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 Séance d'hypnose [Owen]

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Maiwenn Short
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MessageSujet: Séance d'hypnose [Owen]   Mer 11 Avr - 17:59


Séance d'hypnose
© code : Never-Utopia ♦ PV : Owen& Maiwenn

Les jours après l’attaque des Purificateurs avaient été intenses. Maiwenn avait été blessée et écopé de plusieurs brûlures mineures à cause des flammes. Son orgueil avait également été un peu meurtri même si elle s’en était bien tirée. On ne pouvait pas en dire autant de tous les Purificateurs qui avaient croisé sa route. On ne pouvait pas en dire autant d’Alexandre, mystérieusement disparu dans les flammes. Maiwenn se sentait frustrée de ne pas avoir pu parler plus à l’ancien X-ecutor. Elle aurait voulu avoir des réponses et avait juste récolté un peu plus de doutes. Pourquoi avait-il quitté la Confrérie pour l’Institut ? Maiwenn s’habituait peu à peu à éviter les mouvements brusques du bras gauche qui avait été perforé par une balle. Même si Cérès se montrait optimiste la Syrène enrageait d’avoir manqué de se retrouver invalide. Elle avait été négligente et avait sous-estimé ses adversaires. En somme, elle trouvait que cette nuit n’avait pas porté son lot de réussite. Elle avait été blessée et avait perdu Alexandre après l’avoir retrouvé. Seul un point positif se distinguait du reste à ses yeux. Owen Reece.

Ce presque septuagénaire qu’elle avait ramassé le soir de l’attaque des Purificateurs avant que celle-ci ne débute était la seule note joyeuse. Parce qu’il avait vu les crucifixions qui avaient amenée à la médiatisation des Purificateurs avant l’apogée de leur cruauté. Parce que visiblement il en avait vu et entendu assez pour inquiéter lesdits Purificateurs. Maiwenn voulait la tête de ceux qui avaient provoqué ce massacre et tuer tous ces mutants ce soir-là. Et qu’il le veuille ou non Owen Reece allait l’y aider. En fait, il finirait forcément par le vouloir. On ne résiste pas au chant des Sirènes. Surtout pas au sien.

Maiwenn évoluait dans les couloirs de la Confrérie. La base était presque vide. La plupart des recrues étaient en plein entraînement, les autres en mission à l’extérieur ou en train de les entraîner. Bien sur certains vaquaient à d’autres tâches internes, comme Cérès dans le laboratoire devenu son endroit fétiche. Maiwenn avait dû lui rendre visite plus qu’elle ne l’aurait souhaité récemment. Ses brûlures la faisaient plus souffrir qu’elle ne voulait bien le reconnaître. En même temps, il fallait avoir une case en moins pour se prendre pour un tigre au point de traverser un immeuble enflammé. Ce qui se passe dans les films correspond rarement à la réalité et non le héros n’est pas sensé réussir à survivre à cet épreuve finale pour rejoindre sa bien-aimée. Il s’étouffe avec la fumée et meurt parce qu’il était trop bête pour prendre un masque à gaz – et aussi parce que ledit masque était juste pas assez esthétique pour être porté par un acteur empochant dix millions par film – sauf que bien sûr, un film n’étant qu’un film il ne faut pas trop leur en demander. Et arrêter de croire qu’on peut traverser des flammes et en sortir indemne.

La Syrène se dirigeait sans la moindre hésitation vers les prisons de la Confrérie. Elle passa le SAS et les autres sécurités séparant les rares détenus du reste de la Confrérie. Elle était venue en ce lieu pour interroger l’anti-mutant capturé en même temps qu’Owen plusieurs fois cette semaine. Le vieux avait été bourré de calmants et autres somnifères pendant tout ce temps, Maiwenn n’ayant pas trouvé le moyen de le caser dans son emploi du temps avant aujourd’hui. Reece avait donc passé plus de 48 heures dans sa cellule à plus ou moins dormir et plus ou moins délirer. La Syrène se mordit les lèvres. Elle aurait aimé régler son cas le plus vite possible, maintenant le travail de mesmer allait être bien plus ardu alors qu’elle était plutôt bien partie. Elle espérait juste qu’il était trop comateux pour avoir réalisé qu’on l’avait enlevé.

Maiwenn pénétra dans la cellule sans la moindre hésitation. Owen semblait plongé dans un demi-sommeil, allongé sur la paillasse aménagé au fond de la pièce. L’endroit était sobre, un lavabo, un lit, une table et une chaise. Maiwenn prit la chaise et s’assit dessus. Elle prit une inspiration puis finit par appeler d’une voix douce :

- Owen ?

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MessageSujet: Re: Séance d'hypnose [Owen]   Mer 11 Avr - 20:46

La jeune femme me conduit dans ce qui semble être un complexe souterrain, mais là aussi je suis trop groggy pour faire vraiment attention à mon environnement. Sans m’en apercevoir, le type aux griffes a disparu avec le purificateur, et je me retrouve seul avec la jeune femme. Elle me conduit à travers de nombreux couloirs dont même si je n’avais pas été sous son emprise, je n’aurai pu retenir le trajet. Enfin elle croise quelqu’un et après un bref échange me confie à sa garde.

L’effet de la voix de la jeune femme s’estompe peu à peu tandis qu’elle me quitte, mais en attendant je suis docilement mon nouveau guide plus profondément dans le complexe. Il m’emmène jusque dans un couloir sombre percé de nombreuses portes métalliques avant d’en ouvrir une et de me demander d’y entrer.
La vision de la cellule me tire brutalement de ma torpeur et je me mets à crier en reculant. Je reçois alors un violent coup sur le crane avant d’être poussé sans ménagement dans la cellule. Après quelques minutes passées allongé sur le sol, je sens qu’on m’empoigne fermement pour me déposer sur un matelas et que quelqu’un me pique le bras. Ensuite tout deviens noir et je sombre dans une sorte de cauchemar dont je n’arrive pas à m’échapper…



...La suite n’est qu’une intermittence de demi-veille et de sommeil. Ils me bourrent de tranquillisants à chaque fois que je me rends compte où je suis et que je deviens trop agité. Ces états de semi conscience sont le pire. J’ai des hallucinations, ou ce que je pense en être. Je suis de nouveau enfermé dans une cellule, comme pendant les 41 dernières années avant mon évasion. Les murs semblent se rapprocher de moi à chaque fois que je les regarde. J’ai parfois l’impression de ne plus arriver à respirer, comme si l’espace autour de moi n’était pas assez grand. Je me retrouve accroupi dans un coin de la pièce sur mon matelas à marmonner dans ma barbe.

*Ca y est, ils m’ont repris. Je vais passer le reste de mes jours enfermé ici sans jamais revoir la lumière du soleil. C’est comme dans la dernière prison où ils m’ont jeté, pas même une fenêtre pour voir le ciel, j’étouffe là-dedans, je veux mourir.*

Et puis un type entre et me fait une piqure, et tout devient noir…



...Je suis allongé sur mon matelas, la tête vers le mur gris et sale de ma cellule. Je suis presque réveillé mais je garde les yeux fermés de peur de ce qu’ils vont voir. J’ai entendu le bruit d’une porte il y a un instant, mais j’ignore si c’était la mienne ou une autre. Pourtant j’entends le bruit d’une chaise qui racle le sol tous près de moi, et je sens une présence. Tout à coup une voix douce et familière monte dans mon dos.

-Owen ?

Un frisson me parcourt l’échine. Cette voix, ce ton, il me frappe violemment le crane et essaye de s’insinuer dans mes pensées. Pourtant quelque chose d’étrange se passe. Même si je perçois l’envie pressante de répondre, je suis trop nauséeux pour y répondre immédiatement. Ou alors c’est autre chose.

« Vous m’avez trahie. Vous m’avez à nouveau enfermé dans une cellule. J’étouffe ici, je n’arrive pas à respirer, je ne veux plus être enfermé comme avant. »

Tandis que je réponds malgré moi à la jeune femme, je me redresse tant bien que mal sur les genoux et les coudes, la tête posée sur le matelas, dos à Maiwenn. Je relève la tête sans m’apercevoir que des larmes coulent sur mon visage. Je serre les dents si fort que ma mâchoire me fait mal, enfin je me retourne vers celle que je tiens pour responsable de mon état actuel.

L’angoisse que ce lieu à fait ressurgir en moi se change en colère tandis que je me redresse difficilement. Je suis encore sous l’effet des calmants et je n’ai rien mangé depuis plusieurs jours. Pourtant je sens affluer en moi une force comme je n’en ai plus utilisé depuis longtemps.

