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 le bonheur ne se trouve pas en lingots d’or mais en petite monnaie. ( Pv Amy De Lauro-Elioth)

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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: le bonheur ne se trouve pas en lingots d’or mais en petite monnaie. ( Pv Amy De Lauro-Elioth)   Mar 16 Juil - 17:32


Il est plus facile de raconter l’extraordinaire qui tend à se teinter d’une souffrance désespérée que l’ordinaire d’une vie qui s’écoule sans heurts et pourtant, c’est là qu’est le bonheur entre trois mots simples, un regard appuyé ou un geste empli d’une tendresse presque naturel. Le bonheur est une chose étrange, on cherche tous à l’atteindre et c’est souvent alors qu’on le perd dans les heures les plus sombres qu’on se rend enfin compte qu’on le tenait à travers ces petits riens, ces faits presque anecdotiques qui font la vie plus lumineuse. Le regret d’avoir laissé s’enfuir par inadvertance les  gestes du quotidien ou les surprises de l’existence vient sur la tard, souvent avec la sagesse, toujours avec l’absence. Mais que l’on se rassure ! Il n’est jamais trop tard pour le savourer, ce cadeau construit par les liens du cœur,  il suffit juste de savoir le dépeindre comme il est, un arc en ciel constitués de toutes ces petites taches de couleurs vives qui nous ferons aimer la vie et nous sentir bien mieux vivant que mort mais n’est-ce pas ça la leçon ultime de la vie : ressentir ?

Une journée sans autre enjeu que de laisser la vie vous pousser, une journée comme il en existe bien plus mais qu’on occulte souvent. Un dimanche qui deviendra ce qu'on en fera. C’est tout l’enjeu du propos parce que le bonheur ne se trouve pas en lingots d’or mais en petite monnaie.


3h 00  AM. approximativement.

Je m’éveille en hurlant. C’est toujours la même rengaine et les mêmes ombres. Les mains recroquevillées sur les draps à les tordre d’horreur quand je ne les porte pas à mon visage dans l’horreur de le voir mutilé, découpé en morceaux, paralysée sur cette chaise alors qu’ils font leur office. Mes mains n’ont pas encore quittées le drap en relâchant la pression alors que le sang cogne dans mes tempes que je sens la chaleur d’autres mains m’appeler à elle. C’est toujours ce moment qui me raccroche à la réalité, quand je sens ses paumes sur mon visage pour attester qu’il est intact et qu’elle me force à tourner la tête afin de me perdre dans ses iris. Elle sait quoi faire, comme la gardienne de mes nuits qu’elle est devenue. Elle sait comment gérer cela par ce que nous le gérons toutes les deux depuis longtemps. Parfois les mots sont nécessaires, d’autre fois non. Nous avons nos complaintes, nous avons nos routines. Et je me perd dans ses bras comme toujours. Dans ces bras qui donne un amour infini en une caresse réconfortante. C’est là que je peux être fragile, c’est toujours là qu’elle m’attend, à deux pas de mon cœur. Nous nous embrassons, parce qu’on en a besoin, comme si ce rituel suffisait à éloigner les mauvais rêves, je ne sais pas…Moi en tout cas, j’en ai besoin, c’est une chose dont je ne pourrais pas me passer, pas un jour sans que nos lèvres ce sellent, c’est ainsi et toujours deux fois plutôt qu’une.

J’en profite pour me lever, je sais qu’elle aime me voir déambuler nue dans la pièce juste éclairée par la lumière lunaire qui voile l’obscurité de la chambre et comme je ne suis pas pudique, je lui offre ce spectacle parce que ça fait du bien de se savoir observer avec ce regard-là, c’est un de ces plaisirs gratuits qu’on n’a pas besoin de s’expliquer. Parfois j’en profite pour ouvrir le mini frigidaire pour attraper une bouteille d’eau, la chaleur de juillet et étouffante et l’air le fait rare, même la nuit. La majeure partie du temps, je fais une pause pipi. Ce n’est pas très glamour, j’avoue volontiers et d’autant plus flippant que je connais ses capacités innées de sens aiguisés. Etrangement, ça m’indiffère. Nous avons atteint un tel degré d’intimité que nous avons peu de mystères l’une pour l’autre. Il m’arrive même de plaisanter lorsqu’elle-même passe aux toilettes et évacue beaucoup plus qu’un être normal au point de croire qu’elle prend une douche. Elle est unique, elle est différente, mais elle est à moi et ça, c’est une joie difficile à expliquer alors assise sur mes chiottes, je souris comme une idiote.

Dès que je suis de retour, je sens immédiatement en un froissement de tissus sa chaleur posée sur ma poitrine, là où sur mon sein gauche s’envole un papillon, un autre vient s’y poser pour trouver sa place au plus près du cœur. Alors je passe mon bras autour de son épaule et dépose la main non loin de son flanc tout en me laissant bercer par cette chaleur. J’aime la chaleur, sa chaleur. Réconfortante et berçante, elle m’est aussi essentielle que mon oxygène et que sa lumière, alors je plisse les yeux gagnée par le sommeil pour entamer mon reste de nuit, elle sera sans mauvais rêve, elle l’est toujours.

Aujourd’hui, c’est dimanche.
Nous n’avons rien planifié encore, il fera beau et chaud, nous serons sans nuages comme le ciel. Je me réveillerais vers 9 h ce qui est assez tard à moins qu’elle ne me réveille avant, ce qui est souvent le cas. Si elle désire se lever, je le ferais en bougonnant mais ma bougonnerie face à son sourire s’envole bien vite, comme toujours. Si elle décide de se lever, je sais par instinct qu’elle sera de retour pour se glisser à nouveau entre les draps juste avant mon éveil, ça ne m’empêchera pas de râler à demi endormie lors de son départ pour tirer à moi la couverture en gémissant, c’est d’après ses dires «  un moment charmant », ne me demandez pas de confirmer, je suis trop dans le cosmos pour vous répondre mais s’il se teinte du même charme que ce moment où collée à moi après l’amour, j’essaye de bouger et qu’elle s’agrippe à moi en couinant de protestation d’une toute petite voix, alors je veux bien le croire.

Parfois elle me demande ce que j’aime en elle avec un air ingénu, je lui réponds « tout » ce qui a toujours le don de la laisser perplexe un instant. Mais je crois qu’il n’y a pas meilleur réponse.

Cette journée sera belle, parce qu’il ne saurait en être autrement si elle est avec moi.

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Amy de Lauro
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MessageSujet: Re: le bonheur ne se trouve pas en lingots d’or mais en petite monnaie. ( Pv Amy De Lauro-Elioth)   Sam 20 Juil - 22:11

hedgehog's dilemma by Evangelion on Grooveshark

Un jour comme tant d’autres – 03 : 00 A.M.
Mes yeux s’ouvrent alors que je sens sa tension à mon côté, entre mes bras, contre les ailes, en mon cœur, aussi. Jadis, je dormais sur son sien, écoutant son cœur, aujourd’hui, c’est parfois ainsi que je m’endors, mais nos soirs n’ont plus l’innocence d’autrefois, et c’est à son côté que je repose la plupart du temps, une fois nos ébats terminés. Je la couvre toujours d’une de mes ailes, et généralement, d’une de mes mains aussi, mais nos nuits ne sont pas forcément plus calmes que nos soirées, même si elle reste la plus… damnée.

C’est une damnation, à chaque fois qu’elle se réveille ainsi ; c’est une damnation que de revivre le mal qu’on a fait comme celui qu’on nous a fait. C’est une damnation, nous sommes damnées. J’ai choisi ma damnation, je ne suis pas à plaindre, mais elle, elle n’a pas eut le choix, pas plus la première fois que la seconde ; j’aimerai partager sa damnation, lui montrer que je suis là, mais il est des choses que l’on ne peut accomplir ensemble, alors j’attends. J’attends qu’elle revienne à ma portée en priant pour qu’elle le fasse, comme toujours. Et elle l’a toujours fait.

