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 Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}

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Sébastian von Orchent
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MessageSujet: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Lun 1 Sep - 15:03

Dimanche 6 Juillet 2014 – 09 : 42 P.M.
Symphonie du nouveau monde-1 by Philarmonique de Vienne on Grooveshark

Nikolaï Mikhaïlovitch Kolyakov,

Voici six mois, je tournais mon regard vers toi et te faisais vivre une journée des plus palpitantes. Tu t’en es sorti en regardant exactement là où je voulais que tu regardes et je t’ai laissé évoluer durant tout ce temps, vivant à mon rythme éternel et poursuivant mes objectifs immortels dont les mois qui suivirent notre petit jeu apportèrent un tournant pour le moins démentiel. Mais me voici revenu à toi et à l’affaire qui nous préoccupe ainsi, depuis le haut de mon Trône Noir, je me penche une fois encore à direction des bas-fonds dans lesquels tu te vautres considérant qu’il s’agit là de l’élite que tu pourrais atteindre. Il s’agit là d’une élite, à son échelle, mais tu la dépasseras surement très bientôt comme tu y aspires. L’ambition est sans doute la meilleure motivation, pour toi comme pour moi, car elle te permet d’avancer et me permet de t’utiliser puisque je suis l’unique personne te permettant de l’assouvir au-delà de ce que tu pouvais espérer. Mais il nous reste beaucoup à faire.

T’es-tu fait à New York, Nikolaï ? T’es-tu fait à ce qui se cache sous cette surface grouillante dont l’avenir se limite à alimenter la continuité de cette société qui les déconsidère et de cette espèce qui leur indiffère ? La Grosse Pomme est une fourmilière contentant deux espèces de fourmis et dont les plus profondes sections abritent les plus dangereuses de chacune, les seules à réellement avoir entreprise de coopérer pour le mieux de leur existence parallèle là où les premières se confrontent régulièrement dès que la minorité sort du ghetto ou que la majorité décide d’y rentrer. Amusant que de ce dire que les seuls à réellement coopérer sont ceux qui ont été rejetés de la société et ont décidés d’en former une parallèle en n’obéissant qu’à leurs règles et en transgressant celles des autres. Oh, le racisme reste présent même dans le monde de la pègre néanmoins les entrepreneurs qui s’y trouvent ont parfaitement comprit qu’il y avait plus à gagner à utiliser les mutants qu’à les chasser. Ils ne se préoccupent pas d’idéologie ou de grand combat, ils se contentent de s’occuper de leur avenir et si des mutants peuvent le leur améliorer alors pourquoi ne pas faire appel à eux ? As-tu trouvé le moyen de le faire, Nikolaï ?

Gratter la surface, gratter jusqu’à atteindre les profondeurs… très bientôt, je recevrais le rapport de mes agents sur la façon dont tu t’y es prit, sur ton éventuelle réussite ou échec, et je saurais si oui ou non tu es parvenu à la seconde étape de ton voyage. Six mois, est-ce suffisant ? Une bien longue durée dans le monde qui est le tien alors qu’il ne s’agit que d’un battement de cil dans le monde qui est le mien. Six mois, il peut s’y passer bien des choses et en ce qui te concerne il en a du se passer tout autant. Quelles sont les nouvelles de tes trafics ? Les Gambino profitent bien j’espère, ils sont mon plan B si tu ne parviens à gratter suffisamment profond pour trouver ce que je t’ai envoyé chercher.

Le Walhalla… situé dans une ancienne portion abandonnée des égouts, il s’est vu transformer en un vaste réseau d’anciens réservoirs partiellement bétonnés reliés par des tunnels et recouvrant une grande superficie souterraine pour former un nombre égal de pièce aux semblables dimensions dont les plafonds voûtés couvrent une décoration digne de n’importe quelle boîte de nuit éclairant la légalité par les flashs de ses néons, bar et musique barbare incluse. Mais le véritable point d’intérêt se trouve au centre de tout cela, dans les grandes arènes qui se trouvent en leur fond et autour desquelles s’agencent le reste de la salle-réservoir, peuplée de barmans, de danseuses et de gardes piochés dans les rangs « d’anciens » criminels et de reprit de justice c’étant décidé à réaliser une activité « plus » honnête sans quitter le monde du crime ; la traduction étant qu’ils respectent les règles du Walhalla et la neutralité de celui-ci vis-à-vis des organisations illégales qui viennent s’y croiser. Les paris sur les combats d’arènes et les trafiques de drogues, voici ce qui fait tourner cette association dont eux-seuls (et le Club des Damnés) sait réellement combien de gens comptent leurs rangs, bien que la trentaine de gardes et la demi-douzaine de sentinelles par réservoir donne largement de quoi comprendre qu’il se trouve ici une véritable armée capable de contredire les opérations de la Confrérie sur cette côte-ci ; Confrérie qui ne les aime pas d’ailleurs malgré que quelques uns de leurs membres s’y rendent parfois.

Ils sont neutres et ils y tiennent,  et s’il fut un temps où j’avais un plan pour les mettre à ma botte, ayant affilié leur « Champion Absolu » à un étrange être masqué nommé Aaron Adams, je n’en ai rien fait ; ils me sont bien plus utiles ainsi, couvrant l’existence de ce réseau auquel ils contribuent sans le savoir. S’ils ne me sont affiliés ils ne m’en servent pas moins indirectement et leur ignorance comme leur autarcie me permet de les exploiter au mieux sans avoir à les rémunérer d’une quelconque façon. Et leur principale utilité est de révéler les talents.

Tout, au Walhalla, est à l’égal de son inspiration mythologique : tourné autour du combat et de la valeur martiale. Certes, ce ne sont ni des dieux ni les méritants qui s’y trouvent mais il s’agit d’un des rares endroits où la sélection naturelle s’applique encore aux Hommes et il fait donc un endroit idéal pour recruter quelques hommes de mains voir disciples pour ma propre organisation. C’est, dans un certain sens, ce qui pourra t’arriver. Evidemment, je ne m’attends pas à ce que tu te lances dans l’arène pour confronter qui que ce soit à la force de ton bras et à la ruse de ton esprit, d’autant que ton cas serait plutôt l’inverse, mais si cela peut te rassurer Faust n’est lui-même pas classé ; il a fait quelques combats, oui, mais le fait de ne pouvoir tuer ses adversaires sans pénalité comme de devoir révéler ses pouvoirs lui est plus que déplaisant, ainsi reste-t-il relativement en retrait, évaluant et recrutant pour ses nouveaux employeurs. Sans doute est-ce ainsi que cela ce passera pour toi, si jamais tu es parvenus à atteindre ce lieux « mythique ».

Il n’est que quatre points d’accès dans tout Manhattan pour y accéder, les deux principaux étant le Bounty, un restaurant, et la boite de nuit Snake’s Ring, tout deux tenus par l’association du Walhalla. Il en existe eux autres, secrets cette fois, et je crains que tu ne sois pas en mesure de les trouver. Néanmoins, plus que savoir par où te diriger, ce sera pénétrer au cœur de ces lieux qui te posera sans doute le plus de problème : que ce soit la carte de membre, l’invitation nominative accompagnée de la carte d’identité, ou encore le parrainage d’un membre, je me demande bien comment tu feras, ne pensant pas que tu sois suffisamment célèbre dans le milieu du crime organisé, du terroriste ou des combats clandestins pour y rentrer sur références. Mais je suis sur que tu me surprendras et au pire, j’ai un plan B, comme toujours.

Quelque soit l’entrée par laquelle tu arriveras, une fois « accueilli » un membre du personnel te conduira dans une autre pièce dotée d’un passage secret prenant la forme d’un corridor long et tortueux au bout duquel une troisième personne se chargera de vérifier ton identité et ta présence sur leurs listes d’invités et de participants, au cas où l’étape précédente ait été falsifiée. Puis, si tout est en ordre, se présentera un ascenseur pour te descendre jusqu’au Walhalla lui-même ou te descendre tout court considérant qu’il est piégé de gaz toxiques, d’explosifs et, comble de la paranoïa, d’une tourelle mitrailleuse automatique ; les premiers suffisent généralement à tuer les intrus, les seconds sont très utiles pour bousiller leur matériel et les troisièmes sont, m’est avis, un simple moyen de compenser tant ils semblent inutiles à autre chose qu’à inciter au calme, ce qui est fortement contredit par le fait que tout cela soit dissimulé au possible. Mais nous ne leur en voudrons pas, ils brassent plus de testostérone mutée que la Confrérie à l’heure actuelle. Et ils en brassent de tous les horizons, depuis les gens comme toi à de respectables Ex-Men et PDG comme Warren Worthington, l’homme qui traine partout où il ne devrait pas.

Histoire d’en rester à l’homme qui tente de trainer partout où cela peut lui rapporter, on m’apporte le rapport de tes activités à l’instant et je ne tarderais donc pas, une fois les lignes parcourues, à lancer la seconde partie de mon petit jeu. Es-tu prêt, Nikolaï ?

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Le Léviathan

"Je suis un Démon, car je suis le mal provenant de l’âme des hommes, je suis celui qui a perdue la raison en contemplant la réalité et l’Humain dans ce qu’ils ont de plus noir, de plus nu, et qui l’a accepté et a décidé de s’en servir. Si vous devez raisonner en bien et en mal, considérez-moi comme un mal nécessaire, immuable et inhérent à l’Homme et à son imperfection."
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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Sam 6 Sep - 10:57

Desserrant légèrement le col de ma cravate, je maudis la chaleur new-yorkaise pour la quinzième fois de la journée. A peine l’été nous est-il tombé dessus qu’il faut qu’une chaleur étouffante lui emboîte le pas aussitôt. Même l’air est ardent, donnant une sensation de moiteur permanente des plus désagréables. Si je m’écoutais je prendrais trente-trois douches par jour, nullement habitué à ce climat que je qualifie personnellement de tropical bien que les météorologues auraient ma peau s’ils m’entendaient. J’ai en effet beau fouler le sol new-yorkais depuis désormais un peu plus de deux ans et demi, mon corps reste attaché à la fraîcheur moscovite et aux précipitations londoniennes et refuse de se plier aux températures de la Grosse Pomme. Ma garde-robe, composée quasi exclusivement de chemises en flanelle, représente pourtant le summum de ce que la haute couture offre en termes d’habits frais et léger mais rien n’y fait, je continue de cuire en permanence. Et le plus insupportable est encore que les soirées ne rafraîchissent nullement l’atmosphère, comme si elles s’amusaient à jouer avec mes attentes d’Européen espérant la fraîcheur qui accompagne toujours la tombée de la nuit sur le Vieux Continent.

Sur ma droite, un peu en retrait, je n’ai pas besoin d’aller fouiller l’esprit de Dimitri pour savoir qu’il est hautement amusé par la situation. Il a la chance de n’être pas particulièrement affecté par les températures extrêmes – probablement une conséquence de ses origines sibériennes – et n’a jamais caché que ma « constitution fragile » – ce sont ses mots, pas les miens – était une source de divertissement permanente. Me retenant de lui faire payer son passe-temps favori en évoquant un épisode mortifiant quelconque que je trouverais sans mal parmi ses souvenirs, je me reconcentre sur le présent. Nous approchons de l’entrée du Bounty et je ne peux pas me permettre de ruiner le travail de ces six derniers mois à cause d’une irritation passagère. Les portes du Walhalla sont désormais à portée de mes doigts et je serais damné avant de faire quoique ce soit qui me les ferme à jamais. J’ai trop sacrifié pour me tenir où je suis aujourd’hui.

Un instant mes pensées se tournent vers tout le chemin parcouru et je laisse un sourire satisfait détendre mes traits. Ce fut ardu mais si le Walhalla est seulement la moitié de ce que les rumeurs colportent, cela en aura valu chaque seconde.

Tout a commencé après « l’incident » avec les Latinos. Ces quarante-huit heures me semblent parfois n’être qu’un mirage déplaisant mais, force est de constater qu’au vu des changements radicaux qu’elles impliquèrent dans mon quotidien, elles ne le furent pas. Au début, on ne peut pas exactement dire que cette perturbation d’une routine que j’avais ardemment travaillée à construire me plut, les conséquences premières étant loin d’être attirantes : un laboratoire en partie détruit, une association non désirée avec Gambino Junior et mon nom dévoilé aux autorités. Il n’aurait d’ailleurs pas été difficile de considérer toute l’affaire comme un parfait désastre. Pourtant, le temps aidant, mon obstination à ne pas me laisser noyer par la première difficulté se présentant à moi prit le dessus, obstination d’autant plus renforcée qu’apparemment l’implication de Père dans mes affaires signa définitivement son retour dans le business familial, au grand déplaisir d’Alekseï. Mon cher aîné est en effet toujours officiellement à la tête de l’empire Kolyakov mais il semblerait que Mikhaïl en ait eu assez de sa retraite anticipée et se mêle désormais de ce qui selon mon frère ne le regarde plus en rien. J’en viens parfois même à me demander si Père s’est seulement jamais senti en réel danger lors du coup d’Etat d’Alekseï ou bien s’il n’a pas choisi la solution de facilité avant de se relancer dans la bataille, une fois ses forces réorganisées. Je veux dire, un homme capable de faire intervenir le légendaire Frederick Faust d’un seul coup de fil ne peut pas s’être senti légitiment menacé par un jeune loup aux dents longues, même si ledit loup est composé du même matériau que lui.

Quoiqu’il en soit, depuis, la compétition intrafamiliale n’a fait que se renforcer – pour le plus grand bénéfice de nos finances devrais-je préciser – et il était par conséquent hors de question que je sois à la traîne. Ainsi, après avoir laissé passer quelques semaines sans faire de remous de manière à ne pas me faire plus suspect que je ne l’étais déjà aux yeux des autorités – heureusement pour moi, mon alibi tint face à leurs questions et ils ne purent me poursuivre pour rien à leur évidente déception –, me contentant de lancer les réparations du laboratoire pour pouvoir entamer le travail conjoint avec les Gambino, je commençais enfin les recherches qui m’obsédaient depuis ma rencontre avec l’homme de mes cauchemars enfantins. Car les quelques minutes passées en sa compagnie ne furent absolument pas suffisantes pour satisfaire ma curiosité insatiable, je rêvais donc d’en apprendre plus sur cette figure mythique. C’est pour cela que j’ai passé chaque seconde de mon temps libre ces derniers mois le nez plongé dans toute sorte d’informations sur lui, depuis le blog occultiste clairement tenu par des étudiants en manque de sensations fortes jusqu’aux théories du complot bien plus réalistes qu’il n’y paraît au premier abord lorsqu’on a rencontré la légende en chair et en os. Et, peu à peu, de fil en aiguille, j’ai découvert un aspect du monde souterrain de New-York que j’ignorais quasi totalement jusqu’alors : le Walhalla.

En effet, si le nom avait déjà été prononcé en ma présence un ou deux fois auparavant, je n’y avais jamais accordé une réelle attention, trop occupé à m’installer fermement dans la Grosse Pomme pour me préoccuper de quoi que ce soit d’autre. Mais, désormais que cette première étape est terminée et que les affaires fleurissent, surtout depuis mon alliance avec les Gambino pour autant que cela m’arrache la bouche de le dire – Luca et moi nous entendons toujours aussi mal malgré que notre marché prospère assez clairement – il était temps de passer à la suite. Et quoi de mieux que de réussir à pénétrer dans l’antre des mercenaires mutants les plus puissants de la ville ? Car, le fiasco El Toro m’aura au moins rappelé une chose, plus je réussis à me faire un nom dans le monde de la pègre new-yorkaise, plus il devient essentiel que je puisse bénéficier de la protection rapprochée de quelques mutants au cas où mes ennemis décideraient qu’il leur convient que je disparaisse. Ma mutation a en effet beaucoup d’avantages mais certainement pas celui de me protéger face à l’action d’une personne possédant une mutation de type physique.

Sauf que désirer pénétrer le Walhalla et réussir à le faire sont deux choses très distinctes. Une fois les recherches sur l’endroit terminées commencèrent donc les démarches pour obtenir le sésame qui m’ouvrirait les portes menant au Saint Graal. Et sans grande surprise, j’appris qu’il fallait se faire introduire. Ou plus précisément qu'il fallait non seulement être quelqu'un dans son propre milieu - heureusement pour ma pomme, le trafic de stupéfiants est un business lucratif y compris au Walhalla et mon nom ne devrait pas leur totalement inconnu - mais avoir des relations à même d vous obtenir une invitation nominative. C’est à ce moment que la possession d’un casino ouvert à toutes sortes d’individus prêts à se débaucher en toute tranquillité et discrétion – du moins est-ce ce qu’ils croient – s’est révélée un véritable trésor. En effet, il ne me fallut pas longtemps pour découvrir parmi les montagnes d’informations récoltées sur l’oreiller par les escort-girls et boys de mon établissement  en vue de chantages possibles – on ne se réforme pas que voulez-vous – juste le secret qui m’intéressait. Que dirait en effet Mrs O’Donnell si elle venait à apprendre que son si fidèle mari, accessoirement président de la branche new-yorkaise d’une des dix premières firmes privées spécialisées dans la sécurité du pays, aimait à profiter des charmes quasi adolescents de la plupart de mes escort-boys ? Or, le bien-être de mes clients a toujours été ma priorité, je me suis donc empressé de soulager la conscience coupable de Mr O’Donnell, ses penchants pour le sexe fort ne seraient jamais ébruités et la porte du casino et de ses chambres VIP lui serait toujours ouverte mais, en échange, j’avais besoin d’un petit service. Qu’il use de ses connexions dans le monde des mercenaires pour m’obtenir une place au Walhalla. Autant vous dire, qu’il ne fut que trop heureux de m’aider à résoudre ce problème en échange de mon silence. Il est seulement regrettable que ce genre de méthodes ne marche pas sur Gambino, à croire que Luka me connaît mieux qu’il n’y paraît et qu’il a mis ses hommes en garde contre tout type de confidence mal placée lorsqu’ils sont sur mes domaines.

