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 Chrysanthèmes... (PV Enora)

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Esther Ophraïm
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MessageSujet: Chrysanthèmes... (PV Enora)   Jeu 7 Aoû - 22:47


Il avait fallut beaucoup de courage à Esther pour ne fut-ce que s'approcher de cet endroit. Le simple fait de voir la tombe de Daniel entrer dans son champ de vision suffisait à lui faire monter les larmes aux yeux et à lui donner envie de s'effondrer. Pourtant elle avait surmonter son désespoir pour entamer son travail de deuil comme l'agent Suki Tsumashima le lui avait vivement conseillé. Elle avait étudié avec un soin particulier, presque théâtral comment se déroulerait sa première visite sur la sépulture de son aimé. Elle avait choisi de s'y présenter au soir tombant, tant pour éviter la présence d'autres personnes que pour profiter de l'esthétisme orangé du jour finissant. Elle s'était procuré du velours noir et avait cousue de ses mains une réplique exacte de l'ample cape qui l'avait enveloppée la nuit ou Daniel avait posé ses yeux sur elle pour la première fois. Une brise soutenue faisait voleter le bas de sa large cape en harmonie avec les brins de la pelouse et les fines branches des arbres les plus proches. Elle portait dans sa main droite,  un bouquet de sept magnifiques et colossaux dahlias blancs étroitement serrés dans un papier blanc.

Ce fut pour elle une véritable cérémonie. Elle s'approcha de la tombe à pas lents et mesurés, comme ceux qu'on adopte lors d'une quelconque cérémonie religieuse. Au fur et à mesure qu'elle s'approchait de la tombe, les arbres aux alentours se couvrir de petites fleurs blanhes semblables à celles de pommiers. Autour de la tombe, s'épanouirent des lys, des roses, des arums, des liserons, des des orchidées et des anthuriums tous blancs également. Elle se tint un long moment devant cette tombe, de délicates larmes coulant lentement sur son visage et venant, comme à leur habitude, faire naître de minuscules anémones à leur contact avec le sol. Elle posa alors ses fleurs coupées, soupira en essuyant ses larmes et s'efforça de sourire.


- J'espère qu'elles te plaisent. Je me suis rendu compte que je ne connaissais même pas tes fleurs préférées... enfin, à supposé que tu aies pu en avoir.

Elle soupira douloureusement.

- Du coup je me suis dit que j'allais t'en offrir autant que possible. Il devrait bien y en avoir une ou deux qui te plaisent dans le tas, dit-elle en désignant sa jungle de fleurs blanches autour de la tombe d'un ample mouvement de bras.

Elle s'assit ensuite tout près de la pierre ou le nom de Daniel était gravé.


- J'espère que tu ne m'en veux pas de ne pas être venue à la cérémonie. Je... J'ai cru que je n'y avais pas ma place.  Et à dire vrai, je ne sais pas si c'était le cas... De toute façon je n'en aurais pas eu la force... J'étais tellement anéantie quand j'ai appris la nouvelle.

Quelques larmes coulèrent de plus belle tandis que sa voix se fit tremblotante.

- Je m'en veux tellement Daniel... Je m'en veux de nous être quittés sur une dispute... Jem'en veux d'être en partie responsable de ce qui t'es arrivé. Si tu n'avais pas mécontenté le BAM pour me donner une chance, ils ne t'auraient pas envoyé là-bas...

Elle soupira à nouveau en écrasant une de ses larmes du bout du doigt.

- Han! Quand je pense que tu t'es fais avoir par un stratagème aussi bas, aussi traître... Il fallait bien ça pour te tuer, un chronokinésiste de ta trempe. Tu sais, j'ai toujours admiré ton pouvoir mon chéri. J'avais l'impression qu'il saurait te permettre de toujours nous protéger. Je n'avais presque peur de rien alors...

Elle se releva et esquissa une légère volte devant la tombe.

