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 We lived so many things together... Take my hand and come back with me. [PV Alex]

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Enora Lacourt-Bourdieux
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MessageSujet: We lived so many things together... Take my hand and come back with me. [PV Alex]   Mar 25 Mar - 18:09

13 Mars 2014 --  01 : 51  p.m. -- New-York

Combien de temps ? Combien de temps était passé depuis ce jour si sombre dont les souvenirs me faisaient autant tressaillir qu’ils pouvaient me réveiller en pleine nuit. La sensation des coups encaissés par mon corps. Les craquements sinistres des os que l’on brise aussi facilement que du bois mort. L’odeur douceâtre du sang qui se répand sur le sol. Les cris de ceux qui avaient été des bourreaux mais qui n’était plus que de vulgaire victime. Rien de tout ceci ne m’avait quitté, même un an après que ces évènements soient arrivés. Je ressentais chaque moment comme s’il était réel et présent. Mais c’était pourtant le passé, rien de plus.

Debout dans cette même ruelle, je regardai autour de moi les fissures encore présentes dans les murs, dans le sol. Ma main passa sur l’une d’elle et un léger sourire vint se dessiner sur mes lèvres. Un vent léger passa, soulevant légèrement ma robe. Je tournais les talons sur mes escarpins de 8 cm et je revins avec lenteur vers ma voiture. Enfin, sa voiture. Beaucoup de choses s’étaient passées et j’avais encore du mal à comprendre tout ce qui en retournait. Pour le moment, je vivais l’instant présent et je savais ce que je devais en faire. Remontant sur le siège conducteur, je bouclai ma ceinture avant de remettre le bolide en route. Comment pouvait-on être discret dans une telle voiture ? Daniel aurait du prendre le temps de me l’expliquer. Après tout, si il avait d’ores et déjà l’intention de me la léguer, c’était la moindre des choses, non ?

Passant les vitesses avec une certaine aisance, je me dirigeai vers un but précis et incontournable. Ce fut à cet instant que mon téléphone sonna. Je jetai un rapide coup d’œil à celui qui cherchait à me joindre et décrochait rapidement.

« Jarvis ? Tout est réglé ? »
« Oui. Vous pouvez vous rendre au Bureau et accéder à votre requête. Le professeur a plaidé en votre faveur et je me suis occupé de la paperasse. »
« Très bien. Merci beaucoup Jarvis. »
« Je vous en prie, Enora. »


Je mis un terme à l’appel, souriante. M’appeler par mon prénom avait été une sorte d’étape pour mon nouveau bras droit et je sentais qu’il y était encore très accroché. Il s’y ferait, j’en étais persuadée. Arrêtée à un feu rouge, je fouillai rapidement dans mon sac à main pour me saisir de lunettes de soleil. Non pas parce que le temps était radieux, mais parce que je savais que mon arrivée au BAM dans ce véhicule se ferait remarquer. Car telle était ma destination.

Je n’y étais pas revenue depuis que j’avais eu à vider l’appartement que j’y avais occupé avec Daniel. Depuis sa mort. Quelle occasion aurait pu me ramener depuis ? Je n’y avais pas réfléchi. Durant un an, j’avais tout fait pour ne pas penser à cet endroit, aux souvenirs qui m’attachaient à lui. Mais j’avais rapidement pu constater que ce n’était pas de paire avec l’un de mes objectifs depuis que mon cerveau s’était mis à tourner à l’endroit. Alexandre Wade. Ce nom ne m’était jamais sorti de l’esprit par tous ces sentiments qu’il pouvait évoquer chez moi. Une ribambelle d’émotions incontrôlables.

Je n’avais pas cherché à savoir ce qu’il lui était arrivé depuis ce sinistre jour où lui et Daniel furent confrontés par ma faute. Je me doutais qu’il finirait au BAM mais son non-retour à l’Institut m’avait intrigué. Discutant de cela avec le professeur Xavier, nous étions tous deux arrivés à cette conclusion qu’il devait être trop dangereux et trop incontrôlable pour qu’on puisse daigner le laisser sortir de cette cellule dans lequel il était retenu depuis maintenant un an, sans la moindre liberté et ayant certainement lui-même pour seule compagnie. J’avais été révoltée. Je refusai de tolérer pareille punition alors que je savais qu’Alexandre pouvait également être quelqu’un de bien. C’était lui qui m’avait sauvé dans cette ruelle. J’avais cette dette envers lui, et je comptais la lui payer.

Je me garai à l’emplacement choisis, au pied de ce bâtiment que je connaissais comme ma poche. Quelques curieux cherchèrent déjà à voir qui pouvait bien conduire un tel engin. Merci Daniel, songeai-je de nouveau. Puis, je sortis du véhicule, empoignant mon téléphone et mon sac à main. Puis, je me dirigeais à l’intérieur du bâtiment. Mes cheveux blonds se mouvaient avec régularité dans mon dos tandis que je passai la porte. La dernière fois que j’étais venue ici, c’était pour rendre visite à Ernest Lenoir. Mais cela avait été des visites vaines et inutiles. Aujourd’hui, je voulais entrapercevoir le changement et l’avenir pour Alexandre. Je voulais qu’il sache que la main que je lui tendrai n’était ni un choix, ni une option. C’était sa seule porte de sortie. Je me présentai alors au secrétariat.

« Bonjour madem… »
« Enora Lacourt. »


Je ne voulais pas paraitre aimable ou même amicale. Je n’étais pas ici pour lui tenir une discussion alimentée sur la pluie et le beau temps. Je retirai gracieusement mes lunettes de soleil pour dévisager cette jeune femme de mon regard d’émeraude. Elle me fixa quelques secondes avant de dire :

« Bien. Veuillez patienter quelques instants. »

Je lui tournai le dos et m’éloignai de quelques mètres du comptoir contre lequel j’étais appuyée quelques secondes auparavant. Ma robe imprimée me suivait dans mon sillage. Un homme de corpulence impressionnante fit son apparition. Je l’avais déjà vu auparavant, toujours agacé par les reproches que mon tuteur avait pu lui faire. Il m’invita à le suivre et je m’exécutai dans le silence le plus religieux du moment. Une succession de couloir me fit face. Et cette fois, je n’entrai pas dans l’une de ces pièces où les visites se faisaient par écran interposés. On me fit descendre d’un étage avant de m’ouvrir une porte.

Une chaise se tenait devant une table qui semblait séparée par une vitre épaisse. Pas le moindre petit trou qui pouvait permettre le moindre échange de quoique ce soit. La communication se ferait par micros interposés. Bien. Ces précautions ne semblaient pas prises contre les détenus qui se trouvaient, de toutes manières, comme immunisés contre leurs pouvoirs. Était-ce de moi que l’on se méfiait ? Je remerciai poliment l’agent qui m’avait escorté, l’intimant ainsi à fermer la porte et me laisser seule. J’étais la première arrivée, le temps que l’ordre circule et qu’ils amènent Alexandre. Je fis quelques pas dans la pièce, tournant presque volontairement le dos à cette entrée par laquelle il ferait son apparition. Je ne savais pas comment il réagirait. J’espérai juste que mes actions ne se feraient pas pour rien et que l’Institut obtiendrait la libération de ce jeune homme grâce à moi.

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Alexandre Wade
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MessageSujet: Re: We lived so many things together... Take my hand and come back with me. [PV Alex]   Lun 21 Juil - 23:57

Tu as le droit de me lapider sur la place publique. Tu peux même me haïr et avoir des envies de meurtres.


