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 Survivante. ( Pv Amy)

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MessageSujet: Survivante. ( Pv Amy)   Lun 13 Jan - 21:24

San Francisco, Aout 2013

Il regardait l’océan sous le jour finissant les mains dans les poches de son cuir éculé, sa cigarette se consumant doucement à la commissure droite de lèvres gercées par de vieilles blessures de bagarres dont il n’avait sans doute plus le souvenir. Son regard était lointain bien au-delà de la ligne d’horizon et de ses mirages brumeux en devenir. Il s’adressa à moi tout en conservant cette immobilité.
- Non.
Je baissais la tête en soupirant manifestant une humeur légitime, je ne lui répondais cependant pas, toute discussion avec lui s’avérant stérile avant même d’être ébauchée.
- Ce n’est pas ton chemin.
Je sifflais comme un serpent entre mes dents, ma voix semblant aussi tranchante qu’une lame.
- Ca tu n’en sais rien.
- Je le sais, au contraire, parce que c’est le chemin que moi je suis. Et tu ne fais que me suivre, pas à pas.
- Et si c’est ça que je veux ? Etre comme toi ? Etre comme Fastpass ou même un jour Exodus ? Moi aussi je sais défendre des idées !
- Tout le monde est capable de défendre DES idées, plus difficile est de défendre les siennes. Je me bats parce que je ne sais faire que cela, parce que c’est toujours ce que j’ai fait et ce que je ferais, je suis mort depuis longtemps, tu commences à peine à vivre, Jade. Ces idées ne sont pas les tiennes, tu ne les épouses que pour mieux nous plaire, tu ne peux pas me mentir à moi.
- Mais…c’est faux…Je…
- Ailleurs, il y a d’autres choses pour toi, un autre chemin, tu es talentueuse et intelligente, tu te refuses juste à le voir.
- Ma place est…est à tes cotés.
- Non, absolument pas, je ne fais que de t’empêcher de te perdre et paradoxalement d’avancer…Je ne recommencerais plus les erreurs de New York, tu n’iras plus sur le terrain…
- C’était un accident, je n’ai pas voulu tuer cette fille mais elle avait vu nos visages, c’était dangereux. Je NOUS défendais.
- Non, cette nuit-là, ce n’est pas toi que j’ai vu, c’est autre chose. Quelque chose que tu dois combattre, quelque chose que je ne veux pas voir te dévorer et te consumer.
- Pfff, c’est des bêtises, je sais me contrôler.
- Si tu parles de « contrôle » c’est que cette chose t’habite déjà, Jade. Tu la musèle mais tu ne la combats pas.
- Mais…Kyle…tu veux qu’fasse quoi…y’a rien pour moi la dehors, y’a rien ni personne ! Tu es…tu es mon unique famille.
- …
- Alors quoi ? Chasse-moi !! Chasse-moi ! Si c’est ça que tu veux !! Hein !
- Je ne le ferais pas.
- Alors apprends-moi, laisse-moi revenir aux opérations comme tous les autres !
- Non.
- Tu n’comprends pas…cette vie…elle me sert à rien, m’en fous de claquer ! Je VEUX mourir les armes à la main pour défendre la mutanité, c’est mon destin. Je ne sers à rien, c’est pas juste !
- On peut combattre autrement, ce n’est pas ton chemin…ce chemin mène au sang et la souffrance, je ne tolèrerais pas de te voir crever dans un cul de basse fosse, couverte de merde et gémissante, tu ne dois pas gâcher ce que tu as, jamais. Ça n’arrivera pas.
- Pauvre con ! je n’ai rien, je n’ai jamais RIEN eu ! Y’a qu’toi qui sait ce que j’ai traversé…y’a que toi qui…merde hein !
- Tu as cette vie, cette vie qui fait ta jeunesse et ta force.
- Ah oui ? ah ! vachement utile, pour c’que ça change. Tout l’monde aurait pu s’en passer de ma vie.
- Pas tout le monde. Le jour où tu sauras que tu veux vivre cette vie, tout changera Jade, un jour viendra lorsqu’elle t’échappera comme le sable dans le creux de la main, tu comprendras la valeur de ce que tu avais et de ce que tu peux devenir.
- Tu fréquentes trop Jubilée, tu parles comme Yoda, tu me soules.
Je mets fin à la discussion en émettant un cri de rage d’une fillette exaspérée tout en lui tournant le dos alors que lui ne daigne même pas me regarder. Il se contente de retirer des lèvres son mégot pour le jeter dans l’écume à ses pieds.
- Ce n’est pas une vie, Jade…c’est cette vie. Il n’y en a qu’une, et c’est la tienne.

_________________________________________________________________

Octobre 2013, Institut, Réveil au troisième Jour.

- Cette vie, la mienne ? Je…je ne veux pas mourir…non.

C’est le son qui me réveille, le son de ma propre voix affaiblie et brisée, le bruit là pas loin, on s’agite. L’odeur d’éther, de médicament, une odeur de produit d’hôpital. Je n’arrive pas à ouvrir les yeux. Je suis désorientée, perdue. Je ne sais plus ce qui s’est passé, je n’arrive plus à me souvenir.
Mes paupières semble collées mais en essayant de bouger je ressens une douleur fulgurante dans la poitrine et dans la jambe. La douleur est telle que je m’exprime dans ma langue natale.

- Putaiiin ! ca fait maaal ! *

J’ouvre brutalement les yeux, ne reconnaissant rien, ni les lieux, ni les visages. J’ai peur, mon rythme cardiaque s’emballe et par reflexe, je fais ce qu’il me semble le plus approprié, je disparais me refugiant dans mon invisibilité. Je voudrais m’enfuir mais j’ai si mal que j’ai l’impression d’être clouée sur ce lit. Qu’est de qui s’est passé, qu’est ce qu’on a fait de moi ? Ou sont les autres ? Je n’arrive plus à raisonner, j’ai si peur.


* En Cantonais.
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Amy de Lauro
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MessageSujet: Re: Survivante. ( Pv Amy)   Dim 19 Jan - 21:23

Mercredi 2 Octobre 2013 – 02 : 11 P.M.
J’attends.

Les chambres de l’Infirmerie se ressemblent toutes, preuves que ce lieu n’est qu’un ajout à la structure d’origine, à l’instar des dortoirs, là où les chambres des X-Men ne sont rien de plus que celles des invités. On l’oubli trop souvent, ce lieu n’a pas toujours été une école, une Institution, c’était un manoir avant ; mais on l’oubli pour une bonne raison : on s’en fout. On se fout de ce qu’il y avait avant, trop concentré que l’on est sur le présent, et de temps à autre sur l’avenir. Mais peut-on réellement occulter ainsi le chemin qui nous a conduits là où nous sommes ? Je suis une experte pour le faire chez les autres, alors même que j’ai tant de mal à le faire pour moi-même, mais ce n’est pas mon égocentrisme qui est le sujet du jour, mais une autre personne qui n’a plus que son passé pour se raccrocher ; pour l’heure, du moins. Et je ne l’oublierai pas.

Les chambres de l’Infirmerie, donc, sont situées au dernier étage de l’Institut, dans une espèce de champignon ajouté à la structure, et pour nuancer mon propos précédent,  il est effectivement une chose qui fait qu’elles ne sont pas à l’identique. Ce n’est nullement leur aspect clinique, le lit hospitalier qui s’y trouve, pas plus que la table de chevet qui l’accompagne ou la table basse qui les en suit, faisant l’angle. Ce n’est pas non-plus ce mur nu uniquement percé de la porte qui mène à la salle principale de l’Infirmerie, ou encore, sur le troisième mur, cette grossière salle de bain uniquement séparée du reste par des panneaux tellement plus fin que les véritables murs. Non, ce qui diffère se trouve sur le quatrième mur, en parallèle au lit et en opposé de la porte, et au-delà de la fenêtre : la vue. Et c’est cette magnifique vue sur la forêt que je regarde à l’heure actuelle, consciente que je réagirais bien assez vite lorsque cela s’éveillera dans cette pièce.

Les chambres de l’Infirmerie sont pour moi trop silencieuses, trop « mortes », même si ce n’est pas pour cela que je suis ici. Je suis ici car la locataire de cette chambre est importante, et que je suis la mieux placée pour faire la première approche. La locataire de cette chambre est un passé, un passé douloureux et sombre, et j’avoue ignorer à quel point. Elle nous a été confiée par une personne que je ne connais pas assez, mais que j’estime, et à défaut de lui faire confiance, je fais confiance à celle qu’elle aime, ou aimait, puisqu’après ce qui c’est passé, il ne faut plus jurer de rien.