« Vous m’avez retrouvé et vous m’avez de nouveau enfermé. Mais vous avez oublié qui j’étais, qui je suis, pourquoi on m’avait enfermé à l’époque. Je ne laisserai plus personne m’enfermer comme ça !!! »

Je crie presque les derniers morts avant de laisser mon pouvoir me submerger. Je ne cherche même pas à l’utiliser et pourtant la colère le fait remonter à la surface. Mes yeux s’allument d’une lueur violacée qui semble s’échapper comme une fumée lumineuse. La porte métallique qui ferme ma cellule se met à fondre littéralement et se répand au sol en une flaque de métal froid, tout comme la chaise sur laquelle est assise Maiwenn. Rien n’avait prévenu la jeune femme de ce qui allait arriver, mais elle réussit tout de même à ne pas tomber en arrière.

Avant même qu’elle n’ait le temps de réagir, la lueur dans mes yeux s’éteint et je tombe à genoux sur le matelas, le souffle court…
Les larmes coulent toujours sur mon visage tandis que je rampe difficilement vers la sortie.

« Laissez-moi sortir, je ne peux plus supporter d’être enfermé… »
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Maiwenn Short
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MessageSujet: Re: Séance d'hypnose [Owen]   Jeu 12 Avr - 13:15

Lentement le vieil homme sembla sortir de son demi-sommeil. Il remua d’abord, Maiwenn se demanda un instant s’il ne faisait pas que rêver mais il l’a détrompa lorsqu’il commença à parler d’une voix éraillée. Il était visiblement perturbé. On pouvait le comprendre après tout, être enlevé du et mené du jour au lendemain dans une cellule de détention sans aucune explication et ce après une agression plutôt musclée. Ce simple être humain avait toute les raisons du monde d’être perturbé. Mais Maiwenn n’était pas d’humeur compatissante. Elle n’estimait pas l’avoir trahi et comprenait à peine pourquoi il l’accusait d’avoir joué de sa confiance. Certes elle avait fait en sorte qu’il la lui accorde mais sans jamais rien promettre. Quand bien même, elle n’était pas du genre à culpabiliser parce qu’elle avait menti à un humain. Elle répliqua quand même, tout en usant de son mesmer pour tenter de calmer l’humain, il ne faudrait pas qu’il ne meurt avant d’avoir pu lui fournir des réponses non plus :

- Owen calmez-vous c’est temporaire. Vous allez retrouver votre liberté sous peu…

Elle n’a pas le temps de finir sa phrase. Reece a beau être épuisé, faible, mal nourri, drogué par des sédatifs et l’air totalement inoffensif en train de s’étouffer avec ses larmes de rage, le cri furieux qu’il pousse dégage une puissance qu’elle ne lui aurait soupçonnée. Par reflexe sans doute elle se relève, prête à le forcer à se rallonger et à le calmer, de gré ou de force. Grand bien lui prend car la chaise sitôt qu’elle la quitte celle-ci fond ! Au même titre que la porte. Sans hésitation, malgré le regard inquiétant que lui lance l’homme, elle appelle d’une voix assurée :

- Bob ramène tes fesses.

Elle entend vaguement un grincement de chaise derrière le SAS. Bob est un Confrériste assez basique, du genre à qui l’on confie les rondes, les missions de surveillance. Pas franchement ce qui concerne l’action. Maiwenn n’est pas du genre à appeler au secours à la moindre difficulté. Mais elle doit bien avouer qu’elle n’avait pas prévu que cet homme serait un mutant. Il était censé être un simple humain et ce changement de programme compliquait considérablement la donne. Elle voulait juste assurer le coup, histoire que son détenu ne lui file pas entre les doigts. Elle avait bien sûr fait en sorte que seul ledit Bob entende son appel. Elle fit quelque pas et sans attendre que le Confrériste n’arrive jusqu’au niveau de ce qui était la porte de la cellule avant le petit coup de colère d’Owen s’agenouilla vers lui, saisissant son bras et déclarant l’air concentrée, cherchant toujours à le calmer :

- Owen je ne sais pas où vous pensez être mais vous vous trompez. Je vous ai dit ne pas vouloir vous faire de mal, j’ai dit la vérité. Je suis désolée pour ses derniers jours mais j’ai été blessée, je n’ai pas pu venir vous voir avant aujourd’hui. Owen s’il vous plaît, calmez-vous.

Bob apparut dans le cadre de la porte. Sans lever les yeux Maiwenn lui lança en isolant Owen de leur conversation une petite explication :

- Tout compte fait c’est un mutant.
- Ca complique pas mal de chose n’est-ce pas ?
- Pas tant que ça. Reste juste à proximité au cas où. Ah et, tu ne pourrais pas me trouver quelques informations sur lui ? Si c’est un mutant et qu’il dit avoir été enfermé au préalable il vient peut-être…
- …Du cube ? Je te fais ça tout de suite.

Le cube. Si c’était le cas Owen n’avait aucune raisons de paniquer ainsi et elle avait encore sa chance de pouvoir utiliser la manière douce. Et contrairement à quelques minutes plus tôt, elle avait une véritable raison morale de privilégier celle-ci. Avant elle craignait juste que le vieux ne meurt dans une crise de panique. Maintenant elle refusait tout simplement de torturer un mutant. Si ils devaient en arriver à cette alternative elle demanderait peut être à Daken de s’en charger. Faiblesse ? Peut-être. Toujours utile qu’elle ne voulait pas qu’Owen résiste au mesmer. Mais en tant que mutant il avait plus de chance de lui résister même si paradoxalement elle l’avait déjà bien pris en main avant de le ramener à la Confrérie.

- Owen ? Je vous promets que je vous sortirais d’ici dès que vous m’aurez dit ce que vous avez vu la nuit de la crucifixion.

Une promesse, lancée comme une carotte pour faire avancer un âne. Mais aussi un rappel « Je t’ai déjà sauvé la vie une fois, ces anti-mutants voulaient te faire la peau tu te souviens ? ». Peut-être même qu’en tant que mutant Owen coopérerait pour nuire aux Purificateurs. Maiwenn se demanda si elle pouvait faire en sorte d’amener un ordinateur pour lui montrer les images de l’attaque des Purificateurs. Reece n’était pas très au courant des évènements des derniers jours et tout était bon pour le convaincre de se laisser aller aux confidences. Mine de rien, la situation devenait plus simple. A moins que ce ne soit l’inverse.

Maiwenn était toujours agenouillée près d’un Owen rampant et entreprit de l’aider à se relever pour le rasseoir sur la couchette.

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MessageSujet: Re: Séance d'hypnose [Owen]   Jeu 12 Avr - 21:01

Je suis trop faible. Les sédatifs, le manque de nourriture et surtout l’utilisation de mon pouvoir m’ont vidé de toute énergie. Je ne rampe même plus, je suis affalé face contre terre en gémissant. Je ne me rends même pas compte de ce que j’ai fait dans la cellule ni de la réaction de Maiwenn et encore moins de l’arrivée d’un gardien dans l’encadrement de ce qui avait été la porte de ma cellule.

Je suis comme une poupée désarticulée qu’on aurait jeté là sans plus de considération. J’entends à peine les paroles de Maiwenn lorsqu’elle me parle, les autres bruits sont inaudibles. Le sol est froid sous ma joue et je n’ai même plus la force de relever la tête pour éviter ce contact désagréable.

- Owen je ne sais pas où vous pensez être mais vous vous trompez. Je vous ai dit ne pas vouloir vous faire de mal, j’ai dit la vérité. Je suis désolée pour ses derniers jours mais j’ai été blessée, je n’ai pas pu venir vous voir avant aujourd’hui. Owen s’il vous plaît, calmez-vous.

« Où je suis ?? Je sais où je suis. Je suis à nouveau enfermé, comme avant. Comme pendant toutes ces années où j’ai cru qu’un jour ils me laisseraient sortir. Je ne crois plus à tous ces mensonges. Douze fois ils ont rejeté ma demande de libération conditionnelle, douze fois. Et après ils m’ont enfermé dans un trou encore plus profond, sans fenêtres, sans sorties, sans rien, comme maintenant… »

Ma voix est à peine audible, je me parle plus à moi-même qu’aux autres, mais Maiwenn entend certainement clairement tout ce que je dis. La colère semble avoir disparu, et seule une profonde tristesse et une très grande lassitude demeurent. Je gis toujours allongé, les yeux clos et le souffle court. Mon ventre se tord de douleur, mais ce n’est rien à côté de l’oppression du lieu qui me broie le cœur et qui m’oblige à chercher chaque goulée d’air comme si j’étouffais. Après plus d’un an de liberté, l’exiguïté de cette cellule me rends malade.

Maiwenn parle maintenant avec le gardien, mais je ne m’en aperçois même pas, pas plus que je n’entends ce qu’ils se disent. Mais la jeune femme s’approche finalement de moi et me parle à nouveau de sa voix douce et envoutante.

