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 Aider son prochain [PV Yitzhak]

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Lun 25 Aoû - 0:13

Quand Jules ne livrait pas de pizzas, il faisait le serveur à la pizzeria. Et quand il ne faisait pas le serveur à la pizzeria, il faisait le serveur à la soupe populaire. Basiquement, tout ça c'était la même chose: amener la nourriture des cuisines au client, même si le lieux, la nourriture et les clients changeaient. La pizzeria était au Nord-Ouest de Brooklyn, la soupe populaire en plein milieu de Mutant Town. A Brooklyn il servait ou livrait des pizzas, à Mutant Town, c'était des repas à base de soupe accompagnée de quelques croutons. Les pizzas étaient servies à des gens trop fainéants pour se faire à manger à eux même et la soupe était offerte à ceux qui n'en avaient pas les moyens. Mais une autre énorme différence entre les deux établissements, c'était leurs fréquentations: le restaurant caritatif accueillait tous les soirs bien plus de monde que le restaurant italien. C'était cette comparaison qui encourageait Jules à continuer sur cette voie. Et les clients, parlons en ! La soupe populaire où travaillait le français recevait tout type de mutants: certains avaient la peau d'une couleur improbable, pour d'autres c'était les cheveux où les yeux. D'autres avaient un ou des membres supplémentaires. U ne cliente régulière était une femme à deux paires de jambes, deux devant, deux derrière. Un autre client, moins régulier celui-là était un jeune homme qui vivait sur le toit d'un immeuble et qui était muni d'une paire d'aile qui lui avait poussé dans le dos. Bien qu'amical, il lui arrivait parfois d'envoyer valser de la vaisselle par inadvertance à cause de ces deux excroissances fonctionnelles à plumes, mais ça allait faire plusieurs semaines qu'il n'était plus venu.
Jules venait y travailler une à deux fois par semaine, les soirs pendant lesquels il ne travaillait pas à la pizzeria, depuis presque deux ans. Parfois, surtout en période hivernale, lui et quelques autres bénévoles allaient marauder pour apporter boisson chaude ou autres réconforts à ceux qui le nécessitaient.

Ce soir là avait été plutôt calme: une trentaine de personnes s'étaient présentées seulement. L'habituelle femme à quatre pattes s'était présentée et s'était assise sur le tabouret qui lui était réservé: avec sa condition elle avait du mal à s'installer sur les bancs en bois qui longeaient les grandes tables du restaurant. Jules, comme d'habitude, apportait les plateaux au clients, qui ne payaient rien, sauf s'ils le désiraient. L'argent ainsi récolté partait directement dans les courses qui servaient à nourrir tout le monde, même si ce n'était pas suffisant. Le reste du financement était assuré par des dons de nourriture ou d'argent, assurés soit par les bénévoles eux-mêmes soit par quelques associations caritatives, qui répartissaient leurs revenus entre les quelques soupes populaires qui peuplaient Mutant Town.
Et ce travail supplémentaire que s'imposait Jules en valait franchement la chandelle. Tout d'abord il ne s'autoriserait pas d'arrêter, car c'était pour ça qu'il était venu à New York, de base, et parce qu'il adorait toute cette convivialité qui réunissait chaque client du restaurant caritatif chaque soir. Une convivialité qu'il aurait aimé voir chez lui, en France, mais faute de mieux, celle de Mutant Town faisait plutôt bien l'affaire. C'était presque touchant de voir que malgré tout ce que l'on raconte sur Mutant Town, que c'est un quartier hostile, pour les mutants comme pour les humains, il existe toujours quelques havres de paix, comme des sanctuaires au milieu de toute cette haine. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, tout comme cette soirée peu mouvementée. Une fois le service terminé et la fermeture du restaurant (rangement, ménage, rapide inventaire des provisions restantes), Jules put partir.

Comme pour son travail à la pizzeria, Jules faisait le trajet entre chez lui et Mutant Town à vélo. Une fois, peu après les débuts de son bénévolat, il avait garé et enchainé son vélo (enfin, le vélo de la pizzeria)  à un lampadaire devant l'entrée du restaurant. Quelques heures plus tard, en voulant repartir, il n'y avait retrouvé que l'antivol, intact. Depuis il garait le vélo, un nouveau, toujours appartenant à la pizzeria mais qu'il avait du rembourser de sa poche, dans l'arrière cuisine. Il ne se l'était pas encore fait voler, celui-là. Lorsque Jules se déplaçait à Mutant Town, il n'écoutait jamais de musique. D'habitude il ne pourrait pas faire sans, mais dans ce quartier il ne se sentait pas à l'aise lorsqu'il n'entendait pas ce qu'il se passait dans la rue. Mais le trajet à vélo lui permettait de se poser et de réfléchir quelques instants. La première chose à laquelle il pensa était à son patron, l'italien qui lui avait permit de venir aux États-Unis. Il menait la vie dure à Jules, plus que d'habitude, sans que le français ne sache vraiment pourquoi. Du jour au lendemain, il s'était mit à exiger que Jules fasse aussi le service du midi à la pizzeria, en plus des livraisons du soir. Le mutant, obéissant, s’exécutait donc, en ne rechignant que peu.
Toujours plongé dans ses pensées, il s'arrêta au feu rouge, attendant que celui-ci passe au vers, sans vraiment faire attention à ce qui l'entourait. Il avait seulement les yeux plongés dans la lumière rougeâtre du feu tricolore en écoutant d'une oreille tout bruit environnant qui pourrait être suspect.
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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Mer 27 Aoû - 22:40

Mettre les pieds à Mutant Town c’est, par définition, aller au devant de gros problèmes. On y trouve de tout. De la recrue potentielle pour la Confrérie à la racaille irrécupérable. Dans cette seconde catégorie, je ne me suis pas fait que des amis. De nombreux détenteurs du gène x non adaptés travaillent pour des associations criminelles. Ils profitent de leurs pouvoirs pour développer un business jusqu’ici, en profitant de la misère ambiante. Je trouve ça franchement dégueulasse. Donc, je me suis déjà pris la tête avec eux. Et, même si j’essaye d’agir à visage couvert ou transformé la plupart du temps, certains ont fini par identifier mes techniques d’actions. Des mutants de terrain comme ceux-là, on ne les trompe pas trois fois. Ils finissent par évaluer votre don et ses possibilités, par connaître votre style. S’ils ne savaient pas encore comment me retrouver, ils ont trouvé comment m’invoquer. Je n’irais pas jusqu’à dire que je n’avais pas vu le piège, mais j’ai tendance à mordre facilement aux provocations qu’on m’envoie. Ce n’est pas très malin, je vous l’accorde.
Pour revenir quelques jours en arrière, j’étais parti sur une autre piste concernant mes recherches au cœur de la mafia sicilienne en décidant d’étudier plus en détail le profil des mutants qui se mettaient à leur service. Evidemment, l’intimidation fonctionne toujours moins bien qu’avec des humains et je n’ai pas réussi à en obtenir grand-chose de concret à part un fichage partiel de leurs pouvoirs en troublant leur commerce de drogue pour les inciter à les utiliser. On va dire que c’est un début. Avant d’attaque de front, mieux vaut toujours avoir une idée des armes utilisées par l’adversaire. Cependant, je m’en suis tiré de justesse, ils connaissent aussi une partie de mes capacités, de mon visage, et se sont mis en tête de régler mon compte avant que je n’ai le temps de leur jouer un véritable sale coup. Logique.

Leur stratégie aura été aussi vile que simple : faire circuler l’information selon laquelle ils avaient l’intention de supprimer un faible mutant du quartier en profitant de la soupe populaire à chaque heure où je ne viendrais pas. Je sais qu’ils avaient parfaitement l’intention de le faire. Et créer des ennuis mortels à des innocents que je n’ai jamais rencontré dans ma vie, ça m’embête un peu. Donc, j’ai décidé d’aller rôder dans les parages, sous l’apparence d’un gringalet à lunettes affublés d’une encombrante crête dorsale. Je me suis tenu à proximité du lieu de rendez-vous, de sorte à voir s’il allait ou non se passer quelque chose et ressembler à la victime idéale. Au bout d’un moment, ils se sont approchés en disant quelque chose comme « Celui-là devrait faire l’affaire, il a pas l’air très dégourdi. » Les pauvres sans-abris se dispersaient, la nuit tombait, ils se sentaient libres d’agir et me poser un ultimatum. Sauf qu’il n’était pas question que je leur tombe dans les bras et les aide à refermer un piège qu’ils avaient probablement bien préparé. Donc, quand le premier s’est penché sur moi pour m’attraper, il a eu la très mauvaise surprise d’être transpercé par deux pieux qui me sont sortis de la poitrine. C’était très bien, je venais de mettre hs un télékinésiste totalement imprudent. Avec le sang qu’il perdait et la balle que je lui avais envoyée en pleine tête dans la foulée, je doutais qu’il pût se réveiller. Comme quoi, quelques minutes d’inattention et on meurt comme un branquignole même avec un pouvoir badass. Un de moins.

« Putain les mecs, c’est lui ! » s’est exclamé l’un des autres. Ce n’était pas gagné parce qu’il en restait deux, dont un que je n’avais pas encore l’honneur de connaître. Le premier m’avait posé beaucoup de soucis la dernière fois, sa peau absorbait les chocs et les rendait. Il aurait fallu lui cramer la tête pour le détruire et ce n’était à priori pas ma spécialité. En plus, il était costaud et se battait extrêmement bien, mieux que moi. J’avais sur moi une solution d’acide assez puissante que je me suis dépêché de charger dans une arme imaginée pour cet usage. Il s’est marré en approchant, persuadé que j’allais tirer « à blanc » comme la dernière fois. Le jet d’acide en pleine face l’a calmé. Ça l’a aussi beaucoup énervé. Et il y avait son pote, un type vraiment très moche, avec une gueule dégoulinante. J’ai compris très vite que son physique allait annoncer la suite. Il crachait un liquide horriblement visqueux, du genre à enrayer toutes les armes que je pouvais construire et à rendre le sol plus glissant qu’une patinoire. Là, ça devient vite l’angoisse. Je n’arrive plus à me saisir de rien, mes coups n’atteignent plus leurs cibles, les lames que je forme glissent sur les adversaires sans couper. Enragé depuis que je lui ai à moitié défiguré le visage, l’autre mastodonte s’approche et essaye de m’exploser d’une main la tête contre un mur. Je résiste grâce à un casque de métal mais c’est limite, parce que je suis poursuivi par cette matière immonde et que je ne peux de toute manière pas frapper le mec absorbant.
« Protège-toi autant que tu voudras petit con, je t’aurai à l’usure tu verras ! ». Je me contente de l’insulter. Et son pote vide sa gachette sur lui pour lui permettre de donner des coups de plus en plus fort. Pas bête, ça commence sérieusement à me sonner. Mais je tiens bon, c’est pas ça qui va vraiment me mettre en danger, ni le flingue qu’il m’applique entre les yeux en me demandant si j’ai un dernier mot à ajouter.
- Tu te fous de ma gueule ? T’es vraiment débile, t’as une mutation tellement incomplète que c’est ton cerveau qui encaisse tous les coups ?

Et donc il tire. Et donc, ça ne sert à rien puisque j’ai eu le temps de refermer entièrement son canon et de lui glisser entre les mains pour ne pas que l’arme m’explose dessus. Ça ne le blesse pas, mais ça le surprend au moins assez pour me permettre de tenter une sortie. La sortie la plus naze de tous les temps d’ailleurs puisque je n’arrive pas à faire un pas sans m’éclater par terre. Du coup, c’est avec des propulseurs à énergie dans les paumes que je m’éloigne sur les genoux assez vite pour les empêcher de me suivre. Au moins, ça me porte super bien ce truc glissant. L’idée pour la suite ? J’en ai pas tellement et c’est le problème. Je risque d’être un peu épuisé d’avoir brûlé tous ces atomes. J’espère juste trouver un autre mutant, un coin où me planquer.
Pendant que je glisse, le liquide commence à partir. Je le sens notamment parce qu’à cette vitesse j’ai soudain très mal aux jambes et je me dis que je dois laisser autre chose qu’un truc gluant bleuâtre derrière moi… Mais pas le temps de m’arrêter. Enfin si… parce que je viens d’arriver sur la route et qu’il y a quelqu’un sur un vélo. Franchement, je me demande à quoi ma méthode de déplacement doit ressembler de son point de vue, surtout que je n’ai pas le temps de freiner totalement et que je lui fonce dessus en avalant toute sa roue arrière par réflexe.
Pour vous résumer la situation après le choc, j’ai des plaques de métal un peu partout sur le corps, la fameuse roue comme incrustée de moitié dans mon ventre – l’autre étant en miette à côté –, les genoux en sang et l’air d’un poulpe hors de l’eau. Bref, du grand n’importe quoi.

- S’cuse pour ton vélo, mais là j’ai une urgence. Tu sais te battre ? Je peux te recruter dans mon équipe ? Pour une mission qui commence genre maintenant !

Je lui lance ça d’un air faussement décontracté parce que j’entends les autres arriver et je sais que je n’ai pas du tout le temps de leur échapper à nouveau, surtout dans mon état. En l’observant de plus près, je me dis aussi que sa tête m’est un peu familière, mais je n’ai pas le temps de me souvenir où je l’ai vu, ça peut-être un endroit totalement aléatoire, j’ai l’habitude de garder en mémoire les beaux garçons que je croise.

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Scipion : Je puis nier une chose sans me croire obligé de la salir ou de retirer aux autres le droit d'y croire.
Caligula : Mais c'est de la modestie, cela, de la vraie modestie ! Oh ! cher Scipion, que je suis content pour toi. Et envieux, tu sais... Car c'est le seul sentiment que je n'éprouverai peut-être jamais. [Caligula, Camus]


Dernière édition par Yitzhak Anavim le Dim 7 Sep - 21:11, édité 1 fois
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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Jeu 28 Aoû - 18:18

Une fois le feu passé au vert, Jules reprit son chemin. Quand il y repensait, c'était peut-être le seul et unique feu tricolore encore en état de tout le quartier. Alors qu'il passait devant une ruelle sombre et qui ne donnait franchement pas envie de s'y aventurer, il entendit un bruit étrange, inhabituel, mais ne ralenti pas pour autant, continuant de regarder droit devant lui. A peine eut-il le temps d'identifier ce que produisait ce bruit et d'où il venait, quelque chose percuta la roue arrière de son vélo. Le choc fit faire une sorte de tête à queue très hasardeuse au véhicule qui fini par se coucher, privé d'une roue, entrainant son propriétaire avec lui. Lorsqu'il se releva, Jules était presque indemne, ses vêtements un peu moins: la jambe droite de son pantalon était déchirée au niveau de la cuisse, la révélant, égratignée. Le bras droit de Jules était éraflé sur toute la longueur, à cause de la friction contre le bitume. Le vélo avait aussi prit un coup: le choc avait envoyé balader la boite en plastique qui prenait place derrière le conducteur et qui servait à maintenir les pizzas au chaud et en état et la roue arrière avait disparue. Mais le plus inquiétant était l'état de l'homme-canon qui était la cause de cet accident: il avait les genoux complétement en sang, d'étranges plaques de métal qui recouvraient par endroit son corps, mais surtout la roue manquante du vélo lui traversait l'abdomen.
Les deux hommes se relevèrent simultanément. L'un constatant les dégâts, l'autre les yeux rivés sur la ruelle dont il venait. La roue qui était encastrée dans son corps n'avait pas l'air de le faire souffrir, Jules en déduit donc que c'était là une manifestation de son pouvoir. Alors que le livreur remarquait que son vélo marcherait moins bien désormais, il entendit des gens arriver de la ruelle. A les entendre, ils avaient l'air de courir, et plutôt remontés aussi.