Je suis à genoux, à son côté, avant même qu’elle n’ait poussé son cri, car je l’attends, car je l’aime. Elle prend son souffle paniqué, elle se crispe, elle ouvre les yeux, elle se tend et se redresse, puis vient le hurlement. Je la contemple comme on contemple un malheur, la laissant subir et subissant avec elle, dans l’attente de pouvoir l’aider à aller mieux. Ses mains se crispent telles des serres, m’indiquant de quoi il était question dans son rêve : lorsqu’elles quitteront le drap, soit elles s’ouvriront pour que le regard larmoyant se pose sur elles, traduisant les crimes d’un passé qui n’est qu’à moitié sien, soit elles se porteront à son visage, témoignant du retour à ce passé dans la douleur et dans la mort. Caitlyn a perdu deux choses dans sa vie : son âme et son visage. Elle a perdu son âme pour gagner un visage, et son visage pour avoir regagnée son âme. Aujourd’hui, elle a son visage, et nous avons notre âme ; à moi de lui rappeler.

Pour beaucoup de choses, j’agis avec célérité et précision, mais pour elle, l’exactitude et l’assurance semblent se fissurer, car j’ai toujours l’impression de toucher une œuvre éphémère qui disparaitra bien trop tôt, pour peu qu’elle ne soit pas brisée avant ; mes mains ne tremblent pas, et trouvent toujours leur chemin, car elles sont guidées par mon cœur, qui lui, tremble. Elles se posent sur son visage avec plus de douceur qu’une feuille d’automne atterrissant sur l’onde sans la briser,  et guident à leur tour un visage pour que les yeux du cœur trouvent les yeux du cœur, et que deux cœurs tremblant n’en face plus qu’un.

Mes ailes l’encadrent à nouveau, la couvrant d’une chaleur qui pourrait être de trop, mais sera à jamais bienvenue ; une chaleur qu’elle aime, je le sais, et je ne lui en offre que d’avantage, car si elle pourrait être de trop, elle ne sera jamais en trop. Mes bras quittent ses joues pour glisser le long de sa gorge et de ses omoplates, puis l’accolade commence alors que je lui rappelle que nous sommes entièrement là. Ce n’est que lorsque notre cœur arrête de trembler que mon emprise se desserre, et que nous nous éloignons à nouveau ; que nous nous éloignons pour mieux nous retrouver, dans un muet baiser, à jamais dissimulé aux yeux du monde. Je signe, car c’est moi, et que je veux qu’elle sache que c’est moi ; qu’elle sache que comme toujours, il reste de l’amour, débordant, alors que nous venons à peine de l’exprimer, et qu’il en serait toujours ainsi.

Elle se sépare de moi, mais ne me quitte pas, ni dans la pensée, ni dans la présence, elle est revenue et elle m’est revenue. Elle marche nue à la lumière nocturne, consciente que je la voix parfaitement, ou peu s’en faut ; elle n’offre un spectacle dont je ne me lasserais jamais, pas par remerciement, mais par amour. Nous n’attendons rien de l’autre que le fait que notre amour ne soit pas à sens unique, et nous donnons tout pour que tel ne soit pas le cas ; tel n’est pas le cas. Est-ce que mes yeux brillent dans la nuit ? Non pas comme ceux des chats, tel est déjà le cas, mais comme ceux des amoureuses. Je crois que cela se voit, et je sais qu’elle le ressent. Je reste là, à genou tel la veilleuse que je suis, et seuls mon visage et mes sens la suivent, quoi qu’elle fasse. Je ne perds pas son image, je ne perds pas ses bruits ni ses odeurs, et j’attends à nouveau qu’elle revienne à notre lit, l’admirant de trois sens avant que les deux autres ne se joignent à nouveau à notre univers. Car notre nid, ce nid que l’on a construit et aménagé, n’est que la porte de notre univers, un univers que l’on ne partage que peu, et généralement involontairement, Dante m’est témoin, et Jub’ aussi.

Elle revient, elle reprend sa place, et je reprends la mienne, contre elle, sur elle. Nous nous endormons paisiblement, ensemble, elle bercée par ma respiration, tant sur son sein que sur l’entièreté du lit, et moi bercée par son cœur, tant sous son sein que dans le mien, de cœur.

Un jour comme tant d’autres – 09 : 16 A.M.
Je ne me suis pas levée, ce matin ; nous sommes dimanche, et c’est bien le seul jour de la semaine où je ne me lève pas pour m’entrainer. Dieu créa le monde en six jours et se reposa le septième, nous créons notre monde le septième jour et l’entretenons les six autres. Ce n’est pas dévalorisant, au contraire, s’aimer est une action de chaque instant, mais notre implication dans le monde de Dieu nous laisse moins de temps pour le notre, ainsi rare sont les moments qui lui sont exclusivement consacrés lors de nos semaines. Peut-être est-ce cela qui conduit à notre sulfureuse – et méritée – réputation, puisque nous avons besoin d’exprimer notre amour d’une façon brutale, car nous ne pouvons la distiller en petits gestes, le temps nous manquant.

Je n’en sais rien, je n’ai pas envie de savoir, à dire vrai, je prends les choses comme elles viennent, avec émerveillement et contentement, dans le cas de notre amour. Je donne sans réclamer, et je sais qu’elle en fera autant.

Elle commence à émerger en douceur, alors que, comme tous les mâtins, trône sur la table de nuit un petit plateau avec un bol de céréales ; ses céréales, petites boules jaunes « au miel » même si ce dernier n’est pas réellement majoritaire dans la composition. Mais en cette matinée, un autre bol lui tient compagnie, célébrant l’exception qu’est le dimanche dans notre routine quotidienne. Chaque matin, après avoir moi-même déjeunée, je lui apporte le sien, le déposant en silence pour que lorsqu’elle ouvre les yeux, elle sache que j’ai pensée à elle, et que j’y pense toujours ; mais le dimanche matin, je suis là, avec elle, physiquement, et je l’attends pour déjeuner.

Depuis combien de temps suis-je réveillée ? Trois heures, au moins. Depuis combien de temps me suis-je éclipsée ? Il m’a fallut cinq minutes pour faire l’aller-retour au réfectoire, et c’était il y a le double. Mais s’il n’y avait pas ces preuves sur la table de nuit, jamais Caitlyn ne pourrait douter que je me sois évadée, car je l’attends à son côté, allongée sur le ventre, tête tournée vers elle, et ailes déployées pour nous couvrir de notre chaleur.

Je cligne des yeux, si vite que l’image doit lui paraitre saccadée, mais elle s’y est habituée depuis le temps, et puis mon sourire reste le même face au sien alors qu’elle me regarde ; c’est dans ces moment là que notre devise « en demain, nous croyons » prend le plus d’importance, car nous sommes demain, le premier jour du reste de notre vie.

J’attends qu’elle bouge pour en faire de même, car j’escompte bien profiter de son visage au petit matin aussi longtemps que possible. Je la laisserais pousser mes ailes lorsqu’elle voudra se lever, puis m’agenouillerai à nouveau, bien plus calme cette fois, sachant qu’elle était restée avec moi. Nous déjeunerons dans notre nid, toutes les deux, puis nous feront notre toilette, à tour de rôle ou toute les deux, tout dépendra de l’humeur du jour.

Nous en avons pour l’heure, dans tous les cas, puisque c’est la seule journée où nous sommes ensembles, et que nous n’avons aucun impératif temporel. La vraie question n’est pas de savoir ce qu’il y aurait à signaler, durant cette heure, car tout pourrait être signalé, dans les moindres détails, quoi que nous fassions, car cela serait emprunt de cette même tendresse et de cette même douceur, mais il est des choses qui ne regardent que nous. Des caresses et des mots doux, oui, mais des plaisanteries et des rires, également, des bavardages, remplis d’une innocence naïve et d’espoir innocents.

J’estime que Caitlyn aura 95% de ces mielpops, car je ne manquerais pas de lui en piquer un ou deux, non pour accompagner mon thé, mais pour accompagner mon amour. Je pense qu’à force de vouloir laisser la place à l’autre dans la douche à grand renfort de « après toi », on finira par y aller ensemble, chose étant potentiellement le but depuis le début, et que l’on pestera une fois de plus contre sa petitesse. Je pense qu’une fois sorties, nos regards s’attarderons sur l’autre, qui à défaut de cacher sa nudité sous la serviette se débarrassera rapidement de cette dernière pour s’offrir dans tout son naturel. Naturel que, pour ma part, je n’altèrerais pas en maquillage, et qui je peignerais de manière à laisser libre au maximum, sans pour autant obtenir le chaos. J’aiderai Caitlyn là où elle me le demandera, que ce soit nécessaire ou pas, tout aussi concentrée à ma tâche que le besoin l’exprimera, l’autre partie de mon esprit se chargeant de divaguer à la suite de mes yeux sur elle. Nous prendrons-nous au petit jeu de choisir la tenue de l’autre ? Je l’ignore, je verrais bien. Ce que je sais, c’est que le moment où nous devront-nous occuper de mes ailes sera apprécié à sa juste mesure ; mes ailes sont différentes, mais ce n’est pas pour cela qu’il ne faut pas les entretenir, et cela passe par un épouillage qui, considérant qu’elles m’apportent les sensations tactiles grâce leurs « plumes » et que ces sensations sont aussi précises que le nombre de plumes le laisse supposer, est des plus agréables. Et cela, elle le sait, tout comme elle sait que mon dos fait parti de mes points les plus sensibles, justement suite au développement de mes ailes poumons.

