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 Des cendres aux cendres

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MessageSujet: Des cendres aux cendres   Mer 17 Sep - 16:12

La route avait été longue, très longue, trop longue surement, et la Reine Blanche s'en était perdu dans ses pensées. A mesure que l'Atlantique s'éloignait derrière elle, elle sentait le contact avec l'institut qui se diluait, à la fois télépathiquement et émotionnellement. Les dernières discussions l'avaient plus affectée qu'elle ne l'aurait imaginé. Oui, Caitlyn avait raison de vouloir redonner vie à son académie, oui, Angel avait raison quand il exprimait sa crainte de voir cette nouvelle génération nous rattraper au galop. Elle était dépassée, et peut-être que le moment de céder sa place était arrivé, mais avant ça, elle voulait dire au revoir à ceux qu'elle avait trop rapidement voulu remplacer.

Les zones sinistrées ont ça de beau qu'elles sont vides de vie. Personne pour parler, personne pour penser, pour la Reine Blanche, cette solitude était d'une douceur inégalable. Elle tenta d'observer à nouveau les ruines à travers ses larmes, pour finalement venir réfugier son regard dans les paumes de ses mains. Elle était au début vraiment persuadée que l'institut lui ferait oublier les Hellions, mais honnêtement, ce n'était que poudre aux yeux. Elle avait failli, ils étaient morts au non de ce qu'elle leur avait enseigné, et maintenant, elle devait pleurer sur eux. On dit qu'il faut une année pour faire le deuil d'un proche, mais pas quand on fuit en remplaçant ses enfants par d'autres adoptés. Ses enfants, c'était réellement ce qu'elle ressentait. Rachel n'était pas sa fille, et même si elle voulait la considérer comme telle, elle ne finirait que par l'étouffer et l'enfermer parmi les fantômes de son passé.

Emma s'assit sur un gravas, venant ternir du brun de la terre sa robe blanche jusqu'alors immaculée. Elle esquissa un petit sourire, repensant au temps passé avec Amy. Si quelqu'un grandissait vraiment trop vite à l'institut, c'était elle. En quelques années, elle avait battu la Reine Blanche sur quasiment tous les plans où elle se sentait justement reine : stratégie, psychologie, pole-dance, que restait-il que la jeune princesse ne faisait pas mieux que le reine déchue ?

Les Xmen... Ororo avait bien du courage d'essayer de donner le cap à un groupe aussi chaotique. Le problème quand on regroupe des personnes d'excellence ensemble, c'est qu'elles ne peuvent pas se mettre d'accord. Leur vision est toujours parfaitement travaillée et exploitée, il n'y a pas de place en chacun d'eux pour l'à-peu-près, et résultat, comme une machine dont les pièces n'auraient aucun jeu, l'ensemble manque cruellement de souplesse et d'articulation. Leur potentiel est énorme, mais le travail nécessaire à les accorder est encore plus grand. Elle-même ne se sentait pas très fière de la façon dont elle avait participé aux actions du groupe. Tant pis, le passé est passé, comme ils disent dans les films.

Une légère brise vint bercer les boucles blondes sur son visage, lui chatouillant le nez, et glissant un voile de poussière sur les ruines devant elle. Elle aurait du avoir froid, mais elle ne sentait plus rien. Elle aurait du continuer à pleurer, mais aucune larme ne sortait. Elle aurait du s'écorcher les mains en agrippant aussi fort, mais c'est la brique qui céda. Elle n'était plus tenue de supporter le poids de sa vie, elle était la dame de cristal, avançant parmi les cendres sans aucune contrainte, libérée, immuable, inaltérable.

17 janvier 2014, Emma Frost vient d'avoir 34 ans.
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MessageSujet: Re: Des cendres aux cendres   Sam 20 Sep - 15:39

Depuis combien de temps elle errait en forme de diamant ? Elle avait perdu le décompte des jours. La temporalité est rythmée par nos besoins. On mange, on dort, et la journée s'écoule. Sans faim ni fatigue, ni même besoin de respirer, le temps n'a plus le même sens. Seule la durée compte, seule cette perception humaine de l'écoulement des événements compte. Parfois, une réflexion captivante peut rendre plusieurs jours aussi courts qu'une minute, parfois l'attente peut rendre quelques secondes plus longues qu'un mois. Elle savait bien qu'elle ne pouvait pas passer l'éternité sous cette forme.

