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 Abraham "Bee" Blackwood [Terminée]

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Abraham Blackwood
Agent du BAM Delta
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Messages : 366
Date d'inscription : 16/01/2014
Age : 34

MessageSujet: Abraham "Bee" Blackwood [Terminée]   Jeu 16 Jan - 22:50

CARTE
D'IDENTITE








© Soldat Inconnu ?


    NOM : BLACKWOOD

    PRENOM : Abraham, Lincoln

    ALIAS ET SURNOM : Bee pour la famille et les amis, Scotty pour les missions

    AGE : 31 ans

    DATE DE NAISSANCE : 28 Juillet 1982

    METIER : ex-Major (US Army), sans emploi actuellement

    NATIONALITE : Américaine

    GENRE : Masculin

    CLAN : Neutre (BlackHawk)



Pouvoir - Téléportation :

  • Description :
    En théorie, facile à exprimer : le transfert de son propre corps d’un point A à un point B. En pratique, il y a quelques petits détails à savoir …

    Conditions requises pour la réussite : la concentration et la visualisation de sa destination. A un point précis de cette destination. Penser à New York, Paris ou Agra ne suffit pas. Il faut que soit visualisé l’angle de la 6e et la 59e, le pont des Invalides ou encore le Taj Mahal. La téléportation ne s’effectuera pas tant que le point défini ne sera pas assez précis. Il faut également qu’il soit conscient de ses actes. Il ne peut pas, en rêvant, se retrouver à l’autre bout de la planète.

    La relation distance / concentration est proportionnelle : plus la destination est éloignée, plus il lui faut de concentration. Si c’est à côté, effleurer l’idée lui suffit pour s’y retrouver entier. Mais si elle est bien pratique, la téléportation n’est pas sans conséquence : des désordres, physiques ou psychologiques, surviennent en fonction de la distance parcourue tout en prenant en compte sa propre santé.
    Différents facteurs peuvent altérer ses capacités. La plupart tombe sous le sens : s’il est soucieux ou distrait, il aura plus de mal à se concentrer donc la visualisation de sa destination sera plus longue ou carrément pas assez précise (ce qui avortera la téléportation). Sa fatigue physique peut tout d’abord jouer sur sa concentration elle-aussi mais accentuera également les désagréments physiques ressentis. Ainsi, s’il a une balle dans l’épaule, il aura tout d’abord du mal à visualiser son point de chute et à l’arrivée, même si c’est à 100m, son état aura empiré de façon drastique.
    Certains sentiments peuvent le galvaniser et lui permettre, de façon ponctuelle et incroyablement rare, de dépasser ses limites : l’amour ou la haine par exemple. Mais ces mêmes sentiments ne l’aident pas lors de la récupération physique.

    En termes de distance, c’est celle en surface terrestre qui est prise en compte : pas de raccourci par le manteau ou le centre de la Terre. Il n’y a pas de distance minimale mais la distance maximale n’est pas définie non plus.
    Quant à la vitesse de déplacement, elle tient de l’instantané, qu’il décide de parcourir 1 ou 10.000 km (cela ne prend pas en compte l’éventuel temps de récupération physique ou morale nécessaire après cette même téléportation).
    Visuellement parlant, il n’y a pas grand-chose à dire. Pas de feu d’artifice, changement de couleur ou autre altération physique. Abraham cesse juste d’être là. Il s’efface. Puis réapparait dans les mêmes conditions. La téléportation ne génère aucun bruit. Seuls ceux de son environnement sont présents.

    Ensuite, il faut savoir que l’américain ne peut se téléporter que dans des lieux qu’il a déjà vus. Subtilité : il faut qu’il s’y soit physiquement déplacé une première fois, qu’il ait pu voir et apprécier les lieux de visu, sans intermédiaire. Même si ce n’a été que brièvement, juste un passage de cinq minutes, ce n’est pas important mais il faut qu’il y soit allé. Par exemple, s’il a profité d’une pause à Central Park une fois, il peut s’y téléporter de nouveau s’il le souhaite. Cependant, même s’il voit la Lune en levant les yeux, il ne peut pas s’y rendre par téléportation puisqu’il n’y a pas été une fois de lui-même.
    Si les lieux ont changé depuis son dernier passage, la téléportation s’effectuera tout de même, se basant tout d’abord sur ses souvenirs. Mais rien ne garantit alors son état à l’arrivée : l’environnement peut avoir changé, un coin désert peut être devenu habité avec le temps ou une prairie peut s’être transformée en marécage boueux.

    Considérant ladite arrivée,  il n’y a pas d’obligation sur la surface : ce peut-être meuble, liquide, malléable ou vide. Libre à lui de savoir s’il veut se retrouver trempé ou en chute libre. Dans ce dernier cas, il lui est tout à fait possible de se téléporter de nouveau là où il le souhaite du moment qu’il a l’idée, et la concentration nécessaire (… ce qui n’est peut-être pas évident lorsque l’on tombe), de le faire avant de s’écraser lamentablement au sol.
    Spécificité bien utile, il ne peut pas se réceptionner dans un élément (vivant ou non) qui dépasse un tant soit peu du sol : sa chair ne peut être meurtrie par un corps extérieur à l’instant de l’arrivée (après, tout dépend de lui). Donc exit le débarquement avec une jambe dans un banc public, un bras en travers d’un inconnu qui passait par là ou englué dans le tronc d’un vieux chêne. Effet passif du pouvoir qui "analyse" le lieu de réception (sans tenir compte des souvenirs qu’en a le mutant) et adapte la position finale en fonction du placement des éléments qui le composent. Abraham sera téléporté au plus près de son point d’arrivée selon les espaces disponibles.
    De plus, il sera, à son apparition sur ce nouveau lieu, dans la même position qu’il avait au départ. Celle-ci ne varie pas pendant la téléportation. Un autre élément qui ne change pas est sa vitesse : s’il est en mouvement (course, chute, …) quand il décide d’aller voir ailleurs, il continuera à l’arrivée. L’énergie cinétique est conservée.

    Il lui est également possible de faire voyager deux personnes avec lui. Est considérée comme une personne le corps humain, les vêtements et des éventuels sacs portés (sac à dos, à main …). De ce fait, ce qu’il porte se téléporte avec lui, il ne se retrouve pas nu de l’autre côté. Ses éventuels passagers restent habillés également. Ce qui était là au départ l’est toujours à l’arrivée.
    Il faut qu’il y ait contact direct (main, épaule, bras, poignée de cheveux, slibard qui dépasse …) via ses paumes à lui pour que le pouvoir opère. Autrement, il ne se passera rien du tout et la personne restera sur place. Si quelqu’un a la main dans le dos d’Abraham et qu’il décide de se téléporter, il sera le seul à l’être.
    Dans la même mesure, il peut transporter des objets : principe identique, il faut qu’il ait la main dessus pour que cela fonctionne.
    Ses passagers, humains ou animaux, ne ressentent aucun effet secondaire de la téléportation : tout est pour sa pomme. La distance est considérée comme doublée s’il a un seul accompagnateur, triplée s’il en a deux. Le poids des voyageurs, tant qu’il ne dépasse pas ses capacités, n’entre pas en compte : téléporter ses filleuls de 4 ans est la même chose que téléporter deux amis musclés de 95 kilos (sauf qu’il peut porter les premiers et pas les seconds).
    Si l’ensemble (vivant ou non) est trop lourd par rapport à ses capacités, tout restera sur place, lui y compris.



  • Niveaux de maitrise :
    Abraham a découvert son pouvoir quand il avait 14 ans, il en a maintenant 32 … les 18 années écoulées donne le nombre d’années où il a pu passer du temps à s’y entraîner.

    La distance minimum qu’il peut parcourir est de 50 cm. Mais il ne le fait jamais : à ce niveau-là, il estime que c’est aussi simple de faire un pas de côté et il n’est, depuis son adolescence, plus du genre feignasse. Quant au maximum en une téléportation … il peut, d’expérience, atteindre les 11.890 km (à quelques mètres près).

    Les désordres physiques ou psychologiques sont proportionnels à la distance totale parcourue, que ce soit en une ou plusieurs fois (par "plusieurs" il est entendu "sauts consécutifs en un court lap de temps") : plus il va loin, plus y en a. Ils le sont également à son état de santé avant téléportation : mieux il va, meilleur est l’état dans lequel il arrive à destination.
    A l’heure actuelle, il ne ressent aucun trouble notable jusqu’à 200 km. Les doigts dans le nez, comme il le dit lui-même.
    Entre 200 et 1.000 km ? Fourmillements dans le bout des doigts et les jambes. Ces sensations s’estompent plus ou moins vite selon la distance parcourue. Il faut aussi prendre en compte la présence d’un mal de crâne, du genre qui empêche de se concentrer et qui oblige à rester assis, vers la limite haute.
    Entre 1.000 et 5.000 km ? Là, il commence à bien ressentir les contrecoups de la téléportation. Les fourmillements, qui se font plus longs et plus désagréables, sont associés à un mal de crâne obligatoire qui donne envie de rester couché. En plus de la respiration irrégulière à l’arrivée, des douleurs musculaires et des crampes peuvent survenir, l’obligeant alors à s’asseoir fissa … ou à tomber à genoux s’il n’est pas assez rapide.
    Et plus de 5.000 … c’est simple, s’il ne se prépare pas avant, c’est impensable. Pas impossible, juste pas franchement conseillé. Les effets précédents se cumulent sans exception. Dès qu’il dépasse cette distance, il faut ajouter, toujours par rapport à la distance, une arrivée fébrile, instable avec le besoin de s’asseoir immédiatement voir même de s’allonger. Le contenu de son estomac aura de fortes envies de voyage vers l’extérieur. Tout cela, sans compter les deux ou trois jours de repos nécessaires ou encore le séjour à l’hôpital si la distance parcourue est vraiment grande. Il aura également l’impression, graduellement, d’être passé au rouleau compresseur, écartelé puis broyé de l’intérieur. Rien que des sensations géniales alors il évite de le faire (il n’est pas, ou très peu, masochiste).

    Cela étant, l’ensemble de ses désagréments diminue au fil des années, au fil de sa pratique : à ses débuts, il lui était impossible de parcourir 100m sans avoir envie de vomir et de roupiller toute l’après-midi pour compenser le contrecoup. Maintenant, il les fait sans même y penser. A partir de là, il suppose qu’il réussira à faire plus de 200km sans désagrément un jour ou l’autre …

    Quant au poids qu’il peut téléporter, en plus de sa propre carcasse de 94 kilos, il avoisine les 200 kilos. De la même façon que la distance, le maximum augmente au fur et à mesure. Même si, bien qu’éternel optimiste, il doute de dépasser le quintal.


  • Lien entre les Pouvoirs : Un seul, donc aucun lien à spécifier



Description Physique :


  • Apparence :
    Abraham est sans conteste un beau morceau d’humanité. Du haut de ses 1m92, il domine la plupart de la population d’une bonne tête. Et ce n’est pas forcément pour lui déplaire, lui qui aime bien voir ce qu’il se passe aux alentours. Alliant à ceci un poids de 94 kg, variable quelque peu selon la période de l’année et réparti agréablement sur l’ensemble de son enveloppe corporelle, il est de ces hommes dont on ne marche pas sur les pieds impunément. Ce poids, il le doit à une alimentation saine et à une activité physique régulière (et non, pas de miracle). Cuisses et fessier fermes, pectoraux joliment dessinés, il s’en sort très bien sur le plan musculaire sans pour autant être une montagne herculéenne. Juste comme il faut pour être « regardable » comme il dit.
    Passons à sa jolie caboche. Cette dernière a une forme ovoïde des plus banales. S’ornant d’un front haut et légèrement bombé, elle est également agrémentée d’une mâchoire carrée et se termine sur un menton classique, ni fuyant ni quoi que ce soit d’autre. Ses yeux sont de forme et taille standard. Ils sont aussi gris que le ciel d’hiver. Ils possèdent toujours un petit éclat vif et alerte. Ils sont surplombés par des sourcils assez fournis et légèrement descendants aux extrémités alors que ses cils sont courts. Si l’on continue en descendant, son nez est droit et la base est relativement fine. Ses lèvres sont bien dessinées et non imposantes. Lorsqu’il sourit, chose arrivant peu souvent, on peut voir une rangée de dents blanches et saines. Ces mêmes lèvres ainsi que le bas de son visage sont encadrés par une barbe de trois jours. Barbe qu’il entretient avec un soin tout particulier. En effet, ayant une pilosité plus que contrariée, il est glabre et galère à avoir trois poils sur le menton. Il y fait donc très très attention. Et du côté capillarité, ses cheveux sont bruns, souvent courts et toujours hirsutes. Il ne prend pour ainsi dire jamais la peine de les coiffer. En fait, la seule touche étrange de son visage viendrait de ses oreilles. Bien qu’elles soient d’une taille et d’une forme tout à fait normales, les lobes sont perforés par des anneaux creux d’un centimètre de diamètre qui y sont insérés. Les portants depuis un bail, ils ne sont plus douloureux pour lui.
    Sa peau est vaguement halée au quotidien, ne prenant une teinte plus sombre que l’été lorsqu’il a le temps de lézarder au soleil pendant des heures. Ses mains, dont les doigts sont longs et effilés, ne disposent pas de la douceur d’une peau de bébé et sont rugueuses par endroit.

    Côté vestimentaire, il n’y a de particulier à mentionner si ce n’est qu’il porte des vêtements bien taillés et adaptés à sa personne. Il s’habille dans des tons plutôt neutres même si une pointe de couleur ne le dérange pas le moins du monde. Même s’il ne suit pas du tout la mode et qu’il n’en tient pas compte, concevant ce point comme une perte de temps, il ne sera pas dépareillé dans ses tenues. Il a tout de même un certain goût, une certaine prestance.
    Et en mission … inutile de mentionner l’uniforme militaire adéquat à l’environnement du contexte.


  • Signes Particuliers :
    Abraham arbore une fine cicatrice sur le bas-ventre à cause d’une opération de l’appendicite. C’est la seule marque non désirée qui était pourtant nécessaire.
    Dans les non voulues et encore moins indispensables … la liste est un peu plus longue malgré lui : deux cicatrices circulaires d’environ 1cm de diamètre sur l’épaule droite, cicatrice rectiligne sur le flanc gauche d’à peu près 15cm et un ensemble de micro-cicatrices visibles uniquement si on a le nez dessus recouvrant son avant-bras droit ainsi qu’une partie de son flanc. Manque de chance cette fois-là …
    Mais l’homme qu’il est a aussi des marques basées sur le volontariat. Il parait que cela s’appelle un tatouage. Il en a deux : un vertical dans la nuque, suite de symboles, environ 8 cm par 1, marque de son ancienne unité militaire et un autre, sur l’intégralité de l’intérieur de son avant-bras gauche, représentant un bras cyborg.
    Après ça … ses mains possèdent toutes deux une callosité similaire entre le pouce et l’index à force de tresser le cuir. Et c’est tout.