Alexandre était mort. Son cœur était explosé. Son esprit morcellé. Dès lors que ses pas avaient foulés le sol bétonné de son nouveau chez lui, il avait commencé à mourir. Et aujourd’hui, le processus était arrivé à son terme. Depuis combien de temps était-il là, entre ces murs ? Il ne le savait pas. Il ne le savait plus. Il ne voulait pas savoir. Cela ne changeait rien. Et cela faisait trop de mal. Ce qu’il était aujourd’hui – qui il était – ce n’était pas bien clair. Son esprit était perdu. Et à défaut de trouver une solution à son problème, ce dernier avait préféré sombrer. Sombrer pour oublier. Oublier l’inoubliable. Ici, il avait peur. Il n’avait pas eu à attendre plus de deux semaines pour perdre ce qui constituait chez lui sa dernière part d’innocence. Et il n’avait pas fallut deux mois pour qu’il apprenne à se taire. Se taire et acquiescer. Ici, à l’image de l’extérieur sans doute, il n’était personne. Et quand on est personne, notre avis importe peu. Ses protestations faisaient rire. Ses gémissements encourageaient. Il avait fini par abandonner toute résistance. Après tout, c’était peut-être mieux ainsi pour lui, pour son nez, pour son corps. Il avait accepté un arrangement douteux avec l’un des gars d’une cellule voisine. On lui foutait la paix et il devenait sa propriété. C’était ça, ou affronter seul ce monde qui n’était pas le sien. Il n’était pas de ces gars. Il n’était pas comme eux, et chaque secondes passées derrière les barreaux.

Il avait voulu mettre fin à ses jours. Il avait essayé une fois, puis il s’en était mordu les doigts. L’homme avec qui il avait passé un marché avait fait mine de désapprouver ce signe de lâcheté pour abuser un peu plus de son esprit et de son corps. Il s’en était sortit avec un séjour en infirmerie avant de passer un certain temps en isolement. Un temps interminable qui se révéla être bien trop court au goût du jeune homme. Au moins ici, on lui foutait la paix. Ici au moins, il n’avait pas à serrer ses dents en regrettant de ne plus pouvoir exploser la tronche à ces bourreaux. Si seulement… si seulement il n’y avait pas eu ce maudit collier inhibiteur. Ce collier qui lui brulait la peau, qui l’étouffait. Ce collier qui faisait de lui un animal. Cette main  qui lui enlaçait quotidiennement la gorge. C’était un peu la main de Daniel. C’était un peu la main de ces autres. Il se l’était juré ; si un jour il avait de nouveau un chien, jamais il ne lui remettrait de collier. Jamais.

Alexandre était mort, mais aujourd’hui il s’y en était accommodé. C’était du moins ce dont il cherchait à se persuader, assis sur son lit de prisonnier, les jambes pendantes dans le vide. Son compagnon de chambre n’était pas là. La grille était ouverte. C’était un temps libre, où chacun pouvait faire ce qu’il souhaitait dans la limite du règlement intérieur. Lui, il ne s’était pas joint aux autres. Lui, il griffonnait sur un bloc de papier. Dessiner. Il ne se débrouillait pas trop mal pour quelques traits de stylo noir. C’était une façon pour lui de se vider l’esprit. De s’évader de la réalité pour s’enfermer dans un monde parallèle sur lequel il pouvait garder le contrôle. Garder le contrôle sur une réalité qui lui échappait. Une réalité qu’il voulait fuir et une certaine liberté qu’il approchait par le dessin. Il aimait ça, parce qu’il n’avait rien d’autre à aimer. Auparavant, il n’aurait jamais eu la patience de pratiquer une telle activité.

Il estimait toute fois avoir de la chance. Le quotidien aurait put être pire. Il avait déjà vu des reportages sur les conditions de vies dans les prisons américaines, et pour le coup il était quand même content d’être un mutant enfermé dans les locaux du B.A.M. Car mine de rien, s’ils n’étaient pas au paradis, ils n’étaient pas encore aux Enfers. Et laissé de côté son auto proclamé « propriétaire » les autres avaient fini par le laisser tranquille pour s’attaquer à d’autres nouveaux. S’il n’avait pas été ici, où aurait-il été enfermé ? Il aurait très bien put être parmi ces gens qui attendent toute une vie dans le couloir de la mort.

Le plus dur dans tout ça, ça restait sa conscience. Ils savaient ce qu’il avait fait. Ils savaient tout. Mais parler – si tant est que l’on pouvait appeler ça parler – ne changeait rien. On dit souvent que se confier à quelqu’un soulage d’un poids. Il n’en était rien. A croire que Daniel Hopes avait raison. Rien ni personne ne pouvait quelque chose face à la culpabilité qu’il ressentait. Cette maudite culpabilité qui faisait de lui un être humain. Cette culpabilité qui au final avançait le fait qu’il y avait encore de l’espoir pour lui. Parfois, lorsque le sommeil se faisait assez profond pour lui permettre de rêver, il revoyait le visage de cet homme. Il revoyait ses lunettes. Il revoyait sa main. Il revoyait son visage, cet éclat qui habitait ses prunelles. Puis la douleur le forçait à ouvrir les yeux, et il restait ainsi, immobile sur son lit, ses mains agrippant ses épaules à pleurer en silence. Pour qui pleurait-il ? Ou pour quoi ? Il n’en était pas bien sûr.

Visite. Ce fut ce mot qui le ramena de force à la réalité, l’obligeant par un trait trop appuyé de ruiner l’application dont il faisait preuve. Il n’avait pas entendu le début de la phrase – ni la fin – mais il s’était sentit obliger de quitter son perchoir pour se placer devant le gardien. Par simple automatisme, il plaça ses mains devant lui avant de se tourner en direction du mur. Là, il laissa l’autorité lui passer les menottes. Il avait de la visite. Lui, Alexandre Wade, détenu numéro 1047, il avait de la visite pour la première fois depuis trop longtemps. C’est sans un mot qu’il marcha aux côté du gardien. Peu lui importait la personne qu’il allait rencontrer ; que cette personne soit là pour le voir lui était une idée qui lui suffisait amplement.

Une porte. C’était tout ce qui lui restait entre lui et l’inconnu. On lui donna l’ordre de se placer devant et d’attendre. Il s’exécuta sans broncher, les mains ramenées devant lui par ses menottes. L’espace de quelques secondes il se demanda s’il était présentable. S’il ne faisait pas trop tâche dans cet habit orange dans lequel il nageait pour avoir peut-être trop maigri. Si ses yeux n’étaient pas trop cernés. Si sa lèvre fendue quelques jours plus tôt était encore marquée. Il frotta son vêtement  comme pour se donner une allure plus acceptable. Puis l’homme à sa droite lui annonça qu’il allait pouvoir s’avancer et entrer. Ce qu’il fit, après quelques secondes d’hésitations. Elle. Enora. Elle se tenait debout, devant lui, derrière cette vitre qui lui renvoyait son propre reflet de manière fantomatique. Enora. Elle lui tournait le dos, comme craignant une confrontation qu’elle avait elle-même orchestrée. De toutes les personnes auxquelles il avait pensé pouvoir rencontrer ici, il n’avait pas imaginé l’apercevoir elle. Parce qu’elle semblait comme lointaine, comme le souvenir d’une vie antérieure. Une image du passé qui ne pouvait être vraie. Il devait se tromper. Il ne voyait pas ce qu’elle viendrait faire ici. Oui. C’est ça. Son œil valide devait lui jouer un tour de bien mauvais goût.