Depuis le temps, sa voiture devait porter une belle couche de poussière, ou peut-être avait-elle été lavée par la pluie, ou peut-être quelqu'un l'aurait retrouvé et elle ne serait plus là. Son sac à main était resté à l'intérieur, il aurait été simple de savoir qu'elle avait disparu. Des recherches s'étaient-elles organisées ? Probablement pas. Xavier aurait tenté de la contacter avec Magnéto, mais sous forme de diamant, quel contact pouvait-il vraiment espérer établir ? Elle écarta du bras une branche qui la gênait pour voir apparaître les lumières de route. Une station à essence avec une sorte de bar à motards. Il était temps de quitter son cocon et de se réintégrer à la société humaine. Elle ne voulait pas réfléchir. Réfléchir, c'était rappeler le passé, et le passé, c'était trop de souffrance. Elle ne voulait plus de mémoire, plus d'histoire, plus rien, simplement vivre dans le présent.

...

Elle entendait des bruits de talons résonner sur le parking. C'est parce qu'elle ne voyait personne aux alentours qu'elle comprit que c'était elle qui faisait ce bruit. Elle regarda au sol pour voir ses chaussures. C'était des escarpins blancs qui semblaient d'assez bonne qualité. Elle ne se sentait pas particulièrement en confiance, seule, et elle accéléra le pas pour rejoindre le bar devant lequel quelques gros barbus riaient en échangeant des plaisanteries probablement douteuses. Elle garda les yeux rivés au sol pour ne pas croiser leur regard et put quand même remarquer que les discussions s'arrêtèrent à son passage.

Elle poussa la porte du bar. L'intérieur ressemblait à ces clichés de bars de routiers qu'on voit dans tous les films. Le bar plaqué de bois, tout comme les murs à mi-hauteur, un vieux juke-box qui diffuse une musique rock rétro, les sièges en simili-cuir, des joueurs de fléchettes, des piliers de comptoir qui finissent leur bière, et cette étrange impression, à la fois que tout le monde s'ennuie à mourir mais que sa présence vient quand même les déranger.
Un peu nerveuse, elle marqua un temps d'arrêt, vint replier ses bras devant elle, et s'approcha rapidement du barman. Il machait son cure-dent tout en essuyant des verres, et lui adressa la parole en faisant un rapide mouvement du menton.

- Qu'est-ce que je peux pour vous ?
- Heu... Les toilettes s'il-vous-plait...
- C'est au fond, et allez chez les hommes, parce que c'est bouchez chez les filles.

Elle se précipita vers la porte indiquée et eut à peine le temps d'entre son interlocuteur crier la fin de sa phrase :

- Et balancez pas vos tampons dans la cuvette, s'il-vous-plait !

Ces toilettes étaient immondes. Enfin, sales surtout, même si la couleur de la peinture qui se décollait sous l'effet de l'humidité ne rajouter aucun charme à l'endroit. Elle s'approcha du lavabo pour se voir dans la glace. Elle passa lentement les doigts le long de sa joue puis sur le miroir. C'était bien elle. Quel étrange sensation de se voir pour la première fois. Elle regarda ses mains. Elles avait l'air jeunes, même si elles indiquaient quelques légères marques de vieillissement, se fripant par endroits. Elle fît demi-tour, et traversa rapidement le bar, alors qu'elle tentait de retenir les larmes qui se pressaient sur ses paupières.

- Hey, vous allez consommer au moins ?

Elle sortit et alla s'asseoir sur la marche devant la porte. Elle avait toujours les mains sur ses avants-bras, dans une position qui ne cachait rien de son malaise. Les motards s'étaient à nouveau tu. Elle entendit les semelles écraser les gravillons près d'elle. Quelqu'un était venu s'asseoir à ses côtés, et un peu plus loin, un quasi-chuchotement envoyait un "vas-y Marty, tu la gères". Un soupir et un mouvement de bras plus tard, l'inconnu tout proche prit la parole :

- Quelque chose ne va pas ? Le prenez pas mal, mais vous avez l'air d'avoir débarqué sur la mauvaise planète. Je pense pas qu'une fille dans votre genre a pour habitude de traîner dans ce type de bistrot. Y'a un truc qui s'est passé ?