« S’cuse pour ton vélo, mais là j’ai une urgence. Tu sais te battre ? Je peux te recruter dans mon équipe ? Pour une mission qui commence genre maintenant ! »

C'est l'homme-canon qui parlait. Sa voix rappela quelque chose à Jules, mais sur le coup, impossible de mettre le doigt sur l'endroit où ils s'étaient croisés. C'était probablement un client de la pizzeria, pourtant il n'avait jamais fait de livraison à Mutant Town, donc cet homme avait du venir manger directement au restaurant. Sans vraiment réfléchir, Jules lui répondit:

« Heu... Oui, bien sur, mais qu'est-ce qu'heu...  »

Il ne savait pas dans quoi il s'était engagé, mais l'état de l'homme-canon ne laissait envisager rien de bon. Jules savait se battre, même contre des ennemis armés, tant qu'ils n'étaient pas trop nombreux. Et à Mutant Town, il n'avait aucun scrupule à se servir de son pouvoir en public. Ce serait quand même plutôt ironique de ne pas pouvoir s'afficher comme mutant dans l'endroit qui regroupait probablement le plus de mutants au mètre carré au monde. Il lui fallait de l'eau. Sans eau, le pouvoir de Jules était inutile et il se retrouverait aussi démuni qu'un humain. Ne trouvant pas de flaque aux alentours – fichu Été ! - et ayant perdu depuis longtemps la gourde de son vélo, il se mit à chercher quelque chose qui contenait de l'eau. Cette fois ce fut beaucoup plus facile: on aurait pu suivre l'homme-canon à la trace depuis la ruelle sombre de laquelle il venait: deux traces rougeâtres parallèles en venaient et avaient continué jusqu'au point d'impact avec le vélo. Les genoux de l'homme projectile étaient complétement ensanglantés eux-aussi. Cela signifiait donc qu'il avait surgit de la ruelle en glissant sur les genoux, à l'image de ces joueurs de football qui célèbrent un but, sauf qu'ici le revêtement du sol avait râpé ses genoux sur presque toute la longueur du trajet. Mais aussi improbable que tout cela puisse paraître, ce n'était pas ça qui intéressa Jules sur le moment: le sang était composé à moitié d'eau. C'était parfait, il y en avait partout, mais surtout sur l'inconnu qui avait percuté le vélo.

Bientôt, la lumière faible et clignotante du lampadaire le plus proche laissa apparaître les deux hommes qui courraient en provenance de la ruelle. L'un semblait être une grosse brute, ni plus ni moins, et l'autre étant gluant, tout simplement. A leurs tours ils surgirent dans la rue déserte pour faire face aux deux hommes qui se tenaient déjà la. La conversation se contenta d'un simple « On va te niquer, connard ! » avant que la brute ne rue sur l'homme-canon. Jules profita du fait que l’agresseur marcha sur la trace de sang pour le mettre au sol: d'un ample mouvement de ses deux bras vers l'arrière, il alla chercher toute l'eau qu'il trouva dans les traces parallèles de sang en provenance de la ruelle, la ramena au niveau des pieds de la brute puis, du même mouvement de bras qu'il avait fait mais dans l'autre sens, bien plus rapide et plus violent, il projeta l'eau en arrière lorsque l'ennemi marcha dessus. Cette manipulation de la substance gluante rougeâtre qu'il avait extrait des traces ensanglantées fut suffisante pour faire tomber face contre terre l'adversaire. Ce serait loin d'être suffisant pour en venir à bout, surtout vu son gabarit, mais cela permettait de gagner du temps. Sans quitter des yeux l'homme qui se relèverait d'ici quelques instants, Jules lança à son coéquipier de fortune:

« C'est qui ces gars ? Qu'est-ce qu'on fait ? »
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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Dim 7 Sep - 22:27

J’ai beau avoir trouvé la force de demander de l’aide au type à vélo, la tête me tourne, et je garde une vision trouble quelques secondes. J’ai de la chance de ne pas m’être fait un nouvel ennemi en détruisant sa bécane, une partie de ses fringues, et en lui esquintant la peau. Si un troisième mutant se ligue avec les deux autres, c’est clair que je suis presque bon pour la tombe. Je ne m’attends pas à connaître une fin tranquille, je suis sûr que je finirai par claquer pour une connerie, comme la plupart des gens qui vivent à cent à l’heure, mais mince… pas maintenant, pas à cause de ces gars ! Même si je suis trop fier pour le montrer, entendre « l’accidenté » hésiter, et accepter de devenir mon partenaire est un immense soulagement. Je peux me reprendre. Je peux arrêter de me refaire un film accéléré de ma vie et revenir aux choses sérieuses. Pas le temps de m’excuser pour la casse. J’absorbe d’ailleurs la roue dans sa totalité pour récupérer un peu d’énergie et de matière, la bagarre est loin d’être terminée. Mes genoux me font horriblement mal. Je sais qu’une fois la tension retombée, je serais incapable de tenir debout sans une reconstitution sérieuse, dont je ne peux m’occuper pour l’instant. Faute de mieux, je forme des bandages serrés sur ma peau pour calmer l’hémorragie. Et, déjà, les deux salauds reviennent en jurant de m’effacer une fois pour toute de la surface du globe. Là, mon possible sauveur fait un truc avec les traces de sang que j’ai laissé sur le bitume. On dirait qu’il en prend le contrôle mais toute la substance ne se soulève pas. C’est plus léger, une sorte de liquide rosé s’en détache tandis que le reste s’assèche littéralement. Il maîtrise quoi au juste ? L’eau ? Mais, avant de lui poser la question, je dois le briefer rapidement.

- Sbires de la mafia sicilienne, des trafiquants de drogue. – Je lui balance les infos le plus rapidement possible. – L’armoire à glace absorbe les chocs et peut les rendre, va falloir éviter de trop le taper pour le neutraliser. L’autre, il crée une sorte d’huile horriblement glissante, et dégueu. Et toi, tu maîtrises l’eau c’est ça ?

Mon débit a été tellement rapide que je ne suis même pas certain qu’il ait eu le temps de tout enregistrer. La grosse brute s’est vite relevée et fonce droit sur le gêneur qui a osé s’interposer et l’humilier. Cependant, mon partenaire acquiesce à ma question. Sans réfléchir, je jette un regard vers une borne à incendie repérée au préalable et je me jette dessus en créant un exosquelette sur mes bras. C’est pas le truc le plus solide du monde. J’arrive assez vite à l’arrache suffisamment pour faire jaillir de l’eau et je crie :

- Tiens, fais-toi plaiz’ !

J’évite de justesse un nouveau jet gluant, l’autre mutant est sur moi, visiblement encore bien décidé à me transformer en une sorte de grosse anguille. S’il croit que je vais me faire avoir une seconde fois, il rêve ! Ma première pensée est « Eh, il n’y a aucune protection devant ses yeux, si je vise bien, je peux atteindre le cerveau. » Sauf que le tuer ne m’aidera pas à obtenir plus d’infos, et je ne sais pas si ce serait très cool d’impliquer un passant dans un meurtre, déjà qu’il risque de mourir à cause de moi… Faut que je l’assomme, avec un truc qui ne va pas glisser comme du savon mouillé sur lui… Enfin, si je lance un truc assez fort, ça devrait aller non ? Toujours aidé de mes prothèses, je forme un marteau en acier creux avec un grand manche directement fusionné à mes mains (je le perdrai pas sur un malentendu comme ça) quand il est assez proche et frappe de toutes mes forces dans son ventre. Il a le temps de m’envoyer son affreux liquide en plein visage, mais ce n’est pas grave, je le vois aussi faire un joli vol plané sur le trottoir et je prie pour qu’il s’en sorte avec quelques côtes cassées qui l’empêcheront de se redresser. Sauf que l’huile me coupe à moitié la vue et je dois retourner vers la borne pour me rincer les yeux. J’espère que l’autre type s’en sort avec le mutant absorbant. On ne peut pas dire que je lui aie laissé l’adversaire le plus facile. Un pouvoir comme le sien est une horreur pour une personne peu expérimentée, incapable d’en voir les failles. Mais, maintenant qu’il a de l’eau, il devrait pouvoir le noyer un peu non ? Je me demande aussi si il est capable de déshydrater les gens comme il peut le faire avec du sang. Ce serait gagné d’avance ! Cependant, je reste attentif à mon ennemi le plus direct. Je vois bien qu’il essaye de se relever malgré le méchant coup qu’il s’est pris.

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Mar 9 Sep - 17:41

Quoi ? La mafia sicilienne ? Elle existe ? C'est où déjà la Sicile ? Ah oui, c'est le genre de ballon de foot au bout du pied qui représente l'Italie normalement. Bah si c'est en Italie c'est logique qu'ils aient une mafia en fait, mais Jules n'avait aucune idée de sa présence à New York. Enfin elle avait beaucoup de chances d'y avoir un genre de filiale ici, mais le livreur ne pensait jamais en croiser des membres un jour, surtout à Mutant Town. Au moins ils avaient le bon goût d'être des mutants, comme ça c'est normal pour eux d'être dans ce quartier.
L'homme-canon parla très vite, trop vite même, pour que Jules soit sûr d'avoir bien compris, le français avait déjà du mal à comprendre quand les gens parlent trop vite dans sa langue maternelle, alors en anglais... Mais de tout le charabia sortit de la bouche de l'inconnu, il compris que l'ennemi qu'il venait de mettre à terre absorbait les chocs, donc le frapper ne servirait à rien, ou pas beaucoup alors, et que l'homme à l'air gluant crachait de l'huile très glissante. A la question de l'homme-canon, Jules ne compris que les quelques derniers mots, et vu qu'il avait entendu "eau" dedans, il acquiesça, trop préoccupé par la brute qu'il venait d'allonger pour demander de répéter.
Au même moment, la brute en question se releva et fonça sur Jules, brandissant son poing espérant l'enfoncer dans la face du français. Ce dernier eut le temps de voir venir le coup, c'était gros comme une maison en même temps. Il l'esquiva donc en donnant l'apparence d'une aisance presque vexante. En réalité il flippait comme jamais il n'avait flippé depuis la dernière fois où il avait autant flippé. Il ne s'était servit peut-être qu'une ou deux fois, de ses arts martiaux en situation réelle, mais jamais contre un mutant. Au moins il n'avait pas à en gérer plusieurs et il était désarmé, mais il était quand même terrorisé. En plus il n'y avait de l'eau nulle part, pas même une flaque. Il pourrait toujours se servir du sang qu'il avait déjà manié mais il n'y en avait pas vraiment assez pour pouvoir faire quoi que ce soit de très efficace à part lui en jeter dans les yeux ou le faire tomber jusqu’à ce que mort s'en suive, mais ce serait probablement très long.

« Tiens, fais-toi plaiz’ ! »

Hein ? C'est à Jules qu'il parle ? Et de quoi il parle au juste ? Jules n'eut à peine le temps de continuer à se poser toutes ces questions qu'il sentit une très fine pluie se déposer sur son cou. Il jeta un très bref coup d’œil derrière lui, il ne devait pas non plus trop détourner son attention de la réelle menace, pour remarquer que l'homme-canon avait presque arraché la borne à incendie. Elle penchait sur le côté comme un arbre déraciné et de l'eau en jaillissait à toute allure. C'était parfait. Désormais, Jules avait véritablement carte blanche: en quelques secondes il y avait de l'eau partout et libre au livreur de laisser court à son imagination pour venir à bout de son opposant. Mais il n'était pas d'humeur à faire des fantaisies et tenta donc d'être le plus expéditif possible. D'un mouvement horizontal ample et rapide de ses deux mains jointes, il intercepta la brute qui lui fonçait encore dessus avec l'eau du jet s’échappant de la bouche à incendie. L'opposant fut projeté dans le même sens que le liquide et s'étala une nouvelle fois au sol. Visiblement, même si il absorbait les chocs, il ne pouvait pas faire grand chose contre de l'eau et était emportée par le courant comme tout le monde, mais si Jules pensait juste, il faudrait frapper plus fort ou plus souvent pour que ça ait le même effet que sur quelqu'un de normal. Pour une efficacité plus grande, il devrait surtout concentrer ses attaques sur un même endroit, pas lui jeter de l'eau partout.

Pendant le petit laps de temps que mit l'armoire à glace à se relever, Jules entendit un bruit sourd qu'il reconnut et venant de l'homme-canon. Il jeta, une fois encore, un rapide coup d’œil vers l'inconnu pour voir qu'il avait l'air de se débrouiller très bien contre le gluant. Armé de son... bras-marteau visiblement, il frappa le plus fort qu'il put sur le cracheur d'huile et le projeta ainsi un peu plus loin. Mais le livreur n'eut pas le temps de voir comment se débrouillerait l'inconnu au genoux de sang puisque la brute absorbante se releva de nouveaux. En fait, depuis le début de l'affrontement, il n'avait fait que reculer, du coup il se trouvait une distance respectable entre le français et le mafieux. Distance qui, même si l'armoire à glace courrait, laissa le temps à Jules de préparer son prochain coup. Basiquement, c'était le même qu'avant, mais dans l'autre sens. Simplement cette fois là avait pris plus de temps de préparation car l'angle d'attaque se trouvait du mauvais côté par rapport à la bouche à incendie et Jules préférerait ne pas trop s'écarter de sa source d'eau. Aussi, ce coup-ci fut plus visé, cette fois-ci l'eau lancée n'était pas éparse et lancée presque au hasard mais bien concentrée en un point, ici le flanc de l'adversaire. Il fut emporté cette fois encore, mais vers la borne rouge semi-arrachée dont jaillissait toujours autant d'eau.
Lorsque la brute s'immobilisa enfin dans sa chute, qu'il arrêta de rouler contre le bitume donc, Jules décida d'essayer d'en finir au plus vite. D'un mouvement d'une de ses mains, il enroba le visage de sa victime avec de l'eau espérant le noyer juste un peu, pour le dissuader de attaquer de nouveau et se servira de son autre main pour plaquer au sol d'un coup de jet d'eau chaque partie de son corps qui tenterait de bouger. Jules n'avait jamais tenté cette technique, mais elle marcherait, Jules l'espérait.

Il se tenait donc là, un poing tendu devant lui pour noyer cette personne et une main en l'air, tenant au dessus de sa victime allongée sur le dos une sphère transparente, prête à s'abattre sur lui au moindre signe de mouvements.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Jeu 18 Sep - 15:09

Quand je m’ennuie un peu, j’aime jouer avec ma vie et ennuyer les mafieux, surtout les siciliens, pour diverses raisons. Mon but n’est pas tellement d’obtenir une vengeance radicale et éclatante, je fais durer le plaisir. Disons que tant que jouer avec eux m’intéresse, je n’ai aucune raison de donner un coup bien fort une fois pour toute. Parfois, ça ne va pas plus loin que, comme ici, neutraliser leurs éléments mutants, et, à d’autres moments, je m’amuse à les faire s’embrouiller avec d’autres clans. Il faut être complètement crétin, ne pas tenir à la vie pour avoir un comportement pareil, allez-vous sans doute me dire. Je comprends très bien ce point de vue. Vous avez sans doute raison. Je déconne, après je me retrouve dans une sale situation, et, comme on peut le constater, je ne suis même pas totalement capable d’en assumer les conséquences tout seul. Non, il faut que j’implique un pauvre type qui a eu le simple malheur de passer par là. J’en ai un peu honte, je l’admets. En même temps, j’aurais été stupide de ne pas le faire. Pourquoi refuser une aide invoquée par le Ciel quand on se retrouve entre la vie et la mort ? Je manque peut-être de prudence, mais je suis plus opportuniste que les ¾ des habitants de cette Terre. C’est comme ça que j’arrive à m’en sortir, je suis toujours prêt à tout pour survivre. Après, je ne sais pas de quelle manière je réagirais si le gentil mutant crève à cause de moi. Peut-être que je me remettrais un peu en question, peut-être que je réaliserais tout ce que mon comportement a eu d’injuste pour lui, que je partirais en déprime, que je deviendrais un ingénieur coincé dans sa cave pendant des mois, jusqu’à mon prochain pétage de câble, mais je suis bien décidé à tout faire pour que ça n’arrive pas.

