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 Excusez moi, on se connait ? [Abraham]

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Jeu 21 Aoû - 22:26

Encore une autre longue soirée de travail pour Jules. Pourtant, malgré sa besogne, il était particulièrement de bonne humeur ce soir là. Son collègue qui s'était cassé le bras il y a plusieurs semaines suite à un accident de travail allait bientôt reprendre du service, ce qui signifiait que Jules allait arrêter de livrer dans tout New York à vélo ! En effet, c'était ce livreur là, nommé Mark, allemand de son état était habituellement chargé des livraisons lointaines, à dos de scooter, mais il se cassa bêtement de bras, le français dût donc le remplacer tant bien que mal pendant toute la période de son rétablissement.

La livraison que Jules effectuait était une des plus grosse qu'il eut à faire de la semaine. Il dut livrer au moins une demi-douzaine de pizzas à des hommes d'affaire qui travaillaient tard, à Manhattan. Pourtant, à cause de la distance qui séparait la pizzéria du Financial District, un des principal atout marketing du restaurant allait se retourner contre eux: en effet, comme l'affirment vélo, prospectus et devanture du magasin, si une pizza n'est pas livrée dans la demi-heure, elle est offerte. Mais devoir offrir une commande comme celle-là allait revenir cher. Tous les cuisiniers firent donc de leur mieux pour préparer les pizzas au plus vite. - ils battirent presque un record d'ailleurs – et en un peu moins de dix minutes, tout était prêt. Jules avait donc environ vingt minutes pour faire le voyage. C'était relativement peu, trouvait-il, il accéléra donc la cadence. Le chemin le plus rapide était à travers le Brooklyn Bridge, et tant mieux: il adorait ce pont. En plus, un avantage d'être à vélo, il empruntait le passage réservé aux piétons et au cyclistes, qui offrait une très belle vue sur l'édifice même et sur Manhattan, qui se tient là, bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur, comme l'avait écrit Louis-Ferdinand Céline, commençant d'ailleurs à s'illuminer tandis que le jour déclinait lentement.
Le panorama de Manhattan, les gratte-ciels, tout ça, avaient toujours impressionné Jules. Cela allait faire deux ans qu'il était à New York et ne s'était toujours pas lassé de la vue, et ne s'en lasserait probablement jamais. Il était admiratif de ces bâtiments qui étaient là et donnaient l'impression de l'avoir toujours été et de l'être pour toujours, faisant la compétition de celui qui atteindrait les plus hauts nuages. Peu après son arrivée il avait joué les touristes et était monté tout en haut de l'Empire State Building. Grosse erreur: il a le vertige. Pour résumer il prit une photo du panorama, se pencha au dessus du vide pour voir si le sol paraissait si loin que ça puis recula et ne s'approcha plus jamais du bord.

C'est les yeux dans le vide, admirant sans vraiment regarder la vue qu'il avait de Brooklyn et les oreilles remplies de ses écouteurs qui lui jouaient la bande originale d'un de ses jeu-vidéo préféré, son tout premier en vérité, qu'il traversa le pont en un peu plus d'un quart d'heure. Il ne lui restait que quelques minutes avant d'échouer ! Une fois descendu du pont et la terre ferme atteinte, il accéléra encore d'avantage. Il fini par trouver le bon building, gara son vélo sur sa béquille juste devant l'entrée, se saisit des pizzas judicieusement rangées dans l'habituel coffre en plastique de l'arrière du vélo et se dirigea vers la réception du gratte-ciel. Les clients, six ou sept hommes en costumes, l'y attendaient un chronomètre à la main. Lorsqu'ils virent le livreur entrer, ils exprimèrent tous vivement leur déception à l'idée de devoir payer leur repas avant de sortir leurs porte-feuilles. D'après eux, Jules avait réalisé le temps exceptionnel de vingt-huit minutes et quarante secondes. En effet, cela s'est joué de peu. Mais les clients étaient sympathiques, laissèrent collectivement un bon pourboire puis se jetèrent sur leur repas une fois leur livreur, encore essoufflé, repartit.

Ce dernier reparti d'ailleurs à pieds. Il méritait bien une petite pause après tout, et plus il mettrait de temps à revenir, plus les autres employés de la pizzeria seraient en suspens, et ça, ça n'avait pas de prix. Pour tirer le meilleur parti de cette pose, Jules s'octroya aussi une pause clope. Tout en marchant et en tirant son outil de travail à coté de lui d'une main, il sortit son paquet de cigarette de l'autre et en retira une, ainsi que son briquet. Une fois la clope au bec, il l'alluma puis rangea le briquet dans le paquet et le paquet dans sa poche. Il la fuma lentement, comme d'habitude, tout en se demandant s'il ne ferrait pas mieux d'arrêter, pour le peu qu'il fumait et tout le mal que ça causait, comme d'habitude.
Plusieurs minutes plus tard, il atteignit de nouveau le pont. Cette fois complètement absorbé par sa musique: c'était celle du boss final, la plus épique, la meilleure de tout le jeu et de toute la bande originale ! Parfois il pouvait l'écouter en boucle pendant des heures. Cette musique est de celle qui rend tout impressionnant: faire ses courses, aller faire un jogging ou même livrer des pizzas dans le cas de Jules. Ce soir là, il était d'humeur à l'écouter en boucle. Une fois la musique terminée, il jeta le mégot de sa cigarette devant lui et dévia la trajectoire de son vélo pour écraser le détritus avec la roue du véhicule (il faut savoir savourer ses petits plaisirs dans la vie) puis se saisit du téléphone. Il bidouilla dans l'application Walkman afin de se repasser la fameuse mélodie et de la faire jouer en boucle. Mais pendant le bref instant de pause entre la chanson qui jouait avant qu'il ne la passe et celle désirée, il eut l'impression qu'on lui avait parlé. Dans le doute, il retira un écouteur. Il n'y avait personne devant lui, à pars des gens de dos et trop éloignés pour qu'ils puissent interagir convenablement. Il jeta donc un coup d'oeil par dessus son épaule et vit un homme qui le regardait.
Cet homme était assit sur un banc et était habillé en sportif: bermuda beige, baskets assortis, débardeur blanc et avait l'air de finir de faire son sport quotidien. Face à l'expression faciale de Jules, pleine d'interrogations, l'inconnu se répéta:

« Je disais qu’il n’était pas très écolo de jeter vos mégots par terre. », dit il alors, en désignant d'un mouvement de tête le mégot écrasé juste en face de lui.

A la grande surprise de Jules, l'inconnu parla en français. C'était la deuxième fois ce mois-ci qu'un inconnu lui parlait en français. Mais surtout, Jules se demandait comment celui-ci avait bien pu deviner quelle était la langue maternelle de l'homme qui passait par là. Un mutant peut-être ?

« Oh, c'est que du papier et du coton vous savez. Mais excusez-moi, on se connait ? » répondit donc le livreur, toujours en français.

Cet homme rappelait quelqu'un à Jules, il le savait, mais n'arrivait pas à mettre le doigt sur l'identité de cette personne, même si en réalité c'était la seule personne de tout New York qui lui avait parlé français pour autre chose que lui demander une direction. Mais il n'avait pas encore fait le lien. En attendant, il avait fini par se retourner complètement pour faire face à l'inconnu et le décortiquait du regard de haut en bas afin de trouver un détail qui permettrait d'identifier cet inconnu.

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Dernière édition par Jules Archambaud le Ven 22 Aoû - 8:23, édité 1 fois
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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Ven 22 Aoû - 8:02


Lundi 30 Juin 2014, 21:52 UTC, Brooklyn Bridge, New-York, USA

Non, il ne se lassait vraiment pas de la vue. Il se souvenait en avoir parlé brièvement à Iris quelques temps plus tôt, il n’avait pas encore changé d’avis. Se poser sur un banc du Brooklyn Bridge et regarder simplement la vue restait un de ces moments de détente qu’il appréciait tout particulièrement. Il n’était pas un homme compliqué qui avait besoin d’une tonne de trucs, matériels ou non, pour être heureux. Ses parents l’avaient éduqué pour qu’il comprenne que le bonheur pouvait venir des petites choses toutes simples de la vie. Une soirée entre amis à rester calés dans des fauteuils en discutant autour d’un verre et d’un apéro, un repas en famille, s’étendre dans une étendue d’herbe et regarder le ciel bleu. Retrouver ses coéquipiers, fêter la réussite d’une mission autour d’une bonne bière fraîche. Tenir sa fille, embrasser sa femme, regarder les deux trésors de sa vie.

Abraham soupira malgré lui et joua rapidement avec son alliance. Tournant le dos au Manhattan Bridge, il observa le reflux de l’East River lécher les différentes jetées qui se succédaient sur sa gauche alors que Governor Island se dessinait un peu plus loin dans la baie. Silencieux, il envisageait de rester là encore une dizaine de minutes maximum avant de courir la dernière portion de bitume qui lui restait. Réfléchissant à la suite de sa soirée, sa vision périphérique entrainée capta un détail qui attira son attention.
Un uniforme, c’était tout de même assez basique. Un peu moins lorsqu’on le reconnaissait. La curiosité poussait à s’y attarder. Le pantalon bleu restait quelconque mais la chemisette, en partie dans le même ton, portait des couleurs distinctives : le bord des courtes manches et le col étaient rouge ainsi qu’une large bande centrée devant et derrière, elle-même encadrée par un bleu plus clair. S’il n’y avait eu que ça, il se serait peut-être détourné rapidement. Mais le vélo et son boitier caractéristique lui désignait bien un des livreurs de la pizzeria qu’il appelait quand il n’avait pas envie, flemme ou fatigue, de faire ses pizzas lui-même.
Il se mit alors à dévisager tranquillement le livreur en question puis se mit à sourire. Il n’appelait que rarement pour commander. Il se rappelait aisément de ses sauveurs, d’autant plus quand il les avait vus une quinzaine de jours auparavant et qu’ils parlaient français. Sans bouger, il le regarda venir, se demandant s’il le remarquerait. Il suivit le tracé du mégot qui termina sur les planches, secouant brièvement la tête, et ne put s’empêcher une remarque alors que son livreur dont il ne connaissait pas le nom, s’était arrêté un tout petit peu plus loin.

« Dites, ce n’est pas très écolo de jeter vos mégots par terre … »

L’américain ne savait s’il allait être entendu ou non. Après tout, lui-même ne saisissait pas tout ce qu’on lui disait quand il avait ses écouteurs. Actuellement, ils pendouillaient autour de son cou, la playlist mise en pause le temps de sa pause. Mais peut-être avait-il de meilleures oreilles que lui puisqu’il se retourna, semblant chercher quelqu’un. Etant le seul à lui accorder toute son attention, il ne se faisait pas trop d’illusions sur l’air étonné. Alors il répéta, restant dans la langue de Molière.

« Je disais qu’il n’était pas très écolo de jeter vos mégots par terre. »

La surprise restait peinte sur les traits du jeune. Il ne devait pas le remettre pour l’instant et devait encore se demander comment il pouvait savoir d’où il était originaire. Il l’écouta lui répondre une banalité sur le mégot, riant doucement à la question, dévoilant une rangée de dents blanches.

« Soit. Mais ça reste assez moche à voir, ici ou ailleurs. Sans compter les enfants en bas âge qui pourraient jouer avec pendant qu’ils échappent momentanément à la surveillance de leurs parents. »

Elena et lui avaient été plusieurs fois confrontés à ce problème même si ce n’était pas nécessaire avec le reste d’une clope. A croire que les enfants avaient leur propre pouvoir. Une milliseconde d’inattention suffisait. Bénies soient les lingettes que son épouse avait toujours dans son sac à main. Au bout d’un moment, le fait qu’elle ne devait pas ramasser ce qui trainait par terre était finalement rentré dans le crâne de Kira. Non sans mal.
Il pencha la tête d’un côté puis de l’autre tout en reprenant.

« Se connaître est peut-être un verbe exagéré dans notre situation. Après tout,  nous ne nous sommes réellement vus qu’une seule fois. Et je doute que vous vous souveniez de tous les clients que vous servez … même si tous ne doivent pas vous parlez français. A moins que la communauté française de Brooklyn ne soit plus étendue que ce que je pense. »

Il se leva et s’étira, faisant craquer sa colonne vertébrale avec un sourire dissimulé.

« Si je vous dis que j’étais en tenue estivale, pieds nus, crevé et que vous-même aviez la crève à cause du temps pourri qu’il faisait à ce moment-là, que vous aviez oublié le lecteur de carte bleue … et que vous étiez reparti en laissant un bout du pourboire coincé dans ma porte, ça vous revient ? »

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Ven 22 Aoû - 11:19

« Se connaître est peut-être un verbe exagéré dans notre situation. Après tout,  nous ne nous sommes réellement vus qu’une seule fois. Et je doute que vous vous souveniez de tous les clients que vous servez … même si tous ne doivent pas vous parlez français. A moins que la communauté française de Brooklyn ne soit plus étendue que ce que je pense. »

Cet homme était donc un client de la pizzeria. Jules avait du le livrer et l'oublier presque aussitôt, mais visiblement ce n'était pas réciproque. Après tout Jules était en uniforme, ça aidait à reconnaître après tout, mais l'homme assit sur le banc, lui, avait changé de tenue. Le livreur affichait une expression pensive sur son visage: il faisait de son mieux pour retrouver l'inconnu qui l'avait abordé. Cet homme se leva et s'étira alors, tout en continuant de parler.

« -Si je vous dis que j’étais en tenue estivale, pieds nus, crevé et que vous-même aviez la crève à cause du temps pourri qu’il faisait à ce moment-là, que vous aviez oublié le lecteur de carte bleue … et que vous étiez reparti en laissant un bout du pourboire coincé dans ma porte, ça vous revient ?
- Mais oui, même que vous êtes tatoué à l'avant bras ! Qu'est-ce que vous faites ici ? »

Jules avait mit du temps à se remémorer à qui il avait à faire, mais une fois fait, il s'en rappelait très bien. Ce client était celui qui vivait dans une maison absolument impeccable et qui avait commandé une pizza chèvre-miel ! (Ça, Jules s'en souvenait cette pizza était aussi sa préférée). Cet homme était un des clients les plus amicaux qu'il ait eu de cette soirée et lui avait laissé un énorme pourboire, que le livreur refusa poliment et vraiment très discrètement, c'était sa façon à lui de laisser un pourboire au clients amicaux. Pendant cette première rencontre, Jules était malade comme un chien et n'avait probablement pas été de très bonne compagnie, même si le client ne pétait pas la forme non plus. Mais lors de cette deuxième rencontre, les deux hommes étaient bien réveillés, ce qui s'avérait être bien plus pratique pour discuter.L'homme qui faisait face à Jules, d'après sa tenue en tout cas, avait l'air d'être sorti faire un jogging, même si il commençait à faire un peu tard pour aller courir, mais bon, il y avait des clients qui faisaient des choses bien plus bizarres que ça. Une fois par exemple, un client avait commandé une pizza sans garniture. Il voulait juste de la pâte à pizza cuite. On la lui apporta sans sourciller. Après tout, pourquoi pas ? C'est vrai que la croute de la pizza est très bonne, mais de la à ne vouloir que ça...
Jules se demandait si l'inconnu prenait la même direction que lui, donc s'ils pouvaient faire le bout de chemin qu'était le pont ensemble, tant qu'à faire. Il lui demanda donc:

« Vous retournez à Brooklyn ? Moi oui, donc si vous y allez on pourrait faire la traversée du pont ensemble si vous voulez »

L'homme répondit affirmativement, ils se mirent donc en route en marchant sur les planches du pont, dos à Manhattan. Jules entama donc les présentations, puisqu'ils étaient partis pour marcher ensemble au moins une demi-heure. Il tenta donc l'humour pour faire la conversation.