Caractère :


  • Mental :
    L’américain est d’un naturel chaleureux, avenant et ce malgré son absence de sourire. C’est quelqu’un de très (trop ?) serviable qui fera tout pour aider son prochain quand il en estime la cause juste. Quitte à y laisser des plumes. Il n’hésitera pas à se mettre en danger. Cela lui a déjà joué des tours auparavant. Nul doute que cela recommencera. Mais on ne changera pas l’homme qu’il est. Pas sur ce point en tout cas.
    Bien que d’un calme olympien, il est également capable, si on le pousse à vraiment à bout ou si certains sujets sont abordés de trop près, d’entrer dans une colère noire. Et à cette suite, de devenir violent. L’expression « voler à travers la pièce » prend tout son sens et mieux vaut ne pas en arriver à cette extrémité. Quand, malgré tout, il en arrive là, il s’en veut pour le reste de la journée : d’avoir été faible et d’avoir succombé à sa colère sans se maîtriser. Il préfère prendre sur lui et se défouler contre un sac de sable par exemple.
    Comme tout à chacun, il a aimé et aime un certain nombre de choses. Et en aimera probablement d’autres. De façon inconditionnelle, sa femme, sa fille, ses parents, ses amis et les membres de son ancienne unité militaire. De façon plus concrète, il apprécie énormément la lecture d’à peu près tout ce qui peut lui tomber sous la main et d’autant plus si c’est un ouvrage qui peut lui permettre d’engranger plus de connaissances, quelles qu’elles soient. Ecouter de la musique. Simplement faire des exercices d’assouplissement ou des enchainements de close-combat. Acheter de nouveaux livres qui sentent bon le neuf. Aller à la patinoire. Se dorer la pilule au soleil quand il en a le temps et l’occasion. Il a un mode de vie plutôt simple en adéquation avec l’éducation donnée par ses parents. Il a deux petites manies : dormir avec une main passée sous l’oreiller et démonter une arme pour la nettoyer avant de s’en servir s’il en a le temps. Accessoirement, il lui arrive de mélanger les deux et de dormir avec une arme sous son oreiller. Il n’est pas paranoïaque, juste conditionné à ce geste. Parfois, il oublie qu’il n’est pas sur le terrain.
    Il n’aime pas sortir les poubelles, ceux qui se plaignent tout le temps sans rien faire pour changer les choses, la nourriture trop grasse dont les hamburgers, ceux qui parlent pour ne rien dire, les frimeurs, les flambeurs et les trucs à poils là … ah oui, les chiens. Il n’en a pas peur, loin de là, mais il préfère les regarder de loin si c’est possible. On peut ajouter à la liste les personnes qui pensent que tout leur est dû à cause de leur rang, richesse ou autre valeur hypocrite. Il aura tendance à les regarder d’un air blasé et de s’en aller tout simplement.
    Une des choses qui l’horripilent de plus en plus, proportionnellement à son augmentation dans le pays, est cette manie qu’ont ceux qui ne respectent pas la loi à s’en sortir. Alors, soit, certaines lois n’ont pas étés et ne sont pas justes. Celles-ci, il admet qu’on se batte pour elles. Mais une majorité, sensée, est faite pour être respectée. Pour éviter le chaos et l’anarchie. Pour le bien commun de tous. Si les Hommes, humains ou non, arrivaient à vivre ensemble en parfaite harmonie, il n’y aurait même pas besoin de lois puisqu’il n’y aurait pas de criminalité. Mais quand bien même il adorerait un monde purgé de ces vices, ceci tient du rêve éveillé et sa foi en l’humanité ne va plus jusque-là.
    Alors en attendant, il râle. Contre ceux qui échappent à cette justice alors qu’elle tente d’œuvrer pour le bien commun. Contre ceux qui la laissent tomber en se laissant corrompre pour une parcelle de pouvoir. Contre cette même justice qui n’est pas toujours efficace, notamment quand elle a les preuves sous les yeux et qu’elle préfère jouer les aveugles … Il râle parce que ses moyens d’action sont limités. Parce que si les grands pontes derrière cette criminalité étaient mis sous clés, le monde n’en serait que meilleur.
    Il ne peut pas nier qu’il aimerait en voir certains morts … s’il avait toutes les preuves en main pour les accuser. S’il était sûr à 100% qu’un criminel était responsable de ses actes, il ne verrait plus d’inconvénients à une peine définitive. Avant, il aurait préféré une autre solution. Mais depuis l’assassinat, il n’est plus tout à fait le même. Ce n’est même pas une histoire de vengeance puisqu’elles ne lui seraient pas rendues, quoi qu’il arrive. Tout ce qu’il voit, c’est qu’éradiquer le mal à la source empêcherait sa situation de se reproduire. Si quelqu’un avait eu l’audace et le cran de proposer ce genre de texte, la mort en cas de preuves irréfutables pour certains crimes, il n’en serait pas là aujourd’hui.

    Il y a trois notions, liées, qu’il déteste : le racisme sous toutes ses formes, l’intolérance et l’irrespect des idéaux des autres. Selon lui, on est tous libre de croire en qui ou en quoi nous voulons.

    Quant aux mutants … un gros sac de nœuds, tout comme avec des humains normaux, aucune différence. Pour lui, il y a des fruits pourris dans les deux paniers, les problèmes et les guerres sont inhérents à l’Homme et pas seulement au gêne mutant. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Pas besoin de l’existence du gêne mutant pour trouver une raison, dépendante des forces en action, de se battre.
    De par son éducation, il respecte autant les idéaux du Professeur Xavier que ceux de Magneto. Mais s’il les respecte, ce n’est pas pour autant qu’il y adhère. Tout comme le premier, il aimerait que chaque mutant, mutation visible ou non, puisse vivre tranquillement sans être persécuté, que les Homo Superior puissent cohabiter en paix avec les Homo Sapiens et inversement. Seulement, dans une moindre mesure que le second, il sait ce qu’est la guerre et il ne sait que trop bien ce dont l’humanité est capable. Bien que lui-même d’humeur assez violente si on vient le chercher de trop près, il est d’avis que ce n’est pas la solution au conflit, même si elle est utilisée avec intelligence. D’expérience, il sait que cela n’apporte que désolation dans les deux camps. Mais il ne peut pas non plus s’empêcher de trouver un peu trop innocent le noble but que s’est fixé le professeur : le monde n’est pas si rose.
    Pour lui, les X-Men et les Confréristes sont de la même trempe : des hommes et des femmes qui agissent selon leur conviction, l’idéologie et la volonté de leur leader respectif. Au final, ce n’est qu’un même ensemble dont les méthodes diffèrent. Son cœur ne balance pas pour l’un ou pour l’autre, tout dépend des actions menées et des résultats en fonction de ses propres idéaux.

    Comme tout le monde, il a entendu parler du Bureau des Affaires Mutantes, organe gouvernemental monté quelques temps après les événements désolants du Cube. Il en sait principalement ce qu’en disent les médias. Autrement dit, ce que le BAM veut bien laisser filtrer ou laisser croire. Il n’est pas dupe. En laissant ses oreilles traîner, il sait en plus qu’il n’y a pas de « Bonjour, j’aimerai bien bosser chez vous ! » pour y entrer et que seul un dossier solide le permet s’ils le veulent. Et comme toute organisation qui se veut neutre, il suppose qu’elle l’est la plupart du temps … mais pas en continu. En partant de là, il poursuit dans la théorie en pensant que les têtes brulées ne sont pas admises car difficiles à contrôler. N’ayant aucune preuve, il peut se tromper.

    S’il s’efforce de ne jamais porter de jugement sans connaître un minimum, que ce soit une personne en elle-même ou un ensemble de valeurs propres à un groupe, il avoue sans détour ne pas être objectif sur les Purificateurs. L’Homme a toujours eu peur de ce qu’il ne connaissait pas. Cette crainte ne date pas d’hier et sa disparition n’est pas à l’ordre du jour, loin de là. A partir de là, la destruction de ce « mal » est souvent programmée. Point qu’il est loin d’accepter, lui qui préfère comprendre afin d’avoir tous les tenants et les aboutissants.
    Sans compter le tragique événement de Mutant Town, ils sont suspectés, sans qu’il ne dispose de preuves suffisantes pour faire traduire en justice les responsables, d’avoir tué celles qui lui étaient le plus cher. A partir de là, Abraham ne peut décemment pas émettre un avis positif ou même neutre en ce qui concerne les Purificateurs. Pour lui, et jusqu’au moment où l’un d’entre eux lui démontrera le contraire, ce sont des assassins. Point.

    Son comportement, calme et posé d’ordinaire, changera quand il est en mission ou en action forcée. La froideur est de rigueur tout comme l’absence de sentimentalisme. Il ne souffrira d’aucune distraction. Seule la survie compte. Celle des membres alliés puis la sienne. Analyse du terrain, de la position des ennemis puis élimination des menaces en évitant les pertes. Si un allié tombe … avancer. Ne penser qu’à la survie du groupe avant de celle d’un individu en particulier. Remplir sa mission puis rentrer. Récupérer les morts et leur donner une sépulture digne ce nom si c’est possible. Les pleurer si l’on veut et honorer leur mémoire. Ne pas leur promettre de les venger. Les morts se moquent d’être venger. Simplement continuer de vivre en se souvenant des sacrifices. Vivre pour eux.



Histoire :


  • Talents Particuliers :
    Cavalier émérite
    Polyglotte :
    - Lu, écrit, parlé : anglais, français, grec moderne, russe, japonais
    - Lu, écrit : grec ancien
    Maîtrise (nettoyage, montage / démontage, rechargement, tir) des fusils d’assaut M-16A4 et M-4
    Utilisation efficace de la plupart des autres armes à feu
    Maîtrise avérée du close-combat
    Habileté au maniement du couteau


  • Possessions :
    L’américain avait acheté une maison à San Francisco qu’il a maintenant revendue pour prendre un petit pied-à-terre à Brooklyn, comprenant cuisine, salon, salle de bain, chambre et bureau, dans une petite rue transversale où il n’y a pas de circulation et aucun voisin curieux. Acquis en 2011, même si le remboursement est bien avancé, il est toujours en cours. Actuellement sans emploi, son niveau de vie va avec la classe moyenne : même s’il n’a pas de problèmes d’argent, vivant sur ses soldes et primes passées, il évite tout de même les dépenses superflues.
    Pour le reste, si ce n’est son alliance qu’il porte toujours ainsi qu’un collier ayant appartenu à sa fille, il ne possède rien de particulier qui ne mérite d’être mentionné.


  • Biographie :

    • Mardi 28 Juillet 1982, 23:38 UTC, Paris, France
    Tout commença dans une nuit noire et orageuse, dans un hôpital parisien, et d’un seul coup … paf ! Coupure de courant généralisée. Pas de chance. Mais pas de panique non plus. Les groupes électrogènes se mirent en route pour prendre le relai sans attendre. Ce ne fut que quelques minutes plus tard qu’une jeune femme, Flavie, tout juste adulte administrativement, commença le travail pour mettre au monde son premier bébé. Juste à ses côtés, un charmant jeune homme, Léo, même pas plus âgé, la regardait, amoureux. Pendant la longue et douloureuse tâche de l’accouchement, il ne lâcha pas sa main et ne la quitta pas des yeux un seul instant, retenant sa respiration par moment. Il ne s’autorisa un sourire heureux et un soupir de soulagement qu’au moment où le cordon ombilical fut coupé. Et qu’on leur apporta leur bébé. Leur fils.
    « Comment voulez-vous l’appeler ? »
    Les jeunes parents n’échangèrent qu’un regard empli de joie, d’amour et de connivence. Ce fut dans une parfaite synchronisation qu’ils répondirent.
    « Abraham. »

    *
    *    *

    Ainsi naquit ce nouveau petit morceau d’humanité. Petit morceau qui devint grand entre la France et les Etats-Unis grâce à une résidence principale à San Francisco et à des vacances passées dans l’exploitation viticole familiale du côté de sa mère en France. Inutile de préciser que Monsieur parle anglais et français avec aisance. Son enfance n’a rien eu de compliqué ni même de tordu. Une enfance tout ce qu’il y avait de plus banale. Bon élève mais adepte du minimum syndical, il faisait juste ce qu’il fallait, sans pousser trop. Scolarisé dans le même établissement que ses voisins, Ixas et Aiolos, dont les parents sont d’origine grecque, qu’il connait depuis la maternelle, ils ont fait les 400 coups et enrager la plupart de leurs professeurs. Ce qui leur attira parfois les reproches de leurs parents respectifs. Concernant Abraham, eux-mêmes n’ayant pas été forcément mieux, ils en rirent souvent.
    Ses parents ont toujours été là pour lui. Surtout son père. Sa mère aussi bien entendu mais un peu moins malgré tout à cause de son métier : harpiste. Il était courant qu’elle soit à l’autre bout du pays pour une représentation ou un événement. La plupart du temps, Abraham et son père faisaient le déplacement pour la voir jouer. Mais ils ne pouvaient pas toujours. Quand ses parents n’étaient pas là, pour le trouver, c’était au ranch de ses grands-parents qu’il fallait aller. Sara, la mère de son père, était dresseuse de chevaux et savait parfaitement monter. C’était tout naturellement qu’elle lui avait demandé s’il souhaitait lui aussi savoir faire la même chose. Proposition que l’enfant s’était fait une joie d’accepter tout de suite. Et quand il n’était pas dans un de des box, il était au salon, en train de travailler sous l’œil attentif de son grand-père John, professeur de biologie moléculaire de son état. Il était également fréquent d’y voir ses deux amis grecs. Non content de parler déjà deux langues, il ajoutait leur langue maternelle à sa liste. Et eux étaient ravis de pouvoir faire du cheval. Donnant donnant en somme.
    Autrement, il faisait partie d’une famille soudée dont l’amour était visible. En résumé, les Blackwood menaient une petite vie tranquille.
    Ou presque.

