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 Points de vue {Kaya Spencer}

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Amy de Lauro
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MessageSujet: Points de vue {Kaya Spencer}   Dim 23 Mar - 21:15

Lundi 6 Janvier 2014 – 04 : 08 P.M.
Il y a des jours avec et des jours sans, comme le veut l’expression ; reste à savoir quoi. Aujourd’hui, c’est un jour avec, en un sens, puisque les problèmes s’accumulent, mais du fait certains considèreraient cela comme un jour sans, puisque c’est plutôt négatif. Il faut donc savoir si l’on utilise cette phrase au figurer ou au sens propre ; je vais avoir de quoi occuper Rachel durant une bonne heure là.

Mon quotidien dispose d’une charmante routine qui me va parfaitement : levée sept heures, j’ai une petite heure pour me préparer, tant au niveau de la toilette que des échauffements physiques, ainsi que pour faire le petit déjeuner de mon aimée. Ensuite, je poursuis par quatre heures d’entrainements sportifs, alternant de façon chaotique entre les arts martiaux et la gymnastique artistique, avec de temps à autres et fonction de la saison, de la natation ou de l’athlétisme, l’escalade comme le trampoline en tenant plus des loisirs désormais. Le défi principal est d’arriver à un bon enchainement d’agrès au cours des cinq jours de la semaine, pour se maintenir dans tous les domaines, et il n’est pas toujours réussi ; d’un autre côté, ce n’est pas non plus tellement grave, considérant que je n’ai pas à employer ces capacités là bien souvent, les missions X-Men étant plus que rare, certains se demandant même si je fais parti de l’équipe. Vexant, oui, mais je n’en reste pas moins disponible pour des interventions si l’on a besoin de moi, et je continue dans cette voie en aidant les autres, par ma vocation. Et elle me prend tous les après-midi, de quatorze à dix-huit, sachant que plus que squatter ma compagne au réfectoire, la pause du déjeuner me permet de prendre une nouvelle douche afin de me débarrasser des efforts du matin ainsi que de changer de tenue pour une plus adaptée.

La première et principale caractéristique de cet « uniforme » est la blouse blanche, que je considère comme le symbole de mon office et du fait que, comme les autres professionnels de la santé, je sais ce que je fais. Et cela ne se limite pas à cette blouse, même si le reste peut varier : je suis une experte dans le décryptage corporel, et la signification des couleurs y prend une bonne place : je privilégie les marrons pour leur douceur, leur naturel et leur neutralité, les gris également pour leur douceur mais aussi leur calme, malgré qu’ils puissent être ambivalents, ainsi que de légères touches de vert, synonymes de stabilité, de concentration et d’espoir, et de bleu, pour la sagesse, la sérénité, la vérité et la loyauté, quant bien même il retranscrit aussi le rêve et la fraicheur. Le noir peut être un bon renfort, ou à défaut un bouche-trou, mais j’ai conscience de l’ambivalence qu’il peut avoir, tout comme les autres couleurs que je porte. J’ai la chance d’avoir les cheveux bruns et les yeux bleus, cela me donne des touches de couleurs naturelles plutôt utiles, et pour aujourd’hui, c’est complété avec un t-shirt et un jeans bruns assez foncé, tout simplement ; j’ai perdue mon écharpe verte, et je dois avouer que ça m’emmerde assez. Pas que cette couleur soit difficile à porter, mais de petites touches, c’est pas non plus une moitié de tenues. Enfin Bref.

Mon agenda n’est pas tellement chargé, et se divise en deux types de consultations, les psychologiques « standards » et les « personnelles » ; les premières sont normales, dans le sens où le but premier est d’aider l’autre à avancer et à progresser, et les secondes se font sur acceptation de ce même autre de me parler de l’impact de sur lui, sa vie et sa façon de voir le monde, pour me permettre d’avancer dans ma thèse. Si les premières sont hebdomadaires, les secondes ne sont que ponctuelles, sur la base du volontariat ; autant dire qu’il n’y en a pas souvent, à mon grand damne. Et pour les régulières, j’ai un emploi du temps fixe, comme il se doit. J’essaie de regrouper mes consultations le Lundi car je suis libre le week-end et que les personnes que j’aide peuvent venir me trouver sans difficulté, tandis que n’avoir rien « d’important » à faire le reste de la semaine me permet de reproduire ce schéma. Je suis consciente de devoir, au bout d’un moment, changer cela dès qu’il n’y aura plus de place et je pense déjà trouver un « îlot » dans la semaine me permettant d’éviter d’être trop indisponible, mais pour l’instant, il m’en reste une : le créneau de seize heures. Hors aujourd’hui, il ne le sera pas.

Il y a des jours avec et des jours sans ; quelle que soit l’interprétation que l’on y apporte, j’ai pas mal de problèmes imprévus à gérer aujourd’hui. Sanzo vient de partir, avec un peu de retard, et je vais devoir me mobiliser une journée pour enquêter sur ce que sait son père à propos des événements du Maine et du Phénix. Reiji Aoe est au courant pour la mission X-Men là-bas, et il sait que cela s’est mal terminé, comment et jusqu’à quel point, c’est cela qu’il va me falloir démêler, et je ne suis pas sure de pouvoir simplement me présenter à sa porte pour lui demander poliment. A côté de cela, et on ne m’a prévenu que lorsque je suis venue prendre mon internat, je vais devoir faire une évaluation psychologique : Kaya Spencer a tenté de se suicider.

Je ne sais quoi en penser ; elle s’est déjà tirée dessus pour tester la résistance de ses pouvoirs, et c’est une personne qui a fait son possible pour m’éviter depuis notre première rencontre. J’ai tenté de calmer sa « peur » lorsqu’elle était de la fête de Nobody pour Halloween mais il semble qu’elle reste persuadée que je lui en veux. Le calimérisme est un truc que j’ai diagnostiqué dès son arrivée, mais j’ai cru qu’elle avait progressé entre temps ; pas sur ça, visiblement. A moins qu’il ne s’agisse d’une simple manœuvre de manipulation pour amener l’autre à prendre sa défense, donc à se retrouver de son côté ; c’est possible aussi, c’est une personne intelligente, malgré ce qu’elle déclare. Enfin Bref, elle a moins progressé que je l’avais crut et est tombée dans des travers plus dangereux encore qu’auparavant. Son arme a due lui être confisquée, puisqu’elles sont interdites dans l’enceinte de l’Institut sauf dérogation et qu’après une tentative de suicide, Kaya ne pourra jamais plus en obtenir une, mais surtout, il faut savoir si elle va recommencer ou si on peut l’aider. Je n’ai pas l’espoir de le faire, non, je crains fort qu’elle réinterprète  tous mes propos pour se victimiser ou réarranger l’histoire comme cela l’arrangera pas la suite, comme la dernière fois, mais j’essaie au moins. J’ignore si on lui a forcée la main pour qu’elle vienne ou si elle a accepté d’elle-même, mais je ne crois pas qu’elle accepterait que je la suive sur le long terme ; cela l’obligerait à revenir sur ses propos ou à se trouver une nouvelle némésis, et je suis une cible trop facile pour être lâchée aussi simplement. Et je pense que, comme la dernière fois encore, elle n’ira voir personne d’autre, elle avait dit le faire avec Emma, et ne s’est jamais présentée. Je ferai ce que je peux, et advienne que pourra.

Mon bureau se trouve dans l’une des salles mitoyennes à l’Infirmerie, dans cette partie rajoutée qui forme un quatrième étage à une partie du manoir, car c’est là que s’exerce mon métier. C’est plus grand qu’un bureau de prof, beaucoup plus vide aussi, uniquement meublé d’un large bureau au plan de travail en verre plastifié, autour duquel se trouvent trois chaises métalliques à dossier, d’une armoire avec portes vitrées et étagères disposée contre l’un des murs latéraux, d’un évier entre cette dernière et le mur opposé à la porte, qui est principalement prit par une fenêtre avec stores verticaux. La lumière rentre assez bien, mais c’est le côté clinique qui me déplait ; d’un autre côté, je ne suis pas seule à l’utiliser, contre les personnalisations, j’ai depuis longtemps oubliée. Mon seul apport personnel, c’est une boite de sachet de thé et des tasses… ce qui est déjà une bonne chose ! Le retour des commérages autour d’une boisson durant les heures de libre, d’autant que vu le temps que j’ai passé à l’infirmerie et au labo en tant que sujet, je connais bien les infirmières, même si ce n’est pas le cas de Moïra ; Moïra que je surveille d’ailleurs vu le temps qu’elle passe avec Cait’. OUI c’est pour étudier sa mutation MAIS ça implique de la voir nue à cause de cette connerie de phasage donc NAMOE. OUI MAIS NAMOE ; raisonnement primaire. Je ne suis pas jalouse, je suis territoriale, nuance.

ENFIN BREF. Je suis assise sur ma chaise, occupée à ranger les feuilles de notes dans le dossier de Sanzo et à en prendre de nouvelles, lorsqu’elle arrive. Je la regarde avec pitié et compassion, même si mon premier regard, comme toujours, analyse et décrypte ce que son physique donne à déduire.

- Bonjour Kaya, commence-je doucement. Je sais que tu n’as pas plus envie d’être là que la dernière fois et que tu ne m’apprécies pas d’avantage, mais je vais essayer de t’aider, au moins cette fois, d’accord ? Je t’en prie, assieds-toi, et si tu veux un thé ou autre, n’hésite pas à demander.

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Kaya Spencer
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MessageSujet: Re: Points de vue {Kaya Spencer}   Dim 30 Mar - 14:16

Je flippais.

Après être sortie de l'infirmerie, j'espérais que tout se passerait comme d'habitude : que je me fondrais dans la masse, invisible. C'était un peu bizarre. Cette... sensation d'être invisible, que personne ne me voyait, que je n'avais aucun intérêt, était ce qui m'avait absolument ruiné l'existence. Mais bizarrement, pour cette fois-ci, j'avais envie que ça continue. Je ne savais pas trop quoi penser de ce que j'avais fait quelques jours auparavant, tenter de me foutre une balle dans la tronche. Ne le sachant pas moi-même, j'étais incapable de savoir ce qu'en penseraient les autres, et de fait, j'aurais préféré être invisible pour une fois.

Ce ne fut pourtant pas le cas. Je fus rapidement informée du fait que je devais voir Amy pour un bilan et pour m'aider. Et je flippais. Elle m'intimidait. Vraiment.
Certains diraient que c'était illogique, et je savais que ça l'était, au fond. A la soirée à Halloween, tout s'était très bien passé par exemple. Et malgré ça, j'avais quand même peur. J'étais incapable d'expliquer pourquoi, en fait. Probablement parce qu'il n'y avait aucune explication rationnelle. Si, une : je suis tarée. C'était une assez bonne explication...

