement indépendant de leur volonté.

« Je ne suis même pas étonné, Nintendo a toujours fait d’excellents jeux pour jouer en famille ou entre amis. J’en ai quelques-uns dans le salon d’ailleurs. Pas les derniers mais largement de quoi s’occuper si des amis débarquent à l’improviste … »

Il adressa un sourire amusé à Rachel, se retenant de lui tirer la langue, tout en reposant son saladier. Il tendit le bras pour attraper le moule flexipan qu’il passa sous l’eau avant de l’égoutter au maximum sans l’essuyer avec un torchon puis de le reposer en vrac. A la suite, il sortit une grille supplémentaire du four qu’il posa sur l’un des plans de travail. Il y déposa le moule tout en reprenant la conversation.

« Moi … moi les jeux vidéo viennent au même niveau que la lecture pour le divertissement. Alors j’ai peut-être pas le même quota d’heures que toi à la journée en semaine mais je compense le week-end. Après, je joue plus facilement sur mon ordinateur. Faut dire qu’étant seul et qu’ayant … aller … 90% de jeux à plusieurs sur la Wii … ça devient vite compliqué. Mais même, je préfère jouer sur PC que sur console. Les goûts, les couleurs tout ça … »

L’américain commença à verser sa pâte dans le moule, détournant les yeux de son interlocutrice sans cesser de discuter pour autant. Il avait beau être un homme, il savait faire plusieurs choses en même temps. Et en les faisant bien.

« Sinon, je joue principalement en solo. Plus simple. Et je n’ai à me soucier que de mes propres envies. Le fait que mes meilleurs amis soient à San Francisco ne nous aide pas des masses non plus. Le décalage nous emmerde et on ne peut pas forcément jouer autant que l’on voudrait. Sans compter que l’un des deux est marié … ajouta-t-il dans un petit rire en pensant à celle qui avait réussi à mettre le grappin sur Aiolos tout en raclant les bords de son saladier avec une spatule flexible pour ne rien laisser sur les bords Ça rajoute un petit paramètre d’organisation. »

Il allait poursuivre sur les jeux vidéo, prêt à énoncer son genre favori mais il fut interrompu. Il se redressa pour la regarder, alternant ensuite entre elle, le four et son propre plat.

« Pour les mettre à chauffer ? Mais … enfin, oui, j’ai fini de préparer le mien, y a plus qu’à le mettre au four mais le tien y est déjà depuis tout à l’heure. Je l’avais mis en mode cuisson pendant que tu mettais de l’eau partout … continua-t-il en souriant toujours D’ailleurs, il devrait être bientôt être cuit, s’il ne l’est pas déjà. Tu veux bien vérifier s’il te plait ? »

Le temps qu’elle s’exécute, il reprit le saladier qu’il déposa dans l’évier avant de le remplir d’eau pour nettoyer plus facilement. Il y ajouta divers couverts utilisés et se tourna de nouveau vers le four pour constater qu’il avait été vidé de son premier brownie.

« C’est mon tour ! »

Il avait énoncé ces trois mots et demi avec l’enthousiasme d’un gamin de cinq ans. Tout sourire, il attrapa sa grille, froide, avant de l’enfourner et de mettre la minuterie.

« Et voilà une autre bonne chose de faite ! Maintenant … une serpillière. »

Il se baissa pour atteindre une porte de placard, celui qui contenant la plupart de ses produits ménagers ainsi que le seau et sa copine. Il la sortit avant de la poser par terre, la laissant éponger tranquillement. Il se plaça devant l’évier, remonta ses manches et commença la vaisselle. Il désigna le brownie réalisé par Rachel d’un signe de tête.

« Tu es partisane du laisser refroidir un peu ou plutôt du c’est bon mais c’est chaud ? »

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Echo
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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Mer 18 Mar - 14:38

Une heure, comme trois, comme rien, multiplié par trois le week-end où il se passait donc cinq ou six, dix ou douze, ou rien ; la seule multiplication qu’avait de juste Abraham c’était le rien puisque 0x0=0. Le reste, c’était pas ça. Rachel n’avait peut-être pas une scolarité faramineuse mais les tables de multiplication elle s’en souvenait, vu qu’elles n’étaient pas trop éloignées des dernières choses que l’école lui avait apprises. En tout cas le téléporteur était un joueur occasionnel, contrairement à elle, et elle n’était pas assez concentrée sur ses dires pour relever sa méconnaissance des mathématiques plus que dans l’anecdotique, son flot de pensée continuant de la prendre.

Quand au fait d’être mauvaise joueuse… okay. Mais c’était humain, elle était humaine, elle était un peu mauvaise joueuse ; ça lui allait. Et niveau délai de rancune, pour une défaite aux loisirs ce n’était pas longtemps, même si tout dépendait de ladite défaite et du comportement du vainqueur. Rachel était rancunière mais avait suffisamment de recul sur des choses pour ne pas accorder à une console plus d’importance qu’elle n’en avait, ses véritables rancunes étaient bien plus problématiques voir dangereuses, pouvant mélanger venin et acide. Donc sujet clos.

L’avis quand à Nintendo était partagé même si elle n’en dit rien, tant sur le fait que les paroles de son interlocuteur rejoignaient ses pensées à elle que celui que sa Wii datait d’une génération. Comme lui somme-toute. En revanche, le grand sourire d’Abraham attira à nouveau l’attention comme l’intérêt sur lui et ce qui fut manifesté le fut en toute innocence de la pique qu’il venait de lui lancer ; il avait visé trop haut, sans doute, parce que lorsqu’elle était dans ses pensées Rachel avait la tête basse, nombre de choses pouvant lui passer au-dessus.

