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 Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]

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MessageSujet: Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]   Mer 18 Sep - 10:24

HRP : si possible, j’aimerais un X-Men pour accueillir Ernest, sa psychologue et son agent probatoire puisqu’il s’agit d’une affaire entre le BAM et l’Institut. Si vous êtes juste élève ou résident et que le sujet vous intéresse quand même, merci de me contacter au préalable par MP.

Lundi 23 Septembre, 9h21...

La première fois, Ernest était arrivé à l’Institut dans la belle voiture de Daniel Hopes. Il était alors un vagabond errant dans les égouts de New York City. Il se faisait appeler Vermine. La deuxième fois, Ernest avait été ramené de force par Karma, dans le coffre de son 4x4. Il était alors un Confrériste au lourd casier judiciaire. Il se faisait appeler Crapule. A présent, pour cette troisième fois, Ernest revenait à l’Institut dans un fourgon noir du BAM, après plusieurs mois passés en hôpital psychiatrique. Il était désormais connu sous le pseudonyme d’Altérion. Trois arrivées, trois surnoms... le jeune mutant avait un parcoure des plus chaotiques digne d’une tragédie littéraire. Pourtant, peu, voir personne, n’allait lui envier cette existence dénuée de gloire. Lenoir était de ceux qui s’étaient égarés, cumulant souffrances et erreurs. On pouvait lui trouver des circonstances atténuantes, certes, mais on ne pouvait nier sa responsabilité. Rares étaient les élèves de l’Institution à avoir une réputation si mauvaise. On se murmurait sans doute que c’était un cas désespéré et que ce n’était désormais qu’une question de temps avant qu’il ne croupisse entre quatre murs pour le reste de ses jours, ou reçoive la dose létale. Pour lui, son passé était un boulet qu’il trainait à la patte. Pour avoir un futur, il lui fallait tourner la page. Le défi était de taille...

En cette matinée, le temps était maussade. Ce fut sous un froid crachin que le véhicule passa les grilles avant de s’immobiliser. Oliver Wels sortit en premier. Presque 1m80, maigre, le visage livide et dénué de la moindre pilosité, il émanait de lui tant de rigidité qu’il semblait peu probable que cela soit le seul fait de son caractère. En vérité, l’agent, car c’était un agent du BAM, paraissait maladif et pourtant si solide, fort d’un esprit d’acier. Son costume, assorti au fourgon, excluait la fantaisie pour se borner à la fade perfection incombant à sa charge. Personnage bicolore et antipathique, il s’accordait à merveille avec la présente météo.

Ensuite vint Louise Bragel. Petite, grassouillette, cheveux grisonnant en chignon, visage ridée, attitude joviale, elle paraissait être l’exact contraire de Wels. Sa robe move, absolument immanquable, soulignait le constat. Louise était la psychologue attitrée d’Ernest, celle grâce à qui il avait échappé à la folie. Par commodité, elle ouvrit un parapluie alors qu’Oliver se munissait d’une mallette.

Par la porte arrière, Altérion mit pied à terre. Louise était là pour le soutenir moralement. Pour lui, le moment était difficile. Au bras droit, il portait encore le bracelet électronique, précaution imposée pendant le trajet. Il avait perdu un paquet de kilos. Ses yeux rouges trahissaient son anxiété mais ses traits, ses gestes, étaient d’un calme qu’on ne lui connaissait pas. Il portait une chemise blanche, un pantalon de velours et ses chaussures adaptées, en fait la tenue qu’il avait lors de son internement. A ceci s’ajoutaient un blouson neuf, trop simple pour s’accorder avec le reste. La modeste température était la cause de cette faute de goût.

Derrière l’hybride-rat, deux hommes suivirent, des collègues de Wels. L’un d’eux défit le bracelet dans un déclique métallique. Ceci fait, Ernest se chargea d’un sac à dos. Puis le groupe, Oliver en tête, s’avança vers le perron. Normalement, ils étaient attendus, l’Institut ayant bien sûr été averti du retour de Lenoir...
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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]   Mer 18 Sep - 20:12

Il était assez rare de la voir ainsi, coiffée impeccablement avec ses longs cheveux tirés en arrière en une très longue tresse lui tombant jusqu’au creux du dos, coiffure d’où certaines mèches plus longues venaient s’échapper du «dessage » pour souligner la douceur de la rondeur de ses traits. Un visage sobrement rehaussé d’un discret fond de teint et d’un rouge à lèvre sobre, un tailleur élégant d’un gris accordé au climat dont seuls des escarpins rouge sang venait casser la couleur fade et conventionnelle. Elle faisait réellement son âge, femme jusqu’au bout des ongles et rien pour trahir sa vie de X Men.

Mais les jours de septembre étaient encore dans les mémoires de l’opinion publique et un de ses visiteurs au moins savait de quoi il en retournait et qui attendait véritablement dans l’encadrement de cette lourde porte. Les relations avec le BAM s’étaient faites plus intenses suite à la médiatisation forcée des X Men et l’Organisme d’Etat connaissait à présent très bien l’identité de Miss Elioth et surtout celle du Wonder Beaver et de ses exploits relayés par internet tout comme l’Institut s’était vu dans l’obligation de resserrer ses liens avec le Bureau dans une action à la fois médiatiquo-pédagogique et il faut bien se l’avouer sécuritaire au nom de la Raison d’Etat.

Caitllyn n’aimait pas cette tâche qui lui était confiée et elle s’en acquittait uniquement parce qu’elle en avait reçu l’ordre. Elle avait des choses à mettre au clair avec au moins l’un de ces visiteurs, par contre celui qui était amené à rester ici ne l’intéressait en rien : son cas était réglé depuis plusieurs mois en ce qui la concernait. Réhabilitation ou pas, le cas Lenoir avait été scellé : jamais plus elle ne l’approcherait à moins d’y être contrainte et elle ferait en sorte de préserver les autres de sa corruption malsaine. Car cet homme ou cette « chose » amaigrie et craintive qui revenait ici pour la énième fois la queue entre les jambes s’était rendu coupable de la pire des choses à ses yeux : la trahison. Il n'y a point de rédemption pour le traitre, juste l’exclusion et puisque le BAM lui forçait la main en le replaçant ici, soit, il reviendrait mais sans trompette ni tambours : un simple nom et c’était déjà trop à son gout.

L’irlandaise ne se démonta pas en voyant la suite venir à elle. Son regard balayant un instant Oliver et ce qui lui sembla être une infirmière sur le retour sans même s’attarder sur celui de l’Enfant Rat. Elle ne bougea pas de l’encadrement de la porte, se fendant d’un sourire discret et courtois mais sans y mettre aucune chaleur.

- Bienvenue à L’Institut Charles Xavier. Je suis Madame Elioth-De Lauro. Je suis la conseillère sociale de l’établissement et je suis chargée de vous recevoir et vous présenter les excuses de Miss Frost, la directrice de l’établissement qui se joindra peut être à nous plus tard et qui est retenue pour l’heure par une affaire…plus urgente. Je vous demanderais de ne pas entrer en nombre dans ce lieu, nos étudiants serraient troublés d’un tel remue-ménage et nous tenons particulièrement au bien-être de nos pensionnaires. Nous pourrons nous entretenir dans le bureau de la direction des modalités de réintégration de cette personne mais en comité restreint. Je demanderais donc à ces messieurs vous accompagnant de rester en dehors de l’établissement ainsi qu’à votre accompagnatrice si elle n’a pas un lien direct avec l’affaire qui nous intéresse aujourd’hui même. Merci d’avance pour votre compréhension, je pense que notre temps est aussi précieux les uns que pour les autres.

Elle s’inclina un instant par courtoisie plaçant ses mains jointes derrière le dos mais sans modifier sa position pour indiquer que ce n’était pas là un souhait qui venait d’être exprimé mais une condition pour pénétrer dans les lieux.


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MessageSujet: Re: Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]   Jeu 19 Sep - 7:15

Oliver se montra moins porte de prison que son apparence austère n’aurait pu le laisser supposer. Il employa en réponse un ton aimable, poli. Pour autant, sa rigidité demeurait et il était clair que ce n’était pas un candidat à la jovialité exubérante. Il n’aimait juste pas donner dans la caricature. De plus, s’il était informé des récents événements, choses plus que probable, il n’en montrait rien.

