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 Shopping nocturne [Lilian]

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Kaya Spencer
Élève à l'Institut expérimenté(e) Beta
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Messages : 482
Date d'inscription : 12/05/2013

MessageSujet: Shopping nocturne [Lilian]   Lun 2 Juin - 17:32

Je ne savais pas trop ce que j'en foutrais. Du Speed X. Mais pourtant, j'étais en route pour en trouver.

Je n'avais pas spécialement l'intention de me mettre à en consommer, en fait. L'intérêt serait limité, surtout par rapport aux effets secondaires... Même moi qui avait eu de sérieux problèmes psychologiques et un complexe d'infériorité des plus brutaux, je n'irais pas jusqu'à prendre cette saloperie. Enfin... moi qui "avais eu". J'étais consciente d'en avoir encore, même s'ils n'étaient plus aussi prononcés qu'avant. Le suivi régulier, la prise en charge, le fait de me rapprocher de certaines personnes, avaient été utiles pour me stabiliser mais j'avais encore fort à faire. Tout ça pour dire que je ne cherchais pas du Speed X pour me shooter, mais pour autre chose. Et pour tout avouer, j'ignorais pourquoi. J'avais... Je sais pas, une sorte d'instinct primaire qui me disait que je devais m'en procurer. Pour en foutre quoi ? Pfffffrt, aucune idée mon vieux. Mais pour une raison qui m'échappait encore, je devais avoir ce produit entre les mains. Pour en faire quelque chose d'encore indéfini.

J'avais donc pas mal traîné dans Mutant Town. Le fait que je sois un peu connue par les mutants sur internet m'avait permis d'ouvrir certaines portes : il y avait des gens qui aimaient bien mes vidéos débiles, d'autres qui aimaient bien mes vidéos plus "sérieuses" et politiques. J'avais donc fini, après trois bonnes semaines à fouiner, par apprendre qu'il y avait souvent quelqu'un qui vendait du Speed X sur un vieux parking. En fait, c'était un ancien bâtiment abandonné, comme la plupart des bâtiments de Mutant Town en fait. Autrefois il s'agissait d'un parking sur plusieurs étages mais après l'attaque des purificateurs, aucun investisseur n'avait voulu rénover les lieux. Tout était donc resté à l'abandon, les traces de carbone encore visibles sur les murs et le sol de cet endroit lourd en souffrance et en haine.

Je ne savais pas à quel étage "sévissait" le vendeur, et en fait je ne savais pas ce que je ferais face à lui. Devrais-je lui péter la gueule ? L'empêcher de vendre cette saleté ? Mon côté "il faut protéger l'innocent et la justice" me disait que oui, mais mon côté plus pragmatique me disait que c'était un plan à la con... J'avais vu qui contrôlait une partie de ce réseau, à San Francisco, et si un type du calibre de super-taureau décidait de me chasser, il m'écraserait en un rien de temps. Non... Mieux valait faire profil bas, cette fois-ci. Ma décision prise, je commençai à gravir les étages, il y en avait cinq au total... Mais arrivée au troisième, j'aperçus une forme éloignée dans l'ombre. Il était plus de 23h30 et la plupart des lumières avaient été détruites lors de l'attaque.

P't'ain... Je me maudissais intérieurement d'être venue seule dans cet endroit isolé. "Et si je me rendais toute seule dans ce bâtiment désaffecté et sinistre où on ne m'entendrait éventuellement même pas crier ?". Brillante idée Kaya, du génie, franchement. Il faudrait que je le refasse, à l'avenir. Pourquoi n'avais-je amené personne ? Les raisons étaient diverses... Jub' aurait voulu me dissuader, je ne voulais pas mettre Josh ou Kaede en danger, Sanzo avait bien mieux à faire avec sa nouvelle copine serial killer, quant à Caitlyn nous n'avions pas parlé depuis longtemps et je ne savais pas trop où nous en étions exactement. Il y avait bien d'autres X-men mais je les connaissais assez peu, et je me serais mal vue demander un service à Logan alors qu'on ne s'était croisés que deux fois au réfectoire...

