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 Un café et deux croissants. [PV Cait']

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Jubilation Lee
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MessageSujet: Un café et deux croissants. [PV Cait']    Sam 21 Déc - 22:45

Quelques temps après la passation de Rachel Summers.

Je ne n'ai pas réussi à la trouver à la sortie de la passation. J'ai du attendre un peu pour pouvoir l’interpeller. Elle a du fuir pas mal de monde après ce qu'elle avait dit. En soit c'était compréhensible mais pas moins inquiétant. Je ne comprends toujours pas ce qui lui a pris de mener ainsi sa passation. Ah ? C'était la passation de Rachel ? Désolé... Je n'ai pas vu ça sous cette angle. La personne menant l'entretient, celle qui hésitait, celle qui souffrait, celle qui n'était pas sûr d'elle-même ; en aucun cas c'était si identifiable que cela. Mais malgré cela, je ne comprends toujours pas si vider son sac ainsi servait réellement cette passation ou si ce n'était pas le seule foutu moyen qu'elle avait trouvé pour le faire. C'est aussi vexant que ça soit balancé de la sorte que je n'ai rien pu faire en amont. Pourtant j'ai essayé ! Je ne suis pas si bigleuse que cela et j'avais bien vu que quelque chose n'allait pas, qu'il valait mieux en parler et … Je n'ai pas réussi à aborder le sujet.

Mais aujourd'hui je n'ai pas l'intention de lâcher le morceau. Alors qu'elle passe dans ce couloir, arrivant en face de moi. Je suis adossé au mur et la regarde de biais, lunettes sur le front, alors que mes élèves sortes de ma salle. Non, je n'ai pas donné de cours dans une salle, je m'occupais juste de les surveiller pendant leurs retenues. J'aurai préféré les faire courir et bosser quelque chose d'utile mais il parait que cela ne fait pas assez punition. Pourtant beaucoup seraient sortis en pleurant si j'y mettais du miens ! Mais là n'est pas le propos. Alors que Caitlyn arrive presque à ma hauteur je lâche assez fort pour qu'elle m'entende :

« Yo. »

Je ne souris plus bêtement. Cela devrait suffire à décrire dans quel état d'esprit j'étais à ce moment. Mains dans les poches, je la regarde avec un regard à la fois inquiet et accusateur. J'essaie de voir plus loin que son visage et de comprendre ce qui a motivé tout cela, ce qui l'a poussé à en arriver là et ce qu'elle a essayé de faire pour s'en sortir.

« T'as du temps pour qu'on cause ? »

Oui, causer. Mais rassure-toi Caitlyn, même si tu n'as pas de temps libre j'ai une furieuse envie de le trouver pour toi. Tu ne crois quand même pas que tu pourras échapper à ta soi-disante meilleure amie après avoir déballé ton sac et certainement versé quelque larmes dans les toilettes des filles ? Considère moi comme ton ennemie si tu le souhaites mais je ne te lâcherai pas. Je ne te laisserai pas tomber

« Dans un endroit plus calme, bien sur. »

Cela tombait bien que la salle derrière moi se vidait même si, du coup, parler avec elle sérieusement la dedans ressemblerait à une convocation par le professeur principal. Enfin, peu importe.
Ma bulle de chewing-gum gonfle en même temps que mes joues alors que j'attends sa réponse.

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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Un café et deux croissants. [PV Cait']    Dim 22 Déc - 17:32

J’étais over stressée. Trois jours avant le foutu concours de Droit, dernière ligne droite avant Noel et une succession de nuit de plus en plus courtes et de moins en moins actives. Je quittais rarement la chambre, plongée dans des tonnes d’ouvrages à mémoriser. J’avais promis à ma belle de me rattraper après le concours mais pour une fois, ce n’était plus vraiment le Castor Frustré qui était d’actualité mais plutôt la fougère…Ça change et ça me prouve que elle aussi, le manque l’affecte aussi rapidement que pour moi. Elle était ma première supportrice et m’étonnait par sa capacité à me faire réviser sur un sujet qu’elle ne connaissait pas, faisant preuve une fois de plus de ses capacités intellectuelles hors du commun. Bordel, avec sa polymorphie, l’idée de l’envoyer à ma place me hantait parfois tard dans la nuit. Non, c’était tricher…C’était mal, quoique…Ah non, je peux le faire toute seule, merde !

Je lisais un ouvrage de jurisprudence de la cour de Bâton Rouge  tout en remontant vers l’appartement en étant passée par la cuisine, j’avais bloqué sous le bras un petit saladier de clémentines et je mangeais avec classe et distinction une grosse banane. Ok, d’accord, quand on est comme moi, rousse, sexy, active sexuellement et évoluant dans un environnement saturés d’hormones de jeunes ados s’éveillant à la vie et qui à la seule vue d’un bouton de chemisier dégrafé fabriquent des planisphères en série dès que la lune se lève, on s’en va pas s’engouffrer goulument une banane de cette manière lascive. Et je ne vous raconte pas quand je mange un abricot ou que je me régale d’une bonne glace…Surtout que pour tout vous avouer, je suis aussi habile avec ma langue qu’avec les doigts, ah caaa, dextérité…quand on peut joindre l’utile à l’agréable, faut pas se priver. C’est à cette réflexion pleine de perversité et de fausse innocente que j’en étais après avoir fait fuir une fois de plus un jeune garçon dont le nom m’échappait et qui était devenu aussi rouge qu’une Rachel pétée à l’Irish Redhead.