La nuit fut du coup assez courte. D'abord, parce que j'étais un peu angoissée... Et ensuite parce que j'avais eu un mal de crâne absolument infâme toute la nuit. Je m'étais levée deux fois : une pour prendre du paracétamol, et une deuxième pour essayer l'ibuprofène. Le premier n'avait pas eu vraiment d'effet... Le deuxième en avait eu un peu. Mais ce n'était pas non plus le bout du monde, très franchement. Une amélioration... anecdotique, au mieux.
Ce n'était pas une migraine, vu que j'avais mal surtout à l'arrière de la tête. Au niveau du tronc cérébral et du cervelet. T'AS VU UN PEU ? C'EST QUI LA PRO D'LA BIOOOOOOOOOO ?? Hum... Enfin non, oui, donc... J'avais assez peu suivi en cours, entre mes 14 et mes 18 ans, vu que j'étais plutôt occupée à sécher et me laisser embarquer dans des affaires de gangs assez douteuses. Mais les cours de bio, j'y étais allée, c'était cool. Et j'espérais secrètement y trouver des réponses à ces lames bizarres qui me sortaient de la peau...

Je n'avais pas eu d'explications sur mon état, mais du coup je savais que j'avais mal à l'arrière de la tête, soit le tronc cérébral et le cervelet. Voilà une connaissance très inutile. Parce que je ne pouvais pas vraiment m'ouvrir le crâne, puis me mettre un cachet d'aspirine et refermer. Déjà parce que ça servirait pas à grand chose... Et en plus parce que ce serait bien dégueu. Cela dit, si je régénérais, je pourrais tenter. Mais ça serait dégueu quand même. Et inutile. Je pris donc une des plus grandes décisions de ma vie : celle de ne pas m'ouvrir l'arrière de la tête pour y mettre des cachets d'aspirine. Ouf, ce fut une décision difficile à prendre, qui serait lourde de conséquences, mais j'étais heureuse d'arriver à une conclusion !

Mais pour revenir à la réalité, j'étais levée vers 7h30, j'étais complètement pétée comme si j'avais une gueule de bois olympique, j'avais un mal de crâne immonde, et j'avais soif. Vu que j'étais crevée, je voulais faire des trucs, mais mon corps n'était pas coopératif. L'effet "bras et jambes tout mous du matin". Genre, je veux attraper mon téléphone pour regarder l'heure mais j'y arrive pas parce que je suis encore totalement emplâtrée. Et du c... Tiens ?

Je haussai un sourcil, surprise... Car j'avais mon téléphone en main. Je l'avais pris ? Nan... 'fin, si, vu que je l'avais en main. Bizarre. La fatigue sûrement. Je le déverrouillai, remarquant qu'il était 7h26 en fait. 4 minutes avant le réveil. Saloperie. Tu me le paieras.

Bâillant longuement, ce qui me provoqua un nouveau pic de douleur dans la tête, je m'étirai avant de finalement me traîner hors du lit de manière assez pitoyable. J'avais toute l'énergie d'un bigorneau. Hmmmm... Des bigorneaux, tiens. Il faudrait que je propose à Jay d'aller en manger, un de ces quatre. En plus, s'il pouvait me transporter, on pouvait aller assez facilement dans un petit port sympa dans le nord où ils auraient des huîtres et tout et tout. J'avais pas mangé de fruits de mer depuis une éternité. D'un autre côté... Le Wyoming n'était pas vraiment un endroit où il y avait de la côte.

Laissant de côté ces considérations alimentaires (j'avais tout le temps faim de toutes façons), je me douchai, puis démarrai ma journée assez tranquillement. Exercices matinaux, étirements, méditation, entraînement au combat, un peu de course dans les jardins. Ensuite rinçage de tronche, petit déj', et hop, en cours. J'avais de la philosophie et de la littérature anglaise. J'aimais beaucoup les cours de philo, car le prof' était vraiment passionné par ce qu'il faisait. Il ne se contentait pas juste de réciter des cours barbants et faire apprendre des citations pourries par coeur, genre "Si tu connais Kant sur le bout des doigts t'as 18 et si tu connais pas t'as 0". Il encourageait les élèves à réfléchir au lieu de juste apprendre bêtement.

Mais cette fois-ci, je n'étais pas hyper focalisée. Toujours ce mal au crâne débile qui ne voulait pas partir. Puis c'est quoi, cette migraine débile là ? Mal à l'arrière de la tête, mais genre, bien sûr, c'est SUPER utile. Des fois le corps c'est vraiment débile. Enfin... Je survécus aux cours, et finis par me diriger vers le bureau qu'on m'avait désigné, à côté de l'infirmerie. J'étais en avance... Je profitai donc de l'occasion pour passer voir l'infirmière et lui demander si elle n'avait pas quelque chose d'un peu plus sévère que l'ibuprofène, niveau efficacité, vu que j'avais l'impression d'avoir un mixer dans le cerveau. Elle me fila du diclofénac, ajoutant que je devais repasser si le lendemain j'avais encore mal. Espérons que non... La remerciant, je pris congé, avalant la pilule blanche et la faisant passer avec un peu de lait à la fraise. J'en avais pris une petite bouteille avec une paille.

Et ensuite arriva l'heure d'y aller... Je pris une grande respiration, frappant à la porte avant d'entrer, l'air hésitante. D'entrée de jeu ça démarrait fort, je ne savais pas où poser les yeux. Sur elle ? Sur la chaise ? Sur le bureau ? ... J'étais tout à fait consciente de ce problème et ça me gonflait passablement. Lorsqu'elle prit la parole, je me forçai à fixer le regard sur un pot avec des stylos.
D'entrée de jeu l'ambiance était donnée en tout cas... Direct elle disait que je n'avais pas envie d'être là et que je ne l'appréciais pas. Ben merci de m'le dire, j'étais pas au courant dis donc. J'allai en tout cas m'installer, le regard toujours fuyant, me posant et secouant un peu la jambe droite par réflexe.

« N... Nan ça ira merci. »

Bon, là je devais carrément passer pour une grosse givrée, il fallait que je lève le nez. Je me forçai donc autant que possible à la regarder en parlant, et mes yeux se fixèrent sur son cou. C'était mieux que rien non ? Si j'avais été une vampire, ça aurait été flippant sûrement, mais là, bah j'avais rien de mieux.

« C'est... 'fin c'est pas une histoire d'apprécier ou pas... Les gens que j'apprécie pas, j'les apprécie pas parce que je les connais et c'est des gros connards. Vous, j'vous connais pas, donc j'peux pas dire. J'suis juste... intimidée. Disons que la première impression que j'ai laissée n'est pas des plus grandioses, quoi... Un peu comme le grand héros Viking, au lieu d'arriver dans le hall où se passe le banquet, victorieux avec sa hache et la tête de ses ennemis en criant "POUR THOR", à la place, il arrive avec une anguille, il marche sur ses lacets, il s'étale, puis il éternue et il a de la morve dans sa barbe. Ça fait pas super classe. Dans l'histoire, au lieu d'être "ERIK LE BRAVE", ça sera "ERIK MORVEBARBE". Après, vous m'direz, "pourquoi un viking ?". A ça, j'dirais que je sais pas, j'ai joué à Skyrim y'a pas longtemps, ça doit être pour ça. »

C'était un problème courant, ça...

« 'fin désolée, quand chuis stressée je raconte des conneries sans intérêt et je pars toute seule dans des trucs bizarres. Une fois j'étais mal à l'aise face à quelqu'un et je lui ai parlé de l'évolution du pantalon de 1500 à nos jours... Je retiens que des trucs inutiles. Genre, tiens, on parlait de vikings, ben je sais que Sköld c'est un prénom nordique. Et ça me servira jamais à rien comme info. Par contre, retenir les principes de la métrique d'Alcubierre, pas moyen. Ceci dit, n'ayant pas les moyens financiers de construire des moteurs à hyperespace, ça serait pas super utile non plus... Mais du coup, forcém... »

Je m'interrompis, remarquant que je repartais encore dans des digressions sans grand intérêt.

« Donc ouais, nan. J'imagine que c'est au sujet de... ben... mes conneries d'la semaine dernière... »
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Amy de Lauro
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MessageSujet: Re: Points de vue {Kaya Spencer}   Dim 6 Avr - 16:15

Je comprends ses hésitations et son regard fuyant, en revanche dès que j’essaie de me montrer conciliante c’est un refus et de l’agressivité qui pointe ; que puis-je faire en ce cas ? Comment l’aider si la moindre tentative de tendre la main ne rencontre pour honnête réponse qu’un rejet comme si elle était inutile ? Une politesse hésitante ne me trompera pas face au fait que plus que me « fuir », elle se retient de m’agresser à chaque contact direct.

C’est pas une histoire d’apprécier ou pas ? Ça en a l’air, pourtant, et c’était de qu’elle disait, aux autres, que je ne l’appréciais pas. Non, je ne les citerai pas, mais oui, j’ai eu des retours. J’essaie d’aider les gens à résoudre leurs problèmes, pas de leur en créer, hors il semblerait que pour Kaya, ce soit moi le problème. Pourquoi ? Est-ce mon orientation sexuelle ou ma partenaire ? Est-ce mon domaine d’expertise ou ma simple personne ? Est-ce… non, je ne vais pas continuer comme ça, ça pourrait durer encore longtemps et n’apporterait nulle réponse.

Elle ne me connait pas, en effet, mais n’a jamais voulu me connaitre, quant à déprécier ceux qu’on ne connait pas c’est plus facile encore que ceux que l’on connait, justement. Je veux bien croire à son intimidation mais je ne vois pas en quoi je suis intimidante ou s’il est nécessaire de réagir mal et de s’en plaindre à tout le monde, d’autant que lorsqu’elle a prit à parti les autres, ce n’était pas pour dire que je l’intimidais, mais que je ne l’aimais pas. La différence est monumentale car si je l’intimidais les autres auraient put prendre parti de la rassurer, pour peu qu’ils me connaissent suffisamment mais considérant qui m’en a parlé, c’est le cas, tandis que si je ne pouvais la blairer, cela les encourageait à prendre son parti contre moi, la rassurant comme quoi ce n’était pas grave et que j’étais en tord de toute façon. Pourquoi ? Est-ce pour détruire mes relations avec les autres et m’isoler ? Pour tenter de se venger ou de me spoiler d’une chose que j’ignore ?

La première impression qu’elle m’a laissée j’ai eu la franchise de lui dire et c’est justement l’unique chose qu’elle pourrait me reprocher.  Ça m’a prit l’un de mes longs monologues que nombre trouvent chiants mais dont le fond est aussi juste que possible, même si la forme est brute de décoffrage ; et exactement, cela disait que je ne l’avais nullement mise dans une case noire ou blanche, mais que je m’étais assurée qu’elle fasse le choix adéquat quant au côté vers lequel elle devait pencher dans un milieu comme l’Institution Charles Xavier pour Jeunes Surdoués. Je ne m’étais pas autant trompée qu’elle le déclarait et j’avais juste vérifiées mes hypothèses. J’avais illustrée l’une de nos différences, aussi, même si elle est anecdotique car Kaya n’était plus vraiment une reine en enfer alors que je restais esclave du paradis, mais surtout je lui avais confirmée que ses cinq années de difficulté ne disparaitraient pas de sa vie en un jour mais que c’était chaque jour qu’il faudrait s’employer à les effacer, à les outrepasser ; et cela commençait le jour même. Il était important qu’elle s’en rende compte et le confirme, tout simplement. Chaque personne a son histoire, et si elles ne sont pas toutes exceptionnelles, chacune est tragique à sa façon ; la difficulté est de continuer à progresser et cette progression ce fait avec les autres. Etre soi-même avec les autres c’était être unique et tisser des liens qui le sont tout autant, et même si ce soi-même possède des défauts tant que les qualités primes il y avait toujours moyen de s’intégrer et de nouer des relations. C’était à elle de voir si l’effort valait la peine, moi j’y croyais et j’y crois encore, tout comme cette Institution qui repose là-dessus.