Nous avons trois quart d’heure pour nous préparer, trois quart d’heure pour être encore entre nous, dans notre nid, dans notre monde, nous préparant pour rejoindre celui qui se situe au-delà de la porte. Peut-être auront nous encore besoin de force pour l’affronter, et quoi de mieux qu’un fruit pour apporter ce petit supplément ? Nous avons souvent une petite panière de fruits de saison au-dessus du réfrigérateur, et il se trouve que la saison est aux abricots.

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Nephilim

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Dernière édition par Amy de Lauro le Lun 22 Juil - 14:38, édité 1 fois
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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: le bonheur ne se trouve pas en lingots d’or mais en petite monnaie. ( Pv Amy De Lauro-Elioth)   Dim 21 Juil - 8:20



Un jour comme tant d’autres – 09 : 16 A.M.

Je n’aime pas me réveiller seule et elle le sait mais je fais contre mauvaise fortune bon cœur, nous avons nos responsabilités, nous les avons acceptées mais ces responsabilités s’estompent le dimanche. Exit Neph’ et Fuz’ juste Amy et Caitlyn, et c’est bien là ce que je préfère, nous nous consacrons à nous construire, à construire cet amour improbable pour bien des raisons, et nous avons appris à emmerder d’un sourire ceux qui nous jettent ces mêmes raisons au visage. Le Dimanche est à nous, c’est pourquoi c’est le plus merveilleux des jours parce qu’il commence par mes yeux plongés dans les siens alors que les bribes du sommeil s’évaporent. J’ignore comment elle s’y prend, la magicienne de mon cœur, le matin n’est pas réputé être la période où l’on resplendit de mille feux et je ne dois pas être un modèle de beauté avec mes cheveux en pétard et le visage marqué par l’exposition trop longue sur l’oreiller. Mais elle…à chaque fois, j’ai l’impression que mon cœur s’emballe en la voyant et cette implosion m’oblige à lui offrir un sourire taiseux, le sourire de celle qui sait sa chance d’être là et d’être aimé par cette merveilleuse créature qu’elle est à mes yeux. Elle est belle, c’est à chaque fois une éternelle constatation, Dieu qu’elle est belle. Le rituel du sourire passé, ce sourire qui signifie tout à la fois : du salut jusqu’à je t’aime, il n’est pas rare que nous échangions quelques mots tendres et il m’arrive de laisser courir le plat de ma main sur sa joue avec une expression si adulte qu’elle en devient grave. Elle aime ça en moi, cette capacité de passer de la petite fille à la femme, ces expressions, je ne les partage que rarement avec un autre, mais toujours avec elle. Je marque l’instant, je le grave et son sourire muet me renvoi la certitude qu’elle sait combien ça m’importe, de le vivre et de me rendre compte que je le vis, ce bonheur.
Voici la douce intention du déjeuner, elle sait ce qui me plait et il n’est pas un jour sans que ce bol m’impose s’il est besoin l’évidence de combien elle m’aime, de combien je suis importante à son cœur. Ce n’est pas une « preuve » d’amour parce que l’amour n’a pas besoin de se justifier comme un crime, ni une « démonstration » parce qu’il n’a rien d’un théorème et sa logique échappe au raisonnement. C’est une manifestation de tendresse, un geste qui ne s’analyse pas comme celui que je sacrifie à chaque matin en poussant délicatement ses plumes pour remonter assise sur le lit, ce baiser de remerciement muet sur son front que je ne peux lui accorder que le dimanche.

Autre geste charmant, le picorage de nourriture. Petite, cela m’agaçait profondément qu’on toucha à ma pitance mais ce partage allait de soi outre les manifestations amusantes et flatteuses de NAMOUA, il s’agissait surtout ici de partager et il n’était donc pas rare que cela soit moi qui lui donne un de mes miel pops avec un rire malicieux et un geste de connivence presque maternel. Le levé était difficile parce que j’adorais cette chaleur et cette intimité mais chaque minute demandée à être vécue intensément, surtout le dimanche.
Une fois debout je m’étirais malicieusement de toute ma nudité, c’était parfaitement puéril, je le sais bien mais j’aurai bien souvent fait n’importe quoi pour aiguiser ses sens et pour lui plaire, séductrice comme je l’étais pour elle seule.

Les préparatifs se faisaient toujours en musique, il s’agissait de mon rituel. Musique couverte par nos papotages parce que Jubilée avait raison sur un point, nous n’étions pas des plus discrètes même en dehors de ces moments d’intimités où nos corps avaient la parole. Les discutions étaient triviales mais animées, je retrouvais là l’Amy d’avant Amaranth, pétillante et naïve. Nous rallions contre le monde, contre les gens et contre la douche trop petite pour la prendre ensemble parce qu’à l’avenir, nous la prendrions ensemble quitte à se foutre en retard chaque matin en la prolongeant inévitablement par d’autres activités n’ayant plus rien à voir avec l’hygiène. Mais même sous la douche, nous continuions nos palabres en haussant juste le ton, l’une s’adressant à l’autre affairée devant le miroir en un ballet charmant.

Les gestes, toujours. Il m’arrivait de bloquer, torse nu devant le miroir avec un air désespéré en contemplant une poitrine qui je jugeais bien trop petite, vieux complexe d’adolescente et elle sortait de la douche serviétée pour venir se placer dans mon dos et m’agripper par surprise l’objet de ma désespérance avec quelques mots soufflés rassurant sous mes fausses interjections outrées qu’elle repoussait d’un rire. J’aimais à me poser dans l’encadrement de la porte alors qu’elle se coiffait pour la regarder faire dans le miroir, ce spectacle matinal me gonflait littéralement le cœur. Pourtant naturelle et loin de toute sophistication, c’était un ravissement et pour rien au monde je n’aurais loupé cet instant-là.

Il m’arrivait plus que souvent de lui demander son avis sur les vêtements que j’allais porter mais connaissant mon absence total de gout vestimentaire et l’embarra qui était le mien pour choisir des tenues, elle s’abstenait de le faire en retour se contentant de ma part d’un «  oui j’aime bien » ou un « oui mais il va faire chaud ». Elle était l’indulgence même avec mes hésitations et lorsqu’elle me voyait perplexe devant trois tenues posées sur le lit, elle passait d’un air nonchalant en me désignant l’une d’un « celle-ci » sans s’appesantir ou ajouter à l’embarra de ma crucherie et s’en retournait avec un sourire complice pour m’épargner. Oui, pour ça, elle était extraordinaire de compréhension et d’attention en tout genre.

Nos deux moments étaient ritualisés, l’entretien de ses ailes que j’opérais selon l’humeur d’une façon presque professionnelle ou sensuelle si je m’attardais sur certains endroits stratégiques cédant ou pas à son excitation puisque c’était bien là le switch on/off de la belle italienne et pour moi le rituel du coiffage, assise sur le lit, me laissant coiffer la crinière en ronronnant presque, je n’aurais laissé personne  le faire, c’était son privilège puisque la rousseur m’avait toujours plus ou moins défini dans l’existence, elle était donc son usage exclusif.


Socialisation et tour du propriétaire – 10 : 15 A.M.

Il ferait beau et il était temps d’élaborer un programme. Elle me laissait toujours l’initiative même si cela m’agaçait. Ce n’était pas par désintérêt mais par peur de s’imposer même si nous travaillons la dessus depuis toujours. Les conversations du genre « qu’est ce qui te ferait plaisir ? Et bien ce qui TE ferait plaisir. » n’avaient plus de secret pour nous. J’avais décidé de prendre les choses en mains, nous sortirions pour un peu de shoping, manger une glace ou autre dans un café New Yorkais et terminer par une ballade au parc…n’importe lequel du moment qu’on puisse s’assoir dans l’herbe et rêvasser autour des immeubles.