- Moi… moi les jeux vidéo viennent au même niveau que la lecture pour le divertissement. Alors j’ai peut-être pas le même quota d’heures que toi à la journée en semaine mais je compense le week-end. Après, je joue plus facilement sur mon ordinateur. Faut dire qu’étant seul et qu’ayant… aller… 90% de jeux à plusieurs sur la Wii… ça devient vite compliqué. Mais même, je préfère jouer sur PC que sur console. Les goûts, les couleurs tout ça…

Hochant la tête, l’Echo se contenta d’attendre alors qu’il suivait sa parole et son action. Certains jeux étaient fait pour le solo, d’autres le multi-joueurs, clairement la Nintendo s’adressait plutôt à la seconde catégorie et ce qu’elle-même avait à reprocher aux solos c’était leurs durées de vie limitée. Mais c’était plus simple de s’occuper de soi que des autres, oui, d’autant que les autres étaient rapidement problématiques et pouvaient en demander toujours plus, indifféremment des coûts que cela pouvait avoir puisqu’ils ne les payaient pas. Rachel s’assombrit parce que c’était justement ces « autres », prit en tant que foule anonyme, qui la poussaient à se réfugier dans le jeu vidéo à outrance. Pas une question d’amis, puisqu’elle n’avait d’autres distances avec eux que celles dont ils avaient besoin tous, quand au décalage horaire de trois heures entre New York et San Francisco, il devait y avoir pire. Genre le mariage, ouais. Rachel baissa les yeux.

Ce qui n’était qu’une pensée passagère devint un changement de sujet en bonne et due forme, ne lui faisant même pas réaliser la différence entre la pensée et la formulation ; l’erreur était bête mais elle était humaine. Et en effet, dans le flot qu’elle avait dans la tête, Rachel avait oubliée son échappée au four chaud et associée l’absence de mise de minuterie avec simple absence de démarrage du four.

- Je l’avais mis en mode cuisson pendant que tu mettais de l’eau partout… D’ailleurs, il devrait être bientôt être cuit, s’il ne l’est pas déjà. Tu veux bien vérifier s’il te plait ?

Prenant une grande inspiration, l’Echo poussa un soupire sec.

- J’ai oubliée la minuterie…

Pas de quoi lui faire gonfler les joues mais en tout cas elle laissa tomber sa tête en avant, s’épargnant le facepalm de part la non participation de ses mains. Se concentrant mentalement sur les brownies pour vérifier la cuisson, elle ne put empêcher un sourire amusé de se dessiner sur ses lèvres ; aller, op, une bêtise Rachellienne en cuisine, une ! Cela faisait un certain temps que ces étourderies n’arrivaient plus et en faire à nouveau démontrait une détente que le quotidien n’avait plus, actuellement. Relevant la tête avec célérité, elle se contenta de sourire avec amusement.

- Mais je crois pas que ça fasse un quart d’heure…

Perdait-elle autant la notion du temps ? Elle n’en avait aucune idée. Son attention était loin d’être portée sur les aiguilles d’horloges que son esprit percevait et lorsqu’elle le fit elle put magnifiquement constater que les aiguilles des cinq horloges présentes dans la cuisine ne donnaient absolument pas la même heure. Pas étonnant qu’elle n’avait pas réellement d’idée de la durée qu’elle parcourait ici, même niveau des horloges c’était un bordel monstrueux avec les chiffres !

Pliant un coude elle leva la main qui y était liée, tendant l’index et le majeur pour les abaisser ensuite alors que la porte du four en faisait de même. S’approchant, elle adapta sans réellement y penser l’imperméabilité de son bouclier psionique afin qu’il absorbe la chaleur dégagée par le plat et lui permette de le saisir de sa main libre, le sortant. Oui, c’était au tour d’Abraham, elle lui laissait terminer tout en déposant le plat sur… une excellente question. Où pouvait-elle le mettre ? Attrapant le premier truc ayant une tête de dessous de plat, elle l’expédia sur un plat de travail et y déposa les brownies, appelant à elle un couteau.

- Et voilà une autre bonne chose de faite ! Maintenant… une serpillière

- Oublie pas la minuterie, hein ? Ça serait bête, l’interrompit-elle, pleine de bonne volonté. Bah quoi ? Je parle en connaissance de cause…

Elle n’avait jamais compris pourquoi l’hôpital pouvait se foutre de la charité mais elle ne se foutait ni de l’hôpital, ni de la charité, ni d’Abraham en disant cela : elle parlait vraiment en connaissance de cause, puisqu’ayant faite l’ânerie juste avant. Jouant avec le couteau entre ses doigts, l’Echo mit un terme à cette histoire de second degré en enfonçant la lame dans la pate chocolatée préparée comme cuite à la va-vite mais qu’elle espérait bonne, après tout il y en avait pour quatre personnes là.

- Tu es partisane du laisser refroidir un peu ou plutôt du c’est bon mais c’est chaud ?

- Je suis la seule Phénix de l’histoire qui se brûle régulièrement, donc plutôt ché bon m éché chaud. Après, y’a largement assez pour répartir les parts.

De toute façon, son brownie au moins, elle ne découpait qu’en quart et ensuite s’y attaquerait… ben comme ça. A mains nues ou avec des couverts, cela dépendait d’Abraham même si, après tout, il lui avait dit de faire comme chez elle. Son attention partagée entre la serpillière qui épongeait, l’autre brownie qui cuisait, le sien qu’elle tenait et l’homme qui faisait la vaisselle, l’Echo se contenta de se poser sur le rebord du plan de travail en commençant à grignoter sa part, illustrant parfaitement le fait qu’elle avait évoquée précédemment : le bouclier psionique n’était qu’à l’extérieur de son corps, au naturel, donc même s’il pouvait filtrer les choses qui y rentraient le brownie n’en perdait nullement sa chaleur ; et si les doigts n’en sentaient donc rien, la langue et les dents si.

