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 Ne jamais reprendre une histoire inachevée après la nouvelle année [Jules]

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Yitzhak Anavim
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Date d'inscription : 04/09/2012

MessageSujet: Ne jamais reprendre une histoire inachevée après la nouvelle année [Jules]   Ven 26 Déc - 23:11

La fin de l’année, c’est toujours une période un peu bizarre. On se sent obligé de faire le point, de revoir sa famille, même ceux auxquels on a pas donné de nouvelles depuis décembre dernier, on pense à toutes les choses super ou lamentables qui préparent l’année suivante… Et pour moi, depuis quelques temps, c’est toujours la même histoire. Je suis content d’être encore en vie. Je me souhaite de tenir encore jusqu’aux prochaines fêtes, je vais à des repas interminables qui me gonflent royalement en me jurant qu’on ne m’y reprendra plus, en me prenant la tête avec tous les connards du côté maternel, pour pas changer les vieilles habitudes, mais j’y retourne quand même. Pourquoi ? J’ai pas envie de finir seul si les miens sont assez bêtes pour continuer à me soutenir. En plus, je pense pratique, je vais pas me couper d’une source de cadeaux et de pognon. C’est ultra cynique et alors ? J’y peux rien si je ne peux pas saquer tout un côté de ma famille, celui qui fête Noël d’ailleurs. Ça doit être pour ça que je trouve cette date ultra fade et vide de substance à côté de Hannoucca. Mais on s’en fiche pas vrai ? Le plus important, au final, c’est le bilan, avec cette fête de nouvel an qui se passe généralement avec les potes rencontrés pendant les derniers mois, avec lesquels on se brouillera d’ici quelques soirées. Allez, vous trouvez pas triste de voir les têtes changer à chaque fois ? Je m’en fiche vous me direz. Il y a toujours des gens qui veulent me voir. Je veux bien faire semblant de les trouver importants sur le moment même si je me sens sacrément hypocrite en trinquant avec eux avec la très nette sensation de vivre ce genre de moment pour la dernière fois. Puis je me dis aussi que j’ai juste dix-neuf ans, que ça va faire pas mal de visages à enterrer d’une année à l’autre, si je reste en vie. Je pense comme un vieux de soixante-dix ans qui n’ose pas anticiper le futur sur plus d’une semaine. Ça devient pesant ce rythme, mais c’est comme ça.

Et à vivre dangereusement, on peut aussi avoir peur de passer à côté de choses sympas. Il y a  une chose que l’on dit souvent : ne pas remettre les choses à janvier. Sinon, décembre meurt, et beaucoup de projets avec lui. Au début de l’automne, j’ai rencontré un type mignon avec lequel j’ai vraiment bien accroché malgré les circonstances chaotiques dans lesquelles je lui suis littéralement tombé dessus. On a eu un genre de bon feeling. J’ai vraiment eu l’impression qu’il aurait pu se passer quelque chose entre nous, mais, à ce moment, j’étais trop crevé et préoccupé. J’ai réglé les embrouilles dans lesquelles je l’avais embarqué, je l’ai surveillé sans qu’il le sache, forcé à garder mes distances en attendant que les choses de tassent. Pas question de montrer à l’ennemi que l’autre mec qui m’avait aidé était aussi un complice. Ça a été horriblement frustrant. J’ai pas de chance. Pour une fois que je tombe sur un mec normal avec lequel je pourrais chercher plus qu’un coup d’un soir, je m’arrange pour que ça se fasse de manière telle que le revoir signifierait son arrêt de mort. Vous pouvez pas savoir comment je me suis maudit en l’observant de loin derrière la vitre de la pizzeria, ou sur le vélo tout neuf que j’avais fait livrer à son domicile sans lui donner d’explication. Je passerais aussi ces moments de panique dès qu’un type ou une nana pas trop moche semblaient proche de lui. Je crois que ça m’aurait tué qu’il se casse avec quelqu’un d’autre, même si je ne pouvais pas non plus lui demander d’attendre après un fantôme. Heureusement, sa vie est restée à peu près aussi plate que d’habitude. C’est fou comme on devient égoïste quand on a le béguin pour quelqu’un. Je me réjouis de savoir que Jules a continué à mener une existence ennuyeuse sans moi.

