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 Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]

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Kaya Spencer
Élève à l'Institut expérimenté(e) Beta
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MessageSujet: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Dim 6 Oct - 22:02

Mi-septembre 2013.

23h30. Comme chaque soir, la même routine. Moi qui avait autrefois une vie plutôt bordélique et enchaînant les bizarreries en tous genres, les choses avaient vraiment changé... En mieux ? Je ne savais pas trop. J'aimais bien ce côté chaotique, imprévisible, l'aspect "chaque soir un nouveau truc à faire" que j'avais à l'époque où j'étais dans les gangs. Mais plus j'avançais à l'Institut, plus je prenais conscience de mon côté parfaitement autodestructeur... Moins de 4 mois avant je m'étais tiré une balle dans la tête sans réfléchir, et il y avait encore peu de temps, en Salle des Dangers... Si Caitlyn n'avait pas précisé "tu décides pour tout le monde", j'aurais choisi de rentrer dans le tas seule contre 50.000. Et je me serais sûrement faite exploser en deux, d'ailleurs. Quant au robot qui m'avait mis un pain dans la tronche, j'ignorais que le tissu biologique me protégerait. Quand j'avais foncé, je pensais que je me ferais à moitié éventrer, mais malgré ça j'y étais allée en mode "rentre dedans" sans m'inquiéter une seule seconde pour ma propre sécurité.

Je ne savais trop que penser de cette "nouvelle clairvoyance" à mon propre sujet. J'en connaissais les causes, ça... Ce n'était pas le problème. Isolement sentimental et émotionnel profond et prolongé, depuis gamine. En fait, le souci était que je ne voyais pas de porte de sortie. Je ne voyais rien qui pourrait régler le problème.
Et en attendant, je continuais sur la routine. Peut-être que ça m'aiderait, d'une façon ou d'une autre, va savoir... Ce fut en tout cas ainsi qu'à 23h30 pile, je me dirigeai vers le bois d'un pas tranquille. Ce soir, mon hibou m'accompagnait. Ce n'était pas un animal domestique très traditionnel, et contrairement à tous les fans de Harry Potter, j'avais toujours pris garde de lui laisser un maximum d'indépendance. Au fond, c'est un oiseau de proie, pas un chaton. Il avait donc une cage, mais elle était toujours ouverte, et la fenêtre aussi. Il allait et venait comme bon lui semblait, et des fois je ne le voyais pas pendant plusieurs semaines. Puis des fois, comme ce soir, il venait se percher sur mon épaule pour me "lisser les plumes", en fait les cheveux, avec son bec.

Après une bonne dizaine de minutes de marche, j'arrivai finalement dans le petit bois qui entourait le parc de l'Institut. Cinq minutes encore plus tard, je me retrouvai dans la petite clairière où beaucoup de choses avaient commencé...
Le lampadaire électrique était toujours là, au milieu, allumé, et marqué de nombreuses traces de coups. Et de sang, aussi, vu que je m'étais éclaté plusieurs lames et griffes dessus. Ces "entraînements" avaient eu des conséquences inattendues... Depuis le départ j'avais voulu développer une capacité de régénération. Tous les mutants que j'avais croisés en avaient une, presque sans exception, la seule étant Jubilee, qui n'en avait pas vraiment besoin vu qu'elle pouvait faire exploser des robots géants l'air de rien. Enfin, le résultat final fut une paire d'ailes étranges, et une sorte d'armure bizarre et gluante.

Et c'était notamment pour apprendre à m'en servir convenablement que j'étais là. La première fois qu'elle était sortie, ça avait été de manière... chaotique. Du liquide s'était mis à couler de ma peau et tomber par terre, j'avais vomi de la gelée violette qui s'était durcie, et j'avais fini totalement dans le coma. Peu concluant.
Par contre, l'apparition de celle-ci était bien plus stable quand je méditais, comme me l'avait appris Jub'. L'objectif de ce soir était donc de me mettre au calme pour "déployer" cette nouvelle bizarrerie, sortir les ailes, et faire quelques mouvements histoire de m'entraîner un peu à bouger avec.

Une fois devant le poteau, je posai donc mon sac à dos dans lequel j'avais embarqué de la bouffe. J'avais peut-être vu un peu gros... Mais il y avait de quoi allumer un feu, une petite grille, pas loin de deux kilos et demi de viande (une côte de bœuf, et de la hampe), cinq litres de lait, des patates et du papier alu pour foutre dans les braises, et plein de bonbons. Certes, j'avais vu large, mais je savais que j'avais tendance à vite m'affamer quand je sortais trop de lames... Et j'ignorais à quel point sortir cette nouvelle "peau" me fatiguerait.
Enfin, une fois cela fait, je m'installai, prenant doucement le hibou pour le poser plus loin. Ne cherchant pas plus loin, il s'éloigna et alla se percher sur une branche un peu plus loin.

Puis je fis ce que m'avait appris la naine jaune. Se concentrer pour laisser filer les pensées, mais ne pas TROP se concentrer, pour justement ne pas s'accrocher à l'une d'elles en particulier. Après plusieurs mois de pratique, ce n'était pas devenu tellement plus simple et j'avais toujours besoin d'une bonne dizaine de minutes pour y parvenir... Mais finalement cette sensation toujours aussi étrange se manifesta de nouveau. Comme si quelque chose grouillait entre ma peau et mes muscles, quelque chose faisant partie de moi mais bougeant indépendamment de ma volonté malgré tout...

Et "ça" démarra. D'abord, il y eut une odeur assez violente de sang. Je sentais que quelque chose passait au travers de ma peau, et le résultat était cette odeur assez écœurante. Ensuite, une sorte de gelée chaude se mit à glisser le long de mon corps avant de prendre une consistance similaire à celle du cuir, mais c'était sévèrement dérangeant. J'eus beaucoup de mal à ne pas sortir de cet état de méditation...
La suite fut pire encore, et autant dire que je devins incapable de rester concentrée. D'abord, "ça" se manifesta au niveau de mon torse... Plus de cette gelée glissait, et durcissait, semblant se souder à ma peau et à mes os. Ça ne faisait pas mal, mais ça me donnait envie de vomir et me coupait la respiration. Alors que je me relevais en gémissant, ce fut au tour des épaules : c'était comme si mes os se brisaient pour se reconstituer d'une autre manière. Il en fut de même pour mes jambes et pieds, ainsi que mes avant-bras, qui finirent recouverts de sortes de gantelets plus solides et couverts d'aspérités tranchantes. Au niveau du visage, mes yeux se mirent à avoir une sorte de lueur jaunâtre. Pratique pour lire la nuit ! Mes cheveux, enfin, s'agglutinèrent en mèches pour finalement devenir des sortes de mélanges entre des rastas et des pointes.

Pour ma part, même si cette "transformation" avait duré une dizaine de secondes, j'avais l'impression qu'elle avait pris plus d'une heure à se terminer. Non, ça ne faisait pas mal... Mais c'était profondément dérangeant. Je mis un petit moment à me relever et remarquai que les ailes aussi étaient sorties en même temps, mais je ne m'en étais pas trop rendue compte.
Maintenant il était temps de s'entraîner... Mais non. Avant de faire quoi que ce soit, je me rassis par terre, m'adossant au poteau et prenant cinq minutes pour me remettre... Alors que je reprenais mes esprits, je levai le nez vers le hibou, qui semblait imperturbable. Ce genre de trucs ne l'intéressait pas... il cherchait une proie ou quelque chose du genre.

« T'as bien raison va... C'est plus simple. »

Semblant remarquer que je l'observais, l'animal nocturne s'envola pour venir se poser sur le haut de mon aile droite. Ce perchoir semblait lui plaire... Peut-être était-ce à cause de la couleur, ou de la texture, va savoir.
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Lun 7 Oct - 14:09

Lundi 16 Septembre – 11 : 30 P.M.
Kaede, biologiquement majeure mais psychologiquement mineure, et considérée comme tel au regard de l’Institution X, était couchée depuis plus d’une heure et demi maintenant, chose laissant le loisir à sa protectrice de se déplacer dans l’établissement et ses couloirs vides, son parc désert et ses bois qui, en cet automne atlantique, pouvait paraitre lugubre. Le Phénix avait eut pour habitude de respecter scrupuleusement à la lettre les consignes du règlement intérieur de l’Institut, jadis tout du moins, mais étant officieusement majeure, elle n’était plus astreinte à ce couvre feu qu’elle avait pourtant suivit tant bien que mal durant des mois ; ainsi elle prenait à cœur sa charge de protectrice, et patrouillait un peu. Etait-ce inutile ? Stratégiquement, oui, puisqu’elle pouvait observer les alentours par l’esprit ou simplement s’en remettre à Danger et aux systèmes de protection de l’Institut, mais elle cela lui faisait une petite balade nocturne ;  une promenade de santé, oui, à l’écoute des bruits de la nuit, aussi.

Le temps était couvert, dissimulant lune et étoiles, mais la noirceur environnante ne la gênait pas. Plus que n’avoir besoin de ses yeux pour voir, elle n’avait nullement peur du noir. Les gens n’avaient pas peur du noir, ils avaient peur de ce qu’il cachait, mais des êtres comme la Ptite Cornue ou elle-même s’y étaient cachés, dans les ténèbres, et elles étaient devenues plus rassurantes qu’effrayantes. Et lorsqu’on avançait yeux clos, l’ouïe ne s’en éveillait que d’avantage.

Vêtue d’une combinaison de molécules instables qu’elle avait scindée en quatre pièces, un pantalon et une brassière de sport vert-pomme, des bottes ainsi qu’une courte veste d’un vert plus sombre, la rousse marchait calmement, pour ne pas dire qu’elle errait simplement. Le haut pouvait paraitre court pour l’horaire comme le temps, mais représentait l’un des paradoxes de la jeune femme, cette conscience du fait que malgré les mauvais traitements, elle était belle, et avait l’envie de le montrer par des tenues courtes mêlant jupes et ventre-nus, et le fait que les marques de son passé la mutilaient tant physiquement que psychologiquement, et qu’ainsi elle préférait les cacher. Si grâce à ses capacités, elle pouvait le faire aux yeux de tous, ce n’était pas cela qui faciliterait sa propre acceptation, ainsi que son acceptation d’elles. Elle devait apprendre à dévoiler au monde ses cicatrices comme elle-même, puisque ses cicatrices faisaient partis d’elle.

Elles étaient aussi diverses de variées, mais pouvant se regrouper en trois types, à savoir les « normales » allant des blessures par balles aux coups de fouet, les Marques d’Assermentation des Limiers, et le Tatouage du Phalkon, qui malgré sa nature différente, évoquait tout autant de malheur et de douleurs que les autres. En cette soirée, toutes étaient relativement bien « cachées », même si le tatouage Shi’ar dépassait dans le bas de son dos, et que les cicatrices de la technologie d’assermentation se voyaient tant sur son visage que sur son ventre, scarifiant son visage en quatre « crocs », allant par pairs en dessous de la bouche, sur les joues et sur le front, pour continuer en des lignes géométriques sur ses flancs et son bas-ventre. S’il était relativement courant, pour ceux la côtoyant d’assez prêt, de la voir laisser paraitre les marques de son visage voir celles sur sa gorge et sa nuque, celles sur son ventre l’étaient moins, et pour ses jambes, c’était encore plus rare ; pourtant, c’était bien celles du visage les plus douloureuses, lui jetant en pleine face ses crimes comme son esclavage. Mais les cacher n’était qu’une fuite de plus, et elle avait décidé d’arrêter de fuir ; tant les autres qu’elle-même.

Pouces sur la ceinture lâche qui surplombait son pantalon, Rachel s’arrêta un temps dans ses pensées, poussant un lourd soupir, avant de s’enfoncer un peu plus dans les bois. Se changer les idées ? Pas réellement, elle se savait suffisamment douée pour revenir à ces points qui faisaient toujours mal ; l’enjeu était de se rappeler qu’il n’y avait pas que cela, et c’était ainsi qu’elle fonctionnait. Pas que le mal, pas que le malheur, elle le savait très bien, tout comme elle savait qu’elle était dans les deux extrêmes, comme toujours. Rassurant, familier, tout autant familier qu’une odeur qui ne tarda pas à lui chatouiller les narines, d’ailleurs.

Se stoppant dans sa marche, le Phénix renifla un instant, cherchant dans son esprit d’où pouvaient provenir cette chose qui lui donnait faim, constat pouvant paraitre monstrueux mais qui n’était rien de plus que l’une des nombreuses séquelles de son dressage. Elle pouvait s’être empiffré un kilo de pâte trois heures plus tôt, l’odeur du sang lui donnerait toujours faim, toujours cette envie de viande rouge, mais elle savait la contrôler. Ce qui l’inquiétait plus, ce n’était donc pas les gargouillements de son estomac, mais bel et bien la provenance de l’odeur. Un blessé ?

Non. Alors que son esprit étendait ses perceptions, elle la vie ; mutante. Et une mutante en mode mutation pas forcément très agréable à vivre, mais rien de dangereux pour son organisme, de ce qu’en voyait la jeune femme. L’autre jeune femme était à peine plus grande mais pas mal plus lourde, bien plus athlétique. Sa physionomie faciale n’était pas sans rappeler quelqu’un à la voyageuse, mais elle n’aurait sût dire qui, d’autant plus que cela changeait de façon assez rapide.

Que faire ? Ne risquait-elle pas de gêner si elle arrivait durant la transformation ? Voir même après ? Peut-être que l’autre n’avait pas envie qu’on la voit ainsi, ou que le fait qu’elle soit allée se perdre si loin dans les bois de l’Institution signifiait qu’elle préférait être seule, potentiellement pour l’une des raisons précédemment citée. Elle parla à quelqu’un, quelqu’un que le Phénix ne localisait pas, puisqu’à part les animaux alentours, il n’y avait personne autour d’elle. L’une des bestioles réagit, pour venir se poser sur l’un des appendices inhumains de la mutante avec une familiarité trahissant de l’animal de compagnie. Dommage que ce fut un hibou, si s’eut été une chouette, Rachel aurait put déclarer que l’avoir en animal de compagnie, c’était chouette ! Non, en fait, pas dommage, heureusement.

Dans tous les cas, le Phénix entreprit de s’approcher calmement, continuant de percevoir l’environnement par ses PES, et l’analysant peu ou prou. La transformation semblait, en plus d’être désagréable, fatigante, laissant la mutante adossée contre un lampadaire qui fit se demander à la Grande Rousse ce qu’il pouvait bien faire là, même si cela tenait du détail. Un coin aménagé pour les amoureux faisant le mur ? Considérant les traces de coups et de sang sur lui, pas réellement, il ne faisait qu’augmenter le coté lugubre de la scène. M’enfin, une personne d’apparence inhumaine, la nuit, dos à un lampadaire, avec un on-ne-sait-trop-quoi de gluant sur elle, des griffes et des membres supplémentaires, c’était la classe ; sans compter qu’elle avait même amené le pique-nique !

Le hibou avait-il remarquée la jeune femme en approche ? Cette dernière s’en moquait un petit peu, cela ne changerait ni son arrivée, ni son attitude. Curiosité ? Oui, un peu.

- Euh, salut, déclara-t-elle simplement lorsque sa silhouette se découpa à l’extrémité de la luminosité, s’y arrêtant. Je peux m’approcher ou je te dérange ?

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Des divinités ont fait de moi une divinité,
Seuls les humains peuvent faire de moi une humaine."






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Kaya Spencer
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Lun 7 Oct - 15:52

Bon... c'était en train de passer, mais cette odeur était vraiment atroce. Je me demandais de quoi il s'agissait... En fait ça ressemblait à du sang, mais c'était aussi une forte odeur de fer. Le liquide avait ce genre de saveur bizarre ? Aucune idée... Je soupirai longuement, décidant de me laisser encore une ou deux minutes pour me remettre... Vivement que je sois habituée à ça. Je ne l'avais pas remarqué, mais le Grand-duc d'Amérique avait tourné la tête, à 180°, vu qu'une personne approchait. Et malgré ça, il n'avait pas trop chaud. C'est fort quand même, ces oiseaux. Enfin, en tout cas le strigiforme observa la rousse avec son air sévère, mais ne sembla pas excessivement perturbé par sa présence. Après quelques secondes, il tourna de nouveau vers la tête pour observer les alentours. Il n'aurait pas dit non à un petit rongeur ou un truc du genre, pour sa soirée...

Mais de mon côté, je n'avais rien vu ni entendu venir. Pas terrible, ce manque de vigilance ! Jub' serait pas contente ! La conséquence apparut en tout cas immédiatement : lorsque la rousse lança "Euh, salut", je sursautai comme pas possible avec un cri de surprise. Le hibou s'envola pour aller se poser sur une branche, alors que je me retournais pour voir d'où venait ce bruit soudain... Et évidemment, ne faisant pas gaffe, je marchai sur une de mes ailes et m'étalai par terre de façon assez lamentable. Super bonne idée, ça, quand on a envie de vomir : se secouer dans tous les sens. Et au shaker, pas à la cuillère. 'fin en tout cas, je me relevai assez rapidement en m'appuyant sur les ailes, et observai celle qui m'avait surprise, qui était en train de demander si elle pouvait s'approcher ou si elle dérangeait.

« NAN MAIS ÇA VA PAS BIEN DE FAIRE PEUR AUX GENS COMME ÇA !? »

Ah, gueuler aussi ça foutait mal au cœur. Donc mieux valait baisser le volume. Je repris mon souffle histoire de me remettre de ce coup de flippe, avant de regarder une nouvelle fois celle qui venait de débarquer. Je ne la voyais pas vraiment, vu qu'elle était dans la pénombre...

« Mhff... Désolée mais là tu m'as vraiment faite flipper. Tu pourrais pas chais pas, t'annoncer, ou j'en sais rien, jouer du tambourin, quelque chose... Enfin nan ça m'dérange pas. »

Je me rapprochai un peu, puis tournai la tête vers l'oiseau de proie qui était un peu plus loin. Tendant ma main (couverte de chitine) vers lui, je l'appelai en faisant des petits cliquètements et sifflements. Le rapace se rapprocha alors pour se poser sur la main, je me mis alors à lui caresser doucement la tête, chose qu'il semblait plutôt apprécier vu qu'il fermait les yeux.
Je l'avais récupéré quand il était tout petit, en fait. Pour une raison qui m'échappait, sa mère avait fait son nid dans une zone résidentielle, et par conséquent l'inévitable se produisit : le nid tomba au sol, tous les œufs finissant éclatés... Sauf un, le sien. Sans le dire à personne, je lui avais fait un petit abri où il pouvait se planquer des prédateurs nocturnes, genre chats et autres, et je l'avais nourri. Je l'avais aussi un peu touché, caressé et autres, mais jamais outre mesure. J'avais lu plein de livres sur les hiboux et j'avais donc vite pigé qu'il fallait les laisser aussi libres que possibles. J'avais pas mal galéré à avoir une autorisation pour le garder, d'ailleurs... Élever un oiseau de ce genre, aux Etats-Unis, demandait un permis assez spécifique.

Enfin, du coup après 6 ans, il était habitué à ma présence, mais il demeurait malgré tout un oiseau sauvage. J'ignorais si c'était l'idéal pour lui... Va savoir. De toutes façons, si je le laissais partir, il revenait toujours, donc au fond ça voulait sûrement dire que ça ne lui déplaisait pas, eh. Ou peut-être qu'il me prenait pour sa mère, va savoir. Marrant, ça. La mère insectoïde et le bébé plein de plumes. Cette idée me fit apparaître un flash assez chelou de bébés croisés Icare / Moi. Il pondrait des œufs dans un nid, quelque part dans le bois, et les progénitures seraient des mélanges d'oiseaux et d'insectes avec des ailes chitineuses et gluantes. Beuarck. Sans façons. Ceci dit, l'idée d'Icare en train de pondre des œufs m'arracha un petit sourire en coin.

Je laissai en tout cas ces idées de côté et me rapprochai de la rousse qui venait de débarquer, jusqu'à pouvoir apercevoir son visage... Elle me disait clairement quelque chose.

« Mais je te reconnais, toi, je t’ai déjà vue quelque part. Je suis sûre que je te reconnais. »

A moins que ça ne soit elle qui me reconnaisse ? Elle m'avait vue la première, au fond.
Mais après moins d'une seconde, ça me revint tout de suite en tête : je l'avais vue pendant le "cours magistral" de Caitlyn sur les X-men, où tout le monde avait posé des questions en tous genres. Notamment sur la passation. D'ailleurs, la rousse n'avait pas aimé cette histoire de passation. Et en fait, cette rousse c'était Rachel, donc à priori celle dont Kaede m'avait parlé. Mon esprit se ferma un peu... C'était elle, qui s'occupait de Kaede ? Elle avait intérêt à être un parangon de moralité, je n'aimerais pas l'idée que quelqu'un de dangereux, d'immoral ou d'irresponsable s'occupe de la petite cornue.

« T'es Rachel, c'est ça ? Je t'avais rapidement vue quant Cait' était venue parler des X-men, ça avait dérivé sur cette histoire de passation. »

J'avais mon air sérieux, là ! Je m'assurais que la petite Kaede soit gérée par quelqu'un de convenable, donc c'était pas l'heure de rigoler ! En plus avec les yeux brillant de jaune je devais avoir un bon look badass, héhé, y'a intérêt à répondre aux questions ! Et tout et tout !
Bon, cet air très grave fut rapidement interrompu quand le hibou se rapprocha de moi pour se mettre sur mon épaule. J'affichai une grimace assez peu convaincue avant de lancer :

« Oh mon vieux, tu daubes quoi ! Ah non, va voler autre part quoi... »

Clairement, les oiseaux de proie n'avaient pas les odeurs les plus délicates... Celui qui m'accompagnait ne faisait pas exception. Sans se démonter, il se contenta de retourner sur sa branche. Et je me posai subitement une question... J'avais un permis pour le garder, mais était-il valide en dehors de l'état du Wyoming ? Merde... Bonne question, ça...
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Mer 9 Oct - 19:44

Etait-ce un Strike ? Non, un spare plutôt, puisqu’il fallut à l’inconnue deux essais avant de finir par terre : le sursaut la fit se redresser, et l’un de ses membres supplémentaires, se casser la gueule. Platon l’avait dit,  « un corps tend toujours à rejoindre son élément d’origine, à savoir la terre pour l’homme », et Newton aussi, « aïe, putain de pomme ». Face à cet épisode aussi inattendu qu’étrange, Rachel se figea, ne sachant que faire d’autre. Avait-elle fait une connerie en restant aussi loin ? Pourtant, elle s’était signalée simplement, et n’avait pas empiété sur l’espace vital de l’autre personne. Il lui restait pas mal de progrès à faire, comme il lui fut craché à la gueule.