- Agent Wels. Je comprends. Ces messieurs vont attendre ici. Madame Bragel est concernée par l’affaire.

L’homme tourna sa tête blafarde vers ses collègues et leur fit un petit signe explicite. Ils retournèrent alors en direction du fourgon. Louise en profita pour avancer au niveau d’Oliver et tendit une main cordiale à Caitlyn.

- Bonjour ! Je suis Louise Bragel, psychologue. Je me suis occupé d’Ernest et, visiblement, on m’a demandé de continuer à le faire. Enfin, on verra tout ça à l’intérieur. Le manoir est réellement impressionnant !

Altérion s’était également avancé, demeurant derrière les deux adultes. En observant Elioth, il comprit que le défi venait de débuter. Il pénétrait ici en état de disgrâce et ce n’était pas lui qui allait crier à l’injustice. De son point de vue, il méritait sa réputation. Peut-être n’arriverait-il jamais à la faire oublier. Il se devait d’essayer. Il se devait d’être exemplaire. Pour l’instant, il salua simplement.

- Bonjour.

Son ton était aussi différent que son attitude. Il faudrait plus pour convaincre. Wels reprit.

- Nous vous suivons Madame Elioth-De Lauro.


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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]   Jeu 19 Sep - 19:45

L’irlandaise considéra d’un regard éteint la main tendue de l’infirmière et haussa les sourcils et finit par hausser les épaules avec un sourire entendu.

- Désolée, je ne supporte pas ce genre de contacts physiques, n’y voyez aucune offense ou un refus manifeste de politesse, c’est ainsi et je pense qu’une personne comme vous doit savoir mieux que quiconque ce qu’est une névrose post traumatique.

Son regard se déporta vers Ernest qu’elle observa un instant à l’ombre d’un sourire factice et sans chaleur avant d’incliner la tête en un salut courtois et protocolaire.

- Monsieur Lenoir.

C’était dit avec une froideur certaine et un ton vide de toute émotion. Elle reporta son attention vers l’agent du BAM en montrant d’une main l‘intérieur du corridor en une invitation à la suivre à travers le dédale de couloirs.

- Le manoir est véritablement impressionnant en effet, Miss Bragel. C’est une structure aussi vaste et tortueuse que l’esprit humain. Elle offre bien des recoins sombres et autres paysages enchanteresques à explorer. C’est un lieu de vie et de savoir et nos étudiants mettent parfois une bonne semaine avant de retrouver leur chemin entre les chambres et notre bibliothèque. Mais pas d’inquiétude je suis une excellente guide car c’est ici que je vis et c’est aussi ma maison. Nous sommes une famille, une famille qu’on a à cœur de protéger contre toute sorte de menace aussi bien venues de l’extérieur que de l’intérieur. Et nous savons très bien nous protéger.

Elle s’immobilisa devant la porte du bureau d’Emma Frost et y pénétra pour y inviter les visiteurs à prendre place. Elle s’installa avec un petit sourire énigmatique à cette place qui n’était pas la sienne et invita ses hôtes à rapprocher quelques sièges pour s’installer.
Elle les observa silencieusement un long moment avant de commencer d’une voix sans émotion aucune.

- Bien, à présent je pense qu’il serait bon que nous allions au cœur du sujet le plus vite possible. Je ne vous cache pas que je me serais véritablement passé de ce moment et votre compagnie n’y est pour rien.
Parce que VOUS insistez aux vues des derniers évènements liant le Bureau des Affaires Mutantes et notre Institut et dépeignant un renforcement…j’ose le mot…forcé de notre collaboration initiale dans une approche médiatique et sécuritaire pour l‘opinion publique, nous nous voyons forcé de reprendre en nos murs Monsieur Ernest Lenoir ici présent mais cela ne pourrait se faire sans avoir des garanties et par garanties je ne parle pas de vagues excuses ou promesses proférées par sa bouche, sa parole ou ses dires ne nous intéressent plus, il a perdu toute crédibilité par ses mots et ses actes mettant en danger ce que nous tentons de protéger habitants comme idéaux. Ces garanties, c’est de vous que nous les attendons parce que nous n’avons pas vocations à devenir une annexe où se débarrasser de vos cas désespérés.



Les mots étaient une charge terrible mais l’attitude de la X Men contrastait complètement avec la charge émotionnelle de ces derniers. Caitlyn restait d’un calme dérangeant, presque absente de cette discussion, seul son regard échappant à son immobilisme trahissait une vivacité extraordinaire, regard qu’elle promenait entre l’Infirmière et l’Agent assermenté du BAM.


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MessageSujet: Re: Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]   Ven 20 Sep - 6:09

Le refus de Caitlyn n’offusqua point Madame Bragel. Sa fonction l’avait habituée à ce genre de réaction, comme à bien d’autres. Le groupe pénétra le manoir, à la suite de leur guide. Chemin faisant, Louise fut la seule à parler, exprimant ses sincères impressions sur ce cadre d’exception que constituait l’Institut. Oliver, droit comme un i, avait la démarche ferme de sa fonction. Le bruit de ses pas était comme un tempo inéluctable. Ernest balayait le décor familier des yeux tout en saisissant l’allusion de la rousse. Des trois, il était le plus disc rait, le plus effacé. Mais il ne donnait pas non plus l’impression de vouloir se cacher dans son ombre. Il essayait tout simplement d’être à sa place, celle d’un élève à problèmes qui devait faire profil bas et pour longtemps.

Le bureau gagné, les personnes installées, Elioth entra sans tarder dans le vif du sujet. Ce ne fut pas pour déplaire à Wels, elle n’allait pas en être surprise. Du même ton employé sur le perron, il répondit.


- Le cas Lenoir est décidément une histoire à rebondissement. Si la situation avait été plus... conventionnelle, aucun de nous trois ne serait là aujourd’hui.

Quelque chose dans le regard profond de l’homme ajouta implicitement à sa première réplique qu’il aurait préféré que ce soit ainsi. Il d’éclipsa sa mallette et en sortit des documents, tout en poursuivant.

- Il me semble que vous vous y connaissez en matière juridictionnelle. Vous savez donc que la folie complique tout, qu’elle rend pénalement irresponsable. Pas de chance, la quasi-totalité du casier judiciaire de Monsieur Lenoir peut tomber sous le coup de la folie, ce qui le rend, volatil. Même un avocat commis d’office va s’en rendre compte. Aujourd’hui Ernest a de quoi passer sur la chaise électrique. Demain, il peut être libre. Il ne s’agit pas à proprement parlé d’une assurance, juste un élément à prendre en compte... pour la sécurité des concitoyens si vous voyez ce que je veux dire.

Caitlyn n’allait sans doute pas apprécier ce début d’argumentation, presque un chantage. Peu importait à Wels, il faisait son travail. Tout compte fait, ses manières de faire collaient bien avec les instances gouvernementales et leurs cynismes. La suite fut heureusement plus de nature à correspondre à la demande formulée. L’homme fit glisser sur la table les rapports psychologiques d’Altérion. Il y en avait deux, celui établi lors de son entrée à l’hôpital, l’autre, à sa sortie.

- Ce qu’il y a par contre de bien avec la folie, c’est qu’il y a quand même une voie de garage. L’affaire aurait pu s’arrêter là, un fou dans un asile et on n’en parlait plus. Mais Monsieur Lenoir ne fait rien dans les règles. Non seulement, il récupère, mais en plus, il change parait-il. C’est écrit ici, noir sur blanc. Le second bilan, celui de sortie, celui sur lequel se fonde la décision du BAM, est attesté par trois psychologues, dont Madame Bragel. Je lui laisse la parole puisque nous entrons dans son domaine d’expertise.

Elioth, si elle lisait le rapport, n’allait sans doute pas en croire ses yeux. En fait, si on avait caché le nom du patient concerné, jamais elle n’aurait pu deviner qu’il s’agissait d’Ernest Lenoir. Stable, calme, ouvert ? Et puis quoi encore ? Même quand elle l’avait rencontré, la toute première fois, il ne collait pas du tout à cette description. Et jusqu’à preuve du contraire, il n’était pas encore dément à cette époque. Face à elle, sur sa chaise, Altérion ne disait mot. On sentait que le moment était difficile, mais il restait là, les mains croisées sur les genoux sans même un tic de nervosité. Il en avait tout le temps avant. Louise, qui n’avait pas spécialement aimé l’introduction de l’agent car inutile et agressive selon elle, s’exprima.

