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 Apocatastasis : C'est avant l'Aube qu'il fait le plus sombre.

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MessageSujet: Apocatastasis : C'est avant l'Aube qu'il fait le plus sombre.   Mar 11 Juin - 19:39

Métempsychose





Nous sommes à l’orée d'un mois de mars froid et humide. Tomàs Blake, dit Squad, revient en voiture du quartier général de la nouvelle organisation dont il est membre depuis décembre maintenant. Les choses dans ce monde vont vite et presque trop vite et son intégration dans ce qui est une organisation secrète liée à certains membres représentant le gouvernement mais surtout la sécurité nationale et mondiale fut très brève. Il y a trouvé sa place et a très vite, en tant que troisième recrue d'une longue série, gravit les échelons. Autrefois sous la surveillance du premier il est maintenant à même de diriger des opérations et possède quelques hommes sous ses ordres dont la très prometteuse recrue Marvin Dartmouth. Tout ce temps l'a éloigné de Maeva. Mais il serait bien hypocrite de dire qu'il ne l'a pas fait exprès car c'est tout le contraire. La vie et les choix qu'il a mené après de nombreuses désillusions dans les valeurs auxquelles il croyait l'on poussées à se séparer progressivement, tel un vieux navire à la dérive, de celle qu'il aimait. Il ne pouvait faire autrement pour la protéger du lien qu'elle entretenait envers lui et de la cible potentielle qu'elle représentait comme point de pression qu'un certains Afterlife pouvait entrevoir. Le dossier était tombé sur son bureau quelques semaines auparavant alors que seul Colcord était au courant jusqu'à présent et avait promis d’enquêter également sur ce qu'il était advenu de cette chose. En effet, après sa démission du à l'entretient qu'il avait mené face à l'un des meilleurs enquêteur du Bureau des Affaires Mutantes, le dénommé et crains James Tucker, les troubles mentaux qu'il subissait depuis son intervention chez Reinhart ont finalement eu raison de lu. Ce qui semblait être un double sous contrôle s'est finalement échappé de l'emprise consciente qu'il avait de lui. Plus de nouvelles avaient été données mais Tomàs entrevoyait dans ses songes et dans ses moments de faiblesses des bribes d'une vie qui n'était pas la sienne. Troublé, il ne pu sous-estimer le fait qu'une partie de sa psyché s'était évaporée dans la nature. D'après ce qu'il savait, ses doubles ne pouvaient franchir plus de deux cent mètres sans être immédiatement renvoyé dans l'esprit de Tomàs mais d'après Colcord, les perturbations mentales ont déréglé son pouvoir et on pu donner des conséquences insoupçonnées. Colcord était là lorsque ce double s'est échappé et lorsqu'il a proféré à l'encontre de Tomàs qu'il reviendrait un jour. Une phrase pleine de haine et de vengeance qui n'augurait rien de bon. On pense souvent que Tomàs Blake est un imbécile et ce fut le cas lorsqu'il s'engagea dans l'armée à l'âge de dix huit ans. Mais il en a maintenant trente cinq et son vécu lui a apporté l'expérience de la vie qui se traduit chez lui par une certaine forme d’intelligence adaptative et réaliste. Une sorte d'instinct du combattant qu'il ne faut jamais sous-estimer. C'est cette intelligence-là qui a réussi à prendre en compte tous les signes et qui l'a forcé à entamer ses recherches. Mais comment trouver quelque chose qu'on ne connaît pas malgré le fait qu'on pensait jusqu'à ce jour le connaître sur le bout des doigts ? C'est pratiquement impossible. Impossible jusqu'aux jours où cette sorte de portions de conscience incarnée en un double cohérent et indépendant fit surface dans le milieu mafieux, criminels et terroriste de New-York. Les indicateurs de la CIA ont remonté jusqu'à un niveau d'importance suffisant des actes d'un homme qui n'était pas connu dans ce milieu et qui ne cherchait pas à se faire connaître. Cela remonta jusqu'à ce que l’information soit suffisamment importante pour que BlackHawk - et surtout Colcord suivant l'affaire de près par promesse à Blake et aussi par supposition que contrôler ce double pourrait rendre l'agent plus puissant - en ait vent.

Il fut décidé de débuter une expérience de mise en condition pour que Tomàs puisse avoir un maximum d'informations sur ce double à travers ce qu'il appelait des « visions » et ce qui avait été supposé comme un lien psychique. Tomàs allait volontairement s'affaiblir et l'agent psi-borg récolter les informations via télépathie puis via ordinateur. Tomàs subit donc volontairement une légère torture ciblée visant à l'affaiblir pour que le lien soit exacerbé. Les visions qui le parcouraient - alors que le courant d'une chaise électrique crispait son corps et lui arrachait des grognements - furent des sentiments, des impressions et des volontés qui n'étaient pas siennes. Psi-borg avait élargie son verrou psychique sur toute la conscience de Tomàs pour que l’information ne passe que dans un sens à travers le lien et en espérant qu'il n'y ait pas de flashs de l’autre côté. Bien évidemment, rien était moins sur et il manquait à cette équipe de Blakchawk des scientifiques plus talentueux que ceux déjà présents. Après quelques heures et les marques indélébiles des brûlures électriques sur les poignets de Blake, psi-borg pu retranscrire les émotions. Une furieuse envie de se venger de quelqu'un qui était sans nul doute d'après les flashs, Tomàs Blake, et un nom, ou plutôt un pseudo, concordant avec ce que la CIA avait remonté plus tôt comme une menace mutante d'un nouveau genre, qualifiant ce mercenaire « Afterlife » de créations cachant quelque chose de plus grand. À travers cette analyse ont observait que si les crimes d'Afterlife devaient être attribués à un être vivant ce serait donc à Tomàs Blake. Bien que ce soit logique il était d'autant plus urgent pour lui de récupérer ce double trop entreprenant. Mais il reste encore bien trop d'inconnues dans l'équation pour se permettre une intervention à la Blackhawk. Les pouvoirs, les capacités, les alliées et surtout les véritables motivations de cet Afterlife étaient inconnues. Sa position, ses véhicules, ses résidences et ses points faibles également. On ne pouvait mener une opération et il fallait enquêter encore, bien que cela fasse déjà trois mois qu'ils étaient quelques-un sur ce dossier même si le plus gros du boulot était effectué par Tomàs et Colcord. Cependant le temps est quelque chose de bien difficile à trouver et après ce qu'il s'est passé en décembre ou le Triskelion fut figée par  une force incommensurable, après que le ciel de New-York se soit embrasé ; les choses s'agitaient partout dans les villes et surtout dans les milieux criminels. Bien évidemment, ces groupes sont intelligents et organisés et connaître leurs peurs, leurs motivations, leurs membres et leurs activités est loin d'être aisé même pour les formidables recoupements qui étaient fait par BlackHawk.

Tomàs n'avait pas que l'affaire Afterlife a gérer. Une autre, qui lui avait mené à recruter Marvin, était elle aussi primordiale. Un tueur en série qui se dissimulait depuis très longtemps de la police et surtout des polices mondiales le préoccupait beaucoup. Comment peut-on, avec tout ses crimes, échapper et ne laisser que si peut de traces... C'était encore un mystère et après avoir vu ce qu'un mutant était capable de faire dans le ciel New-Yorkais, les priorités avaient changées. La mutation s'accéléraient et la puissance des nouveaux mutants était sans aucun doute sans comparaison aucune. Tomàs devait donc faire un choix et il devait boucler certaines de ses affaires au plus vite pour ne pas être prit de cours. Ce fut donc le dossier le plus vieux, Afterlife, qu'il entreprit de terminer, seul. Si cet Afterlife voulait sa mort, il ne serait pas difficile à trouver. Cependant si Blake mourrait, certaines informations de ses dossiers qu'il ne divulguait que rarement se perdrait sans doute. Biens sur il y avait Marvin mais cela ne suffisait pas car son échelon n'était pas suffisent pour continuer une enquête seul. De plus, on ne peut pas savoir ce qu'il se passera lorsque son double l'aura tué. Peut-être parviendrait-il à s'infiltrer dans Blackhawk en faisant une place moins sure. Il allait avoir besoin d'alliés et lorsqu'ils 'adressa à ses supérieurs, ces derniers lui signifièrent que son affaire était morte depuis quelques années maintenant et qu'il fallait mieux se concentrer sur les réelles menaces. Si aucun allié ne se trouvaient dans BlackHawk il allait devoir en trouver à l'extérieur. Griffe, trop dangereux. Ses collègues de la Delta ? Pas assez qualifiés. Finalement, à ce moment, il se rendit compte qu'il était qu'un homme très seul... Trop seul. Son regard se porta sur le sujet de son troisième dossier, James Tucker. Il n'y avait presque que du vent dans se dossier. Dire que cela venait d'une rumeur serait trop rabaissant. C'était plutôt un soupçons du membre du Trium lié à BlackHawk envers l'autre membre du Trium, Darger. Ce dossier émettait donc des soupçons sur la nature même de James qui ne serait pas véritablement un être mutant naturel mais issue d'une découverte d'un laboratoire fouillé il y a quelques temps. Les conclusions menaient sur un clone avec une probabilité inférieure à vingt pour cents.

Le voilà donc parti, à l'orée d'un mois de mars, humide et froid. Une enveloppe sous une veste de costard, sortant de sa berline pour se diriger vers un lieu de rendez-vous qui n'était autre qu'un bars à Manhattan vers vingt trois heures là où la foule peut servir de couverture et où l'alcool peut troubler les pensées des personnes autour. La berline de fonction est garée sur un parking, non loin, alors qu'il marche dans la rue, une arme de calibre neuf millimètres dans son holster. Costard, jean et pull il n'a pas réellement froid mais ouvre tout de même un parapluie. Non, l'eau ne le gène pas mais cela lui permet de se dissimuler dans la rue plus aisément. Une fois arrivé, il pousse la porte, se plongeant dans le bruyant brouhaha de la salle. Il tourne la tête de gauche à droite alors sur le palier de la porte, secouant et refermant son parapluie pour finalement apercevoir celui qu'il cherche. Il est assit à une table et Blake s'en va le rejoindre, un léger sourire aux lèvres.

« Bonsoir James... »

Pas besoin de vérification d'identité. Le rendez-vous avait été donné sous forme de message codé que seul l'homme que Blake avait délivré des purificateurs pouvait connaître. Il s'agissait donc bel et bien de James Tucker.

« Je serais bref. J'ai retrouvé du travail, mais pas la peine de me payer un coup. Je travail toujours pour le gouvernement mais tu n'en sauras pas plus. En revanche j'ai des informations te concernant et pouvant t'intéresser. Je ne te demande pas de les croire, ni de les prendre en compte. Simplement de les conserver car il se peut qu'un jour elles te servent. »

Dis-je en tendant une enveloppe sur la table, sans pour autant la lâcher, attendant la confirmation de James. Au même moment, un homme sortait des toilettes, une femmes et son mari entrait dans le bar. C'étaient des doubles et leurs visions étaient connectées à la mienne me permettant d'avoir un très bon visuel sur le bar entier et sur notre table.


