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 Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Mar 1 Juil - 22:51



Alors, comme ça t’as cru que tu pourrais faire ta loi tout seul Russell ? J’aime dire que je suis l’ami, le protecteur de tous les mutos. Mais toi, mon petit gars, tu vas être une sacrée exception. Tu ne vas pas seulement crever, tu vas morfler sévère. Fallait pas essayer de jouer avec moi, essayer de m’envoyer ton attirail génétique débile dans la gueule. Rien à faire de tes dards empoisonnés de pseudo hybride frelon ou je ne sais trop quoi. D’ailleurs, t’es trop moche Russell, avec tes yeux globuleux en forme de boule à facettes. Ridicule même. Encore heureux que tu les planquais derrière des lunettes noires !  C’était pas franchement malin de t’attaquer à moi. Tu ne me connaissais pas, tu voulais passer ta frustration sur quelques dégénérés sexuels – comme tu dois les appeler – et t’es tombé sur moi. Bon… Le mec qui voulait me serrer, tu l’as bien débranché. Une épine en pleine tête. Il a rien vu venir le pauvre, j’ai son sang séché qui me gratte encore la joue. Et ça, c’est pas le plus grave, je le connaissais pas moi ce type. Non, tu voulais clairement me réserver le même sort. Lol. Je ris. J’vais quand même pas clamser pour un vieux taré comme toi ! Bref, pour en revenir à une narration plus normale, et arrêter de m’adresser mentalement au crétin du jour, qui vient très bêtement de m’échapper, je dirais que je suis très en colère en cet instant. Pour une fois, je voulais juste passer une soirée tranquille, pas de bagarre, rien que de l’alcool et de la débauche. Je vous le jure, je n’ai pas cherché l’embrouille, je commençais même à bien m’amuser, j’avais trouvé un plan prometteur pour la nuit. Et voilà qu’en sortant de la boîte où j’étais, après quelques pas, un fou furieux m’est tombé dessus. Visiblement, Russell (je lui ai piqué sa carte ID) a un gros problème avec les gays. Quand il en voit, il veut les buter. Chacun ses petites contrariétés… Sauf que celle-là a tendance à pas me plaire, surtout quand elle me met directement en danger. D’abord, j’ai vu ma conquête crever en vomissant du rouge par les yeux. Ça m’a laissé le temps de réagir, et l’autre mutant a flippé. Il s’attendait pas à trouver un véritable adversaire. Je l’ai vite repéré, il s’est barré assez vite pour éviter un headshot, je lui ai juste explosé la monture de ses binocles. Résultat, il s’est précipité là où la vie nocturne était toujours active pour m’échapper.

En soi, l’idée n’était pas tout à fait mauvaise. Mais on va dire que je sais comment poursuivre une personne discrètement et la possibilité de changer d’apparence à volonté aide beaucoup. J’ai veillé à ne pas le perdre de vue un instant. Fiché, zoomé, verrouillé par ma vue qu’il était. Aucun moyen de m’éviter en bousculant les gens, surtout qu’il s’est vite calmé en pensant que je n’étais plus derrière lui. Il a même fini par s’arrêter pour reprendre son souffle dans une ruelle vide. Je me suis engagé dans la zone déguisé en nana branchée, la meuf lambda de boîte de nuit, avec des seins refaits, parce que c’est plus marrant. J’ai fait claquer des talons abusivement hauts. Il s’est plaqué le front contre le mur pour ne pas être remarqué.
- Alors, on cache son beau visage ? que je lui ai dit d’une voix doucereuse.
Je l’ai entendu gémir de ne surtout pas approcher. Evidemment, je n’ai pas écouté. Alors il s’est retourné et a voulu menacer mon avatar de pétasse avec un canif. Sa main tremblait, il avait perdu toute son assurance le mignon. On allait jouer un peu. Je me suis encore plus rapproché.
- Oh… Ce sont ces si jolis yeux que tu voulais me cacher ? ça me plaît les mutants moi, surtout ceux qui ont des particularités comme toi, ils ont tellement l’habitude d’être repoussé qu’ils font de furieux amants, pas vrai ?
Et tandis qu’il renonçait à me frapper et que sa main commençait à se relâcher, j’ai littéralement enfoncé la lame dans mon front. Du moins, c’est l’impression que ça donnait de l’extérieur, et ça l’a bien fait flipper. Sa dernière vision aura été celle de mon visage reprenant son apparence première. Mais je ne lui ai pas laissé le temps de réagir. La lame est ressortie de mon visage sous la forme de deux épines qui se sont fichées droit dans ses globes oculaires dégueux.
- D’habitude, je trouve des excuses aux mutants tu sais, je me dis qu’ils ont traversé des trucs moches, qu’il y a toujours moyens de discuter, tout ça. Mais ce que t’as essayé de me faire, ça t’a condamné. Je suis même trop sympa de régler le problème de tes yeux de drosophile. A ton avis, les gens seront plus dégoûtés si je te refais le portrait ou si je te laisse crever avec la sale gueule que le gène x t’a refilé ?
Il m’a refait le coup des dards, à l’aveuglette cette fois. C’est vrai que je lui ai pas laissé beaucoup de chances, mais après tout, il en a déjà eu un peu plus que celles qu’il comptait m’accorder. Je me trouve presque sympa, sérieux. Je le regarde même essayer de courir comme un fou, je prends mon temps pour le viser, pour l’achever aussi. D’abord un coup dans une épaule, et une balle dans la main, puis une autre dans le pied. Il n’a pas atteint le bout de la rue qu’il est déjà par terre, en train de gémir des trucs que je n’écoute même pas alors que je me rapproche de lui. Rien à fiche de ses supplications.