Il n’était nullement question de « grand héros viking » ou d’arrivée pas « superclasse », il était juste question d’une arrivée simple et d’une personne normale. Pourquoi viking ? Non. Pourquoi « grand héros » et « superclasse » plutôt et je crois que je sais déjà. Mais si je le dis, elle va encore le prendre mal, elle va encore déclarer que c’est contre elle, que c’est par méchanceté. Pourquoi cette volonté de se placer sur un piédestal et de valoir toujours mieux que les autres ? Pourquoi vouloir être le centre de l’univers ? Et pourquoi, dès que quelqu’un n’accepte pas ou ne serait-ce que s’en moque, le désigner comme une méchanceté et essayer de rameuter du monde contre lui ?

« 'fin désolée, quand chuis stressée je raconte des conneries sans intérêt et je pars toute seule dans des trucs bizarres. Une fois j'étais mal à l'aise face à quelqu'un et je lui ai parlé de l'évolution du pantalon de 1500 à nos jours… Je retiens que des trucs inutiles. »

Si raconter des trucs bizarres lui permet de se mettre à l’aise, ils ne sont pas inutiles, quant à retenir des trucs inutiles, cela s’appelait simplement avoir une culture générale étendue. Forcément que les choses n’étaient pas essentielles voir parfois décalées, mais parvenir à les placer durant une conversation permettait toujours de la faire, la conversation, et de montrer qu’on s’intéressait à des choses. Après, c’est un peu vexant de savoir que l’histoire des pantalons est plus intéressante que ma vie mais je comprends parfaitement.

Sköld c’est un prénom nordique, je ne savais pas mais je pense que cela peu servir, après tout, si un jour elle a des enfants et que le nom lui plait, il servira, tandis que sur des jeux ou autres trucs nécessitant un pseudonymes, c’est pareille. Non, ça ne changera pas le monde comme pourraient le faire la commande de chaîne, mais à quoi bon essayer de changer le monde ? D’autant que je ne garantie pas l’utilité et la bonne application de résultats, qu’elle n’a pas, comme elle le souligne elle-même, les moyens de les mettre en œuvre, et qu’il y a déjà plus de problèmes à régler qu’elle n’en a eu dans sa vie.

« Donc ouais, nan. J'imagine que c'est au sujet de… ben… mes conneries d'la semaine dernière… »

Au moins j’ai ma réponse : elle n’est pas venue ici de sa propre initiative ou avec bonne volonté, elle est venue parce qu’elle n’a pas eu le choix et n’a même pas écoutées les raisons pour lesquelles on lui demandait cela. Ne rien dire là-dessus sinon elle trouvera le moyen de me mettre ça sur le dos, je suis sure.

- Oui, réponds-je doucement, sans réellement savoir ce que je peux dire ou pas. J’aimerai que tu m’en parles. Enfin si tu veux bien. Si ça peut te rassurer, je ne suis pas sure d’avoir le niveau pour t’aider. Mais si tu te montre franche on pourra trouver quelqu’un qui pourra le faire correctement.

Je marque une pause pour regarder ses réactions, craignant une similaire à la précédente.

- Pourquoi tu as fait ça, Kaya ?

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Kaya Spencer
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MessageSujet: Re: Points de vue {Kaya Spencer}   Mar 8 Avr - 21:47

Je me contentai de hausser les épaules à la mention du fait qu'on pourrait trouver quelqu'un qui pourrait m'aider correctement. Pour tout avouer, je n'étais pas sûre que quelqu'un puisse le faire. J'étais prise dans une espèce de cercle vicieux qui s'auto-alimentait en boucle. Je n'avais en tout cas aucune idée de comment en sortir... Mais d'un autre côté chercher de l'aide pourrait peut-être fonctionner. Je ne savais pas si ça irait ou non, mais au moins je tentais. Peut-être qu'un point de vue extérieur aiderait. Restait à espérer que ça ne serait pas un point de vue moralisateur ou quelque chose de ce type... J'ignorais si Amy réagirait comme ça ou non, car en dépit du fait que je connaisse bien sa femme, je n'avais pour ainsi dire presque jamais discuté avec elle. Je nageais en terrain totalement inconnu.

Lorsqu'elle me demanda pourquoi j'avais fait ça, je passai les mains sur mon visage en soupirant longuement. Je ne savais pas quoi répondre, ni par où commencer. Je craignais d'être soit trop exhaustive et de devenir ennuyeuse, soit pas assez exhaustive et de passer pour une espèce d'imbécile ou quelque chose de ce type... Le problème, c'était que je n'étais juste pas d'humeur à calculer le moindre de mes mots, sans compter que je doutais fort que ça aide beaucoup les choses à progresser. Si je me mettais à altérer les faits de manière stratégique et à les présenter d'une façon X Y ou Z pour obtenir un résultat précis, je n'arriverais même nulle part. Je finis donc pas répondre, le regard toujours baissé.

« J'étais désespérée. »

Peut-être que ça méritait quelques explications. Elle allait peut-être répondre que je ne faisais que me plaindre, et compagnie... Mais si elle répondait ça elle serait quand même un psy assez médiocre. En donnant du contexte, peut-être que les choses deviendraient plus claires. Ou peut-être pas. Je n'aimais pas ça... Je n'avais aucune idée de quel serait le résultat. Et ça ne me rassurait pas. Mais encore une fois, si je n'apprenais pas à me lancer, je n'arriverais jamais à rien... Il n'était pas trop tard pour tenter.

« Toute ma vie j'ai eu le sentiment écrasant d'être invisible. Ce que je réussissais n'était pas assez exceptionnel pour attirer l'attention, et mes problèmes n'étaient pas assez graves pour attirer l'intérêt. Dans toutes les situations sociales, j'ai toujours été... ouais, transparente. Même pour mes parents. Je ne me rappelle pas qu'ils m'aient un jour serré contre eux ou dit "on t'aime" ou rien de ce genre. Quand ils se sont séparés, ils ont même oublié de voir qui aurait la garde tellement ils s'en foutaient... Et dans toutes les situations c'était comme ça. École, collège, lycée, ... »

Haussant les épaules, j'ajoutai :

« C'est pour ça que j'ai rejoint un gang. Dedans au moins, grâce à mes lames, j'avais une sorte d'utilité. J'étais... moins transparente, même si personne ne s'intéressait plus que ça à ma personnalité 'faut avouer. Enfin... C'est pour ça que je me suis tirée dessus au mois de mai. Je pensais que je resterais invisible et inintéressante toute ma vie. Que je finirais seule dans l'ignorance générale. Qu'une fois morte, on retrouverait mon corps 5 ans plus tard parce que personne s'en serait rendu compte. »

C'était un peu déprimant, je devais bien l'admettre... Mais d'un autre côté, elle avait demandé. Je craignais que toute cette histoire ne l'emmerde. Que comme toujours, ça ne paraisse inintéressant. Tout ce que j'avais toujours dit et fait avait paru sans intérêt. C'était pour ça que j'étais devenue ce que j'étais devenue. Une je m'en foutiste totale. Pourquoi ferais-je quelque chose, au juste ? J'allais échouer et personne ne s'en rendrait compte, alors quel intérêt ?

Soupirant de nouveau, je repris de nouveau :

« Quand Cait' m'a proposé de rejoindre les X-men... J'y ai vu l'occasion de faire deux choses. D'abord aider ceux qui en avaient besoin. Pour la première fois de ma vie, j'aurais pu me sentir utile, avoir l'impression que ce que je faisais avait un intérêt... Et ensuite, enfin mettre en avant quelque chose. Mes capacités étaient la seule chose qui auraient pu me faire exister. Devenir une protectrice. Faire en sorte que personne ne soit blessé... J'aurais enfin trouvé un moyen de devenir visible en protégeant les autres. »

Sauf que ça ne s'était pas passé comme prévu.

« Mais j'ai échoué. Lamentablement. A San Francisco je n'ai servi à rien du tout et Caitlyn a fini... Enfin tu sais dans quel état elle a fini. Et dans le Maine... Pareil. Sanzo a fini avec une balle, la gamine a fini morte déchiquetée d'un coup de fusil à pompe, et Rachel a fait une boucherie complète. Si j'avais servi à quelque chose, il n'y aurait pas eu un seul blessé... J'aurais absorbé les coups de fusil, mis une bonne droite à ces péquenauds de merde, tout le monde au dodo, problème réglé. Mais à la place... Ça a encore été un désastre. »

Tapotant un peu les doigts de la main droite contre la cuisse, je grimaçai légèrement alors que ces putains de maux de tête étaient en train de revenir. Son truc, à l'infirmière, ça marchait carrément pas...

« Donc j'me suis sentie définitivement inutile. Zéro. Tout s'est mélangé... Le fait qu'au niveau amoureux ma vie soit un désert misérable qui ne risque pas de se remplir... Le fait que je me sente invisible et inutile... Le fait que Caitlyn ait été blessée à cause de ma médiocrité... J'avais plus une seule once de début de vague petit morceau d'espoir restant... Du coup j'y ai réfléchi pendant une semaine. J'ai acheté un flingue, je l'ai laissé en dehors de l'Institut pour éviter les ennuis, puis j'me suis installée au sommet d'un arbre qui se trouve dehors... et voilà. J'avais pas prévu que je secréterais du machin au fond de la gorge et que la balle serait arrêtée. »

Je parvins enfin à relever le nez et la regarder en face, avec une mine dépitée.

« Pas super fascinant je sais... C'est l'histoire de mon existence. Pas assez intéressant. »
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MessageSujet: Re: Points de vue {Kaya Spencer}   Lun 14 Avr - 20:12

Un haussement d’épaules, tout simplement. C’est déjà une bonne chose puisque Kaya ne m’envoie pas chier comme juste avant. Cependant elle n’y croit pas ; pourquoi ? Absence d’espoir ou juste dénigrement de mes capacités. Elle n’est pas venue ici de son plein gré du fait qu’elle ne pense pas cela utile est tout à fait plausible ; j’aurai essayé au moins.

Soupir, essuyage d’une sueur qui ne s’est pas encore formée dans un geste de difficulté, peur… tout ça est logique, normal, banal. Mais n’est-ce pas cela qu’elle fuit à tout prix ?

« J'étais désespérée. »

Je grimace d’empathie mais je sais qu’elle ne le voit pas, yeux baissés comme elle les a, et j’ignore si elle voudrait le voir. Après tout, un héros n’a pas besoin du soutien des autres, nous sommes dans le mythe du superman ou c’est du moins ce qu’elle aimerait être. Au moins c’était sincère, certes très superficiel dit ainsi mais il fallait bien commencer par quelque part. Un quelque part déplaisant mais un quelque part quant même ; il était peu probable de trouver du plaisant dans ce qui allait suivre de toute façon.