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Tomàs Blake
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MessageSujet: Re: Apocatastasis : C'est avant l'Aube qu'il fait le plus sombre.   Jeu 13 Juin - 4:41

Métensomatose



Nous sommes le cinq mars de l'année 2013. Cela fait trois mois et dix jours que l'entité psychique dénommée Afterlife a prit ce qui semble être son indépendance. Indépendance vis-à-vis de Tomàs Miguel Blake, son hôte. Depuis ce jour, une seule volonté anime Afterlife. Simple et concise il s'agit pour lui d'un besoin vital et même au delà : Récupérer son corps comme on lave une injustice. Ses plans sont précis et sa volonté est de fer. Le fait est qu'il est potentiellement prêt à tout pour parvenir à ses fins et cela afin de récupérer ce qu'il considère comme l'objet qu'on lui a volé. Longtemps il fut enfermé dans un esprit trop étroit. Longtemps il a subit la torture de voir des actes qu'on ne cautionne pas et d'y participer. Longtemps il n'a vu le monde qu'à travers des barreaux d'acier et une vision biaisé par un intellect trop conditionné. Il a donc fait des choix et le premir fu de se rendre là où la puissance nécessaire à la récupération de son corps se trouvait. Il s'est vendu à des démons diront certains, servi l'intérêt peu louable et qu'il n'aurait pas accepté étant enfermé dans l'esprit de Blake. Mais à ses yeux, ce n'est qu'une fin qui justifie l'emploie de ces moyens douteux. Il rencontra donc pas la personne à laquelle il s'attendait mais une personne qui se révéla amplement faire l'affaire - pour parler crûment – dans ses objectifs. En effet, sa libération de la prison qu'était son esprit ne put se faire sans l'aide d'un puissant télépathe et d'un bienfaiteur qu'Afterlife a senti lorsque ce dernier a déserté les barreaux. Bien sur il faut également remercier Reinhart, un scientifique un peu fou qui de part ses substances et ses drogues à fait céder la cage là où le télépathe avait placé des fissures. Puis le jour tant attendu arriva mais au lieu d’imaginer que le merveilleux télépathe le contacterait il se débrouilla tout seul. Bien sur il n'oubliait rien et il pensait même qu'un jour ils se rencontreraient enfin. Aftrerlife lui doit au moins vingt cinq années de service.

Sebastian Von Orchent, dit le Leviathan et également le Roi Noir du Club des Damnés. Avec autant de pseudonymes on ne peut que conclure à un démon ou quelque chose de ce genre et ce n'est pas tout à fait faux. Derrière ses apparences de croque-mort se cache des manipulations à la manière d'un jeu d’échec. C'est finalement auprès de cet homme qu'Afterlife décida de vendre son âme et de lui demander une seule chose en échange : l'aider à retrouver son corps. C'est ce qu'il se passa, tel un maître entraînant son élève dans un pseudo-respect hypocrite, Afterlife progressa bien plus vite que si il avait fallu qu'il fasse cela seul. Le Roi Noir était fort et craint de beaucoup de personnes ce qui en faisait également une cible de ses ennemis. Mais lorsqu'on veut s'attaquer à un empire, on ne peut viser directement le Roi et c'est aux fondations, aux points faibles et aux édifices principaux qu'on frappe. Pita fait partie de ces piliers que le Roi Noir a du mal à assumer comme « porteurs ». pourtant c'est bel et bien le cas et Afterlife l'a vu de ses yeux. Il a protégé Pita et la protège encore, et en entrant dans le cercle de plus en plus fermé des personnes entourant le Roi Noir et connaissant autant d'informations sur lui, il se rendait aussi cible de ses ennemis. Cela ne l'arrangeait pas dans ses plans mais la servitude est à ce prix. Après un voyage aux Walhala, suivit, d'autres, après des réceptions dans des ambassades, des visites dans des universités, des manipulations et des camouflages de mimiques humaines : Afterlife progressa dans ce qui lui servirait énormément. Il savait désormais de mieux en mieux paraître humain et être humain. Il ne lui manquait qu'une chose plutôt essentielle : un corps. Un corps pour mettre à profit cet entraînement. La seconde phase de ce qui pourrait s'appeler « Rendre à César ce qui est à César » allait donc débuter. Car c'est bel et bien ainsi que l'entité psychique – bien que non extra-dimensionnelle – voyait le corps de son hôte. C'était pour lui un bien qui lui revient de droit.

Il dût donc aller de plus en plus sur le terrain pour parfaire ses entraînements, pour parfaire ses maîtrises et mettre toutes les chances de son côté. Le Roi Noir malaxait son énergie psychique comme un boulanger malaxe sa pâte. Ce n'était pas le plus réjouissant pour quelqu'un qui a encore un peu de dignité, mais il faut avouer que cet Afterlife la n'en a aucune. Son but est prioritaire et les réceptions de puissances de la part de son maître étaient pour lui un formidable atout. Il augmentait cependant uniquement son potentiel et sa véritable puissance tardait à se montrer sur le terrain. Ses premières missions furent des choses plutôt simples. Des assassinats ou il pouvait mettre à profit ses talents. Des cibles sans grands intérêts et sans grandes dangerosité mais il faut bien débuter quelque part non ? Sa dématérialisation et sa vision lui permettait donc effectivement de remplir ces premières épreuves sans trop de problèmes mais cela se gâta tout de suite dès que la cible n'était plus humaine et possédait des pouvoirs. Il devait faire appel à son analyse et son intellect pour déterminer des failles et les exploiter à cent pour cent.  Bien sur il aurait pu se voir octroyer des tâches plus brutales, plus voyantes et il en fit quelques unes lorsqu'il avait le temps. Il commençait juste à se faire un nom dans un milieu très restreint. Rien de bien folichon diront certains mais c'était assez pour que de puissantes agences puissent récolter des informations sur lui si l'envie leurs en prenait. Mais pourquoi s'intéresseraient-elles à des petites frappes qu'il représentait pour le moment ? La réponse n'était pas connu et celui qui se faisait appeler Afterlife n'était finalement qu'un mercenaire parmi d'autres.

Pourtant il gardait toujours une relation étroite avec le Roi Noir, s’entraînant toujours au Walhala et en apprenant toujours plus sur le fonctionnement du monde. Et un jour vint où sa cible allait le mener droit vers celui dont le corps représentait tout les sacrifice de la planète. De l'espionnage, rien de plus. Afterlife n'était pas réellement assez expérimenté pour tenter quoique ce soit d'autres. Surveillance de résidence, de courriers, de sorties et d'activités. Tout cela à distance suffisante pour que rien ne soit repéré jusqu'au jour où James Tucker sortit de chez lui alors que ce n'était visiblement pas prévu dans ses habitudes très administratives. Il se rendit vers un bar, à Manhattan. Il était vingt-trois heures le cinq mars et c'est à partir de ce moment que notre histoire commence. Car il l'a vu, dissimulé en haut d'un toit, il l'a vu sortir d'une berline et surtout il l'a senti. Ce dernier entrait dans le bar et le rapprochement entre les anciens et actuels agent du Bureaux des Affaires Mutantes était trop facile à identifier. Quelles étaient leurs but ? Quel était le sujet de leur rendez-vous ? Tomàs Blake a sauvé James Tucker d'une mort certaine des mains de purificateurs et en remerciement, James Tucker n'a fait que pousser Tomàs à la démission. Afterlife était là ce jour là. Il est même apparu, brièvement, derrière James Tucker un pistolet à la main pour tirer précisément au cœur d'un badge d'agent que son hôte avait lancé. Des doubles pénétrèrent dans le bars également, précédemment matérialisés dans une ruelle adjacente. C'était sans doute le destin qui les réunissait et même si il n'était pas réellement prévu que tout se termine aujourd'hui : Afterlife était prêt. Il descendit donc dans la rue, quelques dizaines de mètres au loin de l'entrée du bars, attendant de voir ce que la suite des évènements lui réserverait.

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James Tucker
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MessageSujet: Re: Apocatastasis : C'est avant l'Aube qu'il fait le plus sombre.   Mer 19 Juin - 14:06


Anabase



~ La compréhension des tours et détours des chemins du destin est parfois à l'image des voies de Dieu : impénétrables. Il est des ennemis d'hier qui font les alliés de demain, et des convictions acquises au fil des ans qui se muent en incertitudes vacillantes à l'espérance de vie fragile, qu'un seul souffle de vent serait à même de briser en éclats aux tranchants plus âpres que l'amertume de la trahison. A l'orée d'une nuit qui pénètre le jour, prédateur des ombres et des obscurs, s'ouvrent les interrogations muettes de questionnements sans réponses, tandis que se déroulent sous ses yeux les lettres et les mots, le discours intriguant qui forme ces phrases insolentes comme autant de rayures dans sa psyché déconstruite. Il oscille, hésite, alors qu'il vient de se défaire du manteau lourd des responsabilités de l'État pour celui, plus intime, privé et secret d'un concubinage machinal. Elle est là, rentrée peu avant lui, qui l'accueille exactement comme il s'y attendait, dans cette espèce de caricature de la routine quotidienne, engoncée dans ces manies et ces habitudes, violentes claques qui le heurtent à chaque fois de par leur non naturalité et qui, pourtant, possèdent ce parfum rassurant du familier et du connu, comme l'on sait retrouver le calme dans un endroit qui nous est cher. Et lui-même se voit adopter les petites mimiques, les gestes et les atours, toutes ces choses qui font qu'il est lui, tous ces détails qui le définissent comme ce qu'il a toujours été, suivant avec effarement la ligne toute droite tracée qu'on lui a mis sous les yeux et le nez, sans un instant tourner la tête à droite ou gauche, sans un instant s'arrêter ou, d'un pas sur le côté, briser l'infernale inertie. Elle lui parle, il l'écoute. Elle lui sourit, il déplisse ses lèvres. Et quand elle se penche sur lui pour d'un mot l'embrasser, c'est l'indifférence glaciale de l'inconnu qui le touche droit au cœur. Ce n'est pas elle, ce n'est pas lui, mais il est tellement plus facile de se laisser berner par l'apparence de la normalité et de suivre cette voie déjà mille fois empruntée que prendre le courage d'en sortir acquiert les allures d'une révolution aux proportions titanesques. Alors, d'où lui vient la sensation pressante que s'il s'arrête sur le chemin à parcourir, c'est toute une vie qui s’effrite et s'effondre ? Il l'ignore, mais chacun des mots qu'il prononce lui coûte, chacune des attentions qu'il lui procure le fane, et c'est poussé par la perspective d'échapper à cette creuse résonance qu'il décide de suivre l'insolente invitation et de prétexter une quelconque raison pour fuir les rouages gangrenés de ce qui définit son chez lui. Il sort, se libère de l'étreinte étouffante de sa présence et se laisse happer par ces lambeaux noirs et décharnés qui l'engloutissent, ténèbres d'une nuit aveugle.

Mars. Le froid mordant d'une soirée qui s'enfonce toujours plus avant dans les égarements de ces heures que tout le monde oublie, perdues dans les limbes des cauchemars et des fantasmes, générées par un inconscient gorgé des influences subtiles et omniprésentes d'une société qui martèle une dépravation de plus en plus prononcée. Là, dans la solitude obscure des halos blafards de réverbères, c'est par intermittence que sa silhouette se dessine sous les cônes de lumière, avalant l'asphalte d'une route humide et scintillante comme l'on dévalerait une pente sans pouvoir s'arrêter. Que signifie donc ces mots et ces phrases, cette obscure motivation, qui le pousse à se rendre dans un endroit qu'il aurait préféré moins enfumé et plus clairsemé de la faune nocturne qui fraie dans ces eaux que maintenant il sillonne. Si c'est une farce, il n'apprécie que moyennement la blague, mais il sait bien que cette réflexion n'est que pure rhétorique et n'appelle rien d'autre que le vide qui précède la question pivot de cet entretien : quoi et pourquoi ? Pourquoi Blake, Tomàs Blake, celui-là même envers lequel il avait fait preuve d'une outrecuidante effronterie ingrate. James "MotherTucker" Tucker, l'agent aux dents longues qui se fait les crocs sur le dos de ses infortunés collègues. La chose était assez incongrue, et il se doutait bien qu'ils ne viendraient pas ici pour boire un verre, encore moins pour parler entre vieux amis, ni pour draguer des nénettes. Toutefois, les choses étaient claires, ou bien Blake avait vraiment quelque chose d'assez important à lui dire pour outrepasser l'implicite ressentiment qui devait animer le lien qui les unissait, ou bien c'était un piège. Le message qu'il avait reçu plutôt était pourtant assez explicite et caractérisé pour qu'il le déclare comme étant authentiquement de la main de Blake. Cela dit, il n'en restait pas moins méfiant. Il doutait que Blake soit du genre à pratiquer ces petites vengeances mesquines et à lui proposer d'en venir aux mains derrière le bar, mais ce n'était pas parce qu'il parlait d'informations intéressantes qu'il allait forcément gober la chose sans envisager un autre but.