Le soir du réveillon, je me suis souvenu de ce qu’il m’avait raconté au sujet de sa famille. Peut-être bien qu’il était seul pendant que je m’ennuyais chez mes grands-parents. Alors j’ai eu envie de lui écrire un message. Les problèmes étaient plus ou moins réglés après tout. Et au pire, je pouvais bien prendre quelques risques. Ça m’énervait d’être obligé de me priver par excès de prudence, et parce que j’avais du travail, des missions en terres sauvages avec la Confrérie etc… On réfléchit souvent à la meilleure manière de revenir vers quelqu’un, puis tout arrive sur un coup de tête. Je lui ai écrit sans lui préciser comment je m’étais débrouillé pour avoir son numéro (fouinage toujours) et je l’ai invité à me retrouver dans un bar un soir, sans trop épiloguer non plus. Après tout, s’il accepte, c’est qu’il est intéresse à priori. J’avais choisi un endroit que je savais assez posé, genre lounge, mais pas de celui dans lequel on arrive par hasard. De l’extérieur, on ne voit pas grand-chose, quelques néons bleus, un bar en chrome, l’impression d’un espace minuscule et tout en longueur dans lequel on aurait bien de la peine à faire tenir plus de cinq personnes assises en file. Si on s’attend à trouver de la musique jazzy, de la bonne vieille techno, hard ou minimaliste selon les heures, pourrait bien choquer quelques tympans. Quand j’y entre, avec un peu d’avance par rapport à l’heure indiquée, il n’y a pas grand monde. Faut dire que toute l’action se passe au sous-sol. Enfin… façon de parler, la pièce principale, avec les gens, les tables et tout ça, est en bas, pour être plus exact. Au comptoir, il n’y a qu’un barman avec un t-shirt orange fluo du plus mauvais goût et une drag qui doit attendre quelqu’un. Je sais que la présentation pourrait faire flipper un straight bien dans son costume – j’ai vu un couple tout mignon entrer, y’a deux minutes, ils nous ont regardé alternativement et sont ressortis avec un sourire gêné, ça arrive souvent – mais je vous assure qu’ici c’est tranquille. C’est pas le genre de coin où les banquettes collent et où des mecs disparaissent dans les toilettes. C’est pas le genre de coin où je suis connu, où je risque de croiser un plan cul qui aurait des comptes à régler, pour peu que je me sois présenté à lui sous mon vrai visage. Non, je vous assure que je veux faire les choses bien cette fois.

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Scipion : Je puis nier une chose sans me croire obligé de la salir ou de retirer aux autres le droit d'y croire.
Caligula : Mais c'est de la modestie, cela, de la vraie modestie ! Oh ! cher Scipion, que je suis content pour toi. Et envieux, tu sais... Car c'est le seul sentiment que je n'éprouverai peut-être jamais. [Caligula, Camus]


Dernière édition par Yitzhak Anavim le Ven 2 Jan - 22:58, édité 1 fois
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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Ne jamais reprendre une histoire inachevée après la nouvelle année [Jules]   Mar 30 Déc - 10:56

Quand on le voyait assit en pyjama intégral (cadeau d'anniversaire qu'il s'était fait à lui-même) sur son canapé, à regarder un film sur son ordi, on aurait presque pu faire abstraction du fait que c'était le soir du réveillon. Deux indices seulement trahissaient la date: l'assiette sur la table basse regroupant miettes de pain grillé, restes de foie gras et de confit d'oignon  d'un côté de l'ordinateur portable, et une moitié de bûche de Noël, mangée directement à la petite cuillère dans l'emballage de l'autre. Et joyeux Noël bien-sur.

