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 Harvester of sorrow [PV Nikolaï]

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Iris Balwin
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MessageSujet: Harvester of sorrow [PV Nikolaï]   Mar 7 Oct - 16:44


J'étais en colère. J'avais décidé que ça ne pouvait plus durer comme ça.

Depuis mes 12 ans, que dis-je ! Depuis bien plus longtemps, depuis que j'étais  née, à la vérité, ou peu s'en faut, je n'avais jamais rien pu contrôler. J'avais eu beau faire, fugues, insultes lancées vertement à ma mère, rester enfermée dans ma chambre des jours durant, puis plus tard, me retirer insidieusement de la société, vivre seule, essayer de me cacher, de me fondre dans la masse, rien, absolument rien à faire. Les gens, n'importe qui, qu'ils aillent au diable, me rattrapaient. La vérité me coursait. La réalité me poursuivait. Et moi je ne faisais que fuir. Même l'exil, ça n'avait pas suffit. Voilà mon père qui tombait malade. Et voilà ce maudit
don qui me tombait, à moi, sur la tête.

Non, il fallait que ça cesse.

Alors quoi, me direz-vous ? Te lâcher, péter les plombs, exploser, libérer toute cette rage, tu as eus beau le faire, ça n'a rien arrangé, pas vrai ? Alors, quoi ?

J'avais réfléchis au sujet. Méthodiquement, sagement, sur mon lit, en tailleur. Mais ma colère n'était jamais partie.

Et je hais être en colère.

Alors j'avais retrouvé cette carte, dans l'une des vestes que je ne mettais que rarement. Une veste de soirée. Sur le bout de carton était élégamment écrites les initiales de ce cher Nikolaï Kolyakov en lettres d'or, ainsi qu'une adresse, plus discrète, internet et postale. J'étais d'abord allé fouiner sur son site, histoire d'en apprendre un peu plus avant de me décider. Car me décider, voilà une chose bien difficile.

Au début, je m'étais dis qu'il n'y avait aucune, absolument
aucune raison de faire confiance à cet homme. Il avait forcé mon esprit, j'en étais maintenant certaine, pour y piquer des souvenirs que j'aurai volontiers aimé voir enterrés à jamais au plus profond de moi-même. Puis il m'avait plus ou moins obligée à lui dire, de moi-même, une grosse partie du reste de l'histoire.

Pourtant, à l'instant, je me dirigeais bel et bien à l'adresse indiquée. A vive allure, le souffle court, les cheveux relevés par un simple crayon, dans une tenue absolument différente de celle que j'arborai lorsque nous nous étions rencontrés. Un jean, un large tee-shirt, une veste en cuir abîmée -mais, Dieu, qu'est-ce qu'on y était bien dedans-, et le reste d'un illustre trait de crayon. A vrai dire, je m'en fichai bien. J'avais l'esprit trop embrumé pour que cela ai une quelconque importance.

Il m'avait proposé son aide. Longuement, longuement, j'avais ruminé l'hypothèse de ce qu'il pourrait m'apporter.


Je n'ai plus rien à perdre. Voilà ce que je m'étais dis.

Bien sur, ce n'était pas totalement vrai. Il y avait encore ma mère adoptive, et ce qui restait de mon père, c'est à dire pas grand chose. Malgré ce qu'on peut toujours entendre, et malgré quel homme il avait pu être, la maladie l'avait transformé. Mais, comptaient-ils autant pour moi que je m'escrimais à le croire? Ou bien était-ce mon esprit que me jouait un autre de ses tours?

C'était ce qui c'était passé, avec Abraham, quelques temps plus tôt, qui m'avais ébranlée. C'était trop. Trop que je pouvais en supporter. Trop douloureux, trop destructeur, trop excessif, même, trop. Beaucoup, tellement trop.

Puis, voilà ce dont je m'étais rendue compte. Nikolaï Kolyakov connaissait mieux mon passé que ces fameux parents. Il en savait plus sur ce que je m'évertuai à cacher depuis tant de temps que ceux qui avaient pris la place d'autre parents, que ceux qui m'avaient élevée. Et d'après ce que je savais, il n'avait pas craché le morceau, à quiconque. Si il y avait un moyen... Une chance. C'était tout ce que je demandai. J'avais du ravaler ma fierté pour ça. Simplement, une chance.

J'avais conscience que c'était sot de ma part. Que je ne devais en rien lui montrer mes faiblesses, d'ailleurs, ni à quiconque. Car c'était exactement ce que je m'apprêtais à faire. Faiblesses dont personne ne soupçonnait même jusqu'à l'existence. C'était naïf, aussi. Ô combien naïf.

Mais ce que le désespoir nous mène à faire, ça, nous le savons tous très bien.

J'étais déterminée. Certes, c'était ma rage qui me poussais, mon exaspération poussée à son paroxysme. Mais mon regard était dur, plus dur que je ne pouvais l'imaginer, et j'étais venue pour une chose. Si stupide, puérile que ce soit, je ne repartirai pas sans.