Un petit juron étouffé et quelques miettes plus tard, l’Echo soufflait tant sur sa langue, puisqu’elle était au milieu, que sur sa part de son brownie ; pour refroidir, pas pour que de nouvelles miettes de ce dernier n’aillent rejoindre les précédentes échappées même si elle soufflait avec tant de délicatesse qu’inéluctablement la grande évasion se poursuivant, quand bien même elle avait l’air d’une petite avalanche.

Cette action naturelle accomplie, Rachel entreprit de regarder Abraham faire comme chez lui alors qu’elle-même en faisait de même d’ne façon bien différente cependant, puis une fois la température de son organe linguale revenue à la normale elle reprit la parole, désignant du bout du nez les horloges.

- Dis, t’as un problème avec les chiffres ?

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Mer 25 Mar - 16:33

Alors qu’il avait juste eu le temps de déposer son saladier sale dans l’évier et de mettre la main sur le robinet pour l’ouvrir, Abraham sourit de la remarque de Rachel, lui jetant un coup d’œil en coin.

« C’est pas dramatique pour la minuterie. Ça peut arriver à tout le monde tu sais … et tant que ça ne sent pas le brûlé, c’est que ça va ! »

C’était d’ailleurs là l’essentiel. Un brownie pas assez cuit, comme elle le supposait puisqu’elle n’était pas sûre qu’ils aient atteint la durée requise de cuisson, c’était corrigeable. Il suffisait de le remettre au four et le problème était réglé. Enfin, il fallait encore patienter un peu et faire attendre les estomacs, mais ça restait possible. Rattraper un brownie trop cuit en revanche … là … c’était un peu plus compliqué. Hormis réduire la taille en coupant les morceaux noircis et peu mangeables, il n’y avait pas vraiment de technique. A moins de remonter le temps ? Pour un dessert, c’était peut-être excessif. Et il ne connaissait personne qui sache le faire de toute façon.

Alors qu’il enfournait le sien pendant que Rachel semblait hésiter où poser le cuit, il n’oublia pas de mettre la minuterie et sourit à la jeune femme qui avait désormais un couteau entre les mains alors qu’elle n’avait pas bougé d’un iota. Non, sincèrement, ça devait être bien pratique quand même. Surtout en cas de mains dans l’eau ou occupées … Non ! Il avait bien mieux comme exemple. Celui cas où, une fois couché et bien calé, il se rendait compte que son portable était paramétré sur le volume le plus fort et que ce dernier était hors de portée. Et qu’il était obligé de se relever pour aller le chercher. Là … là ça se serait vraiment utile !

« Non m’dame, elle est mise ! Prochain bip sonore prévu dans un quart d’heure si tout va bien … »

Pour éviter d’avoir à la faire plus tard, il s’attela à la vaisselle, que ce soit la sienne ou non, tout en gardant un œil sur son interlocutrice. Il n’était pas poli de lui tourner le dos. Une éponge dans une main, un lot de couverts dans l’autre, il faisait son office, frottant pour retirer les traces de chocolat, farine et autre substance. Il sourit quand il entendit la réponse à sa question.

« Immunisée au dehors mais pas au-dedans hein ? »

Il continuait sa vaisselle, reposant les couverts pour passer à l’un des saladiers, les casseroles attendant gentiment leur tour. Cela ne l’avait jamais dérangé. Même plus jeune. Si quelqu’un d’autre cuisinait, cela ne l’embêtait pas de participer en nettoyant. Et quand c’était lui aux fourneaux, comme maintenant, il trouvait normal de ranger derrière lui, qu’il y ait quelqu’un d’autre pour éventuellement le faire ou non. En fait, quand il était petit, les seules fois où il en râlait, c’était les jours où Ixas et Aiolos l’attendaient pour aller jouer. Mais ses parents l’avaient bien compris et s’arrangeaient toujours pour qu’il perde le moins de temps possible. Ou ils faisaient sa part et lui laissait une autre tâche à faire qui, elle, n’empiéterait pas sur son temps de jeu avec ses amis. Ses parents avaient toujours été, et étaient toujours d’ailleurs, des gens très arrangeants.

Quand bien même il était occupé à frotter le fond d’une des casseroles, il ne pouvait pas manquer de remarquer les miettes qui tentaient une fuite en avant du brownie, cherchant à échapper à Rachel. Cette dernière soufflait d’ailleurs sur sa part, confirmant le fait qu’il lui était possible de se brûler. En attendant, un petit coup de balai après la serpillère serait à envisager. Ne serait-ce que pour éviter de balader les miettes partout.

« Hm ? marmonna-t-il en suivant des yeux son indication, à savoir le mur qui arborait les cinq horloges industrielles en métal, identiques Ah, elles ... Non, aucun en fait. C’est plutôt avec le décalage horaire que j’en aurais. »

Il fit couler l’eau chaude, presque bouillante, pour rincer sa vaisselle et haussa légèrement la voix pour reprendre ses explications tout en se faisant entendre correctement.

« En fait, j’étais toujours en train de calculer à voix haute quelle heure il pouvait être ailleurs quand j’avais besoin d’appeler des gens qui y étaient. Elena a trouvé une meilleure solution. C’est elle qui les a choisies quand nous habitions à San Francisco. Elle avait raison, je n’avais qu’à aller dans la cuisine pour savoir s’il était trop tôt ou tard. Bien plus rapide. Et moins bruyant. »

Il avait posé face retournée l’ensemble de la vaisselle sur l’égouttoir et attrapait maintenant le torchon approprié pour l’essuyer. Il poursuivit tranquillement.