    • Samedi 16 Septembre 1995, 15:44 UTC, San Francisco, Etats-Unis
    Un week-end comme les autres initialement. L’adolescent âgé de 14 ans jouait tout simplement au baseball avec ses voisins et amis Ixas et Aiolos. Rien de bien particulier ni d’extraordinaire. Mais alors que l’un des jumeaux lança la balle trop fort, il se mit à courir pour la récupérer … sans faire attention au fait qu’il était au plein milieu de la route. Les secondes suivantes s’écoulèrent au ralenti. Les cris des garçons, le crissement des pneus de la voiture, le klaxon. Puis le silence et l’impression d’être broyé de l’intérieur. Le vide. L’impression d’être réassemblé par petits bouts. Et de nouveau, les bruits. Et l’observation de la scène à partir du porche de la maison familiale : il voyait ses deux meilleurs amis de dos, la route et la voiture qui s’était arrêtée plus loin, laissant des marques noires sur le bitume. Incrédule, il en lâcha la balle, qu’il avait tout de même attrapée, et le gant avant de tomber à genoux puis de s’affaler lamentablement.
    Les deux autres adolescents, sous le choc, se retournèrent en attendant le bruit. Et la tête qu’ils affichèrent était sans prix. Un mélange de soulagement, ravissement et de curiosité. Avec lenteur, ils approchèrent.

    « Mais … mais … mais comment t’as fait ?!
    - T’étais au milieu de la route … la voiture … la voiture …
    - On a cru que … que tu allais te faire écraser …
    - Et puis, tu es là ! Comment tu es passé de … là … à ici ?!
    - J’sais pas … j’ai juste … voulu être sous le porche et … voilà. »

    C’était tout ce qu’il y avait de plus vrai. Il avait ardemment désiré être en sécurité sous le porche … et puis hop. C’est là qu’il était quand il avait rouvert les yeux après la désagréable sensation d’être haché menu. Par sécurité, il tâta son corps pour vérifier qu’il ne manquait rien parce qu’il ne se sentait pas ce qu’on pouvait appeler bien.

    « Attends … Attends ... tu veux dire que tu t’es … »

    Les jumeaux se jetèrent un coup d’œil avant de comprendre vraiment ce qu’il venait de se passer et de reprendre en cœur.

    « Téléporté ?
    - Bah je … »

    Abraham lui-même étant en train d’assimiler lentement les faits. Il était sur la route, il avait voulu être sous le porche. Il s’y était vu et la seconde d’après il s’y était retrouvé. Il ne se souvenait pas avoir couru très vite de la route à cet abri. Dans les théories, il ne lui restait que ça … la téléportation. Woho.
    Ses pensées furent interrompues par Ixas.

    «  Mais … mais c’est complètement dingue !
    - Et surtout impossible !! Ça n’existe que dans les comics et les films la téléportation !
    - Je sais que ça a l’air … incroyable … complètement … »

    L’adolescent ne termina pas sa phrase. Même si son corps semblait bel et bien être là, le contenu de son estomac se répandit avec bonheur dans le parterre de fleurs, arrachant une grimace dégoutée à ses amis.

    « On devrait rentrer …
    - Je suis plutôt … »

    Une nouvelle salve vint se superposer à la première. Peut-être que cela pouvait servir de fertilisant.

    « Flavie !
    - Flaviiiiiiiie ! »

    Inquiète d’être appelée avec autant d’empressement, l’intéressée fut rapidement sous le porche, suivi de près par son mari. Alors qu’elle allait demander de quoi il retournait, son fils fit revenir le contenu de son estomac encore une fois. S’il n’y avait eu que ça, elle ne serait pas posé plus de questions … mais là, les expressions peintes sur les visages des adolescents étaient loin d’être celles qui auraient dû correspondre.

    « Jeunes gens, je crois que vous avez des choses à nous dire … »

    Les trois amis se regardèrent, l’air à moitié coupable alors qu’il n’en était rien. Après tout, ce n’était pas consciemment leur faute. Et tous les cinq rentèrent, Abraham faisant une échappée vers l’évier le plus proche.

    Plus loin dans la rue, un automobiliste éberlué se demandait s’il n’avait pas rêvé … N’ayant aucune preuve tangible de ce qu’il pensait, il n’en était pas vraiment sûr, avoir vu, c’est un peu perturbé qu’il repartit, envisageant d’arrêter l’alcool définitivement quand bien même il n’en avait pas bu une goutte ce jour.

    *
    *    *

    Les adolescents calés dans le canapé, dont l’un avec une bassine sur les genoux, regardaient les deux adultes assis dans les fauteuils disposés en face. Ils avaient déjà vécu cette scène … et ç’avait été pour une réprimande.

    « Alors ? »

    La voix douce de sa mère sortit Bee de sa légère torpeur qui la regarda avec un léger sourire qu’elle lui rendit. Aiolos fut le premier à reprendre la parole.

    « Euh … vous allez pas nous croire …
    - Pourtant tu sais bien que nous sommes plutôt ouverts sur tous les sujets, non ?
    - Oui oui, j’sais bien Léo mais là …
    - C’est vraiment particulier …
    - TRES particulier …
    - Oui mais encore ?
    - Dites … vous avez toujours rien contre ceux qui sont différents ? »

    Les époux Blackwood se regardèrent, à moitié inquiet à moitié curieux. Ils avaient toujours été large d’esprit et ils avaient encouragé leur fils à faire de même, quel que soit le sujet : les idées des amis, les goûts de chacun, la religion … les mutants. Ce n’était pas parce quelqu’un, quelque chose était différent de soi, de ses conceptions qu’il fallait le rejeter ou en avoir peur. Au contraire, il fallait essayer de comprendre et d’accepter cette dissemblance. Jusque-là, ils jugeaient la tolérance de leur fils bien plus que convenable et ils en étaient fiers. Mais cela ne les aidait en rien pour comprendre de quoi les adolescents parlaient.

    « Non Ixas, nous n’avons pas changé d’avis à ce sujet.
    - Les garçons, vous voulez bien être un peu plus précis ?
    - C’est moi P’pa … j’en suis un … un mutant … »

    Un silence s’installa dans le salon après cette annonce. Les Blackwood se regardèrent à nouveau. Ok. Il y avait un mutant dans la famille. Le premier à leur connaissance. Ils n’eurent pas le temps de pousser la réflexion plus loin, le calme apparent fut rapidement troublé par un nouveau flot de bile déversé dans la bassine.

    « En tout cas, ça ne te réussit pas d’un point de vue physique … reprit Léo, esquissant un sourire et ne perdant pas le sens de l’humour Mais comment avez-vous eu connaissance de ce … changement d’état ?
    - On était en train de jouer … commença à expliquer Aiolos, voyant bien que son meilleur ami ne pouvait pas en placer une pour l’instant et puis j’ai lancé la balle trop fort … mais je l’ai pas fait exprès ! J’vous jure que j’l’ai pas fait exprès !!
    - Ne t’en fais pas pour ça, Abraham est vivant, c’est tout ce qui compte. Nous ne t’en tenons pas rigueur. déclara Flavie d’un ton chaleureux, apaisant le garçon qui était un peu nerveux Je t’en prie, continue.
    - Du coup, Bee s’est mis à courir pour la récupérer … et il était au milieu de la route et puis une voiture est arrivée à toute vitesse et … et … et …
    - Bee s’est téléporté sous le porche ! acheva Ixas qui voyait que son jumeau n’arrivait pas à le dire.
    - Vraiment ? interrogea Léo, un peu surpris tout de même
    - Oui … tout ce que j’ai voulu, c’est être à l’abri … je me suis imaginé sous le porche en me disant que j’aurai dû y être … et c’est là que je me suis retrouvé … »

    Un nouveau silence s’installa dans le salon, chacun perdu dans ses pensées.
    Les jumeaux voyaient ça d’un bon œil. Le pouvoir de téléportation, c’était trop cool ! Il allait pouvoir aller où il voulait ! Par contre, avoir envie de vomir après, c’était franchement pas terrible. Mais quand même ! La téléportation quoi ! C’était génial ! Est-ce qu’ils allaient considérer leur meilleur ami comme un monstre ? Non. Ils le connaissaient depuis trop longtemps pour ne serait-ce que l’imaginer en tant que tel.
    Abraham était un peu sur la même longueur d’ondes. Se téléporter, c’était vachement utile ! Mais pour le moment, la réaction de son estomac et ses douleurs musculaires l’empêchaient de creuser un peu plus la question.
    Quant à ses parents, ils assimilaient la nouvelle. Leur fils unique était un mutant. Soit. C’était … nouveau. Et inattendu. Cela promettait quelques éclats. Mais il restait avant tout leur fils. Rien ne pourrait changer ce fait et c’est toujours de cette façon qu’ils le considéreraient. Leur jugement aurait-il été différent si la mutation avait été visible ou disgracieuse ? Non. C’était leur fils. Il n’y avait rien à ajouter. Mais pour lui, ils étaient plutôt soulagés que le pouvoir latent qui venait de s’exprimer soit invisible physiquement parlant. Il n’aurait pas à se cacher ni à avoir peur du regard des autres. Du moins, tant que lesdits autres ne seraient pas au courant de son évolution. A ce propos …

    « Quelqu’un vous a vu à l’extérieur ?
    - Bah euh …
    - Le conducteur de la voiture p’tet …
    - Mais à part lui, j’crois qu’on était les seuls dans la rue à ce moment-là …
    - On avisera de toute façon, nous n’avons guère le choix. poursuivit Léo, lucide, avant de se tourner vers les jumeaux qui se tassèrent dans le canapé. Ils connaissaient le père de leur meilleur ami et ils en pensaient le plus grand bien mais là, il le trouvait intimidant. Quant à vous les garçons, je sais, depuis le temps, que vous êtes des amis formidables et dignes de confiance. Mais je me dois de vous rappeler que vous ne devez parler de ça à personne.
    - Promis, on dira rien !
    - Juré !
    - J’ai bien dit personne. Ce qui inclue aussi vos parents quand bien même cela peut vous paraître injuste et compliqué. Vous m’avez bien compris ? »

    Ixas et Aiolos se regardèrent avant de se tourner de nouveau vers Léo, un peu perdus. Abraham s’apprêtait à répliquer mais il emplit la bassine un peu plus. Et sa mère se leva au même moment, serrant doucement l’épaule de son mari avant d’aller s’agenouiller devant les adolescents qui la fixèrent. Son mari avait beau être un psychologue doué, les enfants, c’était autre chose que sa clientèle habituelle … et pas vraiment le même mode de pensées. Elle leur attrapa chacun une main tout en leur souriant.

    « Ce que Léo veut dire, c’est que nous ne pouvons être sûrs des réactions des autres. Vos parents n’ont peut-être rien contre les mutants tant que c’est … de loin. Peut-être qu’en apprenant que leur jeune voisin en est un, ils changeront d’avis et ne voudront plus que vous veniez ici …
    - Mais … mais on connait Bee depuis toujours !
    - Mais ouais ! Y’a aucune raison qui changent d’avis comme ça !
    - Est-ce que vous pouvez nous le garantir les garçons ? »

    Les jumeaux se regardèrent rapidement avant de se tourner de nouveau vers Flavie, un peu gênés et Bee l’était pour eux. La question était loin d’être facile et la réponse agréable à formuler.

    « Non …
    - Alors tout dépend de vous. Si vous pensez que rien ne changera, dites-leur. Sinon, voyez ça comme notre petit secret à tous les cinq.
    - D’accord …
    - Vous n’allez pas le dire à votre famille vous ? »

    Flavie se tourna alors vers son mari, lui souriant puis à Bee avant de revenir vers les jumeaux qui attendaient la réponse avec une légère impatience. Abraham aussi l’attendait.

    « Aux parents de Léo, si. Parce que vous sommes sûrs de leur réaction. Aux miens, probablement pas. Parce que de la même façon, je les connais et je sais qu’ils sont un peu bornés. Mais ce n’est pas pour ça que je ne les aime pas. Loin de là. »

    Les jeunes voisins semblaient rassurés de savoir qu’ils ne seraient pas les seuls à peut-être ne rien dire et que même des adultes n’allaient pas forcément le dire à leurs parents. Quant à Bee … même si ça l’ennuyait de ne pas le dire à ses grands-parents maternels, il savait que sa mère avait raison. Ils réagissaient un peu à l’extrême concernant certains sujets et il ne voulait pas qu’ils ne veuillent plus le voir !
    Ixas et Aiolos se levèrent, prêts à rentrer chez eux puisque l’heure ne se prêtait plus à jouer : leur meilleur ami n’allait pas beaucoup mieux en restant assis alors ce n’était même pas la peine d’envisager de retourner au baseball. Et puis, ils se sentaient un peu de trop. Ils saluèrent les parents puis adressèrent un grand  sourire à leur ami, qui leur rendit tant bien que mal, avant de sortir. Pendant que Flavie s’asseyait à la place des jumeaux, Léo se tourna alors vers son fils. Ce dernier lui coupa l’herbe sous le pied, une question passant à travers ses lèvres avant qu’il n’ait pu la retenir.

    « Vous n’avez pas menti hein ?
    - A quel propos mon chéri ?
    - De tout ça ! Que vous n’avez rien contre les mutants … que c’est pas grave si j’en suis un … que vous allez pas m’envoyer j’sais pas où … »

    Sa voix s’était éteinte au fur et à mesure, comme s’il appréhendait la réponse de ses parents. Et s’ils avaient dit tout ça pour ne pas faire peur à ses amis ? Et s’ils voulaient se séparer de lui ? L’envoyer ailleurs parce que désormais, ils allaient le craindre ? Il n’avait jamais douté de ses parents. Pas une seule fois. Ils avaient toujours été sincères avec lui, même quand il aurait préféré ne pas entendre ce qu’ils avaient à lui dire, que ce soit positif ou non. Mais là, d’un coup, tout foutait le camp : son assurance, sa confiance …
    Ses parents se regardèrent avant de se sourire. Même s’il était plus mature que certains pour son âge, Abraham restait un adolescent qui avait la trouille de perdre ses parents à cause d’une différence imprévue. Sa mère embrassa son front.

    « Regarde-moi Abraham. »

    Il n’y avait nul ordre ni contrainte dans cette phrase. C’était une simple demande qu’elle formulait. Bee en était conscient. Mais l’utilisation de son prénom complet, alors que sa mère avait plutôt l’habitude de l’appeler par des surnoms ou son diminutif, impliquait des propos sérieux à venir. Il obtempéra de bonne volonté.

    « Quoiqu’il advienne, aujourd’hui ou demain, tu es notre fils. Quoiqu’il advienne, que nous soyons d’accord avec toi ou non, nous t’aimons et t’aimerons toujours. »

    Elle passa une main dans les cheveux rebelles de son fils, cheveux qu’il tenait indubitablement de son père, tout en lui souriant. Si l’adolescent avait eu les mains libres, il se serait jeté dans les bras de sa mère pour l’enlacer. Son père se leva à son tour et lui ébouriffa les cheveux à son tour avec un grand sourire.