Si sa première réaction fut de reculer l’un de ses pieds pour prendre ses appuis, contractant les muscles comme pour résister à une rafale de vent, ou se préparer à encaisser une agression, elle se reprit rapidement. Baissant la tête de honte, le Phénix bafouilla des excuses, ne sachant où se placer ; il n’avait été dans son intention de faire peur, mais c’était trop tard de toute façon, alors à part s’excuser, elle ne voyait pas grand-chose à faire. Durant plusieurs secondes elle chercha, continuant de tenter de trouver la bonne place pour ses mains qui devenaient gênantes, ne pouvant être cachées dans des poches inexistantes ou mises contre la ceinture par manque de confiance, et qui finir juste par se dissimuler dans son ombre.

« Mhff… Désolée mais là tu m'as vraiment faite flipper. Tu pourrais pas chais pas, t'annoncer, ou j'en sais rien, jouer du tambourin, quelque chose… Enfin nan ça m'dérange pas. »

Un instant d’hésitation : ne s’était-elle pas annoncée ? Pas correctement, visiblement. Peut-être attendre d’être plus en lumière, ou s’excuser du dérangement, la prochaine fois. Il était difficile pour Rachel de jauger les habitudes et appréciations de tout à chacun, les rares rencontres qu’elle avait faites n’étaient pas très conventionnelles, et les personnes avait qui elle s’entendait, c’était de façon très proche, pour le meilleur et pour le pire. Aurait-elle toujours du mal avec les étrangers ? Elle préférait largement rencontrer quelqu’un comme Exodus que le moindre élève, puisque c’était plus simple que de rentrer dedans sans la moindre finesse que de s’approcher en essayant d’être correcte. Après, elle n’y était pas allée en finesse avec Kaede non-plus, et elle ne lui était pas rentrée dedans pour autant. Toujours était-il que ce soit, elle s’était prise un mur.

Appelant sa bestiole, l’inconnue la rassura (la bestiole), lui caressant la tête ; comme quoi, elles fonctionnaient toutes pareilles, elles au moins : les câlins et la bouffe. D’un autre côté, à bien ce regarder, Rachel ne pouvait pas réellement faire de commentaire, ses propres débuts comme ceux avec Kaede, ça avait été ça aussi. Et puis… se serait-elle réellement approchée s’il n’y avait pas eut la mutante ET le pique-nique ?

En tout cas, il n’en fallut pas autant pour que l’autre s’approchât, Rachel avançant d’un pas franc mais unique, histoire de se placer dans suffisamment de lumière pour se révéler. On l’avait autorisée à approcher, même si c’était elle qui hésitait, désormais. Mal à l’aise ? Un peu, mais si s’agissait surtout de ne pas surprendre encore, donc elle se laissait regarder, non sans un peu de gêne. Laisser l’autre se rassurer, ça prendrait peut-être un petit moment. Lui faire la conversation pour détendre l’atmosphère ? Oui, mais que lui dire ? « Que vous avez de grandes griffes » ?

« Mais je te reconnais, toi, je t’ai déjà vue quelque part. Je suis sûre que je te reconnais. »

L’une de ses mains monta à sa nuque ; super, elle était grillée. Encore que pas totalement, les cicatrices préservaient son anonymat, au lieu d’être son signe distinctif. Elle avait une réputation abominable, ses débuts ayant été pour le moins frappant : fracturer la mâchoire du Prof X passait mal auprès de la plupart des gens, et casser un bras et un nez à deux élèves venant lui demander de se justifier, ça n’aidait pas à arranger les choses. Ça plus les tentatives de suicide, une « officielle » et trois selon les rumeurs, même si c’était plus en réalité, et le fait qu’elle hurlait de terreur lors de certaines nuits, ameutant une partie du dortoir, lui avait valut une réputation d’inadaptée sociale violente et folle. Bon, ce n’était pas totalement éloigné de la vérité, mais cela avait été simplifié de façon si extrême que s’en était complètement dénaturé. Après, suite à l’évacuation de l’Institut, à sa participation au mariage et quelques nouvelles ouvertures, Rachel avait finit par se faire mieux accepter, mais il y avait toujours un climat de méfiance à son encontre de la part de certains élèves. Tout cela pour dire que ça ne l’arrangeait pas réellement, qu’on la reconnaisse, puisque cela prêtait à quelques préjugés à son encontre, et même dans ce lieu qui voulait vaincre tous les aprioris, c’était dans la nature des gens que d’en avoir.

Pas le temps de trop s’effrayer, le jugement vint rapidement, car tout aussi rapidement, l’autre se souvint. Rachel, c’était ça ? Rapidement vue quant Caitlyn avait fait sa journée porte ouverte sur les X, avec l’histoire de passation ? C’était pas le pire, même si elle avait aussi fait pas mal fort ce jour-là dans le « j’en sais trop, et les autres pas assez sur moi ». Se faire remarquer lorsqu’on avait tant de secrets, c’était pas la meilleure des idées, mais il y avait déjà eut des rumeurs comme quoi elle était très liée aux X-Men, l’un de leur secret « d’état », alors un peu plus ou un peu moins… d’autant qu’elle avait prise sa décision, et ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne fasse parti de l’équipe. Elle n’avait pas besoin d’apprendre le combat ou l’engagement, seules ses relations sociales merdaient encore, mais allaient en s’améliorant.

- Oui, je suis Rachel, confirma-t-elle simplement, comme une concession.

Le Phénix s’attendait à une nouvelle réaction de peur, ou d’appréhension, mais au lieu de cela, se fut le Hibou qui fut houspillé, parce qu’il puait. La surprise fut de rigueur, alors que l’oiseau s’en retournait sur la branche avec laquelle il faisait des allers-retours depuis tout à l’heure. Il puait, c’était un oiseau quoi, rien de bien choquant à cela du point de vue du Phénix ; qui elle en revanche, ne puait pas, mais c’était pas un véritable oiseau !

Regardant l’autre mutante douter en regardant son animal, Rachel haussa les sourcils. Allait-elle déranger encore une fois, si elle l’interrompait dans ses pensées ? De toute façon, elle n’était plus à ça prêt.

- Euh… tu me dis aussi quelque chose, mais je vois pas. C’est peut-être l’exosquelette.

Une pause, comme souvent, le Phénix parlait peu, sauf lorsque sanglots et confessions venaient la prendre, mais sinon, sans cette perte de contrôle, elle ne savait réellement que dire, c’était ainsi. Les âneries, oui, cela pouvait sortir d’un coup fonction de la situation loufoque, mais lorsqu’elle devait être sérieuse ou s’en approchant… seul l’extrême de la guerre et de la violence la connaissait, mais l’entre deux, elle avait du mal, comme toujours.

- Dis… t’as pas peur ? La plupart des élèves préfèrent m’éviter, à cause de… c’est que je voudrai pas m’imposer, hein ?

Une main dans le dos, se tenant l’autre bras au niveau du coude, elle attendait sans réellement oser regarder l’autre mutante, nullement interpelée par son apparence, mais plus par une potentielle peur de sa part ; oui, Rachel aimait que ses proies aient peur d’elle, mais il n’était pas question de proie, ici, juste de personnes qui, à défaut d’être normales, tentaient de vivre ensemble.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Mer 9 Oct - 20:05

Elle avait l'air timide, à première vue. Pourquoi était-elle timide au juste ? Elle était sûrement à l'Institut depuis bien plus longtemps que moi, et tout et tout. Puis Amy lui avait confié Kaede donc ça devait montrer qu'elle avait confiance en elle. Elle connaissait du monde, du coup. Je fus donc assez surprise par cette attitude... D'un autre côté, à ce moment-là, j'ignorais tout de qui elle était vraiment, de ses capacités, de son passif, et compagnie. En fait, pour le passif, je m'en foutais d'ailleurs... A moins qu'elle n'ait participé à l'incendie de Mutant Town ou ne soit une Confrériste infiltrée, je m'en tapais pas mal de ce qu'elle avait bien pu faire. Certains trouveraient sûrement ça bizarre, d'ailleurs. Pourquoi aurais-je tendance à me moquer éperdument de certains crimes et pas d'autres ?

C'était simple. Les crimes commis contre les humains par haine des humains, ou contre les mutants par haine des mutants, étaient ce que j'appelais des crimes impardonnables. Ils n'étaient pas commis par confusion, par manque de repères, par urgence, par panique ou autre chose. Ils étaient commis par pure haine, pure méchanceté, étaient motivés par une totale imbécillité quasi-incurable. Certaines personnes avaient honte d'avoir tué une autre personne, mais l'avaient fait par nécessité pour se défendre. D'autres se fichaient d'avoir tué une autre personne, ils l'avaient fait pour le profit. Le premier me semblait humain, le deuxième immoral mais compréhensible. En revanche, ces personnes qui tuaient et étaient extrêmement fières de leurs agissements... là par contre, c'était, à mon sens, un autre problème.

Ainsi, je ne connaissais pas le passif de Rachel et même si je l'avais connu, je doutais fort que ça puisse modifier mon jugement à son sujet. Enfin jugement... J'étais bien mal placée pour en porter. Disons plutôt l'appréciation que j'avais d'elle. Pour le moment en tout cas, je lui disais quelque chose aussi mais elle ne se rappelait pas à cause de mon apparence pour le moins... ben, disons, spéciale.

« Ouais... J'avoue qu'avec la tenue de soirée j'ai pas un look des plus géniaux. 'fin tu m'excuseras mais c'est tellement la merde de la faire apparaître que je vais la garder pour le moment, au moins histoire de m'y habituer, quoi. »

J'oubliais quelque chose... Ah oui !

« M'appelle Kaya en tout cas. Chuis arrivée... Un peu avant l'été, en gros. A l'époque je ressemblais un peu plus à une humaine et moins à... ben à chais pas trop quoi. »

Elle me demanda alors si j'avais peur ou non. Peur ? Ce n'était pas que je n'avais peur de rien, mais j'étais à moitié suicidaire de toutes façons, donc la peur était un concept assez particulier chez moi. Quant au fait de s'imposer, je soupirai longuement et haussai les épaules.

« Alors un truc à savoir, personne m'impose jamais rien. Si un type m'impose de faire quelque chose avec un flingue sur la tempe, je vais lui dire d'aller se faire mettre. Donc si j'te dis que tu m'gènes pas, c'est pas par politesse. Je m’embarrasse assez rarement de politesses en plus. »

Après, avoir peur ? Drôle de question... Je l'observai un moment, plantant les ailes dans le sol pour m'appuyer dessus et m'y "adosser".

« Après, peur, ben... Je formulerais la question différemment. "Pourquoi aurais-je peur" ? J'te connais pas. Je pourrais avoir peur à cause de tes pouvoirs, mais... Ben d'une je les connais pas... Et ensuite, quasiment n'importe qui dans l'Institut peut me butter, donc à ce tarif j'aurais peur de tout le monde. Ensuite, je pourrais avoir peur à cause de trucs que t'as faits, mais j'te connais pas donc je sais pas c'que t'as fait, donc je peux pas avoir peur de ça. Quant à t'éviter... En général c'est la vie elle-même qui m'évite depuis que j'suis gamine, donc tu sais, moi... »
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Ven 11 Oct - 21:51

« Ouais… J'avoue qu'avec la tenue de soirée j'ai pas un look des plus géniaux. 'fin tu m'excuseras mais c'est tellement la merde de la faire apparaître que je vais la garder pour le moment, au moins histoire de m'y habituer, quoi. »

Rachel n’était nullement dérangée par l’aspect inhumain, et le look était même plutôt classe, dans le genre monstre de Science-fiction, mais pas forcément le monstre méchant tuant tout le monde, celui qui n’avait plutôt pas eut le choix que de devenir ainsi. Bon, ce n’était pas un monstre, et elle avait choisie de devenir ainsi, pour s’y habituer. Mutation, et récente, donc ; y avait-il des risques d’incidents ? Le Phénix n’en savait rien, mais elle aurait peut-être l’occasion d’aider, du coup. Même si elle préférait ne rien faire, car aider l’autre impliquait qu’elle eut un problème, chose ne lui étant pas souhaitée.

L’autre, qui s’appelait Kaya, d’ailleurs, nouvelle arrivante, enfin, pour cette année scolaire, si tant était qu’elle étudie ; et surtout, arrivée avant l’apparition de son exosquelette. Mais plus important que cela, Kaya, elle remettait ! Kaya Spencer, une amie à Kaede et une (la) disciple à Caitlyn, et aussi MissHeadShot2013, une élève faisant un One Woman Show sur Youtube, en déformant les idéaux Confréristes et purificateurs pour les parodier, chose ayant beaucoup amusée le Phénix d’ailleurs !

« Alors un truc à savoir, personne m'impose jamais rien, reprit la Reine des Lames après un soupire et un haussement d’épaules, prélude à sa réponse. Si un type m'impose de faire quelque chose avec un flingue sur la tempe, je vais lui dire d'aller se faire mettre. Donc si j'te dis que tu m'gènes pas, c'est pas par politesse. Je m’embarrasse assez rarement de politesses en plus. »

Rachel n’osa pas réellement répondre, même si le fait de ne pas s’embarrasser des politesses, si c’était surement impoli, simplifiait pas mal les choses. Restait à savoir jusqu’où on pouvait aller ainsi, et si la vérité et le code moral étaient inclus dans les politesses aussi. Mais c’était surement fait pour simplifier, ne pas se prendre la tête, alors pourquoi le faisait-elle ? Sourcils froncés et yeux relevés vers eux, le Phénix y réfléchit alors que Kaya s’installait plus confortablement, prouvant que même si c’était pas un « look des plus géniaux », il avait ses avantages aussi. Bon, c’était pas encore un siège, mais c’était mieux que rien.

La peur, la question lui fut retournée ; pourquoi devrait-on avoir peur de Rachel ? Basiquement, pour sa réputation, enfin c’était ce que la plupart avaient dit, puis, à un niveau plus profond, les secrets faisaient peur, mais moins que ce qu’ils cachaient. En fait, il était surement plus facile de faire la liste de pourquoi il ne fallait pas avoir peur d’elle, puis c’était plus optimiste en plus.

Non, elles ne se connaissaient pas, même si apparences et ouïe-dires pouvaient influencer la première impression, et les pouvoirs faisant partis de l’individu en tant qu’être, Rachel n’estimait pas qu’ils dussent faire peur pour ce qu’ils étaient, en théorie du moins. Charles Xavier était le meilleur télépathe au monde, et capable de surveiller et de contrôler tous les esprits présents à l’Institut, et pourtant, tout le monde lui faisait confiance pour se conduire en bon saint-Maritain, parce qu’il avait cette réputation. Rachel était aussi capable de choses défiant l’imagination, mais à part une folle qui donnait des tardes et faisait des pizzas (bien qu’elle se défendait de faire des tartes aussi), sa réputation ne donnait pas réellement d’indications encourageantes.

Mais ce qui titilla la jeune femme, se fut que malgré son exo-armure, Kaya déclara que quasiment n’importe qui dans l’Institut pouvait la buter. Outre que n’importe qui n’avait pas d’intérêt à le faire, cela éveilla la curiosité de la Summers qui commença à décomposer la projection de ses Perceptions Extra-Sensorielles pour comprendre pourquoi la mutante craignait tant pour sa vie. Sans tout comprendre à ce qu’elle avait « sous les yeux », le Phénix décomposa un grand nombre de répétition de couches alternées, mais dont la flexibilité trahissait une protection non-conventionnelle, puisque malgré leurs matériaux, elles n’étaient pas faites pour résister de façon « brutale » comme les invulnérabilités que la jeune femme avait put observer.

- Comment la vie peut-elle t’éviter ? interrogea Rachel, seulement à moitié concentrée sur son analyse. Enfin, si ça te gêne pas de le dire.

C’était du second degré, surement, mais à défaut de connaitre l’expression, Rachel demandait à se la faire expliquer. Elle était très premier degré, trop premier degré, même si cela pouvait donner lieu à des quiproquos amusants, mais elle connaissait cependant quelques expressions (et retenait parfois leur signification), mais celle-là lui échappait.

- Mais merci de pas suivre bêtement le mouvement, continua-t-elle avec un petit sourire de gratitude, après une brève pause, comme à chaque fois.

De quoi pouvait-elle bien parler ? Du fait que l’autre jeune femme avait un manque de confiance en elle (ou dans les autres résidents) assez flagrant et pour le moins irrationnel, surtout pour une apprentie X-Men, du fait qu’elle soit amusante sur Youtube, qu’elle était une amie de Kaede (l’une des rares) ou encore qu’elle avait amenée un pique-nique ?

- Je pense pas que beaucoup de mutants à l’Institut puissent te tuer, reprit-elle après plusieurs seconde, essayant de se montrer encourageante. Le bio-tissu est assez impressionnant, et a l’air dangereux. Ça te rassurerait si je te disais que tu dois faire parti du quart le plus dangereux des élèves ?

Grimaçant légèrement, le Phénix prit consciente qu’elle continuait la discussion comme elle avait fait l’entrée : à côté de la plaque. D’une, elle venait de commettre un impair gauche, et de deux, ce n’était pas parce qu’un sujet était le premier qui lui venait à l’esprit qu’il était forcément le plus adapté à la conversation, c’était même plutôt l’inverse ; du coup, en théorie, commencer par le dernier pouvait être une bonne idée, non ?

- Enfin, dangereux, en théorie, en pratique, je dis pas que t’irais agresser quelqu’un, hein ? La vérité n’est pas dans les gènes, elle est dans le cœur ; ce n’est pas parce que tu as un pouvoir que tu t’en serviras, et ce n’est pas parce que tu t’en serviras que ce sera en mal.

Rachel songea un instant qu’elle devrait peut-être se taire, et le suivant, qu’elle devrait plutôt réfléchir à ce qu’elle allait dire. Pas assez en confiance pour faire la mariole, et dans une situation trop normale pour réagir selon sa normalité particulière, elle n’aimait pas vraiment cela. D'un autre côté, finir les présentations par les formules d'usage, qui n'étaient pas politesse pour elle sur ce coup, cela lui semblait une bonne idée aussi.

- M’enfin, je suppose que tu sais déjà tout ça. Du coup, enchantée de te rencontrer, reprit-elle en tendant poliment la main, indifférente aux lames et aux griffes.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Sam 12 Oct - 12:45

Comment la vie pouvait-elle m'éviter ? La question me surprit un peu, vu que c'était une expression que je pensais courante... Mais au fond, peut-être qu'elle n'était pas des US ou quelque chose du genre. J'allais lui expliquer le sens réel, mais elle me remercia de ne pas suivre le mouvement. Je haussai donc les épaules, ne pensant pas utile d'approfondir sur ces histoires vu qu'elle était déjà passée à un autre sujet. Et cet autre sujet était qu'elle doutait fort que la majorité des mutants de l'Institut puissent me tuer. Ben tiens. Elle ajouta même que le tissu qui me recouvrait était impressionnant, et avait l'air dangereux, et que j'étais sûrement dans le quart le plus dangereux des élèves. Ben tiens !

Levant la main l'air de dire "bof on s'en fout", je signalai :

« Bof, tu parles... T'sais, comme j'le disais dans une vidéo... Ça a l'air impressionnant, comme tu dis, ouais. Mais ça s'arrête là. Ça a l'AIR impressionnant. C'est que du look. Je peux percer quelqu'un à 3m de distance avec les ailes, ou le couper avec des lames que je peux créer, si je suis au contact. A côté de ça, un Glock 17 peut percer quelqu'un à 50m de distance efficace, avec un chargeur de 17 balles... Tu peux en avoir un pour 500 dollars, chez un vendeur de flingues. Un peu plus sur le marché noir. J'le sais, j'en ai vu pas mal et j'me suis faite tirer dessus avec ce genre de saleté. C'est bien joli d'avoir l'air impressionnant, mais finalement, ce qui compte c'est ce qui est efficace. Et niveau efficacité, c'est le simple flingue qui gagne. »

Elle ajouta par contre qu'elle ne disait pas que j'irais agresser quelqu'un ou autre chose du genre... Drôle de précision. Enfin, pour moi c'était évident, elle n'avait pas besoin de préciser ça. Cette fille était un peu bizarre, mais d'un autre côté je n'étais pas non plus un exemple au niveau social donc j'étais très loin de la juger là-dessus. Je prenais ces bizarreries comme des informations, rien de plus.

Par contre, quand elle ajouta : "La vérité n'est pas dans les gènes, elle est dans le cœur", j'affichai un air sidéré. Après quelques secondes, elle affirma être ravie de me rencontrer et me tendit la main, mais j'eus une réaction toute autre... Je me dirigeai vers elle pour lui faire un gros câlin ! Carrément ! Elle n'eut pas trop l'air de réagir et je la relâchai assez rapidement histoire de ne pas provoquer de problèmes, mais je m'empressai de préciser avec un sourire ravi :

« VOILA ! C'EST DE ÇA QUE JE PARLE ! MERCI ! »

Bon, ça ne devait pas être bien clair mon histoire... Peut-être que donner plus de précisions serait utile.