Robe bleue légère et sandalettes, queue de cheval et jambes nues : c’était bien assez pour le « tour du propriétaire » .Outre le fait qu’il nous faudrait réserver un véhicule et sacrifier à certains impératifs de sortie, il nous fallait surtout descendre dans l’arène pour saluer ceux qui s’attardaient dans l’Institut. Jub peut être, ou Rachel, Kaede ? Ils étaient notre famille. Force était de constater que Amy avait beaucoup plus de connaissances même si elle cherchait toujours à me vendre avec tendresse comme « une fille exceptionnelle et injustement boudée ». Cela m’importait peu lorsque nous étions ensemble et j’arrivais presque à faire fi de ces regards en oblique que certains « inconnus » nous portaient lorsque nous descendions main dans la main, ou bras dessus dessous en mode « couple ». J’aimais à le clamer régulièrement, j’étais homosexuelle par choix, non par naissance, j’avais choisi d’aimer cette femme parce que c’est ce que mon cœur et mes sens me hurlaient de faire, parce que rien ne me rendait plus fière dans ces couloirs que de me pendre à son bras en un geste amoureux et tendre et d’inconsciemment régler mes pas sur les siens pour écouter ce son mélodique que l’on faisait ensemble en frappant le parquet en rythme, un simple jeu d’enfant qui suffisait parfois à me faire sourire béatement durant des dizaines de minutes  lorsque nous cheminions ensemble en une sorte d’entité indestructible. Mais que vienne l’un de ses parasites que je ne connaissais pas et qui regardait avec un peu trop d’insistance le regard de ma Sweety et aussitôt une pression sur son bras lui indiquait que cela ne me plaisait pas du tout. Elle connaissait cette jalousie maladive et la partageait en retour avec une indulgence réciproque.

Ce n’était pas compliqué à comprendre, c’était mon trésor, ma raison de vivre, une ile sauvage et inconnue regorgeant de douceurs et de mystères et personne ne viendrait en fouler les rivages de son existence sans mon autorisation, qu’on se le dise.

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Amy de Lauro
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MessageSujet: Re: le bonheur ne se trouve pas en lingots d’or mais en petite monnaie. ( Pv Amy De Lauro-Elioth)   Lun 22 Juil - 16:04

Blue Dress by Depeche Mode on Grooveshark

Un jour comme tant d’autres – 10 : 15 A.M.
L’une des plus grandes différences entre elle et moi a toujours été notre méthode de réflexion ; le cœur et la raison. Elle est le cœur, je suis la raison, et elle m’a souvent reproché de mettre ma vie dans des cases. J’ai toujours suivit un emploi du temps, cela évite de s’égarer, cela crée une routine rassurante et permet d’être efficace ; mais il est des choses qu’il ne faut pas essayer d’enfermer dans des cases. Un oiseau ne doit pas vivre en cage, notre amour non plus. Je pense que je m’améliore, puisqu’elle est ma professeure comme en de si nombreuses choses, cependant, je dois avouer que faire le tri dans les idées des possibles lorsque l’on échappe à mes prévisions est parfois assez complexe; qu’importe ce que l’on fait, tant qu’on le fait à deux, tant qu’on le fait ensemble.

Le choix des activités est similaire à celui de la douche : c’est du « toi d’abord » si bien que nous finissons par le faire ensemble. Pourquoi ne pas commencer directement par le faire ensemble, en ce cas ? Pourquoi joue-t-on ? Pourquoi développe-t-on une chose ? Parce que le moyen d’y parvenir est aussi important que la fin. Nous ne construisons pas pour construire, pas plus que nous construisons pour que cela se termine un jour ; nous construisons notre amour selon nos règles, pour profiter de chaque brique posée par nos mains, et de chaque croisement de regards amoureux une fois qu’elle est à sa place, car telle est la notre, de place. Ensemble.

Aujourd’hui, c’est sortie ; shopping, une glace ou une boisson fraiche, et une ballade à Central Park ; comme avant. Un petit tour dans un zoo du coin serait mon rajout, pour désespérer du flegme des tigres, qui finiront traités de branleurs, et une déclaration pas forcément tout public devant l’enclos des castors, qui construisent des entrées cachées à leurs barrages pour ne pas être emmerdés et pour ne pas qu’on sache ce qu’ils faisaient une fois dans leur nid ; comme nous, somme toute.

Au bleu répond le rouge, et ma légère robe fait le parallèle à la sienne ; elle est le rêve, je suis la passion, nous sommes complémentaires. Jambes nues, bras nus également, et un col bateau qui, à défaut de faire un décolleté, laissera dévoilé le haut de mon torse comme celui de mon dos, en un appel au contact de ses mains, de ses poignets, de ses avant-bras ou toute autre chose qu’elle décidera d’y déposer. Une ceinture noire tenant en un nœud gracieux pour accrocher téléphone et portefeuilles, et des ballerines, puis je la suis jusqu’à cet environnement utopique et isolé qu’est l’Institut, au-delà de la porte de notre chambre.

Les couloirs et les fenêtres défilent dans un décor familier, alors que nous portons la vaisselle sale à la cuisine pour l’entasser anonymement avec le reste, et que nous sortons pour profiter de notre anonymat à nous ; pas de Fuzzy, pas de Nephilim, juste deux jeunes femmes qui, à défaut d’être normale, escompte profiter d’une journée dédiée à leur normalité. Des visages, des salutations aussi, une Nobody qui se serait bien proposée de nous prêter sa voir si elle ne l’avait pas embouti une fois de plus dans la flore ou la faune des environ, une Jubilee s’échauffant pour reprendre une course commencée dans les ténèbres de la nuit, une Rachel aussi réveillée que devait l’être son animal de compagnie et moins bien léchée que lui, un Sanzo c’étant fait une nouvelle amie et ayant du fait accroché un nouveau pins à son armure de chevalier blanc, et une Emma qui a forcé le trait sur le maquillage pour pas qu’on sache qu’elle avait passée une mauvaise nuit, mais qu’on la croit sortie d’une œuvre de Picasso, ne serait-ce que pour les couleurs. Nos amies, notre « famille » selon Caitlyn.  Je n’ai jamais eut de famille avant Caitlyn, et celle que j’ai découverte après, je ne préfère pas en parler, toujours est-il qu’exception faite de l’amour, je tiens la famille en dessous des amis, pour une simple raison : on ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis. Je suis plus proche de mes amies que de mes sœurs, mais je comprends ce que Caitlyn dit par famille : famille de cœur.

Car tout est dans le cœur, finalement. Et le Dimanche, c’est bien le jour où c’est le cœur qui nous porte, qui est cause et but. Je ne vais pas jusqu’à faire un petit cœur sur ma signature dans le registre du secrétariat concernant l’emprunt de voiture, mais l’idée est là. Je prends le volant, pour une simple raison, celle que j’agis suffisamment vite pour pouvoir regarder la route et regarder mon amour lorsque je conduis. J’irai doucement, on ne brusque pas l’amour et le bonheur, et je serais même en dessous des limitations de vitesse, pour faire durer le moment. Un pied sur l’accélérateur, l’autre sur l’embrayage, une main sur le volant, l’autre sur la boite de vitesse, je ne m’empêche pas de la regarder régulièrement, et je discute, encore et toujours.

L’invitation au restaurent japonais pour le midi-même me vient rapidement, où plutôt, à l’instar du zoo, finit par sortir du flot de pensées qui roulent dans mon crâne dans un embouteillage à destination du cœur. Les sujets vont et viennent dans la conversation, alors que nous cheveux volent au vent que la décapotable laisse caresser nos visages. Je ne suis pas jalouse, ou plutôt je n’ai pas lieu de l’être, même si la pensée de la caresse du vent sur le visage de Caitlyn ne faisant penser à cela me rappelle que, pour peu que le vent ait un esprit, je serai capable de l’être, jalouse.

Mes yeux bleus sont couverts de mes membranes vertes, pratiquant discrètement une photosynthèse, même si j’ai conscience qu’il me faudra les dissimuler à New York. J’aime à voir dans ses yeux son reflet dans les miens, car cette mise en abîme me prouve que nos yeux sont ceux du cœur. Elle doit se voir à travers mes yeux d’émeraude lorsqu’elle doute d’elle-même, mais à dire vrai, les yeux d’émeraude sont les siens. Nos yeux sont la terre et le ciel, et lorsqu’ils se mêlent en un échange de regards, on peut enfin voir une fresque de notre monde.

Il nous faudra autant de temps pour atteindre Manhattan que nous n’en avons mit pour nous préparer, mais ce n’est qu’une fois là-bas que notre préparation entrera réellement en jeu.

