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 Epitaphe {David C. Haller}

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Sage
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MessageSujet: Epitaphe {David C. Haller}   Mar 10 Juin - 21:04

Mercredi 28 Mai 2014 – 02 : 58 P.M.
Elle la voit. Elle est debout face à la fenêtre parallèle à son lit, visage baissé et ignorante de son reflet. Elle n’a pas le front contre la vitre de l’infirmerie car elle en évite la froideur mais ce qu’elle regarde, au-delà de cette même vitre, est tout aussi froid. Elle la voit et fait des parallèles : elle la voit tout aussi seule et mystérieuse qu’elle-même, toute aussi froide et due à l’extérieur et tout aussi vide à l’intérieur, n’ayant pas demandé à être et n’ayant rien de plus qu’une funeste existence. Elle la voit et ne peut s’empêcher de se dire qu’elle aurait dû être à son côté, dans un costume tel qu’elle en porte un aujourd’hui pour recevoir les visites qu’elle a à recevoir. Elle la voit et s’interroge sur l’unique question qui importe celle qui permet de supposer toutes les autres : Qui ?

Jeudi 29 Mai 2014 – 04 : 03 P.M.
Elle la voit. Elle est débout face à elle et elle lit son identité avec une impassibilité interloquée. Elle ignore ce que cela signifie, pour l’heure, mais elle la regarde et la seule chose qu’elle y lit est que les espoirs reposent ici. Dieu juge les espoirs, cela lui a prit cent dix-neuf ans, et désormais ils reposent dans le parc, à l’ombre des arbres. Elle n’est pas en deuil, quant bien même elle porte ce même costume sombre qu’elle avait hier déjà. Elle n’est pas en deuil car elle ignore encore mais elle fait le silence nécessaire au recueillement. Il y a une part d’égoïsme dans son geste, elle en est consciente, elle est là parce qu’elle aurait dû l’être, parce qu’elle s’était faite à l’idée de l’être, mais il y a également de l’altruisme, parce qu’elle veut se souvenir. Elle veut honorer la mémoire.

Vendredi 30 Mai 2014 – 04 : 03 P.M.
Elle la voit. Elle sait maintenant. Elle sait ce qui c’est passé. Elle sait comment cela s’est terminé. Elle ignore pourquoi mais elle a son idée. Elle se recueil réellement maintenant. Non, elle ne l’a pas connu. A dire vrai, elle ne connait pas son visage. Les grandes lignes de son histoire récente, comment il a vécu, ce qu’il a fait et comment il est mort, ainsi que des suppositions sur le pourquoi, c’est tout. Elle n'a pas besoin de beaucoup plus pour se souvenir de lui. Ne pas le connaitre est à double tranchant : c’est plus facile pour elle car sans la connaitre jamais l’autre n’a pu se méprendre sur elle mais d’un autre côté elle ne se souvient pas de lui pour ce qu’il était mais pour ce qu’il a laissé comme traces. Mais est-ce réellement se souvenir ou s’illusionner ?

Samedi 31 Juin 2014 – 04 : 03 P.M.
Elle la voit. Elle est toujours à distance, à cette place millimétrée et dans cette même tenue et attitude qu’à chaque fois qu’elle est venue, mais elle a franchie une étape également. Ses mains nues tiennent quelques maigres tiges et elle les dépose au pied de la pierre comme il est de coutume de le faire pour honorer les morts. Elle n’est pas la seule à la fleurir mais elle n’a encore rencontré personne d’autre et cela lui va ; non pas que ses instants seraient gâchés par une autre présence mais elle préfère continuer à converser avec un mort qu’à le faire avec un vivant, c’est plus simple et même si elle ne croit même pas qu’il puisse l’entendre, elle se sent moi seule. Elle aurait dû lui tenir compagnie d’une autre manière et elle sent qu’elle est à sa place.

