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 Bringing out the dead

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Daniel Hopes
Agent du BAM Alpha
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Messages : 860
Date d'inscription : 28/03/2012

MessageSujet: Bringing out the dead   Sam 7 Avr - 17:47

TRISKELION NIVEAU E " Laboratoire classé A"



Il croisa les mains derrière le dos, tout en ne quittant pas des yeux le ballet incessant des scientifiques s’affairant comme des milliers d’abeilles autour de l’antre de leur reine. A ses cotés, un homme se tenait près d’un monte charge. Sa blouse blanche impeccable tranchait avec son apparence négligée, ses cheveux grisonnants et sa barbe mal rasée. L’homme devait approcher de la cinquantaine et pourtant les traits fatigués de son visage lui donnaient un air beaucoup plus vieux. Sans doute fourbu d’avoir trop veillé, on aurait dit facilement de lui qu’il semblait être de ceux dont le corps n’est qu’un auxiliaire secondaire d’un esprit fulgurant en transe quasi constante. Ses yeux allaient d’un élément à l’autre avec la vivacité d’une anguille se faufilant dans les rochers. C’est en les observant qu’on devinait l’iceberg immergé d’une intelligence foudroyante d’un génie secret de ce début de siècle. Le Professeur Salanzar superviseur de la section scientifique du BAM.

Hopes restait fasciné par ce qu’il observait. L’homme du passé qu’il était ne pouvait se résoudre à ces manifestations extraordinaires du progrès scientifique. Il avait éprouvé les horreurs de l’industrie meurtrière dans les tranchés de la vieille Europe à l’aube d’un vingtième siècle furieux et sanguinaire et le voici à présent face au dilemme impossible d’un croisement entre métaphysique et génétique. Pendant ce siècle l’Homme avait imposé son arrogance à chercher à supplanter Dieu et en cette ère nouvelle et terrible, il l’avait finalement dépossédé de son sceptre.



- C’est monstrueusement inquiétant, Herbert.

- C’est la science. Daniel.


Hopes se contenta de sourire à son tour et tout en décroisant les mains pour les appuyer sur la rambarde qui lui faisait face, il poursuivit

- C’est une science que nous ne contrôlons pas. Nous sommes comme des enfants qui viennent de trouver l’arme de leur père cachée sous le lit conjugal. L’homme qui a conçu cela reste introuvable et d’après les éléments que j’ai pu mettre en lumière, nous ne le trouverons plus. Cela fait un mois que vous observez sans comprendre, il vous faudra bien vous rendre à l’évidence que ça nous dépasse totalement.

Herbert Salanzar se gratta la barbe d’un air pensif avant de consulter le dossier qu’il portait à la main.

- Je ne serais pas aussi pessimiste…Certes nous ne comprenons toujours pas comment le processus fonctionne à l’origine mais nous sommes parvenu à le maintenir en état de maturation. Le reproduire, c’est hors de question pour l’instant mais mener cette expérience à terme…nous le pouvons. De toute façon, nous n’avons que deux « cobayes » sans vraiment pouvoir espérer la possibilité d’autres sujets d’étude..n’est-ce pas ?

- En effet. Le fait d’avoir pu sauver de la destruction le sujet A et B est un miracle, il ne reste plus rien des potentiels autres lieux de stockage. Il m’arrive même parfois de me demander si ces deux là ne nous ont pas été laissé à dessein tant le ménage a été opéré d’une manière …radicale. J’ai du mal à croire que la minuterie de l’explosif fut défectueuse dans cette partie du laboratoire. Il est des miracles au gout de tromperie.

- Le Sujet B réagit parfaitement bien au conditionnement, la réaffectation mémorielle est une totale réussite d’après nos analyses. Son pouvoir à un potentiel intéressant, il serait intéressant de la garder un peu plus longtemps à nos cotés.

- Ce n’est pas un problème, vous pourrez le garder à l’œil puisque le reconditionnement le destine à nos services du BAM. Il fera un agent d’exception le moment venu. J’ai pu le voir à l’œuvre…je veux dire, le modèle d’origine.

- Dommage que nous ne soyons pas parvenu au même résultat avec le premier sujet…Il semblerait que son pouvoir latent de nature électrique parasite les modifications synaptiques empêchant le processus de conditionnement.

- J’ai lu le rapport, ca ne pose pas de problème en ce qui concerne ce que nous lui réservons et puis vous avez trouvez une alternative intéressante, parait-il ?

- Une modification du centre de la mémoire n’est jamais une chose facile, surtout lorsqu’elle intervient dans les conditions aussi étranges que celles-ci …Je ne sais franchement pas à quel point nous pouvons effacer sa mémoire, ni sur quelle période. Au moins 2 ans, c’est certain. Mais que savons-nous de sa psyché à cette période ?

Hopes plissa les yeux à la recherche d’une cigarette dans son paquet fraichement entamé.

- J’ai mes sources..c’était une âme égarée et je connais parfaitement l’endroit qu’il faut à ce genre de personne. J’ai d’ailleurs déjà entamé des démarches afin de faciliter une « seconde » intégration puisqu’il parait que le modèle d’origine y a séjourné une courte période.