Je ne la vois pas toute suite, perdue dans ma mémorisation, c’est son «  Yo » qui me fait sursauter et de la voir dans cette posture avec une absence de sourire et une pose des plus sérieuse, ça présage que d’une seule chose. L’explication est venue. J’ai déjà dû affronter Xavier il y a deux jours et Emma il y a peu. Le silence radio est effroyable avec Ororo et Jubilée m’observe en coin alors que nous sommes si proche. Je m’immobilise et l’observe froidement un instant.

- Yo.

C’est d’abord l’unique mot que je formule avant qu’elle m’autorise à reprendre ma route ou pas, intérieurement, je hais déjà cet instant et probablement tout ce qui va suivre. Notre amitié est en standby, je le sais et j’ignore comment elle va redémarrer.

- « T'as du temps pour qu'on cause ?.... Dans un endroit plus calme, bien sur. »

Je fermais mon ouvrage en laissant mon bras tomber le long du corps. Puis je pris une inspiration assez profonde pour la fixer avec un regard des plus froids.

- Non, je n’en ai pas. Mais je suppose que je ne m’en sortirais pas comme ça, hein ? Si c’est à ton amie Cait’ que tu as des choses à dire, je trouverais le temps sur le champ mais si c’est à Fuzzy que tu veux t’adresser, je crois qu’elle a fait le tour de ce qu’elle avait à dire.

Je soutiens son regard quelques secondes avant de rentrer dans la pièce en soupirant lourdement. Une fois à l’intérieur, je dépose ma corbeille et mon livre sur le bureau afin de croiser les bras sur la poitrine en une attitude d’écoute tout en murmurant.

- Bon…Vide ton sac, qu’on en finisse.

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Jubilation Lee
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MessageSujet: Re: Un café et deux croissants. [PV Cait']    Dim 22 Déc - 23:57


L'amitié c'est comme un jeu de construction. Je fais et je défais, je construis et détruis sans pour autant cesser d'aimer y jouer.

C'est comme dans les jeux de construction
Je construis soigneusement des murs avec des briques
C'est comme dans les jeux de construction
Je regarde ma boîte de briques vide
Tu détruis innocemment mon mur avec tes mains sales

Je la laisse entrer dans la pièce, lui renvoyant sa blessante froideur. Mon dieu que je déteste faire cela, cela me répugne, cela me fait mal, cela me déchire les putains d'entrailles. Mais j'en arrive à un point ou repousser l'échéance serait pire que de ne pas agir qui serait pire que ce que je fais en ce moment. Je la suis, fermant un instant les yeux pour balayer le doute. Fermant la porte, je m'adosse à cette dernière, les mains toujours dans les poches, l'observant. Elle est tout aussi sur la défensive que moi d'ailleurs.
Caitlyn ou Fuzzy ? Quelle question ridicule. C'est si arrangeant de jouer les schizophrène, de cacher une part de soi derrière une identité ? C'est plus facile à jeter, à renier, à oublier ? Je trouve ça lâche, terriblement lâche. Je ne m'adresserai pas à tes foutus noms de codes Caitlyn, je m'adresse à toi un point c'est tout. Ça doit être Rachel qui déteint sur elle, ou encore Amy. Elles ont toutes cette habitude merdique de se croire plusieurs alors qu'elle n'arrivent même pas à se gérer elles-mêmes. Je veux bien concevoir qu'une pièce a deux faces, mais pour moi ça reste une pièce. Tu ne peux pas foutre une partie à la poubelle ou la cacher éternellement, ça ne rime à rien. Caitlyn, Fuzzy, Amy, Amaranth, Phenix, Rachel... Putain je vous emmerde ! Arrêtez de vous la péter avec vos noms à la con ! Venez pas vous plaindre si vous faites des crises identitaire après... Ne me rendez pas la tâche de vous ramener plus difficile qu'elle ne l'est déjà...

« C'est donc ça que tu veux... En finir. Je comprends, t'as sûrement beaucoup mieux à faire. Excuse-moi de m'impliquer dans ton emploi du temps hein, surtout. Toi ton sac, ça fait longtemps que tu l'as vidé c'est ça ? Et puis seule parce que c'est sûrement plus drôle. Ahah, qu'est-ce-qu'on se marre ! Bah... Laisse tomber, je veux juste te poser une question, Caitlyn. »

Ne pas douter, je sais que ce que je fais est juste ! Je le sais. Ce n'est pas le moment de tomber dans les insultes et la provoque facile, cela ne mènera à rien de s’engueuler ici. De toute façon, on ne peut pas tomber plus bas visiblement donc autant essayer d'aller vers le haut, pour changer. De voir devant, de progresser ensemble. Je veux juste savoir une chose, je veux avoir son avis à elle. Son véritable avis.

« Tu veux quoi ? Au fond de toi, tu rêves de pouvoir faire quoi de... de... de ta vie ? »

Qu'elle place tu me laisses dans cette avenir, Caitlyn-Fuzzy-bornée-de-foutue-rouquine ? Je fais quoi moi à partir de maintenant ? Je te laisse tranquille, pour en finir au plus vite ? Je te laisse manger ta banane et réviser tes cours sans rien dire ? Je te laisse faire ce que tu as prévu ? Ou bien je te botte le cul pour que tu le bouges enfin à faire ce qui pourrait donner à nouveau du sens à tes convictions ?
Mes mains ou plutôt mes poings, serrés, tremblent dans les poches mon pantalon alors que mon cœur heurte violemment ma cage thoracique.
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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Un café et deux croissants. [PV Cait']    Lun 23 Déc - 8:48