« D'ailleurs moi je m'appelle Jules. Étonnant pour un français, je sais... »
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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Ven 22 Aoû - 14:04

« Bingo ! »

Tout en prononçant ce cri de victoire, Abraham retourna son bras, orientant la paume vers le haut, pour exhiber son tatouage et lui montrer, si le doute était encore permis, qu’il avait raison. Il lui avait fallu tout de même une durée non négligeable et les indices pour se souvenir à qui il avait à faire. Il ne le blâmait pas. Un certain nombre de clients devait défiler dans la pizzeria sans compter tous ceux qu’il devait livrer. Un joli kaléidoscope de visages, d’ethnies et d’origines. Et d’humeurs assez variées aussi supposait-il. Il devait en voir des vertes et des pas mûres. Il avait moins d’aléatoire de son côté … quoique, certains enseignants pouvaient être grognons lors de certains cours.
Il désigna sa tenue d’un vague geste de la main et agita sa bouteille presque vide. Il avait beau être en blanc, deux traces en V se remarquaient légèrement sur l’avant et l’arrière de son débardeur et c’était sans compter sur la file pellicule de sueur qui recouvrait sa peau.

« Une petite pause pendant mon jogging. Je suis allé faire le tour du réservoir. J’ai dû commencer il y a un peu plus de deux heures je crois. Je ne fais pas spécialement attention à l’heure. Mais il faut un peu de temps quand on commence à Brooklyn, même quand on n’est pas loin du pont … »

Il ne jugea pas utile de lui retourner la question. S’il n’y avait eu que la tenue, il aurait pu être sur le chemin du retour, là, avec le vélo, le fait qu’il rentre à la pizzeria restait bien plus probable. Il s’étonnait toutefois de livraison à Manhattan … non qu’il dénigre la qualité des pizzas, il y en avait tout de même d’autres plus près. Un habitué qui avait déménagé qui sait ? Il allait se renseigner quand le jeune homme reprit le premier. Il commença une série d’étirements tout en répondant d’une voix tranquille. Aucune fatigue ne s’y ressentait.

« Précisément, même si j’adore ce pont, je ne tiens pas vraiment à dormir dessus. Et c’est avec plaisir que je vous accompagne de l’autre côté. »

Cette fois, il ne faisait que suivre et non raccompagner pour éviter, en vain, des rencontres non souhaitées et non souhaitables. Il lui faudrait tout de même un manque de bol exceptionnel pour qu’il arrive quelque chose sur le pont. Et là, autant courir pour la discrétion, ce n’était même pas la peine d’y penser. Sauf qu’il filait en douce … ce qu’il serait incapable de faire si des vies étaient en jeu et qu’il pouvait y faire quelque chose.
Il lui emboîta le pas et alors qu’il s’apprêtait à faire les présentations d’usage, il lui coupa l’herbe sous le pied. L’américain sourit et répondit, toujours en français, aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau.

« Abraham, enchanté ! Vous savez, avec Jean et Marie pour grands-parents maternels, je crois que je suis pas mal non plus … et puis, mes parents n’ont spécialement cherché très loin pour trouver mon prénom. Je vous laisse deviner le second. »

Sans être historien ou calé sur l’histoire des Etats-Unis, l’identité de son seizième président était plutôt répandue. Son assassinat au théâtre par le partisan sudiste John Wilkes Booth aussi d’ailleurs. D’ailleurs, c’était la première chose que lui avait demandé Elena quand il avait osé l’aborder. Une question innocente qui tenait en trois mots et une ponctuation : comme le président ? Et elle avait raison. Heureusement, il aimait le choix de ses parents. Ce qui n’aurait peut-être pas été le cas s’ils avaient choisi ceux de l’assassin.

« Vous dites être français, vous avez un visa de travail du coup ? Vous n’avez pas eu de soucis pour l’obtenir ? Cela fait longtemps que vous êtes là ? »

La dernière question découlait du fait qu’il ne se rappelait pas avoir Jules avant la fois précédente. Lui-même n’était pas là depuis si longtemps remarque. Six mois, sept tout au plus. Et il n’avait pas fait appel de façon régulière à la pizzeria non plus. Une question débarqua sans prévenir.

« Vous habitez aussi à Brooklyn ? »

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Ven 22 Aoû - 15:55

Il s’appelait Abraham ? Comme le président ? Jules n'était pas forcément très calé sur l'histoire des Etats-Unis, même si elle était bien plus simple que celle de France. Il savait quand même qu'Abraham Lincoln était le président qui dut s'occuper de la guerre de sécession, vers le milieu du XIXe siècle avant de finir assassiné une balle dans la tête, tirée par un opposant probablement, dans un théâtre où un lieu public du genre. Mais rien n'était moins sûr pour le français.
Abraham avait déjà dit au livreur que ses grand-parents étaient français, mais il n'avait alors pas précisé leurs prénoms. Fait étonnant, la grand-mère maternelle de l'individu s’appelait comme la mère de Jules. Mais il le garderait pour lui, ça n'apporterait rien à la conversation de toute façon.
Son deuxième prénom ? Comme ça, sans réfléchir Jules aurait dit Lincoln, mais c'est le genre de premier et deuxième prénom qui vont tellement ensemble qu'on ne trouve ça que dans des mauvaises devinettes.

« Bah c'est bien Abraham, c'est original, comme prénom. En deuxième prénom, je dirais George, pour rester dans le thème des présidents qui font l'histoire ? »

Le coup du "c'est un prénom original", on avait déjà du lui faire plus d'une fois, et à tous les coups, il détestait que l'on dise ça de son nom, mais comme d'habitude, le livreur parla avant de réfléchir et finit presque par regretter d'avoir dit ça.
Puis l'inconnu demanda à Jules comment il avait fait pour immigrer légalement dans ce pays et s'il avait eu du mal à y parvenir. A cela il répondra la même réponse que d'habitude. Par contre, si jamais Abraham en venait à lui demander la raison de la venue du français à New York, il ne saurait pas quoi lui répondre. En effet il était arrivé pour aider les pauvres hères de Mutant Town, mais expliquer ça à quelqu'un qui pouvait s'avérer être anti-mutant était un pari risqué. En plus, Jules était un mauvais menteur, tout cela paraîtrait louche si Abraham devinait un mensonge, en plus il avait l'air intelligent, ce qui le rendrait encore plus difficile à duper. Il avait réussi à faire avaler le coup du rêve américain à ses collègues, mais il doutait que ça passe auprès de celui-ci. Mais avant de se précipiter dans un mensonge improbable et pas très bien formulée, il se contenta de répondre à la question qu'on lui avait vraiment posé.

« Oui, j'ai réussi à décrocher le visa H1B. J'ai eu la chance de trouver du travail à la pizzeria avant d'atterrir ici, ça a beaucoup aidé à obtenir des papiers. Et ça fait deux ans que je suis là, et vous ? Vous avez toujours vécu ici ? »

Il ne restait qu'un an à son visa avant d'expirer, il faudrait qu'il commence à réunir les papiers afin de renouveler son visa, et pour demander la nationalité, histoire d'être tranquille pour de bon. Abraham, lui, devait probablement vivre ici depuis bien plus longtemps.
Jules se remit à réfléchir à ce qu'il répondrait si on lui demandait ce qu'il était venu faire dans la Grande Pomme. Le coup du rêve américain ne passerait probablement pas, surtout venant de quelqu'un qui fait livreur de pizza pendant deux ans sans chercher à changer de travail. Jules pourrait toujours affirmer qu'il avait besoin d'aventure, ça marcherait peut-être mais entraînerait beaucoup d'autres questions. Plus Jules réfléchissait plus il se disait qu'il pourrait tout simplement dire la vérité, qu'il était venu aider des mutants, et voir comment ça se passerait. Si la discussion dégénérait le français saurait se défendre de toute façon; l'homme en fasse de lui, avec sa taille au dessus de la moyenne, était impressionnant mais ce n'était pas une montagne non plus. Le cerveau de Jules était en ébullition pendant un instant, avant d'être interrompu par une autre question d'Abraham.

« Oui, j'habite à, quoi, 300 mètres de la pizzeria, et vous ? »

Oh quel abruti ! C'est ça aussi, quand on réfléchit trop, on pense moins à ce qu'on dit.

« Ah non, j'suis bête, je sais où vous habitez... Laissez tomber. »

Il montra un sourire gêné lorsqu'il se corrigea. Et indiquer là ou il habitait à quelqu'un qui pouvait peut-être s'avérer dangereux était loin d'être très réfléchit aussi. Mais surtout, Jules se trouvait con de sortir des imbécilités pareilles.. Pour changer de sujet et éviter que l'on s'étale sur les choses plus où moins réfléchies qui sortaient de sa bouche, il posa à son tour quelques questions à Abraham.

« Et vous, vous faites quoi dans la vie, à part dévorer des pizzas chèvre-miel ? »

En posant cette question, Jules espérait détourner le plus longtemps possible la conversation de lui, histoire d'éviter tout sujet houleux qui pourrait mener à des disputes où à bien pire.
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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Sam 23 Aoû - 12:11

L’américain laissa Jules réfléchir à la petite devinette pendant qu’ils continuaient d’avancer tranquillement. Soit il comprendrait l’humour de ses parents de suite, soit il chercherait un quelque chose on ne peut plus compliqué. La plupart de ses interlocuteurs optaient pour la première option, souvent en plaisantait, riant à moitié en proposant leur idée. Comme si ça ne pouvait PAS être possible. Et ils déchantaient rapidement quand l’intéressé confirmait. La suspicion habitait leurs traits alors qu’ils tentaient de lui faire dire l’inverse. Il était régulièrement obligé de confirmer ou de sortir sa carte d’identité pour le prouver.
En l’occurrence, le jeune homme lui préféra la seconde option. Peut-être trouvait-il la première trop tirée par les cheveux. Dommage. Il ne put s’empêcher de rire un instant avant de reprendre, amusé.

« C’était plutôt bien vu et ce n’est pas si loin que ça de la vérité. Mais mes parents n’ont pas vu si loin. Ils sont restés sur un seul et unique président. Leur favori. »

Il aurait très bien pu tomber sur pire comme inspiration et comme prénom. Si les siens faisaient généralement rire les autres, lui s’en accommodait à merveille. Il en était même plutôt fier à dire vrai. Il abrégea les recherches de Jules en lui confirmant dans la foulée.

« Oui oui, mon second prénom est bien Lincoln. »

Plus américain, tu meurs. Remarque, il aurait pu être élevé dans le Kansas. Le combo fatal. Heureusement que San Francisco était sa contrée d’origine. Peut-être fallait-il y voir un signe avec son genre de lecture favori ? Non, ça devenait trop tiré par les cheveux.
Ecoutant tranquillement les réponses à ses questions, il ne pouvait s’empêcher d’être curieux et de vouloir en savoir plus. Rares étaient ceux qui venaient dans la Grosse Pomme juste pour trouver du travail. Ou alors, avec un bon plan de carrière derrière la tête mais il doutait que livreur de pizzas entre dans cette catégorie. Remarque, pourquoi pas ? Lui n’aurait juste pas fait comme ça mais chacun ses idées. Il acquiesça.

« C’est sûr qu’il est plus facile de venir quand ils savent que vous avez déjà un boulot qui vous attend et que vous n’allez pas être un boulet pour la société. J’imagine que ça doit les motiver un peu plus à vous l’accorder … déclara-t-il, à moitié pensif, avant de poursuivre Tout dépend de ce que vous entendez par "ici" en fait. Sur le sol américain, même si je suis né en France, depuis toujours, soit 32 ans, à quelques mois près. A New-York précisément, seulement depuis le début de l’année en cours, plus ou moins. J’étais à San Francisco auparavant. Mes parents habitent toujours là-bas d’ailleurs, tout comme mes grands-parents paternels. »

Peut-être qu’il devrait arrêter de raconter ses origines comme ça, aussi facilement. Peut-être n’était-il pas assez méfiant, peut-être qu’il avait tort. Mais s’il commençait à devenir parano, comment changer les choses ? Comment apprécier les autres s’il ne leur faisait pas un minimum confiance ? Il ne connaissait pas Jules, c’était un fait. Mais rien ne laissait supposer qu’il était un psychopathe en puissance qui cherchait à dominer le monde. Peut-être était-il excellent acteur aussi. Il ne pouvait pas, encore, le savoir. Après, il n’avait que l’assurance de se souvenir ce qu’il avait dit et à qui. En cas de fuite, revenir à la source serait facile.

« Ha ha … ne vous en faites pas, parfois les mots vont plus vite que la pensée ou la logique. Ça peut mener à des situations assez drôles parfois. En tout cas, vous n’êtes pas loin pour aller bosser. C’est pas mal, de ne pas avoir énormément de temps de trajet. Cela étant, vous ne pouvez pas plaider les bouchons, l’accident ou le métro qui n’est pas arrivé à l’heure en cas de retards. Des avantages et des inconvénients, comme toujours. »

Rien n’était jamais tout blanc ou tout noir. C’était peut-être l’une des seules règles qui continuait de se vérifier dans ce monde. Etait-ce le cas dans les réalités alternatives que Caitlyn lui avait mentionné ? Peu importait au final. Il y avait bien assez à faire dans celle-ci. Et puis, les gens qu’il aimait étaient ici. Pourquoi aller voir ailleurs ?

« C’est assez réducteur comme vision ! répondit-il en souriant Je ne fais pas que ça quand même … je cours pour éviter de prendre du poids à cause desdites pizzas par exemple ! Un peu plus sérieusement, j’étais membre d’une unité d’élite dans l’armée jusqu’à il y a peu. Actuellement, je suis inscrit en faculté pour suivre des cours de langues pour décrocher les certificats nationaux qui me permettront de passer interprète ou traducteur … même s’il n’y a que l’arabe pour lequel je pourrai m’inquiéter. »

Abraham avait mentionné son passif dans l’US Army aussi tranquillement que s’il s’agissait d’une chose basique, normale. Le ton de sa voix n’avait pas varié quand il avait poursuivi. Il ne cherchait ni à épater ni à effrayer son interlocuteur, juste à répondre à ses questions.

