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 Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]

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Yitzhak Anavim
Confrériste Delta
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Date d'inscription : 04/09/2012

MessageSujet: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Mar 1 Juil - 22:51



Alors, comme ça t’as cru que tu pourrais faire ta loi tout seul Russell ? J’aime dire que je suis l’ami, le protecteur de tous les mutos. Mais toi, mon petit gars, tu vas être une sacrée exception. Tu ne vas pas seulement crever, tu vas morfler sévère. Fallait pas essayer de jouer avec moi, essayer de m’envoyer ton attirail génétique débile dans la gueule. Rien à faire de tes dards empoisonnés de pseudo hybride frelon ou je ne sais trop quoi. D’ailleurs, t’es trop moche Russell, avec tes yeux globuleux en forme de boule à facettes. Ridicule même. Encore heureux que tu les planquais derrière des lunettes noires !  C’était pas franchement malin de t’attaquer à moi. Tu ne me connaissais pas, tu voulais passer ta frustration sur quelques dégénérés sexuels – comme tu dois les appeler – et t’es tombé sur moi. Bon… Le mec qui voulait me serrer, tu l’as bien débranché. Une épine en pleine tête. Il a rien vu venir le pauvre, j’ai son sang séché qui me gratte encore la joue. Et ça, c’est pas le plus grave, je le connaissais pas moi ce type. Non, tu voulais clairement me réserver le même sort. Lol. Je ris. J’vais quand même pas clamser pour un vieux taré comme toi ! Bref, pour en revenir à une narration plus normale, et arrêter de m’adresser mentalement au crétin du jour, qui vient très bêtement de m’échapper, je dirais que je suis très en colère en cet instant. Pour une fois, je voulais juste passer une soirée tranquille, pas de bagarre, rien que de l’alcool et de la débauche. Je vous le jure, je n’ai pas cherché l’embrouille, je commençais même à bien m’amuser, j’avais trouvé un plan prometteur pour la nuit. Et voilà qu’en sortant de la boîte où j’étais, après quelques pas, un fou furieux m’est tombé dessus. Visiblement, Russell (je lui ai piqué sa carte ID) a un gros problème avec les gays. Quand il en voit, il veut les buter. Chacun ses petites contrariétés… Sauf que celle-là a tendance à pas me plaire, surtout quand elle me met directement en danger. D’abord, j’ai vu ma conquête crever en vomissant du rouge par les yeux. Ça m’a laissé le temps de réagir, et l’autre mutant a flippé. Il s’attendait pas à trouver un véritable adversaire. Je l’ai vite repéré, il s’est barré assez vite pour éviter un headshot, je lui ai juste explosé la monture de ses binocles. Résultat, il s’est précipité là où la vie nocturne était toujours active pour m’échapper.

En soi, l’idée n’était pas tout à fait mauvaise. Mais on va dire que je sais comment poursuivre une personne discrètement et la possibilité de changer d’apparence à volonté aide beaucoup. J’ai veillé à ne pas le perdre de vue un instant. Fiché, zoomé, verrouillé par ma vue qu’il était. Aucun moyen de m’éviter en bousculant les gens, surtout qu’il s’est vite calmé en pensant que je n’étais plus derrière lui. Il a même fini par s’arrêter pour reprendre son souffle dans une ruelle vide. Je me suis engagé dans la zone déguisé en nana branchée, la meuf lambda de boîte de nuit, avec des seins refaits, parce que c’est plus marrant. J’ai fait claquer des talons abusivement hauts. Il s’est plaqué le front contre le mur pour ne pas être remarqué.
- Alors, on cache son beau visage ? que je lui ai dit d’une voix doucereuse.
Je l’ai entendu gémir de ne surtout pas approcher. Evidemment, je n’ai pas écouté. Alors il s’est retourné et a voulu menacer mon avatar de pétasse avec un canif. Sa main tremblait, il avait perdu toute son assurance le mignon. On allait jouer un peu. Je me suis encore plus rapproché.
- Oh… Ce sont ces si jolis yeux que tu voulais me cacher ? ça me plaît les mutants moi, surtout ceux qui ont des particularités comme toi, ils ont tellement l’habitude d’être repoussé qu’ils font de furieux amants, pas vrai ?
Et tandis qu’il renonçait à me frapper et que sa main commençait à se relâcher, j’ai littéralement enfoncé la lame dans mon front. Du moins, c’est l’impression que ça donnait de l’extérieur, et ça l’a bien fait flipper. Sa dernière vision aura été celle de mon visage reprenant son apparence première. Mais je ne lui ai pas laissé le temps de réagir. La lame est ressortie de mon visage sous la forme de deux épines qui se sont fichées droit dans ses globes oculaires dégueux.
- D’habitude, je trouve des excuses aux mutants tu sais, je me dis qu’ils ont traversé des trucs moches, qu’il y a toujours moyens de discuter, tout ça. Mais ce que t’as essayé de me faire, ça t’a condamné. Je suis même trop sympa de régler le problème de tes yeux de drosophile. A ton avis, les gens seront plus dégoûtés si je te refais le portrait ou si je te laisse crever avec la sale gueule que le gène x t’a refilé ?
Il m’a refait le coup des dards, à l’aveuglette cette fois. C’est vrai que je lui ai pas laissé beaucoup de chances, mais après tout, il en a déjà eu un peu plus que celles qu’il comptait m’accorder. Je me trouve presque sympa, sérieux. Je le regarde même essayer de courir comme un fou, je prends mon temps pour le viser, pour l’achever aussi. D’abord un coup dans une épaule, et une balle dans la main, puis une autre dans le pied. Il n’a pas atteint le bout de la rue qu’il est déjà par terre, en train de gémir des trucs que je n’écoute même pas alors que je me rapproche de lui. Rien à fiche de ses supplications.

- La ferme ! je lui dis durement. Tu lui as laissé le temps de demander pitié à l’autre ? Il s’est fait refroidir sans avoir su pourquoi. Te plains pas, toi au moins, t’es au courant de ce qui te fait pisser le sang, t’en es totalement responsable.