Il joua un peu avec ses clefs de moto, peut-être pour se donner de la consistance, peut-être par nervosité, ou peut-être parce que c'était simplement ce qu'il faisait tout le temps, puis reprit :

- Vous êtes pas du genre bavard, vous. Vous avez un nom ?... Moi, c'est Marty, l'autre là-bas avec son sourire idiot, c'est Jeff, à côté, c'est Terry, et encore à côté, c'est face-de-pioche, on l'appelle comme ça depuis qu'il a fini un virage dans un poteau, rapport à... Enfin, son... Bref, vous voyez quoi...

Il mima de sa main son visage qui se ferait aplatir par un choc frontal, puis, voyant qu'elle ne le regardait pas, il reprit :

- Ok, vous voulez pas me dire, alors je vais vous appeler, heu... Chloe ! Vous avez une tête à vous appeler Chloe...

Elle voulait esquisser un sourire, l'homme essayait d'être gentil avec elle, mais elle était trop perdu pour ça. Elle plongea sa tête entre ses mains et libéra toutes les larmes de son corps.

- Hey, hey, hey, faut pas pleurer pour ça, si vous aimez pas Chloe, je peux en trouver un autre.

Il pivota sur ses pieds pour se retrouver devant elle.

- Vous pouvez pas rester ici, vous avez un endroit où aller ? Hey, regardez-moi, vous avez un endroit où aller ?

Elle releva les yeux pour apercevoir celui qui lui parlait. C'était un homme approchant la quarantaine, les cheveux salis par le port du casque, et la peau du visage desséchée par les heures passées au soleil et au vent. Il portait un blouson en cuir avec un sigle et quelques mots qu'elle n'arrivait pas à lire dans l'ombre. Sa barbe indiquait qu'il n'était pas très porté sur l'entretien de son apparence, et pourtant, lui donnait un air naturel qui n'avait rien de repoussant.


Elle se risqua à prendre la parole :

- Je ne sais même pas comment je suis arrivée ici.

Mais se remit à pleurer.

- Hey, c'est pas grave, on va trouver une solution. Calmez-vous.

Il plaça un bras protecteur sur ses épaules et tenta de la relever. Elle se laissa faire. Elle ne connaissait personne et n'avait aucune raison de se montrer méfiante vis-à-vis de la première personne qui lui proposait de l'aide.
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MessageSujet: Re: Des cendres aux cendres   Sam 20 Sep - 17:10

Ca faisait trois jours qu'elle dormait dans le lit et lui sur le canapé. Il lui apportait de quoi manger et même des nouveaux vêtements. Elle s'éclipsait discrètement dans la salle de bain quand il n'était pas là pour passer des heures dans la baignoire à ne rien faire. Quelque chose au fond d'elle lui disait qu'elle aurait du culpabiliser, que c'était pas comme ça qu'elle avait été éduquée. Comment avait-elle été éduquée exactement ? Elle n'en savait rien et ne voulait plus se poser ce genre de questions. Elle voulait briser le silence, et ce soir-là, quand il lui a apporté son repas et qu'il l'a déposé devant sa porte, elle a pris son assiette et elle est allée le rejoindre pour manger à sa table.

- Content de voir que tu sors de ta tanière. Tu veux une bière ?

Elle acquiesça de la tête, et commença son repas en mordant dans un bout de pain. Il ouvrit le frigo et le tintement qui accompagna ce mouvement indiquait qu'il n'y avait pas qu'une seule bouteille dans la porte. Il se saisit de l'une d'elle, la décapsula et la posa sur la table avant de se rasseoir.

- Tu veux toujours pas me dire ton prénom ?
- C'est Chloe.

Il marqua un temps d'arrêt. C'était le seul prénom par lequel on l'avait appelée, et elle ne savais pas si elle en avait un autre, alors tant qu'à faire, autant en prendre un qui lui allait.

- Non, sérieusement, c'est quoi ?
- Chloe.
- Ah, ok. Donc Chloe, tu as quelqu'un à prévenir ?
- Je veux te rembourser.
- C'est pas la peine, tu m'as pas ruiné.
- Tu ne me connais pas, et tu m'as accueilli chez toi, je veux te rembourser.
- Ben écoute, pour ça, il va falloir que tu retrouves un proche, parce que t'as pas l'air d'avoir de quoi vivre, alors pour rembourser, c'est mal parti.
- Je vais travailler... Je veux travailler.
- Ok, tu sais faire quoi ?
- Je sais pas... Je... J'ai jamais travaillé.
- Hé ben, étonnant que tu sois encore en vie. Y'a Martha au drinvin à l'angle de Pumpkin St et Wooly Dr qui cherche une serveuse, t'as qu'à y faire un saut demain si ça t'intéresse. Je peux te déposer en partant au taf, mais faudra que tu fasses le retour toi-même.