Le type n’a pas l’air trop à l’aise. Ça se voit qu’il ne maîtrise pas le combat de rue, qu’il est un peu flippé. Mais, il ne se débrouille pas trop mal. Du moins, de ce que ma vision latérale m’en dit, il ne s’est pas encore pris de coup sur la mouille, ce qui est une très bonne chose parce que Monsieur Absorbant doit être sacrément chargé, et je ne suis pas certain qu’il survivre à une seule pichenette de sa part. L’avantage surtout, c’est qu’il a l’air de gérer pas trop mal son pouvoir. J’ai une chance incroyable d’être tombé sur un élémentaliste dans une situation pareille, même si une bonne attaque psychique aurait aussi pu régler efficacement le problème. Mais là, je suis occupée avec le gluant qui essaye de se redresser ou, au moins, de ramper sur ses bras pour transformer le terrain en une sorte de patinoire et laisser le champ libre à son pote. C’est le moment de serrer la bête une bonne fois pour toute. Je forme un lasso agrémenté d’épines et je l’envoie sur lui. N’allez pas vous imaginer que j’ai passé mes vacances dans le Kansas à attraper des vaux à cheval, disons que c’est assez facile de viser quand la corde est un prolongement de vous-même, mais j’aime donner l’illusion d’être un pro. Puis, je tiens à garder ce style de combat chaotique, un peu comme moi, toujours dans la nouveauté, l’absurde et l’imprévu. En tout cas, le lasso se serre bien contre lui et les épines résistent à sa substance qu’il essaye désespérément de générer pour ne pas être coincé. Je sais que ça ne va pas forcément tenir très longtemps, mais ça nous laisse au moins un coup d’avance.

Quand je me retourne, je remarque que le mastodonte est en train de faire un superbe vol plané jusqu’à l’hydrant qu’il achève de dégommer. Boarf… ça fera un truc de cassé de plus dans Mutant Town. Mon « coéquipier » a eu la très bonne idée de noyer à moitié son adversaire pour lui faire perdre conscience. C’est parfait ça, plein d’eau dans les poumons ça devrait le calmer un moment… mais pas tellement longtemps si il ne veut pas le tuer et un mutant avec le pouvoir de rendre les coups, plus il est en colère, plus il fait de dégâts. Comme l’autre semble un peu hésiter sur ce qu’il lui reste à faire, je lui pose soudain une main sur l’épaule et, essoufflé, lui lance :

- Tu gères mec, mais quelque chose me dit que c’est un coriace et que là, faut qu’on en profite pour faire une retraite…

Et, sans lui laisser le temps de prendre une décision, je lui serre fermement le bras et l’entraîne dans une course folle malgré mes jambes totalement sciées. Je ne sais même pas comment je fais pour réussir à supporter une douleur pareille sans m’évanouir. A travers les formes floues qui se dessinent autour de moi, je ne cherche qu’une chose, une voiture, un truc qui pourra nous faire gagner pas mal de mètres d’un coup, assez pour qu’ils n’aient pas le temps de nous retrouver. Quand j’en repère enfin une, toute minable et cabossée sur un trottoir, je crée une clé pour l’ouvrir, puis pour activer le moteur (ah ce que j’aime les vieilles caisses de quarante balais pour ça) et on est partis. Je suppose que ça ne doit pas enchanter mon « sauveur » de se retrouver impliqué désormais dans un vol de voiture, mais c’est ça ou risquer la mort, et c’est aussi à moi de lui éviter d’avoir encore plus d’ennuis par ma faute en retour.

- J’ai pas l’intention de garder cette voiture, elle est complètement périmée, mais je suis plus capable de courir. Le propriétaire finira par tomber dessus, personne aura l’idée de lui voler une antiquité pareille.

Et, tout en disant cela, je sens que ma vision se réduit de plus en plus. J’ai poussé mon pouvoir ses extrêmes limites, je veux juste m’éloigner, pouvoir souffler. Mais un écran blanc s’élargit devant mes yeux, et j’ai le nez qui se met à couler du sang sur mes lèvres. Je ne sais même plus où je vais.

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Dim 21 Sep - 11:43

Alors que le mastodonte commençait à arrêter de se débattre, une main se posa sur l'épaule de Jules. Il sursauta avant de constater que c'était l'homme-canon qui lui parlait.

« Tu gères mec, mais quelque chose me dit que c’est un coriace et que là, faut qu’on en profite pour faire une retraite… »

Il avait raison, il serait grand temps d'enfin s'enfuir: le français ne comptait pas tuer son adversaire, mais n'avait pas vraiment pensé au fait qu'il faudrait aussi lui sortir la tête de l'eau. Mais avant même qu'il n'eût le temps de réagir, l'inconnu l'attrapa fermement par le bras avant de le tirer le plus vite possible très loin d'ici, ce qui eut aussi pour effet de détruire la sphère d'eau qui entourait le visage de la brute, la laissant enfin respirer. Elle commença par cracher de l'eau, beaucoup plus qu'on aurait pu imaginer, puis il continua à tousser encore quelques minutes. Quant au gluant, le livreur le repéra du coin de l’œil: il semblait ligoté par quelque chose que Jules n'eut pas le temps de déterminer. Les deux fuyards finirent par arriver à une voiture plutôt ancienne et dont l'état laissait à désirer que l'homme-canon ouvrit grâce à son doigt. Il saignait toujours autant des genoux mais cela n'avait pas l'air de le déranger. Il prit place derrière le volant, Jules sur le fauteuil passager -ce qui l'arrangea vu qu'il n'avait toujours pas le permis.

« J’ai pas l’intention de garder cette voiture, elle est complètement périmée, mais je suis plus capable de courir. Le propriétaire finira par tomber dessus, personne aura l’idée de lui voler une antiquité pareille. »

Vers la fin de sa phrase, sa voix changea progressivement: elle semblait un peu plus assoupie, comme si l'homme-canon s'endormait en parlant et en conduisant. Cela alerta Jules, puisqu'ils étaient quand même en voiture, a 50km/h dans les rues de New York. L'inconnu avait commencé à saigner du nez et semblait à deux doigts de s'évanouir alors que la trajectoire de la voiture déviait. Le livreur sans permis prit alors volant en main, histoire de garder une trajectoire rectiligne, mais le pied du conducteur était resté sur l'accélérateur, faisant gagner la voiture en vitesse, ce qui rendait la situation encore plus incontrôlable. Après quelques secondes pendant lesquelles Jules paniqua clairement, penché le plus inconfortablement du monde, les deux mains sur le volant, il décida d'immobiliser le véhicule: il attrapa la jambe qui appuyait sur l'accélérateur pour la poser sur le frein à la place, avec un manque de délicatesse qui fit piler la voiture au milieu de la route. Heureusement, celle-ci était déserte et permit à Jules d'échanger sa place avec celle de l’inconnu, toujours inconscient. Une fois au volant et l'inconnu à la place du mort, les deux se remirent en route.
Dieu bénisse les américains et leurs voitures automatiques ! Deux pédales seulement c'était parfait pour conduire sans permis. Au début il allait un peu lentement, le temps de prendre ses aises, mais il finit par prendre une vitesse normale. Il ne manquait plus qu'un contrôle de police pour clôturer le tout: une voiture volée conduite par un immigré qui n'a pas le permis avec un mec dans un sale état en guise de passager. C'était parfait pour finir au poste. Mais heureusement, ils ne croisèrent même pas un policier. Ils croisèrent à peine quelques voitures pendant tout le trajet, mais c'est tout, les rues étaient plutôt vide.

Dix minutes plus tard, ils finirent par arriver à destination: Jules gara la voiture dans une allée sombre derrière chez lui puis se saisit de l'homme-canon, qui n'avait pas bougé d'un pouce, et le traina jusqu’à chez lui, au deuxième étage d'un immeuble propre et visiblement sans histoires avant de l'allonger sur le canapé du salon. Il avait l'air de beaucoup moins saigner des genoux, du nez aussi, ce qui rassura Jules, qui repartit alors pour vérifier qu'il n'avait pas laissé de traces de sang dans l'immeuble. Quelques traces s'étalaient parfois sur le carrelage du hall, que l'hydrokinésiste déshydrata avant de frotter ce qu'il restait au sol de la semelle de sa chaussure. Lorsqu'il revint chez lui l'inconnu dormait toujours, Jules s'accorda donc une pause clope. Il plaça une chaise devant la fenêtre ouverte et fuma peut-être deux ou trois cigarettes à la suite, se demandant ce qu'il se passerait ensuite. Il n'aurait peut-être pas du ramener cet homme ici, jusque là il n'avait causé que des emmerdes et était poursuivi par la mafia sicilienne. En plus, la voiture était garée juste derrière chez lui, donc si les mafieux retrouvaient la voiture, ils retrouveraient le livreur. A tous les coups, de grosses brutes allaient sonner chez lui demain matin et lui casseraient chaque doigts un par un avant de lui tirer dans les rotules. Mais le temps qu'ils arrivent, Jules se grilla une autre clope.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Mar 30 Sep - 21:16

Dire que je suis totalement inconscient serait un peu exagéré. En fait, c’est pire. Je suis bloqué dans un état semi-comateux bizarre, celui qu’on a quand on est excessivement fatigué mais qu’on arrive pas à entrer dans une phase de sommeil profond. Vous voyez le genre ? C’est pareil, avec de la douleur par-dessus. J’entends des choses par intermittences, mes pensées vont dans tous les sens, je ne sais plus ce qui est réel, ce qui ne l’est pas, j’aimerais bien me redresser, faire un truc, et je n’y arrive pas. Pas possible de relâcher la pression, de se laisser aller. J’ai envie de reprendre le contrôle, vraiment. Je lutte avec moi-même. Mais tous mes membres sont chargés de plombs, et ça tourne, ça tourne si vite. J’ai conscience du monde, et il m’a l’air impossible à rejoindre, comme si mon corps était une sorte de mur de béton dressé entre l’extérieur et moi-même. Par moment, je sens qu’on me touche, qu’on me bouge. Je me dis vaguement que ce doit être pour ne pas me laisser mener la voiture droit dans le mur. Le reste, je ne sais pas. Le temps passe trop vite, trop lentement. J’ai l’impression d’être éveillé tout le long et, pourtant, il me semble à un moment que je ne suis plus dans la voiture. On me traîne, on me déplace. On pourrait me faire n’importe quoi et je ne manque pas de volonté pour protester, par comme quand je suis complètement défoncé, j’ai juste pas la force, et mon esprit vacille toutes les deux minutes. J’aimerais vous faire l’état de toutes les idées bizarres qui me traversent l’esprit, qui m’ont l’air très logiques sur le moment, j’en suis convaincu, mais c’est impossible. Dès que j’essaye de mettre des mots dessus, ça s’éloigne, et le noir revient, encore. Ça me révolte presque de me sentir aussi faible ! Ceci dit, j’ai jamais été révolté de manière aussi… inoffensive, silencieuse. De l’extérieur, je sais que je ne suis rien d’autre qu’une épave, un accidenté qui a l’air de dormir comme un gros bébé.

Mais enfin, je récupère doucement. Au bout d’un moment que j’espère ne pas avoir été trop long, je finis par entrouvrir un œil et je découvre que, effectivement, le décor a changé. Je suis dans un appartement. Pour l’instant, personne ne semble décidé à me tuer, ce qui signifie que le type de tout à l’heure a su gérer jusqu’au bout. Et là, je suis chez lui ? ça a l’air rudimentaire. Pas de décoration folle, comme si le locataire n’avait pas encore eu le temps d’investir vraiment son lieu de vie. J’attends un peu, puis j’essaye de me redresser lentement. Le type est là, assis sur une chaise devant sa fenêtre. Il fume, attend tranquillement que je revienne à moi. On peut dire que je suis tombé sur quelqu’un de sacrément sympa ! Genre il me conduit chez lui, alors que je n’ai fait que lui attirer des problèmes… Et en plus il est mignon. C’est pas forcément prudent de sa part, mais je ne vais pas me plaindre.

- Heu… On est chez toi là ? sont mes premiers mots. Puis, je ne peux pas m’empêcher d’enchaîner sur une question inquiète : Personne ne nous a suivis pas vrai ? Enfin… Merci d’avoir pris tous ces risques pour moi. Surtout que t’étais pas obligé, on se connaît même pas. Même si je crois t’avoir déjà croisé une fois. Je peux encore abuser et te demander si t’as de l’eau ?

Oui, ça fait beaucoup de choses pour un ressuscité, mais parler beaucoup, ça m’aide à remettre un peu d’ordre dans ma tête. Je baisse aussi mes yeux vers mes genoux et je tire la grimace. Ouch. Je me suis déglingué jusqu’à l’os, c’est pas beau à voir. J’ai presque envie de m’évanouir à nouveau. Comment j’ai pu continuer à courir avec des rotules presque à vif ? En tout cas, voilà une autre connerie qui va me valoir une reconstitution artificielle de la peau. Après coup, je me rends compte que c’est pas forcément très malin tout ça. A croire que je fais vraiment tout pour finir avec la consistance d’un mannequin en plastique. Enfin… Je soupire de lassitude, et j’essaye de me concentrer pour améliorer tout ça, rassembler les atomes, les assembler sur tous les tissus endommagés, jusqu’à les recouvrir entièrement, me refaire des genoux tous lisses. Ça atténue considérablement la douleur, parce que je suis en train de réduire le processus de cicatrisation en ajoutant moi-même de la matière sur la blessure. Le problème de ne pas laisser les choses se réparer normalement, c’est que ça devient définitif. J’aurais donc un genre de prothèse à cet endroit mais, après tout, qu’est ce qu’on s’en fiche si des genoux n’ont pas tout à fait la consistance d’une peau humaine ? En tout cas, c’est une réparation qui me demande une attention soutenue. Je prends tout mon temps avec la première jambe. Et je me laisse déconcentrer par mon sauveur avant de passer à la seconde…

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Mer 1 Oct - 16:27

Plus le temps passait, plus Jules enchaînait cigarette sur cigarette et plus il se posait de questions. Comment allait-il se débarrasser de l'épave volée garée derrière chez lui ? Qu'est-ce qu'il va faire de lui, là, celui qui comate sur le canapé ? Comment il allait faire pour son vélo ? Enfin c'était pas le vélo en lui-même qui posait problème, ce qui inquiétait le livreur c'était le fait que ce vélo n'était pas le siens, qu'il appartenait à son patron, avec qui Jules était déjà en froid en ce moment.
Alors que toutes ces questions se bousculaient dans sa tête, il avait toujours les yeux rivés sur la rue sans vraiment la regarder.

