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 Coeur à nu. ( Pv Ninon)

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MessageSujet: Coeur à nu. ( Pv Ninon)   Lun 15 Déc - 8:47


Et crever le silence
Quand c'est à toi que je pense
Je suis loin de tes mains
Loin de toi, loin des tiens
Mais tout ça n'a pas d'importance

J'connais pas ta maison
Ni ta ville, ni ton nom
Pauvre, riche ou bâtard
Blanc, tout noir ou bizarre
Je reconnais ton regard

Et tu cherches une image
Et tu cherches un endroit
Où je dérive parfois

Tu es de ma famille
De mon ordre et de mon rang
Celle que j'ai choisie
Celle que je ressens
Dans cette armée de simple gens

Tu es de ma famille
Bien plus que celle du sang
Des poignées de secondes
Dans cet étrange monde
Qu'il te protège s'il entend



Je ne peux pas pousser cette porte et pourtant il le faudra, je suis ridicule dans ma tenue large et complexe,  bardée de dentelles violettes et de cuir, fardée et appétée pour devenir anonyme, j'ai besoin que les regards glissent, qu'ils ne s'attardent pas où ca fait mal, je ne suis que ma propre parodie, j'ai revêtu mes vêtements de combattante, mon camouflage.  j'ai besoin que Silent reprenne la barre devant Jade au moins aux yeux de ce monde extérieur, ce monde qui m'a tué.

Mais je bloque devant cette porte, cette stupide plante sous le bras.
Je ne veux pas que les choses changent mais elles changent. J'ai essayé d'y penser cette nuit, cloîtrée dans ce lit familial aux cotés d'Amy, ils ne peuvent plus rien voir d'autre chez moi qu'un cadavre, c'est ainsi. Je suis cette morte qui effacée la vivante, lorsqu'on a vu la fin, comment poursuivre l'histoire ? Quel but y trouver à part tenter avec désespérance d'en changer l'issue ? Suis -je condamnée à n’être que mon propre cadavre ? C'est ce que j'ai vu dans les yeux de Sanzo, c'est ce que je ne voulais pas voir. Un à un , ils me tueront une seconde fois.

Tout est à refaire, je dois tout recommencer, tout montrer pour qu'ils puissent l'effort de se souvenir que j'ai été autre chose. Que j'ai essayé avec abnégation d'être tout simplement. J'ai tellement besoin de parler à Caitlyn, elle a traversé ça, elle connaît ce sentiment horrible. Revenir à la vie est simple, oublier qu'on l'a perdu est une horreur. Mais je dois en être à mon troisième soupire devant cette porte close qui s'ouvre sur une des personnes que j'aime le plus au monde et auprès de qui j’éprouve une peur irrationnelle de me présenter, je ne veux pas qu'elle me réponse, j'ai besoin d'elle, j'ai besoin de ses jurons, de sa normalité mais Aislinn m'a prévenu, les choses risquent d’être plus compliquées à présent.

Ca fait maintenant 10 minutes que j'attends , prostrée devant cette porte, je ne trouve pas la force, je crois que je ne la trouverais jamais mais une voix m'interpelle avec douceur. Mon regard se porte sur l'infirmière qui m'observe perplexe.

Vous comptez rentrer ou non ?
Oui ...mais...
Elle est éveillée vous savez ? Elle n'est ni défigurée, ni en danger.
Je...je sais.
La plante ne pourra pas rester là par contre.
Mais...c'est son amie.
Peut être qu'on devrait lui demander d'ouvrir alors ?
Peut être...je ne comprend pas ce qu'elle ...dit. Ninon, elle lui parle...alors ca doit avoir un sens, peut être que..que c'est une langue que je ne connais pas.
Peut être que tu n’écoutes simplement pas ?
Non...je....c'est possible...oui.
Moi je crois qu'elle veut voir son amie, si bien sur elle tient à elle, c'est toujours réconfortant de savoir quand on va mal, combien on tient à toi
Oui elle tient a elle, sa vie ne serait pas pareille, sans elle, elle serait...Moins bien.
Alors il faut qu'elle puisse lui dire.
Mais ...les mots pour elle....c'est pas facile.
C'est pour ca que tu es là, non ? Pour faire l’interprète ?
…..
Je parle aussi aux plantes.
Qu'est ce qu'elles  vous disent ?
Souvent ce que j'ai envie d'entendre.
C'est..c'est complètement con.
Autant que de parler à une porte fermée, ma  petite.
…...
Est ce que tu l'entends a présent ?
Je crois qu'elle veut ...qu'on entre.
Je le crois aussi. Tu apprends vite.
Merci.

Un simple sourire alors que je pose ma main sur la poignée et enclenche enfin le mécanisme qui me permet de l'ouvrir sur la simple chambre où elle repose sur son lit, son visage se tourne lentement et nos regards se croise alors que j'entre. L’émotion est crucifiante et me submerge au point que pendant un instant je perd légèrement ma forme tangible, le monde se couvrant des couleurs de la Silent World alors que je disparais. Il me faut une demi seconde pour réapparaître en serrant les dents pour ne pas jurer. Je fais quelques pas vers la table du fond où je dépose pupuce, je reste de dos, tentant de retrouver mon calme.

Elle...elle voulait te voir. Tu sais elle casse les oreilles quand elle veut quelque chose. Tu lui manques et elle s'inquiète beaucoup. Elle ne veut pas etre toute seule si tu n'es pas a ses cotés. Tu es une des plus belles rencontres qu'elle ai pu faire...c'est...c'est ce qu'elle dit.
J'essaye de lui expliquer.
J'essaye de lui dire que tu es une effroyable feignasse , que tu fais tout ça pour sécher les cours et encore te perdre en rêveries inutiles comme la courtisane porteuse de lingeries aguicheuses que tu es ! Que c'est encore un de tes tours à la con, une de tes idées saugrenues pour...pour me pourrir les nerfs.
Mais elle dit que je suis une grosse conne...c'est facile venant d'une plante qui ne sait même pas faire une division !
Alors je te l'ai ramené pour que tu lui dises toi, moi elle me prend la tête.
Fais chier...je ne sais pas parler plante. Et pas soigner non plus, mais si il faut j'apprendrais, pour toi, j'apprendrais tout ce qui pourra te faire sourire.
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Ninon Lenoir
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MessageSujet: Re: Coeur à nu. ( Pv Ninon)   Mer 17 Déc - 0:43