« Je me demandais ... cela vous arrive souvent de livrer à Manhattan ? Je veux dire, je suppose qu’il y a des pizzerias plus proches que celle où vous travaillez, non ? Pas que je dénigre la qualité de vos pizzas, loin de là, mais je trouve ça plutôt étonnant en fait. Vous livrez forcément à vélo ? Ou vous avez des scooters ? Vous avez un périmètre maximal non ? Vous ne pouvez quand même pas livrer à l’autre bout du Queens par exemple … »

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Sam 23 Aoû - 14:28

Il s'appelait Abraham Lincoln ? C'est le genre de prénoms qu'on donne à un enfant quand on perd un pari juste avant d'aller le déclarer. A tous les coups on lui avait déjà fait toutes les blagues possibles et imaginables à propos de ça, Jules se retiendrait donc de les faire. Mais si ses grand-parents maternels étaient français, cela voulait dire que sa mère l'était certainement, mais elle était quand même d'accord pour appeler son fils Abraham Lincoln ? Peut-être qu'elle voulait l’appeler Charles de Gaulle mais que son mari n'était pas d'accord et voulait un nom plus américain, donc ils ont fait un mélange des deux à la fin lui donner un nom de président américain. Quoi qu'il en soit, Jules garderait cette hypothèse pour lui.

« C’est sûr qu’il est plus facile de venir quand ils savent que vous avez déjà un boulot qui vous attend et que vous n’allez pas être un boulet pour la société. J’imagine que ça doit les motiver un peu plus à vous l’accorder » Pour ça, Jules était entièrement d'accord. Il s'était renseigné sur l'obtention d'un visa avant de se mettre à chercher un travail: les cas de gens qui obtiennent un visa de travail tout en étant au chômage sont plutôt rares, en effet. Enfin obtenir un visa de travail pour livrer des pizzas ce n'était pas gagné d'avance, mais le patron de la pizzéria avait l'habitude de faire immigrer ainsi de jeunes travailleurs européens.

« Tout dépend de ce que vous entendez par "ici" en fait. Sur le sol américain, même si je suis né en France, depuis toujours, soit 32 ans, à quelques mois près. A New-York précisément, seulement depuis le début de l’année en cours, plus ou moins. J’étais à San Francisco auparavant. Mes parents habitent toujours là-bas d’ailleurs, tout comme mes grands-parents paternels. »  Jules habitait donc à New York depuis plus longtemps qu'Abraham.  Mais San Francisco ne devait pas être désagréable à vivre non plus, peut-être plus calme et plus petite que celle dans laquelle les deux hommes vivent, mais pas très différente, juste en pente

La question stupide du livreur fit rire Abraham, cela rassura Jules car il relança immédiatement la conversation au lieu de laisser traîner un silence pesant et interminable comme certains le faisaient des fois. Une fois encore, l'américain tapait dans le mille: habiter juste à côté de son lieu de travail, c'était le pied pour le livreur: le trajet lui prenait maximum trois minutes et lui permettait de profiter le mieux possible de sa journée, vu qu'il n'avait pas à y inclure de longues heures de transport en commun pour y aller. A la place, il y emportait son vélo de travail chez lui, ce qui raccourcissait encore d'avantage la durée du trajet. En ce qui concerne les excuses pour justifier ses retards, Jules en avait rarement besoin: le patron n'était pas très regardant vis à vis de cela et le français était toujours très ponctuel (sauf événements particuliers bien entendu).

« Vous n'avez qu'a faire interprète et garde du corps pour quelqu'un de haut placé par exemple, pour mettre à profit votre entrainement militaire et vos compétences linguistiques, faire d'une pierre deux coups comme on dit. » En effet, Abraham n'avait pas du tout la morphologie de quelqu'un qui ne fait rien d'autre que de manger des pizzas. Les V de sueur qui s'imprimaient sur l'avant et l'arrière de son débardeur blanc en témoignaient eux aussi. Mais Jules n'aurait jamais imaginé que cet homme ait pu faire l'armée. Il avait le gabarit, là n'était pas le problème, mais il ne correspondait pas au clichés que s'imaginait Jules sur les soldats. Il n'avait pas établi de profil typiquement militaire, mais cet homme semblait trop instruit pour aller jouer à la guerre. En plus jusque là son parcours est plutôt atypique. En général, on commence ses études, en faculté dans le cas d'Abraham, et une fois qu'on se rend compte qu'elles sont vouées à l'échec, et seulement après, on part à l'armée. Pour l'américain, c'était l'inverse.
Par contre, le passé à l'US Army d'Abraham avait aidé Jules à décider s'il devait dire ou non qu'il était venu à New York pour aider les pauvres mutants dans le besoin. C'était hors de question. La plupart des gens associaient, à tord ou à raison, les militaires comme anti-mutants, donc Abraham l'était probablement. En plus, il n'a pas été qu'un simple soldat, il l'a dit lui même: il a fait parti d'une unité d'élite. Rien que ça. Jules n'aurait aucune chance face à lui, même avec son pouvoir. Ironiquement, son pouvoir serait d'ailleurs inutile sur ce pont. L'hydrokinésie ne fonctionne qu'a condition d'avoirs de l'eau à proximité, et le Brooklyn Bridge était bien trop haut pour que Jules puisse affecter l'eau de la rivière séparant Manhattan de Brooklyn. Mais malgré toute cette réflexion sur la possible suite à laquelle pourrait mener cette conversation, il écoutait attentivement l'homme qui lui parlait, probablement pour glaner d'avantages d'indices sur la suite possible de tout cela.

« D'habitude c'est pas moi qui me charge des livraisons trop éloignées de la pizzeria, d'autres livreurs s'en chargent à scooter, mais celui qui devait venir ce soir s'est cassé le bras, donc je le remplace, à vélo, vu que j'ai pas le permis. Mais c'est vrai que les gens de Manhattan y gagneraient probablement à commander à Little Italy ! Dit Jules en souriant. Je pense que les gens nous appellent de si loin parce que si on les livre pas dans la demi-heure, la pizza est offerte, ils essayent d'en jouer. Y'a pas vraiment de périmètre maximal mais en général quand c'est trop loin où trop difficile d'accès on refuse, c'est juste que là par exemple ils en ont eu pour presque 70$, sans compter le pourboire, on pouvait pas laisser passer ça ! »
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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Lun 25 Aoû - 9:41

« L’idée n’est pas si mauvaise. Je l’ai envisagée aussi … pendant un temps. Malheureusement, être congédié du jour au lendemain de l’armée ferme deux ou trois portes quand il s’agit de mettre en pratique ce que vous y avez appris. Ma situation pourrait être pire, je ne m’en plains pas. »

Il avait un toit, de quoi vivre, une famille et des amis. Et un nouveau boulot qui se calait docilement entre ses cours. Ou plutôt l’inverse. Mais le fait est qu’il aimait la vie qu’il menait maintenant alors non, il ne pouvait pas s’en plaindre. Ne toujours pas apprécier avoir été radié à cause d’un gêne différent, ça en revanche … c’était une autre histoire. L’excuse de la dangerosité, annoncée au milieu d’une pièce pleine d’hommes armés était quelque peu ridicule. Il n'en voulait pas à celui qui l’avait dénoncé, il pouvait parfaitement comprendre son état d’esprit à ce moment-là. Que les instances supérieures s’arrêtent à ce détail mineur alors que son dossier était sans tâche, c’était ce point qui l’écœurait. Peut-être qu’un jour, il pourrait réintégrer son unité et continuer à prendre des risques avec eux. Quoi que puisse faire sa nouvelle organisation pour lui, il doutait d’y retrouver les mêmes liens qu’avec ceux qu’il ne pouvait désigner autrement que par les siens.

Il soupira sans forcément s’en rendre compte avant de poser à Jules ses questions sur les livraisons. Et ce dernier lui répondit tranquillement. Ne questionnant pas les gens pour ne pas les écouter derrière, Abraham accordait son attention, une partie raisonnable en tout cas, au jeune homme. L’autre, par habitude, observait les alentours parce qu’on n’est jamais trop prudent.

« Il est vrai que le permis à New-York n’est pas forcément des plus utiles. Je l’ai mais uniquement parce que je vivais à San Francisco. J’ai ajouté les poids lourds pendant l’armée mais ce n’est pas franchement le plus pratique en plein centre-ville. Si j’avais grandi ici, je pense que je ne l’aurai pas passé. Il y a ce qu’il faut en transports en commun, sans compter sur le vélo. Mine de rien, ça permet de faire son exercice quotidien en plus si l’on n’a pas le temps de passer dans une salle de sport. »

S’il oubliait le fait qu’il n’avait pas de voiture dans la Grosse Pomme, cela faisait un moment qu’il n’était pas passé derrière un volant. Il prenait l’avion ou son propre moyen pour faire les allers et retours à San Francisco. Une fois là-bas, il n’en avait pas plus l’utilité, optant pour le bus, le tramway ou la marche à pied. Tout comme ici en fait. Posséder un véhicule à quatre roues était un luxe qu’il jugeait encombrant et bien trop cher ici. Quant aux véhicules militaires … Will s’éclatait bien trop avec les commandes pour qu’ils envisagent de les lui prendre.

« Vos limites sont logiques, autant d’un point de vue logistique que financier, mais c’est agréable de savoir que vous avez le sens du défi. Tout comme vos clients pour le coup. Et finalement, vous êtes arrivés dans les temps ? Vous étiez large ou c’était limite ? »

Un peu comme ses témoins pour son mariage. Si ceux d’Elena s’étaient présentés en temps et en heure, les siens avaient été à deux doigts d’être en retard. Une ovation les avait attendus à leur arrivée, ovation à laquelle les futurs mariés avaient participé, pas vraiment inquiets et plutôt prêts à éclater de rire. Le soldat joua avec son alliance en souriant, pensant aux souvenirs heureux.

« En fait, pour être sûr d’être ponctuel dans vos livraisons à tous les coups, il vous faudrait pouvoir utiliser la téléportation … mais ça pourrait malheureusement être assez risqué de sonner chez certains après. »

Certains pourraient juste ne pas ouvrir la porte. D’autres seraient capables de la cribler de chevrotine. Une bonne prime de risque et une assurance vie ne manqueraient pas d’être incluses dans le contrat d’embauche. Il avait eu la première clause dans le sien quand il avait rejoint l’unité spéciale sur l’invitation d’Isaïah. Sauf que lui, c’était parfaitement justifié.

« Vous avez déjà eu des clients difficiles ? Agressifs ou qui ne voulaient pas payer ? Ou ça se passe plutôt bien dans l’ensemble ? Vous me direz, il a toujours des jours avec et des jours sans. Les conséquences dépendant du boulot … »

Ses jours sans pouvaient être potentiellement mortels. Ils aboutissaient parfois à des cicatrices ou des éclats de verre dans l’avant-bras. Par réflexe, il jeta un coup d’œil à son bras droit. Il remarquait toujours les impacts minuscules, plus clairs que sa peau, semblable à un ciel étoilé. Pour ceux qui n’étaient pas au courant, il fallait avoir le nez dessus.

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Lun 25 Aoû - 11:30

D'après ses dires, Abraham avait été renvoyé sans préavis de son poste à l'armée. Pour faute grave peut-être ? Si ça se trouve il s'était fait virer pour avoir employé des méthodes trop extrêmes ou qui porteraient préjudice à l'US Army. L'armée américaine avait tendance à garder beaucoup de choses top secrètes, ce qui pouvait mener les gens à faire toute sortes d'hypothèses farfelues sur ses occupations. La zone 51 était le parfait exemple de spéculations en tout genre florissant dés que l'on refuse de dire la vérité au peuple. Si ça se trouve, l'armée organisait une troupe spéciale uniquement composée de super-mutants, et Abraham ici présent s'y était très, trop, violemment opposé et c'est pour ça qu'il s'était fait renvoyer. Non, s'il avait juste fait la gueule à un supérieur, il aurait été rétrogradé, par viré. Un mystère intriguant planait sur ce renvoi, un mystère que Jules ne résoudrait jamais, par manque de curiosité.
Tout comme l'ancien militaire, Jules trouvait le permit de conduire inutile à New York. Cette ville était vraiment bien desservie par les transports en commun et le français avait prit l'habitude de faire beaucoup de vélo aussi. Il acquiesça et sourit aux dires de l'américain car il était totalement d'accord, même sur l'exercice quotidien procuré par ce moyen de locomotion: cela ne se voyait pas, mais plus d'un quart de l'alimentation de Jules était assurée par la pizzeria: presque un soir sur deux, il rentrait accompagné d'une calzone, d'une quatre-fromages, qu'il dévorait sans attendre, parfois même directement dans son lit, sans faire l'effort la sortir de sa boite, tout en regardant une série sur son ordinateur portable.
Le sens du défi n'était pas franchement ce qui caractérisait le plus Jules. Il était persévérant, c'est vrai, mais s'il faisait ces livraisons, c'était surtout parce qu'il le devait. Il à toujours été un élève modèle, il n'y a aucune raison qu'il ne soit pas un employé parfait, en apparence au moins.

« Franchement c'était limite. Si je m'était tapé un feu rouge de plus, je serrais reparti les mains vides, j'avais qu'une minute trente d'avance. Mais au final les clients étaient très sympa et m'ont même chronométré. Quand ils ont vu l'état dans lequel je suis arrivé, ils m'ont laissé un bon pourboire. J'ai pas pu le coincer dans la porte celui-là, c'était un tourniquet. » dit-il en souriant.

C'est vrai que se téléporter simplifierait grandement les choses: il gagnerait beaucoup de temps, mais perdrait sa séance de sport quotidienne. Jules avait un ami de lycée qui lui avait dit qu'il aurait adoré pouvoir se téléporter, comme ça il ne manquerait plus jamais son bus, sans se rendre compte de la bêtise de ce qu'il venait de formuler. Le mutant avait eu du mal à lui faire comprendre que c'était complétement débile de se téléporter seulement à l'arrêt de bus et pas directement à la destination, mais bon, parfois il valait mieux ne pas trop argumenter.

« C'est sur que ça faciliterait le trajet, et pour que les clients ne se doutent de rien, il suffit de ne pas se téléporter pile devant sa fenêtre. Mais si on y réfléchit, je pourrais y perdre mon travail, moi, si tout le monde se mettait à se téléporter: pouvoir se rendre à la pizzeria d'un claquement de doigt leur ferrait économiser le prix de la livraison et ils n'auraient pas à attendre que je leur amène, en plus, mais c'est vrai que ce serrait vachement pratique. »

Mais après, si le client en question surprenait le livreur à se téléporter, ça revient au même que si Jules disait à tous les clients qu'il est un mutant, mais vu que ce n'est pas le cas, les clients ne causaient aucun réels problèmes. En général, ils ont trop faim pour geindre.

« Non, c'est un métier plutôt calme, malgré les apparences. Une ou deux fois on m'a laissé attendre devant la porte le temps que la fameuse demi-heure s’écoule, mais quand on me fait ça je laisse le ticket de caisse devant la porte et on se partage la pizza entre livreurs au resto, c'est toujours ça de gagné. J'ai bien cru que vous me ferriez le coup d'ailleurs. Mais en général les clients ne causent pas trop de problèmes, quelques fois ils n'ont pas assez pour payer, mais c'est très rare. »

Puis, Jules osa enfin tenter de lever le voile sur les mystères qui entouraient le licenciement d'Abraham. C'était aussi un bon moyen de faire la conversation, il avait l'air bavard, peut-être que le lancer sur ce sujet suffirait à alimenter la conversation un bon bout de temps. Enfin si ça se trouve il refuserait de répondre, il se contenterait d'un "C'est une information confidentielle", dit d'un ton très officiel et presque apeurant. S'il répondait cela, le silence qui en suivrait serait plutôt pesant, mais c'est un pari à prendre.