Les choses s’enveniment et se compliquent toujours en fin d’année, pourquoi ? Est-ce l’automne du monde qui déteint sur nos vies, nous préparant aux rigueurs d’un hiver dont le redoux nous permettra de nous soigner en attente des joies du printemps ? Je ne sais, mais je regarde la voute arborée aux milles couleurs en attendant d’essayer d’aider une personne qui ne verra pas l’hiver, car l’incendie a déjà tout emporté.

Je suis assise sur le rebord de la fenêtre, et j’attends. Je suis vêtue d’un T-shirt noir à col bateau, d’un jean sombre et d’une blouse blanche, et j’attends. Je joue de l’index et du majeur droits avec le crucifix que m’a offert Caitlyn, alors que ma main gauche tient une enveloppe scellée, et j’attends. Je regarde son reflet dans la vitre, et j’attends.

J’attends.

Elle commence à se réveiller, je le vois aux tensions musculaires sur son reflet, mais elle a la gentillesse de m’indiquer, plus qu’elle est en train de le faire, de quoi elle sort ; cauchemar. Il n’est que peu de différence entre les derniers souvenirs qu’elle a et un cauchemar, la principale étant que des gens sont véritablement morts.

Cette vie, la sienne ; cela sonne comme une question, contrairement à l’affirmation contrite qui la suit. Elle ne veut pas mourir ; je n’ai aucune réaction, car je sais déjà comment cela va se passer, et cela n’y manque pas. Quelques secondes plus tard, tout au plus, elle se redresse en hurlant.

J’attends.

J’attends qu’elle se soit calmée, qu’elle ait analysée son environnement, ne faisant pas un mouvement pour ne pas lui donner un point où fixer sa peur. C’est triste de la voir ainsi, même si elle n’était pas bien chaleureuse dans son état normal. Et c’est mieux que ne plus la voir du tout, d’ailleurs. Je ne peux m’empêcher un petit sourire lorsqu’elle disparait, car cela lui permettra de se rassurer seule bien plus vite, protégée qu’elle se sentira par son champ d’invisibilité. En réalité, elle est si bruyante que je saurais parfaitement où elle est même les yeux fermés ; enfin, façon de parler.

- Tu es à l’Institut, tu es en vie et tu es en sécurité, Jade.

Je lui parle simplement, une fois que son souffle arrête de s’emballer, et qu’elle-même se calme. Cela fait longtemps qu’elle m’a repérée, avec ma tenue professionnelle et mes yeux mutants, ou plutôt les membranes nictitantes qui les recouvrent. Et oui, je profitais de l’attente pour faire un peu de photosynthèse, quant bien même l’utilité d’un court délai serait inutile. Mais considérant les heures que j’ai passées ici, cela ne l’est plus, un court délai.

- Tu as reçue deux balles, et tu as failli mourir d’hémorragie et d’infections, mais tes jours ne sont plus en danger. Jubilee et Cait’ t’ont sauvée la vie, ainsi qu’une autre que tu ne connais pas, mais même si Jub’ t’a passé de son sang, il doit t’en manquer encore, évite de forcer.

Ma voix se fait plus douce sur la fin, pour insister sur le fait qu’elle doit se ménager.

- Je répondrai à tes questions tout à l'heure, pour l'instant concentre-toi sur toi : évite de bouger, tu as des points de suture et un plâtre, conclu-je sans pour autant me tourner vers elle.

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Dernière édition par Amy de Lauro le Dim 26 Jan - 14:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Survivante. ( Pv Amy)   Lun 20 Jan - 19:33

- Tu es à l’Institut, tu es en vie et tu es en sécurité, Jade.

Mon regard est déjà rivé sur elle avant même que je ne déploie mon champ d’invisibilité. Peut-on gérer plusieurs priorités à la fois ? Je n’ai jamais essayé et pourtant toutes les questions qui me traversent l’esprit semble être prioritaires : le triptyque qui, quoi, comment. J’essaye à la fois de comprendre, anticiper et me souvenir. Comment peut-on évoluer à la fois dans le passé, présent et futur tout en restant lucide ? Je n’en sais strictement rien. Je sais qui elle est, je m’en souviens. Ce n’est pas une intime, ça non, pas une amie ni une ennemie pour autant : enfin pas une ennemie où on l’entend. C’est la belle-sœur de Kyle, je l’ai vu se marier et j’étais là, je m’en souviens…c’était il y a à peine 3 mois…une goutte d’eau dans une vie. Il faisait un soleil radieux ce jour, pourquoi des lors je ne me souviens que des ténèbres et du bruit de l’eau ? Pourquoi cette odeur âcre et forte à la place de celle délicate du bouquet des mariées ? Pourquoi les sourires s’estompent pour les traits douloureux qui s’en vont tordre les visages ? Pourquoi le blanc se souille-t-il d’un liquide carmin et épais ? Je sais qui elle est mais mes yeux contemplent avec horreur le passé, il me saute à la gorge pour enserrer ma gorge et la broyer, mon cœur semble vouloir déchiqueter ma poitrine et exploser au dehors en un hurlement muet. Je suis forcée de porter ma main à la bouche pour taire un gémissement qui ne naitra jamais, je me souviens, je me souviens parfaitement et sous mes yeux, le temps supplice le souvenir en une scène au ralentie défigurant et balafrant.

Elle dit que je suis à l’Institut…Elle suggère qu’elle est ce que mes yeux me montre. Mais rien n’est acquis, rien n’est plus certain. On s’endort dans la normalité d’une nuit de l’été Friscien, ni trop chaud, ni trop sec et on se réveille dans la gueule de l’enfer : je sais tout cela, je viens de le vivre et j’en suis peut être revenue mais là non plus, rien n’est moins certain. Non, je ne suis peut être ni en vie, ni à l’Institut et ni en sécurité…Non, tout ne va pas bien, même si elle me l’a épargné, rien n’ira plus bien.

- Tu as reçue deux balles, et tu as failli mourir d’hémorragie et d’infections,

Enfin un fait sur lequel je pense pouvoir m’appuyer vu la douleur.

mais tes jours ne sont plus en danger.

Une fois de plus, c’est un point de vue, non un fait pour ma part.

Jubilee et Cait’ t’ont sauvée la vie, ainsi qu’une autre que tu ne connais pas, mais même si Jub’ t’a passé de son sang, il doit t’en manquer encore, évite de forcer.

Jubilation ? Oui, je me souviens…je lui ai parlé et…et Caitlyn aussi…oui. J’etais à demi consciente dans les égouts, il y avait d’autres personnes, des infirmières je crois. Je m’en souviens, je l’ai vécu. Une transfusion ? Mais c’est sale ! Et qui…qui m’a déshabillée ? En un geste inconscient, j’essaye e me recroqueviller dans mon lit et ca m’arrache à nouveau un cri strident de douleur brisant mon invisibilité en conséquence.

Je répondrai à tes questions tout à l'heure, pour l'instant concentre-toi sur toi : évite de bouger, tu as des points de suture et un plâtre

C’est trop tard, mais cela me servira de leçon, on n’apprend toujours mieux dans l’échec et la douleur. Mon regard se faut méfiant même si je ne rebascule pas dans l’invisibilité, je la jauge de loin, comme on jauge un danger : on le calcule, on l’anticipe. Le silence est pesant, je le laisse glisser comme moi, il m’épouse et me protégé. Je finis par soupirer, laissant mes battements de cœur se calmer et ma respiration se faire moins saccadée. Desserrant les lèvres, je livre là la seule phrase qu’il me parait logique de dire, de faire, d’annoncer parce que tout autre option et soit risqué, soit mal pensé. Je suis une fille réfléchie, je ne laisse que trop rarement mes émotions prendre le dessus, parce qu’elles parlent souvent trop fort et trop mal alors il est bien plus préférable de les museler que de me mettre en danger.

- Comment puis-je vous faire confiance ?

Je ne dirais rien d’autre tant qu’on ne m’aura pas convaincue et démontré l’authenticité de ce qu’on vient de me dire. Ce n’est pas être bornée ou pécher par excès de prudence, non, c’est juste la routine qui nous garde en vie : apprendre que chaque vérité peut cacher un mensonge, que chaque certitude peut etre ce glaive tranchant qui nous laissera exsangue.
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Amy de Lauro
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MessageSujet: Re: Survivante. ( Pv Amy)   Dim 26 Jan - 19:20

Le bruit de la chair contre la chair suit une inspiration contrite, mais il ne s’agit nullement du claquement d’une gifle ou l’impact d’un coup, il s’agit juste d’étouffer un cri qui, du fait, n’existera que dans sa non-existence. N’ai-je pas attendu assez longtemps ? Possible, mais je pense que cela agira par vague, à mesure qu’elle prendra la mesure, justement, de ce qui c’est passé. Son esprit n’était-il pas habitué, en tant que soldat de la Confrérie, à pareilles scènes ? J’aurai pensé, mais je ne sais que trop peu de choses d’eux, il ne m’est pas difficile de le reconnaitre.

