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 Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]

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Ninon Lenoir
Élève à l'Institut Beta
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MessageSujet: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Sam 6 Déc - 18:54


Lundi 29 septembre 2014.
23h35 (FR) ; 17h35 (NY)
Bordeaux


Hello?
Is there anybody in there?
Just nod if you can hear me.
Is there anyone home?
Come on, Come on, Come on, now,
I hear you're feeling down.
Well, I can ease your pain
Get you on your feet again.

Alors que Comfortably Numb commençait à se faire entendre entre les battements d’ailes d’un papillon de nuit affolé, Paul releva la tête de ses cours pour jeter un œil à son réveil. Assis sur son lit, le dos contre le mur et ses jambes repliées contre lui, il travaillait déjà depuis plusieurs heures maintenant. Même s’il n’en était qu’aux premières semaines, les études de médecine étaient loin d’être faciles, mais il tenait bon et s’accrochait pour déjouer les coups des autres étudiants…  Ses parents, quant à eux, étaient couchés depuis un peu plus d’une heure maintenant.
En tournant son regard vers la lampe de chevet où l’insecte, excité par la lumière, ne cessait de se cogner,  il soupira. Si cela n’avait tenu qu’à lui, il l’aurait écrasé sans plus de cérémonie. Mais Ninon avait horreur qu’on tue les papillons, ils étaient « trop précieux », alors même si elle était à l’autre bout du monde, il n’y avait pas touché et s’était contenté de claquer sa langue à plusieurs reprises. Il esquissa un minuscule sourire. Depuis qu’elle était partie, il manquait quelque chose dans la maison, un trois fois rien d’insouciance qui faisait toute la différence. Il était heureux pour sa nouvelle vie, mais elle lui manquait quand même, et il avait hâte de la revoir, très certainement pour les fêtes, pour entendre à nouveau ses niaiseries.
23h35, s’il se couchait avant minuit, il aurait à peine plus de 6 heures de sommeil…  Il s’étira, encore quelques pages et il pourra fermer les yeux.
Une fois la lumière éteinte, le papillon cessa son balai, laissant la chambre dans le silence. Paul vérifia une dernière fois son réveil : 23h49.

_______


Aux alentours de 19h00 à l’institut.


A part peut-être quelques chuchotements, Il n’y avait pas un bruit dans l’infirmerie baignée de la lumière tamisée du début de soirée. Comme si rien n’osait briser cet étrange silence après la tempête. Il avait quelque chose de particulier et d’oppressant, tranchant avec les bruits stridents du chaos de l’après-midi qui continuaient de résonner dans la tête des victimes, se mêlant et s’entrechoquant entre eux dans des flashs faits de crissements, d’explosions et de craquements. Même la respiration lente et régulière de Ninon s’entendait à peine et pourtant elle était bien là, allongée sur un lit dans une des chambres d’observation. Mis à part les compresses qui recouvraient sa joue et sa mâchoire gauche, les écorchures lézardant ici et là, ainsi que le rose qui colorait habituellement ses lèvres et ses joues, son visage était presque serein, ses traits fins s’étant détendus avec ce premier sommeil lourd et paisible.
A l’évidence, les infirmières de l’institut lui avaient enlevé ses vêtements calcinés et déchirés pour la laver du mélange de sang coagulés et de saletés qui la couvrait, avant d’entreprendre sa guérison. Grâce à elles, ses lésions internes les plus graves avaient déjà commencé à se résorber, assez pour lui permettre de s’oxygéner plus aisément, à l’instar de ses fractures dont la soudure avait déjà été amorcée.
Il ne restait plus que les brûlures et entailles, toutes plus ou moins profondes, et qui recouvraient la majeure partie de la surface de son corps. Elles avaient été soigneusement bandées et son flanc gauche avait quasiment disparu sous les compresses de gaze blanche qui s’enroulaient autour de sa cheville et son mollet pour remonter sur sa cuisse jusqu’à sa hanche. Sa taille ayant été protégée par le pull en laine qu’elle y avait noué avant l’explosion, les pansements reprenaient légèrement plus haut, juste sous les côtes avant de se continuer sur toute la longueur de son bras et sa main. Les derniers remontaient sur son cou et sa mâchoire, et ne s’arrêtaient qu’au milieu de sa joue.
Les soigneuses lui avaient ensuite passé une chemise d’hôpital propre avant de la recouvrir d’un drap et d’une couverture jusqu’à la taille.  
Ninon poussa un léger soupire, les ultimes rayons du soleil perturbant son repos, et ses yeux commencèrent à s’agiter sous ses paupières. Ces dernières ne tardèrent pas à papillonner avant s’ouvrir pour la laisser regarder le plafond. Ce réveil cotonneux lui laissait une impression de rêve inachevé, comme s’il fallait remettre toutes les pièces d’un puzzle en ordres.
Les nuances de l’aurore étaient toujours empreintes de fraîcheur, or, là, elle ne percevait que celles rougeoyantes du crépuscule. Pourquoi se réveillait-elle un soir ? Pourquoi ne pouvait-elle pas bouger ? Est-ce que l’heure du gouter était déjà passée ? Jade aurait dû…
Elle inspira brusquement et ses yeux s’ouvrir complètement alors qu’un crissement métallique résonnait dans sa tête, les images des dernières heures défilant en accéléré en même temps. La pièce, les yeux noirs de Jade, le sourire de Kamen, l’explosion, les flammes, les scintillements, la douleur, les corps, la main de Jade, l’obscurité, la douleur encore, le visage couvert de sang de Jade, les larmes, la douleur, l’inconnue, la fillette, les larmes de Kamen, les corps, le sang sur la gorge de Sean, le wagon, la fillette et la lumière. Tout lui revint en l’espace d’un battement de cil. Elle aurait tant voulu oublier, mais non. A la place, à se souvenait de tout, du moindre détail. De la nuance exacte de la couleur du sang et de celle des corps consumés. Du plus infime craquement. Des odeurs dans l’air qui lui soulevaient le cœur. Des textures sur lesquelles elle avait marché et qui la faisaient frissonner de dégout. Elle se souvenait de chaque visage de ceux qui gisaient sur le sol, entiers ou bien déchirés. De leurs expressions, de leurs paupières closes ou de leurs yeux exorbités, de le bouches tordues ou béantes, de leurs membres désarticulés ou éparpillés. Elle se souvenait de l’angoisse d’avoir été ensevelie. Elle se souvenait de la douleur d’avoir perdu Jade, SA Jade qui était si fragile et forte à la fois, son ange gardien qui avait essayé de la tirer de l’enfer carbonisé dans lequel elle se trouvait et qu’elle n’avait pas su retenir…
Un premier sanglot enroué brisa le silence, suivit par d’autres, avant que les larmes ne finissent par brouiller sa vue pour perler au coin de ses yeux et couler le long de ses tempes.


Dernière édition par Ninon Lenoir le Sam 6 Déc - 19:48, édité 2 fois
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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Sam 6 Déc - 19:17


Oh i wish, i wish you were here
we're just two lost souls swimming in the same fishbowl
year after year
running over the same old ground
wjat have we found ?
the same old fears

Elle entre discrètement, sa tenue est somme toute ce qu'il y a de plus banale quoi qu'un peu trop étroite pour elle et un poil trop courte, jeans classique, chemisier blanc et veste de tailleur bleue, c'est ne sont pas ces vêtements mais ceux d'Amy dont la morphologie se rapproche de la sienne même si l'irlandaise est bien plus en chair et plus en rondeur que la minceur entretenue par sa mère. Aislinn n'est que rondeurs, harmonieuses rondeurs et courbes qui lui donne cette douceur apparente et rassurante a mi chemin entre les reste de l'enfance et les portes de l'adolescence. Elle ne fait pas femme, elle n'a jamais appris à l’être et ne le cherche pas à attirer l'attention. Ses longs cheveux roux, héritage maternel, difficilement coiffable s'ordonnent en une pagaille naturelle qui ajoute a son charme, négligée mais sauvage. Une fois la porte ouverte, elle hésite un instant avant de disparaître dans la salle mitoyenne de la chambre pour s'entretenir avec les infirmière du sujet de sa présence, toujours avec cette politesse extrême trahissant une éducation stricte et somme toute assez castratrice.
Sa démarche est toujours hésitante lorsqu'elle se trouve à l'Institut, c'est comme si le danger risquait de surgir à tout instant comme si ces gènes eux même lui hurlaient qu'elle n’était pas la bienvenue en ce lieu. Comment pourrait-il en être autrement puisque jadis en un endroit analogue, elle se contentait de suivre les ordres qu'il lui étaient donné, ni plus ni moins aujourd'hui , le fait d'agir pour son propre compte induisait le doute dans son attitude, la peur de mal faire, de commettre l'interdit. Cela se traduisait par une sorte de malaise permanent qu'on prenait pour de l'inadaptation sociale.

Elle traversa l'espace qui la séparait du trop petit lit et s'installa silencieusement sur la chaise, le regard impassible. Elle couva un instant avec une peine sincère le visage de cette personne qui lui était chère. Amitié aurait ete trop fort sans doute. Mais cette jeune fille comptait pour elle, sans doute l'une des seules avec Isobelle qui ne fussent pas de sa famille. En d'autres temps elles auraient ete très amie, elle le savait, Ninon lui ressemblait en rêverie et en fraîcheur, elle aurait pu être cette ombre traversant une enfance solitaire et désespérément vide. Une ombre qu'elle n'aura pas eu.
Elle respecte un moment les sanglots, elle respecte la pudeur des émotions elle qui ne sait pas les exprimer.
Elle ne dit rien, attendant avec patience d'être certaine que la jeune française soit consciente de sa présence, elle rumine intérieurement, cherchant la force de sa mère pour dire les choses, trouver les mots du cœur.
Elle parle alors avec une douceur murmurante comme on parle à un enfant qui s’éveille ou qui s'endort, priorisant les informations et choisissant les mots.


Respire calmement et écoute ma voix, concentre toi sur cette voix mais contrôle ton souffle. D'accord ?
Tu es en sécurité, c'est terminé. On t'a ramené à l'Institut où on te soigne. Tout le monde va bien, la douleur passera. Tes amis vont biens et Rachel a ramené Jade à la vie, elle dort paisiblement dans l'appartement de nos mères. Je pense qu'elle voudra te voir des qu'elle sera sur pied.
C’était un attentat, personne ne semble avoir été visé particulièrement, vous étiez au mauvais endroit au mauvais endroit. Personne n'en veut à ta vie , ni a celle de tes amis, c'est comme ça, c'est la fatalité.
On m'a demandé d'aller chercher tes parents et ton frère, ils sont là dans le couloir, ils ont un peu flippé pour le voyage par trou de ver mais ça leur passera, ils ont eu peur autant que toi, je pense mais il est inutile de les alarmer au sujet de choses qu'ils ne comprendraient pas, comme le retour de Jade par exemple. Préserve les, ils en ont besoin.


Elle se tue enfin pour lui laisser le temps d'assimiler toutes les informations qu'elle venait de lui apporter. Et repris de cette même voix calme.

Il existe un endroit que tu ne verras jamais, un endroit qui lorsque tu le vois te marque tellement qu'il t’obsédera le reste de tes jours. C'est un nœud dimensionnel , une sorte de Tesseract non rectiligne, je ne sais pas comment décrire ça. Toutes des dimensions s'y raccordent, toutes les continuités d'espace temps, la courbe du temps , elle même s'y fige, le son, les lumières, tout s'y confond et les sens humains ne peuvent appréhender ce phénomène, seuls les Voyageurs et les êtres extra humain le peuvent. C'est ce qu'on nomme le Chant des Mondes, un vortex originel ou tout est possible, certains pourraient le nommer Dieu. C'est une mélodie vibrante d'une harmonie cosmique ou chaque monde émet un son et ces sons se répondent en un chant, en une couleur qui parfois devient indescriptible.
C'est la plus belle chose que j'ai pu voir et je pensais ne jamais voir quelque chose de plus beau que cela, j'ai essayé désespéramment de la peindre, mais c'est impossible. C'est le but de tout peintre, trouver l'essence du beau, l'ultime émotion et c'est un paradoxe car lorsque j'ai été amené enfin a voir cette beauté, j’étais privé des émotions qui vont avec. Je n'ai rien ressenti devant lui, rien pas même un frisson. C’était un choix, oui. J'ai accédé au savoir inhumain en me rendant inhumaine. Mais je sais maintenant que la beauté est partout où on la trouve où on sait la voir, que c'est une chose qu'on éprouve et qu'on partage. Nous sommes ce Chant de notre monde. Nous pouvons vibrer en harmonie au son de nos propres émotions.
Aujourd'hui a ete un jour horrible, tu auras du mal à l'oublier. Mais si tes yeux ont vu le pire, ils peuvent toujours voir le meilleur. Moi j'essaye de croire en cela. Le monde a besoin de ton Chant, Ninon, de ta fraîcheur et ta candeur. Peint le, chante le, fais le vibrer ! Tu es fille des ombres, parce que la lumière de ton cœur les contrôle, elles le servent et le préservent mais ton cœur est ton vrai pouvoir, n'oublies jamais ca.
Nous irons peindre les beauté de ce monde ensemble dès que tu iras mieux, c'est une promesse.
Puis je faire rentrer ta famille où te faut-il plus de temps pour te préparer ?

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Ninon Lenoir
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Lun 8 Déc - 20:13

D’ordinaire, lorsqu’elle pleurait, Ninon préférait toujours être seule. Mais là, quand elle reconnut la voix douce d’Aislinn qui essayait de l’apaiser, sa présence la rassura et elle ferma les yeux pour se concentrer sur ses mots. Elle tachait de respirer calmement en suivant leur rythme et ses sanglots s’espacèrent peu à peu. Ses larmes, par contre, continuaient de se détacher de ses cils pour rouler sur ses joues sans qu’elle ne puisse rien y faire, à part peut-être essayer de les essuyer du bout des doigts de sa main droite, assez valide et libre des bandages pour pouvoir bouger.
Elle inspira longuement en rouvrant ses paupières, et hocha doucement la tête. L’institut. Elle se remémora sa visite le jour de son arrivée en compagnie de Rachel, et les souvenir de l’infirmerie lui revinrent vaguement. Peu à l’aise dans les milieux médicaux, elle n’y avait passé que peu de temps, à peine de quoi se présenter aux trois infirmières qui y travaillaient, puis elle y était revenue pour une visite médicale, quelques jours plus tard. Cependant, elle se souvint clairement que le lieu tenait plus du dispensaire hospitalier que de l’infirmerie scolaire.
En sécurité ? Terminé ? La douleur ? Elle s’en fichait de la douleur, de toute façon pour le moment, elle ne la ressentait pas, probablement à cause des traitements où quoi que ce soit d’autre. Physiquement, son corps semblait avoir fait silence, comme si elle avait été entièrement entourée de coton. Elle ne sentait rien, elle ne souffrait pas, mais si tous ces bandages étaient là, c’était pour une bonne raison, ils ne faisaient que cacher ce qui aurait dû la faire hurler. Et elle aurait préféré. Son corps flottait mais son esprit était toujours dans un tunnel de New York. Elle aurait tellement aimé le contraire, peu importe qu’elle doive se tordre de douleur pour ça, elle aurait voulu que l’on efface cette journée, elle voulait l’oublier, ne plus y penser, fermer les yeux pour se réveiller à nouveau libre de penser à toutes les choses ridicules auxquelles elle pensait en permanence. Mais non, à la place, elle ne souffrait pas et sa tête était libre de se centrer sur ce qui n’aurait jamais dû exister, se focalisant sur une myriade de détails en même temps.
Jade ? Elle tourna la tête vers Aislinn avec espoir. Elle allait bien ? Elle était revenue ? Elle regarda rapidement autour d’elle pour l’apercevoir. Mais pourquoi est-ce qu’elle n’était pas là ? Ah… Avec ses mères… Oui … C’était logique… Elles avaient dû avoir tellement peur elles aussi.
La voir? Elle acquiesça machinalement. Comment était-on supposé réagir face à une personne que l’on avait vue sans vie. Est-ce qu’elle arriverait à la voir comme une Jade vivante ou bien est-ce qu’elle reverrait cet horrible morceau de métal et tout ce sang chaque fois qu’elle poserait les yeux sur elle ? Est-ce qu’elle se rappellerait ? Est-ce qu’elle se souviendrait ? Est-ce qu’elle savait qu’elle avait été morte ?
La fatalité ? C’était une emmerdeuse. Le genre de nana casse pied à qui on ne parlait pas mais qui avait toujours son mot à dire, la miss-je-sais-tout de service que personne ne voulait jamais avoir dans son groupe mais qu’il fallait bien finir par caser quelque part. Elle s’était jouée à 3 minutes, à une rame de métro près, à un feu rouge un peu plus long sur la route, à une pièce de monnaie sur le sol… Si seulement ils l’avaient raté ce métro…. Et ils avaient bien failli le rater, mais c’était à ce moment qu’avait décidé d’agir la fatalité parce qu’ils l’avaient eu de justesse.
Ninon se figea quand Aislinn mentionna sa famille. Enfouie sous l’obscurité et les décombres, elle avait pensé à eux, elle avait regretté de ne pas leur avoir donné plus de nouvelles, mais maintenant qu’elle en était sortie, c’était comme si son esprit était encore prisonnier derrière ce mur de débris. Qu’est-ce qu’ils allaient dire? Comment aillaient-ils réagir ? Elle était à la fois soulagée et terrifiée de les savoir ici… Ses larmes coulaient toujours mais elle répondit par un simple signe de tête quand la rousse lui demanda de taire le retour de Jade. Elle l’avait dit, tout allait bien et tout ira mieux maintenant. C’était la seule chose qu’ils avaient besoin de savoir, et pour Ninon, leur présence et leurs contacts étaient les seules choses dont elle avait besoin.
Avec précaution, elle se redressa pour s’asseoir dans son lit tout en continuant d’écouter Aislinn qui avait repris la parole après un temps de silence. Ce dont elle parlait lui paraissait si confus et elle ne comprenant plus vraiment ce qu’elle lui disait. Mais étrangement, sa voix résonnait en elle et faisait naître de nouvelles couleurs par-dessus les ténèbres, elle aurait presque pu les voir onduler et voyager dans de longs et souples mouvements, même si les mots ne faisaient plus aucun sens. Oui, elle aurait voulu voir cet endroit, maintenant plus que jamais. Elle aurait voulu entendre et voir cette harmonie hors du temps.
La suite relança ses sanglots et elle sera le drap dans sa main avant de prendre la parole d’une voix étouffée.