Dimanche 1er Juin 2014 – 04 : 03 P.M.
Elle la voit. Elle endure la pluie à son côté mais la pluie n’a jamais tué personne. Ses fleurs en revanche ont perdues leurs couleurs, broyées entre l’eau et la boue. Elles auront eu une vie éphémère et cela l’attriste même si elle continue de faire face avec la même impassibilité. L’eau du ciel remplace des larmes inexistantes et coule le long de ses joues, suivant la courbe de ses tatouages avant de se perdre sur son menton. Son costume devra être changé mais cela ne lui importe pas pour l’instant. Elle tient compagnie en toute reconnaissance à cette pierre solitaire qui est la dernière trace d’une personne qu’à défaut de rejoindre elle entretiendra car il est plus facile de se souvenir de lui que de se souvenir d’elle-même. Désormais elle sait : elle aurait aimé le connaitre. Juste essayer.

Lundi 2 Juin 2014 – 04 : 03 P.M.
Elle la voit. Elle l’a même touchée. Un simple mouchoir en papier pour essuyer les quelques traces qui restaient encore du déluge du jour précédent. Elle a son autre costume, identique au précédent, car après tout c’est là l’utilisé d’une chose de rechange. Elle n’essaie pas d’être aussi identique que la pierre, aussi inchangée, mais c’est la seule tenue qu’elle peut décemment lui présenter. C’est une question de respect. Elle n’a pas de nouvelles fleurs, les dégâts de la pluie sont encore visible et elle ne voudrait pas tacher de boue la seule chose à laquelle elle puisse faire face en toute honnêteté ici sans être jugée et déconsidérée. Elle sait qu’il est de tradition de parler aux morts. Même si ça semble illogique elle ne considère pas cela comme inutile. Mais elle ne sait pas quoi dire.

Mardi 3 Juin 2014 – 04 : 03 P.M.
Elle la voit. Tout aussi inchangée qu’elle elle la voit et se laisse voir. C’est ainsi que ce construit une relation hors elle n’y est jamais vraiment arrivée avec une autre personne. Elle n’est pas morte en son cœur, pas même métaphoriquement, mais il n’y a personne pour le voir. Et elle n’arrive à trouver personne. Elle a essayé autrefois, lorsqu’elle n’y réfléchissait pas encore, lorsqu’elle était jeune, lorsqu’elle était encore étrangère à cet environnement ; mais elle n’avait pas réussi. Alors elle s’était enfoncée dans sa solitude, elle avait tout occulté pour avancer encore et encore. Désormais qu’elle a vue la fin, sa fin, elle s’est retournée. Son testament a été fait, elle est revenue. Est-ce une seconde chance ? Elle peut la saisir comme telle mais elle n’est pas sure de savoir le faire.

Inintéressante, insensible, mécanique… incomprise ? Considérant que les valeurs d’un individu se calculent par rapport  une norme elle est incompréhensible, plutôt. Pour ce que ça change… C’est pour cela que Sage préfère être ici : elle ne la juge pas. Elle ne répond pas non plus mais Sage ne parle pas, ce n’est pas un dialogue de sourd ou à sens unique, c’est simplement une absence de dialogue. La seule façon qu’elle a d’ouvrir son cœur.

Alors elle continue de faire face, de lui faire face, debout et dans son tailleur noir, femme de taille moyenne plutôt musclée, les cheveux noirs noués en un chignon au sommet de sa nuque à l’exception de deux mèches, tant bien que mal accrochées derrière ses oreilles, et du toupet, lui couvrant le front, le visage aussi impassible que la pierre qui lui fait face mais les yeux tellement plus vivants qu’à l’habitude. Il n’y a rien à analyser, il n’y a rien à décrypter, juste à regarder et à penser ; juste à ressentir.

Mais à faire le pet à un endroit si signifiant chaque jour on finit par s’y faire repérer et la première question revient même si l’on peut commencer par l’une des secondes. Elle répondra. Elle questionnera également car elle a des questions à poser.