Le sentiment écrasant d’être invisible c’est un premier point. Pas assez « exceptionnelle » pour attirer l’attention, en bien comme en mal. Ça explique cette volonté d’être au-devant de la scène, d’être la meilleure quitte à devoir sacrifier des autres pour cela. Elle ne se contentera pas d’une place, même au premier rang, elle veut être sur scène et être couronnée. Elle veut passer d’un extrême à l’autre.

Manque affectif, c’est un second point. Absence parentale, absence de groupe de pairs… alors on en revient au choix : être une reine en enfer plutôt qu’une esclave au paradis. S’illustrer dans les méfaits plutôt qu’être anonyme dans le droit chemin. Hors cela n’apportait pas de l’affect, juste de l’intérêt. Et la balle au-dessus de l’œil n’était pas pour tester sa résistance de façon inconsidérée, c’était une première tentative de suicide… le dicton veut que jamais deux sans trois.

Je ne sais pas quoi dire, il y a tellement de rancœur sous-entendue dans ses mots, sur elle. Tout ce que je pourrais essayer, soit elle pourrait le retourner dans le sens où elle le souhaitera soit cela sera si franc qu’elle le prendra mal. Elle va continuer de me détester et de me cracher dans le dos mais s’il faut cela pour l’aider. Je ne demande pas de reconnaissance parce que j’agis pour les autres et non pour moi, c’est triste qu’elle ne puisse penser ainsi.

Les X-Men : double solution. Etre utile en aidant les autres et mettre en avant « quelque chose ». Qu’est-ce que ce quelque chose ? Ses capacités, la seule chose selon elle qui lui permettait d’exister. Lorsqu’on apprécie quelqu’un exclusivement pour ses capacités, il n’est rien de plus qu’une fonction, qu’un outil, c’était ce qu’elle était dans son gang et c’est ce qu’elle a essayé de refaire ici. Pourtant Caitlyn lui a parlé de cœur un nombre incalculable de fois, de mettre en avant son humanité quant il s’agissait d’agir et d’interagir avec les autres. Est-ce tombé dans l’oreille d’une sourde ? J’en ai peur. Et que dira-t-elle si je refais la même leçon ? M’en prendrais-je plein la tête ?

Devenir visible en protégeant les autres ; non. Elle aurait été tout aussi invisible en tant que personne, elle n’aurait été rien de plus qu’un bouclier. Et elle avait échoué. En un sens cela lui offrait une chance de réussir à nouveau mais pourrait-elle l’accepter, la comprendre ou ne serait-ce que la tenter ? Je ne peux qu’aider à parcourir un chemin et amener à se questionner soi-même, si une personne n’en a pas la volonté je ne sers absolument à rien.

San Francisco et la destruction de la cellule Confrériste, j’ai lu les rapports. Je sais comment Caitlyn à fini, de même que Jade et Jubilee, de même que Kyle… il n’est qu’une seule personne à s’en être sortie indemne : Kaya. Mais c’était juste physiquement.

Le Maine et la dislocation de l’équipe de récupération, j’ai lu également. Sanzo a fini avec une balle, Caitlyn a failli y passer dans le corps d’une fillette qui elle est morte, Rachel a fait ce pourquoi elle a été entrainée et sélectionnée en tant qu’X-Men : elle s’est salie les mains. On sauve d’abord ses coéquipiers, ensuite ses cibles, enfin les adversaires ; c’est un raisonnement simple, logique et stratégique. Il n’y a pas eu de mort chez nous et on a ramené l’un des deux mutants qu’on était parti cherché : une moitié de succès, amoralement. Mais ça ne suffit pas à Kaya, elle veut plus, elle veut être au centre, elle veut tout réussir et ne tolère pas l’échec. PERSONNE ne pouvait se préparer à ce qu’un tel don se présente et ce n’était pas un scénario que la Salle des Dangers aurait pu simuler ; même les X-Men auraient été prit au dépourvu, à part les poids lourds. Hors elle n’en fait et n’en fera jamais parti, pas plus que Caitlyn ou moi-même.

« Donc j'me suis sentie définitivement inutile. Zéro. Tout s'est mélangé… Le fait qu'au niveau amoureux ma vie soit un désert misérable qui ne risque pas de se remplir… Le fait que je me sente invisible et inutile… Le fait que Caitlyn ait été blessée à cause de ma médiocrité… »

Ça, ce n’était vraiment pas prévu. Sans doute en y repensant il y a une logique mais je ne m’y attendais vraiment pas. Au moins je sais pourquoi je suis sa Némésis maintenant. Jalousie. Elle me déteste bien mais même si l’on ne s’était jamais rencontrée ça aurait été pareil.

Plus d’espoir. Une semaine de réflexion pour décider de se flinguer, encore. Est-ce un appel à l’aide ? J’ai peur que non, c’est beaucoup trop réfléchit, trop médité, pour. Elle n’a pas voulut nous laisser une chance de l’aider et ce n’est que sa mutation qui lui a épargnée la réalisation de son souhait.

Elle me fixe et je suis désolée pour elle mais son visage n’exprime pas de tristesse, juste de l’irritation et de l’amertume.

« Pas super fascinant je sais… C'est l'histoire de mon existence. Pas assez intéressant.  »

Ai-je le droit de penser autrement ? Nous verrons bien mais j’ai peur que non.

- Triste surtout. Tu te plains d’être invisible mais lorsque les autres pourraient te voir dans toute ta faiblesse tu n’en caches et tu fuis. Tu tentes d’en finir. Serais-ce si dramatique que cela qu’on t’accepte dans tes failles et tes souffrances plutôt que dans tes forces et une magnificence qui n’est dû qu’à ta mutation ? On ne te verra pas plus ainsi. Là où l’on peut te voir et t’aimer c’est dans ce qui te rend humaine. Si tu avais dit ton ressenti avant, crois-tu qu’on t’aurait laissé te démerder avec ? Crois-tu que ça t’aurais fait disparaitre à nos yeux ? Non, tu n’aurais pas été la meilleure ou l’indestructible, mais tu aurais été Kaya. Tu aurais réellement été toi.

Va-t-elle comprendre ce que je dis ? Je ne peux pas réellement le savoir. Je dois attendre ses réponses et peut-être même ce qu’elle en dira aux autres, même si je ne suis pas sure que ce soit ma version des faits qui leur soi rapportée. Mais il y a une autre chose que j’aimerai savoir, peut-être pour me rassurer mais je ne le pense pas car quelque soit la réponse cela ne le fera pas. Je déglutis péniblement avant de demander tristement :

- Tu l’aimes, n’est-ce pas ? Caitlyn… tu en parles comme si tu l’aimais.

Alea Jacta Est.

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MessageSujet: Re: Points de vue {Kaya Spencer}   Mer 16 Avr - 21:51

Triste, disait-elle... Ouais, effectivement. Selon elle, il faudrait que je laisse les autres m'accepter dans mes faiblesses. Peut-être. Mais il faudrait que j'apprenne à le faire. J'avais toujours été dans des milieux où montrer ses faiblesses n'entraînait que plus de misères. Lorsque je les montrais à mes parents ils les rejetaient avec dédain en clamant que ce n'était "rien de très intéressant". Quant à les montrer aux types du gang, c'était un suicide, tout simplement. Et les montrer aux gens de l'Institut ? Je voulais devenir X-woman, j'avais donc peur que montrer mes faiblesses ne joue sévèrement en ma défaveur. Peut-être que cette dernière peur était incohérente, ou fausse. Maintenant, je savais que certaines de mes craintes n'étaient pas fondées... Mais m'en débarrasser ne serait pas particulièrement simple, autant le dire. J'avais beaucoup de travail devant moi...

Mais la question qu'elle posait était bien la bonne. Si j'avais dit ce que j'avais ressenti, aurais-je été rejetée ? Peut-être pas, non, effectivement... J'aurais été moi, mais très étrangement cette idée me faisait peur. Et réaliser cela me laissait... inquiète, et pensive, aussi. J'avais l'air perdue dans mes réflexions. J'étais en fait un peu coincée dans une "boucle infinie", car je savais quel était le problème mais j'ignorais quelle pouvait bien être la solution à celui-ci. J'avais besoin de réponses mais j'ignorais totalement comment les trouver. Peut-être était-ce aussi pour ça que j'étais venue. Pour qu'on m'aide dans ce sens... Parce que je faisais comme si on m'avait convoquée mais je me connaissais. Si je n'avais pas voulu venir je ne serais pas venue, point. J'aurais trouvé une excuse, ou une bonne raison de refuser, et l'affaire aurait été classée.

Je fus par contre interrompue dans ces pensées par une question à laquelle je ne m'attendais pas du tout. Si j'aimais Caitlyn ?

« Hé ben pour mettre les gens à l'aise bonjour...! » lançai-je, mais sans agressivité, juste avec un certain amusement.

Je haussai ensuite les épaules, répondant en la regardant cette fois-ci. Au fur et à mesure que l'on parlait je parvenais à surmonter mon intimidation. Doucement. Mais je le faisais quand même.

« Il y a 2 mois je t'aurais répondu oui. Maintenant... non. Ce n'est pas que mes sentiments ont changé, c'est juste que... Personne n'avait jamais manifesté le moindre intérêt pour moi, mais vraiment, jamais. Le fait que Caitlyn m'accepte, j'étais... confuse. C'était la première fois que ça m'arrivait, je savais ni quoi penser ni quoi ressentir. Comme si j'étais dans une sorte de machine à laver émotionnelle. Elle y est pour rien après, c'est moi qui étais... bien perturbée de base. Je mélangeais tous mes sentiments dans une espèce de gloubi-boulga chelou. Je ne connaissais ni l'amitié ni l'amour, donc je ne savais pas ce que je ressentais. La différence, maintenant, c'est que je suis au courant du problème. Je sais que je peux pas me fier à mes sentiments. Enfin... Si, mais que je dois apprendre à les distinguer. C'est comme tout, en fait... ça s'apprend et personne m'a jamais appris. »

J'avais décidé d'être honnête, maintenant, restait à voir quelle serait la réaction d'Amy. La vérité était qu'effectivement je ne savais pas ce que je ressentais... D'ailleurs, tiens.

« Je parlais de confusion, justement, tu sais que j'ai sauté sur Josh et que j'ai arraché sa chemise ? Le pauvre, il a été surpris. Notre relation n'était qu'amicale en fait, mais comme je disais, n'ayant pas l'habitude, ouais... J'étais confuse, je mélangeais tout, je comprenais rien, j'arrivais pas à interpréter quoi que ce soit. Ajoute à ça ma maladresse sociale récurrente, et t'as un cocktail un peu bordélique. »

Finissant par hausser les épaules, je laissai voir un petit sourire triste. C'était assez pitoyable, mon truc, quand même... Bonjour le numéro ridicule, tiens.

« Après il y a bien quelqu'un que je trouve mignon, mais... Qui voudrait d'une espèce de désastre émotionnel dans mon genre ? Du coup 'faut que j'essaie de, je sais pas. Remettre de l'ordre dans ce bordel. Mais je sais pas comment faire. C'est aussi pour ça que j'suis là... J'ai envie de remettre de l'ordre dans cette espèce de merdier qui me sert de cerveau, sauf que j'ai aucune idée de ce que je suis censée faire pour y arriver. »

Mon regard se fit plus lointain, et mon expression plus affectée. Je devais vraiment faire un effort et prendre sur moi, pour continuer de parler.