Passer le réveillon seul, c'était pas si dur que ça en fait. Les gens en faisaient toute une montagne, mais il y avait aussi plein d'avantages à ne pas bouger son derche pour les fêtes de fin d'année: pas besoin de se ruiner à acheter des cadeaux (d'où le foie gras, que Jules n'aurait pas pu s'acheter si il avait du acheter des cadeaux à  toute sa famille), pas de repas interminable avec des gens à qui l'on offre le privilège de sa présence simplement parce qu'on a de la famille en commun. Et plus important encore pour Jules: pas besoin de se taper sept heures d'avions pour voir sa mère et sa sœur. De toute façon il n'aurait pas eu le temps de faire l'aller-retour, il travaillait ce soir-là. Il ne faut jamais sous-estimer le nombre de gens qui commandent des pizzas pour Noël, Jules n'avait pas eu le temps de faire la moindre pause. Heureusement, la pizzeria fermait à 22 heures, au lieu de minuit habituellement, pour permettre à lui et aux autres de célébrer convenablement le réveillon. Du coup il le célébrait, à sa façon, une cuillère de bûche de Noël au chocolat blanc à la main devant Gone Girl. Il en était à une heure environ lorsque son téléphone vibra. Se demandant qui osait le déranger pendant le réveillon. Tout d'abord un peu irrité par le fait que ce soit un numéro inconnu qui perturbe sa dégustation de bûche, il finit par mettre son film en pause.

C'était Yitzhak (heureusement qu'il l'avait dit dans son message, sinon Jules ne l'aurait jamais reconnu et aurait écorché son nom à la première occasion) qui lui proposait de sortir. Bien-sur qu'il accepterait, pas la peine de faire du suspense inutile, mais le problème résidait dans la façon de répondre. Bon, déjà, il faut enregistrer son numéro, histoire de ne pas perdre contact une deuxième fois avec lui, mais ensuite, Jules hésitait fortement sur quoi lui dire. S'il répondait d'un simple «Ok», Yitzhak pourrait croire que Jules n'était que peu intéressé, mais un «Avec joie !» il pourrait paraître un peu trop enthousiaste. Finalement, un «Ok, pourquoi pas ^^» fit l'affaire et fut envoyé, ce qui permit à Jules de terminer son film, mais guettant la moindre vibration de son téléphone qui aurait pu signifier une réponse de Yitzhak.


Le soir du réveillon du nouvel an, il arriva presque en retard. En même temps il était venu grâce à divers transports en communs et ne connaissait pas du tout cet endroit où on l'avait amené. Il avait beau avoir fait un tour sur Google Maps, il avait fini par se perdre sur la fin de chemin. Toujours était-il qu'il était arrivé pile à l'heure et n'avait pas eu de mal à reconnaître l'endroit, qui était comme Google lui avait décrit. L'intérieur était minuscule et y régnait une atmosphère que Jules trouvait désagréable. Il y faisait sombre et la musique, qui n'était pas à son goût en plus, était trop forte, à se demander comment faisait le barman avec son immonde tee-shirt moulant orange fluo pour supporter cet endroit. Non, Jules n'avait pas l'habitude de sortir et préférait les endroits plus calmes. Mais Yitzhak avait choisit cet endroit, il pouvait au moins lui laisser une chance. Il avait eu un peu de mal, déboussolé par l'endroit, à repérer celui avec qui il avait rendez-vous, mais fini tout de même par y arriver. Puis, vêtu d'un jean, d'un pull noir qui laissait dépasser le col d'une chemise bleu clair et d'un manteau noir ouvert, il se dirigea vers Yitzhak. Une fois à son niveau, il lui parla, haussant le ton pour pallier au volume de la musique.