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David C. Haller
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MessageSujet: Re: Epitaphe {David C. Haller}   Jeu 19 Juin - 20:05

Assis sur le rebord de mon lit, je fixe avec nostalgie les deux photographies reposant sur ma table de nuit. Ces deux fantômes adorables me regardent en souriant sans même se douter que de l’autre côté de la vitre, c’est un homme déboussolé et solitaire qui les regarde. Daniel… Ce prénom porté par les deux disparus et si symbolique résonne dans une tendre mélancolie dans ma tête. Comment aurais-je pu imaginer les perdre si rapidement ? Tous les deux faisaient partie de mon univers, de ma famille. J’avais partagé tant de bons moments avec eux et ils avaient su m’apporter tant de bonheur et tant d’espoir. Des hommes comme ça n’avaient pas le droit de mourir ! Pourquoi Dieu avait-il laissé Daniel se faire dévoré par les lions, par leurs ennemis héréditaires cruels et sans pitié ? Ce n’était pas de cette manière que l’histoire devait se terminer ! Daniel était censé sortir vainqueur de cette arène tragique, de ces pièges mortels qui s’était lentement mais si cruellement refermé sur eux. Des véhicules transformés en tombeaux motorisés ! La situation était tragiquement ironique lorsque l’on pensait. Pourtant ils n’étaient pas morts en martyrs pour la même raison. Le premier avait été tué pour son appartenance au peuple juif, le deuxième pour la nature de ses pouvoirs ! Juif ! Mutant ! C’était tout ce que j’étais en somme, tout ce qui nous liait les uns aux autres. Cela était-il porteur de mauvais présage ? Une réalité lointaine à laquelle je finirais par être confronté. Mourir pour ce que j’étais ? Mourir pour le sang et le gêne X que je portais en moi ?

La Mort ! Un concept effrayant pour la plupart des personnes mais qui d’une certaine manière me charmait ! C’était en elle que j’avais trouvé la force et le courage nécessaire pour soutenir le combat qui était aujourd’hui le mien ! N’était-ce après tout pas pour combattre l’antisémitisme que j’avais choisis de veiller sur mes sœurs et frères juifs ? De m’engager à servir Dieu et à devenir rabbin ? Durant près de cinq ans, je me nourrissais des témoignages tragiques que je recueillais avidement autour de moi et depuis cette époque, il ne se passait pas une année sans que je ne visite les anciens camps d’extermination ou les cimetières juifs. C’était sans doute une folie de ma part, je le concevais bien mais elle devenue essentielle pour moi, comme une bouffée d’oxygène dont je ne pouvais plus me passer. J’avais fait de la mort une alliée précieuse qui m’avait depuis accompagnée dans toutes mes errances !

J’entendais très souvent mes proches parler de moi comme si j’étais un survivant, un être privilégié qui avait vu tant de fois la mort de près que ma vie leur paraissait être un miracle. Un miracle, vraiment ? N’était-ce pas un moyen pour eux de dissimuler une réalité dérangeante qui leur faisait honte ? Ma vie était en réalité un terrible et effroyable échec. Ma mutation n’avait cessé de me poser des difficultés. J’étais la proie incessante des assauts répétés de ces autres entités qui hantaient mon esprit. Mon père avait passé des années à se battre à mes côtés, à tenter d’emprisonner ces monstres au fond de ma conscience, sans grand succès. J’avais le sentiment d’être un poids terrible pour lui. Le plus grand de ses échecs et je m’en voulais terriblement pour cela. Bien loin de le tranquilliser, ma présence le mettait mal à l’aise. Nous n’en avions jamais parlé ouvertement, mais il est des mots et des regards qui traduisent les pensées bien mieux que nos pouvoirs télépathiques ne sauraient le faire.

Je n’étais pas à ma place ici ! L’ambiance qui régnait autour de moi depuis mon retour à l’Institut était si lourde, si menaçante… Entre Rachel qui gardait constamment un œil sur moi, Caitlyn qui avait rompu tout contact avec moi depuis notre rencontre pitoyable, Amy qui me craignait bien plus qu’elle ne semblait prête à m’écouter et mon père que je ne voyais presque plus que pour nos séances cliniques… Je me sentais seul ! Horriblement seul ! J’avais l’impression d’être emprisonné d’un monde auquel je ne voulais plus appartenir. Un univers auquel il m’était devenu impossible d’échapper ! Je n’avais pas posé un pied dans ma synagogue depuis une année et j’avais l’interdiction de quitter le manoir de mon père…

Il me restait cependant un endroit où je pouvais me rendre sans enfreindre les interdictions paternelles. Le parc de l’institut où la pierre tombale de mon meilleur ami avait été dressée. Il était devenu mon sanctuaire et Daniel, le dernier confident que je pouvais contacter sans craindre des conséquences.