Laissant ça de côté, je m'approchai de l'ombre pour me rendre compte que c'était un type, clairement un mutant. Il avait... Une sorte d'allure de crocodile ou d'iguane humanoïde, en fait. Pas de queue, mais des écailles assez larges, des yeux de reptile, la totale. J'étais un peu triste pour lui. Les mutants zoomorphes n'avaient pas la vie la plus simples... Leur mutation s'exprimait de façon très visible, leur donnant des capacités pas géniales en général, et pouvant parfois affecter leur esprit de façon sévère si l'instinct animal d'exprimait de façon trop dominante. Comme l'avait dit Amy lors de mon arrivée à l'Institut, je ne m'en sortais pas si mal, finalement, avec mon espèce de symbiote gluant et dégueu qui s'accrochait à mes nerfs. 'fin... C'était en supposant qu'il ne me tue pas mais c'était une autre histoire.

« Salut ! » lançai-je histoire de démarrer la conversation. « C'est toi qui vend...? » ajoutai-je sans finir ma phrase.

Le mec m'observa quelques instants avant de secouer la tête, répondant par la négative d'une voix rauque.

« C'est pas moi. J'le cherche aussi. »

Pas de bol. Fait chier.

« Mais je te reconnais, toi, je t’ai déjà vue quelque part. Je suis sûr que je te reconnais. »

Haussant un sourcil, je me demandai quoi répondre. Que je l'avais reconnu la première ? Nan, peut-être pas.

« C'est toi qui fait ces vidéos où t'insultes les mutants qui se défendent. »

Ah... Comme quoi, la notoriété ça peut jouer en ma faveur comme en ma défaveur, merde. Je haussai les épaules, répondant d'un ton nonchalant.

« Si on veut... Plutôt contre ceux qui attaquent. »
« Plutôt ceux qui demandent paiement tu veux dire ! »
« Nan plut... bon je suis pas venue pour ça. Si je trouve le vendeur, j'te tiens au courant. »

Tournant le dos en soupirant avec un air exaspéré, je me dirigeai vers l'étage supérieur, mais me fis arrêter par une poigne assez forte.

« Tu te prends pour qui avec ton ton méprisant là, tu crois que parce que t'as une jolie tronche tu vaux mieux qu'moi ?! »

Il avait l'air énervé. Et j'étais pas d'humeur. Me retournant d'un coup, mes yeux prirent une teinte jaune alors que je laissai entendre un cri aigu et assez menaçant. Le type eut un mouvement de recul alors que je le fixais. Il fallait que je maintienne la pression pour qu'il ne revienne pas à l'assaut.

« Déblaie ou j'te tabasse ! »

Bon... C'était p'tet un peu direct. Mais efficace. Il se mit à reculer. Parfait...

Sauf que non. Alors que j'allais me retourner, il envoya un grand coup de poing dans ma direction et j'eus tout juste le temps de l'esquiver. Enfin... J'avais quand même pris une bonne tarte dans ma gueule et j'aurais un œil au beurre noir et la pommette cassée, mais au moins j'avais esquivé le principal. Il revint à la charge, frappant vers le bas, et je pus mettre en application ce que m'avait appris la naine jaune concernant l'esquive... Car il valait mieux esquiver : lorsque le mec me rata et frappa le sol à la place, il fractura l'asphalte ce qui voulait dire qu'il avait une force plus que conséquente... Autant dire que si je m'en mangeais une, je risquais d'être dans un état assez minable. Mais profitant de sa situation, le poing par terre, je portai un coup à mon tour : un grand coup de genou en plein dans sa mouille. Avec ça, il devrait... Rien du tout. Le coup le déséquilibra et le poussa vers l'arrière, mais il n'avait pas l'air d'avoir bien mal... Ces putains d'écailles le protégeaient.

Je fronçai les sourcils, les craquements de chair et d'os écœurants qui accompagnaient la sortie de mon armure se faisant entendre alors que le type faisait une sorte de signe. Vers qui, ou quoi ? Je n'eus pas le temps de creuser le sujet car il revenait vers moi, mais cette fois-ci, je l'attendais. D'un seul coup les deux ailes sortirent de sous mon T-shirt, le bousillant pas mal au passage (super quoi...) et je gardai les deux bras ouverts, cherchant volontairement à ce qu'il parvienne à me frapper. Son coup porta, l'armure absorbant l'impact et le redirigeant vers mon aile droite... J'avais une demi-seconde pour décider. Allais-je frapper avec la structure de l'aile, qui était ronde, ou avec la pointe ? Allais-je l'empaler avec, ou l'assommer ? C'est dingue, le nombre de trucs auxquels on peut réfléchir en une demi-seconde... En si peu de temps on réfléchit à l'acte, ses conséquences, sa gravité... Et ce fut finalement avec le "plat" de l'aile que je lui envoyai un gros coup, l'envoyant bouler à plusieurs mètres de là. Autant dire qu'il ne devait pas s'y attendre car il avait l'air désorienté et il ne se relevait pas.