- La ferme ! je lui dis durement. Tu lui as laissé le temps de demander pitié à l’autre ? Il s’est fait refroidir sans avoir su pourquoi. Te plains pas, toi au moins, t’es au courant de ce qui te fait pisser le sang, t’en es totalement responsable.

Je le regarde se tortiller par terre sans trop d’émotion pendant quelques instants. Mais ça finit par me gonfler. Les délires sadiques prolongés de ce type, c’est pas mon truc. Je lui envoie une cartouche dans la gorge. Pas la tête. Faut pas que ça explose et que ça envoie trop de débris partout, j’ai pas envie qu’on identifie la victime comme possesseur du gène x. Il y a des moments pour faire la guerre aux anti-mutants, et d’autres où il vaut mieux calmer le jeu. Pas question de faire de ce gars un martyr pour notre espèce. Je dois m’en débarrasser. Sauf qu’en le soulevant, je remarque un truc pas net en-dessous de lui. Une nana. Jeune, totalement inconsciente, mais encore vivante apparemment. Elle pue pas l’alcool, n’a pas de bile au coin des lèvres, on dirait juste qu’elle dort. C’est zarb. Et elle est complètement recouverte du sang de l’autre. Ah le con ! Je ne sais pas quoi faire… Sur l’instant, pas 36 solutions, je les hisse sur mes épaules, je crochète la porte qui ressemble le plus à celle d'un hangar et, après avoir vérifié rapidement – à vue d’œil – qu’aucun système de surveillance n’est en route, je m’avance dans un dépôt de je ne sais pas trop quoi. Bon… Alors ok… Je planque le cadavre, je trouve de quoi laver la nana, la changer, je la refourgue aux premiers passants que je trouve en disant que je l’ai trouvée inconsciente, et je m’occupe du corps. Ça devrait aller ? Pff… Je commence vraiment à en avoir marre de ces situations débiles… Je m’éloigne donc le temps de trouver un espace toilettes, je retourne vers la fille, je l’amène jusque là, et je commence à laver son visage. J’essaye de lui parler aussi, mais elle a l’air dans le coma. C’est vraiment étrange cette histoire, je me demande si je ne me suis pas engouffré dans un truc douteux en la récupérant d’ailleurs. Elle a peut-être été droguée pour une raison ou une autre par une mafia bien organisée et abandonnée au milieu de nulle part en signe d’avertissement. Je ferais peut-être mieux de juste la laisser ici au cas où en fait…

_________________

Scipion : Je puis nier une chose sans me croire obligé de la salir ou de retirer aux autres le droit d'y croire.
Caligula : Mais c'est de la modestie, cela, de la vraie modestie ! Oh ! cher Scipion, que je suis content pour toi. Et envieux, tu sais... Car c'est le seul sentiment que je n'éprouverai peut-être jamais. [Caligula, Camus]


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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Jeu 3 Juil - 17:02

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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Sam 19 Juil - 11:39

Scipion : Je puis nier une chose sans me croire obligé de la salir ou de retirer aux autres le droit d'y croire.
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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Jeu 31 Juil - 11:32

Scipion : Je puis nier une chose sans me croire obligé de la salir ou de retirer aux autres le droit d'y croire.
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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Lun 25 Aoû - 10:55

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce n'est pas moi qui attire les ennuis. Je m'explique : à force de situations étranges dans lesquelles je suis perpétuellement fourrée, on pourrait croire que c'est la cause du destin, que réellement, je les attire près de moi comme du miel pour les ours, et qu'à la fin, je n'ai plus vraiment à m'en étonner. Mais c'est faux. Moi, j'ai rien à faire là dedans. La seule fautive dans l'histoire, c'est ma mutation. Point.