- Tout d’abord, je suis moi-même mutante. Je dispose de quelques facultés bien pratiques dans mon métier. Je voyage dans les esprits, je les sonde et, quand c’est possible, j’aide à y mettre de l’ordre. J’ai l’expérience des psychés troubles, psychopathes, sociopathes, schizophrènes, j’en passe et des pires. Sur Ernest, la thérapie a été très concluante. Pour faire bref, au-delà de la folie, il y avait un mal être profond, de nature à conditionner l’existence, et ce depuis bien avant l’éveil du gène X. Celui-là n’a rien arrangé. Aujourd’hui, Ernest a effacer ce mal être, il a changé et désire le prouver. Il n’est pas dans mes attributions de m’insinuer dans les affaires propres à l’Institution Charles Xavier. Toutefois, je peux assurer que cet adolescent ne présente plus de trouble de la personnalité susceptible d’être un danger pour ses camarades. Je peux également assurer qu’il a une réelle envie d’aller de l’avant. Je connais son passé, ses fautes, je ne peux que comprendre votre réaction et, à votre place, j’avoue que je serais très septique. A lui de vous convaincre par les faits, par le concret, il s’agit juste de lui en laisser l’occasion. Je gage qu’elle en vaut la peine.

Le discours de Louise ne semblait même pas avoir convaincu Oliver. Cette histoire emmerdait royalement le BAM alors que la psy s’y était investi. Deux visions drastiquement opposées.
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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]   Ven 20 Sep - 18:43

Il me semble que vous vous y connaissez en matière juridictionnelle. Vous savez donc que la folie complique tout, qu’elle rend pénalement irresponsable. Pas de chance, la quasi-totalité du casier judiciaire de Monsieur Lenoir peut tomber sous le coup de la folie, ce qui le rend, volatil. Même un avocat commis d’office va s’en rendre compte. Aujourd’hui Ernest a de quoi passer sur la chaise électrique. Demain, il peut être libre. Il ne s’agit pas à proprement parlé d’une assurance, juste un élément à prendre en compte... pour la sécurité des concitoyens si vous voyez ce que je veux dire.

Elle croisa les bras en se balançant sur sa chaise, affichant un demi-sourire énigmatique. Bien difficile de pouvoir lire en elle ce qui agitait son esprit. Elle finit par se pencher légèrement et commença sur un ton une fois de plus détonnant par sa grande neutralité.

- En effet, je suis en passe de devenir l’experte juridique de l’Institut en matière de Droit Mutant, vous être bien renseigné. Mais laissez-moi vous préciser que si pénalement votre protégé ne peut être déclaré responsable de ses actes, il me semble que jusqu’ici garantir la sécurité de nos concitoyens et une tache qui vous est échue à vous et surement pas à notre établissement. Ce n’est pas parce que c’est un problème « Mutant » que Xavier en est la solution. Il n’y a pas à proprement parlé de législation différentielle pro ou contre mutante jusqu’ici, Dieu nous en garde, si Lenoir est dangereux, c’est un problème qui doit trouver sa réponse par le BAM et non par nous, vous confondez éducation et protection, l’institut c’est de la réhabilitation pas de l’internement, dommage pour vous si la peinture du Cube New Age n’est pas encore sèche. Mais je vous comprends parfaitement, en effet.

Par contre je me garderais bien de commenter le fond de l’affaire, étant moi-même sous le même régime que celui dont il a pu jouir jadis en nos murs. Mais voyez-vous,  je n’ai pas eu la chance de la folie à ma décharge. Les Temps changent. Là où un Daniel Hopes a pu me tendre la main pour sortir de mes travers, vous auriez sans doute baissez la vôtre pour actionner l’interrupteur de la chaise électrique. C’est ainsi.



Ce qu’il y a par contre de bien avec la folie, c’est qu’il y a quand même une voie de garage. L’affaire aurait pu s’arrêter là, un fou dans un asile et on n’en parlait plus. Mais Monsieur Lenoir ne fait rien dans les règles. Non seulement, il récupère, mais en plus, il change parait-il. C’est écrit ici, noir sur blanc. Le second bilan, celui de sortie, celui sur lequel se fonde la décision du BAM, est attesté par trois psychologues, dont Madame Bragel. Je lui laisse la parole puisque nous entrons dans son domaine d’expertise


Elle considéra un instant les deux rapports sur la table d’un œil éteint, son sourire s’estompant. Puis d’un geste lent, allongea les bras les repoussa vers l’homme sans les avoir ouvert après avoir écouté avec attention les dire de la psychologue.

- Si c’est écrit, c’est surement vrai alors! Vous pouvez remballer vos documents, ils ne m’intéressent pas. C’est sur ce que vous ferez si ça tourne mal que je vous demande des garanties, pas sur ce qu’il prétend être, je m’en fiche de ça. J’ai pour principe de ne jamais juger les gens et lui pas plus que les autres, j’ai l’impression à vous entendre que vous en faites une plaidoirie à la gloire de sa bonne volonté et de son changement, vous n’avez toujours pas compris que ça nous indiffère complètement ?  


De nouveau, elle croisa les bras, l’air absente.

- Ernest Lenoir a eu toutes les cartes en mains, de l’écoute, de l’affection, de l’amitié, de l‘amour maternel et il a fait des choix : je ne juge pas ses choix, j’en vois les conséquences pour nous. Il nous a mis en danger, cet établissement et nous, il nous a mis en danger volontairement…du moindre enfant qui cherche à comprendre ses pouvoirs à la tendre épouse que je chérie. Il n’était pas question de folie à ce moment, il ne sera donc pas question de rédemption à présent. Il veut revenir et bien qu’il vienne. Ca s’arrête là.
Vous gagez que ça en « vaut la peine », Madame ?  La peine pour qui ? La peine pour lui et personne d’autre car c’est toujours de cela dont il a toujours été question, lui et personne d’autre. Et bien à présent, à vous son porte-parole, je vous le dis Ernest Lenoir va entrer ici puisque vous nous y obligez, mais il va y entrer seul et sans personne pour lui tendre la main.
Nous offrons le gite, les couverts mais pour l’animation, il repassera.


Aucune rancœur de ses mots, elle ponctua même sa tirade d’un sourire appuyé avant de poser les coudes sur le bureau.

- Pouvons-nous passer aux restrictions concernant son admission ou avez-vous quelque chose à ajouter ?

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MessageSujet: Re: Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]   Ven 20 Sep - 20:45

- Il a toujours été question de folie, au moins pendant les deux dernières années. En cela, je suis catégorique. Cela n’efface ni n’excuse les actes commis. Néanmoins, cela les explique. Comprendre est essentiel pour avancer. Or vous semblez croire qu’Ernest ne peut pas avancer. Pas de rédemption ? C’est à lui d’en décider. Et si j’affirme que lui laisser une chance en vaut la peine, c’est parce que la jeunesse d’aujourd’hui sont les adultes de demain. Et demain, Ernest aura beaucoup à donner. Il ne s’agit donc pas que de lui.

Madame Bragel, toujours très aimable, précisait pour la forme. Or, influence professionnelle oblige, elle commençait à cerner son interlocutrice. La discussion ne pouvait être que stérile. Caitlyn était affectivement impliquée dans les erreurs d’Altérion. Comment pouvait-elle réagir autrement ? Le passé avait un poids considérable. Louise elle-même, malgré ses voyages dans les méandres de tant d’esprits, malgré la compréhension de tant de phénomènes psychologiques, ne pouvait faire totalement abstraction de son passé, être juste en toute chose. Ce n’était pas humainement possible.

De son côté, Wels s’autorisa un discret sourire. Oui, il était certain que lui, il aurait appuyé sur l’interrupteur. Les gens foireux sortis de troubles magouilles et autres joyeusetés du genre, non merci. Non, vraiment, si le rat n’avait pas eu de quoi enquiquiner à la fois juridiquement et médiatiquement, il ne fallait pas oublier qui il était et ce qu’il avait représenté lors de son incarcération, et bien cette mascarade n’aurait pas eu lieu. Ha, que les choses tournent mal et il aurait enfin ce point final dans un dossier déjà bien trop épais. Amusé par les répliques de la rousse, il se fit un devoir d’y répondre.