« Heu… On est chez toi là ? »

Jules sursauta presque lorsqu'il entendit quelqu'un parler. Il était tellement perdu dans ses pensées qu'il n'était pas prêt à un quelconque stimuli audio. Il tourna alors rapidement la tête vers son interlocuteur, qui s'était réveillé puis assi au lieu de rester allongé.

« Hein ? Ah, heu.. Ouais. »

Vu la vitesse à laquelle l'inconnu parlait et enchaînait ses phrases, c'était facile de déduire qu'il était stressé. Ça se comprenait en même temps, Jules devait l'être tout autant. Il répondit à ses questions et à ses remerciements, laissant à son habitude laisser échapper son faible accent de francophone, en se dirigeant vers la cuisine.

« Ouais, j'vais te chercher un verre. Normalement ils ne nous trouveront pas, ils seraient déjà arrivés sinon. Et c'est pas la peine de me remercier pour ça, j'allais pas non plus te laisser tout seul contre eux, en plus j'avais plus aucun moyen de repartir, dit-il en souriant. Par contre, j'ai pas le souvenir de t'avoir déjà croisé, désolé, j'ai une mauvaise mémoire des personnes... »

Une fois dans le coin cuisine de son salon, Jules se saisit d'un verre propre, qu'il avait lavé quelques heures auparavant, et le maintint sous le robinet avant d'ouvrir ce dernier, laissant l'eau couler dans le verre. En attendant que le récipient se remplisse, le livreur se retourna pour regarder ce que faisait l'illustre inconnu sur son canapé. Il avait l'air concentré sur ses genoux. En même temps ils devaient être dans un très mauvais état pour que leur propriétaire finisse par s'évanouir. Tout ce qui avait attrait à la mutilation dégoûtait Jules, il décida donc de penser à autre chose. D'après l'homme-canon, ils se seraient déjà croisés, mais où ? C'était peut-être un client de la pizzeria, Jules en voyait défiler plusieurs dizaines par jour, il ne pouvait pas se rappeler de chacun d'entre eux. Alors qu'il continuait sa réflexion, il apporta au blessé son verre d'eau. Visiblement toujours concentré, Jules s'assit sur sa table basse en face du canapé, face à l'inconnu qui leva la tête à l'approche du livreur. Il lui tendit le verre d'eau tout en parlant.

« Tiens, ton verre d'eau. Mais ça va aller pour tes genoux ? Et comment t'as fait pour vexer des mafieux d'abord ? »

C'est vrai que dans le genre embrouilles, cet inconnu s'était plutôt bien débrouillé, il fallait l'avouer. Si il n'avait pas croisé Jules à ce moment là, tout ça aurait fini bien différemment. D'ailleurs il serait peut-être temps de faire les présentations non ? Après tout ils se connaissaient à peine et ils avaient déjà presque noyé quelqu'un ensemble, avant de voler une voiture tous les deux, puis ils se retrouvaient en tête un tête chez Jules. Que de romantisme dans leur histoire. En plus il avait oublié d'être moche, cet homme-canon canon. Enfin il faisait un peu trop jeune, mais pas excessivement non plus.

« Et au fait, moi c'est Jules, enchanté. »

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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Dim 12 Oct - 17:50

C’est fou ce qu’une mutation peut d’avoir d’influence sur votre façon de vous comporter. Si j’avais eu un pouvoir moins pratique ou, pire, si j’étais resté humain, je me demande où j’en serais aujourd’hui. Peut-être totalement mort, poignardé bêtement dans la rue ou alors ma faiblesse m’aurait contraint à devenir un peu plus sérieux. En tout cas, il est clair que la vie que je mène aujourd’hui serait impossible sans cette faculté miraculeuse qui me permet de remodeler toutes les parties endommagées de mon corps. Parfois, je me demande si c’est une bonne chose. En tout cas, ma folie n’a pas l’air d’avoir mis en rogne mon aimable sauveur. Il me répond gentiment, il est souriant. J’ai presque peine à croire que tout peu se terminer si bien. Comment il fait ? On lui a implanté une puce dans le cerveau pour qu’il reste détendu en toutes circonstances ou quoi ? A sa place, je ne me serais pas laissé tomber, mais j’aurais attendu que je me réveille pour avoir le privilège de m’étrangler. Je suis quand même heureux qu’il n’en fasse rien et se contente d’aller me chercher un verre. Je note aussi qu’il a un petit accent frenchy. Et là, avec son côté super sympa en plus, tout me revient. Ce mec, je le connais depuis quelques semaines, je m’étais retrouvé un soir un peu par hasard dans la pizzeria où il bosse. Depuis, j’y suis repassé quelques fois quand je l’apercevais derrière la vitrine. Rien de particulier à en dire. C’est un petit plaisir comme ça. J’aime bien me rincer l’œil sur de beaux garçons comme une adolescente en pleine découverte de sa sexualité, surtout quand ils ont un accent étranger. Mais j’ai pas vraiment tenté de lui faire des avances. Vous savez, c’est compliqué en ce moment. L’idée d’une relation sérieuse me mets mal à l’aise. Je séduis souvent par jeu mais je n’essaye pas de faire aller les choses plus loin, sauf quand je suis trop déchiré pour comprendre précisément ce qui m’arrive entre minuit et six heures du matin.

Donc, le frenchy me pose un verre d’eau, dont je m’empare presque aussitôt, s’installe en face de moi et commence son interrogatoire, d’abord prévenant, avant de passer au sujet plus tendu des mafieux. Je pose le verre que j’ai vidé d’une traite et je lui désigne le genou tout propre.

- ça a l’air d’aller ouais. Je me suis surtout mal préparé et j’ai dépensé trop d’énergie tout à l’heure. Courir vite, avoir une super-force, c’est pas vraiment un truc inné chez moi. Tu permets que je m’occupe de l’autre ?

Et disant cela, je me concentre encore cinq minutes sur l’autre genou endommagé pour le remettre en état. A vue d’œil, ça ressemble vraiment à de la régénération. Mais si on y fait bien attention, quelques points posent vite problème, c’est trop lisse pour être vraiment de la peau. Il y a aussi quelques changement de nuances ceci dit, je commence à devenir assez doué pour imiter correctement mon teint. L’effort me coûte encore un peu d’énergie. La tête me cogne mais j’essaye de l’ignorer. Le principal est que la douleur commence à disparaître, réduite au picotement d’une simple écorchure. Je m’explique donc sur les mafieux :

- Et les types je les ai énervés parce qu’on a quelques désaccords entre nous. Je ne suis pas sûr que tu veuilles connaître les détails, c’est à la fois bidon est compliqué. Mais je n’aime pas les pratiques de ces gens là, j’ai quelques raisons personnelles de leur en vouloir et j’ai déjà fait capoter quelques unes de leurs magouilles. J’aime pas du tout le fait qu’ils recrutent des mutants pour aller pourrir encore plus les désespérés de Mutant Town.

Je préfère passer sous silence le fait que j’ai répondu de manière totalement irréfléchie à une de leur provocation, le côté défenseur de l’opprimé ça passe toujours mieux. De toute manière, c’est pas compliqué de deviner que je me suis mis dans une sale affaire tout seul, et je n’ai pas envie qu’on me fasse la morale. Je me sens déjà assez mal d’avoir eu besoin de l’aide d’un inconnu qui risque de se retrouver dans les fichiers de ces blaireaux par ma faute. Je ne sais pas s’il réalise les conséquences de son « sauvetage » mais moi je vois des trucs pour l’avenir qui me donnent moyennement envie de sourire. Je ne vais pas pouvoir me reposer très longtemps si je veux empêcher le pire. Ceci dit, avant de lui faire peur, c’est toujours plus sympa de faire connaissance. Ainsi, il s’appelle Jules, c’est cool, c’est un peu le genre de nom qu’on attend d’un français, même si l’américain de base imagine que c’est le pays où tout le monde porte des prénoms composés. Ça vous ruine tout un mythe d’apprendre que Jean-Pierre est en réalité porté par de gros beaufs.

- Jules… Voilà qui résout un grand mystère, je lance ça sur un ton plus espiègle. Je me demandais quel pouvait bien être le nom de ce français sexy exploité par une bande d’italien, mais c’était un peu compliqué de poser la question au milieu d’une commande de pizza. Moi c’est Yitzhak. Et heu… du coup je crois que j’ai détruit ton vélo de fonction. Même si t’as l’air trop cool pour m’en vouloir, je te dédommagerai pour ça.

C’est plus fort que moi, j’ai beau dire que je ne cherche pas d’histoires, il faut toujours que je lance des trucs directs en prenant un air anormalement angélique quand je suis en présence d’un garçon attirant. Ceci dit, je ne lui propose pas de rembourser son vélo pour lui servir de belles paroles. J’en ai réellement l’intention. J’imagine bien qu’un jeune homme livreur de pizza ne doit pas rouler sur l’or et être du genre à finir trop ric-rac ses mois pour se payer le luxe de démolir son seul moyen de locomotion. Et moi, de ce côté, je n’ai pas de problème. Non seulement j’ai une famille pleine aux as, mais mes capacités en espionnage informatique me permettent si je veux gagner de l’argent autrement de passer des contrats au black sans trop de problèmes. Bref, je ne fais assez peu de soucis sur ma capacité à rassembler dans les 300$ assez rapidement.

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Mar 14 Oct - 21:40

L'inconnu était assoiffé, c'est ce que laissait deviner la vitesse à laquelle l'homme vida son verre. Si il avait l'habitude de boire tout ce qu'on lui proposait à cette vitesse, il devait être de ceux qui finissent rapidement allongés par terre, barbotant dans leur vomi.

Alors que Jules réfléchissait à tout cela, l'inconnu entama son deuxième genou. Enfin la réparation de son deuxième genou. Cela avait tout de la régénération : ce qui manquait à cette partie de son corps réapparaissait, comme ça, à partir de rien. Enfin ce n'était probablement pas comme ça que ça se passait, mais Jules ne voyait pas les détails, ses lunettes de vue étant rangées dans sa chambre au lieu d'être vraiment utiles.
Donc ses pouvoirs seraient super vitesse, super force et régénération, à le croire, aux quels on rajoute son bras liane et son bras marteau, aussi étrange que ce soit, avec lesquels il s'était battu. Et avec tout ça il avait besoin de l'aide de Jules. Bon, quand on regarde la vitesse à laquelle revenait son genou, c'est pas la régénération qui le rendra invincible, et il disait s'être mal préparé, ce qui expliquait quand même pourquoi il était tombé sur le livreur en fuyant, au départ.

Une fois son genou terminé, l'inconnu releva enfin la tête vers son hôte, qui ne l'avait pas quitté des yeux, lui, avant de continuer ses explications. Ainsi, c'est dans sa quête solitaire de protection des plus démunis contre la menace mafieuse qu'il s'était retrouvé dans tout cet embarra. Toute cette histoire avait un petit côté chevaleresque non des moindres, quand même.

« Jules… Voilà qui résout un grand mystère. Je me demandais quel pouvait bien être le nom de ce français sexy exploité par une bande d’italien, mais c’était un peu compliqué de poser la question au milieu d’une commande de pizza, »

Cet étranger semblait bien connaître Jules. Enfin il le connaissait bien plus que le livreur ne le connaissait lui. C'était plutôt surprenant, surtout se faire appeler « ce français sexy » par un inconnu comme si ça faisait longtemps qu'ils se connaissaient. Et il se faisait draguer en plus, ouvertement, comme ça, comme si de rien n'était. C'était pas la première fois qu'il se faisait draguer, mais c'était quand même assez rare pour être déstabilisant.
Cet homme savait visiblement là où le livreur travaillait, ce qui était logique en fait de la part d'un client, et avait au moins une vague idée d'où Jules venait, ce qui était facile à conclure quand on l'entendait parler. En fait il était juste au moins un peu fort en déductions, ce qui était dérangeant quand on l'entendait parler, c'est qu'il annonce tout cela comme ça, de but en blanc. Au moins, Jules était fixé sur le fait qu'il était bien un client.
L'inconnu se présenta enfin. Il s'appelait Yitzhak. Exotique comme prénom, c'était la première fois que Jules rencontrait quelqu'un nommé ainsi. En même temps son nom, une fois écrit, ressemblait à une suite de consonnes ou de voyelles placées aléatoirement, mais qui sonnait bien donc laissé tel quel. Et en ce qui concerne le vélo, Jules ne lui en voulait pas, en effet, mais le fait que ce charmant Yitzhak lui propose de le lui remplacer était bel et bien apprécié : le livreur et son patron étaient plutôt en froid et un vélo de livraison coûte vraiment plus cher qu'il n'y paraît. Bon, le prix du nouveau sera retiré de sa paye, ça fera un trou dans son budget de ce mois ci, mais Jules devrait largement pouvoir s'en sortir grâce à sa rente mensuelle.

« Haha donc t'es vraiment un client de ma pizzeria alors, commença-t-il d'une voix rieuse. Mais t'inquiète pas, je t'en veux pas pour le vélo, et merci de te proposer pour me le rembourser, c'est même pas vraiment le miens, c'est celui de mon patron. Enfin de la pizzeria, enfin bref... »

Et c'est à cet instant que les lacunes en conversation de Jules se firent sentir. Dans sa tête se répétaient à toute vitesse une suite interminable de « Trouve quelque chose à dire ! ». Il finit par improviser, sur un sujet plutôt banal à discuter avec un mutant que l'on vient de rencontrer en espérant que ça donnera lieu à un sujet de débat plus profond.

«  Et toi c'est quoi ta mutation en fait ? »

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Mar 21 Oct - 21:38

Je me dis un peu tard que ça ne se fait peut-être pas d’entamer une phase de séduction aussi ouverte avec une personne qu’on vient d’attirer dans ses problèmes. Enfin, c’est pas vraiment de la drague, disons plutôt de la non censure de pensées. J’ai pas une once de tact quand je m’y mets, et j’aime pas jouer les faux pudiques non plus. Je lui dis qu’il est sexy parce que c’est la réalité. Il l’interprète comme il veut. Ce genre de truc fait plaisir en temps normal non ? En tout cas, il réagit encore façon type super sympa. Il évite de relever la flatterie et s’amuse que je sois un client de sa pizzeria d’un air presque pas gêné. Par contre, l’histoire du vélo semble le mettre dans une situation plus délicate. Il assure ne pas m’en tenir rigueur, mais il m’avoue aussi que la bécane n’est pas à lui. Elle est à son patron, et il est moins certain que ce type prenne la nouvelle aussi bien. Comment fait-il pour ne pas être mort d’angoisse ? Généralement, quand il t’arrive un blème avec un véhicule de fonction, tout le monde s’en fiche de savoir si tu t’es fait exploser par un chauffard ou si tu as juste fait le malin avec, surtout quand t’es un petit livreur de rien du tout. Un employé de seconde zone, ça se remplace en une heure. Ils sont des centaines à faire la queue pour avoir un salaire de misère. Pfff. Et il m’en veut même pas. Ça m’énerve cette attitude. Je préfèrerais qu’il me gueule dessus, que je puisse me vexer aussi, et ne rien regretter. Mais il ne fait rien, il continue de sourire. Je me sens particulièrement nul de l’avoir doublement mis dans l’embarras. C’est un type sympa qui fait sans doute de son mieux pour survivre. J’ai pas vraiment le droit de débouler dans sa vie pour tout saccager avec mes conneries, et ma rébellion qui ressemble soudain à celle du gosse de riches que je suis. Dans ta face comme on dit. Il a beau pas m’en vouloir, ce genre de gentillesse est pénible à supporter. Quand on est toujours dans le conflit, on ne sait plus comment se défendre contre ça.

