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 Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]

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Echo
X-Men Oméga
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Dim 17 Nov - 0:29

Kaya sembla bien réagir, peut-être par ignorance, mais Rachel espérait que ce soit de l’ouverture d’esprit ; en un sens, elle espérait qu’Exodus ait tord. D’un autre côté, pour réellement savoir ce qu’il avait à dire, s’eut peut-être été une bonne chose que de le faire. Elle réessaierait plus tard, car après la visite, ça avait été le désintéressement du monde, et après le désintéressement, c’était la dernière ligne droite pour le mariage, puis quelques recherches infructueuses, la tentative de rentrer chez les X-Men, et elle avait simplement oublié le rendez-vous donné par le Chef de la Confrérie. C’était con, mais c’était ainsi. Bah, elle s’excuserait.

Après un haussement d’épaules, la Reine des Lames revint s’appuyer contre elle avec un soupir, laissant la rousse surprise, mais ne déclenchant nulle réaction de rejet. C’était de l’incompréhension généralement, de l’interdiction lorsqu’elle était surprise, mais Rachel préférait se bloquer qu’avoir des réactions violentes, comme au début ; après, elle restait consciente d’avoir de telles réactions dans les cas d’agression ou qu’elle percevait comme des agressions. En tous cas, Kaya réexpédia son bout de viande dans le feu elle aussi, tout en se réinstallant.

« Je ne pense pas que le pouvoir surpasse le cœur. Je pense qu'ils sont différents, et qu'il faut un équilibre très délicat entre les deux. Quelqu'un avec trop de pouvoir et pas assez de cœur deviendra un monstre. Quelqu'un avec trop de cœur et pas assez de pouvoir risque de devenir une victime. J'essaie de maintenir l'équilibre. C'est pas simple. »

- L’équilibre dépend de la stabilité, tu ne peux l’avoir si tu recherches l’un ou l’autre, ajouta-t-elle simplement, espérant éclairer ainsi.

Oui, il fallait un équilibre entre les deux, Kaya avait comprit, mais peut-être ne conceptualisait-elle pas que c’était justement ça recherche du pouvoir qui rendait son maintien difficile. Chaque perturbation modifiait la balance, et il fallait le retrouver, à chaque fois. L’autre avait à moitié raison : Rachel n’était pas méprisante, ni hautaine ou autre, ce n’était pas dans sa nature, mais Kaya n’était pas une espèce d’emmerdeuse pleurnicharde, bien qu’elle soit collée à son bras. Quant à son équilibre… Rachel l’avait, tant qu’elle restait limitée elle parvenait à le garder, oui, mais si elle venait à déchainer ses pouvoirs, elle ne pouvait garantir qu’elle serait en mesure de le garder, et considérant l’étendue de ces capacités, elle ne voulait prendre le risque.

Des doutes, des doutes nommés « vérité ». Ne pas savoir ce que l’on voulait, Rachel connaissait. Et il n’y avait qu’un moyen simple pour contrecarrer cela : se fixer des objectifs. Non-pas des objectifs de vie, tel s’intégrer à l’humanité, mais des objectifs basiques, tels aider ceux que l’on aimait, participer à des activités avec d’autres, protéger quelqu’un, l’éduquer… ces choses qui faisaient qu’au final, on s’intégrait. Kaya voulait prendre sur elle toute la souffrance du monde ? Ce n’était pas quelque chose de réalisable en soit, mais cela pouvait motiver plein de petites choses qui, elles, le seraient. Mais c’était triste à entendre. Cela forçait le respect, oui, autant d’abnégation, mais c’était triste à entendre. Pourquoi ne serait-elle jamais heureuse ? Pourquoi serait-elle toujours seule ? Pourquoi endurer tout ce que devraient endurer les autres ? N’était-ce pas se trouver une utilité, aveugle qu’elle était à ce qu’elle pouvait avoir. N’était-ce pas un manque de confiance en soit avec un complexe du sacrifice ? Rachel n’en savait rien, elle constatait les faits, et ne pouvait rien y faire. Elle pourrait aider, mais jamais être le facteur déterminant.

« En tout cas, si un jour tu as peur de perdre ton humanité, tu peux compter sur Caitlyn, oui. Elle fait ressortir le meilleur chez les gens. Sur moi aussi, tu sais, même si je suis moins douée qu'elle... Genre si elle est absente. Et sûrement sur Kaede, aussi. On essaie tous de la protéger, mais au fond je suis sûre qu'elle a plus à nous apprendre qu'on le croirait, même à miss Phénix. C'est marrant comme surnom. C'est plus badass que "Fuzzy" en tout cas. Moi j'en ai pas, faut que j'en trouve un. Comment t'as eu ce surnom ? C'est à cause des flammes que tu peux produire ? »

- Caitlyn ne sera pas absente. Mais ce n’est pas parce qu’elle et Kaede seront là que tu n’y auras pas ta place. Rappelle-toi ce que je viens de dire sur le cœur.

Laissant un instant de réflexion, Rachel tourna son regard vers Kaya, puis reprit.

- C’était pas la Reine des Lames ton surnom ? Je crois que c’est ce que j’avais entendu de toi.

Après, ce n’était qu’un surnom, tant qu’on allait pas dans les sobriquets, la plupart des trucs pouvaient passer, tant au niveau des surnoms que des noms de code X-Men. Cependant, dans le cas de Rachel, c’était loin d’être un surnom, en réalité, et elle ne savait pas comment expliquer cela, sans rentrer dans le détail de ce qu’était le Phénix, et de ce qu’était la Force Phénix. Et cela, c’était estampillé Secret ; d’un autre côté, c’était à elle de choisir si elle devait s’expliquer, ou pas. C’était son secret, en un sens. Et il lui était plus facile de parler du Phénix que du Warhound.

- Le Phénix c’est pas qu’un nom de code. C’est… moi. Littéralement.

Un soupir, après plusieurs secondes de silence.

- Les êtres vivants génèrent une énergie psychique « vitale », et la Force Phénix est l’entièreté de cette énergie à travers l’espace et le temps, la somme de l’énergie dégagée par les êtres qui ont été, qui sont et qui seront ; c’est la vie et la mort.

Si l’acceptation de Kaya provenait de son ignorance, alors sans doute l’éclairer n’était pas une bonne idée. Mais Rachel le faisait quant même, par choix.

- Lorsque la Force s’incarne dans une personne, celle-ci est à même de puiser dans la réverse d’énergie constituée par les générations futures, ce qui peut accroitre ses pouvoirs à des niveaux… infinis.

Ces simples mots, c’était effrayant. Effrayant de potentiel, effrayant de puissance, effrayant d’inhumanité. Beaucoup trouveraient cela « cool » de n’avoir de limites, mais sans limites, il fallait parvenir à se brider seul, à s’en imposer, sinon c’était simplement impossible de se contrôler. Hors la perte de contrôle, du contrôle d’elle-même, Rachel voulait l’éviter à tout prix.

- Originellement, je suis une mutante Psychokinésiste, Télépathe et Voyageuse Temporelle de classe Oméga, mais récemment, je suis devenue le nouveau Phénix.

Ce n’était pas une fierté, c’était un aveu, car même si ses pouvoirs faisaient parti d’elle au même titre que l’Echo du Phénix, et qu’elle s’acceptait pleinement, faire étalage de ces grandes capacités, de ce pouvoir, c’en était toujours amer. Ceux qui n’avaient pas le pouvoir rêvaient de l’avoir, et ceux qui l’avaient le subissaient. Non, Rachel ne voulait pas se débarrasser du Phénix ou de sa mutation, mais elle avait dût payer les prix de l’un comme de l’autre, et ces prix avaient été aussi élevés que le laissaient suggérer son potentiel. Et les responsabilités accompagnant le pouvoir, personne n’y pensait non plus, tant qu’il ne les avait pas sur les épaules…

- J’espère que je ne connaitrais pas le même destin que ma mère. J’ai déjà le sang de centaines de personnes sur les mains… je veux pas en tuer cinq milliards…

Elle ne pleurait pas, cette fois, mais c’était dit avec une grande tristesse, et une certaine frayeur. Un grand pouvoir impliquait de grandes responsabilités, elle avait un pouvoir cosmique, mais les responsabilités envers l'univers n’étaient pas forcément morales, ou humanistes…

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Des divinités ont fait de moi une divinité,
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Kaya Spencer
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Dim 24 Nov - 14:54

Impossible d'avoir un équilibre stable si l'on recherche l'un ou l'autre, disait la rousse... En effet. Rechercher l'un des deux créait forcément un déséquilibre qu'il fallait compenser, mais pendant la période de "compensation" on restait vulnérable. Si je devenais trop puissante trop rapidement, je risquerais de déraper et de finir... aucune idée de comment je finirais, en fait. J'essayais de provoquer un effet "boule de neige" avec mon pouvoir, pour qu'il grossisse de plus en plus et de plus en plus vite, mais c'était peut-être une bonne chose que je n'y parvienne pas, avec le recul. Les résultats pourraient être assez... compliqués. D'autant que ce tissu... Je ne savais trop qu'en penser. Plus il évoluait, plus j'étais inquiète. Oh, pas 24h/24, mais parfois je me demandais ce que c'était exactement.

Il avait des instincts. Il ne "parlait" pas ni rien, ce n'était pas un truc intelligent, mais il avait des sortes d'instincts bizarres que je pouvais parfois ressentir. Des trucs primaires. Faim, protéger, fuir, des trucs du genre. Parfois, il bougeait tout seul. C'était rare, mais il était arrivé que des lames se forment par réflexe, comme la fois où je m'étais mise une balle dans la tête. De toutes façons, il n'y avait pas vraiment de changement pour le moment, donc j'étais à peu près tranquille, de toutes façons.

Elle me signala ensuite que ce n'était pas parce que Cait', Kaede et les autres étaient là que je ne servais à rien. Moui... J'étais plutôt au second plan, mais au moins j'étais là. Je haussai les épaules, affichant ensuite un air un peu blasé quand elle me demanda si ce n'était pas la Reine des lames, mon surnom. Je soupirai longuement, secouant la tête l'air de dire "non", avant de finalement me reprendre.

« 'fin, si, si... C'est les types du gang dont je faisais partie qui m’appelaient comme ça, mais j'ai pas vraiment la carrure d'une reine, disons. Sur le net les mecs m'appellent "Miss Headshot" vu que je me suis tiré dans la tronche. Je crois qu'en surnom c'est tout... 'fin si, Cait' m'appelle fesses plates, mais c'est parce qu'elle est jalouse du fait que j'aie une poitrine super. »

Je levai les yeux au ciel à cette dernière mention, puis je haussai les épaules. Au fond elle m'appelait bien comme elle voulait.
Après quelques instants, la rousse déclara soudainement que le Phénix n'était pas un surnom, mais bel et bien elle. J'affichai un air un peu surpris et confus, et après quelques secondes elle se mit à élaborer un peu, m'expliquant que les êtres vivants généraient une sorte d'énergie bizarre, le phénix étant la somme de toutes ces énergies dans l'univers l'espace le temps et toutes ces conneries. Je haussai cette fois un sourcil, semblant un peu surprise. Soit elle était cintrée, soit c'était vrai et là c'était assez étonnant... De l'énergie psychique, rien que ça ? Je doutais d'en avoir beaucoup, héhéhé.

