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  Le Prix de la Liberté I : Evasion du CUBE.

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MessageSujet: Le Prix de la Liberté I : Evasion du CUBE.   Sam 7 Avr - 19:47

Combien de temps s'est écoulé depuis que je suis enfermé ici ? Impossible de le dire. Je n'ai aucun repère, nulle montre ou horloge, pas plus que de fenêtre pour apercevoir le cycle des jours. De toute façon, je doute qu'en pareil endroit un soleil soit présent. Ma cellule de trois mètres par deux est complètement nue à part la couchette rétractable fixée au mur, le lavabo et les toilettes dans un coin. Tout semble constitué du même métal gris et froid, sans aucune fissure ni raccord apparent. La seule touche de couleur dans cet univers monochrome semble être la combinaison orange que je porte avec mon nom et mon numéro de matricule inscrit dessus: Owen Reece, matricule N°445175012.

La cellule est normalement éclairée par une dalle au plafond qui dissimule surement des néons. Mais pour l'instant ils sont éteins, et la seule lumière visible provient du couloir à travers les barreaux qui ferment mon nouveau chez moi. On pourrait croire à une prison normale si elle ne semblait pas tout droit sortie d'un mauvais film de science-fiction. Rien, aucunes affaires personnelles ne sont visibles dans aucunes des cellules. Pas de photos, pas de livres, pas de tabac ou de drogues, rien. Pas de promenades non plus, on reste enfermés ici 24 heures sur 24, prenant même nos repas sur une table pliante fixée à un mur.
Cet endroit est pire que l'enfer. Il n'y a rien. Aucune activité, aucun passe-temps. Pas même un livre ou un magazine. Ils ne cherchent pas seulement à nous tenir à l'écart de la société, ils veulent nous briser, nous rendre fous. Evidemment, ces barreaux peuvent sembler dérisoires contre certains des individus qui sont gardés ici, mais je sens bien que quelque chose cloche. Même si je n'ai rien laissé transparaitre, j'ai bien sentit que quelque chose ici bloquait mes pouvoirs. Ce doit être le cas pour tout le monde. Il n'y a rien d'autre à faire que d'attendre le prochain repas qui rythme ces trop longues journées. La seule chose qui nous fait encore distinguer la nuit du jour c'est l'extinction des feux chaque soir à 22 heures et le réveil chaque matin à 6 heures. Enfin je crois.

J'aurais bien gravé les jours sur les murs afin de tenir un compte exact du temps écoulé ici, mais impossible de marquer ces plaques d'acier sans outils. Et ce ne sont pas les couverts en plastique de mes plateaux repas qui m'y aideront. Alors je reste allongé comme à chaque fois que je n'ai rien à faire, c'est à dire tout le temps. Je cherche un sommeil qui ne viendra pas. Cette nouvelle nuit en enfer semble être pareille à toutes celles que j'ai déjà passé ici et à toutes celles que j'y passerai jusqu'à l'ultime délivrance que m'apportera la mort.

Et puis tout d'un coup, quelque chose d'étrange, inattendu se produit. Tout d’abord, c'est un bruit étrange, fort et presque assourdissant dans le silence qui règne habituellement en ces lieux. Des bruits pour l'instant lointains mais qui semblent se rapprocher. Puis les lumières dans le couloir s'éteignent avant d'être remplacées par d'autres plus faibles. Surement l'éclairage de secours. Enfin le bruit des grilles qui glissent sur leurs rails. Ma cellule vient de s'ouvrir. Je reste perplexe et n'ose pas bouger pensant qu'un gardien va arriver. Mais rien. Et enfin j'aperçois dans la faible lumière du couloir les silhouettes des autres détenus qui passent devant ma cellule. La peur m'envahit soudain et je quitte mon lit pour aller me cacher derrière contre le mur du fond.

