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 Knicks, just do it [Abraham]

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MessageSujet: Knicks, just do it [Abraham]   Jeu 16 Oct - 20:01

Le silence se fit à nouveau, et avec lui la sensation s’estompa.

Madison Square Garden, ce bâtiment rond en béton ressemble à vrai dire plus à un réservoir d’eau qu’à un stade. De ce que j’ai compris, c’est un style architectural assez méprisé, mais personnellement, je lui trouve un certain charme. Ce caractère monolithique, ça donne une impression de force et de stabilité, certainement fausse d’ailleurs, mais une impression de respect. Les impressions ne sont-elles pas de toute façon toutes fausses ? Je peux sentir sous moi la fraicheur du muret qui fait le tour de la terre dans laquelle quelques plants essayent de résister au retour du froid. Est-ce vrai ? Dans un autre référentiel que le mien, ce morceau de béton passerait pour chaud, voire même très chaud. Et devant moi, les marques de réfection du bitume donnent l’impression d’un découpage rectangulaire, pourtant, ce bitume n’est qu’un seul est unique bloc. Qui sait où s’arrête et où commencent les choses ?

L’être humain a ça d’orgueilleux qu’il pense avoir compris quelque chose quand il lui a donné une limite et un nom, mais c’est faux, tout est une seule chose, je le sais, je le sens.

La sensation revient, me tirant de mes pensées. J’accueille cette chaleur et la laisse me parcourir en fermant les yeux. La clameur ne se fait pas attendre, et même s’il me semble qu’elle arrive un bon moment plus tard, elle n’a laissé qu’une demi seconde de battement. L’émotion, et la réaction, elles se suivent inévitablement, inlassablement, comme la tête et la queue du serpent, comme le flux et le reflux d’une même et unique chose. A nouveau, le calme revient.

Je rouvre les yeux pour regarder le livre entre mes mains. Une petite tâche ternit quelques lettres au milieu de la page. Tiens, il va pleuvoir. Aucune émotion pour annoncer ce fait, et pourtant, la logique voudrait que ce qui est vrai pour l’un, soit vrai pour le tout. Où donc est l’émotion du ciel ? Celle de la terre ? Celle des étoiles ? Pourquoi l’humain serait-il plus que l’univers auquel il appartient ?

Je ferme mon livre et rabaisse ma capuche. Mon sweat des NY Knicks est tout à fait à propos. Je glisse mes mains dans la poche ventrale, pour mettre mon livre à l’abri avant de penser à moi-même. Étrange comportement que de faire passer nos objets avant nous… J’accélère le pas et j’entends les clapotis de mes tennis dans les flaques encore peu profondes. J’éclabousse, probablement, je sens que mon jeans absorbe un peu d’eau en trainant au sol, et mon pied droit semble quasi-imperceptiblement s’alourdir. Je suis partagé entre lever la tête pour chercher un abri au sec et garder le visage bas pour éviter les gouttes rebelles qui s’offrent une ligne de chute de biais. Je me réfugie sous un auvent, en priant pour que l’envie de le replier ne prenne pas au commerçant de ce magasin de vêtements. Quelqu’un est à côté de moi, je ne l’ai pas bien vu, je n’ose pas relever la tête tout de suite, je ne vois que ses pieds.


Dernière édition par Nate Grey le Ven 31 Oct - 11:03, édité 1 fois
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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Knicks, just do it [Abraham]   Jeu 30 Oct - 19:50


Vendredi 19 Septembre 2014, en soirée, Madison Square Garden et ses alentours
Manhattan, New-York, USA

Sa journée ressemblait à la plupart de celles qu’il vivait quand il avait cours. A la différence près qu’aujourd’hui, ils avaient été étalés, façon gruyère et tâches projetées au mur suite à un coup de pinceau, entre 9h et 19h … alors que tous auraient pu tenir en une matinée concentrée et laisser l’après-midi de libre. Mais non. Les joies de l’organisation, comme toujours. Râler n’aurait rien changé : des changements avaient été faits à la dernière minute et il était trop tard pour essayer d’arranger les étudiants de tous âges qui avaient été  consternés en apprenant les nouveautés. Tant pis. Abraham, lui, avait juste soufflé devant l’incompétence : avec les moyens actuels, les prévenir avant aurait été aisé. Puis il était passé à autre chose.