Mes explications la font bouger, les froissements du drap me l’indiquent sans peine, et je peux éliminer la grande majorité des positions qu’elle doit adopter en prenant en considération les facteurs que sont ses émotions et ses blessures, et rapidement, son cri ; elle a prit une position impliquant bien plus les premières que les secondes, qui se sont donc rappelées à son bon souvenir au point de lui faire prendre ses pouvoirs. Qu’elle se rassure dissimulée ou qu’elle me fasse face visible, cela m’indiffère, tant qu’elle arrive à se rassurer et à se mettre en confiance ; et qu’elle ne se fait pas mal.

Je regarde à travers son reflet cette adolescente accomplir des actions qu’on ne souhaiterait voir à son âge, la laissait estimer le danger que je représente sans rien relever, consciente que malgré toute l’expérience qu’elle peut avoir, plus que n’être un danger, elle me limitera à mon apparence physique, à mes masques, chose étant une erreur aussi commune que grave. L’attention que je lui prête est à travers le reflet de la vitre, et ma pose est celle d’une personne attendant depuis un certain temps, chose véritable, cependant, rien n’y parait, et je ne crois pas qu’elle ait jamais vu la vitesse dont je suis capable ; et je ne lui montrerai pas, puisqu’il faut essayer de la rassurer.

Et cela commence, puisqu’elle ne repart pas dans son invisibilité, m’adressant même la parole suite à quelques instants de réflexion et de douleur, introduits par le soupir du renoncement : comment me faire confiance ?

Je ne débattrai pas philosophiquement là-dessus, ce n’est pas mon rôle, mais mon rôle est l’une des raisons de me faire confiance, et il est matérialisé par la blouse : je sais ce que je fais car c’est mon métier. Cependant, pour des personnes refusant les normes sociales, cela n’est pas suffisant, et considérant ma vocation et les préjugés qu’elle entraine, même pour le commun cela en tiendrait plus à une raison de se méfier de moi que de me faire confiance. Les psychologues souffrent de mauvaise réputation, c’est aussi indéniable que regrettable, car nous n’en sommes pas moins des médecins de l’esprit comme d’autres peuvent l’être du corps, cependant venir nous voir s’est admettre qu’il y a un problème, et les gens ont horreur de cela. De plus, notre approche de notre métier se doit d’être bien plus sociale et sociable que tous les autres corps de la médecine, et certains « scientifiques » n’ont pas réussit à intégrer ce concept, les rendant antipathiques et contribuant à faire mauvaise presse. Enfin, j’aurai tendance à dire que le comportement entre dans la mise en confiance, la reconnaissance des compétences n’étant qu’un facteur de confiance, parmi d’autre. Mais cela ne répond nullement à la question que Jade.

Mais avant d’y répondre, je dois trouver tous les sous-entendus qui peuvent s’y trouver, et le premier qui me vient à l’esprit est le suivant : si elle a été capturée, qu’est-ce qui lui prouve que cela n’est pas une illusion visant à lui faire divulguer des informations ? Nos télépathes l’ont déjà sondée, c’est aussi courant qu’hypocrite comme pratique, mais nécessaire à minimiser le danger. Cependant, comment lui prouver que je suis réelle, et qu’à défaut d’être dans son camp, je ne lui veux aucun mal ? Je ne peux pas. A un autre niveau, et pour rejoindre le point précédent, comment démontrer que je n’essai pas, en tant qu’X-Woman, de lui soutirer des informations sur nos adversaires idéologiques que sont la Confrérie ? En ne le faisant pas, mais cela sera long à mettre en place, et il est probable que l’adolescente soit sortie de cette pièce bien avant qu’elle ne soit convaincue que ce qu’elle sait ne nous intéresse pas. Je raisonne quelques instants ainsi, quelques secondes tout au plus, mais je n’en perds pas le point principal, celui donné explicitement.

Je retourne mon regard vers elle, laissant paraitre le premier signe physique de ma mutation, avant de prendre la parole.

- C’est toi-même qui a réclamée notre aide, non-pas l’aide de l’Institut ou des X-Men, mais celle de la famille de Kyle, et je pense pouvoir m’oser à dire qu’elle est ta famille également.

L’impulsion vient d’elle, c’est elle qui a choisi de nous faire confiance alors qu’elle était dans le besoin, et considérant qu’elle l’est toujours, elle devrait poursuivre son raisonnement d’alors pour continuer à nous le faire maintenant.

Je ne lui mentirai pas, quant bien même je devrais arrondir les angles, car je veux une relation de franchise avec mes patients, pour le meilleur et pour le pire.

- Je conviens que je ne suis pas là en qualité familiale, car la seule famille que tu accepterais de voir c’est Kyle, m’est avis, mais je peux t’aider, cependant c’est à toi d’accepter cette aide, Jade. Je suis psychologue, à défaut d’en porter le titre, mais tu n’as que faire des titres de reconnaissances, n’est-ce pas ? Je peux t’aider, et je veux t’aider, par nature, par idéologie, par altruisme, par professionnalisme, parce que c’est ainsi. Tu as déjà put m’observer, et je te laisse seule juge des conclusions que tu en as tirées. Je te tends la main, je ne te forcerai pas à la prendre.

Je sais que je ne réponds pas à la question du « comment », mais à celle du « pourquoi », cependant je pense que jouer sur les mots est une très mauvaise idée, ainsi me limite-je juste aux raisons qui pourraient la pousser à me faire confiance, et non au comment peut-elle croire en une personne si différente d’elle-même, qui est somme-toute là le premier problème de l’idéologie Confrériste : ne pas croire en l’autre. Reste à espérer que je ne sois pas, à ses yeux, qu’une X-Men et une adversaire antagoniste, car sinon, seule Kaede pourra jamais lui parler ; mais j’ai de bonnes raisons de croire que ce ne soit pas le cas, sinon, pourquoi avoir appelée Jubilee ? Pourquoi lui faire confiance ainsi qu’à Caitlyn ? Je suis peut-être le membre le plus en retrait de cette triade, chose volontaire, mais ne suis-je pas sur un pied d’égalité avec les autres ? A voir.

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MessageSujet: Re: Survivante. ( Pv Amy)   Ven 31 Jan - 9:04


Tu me dis que la seule famille que j’accepterais de voir est Kyle, tu ne t’exprimes pas avec une forme passé, j’en déduis donc avec une extrapolation fébrile qu’il est toujours vivant. C’est un mince espoir mais je veux y croire. Je ne t’ai jamais considérée comme de ma famille pas plus que l’hystérique qui sert de sœur à Kyle ne l’est. Elles sont des éléments avec lesquelles je me dois de composer parce qu’ils sont de sa famille à lui, mais nous…rien ne nous relie de manière volontaire et non subi, ton sort m’indiffère complétement et je me demande de ce fait ce que tu peux bien vouloir faire ici. Pourquoi n’est-ce pas Jubilée, ni cette autre insupportable rouquine ?

Elle dit vouloir m’aider ? M’aider en quoi ? Que l’on termine le travail, qu’on puisse partir sur le champ afin d’apporter la vengeance aux corps déjà froid de ceux qui hier partageaient repas et sourire ? Est-ce cela que tu t’en va me proposer, une longue marche vers ce que mon sang appelle de tous ses vœux, de toute sa souffrance, que la mort ne reste pas unilatérale, qu’elle soit utile et un peu plus juste pour une fois ! Alors si c’est le cas, tu aurais dû appeler ton amie Phénix, celle qui peut faire des miracles, celle qui peut effacer le monde et vaincre la mort car en mon esprit, s’il existe une déité mutante, une force supérieure qui nous gouverne, il s’agit bien de celle-ci.

Et tu parles de psychologue. Tu me parles comme à une malade dépendante d’une pathologie qui l’étouffe ! Confrériste n’est pas une maladie, la vengeance non plus ! Qu’en sais-tu toi ! Derrière tes beaux vêtement et ta peau délicatement entretenue, que sais-tu de ce que nous vivions , toi, derrière tes remparts occupée à jouir de ta compagne ? Fadaises, hypocrisie ! Stupidité ! Tu parles peu et déjà tu me dégoutes. Psychologue…Ais-je l’air si folle, si malade ? Xavier veut-il me « guérir » ? Veut-il plutôt sous tes couverts d’altruisme, de professionnalisme, tous ces des mots qui sonnent si mal dans ton esprit, tenir là le rôle du grand berger qui rassemble les ames perdues dans des directions qui l’offusquent. Ta main tendue n’est qu’apparence, tu mens, tu mens si mal derrière ta froideur et déjà tu m’as jugé et condamné. J’aurai vraiment préféré me réveiller dans les égouts.
Je considère ta main avec une expression froide et méprisante, seule cette fatigue abyssale contient ma colère, une colère que je ne sais pas véritablement contre qui  tourner. Tu n’es pas une ennemie, non, mais certainement pas une amie. Tu n’es qu’une menteuse et tu sonnes vide.