Les bruits deviennent de plus en plus forts et je perçois maintenant des cris et des avertissements. Un bruit de détonation retentit subitement suivi d'un horrible cri d'agonie et d'un hurlement. Cela semble durer une éternité et je ne m'aperçois pas tout de suite que le silence est revenu. Combien de temps suis-je resté cloitré dans ma cellule avant d'oser mettre le nez dehors ? Je n'en sais rien. Mais une fois sorti je ne peux que constater le carnage et le chaos qui règne ici.

Les corps de plusieurs détenus gisent au sol dans une mare de sang tandis qu'en face un gardien est lui aussi au sol. Sous lui pas de sang, par contre son corps entier semble comme carbonisé à l'extrême, entièrement noirci au point que par endroit même les os mis à nu sont réduits en poussière. Pourtant son uniforme ne semble pas brulé, juste noirci aux endroits où il touchait la peau du pauvre homme. Il faut que je quitte cet endroit maudit au plus vite avant que des renforts n'arrivent. Mais même si je m'enfuis, ils finiront par me rattraper. A moins que...

Une idée vient de jaillir dans mon esprit. A moins qu'ils ne me croient mort. Je retire prestement l'uniforme du garde ainsi que ma combinaison de prisonnier et je l'enfile au cadavre en faisant attention de ne pas le démembrer. Ensuite j'enfile sa tenue. Elle est trop grande, mais fera largement l'affaire en attendant. Je récupère aussi l'une des combinaisons de l'un des détenus mort afin de l'enfiler par-dessus l'uniforme. Inutile de prendre des risques avec les autres prisonniers. Ils pourraient me prendre pour un garde et me tuer à vue. Tout d'un coup je comprends ce qui a pu arriver au gardien: un mutant a dû utiliser son pouvoir sur lui. Ce qui veut dire...

Mon sens moléculaire m'indique clairement que ce qui bloquait mes pouvoirs n'est plus là. Aussitôt j'utilise mon don pour rétrécir l'uniforme du gardien ainsi que ses chaussures. Pour être sûr qu'ils ne puissent pas identifier le cadavre autrement que grâce à la combinaison portant mon nom et mon numéro de matricule, j'utilise encore mon pouvoir pour réduire ce qu'il reste de ses dents en poussière. Pour plus de sureté, j'examine son corps à l'aide de mon sens moléculaire pour voir s'il n'avait pas une prothèse ou autre chose qui puisse l'identifier. Rien, ça devrait marcher. Il ne me reste plus qu’à trouver la sortie et à quitter ce lieu maudit.

Cela fait plus de dix minutes que les autres détenus ont filé. Partout où je vais je ne rencontre que des cadavres. Surtout des gardiens, écrasés, brulés ou découpés en morceaux. J'espère ne pas rencontrer ceux qui ont commis ces atrocités. Toutes les caméras de surveillance que j'ai pu croiser ont étés détruites. Tant mieux, sinon mon petit stratagème aurait été vain. J'arrive assez vite dans une pièce étrange avec une plateforme bizarre. Je me souviens être arrivé par ici après avoir été réduit par une sorte de rayon. Je me place sur la plateforme et je suis instantanément transporté ailleurs. Hors du cube, du véritable cube, de cette boite qui est en réalité la véritable prison. A côté le rayon laser servant à changer de taille semble activé. Après une longue hésitation et surtout un très long trajet (à cause de ma taille réduite) j'arrive sous le rayon et retrouve ma taille normale. D'autres ont dû arriver par là et ceux qui sont responsables de cette évasion ont dû bloquer les commandes pour permettre au plus grand nombre de quitter les lieux. Même si je ne les connais pas, je les remercie en silence.

Il est facile de suivre la piste des fuyards. Certains d'entre eux ont largement mérité leur place ici de par leur violence et leurs actes, mais aussi à cause de la puissance de leurs pouvoirs. L'un d'eux a même réussi à défoncer une porte blindée afin de sortir. Je franchis le seuil en marchant sur les lourdes portes en acier et après plusieurs couloirs, je débouche enfin à l'air libre. Ne sachant pas si les caméras extérieures ont subi le même sort que les autres, je dissimule mon visage avant de quitter le bâtiment vers le mur d'enceinte et le trou que les autres détenus y ont fait pour sortir.