Enfin arrivée à ladite adresse, je pressai le bouton de la sonnette glacée.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Harvester of sorrow [PV Nikolaï]   Sam 11 Oct - 10:40

Les chiffres défilent devant mes yeux, bien rangés dans leurs cases Excel et d’un routinier agaçant. Recettes. Dépenses. Achats exceptionnels. Rentrées inattendues. Empire légal. Empire illégal. Tous les termes techniques y passent dans une ribambelle jargonnante censée représenter le fonctionnement de l’énorme machine à la tête de laquelle je me trouve, ribambelle qui commence sérieusement à me donner mal à la tête. Cela fait en effet maintenant plus de trois heures que je me consacre à mes comptes hebdomadaires m’assurant ainsi que toutes mes opérations, officielles comme officieuses, suivent leurs cours sans difficulté imprévue et j’arrive progressivement au point de saturation.

Pour l’instant, j’ai remarqué qu’un de mes méthaniers sous prétexte d’une avarie de moteur est resté bloqué au port de Vladivostok deux jours de plus. Une excuse à laquelle je suis bien habitué lorsqu’il s’agit de transporter un peu plus que du GNL dans les soutes ; le problème étant que cette fois-ci, l’ordre ne venait pas de moi. Par conséquent, soit le navire a effectivement eu un souci technique – une possibilité à ne pas écarter – soit un de mes hommes fait du trafic dans mon dos. Situation ô combien plus gênante que je m’empresserai d’arranger si tel est le cas. Enfin, pour commencer, je vais demander à Dimitri d’envoyer une de nos équipes sur place s’informer de ce qu’il s’est vraiment passé avant d’employer les grands moyens. Et si quelqu’un a vraiment cru pouvoir me doubler sur mon propre terrain, je me ferai un plaisir de faire un exemple inoubliable. Je n’aime nullement la violence gratuite mais, dans le milieu où je travaille, la pédagogie de l’effroi reste la plus efficace et de loin ; je sais donc m’en servir quand le besoin s’en ressent.

Au-delà de cette histoire de méthanier, je n’ai que moyennement apprécié de constater qu’un de nos plus gros clients, le conglomérat pétro-gazier Gorthum, a décidé de se tourner vers Gazprom pour son prochain chargement de gaz trimestriel. Connaissant l’homme derrière l’entreprise, il ne s’agit probablement que d’une technique d’intimidation pour me forcer la main au moment de renégocier notre prochain contrat mais la perte économique que cela suppose me gêne. Il va me falloir lancer une opération de prospection des marchés pour pêcher une ou deux nouvelles baleines en vue de combler ce trou, tant pour balancer nos comptes d’ici-là que pour ne pas arriver en situation précaire au fameux rendez-vous avec Philippe Gorthum. Son conglomérat a beau être un de mes principaux partenaires légaux, je refuse de me faire mener par le bout du nez. C’est que je mets un point d’honneur à ce que mes affaires légales soient tout aussi florissantes que mes affaires en dehors du cadre de la légalité. Comment voulez-vous après tout avoir une bonne couverture si vous la négligez ?

Quoiqu’il en soit, je constate que la tâche épuisante mais nécessaire de la revue hebdomadaire des livres de compte arrive lentement mais sûrement à sa fin et décide que j’ai bien mérité un petit verre pour fêter ça. Je me lève donc de mon bureau et me dirige vers le mini-bar stratégiquement placé au milieu de la pièce pour être aussi facilement accessible depuis le bureau que depuis les fauteuils disposés autour. Je m’apprête à me servir une gorgée de vodka quand la sonnette retentit et ma curiosité naturelle s’éveille. Qui cela peut bien être ? Rares sont les personnes à qui je fournis mon adresse personnelle. Je possède en effet deux types de carte de visite, celles présentant l’adresse du siège social de l’empire Kolyakov dans Manhattan et celles dirigeant vers mon loft sur l’Upper East Side. Savoir à qui donner laquelle est un art dans lequel je me trompe rarement donc je ne m’inquiète pas particulièrement à l’idée qu’un importun se trouve à ma porte mais ma curiosité est néanmoins piquée.

De toute façon, je laisse Galina – une cinquantenaire que j’aime à nommer mon assistante personnelle pour tout ce qui concerne les problèmes domestiques, c’est tellement plus classe que femme à tout-faire – s’en charger. A quoi bon avoir du personnel si c’est pour tout faire tout seul ? Je retourne donc à ma boisson en paix, finissant de remplir mon verre lorsque je surprends des bribes de conversation provenant de l’entrée. Je ne sais pas qui s’y trouve mais Galina a l’air peu encline à le ou la laisser entrer. Ma curiosité finit par prendre le dessus et je m’approche. Quelle n’est pas alors ma surprise en retrouvant la jeune pianiste de la soirée-anniversaire de Lady McIntosh. Sa tenue n’a rien à voir avec celle de la dernière fois et mon sens interne de la mode se désespère de voir une si belle jeune femme ruiner ainsi ses atouts mais je garde mes remarques pour moi-même. Reste qu’elle semble un peu hors de son milieu à côté du tailleur Chanel de Galina – oui, un certain dresscode est exigé pour bosser à mes côtés, caprice de gosse de riches exige – et de ma propre tenue, chemise en flanelle et pantalon droit faits sur mesure. Délaissant cependant ces préoccupations superficielles pour le moment, je m’insère entre les deux femmes qui se toisent d’un mauvais œil.