- Gardes ta pitié et sors d’ici.

Mon rythme cardiaque s’emballe alors que c’est mon souffle qui se fait plus court.

- Les psy…des menteurs…des vendeurs de rêves egocentriques qui s’engraissent sur les névroses des faibles…Oui professionnel…SUREMENT ! Mais gardes  ta nature..ceux de ta nature se sont fait tailler en pièces à San Francisco où tu n’étais pas ! Garde aussi ton idéologie de planqués où bien à l’abri au chaud vous vous aveuglez alors que vos frères souffrent de froid et de maltraitance ! Et ton altruisme ? Fais-moi rire !!! J’observe oui, c’est ce que je sais faire de mieux…j’observe et j’t’ai vu…Tu n’es jamais aussi toi-même que lorsque vous etes toutes les deux, je l’ai vu dans ce bar à SF, je l’ai vu à ton mariage. C’est un altruisme factice, Ici, tu m’exposes tes masques, tu joues la comédie…JE LE VOIS !

Donnes toi bonne conscience avec un autre…pas avec moi…et si tu veux être utile dis-moi juste si il y a eu des survivants et quand je peux foutre le camp d’ici pour les rejoindre…le reste…n’a…n’a plus d’importance…Tu diras à « Xavier » que t’as bien fait ton.. « taff » en parfaite petite hypocrite et basta..Et d’abord Tu ….Huuurgnnnnnnnnnnnn..


Je me plie en deux sur le lit portant ma main à mon flan en grimaçant de douleur.

- Huu…mpff….Ah merde….j’aurai préféré…y rester…ca fait mal…si mal…T’aurais..du..m’envoyer..ta femme, elle aurait pu arranger ça…ELLE…Mais je suppose qu’elle…qu’elle est trop occupé à rien foutre..pour venir voir « la petite confreriste ».
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Amy de Lauro
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MessageSujet: Re: Survivante. ( Pv Amy)   Ven 31 Jan - 14:33

Que de dégoût sur son visage, que de plissements de son nez, que de tension sur sa lèvre supérieure, que de contraction de son menton. Mais il n’y a nul mépris pour l’accompagner, pas plus que de la tristesse ou de la colère, ainsi tout n’est peut-être pas perdu. Néanmoins, cette apparition alors que je nous associe ne signifie qu’une chose : Jade ne veut pas de cette association. Je ne suis pas sa famille, et j’en prends note sans coup férir, car cela ne change pas grand-chose. C’est dommage, mais c’est ainsi.

La colère suit le fil de ses pensées, et je l’observe simplement, placidement, alors qu’elle fronce les sourcils et pince les lèvres, laissant apparaitre une légère ride du lion. Est-ce à ma destination, à celle de cette famille qu’elle refuse, ou à celles d’autres ? Je ne peux le savoir, même si j’aimerai que ce soit la vindicte qui l’emporte et non nous, sans quoi jamais nous ne pourrons avancer.

Le mépris, enfin, et si j’en concorde à mes paroles comme à son regard, il est pour moi, celui-là ; suis-je méprisable ? En tant que psychologue, surement. Mais c’est là d’une absence de surprise entière et complète, et ne me fait pas réagir non plus. Comme tous les autres, je lui laisse le temps de réfléchir et de parvenir à ses conclusions, je laisse le flot de ses pensées s’écouler dans cette lenteur qui caractérise le monde, patiente et imperturbable. Le mépris et la colère, nous y revoilà, et je crois en déduire ce qui va se passer : je vais lui servir de défouloir. Plus qu’être le visage qui l’effrayera, je serais celui sur lequel elle crachera son venin ; reste à espérer qu’elle ne fasse pas mouche, mais elle est trop distante et trop étrangère à mon cœur pour l’atteindre.

- Gardes ta pitié et sors d’ici.

Introduction passée, le discours est armé, et il se déversera comme l’eau détruisant un barrage ; à moi de me tenir comme les falaises de l’Irlande, stoïque et inamovible. Dieu ce que je n’aime pas cela.

Ma profession est la première à servir de cible, rentrant dans des clichés préconçus dignes des points de vue de certains élèves sur la Confrérie, et je suppose de certains Confréristes sur les X-Men ; Jade est donc parfaitement dans la norme, même si c’est assez décevant de la part d’une élève de Kyle, et d’une personne ayant si souvent vu que la ligne entre nos deux camps est plus que fine. Les « névroses des faibles », voilà un concept intéressant que je me note pour plus tard, car une telle conception manichéenne et illusoire du monde doit provenir d’un endoctrinement regrettable ; nous sommes tous faibles à notre manière, et c’est d’une extrême importance, car les seuls qui se sont purgés de leurs faiblesses pour devenir « forts » ont perdu tout ce qu’elles leur apportaient, en bien comme en mal, et ne sont plus, en rien, humain. Professionnel, oui, et je ferais de mon mieux, comme toujours. Quant à garder ma nature car elle ne me permet pas de survivre… est-ce parce que l’on refuse de tuer et de faire souffrir que l’on est forcément condamné à souffrir et à mourir ? Si oui, pourquoi souffres-tu, Jade ?

Non, je n’étais pas à San Francisco, et de ce que j’en ai su, j’aurai put y être d’une grande aide ; mais on ne change pas le passé, on l’accepte ou on l’occulte, et c’est vers l’un de ces choix qu’elle devra tendre, car le troisième est hors de sa portée, même si elle n’a pas la sagesse pour le reconnaitre. Mon idéologie de planqué… qui est la plus planquée de nous-deux ? Celle qui fuit le système en le combattant par la violence ou celle prête à tendre l’autre joue pour s’y intégrer ? Quant à nos « frères » qui souffrent du froid et de la maltraitance, nous avons la décence de leur offrir un abri et un refuge sans leur demander de se battre en échange. Que de magnifiques préjugés, pour une adolescente qui bénéficie de telles grâces sans même y porter attention, comme si c’était normal ; chose banale, là encore.

Mon altruisme… c’est à moi directement de manger, et cela me fait tendre l’oreille, par curiosité. Elle sera franche, trop franche, mais c’est une bonne chose, elle se livre d’une manière que je n’apprécie pas, mais qui nous fait bien plus avancer qu’elle ne l’admettra jamais.

- Tu n’es jamais aussi toi-même que lorsque vous êtes toutes les deux, je l’ai vu dans ce bar à SF, je l’ai vu à ton mariage. C’est un altruisme factice, Ici, tu m’exposes tes masques, tu joues la comédie… JE LE VOIS !

Presque. Tu as presque fait mouche, Silent. Et je dois avouer que me cracher à la gueule ce que je considère comme ma plus grande qualité n'est rien de plus qu’un masque de plus, voilà qui fait mal. Néanmoins, je ne détournerai pas le regard, car je le sais réel, c’est l’une des choses qui n’ont pas changé en moi ; sans doute faudra-t-il qu’elle apprenne à mieux observer, car faire la distinction entre ce que l’on veut voir et ce qui est a toujours été difficile, j’en suis plus que consciente pour l’avoir trop vécu. Et le vivre encore.

Me donner bonne conscience ? Il est vrai que je me sentirai mal de ne pas t’aider, mais outre que ce ne soit pas pour cela que je le fais, cela prouve mon altruisme, même si on le conceptualise comme la meilleure forme d’égoïsme ; Jade se contredit seule, et cela prouve que j’ai raison sur toute la ligne, sur tout ce qui se passe ici.

- et si tu veux être utile dis-moi juste si il y a eu des survivants et quand je peux foutre le camp d’ici pour les rejoindre…le reste… n’a… n’a plus d’importance…

Je commenterai plus tard, mais j’ai une nouvelle preuve que tout est comme de norme. Cependant, je ne fais pas mon taff pour Xavier et ne lui rend nuls comptes, cela fait bien longtemps que je me suis détournée de lui.

La douleur annonce la conclusion, laquelle commence par un nouveau mensonge, ou plutôt une parole en l’air ; je retiens un nouveau soupir. Quant à envoyer ma femme, parce qu’elle aurait put arranger ça, elle, je dois avouer que oui, c’est une idée, c’est un fait même, mais je pense que l’on apprend mieux dans la douleur que dans la normalité, et puis, en bonne petite hypocrite, pourquoi ferais-je de mon mieux pour l’aider ? Je ne cherche pas à te faire fuir les choses, Jade. Je vais te les faire affronter.

- Evacuer la colère est une chose importante, Jade. J’espère que le faire contre nous te soulage.

Je parle calmement, ne relevant que ce qu’il est nécessaire de relever.