- Tu te rappelles de cette cape? C'était une pareille à celle-ci que je portais la première fois que nous nous sommes vus... Quand j'y repense, c'était irréel cette soirée dans ce bar. Toi, moi, cet alcool qui ne semblait avoir d prise ni sur toi ni sur moi... Je cherchais Ernest et finalement je t'ai trouvé toi...

Esther eut une pensée douloureuse pour Ernest.

- Ernest... Oh Daniel, si tu savais! Il est parti! Il a fuit l'Institut pour retomber dans ses travers! Il m'a presque publiquement reniée alors que je me sentais déjà si abandonnée suite à ton décès... Ça a terminé de m'abattre totalement. Et puis ça explique pourquoi j'ai mis tant de temps à venir te voir... C'était trop dur, je n'étais pas prête. Et puis au moins maintenant il n'y a que toi et moi. Oui, maintenant je pourrai t'avoir près de moi quand je le voudrai et aussi longtemps que je le voudrai.

Elle essaya de ponctuer son trait d'esprit par un éclat de rire mais il sonna faux.

- Oh Daniel! Les choses seraient tellement plus simple si je pouvais être là à tes côtés sous ces fleurs pour l'éternité...

Elle caressa amoureusement le bout de pelouse tout près de la pierre tombale.

- Mais rassures-toi, je ne pense pas au suicide. Ou du moins je n'y pense plus.

Elle se rassit près de la pierre.

- J'ai reçu la visite d'une de tes collègues, je ne sais pas si tu l'as connue mais en tout cas elle semble très étroitement lié à mon programme de réinsertion. Elle s'appelle Suki Tsumashima. Elle est venu me rendre une visite "de contrôle" selon elle mais je la soupçonne d'avoir utilisé ce prétexte pour pouvoir me parler en privé et me secouer un peu. Elle m'a fait comprendre que je n'étais pas condamnée à être seule et rejetée mais que j'étais en revanche la seule à pouvoir décider de faire changer les choses... Elle avait tant raison! J'ai la chance d'être encore en vie et même si je pouvais donner tous les jours qui me restent à vivre en échange d'une dernière heure avec toi, il ne servirait à rien que je les vive dans une bulle de désespoir.

Elle s’agenouilla, déposa un baiser sur deux de ses doigts et vint ensuite toucher la pierre juste sur le prénom gravé.

- Celui-ci est en souvenir de nos baisers mentholés... Et en souvenir de toi, je ferai mon possible pour mener mon programme de réinsertion à bien. Tu t'es battu pour ça et je sais que tu aurais retiré une immense fierté de me voir réussir.

Elle se releva, épousseta sa cape et sécha une dernière fois ses yeux.

- Je crois que nous avons eu notre compte d'émotions pour aujourd'hui. Je vais rentrer. Mais je te promets de revenir aussi souvent que possible. Même si tu ne peux me répondre, ça m'a fait un bien fou de te parler.

Elle fit un large geste des bras pour faire disparaître toutes ses fleurs blanches.

- C'est un peu trop tape-à-l’œil que pour rester, mon ange. Et puis je sais que tu aimes la simplicité.

Elle tapota ses dahlias qui eux n'avaient pas disparus et les fit s'enraciner dans le sol devant la tombe.

- Mais ceux-ci je te les laisse. Comme ça je serai encore un peu près de toi...

Elle réprima un ultime sanglot et tourna le dos à la tombe. C'est alors qu'avec surprise, elle l'aperçut, adossée à un arbre à une dizaine de mètre de la tombe. Une inconnue, une jeune femme blonde et plutôt jolie dont elle ne connaissait rien mais qui semblait manifester une curiosité importante pour la scène à laquelle elle venait d'assister. Esther se sentit un peu irritée de ne pas avoir été totalement seule avec Daniel dans ce moment d'intimité important. Puis elle se dit que sa petite mise en scène des fleurs blanches n'avait surement pas du passer inaperçu et que la jeune femme avait du être attirée par ce petit tour de passe-passe. Avait-elle entendu? Après tout c'était sans importance aucune. Elle avait rendu son hommage à Daniel et c'était l'essentiel à ses yeux. C'est donc avec une neutralité toute faite qu'Esther hocha la tête pour la saluer tandis qu'elle marchait doucement en s'éloignant de la tombe.

