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 Le Bosquet Des Souvenirs

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AuteurMessage
Morgan Clayton
Apprenti Delta
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Messages : 71
Date d'inscription : 22/01/2014
Age : 27

MessageSujet: Le Bosquet Des Souvenirs   Dim 9 Mar - 15:20

Legende Interdite







- Banlieue de Miami, Floride, 1980 -

BLANG !!

- Hein !? Qui… qui êtes-vous !? Et surtout que faites-vous chez moi !?...... N… N’approcher surtout pas de moi ! J’ai une arme sur moi et je n’hésiterais pas à m’en servir si vous faites le moindre pas d’travers !! Clic !

Beeeen voyons ! Est-il crois m’effrayer avec son p’tit jouer ? Ô mais bien entendue, puisqu’il ne voit pas le monstre végétal qu’il en a en face de lui qui vient d'entrer dans sa maison de luxe. Tapissé par l’ombre de cette nuit de pleine lune éclairant partiellement cette vaste pièce de bureau transpirant le luxe à plein nez. Bureau et murs en acajou massif ornés de motifs floraux, statues de femmes à la plastie délicate en marbre rosé, tableaux qui doivent tous avoir six zéros dans leurs prix, agrémenter de plantes exotiques venant apporter une touche d’excès tellement caractériel dans la nature humaine. C’est bien typique des golden boys du hellfire Club qui ont le chic de s’attirer des ennuis, dont ma cible en est l’exemple. Et moi aussi. Il doit probablement remarquer la silhouette massive de mon corps complètement trempé jusqu’aux os par la pluie diluvienne qui s’abat dans ce quartier bobos de Miami. Statique…. pour le moment. Alors que des milliers de gouttes d’eau clapotent sur le ce sol marbreur et fendent ce silence alourdissant cette atmosphère pesante qui ne fait d’accentuer le stresse du pauvre quarantenaire. Pointant son colt sur moi, tremblant comme une feuille sous l’emprise d’une bourrasque. Je décide donc de m’approcher quand même de lui d’un pas lent, au rythme du bruit visqueux produit par mes mouvements. Le mecton braque toujours son arme, sans avoir la volonté de tirer. Rien que pour le plaisir de le voir bouche bée, les yeux écarquillé et pétrifié par la panique quand le voile obscur se dissipe. Admirant ma belle gueule d’amour.

- Oh mon DIEU !! Mais vous êtes quoi au juste !!? N…. n….. N’approchez pas !! RECULER SALE MONSTRE  OU J’FAIS FEU !!

TAC, d’un réflexe vif et puissant du revers de la main j’lui fais valser l’arme au coin de la pièce. Je le saisis par le col de sa chemise, le soulève d’une main hors de son siège pour le plaquer contre le mur derrière lui. Poigne ferme et prête à lui tordre le cou s’il tente de crier pour attirer l’attention du voisinage. À part lui, personne n’est présent dans sa piaule. S’il est encore en vie, c’est bien pour lui délivrer un message. Mais j’ai également l’intention de lui tirer les vers du nez sur certaines questions hors des termes du contrat. L’information, c’est l’pouvoir comme on dit dans l’jargon des gros poissons. Il ne se doute pas du sourire malveillant sur mes lèvres, caché par la pénombre.

- À votre place j’éviterais d’crier comme une jouvencelle en détresse si vous ne voulez pas vous retrouver avec un torticolis à 180 degrés, Monsieur Acker.
- Keuf keuf ! Qu…. Que me voulez d’moi ? Je n’ai rien fait ! Keuf keuf !
- Ô vraiment ? Pourtant mon client ne semblait pas du tout vous avoir dans son cœur, notamment en m’ayant dit tous vos rocambolesques moments avec sa sœur dans votre pieux et les moments où vous pensiez pété plus haut qu’votre cul en vous prenant pour un membre du cercle intérieur auprès des autres membres du club ! Dans tous les cas, le contrat de mon client exige que je vous tue. Je n’ai rien de personnel contre vous.
- NON PITIER, ne me tuez pas ! J’VOUS EN SUPP… Mhuuuuuummm !!!!

Ma main libre vient se plaquer contre la bouche. Nooon, pas tout d’suite mon grand ! Pas tout d’suite………    

- Hep hep hep ! Je n’ai pas fini ma phrase ! Toutefois…… Comme vous êtes l’proprio d’un des trois plus grands musées privée du pays je peux vous épargner une mort brutale et faire croire à mon client de vous avoir descendue…… À condition que vous fassiez exactement ce que j’te dis. Et si j’étais toi j’éviterais de donner de fausses informations. Je suis un tantinet soit peu…. Rancunier sur les bords voit tu. Et les types qui m’font l’coup je m’assure de les voir mourir dans d’atroces souffrances. Et croyez-moi, vous n’aimerez pas voir ce que j’ai fait au dernier qui a eu l’idée stupide de tenter l’coup avec moi……. On s’comprend ?