Je le regarde se tortiller par terre sans trop d’émotion pendant quelques instants. Mais ça finit par me gonfler. Les délires sadiques prolongés de ce type, c’est pas mon truc. Je lui envoie une cartouche dans la gorge. Pas la tête. Faut pas que ça explose et que ça envoie trop de débris partout, j’ai pas envie qu’on identifie la victime comme possesseur du gène x. Il y a des moments pour faire la guerre aux anti-mutants, et d’autres où il vaut mieux calmer le jeu. Pas question de faire de ce gars un martyr pour notre espèce. Je dois m’en débarrasser. Sauf qu’en le soulevant, je remarque un truc pas net en-dessous de lui. Une nana. Jeune, totalement inconsciente, mais encore vivante apparemment. Elle pue pas l’alcool, n’a pas de bile au coin des lèvres, on dirait juste qu’elle dort. C’est zarb. Et elle est complètement recouverte du sang de l’autre. Ah le con ! Je ne sais pas quoi faire… Sur l’instant, pas 36 solutions, je les hisse sur mes épaules, je crochète la porte qui ressemble le plus à celle d'un hangar et, après avoir vérifié rapidement – à vue d’œil – qu’aucun système de surveillance n’est en route, je m’avance dans un dépôt de je ne sais pas trop quoi. Bon… Alors ok… Je planque le cadavre, je trouve de quoi laver la nana, la changer, je la refourgue aux premiers passants que je trouve en disant que je l’ai trouvée inconsciente, et je m’occupe du corps. Ça devrait aller ? Pff… Je commence vraiment à en avoir marre de ces situations débiles… Je m’éloigne donc le temps de trouver un espace toilettes, je retourne vers la fille, je l’amène jusque là, et je commence à laver son visage. J’essaye de lui parler aussi, mais elle a l’air dans le coma. C’est vraiment étrange cette histoire, je me demande si je ne me suis pas engouffré dans un truc douteux en la récupérant d’ailleurs. Elle a peut-être été droguée pour une raison ou une autre par une mafia bien organisée et abandonnée au milieu de nulle part en signe d’avertissement. Je ferais peut-être mieux de juste la laisser ici au cas où en fait…

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Caligula : Mais c'est de la modestie, cela, de la vraie modestie ! Oh ! cher Scipion, que je suis content pour toi. Et envieux, tu sais... Car c'est le seul sentiment que je n'éprouverai peut-être jamais. [Caligula, Camus]


Dernière édition par Yitzhak Anavim le Jeu 16 Oct - 18:34, édité 2 fois
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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Jeu 3 Juil - 17:02


Cette fois-ci, c'est clair, je ne pourrais pas ma retenir plus longtemps. Ca m'embêtais un peu, vous voyez, mais en même temps, j'avais pas le choix. C'était exactement comme une envie de vomir, pour que vous vous situiez la chose. Ca vous prenait au tripes, comme ça, en plein milieu d'une rue, mais vous saviez déjà depuis le début de la journée que vous étiez pas bien. Vous vous demandiez alors quelle mouche avez bien pu vous mordre, pourquoi vous étiez sortis alors que vous aviez pleinement conscience qu'elle allait venir, cette envie remuante. Mais non, vous aviez plus important à faire - comme dans mon cas aller au travail. Oui, de nuit, vous avez parfaitement bien lu. « il faut quelqu'un pour surveiller les livres, la nuit ». Quoi, t'as peur qu'ils s'en aille seuls, qu'ils trouvent les clefs si bien cachées et qu'ils s'évadent de New York ? « et s'il vous plait, cette fois-ci, ne manquez pas à l'appel ». Il m'avait dit ça en arborant sa petite mine polie mais son air sévère.

Furibonde, ou quelque chose comme ça. Mes pensées couraient à toute vitesse, se bousculaient et s'engueulaient, et un amas d'autres venaient regarder le spectacle d'une baston à venir. Mais se n'étaient pas seulement mes réflexions qui volaient dans tous les sens, mais aussi mes émotions. Cachées au fond de mon ventre, elles avaient trouvé un endroit plus faible que les autres,
une faille, et avaient donné toutes leurs forces pour la déchirer. Puis elles s'étaient répandues dans ma bile, mon estomac, étaient remontées dans mes poumons et mon cœur. Elles se battaient vaillamment dans ma gorge, cette fois-ci, et je ne pourrais les retenir plus longtemps avant qu'elles n'explosent – le plus bruyamment, si possible.

Je le savais, mais je ne pouvais me permettre de tomber dans un autre des nombreux pièges que me tendait mon supérieur. Et cette fois, j'en étais sure, ce serait la goute d'eau. J'avais déjà épluché toutes les petites annonces sur internet, et j'allais retourner à la case départ. Elle me tirait la langue depuis un bon moment, cette case.

Donc, me revoilà dans une des milliers de petites ruelle New-yorkaises.

Je m'arrêtais un instant, stoppant net en plein milieu.


-C'est pas possible !


Elles avaient abattu l'obstacle de la gorge. Il n'en fallait pas plus pour que  mes sentiments surexcités s'engouffrent dans mon crâne, si fragile sans sa forteresse.

Mon corps s'immobilisa dans une crispation unanime. Je sentais l'euphorie me posséder, posséder mon esprit et mon âme. C'était trop tard pour résister. Alors pourquoi ne pas exploser, seulement une fois ?

Dans un hurlement de libération que seul mon cerveau pouvait entendre, je m'expulsais hors de moi-même, ne prenant même pas conscience que mon corps s’effondrait, abandonné, sur la route. Mais je n'avais que faire de lui. Il ne me servait plus à rien, j'étais libre, aussi libre que le vent, je pouvais éclater dans ce silence consterné, et puis tant pis pour le reste, tant pis pour la vie que menait cette enveloppe si inutile, j'étais libre, libre, libre,
si libre...

________

Libre ? Laissez-moi rire. Dans mes rêves. Seulement dans mes rêves.

C'est l'odeur de sang qui me frappa d'abord.

Puis comme si je sortais d'une longue apnée, j'ouvris soudain la bouche pour engloutir le plus d'air possible. Je revenais à la vie.

Mes yeux s'ouvrirent d'un coup, et un décors trouble s'offrit à mes yeux. En même temps, j'essayais de rassembler mes souvenirs : je m'étais effondrée dans au milieu de la ruelle... Mon travail... Etait-il trop tard pour que j'y aille encore ? Et encore et toujours, qu'avais-je fais pendant mon amnésie ? La bile tournait dans mon estomac, et pour de vrai, cette fois-ci, je sentis mon précédant repas remonter au bord de mes lèvres. Classe, non ?

J'étais toujours dans le brouillard. Il fallait que je trouve un caniveau, ou quelque chose... Je tâtais autour de moi. Surprise ! Du carrelage.

Merde.

Je forçais ma vue à s'éclaircir. Je me trouvais dans une pièce qui avait tout l'air d'être des toilettes publiques.

Cadeau du ciel ! Un lavabo.

Sans me poser plus de question, je me levais à grand peine, m'accrochai comme si c'était la seule chose qui me retenait à la vie au rebord, et rendais tout ce que je pouvais rendre dans l'évier.