Aislinn avait raison, tout allait bien, elle était en vie et il ne fallait plus y penser. Oui mais ce n’était pas simple de ne plus y penser, parce que chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle y pensait, chaque fois qu’elle voyait les bandages sur son corps, elle y pensait. Elle y avait pensé quand ses parents étaient parti, avant que les médicaments ne l’assomment, pendant son sommeil et à son réveil. En fait, c’était la première chose à laquelle elle avait pensé en ouvrant les yeux ce matin.
Il fallait s’occuper pour penser à autre chose, faire n’importe quoi, mais détourner son attention. Aislinn avait raison, le passé c’était le passé, et le positif viendrait en l’oubliant et en pensant à demain. Seulement on ne pouvait pas penser à demain sans oublier et on ne pouvait pas oublier si on continuait d’y penser.
On voulait oublier ! Elle le voulait, elle le voulait ! Mais à chaque silence, un crissement strident semblait résonner dans ses oreilles, à chaque fois qu’elle fermait les yeux, un flash, un corps, un regard sans vie semblait se dessiner.
Autre chose, autre chose, autre chose. Trouver le positif. Qu’est-ce qui était positif ?
Ce qui était positif, c’était le baiser d’Aislinn sur son front, ça c’était positif. C’était aussi sa promesse, de toujours répondre présente. Oui mais elle ne pouvait pas l’appeler, parce que si elle l’appelait, cela voulait dire que ça n’allait pas et il fallait aller bien ! Elle l’avait dit, tout allait bien, elle était en vie et elle pouvait penser à l’avenir.
Autre chose, autre chose, autre chose. Trouver plus de positif, qu’est-ce qui était aussi positif ?
La véritable chose positive était qu’elle avait pu mettre un culotte sous cette fichu chemise d’hôpital ! Parce que bon, une blouse avec une coupe informe passait encore, mais se balader les fesses à l’air alors qu’elle était grande ouverte dans le dos, il y avait des limites ! Jade elle aurait dit « courtisane ! », mais elle n’était pas là, elle devait encore dormir, parce que … parce que…
Mais techniquement, Ninon n’était pas censée se balader tant que ses os ne s’étaient pas ressoudés. De toute façon, aller aux petits coins n’était pas considéré comme une balade, ça faisait partie des besoins de base et puis elle n’y allait pas seule, il y avait la béquille à côté du lit.
Et si on ouvrait la fenêtre ? Ninon se rallongea dans son lit en soupirant, prenant une grande bouffée de l’air frais du matin qui arrivait du bleu du ciel jusqu’à elle. Elle ferma les yeux alors que son expiration était tremblotante. Marre, marre, marre de cette atmosphère médicale, ça n’allait pas du tout… Ça sentait la javel et le désinfectant à plein nez ! Elle inspira à nouveau longuement.
S’occuper, s’occuper !
Il fallait faire des cocottes en papier, mais il n’y avait pas de papier, pas la moindre feuille, nulle part ! Pourtant il fallait quand même faire des cocottes pour occuper les mains et l’esprit ! Tant pis, à défaut de cocottes en papier, elle fera des cocottes en PQ. Des cocottes en PQ ? Oui, mais avec une seule main, c’était compliqué, parce que celle qui avait été brûlée cocottait beaucoup moins bien… Elle cocottera mieux plus tard, mais pour l’heure, elle n’était toujours pas guérie. Les cocottes en papier, ce n’était pas simple, les cocottes en PQ l’étaient encore moins et les cocottes en PQ avec une main qui cocottait moins, c’était impossible.
Quoi que si, c’était possible ! A force d’acharnement, il y avait eu une cocottes, enfin un semblant de cocotte, un peu mole, un peu tordue, un peu ratée, mais sans la fatalité, elle aurait eu meilleure mine …
Et puis Ninon en avait eu mare, et s’était rallongée en prenant bien garde à cacher ses jambes sous les couvertures. Elles avaient des hématomes qui faisaient penser à hier, des entailles qui faisaient penser à hier, et surtout, cet immense bandage qui en couvrait une presque entièrement et qui faisait penser à hier. La main brûlée aussi faisait penser à hier, alors elle ne la regardait pas, elle avait préféré détourner son regard vers la fenêtre.
Rien à faire de ses dix doigts et pourtant, il fallait s’occuper, faire quelque chose, arrêter de penser, arrêter, arrêter, arrêter !
Les ramifications ! Les ramifications, c’était un jeu qui occupait l’esprit. On l’apprenait en art. On partait d’un truc, un objet, une chose, un concept, une personne, n’importe quoi, mais on commençait par là.
Ici, on commençait par le ciel.
Et on continuait, ça ressemblait à quoi ? Il y avait des synonymes ? Qu’est-ce que ça évoquait ?
Le ciel était bleu, il n’avait pas de nuages et il faisait clair. Oiseau, feuilles mortes, sac plastique, plume, poussière. Espace, nuit, étoiles, Lune, constellation. Bleu ciel, bleu nuit, rose, orangé, violacé, gris, blanc. Aurores boréales, Nord, neige, glace.
Bon, mettons qu’il fallait s’arrêter ici pour les premières branches, maintenant, on commençait le deuxième tour ! Pour faire le deuxième tour, on oubliait le premier truc, le premier objet, la première chose, le premier concept, la première personne, le premier n’importe quoi et on recommençait avec un des mots que l’on vennait de trouver. Mettons, quelque chose de simple : les oiseaux.
Les oiseaux ça volait, ça avait des plumes. Mouette, pigeon, merle, pie, mésange, rouge-gorge, pélican, flamand rose, chouette, hiboux, aigle, autruche,... Ailes, bec, pattes, graines, cuicui, piailler, œufs. Oiseau, piaf, volatile. Ils se faisaient manger par les chats et avaient un petit vendre tout duveteux.
Stop, nouvelles branches, on oubliait et on recommençait. Repartons des œufs !
Poule, bébé, poussin, vie, coquille, jaune, blanc, omelette, craquer, visqueux, casser, Pâques.
Le principe, c’était de continuer sans jamais s’arrêter, et en trois tours, on était déjà passé du ciel à l’omelette. Ça avait un vague arrière-gout de métaphore sur la fatalité.
Mais on pouvait toujours aller plus loin ! Quoi que non, pas maintenant. La porte s’ouvrait et fit perdre à Ninon le fil de ses pensées! Jésus Marie Joseph, elle avait dit à l’infirmière qu’elle était gentille mais qu’elle pouvait faire pipi toute seule ! Ce n’était pas la mort de claudiquer jusqu’aux petits coins ! Elle tourna la tête en s’apprêtant à soupirer mais quelque chose l’arrêta dans son geste. Quelque chose qui la fit se figer entièrement jusqu’à bloquer son souffle dans sa poitrine. Deux billes noires qu’elle avait vu pour la dernière fois avant qu’un éclair de lumière ne les emporte à tout jamais. A tout jamais ? Il fallait croire que non, parce qu’elles étaient là, fixes, comme stupéfiées devant elle.
L’espace d’une seconde, elle crut voir un fantôme qui avait même commencé à s’effacer à nouveau. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle supplia dans un murmure.

_ Jade.

Pas de réponse, l’intéressée lui tourna le dos et posa quelque chose sur la table. Un quelque chose qui s’avéra être Pupuce. Elle causait, elle causait, mais Ninon ne comprenait rien, ses sentiments se succédaient et s’entrechoquaient, comme s’ils se bousculaient, faisant la course pour savoir lequel sortirait le premier. Ses larmes continuèrent de monter et sa vision se brouilla alors qu’elle se redressait, ses doigts se crispant sur les draps blancs.
Elles étaient étranges toutes ces sensations, la peur, l’angoisse, la colère, la tristesse et surtout la joie qui n’arrivait pas à trouver son chemin à travers tout cet amalgame, malgré le fait qu’elle essayait de sortir de toutes ses forces.
Ses premiers mots sonnèrent comme une prière, un murmure tremblant qui n’osait à peine y croire alors que les larmes commencèrent à rouler lentement le long de ses joues.

_ Jade. T’es là… T’es … T’es …

Son souffle se bloqua dans sa gorge alors quelle réprima un sanglot. Ne plus y penser, ne plus y penser. Trouver autre chose ! Les sentiments continuaient de tournoyer alors qu’elle essayait de se focaliser sur autre chose que la veille pour tenter de l’effacer désespérément dans sa mémoire, comme si se persuader que tout était fini allait l’apaiser. Chacun de ses mots sonnait comme un reproche, mais sa voix qui manquait de se briser un peu plus à chaque instant trahissait leur véritable signification. Ce n’était ni de la colère, ni de l’amertume, ni même du regret. La peur, l’angoisse et la panique avaient pris le dessus.