Il sortit son portefeuille et déposa un billet de dix dollars sur la table.

- Tiens, tu mettras ça sur ta reconnaissance de dette, puisque tu y tiens, mais au moins ça t'aidera à pas faire le retour à pied.

Elle glissa le billet dans la poche de son jean. Au moins, maintenant, elle avait des poches. Sa robe blanche qui trainait encore au pied du lit n'était pas aussi pratique et elle se demandait pourquoi elle avait bien pu vouloir porter ce genre de vêtements un jour.

- Tu devrais pas te déteindre les cheveux, ça fait cliché californien, ça te va pas.

Chloe se passa la main dans les cheveux, ils étaient un peu secs d'avoir été trop délavés. Peut-être qu'il avait raison. Comment savait-il qu'elle était teinte ? Elle-même l'ignorait.

- C'est tes racines, elles sont plus sombres. Tu veux voir un truc à la télé ?

Il lisait dans ses pensées ou quoi ? Ou peut-être qu'elle affichait un air trop interdit pour que sa perplexité passe inaperçue. Elle l'aimait bien, Marty, il était tendre avec elle, il prenait soin d'elle, et puis, elle ne connaissait personne d'autre.
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MessageSujet: Re: Des cendres aux cendres   Dim 21 Sep - 0:30

Avec les jours qui avançaient, elle avait pris le réflexe de faire un peu de rangement de temps en temps, comme dans une vraie collocation. Elle finissait son service un peu plus tard dans la nuit et pouvait parfois arriver alors que son hôte était déjà couché. Normalement, elle aurait traversé le salon sur la pointe des pieds pour aller se coucher sans le réveiller, mais ce soir-là, elle préférait le parler. Elle vint s'asseoir à côté de lui sur le canapé et glissa sa main encore un peu fraiche sur sa joue. Il ouvrit les yeux et alluma la petite lampe de chevet qu'il avait installé sur la table basse depuis leur rencontre.

- Qu'est-ce qu'il... T'as coloré tes cheveux ?

Il passa ses doigts le long d'une mèche à présent brune, puis se réajusta un peu plus confortablement dans le canapé, passa son autre main derrière la tête pour la relever. Elle esquissa un sourire.

- Tu aimes ? Je pensais que ça te ferait plaisir.
- Oui, je préfère. Ca fait ressortir tes yeux.
- Ca fait plus d'un mois que tu dors sur ce canapé, je voudrais qu'on change, va dans le lit.
- Non, je peux pas te faire dormir dans le canapé, je ferais honte à ma mère. Et puis, le lit est trop moelleux, je dors pas bien dedans. Là, au moins, je sens l'angle du canapé, ça me rassure, ça me berce.
- S'il te plait, ça me gène d'abuser à ce point.
- Non, c'est hors de question.
- Fais comme tu veux, moi, je dors désormais ici.

Il se recala dans le canapé, affichant un air dubitatif alors qu'il se demandait si elle était vraiment sérieuse dans ses propos. Elle vint s'allonger à côté de lui encore habillée.

- J'ai dit que je le ferai, je le ferai.

Elle lança un rapide regard vers lui puis éteignit la lumière d'un geste rapide.

- Bonne nuit Marty.
- T'es pas croyable... Bonne nuit Chloe.