- Vous manquez de perspicacité Miss Elioth. Il se trouve que Lenoir n’est désormais plus dangereux, d’après le rapport, et qu’il a potentiellement un casier judiciaire vide. Il ne s’agit donc pas de protection, mais bien d’éducation, que vous le vouliez ou non. C’est fou comme quelques lignes imprimées peuvent tout changer. S’il y a un problème, et bien on l’embarque, procédure habituelle. Zéro tolérance, archi banal. A ce sujet, je suis l’agent probatoire de ce garçon. Je vous passe le blabla sur la fonction, vous connaissez.

Tant d’acidité dans les propos... et cette façon de fixer la mutante rousse... Caitlyn n’était-elle pas en train de payer le prix de sa récente médiatisation ? Il était facile de deviner qu’Oliver n’était pas homme à apprécier pareils exploits, loin de là. Et puis, la joute verbal, il aimait ça, surtout quand implicitement, il pouvait dire : ta gueule, je suis la loi. Un chic type, vraiment.

- Passons à la suite.

Altérion, de son côté, se disait que c’était encore pire que dans ses prévisions. Caitlyn devait l’exécrer, Wels n’attendait qu’un faux pas de sa part... Heureusement que Louise était là. Il pouvait, il avait déjà tourné la page. Le problème, c’était qu’il n’en avait plus de vierge. Il demeurait bien droit sur sa chaise. Il s’était juré de pouvoir tout entendre, tout encaisser. Pour l’instant, c’était rude mais il n’y avait rien de réellement surprenant.

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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]   Ven 20 Sep - 21:54

Sans se départir de son sourire figé, elle pianota un instant sur le bois du bureau en promenant son regard de l’agent à la psychologue. Elle soupira un bref instant en haussant les épaules à l’intention de la spécialiste.

- Vous avez loupé votre vocation d’avocate, chère Madame même si j’ai l’étrange impression que vous vous produisez à une sorte de procès qui n’intéresse personne d’autre que votre petit protégé et vous. Sans doute oui, il aura beaucoup à donner lui qui a tant pris déjà auprès de personnes plus démunies que lui et qui sauront lui rappeler des promesses bien éphémères. Donc soyez rassurée, l’Institut va lui offrir l’occasion d’apprendre et d’évoluer puis il ira faire ses preuves ailleurs, au dehors puisqu’ici je vous l’assure, on ne lui demandera vraiment plus rien. ..vous, et lui à travers  vous, pouvez-vous tranquilliser sur son bien-être.


Un sourire entendu à l’Agent du BAM alors qu’elle se laissait ensuite aller à un rire sarcastique.

- Vous avez raison Monsieur, le monde est remplit de ces personnes déclarées « non dangereuses » et capables de vous assassiner sans se départir d’un sourire analogue au mien. Qui sait ? Mettez moi un costume sur le dos et je pourrais devenir pire qu’une épine plantée sur votre flanc…On entend tellement de choses sur ces mutants jouant les super héros de nos jours qu’on finit par se demander ce que fait la justice. Je suis heureuse de savoir qu’elle prend des décisions sous l’appui de gens bien plus éclairés qu’elle…Vous savez, les mêmes qui signent ce genre de rapport et qui disparaissent ensuite lorsque l’ « accident » est arrivé. Mais je sais que la justice peut s’accommoder de quelques aveuglements d’intérêt supérieur. Il sera toujours temps lorsque le vent aura tourné et que l’intéressé aura commis la faute d’en rejeter la responsabilité sur le système, on dort mieux avec la conscience tranquille.
Je connais la fonction en effet même si Daniel Hopes en avait une définition assez différente de la vôtre. Je mettrais enfin un visage sur une signature.


Elle lui adressa un signe de tête et posa la paume de sa main sous son menton, coude contre le bureau.


- Oui voilà la suite et la fin.
Monsieur Lenoir réintègre l’Institut en qualité de simple élève où il pourra suivre les cours qui lui permettront de progresser et d’obtenir une qualification utile à la société où il veut s’intégrer. Madame Bregel si elle le désire pourra continuer à le suivre et lui proposer Un Bilan de Compétences afin de lui trouver un projet professionnel en adéquation avec ses capacités et sa volonté de bien faire…On peut être un très bon maçon si on y met son cœur…Il pourra ensuite passer une qualification pour regagner la vie active et y travailler honnêtement comme tout a chacun parmi les hommes si le BAM l’accepte. La Normalité, quoi de mieux pour celui qui cherche l’acceptation, non ?
Dans un premier temps, il sera à l’isolement dans une des chambres sans colocataire. Nous verrons par la suite.
Bien entendu, nous l’équiperons d’un dispositif pouvant à tout moment le localiser dans l’enceinte de l’Institut qu’il ne pourra quitter sans autorisation collégiale de l’équipe dirigeante et du BAM.
Ernest Lenoir ne sera intégré à aucun dispositif d’enseignement spécifique interne à l’Institut ou d’activités sportives pouvant développer le gout de la violence, comme les cours de self défense. Il sera là en tant que simple élève cheminant vers un projet professionnel, ni plus, ni moins.
Enfin au moindre faux pas, nous nous désolidarisons de lui et nous vous prions de le reprendre séance tenante. J’ajouterai pour être tout à fait clair dans mes propos que si l’un de mes élèves se trouve menacé ou pire blessé par l’exemplarité de rédemption et de douceur que semble être devenu Monsieur Lenoir, je vous assure que nous avons assez de télépathes dans l’établissement pour faire en sorte qu’il regagne définitivement l’asile et que les seuls progrès que vous pourrez constater sur lui  sur les 50 prochaines années seront l’écart de temps qu’il mettra à souiller sa literie qu’il ne quittera plus.


Elle se redressa sur sa chaise signifiant par son attitude que sa corvée était achevée.

- D’autres questions ? Je crois que nous en avons terminé.

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MessageSujet: Re: Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]   Sam 21 Sep - 7:46

Cette fois, Louise eut un sourire navré et elle ne fit plus l’erreur de répondre. Elle avait beau tout connaitre de l’affaire, savoir à quel point on pouvait en vouloir à Ernest, elle avait beau constater que Wels était d’une dé testabilité quasi artistique, l’extrême violence des propos de Caitlyn ne pouvait la laisser indifférente. Comment se pouvait-il que l’Institut, organe pédagogique en charge de nombre de cas délicats, intègre dans sa hiérarchie une écorchée vive ? Menace à peine voilée... en cet instant, de l’avis de la psychologue, ce n’était pas Altérion qui avait besoin de soin, mais bien son interlocutrice. Non, il devait y avoir autre chose, un élément qui lui échappait. Un brin inquiète, elle tourna la tête vers le jeune mutant. Celui-ci lui signifia d’un geste que tout allait bien. La concernant, si l’hybride rat demeurait dans le droit chemin et qu’il ne subissait pas de ségrégation, elle pouvait s’estimer satisfaite. Elle n’avait pas à s’impliquer plus que ça. Elle avait d’autres patients, d’autres missions, elle se devait de partager son temps et ses efforts équitablement.

De son côté, Oliver arbora son plus beau sourire. Pauvre fille, il avait connu personne plus futées. Elle était tout comme il se l’était imaginé, une impulsive qui agissait avant de réfléchir. Et elle allait devenir juriste ? C’en était presque jouissif. Non, il n’y avait pas de rédemption, elle avait tout à fait raison. Là où elle se trompait, c’était qu’elle s’imaginait différente du rongeur.


- C’est parfait. Je n’espérais pas mieux. Avez-vous entendu Monsieur Lenoir ? fit-il, avec son éternelle amabilité qui, on pouvait à présent le deviner, n’était qu’un vernis de surface.
- Oui. Ça me va, répondit le concerné.

Wels revint à Caitlyn et lui tendit, comme si de rien n’était, sa carte.


- En cas de problème, appelez-moi, vous ou un autre. Si jamais Monsieur Lenoir sort de l’Institut, je veux en être informé, autant du lieu que de la raison. Et, voici encore quelques papiers, procédure oblige.