« Il n’y a pas de hasard sur le nombre d’horloges. Chacune d’entre elles correspond à des personnes qui me sont chères. La première donne l’heure de San Francisco. Initialement parce qu’on y vivait. Maintenant, c’est parce que mes parents, mes grands-parents paternels et mes meilleurs amis y sont. La seconde indique l’heure d’ici. Auparavant, c’était parce qu’un ami en est originaire. La suivante celle de la France. Ma mère est née et a grandi là-bas. Moi j’y suis juste né, même si j’y retourne assez régulièrement. Ensuite, c’est l’heure de Moscou, pour différentes raisons. Elena était russe et on voulait savoir quand joindre ses parents et son frère. Un autre ami est d’origine russe également. Quant à la dernière, elle correspond à l’heure de Tokyo. Encore un ami qui en vient. Et comme ce sont les personnes que j’appelle le plus régulièrement, c’est beaucoup plus simple d’avoir leur heure sous les yeux pour éviter de les réveiller en pleine nuit alors qu’il n’y a rien d’urgent … »

Il sourit et continua de se servir du torchon, arrivant bientôt au bout. Tout comme la cuisson de son propre brownie s’il ne se plantait pas. La sonnerie n’allait pas tarder à faire son office. Il désigna alors le plat où un quart était désormais manquant.

« Alors, il se mange apparemment ce brownie … J’te propose un morceau du tien contre un morceau du mien. Et après avoir fini d’essuyer la vaisselle, j’essaye de te battre à la Wii. Deal ? »

Il n’avait pas le dernier Mario Kart sorti mais il avait le précédent. Il supposait que le potentiel d’éclate était le même. Et que Rachel accepterait sa proposition. Après, il se rappelait qu’elle avait dit ne pas vouloir s’attarder … ce qu’elle avait déjà fait en acceptant de cuisiner. Peut-être ne voudrait-elle pas rester plus. Il ne s’en offusquerait pas si tel était le cas. Tant qu’il lui restait un bout de brownie à la rigueur …

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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Ven 27 Mar - 20:49

- C’est pas dramatique pour la minuterie. Ça peut arriver à tout le monde tu sais… et tant que ça ne sent pas le brûlé, c’est que ça va !

Ni mort, ni blessé, tant physiquement que moralement (incluant l’orgueil), donc non ce n’était pas grave. C’était con. C’était con et elle ne continuerait pas avec les syllogismes. Laissant Abraham lui sourire pour son rappel, elle ne sut s’il se moquait ou non et ne réagit pas en conséquence, poursuivant la suite de la discussion : tout irait bien, elle n’avait pas suffisamment de mauvaise foi pour décaler la sonnerie exprès. Quand à l’immunité externe… la formulation de son vis-à-vis devait avoir un second degré quelconque ou un truc du genre, la poussant à y réfléchir la bouche pleine et à arrêter d’y réfléchir une fois le « c’est chaud » réalisé, soit l’instant suivant. Tant pis, encore un truc qui lui échapperait. Oui-oui serait donc la réponse parfaite en prélude à un changement de sujet s’en revenant sur un détail précédent. Chacun son occupation, elle, elle cuisinait en salissant, mangeant en salissant et pensait proprement, lui, il l’arnaquait en cuisinant, nettoyant en parlant et parlait en la regardant. Rachel était satisfaite de la distribution des rôles, le plus problématique pour l’instant étant, pour elle, les horloges.

Horloges qui n’étaient pas déréglées par méconnaissance des chiffres mais par décalage horaire ; okay, Abraham était le genre de personne à avoir un décalage horaire. Rachel était en général à H+5, une façon polie de dire qu’elle avait en moyenne cinq minutes de retard, mais lui la bâtait à plate couture vu les différents écarts entre les différents cadrans. Il était tout le temps en train de calcule à voix haute quelle heure il pouvait être ailleurs ? Il y avait plus productif comme occupation, même pour appeler des gens. Mais sa femme avait trouvée une bonne solution, avec les horloges décalées ; l’Echo hocha simplement la tête, elle ne surenchérirait pas sur une personne défunte.

Laissant la vaisselle se finir en en faisant de même de sa part de brownie, qui deviendrait du coup sa première part de brownie, elle n’ajouta rien et continua d’écouter tout aussi passivement que lui parlait activement. Pas de hasard dans le nombre d’horloges : une par lieu où il y avait des personnes lui étant chères. Rachel sourit même si ses lèvres chocolatées ne tardèrent pas à se teinter d’amertume ; si elle avait jamais l’idée de faire ce genre de décompte de vie, tant de cadres seraient brisés…

San Francisco, l’origine d’Abraham et résidence de sa famille. New York City, où il vivait ; et qu’il n’avait pas mise en première ce qui permettrait à toute personne non habituée d’avoir trois heures de retard si elle s’arrêtait à l’horloge première du sens de lecture… genre comme l’Echo s’en savait capable du regard. France, tout tenant sur un seul créneau horaire, preuve de la petite taille du pays, encore un héritage de famille. Personnellement, Rachel n’y avait jamais foutu les pieds même si elle était allée à une mer de là ; pas ragoutée par les fromages qui puaient ni les symboles phalliques de trois cents mètres. Moscou, ça elle ne savait même pas quel pays c’était, même si le fait qu’Elena soit russe lui permis de déduire que c’était une ville russe. Et enfin Tokyo, la New York japonaise. Il faudrait penser à encadrer les noms sous les cadrans pour pas les perdre, tant les noms que les cadrans.

- Et comme ce sont les personnes que j’appelle le plus régulièrement, c’est beaucoup plus simple d’avoir leur heure sous les yeux pour éviter de les réveiller en pleine nuit alors qu’il n’y a rien d’urgent…

- Ah ça, confirma Rachel, ayant une certaine expérience dans le domaine et pas forcément avec le bon rôle. Mais ok.