« MAINTENANT SAGE, BORDEL ! C'EST PAS VRAI QUOI CHAQUE FOIS JE ME TAPE LES CAS SOCI... »

Ma phrase fut interrompue par une sensation étrange dans mon dos... Comme... quelque chose de gluant et collant. Je n'eus pas le temps de bien identifier ce que c'était que je me retrouvai tirée en arrière avec une violence à laquelle je ne m'attendais pas du tout, agrippant un des poteaux du parking avec les deux ailes pour me retenir. Ce n'était pas top comme prise, mais ça me permit de tourner la tête pour comprendre à qui le lézard/iguane/machin avait fait signe... Il y avait un autre mec, je ne l'avais pas vu car il avait la couleur des murs : gris sombre, et il était collé à un plafond. Mais là... C'était impossible de le rater. De sa gueule béante qui devait faire bien 2 mètres d'envergure sortait une longue langue qui s'était collée à mon dos, comme un caméléon. Et il pouvait tirer avec une force... largement supérieure à la mienne.

Mes ailes glissèrent du poteau et je me retrouvai à être traînée par terre par cette langue gluante. Mon premier réflexe fut de sortir une série de lames de mon avant-bras et de les planter dans le sol pour me freiner, avant d'ensuite planter mes deux ailes, mais rien à faire. Cela ne permit que de me ralentir, et de labourer le goudron au passage, mais je continuais d'inévitablement me diriger vers la bouche immense de cette espèce de mutant chelou alors que son pote se relevait et m'observait avec un air goguenard...
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Lilian D'Eyncourt
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MessageSujet: Re: Shopping nocturne [Lilian]   Mar 3 Juin - 22:48

Comme toujours, il ne s’était pas inquiété assez vite. Iphigenia ne donnait pas la moindre nouvelle depuis plus d’une semaine. A dire vrai, l’absence de messages ne l’avait pas vraiment choqué. S’il avait mieux à faire que la lire, elle avait peut-être aussi d’autres priorités que celles de lui écrire. Ce n’était plus l’adolescente qu’il avait recueilli deux ans plus tôt. Elle le lui avait très souvent fait comprendre, au point d’aller s’encanailler dans les bas-quartiers mutants au lieu de poursuivre une vie fastueuse à ses côtés. Il l’avait laissée filer. Sans doute qu’une riche héritière rejetée par son père avait besoin de se rebeller. Un jour, elle arrêtait de jouer les pauvresses nimbées de dignité en faisant le service dans des troquets pouilleux à Mutant Town et réintègrerait son rang. Lilian ne la pensait pas assez idiote pour gâcher son potentiel, sa fortune naturelle dans une rébellion adolescente éternelle. Iphigenia s’était réfugiée là où elle pouvait exhiber sa peau translucide sans attirer regards choqués ou moqueries. Mais, dans l’état actuel des choses, le secteur n’était pas plus sûr qu’un autre. A moitié détruits par les émeutes des purificateurs, il n’arrivait plus qu’à attirer la pire engeance du gène x. En très mauvais père (ou plutôt grand frère) de substitution, il avait désapprouvé son choix en la traitant d’imbécile. C’était son existence, son expérience. Il avait promis généreusement de la protéger, non de la guider. De loin, pourtant, il avait toujours gardé un œil sur elle, considérant qu’elle pourrait peut-être compter sur lui si elle invoquait à nouveau son aide. Et il avait continué de jouer les confidents. Même s’il ne se l’avouait pas, recevoir ses mails, ses appels, le rassurait. Il avait essayé quelques jours de ne pas s’inquiéter en partant du principe que, si elle avait vraiment des ennuis, c’était sa faute. Il n’était pas responsable, il l’avait prévenue. Puis, après avoir cédé à l’envie de l’appeler, retourné une centaine de scénarios dans sa tête, il s’était enfoncé – bien malgré lui – dans Mutant Town.