_ Je ne veux pas avoir du mal à oublier, je voudrais avoir tout oublié tout de suite… Que tout ça ne soit jamais arrivé !
Le monde n’a besoin de personne et encore moins de moi, ça sert à rien tout ça ! Ça n’a jamais servi à rien ! C’est pas la peinture ou la candeur qui l’aurait sauvée ! C’est … Je… Aislinn, c’est ma faute ! C’est ma faute, c’est ma faute !
Elle cacha son visage dans sa main. Je suis tellement désolé ! C’est ma faute, je tenais sa main mais.. mais j’ai pas réussi à la retenir ! C’est elle qui m’a sortie du wagon et … Pardon, pardon, pardon ! Je te promets que j’ai essayé ! Je te promets mais… mais l’autre train, c’était trop rapide ! Elle a disparu et il a fait noir, je pensais qu’elle était en sécurité de l’autre côté, mais … mais … quand on l’a retrouvée elle était déjà partie ! C’est ma faute, je ne peux pas la revoir, je ne pourrai pas la regarder parce que si elle est morte c’est à cause de moi ! Je l’ai tué parce qu’on ne sauve pas les gens avec le cœur !
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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Mar 9 Déc - 8:02


Aislinn était mal à l'aise, ce n'etait certainement pas à elle de gérer ce genre de chose, elle songea à ce qu'aurait pu dire Amy dans un tel cas de figure. De toute évidence, Ninon était traumatisée mais trouver les mots pour faire face à ce mal était hors de sa portée, de sa compétence, elle se contenta de soupirer légèrement, déglutissant avec peine.

Tu dis des bêtises Ninon Lenoir.
C'est un train qui a tué ma sœur, ce n'est pas toi. Et si c’était toi, je ne serais certainement pas a ton chevet, mais je t'aurais étranglé dans ton sommeil. Tu n'as pas voulu lâcher cette main, tu n'as pas pu la tenir, vouloir et pouvoir sont deux choses différentes et ce n’était pas parce que tu étais trop faible ou trop...je ne sais pas quoi d'autre. Avec des si, tu peux refaire ton monde mais ca ne veut pas dire qu'il sera mieux. Il sera juste « différent », ca je le sais, tu peux me croire. Du wagon où vous étiez, il n'y a quasiment pas eu de survivants et c'est le plus éloigné. Il aurait suffit d’être plus en avant de la bombe et vous auriez été vaporisé. Ne cherche pas à réécrire, tu ne pourra RIEN y faire. Tu es en vie Ninon Lenoir, des centaine de personnes sont mortes,mais tu es vivante et Jade est vivante ! Tu as un avenir, VOUS avez un avenir, c'est CA qui importe, et non plus le reste, le passé laisse des cicatrices mais ne s'efface pas.


Aislinn s'agita sur sa chaise, mal à l'aise. Elle ne s'attendait pas à dire ces choses, elle qui s'ouvrait si peu mais Ninon avait de l'importance pour elle. Elle n'aimait pas la voir ainsi.

Tu veux oublier ? Mais le monde lui, n'oubliera pas. Sanzo, Sean, Kamen et Jade. Eux, ils n'oublieront pas. Vous avez traversé l'enfer ensemble, c'est maintenant que vous en êtes sorti que c'est le plus difficile. Et c'est ensemble que vous devez vous soutenir pour en sortir. Tout le monde a sa souffrance, aucune n'est plus forte ou minime que celle de l'autre. C'est un mélange de tristesse et de culpabilité, c'est tout. Pense a Sanzo qui a tenu le cadavre de celle qu'il aimait dans ses bras et qu'il n'a pas su protéger. Pense a Jade qui a affronter la mort. Tu DOIS être forte, Ninon Lenoir, tu as cette force, tu dois l’être pour eux, pour ceux que tu aimes.

L'amour ne sauve pas, oui, dans le sens premier du terme...je suis d'accord, je ne le sais que trop bien.
Mais il peut guérir les blessures de la vie.
Ce que tu fais, ce que tu es...ca compte, ca compte réellement. Toi et ton cœur.

Sais tu quel est le plus gros défaut de ma sœur ?
L’égocentrisme.
Jade n'en a strictement rien à foutre des autres, je le sais parce que je suis comme elle.
Et pourtant, elle a cherché à te sortir de ce wagon au lieu de se mettre en sûreté. Un choix du cœur. Et si l'on suit ton raisonnement, c'est ce choix qui l'a tué, pas toi.Tu n'avais rien demandé.
Et moi....a qui je parle en ce moment, auprès de qui je suis ? Je suis là parce que j'avais besoin de te voir, de savoir que tu irais bien et pas parce que tu es la meilleure amie de ma sœur. Tu comptes pour moi, tu comptes vraiment. Le monde ne serait plus aussi coloré si toi tu n'y étais plus.
Tu changes les autres, a ton contact ils deviennent meilleurs
Ils guérissent.

Elle se leva lentement et s'approcha de la jeune fille posant ses mains contre les siennes toujours sur son visage, elle s'en saisit doucement pour les écarter afin de le libérer d'un geste sans force puis d'attirer son visage contre son sein, passant la main sur l'arrière de son crane, sur ses cheveux en une longue caresse répétée.

Avec ton cœur, c'est tous les jours que tu nous sauves, détruire ca prend qu'une seconde, construire, parfois toute une vie, c'est pas pour autant qu'il faut renoncer.
ca vaut la peine de heuuu..."se trouer le cul" !
Tu comprends ?

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Ninon Lenoir
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Sam 13 Déc - 18:39

Ninon n’opposa aucune résistance quand Aislinn écarta délicatement sa main de son visage pour y déposer le sien à la place. Ses larmes continuaient de couler et elle ferma les yeux en serrant doucement ses doigts contre ceux de la rousse dont l’autre main caressait ses cheveux.
Elle était restée sans voix face à ses mots. Elle aurait voulu nier pourtant, lui hurler qu’elle ne comprenait pas, qu’elle ne pouvait pas comprendre et qu’elle avait tort ! Mais non, elle n’avait rien dit, parce qu’Aislinn avait raison sur toute la ligne. Avec des « si », tout aurait pu être différent, alors il valait peut-être mieux ne pas en tenir compte pour éviter de s’enterrer sous des regrets. Seulement, ce n’était pas si simple, parce que ces « si » planaient toujours au-dessus de chaque souvenir et de chaque pensée, comme des ombres qui s’agrippaient et qui empêchaient d’avancer. Sanzo, Kamen et Sean, les autres survivants, eux aussi devaient penser à tous ces « si »…
Pourtant, aucun d’eux n’aura jamais aucune preuve que tout aurait pu se passer différemment, parce que ces « si », ils ne pouvaient que les évoquer et les imaginer. Pour Aislinn c’était différent, en voyageant dans le temps et en en modifiant le cours, elle les avait touchés du doigt. Elle savait mieux que personne que le passé n’appartenait qu’au passé et qu’il ne servait à rien de vouloir le changer, pas parce que c’était impossible, elle avait pu le faire, mais parce que c’était inutile.
Malgré son air dans la lune, elle avait bien plus les pieds sur terre qu’elle n’en donnait l’impression et c’était cette franchise et cette certitude paradoxales qui avaient touchés Ninon. Elle semblait avoir vu et enduré tellement de choses, inimaginables pour la plupart, et pourtant, elle avait aussi réussi à garder sa rêverie et sa naïveté. Elle était un mélange complexe et indescriptible, une opposition permanente entre son physique juvénile et poupin, ses drôleries et ses simplicités ; et ce sérieux, cette assurance inattendue dont elle pouvait faire preuve.
Si Ninon avait le pouvoir de recolorer le monde, alors Aislinn avait celui de le faire avec les gens. A force de les dessiner, c’était comme si elle avait appris à les décoder et à voir au-delà de leurs simples traits physiques. A travers les portraits des personnes qu’elle croquait, elle arrivait à capturer un peu de ce qui faisait l’essence de chacune d’entre elles. Que ça soit avec son crayon ou avec ses mots, elle leur mettait en face des yeux ce qu’il y avait de meilleur en eux, et pour Ninon, c’était la seconde fois qu’elle agissait de la sorte.
Aislinn avait raison, elle devait être forte. Elle devait être présente pour Jade qui avait connu la mort et dont le réveil risquait d’être une épreuve, pour Sanzo qui s’était démené pour la faire revenir et qui l’avait prise dans ses bras en pensant ne plus jamais la voir ouvrir les yeux, pour Sean qui avait failli mourir et pour Kamen qui avait eu peur de perdre tous ceux auxquels il tenait. Mais aussi pour Aislinn qui avait presque perdu sa sœur aujourd’hui.
Par contre, elle avait tort sur un point. Aucune d’elles n’était si égocentrique qu’elles le pensaient ou voulaient le faire croire. Elles se souciaient des autres. Alors oui, ce n’était pas tous les autres, mais simplement quelques autres. Néanmoins, ils restaient des autres quand même. Jade avait été là quand ses yeux s’étaient ouverts dans le wagon, Ninon se souvenait de sa voix et de l’acharnement avec lequel elle l’avait sortie. Maintenant, c’était Aislinn qui était là, alors qu’elle ouvrait les yeux pour la seconde fois. Elle était présente, elle la rassurait et lui caressait les cheveux, alors qu’elle avait failli perdre sa sœur pour toujours.

_ Avec ton cœur, c'est tous les jours que tu nous sauves, détruire ça prend qu'une seconde, construire, parfois toute une vie, c'est pas pour autant qu'il faut renoncer.
Ça vaut la peine de heuuu..."se trouer le cul" !
Tu comprends ?


Ninon hocha doucement sa tête contre celle d’Aislinn. Oui ça en valait la peine, mais comme elle l’avait dit, vouloir n’était pas pouvoir et cela prendrait du temps. Même si les mots d’Aislinn avaient agi comme un baume en adoucissant sa peine pour le moment, rien n’était guéri parce que pour la première fois, Ninon était confrontée à quelque chose qui ne cicatriserait jamais totalement. Jamais encore elle n’avait connu pareille tristesse, pareilles blessures, pareille sensation d’impuissance, d’incertitude et d’injustice. Jamais elle n’avait eu à gérer une telle crise en elle et bientôt autour d’elle. Jade lui avait dit qu’elle vivant dans un monde rose et elle avait raison, en quelques sortes. Ninon vivait dans une verrière baignée de lumière, un kiosque de verre isolé au milieu d’une forêt, un monde où tout flottait et où rien n’importait vraiment. Mais le métro était arrivé et les vitres avaient volé en éclats pour révéler l’envers du décor. Aislinn avait raison, il n’avait fallu qu’une seconde pour les détruire. La question était de savoir si elle réussirait à les reconstruire, et si elle devait les reconstruire à l’identique. Ses blessures physiques se refermeraient vite, quelques semaines peut-être avec les soigneuses. Mais les autres, profondes et invisibles, seraient plus longues.
Sa voix était éteinte, mais elle ne pleurait plus.

_ Merci… d’être là.
De la manière dont tu le dis, ça a l’air tellement simple et évident… mais c’est la première fois que je n’arrive pas à trouver quelque chose de positif. D’habitude, il y a toujours, même trois fois rien, mais là, je ne vois pas.

Pardon, tu devrais être avec Jade, c’est ta sœur, elle aura envi de te voir quand elle ouvrira les yeux, elle aura besoin de toi.


A n’en pas douter, Ninon aurait aimé garder un peu plus la présence rassurante d’Aislinn au près d’elle, mais comme elle l’avait dit à l’instant, cette dernière avait une sœur. Une sœur qui était morte cet après-midi et qui se réveillerait certainement avec une myriade de questions. Jade était fragile, elle aurait besoin d’elle.
Quant à Ninon, elle aussi avait un frère inquiet, d’autant plus qu’il ne l’avait pas vu depuis des mois. Les retrouvailles auraient dû être joyeuse et se faire dans d’autres circonstances, mais il était là, c’était l’essentiel.
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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Dim 14 Déc - 9:19



Le positif est une notion subjective, Ninon, c'est un point de vue. La nature ignore le mal, le mauvais. Les événements le deviennent parce que nous les teintons ainsi, nous les jugeons entre deux pôles que nous avons arbitrairement crée, gardes toi de juger, de croire que tu puisses comprendre le monde et le temps. Ce que je sais, Courtisane, c'est qu'à chaque ténèbres les plus terribles et froides, il existe la lumière la plus optimiste et chaude, c'est une vérité.
Si tu cherches du positif, il y en a toujours, ca ne saurait être autrement puisque tu es humaine. Mais c'est l'avenir qui te le dira, jamais le présent.
Tu dis que tu ne vois pas ? Au contraire, je te dirais que c'est justement là qu'il est ton positif, tu vois. Tes yeux se portent sur le monde, tes poumons se gonflent de son air, tu entends ses chants, tu pourras y interagir et Jade aussi.
Tu es vivante et ton livre reste à écrire. Ce que tu as vécu changera la teinte de l'encre, oui, mais tu tiens toujours la plume.



Doucement, d'un geste de la main qu'elle passa sous son visage, elle souleva la tête de la jeune française pour apposer sur son front un long baiser chargé d'une émotion certaine avant de rompre le contact et de se relever.

C'est la bénédiction de ma mère Caitlyn, c'est elle qui m'a apprit ce geste, je ne sais pas si il protège réellement mais c'est tout ce que je peux te donner de plus « positif » à ma connaissance. Il signifie aussi que qu'importe l'heure, le lieu ou l'endroit, si tu as besoin de moi un jour, appelle et je serais là. Un simple coup de fil suffit.
A bientôt, nous nous reverrons et surtout, prends soin de toi et de Jade.


Elle esquissa un simple sourire et un geste de la main somme toute assez enfantin avant de traverser la petite chambre et de pénétrer à nouveau dans le couloir, s'adressant aux proches de la jeune fille avec la retenue qui la caractérisait et une voix légèrement mécanique trahissant un mal être évident face à des personnes qui ne lui étaient pas connues

Elle est réveillée et prête à vous voir, ne vous inquiétez pas pour ses blessures, nos guérisseurs la mettront sur place rapidement, prenez votre temps, j'attendrais dehors à la porte pour vous ramener en France ensuite.
Entrez, je vous prie.




Fin du rp pour Aislinn

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Ninon Lenoir
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Dim 21 Déc - 18:14

Ninon regardait à regret Aislinn sortir de la chambre, et ses yeux suivirent ses boucles orangées jusqu’au dernier moment, lorsqu’elles disparurent complètement derrière la porte. Sa bénédiction l’avait touchée au point qu’elle ne trouva pas les mots pour répondre, alors elle l’avait juste regardé en acquiesçant d’un petit mouvement de tête et en murmurant un « merci » à peine audible, mais chargé de la même émotion que le baiser qui venait de lui avoir été offert.
Quand elle s’éclipsa hors de la pièce, Ninon n’eut pas longtemps à attendre avant que d’autres visages familiers ne viennent la remplacer. Des visages avec lesquels elle avait grandi et dont elle n’avait jamais été séparée depuis si longtemps. Ces visages qu’elle aimait, qu’elle avait eu peur de ne plus jamais revoir et inversement.
Dans l’encadrement apparut en premier son frère qui s’arrêta net en l’apercevant, comme paralysé l’espace d’une seconde, toute son angoisse se lisant sur ses traits tirés. Tous les deux se ressemblaient tellement, et pas uniquement par mimétisme, que pour l’un, regarder le visage de l’autre  revenait presque à se croiser dans un miroir. Alors tous ces bandages qui cachaient partiellement le visage, et la moitié du corps de Ninon, étaient autant de lames invisibles qui poignardaient un peu plus son frère.
Sans dire un mot, il se remit en mouvement pour franchir l’espace qui le séparait du lit en quelques pas crispés. Il la prit dans ses bras pour la serrer contre lui et sentir qu’elle était en vie. Pour l’instant, les paroles étaient de trop et la signification des gestes était assez forte pour qu’ils se suffisent à eux-mêmes.  Elle répondit à son étreinte et ferma les yeux pour empêcher ses larmes de franchir la barrière de ses paupières closes.
A peine un instant plus tard, c’était au tour de sa mère, blottie dans les bras de son père, d’entrer dans la chambre. Paul s’écarta légèrement pour qu’elle puisse l’enlacer à son tour, à la manière d’un nouveau né, avec douceur et tendresse. Comme elle l’avait fait pour son frère, Ninon la serra contre elle à son tour. Son père, qui était lui de nature plus distante, resta légèrement en retrait.  Il leva simplement la main pour caresser ses cheveux, seul geste dont il était capable pour le moment, mais son léger tremblement et son regard trahissaient toute son anxiété.
Le choc avait été soudain et brutal, tout cela était arrivé sans prévenir. Ni Paul, ni ses parents n’avaient eu le temps de véritablement s’inquiéter ou bien de s’angoisser puisqu’ils n’avaient rien su de l’attentat avant qu’Aislinn ne débarque à la maison au beau milieu de la nuit pour les amener directement au chevet de Ninon. Ils n’avaient pas eu à apprendre l’annonce des évènements à la télévision, ni à attendre pour des réponses après des coups de téléphone interminables et ils n’avaient pas non plus eu à connaître l’angoisse des heures de voiture et d’avion pour rejoindre les Etats-Unis. Non, tout avait été instantané et s’était déroulé en à peine plus d’une heure.  
Aislinn lui avait demandé de se montrer forte et de les ménager, alors elle essayait en les rassurant doucement. Elle retenait ses larmes pour mieux sécher les leurs et profiter de leur présence à ses côtés. Pour l’instant, les explications n’avaient pas d’importance, seul le fait de savoir que tout était terminé importait réellement, pour elle, comme pour eux.
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Dim 21 Déc - 22:12

Lundi 29 Septembre 2014 – 08 : 38 P.M.
Elle gère. C’est sa fonction. L’une d’entre elles tout du moins. Gérer la X-Team et son intervention, gérer l’après alors que les X-Men sont dispersés, gérer les répercutions géopolitiques, gérer l’enquête pour comprendre de quoi il en retourne, gérer les dommages en interne comme en externe. Elle gère, seule. Elle n’a besoin de personne mais n’a personne pour le faire, de toute façon.

Tous les élèves n’ont pas été ramenés, elle le sait tout aussi bien qu’elle sait pourquoi et où sont les absents. La seule chose qu’elle ne peut savoir encore c’est l’importance des dégâts psychologiques chez eux comme ceux qui sont à l’infirmerie. Les deux jours d’observation ne la concerne pas, elle n’est pas psychologue et mettra se temps à profit pour démêler le réseau du Front de Libération Mutant voir le faire tomber, d’une manière ou d’une autre, pour peu qu’elle en ait l’ordre. Mais avant cela il lui reste tant à faire.

