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 catch me if you can [PV Abraham]

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Iris Balwin
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MessageSujet: catch me if you can [PV Abraham]   Ven 27 Juin - 13:25


Cette fois-ci, je ne me trouvais pas dans une ruelle esseulée, lugubre, nocturne. Non, j'étais dans une salle de cinéma, chauffée alors qu'on était en plein mois d'avril, les fesses posées contre un siège de velours ( c'est toujours beau de rêver ). Et même, pour vous dire, c'était en après-midi, un bel après-midi pas encore sec, lavé par un douce pluie, et qui se réveillait lentement, le ciel clair. J'attendais quelqu'un qui ne venait pas.

Je sortis d'un geste nerveux le téléphone de mon sac, un US Army qui, justement, appartenait initialement à celui qui aurait du me rejoindre pour cette séance. Je composais un numéro que je connaissais par cœur. Le bip lent et régulier ne faisait rien pour me calmer, au contraire, il énervait mon pouls. Je pris une profonde inspiration.

-Allô ?

La voix aiguë de ma mère résonna dans mon esprit qui l’analysa aussi sec. Je soupirais de soulagement. Il n'y avait pas d'abattement dans ce timbre si familier, bien que j'y décelais un leur d'inquiétude.


-Allô, oui, ça va ? Où est Papa ?

-Ca va, ca va. Je suis désolée de pas avoir appelé plus tôt, mais il va devoir rester à l’hôpital. Il est très triste de pas pouvoir ven...
-Rien de grave ? La coupais-je. C'était son genre de tourner autour du pot. J'arrive tout de suite.

En même temps que je prononçais ces mots, je saisi mon sac et ma veste tout en tenant en équilibre le téléphone contre ma joue.


-Non ! Rien de grave, ne t'inquiète pas. Ils veulent lui refaire des prises de sang. Un silence, durant lequel quelqu'un lui parla. Je reconnaissais le ton formel du médecin, mais je ne saisissais pas ce qu'il lui disait. Je reste avec lui, profite du cinéma.

Je me mordis la joue tout en réfléchissant. La dent entailla la gencive.

-Ils t'ont pas dit à quoi elles servaient, ses analyses,  bien sur ?

-Non. Mais ils m'ont dit de ne surtout pas m'inquiéter.
Pause. Je ravalais ma rancœur : ce n'était pas à elle qu'il fallait s'en prendre.
-D'accord. C'est pas grave. Reste bien avec lui.

Je rangeais mon téléphone, maussade. J'étais bien tentée de m'enfuir de la salle... Mais le sujet m'intéressait.

A la fin de la séance, cependant, je repris presque instantanément le téléphone. Je savais pertinemment que ma mère n'était pas la meilleure source d'information qu'il soit, mais je devais m'en contenter. Après l'avoir eut pendant deux minutes, les seules choses que j'avais apprises, c'est que mon père allait bien et que les résultats des analyses nous arriveraient dans quelques jours. A la fois pas grand chose et l'essentiel.

Perdue dans mes pensées, mon regard avait vagabondé dans la foule qui sortait de la salle. Mes yeux, sans même que j'en prenne conscience, s'étaient arrêté sur une personne en particulier. Je ne la reconnus pas tout de suite, et pour être sincère, c'était seulement à cause de sa grande taille que l'homme capta mon regard absent.
Alors il tourna la tête. Cela suffit à me sortir instantanément de mes rêveries, car j'identifiai presque aussitôt le visage. Peut-être était-ce parce que nous avions parlé durant de nombreuses minutes lorsqu'il était revenu à la bibliothèque, il y a peu.

Je croisais son regard gris, et je sus qu'il m'avait, lui aussi, reconnue. J'aurais bien aimé discuter avec lui, parce que sa présence était agréable. J'aimais sa compagnie parce qu'il ne cherchait jamais à savoir trop de choses sur moi. Il s'arrêtait juste avant d'aborder le sujet qui fâchait. Et puis, nous discutions surtout livres, ce qui n'avait rien pour me déplaire.


hrp:
 

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Dernière édition par Iris Balwin le Lun 30 Juin - 11:36, édité 1 fois
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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: catch me if you can [PV Abraham]   Lun 30 Juin - 9:24


Mercredi 23 Avril 2014, 16:18 UTC, un complexe de salles obscures
Manhattan, New-York, USA

L’un des avantages à avoir une carte de fidélité rattachée à une enseigne de cinéma, c’était la fréquence à laquelle il était possible de s’installer dans une salle obscure sans avoir à se soucier du prix puisque l’abonnement mensuel restait fixe. De ce fait, Abraham y était minimum une fois par semaine. Cela étant, c’était aussi parce qu’il y allait souvent qu’il avait pris cette carte. L’un n’allait pas sans l’autre. Mais elle était largement rentabilisée. Et sans se forcer. Cela lui permettait d’aller voir tout ce qui le tentait un minimum. Au pire, il perdait deux heures de sa vie. C’était loin d’être la fin du monde, il s’en accommodait très bien.

Cette fois-ci, il avait opté pour un film indépendant, bien loin des grosses productions hollywoodiennes. Et il ne le regrettait pas. Alors que les appliques disposées à intervalle régulier s’allumaient lentement pour signaler qu’il était l’heure de quitter la salle, l’américain resta calé dans le fauteuil, s’étirant tranquillement. Il n’était pas de ceux qui se jetaient dehors à la première seconde. Il laissa le flot s’échapper, patientant pour ne pas participer à la reconstitution de sardines en boîte. Alors qu’ils n’étaient plus qu’une petite dizaine, il consentit enfin à se lever pour regagner le brouhaha du complexe et à partir de là, il pourrait sortir pour retrouver la lumière du jour.
Il commençait à s’éloigner au gré de la foule quand il se sentit la cible d’une observation. Ni pouvoir là-dessous ni l’habitude d’être le centre d’attention, chose qu’il fuyait comme la peste en général, ni paranoïa aigüe … juste qu’avec l’entrainement, c’était devenu comme une sorte de sixième sens. Machinalement, il se retourna  dans l’idée de vérifier son impression. Parce qu’il n’était pas infaillible non plus. Sauf que là, il était impossible de la rater. Il ne connaissait pas trente-six demoiselles originaires de Russie et encore moins qui travaillaient dans un espace consacré à la lecture. Leurs regards se croisèrent et il sourit à Iris.
Ils s’étaient revus il n’y a pas si longtemps, il avait refait un saut à la bibliothèque. Encore une fois, il l’avait dissipée un certain nombre de minutes. Quand il avait la possibilité de discuter bouquins, il ne s’en privait pas et il avait parfois du mal à trouver le bouton off. Cela étant, ils s’étaient mis hors du champ de vision du conservateur histoire d’éviter les remarques cinglantes et de disposer d’un peu plus de temps.

Il fendit la masse grouillante en sens inverse, sans trop de difficultés, revenant vers la jeune femme, toujours en souriant. Il était content de la croiser par hasard ici.

« Si j’avais su que vous étiez là, je vous aurai gardé un siège à côté de moi pour vous piquez votre pop-corn. commença-t-il, amusé Vous allez bien ? »

Il regarda autour d’eux et considérant l’impossibilité de s’entendre convenablement ainsi que le manque de confort, il poursuivit en désignant l’extérieur du pouce.

« Dites-voir Iris … si je vous proposais d'aller boire un café ou autre chose, ailleurs qu’ici, vous accepteriez ? »

Si elle disait non, il ne s’en offusquerait toujours pas. Mais cette fois-ci, il n’envisageait pas ce cas de réponse.

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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: catch me if you can [PV Abraham]   Mar 1 Juil - 17:32


Il fit demi-tour à travers la foule qui s'amoindrissait pour me rejoindre. Je lui tendis un léger sourire lorsqu'il arriva à ma taille. Il avait l'air étonné, mais aussi heureux de me retrouver ici.

-Si j’avais su que vous étiez là, je vous aurai gardé un siège à côté de moi pour vous piquer votre pop-corn. Mon sourire s'agrandit un peu : à défaut de mon père, la présence d'Abraham aurait été agréable. Vous allez bien ?

Je hochai la tête tout en continuant de marcher à travers les spectateurs qui sortaient des différentes salles.


- Et vous ? Dis-je, haussant la voix pour me faire entendre dans le tumulte.

Remarquant à son tour la difficulté pour échanger, il prit un petit air concentré avant de me proposer un endroit plus calme pour converser un peu. Je réfléchis un instant, voyant mon père dans son lit d’hôpital. Puis à cette vision s'ajouta maman, riant avec lui, ainsi que le médecin et sa mine fatiguée prescrivant les médicaments. Si il y avait un problème, je pouvais compter sur eux.
Je soupirai un peu, avant de me tourner vers Abraham qui s'était un peu éloigné à travers la foule :


-C'est bon pour moi ! Vous connaissez un endroit adéquat ?


Le voyant hocher à son tour la tête, je me rapprochai de lui pour le suivre. Ce qui n'était cependant pas très compliqué : il dépassait d'une bonne demi-tête la plupart des gens, ce qui lui offrait une probable vue d'ensemble que même avec mon assez grande taille, je n'avais pas. Enfin, nous débouchâmes sur une grande route bondée, voitures et de feus énervés, longée par de multiples petits bar et autres magasins de fortune.