    « Maintenant que nous sommes tous sur la même longueur d’onde … on va peut-être s’occuper de cette irrésistible et géniale envie de vomir, qu’en penses-tu ? »

    Il acquiesça en hochant la tête, préférant ne pas trop l’ouvrir vu son état. Mais il fallait tout de même considérer qu’il allait mieux et que les flots de bile étaient moins longs et moins réguliers à présent. Peut-être allait-il pouvoir se débarrasser de sa bassine et se lever.
    En tout cas, il était d’avis que si ça le rendait malade comme ça, il n’allait pas s’en servir tous les jours de sa téléportation ! Mais en même temps … ça restait trop cool ! Et puis, peut-être qu’il suffisait d’un peu d’entrainement pour que ça passe ! Pourvu que ce soit juste ça … Bien qu’encore un peu nauséeux, Abraham souriait, ravi.

    *
    *    *

    Certaines fois, les amis, même les plus proches, se détournent, malgré eux, après un événement de ce genre mais pas ses complices de toujours. Toujours voisins, ils devinrent plus proches que jamais. Et plus sages aussi, espaçant les mauvais coups qu’ils pouvaient inventer pour leurs professeurs. Mais aussi plus sérieux. Le jeune Blackwood renonça au minimum syndical dont il avait pris la mauvaise habitude, simple flemmardise, pour devenir l’un des meilleurs élèves. Il avait étonné à peu près tout le monde pour le coup, surtout ses enseignants. Comme quoi, avec un peu de volonté … Entrainant ses deux amis dans la foulée, il était  fréquent de les voir tous les trois en train de faire leurs devoirs dans la salle à manger du ranch, chapotés avec plaisir par son grand-père.
    Parallèlement, il s’exerçait, dans la plus grande des discrétions, à son pouvoir de téléportation … prévoyant toujours un seau. Il n’était pas d’un tempérament exhibitionniste ni même frimeur alors il ne tenait pas à le faire savoir à la Terre entière. Et puis … si ses amis et sa famille avait réagi de façon positive, il restait sur l’idée, en accord avec ce que ses parents disaient, que ce ne serait pas forcément le cas des autres … mieux valait être prudent. Ses parents n’avaient même pas eu besoin de lui faire de remarque à ce sujet. Assez rapidement, il se rendit compte qu’il ne pouvait choisir comme destinations que des lieux où il s’était déjà rendu. Adieu l’idée d’aller passer des vacances à l’autre bout du monde à moindre frais. Mais pour le coup, il étendait chaque fois un peu plus son rayon d’action, même si cela tenait du cm. Il s’en fichait. Il progressait et c’était tout ce qui comptait pour lui. Un surnom lui fut attribué : Scotty. Évident pour Ixas et Aiolos qui étaient aussi calés que lui en science-fiction. Et c’est avec plaisir qu’il approuva ce choix. Après tout, Montgomery Scott, dit Scotty, était l’ingénieur en chef sur l’Enterprise et le préposé à la téléportation ...

    Avec les jumeaux, ils ne s’éloignèrent que le temps de la fac venu. Eux optèrent pour le journalisme, profitant pleinement de la renommée du département associé de Berkeley tandis que lui choisissait la voix miliaire et l’US Army au grand dam de ses professeurs qui, avec ses capacités, estimaient qu’ils auraient pu faire autre chose. Mais lui, il voulait juste défendre son pays.
    Après un peu plus d’un an et le grade de sous-lieutenant acquis, il fut recruté au sein d’une unité spéciale rattachée à USASOC, le commandement des opérations spéciales … ou clandestines. Dirigée par un colonel décoré maintes fois, elle était composée de trois autres membres, ce qui restreignait l’équipe à cinq hommes. Chacun d’entre eux dispose de capacités qui lui sont propres et cette différence distingue ce groupe des autres corps de l’armée … mais c’est classé confidentiel.
    Cela étant, concernant sa relation avec ses amis grecs, le verbe éloigner était exagéré. Soit, ils cessèrent de se voir tous les jours mais ils se voyaient aussi souvent que les permissions d’Abraham leur permettaient. Ce fut d’ailleurs lors de l’une d’entre elles qu’il fit la rencontre qui changera sa vie : Elena. Elle était à Berkeley parce que la faculté de sa ville natale, Tomsk, disposait aussi d’un département de journalisme et qu’un échange culturel était organisé tous les ans. Sauf qu’elle, jolie blonde aux yeux rieurs, avait décidé de rester à San Francisco, adorant la ville.
    Leur première rencontre datait du printemps 2002 et se fut le coup de foudre réciproque. A l’hiver 2005, ils se marièrent. Bien entendu, sa belle épouse était parfaitement au courant de son pouvoir. Elle n’avait aucun apriori préconçu, bon ou mauvais, sur les mutants. Pour elle, chaque pouvoir pouvait être bénéfique ou maléfique. Tout dépendait dont la façon le détendeur s’en servait. Sa moitié s’en servait en grande partie pour son travail, c’était l’une des raisons de son recrutement, ou simplement pour voyager. Très utile pour les noces d’ailleurs. Mais jamais son pouvoir ne lui avait servi à faire mal dans le seul et unique but de le faire. Alors elle n’avait rien à lui reprocher sur ce point. Abraham continuait toujours à s’entrainer à l’abri du regard des autres, loin de toute population pour éviter les problèmes. Lui-même s’en accommoderait … mais pas nécessairement ses proches et il ne tenait pas à leur faire prendre de risques inutiles. En 2006, ce fut l’une de ses meilleures années : sa famille s’agrandissait pour son plus grand bonheur et celui d’Elena. Ils devinrent les parents d’une jolie petite fille nommée Kira.

    Entre-temps, il avait aussi ajouté le russe à son répertoire linguistique tout comme le maniement des armes à feu (avec une préférence pour le fusil d’assaut M-4), celui de son couteau de combat (lame lisse d’un côté, crantée de l’autre) et le close-combat. Ce qu’il préférait. Il était plus à l’aise en combat rapproché qu’en utilisant une arme. Non pas qu’il ne sache pas les utiliser. Juste qu’il laissait le soin de tirer aux autres membres de son unité. Surtout quand l’un d’entre eux était tireur d’élite. Chacun son rôle. Lui, il agissait surtout en temps qu’éclaireur et neutralisait silencieusement, en utilisant ses capacités de close-combat, tous les hommes du genre sentinelle. Et lorsqu’il n’en restait plus, il favorisait une téléportation derrière sa cible avant de la rendre inopérante. Définitivement ou non. Oui, son procédé était fourbe. Mais ce n’était pas en se montrant toujours fair-play et gentlemen que son unité réussissait ses missions.

    *
    *    *

    • Année 2009, Fort Bragg (Caroline du Nord), Etats-Unis

    « Bien … je crois que vous avez mérité votre permission Messieurs. Bon boulot.
    - Yeah ! Enfin un jour où je vais pouvoir ne rien faire … ça fait plaisir.
    - Tu n’as rien prévu de plus ? C’est assez … sommaire, non ?
    - Et alors ? J’en fais largement assez les autres jours. Laisse mes permissions tranquilles Tadeki !
    - Tu sais … moi je vais juste me contenter de rentrer chez moi. C’est assez simple aussi …
    - Oui, mais toi tu as la chance d’avoir deux ravissantes créatures qui t’y attendent !
    - Tu n’as pas … Qu’est-ce qu’ils font tous agglutinés devant le poste ? Je conçois que la télévision soit source de distraction mais là …
    - C’est étrange effectivement. Allons voir. »

    Les cinq hommes, toujours en treillis, se rapprochèrent pour savoir de quoi il retournait. Les attroupements de ce genre n’étaient jamais bon signe. Les informations défilaient à l’écran, restant lisibles à défaut d’être audibles sous le vacarme que les commentaires généraient. Le résumé était rapidement fait : les Confréristes avaient voulu prendre le maire de New-York en otage. Ils avaient échoué. Si ce n’avait été que ça, l’affaire aurait été plus simple. Mais les échanges avec les X-Men avaient tourné au vinaigre et la voiture principale du cortège avait explosé, tuant l’ensemble de ses occupants … dont le maire.
    Isaïah fit signe à ses hommes de le suivre et ils s’éloignèrent, repartant vers leur quartier, légèrement isolé du reste de la base et équipé pour que les conversations ne filtrent pas. Il n’avait pas besoin de plus de données pour savoir comme la suite allait se passer.

    « Pas besoin de vous faire un dessin … les Confréristes vont être descendus pour avoir tenté l’enlèvement, les X-Men pour ne pas avoir pu l’empêcher et sauver le maire. Les deux groupes vont être mis dans le même panier sans distinction. Recrudescence de la haine humains / mutants dans les jours à venir … Inutile de vous dire que l’on fait profil bas.
    - Plus que d’habitude tu veux dire ?
    - Non, comme toujours en fait. Se montrer plus discrets entrainerait forcément des questions dont nous ne voulons pas. Ce n’est pas le moment de dévoiler nos atouts.
    - Un point pour toi. admit Will tout en s’étirant avant de regarder Abraham Tu crois que tu aurais pu te téléporter à l’intérieur pour sauver le maire ou certains membres de son staff ?
    - D’ici, avec la distance, je serai arrivé dans un état physiquement inapte … et quand bien même j’aurai été sur place, il aurait fallu que je sois déjà allé dans cette voiture pour pouvoir le faire. Donc non …
    - Et de toute façon, ce n’est pas de notre ressort. Je suis conscient que c’est peut-être moche dit comme ça Jake répliqua Isaiah, coupant l’herbe sous le pied du New-Yorkais qui allait le reprendre mais c’est la réalité. Comment veux-tu expliquer qu’une unité militaire comme la nôtre s’occupe de ce genre de cas ? Je ne te rappelle pas à quelle branche de l’armée nous sommes rattachés … Agir en plein jour comme ça, ce n’est pas pour nous. Et quand la Confrérie est dans le coup, mieux vaut laisser les X-Men faire. Ils sont entraînés et mieux équipés pour ça. Pas nous. Chacun son domaine.
    - Je sais que tu as raison, comme d’hab’ et c’en est frustrant d’ailleurs, mais tout ça me dépasse. Humainement parlant j’entends. On a quasi la même chose lors de nos missions … t’as même pas besoin du gêne mutant pour que les gens se tapent dessus …
    - Les bonheurs de l’humanité mon ami …
    - Je ne sais pas ce que cherchaient à obtenir les Confréristes avec cet enlèvement, mais c’est raté. Ce dont il va falloir se méfier, c’est ce qu’ils vont prévoir pour rattraper ça. Et également ce que va faire le gouvernement pour montrer que l’on ne tue pas le maire comme ça … »

    *
    *    *

    • Année 2010, Paris, France

    « Non, tu ne triches pas, tu gardes les yeux fermés !
    - Mais je veux savoir où nous sommes !
    - Tutut ! répliqua une voix masculine en plaçant ses mains devant les yeux de sa dulcinée Ce ne serait plus une surprise en ce cas !
    - Bee ! Dis-moi !
    - Attends un peu ! »

    Tout en s’assurant que sa femme ne regardait pas, Abraham ouvrit la fenêtre de la chambre d’hôtel qui donnait sur la Tour Eiffel. Non, ce n’était pas donné. Oui, il avait fait quelques folies. Mais à quoi pouvait bien lui servir sa solde et sa permission si ce n’était à faire plaisir aux siens ? Il sourit avant d’attirer Elena à lui, l’enlaçant tendrement tout en chuchotant à son oreille.

    « Maintenant tu peux ouvrir les yeux … »

    Un silence s’installa, le temps que sa moitié découvre le paysage qui lui était offert. Cela n’avait pas été sans mal d’organiser ce petit voyage. Mais il était plutôt ravi du résultat. Sans quitter l’étreinte de ses bras, elle se tourna vers lui, un sourire heureux accroché aux lèvres. Ses yeux exprimaient eux-aussi tout le bonheur qu’elle éprouvait à se trouver là en compagnie de l’homme de sa vie.

    « Monsieur Blackwood …
    - Oui madame ?
    - Vous êtes le meilleur époux dont une femme puisse rêver … »

    Sans attendre de réponse de sa part, elle joignit ses lèvres aux siennes dans un baiser passionné avant de l’attirer vers le lit, un sourire en coin.
    A des milliers de kilomètres de là, au même moment, la Confrérie faisait sauter l’inviolabilité de la prison du Cube et faisait un pied de nez au gouvernement new-yorkais qui l’avait mise en place suite à l’attaque du Pont et à l’augmentation de la criminalité mutante. Malgré une intervention des X-Men, le complexe de détention n’était plus que ruines fumantes et la plupart de ses détenus de nouveau dans la nature, libres d’œuvrer comme bon leur semblait. Les efforts du gouvernement local étaient réduits à néant et la haine entre humains et mutants progressait graduellement, annonçant le pire pour les années à venir …

    *
    *    *


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Dernière édition par Abraham Blackwood le Jeu 30 Jan - 18:22, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Abraham "Bee" Blackwood [Terminée]   Ven 17 Jan - 18:34

• Jeudi 6 Janvier 2011, 06:17 UTC, Kaboul, Afghanistan
« C’est moi-même. Pardon ? Vous êtes sûr de votre information ? Non ? Comment ça "Non monsieur. " ? Vous vous foutez de moi ? Contrôlez et re-contrôlez. Comment ça vous ne pouvez pas ? Mais je m’en cogne. Je vous l’ordonne alors vous le faites. Point. Je ne peux pas annoncer ça à l’un de mes hommes sans en être certain. Je vous laisse cinq minutes et j’en veux une preuve, quelle qu’elle soit. Qui est votre supérieur ? Le colonel Shane ? Très bien. Je le connais. Je veux que ce soit lui qui me le confirme directement. »

Et sur ces mots, Isaïah jeta violemment le combiné vers son socle où il rebondit avant de se mettre à pendre lamentablement dans le vide. Expirant lentement, il le saisit de nouveau pour le reposer sans ménagement sur la base où il resta cette fois-ci. Silencieux à côté, quatre hommes, les membres de son unité spéciale, l’observaient. Tadeki Mastui, Jake Wilson, Will Chekov et Abraham Blackwood étaient là, en tenue, prêts à l’exercice prévu pour 06 :30 heure locale. Ils auraient pu passer pour des statues de cire. Ils avaient assisté à l’échange et, bien qu’en en ayant que la moitié, ils n’étaient pas dupes : ils savaient tous qu’une mauvaise nouvelle concernait l’un d’entre eux.
Avec d’autres hommes que ceux-ci, le résultat psychologique aurait pu être que chacun aurait espéré que ce ne soit pas pour lui tout en étant navré pour l’autre. Ici, c’était bien différent : chacun d’entre eux espérait que ce soit un canular et que la nouvelle ne soit pas confirmée.