Quoiqu’il en soit, j’obtins donc de Charles O’Donnell l'invitation nécessaire et me voici aujourd’hui officiellement inviter à dîner au Bounty, bel euphémisme pour désigner mon sauf-conduit vers le Walhalla. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je me suis forcé à mettre une cravate malgré la chaleur ambiante – couverture ou non, on n’entre pas habillé n’importe comment au Bounty. Arrivé à l’entrée, je fais signe à Dimitri de me laisser – l’invitation est nominative – et il me précise qu’il m’attendra à une des tables, toute la soirée s’il le faut. Réprimant un sourire, je déclare alors qu’il n’a qu’à profiter de la cuisine – bien réelle celle-ci – du Bounty pendant qu’il attend puis je me dirige vers le steward de l’entrée VIP tandis qu’il va se présenter à l’entrée normale. Je tends mon invitation et l’homme me fait signe de le suivre en silence. On passe dans l’arrière-boutique et très vite, après la traversée d’un couloir anormalement long et sinueux, nous arrivons devant deux hommes à la mine patibulaire à qui le steward tend mon invitation. L’un d’eux cherche mon nom dans sa liste et l’autre se contente d'avoir l'air menaçant et lorsqu’au bout de dix minutes, le premier semble satisfait, il s’adresse à moi.


-Etes-vous là par plaisir ou pour affaires, Mr Kolyakov ?
-Un peu des deux je dirais. Je viens découvrir les lieux mais je ne dirais certainement pas non à conclure un premier contrat avec une personne intéressante si l’occasion venait à se présenter, dis-je sincèrement.

Quelque chose me dit qu’ici, mieux vaut être totalement honnête. Le type ne laisse rien voir de ce qu’il pense de ma réponse mais finalement après une discussion à voix basse dans son oreillette, il m’indique de monter dans l’ascenseur installé derrière lui. Je suis surpris qu’aucun d’eux ne m’y accompagne mais je n’ai pas le temps de fouiller leurs esprits pour en comprendre la raison que l’engin se met en route. Je me récline légèrement contre un des murs et, au bout de ce qui me semble être une minute, les portes s’ouvrent devant moi. Le boucan est immédiat et je dois m’habituer à la semi-obscurité qui règne mais peu m’importe, je suis arrivé au Walhalla et maintenant la soirée ne fait que commencer !
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Sébastian von Orchent
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Jeu 11 Sep - 13:34

Symphonie du nouveau monde 2 by Philarmonique de Vienne on Grooveshark

Oui, tu es prêt… Mes yeux parcourent le rapport sur tes activités et je dois avouer qu’il est intéressant, les quelques pions placés pour te surveiller ayant fait leur travail à la mesure des attentes de leur mystérieux commanditaire comme de la somme versée par ce dernier. Le HellFire Club possède sans doute plus d’agents doubles de par le monde que la CIA et lorsque son regard et ses ressources se tournent vers quelqu’un ou quelque chose il n’est pratiquement rien qui puisse rester hors de sa portée ; même la Confrérie et les X-Men n’ont pas su y résister. Tu n’es pas l’une des exceptions non plus ainsi à défaut de connaitre tes pensées connais-je la majorité de tes actes. Tu as bien négociée la mésaventure, rien de surprenant puisqu’y survivre devait être plus facile qu’en gérer les conséquences considérant comment cela c’est terminé ; le calme après la tempête et aucune épidémie pour venir t’achever malgré quelques secouristes indésirables et vautours lorgnant ton troupeau. La famille continue ses enfantillages, préparant le terrain pour un prochain acte et te motivant à te surpasser, mais pour l’heure c’est ton accès à la prochaine étape de mon petit test qui m’intéresse.

Faust n’est pas réellement le sujet mais ta passion pour lui n’est pas sans se rapprocher de celles de certains Bameurs dont je ne citerai pas le nom et qui ont fini tout aussi noyés que toi dans le trop plein d’informations à ce sujet. Mon dossier interpole ne se trompe pas à ce sujet quant il déclare, et je le cite, « Trop d’informations pas assez exploitables, voilà comme le Mange-Cœur dissimule ses traces ; la plupart des meurtriers tentent de se faire oublier en disparaissant dans les ombres, lui use des projecteurs pour ébouillir ses poursuivants. » ; le meilleur restant que ce sont la plupart du temps des gens comme toi et les autres « fans » cherchant à découvrir la vérité qui créent le plus de supputations fausses et contribuent ainsi à brouiller mes pistes. Personne ne peut découvrir la vérité puisqu’elle implique des choses qui vous dépassent et qu’en définitive, Faust n’existe pas réellement. Bien sur qu’il s’agit d’un alias mais bien moins sur qu’il ne s’agisse que d’une fausse personnalité sensée cacher un reste sur lequel il est difficile de réfléchir car il manque la première et plus importante donnée. Ceux qui se rapporteront au Faust originel peuvent le comprendre même s’il n’est en rien une possibilité entre un massacre quasiment aveugle durant trois quart de siècle et une possible recherche de la connaissance ou une quelconque rédemption par l’amour. Mais pour une personne de ton milieu, la principale chose qui est sure au sujet de Frederick Faust, outre son existence, est qu’il a « prise sa retraite » malgré quelques services encore rendus à quelques uns de ses anciens clients. Une incohérence considérant ce qu’il est en effet mais totalement cohérente lorsqu’on sait qu’il n’est pas, n’est-ce pas ? La théorie du complot le concernant est donc bien la plus probable puisqu’en effet, Faust lui-même et les milliers de mort qu’il a causée au travers du temps n’étaient qu’un moyen pour arriver à autre chose. Tout n’est qu’un moyen, même moi, destiné à deux fins précises dont l’une est déjà accomplie, c’est de là que viennent mes quelques mois de disparition comme de démence…

Mais passons, le principal restant que tu as découvert le Walhalla, l’une des preuves tangibles de son existence puisqu’il y apparait encore de temps à autre malgré que je lui préfère le masqué Aaron Adams. Les ouïs-dires parlent de nouveaux employeurs à temps plein pour le mercenaire que tu admires tant et s’il est quelqu’un à fustiger de cela c’est Bernard Philippes, septantenaire du Milieu Français, qui l’avait introduit au Club des Damnés à la demande du président (et Roi Noir) de l’époque. Quelques années seulement s’étaient écoulées et le Club des Damnés avait un nouveau président tout comme le Cercle Intérieur un nouveau Roi Noir mais Philippes c’était limité à portier dans l’affaire et en tant qu’agent du HellFire Club il connait l’importance du secret. Je ne sais même pas s’il a survécu à mes purges, sans doute l’ai-je également jugé comme trop loyal à mon prédécesseur ou alors trop peu investi pour le conserver derrière moi, comme je l’ai fait pour l’ancien couple royal noir, les anciens Roi Blanc et Tour Blanche… admirable de ce dire que tous m’ont laissées transgresser les règles « pour le bien commun » sans se douter qu’ils finiraient également par être jugés contreproductifs ; nous nous devons de connaitre et maitriser les vices des Hommes non d’y succomber, et lorsqu’on veut le monde il ne faut pas s’attendre à ce qu’on vienne nous le servir sur un plateau d’argent.

Trêve de faits historiques, revenons-en à toi : oui, tu as découvert le Walhalla mais n’y est jamais allé auparavant. Evidemment, le mot le plus important de cette phrase est le dernier puisque le rapport ce termine sur l’obtention par chantage – une habitude charmante mais dont je ne saurais que trop te conseiller de la laisser à l’entrée du Club des Damnés puisque de telles impolitesses entre nous sont, sous mon règne, relativement aptes à créer un terrain favorable au décès prématuré – d’une carte d’invitation au Bounty dont l’horaire coïncidera n’est que dans peu de temps ; que de ponctualité de la part de mes renseignements de m’apporter cela dix minutes avant que tu ne fasses tes premiers pas dans un nouveau monde, Mlle Wallensky en sera remerciée comme il se doit. En parlant de remerciements, je me méfierai si j’étais toi car faire chanter un membre du Walhalla, même aussi secondaire qu’un homme lié à leur sécurité, risque de te valoir quelque visite nocturne de l’un de leur adhérent afin de s’assurer que tu seras muet comme une tombe. Peut-être en tirerai-je avantage, peut-être pas, non n’en sommes pas encore là.

Il est bientôt dix heures, l’heure à laquelle ferment les restaurants et où tu avanceras dans un lieu qui ne ferme jamais, et je m’en réajuste mon costume noir à chemise et gilet noirs également, laissant l’entièreté de ces couleurs contraster avec ma seule peau. Qui vais-je sortir ? Le Sombre Voyageur ou le Roi du Néant ? Tu n’es pas contre une nouvelle rencontre avec ton idole de jeunesse, n’est-ce pas Nikolaï ?

Je n’ai pas la permission de minuit mais saurais la prendre s’il le faut, comme toujours prêt à faire le nécessaire, car après tout la soirée ne fait que commencer…

Le Walhalla est à son habitude comme Faust est à la sienne, l’un bruyant et populeux et l’autre silencieux et solitaire. L’un grouille de cette population là où l’autre reste immobile. Il est arrivé après toi, oui, bien heureusement tu ne pourras le remarquer puisqu’il n’a usée de la même entrée et qu’il n’a eu à attendre, lui. Néanmoins il s’est arrangé pour se trouver dans le même réservoir, contemplant comme tant d’autres les combats se déroulant en contrebas même s’il a eue la bonne idée que de se prendre une table, lui, et y attend accoudé qu’on vienne le servir. « Drogues, violence et rock ‘n’ roll » c’est vendeur, ce qu’on oublie d’y ajouter sont les bruits des discussions et des combats, les odeurs de drogues et de crasse comme celles de la sueur et du sang ; seul le sexe est étrangement absent mais leurs danseurs ayant beau s’exercer à l’art de l’effeuillage elles ne se prostituent pas en principe. Si le Club des Damnés est le summum de l’assouvissement des vices sur ce monde le Walhalla s’y défend plus que bien mais la principale différence est d’ordre qualitatif ; ils ne sont que des rebuts là où nous sommes l’élite. De telles similitudes sont cependant logiques puisque les opposés ont souvent quelques points communs.

Qu’est-ce qui te dépaysera réellement en ce lieu, Nikolaï ? Je dirais qu’à mon instar c’est le manque d’entretien comme de distinction. Néanmoins ce n’est pas pour cela que des gens comme toi ou moi y viennent et nous le savons très bien. Et pour ce que tu es venu chercher, tu devrais être pleinement satisfait : dans chaque réservoir se trouve une arène où des êtres s’affrontent selon différentes règles, le tout encadré par des paris dont les « classés » gagnant reçoivent 80% du montant ; inutile de dire qu’entre cela et la « sécurité » du Walhalla, un grand nombre de leurs gardes participent si bien qu’ils n’ont pas besoin de toucher de commission. Il est cinq arènes différentes, chacune dédiée à un type de combat destiné à limiter les capacités que l’on peut employer : élémentaire, sans pouvoirs, tous styles, mécanique et force pure. Comme c’est insinué à chaque fois, la première arène n'autorise que les personnes qui utilisent des capacités basées sur les éléments, la seconde interdit tout pour laisser les pratiquants d'arts martiaux s'affronter, la troisième n'impose aucune restriction ce qui en fait la plus demandée et la plus dangereuse, la quatrième autorise uniquement les armes technologiques et la dernière autorise uniquement les capacités humaines amplifiées. Evidemment, chacune d’elle a son réservoir et chaque réservoir son bar, sa table de bookmaker et son dealer affilié Walhalla. Tout employé des lieux est apte à expliquer ce fait ainsi qu’à donner les règles des combats qui ne sont pas difficile à retenir, pour peu que l’on s’en donne la peine (chose que je n’ai pas faite, personnellement, même si quelque chose supplée à ma mémoire au besoin) : un participant ne devient classé que s’il a vaincu trois autres participants également non classés tandis qu’une fois classé il peut défier n’importe quel classé et en cas de victoire il gagne son rang si celui-ci lui est supérieur. Il faut éviter de tuer ses adversaires et chaque meurtre entraine des pénalités de classement tandis que les abandons entrainent la fin du combat et que les armes non déclarées aux juges sont illégales, juges qui peuvent interrompre le match ou en modifier les règles quand ils veulent, décidant également du vainqueur selon des critères tels que la capacité à continuer le combat ou la supériorité évidente de l’un des participants. Dans un même esprit, ils sont libres de modifier l’arène sans en avertir les combattants ; combattants qui, comme dit précédemment, toucheront un fort pourcentage sur les paris liés à leur match s’ils en sortent vainqueurs – chose ne s’appliquant qu’aux classés, bien évidemment. Mais qu’ils soient classés ou non les visiteurs du Walhalla savent également qu’ils peuvent obtenir de l’argent puisque cette plateforme est plus qu’utile pour se faire remarquer par les chefs d’organisation mafieuses à ton instar.

Vers où t’es-tu dirigé, Nikolaï ? Me remarqueras-tu dans cette foule ? Je ressemble à n’importe qui mais n’importe qui n’a pas réellement sa place ici. Comme pour le lieu mythologique, seuls ceux qui sont quelqu’un sont méritant et ici bas c’est généralement dans cet objectif qu’on y vient, que ce soit pour devenir quelqu’un ou pour repérer quelqu’un. Tu es venu à la recherche de quelqu’un considérant que tu l’étais déjà mais une fois de plus ton quotidien risque de ce voir bouleversé par mon simple intérêt…

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Mar 16 Sep - 16:19

Une fois que je me suis habitué à la luminosité des lieux – en particulier aux néons dont je me surprends qu’ils n’aient pas encore provoqué de crise d’épilepsie à l’un ou l’une des présents – je me lance dans une première exploration des lieux. C’est que c’est une chose d’entendre parler d’un endroit aussi mythique (au sens premier du terme) que le Walhalla et une autre tout à fait distincte de le contempler de ses propres yeux. Une visite s’impose donc. Ne serait-ce que pour me repérer un peu mieux lors d’un prochain passage. Sans compter que je peux difficilement découvrir où se trouvent les personnes intéressantes – tant d’un point de vue de ma sécurité que de celui de mes affaires au sens plus générique – si je ne me déplace pas un peu dans les différents réservoirs.

La première pièce où j’atterris présente une arène tout ce qu’il y a de plus banal puisque les combattants semblent limités à l’usage d’arts martiaux. Peu importe lesquels – je m’arrête d’ailleurs un instant pour observer un combat entre un pratiquant de Krav-Maga et un homme dont les mouvements me rappellent le kung-fu sans que je puisse être précis – tant qu’aucune mutation ne fait son apparition. Le niveau est élevé bien entendu mais rien qui retienne mon attention longtemps. Si je désirais des combattants humains, je ne serai pas venu au Walhalla. Dans ce domaine, je sais où me fournir et ne suit par conséquent pas particulièrement en manque. Je passe donc vite dans la salle concomitante et le spectacle qui m’attend est d’un tout autre calibre.

Sur le ring, une femme capable de former de mini-ouragans dans la paume de ses mains s’acharne – en vain – sur un géant dont la peau peut se congeler à volonté semble-t-il. Le combat fait rage et ce, d’autant plus, que du point de vue d’un amateur – oui je ne vais pas me considérer spécialiste de ce que je ne suis pas, ce serait d’une stupidité sans nom – leurs capacités sont d’un niveau similaire. Au beau milieu du combat, un vieillard très propre sur lui mais dont l’attitude de faux gentleman anglais est contredite par le cache-œil qui recouvre le côté gauche de son visage s’approche de moi pour me demander si je serai intéressé par parier sur l’un des participants. Diligemment, il m’apprend que la tendance est favorable à la demoiselle plus haut classée que le géant mais que ce dernier aurait apparemment fait une entrée fracassante dans le milieu en battant trois non-classés en une seule soirée il y a de cela quelques jours et il pourrait bien être une des futures étoiles montantes de la scène élémentaire. Je le remercie pour toutes ces informations mais décline son offre de pari, je ne suis pas venu dépenser mon argent – du moins pas sans un but précis. S’il est déçu de ma réponse, il le cache bien, repartant en quête d’un autre client non sans m’adresser d’abord un signe de tête respectueux en guise d’au revoir.