-Laissez Galina, je m’en occupe.
-Mais Monsieur !
-J’ai dit laissez Galina.

Mon ton s’est fait plus dur et elle repart d’où elle était venue non sans lancer un dernier regard vicieux à la pauvre Miss Asiomov. Je sais que ce n’est pas par ce nom qu’elle se fait appeler ces jours-ci mais pour être totalement honnête j’ai complètement oublié son patronyme américain. J’ai eu d’autres problèmes depuis que la fille pas si morte que ça des Asiomov. Mais, maintenant qu’elle est là, elle est une distraction bienvenue pour repousser mes comptes à plus tard. Je lui adresse donc un sourire de circonstance et lui fait signe de me suivre jusqu’au salon dont la baie vitrée ouvre sur une vue magnifique de New-York. Une fois installés, je m’adresse enfin à elle.

-Que puis-je faire pour vous Miss Asiomov ? Votre arrivée n’était pas prévue dans mon planning mais, puisque vous avez fait le déplacement, autant que vous m’exposiez vos soucis. Mais avant cela, désirez-vous un rafraîchissement ?

Et comme si elle avait anticipé ma demande, Galina fait son apparition, prête à nous apporter ce dont nous aurions besoin, visage désormais complètement neutre.
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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: Harvester of sorrow [PV Nikolaï]   Dim 19 Oct - 16:07

C'est une femme d'une cinquantaine d'années qui vint pour m'ouvrir. La première chose qui me percuta avant même que je ne la vois, c'est le parfum qui la précédait. Les cheveux savamment relevés, elle était empaquetée dans une tenue aux tons noirs et blancs, soulignant ses maigres formes. Le magnifique sourire artificiel qu'elle arborait une seconde plus tôt s’effaça dans un soupir, laissant place à une mine déconfite. C'était à la fois amusant et affligeant. Dans son regard passa toutes sortes d'émotions. Le dégoût, puis la pitié qui frôla même la compassion, avant de muter en un regard où se disputaient haine et supériorité. Je lui offris un fin sourire dont elle ne devait pas percevoir l'ironie.  J'attendis un instant avant de lui demander d'une voix douce :

-Mr. Kolyakov habite-t-il bien ici ? Serait-ce possible de le rencontrer ?

Mon ton était de velours, appuyant sur certaines inflexions flatteuse tout à fait calculées. Il ne manquerait plus qu'elle me jette à la porte avant d'avoir même pu rencontrer le russe. Hors de question.
Je commençais d'ailleurs à y croire sérieusement lorsque le dit Kolyakov émergea derrière la « secrétaire » (du moins je l'imaginais comme cela), intéressé par la situation. Le Russe était impeccablement habillé, à l'inverse de moi-même. Aucun plis ne froissait sa chemise d'un blanc parfait, et il portait un pantalon en toile dont je jurerai qu'il ai été fait sur mesure.

J'ignorai le fait que ma veste en cuir arborait de nombreux déchirement et commençait à virer au gris pâle, et me redressai de toute ma hauteur. De même, je fermai mon regard. Si il voulait lire dans mes pensées, grand bien lui fasse, mais je ne les lui offrirais pas d'un regard.

Je soupirai intérieurement. Il allait vraiment falloir que je me détende, et que je rentre les griffes. Pour moi qui avais toujours vécu sur mes gardes, à la limite de la paranoïa, ça n'allait pas être facile. Mais après tout, c'est de l'aide que j'étais venu demander.

Alors que
Galina s'en allait, visiblement vexée, je la suivis d'un regard froid. Puis je l'oubliais et me tournai vers le russe. Une seconde de doute me traversa. Que faisais-je ici ? Avais-je pris la bonne décision ? J'emplissais mes poumons dans une lente inspiration et supprimais tous ces questionnements. Il était trop tard pour revenir en arrière, de toutes manières. Autant foncer.

-Que puis-je faire pour vous Miss Asiomov ? Votre arrivée n’était pas prévue dans mon planning mais, puisque vous avez fait le déplacement, autant que vous m’exposiez vos soucis. Mais avant cela, désirez-vous un rafraîchissement ?

-Bonjour à vous. Je ne dirai pas non à une touche d'alcool. Ou bien ce que vous buvez, cela m'est égal.

Je détachais mon regard du sien pour englober la pièce dans laquelle nous nous étions installés. Une immense bée vitrée laissait admirer une vue imprenable sur une New York étincelante. Difficile d'y arracher son regard, tant c'était impressionnant pour quelqu'un comme moi qui ne vivait qu'à l’intérieur de cet immense dédale de ruelles imbriquées. Les avoir toutes sous les yeux, ainsi, minuscules, vous donnait l'impression d'être le roi. Une illusion cependant, et je déplaçais donc mon regard vers le reste de la pièce. Une immense bibliothèque tapissait un mur, qui m'aurait rendue verte de jalousie dans d'autres circonstances. Je me demandai si l'homme si occupé qui se tenait devant moi prenait parfois le temps, lorsqu'il avait un trou dans son lourd emploi du temps, pour se poser dans un siège moelleux et se plonger dans une de ces complexes histoires.

Enfin, mes yeux se posèrent de nouveau sur lui, au même moment où les boissons arrivaient.