« Excusez moi si vous trouvez cette question un peu indiscrète, mais vous avez fait quoi pour vous faire virer de l'armée ? »
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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Lun 25 Aoû - 14:17

« Effectivement, c’était tendu. Jolie performance au passage. Et puis, j’imagine que c’est bien plus agréable de tomber sur des clients comme ça que des ronchons râleurs. C’est plus motivant je trouve … puis, poursuivant en riant doucement J’en prends note ! Je vous installe un tourniquet pour la prochaine fois. Ainsi, là aussi vous serez obligé de repartir avec ! »

S’il aurait préféré qu’il lui redonne en main propre plutôt que d’utiliser une technique fourbe, il n’en tenait pas rigueur à Jules de lui avoir rendu une partie du pourboire qu’il avait voulu lui donner. Mais il aimait bien charrier les gens. Gentiment. Il ne connaissait pas son interlocuteur suffisamment pour se permettre plus. S’il le prenait mal … et bien, il le noterait dans un coin et éviterait de le refaire avant de relancer la conversation sur autre chose. Restait aussi à savoir s’il était du genre susceptible ou non.

« Adieu les embouteillages avec cette technique oui … Par contre, si eux ne sont pas à leur fenêtre, comment pouvez-vous être sûr que ce ne soit pas le cas des voisins ? Certaines personnes âgées aiment bien savoir tout ce qui se passe … et c’est sûr que ça ferait jaser. Pas forcément en mal mais tout le voisinage en entendrait parler à un moment donné. »

Il parlait en connaissance de cause … mais uniquement pour la partie embouteillages. Heureusement pour lui, il n’avait jamais eu à vérifier l’autre partie de ses propos. Bien qu’idiot quand il était adolescent, il ne l’était pas suffisamment pour se téléporter en plein milieu de son quartier. Excepté le jour où il avait découvert son pouvoir. Après ça, il s’était plutôt entrainer dans le ranch de ses grands-parents. L’espace était suffisamment grand et à l’abri des regards. Et les chevaux n’en avaient rien à faire de sa mutation.

« Vous ne seriez pas le seul touché si tel était le cas. Tout ce qui est lié à la livraison se verrait impacté, tout comme les transports : bus, taxis, trains, avions … Un certain nombre de compagnies et de grands groupes, sans oublier l’ensemble de leurs employés, ne verrait pas ça d’un bon œil non plus. Ce serait un beau bordel si tout le monde pouvait se téléporter du jour au lendemain … Dame Nature en revanche apprécierait beaucoup. Mais c’est encore autre chose. »

Après, tout dépendait de la téléportation comment elle était accordée. Si elle était du même genre que la sienne, les conséquences sur les transports seraient un peu moindres. Mais il resterait de quoi en faire râler. Par contre, si elle était sans condition … ce serait une autre paire de manche. Il ne préférait même pas envisager que l’ensemble des êtres humains peuplant la Terre puisse en bénéficier. C’était bien assez chaotique avec la proportion actuelle de mutants.

« Il me restait une bonne marge avant d’atteindre la demi-heure tout de même … mais ce n’était pas de ma faute. Mon sofa est égoïste, il voulait me garder pour lui. Tout reproche est à lui adresser directement ! »

Ils continuèrent d’avancer tranquillement, le temps restant clément et la température agréable. Le jeune homme semblait hésiter à dire quelque chose. Abraham était sur le point de lui demander si tout allait bien quand il se décida finalement. Certains se seraient arrêtés de marcher, d’autres auraient eu des palpitations. Lui resta stoïque, continuant sa marche, ses pas résonnant sur les planches.

« Elle l’est. Mais c’est moi qui ai amené le sujet alors je ne crois pas que vous ayez à vous excuser. »

S’ils avaient été seuls, il serait apparu de l’autre côté du vélo, l’air de rien et il n’aurait pas eu à s’expliquer. Malgré l’heure avancée, il n’y avait pas qu’eux sur le Brooklyn Bridge. S’il était heureux de sa condition, il n’estimait pas nécessaire de l’exposer à tout le monde. Pourquoi le livreur de pizzas dans ce cas ? Pourquoi pas ? Un acte de foi peut-être, lui qui se considérait comme agnostique. Foi en l’Humanité. Quand il avait mentionné la téléportation, Jules s’était inquiété de se retrouver au chômage. Il n’avait eu aucun mot déplacé envers ceux qui possédaient le gène X. Peut-être avait-il envie de faire confiance, tout simplement.

« Il n’y a pas forcément besoin de faire quelque chose. Parfois, il suffit d’être. Je pense que la situation actuelle parle d’elle-même, je n’ai pas besoin de vous faire un dessin. »

Désormais, il n’y avait plus qu’à observer les réactions du jeune homme. Le panel de choix était étendu. Bien trop puisqu'il ne pouvait prétendre le connaître. Horreur. Fuirait-il comme un dératé sur son vélo, comme s’il avait le diable aux trousses ? Adoration. Faisait-il partie de ceux qui n’étaient pas dotés d’un pouvoir et qui le souhaitaient ardemment ? Compréhension. Avait-il vécu quelque chose de similaire qui l’avait forcé à partir de France pour venir livrer des pizzas ici ?
Autre chose ?

Rien ne va plus, les jeux sont faits.

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Lun 25 Aoû - 20:22

« Elle l'est. Mais c'est moi qui ai amené le sujet alors je ne crois pas que vous ayez à vous excuser. » Bah c'est malin. De mieux en mieux Jules, félicitations. Il manquait définitivement de tact quand il avait une question à poser. Un jour ça lui portera préjudice, faudrait qu'il retravaille ça. En plus il peut même pas dire que c'est parce qu'il maitrise mal la langue vu qu'ils discutaient en français. Il pourrait toujours se consoler en disant que c'est parce que ça allait faire deux ans qu'il n'avait pas parlé français, mais on oublie pas si facilement sa langue maternelle. Enfin, c'était pas vraiment une bonne idée de questionner un ancien militaire sur son passé. En général quand un ancien de l'armée veut raconter sa vie de soldat, il n'attend pas que l'on lui pose des questions. En plus, si Abraham était arrivé à New York aux alentours de Janvier, c'est probablement parce qu'il venait de se faire virer et voulait changer de vie. Très beau remuage de couteau dans la plaie Jules, bravo.

« Il n’y a pas forcément besoin de faire quelque chose. Parfois, il suffit d’être. Je pense que la situation actuelle parle d’elle-même, je n’ai pas besoin de vous faire un dessin. »

Quoi ? De quoi il parle ? Il se serait fait virer de l'armée pour ce qu'il est ? Mais il est quoi au ju-... Ah d'accord. Bah oui, quelque part c'était logique par rapport à ce qu'il venait de dire. Mais non, c'est pas possible, c'est pour ça qu'il s'est fait renvoyer de l'armée ? Abraham serait un mutant ? D'un coté c'était logique: le gouvernement pouvait tenter de se montrer aussi pro-égalité qu'il voulait, l'armée c'était autre chose. Mais si c'était un mutant, il ne l'aurait pas annoncé comme ça, voire pas annoncé du tout, c'était plutôt risqué de nos jours de s'affirmer comme tel de cette façon, même si avec son gabarit, son très probable entraînement de soldat des forces spéciales et son pouvoir, pour peu qu'il soit utile, Abraham ne risquait pas grand chose.
Enfin si ça se trouve Jules comprenait tout de travers et son interlocuteur ne parlait pas du tout de ça. Il avait parfois du mal avec les sous-entendus mais avait prit l'habitude de faire semblant de comprendre, histoire de pas passer pour un abruti devant d'autres personnes. C'est ce qu'il fit cette fois là.

Du coup, peut-être pour rassurer Abraham, car après tout ce n'était jamais facile de révéler sa mutation à quelqu'un que l'on connaissait que depuis quelques minutes, Jules décida de passer lui aussi à l'acte.  Depuis la confession, ses expressions faciales étaient successivement passées d'interloqué à perplexe, puis hésitant. En effet il se demanda un court instant si c'était vraiment une bonne idée de lui aussi se dévoiler ainsi. Si ça se trouve, Abraham mentait pour voir ce qu'il en était de Jules, qui sait. Finalement, il se décida et passa à l'action

« Vous savez, moi aussi je suis un mutant, mais je sais pas si je garderais mon emploi si ça venait à se savoir. »

Voila. Comme ça, c'est fait, et ce ne serait plus à faire. Honnêtement, Jules n'avait aucune idée de pourquoi il avait parlé de finir au chômage ou pas, ça lui était passé par la tête et c'était sorti tout seul, mais juste après avoir terminé sa phrase, il finit par se dire que ce n'était peut-être pas une bonne idée de comparer son expérience de livreur de pizza à celle de militaire d'Abraham. Mais bon, Jules n'avait jamais excellé dans l'art de la conversation de toute manière. Par exemple, quelqu'un de normalement bavard aurait tout une tonne de questions à poser, comme "C'est quoi ton pouvoir ?" ou alors "Ton pouvoir il te permet de faire que la tartine tombe pas du côté beurré ?" ou bien "Ta famille à réagit comment quand elle à appris ?", mais ce n'était pas le cas. Absolument rien ne lui venait en tête. Son cerveau se mit donc en ébullition dans le but de trouver une question, ou au moins quelque chose de constructif à dire, tout en craignant la mise en place d'un silence pensant et interminable.
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Mar 26 Aoû - 14:34

Le visage de Jules arborait un joli kaléidoscope d’expressions. Là, c’était plutôt une espèce d’interrogation qui semblait dominer. Mais parmi toutes les autres, Abraham n’avait aperçu ni la haine, ni le dégoût, ni la jalousie. Aucune pensée négative ne s’était invitée. Peut-être était-il excellent acteur et qu’il était aussi aisé pour lui de lui faire croire ce qu’il voulait que de respirer. Mais il n’avait pas envie de croire en cette hypothèse. Pas celle où il était doué en tant qu’acteur. Celle où il était un menteur.
Il lui laissa le temps d’assimiler et de comprendre ce qu’il venait de dire. Qu’il était mutant. L’annoncer comme ça pouvait paraître dangereux. C’était un pari et il était joueur. Mais il misait sur le fait qu’il n’y avait pas de francophones présents sur le pont maintenant dans un périmètre audible. Qu’il avait été viré à cause de ça. Il avait toujours un peu de mal à accepter cette raison mais d’autres étaient licenciés pour moins que ça. Il n’était pas vraiment à plaindre. Que l’armée était effectivement anti-mutant en majorité … et que cette ségrégation ne concernait pas que les nouveaux venus, qu’elle était aussi effective dans ses rangs. Le monde n’était ni blanc ni noir. Seulement en nuances de gris.

Les traits du jeune homme passèrent par l’hésitation avant qu’il ne reprenne la parole. Et l’américain l’écouta avec attention. Il se mit à sourire, rayonnant. Pari réussi. Il n’était pas le seul à l’avoir fait. Il ne savait pas si les risques avaient été calculés comme lui-même l’avait fait mais le résultat était là.

« Merci. commença-t-il avant de poursuivre avec des explications Envie, foi, pari, désir de se moquer du danger que ça peut être de s’identifier en tant que tel, je ne sais pas et dans le fond, ce n’est pas ce qui compte. Vous n’étiez en rien obligé de me le dire mais vous l’avez fait. Alors merci. Merci de m’accorder une confiance relative alors que cela devient de plus en plus compliqué dans le monde qu’est le nôtre. »

Continuant de sourire, il maintenait sa marche aux côtés du livreur, heureux de trouver encore des personnes comme lui. Son côté curieux avait envie de l’interroger sur sa mutation, sur ce qu’il avait ressenti la première fois, si d’autres étaient au courant … mais il ne fallait pas exagérer. Il ne le connaissait pas. Et le pont n’était toujours pas le meilleur lieu de conversation. Une autre fois, ailleurs, plus tard peut-être. Il préféra revenir sur un sujet un peu moins sensible … de son point de vue en tout cas. Quelqu’un d’extérieur qui attraperait la conversation au vol ne pourrait pas comprendre le lien.

« Pour votre emploi, tout dépend de votre employeur, ni plus ni moins. Mon supérieur hiérarchique, qui est aussi un ami, voulait me garder. Les hautes instances en ont décidé autrement, c’est ainsi. J’ai une famille, des amis, un toit et je suis en vie, ma situation pourrait être bien pire. Même si je garde une certaine rancune, je ne suis pas à plaindre. Loin de là. »

Philosophie de vie qu’il n’obligeait personne à suivre. Il ne voulait pas juste pas être source de compassion alors qu’il n’en avait pas besoin. Mieux valait la garder pour ceux qui en avaient vraiment besoin.

« Si jamais ça devait vous arriver et que vous vous retrouviez sans emploi … vous avez traversé l’Atlantique pour devenir livreur de pizzas. Je ne doute pas franchement que vous soyez motivé pour décrocher un nouveau boulot assez rapidement. D’autant plus si cela vous aide à renouveler votre visa. Vous avez envisagé de demander la nationalité ? Même si ce n’est pas forcément plus simple … commenta-t-il, songeur A moins que vous ne soyez là que de façon ponctuelle avant de retourner en France ? »

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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Mar 26 Aoû - 21:38

Abraham avait commencé par remercier Jules pour sa confidence. Ce n'était pas le type de réaction à laquelle il s'attendait de la part d'un nouveau congénère mutant qui venait de découvrir une autre personne dotée d'un super-pouvoir. Mais il s'expliqua ensuite: c'est vrai que ce genre d'aveu nécessite souvent d'avoir confiance en son interlocuteur, et l'ancien militaire remerciait Jules d'avoir fait preuve d'une telle confiance, même si en vérité c'était plutôt Abraham qui avait fait le premier pas. Embarrassé, ne sachant pas vraiment quoi répondre, il tenta de balbutier une réponse appropriée.

« Bah, de rien... Vous savez c'est moi qui devrais vous remercier, c'est vous qui avez fait le premier pas à parler de ça, c'est vous qui m'avez fait confiance là dessus, vous auriez pu juste m'envoyer balader par exemple. »

La question qui trottait le plus dans la tête de Jules était celle du pouvoir de son interlocuteur. Oui, c'est une interrogation classique quand on découvre que quelqu'un est un mutant, et peut-être un peu superficielle car pour certain leur vie entière tourne autour de cette mutation, mais pour Abraham, si on passait outre le licenciement, ça n'avait pas l'air d'être le cas. Et même en ce qui concerne le licenciement, il avait quand même eu le temps de rejoindre une unité d'élite avant de se faire virer à cause de son pouvoir, donc ça ne devait pas être quelque chose de trop horrible, ou difficile à dissimuler.