- Tu parles de nos « frères » que nous laissons souffrir du froid et de la maltraitance parce que nous sommes « planqués » ici. Mais n’avons-nous pas recueillit Kaede, ne nous occupons-nous pas de toi ? Que tu le veuille ou non, nous vous aidons, alors même que nous n’avons rien à y gagner, même pas de bonne conscience. Quant à cet abri, il faut bien des gens pour le défendre, ces mêmes gens qui sont venus à ton secours là où, toi, tu les aurais regardés mourir en te renforçant dans ton idée que la Confrérie avait raison. Ai-je réellement tord ?

Je m’abstiendrai de toute manipulation, je ne suis pas là pour la faire avancer contre son gré, mais j’affirme mon avis comme mes positions, et prétend même connaitre les bonnes réponses.

- Tu me demande de te dire qui a survécu à San Francisco alors que tu ne me fais pas confiance, Jade. Et quant à être moi-même, je ne puis l’être entièrement que lorsque je suis avec des personnes ayant su gagner mon entière confiance, cependant je ne puis me réinventer complètement, il s’agit juste d’une variation, d’un renforcement de certains traits et d’une image que je veux me donner, mais l’on ne peut donner une image entièrement étrangère à ce que nous sommes, sinon ce n’est plus nous. Tu sais ce que c’est, si je ne m’abuse.

J’observe aussi, mais chez moi c’est un don, c’est une capacité extraordinaire bien loin de la mutation, mais ayant une plus grande valeur à mes yeux. Et je me suis entrainée, et je me suis formée ; et je fais l’une de mes thèses dessus. L’observation est une partie de ma vie, et l’observer n’est pas plus compliqué qu’observer les autres.  Un silence, avant de reprendre, histoire de ne pas saturer son cerveau d’informations, et de lui donner matière à progresser encore, quitte à m’attaquer toujours plus.

- Ici, pour nous, tu n’es pas « la petite confrériste », tu es Jade. J’ai eut le culot de te considérer comme de notre famille, et je n’aurai pas l’hypocrisie de te dire que je ne le referais pas à l’avenir, ou même que c’était une erreur. On ne choisit pas sa famille, tu sais ?

Oui, on peut gagner de nouveaux membres, par l’alliance ou par le cœur, mais les anciens sont toujours là, pour le meilleur et pour le pire, et certaines pièces rapportées sont indésirables, certes, mais non moins réelles.

- Si tu veux réellement que je m’en aille, je m’en irai. Il ne m’importe pas que ce soit moi qui t’aide, tant que tu es aidée. Caitlyn et Jubilee ont faillit mourir à San Francisco, ainsi je crains qu’elles ne soient pas en état de réellement soutenir ta rancœur et tes accusations. Mais si tu as des choses à dire à Xavier, je dois pouvoir lui demander de venir.

Oui, les deux personnes auxquelles je tiens le plus au monde ont prit de grands risques pour toi, Jade, et pourtant, c’est ici que je suis, alors que je pourrais être à leurs côtés.

- Je suis désolée de ce qui c'est passé, mais je ne peux rien y changer ; c'est maintenant que je peux agir, et c'est maintenant que je le fais. A toi de voir si tu acceptes mon aide, ou pas.

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MessageSujet: Re: Survivante. ( Pv Amy)   Ven 31 Jan - 15:45

Un jour lors d’une conversation sur les réseaux sociaux, on m’a fait cette remarque étrange que l’être humain devait toujours tendre vers un équilibre psychologique, c’est à dire que l’on compenserait une nature exubérante et volubile par une pauvreté intérieure et qu’à contrario, une ame taiseuse pouvait faire montre d’une richesse extraordinairement complexe. Je pense être ainsi faite, avare en mots et perdue sous le foisonnement des questions que je m’inflige. Je passe mon temps à m’analyser, à chercher à me comprendre et à me raisonner. Suis-je plus heureuse ? Non au contraire, je m’empoisonne complètement. Mais je sais pour autant combien je peux être cruelle et de mauvaise foi, je ne peux m’empêcher de l’être ! Et cette fois ci, je sais combien ce que je dis sonne faux mais je gage ainsi que…peut-être…j’arracherai la paix et détournerai les regards. Je ne connais pas Amy De Lauro-Elioth, non, mais par certains aspects, je l’admire pour ce qu’elle a et ce qu’elle est parvenu à faire, ces choses-là, n’ont pas à être dites, elles n’ont de place dans aucunes relations.

- Evacuer la colère est une chose importante, Jade. J’espère que le faire contre nous te soulage.

- Mais non, je…

Je m’interromps seule avant qu’elle ne le fasse. Je ne suis pas cette idiote bornée que j’aime à agiter dans mes colères et mes bouderies. Elle tape juste et sans force, ni démonstration inutile. Elle a raison, j’ai tort. Ca se résume à cette vérité. Mais évacuer cette fois ci ne me soulage pas parce que cette violence qui bouillonne en moi ne demande que l’escalade, que le fil du rasoir pour trancher, qu’un adversaire pour se déchainer. Elle la désamorce en une phrase et mon stratagème s’effondre dans la platitude d’une réaction basique. Jusqu’à présent, seul Kyle parvenait à voir plus loin que ce que j’affichais, c’est déstabilisant qu’une quasi inconnue le fasse en quelques minutes, déstabilisant et quelque part…un peu réconfortant. Mon expression passe de la surprise à des traits plus matures, moins torturés, elle vient d’écorcher le vernis de la surface, elle m’a entrevu et ça me trouble au point de me résoudre au silence.

Elle argumente à présent, démonte ma pauvre bravade avec justesse mais sans m’accabler, ou si peu. Cherche-t-elle à m’épargner ou le fait-elle de manière professionnelle ? C’est là l’idée qui me torture. Une fois de plus elle obtient raison sur presque toute la ligne sauf sur la fin. D’ailleurs je lève le regard vers elle en tordant mes lèvres afin de manifester une réaction de refus, non la Confrérie n’a pas raison parce que personne n’a jamais eu raison, parce que aucune idéologie ne saurait détenir une vérité, je me suis toujours battu pour un homme, jamais pour des idées parce que les idées passent avec le temps, on meurt pour elle et on en oublie de vivre. Je ne crois pas en tout cela, je crois en la vengeance, en la colère, en la haine…en ces sentiments humains extrêmes, mais pas en une vérité génétique, c’est un étendard qu’on agite pour tromper l’attention, rien de plus.

La prochaine salve est plus dévastatrice encore, elle vient de frapper en profondeur, tout en se justifiant son jeu de rôle me renvoyant directement au mien. Mon reflexe est de me tasser sur moi-même et de serrer mes membres contre mon corps comme si je m’étais retrouvé nue, parce que c’est exactement le cas. Mon image vacille un instant sous l’émotion, mon pouvoir prenant le dessus en un réflexe de peur primal, je dois serrer les dents pour me forcer à rester visible. Amy n’est pas télépathe, elle est bien plus observatrice que je ne le pensais, bien plus intelligente aussi. Pour la première fois, je crois que je ressens physiquement la peur face à ce talent. Oh oui bien sur que je sais de quoi tu veux parler, comment es-tu arrivé à me percer ainsi aussi facilement ?
La suite m’arrache un sentiment de honte. Je l’ai peut-être blessée en l’excluant d’un lien familiale mais ce n’était pas d’elle dont il s’agissait, c’était juste de moi. Kyle, Cait, Amy, ils sont une famille, c’est moi l’étrangère, ca a toujours été moi. Et c’est la tristesse qui succède à la honte, la tristesse et le regret de n’être que seule.

Quelque chose s’est ouvert en moi, je ne saurai dire…il y a un gouffre qu’elle vient de déblayer, je ne peux que baisser les yeux et regarder les ténèbres. Ses dernières phrases ne trouvent pas d’écho, je suis perdu dans ce gouffre à chercher la lumière.
Je comprends certaines choses. Je comprends que je suis injuste et que je viens de me faire remettre à ma place avec justesse et mesure. Mes rapports avec Kyle ont toujours été de la connivence à l’autorité sans discussions. Il prend le temps d’expliquer mais n’affronte pas ma mauvaise fois que de façon brutale et sans appel. Lorsqu’il sent mon mur arriver, il sort la masse pour le démolir. Amy, le grappin pour l’escalader. C’est la première fois qu’on me fait ça. Vraiment, la première fois.

Et pour la première fois de ma vie, je me sens complètement conne et dépassée, presque une ado qui vient de se faire remonter les bretelles sans qu’un éclat de voix ne se fût fait entendre. C’est déstabilisant et dérangeant…
Au point d’éviter de la regarder dans les yeux à nouveau et de me faire toute petite et docile dans ce lit. Je crois qu’elle attend une réponse mais je suis si troublée que je m’enferme dans un silence indéterminé.

- Amy ?...Ecoute, je…euh….Excuse-moi.