« Je veux juste plus vivre comme ça... J'en ai marre tout simplement. J'veux pas continuer comme ça. »

Me passant finalement la main sur le visage, je soupirai et haussai les épaules.

« Enfin désolée, je digresse un peu on va dire. »
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MessageSujet: Re: Points de vue {Kaya Spencer}   Lun 21 Avr - 13:25

Beaucoup d’incertitudes, beaucoup d’hésitations, de la peur également ; elle a beaucoup à penser et le fait qu’elle le fasse prouve qu’on avance. Aurai-je le droit aux conclusions ? Je l’espère pour pouvoir continuer d’aider mais je ne sais pas encore.

« Hé ben pour mettre les gens à l'aise bonjour… ! »

Je grimace, me pinçant les lèvres et plissant leurs commissures, tout en baissant les yeux et déglutissant : certes… Je trouverai bien une excuse mais elle le prend sur l’amusement, chose qui soulage mine que rien même si elle n’enlève pas la gêne d’une maladresse qui n’en est pas forcément une.

Il y a deux mois, oui, maintenant, non ; je relève le visage avec perplexité. Perplexité croissante puisqu’elle ajoute que ses sentiments n’ont pas changés. Contrairement à ce que l’on croit – et j’admets y être pour quelque chose – je ne suis pas jalouse mais territoriale. La gourmette comme les crises de NAMOE sont une preuve de ce territorialisme ; je veux qu’on sache que Caitlyn est MA compagne, MA copine, MA femme, etc. mais je serais parfaitement incapable d’aller casser la tête d’une concurrente potentielle. Le namoe sert à montrer que « n’a moi », autant à l’autre qui est prévenue qu’à Caitlyn qui adore cela, et s’il devait y avoir une vraie concurrence qui s’installerait je pense que je me concentrerai sur la séduction de mon aimée plutôt que sur l’élimination de sa prétendante, je lui fais entièrement confiance pour me rester fidèle et dans un hypothétique cas contraire, je préférerai son bonheur au mien. Aimer c’est souhaiter le bonheur avec l’autre mais si ce n’est pas possible faire passer celui de l’autre avant le sien.

Enfin Bref, hors sujet.

L’acceptation et l’absence de repères joliment nommée « machine à laver émotionnelle », un autre point qui se recoupe avec le manque affectif est peu en effet former de l’hyper-attachement. C’est plutôt courant et ce n’est dangereux que si on dépasse les bornes ou qu’on rencontre les mauvaises personnes, quant à ne pas pouvoir se fier à ses sentiments… c’est plutôt une question d’apprentissage en fait. Et il ne faut surtout pas les rejeter en block ; Kaya l’a déjà comprit par elle-même. Intelligente, plus qu’elle ne veut le reconnaitre, et sage aussi. Plus que tout, sincère, cela faisait plaisir à voir.

« Je parlais de confusion, justement, tu sais que j'ai sauté sur Josh et que j'ai arraché sa chemise ? Le pauvre, il a été surpris. »

Surpris, sans doute, mais elle aussi a du en avoir une mauvaise de surprise puisqu’elle ne fait pas partie de la gente qui intéresse Icare. Il est amical avec beaucoup de monde et très attachant malgré une naïveté assez incommensurable et je comprends qu’on puisse être attirée par un garçon aussi gentil même si je suis de l’autre bord. Quant à la maladresse sociale récurrente de Kaya… c’est pas faux. Mais plus que s’en plaindre il faut essayer de se rattraper, de s’excuser et de réparer, non de s’enfoncer seule en prétextant que les autres le feraient. Confronter ses problèmes pour les régler, ça peut être effrayant ou difficile mais ça évite d’être triste et de courber l’échine ; assez hypocrite de ma part puisque je ne le fais qu’au dernier moment.

« Après il y a bien quelqu'un que je trouve mignon, mais… Qui voudrait d'une espèce de désastre émotionnel dans mon genre ? Du coup 'faut que j'essaie de, je sais pas. Remettre de l'ordre dans ce bordel. »

Ça fait une bonne motivation, au moins, même si je pense que le besoin d’une personne envers l’autre dans le couple est un élément qui permet de souder ce dernier puisqu’on aura jamais assez de s’occuper de l’autre et que l’on voudra par-dessus tout être présent pour lui s’il a besoin de nous. M’enfin, si elle aussi me fait le coup de me demander des conseils de drague… je suis lesbienne mariée à 20ans, j’ai jamais dragué ni fille ni garçon et je le ferai jamais de ma vie alors ne me traumatisez pas avec ça par pitié !

La conclusion arrive, rapidement suivie d’une seconde, après quelques gestes las et tristes, qui la dévalue encore.

- Tu ne digresses pas du tout, corrige-je tout de suite afin de la rassurer. C’est justement tout ce chaos dans ton esprit qu’on va essayer de ranger, pour que tu ne vives plus comme ça. Te poser des questions te permettra d’en chercher les réponses et je suis là pour t’aider à les trouver. Tu te demande qui voudrait d’une « espèce de désastre émotionnel » ; je te demande qui ne voudrait pas aider une « espèce de désastre émotionnel » à s’en sortir ? Regarde Jay, ne t’aide-t-il pas à comprendre ce qu’est l’amitié, lui avec qui il n'y aura jamais aucun sous-entendu dans votre relation ? Tu dois apprendre et pour apprendre il faut des points de repère, la difficulté sera de les trouver.

Mais l’Institution Charles Xavier est bien l’un des lieux les plus propice à trouver ce genre de personne, tant parmi les encadrants que les étudiants même si un certain nombre ne sont là que pour y être et non pour y participer ; d’où la difficulté de trouver les bons.

- Caitlyn t’a acceptée parce que tu t’es montrée réellement face à elle, non pas comme tu voulais qu’elle te voit mais comme tu étais, non ? Et Jay ? Et Jub’ ? Je pense que la première chose à faire pour progresser socialement, pour ne plus être invisible et seule, c’est que tu n’essaies pas de te mettre sur un piédestal ou de te montrer exceptionnelle par rapport aux autres mais que tu trouves les personnes qui t’accepteront telle que tu es, avec tes forces et tes faiblesses. Et pour tes maladresses, ne t’en stresses pas trop : les gens sont généralement apte à pardonner et elles ne sont pas mortelles, des excuses sincères ou une explication devraient être suffisantes. Qu’en penses-tu ?

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MessageSujet: Re: Points de vue {Kaya Spencer}   Lun 21 Avr - 21:13

Je ne digressais pas ? Bah pourtant j'en avais eu l'impression... On était parties de euh... de quoi déjà ? Ah, oui, d'être ou non amoureuse de Caitlyn, pour finalement arriver sur j'en ai marre. Le pire c'était qu'il y avait une solution simple... Un bon chewing gum, car quand y'en a marre, y'a m... bon d'accord j'ai rien dit, désolée. Hum, donc, reprenons. Les digressions, voilà ! Elle trouvait que mes propos n'en étaient pas et j'étais un peu surprise parce que j'avais quand même un peu dérivé du sujet d'origine. D'après d'elle, me poser les questions aiderait. Peut-être... Au moins, maintenant j'étais consciente de mes propres problèmes. Ça me permettait de me poser les questions en question (bwoarf trop marrant, les questions en question eh ! Non ? ... bon d'accord). Et peut-être d'y trouver des réponses, ou des solutions. Mais comme je lui disais, je n'avais aucune idée des réponses et de ce que je devrais faire pour outrepasser les problèmes face auxquels j'étais confrontée.

Sa question me tira une mine assez sceptique par contre... J'étais d'accord sur la suite, sur le fait que Jay m'aide effectivement à apprendre ce qu'était l'amitié, un concept qui avant mon arrivée à l'Institut m'était plutôt inconnu, mais je trouvais son optimisme quant à la générosité des gens un peu excessif, quand même. Je savais bien qu'il était important que je m'efforce d'être plus positive, mais il y avait quand même quelques limites à ce changement de vision des choses. Je n'en étais pas encore au point où je pensais que la majorité des gens se sentirait concernée par mes histoires, en fait je pensais clairement que la majorité n'en aurait rien à secouer. La différence avec avant, par contre, c'était qu'avant je pensais que personne ne s'y intéressait. Maintenant... Je savais que quelques personnes s'inquiétaient pour moi et voulaient m'aider. C'était un petit progrès, mais un progrès...

Quant au fait de ne pas me mettre sur un piédestal, ça me demanderait pas mal d'efforts. Me montrer comme j'étais réellement ? Je n'avais juste auuuucune idée de comment faire, en fait. Comme tout, ça s'apprenait, ironiquement... Et on ne me l'avait pas appris ! Conclusion, je ne savais pas vraiment comment faire pour agir naturellement. Mon esprit prenait toujours l'ascendant, calculant chacune de mes réactions, ce qui parfois provoquait des maladresses particulièrement gênantes et me causait des problèmes. On revenait encore à la même conclusion : un cercle crétin que je contrôlais mal et dans lequel je me provoquais moi-même la majorité de mes propres ennuis, alors que je voulais ironiquement les éviter justement.

Le regard dans la vague alors que je réfléchissais aux paroles de la fougère, je finis par soupirer et hausser les épaules en remontant les yeux vers elle. Maintenant j'arrivais à la regarder directement, c'était pas mal non ?

« J'en pense que je sais pas... Enfin c'est pas que je te crois pas, c'est... Je sais pas comment faire. Tu dis "qui ne voudrait pas aider une dégénérée dans mon genre", enfin c'est pas au mot près mais voilà... Plein de monde, c'est ça le truc. J'ai toujours été confrontée à des gens qui n'en avaient rien à faire, mes propres parents s'en foutaient, soi-disant parce que c'était "pas assez grave" pour être digne d'intérêt. C'est pour ça que j'essaie de me montrer exceptionnelle, c'est parce que toute ma vie on m'a appris que c'était le seul moyen d'exister. »

Soupirant longuement, je me massai la tempe droite, vu que cette saleté de migraine était revenue à puissance maximale. J'avais d'ailleurs une expression mélangeant douleur et énervement à la fois, à cause de ça. Je commençais sérieusement à en avoir marre d'avoir tout le temps la tête en marmelade... Enfin non pas en marmelade, c'était comme si on m'enfonçait des aiguilles dans le cerveau, c'était vraiment déconcentrant et perturbant.

« Hmf... 'fin je dis pas que c'est une bonne façon de raisonner... Maintenant je sais que c'est un mauvais plan. Et je veux bien essayer d'être plus, je sais pas, naturelle. Mais ça se fera pas si facilement que ça... Cette façon de penser qui m'a poussée à me flinguer, c'est devenu un réflexe conditionné, tu vois ? Je pense comme ça avant même de pouvoir prendre le temps de réfléchir à la situation. Après c'est vrai que les autres peuvent m'aider. Comme tu dis... Jay m'apprend ce que c'est que l'amitié, oui, et ça me convient très bien en fait. Il n'y a pas de frustration, ou de sous-entendus, ni rien, et j'ai aucun problème avec ça, vraiment. J'ai juste... l'impression de prendre quelque chose en me servant des gens comme de béquilles alors que je leur donne rien en retour. De pas donner le change, quoi. J'ai pas envie d'agir comme ça. »

Le mal de tête était en train de se calmer. Je baissai la main, et je finis par hausser les épaules en soupirant de nouveau.