Les lieux étaient franchement sordides, pire que tout ce qu’on avait pu lui en raconter. Une colère sourde montait en lui à l’idée d’être retenu dans un endroit pareil à cause d’Iphigenia. Si elle était en vie, ce serait bien la dernière fois qu’elle pourrait compter sur lui. Si des mutants lui avaient fait quoique ce soit, il ne promettait pas non plus d’être très clément. L’attirer de force au milieu de la pire vermine de son espèce était, en soi, un crime assez grave pour mériter la peine capitale. Oui, il était de mauvaise humeur. Cette situation ne l’amusait pas, elle l’obligeait à se mettre en danger inutilement pour sauver la mise d’un tiers. Lilian détestait les prises de risques inutiles, celles qui n’apportaient que des ennuis et aucun avantage concret. Bien sûr, il était certainement étonnant de trouver seule et exposée une personne qui détestait autant le danger. Mais la psyché de Lilian avait parfois quelques failles logiques déstabilisantes. Il s’attachait d’abord à son image. Pour rien au monde il n’aurait admis à un de ses proches son besoin de retrouver Iphigenia. Engager un mercenaire lui posait aussi problème. C’était une affaire personnelle, la jeune fille payait sans doute de ne l’avoir pas écouté… En vérité, il était assez vain de saisir ce qui se passait précisément dans sa tête. Il ne le savait certainement pas lui-même. Son instinct de préservation avait tendance à reculer dès qu’un violent problème d’affect perturbait l’équilibre de sa raison.  

Depuis trente minutes, il s’était contenté d’errer pensivement entre les ruelles. Il n’avait pas envie d’entrer dans les lieux les plus évidents de suite, il espérait vaguement tomber sur elle par hasard, rentrer chez lui sans avoir besoin de se montrer et de partager avec quiconque son inquiétude… Evidemment, le miracle de la rencontre fortuite ne se produisit pas. Il eut même droit à un vacarme assourdissant à quelques mètres dans un bâtiment délabré. Des bruits et des cris que seuls des mutants au meilleur de leur forme destructrice étaient capables de commettre. Sans trop réfléchir, Lilian s’approcha de l’animation. Le lieu était fermé, parfait pour un règlement de compte à l’abri de regard, lorsqu’on savait rester discret… Au vu de ce qu’il avait entendu et de ce qu’il découvrit, cela n’était pas du tout le cas. Il atteignit l’étage « critique » au moment où une sorte de gros lézard s’effondrait par terre. Une fille pourvue d’excroissances ailées était visiblement responsable. Un autre mutant hybride fondit d’ailleurs sur elle pour prendre la relève. De ce qu’il en voyait, elle allait mourir. Le lézard s’était relevé, l’autre reptile avait suffisamment dilaté sa mâchoire pour l’avaler comme un vulgaire insecte. Ce n’était pas son problème, se dit-il. Il n’avait pas à se mêler des règlements de compte des autres, et il était venu sauver une autre personne. Mais son regard s’attarda quand même sur la fille. A bien observer, elle ressemblait à une fille assez agitée dont Iphigenia adorait les vidéos dont les discours engagés sur la mutation lui faisaient beaucoup de bien apparemment. Elles avaient peut-être fini par se rencontrer… Et, il ne serait peut-être pas très correct de laisser mourir une fille que sa protégée appréciait alors qu’il avait sans doute le pouvoir de calmer le jeu… A moins qu’il ne soit pas assez cruel pour laisser mourir une personne en détresse ?

Malgré tout ce qui s’entrechoquait dans sa tête, Lilian réagit assez rapidement pour compromettre le repas du pseudo caméléon. Dans le vif de l’action, cela se produisit par un bruit mat sur la langue gluante, suivi du sifflement d’une brûlure et d’un cri déchirant. Il venait d’envoyer un projectile de sang brouillant s’enrouler autour de sa langue.

- Vraiment désolé d’intervenir en cours de partie, lança-t-il à moitié sarcastique, mais vous faisiez trop de bruit. Je suis certain que tu préfères te brûler la langue qu’avaler un met que je crains assez corrompu…

Et, dans un seul mouvement, il lança une liane sanglante autour des pattes du lézard qui n’avait visiblement pas l’intention de rester tranquille. Le monstre s’emmêla dans la matière visqueuse et s’effondra de nouveau. Même s’il n’avait pas combattu depuis quelques temps, il constatait avec plaisir que ses réflexes demeuraient intacts. Il avait affronté des mutants assez impressionnants pour ne pas craindre ces deux là, au moins tant qu’une seconde personne était capable de l’épauler. Mais la première partie était la plus tendre, une mise en bouche. S’ils tenaient à répliquer, il n’avait pas l’intention de leur laisser une chance de s’approcher. Déjà, une odeur de sang s’élevait dans l’air, un léger filet d’hémoglobine le reliait à l’hybride écailleux. Pour ne plus avoir à se soucier de son image, Lilian avait laissé une bande rouge et luisante se matérialiser autour de ses yeux bleus.