La charge ne se fit pas attendre, l’agression répondant à l’agression. Je mordais, j’en étais parfaitement consciente mais je ne savais pas vraiment comment agir autrement. Avec Emma ou Ororo, j’étais préparé à cette discussion avec Jub’ rien ne se préparait jamais. Kyle aurait pu temporiser entre nous, préparer le terrain et arrondir des angles bien trop tranchants. Mais Kyle n’était plus là depuis les évènements de Septembre menant en solitaire une vendetta personnelle et destructrice. Une douleur muette de plus que nous partagions sans en parler. Nous savions toutes les deux pour aimer de façon différente un même homme où cela allait le conduire, inévitablement. Je m’étais refermée sur moi-même, sur mon univers en inertie, je le savais mais c’était là une unique façon de gérer les questions existentielles qui m’avaient démolie l’âme et le corps. J’avais conscience de l’avoir laissé, ma meilleure amie, sur le bord de la route : c’était sans doute là, la seule chose que je regrettais sincèrement dans tout le chaos de ces derniers jours.
Ses mots étaient plus durs encore que les miens mais bien plus francs, soulevant ce que mes propres paroles laissaient supposer, ce qu’elles avaient de blessants et pernicieux.

Mon expression se glaça de douleur alors que le seul indicateur d’émotion visible opérait son alchimie étrange, mes iris fixes et faussement calmes gagnant en intensité de bleu. Je doutais même qu’elle fut au courant de ces changements physique chez moi, pas depuis les évènements de San Francisco…Mon Dieu Jubilée, depuis quand avions cessé de nous parler ? Depuis quand avions nous cesser de nous croiser en nous reconnaissant l’une et l’autre ? Je refusais de croire que c’était là uniquement ma faute, c’était impossible à concevoir. Pouvait-il subsister quelque Force maligne et mal intentionnée destructrice de ces amitiés fragiles et qui avait ourdi en solitaire son plan dévastateur ? Non, j’étais assez sincère et peinée pour comprendre combien nous nous étions manqués, combien nous avions merdé.

Mais le temps d’avant ne se répèterait plus. J’avais fini par m’adulter en sacrifiant sur l’autel de l’épreuve de la passation de ma sœur  tout ce qui me restait de réserves et de candeur. J’avais soldé les comptes de tous mes arriérés et tu en faisais partie mon amie, c’était là mon plus violent remord.

Non , ne laisse pas tomber, vas jusqu’au bout car je le mérite, fais-moi mal comme je te l’ai fait, comme nous le méritons toutes les deux. Et je te laisserai voir ce que je suis à présent, pas cette jeune fille pleureuse et peureuse que tu as connu, pas celle qui s’isolait en coulisses pour s’effondrer en rendant les toilettes inaccessibles aux envies pressantes, pas celle à qui on commandait un café et deux croissants. Tu verras ce que tu as toujours supposé : la glace sous les flammes, le métal sous la tendre écorce. Tu verras un visage que tu n’as pas appris à choyer, tu verras la fin des innocences et l’aube des résolutions et la vraie lumière de ce que vous nommez parfois conviction Je serai à nouveau forte pour les autres à présent, plus par votre soutient, vous pouvez passer à une autre, fabula acta est.

« Tu veux quoi ? Au fond de toi, tu rêves de pouvoir faire quoi de... de... de ta vie ? »

Je laisse trainer un long silence avant de porter mon regard vers le vide et de le reposer dans le sien aussi lourd qu’une arme, une fois mes réflexions terminées.

- Je ne regrette pas un mot de ce que j’ai exprimé, Jubilation. Je revendique chacun d’entre eux parce que grâce à eux, ce n’est pas une X Men que vous avez rallié à une cause mais deux.
Mais je regrette infiniment ce que je t’ai fait enduré et les mots blessants que je viens de te dire. Tu es ma meilleure amie, Jub et je n’ai même pas mérité le titre d’amie par mon comportement. Je te présente mes excuses, j’espère que tu pourras passer au-dessus de ça. C'est complètement déplacé de te balancer ça mais je t'aime...même si ca y ressemble pas...Pardonnes moi.


Je soupirais, m’asseyant sur le bureau et décroisant les bras.

- J’ai fait ce que j’avais à faire pour trouver seule un chemin qui n’est ni dicté par toi, Amy, ou tout autre…MON chemin. C’est à travers vous que j’ai existé judqu'ici, je devais prendre mon envol afin d’exister par moi-même. Sinon, j’allais finir par…par me détruire…

J’ébauchais un sourire timide, le premier depuis notre discussion.

- Je m’égare hein ? Alors écoute.
Je pense qu’il y a différente façon de s’engager dans un combat pour une cause. Hopes par exemple, était un X Men qui affrontait le monde de la bureaucratie, Warren celui de la finance…Le Combat n’est pas que dans l’affrontement des corps et des âmes…Il est dans le monde, partout, la dehors…Et c’est ce que je veux faire : Agir dans ce monde pour le changer en amont et pas colmater les brèches comme nous le faisons. Nous aurons toujours besoin de combattantes mais aussi de baptiseurs. A quoi sert le Soldat lorsque la paix règne ? A quoi sert l’homme de paix en temps de guerre…Les deux doivent exister dans une même démarche.
Alors voilà ce que je veux faire de ma vie, voilà mon chemin d’X Woman : agir DANS le monde.
Je vais passer d’ici quelques jours l’examen pour obtenir une licence de Droit avec spécialisation dans une nouvelle branche, le Droit Mutant. J’y travaille depuis plus d’un an. Je vais tenter de défendre par la loi puisque c’est ce qui cimente notre monde, notre société. Parallèlement, je vais m’engager dans des campagnes de sensibilisation de la cause mutante auprès des plus jeunes et des étudiants et petit à petit je vais collecter des fonds pour monter et ouvrir un second Institut sur la Côte Ouest, une Academie mixte avec Mutants et Humains pour apprendre les uns les autres : voilà mon rêve final : une école pour tous pour préparer un futur ensemble. Je vais réaliser le rêve de Xavier, celui d’origine : un monde où nous pourrons vivre sans avoir peur les uns des autres et il passe par l’éducation. J’ai fois en ça. Vraiment. L’institut est un cocon, il nous enferme des autres dans le but de nous protéger mais qu’avons-nous fait réellement jusqu’à présent à part nous défendre ? Rien…Si nous n’agissons pas pour changer les choses, rien ne changera jamais.