J’attends qu’il poursuive ses explications mais il a l’air de s’embrouiller dedans et, au final, il part sur autre chose, comme s’il cherchait à éloigner tous les problèmes de nous. En même temps, je sais que ma mutation est assez perturbante quand on a pas eu droit à une présentation détaillée avant. Il se retrouve devant un « phénomène » de la génétique bizarre, et il est bien normal que cela entraîne assez rapidement des interrogations.

- L’explication rapide serait que je peux déstructurer la matière, l’absorber et la remodeler, ou la transformer en énergie pure. C’est comme ça que je peux créer des armes, régénérer d’une certaine façon, aller plus vite ou devenir plus fort. Mais comme tu as vu, si je fais trop de manipulation d’un coup, je peux saturer et ça se termine mal… - Et soudain, je me souviens : - C’est aussi pour ça que j’ai « avalé » ton vélo. C’était un vieux réflexe pour réduire l’impact. J’ai pas réfléchi. Pour ton patron, je suis sûr qu’en lui ressortant le même modèle ça pourra le faire. Je crois que je t’ai fait assez de problèmes, je voudrais pas que tu te fasses virer à cause de moi… Maintenant, entre nous, t’as plutôt pas intérêt que les mecs sachent où tu bosses. Vu les circonstances, on aurait dû éviter de les laisser en vie.

Je parle encore un peu trop. Beaucoup de pensées se bousculent dans ma tête, entre l’histoire du vélo, le problème des types toujours en vie, les risques toujours présents, je ne sais plus très bien par quoi commencer. J’ai sans doute l’air préoccupé. Comment mettre les sales types hors d’état de nuire ? Comment assurer à Jules une protection ? Comment être sûr de ne pas griller toutes mes chances avec ce mec ? Rayez la question inutile. Oui, c’est la dernière, je sais. Finalement, je lance d’une voix plus assurée :

- M’enfin t’inquiète pas non plus. Je vais trouver une solution pour que t’ai plus à entendre parler de cette affaire. Je te jure, j’ai pas envie que ça te retombe dessus, parce que je ne sais vraiment pas dans quel état je serais à cette heure si t’avais pas été là. T’es toujours aussi sympa ? Je veux dire, tu ne m’as pas semblé du genre bagarreur, alors j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi tu as pris tous ces risques.

Et je me perds un peu dans mes propres paroles. Ce gars me met mal à l’aise. Il ne me demande rien et j’ai l’impression que je dois me confondre en excuses jusqu’à… je ne sais pas trop en fait. Aucune idée de la réaction que j’attends. Je sais juste que j’ai honte d’avoir mal géré mon coup avec les autres mutants, de m’être évanoui, de me retrouver comme un con chez un mec mignon face auquel j’avais tout sauf envie de présenter ce genre d’image de moi.

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Mer 22 Oct - 10:41

Et voilà qu'il revenait sur l'histoire du vélo. Il voulait pas changer de sujet un peu ? C'est pas constamment en parler qui allait arranger les choses, ils avaient l'air de s'être déjà mit d'accord de toute façon, et le rembourser intégralement devrait probablement suffire à le calmer, le patron. Au moins un peu. Depuis que Jules était à New York, c'était le deuxième vélo de livraison qu'il perdait, et ça avait gueulé à la perte du premier, mais pour celui-là le livreur était rôdé et savait quoi faire : ne pas laisser le temps à l'italien de s'énerver et tout arranger avant même qu'il ne s'en rende compte, en espérant que le jugement du patron ne soit pas influencé par la nouvelle de la mutation de son livreur.
Enfin bref.

Yitzhak suggéra qu'ils auraient mieux fait de ne pas les laisser en vie, les deux mafieux. C'était impensable pour Jules. Même s'il n'avait pas rechigné à l'idée de le combattre sans vraiment savoir pourquoi, les tuer c'était autre chose. D'abord il se connaissait et savait qu'il culpabiliserait pendant très, trop, longtemps à l'idée d'avoir délibérément tué quelqu'un, puis il se connaissait et savait que doué comme il était, il aurait fini au Triskelion. Rien qu'avec ses empruntes digitales, il aurait été facilement retrouvable. Enfin non, il n'avait pas eu un seul contact physique direct avec la brute, donc niveau empruntes ça va. Alors ils avaient du être filmés, c'était obligé qu'il y ait des caméras de surveillance à Mutant Town. Même si elles ne devaient pas avoir une durée de vie excessivement longue là-bas vu l'état du quartier en général. Non, ils n'auraient pas pu être filmés non plus.
En fait ils auraient pu s'en sortir, de ce double meurtre, même si Jules n'en aurait pas été capable.

A vrai dire, Jules ne savait pas non plus pourquoi il s'était lui aussi embarqué dans toute cette affaire. En même temps il ne pouvait pas dire non et repartir à pied. Pour lui, tout ce qu'il avait fait s'était fait naturellement, il n'avait pas réfléchit. En même temps, quand on croise quelqu'un qui a l'air de fuir quelque chose et qu'on peut faire quelque chose pour l'aider, on l'aide. Enfin ce n'était peut-être pas la chose la plus logique à faire pour certains, mais pour Jules ça l'était, et au final il ne regrettait pas. Et Yitzhak avait fait la promesse qu'il n'ait pas à le regretter, alors tant mieux. Jules n'avait aucune idée de comment il s'y prendrait, mais bon.

« A vrai dire je sais pas vraiment pourquoi j'ai fait tout ça. Jules rit brièvement et nerveusement en se grattant l'arrière du crâne. Enfin nan j'ai fait ça sans réfléchir quoi, mais je regrette pas non plus, haha. »

Il n'était pas vraiment doué pour parler, et si à sa on rajoute le fait qu'il est toujours persuadé qu'il faisait constamment des bourdes, ça pouvait parfois donner des situations plutôt drôles, mais rarement pour lui. Du coup, il espérait quand même ne pas avoir vexé Yitzhak, même si il n'avait pas dit grand chose de vexant et qu'il semblait plus difficile à vexer que ça.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Dim 26 Oct - 22:44

Je crois bien que je le soûle à m’inquiéter de ses affaires à sa place. En même temps, il est quand même un peu trop détendu par rapport à la réalité. C’est bien joli de faire comme s’il n’allait absolument rien se passer, et se dire que tout est terminé, qu’on va pouvoir finir l’après-midi tranquille autour d’une tasse de thé en consultant le programme télé de la soirée, mais on a encore un tas de problèmes sur le feu. Et les embrouilles, elles ne disparaissent pas comme par magie dès qu’on arrête de s’en soucier. Un jour, elles te retombent sur le pif. Et si tu n’as pas prévu quelque chose pour les affronter, c’est terminé. Je passe pour un type horriblement stressé à côté de lui, mais j’y peux rien, je suis obligé d’envisager le pire pour survivre. Jules, il connaît pas tout ça, il a l’innocence du débutant, il veut fermer les yeux et se dire qu’on a juste vécu une aventure bizarre et que tout est déjà derrière nous. Il est un peu dingue quand même. S’il veut garder ce genre d’illusion, c’est jouable, à condition que je me donne un max de boulot pour lui épargner la suite de l’intrigue. Enfin, je ne vais pas lui prendre la tête plus longtemps avec ses histoires. C’est son choix et en plus il n’a pas encore l’air de vouloir me virer. Je peux bien profiter d’une discussion normale, agréable peut-être, avant de me plonger seul dans des affaires plus graves. De toute façon, les explications concernant mes relations avec la mafia ou l’origine de mon pouvoir l’intéressent tellement peu qu’ils ne m’assomme pas d’un tas de question gênante, comme cette nana que j’avais ramassé dans la rue une fois juste après un « meurtre ». Elle était vraiment reloue celle-là. Elle a cherché la petite bête pour un truc qui ne la regardait absolument pas et, au final, elle a su, et j’ai bien cru que j’allais devoir la buter. Bref. Avec Jules ça aurait été différent. A cause de ce qui est arrivé, il a le droit de me trouver louche, de m’accuser d’être le pire menteur du monde, réclamer des preuves etc. Mais il ne le fait pas. C’est quand même sympa en un sens. Faut qu’il arrête d’être sympa, vraiment. Ça va lui jouer des tours.

Mais j’ai peut-être un début de réponse à cette attitude. Vous voyez, les personnes gentilles, elles le sont souvent à cause de leur timidité. Faut avoir un peu honte de soi pour être gentil, toujours refuser la confrontation, passer de la pommade à tout le monde et tout ça. Jules me semble mal à l’aise maintenant qu’on est en tête à tête. Il n’a pas beaucoup de conversation, il essaye de rire et ça sonne faux. Il dit des trucs sans développer, puis il rigole pour faire genre ça va passer. Si je ne l’avais pas vu s’illustrer héroïquement tout à l’heure, j’aurais pu devenir détestable avec lui, juste pour voir s’il avait un truc dans le ventre. Là, je me regarde plutôt avec curiosité. S’il assume totalement de m’avoir aidé, c’est que ça lui a fait du bien je suppose. Et quoi de mieux qu’une bonne bagarre de rue, où l’on risque sévèrement sa vie, pour fuir la monotonie d’un quotidien de livreur de pizza. Tu parles d’un métier d’avenir !

- A ta place, tu vois, j’aurais sans doute fait la même chose. Ça m’est déjà arrivé même, d’intervenir au milieu d’une bagarre pour défendre le plus mal barré. Je réfléchis rarement avant de me lancer aussi, mais au final, c’est surtout le côté action qui me plaît. Et donc, au final, pourquoi tu ne regrettes pas ? J’imagine que taxi de pizza, ça doit pas être l’éclat’ tous les jours. Tu avais besoin d’animation aussi ? Ou… - Mon regard se fait plus mutin et je me relâche un peu plus en essayant de me donner une tenue vestimentaire moins destroy. - …m’avoir dans ton canapé semble une bonne conclusion à l’histoire ? Tu as le droit de valider les deux questions.

Faut que j’arrête de déconner toutes les deux minutes. Même si c’est pour plaisanter, il risque de me fiche dehors si je continue à écrire les répliques d’une mauvaise romance. En même temps, c’est sa faute. Il est mignon et il n’essaye pas de me tendre de piège, il ne m’engage pas dans un sujet sérieux, il reste parfaitement lisse, souriant et, surtout, il a l’air gêné. Quand on me tente, je fonce toujours. Je sais que ça peut paraître contradictoire, mais j’éprouve souvent aussi bien le besoin d’être insupportable et séducteur à la fois.

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Lun 27 Oct - 11:10

Il serait temps d'arrêter de faire son timide. Jules n'est pas doué pour faire la conversation et il le sait, mais il pourrait quand même faire des efforts, au moins un peu. Enfin c'était plus facile à dire qu'a faire, il avait vraiment du mal à trouver quoi dire, comment développer ce qu'il disait pour se contenter de plus d'une phrase ou deux quand il prenait la parole. Enfin c'était probablement plus sa façon de chercher quoi dire qui posait problème. Se répéter « Allez trouve quelque chose à dire ! » au lieu de vraiment chercher quelque chose à dire, c'est pas efficace. Donc pour cette fois il improvisa, en espérant que ce serait plus efficace.

« Bah je regrette pas parce que ça m'a permit de te rencontrer, c'est un bon début, déjà, et... ça me fera une histoire à raconter demain à la pizzeria aussi ! »

Bon, pour une improvisation, Jules en était plutôt satisfait, il n'avait rien dit de trop stupide mais avait quand même réussi à dire quelque chose, même si ça restait peu. En tout cas Yitzhak avait raison sur un point : être livreur de pizza n'était pas le travail le plus palpitant du monde. Mais bon, il allait faire son bénévolat à Mutant Town de temps en temps quand même, c'est un peu plus animé que d'être livreur. Enfin non, travailler dans une soupe populaire, à moins de se faire braquer ce n'est pas non plus très palpitant. En fait Jules avait déjà une vie de vieux, calme, bien rangée. Le pire, c'est qu'il ne s'en était jamais rendu compte. Il est doté d'une grande résistance à l'ennui, mais quand même... Il serait grand temps d'y remédier.

« Ouais, on peut dire que j'avais besoin d'aventure j'imagine, c'est vrai que j'ai pas une vie très palpitante quand on y réfléchit, j'ai connu plus stressant que livrer des pizzas, c'est sûr. »

Et Jules se faisait draguer, c'était évident. Moins subtil que Yitzhak là-dessus ça n'existe pas. Enfin si, une pancarte clignotante peut-être. Cela déstabilisait ce livreur de pizza solitaire qui avait tout sauf l'habitude d'être dragué, mais il avait quand même de la chance, Yitzhak étant à son goût. Jules décida donc de se ressaisir, histoire de ne pas laisser filer cette chance. Il s'arma donc de son plus beau sourire et le fixa droit dans les yeux, son regard portant une once de défi et une tonne de sous-entendus.

« Ça dépendra de ce qu'il se passe ensuite dans ce canapé tu sais. »

Alors qu'il parlait, Jules posa doucement une main sur le genou de celui qui lui faisait face. Malgré ses origines et ce qu'on disait sur les gens venant du même pays que lui, Jules était tout sauf un bon dragueur, il espérait donc n'en avoir pas trop fait. De toute façon Yitzhak avait déjà l'air partant, alors le fait que Jules devienne aussi subtil que lui en la matière, cela devrait faire l'affaire. Il ne restait plus qu'a voir où tout cela le mènerait.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Mer 29 Oct - 23:14

Il dit qu’il est content de m’avoir rencontré. C’est cool mais… C'est-à-dire qu’on se connaît pas tellement. Je me demande s’il a déjà une petite idée du genre de personne que je suis, et si le portrait qui se dessine dans sa tête lui plaît. Même si j’apprécie la flatterie, j’ai un peu de mal à croire qu’on peut être sincèrement ravi de rencontrer une personnalité aussi bruyante et apparemment inconstante que la mienne. A moins de s’ennuyer à mort. Ouais, il doit se morfondre comme pas possible dans sa petite vie qui a l’air toute vide. Je ne sais pas depuis combien de temps il vit dans cet appartement, mais l’intérieur me fiche le cafard. Vous voyez, je vis entre trois lieux différents, la chambre de mes parents dans laquelle je squatte de moins en moins, la chambre universitaire et le dortoir de la Confrérie. Il y a un peu de « moi » un peu partout, même là où je ne dors qu’une nuit par semaine. Généralement, ce « moi » s’exprime par une tendance à semer un bazar monstrueux un peu partout. Mais, au moins, on peut sentir qu’une vie s’exprime ! Ici, pas grand-chose à relever. On dirait que Jules vient de s’installer, genre depuis une semaine. J’imagine qu’il ne doit pas avoir beaucoup de folles aventures à raconter à ses collègues. Au fond, je lui donne peut-être l’opportunité d’être plus intéressant que d’habitude. J’essaye de me le représenter en train de raconter le combat épique qu’on vient de mener à sa pizzeria. C’est assez drôle.

- Et on parie qu’ils vont te regarder avec de gros yeux et te traiter de mytho ? Je plaisante même pas. Ça m’arrive souvent. Et quand tu commences à devoir inventer des mensonges plus crédibles que la réalité, c’est que ta vie est devenu un truc sacrément dément pour le commun des mortel.