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Enora Lacourt-Bourdieux
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MessageSujet: Re: Chrysanthèmes... (PV Enora)   Jeu 28 Aoû - 21:38

Ma robe blanche voletait autour de mes jambes. Tissu léger emporté par la brise légère que le soir nous offrait. Mes cheveux longs et dorés suivaient les mêmes courbes que le bas de ma robe. A mes pieds, de simple tennis en toile aux imprimés fleuris. La simplicité était la seule chose de rigueur quand je me rendais sur la tombe de mon tuteur. Pas de faux semblants, pas d’apparences à préserver. Il n’y avait que moi, mise à nue devant le reflet que cette stèle précieuse me renvoyait. Je ne pouvais tricher, mentir ou même tromper quoi et qui que ce soit car c’était mon havre de paix qu’il ne fallait en aucun cas entacher d’une quelconque noirceur. J’avais pris l’habitude de m’y rendre au moins une fois par semaine. Ce moment de recueillement m’éloignait de tout le reste. De mes études, de mes parents, de Timers et Jarvis. C’était une bouffée de liberté et de douceur versées sur un nuage de tristesse et de résignation. Je ne prenais rien, pas même mon téléphone. Parfois, je venais avec un bouquet de lys et de roses blancs. C’était le cas, aujourd’hui.

Comme à mon habitude, j’entamai une petite promenade dans le parc qui m’éloignait du chemin le plus court pour me rendre sur la sépulture de mon tuteur mais me faisait retourner vers elle en passant près d’un chêne que j’avais fini par affectionner autant que ma promenade en elle-même. C’était une sorte de procession nécessaire qui me vidait de toutes pensées et me permettait d’arriver sereine sur la tombe de mon père d’adoption. Je laissai mes poumons se remplir d’un air pur. Mes yeux profitaient de ce paysage, alimenté par les couleurs pastelles que la soirée pouvait m’offrir. Mes sens étaient tous occupés à se détendre via cet environnement paisible et loin de tout. L’Institut avait cette faculté de se trouver à la fois isolée, à l’abri des regards, et pourtant proche de la ville. C’était ce qu’il nous fallait à tous et je n’échappai pas à cette règle.

Je savais déjà ce que j’avais à raconter. Enfin, quel genre de monologue je tiendrai au dessus de cette plaque de marbre. Parfois, j’avais l’impression d’être plus folle que certains patients d’un hôpital psychiatrique. Il était vrai qu’il n’était pas donné à tout le monde de parler seul à quelqu’un de décédé dans l’espoir qu’il puisse nous entendre. Mais, faute d’avoir pu poursuivre l’écriture de mon journal intime, les mots qui filaient comme mes pensées restaient en suspend dans l’air avant de s’enfoncer dans le sol, au plus près de mon tuteur – si sa dépouille reposait là, évidemment.

Cependant, contrairement aux autres fois, il y eu quelque chose de différent. Une fois aux côtés de l’arbre sur lequel je posai délicatement ma main, j’aperçus une silhouette enveloppée d’une cape noire. Quelqu’un se recueillait déjà sur la tombe de Daniel Hopes. Je restai autant immobile qu’interdite, respectant du mieux que je le pouvais cet instant. Si je n’entendais pas ses mots, je pus assister à la scène. Elle ne me voyait pas. De là où j’étais, je savais cependant qu’elle sanglotait. Elle embrassa ses doigts avant de les poser contre la pierre et ce fut à cet instant que je compris qu’il s’agissait de quelqu’un qui était bien plus proche de mon tuteur que je ne pouvais le croire. Puis, elle se releva et, d’un large mouvement de bras, fit disparaître le parterre de fleur, me laissant stupéfaite autant que choquée. Elle était phytokinésiste.