_ Tu… C’est tout ce que tu trouves à faire ?! Arriver comme ça, comme une fleur, pour me parler de mes culottes et d’une pâquerette qui n’a même pas dit bonjour !? Si elle t’embête, balances-la par la fenêtre, envoies-la contre un mur, c’est qu’une saleté plante après tout, il y a des trucs plus graves que ça ! Il y a … il y a … Jésus Marie Joseph ! Qu’est-ce que ça peut te faire mes sous-vêtements ?! Je ne te les montre pas de toute façon ! Je sais que tu penses que je suis neuneue, mais je ne suis pas stupide ! Je sais que tu ne les aime pas, alors je ne les exhibe pas ! Et puis pourquoi tu m’en parle de toute façon ? Mêles toi de tes affaires ! Si tu t’étais mêlée de tes affaires tu n’aurais pas… tu aurais …
Non mais tu te rends compte que j’ai passé presque une heure à essayer de faire une cocotte avec du papier toilette !? Et je n’arrive à rien avec ce fichu bandage !  
Et puis d’abord, bien sûr que tu ne peux pas parler aux plantes ! On peut pas leur parler, je ne sais pas qui t’a dit qu’on pouvait leur parler mais c’est des bêtises Jade ! Les plantes ça ne parle pas ! Ça n’a jamais parlé ! On pense que ça cause parce que ça nous fait plaisir de se dire que quelqu’un ou quelque chose puisse nous écouter des heures sans broncher, mais ça ne cause pas les plantes ! Ça ne comprend rien ! Et si ça comprenait ça aurait trouvé un moyen pour nous faire taire parce qu’on parle trop ! On parle pour ne rien dire, mais on ne dit jamais les trucs importants ! Qu’est-ce qu’on s’en fiche de parler à une tulipe ! On ferait mieux de parler aux gens et tant pis s’ils nous envoient balader !  
Pourquoi tu… t’as…


Elle se stoppa brutalement, ses mots ayant été comme aspirés dans sa gorge alors que sa lèvre trembla légèrement et qu’elle la regardait désespérément dans les yeux. Ses DEUX yeux, aussi noirs et brillants l’un que l’autre. Mais quelque chose en elle, comme un calque, venait se poser sur l’image qu’elle avait devant les yeux. Elle revoyait la pièce de métal enfoncée dans son visage et le sang, frais et coagulé, qui l’avait maculé. Elle revoyait les perles rouges qui glissaient de la commissure de ses lèvres au rythme des pressions de Sanzo. Elle revoyait ses cheveux noirs brillants recouverts de cendres et de poussière. Elle revoyait sa main tiède et sans vie dans la sienne.

_ Jade !

Un premier sanglot et ses doigts se refermèrent finalement sur les draps. Elle les serra fort aux creux de ses poings pour les attirer contre son visage baissé et étouffer ses larmes et ses gémissements, alors que son dos s’affaissait de plus en plus vers l’avant pour se recroqueviller.
Il fallait oublier, il fallait oublier ! Mais on n’oubliait pas. On n’oubliait jamais qu’on avait perdu l’une des personnes qui nous étaient les plus chères au monde. C’était toujours lorsque l’on avait perdu quelque chose qu’il nous manquait le plus, car on se rendait compte de son absence et de tout ce que cela impliquait.
Avec Jade, cela avait été tout ce que cela avait failli impliquer, mais c’était déjà trop et terrifiant.
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MessageSujet: Re: Coeur à nu. ( Pv Ninon)   Mer 17 Déc - 8:46


L'onde la plus calme est la plus dangereuse car sous sa placidité, les courants contraires s'agitent en un tumulte improbable. On ne les voit pas, on ne les devine pas et lorsqu'ils crèvent la surface, bouillonnant sous l’écume des eaux déchaînées , c'est déjà trop tard, c'en est ainsi du spectacle déferlant sous son regard. Exaspérer Ninon a toujours été un jeu plaisant à jouer, pas aujourd'hui parce que Jade est bien assez adulte pour comprendre ce qui ne se dit pas entre les lignes et comprendre la douleur et les non dits prisonniers de cette colère froide dont elle essuie les plâtres avec patience, une patience qu'elle n'aurait que pour peu de personne au monde.
Chaque mot percute, chaque mot perce et touche, chaque mot fait horriblement mal mais Ninon sans doute en a besoin, chacun crève l’abcès comme il le peut avec les pauvres et faibles armes qu'on lui a donné.
C'est une situation inédite pour l'asiatique, inédite et inconfortable parce que aucune défense ne saurait la protéger de cela, ni le dédain, ni le déni, ne la violence.
Le cœur mis à nu est plus fragile qu'un nouveau né, plus fragile encore que la fragilité car la moindre brise peut le faire saigner et qu'il ne cicatrise pas.
Ses paupières se closent, elle a vu ce qu'il y avait à voir dans le regard de son amie, elle s'est vu sans vie et déchiquetée, elle la tue une seconde fois. Insupportable, injuste.
La voir blessée et misérable alors qu'elle même n'a pas une égratignure et pourtant elles proviennent du même enfer même si leur chemin n'ont pas prit la même direction : quel est la plus terrible au fond, mourir ou survivre ? Elle connaissait déjà sa réponse pour l'avoir attester un nombre de fois incalculable.
Elle rouvrit les yeux, toujours immobile alors que les larmes roulaient su les joues silencieuses et solitaires
Elle s'approcha doucement et alla s’asseoir sur le bord du lit, en une attitude de pénitente, le corps au trois quart tourné vers elle.
Sa voix n’était une fois de plus que ce murmure caractéristique.

Je le referais, tu sais.
Même si je n'en revenais pas, je le referais.
Même si tu dois me haïr, je le referais.
Pourquoi ?
Parce que je sais des choses que tu ne sais pas, ce n'est pas une question d'intelligence, ce n'est pas ça, ta vie débute, la mienne est déjà trop pleine. Tu es l'une de ces personnes qui rendent le monde plus beau, plus précieux et j'ai vu tellement de noirceur et de mauvaises choses. Même si tu ne le vois pas. Je t'admire tellement pour ce que tu peux devenir et ce que tu fais déjà. Je suis consumée Ninon, je suis déjà morte mille fois, j'ai été traité comme un objet, humiliée, violentée, violée, je suis devenu un animal, j'ai tué des gens, je n'ai jamais regretté , jamais eu de remord, je suis plus noire que mes vêtements.
Et toi tu es là, avec ta présence et tes sourires, tu passes de la couleur dans ma vie. Et que peut bien valoir cette vie que j'ai gâchée face à ta lumière.
Te sortir de ce train est la meilleure chose que j'ai pu faire jusqu'ici.
Te rencontrer aussi.
Pourquoi tu demandes ?
Parce que je t'aime, tout simplement. Parce que tu me rends meilleure, parce que j'aime me voir dans tes yeux, j'aime me voir différente que la manière dont je me vois.
Tu as vraiment besoin que je te dise ces choses ? Tu n'es pas stupide Ninon, j'exploserais ceux qui oseraient le dire. Tu as de tres beaux sous vêtements que je regarde dans ton tiroir lorsque tu n'es pas là, le genre de chose que moi je ne pourrais jamais porter pas après ce qu'on m'a fait.
Amy m'a apprit a faire des origami, je t'apprendrais, ça sera mieux que ton P Q
Je te ramènerais à notre chambre et je te soignerais moi même si il faut.
Mais il faut juste que tu fasses un petit effort.
Il faut juste que tu me regardes, et que tu vois que je suis vivante.
Je peux te dire ces choses qui comptent, je ferais l'effort de les dire, de te raconter qui je suis et tu comprendras combien j'ai besoin de toi, combien ce que nous sommes l'une pour l'autre est précieux.
On peut revenir du pire, je t'assure, on le peut !
Regardes moi,
Je t'en supplies.
Regardes moi, prends moi dans tes bras, je suis vivante
Je suis vivante !
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Ninon Lenoir
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MessageSujet: Re: Coeur à nu. ( Pv Ninon)   Mer 17 Déc - 23:53

Ninon releva la tête. Elle ne sanglotait plus mais ses larmes continuaient de couler sans qu’elle ne puisse rien y faire.