Je m’y rendais pratiquement tous les jours et à chaque fois j’emportais avec un Kaddish, une prière sous forme de confidence que je désirais lui faire. J’appréciais la quiétude et la paix qui régnait à cet endroit et je m’y rendais généralement le soir avant d’aller me coucher. C’était pratiquement devenu un rituel qui obéissait à des règles très précises. Tout d’abord, je n’arrivais jamais les mains vides. J’apportais très souvent un Kaddish avec moi ou un bouquet de fleurs, on ne pouvait après tout pas décemment être invité chez un ami sans lui offrir de cadeau, n’est-ce pas ? Puis je m’allongeais à côtés de la pierre tombale, regardant les étoiles dans le ciel et en lui racontant ma journée. Il me semblait alors le sentir à mes côtés, le voir allonger auprès de moi occupé tout comme moi à chercher des Vérités venues des étoiles. Un vieux rêve qui ne demandait qu’à être exaucé. Daniel me manquait horriblement ! Chaque jour sans lui au milieu de ces présences hostiles sans jamais pouvoir souffler… J’aurais tant aimé pouvoir me raccrocher à ces discussions philosophiques sans fin, à déguster avec lui un verre de cognac ou un martini tout en le chambrant sur sa trépidante vie sentimentale. Ce cérémonial pouvait parfois durer des heures et des heures sans que je ne m’en lasse une seconde !

L’affection que je portais à cette tombe semblait bien pathétique et je doutais que qui ce soit de sensé serait en mesure de me comprendre. J’aurais perdu la tête pour eux, tout simplement ! Eternel incompris, je me prenais cependant au jeu. Pourquoi prendre le temps de les écouter alors qu’aucun ne semblait pouvoir comprendre les profonds sentiments de détresse et de solitude qui étaient les miens ?

Un jour où je me sentais plus seul que d’habitude, je pris le chemin du parc au milieu de l’après-midi et c’est alors que j’aperçus une jeune femme se recueillir sur sa tombe. Je ne l’avais encore jamais vue et pourtant elle semblait également en deuil. Un léger sourire apparut sur mes lèvres tandis que je me convainquais que cette jeune femme avait pu être un des nombreux amours perdus de mon ami. Je m’approchais en silence et osais d’introduire en toute délicatesse.

- Bonjour ! Pardonnez mon intrusion mais je me… demandais si je ne pour… pourrais pas partager mes hommages avec… avec vous !

Phrase somme toute assez stupide mais j’aimais la franchise et la sincérité et c’était là la seule phrase qui m’était venu à l’esprit à ce moment.

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MessageSujet: Re: Epitaphe {David C. Haller}   Sam 21 Juin - 15:17

- Bonjour ! Pardonnez mon intrusion mais je me… demandais si je ne pour… pourrais pas partager mes hommages avec… avec vous !

Elle n’a pas bougé, elle n’a dévié ni son regard ni sa position. Il n’a pas fait de bruit dans son approche, jusqu’à ce qu’il prenne la parole du moins. C’est donc à cette occasion qu’elle agit à son tour, pivotant la tête vers l’inconnu pour lui répondre alors même que ses pupilles entreprennent leur variation étrangère, se contractant et se dilatant vivement. Inconnu, il ne l’est plus vraiment, avant même qu’elle ne prononce sa première parole tant elle lit de son regard terne, malgré la couleur azurée et claire qui l’émet.

Taille et poids estimés : 175cm pour 75kg environ. Musculature solide même si entrain de se perdre par le manque d’exercice d’un laissé allé global. Visage amaigri dont la peau mal entretenue forme un linceul pâle sur un ensemble fin et relativement proéminent, l’une des joues étant même marquée d’une cicatrice. Cheveux noirs en bataille et chaotiques empiétant sur le front et contrastant avec le teint. Hétérochromie partielle mais étrange dans le fait qu’elle ne soit pas présente sur le génotype ; un génotype qu’elle connait partiellement d’ailleurs et qui lui permet d’établir un lien de filiation avec la seule personne à pouvoir prétendre la connaitre. Plus que déclencher une pointe d’amère jalousie qu’elle ne manifestera jamais, elle est consciente de qui se trouve devant elle d’un simple regard : l’un des enfants biologiques de Charles Xavier. Un mutant Oméga doté d’une capacité d’absorption psychique modifiant le cerveau pour permettre de réutiliser les pouvoirs des absorbés mais conservant également les personnalités originelles ; sans le potentiel illimité, l’autre serait classifié Gamma considérant que sa mutation dispose de défauts majeurs qui l’empêcheront à jamais de vivre comme un humain normal. Et à la vue de son apparence globale il est usé par son combat.