Je restai incapable d’avancer tant que le recueillement de cette personne n’était pas terminé. Elle planta alors dans le sol ses propres fleurs avant de se retourner. Nos regards se croisèrent et la jeune femme qui me fit face n’avait rien de banal. Je ne l’avais jamais vue, ni ici, ni ailleurs. Et pourtant, déjà, nous avions Daniel pour nous rapprocher. Elle semblait surprise de me voir là, autant que je pus l’être de la voir ici. Cependant, elle ne fit aucun pas dans ma direction, hochant simplement la tête pour me saluer. Je lui répondis de la même manière, cherchant par ailleurs, à agrémenter ce salut d’un mince sourire, à la fois compatissant et encourageant. Puis, elle commença à s’éloigner et moi, à me rapprocher de la tombe.

Une petite voix intérieure me criait de lui courir après, de vouloir lui parler, ne serait-ce que pour en apprendre un peu plus sur cette jeune femme et son lien qu’elle entretenait avec Daniel. Mais, arrivant devant la tombe du défunt, je réalisai que je me doutais déjà de qui il pouvait bien s’agir. Laissant mes yeux rencontrer les fleurs, désormais enracinées dans le sol, je laissai un souvenir revenir à moi.

Celui de Daniel, revenant de l’Institut après une réinsertion. Ce programme lui tenait à cœur et ce n’était pas la première fois que quelqu’un en profitait. Et pourtant, il semblait différent ce jour là. Il semblait bien plus investit qu’il ne devait l’être à l’égard de ces mutants qu’il soutenait. Oh, évidemment, il avait apprécié Caitlyn quand cela avait été son tour et, pourtant, ce qu’il laissait paraître sur son visage, quasi à l’abri des regards, c’était une affection bien plus profonde qu’il n’avait pu avoir. Pour peu, j’aurais cru qu’il était même amoureux. Ma seule remarque, cependant, fut cette fraiche odeur de menthe qu’il eut lorsqu’il me demanda comment c’était passé ma journée. Et cette fois ne fut pas la seule.

Posant mon propre bouquet à la va-vite sur le sol, je tournai les talons et me mis à courir pour rattraper cette inconnue. Lorsque je ne fus plus qu’à quelques mètres derrière elle, le sillage mentholé qu’elle laissait derrière elle fut comme un piqûre de rappel face à ce souvenir. Je ne pouvais plus la laisser simplement partir.

« Excusez-moi… »

J’attendis qu’elle s’arrête, qu’elle se tournée vers moi pour essayer de continuer sur ma lance. Mais par où commencer quand toutes mes certitudes n’étaient que des suppositions bancales. Mes yeux verts étaient emplis de curiosité et d’une envie de voir mes hypothèses confirmées.

« Je… Je suis désolée de vous… Enfin, d’être aussi directe. Mais, j’ai vu la manière dont vous étiez touchée et… Je veux dire… Je ne vous connais pas. Vous ne me connaissez probablement pas non plus et pourtant, vous semblez aimer véritablement une personne qui m’était tout autant précieuse, alors, je voulais juste savoir… »

Je déglutis avec difficulté, réalisant soudainement que la jeune femme avait certainement autre chose à penser que d’écouter mon charabia sans queue ni tête.

« Quel genre de lien entreteniez-vous avec mon tuteur ? »

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Esther Ophraïm
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MessageSujet: Re: Chrysanthèmes... (PV Enora)   Ven 29 Aoû - 17:58

Esther était passée près de la jeune fille à la robe blanche sans lui accorder plus d'attention que son hochement de tête quoiqu'elle se demandait tout de même un peu qui elle pouvait bien être. Elle lui donnait l'impression étrange qu'elle ne s'était pas retrouvée là par hasard et que la sépulture de Daniel aurait pu être le but de sa balade. Elle hésita à s'arrêter et se retourner pour voir ce que la jeune fille faisait désormais mais elle se retint de se laisser aller à ce genre de curiosité.