L’homme sortit une liasse de sa mallette. Il y avait là de quoi compléter le dossier de l’élève. Il avait fait une crise, il y avait peut-être eu des évolutions, bref, ça il s’en fichait. Déjà il se levait. Louise fit de même.

- Si on pouvait me communiquer l’emploi du temps d’Ernest, je pourrais m’organiser. On m’a demandé une séance par semaine. Deux heures pour le début me semble bien.

Ernest se leva aussi. Son self-control était mis à rude épreuve. Il voulait se racheter, mais le retour à l’Institut, c’était le BAM qui l’avait imposé. On pouvait quand même les comprendre, il n’était pas possible de le laisser aller dans un autre établissement, pas tant qu’il aurait fait ses preuves et assuré de son absolu stabilité. Il se préparait à vivre des jours, des semaines, des mois, des années dans l’ombre de Vermine.




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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]   Sam 21 Sep - 17:05

Le sourire navré de l’accompagnatrice n’échappa à la rouquine qui se contenta de soutenir son regard avec une expression douloureuse pendant quelques instants, Cait était loin d’être idiote et savait très bien pour quel genre de personne elle était en train de passer aux yeux de ces deux-là mais cette exagération était nécessaire comme il était nécessaire d’être sous-estimé par des gens venus de l’extérieur et peu aux faits de la réalité de l’établissement. Si la psychiatre péchait par excès d’empathie, le BAMeur se montrait fidèle à l’imagerie du bureaucrate bien-pensant suffisant et imbu de ses certitudes, à la limite du racisme anti-mutant, l’imbécile de base exécutant et prompt à donner jugements à l’ombre de ses valeurs. Elle lui rendit son sourire tout en l’exagérant davantage afin de passer pour une parfaite demeurée, lisse et ravis d’être valorisé.

Il se montra autoritaire avec Ernest afin de marquer sa supériorité et Cait se contenta de se lever pour ouvrir la porte du bureau ayant pris la liasse sous le bras.

- Je n’ai pas le pouvoir de signature sur ces documents, Emma Frost ou le Professeur Xavier les parapheront au plus vite pour les renvoyer par fax ou les déposer à votre attention. Je vais conduire Ernest au secrétariat pour sa prise en charge et vous signer la bas le bordereau de remise sous tutelle. L’emploi du temps de Monsieur Lenoir reste à déterminer Madame, mais vous pouvez venir le voir quand bon vous semble pour l’Instant, nous n’avons rien d’une prison. Je vous demanderai tout de même de vous signaler au secrétariat afin d’obtenir une facilité d’accès au site. J’expliquerai la situation mais un badge de visiteur faciliterait vos allées et venues. Bien entendu lors de ces visites extra-professionnelle, il ne vous sera pas permis de pénétrer à l’étage ou dans les salles de classe, uniquement dans les salles communes ou les extérieurs, nous tenons à la confidentialité des lieux. Pour vos activité hebdomadaires, voyez avec le secrétariat par téléphone la possibilité d’emprunté un bureau pour quelques heures.

Une dernière requête avant de vous mener là-bas, j’aimerai dire juste un mot à monsieur Lenoir en privé, pas plus de deux minutes.


Elle attendit que les deux personnes sortent du bureau pour refermer  la porte derrière elle sans pour autant se retourner pour regarder l’intéressé. Elle soupira toit en expliquant d’une voix morne.

- C’est sans doute la dernière fois que je m’adresse à toi. Je me mets à ta place, il n’y a rien de pire que de ne pas comprendre, c’est pour cette raison que je vais t’expliquer.

Il y a six mois alors que tu te laissais approcher peu à peu par Sinistre, ce dernier à déclencher une vendetta à mon encontre. Il m’a fait capturer par ses fameux maraudeurs que tu rêvais de rejoindre, ils m’ont torturé durant des heures en me lacérant le visage et en tuant des innocents devant mes yeux en me forçant à user de mon pouvoir, il m’ont révélé le clone que j’étais et que toute mon existence était fausse. Les X men sont venus à mon secours mais ils sont arrivés trop tard, ça s’est mal terminé. J’ai été tué. Rachel a offert sa vie pour me ressusciter, elle a fini par fusionner définitivement avec le Phénix, renonçant à son humanité. Ma sœur…a sacrifié sa vie pour me faire revenir. Et te voilà…toi et tes rêves de gloire pour Sinistre.

Je vais te dire, nous sommes en guerre contre Sinistre à présent, nous allons le traquer et le détruire pour ce qu’il nous a fait, tu n’as été qu’un pion dans son plan, un pion lâche et égoïste. Tu nous as trahis.
Tu seras toléré, Ernest, tu seras toléré mais tu ne seras jamais x men. Jamais. Rachel est au courant de ce que tu as fait, elle te déteste et si j’étais toi, je n’essaierai pas de croiser son chemin.

C’est ma sœur, je l’aime comme tel. Je te préviens…Fais lui du mal, ment lui encore une fois et cette fois ci, c’est moi qui te tuerais. Tu es un gamin, mais tu te dis bien assez adulte pour être un enfoiré…Vis ta vie Ernest, mais ne te mêle plus de la nôtre, ni de celle de cet endroit.

Je n’ai rien d’autre à te dire, vas au diable puisque tu te plais à le côtoyer.

Une brève respiration et elle fit jouer la clenche de la porte pour rejoindre les deux individus dans le couloir en affichant un large sourire

- Allons-y, l’heure de l’inter-cour va bientôt sonner, les couloirs vont être bondés de monde.

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MessageSujet: Re: Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]   Dim 22 Sep - 12:27

Ernest ne répondit rien, Caitlyn ne lui en laissa pas le temps. Mais il comprit.

Il comprit pourquoi cette haine si virulente. Il jouait de malchance, Elioth avait tant de raisons de détester Sinistre, tant de raisons de détester ceux qui voulaient le suivre. Comment pouvait-elle réagir autrement à son égard ? Or, ce ressentiment, aussi justifié qu’il puisse être, altérait aussi son jugement. C’était justement parce qu’elle avait trop de raisons qu’elle s’y limitait. Pourquoi chercherait-elle ailleurs ? L’évidence lui convenait. Elle l’avait saisi, promu au rang de vérité, sans même la remettre en question.

Pourtant, elle avait les moyens de se rendre compte de son erreur, et c’était ce qui peinait Ernest, ce qui le décevait un peu. Tout son passé prouvait qu’il n’avait au final adhéré à aucune philosophie, qu’il n’avait eu aucune fidélité. Il avait quitté l’Institut, il avait quitté la Confrérie. Pourquoi se serait-il, comme par magie, mit à suivre Sinistre ? D’ailleurs, comble de l’ironie, c’était parce qu’il avait refusé de le suivre que tout était arrivé. Sinon, il n’aurait rien dit à Amy, il aurait accepté discrètement le marché, il serait devenu un Maraudeur potentiellement infiltré chez Charles Xavier. Mais non. Pour Rachel, pour Cérès, il avait tout dit. Alors certes, honnête pour une fois, il avait évoqué ses doutes, ses troubles. Mais Sinistre n’était-il pas le roi des manipulateur ? N’était-il pas un télépathe ? Et Altérion, n’était-il pas quelqu’un en souffrance, accablé par une mutation difficile à assumer ? N’était-il pas, de surcroit, en proie à une instabilité constatée de longue date ? Avec un terrain aussi favorable, Sinistre aurait été le premier des incapables s’il n’arrivait pas à faire douter le jeune mutant et Caitlyn, plus que les autres, ayant côtoyé le docteur, pouvait le réaliser.

Oui, Lenoir avait été dangereux pour les autres, et pour lui-même. Oui, il avait plein de choses à se reprocher, mais en aucun cas il n’avait été un futur Maraudeur modèle. Il était juste, ce qui était déjà trop, prédisposé aux conneries à répétition. Il avait été une sorte de yoyo chaotique, un pommé de première classe, un grand minable, mais, encore une fois, pas un Maraudeur. L’associer sérieusement à Sinistre, c’était nier tout ce qu’il avait été. Etait-il possible que Caitlyn puisse à se point ne pas l’avoir cerné pour se contenter d’illusions ? Altérion refusait de le croire. Il avait trop de respect pour elle, elle qui avait su rester droite malgré ses fautes, elle qui s’était montrée digne de la confiance de Daniel Hopes. Son erreur, elle venait de sa douleur, c’était certainement ça.