« Regarde moi. S’il te plait. » Sa voix était roque. Basse. Il n’était même pas  sûr que le micro posé tout contre la vitre avait pu capter le son de sa voix. Cette phrase, il l’avait lancé pour lui-même. Pour se donner du courage. Pour être sûr qu’il vivait bien cet instant, que ce n’était pas qu’un vulgaire rêve. Il ne savait quoi faire. Il ne savait que dire. Il ne savait que la fixer. Même si la fixer signifiait devoir faire face à ses anciens démons.


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Enora Lacourt-Bourdieux
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MessageSujet: Re: We lived so many things together... Take my hand and come back with me. [PV Alex]   Lun 28 Juil - 18:38

J’attendais, immobile, telle une statue de cire qui avait toujours eu sa place dans cet habitacle. Je tenais fermement mon sac à main dans ma main droite, attendant qu’un quelconque mouvement me fasse comprendre qu’il était arrivé dans la pièce à côté. Le temps semblait s’être stoppé tandis que de nombreuses choses et interrogations se bousculaient dans ma tête. Je me trouvai finalement bien trop propre sur moi pour une simple visite qui se voulait amicale. Y avait-il seulement une tenue vestimentaire de rigueur pour une visite en prison ? J’étais tirée à quatre épingles quand je savais que celui qui allait me parler ne vivait que dans des conditions primaires. Je poussai un soupir en secouant la tête, presque honteuse d’avoir voulu trop bien faire.
 
Mais le fil de mes pensées fut interrompu par ce bruit significatif que j’attendais depuis plusieurs minutes. Je ne bougeai plus, le dos tourné vers cette agitation, ne me fiant plus qu’à mes oreilles et e qu’elles pourraient bien vouloir me faire comprendre. Ma respiration se fit plus profonde et mon cœur vint battre avec plus de force qu’auparavant. Je me sentais trembler légèrement. L’anxiété ? La peur ? Je n’aurais su dire quelle était la raison de cette réaction qu’avait mon corps face à ce moment. J’analysais tout. L’ouverture de la porte et l’ordre du garde qui intimait mon ami à entrer. Puis, les quelques pas du jeune homme sur le sol froid de la prison et la fermeture de la porte qui me signifiait que nous étions seuls. Cependant, je restai immobile. Je n’osai soudainement plus me retourner vers lui, comme si cette rencontre était encore prématurée, bien que cela faisait plus d’un an qu’il fallait qu’elle ait lieu.
 
Finalement, ce fut le son de sa voix, basse, rauque, presque inaudible qui me fit flancher. Je pris une profonde inspiration avant de me retourner et de lui faire face. Moi, la jeune fille française à la condition désormais si aisée face à lui, le détenu qui vivait l’enfer. Le contraste était si important que je ne savais où poser mon regard sans paraître en train de le dévisager, de le fixer avec cette insistance qui traduit toujours une curiosité malsaine dans un moment qui ne tolère pas les questions délicates. Cependant, je me permis un rapide coup d’œil afin de me rendre compte de l’état physique de celui qui avait su me sauver d’une mauvaise posture. Il avait maigri. Si cela se voyait avec ses vêtements bien trop larges pour lui, les traits de son visage étaient tout autant marqués par un mode de vie bien trop dur pour un jeune adulte tel que lui. Sa lèvre inférieure témoignait de la vie qu’il menait ici et où il devait recevoir des coups plus durs que d’autres. Je n’osai alors imaginer tout ce qu’il avait pu vivre, subir et endurer dans cette prison. Enfin, tel un chien dangereux avec sa muselière, un collier venait encercler son cou fin, l’empêchant alors d’utiliser ses pouvoirs. Je n’aurais su dire si cela était mal ou pas, me souvenant alors de la dangerosité du don d’Alexandre et de son manque de contrôle. Mais soudainement, je réalisai que mon ami n’avait plus grand-chose d’humain mais ressemblait d’avantage à un animal que l’on avait cloitré dans une cage. Je baissai légèrement le regard avant de m’avancer d’un pas plus que vacillant. Je regrettai déjà d’avoir choisi ces escarpins que j’envoyais au diable tout comme ma robe et mes cheveux impeccablement coiffés.
 
Je déposai mon sac sur la table avant de relever les yeux sur Alexandre qui n’avait pas bougé de là où il se trouvait depuis que je m’étais retournée. Je déglutis avec difficulté avant de m’asseoir sur la chaise qui m’était destinée. Puis, posant mon regard d’émeraude dans ses yeux perdus, je pris la parole.
 
« Assieds-toi, Alexandre. »
 
Ma voix était douce et amicale. Je ne venais pas pour représenter l’institut. C’était l’histoire d’une prochaine fois, peut être. Pour l’heure, j’étais venue présenter à cet ami que j’avais la possibilité d’une sortie pour lui et surtout, j’étais venue faire ce que j’aurais du faire depuis longtemps. Mon regard lui adressai des excuses silencieuses tandis que je souhaitais plus que jamais qu’il vienne s’asseoir en face de moi afin que nous puissions parler avec tranquillité durant ce temps qui nous été donné.



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Alexandre Wade
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MessageSujet: Re: We lived so many things together... Take my hand and come back with me. [PV Alex]   Lun 28 Juil - 23:16

Tout se passa comme dans un de ces mauvais films français. C’est un ralentit à peine exagéré que la demoiselle finit pas se retourner. Dès lors qu’elle avait entamée son mouvement, le temps s’était comme figé. Bloqué. Arrêté. Le laissant dans une totale apnée qui sembla durer une éternité. En réalité, cela n’avait duré qu’une inspiration. Elle était là. Devant lui. Dans toute sa splendeur. Elle si différente. Il ne saurait pas dire s’il ne s’agissait là que d’une impression, mais il la trouvait changée. Peut-être n’était qu’une idéalisation de son esprit face à une vision si agréable, mais peu lui importait. Il aimait ce qu’il voyait. Il aimait la voir elle. Le fait qu’elle soit debout, devant lui était déjà une bonne chose ; un signe de beauté santé. Elle n’était pas morte. C’était déjà ça.

Elle parla. Sur le coup, il n’eut aucune réaction, tout plongé dans ses pensées qu’il était. Sa voix. Elle était si douce. Si agréable à entendre. Mais malgré lui, cette voix là, il la détestait tout autant. Elle lui rappelait pourquoi il était là, pourquoi il était aujourd’hui un prisonnier. Ses yeux furent pris en otages quelques secondes par le regard émeraude de la demoiselle. Un contact qu’il garda quelques instants avant de tourner légèrement ses yeux pour venir fixer le vide, juste à côté d’elle. Il fini par tirer la chaise vers lui, pour y prendre place tout en gardant une certaine distance avec la vitre. Ses lèvres s’étirèrent en un maigre rictus. Un sourire. Oui. Un peu de gêne aussi. Une idée de malaise presque. Il fallait lui pardonner la maladresse de la situation. Il ignorait ce qui découlerait de cette visite, et c’était ce sentiment d’incertitude qui le prenait aux tripes. Il ne savait pas si voir la jeune femme était bon signe, ou s’il devait l’interpréter comme le dernier coup de fil que l’on autorise au condamné à mort avant son exécution prochaine. Peut-être jouait-elle le rôle du curé, venant l’absoudre de ses péchés. Il passa une main dans ses cheveux et en profita pour s’assoir d’une manière un peu plus confortable sur la chaise tout en restant sur son bord. Dans son mouvement, il balança sa tête en arrière pour venir fixer le haut de la vitre de séparation, avant de porter sa seconde mains à son collier, et d’y glisser deux doigts.