« C'que tu dis, là, c'est super poétique et tout mais c'est ça que j'essaie de faire piger à tous ces trouducs ! Que tu peux avoir des gènes de mutant, d'humain standard, ou de canard à réaction, ce qui compte ce sont tes actes et ta personnalité, rien d'autre ! Si un type a 50 lance-roquettes mais que c'est un gentil choupinou qui élève des golden retrievers, il sera pas dangereux. Par contre tu files une batte de baseball à un gros taré, il va tuer 5 personnes. Et c'est pareil avec les mutants et tout et tout mais p't'ain, PERSONNE pige ça quoi. Chaque fois que je le dis j'ai l'impression de donner un cours de chromodynamique quantique, en mandarin, à un groupe de rednecks du Texas... Ils restent là, avec leur air de crétin, presque à baver, genre... »

Je fis une grimace assez ridicule, louchant et tirant la langue en plus de retrousser le nez et de dire avec mon air le plus stupide :

« DDDUUUURRHHH GNE COMPREND PPAAAASSSS ! »

Soupirant, j'arrêtai la grimace (sinon je risquais de rester coincée, c'était ma grand-mère qui me l'avait dit !), et ajoutai :

« J'veux dire, pourtant c'est rien de compliqué non ? Dans l'sens où, c'est, ben, des concepts simples ! Je leur parle pas de fusion nucléaire, ou de... de la philosophie de Voltaire, j'essaie pas de leur enseigner le Grec ancien, ni rien... En fait, c'qu'il faudrait, ce serait des machines à taquets. Tu vois le genre ? T'en envoies 50 à la Confrérie, 50 chez les Purificateurs, et dès qu'ils disent un truc abruti, la machine leur fout un gros taquet derrière la tête. PAF ! A la fin, avec j'en sais rien, genre le conditionnement de Pavlov, bah hop, ils arrêteront de dire de la merde peut-être. Bon, "peut-être", hein, c'est pas dit que ça marche... »

Je venais de parler pendant bien une ou deux minutes d'un coup. Je haussai un sourcil et demandai donc :

« Euh, on disait quoi déjà ? »
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Mar 15 Oct - 19:44

Kaya avait un air peu convaincu, mais un air suffisamment peu convaincu pour que Rachel s’en rende compte, ce qui devait signifier qu’elle n’était vraiment pas convaincue du tout, au minimum. Elle parlait ? Ca avait l’air impressionnant, mais c’était du toc ? Percer quelqu’un à trois mètres  ou générer des lames, ce n’était pas un pouvoir physique de premier ordre, non, mais ça allié à une bio-armure aussi particulière, ça pouvait commencer à faire bien mal, déjà. Pour peu que la résistance soit classée à deux chiffres, et certains X-Men comme Caitlyn ou Amy ne tenaient plus vraiment la route, niveau pouvoir. Bon, comparée à la moyenne des X-Men, largement portée par Ororo ou Jubilee, c’était sure que les jeunes mariées n’en menaient pas large, mais ça n’entrait pas en compte, ça. Oui, bon, un flingue ça faisait du dégât aussi, m’enfin, le glock il avait 17 balles, justement, Kaya n’était pas limité, elle. Pis, son armure devait résister aux balles légères.

« C'est bien joli d'avoir l'air impressionnant, mais finalement, ce qui compte c'est ce qui est efficace. Et niveau efficacité, c'est le simple flingue qui gagne. »

Que de pessimisme, quant même, à moins qu’il ne s’agisse d’une méconnaissance de ses capacités propres, ou simplement de calimérisme. Enfin, pas de quoi affoler les gens, ce ne serait ni la première, ni la dernière élève, à se plaindre de ses pouvoirs. D’un autre côté, ce n’était pas ainsi qu’elle deviendrait X-Men, s’était pourtant la voie qu’elle semblait avoir choisie. Etre X-Men, c’était avant tout dans le cœur, là-aussi, sans quoi, seuls les mutants les plus puissants seraient recrutés, et certains comme Angel ou Kate Pryde, n’en seraient jamais passés, puisque leurs pouvoirs restaient limités comparés à d’autres présents dans ces murs. Cependant, il n’y eut pas le temps d’approfondir, puisqu’à peine eut-elle tendue la main que l’autre lui était assez littéralement sautée au cou.

Enfin, pas « assez littéralement », pas littéralement, chose qui surprit complètement le Phénix. Ariella lui avait déjà fait le coup, lors de l’évacuation, mais elle l’avait aidée à contrôler sa crise de panique, par télépathie il est vrai, mais surtout par sagesse, sachant que montrer, que dire et que chercher. Et là, qu’avait-elle fait ? Elle n’avait rien dit d’autre que la morale classique, présente tant à l’Institut que chez la Confrérie, une morale qui tenait de l’éthique, voir du bon sens, pour elle. En tout cas, Rachel bugga complètement. Soit, elle était réellement pas douée dans les relations sociales, soit elle était douée et trop conne pour comprendre pourquoi. Dans un cas comme dans l’autre, ça ne changeait rien : la rousse se laissa faire, car ne sachant comment réagir, elle ne réagit pas.

« VOILA ! C'EST DE ÇA QUE JE PARLE ! MERCI ! »

- Euh… de rien, lâcha-t-elle par automatisme, sans vraiment savoir si c’était la chose à faire.

Pas le temps de réfléchir sur le « de quoi elle parlait », que déjà Kaya renchainait, sur le même sujet probablement. Super-poétique ? Essayer de faire piger à ces trouducs ? Comme le personnel de l’Institution Xavier, quoi, X-Men inclus. Après, les gènes mutants, ok, mais les gènes humains, les mutants les avaient aussi, donc c’était pas tellement une différence, à l’inverse des gènes de canard à réaction, car dans ce dernier cas, si le Phénix se figurait assez l’image, elle n’imaginait pas la pauvre personne dotée de cette mutation. M’enfin, si elle avait dit un truc juste, même aussi basique, c’était un bon point. Enfin, quant même ça ne volait pas haut ; à moins que ce soit la formule qui plaise autant ? Ernest n’y avait pas tellement réagit, Caitlyn un peu plus, et là… c’était impressionnant la réaction.

« Si un type a 50 lance-roquettes mais que c'est un gentil choupinou qui élève des golden retrievers, il sera pas dangereux. Par contre tu files une batte de baseball à un gros taré, il va tuer 5 personnes. »

Oui, c’était caricatural, mais pas faux. Et Rachel avait comprit, même si elle n’avait jamais eut de RPG dans les mains. Ce qui était surprenant, et faux au passage si « personne » désignait les gens de l’Institut, c’était qu’à chaque fois que Kaya le déclarait, elle parlait chinois. Même pas sur que le chinois soit enseigné à l’Institution X, en plus.

Regardant la grimace de l’inhumaine sans réellement savoir qu’en penser, Rachel se contenta de rester immobile, ne pouvant cependant s’empêcher de légèrement pencher la tête sur le côté, d’incompréhension. Non, c’était pas compliqué, tout le monde ici l’avait intégré, plus ou moins. Envoyer une machine à taquets à la Confrérie n’était pas bête, ils avaient déjà les audioguides, m’enfin, entre Exodus et l’autre pouf aux cheveux verts, ils devaient plus tant se la ramener que cela, les Confréristes. A défaut de penser des trucs abrutis, ils devaient plus les dire. Mais cela ne la concernait pas.

« A la fin, avec j'en sais rien, genre le conditionnement de Pavlov, bah hop, ils arrêteront de dire de la merde peut-être. Bon, "peut-être", hein, c'est pas dit que ça marche… »

- C’est pas faux.

« Euh, on disait quoi déjà ? »

Excellente question, à dire vrai. Peu étonnant qu’elle s’entende avec Kaede ou Caitlyn, le débit de parole était le même, et la capacité à s’embarquer sur un sujet, avoisinante. Rachel laissa un silence, réfléchissant un instant au sujet.

- On en était à… un flingue est plus dangereux que toi. Enfin, je crois.

Une pause, histoire d’être sure, peut-être de se laisser confirmer ou infirmer, même si le Phénix pensait vraiment être dans le bon.

- Et je pense pas que ce soit le cas. Le Glock 17, il tire au 9mm Parabellum, et je crois pas que ça passe au travers de ton armure.

Cela faisait un moment, un assez long moment, que Rachel n’avait plus touchées d’armes à feu, et ce n’était pas pour lui déplaire. Outre qu’elle avait toujours eut une préférence pour le corps-à-corps, les armes à feu évoquaient chez elle l’impuissance, puisque c’était ce que leurs maîtres remettaient aux Limiers pour qu’ils survivent le temps que les colliers inhibiteurs soient désactivés. Le fait d’avancer en attendant le contact, et de devoir tenir face à des mutants parmi les plus coriaces en hurlant dans les communicateurs qu’ont devaient leur rendre leurs pouvoirs, ce n’était pas des plus agréables.

- Du 5.56 ou du 7.62 OTAN, je dirais pas, mais pas le 9mm. Pas pour rien que les américains préfèrent le .45, même si je pense pas que ça passerait au travers non-plus.

S’interrompant toute seule, prenant conscience que tenir un discours sur les calibres de munitions capables de tuer ou non son interlocutrice n’était pas forcément une bonne idée, le Phénix grimaçant un instant. En plus, une connaissance dans les armes alliées aux cicatrices qui lui marquaient le visage, cela n’allait pas aider à la faire passer pour une personne équilibrée ou sans danger. Bon, elle n’était ni l’un ni l’autre, mais si Kaya flippait d’être tuée par d’autres élèves, lui expliquer qui elle était et ce qu’elle pouvait faire, ce n’était pas une bonne idée. D’un autre côté, elle avait approuvé le « la vérité n’est pas dans les gènes, elle est dans le cœur », phrase chère à Rachel puisqu’elle témoignait qu’il y avait une personne, au sein du Phénix, ainsi fuir ce dernier pour cette raison précise eut été se contredire soi-même. M’enfin, elle ne serait ni la première, ni la dernière à le faire.

- Sinon… tu viens faire quoi ici ? Et pourquoi t’emmène un pique-nique ?

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Mar 15 Oct - 22:10

Elle semblait assez peu convaincue par ce que je lui disais... En fait, alors que je faisais son éloge avant d'ensuite parler du fait qu'être méchant c'est pas bien, elle me répondit juste "Euh, de rien." et "C'est pas faux". T'ain, on aurait dit Korben Dallas dans le 5ème élément, quand Ruby Rhod vient l'interviewer. Super green... Enfin, tant pis. Il fallait faire avec, elle me semblait être un brin taciturne de toutes façons. Le fait qu'elle ait un peu de mal avec les métaphores et images, le fait qu'elle dise des trucs un peu bizarres, ce genre de choses... Moi je m'en foutais, tu me diras. J'étais la première à dire des trucs absolument bizarres, donc ça ne me gênait pas. Mais ça ne devait pas être simple tous les jours pour elle, dis donc... Je comprenais mieux qu'elle ait une réputation étrange et qu'elle ait été surprise que je ne sois pas en mode "rejet total", du coup.

Enfin, du coup, elle me répondit en disant qu'on en était à un flingue plus dangereux que moi, et répondit en signalant qu'un glock 17 9mm ne passerait probablement pas au travers de mon armure. Elle savait que c'était une armure ? Elle ajouta que du 5.56 ou du 7.62 pourraient faire l'affaire, mais que le .45 ne suffirait probablement pas. Je n'étais pas entièrement d'accord... Les tissus absorbaient toute l'énergie cinétique, donc même des dégâts perçants ne passeraient pas. Enfin à priori.

Elle finit par me demander pourquoi j'étais là et pourquoi j'avais un pique-nique. Je haussai les épaules, répondant à cette histoire de balles.

« Chuis là pour m'entraîner... Sinon, nan mais pour cette histoire de balles... Je sais pas trop ce qui peut passer. J'ai juste tenté de me foutre des coups et ça passe pas, mais c'est tout. »

Je fis la démonstration en m'envoyant à moi-même un coup d'aile assez brutal. Il n'y avait pas de marque.

« Après, j'avoue que j'ai pas testé. Il faudrait, tiens... Que je demande à quelqu'un de me shooter avec des calibres en tous genres. Idéalement, 'faudrait tester les calibres courants... 5.56mm NATO, 7.62x39mm, 9mm, .45 ACP, .50 AE et .50 BMG. Je testerais bien aussi avec des plus gros trucs, genre KEW-A1 de 120mm et autres munitions APFSDS, mais à mon avis si je me procure ça je vais avoir la NSA sur la gueule. Puis bon, c'est pas dit que je tienne. En fait j'ai aucune idée d'à quoi ça résiste, ce truc de merde. »

Ah, ben ouais. J'avais fait partie d'un gang et été mêlée à du trafic d'armes pendant plusieurs années, donc forcément, j'étais un peu renseignée. Certes, je n'avais jamais vendu de munitions de tank comme les KEW-A1. Je n'avais jamais non plus vendu d'armes tirant du .50 BMG d'ailleurs, mais ça n'empêchait pas de se renseigner sur le marché, non ?

Enfin, le fait était que je n'avais pas la moindre idée du niveau de résistance de ce tissu. Je savais que je pouvais arrêter mes propres ailes et lames, mais dans un sens, ça ne donnait pas d'immenses indications. Enfin ça voulait dire que c'était assez résistant vu que je pouvais percer de l'acier avec mes ailes à la con... Mais après au niveau balistique, là... Puis au fond ça importait peu. Quelles que soient mes capacités de résistance, elles seraient toujours inférieures à la puissance offensive de la majorité des mutants faisant partie des X-men. Il fallait que j'atteigne plus. J'ignorais où j'en étais, mais je savais que ce n'était pas assez. Il fallait que je trouve un moyen d'aller plus vite. Beaucoup plus vite... Mais j'ignorais comment faire.

En fait, il aurait fallu que je puisse faire comme dans cette série, "Heroes". Le méchant, Sylar, pouvait manger le cerveau des autres mutants, ou un truc du genre, et récupérer leurs pouvoirs. C'était ça qu'il me fallait. Bon, sans manger le cerveau des gens de préférence... Parce que dans le genre dégueu, bonjour. Enfin il leur mangeait pas le cerveau, je crois... 'me rappelais plus. Cette série datait un peu de toutes façons et j'avais décroché genre vers la fin de la deuxième saison.

« Enfin, ouais, du coup je m'entraîne. Parce que, pfff... Chais pas. Caitlyn dit que le seul truc important c'est le cœur, et tout... Je sais qu'elle a raison sur le fait que le coeur est important, c'est même primordial. Mais... J'essaie de voir aussi l'aspect pragmatique. Quand t'es en situation de combat, si t'es qu'une pauvre victime et que tu te fais tabasser en 2 secondes, tu es une gène plus qu'une aide. Tes alliés vont perdre du temps à ramasser tes restes au lieu de se défendre, quoi... Genre face à Sinistre, j'me fais étaler. Du coup, j'm'entraîne. C'est le mieux que je puisse faire. »

Et apercevant le sac à dos, j'ajoutai :

« Et le pique-nique c'est parce que j'ai faim. Tu veux bouffer un truc ? J'ai de la viande, et j'ai... chais pas, des conneries. »
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Dim 20 Oct - 22:04

Finalement, l’histoire de flingue semblait plus intéresser Kaya que le reste, et après avoir simplement déclarée qu’elle venait ici pour s’entrainer, elle repartie sur le sujet précédent. Soit, au moins Rachel n’était pas la seule bizarre, et comme elles n’étaient que deux, cette bizarrerie devenait normalité, donc inutile de se contenir, sur ce sujet du moins.

Tester son armure en se tapant dessus, un moyen comme un autre qu’elle comprenait parfaitement, même si elle préférait éviter de tenter l’expérience. Chose qui ne posait aucun problème à son interlocutrice qui s’en mit une assez belle, à coup d’aile en plus. La visualisation de la matière fit froncer les sourcils au Phénix, alors que les bio-tissus se réalignaient pour dissiper l’énergie de façon égale. Pas une invulnérabilité ou une super-résistance, de l’absorption cinétique ; impressionnant.

« Après, j'avoue que j'ai pas testé. Il faudrait, tiens… »

La rousse fit les gros yeux alors que l’autre continuait ; non seulement Kaya se frappait toute seule, mais en plus elle voulait se tirer dessus. Les armes étaient interdites dans l’enceinte de l’établissement, sans permit spécial, le Phénix espérait que son vis-à-vis le savait. Puis, c’était con de vouloir se tirer dessus, le jour où cela passait… Après, la reine des lames avaient peut-être une régénération ou autre, qui faisait qu’elle ne craignait pas pour sa santé. Ça, ou du masochisme aussi ; il ne fallait jurer de rien.

Surtout avec quelqu’un qui proposait de se foutre dans la tronche des munitions diverses et variée, depuis celles citées précédemment à d’autres plus lourdes, comme les munitions de Desert Eagle ou de fusil de précision et de mitrailleuse lourde. Qui n’avait pas l’idée de se foutre du 12,7 OTAN dans les pates ? Surtout que vue les armes, c’était pas possible de les retourner contre soi, trop gros ! Quant au KEW-A1 et aux APFSDS, elle ne savait même pas ce que c’était, elle ! Par contre, le 120mm, c’était de l’obus ! Et la seule chose qui inquiétait, c’était d’avoir la NSA sur la gueule. Même Rachel était sidérée. Déjà, c’était le BAM qui s’occuperait de l’affaire, puis à moins d’être VRAIMENT au-dessus de la moyenne des élèves, Kaya serait la victime dans l’affaire, non l’accusée. Soit elle était inconsciente, soit elle avait trop joués aux jeux vidéo et voulait s’y amuser en vrai, même si là, il n’y avait pas de « die and retry ».

Le Phénix ne trouva rien à dire, la conclusion « j’ai aucune idée d’à quoi ça résiste » aurait bien nécessité une réponse genre « c’est pas une raison pour mourir bêtement », surtout qu’en plus, en cas de décès prématuré, c’était elle qu’on allait appeler, alors même qu’elle avait déclaré ne pouvoir ressusciter les gens à volonté, car l’une des règles de la résurrection était que pour une personne qui revivait, une autre devait mourir, elle ne créait pas l’énergie vitale, elle se contentait de la manipuler.

Pour en revenir à l’entrainement, Kaya cita Fuzzy en disant qu’elle avait surement raison, mais qu’en bonne pragmatique, il fallait aussi savoir se défendre. Vrai, mais en situation de combat, le cœur te donnait le courage de continuer, même si l’autre mutante semblait n’avoir pas le moindre instinct de conservation.

« Genre face à Sinistre, j'me fais étaler. Du coup, j'm'entraîne. C'est le mieux que je puisse faire. »

Rachel avait du mal à conceptualisée ; Kaya pouvait avoir tout l’entrainement qu’elle voulait, Sinister l’exploserait sans même suer, et il n’aurait pas forcément besoin de ses pouvoirs. Il était dangereux, très dangereux, au point que le Phénix devait rester caché et ne pas s’impliquer pour inviter toute tentative de manipulation à son encontre. Elle obtempérait, pour l’instant, n’ayant pas de raison de ne pas le faire, et tant de le faire.

«  Et le pique-nique c'est parce que j'ai faim. Tu veux bouffer un truc ? J'ai de la viande, et j'ai… chais pas, des conneries. »

De la viande, et de la viande rouge, voilà qui intéressait beaucoup la jeune Summers-Grey.

- Euh… j’veux bien merci, déclara-t-elle en s’approchant à son tour, un petit sourire de contentement aux lèvres.

Il n’y avait pas que de la viande, même si c’était ce qui attirait le plus tant son attention que son appétit ; il y avait… plein de trucs. Des conneries, oui, mais pas que. Et surtout, c’était en quantité. La mutation devait vraiment donner faim, il y avait à vu de nez plusieurs kilos de viande, et de la bonne, cinq bouteilles de laits, plein de pommes de terre, des bonbons, une grille et du combustible.

- T’es équipée pour un barbecue dis-moi. J’peux t’aider à installer ?

Rachel attendrait l’autorisation avait de faire quoi que ce soit, et de le faire avec ses mains, elle n’avait besoin d’user de la télékinésie pour aider à installer un feu de camps. Bon, à l’allumer, elle ne disait pas, la flemme de faire avec les allumettes, une petite flamme créée au bout de l’index suffirait, mais sinon, c’était plus convivial de faire cela à deux, à ses yeux. Puis cela donnait le temps de discuter.

- Tu sais, c’est bien de s’entrainer, mais de là à se tirer dessus, c’est peut-être un peu extrême, non ? Pis, c’est pas en s’entrainant que tu pourras étaler Sinistre.

En même temps qu’elle parlait, elle agirait, si l’occasion lui était donnée tout du moins. Elle savait faire deux choses en même temps, même plus en théorie. Après, c’était pas forcément des choses bien faite, m’enfin, c’était mieux que rien.

- La seule personne qu’il ne puisse pas battre avec ces pouvoirs, c’est moi, et ses pouvoirs c’est pas le plus dangereux. En décembre, il a battu les X-Men sans user une seule fois de ses pouvoirs.

S’interrompant un instant, Rachel se souvint des tragiques événements qu’elle venait de citer, de cette Traque, où toutes les capacités des X-Men et du HellFire Club n’avaient été suffisantes à retrouver Caitlyn à temps, et où elle avait dû donner sa vie pour ramener Fuzzy à la vie. Si elle n’était pas devenue le Phénix par cet acte, Rachel Anne Summers ne serait plus qu’un nom sur une tombe, pour peu que la tombe ne soit pas anonyme, puisque son nom tenait du secret. Soupirant, elle reprit :

- M’enfin, t’en est pas encore là. C’est Cait’ et Juju qui s’occupent de ta formation, nan ? Juju, on aura beau dire, mais tous les derniers X-Men qu’ont été formés, c’est à son école.

Sauf elle, qui n’avait réellement eut besoin de formation, et attendait la passation avec une impatience mêlée de curiosité.