- Naturellement, répond-t-elle d’une voix monocorde, une seconde seulement après avoir tourné son regard vers lui.

Restant dans la position la plus naturelle pour le corps humain, dos droit et bras le long du corps, une position si naturelle et neutre que l’absence de mouvements superflus rendait cependant mécanique, elle tourna de nouveau la tête vers la tombe, laissant son vis-à-vis faire sa liturgie.

Elle ne l’a jamais rencontré et malgré qu’elle s’était énormément renseignée sur le lignage et la filiation de Charles Francis Xavier lorsqu’elle avait résidée à l’Institution par le passé elle n’avait jamais entendu parler de lui. Comme pour tant d’X-Men des premières générations elle avait vu et voyait toujours en le Professeur X une figure paternelle bien au-delà du simple mentor mais son arrivée en ces lieux comme en ce pays avait également signifiée la rupture totale avec sa famille, une chose qui l’avait tant affectée qu’elle avait fait un transfert affectif sur la seule figure à la côtoyer et lui accorder de l’attention ; cela avait été jusqu’à ce qu’elle remplace son nom de famille par celui de la mère de Xavier, moyen discret d’exprimer ce sentiment envers lui mais qui, malgré le fait qu’elle ait été entrainée seule par le Professeur X là où les autres avaient formée une équipe, n’avait pas été comprit à sa juste valeur. Alors elle avait abandonnés ses noms et prénoms, devenant simplement Sage, le fruit de son entrainement, mais croyait qu’il n’y avait personne pour avoir cette chance qu’elle n’a jamais pas eue, cette véritable filiation. Elle avait tord.

Elle inspire et fait silence par respect pour le défunt mais son évaluation de la situation est faite et elle a tirées les conclusions qu’il y a à tirer, lisant le monde en lieu et place de le voir comme toujours. Elle a de nouveaux aveux personnels à laisser se perdre dans le néant de son esprit mais qui n’auraient pas atteints leur destinataire de toute façon ; les morts n’entendent pas mais leur parler est thérapeutique car même mort ils restent des êtres et les différences qu’il y a à discuter avec eux ou avec les êtres vivants sont largement compensables aux yeux de Sage.

Elle ne bouge pas durant toute la lecture et se fait aussi effacée qu’elle ne l’est, écoutant tout de même les paroles malgré qu’elles ne lui soient pas adressées et qu’elle soit étrangère et profane. Mais l’autre lui a demandé de partager les hommages, non de les faire seul, alors elle reste. Il est bien capable d’exprimer le besoin de se recueillir seul s’il le souhaite et recevra cette même réponse qu’elle a donnée à la première demande, parfaitement compréhensive.

Néanmoins, son immobilisme n’est nullement inaction car même si elle ne reprendra pas la parole, elle sait qu’il est probable que les questions qu’elle s’est posée au sujet de Charles Jr germent dans son esprit à lui aussi et que malgré son bégaiement il puisse les poser. Elle est parfaitement consciente que son action est risquée s’il s’en retourne sans rien dire mais le sujet commun lui semble trop sensible pour se permettre une telle insensibilité, quand bien même son physique à elle est parfaitement impassible. C’est une affaire de patience mais même si elle y a renoncé il y a bien longtemps elle sait l’être encore, c’est dans son caractère et c’est l’un des rares points qu’on en perçoit même s’il est facile de ce méprendre sur la nature de ce trait.