-Effectivement, j'ai besoin de votre aide. « si jamais vous voulez laisser derrière vous la sensation de panique face au manque de contrôle sur votre pouvoir, venez me voir. » Je crois que ce temps est arrivé.

Mes sourcils se froncèrent légèrement.

-Je connais l'existence de cette école qu'on appelle l'institut de Charles Xavier. Mais je ne crois pas qu'ils puissent faire quelque chose pour m'aider avec ma mutation. Je pense que seule la votre peut... l'améliorer.

Là était la pure et simple vérité, soit-disant passant. Bien d'autres arguments m'avaient dissuadée de choisir l'institut pour contrôler mon pouvoir. Je ne les lui dis pas, cependant.

Il m'avait tendu une offre, et je l'avais attrapée. Je ne savais pas quel genre d'homme il était, mais je ne croyais pas qu'il me la reprendrai.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Harvester of sorrow [PV Nikolaï]   Dim 26 Oct - 9:26

Une touche d’alcool. Les choses sont plus sérieuses qu’il n’y paraît. Ce à quoi, en toute honnêteté, je m’attendais un peu, la demoiselle ne m’ayant pas donné l’air de s’inviter chez les gens au moindre souci. Tout le contraire même. Il m’avait rarement été donné de rencontrer quelqu’un d’aussi fermé en dehors du milieu mafieux. Je reconnais néanmoins qu’elle a probablement autant, si ce n’est plus, à cacher que la plupart de mes hommes d’où une attitude compréhensible. Quoiqu’il en soit sa demande pique ma curiosité et je m’empresse d’indiquer à Galina de ramener la bouteille de vodka, mon verre ainsi qu’un autre tandis que Miss Asiomov poursuit ses explications.

Un petit sourire satisfait fait cependant d’abord son apparition sur mes lèvres alors qu’elle admire les lieux. Je suis fier de mon loft et observer l’envie dans le regard des autres est un plaisir dont je ne me lasse jamais. Néanmoins, l’occasion n’est pas à l’orgueil facile, je me reconcentre donc rapidement sur les propos de la jeune femme, fort peu surpris d’apprendre qu’elle est ici à cause de son pouvoir. L’autre possibilité aurait été une volonté d’en savoir plus sur ses parents biologiques puisque j’avais laissé clair que je les avais fréquentés mais je doutais qu’elle soit la bonne. Du peu que j’avais pu la fréquenter, la jolie blonde face à moi m’avait donné l’impression de ne recourir à l’aide des autres qu’en cas d’extrême nécessité. Et quelle plus grande nécessité que le besoin de maîtriser un pouvoir hors de contrôle ?

Elle commence par citer l’Institut Xavier, démontrant par-là qu’elle est plus informée que son côté « demoiselle en détresse » n’aurait pu le laisser initialement supposer. A vrai dire, je sais peu de choses sur cette sorte de lycée amélioré pour mutants adolescents. Du moins c’est ainsi qu’on me l’a présenté mais j’ai cru comprendre qu’il n’y avait plus que cela derrière le nom d’institut. Pour commencer, je crois bien qu’il n’y a pas de limite d’âge pour y entrer, simplement un besoin de trouver un refuge où vivre en paix et/ou apprendre à contrôler ses pouvoirs. Que Miss Asiomov s’y soit intéressée fait donc parfaitement sens. Sa décision de considérer que ce n’est pas l’endroit adéquat pour elle est une autre question. J’en sais trop peu sur l’endroit pour confirmer ou infirmer ses conjectures. Tout ce que je sais c’est qu’elle est venue vers moi et que je ne vais pas la renvoyer chez elle les mains vides. Lorsque je fais une offre, je la tiens. Tout simplement car je ne fais jamais d’offre dans laquelle je ne gagnerai rien.

Dans le cas présent, aider la demoiselle à maîtriser sa mutation me semble le meilleur moyen d’en apprendre plus sur elle et sa famille, informations qui pourront s’avérer utiles par la suite étant donné les connections juridiques entre ses géniteurs et les miens. Galina ayant déposé les boissons devant nous - non sans apporter également un pack de jus de fruit qu’elle dépose bien clairement devant Iris comme pour laisser entendre qu’elle doute fortement de sa capacité à boire de la vodka pure – je sers cette dernière, lui laissant le choix de rajouter du jus ou non. Je bois ensuite une gorgée de mon propre verre, réfléchissant à la meilleure manière d’entamer cette conversation. Puis, lorsque le liquide transparent m’a bien réchauffé les entrailles, je me lance.


-Je ne saurai dire si votre évaluation de l’Institut Xavier est correcte ou non mais sachez que vous n’avez pas fait erreur en venant me voir. Mon offre de vous aider à contrôler votre mutation tient toujours. Je ne vous mentirais néanmoins pas, mes méthodes sont assez peu conventionnelles. Je n’ai personnellement pas bénéficié d’un apprentissage que nous appellerons « normal » et je ne peux donc vous offrir qu’une version améliorée – comprendre moins violente, il ne s’agirait pas de la faire fuir – de ma propre expérience.

Faisant tourner mon verre sans vraiment y accorder d’attention, dans un tic directement hérité de mon père, je poursuis.