Tu sais, on ne ne peut pas changer le monde, mais on peut changer les faits, et si on change les faits, on change les points de vue. Si on change les points de vue, on changera l’opinion, si on change l’opinion, on change les scrutins et si l’on change les scrutins, ALORS, nous changerons le monde.

Voilà, mon amie, ce que je veux faire. Je vous laisse protéger le monde, moi je vais tenter de le changer.

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Jubilation Lee
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MessageSujet: Re: Un café et deux croissants. [PV Cait']    Lun 23 Déc - 22:52

Les excuses et les mots doux et sincères contrastes terriblement avec les quelques minutes précédentes. Je ne sais pas si elle me dit tout cela pour en finir rapidement et que je lui lâche la grappe ou si c'est réellement ce qu'elle pense. Non, je sais qu'elle le pense, je n'en douterai jamais, cependant, me l'aurait-elle dit si je ne l'avais pas coincée ici ? Si je ne l'empêchais pas de sortir en m'adossant comme un verrou sur la porte ? Non, je ne pense pas. De la même manière qu'elle a gardé tout cela pour elle avant de lâcher la purée à la passation, elle gardait également cela dans son sac me le jetant aujourd'hui comme on jette un os à un chien qui nous cours après pour s'en débarrasser.
Aujourd'hui ça ne marche plus, ça ne prend plus. On ne m'aura pas en me disant des mots doux, on me disant qu'on m'aime et que ça a toujours été le cas. Je ne me laisses plus berner et je vois bien, j'ai bien vu, qu'il y avait un grand malaise. Une grande incompréhension se trouvait figée dans mon regard lorsque j'écoutais ses paroles et ses questions lancées à Rachel. Je ne comprenais pas, je m'en voulais de ne pas comprendre, de ne pas avoir compris à temps malgré mes efforts. Depuis quand mes erreurs ont-elles commencées ? Où est-ce que j'ai bien pu foirer ?

Elle me considère comme une geôlière et même plus. Elle prend l'institut comme une prison, les X-mens comme des tortionnaires. Depuis combien de temps à-t-elle cela en tête ? Elle a souffert, emprisonnée sans oser crier à l'aide ou chercher à s'enfuir. Elle a souffert sous ce qu'elle prenait pour des coups de fouets. Elle n'était jamais à l'aise, jamais chez elle, jamais en phase avec ses convictions, jamais en phase avec ses idées. Elle était étrangère du début à la fin et cela l'a tellement rongée qu'elle n'a pu le laisser ressortir qu'une fois le trou devenu béant dans son âme.

Depuis combien de temps je suis aveugle ? Depuis combien de temps je la force à faire ce qu'elle ne veut pas sans même me rendre compte que je la force de quoique ce soit ? Bordel, je n'arrive même pas à savoir quand j'ai merdé, si j'ai merdé, depuis quand j'ai merdé. J'en viens même à me demander si la plaie de sa propre passation n'avait jamais été refermée et que depuis tout ce temps, mes simples paroles, mes encouragements, mes mots et ma volonté ne faisait pas que tourner une gigantesque lame de regret au fond de son cœur.
Je l'ai poignardée à combien de reprises ? Nous l'avons, X-men, poignardée involontairement combien de fois sans qu'elle n'en dise mot ?

« C'est vraiment ce que t'as ressentis ? Qu'on t'emprisonnait ? »

Ma voix est calme, je ne tremble plus ou moins et j'en profite pour jeter mon chewing-gum dans la corbeille non loin. Il n'a plus aucun goût à présent.

« Ça fait combien de temps que tu ressens ça... sans en parler... ? »

Je soupire quelques temps.

« Tu t'es déjà sentie de la famille, Cait' ? Dis-moi franchement si j'ai au moins réussi ça, une fois... »
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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Un café et deux croissants. [PV Cait']    Mar 24 Déc - 7:58


Je l’observais un long moment, véritablement bouleversée par ce que supposaient ses interrogations, par la monstruosité que je sentais poindre en dessous de ces pauvres questions tremblantes, ce sentiment sans appel de culpabilité de n’avoir pas fait ce qui devait être fait, d’avoir péché par manquement. Ce sentiment suintait à travers chaque pore de sa peau, chaque tremblement de cils. J’avais envie de la prendre dans mes bras et de la couvrir de caresses pour lui éviter de se torturer ainsi. Mais je suppose que les choses avaient été bien trop loin à présent. C’était une situation horrible et cette réaction me justifiait dans le choix d’avoir opéré ce revirement de cap de manière brutale et sans appel lors de la passation de Rachel.

- Jubilée, s’il te plait.

Je baissais les yeux, véritablement affligé par tout cela.

- A quoi ça rime ce que tu es en train d’faire. Tu te tortures pour…pour rien. C’est moi qui avais ce ressenti, pas toi. Tu n’y es pour rien, rien du tout. Pourquoi toujours chercher des réponses à des questions qui vont te déchirer ? Ca sert à quoi toute cette souffrance, ne peux-tu pas accepter une situation sans chercher à la disséquer, comme Amy ? Ne peux-tu pas simplement m’accepter moi sans te remettre en question? C’est le rôle et l’organisation des X que j’ai ouvertement remis en cause, JAMAIS notre amitié ni le fait que sans toi…sans toi…je n’en serai pas où je suis, mon captain..