- Owen ? Je vous promets que je vous sortirais d’ici dès que vous m’aurez dit ce que vous avez vu la nuit de la crucifixion.

Ses mots parviennent clairement à mon esprit malgré mes souffrances. Mais ils n’ont pas l’effet apaisant qu’ils avaient eu deux jours plus tôt au Parc. Pourtant certains de ces mots me frappent plus que d’autres.

« Je ne crois plus à vos promesses. J’y ai cru trop longtemps, pendant plus de 40 ans vous m’avez fait croire que vous me laisseriez sortir un jour. Pourquoi vous croirais-je maintenant ?? »

Je marque une pause. Mes yeux sont toujours clos. Je ne peux supporter la vision des murs de ma cellule, ils sont trop proches, toujours plus proches à chaque fois que je les regarde. J’ai peur d’ouvrir les yeux et de me retrouver emmuré vivant. Mais un autre mot me fait réfléchir, le dernier qu’elle a prononcé.

« La crucifixion ? En quoi cette horreur vous intéresse ? Vous ne pouvez pas me mettre ça sur le dos. Je n’ai rien fait, j’étais là par hasard, ce sont ces fous furieux de fanatiques qui ont commis ces atrocités, pas moi… »

Mes dernières paroles sont un peu plus fortes que les précédentes, mais elles restent tout de même un murmure, comme sorti d’un rêve. La jeune femme s’agenouille devant moi, et d’une poigne ferme mais douce m’attrape le bras et m’aide à m’asseoir sur mon matelas. Elle n’a aucun mal à le faire, je suis très maigre et je ne dois plus peser bien lourd maintenant. Je me retrouve assis à la regarder, les yeux rougis par les larmes, la tête si lourde que j’ai du mal à la garder droite. Réveillé par ce changement de position, mon ventre se met tout à coup à gargouiller plus fort que jamais…
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Maiwenn Short
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MessageSujet: Re: Séance d'hypnose [Owen]   Lun 16 Avr - 16:22

L’homme était agité, peut être claustrophobe, peut être pas. Il était en proie à une très grande nervosité et encore un fois Maiwenn se demanda s’il n’allait pas lui faire un arrêt cardiaque avant qu’elle n’ait pu apprendre ce qu’elle souhaitait. Mais maintenant qu’elle était sûre d’avoir à faire à un mutant elle se faisait légèrement moins de souci sur sa santé et son espérance de vie. Ce que Bob marmonna à quelques pièces de là confirma qu’elle n’était face à un simple vieillard. Elle l’entendait pianoter de manière saccadée sur le clavier d’un ordinateur. Bob l’a connaissait bien et savait qu’elle l’écoutait avec assiduité aussi c’est sans hésitation qu’il commença à dire d’une voix basse, comme s’il se parlait à lui-même :

- Alors, alors… Owen Reece ? As-tu déjà entendu parler de l’Homme molécule Maiwenn ? Non tu dois être trop jeune. Bref, c’est un mutant terroriste qui a eu son petit succès il y a environs quarante ans. Il n’y a pas grand-chose sur ce qu’il a fait mais apparemment c’était plutôt sérieux. La petite démo de tout à l’heure n’est pas grand-chose. Il s’est sans doute affaibli avec le temps…

Elle n’en doutait pas. Il était étrange de voir sa vision de ce vieillard se transformer peu à peu. Sans aucune gêne elle l’aida à regagner sa couchette, un peu surprise par sa propre force. Il semblait tellement faible. Elle se demanda se qui était arrivé pour qu’il devienne un SDF insignifiant, du genre qui ne fait usage de ses pouvoirs que lorsqu’il est dans un lieu clos et pas à deux doigts d’être assassiné par une bande d’anti-mutants. Assez paradoxal comme logique.

-… Enfin passons. Il a disparu de la circulation il y a grosso modo quarante ans, incarcéré dans une prison nommée Ryker’s Island puis a été transféré au Cube. On l’a peut être aidé à en sortir tiens ! Ah tiens j’ai un truc là, sur son pouvoir. Apparemment un truc en rapport avec la matière… Pas qu’avec le métal alors. Méfie-toi Syrène.

Maiwenn ne lui répondit pas. Elle en aurait eu la capacité mais elle ne voyait pas l’utilité de le remercier dans l’immédiat. Il comprendrait très bien tout seul qu’il devait rester à proximité et laisser une note pour que l’on surveille particulièrement ce prisonnier après son départ. Maintenir un mutant doté d’un pouvoir de contrôle sur la matière en captivité n’est pas aisé. Pourtant depuis plus de quarante ans les humains y parvenait. Maiwenn ne se faisait pas de souci par rapport à leur chance. Mais intérieurement elle ne voulait pas le laisser croupir dans une cellule. Clairement il le supportait mal. En plus d’être un mutant, il pouvait correspondre vaguement à la description d’un Confrériste. Terroriste avait dit Bob ? Elle semblait avoir plus de points communs avec ce Reece qu’elle ne l’aurait cru. Patiemment elle l’écoutait qui semblait peu à peu s’apaiser. Etait-elle à l’origine de ce repos ? Elle avait sans doute joué un rôle mais ce calme ne semblait pas artificiel. Il recommençait à tenir des propos cohérents bien que ceux-ci la mettent toujours dans le même sac que ces précédents ravisseurs.

- Owen ce n’est pas moi qui vous ai enfermé pendant quarante ans. Je vous ai sauvé la vie il y a trois jours vous vous en souvenez ? Les Purificateurs allaient vous tuer pour avoir assisté à la crucifixion. Je ne vous accuse pas d’y avoir participé. Je veux…

Quel mot choisir ? Arrêter ? Non il allait penser avoir à faire à un agent du BAM. Tuer ? Un peu trop impressionnant peut être pour quelqu’un déjà bien en proie à une forte panique.

- … Je veux empêcher ceux qui ont fait cela de nuire.

La formule est classique, très cinématographique. Elle ne véhicule aucune image autre que le visage calme et sur de soi qu’elle montre à Owen. Maiwenn sait ce qu’elle fait et ce qu’elle veut. Elle connait son objectif et qu’il le veuille ou non Owen l’y aidera. Mais elle doute d’avoir besoin de l’y forcer. En effet, il semble se placer contre la crucifixion et a été agressé par les Purificateurs. Il a toutes les raisons du monde de l’aider dans sa tâche en coopérant. Et si la logique ne suffit pas, le mesmer fait toujours office de coup de pouce. Le gargouillement du ventre d’Owen lui apprend qu’elle a d’autres moyens de se rendre le plus sympathique possible aux yeux de son captif. Aussi tôt elle lance à Bob qui malgré la distance perçoit parfaitement sa phrase la commande de quelque chose à manger pour le captif qui après tout vient de passer trois jours à être bourré de tranquillisant sans être nourri et qui en tant que SDF ne devait pas l’être nécessairement auparavant. Bob approuve et elle se retourne vers le vieillard qui semble… brisé.

- Un ami est en train d’apporter quelque chose à manger Owen. En attendant… Pourriez-vous s’il vous plaît me dire ce que vous faisiez à Central Park ce soir là ?

Sa voix est douce mais ferme. Bob ne tarde pas à arriver dans la cellule muni d’un récipient ressemblant vaguement à une sorte de PastaBox. Maiwenn fronce les sourcils l’air surprise. Il n’a rien trouvé de mieux ? Celle-ci fume encore et est muni d’une fourchette en plastique.

- ChickenNoodle, je vous ai épargné les BeefGnocchi, elles ont vraiment un sale goût. Je suis désolé à cette heure je n’ai rien pu trouver d’autres. Mais si vous avez encore faim il nous en reste une bonne réserve.

Son ton est jovial et il semble détendu. Pourtant le battement de cœur est vif. Il est nerveux même si il le cache bien. Et ça n’a pas grand-chose à voir avec son choix peut équivoque de repas pour le détenu. Se pourrait-il qu’il ait réellement peur de cet Homme Molècule ?

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Dernière édition par Maiwenn Short le Lun 14 Mai - 15:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Séance d'hypnose [Owen]   Mar 17 Avr - 20:07

La pièce tourne si j’ai le malheur d’ouvrir les yeux, aussi je les garde fermé autant que je peux. Je me force à calmer ma respiration et à ne plus penser à l’endroit où je me trouve, mais ce n’est pas si simple. Le matelas sous mon dos me permet de m’allonger assez confortablement, mais son odeur de moisi ne fait que renforcer l’emprise du lieu sur mon esprit. J’ai de nouveau une bouffée de panique que je suis obligé de réprimer à grand renfort de respiration et de volonté.