-De même, je ne peux vous assurer de résultats miraculeux, n’ayant jamais eu affaire à une mutation similaire à la vôtre. Nos expériences me semblent néanmoins assez proches pour avoir plus d’une idée sur la façon de gérer votre situation au mieux. Cependant, je serai très clair sur une chose. Si vous voulez que notre association fonctionne, il vous faudra accepter chacune de mes remarques comme un ordre auquel vous vous plierez sans discuter. Je ne suis pas ici pour jouer avec vous. Je suis un homme occupé, et si votre récit a pu, entre autres choses, attirer mon attention car il m’a rappelé de vieux souvenirs me poussant à vous proposer mon aide, si vous ne prenez pas les choses au sérieux, je me verrai dans l’obligation de mettre fin unilatéralement à notre accord. Se mêler de mutations, encore plus mentales, peut très vite mal tourner si certaines règles essentielles ne sont pas suivies. Croyez-moi je sais de quoi je discoure.

Des flashbacks de séances trop poussées de mon adolescence font leur apparition à la surface de mon esprit et je m’empresse de les renvoyer au fin fond de ce dernier. Ce n’est pas le moment de se laisser aller au sentimentalisme. Mon propre entraînement fut en effet loin d’être de tout repos, mon instructeur craignant mon père comme la peste et me poussant donc toujours plus loin, toujours plus vite à la recherche des résultats exceptionnels dont ce dernier rêvait. Et je reconnais que ça a marché, je maîtrise mon pouvoir du tonnerre, mais les effets secondaires qu’un apprentissage non adapté à mon rythme a créé ne sont pas quelque chose que je souhaite à quiconque. Sans compter que ma mutation reste somme toute très inoffensive comparée à celle de Miss Asiomov. Autrement dit, si jamais elle venait à perdre le contrôle de celle-ci comme je le fais parfois pour mon propre pouvoir, ce sont des montagnes de cadavre qui commenceraient à apparaître autour d’elle. D’où mon insistance sur le besoin d’un suivi aveugle de mes conseils. Je termine donc.

-Je ne vous demande pas de me faire une confiance absolue, je sais que vous n’en êtes pas capable – non pas que je lui ai facilité la tâche en la matière soi-dit en passant – et ce n’est nullement nécessaire.

Sans compter que c’est très loin d’être recommandé.

-Mais il est impératif qu’en ce qui concerne notre bien-être à tous les deux, vous acceptiez que je m’en préoccupe réellement. Ne serait-ce que parce que si vous perdiez le contrôle, je serai la première victime. Ces conditions vous conviennent-elles donc ?
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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: Harvester of sorrow [PV Nikolaï]   Ven 31 Oct - 8:50


J'écoutai en silence son monologue, murmurant un merci machinal à l'arrivée des deux verres d'alcool devant moi. Je ne quittai pas des yeux le visage de mon interlocuteur, réfléchissant à ses paroles. Presque intégralement des avertissements. Cela prouvait qu'il avait comprit que la situation était sérieuse. Je ne pouvais pas rêver mieux. Je dressai la liste de toutes les conditions qu'il m'imposait pour se protéger lui-même, et bien entendu, moi aussi, et je trouvai cela convenable. Bien que lui obéir aveuglément sans discuter serait particulièrement compliqué, voire impossible pour moi-même. Je ne pourrais m'empêcher de réfléchir aux conséquences et au pourquoi du comment. Mais il savait surement que ce n'étaient pas de simples avertissements, ou refroidissements, qui me feraient partir, si justes soient-ils. Je hochai donc silencieusement la tête lorsqu'il eut fini de parler, apportant par la même occasion la boisson à mes lèvres. J'avalais d'un coup sec quelques gorgées.

-J'accepte vos conditions. Respectez votre engagement et allez jusqu'au bout, et je ferai de même.


Voilà qui me semblais pour le moins clairement dis. Je n'avais aucune idée de quelles pouvaient bien être ces « méthodes sont assez peu conventionnelles » mais je pourrais y survivre. Certes, je n'étais pas enflammée à l'idée d'être éventuellement malmenée voire brutalisée pour le bien de ma propre cause, mais on ne pouvait pas dire que je ne m'étais pas attendues à de telles conditions en venant taper à cette porte-là.

J'avais soif d'apprendre à contrôler ce maudit pouvoir. Cela faisait une éternité que j'essayais par moi-même. J'étais arrivée, avec le temps, à obtenir un semblant de domination sur ma mutation, mais jamais complétement. Je pouvais peut-être gérer mes émotions dans la limite du raisonnable, mais elle trouvaient toujours le moyen de se faufiler jusqu’à mon cœur. Et là, je ne pouvais plus rien. La clef du problème était, je l'avais su dès le départ, d'arriver à
comprendre la mutation en elle-même. Je n'y étais jamais réellement parvenue. Certaines choses m'échappaient. J'avais déduis que mes émotivités entraient dans l'équation, mais cela n'était pas tout. Malheureusement.