Le lendemain, il irait dormir dans la chambre. Mais le lendemain, ils auraient partagé suffisamment d'intimité pour qu'elle aussi aille dormir dans la chambre. Elle ne savait pas où ça la mènerait, peut-être était-elle déjà mariée d'ailleurs, mais elle n'en avait rien à faire parce qu'à l'instant présent, elle avait envie de se perdre dans ses bras, de se donner à lui, et de regarder côte à côte vers l'avenir.
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MessageSujet: Re: Des cendres aux cendres   Dim 21 Sep - 12:08

Enfin un jour de repos, elle l'aurait bien passé à traîner un peu mais Marty avait prévu une petite virée à moto avec son "gang" comme il l'appelait. Ah des poches, qu'est-ce qu'elle aimait avoir des poches. Elle glissa ses clés dans sa veste en cuir marquée elle-aussi du sigle des Fallen Angels : une aile noire brûlée dans un cercle d'épines derrière lesquels se distingue un guidon de Harley Davidson. Elle se retourna avec le sourire et claqua les talons de ses bottes noires sur le béton devant la maison. Elle fit un rapide signe de la main à Marty qui l'attendait sur son destrier noir, lui indiquant du pouce la place à l'arrière du bolide.


- Aujourd'hui, c'est moi qui conduit.
- Désolé bébé, ça sera pour une autre fois, personne ne conduit ma bête, elle est trop capricieuse.
- Ok, cowboy, mais je veux pas mourir sans avoir conduit au moins une fois.
- On verra, accroche-toi.

La pétarade de la moto emporta tous les autres sons de la ville et un nuage de poussière se souleva pour marqua son point de départ. Les cheveux au vent, Chloe profitez de cet instant, grisée par la vitesse, assourdie par le bruit, perdue dans ses pensées, réduisant le monde à cette sensation que sa vie ne tenait plus qu'à la force de l'étreinte qu'elle offrait à la personne qu'elle aimait le plus au monde. Elle resserra un peu plus, glissant ses mains sous la veste de Marty.

L'engin filait à travers la ville pour rejoindre le garage où les autres garçons les attendraient. Normalement, ils n'amenaient pas leurs filles avec eux, mais Chloe jouissait d'une dérogation. Déjà parce qu'elle avait la position de copine du leader, mais aussi parce qu'elle avait prouvé en soirée qu'elle était capable de beaucoup de choses. Elle se rappelait des premières soirées, elle était juste passée apporter son "loyer" à Marty et était restée pour prendre un verre, puis deux, puis trois. Elle avait su montrer qu'elle tenait pas mal l'alcool et qu'en plus de ça, elle se défendait plutôt bien niveau répartie et physiquement aussi. Jeff avait voulu la prendre au bras de fer. Autant dire qu'il pouvait facilement l'étaler, mais elle avait instinctivement retourné la prise du poignet pour la changer en clef de deux points bras et épaule. Ils en avaient bien ri, mais ils ne l'avaient plus jamais vu comme une fille fragile. Et puis, y'avait le line-dancing. Elle avait essayé un peu, et en fin de session, avait fini sur la barre pour une démonstration parodique de pole-dance qui s'était finie en quelque chose d'assez beau et fascinant. Ca avait beaucoup plu à Marty, et cette nuit-là, ils avaient pas vraiment dormi.

Elle aimait sa vie, elle aimait ce qu'elle partageait avec lui, avec les gars, avec les clients du drivin, avec St Louis, elle ne savait pas ce qu'elle avait été, mais elle n'en avait rien à faire, ce qu'elle était en ce moment était tout ce qu'elle voulait être.
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MessageSujet: Re: Des cendres aux cendres   Dim 21 Sep - 14:10

Ca faisait bien 6 ou 7 mois qu'elle vivait avec Marty et Chloe envisageait de passer à la vitesse supérieure dans leur relation. En rangeant, elle avait aperçu une petite boîte rectangulaire dans le tiroir de sa table de chevet. Elle s'était alors imaginée telle une adolescente excitée à l'idée d'une demande en mariage, avant de réaliser un tout petit détail : elle n'avait aucun papier d'identité pour prouver qu'elle n'était pas une clandestine, elle ne pouvait donc pas passer devant l'autel. Elle chassa cette idée de sa tête, résolue qu'elle était à ne pas laisser ce genre de pensées ternir son bonheur présent. Elle prit son trousseau de clés qui tintèrent avant de venir fermer la porte d'entrée. Elle partit en direction du bar, en faisant tourner ses clés comme Marty avait tant l'habitude de le faire. La nuit était chaude, mais Chloe supportait encore sa veste. A vrai dire, elle ne l'aurait quittée pour rien au monde, elle représentait trop à ses yeux. C'était son signe d'appartenance à un groupe, signe de ne pas être seule en ce monde.