S’arrachant un bout de peau de la lèvre inférieur, il rabaissa subitement sa tête, venant braquer ses yeux clairs dans ceux de la jeune femme. Il la fixait. Sans ciller. Sans même cligner des yeux. Les mots se bousculaient dans sa gorge, mais pas un seul ne parvenait à sortir. Il avait tant et rien à dire à la fois. Une fois encore, il ignorait quel comportement il devait adopter. Il ignorait s’il devait lui en vouloir à elle – car malgré tout il lui en voulait. Ou s’il devait lui en être reconnaissant d’être là – ce qui était aussi déjà le cas. Car le simple fait de la voir suffisait à effacer de sa mémoire son quotidien ici. Sa présence à elle, lui rappelait l’institut. Et même s’il s’était longtemps persuadé du contraire, il se rendait compte que le bâtiment lui manquait. Aujourd’hui, il avait le contre coup de son pouvoir. Le contre coup de tout ce qu’il avait put faire de sa vie ; en bien ou en mal.

« Tu as l’air... en forme. » Il n’avait toujours détourné les yeux, cherchant à garder le plus longtemps possible ce contact peut être un peu trop insistant. Mais Enora aurait beau chercher, si on pouvait deviner un peu de son éternelle colère qu’il ne cessait d’alimenter contre le monde dans ces yeux, c’était surtout de la lassitude, de la fatigue, et beaucoup de questions qui parcouraient son regard. Les quelques mots qu’il venait de laisser filer n’étaient en aucun cas un reproche. Il n’attaquait pas le nouveau statut qu’elle semblait avoir gagnée durant son année d’incarcération. Après tout, la vie à l’extérieur continuait. Il n’avait jamais été le centre des choses, du monde, même si une période il aurait bien aimé l’être. Non. Cette phrase, n’était là que pour briser le silence qui devenait pesant. Bien trop pesant à son goût. « c’est... » Il toussa. A deux reprises. Puis trois. « C’est bien... » Sa voix était toujours aussi basse, aussi monocorde, mais il venait de lâcher son emprise visuelle sur elle, pour venir fixer une saleté présente sur la vitre.

Il ne voulait pas lui faire peur. Il ne voulait pas la faire fuir.


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MessageSujet: Re: We lived so many things together... Take my hand and come back with me. [PV Alex]   Sam 2 Aoû - 22:01

Je ne m’attendais pas à ce qu’il obéisse si rapidement. Non pas que mes mots n’aient pu être un ordre mais je pensais intérieurement qu’il aurait voulu garder une certaine distance vis-à-vis de moi. Et pourtant, il tira la chaise vers lui pour s’asseoir face à moi. Je pris une profonde inspiration pour affronter du regard celui qui avait su me sauver la vie et qui en payait le prix en restant en prison. Cependant, mes yeux finirent par se dérober et le silence s’installa. Je réalisai alors à quel point tout ce que j’étais venue dire à Alexandre se montrait compliqué. Pourquoi ? Je n’en avais pas la moindre idée. C’était ainsi. Une gêne inexplicable qui faisait vibrer mon corps autant que mon cœur frappait mes côtes. Les mots demeuraient coincés dans ma gorge sans pouvoir être capable de sortir d’une traite. Une pression trop forte se faisait sentir sur ma poitrine comme si une force supérieure me forçait à garder le silence et à attendre. Attendre le moment propice tout en étant forcée d’observer les résultats de ma propre inexpérience de la vie et de mon incapacité à deviner les conflits.
 
Finalement, la voix du jeune homme vint doucement remplir ce vide global qui s’était créé, me faisant presque sursauter. Je relevai mon regard pour le planter de nouveau dans le sien tandis que sa phrase avait quelque chose de triste autant que de comique. Lui, continuant de me fixer de manière inlassable, n’était probablement pas au courant. Il ne savait rien de ce que j’avais traversé, du pourquoi et du comment j’en étais arrivée là, devant lui. Cette visite aurait du se dérouler bien plus tôt mais les évènements de l’année passée n’avaient fait que retarder la chose. Car si je paraissais en forme, aujourd’hui, c’était grâce à toute cette reconstruction de moi-même que j’avais dû faire. J’étais tombée plus bas que terre, j’avais creusé ma propre tombe avant de relever les yeux vers une lumière pure et bienveillante qui m’avait guidée loin de la souffrance, de la peine et de mon malheur. J’avais changé, j’avais grandi. Et, à travers les yeux d’Alexandre, je pus constater que lui aussi semblait avoir changé.
 
Brisé, las. Il n’y avait aucune vivacité dans son regard. La seule émotion palpable était cette colère si habituelle qui l’animait et qui se portait sur le monde entier. Mais cette fois-ci, je savais qu’elle venait doucement se déverser sur moi. Qui aurait pu le blâmer de m’en vouloir ainsi ? Moi-même je culpabilisais suffisamment et je savais que je méritais tous les coups, physiques autant que psychologiques, qu’il saurait m’adresser. La réalité était telle que je ne savais même pas quoi répondre à cela. J’étais dans l’impossibilité de lui retourner ce compliment tant il semblait blessé et classé au rang d’animal.
 
Finalement, il ajouta, dans une quinte de toux, une nouvelle phrase courte. Le contact visuel entre nous deux devenait pesant plus qu’agréable et je ne savais si je pouvais détourner le regard avant qu’il ne le fasse. Mais un léger sourire vint se placer sur mes lèvres, songeant soudainement à quelque chose de plus profond. Malgré toute la haine qu’il semblait ressentir pour moi, il semblait s’assurer de mon état avant de pouvoir m’en vouloir véritablement. J’étais touchée par cette attention peut-être hasardeuse qu’il avait pour moi et ne savait trop comment tout ceci devait s’interpréter. Il détacha son regard du mien et je pus baisser les yeux. Je poussai un long soupir avant de prendre la parole à mon tour.
 
« Tu n’es pas obligé, tu sais… De t’inquiéter pour moi. »
 
Les mots n’étaient peut être pas bien choisis mais c’était mon ressenti. Je relevai les yeux vers lui et essayait tant bien que mal de rester calme et posée, malgré ce que j’avais à lui dire.
 
« Tu as le droit de m’en vouloir… C’est de ma faute, si tu es là aujourd’hui et… Tout ce qui a pu t’arriver ici. Je devais… J’aurais du venir plus tôt mais je n’ai pas pu, j’en suis vraiment désolée. »
 
Ma gorge se serrait un peu plus à chaque mot que je prononçai et je dus détourner la tête pour essayer de masquer ma culpabilité autant que la tristesse dans laquelle cette situation me plongeait. C’était une forme d’injustice que je devais réparer, en quelques sortes. Ce n’était pas la faute d’Alexandre si Daniel avait été blessé. C’était moi. Ce jour là, alors que Daniel tentait d’étrangler Alexandre à bouts de bras, j’avais lancé un champ de force sur mon tuteur pour qu’il lâche prise. Et alors, la situation s’était inversée. L’instabilité mentale de mon sauveur et son pouvoir dévastateur avaient commencé à plonger le BAM et ses deux agents présents dans la tombe. La fin demeurait floue pour moi et j’espérais qu’il en était de même pour Alexandre.
 
Mes yeux recroisèrent les siens et j’essayais de continuer à parler.
 