Par conséquent, il m'arrive encore d'être ébahie devant une situation ambigüe/problématique/particulièrement embarrassante et pleins d'autres adjectifs. C'est le cas à l'instant.

Pendant quelques secondes, je reste interdite devant le cadavre aplatit devant moi. Je ne peux pas m'empêcher de ressasser toute l'absurdité de cette histoire, de la manière que ce maudit « pouvoir » a de me jeter dans des postures incongrues, et que je ne peux même pas exploser de colère face à ça, sinon je vais tomber dans les vapes.  Mais comme cela pourrait ennuyer le lecteur, je vais passer outre.

Le cadavre n'est pas beau à voir. Le jeune mutant, derrière moi -mais qui m'étais, durant l'instant d’apitoiement, sortit de la tête- avait si j'ai bien compris la possibilité de changer de matière, en quelque sorte. Ou bien, il crée de la matière à partir de son corps. Bref, rien de très rassurant vous en conviendrez, mais nous n'en sommes pas encore ici dans l'histoire.
Le cadavre de « l'homme » aurait de quoi faire vomir quiconque pose les yeux dessus. Ayant déjà rendu la totalité de ce que contenait mon estomac, cela ne m’arriva pas, cependant. A la place de ses globes oculaires gisaient deux aiguilles grosses comme un doigt, rougies par le sang qui continuait de couler par les orifices. A plusieurs autres endroits des marques de coups, de blessures chacune plus mortelle que l'autre. Une flaque poisseuse de couleur vermeil c'était formée sous lui, et le corps y baignait et semblait s'en imprégner.

Je n'avais aucune idée de ce qu'avait été cet homme, bon ou mauvais, mais je n'aurais pas aimé être à sa place pour rien au monde. Pire que ça, je prenais maintenant conscience que l'auteur de cette...
chose se trouvait derrière mon dos. Pas très rassurant.

Tout ceci n'avait duré qu'une dizaines de seconde. Dans la boîte au fond de mon cœur, souvenirs et autres émotions ne demandaient plus qu'à exploser et s'épanouir hors de mon corps.

Je pris une grande respiration. Avec fermeté, je me reprenais, faisais le vide dans mon esprit pour ne laisser que le sang froid que j'avais arboré jusqu'à présent. Du moins, c'était ce que j'espérais. Je ravalais donc la nausée qui était apparue au fond de ma gorge et me retournais d'un bloc, raide comme la justice, mais d'une blancheur extrême. Le visage fermé et les yeux totalement illisibles.

-Fais chier, lâché-je.

De toute la panoplie de vocabulaire complexes et autres blagues de mauvais goût que j'aurais pu déclarer à l'instant, c'est tout ce que je trouvai à dire.

Avec un esprit positif dont je n'avais même pas soupçonné l'existence jusque là, je notais deux choses.

1)J'étais maintenant fixée sur les paroles de jeune homme. Il ne faisait plus de doutes sur ce qui était vrai ou faux. Ce qui me démontrait cruellement que je n'avais absolument rien à voir avec cette histoire et que j'aurais du partir bien plus tôt au lieu de laisser ma curiosité l'emporter.

Pas
si positif que ca.

2) Je n'avais tué personne.

Maintenant, il ne restait plus qu'à réussir à partir, moi et mon corps, d'ici, si possible en bonne santé. Et si ce jeune homme était bien l'auteur de ce crime, je ne doutais pas qu'il se demandait à l'instant que faire de moi. Et, même si il ne s'en doutait pas, je me posais la même question à l'inverse. Que faire de lui ?