Je lui fais un clin d’œil complice. Même en me prenant sur le fait dans des situations improbables, pas mal de monde trouve encore le moyen de mettre en doute ma parole. Ils n’ont pas tout à fait tort. Je dis rarement l’exacte vérité, mais la plupart du temps, ce sont les éléments les plus justes qu’ils mettent en doute. En général, je trouve ça lamentable. Là, je me sens un peu plus tranquille. Jules n’a toujours pas l’air de me prendre pour un dingue, c’est agréable. Il m’avoue un peu tout ce que j’ai supposé, à propos de son existence monotone, de son manque de sensations fortes. Le plus curieux, c’est qu’il ne fait rien pour se rendre plus intéressant. Je pensais que derrière tout petit travailleur se cachait le rêve d’une autre vie, des projets, des choses un peu plus glorieuses à mettre en évidence, mais si Jules en a, il ne souhaite pas les faire partager. Je ne peux pas dire que je l’aide non plus à s’engager sur cette voie en faisant des sous-entendus évidents toutes les deux secondes. Et on peut dire que ce qui est arrivé ensuite m’a bien coupé le sifflet. Il m’a tourné un sourire séducteur, jeté un regard langoureux et quasiment annoncé nos ébats futurs sur ce canapé. De provocateur, je suis passé à perplexe. Je l’ai fixé d’un air un peu hébété, tandis qu’il me posait une main sur le genou. Wah ! C’est possible ça ? Quand je lançais toutes mes petites piques ambigües, je ne m’attendais pas un instant à une réaction favorable ou, du moins, pas aussi rapide. Je voulais juste taquiner un type mignon et apparemment mal dans ses baskets. Et là, très franchement, je ne sais plus ce que je dois faire. Je suis dans une forme encore assez relative, puis, ça serait quand même un peu bizarre de faire ça avec un type qui vient un peu de vous sauver la vie comme un… un genre de fuckin’ prince charmant ouais. L’image me fait sourire. Je retire doucement sa main de ma jambe et je lui lance sur un ton offensé qui sonne très peu sérieux :

- Eh ! C’est pas parce que tu m’as sauvé comme une demoiselle en détresse et que t’es craquant que je vais déjà te tomber dans les bras… Enfin, pas trop vite quand même…

Ça surprendra peut-être mais ce que je viens de faire, m’approcher de lui pour l’embrasser furtivement sur la bouche, n’est pas dans mes habitudes. D’habitude, je suis bourré quand je fais ça, ou c’est l’autre qui fait le premier pas. J’ai tendance à me voir comme quelqu’un que l’on peut désirer, et à ne chercher précisément personne. Mais Jules a fait le premier geste, ça compte. On ne peut pas dire que ce baiser ait une signification réelle. Il s’inscrit dans un jeu, que je poursuis en lançant :

- C’est comme ça qu’on remercie un héros non ?

Aha, c’est bêtement niais, j’adore ces trucs ! J’aime bien aussi le fait de m’amuser à séduire quelqu’un avec qui rien n’est encore faux. Jules ne m’a pas obligé à mentir sur ma vie. On se connaît à peine, mais ça a l’air presque sincère et j’ai beau me sentir encore bien amoché par ma bagarre, je commence à me laisser aussi gagner par l’impression que tout se passe pour le mieux. C’est agréable d’être ici, avec une personne qui n’essaye pas de vous juger, qui reste tranquille et attentionnée. Et ce sentiment me met mal à l’aise en un sens, pas de manière négative mais je ne sais pas, une partie de moi a envie de pleurer. Pourtant, je continue de sourire, et mes doigts tapotent distraitement le bout des siens quand je lui demande :

- Et à part des projets imminents pour le canapé, tu as prévu quoi pour la suite de ton séjour ici ? Je ne te connais qu’à travers une fonction assez naze, tu viens faire quoi aux us en vrai ?

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Jeu 30 Oct - 12:25

Jules est vraiment un mauvais dragueur. Il le savait et ça s'était démontré une fois de plus, il a certainement voulu aller trop vite. En même temps, Yitzhak l'avait sorti de sa vie (trop) tranquille de célibataire livreur de pizza à grands élans de drague, le livreur avait cru à une ouverture. C'était bizarre quand même, il s'amusait à le draguer à tout va, et quand le dragué tentait quelque chose en retour, aussi subtil et réfléchi que ce soit, le dragueur s'enfuyait. Et Jules qui s'estimait heureux de ne pas avoir à comprendre les femmes... Non, il n'était pas doué avec les nuances, tant quand il fallait les faire que quand il fallait les comprendre, alors il avait clairement du manquer quelque chose pendant sa conversation avec Yitzhak.

Mais suite à son refus évident, ça Jules l'avait bien compris, son invité se pencha vers lui et l'embrassa rapidement. A ce moment là, Jules.exe a cessé de fonctionner. Pendant quelques instants il eut sur son visage la même expression que quelqu'un qui ne réalise pas encore que son ordinateur à décidé de faire un écran bleu alors qu'il était en plein travail. Clairement il ne comprenait plus grand chose à ce qu'il se passait sur son propre canapé. Qu'est-ce que ça voulait dire, tout ça ? Si ça se trouve c'était une caméra caché depuis le début, ça expliquerait beaucoup de choses, dont son petit jeu. Ou alors, ce qui serait plus plausible, ce petit baiser était juste un prix de consolation. « Merci d'avoir participé, au revoir ! ». Ou alors juste un message pour lui dire de retenter plus tard. Oui c'était certainement ça. Et ça collait avec ce qu'il avait lui-même dit, le « Enfin, pas trop vite quand même... ». Pourtant Yitzhak n'avait pas l'air d'être de ceux qui refusent de coucher pendant le premier siècle d'une relation. Enfin ils étaient loin d'être en couple, ça c'était sûr et certain, même Jules l'avait compris, et ils se connaissaient depuis vraiment pas longtemps, mais c'était Yitzhak qui avait commencé à le draguer. Finalement, ce petit jeu plaisait au livreur. Cela avait tout l'air d'un défi, que Jules adorerait relever, même si il détestait les défis d'habitude, mais il fera une exception pour cette fois. Pour la forme, et parce qu'il devait bien mettre un peu de piment dans sa vie.

« Bah tu vas rire, toi qui me prend déjà pour un héro, Jules bomba alors le torse en riant, faisant la caricature du prince charmant héroïque de dessin animé, mais je suis arrivé à New York après l'incendie de Mutant Town, y'a deux ans donc, faire de l'humanitaire, enfin aider les gens là-bas quoi. Du coup je revenais de la soupe populaire dans laquelle je travaille bénévolement quand tu m'as... percuté. Et les livraisons de pizzas c'est juste pour le visa en fait. Si ils renouvellent mon premier visa, il me reste encore 4 ans à vivre ici, et ensuite peut-être que j'aurais le droit à la nationalité, et je ne pense pas arrêter le bénévolat d'ici là de toute façon. Et toi, t'as toujours vécu à New York ? »

Entre son sauvetage d'entre les doigts des grands méchants siciliens et le bénévolat à Mutant Town, Yitzhak allait vraiment commencer à prendre Jules pour une sorte de mère Teresa masculin mutant et homosexuel. Mais au moins, Jules avait réussi à aligner plus d'une phrase dans sa réponse, ce qui s'avérait déjà être un grand progrès. En même temps, il s'était fixé un objectif qui changeait, au moins du côté de Jules, la tournure de la conversation.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Mar 4 Nov - 23:47

Faut pas croire, Jules a de la chance que j’envisage de le faire languir plutôt qu’aller plus loin avec lui après une discussion sommaire. C’est jamais bon signe quand je cède trop vite. Ça veut dire que j’attends strictement rien de la personne, ou rien de très spirituel en tout cas. J’ai pas envie de tout gâcher sur un coup de tête. Des plans cul, je peux en trouver comme je veux, c’est pas les affamés qui manquent à NY. Ça m’intéresse pas. Là, pour être franc, j’ai même pas la tête à me taper quelqu’un. Oui, je suis contradictoire, capricieux, sans doute totalement névrosé, et un tas de choses qui me font penser que j’ai rien à fiche en couple. J’aime me faire désirer, et je méprise ceux qui me désirent. C’est comme ça. Quand je me réveille à côté d’un mec que je connais à peine, même s’il a été sympa avec moi la veille, ça me fout toujours la gerbe. Mais je récidive à chaque fois. J’essaye de me rassurer, sur le fait que je plais, avec l’illusion stupide que l’envie finira par revenir. Je parle pas des mécanismes du corps qui font que tu vas réagir à force d’être stimulé, mais du fait de se sentir autre chose qu’un bout de chair morte secoué comme un sac jusqu’à l’épuisement. Ouais, c’est nul. J’ai du mal à l’avouer, pourtant, voilà la vérité, je suis une nympho frigide. Alors, pour les festivités, Jules attendra que je sois d’humeur ou trop alcoolisé pour m’inquiéter de ce qu’il risque d’arriver si on saute le pas. J’ai toujours peur d’être déçu, surtout si j’ai envie de faire en sorte que ce soit aussi bien pour moi que pour l’autre. Ça me bloque. Et j’aimerais que les choses se passent normalement pour changer, essayer de le connaître un peu mieux avant de partir en vrille à nouveau.

Je continue quand même de jouer avec ses doigts. Ce genre de contact humain me fait du bien. Et même si cette attitude est compliquée à interpréter, je ne veux pas qu’il s’éloigne de moi. Le baiser ayant fait son effet, il reste aussi, et semble même plus décoincé. Il parle enfin pour aligner plus de trois mots ! Sa première tentative d’humour me fait sourire, mais le reste est un peu plus sérieux. J’ai droit à un semblant d’histoire, celle d’un mutant engagé dans la cause humanitaire, décidé à donner un bout de sa vie pour aider les siens. Wah. C’est admirable, quitter son pays pour une cause toute philanthropique. Je saisis le principe, mais j’ai du mal à le comprendre. Si je défends les mutants, c’est plutôt par la guerre, l’action brutale, les intrigues politiques. Je n’arriverais pas à me sentir utile en aidant juste les plus démunis. Je veux plus supprimer la cause que m’occuper des conséquences. Pourtant, il faut bien que des gens soient là pour sauver ceux qui souffrent en attendant. Et il existe donc des personnes comme Jules, que je ne comprends pas et que j’admire. Sa question me met d’ailleurs un peu mal à l’aise. J’ai vécu à l’étranger aussi… et je suis très loin d’y avoir servi des soupes populaires. Donc, je me mordille un peu la lèvre, en hésitant sur la réponse que je pourrais lui faire sans trop mentir.

- Pratiquement. Je suis parti vivre en Israël quand j’avais quinze ans mais j’ai moins de mérite, j’avais déjà de la famille sur place, et j’avais surtout besoin de changer d’air après une sale histoire d’amour… - Je finis par rouler des yeux par autodérision et je poursuis, plus désinvolte : - C’est vraiment nul. Je veux pas t’ennuyer avec ça. Puis enfin, j’y suis resté un peu plus d’un an et rentré il y a deux ans aussi, mais après les incidents de Mutant Town. J’essaye aussi de faire des choses à ma façon pour aider les mutants depuis, mais comme tu as pu le constater, je donne pas trop dans le registre humanitaire. C’est fou d’avoir quitté ton pays juste pour servir bénévolement de la soupe… Fou, mais bien aussi, je suppose. Tu mérites bien plus la nationalité américaine qu’un tas de monde, crois-moi. – Et là, je pense à tous les responsables des incendies et ça me fait bouillir intérieurement. J’ai la main qui se resserre un peu sur ses doigts par réflexe. – Ceci dit, j’ai quand même du mal à comprendre… Tu veux juste aider ? T’as pas de plan de carrière ou quelque chose comme ça ?

Vous voyez, j’ai beau être totalement destroy la plupart du temps, avoir l’air de prendre les études par-dessus la jambe, j’ai beaucoup de mal à envisager que l’on puisse se satisfaire de petits boulots et du sacrifice de soi. Le délire de partir sans plan en tête, juste pour « sauver le monde », ça me sidère un peu. J’ai envie de lui poser un tas de questions, comme « Et pourquoi vouloir rester ici ? », « Est-ce qu’il s’est passé autre chose en France ? », « Que fait-il donc de ses journées depuis deux ans à part ces deux trucs pas bien palpitants dans la vie d’un jeune homme ? », mais je me mords la langue et me retiens. Un truc à la fois. Je peux pas l’assommer par un interrogatoire digne d’un flic, surtout qu’il me donnera peut-être une partie des réponses lui-même. Alors j’attends avec un vif intérêt. C’est rare qu’une personne m’intrigue autant. D’habitude, je m’en fiche un peu de la vie des gens. Mais Jules est une énigme que j’ai envie de mettre à jour.

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Sam 8 Nov - 20:48

Yitzhak n'arrêtait pas de lui tapoter les doigts. C'était bon signe. Cela voulait dire que tout n'était pas perdu avec lui, qu'il n'avait pas grillé toutes ses chances. Avec son approche plutôt lourdingue, même Jules l'admettait après coup, il avait probablement fait comprendre ce qu'il attendait de son côté, après libre à Yizhak de faire ce qu'il voulait, mais étant donné le tapotage de doigts, ce dernier semblait juste vouloir faire languir l'autre sans lui faire penser que tout était fichu. De toute façon Jules était du genre plutôt patient, donc il était prêt à attendre le temps qu'il fallait, et il s'était mit au défi d'avoir Yitzhak, donc il l'aura un jour, il l'aura,

Ainsi, il était né à New York mais avait de la famille en Israël. Vu son prénom, il devait avoir des origines juives, ou environnantes, mais sa famille devrait être fière de lui, être mutant et homosexuel était peut-être le combo parfait pour énerver les plus conservateurs. Enfin pour Jules c'était la même chose, juste que de son côté personne n'est au courant pour son penchant.
Mais il a quel âge, au juste ? C'est légal au moins ce que Jules est en train de faire ? Parce que être accusé de pédophilie c'est tout sauf le meilleur moyen d'obtenir la nationalité américaine. Bon, il est parti en Israël à quinze ans, y est resté un peu plus d'un an, on va dire deux, donc il est rentré à dix-sept ans, il y a deux ans. Ce qui fait un total de dix-neuf ans. Ouf. Mais ça fait quand même cinq ans d'écart avec le français. On dit que pour savoir quelle est la limite acceptable de différence d'âge avec son partenaire, il faut prendre son âge, le diviser par deux et ajouter sept. Jules à vingt-quatre ans, divisé par deux ça fait douze, plus sept, dix-neuf. Décidément, c'était limite. Yitzhak avait l'air jeune, mais Jules lui aurait donné une vingtaine d'années quand même, pas dix-neuf. C'était vraiment jeune, dix-neuf. Mais bon, c'était légal et si ils en avaient tous les deux envie, tant mieux.

Enfin partir en Israël pendant plus d'un an à cause d'une mauvaise histoire d'amour quand on a quinze ans c'est pas un peu exagéré ? Pour un adolescent, la fin d'une histoire d'amour c'est toujours toute une histoire, mais de là à s'expatrier... Peut-être que Yitzhak était beaucoup plus, sensible qu'il ne le laissait paraître en draguant constamment et ouvertement les autres, ça avait un petit côté touchant. Mais visiblement, Yitzhak n'aimait pas trop parler de lui, puisqu'il revint plus rapidement sur le sujet du bénévolat de Jules. Au moins les deux avaient un point commun.