- C’est de bonnes formatrices, même si tu dois un peu manger. Dis-toi qu’avec Ororo, tu mangerais bien plus.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Mar 22 Oct - 20:24

Elle voulait à bouffer ! Haha, des milliers d'années plus tard, de la bouffe, ça restait le meilleur moyen de rapprocher les humains en fait. Je détachai donc la grille du sac, sortant le reste de la bouffe pour la poser sur un gros torchon que j'avais pris pour l'occasion. Il n'était pas à carreaux... Dommage. Un pique-nique à l'ancienne comportait toujours une nappe à carreaux rouges. Ma panoplie était approximative... Mais je verrais ça plus tard ! Pour le moment, Rachel me proposait d'aider à installer tout ça. Je hochai la tête avec un sourire amical :

« Pourquoi pas, j'te laisse trouver des cailloux pour poser la grille et je récupère du bois. »

"Récupérer", c'était une façon de parler. Je me dirigeai vers un arbre proche, et mes deux ailes changèrent d'apparence, leurs rebords semblant devenir des lames assez fines. Après quelques secondes de recherche, je finis par trouver ce qu'il me fallait, et BIM ! J'envoyai un coup d'aile, faisant ainsi tomber une grosse branche. La ramassant, je la coupai en trois morceaux, toujours avec les lames des ailes qui passaient au travers du bois sans difficultés, avant de ramener les petites bûchettes près du feu. Je fis ainsi deux ou trois aller-retours, jusqu'à ce qu'il y ait de quoi démarrer un feu convenable. Cela fait, je repartis pour chercher de quoi démarrer le feu... Il fallait du bois sec.

Pendant que j'étais en train de chercher quelque chose qui convienne (et ce n'était pas si simple que ça, en cette saison...), elle me signala que si s'entraîner était une bonne chose, se tirer dessus n'était pas une solution super, et que ça ne m'aiderait pas contre Sinistre. Je haussai les épaules, alors qu'elle continuait en me signalant qu'elle était la seule à pouvoir l'étaler. Ah, carrément ? Je pensais que ce type était le "nec plus ultra" de la puissance mutante pure et dure... Mais si ce que Rachel disait était vrai, il existait donc plus puissant que Sinistre. Il me faudrait plus de précisions, mais ça voudrait aussi dire quelque chose d'intéressant.

« Je sais bien que l'entraînement seul ne suffit pas, il faut des atouts conséquents... Cait' m'a raconté pour décembre... Il faut une stratégie bien aiguisée, il faut savoir s'adapter à tout, réfléchir plus vite que lui, et évidemment des atouts génétiques considérables. Pour les deux premiers, j'avoue que j'ai encore beaucoup à apprendre, je suis pas une grande stratège... Et pour réfléchir vite, je sais que c'est mort. Niveau génétique... Ma foi. J'excite mon gène au maximum, jusqu'ici ça a donné des résultats pas trop dégueu, on verra. »

HAHA ! Je venais de tomber sur un filon ! Une zone située sous un arbre au feuillage épais, qui avait protégé les feuilles et les branches tombées au sol de la pluie. Saisissant l'une des brindilles, je la cassai en deux, écoutant le bruit avec attention... C'était très net. C'était donc aussi sec ! Parfait ! Je me mis à ramasser des feuilles et un peu de bois, donc, en reprenant :

« Après si tu peux le tabasser, il faudra m'en garder un peu. Je sais que j'ai aucune chance face à ce taré... Mais je sais pas. Si je l'avais en face de moi je lui rentrerais dans le lard quand même. Et je dis pas ça genre "Haha, si j'avais machin en face de moi, je ferais ceci cela" puis quand tu vois machin tu te pisses dessus. Je lui rentrerais VRAIMENT dans le lard. J'ai aucun instinct de survie ! »

Je ricanai à ces derniers mots avant de ramener le bois sec pour allumer le feu. M'asseyant par terre et commençant à placer le bois pour démarrer le feu de manière convenable (et sans déclencher un incendie, accessoirement), je l'écoutai alors qu'elle me parlait de Cait' et Jubilee. Visiblement, cette dernière faisait la formation de tous les X-men ou presque, depuis quelques temps. N'y avait-il pas d'autres formateurs ? Elle ajouta ensuite qu'avec Ororo, je mangerais deux fois plus. Cela me fait hausser les épaules. Je n'avais jamais vraiment discuté avec miss Munroe... Je l'avais croisée, vaguement, à quelques reprises, et j'avais dit bonjour parce que j'avais pas été élevée chez les cochons, mais c'était tout.

C'était étrange, quand même, que j'en sache aussi peu sur celle qui pourrait très bien devenir ma future leader, si je parvenais à devenir un membre des X-men... Très étrange. Peut-être que je m'y prenais mal pour quelque chose. Ou que l'occasion ne s'était jamais présentée. Ou que... Quelque chose. Je hochai en tout cas la tête avec une mine pensive.

« De bonnes formatrices... Oui, en effet. Je ne les échangerais sûrement pour rien au monde, je pense. Quant à manger... Je sais pas. C'est une bonne chose. Ça donne des résultats... Parfois inattendus, mais des résultats, en tout cas ! »

Affichant un petit sourire, mais sans quitter ma mine pensive, j'ouvris le sac à dos pour en sortir la bouffe. Hmm, ça faisait quand même pas mal de viande, je devais bien l'admettre... Une côte de boeuf entière d'un kilo deux, et de la hampe en plus... Je sortis aussi les patates et le papier alu, ainsi que le lait, laissant les bonbons de côté pour le moment. J'enlevai ensuite la grille, la mettant de côté, puis sortis les allumettes du sac.

« Bon ok, j'ai un peu déconné sur la quantité de viande... 'fin bon ! Tu dis que tu peux péter la tête de Sinistre, tu fais partie des X-men ? J'avoue que je suis arrivée récemment, donc je sais pas encore précisément qui fait quoi, qui est arrivé quand, ces choses-là... Ça me fait dire des conneries, des fois, d'ailleurs. Vu que je sais pas, ben, forcément... On va dire que ça créé des accidents crétins. »
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Dim 27 Oct - 22:39

Trouver les cailloux pour poser la grille, han, elle héritait du plus chiant ; pas folle, Kaya. Surtout que c’était déjà galère de jour, mais alors de nuit… M’enfin, le Phénix s’adonna à la tâche sans pester, elle avait l’avantage de ses PES pour trouver les bonnes pierres, même si elle se demanda un instant s’il en fallait deux, quatre ou plus, finissant par opter pour la dernière solution dans une application du dicton « mieux vaut trop que pas assez ». Ainsi, alors que la Reine des Lames jouait au bucheron, le Phénix massacrait l’œuvre du petit poucet. Un tas de bois, un autres de pierres, et la discussion continuait, l’une faisant des allers-retours, l’autre lançant négligemment avec une force et une visée inhumaines.

Kaya reconnue que l’entrainement seul ne suffisait pas, déclarant même savoir pour décembre. Une stratégie bien aiguisée, s’adapter à tout, réfléchir très vite ; autant dire que les X-Men étaient dans la merde. Le seul qu’avait démontré tout ça, c’était le connard en chef. Les trois premiers points étaient à revoir chez tout le monde, Rachel incluse, d’autant qu’elle rejoignait Kaya sur le « réfléchir plus vite que lui, c’est mort », cependant, cette histoire d’exciter son gène, c’était… étrange. Un gène, ça s’excitait maintenant ? Ça ressentait rien, comment cela pouvait-il s’exciter, alors ? C’était bête. Ou alors, c’était du second degré. Ouaif, donc au final, c’était pas faux.

« Après si tu peux le tabasser, il faudra m'en garder un peu. Je sais que j'ai aucune chance face à ce taré… Mais je sais pas. Si je l'avais en face de moi je lui rentrerais dans le lard quand même. Et je dis pas ça genre "Haha, si j'avais machin en face de moi, je ferais ceci cela" puis quand tu vois machin tu te pisses dessus. Je lui rentrerais VRAIMENT dans le lard. J'ai aucun instinct de survie ! »

Et elle en était fière ; étrange personnage. D’autant qu’une attaque frontale ne servirait à rien, quitte à se suicider, Kaya pouvait très bien continuer avec ses guns, se serait moins pénible pour elle. Pour sa part, Rachel ne disait rien, elle faisait, ça économisait aussi beaucoup de temps, et évitait de tourner à de l’autocongratulation comme semblait s’en faire l’autre jeune femme. Autre jeune femme qui semblait s’être attachée aux X-Women ; une chose qui fit sourire le Phénix. Jubilee, ça c’était bien passé la première fois, mal la seconde, et depuis, c’était surtout distant, elles ne se parlaient pas, mais ne semblaient pas se tenir rigueur pour quoi que ce soit non-plus. Peut-être une discussion viendrait-elle, avant ou après, mais la Summers considérait qu’il fallait laisser le temps, comme toujours. Elle ne forcerait les choses qu’en cas de besoin. Puis Jubilee avait fort à faire, et étant la deuxième mutante avec le potentiel le plus destructeur de l’Institut, il était peu probable qu’elle ait besoin d’elle en équipière.

Et oui, c’était difficile d’être poussé dans les extrêmes, mais cela donnait des résultats ; une grimace amère de la part de Rachel, qui détourna le regard. De telles méthodes avaient des extrêmes les plus monstrueux, qui si on ne les croisait pas encore ici, faisaient parti du passé de l’ancienne Limier, un passé qu’il lui faisait mal de se remémorer.

Se concentrant sur la délimitation rocailleuse de leur barbecue, le Phénix aligna les pierres sans rien dire, laissant Kaya sortir une partie de ses sustentations. C’était encore cru que cela lui donnait faim, et elle se savait capable de la dévorée telle qu’elle, la viande, chose parfaitement animale, et dont la rousse n’espérait plus ce débarasser depuis longtemps. Après, c’était meilleur cuit, mais ce n’était que récent que cette habitude de manger pour vivre, non pour survivre. S’agenouillant, elle prit du bois pour le mettre dans sa construction, avant de générer une petite flamme sur son index, la laissant prendre à divers point de son tas. Soufflant sur son doigt pour l’éteindre, elle entreprit de répondre.

- Non, je fais pas parti des X, mon cas est compliqué. Quant à Sinistre, je suis pas invitée à la bataille, parce comme dit, c’est pas ses pouvoirs les plus dangereux ; s’il parvenait à me manipuler, ou à récolter mon ADN, on serait dans une belle merde.

Chose qui était vraie. D’après le HellFire Club, Sinister avait une obsession pour la combinaison des gènes Grey, vecteurs de capacités télépathiques et télékinésiques de très haut niveau – pour ne pas dire Oméga – et les capacités d’amplification des gènes Summers ; un croisement des plus dangereux, dont elle était naturellement porteuse. Sans doute qu’en tant que Phénix, Rachel s’avérerait capable de confronter des clones d’elle-même ou autres expériences résultantes de la même idée, mais elle n’avait pas réellement l’envie de voir d’autres créatures dotées de ses capacités de destruction voir le jour ; c’était déjà non pour les Limiers, alors d’autres Rachel…

- J’espère rejoindre l’équipe, cependant. Mare de rester en arrière, même si je le fais pas généralement. L’gros truc dans le ciel de New York en décembre, c’était moi.

S’asseyant devant le feu, ramenant ses jambes contre elle dans une position recroquevillée, la jeune femme déposa son menton sur ses genoux, faisant négligemment tourner un petit bout de bois entre ses mains.

- Après, mon rôle dans l’Institut, c’est surtout agent de sécurité du campus, en supplément de Danger. C’est pas passionnant mais c’est la seule chose que je suis capable de faire.

Pas passionnant, mais nécessaire, et considérant son manque d’éducation ou de connaissances autres que militaires, c’était en effet la seule chose à laquelle elle pouvait prétendre. Pionne et agente de sécurité, belle carrière d’avenir, contrastant fortement avec ce que certains pouvaient penser quant à ses capacités, mais il était la question de compétences. Et à part être une chienne de guerre, Rachel ne savait pas faire grand-chose ; la cuisine, si, elle aimait beaucoup, et elle avait des facilités avec la technologie aussi, mais rien de très professionnel.

Quant à savoir qui faisait quoi, ou était arrivé quant, ce n’était pas bien grave, même si elle savait, Kaya ne serait pas au courant de la partie immergée de l’iceberg qui pouvait se nommer « vérité ».

- J’suis pas hyperdouée socialement non-plus, c’est pour ça que j’m’entends bien avec Kaede ; c’est une crème, et on se comprend. Sinon, tu fais quoi ici ? Comme études, ou autre ?

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Mar 29 Oct - 22:22

Décidément... Être en sa présence n'aidait pas mes problèmes de complexe, vis-à-vis de mes capacités. Elle projetait les pierres avec une facilité déconcertante et une précision délirante. Une fois le bois rassemblé, elle l'alluma du bout du doigt. Donc elle était super forte, super précise, produisait du feu, et pouvait péter la tête de Sinistre ? Hé ben...
Je ressentais en tout cas quelque chose de bizarre. Ce n'était pas un malaise ni rien, mais c'était... Je ne saurais le décrire. Partout. C'était peut-être parce que j'avais faim... Je me focalisai donc sur la viande, que je sortis alors que l'étrange rousse me répondait, affirmant qu'elle ne faisait pas partie des X-men car son cas était compliqué. Compliqué ? Je me demandais bien en quoi. Et concernant Sinistre, elle ne pouvait pas y aller de crainte qu'il ne mette la main sur son ADN.

Elle était donc SI puissante que ça ? Décidément. Hmf... Cette impression étrange se renforçait. Comme une sorte de pression sur mes bras, mes jambes, ma poitrine, mon ventre, un peu partout. J'avais vraiment faim. Je commençai à mettre les pommes de terre dans le papier alu, histoire de les mettre ensuite sous les braises, tout en écoutant la rousse qui continuait en précisant qu'elle espérait malgré tout rejoindre l'équipe bientôt, vu qu'elle en avait marre de rester en arrière... Et elle ajouta ensuite qu'elle participait malgré tout quand l'occasion se présentait, la preuve étant le "gros truc dans le ciel de NY en décembre". A l'époque je n'étais pas à New-York, mais j'avais vu les images, et c'était effectivement impressionnant...

Et cette sensation se renforça encore une nouvelle fois... C'était primaire. Un malaise, comme si j'avais faim en fait, mais sans avoir vraiment faim. J'observai la rousse, puis le feu, puis le sol, avec un air assez préoccupé.
Je sentais d'ailleurs le revêtement qui me couvrait qui se mettait à bouger légèrement sans que je ne lui demande de le faire, comme s'il s'animait. Ce n'était rien de très spécial, mais je le sentais, comme quand je méditais. C'était... dérangeant. Fronçant les sourcils, j'observai le feu avec une mine curieuse. Voilà peut-être une bonne occasion de faire un test et de calmer tout ça non ?

Sans hésiter, donc, je mis ma main dans les flammes, l'enfonçant d'un coup dans les braises, sans prévenir. Je voulais voir ce que ça donnerait. Cela devait faire environ 3 semaines que j'avais cette armure bizarre, mais je n'avais jamais fait d'essai contre des flammes. Enfin... Comme toujours, il y avait 3 processus de réflexion simultanés dans ma petite cervelle défectueuse. La "première couche", les pensées conscientes, qui disaient "tiens, j'ai jamais tenté contre des flammes ! Je vais voir comment l'armure résiste !". La "deuxième couche", plus profonde, que j'essayais d'ignorer, qui espérait que je résisterais aux flammes et que j'aurais une certaine puissance... et enfin la dernière couche subconsciente que je ne contrôlais pas, qui espérait que je me ferais mal et me brûlerais, parce qu'au fond je le méritais bien.

C'était chaud... Mais ça ne brûlait pas. Enfin pas trop... Les secondes passèrent alors qu'une odeur étrange s'échappait, et cette sensation oppressante que je ressentais quelques secondes plus tôt disparut presque d'un coup. A la place, je sentais que le tissu biologique "grouillait" au niveau de ma main, comme s'il remplaçait en direct les couches brûlées pour maintenir la protection.
Malgré tout, après trois ou quatre secondes, la chaleur commença à devenir gênante, et je retirai donc ma main, soufflant un peu dessus pour enlever la suie. Manifestement, ma résistance à la chaleur n'était pas tout à fait au point... Je n'étais certes pas brûlée, mais je n'avais pas tenu bien longtemps non plus. Il fallait que je me méfie.

La première couche était perplexe. La deuxième était déçue. La troisième aussi. Je décidai qu'il était nécessaire de corriger cette absence de résistance aux flammes, et qu'il faudrait donc que je me crame des couches d'armures plus souvent. Les trois processus de pensée qui parasitaient mon esprit étaient d'accord sur ce point-là : plus je serais résistante, mieux je pourrais protéger les autres et servir à quelque chose. Je devais renforcer mes pouvoirs pour y parvenir.
Cait' disait que l'important était le cœur, pas les pouvoirs... Si ça avait été vrai, alors je n'aurais pas été laissée sur le bas-côté, totalement ignorée de tous et toutes, pendant autant de temps. J'avais toujours été gentille, j'avais toujours eu du cœur, et j'avais toujours été invisible ou écrasée. Pour exister, je devais être plus visible. Je devais faire quelque chose de grand. J'avais décidé que j'aiderais et sauverais autant de personnes que possible. Peut-être était-ce bizarre. Ou tordu. Ou égoïste... Mais au fond, c'est le résultat qui compte non ?

Haussant finalement les épaules sans rien dire, je posai la grille sur le feu et la laissai chauffer un moment, revenant à la rousse.

« Kaede est... Je ne sais pas. Adorable d'un côté, et monstrueuse de l'autre. J'essaie de faire tout ce que je peux pour que le côté adorable reste, qu'elle réalise que massacrer tout le monde n'est pas une solution à quoi que ce soit... Elle a souffert. Plus que moi, et que beaucoup de monde. A des niveaux probablement inimaginables... Je ne prétends donc pas pouvoir la comprendre. Ce que je sais par contre, c'est que se lancer dans des voies de haine ne va faire que l'enfoncer de plus en plus et elle ne pourra plus jamais s'en sortir. Alors j'essaie de la tirer de là, comme je peux... Même si je ne suis pas sûre qu'elle m'écoute. Je tiens beaucoup à elle, peut-être d'une manière peu raisonnable d'ailleurs. Enfin... Ce que je sais en tout cas, c'est que si quelqu'un l'enfonce ou la fait souffrir, je ferai tout ce que je peux pour qu'elle ne devienne pas monstrueuse, et pour la soutenir. Je serai monstrueuse à sa place, par contre... Le premier qui lui fait quoi que ce soit je l'écorche et je le cloue encore vivant à un mur. »

Je pensais vraiment ce que je disais. J'étais quelqu'un de gentil, vraiment. Je ne disais pas ça pour m'auto-flatter ni rien, c'était vrai... Mais si quelqu'un faisait quoi que ce soit à Kaede, sa vie deviendrait instantanément quelque chose d'absolument atroce. Je lui rendrais tout au centuple et rien au monde ne lui permettrait de se planquer. Je ne le lâcherais JAMAIS.
Mes sentiments sur la jeune japonaise étaient... en conflit, comme toujours quand il s'agissait de sentiments en fait. Je n'avais pas l'habitude d'en avoir. Personne (à part Caitlyn) n'avait jamais dit m'aimer. Du coup... Je n'étais pas très à l'aise à ce niveau et j'avais tendance à enterrer mes émotions pour éviter d'en souffrir. Sauf avec Kaede. Elle était au moins aussi handicapée que moi à ce niveau, et je sentais qu'elle ne me jugerait pas.

Pour pas mal de monde, nous n'avions pas grand chose en commun... Ni les origines, ni le vécu, ni les pouvoirs, ni l'attitude générale, ni rien. Mais pourtant je sentais qu'il y avait une chose que nous partagions : nous ne jugerions pas l'autre. Si elle faisait une erreur, je lui pardonnerais. Si elle se ratait, je le comprendrais. Si elle me blessait, je serais blessée oui, mais ne lui en voudrais pas. Et j'avais la sensation qu'il en serait de même de son côté à elle. D'une manière étrange on se comprenait.
Puis il y avait le fait qu'elle parvienne à se reconstruire après des épreuves atroces. Dans un sens, elle était presque un exemple pour moi... Car je ne parvenais pas à le faire. Je continuais de laisser mes émotions m'écraser en permanence et j'ignorais quoi en faire, je ne savais pas à qui en parler, ni comment les gérer. Elle en revanche semblait trouver une voie qui lui convenait. Et c'était pour ça que je ne pardonnerais jamais à quelqu'un qui la ferait souffrir : je refusais qu'on détruise ces progrès qu'elle arrivait à faire, et que j'étais incapable d'atteindre.

Après quelques secondes de silence, je repris en ayant l'air de "revenir" un peu à moi.

« Enfin pour le côté social t'en fais pas, je suis vraiment toute pourrie à ce niveau aussi. D'ailleurs, je devais être dans la chambre de Kaede, au départ, mais Amy a jugé que je serais un "mauvais exemple", je pense que ça donne l'idée. »

Je haussai les épaules avec un léger sourire, faisant comme si je prenais ça avec humour. En réalité ce premier échec m'avait affectée bien plus que je ne voulais bien l'admettre. J'aurais voulu pouvoir être plus près d'elle, mieux l'aider, l'accompagner au jour le jour, mais à cause de ma propre imbécillité, c'était définitivement raté. Je devais maintenant me contenter de la voir de temps à autres entre les cours, d'être plus éloignée que je ne voulais l'être. C'était encore quelque chose que j'avais enterré et qui venait remplir ce "ballon à eau" de sentiments négatifs et autodestructeurs, qui menaçait d'éclater sous la pression.