Je plantais mes yeux dans les siens, légèrement hargneuse. Il ne savait rien de ma mutation. D'après ce que j'avais observé, il me faudrait environ une quinzaine de seconde pour déclencher mon pouvoir. Étant à fleur de peau, je ne doutais pas de la rapidité de l'enclenchement. Il n'y avait personne de vivant aux alentours, je ne prenais donc pas de risques. Ni du fait qu'il connaisse mon pouvoir : moi-même connaissais pas mal de chose sur lui. Je pouvais donc entrer dans son corps, l’assommer -ou le tuer ? En aurais-je le cran ?-, revenir dans le mien et partir sans que personne ne se soit douté de ma venue par ici. Si je l’assommais, il chercherait peut-être à me trouver plus tard. J'aviserai à ce moment. Si je le tuais, on croirait à un suicide... Je refoulais immédiatement cette possibilité. Je ne voulais pas de ça. Je n'étais pas une tueuse. Et il m'avait aidé, après tout. Je lui était plutôt redevable.

Enfin, je devais quand même me méfier de lui.

-Ok. Je fermais les yeux quelques secondes le temps de prendre une inspiration. D'abord, merci pour ton aide. Vraiment. Je ne sais pas qui aurait pu passer sur mon corps quand j'étais dans les vapes -je jetais un regard incertain au cadavre qui commençais à embaumer la pièce. Hors de question de le toucher.- Je sais pas si tu vas me croire, mais bon, autant te le dire : je ne parlerais de tout ça à personne, tu as ma parole. Je ne sais pas ce que tu espères faire de moi maintenant, mais abandonne et laisse moi partir. Ca vaudra mieux pour nous deux, crois moi.

Pendant ce temps, par pure précaution, je me libérais lentement de mes barrières émotionnelles.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Jeu 4 Sep - 21:40

J’imagine que tomber nez à nez avec un cadavre aussi amoché que celui-là doit être particulièrement pénible quand on n’y est pas habitué. A moi, ça ne fait rien. Je ne me souviens pas avoir été véritablement choqué un jour par la vue d’un mort. Il me semble plutôt qu’une série d’événements a contribué à m’habituer au pire, jusqu’à ce que je n’arrive plus à le considérer avec gravité. Le type sanglant par terre me dégoûte et, en même temps, je m’en fiche. Je le contemple sans émotion, j’ai du mal à analyser ce que la fille peut ressentir maintenant que tous les éléments du puzzle se mettent en place, qu’elle me découvre auteur d’un meurtre particulièrement sadique : trois balles, des aiguilles dans les yeux, on ne peut pas dire que j’avais besoin de lui infliger tout ça pour « rendre justice »… C’est fou comme, dans ces moments, une pulsion qui me semblait amusante me consterne moi-même. Il est clair que je serais bien incapable de répondre à la question « Pourquoi tout cet acharnement ? ». Je n’irais pas dire qu’il ne le méritait pas, j’en reste convaincu, mais je sais mon attitude irrationnelle, et se le dire est toujours effrayant. La nana, en tout cas, reste toujours assez étrange. Je la devine à deux doigts de paniquer mais elle n’hurle pas, ne devient pas folle et hystérique, comme les ¾ des personnes sans défenses dans une situation semblable. Non, elle se reprend vite, au point de jurer d’un air presque blasé.

Elle a l’air de réfléchir. Beaucoup trop pour une personne qui pourrait se faire tuer d’une minute à l’autre. Je n’aime pas ça. Je n’aime pas non plus le regard chargé de haine qu’elle me lance. Sur le moment, il me fait réellement peur. J’ai l’impression qu’elle va faire un truc vénère, aucune idée de quoi, mais un truc que je pourrais regretter. Peut-être bien qu’elle n’est pas si faible. Mais face à un mutant polymorphe, sanguinaire et armé ? Ne faudrait-il pas une sacrée confiance en soi pour réussir à se montrer aussi hargneux ? En général, oui. Mais les gens ont tous des manières particulières de réagir dans le désespoir. Certains peuvent libérer toute leur colère quand ils n’ont plus rien à perdre, ils cherchent à intimider comme des herbivores acculés, et ça ne les empêche pas de se faire maraver dans la seconde qui suit. Cependant, la seule possibilité qu’elle puisse essayer de m’éliminer me fait redoubler ma garde. Putain, qu’est-ce que je fiche ? Un de ces jours, à force de donner l’impression de prendre des vies et d’en épargner de manière aléatoire, je vais vraiment mourir sur un malentendu idiot. J’aurais l’air malin si cette meuf est une mutante puissante, enfermée en tête à tête avec moi.