Elle connait les noms et les histoires des élèves prit dans l’attentat aujourd’hui, ils ne sont ni les premiers ni les derniers à souffrir des prémices de cette guerre et c’est pour que des choses similaires n’arrivent pas, ou plus, qu’elle se bat. Elle y a sacrifiée sa vie, dans un certain sens, peut-être chez le mauvais ennemi mais désormais qu’elle est là elle compte bien agir sur tous les fronts. Il en est un qu’elle n’avait vu mais qu’elle a comprit à présent, qu’on lui a montré même s’il reste son point faible. Si elle devait choisir entre désamorcer une bombe nucléaire et consoler une personne en dépression, elle choisirait la première option ; pourtant n’a-t-elle pas réussie à secourir Ororo dans son malheur, alors même que tous ses autres proches l’avaient abandonnée ? Elle ne compte plus négliger cela, quand bien même c’est d’une difficulté bien supérieure à ce qui pourrait lui être demandé autrement.

Pour beaucoup, c’est une présence, rien de plus ; une fonction, puisqu’X-Woman, mais une présence à l’instar de celle du Directeur Xavier. Ils n’ont pas tord. Mais une présence peut être nécessaire, parfois. Une présence qui ne demande rien, qui n’implique rien, qui est juste là avec un peu de bonne volonté même si elle ne le manifeste pas forcément. C’est un risque, celui que cela se passe mal mais dans un tel cas il lui reste toujours le mensonge et la tromperie, elle n’en use pas d’ordinaire en ces lieux alors même qu’ils lui seraient d’un grand secours. Mais elle ne cherchera pas à être elle-même, juste à aider et elle a suffisamment prouvé que pour faire cela, elle est capable de tout.

L’Infirmerie est trop pleine ce soir, il y aura trop d’observation pendant les prochains jours mais c’est pour le mieux considérant les circonstances ; l’Infirmerie est trop pleine et tous ne sont pas là. Les noms lui sont connus, elle est même la première personne à les avoir connus ; Sanzo Aoe, Melody Arreyss, Jade Elioth de Lauro, Kamen Ieseïev, Enora Lacourt, Ninon Lenoir, Sean O’Fallon, tous ne sont pas là puisque  certains sont encore portés disparus, bien que sorti des décombres à moins qu’ils y reposent, tandis qu’un d’entre eux semble c’est entiché d’une humaine et l’a accompagnée au Triskelion, une affaire qu’elle aura encore à gérer plus tard. Pour l’instant, elle ce concentre sur ceux qui sont à portée et fait la chose qu’elle fait le mieux : raisonner. Elle n’est pas qualifiée pour les évaluer même si elle s’estime en être capable, elle en a déjà rencontrée 80% et sait qu’elle ne peut être utile qu’envers 60%, néanmoins ce sont les 20% qui restent qui la concerne le plus pour l’heure. Ninon Lenoir est la plus récemment intégrée au groupe et son passif est sans accroc, ainsi l’impact n’en sera que plus fort pour elle tandis que ses liens moins construit seront soit renforcés soit détruits par les événements du jour le plus traumatisant de sa vie. Aislinn Lyov-Elioth a prise une sage décision en allant chercher sa famille mais cette dernière ne pourra pas rester suffisamment longtemps pour aider l’adolescente à s’en remettre complètement, ils seront de passage pour la soutenir dans l’immédiat après réveil mais c’est sans eux qu’elle devra se reconstruire. Ses amitiés avec la seconde génération du clan Elioth de Lauro devraient lui permettre de se reconstruire à l’égal du trio de pairs de Sanzo Aoe tandis que le jeune couple au centre de tout cela bénéficiera non seulement l’un de l’autre mais également des familles en plus des amis, ce qui assure leur stabilité relative à moins de quelques destructions par répercutions. A deux exceptions près, tous devraient avoir recourt à Amy Elioth de Lauro en sa qualité d’interne en psychologie ; Jade Elioth de Lauro ne le fera pas, puisqu’elles sont liées par la famille, et il est à craindre que Ninon non plus. C’est donc cette dernière qui, selon les probabilités, a le plus besoin d’une aide extérieure. Son aide ? Peut-être pas, mais ça sera à déterminer une fois les choses en place. Une telle guérison ne se fait pas en un jour même s’il ne faudra pas insister en cas de refus : elle tâchera de faire comme la médecine, à savoir de chercher d’une part à améliorer les choses et d’autre part à ne pas nuire.

Elle s’est douchée, elle c’est changée, elle s’est préparée à compléter la visite parcellaire faite par Amy la demi-heure plus tôt, une fois qu’elle avait renvoyée cette dernière auprès de ses proches pour leur être utile. Oui, la jeune femme aurait encore pu l’être aux X-Men mais non, il y avait des priorités et si lors de l’intervention cela avait été d’agir en bonne intelligence, l’intervention était terminée. Tout le monde ne peut pas tout faire en même temps, même lorsqu’il fonctionne cinq fois plus vite que la norme. L’important n’a jamais été la vitesse mais la simultanéité.

Lorsque vient son tour, elle entreprend d’agir. Elle est vêtue d’un jeans, d’un débardeur, de chaussures à talons et de manches lui remontant jusqu’au milieu des bras, tout trois aussi noirs que sa chevelure réunie en un chignon à l’exception du toupet et de deux mèches, le premier lui couvrant une partie du front en une courbe allant jusqu’à son sourcil et les secondes encadrant et adoucissant son visage trop fort pour en être joli mais néanmoins frappant. Son menton est plutôt marqué et soutient des joues légèrement creusées qui elles-mêmes encadrent une bouche étroite aux lèvres asymétriques et un nez est épais et droit, lequel supporte une paire de lunettes aux verres rouges et aux branches dénuées de toute composante de technologie mutante, à présent. Ses mains, elles, tiennent un plateau rempli mais habilement porté même si son habileté physique ne compensera en rien son inhabilité sociale.

Voici bientôt une heure trois quart que le réfectoire est ouvert et c’est bien connu, les repas des hôpitaux et assimilés lorsqu’ils sont livrés dans les chambres n’ont pas tendance à correspondre aux envies des patients, plus à leurs besoins. Il n’y a aucun besoin nutritif particulier pour une traumatisée de guerre alors plutôt que les plats spécialisés elle a demandée aux infirmières de lui accorder un vrai repas tout droit apporté du self-service ; personne n’a rien eut à lui contester ou osé le faire, d’autant plus que l’adolescente n’a pas encore mangé du fait de la présence de ses parents. Manger avec quelqu’un a le double-avantage de tendre vers la détente et de combler les blancs du dialogue. Elle le sait par empirisme. Ce qui lui manque, ce sont les goûts de l’adolescente et cela a été plus problématique. Des carottes râpées en entrée, une quiche en plat principal, un beignet au chocolat en désert ; cela fait parti du menu du réfectoire. L’origine du plat principal n’est pas hasardeuse, c’est ce qui l’a décidée à le prendre, de même que le beignet qui a un grand passif dans l’hexagone et n’est nullement un Donut américain, quant aux carottes c’est la petite part d’aléatoire même si elles font partis des légumes les plus appréciés. Un bout de pain pour compléter le tout, accompagné de couverts et de verres ainsi que d’un autre beignet ; il ne fallait pas seulement apporter à manger mais le faire pour deux puisqu’une personne mangeant devant une autre mettait en général mal à l’aise la première et autant la quiche est facilement partageable, autant ce n’est pas le cas de la viennoiserie.

Tout faire tenir à une main n’est pas difficile, même combiné au mouvement requit pour toquer trois fois en autant de secondes du la première articulation de l’index à l’encontre de la porte, attendant qu’on lui réponde pour l’ouvrir et entrer.

Toutes les chambres de l’Infirmerie sont identiques, plus encore que celles des dortoirs puisqu’elles n’ont pas vocation à être personnalisées par leurs occupants. Le mur extérieur est arrondit puisqu’imposé par l’architecture de la tour, et percé d’une grande fenêtre donnant à voir au alentour près de laquelle est placé le lit du patient qui peut donc voir l’extérieur sans se lever, tandis qu’aux côtés de la table de chevet se trouve une commode et qu’à leur opposé se trouve une salle de bain minimaliste isolée du reste de la pièce, à l’instar d’une chambre d’hôpital. Mais après tout, c’en est une à bien des égards.

- Bonsoir Mlle Lenoir, commence-t-elle alors qu’elle pousse la porte d’une main et garde le plateau en équilibre dans l’autre, en bonne serveuse, accepteriez-vous de manger quelque chose ?

Elle ne propose pas d’ores et déjà sa compagnie, sans quoi cette dernière en semblerait aussi intrusive qu’elle l’est réellement. Si Ninon fait suffisamment attention elle pourra la déduire de l’agencement du plateau, auquel cas il suffira de voir quelle initiative sera prise, sinon elle se contentera de se proposer une fois le contact mieux établit. Y aller en douceur, en somme.

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Ninon Lenoir
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Ven 26 Déc - 1:33

Les dernières lueurs rouges disparaissaient à l’horizon et tout le monde était parti en laissant Ninon seule dans la chambre. Aislinn avait à nouveau disparu avec ses parents et son frère pour les ramener à leurs petites vies de l’autre côté du monde, loin de Ninon, loin de Bleecker, loin de tout. Et pourtant proche malgré tout, lorsqu’ils verront les journaux télévisés car dans quelques heures, ils n’auraient plus à imaginer la violence de l’attentat uniquement à travers les explications qui leur avaient été données. Les journalistes s’étaient chargés de filmer toutes les atrocités qui s’étaient offertes aux objectifs avides de leurs caméras lors de cet après-midi maudite et personne n’aurait plus à imaginer car tous pourront voir la réalité que les chaînes de télévision diffuseront en boucle dans les semaines à venir. Dans quelques heures, tout sera officiel et réel. Pas uniquement pour les Lenoirs, mais aussi et surtout pour le monde entier.
Au moment du départ, il n’y avait pas eu de sourires, même tristes, simplement des larmes et des regrets, sauf pour Ninon qui avait, en revanche, arrêté de pleurer. A force, ses sanglots s’étaient taris et n’avaient laissé à la place qu’un mal de crâne et une fatigue accablante qui l’empêchaient de bouger. Alors, elle regardait sans vraiment leur porter attention, les plis que faisaient son drap à la surface du lit. Comme hypnotisés, ses yeux ne percevant que des taches d’ombres nichées dans les monts et vallées formées par le tissu, pareilles à des arabesques sombres et imprécises.
La lumière de la pièce baissait petit à petit, et le gris rosé qui l’envahissait se refroidissait en même temps. Il ne restait plus qu’une pénombre toujours plus opaque et présente, assez pour la voir s’épaissir à vue d’oeil. Avec elle était arrivé un nouveau sentiment, une angoisse nouvelle mêlée d’une crainte sans nom, et qui semblait s’insinuer subrepticement à l’intérieur de Ninon en glissant à la manière des ombres qu’elle avait appris à tutoyer. Qu’est ce que c’était ? Le jour déclinait, il partait, il était presque parti. Après le jour venait la nuit, l’obscurité qui mangeait tout, elle arrivait, elle était presque arrivée. L’optimiste aurait dit qu’il faisant encore à moitié jour, mais le pessimiste, lui, aurait plutôt clamé qu’il faisait déjà à moitié nuit.
Est-ce qu’on pouvait encore avoir peur du noir ? Recommencer les même rituels que l’on avait arrêté de faire il y avait déjà des années ? Retrouver les mêmes angoisses qui y étaient liées ?  
Avoir peur du noir, c’était avoir peur de ce qui s’y cachait. Il y avait toujours un frisson ou un grincement qui se dissimulait dans la pénombre… Ninon ne regardait jamais par la fenêtre quand il faisait nuit parce qu’elle avait peur d’y voir surgir quelque chose, à la réflexion faite, sauf si les volets étaient fermés, elle ne regardait même pas les fenêtres lorsqu’il faisait nuit. Si l’on était pieds nus, ils ne fallait jamais approcher ses pieds à moins de 50cm du dessous du lit, et surtout, on ne les regardait pas, car sous le lit, c’était là où il n’y avait que l’ombre, quelques moutons de poussière et … et quoi au juste ? Avant de se coucher, la lumière ne s’éteignait qu’une fois en sécurité sous les draps et pas question de laisser traîner un orteil hors de ces derniers. Qui savait ce qui rôdait la nuit…  
Quelque chose dans ce goût semblait revenir, mais cela avait changé, ou plutôt, évolué.
Le silence n’aidait pas lui non plus. Il était arrivé après les sanglots et les adieux en tombant aussi lourdement que la brume. Mais  au contraire de cet après-midi, il n’était pas parcouru par de longs bourdonnements et sifflements lointains. Il était vide, simplement vide et avait des allures de cage. Il était de ses silences qui nous font soudainement prendre conscience de nous même. Pas de notre esprit, mais de notre corps, de notre existence en tant que « chose » vivante. Ces silences pesants pendant lesquels la plus infime de nos respirations semblait résonner dans toute la pièce comme si elle ne nous appartenait pas. Ces silences insupportables pendant lesquels nous percevions notre corps comme de l’extérieur, où chaque pulsation de notre cœur retentissait à travers tous nos membres, où l’on se rendait compte du petit craquement que faisait l’oreilles lorsque l’on déglutissait.    
L’obscurité et le silence, la peur d’une cage qui engloutissait, qui étouffait… Qui ensevelissait.
Elle se trouvait là cette terreur sans nom, qui n’avait pas encore de nom, où qui en avait presque un. L’angoisse de se retrouver à nouveau écrasée sous les débris, derrière un amas de taule et de gravas,  sous une chape de matériaux brisés et de corps morts à travers lequel rien ne filtrait, ni son, ni air, ni lumière.
Pour Ninon, cela sonnait comme un paradoxe. Elle qui contrôlait les ombres, suffoquait maintenant en les sentant envahir la pièce sans même leur en intimer l’ordre. Elle les voyait ramper avec une lenteur désespérante sans pouvoir les faire vibrer et s’entrechoquer sur le sol et les murs. Elle leva les yeux et regarda avec désespoir le dernier petit rectangle de lumière plus claire s’évaporer peu à peu au plafond pour finalement se fondre dans le reste.  
Elle redressa la tête et essaya de tendre son cou au maximum pour capter les derniers rayons qui partaient se coucher en contrebas de la fenêtre. Lorsqu’elle comprit qu’elle venait de capturer de son regard suppliant l’ultime scintillement de la journée, elle retint sa respiration et déglutit. Elle inspira longuement et prit conscience de sa propre respiration en entendant son souffle.  Elle inspira à nouveau et remarqua qu’il avait changé, qu’il était plus tendu et tremblotant. Ninon voulu fermer les yeux pour mettre un terme à son malaise en essayant de le calmer mais elle les rouvrit aussitôt pour échapper à l’obscurité et aux souvenirs qui s’y cachaient.
Qui savait se qui se cachait dans l’ombre à présent.
Elle tacha de respirer calmement, gardant malgré tout les paupières ouvertes et les pupilles fixes sur un point. Ses doigts trituraient machinalement les draps alors que ses ongles en gratouillaient le tissage. Ainsi dans ses pensées, elle sursauta aux trois coup qui furent frappés contre la porte. Elle se tourna brusquement pour inviter la personne à entrer et espéra de toutes ses forces croiser un regard familier. Sa première pensée alla bien entendue à Jade, mais sa famille et Aislinn lui effleurèrent aussi l’esprit.

_ Bonsoir Mlle Lenoir, accepteriez-vous de manger quelque chose ?

Elle se figea un instant devant la femme qui venait de faire irruption dans la chambre, comme si elle prenait le temps de réaliser qu’elle ne la connaissait pas. Moins qu’un visage familier, elle était une parfaite inconnu derrière le mur de ses lunettes. Si les yeux étaient le miroir de l’âme, l’inconnue aux cheveux de jais semblait avoir intérêt à les barricader pour des raisons inconnues à Ninon. Sans être, ni paraître, réellement déçue, elle se contenta d’hocher la tête pour signifier qu’elle avait compris la raison de la visite, puis de suivre ce geste pas un petit mouvement de négation, toujours de la tête, pour répondre à la question.

_ … Merci, mais je n’ai pas très faim…

Même si après une telle journée il semblait être évident que son estomac fut noué, sans compter que la quiche à laquelle elle n’avait pas fait attention semblait être aux lardons et qu’elle avait proscrit la viande de son alimentation depuis plusieurs années, elle continua pourtant de faire glisser son regard pour détailler succinctement la jeune femme qui lui faisait face, ainsi que le plateau qu’elle tenait. Elle s’apprêta à tourner la tête quand la forme ronde et sucrée des beignets captiva peut-être un peu plus son attention. Même s’il y avait toujours le risque qu’ils continrent quelque chose comme de la fraise, elle gardait espoir de pouvoir y trouver un peu d’endorphines…

_ M…Mais si à la limite vous aviez quelque chose qui ressemble à du chocolat…

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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Sam 27 Déc - 15:49

La lumière est éteinte et elle l’allume en rentrant ; tout automatique qu’ait été ce geste elle note tout de même les informations qu’il y a à déduire et fait une liste de possibilités. La plus probable est une tentative de sommeil, tentative qu’elle vient d’interrompre. Perdre conscience ne repose en rien et malgré les quelques heures précédentes Ninon Lenoir doit être fatiguée. Néanmoins son sommeil ne devrait pas être plus calme que son endormissement, moyennant que ce dernier ne l’ait pas été. Ce qui est le cas, ce n’est pas difficile à lire.

L’adolescente est moins déçue que les probabilités le prévoyaient mais tout autant surprise, donnant son assentiment à cette présence inconnue pour poursuivre le chemin dans le territoire qu’est la chambre ; elle n’en attend pas plus pour continuer de son pas régulier à en être millimétré. Le premier regard qui lui est porté s’adresse à ses yeux mais ne rencontre que l’opacité de la teinte des verres rouges, lesquels renvoient le reflet du monde tout comme ils ne révèlent rien de ce qui se cache derrière eux ; tant yeux qu’affichages informatiques.

- Merci, mais je n’ai pas très faim…

Ce n’est pas un rejet mais un point de résistance basé sur un fait probable, elle ne s’en alarme pas et continue son approche. Que Ninon Lenoir ait encore l’estomac noué ne change rien à l’efficacité du fait qu’il est plus facile d’accepter de la compagnie autour d’une activité, c’est en cela que les diners d’affaires sont si populaires. Tout n’est qu’une question de secondes, le temps que l’adolescente analyse ce qui lui est apporté tout comme le message implicite qui s’y trouve ; message potentiellement déjà saisi mais elle n’écarte aucune possibilité pour l’heure. L’apparence attire cependant plus l’attention que le plateau mais il vient à son tour, bien plus survolé. Néanmoins il a la bonne idée d’arrêter le regard de Ninon Lenoir sur la confiserie, faisant reprendre la parole à la concernée.