Passant les portes de bois sale du Blue Pill, établissement d'un standing normal accueillant à cette heure le mardi bière des étudiants et une population diverse et variée, il s'était présenté à l'avance afin d'avoir le temps d'observer les choses. Commandant un alcool qu'il ne boirait de toutes façons pas, il partit s'installer à une table libre qu'il jugea la plus appropriée dans le compromis position stratégique - tranquillité. Suspicieux, il observait les mouvements dans la salle à la recherche de quelque chose, sachant pertinemment qu'il serait incapable de discerner l'agent Blake si celui-ci ne le souhaitait pas. En plus de cela, trop de monde, trop d'éléments à surveiller, l'endroit parfait pour discuter tranquillement à l'abri des oreilles indiscrètes et éviter les dérapages imprévus. Amusant, de voir comme c'est toujours le public lambda qui fait tampon pour atténuer les crises et qui subit les dégâts lorsque tout s’effondre. Et puis il l'aperçoit, lui, qui se dirige dans sa direction, pas assuré et sourire aux lèvres. Sourire qui jure autant qu'il semble déplacé, si l'on considère l'amitié qui relie les deux.

_ Bonsoir James... »

Sceptique, James tente d'en apprendre plus sur les raisons de ce rendez-vous en décelant un indice sur Tomàs mais il paraît évident que cela ne sera pas aussi simple. Il l'invite à s'asseoir poliment d'un geste.

_ Tomàs... »

Il observe un instant l'homme qui lui a sauvé la vie, plutôt élégant dans sa chemise de costard, et se contente du silence pour inviter son interlocuteur à engager la conversation. Tucker n'est pas spécialement à l'aise, sans néanmoins se sentir mal, mais il s'agissait plus d'une espèce de sensation sourde et diffuse en arrière plan, relents de la gène éprouvée de ce qu'il s'est passé entre eux. Mais tant pis, ce qui est fait et fait.

_ Je serais bref. J'ai retrouvé du travail, mais pas la peine de me payer un coup. Je travail toujours pour le gouvernement mais tu n'en sauras pas plus. En revanche j'ai des informations te concernant et pouvant t'intéresser. Je ne te demande pas de les croire, ni de les prendre en compte. Simplement de les conserver car il se peut qu'un jour elles te servent. »

James observe la lettre glissée vers lui comme une confidence, sans pour autant broncher. Un instant il hésite. S'il a un vague début de réponse au quoi, reste toujours le pourquoi. Il tend la main pour prendre la lettre, toujours en équilibre entre eux deux, signifiant son accord par un seul mot.

_ ...Soit. »

Les doigts glissent contre le papier tandis qu'il décolle d'un geste ample la languette qui renferme tant de mystères, en fait sortir les documents et une clef USB qui se trouvait là. Ses yeux parcourent d'une allure rapide et en diagonale les révélations qui lui sont faites, bien conscient que Tomàs risque de guetter sa réaction. Et la nature des informations qu'il perçoit là achève de lui faire se demander pourquoi ? C'en est presque trop facile, comme la manne tombée du ciel en plein désert. Sans pour autant relever les yeux des affaires qu'il feuillète, il s'adresse à l'ancien agent de la section intervention.

_ Hm, juste une question... C'est là assurément un énorme coup de pouce, et je ne suis pas le seul qui aurait pu recevoir ces informations, alors, pourquoi ? »

Et puis derrière le premier dossier s'en vient un deuxième, dont l'intitulé James Tucker augure d'aussi bons présages qu'un regain d'activité du clan Akkaba annonçant l'Apocalypse. Monte en lui comme l'impression dérangeante qu'il vient de trouver réponse à sa propre question, tandis qu'il relève les yeux vers l'agent Blake comme on regarde une dernière fois en arrière de soi avant de s'élancer dans le vide d'un précipice à la profondeur inconnue. Ça commence par des détails, des coïncidences, ici et là, des remarques presque anodines tellement elles paraissent insignifiantes. Mais la réalité est faite de ces petits détails qui lui confèrent son authenticité et sa saveur, et à mesure qu'il devine la direction dans laquelle semble s'orienter les indices, comme une imperceptible dénonciation anonyme, frémissent les rouages d'une psyché qui s'ouvre sur les rayures qui la parsèment. Des noms de personnes. Des noms de personnes que James connaît bien pour les avoir fréquentées à un moment ou un autre de sa vie, de ces personnes qui ont comptées et qui sont, pour la large majorité, mortes, disparues ou, dans le cas de son père, enchaînée au néant par les affres du coma. Étranges circonstances, ici et là, qui rendent impossibles la vérification de certaines réalités. Des archives qui ont brûlé, une section perdue, sans cesse ces petits hasards qui ne signifient rien, mais qui, ajoutées au reste, commencent à former quelque chose. Ici, le report d'un incident dans un laboratoire clandestin mis sous scellé par le Bureau des Affaires Mutantes, là... Les pupilles qui s’étrécissent à l'aigu comme l'aurait fait une dose de cam dans ses veines. Là, une feuille sur l'identité d'une certaine Rachel Wurtz, agent de renseignement du FBI. Quelques lignes, à peine, tout juste de quoi cerner une identité. Ni un profil, ni une liste d'affaires ni de commentaires. Juste une identité civile. Ça, et la photo aliénante de son portrait agrafé comme un doigt d'honneur levé en plein à la face de James. Il cesse. Inutile d'aller plus loin, il ne souhaite pas découvrir les quelques pages qui restent, ne veut pas le savoir. Envahit par la bouffée d'une chaleur étouffante d'été, il ne cherche même pas à feinter une quelconque ignorance, un quelconque déni. Qu'il ait conscience ou non de la portée et de l'implication des choses qui lui sont révélées ici ne change en rien le fait qu'il y a une façade et, derrière, quelque chose. Quelque chose de bien plus gros qu'une simple banalité de la réalité. Pas une seule seconde il ne remet en cause la véracité de ce qui s'étale sous ses yeux. Pas une seule seconde il n'envisage que Blake ait pu truquer ces affaires et monter un faux dossier. Mais il n'en n'accepte pas pour autant la réalité crue qui lui semble jetée à la figure. Il ne comprend pas, son cerveau semble s'enrayer de lui-même dans des engrenages qui l'empêchent de faire des liens de cause à effet. Qu'est-ce que l'autre essaie de lui dire ? Qu'est-ce qu'il attend de lui ? Pense-t-il avoir découvert là quelque chose que James ignore, ou bien pense-t-il simplement avoir découvert quelque chose que lui cachait. Et l'impression grandissante, l'impression grandissante de sentir comme les prémices du monstre qui se cache au-delà du Voile, tandis qu'il discerne dans sa confusion la possible fourberie de l'organisme qu'il sert lui-même, comme la pointe acérée d'une trahison déjà implantée en son cœur depuis bien avant qu'il n'ait lui-même l'idée de tourner le dos. La peau moite, il relève les yeux vers ceux de Blake, et son esprit lui montre l'amusement palpable qu'il y perçoit. Confusion totale de la réflexion qui oscille entre l'incrédulité et la non acceptation. Après tout, n'y a-t-il pas là que quelques éléments bien maigres pour mettre en doute quoi que ce soit ? Mais, au fond de lui, il sent bien frémir cette espèce d'Abîme qui le guette chaque nuit, et dans lequel il semble plonger chaque fois qu'il ferme les yeux. Et il pose la question à voix basse, la question qu'il ne peut pas formuler dans l'intérieur de son esprit. Alors, alors pourquoi ? La mâchoire crispée, il reste pourtant calme, comme au milieu de l’œil du cyclone.

_ Vraiment... Voilà qui est embarrassant. Et c'est censé signifier quoi, Blake ? »

Se draper des airs de celui qui sait ce qu'il ignore, posant la rhétorique à son adversaire, comme pour lui poser la question à lui au lieu de l'inverse et s'épargner ainsi les sillons de nouvelles rayures dans son esprit. Chantage ou dénonciation, il n'en sait rien et il s'en fout, pour le moment, c'est surtout la taille du ressentiment des affaires passées entre eux qu'il sent passer comme avec une poignée de graviers. »

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MessageSujet: Re: Apocatastasis : C'est avant l'Aube qu'il fait le plus sombre.   Sam 22 Juin - 8:31


Catabase



Les doigts de l'agent Tucker se saisirent de l'enveloppe que Tomàs ne lâcha pas immédiatement, attendant quelque chose. Il voulait une réponse, une réponse à la promesse qu'il demandait à James de tenir. Bien sur, que vaut une telle promesse dans ce monde ? Rien, absolument rien, la parole que Tucker donna à Blake dans un « Soit » de circonstance démontrant magistralement ce caractère impassible de véritable connard du Bureau des Affaires Mutantes ne valait rien. Mais Tomàs n'avait pas réellement le choix et il ne pouvait faire autrement. Seulement Tucker et Marvin possédaient son estime et son estime seulement, pour pouvoir se voir donner des missions de ce genre. Mais aujourd'hui il fallait composer avec le BAM, son ancien clan qui l'avait rejeté comme le vilain petit canard qu'il était. On pouvait y voir rapidement une sorte de démarche de rédemption de la part de l'ex-agent, mais ceux qui le pensent se trompent. Un baroud-d'honneur, voilà la véritable raison de cette rencontre et James s'en rendrait compte bien assez vite. Ce dernier se mit à ouvrir l'enveloppe sous les yeux de Tomàs qui ne manqua pas dans savourer le moment. Il savait ce qu'il y avait à l'intérieur puisque c'est lui-même qui a monté les trois quarts de ces dossiers. Oui, il a enquête sur James Tucker, beaucoup trop que ce que ce pauvre fils de pute aux talents indéniables méritait. Mais il n'y avait nulle animosité, non. Pas de respect, pas d'amitié, pas de haine ni de volonté que cette promesse reste immuable malgré le temps. Tomàs abattait ses cartes et ce piètre tacticien qu'il était ne donnait que peu de rebondissement dans le spectacle monumental de cette société corrompue.

James Tucker est doué dans sa partie mais comme tout le monde il a des failles. D'énormes et béantes failles que le sel d'une marée montante tel un relent gastrique saurait tourner à son avantage. Les yeux de l'agent parcouraient les feuilles et comme d'habitude ce dernier faisait bien attention à ne rien laisser paraître de trop jouissif pour Blake. Mais la jouissance était également là, dans les yeux pétillant de Tomàs même si lui aussi n'en montrait même pas une goûte. Alors pourquoi avec cette fausse hypocrisie d'estime de l'autre, Blake n'a pas choisi le chemin de la vengeance : simple, puérile mais terriblement efficace ? Pourquoi montrer les failles d'une personne qu'il a haït pour sa trahison ? La réponse parait évidente : James n'est qu'un pion. Le pion d'une grande mascarade sur plateau d'ivoire et d'or et Blake possède encore un peu d'ambition pour aller emmerder tout ces merveilleux salopards qui se pavanent dans leurs bureaux climatisés. Non, il ne fera pas beaucoup de dégâts ce sera simplement un crachat à la gueule des conventions comme il l'a finalement toujours fait gamin de brooklyn qu'il est : conditionné à la délinquance à travers les médias. James termina la première lecture, s'interrogeant naturellement sur la position d'élu de ces informations divines tombées des mains de l'ange noir aux mains de sang.