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... Et moi je continuerai à resplendir comme une figure brillamment absurde, dans un monde sans signification ... (The beautiful and damned)


Dernière édition par Lilian D'Eyncourt le Mar 12 Aoû - 21:05, édité 1 fois
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Kaya Spencer
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MessageSujet: Re: Shopping nocturne [Lilian]   Dim 20 Juil - 15:09

J'avais laissé une trace de bien 5 mètres de long dans le sol du parking, mais rien à faire, je ne freinais que très modérément. La force qu'avait ce connard était juste sidérante, mais c'était quelque chose de pourtant courant dans la nature... Certains animaux ont une force absolument démente à un endroit particulier du corps. Muscles de la mâchoire ultra puissants, par exemple, comme les alligators qui peuvent écraser un objet métallique sans problèmes. Ces saloperies pouvaient en fait exercer une pression de plus de 34 MPa, soit à peu près 340 fois la pression atmosphérique normale... Autant dire qu'une fois attrapé, bonne chance pour se tirer de là. Et dans le cas présent, le "super muscle" de la créature qui m'avait attrapée, c'était la langue manifestement. Je ne savais même pas si c'était un mutant ou non, tant sa tête et sa mâchoire étaient distendus...

Je serais certes mal placée pour faire ma sucrée, ma propre armure était du genre un peu dégueu et gluante sur les bords, mais je n'avais encore jamais vu de déformations aussi spectaculaires. Et c'était assez bizarre, que je réfléchisse à quelque chose de ce genre alors que je me faisais traîner vers une mâchoire géante. Comme quoi, le cerveau est parfois un peu bizarre... Ce n'était pas génial, comme dernière pensée. A quoi tu pensais, au moment de ta mort ? Oh, rien, je faisais la conversion entre hecto et mégapascals, et vous ? 'faudrait vraiment que je fasse un formatage de cerveau ou quelque chose de ce genre, à l'occasion. Et en parlant de ça... J'avais des sortes de pensées rapides qui me traversaient l'esprit sans même que je ne puisse vraiment les contrôler. Comme... Difficile à décrire... Des sortes de calculs ? De calculs d'options, plus exactement, pas des calculs mathématiques.

Ça m'était déjà arrivée à plusieurs reprises ces dernières semaines, depuis que les maux de tête avaient démarrés, mais ça n'avait jamais été aussi vif que ça. Et alors que je n'étais plus qu'à deux mètres du prédateur, une pensée fixe s'imprima dans ma tête. J'avais trouvé une solution pour me dégager. Enfin... Non, ce n'était pas vraiment moi qui avais trouvé. Je ne comprenais vraiment pas comment le décrire...
Le fait était que je n'eus pas le temps de mettre "mon" plan en application, un cri assez atroce résonnant dans le parking et la langue se décollant de mon dos. Je me retrouvai au sol comme une conne, me retournant pour observer ce qu'il venait de se passer... Et autant dire que le spectacle en valait la peine.

La langue du caméléon semblait avoir été partiellement sectionnée par quelque chose, il la rentra rapidement et je pus voir sa tête changer de forme dans des bruits d'ossements et de chair alors que celle-ci reprenait une apparence plus humaine. En moins de deux secondes, sa bouche passa d'1m de large à une taille standard. Même moi, j'étais un peu dégoûtée quand même... C'était vraiment impressionnant.
Mes réflexions ne purent pas continuer très longtemps, car une voix se fit entendre, différente de celle du lézard casse-couilles. Un type était en train de s'excuser -de manière assez moqueuse- de son intervention, et ajouta que je faisais du bruit. Et en plus il ajouta... Il ajouta quoiiiiiiiiii ???

« Heinnnnnn ? Moi, corrompue !? C'est toi l'trou du corrompu, ouais ! »

Bon, ok, pas super comme répartie, mais j'étais pas corrompue. Juste un peu indigeste. Quoique... Pour cette créature étrange ce n'était pas dit. Je n'étais même pas sûre que mon armure résiste à ses dents.
Le type ne se laissa en tout cas pas impressionner par ma répartie absolument fantastique et impressionnante qui laisserait sur le carreau 95% de la population humaine, et fit un geste furtif vers le lézard qui se péta la tronche par terre, s'emmêlant dans une sorte de liquide... non, c'était plutôt comme une sorte de latex fondu ? Difficile à dire, il n'y avait pas des masses de lumière.