« Aha, merci pour le compliment ! commença-t-il en souriant. En fait je suis juste venu avec l'idée d'aider les habitants de Mutant Town, et j'ai tellement aimé faire ça que j'ai jamais réfléchi à quelque chose d'autre en fait, même si il serait temps que j'y songe... »

Jules était partagé entre l'envie d'aider son prochain, comme ça, pour le plaisir, et l'envie de faire quelque chose de sa vie, autrement que par le bénévolat. De toute façon il avait un trou de deux ans sur son CV pendant lesquels il avait juste livré des pizzas, il devrait expliquer qu'il avait fait cela pour faire du bénévolat à Mutant Town, et pour peu qu'il tombe sur des recruteurs anti-mutants, il n'était pas là de trouver du travail.
Mais cette histoire d'Israël le torturait quand même. Pour Jules, une expatriation de deux ans c'était quand même un peu disproportionné pour une histoire d'amour qui finit mal. Lui qui n'aimait pas non plus parler de trop de lui renvoya alors la balle à son partenaire.

« Mais j'ai pas vraiment compris pourquoi t'es parti en Israël pendant aussi longtemps ? T'as arrêté tes études pendant tout ce temps du coup? »

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Jeu 13 Nov - 23:20

Le problème quand on commence à avoir une discussion sérieuse avec quelqu’un, c’est qu’on en vient à devoir parler de nous. C’est souvent donnant-donnant, à moins de croiser un de ces narcissiques insupportables qui adorent parler en boucle sans rendre les questions, mais Jules n’est pas comme ça. Il pèse ses mots, donne les informations au compte goutte, en essayant de déplacer la conversation sur moi. Les questions gênantes ne sont pas encore arrivées, mais je me doute bien que je ne vais pas y échapper. Après tout, le simple fait de lui raconter que je me suis offert un séjour de deux ans à l’étranger pour un chagrin d’amour au lycée a de quoi intriguer. Et je vois bien, au regard qu’il me lance, que mon ton assez évasif le fait piler. Le problème, c’est que ça va vite devenir gênant si j’entre dans les détails. Je vais le perdre. Il va me prendre, au choix, pour un mytho ou un gros malade – même si vu ce qu’on vient de vivre, il doit être un minimum préparé à écouter une histoire à coucher dehors de plus. Il n’empêche que la pensée de tout ce que je pourrais lui apprendre me met mal à l’aise. J’ai du mal à accepter ce passé fragmenté qui a fait de moi ce que je suis, et me ramène aussi vers un autre que je rejette profondément. J’assume pas toutes les conneries. J’ai souvent regretté de ne pas pouvoir tout effacer, repartir à zéro, lavé, sans ressentir le besoin de parler de mon adolescence imbécile pour expliquer une très grande partie de mon comportement. Mais c’est là, collé à moi, j’arrive pas à m’en débarrasser, et je n’ai rien fait ces deux dernières années pour construire un truc plus positif… Je n’y suis pas arrivé. C’est bien le plus lamentable. Je déteste ces souvenirs, mais ils sont les seuls auxquels je puisse me raccrocher si je dois parler de ma vie.

Si Jules est si lisse qu’il en a l’air, ce doit être tranquille d’être lui. Je l’envie un peu. Il a facile quatre ans de plus que moi, et on dirait que la question de son futur ne lui a encore jamais tourmenté l’esprit. Je lui trouve un côté presque hippie, avec son délire d’aider les autres, en réfléchissant de très loin à un plan de carrière. On peut dire qu’il n’a probablement pas été élevé dans le même monde que moi. Dès six ans, mon grand-père essayait de m’expliquer les rudiments de la direction d’une multinationale. On n’a pas arrêté de me prendre la tête avec mon histoire de QI surdéveloppé qui m’obligeait forcément à mener de grandes études, me construire une carrière solide, etc. J’ai longtemps rejeté tout ça. Mais, au final, je dois bien reconnaître que je ne me vois pas rester sans projets clairs comme Jules. D’une parce que je m’ennuierais, de deux, parce que j’ai besoin d’une certaine forme de reconnaissance, et de trois, avouons le, en ayant grandi sans apprendre le concept de l’économie, je ne supporterais pas de vivre comme un « prolétaire ». Donc, en sachant que j’ai les compétences de gagner beaucoup d’argent, je vois très mal comment je pourrais me lancer fleur au fusil dans du bénévolat. J’aimerais bien creuser un peu plus, essayer de trouver d’autres intérêt derrière sa philanthropie, mais il revient à la charge pour me forcer à préciser les événements qui m’ont forcé à partir. Ça ressemble un peu à un jeu. Chacun essaye d’en dire le moins possible pour faire parler l’autre. Mais, malgré ce pacte tacite, je me sens assez mal à l’aise.

- Pour me ressourcer, à cause d’une sale histoire je te dis.
J’essaye d’être désinvolte, mais je devine à son expression qu’il attend toujours d’autres précisions. Alors, avec une mauvaise grâce visible, je me redresse sur le canapé et lâche sa main pour attraper nerveusement les plis de mon pantalon sur ma cuisse. Mon regard devient fuyant. Je ne sais pas trop comment exprimer ça.
– ça peut paraître radical mais j’ai eu une histoire vraiment compliquée, pas avec un ado de mon âge, il avait vingt ans et j’étais pas prêt à affronter une relation comme celle qu’on a vécu. Enfin, je ne vais pas entrer dans les détails, personne ne serait prêt en vérité, mais j’étais encore très naïf et ça a été pire. Donc… voilà, j’étais tellement mal que je me suis mis à ne plus supporter tout ce qui me ramenait à lui, et à ma vie de manière générale. J’ai demandé à partir, et mes parents ont estimé que ça valait aussi mieux pour moi. J’idéalisais beaucoup Israël, j’y allais régulièrement pendant mes vacances scolaires depuis tout petit, je pensais y retrouver une part de mon identité, quelque chose dans ce genre. Mais ça me semble débile maintenant. - J’ai un soupir assez amer. – Je suis à jour dans mes études. J’ai raté une année à cause de ma dépression, mais je suis entré dans un lycée en Israël. J’ai séché le bac parce que, j’ai aussi arrêté les cours au milieu de l’année mais là c’est bon, je suis à jour. J’avais deux années d’avance, j’en ai perdu deux, et je suis donc en première année d’univ’ comme n’importe quel jeune d 19 ans avec un parcours sans faute. Illusion parfaite. – Et là je lui accorde enfin un sourire plus léger et victorieux. – Et toi, des études alors ?

On dirait que le moment pénible est passé et que je suis déjà prêt à faire comme si de rien n'était. Mais il n’en est rien. J’angoisse un peu à l’intérieur, parce que c’est plus généralement à partir de ce moment de la conversation qu’on commence à remettre en cause tout ce que je raconte, et il est vrai que mes paroles sont confuses, pleines de trous scénaristiques évidents, et de faits assez délirants. Raconter que j’ai sauté deux classes tout en étant bien en première année de faculté, déjà, ça a tendance à rendre soupçonneux. Ceci dit, j’ai rebondi sur la question de Jules et je suis bien content de pouvoir lui empêcher toute réaction directe.

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Dim 16 Nov - 22:14

Quelle idée de partir en Israël quand même... Si il avait besoin de changer d'air, il existait plus près, moins difficile ou dangereux d'accès et où on pouvait continuer ses études. Enfin il savait là où il allait, vu qu'il y allait souvent en vacances d'après lui, donc tant mieux. Par contre, l'histoire des parents qui étaient d'accord pour laisser leur fils s'envoler ainsi à l'autre bout du monde dérangeait un peu Jules, mais le pauvre Yitzhak avait déjà l'air bien assez gêné comme ça, pas la peine d'en rajouter.

Ainsi, Yitzhak et Jules avaient un point commun ; la fuite. Au moins une fois dans leur vie ils avaient été menés à la fuir, cette vie, et ce qu'elle représentait. Enfin Jules n'avait pas sacrifié ses études, il avait attendu de les finir avant de s'enfuir dans la Grande Pomme, mais bon, Yitzhak ne s'était pas retrouvé lésé par cet absence de plus d'un an. Mais il avait sauté deux classes aussi. C'était peut-être un surdoué. Jules aussi avait faillit sauter une classe, mais c'était juste ses parents qui voulaient qu'il soit dans la même classe que sa sœur, pour faciliter la paperasse. Il avait bien fait de refuser, le Jules, quand on réfléchit à la tournure que prirent les événements quelques années plus tard.

Yitzhak renvoya la balle. Ils jouaient vraiment à celui qui en disait le moins, et c'était au tour de Jules de se mettre à nu. C'était ironique de se montrer pudique devant quelqu'un que l'on voulait se faire, mais il avait toujours peur d'ennuyer les autres avec ses histoires. Enfin si l'intéressé lui avait posé la question de ses études, c'est que ça l'intéressait, alors autant sortir le grand jeu.

« Tu vas rire, mais je suis bac +5... Jules se passa machinalement la main dans ses cheveux en souriant. J'ai fait deux ans de prépa puis école de commerce, et à peine j'ai eu mon diplôme que j'ai débarqué ici, pour Mutant Town, etc... »

Non, il avait beau être arrivé dans ce pays anglophone depuis plus d'un an, le français n'était pas toujours très sûr de son anglais.
Il avait un bon diplôme, était tout droit sorti d'une bonne école, et le voilà qui servait des pizzas et de la soupe à longueur de journée. C'était un peu décevant comme parcours, il l'admettait lui-même. Que dirait son père si il le voyait ainsi... C'est quand même son assurance vie qui avait payé ses études, et il l'avait élevé pour qu'il finisse mieux que livreur de pizza. Il serait temps de rentabiliser tout ça. Mais à côté de ça, sa vie lui plaisait telle qu'elle était. Bon, Jules y réfléchira plus tard, il avait d'autres chats à fouetter.

Yitzhak n'avait visiblement pas très envie de parler de lui, et Jules non plus. Il s'agirait donc pour se dernier de trouver sur quoi rebondir avant de retomber dans un de ces silences pesant et gênant. De quoi ils pourraient bien parler... De foot ? Non, les américains et les européens ne seront jamais d'accord pour se décider quel football est le vrai football. Sujet à éviter, donc. En plus Yitzhak n'avait pas l'air d'aimer le foot, et Jules ne comprenait rien au football américain. Pourquoi il avait pensé à ça d'ailleurs ? C'est qu'il commençait déjà à désespérer de trouver un sujet. En même temps, ils étaient dans cette phase étrange quand on commence à connaître quelqu'un dans laquelle on ose pas se dévoiler, donc à moins d'avoir un sujet en commun sur lequel partager sans fin, on se retrouvait vite à court d'idées.

Bon, désolé Yitzhak mais c'est de toi que Jules parlera. C'est décidé, tant pis pour lui si il n'avait pas envie de parler de lui-même, mais c'est ça ou un silence gênant encore plus long. Il ne manquait plus qu'une question à lui poser.

« Et c'est quelles classes que t'as sauté toi ? J'ai faillit sauter le CM1 moi. »

Bon, c'était pas la meilleure question qu'il aurait pu trouver, mais elle avait l'avantage de ne pas demander à Yitzhak de trop en dire sur sa vie, et lui-même en révélait un peu, comme si ils échangeaient cette information, pourtant loin d'être cruciale, mais si quelqu'un à une meilleure idée, Jules est preneur.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Dim 23 Nov - 22:40

Ouais, vu la tête qu’il tire, mon histoire ne le convainc pas à 100% et je me demande déjà quel sera son angle d’attaque quand il aura une occasion pour revenir dessus. Au moins, il me laisse aller au bout sans m’interrompre et accepte de parler de lui au lieu d’exiger une mise au point sur tout ce que je viens de lui dire. Je lui en suis reconnaissant. Depuis des années, ma vie a pris une direction telle que je suis obligé de mentir les ¾ du temps pour être cru, réussir à passer pour un ado à peu près normal. C’est un comble, mais c’est comme ça. La plupart des gens enjolivent la réalité pour se convaincre que leur existence est aussi riche en rebondissements que celle de leur super-héros préféré, en rendant une simple virée chez le poissonnier complètement épique, et d’autres, plus rares doivent atténuer les faits ou tout dissimuler. Je peux vous dire qu’un passé chargé est d’autant plus lourd à porter quand on ne peut pas en parler. Parfois, j’aimerais tomber sur un type, n’importe qui, sur lequel vider mon sac sans avoir à donner d’explications détaillées. Mais, ça ne marche pas comme ça. Même une personne très tolérante comme Jules ne peut pas se satisfaire des informations que je lui lance à la figure sans contexte précis. Je trouve ça épuisant. Après, on dirait qu’il est un peu dans la même situation que moi. Son histoire, dite comme ça, me semble assez étrange. Il faut que j’accepte l’existence parfaitement « crédible » d’un homme parti aux Etats-Unis sans autre but que celui d’aider les mutants, déterminé à rester sur le territoire pour une raison inconnue, mais dont aucun projet d’avenir ne semble construit. Il s’ouvre encore plus lentement que moi. De livreur de pizza un peu bohème, il devient finalement un diplômé d’école de commerce, ce qui rend son profil encore plus intrigant. Je fronce un peu les sourcils sous le coup de la nouvelle, puis je lui accorde un sourire aussi.

- C’est que t’es peut-être pas un si mauvais parti que ça tout compte fait… Mais je ne t’aurais pas imaginé dans cette filière, parce que si ton but était de te vendre un peu auprès de moi, je crois qu’il y a de sérieuses choses à revoir dans ta méthode ! – Je lui tire légèrement la langue pour le narguer. – Un de mes grand-père m’aurait bien vu dans cette branche, mais finalement, je suis parti en école d’ingé.

Puis, vint la question à laquelle je m’attendais le moins venant d’un type qui vient d’apprendre que j’ai passé plus d’un an en Israël, où j’ai de la famille, vécu une violente dépression, à cause d’un petit ami bien trop âgé pour être dans la légalité au moment de notre relation. Il me demande quelles sont les classes que j’ai sautées. Wah. Ça me laisse perplexe un instant. Genre, il a tellement peur de me froisser qu’il me demande le truc le plus inutile du monde ? Ou alors il préfère éviter de recevoir une question tendue en retour ? Raté, je trouve son absence d’intérêt pour les sujets épineux vraiment suspecte. Pour la peine, je ne peux pas retenir une remarque assez spontanée :

- Sérieusement ? Après tout ce que je viens de te dire, tu as Vraiment envie de savoir quelles classes j’ai sauté ? Enfin… - Le temps d’une réflexion, je me renfrogne un peu. – en un sens, on peut dire que c’est aussi de là que tout a commencé. La première fois, suit un scénario assez classique. J’ai appris à lire bien plus rapidement que les autres au CP, et après une visite chez un psy qui a confirmé mes facilités, on m’a directement fait passer une classe. Sauf que je m’y suis assez vite ennuyé et, surtout, ça me rendait assez méchant envers mes camarades de classe que je trouvais trop lents à la détente. Donc, autant pour eux que pour mon épanouissement scolaire et social, on m’a directement fait passer en CM1 à la fin de l'année. Je ne me sentais pas plus adapté mais, au moins, j’étais face à des personnes un peu plus matures. Et la difficulté est devenue autre. Imagine entrer au collège à neuf ans…

Comme quoi, même la question la plus simple peut me faire parler et receler de problèmes. C’est pas évident d’avoir toujours une longueur d’avance sur les autres, surtout quand on est un gamin, dans l’univers impitoyable de l’école. Au collège par exemple, on m’a très vite fait sentir que j’avais intérêt à prouver que je méritais ma place chez les « grands » malgré mon jeune âge. Je peux pas tellement me plaindre, j’ai très vite développé un genre d’intelligence sociale qui m’a empêché d’être la tête de turc, je suis même plutôt passé du côté des tortionnaires, ironiquement. Mais c’était une question de survie. Je n’y trouvais pas non plus un plaisir fou.