Du coup, les heures ça allait mais ça n’expliquait pas ses effroyables calculs précédents. Mais sans doute était-il inutile d’insister là-dessus, ainsi plus que dire des âneries l’Echo entreprit de s’attaquer à un autre quart ; chose n’étant pas forcément des plus sages si elle voulait avoir la place de gouter à celui d’Abraham. Ce fut donc une part déjà croquée qui s’en retourna dans le plat, même si elle restait à part de l’autre moitié.

- Alors, il se mange apparemment ce brownie… J’te propose un morceau du tien contre un morceau du mien. Et après avoir fini d’essuyer la vaisselle, j’essaye de te battre à la Wii. Deal ?

- Tout c’mange. Ok pour l’échange, je peux même te proposer une moitié. Quand à la Wii, tout dépends ce que tu as ; mais avant ou après l’échange ?

Le laissant lui répondre, elle opina du chef puis s’éloigna pour s’en retourner au salon et mettre son nez dans la Wii et les boites de jeux qui l’accompagnaient ; comme chez elle, oui, parfaitement. Toujours. Mario Kart 7 n’ayant été produit que sur Nintendo 3DS, le prédécesseur sur Wii était donc Mario Kart Wii, ce qui signifiait qu’il n’y avait ni l’anti-G, ni la personnalisation des Karts, ni le GamePad, ni les circuits qui lui était familiers, ni la fleur boomerang ! Rachel allait donc recommencer à faire de mauvais scores comme elle l’avait fait à ses début avec Caitlyn…

- Chier, y’a pas le boomerang sur cette antiquité !

La fleur boomerang, magnifique invention de Mario Kart 8 à laquelle l’Echo avait une grande adresse. Bon, l’adresse allant également dans la conduite elle devrait se débrouiller pour continuer, selon la vitesse et le niveau de difficulté, à rester sur le podium ou peu s’en fallait mais merde quoi. Allumant la console plus vieille qu’elle de son doigt brownisé, elle reprit la parole.

- Tu sais, le boomerang ? Ça s’utilise un peu comme la banane en avant, mais ça revient donc tu peux le réutiliser trois fois.

Bon, techniquement c’était plus comme la carapace verte mais Rachel avait l’image de la banane en tête, surement à cause de la forme. D’ailleurs, cela lui donna une idée alors même qu’elle entreprenait d’insérer le cb de ce jeu à peine moins vieux qu’elle.

- Dommage qu’ils n’inventeront jamais un combiné de la banane et du boomerang, genre un boomerang que tu laisses derrière toi et quand quelqu’un se le prend il revient à toi.

Ça, c’était une idée à la con et comme toutes les idées à la con, l’Echo assumerait jusqu’au bout une fois son développement mental porté à ce même terme. Se fut donc après quelques secondes de pensée, alors même  qu’elle porta son achievment :

- Puis Bananarang, ça en jette comme nom, nan ?

Se redressant pour allumer l’écran plat de son doigt toujours inchangé, elle se retourna vers Abraham et quitta la machinerie obsolète à destination de la cuisine et de sa part du deal brownisé.

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Sam 4 Avr - 15:25

Abraham sourit malgré lui à la réaction spontanée de Rachel, à ces deux petits mots, ah ça, qui, mis ensemble, pouvaient signifier pas mal de choses. Comme notamment le fait qu’elle avait probablement dû, de son côté, faire l’inverse : à savoir, appeler du monde en pleine nuit sans la moindre urgence à déclarer. Il ne pouvait même pas la charrier à ce sujet, cela lui était déjà arrivé quelques fois malgré les horloges. Cela dit, personne ne lui en avait tenu rigueur jusqu’ici. Pourvu que ça dure.

« C’est gentil mais un morceau plus normal j’ai envie de dire suffira, c’est juste pour y goûter. Je ne voudrais pas te priver. Par contre, si tu veux en emporter la moitié du mien, je n’y vois aucun inconvénient. »

Comme s’il savait qu’on parlait de lui, le minuteur du four sonna la fin de cuisson du brownie. Il posa le dernier saladier séché avec l’autre, prêts à être rangés et garda son torchon à vaisselle sur l’épaule. Ouvrant le four, il reprit.

« Je n’ai pas forcément de jeux récents mais j’ai Mario Kart ou Super Smash Bros Brawl, entre autres bricoles. Ce sont les deux qui me viennent à l’esprit pour du multi sans prise de tête. Après, les jeux sont dans le meuble sous la télévision. A toi de voir ce que tu préfères … »

Tout en servant de son torchon comme d’une manique, il retira le futur goûter du four et le posa sur un dessous de plat présent dans un coin. Il n’y avait plus qu’à laisser refroidir un tout petit peu avant de se servir. Il aimait bien quand c’était chaud mais pas au point de s’en brûler les doigts. Il en avait besoin pour essayer de battre la jeune femme sur la Wii …

« Plutôt après. Comme ça je pourrai accuser ton brownie si je perds … »

Hey, c’était une façon comme une autre de rejeter la faute sur autrui. Laissant Rachel aller au salon pour allumer tout le matériel nécessaire, il rangea tranquillement toute la vaisselle propre et essuyée dans les placards et tiroirs adéquats. Il avait la place de ne pas les remettre au même endroit mais après, c’était une question d’habitude. Il était bien plus pratique pour lui de savoir exactement où étaient les éléments qu’il cherchait quand il était aux fourneaux. Et d’être plus précis s’il demandait à quelqu’un de lui sortir quelque chose.
Alors qu’il était accroupi, il se releva d’un bond en entendant les propos tenus, un sourire aux lèvres.