« T'sais, même là je dois vraiment me forcer. Y'a une partie de mon cerveau qui gueule que je suis en train de faire chier à pleurnicher, que tout le monde s'en fout, que je devrais prétendre que tout va bien et arrêter d'emmerder mon monde. Et même en étant consciente de ça, c'est difficile de ne pas écouter. »

J'ajoutai finalement en croisant les jambes, mais sans cesser d'agiter le genou :

« Enfin pour revenir au sujet principal, t'as rien à craindre pour Caitlyn, y'a aucun danger que j'essaie de te la manger ou quelque chose du genre. »
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MessageSujet: Re: Points de vue {Kaya Spencer}   Sam 26 Avr - 20:37

Réflexions, interrogations, acceptations et négations, le tout dans une certaine absence qui se termina sur un soupir et un haussement d’épaule ; ainsi qu’un regard direct. Ai-je réussie à prouver mon utilité par rapport à elle ou un quelconque autre intérêt ? Je le pense et si elle continue sa franchise peut-être qu’il ne sera pas nécessaire de lui trouver quelqu’un d’autre ; mais c’est ça décision.

« J'en pense que je sais pas… Enfin c'est pas que je te crois pas, c'est… Je sais pas comment faire. »

J’ai cité son qualificatif pour elle-même et alors qu’elle me rend la politesse elle en change le sens pour plus agressif et dirigé que je ne l’ai fais ; sans doute est-ce cette formule qui sera retransmise et ceux qui l’écouteront me l’attribueront avec les conclusions qui s’imposent. « C’est pas au mot près » mais c’est à partir des mots que les gens jugent, ce sont les mots qui font témoignage, et c’est justement les formulations qui trahissent les ressentis. Kaya n’a pas mal prit que je la cite mais cherche encore à se victimiser, maintenant ou pour plus tard, tout en posant quelques bases pouvant me faire passer pour la méchante au moindre mot de travers envers elle. J’ignore si elle le fait exprès ou si c’est si profondément ancré en elle que s’en est devenue une seconde nature mais si je relève je crains qu’elle ne le prenne mal et n’y voit une attaque légitimant sa conduite tandis que ne rien relever lui laisse simplement libre court pour le faire plus tard ; je ne suis pas là pour la brusquer mais pour l’aider, tant pis pour ce qu’il y aura à côté.

Plein de monde refuseraient d’aider une personne dans le besoin, qu’elle ait besoin d’eux ou d’autre chose ; plein d’étrangers, d’inconnus. Mais les amis ? Les proches ont été un problème de part leurs relations superficielles jusqu’ici pour Kaya mais désormais n’a-t-elle personne pouvait prétendre à ce titre ? Nous avons déjà répondue à cette question mais il semblerait qu’ils ne lui suffisent pas. Elle a toujours été confrontée à des gens qui n’en avaient rien à faire mais n’est-elle pas à l’Institut depuis suffisamment longtemps pour avoir vu le changement ?

Nouveau soupir, ainsi qu’une pression sur la tempe droite, une crispation du visage ; mal au crâne. Colère également mais je la raccrocherai de l’agacement, de reproches envers elle-même. Pas une pas bonne façon de raisonner que de considérer que le seul moyen d’exister est d’être exceptionnelle, non en effet parce qu’un être exceptionnel n’existe que pour ses exploits, non pour ce qu’il y a dans leur ombre. Mais j’y reviendrai lorsqu’elle aura fini.

Accepter d’essayer d’être plus, d’être naturelle ; le naturel est la base la plus saine de l’existence, pour le meilleur et pour le pire. Et non, cela ne se fera pas des plus facilement, cela sera une lutte de chaque jour ; je l’avais dit en conclusion de notre rencontre. Un réflexe conditionné se change avec de l’effort et si je peux y aider je le ferai, non parce qu’on me le demande mais parce qu’elle en a besoin. Jay le fera aussi parce que pour lui Kaya existe, comme pour bien d’autres même si les relations pourront être plus complexes de part frustrations – exemple que j’associe à Caitlyn et par conséquence à moi – et sous-entendus – la mystérieuse personne qu’elle trouve mignonne – mais cela ne changera rien aux faits et à l’impression d’exister pour quelques uns ; pour les plus importants.

« J'ai juste… l'impression de prendre quelque chose en me servant des gens comme de béquilles alors que je leur donne rien en retour. De pas donner le change, quoi. J'ai pas envie d'agir comme ça. »

L’exploitation d’autrui plutôt que le don d’autrui ; Kaya dispose d’un problème qui m’est commun bien que bien plus prononcé encore : l’égocentrisme. Mais il semble être dans sa nature puisqu’elle est prête à tout pour aider autrui pour qu’il lui en soit reconnaissant sans admettre qu’autrui puisse lui rendre de l’aide, qu’elle soit désintéressée ou pas, de sa propre volonté. Penser à la place des autres, un autre problème majeur d’une personne ne se voulant pas manipulatrice mais ayant un lourd passif dans le domaine.

Se forcer pour parler en toute honnêteté à une personne qui nous est au mieux étrangère au pire, comme c’est le cas ici, que l’on déprécie, c’est normal, naturel. Je n’ai aucun statut émotionnel me permettant de prétendre à pareilles confessions mais d’un autre côté c’est un avantage aussi puisqu’il n’y aura pas de conséquences à me dire les choses, sur le plan émotionnel toujours. Ça ne signifie pas pour autant que je suis froide à ce qui me dit et l’histoire de Kaya est presque plus triste depuis son arrivée ici considérant qu’elle avait toutes les clés à dispositions et qu’elle a réussie à aggraver sa situation, cependant c’est ce qu’elle pense, comme elle l’avoue.

« Enfin pour revenir au sujet principal, t'as rien à craindre pour Caitlyn, y'a aucun danger que j'essaie de te la manger ou quelque chose du genre. »

- Elle était là, la digression, avoue-je comme on confesse une faute. Ce n’est pas le sujet principal mais je ne peux m’empêcher de m’inquiéter pour elle et pour nous. Maintenant, concernant ce que tu viens de me dire, j’ai quelques choses à en dire : déjà, je n’aurai pas choisi ce genre de vocation si les problèmes des gens m’emmerdaient. Je suis là pour les aider, pour vous aider, à trouver les bonnes questions comme des réponses qui vous permettront d’avancer et de vous en sortir. Nous sommes sur un chemin et je suis une accompagnatrice, tout simplement. Ensuite, quant je parle d’exister aux yeux du « monde », je suis peut-être trop vague dans le terme et je m’en excuse :  je ne parle pas d’ombres croisées dans une ruelle mais de personnes que tu connais, tes proches au premier lieu. Tes parents s’en foutaient, j’en suis désolée pour toi et cela explique pas mal de choses, mais ici, à l’Institut… tu as bien des amis pour qui tu importes, non ? C’est la définition même de l’amitié. Te reposer sur eux n’est pas les exploiter, ils te donneront cette aide de bon cœur parce qu’ils tiennent à toi ; c’est très différent que de t’intéresser à eux pour obtenir quelque chose d’eux. C’est même l’opposé : dans un cas ils t’aident et dans l’autre tu les manipules. Si tu veux mon avis, c’est ainsi qu’on reconnait les véritables amis : ils chercheront à être là que tu le veuilles ou non si tu as besoin d’eux.

Croyance potentiellement jugeable comme naïve, je le conçois, mais j’y crois parce que j’ai ce genre d’amis, j’ai la chance d’avoir ce genre de personne et je sais ce que je suis prête à faire pour eux comme ce qu’ils sont prêt à faire pour moi. On ne demande rien en échange, on n’a pas à le faire, c’est pour cela que c’est aussi solide.

- Quand aux êtres exceptionnels, je ne pense pas qu’ils existent réellement ou que leur existence soit enviable. Je prendrais l’exemple d’une star : aux yeux de tous, elle n’existe pas en tant que personne mais en tant qu’image et je ne pense pas qu’il s’agisse de véritablement exister. Pour exister je crois qu’il faut que les personnes voient qui tu es vraiment. Des amis, une famille qui soit plus qu’un lien de sang « forcé ». On ne peut pas être ami avec une personne qui n’a, ou ne semble avoir, nullement besoin de nous, nullement le désir de nous connaitre. Je sais que ça sera difficile mais ça vaudra le coup : essaye de te montrer plus au naturel, de continuer à agir même si tu penses que ce n’est pas ce qu’il faudrait faire. C’est difficile de le faire face à moi, je comprends, mais ça le sera plus face à d’autres avec qui tu as des affinités ou qui ne seront pas en blouse blanche.

Je prends un instant de pause, consciente de me lancer dans l’un de mes monologues pour la première fois depuis le début de la discussion et essayant de ne pas sortir un trop grand flot d’information. Plusieurs secondes pour que Kaya puisse digérer puis je reprends doucement.

- Je crois qu’une grande partie de ta maladresse sociale vient du fait que tu cherches à penser à la place des autres, à prévoir ce qu’ils vont faire. Tu ne peux pas. Et même si tu le pouvais, l’autre n’existerait alors que dans son reflet à toi. Ce n’est pas le cas. Essaye de faire comme tu fais là, d’être sincère tout en faisant confiance à l’autre pour comprendre l’importance de ce que tu lui dis. S’il s’en fout, il te le fera rapidement savoir de lui-même alors que s’il ne dit rien c’est qu’il s’y intéresse, probablement parce que tu comptes dans le cas de tes proches. Et s’il n’ose rien dire ? C’est que tu comptes aussi mais qu’il se sent dépassé ; après je pense que la plupart des gens sont aptes à s’avouer dépassés, surtout lorsque ça concerne leur proche.

Ça reste très théorique et est plus que contestable, je le reconnais, cependant à ceux qui me considéreraient trop optimiste je répondrai seulement qu’on avance mieux en étant ainsi. Il est temps de conclure.

- Tu as tentée de te construire une image pour que les gens t’apprécient et t’admirent et ne pas réussir t’as conduite à vouloir détruire ce que tu as sans forcément le voir. Trouver de véritables amis est difficile mais pas impossible et pour ce faire tu dois te montrer telle que tu es, avec des forces mais aussi des faiblesses ; les forces font que tes amis avec toi et les faiblesses qu’ils sont à tes côtés. C’est encore plus vrai si tu espères te mettre en couple avec qui que ce soit. Tu voudras bien essayer cela à l’avenir ? Ne plus être la « Reine des Lames » mais juste Kaya, pas forcément admirable mais attachante et aimable ?

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Kaya Spencer
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MessageSujet: Re: Points de vue {Kaya Spencer}   Ven 2 Mai - 18:06

« Ow... » répondis-je simplement quand Amy signala que c'était ça, la digression.