Je n'avais même pas remarqué le jeune homme barbouillé de sang qui se tenait derrière moi.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Sam 12 Juil - 20:13

Que je la laisse dans le hangar ou que je la remette dans la rue, il faut de toute manière retirer tout ce qui pourra lui donner l’impression d’avoir été impliquée dans une tuerie. Laver le visage, c’est la partie la plus facile. Reste ensuite le problème des cheveux, et celui des vêtements. Bien sûr, madame est contrariante. Elle ne peut pas être brune comme la majorité de la population mondiale, non, il faut qu’elle soit totalement blonde. Je suis obligé de faire les choses bien, histoire qu’elle ne s’en rende pas compte avant que les dernières traces de sang ne s’écoulent dans le siphon de sa douche – et encore, si elle a ses règles elle trouvera peut-être ça tout à fait normal ! Pour les vêtements, les choses se compliquent un peu. C’est assez chaud de déshabiller puis rhabiller une personne inerte. Sur le moment, je ne vois pas de meilleure solution qu’absorber le tissu tâché et reformer les bouts ensuite. Ce sera moche, elle ressemblera un peu à une clocharde, mais au moins, elle n’aura aucun élément pour comprendre ce brusque changement dans sa tenue. Bref, j’aspire une partie du col, de l’épaule, en passant une dernière mouillée sur le sang qui, du coup, vient se coller à sa peau. Et là, elle se met à bouger. Je recule d’un bond. C’est pas possible ! Elle va se réveiller avant que je puisse finir le boulot, et avec un superbe trou dans son chemisier. Mais je ne peux pas faire grand-chose pour empêcher la catastrophe.

Je la vois donc se relever pâle comme un linge, les yeux dans le vague, et s’accrocher péniblement au robinet pour dégobiller tout ce qui lui reste dans les tripes. Super. Je préfère me retrouver avec une nana inconsciente sur les bras qu’une malade. En plus, qu’on fasse des choses aussi sales devant moi, ça heurte ma sensibilité. Je sais que j’ai l’habitude d’assister à des massacres, mais il ne faut pas aller trop loin dans le gore quand même ! L’avantage, c’est qu’elle ne m’a pas encore vu. Je pourrais donc l’assommer, lui bander les yeux, l’attacher, continuer de la rendre clean et rentrer chez moi. En théorie, ce serait vraiment la meilleure chose à faire. Mais ça me pose quand même un petit problème éthique de flanquer un coup à une jeune fille malade. Je choisis d’opter pour le mensonge en me signalant de moi-même, quoique je n’ai pas la moindre idée de comment expliquer la disparition partielle de son vêtement :

- Heu… ça va aller ? T’étais inconsciente dans la rue… Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ces types ?

Et voilà le travail ! Je fais semblant d’être étonné en inventant une scène qui ne s’est pas du tout passée, mais qui, selon sa réponse, pourra devenir absolument n’importe quoi. En ce qui me concerne de toute manière, je ne suis rien de plus qu’un passant innocent qui a cherché à protéger une fille sans défenses. On est bien d’accord pas vrai ? Je l’ai amenée ici pour essayer de faire tomber sa fièvre avec de l’eau et pour ce qui était de ne pas avoir eu le réflexe d’appeler les secours… Allez… J’ai pas besoin de me compliquer la vie non ? Les gens ont toujours un tas de raisons de ne pas avoir très envie d’être confrontés aux urgentistes ou à la police dans une affaire qui dépasse le cas de la personne déchirée qui se casse une dent sur un trottoir. En plus, je n'ai pas l'air dangereux. Actuellement, mon look tient plus du jeune interrompu au milieu d'un fête qu'à un criminel fou, si tant est qu'il y ait un costume type pour identifier un tueur, je vous l'accorde.

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Dernière édition par Yitzhak Anavim le Dim 27 Juil - 21:41, édité 1 fois
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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Sam 19 Juil - 11:39


Checklist:
 

Enfin debout, les mains agrippées aux bords du lavabo froid, je regardais d'un air absent la bile s'évader par le bouchon en acier. J'étais vidée, et cette fois-ci, dans tous les sens du terme. J'étais vidée de mes émotions. Comme repues par tant d'actions qui m'étaient inconnues, elles s'étaient terrées de leur plein grès au fond de la boîte dans laquelle je les enfermais constamment. Mais je comptais bien sur elles pour revenir à l'attaque dans un futur plus ou moins proche. Pour l'instant, seuls régnaient en moi un calme absolu et une froideur calculatrice. En bref, remplie d'un sang-froid qui ne m'appartenait qu'en de rares occasions. Il s’avérait souvent particulièrement utile.

Je mettais donc à exécution ce que je nommais puérilement ma « check-list personnelle », que je modifiais pratiquement à chaque fois que je devais l'appliquer.

La première consigne s’exécuta toute seule.


-Heu… ça va aller ? T’étais inconsciente dans la rue… Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ces types ?

Je ne pu retenir un léger sursaut. La réponse était donc : « oui ». Maintenant, il fallait choisir entre le petit a) et le petit b).

Me retournant d'un bloc, un jeune homme à l'air à peine majeur se dessina sous mon regard ensommeillé. La seconde d'après, il m'apparut plus nettement. Grand et mince, le visage fin et affuté, ses yeux d'un noir d'encre me scrutant avec un air mi-inquiet mi...mi quelque chose d'autre, que je n'arrivai pas vraiment à identifier.

J'analysais avec un sang-froid imparable mêlé à un mal de crâne puissant ce qu'il venait de dire.
T'étais inconsciente dans la rue. Voilà qui expliquait pourquoi je se trouvais ici, dans des toilettes publiques, au lieu d'être étalée au beau milieu de la route. Il avait donc trouvé quelque chose qui ressemblait fortement à un cadavre, mais vivant, sur le bord de la route, et avait décidé de l'emmener ici pour... Pour quoi ? Je n'en avais aucune idée, à vrai dire. Etait-il mon sauveur, ou bien mon tortionnaire ?Au lieu de m'affoler comme je l'aurais certainement fait en temps normal, je repoussais avec aisance les idées excentriques qui me traversaient l'esprit. Pour l'instant, je ne pouvais pas savoir. Et le reste de la phrase ? J'avais parfaitement conscience qu'il pouvait me mentir effrontément, même avec son air d'ange et ses allures pacifistes.

En même temps que ses pensées  me traversaient l'esprit, j’exécutais la second partie de ma Check-list, puis jetai un coup d’œil à mon corps, pour voir si, oui ou non, j'avais des traces, n'importe lesquelles, d'une possible baston sur corps inerte.

Conclusions : je me trouvais à l'intérieur. La porte -de sortie, si j'avais un peu de chance- se trouvait à ma gauche, derrière le jeune inconnu.
Je n'avais aucune séquelle physique d'une attaque de « ces types ». Personne ne m'avait agressée, du moins pas physiquement.

Deux solutions s'offraient donc à moi: soit il avait bel et bien vu une bande autour de moi, et dans ce cas, bénéfice du doute, il se serait bel et bien posé des questions, la plus naturelle étant de savoir qu'est-ce qu'ils m'avaient fait, ses types ? Soit, solutions tout aussi probable, il mentait. Je ne savais pas laquelle des deux m'était le plus agréable. Aucune surement, mais qu'importait.