Le suivant toujours, je traversai la rue imposante et bruyante et le suivais dans une ruelle moins bondée. Je le remercias intérieurement tout en soufflant de répit. Je haïssais le bruit.

Puis, Abraham s'arrêta devant un petit bar perdu ( dans Manhattan, vous imaginez?) aux tables de bois exposées à l'extérieur. Quelques personnes siégeaient ici à là, un journal à la main, un café dans l'autre. L'endroit respirait une tranquillité miraculeuse.

Toujours devant moi, Abraham trouva rapidement une place libre et tira une chaise dans laquelle je cru qu'il allait s'asseoir. Mais non, il me la proposa d'un air tout naturel. Je le remerciais, un peu étonnée ( à vrai dire, dans les romans que j'avais lus, les hommes gentleman n'étaient pas les plus bons. Je riais intérieurement à cette pensée futile ), alors qu'il s'attablait en face de moi.


-Quoi de neuf ?

J'avais certainement l'air plus détendue et moins professionnelle qu'à la bibliothèque. Non pas que j'attachais énormément de valeurs à l'attitude stricte au travail, mais dans ma situation, mieux valait être un minimum vigilant. Je lui souriais donc, heureuse de la tournure que prenait mon après-midi.

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: catch me if you can [PV Abraham]   Jeu 3 Juil - 13:59

Sans que ça paraisse, Abraham était content de la voir sourire un peu à son approche puis un peu plus lorsqu’il l’embêta gentiment. Non pas qu’elle soit systématiquement renfermée sur elle-même, pas en sa présence en tout cas, mais elle n’arborait pas un sourire à tout bout de champ. De ce fait, il estimait que lorsqu’elle le faisait, c’était avec sincérité et non par un automatisme forcé. Peut-être à tort. Mais tant pis, il lui plaisait de penser cela. Il ne la connaissait pas encore assez pour totalement démêler le vrai du faux quand ils étaient mélangés.

Face à son invitation, elle sembla réfléchir un court moment, pesant peut-être le pour et le contre avant d’accepter dans un soupir qui, bien qu’il se soit éloigné légèrement, ne lui échappa pas. Il ne dit rien mais le nota dans un coin de sa tête, envisageant de lui poser la question plus tard. Elle aurait pu refuser, il ne lui en aurait pas tenu rigueur. Et si c’était autre chose qui la préoccupait … il espérait que ce n’était pas de son fait tout en se demandant s’il pouvait l’aider en quoi que ce soit.
Quoiqu’il en soit, il acquiesça à sa question avec un sourire, attendant qu’elle se rapproche un peu avant de fendre la foule tel un ancien les eaux, surveillant du coin de l’œil qu’elle restait bien dans son sillon. Ils quittèrent le cinéma sans un mot, poursuivirent de la même façon dans l’avenue surpeuplée, toute communication étant compliquée de toute manière, avant qu’il ne finisse par tournée dans une rue adjacente. Le miracle s’opérait dès les premiers pas. L’artère principale avait beau être à une dizaine de mètres derrière eux, le bruit s’étouffait déjà et le bruissement dans les feuilles des arbres qui bordaient les trottoirs se faisait entendre doucement.

Le soldat avança tranquillement, fourrant ses mains dans les poches de son jean, jetant un nouveau coup d’œil pour s’assurer qu’Iris ne s’était pas perdue en chemin même s’il s’en serait rendu compte si cela avait été le cas. Il finit par s’arrêter devant un petit café qui ne payait pas de mine. Rien de clinquant ou tape-à-l’œil. Seuls les services en bois disposés à l’extérieur invitaient à s’asseoir et à profiter de la quiétude des lieux malgré la proximité du cœur de la ville. Il s’amusa de sa surprise quand il lui proposa une chaise avant de s’asseoir en face d’elle, décalant ses jambes sur le côté pour les étirer et les croiser au niveau des chevilles. Détendu. Avec un nouveau sourire en prime. Impeccable.

« J’adore cette question … la plus vague qui puisse exister. Je crois qu’on peut y répondre un peu par tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoi en fait. Plus sérieusement … dit-il en réfléchissant brièvement pas grand-chose pour être franc. Contrairement aux idées reçues, j’ai une petite vie tranquille et bien rangée désormais. »

Oui, enfin, presque mais Iris n’était pas censé le savoir et à moins de circonstances extraordinaires qu’il n’espérait pas, elle ne le saurait jamais.

« C’est sûr que ça me change … continua-t-il plus pour lui-même sans se rendre compte qu’il pensait tout haut Sinon je me suis finalement décidé et je me suis inscris à la fac pour prendre des cours de langues étrangères ! »

Il lui en avait rapidement fait mention lors de leur dernière rencontre, sans s’étendre plus que ça. La conversation devait s’y prêter à un moment pour qu’il en parle, même rapidement. Il ne se souvenait plus si la jeune femme avait relevé les propos ou non. Peu importe.

« Mais c’est une question très personnelle, commença-t-il, souriant doucement en reprenant des mots qu’elle avait utilisé lors de leur première rencontre je me dois donc de vous la renvoyer … presque sous la même forme en tout cas. Vous avez continué à survivre à votre directeur ? Il n’a pas encore dit que je me mettais trop en travers de votre chemin ? »

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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: catch me if you can [PV Abraham]   Sam 5 Juil - 9:39

Bien que le soleil était en train de se coucher, la rue dans laquelle nous débouchâmes était inondée d'une douce et paisible lumière. Je pris les devants d'un pas dégagé, Abraham suivant.

De chaque côté de la route où s'aventuraient quelques rares voitures et vélos, de petites boutiques se succédaient. Une pâtisserie, un vendeur de mobiles, un magasin d'arts. Un traiteur et un restaurant chinois. Bien que je parcourais la rue deux fois par jour pour me rendre à mon travail, je n'étais ni connue, ni à l'aise comme on peut l'être dans un quartier si familier. N'étant pas sociable pour rien au monde, on ne me connaissait pas beaucoup. Je me limitais souvent à un hochement de tête lorsqu'on me souhaitait la bonne journée. Et je m'en accommodais parfaitement. Les étals battaient leur plein à cette heure de la journée, et chez la boulangerie, la queue sortait de la boutique.


-Trois ou quatre minutes, tout-au-plus. Par ici.

Entre deux autre boutiques, une rue beaucoup plus sombre se profilait, totalement en désaccord avec le doux bruit des commérages de la rue marchande. La lumière du soleil semblait s'arrêter à la frontière de la ruelle, pour laisser place à l'ombre des deux vieux immeubles noircis par les années et la crasse. Ici, les bruits de la ville s’estompaient peu à peu pour laisser place à un silence presque sinistre, pour qui n'en aurait pas l'habitude.

J'habitais une bifurcation plus loin, au premier étage d'un autre de ces immeubles de banlieue. Contrairement à ma famille de sang, celle d'adoption n'était pas richissime. Alors bien qu'il ne soit pas très luxueux, il me convenait très bien. Il m'offrait une liberté qui m'était nécessaire, et me dispensait des colocataires imbuvables que j'aurais eu à supporter. De plus, son emplacement au premier étage était essentiel. Lorsque je me sépare, j'ai la manie d'aller vers le bas. Or si j'y suis déjà, je ne fais que tourner dans le hall sans gêner personne.  

Je ralentissais l'allure pour arriver au même niveau qu'Abraham, qui m'avait suivi tout ce temps.

-Je vous aurais bien proposé de rester un peu histoire de ne pas vous faire entamer le voyage de retour directement, mais je voudrais passer à l'hôpital le plus tôt possible.

Si je n'en avais pas l’expérience, il me semblait pourtant que l'on devait inviter l'autre chez soi, dans ce cas là. Etait-ce qu'il attendait ? Aucune idée, et bien que, par pure forme, j'avais pour habitude de ne pas obéir aux conventions sociales, celle-ci me paraissait plutôt sensée. Je trouvais assez stupide d'avoir emmené Abraham à faire tout ce trajet pour qu'il fasse marche arrière et se tape encore plusieurs dizaines de minutes de transport. Mais j'avais effectivement en tête de venir récupérer quelques affaires dans l'appartement et repartir aussitôt du côté opposé pour aller rendre visite à mon père. Je m'engageai dans le virage qui donnait sur une autre ruelle.

-Je loge à la ruelle q..., continuais-je, avant de m'arrêter subitement.

Il est rare que je ne termine pas une phrase. Lorsque je commence quelque chose, je vais jusqu'au bout. A moins d'en être expressément empêchée. Or à cet instant précis, c'était effectivement le cas.

Tout comme ma phrase, mon pas insouciant s'arrêta en plein vol avant retomber mollement au sol. Comme on fonce dans un mur, deux grands yeux d'un vert éclatants me percutèrent d'abord. Je ne les reconnu pas de suite, puis le visage aux traits durs, et le corps d'une musculature impressionnante me le rappelèrent immédiatement.