« Tu te trompes. Peu de personnes ne peuvent faire bon usage de cela. J'ai misé sur un cheval qui sait faire du hors-piste car le chemin tracé est rien d'autre qu'une mascarade. Je t'épargne mes mises en gardes sur l'utilisation de cette... merde. »

Comparaison parfumée et poétique d'un homme sur la sellette de l'existence. Mais le meilleure était à venir. Le deuxième dossier et la suite de quelques heures de recherches de la part de l'esprit malade et rancunier de Blake. James lisait donc les quelques pages, ses pupilles se dilatèrent et on sentait très nettement, Tomàs le premier, que cela lui fit quelques effets. Mais à cet instant ou Tucker déposa son regard interrogateur sur Tomàs, se dernier eu un changement d'attitude. Son regard se perdit dans le néant bien que sa direction était celle de James. Pourtant il était pensif et un rictus lui échappa. Il était là, il était venu et cela n'était pas la meilleure nouvelle. D'autres doubles entrèrent dans le bar pour qu'au final les huit puissent être là et présent en cas de problème quadrillant tous les angles de vues, toutes les perspectives. Tomàs se concentra, il avait la vision de tous dans sa tête et il le cherchait. Où ? Où était-il ? Après quelques secondes d’absence il reporta son attention sur son interlocuteur. Un léger rire nerveux, Tomàs se gratta le haut du crâne, tête recroquevillée dans ses épaules, regardant la table avant de refixer James.

« Prend ça comme un outil, avant que ce soit toi l'outil. Et crois-moi... Je sais de quoi je parle. »

Tomàs se leva de sa chaise. Il fallait qu'il bouge rapidement pour ne pas perdre trop d'avance sur les évènements.

« Adieu Tucker.»

Il sortit du bar, accompagné de huit autres personnes qui s'étaient elles-même levées de différent endroit du bar. Inaperçu dans la foule, il laissa James seul face à ses démons. Une fois dans la rue, il se stoppa, ses huit compagnons prirent des directions différentes dans des ruelles ou des rues adjacentes.

*Trouvez-le.*

L'ordre mental était clair et tous s’exécutèrent leurs apparences se changeant en Blake pour permettre à l'Original de garder de l'énergie car la descente aux enfers était proche, bien trop proche. Il s'apprêtait à emprunter le chemin de la Catabase à travers les escaliers glissant de la damnation. Si il revenait de ce voyage il n'en serait que grandi, mais cela se payerait au prix fort. Tomàs posa nerveusement sa main sur son holster, sous sa veste, tout en se dirigeant vers sa voiture, sous la fine pluie. Dans le bar, un parapluie avait été oublié mais cela n'importait plus.
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Tomàs Blake
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MessageSujet: Re: Apocatastasis : C'est avant l'Aube qu'il fait le plus sombre.   Dim 23 Juin - 18:51


Zugzwang




Le voilà qui ressortait. Afterlife toujours dissimulé dans l'ombre d'un recoin de la rue, non loin de l'entrée du bar. Il observait les doubles se mettre en place en quadriller le périmètre. Il savait comment Tomàs fonctionnait et cela lui donnait des coups d'avances. La question qui se posait était pourtant simple. Devait-il attaquer ou non. C'était un vrai dilemme car cette rencontre n'était pas prévue et les conséquences de l'attaque ou de la non-attaque d'Afterlife seraient irrémédiables quoiqu'il en soit. Il fallait donc peser le pour et le contre et choisir justement ce qui pourrait ou non l'aider et le favoriser si combat il devait il avoir ce soir. C'est d'ailleurs ce qu'il faisait depuis qu'il avait senti et vu la présence de l'Original. Le fait de se montrer à une telle distance, malgré le renforcement psychique du Léviathan, alertait Blake de sa présence et de son activité. Le simple fait de se montrer sans attaquer produirait un état d'alerte chez Squad qui se mettrait alors en mouvement plus rapidement que ce qu'il faisait actuellement. Il gagnerait en puissance rapidement de part ses alliés qu'il semblait s'être fait étant donné sa rencontre avec James et cela ne serait que plus difficile pour Afterlife de le vaincre sans abîmer le corps qu'il convoite. Car l'entité possédait un avantage certains, quelque chose qui rendait l'affrontement plus favorable pour lui, c'était la rapide progression qu'il avait eu, en quelques jours, grâce aux alliés envers qui il avait prêté allégeance. Cet avantage ne durerait pas bien longtemps et il fallait donc attaquer maintenant.

Afterlife se dématérialisa pour reprendre un point de vue plus en hauteur d'un bâtiment surplombant la rue et les ruelles. Il identifia rapidement la position des doubles qui parcouraient la zone de deux cents mètres de rayon autour de l'Original. Bien sur, il pouvait tirer une balle d'ici dans le crâne de Tomàs le tuant à coup sur mais cela détruirait son corps le rendant inutilisable et le condamnerait à errer sous cette forme éternellement : Tel une proie des télépathes du monde, condamnée à mourir à petit feu, se dispersant sur le plan astral. Non, il le savait, son corps offrait bien plus de possibilités à long terme et il travaillerait pour de toute manière. Les mouvements des doubles étaient rapides pour trianguler une position d'attaque le plus rapidement possible et être sur les lieux sans que Blake ait à en détruire pour en ré-invoquer ce qui le fatigue. C'est cet exact point qu'Afterlife devra travailler. Le renforcement psychique qu'il a reçu, outre le fait qu'il n'est plus affecté par la gravité psychique de l'esprit de Tomàs qui d'habitude aurait pu l'aspirer en lui comme si de rien n'était ; lui permettait une régénération psychique fulgurante et donc une plus grande endurance. Mais c'était bien peu et il devait donc jouer sur la fatigue de l’hôte pour pénétrer son esprit et le tuer de l'intérieur. Il ne savait pas exactement comment cela se passerait mais il s'adaptait plus vite que Tomàs dans ce domaine et il aurait l'avantage certainement.

Tomàs se dirigeait donc vers sa berline garée visiblement à quelques centaines de mètres du bar. C'était un parking à ciel ouvert peu fréquenté mis à part quelques voitures garées ça et là. Les places n'étaient pas données et ce serait un endroit idéal pour attaquer Tomàs. Car il ne fallait pas omettre un élément plutôt gênant. James Tucker. L'agent du BAM était aux dernières nouvelles dans ce bar et il risquait de rester dans les environs un moment surtout après avoir croisé son « vieil ami » Blake. Du moins, c'est la logique déduction que fit Afterlife car de ce qu'il savait de la mémoire de Tomàs lorsqu'il était encore dans son corps, l'agent du secteur investigation n'était nullement doué de téléportation ni de grande vitesse de déplacement. Le temps de sortir du rayon dans lequel il pourrait voir ou entendre une possible attaque à l’arme à feu nécessitait à Afterlife de mieux calculer ses coups et d'attendre le moment propice. Si toutefois James était bien plus malin en intervention que lorsque Tomàs l'avait sorti d'une prison de purificateur, il restait à l'entité psychique sa polymorphie pour se jouer de lui, semer le trouble et tourner cette situation à son avantage sans doute. Mais il ne fallait malgré tout rien sous-estimer pas même celui qu'on surnommait désormais dans le métier : « Le purificateur du BAM », nettoyant de ses flammes d'ombre les zones corrompues et hors-la-loi de ces bureaux.
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James Tucker
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MessageSujet: Re: Apocatastasis : C'est avant l'Aube qu'il fait le plus sombre.   Jeu 27 Juin - 22:20


Katharsis



~ J'ai misé sur un cheval qui sait faire du hors-piste car le chemin tracé n'est rien d'autre qu'une mascarade. La réponse est comme une déflagration frappant en l'endroit exact du cœur où le regard refuse, constamment, de se porter. Comme un tonnerre furieux grondant la rugissante vérité, comme un soulèvement surmontant ces façades infranchissables d'auto persuasion, comme un rappel à l'ordre que la réalité est bel et bien là, et qu'on a beau l'enterrer sous les monceaux des cadavres de nos mensonges, quoi qu'il arrive, elle soupire, s'endort, mais jamais ne se meurt, n'attendant que le moment propice à sa résurgence. Les choses sont claires, comme jamais elles ne l'ont été, et pourtant, il a plus que jamais l'impression d'évoluer dans une eau dangereuse, dont l'opacité cache les mystères à peine soulevés ce soir, face dévoilée de l'iceberg n'annonçant que la couleur d'un tas de merde à la puanteur bien plus atroce encore. Car le chemin tracé n'est rien d'autre qu'une mascarade. S'il avait pu lire dans l'esprit de James, jamais Blake n'aurait pu trouver meilleure phrase pour semer le trouble en lui. Chacun de ses mots résonnaient comme l'écho sinistre d'un son creux, requiem funèbre d'une vie faite de faux et de semblants, pénétrant sa chair et ses os avec le tranchant acéré d'une pertinence sans pareil. Mascarade. Voilà le sentiment inavoué qu'il éprouve depuis des mois maintenant comme une douleur sourde dans le corps dévoilé avec autant de pudeur et de miséricorde que l'on met à nu un homme avant de l'abattre. Le chemin qui se déroule sous les pas qu'il effectue n'est qu'une plaisanterie de mauvais goût, qu'il s'efforce pourtant de suivre comme on lui dicte la direction à prendre, tel le gentil petit soldat conditionné qui s'efforce de suivre les ordres sans réfléchir.

Sans réfléchir. La réflexion a toujours été dangereuse, couplée à l'initiative. Cet effort permanent de coller sans cesse à la normalité de sa réalité, ou plutôt, à la normalité de cette réalité qu'on essaie de lui faire avaler comme sienne. Cet effort permanent, donc, qui n'est autre que le refus de tourner la tête et d'ouvrir les yeux, pour s'apercevoir que sa vie n'est pas ce tracé longiligne qu'il suit gentiment, mais qu'il se trouve quelque chose d'autre, dans cet ailleurs inconnu, qu'il se refuse à explorer par peur de ce qu'il pourrait y trouver et qui, pourtant, serait bien capable de lui apporter des réponses à ces questionnements silencieux qui naissent et meurent aussitôt, avant de ne causer des dégâts irréversibles à une psyché déjà malmenée. Mais maintenant que cette porte lui est montrée, qu'un chemin alternatif et dérobé s'ouvre à lui, aura-t-il la lâcheté de faire ce qu'on attend de lui qu'il fasse exactement ? A savoir, fermer les yeux et continuer d'avancer ? Inconsciemment, il continue de réfuter les preuves qu'il a sous le nez. Inconsciemment, il sait qu'il peut y avoir une explication parfaitement logique et ne remettant nullement en cause les fondements de ce qu'il pense être le vrai. Mais, au fond de lui-même, il sait qu'il ne peut pas ne pas vérifier. Qu'il ne peut pas ne pas mettre en corrélation ces documents et tous ces petits détails à qui il n'a jamais parlé, toutes ces impressions fugaces mais bien réelles, Cette sensation étrange d'être présent sans être là, et de vivre sa vie comme un spectateur assisterait à un film.

Un petit rire, nerveux, comme l'épitaphe annoncée d'une réalité.

_ Prend ça comme un outil, avant que ce soit toi l'outil. Et crois-moi... Je sais de quoi je parle. »

James n'a plus sur le visage que les vestiges d'une expression à demi-mesurée de contrôle, tandis qu'il n'affiche plus qu'une absence totale d'un quelconque genre de réaction. A le voir assis là à sa table, on pourrait le croire perdu dans des pensées qui n'appartiennent qu'à lui, mais ce qui se lisait dans ses yeux reflétait une toute autre réalité : l'égarement d'un doute superbe qui parvient à broyer une vérité préétablie.