Ce fut à mon tour de soupirer lourdement en détournant un regard devenu bleu intense.

- Tu veux qu’on aille jusqu’au bout, hein…plus de non-dits, si c’est à cette condition que tu pourras me pardonner et me voir comme celle que je n’ai jamais cessé d’être vis-à-vis de toi et que je serai toujours…alors allons y.

Un silence, yeux quasi clos.

- M’emprisonner ? L’Institut en lui même n’a jamais été une prison pour moi, tout ce qu’il y a de bon dans ma vie y est arrivé…Paradoxalement une partie du pire aussi. Je regrette juste son manque d’ouverture au monde mais peut-être était-ce à cause de mon statut particulier vis-à-vis du Bam…Le rôle de X Men en revanche…Je me suis fixé comme objectif de devenir X Men pour des mauvaises raisons, une sorte de sacrifice de rédemption, je n’avais pas compris que la rédemption devait venir de soi-même et pas un choix de vie suggéré par les autres, formulé ou non. Mettre ses dons au service des autres, quand ais-je vraiment fais ça, en tant que X Men ? Sincèrement Jub ? Quand ?

Sinistre a fait de moi un soldat, une guerrière obéissant à des ordres. Fortifiant son corps, aiguisant ses pouvoirs jusqu’à ce..ce que ca devienne dangereux pour moi. Je répondais à un nom de code, j’opérais des Missions, j’occupais un poste à responsabilité….Dis-moi ? En quoi porter l’écusson des X a été différent pour moi ? J’ai juste changé de « maitre » rien de plus. Je ne savais pas dire « non », j’ai dit oui à tout. Vous vouliez une arme, je serai une arme, vous vouliez un « petit singe » médiatique à donner aux enfants dans un costume de X ou à donner aux photographes dans la rue : j’y allais.  Mais jamais, une fois passé l’épreuve, personne n’est venu me voir en me disant : Caitlyn, et maintenant, tu veux faire quoi ?  Alors, J’ai fait ce qu’on m’a dit de faire, en bonne élève. Tu m’as aidé à devenir X Men, oui, tu m’as tenu la main…Mais la vérité c’est qu’être X Men, c’est être livré aux doutes, dans une solitude effroyable. Qu’est ce qu’on fait une fois X Men ? On fait ce qu’on peut et ce qu’on nous dit de faire…on survit. Il y a un an alors que je m’enfuyais d’ici, peut être que tu l’as jamais su, Ororo m’a convoqué au retour et m’a dit que d’ici, Le rôle de X Men, on n’en partait que les pieds devant et j’avais signée pour ça. Une vie de sacrifice et rien d’autre, je n’avais AUCUN choix, c’était comme ça. Quel genre d’endroit dis-moi ? Rajoute des barreaux aux fenêtres et tu visualiseras mieux.


Une pause et un sourire amer.

- Combien de temps ? Ça a commencé quelques temps après ma propre passation. J’ai compris alors que le plus dur pour un X Men, c’était surtout de le rester. Et puis…ça a commencé à me ronger…Après décembre dernier, surtout, et les résurgences de l’affaire Sinistre. Il y avait un vide…un vide de plus en plus énorme en moi, une impression de déchirement entre ce que je me forçais à faire : user de force en mission, travailler toujours plus loin mon pouvoir avec Storm, entendre parler de « guerre », «  bataille », «  stratégie », nous voir nous déchirer….Avoir cette impression d’être en dessous à chaque fois et me faire remonter les bretelles ou humilier pour ça. Ce vide…il a failli détruire mon couple, j’ai caché cela à Amy, même à Frost qui me suivait. La phobie de contact s’est aggravée et j’ai fini par tomber dans des crises de boulimie, comme lorsque j’étais gosse. Cette sensation de « remplissage »…de vouloir combler le vide, de me remplir afin d’être…d’être réelle et plus un rôle. J’avais l’impression que tout sonnait faux, même lorsque j’essayais de faire mon Job de conseillère…je mentais, offrant à des gens comme Mercury et Kaya , une voix royale jusqu’au précieux X. Je suis devenue en prime, la putain des X Men, la racoleuse…ca m’en dégoutait. Je n’étais pas d’accord avec cette vision de notre idéal, l’idéal guerrier. J’ai essayé d’en parler à Ororo et Emma mais…elles ont leur propre vision des choses et moi…tu sais…dès qu’il faut argumenter…les mots, c’est…heu compliqué, je m’embrouille…J’ai toujours été bonne à chouiner, alors c’est ce que je faisais.

Mais pas aujourd’hui, je n’allais plus pleurer même si j’en mourrais d’envie.

- De la famille ? Jub’…tu es l’une des rares personnes que je peux serrer dans mes bras sans gerber. Comment tu peux en douter ? TU es ma famille... Ce froid entre nous, je l’ai voulu oui…Mais tu crois que je n’en souffrais pas ? J’ai juste estimé qu’à présent, c’était à vous de me demander des comptes, plus à moi d’en rendre…C’est terminé. Après si tu parles de « la famille des X Men ». Je ne sais pas de quoi tu veux parler…Ca n’existe pas pour moi. Il n’y a pas d’équipe, Jub. Parce que dans une équipe, on bosse ensemble, on se connait et on se parle… Je ne connais même pas Warren par exemple et approcher Emma est compliquée. Qui il reste sinon ? Toi, Amy, Ororo et moi…Rachel est un cas à part. Il y a des liens, oui…mais le lien X Men, surement pas. Souviens-toi Décembre de l’année dernière, QUI a répondu présent…je sais que tu y penses aussi. Mais il y a plus grave…Depuis quand un X nous définit comme un « groupe », depuis quand doit on s’appeler par un nom de code pour nous « résumer » ? N’est-ce pas paradoxale de prôner l’intégration et de me balancer l’image de la « famille X Men » comme une caste de Super Mutants ? Voilà, ce genre de FAITS qui creuse mon vide, Jub…C’est de ça qu’il est terriblement question.
Faire partie de la « Famille X Men »…Pas un seul instant, Jub. Pas un seul. Faire partie de la Famille de l’Institut, oui depuis que des gens comme toi m’ont tendu la main. A la violence, offrons la chance de l’éducation, c’est notre seule et unique solution.