Ce qui était certain, c'est que dans le premier ou le seconde cas, il était à l'affut d'une réponse qui lui expliquerait tout. Comme souvent, il fallait que je choisisse avec une précaution paranoïaque les mots que j'allais employer. J'aurai pu me faire passer pour une abrutie, ou bien une muette, mais je n'avais pas envie de mentir. Pourtant, je ne pouvais pas lui dire la vérité. Je choisis donc l'option la plus simple. Je mettais en fonction la troisième partie de ma Check-list.


-Je vais bien... Je jetai un coup d’œil entendu au lavabo. Enfin, je crois.

C'est quoi, ce trou ? Je me l'étais peut-être fait en tombant, lorsque j'avais quitté mon corps ? Je passais ma main à l'intérieur. Non, il s'agissait là de ciseaux. Encore une énigme de plus. Quelle idée de me couper  un bout de tee-shirt ? Qui, grand Dieu, qui avait bien pu tomber sur mon corps, et dans je-ne-sais-quel élan fétichiste, prélever un bout de mon vêtement... ? A moins que ce ne soit autre chose. Le seul suspect concret, hormis toutes les personnes ayant pu passer dans cette foutue ruelle durant mon absence, se trouvait devant mes yeux. Vigilance maximale activée.

-Ces types... ? Je n'en sais rien. Je n'ai plus de souvenirs.

Je pris une mine légèrement attristé, qui n'étais pas jouée du tout. Même si je me méfiais, c'était la simple vérité : je n'en savais rien.

-Qu'avez-vous vu, au juste ?

Mon ton était toujours courtois, et j''appliquais le " question pour question ". Si il avait des informations, même fausses, il fallait que j'ai une base à malaxer, quelque chose sur quoi réfléchir.

Exécutant la dernière consigne, je me souvenais de l'odeur de sang.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Dim 27 Juil - 22:49

Au moins, elle est calme et n’a pas l’air mal en point maintenant qu’elle se remet de son coma passager. C’est aussi positif qu’ennuyeux. On fait croire n’importe quoi à une personne paniquée. Or, si elle réfléchit à froid, elle risque de me poser beaucoup plus de questions que prévu. Son attitude est étrange. Elle est revenue à elle comme si tout était parfaitement normal, genre, c’est une habitude de s’évanouir dans la rue. A première vue, elle n’a pas l’air droguée, elle ne sent pas l’alcool non plus, donc ça vient peut-être d’un problème de santé quelconque. Il paraît que les gens très malades sont parfois si blasés par leurs accès de faiblesse qu’ils arrivent à les dissimuler assez adroitement. Le fait que j’ai l’air d’un gentil citoyen doit aussi aider je suppose. Je doute qu’elle se serait montrée si sereine face à un moustachu bodybuildé en marcel tâché d’huile de moteur. Mais moi, j’ai presque une bouille de victime avec ma bouche en cœur et ma voix pas franchement grave. Le souci, c’est qu’on le voit tout de suite à son regard, cette fille est intelligente. Elle se donne le temps de formuler sa réponse, réfléchit à un tas de choses auxquelles je ne peux avoir accès. Pour l’instant, je n’en déduis qu’une chose – pas très rassurante – elle sait en partie la raison de son inconscience. Quand elle palpe son t-shirt troué, ça devient un peu tendu. Ouais, c’est suspect, je suis au courant. Ceci dit, rien n’est perdu, elle a l’air sincèrement étonnée par ma vague histoire de mecs dans les parages. Je continue donc sur ma lancée, avec un minimum de détails, en feignant de réfléchir intensément :

- Pas grand-chose. Deux gars assez costauds qui se sont sauvés quand ils m’ont vu, en laissant une fille inconsciente par terre. Ils avaient peut-être la trentaine… Je n’ai pas eu le temps d’identifier leurs visages.

Mais le plus serré, c’est que si j’ai lavé la fille, j’ai toujours de traces de sang sur mes vêtements, et j’aimerais bien désintégrer toutes les molécules souillées, mais ça risque d’être rapidement louche. Elle va bien voir que je suis tâché d’un peu partout. Après, ma conquête de soirée s’est fait buter devant moi, je peux très bien avoir son sang sur moi. De toute façon, on va en parler dans les éditions du matin, de ce crime là, ce serait absurde de le cacher. J’opte donc pour un truc qui marche souvent assez bien, la semi-vérité pour arriver à faire baisser la défiance de mon interlocuteur. Donc, je baisse un peu les yeux, prend le temps de déglutir comme si j’allais dire quelque chose de vraiment pénible, puis, en relevant la tête, je me lance d’une voix assez crispée :

- J’étais pas vraiment en état de faire attention. Un type avec lequel j’étais à la sortie d’une boîte s’est fait exploser la tête devant moi par je ne sais pas qui. Je me suis barré avant que les flics ne m’impliquent là-dedans. Pour un tas de raisons, on n’est pas très amis eux et moi… - Je fais un petit sourire désolé. – Je me suis donc enfoncé dans les rues les moins peuplées, et je suis tombé sur toi… - Après un léger silence, j’ajoute d’une voix plus dure. – Ecoute, je ne veux pas de problèmes, pas plus d’un par nuit si possible. J’avais pas envie d’appeler les autorités et les attendre sagement, ou signaler ton corps et me casser, quitte à te laisser à la merci de n’importe qui. Donc, je t’ai mise à l’abri ici pour voir ce que je pouvais faire. Je pensais que t’avais été droguée, mais t’a l’air assez claire… Alors je ne sais pas si t’es malade, si t’as vu un truc qu’il fallait pas et qu’un gang t’a envoyé un bon somnifère dans le nez, mais dans tous les cas, si tu vas mieux, je ne te retiens pas.

Et disant cela je me dirige vers le lavabo pour examiner le sang qui a dégouliné sur le côté de mon visage. Je le frotte d’une main, avec un gant de toilette qui semble avoir poussé au bout, et je continue avec mes bras. Je suis rarement dans le délire de cacher ma mutation à tout prix. Là, j’avoue que j’espère même faire partir la fille plus vite en lui montrant des métamorphoses anormales sur mon corps. Dans ce genre de situation, les humains évitent d’insister sans qu’il soit nécessaire de les menacer. De toute manière, il n’y a pas à creuser. Là, je ne suis qu’un jeune homme présent au mauvais endroit au mauvais moment et dont le mode de vie déplait à la police.

- Maintenant, si tu es encore faible, ne me fait pas croire que tu vas mieux pour t’évanouir au bout de trois pas dans la rue. Si tu me laisses le temps de me rendre présentable, je peux t’aider à rentrer chez toi ou trouver une clinique. Après ce qui vient d’arriver, j’ai aucune envie d’aller bosser ni de dormir de toute façon.