Quand elle poussa la porte, le jukebox passait une musique douce, et Chloe ne lui laissa pas le temps de se terminer, elle marcha droit vers Marty qui la regardait de ses yeux plein d'amour, lâchant un rapide "salut Teddy" au barman, avant t'entamer une danse dans les bras de son homme.


Ses yeux se perdaient dans les siens, et elle appréciait à nouveau ce moment rien qu'à eux. Le monde pouvait bien s'écrouler, rien ne pouvait gâcher ce moment, personne ne pouvait les interrompre, personne ne pouvait taire cette musique, personne ne pouvait les atteindre, si ce n'est le temps. Après quelques minutes, la chanson suivante se fit entendre, libérant les deux tourtereaux de leur étreinte. Ils rejoignirent Jeff a sa table, alors que les deux autres faisaient un partie de billard en s'accusant bruyamment de tricherie et de mauvaise foi, à tour de rôle.

- Alors, Jeff, il paraît que la nouvelle a pas tenu trois jours.
- Oh, c'est pas ça, mais, elle ressemble trop à une ex pour que je puisse la regarder en face sans flipper.
- En même temps, tu t'es déjà tapé la moitié de St Louis, toutes les filles vont ressembler à une de tes ex.

Elle but une gorgée de sa bière au goulot, puis se colla dos contre Marty qui vint poser son bras sur ses épaules.

- P'têt que tu devrais te mettre aux mecs, en plus, ça te reposerait d'être un peu en dessous.
- Moi ? PD ? Plutôt m'faire enculer !

Pauvre Jeff, il était tellement maladroit avec ses expressions à base de "tapette", "pd" ou "enculer" qu'il était devenu trop simple de le faire dire n'importe quoi, et c'était un jeu auquel Chloe adorait jouer.

- Fous-lui la paix, tu vas finir par lui faire peur.
- Rho, si on peut plus jouer.
- T'es vraiment une teigne !
- Moi aussi j'ai pensé à toi toute la journée ! Bon, en profitez pas pour passer à l'acte, je dois vous laisser deux petites minutes.

Elle se dirigea vers les toilettes, des hommes puisque ceux des femmes étaient toujours bouchés depuis la première fois qu'elle était venue ici et poussa la première porte de cabine qu'elle trouve avant de se rendre compte qu'elle était déjà occupée par un homme qui était assis en train de faire seul ce qu'il aurait souhaité ne pas faire seul en l'occurrence. Elle ne le reconnaissait pas et ça devait être un de ces routiers de passage. Elle détourna instinctivement le regard pour ne pas en voir plus.

- Oups, désolé, l'ami, je voulais pas te déranger.
- C'est sympa ce que le bon dieu a décidé de m'envoyer. Pars pas surtout.
- Non, vraiment, je vais pas rester, là.

Il remonta son pantalon et s'approcha rapidement de Chloe qui fit un pas en arrière et se retrouva coincée entre les deux lavabos. Elle gardait toujours la tête tournée, fixant le mur pour ne pas croiser son regard. Il lui attrapa la main et essaya de l'amener de force vers sa fierté du moment.

- Non... Je... LACHEZ-MOI !

Elle vint poser sa main libre sur le visage de l'homme pour le repousser et libéra instinctivement quelque chose qui était enfoui en elle, un morceau d'elle qui était resté en sommeil tout ce temps. L'onde psychique se propagea dans son bras jusqu'au cerveau du routier, grillant un bon nombre de connexions synaptiques. Son corps bascula en arrière, libérant à la fois une gerbe de sang par ses narines et un hurlement par sa gorge déployée. Il s'effondra au sol alors que Marty et ses gars arrivèrent en trombe pour comprendre rapidement à l'air apeuré de Chloe que l'homme avait voulu obtenir plus que de droit. Ils en conclurent qu'elle avait du lui envoyer un coup trop violent et l'homme se réveillerait une bonne heure plus tard avec une vilaine migraine et quelques explications à donner sur son comportement.

Mais avant cela, Chloe tremblait comme une feuille morte, non parce qu'elle était troublée d'avoir été la cible d'une agression sexuelle, mais parce qu'elle avait utilisé quelque chose qu'elle ignorait d'elle-même, quelque chose qui lui faisait peur. Marty la serra dans ses bras pour la rassurer et la calmer, ce qu'il faisait mieux que personne.

3 août 2014 : Emma Frost utilise une attaque psychique pour repousser un agresseur.
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