Je choisis alors ce moment pour quitter la salle sans me préoccuper plus du vainqueur du combat. J’entre donc dans le troisième réservoir dédié aux combats armés. Par précaution, la protection des spectateurs est renforcée ici et ma curiosité est piquée. Je prends donc un martini au bar avant d’observer quelques minutes le combat en cours entre deux jeunes hommes d’origine africaine. Le plus foncé des deux finit par l’emporter au bout de quelques minutes et je quitte les lieux non sans retenir le nom du vainqueur : Aidara Diallo. Je ne sais pas s’il est mutant ou non mais peu importe vu la talent dont il a fait preuve dans l’arène. Il n’est ainsi pas impossible du tout que je le contacte à l’avenir pour lui proposer d’entrer à mon service, tout au moins temporairement.

L’avant-dernière salle est bondée. Non pas que les autres ne l’aient pas été mais là on atteint une autre échelle. Sans grande surprise c’est le règne du « tout est permis » et je dois me maîtriser pour ne pas froncer les sourcils face à la violence dont font preuve les combattants. A côté d’eux, je suis un enfant de cœur. Alors bien sûr, je m’y attendais jusqu’à un certain point mais je dois reconnaître être malgré tout être assez surpris. Je ne suis d’ailleurs pas convaincu que je me payerais les talents d’une de ces brutes. Se protéger c’est très bien mais engager quelqu’un de dix fois plus fort que vous et dont il n’est pas sûr que vous puissiez le contrôler me paraît plus dangereux que prévoyant. Enfin, ce n’est peut-être que mon avis. Quoiqu’il en soit, je ne m’attarde pas – ma légère agoraphobie faisant des siennes au bout d’une dizaine de minutes – et termine mon tour dans ce qui est sans doute aucun la salle plus intéressante à mon humble avis. J’ai nommé l’arène des combattants aux capacités amplifiées. En effet, si avoir un mutant possédant une capacité terrifiante de puissance peut s’avérer utile à un moment ou à un autre – à condition comme je le précisais tantôt d’être capable de lui maintenir la bride serrée – avoir à son service deux ou trois combattants surhumains est une véritable aubaine.

Je décide ainsi de rester ici pour le reste de la soirée. Qui sait ? Je me prendrais peut-être même au jeu et parierais sur un ou deux combattants. Ce qui est sûr en tous les cas est que je retiendrais quelques noms. Mais pour m’installer tranquillement, il convient d’abord que je repasse au bar et que je cherche un endroit où m’asseoir. La pièce n’est en effet pas aussi bondée que la précédente mais le public est fourni et il n’est pas évident de trouver un endroit un peu au calme. Heureusement, la disposition des lieux est faite pour que, peu importe l’endroit, la vue du ring soit bonne. Quelques box que je nommerais « VIP » faute d’un meilleur terme sont déjà occupés à cause de leur vue particulièrement brillante de l’arène mais personne n’a l’air de se plaindre du reste des lieux. Ainsi, après m’être fait servir mon deuxième martini en une demi-heure – pas d’inquiétude ce n’est pas cela qui aura raison de mes capacités qu’elles soient physiques ni encore moins mentales – je cherche des yeux une table libre.

Mon regard est immédiatement attiré vers un ensemble de tables délaissées dans le coin droit de la pièce et je m’y dirige. Sauf que sur le chemin, un tout petit plus à gauche de mon objectif principal, une silhouette attire mon attention. Ça ne peut tout de même pas être ? Nan ! Impossible. Obsédé comme je suis par lui depuis des mois, maintenant je me mets à avoir des hallucinations. Ce n’est pas sain. Je poursuis donc mon chemin sans autre réaction ou du moins j’essaie parce que je n’ai pas fait trois pas que je me retourne de manière fort peu discrète pour observer un peu mieux le mystérieux homme. Et plus le temps passe, plus mes conjectures prennent forme. Je décide alors qu’au point où j’en suis autant en avoir le cœur net. De toute façon, peu importe qui il est, s’il a un minimum d’instinct, il est impossible qu’il n’ait pas remarqué mon regard insistant. Je m’approche donc et plus la distance entre nous se réduit, plus ma certitude grandit.

Finalement, je ne suis plus qu’à un mètre et je réalise que, oui, c’est bien lui sauf que je n’ai pas la moindre idée de comment m’adresser à lui. C’est qu’outre qu’il m’a sauvé la vie et qu’il est une légende vivante, il ne m’avait pas semblé particulièrement porté sur le blabla lors de notre unique rencontre. Il est cependant trop tard pour faire demi-tour. Je me racle donc légèrement la gorge avec toute l’assurance que je possède, usant des incessantes leçons de Père sur le besoin de toujours paraître avoir le contrôle de ses émotions même lorsque ce n’est pas le cas et je ne suis pas peu fier lorsque ma voix sort ferme :


-Mr Faust ? Je ne sais pas si vous vous souviendrez de moi. Nikolaï Kolyakov. Vous m’avez tiré d’un très mauvais pas il y a un peu moins de six mois sur demande de mon père Mikhaïl Kolyakov. Je ne m’attendais pas à vous recroiser de sitôt mais si cela me permet de vous remercier une fois de plus, je ne peux qu’en remercier la Providence. En espérant que je ne vous dérange pas bien sûr.

Oui, on a dit voix assurée, ça ne veut pas dire pour autant que je peux complètement contrôler mes insécurités. Car tout lord mafieux que je sois, je n’en ai pas moins tout juste un quart de siècle et pour lui, je ne vaux probablement plus de cinq minutes de sa vie, alors je ne serais pas vraiment surpris s’il me renvoyait poliment – ou pas – voir ailleurs s’il y est.
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Sébastian von Orchent
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Ven 19 Sep - 13:56

Symphonie du nouveau monde-3 by Philarmonique de Vienne on Grooveshark

Ta petite visite aurait pu me compliquer la tâche puisque même une fois le décor dressé il n’en faut pas moins placer les personnages intéressants et comment le faire au mieux alors même que celui qui doit les apercevoir s’en continue sans cesse ? Oh, nulle inquiétude, il n’est pas dans mes habitudes, mon éducation ou même mon envie de parodier la rencontre de couloir et le bousculement providentiel ; que d’inintérêt là-dedans. Non, je veux que tu me remarques comme je t’ai remarqué et comme je l’ai fait pourqu’autres ici même. Je veux que cela vienne de toi, du fait j’emploi une technique sans doute sous-estimée pourtant proche du chasseur patient : je m’installe avec la conscience que tu finiras bien par me trouver. J’ai une éternité et à défaut de la perdre en ce lieu je suis prêt à en disperser un peu ici à t’attendre. Je te perçois plus mal qu’à l’habitude car en ce lieu de mutants même les dons de mon Léviathan se retrouvent plus délicats à l’emploi ; t’espionner astralement attirerait des regards que je ne pourrais détourner sans créer d’incident diplomatique. Il est plus avantageux pour moi de respecter les règles alors je le fais ; et puis je suis un invité éduqué, il serait de mauvais goût de me faire remarquer autrement que comme je le souhaite.

Les capacités amplifiées… c’est amusant n’est-ce pas ? Considérant l’absence de regard sur les raisons de l’amplification on y trouve une diversité aussi grande que dans le tout est permis et si les combats peuvent y être aussi bref fonction de la différence de puissance ils en sont sans doute plus intéressants. J’ai recrutée une charmante jeune femme ici même, il y a de cela quelques temps déjà, une jeune femme qui a pour seule objectif de venger sa mère massacrée par Faust et qui a eut la bonne idée de venir le chercher ici ; elle espérait pouvoir m’étudier et trouver mon point faible en travaillant pour moi, je lui ai montré un monde qui l’a corrompue plus qu’elle n’était déjà et si elle n’a rien fait, toute chef de la sécurité qu’elle était à l’époque, pour empêcher ma fille adoptive de m’assassiner elle a eu tout le loisir de comprendre combien sa quête était vaine. Mlle Starken me hait mais elle a suffisamment de jugeote pour avoir comprit qu’elle ne pouvait pas plus m’atteindre que ces pions du BAM ou sa mystérieuse bienfaitrice qui est la seule adversaire dans cette partie, actuellement. Tu n’as nulle inquiétude à avoir, Nikolaï, pour elles-deux tu n’existe pas encore et quand tu le feras vous ne pourrez tellement vous faire du mal entre vous sans que j’intervienne ; peut-être tenterez-vous de me faire du mal à moi mais je te conseillerai alors la même chose qu’à la « Vaillance & Acier Froid » : trouver un moyen de me tuer définitivement avant de le faire parce qu’une fois revenu vous ne m’aurez pas deux fois. Mais nous n’en sommes pas encore là.

Nous en sommes encore à un enfant zyeutant une chose qu’il admire sans oser pour autant l’aborder ; je t’en pris, ce n’est pas parce que nous sommes dans ce qui se considère comme « la cour des grands » que nous sommes encore à l’école, tu n’as pas à te montrer timide envers le professeur. Je ne te dirais pas que je ne mors pas, c’est faux considérant la réputation de cannibalisme qui a valut son surnom au « Mange-Cœur », néanmoins j’insisterai sur le fait que je ne sois nullement du sexe opposé et qu’il n’est besoin de me tourner autour une demi-heure. Je suis néanmoins assez patient pour attendre que tu trouves l’opportunité que tu attends, m’en continuant de regarder en contrebas. Je n’ai pas de danseuse, je n’ai pas de drogue et je n’ai pas d’alcool, je ne me bats pas non plus, en d’autres termes je n’ai pas tellement à foutre là si ce n’est observer mais cela je sais le faire, en bon prédateur que je suis. Je ne t’ai considéré qu’un instant, physiquement parlant, mais cela fera une moyenne avec mes pensées desquelles tu n’es pas très éloigné malgré ma concentration relative sur le combat en cours comme sur quelqu’autres sujets personnels.

Mon attention se détourne du reste alors que j’en reste adossé au mieux, verre d’eau posé non loin de mes mains aux doigts entrecroisés qui le sont également sur le rebord de la table. Je n’ai pas la moindre expression volontaire alors que tu termines de pénétrer dans mon espace vital, te fixant aussi directement que simplement. Ce qui se passe ne peut être qualifié de silence considérant les lieux mais l’intention y est alors que je te laisse le soin des premiers mots, même si cela t’es difficile ; pardonnes-moi d’ailleurs de ne pas me lever même si de ce que je me souviens, tu as osé me tendre la main. Et tu oses encore un peu plus maintenant, Nikolaï.

Je me souviens de toi tout autant que lui même si j’entrevois parfaitement pourquoi ça ne serait pas le cas tout comme lui, et je me souviens de comment et pourquoi alors même que c’est là que nos versions de l’histoire divergent. Je sais que tu n’attendais pas à le recroiser maintenant mais j’aime à savoir que c’est la bonne surprise prévue tandis que tes remerciements sont acceptés comme alors, d’un simple hochement de tête.

- Vous ne le faites nullement, Mr Kolyakov, commence-je simplement, sans autre mouvement que celui de mes lèvres. Vous pouvez même vous assoir si vous le désirez.

Je n’ajoute rien pour l’heure, puisqu’après tout Faust est sensément taciturne, néanmoins je continue d’observer avec attention à son instar. L’invitation te fait plaisir, Nikolaï ? En tout cas elle n’est que le début, sois-en assuré.

- Combien de temps vous a-t-il fallut pour réussir à découvrir et pénétrer ces lieux ?

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Lun 22 Sep - 17:37

Je ne suis pas exactement ce qu’on pourrait appeler une personne hyperactive. Néanmoins, malgré un calme naturel assez développé, j’ai toujours eu une certaine fascination mêlée d’admiration pour les gens capables de faire grande impression en peu de mots et encore moins de gestes. Il n’est en effet pas donné à tout le monde de faire se pendre un auditoire à vos lèvres lorsqu’elles sont le seul muscle de tout votre corps à bouger. Et pourtant, l’homme – la légende ? – face à moi s’en sort avec une facilité qui ne s’acquiert qu’avec l’expérience. Son regard ne dévoile rien de ses pensées et son faciès reste impassible, seules ses paroles laissent comprendre que ma présence à défaut d’être bienvenue n’est toutefois par perçue comme un désagrément. Si j’osais spéculer, j’irais jusqu’à dire qu’il semble percevoir mon arrivée comme une alternative à l’ennui.

Voilà d’ailleurs une question digne d’être posée : que font les hommes comme Faust de leur temps libre – à condition qu’ils en aient seulement ? Possèdent-ils des hobbys comme le quidam lambda ? Sont-ils capable de déconnecter du monde de violence et de meurtre duquel ils dépendent ? Je me sais personnellement avoir une capacité de compartimentage particulièrement élevée, étant capable depuis bien avant la découverte de mon pouvoir de cloisonner les différents aspects de ma vie. Il est en effet difficile d’expliquer à ses petits camarades de troisième que la plus grande partie de votre weekend a été passée à vous remettre de l’apposition du tatouage initiatique marquant votre entrée dans le business familial sans causer de sérieux problèmes à toutes les parties impliquées. Cependant, pour en revenir à Mr Faust et ses collègues, leur quotidien et le mien n’ont rien à voir – ce dont je me réjouis soi-dit en passant – donc je ne sais pas jusqu’à quel point l’esprit humain est capable de se diviser avant d’imploser.

Peu m’importe cependant pour le moment, je me contente donc de profiter de l’invitation qui m’a été faite et prends place aux côtés du mercenaire. Une fois de plus, sa taille me surprend. Comment un mythe si énorme peut-il se contenir dans un homme de taille tout à fait banale ? Ne devrait-il pas y avoir une règle qui lie la puissance et la taille ? Bien sûr, je réalise parfaitement la naïveté de mes propos mais cela ne change rien à ma surprise. Je ne me perds cependant pas longtemps dans ce genre de considérations bassement matérielles car la voix grave de mon vis-à-vis résonne de nouveau par-dessus le brouhaha et je suis pris de court une seconde. Je ne m’imaginais pas pouvoir éveiller son intérêt par mes frasques personnelles mais je suppose que, dans son monde, une petite touche de nouveauté est toujours la bienvenue. Je me reprends par conséquent dans l’instant et déclare ce qu’il en est en toute honnêteté, ne voyant aucun avantage à lui mentir – sans compter que je préfère éviter les risques inutiles, sait-on jamais.


-La découverte fut rapide. L’écho du Walhalla était déjà parvenu jusqu’à mes réseaux avant notre rencontre, je ne lui avais simplement pas porté l’attention qu’il méritait jusque-là. Erreur aisément réparable. L’arrivée jusqu’ici fut un challenge autrement plus compliqué, avoue-je sans honte avant de m’humecter les lèvres d’une gorgée de mon cocktail – Bloody Mary cette fois-ci.

Il serait en effet stupide de rougir de mes efforts. Ils ont été couronnés de succès puisque me voici présent ce soir, c’est là tout ce qui compte.


-Avoir tout type de contacts dans tout type de milieux m’a bien aidé, mais il ne m’en a pas moins fallu plus de quatre mois pour mettre en œuvre un plan suffisamment détaillé et réaliste. Autant vous dire que le jeu en a amplement valu la chandelle. Le petit échantillon de combats que j’ai pu observer jusqu’ici a plus qu’attiré mon attention sur certains participants. Par ailleurs, j’ai cru reconnaître certaines têtes connues dans les milieux que je fréquente et avec qui une alliance me serait plus que profitable. Mais je n’aime pas me précipiter. Pour ce soir, je me contenterai d’un premier tour des lieux, j’aurais l’occasion de revenir un autre jour avec un plan de bataille plus précis lorsque je me serais un peu mieux imprégné de l’atmosphère des lieux. La hâte peut-être la pire des ennemies.

Je l’ai très vite appris lors de mes premiers deals à l’époque où j’étais encore sous le chaperonnage paternel. Depuis, j’ai appris à patienter et à n’en savourer que plus ma victoire finale. Avalant une nouvelle gorgée de ma coupe, je lui tends désormais la perche. Autant satisfaire au plus ma curiosité tant que j’en ai l’occasion. Dieu seul sait quand une chance pareille s’offrira de nouveau à moi.

-Permettez-moi désormais de vous retourner la question. Ou plutôt, de vous en poser une de mon cru qui me titille depuis que je vous ai aperçu. Etes-vous toujours spectateur ou vous est-il déjà arrivé d’être de l’autre côté de l’arène ?