Les explications continuèrent, et autant dire qu'elles étaient bienvenues car j'étais un brin perplexe face à ces histoires d'énergie cosmique et compagnie. Je n'avais jusqu'ici jamais entendu parler de ça, ni en cours de sciences ni ailleurs, et là on sortait carrément du domaine des mutations... Ce n'était pas que je ne la croyais pas, au contraire, mais je sentais que je manquais cruellement d'informations. Il y avait BEAUCOUP de choses que j'ignorais, peut-être trop pour mon propre confort...
Rachel pouvait en tout cas, semblerait-il, puiser dans une réserve d'énergie quasi-illimitée pour augmenter son potentiel de manière tout aussi illimitée. Là, pour le coup, mes yeux jaunes étaient grand ouverts et tout ronds, genre O_O

Illimitée ? Attends, sérieux ?

Pas mal de choses s'expliquaient, dans son discours... Pour ma part je ne savait pas trop quoi en penser, en fait. Je savais que se former un jugement "sur le coup" était crétin. Je repenserais à tout ça demain après avoir dormi...
Enfin, le fait était que de base, même sans cette histoire de phénix, elle était quand même bien dotée : psychokinésiste, télépathe, et VOYAGEUSE TEMPORELLE (ouais carrément) de "Classe oméga" ? Je ne savais pas ce que c'était que ces histoires de classes, mais "Oméga" ça avait l'air balèze en tout cas. Moi je savais pas ce que j'étais. Sûrement classe "tout pourri". Peu importait, de toutes façons. Je me renseignerais aussi sur ces histoires de classes, mais plus tard. Dans l'immédiat on s'en foutait un peu.

La rousse finit par adopter une voix triste, alors qu'elle parlait du destin de sa mère et du sang de centaines de personnes sur ses mains. C'était qui, sa mère ? J'étais censée le savoir ? P't'ainnnnnn ! Mais il me manquait juste tous les éléments en fait ! La force universelle psychique, le voyage temporel, sa mère, et toutes ces histoires. Pas étonnant que je passe pour une conne à longueur de journée, s'il me manquait les deux tiers des données je ne risquait pas de capter grand chose.
Je soupirai en tout cas, longuement, avant de finalement répondre :

« Je comprends mieux pourquoi tu n'aimes pas ces histoires de recherche de puissance... Tu sais à quoi ça peut conduire, vu que la tienne n'a pas de limites. A un gros déséquilibre, et à des conséquences potentiellement catastrophiques... Je ne dis pas que je sais ce que c'est, mais j'peux le comprendre. J'ai fait un rêve, plusieurs fois... »

Qu'est-ce-qu'on s'en foutait de mes rêves... Tant pis. J'allais pas me mettre à l'emmerder avec mes délires nocturnes.

« 'fin c'est qu'un rêve mais il me donne une petite idée, vague, de ce que ça peut être... Une responsabilité immense, et un potentiel de dérapage tellement énorme... Je comprends mieux l'importance du cœur, pour toi, du coup. C'est c'qui te permet de garder les pieds sur terre, de garder conscience des autres, de pas partir dans un truc cosmique surréaliste... 'fin ça se trouve je dis des conneries, mais c'est ce que j'ai compris. »

Je me réinstallai plus confortablement sur elle, fronçant les sourcils. Avec une puissance quasi-illimitée, il était assez logique qu'elle perde le contrôle, ce qui expliquait sûrement ces "centaines de morts" qu'elle évoquait. Elle semblait déjà avoir du mal à parler de ce qu'elle avait subi elle, je doutais donc fort que lui demander des détails à ce sujet soit extrêmement bien vu... Elle risquerait fort de m'envoyer me faire voir ou de me voir comme une remueuse de merde, ou quelque chose de ce genre. D'un autre côté, peut-être qu'en parler lui ferait du bien... Elle ne me connaissait pas, et j'étais bien placée pour savoir que parler de ce genre de choses à un(e) inconnu(e) total(e) pouvait être étonnamment utile, et même beaucoup plus simple parfois.  

En fait, j'aurais aimé avoir quelqu'un, inconnu ou non, auprès de qui vider mon sac mais... Je ne savais pas qui. Caitlyn n'était pas inconnue, et elle avait déjà ses propres problèmes, je ne voulais pas l'encombrer avec en plus les miens. Kaede était un peu jeune pour comprendre et je ne voulais pas "l'infester" avec mes histoires : elle allait bien, autant donc ne pas lui donner de raisons d'aller mal. Jay aussi vivait sa petite vie et je n'avais pas spécialement envie de pourrir la sienne avec mes conneries. Donc pour les personnes que je connaissais, c'était niet. Et des inconnus... Je n'allais pas non plus aller voir des gens au pif dans la rue quoi. Et peut-être Rachel avait-elle ce même problème. Ou peut-être pas... Je n'en savais rien, mais je préférais laisser la porte ouverte.

« Ces... centaines de personnes dont tu parles. Pertes de contrôle, ou déséquilibres ? »

La question était simple mais remplissait son rôle, et n'était à priori pas trop "insistante". Si elle ne voulait pas répondre elle le pouvait, si elle voulait répondre elle le pouvait. Maintenant, restait à voir si elle ne ferait pas autre chose encore que je n'aurais pas prévu ou même imaginé.
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Lun 25 Nov - 21:25

Non mais oui, Kaya n’était pas la Reine des Lames tout en l’étant, ou plutôt en l’ayant été, dans une période de sa vie qu’elle avait outrepassée. Alors le surnom n’était plus d’actualité ? Puis elle n’estimait pas avoir la carrure d’une reine. D’un autre côté, le seul exemple de reine venant à l’esprit du Phénix ne faisait pas tellement envie… Miss Headshot était connu, m’enfin c’était un pseudonyme plus qu’un véritable surnom, trop long surement, puis se tirer une balle dans la tronche, Rachel avait déjà dit ce qu’elle en pensait. Fesses Plates, c’était pas du tout héroïque, tandis que Poitrine Super, y’avait peut-être « super » dedans, mais… non. Juste non. Moins pire que Fesses Plates, mais ça revenait à résumer Kaya à un truc qui faisait peut-être jalouser Caitlyn (encore qu’elle jalousait tout le monde à ce niveau là, allant même jusqu’à ce plaindre que Rachel ne lui ait pas fait un petit supplément à la résurrection…), mais qui la réduisait énormément. Enfin, il ne fallait pas se lancer dans un débat sur le féminisme et les perceptions des hommes du tour de poitrine, cela risquait d’être dégradant.

Du coup, il fallait continuer sur des sujets « sérieux », pour le meilleur et pour le pire. Mais le Phénix n’aurait sût dire vers lequel tendait Kaya, laissant simplement le silence suivre ses paroles, jusqu’à ce que l’autre l’interrompe par un lourd soupire, et ne reprenne la parole. Ce n’était pas qu’elle n’aimait pas ces histoires de recherche de puissance, c’était qu’elle savait où cela conduisait, oui, et qu’elle n’aimait les idées fausses et potentiellement dangereuses colportées par ceux qui ne savaient pas, mais en rêvaient. Les rêves… c’était particulier. Kaya pouvait avoir rêvée de la puissance absolue, et comprendre l’enivrement que cela procurait. Mais il n’y avait pas cette conscience du risque : le rêve se finirait, et tout détruire n’avait pas d’importance, tout serait de nouveau là pour le prochain. Si Rachel détruisait le monde, il n’y aurait pas de retour arrière possible, pas même pour elle.

Oui pour la vague idée, oui pour la responsabilité immense, et oui pour le potentiel de dérapage qui l’était encore plus ; oui pour l’importance du cœur, et le fait que se soit son humanité qui lui permette de rester humaine.

- Tu as bien comprit, confirma-t-elle doucement, alors que l’autre semblait en douter, chose qui ne l’empêcha pas de se réinstaller un peu plus.

Rachel n’avait pas énormément de contacts physiques, en dehors de certaines personnes, même si ces derniers étaient plutôt diversifiés. Câlins et autres gestes d’une sororité qui s’adorait avec Caitlyn, gestes similaires mais plus proche de la maternité avec Kaede, coups de poings sur la gueule avec Amy (même si un comportement tactile plus amical ne lui aurait pas déplut, la rousse ne savait comment aborder le sujet), des contacts occasionnels avec des personnes plus ou moins étrangères qu’elle essayait d’aider, et c’était tout. Celle qui avait de toute façon le plus de contacts avec le Phénix restait Cerberus, même si avec l’âge la chatte devenait plus indépendante et distante, en tout cas quant sa maitresse lui laissait le choix et ne la prenait pas pour la câliner/martyriser (selon le point de vue), revenant toujours pour dormir avec/sur elle, cependant. Dans tous les cas, si cela la surprenait un peu de la part de Kaya, elle n’avait pas à s’en plaindre, et saurait à quoi s’en tenir.

« Ces… centaines de personnes dont tu parles. Pertes de contrôle, ou déséquilibres ? »

Autant, les contacts physiques doux et calmes ne lui posaient pas de problèmes, voir même étaient appréciés, autant les questions, ce n’était pas le cas. Mais c’était de sa faute, elle avait trop parlé, comme souvent. Soit trop, soit pas assez, toujours dans un extrême ou dans l’autre, jamais dans le milieu. Certaines personnes avaient un équilibre parce qu’elles se tenaient dans le gris, Rachel l’avait parce qu’elle alternait le noir et le blanc ; enfin, socialement parlant.

Les secondes passèrent sans réponse, alors que Rachel détournait le regard pour le porter sur les ténèbres environnantes, à l’opposé de Kaya. Elle devrait répondre, mais trouver les mots allait être difficile ; ne pas le faire n’entrainerait que plus de questions, mais le faire n’en entrainerait-il pas tout autant ? Elle aurait l’occasion de se justifier, au moins.

Portant sa main libre à son autre, celle du côté où se trouvait l’élève X-Men, le Phénix passa ses doigts sur les cicatrices rouges qui en parcouraient le dos, remontant le long du bras et ne s’arrêtant que pour éviter de gêner Kaya.

- Système de contrôle. Obéir ou souffrir. Le programme de Kaede visait à l’étudier… le mien à créer des armes de chasse aux mutants. Retourner les armes de l’ennemi contre lui… je suis la meilleure à ce jeu.

Elle était toujours la meilleure à ce jeu-là, et elle en avait conscience. Combattre le mal par le mal, cela ne changerait pas. Tuer était son domaine de prédilection, et le massacre ne s’était pas arrêté avec son échappée aux Warhounds. Oh, elle n’avait pas tuée par haine ou par vengeance, mais elle avait tués ses ennemis, ceux qui s’opposaient à elle ; humains ou mutants, Limiers ou Shi’ar, qu’importaient leur sang ou leur allégeance, ils l’avaient confrontée et payé de leurs vies.