« Hey ! Une antiquité c’est mieux que rien du tout, surtout quand elle est fonctionnelle ! Non mais ! »

Sortant un couteau du tiroir, il réfléchit au jeu qu’elle avait pu choisir. Il n’eut pas vraiment le temps de pousser son analyse très loin, les indices arrivant bien vite à ses oreilles. Il n’avait qu’un seul jeu qui permettait de lancer des bananes tout en combinant des bonus à triple lancement : Mario Kart. Il commença à découper un quart de son brownie tout en acquiesçant lentement.

« Je prends note de l’information pour le jour où je tenterai de te battre sur cette version-là du jeu. »

Déposant la part dans une assiette qu’il avait attrapé entre-temps, il se mit à rire doucement en entendant le concept qui lui disait pourtant quelque chose. Sortant une autre assiette qu’il regarda de travers, il reprit.

« Ce serait trop facile aussi … à moins de perdre le bonus à cause d’un autre, tu aurais toujours moyen d’emmerder les autres. Ou de te sauver d’une attaque sournoise … »

Il pensait notamment aux carapaces, rouge ou verte quand elle était bien lancée. En lâchant la banane-boomerang au dernier moment, elle se ferait heurter quasiment tout de suite et elle serait revenue aussi vite dans la poche de son propriétaire … qui pourrait la rebalancer aussi sec. Non … c’était trop déloyal ! Où était la frustration d’esquiver la première carapace mais de se prendre la seconde juste derrière ?

« Mais je suis bien d’accord, ça en jette carrément comme nom. Tu imagines … Abraham, détenteur de la Bananarang … ça sonne bien je trouve, comme titre. Je vais l’ajouter à mon CV tiens, dans la partie "Loisirs" … je suis sûr que ça sera du meilleur effet ! »

Il souriait alors que Rachel revenait vers lui. Il garda l’assiette et pivota pour tâter du bout des doigts le plat. La chaleur était plus que supportable. Il l’attrapa alors et le posa sur le bar, le couteau toujours à l’intérieur. Il n’ajouta rien de particulier à ce sujet, ayant compris que la jeune femme ferait comme il le lui avait dit : comme chez elle. Partant de là, il supposait qu’elle se servirait elle-même.
Il mordit alors dans le sien, faisant attention de laisser les miettes dans l’assiette et de ne pas en répandre partout. Il savoura la première bouchée avec une espèce de sourire idiot et attendit de ne pas avoir la bouche pleine pour en placer une.

« Pas mal … voyons le tien maintenant … énonça-t-il en tendant le bras pour atteindre l’autre plat, choppant le couteau pour s’en découper une part qu’il déposa ensuite dans son assiette. Part qui subit le même traitement que celle tirée du sien. Miom !! J’ai bien fait de t’en demander une part ! Rappelle-moi de noter ta façon de faire … »

La texture était légèrement différente du sien mais pas moins agréable au palais. S’il ne savait pas si cela venait de la composition variable de leur brownie respectif, il était bien décidé à en refaire, plus tard, avec cette nouvelle recette afin d’en avoir la réponse. Tout sourire, il termina sa seconde portion et laissa la première, non terminée dans l’assiette. Il sourit.

« Je la garde pour le réconfort, une fois que j’aurai perdu … »

Sifflotant gaiement, il s’en retourna vers le salon et s’installa en tailleur sur le sofa, face à la télévision. Allongeant le bras, il se saisit de la wiimote ayant le second petit carré bleu d’éclairé, indiquant là qu’il était le deuxième joueur. Il laissait les commandes à Rachel. Spécifiant que le circuit lui importait peu tant qu’ils ne commençaient pas par la route arc-en-ciel, il choisit Daisy et la moto Mach sans oublier de choisir les dérapages manuels. Il ne restait plus qu’une seule question …

Quelle était la manipulation pour démarrer avec un bonus de vitesse ?

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Echo
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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Ven 10 Avr - 17:51

- C’est gentil mais un morceau plus normal j’ai envie de dire suffira, c’est juste pour y goûter. Je ne voudrais pas te priver. Par contre, si tu veux en emporter la moitié du mien, je n’y vois aucun inconvénient.

Alors le normal, il fallait oublier avec elle, et puis un morceau « plus normal » ça ne voulait rien dire ! Plus normal que la moitié, c’était le quart ? Ils n’étaient que deux donc la division première se faisait par deux même s’il était possible de rediviser par deux pour une meilleure prise en main. Ah oui, sauf qu’Abraham était mauvais en calcul, donc il ne fallait pas chercher de logique. En tout cas, elle avait la moitié sans aucun problème, bien qu’elle la mangerait par quart.

Mario Kart, c’était une série de jeu, pas un unique et il y avait un faussé entre Mario Kart Wii et Mario Kart 8, plus grand encore que ceux présents sur Super Smash Bros Brawl ! Puis SSBB était nul, il n’y avait pas les DLC. Et Abraham aussi était nul, pas s’il perdait mais s’il accusait son brownie à elle de l’avoir fait perdre ; et après il parlait de mauvaise foi… ou alors il parlait en connaissance de cause, comme elle. Elle verrait plus tard, de préférence quand il aurait perdu.

- Hey ! Une antiquité c’est mieux que rien du tout, surtout quand elle est fonctionnelle ! Non mais !

Forcément, s’il comparait à rien… mais avec un raisonnement comme ça il se contentait de la super-nintendo le Abraham ! Là où Rachel voulait le meilleur, lui se contentait de peu. Mais au moins il fut d’accord avec elle sur la Bananarang, se l’appropriant déjà : au voleur ! Elle imaginait parfaitement en lui faisant face, hésitant d’une réplique de surenchère parce qu’entre la banane et le boomerang, il y avait de quoi vaincre le téléporteur avant même le début du jeu. Quand au CV l’Echo n’avait jamais fait et ne ferait probablement jamais, elle n’était pas dupe là-dessus, donc elle ne sut réellement si cela ferait bien ou pas.