J'espérais en tout cas que la rousse était un bon exemple.... Au fond, c'était aussi pour ça que je discutais avec elle. Je voulais savoir avec qui Kaede se trouvait, je voulais m'assurer qu'elle soit en sécurité, qu'elle soit face à quelqu'un qui puisse lui redonner espoir, l'amener sur un chemin plus heureux que celui qu'elle avait parcouru jusqu'ici. Je revins du coup à mon interlocutrice, répondant à sa question :

« Ow... Ouais, et sinon j'étudie la littérature moderne. J'ai toujours adoré lire, depuis toute gamine. Et toi ? Tu fais juste l'agent de sécurité du campus, ou tu fais autre chose ? 'fin, à part essayer de rentrer dans les X, quoi. Niveau études, ou trucs du genre, j'veux dire. »

Une fois la question posée, et vu que je venais de finir de préparer les patates, je les fourrai (à mains nues, du coup) sous les braises, avant d'ensuite poser la viande sur la grille. Celle-ci avait suffisamment chauffé, et une odeur de viande grillée commença à envahir la petite clairière. Je n'avais plus cette impression bizarre. En fait, ce que je voulais dévorer maintenant, c'était les deux énormes pièces de viande.
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Echo
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Dim 3 Nov - 21:54

Kaya ne perdit pas tellement de temps avant de mettre les patates dans le papier alu, bien que Rachel ne sache réellement à quoi cela servait, elle ne posa pas de questions, continuant son propre discours. Aucune réaction ne lui échappait, physiquement parlant, mais intellectuellement, ce n’était pas la même ; l’autre ne savait où regarder et semblait frissonner, elle avait donc froid, malgré la saison. A défaut d’avoir peur de se couper, la rousse n’osa pas lui proposer un câlin, ne la connaissant pas encore, et puis le feu devrait être suffisant à réchauffer, il ne faisait pas si froid ; du point de vue du Phénix, il ne faisait même pas froid, mais d’un autre côté, les camps de la mort l’y avait habitué, au froid, même si elle détestait d’autant plus cela.

Après, la plupart des personnes, quant elles avaient froid, rapprochaient les mains du feu, elles ne se les foutaient pas dedans en mode barbare ; d’un autre côté, si l’armure la protégeait, pourquoi s’en serait-elle privée ? Il n’y avait pas plus chaud qu’à l’intérieur même du feu, après tout. En tout cas, le Phénix ne put s’empêcher de pencher la tête sur le côté en mode chouette, alors que les flammes agitaient les bio-tissus. Le feu avait une énergie cinétique, mais aussi thermique, de ce qu’elle savait, hors l’armure pouvait-elle absorber les deux ? Excellente question, même si en définitive cela ne changeait pas grand-chose. Surtout que visiblement, ce n’était pas tellement le cas, puisque Kaya ressortie sa main rapidement. Cependant, l’odeur de cuisson était là, déclenchant un gargouillement et un intense malaise chez Rachel, qui détourna le regard pour fixer ses pieds. Ses mains s’immobilisèrent, laissant le petit bout de bois figé entre son index et son majeur, alors qu’elle essayait de cacher sa honte.

Sans rien relever, Kaya posa la grille sur le feu, ne reprenant la parole qu’après ce geste. Kaede adorable et monstrueuse ; d’une innocence monstrueuse, oui, c’était bien pour cela que le Phénix la comprenait. Les opposés et les extrêmes, comme toujours. Mais Kaede n’était pas dans les extrêmes, pas encore, elle devait prendre conscience avant d’y arriver, et pouvait être sauvée, Rachel le savait. Quant à massacrer tout le monde n’étant pas une solution, c’était pourtant celle adoptée par l’univers, lorsque quelque chose n’allait pas, le Phénix brulait, pour que la vie puisse revenir après lui, pour donner une seconde chance ou pas, selon. Détruire les menaces à la vie, brûler ce qui ne marchait pas, cela revenait à arracher de mauvaises herbes en espérant que ce qui pousserait derrière serait mieux, ou qu’elles ne contamineraient pas le reste du jardin.

Oui, elle avait souffert, plus que beaucoup de monde, mais pas à des niveaux inimaginables, parce que des gens avaient put imaginer ce qu’ils allaient lui faire. Et d’autres étaient allés plus loin que l’imaginer : ils l’avaient fait. Que Kaya ait moins souffert, c’était tant mieux pour elle, et non, elle ne pourrait pas la comprendre, tout comme personne ne pourrait comprendre ce que Rachel avait traversé, et ce qui faisait qu’elle parvenait à la comprendre, du moins elle en avait la sensation. Mais non, la haine n’était pas la solution, et cela, le Phénix le savait parfaitement ; Franklin avait noyé la haine par l’amour, pour elle, et c’était à elle d’aider à ce que Kaede ne sombre pas à son tour dans ce travers ; chose qui était plutôt en bonne voie, puisqu’elle culpabilisait parfaitement lorsqu’on lui faisait des remontrances. Si, elle écoutait, en règle général ; peut-être que Kaya s’y prenait mal, ou que son rôle d’amie n’aidait pas à avoir une autorité, mais les remarques du couple Elioth de Lauro, ou d’elle-même, c’était tenue pour vérité et la Ptite Cornue s’y conformait autant qu’elle le pouvait, avec sa volonté de bien faire enfantine.

« Je tiens beaucoup à elle, peut-être d'une manière peu raisonnable d'ailleurs. Enfin... Ce que je sais en tout cas, c'est que si quelqu'un l'enfonce ou la fait souffrir, je ferai tout ce que je peux pour qu'elle ne devienne pas monstrueuse, et pour la soutenir. Je serai monstrueuse à sa place, par contre… Le premier qui lui fait quoi que ce soit je l'écorche et je le cloue encore vivant à un mur. »

Contradictoire, mais cela, Kaya semblait l’être ; à quoi bon essayer de préserver les autres de la haine si c’était pour y sombrer soit ? Etait-ce une volonté de sacrifice ? Faire les mauvais choix pour que d’autres n’aient pas à les faire ? Partir dans les extrêmes pour que d’autres n’aient pas à le faire ? C’était là une décision de Confrériste, ceux-là même que la Reine des Lames critiquait si virulemment et avec tant de sarcasme. D’un autre côté, cela prouvait qu’elle ne maitrisait pas son sujet, et que plus qu’une critique, c’était une parodie. M’enfin, pour être l’incarnation des contraires et des opposés, Rachel ne pouvait pas réellement se permettre de commenter, même si elle le ferait surement. Restait à savoir ce qu’elle accepterait de dévoiler d’elle-même dans cette discussion, et c’était toujours là l’un des principaux freins.

Un soupire en conclusion à toutes ses pensées, alors que Kaya semblait se perdre dans les siennes ; joyeuse ambiance.

« Enfin pour le côté social t'en fais pas, je suis vraiment toute pourrie à ce niveau aussi. D'ailleurs, je devais être dans la chambre de Kaede, au départ, mais Amy a jugé que je serais un "mauvais exemple", je pense que ça donne l'idée. »

Ah, Amy, à aller plus vite que le monde, elle en oubliait parfois que celui-ci pouvait aussi évoluer, alors même qu’elle déclarait que le changement était la seule constante de l’univers, et qu’elle subissait celui-ci pour le meilleur et pour le pire, avec une magnifique tendance à attirer le second. C’était elle la psychologue, mais elle en dévoilait bien plus dans ses consultations sur elle-même qu’elle ne devait s’en douter, en tout cas c’était le point de vue du Phénix, qui restait persuader de ne pas en capter la moitié.

Kaya étudiait la littérature moderne, donc en théorie elle n’avait pas d’histoire puisque l’histoire n’était pas moderne, mais du coup, qu’en était-il des vieux bouquins ? Rachel fronça les sourcils, incertaine d’être capable de faire la différence entre les différents types de littérature, et lisant ce qui lui tombait sous la main, de La République à Twilight. Quant à ce qu’elle faisait, cela la fit grimacer, parce qu’elle en était au point où elle devait choisir si elle faisait confiance ou pas, si elle se confiait ou pas, et qu’elle était toujours partagée entre la méfiance et la peur du jugement des autres, et cette envie d’aller vers eux et de se faire accepter.

Regardant les patates protégées par l’aluminium être mises dans le feu, et la viande sur la plaque, elle tenta de réfléchir, chose qui ne fut pas facilité dans les instants d’après alors que l’odeur venait lui chatouiller les narines, et que l’estomac répondait plus que présent.

- Hum… je sais lire, écrire et compter. J’ai arrêtée l’école à douze ans, en fait. Après…

Hésitante, elle commença à faire jouer son bâton nerveusement, regardant les cicatrices qui lui barraient les mains tout en pensant à celles qui en faisaient autant avec son visage, sa gorge, et son ventre, laissant tout loisir d’en déduire de la présence sur l’entièreté de son corps.

- Disons que je sais ce qu’a vécue Kaede.

Changer de sujet, avant qu’elle ne s’enfonce plus dans les mauvais souvenirs. Elle avait déjà témoigné que cela, et pour éviter d’avoir à le refaire à chaque fois, elle l’avait même enregistré sur un CD, ce témoignage,  cependant, Kaya ne faisait pas partie des personnes y ayant accès, et Rachel n’avait pas envie de se tourmenter avec cela aujourd’hui. Peut-être plus tard, si elles développaient une relation d’amitié, mais pas maintenant, pas à la première rencontre, c’était juste bon à la faire fuir.

- Kaede écoute, généralement. Plus ou moins à sa manière, mais elle le fait. Lorsque j’lui fais la morale, elle culpabilise, s’excuse et promet qu’elle le refera plus, donc on progresse à notre rythme.

Chose qui était entièrement vraie. Lorsque Kaede s’était réjouie du massacre du centre des scientifiques, le Phénix lui avait montré un autre point de vue : si elle les haïssait comme eux l’avaient haïe, elle était comme eux dans le cœur, et si tuer était un crime, en quoi tuer un tueur n’en était-il pas un ? La conclusion avait été simple :  « Réjouis-toi que plus personne ne souffre là-bas, et que plus personne n’y souffrira jamais. Mais quant aux morts, à défaut de les pleurer, fous-leur la paix. ». Et en définitive, c’était ce qui se passait, à chaque fois.

- Quant au jugement d’Amy, ça évoluera si tu évolues. Je lui ai longtemps fait peur, et je pense que je continue, mais on s’entend bien quant même ; on s’entraine même ensemble.

Enfin, s’entrainer, c’était comme Kaya et son poteau : ça finissait généralement en mauvaise état. Mais au moins, cela la dépensait et la maintenant en forme, à défait qu’elle cherche réellement à « évacuer sa colère » comme le voulait l’X-Woman. Lorsqu’elle s’existait un peu trop, se prenant suffisamment au jeu, cela finissait généralement assez vite, et le nombre de côtes cassées, le pif ou un membre, parce que Nephilim n’arrivait plus à esquiver malgré sa vitesse, il était assez stupéfiant. Après, elle régénérait rapidement, donc en quelques minutes de repos, tout était correcte. C’était fascinant à voir de l’intérieur, d’ailleurs.

Nouveau grondement d’estomac, car si Rachel essayait de noyer le poisson, lui ne perdait pas le nord, et les réactions salivaires de la jeune femme lui imposait de déglutir régulièrement, chose qui ajoutait encore au mal-être des gargouillements impromptus, et de la conversation. Un petit sourire malaisé, et elle s’en retourna à la contemplation des flammes, portant le bout de son bâton en leur sein pour l’allumer, et avoir une petite torche qu’elle agiterait comme une baguette magique.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Lun 4 Nov - 22:28

Rachel semblait assez sceptique, face aux pommes de terre entourées d'alu. Peut-être qu'elle n'avait jamais fait ça. Au fond, ça ne serait pas étonnant... car elle disait savoir ce qu'avait vécu Kaede, et je doutais fort que dans son labo, la japonaise ait eu l'occasion de faire des soirées au coin du feu. Cela dit, moi non plus. Ma connaissance de la technique des patates sous la braise venait de mes lectures, et non de mon expérience personnelle. Jamais personne ne m'avait proposé de faire de sortie de ce genre... Donc comme tout le reste, j'avais appris soit seule, soit par ce que je lisais. Je m'étais adaptée comme j'avais pu...

Enfin, le fait était qu'elle avait arrêté l'école à 12 ans ce qui me laissait encore une fois penser qu'il lui était arrivé des trucs pas super marrants. Labo de connards ? Attaque d'anti-mutants ? Capture par un quelconque organisme pas net ? J'aurais voulu en savoir plus, parce que je savais que parfois en parler permettait d'avoir un nouveau point de vue sur la situation, ou de mieux la vivre... Mais peut-être était-ce un peu trop tôt pour lui poser ce genre de questions. Je notai toutefois dans un coin de ma tête d'y penser plus tard, car ça m'intéressait. En tout cas, le fait était que lire écrire et compter ça n'était pas énorme énorme non plus...

La rousse avait le regard sur ces espèces de cicatrices qui parcouraient son corps, alors qu'elle parlait de ça. Visiblement elles avaient l'air de continuer jusqu'en dessous des vêtements, et je haussai alors les épaules.

« Elles ont l'air cool. »

Laissant quelques secondes, j'approfondis un peu.

« J'ignore d'où elles viennent, ces marques. Peut-être que tu les as eues dans des conditions... que t'aimerais oublier. Mais au présent, là, maintenant à l'instant T, je trouve qu'elles ont l'air cool. Et quant à lire écrire et compter, si tu veux des conseils de bouquins j'en ai lu des dizaines donc hésite pas ! »

C'était mon côté optimiste. J'avais aussi une marque assez visible sur le visage, cette cicatrice laissée par l'impact de la balle de calibre .50 dans mon œil... Des séries de cicatrices partant dans tous les sens, ayant l'apparence d'une fenêtre au travers de laquelle serait passée une petite bille en fait. Je n'en avais jamais vraiment parlé à qui que ce soit, car... hé bien, disons que ça n'avait préoccupé personne que je me foute une balle dans la tronche. Les lames étaient sorties plus ou moins par réflexe, au fond j'avais vraiment espéré que j'y passerais et en me réveillant, je ne m'étais pas sentie soulagée. Clairement un moment dont je n'avais pas envie de me rappeler... Mais malgré ça, je prenais le positif : ça me donnait un côté badass. A mon sens, ça valait mieux que de m'apitoyer sur quelque chose qui n'intéressait personne, et dont je m'étais du coup moi aussi désintéressée.

Elle continua en tout cas à propos de Kaede, affirmant qu'elle écoutait généralement, à sa manière. Rachel affirma d'ailleurs que quand elle lui faisait la morale, la petite écoutait, s'excusait, et promettait de ne pas refaire les mêmes erreurs, qu'il y avait donc un progrès. J'ignorais si elle m'écoutait, moi, en tout cas... Peut-être, peut-être pas. J'espérais que oui. Enfin... non. Je ne savais pas trop ce que j'espérais. Une partie de moi savait que j'avais des choses à dire qui méritaient d'être écoutées, mais j'avais tellement l'habitude d'être ignorée qu'une autre partie de moi jugeait que si personne n'écoutait, c'était parce que je ne disais rien d'intéressant. Du coup, là aussi j'étais mitigée. Serait-ce une bonne chose, qu'elle ne s'intéresse pas à ce que je lui racontais ?

Dans un sens, c'était assez secondaire, au final. Le principal était qu'elle évolue, qu'elle aille mieux, qu'elle s'en sorte. Qu'elle réussisse là où j'échouerais sûrement. Et ce que me disait la future X-woman était assez encourageant à ce niveau, et m'arracha du coup un petit sourire rêveur. Peut-être qu'elle trouverait quelque chose qu'elle aime faire, quelque chose de tranquille ? Qu'elle se trouverait un chéri (ou une chérie même), et qu'elle vivrait tranquille ? Je savais que c'était improbable, car la vie était souvent bien plus compliquée et riche en épreuves qu'en bons moments... Mais j'aimais penser ça. Qu'elle pourrait vivre heureuse malgré ce départ si atroce qu'elle avait dû prendre.

Rachel reprit alors en signalant que le jugement d'Amy évoluerait si j'évoluais, ajoutant qu'elle-même lui avait longtemps fait peur et que maintenant elles s'entraînaient ensemble. En fait... A force de ne voir que Caitlyn et Jub' pour mes entraînements, j'en avais presque oublié qu'Amy aussi faisait partie des X-men. J'ignorais totalement ce qu'elle pouvait faire. Je savais juste qu'elle se régénérait et qu'elle avait sûrement 1000 autres pouvoirs capables de m'écraser en cas de besoin... Du coup, hé bien, j'essayais d'éviter que ce besoin ne surgisse. Comme souvent, au lieu de prendre le risque d'avoir des ennuis, je préférais éviter tout risque.

« Pour tout avouer j'essaie de l'éviter autant que possible... Pas parce que j'ai quelque chose contre elle, plutôt parce que j'ai laissé une impression... Pas géniale on va dire. J'étais pas bien à l'époque... Je suis toujours pas bien tu me diras : je me suis foutue une balle dans la tronche, je fracasse des poteaux et je mets mes mains dans les braises. Mais à l'époque, c'était compliqué on va dire. 'fin j'imagine qu'on s'en fout de tout ça, mais ouais, du coup j'essaie de pas trop croiser sa route histoire d'éviter les ennuis. »

Je haussai les épaules avec une mine préoccupée. Je savais que cette méthode, l'éviter, n'était peut-être pas la bonne. Je le savais pertinemment, qu'elle ne donnerait probablement jamais de résultats... Mais elle n'impliquait aucun risque. Je ne prenais pas le risque que les choses empirent encore plus.

« Je tiens à ce que je fais ici. Pas seulement les X-men... Depuis mon arrivée... Je pense que personne ne le voit mais je sens que j'ai fait des progrès. Peut-être pas des trucs énormes... Mais je parle plus facilement aux gens, je me réfugie moins derrière des délires crétins ou des sarcasmes, ... Je le fais encore mais moins. Et j'ai pas envie de tout ruiner en me prenant le bec avec Amy, à cause d'une nouvelle maladresse ou connerie de ma part dont je me serais même pas rendue compte. D'autant que je tiens à Caitlyn. Sincèrement. Je le montre extrêmement mal mais c'est le cas. Donc j'ai pas trop envie d'avoir des emmerdements avec sa femme, tu vois. »

Je remontai le regard du feu vers la rousse, avant de hausser les épaules et laisser entendre un rire amusé.

« Enfin désolée, t'es sûrement pas venue pour entendre mes conneries. J'en parlerai dans ma biographie, tiens, ça vaut mieux. T'en fais pas, la viande est presque prête : ça se mange bien rouge donc il suffit d'encore une ou deux minutes maxi et on sera nickel. J'essaie juste de bien brûler un peu les bords, ça caramélise un peu et c'est meilleur. Par contre... J'suis en train de réaliser que j'ai pas de couverts, tu veux que j'aille trouver un truc qui fasse l'affaire ? »

En utilisant les ailes pour accélérer, je pourrais sûrement faire l'aller-retour en quatre ou cinq minutes, ce serait sûrement plus pratique pour elle, qui n'avait pas de couteaux naturels. Enfin... Pas à ma connaissance, en fait. J'ignorais carrément tout de ce qu'elle pouvait faire. C'était dommage... Car elle m'intriguait. Pas seulement ses pouvoirs d'ailleurs, c'était juste qu'elle avait une personnalité que j'avais du mal à définir. Peut-être était-ce justement parce que j'avais du mal à la définir que je voulais en savoir plus. Ou c'était peut-être pour autre chose. Il ne fallait pas me demander... Niveau sentiments personnels et relations sociales j'étais une catastrophe.
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Mar 5 Nov - 20:14

« Elles ont l'air cool, avait déclarée la Reine des Lames, laissant Rachel dans la confusion quant au sujet. J'ignore d'où elles viennent, ces marques. Peut-être que tu les as eues dans des conditions... que t'aimerais oublier. Mais au présent, là, maintenant à l'instant T, je trouve qu'elles ont l'air cool. Et quant à lire écrire et compter, si tu veux des conseils de bouquins j'en ai lu des dizaines donc hésite pas ! »

Le Phénix n’ajouta rien, mais grimaça un instant ; elle aurait de la gratitude à des conseils littéraires, mais les marques… Elle aimerait oublier les conditions dans lesquelles elle les avait eut, pas réellement, elle aurait aimée de jamais les avoir, mais la douleur de l’opération, de ce qui avait précédé et suivit, elle ne devait pas l’oublier, il y avait déjà trop de trous dans sa mémoire, trop de morts anonymes, pour qu’elle n’en comprenne pas le sens. C’était l’un des pires instants de sa vie, oui, mais l’oublier signifiait oublier pourquoi elle combattait, pourquoi elle s’engageait, pourquoi elle était prête à prendre des vies, et pourquoi elle était ce qu’elle était. Oublier sa monstruosité était prendre le risque de ne pas la maitriser lorsqu’elle y cédait, de ne plus se contrôler, de faire le mal sans le comprendre, comme pouvait faire Kaede. Rachel avait conscience d’employer de mauvaises méthodes, mais combattre le mal par le mal, c’était la sa spécialité. Restait à ne pas être le mal, à ne pas se laisser submerger, et cela, elle y arrivait.

Quant à Amy, la politique de Kaya était celle de l’autruche. Rachel avait longtemps cru qu’il s’agissait de la politique de l’Autriche, puisqu’elle voyait difficilement un animal avoir une politique, mais on lui avait expliqué que l’autruche se cachait la tête dans le sable, pour éviter les problèmes. C’était con, parce qu’à ce cacher la tête dans le sable on n’en levait que plus le fion, donc les problèmes n’arrivaient que plus dans le cul, mais c’était comme ça ; puis vu la tête de la bête, que ce soit débile tombait sous le sens. Après, appliqué à des humains, cela signifiait éviter les gens, donc c’était pas la même, puisque le risque de kickage était inférieur. M’enfin, cela ne réglait pas tellement les problèmes, que de les fuir.

Pas bien à l’époque ? Toujours pas bien ? Une balle dans la tronche, fracasser des poteaux et mettre les mains dans les braises… A défaut d’aller bien, elle ressemblait assez à l’anormale norme de l’Institution X, même si la balle dans la tronche, c’était un peu excessif quant même. Après, Rachel ne cafterait pas, chacun faisait ce qu’il voulait, cela se nommait libre-arbitre. Mais c’était quant même particulier, et Kaede avait prises suffisamment de balles pour qu’on ne la mette pas avec quelqu’un qui se tirait dessus seule, c’était logique. Là où cela l’était moins, se fut sur le « j’imagine qu’on s’en fout de tout ça ». Les ennuis, avec Amy, ça pouvait arriver, surtout si on touchait à Cait’, mais le on s’en fout, il était étrange. S’il y avait bien un truc pour lequel l’Institut se battait, c’était pour que l’on ne se foute pas des gens.