La dernière fois que l'on c'était « rencontré », une mutante du nom de Cessily m'avait, par je-ne-sais-quel élan d'héroïsme, tirée de ses griffes. Pouvant se transformer en argent pur, elle-même avait eut des difficultés pour se débarrasser de lui et de sa force étrangement décuplée. Et pour cause, il était mutant. J'aurai pu me défendre seule, en utilisant mon pouvoir au bon moment, mais à partir de l'instant où Cessily était dans mon rayon, je n'avais pu agir de peur de rentrer dans la mauvaise personne. Mais là n'était pas le problème : non, ce qui me dérangeait plus, c'est qu'il me voulait
personnellement. Rassurez-vous, j'avais tourné ça nombre de fois dans ma tête depuis la dernière fois. Et en cas de récidive -car j'avais la profonde intuition que récidive, il y aurait- j'avais pris la décision de le cuisiner comme je pourrais avant de m'emparer de son majestueux corps et de le faire s’assommer...lui-même.

Je croisai son regard émeraude. Et je sus qu'il savait.

Or, il y avait très exactement deux problèmes.

Le premier, c'était qu'un autre homme, plus petit et plus chétif, accompagnait l'énorme mutant. Or, je ne nourrissais aucun espoir sur le fait qu'il n'en soit pas un. Ce qui rendrait la tâche plus complexe.

Le deuxième, c'était Abraham.

Par instinct, je sus qu'il ne devait pas se mêler à cette histoire. Il n'avait rien à voir là-dedans. Même si je n'étais plus sure de rien, je ne pensais pas qu'il soit mutant. Or il ne pourrait pas se défendre face à ces deux-ci, et moi,  j'avais déjà à m'occuper de ma peau. Si il s'avérait qu'en réalité, il en était un, je ne voulais pas que l'organisation, si organisation il y avait, ne s'intéresse à lui. J'avais déjà entraîné la mutante d'acier là-dedans, bien que ce ne soit pas de ma faute, et je n'avais pas besoin d'avoir cet autre problème sur la conscience. En tous cas, je savais qu'il n'hésiterait pas une seconde devant un peu d'action. D'après ce que je connaissais de lui, c'était quelqu'un de sûr de lui, et de surcroît, une homme de terrain frustré.

Tout ceci me traversa l'esprit en l'espace d'une seconde. Je n'avais pas de temps à perdre avant que ça ne dégénère. Je me tournais d'un bloc vers Abraham.


-..à la ruelle qui suit. Donc, je ne crois pas qu'il soit... nécessaire de m'accompagner jusque là.

Malheureusement, je n'ai jamais su mentir. A l'intérieur de moi-même,les chaînes qui retenaient mes émotions captives se dénouèrent lentement, et d'elles-même. J'activais ainsi mon pouvoir. Et si je prenais le corps d'Abraham pour lui aussi, l’assommer, avant de repartir de l'autre côté ? Et si je courais tout droit, l'ancien militaire me suivant du regard d'un air perplexe, pour fuir le danger ? Or de question. De toutes manières, il m'avait vue. Mon expression se fit soudainement dure, tendis que j'essayais machinalement de refouler mes émotions. Maintenant, je barrais carrément le passage à Abraham.

Tout allait trop vite, et je perdais le contrôle.

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: catch me if you can [PV Abraham]   Mar 26 Aoû - 9:55

Sorti tranquillement de la bouche de métro, les mains dans les poches, Abraham observait les alentours, autant par curiosité que pour agrandir sa carte personnelle de téléportation. La rue semblait sortir d’un monde parallèle, l’effet de la douce lumière qui la baignait sans aucun doute. C’était agréable. Il sourit doucement, appréciant les lieux tout en suivant Iris. Si certaines boutiques n’avaient pas trop de succès à cette heure, comme le magasin d’arts qu’il apercevait d’un côté de la rue, ce n’était pas le cas de la boulangerie qui n’était pas loin d’afficher complet. Si elle était la seule ouverte, les clients devaient affluer des alentours pour s’y presser. Encore un peu et ça ressemblerait à une foule de fans qui fait la queue pour obtenir un billet pour le concert de son idole. A quand la rupture de stock ?

« Pas beaucoup donc. C’est pas mal d’être à côté … surtout quand il pleut. »

Il parlait d’expérience pour le coup. A San Francisco, l’arrêt de bus, de la ligne qui était la plus intéressante, le plus près de chez lui … ne l’était pas tant que ça en fait. Ce n’était pas l’autre bout du monde non plus mais il lui fallait une quinzaine de minutes pour faire le trajet. Même en courant, il avait largement le temps de se prendre une bonne saucée … et d’arriver complètement transi chez lui.
Il continuait de suivre la demoiselle, quelques pas derrière elle et haussa un sourcil franchement étonné quand il vit la ruelle dans laquelle ils allaient s’engager. Non pas qu’il se sente directement menacé mais elle n’avait rien d’engageant. Elle semblait absorber toute la lumière de la rue de laquelle elle débouchait, comme si deux mondes s’affrontaient sur la frontière, chacun cherchant à prendre le contrôle de l’autre. Il jeta un œil à son interlocutrice puis de nouveau à la noirceur du passage. C’était peut-être idiot mais elle lui faisait penser à certains coupe-gorges présents dans les films. Instinct, sixième sens ou il ne savait quoi d’autre, cette ruelle, il ne la sentait pas. Il sortit les mains de ses poches, préférant les avoir libres au cas où. Prudence pouvait être son troisième prénom par moment.
Malgré tout, il sourit sincèrement à Iris quand elle s’adressa à lui.

« C’est gentil à vous mais ne vous en faites pas pour moi. Je comprends très bien que vous vouliez aller voir votre père tout de suite. Je ferai la même chose si j’étais vous. Alors ne perdons pas de temps et allons-y. »

Il lui emboita le pas tout en se disant que si elle avait été sa fille, il aurait refusé qu’elle ait à passer par un endroit pareil. C’était comme si la saleté suintait des murs qui encadraient la ruelle. Même un récurage intensif n’avait pas l’air d’être suffisant pour retirer cette poix noire. Peut-être n’avait-elle pas d’autres choix cela dit. Et il admirait le fait que cela ne lui pose pas vraiment de soucis d’y passer. En apparence tout du moins.
Son interruption subite l’empêcha de lui poser la question. Il allait en changer pour lui demander ce qu’il se passait quand il remarqua à son tour les deux hommes un peu plus loin. Ils n’avaient pas les enseignes "mauvaises intentions" qui clignotaient au-dessus de leur tête, mais c’était tout comme. C’était un peu Laurel et Hardy … mais en l’aura sympathique et drôle en moins. A côté de la masse, plus grande que lui s’il ne se plantait pas à cause des ombres, l’autre semblait ridicule. En tout cas, avec sa taille, sa carrure de mastodonte et son crâne chauve, il avait tout l’air de l’homme de main … dans quoi allait-il encore se fourrer ? Sans compter le rapport qui l’attendrait fatalement à sa suite. Chaque chose en son temps.
Sa réaction laissait à penser qu’elle avait déjà eu à faire à eux, qu’elle les avait déjà vus. Si c’était bel et bien le cas, comment avait-elle fait la ou les fois précédentes ? Quel était le lien entre eux ? Que lui voulaient-ils ? Un petit rire lui échappa. Il devait attirer les rencontres de ce genre, il allait finir par y croire.

« Au contraire, je pense que ça l’est. Et puis, j’ai proposé de vous raccompagner. Je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin. »

Il s’apprêtait à avancer quand un élément sembla lui échapper : la jeune femme qui se mettait au milieu de son chemin. Un détail devait lui manquer pour comprendre la scène qui se déroulait sous ses yeux. Au-delà de sa présence physique, son expression était tout autre. Une dureté qu’il n’avait jamais vue jusque-là se présentait, nouvelle pour lui. Etait-ce le signe précurseur de l’utilisation d’un pouvoir qu’il ne connaissait pas si elle était mutante ? A moins qu’elle soit naturelle, les autres n’étant qu’une façade.
Les hommes, patibulaires, commençaient à s’avancer vers eux. La marge de manœuvre s’annonçait réduite d’emblée.

« Tu devrais dégager maintenant si tu ne veux pas être dans la merde.
- Je crois que je suis déjà dedans, non ? »

Il n’avait pas pu s’en empêcher. Et puis, autant préciser tout de suite qu’il n’avait nulle intention de mettre les voiles comme il le lui avait conseillé. Peut-être à tort d’ailleurs. Mais ça, il en jugerait par la suite. Il croisa mentalement les doigts pour que Sasha soit libre ce soir … elle pourrait éventuellement, si les choses ne tournaient pas spécialement en sa faveur, lui être d’une grande aide.

« Et ça fait le malin … dommage. On ne voulait qu’elle mais on peut peut-être faire une exception ce soir …
- Et vous lui voulez quoi exactement ?
- Ce ne sont pas tes oignons.
- Le contraire m’aurait étonné … »

Il n’était pas plus avancé d’un point de vue informations en tout cas. Alors qu’il passait tranquillement en posture de combat tout en se décalant pour ne plus avoir Iris au milieu, ce qui ne manquerait pas d’arriver il en était sûr, il passa en revue les derniers rapports qu’il avait pu lire au QG. De mémoire, rien ne lui revenait sur l’enlèvement récurrent de personnes, mutantes ou non. Soit il n’avait pas lu les bonnes pages, soit ce n’était pas à jour … la première option était plus vraisemblable.