Ne me laissant pas distraire, je me retournai vers le caméléon, bondissant vers lui à grande vitesse : j'avais frappé le sol de mes deux ailes, me donnant ainsi un élan assez efficace. Il n'eut pas le temps de rouvrir sa gueule géante que j'étais déjà sur lui, l'écrasant au sol avec mon aile droite et appuyant autant que je pouvais. Histoire de bien enfoncer le clou quant au fait qu'il n'était plus le prédateur, je laissai entendre une sorte de grognement bizarre et rauque, avant d'ensuite prendre la parole :

« Où est le Speed-X, connard !? T'as bouffé le dealer aussi ? »

Le type remua les mains comme il pouvait, sur la défensive :

« On a bouffé personne ! J'allais pas te bouffer ! Juste te tenir ! On bouffe personne ! Le dealer s'est tiré depuis des semaines ! »

Fronçant les sourcils, je jetai un oeil au lézard qui était par terre et qui avait laissé tomber l'idée de se libérer de cette espèce de truc dégueulasse qui lui recouvrait les jambes. Apercevant mon regard, ce fut lui qui continua avec un ton moins paniqué et plus calme.

« C'est vrai... Le dealer est parti y'a plusieurs semaines, mais y'a encore des junkies qui viennent ici, on les provoque et on leur fait juste les poches après. »

« Attends, vous êtes des voleurs à la tire ? »

Le caméléon hocha la tête. Il avait l'air de dire la vérité et ça se tenait, sa petite histoire. Des drogués assez faibles viennent ici chercher la drogue qui rend puissant, le lézard les provoque, ils ne font pas gaffe et se font encoller puis maintenir par le caméléon. Ensuite, il n'y a plus qu'à se servir. C'était ingénieux comme plan. Et assez connard, mais ce qu'il restait de gangster en moi trouvait ça ingénieux. Maintenant, restait à savoir ce que j'allais faire de ces deux cons. J'observai le type qui venait de débarquer, assez curieuse. C'était un brun avec les cheveux mi-longs, genre métrosexuel ou un truc du genre. Son regard me mettait un peu mal à l'aise. Fronçant les sourcils, je plantai le bout d'une de mes griffes dans l'abdomen du caméléon qui poussa un petit cri, surtout de surprise vu que je n'étais pas allée loin. Il lutta un peu, mais ça ne servait pas des masses.

« Je viens de t'injecter plus de 150 œufs. Dans les prochaines heures tu sentiras un fourmillement dans ton abdomen, ce sont les œufs qui vont se loger près de tes organes vitaux... Ils n'écloront que si je leur donne l'ordre de le faire. Si je vous revois, toi ou ton pote, en train de faire quoi que ce soit de pas net, je te fais dévorer de l'intérieur par mes enfants. Pigé ? »

C'était complètement du bluff, mais tout comme je ne savais pas grand chose de leur mutation, ils ne savaient rien de la mienne non plus. Le fait que j'aie une apparence bizarre et vaguement insectoïde rendait ce genre de truc plus ou moins crédible, et vu l'air paniqué du caméléon (qui était assez mignon en fin de compte, quand sa tête ne faisait pas 2m de large) il avait avalé ce que je venais de lui raconter. En plus le "mes enfants" ça faisait un peu mère des couvées psychopathe, ça ajoutait à l'effet dramatique... Avec un peu de chance, ça les découragerait lui et son pote de faire les malins. Maintenant, restait à voir comment réagirait le nouvel arrivant. Levant mon aile, je laissai monsieur grosse-langue se dégager et il se précipita vers son pote, essayant de l'aider à se dégager, alors que j'observais monsieur le projeteur de latex dégueu.

« Merci du coup de main. »
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Lilian D'Eyncourt
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MessageSujet: Re: Shopping nocturne [Lilian]   Mar 12 Aoû - 22:03