- Ils m’ont entrainée. Ils m’ont torturée. Ils m’ont conditionnée. Traquer et tuer. Ma mission, ma seule raison de vivre. Warhound.

Le dernier mot avait été craché, d’une seule traite, d’une seule parole, d’un seul souffle. Puis la seule chose qui le suivit fut le silence, alors que le visage du Phénix se contentait de fixer les flammes, crispé. Partagée entre colère et tristesse, comme toujours, et si le feu s’intensifia un instant, son crépitement n’eut pour seul écho que quelques larmes qui s’échappèrent, puis Rachel ferma les yeux et baissa la tête, tremblante.

Elle avait eut le choix entre souffrir et faire souffrir, elle avait choisi le second, et elle espérait pouvoir faire un peu de bien, car même si cela ne suffirait probablement jamais à ce racheter, c’était dans sa nature, et c’était sa volonté, que de réussir ici ce qui ne lui avait jamais été donné de faire, mais qu’elle aurait tant aimé. Elle était les extrêmes et les opposées, tueuse et protectrice, coupable et innocente, mort et vie ; l’incarnation du Phénix.

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Kaya Spencer
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Sam 30 Nov - 17:34

D'après la rousse, j'avais très bien compris... Je n'en étais, pour tout avouer, pas entièrement persuadée. Elle avait un vécu et une vie qui étaient tellement différentes de la mienne, des souffrances tellement distinctes, qu'il était peut-être impossible pour moi de vraiment les appréhender. Enfin... Au moins, j'avais le concept général, c'était déjà ça non ?

Par contre, après ma dernière question, elle détourna le regard et ne répondit rien, laissant un silence pesant s'installer... J'aurais sûrement dû fermer ma gueule, en fait. Au fond, il était fort probable qu'elle n'ait pas envie d'en parler. Pour tout dire, le fait qu'elle ne veuille pas en parler était déjà rassurant, d'une certaine manière : elle ne s'en vantait pas, ni rien. Elle n'était pas fière d'avoir tué des gens, ne portait pas genre leurs oreilles en collier, ou ne se trimbalait pas avec une sorte de T-shirt "MUTANT POWER" où elle avait fait une marque par victime massacrée. Elle était donc manifestement éloignée des opinions de la Confrérie, ce qui était même très rassurant... Je n'aurais pas un jour à me retrouver en face d'elle, à devoir l'empêcher de butter un pauvre type qui n'avait rien demandé.
Quoique... Sur une perte de contrôle... Quel bordel...

Rachel finit en tout cas par bouger, faisant passer un doigt sur ces espèces des cicatrices qui la recouvraient... Et elle répondit. Système de contrôle. C'était donc ça, cette opération. Elle m'avait bien parlé des souffrances qu'elle avait pu vivre, mais concrètement elle avait une sorte de système de contrôle tordu qui permettait à ses bourreaux de lui faire faire n'importe quoi sous peine de vivre des tortures abominables. "Retourner les armes de l'ennemi contre lui". Autant sur le principe, j'étais d'accord : si des mutants foutaient la merde et buttaient des gens qui n'ont rien demandé, il n'y avait pas mieux que des mutants plus puissants encore pour leur péter la tête en deux et leur apprendre la vie. Par contre, le faire par ce genre de procédés totalement délirants...??

La rousse avait du coup été torturée, conditionnée, forcée à tuer, la totale ! Je ne pus m'empêcher de me relever, d'un coup, l'air colérique. Je l'étais... Profondément.

« NAN MAIS ILS SONT PAS BIEN QUOI ! C'EST QUOI, CE GENRE DE TRUC, GROS TARÉS DE SERVICE, LA, AVEC LEUR... »

Je me mis alors à faire les cent pas, continuant de les traiter de gros dégénérés, de siphonnés, et de pas mal de trucs extrêmement vulgaires.

« ...DRAIT LEUR FOUTRE UN CACTUS DANS LE CUL QUOI ! NAN MAIS EN PLUS CES... » Quelques pas, je continuai à ronchonner.
« ...M'EN VAIS LEUR FAIRE FAIRE DU CATCH AVEC UN OURS TIENS, CA LES CALMERAIT CES ESPÈCES DE... » Encore quelques pas, tout en grognant.
« ...PUIS TIENS, LEUR FOUTRE LES CACAHUÈTES DANS UN BASSIN DE PIRANHAS AUSSI, MOINS DE TESTOSTÉRONE CA PEUT PAS LEUR FAIRE DE MAL A CES... » Encore quelques allers-retours en continuant ma diatribe.
« ...MMENT QUELQU'UN PEUT AVOIR UNE IDÉE PAREILLE, ILS ONT EU DES BIBERONS AU RADIUM QUAND ILS ÉTAIENT MÔMES OU QUOI ? PARCE QU... »

Je finis par enfin m'arrêter, me tenant devant Rachel.

« ...LORS DU COUP FRANCHEMENT VOILA QUOI !! »

Bon, mon moment d'énervement n'avait pas dû avoir énormément de sens pour le phénix. En fait, ça avait probablement dû lui paraître absolument ridicule, mais j'étais vraiment énervée, et quand je m'énervais je ne réfléchissais pas plus que ça. D'ailleurs, tiens, une preuve plus claire que je ne réfléchissais pas, criant en levant mes petits poings (griffus) :

« ILS SONT OU ? PARCE QUE MOI J'Y VAIS, MAIS... MAIS J'LES DÉFONCE, MOI ! »

Oui, c'était débile. Si Rachel, la puissance oméga temporelle télékinétique phénix galactique, s'était faite capturer... Je n'avais aucune chance de tenir plus de vingt pauvres secondes face à ces espèces de fous dangereux. Mais encore une fois, je ne réfléchissais pas une seule seconde au danger. J'étais révoltée à l'extrême, et le fait de me faire massacrer ne m'importait pas le moins du monde : ces types étaient des fous dangereux et je devais faire quelque chose. L'idée même qu'une autre personne que Rachel ne se fasse attraper par ces espèces de dégénérés m'insupportait, et je me sentirais même responsable de ne rien avoir fait. Je connaissais leur existence et malgré ça, je n'aurais rien fait... C'était pour moi tout aussi grave que de faire partie de leur espèce de société à la con.
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Mar 3 Déc - 16:09

Kaya réagit immédiatement, rompant le contact. Mais pas par peur, non, pas pour fuir ou pour changer de position de manière à prendre du recul ou essayer de capter son regard et lui parler ; elle se contenta de se relever et de commencer à pousser des gueulantes.  Tournant en rond et injuriant de la même manière, elle ferait rapidement « les cents pas » comme les cents insultes. Plus que le vocabulaire, c’était le comportement qui surprenait Rachel, et lui faisait un peu peur : une telle impulsivité était mauvaise. Autant, elle-même pouvait se montrer impulsive dans ces décisions, fonceuse et adepte de l’improvisation, autant elle n’en était pas à faire des allers-retours en beuglant. Bon, elle avait ses colères également, spectaculaires et destructrices, mais enfin cela ne partait jamais aussi vite. Oui, cela partait d’un coup, mais pas aussi vite. Après, elle était mal placée pour en jugée, Caitlyn lui ayant déjà demandé de prévenir avant de passer d’un extrême à l’autre ; mais c’était il y avait longtemps, et pour les crises de larmes.

Et c’était autrement plus sérieux que cela. En quelques minutes, Kaya inventa le cactus-fucking, le catch oursin, la castration aux piranhas, et les biberons au radium ; du coup franchement voilà quoi ! Ce devait être la bonne réponse, et la suite logique d’un raisonnement qui de toute évidence ne l’était pas.

D’ailleurs, la conclusion s’accompagna d’un geste agressif et d’un hurlement qui l’était tout autant.

« ILS SONT OU ? PARCE QUE MOI J'Y VAIS, MAIS… MAIS J'LES DÉFONCE, MOI ! »

Kaya avait eut beau l’avoir prévenue qu’elle irait, même face à des êtres comme Sinistre, même en conscience du fait qu’elle se ferait dérouillée, c’était effrayant à voir. Effrayant d’agressivité et de hargne, effrayant d’inconscience et d’immaturité, effrayant d’absence de contrôle et d’envie de violence. Comment la jeune femme pouvait-elle rester sérieuse en mission ? Fallait-il la canaliser ? Et comment pouvait-elle adhérer à une philosophie pacifiste alors qu’elle semblait vouloir tout régler par la violence ? Rachel n’en savait rien, mais elle préférait éviter d’attirer l’ire de la Reine des Lames, qui pour le coup gagnait plutôt le titre dans la catégorie « insultes et jurons innovants ».

La regardant dans sa drôle de pose, hésitante quant à lui répondre ou pas, tant parce qu’il était difficile de prendre la question au sérieux vu le remue-ménage qui avait été fait avant que parce qu’elle craignait que l’autre l’agresse pour obtenir sa réponse, Rachel se contenta de constater que son bouclier s’était dressé.

Détournant le regard de la furie pour le poser à nouveau sur les flammes, de même qu’elle ramenait ses jambes contre son torse pour déposer son menton sur ses genoux, le Phénix n’en perdit cependant pas de vue les gestes de Kaya, attendant que les choses se calment sans baisser une garde qu’elle ne montrait pas. Toute agression  serait stoppée par la bulle télékinétique qu’elle avait dressée autour d’elle, même si elle fuirait plutôt que de répliquer, et l’emportement devrait bien se dissiper au bout d’un moment.

Déglutissant avec difficulté, la rousse prit parti d’attendre ce moment, sans ajouter quoi que ce soit. Elle n’avait pas l’intention de répondre à cette question, ne devant parler du futur, de son futur plutôt, qu’à des personnes qui étaient proches d’elle, « vraiment très proches », chose que Kaya n’était pas encore, pas après une simple soirée, des amis en qui elle avait confiance, non des personnes qui, toutes aussi sympathiques qu’elles fussent, restaient majoritairement des inconnues. Ce n’était en rien personnel, on pouvait même considérer que cela ne l’était pas assez, justement.

Mais les réactions de l’autre avaient entrainées des questions et des curiosités de la part du Phénix, même si elle n’aimait pas tant que cela en poser – tant parce que c’était intrusif et pas toujours apprécié, que parce que les questions les plus basiques pouvaient être retournées contre elle, et si elle pouvait parler de ses pouvoirs ou de ses expériences, simplement déclarer qu’elle venait de l’Institut ou était la fille de deux X-Men portait des implications difficilement gérables, considérant qu’elle n’aimait pas mentir non plus. De plus, autant elle était de nature aventureuse, autant elle n’était que très peu curieuse, principalement parce qu’elle en avait trop vu à son goût.

Soupirant après de nombreux instants, long instants, de silence, le Phénix appela à elle son morceau de viande, aussi terreux que brûlé désormais, et légèrement charbonneux pardessus le marché. Nullement gênée par toutes ces impuretés qui n’enlevaient rien à la viande elle-même, la jeune femme mordit dedans comme elle l’avait déjà fait auparavant.