_ Adieu Tucker. »

La gravité de la voix sonne comme la dernière fois où les deux agents devaient se voir, avant que ne quittent les lieux Blake et ses huit alter ego, et qu'un James trop ébranlé par ce qu'il aperçoit par le trou de serrure de cette porte dérobée ne reste là, stoïque, sous l'emprise du débordement psychique qui s'opère en lui à mesure qu'il corrèle des évènements en apparence anodins mais qui en réalité pourraient cacher quelque chose de bien plus gros, à la limite d'une paranoïa sur le point de l'engloutir. Étrangement, il reste parfaitement calme, alors que menace de s'écrouler sous ses pieds le sol de sa conscience, à travers duquel il sent percer les prémices de quelque chose de bien plus gros. L'air absent, ses yeux perçoivent pourtant des choses qui remettent en question la notion même de rationalité. Son regard glisse d'une réalité à une autre et, l'espace d'un instant, ce qui apparaît devant lui n'est pas ce qui se tient devant lui, mais à l'intérieur de lui. Vision hallucinée de Contrées inconnues mais pourtant familières, qu'il lui semble comme avoir déjà parcourues de par ses rêves, tandis qu'il s'efforce de saisir la signification de ce qu'il lui arrive. Pendant quelques fractions de seconde, il eut l'impression de se tenir ailleurs, dans un lieu différent, à parler, à bouger, à penser et à vivre dans un corps autre que celui qu'il habitait l'instant précédent.

Revenant brutalement à la réalité, il papillonne des yeux quelques fois avant de se passer la main sur le visage d'un air fatigué.

_ ...C'était quoi ce putain de trip de drogué... ? »

La possibilité que Blake soit impliqué dans son trip hallucinogène l'effleure un moment, mais le réalisme de la chose associé à la sensation terrifiante d'avoir déjà vécu cette situation mais de manière moins consciente à d'autres moments - dont des occurrences qui se situent avant le bordel avec Tomàs - lui font se dire que soit il y a une couille dans le pâté, soit il y a une grosse couille dans le pâté. Dans tous les cas, quelque chose merde, et il sent bien que ça va lui retomber sur la gueule.

Il se redresse, s'apprête à essayer de dire quelque chose, et prend soudainement conscience que Blake n'est pas là.

_ Ah le petit con... »

Il regarde autour de lui, frénétiquement, mais nulle silhouette de blackos en costard quittant les lieux. Seul un parapluie demeure, comme le dernier témoin de leur conversation. Hâtif, il dématérialise le dossier qu'il dissimule sur lui, s'empare du parapluie et quitte sa table dans un raclement de chaise. Il pénètre la foule de la faune qui se presse autour de lui, se frayant un passage jusque la sortie sans grand ménagement. Il sort d'un coup dans le froid nocturne qui l'accueille comme une amante mortelle. Et tandis qu'il cherche à percer la nuit ici et là, un tremblement fébrile dans l'âme, une angoisse mal définie dans le cœur, l'espace d'un instant, il lui semble qu'il est trop tard, mais c'est bien là-bas la silhouette familière de l'agent qu'il remarque, s'éloignant. Du moins espère-t-il ne pas se tromper. Sa vision ne fait que renforcer cette espèce d'égarement de son esprit, à cause de toutes les interrogations qui résonnent encore dans sa tête et qui, semble-t-il, résonneront encore pendant un moment. Cela ne fait qu'exacerber cette incompréhension, qui, fatalement, se mue en une sorte d'agressivité. Il se fond sur le trottoir, ne se préoccupant pas plus que ça d'être vu, glisse silencieusement sur le bitume éclairé par la nuit comme la forme opaque d'un requin qui s'approche sous l'eau, et rattrape en quelques secondes l'ancien agent avant de se rematérialiser devant lui, ex nihilo.

Dans ses yeux, le mélange d'une fureur froide mêlée à la subtilité de celui qui vient de se faire jeter la futilité d'une identité vacillante à la figure. Le silence, quelques instants, comme pour jauger de la réaction de son comparse face à son interruption, avant de poursuivre à voix basse, d'un murmure presque sifflant. Actuellement, il aurait de loin préféré que Blake lui donne rendez-vous pour une bonne bastonnade plutôt que pour ceci.

_ Et puis, c'est tout ? Ça fourre son nez dans des affaires qui ne le regardent pas, ça vient bazarder ses petites merdes comme un dernier cadeau pour son pot de départ et ça s'en va comme ça s'en est venu, comme les bons vieux amis qu'on est, hein ? Épargne moi ta sollicitude et crache le morceau, Blake, tu n'as jamais été qu'un homme d'action et de terrain, qui t'as filé ça et pourquoi ? » »

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MessageSujet: Re: Apocatastasis : C'est avant l'Aube qu'il fait le plus sombre.   Ven 28 Juin - 8:27

Exodos




Les éventements s'apprêtaient à prendre une tournure triste et froide dans cette nuit qui n'en voulait pas finir, maintenue par l'entrave d'un destin trop lourd pour deux et forçant à des âmes de s'unir pour la force mais dans la douleur.  L’œuvre du Chaos naturel et hasardeux était composé de deux atomes qui - dans leurs agitation - s'apprêtaient à s'entrechoquer. C'est une scène comme il s'en passe un nombre incalculable de fois dans l'immensité microscopique et finalement, transplanté à notre échelle, ce n'est pas si différent. Cette nuit ne restera pas gravée dans les mémoires, ni dans les esprits de toute la population de cette planète. Ce n'est que l'entrechoquement de deux grains de sables sur une plage où ce spectacle devient récurent et ignoré. Pourtant, regarder-y de plus prêt et vous y verrez toute la synthèse d'une société malade, toute une fresque représentative de ce monde corrompu et tournant dans le mauvais sens. Regarder un embryon grandir c'est voir toute l'évolution des espèces animales car l'ontogenèse récapitule la phylogenèse. Regarder ces deux âmes se chamailler revient à analyser toute l'évolution caractérisée d'une société décadente. C'est à la fois magnifique et effroyable et ce fracas, ce choc, résonnera tout de même dans les epsirts qui veulent bien y prêter une attention tout particulière même si ce sont ces mêmes esprits qui sont à l'origine de ce malaise sociétal, qui en sont la cause et à la fois la conséquence, le mal et le vice que l'on peut purger ou ignorer.

Alors qu'il avait déjà fait quelques mètres en direction de son véhicule pour ne perdre aucune seconde, Tomàs fut surprit par James se matérialisant devant lui. Du moins, il avait l'apparence de James mais cela pouvait très bien être e Neuvième. Tomàs tira machinalement son arme de son holster pour la pointer sur le visage de James. Cela pouvait très bien être son double emmerdeur après tout, mais il ne le senti pas si proche. De plus, James semblait sortir de l'ombre du sol et c'était la bonne analyse a faire pour en déduire qu'il ne s'agissait pas d'un imposteur. Tomàs rangea son arme, écoutant la complainte du cerveau malade d'un être sur le point de passer de l'autre côté de la matrice. Le visage de James était plus vraiment le même, son expression, ses rictus et ses mimiques étaient presque pathétiques si on exceptait le fait que Tomàs était passé par une bien pire situation que lui. Oui, bien que James ne s'en doutait pas, Tomàs savait exactement ce que ressentait l'agent. Une perte identitaire, l'impression d'un grand mensonge, d'un cauchemars ou d'un rêve qui nous anesthésiait dans une sorte de délire hallucinogène et naïf sur ce qu'on pensait être réel parce qu'on le sentait de nos sens. Mais il n'y a rien de plus trompeur que des sens et lorsqu'on se rend compte que le réel, la mascarade et les mensonges s’entremêlent et fusionnent : la perte de repère éprouvée nous plonge dans une terrible désillusion nous faisant trembler de doute et de peur. Non, ce n'était plus le James posé et sûr de lui que Tomàs avait en face. C'était le comportement et les mots d'un voyou, jeune, un peu paumé qui demande avec naïveté le sens de la vie. Tomàs eu un léger rire, passant au delà de James sans attendre qu'il ait terminé.

« Va te reposer. »

Mais la fin du discours de James le stoppa car l'agaça. C'était certains qu'il perdait son sang froid car jamais l'agent du BAM le « MotherTucker » du Triskellion, n'aurait prononcé des paroles aussi connes et enfantines. Alors qu'il l'avait dépassé de quelques centimètres Tomàs e retourna après un soupir, collant son visage contre celui de James, ses yeux fixés dans les siens. Il n'avait pas de temps à perdre mais pourtant il allait commettre certainement une grave erreur de calcul en prenant son temps pour ce cher Tucker. Sa voix grinçant entre ses dents serré dans un ton méprisant et ironique.

« Qu'est-ce-que tu crois ? Hein ? Peut-être que je vais te tenir la main pour t'emmener à la cantine le midi ? Que je vais te border le soir en te disant que madame Wurtz arrivera en retard parce qu'elle a des trucs à comploter dans ton dos au Bureau Fédéral ? T'as cru que j'allais te remonter le moral avec des phrases à deux balles comme « l'important c'est pas les gènes, c'est le cœur » ? Putain me prend pas pour un con. J'ai hésité entre deux choses : Te buter ou t'aider. Je peux te dire que je suis prêt à changer d'avis si tu me les brises encore alors un conseil, un avis et une menace : va te reposer et ferme ta gueule ! »

Il avait parlé consciemment de sa femme car c'était la première direction que James devait prendre : enquêter sur sa femme. Si il découvrait qu'elle était effectivement une agente du FBI – ce qui serait facile à découvrir pour un enquêteur de la trempe de Tucker - alors il saurait que les documents fournis par Tomàs n'étaient pas faux et donnés dans l'optique de lui faire perdre les pédales par pure vengeance puérile car c'est bel et bien quelque chose que ce cher Blake aurait adoré faire. Son épaule percuta celle de James lorsqu'il se retourna pour définitivement partir d'ici. Devait-il appeler des renforts ? Il le pouvait, Marvin était certainement pas loin et pourrait être sur les lieux rapidement. Mais il n'en fit rien, borné dans une pseudo-fierté de macho à deux balle il ne préférait inconsciemment régler cela seul. Mais pour régler cela seul il fallait que James lui lâche la grappe et c'était loin d'être facile, même si dans le cas de Tomàs cela pouvait être résumé à une situation de vie ou de mort. Il suffisait que James ne le lâche pas et Tomàs perdait du temps vis-à-vis du Neuvième. Il perdait du temps à court terme l'empêchant d'arriver à temps à son véhicule pour s'enfuir.  Et ce temps, le Neuvième l'utiliserait pour mettre en place son plan et avoir beaucoup plus de longueur d'avance qu'il n'avait déjà. Car c'était un fait avéré, lorsque le Neuvième était sorti de l'enclave psychique de Tomàs, il savait déjà où il devait aller, ce qu'il devait faire, quel était son but et comment y parvenir. Pendant tout ce temps, Tomàs était comme une loque même pas conscient qu'il venait de voir un double se faire la malle et persuadé que ce n'était qu'une illusion à la con des produits qu'on lui donnait. Il a perdu énormément de temps mais ce temps il pouvait le rattraper. Sa victoire s'établirait dans le prolongement de leurs petit combat. Si Tomàs parvenait à repousser au maximum l'échéance, il était certains que le Neuvième soit affaibli. Il jeta un coup d’œil en arrière, en direction de James. Avant de prendre une rue à droite.
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Tomàs Blake
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MessageSujet: Re: Apocatastasis : C'est avant l'Aube qu'il fait le plus sombre.   Dim 30 Juin - 19:39

Palingenesis



Quelques minutes plus tard...