Le destin sembla se faire un devoir de la détromper. Elle entendit bientôt un léger pas de course arriver derrière elle puis une voix cristalline l'apostropher.


- Excusez-moi…

Esther s'arrêta et volta lentement sur ses pieds. La jeune fille blond, visiblement un peu gênée par la situation balbutia, cherchant comment exposer au mieux les fruits de ses pensées.

- Je… Je suis désolée de vous… Enfin, d’être aussi directe. Mais, j’ai vu la manière dont vous étiez touchée et… Je veux dire… Je ne vous connais pas. Vous ne me connaissez probablement pas non plus et pourtant, vous semblez aimer véritablement une personne qui m’était tout autant précieuse, alors, je voulais juste savoir…

Elle déglutit, faisant visiblement un effort pour trouver le courage de confronter Esther.  

- Quel genre de lien entreteniez-vous avec mon tuteur ?

Esther haussa légèrement un sourcil à l'annonce de ce dernier mot. Elle laissa un silence de réflexion tomber entre elles deux. Elle observa attentivement cette jeune femme en cherchant ce qui chez elle avait pu toucher Daniel ou ce qu'il aurait pu modeler chez elle. Elle esquissa enfin un très léger sourire et répondit d'une voix douce.

- Si Daniel Hopes était votre tuteur, cela signifie que vous ne pouvez être qu'Enora. Pardonnez-moi de vous appeler par votre prénom mais Daniel n'a jamais cité votre nom de famille devant moi.

Elle marqua un nouveau petit silence.

- Je ne sais pas vraiment comment vous expliquer au mieux... Je m'appelle Esther. Esther Ophraïm. Peut-être ce nom vous évoque-t-il quelque chose?

Esther avançait prudemment ne sachant ce qu'Enora détenait comme information concernant la vie privée de Daniel. Elle s'était également souvenue que Daniel avait décrit Enora comme une jeune fille au caractère vif. Il s'agissait de ne pas la choquer par une annonce aussi importante. Devant l'air toujours aussi interloqué d'Enora, elle poursuivit :

- J'ai partagé la vie intime de Daniel pendant quelques mois avant son décès... Je ne sais pas si on peut vraiment dire que nous formions un couple mais ... j'ai eu pour lui une réelle et profonde affection. Et j'ose espérer que c'était un peu pareil pour lui.

Elle se tu, laissant cette nouvelle faire son bonhomme de chemin dans l'esprit d'Enora.

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Enora Lacourt-Bourdieux
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MessageSujet: Re: Chrysanthèmes... (PV Enora)   Sam 13 Sep - 22:10

Elle n'avait pas fui. C'était probablement la seule peur que j'avais eu en l'abordent aussi directement. La voir partir aurait été un échec et je ne me le serai jamais pardonné. Au lieu de cela, j'avais pu l'observer plus attentivement et respirer un peu plus ce parfum de menthe que j'avais pu retrouver sur certaines vestes de mon tuteur. Cette douce odeur avec laquelle j'avais passé les quelques derniers mois. Le silence prit sa place entre nous tandis que mes derniers mots semblaient avoir surpris cette jeune femme si peu commune à toutes celles que l'on pouvait croiser dans la rue. Puis, une réponse se fit entendre. Ainsi, elle me connaissait. La surprise qui se dessina sur mon visage n'était pas feinte et fut remplacée par une curiosité de grande envergure. Je fus presque jalouse de voir qu'elle pouvait mettre un nom sur mon visage avec si peu de facilité. Mais cela traduisait également un lien fort qu'elle avait pu entretenir avec celui qui avait joué un rôle de père exemplaire à mes côtés.