« Hey, salut, comment ça va ? Je connaissais pas cet endroit, t'y viens souvent toi ? »

Il avait plein d'autres questions à demander à Yitzhak, comme par exemple «T'as fait quoi depuis la première et dernière fois qu'on s'est vu ?», «T'as arrêté de combattre la mafia depuis la dernière fois ?», «Comment t'as eu mon numéro ?» etc... Il en avait des tonnes et des tonnes. Il avait un bon feeling avec Yitzhak, sentait qu'il pourrait se passer de bonnes choses entre eux, mais au fond, il ne lui faisait pas confiance. Sa façon de disparaître comme s'il ne s'était jamais rien passé, ne laissant en souvenir que des écorchures et l'absence de son vélo, comment il avait fait livrer quelques jours plus tard un nouvel outil de travail sans même prévenir, alors que le livreur s'en était acheté un la veille (qu'il se fit rembourser, puisque le cadeau de Yitzhak était de meilleure qualité), le fait qu'il avait obtenu de nulle part son numéro ; à cause de tout cela, Jules sentait que si il était capable d'être aussi sournois et débrouillard pour l'aider, il pourrait aussi très bien l'être pour lui pourrir la vie. Après tout, ce n'était pas Yitzhak qui combattait la mafia sicilienne ? Et jusque là il s'en était bien sorti, puisqu'il était vivant et en un seul morceau, visiblement.

Mais malgré tout cela, il avait tout de même envie d'aller plus loin avec Yitzhak, de voir où tout cela pourrait le mener. D'où cette soirée.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Ne jamais reprendre une histoire inachevée après la nouvelle année [Jules]   Sam 3 Jan - 0:25



En attendant Jules et en me donnant un air très occupé sur l’appli facebook de mon téléphone, j’espère vraiment que la soirée va bien se passer. Même si je suis assez confiant, étant donné qu’il m’avait déjà laissé des ouvertures et a accepté la possibilité de finir l’année en regardant ma tête, je ne peux pas m’empêcher de me faire un tas de films. J’imagine des scénarios assez positifs en général, je fantasme un peu, j’aimerais que la réalité soit encore mieux que les délires de mon imagination. J’aime bien rêver, ça m’arrive un peu trop rarement. Et, même si ça peut paraître étrange pour un scientifique comme moi, je reste très attaché à la symbolique des choses. Je ne veux pas que la « soirée du nouveau départ » soit aussi le premier échec de 2015. Evidemment, si le beau français osait me fausser compagnie, je sais où se passent toutes les fêtes de mes vagues amis à New-York, et comme personne ne sera couché avant cinq heure, et déjà ivre avant minuit, je n’aurais aucun scrupule à me pointer sans prévenir avec du ravitaillement en boisson pour me faire accueillir en sauveur de la situation. De toute façon, les jeunes fêtards m’aiment bien, je suis le genre de personne imprévisible qui fait partir les célébrations en vrille, en bien ou en mal mais toujours de manière mémorable. Et, quand on a une vingtaine d’année, qu’on se construit son aventure avant de se préparer à une vie à priori plus chiante, c’est le plus important. Alors voilà, je pourrais me convaincre sur le moment d’être joyeusement entouré en buvant comme un porc, mais très franchement, j’ai une gueule de bois monstrueuse rien que d’y penser. De toute manière, quelle raison aurait Jules de me planter ? S’il avait des plans pour nouvel an, il aurait pu reporter le rendez-vous à plus tard, parce qu’on ne décommande par chez des amis pour un flirt – sauf quand on est un gros connard égoïste… Que, dans ce cas précis, il aurait parfaitement le droit d’être d’ailleurs ! C’est triste, mais je crois bien être la seule personne à avoir pensé à lui ce soir.