« Je ne… Je n’ai jamais pu te remercier. Ce jour là, dans la ruelle. Si tu n’étais pas arrivé alors… Alors aucun de nous deux ne serait là aujourd’hui pour avoir cette discussion. La première fois que nous nous sommes rencontrés, tu as manqué de me tuer. Tu m’as brisée et tu allais me tuer. Mais ce jour là, tu es venu pour me secourir. Tu n’étais pas un meurtrier, tu étais celui qui allait empêcher d’autres personnes de m’ôter la vie. Je… Merci… »
 

Le masque se fissurait, petit à petit, laissant place à l’enfant que je restai au fond de moi. Celle qui avait traversé trop d’épreuve en si peu de temps et qui s’était vue contrainte de grandir rapidement si elle ne voulait pas s’écrouler. Mais tout ceci avait un prix. L’éclat de mes yeux se fit différent tandis que mes émotions me subjuguaient un peu plus et je dus détourner la tête, fermant délicatement mes paupières, pour tenter de reprendre mon calme et maîtriser cette force qui m’échappait.

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Alexandre Wade
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MessageSujet: Re: We lived so many things together... Take my hand and come back with me. [PV Alex]   Sam 8 Nov - 15:55


Merci. Ce mot si anodin résonnait en lui comme tant de coups de couteaux qu'il y avait de mots dans ses phrases. Elle le remerciait de lui avoir sauvé la vie. Elle le remerciait d'avoir tué. D'avoir fait le choix de choisir justement qui allait mourir et qui allait continuer à vivre. Car il aurait très bien pu les abîmer juste assez pour que leur corps reste à jamais marqué par cette lâcheté et cette pourriture qui les rongeaient déjà de l'intérieur. Mais il ne l'avait pas fait. Il les avait tués pour que elle, elle vive.
« Je n'aurai jamais dû être là. Au mieux ils t'auraient violé. Au pire, ça ne me regarde pas. » Ses mots pouvaient être durs. Il ne cherchait pas à être doux. Mais la violence de ses paroles jurait grandement avec le ton qu'il employait. Cette voix. Toujours cette même voix. Ce ton monocorde, assez bas. Comme s'il craignait d'être entendu. Comme s'il craignait de la faire fuir s'il se mettait à crier. Comme s'il n'assumait pas tout ce qu'il pouvait dire. « Ne me remercie pas. » Car on ne peut pas remercier une personne pour avoir tué quelqu'un.

« J'ai appris pour Hopes. Ça a réjouit beaucoup de monde par ici. » Même si beaucoup regrettaient de ne pas être celui ou celle qui lui avait administré son coup de grâce. Alexandre n'avait pas trouvé nécessaire de signaler ce dernier point, même si elle devait très certainement en avoir conscience. Après tout, l'ancien professeur n'avait pas que des amis dans ce monde, et il est aisé pour toute personne normalement constituée de se trouver sur la terre une personne au moins capable de causer sa perte. C'était du moins ce qu'il pensait, en se basant sur ce qu'il avait lui-même pu ressentir par le passé. « Tu as pleuré ? » Question stupide. Question terriblement cruelle aussi, prononcée avec cet air si détaché de toute réalité. Dès lors que sa gorge avait étouffé le dernier son du dernier mot, ses yeux s'étaient relevés en direction de la demoiselle et s'étaient mis à la fixer avec une intensité dont il n'avait pas fait preuve jusqu'ici. Une intensité accentuée par le fait qu'il s'appliquait à cligner le moins possible ses paupières. Elle était moins sûre d'elle, son attitude avait changé en ces quelques minutes d'entretien. Elle avait été hésitante dès qu'elle s'était mise dans l'idée de le remercier pour ce qu'il avait fait, faisant remonter dans sa mémoire visiblement des souvenirs douleurs qu'elle cherchait visiblement à faire taire.

Au fond de lui, il n'avait pas envie de la faire souffrir. Il ne voulait pas lui faire plus de mal que ce qu'il lui avait déjà fait. Il essayait de s'en convaincre. Paradoxalement, malgré son physique qui la faisait paraître femme, il n'arrivait pas à la percevoir autrement que comme une chose fragile, comme une enfant. Pensée idiote si l'on prenait en considération le fait qu'elle devait avoir le même âge que lui, sinon être plus vieille. Quelle âge avait-elle d'ailleurs ? En fin de compte, et il en avait pleinement conscience, Enora il ne la connaissait pas. Et pendant quelques secondes, il se sentit idiot de ne même pas savoir quelle était sa couleur préférée. Pathétique. Pathétique au point de regretter la sensation du contact de la peau de sa main avec la sienne.

« J'ai pleuré. » Ses paupières recommencèrent à battre, tendit qu'il rabattait légèrement ses épaules vers l'avant et que sa voix se perdait dans les ténèbres du silence. Une sorte de boule douloureux était en train de se former au creux de son ventre. Aussitôt, la désagréable impression d'étouffer s'empara de son corps et l'obligea à se redresser. Il abandonna son siège, resta quelques secondes immobile devant la vitre, avant de briser de nouveau tout contact visuel pour se diriger lentement vers le mur se situant à gauche d'Enora. Mur sur lequel il y appuya son dos et l'un de ses pieds, venant perdre son regard dans l'immensité du sol. Même si son cerveau était en ébullition, il n'y avait aucune trace de nervosité extérieure. Peut-être une des plus grandes leçons qu'il avait apprise depuis qu'il avait revêtu sa tenue de prisonnier ; intérioriser ses sentiments. Ne pas laisser paraître la douleur. L'esprit était suffisamment en souffrance pour se permettre de ressentir les douleurs du corps. Dès lors, si les choses devenaient trop dures il était plus facile d'accepter l'impensable. Il était plus facile d'accepter le décès d'un corps, en considérant celui-ci comme déjà mort.

« Pourquoi tu es revenu ? » Pourquoi que maintenant ? Pourquoi aujourd'hui ? Toujours contre le mur, la tête basse, il referma ses yeux, tous ses autres sens en alertes, près à capter le moindre mot, la moindre respiration, le moindre gémissement que la jeune femme produirait.


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Enora Lacourt-Bourdieux
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MessageSujet: Re: We lived so many things together... Take my hand and come back with me. [PV Alex]   Dim 16 Nov - 20:55

Mes excuses semblaient ne pas lui suffire. Ou plutôt, il jugeait certainement ne pas les mériter. Sa réponse sonna comme une sentence glaciale, me ramenant un an en arrière dans cette ruelle sombre. Alexandre se trompait sur ce point. Leur intention n’était pas de me faire souffrir d’avantage quand il avait fait son apparition. Ils voulaient m’achever. Le viol n’était pas une option tant la mort avait été lisible dans leurs yeux. Alors même s’il cherchait à prétendre le contraire, si, le pire le regardait puisqu’il m’en avait tout simplement extirpée. Mes doigts se serrèrent doucement sur le tissu de ma robe qui recouvrait mes cuisses. Je ne sus pas comment je fis, en cet instant, pour garder mon regard posé sur lui. Lui et son ton monocorde qui semblait n’exprimer aucun sentiment. Un ton bas, quasi secret. Nous n’échangions pas nos confessions, nous savions tous deux de quoi il en retournait concernant cet évènement. Cependant, il reprit la parole, me demandant presque de ne pas le remercier. Pour me sauver, il avait tué d’autres gens. Des gens qui haïssaient les gens comme nous. Si ça n’avait pas été moi, c’aurait été quelqu’un d’autre et cette personne n’aurait peut-être pas eu les armes pour se défendre. Si c’avait été lui la victime, il n’aurait pas eu besoin de l’intervention d’une tierce personne. Il aurait pu régler le problème, seul. J’en avais été incapable et c’était pour cela que je le remerciais.