En cet instant, l’hybride rat eut donc vraiment de la peine pour la jeune femme. Lui avait eu tant de chances que de rencontrer Louise Bragel. Il s’était libéré d’un poids terrible. Mais elle, qui n’osait même pas le regarder, peut-être par dégout, peut-être de peur de ne pas se contrôler, devait encore vivre sous le joug de Sinistre. Le docteur habitait-il ses cauchemars ? Altérion, pour la première fois, préféra être à sa place plutôt qu’être à la sienne. Il était le mouton noir, elle, la X-Woman. Mais il avait certainement l’esprit bien plus en paix qu’elle. Son horizon était sans doute bien plus clair que le sien. S’il pouvait, il l’aiderait, comme il aiderait les autres. Quand ? Comment ? L’avenir allait le dire...

La porte ouverte, Ernest chassa l’expression qui avait marqué son visage. Caitlyn avait beau ne pas le regarder, il ne voulait pas prendre le risque qu’elle s’en rende compte. Elle le prendrait très mal. Cette haine, peut-être même qu’elle en avait besoin pour avancer. Non, ne plus y penser... Le jeune mutant sorti sans dire mot. C’était le plus sage. Dehors, l’ignoble agent Wels jouait l’impatient, celui dont le temps était précieux et qu’il ne fallait pas en abuser. Louise, elle, interrogea l’hybride rat du regard. A nouveau, il la rassura. Ils pouvaient aller au secrétariat. Voilà qui conclurait ce premier et éprouvant face à face.

HRP : à moins que cela soit nécessaire, ceci est mon dernier post. Sans surprise, ce RP fut très agréable. Je considère que le dispositif de localisation évoqué est un bracelet. S’il s’agit d’autre chose, précise-le-moi stp.

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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]   Dim 22 Sep - 13:35

Les formalités furent littéralement expédiées. Caitlyn ne montrait plus d’elle qu’un aspect polis et concis distillant les informations avec rigueurs et efficacité, remplissant son devoir le plus normalement au possible. Elle n’accorda aucun regard à l’hybride rat, les choses ayant été dites de manières définitives en ce qui la concernait.

Elle ne se leurrait pas sur l’image qu’elle renvoyait d’elle mais s’en fichait complètement comme elle se fichait complètement des faux états d’âme de Lenoir.  Il n’y avait pas de haine personnelle ou de rancune, il y avait simplement la constatation que certaines personnes sont tellement tournées vers leur ego qui leur est difficile de concevoir l’ampleur des dégâts qu’ils peuvent provoquer par leur attitude ou que confronté à ces derniers ils en rejetaient la faute sur autrui ou trouvaient de bon ton de simplement parler d’incompréhension ou d’incompétence de la part de leur interlocuteur à cerner la grandeur de leur petite personne. Ernest était de ceux-là, clamant par son silence indigné la hauteur qu’il se pensait avoir, la justesse de sa rédemption dont ses anges gardiens se faisaient le porte-parole et de la faute de sans doute ne pas vouloir croire en ce changement puisque d’autres le disait pour lui.

Il n’avait rien dit cependant, rien de l’entretien lui si habile à s’imposer verbalement face aux autres. Etait-ce voulu par un reste de dignité ou simplement un énième calcul afin de pouvoir clamer par la suite qu’on ne lui avait pas laissé l’opportunité de se défendre ou de montrer patte blanche ? Ca n’avait pas d‘importance parce que ce qui se jouait ici n’en avait pas plus que cela : juste un impératif sur un planning, un non évènement. Ce n’était en rien le Retour du Roi, juste celui du rat.
Elle salua les interlocuteurs sur le perron ayant laissé « le colis » dans le secrétariat. A moins qu'il en vienne à poser un problème à Rachel ou une personne proche, sa destinée ne l’intéressait plus. A ses yeux, le « cas Lenoir » était un nom sur un dossier qui pouvait s’endormir sous la poussière.

Affaire définitivement close en ce qui la concernait.



Fin du Rp en ce qui me concerne aussi. Sans surprise en effet, plaisir partagé.

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Echo
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MessageSujet: Re: Jamais deux sans trois... [Libre surtout pour les X-Men]   Mar 24 Sep - 17:27

Lundi 23 Septembre – 09 : 21 A.M.
Qu’était-ce que la folie ? Selon Wikipedia, c’était un spectre de comportements caractérisés par des degrés mentaux et comportementaux anormaux. La folie pouvait ainsi se manifester en tant que violation des normes sociales, incluant la possibilité d'être un danger pour soi et pour les autres, et impliquant également certains autres actes considérés comme faisant partie de la folie. Elle pouvait être passagère ou perdurer, être provoquée ou exister à l'état de base, mais en termes psychiatriques, elle recouvrait plusieurs réalités, et des termes étaient employés à chacune d’entre elles, telle la psychose, la schizophrénie, la paranoïa, les troubles bipolaires… Sans avoir à cliquer sur les articles connexes, Rachel en avait déduit sa propre folie, comme un état de fait, simple, existant mais pas dérangeant. Car si la folie pouvait être bien des choses, il n’y avait aucune définition qui se approchait de près ou de loin que ce soit une excuse.

Le Phénix se tenait là, vêtue d’une combinaison de molécules instables entièrement rouge la couvrant de la gorge aux pieds, assise sur une chaise, une cheville posée sur son genou opposé, et accoudée au rebord de la fenêtre, sa main droite soutenant son menton paume ouverte, tandis que la gauche faisait jouer entre ses phalanges une simple pièce de monnaie. Depuis cette chambre, on voyait le lac Breakstone, et le parc au-delà, ainsi que le ciel couvrant tout cela, mais c’était d’un gris morne, aujourd’hui, alors que les nuages déversaient leurs eaux ; il ne s’agissait pas d’une pluie larmoyante, mais d’un crachin froid, et bien qu’elle n’en soit pas à l’origine, la jeune femme trouvait que cela correspondait parfaitement à la situation.

Ce n’était ni ce temps maussade, ni son reflet, qu’elle contemplait dans la vitre, mais tout autre chose, qui se passait non loin de là, dans l’Institut. Quel besoin d’être physiquement présente alors qu’elle pouvait tout voir dans son esprit, sur une large zone ? Quel besoin de voir de ses yeux alors qu’elle serait parfaitement apte à visualiser à travers la fenêtre ce qui se passait, et que connectée à leurs esprits, elle saurait ce qu’ils se disaient ? Elle était là, elle observait.

Trois personnes. Ernest Lenoir, tout d’abord, principal intéressé et cause de tout ceci, et ses avocats, car du point de vue du Phénix, ce n’en était pas moins. L’agent du BAM n’était qu’un humain, qu’un fonctionnaire et qu’un idiot, et sa vie était à la mesure de ses ambitions, son esprit de sa psychologie : facile à percer, à sonder et à manipuler, bien que la télépathe s’arrêta aux deux premières étapes. Le faire en finesse, contourner les défenses plutôt que leur rentrer dans le lard avec la force et la discrétion d’un brise-glace, c’était relativement basique, et elle s’y exerça face à l’Agent. Oh, elle n’essaierait pas de lui voler des secrets d’état, non, mais tout ce qu’il avait eut sous les yeux au sujet de l’Hybride-rat et de l’affaire du Phénix, affaires potentiellement liées si Ernest l’avait balancée, serait passé au crible. La psychologue était un tout autre défi, télépathe elle aussi. Une intrusion serait détectée, et sans excuse pour ce faire, risquait de tout faire capoter. Première étape, construire un réseau de fils psy autour de son esprit pour l’empêcher de sortir sans devoir forcer le passage, et capter toutes les pensées fortes qu’elle émettrait. Seconde étape, trouver l’excuse pour s’introduire dans ses pensées. Qu’aurait faite Rachel si elle avait voulut s’introduire dans les pensées d’une inconnue, mais sans rien savoir de l’affaire ? S’approcher doucement, essayer de lire et se laisser gicler par l’autre, en s’excusant et prétextant la curiosité enfantine. Une seconde ou deux de contact, pas de quoi affoler quelqu’un, puisqu’il fallait pour la plupart des télépathes des minutes voir des dizaines de minutes pour lire profondément dans les esprits. Rachel, elle, aurait en une seconde toute l’année précédente de la vie de Louise Bragel, là où cette dernière avait dû passer des heures à explorer les souvenirs de ses derniers mois chez Altérion.