Heureusement, qui qu’elle soit, elle préfère se calmer en concédant que je l’ai aidée. Bah oui ! C’est fou ce que les gens peuvent être ingrats. Je sais qu’un crime ne peut être racheté par une bonne action, ça n’a rien à voir avec ma démarche, mais comme elle peut le constater, j’ai pris des risques pour ma mouille en cherchant à l’aider. En tout cas, elle me jure de ne jamais parler de cette histoire à personne, en échange de quoi, je devrais la laisser partir. Bien, c’est un excellent choix. Je hausse les épaules en me relâchant un peu. Peut-être que je lui dois un peu plus d’explications à présent, qu’elle sache au moins de quel genre d’affaire elle s’est mêlée. Je ne suis plus à une vérité près.

- J’aide les gens qui ont l’air d’en avoir besoin, j’élimine les nuisibles, c’est tout. Si j’avais laissé les flics agir, ils auraient vu que l’agresseur était un mutant et les journalistes à scandale se seraient jetés sur l’affaire. Nous ne pouvons pas nous permettre qu’un fou furieux nous fasse ce genre de mauvaise pub. Voilà pourquoi je vais me débarrasser du corps. Je te laisse donc décider en ton âme et conscience de parler ou non. Il y a peu de chances pour qu’un témoignage sans preuves permette de remonter à une enquête sérieuse. Si c’est le cas, au moins, je saurai à quoi m’en tenir.

Cacher les mutants criminels, et pointer les méfaits des humains. J’ai parlé assez platement, de la manière la plus sérieuse du monde. Mais un sourire en coin se forme sur mes lèvres en fin de discours. Pas le genre de sourire sympa, plutôt de la fausse connivence qui signifie que si elle se donne du mal pour faire remonter l’affaire dans la presse, je pourrais m’en donner tout autant pour la retrouver.

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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Mar 16 Sep - 13:53

Apparemment, la diplomatie avait l'air de faire son œuvre. Ca aurait eut de quoi me redonner un peu confiance en l'humanité et ses valeurs, mais le mutant mort à mes pieds m'empêchais étrangement d'y croire totalement. Dans tous les cas, mon initiative de parlementer et de me montrer conciliante semblait fonctionner. Semblait, là était le problème. Je restais méfiante. Peut-être me disait-il la vérité à propos de ces « gens qui ont l’air d’en avoir besoin » -sottise sois-disant passant : juger quelqu'un digne de son aide simplement à partir de l'impression qui lui donne dans une situation donnée, c'est particulièrement dangereux et stupide. Qui lui avait soufflé que j'avais de bonnes intentions ? Pour un peu, j'aurai certainement paniqué, et sous l'influence de mes émotions, j'aurai pu le tuer. Sur un malentendu. Enfin, là n'était pas la question, mais ça ne me paraissait pas vraiment judicieux, comme tactique pour rester vivant et en bonne santé le plus longtemps possible.-, peut-être, peut-être me disait-il la vérité à propos de ce mutant morte de toute cette histoire. Mais je n'omettais pas l'infime possibilité que ce ne soit pas la cas. Ni que, malgré tout ce que j'avais pu dire, il ne me tue pas une fois que le dos tourné, par pure précaution. Et si c'était le cas, il était clair que je n'aurai aucune chance face à lui.

Après tout, surement lui ressemblais-je, quelque part. Parce qu'il avait l'air de dire la vérité et qu'il me semblait qu'il allait tenir parole, j'allais lui tourner le dos et partir, tout en risquant qu'il me tue par derrière, ou bien, possibilité plus stupide mais non moins plausible en cas de panique et d'affolement de sa part, qu'il me cherche après coup pour me retrouver et me faire définitivement taire.

Aussi paranoïaques et peu probables soient-elles, je prenais ces éventualités très au sérieux. J'avais un jour croisé à une soirée mondaine un télépathe Russe qui avait tôt fait de découvrir mon passé, non sans m'avoir fait craché le morceau oralement, juste pour changer un peu de ses habitudes de violeur de pensées. Sans parler de cet homme qui me recherchait pour me vendre à quelques scientifique férus d'ADN mutant. Donc, il était normal que mon angoisse à ce niveau soit maximal. Ce n'était certes pas très agréable, mais du moins je ne me faisais pas prendre par surprise. Du moins pas tout le temps.

Mais revenons-en à nos affaires, dans une des nombreuses toilettes publiques de la belle ville de New York.

Je pris une fois de plus la parole, tout en laissant les émotions envahir mon ventre. A ce stade là, je pouvais encore les contrôler sans trop d'effort, et au besoin, les libérer et déclencher rapidement mon pouvoir. En mon fort intérieur cependant, je ne pensais pas en avoir besoin.