Je pousse un soupire blasé. Ma main retrouve un instant une apparence normale et je la rince en faisant couler le sang dans le siphon. Très sincèrement, raccompagner cette fille chez elle en abandonnant le cadavre dans le hangar ne m’arrangerait pas du tout. Mais, parfois, j’ai des principes, comme ne pas laisser crever une personne que je viens de sauver. Au pire, je devrais bien pouvoir la mettre dans un taxi.

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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Jeu 31 Juil - 11:32


Je détournais donc mon attention vers le jeune homme en face de moi. Si il y avait quelque chose sur quoi miser, parier, creuser, c'était bien lui. Il m'intriguais, et pour l'instant, je me demandais toujours si je devais lui faire confiance ou non. Après tout, il m'avait ramené ici, que ce soit en pensant bien agir, ou non. Sans lui, je serais certainement au beau milieu d'une rue, une fois de plus, et beaucoup de monde aurait pu me passer dessus et m'enlever, par exemple. Ou autres fantaisies qui pouvait prendre n'importe quelle personne un peu bourrée, ou bien quelques psychopathes en manque d'action. Je n'étais pas trop mal tombée, si je regardais les faits en face.

J'en avais plus qu'assez de jouer les doubles-jeu à cause de ce pouvoir glauque, grotesque et d'un mesquin inimaginable. Qui aurait bien pu avoir même l'idée de me mettre sur le dos une mutation aussi tordue ? Pas quelqu'un de sain d'esprit, en tous cas.

Mais je ne devais pas m'attarder à râler sur mon sort, aussi ridicule soit-il. Pourquoi ? A cause du sang que je voyais sur son tee-shirt. Et ce n'était pas
son sang. C'était le sang de quelqu'un d'autre, et pas le mien. Comment n'avais-je pu le remarquer plus tôt ? Son haut avait pris une teinte écarlate, et sur ses mains commençait à craqueler une mince couche vermeil.

N'ayant d'autre choix, même si j'aurais beaucoup aimé tout envoyé bouler, j'écoutai son récit avec attention. Et moi qui étais mêlée à tout ça... A moins que ce ne soit qu'un stupide autre mensonge ?

Alors que l'après-pouvoir devait normalement me rendre froide et hostile à toute sorte de sentiments, la colère revenait en force, plus hardie que les autres. Que c'était-il passé pour que cela ne fonctionne pas comme à l'habituée ? Je me taisais tendis qu'il parlait, essayer de démêler le vrai du faux. Dure tâche que voilà, mais j'avais pas mal d'entraînement à mon actif. Je lui assignais un regard suspect, et croisais les bras sous ma poitrine. Je ne devais en aucun cas me dévoiler, et continuer à poser des questions. Voir comment il réagirait, ce qu'il avait à me donner. La colère efface la peur, dit-on. Mais j'avais toujours été d'un naturel plutôt hardi. En continuant à le questionner, je recevrai soit des réponses -vraies au fausses-, soit un repliement de sa part. Je ne pris même pas la peine d'afficher un air offusqué à la description de cet homme mort.


-Et le corps, lui, vous l'avez aussi laissé dans la rue ?

Mais il avait raison sur ce point. Je n'avais plus rien à faire ici. Même si j'avais plus que tout envie de savoir ce qui s'était passé cette nuit là, et de démêler où mon autre moitié avait bien pu aller, je devais m'en aller tant que c'était encore possible. Il m'en laissait l'occasion, et je devais absolument la saisir.

Mais... Mais si. Mais si l'homme dont il parlait, c'était moi qui l'avais tué? Les gens ont des problème de cœur, des problème de poumons, des problèmes d'asthme, des problèmes de mutation. Un être inconnu s'en emparant, ne connaissant rien aux particularités de ce corps-ci, pouvait causer bien des dégâts. J'avais déjà, à plusieurs reprise, tué des innocents de cette manière. Ils me rendaient souvent visite, en rêve.

La bile était revenue, mais je devais la contenir. Pas devant cet inconnu, qui semblait me prendre au sérieux. Je devenais un peu plus blanche, mais je gardais mon sang froid.

-...Comment est mort votre ami ?

Puis, trouvant que cette question était bien sotte et pas très fine de ma part (il allait commencer à trouver ça de plus en plus louche ), je décidai d'opter pour la solution qui allait en son sens. Je secouai la tête d'un air désolé.

-Je suis navrée de vous avoir mis dans cette situation. Je vais me débrouiller seule pour rentrer, mais merci quand-même.


Je ramassais alors mon sac tombé par terre, et l'endossais à mon épaule. J'atteignais et ouvrais la fameuse porte en quelques secondes, mais ce que j'y découvris n'étais pas la route en dehors. Quelle idiote.

C'était un corps barbouillé de sang.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Dim 10 Aoû - 12:49

Les traces de ma mutation n’ont pas l’air de l’intimider, autre mauvais point pour la forcer à s’en aller. Mince. Ne pouvait-elle pas avoir au moins l’air traumatisée, ou autre chose ? C’est quoi ce délire de s’évanouir dans la rue puis de vouloir se mêler des affaires des autres ? Avec tout ce que je viens de lui sortir, elle aurait pourtant dû comprendre que j’étais le genre de type à attirer les sales embrouilles. Alors sauf si, avec ma chance, j’avais trouvé le moyen de porter secours à un membre de la police, elle n’avait aucune raison de vouloir s’en mêler. Mais elle ne s’étonnait de rien, prenait tout avec un sang froid perturbant. Que je lui annonce qu’un mec venait de se faire buter la fit à peine ciller, lui sous-entendre que je vivais peut-être de transaction illégale non plus apparemment. Non. Elle ne trouvait rien de mieux à faire que me demander ce que j’avais fait du corps de la victime. Un instant, je lui ai lancé un regard franchement perplexe. Puis, j’ai haussé les épaules et lancé désinvolte :

- Ben oui, qu’est-ce que tu voulais que je fasse, l’entraîner dans une promenade post-mortem ? Il a cané devant des dizaines de témoin, ça a dû rameuter fissa les flics et toute la clique habituelle.

Et, pour lui montrer que ce genre de question commence un peu à m’ennuyer, je continue ma toilette en l’ignorant à moitié. Mon t-shirt disparaît sous ma peau, ne laissant que les traces du sang que je n’ai pu absorber et je commence à passer de l’eau sur mon torse. Je ne supporte pas de garder les déchets corporels d’une personne que je viens de tuer sur moi, ça a un côté intime vraiment dégueulasse. Mais, là encore, au lieu de reculer, la fille revient à la charge, un air plus soucieux cette fois. C’est un peu louche. Je ne comprends vraiment pas ce que cette histoire peut bien lui faire, si elle essaye de me faire dire quelque chose ou si, mais ce serait curieux, elle se sent responsable. En tout cas, le coup de son coma sur l’asphalte me semble de moins en moins lié à une maladie. Il y a aussi des choses qu’elle ne me dit pas. Je la fixe un peu soupçonneux et je lance abruptement :

- On lui a tiré dans la tête. Pourquoi, tu soupçonnes quelqu’un ?