Un jour comme tant d’autres – 11 : 28 A.M.
Nos pas marquent une mesure dans une cacophonie urbaine qui n’est que chaos, nous permettant de nous déphaser de ce qui nous entour comme nous le voulons. Nous sommes ici pour aimer, pour être normales, pour disparaitre dans la foule aux yeux des autres et pour rester entre-nous ; à une époque nous nommions cela « seules à deux », aujourd’hui cela tient plus du « ensemble, et le monde autour ».

Les magasins ferment à treize heures, nous sommes dimanche, mais cela ne suffit pas à nous faire presser le pas, car le temps lui-même n’est que secondaire aujourd’hui. Ensemble, et le monde autour ; il peut bien nous regarder étrangement, ce monde, il peut bien murmurer une vérité que nous savons, nous ne nous lâchons pas pour autant. Nous nous aimons, qu’importe que cela plaise ou déplaise à quiconque, qu’il soit un passant anonyme qui nous aura oublié d’ici à ce qu’il ait tourné la tête, ou qu’il soit quelque chose de moins commun et de plus dangereux. Je ne peux m’empêcher de faire un magnifique doigt d’honneur lorsque, alors qu’on remonte la Vème Avenue, on passe devant le grand manoir du XVIIIème, puis j’accélère le pas en pouffant, sachant que j’ai été prise en flagrant délit par celui à qui il est destiné.

Nous arrivons au centre commercial, et je me demande jusqu’où va-t-on aller cette fois. Il y a tellement de choix que nous ne pourrons tout voir, mais ce qui m’importe c’est ce que nous verrons ensemble ; fringues, obligé, café aussi, surement. Pas de glace avant de manger, non, il faut conserver son appétit pour le restaurent jap’, et je ne suis pas hypocrite quant je dis ça, j’ai toujours eut un appétit d’oiseau, la photosynthèse n’y est pour rien !

Je flâne à sa suite, prête à la suivre au bout du monde, et c’est ce que je m’assure de faire en ne rompant le contact de nos mains ou de nos flancs qu’en cas de besoin. Je commenterais, comme toujours, j’essaierais si elle me le demande et je lui demanderai à chaque fois, rêvassant plus que de raison. J’attendrai en faisans le pet devant sa cabine d’essayage, et je taperais discrètement du pied à chaque fois qu’une femme ou qu’un homme regardera dans notre direction, même si c’est justement cette étrange attitude qui attire leur attention. Si Caitlyn rit ne serait-ce qu’un instant de cette pitrerie naïve, alors je la continuerai, ne manquant pas à ma réputation. Je vérifierais également qu’il n’y ait pas de plante dans le coin, car on ne peut empêcher une plante d’épier, même en lui massant la voute.

Fringues, puis café, avec deux boissons différentes mais deux pailles finissant systématiquement dans le même verre, puis une pièce jetée dans une fontaine pour faire un vœu ; une seule pièce pour nous deux, puisque de toute façon, nous faisons le même vœu, et nous ne comptons que pour une.

Nous comptons pour une, c’est notre plus belle réussite, et notre seul vœu est que cela continue. Ne jamais s’abandonner, ne jamais s’arrêter de courir mais savoir où l’on va, ne jamais cesser de s’aimer ; marcher est une forme de course, nous marchons en synchronisme et regardons en direction de l’autre, nous tenant fermement, mais sans forcer, juste parce que nous le voulons ; parce que nous nous aimons.

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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: le bonheur ne se trouve pas en lingots d’or mais en petite monnaie. ( Pv Amy De Lauro-Elioth)   Mer 7 Aoû - 7:30



Un jour comme tant d’autres – 11 : 28 A.M.

Invincibles. Nous sommes invisibles. C’est illusoire et c’est pourtant ce que je ressens lorsque je la tiens, pendu à mon bras et martelant le bitume en une métronomie su parfaite, si précieuse qu’elle occulte complétement le monde tout autour de nous. Non ce n’est pas qu’il ne compte pas ! Bien au contraire ! C’est juste que durant ce moment si particulier, je nous sens y prendre part complètement, en son cœur comme ses enfants et non plus des sortes de protecteurs ou de victimes. On ne peut apprécier d’être normal que parmi les normaux. Je ne sais pas si elle aime le paysage urbain, pour ma part j’y suis habituée mais cela ne m’empêche pas de rêver à des verdures sans fin de l’Irlande ou des ruelles sinueuses de l’Italie. L’un ou l’autre seront à explorer parce que c’est chez moi et c’est elle. San Francisco, elle, est déjà à nous. Alors j’affiche ce sourire béat en me serrant un peu plus contre elle, mon esprit vagabondant sur une vie qui a tout d’un fantasme mais qui j’en suis sure, deviendra une réalité.

Je ne peux m’empêcher de rire discrètement puis d’accélérer le pas à sa suite lorsqu’elle fait ses amitiés à son frère d’une façon si singulière. Un autre jour, j’aurai jeté mon regard réprobateur qui je le sais aurait amené en retour un abaissement de tête de la fillette grondée qui, le sait-elle, me fait craquer à chaque fois. Mais l’amour amène l’indulgence et je suis certain que lui-même au-delà de la désespérance de ce comportement doit sourire à nous voir ainsi, heureuses. Insouciantes oui mais indestructibles.

La vie…C’est précieux, c’est enivrant, c’est réconfortant. La suivre parmi les rayons de fringues quand on sait l’handicapée vestimentaire que je sais être, voir cette lumière briller au fond de son regard lorsque je lui présente un vêtement qui l’agré,  l’observer un instant depuis la cabine alors qu’elle frappe du pied comme un lièvre préviens du danger, la voir défendre «  sa propriété » farouchement et avoir cette envie violente de monter sur les vitrines armé d’un mégaphone pour clamer à la foule que je suis sa femme, que nous ne sommes qu’une et qu’importe le temps qui passe elle sera mon seul et unique projet. Je pense que je le ferai un jour, je le ferai par ce que je sais combien elle aime être à la fois embarrassée par mes pitreries et touchée par mes démonstrations aussi malvenues qu’originales.

Nous nous taquinerons inévitablement sur le prix d’une jupe qu’elle juge trop chère et je lui redirais une fois plus que nous avons les moyens. Une taquinerie pour rire puisque je sais qu’elle cédera au compris de la jupe ET une nouvelle pièce de lingerie. Je crois qu’elle développe une addiction à la lingerie, peut être son côté frostien, je ne sais pas. Ça ne me dérange pas du moment que je reste son unique mannequin.

Le café nous permet de souffler. Je la laisse toujours commander parce qu’elle sait que je prends toujours deux boissons, particularisme amusant, une chaude et une froide. Une habitude que j’ai gardée de l’enfance. Je la laisserai partager la fraiche puisque mon cappuccino sera vite consommé. Mon regard sera voilé en pensant à cet autre amateur de café qui nous a quitté en avril, lui qui adorait qu’un café soi parfait et qui passait son temps à pester contre les breuvages infâmes que servent les Starbuck. Elle le verra, comme à chaque fois, et se contentera de saisir ma main pour la serrer fermement avec un sourire doux amer. Nous avons nos victoires, mais aussi nos désillusions.
Nous savons que les échoppes sont sur le point de fermer, elle s’est décidée pour un restaurant japonais, elle sait ma préférence une fois de plus. J’avais caressé l’espoir d’un Italien comme à chaque fois et inévitablement, nous pensons à l’autre avant nous même en un charmant écho.


Un jour comme tant d’autres – 12 : 45 A.M.

J’étais un peu gênée au départ par nos prises de repas si particulière, elle est différente et se fait plus spectatrice qu’autre chose. Elle picore, bien entendu mais gardienne de façon admirable me signifiant d’un sourire plein de tendresse lorsque « deux desserts, c’est trop ». Elle sait que j’ai un léger problème avec la nourriture, enfant de la junk found et adepte du remplissage, je ne suis pas vraiment en modèle en ce qui concerne une nutrition équilibrée et dès lors le voilà gardienne et non cerbère. Je ne laisserai personne d’autre faire ce genre de remarque au sujet d’un problème si intime et je l’écoute toujours lui vouant une obéissance parfaite en ce qui concerne le sujet, muselant ma gourmandise. Elle sait que ma crainte la plus terrible est de ne plus lui plaire, même moins et cela inclus le physique.