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David C. Haller
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MessageSujet: Re: Epitaphe {David C. Haller}   Dim 29 Juin - 12:14

Durant quelques minutes, je ne l’ai pas regardée ni même prêté la moindre attention. Ce n’était pas de l’indifférence, bien au contraire. Je la sentais à mes côtés et cette présence me rassurait en quelque sorte. Passant la plupart de mon temps seul depuis mon retour, j’appréciais de pouvoir de temps à autres être infidèle à ma solitude pour côtoyer mes autres camarades de l’Institut Xavier. Les paroles ne sont pas toujours nécessaires lorsque l’on honore nos morts. Partager une douleur commune suffisait à créer ce lien invisible qui réunissait les cœurs meurtris. Lors des célébrations de la Shoah toutes les personnes rassemblées venues de diasporas différentes ne parlaient pas forcément l’hébreu. Cela ne nous empêchait cependant pas de mêler nos prières et nos larmes dans un sentiment d’appartenance commune à notre peuple martyrisé. Je ne connaissais encore rien de cette jeune femme. Je ne savais rien de la douleur qu’elle endurait, de la relation qu’elle entretenait avec Daniel ou du symbole qu’il représentait pour elle. Pourtant, nous étions côte à côte honorant la mémoire d’un être aimé mort pour nos idéaux, mort pour les espoirs d’un nouveau peuple martyrisé.

Un seul mot avait suffi pour que nous puissions nous comprendre. C’était tout ce qui importait ! Ayant obtenu sa bénédiction, je murmurais quelques prières à l’intention de mon ami. Préférant conserver une certaine distance avec la jeune femme qui se recueillait en ma compagnie, les paroles que je prononçais étaient en hébreux. Daniel n’y aurait rien compris certes mais il pouvait lire dans mon cœur toute la portée des sentiments qu’elle transportait. Je restais ainsi de longues minutes et déposait ensuite le bouquet que je tenais dans mes mains. Les fleurs habituelles avaient toutes répondu présente à ce rendez-vous ! La bruyère, l’anagallis et la rose bleue ! Des fleurs si insignifiante pour le néophyte mais si porteuse d’espoir pour les connaisseurs.

Après avoir déposé le bouquet, je levais mon regard vers la mutante qui avait permis le petit miracle du partage de ce moment si impromptu et si réconfortant. Jeune femme de stature moyenne, elle devait avoir le même âge que le mien, à peu de choses près. Son regard bleu azurée était d’une pureté étincelante et ne pouvait que ce faire remarquer et contrastait parfaitement avec la couleur de ses cheveux d’un noir d’ébène. D’étranges tatouages marquaient le contour de son visage, faisant encore plus ressortir la couleur magnifique de ses yeux. Son attitude détachée et presque froide me surpris aussitôt. Pourquoi gardait-elle cette impression de détachement ? Était-ce pour cacher la profondeur de ses sentiments, la tristesse qui l’envahissait à l’idée à l’idée de se retrouver ici. Tous ces gestes et ses répliques semblaient être calculés à l’avance ne permettant aucune fausse note. Se sentait-elle donc si mal en société ? Avait-elle l’habitude de rester seule de crainte d’un contact social trop étroit avec son entourage. Si cela était le cas, j’étais mal placé pour lui en tenir rigueur moi qui ne me sentais véritablement bien que dans le cercle minuscule de mes intimes.

Je me contentais alors de lui adresser un faible sourire, retournant mon attention vers la tombe de Daniel. Je voulais encore laisser mon esprit se balader, faisant part de mes réflexions à la jeune mutante.

- J’adore cet endroit. Cela… cela peut sembler étrange, je sais. Mais il se dégage une telle harmonie, un silence si apaisant. L’homme qui est enterré ici était… je crois que je c’est la réalité… mon meilleur ami. J’ai commis bien des fautes durant ce court chemin que nous… nous avons passés ensemble. Nos combats nous ont éloignés et je n’ai pas… pas été là au moment où il en avait besoin. Je tenais à me… à me rattraper… Je ne sais pas pourquoi je… je vous raconte tout ça !

Réalisant le peu de courtoisie dont j’avais fait preuve, je me tournais vers ma collègue un sourire timide mais sincère aux lèvres. Je pris ainsi le temps de me présenter.

- Pardonnez mon manque de… de tact, mademoiselle. Je n’ai même pas pris le te… temps de me prééésenter. Je me nomme David Charles Haller ! Il me semble que c’est la pre… première fois que je vous vois dans le… manoir de mon père. Etes-vous arrivée il y a peu ?