• Jeudi 6 Janvier 2011, 06:23 UTC, Kaboul, Afghanistan
Le téléphone sonna une seule et unique fois avant d’être arraché de son socle par une main ferme.

« J’ai failli attendre. Ha, salut Ian. Moi aussi j’aurai préféré que ce soit dans d’autres circonstances. J’imagine que si tu appelles, c’est pour me confirmer l’info ? Très bien. Tu as les circonstances ? Parce qu’il va me les demander. Devant témoins à cette heure-là ? Le monde devient fou … Tu es désolé ? Et moi donc … A plus tard oui. Prends soin de tes hommes. »

Le colonel Isaïah Knox raccrocha. Comme un seul être, ses quatre hommes se levèrent d’un même mouvement, parfaitement synchrones. Chose étrange, ils étaient plus tendus maintenant que sur le terrain. Déformation professionnelle. Ils attendaient. Un mot. Un signe. Quelque chose. Puis il se tourna vers Abraham qui sentit le sol se dérober sous lui.

« Isaïah. Dis-moi ce qu’il se passe. S’il te plait.
- Tu devrais t’assoir.
- Non.
- Elena et Kira … elles .... »

Même ce presque cinquantenaire endurci avait du mal à finir sa phrase et ce pour plusieurs raisons. Ses hommes, c’était sa famille. Abraham, c’était, au même titre que les autres, son ami, son frère, une part de lui. Avoir à lui annoncer ce genre de nouvelles revenait à l’entendre pour soi. Et surtout, en tant que seul homme casé, il leur avait fait l’immense plaisir et honneur de leur présenter Elena et Kira. Elles avaient fait l’unanimité et elles étaient comme les mascottes de leur unité. Pour le coup, la petite demoiselle, d’à-peine 10 mois quand ils l’avaient vue la première fois, s’était retrouvé avec quatre parrains complètement charmés. Détail qui avait bien fait rire les jeunes parents.
Là … ils étaient tous sous le choc. Et Isaïah n’eut pas besoin de finir sa phrase.

Chancelant sous la nouvelle, Abraham se serait effondré si les mains de Will et Tadeki ne l’avaient pas retenu à temps. Ils l’aidèrent à se rassoir pendant qu’il tentait d’assimiler ce que son ami et supérieur venait de leur dire. Ce n’était pas … possible. Ce n’était pas elles. Ils s’étaient trompés. Ce n’était pas lui qui perdait les deux femmes de sa vie. Il y avait forcément une autre explication. Quelque chose. N’importe quoi. Il n’y croyait pas. Il ne voulait pas y croire.
Il se prit la tête entre les mains tout en fixant le sol. Il savait qu’en étant militaire, il avait le risque d’y passer à chaque mission. Cela avait été presque le cas en 2007 d’ailleurs … mais il s’en était tiré avec simplement des éclats de verre en grande quantité et le bras droit cassé en deux endroits. Heureusement qu’il avait pu se téléporter … Mais c’était lui qui prenait les risques. Il les avait acceptés. Elena aussi. Kira comprenait grossièrement malgré son jeune âge. Mais c’était lui qui se mettait en danger. Pas elles. C’est lui qui était parfois à la limite de la légalité. Pas elles. Elles étaient innocentes. Alors pourquoi on s’en était pris à elle ? Pourquoi elles et pas lui ?
Avec un effort qui lui semblait considérable, il réussit à lever les yeux vers Isaïah. Étrangement, ses yeux étaient secs, arides, loin de ressembler au torrent de larmes attendu. Mais son regard était froid, dur. Implacable.

« Que s’est-il passé ?
- C’est arrivé il y a un peu plus d’une heure. Elles revenaient apparemment d’une balade au parc. Elles étaient sur le trottoir quand un SUV noir a débarqué d’ils ne savent pas encore où. Ses occupants … leur ont tiré dessus par rafale et sont repartis aussi sec.
- Tu ne me dis pas tout Isaïah.
- Avant les coups de feu, plusieurs témoins ont clairement entendu les chiens galeux les traiter de monstres. »

Abraham regarda son ami sans ciller, le mot résonnant à ses oreilles. Ils savaient tous deux, sans oublier Will, Jake et Tadeki, à qui et quoi il était fait référence. A lui et son pouvoir de téléportation. Sa femme et sa fille n’en avaient aucun de pouvoir. Si ce n’était celui de le rendre heureux jour après jour. Il avait craint ce jour tout comme il avait espéré ne jamais recevoir cet appel. Il pensait avoir tout fait pour l’éviter. Apparemment non. Il n’utilisait jamais son pouvoir chez lui ou dans les alentours, et s’il n’avait pas d’autres options, il le faisait toujours avec une extrême précaution. Ils s’étaient installés dans un petit quartier tranquille de San Francisco, connu pour son calme et sa quiétude. Tout ça n’avait pas été suffisant. Il avait échoué. Il se releva et donna un violent coup de pied dans la chaise, l’envoyant valser plus loin avec fracas. Le bruit se répercuta dans l’hôpital désaffecté qu’ils occupaient. Aucun des quatre autres hommes présents ne jugea utile ou opportun de lui faire une remarque. S’ils ne l’exprimaient pas, ils étaient eux-aussi choqués et en colère contre ceux qui avaient osé s’en prendre à Elena et Kira.
Le tout jeune veuf lança un regard déterminé à son supérieur qui comprit tout de suite quelle idée il avait en tête. Il le connaissait assez pour le savoir. Tout comme les autres qui firent le lien aussitôt.

« Tu ne peux pas Scotty.
- Will a raison. Tu n’as jamais tenté aussi loin.
- Et alors ?
- Et alors ? Tu ne sais pas ce qui va arriver.
- Et, même si c’est égoïste, on ne veut pas perdre quelqu’un d’autre aujourd’hui. »

Il regarda alors ses trois amis. Il n’avait pas fait attention à quel point le malheur du jour les frappait tous, même si c’était à des degrés différents. Mais ils étaient tous concernés. En temps normal, il les aurait écoutés. En temps normal, il n’était pas égoïste et il aurait pris en compte ce qu’ils disaient. Là, il les comprenait très bien. Mais il ne pouvait pas rester là. Il fallait qu’il y aille. Il le fallait.

« Tu penses pouvoir y arriver ? »

Il se tourna de nouveau vers lui, Will, Jake et Tadeki faisant de même, incrédules. Ils s’apprêtaient à protester mais d’un geste de la main, Isaïah leur intima le silence et son autorité fit le reste. L’américain laissa quelques secondes s’écouler avant de répondre sincèrement.

« Oui.
- Cela représente tout de même un bond de plus de 11.000 km …
- J’y arriverai.
- Très bien. »

Il se dirigea vers le téléphone qui avait souffert pour composer un numéro qu’il connaissait par cœur en espérant que quelqu’un décroche. Si lui avait été mis au courant alors qu’il était à l’autre bout du monde, il ne doutait pas les siens l’avaient été aussi.

« Léo Blackwood, j’écoute.
- C’est moi.
- Bee … nous savions que tu appellerais. Ta mère et moi sommes tellement désolés pour toi …
- Je sais Papa … je sais. Où est Maman ?
- Elle est avec elles. Aiolos et Ixas aussi. Nous ne voulions pas les laisser seules. Et comme nous étions sûrs que tu allais téléphoner dès que tu serais au courant, j’ai proposé de rester à la maison.
- Je vous en remercie. Merci pour elles.
- C’est normal mon fils.
- Non. Vous êtes juste des gens merveilleux. C’est tout. Il faut que je te demande, concernant Anton, Svetlana et Sergei, vous les avez appelés ?
- Non désolé. Comme tu le sais, nous ne parlons pas russe. Et nous n’étions pas sûrs de tomber sur Sergei.
- Tu n’as pas à t’excuser pour ça. C’est à moi de le faire. Autre question : il n’y a personne aux alentours de la maison ?
- Non, personne n’est collé à nos vitres. Je te prépare ce qu’il faut contre le mal de crâne ?
- Je pense qu’il va falloir au moins ça oui s’il te plait. Et la bassine. Et si le chat est sur le canapé, pousse-le … A tout de suite. »

Et il raccrocha. Son père ne lui avait pas fait remarqué la distance qu’il allait tenter de couvrir en un seul bond. Il savait pertinemment que ça ne changerait rien. Ils étaient vraiment sur la même longueur d’onde avec ses parents et il s’était toujours réjoui de cette chance. Une larme lui échappa, roulant doucement sur sa joue. Avant de dire quoique ce soit, il se retrouva enlacé dans une étreinte amicale par les bras d’Isaïah.

« Nous sommes avec toi. Si jamais tu as besoin de nous, n’hésite pas. Tu connais les numéros.
- Merci. A vous tous. »

Les trois autres membres réalisèrent le même geste avant de le relâcher. Il leur jeta un dernier regard avant de fermer les yeux, expirant lentement. Alors il se concentra, la moitié de son cerveau visualisant avec aisance le salon de sa maison d’enfance pendant que l’autre fixait Elena et Kira telles qu’il les avait vues la dernière fois. En vie.

• Mercredi 5 Janvier 2011, 19:09 UTC, San Francisco, Etats-Unis
La sensation fut un peu comme sa première fois. Il hésitait sur la comparaison. Déchiqueté, broyé, piqué par des milliers d’aiguilles, peau arrachée par petits bouts … l’impression de se décomposer. De mourir. Sauf que ce n’était pas possible. Il était déjà mort depuis moins de trente minutes. Rien n’était aussi douloureux que la perte de ses deux trésors. Rien ne pouvait être pire …
C’est en croyant que son crâne allait imploser qu’il sentit le parquet de chêne sous ses pieds sans voir la pièce qui allait avec. Sa vue était des plus brouillées et son équilibre inexistant. Cependant, il sentit bien la pression des mains de son père.

« Je te tiens mon fils. »

De nouveau, il se retrouva dans les bras d’une personne qui lui était chère. Il répondit brièvement à l’échange, s’agrippant au pull de son père plus qu’il ne l’étreignait, avant de sentir ses jambes le lâcher réellement. Il comprit qu’il l’emmenait vers le sofa, l’obligeant à s’y asseoir. De toute manière, il était bien incapable de s’y opposer. Pour le moment, la parole ne lui revenait pas, pas plus que le contrôle de ses muscles. Par contre, le contenu de son estomac, lui, revenait à merveille. Il eut tout juste le temps de viser la bassine que son paternel avait disposé non loin. Panier, 3 points !

« Je vais te chercher des anti-vomitifs et de quoi te rafraîchir. »

Il laissa partir Léo, profitant pour essayer de remettre de l’ordre dans son esprit et son corps. Au vu de ce qu’il restait du premier, il préféra se concentrer sur le second. Ses jambes, il ne les sentait plus pour le moment. Il était incapable de bouger le petit orteil. Par contre, il sentait bien les spasmes au bout des doigts et dans ses bras ainsi que les fourmillements. Cependant, il pouvait toujours courir pour s’en servir. Sans compter l’étau dans lequel se trouve sa boite crânienne … mais cela aurait pu être pire. Et de toute manière, il touchait déjà le fond. Il les avait perdues. Et un vide précoce s’installait en son cœur. Et un similaire continuait de squatter son estomac.
Il remplit de nouveau la bassine au moment où son père revenait.

« Je te dirais bien d’avaler ça mais on va peut-être attendre quelques minutes. Quand tu te seras reposé et que ça ira … mieux physiquement, je te conduirai à l’hôpital. »

Abraham acquiesça vaguement, n’ayant pas la force de faire mieux. Il aurait aimé y aller maintenant mais il n’en était pas capable. Et son père n’était pas du genre à se laisser influencer aussi facilement. Ce dernier prit le gant humide qu’il avait en main et l’appliqua sur le front de son fils.

« Tu as besoin d’autre chose Bee ? »

Lentement, il fit non de la tête avant de se pencher pour déverser un nouveau flot de bile. Tout ça allait bien finir par s’arrêter … physiquement tout du moins.
Quarante minutes plus tard, il avait ingurgité son anti-vomitif et une dose conséquente de médicaments prévus contre le mal de crâne. Piqué un roupillon agité de trente minutes. Il avait aussi récupéré un usage aléatoire et partiel de ses jambes mais la totalité de celui de ses bras, exception faite des doigts de sa main gauche. Toujours mieux que rien. Il s’estimait heureux d’être, à un détail près, entier et de ne pas déjà être inconscient. Il l’avait envisagé compte tenu la distance … peut-être que l’amour qu’il portait à sa famille prévalait sur le reste. Ou son désespoir. Ou peut-être bien les deux. Il n’en savait rien, n’avait aucune théorie là-dessus et n’avait ni l’envie ni les moyens d’y réfléchir. Toujours nauséeux, le trajet entre la maison familial et l’hôpital lui parut une éternité … et il avait l’impression que ses membres se transformaient en plomb à mesure qu’ils se rapprochaient. Même dans son état, il n’avait pas raté les petits coups d’œil inquiets que lui jetait son père. Il ne s’en offusquait pas. Il en comprenait les raisons.

« Tu veux que je t’aide à descendre ?
- Non ça … va aller P’pa … mais pour aller … jusque … là-bas … je veux bien. »

S’extrayant de la voiture comme il le pouvait, il fut secouru par son père qui passa un bras sous ses épaules pour le soutenir et l’aider à avancer. Avec un peu de mal, ils finirent par arriver à l’accueil mais ce fut Léo qui demanda les renseignements, son fils en étant incapable pour le moment. Il n’avait pas fait attention jusque-là mais son père avait les yeux rougis. S’il s’était montré calme et apparemment en pleine possession de ses moyens, c’était parce qu’il avait déjà pleuré le décès de sa belle-fille et de sa petite-fille. S’il essayait d’être fort, c’était uniquement pour soutenir son fils alors qu’il était dans les pires heures de sa vie. Il attendrait pour continuer de les pleurer. Quand ils arrivèrent au bout du couloir, provoquant le seul bruit audible, trois têtes se tournèrent vers eux. Et les trois coururent, autant que possible compte tenu du lieu, vers eux.