Inévitablement, nous parlons de San Francisco, de la vie de là-bas, des gens de là-bas, de nos rêves de là-bas. Nous avons prévus une escapade pour décembre si tout va bien, j’en profiterai pour lui montrer d’autres endroits et faire de la prospection pour une future maison. Nous vivons de projets en attente, je le concède, mais ces projets je pense que nous y sommes attachés et ils ont le mérite d’exister. Le cadre du restaurant est assez smart, rien à voir avec celui de Frisco. J’aurai bien aimé la voir allongée sur le ventre, faisant jouer ses longues jambes nues. Inévitablement à cette pensée, j’ai envie d’elle, ici dans ce restaurant. Est-ce que ca fait de moi une déviante sexuelle ? Je n’en sais rien…Une femme très amoureuse, oui très certainement.
Les rues ne désemplissent pas mais elle reste mon ancre. Je n’ai pas peur de la foule, je n’ai plus peur de rien. J’adhère à l’idée du zoo en argumentant que ca me changera de Farmville sur Facebook et que je voudrai voir mes congénères castor, ça la fait rire : j’aime quand elle rit.

Nous faisons un pause au square, allongée sur le dos parmi la populace bigarrée et bien indifférente dans une herbe un peu trop foulée, la tête encadrée de tours et d’immeubles mais le soleil ne brillant que pour nous deux. Je m’empare de son bras gauche reposant à mes côtés, nos mains jointes et je le dresse vers le ciel et sa profondeur, l’encadrant de mon autre bras pour lui montrer. Je lui montre que le ciel est à nous, à toutes les deux et que ce rêve de gosse de rassembler le ciel entre mes bras, je peux enfin le réaliser grâce à elle.  Je sais qu’elle me comprendra, elle est la seule à me comprendre dans ce genre de démonstration de tendresse.

Un peu plus tard alors que nous attendons main dans la main dans cette longue file d’attente pour pénétrer dans le zoo, mon regard discrètement s’attarde sur son visage alors qu’elle ne me regarde pas. Je veux graver ce moment, cet instant dans cette foule et cette lumière d’un été jouant dans nos cheveux, celle lumière de notre été.
Alors brusquement et sans autre raison que celle du cœur, je m’agrippe à elle pour lui offrir un baiser d’une intensité profonde. Je sais qu’on nous regarde, je n’en ai rien à foutre, ils peuvent regarder parce que c’est quelque chose de beau et de pur, c’est quelque chose pour lequel on s’est battu et qu’on mérite. Ce bonheur ne vaut pas grand-chose dans la balance du monde et pourtant je suis prêt à lui sacrifier un univers pour le conserver. C’est ainsi et pour toujours.

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MessageSujet: Re: le bonheur ne se trouve pas en lingots d’or mais en petite monnaie. ( Pv Amy De Lauro-Elioth)   Jeu 22 Aoû - 15:36

Un jour comme tant d’autres – 00 : 45 P.M.
Le restaurant est trop petit, mais s’il ne l’était pas, il ne serait pas assez tranquille ; je crois que le seul moyen de parvenir à me satisfaire d’une chose que je lui offre, c’est de la faire moi-même, même si cela signifiera que je lui demanderai si ça lui plait une première fois, une seconde pour m’assurer qu’elle ne dit pas cela pour me faire plaisir, et une troisième en insistant sur le fait qu’elle ne me vexera pas, mais que j’essaierai de m’améliorer pour la prochaine fois – tout du moins, s’en sera ainsi au début. Ça l’a toujours été. Pas la première fois, celle de la découverte, mais les suivantes, jusqu’à ce que je prenne suffisamment confiance en moi. Parfois, je le fais encore, dans certains domaine, mais ce n’est qu’une façon déguisée de quémander un baiser, un baiser pour que j’arrête de dire mes âneries, cette règle ne s’appliquant pas qu’à elle, même si elle est la plus douée de nous deux pour les faire en publique.

Je sais qu’elle aime la cuisine japonaise, et il y a une chose des plus pratiques avec les makis : c’est plus facile de la faire rire en mangeant. La première fois qu’elle m’a fait découvrir un irish coffee, j’ai essayé de le boire comme de l’eau, et le résultat ne fut pas fameux, mais charmant. Alors, la première fois que j’ai gouté un maki, j’ai réussi à éjecté le poisson cru, ainsi qu’une bonne partie du riz. C’était très technique, et parfaitement fait exprès, mais le principal fut son rire, bien que je n’ai jamais su s’il était à cause du lancer, ou alors de la tête que je faisais en essayant de faire ma pitrerie ; tant qu’elle rit, j’avais réussi. Et puis, c’était plus simple sur un plateau de sushis de prélever ma taxe de n’AMOE que sur une assiette de spaghetti bolognaise, et cela était du vécu, croyez-moi.

Nous parlons, elle mange et je l’accompagne, je bois (de l’eau) et elle m’accompagne, nous faisons tourner le serveur en bourrique quelques instants, puis après des excuses, lui donnons un bon pourboire ; je n’ai ni de notion d’argent ni véritablement d’argent, même si je bosse occasionnellement à dans l’entreprise d’Emma, c’est pour combler les vides ou lui offrir des cadeaux, sommes toute, le travail ponctuel d’une étudiante, ni indépendante financièrement, et qui ne cherche pas réellement à l’être. Nos sujets sont vastes, mais nos sujets tournent autour du cœur, et ce dernier finit toujours par s’envoler vers San Francisco. Qu’aimerions-nous faire une fois là-bas ? Où habiter ? Nous voulons nous y rendre en décembre, même si mon mi-temps je-ne-sais-où risquera de poser problème ; revoir le pont, saluer Miguel, dire à Kyle qu’on l’a à l’œil, faire du repérage pour notre avenir, et échapper à une partie de l’hivers atlantique aussi, même si nous savons toutes les deux que je serais toujours capable de me coller contre elle en prétextant le froid, alors que je ne suis pas frileuse.

On s’en va trop tôt, même si on ne le fait pas avant qu’elle n’ait fini, mais la reprise de la marche est tout aussi agréable ; marche digestive, que je lui demande, suite à quoi elle me propose d’aller dans un square, histoire de faire une pause. Elle sait me faire rire, avec des petits riens, et si la marche digestive m’allait, la sieste digestive me va également, d’autant plus que l’on sera plus concentrées sur notre moitié, n’ayant plus à trouver notre chemin ou à éviter les bousculades du flot anonyme que nous délaisserons à son goudron pour prendre un instant de verdure. Ce n’est pas la verdure florissante de l’Institut, ou celle sauvage que j’imagine se trouver dans les coins reculés d’Irlande et que je sais se trouver dans leurs homologues d’Italie, mais c’est le même ciel, et l’une contre l’autre, nous le contemplons, tableau encadré d’ombres et d’urbanisme dépeignant un océan céleste parcouru de nuages laiteux.

Elle prend ma main et mon cœur, pointe la première vers les cieux, dessinant des rêves qui font s’accélérer le second. Le tenir dans ses bras, un rêve d’enfant, un rêve qu’elle veut que l’on réalise ensemble, que l’on peut réaliser ensemble. Le monde est encore plus beau vu de là-haut, elle le sait, et se partage entre peur et envie ; un jour, elle sera prête, et j’espère que ce jour-là, elle me le dira, plutôt que de se jeter d’un toit. Belle preuve de confiance, mais frayeur encore plus importante. Nul besoin d’adrénaline pour caresser les nuages et l’onde, pour voir le monde comme on regarde une photographie de paysage. Et je n’ai qu’une seule chose à lui répondre face à nos rêves célestes, et elle se résume en trois mots et deux baisers.

Si le restaurant était trop petit, la queue à l’entrée du zoo est trop longue. Je suis d’un naturel patient et calme, mais tous savent que je suis emplie de contradiction, et que Caitlyn est le meilleur moyen de les faire ressortir. Je fais mon possible pour que l’attente lui paraisse moins longue, et je pense qu’une bonne partie de la présentation des lieux et de ses habitants aura été accomplie avant que nous n’arrivions au guichet ; je ne m’ennuie pas, mais je ne veux pas qu’elle s’ennuie, elle. Je ne peste pas, parce que malgré tout, je n’ai aucune raison de le faire et que mon humeur est à la perfection.