J’allais insister sur ce fait, quitte à essayer de lui montrer la culpabilité que j’éprouvai face à son rôle dans cette histoire quand il changea brusquement de sujet. Je me figeai, comme sonnée par les paroles qu’il venait d’avoir. Il n’y avait rien d’étonnant dans le fait que les prisonniers du BAM aient pu entendre parler du funeste sort de Daniel. Là où j’étais étonnée, c’est que c’était lui qui m’en parla en premier. La manière dont il me fit cette remarque me chargea de sentiments divers et variés. La surprise, tout d’abord. Puis un élan de tristesse devant cette réalité qui n’avait finalement échappée à personne. Et enfin, la colère. La colère de savoir que la mort d’un homme en rendait d’autres heureux. J’aurais du me préparer à ce genre de remarque, et pourtant, elle me rendait toujours autant ivre de rage. Mes yeux se mirent alors à luire légèrement et je dus baisser le regard pour reprendre contenance. J’étais droite comme un i, retenant ma respiration. Je ne savais toujours pas très bien appréhender ce genre d’émotions. C’était toujours aussi dur et terriblement douloureux.

Le jeune homme poursuivit sur sa lancée, me demandant si j’avais pleuré. Mes doigts se resserrèrent d’avantage sur le tissu, faisant doucement blanchir les jointures de mes doigts. Que pouvais-je et que devais-je répondre à cela ? Ne pouvait-il pas se douter lui-même de ce que j’avais dû traverser ? Les émotions semblaient être un luxe que le jeune homme ne s’était jamais permis. C’était comme si pleurer n’était pas une réaction naturelle pour lui. Alors qu’étais-je censée être, moi qui avais les larmes plus souvent sur les joues que dans leurs glandes lacrymales ? Je déglutis avec difficulté, forçant ma mâchoire à se resserrer et la crispant d’avantage qu’elle ne l’était déjà. Si tout ceci n’était qu’un jeu pour le jeune homme, alors c’était un jeu terriblement dangereux et douloureux. Je n’étais pas prête pour ça et l’envie de me lever et de fuir me vint à l’esprit. Mais je n’agis pas de la sorte, restant simplement figée là, devant lui, replongeant mon regard dans le sien. Mes yeux me brulaient car des larmes vinrent de nouveau les remplir, me compliquant plus encore la tache. Mais je devais essayer de me montrer forte, de résister à cette envie de faiblir qui n’était que facilité.  Je pris une profonde inspiration.

« Oui. »

Je n’avais pas envie de m’étendre d’avantage sur ce sujet que je voyais comme déjà bien trop préoccupant.

Ses paroles me surprirent alors de nouveau. Il avait pleuré. Lui ? J’écarquillai doucement les yeux en haussant les sourcils. Ma peine fit place à de l’incompréhension tandis que j’essayais de comprendre s’il se jouait encore de moi ou bien s’il était sincère. Mais son regard papillonnant et sa manière de se recroqueviller sur lui-même avant de se lever me fit comprendre que rien de tout ceci n’était feint. La manière dont il s’exprimait était directe, certes, mais pas fausse. Il disait simplement ce qu’il avait à dire sur ce même ton monocorde. Il finit par couper le contact visuel qu’il y avait entre nous et je laissai mes épaules se relâcher légèrement. Je ne pouvais même pas expliquer la raison de cette tension. La culpabilité, très certainement. Je le gardai dans mon cadre visuel, tournant la tête vers la gauche pour suivre son mouvement et le voir s’adosser au mur. Ses yeux rivés sur le sol, il semblait soudainement pensif au plus haut point. J’en profitai alors pour l’observer de nouveau. S’il avait l’âge d’un jeune homme, le physique que la prison lui avait forgé le vieillissait d’avantage. Pendant l’espace d’une seconde, j’essayais de comprendre tout ce qu’il avait pu vivre, derrière ces barreaux, par ma faute, avant de réprimer cette idée, soudainement dégoûtée par l’imagination que j’avais de la chose. J’espérais vraiment qu’il restait une âme au fond de ce corps qui semblait ne faire qu’endurer les chocs et la douleur pour intérioriser mieux que jamais ses sentiments.

Sa voix, toujours semblable à l’instant précédent, s’éleva de nouveau dans les airs, posant une première interrogation. Il ne me regardait plus, mais avait fermé les yeux. Je pris alors la peine de me lever à mon tour afin de le rejoindre près du mur, mes escarpins m’accompagnant de leur cliquetis particuliers. Pourquoi étais-je revenue ? Pourquoi m’étais-je donnée cette peine tant de temps après que ces événements ne se soient produits ? Je croisai mes bras contre ma poitrine et me laissai aller contre le mur, à mon tour.

« Parce que… Je sais que tu n’es pas uniquement ce monstre que tout le monde pense voir en toi… »

Je baissai également la tête, laissant quelques mèches de mes cheveux venir cacher mon visage. Puis, je repris avec douceur.

« Je ne sais… Rien, ou presque, de toi. J’ai vu de quoi tu étais capable, en tant que mutant. Je l’ai ressenti. Mais j’ai aussi vu à quel point tu semblais… Perdu. Je ne sais pas pourquoi, ce sont tes histoires… Mais ce jour là, quand je t’ai rencontré dans le bois de l’Institut, tu avais beau m’avoir torturé et presque laissée pour morte… J’avais de la peine pour toi. »

Je souris doucement sous les mèches de cheveux blonds. Cette histoire pouvait paraître ridicule mais c’était ainsi que tout avait commencé. Je poursuivis sur ma lancée.

« C’est peut-être idiot mais… J’ai toujours voulu te revoir afin de te dire que je ne t’en voulais pas. Que j’avais envie de t’aider et que tout ceci m’avait donné une part de responsabilité à ton égard. Ce genre de sentiments ne s’est pas arrangé quand tu es venu à mon secours et que tu m’as sauvée, quoi que tu en dises. Tu n’aurais pas été là, je serais morte. Je ne savais juste pas que Daniel et toi… Vous aviez d’autres mésaventures communes. Je ne l’avais jamais vu autant ivre de rage. Je n’avais jamais du utiliser la force contre lui… Et peut-être aurais-je du le faire avec toi également, afin d’équilibrer toutes les balances ? »

Je relevai la tête et la tournai vers lui. Peut-être ne comprenait-il pas que j’incluais là dedans à la fois le fait que lui m’avait blessée et que j’avais été obligée d’envoyer ce champ de force sur Daniel pour l’arrêter. Si j’en avais lancé un second sur Alexandre, que se serait-il passé ? Je pris une profonde inspiration et me mordis la lèvre inférieure, la fin de l’histoire étant la partie moins sympathique du récit.

« Je n’ai pas su… Je ne savais pas qu’ils t’avaient enfermé ici. Daniel ne m’en avait rien dit et je pensais juste que tu étais à l’hôpital ou ailleurs… Et après, Daniel est mort et… J’ai perdu pieds. Tu me trouvais en forme, mais tu n’aurais pas dit cela quelques mois plus tôt. J’ai dû tomber bien bas pour ensuite essayer de remonter. Je suis partie en France durant plusieurs mois. J’ai revu mes parents biologiques, mes amis… J’ai essayé d’oublier tout ce qui avait pu m’arriver… Mais c’est impossible et je l’ai appris sur la route. Je ne suis revenue qu’il y a un mois environ et c’est à ce moment là que j’ai appris que tu étais ici depuis tout ce temps. Je…. Je ne savais pas… »

La culpabilité. Elle me rongeait de l’intérieur, me rendant chaque jour un peu plus malade, laissant mon esprit retomber là où il s’était reposé durant plusieurs mois. C’était un sentiment terriblement dévastateur et qui forçait certaines responsabilités. Et mes responsabilités, maintenant, se trouvaient à quelques centimètres de mois, séparées par un verre épais. Je reposai mon regard sur lui.