Mâchant pensivement, elle finit par ramener son champ protecteur à la surface de son épiderme et de sa tenue, libérant l’accès à elle-même sans pour autant baisser ses défenses. Son bouclier « personnel » était maintenu inconsciemment dès qu’elle était sous tension, surprise ou effrayée, pouvant même parfois s’étendre pour repousser la menace, mais ne la gênait nullement, pas même pour le toucher. C’était là l’une de ses capacités les plus utilisées, après ses sens psychiques qui fonctionnaient constamment, et avant sa capacité à transformer ses fringues, et c’était aussi l’une des plus appréciées, après l’invocation de pâte d’amande et la transmission de pensée. Protectrice, rassurante, qui n’emmerdait personne, même si elle pouvait devenir offensive en accroissant la force de la rousse à même mesure que sa résistance, c’était surtout les deux premières qualités qui faisaient son appréciation, la dernière n’étant que très peu usité, voir pas du tout. Le principe était un peu le même que l’exo-armure de Kaya, ailes et lames en moins.

- Tout ce que tu as dit, tu leur ferais vraiment si tu le pouvais ? Si tu en avais le pouvoir, est-ce que tu leur ferais subir ce qu’ils ont infligé ?

Elle avait attendue d’avoir finit son bout de viande pour le demander, et n’avait pas quitté le feu des yeux lorsqu’elle avait parlé, doucement et calmement, comme toujours.

- Est-ce que tu les haïs ?

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Kaya Spencer
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Sam 7 Déc - 11:42

Rachel semblait hésitante... Je pouvais le comprendre. J'avais réagi vraiment en l'espace d'une demi-seconde, me mettant à m'énerver contre ses tortionnaires d'une manière probablement démesurée. Alors qu'elle détournait le regard vers le feu en se recroquevillant quelque peu, je me calmai légèrement, ralentissant un peu ma respiration qui était devenue assez rapide. Clairement, mon "éclat" avait laissé une impression des plus douteuses. Bien joué, Kaya. La reine des relations sociales. Comment faire pour passer pour une grosse tarée puis se faire jeter dans tous les sens. Après Amy, voilà qui était fait avec Rachel. Allez, prochaine étape, réussir à le faire avec Caitlyn, Kaede, Josh, et hop, je serais définitivement seule, pour de bon cette fois-ci. Je soupirai longuement, plantant mes ailes dans le sol puis m'en servant pour m'installer : je me mis en position assise, me maintenant à une vingtaine de centimètres au dessus du sol avec les ailes.

Croisant les jambes et les bras, je l'observai en train de manger le bout de viande couvert de terre. Je n'étais pas une grande fanatique de ce genre de nourriture, mais au fond elle faisait ce qu'elle voulait... Ne disant pas un mot, je sortis les deux autres bouts de viande pour les mettre tranquillement à griller, avant d'ensuite jeter un oeil aux pommes de terre qui commençaient à être bien. Encore une minute ou deux et ça serait terminé.

L'odeur de la viande en train de cuire se mit à nouveau à envahir la petite clairière, contribuant à me calmer. C'était bête et parfaitement primaire, mais la bouffe ça me calmait. Quand j'étais énervée, il suffisait de me donner à manger et zoup, je redevenais toute gentille. Comme les singes ou les clébards, quoi... Pas terrible comme comparaison.
Et soudainement, la rousse me posa une question qui me laissa un peu... Prise au dépourvu. Autant dire que celle-là, je ne m'y attendais pas. Elle enchaîna en demandant si je les haïssais. Peut-être devrais-je réfléchir à ma réponse de manière attentive... Car au fond, si je donnais la "mauvaise" réponse j'allais encore plus passer pour une cinglée.

Bah... de toutes façons, j'étais tout à fait mauvaise dès qu'il s'agissait d'ingénierie sociale et autres conneries de ce genre. Autant dire les choses telles quelles, du coup.

« Je les hais, eux, ce qu'ils font, et je hais le fait qu'ils existent ou qu'il soit possible qu'ils existent. »

Relevant ensuite les yeux vers Rachel, je continuai :

« Mais non, je ne ferais rien de tout ça. Je suis pas comme eux. Gueuler, ça me défoule. Et ça m'évite du coup de faire des conneries sur le terrain. Je les hais, et si je les croise... Je leur pète la tronche et je les amène aux autorités. Ce sera à ces dernières de décider quoi en faire... Mais les tortures, peu importe sur qui elles sont pratiquées, n'amènent jamais rien d'intéressant à qui que ce soit. Celui qui les pratique devient un monstre, quelles que soient ses intentions de départ. »

Je secouai alors la tête, fronçant les sourcils.

« Enfin... non. En fait... Des personnes font du mal aux autres, parfois. Il arrive que ça soit par accident. Ces personnes s'en veulent, vont faire ce qu'elles peuvent pour aider la personne blessée, elles savent qu'elles ont commis un acte terrible, même si elles n'ont pas fait exprès. Je ne hais pas ces personnes. Je les comprends. Elles sont humaines. Il y a ensuite des personnes qui font du mal parce qu'elles sont... Manipulées, ou perdues. J'ai été dans un gang plusieurs années, pas parce que je voulais foutre la merde mais parce que les membres de ce gang étaient... Les seules personnes à reconnaître mon existence. Le reste du monde m'ignorait, totalement. Je l'ai fait parce que j'étais seule, triste et perdue. Caitlyn aussi a été manipulée et était pommée. Mais le bilan final est qu'elle comme moi nous rendons compte de la portée de nos actes, les regrettons et cherchons à les réparer. Nous sommes humaines, au fond. »

Soupirant longuement, mon regard devint alors plus dur.

« Mais certaines personnes font du mal... en intellectualisant ce mal. Pour eux, c'est tout à fait normal de torturer, tuer, manipuler ou massacrer. Ils rationalisent leur inhumanité par des raisonnements comme "Nous sommes les homo superior", ou "ce sont des saletés de mutants", ou encore "nous sommes la caste supérieure", "nous retournons l'arme de l'adversaire contre lui", ce genre de conneries. Pour n'importe quel humain à l'esprit sain ce sont des raisonnements absolument immondes, injustifiables, mais pour eux, c'est normal. Ces personnes-là... Ne peuvent pas être sauvées et ne peuvent faire que du mal. On ne peut pas les ramener. »

Je finis par hausser les épaules, retournant la viande.

« Je veux devenir X-men pour ça. Pour rassurer ceux qui font du mal par accident, ces mutants qui ne comprennent pas leur pouvoir... Pour aimer et ramener à la raison ceux qui sont manipulés ou perdus. Et pour arrêter ceux qui pensent que le mal qu'ils infligent est justifié et normal. Pas les tuer ou les torturer ni rien... Juste les arrêter. »

J'ajoutai ensuite avec un rire amusé, tout en mettant les mains dans les braises :

« Ouais je sais, je fais des discours interminables, désolée. J'ai toujours peur de mal m'exprimer donc je file toujours 12.000 détails à la con. Le nombre d'emmerdes que j'ai pu avoir parce que je m'exprimais mal... »

Sortant ensuite les mains du charbon brûlant, je posai les patates emballée dans l'aluminium un peu plus loin, les laissant refroidir. Elles étaient bien cuites comme il fallait, ça serait parfait.
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Dim 8 Déc - 19:43

Kaya se calma rapidement, s’asseyant sur ses ailes d’une façon aussi sympathique qu’originale, n’ajoutant rien. Sa posture se fit plus fermée, mais Rachel n’en fit pas cas, attendant simplement en mâchonnant. En retrait, passive, comme si souvent, laissant l’élève X-Men faire la suite du barbecue, elle qui tenait si difficilement en place.

L’odeur de viande se répandit de nouveau, et malgré qu’il eut déjà eut une part supplémentaire, l’estomac du Phénix en redemanda, avant même qu’elle n’ait fini le premier bout. Elle se demandait parfois si cet effet, surement entièrement psychologique, ne risquait pas de lui jouer des tours, mais ventre à pate qu’elle était, quant il n’y avait plus de place, il semblait y en avoir encore. A défaut de créer des trous noirs, elle en avait un dans la panse. L’avantage, c’était que Kaya aussi, visiblement. Surtout considérant qu’elles faisaient moitié-moitié sur le repas prévu à l’origine pour elle seule. Effet secondaire de la mutation ? Pour l’autre peut-être, pour elle non ; juste un effet de son endoctrinement, de son dressage.

De plus, le fait que la suite arrivait fit terminer à la rousse le bout qu’elle tenait depuis tant de temps, se frottant les mains puis la bouche et ses alentours pour en ôter les résidus, les virant négligemment avec l’aide de sa télékinésie s’il le fallait, sans même y penser.

« Je les hais, eux, ce qu'ils font, et je hais le fait qu'ils existent ou qu'il soit possible qu'ils existent. »

Elle les haïssait, mais n’était pas prête à devenir comme eux pour les arrêter ; ses gueulantes, ses menaces, ce n’était que des paroles, jamais des actes. Cela était si récurrent sur ce monde, peut-être parce que le poids des mots était encore si présent. Rachel ne s’encombrait pas du poids des mots, ce qu’elle disait, elle était prête à le faire, pour le meilleur et pour le pire, le reste n’était que mensonge, d’un certain point de vue.

Livrer aux autorités pour qu’elles en fassent ce qu’elles voulaient ? Cela impliquait avoir confiance dans les autorités, chose n’étant pas le cas du Phénix. Les autorités pouvaient prendre les pires décisions, et les imposer aux masses, et il était tellement plus difficile de juger une autorité de par son étendue et son anonymat qu’une personne, ou même qu’une foule. Rachel ne faisait pas confiance dans les autorités des Hommes, mais elle voulait croire dans les hommes qui les constituaient.

Quant au fait que les tortures engendraient les monstres, voilà qui la fit sourire amèrement.

« Enfin… non. En fait… Des personnes font du mal aux autres, parfois. Il arrive que ça soit par accident. »

Rachel releva le regard, touchée que Kaya essaie de la dédouaner, même si c’était là un terrain très glissant. Mais elle l’écouta avec un petit sourire reconnaissant, la première partie du discours en tout cas. Les personnes humaines, qui ne l’ont pas fait exprès, puis les personnes manipulées ou perdues, non coupables, culpabilisant seules, cherchant la rédemption. La jeune femme était un peu de cela.

« Mais certaines personnes font du mal… en intellectualisant ce mal. Pour eux, c'est tout à fait normal de torturer, tuer, manipuler ou massacrer. »

Mais elle était un peu de ceux-là aussi. Non, elle n’était pas saine d’esprit, elle était même folle et le vivait très bien, mais oui, elle retournait les « armes de l’ennemi » contre lui, et elle tuait, mutilait, massacrait. Le clone d’Ernest, qui avait tenté de tuer Ernest, elle l’avait torturé à mort, lui brisant les membres, lui arrachant ongles et dents, le brulant vif et lui effaçant la mémoire pour qu’il ne reste rien d’autre que la douleur, que toute son existence ne fut que douleur, jusqu’à ce que la délivrance de la mort ne le prenne ; il avait voulut tuer son ami, il avait voulut le torturer, elle avait retourné cela contre lui et lui avait fait subir. De la peur, oui, mais une immense colère ardente, et une haine glacée ; et surtout, le sentiment de puissance, d’absolutisme, plaisir aussi corrosif que le mal qu’elle avait subit. En cette soirée, presqu’un an plus tôt maintenant, elle était redevenue Red, elle avait agit selon ses instincts de Warhound.