Finalement, alors qu’ils avaient réussi à garder tout le monde sur l’étendue des heures, parce que quelques-uns avaient voulu sécher juste pour protester, certains avaient proposé un restaurant tous ensemble. L’intention avait été grandement appréciée mais, malgré ça, une grosse majorité avait dû décliner à regret, ayant d’autres responsabilités ou d’autres plans pour ce début de week-end. Avant qu’il ait lui-même le temps de se prononcer, l’un des instigateurs avait lâché un « Tant pis, on fera ça une autre fois ! » avant de s’en aller lui-même, déclenchant une vague de « Salut et à la semaine prochaine ! ». Il avait suivi le mouvement, plus par réflexe qu’autre chose. Et il s’était retrouvé au croisement entre la Septième Avenue et la 41e rue, présentant deux stations de métro, avant d’y avoir vraiment réfléchi. Là, en revanche, il s’était séparé du groupe, désireux de marcher un peu malgré le ciel nuageux. Il avait embrayé sur la Septième, direction le sud, les mains dans les poches.

C’est dix minutes plus tard, en arrivant à hauteur du Madison Square Garden, qu’il s’arrêta un peu brutalement en voyant les affiches de la boutique officielle. Il s’attira un regard courroucé et une réplique acide de la personne qui le percuta de moitié parce qu’elle était trop proche. Il lui jeta un coup d’œil rapidement, s’excusa vaguement et s’approcha des vitrines, inspiré. L’anniversaire de Jake était pour bientôt et en tout bon New-Yorkais pure souche … les Knicks restaient son équipe de prédilection. Les répliques des nouveaux maillots étaient en vente. Pourquoi pas ? Il était sûr qu’il ne les aurait pas ceux-ci …
Souriant, il s’approcha et franchit le seuil de la boutique d’un pas conquérant.

Il jeta un coup d’œil à sa montre. Quasiment trois quart d’heure. Certains disaient que les femmes pouvaient passer du temps en magasin mais là … il était loin d’être en reste. Il secoua doucement le sac qu’il tenait en main droite. Au moins, ce temps avait été mis à profit avec succès ! Il regarda la pluie qui tombait docilement, se moquant bien de ceux qui étaient à l’extérieur. Il sourit de nouveau. Il n’était pas en sucre, ce n’était pas trois gouttes qui allaient le faire fondre. Il reprit la Septième, toujours dans le même sens, dans l’idée de peut-être prendre le métro pour raccourcir son trajet. Il était trop visible pour se téléporter à cette heure-là. A moins de trouver une petite ruelle sombre sans vis-à-vis.
L’américain n’avait pas fait une dizaine de mètres que les cieux changèrent d’avis pour augmenter la densité de la pluie. Dommage. Il se dépêcha pour atteindre l’auvent d’un petit commerce pris plus ou moins au hasard. Le plus proche en fête. Il attendrait que ça se calme avant de repartir. Il fut rejoint rapidement par, à la dégaine et à la tenue, un jeune homme dont le visage était dissimulé par une capuche. Il distingua le logo des Knicks.

« Vous aussi vous êtes un fan ? »

Il avait demandé cela naturellement, levant son propre sac. Il n’avait aucun problème à discuter avec n’importe qui, même pour dix minutes, même s’il ne devait jamais revoir la personne.

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MessageSujet: Re: Knicks, just do it [Abraham]   Sam 8 Nov - 10:12

"Fan ?"