Heureusement pour la tempête d’ineptie dans ma boîte crânienne, mon héros arrive à la bonne heure, avec une précision presque flippante. Je lui laisse le temps de me reconnaître plutôt que lui faire de grands signes. Il a l’air assez perdu. A l’évidence, il ne s’attendait pas à tomber dans ce genre d’endroit, avec cette musique, et se population atypique – ou typique, selon le point de vue. Pour un mec qui s’apprête à passer le 31 dans un bar gay, son look est particulièrement ordinaire, petit pull, petit col de chemise, le garçon bien sur lui quoi. Mais, parce qu’il a un physique assez avantageux, cette allure banale a son charme. Pour moi, je ne vais pas vous mentir, je me fonds parfaitement dans cet univers et c’est sans doute la raison pour laquelle il ne m’a pas repéré au premier coup d’œil. Je change souvent de tenue selon les besoins du moment. Quand on s’est rencontré, j’étais en mode camouflage pour tromper des mafieux, donc un look passe-partout sans intérêt. Là, je suis plus dans mon élément, bien coiffé, un t-shirt bleu nuit au tissus lâche dont le col semble avoir été rongé jusqu’aux épaules, un tatouage fait d’arabesques complexes apparent sur tout un bras, les yeux légèrement soulignés par du noir, des jeans serrés. Je lui ai quand même épargné les piercings ou le vernis à ongles, mais, si je ne pouvais pas changer d’apparence à volonté, je serais sans doute comme ça la plupart du temps, et même bien plus excentrique. Quand il s’avance enfin vers moi je lui fais un grand sourire. Je me lève et, pour établir un premier contact, pose une main sur son épaule et l’embrasse sur la joue. Il paraît que ça ne choque pas les français. De toute manière, ce serait ridicule de passer des heures à faire semblant qu’on est juste là pour discuter et prendre un verre alors que je n’aurais jamais sacrifié de vraies grosses soirées à un mec pour le regarder dans le blanc des yeux.

- Salut toi ! Il semble que si j’ai droit à une seconde chance avec le sauveur que j’ai si lâchement abandonné il y a quelques mois, je ne peux me porter mieux. Et pour le bar… à vrai dire – je baisse un peu la voix et prend un ton plus confidentiel – il paraît que je n’ai pas légalement l’âge d’y être, donc c’est un peu dur pour les sorties entre camarades d’école. Mais ça m’arrive si j’ai envie de me retrouver dans un coin tranquille avec un type que j’ai envie de connaître, chose qui arrive moins souvent. Et toi, comment se passent tes derniers jours de décembre ?

Je sais que le sujet est possiblement un peu tendu mais la curiosité me pousse à poser la question quand même. Avant de lui laisser le temps de répondre, je lui montre aussi une carte et ajoute :

- En fait, on va descendre en bas, ils ont un petit salon plus confortable et spacieux qu’ici. Tu veux commander avant ? Et pour mon âge, t’inquiète pas, j’ai des faux papiers pour ça, personne ne va nous virer, en supposant que les flics aient envie de poser un pied ici.

Comme d’habitude, j’ai du mal à faire court, à trier les informations tellement un tas de choses me semble importantes à dire sur le moment. Au moins, je ne risque pas de laisser craindre à mon interlocuteur un trou dans la conversation, et si ça devait arriver, il aurait un sérieux souci à se faire pour la suite de nos relations. Avec mon air jovial, je n’en donne peut-être pas l’impression, mais je peux devenir particulièrement silencieux et cassant quand je ne me trouve pas bien accompagné.

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Ne jamais reprendre une histoire inachevée après la nouvelle année [Jules]   Mar 6 Jan - 21:23

Bon, c'était désormais sûr et certain: Jules n'avait rien à foutre ici. Il détestait ce genre de musique, trouvait l'endroit trop sombre pour pouvoir en apprécier sa compagnie et n'appréciait que peu de boissons alcoolisées. En plus tout le monde était habillé... différemment, même Yitzhak. Jules était donc persuadé de faire tache dans le décor. Si ce n'était pas pour Yitzhak, il serait confortablement installé dans son canapé, enroulé dans sa couverture et sous son pyjama intégral (qu'il avait bien caché ce soir-là, parce que c'est loin d'être glamour) à regarder une série, ou un film. En plus Jules faisait dans la pédophilie maintenant ! De mieux en mieux ! Enfin pas vraiment mais Yithzak l'avouait lui-même, il était trop jeune pour traîner dans un bar (et en plus, le français ne fut qu'a moitié surpris quand celui avec qui il avait rendez-vous lui avoua qu'il avait de faux papiers. Oui, il commençait à connaître l'animal).