Je secouais la tête d’un air navré.

- Si pour toi, tu considères comme une « réussite » de m’avoir fait sentir ce sentiment d’appartenance à « une caste », tu te plantes largement et tout captain que tu fus c’est à moi de te le dire cette fois ci. Tu dis une grosse connerie ! C’est au contraire une réussite de n’être pas rentré dans le moule, de m’avoir laissé faire ce chemin jusqu’à moi-même et ce que je veux faire de ma vie. Je suis mon propre idéal à présent, je n’applique pas une pensée pré mâchée. CA tu peux en être fière. Soi fière de moi pour une foi que dans cette putain de vie, j’arrive enfin à l’être aussi un peu.
Et pose-toi cette question, Jub, qu’est-ce que tu veux faire de la tienne…de vie ?

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Jubilation Lee
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MessageSujet: Re: Un café et deux croissants. [PV Cait']    Jeu 26 Déc - 21:39

Je ne comprenais toujours pas comment on avait pu en arriver là. Mais quelque part, ses propos me rassuraient sur l'idée de base que j'avais de sa situation. Elle n'était pas aussi désespérée et déprimée qu'elle avait laissé entrevoir et ce n'était que les signes de sa renaissance, de son renouveau et des nouvelles ambitions germant dans son regard. Finalement, ce qui m'effrayait c'était ce que Caitlyn disait à propos d'Ororo. J'aurai vraiment aimer pouvoir unir les X-mens plus ou moins bien, mais il faut croire que ceux qui sont censés savoir tendre la mains n'arrivent même pas à être camarades. Plus je tentais de calmer les divergences entre les membres de l'équipe, plus je tentais de pardonner, plus je me retrouvais confronter à des propos de ce genre. Cela faisait mal, terriblement.

« Tu aurais du te sentir libre d'agir comme bon te semblais depuis le début. Je comprends pas comment tu as pu rester dans ces sentiments d'oppression depuis tout ce temps et ne réagir que maintenant... Je comprends pas... Je comprends pas ce que tu veux me dire par humiliation... Je comprends pas comment Ororo a pu dire une chose pareille... Être X-men c'est pas forcément suivre les autres, faire ce qu'on te dit, agir comme un petit chien... C'est être libre d'agir de la manière qu'on pense la meilleure pour soi, pour les autres, pour le monde, pour ses amis, pour ses convictions et que sais-je encore... Si on passe X-men devant tous les autres membres c'est qu'ils approuvent et savent que dorénavant, quoiqu'on fasse, quoiqu'on tente, on le fera toujours avec l'idée que... que... qu'on agit pour ce qu'on pense être le mieux... Si on est observé par tout le monde c'est qu'ils nous pensent aptes d'être... d'être libre ! Pas enfermés ! Libre ! Y'a mille et une façon d'être X-men... Non. Y'a une infinité de manière d'être X-men, une pour chaque personne ! Chacun à sa voie, son chemin à suivre qu'il doit trouver... On... On doit pas imposer, on doit pas contraindre et pourtant... Pourtant c'est ce qu'on t'as fait pendant tout ce temps ! »

Elle essayait de changer de sujet ou bien c'était un reproche dissimulé à mon propre mode de vie, à mes propres convictions ? Je n'en savais rien, actuellement, je n'avais pas les idées assez claires pour percevoir une subtilité dans sa question.

« Je... Je sais très bien ce que je veux faire de ma vie, c'est pas ça le sujet. Mais si tu m'aimes comme tu le dis... Tu fais partis de la famille, parce que je suis une X-men et pour moi t'en resteras une quoiqu'il arrive ! Car... je sais que tu peux être libre d'agir à ta manière pour ce que tu penses être bon. Et j'ai beau être Jubilee, je suis fière d'être X-men et je suis fière de te considérer comme ma famille, parce que oui, même si on est que deux, même si on est que toutes les deux, on forme aussi une famille qui doit s'aider et s'écouter et surtout se parler. Et on est pas que deux... »

Il y en avait une troisième à qui j'aimerai aussi parler même si je ne sais pas exactement quoi lui dire.

« Quoique tu choisisses de faire, Cait, depuis ce jour où je t'ai donné ma bénédiction et t'ai encouragé à devenir X-men, je serais fière de toi. Je serais fière de ta liberté. Quoique tu choisisses d'accomplir j'aimerai pouvoir t'aider autant que je le peux ! Pas te conseiller, pas te faire des reproches simplement t'aider... Sois une X-men ! Deviens une X-men à ta manière et prouve aux autres qu'ils ont tords ! À Storm, à moi aussi si tu le penses ! Promets-moi de ne plus te laisser influencer, d'accord ? Te laisse pas emprisonner, jamais. Et puis... »

Je m'arrête un peu pour passer mes mains sur mon visage et dans mes cheveux.