Il y aurait pas mal à dire là-dessus, mais après une courte pause, Kaya reprit, alors le Phénix attendit qu’elle eut finie ; c’était la méthode qu’elle avait développée avec Caitlyn ou Amy, qui devait s’appliquer aux pipelettes en général d’ailleurs : attendre la fin du monologue pour en placer une.

« Je tiens à ce que je fais ici. Pas seulement les X-men… Depuis mon arrivée… Je pense que personne ne le voit mais je sens que j'ai fait des progrès. Peut-être pas des trucs énormes… Mais je parle plus facilement aux gens, je me réfugie moins derrière des délires crétins ou des sarcasmes… Je le fais encore mais moins. »

La crainte de tout ruiner lors d’ne prise de bec avec Amy ? Hum, s’il y avait quelqu’un capable d’évaluer le changement, c’était en théorie elle, et à part deux-trois sujets qui fâchaient, elle était calme, la Fougère, d’ordre général. Et pas tellement rancunière, en plus, ça c’était cool. Après oui, se disputer avec l’une c’était se mettre dans la merde avec l’autre, même si en général cette dernière tentait de temporiser. Rachel avait eut du mal à « lâcher » Caitlyn par rapport à la relation qu’elle avait avec Amy, mais c’était plus facile de savoir que cette dernière n’était plus « sœur de cœur » mais bien « compagne », sans quoi le Phénix aurait craint pour sa place, comme souvent.

« Enfin désolée, t'es sûrement pas venue pour entendre mes conneries. J'en parlerai dans ma biographie, tiens, ça vaut mieux. »

A nouveau, Rachel haussa les sourcils, perplexe. Bon, que la viande sa bientôt prête, c’était cool, parce qu’elle aurait de quoi calmer son estomac qui, à défaut d’être sur les talons, faisait des vocalises à l’occasion. Quant au secret de cuisson, cela ne tombait pas dans l’oreille d’une sourde.

- Non merci, pour les couverts. J’irai avec les mains, j’ai l’habitude, déclara-t-elle simplement face à la dernière demande. C’est gentil de proposer.

Un petit sourire, pas grand-chose, pour la remercier, puis la rousse recommença à suivre des yeux sa petite torche, qu’elle agitait du bout des doigts, comme un maestro.

- Tu vas rédiger une biographie ? C’est cool ça, ça aide à témoigner. Après, parler de soi, c’est pas des conneries, je trouve.

C’était même bien plus difficile que de parler de connerie, à son avis, elle qui avait l’habitude de jouer la conne pour justement ne pas avoir à parler d’elle.

- Et je pense qu’on voit tes progrès. T’as Juju et Cait’ en prof, elles sont loin d’être aveugles, et scolairement, ils ont de bons profs, ici. Puis aller vers les autres, et parler de soit, c’est pas aussi facile qu’on le dit.

C’était du vécu, et du à vivre, d’ailleurs, et cela ne s’en cachait que peu.

- Tu parlais de pas être bien, t’entendais quoi par là ? J’pense pas que se tirer dessus avec des armes à feu soit une très bonne idée, m’enfin taper sur un poteau, il a l’air de mieux survivre qu’un punching-ball, et tu épargnes les arbres comme ça.

C’était bien d’être écologiste dans ses entrainements, le poteau, on voyait déjà mal ce qu’il venait faire ici, mais les arbres, ils étaient à leur place, et il ne fallait pas plus les martyriser que le nécessaire !

Rachel avait l’impression d’oublier quelque chose, aussi, mais elle n’aurait sut dire quoi, sans quoi se n’aurait plus été un oubli. Mais elle n’allait pas se prendre la tête pour cela, ce n’était pas le genre, alors elle n’ajouta rien, écoutant les problèmes de Kaya, pour peu que cette dernière accepte de les lui confier. Si ce n’était pas le manque d’intérêt qui posait problème (puisqu’elle avait tout l’intérêt du Phénix, même si cette dernière continuait de jouer négligemment avec son bout de bois), mais un refus de se confier, Rachel n’insisterait pas, et passerait à autre chose. Chacun avait le droit à ses secrets, et il ne fallait pas forcer les gens à les avouer, les confier, et encore moins leur voler.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Ven 8 Nov - 23:24

Elle ne voulait pas de couverts... Hé bah parfait. Si elle avait l'habitude... En fait je craignais qu'elle ne se brûle les mains en mangeant, mais c'était débile. Si elle pouvait massacrer Sinistre, je doutais fort qu'elle se brûle les doigts avec une pièce de viande. Je me contentai donc de sortir une lame de mon avant-bras droit, et tranchai chaque morceau de viande en deux d'un geste vif. La lame passait au travers de la chair animale comme un rasoir dans du beurre fondu, et je devais admettre que j'étais assez contente de l'efficacité de mes machins sur du tissu biologique. En fait, contre une cible vivante je serais efficace. Mon défaut, c'était tout ce qui était métallique et autres joyeusetés... Enfin, une fois cela fait, je retournai une dernière fois les deux pièces de viande tout en l'écoutant.

Elle me déclara que c'était cool que je rédige une biographie, parce que ça aidait à témoigner, et que parler de soi c'était pas des conneries. Bah... Qu'elle parle d'elle serait sûrement quelque chose d'intéressant, mais ma propre existence n'avait pas un grand intérêt. Enfin, manifestement elle n'était pas super familière avec le concept de sarcasme. Je n'avais aucunement l'intention d'écrire une quelconque biographie... Qui la lirait ? Peut-être quelqu'un qui l'achèterait par erreur, ou quelque chose du genre. "Livre le plus soporifique de l'année 2013". La rousse ajouta en tout cas que mes progrès étaient sûrement visible, vu que j'avais Jub' et Caitlyn en profs, et que les deux étaient loin d'être aveugles. Puis elle conclut en signalant que parler de soi n'était pas aussi simple que ça.

Ah, c'était peu de le dire. D'autant que j'avais eu de mauvaises expériences...

« Parler de soi, quand on va pas bien, c'est avoir la certitude de se faire rejeter. C'est du vécu... Donc au lieu d'ennuyer le monde avec mes histoires, j'dis rien ou j'essaie de rien dire et de me débrouiller. Du coup, par pas bien, j'entends rien. C'est plus simple... C'est un bon compromis. J'irais mieux en vidant mon sac, mais le faire risquerait d'éloigner tout le monde. Alors à choisir... Je préfère essayer de garder quelques relations sociales. Je maintiens le statu-quo. »

J'observai alors les tranches de viande qui semblaient être prêtes. Les patates par contre ce n'était pas encore ça.

« Allez hop, c'est bon pour la viande ! »

Après avoir dit cela, je plantai la pointe d'une aile dans ma moitié de côte de bœuf, puis la ramenai ensuite vers moi. Des petits craquements se firent entendre dans ma bouche alors que mes dents se retrouvaient couvertes de ce tissu violet, qui se mit à durcir pour former des crocs acérés. Pour la viande rouge, c'était plus pratique, surtout sans couverts... Et sans chercher plus loin, je plantai mes dents dans le bout de viande pour en arracher un bon morceau que je me mis à mâchouiller avidement. Créer ce tissu, ces ailes, ces lames, me demandait toujours beaucoup d'énergie et m'affamait de manière considérable. Je sentais que c'était de moins en moins significatif, évidemment : avant, créer 2 lames me faisait presque tomber d'anémie. Maintenant je pouvais en sortir presque une vingtaine, ainsi qu'une sorte d'armure complète et des membres supplémentaires, avant d'avoir faim. Mais malgré tout, je devais faire attention.

C'était bien joli de déployer une couche d'armure, si c'était pour tomber en crevant de faim, ça ne serait pas extrêmement utile. Je continuai donc, pendant quelques secondes, à manger, avant de finalement soupirer et observer la rousse.

« Tu dis que c'est pas si facile qu'on le dit... T'as des soucis aussi et du mal à en parler ? »

Je doutais fort qu'elle me dise quoi que ce soit, mais je voulais savoir. Je ne changerais probablement jamais, à ce niveau-là : l'idée que quelqu'un n'aille pas bien ne me plaisait pas vraiment. Bon, c'était 100 fois plus grave quand il s'agissait de quelqu'un à qui je tenais, mais même en règle générale, vis-à-vis d'une personne que je ne connaissais que peu... Je n'aimais pas l'idée qu'elle se sente mal. Encore un de ces traits de caractère stupides qui me perdraient, un jour ou l'autre... Je crèverais sûrement à cause de ça tôt ou tard. Sûrement tôt.
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Dim 10 Nov - 0:13

Générant une nouvelle lame, Kaya tranchant d’un coup d’un seul chaque pièce de viande, sans la moindre difficulté, ne laissant plus aucun doute sur le fait qu’elle était plus dangereuse que le résident de l’Institut moyen. Par reflexe, voyant cela, Rachel généra un champ de protection à même sa peau, ce même champ qui était là dès qu’elle se sentait en danger, ou sous tension ; le tout restait d’en maitriser la puissance.

« Parler de soi, quand on va pas bien, c'est avoir la certitude de se faire rejeter. C'est du vécu… Donc au lieu d'ennuyer le monde avec mes histoires, j'dis rien ou j'essaie de rien dire et de me débrouiller. Du coup, par pas bien, j'entends rien. C'est plus simple… C'est un bon compromis. J'irais mieux en vidant mon sac, mais le faire risquerait d'éloigner tout le monde. Alors à choisir… Je préfère essayer de garder quelques relations sociales. Je maintiens le statuquo. »

Le Phénix la regarda pleine d’incompréhension ; parler de soi lorsqu’on allait mal était, dans son esprit, le meilleur moyen de trouver à se faire aider, pas celui à se faire rejeter, surtout dans un lieu comme l’Institut. Elle connaissait Caitlyn, elle connaissait Jubilee, elle connaissait Kaede, et aucune des trois ne l’aurait laissée s’enfoncer dans ses problèmes, ou ne l’aurait rejetée à cause d’eux. Ne rien dire et essayer de ce débrouiller, Caitlyn était pas mal là-dedans, aussi, même si on tentait de la tirer de là, de ce défaut ; car s’en était un, indiscutablement. Oui, vider son sac permettait d’aller mieux, mais cela ne risquait pas d’éloigner tout le monde ; oui, certains fuiraient, mais les meilleurs resteraient. Elle le savait, même si cela faisait mal de ce dire qu’elle avait perdu l’alter-égo de Franklin ainsi.

Déclarant les viandes prêtes, Kaya s’empara de sa part de l’aile, avant de la porter à sa bouche ; bouche qui se modifiait d’ailleurs de façon similaire à son exo-armure, pour faciliter le déchirement, surement. C’était cool ça ! Pas besoin de couvert, les couteaux étaient intégrés ! Après, il ne fallait pas faire de connerie avec sa langue, parce que c’était plus une morsure, c’était une amputation, vu comment les bio-lames passaient au travers des chairs.

Ce grand moment de réflexion passé, Rachel planta le bâton dans le sol, le bout pénétrant la terre pour s’éteindre, puis elle se mit à genou, enlevant sa veste pour tendre le bras et attraper sa part du repas, dévoilant ainsi les cicatrices qui parcouraient ses bras également. Si l’on y faisait suffisamment attention, on pouvait apercevoir, à l’instant de son dos, quelques marques autres que celles « cool » des limiers, particulièrement au niveau de l’épaule gauche, où se trouvait le commencement d’une cicatrice faite par un fouet. Son dos en était couvert, dardant la Marque du Phalkon en de nombreux endroit, mais cela n’était que peu visible grâce à son haut, même si aisément plus devinable maintenant que seule sa brassière couvrait ces témoignages de son passé.

Hésitant un instant, la jeune femme finit par se décider pour l’entrecôte ; question de préférence, principalement, l’hésitation venant du fait qu’elle ne savait si elle devait commencer par ce qu’elle aimait le plus ou « garder le meilleur pour la fin », comme voulait le dicton. Elle préférait l’entrecôte, car la hampe était un morceau plutôt « noble », auquel elle n’avait pas été habitué, alors que les muscles dorsaux, costaux et intercostaux, c’était très familier. Et chez un grand nombre, un trop grand nombre, d’espèces. Puis la couleur était plus rouge, et c’était bien connu, le rouge c’était mieux. A moins que ça n’aille que plus vite ?

Enfin bref, elle prit l’entrecôte du bout des doigts, ne ressentant sa chaleur protégée qu’elle était par son bouclier, et la conduisit à sa bouche, mordant elle aussi à pleine dents dedans. Premier problème ? Bah, c’était chaut, et la pièce de viande avait franchi les protections en rentrant dans sa bouche ; donc, elle se crama toute seule. Cela allait finir par être son signe distinctif des autres Phénix, ça, tiens : elle était le seul oiseau de feu à réussir à se bruler. La Classe !

Mais ce n’était pas tout, car même après avoir attendu quelques instants et soufflé dessus pour qu’il refroidisse, il restait toujours un second problème ; lequel ? Et bien, Kaya avait ses couteaux, mais le Phénix, ses dents, et il fallait sacrément tirer sur la pièce de viande pour en arracher un bout, engloutissant tout ce qu’elle pouvait avaler, viande comme graisse. Et elle faisait cela avec du cœur, et une habitude experte et animale, bourrinant comme une sauvage jusqu’à ce que cela vienne, et s’en mettant partout à l’occasion ; elle laissait couler et gicler, s’arrosant goulument tant le visage que le torse, chose qui l’indifférait au plus haut point, car la télékinésie au niveau moléculaire, c’était imbattable pour enlever les tâches ! « Avec le nouveau Phénix, les tâches s’envolent Cool »

C’était assez indicateur de comment elle avait été nourrie chez les limiers, même s’ils n’avaient pas la décence de lui donner de la viande de bœuf chaude, durant son entrainement. Il fallait bien exciter les instincts, et si quoi de mieux que la viande, ce n’était pas de la viande d’élevage qu’ils leur avaient donné, mais de la viande de leurs proies, comme à tous bon chiot destiné à devenir chien de chasse.

« Tu dis que c'est pas si facile qu'on le dit… T'as des soucis aussi et du mal à en parler ? »

Rachel s’interrompit en pleine bagarre avec un de ces morceaux, regardant Kaya avec incompréhension, et surtout l’entrecôte littéralement sous le museau. Finissant par la lâcher, elle se lécha les babines un instant avant de commencer à répondre.

- J’ai eut pas mal de problèmes, oui. Mais vaut mieux pas que j’en parle, sinon je vais te faire fuir, non ?

Elle ne comprenait pas grand-chose aux gens d’ici, tout du moins dans les situations qu’eux considéraient comme « normales », il n’y avait que dans certaines situations qu’elle savait comment réagir, et la plupart d’entre elles impliquaient la violence, ou un univers complètement exempt de normes sociales. Elle savait comment réagir pour défendre des vies, pour les prendre également, ou quant quelqu’un avait un problème, ou qu’elle avait un objectif simple prédéterminer, mais improviser une conversation comme cela, avec des inconnus, ce n’était vraiment pas sa spécialité. Sans la viande, jamais elle n’aurait osée s’approcher, et cela elle en était parfaitement consciente.

Remordant dans son morceau, elle en arracha une nouvelle partie, plus petite cette fois, pour lui permettre de parler la bouche pleine ; à défaut d’être bien éduquée, elle n’était pas conne, et savait que si elle remplissait trop, c’était mort pour parler. Là, c’était juste disgracieux.

- Mais t’as raichon, les bords charamélichez, ch’est meilleur, approuva-t-elle avec l’accent de la bouche pleine, souriant peu ou prou.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Lun 11 Nov - 19:11

Elle n'était pas extrêmement loquace. Moi au contraire, j'aimais bien parler. Certains disaient même que j'aimais bien déblatérer et m'écouter raconter des conneries... Possible. Cela venait peut-être du fait que personne ne m'écoutait, en règle générale. Je continuai du coup de dévorer le morceau de boeuf, arrachant la viande sans grande difficultés, avant de finalement lui demander si elle avait aussi des soucis. Elle disait que ce n'était pas facile, je me doutais donc qu'elle savait de quoi elle parlait... Seules les personnes qui souffraient sans parvenir à le dire savaient ce que c'était. Cette peur de se faire rejeter. De se faire juger par les autres. De se faire blesser. Ce risque que l'on prenait à ouvrir l'armure pour en révéler un centre mou et fragile.

Mais elle se contenta de répondre qu'il ne valait mieux pas qu'elle en parle, pour éviter de me faire fuir. Peut-être que j'interprétais trop, mais cela voulait-il dire qu'elle n'avait pas envie de me faire fuir ? Va savoir. J'avais un peu de mal à la jauger... elle ne me donnait pas énormément d'éléments me permettant de le faire, en fait. Elle communiquait le strict minimum, pas plus pas moins, et du coup j'avais un peu de mal à bien définir sa personnalité. C'était peut-être pour ça que j'avais décidé de ne pas parler plus que ça de mes petites histoires. Je n'avais pas l'impression que ça l'intéresserait vraiment. Sa réponse ne serait peut-être que "oui" ou "non" et je me sentirais super conne. Au fond je ne la connaissais pas...

La rousse me signala alors que j'avais raison, sur le fait que la viande bien cuite et caramélisée au bord c'était meilleur. J'affichai un grand sourire très fier, avant de répondre :

« Héhé, quand il s'agit de bouffe j'ai TOUJOURS raison ! »

C'était peut-être prétentieux, mais quand il s'agissait de manger, j'aimais... bah tout ou presque, en fait. Bon, il y avait beaucoup de choses que je n'avais pas eu l'occasion d'essayer, mais j'étais sûre que ça me plairait. Et au fond, même si je mangeais un truc qui ne me plaisait pas, je voyais ça comme une expérience intéressante. Et je regrettais de ne pas aimer, aussi. J'aimerais bien tout aimer... Mais bon, aimer, c'est un bien grand mot, et je m'y perds.

Je relevai le nez vers la rousse, et soupirai, l'air pensive. Je n'avais pas envie d'encore raconter ma vie et parler de moi... J'avais l'impression de ne faire que ça. Monopoliser les conversations avec mes histoires. Embêter le monde. Être envahissante. Mais ce qu'elle venait de dire... Je me sentais obligée de le corriger.

« Moi, je fuirais pas. Je pense... mais je me plante peut-être, c'est juste mon vécu.... que quand une personne souffre, les gens s'éloignent d'elle. Ils ne veulent pas voir cette souffrance, ni la subir, ni en entendre parler. C'est comme les "héros", l’Amérique adore les héros. On parle souvent de "nos soldats héros" et tout ça. Par contre quand ces soldats veulent parler de leur souffrance, des horreurs qu'ils ont pu vivre, du fait qu'ils ne dorment plus... On les entasse dans des hôpitaux de vétérans et on arrête de les inviter sur les plateaux télé. Ce ne sont plus des héros... Ce sont des personnes qui souffrent, et ça personne ne veut en voir. »

Je rentrai les crocs, dans l'habituel craquement bizarre, puis plaçai mon aile (et la viande) au dessus du feu. L'idée n'était pas de la cuire mais de la maintenir chaude.

« Moi j'aime les cicatrices. Elles m'attirent. Je parle pas des scarifications, genre les mecs qui se font... chais pas... une tête de bélier, qui sniffe de la coke sur le pénis d'un démon, avec des marques au fer rouge, et trucs du genre... ça j'aime pas. »

Bon l'exemple était un peu bizarre, mais j'avais vu des mecs se faire des motifs super étranges, avec des scarifications.

« Je parle des vraies balafres. Comme les tiennes, du coup. Parce que chacune d'elles vient d'un vécu. Chacune d'elles est... Une histoire. Une souffrance. Une épreuve. Une aventure, parfois. Parce qu'il y a quelque chose, derrière. C'est p'tet crétin mais pour moi elles représentent de la force d'âme et d'esprit. De la résilience. Cette expérience a laissé une marque, mais son porteur y a survécu, même s'il en garde les traces. J'aime les personnes qui ont de la volonté, de la force d'âme. Et c'est pour ça que les cicatrices m'attirent. J'veux pas dire juste sexuellement, genre fantasme bizarre. Je parle d'attirance plus profonde, à un niveau émotionnel plus avancé. »

Bon c'était sûrement mal formulé. Tant pis... Je ferais avec.

« C'est pour ça que je fuis pas, contrairement à la plupart des gens. C'est 'fin... cette histoire de balafres, ça illustre le fait que je fuis pas. Mais j'ai encore dû mal m'exprimer, et passer pour une grosse tarée. »

Je secouai la tête et soupirai longuement, comme si je laissais tomber totalement. Encore une fois je venais de me donner l'air d'une grosse tarée, et en plus d'une sorte de perverse aux fantasmes bizarres. Génial... Bien joué, Kaya. Vraiment, c'était une super idée.

« Et pour la viande, j'peux te la couper si ça te fait chier de galérer avec. »
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Mar 12 Nov - 23:47

« Héhé, quand il s'agit de bouffe j'ai TOUJOURS raison ! »

C’était bon à savoir, ça ! Rachel, niveau bouffe, c’était surtout les pizzas, les quiches, les gâteaux, les tartes, elle s’était essayée à une religieuse une fois, mais ça n’avait pas tenu debout. Ce n’était pas très varié, mais c’était nourrissant, et c’était aussi pas mal « gamin », comme elle, somme toute. Oui, elle finirait par s’intéresser à d’autres choses, la cuisine étant un hobby constructif et plutôt cool, considérant les autres, après elle n’en était pas encore là. Puis cuisiner de la viande alors que même froide, cela lui faisait faim, elle n’avait pas tellement envie d’essayer. Quant aux légumes… quoi c’est qu’ça ?

Alors que Kaya soupirait, le Phénix eut la pensée que sourire la bouche pleine n’était pas forcément très agréable à voir, d’autant qu’elle mâchait bien, et s’en retourna à son morceau, après avoir terminé le précédent. Finissant par faire une bonne percée dans le bout de viande, la rousse sanglante l’attaqua par un autre bout, l’engloutissant aussi rapidement que salement.