C’est presque un murmure mais c’est tout ce que je peux concéder avant de passer à autre chose.

- Je..j’ai pas d’famille…personne à part Kyle…Juste, est-ce qu’il va bien ? Et…Et Cait et Jubilée ? c’est…c’est pas trop grave ?

J’attends qu’elle me rassure avant de conclure, toujours recroquevillée sur moi-même.

- Aider….aider en quoi…et…et pourquoi faire ?
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Amy de Lauro
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MessageSujet: Re: Survivante. ( Pv Amy)   Ven 31 Jan - 18:48

- Mais non, je…

Cette parole ne m’interpelle pas le moins du monde, ni même ne me ralentie alors que je commence ce qui semble être l’une de mes spécialité orale, mais l’une des rares que je puisse faire devant n’importe qui : le monologue. Serait-il chiant, comme certain ? Je ne crois pas. Serait-il écouté ? Je l’ignore. Mais je le fais car je dois le faire, car je juge qu’il est important de le faire, pour exposer les choses.

Et mes yeux continuent de percevoir les réactions engendrées par mes mots, mots envoyés par mon cerveau qui analysera les images en retour, dans un processus aussi naturel que constant.

Peur, tout d’abord, ou plutôt une variante bien moins prononcée, et mélangée à une partie de joie qui me surprend clairement, et que je peine à analyser, je dois bien l’avouer. Elle s’est interrompue seule, et malgré l’hésitation liée, elle semble contente. Pourquoi ? Je ne sais et doit poursuivre dans cette ignorance ; chose que je fais.

Les questions se pressent en elle à mesure que je parle, parle et parle encore, et ses hésitations sont de plus en plus présentes pour m’en renseigner, ponctuées par un pincement des lèvres que j’attribut à du refus, étant trop bref et incomplet pour être une colère complète mais en dérivant dans son tranchant manichéen. Je regarde ses yeux tout comme elle fait des miens, mais je ne détournerai pas le regard, consciente que mes pupilles sont cachées derrières mes membranes nictitantes, et qu’il devient impossible de lire dans leurs expressions cachées qu’elles sont derrière cette paupière qui semble opaque, et d’un vert lumineux.

Surprise, peur, et des reflexes de protections, lorsque j’enchaine sur du personnel, et sur une chose qui nous est commune, lui tendant un miroir là où elle voulait se montrer agressive ; connerie de ma part, puisqu’il faut éviter qu’elle se fasse mal. Mais cela passe, malgré quelques modifications du spectre lumineux qui, dans la version altérée que je perçois, sont des plus étranges ; un bouclier psionique pour repousser la lumière, ou à l’inverse, soustraire nos corps à son impact, la laissant traverser une zone « neutre » comme le serait de l’air ? Aucune idée, pas plus que de l’intérêt, d’ailleurs ; sujet suivant.

Peur, colère, tristesse, dans un dosage exprimant la honte ; puis de la tristesse simple, et un nouveau mélange semblable au précédent, mais bien plus concentré en tristesse. Et tout cela alors que je parle « famille », closant le point, pour renchainer sur un éventuel départ. Vais-je trop vite ? C’est une possibilité, c’est difficile de le mesurer, j’ignore sa vitesse de réflexion comme ses débats internes, je me contente de percevoir les réactions émotionnelles de surface, et de déduire au mieux leurs significations. Dans tous les cas, je la perds sur la fin, alors qu’elle ne me regarde plus réellement et reste triste, mais concentrée également.

Je ne forcerai pas les choses, je ne profiterai pas de sa perte, j’attendrais simplement, détournant le regard d’elle pour que cela ne soit pas trop oppressant. Mais de biais, je continuerai à la regarder, à l’analyser, subrepticement, comme je ne peux réellement m’empêcher de le faire.

- Amy ? – mon visage se retourne légèrement vers elle, preuve que je l’écoute – Ecoute, – je termine mon mouvement, lui accordant toute mon attention et ne me cachant de le faire – je… euh… Excuse-moi.

Je lève un sourcil, surprise ; s’il était pensé, je ne croyais pas qu’il sortirait. Mais c’est là-aussi un renoncement, un abandon, et il est fait dans un murmure que je perçois cependant comme s’il m’avait été dit de façon « normale ».

La famille, voilà le principal point qui l’inquiète, et même si nous en sommes exclues, maintenant que les masques ont été ôtés, elle accepte de croire en ce que je lui dirais. Pour Kyle. Mais aussi pour Caitlyn et Jubilee. Je ne peux m’empêcher un sourire.

- Ne t’excuse pas, je comprends parfaitement pourquoi tu fais cela, et si tu dois en passer par là pour avancer, alors soit.

Cette phrase vise la première partie, la plus simple et la plus indélicate, mais il me reste la seconde, et je ne crois pas que je vais la rassurer. Kyle n’est pas mort, non, mais il est parti en quête d’une vengeance que je qualifierai de suicide, chose que je comprends parfaitement et où je sais que lui n’aurait pas de gardien pour veiller sur lui et le renvoyer à la maison, quelque soit la façon.

- Caitlyn a muté sous une nouvelle forme, et si elle avait perdue le contrôle, elle serait morte. Jubilation a été battue par un télépathe, et a perdu conscience. Kyle… il est vivant, mais… Grudge. Il veut se venger et a abandonné tous le reste. J’ai demandé à un contact de le surveiller, mais il dissimule très bien ses traces ; trop bien. Quant à toi, on doit s’occuper de toi en attendant ; on doit veiller sur toi et t’aider.

- Aider… aider en quoi… et… et pourquoi faire ?

- On va t’aider à te remettre, physiquement et psychologiquement, et on va t’aider à reconstruire ta vie. Il n’y a plus de Confrérie de la Côte Ouest, et ils ne veulent plus jamais que tu sois prise dans une telle rixe. Aux yeux de la Confrérie, tu n’as pas survécue à la bataille, j’ignore s’ils comptent leurs morts ou leurs rendent hommages, mais tu n’es plus des leurs. Je ne sais pas comment te l’expliquer, mais on m’a remise une chose pour toi.

Je m’avance jusqu’au lit, jusqu’à toi, et je te tends la lettre.

- M2 a demandé une audience pour nous remettre ceci, à ton intention. On ne l’a pas ouverte, mais je pense qu’il s’agit de t’expliquer la situation. Quant à ce qui arrivera ensuite, cela ne dépend que de toi ; on ne te forcera pas la main, si lorsque tu seras rétablie, tu voudras t’en aller, tu seras libre de le faire, mais pour en attendant, tu dois rester ici.

La laissant prendre la lettre, je retourne à ma position première, et je ne regarde pas la vitre, refusant de me servir du reflet pour savoir. J’attendrai qu’elle ait fini de lire, ou qu’elle refuse de le faire, qu’importe le temps qu’il lui faudra. J’ignore le contenu, mais je m’en méfie, car de ce que j’ai vu de la personne qui me l’a donnée, cela pourrait tout autant être de bons conseils que de mauvais ; reste à espérer que comme tout le monde, elle ne suive pas ses propres conseils. Magneto la Seconde est une Acolyte nouvellement enregistrée dans nos fichiers, et j’ai répondue à sa demande en terrain neutre, parce qu’à défaut de lui faire confiance, j’estimais devoir le faire après qu’elle se soit battue aux côtés de Caitlyn. Mais j’espère ne pas avoir à me porter garante d’elle.

Lettre:
 

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MessageSujet: Re: Survivante. ( Pv Amy)   Dim 2 Fév - 9:15

Lorna est vivante.
Nous n’avons donc été que trois à en réchapper. Juste trois. San Francisco est tombé, San Francisco n’existe plus et il est inutile que je me pose des questions, c’est écrit là noir sur blanc alors que mon regard parcours les lignes et que je sens mon cœur ralentir et mon sang passer des flammes à la glace. De la lire ainsi ne me surprend pas, moi qui ai su l’observer en silence dans son humanité. Mais de la lire sans protocole, c'est…fortement douloureux. Elle écrit des choses vraies, des choses sincères mais qui me font plus mal encore que ce qu’on m’a infligé. Plusieurs fois, je serre les dents pour m’empêcher d’exploser de rage ou de larmes, je ne pleure pas…je refuse de pleurer. Les larmes ne servent à rien et pourtant, j’essaye désespérément de garder le contrôle.

Tostaki.
Tout est ici, noir sur blanc. Je ne suis plus rien, je n’ai plus rien.