Des gens peuvent-ils vraiment être fans de s'abriter sous des auvent pendant la pluie. Non, l'inconnu a levé son sac en même temps qu'il m'a demandé si j'étais aussi fan. Donc, il y a un lien entre le sac, moi et quelqu'un d'autre, ce "aussi". Je crois comprendre, il est fan de son sac, et me demande si je suis aussi fan de son sac, bien qu'il soit étrange d'être fan d'un sac qu'on vient à peine de voir. D'un autre côté, il est aussi étrange d'être fan d'une manière générale, puisque l'idolâtrie place un rapport de non réciprocité entre soi-même et une version idéalisée, donc inexistante d'autre chose, chose qui elle-même ne vit pas cette idolâtie et est donc incapable de rendre la réponse adéquat à cette relation. Non, il faut être logique, rien n'est sacré, pas même un sac des Knicks... Attends, un sac des knicks... Je crois que je comprends, il a vu mon sweat et pense donc que je suis un fan des Knicks et comme il a un sac des Knicks, il serait lui aussi fan des Knicks. Fier de mon raisonnement, j'esquisse malgré moi un léger sourire et relève la tête pour lui répondre, avec probablement quelques secondes de retard par rapport à ses attentes.

"Pas vraiment non. Pour être honnête, je ne vois pas trop comment on peut être fan d'un groupe de personnes qui tentent de démontrer leur puissance dans un cadre de règles tellement strictes qu'elles empêchent le plus puissant de justement démontrer sa réelle puissance."

Après tout, est-ce qu'on ferait réellement une course à pied avec les lacets attachés entre les deux chaussures pour vérifier qui court le plus rapidement ? Je réalise alors que je connais ce visage, et je suis à deux doigts de tenter une perception de télépathique pour le reconnaître, mais ses traits sont familiers. Quelques dizièmes de secondes pour que je retrouve une information qui semble aléatoire, mais qui est seulement le premier lien entre ce que je perçois et ce que ma mémoire contient : 42.

"42 ? Tu es fan des Knicks ? Si c'est le cas, tu es en train de rater un match, ils sont en train de..."

La sensation reprend, mais cette fois, une grande déception, une frustration, de la peur, ils sont nombreux, il y a beaucoup de crainte, trop, c'est... La sensation s'estompe à nouveau. J'avoue que je ne pensais pas qu'elle atteindrait aussi loin.

"Ah non, ils viennent de se faire rattraper à cause d'un panier à trois points."

Je retourne mon poignet pour voir ma montre, et de l'autre main, je remonte ma manche.

"C'est le dernier quart-temps, il leur reste quatre minutes, ce qui est suffisant pour renverser la donne ou se faire complètement semer."

Le bruit des gouttes sur le auvent se fait plus faible, la pluie cesse. Je relève ma capuche et pointe le regard vers le ciel pour voir une petit éclaircie qui peine à s'installer.

"Je pars vers Central Park, tu veux qu'on marche un bout ensemble ?"
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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Knicks, just do it [Abraham]   Jeu 13 Nov - 9:59

La voix qui répéta le dernier mot lui apparaissait familière mais Abraham n’en était pas sûr. Il lui semblait l’avoir déjà entendue mais ce détail n’était pas suffisant pour essayer de la faire correspondre avec une identité. Par élimination, il savait qui ça pouvait ne pas être mais c’était bien trop vague pour réduire le champ des possibilités. Ou peut-être se trompe-t-il totalement et que la ressemblance n’est qu’un hasard. Après tout, New York n’était pas spécialement connue comme étant un petit village au fin fond des terres.
Il n’avait pas maintenu son sac en l’air, l’ayant simplement fait pour que l’autre sache de quoi il parlait. Il avait rebaissé son bras après quelques secondes, juste le temps pour que le logo des Knicks puisse être vu. Non pas qu’il soit excessivement lourd, il aurait pu le tenir un peu plus longtemps, mais il n’en voyait pas l’intérêt. Il attendait tranquillement une réponse, positive ou non. Cela n’avait pas d’importance. C’était juste histoire de faire la conversation le temps que la pluie cesse. Il n’était pas inquiet de l’absence de réponse immédiate. L’autre pouvait aussi bien se demander ce qu’il lui voulait et pourquoi il lui adressait la parole. Certains n’étaient pas aussi sociables qu’il pouvait l’être. Si c’était le cas de son peut-être interlocuteur, il ne lui en tiendrait pas rigueur. Un simple "Bonne soirée" conclurait le court échange et chacun repartirait de son côté en oubliant l’autre.