« Moi, je fuirais pas. Je pense… mais je me plante peut-être, c'est juste mon vécu… que quand une personne souffre, les gens s'éloignent d'elle. Ils ne veulent pas voir cette souffrance, ni la subir, ni en entendre parler. »

Ce n’était pas faux, les gens pouvaient se détourner de la misère, mais Rachel n’en avait que peu l’expérience, trop peu même. Et elle en était consciente ; son monde avait plus été propice aux extrêmes que celui-ci, et lorsqu’elle avait perdu le cocon protecteur et utopique de l’Institution X, elle avait directement découvert l’enfer, et elle n’avait rien eut d’autre. Elle ne savait pas si les gens s’étaient désintéressés de son sort, s’ils avaient refusé de le voir, ou s’il y avait participé, et cela n’aurait pas changé grand-chose de toute façon. Ici, peut-être, surement même.

Quant aux héros… quant aux soldats… Rachel se concentra sur sa viande durant ce passage ; une partie de l’Amérique adorait les héros, l’autre préférait les esclaves. Peut-être pas ici, mais ils n’avaient pas encore été confrontés à ce choix. Quant aux soldats voulant parler de leur passé, de leurs traumatismes, elle n’en savait rien. Elle, elle avait eut l’occasion de parler, d’être écoutée, et elle allait avoir l’occasion de changer les choses. Pas d’hôpital de vétéran, même si elle avait passé deux mois à l’Infirmerie. Et c’était vrai que, même s’ils n’avaient pas réellement fuit, elle n’avait vu que peu de personnes, durant son séjour. Franklin, jusqu’à la tentative de suicide dans le parc, McCoy, qui avait vaillamment ignorée l’interdiction de l’approchée destinée aux X-Men, et qui c’était fait rembarré et remonter les bretelles par Xavier, Ernest, après la tentative de suicide suscitée, et Amy, suite à une demande de Franklin. Les deux infirmières, normal, et c’était tout.

Mais c’était-on désintéressé d’elle, réellement ? Elle n’aurait su le dire. Pour se désintéresser, il fallait s’intéresser, hors cela n’avait pas été le cas, et elle se refusait à percevoir la fuite du Franklin d’ici était parce qu’il ne voulait pas la voir, cette souffrance, ni la subir, ni en entendre parler ; pourquoi envoyer Amy et Ernest, en ce cas ? Pourquoi leur demander de réussir là où lui avait échoué ?

« Moi j'aime les cicatrices. Elles m'attirent, continua la Reine des Lames après avoir renvoyé son morceau au-dessus du feu d’un mouvement d’aile. Je parle pas des scarifications, genre les mecs qui se font… »

Aimer les cicatrices ? C’était pas courant, ça. M’enfin, les goûts et les couleurs, ça ne se discutait pas, et surtout elle, elle n’était pas en mesure de discuter quoi que ce soit. Puis cela n’aurait servi à rien : si Kaya était attirée par les cicatrices, c’était ainsi, inutile de se prendre la tête avec cela. Après, si elle aimait en faire, ça pouvait être problématique, mais ça n’avait pas l’air d’être le genre. Après, elle n’aimait pas les « fausses » cicatrices, l’automutilation, d’après ce qu’en comprenait le Phénix (même si elle se figurait mal comment une tête de bélier pouvait snifer de la coke sur le pénis d’un démon, sachant que les démons n’existaient pas, tandis que la coke, ça devait être un truc présent dans le coca-cola, donc difficilement snifable). Ce qui attirait Kaya, c’était le fait que ce soient des marques du passé, des témoignages, c’était le côté sensible, émotionnel, qui y était lié ; après tout, une cicatrice, c’était ce qui résultait de la disparition d’une blessure, une chose témoignant du fait qu’on avait évolué depuis une autre.

Oui, elles pouvaient être représentatives de la force d’âme et d’esprit, des capacités de survie du porteur, de son endurance, sa résistance, sa volonté… après, la résilience, c’était pas faux.

« Et c'est pour ça que les cicatrices m'attirent. J'veux pas dire juste sexuellement, genre fantasme bizarre. Je parle d'attirance plus profonde, à un niveau émotionnel plus avancé. »

- Ok, acquiesça simplement la rousse, entre deux bouchées de sa viande.

Donc, Kaya ne fuyait pas contrairement à la plupart des gens, parce que les cicatrices la faisaient mouiller. La plupart des gens, c’était par gentillesse, d’autres par altruisme, d’autres encore par absolution ou abnégation, et la Reine des Lames, par libido. C’était une raison comme une autre.

Après, du mal à expliquer ou pas, Rachel comprenait, peu ou prou. En tout cas, elle ne passait pas pour une grosse tarée, elle n’était pas grosse, et du point de vue du Phénix, si la folie était un spectre de comportements caractérisés par des degrés mentaux et comportementaux anormaux, pouvant se manifester en tant que violation des normes sociales, incluant la possibilité d'être un danger pour soi et pour les autres, étant passagère ou perdurer, être provoquée ou exister à l'état de base (etc.) tel que le disait la définition de Wikipedia, alors cela ne lui posait pas tant de problèmes que cela, puisqu’elle-même était folle, et qu’elle ne s’en portait pas plus mal.

« Et pour la viande, j'peux te la couper si ça te fait chier de galérer avec. »

La rousse s’interrompit une fois de plus avec son morceau dans la bouche, prenant la peine de l’avaler avant de reprendre la parole, un petit sourire sur les lèvres.

- Merci, mais j’ai l’habitude de manger comme ça, déclara-t-elle simplement. D’ordinaire j’use les couverts, mais t’as dit qu’on n’avait pas besoin de s’embarrasser d’la politesse.

Laissant un silence, Rachel prit le temps de réfléchir aux paroles de son ainée ; c’était moins le côté « attirant » des cicatrices qui prêtait à réflexion que le fait qu’elles témoignaient d’une histoire, d’une souffrance, d’une épreuve, de la force d’âme, d’esprit et de volonté. Si tout cela se mesurait réellement aux cicatrices, alors elle était quelqu’un de très… tout ? Les souffrances et les épreuves, elle en avait subies, mais sa force de volonté, cela n’avait rien à voir avec ses cicatrices. Elle avait subie chacune d’elle sans pouvoir rien faire, en s’effondrant, mais cela n’avait pas arrêté la main de ses maitres, ou celle de son ennemi. Sauf pour Korvus, mais là c’était une autre histoire.

- La plupart des gens trouvent les cicatrices moches, en général. Mais pour le reste, je suis d’accord ; elles ont beaucoup de symbolique. Mais chez moi, c’est plus la souffrance que tout le reste.

Nouveau silence, alors que son regard se perdait dans le crépitement des flammes, et son esprit, dans la morsure brûlante des souvenirs.

- Les rouges… j’avais seize ans je crois. Ce sont les restes d’une opération… où ils m’ont implanté un système de contrôle. Si je désobéissais… il n’aurait qu’à appuyer sur un bouton, et j’aurai mal.

- « Savoure, Red, savoure ce qui va suivre, car si un jour tu me désobéis c’est ce qui t’arriverais à nouveau… » qu’il m’a dit. Puis ils ont sorti les bistouris…


Les larmes commencèrent à couler alors que les images revenaient dans son esprit. Là-bas, il ne servait à rien de faire quoi que ce soit autre que subir, il ne servait à rien de supplier, il ne servait à rien de se débattre, il ne servait à rien de crier, il ne servait à rien de pleurer. On ne leur en laissait même pas la possibilité ; pourtant, elle aurait voulut crier.

- Ca faisait si mal… j’ai essayé de crier, lorsqu’ils m’ont ouvert le visage, le cou, les bras, le ventre, les jambes… tout.

Le Phénix était absence, totalement absente, sa bouche se mouvant pour libérer sa voix, alors que ses yeux libéraient des larmes à contempler à nouveau ce qui lui était arrivé.

- On dit que lorsqu’on meurt, on faisait face à une lumière, et si j’y faisais face à cette lumière, elle était accrochée à un poteau, au-dessus du lit. Mais je pouvais que la regarder, que contempler cette lumière inaccessible…

Ses mains devinrent lâches, laissa rouler le reste de viande jusqu’au sol, alors qu’elle se perdait dans son passé, d’une voix calme et étrangère à elle-même.

-  J’ai essayé de crier, j’ai essayé de pleurer, j’ai essayé de mourir. Le fouet, les balles, les lames, oui… la solitude, la faim, la soif, oui… mille fois oui, mais pas cela. Non, pas cela. Je pouvais pas supporter cela.

Ses larmes se mêlaient au sang qui lui couvrait la figure, et dégoulinaient en évitant les cicatrices, butant parfois contre avant de s’échapper jusqu’au menton, et d’en sauter comme on saute d’une falaise.

-  Je n’arrivais pas à pleurer, je n’arrivais pas à crier, je ne parvenais même plus à respirer à cause de la douleur, mais le tube continuait de m’apporter de l’oxygène. Je survivrai, j’avais toujours survécue et je survivrais à cela aussi. Je n’avais même pas le droit de mourir.

Ses lèvres tremblaient, entre chacune de ses phrases, chacune de ses paroles, continuant de murmurer des choses muettes, des cris de douleurs et de désespoirs aphones perdus dans les brumes d’un futur passé.

- Le pire… le pire ne faisait que commencer… car une fois qu’ils eurent finis d’ouvrir… ils… ils…

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Jeu 14 Nov - 17:41

La rousse répondit juste "OK". Bon... Encore une fois j'avais dû mal m'exprimer. Comme d'hab, en fait. J'étais persuadée que ce serait de cette façon, que je crèverais : je dirais une connerie sans le vouloir et quelqu'un d'un peu taré me descendrait. Enfin, vu la réaction de la jeune femme, il me sembla assez net que je m'étais encore mise dans une situation de ce genre. Ce n'était pas facile à expliquer, aussi. Je ne ressentais pas d'attraction sexuelle pour les cicatrices. C'était... Oui, comme je l'avais dit, plus profond. C'était une sorte de magnétisme. Comme si ce vécu de la personne portant ces marques la rendait subitement extrêmement imposante. Pas nécessairement respectable, attention... Mais oui, c'était le bon mot. Imposante. Après... va tenter d'expliquer ça. De toutes façons j'étais trop moisie au niveau social, pour y parvenir... J'aurais probablement mieux fait de fermer ma grande gueule, encore une fois.

Je soupirai en tout cas, lui proposant de couper la viande, mais Rachel refusa alors poliment en ajoutant qu'elle avait l'habitude de manger de cette façon, d'autant que j'avais dit qu'il n'était pas nécessaire de s'embarrasser de politesse. Pas faux. Ce n'était pas que ça me choquait ou dérangeait, je trouvais ça juste con qu'elle galère de cette manière. Après, c'était à elle de voir, de toutes façons. Peut-être n'avait-elle pas envie qu'une perverse dégénérée ne touche à sa bouffe, ou quelque chose du genre... Je pouvais comprendre. Je n'aurais pas spécialement envie de me faire préparer mes sandwichs par un pédophile ou un truc du genre, moi non plus. Je haussai du coup les épaules, la laissant faire, et ramenant la viande vers moi pour en manger quelques bouchées dans le silence.

Après quelques secondes sans un mot, elle se remit à parler. Selon elle, la plupart des gens trouvaient les cicatrices moches, mais elle était d'accord sur le côté symbolique, même si chez elle il s'agissait de marques peu joyeuses. D'un autre côté je m'en doutais... C'était, au fond, rarement des marques qui rappelaient des trucs joyeux. Les miennes n'étaient pas du genre fun non plus. Trois impacts de balles venant d'une réunion qui avait très violemment dégénéré malgré mes meilleurs efforts, et une tentative de suicide que j'avais réussi à camoufler en geste héroïque.

Par contre, à ma plus grande surprise, elle se mit à raconter. Elle parla d'abord des rouges, celles qui lui parcouraient le visage, les bras, et autres. C'était celles-là, que je trouvais "jolies". Enfin jolies, nan, c'était plutôt... Oh puis merde, je ne dis plus rien, je ne pense plus rien, sinon ça va encore être mal compris.
En tout cas, elles venaient d'une opération... Faite à vif. Pour lui implanter un système de contrôle... Venait-elle du même labo que Kaede, ou quelque chose de similaire ? Possible. La petite m'avait aussi parlé de tortures particulièrement tordues, et elle avait des marques sur le corps. Ces endroits étaient... indignes, et encore, le mot était faible. J'utilisais un mot faible car il n'existait pas de terme pour décrire mon mépris envers les personnes qui tenaient ces laboratoires de torture...

Lorsqu'elle se mit à pleurer, je n'étais pas loin de faire la même chose. A chaque mot qu'elle prononçait, la scène devenait plus précise dans mon esprit. Je pouvais m'imaginer à sa place, en train de se faire découper le corps par des cinglés, sans même pouvoir hurler, aveuglée par un néon puissant. Et elle continuait de décrire. Impossible de crier et de respirer, mais un tube dans la gorge la forçait à survivre à cette expérience épouvantable. Je n'arrivais pas à ne pas m'imaginer la scène. J'avais du mal à respirer. Je sentais une douleur sourde qui me parcourait le visage, le ventre, les bras et les jambes. Les larmes coulaient aussi sur mon visage, lentement à cause du cuir violet qui me recouvrait le corps. Dès que je fermais les yeux, je voyais cette lumière qu'elle venait de me décrire.

Quand elle s'interrompit finalement, je me dirigeai vers elle, m'asseyant juste à côté. J'attrapai ensuite doucement son bras pour poser ma tête contre son épaule, en pleine crise d'angoisse, incapable de prononcer le moindre mot. Ce contact me permit pourtant de me calmer un peu, et la seule chose que je pus dire fut quelques mots hésitants :

« Rien de ce genre ne t'arrivera ici... »

Je ne terminai pas ma phrase, car elle aurait sûrement paru ridicule. La fin, c'était : "... je ne laisserai personne te faire ça". Comme pour Kaede, Rachel faisait partie de mes protégées. C'était ridicule, hein ? Ouais. Kaede était 6 fois plus puissante que moi, Cait' me l'avait souvent dit, mais malgré cela je sentais un besoin compulsif, instinctif même, de la protéger du monde extérieur dans ce qu'il avait de plus mauvais. Quiconque la ferait souffrir se prendrait une Kaya enragée dans la tronche sans même dire bonjour. Alors que pourtant... Dans les faits, elle n'avait pas besoin de moi pour ça. Mais je m'en foutais. Il en était de même pour Rachel. Elle pouvait raser New-York en éternuant, et n'avait donc aucun besoin de la protection d'une merdeuse dans mon genre, mais je prenais ce rôle malgré tout. Il était hors de question que qui que ce soit lui fasse subir ça une nouvelle fois.
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Jeu 14 Nov - 22:03

- Ils…

Elle peinait à parler, ce simple bégaiement restant coincé dans sa gorge durant plusieurs secondes, avant que seul le silence ne se fasse. Il n'y avait pas de mots pour décrire ce qui avait suivit, ou en tout cas son esprit ne parvenait à les trouver, car c’était une mort de l’âme, pire que la mort, et elle savait ce qu’était la mort, la donner comme la recevoir, et c’était bien moindre que de subir cela. Ça avait été long, une destruction de son physique comme de son esprit, alors que sa volonté était brisée ; tout ce qu’elle avait subi avait disparut, peu à peu, noyé dans un océan de souffrance, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’elle, et qu’on ne comprenne plus qu’elle. Le trauma de l’opération lui avait fait oublier jusqu’à qui elle avait été, laissant seul le Warhound, Rachel périssant pour devenir Red, uniquement Red.

Un contact ! Un contact, juste là, sur son bras ! Puis sur son épaule !

Le Phénix se paralysa de terreur, depuis les yeux jusqu’au cœur, et si son regard vert se rallumait, son palpitant s’accélérait. Elle ne respira plus durant quelques secondes, recherchant dans son esprit tout ce qui l’entourait, et tentant de comprendre une simple chose : où était-elle ?

Le contact provenait d’une étrange créature, et était tout aussi étrange qu’elle ; ce n’était pas de la peau, c’était différent, plus proche du cuir, et la chevelure n’était que chitine, si semblable à des pates d’insecte… Mais la position n’était pas agressive, c’était une prise à son côté, à son bras, pour se reposer contre elle. Etait-ce le soutien qui était demandé, ou bien était-il offert ?

« Rien de ce genre ne t'arrivera ici… »

Ici… l’Institution Charles Xavier pour Jeunes Surdoués ? Ici… la réalité alternative, deux ans avant l’assassinat du Sénateur et sept avant l’avènement des Sentinelles ? Ici… dans cette clairière uniquement éclairée par le lampadaire et le petit feu, et en présence de Kaya Spencer, fraichement rencontrée ? Pourquoi rien de ce genre ne pouvait lui arriver « Ici » ?

- Non, je les en empêcherai, déclara-t-elle avec une résolution froide, qui signait l’arrêt de mort de tous ceux qui tenteraient d’accomplir similaires actes à ce qu’elle avait subit.

Les scientifiques de Tokyo avaient payé, et leurs cendres reposaient dans l’anonymat des tombes, mais il avait été impossible de les lier à Weapon X, alors même qu’ils travaillaient sur un projet potentiellement précurseur aux Warhound. Toujours était-il que leurs recherches n’aboutiraient jamais, et ne pourraient jamais servir à d’autres, ainsi qu’ils soient ou non impliqué, cela ne changeait pas grand-chose. La clé, c’était Achab, mais Rachel ne connaissait pas son vrai nom, et comme pour Bolvidar Trask, il n’avait peut-être encore rien accomplit qui ne le condamne à mort. Mais le Phénix était le méchant de l’Histoire parce qu’il détruisait avant que ne survienne la menace, et si son choix était de juger après que les choses aient commencée, peut-être se fourvoyait-elle en leur laissant une chance de vivre. Mais c’était son choix.

Descendant son regard sur Kaya, Rachel put sentir la puanteur de la peur, cette odeur qu’elle avait tant connue, qu’elle avait tant aimée sentir chez les autres et qui l’avait fait obéir envers et contre tout, ou presque. C’était là l’une des deux choses qu’elle connaissait parfaitement, avec la haine, et le fait de la savoir ainsi la portait à l’aider, car à défaut d’être attirée par elle, le Phénix était de nature à aider les autres, à tendre la main.

Passant ses doigts dans l’étrange chevelure, comme une mère l’aurait fait pour rassurer ses enfants, la rousse chercha les paroles nécessaires à rassurer l’élève quant à cette noirceur qu’elle avait évoquée. Mais que dire ? Qu’elle allait tous les tuer, à chaque fois qu’ils se rendraient coupables de crimes ? Qu’elle leur laisserait une chance, mais une seule ? Qu’elle apporterait sur eux le jugement ardent du Phénix ?

C’était la vérité, mais ce n’était pas la totalité de la vérité, car elle occultait tout ce qu’elle tenterait de faire et de construire avant. Rachel « retournait les armes de l’ennemi contre lui », comme le lui avaient apprit les Limiers, elle usait du mal pour obtenir le bien, mais elle savait également user du bien, envers ceux qui le méritaient, qui le réclamaient, envers les « innocents ». Et Kaya en faisait parti, tout apprenti X-Men qu’elle était ; tout mauvais exemple qu’elle avait put être.

- C’est pour ça que je veux rejoindre les X. Protéger les autres pour que ce qui m’est arrivé ne leur arrive jamais. Aider les autres ayant subis des sévices, similaires ou moindres, à ce reconstruire.

Et c’était surement plus dur de les aider à se reconstruire que de les protéger, tant pour elle que dans la norme, car protéger faisait appel à la force, à la volonté et aux pouvoirs, alors qu’aider était une tâche de chaque jour, faisant appel à la compréhension, à l’empathie et à l’humanité. Certains X-Men, les véritables X-Men, arrivaient à concilier les deux, tandis que la majorité maîtrisait l’un et tâtonnait plus ou moins pour l’autre. Mais elle ferait tout pour être une véritable X-Men, que ce ne soit un simple titre mais un véritable engagement, complet et entier.

- Cait’ m’aide à cela. Toi, elle t’entraine à te battre, moi, elle m’entraine à rester humaine. Je l’aime comme une grande sœur, et elle se comporte comme telle : elle m’éclaire dans mes égarements, me protège contre tout et n’importe quoi, me conseille sur tout et rien, s’inquiète pour moi qu’il le faille ou pas, et me montre l’exemple, le bon comme le mauvais cela n’importe pas.

Une pause, alors que la tristesse et l’absence passaient, remplacées par une force de conviction et une admiration affective, celle d’une petite sœur pour la personne qui était son héroïne, son modèle : son ainée.

- Les gens trouvent cela con quant les enfants leur disent « je voudrais être comme untel », mais très honnêtement, je voudrais être comme Caitlyn. Elle n’est ni la plus puissante, ni la plus intelligente, ni la plus douée, mais elle est celle qui a le plus de cœur, et s’il y a bien une chose qui est rare chez les gens, c’est le cœur.

La puissance, l’intelligence ou l’adresse pouvaient être travaillées, mais pas le cœur, lui était entièrement inné, et parfois réprimé, même.

- C’est p’t’être pour ça que tu as peur que les gens fuient tes problèmes ; t’as pas rencontrés beaucoup de gens de cœur.

Chose rare, surtout à l’extérieur, parce qu’à l’Institution Xavier, il y en avait une belle concentration. Rachel le savait, c’était inhérent à l’endroit, à sa symbolique, à ce qu’il tentait de faire. Elle-même, malgré tous ses malheurs, avait toujours été chanceuse dans ses rencontres positives, et toutes les personnes qui lui avaient été chères avaient été des personnes de cœur ; même Emma Frost, elle avait la bonne foi de le reconnaitre, et ce tant sur ce monde que sur l’autre. Son père, sa sœur, Franklin, Kate, Erik, tous des personnes de cœur, à l’avoir aidée, et Caitlyn, Amy, Kaede, toutes des personnes de cœur, qui continueraient de le faire, et à qui elle rendrait la pareille, pas pour être à égalité, mais parce qu’elle les aimait.

- Y’en a beaucoup, ici. Peut-être pas tous, mais tu peux faire confiance à Cait’ et Juju, sur ce point. Elles ne fuiront pas, jamais.