Une partie de moi-même comprend la justesse de cette décision, l’autre à envie d’hurler et de mettre le feu à tout un univers. Je me suis battue si fort pour exister, si fort pour trouver une place, si fort pour ne plus être que mes défaites ou ma souffrance et voilà la récompense. Balayée, oubliée…effacée comme une saleté sur le coin d’un rétroviseur. Comment peut-on me faire ça ? Comment peuvent-ils décider ce qui est bon pour moi ? MA vie ! MES choix !!! N’était-ce que du vent ? Que des mots livrés au vent changeant ? Suis-je si mauvaise, si…oubliable !!
Le désespoir et la colère, la haine viendra plus tard, car je vous hais d’enfer pour ce que vous venez de faire, je vous hais du fond de l’âme pour cette trahison. Jamais je n’aurais trahis, moi, JAMAIS. Vous m’enterrez, vous me tuez une seconde fois, sans trompettes ni honneurs, cette lettre sera mon linceul. Pourquoi…Qu’ai-je fait pour mériter un tel traitement alors que je n’étais pas de taille.

Ma main tremblante se referme sur la lettre et fini par la froisser, jusqu’à l’écraser dans un déchirement froid et sans appel alors que livide de colère contenue, une unique larme dévalant ma joue, larme que je viens essuyer avec un geste rageur de refus et qui une fois de plus m’arrache un gémissement de douleur.

- C’est..c’est pas moi qui pleure, ce sont mes yeux.

Mon regard se perd contre le plafond, oublieuse de la présence d’Amy, la lettre froissée tombant sur le sol.

- Ils m’ont chassé…Je ne suis plus rien. Ils m’ont abandonné ici…comme…comme une feuille de papier hygiénique utilisée. Il nettoie leur merde, ils tirent la chasse…Qu’ils crèvent…qu’ils crèvent tous… Je..Je vais aller voir le BAM, je vais les livrer tous jusqu’au dernier, qu’ils pourrissent en taule ou qu’ils finissent grillé sur une chaise électrique…je…FAIS CHIER !

Je frappe des deux poings sur le lit et me convulse aussi tôt en un éclat de douleur.

- Gnnnnaiiiiiiiiiiiiie !!! Ca…Ca sert à quoi de rester en vie si c’est…pour subir ça…

Me recroquevillant sur moi-même, je lui tourne le dos en gémissant.

- T’as qu’à lire…tu verras…tu verras par toi-même…ce que ça vaut tes putains de liens familiaux…Il m’a dit qu’il…qu’il me considérait comme sa fille…comment on peut faire ça…comment on peut…je le déteste, je les déteste tous. J’aurai préféré mourir, la mort, oui..aimée, entourée.. mais l’abandon…Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça.

Un long silence.

- Amy…qu’est-ce que je vais devenir maintenant que je suis toute seule ? Qu’est ce…que..je ne sais pas quoi faire moi…je n’ai jamais su…

Je l’écoute me répondre en silence avant de me tourner vers elle, le visage inondé de larmes et une main tendue vers elle, une main ensanglantée. Main que je gardais sur mon ventre alors que des points de suture avaient cédés sous mon énervement.

- Amy..ca..ca saigne !
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Amy de Lauro
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MessageSujet: Re: Survivante. ( Pv Amy)   Lun 3 Fév - 20:09

Son souffle s’accélère, et je n’ai pas besoin de la regarder pour savoir qu’elle se crispe. Je ne peux lui laisser que l’intimité de la vue, car si détourner le regard est facile, le fait de l’ouïe ne l’est pas, pour ne pas dire que c’est impossible. Dans tous les cas, elle lit, et ce qu’elle lit lui fait mal. Reste à savoir pourquoi, et comment l’aider à s’en remettre ; j’ai de vagues idées pour l’un comme pour l’autre, mais seule la patience me permettra de les appliquer, ou de m’en forger de nouvelles. La lettre finit par être froissée dans un bruit unique et caractéristique, signe, je l’espère, qu’elle a été finie de lire, et non que Jade a abandonné en cours de route, sans quoi, sans doute ne reprendra-t-elle jamais.

Son gémissement me fait me retourner, mais je n’ajoute rien, écoutant son excuse et, si je ne puis m’empêcher de légèrement baisser la tête d’une tristesse nommée pitié, chose nullement péjorative contrairement à la croyance, je m’enferme dans mon mutisme. Sans doute devrai-je partir, pour que ses yeux puissent pleurer à l’abri des regards, c’est une pudeur que je comprends parfaitement, et que je partage, même si j’ai la chance d’avoir une personne pour me regarder dans tous mes états, et m’aider à en sortir quoi qu’il advienne.

- Ils m’ont chassé… Je ne suis plus rien. Ils m’ont abandonné ici… – sentiments logiques, qui ne sont pas totalement faux, mais certainement pas vrai, même si cela restera à expliquer – comme… comme une feuille de papier hygiénique utilisée. Il nettoie leur merde, ils tirent la chasse… – c’est étrange, dit comme cela, et c’est surtout montre d’une colère qui montera dans le refus d’une telle condition ; quoi que j’eusse put faire auparavant, c’est maintenant que le volcan va exploser, et ce ne sera pas contre nous – Qu’ils crèvent… qu’ils crèvent tous…  Je… Je vais aller voir le BAM, je vais les livrer tous jusqu’au dernier, qu’ils pourrissent en taule ou qu’ils finissent grillé sur une chaise électrique… – vengeance, et de façon intelligente et raisonnée ; si je ne puis dire que je ne m’y attendais pas, je ne peux pas non-plus dire que je ne dois pas me méfier de cela. Oh, je ne protégerais pas les Confréristes, d’autant que les données sensibles sur les plus éminents d’entre eux comme les positions de leurs bases doivent être bridées télépathiquement, cependant c’est ce genre de défaut qui peut très vite dégénérer, surtout chez des personnes au passé trouble et/ou entrainées dans la violence, choses que je suppose chez elle – je… FAIS CHIER !

Un geste, violent, mais plus que la violence, ou le cri qui la suit, c’est ce qui interrompt la première et déclenche le second qui m’effraie : un déchirement. Un déchirement tissulaire qui présage le pire. J’ai merdé et correctement, si c’est bien ce que je crois ! J’ignore sa phrase suivant, qui de toute façon n’est pas réellement une question, pas même rhétorique, sachant que dans tous les cas et malgré ce qu’elle dira sous l’émotion, Silent veut vivre, ne serait-ce que survivre.

Je n’ai qu’à lire ? Cela n’est pas dans mon intention, surtout qu’une odeur peu familière mais malheureusement pas inconnue vient m’effleurer les narines, me faisant avancer vers elle avec inquiétude. Mes putains de liens familiaux valent ce qu’ils valent, je suis consciente, et ce n’est nullement une telle parole qui me fera douter en eux : c’est bien parce que Kyle t’aimait comme sa fille qu’il t’a placée ici, Jade. Mais pour l’instant, cela importe moins que ce que tu viens de faire. Déteste-les autant que tu veux, mais ne te blesse pas !

Je suis à côté du lit rapidement, alors que le silence se fait, le contournant en faisant mine de vouloir lui faire face à elle, alors que je me rapproche de la porte en prévision d’un appel aux infirmières, qui ne seront pas de trop pour ce qui va suivre.

- Amy… qu’est-ce que je vais devenir maintenant que je suis toute seule ? Qu’est ce… que… je ne sais pas quoi faire moi… je n’ai jamais su…

- Tu n’es pas seule, Jade. Et on t’aidera à trouver quoi faire, je te le promets.

Elle me regarde, elle pleur et elle avoue son mal, et dans l’instant suivant, je change de trajectoire pour la porte. Même dans cet instant, je ne panique pas, principalement parce que je réagis bien plus vite qu’elle, mais mes gestes se font bien plus vifs et précis.

- Tu as fais sauter tes points de suture. Pour l’instant, fait pression pour retenir le sang, dis-je rapidement, en un autre signe de la tension qui me fait accélérer, alors que j’ouvre la porte qui donne sur la pièce principale. Teryl, les sutures ont pétées.

Ordre, bref, concis, et même si je n’ai pas à lui en donner, je sais qu’elle s’exécutera. D’un regard à Jade, je vois le fil, je vois les points, et je vois où cela à lâché, même si le sang de m’y aide pas ; et je me penche vers cela.

- Jade, voici comment cela va se passer : une infirmière va retirer le fil actuel, puis désinfecter, anesthésier et recoudre. Il va falloir éviter de bouger, et ne pas regarder de préférence. Tu ne sentiras rien dès que l’anesthésie sera faite, et Mlle Ticalamira sait ce qu’elle fait, c’est son job.

Pourquoi ne pas utiliser les dons d’Irina Cameron, notre guérisseuse, pour nous épargner tout cela ? Une simple raison : Jade Dikinson est le genre de personne que ses blessures forceront à tenir tranquille, si nous les lui en ôtons trop tôt, elle s’échappera et toute tentative de gagner sa confiance et de la convaincre de rester ici sera infructueuse, car nous ne serons plus des aides mais des gênes. C’est moche qui comme ça, mais c’est ainsi.