Il hoche la tête avec toute la nervosité qui transpire sur son visage. Excellent ! Il est temps de préparer la cuisson. Je finis pas le reposer avec force sur son siège roulant en cuir bouffant avant de poser mon arrière-train peinard sur le bord de son bureau luxueux. Dos courbé jusqu’à être à son niveau pour bien scotcher mes mirettes démoniaques devant une cible immobile. Lui non plus d’ailleurs. Je n’ai pas non plus à le vouvoyer. Je n’ai jamais à vouvoyer mes proies, sauf quand l’envie de jouer la comédie se fait sentir. Plus par amusement qu’autre chose. Je lui tends une photo en face.




- Pour commencer, tu vas à qui tu as vendu cette relique de ton musée ?
- Quoi !? Vous vous intéressez juste à cette…….
- C’est MOI qui pose les questions ici ! À qui l’avez-vous vendue !?
- Ah…. À un collectionneur de reliques, pour une modique somme de dix millions de dollars, cash. Disant que c’était un objet d’une valeur inestimable à ses yeux. Pour un tel montant pour une babiole, je n’ai pas hésité à accepter de suite ! À vrai dire, il ne m’a pas révélé son identité, juste qu’il s’appelait N. Je n’invente rien, il a lui-même écrit son initial qu’il a stylisé sur la fiche de paiement !
- J’veux bien t’croire…. Sinon, à quoi il ressemblait exactement ?
- Eh ben…. Difficile de décrire son visage. Il portait une écharpe épaisse qui lui voilait la moitié de son visage. Les seules détailles que je peux vous dire c’est qu’il avait les yeux vairons. Habillait d’un veston…….
- Mouais c’est bon, ferme-la ! J’me fiche d’son gout vestimentaire. Tout c’qui m’importe c’est sa trogne, le reste je m’en torshe le cul. Sinon où avez-vous déniché cet objet. J’veux dire, sur qu’elle site archéologique il a était trouvé ?
- À ce que je sache, mes archéologues ont déterré cet objet dans une région reculée de la France. Dans la région d’Auvergne si j’ai bonne mémoire. À quelques kilomètres d’une ville appeler Clermont-Ferrand. Après je n’sais pas où exactement ! Ce n’est pas un détail qui m’intéressait. Ce qui m’importait c’était les bénéfices que cette expédition archéologique au fin fond d’ce pays allait apporter !

Ainsi c’était donc là-bas qu’il se cachait ! Il m’a fallu toute une flopée de contact spécialisé dans les mythes et légendes, et plaquer des cadavres supplémentaires dans l’placard pour apprendre l’existence de cet objet d’aspect banal, mais ô combien précieux à mes yeux, dans ce trou perdu chez les fromages qui pue ! Si à la base je ne prêtais pas attention aux histoires impliquant des créatures fantastiques dont je n’étais pas fan, J’ai fini par m’y fourrer le nez à force d’entendre des rumeurs au sujet des mutants ayant inspiré les récits anciens. La preuve la plus convaincante fut une boite en granite pourvue d’un dispositif de fermeture hermétique datant de l’Égypte antique. Précisément de l’Ancien Empire. Les tests poussés au carbone 14 ont prouvé leur authenticité et sur le coup, j’en suis resté sur le cul. Et je l’suis toujours, même si ça fait 5 ans que je l’ai appris ! Quoi qu’il en soit si les rumeurs sur l’objet de mes convictions s’avèrent véridiques, et je l’espère vraiment, alors le jeu en vaut largement la chandelle.
Je saisis cette pièce d’un dollar en or massif que j’éjecte dans les airs et la faire tourbillonner avec le bout de mon pouce. Il l’attrape à l’atterrissage et je réitère encore et encore pour passer l’temps. Surveillant toujours de près le saligaud de m’faire le coup du père François. Gardant encore et toujours cette voix posée, certes, mais très intimidante. Le genre de voix qui vous alerte votre instinct de conservation de ne rien faire d’autre qu’obéir sans réfléchir.

- Est-ce la première fois que vous avez croisé N ? Ou bien l’avez-vous vue à maintes reprises.
- Non ! C’était la première fois que je l’ai vue. Une fois notre affaire terminée je ne l’ai plus jamais revue depuis.
- Connaissez-vous des gens avoir déjà eu affaire à ce guignol ?
- N.. Non monsieur !
- ……..
- ……….

Silence de plomb dans la pièce. Mes yeux se plissent sur la goutte de sueur perler sur son front et me contraignent à me lever subitement.  SBAAM !!! C’blanc bec vient de sursauter par le vacarme causer par ma paume qui a frôlé de très près sa tempe avant de percuter le mur derrière lui. Tain, et je n’ai pas était discret sur ce coup ! J’en ai laissé un impact gros comme un ballon d’basket, avec des fissures de partout. Son regard vif se pose brièvement sur mon bras massif, puis sur mon matricule contrarié. Quel gros dégueulasse, il vient de s’vidanger d’ssus en plus