_ Oh Jade… Pardon.

Il fallait le temps de se rendre compte.
Le temps de se rendre compte que c’était la réalité. Elle repoussa les couvertures pour s’avancer vers Jade et s’agenouiller devant elle. Il fallait le temps de la regarder, parce qu’elle avait failli ne plus pouvoir le faire. Elle avança doucement ses mains vers son visage pour l’effleurer délicatement du bout des doigts et recueillir les larmes qui s’y trouvaient. Il fallait le temps de se rendre compte que sa peau était douce et chaude. Que sous ce maquillage, elle était faite d’une nacre rosée. Son pouce caressa sa joue, il en effaça les larmes et une partie du fard qui se trouvait sous elles. Puis,  elle passa sur sa pommette jusqu’au coin de CET œil. Dans le même mouvement fluide, elle fit descendre ses mains pour prendre son visage en coupe avec précautions, tout doucement, comme s’il avait s’agit de la chose la plus précieuse au monde. Sa bouche s’étira en un mince sourire embué de larmes, alors qu’elle se pencha et déposa ses lèvres là où ses doigts s’étaient trouvés une seconde plus tôt.
Il fallait le temps de se rendre compte que c’était Jade qui était là et qu’elle pouvait toucher. L’angoisse était partie, la colère et la peur aussi.

_ Je sais que tu es en vie, parce que si tu ne l’étais pas, je ne pourrais pas être en train de te regarder maintenant.
Je le sais, je le sais, mais ça n’effacera pas ce qui s’est passé, ce que j’ai ressenti, ce que j’ai vu. Ca ne l’effacera pas, mais ça le cachera, petit à petit. Je n’oublierai jamais, mais j’y penserai de moins en moins souvent parce que tu es là, avec moi.
Tu ne m’as pas rencontrée parce que c’est moi qui t’ai rencontrée. On s’est trouvées et je ne veux pas que tu le refasses, je te l’interdis. Pas parce que je te haïrais, mais parce que tu es MA rencontre, MON âme sœur et la personne la plus précieuse que j’ai pu découvrir. C’est égoïste, mais c’est comme ça.
Tu n’es ni sombre, ni noire, ni quoi que ce soit. Tu ne l’étais pas avant et tu l’es encore moins maintenant. Jade, tu viens de renaître, tu as le droit à une nouvelles vie, une seconde chance que toi seule a eu. La première était peut-être arrivée par erreur, mais tu es comme le brownie, tu es la preuve qu’on peut faire des erreurs magiques. On t’a redonné la vie parce qu’on voulait de toi, parce qu’on tenait à toi, parce que tu étais aimée et parce que vivre sans toi ce n’était pas possible. On t’a redonné la vie parce qu’en fin de compte tu n’étais pas une erreur et tu ne l’as jamais été.
Qu’est-ce que vaut ta vie ?
Elle vaut tout Jade, elle est précieuse et elle mérite d’être vécue autant que n’importe quelle autre ! Alors, je t’en supplie, ne parles pas de te sacrifier à nouveau parce que je ne veux plus jamais revivre ça.
Je t’aime ma petite souris et je ne peux pas sourire si tu ne souries pas aussi.
J’ai besoin de toi.


Ninon enroula ses bras autour des épaules de Jade avec la même douceur que si elle avait eu à recueillir un petit oiseau. Elle la prit contre elle et blottit son visage dans son cou en la serrant avec tendresse. Tout contre sa joue, elle sentait la pulsation rassurante des battements de son cœur à travers sa peau chaude et vivante.
Ainsi pelotonnée, sa voix n’avait pas besoin d’être plus haute qu’un murmure, un minuscule souffle qui n’aurait pu être qu’un simple soupire reconnaissant.

_ Merci Jade.
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MessageSujet: Re: Coeur à nu. ( Pv Ninon)   Sam 20 Déc - 9:06



Je voudrais te parler des choses qu'ils m'ont fait vivre
La douleur à laquelle j'ai été soumis
Mais le Seigneur lui-même en rougirait
Les innombrables festins déposés à mes pieds
Les fruits interdits que je dois manger
Mais je pense que ton pouls commencerait à s'affoler

Maintenant je ne cherche pas l'absolution
Le pardon pour les choses que je fais
Mais avant que tu arrives à de quelconques conclusions
Essaie de te mettre à ma place
Essaie de te mettre à ma place

Tu trébucheras sur mes pas
Iras aux mêmes rendez-vous que j'ai pris
Si tu essaies de te mettre à ma place
Si tu essaies de te mettre à ma place

La moralité désapprouverait
La décence mépriserait
Le destin qui a fait de moi son bouc-émissaire
Mais je jure maintenant, mes juge et jurés
Mes intentions n'auraient pas pu être plus pures
Mon cas est facile à comprendre

Je ne cherche pas une conscience plus claire
Une paix de l'esprit après ce que j'ai subi
Et avant qu'on ne parle d'un quelconque repentir
Essaie de te mettre à ma place
Essaie de te mettre à ma place

Elle repenserait a chacune de ces paroles plus tard, bien plus tard. Lorsqu'elle luttera pour combattre le sommeil, cette frayeur inédite de l'endormissement et des ténèbres qui engouffrent la vie. Une phobie de plus à la liste, celle là et celle de se retrouver confinée dans un espace clos et sombre. Mais toutes ces cicatrices psychologiques paraissaient moins pénibles a porter puisque des personnes comme Ninon seraient là pour y appliquer de l'affection et de l'amour. Pour l'instant, l’émotion l’étranglait, une émotion encombrante et impossible à gérer alors tout en resserrant son étreinte contre la jeune fille, elle se laissa aller à pleurer. La voir ainsi était exclusif et rare, elle pleurait rarement, elle avait apprit a être dure et forte. Plus que faiblesse, ces moments étaient inutiles, des moments sans contrôle sans dignité, des moments où il est si difficile de cacher les choses. Elle soupira entre deux sanglots.

Je...je ne suis pas une chouineuse, ok ?...Et si tu parles de ca a quelqu'un...je te fais bouffer tes tubes de peinture...C'est ta faute, avec tes grands mots, tu..tu me ...perturbes.

Elle l’écarta un instant de son visage avant de lui adresser un demi sourire entendu sous son maquillage ruiné par les larmes et de lui déposer un baiser affectueux sur le bout du nez. Puis elle la fixa de ses yeux noirs intenses avant de détourner le visage un instant, l'air embarrassé.

Âme sœur...tu utilises des mots que...que je ne comprends pas. J'ai vécu 18 ans sans avoir aucune amie, ni véritable vie sociale, je veux dire vie normale. Mais si âme sœur veut dire que l'on doit se faire entièrement confiance, je crois qu'il est temps que je te dise qui j’étais et pourquoi j'en suis arrivé là. Il n'y a que ma famille adoptive et kaede et Sanzo qui savent vraiment toute l'histoire ce qui veut dire que...c'est important niveau confiance, tu vois ?
C'est sans doutes pas le moment idéal pour expliquer tout ca mais...si tu dis que c'est une nouvelle chance qui m'est donnée, autant la commencer sans non dit.