Regardant l’homme éviter de se bruler à coup d’essais brefs puis déposer son plat, elle-même alla prendre le sien pour le tendre d’une main à son vis-à-vis dont la bouche était déjà pleine. Lui avait une assiette pour stocker, elle avait besoin que la part d’autrui s’en aille du plat qui lui servait d’assiette pour en faire de même, alors elle resta ainsi alors qu’elle tournait son attention vers l’autre plat et en attrapait le couteau pour, d’une main, planter et découper le brownie blanc même s’il ne quitta pas tout de suite son logement. Attendre que l’autre finisse sa part ne lui posait pas de problème, tant qu’il mangeait vite. Du coup elle déposa simplement le plat à côté de son homologue et attendit en regardant les deux brownies opposés.

- Pas mal… voyons le tien maintenant… Miom !! J’ai bien fait de t’en demander une part ! Rappelle-moi de noter ta façon de faire…

- Oki, répondit-elle en se demandant s’il était utile de préciser qu’à lui demander à elle de lui rappeler un truc il risquait de repartir sans rien. Bonne chance.

Soulevant sa moitié de brownie blanc, Rachel la maintenu à quelques centimètres de sa main alors que cette dernière accompagnait le transfert jusqu’à son plat. Puis, sa part de parts rassemblée, elle s’en retourna au salon alors qu’Abraham poursuivait la dégustation. Déposant le tout sur la petite table, elle prit une part du blanc, appela à elle sa manette et s’affala dans le canapé. Le Nunchuck pendant contre sa cuisse et les miettes dégringolant entre ses cuisses, elle attendit qu’Abraham vienne à son côté.

- Je la garde pour le réconfort, déclara-t-il après avoir laissée une portion dans son assiette, une fois que j’aurai perdu…

- Ça marche, lui dépondit-elle sans complexe, enfournant une partie de son quart de brownie blanc. Moi ch’est des kilos que je vais avoir à perdre.

Laissant son reste de quart de brownie Abrahamique léviter à son côté, Rachel prit les commandes et commença à vérifier les règles et à organiser la course : 150cc, difficulté normale, tout objet et type de kart, trois manches. Lorsque l’écran de sélection des personnages apparut, l’Echo regarda les lourds et poussa un soupir de cette catégorie également.

- T’as pas Harmonie…

Harmonie ou Rosalida, qu’importait le nom, était pour la première fois jouable dans Mario Kart Wii mais c’était un personnage secret : il fallait une sauvegarde de Mario Galaxy pour le débloquer. Ça faisait chier, c’était la seule lourde féminine et belle, à côté d’elle y’avait du Bowser, du Wario, du Waluigi et du Donckey Kong ! L’arnaque totale !

- Une antiquité c’est mieux que rien du tout mais la modernité c’est mieux que l’antiquité, fit-elle remarquer avec fort peu de mécontentement. Tiens, tu prends la rousse ?

Encore un qui était sur les rousses ! C’était contagieux en fait. OU alors comme pour les chats, il y avait un petit parasite qui faisait aimer les chats ; parasite qu’elle-même n’avait pas malgré Cerberus, ayant prit grand soin de désintégrer toute tentative d’infestation dans son organisme ou celui de son animal de compagnie. On ne touchait pas à son organisme, même pour faire des like sur Youtube. Cela étant, le fait qu’Abraham prenait la rousse ne la dérangeait pas le moins du monde, elle eut même un passage de main dans ses cheveux.

Puis elle en revint à son personnage et ce fut avec une moue bien plus contrariée qu’elle prit le Roi Bou sur la Wario Bike ; le moins pire, c’était une boule blanche avec des pseudo-bras, un smiley et une couronne. C’était mieux que rien, comme disait Abraham, mais alors VRAIMENT mieux que rien…

- Pour la première course d’échauffement, Prairie Meuh-Meuh ça te va ?

Prairie Meuh-Meuh, terrain plat sans véritable passage secret, avec un ou deux sauts, des Meuh-Meuh sur une partie de la piste et des Taupes sur une autre ; pas trop difficile, pas trop facile, il était bien. Et puis il était encore sur Mario Kart 8 donc Rachel ne serait pas trop dépaysée, si l’on enlevait l’absence de personnalisation des karts, la perte de son objet favori, l’absence de son personnage et la classification encore trop simple par rapport à la suite de la licence, et évidemment les quelques modifications faites par la suite dont le deltaplane et les pièces… en fait, à part l’idée et l’esthétique, ainsi que grosso-modo la forme du circuit, l’Echo allait être déplaisamment dépaysée. Mais bon, les jeux c’étaient surtout dépendant d’avec qui on les accomplissait niveau amusement. Et ce fut ce qui la motiva à regarder Abraham alors qu’elle maintenant le bouton A enfoncé, s’arrêtant à chaque énoncé de chiffre pour rappuyer entre eux et démarrer le plus vite possible lors du départ.

Il lui fallut, moyennant les aléas de Mario Kart, environ 1m55sec pour accomplir les trois tours. Etait-ce suffisant ?