Ne pouvait-on pas la sauver ? Ne pouvait-elle que faire du mal ?

« Je veux devenir X-men pour ça. Pour rassurer ceux qui font du mal par accident, ces mutants qui ne comprennent pas leur pouvoir… Pour aimer et ramener à la raison ceux qui sont manipulés ou perdus. Et pour arrêter ceux qui pensent que le mal qu'ils infligent est justifié et normal. Pas les tuer ou les torturer ni rien… Juste les arrêter. »

Rachel écouta la fin du « discours interminable » et chercha un instant les « 12.000 détails à la con », se demandant s’il n’y avait ne serait-ce que douze-milles mots dans le monologue de Kaya.

- T’inquiète pas pour la longueur des discours, j’suis habituée à Cait’ et Amy, déclara-t-elle simplement. Et me doute pour les emmerdes, j’ai réussi à me foutre mal avec Juju comme ça.

Non, il n’avait pas été très malin de s’inscrire à un cours de self-défense avec l’entrainement qu’elle avait eut, et très maladroit de montrer, alors que la professeure faisait la démonstration, les failles et les ouvertures de sa prise. Mais s’était surement le « mais c’est d’la merde ! » qui était le plus mal passé. Cependant, c’était du passé, tout cela, et relativement enterrer, voir inoffensif, même si elle ne parlait plus tellement à Jubilee depuis.

- Tu as les bonnes raisons pour devenir X-Men, Kaya. Te manque plus qu’le nom de code, et qu’ils te jugent prête.

Elle aussi, attendait cela, depuis quelque temps maintenant, mais elle était plus que consciente d’être un cas problématique. Elle espérait que ses parents s’impliqueraient, ou apparaitraient, si elle faisait parler d’être, un espoir secret d’enfant, celui d’attirer leur regard et de les rendre fier, mais elle ne se faisait pas d’illusion : s’ils avaient dût mettre un terme à leur mission pour elle, ils seraient déjà revenu. Elle craignait aussi ce qu’ils lui réservaient, pour sa passation, elle craignait qu’ils ne tentent de la briser psychologiquement comme cela avait été fait par le passé, mais n’avait le courage d’aller contempler son futur pour en être certaine ; il fallait mieux rester ignorant, parfois, que faire des découvertes qui menaçaient tout ce que l’on essayait de faire.

- Je suis un monstre, Kaya. Comme ceux que tu as décris. Je retourne les armes de l’ennemi contre lui. Je tue. Je sais faire que ça.

- Et si je m’en veux lorsque je tue de bonnes personnes, comme des X-Men, lorsque je tue des gens que j’ai jugés « mauvais », cela ne me fait rien. On m’a conditionné à cela.

- On m’a conditionnée à tuer sur commande, maintenant, même si je n’ai plus de maitre, plus de laisse, plus de chasse, je continue. Mais je fais cela d’après mon jugement. Je sacrifie un petit nombre pour préserver un plus grand.

- Est-ce injustifiable ? Je n’en sais rien. C’est normal de tuer, dans la nature, cela tue tout le temps. Mais la nature ne connait ni la haine, ni l’ambition. Tuer pour survivre, tout simplement.


S’allongeant sans rien dire, le Phénix commença à regarder les étoiles, passant ses bras derrières sa tête en guise d’oreiller.

- Je suis un monstre. Mais je ne suis pas qu’un monstre. Et c’est pour cela que je veux rentrer dans les X-Men. Je ne sais combattre le mal que par le mal, mais je veux également faire le bien, par le bien.

- Tendre la main, aider à reconstruire comme on m’a aidé moi, protéger pour que ce qui m’est arrivé n’arrive jamais à d’autres. Ce n’est pas une question d’équilibre, juste de choix.

- On m’a donné le choix entre mourir et tuer, j’ai tué. Entre souffrir et faire souffrir, j’ai fait souffrir. On a fait de moi un monstre, mais j’ai accepté de le devenir. Et ce monstre sera toujours là, mais je veux faire autre chose, car je ne suis pas que ce monstre.

- Jamais je n’aurai une vie normale. Alors je tente d’avoir la vie d’une X-Men, la seule que je puisse réellement attendre, et dans laquelle je puisse réellement m’intégrer.

- Enfin, je l’espère.


Devait-elle parler de Kaede ? De la destruction du centre scientifique ? Du fait que la Ptite Cornue se réjouissait de leurs morts, et que le Phénix lui avait fait la morale, expliquant que si elle souhaitait leur infliger la même chose qu’ils lui avaient infligée, elle n’était pas différente d’eux ? Elle ne le fit pas. Elle n’avait pas torturé les scientifiques, mais elle les avait tués. Tous. Elle avait épargné la faculté au-dessus, évacuant les innocents, elle avait reconduit les plus jeunes sujets chez eux, mais elle avait massacrés tous ceux pour qui elle avait jugé qu’il était trop tard. Et puis elle s’était tournée vers Kaede, manquant de mourir dans l’esprit de la jeune femme pour avoir essayé de montrer à son côté « obscure » qu’il n’y avait pas que la monstruosité, pour avoir essayé de les réunir.

Elle était Rachel et le Phénix, monstrueuse et humaine, coupable et innocente, elle était la vengeance et le pardon, la haine et l’amour, la destruction et la création, elle était capable du meilleur comme du pire, avait fait l’un comme l’autre, et dansait sur la ligne qui les séparait, la franchissant d’un côté comme de l’autre, au besoin. Equilibre manichéen et contradictoire, se complétant tel le cycle infini de vie et de mort qui s’était unit à son âme.

Kaya Spencer avait ses avis tranchés, restait à voir ce qu’elle penserait d’elle, si elle pouvait apprendre et évoluer, percevoir la complétude de la jeune femme allongée devant elle, dans ce qu’elle avait d’humain comme de monstrueux.

- La Monstruosité, c’est pouvoir faire le pire, l’Humanité, c’est pouvoir faire le meilleur, conclut-elle en un soupir, alors que la fatigue commençait à la prendre.

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Kaya Spencer
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Ven 13 Déc - 21:58

Pour la longueur des discours, elle avait l'habitude avec Cait' et Amy. Je ne pus m'empêcher de pouffer de rire à cette phrase, même si l'ambiance était un brin dramatique. Par contre, cette histoires d'emmerde avec Jubilee m'intrigua... Et me rassura un peu, quelque part. Cela voulait dire que je n'étais pas non plus la seule de l'Institut à pouvoir me retrouver dans les ennuis à cause de ma maladresse ou de réactions imbéciles et mal réfléchies ou contrôlées. Avec un peu de chance elle parviendrait à régler les soucis qu'elle avait pu avoir avec la naine jaune, d'ailleurs. Et avec un peu de chance, j'arriverais à régler les miens avec Amy... Enfin, peut-être valait-il mieux en rester à une sorte de statu-quo pour le moment. J'y réfléchirais une autre fois... J'étais trop fatiguée pour parvenir à avoir un point de vue vraiment objectif de tout ça.

J'affichai subitement un air encore plus surpris, quand la rousse m'affirma que j'avais les bonnes raisons pour devenir une X-woman. Peut-être... Serait-ce assez ? C'était toute la question. Je comprenais l'importance du cœur et des convictions et je pensais la mesurer... Caitlyn et Jubilee en doutaient, mais je savais que je saisissais à quel point c'était majeur. Néanmoins... Je pensais sincèrement qu'il y avait une autre dimension moins idéologique et plus tactique à considérer : quelqu'un ne sachant pas se battre ne servait à rien, sur un champ de bataille. Quelqu'un ne sachant pas se battre risquait de mettre en danger des innocents, au lieu de les protéger. Enfin... Je n'allais pas relancer ça, et je me contentai de sourire un peu au compliment (vu que je le prenais comme un compliment).

Et Rachel n'avait pas fini de me surprendre, ce soir... Car elle se mit à déclarer qu'elle était un monstre. Ben tiens. Un "monstre" m'aurait sûrement envoyée chier ou tuée ou quelque chose de mauvais de ce genre. Ces fameux monstres n'étaient pas capables d'empathie, tout simplement. Et elle n'avait retourné les armes de l'ennemi contre lui QUE parce qu'on l'avait forcée par des tortures atroces... L'avait-elle vraiment fait par des convictions affreuses ? Était-elle persuadée que certains innocents méritaient de mourir, pour des raisons complètement inhumaines ? Pourrait-elle exécuter un gamin parce que celui-ci n'était "pas assez pur", ou quelque chose de ce type ?

La rousse répondit alors à mes questions : "On m'a conditionnée". C'était donc bien ce que je pensais... Le fait de ne rien ressentir en tuant quelqu'un de "mauvais", je pouvais le comprendre, même si je n'étais pas sûre d'être aussi "insensible' moi-même... Mais après, le reste me semblait compréhensible. Le conditionnement l'avait menée à commettre des actes atroces... Et le reste me semblait tristement tactique, mais malheureusement d'un point de vue bassement logique, je savais qu'elle avait raison. Sacrifier un petit nombre pour en sauver plus. Sur la théorie, j'étais d'accord avec son raisonnement. Si je n'avais aucune autre option, je trouverais normal de devoir laisser mourir ou tuer quelques individus, si cela menait à en sauver bien plus. Mais dans une telle situation... serais-je capable de les regarder en face et d'"appuyer sur le bouton" ? Ou de les laisser à leur sort ?

Je devais admettre que je n'en savais... absolument rien. L'idée même de devoir le faire m'angoissait. Un jour je serais peut-être face à cette situation, mais je ne pouvais qu'espérer que ça ne serait jamais le cas...
Selon le phénix, celle-ci n'était pas "qu'un monstre". J'avais une vision, encore une fois, un peu différente mais au fond ça importait assez peu... Nous étions d'accord sur le principe : vouloir faire le bien, tendre la main, aider à reconstruire, protéger pour que les choses les plus horribles n'arrivent à personne.

Sa dernière phrase me fit... Comme une sorte de choc. Cette sensation qui vous prend à la poitrine, et vous ne savez pas si c'est de la peur, de l'angoisse, ou au contraire si vous êtes rassuré, ou heureux. Trop puissante pour être vraiment interprétable... Je restai là un moment avec le regard dans le vide, pour finalement me rapprocher de la rousse et m'installer, de nouveau, contre son épaule. Le fait qu'elle soit couchée ne semblait pas m'embêter plus que ça.