Enfin, on dirait que mes réponses ne lui donnent aucune satisfaction et elle comprend qu’il est grand temps pour elle de rentrer. Mais, au lieu de prendre la sortie, cette idiote se dirige droit vers l’endroit où j’ai planqué le cadavre. Je n’ai même pas le temps de lui indiquer le bon chemin qu’elle ouvre la porte et que l’homme s’écrase par terre dans un bruit mat, avec ses grosses aiguilles plantées dans les yeux, ses genoux éclatés et une béance sanglante dans la poitrine. Chaud. A ce moment, deux options se présentent à moi, je peux faire semblant d’être surpris, ou lui ordonner de se casser pour de bon si elle ne tient pas à me mettre vraiment en colère. J’aimerais vraiment opter pour la première mais, alors, je n’aurai plus aucune maîtrise sur la suite des événements. Par principe, j’essaye toujours d’éviter que les problèmes deviennent plus compliqués qu’ils ne le sont déjà. Ça ne fonctionne pas toujours. Dans le cas présent, il est temps d’en révéler un peu pour faire comprendre à la fille qu’elle n’a aucune envie de connaître l’exacte vérité. Je lance froidement :

- Lui, c’est pas mon pote. Si tu veux tout savoir, c’est le meurtrier. Un taré qui semblait bien décidé à faire un joli massacre chez les pédés avant de tomber sur moi. Puis, je suis tombé sur toi. J’ai pensé que je pourrais te sauver tout en terminant de régler son compte à l’autre. Enfin… j’ai été trop sympa. Faut que j’arrête de vouloir aider les gens.

Logiquement, je devrais la tuer aussi. Elle a vu mon visage, connaît une partie de mon pouvoir, ce serait suffisant pour mettre la police sur ma piste. Elle ne pourra rien prouver d’autre, bien sûr : le mutant que je viens de descendre était sans doute hors-la-loi lui-même et il faudrait retrouver son corps pour confirmer le meurtre. Néanmoins, cela reste ennuyeux. Je dois avoir une tête beaucoup plus inquiétante qu’avant, genre le gamin sympa qui, en quelques secondes, tire la tronche d’un tueur résigné. Pourtant, j’attends de connaître sa réaction. Le flingue est prêt à sortir de ma main mais j’hésite encore. Je n’aime vraiment pas les victimes collatérales.

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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Lun 25 Aoû - 10:55

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce n'est pas moi qui attire les ennuis. Je m'explique : à force de situations étranges dans lesquelles je suis perpétuellement fourrée, on pourrait croire que c'est la cause du destin, que réellement, je les attire près de moi comme du miel pour les ours, et qu'à la fin, je n'ai plus vraiment à m'en étonner. Mais c'est faux. Moi, j'ai rien à faire là dedans. La seule fautive dans l'histoire, c'est ma mutation. Point.

Par conséquent, il m'arrive encore d'être ébahie devant une situation ambigüe/problématique/particulièrement embarrassante et pleins d'autres adjectifs. C'est le cas à l'instant.

Pendant quelques secondes, je reste interdite devant le cadavre aplatit devant moi. Je ne peux pas m'empêcher de ressasser toute l'absurdité de cette histoire, de la manière que ce maudit « pouvoir » a de me jeter dans des postures incongrues, et que je ne peux même pas exploser de colère face à ça, sinon je vais tomber dans les vapes.  Mais comme cela pourrait ennuyer le lecteur, je vais passer outre.

Le cadavre n'est pas beau à voir. Le jeune mutant, derrière moi -mais qui m'étais, durant l'instant d’apitoiement, sortit de la tête- avait si j'ai bien compris la possibilité de changer de matière, en quelque sorte. Ou bien, il crée de la matière à partir de son corps. Bref, rien de très rassurant vous en conviendrez, mais nous n'en sommes pas encore ici dans l'histoire.
Le cadavre de « l'homme » aurait de quoi faire vomir quiconque pose les yeux dessus. Ayant déjà rendu la totalité de ce que contenait mon estomac, cela ne m’arriva pas, cependant. A la place de ses globes oculaires gisaient deux aiguilles grosses comme un doigt, rougies par le sang qui continuait de couler par les orifices. A plusieurs autres endroits des marques de coups, de blessures chacune plus mortelle que l'autre. Une flaque poisseuse de couleur vermeil c'était formée sous lui, et le corps y baignait et semblait s'en imprégner.

Je n'avais aucune idée de ce qu'avait été cet homme, bon ou mauvais, mais je n'aurais pas aimé être à sa place pour rien au monde. Pire que ça, je prenais maintenant conscience que l'auteur de cette...
chose se trouvait derrière mon dos. Pas très rassurant.

Tout ceci n'avait duré qu'une dizaines de seconde. Dans la boîte au fond de mon cœur, souvenirs et autres émotions ne demandaient plus qu'à exploser et s'épanouir hors de mon corps.

Je pris une grande respiration. Avec fermeté, je me reprenais, faisais le vide dans mon esprit pour ne laisser que le sang froid que j'avais arboré jusqu'à présent. Du moins, c'était ce que j'espérais. Je ravalais donc la nausée qui était apparue au fond de ma gorge et me retournais d'un bloc, raide comme la justice, mais d'une blancheur extrême. Le visage fermé et les yeux totalement illisibles.

-Fais chier, lâché-je.

De toute la panoplie de vocabulaire complexes et autres blagues de mauvais goût que j'aurais pu déclarer à l'instant, c'est tout ce que je trouvai à dire.

Avec un esprit positif dont je n'avais même pas soupçonné l'existence jusque là, je notais deux choses.

1)J'étais maintenant fixée sur les paroles de jeune homme. Il ne faisait plus de doutes sur ce qui était vrai ou faux. Ce qui me démontrait cruellement que je n'avais absolument rien à voir avec cette histoire et que j'aurais du partir bien plus tôt au lieu de laisser ma curiosité l'emporter.

Pas
si positif que ca.

2) Je n'avais tué personne.

Maintenant, il ne restait plus qu'à réussir à partir, moi et mon corps, d'ici, si possible en bonne santé. Et si ce jeune homme était bien l'auteur de ce crime, je ne doutais pas qu'il se demandait à l'instant que faire de moi. Et, même si il ne s'en doutait pas, je me posais la même question à l'inverse. Que faire de lui ?