Après tout, ce n’est pas une idée si absurde. La confidentialité des participations est ici totale, comme tout le reste, je n’en doute pas un instant, ce serait par conséquent l’endroit rêvé pour un mercenaire de son calibre de venir se dépenser de temps à autres, voire tout simplement de rappeler sa présence aux organisations intéressées par ses talents. Quoiqu’avec sa réputation, il n’a sûrement plus besoin de recourir à ce genre de méthodes. Son agenda est probablement rempli de toute façon.
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Sébastian von Orchent
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Jeu 25 Sep - 18:34

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Réfléchis, Nikolaï ; c’est la spécialité des hommes comme toi, leur force. C’est ce qui te rend dangereux et efficace, tes capacités de réflexion, néanmoins n’en oublis pas que penser le monde ne lui apporte rien si l’on n’agit pas et que l’on ne doit agir trop tard. Il y a certes nombres d’échelles de réflexion mais je crains que tu ne sois dans la mauvaise dans l’instant ; bien sur que tu as des questions, vous avez toujours des questions, tous, le savoir c’est le pouvoir et comment l’acquérir sans question ? Néanmoins tâche à faire le tri entre elles afin de ne t’y perdre ni n’y perdre de ton temps ; ou trop de ton temps, comme tu le fais déjà.

Tu as pensé et agit à présent pour t’assoir simplement face à moi, une position qui n’est pas toujours agréable mais tu ferais bien de t’y habituer puisque cela risque de te devenir familier dans les mois à venir, pour ne pas dire les années. Néanmoins cela te sera plus facile car tu ne feras plus face à l’être dont tu as tant entendu parler et qui te fascine à la mesure mais à son créateur ; tu seras sans doute un peu déçu de découvrir l’envers du décor mais si cela peut te rassurer tâche de garder en mémoire que ce que Faust a fait je peux le faire aussi. Il n’est aucun doublage ou remplacement dans ce rôle que je me suis créé et que j’ai incarné au point qu’il soit longtemps ma seule existence, jusqu’à ce que je la transcende.

La découverte fut rapide ? Comme celle de tous les mythes et légendes je suppose mais c’est bien de les côtoyer qui se complique ; néanmoins tu y es arrivé une fois que tu le savais réel, malgré toute cette difficulté te poussant jusqu’à aller interrompre ton histoire d’une gorgée alcoolisée. « Avoir tout type de contacts dans tout type de milieux », voici qui me fait sourire en coin ; tout type de contact comme de milieu excluant les deux qui importent le plus, l’un à l’échelle de la pègre de la Ville qui ne Dort Jamais, l’autre à l’échelle du monde entier. Quatre mois pour mettre en œuvre un plan « suffisamment détaillé et réaliste », que de précautions si parfaitement compréhensibles considérant les quelques problèmes que tu as rencontrés la dernière fois mais potentiellement trop importantes, je le crains. Mais amusé de savoir que le jeu en valait la chandelle ; en aurais-tu douté ?

Le petit échantillon de combat n’est qu’un petit échantillon de combat et les grands noms du Walhalla ne sont pas présents ce soir, d’aucun diraient qu’ils ne sont même que trop peu présent mais tant que je ne me serais pas décidé à en devenir un je crains que cela ne reste le cas ; j’ignore ce qu’il advient de leur Champion Absolu mais considérant qu’il m’a fait défaut comme les autres je n’ai pour l’heure rien à requérir de lui quand aux autres grands noms, qu’ils soient X-Men ou Confréristes voir même Agent du HellFire Club, leur allégeance limite considérablement tant leur présence que leur corruptibilité. Quand à reconnaitre certaines têtes connues parmi les fréquentations de tes fréquentations, voici qui est probable : qu’elles soient traditionnelles ou « mutantes », les organisations de pègre tendent à avoir un pied à terre au Walhalla, ou au moins un représentant, afin d’en profiter. Le HellFire Club n’est pas différemment même si ce sont ses membres et son Roi Noir en personne qui s’y présentent, tandis que j’ai longuement cherché à découvrir le recruteur potentiel que les Maraudeurs auraient pu placer ici car je doute fort qu’un tel lieu échappe à Sinister même si sur un plan géopolitique le Walhalla est indiscutablement sous la bannière de mon Club ; au point que les exigences de la Confrérie envers ce lieu puissent passer par moi.

Ne pas aimer ce précipiter est une chose, être trop prudent une autre, attention Nikolaï : il est des choses qui demandent l’immédiate réaction. Ce n’est pas le cas ce soir, non, et ta première exploration n’est qu’un égal pas dans ce royaume souterrain ; il ne te restera qu’à l’explorer jusqu’à découvrir qu’il n’est, pour toi, que l’antichambre de quelque chose de plus grand encore. Tel Dante dans sa Comédie tu seras descendu au plus profond de la terre pour monter au plus haut des cieux mais à la différence de Dante tu n’aurais ni Enfer ni Paradis puisque tu passeras de la brutalité des hommes sans lois à la perversité de ceux qui les édictent.

Quant à la hâte, c’est une adversaire moindre que l’inaction à mon goût et même si les erreurs qu’elle peut mener à accomplir prêteraient à conséquence ces dernières seront moindres que celles de l’inaction. Ton histoire ce clos sur une nouvelle gorgée et mon regard bouge enfin alors que, accompagné d’un sourire, je m’en vais prendre mon verre pour te le tendre en une invitation au toast.

- A votre découverte du Nouveau Monde.

- Permettez-moi désormais de vous retourner la question. Ou plutôt, de vous en poser une de mon cru qui me titille depuis que je vous ai aperçu. Etes-vous toujours spectateur ou vous est-il déjà arrivé d’être de l’autre côté de l’arène ?

Je souris et laisse échapper un souffle nasal amusé ; une légende dans un lieu de légende peut-elle s’être abstenue d’y participer ? Est-ce cela la véritable question ou est-ce bien plus terre à terre afin de juger du niveau fonction du classement vis-à-vis de moi-même ? Tu es intelligent Nikolaï et je suppose que d’autres considérations encore te sont ou te passeront par l’esprit avant même que je ne réponde à cela ; une bonne chose. Néanmoins je n’ai jamais eu besoin de dévoiler mes talents en public pour faire ma renommée, deux vies de massacres ont suffit ; chasser et tuer, mon quotidien c’est résumé à cela durant soixante-dix ans et je n’ai jamais manqué de travail, voyageant de part le monde pour m’en assurer. Je ne saurais dénombrer les montagnes de cadavres que j’ai laissées dernière moi ou les mers de sang que j’ai fait couler et cela m’a pas la moindre importance d’ailleurs, pas parce que je m’en indiffère ou parce que j’y suis insensible mais parce que tout cela n’a été fait en vainc. La Fin Justifie les Moyens diraient certains, personnellement je préfère l’idée de Faire le Nécessaire ; cela implique qu’on peut toujours faire plus.

- Je ne suis pas classé car il n’est aucun intérêt à faire étalage des capacités qui m’ont été transmises par mon Tutélaire et puis mon domaine n’implique pas la survie de mon adversaire, chose pénalisante ici bas.

Le rapport du Léviathan à cet endroit a toujours été des plus amusants : Elle se refusait à y perdre du temps par le passé, considérant que Son Héraut ne pouvait dévorer ce qu’il défaisait afin de lui apporter ces précieux potentiels génétiques nécessaire à ce qu’Elle effectue Sa propre sélection naturelle et donne naissance à des prédateurs toujours plus dangereux, néanmoins mon retrait du massacre actif voici quelques deux années Lui pose le soucis des créatures à confronter. L’observation est une chose mais vient un moment où l’étude théorique ne peut se passer d’expérimentation. Faust se classera-t-il ainsi dans ce lieu de sang et de violence ? L’avenir nous le dira mais en tel cas il sera à nouveau une étoile montante qui, je l’espère, détrônera un jour le Champion Absolu.

- L’observation de ce lieu donne une bonne idée des alliés et adversaires que l’on rencontre dans votre milieu tout autant que des forces en présence, comme vous l’avez déjà déduit. Néanmoins mon retrait de la vie du mercenariat pourrait me conduire à me placer de l’autre côté de l’arène, en effet ; il ne serait nullement question d’argent ou de publicité mais d’un simple… divertissement. Après tout, ne sommes-nous pas ici pour les affaires et par plaisir ?

Je suis un magicien, Nikolaï : ne regarde jamais ce que je pointe du doigt durant un numéro car le plus important est ailleurs.

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"Je suis un Démon, car je suis le mal provenant de l’âme des hommes, je suis celui qui a perdue la raison en contemplant la réalité et l’Humain dans ce qu’ils ont de plus noir, de plus nu, et qui l’a accepté et a décidé de s’en servir. Si vous devez raisonner en bien et en mal, considérez-moi comme un mal nécessaire, immuable et inhérent à l’Homme et à son imperfection."
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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Ven 3 Oct - 15:56

Je l’amuse. Je ne sais si m’en réjouir ou m’en inquiéter. D’un côté, mon fanboy interne s’enorgueillit de réussir à tirer l’esquisse d’un sourire à son héros, de l’autre ma tendance paranoïaque m’invite à la prudence. Il vaut mieux ne jamais trop se détendre en compagnie d’un homme qui déclare sans honte refuser de prendre part à des combats dont l’issue finale n’est pas la mort de l’adversaire. Cela démontre un rapport à la vie d’autrui des plus dérangeants. Néanmoins, il n’est pas nouveau que j’ai toujours été attiré et repoussé à parts égales par le danger – la probable conséquence d’une enfance passée à côtoyer le pire comme le meilleur de la société – et la petite voix qui me met en garde contre l’homme à mes côtés n’est pas suffisamment puissante pour couvrir sa contraire, pour faire taire l’envie ô combien plus pressante d’en savoir toujours plus sur Faust.

Je me gorge donc de chacune de ses paroles, gravant en moi la moindre inflexion de voix tant pour m’en délecter plus tard que pour pouvoir décortiquer alors chaque intonation dans le calme de mon bureau. On en apprend tellement plus dans ce que les gens ne disent pas que dans leurs propos explicites. C’est dans l’entre-deux, dans les silences savamment dissimulés que se cachent bien souvent les principales vérités. J’ai par conséquent appris il y a longtemps à ne pas me laisser berner par ce qui trouve face à moi pour voir plus loin, lire entre les lignes et entre-apercevoir, discerner vaguement, cette évidence que l’autre chercher par-dessus tout à garder pour lui. Non pas que Faust me semble être un homme particulièrement prompt aux dissimulations, il m’a au contraire plutôt l’air direct et franc sans pour autant être particulièrement bavard. Il pourrait bien entendu ne s’agir que d’une facette mais un homme qui value si peu la vie d’autrui me semble peu prône à ne pas prendre ce qu’il désire de la manière la plus rapide qui soit. Les manigances me paraissant donc légèrement surfaites pour coller à la personnalité qu’il a la réputation d’avoir et à laquelle il s’est jusqu’ici conformé en ma présence.

Qu’il ait néanmoins une autre vie cachée, je n’en doute pas une seconde. Tout le monde, pour aussi sincère qu’il ou elle soit, possède un jardin secret, une facette qu’il ou elle ne garde que pour soi ou tout au moins ne partage qu’avec un groupe de personne extrêmement limité. C’est l’instinct de survie à l’œuvre. L’être humain a beau être par nature grégaire et avoir besoin de faire confiance à l’autre pour profiter de sa chaleur, il n’en reste pas moins profondément peureux. Et aucune peur ne surpasse la principale, la première : celle d’être blessé. La douleur que certains accueillent comme une amie quand elle est physique est la pire des ennemies lorsqu’elle est mentale. Personne ne veut être trahi, la peine ressentie lorsqu’une personne vous abandonne étant une des pires qui soient. Ainsi, peu importe toute la confiance que l’on puisse mettre en quelqu’un, certaines choses ne se partagent tout simplement pas. Et ce malgré qu’on désirerait parfois diviser le fardeau par deux en mettant un autre dans la confidence.


-L’observation de ce lieu donne une bonne idée des alliés et adversaires que l’on rencontre dans votre milieu tout autant que des forces en présence, comme vous l’avez déjà déduit. Néanmoins mon retrait de la vie du mercenariat pourrait me conduire à me placer de l’autre côté de l’arène, en effet ; il ne serait nullement question d’argent ou de publicité mais d’un simple… divertissement. Après tout, ne sommes-nous pas ici pour les affaires et par plaisir ?

Sa question m’entraîne à parcourir la salle des yeux. Plaisir et ententes commerciales se mêlent de partout. Qu’il s’agisse d’un mafieux quelconque se délectant d’un combat dont il compte engager plus tard les services du vainqueur. Ou bien d’un participant se remplissant les poches en profitant de l’occasion pour laisser libre cours à ses tendances les plus violentes. Ici, tout est permis tant que l’on suit les quelques règles de la maison. Pas de meurtre ni d’espionnage et tout va pour le mieux. En profiter pour glaner toutes les informations que l’on désire sur ses concurrents ? Libre à nous de nous y adonner. Se préoccuper d’un peu trop près du fonctionnement de la machine ? Mieux vaut l’éviter. A moins qu’il ne s’agisse là d’une façon alambiquée de rechercher le suicide assisté. Auquel cas, il s’agirait d’une méthode fort réussie bien que pas des plus plaisantes. Quitte à mourir, est-ce nécessaire de le faire dans d’atroces souffrances ?

-Je crois bien que c’est ce qui fait l’essentiel du charme des lieux. L’impression de se détendre sans pour autant perdre son temps. Et lorsque l’on vit selon l’équation bien connue que temps égal argent, comme c’est probablement le cas de la moitié si ce n’est plus de la salle, c’est effectivement là un avantage non négligeable, réponds-je donc avec calme.

Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’à force de mêler travail et plaisir, on a de grandes chances de rater les deux. Peut-être n’est-ce là qu’une déformation professionnelle - moi qui m’adonne au business du jeu dans le but unique d’abaisser la méfiance de mes hôtes et leur soutirer quelques informations dont je profite comme il se doit dans un second temps - mais depuis que je suis arrivé c’est comme si le Walhalla, malgré toutes ses merveilles, avait allumé toutes mes alarmes internes. Comme s’il s’agissait d’une belle scène destinée à détourner l’attention du véritable spectacle se déroulant quant à lui en coulisse. Alors peut-être que je suis simplement un insatisfait chronique - ce ne serait pas exactement une surprise - cependant je suis incapable de me sentir parfaitement à l’aise en ces lieux. Ou peut-être n’est-ce que la présence de tant de combattants capables d’en finir avec mes jours en l’espace de secondes qui réactive ma tendance à la paranoïa. Quoiqu’il en soit, je ne peux retenir une réflexion quelque peu cryptique en la matière :


-Néanmoins, à force de vouloir tout mélanger, on finit souvent par ne plus rien avoir de pur.

Je suis volontairement peu clair, décidant de réagir en fonction de ce qu’il en comprendra, voudra en comprendre ou tout bonnement daignera me répondre. C’est qu’il vaut mieux parfois réagir en fonction de son public que de supposer s’il vous suivre dans une voie plus explorée.

Spoiler:
 


Dernière édition par Nikolaï M. Kolyakov le Ven 10 Oct - 16:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Dim 5 Oct - 16:22

Tu détournes les yeux, Nikolaï, tu regardes ce que je t’ai désigné et malgré toute ta perspicacité et l’attention que tu portais à mes paroles tu ne vois pas celle qui importe réellement ; la seule qui importe réellement, devrais-je dire. Tu m’as posée une question, j’y ai répondu en conformité avec ma légende et en explicitant des raisons plus terre à terre, que tu les partages ou non, mais la véritable information t’as échappée. Cela pourrait-être une diversion mais je ne le pense pas : ton regard n’a pas hésité avant de se tourner vers le nouveau monde alors même que je distanciais avec l’ancien ; les indices sont toujours plus difficiles à repérer lorsqu’ils sont donnés directement, n’est-ce pas ? Qu’est-ce qui a bien pu motiver mon retrait du mercenariat, c’est là ce qui importe le plus… c’est là la continuation de cette piste qui t’as déjà menée ici et te conduira ailleurs également, si tu ne la perds pas.

Je t’accorde néanmoins le point concernant ta réponse, le mélange nauséabond du Walhalla est bien ce qui fait son intérêt. Quant à l’équation tempo-monétaire, elle me fait sourire une fois de plus ; le temps n’a jamais réellement été lié à l’argent pour moi, les plus grosses rentrées d’argent c’étant faite bien plus rapidement que les petites considérant que certains meurtres et héritages rapportent bien plus qu’un grand nombre d’autres. Mais pour ceux qui le sont, je comprends parfaitement l’intérêt de cette salle et tes estimations doivent être justes. Regardes-nous, panel certes non représentatif de l’endroit mais correspondant à nos résonnements : tu es ici pour évaluer qui te permettra de faire le plus de profit à l’avenir et doit donc rentabiliser ton temps là où je me tiens ici pour toi et le loisir qu’est l’évaluation de ton potentiel. Tu ne me feras jamais gagner d’argent Nikolaï mais plus que te permettre d’en gagner plus je pourrais faire de toi quelqu’un de bien plus important que tu n’es actuellement. Plus que côtoyer les grands noms je peux te permettre de rencontrer les éminences tout comme t’installer une place au-dessus d’eux ; c’est de l’élite de l’élite que je cherche à faire ma cour et c’est cette piste que tu suis, non sans difficulté. Mais même si tu ne fais pas de sans faute tu peux y arriver, rassure-toi ; tu es déjà ici, après tout.