Nikolaï Kolyakov semblait cependant connaître son sujet. Qu'entendait-il en parlant d'un apprentissage
anormal, je n'en n'avais toujours aucune idée. Il me semblait qu'il eut apprit ce qu'il savait sur le contrôle de son propre pouvoir durant son enfance, son adolescence. C'était ce qu'il sous-entendait. Mais comment pouvait-il arriver à apprendre aux autres ? Avait-il suivi une quelconque formation ? Cela existait-il, au moins ? Je n'en avait aucune idée, mais je présentais que non. Avait-il déjà testé cette méthode sur d'autres que moi ? Et est-ce que cela avait marché ?

Tant de questions qu'il semblait inopportun de poser à l'instant. Toutes reposaient au final sur la notion de confiance envers lui, et je n'en avais aucune. Cela serait sans doutes un problème, mais il allait falloir faire avec.

Sur ce, j'avalais le restant de mon verre.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Harvester of sorrow [PV Nikolaï]   Dim 2 Nov - 9:52

Elle accepte mes conditions sans rechigner malgré une réticence claire à suivre mes ordres. A vrai dire je m’y attendais un peu. Si elle est suffisamment désespérée pour venir me chercher jusque chez moi, il semblait peu probable qu’elle fasse demi-tour à la première difficulté se dressant sur son chemin. Néanmoins, il faudra certainement que je fasse attention selon l’avancement des séances si l’on venait à se retrouver dans une situation réellement dangereuse. Quelque chose me dit que, même face au péril, la demoiselle serait capable de n’en faire qu’à sa tête. Elle a tout l’air d’une jeune femme bornée, convaincue que la confiance en l’humanité est une donnée superflue. Ce qui risque bien de causer sa perte si elle n’apprend pas à baisser sa garde de temps à autres. Non pas tant avec moi, en l’occurrence ses instincts sont on ne peut plus justes – je ne suis pas quelqu’un à qui il convient de se fier aisément –, mais il n’est pas sain de vivre sa vie sans pouvoir compter sur l’aide d’au moins un ou deux personnes. Tout le défi consistant bien entendu à choisir soigneusement les dites personnes.

Quoiqu’il en soit, je me surprends à ressentir une certaine excitation à l’idée d’en apprendre plus sur son pouvoir. En effet, si je m’en suis fait une idée assez claire lors de ma petite escapade dans ses pensées au moment de notre première et dernière rencontre, beaucoup de points restent encore à éclaircir. Et pour cela, rien de mieux que d’interroger la principale intéressée. Cela me permettra, dans u premier temps, de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre lorsqu’elle est plongée dans son pouvoir, ce qui, dans un second temps, me permettra de créer un programme digne de ce nom. Sans compter ce que Miss Asiomov en retirera elle-même. Il est après tout toujours bénéfique de tenter de mettre des mots sur une sensation car en catégorisant, on rationalise et on commence à comprendre. Bien entendu, je ne crois pas qu’un pouvoir aussi volatile que le sien puisse être décrit en deux-trois phrases mais la forcer à vocaliser ce qu’elle vit ne peut être que bénéfique. Tant pour elle que pour moi.


-Très bien. Eh bien, ne perdons pas de temps. Vous avez la chance d’être arrivée à un moment où mes obligations peuvent être aisément reportées à plus tard alors autant commencer de suite. Nous aurons tout le temps de décider ensuite d’un futur rendez-vous. Je doute en effet que l’on puisse établir un horaire fixe pour la simple et bonne raison que, pour autant que votre problème m’intéresse, j’ai d’autres priorités et un emploi du temps des plus chargés. Je ne pense néanmoins pas que cela nous cause de gros problèmes dans un premier temps. Si mes conjectures s’avèrent correctes, vous pourrez entamer votre entraînement sans moi et nous nous retrouverons uniquement pour constater l’avancée de vos progrès et décider de la suite des opérations. Mais avant d’entamer les festivités, veuillez m’excuser un instant.

Me levant une seconde, je me dirige vers la porte du salon et fais signe à Galina d’approcher. Je lui indique alors rapidement en russe de s’assurer que nous ne soyons dérangés qu’en cas de réelle urgence. Elle acquiesce d’un hochement de tête professionnel et je m’en retourne à ma place, l’esprit tranquille. Je lui fais confiance pour déterminer le degré d’importance des problèmes qui pourraient se produire et savoir lorsque le besoin de m’appeler se fera pressant. Je me rassois donc face à Iris, un sourire d’excuse se dessinant sur mes lèves pour l’avoir fait attendre.

-Voilà, comme ça nous serons tranquilles pour un petit bout de temps. Mais, avant d’aller dans un endroit plus propice aux exercices auxquels nous allons nous adonner, j’aimerais que vous tentiez de m’expliquer avec vos propres mots la façon dont vous comprenez votre mutation. Aussi bien d’un point de vue théorique que d’un point de vue émotionnel. Je sais pertinemment qu’il ne s’agit d’une tâche difficile mais vous avez ma parole que ce que vous me direz ne sortira pas de cette pièce et que je ne l’utiliserai pas contre vous de quelque manière que ce soit.