J'attendais patiemment qu'elle poursuive, sans pour autant chercher à l'interrompre dans le cheminement que ses mots devait prendre. Elle finit par se présenter, et le nom qu'elle me donna n'avait rien d'inconnu. Esther Ophraïm. C'était bel et bien le nom de cette mutante qui suivait également le programme de réinsertion de l'Institut et orchestré par Daniel. Plusieurs fois, il avait signalé des rendez-vous avec cette jeune personne dans l'agenda qui nous était commun afin que je ne m'inquiète pas de son absence. Il avait pris très à cœur la réussite de ce programme et je voyais en lui un véritable parrain guidant son apprenti vers la voie de la sagesse. Jamais je ne m'étais autant trompée.

Je souriais presque bêtement, à la fois heureuse de rencontrer quelqu'un d'autre que Daniel avait pris sous son aile et de pouvoir enfin mettre un visage sur ce nom qui n'avait été que celui de multiple rendez-vous. Mais mon sourire se mua en une bouche bée parfaite quand elle finit par m'avouer le véritable sens de cette relation. Daniel sortait avec cette mutante et jamais il n'avait pu me la présenter en tant que tel. Si je l'avais soupçonné d'avoir une relation, jamais je n'aurais pu croire qu'il me l'exposerait finalement aussi bien. Je m'étais fait avoir, telle une bleue. Je cillai devant cette révélation avant de murmurer simplement.

« L'odeur de menthe... »

Daniel : 1 - Enora : 0. Question relation secrète, mon mentor venait de rentrer dans la catégorie du "lycéen amoureux faisant le mur tous les soirs", à peu de choses près qu'il ne prenait même pas la peine de masquer ses rendez-vous où de filer en douce. Je n'y avais vu que du feu et ma bêtise me fit doucement rire. Un rire qui pouvait être bien mal interprété par mon interlocutrice que je m'empressai de rassurer.

« Je suis désolée... Ça n'a rien de drôle, ce n'est pas contre vous... C'est juste que... Eh bien, pour un secret bien gardé, je dois admettre que je n'y ai vu que du feu! »

Je me tournai vers la tombe du concerné qui se tenait à plusieurs dizaines de mètres.

« Petit cachotier... »*

Puis, mon regard se reposa sur la jeune femme, se faisant soudainement plus curieux.

« Votre nom me parle, en effet. Mais je n'ai eu que la couverture de votre relation... Ou plutôt, la vraie raison pour laquelle vous êtes à l'institut. En même temps, Daniel n'était pas le genre d'homme à exposer clairement ses plans, même si j'aime à penser qu'il aurait aimé que notre rencontre se fasse autrement... »

Mon regard se perdit doucement dans le vague. Oui, une rencontre en bonne et due forme aurait été tellement plus sympathique. Daniel serait rentré un jour, souriant jusqu'aux oreilles et m'aurait demandé de libérer une de mes soirées, se faisant mystérieux et ne me précisant que le fait que j'allais rencontrer une personne très particulière. Nous nous serions retrouvés tous les trois dans un charmant restaurant, ou bien dans un de ces lieux secrets que Daniel possédait. Et nous aurions pu parler librement de nous, de nos ambitions, de l'avenir...

Je secouai doucement la tête, effaçant cette image qui jamais ne se produirait. Je souriais tristement à la jeune femme, partageant certainement sa peine. Voilà donc la femme que Daniel avait su aimer. C'était déjà une relation à mes yeux et je réalisai à quel point elle avait du se sentir abandonnée autant que moi le jour où la terrible nouvelle était arrivée.

« Eh bien, je suis plus qu'enchantée de vous rencontrer enfin, mademoiselle Ophraïm. Je dois avouer que je ne sais que peu de choses sur vous, et j'en suis plus que désolée... Mais peut être serait-il malavisé pour moi de vous poser une centaine de questions dès à présent? »

Je voulais tout savoir sur cette femme, tout comme j'espérais qu'une certaine part de curiosité la pousserait à venir vers moi. Mais les circonstance ms de notre rencontre étaient si hasardeuse que je ne voulais ni la brusquer, ni lui laisser croire que je voulais m'attacher à elle afin de faire revivre Daniel à travers ses paroles.


* en français.