Et maintenant que j'y réfléchissais, elle avait raison, c'était bien le cas. J'avais juste... Tellement ce réflexe de me considérer comme inférieure, comme secondaire, comme inintéressante, que j'étais partie du principe que le problème pour lequel j'étais venu était devenu secondaire. C'était... quelque chose d'inquiétant à réaliser. J'étais vraiment inquiète, parce que je me rendais compte de la profondeur du problème et surtout du fait que je ne savais pas comment le régler... Et que bizarrement j'avais peur de vivre sans ce problème, parce que je n'avais aucune idée de ce que je devrais faire et de ce que seraient les conséquences.
Ce qu'ajouta Amy ne fit que confirmer ce que j'étais en train de penser et qui me perturbait... Si les problèmes des gens la gonflaient elle ferait clairement un autre job. Du coup, le fait de me sentir honteuse de venir l'ennuyer avec mes histoires était profondément illogique, je m'en rendais compte maintenant. C'était un progrès que j'avais fait... Avec le recul je me rendais compte de l'absurdité de certains de mes raisonnements.

Le pas suivant serait de régler ça, mais là... Comment faire ? D'après la brune, elle était là pour m'aider à trouver les bonnes questions et certaines réponses, pour m'accompagner sur la route floue qui pourrait me mener à un meilleur état. Selon elle, me reposer sur mes amis ce n'était pas les exploiter... Une nouvelle fois je réalisais que le raisonnement m'ayant menée à penser que je devais "donner le change" ou que je devais éviter de les "écraser" ou autres était illogique. C'était toujours ce même réflexe de penser que j'étais une gène inutile pour tout le monde. Tout ce que j'avais dit précédemment était... parasité par cette façon de réfléchir. En me réveillant après m'être shootée, j'avais pas mal réfléchi et je pensais que j'avais franchi une étape, mais ce n'était pas tant le cas que ça. Je réalisais à quel point mes réflexes étaient idiots, mais je n'en étais pas du tout débarrassée, loin de là.

Lorsqu'elle parla de qui j'étais vraiment, je soupirai, l'air un peu inquiète. Inquiète, car je ne savais finalement pas qui j'étais vraiment... J'avais tellement pris l'habitude d'afficher une image qu'au fond, je ne savais même pas comment faire. Laisser mes amis voir qui je suis... Ce serait plus facile à dire qu'à faire. Quant à la "famille" mais pas de sang, je ne savais pas trop quoi en penser. Je n'étais pas du tout du genre "sœur de cœur" ou autres. Pour moi quelqu'un d'extrêmement proche est une amie plus ou moins proche, mais je devais bien admettre que je n'étais pas le genre de personne à se re-forger une sorte de famille... Mais ça devait être une question de vécu, d'attitude, d'histoire, de psychologie. De par le mien, je n'avais pas confiance en les liens familiaux... Pas du tout, même. Ce que j'avais vécu c'était une seule chose : ta famille va te laisser moisir sans même reconnaître ton existence. Du coup, forcément, il était logique que je n'aie pas spécialement envie de me lancer dans ce genre de liens-là. Amy avait sûrement une histoire très différente... Peut-être aurais-je une chance d'en savoir plus un jour, mais dans l'immédiat je pensais préférable de ne pas trop pousser.

Miss de Lauro me demanda finalement si j'étais prête à essayer d'être juste Kaya Spencer. Je remontai alors mes jambes sur la chaise, les genoux repliés contre moi, avant d'entourer ces derniers de mes bras en position fœtale. J'avais fait ça machinalement sans même y réfléchir. Je me forçais à parler... Et ça me mettais mal à l'aise de le faire. Ce n'était même pas relatif à Amy, c'était juste que je n'avais pas plus l'habitude que ça de le faire vraiment. En général, je finissais par détourner la conversation ou mentir pour qu'on laisse tomber ce sujet... Me mettre dans cette position me rassurait un peu.

« Je peux essayer, oui... Je t'ai dit, je sais juste pas bien comment faire. Et j'ai peur des conséquences... Tu disais penser à la place des autres mais, je sais pas, dit comme ça ça fait "méchant" ou je sais pas... Mais j'essaie de prévoir leurs réactions, c'est vrai. C'est devenu machinal... Parce que je préfère tenter de prévoir la réaction de quelqu'un que de me faire rejeter... Si j'ai des théories, si j'ai je sais pas, une... estimation de la façon dont elles vont réagir... Je peux prendre le parti de rester en arrière. Je souffre moins d'une solitude auto-imposée que du rejet. »

Soupirant, je détournai un peu le regard, honteuse.

« Je dis pas que c'est une super idée... Je sais que c'est con... Mais je faisais pas ça pour être méchante ou... je faisais juste ça pour me protéger c'est tout. Et quand je le fais c'est sans y penser, c'est vraiment automatique, je t'assure que je n'ai même pas le temps de réfléchir que j'ai déjà estimé les réactions possibles de la personne en face de moi et commencé à tisser des théories en fonction de ces réactions. Mais du coup ça m'isole... »

Finissant par ramener les yeux sur la psy derrière le bureau, je haussai un peu les épaules avec une mine inquiète.

« J'ai jamais aimé ce surnom débile de reine des lames de toutes façons... Mais être moi-même, et si ça plaît à personne ? C'est ça le problème... J'ai peu d'amis, qu'est-ce-qui me dit qu'en voyant la "vraie" Kaya comme tu dis... Ils ne verront pas quelqu'un d'attachant et d'aimable mais quelqu'un de... je sais pas, gonflant et ennuyeux avant de foutre le camp ? »

Je passai alors la main sur mon visage en grommelant, assez exaspérée contre moi-même.

« Enfin je sais que c'est ce côté débile de mon cerveau qui parle, le côté que je cherche à éliminer désolée... Mais ça montre à quel point ça va être difficile de m'en débarrasser. Mais j'essaierai. Je sais pas trop comment faire mais j'essaierai. D'être... plus spontanée, pour commencer. Au lieu de calculer les réactions possibles et tout ça. »
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MessageSujet: Re: Points de vue {Kaya Spencer}   Jeu 8 Mai - 20:36

Je la surprends, je la conduis à réfléchir, quelques unes de ses réflexions l’effraient cependant et la majeure partie ne laisse place qu’à l’incertitude. Incertitude inquiète et lassante je suppose, considérant ses actions inconscientes, qui s’amplifie jusqu’à lui faire prendre la position recroquevillée la plus défensive qui soit ; ou presque considérant qu’elle continuait à parler et à me regarder. A-t-on atteinte la limite de ce qu’elle est apte à dire ? C’est une possibilité et je serais mal avisée de la bousculer ; j’ai déjà essayé pour la faire réagir et le résultat a parlé de lui-même ainsi même si c’est parfois ce dont les gens ont besoin je ne me le permettrai pas à nouveau. Tout cela parce qu’à vouloir être autre Kaya Spencer a peur d’être elle-même.

Elle essayera, je l’espère. Qu’elle ne sache pas comment faire n’importe pas : ça lui viendra naturellement une fois qu’elle se sera retrouvée. Quand à avoir peur des conséquences, c’est normal puisque tout ce que l’on fait toujours a des conséquences ; cependant essayer de les prévoir rassure, quant bien même c’est complètement faux, puisqu’on a l’impression de savoir ce qui va se passer. Hors il n’y a que deux grands moyens de savoir ce qui va se passer, à par voir le futur : connaitre les gens pour ce qu’ils sont ou les manipuler pour qu’ils soient ce que l’on veut qu’ils soient. L’ignorance peut parfois être une vertu.

Penser à la place des autres fait « méchant » ? Si cela implique qu’on les manipule d’une quelconque manière alors cela l’est, en effet. Prévoir les réactions d’autrui est une chose qui ne fonctionne que par probabilité là où les observer et les constater est dans le concret mais implique qu’on doive les encaisser ; sauf qu’au final on les encaisse toujours. Nous accepter ou nous rejeter, c’est à l’autre que revient ce choix, pas à nous, même si ça peut nous faire souffrir. Interagir à égalité avec les autres c’est accepter qu’ils aient de l’influence sur nous, en effet, mais c’est ce qui fait la valeur d’une relation, cette interdépendance qui ce crée.

« Je souffre moins d'une solitude auto-imposée que du rejet. »

Mensonge ; non à moi mais à elle-même. Kaya se ment pour essayer de se convaincre cependant si cette souffrance était réellement moindre jamais elle n’aurait tenté de mettre fin à ses jours pour la simple raison qu’elle n’a pas été rejetée. Qui l’a fait ? Joshua ? Caitlyn ? Jubilee ? Non. Elle est la seule à s’être rejetée dans son incapacité à devenir autre parce qu’en réalité la première personne que Kaya déteste ce n’est pas moi, c’est elle-même.

Ce n’est certainement pas une super-idée mais c’est surtout terriblement révélateur. Très con également oui. Enfin parle-t-on de la solitude auto-imposée ou de l’anticipation des choix d’autrui ? Encore que les deux sont stupides et de mauvaise augure ; indépendamment de la morale d’ailleurs. Mais ce sont des mécanismes de protection, en effet, plus destructeur que ce dont ils sont sensés protéger je pense.

« J'ai jamais aimé ce surnom débile de reine des lames de toutes façons… – un peu pompeux et pas franchement accueillant, il est vrai – Mais être moi-même, et si ça plaît à personne ? C'est ça le problème… J'ai peu d'amis, qu'est-ce-qui me dit qu'en voyant la "vraie" Kaya comme tu dis… – ce qui défnit les véritables amis est leur capacité à accepter malgré tout, tant au niveau des qualités que des défauts – Ils ne verront pas quelqu'un d'attachant et d'aimable mais quelqu'un de… je sais pas, gonflant et ennuyeux avant de foutre le camp ? »

Je la laisse se réprimander seule mais je suis assez d’accord : c’est le côté inadapté qui parle. Quand au reste…

- Ca va être difficile en effet mais il faut au moins essayer pour avoir une chance de réussir. Etre plus spontanée est un bon début, faire les choses comme elles viennent non comme on aimerait qu’elles soient. Pour tes amis, c’est normal d’avoir peur de les perdre mais c’est une question de confiance, tout simplement. Pourquoi ne t’aimeraient-ils pas si tu montres que tu as besoin d’eux et que tu tiens à eux ? S’ils sont réellement tes amis, pas de simples profiteurs, ils le prouveront par ce biais : les amis donnent, on n’a pas besoin de demander qu’ils donnent parce qu’ils nous aiment, c’est tout. Ça n’est pas réfléchit ou prémédité, ça vient du cœur.

Je m’arrête de parler parce que tout ce que je peux avoir à dire pour l’aider encore est là. A elle d’avancer et de voir ce que ça donne. Je t’ai accompagnée sur un chemin, Kaya Spencer, à toi de le parcourir.

- Je crois que notre séance arrive à son terme aujourd’hui. Voici ce que j’en conclue : tu ne réessayeras pas de te suicider à moins que tu n’échoues à changer. Je pourrais te forcer à suivre quelqu’un parce que je pense qu’on peut t’aider, que des conseils et une surveillance de ton avancement ne peuvent pas te faire de mal mais t’éviter de t’effondrer encore. Cependant je ne pense pas qu’on puisse aider une personne qui ne le veut pas donc je te demande de choisir : veux-tu de l’aide d’un psychologue pour t’aider à progresser ? Moi ou un autre cela n’importe pas et dans un cas comme dans l’autre je voudrai qu’à la moindre impression d’échec tu t’abandonnes à quelqu’un en qui tu as confiance, non que tu t’isoles pour en finir. D’accord Kaya ?