Une dernière fois, je tournais mon regard vers la stèle de mon ami j’interrogeais mon interlocutrice à son propos.

- Etiez-vous une proche de Daniel ?


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MessageSujet: Re: Epitaphe {David C. Haller}   Lun 30 Juin - 20:22

Les minutes s’écoulent avec pour seul trouble au silence la liturgie hébraïque. Elle n’appartient à aucune religion même si elle est agnostique et croit se souvenir que ses parents étaient musulmans mais cela importait moins que de trouver de la nourriture et des abris sans se faire abattre par les Moudjahidines ou les Soviétiques à l’époque. Les religions sont des facteurs communautaristes qui possèdent leurs bons et leurs mauvais côtés, comme toute chose, et elles appartiennent à chaque individu ; respecter les croyances est nécessaire pour respecter les croyants. Cela ne l’empêche pas d’écouter et d’apprécier les paroles comme leur poésie.

Néanmoins l’une des choses qui occupe également son esprit et nécessite son regard est ce bouquet composées de fleurs bien différentes de celles qu’elle a cherchées sur conseil d’Ororo. Elle ne les connait pas, aucune d’elles, même si elle sait reconnaitre une rose ; elle ignorait juste qu’il en existait des bleues avant aujourd’hui. Rouges, blanches et noires, oui, mais bleues c’est une découverte. Cependant si les fleurs ne lui parlent pas elle connait les significations des couleurs. Le vert des tiges est une couleur apaisante, rafraîchissante et même tonifiante associée à l'espoir et à la chance comme à l’échec et l'infortune ; ici il doit donc s’agir d’espoir et d’apaisement ou plus simplement que l’homme à côté d’elle n'a pas retirées les tiges. C’est une possibilité qu’elle n’élimine pas même si elle sait que les fleurs ne sont pas choisies au hasard. Le bleu est une couleur étroitement liée au rêve, à la sagesse et à la sérénité, l'écho de la vie, du voyage et des découvertes aux sens propres et figurés qui dispose d’un petit côté rafraîchissant et pur permettant de retrouver un certain calme intérieur, lié aux choses profondes, tout comme il symbolise la vérité, comme l'eau limpide qui ne peut rien cacher ; parfaitement à propos pour une personne venant souhaiter la paix à une autre, faisant montre de loyauté et de sincérité même après la mort et ayant les regrets des moments passés avec le défunt. Le violet, la couleur par excellence des rêveurs, des personnes spirituelles plutôt que matérielles, la couleur de la douceur aussi raccrochée à la mélancolie et à la solitude ; logique pour une personne venant rendre hommage à une amitié disparue tout comme chercher la paix avec elle, et ce malgré la solitude qu’il ressent et cette même mélancolie. Cependant le violet reste difficile à marier et le bleu et le vert ne lui rendent pas justice ainsi que réciproquement. Mais plus qu’être fait pour être beau, cela est fait pour être signifiant. En tous cas, pas de lys.

Elle regarde son vis-à-vis déposer les fleurs une fois sa prière terminée et elle constate qu’il lui rend son regard, puis les chiffres et les lettres des émotions exprimées par l’autre visage lui sautent à la conscience. Surprise, interrogation, nombre de réactions communes face à elle mais que la situation rend peut-être encore plus pressante, plus marquées. Un sourire également, de compassion. Si elle ne semble avoir physiquement aucune réaction c’est une interrogation qui germe en elle également alors même que l’autre se retourne pour regarder la tombe. Un instant de crainte que cela n’en reste là puis il prend la parole et elle écoute avec ce même silence.