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Esther Ophraïm
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MessageSujet: Re: Chrysanthèmes... (PV Enora)   Dim 14 Sep - 18:06

L'air interloqué qui se peignit sur le visage d'Enora à l'annonce de la relation qu'Esther avait entretenue avec Daniel se mua à sa grande surprise en un rictus accompagné d'un petit rire. Enora se parla doucement à elle-même.

- L'odeur de menthe...

- Je vous demande pardon?

Et elle rit encore. Esther était assez déstabilisée par cette réaction. Elle ne s'attendait pas à être en face d'une jeune femme de cet âge et de ce degré de réflexion et de sagesse si on pouvait dire. Daniel avait toujours parlé d'Enora comme de sa petite protégée et les rares éléments dont il avait parlé avec elle concernant sa pupille avaient convaincus Esther qu'Enora était encore une adolescente qui risquait de réagir par une jalousie infondée à l'annonce de l'existence d'une autre femme qu'elle dans la vie de Daniel. Or elle se retrouvait devant une jeune femme qui semblait avant tout réfléchir à sa propre relation avec Daniel plutôt que de se laisser aller à une curiosité enfantine pour sa potentielle "rivale". Enora reprit très vite ses esprits.

- Je suis désolée... Ça n'a rien de drôle, ce n'est pas contre vous... C'est juste que... Eh bien, pour un secret bien gardé, je dois admettre que je n'y ai vu que du feu!

Esther eut un doux sourire.

- Je n'ai jamais connu quelqu'un qui s'y entende mieux que Daniel pour dissimuler ce qu'il ne voulait pas divulguer.

Enora se tourna alors vers la tombe et dit quelque chose qu'Esther ne comprit pas, non pas qu'elle avait parlé trop bas mais plutôt qu'elle avait choisi de s'exprimer dans une langue étrangère. Esther crut reconnaître les sonorités du français. Elle reporta ensuite son attention sur Esther.

- Votre nom me parle, en effet. Mais je n'ai eu que la couverture de votre relation... Ou plutôt, la vraie raison pour laquelle vous êtes à l'institut. En même temps, Daniel n'était pas le genre d'homme à exposer clairement ses plans, même si j'aime à penser qu'il aurait aimé que notre rencontre se fasse autrement...

Esther eut un nouveau sourire mais triste celui-là.

- Je le crois aussi mais la situation était loin d'être évidente. Il était difficile pour Daniel d'assumer au grand jour la relation qu'il entretenait avec moi. Je n'étais pas à proprement parlé le meilleur parti qu'il puisse envisager...

Leurs deux regards se perdirent un instant dans le vide. Enora secoua alors doucement la tête dans un air navré. Avait-elle de la compassion pour Esther? Peut-être puisqu'elle reprit avec un sourire encourageant :

- Et bien, je suis plus qu'enchantée de vous rencontrer enfin, mademoiselle Ophraïm. Je dois avouer que je ne sais que peu de choses sur vous, et j'en suis plus que désolée... Mais peut être serait-il malavisé pour moi de vous poser une centaine de questions dès à présent?

Esther eut un chaud sourire. Elle happa le regard d'Enora avec le sien et lui répondit d'une voix douce :

- Vous pouvez m'appeler Esther. Notre complicité commune avec Daniel nous autorise à mon sens à nous passer de civilités. Et vous n'avez pas non plus à être désolée de votre ignorance me concernant. Daniel jugeait que au moins notre relation était exposée, au mieux mon programme de réinsertion pourrait se dérouler.

Elle eut un petit pincement de lèvres triste vite réprimé.

- Vous savez, je serai ravie de répondre à vos questions. Peut-être pas une centaine d'affilée mais quelques unes, pourquoi pas? Histoire de faire un peu connaissance. Bon, peut-être pas en plein milieu de cette pelouse... Que diriez-vous de rentrer nous asseoir au coin d'une fenêtre pour parler plus à notre aise?

Elle fit un léger mouvement de tête vers l'Institut qui fit onduler sa lourde cape de velours.

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