« C'est franchement dommage, en plus soldat d'une unité d'élite c'est pas rien quand même. En tous cas c'est sur qu'il y à toujours moyen de trouver pire. Enfin parfois il faut aussi se dire qu'on pourrait avoir bien mieux, sinon les choses n'iront pas forcément en s'améliorant. »

Des phrases pseudo-motivatrices sans vrai fond et qui ne servaient pas vraiment à faire avancer la conversation, Jules en avait toute une réserve. C'était le genre de phrases qu'il disait parfois aux clients de la soupe populaire de Mutant Town dans laquelle il travaillait. Mais en ce qui concerne l'employeur de Jules, c'est vrai que tout dépendait de lui. Jules n'avait pas encore eu l'occasion de tâter le terrain auprès de lui, les deux hommes ne se parlaient que rarement, et parlaient travail lorsqu'ils se croisaient. Pour Abraham, cette expérience reflétait quand même très bien le point de vue de l'armée sur les mutants, jusque là Jules ne s'était pas trompé la dessus. Enfin il y avait quand même des exceptions, puisque son supérieur hiérarchique direct avait l'air de s'être opposé à tout ça. Comme quoi, tout n'était pas perdu non plus.

« Je comptais demander la nationalité en même temps que le renouvellement de mon visa, comme ça je serais sur la liste d'attente le temps que mon dernier visa arrive à expiration. Il me reste environ 4 ans en gros. J'ai pas vraiment prévu la suite, mais c'est vrai que garder mon travail et rester à New York m'arrangerait parce qu'au moins j'aurais pas m'inquiéter pour la suite. J'ai pas comme projet de retourner en France, je suis venu à New York après les incendies de Mutant Town, pour y aider les plus défavorisés. Je sais, dit comme ça, ça fait un peu mère Thérésa, mais c'est vrai ! »

Au fur et à mesure qu'il parlait, le volume de sa voix diminuait. Jules n'était pas connu pour sa discrétion donc il tenta de rester au moins un minimum discret sur ce qui l'avait motivé à arriver à New York, même si il y avait peu de chance que quelqu'un aux alentours parla français. Il avait autrefois hésité à dévoiler cette partie de son passé, mais n'avait pas rechigné, avait même pris l'initiative, en fin de compte. Il se sentait comme quelqu'un qui venait de découvrir qu'il était accroc à la même série qu'un ami: il avait plein de questions à poser à Abraham, il voulait connaître son pouvoir, son avis sur tout ce qui concernait les mutants, et bien plus encore ! Mais il ne fallait pas le brusquer non plus. Il avait l'habitude de rencontrer des mutants à la soupe populaire, mais en général ils se retrouvaient là à cause d'une mutation physique, ce qui écourtait plutôt pas mal la liste questions à poser. En plus ils avaient presque tous plus ou moins le même avis sur tout ce qui touchait au conflit humains-mutants. Pour une fois, il pourrait peut-être enfin parler d'autre chose que de la façon dont les humains avaient enfermé les indésirables dans un ghetto des plus horrible, même si Jules était d'accord, mais il réduira au silence la majeure partie des choses sur lesquelles il voulait se renseigner. Mais il y en avait une qu'il mourrait d'envie de poser:

« Vous, c'est quoi votre.. avantage ? »

Il avait fait un effort pour éviter de parler trop fort cette fois-là et avait marqué une pause avant le dernier mot, comme pour le mettre en valeur. Il aurait  pu mimer des guillemets avec ses doigts que ça aurait été tout aussi discret, comme sous-entendu. Décidément, la discrétion n'était vraiment pas son point fort. Mais vraiment pas du tout. Au moins il avait fait l'effort de parler à voix basse et en français. C'était mieux que rien. Si il avait de la chance, l'ancien militaire avait été entrainé à plus de discrétion et s'en sortirait mieux que Jules.
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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Mer 27 Aoû - 17:31

Abraham continuait de sourire tout seul alors que Jules tentait quelques mots aléatoires pour répondre. C’était assez intéressant, à défaut de trouver un adjectif plus approprié, de constater que certains propos pouvaient complètement bloquer un interlocuteur parce qu’il ne savait pas comment enchaîner. Parfois, comme dans le cas présent, il n’y avait pas forcément besoin d’ajouter quelque chose. Dans d’autres, il y avait juste un blocage à cause d’un sujet précis qui faisait perdre ses moyens.

« J’aurai pu c’est vrai … mais ç’aurait été con. Je veux dire, sans parler du fait qu’il aurait été bien plus compliqué de relancer la conversation, c’est moi qui avait approché le sujet. Si cela avait été complètement tabou, je ne l’aurai pas mentionné du tout. Mais bon … je suis quelqu’un d’optimiste et j’ai envie de croire en l’humanité. Il faut bien commencer quelque part. »

Chance ou non, c’était tombé sur le jeune homme. Il ne pensait pas s’être trompé sur la personne à qui accorder un petit bout de confiance. L’avenir le dirait mais son instinct lui soufflait que c’était un bon choix. Et même s’il se trompait … il n’en mourrait probablement pas. Il était entraîné, en partie, pour ça après tout. Survivre. Globalement, il s’en sortait quand même mieux physiquement que moralement de ce côté-là, même s’il avait fait des progrès depuis ces dernières années.

« Non ce n’est pas rien … répéta-t-il en grimaçant mes muscles râlent encore rien que de repenser à certains des entraînements. Même s’il serait assez réducteur de limiter ça à la partie physique … mais le reste est une autre histoire. Et à défaut d’en avoir le droit, je n’ai pas non plus envie de vous en parler. »

Son sourire le quitta un instant. D’un point de vue moral, l’unité avait été parfois sur la tranche et certaines missions étaient peu reluisantes. Et même quand elles étaient plus classiques de son point de vue, la chair, les os et le sang qui se répandent sous l’éclat des balles ou du mortier n’avaient pas forcément besoin d’être racontés à de jeunes gens âgés d’une vingtaine d’années. L’horreur du monde à leur portée était déjà là. Il ne connaissait pas son passé, peut-être y avait-il des parties similaires. Ou pas. Que ce soit l'un ou l'autre, ce n’était utile d’en rajouter une couche. Surtout par une journée aussi radieuse.
Il reprit, gardant la même voix tranquille même si ses lèvres n’arboraient plus le même sourire.

« Parfois, je ne nie pas qu’il faille viser plus loin. Dans mon cas … ma famille se porte à merveille, les amis aussi, j’ai de quoi vivre et j’ai un toit au-dessus de ma tête. J’ai été élevé avec des principes assez élémentaires. Le bonheur des miens me suffit et j’ai appris à profiter des petites choses simples de la vie. Je ne ressens pas le besoin d’améliorer les choses. Je ne dis pas que d’autres, aussi belles, aussi fantastiques, ne me m’arriveront pas. Je les accueillerai à bras ouverts ce jour-là. Je n’ai juste pas besoin d’améliorer ce que j’ai déjà. Le reste n’est que bonus. »

Le soldat marqua un temps d’arrêt, faisant à moitié la moue en haussant un sourcil sceptique, puis il reprit sur le même ton.

« Je ne sais pas si je suis très clair en fait … Pour moi, c’est aussi clair que de l’eau de roche mais cela fait un moment que je vis avec ce principe. Mais ça n’a pas d’importance, je n’essaye pas de vous convaincre de ses bienfaits de toute façon. Au pire, retenez juste que je suis heureux comme ça et ça suffira. »

Il se remit à sourire. Après tout, il n’y avait pas besoin de chercher plus loin. Sans cesser d’avancer, la descente vers la terre ferme n’allait pas tarder à s’amorcer à force, il écouta Jules répondre à ses questions, tendant l’oreille de plus en plus. Il n’était pas sourd mais le volume baissait graduellement. Cela ne l’empêcha de saisir tout ce qu’il lui offrait comme données sur sa personne.

« Bonne idée de faire les deux en même temps. Vous éviterez certains problèmes et on ne pourra pas vous dire que vous vous y êtes pris au dernier moment au moins. Quant à ne rien avoir prévu pour plus tard, l’improvisation c’est pas mal aussi … enfin, ça dépend des moments, mais globalement, ça peut donner des résultats assez fun. A New-York ou ailleurs. Mais c’est sûr que c’est plus facile d’accéder à Mutant Town en étant ici. Vous savez, je n’ai aucun motif pour me moquer de le raison de votre venue. C’est un noble but que d’être venu pour eux. Vous valez bien plus que la majorité des gens de cette ville qui ne regardent que leur nombril, ignorant le reste. Vous n’avez pas à avoir honte. »

S’incluant dans le lot ? Un peu, probablement. Il estimait avoir suffisamment donné de sa personne pendant ses années à l’armée. Il avait aimé ses années, il ne pouvait le nier sans mentir. Mais si elles lui avaient beaucoup apporté, elles lui avaient également beaucoup pris. Alors pour l’instant, il ne se sentait pas désireux d’aider les autres. Hormis ceux qui croisaient son chemin tant qu’il n’avait pas de détour à faire. C’était peut-être égoïste mais il prenait le droit de l’être un peu.

« Je me demandais quand vous alliez me poser cette question ! dit-il dans un petit rire avant de reprendre d’une voix docile Mes propos précédents n’étaient pas innocents pour le coup. Je fais précisément partie de la catégorie de gens qui vous ferait perdre votre boulot. Mais promis, je ferai toujours appel à vous pour me livrer. Si ce déplacement a ses avantages, il a aussi ses inconvénients. Vous en avez eu l’exemple le jour où l’on s’est rencontré. Je revenais de Miami. Vous avez vu le résultat … j’ai très bien dormi cette nuit-là. »

Il mettait au défi quiconque n’ayant pas entendu le début de conversation d’y comprendre quelque chose. En dehors du fait qu’ils s’exprimaient tous deux en français, ils n’haussaient pas vraiment la voix et le vent soufflait dans les haubans. Sans oublier l’ensemble de véhicules qui grouillait sous leurs pieds. Non, Abraham n’était pas spécialement inquiet.

« Et vous alors ? Par pitié, ne me dites pas que vous lisez dans les pensées … »

Il rigolait à moitié en disant cela mais dans le fond, il n’autorisait que l’un de ses amis à le faire sans forcément lui demander sans avis. Ensuite, il n’y avait que son collègue. Et puis basta.

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Mer 27 Aoû - 21:14

Visiblement, en parlant de son passé militaire à Abraham, Jules avait touché un point sensible. Il était loin d'être un mentaliste professionnel mais l'avait deviné à son la grimace qu'il fit lorsqu'il avait commencé à parler, à la disparition de son sourire et aux termes qu'il employait. Mais surtout, il n'avait pas envie d'en discuter. C'était un signal plutôt difficile à rater, Jules s'en souviendrait. Après tout c'était compréhensible, les deux hommes ne se connaissaient que depuis, quoi, une demi-heure ? Ce que l'on peut vivre à l'armée n'est pas le genre d'expérience que l'on partage avec n'importe qui. Ne sachant pas vraiment quoi répondre et au lieu de se lancer dans une phrase hasardeuse, il se contenta d'un hochement de tête.
Abraham et Jules semblaient partager la même philosophie de vie, si on pouvait appeler ça comme ça. Ils semblaient avoir tenu compte du mythe d'Icare. Les deux hommes étaient satisfaits de ce qu'ils avaient pour l'instant et ne voulaient pas plus. Le français ne savait presque rien de l'américain, mais pour sa part, la vie qu'il menait lui convenait parfaitement. Il ne lui manquait plus que la nationalité qui lui permettrai de rester dans ce pays et tout serait parfait. Jules répondit donc en riant de bon coeur.

« J'espère que vous savez que vous parlez à quelqu'un qui livre des pizzas depuis deux ans et qui ne veut même pas changer de métier ! En général, moins j'ai de responsabilités mieux je me porte, ce travail est parfait pour ça. »

En règle générale, il les fuyait comme la peste. Depuis tout petit c'était sa soeur qui gérait tout pour lui, il n'avait jamais eu à s'occuper de quoi que ce soit, mais ce temps était résolu depuis bien longtemps. Mais de cette époque lointaine ou l'amour fraternel régnait encore, il avait gardé sa peur des responsabilités. Du coup, il n'avait pas de voiture, vivait dans un appartement loué juste à coté de son travail simple comme bonjour.
Jules était touché par ce qu'il prit pour une véritable éloge que lui tenait Abraham. Parmi tout ce qu'apportait le bénévolat, la reconnaissance des autres, mutants défavorisés comme humains témoins, était une des choses qu'il préférait. Après tout, peut-être que la crainte des responsabilités n'était pas la seule chose qu'il avait tiré de son enfance et qu'il avait toujours besoin de se sentir valorisé par le regard des autres, qui sait. Tous ces compliments lui collaient toujours un irrémédiable sourire béat qui reliait ses deux oreilles tout en passant entre le nez et le menton.

« Vous savez, ce que vivent ces gens est encore pire que ce que la télé veut bien nous montrer. Aider ces gens n'a pas de prix mais vaut beaucoup pour eux. Vous devriez venir avec moi un jour, pour essayer. »

Il y avait des chances que son invitation soit refusée, mais si Abraham l'acceptait, Jules ne s'attendrait pas non plus à ce que l'ancien militaire devienne un fervent bénévole. Après tout, la misère des autres n'est pas connue pour son attraction.
La question du Jules concernant le pouvoir de son interlocuteur était prévisible. C'est vrai que c'est un sujet de conversation quand même très classique pour deux mutants qui viennent de se découvrir comme tels. Le livreur rit avec Abraham avant de continuer à l'écouter. Apparemment, l'ancien militaire avait l'habitude de tout calculer: ils avaient parlé plus tôt de la possibilité de mettre tous les livreurs au chômage en se téléportant mais pas par hasard visiblement. La promesse de l'ancien militaire apporta à Jules la satisfaction d'avoir fidélisé un client, même si en réalité il n'en était rien: la promesse était juste celle de ne jamais priver le livreur de son aller-retour, mais avec la conversation qu'ils tenaient depuis trente minutes, et pour peu que la pizza qu'il avait autrefois livré à Abraham ait été bonne, c'était un client qui n'allait probablement pas aller voir ailleurs.

« Ah ah, non, je ne suis pas télépathe, j'aurais posé beaucoup moins de questions sinon ! Moi je suis un hydrokinésiste, je peux déplacer de l'eau en gros. C'est pratique dans une ville où il pleut et neige beaucoup, mais j'ai tendance à trouver les ponts comme celui-ci plutôt frustrants du coup. »

C'est vrai qu'en Normandie il était servi niveau pluie. New York n'était pas mal non plus dans le genre. Mais au pire il lui restait l'eau du robinet, mais c'était moins amusant quand même. En ce moment il avait bien envie d'aller se servir de son pouvoir dans un endroit où il y aurait de l'eau à profusion, comme une piscine par exemple, ou même le fameux réservoir, au milieu de Central Park. Le plus drôle serait certainement la tête choqué de certaines personnes. Les réactions bien virulentes étaient pourtant plus probables.
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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Jeu 28 Aoû - 11:56

S’il en croyait l’acquiescement, Jules ne semblait pas lui en vouloir de ne pas développer ce sujet en particulier. Restait à savoir s’il comprenait pourquoi ou s’il était parti sur des théories farfelues. Mais cette question n’avait pas besoin d’être résolue pour le moment. Une autre fois sans aucun doute, si le temps le permettait.
Apparemment, ils étaient l’un comme l’autre satisfaits de leur vie. Ce n’était pas si évident que ça dans le monde actuel et le rire du jeune homme avait quelque chose de rafraichissant. Il prenait note aussi qu’il n’aimait pas spécialement les responsabilités. Simple flemme ou autre raison ? Il se doutait qu’il n’allait pas lui déballer là maintenant alors qu’ils tenaient leur véritable première conversation mais rien ne l’empêchait, lui, de spéculer dessus. Un : élevé comme un coq en pâte, il avait juste l’habitude de ne pas en avoir. Deux : il n’avait pas envie de se prendre la tête. Trois : il avait échoué la dernière fois et il ne voulait pas que ça recommence. Soleil. Sauf qu’en fait, c’était un peu de lui dans la dernière hypothèse. Il avait juré de l’aimer et de la protéger. Il avait échoué de la façon la plus définitive qui soit dans la seconde partie. Il retint un soupir et se contenta de faire tourner son alliance. Il faudrait qu’il envisage de la changer de main ou de doigt un jour ou l’autre … mais pas aujourd’hui.