Une brève inspiration hésitante.

Je suis née dans le China town de San Francisco, ma mère était une prostitué appartenant à une des triades de la ville, je ne sais pas qui est mon père, il était eurasien sans doute. J’étais un accident de travail comme on dit. Je n'ai pas connu ma mère, c’était une camée, elle m'a enregistrée au nom de Jade Dikinson parce que le nom sonnait « américain »...c'est une marque de pneumatique. Tu vois le niveau...
J'ai été élevé comme une drop kid, en bande avec d'autres « non désirés », on etait les petites mains de la triade : vol, agression, courtiers. On dormait dans des squattes, on recevait souvent des corrections et on était des « instruments » de cette mafia. J'ai du me prendre en charge toute seule, pas d’école, pas d’éducation...J'ai vite compris que j'avais un don pour apprendre et comprendre, j'ai cherché tous les moyens pour m'instruire : hantant les bibliothèques, volant des pc portables, surfant sur le net dans des cyber cafés...J'ai compris que j’étais une mutante le jour où j'ai échappé à des flics en passant en invisible mais je ne parvenais pas a reproduire le mécanisme. Je croyais que la roue allait enfin tournée. J'avais tord. Ma génitrice est morte d'une overdose, on m'a jugé assez grande , j'avais pas encore 13 ans...Une pute, plus c'est jeune, plus ca rapporte...c'est comme ça.
Ils ont commencé le « dressage », m'ont enchaîné a un matelas et ...bon...ca a duré un certain temps bien assez longtemps pour préférer être morte, je n’étais pas assez collaborative. Je passais mes journées entre coup de fouets et..et...tu vois quoi. Et puis un jour, le miracle, alors qu'un de ces fils de pute prenait du « bon temps temps » sur moi, mon pouvoir s'est déclenché.J'ai pu en profiter pour l’étrangler avec ma chaîne, c'est la première fois que je tuais quelqu'un. Je n'ai jamais pris de plaisir a tuer sauf ce jour là.
Je me suis échappée et dés lors je ne vivais plus que pour une chose, la vengeance. Je vivais dans les égouts dans la merde et la crasse mais j'apprenais, je prenais mon temps, il m'a fallut apprendre a tenir un revolver, a me faire discrète, a devenir une ombre. Je les ai étudié, observé et lorsque j'ai jugé que c’était le bon moment, j'ai commencé. J'avais 14, 15 ans
Juré, juge, bourreau...Ils m'appelaient «幽灵” ca veut dire le fantôme. J'en ai tué quelques uns, mais ce n’était jamais assez, j’étais devenue une bête, une traqueuse, a dire vrai je n'aspirais qu'a crever. C’était vraiment la période la plus sombre que j'ai connu...
Et puis je l'ai rencontré lors d'une de ces traques. Il était mutant comme moi, il était fort et sans pitié, il s'appelait Kyle, Kyle Kenneth, c'est le frère de Caitlyn. Il était en mission pour le compte d'un groupe de mutants terroristes qui prônait la suprématie des mutants sur les hommes. La Confrérie. Je détestais l'humanité pour ce qu'elle m'avait fait et surtout je voulais devenir forte, forte comme Kyle. Je l'ai suivi, il se conduisait comme un père avec moi, je suis devenue son ombre : Silent. Kyle n'est pas comme ces confreristes imbéciles qu'on montre à la télé. Il a son point de vue, il insiste pour former des gens qui réfléchissent sur leur choix avant d'en venir a la violence, il a toujours essayé de me dissuadé de le suivre, de m’empêcher d’être « sans avenir », il a toujours refusé de m’entraîner mais c’était mon choix pas le sien. Lorsque nous avons découvert Kaede à San Francisco, il a refusé d'en faire une arme et de la livré a ses supérieurs et l'a envoyé ici, il voulait que je fasse de même mais j'ai refusé.
Kaede a été ma première amie, j'ai du prendre soin d'elle lors de sa cavale. Je suis heureuse qu'elle ai trouvé sa place ici même si elle reste « étrange » par moment. Elle etait tolérante pour mes...mes « manies » et mes tics.
En septembre 2013, notre confrérie à San Francisco a ete balayé dans un massacre sans appel par des mutants lié au trafic de speed x, Kyle m'a sauvé, mais j’étais gravement blessée, perdue dans les égouts. C'est une équipe de x men qui est venue me récupérer. Kyle m'a confié a sa sœur parce que c’était devenu trop dangereux pour moi. Je détestais etre ici, je voulais m'enfuir mais...le temps...et la gentillesse des gens...m'ont fait changer. J'ai lié des liens avec Amy, des liens forts parce qu'on se ressemble beaucoup, et puis les choses sont devenues évidentes. Amy et Cait on voulu m'adopter comme leur fille, je le voulais aussi.
Mais sans ma marraine Rachel, Amy, Cait, Sanzo, Kaede...je ne serais pas là aujourd'hui, du moins je n'en serais pas là.
J'espère que maintenant, tu comprendras mieux l'origine de mes « problèmes » et de ces tics qui me pourrissent la vie et pourquoi parfois je peux etre si....acide. Je veux devenir quelqu'un de bien , Ninon, mais ca prend du temps et des efforts...
Je ne sais pas qui voudrait franchement d'une âme sœur  comme moi, du coup...
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Ninon Lenoir
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MessageSujet: Re: Coeur à nu. ( Pv Ninon)   Dim 28 Déc - 23:37

_ Oh, mon dieu, Jade, jamais j’aurais pu imaginer…

La voix de Ninon se brisa dans un sanglot alors qu’elle perdit ses yeux bleus embués de tristesse dans ceux noirs de Jade. Elle avait pâli à vue d’œil et chacun de ses mots lui avait un peu plus brisé le cœur, mais malgré tout, elle n’avait pas voulu pleurer, pas encore. Cependant, ses larmes avaient leur volonté propre et commençaient déjà à reprendre leurs sillons le long de ses joues.
Elle se souvenait des brides d’enfance que Jade avait déjà commencé évoquer, mais elle était restée si évasive. Aislinn avait continué de dévoiler de nouveaux éléments en lui parlant de terrorisme, mais même en sachant cela, et en comprenant qu’avant d’arriver à l’institut elle avait eu à passer par des épreuves atroces qui l’avaient forgée, Ninon avait été bien loin de se douter à quel point.
Un nouveau sentiment horrible et inconnu naissait en elle. Une tristesse d’un genre inédit, teintée d’impuissance face au passé de son amie, parce qu’elle savait que peu importe ce qu’elle dirait, jamais elle ne pourrait effacer la moitié de ce qu’elle avait vécu. Peu importe les mots, peu importe les sourires et peu importe les niaiseries, rien ni ferait jamais rien.
Pourtant elle l’aimait, elle tenait à Jade parce qu’elle l’avait infiniment touchée dès leur première rencontre. Elle l’aimait parce qu’elle était forte, maintenant plus que jamais, mais aussi d’une immense fragilité. Jade c’était la personne qui ne prenait pas de gants pour dire les choses mais qui était honnête. C’était aussi la gamine émouvante qui manquait de confiance en elle et qui baissait les yeux chaque fois qu’elle savait qu’elle avait fait quelque chose de mal.
Là, elle n’avait pas baissé les yeux, elle avait simplement continué de parler sans s’arrêter pour dire, pour TOUT dire, parce qu’elle n’avait pas à baisser les yeux. A aucun moment elle n’avait été coupable ou punissable. Elle avait juste été plus forte et courageuse que Ninon ne pourrait jamais l’être.
Jade ne cherchait pas à être admirable, juste à être aimée.
Et aimée, elle l’était déjà, sans aucun doute, plus qu’elle n’arrivait à le voir et à l’admettre. Admirée, c’était le cas maintenant pour son amie qui, même si elle avait été choquée par la violence de son histoire, ne pouvait s’empêcher d’envier sa force et sa détermination, son désir de s’en sortir.
Ninon prit les mains de Jade dans les siennes pour les serrer. L’émotion nouait toujours sa gorge, mais elle arriva à contrôler sa voix après avoir difficilement avalé sa salive.