- M… Mais si à la limite vous aviez quelque chose qui ressemble à du chocolat…

- Beignet au chocolat, répond-t-elle immédiatement tout en amenant sa seconde main, libre, à se saisir d’un des emballages plastifiés avec une coordination parfaite. Vous pourrez prendre les deux si vous le désirez.

Alors même qu’elle tend à l’adolescente ce qui risque de composer la majeure partie de son repas, elle en fait de même avec son autre main pour déposer le plateau sur la commode, regard entre les deux actions pour les avoir dans son champ de vision derrière les multiples fenêtres affichées sur les écrans que sont ses lunettes.

Elle ne reprend pas la parole tout de suite, attendant une initiative de la part de Ninon Lenoir, mais reste active cependant. Son rythme se calque sur celui des mouvements de sa vis-à-vis afin de ne pas la brusquer et de lui laisser l’occasion d’agir à sa guise alors même qu’elle-même a plusieurs coups d’avance et les accomplis les uns après les autres. Le prochain la fait se saisir des verres à une main alors même qu’elle se tourne vers la pseudo-salle de bain et entreprend d’accomplir les deux-trois pas nécessaire à y pénétrer, ouvrant la porte et répartissant les verres avant de les passer sous le robinet d’eau. Elle s’en revient par la suite pour en déposer un sur la table de nuit de Ninon Lenoir simultanément à l’autre qui rejoint le plateau.

Ramenant ses mains contre elle, elle adresse un regard à l’adolescente et reprend doucement la parole.

- Si les beignets ne suffisent pas à combler votre petite faim et que le reste ne vous plait pas, il m’est possible de retourner vous en chercher en bas. N’hésitez pas à demander.

Elle le fera, grimper les étages en talon n’est plus une difficulté depuis longtemps. Elle n’ignore pas la déconsidération de la quiche et l’erreur qu’elle a faite dans son jugement mais en tient compte et tâche de progresser ; elle a une liste des probabilités quant au problème et elles ne sont pas nombreuses, éclaircir la situation n’est donc pas nécessaire sur ce point.

Elle tâche de ne pas être trop mécanique mais ses mouvements n’en restent pas moins aussi précis que minimalistes et elle marque sa position d’attente d’un croisement de bras. Son regard ne se détourne pas de Ninon Lenoir, cette dernière semblant le chercher, et les verres ne tardent pas à perdre de leur opacité pour révéler des yeux d’un bleu azur pâle, presque terne, presque mort ; le regard des gens qui ne voient pas réellement les choses mais les lisent. C’est le cas, c’est pour cela qu’il met mal-à-l’aise généralement, c’est pour cela qu’elle ne regarde pas les gens généralement. Sa vision périphérique lui suffit à percevoir les informations, nullement besoin de fixer son attention pour que le flux soit là.

Sa respiration est aussi calme et régulière que sa démarche, le seul véritable mouvement sur son visage étant les deux mèches qui l’encadrent et pendent, continuant de s’agiter pour adoucir le tout de cette neutralité qui le caractérise. Des fois, les pupilles se dilatent et ce contractent brièvement, sans plus d’explications même si elles peuvent le faire suite à un mouvement attirant le regard, lorsqu’elles se posent sur l’adolescente.

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Ninon Lenoir
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Ven 2 Jan - 20:04

Regarder l’inconnue était un peu comme regarder une sorte d’automate entre la marionnette et le robot téléguidé. Chacun de ses gestes semblait réfléchi, voir même calculé, sans aucun mouvement parasite. Après le chaos et la violence de l’après-midi, l’avalanche de réconfort et l’effusion de sentiments offerts par Aislinn et sa famille après le réveil, se concentrer sur ces gestes presque automatisés et déjà encrés dans une sorte routine avait quelque chose de… reposant ? Et voir même de rassurant.
Ninon se redressa avec précautions pour s’asseoir et s’adosser à ses oreillers. Brutalement, il n’y avait plus ni horreur, ni sentimentalisme, juste la normalité. Même ses paroles était millimétrées, à l’instar de ses mouvements, il n’y avait dans ses interventions aucun mot parasite.

_ Beignet au chocolat. Vous pourrez prendre les deux si vous le désirez.

L’annonce du parfum favori de Ninon à l’intérieur de la pâtisserie aurait dû faire briller ses yeux, mais ils n’en firent rien et elle se contenta d’acquiescer d’un lent hochement de la tête. Elle tendit légèrement la main pour prendre le beignet de celle de l’inconnue qui le lui offrait en lui répondant par un « merci » à peine audible. Elle n’ouvrit pas tout de suite l’emballage plastique, comme si elle hésitait. Tout en le regardant, elle le fit tourner machinalement entre ses doigts. Drôle d’hésitation.
Elle releva la tête et toujours des yeux, elles continuait à suivre les mouvements de poupée de la jeune femme aux lunettes qui se dirigeait maintenant en silence vers la salle de bain. On entendait dans la chambre que lui claquement de ses talons sur le sol au rythme réguliers de ses pas qui s’éloignaient vers la petite pièce attenante.
Quand cette dernière revint et déposa un des verres sur la table de chevet, Ninon ne la lâchait toujours pas et à l’instar d’un peu plus tôt, elle murmura à nouveau un minuscule « merci ».

_ Si les beignets ne suffisent pas à combler votre petite faim et que le reste ne vous plait pas, il m’est possible de retourner vous en chercher en bas. N’hésitez pas à demander.

Ninon baissa à nouveau les yeux vers ses mains et le beignet qu’elles tenaient distraitement. La perspective de chocolat aurait pourtant dû la décider immédiatement à l’ouvrir, mais maintenant qu’elle l’avait, son estomac semblait faire barrage. Quand on y pensait, le fait qu’elle ait demandé puis accepté sa sucrerie préférée (pas le beignet mais le chocolat qu’il contenait) avait peut-être plus sonné comme une habitude que comme un réel désir. Associer un aliment à une émotion était assez typique, et le chocolat avait souvent été synonyme de positif, de délice, mais aussi de réconfort, de douceur avec une rondeur en bouche qui aurait presque pu avoir le gout du bonheur. Mais là, elle avait beau l’avoir entre les doigts, elle ressentait à la place comme une forme de dégout, un manque de désir et l’assurance que cela ne passerait pas. En fait, il n’était plus synonyme de grand-chose… Rien que d’en imaginer la couleur, la texture ou le gout la fit pâlir et elle le reposa doucement à côté de son jumeau sur le plateau. Elle secoua la tête en signe de négation à la proposition de la jeune femme.

_ J…Je crois que je n’ai vraiment pas faim en fait.

A la place, elle attrapa le verre d’eau qui se trouvait sur la table de chevet. Elle ne le but pas immédiatement et se contenta de le tenir un moment en le faisant légèrement tourner, tapant de temps en temps la pulpe d’un de ses index contre la paroi transparente. Elle pouvait ainsi observer les petites ondes qui se propageaient à la surface de l’eau, qui allaient rebondir contre le verre pour finalement s’entrechoquer entre elles et mourir, ne laissant que la surface plane et paisible du liquide qui vacillait doucement au rythme de ses mouvements.
Ce n’était que du détail, mais les détails avaient toujours eu plus d’importance que la globalité des choses qui était trop proche de la réalité. La globalité était bien trop flagrante pour laisser la place à l’imagination et les détails permettaient de s’en détacher, de voir et d’imaginer autre chose. Partir des détails, c’était comme regarder une photographie macroscopique et essayer de trouver ce qu’elle représentait, la plus part des hypothèses étaient toujours à des années lumière de la réalité, et justement, c’était cela qui était agréable, ignorer la réalité l’espace d’un instant pour ne faire qu’imaginer. Les détails étaient captivants, et partout : dans le tissage des draps, sur les reflets à l’intérieur du verre et dans les gestes de fourmie de la visiteuse.
Ninon s’arrêta dans sa contemplation pour porter le verre à ses lèvres et prendre une gorgée d’eau. Elle le reposa ensuite sur la table de chevet, toujours sans rien dire, en respectant le calme de la pièce. Ce n’était pas un silence gêné, le genre qui aurait mérité que l’une des jeunes femmes se mette à siffler pour meubler le vide. Ce n’était pas non plus le silence angoissant qui avait étreint Ninon un peu plus tôt lorsqu’elle avait essayé de fermer les yeux. C’en était un autre qui semblait naturel et reposant, comme si les mots n’étaient pas nécessaires.
Et ils ne l’étaient plus, ils avaient déjà tous été dit avec Aislinn, ses parents et son frère. Les mots avaient été doux et rassurants, mais ceux qui les avaient dit étaient partis, alors la seule présence de l’inconnue et de sa normalité millimétrée étaient suffisantes pour apaiser Ninon qui appréciait simplement de ne pas être seule dans cette pièce vide et blanche.
Cette dernière reporta son regard sur le visage de sa vis-à-vis pour rencontrer à nouveau l’écran teinté de ses lunettes. Toujours à la manière d’un automate, l’absence de ses mouvements était marquée par une immobilité quasi parfaite. Ses bras étaient croisés, dans une position que Ninon aurait pu traduire par de l’attente. Comme si l’inconnue avait compris la curiosité de la française à propos des verres qu’elle portait sur son nez, et sur ce qui se cachait derrière eux, ces derniers commencèrent à perdre leur opacité pour se faire transparents, lui laissant enfin le loisir d’apercevoir ses yeux. Ninon put enfin découvrir ses deux iris bleues délavées, similaires aux siennes qui comportaient cependant quelques nuances de gris, inexistances dans l’azur pâle et pur des yeux de l’inconnue.  Elle fut frappée par ces couleurs ternes et éteintes, ainsi que l’absence du petit éclat de vie qu’elle aurait dû y trouver. Loin d’être mal à l’aise par la lividité de ce regard, à vrai dire, peu de choses auraient pu la gêner à ce moment précis, ils ajoutaient à sa propriétaire d’avantage de calme et de mélancolie. A travers ses yeux clairs se lisait un recul sur les choses qui lui conférait une certaine sagesse.
Ninon voyait dans leurs nuances les eaux troubles d’un lac abandonné. A mi chemin entre la quiétude et la tristesse, elle imaginait dans ces teintes ternes et bleutées un paysage ancien et oublié, perdu derrière un écran de brume froide.

_ Pourquoi est-ce que vous vous cachez derrière ces lunettes ?...

Ninon déglutit et détourna finalement son regard pour le porter sur ses mains jointes uniquement par le contact du bout de ses doigts qui s’accrochaient et se décrochaient nerveusement. Elle secoua légèrement la tête.

_ Pardon … oubliez, je n’ai pas réfléchi et c’était stupide comme question. Elle laissa passer un instant sans rien dire, toujours la tête baissée vers ses mains. M…mais merci pour la lumière et le plateau, même si, même si … Sa voix se brisa alors qu’elle détourna son visage vers la fenêtre pardon, mais j’ai pas faim.

Elle passa rapidement une main sur ses yeux qui commençaient à déborder à nouveau.
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Sam 3 Jan - 15:01

Ninon Lenoir fait face et le manifeste par ce simple redressement impliquant réinstallation. La position assise n’est pas celle de la malade convalescente ni ne coupe le contact tandis que le geste de prise du beignet est certes retenu mais tout de même accompli, à l’instar du simple mot qui l’accompagne. Puis le tripotement commence ; avoir quelque chose dans les mains à tripoter a un effet antistress sur la majeure partie des personnes, généralement c’est là l’utilité du verre d’eau donné aux victimes mais un beignet sous vide convient également. Et puis l’objet d’intérêt principal reste elle-même et sa manière d’agir plus que ses actions ou paroles quand bien même Ninon Lenoir ne s’y montre pas indifférente. Néanmoins du fait qu’elle renvoie au beignet dirige passablement l’adolescente qui, au final, reste passive face à tout cela.

Enfin, passive ; introvertie, plus exactement. Ninon Lenoir ne saurait se débarrasser des expressions de son visage et des informations qu’il donne constamment. Le chocolat faisait envie, le beignet beaucoup moins : base du nez repliée formant des rides, lèvres supérieure tendue, menton contracté avec une légère intensité, du dégoût. Au point même que l’adolescente se débarrasse de l’objet avec douceur et soin, ne dérangeant pas plus le plateau où elle le dépose qu’elle tâche de le faire de cette chambre et des autres, plus généralement. La secousse de la tête ne reçoit aucune réponse de sa part à elle et les mots sont superflus.

Ninon Lenoir n’a vraiment pas faim « en fait » et elle-même se dit que sa propre faim risque de finir par se manifester, considérant son retard sur ses propres habitudes. Détails secondaire, néanmoins, puisque la partie la plus importante de l’instant se trouver être l’hésitation à dire « je crois » ; l’adolescente tâche de ne pas la contredire, en corrélation avec ses gestes précédents et leur tentative de ne rien déranger. Néanmoins le verre d’eau s’en voit doté de son utilité principale, en lieu et place du beignet, chose suffisante à manifester un 12A.

Le silence s’installe alors que Ninon Lenoir accorde toute son attention au verre d’eau et à son contenu, se perdant dans sa contemplation comme ce qu’elle lui évoque. Elle-même reste immobile durant cela jusqu’à ce que la gorgée soit finalement prise, regardant le délestage du verre une fois son utilité commune accomplie. Du fait, le centre d’attention change à nouveau pour revenir sur ce qui fait mouvement, à savoir son visage encadré de ces deux petites mèches baladeuses. Tout suit un schéma de probabilités situationnelles qu’aucune personne ne devrait pouvoir anticiper tant cela détruit complètement la nature même de l’interaction avec l’autre. Mais elle tâche tout de même de faire des efforts, à défaut de ne pouvoir en tenir compte.

Il n’y a pas réellement d’échange de regard, pas plus qu’avec une figure peinte, Ninon Lenoir se contente de découvrir derrière les verres teintés à l’opacité disparue ce qu’elle cherchait ; des yeux. Des yeux qui la surprennent sans la mettre mal à l’aise, un point positif. Tout comme la question que le suit.

- Pourquoi est-ce que vous vous cachez derrière ces lunettes ?

La demande est jugée osée par celle-là même qui la fait et qui se malaise seule, se détournant pour clore le contact. Une fuite, rapidement accompagnée d’excuses, d’explication, de dépréciation ; Ninon Lenoir a dérangé son environnement et s’enfuit face à ce remous. Mais malgré cela, elle tente de garder un minimum d’interaction, avec de nouveau remerciements bien qu’ils soient conclus par des excuses et l’admission de la sureté de son sentiment. Plus qu’être entrecoupé d’hésitations, cela prélude à de nouvelles larmes alors même que l’adolescente regarde au-delà de cette chambre qu’elle vient de troubler tout autant qu’elle l’a fait d’elle-même, vers ce monde qui continu de tourner avec indifférence.

- Il n’y a aucun mal, dans aucune de vos paroles, commence-t-elle simplement, en réponse.

Elle commence à avancer vers le lit en portant ses mains aux branches de ses lunettes et s’en ôte, tendant un nouvel objet antistress à sa vis-à-vis.

- Il ne s’agit pas de s’y cacher mais d’employer mes capacités de façon utile, poursuit-elle simplement alors que les verres affichent toujours un certain nombre de pages, certaines sur des actualités télévisées, d’autres sur des articles de presse parfois datés du lendemain, d’autres encore sur des sujets divers et variés depuis les cours de la bourse asiatique jusqu’à une centaine de caméras de surveillance de certains coins précis de New York City en passant par un dossier scolaire au nom de Lenoir Ninon ; des choses que, malgré leur taille relativement petite, la concernée pourra voir sans difficulté si elle porte le regard à l’intérieur des verres.

Et si elle va jusqu’à poser les lunettes sur son nez, toutes ces fenêtres ne lui sembleront plus si petites que cela puisque se superposant à ce qu’elle voit au-delà des verres comme autant de projections rougeâtres. Certaines personnes ont suffisamment d’imagination pour voir les choses dans leur propre esprit, ce n’est pas son cas à elle qui préfère l’usage d’un écran d’interface informatique, sorte d’écran pour l’ordinateur que sait être son cerveau. Il faut plus qu’une attention humaine pour pouvoir gérer simultanément toutes les fenêtres qu’elle manipulait et c’est sans compter les données qui continuent d’assaillir sa conscience, déduites par ses seuls sens ou calculées inconsciemment.

Ninon Lenoir a tout le loisir et le temps de tripoter les cyber-lunettes, malgré le côté personnel c’est là un moindre désagrément que de les prêter pour la bonne cause, néanmoins elle-même ne tarde pas à reprendre la parole pour ne s’attarder sur cet aspect d’elle-même que très peu soupçonnent et qu’aucun n’a jamais demandé directement, même si une personne l’en a coupée le temps d’une soirée, tout en tâchant de continuer à faire avancer l’adolescente.

- A défaut d’avoir faim, un chocolat chaud ne vous tenterait-il pas ?

Le chocolat est ce qui a de suite intéressé Ninon Lenoir mais le beignet, dans sa présentation comme sa consistance, a fait obstacle. S’il est possible que l’adolescente ne souhaite simplement pas entrer en contact avec des substances plus positives du fait de son propre état mental actuel, il n’est rien de perdu qu’à lui proposer quelque chose. De plus, peut-être commence-t-elle à être suffisamment distraite pour pouvoir l’accepter et en profiter. C’est là le plus déprimant avec les probabilités et, pour elle, le plus rassurant aussi : qu’importe que son cerveau lui donne des pourcentages de chance, même elle est incapable de trouver le 100% ainsi même le plus improbable peut toujours se produire.

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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Sam 10 Jan - 13:34

_ Il n’y a aucun mal, dans aucune de vos paroles.

Ninon tourna son visage pour faire à nouveau face à l'autre jeune femme. Son regard alla irrémédiablement à ses yeux clairs, avant de descendre pour alterner avec la paire de lunettes qu’elle lui tendait simplement. Celle-là même qu’elle avait eu sur son nez et qui l’avait caché quelques secondes plus tôt. Après une légère hésitation mêlée de curiosité, Ninon leva tout de même les mains pour en attraper délicatement les fines branches métalliques.

_Il ne s’agit pas de s’y cacher mais d’employer mes capacités de façon utile.

_ Vos capacités ?