Un petit sourire sur les lèvres, alors que je cherche une nouvelle chose à lui expliquer, que j’ai dans l’idée qu’après avoir vu ses « congénères castors », même s’ils n’auront pas autant de classe que le Wonder Beaver, on pourrait suivre le parcours nommé « bois joli », qui nous permettra de voir ours, renards, loutres, koalas, bourriquets, et même des huitres (?!), et qui en définitive ne corresponds pas tant à un bois qu’à un mélange hétéroclite d’animaux visiblement représentatifs des esprits tordus d’une bande de geek.

Je n’ai cependant le temps de ne rien dire qu’elle me prend par le cou et me tourne le visage, approchant ses lèvres pour un moment que je ne refuserai pour rien au monde ; monde une fois de plus autour, alors que nous sommes à deux.

Un jour comme tant d’autres – 01 : 49 P.M.
Avec un grand sourire, je lui confirme qu’il y a une ressemblance en un castor et elle-même, car la construction de l’habitat de l’animal ressemble fortement à ce qu’elle est capable de faire lorsque je la réveille trop tôt à son goût, avec une entrée cachée pour se protéger des prédateur, et un dôme plus ou moins rond au-dessus – sans parler de sa coiffure quand elle s’est mouillée les cheveux ! Je sais que je me ferais gentiment disputer, et payerai ma peine en baisers, et en vengeance sous la forme de remarques similaires lorsque nous arriverons à la serre aux animaux tropicaux, non parce qu’elle comparera mes ailles à celles des oiseaux, mais qu’elle prendra un malin plaisir à leur trouver des points communs avec les fougères, pour étayer sa théorie de l’hybride-plante. Je râlerai gentiment à mon tour, et nous continuerons notre chemin. Elle aura le dernier mot, puisque si sa coiffure ressemble à celle des castors, c’est que je n’aurai pas été capable de la coiffer correctement. Et si j’aimai bien, la crinière mouillée rabattue en arrière, hein ?

Les tigres me permettent de lui déclarer que si elle a un tigre dans le moteur, comme elle l’a jadis déclaré après quelques verres (bouteilles) de trop (et comme la majorité de l’Institut est au courant d’ailleurs), et bien il ne doit pas être de la même espèce de ces gros chats paresseux, qui ne montre les crocs que pour bailler aux corneilles, et sont à peu près aussi réactif que Rachel, ou que Sanzo quand il pense à Rachel.

L’enclos des lions, plus que nous prouver que les chats sont aussi actifs que la moyenne des félins, me permet une anecdote à propos du Roi Lion, qui est surement l’un des films m’ayant le plus traumatisé dans mon enfance, pas parce que le père mourrait tragiquement ou que le lionceau était exilé, mais parce qu’ils mangeaient des larves en chantant qu’une chose ne voulant rien dire était magnifique. Je crois que c’est de là que me vient mon absence d’appétit, et mon intérêt pour les arts qui ressemblent à quelque chose. M’enfin, je dis ça, je dis rien.

La visite se poursuit avec des ours râleurs, des loutres jouant à cache-cache et des huitres… faisant leurs activités d’huitres. Un achat de glace à l’italienne à un stand du parcours, et une pause sur un banc, en face de l’enclos des ânes. Je n’y avais pas cru, mais ils avaient réellement des ânes, dans ce zoo ; est-ce moi qui suis une paysanne complète, ou eux des citadins irrécupérables ? Je sujet des ânes nous ramènent à nos propres têtes de mules, me faisant commencer à disserter sur la mauvaise application du terme, puisque si celle que j’aime est plus têtue qu’une mule, elle n’en a nullement la tête ; je suis outrée d’avoir pu user de la comparaison, et je m’en excuse immédiatement, en sur-jouant légèrement mon rôle. Oui, c’est une façon détournée de lui dire qu’elle est belle, chose que je lui confirme rapidement après. Elle est belle, quand elle rit, quand elle sourit, quand son visage est illuminé de cet éclat ; elle est si belle que je l’embrasse, et si c’est chez moi parfaitement prévisible, je ne pense pas que cela n'en perde de goût pour autant, car c'est fait avec tout le cœur.

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Caitlyn Elioth
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MessageSujet: Re: le bonheur ne se trouve pas en lingots d’or mais en petite monnaie. ( Pv Amy De Lauro-Elioth)   Dim 27 Oct - 20:45



Nous sommes toutes les deux des mules même si je me défends d’une ressemblance physique avec ledit animal. Mais même nos disputes, au cœur même de nos drames parfois déchirants, ont ce côté attendrissant : je ne peux m’empêcher de terminer nos éclats de voix sans avoir une folle envie d’elle, une folle envie de me perdre sous ses caresses et dans son corps : c’est humain, je crois que ça vient en écho avec une peur panique de moins être aimée, de la perdre un petit peu. Comment peut-on dépendre à ce point d’un être ? Je ne pensais pas que ça puisse m’arriver un jour : l’amour était une chose comme les autres mais je n’aurais jamais pensé vivre le Grand Amour, surtout envers une femme. C’est assez surprenant pour quelqu’un comme moi qui disait ne pas tenir plus que ça à cette vie et encore moins aux sentiments qui la colorent. J’ai changé et, oh mon dieu, il n’est pas un jour sans que je me rende compte à quel point ce que nous sommes est beau et pur, quoiqu’on en dise, notre amour est cette richesse que j’ai toujours cherché. Pour sûr que je resterais toujours ta tête de mule à ce sujet.

Tu t’excuses trop, tu y mets trop d’emphase et tu es bien plus mauvaise comédienne que moi qui n’y suis pas le moins du monde. Tu me fais rire, et je vois que c’est précisément mon rire que tu cherches. Avec toi, il est léger et libre, il ne s’adultère de rien. Dans tes yeux, je me vois belle, dans ton regard qui tendresse, je me sens une femme aimée, chérie et choyée. J’ai tellement besoin de cette chaleur du cœur qu’une seconde sans toi devient fade et ennuyeuse. Tu m’embrasses et je te respire, éternité silencieuse, posées là sur ce banc comme deux vénus saphistes de quelque sculpture scabreuse d’un architecte des cœurs frôlant le divin et inspiré par le souffle des amours interdites. A l’aube de ta jeunesse, tu me fais grandir d’espoirs, tu me fais me redécouvrir en chaque frisson. J’ai souvent frôlé la vie pour me sentir vivante, provoquant ce frisson de la mort prochaine pour pouvoir y renoncer. Et te voilà, en un à présent expert mouvement linguale d’une caresse secrète et indifférente aux regards surement jaloux  me faisant frôler l’Amour pour m’y abandonner en une brulure bienfaisante. Je murmure un je t’aime presque suppliant, presque inconscient parce que je n’ai pas les mots, parce que rien ne pourrait décrire cet instant de tendresse et que le monde regarde ailleurs si il a mal à sa conscience. Nous en avons terminé avec ça depuis longtemps, qu’il s’adapte !


Un jour comme tant d’autres – 03 : 30 P.M.

Le soleil ne semble pas vouloir rendre les armes alors que nous cheminons à nouveau à travers un coin de verdure non loin du Parc, je suis pendu à ton bras, ma tête presque enfouis contre ton épaule. C’est un moment de plénitude absolue ou nous parlons de choses et d’autres, des choses si triviales qu’elles se perdent à peine évacué. Je ne lève la tête que lorsque nous approchons d’un groupe de jeunes gens bronzant sur l’herbe tendre, une radio allumée qui crache un vieux tube de U2, un morceau qui peu à peu fait son chemin dans mon esprit. Oui, tout est parfait, tout est parfait, elle bouge d’une manière envoutante et mystérieuse. Transporte mes jours, éclaire mes nuits !

Tu me sens onduler contre toi, onduler en réponse à mon âme qui elle-même se met en branle. Je me sens bien, je me fous du monde. Je renverse la tête en un rire franc avant de brusquement quitter ton bras et de marcher à reculons de devant toi dans l’herbe, ôtant mes ballerines pour fouler l’herbe pieds nus, je t’attire à moi sans te tenir par des gestes des bras, puis me redressant, brise mon corps en rythme. Levant les bras joints autour de coup en me déhanchant.
Certains jeunes regardent vers moi, empreint de curiosité, mais ces spectateurs m’indiffèrent : je ne cherche que ton regard. Je danse pour toi ma belle, uniquement pour toi. Je danse comme je le fais rarement, lorsque je suis pleine de cette vie que tu m’insuffles, j’épouse le rythme, me lâchant sur chaque mouvement, vibrante d’émotion en une danse sensuelle mélange d’improvisation et d’orientalisme, je veux te séduire et que tu me vois explosant de vie ainsi, je chante, je ris. Je crois que quelques-uns applaudissent à ce spectacle impromptu, je m’en fiche. Je suis heureuse et cela je te le donne dans toute ma brusquerie et ma vigueur. Je ne me donne pas en spectacle, je te donne mon spectacle.