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Kaya Spencer
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Ven 15 Nov - 13:31

- Non, je les en empêcherai, disait-elle.

Il fallait admettre que si quelqu'un pouvait empêcher ça, ce serait sûrement elle, et non moi. Mais que pouvait une, une seule personne, aussi puissante soit-elle, face à la stupidité de plusieurs millions d'humains et de mutants ? Je n'étais pas une de ces pessimistes qui pensaient que "tout le monde est mauvais". Pour moi, la grande majorité des humains et des mutants voulaient juste vivre leur existence tranquille en foutant la paix à leurs voisins, rien de plus... Mais même une minorité était déjà difficile à gérer. 1% de 7 milliards, ça faisait quand même 70 millions de personnes, et je me doutais bien qu'il y avait plus d'1% d'idiots. Peut-être quelque chose comme 6 ou 10%... Cela faisait 700 millions d'humains enragés et de mutants génocidaires à gérer.

C'était pour ça qu'elle voulait rejoindre les X-men, pour protéger les autres et que ce lui était arrivé n'arrive à personne. C'était aussi pour cette raison que je voulais les rejoindre, pour que ces souffrances aussi imbéciles qu'inutiles cessent... Mais que pouvaient faire une poignée de personnes, moins d'une dizaine, face à 700 millions ? Quelle que soit la puissance des pouvoirs des X-men, ou de leur cœur, je craignais que ça ne soit pas suffisant... Il fallait plus de monde, pour arrêter ça. Beaucoup plus de monde... Je soupirai longuement, pensive, sans me décrocher du bras de la rousse. J'y étais, j'y restais, pour le moment.

Je sentis d'ailleurs ses doigts dans mes... 'fin c'était pas des cheveux, plutôt dans les machins chitineux qui les remplaçaient. Je ne pus m'empêcher de soupirer longuement et de fermer les yeux. Ce contact me calmait, me rassurait. Je n'avais pas l'habitude que quelqu'un soit gentil ou doux avec moi, j'étais donc particulièrement sensible à ce genre d'attentions.
Tout en me détendant, je continuai de l'écouter alors qu'elle parlait de Cait', qui... L'entraînait à rester humaine. Peut-être le faisait-elle aussi pour moi. Toutes ces histoires de cœur, et autres conneries, au fond... Sans les rappels de Caitlyn je me laisserais sûrement facilement emporter. Je ne massacrerais jamais des innocents, mais massacrer des personnes aussi affreuses que celles que venaient de me décrire Rachel, en revanche... Je n'aurais aucune hésitation à les découper et transformer ce laboratoire en un charnier immonde. Cela me rendrait-il monstrueuse, moins humaine ? Même s'il s'agissait de personnes coupables d'atrocités ?

Rouvrant finalement les yeux, je les levai vers la rousse alors que celle-ci disait vouloir devenir comme Cait'. Parce qu'elle était celle qui avait le plus de cœur. Je baissai un peu le regard, l'air pensive... Devenir comme elle...? Non. Ce n'était pas ma volonté. Je devais devenir ma propre personne... Et j'espérais, malgré tout, que je pourrais tirer le meilleur de l'influence de mon entraîneuse et amie. Elle avait déjà commencé à m'influencer, en bien d'ailleurs. Quelques semaines plus tôt, cette scène se serait déroulée de manière bien différente. Je n'aurais pas posé de questions à Rachel, en partant du principe qu'elle m'enverrait chier. Je ne serais pas venue me mettre contre elle, en partant du principe qu'elle m'enverrait chier. Je n'aurais rien dit, en partant du principe que je devais enterrer le moindre de mes sentiments, pour ma propre sécurité.

Lorsqu'elle dit que c'était probablement parce que je n'avais jamais rencontré de personnes de cœur, que j'avais peur que les gens me fuient, je hochai la tête. Je n'avais effectivement pas croisé grand monde avec de l'empathie...

« Oui... Même ceux qui étaient biologiquement programmés pour m'aimer m'ont ignorée... »

Je finis par lui lâcher le bras et me redressai lentement. Je ne voulais pas trop abuser... Et je doutais fort que le contact d'une espèce d'alien insectoïde ne lui plaise plus que ça, elle avait été gentille de ne pas me jeter, il ne fallait du coup pas que j'exagère non plus. Tendant mon aile, je ramenai la viande vers moi et en mâchai une bouchée en réfléchissant. Rachel, de son côté, m'assurait que je pouvais faire confiance à Cait' et Jubilee à ce sujet, qu'elles ne fuiraient pas.

« Je sais. Moi non plus. Tu vas trouver ça débile mais j'ai un besoin... Compulsif de protéger ceux qui souffrent ou qui ont souffert. Dès qu'ils me parlent de ce qu'il leur est arrivé je me mets instantanément à leur place et j'ai... besoin de les aider. C'est pour ça que je tiens à Kaede, et que je la surveille. Pas pour la fliquer, mais pour m'assurer qu'elle devient heureuse. Ce qu'elle a vécu était innommable... J'ai besoin d'être sûre qu'elle s'en sort. Qu'elle ne s'enfoncera pas dans l'autodestruction, ou dans la haine, ou dans quoi que ce soit de ce genre. Parce que... Là où plein de monde voit une gamine de plus de 20 balais, je vois une personnalité qui ne demande qu'à éclore. Alors... Je la couve. 'fin... D'une certaine façon. J'essaie d'être sûre qu'elle restera au chaud, protégée, jusqu'à ce qu'elle soit prête à s'en sortir par elle-même. »

Je haussai alors les épaules, ajoutant :

« Enfin, avec toi derrière elle, je me doute bien que ma présence est totalement inutile, mais... Même si je sais pertinemment qu'elle est inutile, je le fais quand même. Et c'est pareil pour Caitlyn. Et même pour toi. Je sais que c'est débile, que tu peux faire plein de trucs délirants de puissance et que t'as pas besoin d'une merdeuse pour t'aider, mais je dois le faire. »

Je regardai alors les flammes, affichant un air amusé. C'était ridicule, ce que je racontait.

« C'est pour ça que je fous les mains dans des braises, et que je veux me tirer dessus avec des obus de tank. Je veux me renforcer. Devenir blindée. Invulnérable. Pas pour être invincible, mais pour pouvoir me mettre devant ces personnes qui souffrent et les protéger de tout. Si un obus de tank me passait au travers, je ne souffrirais pas parce que j'ai un trou dans le ventre, mais parce que l'obus aura touché la personne derrière moi. Alors je dois résister. A tout. Rien ne doit pouvoir les toucher. Ni au niveau physique, ni au niveau émotionnel. Elles doivent être en sécurité et heureuses. Aucun autre état ne me convient. »
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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Sam 16 Nov - 1:02

Kaya confirma rapidement : elle n’avait pas rencontrées beaucoup de personnes de cœur, pas même au sein des gens « biologiquement programmés pour » ; le Phénix ignorait ce que cela signifiait pour, car le cœur n’était pas une question de biologie, c’étaient tous les mêmes de ce point de vue, mais la sensibilité que l’on nommait ainsi ne dépendait de rien de physique, mais de quelque chose de plus profond. Elle aimait à considérer cela comme l’âme, mais c’était jouer avec des notions parfois mal définies, et toujours entièrement subjectives.

Cependant, peu après avoir parlée, la Reine des Lames rompit le contact ; avait-elle fait quelque chose de mal ? Suggérer que l’autre n’avait eut que peu de rencontres avec les « bonnes » personnes lui avait-il fait conclure que Rachel n’appartenait pas à ce type non plus ? Ou alors, Kaya avait-elle du mal à s’attacher, et c’était déjà osé pour elle de faire ce genre de contact ? A moins que ce ne soit par rapport aux cicatrices, et que cela prêtait à mécompréhension. La rousse n’en savait rien, et ne se fatiguerait pas à faire des hypothèses, qui de toute façon ne changeraient rien.

A moins qu’il ne s’agisse de la faim, comme l’action suivante de la plus âgée des deux sembla le suggérer ; ramenant à elle son bout de viande, Kaya reprit son repas, entreprenant de répondre à son tour.

« Je sais. Moi non plus. Tu vas trouver ça débile mais j'ai un besoin… Compulsif de protéger ceux qui souffrent ou qui ont souffert.

Pourquoi fallait-il qu’elle trouva cela débile ? N’avait-elle pas le droit à son propre avis ? A avoir l’esprit ouvert ? Ce n’était pas débile de ressentir le besoin de protéger ceux qui souffraient ou avaient souffert, même si elle n’aurait pas cherché à l’analyser aussi, n’étant pas psychologue et pas forcément capable de comprendre les motivations des gens d’ici. Pourquoi Kaya protégeait-elle ceux qui avaient souffert ? Quelle importance, tant qu’elle le faisait en son âme et conscience ?

Se mettre à leur place, c’était de l’empathie, mais Rachel ne croyait pas que l’on puisse véritablement se mettre à la place de quelqu’un ayant souffert ; même dans le cas de souffrance similaires, on pouvait comprendre, savoir, mais chaque expérience restait unique, et se mettre parfaitement à la place de quelqu’un revenait à lui dérober sa mémoire, et à revivre ce que lui avait vécu. C’étaient dans les possibilités de certains, mais il fallait faire attention, car à trop être dans la tête des autres, on finissait par ramener des bouts d’eux dans la notre.

Surveiller Kaede ? La Ptite Cornue était plus fliquée que Rachel à son arrivée ! Entre Rachel et Kaya, les regards de Caitlyn et d’Amy, Sanzo et Ariella qui la connaissaient aussi, et Danger pour qui elle était classée « sujet à risques », il y avait tellement d’yeux pointés sur la japonaise qu’elle n’avait pas besoin de faire son intéressante pour l’être !

Ce qu’elle avait vécu n’était pas innommable, et le Phénix l’avait vécu aussi, dans la mémoire de la Ptite Cornue, mais il était vrai que c’était monstrueux. Cependant, la monstruosité de Kaede par rapport à cela avait été enterrée, oubliée, et elle avait retenue la leçon, inutile de lui dire deux fois. Non, elle ne s’enfoncerait ni dans l’autodestruction, ni dans la haine. C’était une enfant, quoi qu’on puisse dire de son âge physique, mais une enfant bien guidée, bien gardée, et qui avait surtout un fond merveilleux.  La couver, ce n’était pas une bonne chose, surtout si on voulait la laisser éclore, chose qu’elle ferait, le moment venu. Inutile de forcer les choses, que ce soit pour les ralentir ou les accélérer.

« Enfin, avec toi derrière elle, je me doute bien que ma présence est totalement inutile, mais… Même si je sais pertinemment qu'elle est inutile, je le fais quand même. Et c'est pareil pour Caitlyn. Et même pour toi. Je sais que c'est débile, que tu peux faire plein de trucs délirants de puissance et que t'as pas besoin d'une merdeuse pour t'aider, mais je dois le faire. »

Rachel regarda Kaya d’un drôle d’air, surprise, perplexe et déçue également, l’écoutant se dévaloriser et prouver qu’elle n’avait que peu comprises de choses aux principes enseignés par Caitlyn, et aux X-Men également. Elle l’écouta poursuivre son discours, justifiant les « tests » qu’elle s’imposait, exposant ses objectifs, qui n’étaient rien de plus que le pouvoir. Une enfant. Une enfant rêvant d’héroïsme et de protéger le monde à elle seule, de tout faire, de tout réussir, etc. C’était de l’abnégation, dans le fond, mais une abnégation sur-jouée, déraisonnable. La seule chose que gagnerait Kaya à cela, se serait de se détruire elle-même ; mais en cela, elle était très proche de sa professeure.

« Rien ne doit pouvoir les toucher. Ni au niveau physique, ni au niveau émotionnel. Elles doivent être en sécurité et heureuses. Aucun autre état ne me convient. »

Le Phénix soupira, s’emparant de son morceau de viande au sol pour le regarder un instant.

- Si tu crois que c’est ta puissance qui protègera les autres, tu te trompes, car il est une chose dont tu ne pourras jamais les protéger : toi.

Portant l’entrecôte terreuse à sa bouche, Rachel en mordit un petit bout, l’avalant rapidement pour pouvoir reprendre la parole.

- Plus tu seras puissante, plus tu t’éloigneras d’eux. Et si tu pourras alors les protéger des dangers physiques, l’émotionnel n’en deviendra que plus difficile.

D’un geste leste, elle projeta son bout de viande dans le feu, ce dernier atterrissant sur la grille sans difficulté.

- Je pourrais mettre fin à tout cela. Je pourrais forcer les hommes et les mutants à vivre en paix. Je pourrais accomplir des merveilles qui feraient rêver tous ceux qui cherchent le pouvoir. D’aucun me considère comme une divinité, car je suis le Phénix.

Une pause, alors qu’elle tournait son regard vers Kaya, consciente de ce que pareille déclaration pouvait engendrer. Lorsqu’Exodus était venu à l’Institut, il avait eut l’intention de témoigner face à elle de « ce que pouvaient éprouver des hommes et des femmes lorsqu’ils étaient confrontés à une preuve de divinité et toutes les dérives et les réactions en chaînes que cela pouvait produire », et à défaut de se considérer comme tel, le Phénix se savait d’une existence cosmique. Mais cette existence n’était pas celle recherchée, et n’était pas celle de Rachel.

- Mais je ne veux pas être que cela, déclara-t-elle tristement, consciente que beaucoup la résumait à cela, et craignant que Kaya n’en fasse de même. Je suis humaine et j’ai besoin d’amour, qu’importe que je sois l’incarnation du Phénix ; je suis lui, mais je suis aussi Rachel. Et je ne veux pas forcer le destin du monde, je veux y participer, comme n’importe qui pourrait le faire.

Retournant son regard sur le feu, elle soupira. Parler du Phénix n’était peut-être pas une bonne idée, mais il était peu probable que Kaya ait entendue parler de Jean Grey, et impossible qu’elle l’ait rencontrée, considérant qu’elle était relativement nouvelle. Comment faire le lien de ressemblance entre elles-deux, en ce cas ? Et surtout, comment en déduire que le Phénix, cette chose incommensurable, était un héritage ? D’autant plus que les gènes Grey avaient moins importés que le devenir de Rachel, dans l’histoire, même si l’Echo c’était effectivement transféré lors de la grossesse.

- Je pourrais déclencher des forces au-delà de l’imagination des humains, mais alors, je ne leur appartiendrais plus. Et quant bien même ce serait pour les protéger, qui pour les protéger de moi ? Ou du sentiment de perte qu’ils ressentiraient face à ce que je suis devenue ?

Tendant sa main, elle fit mine de se saisir de son bout de viande, renversant sa paume alors que sur le grill, son morceau en faisant de même. Rapportant sa main autour de ses genoux, elle s’essuya négligemment la bouche, expédiant par télékinésie les tâches qui la barbouillaient.

- Peut-être devrais-je un jour l’accomplir pour sauver les autres, mais il faudra que mon sacrifice en vaille la peine, car il fera souffrir, et je ne veux infliger cette souffrance. Nous n’agissons pas à la même échelle, mais tu n’en prends que plus de risques, car tu dois progresser. Et tu désires le pouvoir, convaincue qu’il surpasse ce que peut accomplir le cœur.

La puissance, Rachel l’avait toujours eut, sous diverses formes, et ses pouvoirs n’avaient que peu, voir pas, réellement évolués de toute sa vie, à l’exception de leur maitrise et de la fusion avec le Phénix, de plus, elle n’avait jamais cherchée la puissance, elle l’avait eut, pour le meilleur et surtout pour le pire. Les personnes comme Kaya, qui commençaient « bas » et recherchaient le pouvoir, ce n’en était que démultiplié. Leur humanité, leur normalité, se retrouvait confrontée à cette soif de puissance, et pouvait rapidement se perdre.

- On peut être heureux sans être en sécurité. Mais à quoi bon être en sécurité, si on ne peut pas être heureux ?

Laissant Kaya méditer ces paroles, qui résumaient le choix du pouvoir ou du cœur, ou plutôt le parti à privilégier dans l’équilibre entre eux, Rachel eut un sourire triste, rappelant à elle son bout de viande.

- Tu dis que tu es inutile par rapport à moi, ou à Caitlyn, ainsi que pour nous. Non, tes pouvoirs ne seront jamais à même de me protéger, mais lorsque tu étais contre moi, à l’instant, il ne m’a fallut nul pouvoir pour essayer de te rassurer. Il m’a juste fallut du cœur. Tant que tu auras du cœur, qu’importeront tes pouvoirs ou ceux des autres, tu pourrais toujours les aider.

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MessageSujet: Re: Tous les chemins mènent au bois. [Rachel]   Sam 16 Nov - 15:48

Encore le même laïus sur le fait que la puissance ne servait à rien, et autres... Je m'attendais à entendre le même discours que celui prononcé par Caitlyn, selon lequel seul le cœur comptait et rien d'autre. Super, face à un lance-flammes le cœur c'est genre hyper utile... Pourtant, ce que me dit Rachel était différent, car selon elle, le danger contre lequel je ne pourrais pas les protéger, ce serait moi-même. Je haussai un sourcil, l'observant avec une mine curieuse. D'après elle, la puissance éloignait des autres, ce qui rendait difficile de les protéger au niveau émotionnel. Je tournai à nouveau mes yeux vers le feu, perdue dans mes pensées... Le pouvoir éloignait des autres, oui... Certains sociologues s'étaient intéressés au comportement des personnes les plus riches et influentes du monde, qui avaient pour certaines un comportement absolument atroce et un sens moral presque inexistant.

Deviendrais-je comme ça ? Blasée, froide et méthodique, sans aucun intérêt pour les autres ? Je m'étais déjà posée la question, en fait, mais sans trouver de réponse... Après avoir jeté le bout de viande sur la grille, elle déclara alors pouvoir mettre "fin à tout cela", forcer tout le monde à vivre en paix. Et pourquoi ne pas le faire alors ? Elle ajouta ensuite que certains la considéraient comme une divinité car elle était le Phénix... Moui. Pas mal comme surnom. Un peu prétentieux, mais si ses pouvoirs étaient aussi puissants qu'elle le disait, c'était sûrement mérité. De là à la considérer comme une divinité, après, il ne fallait peut-être pas déconner. S'il y avait bien un (ou plusieurs) dieu(x), il(s) avait(ent) sûrement mieux à foutre que de s'intéresser à nous.

Qu'elle soit surnommée "le phénix", ou "Tatie Moumoute", au fond, je m'en foutais un peu. Lorsqu'elle continua sur cette histoire de ne pas vouloir être "que cela" (une divinité donc ?), et précisa qu'elle était humaine et avait besoin d'amour aussi, phénix ou pas phénix. Et elle ne voulait pas forcer le destin du monde... Voilà donc pourquoi elle n'avait pas utilisé ses pouvoirs pour forcer la main à tout le monde et régler le problème une bonne fois pour toute. Pour tout avouer, j'ignorais si je serais capable d'une telle retenue. Probablement pas. Je me sentirais obligée d'agir. Serais-je une bonne déesse ? Étonnamment, je m'étais déjà posée cette question, oui, de nombreuses fois, dans mon sommeil...

Je haussai les épaules, retournant m'appuyer contre son bras en soupirant. Elle reprit avec cette histoire de déchaîner des forces inimaginables, ce qui la séparerait de l'humanité, ce qui la rendrait dangereuse pour celle-ci. Je ramenai mon aile vers moi pour manger un morceau de viande, puis le ramenai ensuite au dessus du feu. Je savais que la rousse avait raison, même si j'avais un peu de mal à tout conceptualiser. Je ne la connaissais pas encore suffisamment, et il semblait évident que je ratais beaucoup d'éléments à cause de cela. Elle avait en tout cas peur de perdre son humanité à cause de ces pouvoirs destructeurs qu'elle possédait, et ça en revanche je pouvais le concevoir sans trop de problèmes. Lorsqu'elle termina en disant que tant que j'aurais du cœur je pourrais aider les autres, je soupirai, pensive, puis répondis sans me décoller d'elle.

« Je ne pense pas que le pouvoir surpasse le cœur. Je pense qu'ils sont différents, et qu'il faut un équilibre très délicat entre les deux. Quelqu'un avec trop de pouvoir et pas assez de cœur deviendra un monstre. Quelqu'un avec trop de cœur et pas assez de pouvoir risque de devenir une victime. J'essaie de maintenir l'équilibre. C'est pas simple. »

Levant un peu le nez vers elle, j'ajoutai :

« Même si on te surnomme "Phénix", ou divinité ou je sais pas quoi... Le fait que tu sois là, juste à manger de la viande, avec une espèce d'emmerdeuse pleurnicharde collée à ton bras, ça montre que tu as un bon équilibre. Pour moi en tout cas. Tu n'as pas ce mépris des puissants devenus inhumains. »

Revenant au feu, je continuai, mais avec un air absent :

« La vérité... C'est que je sais pas trop ce que je veux. J'agis... Comme si je voulais pouvoir prendre toute la souffrance du monde sur moi et moi seule, pour que les autres n'aient pas à la subir. Je sais que je serai jamais heureuse, que je serai toujours seule... Alors au lieu de subir pour rien, je veux que ça serve à quelque chose. Leur voler toute leur peine, toute leur douleur, et que dans mon malheur quelque chose de positif ait lieu. Que les autres puissent être heureux là où je ne pourrai jamais l'être. Je sais que c'est impossible, tu sais... Je suis pas stupide. Mais malgré ça, c'est ce que je tente de faire. »

Toujours l'air un peu pommée, j'ajoutai :

« En tout cas, si un jour tu as peur de perdre ton humanité, tu peux compter sur Caitlyn, oui. Elle fait ressortir le meilleur chez les gens. Sur moi aussi, tu sais, même si je suis moins douée qu'elle... Genre si elle est absente. Et sûrement sur Kaede, aussi. On essaie tous de la protéger, mais au fond je suis sûre qu'elle a plus à nous apprendre qu'on le croirait, même à miss Phénix. C'est marrant comme surnom. C'est plus badass que "Fuzzy" en tout cas. Moi j'en ai pas, faut que j'en trouve un. Comment t'as eu ce surnom ? C'est à cause des flammes que tu peux produire ? »
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