Elle la fixa en fronçant imperceptiblement les sourcils avec un air interrogateur avant de commencer à manipuler les lunettes du bout des doigts, avec douceur et précaution. En les faisant tourner et en changeant leur orientation, elle se rendit compte que quelque chose semblait animer la face intérieure des verres rouges. Quand elle les approcha un peu plus de son visage, elle put voir se dessiner comme une multitude de petites fenêtres et ses yeux se plissèrent sous l'effet de l’intérêt que provoquait ce nouvel objet à découvrir.
Difficile à dire si cela était réellement du fait des lunettes ou bien du peu de concentration dont Ninon arrivait à faire preuve, ou encore de sa fatigue, mais sa curiosité avait fini par prendre le dessus sur tout le reste et à monopoliser la quasi entièreté de son attention.
La pièce n’était toujours que silence et Ninon réduisit une dernière fois l’espace entre les lunettes et son visage pour finalement les poser sur son nez. Elle écarquilla les yeux et entrouvrit les lèvres de stupeur quand les minuscules fenêtres s’agrandirent pour venir investir tout son champ de vision. Cependant, contrairement à ce qu'elle aurait pu penser, elles ne l'oblitérèrent pas totalement. A la place, elles n'avaient fait que déposer une sorte de calque rougeâtre sur lequel venaient flotter quantités d’informations divers. Même si elle ne tendit pas la main pour essayer de les attraper, elle cligna des yeux à plusieurs reprises en levant le nez en l’air et en tournant la tête,  comme si cela fut nécessaire pour faire passer son regard d'une fenêtre à l'autre, alors que de simples mouvements oculaires auraient surement été suffisants.
Mieux, et plus esthétiques, que n’importe quelles lunettes 3D, celles-ci avaient l'avantage de ne pas causer de tiraillement désagréable à l’arrière des yeux, du moins pour le moment.
Le « film » qu’elles proposaient était aussi bien différent. Certaines des informations vidéo à l'intérieur des fenêtres bougeaient, Ninon aurait dit les caméras de surveillance d'une grande ville, d'autres pas, comme des articles de presse ou bien un dossier qu'elle avait aperçu du coin de l'œil et sur lequel était marqué son propre nom.
Ce n’était pourtant que des lunettes, mais elles tenaient plus de l'écran d'ordinateur, un écran sur le monde qu’il était possible de voir partout et à tout moment. Mais ce monde n’était alors plus visible qu’en filigrane à travers les verres teintés et les informations qu’ils offraient. Leur porteur était présent sans l’être vraiment, connecté à tout sans vraiment prendre parti à rien, coupé du monde puisque seulement en lien avec l’image de ce dernier. Plus qu’étranges, ces lunettes étaient intrigantes et faisaient se demander à Ninon ce qu’elles étaient vraiment et à quoi elles servaient.

_ Alors ça c’est peu commu…

Elle se tut au beau milieu d’un mot alors que ses yeux se posèrent sur une nouvelle fenêtre et ce qui semblait être des actualités vidéo. Retenant son souffle, elle fronça imperceptiblement les sourcils alors que ses yeux s'humidifièrent en silence. Les lunettes n’offraient pas de son mais Il n'était pas nécessaire puisque les images étaient suffisamment parlantes par elles-mêmes. Ce n’était pourtant qu’une rue de New-York, mais tant de choses semblaient s’y passer. Les secours, les policiers, les passants et les autres, tous étaient rassemblés dans un chaos de gyrophares et d’empressement épouvantable.   A cette foule agitée et apeurée s’ajoutaient encore de nouvelles personnes émergeant du sol, couvertes de saleté et de sang, certaines seules, mais beaucoup étaient soutenues par d’autres. Ninon n’avait pas besoin de son pour comprendre ces images qui se lisaient devant ses yeux. Elle n’en avait pas besoin parce qu’elle avait compris qu’à cet exact moment, elle avait été là, des mètres plus bas. Elle avait reconnu la poussière, le sang et les visages terrifiés. Il ne manquait plus que le nom du lieu, celui qui défilait en boucle au bas de la fenêtre, en capitales blanches dans un bandeau rouge: « BLEECKER ».
Ninon repris la fin de sa phrase dans un murmure.

_ … commun…

Elle retira doucement les lunettes de son visage en déglutissant. Alors que le rouge avait disparu de la chambre d’observation pour lui laisser reprendre la teinte normale de la lumière blanche des néons, elle replia délicatement les branches qui se cognèrent l’une à l’autre dans un délicat cliquetis métallique.  

_ A défaut d’avoir faim, un chocolat chaud ne vous tenterait-il pas ?

Elle tourna la tête pour retrouver le regard bleu de sa « garde malade » et hésita. Essayer de trouver l'envie de manger quelque chose de consistant n'avait mené à rien, et même le chocolat  du beignet n'avait pas réussi à faire naitre un véritable intérêt pour na nourriture à la française. A la vérité, il n’avait réussi qu’à provoquer une vague sensation de dégout. Cependant, avaler une gorgée d’eau avait été possible et la perspective d'une boisson chaude était plutôt séduisante, sans compter que souffler sur des volutes de vapeur était toujours agréable et apaisant. Elle hocha doucement la tête.

_ Oui, j'aimerais bien.  Elle lui tendit les lunettes pour les lui rendre. Tenez, vos lunettes. Elle laissa passer une seconde. Et merci de me les avoir prêtées, mais elles ont l’air d’être.. heum … importantes ? Donc il vaudrait mieux que je ne les garde pas trop longtemps et que vous les repreniez.
…  Mais… mais c’est si important que vous aillez tout ça devant les yeux ?
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Mar 13 Jan - 19:46

On dit que la curiosité est un vilain défaut ; trop de curiosité est nuisible, oui, mais l’absence totale de curiosité l’est tout autant. La curiosité fait avancer et découvrir, il faut simplement savoir la guider et la doser. Ninon Lenoir pose une question logique en considération de la réponse qui lui a été fournie mais qui ne trouve pas de réponse, cette fois, pas directement du moins. Voir ce que les cyber-lunettes montrent laisse à envisager les capacités de leur propriétaire sans les révéler pour autant, sans les expliciter car parler d’elle-même pour ladite-propriétaire est et reste un problème. Elle travaille dessus même s’il s’agit de choses difficiles à travailler seule.

Ninon Lenoir finit par enfiler les lunettes et se surprend de ce qu’elles contiennent, une chose qui tout aussi prévisible qu’elle soit n’est pas sans être encourageante. Emerveiller une personne traumatiser c’est commencer à la faire se rouvrir au monde et surtout à autre chose que ce qui l’a traumatisée en son sein. C’était même attendrissant que de voir l’adolescente agiter la tête comme une enfant pour « naviguer » dans les fenêtres qui n’en bougeraient pas puisque présentes sur ces verres suivant le mouvement de la tête ; à moins que les lunettes ne finissent par prendre leur envole selon les lois de la cinétique mais c’est un cas particulier et la vitesse des mouvements de la française rendent improbable ce fait.

- Alors ça c’est peu commu…

Sage en aurait presque sourit face à cette image infantile qui énonce l’évidence même juste pour l’appréhender et non pour la souligner mais tout meurt en même temps que le mot de l’adolescente, alors même que cette dernière s’immobilise et ce concentre. Intérieur des sourcils qui remonte, paupières supérieures qui retombent, commissures des lèvres qui tendent vers le bas ; tristesse. L’adulte se tend en cherchant à comprendre mais c’est assez évident : erreur d’inattention de sa part, Ninon Lenoir a vu quelque chose qu’elle n’aurait pas voulu voir dans la féérie qui lui est montrée et cela a tout brisé. La liste des possibilités lui vient à l’esprit dans la seconde et elle constate qu’ils en sont encore à rediffuser les images de Bleecker Street. Elle ferme les yeux et coupe le contact avec ses cyber-lunettes, dissipant les fenêtres, alors que la conclusion est donnée et que lesdites lunettes sont retirées. Une nouvelle erreur, pire que la précédente.

Elle ne s’en excuse pas, cette marque d’inattention est une preuve de sa faillibilité, mais ce qui se voulait simplement une attention devient un changement de sujet ; un proverbe tibétain déclare que tomber est autorisé mais que se relever est obligé. Une chute, à elles de se relever.

Ninon Lenoir réfléchie à la proposition en la regardant, ayant respectueusement repliée les lunettes qu’elle ne tarde pas à lui rendre, sa réflexion finie et son assentiment donné. Elle-même reprend ses lunettes en hochant la tête, écoutant les suppositions faites sur son lien avec cet objet qui, en effet, fait parti d’elle à bien des égards. Bienfaisante attention que de ne pas les conserver trop longtemps, inutile mais bienfaisante.

- Mais… mais c’est si important que vous aillez tout ça devant les yeux ?

- Question d’optimisation.

L’adolescente a progressée : elle ose le remous à présent. Curiosité ou simple mise en confiance, c’est un peu des deux. Mais là où la majorité se sont limités à la fonction et l’objet Ninon s’en va vers la personne, ou plutôt s’en continue d’aller : les lunettes lui ont été données alors qu’elle demandait pourquoi on se cachait derrière du fait une fois les lunettes reparties elle en retourne à ce « derrière ». Et elle le fait avec une question dont il est peu probable qu’elle juge la pertinence. Ou même la difficulté.

- La plupart des gens n’exploitent pas leurs potentialités autrement que lorsque le besoin s’en fait sentir. D’autres en revanche les utilisent de façon constante pour essayer de parer à ce besoin avant qu’il n’arrive. Il ne m’est pas nécessaire d’avoir tout cela devant les yeux mais c’est utile que cela y soit.

Et est-ce que cela répond à la question ? Pas réellement. Mais la question implique des devoirs qu’elle s’impose seul, donc une importance subjective, donc une part d’elle-même. Et cela bloque avec autant de naturel que l’adolescente en a pour poser la question. L’adulte cligne des yeux un instant, ses lunettes dans ses mains.

- Cela peut être important s’il se passe des choses importantes mais cela n’a pas d’importance personnelle.

Elle ment, en regardant son interlocutrice dans les yeux et sans avoir la moindre hésitation, pas pour la berner, pas pour la protéger, pas pour la battre. Personne ne passerait la quasi-totalité de son temps éveillé sur une chose sans importance car quant bien même elle ne le serait pas dans les faits elle le serait émotionnellement ou inversement. Sage regarde le monde derrière un écran, que ce soit celui des verres de ses lunettes ou de la gélatine de ces yeux il y a toujours cette distanciation avec ce qu’elle lit, cette distanciation même faire par la lecture et non la vision. Voir tout cela l’aide à s’oublier, à oublier son enfermement presque platonicien.

Une inspiration plus grande et profonde que les autres alors qu’elle écarte les branches de ses lunettes et baisse le visage pour les enfiler à nouveau, ses yeux disparaissant à nouveau sous l’opacité rouge, puis elle se tourne vers la porte tout en s’exprimant :

- Vous ne préférez pas rester seule le temps que votre boisson soit prête, n’est-ce pas ? Il est temps de vous montrer une autre chose peut commune alors.

La question est rhétorique et elle n’a pas attendue d’avoir de réponse pour poursuivre, pas plus qu’elle n’attend pour se mettre en mouvement et démontrer la chose qu’elle a évoquée. Sa coordination peut être impressionnante, aux considérations du nombre de tâches qu’elle accomplit simultanément, mais elle l’est sans doute moins car si la voir se mettre en marche à l’instant même où elle finit de parler est une chose, voir une copie d’elle-même reste sur place alors que le mouvement l’emporte en est une autre. C’est pourtant ce qui se passe car si un pas est suffisant pour quitter sa position précédente elle semble en reste également sur place, ou tout du moins laisse une copie d’elle-même sur place. Copie légèrement différente néanmoins puisque ses cheveux sont un carré court et qu’elle est vêtue d’une combinaison moulante noire des pieds jusqu’à une épaule, ne disposant que d’une bretelle, de manches de cette même couleur partant des bras jusqu’aux poignets, de bottes à talons partageant cette couleur également et de ces cyber-lunettes dont l’armature a été renforcée par des gadgets au point d’en ressembler à une visière lui remontant jusqu’au milieu du front mais dont le rouge des verres lui couvre toujours les yeux et renvoi à l’ombre du X cerclé qui lui est apposé comme un sceau au niveau du cœur.

- C’est une projection de ma conscience, dit celle qui s’en va vers la porte, ne tardant pas à la prendre alors que l’autre renchaine parfaitement d’une même voix, la plupart des télépathes ne peuvent pas la séparer de leur corps sans qu’il perde conscience, mais c’est là-aussi une question d’optimisation.

Ou plutôt du fait que son cerveau traite tellement de donnée qu’elle puisse continuer de contrôler son corps même à distance, étant littéralement à deux endroits en même temps sans avoir le moindre problème d’analyse ; ce n’en est cependant pas de l’Ubiquité, malheureusement, puisque sa projection astrale reste une projection astrale. C’est d’ailleurs pour cela que la forme primaire adoptée correspond à sa perception que la télépathe a d’elle-même et qui dans son cas est plus qu’explicite. Inadapté également, d’où qu’elle commença rapidement à changer pour reprendre l’exacte apparence de ce corps qui venait de s’en aller, à l’exception des cheveux.

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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Mar 27 Jan - 21:40

_ Question d’optimisation. La plupart des gens n’exploitent pas leurs potentialités autrement que lorsque le besoin s’en fait sentir. D’autres en revanche les utilisent de façon constante pour essayer de parer à ce besoin avant qu’il n’arrive. Il ne m’est pas nécessaire d’avoir tout cela devant les yeux mais c’est utile que cela y soit.
Cela peut être important s’il se passe des choses importantes mais cela n’a pas d’importance personnelle.


Ninon continua de fixer les yeux clairs qui lui faisaient face avec une pointe de perplexité, et elle se contenta de hocher lentement la tête, pas vraiment certaine qu'elle ait réellement eu une réponse à sa question. Du moins, pas d'une manière aussi claire et concise que l'aurait laissé présager l'attitude presque robotique de l'autre jeune femme, et cette dernière commençait déjà à déplier les fines branches de ses lunettes  pour les remettre à leur place initiale sur son nez. Son regard se cacha à nouveau derrière la teinte rouge des verres, ainsi que les informations qu'ils devaient très certainement avoir recommencé à diffuser.

_ Vous ne préférez pas rester seule le temps que votre boisson soit prête, n’est-ce pas ?
Il est temps de vous montrer une autre chose peut commune alors.


Encore une fois, elle laissa une Ninon perplexe qui la regardait se remettre en mouvement en penchant imperceptiblement la tête sur le côté.
Le dit « mouvement » sembla alors un concept aléatoire qui lui fit écarquiller les yeux.
Au moment même ou la jeune femme fit un premier pas pour quitter la pièce, son corps lui, fit deux choses complètement contradictoires, à savoir qu'il se déplaça vers la porte tout en restant sur place avant de se séparer en deux copies distincte mais néanmoins parfaitement identiques. Hébétée, la française resta sans voix en fixant sa/ses vis-à-vis qui venai(en)t de se dédoubler, le plus naturellement du monde. Elle fit rapidement aller son regard de l'une à l'autre des doubles devant elle, sans comprendre si elle avait toujours à faire à la même personne ou bien quelqu'un d'autre, alors que l'originale continuait impassiblement son chemin.
A vue d'oeil, elles étaient complètement similaires, de par leur taille, leur carrure, leur visage fermé ou encore leur attitude. Ainsi, les point qui les différenciaient étaient minimes, mais les détails avaient toujours fait toute la différence, à commencer par leurs vêtements.
Alors que la première jeune femme qui avait franchi la porte de la chambre était habillée de manière tout à fait quelconque, voir sobre au possible, même si les manches amovibles lui donnaient un style à part, il en était tout autrement pour la seconde jeune femme.
Même si d'une manière ou d'une autre elle devait être la même personne ou au moins un dérivé de cette dernière, le style de ses vêtements était bien loin de la sobriété de la première.
Elle avait cependant gardé le classicisme des couleurs, le noir étant de toute façon une valeur sur et indémodable. Pour le reste, exit la simple paire de jeans et le débardeur en coton, puisqu'ils avaient été remplacé par une combinaison noire presque aussi moulante qu'une seconde peau, dont les bretelles étaient asymétriques. Des bottes à talons et des manches de la même couleur venaient compléter son ensemble atypique marqué d'un « X » carmin contre son cœur.
Comme elle l'avait fait à l'instant où la jeune femme était entrée dans la chambre un peu plus tôt, Ninon fut presque immédiatement attirée par ses yeux qu'elle ne mit pas longtemps à trouver, mais cette fois encore, elle se heurta aux verres rouges qui les cachaient et qui étaient équipés de tout une panoplie de gadgets au point d'en masquer le tiers de son visage..

_ C’est une projection de ma conscience.

_ Ce n'est pas commun non plus...

Elle regarda les deux jeunes femmes à  tour de rôle, en passant de celle qui continuait de marcher à celle qui était restée à côté de son lit, sans trop bien savoir laquelle fixer. L'originale qui s'en allait sans un regard ou bien la copie qui prit naturellement la suite de la réplique ? Ninon se décida à décoller son regard la porte pour se concentrer sur la « projection », du moins c'était le nom qui lui avait été donné.

_ La plupart des télépathes ne peuvent pas la séparer de leur corps sans qu’il perde conscience, mais c’est là-aussi une question d’optimisation.

Quand elle eut terminé de parler, sa combinaison se transforma pour prendre l'apparence de vêtements plus simple identiques à ceux de la première jeune femme, sous les yeux de Ninon dont la curiosité était largement lisible dans son expression abasourdie.

_ Optimiser... Parer aux besoins. Vous ne devez pas vous laisser surprendre souvent. Vous aviez un... votre « projection » avait un... je suis désolée, mais je n'arrive pas à comprendre si c'est toujours vous !
Enfin il y avait un X sur ses vêtements, c'est pour ça ? Je veux dire votre « optimisation ».  
[/b]
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Mer 28 Jan - 14:33

Si Ninon Lenoir n’est pas réellement convaincue par la réponse à sa question, l’ouverture qui y est faite transforme cela en tout autre chose, parfaitement probable là-encore. Mais il n’est pas que la surprise qui intéresse dans ce « tour de magie », c’est un émerveillement semblable au précédent et si l’adolescente n’en revient pas, déviant le regard de l’une à l’autre comme réservant à la seconde le même traitement observateur qu’à la première, il n’est pas question d’une quelconque admiration ou autre mélange de joie cette fois. Si le côté purement utilitaire suffit à justifier l’action, l’absence de ce petit plus montre qu’elle n’a pas réussi à toucher tous les tableaux cette fois. Non, ce n’est pas commun mais ce n’est pas féérique non plus ; peut-être la surprise et trop grande, puisque rien n’y préparait contrairement aux lunettes. En tout cas le fait que Ninon Lenoir l’interrompe est déprécié, d’autant plus dans une parole destinée plus qu’à expliciter la chose tant à démontrer que les deux « physiques » ne sont qu’un seul et même être qu’à revenir sur un point précédent.

Point qui revient, une fois encore pour que l’adolescente parvienne à appréhender le terme. Et la notion qui l’accompagne ; est-ce trop ? Trop pour ce soir ? Possible. Improbable : ce qui est dit ici n’ayant pas valeur à être retenu mais à distraire, tant que cet objectif est atteint cela n’est pas réellement trop.