« Mon chéri … tu es blessé ?
- Non M’man. C’est ... tu sais quoi … un simple désordre … passager. Je m’en … remettrai. »

Il savait très bien qu’elle parlait de son état physique et non de son état mental. Elle ne manquait pas de tact pour lui poser cette question-là. Elle aussi avait les yeux rouges. Et son mascara avait coulé.
Maintenant qu’il était arrivé jusque-là … il voulait … les voir.

« Attendez Léo, on va prendre le relai. Ce sera plus facile à deux.
- Merci les garçons. »

Son paternel céda sa place à Ixas et Aiolos qui passèrent chacun un bras dans le dos de leur meilleur ami, le soutenant aussi bien physiquement que moralement. Ils n’avaient pas besoin de mots pour exprimer ce qu’ils avaient sur le cœur. Un regard compatissant et une douce pression dans le dos étaient aussi significatifs qu’un discours. Sa mère vint caresser sa joue.

« Tu es sûr que tu veux les voir ?
- Oui. Sinon je n’admettrai … jamais qu’elles sont … qu’elles sont … mortes.
- Dans ce cas … vous l’emmenez ?
- Pas de souci Flavie.
- Vous pouvez compter sur nous. »

Depuis le temps, ses meilleurs amis auraient pu tutoyer ses parents … mais non, ils s’en tenaient toujours à ce vouvoiement poli. Que ce soit lui ou bien les principaux concernés, ils leur avaient proposé d’utiliser la deuxième personne du singulier … mais rien à faire. Ils s’obstinaient avec brio dans l’utilisation de celle du pluriel. Ils n’allaient pas les forcer non plus.
Doucement, ils entrainèrent Abraham vers la salle de la morgue où elles étaient allongées. Leur prise se fit un peu plus prononcée à chaque pas même s’ils ne lui broyaient pas le dos pour autant. Mais ce fut lui qui serra leur épaule quand il se retrouva devant les deux tables où les corps reposaient. Inspirant longuement, il approuva la demande du médecin quant à relever la toile sous laquelle se trouvait le plus petit des deux cadavres.

Il lâcha Aiolos pour tendre le bras et caresser la joue de sa fille du bout des doigts. Sa peau était si douce. Elle était si jeune … Elle aurait dû avoir toute la vie devant elle. Il pouvait encore voir son sourire sur ses lèvres. Elle n’avait probablement pas compris ce qui lui arrivait. Et c’était tant mieux. Elle n’avait pas eu le temps de souffrir. Ses yeux commencèrent à s’humidifier.

« Kira … Je suis désolé ma petite princesse … »

Il embrassa son front et replace une des mèches blondes derrière son oreille avant de repasser son bras derrière la nuque de son ami. Il observa le légiste replacer le drap, mémorisant une dernière fois l’image de sa fille, puis il initia un pivot vers l’autre table, acquiesçant de nouveau à sa demande. Il ferma les yeux quelques secondes avant de les rouvrir.
Fébrilement, il se dégagea des jumeaux pour s’appuyer sur la table et poser sa main sur la joue de sa défunte femme. De l’autre, il répétait le même geste qu’avec sa fille, replaçant une mèche de cheveux comme il avait l’habitude de le faire. Elle était tellement magnifique, même maintenant. Figée à jamais. Il sentit une larme s’échapper et glisser sur sa propre joue avant qu’elle ne vienne s’échouer sur les lèvres de sa dulcinée. Il s’en voulait tellement. Pourquoi n’avait-il pas été là quand elles avaient eu besoin de lui ? Pourquoi était-il à Kaboul en train de monter un entrainement en vue d’une mission clandestine ? Pourquoi n’avait-il pas demandé une permission pour passer plus de temps avec elles ? Il avait l’impression d’avoir tout raté …
Avec une infinie douceur, le soldat embrassa une ultime fois les lèvres de la femme qui lui avait tant apporté, tant donné … qu’il avait tant aimé. Et qu’il chérirait à jamais.

« Je suis désolé Elena … si tu savais combien je suis désolé … combien je m’en veux … pardonne-moi s’il te plait … pardonne-moi … »

Alors que ses larmes qu’il avait retenues jusque-là coulaient en silence, n’ayant pas la force de hurler son désespoir, il fut de nouveau chancelant, ne contrôlant plus ses jambes de nouveau. Il se voyait déjà tomber. Mais il s’en moquait. Il regarda les yeux clos de sa femme, comme s’ils pouvaient toujours le voir. Comment allait-il faire pour vivre sans elles ?

« Je suis tellement … désolé … »

Et il sombra dans l’inconscience.

*
*    *

• Année 2012, Fort Bragg (Caroline du Nord), Etats-Unis
« PUTAIN !! Ils ont remis ça les fils de …
- JAKE ! Ton langage bordel !
- RAAAAAAAAH ! Je ne peux pas Isaïah, pas cette fois ! répliqua l’intéressé en lui balançant une tablette connectée au réseau de la base Juge par toi-même. »

L’outil, que le major général avait rattrapé sans sourciller, devint l’objet de curiosité, attirant un peu plus Will et Tadeki qui se trouvaient déjà non loin, souhaitant avoir les raisons du cri de Jake. Des chapelets de jurons américains, russes et japonais résonnèrent alors dans la pièce quand les informations furent assimilées.

« J’suis rassuré, je ne suis pas le seul à penser ça …
- Ce n’est pas le moment Jake. Et ma remarque sur ton langage vaut toujours. Plus important, où est Scotty ?
- Parti courir, comme à chaque fois qu’il a du temps à tuer. Pourquoi ? questionna Tadeki
- Parce qu’il n’est probablement pas au courant et que je cherche la meilleure façon de lui annoncer ça.
- Ce n’est peut-être pas la même ampleur mais nous avons des chaos similaires ici …
- Soit. Tu as raison. Mais tu veux que je te rappelle qui est suspecté d’avoir fait tuer Elena et Kira ? »

Une chape de plomb tomba sur l’assistance, chacun se rappelant ce jour maudit, Will se morigénant d’avoir pu l’oublier. Elles n’avaient été que les prémices. Le début d’une guerre pseudo-divine cherchant à purifier la Terre des âmes qui ne méritaient pas d’y vivre. Le supérieur retint l’envie d’exploser la tablette contre le mur. Ce n’était pas la sienne. Il se contenta de la relancer à son propriétaire qui lui aussi la rattrapa au vol.

« Quel ramassis de conneries. Tout Mutant Town réduit en cendre à cause de l’inspiration malsaine de désaxés. On en est de nouveau arrivé là … des centaines de morts à cause d’une différence génétique. Nous n’apprendrons donc jamais ?
- L’Humanité n’a jamais aussi mal porté son nom …
- J’me d’mande si d’autres peuples, sur d’autres planètes ou dans une dimension parallèle ont les mêmes soucis tiens ... Ou bien si tout ça vient juste de … nous.
- Je n’en sais rien. J’aimerai avoir la réponse. En attendant, des hommes, des femmes et des enfants ont encore péri parce que certains les croyaient inaptes à vivre sur Terre. Je suis persuadé qu’il y avait des êtres non mutants dans les familles … et qu’ils sont morts de la même façon, pour des absurdités sans nom.
- Ils ont tout de même réussis à emprisonner certains des responsables …
- Maigre consolation.
- C’est toujours ça, non ?
- Ah ouais ? Tu crois sincèrement que c’est suffisant vieux ? Est-ce que ça t’irait, toi, si après avoir perdu un proche on te disait que le responsable de son décès avait été appréhendé ? répliqua Jake en haussant le ton malgré la tentative vaine de Tadeki de lui faire baisser la voix
- On dirait que j’accumule aujourd’hui … avoua Will en se massant la nuque Et non, je crois que ça ne me suffirait ...
- Moi je peux t’affirmer que ça ne te suffirait pas. déclama Abraham, jusque-là appuyé silencieusement au chambranle de la porte
- Scotty !
- Parce que rien ni personne, tu m’entends, RIEN ni PERSONNE ne peut te ramener ceux qui te sont chers. Tu pourrais avoir la terre entière derrière les barreaux, tout l’or du monde ou peu importe ce que tu imaginerais … tu ne les reverrais pas. Cela ne te les ramènerait pas …
- Tu étais là depuis longtemps ?
- Deux ou trois minutes. Assez pour entendre qu’une zone civile mutante a été attaquée et que certains des criminels responsables ont été arrêtés. Tadeki savait que j’étais là. Il a essayé de couper Jake sans succès. Mais bon, on sait tous qu’il est impossible de couper notre moulin à paroles et tenter autre chose l’aurait trahi … Maintenant, vous m’expliquez de quoi il retourne concrètement ou je dois aller dans la salle commune pour chopper les données ?
- Non. Il ne vaut mieux pas … je vais te les fournir ... »

Quelques instants après, un cri de rage retentissait et quatre amis tentaient d’en calmer un cinquième.

*
*    *

• Année 2012, San Francisco, Etats-Unis
Avant, lorsqu’il était en permission et qu’il était réveillé le premier, Abraham ne bougeait pas. Il restait immobile, un sourire amoureux accroché aux lèvres, à regarder Elena dormir. Parce qu’il s’émerveillait à chaque fois d’être à ses côtés et rien ne le comblait plus. S’il n’avait rien de prévu, il pouvait passer des heures à la regarder, fasciné. Et si elle n’était pas là ou déjà réveillée, c’est sa fille qu’il regardait dormir. Il ne lui fallait vraiment pas grand-chose pour être heureux … Puis elles lui avaient été retirées. Cela faisait plus d’un an qu’il n’avait plus personne à regarder et qu’il se réveillait seul. Parce qu’il n’était tout simplement pas prêt à voir quelqu’un d’autre à son réveil.
Maintenant, quand il était éveillé, il s’habillait, attrapait son baladeur et allait courir. Parce que cela le détendait tout en l’occupant. Il n’avait pas sombré dans une spirale dépressive morbide mais sa capacité à être heureux n’était pas encore revenue. Il ne sentait bien qu’en présence de sa famille, de ses meilleurs amis ou de son unité. Le reste n’avait plus de valeur à ses yeux.

« C’est toi mon fils ? demanda une voix masculine qui provenait de la cuisine où se répandait une bonne odeur de pancakes
- Oui P’pa. répondit Abraham en refermant doucement la porte, ne sachant si sa mère était levée
- En même temps, je ne vois pas qui entrerait sans frapper à cette heure-là à part toi … »

Bee était arrivé jusqu’à la cuisine où il se lava les mains avant de tremper un doigt dans la pâte non cuite, esquivant un coup de cuillère en riant doucement, couvrant le bruit de la radio.
« Bee, voyons ! Tu peux quand même attendre que je finisse !
- Ce serait nettement moins drôle ! Maman n’est pas encore debout ?
- Non. Elle avait une représentation hier soir et les semaines passées à répéter l’ont fatiguée alors j’imagine que c’est le contrecoup. Cela étant, il est à peine 8h30 …
- Maman ne se lève pas spécialement tard d’habitude mais j’avais oublié la repr' et les répet’ …
- Pendant que j’y suis, tu voudras autre chose que des pancakes ?
- Non, ça ira très bien … mais laisse-moi la pâte dans le fond du plat ! Je vais prendre une douche en attendant.
- Tu es irrécupérable …
- Hey, on a tous nos petits travers ! »

Pendant que Bee s’éloignait, Léo secouait la tête négligemment, souriant devant la dernière réflexion de son fils unique. Il se mit à siffloter tout en continuant de cuisiner, satisfait d’avoir sa femme et son fils non loin. Il était dans une sorte de transe paisible quand une voix mentionnant un flash spécial le sortit de sa torpeur. Curieux, il s’essuya les mains et monta le son pour comprendre ce qu’il se disait. Et il commença à pâlir.

« P’pa ! Qu’est-ce que tu fous ?! Ça sent le brûlé de là-haut ! »

Abraham se précipita sur la poêle pour la retirer du feu, ouvrant la fenêtre pour aérer en se demandant ce qui avait bien pu passer par la tête de son père qui semblait absorbé par la radio.

« Bee, tu connais du monde à New-York ?
- Bien sûr. Jake en est originaire. Ses parents vivent là-bas mais ses sœurs sont à Washington si je me rappelle bien. Pourquoi ? demanda-t-il en remarquant le teint blanc de Léo P’pa ? Qu’est-ce qui se passe ?
- Tu ferais mieux d’écouter …
- … se répand actuellement à travers tout Manhattan, nous ignorons encore de quoi il s’agit mais elle ne semble pas faire de distinction entre les mutants et ceux qui ne le sont pas. Nous vous tiendrons informés au fur et à mesure …
- Qu’est-ce c’est encore que ça ?
- Apparemment c’est une plante géante. Ils n’en savent pas plus d’après ce que j’ai entendu.
- Et elle est apparue comment ?
- D’après les premières hypothèses et certains témoins, cela viendrait de la Confrérie. Mais rien n’est sûr.
- Pourtant, ce serait logique. Après l’incendie de Mutant Town, il fallait s’attendre à des représailles … mais si cette plante ou que ce soit s’en prend à tout le monde … je ne sais pas. Mais on sait ce qui se passe quand elle s’en prend aux gens ?
- Pas encore. Mais les X-Men sont sur place alors je suppose qu’à notre niveau, on ne peut rien de plus à part attendre …
- Si j’avais été sur place … j’aurai pu …
- Faire quoi ? Tenter d’aider au risque de te faire happer à ton tour ?
- Oui. J’aurai au moins eu l’impression de faire quelque chose cette fois répliqua-t-il en soupirant
- Je sais mon fils, je sais. Mais même en étant militaire, ce n’est pas ce pour quoi tu as été formé. Je me trompe ?
- Non. Mais j’aurai au moins pu vérifier que les parents de Jake allaient bien.
- Rien ne t’empêche d’essayer de les joindre ou d’appeler Jake directement. »

Cela tenait tellement du bon sens qu'Abraham, sans répondre, ressortit rapidement pour aller prendre le téléphone pendant que Léo se remettait à sa cuisine, gardant une oreille attentive à la radio. Il ne servait à rien de se ronger les sangs. Ils ne pouvaient rien faire à leur niveau pour l’instant. Autant s’occuper intelligemment. La panique n’apportait jamais rien de bon.