Je sens toujours la jeune femme à mes côtés. Même si elle est directement responsable de mon enfermement sa présence me rassure quelque peu. Elle semble parler avec quelqu’un que je ne vois pas, mais leurs paroles m’échappent, je suis trop oppressé par les lieux. Vu mon état de fatigue actuel, je suis sûr d’avoir utilisé mon pouvoir, mais j’ignore comment et dans quelles proportions. Cela aurait pu être dangereux, j’ai perdu tout contrôle pendant quelques secondes et tout aurait pu basculer. Maintenant la faim et la fatigue se rappellent à moi et me font payer le tribut de mes efforts inutiles. Il fut un temps où, si je l’avais voulu, j’aurais pu désintégrer cette prison en entier jusqu’à ses fondations. Que cette époque me semble lointaine et illusoire maintenant !

Mon cœur a cessé de battre la chamade et ma respiration semble plus lente. Sans doute plus à cause de la fatigue que grâce à un quelconque contrôle volontaire de ma part. C’est alors que j’entends de nouveau la douce voix de la jeune femme. Elle chante un peu plus fort à mes oreilles et à mon esprit sans toutefois s’imposer comme au parc quelques jours plus tôt.

- Owen ce n’est pas moi qui vous ai enfermé pendant quarante ans. Je vous ai sauvé la vie il y a trois jours vous vous en souvenez ? Les Purificateurs allaient vous tuer pour avoir assisté à la crucifixion. Je ne vous accuse pas d’y avoir participé. Je veux…

Elle marque une courte pause comme si elle cherchais ses mots avant de reprendre.

- … Je veux empêcher ceux qui ont fait cela de nuire.

Même si j’ai du mal à lui faire à nouveau confiance, je ne peux que croire à ce qu’elle me raconte. Effectivement, ces fanatiques m’auraient certainement tué, ou auraient essayé de le faire si j’avais usé de mon pouvoir pour les en empêcher. Pourtant malgré toute ma puissance, j’aurais eu du mal à les en empêcher. Je suis trop faible, trop timoré pour oser encore utiliser mon don à son potentiel maximum. Le bridage résiduel et mon âge avancé ne sont pas les seules excuses à ma faiblesse. Mes conditions de vie, la malnutrition et la maladie y sont certainement aussi pour quelque chose.

La douce voix de la jeune femme m’interrompt une nouvelle fois dans mes pensées.

- Un ami est en train d’apporter quelque chose à manger Owen. En attendant… Pourriez-vous s’il vous plaît me dire ce que vous faisiez à Central Park ce soir là ?

On en revient une nouvelle fois à cette fameuse nuit. Elle aussi veut savoir ce que j’ai vu. Pourtant impossible de me concentrer. A la simple évocation d’un repas, mon ventre se réveille à nouveau et gargouille de plus belle. Je sens l’odeur de la nourriture avant même que le type entre dans la cellule avec une sorte de boite en carton qui fume et dont l’odeur m’arrache non seulement un nouveau gargouillis, mais me fait également baver.

- ChickenNoodle, je vous ai épargné les BeefGnocchi, elles ont vraiment un sale goût. Je suis désolé à cette heure je n’ai rien pu trouver d’autres. Mais si vous avez encore faim il nous en reste une bonne réserve.

Le type semble désolé de me proposer si peu, mais il ne doit pas avoir vécu comme moi dans la rue sans savoir de quoi serait constitué son prochain repas, ni même quant aurait lieu ce fameux repas. Je tends avidement la main et la jeune femme me donne la boite avec un sourire que je ne remarque même pas. La délicieuse odeur qui arrive à mes narines réveille encore plus fort la faim qui me tenaille et c’est avec avidité que j’en dévore le contenu. Les pates sont chaudes avec une délicieuse sauce parsemée de petits morceaux de viande, sans doute du poulet. Ce n’est certainement pas de la grande cuisine, mais ma bouche et mon estomac l’accueillent comme un festin de roi. Je mange sans retenue, comme l’affamé que je suis. Ma barbe se retrouve vite pleine de sauce et de morceaux de pates et de poulet. A la fin je vide directement la boite dans ma bouche afin de faire glisser les derniers morceaux et le peu de sauce qui reste au fond. Je repose finalement mon repas avec regret, un sourire de satisfaction sur les lèvres.

« Ce que ça fait du bien… Je n’ai rien mangé d’aussi bon depuis longtemps. Je peux en avoir encore s’il vous plait ?? »

Même s’ils sont responsables de mon incarcération, je ne peux que leur être reconnaissant de m’avoir apporté à manger. Pourtant à bien y réfléchir ça devrait être le contraire. Après tout ils sont aussi responsables de la faim qu’ils viennent de calmer. Mais pour l’heure je suis seulement trop heureux de ce repas, même s’il ne suffit pas à calmer la faim qui me tenaille.

Je regarde la jeune femme. Elle me rend mon regard et semble attendre quelque chose de moi. Tout à mon repas, j’ai complètement oublié sa question et je me sens gêné. Je pose le reste de mon repas à côté du matelas, et je m’essuie la bouche avec la manche de mon manteau.

« Que voulez-vous savoir mademoiselle ? Si vous m’offrez encore à manger et que vous me faites sortir de là, je vous dirais tout ce que vous voulez savoir. Mais par pitié, ne me laissez pas enfermé ici !! Je crois que je ne le supporterais plus !! »
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Maiwenn Short
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MessageSujet: Re: Séance d'hypnose [Owen]   Sam 28 Avr - 21:24

Depuis combien de temps l’homme n’avait-il pas mangé avec des couverts ? Ou plus simplement, mangé tout court ? Sans rien laisser paraître Maiwenn s’interroger sur ce qui pouvait entraîner une telle déchéance. Il avait visiblement perdu le contrôle absolu de son pouvoir mais l’avait eu à une époque donnée. Que c’était-il passé entre ? Que lui avait-on fait durant son enfermement à Ryker Island ? Au regard de la puissance que Bob lui attribuait, Reece aurait certainement eu milles et unes possibilités d’améliorer ses conditions de vie au lieu de quoi il se satisfaisait de son statut de SDF ventre vide et cible des agresseurs potentiels. Quelqu’un qui réagissait plus face à un lieu clos qu’à un couteau sous sa gorge. Elle entendit distinctement Bob s’éclipser, sans doute à la recherche d’une seconde boite de ChickenNoodles, voyant le niveau de celle que Reece avait attaqué baisser à une vitesse fulgurante. Bob aurait pu faire tout le boucan qu’il voulait Maiwenn doutait qu’Owen aurait remarqué quoique ce soit. Elle-même n’existait plus pour lui, seules ces maudites pâtes avaient de l’importance. Sa question même avait été ignorée.

Prenant son mal en patience Maiwenn ignora le manque de manière d’Owen et ne s’en formalisa pas, d’une certaine manière après près d’un an à vivre comme un animal dans la jungle urbaine on perd forcément les habitudes acquises pendant l’enfance pour bien se tenir. Ce n’était pas le cas de la façon dont Reece avait ignoré sa question. Il tirait sur la corde et cela lui déplaisait. Elle voulait bien donner mais refusait que l’on exige ou pire que l’on face du chantage. Petit jeu dangereux auquel l’Homme Molécule semblait décidé à se livrer. Et pis encore il voulait sortir. La confiance dans la bonté du mutant avec des limites chez Maiwenn. Reece ne quitterait pas le sous-sol de la Confrérie avant qu’elle n’ait eu ce qu’elle voulait. Elle pouvait certes être généreuse et pleine de bonne volonté, son cœur n’avait beau ne pas être de glace à cette vie en quelque sorte tragique qu’il avait eu, il ne fallait pas non plus pousser le bouchon trop loin. Sans la moindre hésitation elle utilisa le propre fredonnement de Bob qu’elle percevait s’approchant dans les couloirs à une dizaine de mètre pour lui dire de ne pas aller plus loin tant qu’elle ne le lui aurait pas demandé. Monsieur Reece et elle allait avoir une petite discussion.

Bob avait posé un petit paquet de serviette sur la table. Sans répondre à Owen et d’un calme olympien Maiwenn se redressa et alla chercher deux serviettes, tournant un court instant le dos à l’Homme Molécule. Quand elle croisa de nouveau son regard il n’y avait plus une once de doute en elle. Elle se rapprocha et toujours sans un mot lui tendit la serviette. Elle attendit qu’il ait finit de se rendre plus présentable, l’air détendue et la respiration régulière. Elle finit par dire, une fois sure d’avoir toute son attention :

- Je suis désolée Owen il va falloir attendre encore un peu. Dites vous que plus vite vous me direz ce que j’ai besoin de savoir plus vite vous regagnerez – elle manqua de dire la surface mais se reprit sans presque marquer d’hésitation – New York.