Heureusement, les deux mutants hybrides ne semblaient pas très débrouillards. Le premier perdit le contrôle de son pouvoir et retrouva une apparence humaine à cause d’une brûlure sur la langue, le second se démenait sans succès contre son extension sanguine qui refusait de le lâcher et lui pompait avidement les veines. Lilian baissa donc sa garde. Il s’abstint de réagir à la répartie de la jeune fille, apparemment vexée par sa plaisanterie, et observa avec attention la manière qu’elle avait de se mouvoir en se ruant sur l’ex-caméléon. S’il en croyait ses réactions, la mésaventure l’affectait très peu. Elle donnait au contraire l’impression de maîtriser parfaitement les rudiments du combat et, sans une attaque surprise, nul doute qu’elle aurait su échapper aux deux malfrats. Son cri fit froid dans le dos. Il se montra parfaitement stoïque de l’extérieur, mais son sang frémit de rage sur sa peau. Sans se préoccuper de sa présence, elle alla droit au but en demandant à ses assaillants où se trouvait le « speed x ». Ce nom lui disait vaguement quelque chose, Mélo ou Iphigenia lui en avaient parlé dans de lointains et nébuleux souvenirs. De ce dont il pouvait se rappeler, il s’agissait d’une drogue liée aux mutants, quelque chose qu’il ne devait absolument pas accepter, même avec un pouvoir qui avait pris l’habitude de purifier toutes les toxines de ses veines. En tout cas, les explications l’amusèrent. Tout ce spectacle n’avait d’autre but que celui de tendre un piège aux junkies de passage. Une bonne idée appliquée sur des proies totalement défoncées, mais plus risquées avec un autre détenteur du gène x bien éveillé.

- Si je peux me permettre un conseil, dit-il d’une voix languide, assurez-vous de réduire votre victime au silence la prochaine fois, c’était une véritable horreur auditive de l’extérieur.

Ces histoires de drogues, de voleurs ne l’intéressaient pas. Les gens pouvaient se détruire en absorbant des saletés s’ils étaient assez idiots pour cela, il n’avait pas le temps de s’en inquiéter. En revanche, il espérait qu’Iphigenia n’avait pas été assez imprudente pour absorber un produit de ce type. Malgré les conséquences désastreuses qu’on lui prêtait, il savait les revendeurs assez doués pour endormir la méfiance de leur potentielle clientèle. Ils attendaient qu’ils soient enivrés, fatigués, piquaient des cordes sensibles, répétaient que leur came était sans risques. Sa protégée serait-elle capable de céder si on lui tendait un produit qui la rendrait entièrement visible aux yeux de tous ? La réponse l’effrayait.
Pendant ce temps, la fille continuait d’intimider les deux larrons. Elle piqua le caméléon et lui assura qu’elle pouvait le tuer sur commande en provoquant l’éclosion des œufs qu’elle venait de lui injecter. Assez horrible, mais pourquoi pas… L’une de ses amies faisait bien incuber des œufs d’insectes dans son propre corps. En matière de mutation, Lilian ne s’étonnait plus de rien depuis longtemps. Lorsqu’elle eut fini, elle se tourna vers lui pour le remercier, chose qui le mettait toujours un peu mal à l’aise et il fit un vague geste de main pour lui signifier que ce n’était rien.

- En vérité, j’étais aussi à la recherche de quelque chose. Si j’échoue, je pourrais toujours me consoler en me persuadant d’avoir accompli un acte héroïque mais vu l’allure de ces deux là, j’ai quelques doutes sur l’utilité réelle de mon intervention.

Il disait cela tout en contemplant d’un regard las les deux voleurs qui luttaient contre son sang, dont il contrôlait modérément la voracité. Sa mutation devenait de plus en plus capricieuse et, comme un chien trop agressif, n’arrivait pas très bien à comprendre le concept de relâcher une proie une fois qu’elle la tenait. Il la força cependant à le faire, mais elle les rattrapa d’un coup alors qu’il s’apprêtait à s’enfuir. Comme si le motif de sa visite lui revenait soudain en tête, Lilian déclara en s’approchant :

- Navré de vous retenir encore quelques instants mais j’ai perdu une personne dans ce quartier, une jeune mutante au corps transparent, cela vous dit-il quelques chose ?
Ils se lancèrent un regard hésitant et le lézard, plus prompt à parler que son compère à la langue brûlé déclara :
- Celle qui ressemble à un hologramme ? ça me dit quelque chose mais je la connais pas. Jamais vue rôder dans ce coin…
- C’est au moins rassurant…, soupira-t-il.

Les liens sanguins se relâchèrent enfin et les deux hybrides n’attendirent pas de recevoir une invitation pour s’éloigner. Le regard de Lilian se tourna à nouveau vers la jeune fille, formulant silencieusement la même question. Tant qu’à faire, autant interroger tous les témoins à la ronde, sa piste restait terriblement maigre.