Non, elle n’est pas souvent surprise mais ce n’est pas une question de se laisser surprendre : elle analyse et anticipe, les résultats de cela sont portés à sa conscience parfaitement naturellement. C’est sa mutation, don et malédiction. Il y a néanmoins des personnes qui ont, ponctuellement, démontrées des capacités à la surprendre et ces cas sont généralement gênant. Mais d’un autre côté, c’est une preuve une fois encore de son humanité, de l’humanité qui reste malgré toute la mécanicité et le raisonnement dont elle peut faire preuve.

Elle avait un… la liste de probabilités est longue sur ce qu’elle pouvait avoir ainsi attend-t-elle simplement des précisions. Sa projection avait un… réaction identique même si liste altérée en conséquence. Ne pas arriver à comprendre si c’était toujours elle ? Voici qui lui fait accomplir un 12A, tant sur la projection que sur le corps ; non, la projection astrale n’a pas les muscles pour se contracter involontairement à ses ressentis mais elle dispose des processus psychiques liés auxdits ressentis ainsi, au final, les exprime également.

- Enfin il y avait un X sur ses vêtements, c'est pour ça ? Je veux dire votre « optimisation ».

- C’est ma conscience, donc une partie de moi, répond la concernée alors même que l’originelle descend les escaliers au bruit de ses talons, inaudible depuis la pièce, néanmoins il ne s’agit que d’une projection psychique, ainsi n’est-elle pas physique au sens propre.

La projection astrale entreprend de marcher et malgré ses chaussures elle ne fait pas le moindre bruit, pas plus que ses mouvements respiratoires n’affectent l’air autour d’elle ; la question sur s’il s’agit bien d’elle est pertinente puisque ce « elle » a tout pour être irréelle. Il n’est nullement une illusion même si c’est là aussi une possibilité. Arrivée prêt du lit, elle pose la main sur celui-ci comme pour en caresser le drap mais ses doigts disparaissent dans la couverture, comme un fantôme intangible.

- Et le X provient de mon appartenance aux X-Men, ajoute-t-elle en s’arrêtant, ressortant sa main de la matière pour agiter les doigts, tant pour les montrer à Ninon Lenoir que pour concentrer son attention afin d’éluder l’importance de la phrase.

Le X sur le cœur signifie tellement plus que cela, en réalité. Mais est-elle capable de l’évoquer ? Même pour essayer d’aider autrui… elle n'en est pas certaine. Pas sans un effort. Un effort qu’elle connait précisément, tout autant que les probabilités qu’advienne l’une et l’autre des situations ; la première personne qu’elle est capable de prévoir est elle-même et cette autoanalyse cognitive est sans doute la première chose à brider le ressenti. Comme tout le monde, elle ressent les choses mais c’est également catalogué par des chiffres… dénaturant. Est-elle capable de faire un choix pour un choix non en prévision des conséquences ? Improbable. Très improbable. Evaluation, prévision, action ; simultané et instantané. Cela l’attristerait si elle n’y voyait pas lucidement son fonctionnement intrinsèque et donc sa nature même.

- L’utilisation de mes capacités a toujours été raisonnée ainsi donc leur maitrise comme l’expression de leur potentiel ont été exploités au mieux. De plus, si la plupart des X-Men ont été entrainés en équipe, ma formation avait pour objectif de me permettre d’opérer seule et sans soutien. D’où le besoin d’être en pleine possession de mes moyens, à des niveaux supérieurs à la norme requise pour les autres membres de l’Organisation.

Arrivant au rez-de-chaussée, le corps physique entreprend de se rendre en cuisine malgré que l’horaire implique les derniers remous de l’agitation due au diner puis indifférente à l’attention qu’elle attire, considérant le fait qu’elle ne se rende qu’extrêmement rarement en ces lieux, elle s’en va chercher les ingrédients dont elle a besoin, se remémorant la recette. Il s’agit toujours d’apporter quelque chose de français à la Française et cette fois cela sera sans doute plus qualitatif que la précédente considérant qu’elle usera d’une expertise tirée de la Maison Angelina, Paris. Le chocolat sera moins qualitatif mais elle fait ce qu’elle peut.

- Plutôt chocolat au lait ou chocolat noir ? interroge simplement la projection astrale à Ninon Lenoir.

La réponse changera simplement la nature du chocolat qu’elle emploiera. Trois tasses de lait, une demi-tasse de pépites de chocolat, une cuillère à soupe de cacao en poudre, une cuillère à café de sucre en poudre, une cuillère à café d’extrait de vanille. Dans une petite casserole, elle verse le lait et le chauffe à feu moyen puis y ajoute les pépites de chocolat pour les faire fondre. Remuant fréquemment et restant prête à baisser le feu à faible température si le lait commence à devenir mousseux, elle reprend la conversation là où elle l’a laissé pour son hors sujet.

- Concernant l’optimisation, la plupart des mutants, même au sein de l’Institution, cherchent à maîtriser leurs pouvoirs afin de pouvoir vivre normalement malgré eux. D’autres cherchent à les contrôler pour pouvoir en user dans les meilleures conditions possibles. Faites l’analogie avec des sportifs : certains utilisent la pratique régulière d’un sport pour entretenir leur santé ou une passion alors que d’autres tentent de devenir des athlètes et d’exploiter leurs capacités au maximum.

Une fois le chocolat fondu, elle y ajoute la poudre de cacao et le sucre et continue de remuer.

- L’un ne vaut pas mieux que l’autre, c’est à chacun de faire son choix là-dessus. L’apprentissage de l’utilisation ou la non-utilisation des capacités mutantes doit être une matière scolaire comme les autres pour permettre son intégration normée. Il est vrai que c’est assez difficile, considérant le suivit personnalisé que cela demande tout comme l’installation potentiellement nécessaire fonction des capacités, et que, même actuellement, aucun professeur titulaire n’apporte de cours en la matière même ici. Mais ce n’est pas infaisable.

Elle ajoute la vanille et continue de remuer jusqu’à ce que le tout soit mélangé et ait une couleur de chocolat, puis use d’une passoire afin de filtrer les copeaux de chocolat non fondu tout en versant le chocolat chaud dans une cruche. Attrapant un mug, elle entreprend donc physiquement de remonter jusqu’à l’endroit où sa projection astrale continue sa conversation en tâchant de gagner du temps.

- Mes capacités personnelles sont purement utilitaires et l’indépendance a nécessité leur expression et leur maitrise pleine et entière. Vous, néanmoins, qui êtes venue étudier l’art, avez-vous jamais envisagée une utilisation de vos capacités d’Obténébration dans le cadre de performances artistiques ?

Il n’a jamais été question d’un monologue et même si la curiosité est un moyen plus sur dans la présente situation, elle se permet un risque quant à appeler ce qui a conduit Ninon Lenoir dans cette Institution et aux objectifs qui peuvent être entretenus pour l’avenir.

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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Lun 9 Fév - 22:44

_ C’est ma conscience, donc une partie de moi, néanmoins il ne s’agit que d’une projection psychique, ainsi n’est-elle pas physique au sens propre.

Ninon pencha imperceptiblement la tête en essayant de comprendre les informations que la dite « conscience » lui offrait. Elle avait à l'esprit l'image naïve des cartoons dans lesquels les âmes des personnages morts quittaient leur corps. Le double qu'elle avait devant les yeux était-il alors quelque chose dans ce genre ? Peut-être... A la différence que la jeune femme n'était pas morte puisqu'elle l'avait clairement vue se dédoubler avant de sortir de la chambre. Ninon avait donc affaire à une sorte de fantôme, n'existant uniquement que par le son son d'une voix et l'image d'un corps. Le reste, les petits détails qui donnaient vie à une personne, était absent et rendait les choses assez perturbantes. Le discret bruit de la respiration de sa vis à vis était inaudible dans la chambre, à l'instar de celui de ses pas sur le sol, ou bien du bruissement de ses vêtements lors de ses mouvements lorsqu'elle s'approcha du lit pour en caresser les draps.
Ninon suivit sa main du regarde, et au moment où les doigts de la projection s’apprêtèrent à toucher les couvertures, elle fut surprise de voir qu'ils les traversèrent, se fondant comme de rien dans la matière.

_ Et le X provient de mon appartenance aux X-Men.

La française hocha doucement la tête et ne quitta pas des yeux la main qui ressortit finalement des draps. Elle approcha timidement sa propre main pour effleurer les doigts de la « conscience » du bout des siens, et un mince sourire étonné se dessina sur ses lèvres quand ces derniers se traversèrent sans se heurter. Ninon ne sentit rien, et elle fit glisser son pouce sur la pulpe de son annulaire, son majeur et son indexe pour vérifier la présence d'un quelconque dépôt « ectoplasmique », mais là encore, rien du tout.
Éviter d'être tactile avec les inconnus... C'était pour le moins compliqué et Ninon n'avait pas réfléchi lorsqu'elle avait avancé sa main. Mais toucher les choses pour mieux les comprendre, les apprivoiser et se les approprier était une démarche artistique parmi tant d'autres, une démarche qu'elle pratiquait régulièrement et qui pouvait souvent chiffonner les non-initiés en la matière, car tout le monde n'aimait pas forcément se faire palper sans raisons.
Enfin, sans raison autre qu'un tempérament naturellement tactile. Mais l'inconnue n'était pas vraiment là, et le corps de sa projection étant plus visuel que réellement physique. D'ailleurs, il n'y avait pas eu de contact physique à proprement parler. Alors utiliser le terme « tactile » pour définir cet infime interaction aurait été excessif.
Ninon réussit à décoller son regard de la main de sa garde malade pour le diriger vers son visage, où il échoua une fois de plus contre les verres teintés de ses lunettes. Tant pis, elle s'en contenterait. Le ton automatique de la jeune femme l'interpella à nouveau, et d'une certaine manière, ses dire laissaient indirectement à penser qu'elle se considérait elle-même somme une sorte de machine. Tout chez elle semblait être « raisonné » comme elle le disait, de l'utilisation de ses pouvoirs jusqu'à la plus petite action. Tout était optimisé. En l’occurrence, optimisé pour l'autonomie.
L'autonomie, Ninon aurait presque eu envie de la traduire par une sorte de solitude déguisée. La jeune femme faisait preuve d'un professionnalisme si imperturbable dans un moment pourtant informel, qu'il était facile d'imaginer le vide qui aurait pu combler les cases non professionnelles.

_ Plutôt chocolat au lait ou chocolat noir ?

Non consciente du chef d'oeuvre sur le point de prendre corps plus bas dans les cuisines, l'intéressée cligna des yeux avec un air incrédule, ne s'attendant pas à ce genre de question à ce moment. Le professionnalisme en prenait un coup, quoi que, la manière dont la demande était formulée était aussi sobre que tout le reste. Prise de court, elle hésita pendant un moment avant de bafouiller.

_ Lait... Lait c'est très bien.

Et la première reprit la parole comme si de rien n'était. L'espace d'un instant, Ninon se demanda tout de même si la clone du bas avait reçu l'information prise par la clone du haut, mais elle avait à peu près assimilé le concept et compris que les deux était en fait la même personne... A peu de choses près. Pendant une fraction de seconde, le coin de sa lèvre trembla alors qu'elle repensait à une comptine, à propos de quelqu'un en haut qui faisait du gâteau et de quelqu'un en bas qui faisait du chocolat... Quelqu'un? C'était la raison pour laquelle le tremblement du coin de sa bouche ne s'était pas mué en un début de sourire. En voulant mettre les noms dans la comptine, elle se rendit compte qu'elle ne connaissait pas celui de la jeune femme à la fois en bas et en face d'elle car elle ne le lui avait pas dit... Ninon n'avait pas non plus demandé, mais théoriquement, lorsque l'on rencontrait quelqu'un pour la première fois, il était poli de se présenter sois-même pour éviter de mettre l'autre dans l'embarras...
Elle lui avait dit qu'elle était X-Woman, et une X-Woman particulièrement optimisée pour l'autonomie, peut-être alors ne pouvait-elle pas divulguer son nom. Dans ce cas là, comment l'appeler ? Les surnoms étaient une option, mais la situation et le degré de connaissance des jeunes femmes ne le permettaient pas...
L'optimisation, encore... Optimisation qui la concernait néanmoins un peu plus cette fois-ci puisqu'elle parlait des élèves venus à l'institut pour maîtriser leurs pouvoirs. Et c'était bien ce que Ninon était venue faire en arrivant ici quelques mois plus tôt. Trouver une aide pour maîtriser ses pouvoirs, ne serait-ce pour qu'ils lui fichent la paix, chose qu'elle n'avait jamais réussi à faire seule, mais qu'elle avait commencé à entrevoir cet été.
Cette été, et de manière complètement imprévue cet après-midi. Elle y avait fait usages de ces ombres qui la terrifiaient tant. Sans l'avoir fait complètement inconsciemment, les ombres s'étaient manifestées par réflexe et par nécessite, chose dont Ninon avait tiré avantage en guidant en quelque sorte ce réflexe.
Elle n'était pas venue à l'institut pour apprendre à se servir de ses pouvoir, mais simplement pour les maîtriser, vivre avec sans qu'ils ne se manifestent. Cet été Rachel lui avait ouvert les yeux sur leur potentiel plastique, et cet après-midi lui avait ouvert les yeux sur le fait qu'ils pouvaient être utiles, voir même vitaux.
Mais est-ce que ces nouvelles visions changeraient ses objectifs pour autant ? Peut-être, car à la peur inhérente à ses ombres s'ajoutait maintenant la curiosité inhérente à son caractère.


_ Mes capacités personnelles sont purement utilitaires et l’indépendance a nécessité leur expression et leur maîtrise pleine et entière. Vous, néanmoins, qui êtes venue étudier l’art, avez-vous jamais envisagé une utilisation de vos capacités d’Obténébration dans le cadre de performances artistiques ?

_ Si.
J'ai commencé à l'envisager cet été, avec Rachel et Ariella. Ce n'était pas facile, mais elles m'ont aidé et j'ai l'impression d'avoir beaucoup plus avancé en deux heures avec elles, que seule en quatre ans.
Ces ombres m'ont toujours mise mal à l'aise, parce que même si quelque part je sais bien qu'elles font partie de moi, je ne les contrôle pas. Lorsque je m'en sers ce n'est pas volontairement, c'est comme si elles ne m'appartenaient pas à moi. Comme si c'était quelqu'un d'autre qui les contrôlait, où mon inconscient, ou je ne sais pas...
Mais Rachel m'a donné des pistes, et j'essaye de voir les choses sous un autre angle en faisant des analogies avec des formes d'art... Pour détourner mon attention en quelque sorte. C'est comme prendre un morceau de sucre pour faire passer le mauvais goût d'un médicament.
Avec le bouclier, je n'ai rien trouvé de positif pour le moment. Lorsqu'il est sur moi et que je vois ma peau, j'ai toujours l'impression d'être en charbon, comme carbonisée, et ça ne me plaît pas, même si... même si ça a été utile...
Elle laissa un blanc et déglutit en tâchant de chasser de sa tête les souvenirs de l'après-midi. Elle reprit après une profonde inspiration. Mais..., mais pour le reste, je pense à de l'encre de Chine.
Avez-vous déjà vu des gouttes d'encre tomber dans de l'eau ? Ou bien fuser sur un papier humide ?
Et bien c'est ce à quoi j'essaye de penser... Même si je ne progresse pas vite, je pense que ça portera ses fruits.
Pour l'instant, je n'en suis qu'au stade de la goutte perdue dans un verre d'eau, mais j'espère m'améliorer pour passer à la feuille et guider les ombres sans pour autant les contrôler entièrement. La dernière étape serait quelque chose de précis, comme l'estampe ou bien la calligraphie au pinceau, quand il n'y aura plus de place pour le hasard.



Ninon se tut un instant. Le fait d'avoir repensé à l’entraînement de cet été l'avait irrémédiablement ramenée à Rachel, et la dernière chose dont elle se souvenait avant sa perte de  connaissance dans le tunnel du métro, c'était une lumière vive et dorée qui était descendue pour illuminer les profondeurs.
Elle se rappela qu'à cet instant, cette clarté lui avait fait penser à la jeune femme, mais elle ne l'avait pas vu elle, simplement une aura lumineuse que son esprit aurait très simplement pu personnifier sous le coup de la fatigue.
Mais le doute subsistait.

_ Je me souviens d'une lumière, tout à l'heure... Est-ce que c'était Rachel ? Je crois qu'elle était là, et qu'il fallait qu'on la retrouve, Sanzo et une autre femme avaient prononcé son nom. Elle va bien ?
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Mar 10 Fév - 20:01

Ninon Lenoir se surprend et s’amuse de la projection astrale, allant jusqu’à prendre le courage de la toucher. Une bonne chose ? Sans doute, oui, puisque prouvant que le divertissement fonctionnait. Il n’y a plus une spectatrice et une attraction mais une interaction entre elles plus directe, chose accroissant les probabilités de conserver l’attention. Une diversion, dans tous les sens du terme puisqu’il s’agit non seulement de gagner du temps mais également de changer les idées de l’adolescente. Il n’y a aucune mauvaise réaction au contact, il n’y a même aucune réaction du tout à dire vrai ; il n’y avait pas réellement eu contact de toute façon, en effet. Sage n’est pas du genre à considérer que toucher une projection de sa conscience revient à la toucher elle, même si l’action assez enfantine le fit légèrement.

La suite de l’explication se poursuit une fois le type de chocolat déterminé et l’hésitation de l’adolescente est notée. Il n’est cependant rien à rebondir dessus et elle continue simplement, du fait, continuant de faire réfléchir et analyser sa vis-à-vis. Perplexité, assentiment, tout est selon le plus probable et dure le temps nécessaire. Et au final Ninon Lenoir répond sans la moindre hésitation lorsqu’elle est concernée, laissant là toute timidité pour lui répondre franchement malgré un instant de pause une fois sa confirmation donnée.

La plupart des capacités de nature psionique peuvent donner lieu à des représentations et des œuvres artistiques et c’est un moyen sans doute efficace de permettre au commun d’approcher la mutation sous un angle différent, novateur, même s’il faut pour cela que le mutant entretienne déjà similaire rapport avec sa différence. La date et les personnes importent, elles ont conduite à une progression positive et le fait de se rendre compte que l’on n’est pas seul avec sa différence aide généralement à l’accepter. Il est probable que ce soit cela qui ait donnée l’impression citée par l’adolescente, même si les conseils peuvent y être pour quelque chose également ; ces deux propositions ne s’excluent pas, de toute façon.