_ Ce n’est pas à toi de choisir si l’on peut vouloir de toi ou pas, c’est aux autres de le décider et je l’ai décidé. On s’est rencontrée et tu t’es entichée d’une neuneue, c’est comme ça et je ne te laisserai pas. Je te l’ai déjà dit quand j’ai débarqué dans ta chambre, je suis là et je ne te rejetterai pas, peu importe ce dont tu as besoin. Ca vaut toujours maintenant, et peut-être même encore plus. Je veux de toi comme âme sœur, et si tu en doute, je veux bien te le répéter tous les jours jusqu’à ce que tu veilles bien l’imprimer.
T’es magique Jade, j… si j’avais eu à subir une seule journée ce que tu as du endurer toute ta vie, je serai probablement morte dans les égouts, je n’aurais pas pu en sortir, je n’aurais pas su. Mais toi tu arrives à sourire et à te relever.
Et si tu es en vie maintenant, c’est une manière que tu comprennes que c’était pour toi un moyen d’apprendre à oublier ce qu’il y avait avant, comme si tu étais réellement née une seconde fois hier et que cette fois, tu as le droit à une vie qui n’appartient qu’à toi.
Dans cette vie tu peux vivre pleinement sans avoir à te battre pour n’arriver qu’à survivre. Tu peux en faire ce que tu veux parce que personne ne se servira de toi ou ne t’utilisera, alors arrêtes de te soucier du regard des autres, c’est ta vie, pas la leur, c’est ton cadeau, pas le leur.
Tu as le droit de sourire autant que tu le veux, tu peux pleurer quand ça te chante, toute la journée si tu as envie ! Tu peux porter les vêtements qui te font plaisir et aimer n’importe quoi, parce que c’est ta vie et c’est toi qui décide, pas le regard des autres.
La première fois qu’on s’est rencontrées, tu m’avais déjà dit que tu voulais devenir quelqu’un de bien. Tu le peux parce que tu as la chance de pouvoir devenir qui tu veux.
Dans cette vie, tu n’es pas un accident ma p’tite souris, tu n’es pas non plus une marque de voiture. Dans cette vie tu es Jade Elioth-De Lauro, parce que tu étais désirée. Si tu en doute, penses simplement que faire un enfant ça ne demande pas de réfléchir, par contre, on adopte jamais par erreur.
On t’aime Jade, tu as du mal à le voir, mais c’est comme ça, et si ce n’était pas le cas, je ne pourrais pas être en train de te le dire. Alors arrête de douter.

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MessageSujet: Re: Coeur à nu. ( Pv Ninon)   Mar 30 Déc - 15:14

Elle se contenta de rester immobile et de garder ses mains dans celles de la jeune française sans prononcer un mot, son regard fixé sur ces mains jointes en une prière muette mais sincère. Elle semblait solide dans son attitude mais son regard noir luisait de vie trahissant un mécanisme de réflexion intense.Finalement, elle leva le visage et l'observa avec une certaine douceur avant de lui murmurer en toute confidence.

Mais Ninon, je ne peux pas.

Elle soupira assez fortement avant de perdre son regard vers le mur.

Je SUIS le doute.
Pourquoi est ce que tu crois que la science et les mathématiques ont une telle importance à mes yeux ? Ce sont des sciences exactes, je peux les comprendre, je peux les contrôler, je peux solutionner des problèmes. Tout est compréhensible et rassurant, enfin quand on a le niveau...mais la vie...Tout est toujours prétexte à confusions et questionnement.
Je me pose toujours un million de questions sur comment réagir aux autres, à leurs sollicitations et leurs attentions. Lorsque je suis arrivée ici, je ne connaissais que la colère et la loyauté. Tous les autres sentiments sont tellement difficiles à gérer, tellement complexes que...que très souvent je m'y perd...Je n'arrive pas à...à être sure des autres...à les accepter..et même en ce qui concerne l'amour, je ne sais pas...je suis paumée et....hum...laisse tomber, ce n'est pas vraiment le moment pour ça.


Elle reposa le regard dans celui de son vis à vis et lui adressa l’ébauche d'un sourire navré.

Je ne suis pas sure d'arriver à bien gérer ce qui nous est arrivé, mais je comprend que je ne serais jamais seule pour affronter cela. J'ai des gens autour de moi, une famille et des amis et il ne tient qu'à moi de vouloir même si pour l'instant je ne le veux pas. Ce qui s'est passé en bas...restera en bas, c'est comme ça que je vois les choses, je ne veux pas en parler, je veux juste avancer et continuer.
Par contre je n'oublierai jamais, ni jamais je ne reprendrais un métro de ma vie.


Elle rompit le contact de leurs mains et elle fouilla un instant dans sa poche avant d'extraire une piécette d'un quarter en argent qu'elle lui montra.

Tu t'en souviens ? Je ferais ce que j'ai dit, je la porterais à mon cou et jusqu'à la fin de cette vie. Elle me rappellera que j'ai une deuxième chance et que tout prend une fin...Quoique je dise ou non, que je fasse ou pas...Je n'oublierai jamais Ninon. Mais je n'en parlerais plus.

Elle rangea précieusement la pièce avant de l’enlacer et de coller son visage contre le sien en une longue étreinte inhabituelle.

Je ne suis pas douée pour ça...Je suis sure que j'ai l'air idiote. Profites en, je n'ai pas vocation à devenir ta peluche.

Elle resta ainsi tant que Ninon en éprouvera le besoin et ajoutera en soupirant, sourire aux lèvres et une certaine malice dans la voix.

- Et puis rêve pas, je vais jouer la garde malade mais pas question que je te lave les fesse, ni ne t'aide à t'épiler le maillot : tu te demerdras où tu demanderas à ma sœur de le faire vu qu'il me semble qu'elle soit devenu très proche de toi ces dernières semaines, c'est votre coté neuneu ou juste qu'elle te fait légèrement mouiller tes sous vêtements ?
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Ninon Lenoir
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MessageSujet: Re: Coeur à nu. ( Pv Ninon)   Sam 3 Jan - 16:41

_ Mais Ninon, je ne peux pas.

_ Mais si, tu …

_ Je SUIS le doute.