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Kaya Spencer
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MessageSujet: Re: Shopping nocturne [Lilian]   Lun 1 Sep - 17:16

Les conseils tactiques de cet étrange personnage me firent soupirer avec une mine dépitée. Je terminai malgré tout mon petit numéro de bluff avec des œufs d'insectes imaginaires, remerciant ensuite l'arrivant inattendu qui répondit d'une manière assez sobre. Il affirma ensuite être à la recherche de quelque chose... Du coup, ça expliquait ce qu'il faisait dans un endroit pareil mais je devais bien admettre que les détails m'intéressaient. Enfin... Non, je m'en foutais de sa vie à ce type, mais sa présence ici à une heure pareille m'intriguait malgré tout. Paradoxal ? Meuh non voyons, que nenni sacrebleu. Oui, je me mets aux interjections du moyen-âge, ça me semble pas mal.

Me tournant ensuite vers les deux enfoirés, je remarquai que le lézard/iguane/jesaispasquoi était encore bloqué par l'espèce de latex bizarre qui avait été projeté par monsieur le roi des émotifs. Il lui demanda alors s'ils avaient vu une mutante au corps transparent mais face à leur air dépité, il finit par les laisser partir, l'étrange lien se détachant tout seul. Je devais bien admettre que cette matière bizarre m'intriguait. Sa consistance avait des ressemblances avec le tissu lorsqu'il se déployait autour de ma peau, avant de durcir et de devenir une armure vivante. C'était assez bizarre, je n'avais pas encore vu de pouvoir de ce genre... Comme quoi, j'avais encore beaucoup de choses à découvrir. C'était dingue ce qu'une visite à Mutant Town pouvait révéler, d'ailleurs : en une soirée j'avais découvert un type d'hybride que j'avais encore jamais vu (le caméléon) et un pouvoir bizarre et gluant que je n'avais encore jamais vu non plus.

Je n'étais jamais venue dans ce quartier auparavant, ou juste de passage genre en prenant le métro ou le bus. Je ne m'étais plutôt pas vraiment arrêtée dans le quartier. Je n'avais pas grand chose à y foutre pour démarrer, et je savais que le taux de criminalité était plus élevé que la moyenne. Certains disaient que vivre à Mutant Town c'était soutenir sa communauté, blablabla... Tu parles. Les mutants étaient autant victimes d'agressions et de vols que les rares humains qui entraient dans cette zone dévastée par l'attaque des purificateurs. D'ailleurs, le trafic de Speed X montrait bien qu'être mutant ne mettait pas à l'abri dans Mutant Town : il était tout à fait possible d'être une victime. Les seuls qui avaient un "sens de la communauté" c'était les idéalistes ou les terroristes. Les premiers se faisaient vite écraser et les deuxièmes se faisaient respecter par la peur, tout simplement.

Cela voulait en tout cas dire que le type en face de moi était peut-être d'une de ces catégories : les connards ou les extrémistes. Du coup autant dire que je ne me sentais pas plus en confiance face à lui que face aux deux imbéciles qui étaient en train de fuir sans demander leur reste. Après quelques secondes de silence, je remarquai qu'il m'observait. Et que je l'observais aussi, en fait. Je ne m'en étais pas rendue compte mais mon allure ne devait pas être des plus avenantes : une espèce de créature insectoïde aux yeux jaunes vifs qui vous observe dans le noir ça ne devait pas être super engageant...

Enlever l'armure était hors de question mais je pouvais au moins être à peu près civilisée.

- Une mutante transparente, aucune idée... J'vis pas ici, j'étais venue avant tout pour récupérer des infos sur le trafic de Speed X. On dirait que j'trouverai rien ici à part des emmerdements.

Me rapprochant alors, histoire de ne pas discuter en étant à 12 kilomètres l'un de l'autre, je finis par demander avec une mine curieuse :

- Pourquoi, vous l'avez perdue dans l'coin ? C'est qui ?

Quelque chose me disait qu'en posant ces deux questions, je me lançais peut-être dans une situation pourrie qui ne me regardait pas... Je n'avais pas spécialement envie de me retrouver mêlée dans les affaires des autres, surtout si ça risquait d'attirer des problèmes, mais sur ce coup-ci ma curiosité avait pris le dessus. Je m'étais retrouvée incapable de ne pas poser la question. Pour les études, c'était une force, d'être curieuse : ça me permettait d'approfondir mes connaissances, d'obtenir une base et un background littéraire plus profond, ce genre de trucs. Mais ici on était à Mutant Town, pas à l'université... Ici, être trop curieuse pouvait avoirs des conséquences assez désagréables.
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Shopping nocturne [Lilian]
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