« Boh, tu sais, comme les premiers et comme tous les autres hein. répondit-il en souriant avec un air un peu désolé, comme s'il s’excusait de ne rien faire de très palpitant de ses journées. Ouais pourquoi pas, on commande et après on descend. »

Suite à ces mots, il se dirigea vers le bar. Bon, c'était le moment de jouer le mec cool. C'était quand la dernière fois que Jules s'était prit un cuite ? Quand il était en école de commerce probablement, en France, donc. Ça commençait à remonter à longtemps, il s'agirait donc de ne pas trop boire pour éviter de finir complètement torché à minuit, ou de boire quelque chose de léger.  Le serveur était vraiment affreux. Son tee-shirt fluo brillait sous le feu des néons UV, rendant son orange encore plus détestable et attirant trop l'attention de Jules pour qu'il puisse se décider de ce qu'il allait boire. Alors, un truc peu alcoolisé, de la bière. C'était parfait, comme plan: peu alcoolisé, ça avait un goût qu'il détestait (comme ça Jules la «dégusterait» à petites lampées, donc ne serait pas obligé d'enchaîner les verres au fil de la soirée). Manquait plus qu'a choisir une marque. La première qui lui venait à l'esprit, c'était la Einequen. Heinequen. Heineken. Peu importe. Dernière étape, la commande. Et ce fut ici que tout son plan foira. Regarder Jules, avec son accent français, essayer d'inventer la prononciation du mot Heineken en anglais avec en plus le serveur qui n'entendait rien avec la musique, ce dut être bien drôle à regarder. Finalement, peu décidé à changer de marque de bière pour éviter un autre massacre phonétique (et peut-être aussi pour faire semblant d'avoir une marque de bière préférée, pour laisser éventuellement l'impression de s'y connaître en alcool, alors qu'en réalité pas du tout), Jules montra du doigt la tireuse du bar qui arborait le gros logo rond et vert de sa prétendue bière préférée. Une fois sa pinte en main (car oui, Jules semblait être un gros amateur de bière finalement), il attendit que Yitzhak soit servit pour se diriger vers les escaliers menant au sous-sol. Ils étaient sensiblement cachés puisque d'où il était, il n'en voyait aucun. Décidant, il ne sait vraiment pourquoi, de mener la marche, il se dirigea donc vers une porte, celle qu'il estimait comme étant celle menant à l'étage inférieur, pour se rendre compte une fois celle-ci ouverte qu'elle n'abritait que les toilettes. Décidément. La refermant, arborant un sourire quelque peu gêné, il se tourna vers Yitzhak.

« Ouais bon, c'était pas celle-là. J'te suis. »

Si toute la soirée était à l'image de ses bafouillements adressés au barman et à son erreur d'orientation, cette soirée risquait d'être... peut-être pas mouvementée, mais plus ou moins embarrassante.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Ne jamais reprendre une histoire inachevée après la nouvelle année [Jules]   Mar 13 Jan - 1:03