« Tu comptes vraiment rester là et nous compliquer le boulot ?
- Apparemment.
- Tant pis pour toi alors … tu aurais mieux fait de foutre le camp.
- Viens alors. Et on verra si j’ai eu tort ou non. »

Le provoquer n’était peut-être pas la meilleure chose à faire mais se téléporter avec la demoiselle ne l’était pas non plus. S’ils l’avaient retrouvée, nul doute qu’il pourrait recommencer. Le seul point logique restait d’en savoir plus. Un adversaire KO pouvait être loquace si l’on savait s’y prendre. Cela étant, il aurait pu la mettre hors de danger et revenir dans l’instant … mais sa dernière réaction lui intimait que ce n’était pas envisageable.

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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: catch me if you can [PV Abraham]   Mar 2 Sep - 11:15


Si il n'y avait pas eu Abraham, ça aurait facilité bien des choses. Le deuxième mutant aurait même été, après réflexion, une aubaine. J'aurai pu prendre possession du corps du gros, et forcer l'autre à me révéler le pourquoi du comment de toute cette histoire. Si, chose probable, ce plan ne marchait pas à cause du pouvoir inconnu de son acolyte chétif, je n'avais qu'à, en une demi-seconde, changer de corps et utiliser ce fameux pouvoir mystérieux contre le gros. J'aurai ainsi su de quoi il en retournait, et il ne restait plus qu'à les emmener au BAM, ou bien à les abandonner là, solution qui ne me paraissais néanmoins pas très judicieuse.

Mais ces divagations ne servaient plus à rien, maintenant. Abraham avait l'air bien décidé à s'en mêler. Je le voyais à son regard, comme si il avait été enfermé trop longtemps, en inactivité. Un soldat dans l'âme, qui attendait la première des occasion pour s'enfuir de sa cage. Mais je ne lui en voulais pas. Je n'en avais même pas le temps, à vrai dire.

D'après ce que j'avais entendu dire, il faut savoir s'adapter à toutes les situations. Alors c'est ce que je fis.

Pendant tout le temps ou je ruminais confusément la situation , essayant d'imaginer des suites d'actions et autres plans farfelus dus à mon manque d'objectivité – ce qui était sois-disant passant normal, mon état émotionnel s’aggravant à la même vitesse que mon pouvoir se déclenchait- Abraham et l'autre mutant s'étaient engagés dans une discution visant certainement à gagner du temps et des informations. Normalement, je suis assez douée pour ça, mais Abraham s'en chargeait très bien. Et puis, je n'étais pas en état.

Si Abraham voulait réellement rester là, et à ce que je voyais, c'était bien le cas, alors soit. Autant qu'il soit prévenu.

-Viens alors. Et on verra si j’ai eu tort ou non. 

Je jetai un coup d'oeil au mutant de petite taille. Il ne disait rien et observait la scène d'un air détaché, tout comme moi. Il ne me disais rien de bon. Je n'avais pas envie de me retrouver dans son corps sans savoir de quoi étaient faites ses capacités.

J'avançais lentement, les jambes un peu tremblantes à cause du stress émotionnel que j'essayais tant bien que mal de refouler. L'ancien soldat s'étant déplacé à ma droite, j'avançais jusqu'à être près de lui, me penchais légèrement, et lui dit avec le plus de clarté  possible :


-Vous n'êtes pas obligé. Rentrez chez vous pendant qu'il en ai encore temps – ce dont je doutais, mais je ne dis rien. Puis : Le gros est un mutant de super-puissance. L'autre, je n'en ai aucune idée. C'est ce qui m'inquiète.

Ma voix tremblait mais je tentais de la contrôler et de faire un effort, bien que ce soit de plus en plus dur. Et douloureux. J'avais envie d'exploser, j'étais frustrée, en colère, lassée. J'étais pleine de rancune, de peur et de doutes, qui se transformaient bientôt en une rage qui me dévorait les poumons. Mais je ne permettrais pas que tout ça me submerge, je ne me le permettrais pas. Du moins, pas tant que je ne l'aurais pas décidé.

Que faire ?

Je n'avais pas le choix, malgré tout ce que je pouvais bien dire. J'allais me séparer, tout bonnement, et cette pensée, parmi tant d'autres, ne me réjouissait pas. Si je n'arriverais pas à éloigner Abraham, je devais alors faire au plus vite. Et pour ça, il fallait absolument que je fonce sur le gros mutant, en espérant que l'ancien soldat n'essaie pas de s'en prendre à lui avant.

Mes jambes s'entrechoquaient, mes bras étaient ballants, j'étais blanche et glacée à force d'efforts et de frustration. Ca devait sortir de moi. C'était intolérable. Mais j'avais deux choses à faire avant que tout ne s’effondre autour de moi et avec moi.

Je ravalais une fois de plus toutes mes émotions, ceci accompagné d'une grimace éloquence.


-Ne vous occupez pas de moi. A vrai dire, ne vous occupez de rien du tout. Mais les mots ne sortirent pas de ma bouche, et je voyais déjà l'énorme mutant s'élancer vers Abraham. Je marmonnais un juron qui se perdit dans un grognement de douleur.

Je fis demi tour et, au prix d'un grand effort, courait, marchais et trébuchais pour emmener mon corps en retrait. Je m’effondrais à trois mètres de la scène.

Et je laissais la libération m'envahir.

Je ne décrirais pas une fois de plus la sensation jouissive qui s'empara de moi juste avant que je ne sois éjectée hors de moi-même. Je ne décrirais pas non plus la douleur physique atroce qui me parcourut alors que je m'arrachais à moi-même, et qu'un gémissement étrangement lointain sortait de ma bouche au même instant.

Je fendais l'air à toute vitesse. J'étais invisible, mais j'explosais. J'étais libre. Libre de mes émotions, enfin. C'était incroyablement bon. Je fonçais tout droit, transpercée par l'euphorie, plus animale qu'humaine. Primitive.

BAM !

Retour à la réalité, malheureusement. J'entendis un son roque. Je n'avais pas vécu une pareille séparation depuis très longtemps. Plus douloureuse, plus intense, plus désagréable. Le son roque, apprenais-je en ouvrant les yeux dans un plissement, été sorti de « ma » bouche.

Je m'étais trompée de personne.

Au lieu de me retrouver dans le corps du géant, j'étais dans celui de son acolyte.

Et de mes mains sortaient une fine pluie de neige glacée.

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: catch me if you can [PV Abraham]   Mer 10 Sep - 20:57

Le mastodonte se rapprochait lentement, souriant à moitié, comme s’il était sûr de sa victoire. Aaaaah, comme il était doux d’avoir confiance en soi sans se méfier d’autrui. Rien que pour ça, Abraham serait ravi de lui en coller une, juste pour lui prouver qu’il n’était pas homme à laisser faire et que lui aussi avait des ressources.
Il prit position, son corps se tendit par habitude, prêt à passer à l’action quand l’autre serait à sa portée, que ce soit en défense ou en attaque. C’est à ce moment précis qu’Iris décida de revenir dans son champ de vision sur sa gauche. Pourquoi ? Elle devait bien avoir ses raisons. Surtout si elle se rapprochait de lui. S’il haussa un sourcil, ce fut tout. Il ne lui accorda pas de regard direct, ne voulant pas tenter le diable à quitter l’autre des yeux.
Il sourit doucement malgré tout à ses propos, admirant le calme qu’elle réussissait à conserver, même dans leur situation. Elle aurait tout aussi bien pu partir en hurlant. Ce qui aurait été nettement moins glorieux. S’il ne la voyait pas vraiment, il la sentait toujours toute proche et les genoux qui jouaient des castagnettes étaient parfaitement audibles. Il reprit alors rapidement, d’une voix douce.

« Non, c’est vrai mais je vous donnerai mes raisons tout à l’heure. En tout cas, merci pour les informations. »

La suite se déroula un peu trop rapidement pour qu’il ait le temps de lui répondre une nouvelle fois. L’autre avait initié une approche et de ce fait, accaparait toute son attention. Quant à la demoiselle … qu’il ne s’occupe pas d’elle, soit. Là encore, la question restait pourquoi. Mais l’heure n’était plus à l’interrogation. Après, sans aucun doute. Quoiqu’il en soit, elle avait disparu de son champ de vision et il pouvait laisser libre cours à son imagination.
Certains coups classiques verraient leurs conséquences amoindries à cause de la corpulence de son adversaire. Si en plus, il disposait d’une forcé décuplée, il ne pouvait pas se permettre d’être touché. Ses côtes et autres os ne seraient pas d’accord. Il entendait déjà la voix de Sasha l’engueuler. Tout à ses pensées, il esquiva une première droite primitive en souriant tout comme le revers qui suivit.