Aimer un tel endroit n’est pas étrange justement parce qu’il dégage harmonie et paix ; ce n’est pas un lieu lugubre, il est vert et ouvert, il est entouré d’une nature vivante et non de mornes pierres. Cette tombe solitaire sur une portion de parc est aussi agréable qu’un banc mais en lieu et place de venir discuter avec un vivant on le fait avec un mort. Elle n’y a jamais réfléchit mais oui, c’est un bel endroit surement en adéquation avec la personne. Personne qui était plus que proche du fils de Xavier, un meilleur ami, et dont il ne s’est que plus rapproché encore depuis sa disparition car comprenant la véritable valeur de ce qu’il avait perdu. Néanmoins son hésitation quant au qualificatif à donner à son rapport avec le défunt est révélatrice tandis que l’égocentrisme de ses propres fautes durant le « court chemin passés ensemble » l’est tout autant, l’une de ses incertitudes et l’autre de son caractère ; rien d’étonnant ou de blâmable cependant. Les chemins se sont éloignés mais les personnes ne l’ont pas fait même si, du fait, l’un est mort seul et l’autre tient à se rattraper. Comment peut-on se rattraper de la mort d’un homme ? Elle l’ignore. A la différence de pourquoi il lui raconte tout cela : c’est un lieu d’honnêteté et de parole, de confession presque, ainsi que ce soit elle ou une autre il aurait pu parler, cela le soulage autant voir plus que le fait de le faire à la tombe. Un moment de partage comme elle sait les voir mais, malheureusement pour lui, elle est incapable d’y participer.

- Pardonnez mon manque de… de tact, mademoiselle, reprend-t-il avec un léger sourire. Je n’ai même pas pris le te… temps de me prééésenter. Je me nomme David Charles Haller ! Il me semble que c’est la pre… première fois que je vous vois dans le… manoir de mon père. Etes-vous arrivée il y a peu ?

- Considérant les circonstances, vous êtes pardonné, dit-elle sobrement d’une voix égale énonçant cette simple information alors qu’elle a un nom et un dossier à chercher. Mon nom est Sage et voici huit jours qu’on m’a ramenée.

- Etiez-vous une proche de Daniel ?

Ororo lui a déjà posée cette question somme-toute logique et bien plus complexe qu’il n’y parait, deux jours plus tôt, lorsqu’elle cherchait à réunir un bouquet de fleurs dont il ne reste aujourd’hui plus la moindre trace, les frêles présents ayant connus les flots le jour suivant et n’y ayant pas survécu. Mais la formulation était différente et le sens inversé : c’était elle le sujet principal alors qu’aujourd’hui, c’est Daniel.

- Non. Nous ne nous sommes jamais connus. Cependant nos stèles auraient dues être côte-à-côte alors… nous nous sommes tout de même fait face.

Est-elle à sa place ? En a-t-elle le droit ? Elle l’ignore. Mais elle n’est pas toute à fait honnête : plus qu’être là pour honorer un mort car elle-même à survécue elle est là pour la compagnie du mort qui lui est plus facile que celle des vivants. Ici, ne rien exprimer, ne rien faire, ne rien sembler, cela ne pose pas de problème, il ne l’aurait pas entendu mais elle a tout de même le sentiment d’avoir été écoutée. D’avoir réussit à parler d’elle-même.

- Si c’est déplacé de ma part, dites-le moi. Manquer de respect à ce lieu ou aux personnes qui s’y recueillent n’est pas mon intention.

Elle aussi regarde la tombe mais de c’est pas parce qu’elle pense à lui, juste parce qu’elle fuit le regard de son meilleur ami. A-t-elle jamais eu de meilleur(e) ami(e) ? A-t-elle jamais eu de véritable ami(e) ? Elle ne pense pas. Cela fait parti des choses qu’elle est capable de théoriser non de pratiquer, de voir non d’avoir. Ororo peut-elle être considérée ainsi ? Leur relation est trop récente pour cela. Daniel ? Une amitié n’est pas à sens unique mais il est indiscutable que c’est ce qu’elle cherchait en venant ici. L’amitié d’une tombe car elle semble aussi creuse qu’elle, l’amitié d’un mort car il n’est que lui pour entendre ce qui se trouver derrière les remparts de son esprit ; remparts que même elle est incapable de franchir, d’une certaine façon.

Elle attend le verdict même si elle a déjà prise une alternative ; alternative qu’elle appliquera même si l’autorisation de rester lui est donnée. Elle est malaisée, intérieurement, mais seules très peu de personne pourraient voir les légères traces que cela laisse sur son visage et son corps car il est aussi distant d’elle-même qu’elle ne l’est des autres.

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