Laissant les paroles s’enfoncer un peu plus dans l’esprit embrumé de privations d’Owen, Maiwenn rapprocha légèrement la table d’un ou deux mètre de la couchette où Owen était prostré et se retournant vers lui s’assit presque sur la table. Elle n’avait pas le temps d’aller chercher une autre chaise maintenant qu’il en avait détruit une et qu’il risquait d’en détruire une autre s’il n’acceptait pas qu’elle ne cède pas à ses caprices. Elle avait cherché à parer cette éventualité en bombardant sa voix d’ondes apaisantes. Elle chercha son regard et encore une fois son attention. Elle ne se répéterait plus. Elle voulait bien se montrer coopérante et agréable mais il allait devoir faire un peu d’efforts avant qu’elle n’agite de nouveau la carotte sous son nez.

- Bob est parti cherché une autre boite… Mais en attendant qu’il ne la trouve nous pouvons commencer n’est ce pas ? Commencez par me dire ce que vous faisiez à Central Park ce soir là s’il vous plaît Owen.

Sa voix était vibrante, forte, enivrante. Son visage exprimait la sympathie et la compassion. Elle était celle qui lui avait sauvé la vie et qui lui promettait la liberté. Beaucoup de choses jouaient en sa faveur. Mais elle gardait en tête que Reece avait été un combattant chevronné et terroriste sans défendre d’idée particulière juste pour ses propres intérêts. Cela dénotait d’un amour de soi important et donc d’une difficulté potentiel à faire passer ses informations avec son ventre et son petit plaisir personnel. Attentive à ce qu’il répondait Maiwenn se dit intérieurement qu’après tout, dans le pire des cas la manière forte restait une éventualité assez probable. Juste plus délicate maintenant qu’ils savaient qu’il s’agissait d’un mutant. Il pouvait bien sur encore coopérer. C’était même la solution idéale et tout l’y poussait. Restait à voir s’il était raisonnable ou non.

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MessageSujet: Re: Séance d'hypnose [Owen]   Lun 30 Avr - 22:27

Les pates sont succulentes pour mon estomac affamé, mais après plusieurs jours de jeune forcé, la petite boite en carton suffit à peine à aiguiser mon appétit. Et voilà que la jeune femme veut absolument que je lui raconte mon histoire l’estomac à moitié vide. Décidément le sens de l’hospitalité a bien changé en quarante ans. Pourtant elle se montre aimable avec moi, et me tend même deux serviettes en papier pour que je m’essuie la bouche. Je suis un peu confus, d’habitude, je suis plus propre que ça.

- Je suis désolée Owen il va falloir attendre encore un peu. Dites vous que plus vite vous me direz ce que j’ai besoin de savoir plus vite vous regagnerez … New York.

La jeune femme s’assoit sur la table en face de ce qui me sert de lit, du coup je suis obligé de lever les yeux pour le regarder en face. Je sens une certaine irritation de sa part, voire un peu d’impatience. Mais le son de sa voix a un étrange effet apaisant sur moi, à moins que ce ne soit la nourriture qui calme mon esprit autant que la faim qui me tenaille. Je reste admiratif devant le force qui émane d’elle. Elle inspire à la fois respect et peur, ce qui n’est pas une mince affaire pour un aussi jolie femme. Finalement elle me fait miroiter un petit quelque chose tandis qu’elle revient à la charge avec sa question.

- Bob est parti cherché une autre boite… Mais en attendant qu’il ne la trouve nous pouvons commencer n’est-ce pas ? Commencez par me dire ce que vous faisiez à Central Park ce soir-là. s’il vous plaît Owen.

Difficile de résister à ce genre de demande. D’une part parce que je ne suis pas vraiment en position de négocier, et aussi parce que cette jeune femme m’inspire confiance sans que je sache pourquoi. Sans doute parce qu’elle est une mutante comme moi et qu’elle m’a sauvé la vie au parc.

Je suis bien plus calme que tout à l’heure. En partie grâce au repas et aussi sans doute grâce à la présence de cette jeune mutante à la voix envoutante. Je me doute bien que ce doit être à cause de son pouvoir que je ressens ça, mais je ne peux m’en empêcher. Et au moins ma claustrophobie est très atténuée. Du coup, je ne peux que lui répondre.

« Vous avez raison. Discutons un peu en attendant. Je crains de faire un piètre invité, mais le réveil a été un peu brutal. Veuillez m’excuser pour le désagrément, je crains d’avoir gardé une certaine crainte des espaces clos suite à une assez longue incarcération. »

Je m’égare un peu, mais le regard de le jeune femme me rappelle à l’ordre.

« Vous voulez donc savoir ce que je faisais à Central Park un certain soir. Je suppose que vous parlez de la nuit où un groupe de fanatiques à crucifié plusieurs mutants. En fait la raison de ma présence est très simple : je vis à Central Park. Je dormais à quelques dizaines de mètres de l’endroit où ils sont allés planter leurs croix. La nuit était encore très fraiche et du coup j’avais le sommeil plutôt léger. Mais même sans ça ils m’auraient réveillé vu le bruit qu’ils ont fait. »

Je pourrais continuer, mais la question ne portait que sur la raison de ma présence ce soir-là. Je me doute bien qu’elle veut en savoir plus, mais je ne veux pas tout lui dire d’un coup même si je pense lui raconter toute l’histoire au final. J’espère juste que le sentiment de confiance que je ressens n’est pas entièrement artificiel et qu’elle a aussi un peu de considération pour un pauvre vieux mutant comme moi.

« Excusez-moi mademoiselle, je me serais bien présenté moi-même, mais vous semblez déjà connaitre mon nom. Par contre même si j’ai appris par hasard celui de votre compagnon, Bob, je crains de ne pas avoir saisi le vôtre. »

J’espère installer un dialogue à double sens, histoire d’en savoir un peu plus sur cette jeune femme et sur ce groupe même si je pense savoir qui ils sont. Et puis il est toujours agréable de pouvoir mettre un nom sur le visage d'une personne avec qui l'on discute...
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MessageSujet: Re: Séance d'hypnose [Owen]   Sam 12 Mai - 16:52

La concentration. C’était visiblement ce qui manquait à ce mutant. Certes il avait des circonstances atténuantes, étant en proie à une émotion peu commune et venant juste de reprendre conscience après trois jours d’inconscience et une agression. N’importe qui aurait été secoué mais Maiwenn avait mieux à faire que de se soucier de l’état psychologique d’Owen tant que celui-ci ne refaisait pas démonstration de ses pouvoirs bien que le dernier essai ne l’ait pas réellement mise en danger. Après avoir été obnubilé par sa nourriture puis rappelé à l’ordre Owen se perdait en justification. D’un regard à la fois compatissant et ferme, Maiwenn attendit la suite. Celle-ci ne se fit pas trop attendre. Fugacement Maiwenn se demanda si Owen était réellement perturbé ce qui expliquerait son manque d’attention ou s’il la menait en bateau. Orgueil de se croire infaillible ou simple confiance en soi ? Maiwenn repoussa cette dernière idée. Son mesmer n’avait que peu de chance d’échouer vu les circonstances même si bien sur il ne fallait pas pousser Reece dans ses retranchements.

Bien que désormais disposé à répondre à ses questions l’Homme Molécule restait assez laconique, signe qu’il n’agissait pas de très bonne volonté mais bien sous l’influence du mesmer et du chantage conjugués. Aussi tôt la réponse fournie qu’Owen lui demande son nom et la façon dont elle a apprit le sien. Maiwenn se détend. Ou tout du moins semble se détendre. Elle reste toujours aussi alerte au rythme cardiaque d’Owen, annonceur d’une saute d’humeur comme d’une entourloupe potentielle.

- Je m’appelle Maiwenn. Et vous vous êtes présenté Owen, juste après votre agression je vous ai demandé votre nom. Owen Reece.

Elle lui adresse un sourire chaleureux et rassurant à la fois. Ses sourcils sont légèrement froncés, serait-il possible que les sédatifs qu’on lui a administré ait légèrement altéré sa mémoire ? Dans ce cas précis la toile se complexifiait. Comment faire confiance à son témoignage. Elle guetta les signes d’un éclaircissement dans les traits du vieillard, comme si brusquement il se souvenait en détail de l’altercation et des propos tenus. Puis toujours d’une voix douce et compatissante sans établir de rapport de force elle demande :

- Est-ce que vous pourriez me décrire ce qu’il s’est passé exactement ? Je comprendrais que vous ayez du mal, mais c’est important.