« Raté. Une autre tentative peut-être ? »

Pour le moment, et même si c’était quelque peu contraire au fait de prendre l’initiative, le soldat voulait juste observer comment il se battait pour avoir une idée de quel niveau mettre derrière. Mais la tête semblait être un bon angle d’attaque à tester. Ce point et quelques autres … il s’apprêtait à ressortir une connerie pour faire sortir l’autre de ses gonds mais un gémissement qui semblait appartenir à une autre dimension, provenant de derrière lui, lui coupa l’herbe sous le pied. Et la seule personne potentiellement derrière lui, à moins qu’un autre inconscient se soit engagé dans cette ruelle si peu avenante, c’était Iris.
La tentation de se retourner était forte … mais elle lui avait spécifié qu’il n’avait pas à s’occuper d’elle. Alors il prit sur lui pour regarder droit devant. En revanche, sa prochaine victime ne put s’empêcher de détourner le regard. C’était juste ce qu’il lui fallait. Coup de pied rapide dans la cuisse enchaîné avec un gauche dans les côtes suivi d’un coup dirigé vers la nuque … qui n’atteignit que partiellement sa cible. Il se baissa avec agilité pour esquiver une riposte. Il se remit à avancer vers l’homme de main, l’obligeant à reculer lentement.

« Connard …
- Dites pas ça, vous allez me faire rougir …
- Et en plus tu te payes ma gueule ! »

Sans répondre, il visa la mâchoire du poing droit tout en balançant un pied vers un genou qui trainait dans le coin. Si la première résonna sous l’impact, ses phalanges aussi. Il resta stoïque, il aurait le temps de se lamenter après. En attendant … une résistance serait-elle à ajouter à la force ? C’était à envisager en tout cas. Quant à l’articulation de la jambe, elle semblait un peu raide. Donc en insistant un peu …
Il fut distrait par l’acolyte qui remua lentement dans le fond et de l’espèce de pluie qui semblait provenir de ses mains. Il était en train de se dire que les choses allaient se compliquer et devenir intéressantes quand un poing massif se rapprocha dangereusement. Trop d’ailleurs. Reculer ou se baisser n’était pas envisageable. Tant pis pour la discrétion. Il se téléporta derrière lui. Et l’homme, surpris, fut emporté par son propre élan auquel Abraham ajouta un nouveau coup de pied à l’arrière du genou préalablement visé. Un hurlement en partie étouffé résonna dans la ruelle.

« Pourquoi vous en prendre à elle ? demanda-t-il alors que l’autre se redressait péniblement, prenant appui sur son autre jambe
- Ce ne sont toujours pas tes affaires …
- Si. Il va juste falloir que vous vous en rendiez compte … vous me le direz. Ici ou plus tard … mais vous cracherez le morceau. Littéralement ou non, c’est à vous de voir.
- Ha ha … t’as peur de rien toi !
- Si. Mais pas de vous. »

Et à défaut d’avoir peur, l’absence d’action de la part de l’autre le dérangeait. Ce n’était pas … logique. A moins qu’il n’attende que son comparse soit inopérant et lui affaibli pour intervenir ? Ça se tenait. Mais si c’était le cas, il n’avait aucune attache envers l’autre et il était sûr de pouvoir le mettre KO derrière. Il fallait qu’il se méfie d’autant plus … L’autre se rapprochait de lui, à la vitesse que l’autorisait son genou en mauvais état. L’américain inspira longuement. Il ne tenait pas à ce que la séance s’éternise alors, il s’exécuta.
Saut derrière l’inconnu, il le poussa violemment pour qu’il tombe. Nouveau saut juste devant lui, profitant de sa chute, il remonta son genou dans les côtes qu’il avait déjà frappées avant et fit un autre bond sur le côté, hors de portée des mains. Il ne voulait rien lui dire. Soit. Il allait le remettre aux autorités compétentes et profiter de cette délégation de boulot pour s’occuper de l’autre. Surveillant qu’il cherchait toujours son souffle et qu’il était inopérant au moins momentanément, il sortit son portable sur lequel il composa un numéro sécurisé.

« Oui ?
- Agent 42.
- Poursuivez.
- Je vais vous apporter un colis d’ici peu. Probablement dans le hall, c’est là qu’il y a le plus de place.
- Des détails ?
- Le paquet est mutant : force augmentée, résistance physique probable. Actuellement affaibli mais je ne suis pas au courant s’il a des capacités de régénération. Prévoir des colliers pour le neutraliser, au cas où.
- Autre chose ?
- Non.
- Très bien. Nous vous attendons. »

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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: catch me if you can [PV Abraham]   Sam 20 Sep - 15:02


Ce qui venait de se passer, j'en avais largement l'habitude. Me réveiller dans des corps qui ne sont pas miens, c'est la routine, pour moi. Mais jamais je n'avais même seulement imaginé pouvoir gérer un pouvoir m'étant totalement inconnu par la même occasion. Paquet surprise ! Même si j'en avais vaguement eu l'idée plus tôt, à l'instant, on ne pouvait faire plus étrange.

Durant quelques secondes, je me désintéressais totalement à la situation. Non pas par manque de sang-froid. Je ne ressentais plus la terreur suffocante qui m'avait assaillie quelques minutes avant.

J'étais émerveillée.

Rien d'autre. Pas gênée (il faut bien comprendre. On ai jamais chez sois dans le corps de quelqu'un d'autre. On squat, c'est tout.). Pas paniquée. Pas désespérée. Pas même en colère.

Juste émerveillée.

Je posais sur les deux mains maintenant miennes un regard intéressé. Une fine pellicule de neige c'était formée dans les paumes. La formation des flocons provoquait une légère chatouille, presque une caresse. Je secouais mes mains : plusieurs flocons se détachèrent précipitamment comme lorsqu'on secoue une branche enneigée et qu'un gros paquet en tombe. Je ré-itérais l'action, avec cette fois-ci plus d'énergie, comme pour me débarrasser d'une bestiole qui parcourrait ma main. Un peu plus de neige tombe, et un maigre sourire apparaît sur des lèvres qui n'en n'ont manifestement pas l'habitude.

Pendant un instant encore, mon visage est habité par un sourire rêveur, alors que mes yeux fixent inlassablement mes mains. J'aurai pu rester longtemps dans cette posture. Plus rien n'avait d'importance, seulement ces légers grains blancs qui naissaient, s'envolaient et disparaissaient de mon champ de vision.

Je ne suis pas quelqu'un de poétique. Généralement, je trouve cela lassant. La poésie est triste, langoureuse, fini par m'ennuyer. Mais ceci n'est pas de la poésie. Je venais de comprendre que j'avais toujours le pouvoir d'être fascinée.

Et le charme fut brisé. Je ne m'y attendais pas, et lorsque cela se produisit, je levai la tête, bouche bée, perdue mais étrangement sereine.

Il faut tout de même que je m'explique, et que j'insiste. Lorsque mon pouvoir m'emplit pleinement -comme c'était le cas à l'instant-, mes humeurs changent, avec beaucoup plus de facilité qu'à l'accoutumée, où j'ai déjà beaucoup de mal à les retenir. Je m'en rend souvent compte plus tard. Tout ce que je contiens le reste du temps s'épanouit quand il en a l'occasion. Je deviens en colère, énervée, rageuse, désespérée. Je deviens béate, amusée, vaguement concernée par l'action, dans la lune. Je deviens méchante, mauvaise, sadique et profondément malheureuse. Je ne ressens plus la peur. Je suis terrifiée. Ou bien je me déchaîne. Rien n'a plus de sens.

C'est le silence qui me réveilla. Il ne dura pas longtemps, cependant.


-Agent 42.

J'avalais péniblement ma salive. Imaginez-vous avaler de cette manière la salive de quelqu'un d'autre. Péniblement est donc vraiment bien adapté.

Mon regard croisa, l'espace d'une seconde, celui d'Abraham. Je savais qu'il ne savait pas, mais je ne pouvais m'empêcher d'espérer. Je remarquais qu'il avait un téléphone plaqué contre son oreille. A qui parlait-il ? Pourquoi ? Je dirigeai mon regard vers le reste de la scène. Le géant se relevait laborieusement, son énorme masse étant certainement difficile à gérer.

Dans tous les cas, à l'instant, il me fallait agir. Je n'y trouvais pas la raison logique, mais c'était comme un besoin impérial. Je tentais de réfléchir à la manière d'utiliser le pouvoir mis à ma disposition. Et je me rendais compte que, tout mignon qu'il était, il ne me servait à rien. Plus exactement, je ne savais pas comment m'en servir comme une arme. Car j'étais certaine que la présence de ce mutant reposait sur son pouvoir, et non sa corpulence.

Dans une pulsion purement tirée des bouquins que j'avais pu lire, je tendais la main droit devant moi, la paume tournée vers l'extérieur. Laissant une traînée de poussière neigeuse suivre mon mouvement, je concentrais toute mon énergie à pousser la glace en dehors de ce corps.

Je ne l'aurai même pas rêvé, mais ça marcha à merveille. Une décharge me traversa violemment, et je sentis distinctement un froid glacial endurcir ma main. Lorsque je rouvris les yeux, j'avais une arme.