Alors que Jade détournait son visage vers le mur, Ninon baissa le sien sur leurs mains jointes en soupirant tristement. Malgré toutes les paroles et tous les gestes d’amour que son amie recevra, et elle en recevra, c’était certain, elle aurait toujours besoin de quelque chose de plus qui n’existait malheureusement pas. En tout cas pas de la manière dont elle avait besoin de le voir.
Les sentiments n’étaient pas quantifiables comme les chiffres, ni palpables comme des réactifs en chimie. Ils étaient impossibles à calculer et à mettre dans des cases pour les faire réagir entre eux. Ils ne pouvaient pas non plus offrir de réponse immédiate comme les mathématiques pouvaient le faire car ils prenaient beaucoup plus de temps pour se montrer, pour être décodés et pour être compris. On ne faisait pas de démonstration sur les sentiments comme on le faisait avec un théorème mathématique.
Jade avait besoin de choses solides et réelles sur lesquelles s’appuyer, elle avait besoin de conventions, de choses écrites noir sur blanc, des preuves concrètes. Ce qui était impossible avec les sentiments car ils devaient prendre en compte un facteur inconnu aux mathématiques : le doute.
Mais Ninon s’en fichait parce que s’il le fallait elle lui donnerait toutes les preuves qui la rassureraient, chaque fois qu’elle en aurait besoin, tous les jours et même plusieurs fois par jours si c’était nécessaire. Jade était machu, Ninon l’était peut-être encore plus sur ce sujet.
L’amour ? Elle fronça imperceptiblement les sourcils car s’il y avait de l’eau dans le gaz avec Sanzo, cela ne risquait pas d’arranger le manque de confiance en elle et en les sentiments des autres vis-à-vis d’elle dont faisait preuve Jade. Ninon lui serra un peu plus les mains en en caressant le dos d’un léger mouvement des pouces.
Elle releva la tête pour que leurs regards se retrouvent. A l’instar de Ninon, Jade voulait faire une croix sur les évènements de la veille, et ce, aussi vite que possible. Même si la française n’était pas certaine de pouvoir faire preuve d’autant de force, pour son amie, elle essaierait en n’en parlant pas non plus.  
Jade sortit une petite pièce d’argent de sa poche et Ninon la reconnue immédiatement. Ses yeux s’écarquillèrent.

_ Jésus Marie Joseph, tu l’as vraiment gardée ?...

_ Tu t'en souviens ? Je ferais ce que j'ai dit, je la porterais à mon cou et jusqu'à la fin de cette vie. Elle me rappellera que j'ai une deuxième chance et que tout prend une fin...Quoique je dise ou non, que je fasse ou pas...Je n'oublierai jamais Ninon. Mais je n'en parlerais plus.

Elle acquiesça d’un petit hochement de tête avant de répondre à l’étreinte de Jade avec un soupir de contentement.

_ Mais si, tu te débrouilles très bien et tu n’as pas l’air idiote, ou alors on a l’air idiote à deux, mais moi je m’en fiche d’avoir l’air d’une quiche. Et puis arrête de ronchonner, je suis certaine que tu aimes les câlins au moins autant que moi ma p’tite souris.

Elle sourit doucement enfermant les yeux et en frottant sa tête contre celle de Jade, trop heureuse de pouvoir la serrer contre elle.

_ Et puis rêve pas, je vais jouer la garde malade mais pas question que je te lave les fesse, ni ne t'aide à t'épiler le maillot…

Ninon s’écarta en rouvrant brusquement ses paupières pour regarder Jade avec des yeux ronds.

_ Plait-il ? J… je ne suis pas handicapée tu sais, je peux me débrouiller toute seule et … et …

_ … tu te démerderas où tu demanderas à ma sœur de le faire

_ Pardon ?! Mais… mais… mais faire quoi au juste ?!

_ … vu qu'il me semble qu'elle soit devenu très proche de toi ces dernières semaines, c'est votre côté neuneu ou juste qu'elle te fait légèrement mouiller tes sous-vêtements ?

Ninon rougit en secouant vigoureusement la tête.

_ N…nanananan ! On est ni neuneues, ni mouill… Que… enfin non et puis zut ! Elle est très gentille et sensible, voilà ! Et on a juste parlé… dessiné et c’est tout !
Ne va pas t’imaginer que… enfin elle m’a embrassée hier soir mais… Oh ! Mais ne fais pas cette tête-là ! Ce n’est pas ce que tu penses ! C…c’était juste sur le front !
Elle posa sa main valide à plat sur une joue, puis l’autre, pour essayer de les rafraîchir et en faire partir la couleur qui s’y était installée. Tout de suite, parce qu’elle est rousse tu penses que … que … que rien du tout, elle soupira, t’abuses Souricette, t’en fais exprès, c’est ça ?...  Et moi je me fais avoir comme une poire…
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MessageSujet: Re: Coeur à nu. ( Pv Ninon)   Jeu 8 Jan - 8:47

Un sourire amusé illumina le visage de la jeune asiatique avant qu'elle passe les bras autour du cou de la blessée embarrassée pour l'enserrer contre elle en une étreinte pleine d'affection.

Bien entendu que je fais exprès, crétine, parce que c'est infiniment mignon de te voir pédaler dans la semoule dès qu'on évoque ton syndrome rousophile. Contrairement à moi, tu mens très très mal, jusqu'ici je croyais que Caitlyn était la pire menteuse de la création mais tu la bats largement...

Elle l'embrasa sur le front avant de délier ses membres et de s’étirer dans un bâillement trahissant un manque de sommeil évident.

Et puis magnes toi de sortir d'ici que je puisse retourner roupiller dans la chambre, dormir chez ou avec mes mères ca n'a rien de super plaisant...Elles ont beau avoir un super grand lit, Amy prends toute la place avec ses foutues ailes et Cait brille la nuit comme une luciole...Elle n'est pas encore sortie du coma, Ais' m'a dit qu'elle avait passé un sale moment «  en dessous »...Aislinn était là aussi, tu sais ? C'est Rachel qui t'a sorti de là mais je sais qu'elles étaient en bas toutes les trois...Tu te rends compte ? Un trio de rousses rien que pour toi !! Il semblerait que tu devrais plutôt changer ta trinité de juron par Jesus, Marie, Oliver.

Elle laissa passer un moment avec une expression malicieuse.

Ben oui. Oliver. C'est l'ange qui protège les roux...L'ange Oliver....hum....l’Enjoliveur merde ! Les roues de voiture !! Olalalala t'es vraiment nulle en humour ! Mes blagues sont pourtant d'une exquise finesse. Je ne vais quand même pas te faire un carnet pour comprendre comme avec Aislinn, si ?

Elle se redressa et descendit du lit pour tirer la chaise sur le coté du matelas tout en s'y installant en continuant son bavardage.

Je vais rester un moment avec toi, je ne te laisserais pas seule. Les cours ont de toute façon été annulés pour la journée. Ce qu'il te faut c'est de la motivation...pour guérir plus vite je veux dire. Il te faut une récompense ou un challenge ...j'hésite...une photo nue de Aislinn ? Je sais que cette fondue se baigne nue dans des cascades en Irlande...hu hu hu....non je plaisante, c'est ma sœur quand même...enfin je plaisante pas pour les cascades...Et puis, tu as le droit de kiffer les rousses même si ca m'attriste un peu parce que tu risques de réduire la personne à une simple couleur de cheveux, c'est aussi vulgaire qu'un mec qui aime les gros seins, tu vois ? Et ma sœur....elle est sensible et ...c'est une extraterrestre..tu vois ? Mais une gentille et naïve extraterrestre..tout ca pour dire...Si c'est une perruque rousse qui t’intéresse, ne joue pas avec les sentiments de ma sœur, d'accord ?
Alors....un challenge....ca te dirait de danser avec moi ? Une chorégraphie comme dans Chicago ? C'est un chouette défi non ? Et puis tu auras l'air d'une vraie courtisane comme ça.
Pas en public , hein !! Mais bon...ca le ferait non ?