Je plantais mes yeux dans les siens, légèrement hargneuse. Il ne savait rien de ma mutation. D'après ce que j'avais observé, il me faudrait environ une quinzaine de seconde pour déclencher mon pouvoir. Étant à fleur de peau, je ne doutais pas de la rapidité de l'enclenchement. Il n'y avait personne de vivant aux alentours, je ne prenais donc pas de risques. Ni du fait qu'il connaisse mon pouvoir : moi-même connaissais pas mal de chose sur lui. Je pouvais donc entrer dans son corps, l’assommer -ou le tuer ? En aurais-je le cran ?-, revenir dans le mien et partir sans que personne ne se soit douté de ma venue par ici. Si je l’assommais, il chercherait peut-être à me trouver plus tard. J'aviserai à ce moment. Si je le tuais, on croirait à un suicide... Je refoulais immédiatement cette possibilité. Je ne voulais pas de ça. Je n'étais pas une tueuse. Et il m'avait aidé, après tout. Je lui était plutôt redevable.

Enfin, je devais quand même me méfier de lui.

-Ok. Je fermais les yeux quelques secondes le temps de prendre une inspiration. D'abord, merci pour ton aide. Vraiment. Je ne sais pas qui aurait pu passer sur mon corps quand j'étais dans les vapes -je jetais un regard incertain au cadavre qui commençais à embaumer la pièce. Hors de question de le toucher.- Je sais pas si tu vas me croire, mais bon, autant te le dire : je ne parlerais de tout ça à personne, tu as ma parole. Je ne sais pas ce que tu espères faire de moi maintenant, mais abandonne et laisse moi partir. Ca vaudra mieux pour nous deux, crois moi.

Pendant ce temps, par pure précaution, je me libérais lentement de mes barrières émotionnelles.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Jeu 4 Sep - 21:40

J’imagine que tomber nez à nez avec un cadavre aussi amoché que celui-là doit être particulièrement pénible quand on n’y est pas habitué. A moi, ça ne fait rien. Je ne me souviens pas avoir été véritablement choqué un jour par la vue d’un mort. Il me semble plutôt qu’une série d’événements a contribué à m’habituer au pire, jusqu’à ce que je n’arrive plus à le considérer avec gravité. Le type sanglant par terre me dégoûte et, en même temps, je m’en fiche. Je le contemple sans émotion, j’ai du mal à analyser ce que la fille peut ressentir maintenant que tous les éléments du puzzle se mettent en place, qu’elle me découvre auteur d’un meurtre particulièrement sadique : trois balles, des aiguilles dans les yeux, on ne peut pas dire que j’avais besoin de lui infliger tout ça pour « rendre justice »… C’est fou comme, dans ces moments, une pulsion qui me semblait amusante me consterne moi-même. Il est clair que je serais bien incapable de répondre à la question « Pourquoi tout cet acharnement ? ». Je n’irais pas dire qu’il ne le méritait pas, j’en reste convaincu, mais je sais mon attitude irrationnelle, et se le dire est toujours effrayant. La nana, en tout cas, reste toujours assez étrange. Je la devine à deux doigts de paniquer mais elle n’hurle pas, ne devient pas folle et hystérique, comme les ¾ des personnes sans défenses dans une situation semblable. Non, elle se reprend vite, au point de jurer d’un air presque blasé.

Elle a l’air de réfléchir. Beaucoup trop pour une personne qui pourrait se faire tuer d’une minute à l’autre. Je n’aime pas ça. Je n’aime pas non plus le regard chargé de haine qu’elle me lance. Sur le moment, il me fait réellement peur. J’ai l’impression qu’elle va faire un truc vénère, aucune idée de quoi, mais un truc que je pourrais regretter. Peut-être bien qu’elle n’est pas si faible. Mais face à un mutant polymorphe, sanguinaire et armé ? Ne faudrait-il pas une sacrée confiance en soi pour réussir à se montrer aussi hargneux ? En général, oui. Mais les gens ont tous des manières particulières de réagir dans le désespoir. Certains peuvent libérer toute leur colère quand ils n’ont plus rien à perdre, ils cherchent à intimider comme des herbivores acculés, et ça ne les empêche pas de se faire maraver dans la seconde qui suit. Cependant, la seule possibilité qu’elle puisse essayer de m’éliminer me fait redoubler ma garde. Putain, qu’est-ce que je fiche ? Un de ces jours, à force de donner l’impression de prendre des vies et d’en épargner de manière aléatoire, je vais vraiment mourir sur un malentendu idiot. J’aurais l’air malin si cette meuf est une mutante puissante, enfermée en tête à tête avec moi.

Heureusement, qui qu’elle soit, elle préfère se calmer en concédant que je l’ai aidée. Bah oui ! C’est fou ce que les gens peuvent être ingrats. Je sais qu’un crime ne peut être racheté par une bonne action, ça n’a rien à voir avec ma démarche, mais comme elle peut le constater, j’ai pris des risques pour ma mouille en cherchant à l’aider. En tout cas, elle me jure de ne jamais parler de cette histoire à personne, en échange de quoi, je devrais la laisser partir. Bien, c’est un excellent choix. Je hausse les épaules en me relâchant un peu. Peut-être que je lui dois un peu plus d’explications à présent, qu’elle sache au moins de quel genre d’affaire elle s’est mêlée. Je ne suis plus à une vérité près.

- J’aide les gens qui ont l’air d’en avoir besoin, j’élimine les nuisibles, c’est tout. Si j’avais laissé les flics agir, ils auraient vu que l’agresseur était un mutant et les journalistes à scandale se seraient jetés sur l’affaire. Nous ne pouvons pas nous permettre qu’un fou furieux nous fasse ce genre de mauvaise pub. Voilà pourquoi je vais me débarrasser du corps. Je te laisse donc décider en ton âme et conscience de parler ou non. Il y a peu de chances pour qu’un témoignage sans preuves permette de remonter à une enquête sérieuse. Si c’est le cas, au moins, je saurai à quoi m’en tenir.

Cacher les mutants criminels, et pointer les méfaits des humains. J’ai parlé assez platement, de la manière la plus sérieuse du monde. Mais un sourire en coin se forme sur mes lèvres en fin de discours. Pas le genre de sourire sympa, plutôt de la fausse connivence qui signifie que si elle se donne du mal pour faire remonter l’affaire dans la presse, je pourrais m’en donner tout autant pour la retrouver.