Elle adoptait presque un ton suppliant. Presque. Tout d’abord par sa position physique, à moitié assise sur la table ce qui lui donnait une hauteur. Ensuite parce qu’elle ne venait pas de passer trois jours dans le coma et qu’elle avait toutes les cartes en mains. Néanmoins Maiwenn ne voulait pas trop pousser son avantage. Pas encore en tout cas. S’il était trop tôt pour une deuxième carotte pour lui délier la langue (une pastabox s’entend) elle pouvait toujours le faire se sentir comme essentiel. Qui que l’on soit, on est toujours sensible à une attention de la sorte. Elle veillait également à ne pas se faire trop pressante tout en restant efficace. Elle attendit qu’il achève de lui répondre pour dire l’air délibérément plus préoccupée :

- Owen, il y a quelque chose que vous apprendrez à un moment ou à un autre en rentrant à New York. Après votre agression et que l’on vous ait ramené ici les hommes responsable de la crucifixion se sont rendus à Mutant Town. Armés. Le quartier a été partiellement détruit par les flammes… Enfin je pense qu’il vaut mieux que vous l’appreniez ici et maintenant que là bas.

Pourquoi lui avoir fait par de cette information qui risquait de le déstabiliser plus qu’autre chose ? Parce que Maiwenn avait le pressentiment que passé l’émotion si émotion il y avait, Owen donnerait plus de détails. De précieux détails. Elle n’avait certes pas de réelles raisons de penser qu’il ressentait de l’affection pour ces frères mutants mais Maiwenn était incorrigible à ce niveau là. Tout comme elle se sentait difficilement capable d’affronter un membre de l’Institut pour une simple divergence d’opinion, elle avait du mal à concevoir qu’un mutant puisse réellement être indifférent au sort des siens.


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MessageSujet: Re: Séance d'hypnose [Owen]   Dim 13 Mai - 22:31

J’avais espéré la déstabiliser un peu en lui posant à mon tour une question, mais ses réponses, bien au-delà de mes attentes me laissèrent sans voix un moment. Ainsi elle s’appelait Maiwenn, jusque-là rien de bien exceptionnel si ce n’est l’originalité de ce nom. Par contre elle prétendait que je lui avait révélé le mien suite à mon agression à Central Park. Je me souvenais vaguement de ce qui s’était passé après l’intervention de Maiwenn et de son acolyte, mais jamais je n’aurai donné mon véritable nom à des inconnus. En général j’utilise le nom de jeune fille de mon ex-femme, Rosenberg.

Et comme si cela ne suffisait pas à me plonger dans le doute, la voilà qui me parle d’une sorte d’attaque contre le quartier de mutant town qui aurait causé plusieurs incendies sur place. J’imagine sans mal que les victimes ont dû être nombreuses vu son regard quand elle m’apprend la nouvelle. Bien entendu elle veut toujours en savoir plus sur ce que j’ai vu la nuit où les purificateurs ont crucifié plusieurs mutants en plein central park, même si maintenant à la lumière de ce nouveau drame, cette histoire peut paraitre bien dérisoire.

« Enchanté Maiwenn. Je n’ai pas vraiment eu le temps ni l’occasion de vous remercier convenablement pour votre intervention au parc. Sans vous je serais sans doute mort. Alors le moins que je puisse faire c’est de vous raconter ce que vous voulez savoir. »

Je préfère passer sous silence mes réflexions et mes doutes. De toute façon ils ne regardent que moi. Si j’ai révélé mon vrai nom sans m’en apercevoir et sans en garder un souvenir net, c’est sans doute à cause du pouvoir de cette fille.

« Comme je vous l’ai expliqué, je dormais dans Central Park cette fameuse nuit, à quelques pas de l’endroit où ces salopards ont planté leurs croix. Ils sont arrivés très tard dans la nuit vers trois heures du matin. A cause du froid et de l’humidité, je dormais mal et le bruit de leurs véhicules m’a réveillé. Je me serais sans doute rendormi si juste après je n’avais entendu un autre bruit plus singulier : celui de quelque chose que l’on enfonçait dans le sol. »

Je marque une courte pause comme pour tenir mon publie en haleine. Mais je n’ai nul besoin de ça pour avoir l’attention de Maiwenn.

« Alors je me suis levé pour aller voir qui causait ce vacarme. Il y avait deux pickups et une berline sombre. Dans l’un des pickups, il y avait encore plusieurs madriers en bois entassés à l’arrière, mais je n’y ai pas plus prêté attention. J’ai suivi le bruit des pioches qui tapaient et je suis arrivé sur un petit promontoire où déjà trois croix avaient étés élevées. Deux types creusaient un autre trou pour en planter une quatrième. Cela était déjà assez étrange en soi, mais le pire c’était que sur chaque croix était cloué un corps. Pas besoin de m’approcher pour lire les panneaux qui pendaient aux cous de ceux déjà en place pour comprendre que les corps appartenaient à des mutants. Deux d’entre eux étaient des hybrides facilement reconnaissables. C’est à ce moment-là que l’un d’entre eux m’a vu, et j’ai dû fuir. »

Je m’arrête une fois de plus, mais je me doute qu’elle veut en savoir plus. Même si je ne comprends pas exactement ce qu’elle cherche à savoir.

« Vous savez pertinemment qui sont ces gens. Alors pourquoi me demander de vous raconter cette horrible nuit ? Vous voulez savoir combien ils étaient ? Au moins une dizaine, mais c’est difficile de tenir un compte précis quant on court dans le noir. Ces types étaient tous à la solde du révérend Stryker, d’ailleurs lui-même était présent et assistait à la crucifixion avec un air de jubilation sadique sur le visage. Ce type est un monstre bien pire que ceux qu’il prétend combattre au nom de sa foi délirante. »

Une fois de plus je suis obligé de marquer une pause. Le souvenir de cette nuit m’est encore pénible et la tête me tourne, sans doute à cause des calmants. Mais sans doute aussi à cause des implications de ce que Maiwenn vient de me révéler.

« Cette histoire sur Mutant Town, c’est à cause d’eux n’est-ce pas ? Ils ont attaqué directement ce quartier afin de tuer le plus de mutants possible ? Combien y a-t-il eu de victimes ? Je n’ai jamais mis les pieds là-bas, je ne voulais pas me faire remarquer, mais je ne peux pas rester insensible à ce genre d’évènement. »

Plus encore que le peu que Maiwenn m’avait révélé, c’est surtout ce qu’elle n’a pas dit que me bouleverse. Et rester dans le doute et l’ignorance devient une douleur plus forte que ma faim ou ma peur.
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MessageSujet: Re: Séance d'hypnose [Owen]   Lun 14 Mai - 17:06

Un nom a une force. Une vraie force. Sur la personne qui le porte et sur les autres. Regardez, comme on fait des pronostiques sur les signes astrologiques en termes assez larges pour englober la terre entière on fait des « Dico prénom » « Quel prénom pour mon enfant » et tout un pataquès en étant vraiment persuadé que le prénom va déterminer si on sera plombier ou président de la république. Mais au-delà de l’influence présumée du prénom sur le caractère de la personne, il a son importance dans un dialogue. Avez-vous remarqué qu’à presque toutes les phrases et questions qu’elle posait Maiwenn interpellait Owen ? Pour l’amener à se concentrer bien sur mais aussi pour établir un lien. Son mesmer avait une influence bien plus conséquente quand elle avait une « prise » sur la personne, un élément qui l’empêche de prendre conscience de l’emprise que la Syrène avait sur elle. Et sa principale prise sur Owen c’était son nom. Mais visiblement il était perturbé à l’idée de le lui avoir donné sans s’en souvenir. Il ne s’appesantit pas à ce sujet et passa au récit. Avec les détails cette fois.

Maiwenn l’écouta en silence le regarda intensément. Il ne cherchait pas à mentir et cette fois ne se contentait pas de répondre à la question, ayant peut être réalisé que plus vite il coopérerait plus vite il aurait une autre PastaBox dans le ventre et serait redéposé à New York. A ce sujet Maiwenn était relativement sure de ce qu’elle allait faire. Bien sur la prudence aurait recommandé de le mettre hors d’état de nuire vu qu’il avait des chances assez minimes certes d’avoir repéré la localisation de la Confrérie même dans son état semi-comateux mais en tant que mutant ne s’étant pas opposé à la Confrérie et qui au contraire avait manqué d’être agressé par des Purificateurs, il était illogique de prolonger sa captivité. Néanmoins, elle allait devoir une nouvelle fois le faire droguer le temps qu’il soit ramené. Et qu’elle lui demande de prendre quelques précautions supplémentaires, histoire de ne pas avoir un mort sur la conscience si les Purificateurs tombaient sur lui. L’idéal aurait été de le garder sous protection et ainsi sous la main mais la Confrérie n’avait pas à faire la baby-sitter pour tous les mutants, la masse de travail aurait été insurmontable. Owen Reece n’aurait qu’à se défendre, ce n’était pas comme s’il n’était qu’un mutant Zêta du genre à la peau verte et pi c’est tout qui se fait dérouiller régulièrement à Mutant Town. Bob lui avait bien précisé qu’à son époque il avait eu son petit succés l’Homme Molécule…

Visiblement elle avait visé juste en cherchant la corde sensible du mutant, le côté fraternel, l’envie de soutenir les siens que ce soit par peur que ce qu’il leur arrive lui arrive aussi ou bien par réel esprit d’équipe. Ne pas rester insensible… Cette phrase laisse rêveur. Quel impact ces évènements auront sur cette ancienne terreur des bons ménages américains ? Reprendra-t-il ses vieilles habitudes ou continuera-t-il d’errer sans domicile fixe dans les parcs et les rues ? Maiwenn le dévisage d’un regard pénétrant.