« Cette dernière phrase résume tout... Tu dis être un monstre, mais c'est là qu'on diverge un peu sur la définition de monstre. Un monstre ne dirait jamais qu'il en est un. Il dirait qu'il est un sauveur, qu'il est dans son droit, qu'il a raison, ... Il ne peut pas se rendre compte de sa propre horreur. Tu n'es pas un monstre. Tu as fait des choses monstrueuses... Je pense qu'il y a une différence. Caitlyn en a fait aussi. Kaede en a fait aussi. Ni l'une ni l'autre ne sont des "monstres". »

Je soupirai alors, ne sachant pas trop comment formuler ça.

« Tu as fait ce que tu as pu dans des situations que tu ne contrôlais pas nécessairement... Car Phénix ou pas Phénix, ou je sais pas quoi, il y a forcément des situations qu'on ne peut pas contrôler. C'est dans ces moments-là que l'on a parfois l'opportunité de faire ressortir le meilleur de soi... Ou qu'il n'y a parfois aucune solution et qu'on ne peut que devenir le pire. Il faut tenter de tirer le meilleur de ces imprévus... Ou à défaut de pouvoir en tirer quoi que ce soit, au moins faire au mieux pour survivre et devenir meilleur plus tard. »

Je finis par me tourner vers elle, l'observant.

« C'est pour ça que je ne te vois pas comme un monstre. Tu as conscience de ce que tu as fait, et tu l'as fait dans des situations où tu ne pouvais pas forcément faire mieux. Tu n'as pas choisi consciemment de devenir quelqu'un d'abominable, et tu sais que ce que tu as fait est terrible. Après... Chacun a son propre vécu de l'horreur et sa propre définition de la monstruosité je pense... C'est sûrement pour cela qu'il n'y a pas de vraie "morale universelle"... »

Je finis par soupirer, clignant un peu des yeux. La viande serait prête dans moins d'une minute, mais là il fallait que je mange vite fait et que j'aille pioncer. Je ne tiendrais pas toute la nuit comme ça... C'était étrange à quel point cette discussion, aussi intéressante soit-elle, était aussi épuisante. Intellectuellement et émotionnellement, en tout cas... Je n'étais même plus entièrement certaine de mes propres raisonnements.
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Jeu 19 Déc - 19:26

Le silence, le silence fut la seule réponse qu’elle reçut durant plusieurs instants, de longs instants, alors que le Phénix restait contemplative de la voute étoilée. Le silence était l’une des choses les plus courantes de l’univers, et malgré tout les bruits que pouvaient faire les humains, que pouvait faire la vie, la majeure partie du reste était parfaitement silencieuse, n’ayant généralement même pas la capacité de propager les ondes sonores. Calme et reposant, mais d’une solitude froide, malgré le grand nombre d’étoiles, toutes étaient seules.

Et c’était là la plus grande difficulté des étoiles de ce monde, ne jamais se trouver isolées car seules, elles ne pouvaient être fortes, puisqu’on puisait sa force par les autres, et pour eux. Kaya vint se réinstaller une nouvelle fois contre le Phénix, cette dernière laissant faire. Toutes deux couchées sur le sol, l’autre jeune femme tête sur elle, outre que Sanzo aurait été vert de jalousie s’il voyait cela, Rachel se demanda si la posture était bien « correcte », ou si une fois encore, elle laissait une trop grande ouverture à défaut de savoir laquelle elle devrait. Il n’y avait que deux autres personnes envers qui elle s’était montrée aussi proche, et ni Caitlyn ni Kaede n’étaient des exemples de politiquement correct. Mais ni Caitlyn ni Kaede ne s’intéressaient à elle dans un rapport autre que celui défini, à l’inverse de Sanzo. Et le cas de Kaya restait à déterminer.

« Cette dernière phrase résume tout… Tu dis être un monstre, mais c'est là qu'on diverge un peu sur la définition de monstre. Un monstre ne dirait jamais qu'il en est un. Il dirait qu'il est un sauveur, qu'il est dans son droit, qu'il a raison… Il ne peut pas se rendre compte de sa propre horreur. Tu n'es pas un monstre. Tu as fait des choses monstrueuses… Je pense qu'il y a une différence. Caitlyn en a fait aussi. Kaede en a fait aussi. Ni l'une ni l'autre ne sont des "monstres". »

Que d’innocence dans cette déclaration. Que d’inexpérience face à la véritable monstruosité. Kaya parlait de choses qu’elle n’avait pas vécues, sur un plan imaginaire, théorique, hypothétique. Les monstres, les pires, étaient les premiers à le reconnaitre, en publique ou pour eux-mêmes. Oui, il y avait les convaincus, comme les Purificateurs, persuadés de faire quelque chose de bien ou se servant d’une excuse pour justifier quelque chose de mal, mais ce n’étaient pas les pires, non, loin de là. Eux étaient dans l’erreur, tout simplement. Les pires s’étaient ceux qui étaient conscient de leur monstruosité, qui la revendiquait, pour qui elle était un plaisir et une manière de vivre. Ils étaient des monstres et ils aimaient cela, mais ils étaient des monstres PARCE qu’ils aimaient cela. Le pire de l’âme humaine incarné dans des créatures qui n’avaient plus grand-chose d’humain dans leur morale ou leur comportement.

Rachel, Caitlyn ou Kaede n’étaient pas de ce type là, mais elles étaient et restaient des monstres. En quoi cela empêchait-il de les aimer, puisqu’elles n’étaient pas que des monstres ? N’était-ce pas justement plus dur pour elles que pour le commun, de lutter contre leurs instincts monstrueux ?

Oui, elles avaient toutes agit dans des situations où elles ne contrôlaient pas tout, elles avaient réagit et lutté, chacune, et elles avaient put faire ressortir le meilleur comme le pire. Tenter de tirer le meilleur, survivre et devenir meilleur plus tard, oui. Mais là où elles ne tomberaient jamais d’accord, avec Kaya, s’était sur la coexistence du meilleur et du pire. Rachel voulait aider les autres par le bien, mais elle escomptait aussi combattre le mal par le mal, ainsi ne cherchait-elle pas forcément à tirer le meilleur d’elle-même, elle avait simplement fait un choix. En qualité de monstre comme d’humaine, et d’être hybride entre les deux.

« C'est pour ça que je ne te vois pas comme un monstre. »

Le Phénix se tourna vers son vis-à-vis, dont le visage n’était qu’à une douzaine, peut-être une quinzaine toute au plus, de centimètres du sien, et qu’elle put ainsi le détailler comme jamais auparavant. Les traits humains se voyaient parfaitement malgré l’exosquelette, et la forme insectoïde des cheveux permettait de parfaitement dégager le front assez haut de la jeune femme, front sans défaut se terminant sur des sourcils pareillement solidifié, des yeux en amande d’un jaune lumineux, bien plus prononcé que celui des loups, et un nez à l’arrête large et droite, bien arrondi au bout. Les lèvres étaient toujours pulpeuses, malgré l’étrange teinte qu’elles avaient prise à l’instar de la peau, enchâssées dans une mâchoire marquée, encadrées de joues légèrement creusées et surplombant un menton court et rond, lequel concluait ce visage plutôt ovale.

Oui, elle avait conscience de ce qu’elle avait fait, mais elle le referait si nécessaire, et si elle ne pouvait pas faire mieux, elle aurait put limiter la casse d’une simple façon : en mourant. Mais jamais elle n’avait abandonnée, elle s’était battue jusqu’au bout, de façons différentes et dans des camps différents, fonction des événements. Et c’était ainsi que cela continuerait, parce que c’était ainsi qu’elle fonctionnait. Cela pourrait la conduire à accomplir le meilleur comme le pire, elle le savait, et le ferait. Elle voulait aider, mais si elle devait pour cela se battre à mort pour protéger l’Institut, elle n’hésiterait ni à mourir ni à tuer, et si elle venait à échouer, alors elle continuerait la lutte. Jusqu’au bout.

Elle avait accomplie des choses terribles, mais était-ce réellement fini ? C’était un pari que la rousse ne prendrait pas. Chacun avait son propre vécu et ses propres vérités, oui, et plus que ne pas avoir de morale universelle, il n’y avait qu’une seule vérité universelle, et le Phénix se garderait bien de la donner.

Laissant Kaya soupirer, Rachel la poussa un peu pour se réinstaller, ôtant le bras contre lequel s’était posée l’autre de derrière sa propre tête afin d’avoir une position plus confortable.

- C’est vrai, répondit-elle simplement, avant me marquer une longue pause. Dis, t’es aussi câline avec tout le monde ou c’est juste avec moi ?

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Kaya Spencer
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Dim 22 Déc - 14:06

Ce que je venais de dire semblait l'avoir laissée... Pensive. Ou perplexe. Ou peu convaincue. En fait, je n'en avais aucune idée... J'avais toujours eu un peu de mal à bien mesurer les réactions des autres. Après quelques instants, elle se tourna vers moi, semblant m'examiner. Peut-être se demandait-elle, au juste, quel genre de créature était en train de se coller à elle ? Vu qu'au fond, à part la faible lueur du feu, il n'y avait pas beaucoup de lumière... Et de fait, elle ne m'avait certainement pas très bien vue jusqu'ici. Je tournai mon regard vers elle, à mon tour, mais j'évitai ses yeux, soigneusement. Le contact oculaire direct, c'était... difficile, pour moi, avec la majorité des gens. Peu de monde s'en rendait compte, mais en fait, je ne regardais presque personne dans les yeux. Ce n'était pas au point d'être Code Mercury où je tournais le visage avec un air paniqué si quelqu'un me regardait, mais en règle générale, plus je pouvais éviter, mieux je me sentais.

Enfin, ce que je pus déduire de mon observation était... Qu'elle était sacrément jeune, en fait. Elle devait avoir quoi, la vingtaine à tout casser ? Elle était peut-être même plus jeune que moi... Et était pourtant passée par des épreuves absolument abominables avant de devenir une sorte d'entité galactique. Merde alors... Devenir le grand pouvoir universel de je sais pas quoi à 20 balais, ça devait sévèrement écorner la vie sociale, quand même. Peut-être qu'elle se sentait très bien, et que cette situation lui convenait parfaitement. Peut-être qu'elle ne se sentait pas du tout mal d'être là-dedans, peut-être que ces anciennes tortures n'étaient que du passé, pour elle, et qu'elle n'était plus très affectée.

Peut-être. Mais malgré cela, je l'étais pour elle. J'avais le cœur presque écrasé rien que d'imaginer ce qu'elle pouvait ressentir. Je dis bien "pouvais". Peut-être, encore une fois, qu'elle s'en foutait totalement... J'en étais parfaitement consciente. Mais la possibilité qu'elle se sente mal me mettait extrêmement mal à l'aise et m'angoissait.
Elle finit par me pousser un peu pour se réinstaller, et j'en profitai pour me redresser (et lui lâcher la grappe) et récupérer la viande sur le feu. Prenant un des morceaux, j'eus vite fait de le déchiqueter et d'en avaler les deux tiers. Cela créa un bref silence... A l'issue duquel la rousse me posa une question à laquelle je ne m'attendais pas vraiment, mais qui n'était pourtant pas étrange ni incongrue.