- Néanmoins, à force de vouloir tout mélanger, on finit souvent par ne plus rien avoir de pur.

Mes yeux noirs continuent de te scruter, abîme moins délavé qu’il n’y parait car les choses qu’il a vues n’ont pas suffit à entamer sa volonté ; on dit que les yeux sont les fenêtres de l’âme et sans doute sont-ils chez moi la chose la plus révélatrice que malgré mon pacte avec la Prédation mon âme m’est restée, transfigurée en autre chose car appartenant à autre chose mais elle est toujours en moi à défaut de réellement m’appartenir.

Mon sourire continue sa présence assurée pour ne pas dire amusé ; joue-je avec toi ? Indiscutablement. Mais tu en fais de même et c’est là tout l’intérêt. Plus que séparer le travail et le plaisir c’est le jeu et son absence que je tâche de ne jamais mélanger car à défaut d’être dénué d’humour je sais traiter les choses comme il le faut et n’ai nullement besoin de tourner en dérision le monde pour l’accepter tel qu’il est. Je suis devenu fou par plusieurs fois déjà et j’en suis revenu avec cette acceptation plus grande de cette réalité qui m’avait noyée. Les immortels se détachent peu à peu du monde et malgré mon siècle approchant je ne suis qu’en transition même si j’ai déjà transcendée une bonne partie de mon humanité comme de mon inhumanité.

- Dans un monde en nuance de gris la pureté ne se trouve que rarement au naturel, il faut la travailler pour qu’elle apparaisse.

Je dirais même qu’il faut transcender une chose pour la percevoir dans toute sa pureté car sans le recul comment la voir dans son entièreté ? Il m’était impossible d’avoir la moindre notion de combien j’étais destructeur par le passé tout comme il me serait impossible de gérer au mieux cette situation si j’y étais simplement ; je ne vis plus dans le présent depuis longtemps, je vis en simultanée dans l’avenir tout en étant ancré au passé par l’expérience. Tu l’es également, tes raisonnements le prouve, et c’est un point positif. Néanmoins c’est là l’apanage de ceux qui ont un plan et Faust n’est pas réellement de ceux-là même s’il est loin d’être un idiot. Après, l’intelligence importe moins que son utilisation et la maximisation des capacités vient avec leur maitrise. Tu es un excellent mafieux mais tu es jeune ; sans doute es-tu plus doué que moi à ton âge même si une telle comparaison considérant nos différents objectifs n’est pas des plus sensées. Je ne suis pas mégalomane au point de penser que je pourrais tout t’apprendre et te vaincre dans tous les domaines néanmoins je sais le faire là où il faut, dans ceux qui importent le plus à la résolution du conflit.

Tu n’es pas une menace Nikolaï et n’as pas cette prétention, n’est-ce pas ? Mais tu testes, tu cherches les limites tout en ayant cette infinie différence avec les autres enfants de le faire dans un objectif précis ; nous changeons de spectacle, c’est le prix de l’interactivité et je l’attends avec mon visage habituel, ou plutôt celui de Faust. Il a suffisamment côtoyé les politiciens pour en comprendre les codes et s’il n’est certainement pas le meilleur il sait se défendre ; et au pire il a cette magnifique méthode expéditive que j’ai usitée dans les plus hauts échelons du Cercle Intérieur avant de le faire mien.

Qu’attends-tu de la pureté ? Il serait logique de dire que comme pour mes propres paroles elle n’est que la diversion mais j’ai l’intuition que si je ne me laisse pas mener je ne saurais pas où tu veux aller ; il n’y a nulle autre alternative en sujet et s’il s’agit de simplement savoir à quel point je suis un boucher sadique d’avoir passées des années à massacrer des gens tu es sur la bonne voie pour comprendre Faust : il n’y a nulle haine en lui, il n’y a pas grand-chose en lui si ce n’est un prédateur, et encore. Les bases du mythe s’appliquent volontairement mais comment concevoir qu’un être comme lui fasse tout cela pour quelque chose d’aussi trivial que le savoir ou puisse trouver la rédemption par l’amour ? Faust n’est qu’un pseudonyme et ce qui est derrière possède nombre de savoir comme la « rédemption » suscitée. Contourne le masque, Nikolaï, c’est un autre moyen que celui que je t’avais offert mais il peut marcher… ou te conduire à ta perte. Je verrais bien, nous verrons bien même, puisque c’est ton tour.
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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Ven 10 Oct - 16:07

Sa réponse me plaît. Qu’elle soit sincère ou non, elle met en avant une philosophie quotidienne qui se rapproche de ma vision personnelle des choses. En ce monde, rien n’est donné, tout reste à construire. Et si l’on désire une quelconque perfection – pour aussi chimérique que cet idéal se révèle être – il n’y a d’autre choix que de la créer soi-même. Le produit brut est toujours un amalgame aux origines indistinctes – mélange que certains s’amusent à renforcer d’autant plus pour brouiller les pistes et emmêler les pinceaux de leurs poursuivants – et il est naïf de croire qu’il suffit de décaper patiemment chaque couche pour découvrir son essence première à la manière d’un cuisiner effeuillant un artichaut pour en atteindre le cœur. L’essence n’est qu’un concept philosophique sans réalité matérielle. Si l’on désire la pureté, on se doit de l’inventer. Le raffinement en soi n’amène rien, il faut avoir en tête l’objectif final de manière à trouver ce que l’on cherche ou bien l’on risque fort de passer à côté de l’essentiel. Ou plutôt de « notre » essentiel. Car c’est bien là qu’est la principale leçon : croire en une réponse universelle à nos problèmes est enfantin, chacun perçoit « sa » solution et pour cela, encore faut-il savoir ce que l’on désire.

Dans le cas présent, je m’intéresse à la présence inattendue et pourtant assez logique d’une légende du milieu mercenaire au sein du Walhalla. Ou plutôt non, soyons précis, je cherche à savoir qui se cache vraiment derrière la figure de Frederick Faust. Car, si je veux bien croire qu’une partie des mythes entourant sa personne sont le fruit de chercheurs à l’imagination débordante, tout bon manipulateur d’informations sait que la meilleure façon d’égarer son public est de distiller des bribes de vérité au beau milieu d’océans de mensonge. Mon premier problème est donc l’apparence physique de l’homme lui-même. Ce monstre qui terrorisait mon enfance il y a de cela plus de vingt ans n’a pas l’air d’avoir atteint la cinquantaine or à moins qu’il ne cache un autre pouvoir, en plus de celui – traumatisant à souhait – de créer des entités à même de dévorer tout sur leur passage, qui lui permettrait de ne pas paraître son âge, quelque chose ne colle pas dans toute cette histoire. De même que son apparition providentielle il y a un peu moins de six mois relève au-delà du simple miracle d’un mystère qui me dérange profondément.

Il n’est en effet pas nouveau que mon besoin de contrôle est d’ordre pathologique – blâmer mon éducation, mon pouvoir ou tout simplement mon foutu caractère n’y changera rien – et vous comprendrez aisément que l’apparition quasi-divine d’un homme dont j’aurais juré qu’il était une légende urbaine il y a encore une demi-année, soi-disant sur la demande de mon père, lui-même à la retraite depuis deux ans, a de quoi perturber tous mes repères. La seule chose qui pourrait faire sens – à moins qu’il ne s’agisse d’une merveilleuse coïncidence comme la vie aime tellement en créer pour nous pourrir l’existence – est que, de ce que j’ai fini par acquérir comme informations sur Faust, la seule qui semble fiable est son retrait de la scène internationale underground il y a deux ans également. Devrais-je déduire que ce sont ces « retraites anticipées » parallèles qui auraient amené Père à se rapprocher de Faust ou bien leur relation est-elle plus ancienne ? Peu m’importe dans le fond, ce que je désire savoir ce sont les motivations de l’homme face à moi. Tout au moins celles qu’il accepte de dévoiler. Parce que j’ai un mal fou à avaler qu’un type dont les capacités extrahumaines et l’aura qu’il dégage lui permettraient de prendre le contrôle du pays, voire du continent en l’espace de quelques semaines se soit contenté de mettre ses talents au service du plus généreux des maîtres. L’appât du gain est une chose mais il n’est en général qu’un moyen d’une fin plus communément partageé : la soif de pouvoir. Or, lorsqu’on possède soi-même un pouvoir de dimension cataclysmique, je ne comprends pas comment s’en mettre plein les poches peut suffire. Peut-être que je suis trop jeune, trop avide ou trop ambitieux pour saisir toutes les subtilités du monde dans lequel se meut Faust mais il n’en reste pas moins que son attitude ne fait pas sens. Ne s’agit-il pour lui que de passer le temps ? Je rebondis donc sur sa phrase pour tenter de lui tirer les vers du nez.


-Encore faut-il savoir dans quel but on travaille. La pureté, comme tout objectif, varie d’un individu à l’autre. Elle est certes un avatar parmi tant d’autres de la recherche effrénée et quelque peu désespérée de l’être humain désirant s’imposer à ses concitoyens comme étant le meilleur dans son domaine de prédilection mais elle n’en reste pas moins fondamentalement distincte chez chaque personne. Tout le problème d’une vie étant bien souvent de trouver quelle est notre perfection. Actuellement, je dirais que la mienne prendrait la forme d’un savoir absolu mais je sais pertinemment que les aspirations de tout un chacun se transforment avec son expérience et Dieu merci, je ne suis par exemple plus le même qu’il y a dix ans.

D’ailleurs qu’est-ce que je ne donnerais pas pour faire disparaître toute trace de l’adolescent dégingandé et mal dans sa peau que j’étais à l’époque, ce crétin trouillard qui s’enivra de son nouveau pouvoir avant d’apprendre à user du recul nécessaire pour ne pas se noyer dans son propre verre d’eau.

-Mais qu’en est-il de votre côté, si ce n’est pas trop indiscret ?

Une fois de plus question large et ouverte pour lui laisser le choix de la prendre par le bout qu’il voudra. C’est prendre le risque qu’il en profite pour m’éloigner du sujet principal mais je refuse de m’approcher de trop près de zones taboues de son existence en spécifiant trop ma demande. C’est que son sourire amusé ne m’a nullement fait oublier la panique intense qui s’empara de moi lors de notre première rencontre jusqu’au moment où il fut à peu près certain que cet être surnaturel n’allait pas s’en prendre à moi et mes hommes une fois sa besogne terminée auprès des Latinos.
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Sébastian von Orchent
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Dim 12 Oct - 12:46

Encore faut-il savoir dans quel but on travaille, en effet. Le chemin se dessine et je le perçois sans trop de surprise, j’ai bien fait de te concéder ce coup puisqu’il me permet de voir ceux que tu as d’avance. Considères-tu d’ores et déjà, comme d’autres avant toi, que tout l’aspect mystique de Faust n’est que pure superstition destinée à embrouiller même ceux qui sont de mon côté ? La mutation a été un coup dur à ma réputation même si j’ai parfaitement saisie l’ironie du sort puisque tout mutant que se soit ce n’est nullement cela qui m’offre mes pouvoirs. Il est question de mes buts, mes réels buts, et cette quête m’est tout aussi bénéfique qu’à toi.

Les objectifs varient et la pureté est subjective, oui, puisqu’à la différence des premiers elle est proche de l’art pour ne pas dire objectifs de certains artistes. Je ne mentirais pas sur la fascination que les massacres que j’ai provoqués ont déclenchée chez moi mais sans doute est-ce là une part de la nature humaine, tant une défense de l’esprit face à des choses qu’il ne voudrait concevoir à l’instant des traumatismes de la guerre qu’un penchant naturel à la destruction sadique d’autrui pour son plaisir personnel. Néanmoins mes massacres n’ont jamais été la fin pas plus que le salaire qu’ils engrangeaient et cela tu le suppose déjà, n’est-ce pas Nikolaï ?

Suis-je le meilleur ? Je l’ai peut-être été dans ce domaine-ci mais il ne m’intéresse plus, j’agis à une toute autre échelle désormais et pour de tout autres objectifs. J’ignore quand j’ai croisée cette échelle pour la première fois, peut-être face à Sinistre ou à l’Ombre dans le Cœur des Hommes, même si l’un comme l’autre n’ont pas réussi à s’adapter suffisamment vite et me conduisent aujourd’hui à être sur cette scène qu’ils croyaient leur et que je fais mienne ; je ne suis pas dupe concernant leur retrait mais je sais que leur retour ne se fera pas sans mon intervention et mes alliances combleront les déficits de cette puissance que j’accrois toujours plus, à chaque confrontation.

Je ne suis pas la perfection ; personne ne puis l’être et on ne peut que tendre vers elle, c’est à cet objectif que s’emploi ma Maitresse dans son domaine et être son Héraut me pousse toujours plus avant dans ce que je te révélerai surement d’ici peu de temps. Cependant mon retrait des meurtres du monde, s’il m’a permit de gagner en puissance, ne me facilite plus la tâche dans mon évolution car sans proie comment s’améliorer à la chasse ? Sans ennemi, comment s’améliorer à la guerre ? Je ne rêve pas d’un monde unifié mais j’ai pour objectif de réunir les principaux protagonistes du monde autour de ma table afin de pouvoir servir à quelque chose dans l’Histoire sans que cela ne soit jamais consigné ; j’écouterai leur parole et les aiderai si elles me convainquent, non comme un mécène mais comme quelqu’un doté d’un pouvoir dont il n’a en définitive rien à faire. Et toi c’est le savoir que tu cherches car il est une forme de pouvoir ; je connais tes méthodes et elles me font sourire, ma fille adoptive ayant les mêmes tout autant qu’une capacité analogue à la tienne. Néanmoins elle a un avantage que tu n’as pas : ma protection. Ta manière d’accomplir tes objectifs risque d’un jour te porter préjudice lorsque tu découvriras quelque chose que tu ne dois pas et que la personne à qui elle appartient décidera que tu seras plus silencieux six pieds sous terre; situation parallèle à celle de mes anciens collaborateurs, même s’ils n’en avaient que le titre.

- Mais qu’en est-il de votre côté, si ce n’est pas trop indiscret ?

- Darwinisme.

Toute ma philosophie, inculquée par mon Léviathan, tient en ce simple mot ; un mot qu’en définitive toutes mes fausses incarnations appliquent à leur manière car c’est ce que j’applique moi-même. Oui, j’aurai pu te répondre que je sers des buts bien au-delà de ta compréhension mortelle pour être dans le rôle sans te mentir mais il s’agit là de demi-vérité car il est plus que simple de comprendre que je ne tue ni pour le loisir ni pour le sport et que s’il se faisait payer Faust en faisait de même, c’était simplement une question d’avoir des cibles désignées et un mécénat.

- L’espèce qui survie n’est ni la plus forte ni la plus intelligence mais celle qui s’adapte le mieux aux changements.

Vois-tu toute la portée de ces dires Nikolaï ? Vois-tu comment un simple concept a pu produire l’un des meurtriers les plus prolifiques de l’Histoire Humaine ? Comprends-tu ce qui fait de moi un être dangereux au-delà de tout ce que j’ai pu faire ? Je suis le Héraut de la Prédation, le Léviathan, je suis le chef de meute d’une Créature dont l’existence se résume à produire des prédateurs toujours plus dangereux et quel milieu plus adéquat que la pègre pour se confronter à des individus à même de me permettre de m’adapter pour leurs survivre, pour devenir leur prédateur ? Oh, la majorité des massacres que j’ai commis ne m’ont rien apportés puisqu’ils étaient pour donner le change, pour continuer à jouer le rôle de Frederick Faust le mercenaire, mais il est des combats qui m’ont conduit à développer de nouvelles aptitudes alors même que je réunissais les fragments dispersés de ma Tutélaire. Et c’est en cela que, désormais que je suis retiré de ce circuit ayant la particularité de valoriser les êtres comme moi, le Walhalla peut être intéressant même si la plupart des spécimens ne sont rien de plus que du divertissement et qu’il n’est possibilité de les ôter de leur potentiel génétique afin de permettre de nouvelles expérimentations et de donner naissance à de nouvelles créatures. Afin de contribuer à une sélection naturelle.

Es-tu capable de voir ce que tout cela signifie, Nikolaï ? Es-tu capable de comprendre que je ne me suis pas retiré du milieu du mercenariat pour une simple question de retraite mais pour quelque chose d’infiniment plus grand ? J’ai changé de milieu et où un être comme moi a-t-il pu atterrir ? A quoi ai-je bien plus m’adapter ? Faust était limité à ce qui le définissait dans ton monde et il s’est transfiguré dans un autre à présent, il est devenu autre chose sans rien avoir perdu. Il est devenu moi, je suis redevenu moi. Autrefois je me tenais un genou posé sur une terre parsemée des cadavres que j’y avais éparpillé pour les être auxquels je faisais révérence, aujourd’hui je me tiens au-dessus d’eux sur un trône noir que la plupart va jusqu’à ignorer l’existence. Je suis un monument car j’ai réussi à m’ériger comme tel. Cela m’a prit deux ans. Et toi Nikolaï, réussiras-tu ? Si oui, en combien de temps ?