Il est là, devant la voiture, et il l'attend un sourire au lèvre comme si tout était déjà dit. La berline est garée sur le parking et Tomàs s'avance, ralentissant le pas à mesure qu'il réalise. C'était lui, il le savait car un lien psychique les réunissait comme si ils ne faisaient qu'un, déjà. La pluie fine continuait de tomber et une goutte perlait sur le nez de Tomàs alors que vingt mètres le séparait de son future agresseur. Les cheveux noir d'Afterlife étaient moins humides, trahissant une matérialisation récente. L'Original sorti son arme, bras le long du corps sa respiration se faisait légèrement plus rapide mais néanmoins plus régulière. L'adrénaline faisait son travail et il était prêt. Ils étaient prêts. Huit doubles l'accompagnaient désormais dans une explosions de brume psychique visible que par quelques élus télépathes. Chaque double était armé, tous avaient la même apparence que Blake. Le Neuvième quand à lui restait droit, calme, sans arme et sans provocation autre que ce sourire.

« Inutile, va falloir m'affaiblir un peu avant de tenter de m'absorber... Blake. »

Aucun mot ne sorti de la bouche de Tomàs. Il s'était concentré pour réabsorber ce double comme il le fait pour chaque, mais rien n'y faisait, il semblait légèrement différent, légèrement plus lourd, plus gros. Les doubles ne sont que des projections psychique de l'esprit de l'Original. Rien de plus. Tel une pensé il vous est possible de l'oublier avec un certain effort et une certaine habitude. Mais cette pensées qu'est le Neuvième ne voulait pas sortir de son esprit. Comme une obsession il restait là, devant lui, à sourire et à le narguer. Cet impression étrange que Tomàs avait de se retrouver face à un miroir et de voir son reflet lui parler, être différent, se comporter différemment et finalement n'être qu'un étranger voulant sa peau. Cet apparence, cette dégaine, ces habits et ce visage ne lui inspirait rien, ce n'était pas lui, nullement. Il voulait savoir pourquoi mais n'avait aucune sympathie pour cette chose qu'il ne considérait que comme un tir raté, une balle perdue. Lui parler était lui donner de l’importance et pour réabsorber ce double il devait le nier, ne plus le voir. Mais était-ce simplement possible lorsque l'on sait pourquoi il est là ? Pourquoi il est si dangereux de part ce sourire ? Non, et Tomàs devait s'y résigner.

« Qu'est-ce-tu veux ? Me buter ? Bah vas-y, ça te butera aussi ! »

Pas réellement. Afterlife n'étant plus lié à Blake la mort de l'un n’entraînerait pas nécessairement la mort de l'autre pourtant... Malgré son incompréhension de la situation Squad n'était pas très loin de la vérité. Sans l'un, l'autre était condamné à voir son esprit d'effriter et disparaître. Mais ce qu'il ne savait malheureusement pas c'est que cet effet ne fallait pas que pour Afterlife. Il valait pour les deux. L'esprit alors scindé en deux laisse place à des fissures béantes que le temps et la dangerosité astrale érode et menace de détruire.

« - Il n'y a vraiment plus que ça en quoi tu peux croire... Quelques menaces de... suicide. C'est plutôt triste même si finalement t'as toujours été comme  ça.
- …
- Sérieusement... Regarde toi... Tout ce en quoi tu as cru ta lâché parce que tu étais simplement trop con. Qu'est-ce-qu'il te fait encore avancer ? En quoi crois-tu encore ? En Maeva ? En la... Justice ?
- Aux munitions. »

Le coup de feu retenti et la balle fendit l'air en direction du crâne d'Afterlife. Mais ce berner était bien plus rapide, agile et possédait de plus grand reflex que l'humain Squad. Il avait vu la contraction des muscles et le bras se lever, il avait vu le doigt appuyer sur la gâchette et en une fraction de seconde il s'était dématérialisé. Les doubles se mirent en formation autour de Squad pour trois d'entre eux alors que les autres quadrillaient le parking. Mais du ciel, Afterlife chuta, des sabres aux mains pour transpercer deux doubles et se dématérialiser la seconde suivante avant que quelques balles et quelques coups de feu ne résonnent encore dans la nuit. Afterlife se jouait de Squad en apparaissant dans son dos pour lâcher une grenade dégoupillée qui força tout le petit groupe à sauter et à protéger Tomàs sous le coup de l'explosion. Ils étaient plus que trois doubles et Tomàs ne les reformait pas. La raison n'était pas qu'il était fatigué mais simplement qu'il voulait économiser ses forces pour analyser les trajectoires et anticiper Afterlife. Il se rapprocha petit à petit de sa voiture avant de voir son ennemi réapparaître une dizaine de mètres au dessus du sol, tirant des rafales de pistolet mitrailleur pendant sa chute forçant Squad à se protéger avec deux doubles et passer derrière sa voiture. Le dernier double tira dans la jambe d'Afterlife d'une balle précise. Mais à la grande surprise de Tomàs, Afterlife régénéra instantanément de sa blessure et se paya le luxe de tirer sur le denier double, dans la tête, avant atterrir sur le sol. Un combat d'usure se lança alors entre les deux protagonistes. Des doubles apparurent donc au fur et à mesure qu'Afterlife les tuait avec différentes armes en se matérialisant puis se dématérialisant. Un combat d'usure dans lequel Afterlife voulait emmener Blake pour l'affaiblir et aussi pour s'affaiblir. Ainsi, Blake tenterait de le réabsorber et il se laisserait volontairement faire, enclenchant un combat unique entre les deux esprits.

Sous les coups de feu les voitures du parking devenaient inutilisables par Blake. Une véritable symphonie se rapprochant plus de la cacophonie était jouée en ce lieu et résonnait dans tout le quartier depuis quelques minutes maintenant. Les autorités et la police ne tarderaient pas à arriver et Squad n'avait pas eu le temps d'appeler des renforts. Il était seul, seul contre lui-même à essuyer des coups qu'il ne pouvait régénérer. Une balle dans son épaule gauche l'empêchait de créer plus de cinq doubles désormais alors qu'Afterlife n'était qu'à peine plus lent à se dématérialiser. Son sang coulait sur le sol alors qu'il se sentait humilié de voir un acrobate apparaître et disparaître dans le ciel pour l'affaiblir et tuer ses doubles là où il aurait pu le tuer depuis bien longtemps. Humilié, blessé, la fin était proche sans doute mais n'étais-ce pas écrit d'avance ? Si Afterlife voulait l'affaiblir et non le tuer, créer des doubles ne serviraient à rien. C'est pour cette raison que Tomàs se stoppa observant son adversaire réapparaître une vingtaine de mètres en face de lui. Il le sentait plus faible, plus facile à nier, pourtant il n'y parvenait pas encore. Afterlife était exténué mais une réserve supplémentaire lui avait été donné. Il ne l'avait pas encore assimilée totalement mais il sentait que cela s'accélérait au fur et à mesure du combat. Il se rapprocha lentement de Tomàs qui n'avait plus de munition et qui avait clairement compris le message, lâchant son arme et serrant les poings. L'Original frappait tant bien que mal le Neuvième qui lui retournait bien plus de coup. Plus rapide, plus précis et plus vif ce dernier commençait à dominer son adversaire. Coup de pieds, coup de poings, parades, esquives et mêmes quelques acrobaties de la part d'Afterlife pour éviter les tentatives redoutables mais néanmoins prévisible d'un style de combat qu'il connaissait que trop bien. Une fois mis au sol, Squad se faisait rouer de coup mais parvint à se dégager en repoussant Afterlife d'un coup de pied. Mais sa blessure lui faisait bien trop mal et il perdait trop de sang. Il titubait, vacillait alors qu'il tentait de se relever sous le regard impitoyable d'Afterlife qui avait perdu toute humanité concentré dans la gestion de la fatigue de l'un et de l'autre. Le moment était venu.

« Enfin... »

Afterlife se dématérialisa et plongea littéralement dans la masse psychique que pouvait représenter Tomàs Blake. Leurs lien les rapprochait et grossissait de plus en plus pour forcer une réunification des deux âmes affaiblies. Le corps de Tomàs hurlait de douleur et s'effondrait sur le sol alors qu'une voiture de police arriva sur les lieux. Les deux masses psychiques, sur le plan astral, se mélangeaient dans une stupéfiante et incroyable fusion. Un mélange ultra rapide ou tout était chamboulé, modifié, réécrit. Les deux âmes se battaient mais celle de Squad n'était nullement habituée à cela là où Afterlife avait nettement l'avantage, entraîné contre des Psycheuniens par Von Orchent. Une ambulance fut appelée alors que les deux policiers constataient les dégâts. Un portefeuille demeurait dans la veste de Tomàs indiquant une carte d'agent gouvernemental. Bientôt il serait transporté à l’hôpital où il se réveillerait, peut-être, changé.

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James Tucker
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MessageSujet: Re: Apocatastasis : C'est avant l'Aube qu'il fait le plus sombre.   Mar 2 Juil - 1:04


Ontogenesis




~ Au sein de ce maelström de confusion qui lui hurlait à la face tout la force d'un vent irrationnel, la taille du colosse de mystères qui se révélait à lui dans toute sa puissance lui dévoilait l'étendue de son ignorance, infime fragment de la mesure de la tromperie dont il était l'objet. Mais s'il y avait bien une chose, dans toute cette confusion, qui était un point fixe focalisant une grande partie de son attention, c'était bien Blake. Blake et cette espèce de lucidité teintée de miséricorde dont il faisait preuve à l'égard de James, avec cette franchise lâchée qui se voulait, au final, bénéfique, mais qui n'était rien d'autre qu'insupportable. Il lui révélait une parcelle de cette terre d'ombre qui se soustrayait à sa vision mais sans pourtant pousser l'avantage plus avant. Qu'il eût été tellement plus simple, que Blake ne lui jette la réalité à la face comme l'étron malodorant que tout ceci était, et n'en profite pour assouvir la revanche de cette tension qui régnait entre eux. Mais ce n'était pas ce qu'il faisait, et James le détestait pour cette raison bien précise : c'était lui qui lui donnait les clefs du chemin vers la vérité. Perdu dans le doute d'une vie qui s’effondre, il lui fallait un objet sur lequel concentrer cet amas indéfinissable de sentiments qui suintaient en lui comme le pus d'un abcès en train de crever. Mais il n'y avait rien de tout ça, juste le flou complet, et Blake, de part l'espèce de sollicitude dont il faisait preuve, se soustrayait au rôle d'ennemi qu'instinctivement James lui conférait, et c'était bien là ce qui menaçait de le faire imploser sur lui-même. Il n'avait pas d'ennemi à haïr, et seul résonnait face à sa frustration l'écho d'une vacuité qui se bornait à rester silencieuse. Il y avait, là, quelque part dans les fanges méphitiques du défécat sur lequel reposait toute une mascarade, des éléments de vérité qu'il lui fallait encore chercher et découvrir. Des éléments qui pourraient faire toute la lumière sur le mensonge dont il venait de prendre conscience. Intérieurement, c'était de la rage froide de ceux qui se font planter un couteau dans le dos qu'il bouillonnait, et si ses convictions vacillaient, il sentait comme un gouffre entre lui et ce en quoi il croyait alors. Et ceci ne lui était rien d'autre qu'insupportable.

« Va te reposer. »

Et cette ignorance non feinte qu'il lui servait comme seule réponse, comme si tout ce qu'il méritait n'était plus que l'insignifiance dans laquelle il se voyait plongé, et comme si tout ce qu'il était encore n'était plus qu'un rien insignifiant. Et cette rage sourde qui revient pointer dans le cœur comme le froid qui engourdit avant la mort dans le voile blanc de la neige. Car la vérité était là, crue et hideuse dans les formes qu'elle prenait devant lui : Blake avait raison.

Son homologue se retourne, approche. Un instant, James entrevoit la possibilité d'une violence physique, mais il s'en contrefout. Il n'a rien à défendre face à Blake, rien à lui donner qu'il pourrait prendre. Il y a juste lui dans ce monde où même la sensation du sol sous ses pieds devient quelque chose d'incertain et d'intangible. Il n'y a pas de défi, juste une sinistre constatation. Il ne recule pas, mais les mots de Blake semblent l'écorcher vif dans la stupidité qu'il lui montre dans les réactions emportés qu'il adopte.