Une fois dehors, j'aperçois les traces de pas des autres mutants dans la neige. Elles semblent se diriger toutes à l'opposé de la ville. Logique en un sens, s'ils veulent éviter de croiser les renforts qui ne vont pas tarder à arriver. J'utilise mon pouvoir pour durcir temporairement la neige sous mes pas et éviter de laisser moi aussi des traces. Surtout parce que j'ai décidé d'aller dans la direction opposée, vers New-York. Une fois dans les bois je marque une pause afin de transmuter mes vêtements. Heureusement que j'ai pris ceux du gardien en plus de la combinaison vu le froid qu'il fait. C'était la fin de l'automne quand ils m'ont transféré, et il semblerait que l'on soit en plein cœur de l'hiver. Il s'est écoulé moins de temps que je ne l'aurais cru. J'utilise mon pouvoir afin de retirer les insignes et autres signes distinctifs de l'uniforme et pour changer légèrement sa coupe afin qu'il passe plus inaperçu. Je change aussi la couleur de la combinaison et la transmute plus complètement afin d'en faire un long manteau mieux adapté aux températures hivernales. Après ces simples modifications, ma tête se met à tourner et je suis obligé de m'asseoir un instant au pied d'un arbre afin de reprendre mes esprits. Bon sang, une transmutation aussi simple n'aurait jamais dû me mettre dans cet état. Je suis très loin d'avoir retrouvé le niveau que j'avais à l'époque. Il va me falloir être très prudent et ne pas trop compter dessus.

Après quelques minutes de repos, je m'oblige à me relever et à partir. Je suis encore trop près de la prison pour ma sécurité. Tout ça n'aura servi à rien s'ils me retrouvent. Je m'éloigne à travers les bois, dans la nuit et la neige. Je marche pendant des heures vers New-York. Personne ne semble me suivre, j'espère qu'ils sont tous partis dans la direction opposée à la poursuite des autres, et surtout qu'ils me croient mort. Je rejoins finalement une route et la suis vers la ville qui semble toujours aussi lointaine dans la neige et le brouillard. Je fais du stop à chaque fois qu'un véhicule arrive, mais ils sont peu nombreux avec ce temps. Si je ne trouve pas vite un abri, je risque de mourir gelé avant d'arriver. Je suis épuisé. Assis sur la rampe de sécurité j'essaye de me reposer, mais je sais que je n'arriverai pas à repartir. Dans le lointain, j'aperçois des phares qui approchent. Un camion avance doucement sur la route enneigée. Je tends le bras pour lui faire signe tout en sachant qu'il ne s'arrêtera pas. Aussi je suis surprit lorsque je lève la tête et que je vois le camion arrêté devant moi, la portière ouverte et le chauffeur qui me fait signe de monter.

"Montez grand père, vous allez geler si vous restez là. Qu'est-ce que vous fichez ici par une nuit pareille ?"

"Je suis tombé en panne."
Le son de ma propre voix me parait étrange. Je n'avais plus parlé à personne depuis des mois et j'avais presque oublié à quoi il ressemblait.

"Je m'appelle John, John wintrop." Me dit-il en tendant sa main par-dessus le levier de vitesse. Je la lui serre tout en lui mentant une nouvelle fois.

"Owen, Owen Rosenberg." Lui dis-je en utilisant le nom de famille de mon ex-femme au lieu du mien.

"Vous voulez que je vous dépose dans un garage, Owen ?"

"Non, je dois être à New-York au plus vite. Si vous allez par là-bas, déposez-moi au plus près."

Ce fut ainsi que je quittais le monde carcéral qui avait été ma vie pendant plus de la moitié de ma triste existence. Tout ça pour me retrouver à New-York, ma ville natale, dont je ne connaissais plus rien après 41 ans passés en prison...
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