Effectivement, de ma paume féerique avait jailli une énorme bloc de glace taillé en une pointe mortelle qui était allé se ficher dans le mur qui me faisait face. Dans la vitesse à laquelle elle s'était élancée, la brique avait séparé Abraham et l'énorme mutant qui s'était enfin relevé, les interrompant dans leur élan. Et durant un temps qui ne dura qu'une fraction de seconde, nos regards à tous les trois convergèrent vers l'objet enfoncé dans le mur, stupéfaits. Avant de se tourner vers moi.

Moi qui avais la bouche grande ouverte sous l'étonnement. Je regardai une fois de plus mes mains avant de me dire que cette attitude était un peu trop révélatrice et de fermer précipitamment ma bouche.

-Sincèrement, je sens que je vais adorer ton pouvoir, murmurai-je plus pour moi-même que pour le mutant dans lequel j'étais et qui devait à ce moment se mordre les doigts. Si je puis dire.

-Putain, fais gaffe la prochaine fois, connard ! T'as failli m'trucider !

Cependant, sans plus s'attarder, ils recommencèrent leur petit jeu en m’oubliant partiellement.

Alors derechef, je tendais une main devant moi. La pensée me vint que je ne savais absolument pas viser. Encore moins dans le corps d'un autre. Ma main tremblait et le temps de maintenir la position fermement, elle déviait vicieusement sur un côté et, c'était trop tard.

Mais je m'obstinais. La manipulation fut plus difficile que la première fois. En me concentrant fortement, je sentis une fois de plus le froid sortir de ma paume dans une brûlure glacée, mais le bloc qui en jailli n'était plus glace mais neige durcie. Une seconde plus tôt aurait certainement défoncé la jambe d'Abraham, mais celui-ci réagit assez vite. Je remerciais le ciel et me maudissais pas la même occasion. Il avait du prévoir le coup. Je n'étais pas censé être dans son camp, après tout.

Cette fois-ci, je me concentrai. Avec un sourire de satisfaction, j'atteignais en pleine tête le mutant à la super-force, avec un bloc de glace qui aurait suffit à tuer, ou du moins à amocher sérieusement n'importe quel homme normalement constitué. A la place, cela eut seulement pour effet de l’abasourdir quelque secondes. C'était déjà ça.

Pensée qui se confirma la seconde qui suivit. Il se passa quelque chose qui me laissa totalement abasourdie.

Abraham profita de l'instant d’inattention du mutant pour lui sauter dessus. Il passa ses bras autour de ses épaules, comme pour l'embrasser. Ce qu'il ne fit pas, j'en étais pratiquement certaine.

Pratiquement, oui. Parce que l'instant d'après, ils avaient tous deux disparus.

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: catch me if you can [PV Abraham]   Lun 22 Sep - 21:23

Abraham raccrochait rapidement, décidé à passer à la suite de son plan monté bien plus que rapidement. Seul un détail lui semblait étrange : pourquoi l’autre individu n’avait-il pas profiter de cet instant pour l’attaquer ? Ses théories d’attente d’affaibli ou d’opportunité propice tombaient à l’eau puisqu’il venait de laisser passer les deux. Alors quoi ? Qu’est-ce qui pouvait bien lui échapper dans cette ruelle ? Une pensée s’envola vers Iris, pas franchement rassuré par ses derniers propos et encore moins par le fait qu’elle n’était plus dans son champ de vision, mais il n’eut pas le temps de chercher la demoiselle des yeux : le colosse se relevait, difficilement, en grommelant. Si les insultes ne fusaient pas, il en serait presque déçu.

« P’tain … tu sors d’où toi ?
- Pour vous reprendre, ce ne sont pas vos affaires. »

Ne souhaitant toujours pas se prendre un coup, il raffermit sa concentration et son attention, se remettant en position, prêt à agir. Les côtes ne supporteraient que très peu un nouvel impact, l’un de ses genoux était déjà en vrac … d’autres articulations étaient à sa disposition mais il ne voulait pas prendre le risque de se rapprocher de ses poings. L’autre genou, pour l’empêcher de se relever, avait sa légère préférence. Le harceler en se téléportant devant, derrière, sur les côtés … là où il ne l’attendrait pas …

Ils étaient à deux doigts se tourner autour, comme sur un ring, quand une espèce de javelot leur passa sous le nez, les faisant reculer d’un pas, pour aller s’encastrer dans le mur. Parfaitement synchrone, ils se tournèrent vers l’objet en question. Un pic de glace. En Avril. Les températures n’étaient pas les plus chaudes de l’année mais tout de même. S’il était habitué à des situations peu banales, il n’en était pas moins surpris. Et il n’était pas le seul. Que son adversaire du moment le soit était normal … après tout, il n’était pas censé se faire attaquer par celui qui était son allié. Que l’allié en question soit aussi ébahi en revanche, nettement moins. Tous les signes étaient réunis : la bouche ouverte sous l’étonnement et le regard hagard vers les mains. Cela ne semblait pas prévu puisque des invectives suivirent dans la foulée. Mais qu’est-ce qui lui échappait ?
La réflexion viendrait plus tard puisqu’il revenait à la charge. N’en avait-il pas assez ?

« Vous allez finir par avoir plus d’os cassés que l’inverse …
- J'te le dis ... tu m’as surpris tout à l’heure mais c’est pas un crétin comme toi qui me mettra K.O. aussi vite !
- S’il n’y a que ça, il fallait me le dire avant ! »

L’américain savait qu’il ne pouvait pas utiliser tout à fait la même chose que précédemment, l’autre s’y attendrait probablement s’il n’était pas si idiot que ça. Et compte tenu de son pouvoir, il ne voulait pas se risquer à vérifier. Il n’en oubliait pas non plus l’autre énergumène … si tout était une mise en scène depuis le début pour endormir sa vigilance et croire qu’il n’avait plus qu’une cible ? Pourquoi pas.
Avant de se voir perdre l’initiative, il se téléporta au plus près, sentant alors son haleine dans sa nuque avant un frisson de dégoût. Il ne perdit pas plus de temps et lui remonta un genou dans les bijoux de famille. C’était vil mais les omelettes ne se font pas sans casser des œufs. Il retourna trois mètres en arrière avant même que l’autre ne porte ses mains en coque, gémissant.
Et un objet non identifié dans sa vision périphérique lui intima de reculer d’un mètre encore. Il ne le regarda pas se désagréger contre le mur mais le bruit lui suffit à savoir qu’il aurait été bon pour de la rééducation si Isaïah ne leur avait pas rabâché les oreilles sur l’importance de l’environnement et des autres sources potentielles d’emmerdes, amies ou non.
Avec curiosité, mais pas sans se méfier, il observa un nouveau bloc de glace se précipiter vers eux, tout de même orienté vers l’acolyte. Head shot. Mais la résistance se confirmait puisqu’il ne semblait qu’étourdi et certainement pas hors service. Cela suffirait largement pour le transport. Profitant de la situation, il se téléporta dans son dos, l’enserra  de ses bras fermement et sans jeter un coup d’œil à celui qui venait de lui faciliter les choses, disparut avec son colis.


Hall principal, QG de BlackHawk
« Collier ! »

L’agent avait lancé la demande sans se soucier de qui lui répondrait. Il tendit simplement le bras pour attraper l’objet qu’on lui donnait et le passa rapidement autour du cou de son paquet qui devint aussi doux qu’un agneau. Ce n’était pas la peine de prendre des risques inutiles. Soufflant un coup, il se redressa et remarqua enfin les agents de sécurité qui les entouraient. Il avait plutôt bien visé.

« Des recommandations ?
- A mettre en cellule et à interroger rapidement. Une histoire d’enlèvement mais je n’en sais pas plus. Je ne sais pas du tout ce qui se trame derrière tout ça. C’est bien pour ça que je le ramène.
- Vous avez besoin de soins ? »

Il regarda alors ses phalanges. Il eut un petit rire sec. Si tout avait été fini, il aurait accepté et pris le chemin de l’infirmerie sans se soucier du reste. Mais c’était loin d’être le cas.

« Oui mais ils attendront. Il avait un acolyte … que j’ai laissé en pleine possession de ses moyens dans cette ruelle. Mais quelque chose ne cadre pas, il faut que je sache quoi avant de le ramener à son tour. Je vous tiens au courant. »


Une ruelle parmi tant d’autres à New-York

Il était de retour. Deux minutes tout au plus s’étaient écoulées. Et encore, il pariait sur moins. L’autre homme n’avait pas bougé. Il l’observa. Aucune intention agressive ne se peignait sur ses traits. Très bien. Autant en profiter. Il pivota sur lui-même et ses yeux dérivèrent sur le théâtre de leur rencontre pour enfin tomber sur ce qu’il cherchait. Iris. Sans hésitation, il se téléporta à ses côtés, ses doigts se positionnant immédiatement pour trouver son pouls. Lent mais régulier. Il soupira de soulagement. Au mieux, elle était endormie, au pire, inconsciente mais elle n’était pas blessée. Par habitude, il replaça une mèche de cheveux derrière son oreille.
Il releva la tête pour regarder celui qui l’avait aidé. Malgré lui ? Ou était-il conscient de ses actes ? Il décida de lui laisser le bénéfice du doute. Pour l’instant. Il avait des choses à comprendre avant de l’embarquer au QG ou non. Il se redressa et se téléporta à un mètre devant lui. Sa voix était neutre.