- Combien de morts ? Trop. Il y en a toujours trop. Près d’une centaine. Femmes et enfants sur lesquels on a tiré alors qu’ils cherchaient à échapper aux flammes.

Son voix était froide. Sa gorge serré et ses yeux désormais perdus dans le vague. Aucun effet théâtral pour une fois mais une réelle émotion. Elle avait vécut Mutant Town. Elle avait vu ces morts. Elle avait été blessée et avait encore le goût amer de l’échec dans la bouche. Le simple fait qu’il y ait eu ne serait ce qu’un mort était un échec qu’elle prenait personnellement. Bien sur elle n’aurait pas pu faire grand-chose de plus mais… Qu’Owen ne veulent pas « rester insensible » pouvait dire de multiples choses. Lasse, elle laissa ses paroles s’enfoncer dans l’esprit du mutant et appela Bob sans qu’Owen ne puisse l’entendre encore une fois. Le Confrériste arriva en moins d’une minute, une deuxième PastaBox à la main. Elle lui adressa un sourire las et lui fit signe d’entrer.

- Merci Owen pour ce que vous m'avez raconté. Croyez moi nous ne comptons pas rester insensible plus que vous.

Les informations qu’Owen lui avait procurées étaient assez faibles mais elle doutait qu’il ait grand-chose d’autre à lui raconter. Enfin, le fait que Stryker en personne ait assisté à la crucifixion laissait penser qu’il s’était aussi rendu à Mutant Town pour au moins lancer l’attaque. Et montrait donc qu’il n’était homme à orchestré ses plans derrière une table, calfeutré dans une base secrète. Il se rendait sur place. Intéressant. Un peu faible certes mais intéressant.

Elle songea fugacement que même s'il pouvait le deviner Owen ne savait pas pas qui était le « nous » et que cela risquait d’être sa prochaine question. Elle n’y répondrait pas. Elle lui donnerait un avertissement et sèmerait la confusion dans son esprit avant de demander à Bob en aparté de lui apporter une bouteille d’eau ou une autre PastaBox droguée. Il n'y avait plus rien à en tirer même si elle avait attendu mieux.

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MessageSujet: Re: Séance d'hypnose [Owen]   Mer 16 Mai - 9:23

- Combien de morts ? Trop. Il y en a toujours trop. Près d’une centaine. Femmes et enfants sur lesquels on a tiré alors qu’ils cherchaient à échapper aux flammes.

Même si je m’attendais à quelque chose de terrible, c’en est une autre que d’apprendre qu’une centaine de mutants ont péri dans cette attaque insensée perpétrée par les purificateurs de Stryker. Je ne sais pas quelle tête je fais, mais elle doit certainement refléter la tristesse et le grand désarroi dans lesquels me plongent cette affreuse nouvelle. Ces types ne méritent pas plus de pitié qu’ils n’en ont eu pour oser tuer de sang-froid des femmes et des enfants.

La dernière phrase de Maiwenn m’interpelle.

- Merci Owen pour ce que vous m'avez raconté. Croyez moi nous ne comptons pas rester insensible plus que vous.

Malheureusement je n’ai rien pu faire pour éviter ce drame. Et même si j’avais été sur place, je sais très bien que je n’aurai pas eu le courage de m’opposer à ces types. Sans doute aurais-je pu sauver ma propre vie, mais surement pas celle des autres.

« Je doute que mes regrets ou ma compassion ne servent à grand-chose pour toutes ces personnes mortes et leurs familles. Ces purificateurs sont des monstres qui ne méritent pas plus de pitié qu’ils n’en éprouvent à notre égard. »

Tout en parlant, je sens monter en moi une colère comme je n’en ai plus ressenti depuis longtemps. Mon poing se serre et ma mâchoire se crispe avant que je n’arrive à reprendre le contrôle. Heureusement, ces années passées en hôpital psychiatrique n’ont pas étés entièrement perdues.

« J’ignore qui vous êtes, ni ce que vous comptez faire pour régler le problème des purificateurs et des violences contre les mutants, mais j’ai une dette envers vous, tout comme j’ai une dette envers ceux qui m’ont libéré du cube il y a plus d’un an maintenant. Et je paye toujours mes dettes. »

Même si j’en suis convaincu, je ne sais pas encore si Maiwenn et ses acolytes font partie du même groupe qui a attaqué le cube il y a un peu plus d’un an. Mais si c’est le cas, je leur suis doublement redevable.

« Vu la façon dont vous vous êtes occupé des types qui m’ont agressé au Parc vous ne devez certainement pas faire partie de cette école pour mutants dirigée par le professeur Xavier. Leurs idées utopistes sur la cohabitation harmonieuse et pacifique entre les humains et les mutants n’est clairement pas viable. Vous devez donc faire partie d’un groupe mutant terroriste plus ou moins affilié aux confréristes de Magneto. »

Je marque une pause pour voir sa réaction et savoir si j’ai visé juste. Vu l’endroit où l’on m’a conduit et leurs méthodes au parc, je peux difficilement me tromper. Reste à savoir s’ils font partie de la confrérie ou bien d’un autre groupe indépendant.

« Je dois avouer que je n’ai jamais entièrement approuvé vos méthodes et votre idéologie, même si je m’en sens plus proche que de celles de Xavier. Mais quand je vois toute cette haine et toute cette violence à l’égard des nôtres, je me demande si ce n’est pas vous qui avez finalement raison. Si ce que vous me racontez sur Mutant Town est ne serais-ce qu’à moitié vrai, je crains que le temps des demi mesures et de la diplomatie ne soit révolue. »

Je préfère être clair et honnête avec elle. Elle doit savoir que je comprends leur combat, même si je n’approuve sans doute pas toutes leurs méthodes.

« Je ne vous demande pas de me faire confiance, mais si je peux vous aider, je le ferai avec plaisir. En payement de mes dettes envers vous et pour empêcher que d’autres tragédies comme celle-ci ne se reproduise. Je suis resté caché trop longtemps. J’ai fait croire au gouvernement que j’étais mort, et que mes pouvoirs n’étaient plus, mais il n’en est rien. Je suis bel et bien vivant, et même si l’âge a affaibli mon don, je le maitrise toujours. »

Je ne veux pas l’effrayer, sa réaction pourrait être imprévisible. Alors je ne fais aucun geste, aucun signe ni clignement de paupière qui pourrait annoncer que j’utilise mon pouvoir. Je me concentre simplement sur ce qui reste de la chaise en métal que j’avais liquéfié dans un accès de terreur. Il n’en reste que le dossier qui dépasse d’une flaque de métal solidifiée. Peu à peu je ré-assemble les molécules qui composaient la chaise et elle émerge lentement du sol. J’essaye de la refaire à l’identique mais je ne suis pas menuisier, si bien qu’une fois la chaise reconstruite elle ressemble à l’ancienne mais garde quelques défauts dus à ma manipulation. J’espère que cette petite démonstration démontre la maitrise de mon pouvoir.

« Ce n’est qu’une infime partie de ce que je peux faire avec mon don. Je peux manipuler à ma guise la matière qui m’entoure. A tel point que je peux en changer la forme comme vous avez pu le voir, mais aussi transformer une matière en une autre. Je peux bien sûr affecter la matière solide, mais aussi les liquides et les gaz. »

J’ai l’impression d’essayer de me vendre ou de passer un entretien d’embauche. Ce n’est pas loin de la vérité. S’ils sont vraiment le groupe que je pense qu’ils sont, j’ai tout à gagner à les rejoindre et eux aussi. Ne plus être seul, et faire quelque chose pour notre communauté.
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MessageSujet: Re: Séance d'hypnose [Owen]   Lun 4 Juin - 16:01

HRP : Je suis désolée pour cette attente de deux semaines mais c'était un peu la folie au niveau des modérations ces derniers temps OO Promis j'essaie de faire mieux

Owen se décomposa en apprenant le chiffre. Les médias n’avaient pas encore cessé de faire baver leur encre à propos de cette affaire, sans doute que le mutant aurait l’occasion de lire tous les détails « croustillants », les témoignages de gamins de huit ans désormais orphelin, le discours du maire se la reconstruction du quartier… Oui Owen allait avoir de quoi se sentir triste et pris de désarroi, presque coupable de n’avoir rien pu faire. Et précisément, il n’était pas le seul mutant qui ressentirait une telle émotion. L’action des Purificateurs avaient beau avoir été odieuse et criminelle, Maiwenn avait beau n’avoir qu’une envie leur faire payer jusqu’à la dernière goutte de sang, elle devait bien reconnaître que cet évènement avait convaincu bien des mutants ayant eu jusque là des hésitations quand aux agissements de la Confrérie. Ce qui n’était pas une si mauvaise chose bien que jamais la Syrène n’aurait pu y trouver quelque satisfaction que ce soit.