« Qu'est-ce-que tu crois ? Hein ? Peut-être que je vais te tenir la main pour t'emmener à la cantine le midi ? Que je vais te border le soir en te disant que madame Wurtz arrivera en retard parce qu'elle a des trucs à comploter dans ton dos au Bureau Fédéral ? T'as cru que j'allais te remonter le moral avec des phrases à deux balles comme « l'important c'est pas les gènes, c'est le cœur » ? Putain me prend pas pour un con. J'ai hésité entre deux choses : Te buter ou t'aider. Je peux te dire que je suis prêt à changer d'avis si tu me les brises encore alors un conseil, un avis et une menace : va te reposer et ferme ta gueule ! »

La violence des mots semblent soudainement laisser la place à un silence assourdissant, tandis que résonne encore, comme une vibration destructive, la voix masculine dans ses oreilles, et la portée de leur signification terrible. James n'avait plus rien, plus aucune façade à placer sur son visage, même pas la plus infime des protections tandis que s'ouvrait en son regard l'abîme d'une prise de conscience bien trop dangereuse pour être assimilée. Il ne parvenait même pas à s'accrocher à l'espoir ridicule que, peut-être, le Bureau des Affaires Mutantes n'avait rien à voir dans tout ça, que Rachel Wurtz n'était qu'un agent placé par le Bureau Fédéral pour espionner les agissements du Bureau des Affaires Mutantes, que cela ne remettait en rien en cause sa vie et ce qui lui donnait sa consistance. Mais, au fond de lui, il savait que c'était la vérité. Il savait que ce n'était pas sa femme, et que cette routine quotidienne et indifférente qu'il éprouvait avec elle n'était que le signe évident de son non amour pour elle. Julia n'était pas sa femme, car Julia n'existait pas. Cette pensée l'obséda soudainement de plus en plus, comme une obsession infernale dont on ne peut se défaire tant qu'elle n'a pas été résolue. L'envie subite de rentrer chez lui pour défaire ce mensonge dans une violence écarlate le prit à la gorge, tandis qu'il s'imaginait déjà extrayant les informations du crâne de sa précieuse femme avec une satisfaction presque perverse dans ce fuck magistral qu'il lui occasionnerait.

Dans un état de semi-conscience fiévreuse de ce qui l'entourait, il ne voyait plus Blake, en face de lui, il l'avait déjà oublié, tandis que celui-ci finissait de s'écarter pour reprendre la route qu'il empruntait avant que Tucker ne l'interrompe. Le bruit des pas s'éloignait, les échos de la vie nocturne dans la rue semblaient indistincts, flous, à mesure que dans le cœur de l'agent semblait s'éveiller une sorte de calme plénier et sinistre, paradoxal au vu de la situation, et que lui apparaissaient désormais avec une lucidité extrême les choses telles qu'elles étaient. Comme un dernier soupir avant la mort, et cette perspicacité décuplée qui vous envahissait l'instant d'avant la fin. Il y avait une couille dans le pâté. Une couille si énorme que l'avaler le conduirait de facto à s'étouffer avec. Et le fait est qu'il s'étouffait avec. Mais il s'en foutait, emprunt d'un détachement extrême, comme si tout ceci, au final, n'était que l'anormale continuité d'un rôle malade dans une réalité qui était tout sauf saine. L'esprit vacillant, il se sentait faible. Il était faible, et il prit brutalement conscience de cet état de fait. Qu'était-il, alors ? Un simple pion sur un échiquier si énorme que la simple vue de sa propre case manquait le détruire ? Ses yeux glissèrent vers le bitume humide de la rue, et il eut l'impression de couler mentalement sur le sol qui s'étalait sous ses yeux. Amorphe, il n'avait même plus la force de bouger, et il lui semblait que son esprit entrait dans un état de léthargie avancé, comme  si la portée des nouvelles de ce soir l'assommait d'une fatigue sans commune mesure.

Et le fait est qu'il coulait, littéralement, tandis que son corps passait d'un état physique à un état immatériel, comme un spectre dans la nuit, comme un fantôme abandonnant sa carcasse avec la résignation d'une âme qui s'élève pour ne jamais revenir. Il disparait, se moulant sans distinction dans les coulures du relief, ici et là, se liquéfiant pour se soustraire à cette mascarade, et disparaître dans le secret de la nuit, dans un endroit où personne, pas même lui, ne serait capable de retrouver.

Ce soir, James Tucker commença à mourir. »

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06/10/2011
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Georges J. Patterson
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MessageSujet: Re: Apocatastasis : C'est avant l'Aube qu'il fait le plus sombre.   Ven 5 Juil - 19:13


Au début, il y avait les ténèbres. Des ténèbres ont jaillit l’existence. De ce néant, la matière à jaillit. Les éléments se sont matérialisé, l'univers est apparu. Le chaos est né. Mais ce chaos a cessé. Les lois ont pris leurs places. L'ordre est né de ces lois, l'univers les a suivit. Mais le chaos, lui, n'a pas oublié. Les ténèbres non plus. Chacune attends son heure. Et les forces de l'univers, non jamais connu le repos depuis. A chaque échelle de l'univers, ce schéma c'est sans cesse répétée. Et partout, ce qui a un jour connu la complétude cherche toujours à un revenir. C'est une force immuable, née des règles de ces univers. Cela fait que la séparation de tels éléments est un excellent moyen d'engendrer le chaos, de réécrit de nouvelle règles, de règles que personne ne connaît. Le roi d'ombre avait joué de nombreuses fois avec ces règles. Il avait notamment cherché à comprendre sa propre nature, celle d'être mais pas de substance, seigneur des esprits mais incapable de concerner éternellement. Et victime, lorsqu'il agissait ainsi, du poids même de cette chaire qu'il avait abandonné. Ces expériences lui en avait appris, rétrospectivement, beaucoup, et bien peut. Il ignorait toujours pourquoi sa nature différait tant des télépathes que le plan astral  lui était venu en aide lorsqu'il avait été tué, ne l'assimilant pas, mais devenant au contraire la source de sa puissance. Ni pourquoi, quand bien plus tard, son esprit avait été réduit en une myriade de fragments de pensés par son ennemi, il avait pu se reconstituer à nouveau dans ce plan astral, aussi fort. Et plus méfiant. Mais cependant, il en avait apprit assez sur les esprits des autres pour comprendre le fonctionnement du corps humain normal lorsqu'on jouait avec son esprit, le retirant, le remplaçant, le modifiant. Ces expériences, menée sur plusieurs millénaires lui offraient un savoir unique en matière de maitrise des esprits. Mais, le temps passant, une nouvelle race était apparue et foulait du pied le monde.

Une race... différente. Dont il comprit au fil du qu'il en était lui même l'un des représentant. Une race dont chaque individu était le porteur d'une puissance unique. Nouvelle. Un ordre nouveau. Une menace pour l'ordre ancien. Un facteur de chaos. Une menace pour lui. Alors il avait également étudié cette race. Il en avait asservi certains. En avait utilisé d'autre. Avait lutté contre ceux qui refusaient de d'adopter l'une des options précédentes. Et avait vaincu dans la majeure partie des cas. Il en avait profité pour en apprendre plus. Même s'il n'en avait tiré qu'une unique règle : chacun de ces êtres, ces mutants, étaient uniques. Et chaque pouvoir pouvait influer sur la façon dont ils réagissaient aux siens.

Il avait donc procédé à plusieurs expériences au cours du temps, tant pour l'attrait de la nouveauté, que pour le plaisir de générer des situations porteuses de chaos. Récemment, il avait donné un petit coup de pouce psychique à deux agents du BAM. Leurs états nerveux respectifs avaient attirés son attention et il y avait vu matière à agir. L'un des deux avait porté ses fruits, sous une forme qu'il n'aurait jamais imaginé. Il avait été le témoin de ce qui s'était passé, lisant les pensées de l'agent Black à son retour de mission. Un délice. Sa plus belle réussite depuis l'esprit brisé qu'il avait libéré de sa chaire pour devenir l'impitoyable créature Soul. Et à moindre coup. Il avait juste été déçu que l'affaire ne prenne pas d'avantage de conséquence et que l'agent Blacke sorte de sa juridiction avant qu'il n'ait le temps d'influer sur lui plus en avant. Jusqu'à quel point pouvait il se séparer en partie indépendante et en opposition ? La question aurait mérité une réponse.

Aujourd'hui, alors qu'il cherchait à entrer en contact avec un de ses agents, il avait ressentit une perturbation dans le plan astrale. Une perturbation nouvelle et familière. Nouvelle par son empreinte unique. Familière car il ne s'agissait que de deux entités séparées qui cherchaient à retrouver la plénitude de l'union. Le Shadow King le regarda s'affronter depuis le plan astral. Au loin, il perçu la détresse mentale, d'un autre agent du BAM qui lui était connu. L'agent Tucker perdait pied dans sa fiction et découvrait les ficelles qui avait tiré sa divine comédie. Ignorant que les marionnettistes eux même n'étaient que les marionnettes de marionnettes... Comme tout le monde, quelque part.

Alors que le combat entre le Ying et le Yang semblait tirer à sa fin et que la victoire d'une des parties semblait claire, le roi d'ombre se décida. S'opposer au retour de la plénitude n'était pas dans ses intentions. Il allait se contenter de mettre un grain de sable dans la pièce. D'abord l'ex-agent Blacke. Puis l'agent Tucker. Le roi d'ombre sourrit. Si quelqu'un l'observait sur le plan astral, ce qui n'était pas le cas, il aurait pu voir une masse de ténèbre fendue d'un large sourire d'une blancheur aveuglante. Puis il agit. Projettant un fil psychique dans l'esprit de l'agent Blacke, avant que son Nemesis ne le rejoigne, il fit un bref inventaire des pulsions les plus basiques qui animaient l'homme. En choisis une et l'amplifia, avant de se retirer, une pensée plus tard. Il avait jeté un caillou en montagne. Impossible de prévoir le résultat. Allait il déclencher une avalanche ? Ou le caillou disparaîtrait il dans la neige impossible de prévoir. Mais ce n'était qu'un grain de sable. Un autre devait être façonné. Un conclave d'ombre allait se mettre en marche et les grains de sables allaient pleuvoir dans les engrenages bien huilés du monde.