En attendant, son livreur de pizza semblait apprécier ce qu’il venait de lui dire s’il ne se basait que sur le grand sourire banane qui s’affichait. Serait-il de ceux qui aiment à être mis en lumière, en quête d’une reconnaissance quelconque pour avancer ? Ou alors, il était juste content de trouver quelqu’un qui ne le jugeait pas sur la raison de sa venue. Là encore, ce n’était que pures suppositions. Il allait finir par dresser une liste, en faire un questionnaire à choix multiples et le tendre à Jules pour qu’il le remplisse.

« La télévision n’a jamais montré que ce qu’elle voulait, tout comme la majorité des journaux papier sont orientés. Il n’y a qu’un mélange d’un peu tout et surtout d’un bon passage sur le net pour avoir une vue globale qui se rapproche de la vérité. En ce qui me concerne … même si je ne suis jamais allé à Mutant Town, j’ai malheureusement traversé suffisamment de ghettos pour avoir une bonne idée de la vie qu’ils doivent avoir. »

Il regarda le jeune homme après sa proposition. C’était lui qui faisait un détour pour venir le chercher. Devait-il accepter ? Ce n’est pas tant de faire du bénévolat qui lui posait problème. Il en avait déjà fait. C’était plutôt de se présenter au milieu d’une foule de mutants. La densité de population était élevée … nul doute qu’il pourrait y avoir quelques télépathes dans le tas. L’essentiel était sous clé mais pas l’entièreté de la partie militaire. Mais qu’elle était la probabilité que quelqu’un fouille spécifiquement cette zone dans son crâne ? Faible. Il serait prudent.
Il sourit doucement.

« A l’occasion, pourquoi pas ? Vous savez où j’habite, venez sonner avant d’y aller. Si je suis disponible je vous accompagnerai avec plaisir. »

Ce n’était pas feint. Il serait réellement ravi de donner un coup de main … tant qu’on ne l’obligeait en rien et qu’il n’avait bien sûr rien d’autres de prévu. Et puis … peut-être certaines informations seraient à glaner de-ci delà une fois sur place. Ce ne serait du temps perdu pour personne.

« Ah oui ? Moins de questions … vous seriez donc du genre à lire sans demander la permission ? demanda-t-il, moitié sérieux, moitié amusé avant de reprendre Pauvre pont, il va se sentir vexé si ça se trouve ! Mais je peux comprendre votre point de vue … tout comme je trouve un peu chiant les points de contrôle à l’aéroport alors qu’un petit saut pourrait m’éviter ça. Mais ça fait partie du processus. conclut-il en haussant les épaules Pour vous, ça pourrait être pire si vous étiez en plein Sahara. L’entraînement doit s’en retrouver bien plus ardu. Par contre, il doit être salutaire de réussir à la puiser à des profondeurs. Remarque … vous pouvez uniquement la déplacer ? Ou en créer ? »

Ce pouvait être l’un, l’autre ou les deux. L’un des membres de son unité pouvait contrôler le sang à volonté mais ce n’était pas pour autant qu’il pouvait générer un demi-litre de O en claquant des doigts. Peut-être qu’un jour il y arriverait. Dans sa situation, il savait qu’il augmentait la distance parcourue et le poids porté au fur et à mesure de ses entraînements. Ce qu’il ignorait, c’était s’il pourrait se téléporter dans des lieux uniquement vus indirectement, via une photo ou une vidéo par exemple. Ou s’il aurait toujours besoin d’avoir un contact avec ce qu’il voulait emmener avec lui. Autant de questions qui n’auraient de réponses que dans le futur.

La descente vers le plancher, réel, des vaches s’amorça docilement, révélant une vue imprenable sur l’étendue de Brooklyn. En cherchant bien, Abraham était persuadé de pouvoir voir son petit bout de paradis. Mais en parlant de révélation …

« Simple statistique de ma part : vous l’avez découvert discrètement votre capacité ou en comme moi en présence de témoins ? Elle a été, disons, facile ou les choses se sont soudainement compliquées ? »

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Jeu 28 Aoû - 21:06

Abraham avait l'air partant pour aller aider les nécessiteux de Mutant Town, c'était une bonne nouvelle. Cela leur permettait de se revoir, au moins une fois si cela ne lui plaisait pas. L'idée de venir le chercher chez lui n'était pas mauvaise en soit, mais le trajet à deux sur un vélo risquait d'être pénible et Jules ne savait pas si débarquer à l'improviste chez quelqu'un avant de l'entraîner dans le ghetto mutant de la ville était vraiment une bonne idée. Le livreur pourrait bien l'apeller en retrouvant le numéro du téléphone qu'il avait utilisé pour commander une pizza auparavant, mais retrouver exactement le bon numéro risquait d'être difficile. Au pire Jules connaissait l'adresse, peut-être qu'avec un annuaire il pourrait le trouver, ce numéro de téléphone.

« Au début je l'aurais fait, je pense. Enfin au début je me serrais probablement amusé à lire dans la tête des autres, mais au bout d'un moment, après avoir découvert plusieurs choses que j'aurais préféré ne pas savoir, j'aurais commencé à me contrôler je pense. Et mon pouvoir me permet de contrôler l'eau sous toutes ses formes et celle comprise dans tout et n'importe quoi, tant que c'est pas vivant, mais je ne peux pas en créer. Je serais invincible sinon, imaginez ! »

Tout en faisant des efforts pour éviter de parler trop fort, il était très souriant, cela s'entendait dans le son de sa voix.

« Mais pourquoi prendre l'avion ? Moi avec un pouvoir comme le vôtre j'irais où je voudrais quand je voudrais, je m'embêterais pas à prendre l'avion par exemple. Ça vous rend malade comme un chien si j'ai bien compris, mais vous êtes malades comme ça à chaque fois où ça dépend d'autre chose, comme la distance par exemple ? »

Quand Abraham s'était téléporté de Miami, il avait eu l'air vraiment vaseux pendant la soirée qui avait suivit. Il avait même eu du mal à se lever de son canapé d'après ses dires. Si c'était un effet secondaire de la téléportation, ça ruinait un peu le tableau: à quoi bon pouvoir se téléporter sur l'île déserte paradisiaque de son choix si c'est pour y être malade. Imaginez un instant si le pouvoir de Jules souffrait de ce genre d'effet secondaire: plus il se servirait de son pouvoir, plus il aurait la nausée. Il ne s'en serrait alors que très peu servi, c'est sa mère qui aurait été contente. Mais ce n'était pas le cas, Jules pouvait se servir de son pouvoir tant qu'il voulait, il n'en sera jamais malade, tant pis pour elle. En tout cas cette histoire de Miami répondait à une question que Jules s'était posé lorsqu'il vit Abraham en tenue plutôt légère pour la météo qui régnait à l'époque de la livraison de pizzas mais avait oublié juste après: "Mais qu'est-ce qu'il fait dans cette tenue par un temps pareil ? Même pour trainer chez soi c'est un peu léger non ?". Mais bon, ce n'était qu'un détail dont Jules ne se rapellait même pas.
Alors que la descente vers la terre ferme commençait à se faire sentir, Abraham demanda à Jules comment il avait découvert son pouvoir et comment ses proches l'avaient pris. Dans le cas du français, ça variait selon le parent. Parfois certains rechignaient à révéler cette partie de leur passé, mais Jules n'en voyait pas l’intérêt, pas plus qu'il comprenait ce point de vue.

« Mon pouvoir s'est révélé pendant une dispute avec mes parents. Ma mère voulait que je ne me serve jamais de mon pouvoir, parce que soit disant j'irais en Enfer sinon, mais mon père à rejoint mon côté et m'a couvert pendant que j'apprenais à m'en servir. Et vous, ça s'est passé comment ? »

D'habitude quand un adolescent se révèle être un mutant, soit ses parents le rejettent complétement, soit le soutiennent. Jules avait eu droit au deux, c'était original. On pourrait dire qu'il avait eu 50% de chance, c'était déjà pas mal quand on pense à ceux qui finissent à Mutant Town car abandonnés dés le premier signe de mutation. Après avoir demandé à l'ancien militaire comment ça s'était passé pour lui, il se mit à espérer qu'Abraham avait eu plus de chance que lui.
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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Ven 29 Aoû - 15:13

Abraham écoutait avec attention, la réponse à sa question, anodine en apparence, l’intéressant grandement. S’il haussa un bref sourcil surpris, ce fut bien là son unique réaction face aux propos énoncés et Jules était bien trop enjoué pour le remarquer.
Il l’avouait de lui-même : il serait rentré dans la tête des autres sans demander une quelconque autorisation. Dans le domaine de l’intrusion dans la vie privée d’autrui, c’était plutôt pas mal comme début. Il remercia silencieusement la génétique de ne pas lui avoir donné des pouvoirs de télépathe. Heureusement pour son interlocuteur, l’intention n’était pas mauvaise. De ce qu’il comprenait à travers les mots utilisés, c’était plus par amusement et simple curiosité, non dans le but de nuire. Si ç’avait été le cas, il aurait mis fin à la conversation tout de suite. Mais il n’était pas étonné que découvrir des choses que l’on préfère ignorer à répétition puisse le calmer. L’un des siens avait eu une expérience de ce genre, sans le vouloir, et cela le hantait toujours.

« En disant sous toutes ses formes … vous pouvez la faire changer d’état et vous en servir sous forme gazeuse ou solide ? Ou c’est juste que vous pouvez la ramener à l’aspect liquide et à partir de là, lui faire faire n’importe quoi dans la limite de votre imagination ?  Je ne sais pas si ma question est compréhensible … s’interrogea-t-il avant de reprendre, souriant Même sans avoir la possibilité d’en créer, je trouve que c’est déjà pas mal en l’état actuel … ça vous laisse tout de même un bon panel de possibilités. Mais vous n’avez pas d’effets secondaires comme fatigue, crampes ou autres joyeusetés du genre ? Parce que si c’est le cas, même en ayant création et contrôle, vous devriez finir par vous épuiser au bout d’un moment, non ? »

Sans revenir oralement sur ce point, il trouvait que ce n’était pas plus mal qu’il ne puisse pas se servir de l’eau présente dans les êtres vivants. Vider un corps de son eau n’était pas un moyen particulièrement sympa d’interagir avec les autres. Empêcher le sang d’atteindre certaines zones vitales non plus … mais ça pouvait être très utiles pour convaincre certaines récalcitrants lors d’interrogatoires. Jules n’aurait normalement pas à tenter de faire bouillir le sang d’un autre. Il l’espérait sincèrement.
Il se mit à rire devant l’espèce de rébellion du jeune homme. Ses questions étaient toutefois légitimes pour qui n’avait pas les détails. Lui-même avait tout découvert au fur et à mesure. Il n’existait pas de manuel expliquant comment utiliser la téléportation … sans compter les variantes qui pouvaient exister de son pouvoir.

« Si c’était si simple que ça … souffla-t-il doucement Pour reprendre vos mots, oui, ça me rend malade mais non, ce n’est pas le cas à chaque fois et oui, ça dépend d’autres choses. De mon état physique à la base et effectivement de la distance que je choisis de parcourir. Grosso modo, plus je vais loin, plus ça me casse. Plus j’suis HS avant de faire un saut, plus je le suis à l’arrivée. Je vous laisser imaginer un combo de des deux. A quelques kilomètres près, je peux en faire un millier sans trop de soucis. C’est après que ça se complique. Par exemple, j’étais en pleine forme le matin où vous êtes venu me livrer. L’aller-retour à Miami, c’est plus ou moins 4.000, sans compter les activités que j’ai faites en journée. Revenir à la maison m’a juste achevé … d’où mon état lamentable. Comprenez donc que pour les longs trajets, je préfère prendre l’avion pour y aller et garder mon moyen de transport pour le retour. »

L’américain eut un petit rire nerveux avant de continuer dans la foulée.

« Si je dépasse le palier approximatif de tout à l’heure, je gagne, proportionnellement à la distance parcourue, douleurs musculaires au point de ne pas tenir debout, fatigue, mal au crâne, nausées et tout ce qui va avec … ça casse un peu le mythe de pouvoir aller n’importe où n’importe quand hein ? »

Disant cela, il tendit les bras au-dessus de sa tête pour s’étirer tranquillement sans cesser d’avancer, se rapprochant de la terre ferme de Brooklyn. Il écouta Jules et ne put s’empêcher d’être un peu triste pour lui. Au moins, il avait pu compter sur le soutien de son père. A défaut des deux, l’un des parents était déjà pas mal quand une majorité de mutants, d’autant plus quand c’était visible physiquement, n’obtenait rien si ce n’est le mépris et le fait d’être mis à la porte.

« Comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. dit-il d’un ton serein avant de conter un bout de son histoire Je m’en souviens comme si c’était hier. C’était un samedi. Je jouais avec mes meilleurs amis au baseball quand l’un des jumeaux à lancer la balle trop fort. Sans faire attention, j’ai reculé sur la route pour la récupérer … j’avais juste oublié de remarquer la voiture. Je me rappelle les cris, le klaxon et les freins sur le bitume … plus rien puis de nouveau les bruits. A la différence près que j’étais en sécurité sous le porche. Je suis tombé et mes amis se sont retournés pour voir de quoi ça venait. Je vous laisser imaginer leur surprise. Mais en tant que fan de science-fiction, c’était trop cool pour être un problème. Bon, les vomissements qui ont suivi leur ont fait appeler ma mère qui est accourue suivie de mon père. Ils nous ont fait rentrés pour que l’on s’explique. J’avoue qu’aucun de nous n’en menait large. Le pire, c’est que mon estomac n’arrêtait pas de se révolter alors je ne pouvais pas en placer une. Ce sont mes meilleurs amis qui ont dû se charger de l’explication. Ce n’était pas évident. La situation aurait pu virer au drame seulement … j’ai des parents merveilleux. »

Il s’interrompit, souriant pleinement en pensant à eux. Pour rien il n’en changerait. Il n’était sûrement pas objectif sur le sujet mais pour lui, il avait les meilleurs parents du monde. Et ils lui rendaient bien.