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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Mar 16 Sep - 13:53

Apparemment, la diplomatie avait l'air de faire son œuvre. Ca aurait eut de quoi me redonner un peu confiance en l'humanité et ses valeurs, mais le mutant mort à mes pieds m'empêchais étrangement d'y croire totalement. Dans tous les cas, mon initiative de parlementer et de me montrer conciliante semblait fonctionner. Semblait, là était le problème. Je restais méfiante. Peut-être me disait-il la vérité à propos de ces « gens qui ont l’air d’en avoir besoin » -sottise sois-disant passant : juger quelqu'un digne de son aide simplement à partir de l'impression qui lui donne dans une situation donnée, c'est particulièrement dangereux et stupide. Qui lui avait soufflé que j'avais de bonnes intentions ? Pour un peu, j'aurai certainement paniqué, et sous l'influence de mes émotions, j'aurai pu le tuer. Sur un malentendu. Enfin, là n'était pas la question, mais ça ne me paraissait pas vraiment judicieux, comme tactique pour rester vivant et en bonne santé le plus longtemps possible.-, peut-être, peut-être me disait-il la vérité à propos de ce mutant morte de toute cette histoire. Mais je n'omettais pas l'infime possibilité que ce ne soit pas la cas. Ni que, malgré tout ce que j'avais pu dire, il ne me tue pas une fois que le dos tourné, par pure précaution. Et si c'était le cas, il était clair que je n'aurai aucune chance face à lui.

Après tout, surement lui ressemblais-je, quelque part. Parce qu'il avait l'air de dire la vérité et qu'il me semblait qu'il allait tenir parole, j'allais lui tourner le dos et partir, tout en risquant qu'il me tue par derrière, ou bien, possibilité plus stupide mais non moins plausible en cas de panique et d'affolement de sa part, qu'il me cherche après coup pour me retrouver et me faire définitivement taire.

Aussi paranoïaques et peu probables soient-elles, je prenais ces éventualités très au sérieux. J'avais un jour croisé à une soirée mondaine un télépathe Russe qui avait tôt fait de découvrir mon passé, non sans m'avoir fait craché le morceau oralement, juste pour changer un peu de ses habitudes de violeur de pensées. Sans parler de cet homme qui me recherchait pour me vendre à quelques scientifique férus d'ADN mutant. Donc, il était normal que mon angoisse à ce niveau soit maximal. Ce n'était certes pas très agréable, mais du moins je ne me faisais pas prendre par surprise. Du moins pas tout le temps.

Mais revenons-en à nos affaires, dans une des nombreuses toilettes publiques de la belle ville de New York.

Je pris une fois de plus la parole, tout en laissant les émotions envahir mon ventre. A ce stade là, je pouvais encore les contrôler sans trop d'effort, et au besoin, les libérer et déclencher rapidement mon pouvoir. En mon fort intérieur cependant, je ne pensais pas en avoir besoin.


-Je ne cautionne pas le meurtre, sous n'importe quelle forme. Même si c'est pour protéger n...votre image d'un de ces grands procès orchestré d'avance où le mutant perd à chaque fois et est envoyé en prison. Mais j'ai dis ce que j'ai dis, et franchement, il n'y a plus d'intérêt à avertir quiconque. Je montrais le cadavre d'un geste de la main, sans pour autant y aventurer mon regard. Il est mort, point, et fin de l'histoire.

Je serrais mon sac contre mon épaule et fit une pause adéquate pour reprendre mes esprits. Le déclenchement de mon pouvoir, même si il n'était qu'à un stade minime, était désagréable et provoquait en moi une foule d'impressions et d'arrières goûts contradictoires.

-Je n'ai jamais vu tout ça, jte connais pas. Tu m'as jamais récupéré dans cette rue, tu me connais pas. On est d'accord ?

D'aucuns dirait que l'accord d'un meurtrier ne valait pas grand chose, et j'étais à peu près du même avis à cet instant. Mais pour une fois, juste pour une fois, je croisais les doigts pour que la chance soit de mon côté.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Jeu 16 Oct - 18:33

Blablabla… Le meurtre c’est mal, tout ça. Je connais le discours, et je l’écoute un peu ennuyé. A un moment, il me semble qu’elle a la tentation de s’inclure dans la cause mutante mais se reprend. Une des nôtres ? Peut-être bien, ça expliquerait qu’elle soit déjà sur pieds, en pleine forme, après avoir perdu connaissance de manière mystérieuse. Mais de toute manière, ça ne change rien. Les circonstances et son côté un peu trop nana prise de tête font qu’on ne risque pas de devenir amis dans les prochaines minutes. Non, ça va juste se solder par un « rien vu ni entendu, bye-bye, ciao, au déplaisir de se recroiser dans une ruelle sombre ! ». Donc, après tout ce temps passé à tourner autour d’un faux problème, on en vient enfin à la conclusion attendue : il est mort, laissons-le pourrir en paix. C’est quand même incroyable le temps qu’on perd pour en revenir au point de départ. On ne dira jamais à quel point la curiosité est un vilain défaut. Cette fille aurait pu se relever, me remercier et partir. Elle a voulu poser des questions. Grave erreur avec moi. Et maintenant, elle risque de se faire butter, elle me déteste, et elle va se manger de belles images digne d’un film d’horreur trash dans la tête pour le restant de la nuit. Donc, pour en finir, je me contente de hausser les épaules. Franchement, je m’en fiche de son opinion, et je le lui dis d’ailleurs.

- J’attends pas d’être approuvé. C’est juste histoire que tu saches qu’il y a un mobile, pour pas que tu te mettes en tête que t’es la prochaine sur la liste. Si on ne se connaît pas, aucun risque d’ailleurs.

Et là je lui fais un sourire sympa et complètement déplacé dans le contexte, comme si rayer l’événement de nos mémoires était une sorte de bonne blague entre nous.

- ça va m’obliger à perdre un point en bravoure et sauvetage héroïque mais je m’en remettrai. Fais pas trop de cauchemars quand même, il en valait pas le coup.

Il, ce truc vivant il y a une heure réduit à l’état d’objet dégoulinant et puant. C’est quand même bien moche de mourir. En tout cas, je reste désinvolte. Je plaisante, je m’en fiche, comme ça, pas besoin de réviser mes actes avec gravité. Puis, il fallait bien que je dise un truc, la fille avait l’air d’attendre que je m’exprime, que je la rassure d’une certaine manière. Elle est clairement flippée. Je crois qu’elle hésite à me tourner le dos et me fixe encore longuement par sécurité d’ailleurs. Cette blague ! C’est pas parce que tu fixes un lion que ça le dissuadera d’attaquer une fois que t’as le dos tourné ma belle. Mais je ne suis pas un fauve, pas en ce moment en tout cas. De toute façon, elle n’a pas le choix. Si j’avais l’intention de la tuer, je pourrais attendre par sadisme, lui laisser croire à sa liberté pour tirer juste après, mais, de toute manière, le résultat serait le même. Il est des situations dans lesquelles l’excès de prudence est inutile, sauf quand ça signifie buter tout le monde à chaque entrée dans une pièce « au cas ou ». Bref, elle se retourne enfin, et je la regarde partir sans un mot avant de retourner à mon business. C’est pas tout, mais j’ai un corps à évacuer quand même.

[Fini]

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