Ninon Lenoir confirme la possibilité de l’inacceptation, exposant son rapport à ses ombres au travers de sa réaction face à elles. Il est tant de chose que l’humain ne contrôle pas même si cela fait parti de lui, le fonctionnement des organes par exemple, qu’il n’est pas étonnant que ce sentiment apparaisse lorsqu’il est question de manipuler quelque chose d’autre. La mutation fait partie de la mutante, ce qu’elle manipule c’est une question de point de vue et de détail : les champs psioniques sont générés par elle, oui, mais si ce qu’ils enferment ne l’est pas également les ombres ne font pas réellement partie d’elle. Néanmoins qu’elle puisse générer des ombres n’est pas impossible, gardant en tête que rien ne se perd ni ne se créé mais que tout se transforme.

L’absence de maitrise est un point intéressant, d’autant plus que c’est un facteur d’importance pour la distance entre l’adolescente et ses capacités mutantes. Oui, son inconscient est ce qui manipule ses capacités néanmoins il n’est pas contrôlable lui non plus, tout en faisant partie de la personne. Que Rachel ait données des pistes est normale, puisqu’elle est X-Woman et plus capable de cela qu’elle ne croit, et positif également considérant que Ninon Lenoir semble les approfondir. L’analogie fonctionne bien et l’art est une passion pour sa vis-à-vis ; détourner l’attention, seulement ? Soit.

Le bouclier psionique pose plus de problème que l’Obténébration générale, sans doute du fait qu’il soit plus difficile d’appliquer l’aspect artistique lorsqu’il implique directement le corps ; sans doute faudra-t-il d’abord bien maîtriser la capacité primaire avant que cet aspect dérivé n’en devienne familier. L’impression de changement esthétique qu’il ajoute est question d’habituation, tant qu’il reste esthétique les mauvaises surprises seront relativement limitées. En revanche, l’utilité aurait été positive si elle n’était pas tant connotée négativement ; Ninon Lenoir en revient une fois de plus à son traumatisme. Sage considère cela en plissant les lèvres et sans faire agir sa projection astrale, ne pouvant réduire la distance et n’ayant pas à manifester son écoute. Elle est là, psychiquement du moins, et toute son attention, psychique toujours, est accordée à la jeune femme.

- Mais… mais pour le reste, je pense à de l'encre de Chine.
Avez-vous déjà vu des gouttes d'encre tomber dans de l'eau ? Ou bien fuser sur un papier humide ?


Lentement, la projection astrale hoche la tête ; de ses yeux vu, peut-être pas, mais elle se figure parfaitement ce que cela fait et l’a sans doute déjà observé en considération de tout ce qu’elle a observé.

- Et bien c'est ce à quoi j'essaye de penser… Même si je ne progresse pas vite, je pense que ça portera ses fruits.

Positif, encore. Quand au stade de la goutte perdue dans un verre, il n’est que le premier : la volonté de s’améliorer et le travail régulier permettront de progresser, toujours, comme partout. Et les comparaisons artistiques prêtes à sourire, surtout si un jour de véritables œuvres, toutes éphémères soient-elles, voient ainsi le jour. Qui plus est, l’objectif est donné et c’est la maitrise parfaite que cherche Ninon Lenoir. Une chose où elle-même peut aider.

Elle se garde de proposer pour l’instant, même si ce serait le moment propice. L’adolescente c’est interrompue et réfléchi, grimace à ses pensées, et c’est là une chose qu’il vaut mieux ne pas interrompre. D’où que Sage attende un instant, à la porte, pour laisser le temps d’aller jusqu’au bout de son interrogation. Interrogation portant sur Bleecker Street, sur une lumière et son identité, sur une croyance et des informations parcellaires, sur un fait inconnu…

Poussant la porte du coude, son corps physique entre à nouveau dans la chambre d’observation, la cruche et le mug toujours en main, alors que sa projection astrale ne réagit pas le moins du monde.

- C’était Rachel, elle a été la première X-Woman sur les lieux, commence-t-elle à répondre en s’approchant de la table de chevet et du plateau déjà apporté tandis qu’en un instant sa projection réintègre son corps, comme aspirée. Elle a une « autre » forme, qui dégage cette lumière.

Arrivée à la table de chevet, la femme rempli le mug de la boisson chaude, dépose la cruche puis tend la tasse vers sa destinataire, ne s’interrompant nullement dans ses dires.

- Elle n’est pas encore rentrée, les dernières informations que l’on a eues d’elle la disaient en train de faire le tour des hôpitaux, afin de stabiliser les blessés graves.

Qu’ajouter ? Extrapoler et prévoir quand à l’état de Rachel est déjà fait mais expliciter cela auprès de Ninon Lenoir est risqué : plus qu’évoquer ce qu’il est question de distraire, une chose possible puisque c’est l’adolescente qui amène le sujet, il s’agit surtout de ne pas lui en apprendre trop et considérant qu’elle-même ne sait ce que connait sa vis-à-vis sur les événements comme les impliqués, c’est délicat. La mort et la résurrection de Jade Elioth de Lauro, les natures du Léviathan et du Phénix, le départ de Kamen Ievseïev et la disparition de Melody Arreyss… tout cela est un sujet délicat d’abord et Sage ne s’est déjà que trop autorisée d’erreurs.

- Elle reviendra, inutile de s’inquiéter là-dessus.

Là où il faut s’inquiéter c’est de l’état dans lequel elle le fera ; précision à taire. Rachel est l’Echo du Phénix mais des événements comme Bleecker Street ne seront pas sans lui rappeler d’autres tandis que la perte et la résurrection d’une de ses proches alors même qu’elle c’était promise de ne plus faire cela l’auront affectée. Comment et dans quelles mesures, Sage aimerait ne pas avoir d’idées et de prévisions là-dessus, pas parce qu’elles n’encouragent pas à ne pas s’inquiéter mais parce que cela ne devrait pas pouvoir être raisonné. Cela l’est, néanmoins. C’est comme tout le reste.

- Elle devrait pouvoir continuer de vous aider à progresser, même si elle n’aime pas enseigner et que l’art ne lui parle pas forcément. Si jamais vous avez besoin également, n’hésitez pas à me demander de l’aide.

Elle ne parle pas de l’épreuve que vient de traverser Ninon Lenoir, elle continue de montrer la suite, de faire envisager à la suite ; oui ce qui c’est passé aujourd’hui la marquera à vie par impossibilité d’oublier, purement et simplement, mais il ne faut pas y rester bloquer et avancer encore. Prendre en compte et progresser, se réparer et continuer.

Se ré-éloignant d’un pas, elle reprend sa posture immobile à simplement regarder l’adolescente. Néanmoins l’heure tourne et son corps le lui manifeste d’une désagréable façon, un gargouillement se faisant entendre. 4A+23A+43B ; Sage fronce imperceptiblement les sourcils et tend à la mesure les lèvres, puis ferme un instant les yeux en réaction à cela.

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Ninon Lenoir
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Jeu 19 Fév - 19:06

La question de Ninon à propos de l'état, autant physique que psychologique, de Rachel reçut une réponse quasi instantanée, mais pas de la part de la personne à qui elle avait été posée. L'originale du clone qui lui avait tenu compagnie au long des dernières minutes avait reprit la suite directe de la conversation le plus naturellement du monde, lorsqu'elle avait refait irruption dans la chambre.
La française avait tourné la tête en entendant le bruit de la porte qui s'était ouverte pour observer sa garde malade de retour, aussi impassible que lorsqu’elle était partie, mais avec quelque chose de nouveau dans les mains. Un mug et un pichet d'où de fines volutes blanches s'élevaient, et dont l'odeur douce et rassurante ne tarderait pas à embaumer la pièce.
Tout en confirmant à Ninon que Rachel avait effectivement été à l'origine de la lumière dorée dont elle avait parlé, la jeune femme aux lunettes pourpres s'était approchée de la petite table où elle avait précédemment déposé le plateau repas pour en faire maintenant de même avec ce qu'elle venait de rapporter des cuisines. Au même moment, la projection et sa propriétaire ne firent à nouveau plus qu'une, et le regard de Ninon passa rapidement de l'une à l'autre alors que la premières se fondit dans la seconde sans même un battement de cils.
Toujours attirée par les gestes mécaniques et calculés de l'autre jeune femme, Ninon se contenta de l'écouter en silence en regardant ses mains verser avec précision le chocolat chaud dans la tasse. La vision du liquide épais et fumant avait immédiatement acquis son intérêt et sa confiance. Elle prit donc la tasse qui lui était tendue sans aucune hésitation, et gratifia celle qui venait de la lui offrir d'un petit « merci » reconnaissant, alors que le coin de sa bouche s'étira imperceptiblement.
La perspective de boire un chocolat chaud ne la détourna pas pour autant de son inquiétude pour Rachel, et elle continua d'écouter attentivement l'autre jeune femme qui avait continué de parler tout ce temps.

_ Elle n’est pas encore rentrée, les dernières informations que l’on a eu d’elle la disaient en train de faire le tour des hôpitaux, afin de stabiliser les blessés graves. Elle reviendra, inutile de s’inquiéter là-dessus.

Ninon hocha la tête avant de la baisser vers la tasse chaude qu'elle tenait entre ses mains. Ne bougeant plus, elle se contenta de se laisser hypnotiser par les volutes blanches s'échappant de la surface brillante du chocolat chaud dont l'odeur qui avait presque réussi à dénouer entièrement son estomac, commençait maintenant à lui faire envie.
Rachel n'était rentrée. Elle était restée à New York pour continuer d'aider ceux qui en avaient encore besoin, mais elle reviendra. L'autre jeune femme l'avait affirmé. Peut-être, mais cela ne répondait pas exactement à sa question, à savoir, si elle allait bien...
Ninon soupira et ferma les yeux en pensant à la rousse. Si sa garde malade avait préféré « optimiser » sa réponse en lui disant que Rachel était encore en train de prendre soin des autres, c'était qu'il lui restait la force physique et psychologique de le faire, du moins c'était ce qu'elle espérait de toutes ses forces.
Lorsqu'elle rouvrit ses paupières, ce fut pour porter sa tasse toujours fumante à ses lèvres. Elle rida légèrement la surface du liquide en soufflant doucement dessus pour le refroidir.

_Elle devrait pouvoir continuer de vous aider à progresser, même si elle n’aime pas enseigner et que l’art ne lui parle pas forcément. Si jamais vous avez besoin également, n’hésitez pas à me demander de l’aide.

Ninon réfléchit un instant et abaissa sa tasse. Quoi qu'elle avait pu en dire, Rachel s'était révélée être une excellente professeur. Sans parler de la pâte d'amande, elle avait su faire usage de beaucoup de patience et de douceur envers Ariella et elle. Elle avait utilisé les bons mots et les bons conseils, au bon moment, et cela avait tout simplement été la meilleure chose à faire. Seule, Ninon n'avais jamais réussi à tirer que que ce soit de ses pouvoirs, par peur et incompréhension de ces derniers. Arrivait ensuite la panique, nourrie par la perte de contrôle, elle-même nourrie par l'angoisse de perdre le contrôle. La simple peur d'avoir peur, ce n'était pas plus compliqué que cela, et c'était sur ce point que Rachel avait principalement agit. Ninon avait eu besoin d'être rassurée sur cette partie d'elle même, ce que Rachel avait immédiatement semblé comprendre et faire.
En à peine quelques heures, la rousses avait réussi à lui faire prendre assez confiance en elle pour lui faire entrevoir la maîtrise, et surtout, pour développer sa curiosité artistique dans ce domaine et recommencer à essayer.
Mais l'autre jeune femme avait raison, Rachel n'aimait pas enseigner. Du moins, elle n'aimait pas avoir le rôle du « professeur » et elle s'était montrée relativement hostile lorsqu'Ariella l'avait appelée comme cela. Même si la maîtrise de ses pouvoirs était la raison pour laquelle elle était venue à l'institut, Ninon s'en serait voulu de redemander à la jolie rousse de faire quelque chose qu'elle n'appréciait pas, alors accepter l'aide que lui proposait cette nouvelle jeune femme semblait la meilleure solution.
Son calme lui avait valu de s'attirer presque instantanément la confiance de Ninon, et elle semblait avoir de la patience. Elle lui avait aussi apporté à manger, même si la nourriture avait eu beaucoup moins de succès que sa simple compagnie. Et elle lui avait offert un chocolat chaud, ce qui n'était pas si anodin lorsque l'on savait l'amour sans limite que portait la française à cette gourmandise.
Le seul point qui aurait pu sembler négatif était sa « rigidité » presque mécanique, mais avec le temps, les gens finissaient toujours par se dérider. Au moins un peu. Dans le cas contraire, Ninon pourra toujours essayer de sourire pour deux.
Cette dernière hocha finalement la tête pour montrer son approbation à la proposition qui venait de lui être faite.

_ Merci.

Ninon ramena à nouveau sa tasse de chocolat chaud à ses lèvres pour enfin pouvoir le goûter. Dieu qu'elle avait eu raison d'accepter l'aide de cette jeune femme. Jamais elle n'avait goûté de chocolat chaud si bon, et ses yeux papillonnèrent alors qu'elle se renfonça dans ses coussins en soupirant de plaisir. Si sa garde malade était « rigide », ce n'était définitivement qu'en surface. Une personne réellement rigide se serait contenté de touiller une cuillère de chocolat en poudre dans du lait tiède, mais là, elle lui avait tout bonnement préparé un vrai chocolat chaud, le genre de chocolat chaud que l'on faisait avec amour. Ce n'était pas juste un banal chocolat chaud, c'était LE chocolat chaud qui prouvait que derrière ces lunettes opaques et ces yeux bleus ternes se cachait quelque chose d'infiniment plus coloré. LE chocolat chaud qui montrait que cette inconnue était une sorte de meringue, à l'aspect peut-être délavé et rocheux à l'extérieur, mais brillant, moelleux et sucré à l'intérieur.
Ninon releva la tête et se lécha les lèvres avant de tourner son regard vers la jeune femme immobile.

_ Il est juste délic... Elle cligna des yeux en s'arrêtant dans sa phrase d'un air gêné lorsqu'elle entendit l'estomac de sa vis-à-vis qui venait de manifester son réveil par un grondement. P... pardon, vous devez avoir faim. Il est tard et... et .. et je dois vous retenir et … Elle s'arrêta à nouveau, pas entièrement certaine de vouloir la voir partir et son regard tomba sur le plateau resté sur la table. Et vous aimez les carottes? C'était une bien piètre façon de demander à quelqu'un de rester encore un peu. Certainement pas assez explicite. Ou peut-être trop... Et je ne sais toujours pas comment je peux vous appeler...

Cette dernière demande était par contre on ne pouvait plus explicite, et légitime, surtout si les deux jeunes femmes étaient amenées à se revoir, pour un chocolat chaud ou un cours sur la maîtrise des pouvoir. Et puis Ninon ne pouvait pas laisser partir cette Meringue inattendue sans au moins savoir son nom.
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Sage
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Mer 25 Fév - 22:32

Un instant de surprise de la part de Ninon Lenoir lorsque les deux corps ne firent plus qu’un, puis un autre de contentement et de gratitude exprimée lorsque le chocolat chaud lui fut servi, et à nouveau de l’inquiétude pour Rachel. Une perte dans ses pensées comme dans sa boisson puis des réactions en conséquence jusqu’à ce que ladite boisson commence à être ingurgitée. Tout se passe comme prévu, voir mieux considérant la réaction plus que positive de l’adolescente, jusqu’au gargouillement tout du moins.

Tout est contrôlé, c’est une base chez elle. Une mauvaise base mais une base tout de même. Son corps est son outil, son interface avec le monde, qu’il prenne des décisions seul n’est pas courant et qu’il se montre grossier encore moins. Car le gargouillement est grossier et inapproprié, à ses yeux, d’autant plus considérant qu’il interrompt son interlocutrice dans une parole.

- P… pardon, vous devez avoir faim. Il est tard et… et… et je dois vous retenir et…

Les efforts et progrès accomplis jusqu’ici viennent-ils de s’écrouler face à cet imprévu désagréable et déprécié ? Ninon Lenoir est gênée et bafouille, cela tend à la laisser penser même si les probabilités d’une volonté d’aider à son tour sont majoritaires ; il lui faut juste le temps de se reprendre. Et cela arrive vite, au milieu d’hésitations et en conclusion d’une errance visuelle, conclusion faite sur le plateau aux deux couverts.

- Et vous aimez les carottes ?

Elles seront insuffisantes à constituer son quatrième repas de la journée, dont l’heure de retard ce fait sentir. Elle ne répond pas tout de suite, continuant d’observer la française hésiter et se rabrouer.

- Et je ne sais toujours pas comment je peux vous appeler…

- Sage.

Non elle ne s’est pas présentée dès le début. C’est un fait dont elle était consciente mais son identité, ou approchant, n’importait pas réellement dans son approche : elle n’était rien de plus qu’une personne de passage, venant aider avant de repartir, comme une inconnue prêtant une oreille attentive et des conseils extérieurs rencontrée dans un quelconque train et n’existant que pour quelques heures. Ce stade changera si Ninon Lenoir fait appel à elle pour progresser sur la maitrise de ses capacités mutantes, oui, mais c’est là une possibilité non une probabilité.

- Il est vrai que mon heure de repas habituelle a été manquée mais il était dans ma prévision que l’on mange ensemble. La quiche a été prise en cuisine avant prédécoupage pour mise au self-service dans cette idée, ainsi donc vous ne me retenez pas.

Entreprenant d’avancer jusqu’au plateau, elle prend l’initiative de se nourrir en commençant en effet par les carottes. Il n’y en a que pour une personne, c’est bien la seule chose qui n’a pas été prévue pour deux mais elle était une part de hasard du fait de l’absence de connaissances des goûts de la française. Sans avoir plus avancés dans ceux-ci, chocolat exclut, elle aura au moins le temps des légumes pour savoir si la française accepte de partager le plat de son pays. La petite assiette dans une main, l’une des fourchettes dans l’autre, elle-même commence simplement à manger avec sa précision chirurgicale, debout à côté du meuble.

- S’il devient trop tard pour vous, n’hésitez pas à le signifier, reprend-t-elle une fois sa bouche vidée, déposant la fourchette dans l’assiette avant de parler et ne la soulevant à nouveau qu’une fois la réponse de Ninon Lenoir donnée.

La politesse est importante et s’il est déjà moyen de manger alors que l’adolescente boit simplement, il n’est pas question de lui parler la bouche pleine. Lui mâcher au visage est déjà une grande bizarrerie à ses yeux car même si c’est courant dans les diners d’affaire, et Tessa a une expérience très longue dans le domaine, c’est étrange que cette attention divisée ne soit pas prise pour de l’impolitesse. D’un autre côté, ceux qui le font ne sont pas sensés le faire au détriment de leur attention pour leur interlocuteur et sans cette simultanéité les discussions attablées n’en finirait probablement jamais.