« Quoiqu’il advienne, aujourd’hui ou demain, tu es notre fils. Quoiqu’il advienne, que nous soyons d’accord avec toi ou non, nous t’aimons et t’aimerons toujours. C’est ce que ma mère m’a dit. Il n’y avait rien de plus à dire. Pour eux, il n’y avait aucun problème. Je restais leur fils et puis c’est tout. Il n’y avait pas à chercher plus loin. »

Abraham rayonnait. Sa famille, ses amis … ils étaient toute sa vie. Il se tourna de moitié vers Jules.

« Je suis sincèrement désolé que cela ne se soit pas passé de la même façon pour vous. Ça n’a pas été trop dur par la suite ? Ils ont réussi à se réconcilier ? »

Lui-même ne connaissait pas les problèmes de couple qui se déchirent. Ses parents étaient indissoblument unis pour le meilleur et pour le pire. Quant à sa relation avec Elena … ils n’avaient, heureusement ou malheureuse, tout dépendait du point de vue, pas eu le temps d’en arriver là.

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Jules Archambaud
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Ven 29 Aoû - 21:31

C'est vrai qu'il en aurait fait des économies en tout genre, Jules, s'il avait pu changer l'eau de forme physique. Plus besoin de pressing, de chauffage, de réfrigérateur. Pour faire à manger ce serait pratique, il ferrait exactement comme un micro-onde: il chaufferait les molécules d'eau présentes dans son plat jusqu'à ce que ce soit assez chaud à son gout. Sauf qu'il ne rendrait pas l'assiette brulante, lui. Ce serait tout un nouveau monde d'ingénierie civile à usage personnel qui s'ouvrirait à lui. Malheureusement, ce n'était pas le cas. Il avait essayé pourtant, y avait passé des heures, mais rien n'y fit, aucun résultats. Ce n'était pas son genre d'abandonner d'habitude, mais il dut bien se rendre à l'évidence: son pouvoir ne lui permettra pas de faire instantanément cuire des pâtes ou du riz.

« Puisque ça à l'air de vous intéresser, je vais aller dans les détails, commença-t-il en riant. En fait si je le souhaite, l'eau imite mes mouvements. Elle le fait qu'elle soit solide, liquide et gazeuse et peu importe dans quel liquide ou objet elle est contenue. Par contre je ne peux ni la créer ni la faire changer d'état physique. Et pour les êtres vivants, je peux extraire l'eau des plantes mais pas les déplacer, vu qu'elles sont trop fragiles, et je peux rien faire contre les animaux. Et plus je me sert de mon pouvoir, moins il est puissant. Enfin plus je m'en sert moins je peux déplacer d'eau quoi, et moins efficacement aussi, mais pas de fatigue physique, de douleur ni rien. »

Même si son pouvoir, l'hydrokinésie, est un pouvoir plutôt classique (c'est vrai qu'il y à plus original que de pouvoir faire des vagues si on les imites), Jules l'adorait: il le trouvait super utile, facile à cacher et à contrôler et pas du tout envahissant. D'autres n'avaient pas cette chance, mais alors vraiment pas du tout. Le pouvoir d'Abraham ne devait pas être mal à ce niveau là non plus. Parfois, lorsqu'un mutant est énervé notamment, il perd le contrôle de ses pouvoirs. Dans le cas d'Abraham, c'était difficile de deviner ce que son pouvoir réservé si en colère. Il se téléporterait sans le vouloir, peut-être.
En tout cas, les effets secondaires liés à l'utilisation de son pouvoir étaient vraiment une grosse ombre au tableau. C'était dommage d'avoir un pouvoir si utile et de ne pas pouvoir utiliser tout son potentiel. Enfin c'est ce que la mère de Jules voulait pour son fils, mais elle pensait faire bien.

« Bah ouais, plutôt pas mal quand même. Mais si on compare le temps de rétablissement et le temps de trajet que vous auriez mit en y allant "normalement", c'est peut-être rentable au final. Mais vous pouvez vous téléporter vraiment n'importe où ? Genre si je vous donne l'adresse de là ou j'habite, vous m'y ramenez d'un claquement de doigts ? »

Ce n'était pas une demande, loin de là, mais c'est vrai qu'en y repensant, si Abraham lui en faisait la proposition, il ne saurait la refuser. Jules s'imaginait déjà chez lui alors qu'en réalité il lui restait quelques heures de travail. Enfin ce ne serait pas non plus une corvée insurmontable, surtout quand on pense à l’excellente humeur dont il faisait preuve cette soirée là.

Jules écouta attentivement l'histoire liée au pouvoir d'Abraham. Elle était beaucoup moins tragique que la sienne, surtout vers la fin. Tant mieux pour lui si il avait des parents compréhensif et aimants, il avait eu beaucoup de chance. Plus de chance que beaucoup de monde, Jules y compris. Il aurait pu en être jaloux, tout comme les démunis de Mutant Town auraient pu l'être du français, mais ce n'était pas le cas, autant pour Jules que pour les habitants du ghetto.
Abraham se rapellait mot pour mot de ce que sa mère lui avait dit lorsqu'il s'inquiétait d'un possible abandon. C'était touchant. Alors que l'ancien militaire parlait, Jules ne le quittait pas des yeux. Visiblement il était heureux rien que de repenser à sa famille, ça se voyait à son large sourire. Puis Abraham se tourna vers le livreur pour lui poser une question sur le dénouement de son histoire. Jules n'aimait pas franchement y penser, mais il n'allait pas envoyer balader l'autre pour autant. Il arrêta de regarder son interlocuteur pour se remettre face à son chemin, en regardant le ciel. Il était un peu trop expressif, il détestait ça et tenta de le camoufler en ne faisant pas face à Abraham.

« Nan, ça a ruiné leur mariage pour de bon. Il émit un petit rictus. Puis mon père à eu un accident de voiture et je me suis enfuit pour pas avoir à affronter ma mère seul. »

C'était une façon plutôt expéditive de tout résumer. Lui-même n'aimait pas vraiment raconter le dénouement tragique, il était persuadé d'embêter les autres avec ses histoires, qu'ils avaient mieux à faire de toute façon. Et quand il la racontait, il préférait dire que c'était son pouvoir qui avait ruiné le mariage de ses parents, et pas lui-même. Il s'en voulait terriblement de ce qu'il avait fait subir à ses parents, mère comme père, et dire que c'était de la faute de son pouvoir et pas de la sienne le soulageait un peu.
En ayant tout raconté si brièvement, il espérait éviter que l'on s'attarde sur le sujet. Il aurait peut-être préféré expliquer pourquoi il était venu à New York à un anti-mutant en fait. Du coup, il tenta du mieux qu'il put de ramener la conversation sur Abraham.

« Et vos meilleurs amis dont vous avez parlé, ce sont des mutants aussi ? »

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Lun 1 Sep - 10:36

Oui, il était clair qu’Abraham était intéressé par les détails et ce pour deux raisons. La principale ? Sa propre curiosité, ni plus ni moins. Il aimait bien savoir comment les choses fonctionnaient de manière générale. Parfois, ça pouvait lui resservir et il était alors content d’avoir cette connaissance, parfois non mais ce n’était pas pour autant qu’il jugeait ça inutile. Quant à la raison secondaire, elle se rapprochait pas mal la première sauf qu’elle était d’ordre purement professionnel. Il avait déjà eu à faire à un hydrokinésiste, il voulait savoir s’ils opéraient tous de la même façon ou non. De ce que le jeune homme lui disait, non, pas tout à fait. Toute donnée était bonne à prendre. Juste au cas où.
Pour le coup, si c’était Jules qu’il avait eu à affronter, même sous Speed X, l’empêcher de se servir de ses mains aurait pu suffire pour couper court à toute envie combative. Ils auraient également évité de se faire embrocher au niveau de l’épaule par un épieu métallique. Et il n’y aurait pas eu non plus le problème, ponctuel, du bouclier aquatique. A moins qu’en maintenant ses mains devant lui tout en contrôlant une certaine quantité, il puisse lui donner une forme similaire ? Enfin, si elle était sous forme liquide, cela pouvait ralentir voire dévier mais ça ne repousserait pas le plus efficacement possible des coups ou des projectiles. Inutile de parler de la forme gazeuse. En revanche, la forme solide pouvait offrir une résistance intéressante …

« Il faut obligatoirement un mouvement ? Ou vous pouvez par exemple maintenir un bloc de glace devant vous et vous en servir comme bouclier ? demanda-t-il, décidé à savoir En tout cas, j’avoue, je vous envie un peu sur le fait de ne pas avoir de contrecoups physiques … ça m’éviterait un paquet de courbatures. Mais bon, j’imagine qu’il était un peu trop facile que de me laisser me pointer partout sans altération. Et puis, j’ai déjà une bonne marge de manœuvres. Il serait abusé de me plaindre plus que ça. »

Un millier de kilomètres sans trop difficulté, ce n’était pas si mal. Un mal de crâne et des engourdissements étaient bien peu de choses face aux possibilités qu’offrait cette distance. L’américain s’en contentait plutôt bien. Et il savait que sa limite augmentait progressivement. Cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas testée dans le détail. Peut-être pouvait-il se prévoir ça dans quelques temps si d’autres imprévus ne lui tombaient pas dessus. A voir.

« Il arrive bien souvent que la réalité ne corresponde pas à ce que l’on imaginait. Après, le fait que ce soit rentable ou non dépend de la distance à parcourir. Miami, ça reste encore avantageux pour un aller et retour mais il ne faudrait pas plus. San Francisco, j’oublie. Quand je vais voir mes parents, je fais l’aller par la voie des airs puis je reviens par moi-même. Je suis sûr que personne d’inattendu ne sera dans mon salon à mon retour. »

C’est aussi pour ça qu’il ne débarquait que rarement chez ses parents. Même si, par précaution, il les appelait toujours avant et qu’il se téléportait dans sa chambre dont le rideau était toujours tiré, un voisin pouvait toujours passer à l’improviste. Se pointer dans le salon et saluer ses parents en précisant que l’on venait d’arriver pouvaient être des actions difficiles à justifier quand l’invité surprise était là depuis suffisamment longtemps pour savoir que personne n’est passé par l’entrée depuis lui. S’en suivrait des questions dont ils se passaient bien tous les trois.
Ils n’avaient eu à subir cette situation et ils préféraient autant.

« Là encore, j’ai des conditions. Il faut que j’aille une fois physiquement à l’endroit où je veux me téléporter. Mais après,  je peux y retourner en un claquement de doigts oui. Donc, tant que vous ne m’invitez pas à boire un verre chez vous, non, je ne peux pas vous y emmener. conclut-il avant de demander avec un sourire Déçu ? »

Ses meilleurs amis l’avaient été en tout cas. Ils avaient espéré un système à la Star Trek avec coordonnées, lumière et tout ce qui s’en suit. Leur déception avait été à la hauteur de leurs attentes mais ils s’en étaient remis facilement, assistant avec entrain à ses essais. Ils avaient même été plus motivés que lui certaines fois.
Abraham n’était pas son père. Il n’avait aucune capacité particulière à décrypter les faits, gestes ou propos des autres pour en tirer une conclusion. Mais il n’était pas stupide non plus. Il savait pertinemment que détourner le regard alors qu’une question venait d’être posée était lié au fait que l’on n’était pas forcément très à l’aise avec. Il faisait de même avant de passer dans les rangs de son unité et entre les mains d’Isaïah. Si Jules ne voulait pas le forcer, il n’insisterait pas. Et au peu de consistance dans sa réponse, seul un idiot ne verrait pas que c’était loin d’être son sujet favori. Alors il fit au plus court.

« Je ne connais pas vos parents et peut-être que je me trompe mais si leur mariage était en péril, je pense que vous n’avez qu’une excuse. Il aurait fini par éclater un jour ou l’autre. dit-il doucement avant de poursuivre, jouant avec son alliance à l’intérieur de sa poche Je ne prétendrais pas avoir vécu la même chose que vous mais je sais ce que c’est de perdre ceux que l’on aime. Je ne sais pas si cela marchera avec vous mais en parler m’a aidé à avancer alors si jamais vous en avez besoin, vous savez où me trouver. N’hésitez pas à sonner, pour ça ou autre chose d’ailleurs. »

Il s’était basé sur les derniers mots du livreur pour en arriver à la conclusion que son père était décédé. Qu’il se retrouve seul face à sa mère qui ne voulait pas qu’il utilise son pouvoir était suffisamment clair. Et s’ils avaient des frères et sœurs, aucun d’eux n’était de son côté. Il trouvait ça triste mais il ne jugea pas opportun de lui poser les questions maintenant. S’il lui en parlait de lui-même, il l’écouterait sans hésitation.
Il s’étira, encore, et secoua doucement la tête comme pour ranger le sujet dans un coin et passer à autre chose. Ce fut son interlocuteur qui reprit la parole le premier. Encore quelques mètres et ils auraient les pieds sur Brooklyn.

« Si vous considérez l’addiction à la science-fiction et le fait de connaître certaines séries par cœur comme des pouvoirs, oui, ils le sont. dit-il en éclatant de rire D’un point de vue génétique en revanche, pas du tout. Ou alors ils me mentent depuis des années mais ça, ils sont incapables de le faire. Ils sont trop honnêtes. Et puis, on se connait depuis toujours alors à force, chacun de nous sait quand les autres mentent. »

Il sourit de nouveau en pensant aux jumeaux, sans oublier leurs moitiés et leurs enfants respectifs. S’il n’avait pas été surpris plus que ça quand l’un et l’autre avaient demandé à ce qu’il soit le parrain de leurs aînés, il en avait été diablement ravi et il s’efforçait de répondre à son rôle avec attention. Il n’y avait qu’après la mort de Kira qu’il avait été plus absent, plus distant. Ixas et Aiolos l’avaient très bien compris et ne lui en voulaient pas. C’était leur meilleur ami. Tout tenait dans ces deux mots.
Alors que les rues de Brooklyn se dessinaient sous leurs yeux, une nouvelle question franchit ses lèvres.

« Je ne sais plus si je vous l’ai demandé mais vous rentrez chez vous ou vous avez encore quelques heures à faire à la pizzeria ? »

Juste pour savoir s’ils feraient encore un petit bout de chemin ensemble ou non. Mais tout bien considéré, il lui avait dit qu’il habitait à 300 mètres de la pizzeria … dans un cas comme dans l’autre, ils n’allaient surement pas tarder à se séparer.

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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Lun 1 Sep - 22:09

« Non, ça imite vraiment, au geste près. Du coup, si je bouge pas, la glace ne bouge pas. Enfin faut qu'il y ait déjà de la glace sur place, mais oui je peux m'en servir pour me protéger. Mais de l'eau en mouvement c'est efficace pour dévier un projectile aussi, j'ai jamais testé avec une balle, mais pour le reste c'est suffisant. Mais votre distance "critique" avant de ressentir les effets secondaires elle a augmenté au fur et à mesure ou c'est toujours la même ? »

En effet on avait encore jamais tiré sur Jules, et tant mieux. L'ancien militaire n'avait probablement pas cette chance, lui. Par contre être sur le champ de bataille avec la capacité de se téléporter devait s'avérer utile. Sachant que c'est à cause de ce pouvoir qu'il s'était fait virer, il avait du s'en servir et ça avait alerté ses supérieurs, qui s'étaient dit "Pas de ça chez nous" et l'avaient mit à la porte. N'empêche que ça avait du lui sauver la vie peut-être plus d'une fois. Tout ce que le pouvoir de Jules pourrait apporter en combat c'est stopper une hémorragie et envoyer de la boue dans les yeux des gens, ce qui n'est pas trop mal non plus quand on y réfléchi.