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Ven 17 Oct - 15:57

Ah, le darwinisme social. Une doctrine qui a fait bien des adeptes de par le monde et ce dans toutes les familles politiques. Après tout, derrière le libéralisme politique de beaucoup pour qui capacité civique et richesse sont liées selon le principe que seul celui qui possède dans l’Etat se préoccupe du bien de ce dernier, n’est-ce pas le désir de purger la société de ses éléments les plus indésirables qui se fait jour ? Et que dire du Fuhrër lui-même qui aurait poussé la folie jusqu’à déclarer depuis le fond du bunker dans lequel il se suicida quelques jours plus tard – seule solution à la chute du peuple auquel il avait lié sa destinée ? – qu’ayant perdu la guerre, les Allemands étaient voués à disparaître, le faible cédant toujours la place au fort. Mais sans me perdre dans des considérations historiques que j’affectionne dans mon temps libre, j’ai grandi dans un milieu appliquant bien trop férocement les lois de ce très Charles pour douter un instant de la véracité de ses dires.

Le moindre signe de faiblesse du dirigeant y est ainsi traqué par des subordonnés au flair sans borne et aux ambitions encore plus immenses. Toute loyauté se doublant alors d’une certitude consciente ou non que le chef est plus puissant que soi. Et lorsque le moindre doute s’insinue dans l’esprit du « petit peuple », la débandade n’est jamais loin. J’en veux pour preuve le « coup d’Etat » intrafamilial dont Père fut l’objet lorsqu’Alekseï se considéra suffisamment fort pour le reléguer au second plan. Il n’en reste pas moins que les soubresauts de ces derniers mois ont remis en cause la plupart de mes certitudes sur la question, me laissant entrevoir un autre moyen de garder le pouvoir en passant pour plus faible que l’on n’est. La nature sait user de toutes sortes de ruses pour échapper à ses prédateurs et Mr Faust l’a très bien dit, nulle besoin de force ou d’intelligence supérieure pour survivre. Il suffit de savoir anticiper les changements à venir pour agir en conséquence. Or, plus le temps passe, et plus je mets à considérer que Père a toujours su qu’Alekseï le supplanterait un jour – ils se ressemblent trop pour que ce ne fût pas le cas – et c’est pourquoi il l’a laissé faire, adoptant une position volontairement secondaire pour mieux devenir une sorte « d’éminence grise » aux pouvoirs bien moins limités que nous ne le croyions tous.

Qu’en est-il pour autant de Faust ? Le darwinisme est-il conciliable avec une profession de mercenaire ? Tuer sur contrat permet-il réellement de procéder à une épuration sociale ? Même en choisissant ses contrats – ce dont je ne doute pas une seconde en ce qui le concerne – cela me semble un peu complexe. Certes, on se confrontant à nombre d’adversaires, on peut soi-même s’épurer progressivement mais est-ce là l’objectif final d’un darwiniste ? S’agit-il de créer l’être parfait ou la société parfaite ? Et bien plus important encore, quoiqu’il en soit, de quelle manière influencer sur la sélection naturelle et/ou sociale en quittant le milieu du crime organisé ? Car c’est bien ce que j’ai déterminé de mes recherches sur l’homme. Malgré une ou deux apparitions sporadiques, cela fait quelques années qu’il n’a plus vraiment fait parler de lui dans le milieu. Alors selon quelles méthodes s’adonnerait-il à son passe-temps ? A moins bien entendu qu’il ne soit plus intéressé par l’observation que l’action en elle-même.

Les darwinistes auto-proclamés oublient en effet bien souvent que Darwin était un scientifique, un biologiste qui se contenta - dans la mesure du possible - d’observer les espèces dans leur environnement, sans pour autant chercher à provoquer une quelconque évolution. En bon savant, il étudia longuement son sujet avant d’exposer ses thèses non pas dans le but de changer le présent mais seulement de l’expliquer. Ce furent ses descendants spirituels – comprendre les différents intellectuels qui se prétendirent rattachés à sa pensée – qui élargirent ses conclusions logiques dans un but performatif. Pour ne citer que la plus célèbre et probablement la plus funeste de ces réalisations, on peut penser à l’eugénisme. Sauf que j’ai du mal à concilier l’image de Faust – aussi bien celle mythique dont je me suis gorgé toute mon enfance que celle plus réaliste que j’ai construite patiemment des bribes de sa personnalités saisies lors de deux brèves rencontres – avec celle d’un homme se débarrassant des plus faibles. Il me semble plutôt du genre à ne tout simplement pas leur accorder son attention, se contentant de déterminer qui sera le plus fort à partir d’une nouvelle échelle de valeurs qui lui serait propre.

Cette échelle est-elle uniquement mutante, la question me taraude. Car nul besoin de se référer aux comparaisons ô combien métaphoriques dont raffolent ces messieurs-dames confréristes entre la guerre qu’ils considèrent lancée entre « humains » et « mutants » et la cohabitation dont on ne sait si elle fut pacifique ou non entre Néanderthal et Homo Sapiens mais qui mena pour sûr à la disparition des premiers par manque d’adaptation au milieu pour se rendre compte que l’apparition du gène X a redonné une vigueur nouvelle à tous les types de darwinismes. C’est qu’assister aux plus grandes évolutions génétiques de l’espèce humaine a connu depuis des millénaires peut faire cet effet-là. Personnellement, je suis loin d’être convaincu puisque bien des mutants ne sont pas du tout adaptés à la vie en société pour ne pas dire à la vie tout court, mais cet avis n’engage que moi. Je décide donc de ne pas me lancer dans ce qui risquerait de tourner au début idéologique avec un être dont je sais encore trop peu de choses si ce n’est qu’il peut se débarrasser de moi en un clignement d’yeux et me contente d’une question a priori simple mais qui renferme les germes de toute une prise de position.


-Mais considérez-vous faire partie de cette fameuse espèce ou préférez-vous chercher à l’apercevoir aussi chez d’autres à travers vos multiples rencontres dans l’optique d’une adaptation toujours continue ?

Car là est toute la question. Faust est-il un individualiste dont la recherche d’un pouvoir toujours plus grand n’est que l’assouvissement d’un désir égoïste ou ce dernier se double-t-il d’une vision plus large du monde cherchant à l’englober dans sa totalité pour mieux en saisir toutes les opportunités ? Autrement dit, est-il un homme assoiffé de pouvoir simplement plus brillant que les autres ou, puisqu’il se définit comme tel, est-il un véritable darwiniste par conséquent jamais satisfait de sa forme présente et en constante recherche d’un toujours plus, d’un toujours mieux ?
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Sébastian von Orchent
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Sam 18 Oct - 15:59

Je te donne à réfléchir, beaucoup à réfléchir, et tu le fais en toute honnêteté ; nous avançons donc toujours un peu plus. Qui mène la danse ? Tu poses les questions mais cela signifie-t-il que c’est toi, Nikolaï ? Nous progressons sur une voie que tu as choisie mais j’y marche de mon plein gré en pleine conscience et en use à mes fins. Fins qui, certes, te seront bénéfiques mais pour l’instant nous n’y sommes pas et tu en ignores tout.

Je suis un darwinisme autoproclamé et plus qu’étudier l’évolution je ne m’intéresse qu’à une partie de cette dernière pour un seul être qui plus est, cela est peut-être une traitrise à la doctrine originelle mais Celle que je sers est plus ancienne que l’était notre théoricien et je ne suis rien de plus qu’une expérience ici-bas. Peut-être cette volonté fait-elle d’Elle comme de moi des évolutionnistes plus que des darwinistes mais il ne faut pas oublier l’une des principales règles de notre mode de fonctionnement : une chose n’est une chose que parce qu’on la nomme ainsi. Je m’autoproclame « démon » également, une chose qui assurément n’existe pas telle que le commun le conçoit mais qui lui permet de classifier certaines choses qu’il ne comprend pas d’une désignation toute faite. Ce n’est pas un mal, je l’ai moi-même fait durant trois quart de siècle avant de suffisamment progresser pour devenir ce que je suis aujourd’hui. Lorsque je repense à mon passé ce n’est pas sans un certain dédain d’ailleurs mais l’apprentissage a été long et il a fallut que je m’extrais de ce que j’étais pour y revenir changer ; la plupart des gens partent sur un média tel la littérature ou le cinéma, moi j’ai eu le droit à la folie ; moins cher, plus personnel, sans doute plus efficace aussi. Mais impossible à adapter à notre chère société de consommation, magnifique outil dont je n’ai que faire mais que je tâche de partager avec des talents même si j’ai la bonne intelligence de chercher à les garder sous ma coupe. Faire le « darwiniste » me suffit.

- Mais considérez-vous faire partie de cette fameuse espèce ou préférez-vous chercher à l’apercevoir aussi chez d’autres à travers vos multiples rencontres dans l’optique d’une adaptation toujours continue ?

Nouveau sourire alors que plus qu’être pertinente ta question m’amuse non dans sa prévisibilité mais le fait que tu persévère sur ta voie, ne perdant nullement ton objectif de vu malgré tout ce qui peut te passer par la tête entre temps. Quel dommage que tu sois tant obnubilé par l’individu plutôt que par ses actes mais au final, à creuser sur Faust tu en arriveras à ce qu’il fait même si, en définitive, je suis le seul qui décidera si à gratter la surface tu trouveras ce qu’il y a derrière ou tombera sur un mur. D’ordinaire, je choisi le mur, mais il est plus dans nos intérêts de te laisser entrapercevoir l’abîme, de te laisser m’entrapercevoir moi.

- A votre avis, Nikolaï ?

Je te renvoie la balle, oui, mais je ne le fais pas par détournement ; s’en serait trop facile et je suis meilleure joueur que cela. Néanmoins les hypothèses que tu supputeras seront intéressantes même si je doute que tu ne les formules en ma présence. Je te laisse un temps, si l’envie de le faire te prenait, avant de poursuivre.

- Où sommes-nous ?

Le Walhalla, l’arène moderne des pires mutants et humains criminels de New York, n’est-ce pas suffisamment explicite quant à mon rôle aux considérations que pour l’heure je me suis tenu en simple spectateur de tout cela ? Les Confréristes tendent à le dénigrer puisqu’il est un repère d’indésirables sociaux qui est tout aussi nuisible à leur idéal de société nouvelle qu’il l’est à celle-ci, les X-Men connaissent son existence et se tiennent sagement à distance considérant qu’ils ne sont pas sure de remporter une bataille sans subir de perte, les Purificateurs ignorent tout de cet endroit sans quoi il n’y aurait plus vraiment de problème avec eux, le BAM également et il faut que cela reste ainsi sans quoi on tombera dans une situation analogue à celle des X-Men, quant aux Maraudeurs et au HellFire Club… un pied à terre semble naturel. Après je ne dis pas que la Confrérie et les X-Men ne possèdent pas quelques uns de leurs membres inscrits mais ce sont-là des êtres dont l’allégeance va plus à un clan qu’à son idéologie et qui ne l’ont généralement pas comprise, ou alors ils n’en ont rien à faire. C’est là l’avantage de ne croire en rien et d’accepter les choses telles qu’elles sont, cela offre une ouverture d’esprit et une possibilité de saisie des opportunités bien plus grande. Mais tu le sais aussi bien que moi, n’est-ce pas Nikolaï ?

Plus que des hypothèses, le temps est venu aux déductions. Celui que tu as en face de toi n’est nullement l’être qui acceptait n’importe quel contrat tant que l’on respectait ses tarifs et sans avoir rien à faire des conséquences que cela engendrerait tant qu’il en tirait du bénéfice, ce n’est pas un être assoiffé de pouvoir personnel cherchant à dominer ou à tuer sans autre fin que cela. Fais-je partie de cette fameuse espèce qui s’adapte toujours ? Indiscutablement. Cherche-je à l’apercevoir aussi chez les autres dans l’optique d’une adaptation toujours continue ? Egalement. Je cherche des talents pour leur offrir la chance de progresser encore et c’est pour cela que tu es là, je t’ai observé et ai vu en toi le potentiel nécessaire à faire partie de ma cour ainsi ai-je manœuvré pour que nous soyons ici et que tu subisses quelques épreuves afin de voir tes capacités d’adaptation. Non, tes pouvoirs n’évoluent pas comme les miens et non je ne cherche pas à faire de toi un prédateur toujours plus performant, j’impose à mes collaborateurs des normes bien moindre qu’à moi-même et à dire vrai ce n’est même pas moi qui cherche à devenir toujours plus dangereux ; c’est là mon marché avec la Prédation. Elle a tenue sa part du contrat en me ramenant ma femme, je continuerai à tenir la mienne en étant Son Héraut et ce lieu pourra m’aider. Mais je n’en suis pas encore là ainsi pour l’heure ma présence ici est toujours effective pour la même raison et c’est cette raison que j’écoute parler.

Devrais-je relancer la conversation ? Tant que nous en restons à un niveau purement oral il nous est possible de nous trouver à court de mots mais je me doute bien que ma réponse entrainera de nouvelles questions tout comme j’ai espoir qu’elle te fasse progresser sur la voie de ce qui m’occupe en-dehors de ce lieu ; qu’est-ce qui est mieux pour quelqu’un comme moi que le Walhalla ? Je pourrais y passer ma vie à casser des têtes avec une productivité discutable mais non, je n’y viens pour l’heure qu’afin d’observer. De ce que tu en sais ; hors en savoir toujours plus est ton objectif, tu l’as dit toi-même.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Sam 25 Oct - 10:40

J’ai la désagréable impression d’être un enfant dont les questions naïves sont patiemment redirigées dans la bonne direction par un adulte en sachant plus mais désirant amener le plus jeune des deux à découvrir la vérité par lui-même. Impression qui est sans nul doute liée au fait que ma comparaison n’en est pas vraiment une. Aux yeux de Faust, je relève très probablement de la cour de récréation et, pour une raison ou une autre, il a décidé de revêtir l’habit du maître pour m’entraîner sur ses pas et arriver – peut-être ? – à ce que je découvre une partie de son univers. La question me taraudant étant pourquoi cette soudaine envie de maïeutique ? Qu’est-ce qui l’a poussé à m’autoriser à passer du temps à ses côtés et, bien plus important encore, pourquoi cet intérêt sorti de nulle part pour ma personne ? Car si je suis loin d’être un adepte de la fausse modestie – je serai même tout le contraire – je n’en suis pas pour moins parfaitement conscient de ma réelle valeur. Je m’arrange simplement pour être un des rares à connaître ce détail précis. En effet, pout en imposer, mieux éviter d’afficher ses faiblesses aux yeux de tous.

Sauf que Faust m’a vu au plus bas donc il ne sert à rien de tenter de l’impressionner. Il sait déjà parfaitement ce que je vaux et ce que je ne vaux pas. D’où le retour à ma question initiale : pourquoi porter ses vues sur moi ? Qu’ai-je de plus qu’un autre qui entraînerait ce darwiniste auto-proclamé à m’accorder de son temps ? Car, soyez sûrs que si ma présence à ses côtés se révélait être un souci, il me l’aurait fait comprendre depuis longtemps.

Décidant que certaines questions ne m’amèneront nulle part sans plus d’indices pour leur trouver une réponse, je décide cette fois-ci d’inverser les rôles et de suivre le chemin qu’il m’a tracé. C’est étrange comme sensation, moi qui suit habitué à ne jamais m’aventurer que là où je sais comment ressortir. Et pourtant, me voici près à suivre Faust dans des terres qui pour aussi théoriques qu’elles restent pour l’instant n’en sont pas moins complètement inconnues à mon bataillon. Autrement dit, je prends le risque de me laisser emporter dans des eaux dont je ne pourrais m’échapper et je le fais de mon plein gré, bien obligé de reconnaître que je suis tout bonnement incapable de résister à l’attrait du danger que représente Faust. Il faut croire que mes tendances autodestructrices ne me quittent jamais vraiment.

Alors que mes pensées se redirigent vers le Walhalla et la raison réelle pour laquelle un homme de l’envergure de Faust s’y trouverait outre que pour faire passer le temps, je ne peux m’empêcher de me demander si ce sentiment d’être sur le point d’ouvrir mon esprit à quelque chose de bien plus grand est une simple illusion ou la promesse d’une découverte révolutionnaire. Quoiqu’il en soit, petit à petit les bouts du puzzle qu’il m’a distillés depuis le début de notre conversation commencent à prendre forme, s’installant sagement les uns à côté des autres pour former une vague silhouette. Celle d’une possibilité qui m’attire tout en me terrifiant, exactement comme son créateur. Or, étant donné que je suis tel le papillon s’approchant du feu pour s’y brûler les ailes en présence de Faust, l’idée de pénétrer un peu plus loin dans son monde sonne comme l’apparition du Saint Graal à mes oreilles. Autrement dit, comme un miracle trop beau pour être vrai et auquel on ne peut pour autant s’empêcher de vouloir croire.