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Visite de court-oisie [Rachel]   Lun 18 Mai - 20:42

Bonne chance ? Il fronça légèrement les sourcils, plutôt perplexe. Bonne chance par rapport à quoi ? A la défaite qu’il allait subir ? Ou à la recette ? Pourtant, elle ne lui avait pas semblé si compliquée que cela à reproduire. Avait-il raté un épisode à ce sujet ? Il haussa les épaules de désintérêt : la réponse n’avait pas vraiment d’importance là, maintenant. Il termina son morceau de brownie et rejoignit son invitée en sifflotant avant de s’installer. Il lui jeta un coup d’œil suite à sa remarque sur d’éventuels kilos à perdre.
Vue sa silhouette … soit elle ne lésinait pas sur les exercices physiques, soit l’un de ses pouvoirs l’y aidait, soit … soit elle faisait partie de la catégorie horripilante des personnes qui ne prennent pas un gramme en mangeant comme quatre. A titre personnel, en tant que fervent partisan de pratiquer une activité sportive régulière, il s’en contrefoutait royalement. En revanche, il savait pertinemment que la plupart de ses amies avaient la fâcheuse tendance à haïr, gentiment, celles qui n’avaient pas à surveiller leur ligne. Il sourit.

« Et bien comme ça, tu n’auras aucune excuse si je te propose de venir courir avec moi … »

L’américain plaisantait. A moitié. Il ne forcerait jamais quelqu’un à l’accompagner alors qu’il allait courir autour du lac. D’autant plus que s’il n’avait pas sa musique, cela ne l’empêchait pas d’éviter de parler pendant ces moments-là et que ça pouvait devenir chiant pour certains. Cela dit, il serait tout de même content  si elle l’accompagnait de temps à autre. Sauf que … si lui pouvait passer plus ou moins inaperçu dans la foule, n’ayant rien de particulier si ce n’est sa taille, ce n’était pas vraiment le cas de Rachel. Elle était quelque peu connue du grand public. Ce n’était donc pas forcément une bonne idée. A moins qu’elle n’accepte de porter une perruque …
Le soupir bien audible de l’intéressée le ramena dans la pièce et il capta sa frustration.

« Plait-il ? »

Il regarda l’écran et constata le choix des personnages. Ah. Tout en déplaçant son curseur vers Daisy, il reprit la parole après avoir, de façon très mature, tirer la langue.

« Vois le côté positif, tu sauras quoi m’acheter pour mon anniversaire ! Comme ça tu pourras venir jouer sans te plaindre de l’ancienneté de mes jeux. Non mais ! »

Il tourna la tête vers elle quand elle mentionna la rousse qu’il voyait plutôt brune. Mais en tant qu’homme, c’était un fait reconnu que sa palette de couleurs était moins évoluée. Il alterna entre l’écran et sa voisine bien réelle. Non, il persistait et signait : l’une était rousse, l’autre brune.

« Yes ma’am ! Mais si c’est ta solution de repli après Harmonie, je peux te la laisser, je n’y vois aucun inconvénient. »

Le fait est qu’avant il choisissait aléatoirement parmi les autres personnages qui n’étaient pas Daisy. Il ne pouvait pas la prendre de toute façon. Sa fille la choisissait toujours. Et très rapidement en plus. De temps en temps, il la sélectionnait juste pour embêter sa petite princesse à lui avant de changer au hasard. Et puis après son décès … voilà. Il n’avait pas spécialement réfléchi mais il avait automatiquement déplacé son curseur sur elle.

Soit, il avait dit qu’il n’avait aucune préférence pour le circuit. Mais la Prairie Meuh-Meuh quoi. Il acquiesça vaguement sans s’en rendre vraiment compte. De mémoire, c’était plat. Trop plat. Et sans passage secret. Remarque, vu qu’il n’avait pas joué depuis un moment, c’était peut-être mieux ainsi. Commencer très, trop, simple quitte à compliquer par la suite.
Il aurait très bien pu regarder comment son adversaire faisait pour le démarrage … mais non. Il se souvenait que c’était lié au décompte et il fixait bêtement les chiffres à l’écran, tout en maintenant appuyé, plissant à moitié les yeux. Il attendit avec impatience la fin du chronomètre … et le résultat ne se fit pas attendre : au lieu de décamper rapidement comme il voyait le Roi Boo le faire, il resta sur place, perdant là de précieuses secondes.

« Bon … et bien je commence bien moi tiens ! »

Il ravala un juron et entreprit plutôt d’avancer, ayant tendance à pousser la wiimote en avant tout en pressant les boutons plus fortement … comme si cela allait changer quelque chose tiens. Mais non, que nenni. Il voyait Rachel prendre la tête et le distancer sur la map alors que lui-même n’en était qu’à rattraper le onzième. La dépasser, à moins d’une série de bonus utiles, lui semblait exclu … mais cela n’allait pas l’empêcher de grappiller le plus de places possible. Une seconde place lui conviendrait à merveille !

… troisième. PRESQUE. Tant pis. Il reposa la manette cérémonieusement.

« Bon … j’ai perdu la main. Va falloir remédier à ça. On va dire que je sauve les meubles en étant quand même dans le trio de tête … je te laisse choisir mon nouveau chemin de croix pendant que je vais chercher ma part du vaincu ! »

Il se mit debout sur son canapé et l’enjamba aisément au lieu de le contourner pour s’en aller vers la cuisine.

« N’hésite pas à prendre un peu plus compliqué quand même hein ? Je sais maintenant ce qu’il ne faut PAS faire au démarrage … à défaut d’avoir la même efficacité que toi, j’aurai au moins un départ sans handicap … j’atteindrais peut-être la seconde voire la première place qui sait ? demanda-t-il sans attendre de réponse avant de se taire pour croquer à pleines dents le brownie Cela dit, continua-t-il la bouche loin d’être vide, perdre n’est pas si mal que ça … ça a même du bon moi j’dis … »

Il n’en mangea que la moitié avant de se laver les mains rapidement pour revenir s’installer dans le sofa tout aussi vide. La place n’avait pas eu le temps de refroidir.

« Mais dans le doute, j’vais quand même en garder un morceau, au cas où. énonça-t-il, souriant, avant de reprendre Prête pour le second round ? »

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