Une approche télépathique d’une finesse Sanzoesque à coup de « *Salut la compagnie! Je m'appelle Danko, je pense que vous avez le gène X tout comme moi vu où vous vous trouvez. Je me demande quels sont vos pouvoirs ? C'est un rassemblement que vous faites ? Il serait temps que je vous laisse parler quand même…* », qui fut repoussée par instinct avec la même finesse, et suivie de « *désolée* » alors que les fils psychiques se retiraient au loin, fuyant littéralement et causant un retard de descente du véhicule pour la télépathe infiltrée. Alors que la scène se mettait en place, le Phénix prit le temps d’analyser et de décortiquer ce qu’elle avait acquit. Louise Bragel, psychologue ouvertement altruiste, fidèle à la parole donnée comme à ses serments de protection, mais simplette sur les bords – des bords assez larges considérant le personnage. Elle avait visitée longuement l’esprit d’Ernest, et discuté avec lui durant encore plus d’heures, mais si elle connaissait à peu près tout ce que savait l’élève, chose incluant des secrets de la Confrérie et de l’Institut dont la voyageuse temporelle faisait partie, la psychologue ne semblait pas prendre la mesure des pistes qu’elle avait exhumées. Cependant, le simple fait qu’elle connaisse l’existence de Sinister signifiait qu’elle avait son attention, et qu’elle ne tarderait pas à être son pion, ou un cadavre. Inutile de s’occuper d’elle, son temps lui était compté, mais utile d’en parler aux X-Men, même s’ils lui avaient dit de ne pas se mêler de la vendetta. En tout cas, la mère-poule d’Ernest n’avait rien raconté de compromettant dans son rapport, sauvant de nombreuses vies.

Caitlyn se chargeait de l’accueil par devoir, parce qu’elle s’était mise en avant de la mauvaise façon et qu’elle devait en payer les conséquences, ne devant perdre le contrôle de cette affaire de vidéo youtube. Rachel avait vu les vidéos, elle les aurait même likées si elle avait eut un compte sur le site, chose n’étant bien évidemment pas le cas. Cependant, elle n’entrevoyait pas en quoi cela donnait une occasion au BAM de leur forcer la main. Mais les X-Men se devaient de la tendre, ainsi suivaient-ils simplement la doctrine, pour le meilleur comme pour le pire.

Le rendez-vous se tiendrait dans le clinique bureau d’Emma Frost, dont le prêt signifiait l’entier assentiment de la psychologue doctorante à la représentante désignée de l’Institution dont elle était Directrice Adjointe ; amusant de constater à quel point cela passait au-dessus de la tête des deux touristes, dont l’une avait exclamée de vive voix son impression sur les bâtiments. Aller au cœur du sujet le plus vite possible, Rachel était d’accord, elle avait horreur de se sentir plus intelligente que des gens dont les diplômes mettaient leurs capacités congnitives en valeur, là où elle-même n’en avait et n’en aurait jamais aucun.

L’agent du BAM avançait que la folie compliquait tout, hors non, du point de vue du Phénix, elle justifiait, puisqu’on savait pourquoi. C’était user de la folie comme excuse qui compliquait tout. En tout cas, les deux principaux belligérants, Institut et Triskelion, étaient là parce qu’ils n’avaient pas le choix, seule Bragel s’intéressant un minimum à la cause de tout ceci. Ainsi donc, les BAMeurs se débarrassaient bien de leurs cas ingérables à l’Institut ? Et si elle se rendait, aurait-elle droit au même traitement ? Impossible, parce qu’à la différence d’Ernest, elle n’était pas une quantité négligeable à leurs yeux.

Trois psychologues pour dire qu’Altérion avait changé ? Bragel était-elle si mauvaise que cela qu’il faille faire vérifier son travail deux fois ? Amy ou Emma auraient-elles le droit à leur propre expertise ? Probablement pas, sinon, il n’y aurait pas eut de demande pour que ce soit une extérieure qui continue de s’occuper du « cas Lenoir ». Etait-ce un coup de chance ou une belle manipulation pour parvenir à étayer ce qu’il voulait montrer « noir sur blanc » ?

Amusant de se dire que dans ses propres pensées, Ernest avait un coup d’avance ; Caitlyn n’avait pas encore ouvert le rapport que déjà, Altérion savait qu’elle n’allait pas en croire ses yeux, car il décrivait quelque chose qui ne lui ressemblait pas. Mais qu’est-ce qui lui ressemblait réellement ? Passer des soirées à lire des livres à une dépressive pour en faire son amie pour ensuite l’utiliser comme arme de défense et faire chanter un maître du crime ? Investir dans les gens parce qu’ils pouvaient lui rapporter quelque chose, puis ne plus jamais leur offrir la moindre considération s’ils lui étaient inutiles ? N’était-ce pas ce qu’il avait fait avec elle, avec Franklin, avec Sanzo ? Croyait-il que se cacher derrière le mot « folie » le laverait de ses fautes ?

Caitlyn faisait preuve d’une neutralité admirable, et ne réagissant pas comme il était prévu, plus consciente que les autres de ce qui se passait ; pas de lecture des dossiers, pas d’émerveillement face à ce qu’était devenu Ernest entre quatre murs blancs, ce n’était pas ce qu’elle voulait, ce n’était pas comme cela que fonctionnaient les choses. Mais la brave petite Louise n’en démordait pas, défendant son client avec une hargne admirable, et des mots plus que blessants, pour celle qui observait tout cela.

La grande psychologue Louise Bragel était catégorique : il avait toujours été question de folie durant les deux dernières années. Toute la chambre de Rachel en trembla. Il avait été question de folie, depuis ce jour où Ernest était apparut, après ses cours, pour partager un goûter qui c’était mal terminé. Il avait été question de folie, lorsqu’il avait fait la promesse à Franklin d’aider Rachel. Il avait été question de folie, lorsqu’il lui avait tenue compagnie chaque soir, chaque jour, « s’améliorant ». Il avait été question de folie lorsqu’il était venue à elle pour qu’elle ne se suicide pas. Il avait été question de folie lorsqu’il lui avait demandé de lui pardonner son « erreur » à Mutant Town, sa stupidité. Il avait été question de folie lorsqu’il avait choisit de retourner à l’Institut sans donner de réponse à Sinistre, au lieu de simplement lui dire non. S’il avait été question de folie dans chacun de ses mauvais actes, pourquoi en serait-il différent dans ses bons ?

Pas de rédemption, que demandait Bragel ? Que savait-elle de la rédemption, elle qui n’avait fait qu’observer les crimes, sans jamais avoir quoi que ce soit à se reprocher ? Pas de rédemption ? Rédemption et damnation avaient un point en commun : il fallait être mort pour connaitre l’une ou l’autre. C’était à Ernest de décider ? Vraiment ? La pièce de monnaie s’immobilisa entre l’index et le pouce de la Grande Rousse.

La Ptite Rousse, quant à elle, se faisait rabrouer par un homme qui n’était là que pour toucher son salaire à la fin du mois, et faisait preuve d’une hypocrisie à toute épreuve. Ernest Lenoir, plus dangereux, lui qui avait été entraîné à tuer et possédait un venin mutagène attirant l’attention d’êtres comme ni la psychologue ni l’agent ne pouvaient en concevoir ? Oh, il avait un casier judiciaire vide, tout comme Rachel d’ailleurs, qui avait sur la conscience tant de morts qu’elle ne pouvait les dénombrer, et qui serait enfermée à vie par prévention sans la moindre chance de pouvoir plaider sa cause si on la découvrait. Cela fonctionnait-il donc au « pas vu pas prit », le BAM ?