Il fut surpris, doublement. D’une, il reconnaissait maintenant le visage qui s’était relevé vers lui. Autant les personnes d’environ 1m80 avec les yeux bleus pouvaient être monnaie courante dans les rues de la Grosse Pomme suite à son côté cosmopolite … autant la mèche blanche qui ornait un ensemble de cheveux bruns et courts, ça ne pouvait pas l’être. Il sourit et réussit à remettre un numéro sur le jeune homme qui se tenait à ses côtés. L’agent 31. Il ne s’attendait pas à le croiser ici.
De deux, la réponse qu’il lui avait donnée n’était pas ce à quoi il s’était attendu. Un simple oui ou non aurait suffi. Cela dit, les propos tenus étaient plutôt cohérents et, si lui-même ne s’était jamais penché sur la question, il était plutôt d’accord. Après, peut-être ne fallait-il voir que la beauté des actions, sans chercher plus loin. L’avis de Jake pourrait peut-être l’aider à y voir plus clair.
L’américain n’eut pas le temps de reprendre la parole que 31 le faisait avant lui. Et apparemment, il n’était pas le seul à avoir reconnu son interlocuteur. Son sourire resta sur ses lèvres alors qu’il le laissait parler, sans avoir la possibilité d’en placer une, les interruptions étant trop brèves pour ça. Il n’avait pas connaissance des pouvoirs de son collègue mais de toute évidence, ceux-ci lui permettaient de savoir ce qui se déroulait dans le stade. Plutôt pratique même si ce qui s’y passait n’avait pas véritablement d’importance à ses yeux.

« L’un dans l’autre, ça ne changera pas ma vie puisque, pour répondre à ta question de tout à l’heure, je n’en suis pas un fervent défenseur. Simple hasard en fait. Je passais devant le stade pour rentrer chez moi et ce sont les affiches de la boutique qui m’ont fait m’y arrêter. L’anniversaire d’un ami est bientôt et lui par contre, en est fan. Alors je me suis dit que les derniers maillots de l’équipe lui plairaient. Et il est certain que je vais entendre parler du résultat de ce match d’ici peu, quel qu'il soit … »

Il s’étira, faisant craquer ses os, alors que la pluie cessait doucement. Il ne savait pas vraiment comment Jake et lui en étaient arrivés là mais ce dernier lui passait toujours un coup de fil après les matchs de son équipe fétiche. Même si les scores et performances ne l’intéressaient pas plus que ça, c’était en revanche toujours un plaisir d’avoir son ami à l’autre bout de la ligne.

« Pourquoi pas ? »

Le fait était qu’ils allaient dans la direction complètement opposée à la sienne et qu’il allait donc revenir sur ses pas. Mais ça ne le dérangeait pas. Son paquet n’était pas lourd à porter, il n’était pas pressé, personne ne l’attendait chez lui et c’était une occasion de faire plus ample connaissance avec 31, hors du contexte du boulot. Alors il pouvait bien faire un petit détour. Quant au retour … s’il faisait sombre, la téléportation l’emporterait. Sinon, le métro était toujours un bon allié. Il jeta un coup d’œil au ciel encore nuageux où une éclaircie tentait de faire sa place. Tant qu’il ne se remettait pas à pleuvoir, tout irait bien. Il commença à marcher tranquillement.

« Je ne pensais pas te croiser hors des quartiers … cela dit, je ne crois pas avoir croisé quiconque hors des quartiers à bien y réfléchir. corrigea-t-il Tu rentres aussi chez toi ? »

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