L’entrée, comme toute entrée, ne dure pas réellement longtemps et c’est donc rapidement au tour d’une moitié de quiche de se retrouver dans l’assiette qui se trouvait sous celle contenant le plat ; moitié de quiche découpée avec une habileté au couteau peu commune et qui est coupée comme mangée à la fourchette, morceau par morceau croute exclue. Néanmoins, refuser de manger et de parler en même temps implique un silence certes incomplet, du fait des bruits du repas, mais tout de même présent. Et cela, elle doit l’éviter.

- Le chocolat chaud utilise une recette de la Maison Angelina, une chocolaterie de Paris.

Le sujet est simple et tout trouvé, considérant combien il a plu à Ninon Lenoir.

- Si vous voulez, il m’est également possible de vous apprendre à la reproduire.

Beaucoup d’engagement même si le legs d’une recette n’est qu’une question de mots, bien moindre en définitive qu’une aide sur la maitrise des capacités mutantes, encore que la simple dictée d’une recette ne permette pas forcément de la réussir. Mais rien ne l’empêchera de superviser un premier essai, tant qu’il ne se passe pas dans les prochains jours ; chose très probable puisque Ninon Lenoir doit déjà passer ses 48h d’observation et surement quelques tests psychologiques avant de pouvoir reprendre un semblant de quotidien. Elle-même en aurait probablement finit avec l’identification du réseau responsable de l’attentat avant cela, le plus long restant les déplacements pour suivre la piste. Dommage que sa projection astrale ne dispose des mêmes capacités d’analyses que ses yeux physiques mais c’est là une optimisation hors de sa portée.

Elle ne reprend pas tout de suite la parole, même une fois que l’adolescente lui a répondue. Il s’agit d’interrompre le silence mais considérant qu’elle ne mange pas lorsque la conversation est engagée la maintenir plus que par tranche en revient simplement à s’arrêter de manger. C’est cela qu’elle a toujours trouvé étrange dans les diners d’affaire, même si au final rares sont les gens à accorder leur attention pleine et entière et même Tessa pouvait manger alors qu’on lui parlait. Etre plus à cheval sur les convenances que Lady Tessa Hartley, cela ne doit pas avoir de grandes différences avec « être coincée ». Mais l’ambigüité avec l’attention qu’elle apporte à Ninon Lenoir n’est pas permise, elle ne se la permet pas.

- Avez-vous visités des musées depuis votre arrivée ici ? Voudriez-vous en visiter ?

Sujet simple là-encore, destiné à faire parler l’adolescente suffisamment longtemps pour qu’elle-même termine sa part de quiche. Elle reste néanmoins apte à s’interrompre, que ce soit pour lui répondre ou lui remplir à nouveau son mug de chocolat chaud. Et lorsque le plat principal est fini, elle redépose simplement l’assiette sale et les couverts imbriqués l’un dans l’autre avant de prendre son verre.

- Serait-il possible de partager de votre chocolat ?

Question désignant les restes dans la carafe et préexistant aux éventuelles réponses qu’elle a à fournir à Ninon Lenoir, réponses qu’elle lui fournira qu’elle puisse se servir d’un demi-verre de chocolat chaud ou non. Mais si elle a le droit à la boisson, Sage aura trouvé son rythme de réponse puisque porter la boisson à ses lèvres créera de la buée sur ses lunettes, buée mettant moins de temps que ses réponses pour disparaitre mais réapparaissant dès que le cycle recommence et ce jusqu’à la fin du verre.

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Ninon Lenoir
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Lun 9 Mar - 23:33

_ Sage.

_ Sage.

Alors que l'intéressée avait lancé ce nom comme s'il avait s'agit d'une chose sans valeur ni importance, Ninon elle, l'avait répété à voix basse. Pour elle-même, comme se l'approprier, mais pas que. Cette façon douce et affirmative qu'elle avait eu de prononcer ce simple nom avait sonné comme une sorte d' « enchantée » ou bien « ravie de faire votre connaissance », une présentation basique qui aurait du avoir lieu beaucoup plus tôt, mais qui avait finalement tardé jusqu'à cet instant.
Répéter, c'était aussi montrer qu'elle avait compris et qu'elle n'oublierait pas ce nom. Clairement, on n'oubliait pas si facilement quelqu'un qui s'appelait Sage et qui faisait de si bons chocolats chauds.

Sage. C'était quand même spécial comme intitulé, d'autant plus que ça ne ressemblait en rien à un nom. Un surnom ou bien une identité secrète alors ? Sa jolie garde malade faisant partie du groupe des X-Men, il était normal qu'elle en eut une.
Mais pourquoi Sage ? A cause de son calme ? De sa précision ? Ou bien de la sagesse qui se lisait dans la tristesse dans ses yeux délavés ?
Sage. C'était étrange, et en même temps, ça lui allait comme un gant.

Sage donc, justifia les gargouillements de son ventre par un changement inhabituel dans son rythme alimentaire, et un simple regard vers la fenêtre de la part de Ninon confirma ses dires. La nuit était déjà bien installée au dehors, surtout si l'on considérait que le mois d'octobre n'était pas encore arrivé. La soirée devait donc être avancée et l'heure du dîner passée depuis longtemps, même si la française ne l'avait pas senti à cause de son absence d'appétit.
Néanmoins, même si Ninon ne prendrait rien de solide, elle avait son chocolat chaud préparé avec amour, et ça ne la dérangeait absolument pas que quelqu'un d'autre mange avec elle. Ninon encouragea donc Sage à se servir dans le plateau d'un petit mouvement de tête pour qu'elles puissent enfin partager leur premier repas.
Sage avait tout optimisé et force était de constater que sont timing n'avait qu'un chocolat de retard.
Elle reprit ses mouvements de poupée qui captivèrent à nouveau Ninon. Avancer avec exactitude jusqu'au plateau, commencer par les carottes, une fourchette savamment dosée après l'autre. Elle mâchait chaque bouchée avec une mastication millimétrée.
Ninon avait porté sa tasse à ses lèvre et cette dernière cachait la moitié de son visage, ainsi que le mince sourire sur ses lèvre. Un soupir d'aise lui échappa. Dans une autre situation, moins tragique que celle-ci, l'automatisation de chacun des mouvements de Sage aurait presque pu être comique. Là c'était juste charmant et rassurant. Pas d'imprévu dans ces petits gestes.

_ Vous pouvez-vous asseoir si vous le voulez. Ce n'est pas très bon de manger debout. Elle désigna le lit d'un simple mouvement de tête. J'ai de petite jambes, elles ne vous gêneront pas.

Même si les problèmes de poids ne devaient pas concerner Sage, manger debout empêchait tout de même de ressentir la sensation de satiété, elle risquait donc de vouloir grignoter, ce qui causerait encore plus de désordre dans ses habitudes alimentaires. Voilà pourquoi Ninon lui proposait de lui prêter un coin de lit, d'autant plus que  la jeune femmes ne s'était pas assise une seule fois depuis qu'elle était entrée dans la pièce.
Libre à elle de l'accepter et de prendre place.

_S’il devient trop tard pour vous, n’hésitez pas à la signifier.

Ninon secoua la tête en signe de négation. Même si la fatigue ne tarderait certainement pas à la rappeler à l'ordre, pour le moment elle préférait profiter de la compagnie qui lui était offerte. Une nouvelle gorgée de son chocolat chaud la conforta dans son choix.
Le cycle du craquement feutré de la mastication des carottes, inlassablement suivit par le léger tintement de l'inox de la fourchette argentée sur la porcelaine blanche de l'assiette prit fin, et un nouveau cycle commença. Celui de la quiche.
Cette dernière bénéficia de tout autant de précision, tant dans le découpage que dans la dégustation. Fait intéressant, Sage n'aimait pas le trottoir, ce qui amusa discrètement Ninon.

_Le chocolat chaud utilise une recette de la Maison Angelina, une chocolaterie de Paris.

La Maison Angelina. Certains ne voyaient l'enseigne que comme une salon de thé trop chic et trop cher. Mais pour tout cacaophile qui se respectait, c'était un véritable lieu de plaisir, une sorte de lupanar pour gourmands...

_Si vous voulez, il m’est également possible de vous apprendre à la reproduire.

Ninon redressa la tête de sa tasse et acquiesça doucement avec intérêt. Sage n'avait aucune idée de la dangerosité de lui confier une telle recette, car elle aurait tôt fait de noyer la moitié de l'institut sous des litres de chocolat une fois sur pied. D'un autre côté, ce n'était pas si certain. Un tel délice méritait-il d'être partagé ? … D'autres mériteraient-ils d'y goûter ?
Dans tous les cas, elle ne serait pas contre un supplément de compagnie pour cuisiner, à plus forte raison si cette compagnie est aussi celle qui lui apprend à maîtriser ses pouvoirs.
Le silence revint dans la pièce et Ninon reprit religieusement la dégustation de son chocolat alors que Sage continua dans sa lancée avec la quiche.

_ Avez-vous visités des musées depuis votre arrivée ici ? Voudriez-vous en visiter ?

Ninon haussa les épaules, la question était à vrai dire délicate.

_ J'ai essayé d'en visiter. Plusieurs fois même. Elle soupira en prenant une gorgée de chocolat. Mais toutes les journées que j'ai passé à New York étaient mauvaises. Un autre gorgée de chocolat. Sauf la première, quand je suis arrivée de Bordeaux, mais je n'y suis pas restée longtemps. Une nouvelle gorgée de chocolat, suivit cette fois-ci par un soupir d'aise. J'ai voulu aller voir une exposition préraphaélite, mais une dame aveugle a failli se faire renverser par une voiture dans la rue juste en face du musée. Une autre gorgée de chocolat. Après j'ai voulu aller voir une exposition de travaux d'étudiants, mais je me suis perdue et j'ai rencontré un ex nazi qui s'est fait tirer dessus... A l’hôpital il m'a demandé de le tuer. Apparemment il travaillait ici, et deux jours plus tard on m'a interrogée au commissariat. Elle prit encore une gorgée de chocolat. Ce n'était pas une bonne journée. Et encore aujourd'hui, je vais à New York et... et... et...

Elle termina son chocolat d'une seule traite avant de reposer sa tasse avec précaution sur la petite table de chevet. Sage en avait fait de même avec son assiette avant d'attraper un verre et de changer de sujet, ce qui lui valu la reconnaissance silencieuse de la française.

_Serait-il possible de partager de votre chocolat ?

Ninon regarda alternativement la jeune femme et la carafe encore à moitié remplie de la boisson chaude convoitée. Quelle question, évidemment qu'il était possible de partager. Honte sur ceux qui avaient prédit le contraire !
Ninon avait beau avoir une sérieuse addiction au chocolat, elle n'était pas égoïste pour autant. Le partage, c'était la base, surtout avec celle qui lui avait tenu compagnie et qui lui avait offert le chocolat qu'elle souhaitait maintenant goûter.
Un timide sourire se dessina sur les lèvres de Ninon alors qu'elle hocha donc vigoureusement la tête pour encourager Sage à se servir un verre de chocolat.

_ Vous pouvez même le terminer si vous en avez envie.

Elle la regarda se servir avec minutie et commencer à le déguster.

_ Vous savez quand je pourrai sortir ?

Le prochain cycle promettait d'être intéressant puisque Sage avait relevé ses lunettes embuées de sa tasse pour lui répondre. Le coin de la lèvre de Ninon tressailli doucement alors que la condensation s'estompait peu à peu des verres rouges.

_ Parce que je préfère ma chambre... Avec Jade et Pupuce.

Un peu plus de buée qui disparaissait lentement.

_ Vous l'aviez déjà goûté ce chocolat ? Si vous aimez et que vous m'apprenez la recette, la prochaine fois c'est moi qui le ferai.

De la buée, qui disparaît tout doucement, suivit d'une gorgée et d'un peu plus de buée. C'était à la fois comique et apaisant comme rythme. Au moins aussi apaisant que la boisson chaude qui commençait à faire effet. A moins que ce ne soit la fatigue de cette trop longue journée qui eut tout simplement raison de Ninon.
Bien sur, tout ne se réglerait pas aussi simplement.
Mais elle s'appelait Sage, elle avait les cheveux noir, les yeux bleus, des lunettes rouges qui savaient tout, et par dessus-tout, elle pouvait préparer le chocolat chaud le plus précis du monde.
Alors pour l'instant, c'était suffisant.

Fin du rp pour Nini ♥


Dernière édition par Ninon Lenoir le Mer 11 Mar - 22:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Comfortably Numb [Caitlyn; Sage]   Mer 11 Mar - 22:00

- Vous pouvez-vous asseoir si vous le voulez. Ce n'est pas très bon de manger debout. J'ai de petites jambes, elles ne vous gêneront pas.

Il ne lui fait pas d’arrêt pour considérer cette proposition et dans la même seconde où elle n’analyse elle a sa réponse. C’est généralement ainsi. C’est toujours ainsi. Un regard invisible à ce qui est désigné de la tête, une pause de mastication pour signifier qu’elle a comprit et considéré, puis elle change de sujet.

Il n’est pas encore trop tard pour Ninon Lenoir. L’adolescente écoute et boit, laisse le silence se faire et s’amuse. Pourquoi ? Les possibilités sont là, les probabilités le déterminent. Aucun commentaire n’est fait ou à faire car ce n’est pas un sujet abordable. Ceux auxquels elle a pensé le sont plus et elle les aborde du fait, s’attirant l’assentiment de sa vis-à-vis. La scène a un goût de déjà-vu comme un certain nombre d’autres, comme un trop grand nombre d’autres, peut-être cela influence-t-il sur une question à laquelle elle ne peut pas avoir de véritables réponses autres que la liste des musées raisonnablement accessibles depuis Graymalkin Lane. L’autre question est une évidence même.

Essayer d’en visiter, plusieurs fois ; soupire. Echecs des tentatives. Nécessité de reprendre un peu de chocolat pour combattre la tristesse ou simple geste de scansion ? Toutes les journées passées à New York mauvaises. Nouvelle gorgée. Sage constate sa maladresse avec impassibilité tout en sachant déjà comment se sortir de se mauvais pas ; mauvais pas là-encore plus que dispensable mais qu’elle n’a pas sue éviter. Est-ce un manque de prévoyance ?

Unique passage « normal » à l’arrivée parce que très bref. Troisième gorgée puis contentement. Nécessité d’encouragement plus probable, Ninon Lenoir combat les mauvais souvenirs à coup de chocolat. Volonté d’aller voir une exposition mais interrompue par héroïsme d’éviter un accident ; n’était-il pas possible d’y aller malgré tout ? Sans doute les émotions suite au choc. Dommage. Néanmoins ce n’était pas aussi grave que ce qui avait pu se jouer aujourd’hui. Volonté d’aller voir une autre exposition mais perte dans la ville et mauvaise rencontre, sur plus long terme et plus grave cette fois. Ex-nazi, coup de feu, volonté qu'on l'aide dans un suicide assisté, le tout en travaillant ici ; Erl Linden ? Si elle acceptait de dévoiler son visage à ce genre d’individu, ce qui n’était pas le cas, elle aurait cherché à approfondir cette affaire ; à la place, elle va se contenter d’avertir d’autres sensément toute aussi concernée qu’elle. Un professeur d’histoire au passif houleux prit dans une rixe impliquant une étudiante et lui demandant de le tuer est un problème que l’Institut doit résoudre, si ce n’est pas déjà fait. Cette probabilité est majeure mais dans un tel cas, elle-même aura très vite le fin mot de l’histoire.

- Et encore aujourd'hui, je vais à New York et… et… et…

Elle regarde Ninon Lenoir tenter le cul-sec avec son restant de chocolat chaud, confirmant une fois de plus le fait bien inutile à savoir qu’était l’utilité de ce dernier. Mais cela lui laisse une ouverture simple pour renchainer avec sa question, laquelle fit sourire et acquiescer l’adolescente avec l’énergie d’une gratitude mal placée : Sage est responsable de la mauvaise association d’idée, qu’elle change la donne est la norme la plus basique.

- Vous pouvez même le terminer si vous en avez envie.

Ses mains continuent son geste alors qu’elle-même regarde l’adolescente la regarder agir puis, une fois son propre verre rempli, elle s’avance pour laisser la dernière partie à Ninon Lenoir.

- Il y en a bien assez pour nous deux.

C’est une chose étrange que de regarder la buée se former sur ses verres rouges puis d’attendre simplement qu’elle disparaisse avant de l’en refaire. C’est une chose étrange mais signifiante et logique, comme il se doit. En cas de différence de température de la buée se forme sur tout verre et même si elle n’est plus en âge de le faire Sage se souvient que c’était là l’occasion de dessins éphémères, dans un passé révolu. Elle ne sourit pas plus qu’elle ne dessine mais la buée est toujours là, elle la cultive d’une certaine façon tout en cultivant les souvenirs qui y sont liés.

- Vous savez quand je pourrai sortir ?

- Oui.

- Parce que je préfère ma chambre… Avec Jade et Pupuce.

- Vous êtes confinée en observation dans cette chambre durant 48h. Il vous faudra faire des tests psychologiques et/ou psychiatriques avant de pouvoir regagner votre dortoir.

Pupuce ? Ninon Lenoir ou Jade Elioth de Lauro n’étaient pas en possession d’un animal de compagnie à sa connaissance, même si sa connaissance se limitait à la Cerberus de Rachel comme unique animal de compagnie dans tout l’Institut. Point secondaire sur lequel elle pourrait approfondir plus tard, si besoin était. Et besoin il risquait de devenir rapidement si elle insistait sur les conséquences court et moyen terme des événements d’aujourd’hui. Mais cette fois-ci, l’adolescente seule changeant de sujet.

- Vous l'aviez déjà goûté ce chocolat ? Si vous aimez et que vous m'apprenez la recette, la prochaine fois c'est moi qui le ferai.

- Qu’il en soit ainsi, répond-t-elle alors que son visage laisse échapper un 6A+12A.

Le récit de la recette se fera à l’oral, comme on énonce une liste de course, même si elle sera tout de même rédigée plus tard. Ce n’est pas de l’apprentissage par cœur, c’est juste un fonctionnement mémoriel différent. Mutation, inutile de s’étendre dessus. Sage ne parle pas d’elle, elle évite toute question personnelle même si son passif peut être impersonnellement évoqué : oui, l’occasion de goûter les chocolats de la Maison Angelina c’était déjà présentée. Quand à savoir si elle les aime, seule son action répond à cette question. La discussion continuera jusqu’au premier bâillement de Ninon, chose que le chocolat devrait aider à combattre, puis elle-même décrétera que le corps a parlé et qu’il faut l’écouter. C’est une conclusion bien simple mais bien suffisante. Une conclusion suivie d’un débarrassage de plateau et d’un simple « reposez-vous bien, Mlle Lenoir ».
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