Une excentricité toute Eliothienne ? Non, une overdose de bien-être. C’est peut-être ridicule, c’est peut-être un peu niais.

Alors oui, je serai ridicule et niaise, du moment que tu m’aimes.

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Amy de Lauro
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MessageSujet: Re: le bonheur ne se trouve pas en lingots d’or mais en petite monnaie. ( Pv Amy De Lauro-Elioth)   Mar 4 Fév - 17:51

Un jour comme tant d’autres – 03 : 30 P.M.
La journée se poursuit dans sa beauté, pour ne pas dire qu’elle te poursuit dans ta beauté, toi qui marche à mon bras alors que nous quittons une arche de Noé bien incomplète en commentant d’abord ce fait, puis dérivant sur le fait qu’il n’est pas près de faire déluge ; tu t’en rends compte, on a parlée de météo ! Ce n’était qu’un sujet parmi d’autres, avant d’autres, mais on l’a fait ! Sans doute est-ce grotesque, mais n’avons-nous jamais put aborder sujet d’une pareille banalité ? Je ne crois pas, et je ne m’enfonce que plus avant dans ces petites choses du quotidien, dans ses insignifiances qu’on ne prend pas la peine de dire mais qui ont le mérite d’être, quand bien même elles ne sont que de lointaines étoiles alors même que nous faisons face à celle de notre amour.

Il guide nous pas, alors même que nos regards suivent nos paroles et qu’on erre dans un décor paisible et paradisiaque. Il n’est rien de notable, rien de quotidien ou d’anormal, et nous nous laissons dériver à la liberté la plus complète, laquelle porte notre amour à sa mesure, et te fait faire des folies !

J’entends la musique, je sens la nature et je te vois, et je te touche du corps comme du cœur ; je me rends compte de ton acte sans le comprendre au début, puis mes yeux s’éclairent à la mesure que tu te dévoiles. Ton rire me fait sourire, et ton départ me laisse perplexe, en attente de la suite avec une patience intriguée, mais plus que récompensée. Tu te débarrasses de tes chaussures d’un simple geste, foulant ce sol comme s’il était sacré, et en bonne prêtresse de l’Amour, tu m’invites à te suivre pour partager ta foi ; et je m’exécute, car pour rien au monde je ne le ferais pas, car pour rien au monde je ne t’aimerai pas, ou même je t’aimerai moins. Et… que dire ?

Comment formuler cela ? Je m’arrête un instant, et si la surprise peut être un euphémisme à ce que je ressens, elle ne dire qu’un instant avant d’être remplacée par un émerveillement qui lui l’est, un euphémisme, incontestablement. Un grand sourire d’où s’échappe même un petit rire enjoué, et je place une main sur ma bouche tant il me semble surréaliste ce que tu accomplis là. Ce dire ? Je ne suis même pas sure d’arriver à penser correctement !

Je te laisse m’enlacer sans me toucher et n’ose en faire de même, gardant les mains à quelques centimètres de toi, tentant de prendre le rythme sans le briser. Tu es belle, tu es si belle que tout le reste s’efface, et je te contemple à m’en brûler les yeux, éblouie d’amour. Pour moi, c’est pour moi et personne d’autre, ce déhanché, ces gestes, cette prise sur mon encolure ; suis-je dans un rêve ? Non, c’est mieux même, car tu es là, et réellement là. Comment t’embrasser, comment te montrer combien je t’aime, alors qu’il est cette distance imposée par l’émerveillement et la peur de casser ce moment ? Réussirai-je à attendre la fin ? Verrais-je le moment passer, ou éclipseras-tu tout le reste ? Questions inutiles, alors que je tente de t’imiter, de te rejoindre, de te répondre, car ton cadeau est à nous deux, je partagerais tout avec toi, je le veux.

Non, cela n’est pas dû qu’aux applaudissements des témoins et à mon territorialisme habituel, pas cette fois, même s’ils m’encouragent beaucoup à me lancer, puisque n’a moi. Je passe mes bras autour te tes hanches comme tu en as fait pour mon cou, et sans te toucher, je rejoins ta danse, me synchronisant autant que faire ce peu avec tes mouvements, en parfait miroir, avec pour seul regret de devoir, dans les premiers temps du moins, dévier mon regard du tiens pour pouvoir bien suivre le rythme. Est-ce une parade nuptiale ? Je n’en sais rien, mais j’ai capturée le plus rare et le plus beau des oiseaux, et il m’a capturée en retour pour que nous formions notre nid. Mais que cela le soit ou non, nous la ferons à deux, nous la ferons ensembles, et cela ne se finira que d’une seule façon : un baiser.
Un jour comme tant d’autres – 04 : 02 P.M.
Non, il n’y a eut ni morts parmi les témoins, ni copulation sauvage au couvert des buissons entre nous ! Même si c’était pas l’envie qui me manquait !

Je n’ai pas gâché ce moment dont je rêverai encore longtemps par des pulsions incontrôlables, même si cela me trotte dans la tête à présent. Et je pense qu’elle l’a parfaitement comprit, voir même que c’était prémédité ; mysterious way, après tout.

Que faire à présent ? Que faire alors que j’ai envie de la soustraire aux yeux du monde pour la garder pour moi toute seule ? Comment lui prouver que je l’aime encore et toujours plus ? Comment lui donner autant qu’elle m’a donné ? Je manque cruellement d’idées mais je fais mon possible, et une pause boisson pour nous « remettre » de la danse est ce qui m’inspire le plus, quant bien même nous avons déjà eut des glaces.

La terrasse d’un café, une simple chaise, et j’insiste pour être sur tes genoux, quémandant le contact du corps comme du regard ; cela fait-il puéril ? Je m’en moque, et quiconque viendrait nous en faire le reproche aurait droit à un retour à la case départ à l’italienne. Je veux être contre toi, je veux te regarder dans les yeux et t’embrasser, je veux pouvoir te murmurer à l’oreille les choses que la politesse m’interdit de dire à voix haute, et que la malédiction de l’hybride-taupe me clouerait au sol si je bravais ce commandement. Mais cela ne change rien, et en attendant le rafraichissement, je te tiens chaud. Une fougère au pot de colle, tu connais bien, hein ? Et puis, comment jouer avec tes cheveux à distance, les tournicotant du bout des doigts de ma main libre, alors que l’autre fait tous les offices qui passent, soutenant mes paroles de façon imagée, caressant ta peau quant je passe assez près dans l’espace comme dans le discours, posant deux doigts conte la courbe de ton menton lorsque je m’apprête à t’embrasser, et ce jusqu’à ce que l’on nous apporte notre dû.

J’ai prit un jus d’abricot, et je t’ai bien fixé quant j’ai faite ma demande, car ce n’était pas innocent, quant bien même les abricots étaient mes fruits préférés avant même que l’on se rencontre, ou que tu ne m’expliques le double-sens. Et il ne s’agit pas de combler une autre envie d’abricot, non, juste de te faire sourire. It’s all right !

Ta danse, elle continue de me faire rêver, je dois bien l’avouer, je suis sous le charme, mais je l’ai toujours été, que je le sache ou pas, et je le resterai, envers et contre tout. Me la refaire avec la tenue d’infirmière, ça ce demande en publique ? A ton oreille en tout cas, oui… de même qu’un petit baiser volé, mais ils peuvent se faire partout, ceux-ci.

Tête posée contre la tienne, je continue de te murmurer combien je l’aime, et combien je suis jalouse que d’autres aient put voir ça. Oui, parfaitement, namoe. Mais non, je vais pas aller les chasser pour pouvoir prétendre être la seule à jamais t’avoir vu danser, je suis pas comme ça, non ? Attention à ce que tu réponds, tu as des vies entre les mains !

Je bois ma boisson au verre, gardant la paille de côté, puis c’est la lèvre supérieure colorée de jus de fruit que je te souris ; ôtes m’en avec le doigt et je te l’embrasserai, alors s’il te plait, fait-le de la bouche ou de la langue, que j’aille à leurs contacts une fois de plus, en un témoignage de combien je t’aime. Remarque, un remerciement me suffira à t’embrasser aussi, tout serait excuse à le faire, et je suis également capable de m’en passer, du moment que ça te fait plaisir.

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Nephilim

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