C’est qu’une seule explication logique permettant de donner sens aux bribes de réponse lâchées avec attention par Faust s’impose à moi. Frederick Faust, mercenaire extraordinaire, serait en train de créer sa propre équipe. Et, effectivement, quel meilleur endroit que le Walhalla pour dénicher les deux ou trois perles rares dignes de rejoindre ses rangs ? Car, depuis que j’ai pu assister à une petite démonstration de l’étendue de ses pouvoirs, je sais que sa réputation n’est nullement surfaite. Il est bien le surhomme que la légende a fait de lui. Ou plutôt le surmutant. Car les surhommes sont désormais légion dans les rues de la Grosse Pomme. D’où certainement, la volonté d’écrémer les candidats de la manière la plus rapide qui soit en assistant à des combats entre les plus puissants d’entre eux.

L’excitation grandit en moi à mesure que l’idée prend forme. D’un côté, j’ai peur de me laisser emballer dans une conjecture qui resterait à l’état de supposition mais, de l’autre, les possibles ouvertes par une telle organisation sont si grandes et horrifiantes à la fois que je sais mon regard devenu soudain brillant. Imaginez tout ce qu’une équipe dirigée par un des hommes les plus puissants de notre temps pourrait réussir ? En exagérant un peu, la conquête du monde ne serait pas si inatteignable que cela.

Mais soudain un élément factuel me fait retomber sur terre. Si mon hypothèse est juste, qu’aurait à gagner Faust à m’en faire part ? Et surtout, a-t-il l’intention de me laisser repartir en vie désormais que j’en saurais un peu trop ? Car, lorsque l’on poursuit le savoir comme but ultime comme moi, on sait pertinemment quelle est la puissance de ce dernier. Il est donc évident que certaines informations peuvent vous valoir plus d’ennuis que tout autre chose au monde, voire vous mener directement en enfer. C’est donc complètement sur mes gardes et avec toutes mes défenses, physiques comme mentales, levées que je pose LA question. Après tout, si Faust décidait de se débarrasser de moi, je doute que je ferai le poids mais il ne sera pas dit que je rejoindrai l’autre-monde comme un idiot qui n’a pas vu la faucheuse arrivée.


-Seriez-vous ici pour la même raison que tant d’autres avant nous ? Auriez-vu pris votre autonomie définitive ? Chercheriez-vous à recruter ?
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Sébastian von Orchent
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Sam 1 Nov - 20:13

Tu te tends avant ta question mais elle finit par venir. Tu te tends au point que cela transparaisse, tu te tends sur le plan physique comme sur le plan mental, tu sens qu’il se passe quelque chose que ce soit d’instinct ou d’intellect et il semble que nous arrivions au tournant. Suspens, suspens, quand tu nous tiens…

- Seriez-vous ici pour la même raison que tant d’autres avant nous ? Auriez-vu pris votre autonomie définitive ? Chercheriez-vous à recruter ?

Tant d’autres avant nous, je n’y réagis pas réellement. C’est un fait qu’on ne puisse pas venir dans un lieu comme le Walhalla voir le monde lui-même pour faire de l’inédit, l’on réadapte toujours une idée ou un concept qu’un autre être, vivant ou non, a eu ou déjà eu. Néanmoins je suis ancien, plus ancien que le Walhalla lui-même, et il peut sembler insultant de réduire quelqu’un comme moi à ce qu’une norme à put faire. Mais n’est-ce pas là le pire, savoir se fondre dans la norme alors même qu’on ne peut en être plus différent ?

Aurais-je prise mon autonomie, je ne peux m’empêcher de sourire. C’est un fait mais je ne l’ai pas prise de la façon dont j’aurai du le faire. Je n’ai pas choisi de me retirer pour former ma propre entreprise, je n’ai pas choisi d’évoluer dans un autre cercle, je n’ai pas décidé de devenir ce que je suis aujourd’hui. Je me suis adapté ; mes errances dans ton monde m’ont conduit à une nouvelle allégeance bien plus importante et qui n’avait nullement le désir de me partager, j’ai gravis les échelons de ce nouvel endroit sans en convoiter le pouvoir, simplement parce qu’il est dans ma nature de progresser. Puis je me suis rendu compte que ce n’était pas le cas de mes pairs et lorsqu’on introduit une nouvelle espèce, plus dynamique, dans un milieu on rompt son équilibre jusqu’à ce qu’il s’en forge un nouveau. J’ai phagocyté le Cercle Intérieur parce qu’ils n’ont pas su s’adapter à mon arrivée, parce qu’ils m’ont laissé évoluer en leur sein sans en faire de même. Je devais être leur chien de garde, je suis devenu leur prédateur. Et aujourd’hui je tâche de repeupler cette forteresse que j’ai purgée de son impotence.

Oui, je cherche à recruter et c’est cela qui me fait le plus sourire : nous avançons sur la voie que je voulais à en suivre tes raisonnements et tes doutes. Tout est à sa place et tout avance selon ma volonté vers une chose que je suis seul à connaitre. Je cherche à recruter et nous en sommes donc à l’aube de la raison de ta présence ici. Tu vas comprendre, ma seule réaction a du suffire à te faire comprendre.

- Les choses ne sont guères plus compliquées, en effet, répons-je avec ces demi-vérités qui m’amusent dans leur emploi.

Je me réinstalle un instant et profite du suivant pour prendre une gorgée de mon verre, te laissant le temps de réfléchir à toutes les implications qui viennent de se dévoiler à toi. Tu as découvert le Walhalla ce soir, oui, tu as découvert un nouveau visage de la pègre Newyorkaise mais surtout tu à découvert que parmi les légendes ce cache des fonds de vérités tout autant qu’elles dissimulent d’autres choses. Parviendrais-tu à tout démêler à partir de cela, à comprendre pourquoi je m’adresse à toi ou même suis intervenu six mois plus tôt ?

Les secondes passent et il est plus qu’explicite que je te laisse tirer tes conclusions néanmoins je finis par reprendre alors que mon visage laisse entrevoir combien je suis plus que le limité Faust. Les yeux sont les fenêtres de l’âme, j’ai vendue mon âme même si elle ne m’a pas été retirée et s’ils sont suffisamment sombres pour pouvoir être comparés à l’abîme ce n’est nullement lui qu’ils reflètent mais bien le monde, cru et nu ; est-ce deux choses différentes, au final ?

- Je suis ici à la recherche d’autres personnes non pas comme moi mais disposant d’une « morale » similaire, ce qui me différentie de ce que la plupart viennent faire puisqu’il ne s’agit nullement d’un vulgaire contrat de mercenariat.

Il est temps pour moi de jouer agressif et c’est ce que je fais alors qu’une fois que tes suppositions ont été construites je dévoile toujours plus de ce que je veux dévoiler, répondant à tes questions avec une concision bien moins taciturne et semblant moins impénétrable qu’auparavant ; mais donner plus d’éléments n’aide nullement si l’on s’y perd et ils me permettent de me démarquer du commun. Je ne réponds ni par oui ni par non mais par cette complexité suscitée puisqu’elle permettra d’entrevoir bien plus que des réponses fermées.

- J’ai prise mon autonomie de ce milieu, en effet. Néanmoins cela ne signifie pas que je m’en sois détourné ou y ait perdues mes connaissances.

Non, cela signifie que j’agis désormais à une autre échelle et ne m’agenouille plus devant personne d’humain pour quelque raison que ce soit. Mes activités se sont diversifiées et mon champ d’expertise aussi alors même que je suis devenu bien plus que ceux qui se croyaient mes supérieurs ne pourront jamais le rêver. Je me suis emparé d’un pouvoir dont je n’ai que faire simplement parce que je refusais de le laisser entre des mains inaptes à l’utiliser correctement et parce que lesdites mains n’ont su réagir à mon ascension, elles ont bien tenté d’en profiter mais n’ont pu se rendre compte qu’à me laisser ou m’aider à éliminer des obstacles ayant les mêmes défauts qu’eux ils se condamnaient eux-mêmes.

- Je cherche à recruter car désormais que je ne suis plus le serviteur il est temps pour moi de trouver suivants et collaborateurs, car une entreprise, quelle qu’elle soit, a à gagner à étendre membres.

Je fais silence, ayant répondu à tes hypothèses que je ne connaitrai jamais avec un aspect de moi que tu commence à peine à découvrir. Tu me laisse la main, n’est-ce pas ? Soit, il est temps de dévoiler combien ce tour est un tournant avec la véritable raison de tout cela. Et cette raison arrive, tenant en quelques sobres mots dont les notions ont déjà été évoquées précédemment.

- Certains Darwinistes pensent que la nature évolue par compétition, d’autres par association. Dans quel camp vous rangez-vous, Nikolaï ?

Il y a une bonne réponse à cette question, celle du monde. Es-tu de mon bord ?

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Mer 5 Nov - 18:15

Mon excitation va grandissant alors qu’il confirme mon hypothèse et que je dois me faire violence pour ne pas apparaître tel le fanboy moyen. C’est qu’il est difficile de prendre conscience du sérieux de la situation lorsqu’un rêve d’enfance devient réalité. Surtout que mon enfance – pour aussi particulière qu’elle ait pu être - ne remonte après tout pas si loin. Cela fait mine de rien moins d’un an que je célébrais mon quart de siècle. Imaginez-vous donc à ma place si on vous expliquait que la figure mythique de toutes vos élucubrations adolescentes s’apprêtait à monter sa propre organisation. Ce serait un peu comme dire au gamin lambda que Cyclope ou Wolverine seront présents à son anniversaire. A la différence que mon exaltation reste intériorisée, à l’exception notable de la lueur fébrile qui s’allume dans mon regard.

Inconsciemment, je laisse ce dernier parcourir la salle en tentant de deviner qui a pu attirer son attention jusqu’à maintenant. Parce que je ne suis pas assez stupide pour croire une seconde qu’un homme de sa trempe se contentera de mutants surpuissants. En termes de force brute, je suis convaincu qu’il est suffisant à lui tout seul. Non, vous pouvez être sûrs qu’il recherche des êtres particuliers, combinant différents atouts tant physiques qu’intellectuels : de bons stratèges, des ambitieux, des rusés, des personnes malléables et flexibles. En un mot comme en cent, capables de s’adapter.


-Je suis ici à la recherche d’autres personnes non pas comme moi mais disposant d’une « morale » similaire, ce qui me différentie de ce que la plupart viennent faire puisqu’il ne s’agit nullement d’un vulgaire contrat de mercenariat.

Qu’est-ce que je disais ? En plein dans le mil. En bon darwiniste auto-proclamé, il recherche des partenaires aux ambitions similaires aux siennes avec qui l’association temporaire ou permanente se révèle productive. Des hommes et des femmes n’ayant pas peur de se mouiller pour leurs objectifs sans pour autant se révéler inconscients et dangereux pour l’ensemble de l’organisation. Qui sait, si cela se trouve, il cherche moins à créer un groupuscule à sa botte qu’une entreprise à laquelle chacun de ses membres gagne à participer. Une équipe liée par des liens aussi forts que ne le seraient leurs objectifs communs. Autrement dit, un lieu de rassemblement auquel il ne serait pas nécessaire d’accorder tout son temps mais vers lequel les conséquences de chacun de vos actes devraient néanmoins converger à plus ou moins long terme. L’entreprise ultime d’évolution. Du moins, telle que je me la représente. Car, force est de constater que j’ai ici plus décrit ce que je voudrais comprendre de ce qu’il m’a dévoilé jusqu’ici qu’autre chose. Cela correspond-t-il à sa vision des choses ou non, c’est là une toute autre question.

En parlant de questions, la sienne me tire de mes supputations et ma réponse est automatique.


-Celui de l’association sans hésitation aucune. Je viens en effet d’un milieu très « old school » et pour ceux qui m’ont élevé, la compétition n’est que la solution de rechange lorsque l’alliance n’est pas envisageable. On perd bien trop de temps et de moyens à se battre lorsqu’un accord bien négocié peut déboucher sur une coopération des plus profitables pour toutes les parties impliquées. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas se méfier de ses partenaires, c’est tout le contraire même, mais savoir évaluer les risques pour déterminer lorsque les avantages sont supérieurs aux inconvénients est ce qui fait un businessman digne de ce nom.

En effet, contrairement aux requins de la finance ou encore aux chefs de cartels qui n’avancent que sur les cadavres de leurs adversaires, je fais partie de la mafia et cela implique une méthode totalement différente. Le terme anglo-saxon en clarifie toute la pensée : « organized crime ». En d’autres termes, sans ordre, pas de profits. L’anarchie et la violence incontrôlée sont peut-être viables lorsque l’on s’adonne à un trafic aussi rapidement rentable que celui de la cocaïne pure mais lorsque vos ambitions volent plus haut que l’idée d’être un simple dealer de catégorie supérieure, il convient de voir plus loin que le bout de son nez. Et de savoir s’entourer correctement d’hommes de valeur similaire à la vôtre et non seulement de sous-fifres interchangeables. Toute la difficulté étant de ne pas se faire supplanter en sous-estimant un concurrent plus doué que soi.

Mais assez déblatéré silencieusement, il est temps de tenter le tout pour le tout. Que notre rencontre ce soir soit le fruit du hasard, de la providence ou de forces encore plus obscures, j’ai bien l’intention d’en profiter. Et ce d’autant plus désormais que je sais que les objectifs – tout au moins les déclarés – de Faust sont compatibles avec les miens. C’est que si je n’essayais pas au moins d’offrir mes services, je m’en voudrais à vie. Néanmoins, j’ai encore deux doigts de jugeote pour savoir que me jeter dans la gueule du loup sans aucune protection serait un mouvement d’une stupidité sans nom, digne d’un débutant complet. Je commence donc par chercher à me faire une meilleure idée de ce qu’il recherche. Il ne manquerait plus que je suppose pouvoir lui être d’une quelconque idée pour me faire rembarrer violemment. Mon ego ne s’en remettrait tout bonnement pas. Et il s’agit d’une partie fort importante de moi.


-Et donc, jusqu’ici, avez-vous aperçu des candidats potentiels correspondant à vos critères ?
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Sébastian von Orchent
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Dim 9 Nov - 16:18

- Celui de l’association sans hésitation aucune.

Quel dommage, si c’est la réponse la plus évidente ce n’est nullement celle correspondant à mon parti-pris. Il faut se méfier du binarisme manichéen, il n’est jamais deux solutions mais tout un spectre allant d’un extrême à l’autre : le monde n’est ni noir ni blanc mais de nuances de gris dont l’un comme l’autre sont les extrêmes. Tu te rattrapes, Nikolaï, par l’explicitation du pourquoi et du comment, de ce qui t’as conduit à répondre cela comme de ton interprétation personnelle du cela. Néanmoins la réponse est donnée et nous ne sommes donc pas du même bord ; pas réellement du même bord puisqu’une fois encore, il faut garder la mesure des séparations des choses.

Ta vision est encore trop simple, trop jeune, car la théorie que l’on t’a enseignée vise à te maintenir dans le giron familial là où je m’acharne à combiner compétition et coopération ; car oui, je tourne à l’un comme à l’autre fonction de la situation et de ce qui est le plus profitable. Oh, bien sur, il faut garder ses alliés proches sous surveillance tout autant que déterminer les avantages et les inconvénients mais je suis moins limité que toi dans le domaine, il semblerait. Et par limité je n’entends pas une quelconque dépréciation, non, simplement que mes limites sont bien moindres que les tiennes ; la compétition m’est utile, c’est une bonne motivation et à faire compétition à l’encontre des Maraudeurs j’ai réussi à théoriquement faire coopérer au sein du HellFire Club la Confrérie et les X-Men, même si ni l’un ni l’autre n’ont pour l’heure tenus leurs engagements me laissant ainsi tout loisir de continuer mes plans indifféremment de leurs avis qu’ils semblent assumer comme dispensables. Ils ne sont pas des businessmen mais des idéalistes, c’est un fait, ainsi donc n’auront-ils droit au chapitre de mon business tant qu’ils n’auront pas tenue leur part du contrat et envoyé leur représentant, quel qu’il soit. Leur seule chance est leur monopole idéologique et le fait que je m’intéresse à eux pour l’heure, sans cela leurs avantages ne seraient pas forcément supérieurs à leurs inconvénients mais peut-être le constateras-tu toi-même un jour. Qui de vous rejoindra en premier le Cercle Intérieur ? Je ne préfère pas me risquer à des pronostiques considérants le temps qu’ils ont déjà perdu.

Le silence suit tes mots en un commencement de décès de conversation dont je n’inverserai nullement le destin ; j’ai considérée ta réponse et ne m’en suis pas caché même si j’ai tâché d’être impassible quand aux conclusions que j’en ai tirées, conclusions qui en sont encore obscures pour l’heure. Non fonctionnons différemment, c’est un fait, mais est-ce un problème en soit ? Ce serait idiot de considérer cela comme éliminatoire alors qu’on inclut des critères d’adaptation. Que considères-tu, Nikolaï ? Le fait que m’avoir donnée une bonne réponse ou une mauvaise puisse t’ouvrir une potentielle collaboration avec moi et les miens ?