« C’est bon … je viens d’avoir Jake. Il les a appelés pour confirmer, mais ils sont partis voir des amis à Houston. Ils ne craignent rien. Mais tous les autres …
- Si ça se trouve, cette plante ne fera rien de plus. Nous n’avons pas d’infos pour l’instant alors mange ça et arrête de t’énerver.
- Oui mais si les Purificateurs avaient été arrêtés bien avant, nous n’en serions pas là. Si les hommes n’avaient pas peur de ce qui est différent d’eux, tout ça n’existerait pas ! Si les hommes dangereux étaient arrêtés à temps, le monde s’en porterait mieux …
- Avec des si, on scie le bois et c’est tout. »

Ce n’est que plus tard, après le chaos et le désespoir, que l’écheveau se démêla. La Confrérie était bien derrière tout ça et c’était bel et bien suite aux événements de Mutant Town. Si la plante s’était montrée inoffensive sur les mutants, le contraire aurait été étonnant puisque la Confrérie en était à l’origine, elle avait transformé des humains en monstre. Un retour des choses pour que les humains se mettent à la place de ceux qu’ils considéraient comme anomaux ? Peut-être. Mais ce n’était pas ça qui calmerait les choses. La seule conséquence visible actuellement était une nouvelle escalade de la violence. A ce rythme, un retour à la normale ne surviendrait jamais …

*
*    *

• Jeudi 14 Novembre 2013, 07:00 UTC, Fort Bragg (Caroline du Nord), Etats-Unis

« Isaïah, tu entends ?
- Oui, il faudrait être sourd pour les rater … Tenez-vous prêts. »

Les cinq hommes de l’équipe s’équipèrent, prêts à en découdre s’il le fallait. Ils étaient clairement en infériorité numérique. Et ils le savaient tous. Mais ils n’étaient pas devenus membres d’une unité spéciale par l’opération du Saint Esprit ni par une quelconque corruption. Ils y étaient parce qu’ils en avaient les capacités et qu’ils faisaient tout simplement partis des meilleurs. Isaïah était très doué pour repérer ceux qui sortaient du lot. Il passa son arme en mode automatique.

« Nous savons pourquoi ils viennent mais nous ne connaissons pas leur cible. Cependant, il est hors de question que cela se termine dans un bain de sang. Et le général m’étriperait si nous venions à tuer ses hommes.
- Dans les faits, ce sont eux qui commencent … et ils ont son approbation non ?
- Oui. Mais parce qu’il a été contraint de leur donner. Et c’est loin de lui plaire, crois-moi.
- Je croyais qu’il était de notre côté ?
- Il l’est. C’est bien pour ça que nous sommes au courant. Mais avec sa position, il ne peut guère faire plus sans perdre sa place. Et toi comme moi préférons qu’il y reste, à sa place.
- Un point pour toi patron. Nous ne pourrions pas arguer de la légitime défense ?
- En temps normal, peut-être. Là, j’ai bien peur que cela ne nous serve à rien. »

Abraham regarda du coin de l’oeil ses quatre amis. Chacun d’entre eux était prêt à mourir s’il le fallait. S’ils estimaient ça utile. Le monde devenait fou. Encore une fois. Ce n’était que le prolongement … la suite logique. Il se demandait pourquoi il n’avait rien vu venir. Il aurait dû se douter que cela finirait comme ça à un moment ou à un autre.

Il y avait eu une fuite. Isaïah ne savait pas d’où elle venait. Pas encore. Mais étant donné ses capacités à obtenir des renseignements comme s’ils n’étaient que de simples coquillages à ramasser sur la plage, ce n’était qu’une question de temps. Certains allaient passer de mauvais moments …
Compte tenu du caractère secret, voire illégal, de leurs missions, l’équipe faisait profil bas en toute circonstance. C’était comme une seconde nature. Et elle leur était plus qu’utile depuis la recrudescence des anti-mutants au sein de l’armée. Abraham n’était pas le seul. Deux autres membres avaient eux-aussi des capacités particulières. Restait à savoir lequel d’entre eux avait été dénoncé.

Regroupés dos-à-dos au centre du hangar qui leur été attribué, ils n’eurent pas à attendre longtemps. A peine s’étaient-ils positionnés de façon à n’avoir aucun angle mort, la fiesta commença : deux escouades de dix hommes chacune pénétrèrent sur les lieux, se déployant en cercle autour d’eux.

« 5 contre 20 … je n’aimerai pas être à leur place …
- Moi non plus. Mais garde ton sens de l’humour pour plus tard Will si tu veux bien. »

Le militaire n’ajouta rien, se contentant de sourire silencieusement. Tout comme les trois autres en fait. Ce n’était pas de l’excès de confiance ni même un complexe de supériorité. Juste qu’ils s’en savaient, dans l’absolu, capables et qu’ils avaient été confrontés à pire que ça. Même si là, ils le classaient quand même dans leur top dix.
Le cercle fut rompu par un homme qui, bien que portant l’uniforme, n’était pas armé. Un regard hautain, le teint plutôt pâle et des mains sans accroc, il ne leur fit pas vraiment bonne impression. Un petit sourire narquois passa sur les lèvres de l’unité. Sans se concerter, ils l’avaient tous rangés dans la case « planqué ». Certains clichés ont la vie dure …

« Major général Knox ?
- Moi-même. Et vous êtes ?
- Colonel Thompson. Vous devez nous remettre le major Blackwood immédiatement qui doit nous suivre. Il doit être démis de ses fonctions. »

Les cinq amis calèrent leur arme, qu’ils tenaient jusque-là pointées vers le sol, à l’épaule dans un même mouvement. Cela provoqua un léger mouvement de recul chez leurs invités et la tension déjà palpable monta d’un cran.
Ainsi donc, c’était après lui qu’ils en avaient. Rapidement, il fit défiler ses souvenirs pour tenter de savoir à quel moment il s’était trahi. Rien ne lui sautait aux yeux sur le coup. Mais il y avait forcément un instant où il n’avait pas suffisamment fait attention …

« Voyez-vous Thompson … je n’ai pas particulièrement envie de vous le remettre comme vous dites. Il est un membre à part entière de mon unité, il est aussi compétent que les autres et j’aimerai avoir le loisir de faire ce que bon me semble.
- Je crains que vous n’ayez pas ce choix monsieur.
- Et c’est bien dommage.
- Veuillez nous remettre cet … individu. »

Abraham, Jake et Tadeki réprimèrent un petit rire tandis que Will le laissait s’échapper clairement. Isaïah soupira. Nul n’était dupe ou sourd. Ils avaient tous entendu l’hésitation qui laissait comprendre que ce colonel n’était pas des plus favorables à la cohabitation. Mais dans le fond, cela ne changeait rien pour eux.

« Non. Je refuse.
- Vous et vos hommes allez être suspendus si vous continuez en ce sens.
- Il ne vous est pas venu à l’esprit que peut-être cet homme importait plus que nos grades respectifs ?
- Il faudrait déjà qu’il en ait un pour ça … souffla Jake dans un petit rire
- Vous mettriez vos carrières en danger pour ce monstre ? »

Pas très diplomatique. Cette fois, celui qui répondait à l’appellation soupira. C’était toujours la même chose. Toujours le même refrain. Les hommes craignaient ce qu’ils ne connaissaient pas. C’était ainsi depuis la nuit des temps et il était peu probable que cela change. Si Isaïah et lui n’esquissèrent pas le moindre geste, ce ne fut pas le cas des autres qui se mirent en position, vraiment prêts à tirer cette fois, l’œil aligné sur le viseur.

« Je crois que vous avez votre réponse Thompson. Je sais me retenir mais je ne réponds pas toujours de mes hommes … après tout, ils sont majeurs et vaccinés. Ce n’est pas contre vous mais je vous prierai, pour votre sécurité et celles de vos amis ici présents, de ne pas réutiliser ce terme péjoratif. Et totalement erroné qui plus est.
- Si vous y tenez tant que ça. Mais vous pensez sincèrement que vous pourriez avoir le dessus sur eux ? »

D’une part, l’utilisation du conditionnel et le ton employé démontraient que le colonel en doutait, qu’il était sceptique. De l’autre, il n’avait pas dit « nous » mais « eux ». Rien que ce choix en disait long. Il se désolidarisait totalement des hommes avec qui il était venu. Suivant toute logique, ce serait « sa » victoire mais « leur » faute si jamais tout ne se passait pas comme prévu. De plus, ce n’était pas les marques de respect qui l’étouffaient quand il s’adressait à Isaïah. Ce dernier laissa échapper un rire sec et lui adressa un sourire en coin.

« Allons Thompson ! Vous n’êtes pas le genre d’homme à débarquer dans l’inconnu. Je suis sûr que vous avez fait vos devoirs avant de venir. Vous savez très bien qui nous sommes. »

L’intéressé tiqua sur les propos tenus mais il s’abstint de répondre. Il ne voulait pas lui donner satisfaction … quand bien même il avait raison sur toute la ligne. Il s’était effectivement renseigné. Il savait exactement quel genre d’unité il avait devant lui. Mais, de nature sceptique, il ne croyait ni tout ce qu’il avait pu lire, même si c’était officiel, ni ce qu’on avait accepté de lui raconter. Tant qu’il n’aurait rien vu de ses propres yeux, toutes leurs actions ne resteraient que pures spéculations.
En revanche, parmi les hommes qui l’accompagnaient, ce n’était pas la même histoire. Ils n’avaient pas accès aux mêmes sources d’informations mais, même s’ils n’en connaissaient que des bribes, ils savaient eux aussi qui étaient les cinq hommes qu’ils tenaient en joue. Et ce dont ils étaient capables. Ils suscitaient un mélange assez complexe de ressentis qui variait d’un homme à l’autre : crainte, respect, jalousie, admiration et même la haine parfois. Cela étant, leur dernière mission en date, l’extraction d’une unité tombée dans un guet-apens en milieu hostile (forcément), n’avait pas pu passer inaperçue (à leur grand dam) et elle était encore fraiche dans les mémoires. Ce sauvetage, bien que partiel malheureusement, leur octroyait malgré tout un gros pourcentage de reconnaissance et c’est pour ça qu’une bonne partie des hommes présents dans le hangar regrettait de s’être levée …
Le plus haut gradé restait silencieux, n’ayant nullement l’intention de reprendre la parole, laissant le colonel le faire. Ce qui ne se fit pas attendre. Pendant ce temps, aucun des quatre autres membres n’avait bougé d’un iota.

« Vous devez me le livrer.
- Vous faites erreur. Je ne vous dois absolument rien. Mais pourquoi notre major doit-il être démis de ses fonctions ? demanda-t-il en insistant légèrement sur le possessif
- Je n’ai pas à vous communiquer cette information pour le moment.
- Que si. N’oubliez pas votre rang, colonel. déclara Isaïah d’un ton calme mais sans appel, appuyant sur le dernier mot Et si je me doute bien de la raison, je veux vous entendre proférer cette ineptie à voix haute. »

Thompson le regarda avec une espère de rictus désagréable aux lèvres, retroussant un peu le nez, comme s’il se trouvait face à un élément déplaisant dégageant une odeur dégoutante. Imbu de lui-même, il n’appréciait jamais, quand bien même il s’agissait d’un supérieur, quand on lui parlait de cette façon, lui rappelant en plus qu’il était moins gradé. Situation qu’il n’aimait pas davantage : être mis dos au mur sans avoir d’autre choix que de faire ce qu’on lui disait. Un tic d’agacement agita le coin de ses lèvres avant qu’il ne reprenne la parole.

« Suite à une explication …
- Dénonciation.
- … de ses capacités …
- De son pouvoir.
- Il doit être congédié.
- Viré sans autre préavis.
- Il doit donc me suivre.
- Traduction : parce que c’est un mutant, il est potentiellement dangereux et il pourrait se retourner contre les hommes dépourvus de pouvoir dans les bases qu’il fréquentera.
- Exactement. Un tel risque ne doit pas subsister. Il n’aurait même jamais dû exister.
- Thompson … reprit Knox sans sourciller Nous, pas seulement mes hommes ou moi-même, sommes TOUS dangereux dans ce hangar. Mais vous et vos préjugés encore plus que ma propre unité. »

Les mots faisaient plus mal que les coups, c’était bien connu. Le colonel et ses propos sans fondement se répandraient, ou se répandaient déjà, comme une trainée de poudre. Et c’est toujours difficilement que l’on fait taire les rumeurs. Quiconque connaissait Abraham en dehors de son métier de soldat savait très bien qu’il n’était véritablement dangereux que si l’on s’en prenait aux siens. Chose que personne ne s’amusait à faire pour le plaisir. Tout ce que la majorité de la base allait retenir à présent, c’était le fait qu’il soit mutant. Peu importe ce qu’il ait pu faire. C’était un mutant. Donc un indésirable. Le monde ne réfléchissait pas plus que ça actuellement …

Isaïah jeta un coup d’œil furtif à Abraham. Il n’avait vraiment pas envie de s’en séparer même s’il se doutait que cela arriverait au vu des événements survenus à travers le monde ces derniers temps. Au fond, il avait bien envie qu’il se téléporte ailleurs pour être tranquille mais il savait aussi qu’il ne le ferait pas. Dans les faits, son ami y avait déjà réfléchi. A fuir. Seulement voilà, cela ne lui ressemblait pas. Ce n’était pas son genre et il ne voulait pas avoir à se cacher tout le temps. Et il pensait aussi à tous ceux qui le connaissaient. Ses amis ici présents seraient tout à fait capables de se défendre et de résister à tout type d’interrogatoire. Mais ce n’était pas le cas de ses parents et de ses meilleurs amis. Il ne pouvait pas leur laisser prendre ce risque.
Il commença à baisser lentement son arme et son supérieur ne put que le remarquer. D’un rapide coup d’œil, il comprit ce que s’apprêtait à faire le mutant. Et il n’avait aucun argument pour l’en empêcher. Lui-même aurait fait pareil …
Silencieusement, pas assez pour que ses amis ne remarquent rien, le veuf posa son arma à terre, s’attirant des regards curieux et surpris. L’indignation perçait aussi dans certains éclats. Ainsi que la douleur.

« Scotty …
- Tu ne vas pas faire ça ?
- Et pourquoi pas ? De toute façon, je ne crois pas que nous ayons tant le choix que ça …
- Ce n’est pas une raison pour abdiquer si facilement !
- Désolé de te décevoir Jake. J’aurai préféré rester parmi vous, crois-moi, mais je pense que ce sera pour plus tard peut-être … quand les choses iront mieux. En attendant, je préfère vous savoir ici à lutter contre des … hommes comme lui.
- Isaïah, tu ne peux pas le laisser faire ça !
- Si. Il a malheureusement raison. »

Esquissant un vague sourire en coin en direction de son ami, Abraham croisa ses mains derrière sa tête en signe de reddition et sortit du rang, d’un pas. Immédiatement, l’unité se resserra et se préparer à parer toutes les éventualités. Ils n’étaient jamais trop prudents. C’était en partie pour ça qu’ils étaient toujours vivants. Confiant, il avança jusqu’au colonel Thompson qui eut un nouveau rictus, plus malsain, et qui s’adressa à lui avec une haine bien tangible.