- Hum, cela ne risque t-il pas de poser des problèmes si certaines personnes l’ont déjà rencontré ?

- Non, un ami à moi s’est chargé de faire en sorte que notre sujet ne laisse aucun souvenir de son passage passé auprès des habitants des lieux. Il n’était guère enthousiaste à l’idée mais il ferait n’importe quoi lorsqu’il s’agit de « rédemption »…puisque c’est bien de cela qu’il s’agit finalement. Quoiqu’en pratique, aucun être ne peut être plus innocent qu’un enfant qui vient de naitre.

- Et les originaux ?


- Vous le savez, ils sont morts ici même..l’enquête suit son court même si je doute toujours que nous ayons eu les originaux entre les mains.

- Les rapports d’autopsie n’ont rien laissé transparaitre qui aurait pu laisser supposer le contraire, tout était normal.

- Ce que nous avons sous les yeux est tout sauf normal, professeur et les analyses vous affirment le contraire.

Le silence s’instaura alors que Daniel fixait toujours l’immense cuve contenant un corps nu immergé dans une sorte de liquide visqueux de couleur rougeâtre.

- Puisque nous n’avons pas de reconditionnement à faire, nous pouvons tabler sur un éveil complet du sujet B d’ici une grosse semaine. Il aura passé d’un état embryonnaire à la physionomie d’une jeune femme de 25 ans en trois mois ! On frise la science fiction Je n’aurais pas cru voir ça de mon vivant.

Daniel exhala une bouffé de fumée acre provoquant une légère toux chez son interlocuteur et ajouta en souriant.

- Alors, pour ma part je n’ose imaginer ce que mes yeux auront à endurer dans l’avenir…Un mutant qui joue à dieu…c’est à se demander par raccourci si Dieu n’est pas un mutant finalement ?

- Je suis un scientifique, Daniel..Dieu ne fait pas parti de mes équations.

- Dommage, un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup l’y ramène. Vous m’excuserez, j’ai encore beaucoup à faire aujourd’hui.

Il salua le professeur d’une tape sur l’épaule avant de jeter un dernier regard sur la chevelure rousse flottant de manière surnaturelle dans le liquide de la cuve.

- Je vous contact dès le réveil du sujet B

- Bien…veillez cependant à ne pas oublier que Dieu, scientifique ou mutant : la chose qui se trouve la dedans est un être humain et possède un nom…Elioth…Caitlyn Elioth.

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Caitlyn Elioth
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Date d'inscription : 06/04/2012
Age : 31

MessageSujet: Re: Bringing out the dead   Sam 7 Avr - 17:50

Cette petite tache juste sous son tablier alors que la détonation du coup de feu emplit encore l’espace devenu silencieux. Il n’y a pas de douleur, non…comment pourrait-il y en avoir dans sa condition ?
Elle sait ce qu’elle est et ce qui lui reste à vivre, c’est gravé dans la pierre et sur le bitume anonyme qu’elle arpente sous le soleil trompeur de la Californie. La douleur n’est qu’un concept aussi sans saveur que la normalité. C’est une vie extraordinaire pour une fille ordinaire dont l’avenir s’apparente à du « on se satisfera de ce qui se présentera » plutôt que de grandes espérances à combler.
Elle finira fille mère à regarder NCIS à la télé accompagner d’un quelconque quidam, elle s’offusquera de ces criminels terroristes qui barbouillent de la couleur de leurs espoirs le monde bien pensant d’une civilisation à bout de souffle. Où alors elle finira sous les jets de pierres lorsque le vent de l’intolérance se sera fait tempête. Quand on n’a pas la chance d’être bien né et qu’en plus on est différente, on respire par petites bouffées en s’excusant presque d’exister.

Mais Caitlyn ne s’excuse pas, elle ne s’est jamais excusée et ne le fera jamais. Elle impose sa présence parce que c’est sa force, parce qu’elle sent au creux de son âme cette rage de vivre, cette ambition dévorante qui ne la lâche plus. Elle sait que la vie est ailleurs, que nous ne sommes plus que des accidents en devenir : elle attend le déclic qui va la pousser à empoigner son destin car après tout, nous ne sommes que ce que nous voulons devenir.

C’est ce soir, c’est maintenant…dans ce fast food d’une petite ville périphérique de San Francisco qui pue les rêves brisés et le regret de routes qu’on n’a pas prises et de mots qui n’ont pas voulu sortir.
C’est au bout de ce flingue de ce junky qui ignore qu’il n’est déjà plus qu’un nom sur une tombe et qui n’a pas plus d’importance que la poussière que ses semelles déplacent. C’est dans ce morceau de métal fiché sous ses cotes et de cette rose écarlate qui vient d’éclore sur son vêtement.
C’est au bout de ce fourmillement qui transcende tout son corps et qui annonce la déflagration rageuse d’une prise de conscience. Les mots se perdent encore dans le vide, le « salope » sonore et le tonnerre du coup de feu alors que le temps semble figé dans le local.