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MessageSujet: Re: Points de vue {Kaya Spencer}   Dim 11 Mai - 15:47

Ça va être difficile, disait-elle. Ah, ben ça... Pas qu'un peu. J'allais devoir revoir de A à Z la manière dont je réfléchissais, visualisais les choses, appréhendais mon rapport aux autres et à moi-même, ... C'était comme tout formater et tout réinstaller de zéro. En fait, ouais, c'était une bonne comparaison : je devais réinstaller l'intégralité du software de mon cerveau. Bon, peut-être pas l'intégralité, mais une bonne partie en tout cas, clairement. Donc oui, ça serait très difficile, et long. Néanmoins, comme elle le disait, c'était en essayant que je parviendrais à faire des progrès. Je n'étais pas entièrement sûre de ce que je devais essayer précisément, parce qu'au fond, "être plus spontanée", "être soi-même", c'était assez vague comme concept. Sauf qu'à part moi, personne ne pouvait vraiment déterminer avec précision ce que ça voulait dire. Donc même si la métaphore faisait un peu cliché, Amy n'avait pas tort de l'employer : elle ne pouvait que me montrer une voie et ce serait à moi de déterminer ce qu'il y a dessus, où elle se dirige, et comment se déroule le trajet.

Une perspective assez effrayante vu que j'avais toujours avancé avec une longue vue. Au point, d'ailleurs, de ne pas voir où j'étais mais de ne me focaliser que sur ce qu'il y aurait dans 100 mètres, évitant tout obstacle potentiel avec un soin immense. Arrêter de faire mon possible pour voir à l'avance ce qu'il allait me tomber dessus était effrayant... Notamment sur les amis. Ce que disait miss de Lauro était vrai, au fond, il n'y avait pas de raison particulière qu'ils me détestent subitement. Mais cette frayeur était là malgré tout, illogique, incohérente, mais implantée solidement. Il faudrait que je m'en débarrasse et ce serait un processus long et complexe. Restait à espérer que j'y parviendrais... Et que j'y parviendrais vite, car c'était à cause de cette peur constante que je m'étais totalement isolée.

Je sortis en tout cas de ces réflexions lorsqu'elle signala que la séance était arrivée à son terme. Effectivement... J'étais là depuis combien de temps au juste ? Aucune idée. Peut-être qu'elle avait mieux à f... Nan. Merde, voilà. La seule façon que j'aurais de changer de façon de réfléchir, ce serait en me forçant à changer de façon de réfléchir.
Au moins son diagnostic était relativement positif : d'après elle, je ne retenterais pas de me tuer à moins que je n'échoue. L'échec restait une possibilité... Mais au moins, maintenant je voulais faire au mieux pour partir dans une autre direction. J'avais de meilleures chances de survie qu'avant. C'était ça de gagné.

Lorsqu'elle proposa que le suivi continue, je hochai immédiatement la tête en confirmation. Il était assez improbable que j'y arrive seule, très honnêtement... Et il était tout à fait possible que je fasse des rechutes, qu'il y ait des moments où mon tempérament peureux et effrayé reprenne le dessus. Il fallait que quelqu'un d'objectif puisse voir ça avec moi. J'avais besoin d'aide à ce niveau. Restait à voir de quel genre. A quelle fréquence... Ce genre de choses. Et lorsqu'elle me demanda finalement si j'étais d'accord, je hochai de nouveau la tête.

« Oui... J'essaierai. Je garantis pas d'y arriver direct... Je vais me planter. Je vais parfois réagir stupidement. Par peur, par panique, ou autre chose. Mais maintenant que je sais que c'est débile... J'vais essayer. Mais ça sera pas simple de "m'abandonner" comme tu dis, j'aurai trop peur de je sais pas... De gonfler tout le monde. Mais j'essaierai. Vraiment. »

Je remarquai d'un seul coup de la position dans laquelle j'étais. Je ne m'en étais même pas rendue compte... Le cerveau c'est vraiment débile. Baissant les jambes, je reposai les pieds au sol avant de me relever et BLAM. D'un seul coup ça me tomba dessus, comme une tarte dans la tronche. Je voyais flou, je me sentais désorientée, et je posai la main contre le dossier de la chaise d'une manière maladroite pour ne pas tomber. C'était le fait de me relever d'un seul coup qui avait ranimé cette saloperie de migraine avec une puissance multipliée par trois, j'avais de nouveau cette impression d'avoir des dizaines de clous enfoncés dans tout l'arrière de la tête. Posant la main dessus avec une expression de douleur, je fermai les yeux et laissai entendre quelques grossièretés avant de finalement me redresser.

« Hmf... Désolée... J'ai une migraine de débile depuis quelques jours, c'est rien... »

Finissant par reposer les yeux sur elle, je finis par sourire timidement en lançant :

« Merci en tout cas. »

Je ne savais pas ce qu'elle pensait de moi, à cet instant. Était-ce encore cette impression négative que j'avais laissée la première fois ? Était-ce pire ? Voyait-elle que je n'étais pas méchante, mais juste... Pas bien ? Ou avait-elle pitié ? Aucune idée... Mais elle avait aussi dit que je devais tenter de ne pas prévoir les réactions et pensées des gens, je décidai donc de ne pas approfondir mes réflexions à ce sujet. "Qu'est-ce-que les gens pensent de moi" ? Une pensée qui m'obsédait depuis longtemps et dont je devais tenter de me débarrasser. Il fallait que je parte du principe que si les gens avaient quelque chose à me dire ils le feraient et dans le cas contraire tant pis. Clairement ça ne serait pas simple... Mais au moins j'étais sur le chemin, c'était déjà bien mieux que la semaine précédente.
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MessageSujet: Re: Points de vue {Kaya Spencer}   Lun 19 Mai - 22:50

Elle me répond à la hâte et à l’affirmative ; je pense que c’est une bonne chose. J’ai vu ce que mes paroles ont déclenché, j’ai vu ces variantes de peur et ces doutes, j’ai vu ses contractions, j’ai lu son visage et su qu’elle ne mentait pas. Ce n’est pas un hochement de tête pour en finir au plus vite, pour s’enfuir et ressasser cet événement, elle a peut-être progressé cette fois. Il n’y avait pas grand-chose de nouveau pourtant, simplement dit d’une autre manière à un moment où elle était prête à écouter. Les questions l’assaillent déjà mais elle n’en posera aucune. Sans doute quelqu’un d’autre, en qui elle a plus confiance, y aura droit. Tant qu’elle essaie elle a une chance de s’en sortir. Elle fera des erreurs, comme tout le monde, elle aura des errances, mais ce n’est pas le bout du chemin, jamais ; le seul bout du chemin est celui qu’on essaie d’éviter et qui l’a conduite ici. Non ça ne sera pas simple mais la vie n’est jamais simple, c’est une bataille, c’est une lutte, contre le monde, contre nous-mêmes.

- N’oublie jamais Kaya : tomber est permit, se relever est ordonné. C’est un proverbe russe et il signifie que les échecs ne sont jamais la finalité. Si tu te trompes, rien ne t’empêche de réessayer. C’est ainsi qu’on construit des choses. Qu’on vit.

Si elle savait toutes les fois où ce que nous avions construit avec Caitlyn a été détruit, par la faute d’événements extérieurs ou notre propre faute, notre propre maladresse. Nous sommes tombées tellement de fois, surement elle plus que moi d’ailleurs, mais nous nous sommes relevées, envers et contre tout, envers et contre nous.

Kaya rompt sa pause de protection et heurte lourdement le sol, son visage se déformant sous le choc ; qu’était-ce que le délire ? Elle avait tapé du pied et réagissait comme si elle s’était prise un coup sur la tête, perdant l’équilibre au point de devoir se retenir de tomber. J’ai réagit à mon rythme et après un cinquième de seconde de surprise je me suis déplacé durant trois autres pour venir à son côté, afin d’être prête à lui éviter une chute aussi stupide qu’improbable. Mais la seule chose que je vois je ne peux l’empêcher et il s’agit d’une douleur crânienne impressionnante, comme elle a l’amabilité de me l’indiquer de la main – même si ce n’est absolument pas à mon intention que ce geste est destiné.

« Hmf, reprend-t-elle après quelques gros mots crispés. Désolée… J'ai une migraine de débile depuis quelques jours, c'est rien… »

Migraine de débile ? Drôle de concept mais qui prouve que le problème de la dévaluation reste encore là. Sans doute s’arrangera-t-il avec le temps et les efforts lui aussi, pour peu que la personne qu’elle choisisse de consulter l’aide là-dessus aussi. En tout cas, son sourire fait plaisir, tout comme ces remerciements.

- C’est moi qui te remercie d’avoir accepté de venir, répons-je avec un léger sourire également. J’espère que ça s’arrangera, sincèrement.

Lui tendant la main, moins pour la serrer que pour l’aider à se lever au besoin, j’attends de voir si elle tient sur ses deux jambes avant de reprendre, ne la lâchant que si elle parvient effectivement à se débrouiller seule.

- Fait un arrêt chez les infirmières, elles auront surement un truc pour ton mal de crâne. Et s’il perdure, va voir Moïra ; elle ne fait pas qu’étudier nos mutations, elle reste médecin.

Je la raccompagne jusqu’à la porte, consciente que Rachel ne devrait plus tarder, sans trop savoir quoi dire de plus. Elle a promit d’essayer, elle a promit de suivre et elle a promit de s’abandonner à quelqu’un plutôt que de s’isoler, elle sait que cela ne sera pas facile et ça ne le sera pas en effet mais il vaut mieux cela qu’en finir. Il y a de nombreuses sources de force en ce monde mais la plus puissante reste à mes yeux l’affection, qu’elle soit amour ou amitié, car elle est la seule qui nous permette de nous dépasser pour les autres et qui dispose de ce filet de sécurité que sont les autres justement, le jour où nous atteindrons notre limite. Nous sommes une espèce sociable et nous devons apprendre à vivre en société, à être dépendant et interdépendant d’autres pour le meilleur comme pour le pire ; il y a beaucoup de moyen de gérer cette relation, ils ne sont pas tous moraux ou idéaux, mais je pense que la confiance et l’affection sont une solution miracle. Ou à défaut la meilleure.

Kaya l’apprendra-t-elle ? Elle est sur la voie. Y arrivera-t-elle ? Tout dépendra des personnes qui voudront l’accompagner sur ce chemin ainsi que d’elle-même. Je ne peux que la regarder s’éloigner car je sais que ce qui c’est joué ici, s’il s’agit peut-être d’un tournant, ne se jouera plus. J’ai d’autres personnes à aider et il est d’autres personnes pour l’aider elle ; nous verrons ce que l’avenir donnera.

Bonne chance, Kaya Spencer, il faut toujours une dose de chance, une dose de volonté et quelques amis pour  bien réussir dans la vie. J’ignore si tu as la chance, je pense que tu as la volonté et je sais que tu as les amis. Tu as toutes les clés en main pour réussir, ta plus grande adversaire reste toi-même. Comme toujours.
RP TERMINE pour Amy

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