Même Ernest se rendait compte que son « agent de probation » se la jouait en mode Judge Dred, pour son plus grand malheur car il était bien conscient que la surenchère ne permettrait jamais de vaincre quelqu’un comme Caitlyn Elioth. Caitlyn Elioth qui la cita, elle, Rachel, secret cosmique qui pourtant tenterait de changer la face du monde, mais il n’y eut pas la moindre culpabilité pour Ernest, qui laissait à sa psychologue le soin de le défendre. Pourquoi essayer de montrer qu’il avait réellement changé, alors qu’une professionnelle en était convaincue ? Ses propres mots n’auraient-ils pas eut plus d’impact que ceux d’une étrangère, dans l’ombre de laquelle il se dissimulait ? A moins que comme pour l’ombre du Phénix, il ne tente de tirer quelques ficelles ni vu ni connu. Mais là était le problème, Rachel voyait, désormais. Elle était capable de voir, présent, passé et avenir si nécessaire, et elle avait vu ce qu’il avait fait face à Sinistre. Les mots raisonnaient encore dans son esprit, comme tant de choses d’ailleurs. « Quoi qu’il en soit, je ne peux rien contre vous, mais vous ne pouvez rien me faire non plus. Vous êtes trop intelligent pour l’ignorer. Vous avez vu Rachel en action. Vous avez vu sa puissance. Elle volera à mon secours si nécessaire. » On cherche à protéger ses amis, on ne leur demande pas de faire de même, et lorsqu’ils accomplissent le sacrifice de leur propre rédemption pour nous, lorsqu’ils choisissent de renouer avec une passion pour le meurtre qu’ils ont eut tant de mal à museler, on ne leur dit pas simplement « s’il te plait, laisse-le ! Il n’est plus un danger ! Il doit vivre pour pleinement me disculper devant le BAM ! Il doit vivre pour que je puisse savoir si ce qu’il m’a dit est vrai ! ». Qu’importe que l’autre régresse, que l’autre se face du mal, tant qu’on a ce que l’on veut, n’est-ce pas comme cela que cela marche, Ernest ? Est-ce folie ? Si oui, alors pourquoi déclarer « J’essaie de changer mais je suis toujours à côté de la plaque. Tu ne sais pas quelle est ta place, je ne sais pas où est la mienne. Enfin si, je sais juste que là, je dois être ici, avec toi. Ce n’est déjà pas si mal. » serait-il plus sensé ? Moins fou ? Mais la véritable question n’était-elle pas « Parfait. Mais qu’est-ce que j’y gagne vraiment ? ».

Toutes ses phrases, Ernest les avait prononcées, durant sa folie, et toutes ses phrases, Rachel les avait observées, cela lui aurait prit du temps si le temps était à prendre en considération. Elle avait voyagé, elle avait contemplé, elle avait espionné, et elle avait tirées ses conclusions. La fin était proche, et le regard du Phénix passa de la vitre à la pièce, toujours callée entre ses doigts.

- Il y a six mois alors que tu te laissais approcher peu à peu par Sinistre, ce dernier à déclencher une vendetta à mon encontre. Il m’a fait capturer par ses fameux maraudeurs que tu rêvais de rejoindre, ils m’ont torturé durant des heures en me lacérant le visage et en tuant des innocents devant mes yeux en me forçant à user de mon pouvoir, il m’ont révélé le clone que j’étais et que toute mon existence était fausse. Les X men sont venus à mon secours mais ils sont arrivés trop tard, ça s’est mal terminé. J’ai été tué. Rachel a offert sa vie pour me ressusciter, elle a fini par fusionner définitivement avec le Phénix, renonçant à son humanité. Ma sœur… a sacrifié sa vie pour me faire revenir. Et te voilà… toi et tes rêves de gloire pour Sinistre.

Je vais te dire, nous sommes en guerre contre Sinistre à présent, nous allons le traquer et le détruire pour ce qu’il nous a fait, tu n’as été qu’un pion dans son plan, un pion lâche et égoïste. Tu nous as trahis.
Tu seras toléré, Ernest, tu seras toléré mais tu ne seras jamais x men. Jamais. Rachel est au courant de ce que tu as fait, elle te déteste et si j’étais toi, je n’essaierai pas de croiser son chemin.

C’est ma sœur, je l’aime comme tel. Je te préviens…Fais lui du mal, ment lui encore une fois et cette fois ci, c’est moi qui te tuerais.


Que penserait quelqu’un face à un tel aveu ? Que penserait quelqu’un à qui l’on interdisait sous peine de mort de revoir « sa meilleure amie » ? Se tournerait-il vers lui-même ? Trouverait-il dommage que l’autre n’ait pas son point de vue, alors qu’il amenait des arguments pour la convaincre ? Trouverait-il ironique que ce soit parce qu’il n’ait pas fait la chose qui faisait mal qu’on le lui retournait en pleine figure ? Pire pour celui qui prétendait être fou, il raisonnait sur ce qu’il aurait put faire ! N'était-ce pas là une preuve qu'il savait ce qu'il faisait, et faisait ses choix en son âme et conscience, non pas sous le coup de la folie ?

Pas de culpabilité, pas de compassion, le seul crédit qu’il accordait aux autres était celui qui servait son intérêt : Louise Bragel était une psychologue, si elle disait qu’il était gentil, comment ne pouvait-il pas être gentil ? Mr Sinister était un maître manipulateur, comment se pouvait-il qu’il ne l’ait pas manipulé ? Et lui, pauvre chose en souffrance, n’était-il pas influençable ?

Cette fois-ci, se fut tout le dortoir des filles qui se mit à trembler. Rachel n’avait-elle pas été une pauvre chose influençable, et Ernest son Sinistre ?

Oui, tel qu’il le pensait, Ernest avait été dangereux pour les autres comme pour lui-même, il avait et aurait toujours plein de choses à se reprocher, il avait été, et aujourd’hui prétendait ne plus l’être, « prédisposé aux conneries à répétition », une « sorte de yoyo chaotique », un « paumé de première classe », un « grand minable », mais pourquoi pas un Maraudeur ? « Je ne peux pas accepter, Sinistre. Et je ne peux pas refuser non plus. J’ai besoin de temps. »

Et sa peine pour Caitlyn ne faisait que le renforcer dans sa chance d’avoir rencontrée Louise Bragel ; Fuzzy avait tord, ce n’était pas une avocate cette femme, c’était le Christ. Quant au fait qu’après son aveu, que pour son aveu, elle ne le regarda pas, c’était forcément parce qu’elle était dégoutée de lui, parce qu’elle le haïssait, ne pouvait-il concevoir que ce soit douloureux que de rappeler à la surface des souvenirs atroces ? Des souvenirs où il n’était pas ?

Ernest Lenoir avait eut droit à la mort d’une personne envers qui il semblait s’attrister, ainsi qu’au sacrifice d’une autre qu’il disait aimer d’amitié, mais pas une pensée n’était tournée vers elles, ce n’étaient que des miroirs pour lui renvoyer son image. Caitlyn lui avait interdit de revoir Rachel, et cela ne l’avait même pas attristé. Soit. Le Phénix lança la pièce.

Elle était la Justice, la justice du Phénix, celle pouvant apporter la vie comme la mort, ardentes l’une comme l’autre, cependant, elle était trop impliquée, et comme démontré précédemment, la justice des hommes n’avait pas la moindre valeur. A qui s’en remettre, alors ? Le Hasard, lui, était impartial.

A quoi bon regarder la pièce, elle saurait dès que cette dernière toucherait terre ce qu’il en serait. Face vie, pile mort. La pièce voleta dans les airs quelques instants, avant d'heurter le sol et de rebondir et rouler quelques instants encore, puis rendit son verdict.

Rachel poussa un soupire, un simple soupire, et se détourna du choix du Destin. Se levant, elle ramassa la pièce, la lançant négligemment dans un bocal d’économie qu’elles avaient mit en place avec sa protégée, pour se faire le propre réserve d’argent de poche et, lorsque ce serait suffisant, s’organiser des sorties à elles. Initiative du Phénix, qui avait fait pareil, il y avait longtemps déjà, avec une fillette nommée Ruby. Un fantôme de plus, elle en avait tant des fantômes qu’ils noircissaient son ciel et hantaient ses nuits, et il n’était pas question qu’elle en eut un de plus. Tourner la page, regarder vers l’avenir, arrêter de reproduire les mêmes schémas en espérant que le résultat serait différent, car cela aussi c'était de la folie, non ?

- Kaede, ça te dit ce soir, soirée pizza et film ? Anges & Démons, je te l’ai montré ?

RP TERMINE pour Rachel

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"Des monstres ont fait de moi un monstre,
Des divinités ont fait de moi une divinité,
Seuls les humains peuvent faire de moi une humaine."






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