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James Tucker
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MessageSujet: Re: Apocatastasis : C'est avant l'Aube qu'il fait le plus sombre.   Lun 5 Aoû - 2:06


Rouages



Une semaine plus tard


~ La carte s'étalait dans son esprit comme l'ensemble fragmenté d'un puzzle incomplet. Aux zones d'ombre se succédaient l'émail écaillé et fictif du socle bancal qui servait de base à une conspiration dont l'étendue ne semblait connaître de limites, tandis qu'ici et là s'étalaient, épars, des fossés emplis de la substance poisseuse et asphyxiante de doutes et d'interrogations qui s'obstinaient malgré tous ses efforts à rester d'un silence de marbre. Oh, comme cette vision avait le goût amer de la tromperie et du mensonge. Mais il savait, à présent, il avait acquis la certitude bel et bien réelle que sous la peau du masque qui s'offrait à lui grouillaient des vers dans une chair nécrosée. Jusqu'à il y a encore peu, il tremblait sous la pression constante d'un vacillement de l'âme, dans l'incapacité totale d'être en mesure d'infirmer ou de confirmer ce ressenti. N'était-il pas juste en train de perdre la tête, si ce n'était déjà fait ? avait alors été la question la plus sensible, juste après le Pourquoi ? dont il savait que la réponse recelait en elle cette vérité qu'il ne trouvait pas. Mais, aujourd'hui, lui avait été donné ce qu'il attendait : un élément extérieur à lui même lui avait collé sous le nez des éléments qui, s'ils n'apportaient pas de réponses définitives, mettaient un terme au doute initial, à savoir : son esprit n'était-il pas simplement détraqué depuis cette altercation avec un télépathe qui l'avait placé dans le coma. A y bien regarder, cela dit, il commençait maintenant à douter sérieusement de la véracité de ce propos, et il voyait bien là l'occasion idéale pour monter une supercherie d'une telle ampleur et, alors qu'il était enfin au courant, il comptait bien découvrir par lui-même les tenants et aboutissants de toute cette affaire. Mais sa marge de manœuvre était faible, il le savait, et il devait constamment rester sur ses gardes. Chaque chose, chaque personne, pouvait en réalité n'être qu'un mensonge de plus dont il serait accoutré. C'était difficile, comme de se sentir violé à l'intérieur par des gens aux gros doigts sans délicatesse, qui décidaient pour vous sans ni vous demander quoique ce soit ni même vous laisser la conscience d'une telle chose. Un acte d'une ignominie sans bornes, en somme. Mais il devait continuer à agir comme si tout était normal, c'était capital, et la première chose que cela impliquait était de se comporter avec sa femme, Julia, comme il en avait toujours été. Premier élément de surveillance qui lui était imposé, mais aussi le plus intime et le plus pernicieux, quand on savait qu'elle n'était en fait rien d'autre qu'un agent double placée ici pour jouer le rôle qui lui avait été attribué. Progressivement, il se dépouillait de ces oripeaux dans lesquels on l'avait drapé avant de lui attribuer l'identité de James Tucker. Mais tout ceci ne répondait pas encore au plus essentiel : au final, qui était-il, et qu'est-ce que cet abîme d'incompréhension qui s'ouvrait sous lui signifiait ?

Il rentrait chez lui à pied, ce soir. Comme assez souvent ces derniers temps. Prétextant un soucis passager sur sa moto, il avait fait quelques rues à pieds avant de prendre le métro et de ressortir non loin de son quartier, où il ne lui resterait pas long avant d'être chez lui. C'était devenu capital, en réalité, pour son mental. L'un des rares moments à peu près normaux où il ne se trouvait ni au Triskelion, source supposée de tous ces troubles psychologiques, ni chez lui, auprès de « Julia » sa tant aimée compagne, et où il pouvait se permettre de ne pas afficher un masque de composition tel que celui qu'on attendait de lui. Il n'y avait bien plus que leur chien, qu'il pouvait regarder sans avoir l'assentiment dérangeant d'un œil gigantesque en permanence braqué sur lui.

Il la vit émerger d'une rue perpendiculaire avant même de l'entendre.

_ JaMes TOmaS TucKeR. »

Déjà, il s'était projeté sur le mur en un réflexe de survie presque inné, silhouette humaine mais plate d'où partait deux beretta 92 tenus par des mains d'ombre pointés dans la direction de la personne qui l'avait interpellé.

_ VoS JoueTS NE VouS SeRoNT PaS UtILEs AgenT TuCkEr. Je ViEnS iCI En TanT Que MesSaGÈRe, NOn EnneMIe. »

A demi-dissimulée par le couvert de la ruelle, la silhouette qui se présentait devant lui n'avait rien de commun. Vêtue de noir de la tête aux pieds, une cape lui drapait les épaules et descendait jusqu'en bas du sol, dissimulant une grande partie de son corps à la vue des autres et tout ce qu'elle pouvait cacher avec elle par la même occasion. C'était une femme, assurément, sa poitrine lui donnait cet indice, mais c'était bien là la seule façon de le remarquer, tandis que son visage se soustrayait à la vue par le port d'un masque qui ne laissait entrevoir que ses yeux, d'un bleu aussi tranchant qu'une lame par contraste avec l'ombre qu'elle était. De plus, en y regardant d'une manière plus attentive, il s'aperçut que sa mystérieuse interlocutrice n'était pas réellement présente, mais qu'il s'agissait en fait d'une image, pas totalement opaque, qui tenait plus de l'hologramme ou de l'image psychique que du reste. Mais, ce qui la caractérisait le plus, c'était cette voix. Une voix multiple, tantôt au timbre féminin, tantôt au timbre masculin. Un instant elle était juvénile, celle d'après elle adoptait les accents d'un détraqué psychotique pour finir ensuite sur les tons tristes des pleurs d'une vieille femme. Tout ceci à la fois d'une manière unique et séparée, comme la superposition des voix de plusieurs personnes simultanément, le tout dans un résultat désincarné et presque fantomatique. C'était particulièrement perturbant.

Il hésita, l'espace d'un instant, découpé sur les briques de pierre rouge du bâtiment qui lui servait de support, avant de finalement faire disparaître ses armes et de quitter le mur, reprenant son volume, puis sa consistance physique. Il l'observa d'un œil critique. S'il avait dû mourir en cet instant, ç'aurait déjà été fait. Une balle de sniper et la surprise étaient bien plus efficaces que la majorité des mutants dans un assassinat. Il se glissa dans la rue perpendiculaire à celle qu'il arpentait juste avant afin de profiter lui aussi du couvert relatif que cela conférait à la vue de tous. Toutefois, il se garda bien de lui tourner le dos. Il n'en restait pas moins méfiant, et il n'accordait aucune confiance à celle qui se projetait en face de lui.

_ Qui êtes vous ? Qui vous envoie ? »

Il tente de percer son regard et, par delà, ses intentions, mais la maîtrise dont elle fait preuve ne lui laissa absolument rien transparaître, si ce n'était cette espèce de professionnalisme qui signifiait qu'elle était là pour faire ce qu'elle avait à faire, rien d'autre. Si intérêt elle avait, il ne le vit pas.

_ PeU ImpOrtE Qui Je SuiS, SeuL lE MesSagE CoMpTE. JE VieNs dE La ParT DE L'OmbrE DaNS Le CœUr Des HoMmeS. »

James n'appréciait pas réellement le début de cet entretien, particulièrement la dénomination de l'expéditeur du message. Tout ce qu'il espérait, pour le moment, c'est qu'il ne se soit pas mis à dos une quelconque puissance obscure qui aurait décidé de lui faire part d'une menace ou toute autre chose de cet acabit, bien qu'en général il ne connaisse que peu de cas où une personne choisisse de prévenir sa victime d'une tentative de meurtre.

Il décida d'aller droit au but.

_ J'écoute. »

Il resta néanmoins attentif à son environnement, pour ne pas se faire distraire si quelque chose devait arriver.

_ En TeMpS NorMal, Je ME seRaI AdrESsÉe à VoUs DiReCtEmenT PAr LA peNSéE, mAiS Il EsT InTeRÉSsanT dE voIr lA ManIÈre AbSolUe DoNt VoTRe EsPrIt SOusTraiE SoN ExiStenCe Au PlAn AstRal eT à TouTE FoRme De TéPathIe. C'EsT RemArquAble. VoUs nE SerIEz PaS Là DeVAnT MoI, PouR MoI, VoUs N'ExiSTeRieZ pAS PlUS PsYChiQuEmEnT QUe VoS VÊtemEntS. JspÈRe QuE VoUS AvEz CoNsCiEnCe de CEt AvAntaGe, MoNsieUr TuCkeR. »

Première nouvelle, qu'il ignorait totalement. Jamais dans ses capacités il n'avait été un jour question d'une quelconque inexistence télépathique ou autre bizarrerie du plan astral. Il en déduit donc que la femme qui se dressait là devant lui n'était rien d'autre qu'une matérialisation psychique d'un esprit dans le monde physique, directement depuis le plan astral. Il n'était pas un expert en télépathie, mais ça restait un classique des pouvoirs contre lesquels les agents du Bureau des Affaires Mutantes étaient entraînés. Du moins, informés serait-il plus juste dans ce cas, puisqu'on ne pouvait pas réellement contrer ce genre de pouvoir, toujours très délicat et qui faisait criser plus d'une agence de renseignement. Il conserva un masque impassible, n'affichant pour toute réponse qu'un mur stoïque. Après tout comme elle le disait si bien, seul comptait le message. Mais la manière subtile dont cela avait été introduit et les airs de rhétorique qu'avait sa dernière remarque le laissait à penser que ce n'avait pas été fait de manière anodine. Il supputait que ce qu'elle venait de dire était une part intégrante du message, comme si son mystérieux interlocuteur tenait à ce qu'il le sache, pour une raison ou pour une autre, même si celle-ci paraissait évidente. Évidemment, il y avait toujours la possibilité que tout ceci ne soit qu'un faux destiné à l'induire en erreur, mais, dans tous les cas, il restait sur ses gardes, avant de pouvoir confirmer ou infirmer cette information.

Un silence de quelques secondes s'écoula. Visiblement, le messager attendait une réponse, aussi brève fut-elle.

_ Certes. »

Elle reprit, comme il l'avait estimé. Sans aucun geste, sortit d'un endroit d'où il avait été à priori caché au préalable un petit objet de forme rectangulaire et compact. Celui-ci vint flotter devant James à un tour de bras de lui et resta suspendu dans les airs.

_ L'ExPédItEuR De CE MeSsAgE SouHaITe PaRtAgeR AvEc VouS à TiTrE PeRsOnNel cErTaiNeS inFoRmATioNS Qu'Il JuGe UtIlE dE VoUS FAire CoNNaITrE. VoYez CeCi ComME Un EfFoRt RéaLi DanS uN BuT ComMuN. CeS InFormAtIOns SoNt COnsIdÉréEs SenSiBlEs, auSsi, Il VouS PriE D'eN FaiRe BoN usAgE. »

Il s'agissait, il le voyait clairement, d'une clef USB. Ce qui ne manqua pas de provoquer en lui la réflexion que, décidément, depuis quelques temps maintenant on eut dit que c'était le nouveau passe temps favori des gens, que de lui transmettre des informations. S'il ignorait pourquoi, il n'allait cela dit pas cracher dessus, et bien qu'il puisse s'agir encore une fois d'un faux destiné à l'induire en erreur sur une quelconque piste d'une quelconque histoire, ou il ne savait encore quoi, il irait vérifier ça par lui même.

Il ne fit cependant aucun geste pour saisir l'objet, croisant le fer de leurs regards aciers avec son interlocutrice.

_ Quel sujet cela concerne-t-il et qu'est-ce que ça va me coûter ? »

Elle lui renvoya la balle, égale à elle-même.

_ Je L'IgnorE. Et AbSolUmEnT RiEN. DiSOnS qUe Le SimPLe FAiT D'UsEr dE CeS InfOrMaTioNs SeRa Un BéNÉfiCe PouR PlUsIeuRS. »

James considéra la réponse et finit par choisir de s'emparer du petit objet avant de le dématérialiser afin d'être sûr de le conserver sans ni le perdre ni se le faire faucher.

_ Y a-t-il autre chose ? »

Léger signe de dénégation de la tête.

_ NOn. »

_ Une réponse est-elle exigée ? »

Même chose.

_ NoN. »

Un instant de silence. Puis il comprend que c'est terminé.

_ Soit. Au revoir dans ce cas, et merci. »

Elle salua d'une légère inclinaison de la tête, puis disparut, sans aucune autre forme de procès. James resta pensif quelques instants, l'esprit concentré sur l'amas de ténèbres en lesquelles consistaient actuellement les dites informations, avant de finalement se décider à quitter les lieux. Autant faire comme si rien ne s'était passé. Il verrait ça en temps et en heure, dans un lieu sûr, où personne ne pourra le suivre. Une chose qu'il ignorait encore, cependant, c'était qu'il venait de récupérer là bien plus qu'une clef, mais le moyen de parvenir à certaines fins de façon bien peu orthodoxe.

L'Ombre dans le cœur des Hommes. Encore une énigme de plus. »

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06/10/2011
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Apocatastasis : C'est avant l'Aube qu'il fait le plus sombre.
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