« Je veux savoir... Quelle place tu me laisses dans ton avenir, Cait' ? Quel rôle j'aurai le droit de jouer pour ne plus t'influencer mais rester à tes côtés... »
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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Un café et deux croissants. [PV Cait']    Dim 29 Déc - 20:56


Jubilée, je n’oublierai pas de sitôt le jour où je t’ai vu passer de la colère froide aux bafouillages, je n’oublierai pas ce jour où j’avais occulté pour un temps, le temps de me reconstruire, ce que tu as toujours été pour moi et ce que tu resteras toujours. Quel chemin depuis cette jeune teigne arrogante qui en guise de présentation t’a ouvertement giflé par bêtise et provocation puérile à cette jeune femme qui se tient devant toi, calme et indépendante mais dont le visage grave et défait reflète toutes les douleurs du monde à te voir t’ouvrir ainsi ! C’est à toi que je dois ce changement, à toi, aux autres, à cet endroit. Je suis ta fille Jubilée, je suis ta fille comme je suis la fille d’un esprit idéaliste, la fille d’un clan idéaliste mais je suis aussi le fruit d’une époque où les repères n’existent plus, une époque que toi tu peux encore percevoir mais que d’autres, usés de trop de combats, n’arriveront plus à comprendre. Tu es ce que l’Institut à de plus grand en cette époque de doutes et de tristes certitudes, tu es LA X Men qui reflète ce temps et tu as assez d’humilité pour ne pas le voir. Et je te regarde attristée et admirative, je te regarde avec cet amour au fond des yeux alors que tu te débats dans tes exaspérations et tes responsabilités de leader née, parce que c’est ce que tu es même si ça te répugne. D’ici dix ans, tu dirigeras l’Institut comme chef des X Men, nous le devinons tous et sans doute que toi aussi et que ça te répugne à l’admettre. Il est là ton chemin, mon Captain, il est là et malgré tous les détours que tu fais pour éviter ton destin, tu finiras par le croiser sur la route que tu as prises pour l’éviter.

- Calme toi, s’il te plait….calme toi je t’en prie.

C’est un murmure chargé d’une infinie tendresse. Je ne supplie jamais, tu le sais mieux que personne parce que je te l’ai dit, et tu sais que je t’ai dit des choses que toi seule sait, tu as ma confiance absolue Jubilation, je te donnerais ma vie sans hésiter et je ne serais pas la seule dans ce cas. J’attends ta dernière question pour planter à nouveau ton regard dans le mien sans pour autant bouger de ma position.

- Si tu as déjà la réponse, pourquoi tu poses la question ? Interroge ton cœur Jubilée, tu sais ce qu’il te dit. Tu sais que ça ne changera jamais. Tu t’souviens ce jour-là, juste après ma passation. Tu te souviens mes mots ? « j’suis fière de dire qu’j’ai aussi une grande sœur même si t’es plus petite que moi. » . Je veille sur Rachel, c’est vrai mais toi, tu veilleras toujours sur moi. TU es ma meilleure amie, naine jaune, mais pour grandir des fois, il y a des choses qu’on doit faire seule, comme par exemple se mettre en danger à LA en prétextant un voyage de succession. Tu veux m’aider ? Reste le modèle que tu es parce que tu es à mes yeux ce qu’un X Men devrait être, tu es l’idéal que nous nous efforçons d’atteindre. Ce que tu as su faire pour moi, il faut que tu le refasses pour d’autres…C’est ça la place que tu dois garder, mon Captain, mon phare quand je m’éloigne trop et que je me perds en mer. Tu es la seule personne en dehors d’Amy que j’écouterai si tu viens me parler, la seule.

D’un geste plein d’affection, je tendais le bras pour lui caresser la joue et jouer un instant avec ses cheveux, replaçant ensuite ses lunettes un peu décalées sur ses cheveux suite à son emballement.

- Ne juge pas Ororo trop vite, tu ne connais pas la nature de nos liens, un lien de mère à fille. Mais comme toutes les filles, je ne suis pas forcément d’accord avec sa façon de dire et faire de ma mère, ca doit être ce qu’on appelle « l’âge ingrats ». Ororo est dépassée dans sa vision, elle est d’un temps où les choses étaient moins complexes, les bons contre les mauvais. Le héros contre le vilain. Elle a vécu un monde qui découvrait les mutants d’un œil amusé comme un « épi-phénomène ». Le monde était vaste, on y croisait jamais deux fois la même personne, on réglait ses problèmes sans palabres, à coups de poings. Mais ce n’est plus le cas…Le monde a rapetissé, tout le monde est connecté, le moindre mouvement à des conséquences, tout est politique, tout est économique et les mutants sont devenus « embarrassants ». Ororo est une Guerrière née, un chef de terrain mais elle n’embrase plus qu’une seule vision du rôle de X Men. Qui a formé la dernière génération ? Qui est l’âme des X men ? Qui a formé Amy, m’a formé moi, forme à mes côtés Kaya ? C’est toi Jubilée.

Je crois que Ororo a besoin d’être guidée dans cette époque qu’elle ne comprend plus, toi tu peux le faire mieux que nous…moi, je l’ai sans doute trop déçue, je ne serai pas la guerrière qu’elle voulait, je veux être le cœur des X men, pas le poing.
Je crois qu’il est temps qu’on te le dise un peu aussi, mon amie, je suis fière de ce que tu es, Captain.