- Et donc, jusqu’ici, avez-vous aperçu des candidats potentiels correspondant à vos critères ?

Je souris, mes lèvres se tordant pour dévoiler quelques dents blanches sur une partie de ma bouche mais une partie seulement. Mes doigts se croisent à nouveau et mes yeux restent fixés sur toi pour te faire comprendre ce que tu sais déjà, sans quoi ta question n’aurait pas de sens te connaissant. Tu cherches le savoir car le savoir est le pouvoir, quel intérêt de savoir si j’ai plusieurs candidats alors que tu peux savoir si tu en fais parti ?

- Plusieurs, dis-je donc avec une simplicité réductrice avant de laisser à nouveau tomber un silence relatif considérant le lieu et ses bruits de fond.

La musique correspond à la violence de ce qui s’y passe et la foule également, nous sommes revenus à la Rome Antique et ses combats de gladiateurs avec un sénat tout aussi corrompu et des vices guères plus évolués. Nos alcôves nous permettent la discrétion nécessaire à ce genre d’endroit mais de nous isolent pas non plus de cette masse grouillante, odorante et gesticulante qui telle une mer contient quelques prises qu’à ramener dans mes filets je pourrais faire progresser. Ironie de savoir que c’est grâce à moi que tu es arrivé ici, toi qui ne corresponds pas à ce que je viens y chercher généralement puisque tu es toi-même au Walhalla pour recruter non être recruté. Oh, bien sur, ce lieu étendra ton réseau à de nouveaux mafieux et pointures de ton milieu mais il ne t’en sortira pas. Le Walhalla t’offrira les baffons de New York City. Le HellFire Club l’élite du monde. J’ai déjà comparé ton parcourt à celui de Dante, se me semble, qui après une descente en enfer s’en est allé gravir le purgatoire pour découvrir le paradis. Tu en es encore à la seconde étape, Nikolaï.

- Mais ils ne sont pas encore prêt, tous.

Voici qui devrait te refroidir mais ne t’inquiète pas, ce n’est qu’une étape. Comme tu as été poussé à découvrir ce lieu il est temps que tu le sois afin de poursuivre ta progression dans cet objectif que tu t’es fixé, n’es-tu pas d’accord ? La compétition n’est que la solution de rechange lorsque l’alliance n’est pas envisageable, elle est ici envisageable mais il te faudra non pas perdre mais prendre du temps avoir de pouvoir déboucher sur une coopération qui te sera profitable, plus qu’à moi d’ailleurs. Nous n’en sommes pas encore là mais le tournant est passé et la nouvelle direction désignée. J’en chemine donc vers la conclusion de ce second acte.

D’une main lente, je m’en vais chercher quelque chose dans la poche intérieure de ma veste, le pinçant entre l’index et le majeur avant de le faire s’échapper dans ta direction sans la moindre accélération du mouvement. C’est petit, fin et plat, c’est un papier rectangulaire qui n'est ni plus ni moins que l'invitation officielle à un club qui se réunit principalement dans un grand manoir de style XVIIIe siècle qui se trouve sur la Ve Avenue du côté est de Manhattan ; le Club des Damnés.

- Lorsque vous penserez être prêt, venez me trouver, Nikolaï. Pour l’heure, vous avez déjà un nouveau monde à explorer.

Je n’en dis pas plus, te laissant simplement la carte de visite d’une concision telle qu’elle en est insuffisante à comprendre de quoi il en retourne réellement, une volonté. Contrairement à ce que tu devrais croire, je n’en ai pas plusieurs sur moi parce que d’autres que toi en recevront ce soir mais simplement pour donner le change, même s’il est improbable que tu puisses voir l’intérieur de ma veste sans un geste pour le moins inapproprié.

Qu’adviendra-t-il ensuite ? Voici qui est laissé à ton entière discrétion. Tu feras ta sortie comme tu le sens si tant es que tu veuilles la faire dès maintenant. Tu as gagné plus que ce que tu étais venu chercher mais il reste à savoir si cela t’en détournera ou si tu t’y adaptera. Je parle au futur car je raisonne à travers le temps, cette chose que je traverse inchangé de corps mais toujours plus adapté à cet environnement dans lequel j’évolue et qui évolue également. L’adaptation, tu as su t’en montrer capable pour la survie maintenant il reste à voir comme tu le feras dans un milieu devenir presque trop abondant pour toi. Et je ne te perdrais pas de vu, Nikolaï.

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Nikolaï M. Kolyakov
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Dim 16 Nov - 10:53

Suis-je déçu ? Abattu ? Ou au contraire enthousiaste ? Excité ? Je ne saurais dire. Probablement un peu des deux. D’un côté, l’idée d’avoir attiré l’attention d’un homme de la trempe de Faust flatte mon ego de manière démesurée. De l’autre, je ne peux m’empêcher d’être impatient d’aller plus loin encore, plus au fond des choses pour découvrir ce nouveau monde dont il n’a cessé de parler. Pourtant, il a raison, je ne suis pas prêt. J’ai à peine mis les pieds au Walhalla, j’ai encore tant de choses à découvrir ici avant de prendre le risque d’aller voir ailleurs. En six mois, j’ai certainement repris mes marques et su faire face aux conséquences pour le moins désagréables de la débâcle Fernandez mais les fondations de mon empire en construction sont encore trop fragiles à mon goût. Le casino a été un véritable succès, dépassant mes prédictions les plus folles, attirant une clientèle utile tant à mon business légal qu’illégal mais l’intervention que j’ai été forcé d’accepter de la part des Gambino me reste toujours en travers de la gorge. J’ai sous-estimé Luca et malgré mes multiples tentatives, aucun de ses hommes ne s’est encore adonné à la moindre indiscrétion. A tel point que si soudain cela venait à arriver, je me méfierai comme de la peste de l’information ainsi acquise. Heureusement je suis patient. J’attendrais donc de voir comment les choses se déroulent et agirai en conséquence. Après tout, si l’on met de côté ma rivalité quelque peu enfantine avec Luca, notre association aurait difficilement pu être plus profitable pour les deux parties concernées même si nous l’avions voulu.

J’userai donc de la même patience dans le cas présent et attendrai, avant de m’aventurer plus loin, que mes affaires courantes soient définitivement sur les rails désormais qu’ayant atteint mon objectif de retrouver Faust j’aurais plus de temps à leur accorder. C’est que, si je fais le bilan de la soirée, j’ai déjà obtenu bien plus que ce que je n’étais venu chercher. Au-delà d’une première visite du Walhalla m’ayant fait découvrir toutes les possibilités pour l’avenir – et qu’elles sont intéressantes ! – ma rencontre avec Faust m’a fait progresser de manière exponentielle. A tel point que je commence à m’interroger sur le côté imprévu de notre discussion. Dans quelle mesure pouvait-il avoir prévu ma venue ? Mes hommes n’auraient-ils pas remarqué si quelqu’un s’était mêlé de nos affaires au point de connaître mon planning personnel ? J’aimerais pouvoir répondre avec une totale certitude que oui mais connaissant la différence de niveau entre mon organisation et celle que doit diriger Faust, je suis loin d’être catégorique.

Je décide néanmoins de ne pas me laisser impressionner plus que de mesure. Si Faust avait voulu m’éliminer, je ne serais pas ici à discuter avec lui aussi tranquillement que les lieux nous le permettent. Et il ne me tendrait certainement pas ce qui ressemble diablement à une carte de visite. Je m’en empare donc avec un certain empressement, comme si la partie irrationnelle de mon esprit craignait que l’offre ait une durée limitée et vienne à disparaître si je n’étais pas assez prompt à réagir. Mes yeux parcourent le bout de papier plastifié avec avidité. C’est une invitation nul doute là-dessus, j’en ai vu suffisamment durant mon existence pour les reconnaître au premier regard. Seules deux informations y sont inscrites. L’adresse où se rendre et le nom du lieu. Le Club des Damnés sur la Ve Avenue. Le nom m’est très vaguement familier. Etrangement cependant, je jurerais que c’est du côté légal de mes affaires que je l’ai déjà entendu murmurer lors de cocktails mondains. Ce serait une sorte de réunion des puissants de ce monde où tout serait permis. Si c’est vrai, c’est Lilian qui y serait à son aise. Mais que l’invitation vienne de Faust fait s’allumer toutes mes alarmes. N’y aurait-il pas quelque chose de plus derrière ?

Peu importe, tout sera révélé en temps voulu. Pour l’instant, je me contente de réfléchir un instant pour essayer de voir si je suis déjà passé devant l’entrée sans y prêter grande attention. C’est que le siège social des entreprises Kolyakov se trouve à quelques rues seulement, il ne serait donc pas impossible que j’ai déjà croisé l’entrée. Malheureusement, rien ne me revient pour l’instant. Ce qui ne m’inquiète nullement, j’aurais tout le temps de fouiller mes souvenirs à une date ultérieure. Ou tout bêtement, je pourrais aller repérer les lieux. Ce n’est pas parce que je n’envisage pas de sauter dans la gueule du loup immédiatement que je devrais m’empêcher une première impression.

Je range donc l’invitation avec une certaine révérence dans la poche intérieure de mon veston, me promettant d’explorer un peu plus toute cette affaire quand je serai rentré et décide qu’il est temps de prendre congé. C’est que cette simple discussion tout en me donnant largement de quoi réfléchir pendant les semaines à venir m’a quelque peu fatigué psychiquement. Je ne suis pas particulièrement habitué à faire face à des personnes aussi fermées que Faust, encore moins sans la possibilité d’aller jeter un œil à leurs pensées pour m’assurer de ce qu’elles désirent. D’où l’impression d’être lessivé après une entrevue riche en émotions et surprises. Je m’adresse donc une dernière fois à l’ex-mercenaire avant de me lever.


-Je n’y manquerai pas. Sur ce, veuillez m’excusez, j’aimerai faire un dernier tour des lieux avant de rentrer. C’est que j’ai une baby-sitter à l’inquiétude facile qui m’attend à l’extérieur.

Supérieur hiérarchique ou non, si Dimitri m’entendait parler ainsi de lui, il me mettrait au tapis mais je ne peux m’empêcher de le comparer à une mère un peu trop protectrice de son petit. Pourtant, notre rencontre ne remonte pas à mon enfance. Mais force est de constater que notre différence d’âge pourrait amplement faire de lui mon géniteur. Quoiqu’il en soit, il m’a promis de m’attendre toute la nuit s’il le fallait et il est capable de le faire, y compris après les horaires de fermeture du restaurant. Ce n’est pas comme s’il risquait de se faire attaquer avec sa carrure de catcheur. Cependant, j’ai déjà obtenu ce que je voulais pour la soirée, alors un dernier tour des arènes sera bien suffisant avant de quitter les lieux. C’est que les choses sérieuses commenceront vraiment une fois sorti. Et Dieu que j’ai hâte !
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Sébastian von Orchent
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MessageSujet: Re: Darwinisme Participatif {Nikolaï M Kolyakov}   Dim 23 Nov - 13:37

Le temps mort laissé par tes considérations n’est qu’un écho de leur développement et je le regarde s’écouler sans un geste jusqu’à ce que tu n’en fasses un pour le conclure, rangeant la carte d’invitation en un remerciement implicite ; d’ordinaire, elles sont nominatives mais s’eut été une erreur que de le faire aujourd’hui. Considérant qu’elles sont imprimées sur demande ne pas y adjoindre de nom n’a cependant posé aucun problème, ce ne sont que pour les cartes de membres qu’il faut un nom obligatoire même si elles sont transmissibles à l’héritier légal. Ton père n’a jamais eu accès au Club des Damnés ainsi te revient-il de faire mieux que lui.

- Je n’y manquerai pas. Sur ce, veuillez m’excusez, j’aimerai faire un dernier tour des lieux avant de rentrer. C’est que j’ai une baby-sitter à l’inquiétude facile qui m’attend à l’extérieur.

Un hochement de tête solennel pour toute réponse et je te laisse te congédier seul ; ainsi donc est-ce là la fin de cette seconde partie. Dimitri, le fidèle bras droit, garde du corps et conseillé, on mésestime généralement la valeur de gens comme lui. Je ne l’ai personnellement comprise qu’après avoir perdu le mien et depuis cette place vacante à trouver de nouveau substitue mais cela ne les empêche pas d’être moindre. Tout entouré que je puisse être je suis seul sur le Trône Noir car c’est là le prix que l’on paye à vouloir être seul plutôt que mal accompagné, sachant que la bonne compagnie n’a généralement guère de parole pour ce qui ne lui est pas directement bénéficiaire. Ai-je été ainsi ? Sans doute, pour peu que l’on me considère de bonne compagnie.

Je te regarde t’éloigner pour accomplir un dernier tour de ce nouveau monde, pour l’explorer comme il se doit et cela t’a été conseillé. Ton organisation prendra en puissance grâce à ce lieu, et toi par la même, néanmoins ce n’est pour ta personne qu’une première étape. Lucas est ton meilleur ennemi pour l’heure car obtenir un interlocuteur plus haut placé t’es impossible, tu joues dans une grande cour qui n’est pas pour autant la cour des grands. Tu viens d’entrer dans la cour des grands criminels mais il reste un domaine bien au-dessus, celui des grands de ce monde et s’ils n’y sont pas tous ceux qui te seront le plus intéressant s’y trouveront. Crois-moi.

Je continue à regarder la faune du Walhalla après ton départ, tant pour donner le change que pour y abandonner mon regard alors que mes pensées les analysent comme divaguent. Il est tant de choses à considérer, tant de choses à ma portée que je ne fais pas, que je m’en sens presqu’étranger à ce monde, à ces mondes. Les gens comme moi ne devraient pas exister, sans doute. Voici plus de sept décennies que je ne devrais plus exister, personnellement, mais je suis toujours là. Ma lutte est éternelle et l’élargissement de ma définition du Léviathan ne me donne à voir que l’ampleur de cette tâche entreprise qu’au final, personne ne considère. Ceux qui pouvaient l’utiliser pour leur idéologie ne semblent pas décidé à le faire et ceux qui peuvent l’utiliser pour leur dessein ne lui apporteront rien de plus qu’il n’a déjà. Le HellFire Club est ce que l’on en fait mais comment en faire quelque chose lorsqu’on est seul ? La géopolitique n’intéresse que quelques grands et même leurs émissaires sont aux abonnés absents, l’absence de compétition les laissant apathiques et égocentriques. Il y a des fois, de nombreuses fois, où j’aimerai leur faire ce que je t’ai fait, créer le problème pour qu’ils reviennent à leur décision première et qu’on puisse lutter ensemble mais force est de constater que cela est un risque bien plus grand qu’il ne peut payer puisqu’une fois le problème passé la léthargie reviendrait. Trop peu ont de l’ambition et encore moins de l’ambition altruiste dans ce monde, c’est la grande leçon de ces dernières années.

Alors l’ambition égoïste sera le nouveau moteur pour le Cercle Intérieur et nous verrons ce que cela donnera, tant que l’intégrité du HellFire Club sera préservée nous y gagnerons. Tu es mue par une ambition égoïste et peut-être cela te portera-t-il assez haut pour siéger à mes côtés et influencer les vies de gens comme eux, Nikolaï. D’autres le font déjà, des autres qui pourraient être leurs antagonistes comme les tiens mais nous tâchons de collaborer au sein du Cercle pour notre bien mutuel même si les dommages collatéraux n’importent pas, parfois. Tu découvriras tout cela en temps voulu, tu quitteras la pègre pour t’élever à un simili de conflit philosophico-politique qui, en fin de compte, est plus de l’ordre du décor que d’autre chose mais qui est un outil au potentiel élevé.

Mais pour l’heure tu es à leur niveau, continuant ta petite vie sans percevoir l’entièreté de ce qui se passe dans ce monde, dans ces mondes, cloisonné et obnubilé que tu es ; changer cette vue ne t’es pas nécessaire pour devenir un agent du Club mais si tu espères un jour devenir membre du Cercle cela sera une base indispensable. Tu n’es pas prêt mes tu progresseras encore, toujours, t’adaptant à ton milieu en tâchant d’y gravir la chaine alimentaire. C’est ce qui me plait chez toi, cette adaptabilité et cette évolution. C’est ce que j’ai testé dans l’extrême difficulté et que je testerai dans l’extrême facilité. Cela ne peut nous emmener qu’à un nombre réduit de fin et nous avons chacun notre souhait parmi elles ; concordent-ils ? Pour l’heure.

La seule constante de l’univers est le changement, l’espèce qui survie n’est ni la plus forte ni la plus intelligente mais celle qui s’y adapte le mieux ; prouve que tu peux lui appartenir. Personnellement, je le pense.

Cordialement,
Sébastian von Orchent
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