- Vous mentez….. pas vrai ? Hein qu’vous mentez !? Rappelez-moi ce que j’vous ai dit tout à l’heure, hum !?
- « D…. De ne pas v… vous mentir » ?
- Dans l’mile ! Est qu’as-tu fait en ce moment ?
- J… j… j’ai menti……..
- Alors POURQUOI t’as fait ça !? T’as changé d’avis finalement, tu préfères mourir c’est ça !?
- Non non monsieur ! Pas du tout ! C’est juste que…… Sniff ! Pitié, promettez-moi de n’pas leur faire du mal. Ce sont des amis qui me sont chers, je n’pourrais supporter de les perdre ! Sniff !
- Aaah c’est donc ça ? Fallait l’dire plus tôt ! Et bien en théorie ils n’auront rien puisqu’ils ne sont pas stipulés dans mon contrat comme des cibles à abattre. Je dis bien « en théorie » !! Car je n’hésiterais pas à recourir à des méthodes pas très catholiques pour qu’ils passent tous à table….. Et j’aurais tout mon temps pour les cuisiner. Je ne vous promets donc rien, ça sera en fonction de leurs réponses. Bref ! Tu m’donnes leurs noms oui ou non ? Choisie bien mais choisie vite, j’ai pas qu’ça à foutre toute la soirée moi ! Essai encore UNE fois de m’entourlouper en m’donnant de faux nom  et j’te garantis que tu retrouveras tes p’tits amis six pieds sous terre en train d’manger les pissenlits par la racine ! O’kay !?
- Okay j’ai compris ! Je vous fais confiance. Alors voilà…… Je ne connais pas le collectionneur qui m’a acheté ma pièce de musée, néanmoins je connais deux personnes m’avoir dit l’avoir fréquenté. Peu souvent, certes, mais assez pour savoir où réside N. Du moins en théorie ! Vous devriez aller voir Mathias Colson et Jessica Wingard. La première personne habite dans la SW 8th Street, non loin d’East Coral Gables. Tandis que la seconde dans la NW 54th Street, tout près de Brownsville.

Ah ben VOILÀ quand tu veux ! Message reçu. J’fais signe de n’pas sortir de feuille ni d’stylo pour m’aider à retenir les noms et adresses : c’est déjà enregistré dans ma caboche. Au moins je n’serais pas obligé de déplacer en ville sous cette forme et je n’crois pas que la populace voit d’un bonne œil un monstre végétal roder. Des décennies d’expérience dans la pratique m’a permis de retenir une bonne quantité d’sons et d’images pour toute une journée. Ce qui m’a facilité bien des choses dans l’passé.
Ma grosse paluche se retire du mur à moitié défoncé pour faire une bonne tape sèche, mais amicale, sur l’épaule de ma victime en remerciement pour l’info donnée. Avec le sourire qui se veut narquois.  

- Maintenant voilà ce que tu vas faire : tu vas prendre tout ce que tu peux emporter sur toi : argent, vêtement, c’que tu veux. Puis tu t’débrouilles pour rejoindre l’aéroport le plus proche et prendre l’avion pour l’étranger le plus vite possible ! Tu as 24 heures et pas une minute de plus ! Ton musée sera en possession du hellfire Club, puisque tu seras considéré comme mort. Du moins, tant que tu t’fais pas remarquer dans ta fuite.
- D’accord ! Je ferais tou c…… Attendez…… Vous n’êtes pas sérieux, pour mon musée j’espère !?
- Regarde-moi bien dans le rouge des yeux……… Ai-je l’air d’humeur de plaisanter ?
- Ce muséum est bien plus qu’une simple possession matérielle, c’est un patrimoine familial appartenant à ma famille depuis cinq générations !
- Tu crois vraiment que t’as le ch….


PAN !!



Ugh, le Saligaud !! Il vient de m’tirer dessus, avec un pistolet dissimulé sous la manche de sa chemise !

- Oui ! Justement j’ai le choix conn……..

Ben quoi !?  Pourquoi cette interruption si soudaine, hum !? Vas-y mon vieux, dit ce que tu allais dire à l’instant ! Connard, c’est bien ça ? Oooh je vois…… C’est certainement ce maelstrom d’incompréhension mêlée à une angoisse qui le submerge en m’voyant encore debout devant lui. Encore en vie, malgré le trou gros comme une balle de Ping Pong qui me traverse. Là où est censé être mon cœur. Mais il n’y a rien ! Rien d’autre que des plantes et autres végétaux constituant mon corps de substitution. Pas bête le loustic ! Il se doutait certainement que quelqu’un viendrait lui rendre visite, alors il a pensé à planquer une arme dissimulée en cas où il se ferait désarmer. Une simple hypothèse qui n’a pas d’importance. Dans tous les cas, les choses ne se sont pas déroulées comme il l’avait prévue. Et ce sera sa dernière erreur……..
Le pleutre renverse son siège en arrière dans son élan de recul, alors que je m’accroupis pour l’empoigner par le cou dans une poigne de fer qui l’empêche de respirer correctement. La peur, la confusion, la tristesse et la haine se lisent sur ses yeux grisâtres. Tandis que sa voix de crécelle ne fait qu’exciter la bête qui réclame du sang à s’abreuver. Les épaisses chaines d’acier de ma raison sont sur le point de céder à mesure que je foudroie Acker.

Dans ses pupilles…… je vois un crâne.

- Seigneur tout puissant…… Quel genre d’abomination êtes-vous donc……..
- Un damné.

SHCLAACK !!!

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