« Vous n’avez rien fait pour lui venir en aide. Vous êtes venus ensemble alors pourquoi ? Espérez-vous une sorte de clémence pour votre inaction ? Y a-t-il des éléments dont vous voudriez me faire part maintenant pour clarifier cette situation ? »

Il se tourna brièvement vers le corps d’Iris qu’il désigna du menton.

« Mon temps est précieux, je ne compte pas la faire attendre éternellement. »

Tout en disant cela, il restait tout de même méfiant vis-à-vis de l’autre, préférant s’attendre à un coup bas et se tromper que de ne pas le prévoir et en subir les conséquences.

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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: catch me if you can [PV Abraham]   Lun 29 Sep - 12:20

Interloquée, soufflée, ébahie, médusée, choisissez le terme que vous voulez. Durant quelques secondes, je regardais le vide avec deux yeux grands ouverts sous l'étonnement. Mes mains étaient restées figées dans l'air, comme englouties par leur propre pouvoir. Je secouais violemment la tête, dans l'espoir de remettre ainsi mes idées en place. Et étrangement, cela marcha à merveille.

Ils avaient disparus. Un des deux, voire même, pourquoi pas, quelqu'un d'autre avait interagi à l'aide d'un pouvoir mutant pour les emmener je-ne-sais où, loin d'ici certainement. A moins qu'ils ne soient simplement devenus invisibles. Etait-ce Abraham ? Plus que probable. Cela expliquerait le fait qu'il se soit jeté dessus et, à cet instant précis, disparus ensemble. Ainsi que la personne avec qui il avait été au téléphone, quelques secondes plus tôt. Mais comment être sure ? Je n'étais pas sure. Je n'étais plus sure de rien du tout, à vrai dire.

Inconsciemment, j'avais avancé mon nouveau corps vers l'endroit où les deux hommes c'étaient battus. Et si ils étaient toujours là ? Et si ils se battaient à cet instant, devant moi, simplement invisibles par quelque pouvoir tout aussi étrange que le mien ? Après tout, j'avais la possibilité de voyager dans l'air sans que personne ne me remarque. Au détriment de laisser mon corps, totalement vulnérable, derrière moi.

Je hasardais un main raide dans l'espace qu'ils avaient habité.

Rien.

Je soupirai. C'était un soupire indescriptible. J'y laissais s'épanouir les émotions qui s'emparaient de moi, un instant, avant de reprendre ma réflexion. Ne pas perdre son sang-froid, sous aucun prétexte, m'avait un jour dis ma mère. Facile à conseiller, et si dur à appliquer.

Ce dont je me doutais à présent, c'était que quelqu'un allait revenir. Qui que ce soit. Abraham ? Avec ses anciens de l'armée ? L'énorme mutant ? Avec d'autres de ses acolytes, mais à ce moment là, pour quoi faire ? Je priais pour que ce soit la toute première solution. Je n'avais aucune idée de quelle manière je pourrais décemment lui expliquer tout mon problème, mais au moins, cela voudrait dire qu'il contrôle un minimum la situation comme il semblait l'avoir prouvé jusque là, et de surplus, qu'il été sain et sauf. Si c'était l'autre, en revanche...

L'homme dont j'avais pris possession devait avoir une bonne ouïe, car à ce moment là j'entendis un discret
craac, non loin, de ma droite. Tout de suite, je tournais la tête vers le dérangement sonore. Une silhouette, mince et élancée mais à la carrure qui ne laissait place à aucun doute, disparut de nouveau, pour ré-apparaître, plus discernable, et plus proche sur le trottoir.

Je lâchai un soupire qui, cette fois-ci, tenait distinctement du soulagement. Je voyais mal mon corps de là où j'étais, mais j'arrivais tout de même à l'imaginer. Je chassais cette subite image de mon cerveau. Il ne manquerait plus que je perdre de nouveau le contrôle et que je fonce dans Abraham. Mauvaise idée.

Une demi-seconde plus tard, de sorte que je ne pu le prévoir, le grand homme se téléporta une fois de plus pour se planter en face de moi, à une distance finement calculée.

Je n'avais pas encore réfléchi à la possibilité qu'il puisse, à mon tour, me téléporter en terre inconnue. Quelque chose me disait que moi et mon coloc' du moment, on n'apprécierait pas le voyage.

Je n'eus pas le loisir de remarquer combien la situation était d'une ironie fourbe, car quelques instant plus tard, il se mit à parler :

-Mon temps est précieux, je ne compte pas la faire attendre éternellement.

Je serrai les dents et m'empêchais de regarder là-bas. Un instant, j'eus envie d'éclater d'un rire nerveux. Mais je me reteint. A la place, je regardais Abraham dans les yeux, cherchant désespérément les bons mots. Sans les trouver. Chose qui, en tant que bibliothécaire, m'arrive très peu souvent. Alors je levai les mains, paumes tournées vers l’extérieur en signe de paix, mais aussi pour l'inciter à m'écouter. Avant de précipitamment baisser les bras : le givre continuait à se former sur ma peau.

-Ok, ok. C'est la situation la plus étrange que j'ai jamais vécu. Et pourtant, j'en ai vécu bon nombre. Ca servait à rien, mais il fallait que je le dise. Je... Elle -je désignais mon corps du doigt- elle peut attendre tout le temps qu'il faudra pour que vous comprenez ce que je vais dire. Ca va vous paraître incongru, tiré par les cheveux. En fait, ça l'ai, mais ce n'est de la faute de personne. Vous allez certainement me prendre pour une folle, ce que vous êtes peut-être surement déjà en train de faire. Ou bien que c'est un tordu stratagème pour vous embrouiller et amadouer votre vigilance, ou que sais-je encore. Mais écoutez seulement, et essayer d'imaginer que ce soit vrai. Je vous en pris.

Une grimace habita une demi-seconde mon visage masculin, et j'étouffai un grognement de frustration. Pourquoi allais-je lui dire, au fait ? Aucune idée.

-Voilà. Iris que vous voyez là-bas, c'est moi. Je suis dans ce corps là. Apparemment, à New York, ça grouille de mutant, mais moi aussi j'en suis une. Je peux sortir de mon propre corps -ce qui ai, entre nous, assez dérangeant et très peu pratique-, pour voyager dans un autre.

Je me creusais la cervelle pour trouver les mots qui me mèneraient à mes fins. Je me souvenais subitement que celui que je possédais entendait tout ce que nous disions.

Ce sarcasme n'avait plus de fin.


-J'aimerai simplement le mettre... hors d'état de nuire avant de sortir d'ici.

Il était plus que peu probable qu'il n'ai rien compris à mon histoire. J'espérai seulement que dans mes yeux, il lise toute ma sincérité.

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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: catch me if you can [PV Abraham]   Mer 1 Oct - 22:18

Abraham attendait. Tranquillement. Patiemment. Stoïque. Mais il n’était pas totalement détendu pour autant. Il était prêt à agir au moindre geste suspect de son interlocuteur. Il sentait que les choses n’étaient pas aussi simples qu’elles semblaient l’être au premier abord et il lui laissait une chance, une seule, de s’expliquer. Selon les réponses qu’il lui donnerait, il aviserait.

Pourquoi serrer les dents ? Il ne donnait pas l’air d’encaisser un choc physique. Evaluait-il des options alors qu’aucune d’entre elles n’était satisfaisante ? Devait-il réfréner une envie ou une volonté quelconque ? Il continua de le regarder en silence, ne cillant pas. Il accrocha son regard et ne le quitta pas, l’incitant à ne pas trop tarder. Bien que patient, il ne comptait pas revenir sur ce qu’il avait dit au sujet d’Iris.
Il se tendit instinctivement quand l’homme commença à lever les bras avant de se détendre, un peu, quand les paumes se tournèrent vers l’extérieur. Il était donc là en paix. Pourquoi ? Un piège peut-être ? Il avait été à bonne école pour ne pas se focaliser sur un signe qui en cachait peut-être un autre. Il restait méfiant et attentif. Et d’autant plus quand une légère couche de glace se forma sur ses mêmes paumes. A moins qu’il ne contrôle pas son pouvoir ? Trop de questions et trop peu d’informations pour en tirer des conclusions viables. Pour lui en tout cas. La voix d’Isaïah lui lançant un « Laisse-moi faire gamin » résonna dans sa tête et il réprima un sourire. Ce n’était ni le moment ni l’endroit.