-Je ne cautionne pas le meurtre, sous n'importe quelle forme. Même si c'est pour protéger n...votre image d'un de ces grands procès orchestré d'avance où le mutant perd à chaque fois et est envoyé en prison. Mais j'ai dis ce que j'ai dis, et franchement, il n'y a plus d'intérêt à avertir quiconque. Je montrais le cadavre d'un geste de la main, sans pour autant y aventurer mon regard. Il est mort, point, et fin de l'histoire.

Je serrais mon sac contre mon épaule et fit une pause adéquate pour reprendre mes esprits. Le déclenchement de mon pouvoir, même si il n'était qu'à un stade minime, était désagréable et provoquait en moi une foule d'impressions et d'arrières goûts contradictoires.

-Je n'ai jamais vu tout ça, jte connais pas. Tu m'as jamais récupéré dans cette rue, tu me connais pas. On est d'accord ?

D'aucuns dirait que l'accord d'un meurtrier ne valait pas grand chose, et j'étais à peu près du même avis à cet instant. Mais pour une fois, juste pour une fois, je croisais les doigts pour que la chance soit de mon côté.

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Yitzhak Anavim
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MessageSujet: Re: Les problèmes n'arrivent pas toujours quand on les attend [T]   Jeu 16 Oct - 18:33

Blablabla… Le meurtre c’est mal, tout ça. Je connais le discours, et je l’écoute un peu ennuyé. A un moment, il me semble qu’elle a la tentation de s’inclure dans la cause mutante mais se reprend. Une des nôtres ? Peut-être bien, ça expliquerait qu’elle soit déjà sur pieds, en pleine forme, après avoir perdu connaissance de manière mystérieuse. Mais de toute manière, ça ne change rien. Les circonstances et son côté un peu trop nana prise de tête font qu’on ne risque pas de devenir amis dans les prochaines minutes. Non, ça va juste se solder par un « rien vu ni entendu, bye-bye, ciao, au déplaisir de se recroiser dans une ruelle sombre ! ». Donc, après tout ce temps passé à tourner autour d’un faux problème, on en vient enfin à la conclusion attendue : il est mort, laissons-le pourrir en paix. C’est quand même incroyable le temps qu’on perd pour en revenir au point de départ. On ne dira jamais à quel point la curiosité est un vilain défaut. Cette fille aurait pu se relever, me remercier et partir. Elle a voulu poser des questions. Grave erreur avec moi. Et maintenant, elle risque de se faire butter, elle me déteste, et elle va se manger de belles images digne d’un film d’horreur trash dans la tête pour le restant de la nuit. Donc, pour en finir, je me contente de hausser les épaules. Franchement, je m’en fiche de son opinion, et je le lui dis d’ailleurs.

- J’attends pas d’être approuvé. C’est juste histoire que tu saches qu’il y a un mobile, pour pas que tu te mettes en tête que t’es la prochaine sur la liste. Si on ne se connaît pas, aucun risque d’ailleurs.

Et là je lui fais un sourire sympa et complètement déplacé dans le contexte, comme si rayer l’événement de nos mémoires était une sorte de bonne blague entre nous.

- ça va m’obliger à perdre un point en bravoure et sauvetage héroïque mais je m’en remettrai. Fais pas trop de cauchemars quand même, il en valait pas le coup.

Il, ce truc vivant il y a une heure réduit à l’état d’objet dégoulinant et puant. C’est quand même bien moche de mourir. En tout cas, je reste désinvolte. Je plaisante, je m’en fiche, comme ça, pas besoin de réviser mes actes avec gravité. Puis, il fallait bien que je dise un truc, la fille avait l’air d’attendre que je m’exprime, que je la rassure d’une certaine manière. Elle est clairement flippée. Je crois qu’elle hésite à me tourner le dos et me fixe encore longuement par sécurité d’ailleurs. Cette blague ! C’est pas parce que tu fixes un lion que ça le dissuadera d’attaquer une fois que t’as le dos tourné ma belle. Mais je ne suis pas un fauve, pas en ce moment en tout cas. De toute façon, elle n’a pas le choix. Si j’avais l’intention de la tuer, je pourrais attendre par sadisme, lui laisser croire à sa liberté pour tirer juste après, mais, de toute manière, le résultat serait le même. Il est des situations dans lesquelles l’excès de prudence est inutile, sauf quand ça signifie buter tout le monde à chaque entrée dans une pièce « au cas ou ». Bref, elle se retourne enfin, et je la regarde partir sans un mot avant de retourner à mon business. C’est pas tout, mais j’ai un corps à évacuer quand même.

[Fini]

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