Et pour une fois mes propos sont sincères, ce qui doit se voir dans le regard sérieux que je lui lance. Je ne fais pas de promesse en l’air. Jamais. C’est une question d’éthique. Lorsque je ne compte pas tenir parole, je m’arrange toujours dans ma formulation pour me laisser une échappatoire qui me permette ensuite de ne pas faire ce que j’ai promis sans pour autant mentir. Un peu comme les juristes rédigeant un accord couvrent leurs arrières en créant de minuscules failles dans le texte par lesquelles ils pourront s’infiltrer en cas de problèmes. Mais vous vous demandez sûrement pourquoi faire une telle promesse à Miss Asiomov ? Tout bêtement car je sais à quel point parler de sa mutation est quelque chose d’intime et de désagréable, encore plus lorsque vous n’êtes pas à l’aise avec votre interlocuteur et je suis peut-être beaucoup de choses mais pas un couard, raison pour laquelle je ne m’en prends pas aux points les plus vulnérables des gens.

-Si je vous demande cela c’est car, bien souvent, le blocage empêchant l’usage correct d’une mutation – d’autant plus si celle-ci est d’ordre psychique – se trouve dans les émotions de son utilisateur. Si nous réussissons à analyser quelles sont les conditions qui déclenchent votre pouvoir, nous serons donc plus à même de vous apprendre à les contrer, voire les anticiper.
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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: Harvester of sorrow [PV Nikolaï]   Mer 12 Nov - 15:29

Une fois de plus, j’acquiesçai aux mots de mon confrère russe. Je n'avais rien à ajouter, alors je me taisais. Je le suivis d'un regard calme alors qu'il se levait, lui accordant une attention mesurée tout en posant mon verre vide devant moi. Comme à mon habitude, j'essayais de ne pas me perdre dans mes propres pensées, désordonnées et brouillons. Cependant, quelque chose me coupa soudainement de mes réflexions. Cela faisait des années que je n'avais pas entendu parler russe, en dehors de tous les films et autres séries d'action reconnues, et cette langue qui empreignait encore par moment ma voix réveillait des souvenirs enfouis dans ma mémoire. Des bons comme des mauvais. Mais ils se turent bien vite, et, Nikolaï revenant de mon côté, je chassais ses images de mon esprit.

Je réfléchis quelques instants sur les paroles du Kolyakov, avant de constater leur justesse. Je m'étais focalisée sur le moment où il m'apprendrait, par le biais de divers exercices, à contrôler ma mutation. Je n'avais cependant pas imaginé cette étape là. Mais je n'étais pas longue à m'adapter. S'adapter est un sport auquel je m'applique très régulièrement.

Au prime abord, le fait de décrire ma propre mutation aurait pu avoir l'air simpliste, mais cela ne l'était pas. Jamais on ne m'avait jusqu'alors demandé de pauser des mots sur mes impressions et émotions, surtout concernant ce sujet là. Encore moins à un individu dans lequel je n'avais pas confiance.

Cependant et malgré mes réticences évidentes, je hochai la tête avant de prendre la parole.


-C'est effectivement le cas de ma mutation, cela du moins j'en suis sure.


Il était évident que mes émotions jouaient un large rôle dans toute cette histoire. Je pris quelques secondes de réflexions, fixant le russe dans les yeux sans vraiment le voir. Puis, je repris.

-C'est complexe. Complexe en sois, et encore plus à expliquer. Je fis une pause significative avant de continuer : je peux me séparer de moi même, pour me transporter vers les autres. Quand je quitte mon corps, il s'endort, et c'est seulement ma conscience qui voyage, dans l'espace, jusqu'à trouver un nouveau corps où... Habiter. Je peux prendre leur contrôle en toute conscience, je peux diriger leurs faits et gestes, leurs paroles. Leur mutation.

J'observais les yeux sombres et calmes de Nikolaï, essayant sans doute d'y déceler quelque chose. N'y trouvant rien, je poursuivais.

-Il y a des cycles. Je me sépare de manière régulière, un peu comme le principe des menstruations. Quand je reviens dans mon corps, je ne me souviens plus de rien, seulement, ça revient dans mes rêves.


Quelque chose tressaillit au fond de moi, me rappelant une flopée de souvenirs que j'aurai du oublier. Je les refoulais en soupirant.

-Cependant, « cycle » n'est peut-être pas le mot approprié. Ma mutation est capricieuse, elle n'écoute que ses désirs, ses pulsations. Cela me rend... Disproportionnée dans mes réactions. Elle influence mes émotions.

Je n'aimais pas parler de ça, pas le moins du monde. C'était plonger dans les abysses de mon cœur que de lui raconter ça, c'était lui vendre mon âme, quelque part. Lui donner une arme en toute connaissance de cause. Livrer ma personne comme je ne l'avais jamais fais. Mais cette pensée me révoltait. Est-ce que cela voulait dire que mon être ne se résumait qu'à la puissance de cette fameuse influence ? Que c'était ma mutation qui me définissait, et non mes réelles pensées, mes réelles actions ? Je ne pouvais accepter de croire en cela.

-La seule solution que j'ai trouvé pour la contrôler, ça a été de prendre le contrôle de mes émotions. Je m'étais fixé pour but la maîtrise totale et absolue de mes sentiments, de mes sensations. J'y suis arrivée, dans la mesure du possible. Mesure qui n'est, à la vérité, pas bien grande.