C’est ainsi que devrait prendre fin une vie. Elle a refusé de vider le tiroir caisse, elle est morte en défendant le trésor d’un autre qui se fout bel et bien de son nom et de son sang. Elle ne serait à peine qu’un fait divers en deux lignes d’un journal local.
C’est ainsi que commence pourtant l’histoire de sa vie au moment où levant les bras, elle décharge des salves d’éclairs sur son agresseur lui grillant net le cerveau. Elle hurle plus fort que lui tendit qu’elle le tue, non pas de rage ou de terreur, ne vous y trompez pas.

C’est un cri d’un nouveau né qui vient au monde ou d’un esclave qui vient de rompre ses chaines.
C’est le hurlement d’Abel qui tue Cain pour s’affranchir de son ombre trop pesante.
C’est une fin au goût de commencement. Par deux fois elle se sera affranchie. La violence de son père tout d’abord, afin de rompre les liens d’appartenance avec cette famille de façade et ce soir, les liens de sa propre vie afin de pouvoir s’élever plus haut.
Il parait que l’Amour véritable vous attend quelque part comme un cadeau de la vie. Comment aimer les cadeaux de quelqu’un que vous n’aimez pas ? Quel étrange paradoxe que cette vie bavarde en promesses en avare en dons.
C’est la vie qu’assassine ce soir la Petite Rousse, un genre de « fuck off » absolu devant tout ce qu’elle lui a fait miroiter et qu’elle n’aura jamais.
L’Amour peut attendre, elle non.
A présent, elle prendra à défaut d’espérer car c’est une vérité qu’on apprend au bout de soi-même : rien n’est impossible et il n’est de limite que de celles que vous vous fixez.

Ce soir là, encore embrumée des événements, tendit qu’elle s’enfuyait des lieux de sa renaissance, elle se fit la promesse de vivre et de se consumer comme une comète. Monter, culminer et illuminer les cieux de ce qui faisait d’elle son unicité, vaciller et solitaire, s’éteindre dans le tremblement de la bougie qu’on souffle.
Elle allait montrer au monde du haut de ses 21 ans ce qu’elle savait déjà, restait à juste à déterminer de quelle façon.



Nous y voilà…
Elle l’ignore mais elle a à présent 25 ans.
Il n’y a rien eu d’autre depuis.

Ou peut être pas ?


Juste l’évidence d’un vide immense et de quelque chose qui manque, quelque chose qui n’est pas à sa place, comme une ombre sur la chronologie. C’est comme un mot qui s’entête à ne pas vous revenir à l’esprit, quelque chose que l’on sent proche mais qui échappe à chaque fois qu’on l’approche. L’Ombre à une forme rassurante et bienfaisante et pourtant, elle est terrifiante. Elle a la voix indéfinissable et asexuée mais une voix sincère et connue.
L’Ombre veille sur elle dans « ce vide » comme une amie intime au passé commun. Caitlyn l’appelle pas son prénom mais ne s’en souvient pas. Ce qu’elle comprend reste que leurs vies à tous deux sont étroitement mêlées.
Tout le temps de ce doute alors que dans l’obscurité elle cherche à revenir à la vie. L’Ombre à son chevet la guide et reste à son coté parfois dans un mutisme familier. C’est une longue gestation vers la lumière, un chemin fait d’émotion mais sans souvenirs. L’Amour, la Peur, la Terreur, la Fierté, la Peine, La joie, la Complicité…tout sauf la douleur. Tout lui revient en pagaille sans pour autant pouvoir en fixer le concept sur des images.
Plusieurs fois, elle sent que l’Ombre est menacée et qu’on cherche elle aussi à l’éradiquer. Elle s’en défend comme si c’était là son bien le plus précieux. Elle finit enfin par lui fabriquer un sanctuaire au fin fond de son âme afin de la préserver des attaques extérieures. Une zone à elle, hors d’atteinte.

Dès lors, une fois ce compromis trouvé, la progression se fait plus facilement.
C’est un chemin pénible mais elle en sait l’issu proche.

Plusieurs fois, elle frôle la lumière.

Elle rôde ….
Et alors, soudain…
Elle sent qu’on la précipite vers elle.

Dieu ?
Le concept lui avait effleuré l’esprit mais une dernière fois depuis sa retraite, l’Ombre lui adressa des paroles de réconfort qui furent oubliées à peine prononcées, des paroles au gout de déjà entendu.

« Retiens bien cette chose Caitlyn, Dieu ne peut pas te faire du mal, il ne peut pas nous atteindre. Ni toi, ni moi. Pour la simple et bonne raison, que Dieu n'existe pas. Dieu, c'est nous. Alors ne crains pas son jugement, ni le mien, ni celui des autres, et prend sa place pour dispenser au monde ta propre justice, tes propres règles, et ta seule volonté. Oublie ta vie d'avant, ce ne sont que des chaînes. Libère-toi. »


Et elle se libéra ouvrant les yeux vers un monde de lumière tendit que sur ses joues, les larmes roulaient.


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James Tucker
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MessageSujet: Re: Bringing out the dead   Mer 9 Mai - 20:11

    « Quand le monde entier est contre toi, quel est le meilleur endroit où te réfugier ?