« Parce que tu m’as sauvée un jour, j’ai cette dette envers toi. C’est de ma faute si tu es là aujourd’hui, et je suis certaine que c’est ce que tu ressens au fond de toi… Alors si je suis là, c’est pour me racheter, et faire tout ce que je pourrai pour que tu sois libre le plus rapidement possible. »

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Alexandre Wade
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MessageSujet: Re: We lived so many things together... Take my hand and come back with me. [PV Alex]   Dim 7 Déc - 23:17


Parler de Hopes n'avait sans doute pas arrangé l'état de malaise qui avait pris possession de la salle depuis leur premier contact visuel - bien au contraire - mais il avait ressentit le besoin d'en parler. Et Enora n'y avait pas été insensible. Elle avait bien essayé de masquer sa douleur, sa tristesse, mais l'émotion avait été perceptible dans sa voix. Pas besoin de la voir. Pas besoin d'être devin. Elle l'aimait. Elle l'aimait sans doute comme il n'avait jamais aimé personne. C'était ça qui était beau. La sincérité d'un cœur qui souffre. Cette sincérité si touchante. Il aurait put l'écouter parler des heures et des heures. Non pas qu'il se délectait de sa faiblesse, mais cette fragilité avait le don de l'apaiser. C'était la plus belle chose à laquelle il avait accès depuis qu'il était ici. S'il se sentait coupable de ressentir une once de bien être dans les maux de la jeune femme ? Non. Au fond de lui, il la jalousait. Il l'enviait parce qu'elle savait ce qu'elle ressentait. Elle savait interpréter ses sentiments. Elle savait qu'elle avait mal, et elle comprenait pourquoi. Lui, il était tout simplement perdu avec tout ça.

Elle se mis en mouvement, le son si caractéristique de ses escarpins lui indiquant qu'elle venait de prendre place à ses côtés. Même s'il ne la voyait pas, même si elle n'était pas dans son champ de vision, même s'il y avait toujours cette vitre, la savoir adossée contre le même mur que lui, à côté de lui, ne le laissait pas indifférent. Monstre. Ce mot lui tira un rictus de dégout. Mais il n'émit aucun commentaire. Il la laissa hésiter, pour finalement continuer. Elle lui parla de leur rencontre, qu'elle ne lui en voulait pas. Elle tenta de justifier ses remerciements, évoqua une fois le prénom de Daniel, lui fit part de ses doutes quand à l'utilisation de son champ de force sur son mentor, ami et père. Puis elle se tut. Attendait-elle une quelconque réaction de sa part ? Non. Ce temps, c'était un temps qu'elle s'accordait pour remettre ses idées en place, se préparer à se qui allait suivre. Et elle reprit. De nouveau le prénom de Daniel fut prononcer. Elle avait besoin d'en parler, même si depuis le début elle semblait se dire le contraire. Elle lui parla de sa descente aux enfers, de son retour en France dans l'espoir d'un retour à la normalité. Dans l'espoir d'oublier. Comme si de rien était. Comme si elle était encore la petite française aux cheveux d'or insouciante. Comme s'il était resté ce joueur de baseball, assit sur la touche et qui n'aspirait qu'à frapper sa première balle en plein match pour exister aux yeux de son père. Ses yeux se rouvrirent.

« Arrête. S'il te plait. » Il s'était éloigné du mur, et faisait désormais face à la vitre. Il était proche. Peut-être trop. Une trentaine de centimètres, à quelques dixièmes près. Il cherchait son regard. Il cherchait sa présence. « Ne fait pas comme les autres. Ne fais pas de moi ce que tu aimerais que je sois. » Sa voix avait légèrement changé. Elle paraissait presque implorante. « On finirait par être déçus. » Ses yeux brillaient toujours de larmes presque éteintes. L'emploi du "on" au lieu du "tu" n'était pas une erreur. Ce n'était pas non plus tout à fait anodin. Il avait déjà connu des expériences similaires par le passé. Il s'était déjà fait avoir. Il avait même fini par croire à de belles paroles sur ce qu'il était, et sur ce qu'il n'était pas. Et ses personnes avaient fini par disparaître, à s'éloigner de lui, détruisant avec elles les quelques repères qu'il s'était construit. Ce qu'il était au final ? Il n'en était pas bien sûr. Alors comment ces autres, comment Enora pouvait-elle affirmer qu'il n'était pas un monstre ? Que parce qu'il lui avait sauvé la vie, il méritait qu'on le plaigne. Elle ne savait pas tout. Elle ne savait pas ce qu'il avait commis. Les meurtres qu'il aurait put éviter. Elle ne savait rien de sa conscience. Elle ne vivait pas avec cette image. L'image de cette petite fille. De cette poupée tachée de sang. Elle ne savait pas. Et c'était peut-être mieux comme ça. L'ignorance était une belle chose. A choisir, il aurait préféré ne pas connaître tout ça non plus. Il aurait préféré oublier toute sa vie après le choc qu'il avait subit à la tête. Mais non. Il n'avait oublié que quelques éléments. Quelques détails sur sa vie, mais surtout de cette fameuse journée. Et c'était mieux ainsi. Ne pas avoir toutes les pièces du puzzle en tête, c'était ne pas les avoir vécus. Ça soulageait un peu, même si ça restait obsédant.

Il avança son bras devant lui, hésita quelques secondes, et toucha la vitre du bout de ses doigts. Rien. Une simple  vitre. Ce n'était rien de plus que du verre. Ou quelque chose comme ça. Il retira sa main, qu'il replaça dans sa seconde. « Arrêtez avec vos promesses. Tous. Vous êtes tous les mêmes. De belles paroles… » La colère montait. Inexorablement. Il n'arrivait pas à la contenir, malgré ses efforts. Le pire dans tout ça ? Il ne savait pas pourquoi il s'emportait ainsi. Peut-être était-ce lié aux derniers mots d'Enora, convaincu qu'il nourrissait une rancœur intense pour elle. Certes, son incapacité à accepter qu'il puisse être à l'origine de ses propres erreurs l'obligeait à remettre la faute sur la demoiselle, mais il ne supportait pas qu'on lui dise ce qu'il ressentait. Ou ce qu'il devait ressentir. Il n'aimait pas cette sensation de ne pas avoir le contrôle de son corps, même si ce dernier lui échappait un peu plus chaque jour. Cette sensation de ne rien pouvoir faire d'autre que de subir la réalité des choses. Cette impression d'impuissance. Automatiquement, il porta sa main à son collier. S'il avait put l'oublier l'espace de quelques instants, il lui semblait si étouffant, si…

« … puis rien. » Il appuya son front contre la vitre, et la frappa un coup. Puis deux. Puis trois. Toujours plus fort. Se laissant doucement sombrer vers cette rage qu'il s'appliquait à contenir en lui. La porte derrière lui s'ouvrit. Un homme entra, lui saisit l'épaule et de force le fit s'assoir sur la chaise, lui intimant l'ordre de se calmer sous peine d'interrompre là la visite. Puis il quitta la salle, les laissant tous les deux dans cette fausse intimité. Son visage avait abandonné toute expression, et ses yeux avaient retrouvé le néant. Ses dents s'acharnaient sur sa lèvre inférieur, et bientôt le sang se déversa dans sa bouche, débordant légèrement sur sa lèvre, là où elle avait été fendue quelques jours plus tôt. « Le vert... C'est bien le vert... t'aimes le vert ? »