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Jubilation Lee
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MessageSujet: Re: Un café et deux croissants. [PV Cait']    Lun 13 Jan - 1:34

« - Mais pour grandir des fois, il y a des choses qu’on doit faire seule, comme par exemple se mettre en danger à LA en prétextant un voyage de succession.
- Tu sais très bien que... »

M'esclaffais-je avant qu'elle ne me coupe ou plutôt qu'elle poursuive ce qu'elle avait commencé. Je baisse les yeux, les fermant à moitié alors que je l'entends me rejeter. Elle ne voulait pas nécessairement de moi dans ce qu'elle envisageait de son futur, de son avenir. Cela sonnait quelque peu comme un départ mais je l’acceptais, je le comprenais. Je devais rester à ma place, ne pas me mêler des affaires qui ne me concernaient plus et lâcher mon étreinte sur elle. Malgré tout cela sonnait douloureusement comme une page qui se tourne. Je retournerai à ma place où je suis comme elle le dit si bien : seule.
Je relève la tête sentant ses mains sur mes joues. Elle est proche de moi, physiquement pourtant je ne peux ressentir qu'un éloignement fatidique qui ne cessera jamais et que je devrai absolument laisser pour participer de mon inaction au bonheur finalement retrouvé par celles que j'aimerais suivre.
Oui, je me souviens de ce que tu m'as dit. Je m'en souviens très bien, de tes mots, de tes promesses que je ne marcherai pas derrière vous mais à vos côtés. Je me souviens me dire que ce n'était pas négociable. Mais je crois comprendre ce que c'est que d'avoir le courage de mentir. Je ne dis rien, je ne réponds rien et ne fais que te regarder avec un air triste.

« Okay... Je comprends. En un sens je suis rassurée. Tu as l'air de savoir ce que tu veux. Alors avance sans crainte, je continuerai de surveiller tes arrières ici, à l'Institut, chez toi. »

Je n'avais pas l'intention d’ajouter quelque chose de plus, il n'y avait à mes yeux plus rien à ajouter puisque les sacs sont désormais vidés. Je ne verserais aucunes larmes, plus maintenant. Ce temps est révolu et je ne fais que déposer un baiser sur le front de Caitlyn me résignant finalement à ouvrir une dernière fois la bouche, trop faible pour partir ainsi.

« Tu as ma bénédiction, par contre, tâche de sourire un peu plus. »

Je saisis la poignée dans mon dos. Me défaisant naturellement de l'étreinte de Caitlyn je me retourne pour franchir la porte au moment où la voix mécanique de Danger retentit dans un haut parleur du couloir pour m'annoncer ma prochaine destination.

« - Jubilee, vous êtes attendue au sous-sol. 
- J'arrive. »

Murmurais-je en rabaissant mes lunettes sur mon nez.
Il s'agit sans doute d'une mission étant donné que cela fait quelques mois que j'ai mentionné à Danger que j'étais volontaire pour n'importe quelle mission se présentant. Bien sur, il fallait que je sois appropriée pour la dite mission mais je laissais ce soin à Xavier et Ororo. Cela me donnera sans doute l'occasion de fuir un peu cette discussion en me replongeant dans ce qui se rapproche le plus pour moi d'un travail.

[Terminé pour moi, sauf si Cait' interpelle Jub'.]
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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Un café et deux croissants. [PV Cait']    Mer 15 Jan - 6:46

Nous sommes dans les jardins de Gethsemani, pas d’arbres ni de chaleur du climat de Jérusalem mais l’enjeu en est identique, je le vois dans ses yeux, je le ressens jusque dans ce baiser sur mon front qui pour la première fois depuis longtemps, Jubilée, me met physiquement mal à l’aise. Nous sommes dans les jardins et nous venons de nous donner le baiser de Judas.
Quelque chose est brisée, quelque chose que j’ai voulu préserver à tout prix en expliquant et en exposant jusque où ça fait mal. Je le vois dans ce renoncement, dans cette "bénédiction" comme tu dis mais qui sonne comme un dernier ainsi soit-il, comme un dernier, s’en est terminé. Tu me tournes le dos trop brusquement pour que ça ne puisse pas sonner comme une fuite toi qui voulais par ta position m’empêcher de partir. Tu me tournes le dos pour me congédier de ta vie parce que j’ai fait un choix, parce que j’ai compris que ce monde ne voulait pas qu’on le complique tel qu’il est vraiment mais qu’on le simplifie à la caricature. Je n’ai pas de doutes cependant, tu sais. Je n’ai pas de doutes.
Acceptes cette mission, celle-là comme les autres, fonctionne en ta place et stagne jusqu’à l’épuisement. Ce jour où tu ouvriras les yeux sur un univers sans sens, sans cohérence et sans progression, tu sais que je serais là à t’attendre, que je t’ouvrirais mes bras comme je l’ai fait cent fois.
Bonne chance ma meilleure Amie, bonne chance ma X Men, Mon Capitaine.

........



Je reste seule un instant comme sonnée, comme abasourdie par cette constatation. Les X men ne sont pas détruits, ils viennent de se dissoudre. J’ai passé cette année à être le cœur de cette équipe, Ororo, Jubilée, Rachel, Emma, Amy puisque les autres ne sont que des fantômes aux milles excuses. Mais je viens de choisir un camp, ce que je me refusais à faire parce que cela supposait qu’il y avait un schisme. Et le schisme est à présent évident dans l’illustration de celle qui porte le titre de meilleure amie et qui s’en va courant prendre une « mission » imposée par un vieil homme seul qui joue aux échecs avec nos vies.  La vision de Xavier est aussi louable que l’homme qui l’a chéri est un sale con.  C’est mon Baiser de Juda, nous n’avons pas quitté Gethsemani.
Qu’il soit établi, à présent qu’il existe deux sortes de X Men cohabitant sans plus se croiser. Ceux qui agissent dans le monde pour le changer avec patience et ceux qui combattent le monde à l’aide de pouvoirs en se cachant sous des uniformes.

C’est ainsi.

Je sais dès lors où est ma place.

Est-ce pour ça que les anciens sont partis ? Est-ce pour ça qu’il ne reste personne ? Ais je tort ? Je ne sais pas. Mais j’avance sur mon chemin, et ce chemin s’éloigne du tien, Jubilée.



Rp terminé.

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