« Je vais encore passer pour une grosse tarée, mais en gros... »

J'hésitai un moment, l'air troublée. D'un côté, la rousse me percevait certainement DÉJÀ comme une espèce de cintrée de service, donc je ne prenais pas trop de risques à répondre. De l'autre... Cela valait-il vraiment la peine d'empirer mon cas déjà bien sévère ? Je finis par hausser les épaules après une seconde ou deux, continuant ma phrase.

« J'ai du mal à percevoir ce que les gens semblent penser. Je parle pas de télépathie, juste de signes sociaux de base... genre je peux dire des grosses conneries, et ne pas remarquer que tout le monde tire une tronche de 15 pieds de long. »

M'envoyant une autre bouchée de viande grillée, je soupirai avant d'élaborer un peu :

« Mais des fois, quand j'ai la sensation que quelqu'un va très mal, ou a vécu quelque chose de terrible... Que quelqu'un pourrait aimer ou utiliser un peu d'aide... J'ai envie de câliner cette personne, de lui dire que tout ira bien, de la cocooner. Je sais que c'est pas mon rôle, et que personne ne voudrait de l'aide d'une folle furieuse dans mon style, mais j'ai du mal à me retenir on va dire. Avant d'arriver ici, je "faisais semblant" d'être une grosse dure de gang... Depuis que je ne le fais plus, disons que... Pff chais même pas. Chuis toute moisie du cerveau. »

Pas très éclairant, tout ça. Peut-être cela venait-il du fait que je commençais à fatiguer, moi aussi. Je bâillai d'ailleurs longuement, me frottant les yeux et observant le ciel. Vu la position de la lune et des étoiles, il devait être euh... bon, ok, je ne savais pas lire l'heure en regardant les étoiles. Dommage, ça aurait fait super classe.
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Dim 22 Déc - 17:37

Lorsqu’on était les bras croisés derrière la tête en guise d’oreiller, avoir une mutante avec une bio-armure  allongée contre soi, tête pausée sur l’épaule, c’était attraper très rapidement des fourmis, au mieux, mais lorsqu’elle eut changée de position pour que ce soit plus confortable pour les deux partis, l’autre s’en retourna à la viande, laissant le Phénix dans un nouveau doute : reprendre la position initiale ou rester ainsi ? Cela dépendant de si Kaya revenait pour reprendre la sienne, ou non, et cela, la rousse ne pouvait pas le savoir. D’autant que considérant que l’autre s’en allait reprendre le repas, elle n’aurait la réponse avant qu’il soit fini. Même s’il ne tarderait pas, visiblement!

« Je vais encore passer pour une grosse tarée, mais en gros… »

Rachel n’ajouta rien, ne relevant même pas la tête pour essayer de l’apercevoir alors qu’elle hésitait, consciente également qu’il y avait certains types de folie qu’on pouvait vivre au quotidien sans la moindre difficulté. Tant que ce n’était pas le genre de folie qui pouvait l’envoyer à l’asile psychiatrique comme Ernest, cela allait pour la rousse.

« J'ai du mal à percevoir ce que les gens semblent penser. Je parle pas de télépathie, juste de signes sociaux de base… »

Ahah, Rachel aussi été très douée dans le genre ! Ces gens étaient pour la plupart étrangers et bizarres, non pas mystérieux mais incompréhensibles, pour elle, parce qu’elle avait vécues trop de choses trop différentes pour réellement pouvoir se placer dans la même position qu’eux, pour pouvoir comprendre comment ils réfléchissaient. Mais télépathe ou pas télépathe, sa solution était de ne pas chercher à savoir, et de laisser les autres réagir comme ils l’entendaient, sans rien prévoir ou anticiper.

Elle était honnête, et si elle blessait en l’étant, ce n’était pas tellement son tord qu’une possibilité d’avancer. Quant à ne pas remarquer les réactions des autres, il suffisait de les regarder pour cela, même si on pouvait mettre un temps, et au pire, rien n’était perdu, ce n’était que maladresse, et il était toujours temps de s’excuser. Kaya était peut-être maladroite, mais pas dénuée d’empathie, ou de bonne volonté, ne pouvait-elle pas simplement se faire pardonner, dans de tels cas ?

Son ainée continua de parler, témoignant une nouvelle fois de cette volonté de prendre les malheurs des autres, et les en ôter, justifiant son envie de câlins ainsi, pour les rassurer, les « cocooner » ? C’était pas faux concernant ce dernier point, mais pour le reste, Rachel n’aurait sût dire si elle s’y prenait bien. Pour protéger une personne, il fallait la mettre en confiance, et si les contacts physiques y aidaient, ceux qu’avait eut son vis-à-vis n’étaient nullement ceux d’une protectrice, mais ceux d’une protégée. Si elle avait réellement voulut que Rachel se sente en sécurité, n’eusse dut pas être Kaya qui aurait du avoir la tête de l’autre contre son épaule ? Oui, le Phénix avait été mis en confiance, mais nullement rassuré. D’un autre côté, cela faisait longtemps qu’elle avait les personnes pour cela, et même si Kaya pourrait devenir son amie, pourrait participer à l’entretient de l’humanité de l’Echo, c’était Caitlyn qui était à l’une des deux places du premiers rang, en qualité de Gardienne. Sanzo voulait la seconde place, mais il n’y avait toujours rien, et la rousse commençait à croire que s’en resterait ainsi. Il ne montrait rien de ce qu’elle cherchait chez un compagnon, même s’il avait un grand nombre de qualités, il lui en manquait une en particulier, celle qui avait faite que Rachel avait aimé Franklin, et détesté Korvus ; malheureusement pour Silver Cat, il se rapprochait plus du second que du premier.

Quant à ce que Kaya avait dit, une phrase l’avait particulièrement bloquée.

- Tu dis que tu as du mal à percevoir ce que les gens semblent penser, mais tu déclares que personne ne voudrait de l’aide d’une folle furieuse dans ton style. N’est-ce pas contradictoire ?

Se relevant en position assise, Rachel se mit en tailleurs, restant sur place tout en regardant son interlocutrice manger.

- Si tu ne sais pas ce qu’ils pensent, comment peux-tu savoir qu’ils ne veulent pas de ton aide ? N’est-ce pas penser pour eux ? Et du coup, te tromper à chaque fois ?

Ses questions étaient sincères, comme toujours, et elles risquaient de ne pas plaire, Rachel le savait. Alors elle tâcha de préciser, tout simplement, et s’excuserait s’il le fallait, point.

- Après, si ça peut te rassurer, tu n’as aucune moisissure dans le cerveau, j’ai vérifié. Quant à ne plus faire semblant, c’est une bonne chose, et si tu le fais au maximum, c’est simplement être honnête.

- J’ai du mal à parler, je ne sais jamais si les mots que j’emploierai seront les bons, alors je le fais en toute franchise, sans chercher à me compliquer, et parfois ça fait mal à entendre.

- Mais je ne cherche pas à savoir ce qu’ils pensent, et si je fais des doubles sens ou des bourdes, j’essaie de réparer, de m’excuser s’il le faut.


Pourquoi se compliquer la vie à essayer de savoir ce que les autres pensaient ? C’était à eux de répondre, non à nous de choisir leur réponse, à moins que l’on tente de les manipuler. Et cette idée ne plaisait vraiment pas à Rachel ; elle avait été trop manipulée durant sa vie, et ne se laisserait plus faire, quiconque s’y essayait encourait sa colère ardente. Son cœur était deux choses, celui d’un enfant pour ceux qui savaient le toucher et celui d’un monstre pour ceux qui essayaient de le détruire, mais si quelqu’un parvenait à le toucher dans le seul but de se servir d’elle, la jeune femme ignorait jusqu’où elle pourrait aller si une personne qui l’aimait accomplissait pareil crime. Elle ne pardonnerait jamais pareille trahison, même si elle ne savait si elle serait capable d’aller jusqu’à tuer à nouveau une personne qu’elle avait aimé. Sans doute le hasard lui donnerait-il la réponse.

- Avec mes amis, j’ai généralement le droit d’user de ma télépathie quant je n’y arrive pas avec les mots, ça m’est plus facile. C’est une preuve de confiance, aussi, de leur part, autant que de sincérité, reprit-elle après une longue pause, s’interrompant de nouveau pour grimacer face à un sujet sensible. Mais il ne faut pas croire que cela me permet de tout savoir, je n’ai pas su voir que Sanzo m’aimait avant qu’il ne s’en rende lui-même compte, et depuis, je crois que je commence à perdre un ami.

Kaya et Sanzo se connaissaient, de part leur statut d’élèves à Caitlyn et surtout de membre de l’équipe de récupération de cette dernière, équipe que Rachel aurait théoriquement dû rejoindre alors qu’en pratique, ce n’était pas le cas. Aux yeux du Phénix tout du moins, car jamais elle n’avait rien accomplit pour les aider ou même participer. Et même si aller récupérer de jeunes mutants était louable, elle préférait éviter d’avoir à les chercher et les trouver, de crainte que de mauvais souvenirs, ou pire des comportements, ne refassent surface.  Elle était capable de les aider une fois ici, et les protéger également, mais les traquer, même pour les ramener, pour faire leur bien, elle préférait éviter : la moindre réaction violente de leur part, et elle neutraliserait la cible, hors si on lui avait apprit à ne pas exécuter des prisonniers s’étant rendus, ce n’était pas le cas pour ceux qui se défendaient.

- Je vais pas tarder à reprendre ma ronde, au moins je pourrai dire que je l’ai faite, même si c’est inutile avec les caméras de Danger partout. Contente de t’avoir rencontrée Kaya, et merci pour la viande, c’était bon, termina-t-elle avec un sourire, consciente de s’éclipser juste avant que les pommes de terre ne soient au menu ; non pas qu’elle n’aimait pas, mais elle n’en mangerait pas par plaisir non plus.

Se relevant, Rachel prit soin de se saisir de sa veste ce faisant, la remettant, indifférente aux marques d’herbes et de terre qui s’y accrochaient à présent. Elle ne prit l’initiative de s’en aller ni celle de s’approcher, attendant de savoir comment Kaya escomptait faire les au-revoir plutôt que d’essayer de les anticiper.

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Kaya Spencer
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Mer 1 Jan - 19:49

Selon elle, mon raisonnement était contradictoire. Contradictoire en quoi ? Je haussai un sourcil, montrant mon incompréhension, et elle se releva pour s'asseoir et ajouter quelques précisions... D'après elle, si je ne savais pas ce qu'ils pensaient, je ne pouvais pas non plus savoir qu'ils ne voulaient pas de mon aide. Je me contentai de hausser les épaules, adoptant une mine pensive. Si les relations sociales avaient été logiques et simples, son raisonnement aurait tenu debout. Néanmoins... Elles étaient malheureusement irrationnelles au possible, et étaient également très compliquées... Peut-être trop pour moi, d'ailleurs.