« Finalement, on se laisse faire hein le monstre ? »

Il s’arrêta à sa hauteur et le toisa froidement, dissimulant l’envie de lui coller un coup de genou dans les parties. Si l’autre pensait qu’il était inoffensif parce qu’il avait les mains prises … il se fourvoyait largement. Mais il n’avait pas à lui montrer ses talents. C’était lui accorder bien trop d’importance.

« Non. C’est juste que je refuse que mes amis aient du sang sur les mains à cause d’hommes comme vous monsieur. »

Il passa son chemin, serein, traversa la ligne d’hommes qui ne faisaient qu’obéir et sortit du hangar comme si de rien était. L’air avait un air vicié et le paysage un petit goût de l’enfer. Une nouvelle fois.

*
*    *

• Lundi 2 Décembre 2013, 02:45 UTC, Sydney, Australie
Pendant qu’un téléphone sonnait tranquillement sur une table de chevet, un bref grognement résonna dans la chambre avant que son auteur n’ouvre les yeux pour jeter rapidement un regard sur l’heure.
« Certains n’ont pas de sens commun … »

Abraham attrapa son portable, sans prendre la peine de regarder de qui venait l’appel, parfaitement réveillé maintenant. L’entrainement militaire l’avait doté de cette capacité à émerger en moins de cinq minutes et à être opérationnel en quinze. Chaque boulot avait ses avantages et inconvénients …
« Blackwood.
- Salut Scotty.
- Ah, Isaïah … je me demandais bien qui pouvait m’appeler à une heure pareille et je n’ai pas fait attention en décrochant.
- Je te dérange apparemment ?
- Non, jamais. Et tu le sais. Dans les faits, là tu viens juste d’écourter ma nuit.
- Ta nuit ? Attends, sauf erreur, il doit être pas loin de 9h à San Francisco … Tu es toujours levé à cette heure … tu as fait la bringue cette nuit et tu viens de rentrer ?
- Hypothèse viable. Mais pas cette fois Isaïah. Là où je suis, il doit être quelque chose comme trois heures moins dix là … »

Un petit blanc eut lieu de l’autre côté, l’ancien militaire supposant que son ami calculait les écarts.
« Et merde. Tu es donc de l’autre côté du globe … Japon ? Australie ?
- Bingo pour le deuxième. L’opéra est à 40 minutes à pied.
- Désolé de t’avoir réveillé. Mais qu’est-ce que tu fous là-bas ?
- Aucune importance. Un petit tour du monde avec mon moyen de transport, maintenant que j’ai du temps. On avait commencé avec Elena. Je le poursuis.
- Je comprends. N’oublie pas de nous envoyer une carte à la base ! Sinon les gars vont râler …
- Elles sont déjà parties. Mais puis-je t’être utile en autre chose que te donner le programme de ce soir à l’Opéra ? demanda Bee tout en se redressant et en calant un oreiller dans son dos
- Pas vraiment, je t’appelle juste parce que j’ai des informations pour toi. La ligne est sécurisée si tu te poses la question.
- Je n’en ai pas eu le temps. Et ce n’est pas à toi que je ferai des remarques là-dessus. Allez, je t’écoute.
- Je sais qui a refilé ton nom à notre ami Thompson et pourquoi. »

Cette fois, ce fut du côté australien qu’il y eut un silence. Son ancien supérieur tenait l’origine et la cause de son renvoi. Du pourquoi il était là à roupiller tranquillement entre deux téléportations au lieu d’être sur le terrain avec eux. Il respira lentement.

« Continue.
- Tu te souviens de notre dernière mission sauvetage ?
- Sauf si vous en avez eu une autre entretemps, oui, évidemment.
- Et bien … la fuite vient de là. Il y avait des jumeaux dans l’équipe. »

Le major général laissa le soin à son major de faire les liens tout seul et d’amener le résultat.
« Je crois que je vois. L’un des deux est celui que nous n’avons pas pu sauver, je me trompe ?
- Non.
- Et son frère n’a pas pu faire autrement que me voir téléporter les membres de l’unité après qu’on soit arrivé sur place.
- Exactement.
- Je peux pousser la théorie en supposant qu’il me rend plus ou moins responsable de la mort de son frère et que me dénoncer était un moyen pour lui de se venger ?
- C’est à peu près les grandes lignes oui.
- J’imagine que je pourrai lui dire que ç’aurait été pire si nous n’étions pas intervenu et que le corps de son frère pourrirait toujours sur place … mais bon.
- Cela ne changerait rien à ta situation.
- Exactement. Et aucun propos, même cohérent, ne remplace la perte d’êtres chers. Je sais de quoi je parle. Merci pour les informations en tout cas.
- Je t’en prie, je te devais au moins ça.
- Non. Tu ne me dois rien Isaïah mais nous ne serons jamais d’accord sur ce point comme tu le sais déjà. termina Bee en riant
- Tu n’as pas tort ! répliqua la voix grave sur le même ton
- Passe le bonjour aux gars pour moi, tu veux ?
- Aucun souci. Prends soin de toi.
- Vous aussi.
- A bientôt j’espère ?
- C’est tout ce que j’attends ! Bonne journée Isaïah.
- Bonne nuit Scotty ! »

D’un geste las, l’australien provisoire reposa son portable et soupira tout en se levant. Inutile de chercher le sommeil, après ce genre de conversation, il le fuyait comme la peste.
Un homme, qui avait perdu, en un sens, sa moitié, l’avait tenu pour responsable et avait fait ce qui lui semblait le mieux sur le coup : se venger. Même s’il n’était pas d’accord, il pouvait comprendre. Soit, ce n’était pas logique. L’homme était déjà décédé à leur arrivée et ce n’était pas eux qui avaient appuyé sur la détente. Mais la logique n’a pas sa place dans ce genre de moment.
Il soupira de nouveau et vérifia l’heure. 03:02. Au temps y aller maintenant, il serait au calme et ne craignait pas vraiment d’être emmerdé. L’avantage de mesurer 1m92. Et son entrainement militaire faisait le reste. Il s’habilla, attrapa son baladeur avant de sortir silencieusement de sa chambre d’hôtel, saluant une hôtesse d’accueil passablement étonnée de voir un client, sobre et parfaitement réveillé, à cette heure.
Il lança une playlist et commença à courir en direction de la plage, la liberté lui tendant les bras et la nuit sa tranquillité.

*
*    *

• Aujourd’hui, 07:24 UTC, New York, États-Unis
L’un des rituels qu’observait Abraham, quel que soit l’époque de l’année, n’était ni plus ni moins qu’un jogging. Après, tout dépendait de sa localisation sur le globe. S’il était chez lui, à Brooklyn, le petit tour démarrait du seuil de sa porte, lui faisait prendre le Brooklyn Bridge, l’amenait jusqu’à Central Park afin de faire plusieurs fois le tour du Réservoir. Généralement, il faisait une pause sur l’un des nombreux bancs avant d’entamer le chemin du retour. C’était le cas ce jour. Il se désaltérait quand il fut interrompu.

« Abraham Blackwood ? »

L’intéressé s’arrêta, rebouchant sa bouteille et mettant sa playlist en pause du bout du doigt. Un étranger qu’il n’avait jamais vu jusqu’ici. Il n’avait pas fait attention non plus. Il était suffisamment intrigué pour retirer ses écouteurs. Qu’on prenne la peine de venir à sa rencontre à cette heure-là ne manquait pas de titiller sa curiosité. L’homme, ou la cellule, le groupe pour qui il travaillait, avait bien fait son boulot en observant les heures à laquelle il était dehors. Pourtant, même si c’était souvent la même tranche horaire, il n’y avait rien de fixe. Loin d’être paranoïaque, il n’avait pas jugé utile de varier son parcours. Peut-être reverrait-il ce point.En attendant, il ne voyait pas pourquoi mentir. Cela ne serait qu’une perte de temps s’il avait été trouvé ici.

« Lui-même. Que puis-je pour vous ?
- J’aimerai que vous m’accompagniez. »

Un bref sourire en coin s’afficha avant de se perdre aussi rapidement sur les lèvres de l’américain. Ce n’était pas la première fois qu’on lui demandait de suivre. Sauf que la fois précédente n’avait pas été de son goût et qu’il n’avait rien pu y faire. Il ne pensait pas qu’il s’agissait de lui annoncer une mauvaise nouvelle. Sinon, il le lui aurait déjà dit. Là, il ne savait rien.

« Ai-je le droit de vous demander où ?
- Je crains que non.
- Pouvez-vous répondre aux questions que je pourrai vous poser ?
- Pour la plupart d’entre elles, non.
- Je vois. »
Abraham se leva et s’étira, faisant craquer sa colonne vertébrale, bruit qui sembla déplaire à l’inconnu. Il n’en avait cure. Il était venu le chercher, il s’accommoderait bien de ça.

« Dans ce cas, allons-y.
- Vous ne me posez pas d’autres questions ?
- Non. Je n’aime pas me répéter alors je les poserai directement à la personne qui pourra me répondre … »

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MessageSujet: Re: Abraham "Bee" Blackwood [Terminée]   Dim 19 Jan - 16:14

Bonjour, bonsoir et bienvenue !

Avant que je ne commence véritablement la modération il y a deux petites choses que je voudrais signaler :
- La partie Hors-Jeu n'est plus présente en intégralité à la fin de ta fiche du coup, je ne sais plus si tu avais bien lu ou non le règlement.
- Pour l'intégration à BlackHawk c'est possible en effet de le faire en RP ou alors directement dans ta biographie pour ne pas avoir à jouer de rp de recrutement. (Je m'assure simplement que cette option ne t'es pas inconnue, je n'oblige à rien.)

Voilà, je reviendrai vite pour la suite.

À plus.
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MessageSujet: Re: Abraham "Bee" Blackwood [Terminée]   Dim 19 Jan - 19:26

Bonjour, bonsoir et merci \o/

Alors ... effectivement, je n'avais pas vu que la fin de la partie Hors-Jeu avait foutu le camp >>'  Maudite soit la limitation de caractères ...
La voilà donc de nouveau (normalement) mais j'ai dû sacrifier mon petit spoiler "Choix du clan" pour que ça rentre. Je le remettrai à la fin de ce post pour en avoir une trace.
(Et en parlant d'étrangeté, la ligne "Pouvoir - Téléportation" apparaît sous FireFox mais plus sous Chrome. Youpi !)

Concernant l'intégration au clan, j'aimerai autant qu'elle se fasse en RP parce que ça fait un petit moment que je n'ai pas eu à en écrire et ça pourrait être pas mal pour que je me dégourdisse les doigts. Et ça donnerait un aperçu de ce que je peux faire.
Mais s'il est plus simple que je l'ajoute à la bio, je n'y vois pas d'inconvénient.

Et prends ton temps, vu celui que j'ai mis à pondre ma fiche, j'suis pas spécialement pressée =)

●●● Parties déplacées de la fiche par manque de place ●●●

Classification :
 

Choix du clan :
 

Avatar : Bonne question. Trouvé sur le ouèbe il y a un petit peu ...
Personnage Marvel ? : Oui [] Non [X]
Multiple Compte? : Oui [] Non [X]
Si oui, Qui ?
Pseudo : Sobekâ
Votre Age : 24.
Comment avez vous connu le Forum ? : Frost. Emma Frost Smile

Et le mot magique : [Vu par  ]

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Dernière édition par Abraham Blackwood le Jeu 30 Jan - 18:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Abraham "Bee" Blackwood [Terminée]   Dim 26 Jan - 19:03

Bonsoir, désolé de l'attente.

C'est une bonne fiche, pas de doute la dessus et pour un premier tour elle est amplement détaillée pour passer directement.
Cependant, et vu le groupe auquel tu veux participer. J'aimerai des précisions sur son mental :
- Que pense-t-il de la justice en général, de la criminalité sous toutes ses formes ?
- Que pense-t-il de la notion de tuer des criminels ?
- Que pense-t-il de la criminalité, humaine ou mutante qui échappent à la justice américaine et se multiplie de plus en plus dans ce pays ?

Voilà, détaille un peu cela pour savoir si son profil psychologique colle réellement avec BlackHawk. De ce que j'en lis pour le moment, il ressemblerait plus à un agent d'intervention du BAM (dans sa description mentale).
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MessageSujet: Re: Abraham "Bee" Blackwood [Terminée]   Jeu 30 Jan - 18:29

Rappelez-moi de ne plus faire de fiche aussi longue ...

Modification apportée en jaune ...
Pour ça, j'ai dû faire sauter mon para "Classification" que j'ai ajouté dans mon post précédent qui contenait déjà des bouts de fiches qui ne rentraient pas ... et j'remarque dans la foulée qu'il a fait sauter ton emote pour la visualisation du mot magique.
Enjoy.

Désolée pour les désagréments.



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MessageSujet: Re: Abraham "Bee" Blackwood [Terminée]   Ven 31 Jan - 21:59

T'en fais pas, y'a pas de soucis.
Tes modifications me vont également. Du coup, je te donne ton premier avis positif.
Patience et courage pour la suite.

À bientôt en rp j'espère.
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Abraham Blackwood
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MessageSujet: Re: Abraham "Bee" Blackwood [Terminée]   Ven 31 Jan - 22:42

Ooooooooooh yeaaaaaaaaaaaah ! \o/
+entame une danse de la joie+ Merci Very Happy

Et je l'espère aussi !
+prépare ses petits doigts+

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MessageSujet: Re: Abraham "Bee" Blackwood [Terminée]   Jeu 6 Fév - 6:00


Relecture et rien à redire de plus

donc...

Félicitations, nouveau neutre delta, les portes de X-men rpg te sont enfin ouvertes!

Avant de commencer à jouer, n'oublie pas d'aller te recenser sur la liste des avatars , la liste des pseudos et la liste des pouvoirs.

S'il s'agit d'un double compte, pense aussi à poster sur la liste des multi comptes.

S'il s'agit d'un personnage marvel, n'oublie pas de te signaler sur cette liste.

Enfin, si tu veux qu'un joueur joue quelqu'un que tu as évoqué dans ta fiche, merci de remplir le formulaire que l'on trouve ici. N'oublie pas de mettre le lien vers la fiche de ton personnage dans ton profil, et si le cœur t'en dit, tu peux aller rédiger une fiche de relation ici.

D'avance merci et surtout, bon rp parmi nous!


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