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Enora Lacourt-Bourdieux
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MessageSujet: Re: We lived so many things together... Take my hand and come back with me. [PV Alex]   Ven 6 Fév - 9:57

La réaction qu’eut le jeune homme fut plus qu’inattendue. Alors que je lui tendais une main, alors que je souhaitais plus que tout le voir se relever et affronter un monde qui semblait être incontrôlable pour lui, il fit un pas en arrière. Je sursautai tandis qu’il s’éloignait de la vitre, me suppliant presque de me taire. Ma bouche demeura fermée et j’essayais de comprend où j’avais commis une erreur dans mes actes, dans mes mots. Il se tenait, face à la vitre, face à moi. Mes yeux retrouvèrent les siens, son regard me transperçant, me faisant presque hérisser le poil. Je n’aurais su dire quel genre de sentiment pouvait le traverser en cet instant. La jalousie ? La haine ? C’était impossible pour moi de le deviner, mais cela faisait mal. J’avais mal pour lui, mon empathie se déversant sur lui et cette incompréhension qu’il pouvait avoir face à tout ceci. J’avais envie de le serrer dans mes bras en lui demandant de me pardonner, bien qu’il n’y avait aucune véritable raison à cela.

Il reprit la parole, m’accusant de faire de lui ce que j’espérais qu’il soit, me suppliant presque de ne pas faire cette erreur. Je haussai les sourcils sans comprendre. Mes paroles ne faisaient que s’appuyer sur des faits réels. Certes, il y avait la violence, la mort et la douleur dans chaque souvenir que je partageais avec lui. Mais j’avais également entrevu le bien dans son action qui avait servi à me sauver la vie. Il avait pris une autre vie pour que la mienne perdure. N’était-ce pas là un début de sentiment proche de l’affection, de la pitié ? Il ajouta alors une autre phrase qui m’interloqua. « On serait déçu ». Qui était donc ce « on » ? Il ne s’adressait plus uniquement à moi mais faisait certainement référence à d’autres faits que je ne pouvais comprendre, que je ne pouvais cerner. Je ne connaissais rien d’Alexandre Wade, mais c’était bien là tout ce que je souhaitais plus que tout le reste. J’aurais aimé qu’il me parle de lui, que l’on puisse échanger des faits plus personnels qui nous auraient conduits vers ce que l’on aurait pu appeler un début d’amitié. Mais cela semblait impossible. Je me sentais rejetée, comme si il ne voulait pas croire que je puisse le comprendre. Pour le coup, j’eus cette étrange impression qu’il m’accuse de ne pouvoir faire partie de sa vie alors que c’est lui qui ne m’ouvrait jamais la porte.

Il fit alors un geste vers moi auquel je ne m’attendais pas non plus. Approchant timidement sa main, il vint la poser sur la vitre, comme pour prendre conscience de son existence. Si son pouvoir était actif, il y avait fort à parier qu’il l’aurait faite voler en éclat à cet instant. Mais ce n’était pas le cas et je n’eus guère le temps de faire le moindre geste qu’il arracha cette main de cette surface pour ensuite faire un nouveau pas en arrière, me parlant sur un ton glacial. J’eus l’impression de faire face à un animal blessé qui n’a nul autre solution que de montrer les crocs pour espérer dissuader son ennemi d’attaquer. Mais je n’étais pas l’ennemi. Alexandre faisait face à la mauvaise personne et je ne savais plus comment faire pour qu’il le comprenne. Je faisais face à la plus grande impuissance dans le domaine de la persuasion et je ne voyais plus quelle voie utiliser. Je pouvais toujours crier, pleurer, tenter de lui montrer à quel point je tenais à lui, ça n’aurait pas fonctionné pour la simple raison que le jeune homme faisait un rejet permanent de tous ces sentiments positifs que je lui associais.

Dans son mouvement de recul, devant une sorte de terreur, une situation d’insuffisance, Alexandre porta sa main à son collier. Cet inhibiteur qui contenait la nature dévastatrice du jeune homme qu’il ne contrôlait pas, pas même contre lui-même. A mon tour, je fis un pas en arrière, écarquillant les yeux, la peur me ramenant la souffrance de ce pouvoir qui s’était jeté sur mon corps et m’avait porté des assauts dévastateurs. Mes bras se croisèrent, mes doigts se resserrant sur mes flancs, tentative vaine de protection. Oui, je le craignais. Je craignais que, sans le vouloir, il puisse de nouveau m’agresser, me blesser. Mais le collier tint bon et mon sursaut de terreur passa, m’obligeant cependant à reprendre mon souffle que j’avais retenu pendant plusieurs secondes.

Il vint alors reposer sa tête contre la vitre, terminant en même temps cette phrase accusatrice de belles promesses qui ne verraient jamais le jour. Je déglutis avec difficulté, ne sachant plus quoi dire. Je sentis une larme glisser sur ma joue droite et je ne cherchais même pas à la stopper dans sa course qui la mena jusqu’au sol. Que pouvais-je faire face à tant de détresse, face à tant de barrières ? J’étais prête à m’ouvrir à lui quand lui demeurait fermé à moi. Puis, il frappa son front contre la vitre tandis que j’assistai à ce spectacle aussi triste qu’horrible.

« Alexandre… »

Je voulais qu’il s’arrête. Qu’il stoppe cette folie dans laquelle il sombrait sans peut-être s’en rendre compte. Ma voix fut d’abord murmure effrayé. Puis, sa tête vint de nouveau rencontrer la vitre, plus fort cette fois.

« Arrête, s’il te plaît… »

Une supplication. Les rôles venaient de s’inverser de nouveau car c’était moi qui attendais de lui quelque chose d’une voix qui se voulait suppliante. J’avais parlé plus fort, espérant attirer son attention, espérant le voir s’arrêter. Mais rien n’y fit et sa tête vint de nouveau heurter la vitre, plus fortement que la seconde. Je me surpris alors à crier son nom dans l’espoir d’attirer son attention, de le voir s’arrêter. Une de mes mains vint se placer contre la vitre, couverte de ce voile de nacre spécifique de mon pouvoir. Et merde… Finalement, un homme fit irruption dans la pièce et stoppa Alexandre, le forçant à se rasseoir sur sa chaise.

« Ne lui faites pas de mal ! Laissez-moi entrer ! »

Mais le garde fit mine de ne pas m’entendre, retournant derrière la porte qu’il avait ouverte à surveiller cette visite aussi particulière que peu commune. La rage que j’avais contre le BAM ne faisait que croître un peu plus devant leur stupidité et leur incompréhension à voir que les mutants demeuraient des êtres humains avec des sentiments. Alexandre plus qu’un autre. Je le regardais sans bouger, assistant de manière impuissante à son auto-mutilation. Puis, il me posa une question. Une question qui n’avait tout bonnement rien à voir avec le reste de notre discussion. Le vert ? Si j’aimais le vert ? Je gardais mon regard figé sur lui sans comprendre. Mais y avait-il seulement quelque chose à comprendre ?

« Ou… Oui. J’aime le vert, oui. »

Qu’aurais-je pu répondre d’autre ? J’avais beau réfléchir, je ne voyais pas où il voulait en venir. J’avais juste envie de lui dire que je serais là. Je voulais qu’il prenne sans réfléchir cette main que je lui tendais.

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