Non, vraiment, je ne peux pas comprendre comment des gens font pour avoir une existence aussi creuse que celle de Jules et ne pas se dire que c’est peut-être un problème. Pour tout dire, cette passivité me fait un peu peur. Est-ce qu’on est Vraiment fait pour s’entendre ? J’aurais tendance à dire que non. Mais comme je suis un peu bête, j’ai envie de croire que si quand même. Certaines personnes deviennent dépressives sans s’en rendre compte. Etant donné le passé du français, j’imagine que c’est tout à fait possible. Il s’est laissé aller progressivement, ne s’est plus attaché à rien, et reste protégé dans une sorte d’apathie qui le coupe de toute douleur. Je suis très doué pour jouer les psys de comptoir quand je tiens à me persuader de quelque chose. Pour avoir connu plusieurs périodes de renfermement violentes – quoique plus courtes sur la durée – j’entrevois cependant à peu près l’idée. Et je sais aussi qu’insister sur le sujet pour l’instant serait inutile. Et puis, enfin, on ne va quand même pas commencer les discussions sérieuses sans un verre à la main ! Je pensais passer la commande pour nous deux, mais Jules semble se décider très vite, sans même jeter un regard sur la carte. J’ai le sentiment qu’il cherche à m’impressionner, ou quelque chose comme ça. Si c’est le cas, il est très maladroit. En m’accoudant à mon tour sur le comptoir, je le regarde se démener pour commander une Heineken, avec l’air de ne pas vraiment avoir compris que la marque vient de Hollande et pas d’Angleterre. En fait, ce n’est pas la seule chose qu’il rate. Non seulement il choisit la bière la moins chère dont n’importe quel amateur ne voudrait pas à moins de ne pas avoir le choix – bon il n’y en a pas tellement ici – mais en plus, dans un bar gay branché. C’est une preuve indéniable de bonne volonté, mais il n’est clairement pas au point là-dessus, parce que comme il le verra au cours de la soirée, la majorité de la clientèle préfère les cocktails et les bières aromatisées. C’est d’ailleurs ce que je prends, parce que sans une note de sucre, je trouve ça vraiment triste. Et puis, je ne suis pas là pour me mettre une mine, sinon je risque de faire n’importe quoi, être fatiguée trop tôt et rater un possible after.
 
La suite est encore plus drôle. Jules a tellement l’air de vouloir gérer la situation qu’il se comporte comme s’il connaissait parfaitement les lieux et ouvre la porte des toilettes, avant de reconnaître son erreur d’un petit air gêné trop craquant. Ça me tue. Il me fait rire. Mais je me reprends assez vite pour qu’il ne pense pas que je me moque réellement de lui.
 
-          Sois pas si pressé tu veux ? Faisons les choses bien, d’abord on parle, et ensuite
 
Je lui tourne le dos au même moment pour le guider vers les escaliers sans poursuivre ma phrase. Le sous-sol est plus confortable que le rez-de chaussé, avec des tables basses, des fauteuils et une petite piste de danse. Tout est assez espacé pour donner un peu d’intimité et, comme les clients sont encore assez peu nombreux, on peut opter pour le coin le plus à l’écart possible. Une fois installé, je laisse à nouveau libre cours à mes réflexions.
 
-          Je crois comprendre que tu n’as pas franchement l’habitude de ce genre d’endroit mais vraiment, tu peux te détendre. J’attends pas à ce que tu maîtrises tout dès les premières minutes et ne te dérange surtout pas pour commander ce que tu veux. Pas que je souhaite te voir ramper dans le caniveau à minuit, loin de là, mais ce soir, c’est moi qui paye. – Et avec un air plus malicieux j’ajoute : - Ne me remercie surtout pas, tout le monde sait que ce genre de privilège est un cadeau empoisonné, mais tu pourras choisir le lieu la prochaine fois
 
Du moins, en espérant qu’il y aura une prochaine fois. Quand je dis que je suis un être plein de doutes, on a tendance à ne pas me croire à cause de ce genre d’attitude. Je ne laisse presque jamais paraître l’éventualité que les choses pourraient ne pas se passer comme prévu, même si je tremble d’échouer à l’intérieur. Et, comme Jules est un peu mal à l’aise, c’est encore pire. En fait, je suis aussi très maladroit, mais d’une autre façon. Mais je lui tourne un sourire sincèrement heureux pour me rattraper en trinquant avec lui.
- Tu sais, si ça ne tenait qu'à moi je t'aurais contacté bien plus tôt, mais avec "tout ça", c'était compliqué.
Je me sens obligé d'ajouter cette précision parce que Jules a tout de même accepté de me voir sans la moindre explication sur mon silence et tout le reste. Je ne veux pas qu'il pense que je le fais volontairement tourner en rond. J'aime m'amuser, c'est vrai. Mais de là à disparaître de la circulation comme je l'ai fait non, ça dépasse les petites stratégies de manipulation que je m'autorise avec quelqu'un qui le plaît et que je pense bien.

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