Et c'était donc la raison de ma visite ici, aurai-je pu ajouter, mais l'évidence du propos ne laissait aucun doute. Une petite voix en moi me souffla de lui poser des questions, sur sa propre mutations et sur les … cours qu'il comptait me donner. Je m'abstenais cependant de les divulguer, pour le moment. Je voulais écouter ce qu'il avait à penser de ma propre mutation, et si j'avais réellement tapé à la porte du bon individu.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Harvester of sorrow [PV Nikolaï]   Dim 16 Nov - 10:51

Tandis qu’elle décrit les effets de sa mutation, je reste impassible. Je ne veux pas risquer d’influencer ses paroles par des réactions imprévues. Alors je mets toute mon expérience en branle pour être aussi indifférent qu’une pierre tombale. Il s’agit après tout d’une qualité essentielle dans ma branche professionnelle que j’ai été formé à peaufiner depuis ma plus tendre enfance. Ce qui s’avère des plus utiles lorsque je m’adonne à une petite partie de poker de temps à autres. Mais attention cela reste une simple impression et derrière un extérieur neutre, les paroles de la jeune femme font travailler mes méninges à toute vitesse.

Nul doute que nos pouvoirs sont de la même famille. Je perds également le contrôle de mon enveloppe corporelle lorsque ma conscience part se balader dans l’esprit d’un autre. Néanmoins, une petite partie de moi reste toujours attachée à mon corps qui n’en devient donc pas pour autant une chiffe molle. Sans compter que la moindre sensation violente ressentie par mon corps me ramène automatiquement à la case départ dans un réflexe instinctif de défense. Information qu’il va falloir que j’obtienne concernant Iris. Est-elle soumise au même impératif ou le retour au bercail est-il nécessairement une décision consciente de sa part. Il s’agit d’un élément capital à connaître pour sa survie car si l’on venait à s’en prendre à son corps pendant une de ses petites « escapades métaphysiques », qu’arriverait-il alors à sa conscience ? Ma première réponse serait que celle-ci s’éteindrait naturellement mais rien n’est moins sûr. Ce qui l’obligerait à vivre indéfiniment en tant que parasite d’un corps hôte. Car la seule chose que je refuse d’admettre c’est que sa conscience puisse se balader dans l’éther sans une attache à un corps vivant. Ce qui me fait penser : peut-elle « posséder » un cadavre ?

Et bien quoi ne me regardez avec ce regard dégoûté, c’est une question tout à fait valide pour savoir si elle remplace une conscience déjà présente ou bien si elle peut tout bonnement prendre le contrôle de n’importe quel corps à proximité. Ce qui serait certes un peu morbide mais ô combien plus intéressant. Enfin peut-être pas pour elle mais j’en vois plus d’une utilité. Bref, mieux vaut que je ne me perde pas dans mes conjectures. Surtout qu’au-delà de ses premières interrogations, la question principale est encore celle de savoir ce qui arrive à la conscience de la personne possédée pendant la possession. Est-elle consciente de l’évènement ? A-t-elle la possibilité d’éjecter Miss Asiomov volontairement ou n’est-elle qu’un témoin involontaire de ce qui lui arrive ? Quoiqu’il en soit pour avoir toutes mes réponses, quelque chose me dit que nous allons avoir besoin d’un cobaye. C’est que la théorie n’est utile que jusqu’à un certain point. Je reprends donc la parole une fois qu’elle a terminé ses explications.


-Je comprends. J’ai néanmoins quelques questions à vous poser pour me faire une idée plus précise de vos sensations. Tout d’abord : vous dîtes ne pas contrôler vos « sorties psychiques » pour les appeler d’une façon plus précise mais si vous le désireriez pourriez-vous déclencher votre pouvoir vous-même ?

Parce que, si la réponse est non, les leçons vont s’avérer ô combien plus compliquées.

-Et deuxièmement, je ne sais dans quelle mesure vous pourrez me répondre si vous n’avez que de vagues souvenirs en rêves de vos possessions mais j’aimerais savoir si le retour dans votre corps est volontaire ou non et ce qu’il arrive de la conscience de la personne dont vous prenez possession pendant que vous êtes aux commandes de son corps.

La laissant assimiler une seconde mes paroles, je bois une nouvelle gorgée de vodka avant de poursuivre sur des remarques plus techniques.

-Si je vous pose ces questions c’est car les exercices auxquels nous pourrons nous adonner vont beaucoup dépendre de la mesure dans laquelle vous pouvez déclencher de vous-même votre mutation. En effet, j’aimerai assister une fois à l’évènement – le tout dans un environnement sécurisé et avec une personne volontaire pour se faire posséder bien entendu – pour voir quels sont les effets précis de votre mutation, tant sur vous que sur les personnes que vous possédez.

Plongeant mon regard dans le sien, j’assène alors ma dernière carte.

-Vous avez en effet deviné lors de notre première rencontre la nature de ma propre mutation, je suis télépathe. Je désirerai donc tenter d’infiltrer tant votre esprit que celui de la personne que vous posséderiez pendant la possession puis après pour y chercher les impressions des deux personnes concernées et pouvoir alors déterminer comment vous aidez à contrôler votre pouvoir. Croyez-en un expert, ce n’est qu’en apprenant à maîtriser sur le bout des doigts ce qui se passe lors de votre mutation que vous pourrez en reprendre le contrôle si elle venait à se déclencher sans votre accord.
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