Je quitta finalement mon air préoccupé alors qu'elle continuait, expliquant qu'elle se contentait de dire les choses avec franchise sans chercher à se compliquer la vie et qu'elle essayait de s'excuser si elle faisait une bourde. C'était une vision, selon moi, très naïve des choses. J'aurais aimé que ça soit aussi simple que ça... Je l'aurais beaucoup aimé. Mais la complexité des choses rendait un tel raisonnement difficile dans le "monde réel". Elle n'avait, au fond, connu que l'Institut et quelques personnes faisant partie de celui-ci. Dans ce type d'environnement digne d'une boîte de pétri, dans des conditions idéales, cette façon de gérer les choses fonctionnait peut-être... Mais pas à l'extérieur.

« Le problème est que les personnes acceptant les excuses sont rares, très très rares. N'imagine pas que Caitlyn ou Kaede sont représentatives du reste du monde, à ce niveau... Des personnes te rejetteront pour un seul mot de travers, et définitivement qui plus est. C'est pour ça que... J'extrapole. Je me complique la vie à savoir ce que les autres pensent car ça me permet d'éviter autant que possible de dire des conneries. Et quand je ne sais pas... Je pars de la pire possibilité, de cette façon je suis parée à tout. Si je ne sais pas si quelqu'un veut ou non de mon aide, alors je partirai du principe qu'il n'en veut pas. Ça m'évitera d'y aller et de me faire envoyer me faire voir. »

Je haussai les épaules, ajoutant :

« Personne n'a jamais tenu à moi ni n'a jamais voulu de moi, pas même mes propres parents. La seule fois qu'on m'a dit "Je t'aime", c'était à la télé, parce que l'acteur principal regardait la caméra, hein... Du coup, y'a forcément une raison. J'en tiens compte quand j'essaie de savoir ce que je dois dire ou faire. »

Il y avait aussi Caitlyn, mais c'était "en tant qu'amie" et rien de plus. L'amitié de Caitlyn m'était précieuse, mais dans l'immédiat, je ne cherchais pas vraiment à être la bonne copine de tout le monde. Il me fallait autre chose. De différent. Était-ce égoïste, ou idiot, ou autre chose ? Peut-être... Si je disais ça à la rousse, elle me ferait la morale selon laquelle blaaablabla les amis c'est le plus important, et tout et tout... Mais elle pouvait bien parler... Elle, elle avait quelqu'un. Elle avait Amy. Elle avait trouvé ce que je n'aurais probablement jamais. C'était donc plutôt facile, pour elle, de dire "mais non tout va bien". En fait, la rousse et moi-même cherchions des choses différentes. Ce manque total d'affection me rongeait un peu plus chaque jour, devenait toxique. Je le sentais qui me dévorait de l'intérieur. Ce serait sûrement ça, qui me tuerait.

Je n'en avais pas plus parlé que ça à Wonder Beaver. Elle ne comprendrait probablement pas. Elle se sentirait sûrement blessée que son amitié ne soit "pas suffisante" ou quelque chose de ce genre. Peut-être m'en voudrait-elle, même... Et je n'avais aucune envie ni de la blesser ni de la perdre.
Je fus en tout cas interrompue dans mes pensées par Rachel, qui se mit à me parler du fait que la télépathie ne lui donnait pas d'omniscience, vu qu'elle ne s'était pas rendue compte du fait que Sanzo était amoureux d'elle. Lorsqu'elle ajouta que depuis elle perdait un ami, je soupirai, le regard dans le vide.

« Nous recherchons tous quelque chose de différent... Caitlyn et toi cherchez juste simplement des amis et rien de plus, mais vous devez comprendre que ce n'est pas le cas de tout le monde, tout simplement... »

Mon regard repartit alors dans le vide, pendant quelques instants... Je pensais à... aucune idée. J'étais un peu perdue dans mes pensées, et je fus de nouveau tirée de celle-ci par le phénix qui se relevait, expliquant qu'elle allait reprendre sa ronde nocturne. J'acquiesçai avec un petit sourire fade, me relevant à mon tour.

« Wais... Et moi au fond j'étais venue m'entraîner. Contente aussi en tout cas. Et... désolée de t'avoir gonflée avec mes conneries... Si tu veux bouffer en tout cas, je suis là régulièrement. Promis, je dirai rien. »

Je m'étirai alors longuement, me dirigeant vers les poids que j'avais laissés plus loin. Deux piles de six poids de 25 kilos. Avec la livraison j'en avais eu pour 1100$, autant dire que ça avait fait un énorme trou dans mes finances, mais au moins j'avais de quoi bosser. Une fois entre les deux tas de poids, je dépliai les ailes, fichant les pointes de chacune de celle-ci dans chaque pile de poids. D'un mouvement ample, je les retournai alors afin qu'ils soient bien placés, puis commençai à les soulever en même temps afin d'entraîner un peu la musculature bizarre de ces deux membres gluants. Il y avait 300 Kilos de chaque côté, ça commençait à peser, mais je parvenais à les soulever et faire des exercices avec... Ce n'était pas un mauvais échauffement. Après je ferais les bras, les jambes, et on pourrait ensuite passer aux choses sérieuses... Et au moins, pendant un bref instant, j'arrêterais de réfléchir.

(RP terminé pour Kaya ! Un plaisir ! ^^)


Dernière édition par Kaya Spencer le Dim 5 Jan - 17:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Sam 4 Jan - 0:00

Kaya était d’un pessimiste assez amer ; non, le monde n’était pas comme Caitlyn et Kaede, heureusement d’ailleurs, sans quoi elles en auraient perdue toute leur valeur, mais il n’était pas non plus borné et rancunier. Il y avait des gens ainsi, mais pas la plupart, il fallait de tout pour faire un monde et la majorité restait d’une neutralité influençable. Peu de personnes l’avaient rejetée pour un seul mot de travers, même si l’humanité entière l’avait faite pour son génome X, et que Franklin avait fuit après sa tentative de suicide par étranglement. Mais elle n’avait pas extrapolée, et quant bien même, c’était se compliquer la vie pour rien ; penser à la place des gens, surtout si c’était plus compliqué qu’elle-même le voyait, ce n’était que penser de plus grosses conneries encore. Et partir de la pire possibilité ne permettait pas de relativiser toutes les autres, non, elle permettait juste d’y accéder. Si Kaya n’essayait pas de donner son aide, elle ne saurait jamais si quelqu’un en voulait, et si elle partait du principe qu’il n’en voulait pas, elle ne la donnerait pas ; ça ne l’évitait pas de se faire envoyer se faire voir, c’était elle qui envoyait chier l’autre.

« Personne n'a jamais tenu à moi ni n'a jamais voulu de moi, pas même mes propres parents. La seule fois qu'on m'a dit "Je t'aime", c'était à la télé, parce que l'acteur principal regardait la caméra, hein… Du coup, y'a forcément une raison. J'en tiens compte quand j'essaie de savoir ce que je dois dire ou faire. »

Arf, moche. Rachel pouvait comprendre la haine, mais pas l’absence d’amour, elle pouvait concevoir le vide que cela laissait, mais elle ne l’avait jamais ressenti. Quant au fait que Kaya ait fait de la télé, s’eut put être cool, et c’était pas à elle que l’acteur avait déclaré sa flamme, mais à son personnage, face caméra n’y changeait rien ; c’était un mensonge et une illusion, il n’y avait rien à regretter.

« Nous recherchons tous quelque chose de différent… Caitlyn et toi cherchez juste simplement des amis et rien de plus, mais vous devez comprendre que ce n'est pas le cas de tout le monde, tout simplement… »

Oh, elle le comprenait, et cela ne la dérangeait pas tant qu’on ne l’impliquait pas. Mais cela ne se passait pas ainsi, car rien n’était jamais simple ou comme il aurait dû ; les chaos des gens affectaient les autres comme les ondes déclenchées par des goutes d’eau s’entrechoquaient dans les flaques formées par ces dernières, et il était difficile de composer avec tous, chose impliquant qu’il n’y aurait pas, ni jamais, tout le monde de satisfait.

« Wais… Et moi au fond j'étais venue m'entraîner. Contente aussi en tout cas. Et… désolée de t'avoir gonflée avec mes conneries… Si tu veux bouffer en tout cas, je suis là régulièrement. Promis, je dirai rien. »

- Ne pense pas pour moi s’il te plait, répondit simplement Rachel. Si tu m’avais gonflée, je te l’aurais dit, donc c’est pas le cas.

Le Phénix avait dit être franche, quitte à en être maladroite, et elle l’était ; contrairement à beaucoup de gens de ce monde, elle ne s’embarrassait que rarement des non-dits, et quasiment jamais du mensonge, même si elle avait en sa possession nombre de secrets qu’elle ne devrait dévoiler à tous. C’était là l’une des choses qui lui posait problème par rapport à son identité et son histoire, mais elle espérant un jour s’y habituer.

- Si vous cherchez la même chose avec Sanzo, pourquoi ne pas essayer de plus vous connaitre ? Cela pourrait marcher. Perso, j’ai déjà perdus un mari et un bébé, et il n’est personne ici qui ait ce qui m’a fait aimer Franklin.

Elle était le Phénix, mais ce qu’elle cherchait chez un homme, c’était le sentiment de sécurité, tant d’être protégée que d’être guidée. Etre aimée, oui, mais pas comme la créature surpuissante à laquelle on pouvait la résumer au regard de ses pouvoirs, elle voulait être aimée comme la personne fragile émotionnellement qu’elle était, capable du meilleur comme du pire, mais aspirant à atteindre le premier ; elle ne voulait pas être pardonnée quoi qu’elle fasse, être vénérée ou être adulée, mais qu’on l’encourage à faire mieux, ou qu’on la prenne dans ses bras pour lui dire qu’à défaut que tout aille bien, tout pourrait s’améliorer, et qu’ils feraient cela ensemble, voilà ce qu’elle avait besoin d’entendre et de ressentir. Et Sanzo en était bien loin, chevalier servant victime de ses plus basses pulsions, tentant de forcer le passage comme le bourrin qu’il était.

- Merci de l’invitation, Kaya, je pense qu’on tardera pas à se revoir. Même si c’est pas ce que tu cherches, saches que je t’aime bien ; t’as l’air d’avoir des défauts plus qu’envahissants, mais de pas être méchante.

La regardant prendre ses poids pour entrainer ses ailes, le Phénix s’en retourna, regardant le hibou au passage, lequel n’avait pas dut trop apprécier sa présence puisqu’il était resté en retrait tout du long ; sans doute qu’elle sentait trop le chat. Mais ce n’était pas Cerberus qu’allait attraper un oiseau de cette taille-là, de toute façon.

- Bon entrainement, et à la prochaine, conclu-t-elle assez fort alors qu’elle s’éloignait en marchant, pour finir son tour du domaine et se coucher au plus vite.

D’ailleurs, c’était plus ce coucher qui l’intéressait que finir la ronde, du coup, elle expédierait peut-être cette étape à grande vitesse, car elle avait non seulement sommeil, mais elle avait aussi toujours mieux digéré en étant allongée. Et oui, même l’incarnation de la vie et de la mort fonctionnait à la boustifaille, comme la plus basse créature animale ; chose qui lui allait parfaitement, tant qu’on ne lui demandait pas de manger des légumes.

RP TERMINE pour Rachel

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