Sous ses yeux le visage d’Owen semble changer au fur et à mesure qu’il avance dans sa réflexion, se durcissant jusqu’à en devenir déterminé. Ces paroles trahissent tristesse et colère à la fois, son rythme cardiaque s’accélère comme pour l’attester et tout son corps se tend. Dans le cadre de la porte, Bob, planté là une PastaBox à la main montre également des signes de nervosité que Maiwenn décide d’ignorer. Certes il semble avoir un potentiel puissant. Mais sa colère n’est vraisemblablement pas dirigée contre elle quand bien même la première fois qu’elle l’avait été, la Syrène n’avait pas été mise en danger. A ses yeux de raisons particulières de se montrer tendue et de s’attendre à une nouvelle perte de contrôle. Bien que visiblement moins puissant que par le passé Owen Reece était un mutant expérimenté qui avait sans doute un certain self control.

Peu à peu il développe un raisonnement. Certes il ne faut pas être Einstein pour deviner à quel groupuscule Daken, Bob et elle-même appartenait mais le faire remarquer c’était prendre un risque bien qu’il ne semble guère s’en soucier. Il ne démontrait pas cela pour le plaisir de les remercier et de les associer aux Confréristes l’ayant aidé à sortir de la prison du Cube. Non il avait parlé de dette et ses yeux brillaient d’une détermination soudaine. Prise d’une sorte d’impulsion Maiwenn hocha la tête après qu’il ait dénigré les agissements utopistes de Xavier et avancé leur appartenance à la Confrérie. Un hochement de tête imperceptible et des yeux qui restaient implacable, à le considérer attendant qu’il parvienne à la fin de sa tirade. Owen joue carte sur table en lui rendant son regard sans aucune crainte. Il admet ne pas soutenir les agissements, confirmant son appartenance « aux hésitants » qui avaient désormais plus de chances de vouloir se rallier à la Confrérie comme l’avait supposé Maiwenn.

Intérieurement la Syrène le jauge. L’homme qui il y a quelques jours à peine ne parvenait pas à faire appel à ses pouvoirs pour se défendre de ses agresseurs mais qui avait aujourd’hui même fait une démonstration d’un don rare et recherché était une énigme malgré les quelques informations qu’elle possédait sur lui. Elle avait une idée générale de ses opinions idéologiques quand au conflit Mutant, une connaissance limité de ses pouvoirs mais avait pu jauger un niveau assez aléatoire. Owen serait-il en train de passer du statut de prisonnier à celui de recrue ? Cela semble être le but qu’il poursuit car il enchaîne rapidement avec l’explication de ses capacités. Maiwenn sursaute lorsque la chaise liquéfiée quelques minutes plus tôt émerge lentement du sol où elle avait formé une sorte de flaque. Bob par mesure de sureté fait un pas en arrière. Maiwenn regarde de nouveau Owen, l’air intéressé par ses explications. Rapidement elle comprend. Le potentiel. La puissance bien que bridée par l’âge. Et la réaction de Bob, finalement peut être pas si exagérée. Profitant que la chaise soit de nouveau utilisable Maiwenn quitte la table pour la positionner en face du lit d’Owen pour s’y asseoir. Ainsi elle est à la même hauteur que lui. Elle croise son regard. Elle n’a l’air ni froide ni hostile mais ne le regarde pas avec l’avidité qu’un autre pourrait avoir en prenant conscience de ce que veux dire un tel potentiel ne serait-ce que financièrement parlant. Une organisation terroriste coûte cher, ô combien le sait-elle, elle qui a été pendant un temps à la tête du Département s’occupant de l’approvisionnement de la Confrérie en armes aussi bien qu’en nourriture et autres comme plus délicat, en molécules instables. Elle prend la parole d’une voix douce et ferme à la fois, elle ne cherche plus à l’amadouer pour obtenir des informations ou à le convaincre de se concentrer pour clarifier ces dires. L’interrogatoire est bel et bien terminé, elle a cessé de faire usage de son mesmer, souhaitant vérifier si l’engouement soudain du mutant ne viendrait pas d’un effet secondaire de son pouvoir.

- Vous êtes en effet ici à la Confrérie. J’apprécie votre volonté d’agir suite à ce qu’il s’est passé cette nuit là Owen. Je pense en effet que vous seriez un soutien important pour éviter d’aller vers des nouvelles crises comme celle-ci. Qu’êtes-vous prêt à faire ? Je ne tiens pas à vous exposer aux combats contre les Purificateurs si combat il y a, dit-elle en faisant allusion à la débacle de Central Park. Je me doute qu’il ne s’agit pas là de l’aide que vous êtes en train de nous proposer…

Maiwenn sentait au fond d’elle qu’Owen ne proposait pas son aide pour aller se battre contre les Purificateurs et mener d’autres actions terroristes. Son contrôle assez fluctuant en face d’un adversaire rendait ce scénario peu envisageable. En revanche en termes de ressources… Maiwenn attendit avec une calme impatience que l’Homme Molécule réponde à sa question.

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MessageSujet: Re: Séance d'hypnose [Owen]   Dim 10 Fév - 22:18

Voilà qui me rassure un peu finalement. J’avais eu peur de m’être trompé et d’avoir été manipulé par les autorités afin de me trahir. Mais non j’étais bel et bien chez les confréristes. Ceux-là même à qui je devais ma libération du cube plus d’un an en arrière.
Même si je meurs d’envie de rendre la monnaie de leur pièce à ces fichus purificateurs, Maiwenn à raison, un vieil homme comme moi n’a pas sa place en première ligne. Mais je peux sans doute aider autrement.

« Oui, il semble évident que j’ai passé l’âge de me battre même si en combat mon pouvoir peut parfois être utile. Mais je n’ai plus ma puissance d’antan si les réflexes nécessaires. Par contre je me doute qu’il doit être difficile de financer la cause sans trop attirer l’attention. Un braquage, même s’il est simple pour un groupe de mutants organisés n’en reste pas moins un vol aux yeux de l’opinion publique et des autres mutants. Même si l’on vous traite de terroristes ce n’est pas une raison pour passer en plus pour des voleurs. »

Je marque une pause histoire de reprendre mon souffle autant que pour gauger la jeune femme en face de moi. J’espère qu’elle ne prend pas mal ce que je lui dit, ni ne pense que je n’adhère pas à leurs principes.

« Il est évident qu’avec mon pouvoir il m’est très facile de fabriquer des matières précieuses afin de financer la confrérie. Même si je reste limité dans les volumes que je peux créer chaque jour, ils sont largement suffisants pour remplir les caisses au-delà de vos espérances. Du moins si vous arrivez ensuite à revendre ces matières premières, je ne peux fabriquer de fausse monnaie. »

Dans l’état actuel de mon don, je devais arriver à transmuter à peu près 80 ou 100kg d’or à partir de n’importe quoi. A plus de 50.000$ le kilo cela règlerai largement tous les problèmes de financement. Et l’or n’ést pas la matière la plus précieuse que je suis capable de fabriquer.
Maiwenn semble satisfaite de ma réponse et sans un mot elle se lève et quitte la pièce en ne laissant derrière elle que son doux parfum. J’ignore si j’ai effectivement passé le test, si je suis accepté, mais en attendant je suis toujours là.
Les jours passent et s’enchainent, deviennent sans doute des semaines puis des mois. Je ne suis plus dans une cellule de prison, mais dans une sorte de chambre un peu plus spacieuse bien que sans fenêtre. L’endroit semble toujours être sous terre, mais grâce à ce nouvel espace ma claustrophobie à presque disparue. Je n’ai pas revu Maiwenn depuis notre dernière entrevue, mais régulièrement on me demande de fabriquer un peu d’or. Bien peu par rapport à ce que je pourrai produire si j’utilisais mes capacités à leur maximum, mais assez pour financer la confrérie je pense.
Reste à savoir si je suis vraiment l’un des leurs, ou bien un simple invité. Je suis nourri, logé, et les vêtements que l’on m’a donnés sont propres et confortables. Je n’ai pas été aussi bien traité depuis longtemps. Alors oui, je suis sans doute l’un des leurs.
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Séance d'hypnose [Owen]
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