« Oui mais ça fait toujours gagner le prix du retour, c'est des économies quand même. En fait votre pouvoir serait bien plus utile si on osait afficher nos capacités. Enfin j'veux dire si les possibles témoins se fichaient des mutants, vous pourriez vous téléporter au supermarché par exemple. Vous ne rateriez plus jamais votre bus par exemple ! Jules s'arrêta quelques instants puis repris. Non, c'est con en fait, comme exemple. »

Il cumulait les âneries ce soir, décidément. Heureusement Abraham reprit la parole, expliquant la dernière condition de son pouvoir. L'histoire de visite préalable était plutôt handicapante, une fois encore. Au final, son pouvoir était plein d'imperfections. Enfin si on y réfléchi, si il n'avait pas cette limite, il aurait peut-être voulu aller sur la Lune et serait mort à cause du fait qu'il se soit téléporté dans l'espace et à cause des effets secondaires de ses téléportations longue-distance. Enfin il n'aurait probablement pas fait cette bêtise, mais Jules aurait au moins voulu tester.

« Non pas vraiment, c'était trop beau de toute façon. En plus vous rentrez juste d'un jogging, vous risqueriez des crampes ou une migraine à vous téléporter comme ça. »

Et il lui restait encore au moins une heure et demie de boulot. C'est vrai ça, il ne lui reste qu'une heure et demie à bosser. Il avait passé une demi-heure à discuter avec Abraham. Comme quoi le temps passe vite quand on s'amuse. Si il y avait eu plein de commandes de faites pendant cette demi-heure, on allait lui passer un saxo. En plus il se baladait, comme ça, tranquillement, avec 100$ en poche, comme si de rien n'était. Enfin si la pizzeria était overbookée pendant son absence, ça permettrait au livreur remplaçant de faire son boulot un peu, au lieu de rester planté là, au comptoir, à draguer la grosse caissière-serveuse.

« J'avais jamais vraiment fait attention à leur relation avant que les choses empirent, donc même moi je peux pas vraiment dire. En plus ils ne croyaient pas au divorce, trop catholiques pour ça, donc sont restés ensemble coûte que coûte. »

Plusieurs fois Jules avait proposé à son père de demander le divorce, mais cela n'avait mené à rien. Après tout, il avait déjà renoncé à la haine anti-mutante, on pouvait pas en plus lui demander de faire une croix sur son idée de la sainteté du mariage, le mutant en avait déjà assez fait comme ça.
La proposition d'Abraham était vraiment touchante, le livreur répondit un timide « Merci, j'y penserais » en sachant très bien qu'il n'irait probablement jamais. Ce n'était pas son genre d'aller pleurer sur les épaules des autres, les siennes étaient assez larges pour ça.
Jules et Abraham rirent en même temps à sa remarque sur l’hypothétique pouvoir de ses amis jumeaux. Puis, il reprit tout aussi joyeusement:

« Si on part la dessus, moi j'ai le pouvoir de regarder l'équivalent de cinq ans de programmes télé en une semaine aussi ! Mais ils étaient pas jaloux de pas avoir de pouvoir ? »

C'est vrai qu'en ce qui concerne sa capacité à ne rien faire, Jules pouvait battre des records. Pourtant il détestait ça. Il avait l'impression de gâcher sa journée lorsqu'il la passait à jouer ou à regarder la télé. Enfin surtout quand il regardait la télé en fait, puisqu'il s'allongeait sur son canapé et regardait les images défiler comme une grosse larve. Pour se consoler il se disait qu'il ferrait double-dose de sport ou d'entraînements le lendemain, mais il ne le faisait que rarement en fait. De toute façon, son travail était suffisamment physique comme ça.
Alors qu'ils étaient finalement descendus du pont et s'approchaient de la première intersection, Abraham demanda à Jules s'il avait fini son service, peut-être pour savoir s'ils continueraient leur bout de chemin ensemble. De toute façon le livreur habitait tout près de la pizzeria, donc cela reviendrait au même de toute façon.

« Non, je me rappelle pas que vous m'ayez déjà demandé, mais il me reste un peu moins d'une heure et demi. Je termine à minuit, c'est pas compliqué. »

Une fois arrivé au carrefour, Jules s'arrêta, se tourna vers son interlocuteur puis demanda:

« Bon, bah... Si je ne me trompe pas d'adresse et que je ne suis pas trop mauvais en géographie, c'est ici que nos chemins se séparent, non ? J'espère qu'on se reverra en tout cas. »

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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Mar 2 Sep - 15:38

Ainsi donc, il pouvait s’en servir comme bouclier, rempart ou abri momentané. Par contre, il ne fallait pas être déconcentré ou lever la main pour saluer quelqu’un. Il lui fallait également une bonne coordination dans ses mouvements. Jules, même s’il n’était pas bodybuildé à outrance, n’avait pas non plus un physique de crevette rachitique. Peut-être pratiquait-il quelques sports pour se maintenir en forme et augmenter son agilité ? Sans aucun doute.

« Dans le fond, il est peut-être mieux que vous n’ayez jamais eu à tester avec une balle réelle. L’erreur est fatale … ou sacrément marquante si elle a le bonheur de ne pas atteindre un point vital. dit-il en touchant machinalement son omoplate droite avec sa main gauche Non, elle a augmenté. Je n’ai pas pu faire 25 mètres sans avoir les jambes qui flanchent et mon estomac qui se rebelle la toute première fois. Là, il n’y a qu’à partir de 200 kilomètres où je commence à sentir le tout premier symptôme. Je n’ai que la trentaine, je devrais pouvoir augmenter ça encore un peu … »

Tout comme il devrait pouvoir porter davantage de poids. Abraham ne s’attendait ni à faire les 11.000 kilomètres sans souci ni même à porter 1 tonne sans sourciller. Atteindre le palier de 500 ou 600 kilomètres et arriver à un maximum de 300 ou 350 kilos seraient déjà de belles progressions. Il savait que ce n’était pas le cas pour la distance mais il devrait tester pour le poids.

« Effectivement, c’est toujours ça de pris. Et il n’y a pas de petites économies, surtout quand on est inscrit à la fac. Enfin, il ne faut pas déconner non plus hein. Je vis plutôt bien avec mes soldes et primes passées. Mais rien n’empêche de faire attention à ses dépenses … conclut-il avant de réprimer un rire aux derniers propos du jeune homme Ne vous en faites pas, vous n’êtes pas le premier à prendre cet exemple-là ! Il est plutôt récurrent d’ailleurs. Quant à se pointer au supermarché … ce n’est plus le gène mutant qui entre en compte mais plutôt vos moyens et votre éducation. Qu’est-ce qui m’empêcherait de faire un tour en journée pour repérer les lieux sans rien acheter puis de revenir en pleine nuit pour voler ce dont j’ai besoin ? Je ne crois pas qu’un appareil anti-téléportation existe alors la réponse est rien … si ce n’est ma conscience. Mais là n’est pas le sujet … souffla-t-il tout serait bien plus simple si chacun, à défaut d’être d’accord ou d’apprécier, respectait l’autre. Un jour peut-être qui sait ? »

Ce n’était pas demain la veille mais espérer ne coûtait rien. Il laissa Jules considérer le dernier obstacle de sa propre mutation et y répondre s’il le souhait. Il inclina la tête sur le côté aux propos tenus et continua de sourire.

« C’est gentil de vous soucier de ma santé mais ce n’est pas en courant deux heures que je vais avoir crampes ou migraine derrière … surtout avec la faible distance à parcourir. »

S’il avait enchaîné un certain nombre de sauts et qu’il avait été essoufflé, cassé ou blessé … là, même un tout petit bond pourrait effectivement lui refiler des effets secondaires. Mais son état n’aurait pas été reluisant de base et il aurait réfléchi avant de faire quoi que ce soit. Seuls l’urgence et le besoin pouvaient le pousser à faire quelque chose d’insensé ou dangereux pour sa santé.
Le soldat écouta le retour alors qu’il ne pensait pas que des détails seraient ajoutés. Il était vrai que parfois, certaines choses, même si elles étaient à portée, restaient invisibles si aucune attention particulière ne leur était prêtée. Et le côté catholique pouvait, en partie, expliquer pourquoi sa mère s’était montrée si véhémente face à son pouvoir. Mais là encore, ce n’était pas à lui d’en juger. Il esquissa un bref sourire aux remerciements car il connaissait cette réponse. A défaut de passer pour cette raison, il espérait tout de même qu’il passerait à l’occasion, avec une pizza ou non.

« Hé hé, ce n’est pas mal non plus ça comme pouvoir ! Quant aux jumeaux … non, pas vraiment. Ils m’ont envié un peu, au tout début. Mais de leurs propres aveux, les vomissements les avaient quand même bien refroidis. Ils ont été soulagés quand je leur ai juré que je ne m’en servirai pas pour draguer les filles … mais à part ça, comme on pouvait continuer de se voir et que ça ne changeait rien à notre amitié, ils s’en foutaient royalement. Maintenant, la partie sur la drague ne tient plus puisqu’ils sont tous deux mariés mais le reste est toujours d’actualité : ils n’en ont toujours rien à carrer de ma différence génétique. Dommage que le monde ne soit pas sur la même longueur d’ondes … »

Là encore, ce n’était pas demain la veille … mais l’espoir ne coûtait toujours pas plus. Le jeune homme lui confirmait qu’il ne devenait pas encore gâteux en reposant une même question. Et un horaire comme minuit était en effet facile à retenir. Il s’arrêta à son tour au carrefour, symbole de leur séparation et confirma d’un signe de tête.

« Non, c’est bien là. Je l’espère aussi, ç’a été un plaisir de discuter avec vous. Et de toute façon, vous devez passer un jour ou l’autre pour m’emmener faire du bénévolat à Mutant Town, vous vous souvenez ? demanda-t-il en souriant avant de tendre une main chaleureuse A une prochaine fois ? »

Il serra la main, sans la broyer évidemment, de son interlocuteur avant de remettre ses écouteurs et de réenclencher sa playlist. Ce n’était pas parce qu’il était presque rentré qu’il n’allait pas y aller en courant. Il adressa un dernier petit signe à Jules avant de lui tourner le dos pour mettre les voiles et s’engager dans la rue qui le conduirait chez lui. La démonstration de téléportation serait pour une autre fois.


● RP terminé pour Bee ●

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MessageSujet: Re: Excusez moi, on se connait ? [Abraham]   Mar 2 Sep - 21:13

La mutation d'Abraham n'avait pas eu l'air d'affecter particulièrement ses deux meilleurs amis et tant mieux pour tous les trois, c'était toujours une sorte de victoire contre le sentiment global d'anti-mutants qui régnait dans le monde. C'était aussi une demi-victoire de plus par rapport à Jules, vu que lui-même n'avait réussi qu'a rallier un peu moins de la moitié de sa famille. D'habitude le livreur n'était pas du genre à faire ce genre de comparaison, mais avoir a repenser à tout ça avait comme rouvert la plaie, et que chaque occasion qui se présentait ensuite était prétexte à réflexions personnelles sur le sujet. Du coup il se retrouvait à se dire que lui-même n'avait jamais vraiment eu de meilleur ami, à part en simple terme de classement et que, lui, plus de la moitié de sa famille l'avait abandonné après qu'ils aient découvert qu'il était un mutant. Il ne pouvait même pas dire que sa mutation n'avait en rien changé ses relations avec son père puisque si Jules n'avait pas été un mutant, ils ne se seraient jamais vraiment connus non plus.
De simples hochements de tête constituaient toute la réponse qu'il donna à Abraham pendant son discours qui lui servit à expliquer que ses meilleurs amis ne le lâcheraient pour rien au monde, des hochements de tête distribués régulièrement, à chaque fin de phrase.
Par contre, la seule partie de la réplique d'Abraham à laquelle pouvait s'identifier c'était la dernière. Jules aussi pensait que le monde serait bien meilleur si le sentiment général anti-mutants qui régnait disparaissait, le livreur ne craindrait plus le chômage à cause de ça par exemple, mais cela sauverait surtout tous les pauvres habitants de Mutant Town de la misère dans laquelle ils sont plongés. Pour l'instant ils y étaient et inspirer à mieux sans vraiment faire quoi que ce soit n'allait pas franchement changer les choses.

Alors qu'ils parlaient, réfléchissaient, s'étiraient, marchaient, ils finirent par arriver au carrefour qui les sépara. Après des au revoir en bonne et due forme accompagnés d'un rappel pour la période d'essai du bénévolat de Mutant Town et une poignée de main formelle mais un peu trop serrée pour le pauvre livreur, Abraham avant d'enfoncer ses écouteurs dans ses oreilles puis de partir. Il ne serait pas déçu du voyage au ghetto: si il avait de la chance il croiserait peut-être la femme à quatre jambes ou l'homme ailé, qui sait, car en plus d'être de bons exemples de l'incapacité des humains à accepter leurs presque-semblables, ils étaient vraiment très sympas.
Abraham repartit en courant et Jules pas immédiatement. Il resta immobile un bref instant qu'il passa à regarder l'autre partir mais suffisant à se remotiver pour attaquer une bonne dernière fois sa sale besogne pour ce soir. Il finit par enfourcher son vélo, s'asseyant sur sa selle avant de se boucher les oreilles avec ses écouteurs afin de relancer à son tour sa playlist. Enfin, il se mit en route, écoutant avec joie la musique absolument épique qu'il était sensé écouter depuis plus d'une demi-heure.

Au retour il conduit bien plus lentement qu'a l'aller. Il n'y avait qu'un peu plus de circulation, mais rien d’alarmant. Une fois arrivé à la pizzeria, il laissa son vélo appuyé contre la vitrine puis entra. Rien n'avait bougé à l’intérieur, ni Cindy, ni le livreur remplaçant le collègue cassé de Jules. Lorsque la petite clochette tinta à cause de l'ouverture de la porte, la caissière-serveuse leva les yeux puis les ramena presque immédiatement sur son téléphone, presque déçue. En même temps si un client était entré et pas Jules, elle aurait pu se rendre utile pour une fois. Elle ne lui demanda même pas ce qui lui prit tout ce temps, où il était passé ni quoi que ce soit. Le livreur était un peu déçu vu qu'un des grands avantages de cette conversation d'une demi heure qu'il avait tenu avec le client ancien militaire sportif était que c'était toujours autant de temps de retard sur le retour qui l'énerverait. Mais non. Tant pis. Pas démoralisé pour autant, Jules ouvrit la caisse, y mit l'argent de la livraison, garda le pourboire et s'installa à sa place de d'habitude avant de sortir son téléphone et de faire passer une fois de plus sa chanson préférée.

Fin

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Excusez moi, on se connait ? [Abraham]
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