Il l’écouta, n’ajoutant pas que lui-même avait vécu des situations bien plus qu’étranges. En dehors du fait qu’il n’avait pas forcément le droit d’en parler comme ça, la suite des propos l’intéressait bien plus, surtout si elle apportait les réponses qu’il attendait.
L’agent haussa un sourcil perplexe. Comment ça elle pouvait attendre tout le temps nécessaire ? Comment pouvait-il le savoir ? Etait-ce lui qui l’avait plongée dans cet état ? Quelle était la relation entre les deux ? L’autre poursuivait, il jugea plus utile de ne rien dire pour le moment. Quant au côté incongru ou tiré par les cheveux, c’était déjà sensiblement le cas, alors un peu plus ou un peu moins n’y changerait rien. Il tiqua à l’utilisation de l’adjectif "folle". Il jeta un bref coup d’œil pour vérifier mais il avait tout l’air d’être un homme. Aurait-il changé de sexe et que le naturel s’impose de temps en temps ? Peu probable. Dans quel bordel s’était-il encore fourré ? Il n’était pas loin d’être d’accord sur les derniers mots.

Malgré cela, il se contenta d’acquiescer d’un signe de tête, lui intimant de continuer sur sa lancée avant qu’il ne finisse par vraiment perdre patience. Et s’il n’avait pas déjà entendu un certain d’histoires qui ne tenaient pas debout, il aurait réellement été surpris. Là … cela tenait plus de l’étonnement. Et sur le fait que la demoiselle soit une mutante, pas qu’elle puisse dissocier son esprit de son corps s’il avait tout saisi.

« J’imagine oui. Surtout en passant du corps d’une jolie demoiselle à celui-là … cela dit, vous auriez pu choisir l’autre ce qui n’aurait pas été mieux … »

Surtout compte tenu de là où il se trouvait désormais. L’un dans l’autre, il était ravi que ce ne soit pas son corps à lui qu’elle ait choisi. Un panel de questions commençait à se dresser dans un coin de sa tête mais il les remisa à plus tard devant la demande. Mais comment être sûr que c’était bien celle avec qui il avait bu un café qui s’exprimait ?

« Dans quel contexte avons-nous fait connaissance ? »

Question simple il en est mais elle pouvait suffire à faire la différence. L’autre disposant déjà de la capacité à générer de la glace, il doutait qu’il soit en plus télépathe. Dans le doute, il se mit à liste l’alphabet cyrillique. Mais rien de fâcheux ne se produisit et la réponse apportée était correcte. Par principe, et habitude, il resta sur ses gardes. Il désigna du menton le corps actuellement occupé par deux esprits.

« Si ce corps est blessé, vous ressentez quelque chose ? Et s’il est mis KO, vous pouvez toujours en sortir pour retourner dans le vôtre ? »

Il n’était pas totalement fermé à l’idée, si elle était la seule qui leur permettait d’arriver à leurs fins, mais s’ils pouvaient éviter que la jeune femme subisse les conséquences de cette mise hors d’état de nuire, ce n’était pas plus mal.

« Parce que si vous pouvez l’immobiliser sans rien sentir et que l’inconscience ne vous pose pas de réel problème, j’ai plusieurs idées … commença-t-il avant d’envisager une autre hypothèse A moins que vous ne puissiez faire quelque chose de vous-même à l’intérieur ? »

Quelle que soit la méthode choisie, cela finirait de la même façon : par un aller simple dans une cellule du BH pour y rejoindre son pote.

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Beam me up Scotty !

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Iris Balwin
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MessageSujet: Re: catch me if you can [PV Abraham]   Dim 5 Oct - 16:00


Mes prières furent certainement entendues car le visage d'Abraham prit une légère teinte surprise, rien de plus. Lorsque je lui avais annoncé, et de cette même manière, Colleen c'était montrée beaucoup moins facile à convaincre. Enfin, ce n'était pas dans de mêmes conditions. Et elle n'était pas Abraham. Différence majeure.

Je ne pu retenir un léger soupire de soulagement lorsqu'il acquiesça pour me montrer qu'il envisageait bel et bien l'idée. Je ne lui avais pas encore dit que j'oubliais mes souvenirs. Je ne lui avais pas encore dit que le corps dans lequel j'étais, lui, ne les oubliait pas. Et pour une raison qui m'était inconnue, je décidais de ne pas le faire.

Les sourcils froncés, Abraham était en pleine réflexion. Et moi, je ne savais plus où me mettre, que faire. Des questions, je m'en posais aussi. Où était-il parti, durant ces quelques minutes ? Etait-ce lié à une autre organisation, secrète elle aussi ? Est-ce qu'elle supprimerait définitivement la menace que représentait ces deux individus ? Au risque d'être remplacée par des interventions encore plus gênantes ? Et est-ce que j'aurai le droit à un interrogatoire, ou quelque chose dans ce goût-là, moi aussi ? L'idée ne me plu guère. J'ai toujours caché l'existence de mon pouvoir à la face du monde. Il était trop complexe, trop subtile pour que quiconque le comprenne. Moi la dernière.

Mes pensées s'envolaient, tourbillonnaient, s'écrasaient et repartaient de plus belle. J'étais ailleurs. J'étais ici. J'avais envie d'être ailleurs, mais j'étais ici. Qu'est-ce que j'attendais ? J'avais la ville à explorer, j'avais ma liberté à faucher, j'avais le ciel pour moi toute seule. Qu'est-ce que j'attendais, coincée dans ce maudis corps, trop étroit pour moi-même, faible, maladroit, dangereux, puant et transpirant ? Je devais sortir. Tout. De. Suite.

Je me sentais monter, je me sentais descendre, et j'aurai tellement, tellement voulu me laisser aller à ces pulsions, à ce que cette voix voulait, à ce que je voulais. Mais était-ce ce que je voulais, au fait ? Certainement. Je ne savais plus.


Concentre-toi, nom de nom. Sur n'importe quoi, oublie-la, oublie tout ça, et concentre-toi. Alors je choisi la première chose qui vint à mon esprit mouvementé. La voix d'Abraham. Je l'avait oubliée un instant, j'avais oublié les mots qu'elle prononçait, à partir de l'instant où moi-même lui avait donné la réponse qu'il attendait.

-...onscience ne vous pose pas de réel problème, j’ai plusieurs idées.

Lentement, ses paroles me revenaient. Et ce fut donc lentement que je répondis.  Mais je répondis tout de même, malgré la voix rauque qui résonna dans la ruelle, et malgré les piques de glace que j'envoyais au sol, sans m'en rendre compte. Petits, les piques, mais des piques quand même.

-Je... Ressens, ce que ce corps ressent. Si vous lui donnez un coup, c'est à moi que vous le donnez, aussi. Alors que là -je désignais, une fois de plus, l'endroit où reposais mon propre corps-, je ne sens rien. Mais...

Je perdais le fil. Je me forçais à me concentrer sur mes mains et sur le picotement que provoquait la neige qui se détachait de ma paume. Cela marcha.

-...Mais j'ai une idée. Je pense que je peux arriver à endormir son corps. Avec ça. A ces mots, je levai doucement ma main gauche. Le froid, ça crée un anesthésiant. Ca va m'endormir, enfin, l'endormir, plus exactement. Une fois inconscient, je suis instantanément éjectée.

Ma voix s'était raffermie, à mon plus grand bonheur. Et peut-être que cela ne dura qu'un instant, mais lorsque je m'arrêtais de parler, je me rendis compte que, pour la première fois depuis tout à l'heure, mes émotions s'étaient tues. C'était comme un silence, un silence délicieux. Plus mal nul part, ni mon cœur qui se sert, si mes tripes qui se nouent, ni mon crâne qui explose. Juste, le silence.

Mais je n'avais pas de temps à perdre.


-Je ne contrôle pas, Abraham. Alors, il faudra mieux vous écarter.

Je pris une autre inspiration. Malgré mes airs surs de moi, cette opération avait naquis dans un esprit délabré, et grandit dans un corps esclave de la volonté d'une autre personne. Le nombre de chance pour cela marche n'était grand, mais si jamais ça tournait mal, le seul réellement en danger et cet homme. Et je ne le pleurerai pas.

Par pure précaution donc, je reculai un peu du soldat, tout en me rapprochant... de moi-même.


-Ne partez avec lui qu'une fois sûr qu'il est inconscient. Je ne supporterai pas le voyage.

Après ces dernières indications, je lançai un regard significatif à Abraham avant de lever mes deux paumes vers mon crâne. Pas très rassurée.

Mais je fermai les paupières et collai mes mains sur les deux côtés de mon crâne. Puis je me concentrais pour mettre en œuvre le pouvoir du mutant. Étonnement, se fut plutôt rapide. Il ne fallut que quelques seconde pour que je sente le contact de mes mains avec mon crâne se glacer. Bientôt, de chaque côté de ma tête s'enfonçait profondément une sensation horrible de froid qui me faisait l'impression de deux marteau-piqueurs se frayant un chemin dans mon crâne, broyant, écrasant et déchiquetant. Un grognement s'échappa de mes lèvres et une esquisse de grimace se dessina sur mon visage. Mais une seconde plus tard, je ne sentis plus rien. Plus mes mains, plus ma tête, plus ma gorge, plus ma poitrine, et ça continuai à descendre, et bientôt, je, il, nous perdîmes connaissance.

Il fallut une seconde supplémentaire pour que je traverse les airs.

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