- Ca va bien se passer, conclus-je en m'approchant d'elle à nouveau, pour l'aider.

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MessageSujet: Re: Survivante. ( Pv Amy)   Sam 8 Fév - 11:17


Une personne en blouse blanche entre rapidement, mon regard affolé va de cette personne qui m’effraie énormément à Amy qui me parle sur un ton calme et presque…professionnel. Elle fait cela pour éviter l’affolement et normaliser la chose. J’avais lu un article la dessus sur le Net, une fois. Elle se débrouille bien, je ne l’avais vu sous ce jour-là et pourtant…Je sais d’elle que c’est une X Men, je la connais de façon bien plus intime qu’il n’y parait. Je l’ai vu battre des mains sous le spectacle de Caitlyn, le regard pétillant d’Amour pour elle, je l’ai entendu au téléphone littéralement mordre les fesses de sa moitié lors de leurs ébats peu discrets…dont j’en ai aussi entendu la virtuosité sonore. J’ai écrasé une larme solitaire dans ce parc lorsqu’elle a échangé ses vieux avec Caitlyn. Oui…Je suis injuste et je m’en rends compte, je connais intimement Amy de Lauro bien avant de la connaitre socialement, c’est assez paradoxale. Il n’y a pas de « médecin » ici, il n’y a pas de « x woman », c’est surtout ma tante qui me tend la main, et j’ai du mal à accepter que quelque part, oui, il s’agit bien du dernier lien qui me reste…qui me tient encore en ce monde. Est-ce que c’est ça que tu voulais que je vois Kyle ? Est-ce que c’est la raison qui t’a poussé avec Lorna à me placer ici ?

Pour l’heure, la panique me pousse à nouveau à commencer à disparaître alors que l’infirmière remonte le drap pour exposer ma peau nue. Je m’affole, je ne veux pas qu’on me voit, pas comme ça…je ne le veux pas. Mais je dois m’accrocher, d’un geste vif alors ma main ensanglantée enserre le bras d’Amy alors que serrant les lèvres, livide et encaissant la douleur, je m’accroche désespérément à son regard.

- Reste…aide moi à…à me concentrer.

Ce lien ensanglanté, il signifie beaucoup. C’est de l’acceptation dans tous les sens du terme. Acceptation de ce qu’il m’arrive, acceptation de ce qu’elle est. Est-ce que tu vois combien je saisi cette main que tu me tends ? Ru es assez intelligente pour voir au-delà du geste, pour voir l’engagement qu’il signifie…j’en suis certaine.
Parler pour supporter l’opération, la douleur est secondaire, c’est juste une information, il faut la contourner, partir ailleurs.

- Regarde pas…j’aime pas…je ne supporte pas quand…on regarde ma peau nue…C’est pour ça, les vêtements. Je vais être sage…Je vais guérir…je vais vivre et tu vas m’aider. Et apres, Cait, toi et jub’…On ira retrouver Kyle et puis..on…on le ramènera et puis..on apprendra à se pardonner…c’est comme ça qu’on fait dans une famille, non ? C’est…je crois…J’ai besoin d’y croire, moi. Tu m’aideras, dis ?

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Amy de Lauro
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MessageSujet: Re: Survivante. ( Pv Amy)   Lun 10 Fév - 19:58

Sourcils levés et rapprochés, paupières supérieures relevées, paupières inférieures tendues, lèvres tirées vers l’extérieur du visage pour laisser une légère ouverture à la bouche et permettre une inspiration ; peur. Immédiate, instantanée, primaire.  Jade craint l’inconnue, quant bien même j’ai faites les présentations ; d’un autre côté, c’est sans doute la seule raison qui fera qu’elle ne réagira pas à sa peur outre mesure. Je pense qu’elle aurait laissée Ticalamira faire son office, là n’est pas la question, mais si elle n’avait été prévenue, sans doute l’adolescente aurait eu d’autres gestes de protection, qui plus qu’être inutiles, étaient des risques de nouvelles déchirures. Néanmoins, son cœur s’accélère quant même, et lorsque l’on a une hémorragie, c’est une complication. Moindre cependant qu’une invisibilité, cependant.

Panique. Leurs gestes sont si lents, même les plus rapides, que mon retrait s’apparente à de l’inaction ; non, je ne suis pas habilitée à recoudre une plaie, mais je sais coudre. Je ne suis pas habilitée à nombre de choses que je sais pourtant faire, comme nombre d’autres, mais j’ai la particularité de les faire beaucoup plus vite. Et dans ma vive contemplation, je saisis une grande part des nuances de ce qui ce passe, et je vois cette volonté que de survivre et d’accomplir ce qui doit être fait ce dessiner sur le visage de Silent avant même qu’elle ne tente de projeter sa main sur moi ; c’est bref, mais je capte les contractions musculaires précédents le geste, même si elles ne sont que d’une seconde.

Je te laisse me prendre, Jade, je te laisse m’attraper en réagissant à ton rythme, je te laisse me retenir sans résistance, car même si tu n’en as pas physiquement la force, celle que je lis dans tes yeux me convainc de le faire ; tu parlais de faiblesses, il y a peu, sous-entendant que tu étais forte, mais ce que je vois dans ton regard est ce besoin de force. Tu ne peux pas être forte, ou suffisamment forte, seule, et tu l’admets, consciemment ou pas. Je te donnerais cette force, je t’aiderai à lutter, et je te le signifie ; une seconde après que tu m’ais touchée, je réagis, prenant ta main de mon autre. Tu n’as pas finie ta phrase que j’accompli ce que tu me demandes.

Le sang attire mon attention un instant, par sa moiteur et son contact si particulier, mais il ne m’écœure pas, non, il me fascine, et m’est douloureux, placé sur mes mains, car il prend une symbolique qu’elle ne peut concevoir car elle ne connait nullement mes fantômes, mais ils peuvent se résumer ainsi : l’ange à la main sanglante. Sauf que cette fois, le sang qui me souille ou m’honore, je ne sais, n’est pas celui que j’aurai versé, mais celui d’une personne que je vais aider ; c’est étrange, cela me fait étrange, et me demandera réflexion. Plus tard.

Pour l’instant, la priorité reste la personne à qui il appartient, ce sang, et à ce qu’elle vient d’accomplir. Je te donnerais de la force, Jade, je te soutiendrai et je t’aiderai, je l’ai dit, et je le veux toujours. Tu as acceptée, ainsi donc, tu devras te débarrasser de moi pour que j’arrête.

- Regarde pas… j’aime pas… je ne supporte pas quand… on regarde ma peau nue… C’est pour ça, les vêtements. Je vais être sage… Je vais guérir… je vais vivre et tu vas m’aider. Et apres, Cait, toi et jub’… On ira retrouver Kyle et puis… on… on le ramènera et puis… on apprendra à se pardonner… c’est comme ça qu’on fait dans une famille, non ? C’est… je crois… J’ai besoin d’y croire, moi. Tu m’aideras, dis ?

Dégageant mon bras, le libère mon autre main pour la tremper dans le sang du serment, tenant fermement la sienne, entre deux paumes protectrices. Et je la regarde, droit dans les yeux, clignant même des miens pour laisser apparaitre les prunelles azurées.

- Je te regarde dans les yeux, Jade. Et je te le promets : je t’aiderais à guérir, à vivre, à retrouver Kyle, à apprendre à pardonner. Je t’aiderais à croire, en toi et en nous. Je ne peux te garantir qu’on ramènera Kyle, mais on essaiera.

Je me tais, et continue de la fixer, sans plus bouger moi ; elle ne doit pas plus regarder que moi, elle ne doit pas bouger non plus. Alors je prolonge notre échange de regard, je prolonge cette promesse, je témoigne de la sincérité de ce que je fais et de ce pourquoi je le fais. Je n’ai pas de bon exemple de famille à donner, non, la mienne n’est qu’un ramassis de dégénérés et d’ordures, même s’il en est une qui sort du lot, tandis que celle de Cait’ dispose de ses propres problèmes, de ses propres troubles et heurts ; mais celle qu’on n’essaie d’avoir ensemble, avec Caitlyn, oui, c’est ainsi qu’elle fonctionnera. Au pardon et à la seconde chance, à l’entraide et à l’amour ; à la croyance dans les autres. Ceux qui nous sont liés auront une chance de s’y intégrer, que ce soit par le sang ou par le cœur, mais plus que l’héritage de lignées, celle des Kenneth, celle des Elioth ou celle des Grigori, nous fonderons notre propre héritage, celui des Elioth de Lauro. Que ceux qui l’accepte s’avancent, que ce qui le refuse s’en aillent, nous, nous resterons.

Et si je ne peux assurer que Kyle viendra, je peux t’assurer une chose, Jade ; tu es la bienvenue, et plus qu’y croire, tu vas le vivre.

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