- Enfin, j’ai jamais aimé l’école. Et toi, pourquoi le CM1 ? Et, au final, t’avais quoi à fuir en France ?

Au bout d’un moment, les questions gentillettes, ça devient ennuyeux. Jules n’est pas aussi fair play que moi. Il répond presque à chaque fois strictement à la question, si bien que je n’en tire rien de très intéressant. Donc, tant pis si je le heurte un peu en l’attaquant de front pour vérifier une impression qu’il me laisse. J’ai aucun problème à mettre les pieds dans le plat. Je ne fais que demander. Personne ne le force à dire la vérité de toute manière.

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Ven 28 Nov - 16:10

Comment ça « un si mauvais parti que ça » ? Il laissait une telle mauvaise impression, au départ ? Bon, il était livreur de pizza, mais à part cette tache sur son CV, il avait un bon diplôme, quand même. Enfin à part ça, Jules était obligé d'être d'accord. Lui même n'avait pas cru à sa propre prestation depuis le début de la... pas soirée, ça avait commencé pendant la nuit, disons de leur tête à tête. De toute façon il n'avait jamais été très doué pour les relations humaines, comment il avait fait pour réussir les entretiens d'entrée de son école restait un mystère pour lui, et une fois cette étape franchie, il fonça vers la finance, pour ne pas avoir à vendre trop de choses. Oui, il était conscient de ses lacunes en communication, et il les avait déjà dans sa langue maternelle, alors en anglais, n'en parlons pas. En guise de réponse, il se contenta d'un simple « Oui, je sais, j'ai jamais été doué pour vendre des choses en fait... ».

Mais l'exemple flagrant de ces problèmes de communication, marketing, tout ce que vous voulez, ça restait le seul sujet de conversation qu'il ait trouvé à partager avec Yitzhak. Plus le temps passait, plus il se demandait pourquoi il avait choisit de parler de ça. Puis un léger sentiment de culpabilité se substitua à ce questionnement. Il regrettait d'avoir posé cette question. C'était complètement stupide, dénué d'intérêt. Il s'était surtout senti ridicule, en fait.
Malgré tout, cela fonctionna,  le Yitzhak parvint quand même a s’accommoder de ce sujet, puisqu'il finit par raconter toute sa scolarité à Jules. Scolarité qui se traçait dans un sillon habituel digne d'un film hollywoodien des plus classique en réalité : le jeune garçon en échec scolaire car tout était trop facile pour lui. D'un côté, tant mieux pour lui s'il était assez intelligent pour pouvoir s'en sortir sans rien faire. Enfin tant mieux pour lui dans la mesure où il ne passa pas son enfance le nez dans des bouquins, ce qui n'avait pas été le cas de Jules. Il aurait pu s'en sortir sans travailler, clairement, mais n'en avait pas l'envie, besoin de reconnaissance parental oblige.

« Le CM1 parce que mon père voulait que je me retrouve dans la même classe que ma sœur, qui est juste un an plus âgée que moi, du coup. Et au final ma mère n'était pas d'accord, comme d'habitude en fait. »

Son père détestait la paperasserie, c'était un de leur nombreux points communs. Du coup, les faire intégrer tous les deux la même classe aurait facilité les choses, surtout une fois arrivé au collège, niveau fournitures scolaires et papiers administratifs par exemple. C'était tout le pragmatisme de son père.
Jules marqua cependant un temps d'arrêt après avoir expliqué pourquoi le CM1. Le sujet de la fuite de la France le freina un peu. Il n'avait pas l'habitude de la raconter ce pan de sa vie, ni même sa vie en général. Même si le français rechignait moins à la raconter à des mutants qu'a des humains, il n'appréciait que peu la conter. Il avait la peur inconditionnelle d'ennuyer les autres avec ses problèmes existentiels, voire pire, qu'on se moque de lui. Oui, c'était stupide, mais c'était surtout comme ça. Enfin il avait déjà fait l'expérience de la raconter à quelqu'un qu'il ne connaissait que depuis quelques minutes, un client de la pizzeria qui pouvait se téléporter à loisir, il y a un ou deux mois, et ça s'était plutôt bien passé, alors il n'y avait pas de raison que cela se passe mal cette fois ci. De toute façon, Yitzhak avait l'air tenace, donc il harcèlerait probablement le livreur jusqu'à ce qu'il lui avoue tout. Et pas la peine d'en cacher une partie, il procéderait de même pour connaître les détails de l'histoire, alors autant en raconter suffisamment d'un coup et en être débarrassé.
Après quelques secondes de regard fuyant et de pianotage effréné de doigts sur son genou, il bloqua sa respiration quelques instants dans une dernière hésitation avant de se lancer dans son récit.

« Parce que dés que ma famille et moi avons découvert que je suis un mutant, Jules chercha ses mots quelques instants, Bah... mon père m'a encouragé à apprendre à m'en servir alors que ma mère voulait exactement l'inverse. Du coup ça a finit en genre de Guerre Froide chez moi, puis mon père a eu un accident de voiture et j'suis parti pour pas avoir à faire face seul à ma mère. Voilà. »

Il avait parlé vite, ne s'était arrêté qu'une fois pour chercher de quoi alimenter sa phrase, ses idées, mais sinon avait tout prononcé d'une traite, ses yeux toujours aussi fuyant, ses doigts pianotant toujours aussi vite sur son genou. Visiblement, il n'était pas à l'aise quand il s'agissait de raconter son histoire et son manque d'expérience et de pratique en la matière n'aidait que peu.

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Yitzhak Anavim
Confrériste Delta
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Mer 10 Déc - 22:02

Je la trouve assez mignonne sa maladresse. Le fait qu’il n’ose pas trop répondre à mes taquineries faciles, c’est touchant et reposant. D’un autre côté, je sens aussi une sorte de malaise, comme une brisure ou une fracture en arrière-fond. Je veux dire, un mec qui se sent bien dans sa peau, qui n’a rien à cacher, même s’il est un peu timide de nature, je le vois mal rester si longtemps en retrait avec une personne aussi expansive que moi. Même si je ne me livre pas facilement, j’ai un débit soutenu dès que je suis lancé alors, en théorie, les autres peuvent se dire qu’ils ont le droit de se lâcher autant avec moi. Mais Jules hésite toujours, comme s’il avait peur d’un truc. On pourrait craindre un secret absolument horrible et inavouable. Cependant, je ne sens pas les choses comme ça. Je ne le vois pas comme une personne détruite de long en large. Je dirais que c’est plus subtile, à la fois plus anodin et plus profond. Du pas grand-chose qui aurait pu prendre une importance folle à un âge où on est encore fragile. Ouais, plus une histoire de ce genre là, sans aucune embrouille greffée par-dessus. D’abord, on reste sur la discussion banale dans laquelle il m’a embarquée, celle de ma scolarité houleuse. Je ne pense pas que l’informer de ma « surdouance » soit particulièrement impressionnant, il m’a l’air trop intelligent pour ouvrir des yeux ronds et chercher à me tester selon des critères débiles pour s’assurer que j’ai bien un esprit supérieur au sien… De toute manière, je ne dis jamais rien aux gens cons, ça leur donne toujours une occasion d’affirmer qu’ils sont eux aussi des génies ignorés et c’est lourd. Donc, Jules enchaîne directement sur son propre cas et tant mieux. La raison pour laquelle il a failli sauter une classe est un peu plus particulière, une affaire de paperasse qui me fait hausser un sourcil perplexe. Mais, le plus préoccupant, c’est surtout ce qu’il ajoute à la fin. Ses parents ne s’entendaient visiblement pas.

Je peux imaginer à quoi doit ressembler une enfance troublée par des disputes constantes entre son père et sa mère, mais la représentation reste assez vague. Je trouve presque, à vrai dire, que c’est une situation plus normale que celle que j’ai connue. De mon côté, aucune réelle tension à signaler. Rien, à vrai dire. Mes parents se sont toujours très bien entendus à leur manière, en accord parfait pour éviter les conflits entre eux, avec moi, pour ne jamais dépenser d’énergie inutile et mieux s’investir dans leurs carrières. Bref, ils ont toujours été d’accord sur tout, ou sur rien, allez savoir. Mais pour Jules, je vois bien à son ton amer que c’est un problème. Et je devine, à la difficulté qu’il a à répondre à ma dernière question que tout est lié. J’attends avec une curiosité avide, et un peu de gêne aussi. Il est nerveux, agité. Je me mordille un peu les lèvres pour ne pas céder à la pitié en lui disant de laisser tomber. Non. Tant pis s’il a du mal, je veux savoir. Et, comme prévu, une fois les aveux faits, je regrette. C’est toujours la même chose, on pousse une personne dans ses retranchements, et, ensuite, on ne sait pas comment réagir. Jules évoque une situation que je ne connais pas vraiment, la relation conflictuelle avec les parents, le rejet de sa mère, la mort de son père… Je ne sais pas si la mort de mon père m’affecterait. Par contre, je sais que celle de mon grand-père paternel sera horrible. Alors j’essaye de transposer les choses pour comprendre et avoir l’air affecté. Mais il ne faut pas croire, j’éprouve de la compassion pour lui, pour toutes les histoires qui impliquent un mutant chassé à cause de sa nature d’ailleurs. A la recherche des bons mots, je prends sa main avec douceur et fermeté pour qu’elle arrête de trembler.
Puis, en évitant les bêtes « je suis désolée », je finis par murmurer d’une voix lente :

- Ton père devait être quelqu’un de bien. Ça n’a pas dû être facile à vivre mais tu n’as pas à être gêné ou je ne sais quoi d’autre pour ce que tu as fait. Il faut avoir beaucoup de force pour partir sans se retourner, sans chercher de se faire aimer à tout prix par une personne qui refuse une partie de ce qu’on est.

Je ne sais pas si c’est ce qu’il a besoin d’entendre, mais, en tout cas, c’est ce que je pense. Trop de gens s’imaginent que partir est un signe de lâcheté alors qu’en fait, je vois souvent l’inverse. On a souvent de bonnes raisons de partir, comme sauver sa peau, se libérer des chaînes qui nous empêchent d’être nous-mêmes. Je préfère les gens capables de couper leurs attaches dès qu’un truc ne va plus droit que ceux qui s’acharnent à essayer de faire tenir une situation bancale pour sauver leur image sociale, ou perdre l’affection factice d’individus qui ne les aiment même pas. Que Jules se révèle ainsi me rassure, d’une certaine manière. Il a beau se montrer discret, réservé, il sait qui il est, ce qu’il veut. Il a souffert d’être né mutant dans une famille à moitié tolérante et veut donner de lui pour ceux qui n’ont peut-être pas son tempérament. C’est un type bien et le savoir me suffit. Comme si, par un accord tacite, ses confidences devaient nous faire passer un autre degré d’intimité, je laisse d’un coup toute la tension de ces dernières heures retomber. Mes muscles sont toujours endoloris, je suis mort de fatigue, et je m’allonge sans gêne pour poser mes paumes, ma tête sur ses cuisses en fermant les yeux.

- Je t’aime bien.

Je marmonne ça un peu comme un enfant qui vient d’adopter sa nouvelle nourrice, mais le sens est plus profond. Je crois que je pourrais vraiment m’attacher à lui. Pour l’instant, j’ai juste les yeux fermés et je garde une oreille attentive pour écouter ce qu’il aura à ajouter.

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Scipion : Je puis nier une chose sans me croire obligé de la salir ou de retirer aux autres le droit d'y croire.
Caligula : Mais c'est de la modestie, cela, de la vraie modestie ! Oh ! cher Scipion, que je suis content pour toi. Et envieux, tu sais... Car c'est le seul sentiment que je n'éprouverai peut-être jamais. [Caligula, Camus]
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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Aider son prochain [PV Yitzhak]   Dim 14 Déc - 22:06

Jules n'avait aucune idée du temps qu'ils avaient passé à discuter. Il n'avait donc aucune idée de l'heure qu'il était, et était incapable de se faire une idée, à vrai dire. Néanmoins, ça faisait beaucoup trop longtemps qu'il était assit sur sa table basse, il commençait à le ressentir dans son postérieur. Il décida donc de changer de place pour s'asseoir sur le canapé, à côté de celui avec qui il parlait sans voir défiler les minutes. Pourtant, tandis qu'il se déplaçait, il ne rata pas une miette de ce que lui dit Yitzhak. Son point de vue était intéressant. D'après lui, il fallait plus de courage pour tirer un trait de la sorte sur sa famille que pour essayer de se faire accepter de nouveaux auprès d'eux. Jules était donc quelqu'un de courageux. Première nouvelle. Après tout, si il avait décidé de tourner le dos à la moitié de sa famille, ce n'était pas vraiment par choix. La première chose qu'il avait essayé de faire après la découverte de son pouvoir par lui et sa famille, c'était de ne pas perdre sa sœur. Mais cette dernière en avait décidé autrement. Tant pis pour lui. Et le départ de chez lui, il l'avait plus vécu comme une fuite qu'autre chose. Étonnement, il avait longtemps hésité à rentrer chez lui, la queue entre les jambes, mais pourquoi faire ? Vivre seul mais entouré était un étrange supplice qu'il avait vécu toute son adolescence, si il avait déménagé du domicile « familial », c'était pour une bonne raison. Au final, il ne l'avait pas fait et ne concevait pas de le faire. Il vivait sa petite vie tranquille à New York, de l'autre côté de l'Atlantique, loin d'elles.

Quelques secondes s'écoulèrent dans le silence avant que Yitzhak ne décide de s’allonger sur le canapé de Jules, profitant du nouvel emplacement ce celui-ci pour confortablement s'en servir comme oreiller. Il sentit les deux mains jointes de l'inviter se poser sur sa cuisse, sur lesquelles virent s'ajouter sa tête, ce qui surprit quelques peu l'oreiller de service, qui laissa tout de même faire l'autre jeune homme.

« Je t’aime bien. »

Il l'aimait bien. Que dire dans ce genre de situation ? Déjà que Jules n'était pas doué pour faire la conversation alors après ce genre de déclaration... Déjà, est-ce que c'était réciproque ? Dire à quelqu'un qu'on l'aime bien, c'était pas très compliqué non plus, donc oui, Jules aimait bien Yitzhak. Après, pour dire d'aller plus loin, il ne savait pas trop que faire, quoi en penser. Yitzhak était le genre de personne avec qui il s'entendait bien, même si il ne savait pas trop pourquoi. On pourrait penser que quelqu'un de calme et plat comme Jules détesterait les gens extravertis, extravagants comme Yitzhak, mais il n'en était rien. A vrai dire, les deux n'avaient pas grand chose à voir l'un avec l'autre, mais jusque là ça avait l'air de coller plutôt bien, et à vrai dire. Yitzhak était en fait le type de personne qu'il lui fallait, pour le sortir de la morne monotonie de ses journées dans laquelle il se complaisait. C'était peut-être pour ça que Jules avait l'impression qu'il n'avait pas fini d'entendre parler de ce Yitzhak.

« Moi aussi, je t'aime bien. »

Tout en parlant, il avait commencé à glisser sa main dans les cheveux de Yitzhak. Il commença à lui ôter les cheveux qu'il avait devant les yeux avant de simplement passer ses doigts parmi les cheveux du jeune homme, tout doucement . Il ne savait pas pourquoi il faisait cela, il en avait envie, c'est tout. Pourquoi devoir toujours se justifier après tout ? Toujours étant qu'il laissa sa main parmi les cheveux du jeune homme tandis qu'il s'endormait peu à peu, assit dans son canapé.

-Fin du rp pour Jules

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