Fin de Rp pour Miss Jade
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MessageSujet: Re: Coeur à nu. ( Pv Ninon)   Lun 19 Jan - 11:14

_ … Mmggrf… C’pas ma faute si je ne sais pas mentir…
 
Bien, ronchonner pour la forme, c’était fait…
De toute façon, il était presque impossible de ronchonner avec Jade (entendez par là, vraiment ronchonner, dans le sens de franchement faire la tête). Premièrement parce qu’elle serait toujours la plus forte à ce petit jeu là, et ensuite, parce qu’elle arrivait à se faire pardonner chaque fois qu’elle se moquait d’elle (le plus gentiment du monde), avec des câlins et des sourires, ainsi que des baisers, ce qui était relativement nouveau, mais tout de même appréciable.
Quand elle la lâcha finalement, Ninon se recula pour reprendre sa place initiale sous ses draps, assise contre ses oreillers à la tête du lit.  Il était évident qu’il fallait qu’elle sorte très vite de cette chambre, le manque de personnalité (parce que quoi que l’on en disait, leur « QG » au dortoir des filles avait de la personnalité), la pâleur, les néons et l’ambiance globalement médicale de la pièce ne tarderaient pas à jouer sur son moral déjà particulièrement fragile.
Même si la française ne put s’empêcher de penser que Jade pouvait au moins dormir avec une rousse, elle espérait de tout cœur que cette dernière se réveille au plus vite. Elle avait passé un sale moment en dessous, mais beaucoup en étaient malheureusement au même point, sans compter que d’autres de ces sales moments étaient encore à venir.
Effectivement, trois rousses sonnait un peu comme Noël en avance. Seulement Ninon n’avait pas su (et surtout pas pu) en profiter lorsqu'elles s'étaient présentées. D'ailleurs elle s’en souvenait à peine. De Cait, elle n'avait vu que la lumière qui l'avait éblouie comme un papillon de nuit. Idem pour Rachel, dont elle n'avait que très rapidement aperçue le rayonnement doré avant que ses yeux ne se ferment. Il ne restait donc plus qu’Aislinn, mais là-encore, tout était flou et il ne restait que le souvenir embrumé de sa robe claire et de ses boucles rousses qui avaient elles aussi irradié le lieu à leur manière.
Non, vraiment, c'était tragique, mais elle n'avait pas su apprécier ce trio de rousse « rien que pour elle » à sa juste valeur, et l'occasion ne se reproduirait sans doute jamais.

_ Oliver ? C'est qui lui?  

Ninon pencha légèrement la tête en haussant un sourcil, avant que ses yeux ne se plissent imperceptiblement devant l’expression de Jade.   

_ Ben oui. Oliver. C'est l'ange qui protège les roux... 

_ Il y a un ange qui protège les roux ? Mais pourquoi personne ne m’en a jamais parlé ?! Si j'avais su, je lui aurais allumé un cierge depuis le temps !
… Pourquoi personne ne me dit jamais rien, les gens abusent quand même… Un saint patron des roux! Ca me paraît pourtant logique qu'il faille m'en parler à un moment ou à un autre! A quoi ça sert de prier le bon Dieu pour avoir plus de sous quand on peut ...
 

_ L'ange Oliver....hum....l’Enjoliveur merde !  

_ L’ange Oliver ? … Oui, ça j'avais compris …
 
_ Les roues de voiture !!  

_ … Les roues de –…- Oooohh ...

_ Olalalala t'es vraiment nulle en humour ! Mes blagues sont pourtant d'une exquise finesse. Je ne vais quand même pas te faire un carnet pour comprendre comme avec Aislinn, si ?

_ Mais… mais… mais non… Si ? … C’est probablement trop subtil pour moi, et je n’ai pas besoin de carnet !
… Du coup ça veut dire que pour le Saint Patron des roux... c'est mort?

Oh... Tant pis pour le cierge alors.
D’ailleurs il faudra que tu fasses attention à ce que tu écris dans le carnet d’Aislinn, certaines choses ne vont pas du tout, comme la définition que tu as collé à mon nom par exemple, je ne suis pas une courtisane, et puis…
...
Bhin... tu… tu t’en vas ?
 

Ninon se tendit et lissa nerveusement les draps sur ses jambes en regardant Jade quitter le lit. Elle la suivit des yeux avec inquiétude avant de se rendre compte que celle-ci n’avait fait qu’aller chercher une chaise pour s’asseoir à côté.  
 
_ Je vais rester un moment avec toi, je ne te laisserais pas seule.  

_ Oh, chouette. Elle hocha la tête en se détendant à nouveau.
Et je suis très motivée tu sais!Je me sens inutile momifiée comme ça, je n’ai pas envie de garder tous ces trucs, elle désigna rapidement les bandages recouvrant la majeure partir du côté gauche de son corps, ils m'empêchent de bouger, et je veux pouvoir me promener et aller aux petits coins sans béquilles ! L'infirmière me harcèle pour m'accompagner faire pipi... tu te rends compte d'à qu'elle point c'est casse pied? Alors c’est déjà un challenge suffisant et … QUOI? Mais non ! Je… Enfin … Voyons… c’est ta sœur et puis … rho zut quoi à la fin!  

Allez Nini, on s’oxygène et on évite de saigner du nez… C'était déjà une mauvaise idée en temps normal, mais fatiguée et affaiblie, cela risquait d'être encore pire.  Il faudra donc remettre la vision d'Aislinn arpentant gaiement les paysages enchantés de l'Irlande en tenue d’Eve à plus tard, même si cette manière de profiter de tous les bien faits de la nature était complètement son genre.
Une perruque rousse? Ninon resta silencieuse. A première vue, il était vrai que ses penchants roussophiles pouvaient sembler superficiels, puisqu'uniquement basés sur un critère physique. Et clairement, le physique avait son importance. La vue était le premier sens mis en marche lorsque l'on rencontrait quelqu'un, et les cheveux roux étaient un détail qui attirait toujours son attention.
De là à réduire toutes les personnes rousses qu'elle rencontrerait à de simples perruques... C'était bien trop exagéré et jamais elle ne l'avait fait. Ce n'était qu'un détail physique, or, les gens étaient une multitude de petits détails qui les rendaient uniques. Les rousses n'échappaient pas à cette règle, et étaient faites de bien plus de petits détails attachants que de simples reflets orangés.
Elle se contenta donc de hocher simplement de la tête.  

_ Alors....un challenge....ça te dirait de danser avec moi ? Une chorégraphie comme dans Chicago ? C'est un chouette défi non ? Et puis tu auras l'air d'une vraie courtisane comme ça.
Pas en public , hein !! Mais bon...ça le ferait non ?


_ Tu... tu es sérieuse ? Ninon fixa Jade avec un début de sourire incrédule, tu voudrais vraiment qu'on danse ? Jésus Marie Joseph ! On portera des robes à paillettes et à pampilles et puis... Oh ! On appellera ça « La Souris et la Courtisane » ! Quoi que non, on dirait le nom d'un conte... Faut trouver un autre nom, heum... Un truc qui mélange Ninon et Jade.
Bhin aides moi !
Et pourquoi pas devant tout le monde ? Ca pourrait être bien, on ferait un spectacle de fin d'année et … oui oui d'accord, ne me regarde pas comme ça, j'ai compris, on restera en petit comité. Oh mais Jésus Marie Joseph, ça va être tellement bien !

JE SAIS ! On sera les « Ninja » !
Bhin oui tu sais... Ninja, comme Ninon et Jade... Nin ...Ja...
...
Oh ça va hein, j'ai pas eu de chocolat depuis le chocolat chaud de Sage hier soir...
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