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 Echec et Mat [PV Rachel]

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MessageSujet: Echec et Mat [PV Rachel]   Mar 5 Fév - 19:16

Finalement, elle avait perdu. Elle avait perdu, certes, mais elle avait pu tendre une main à une élève en souffrance et quelque part, ça valait toutes les victoires aux échecs du monde. Emma avait encore un petit goût amer dans la bouche, le fait d'avoir lutté contre les protections de Rachel, c'était une forme d'intrusion qu'elle ne s'autorisait que sur les personnes dangereuses. Certes Rachel était à cet instant dangereuse pour elle-même, mais de là à s'introduire de force dans son esprit, c'était quelque part lui voler sa liberté de penser. Oh, elle était bien consciente de ne pas être capable de dominer télépathiquement Rachel, mais quand même, ses principes en la matière étaient stricts et c'est ce qui lui permettait de rester les pieds sur terre.

Le problème récurrent pour un télépathe, c'est de se limiter. Pourquoi ne pas soumettre le monde entier à sa propre volonté ? Par éthique, peut-être ? Parce que l'on aime les autres ? Pour ne pas devenir une personne arrogante et cruelle ? Peut-être. Mais pour Emma, c'était aussi l'histoire de ne pas être seule. Si elle prenait la liberté de contrôler les autres à chaque contrariété, au final, ils ne seraient plus que des pantins entre ses mains. Elle ne pourrait plus vivre que seule, entourée de corps qui ne sont que l'extension d'elle-même. Non, il lui fallait se mettre une limite. Sa survie en dépendait.

Elle resserra les mains sur celle de Rachel. Son regard était posé sur la jeune fille. L'infirmière l'avait prévenue que Rachel avait retrouvé ses esprits mais qu'elle était encore faible. Elle avait attendu que ses camarades viennent la voir pour passer discrètement. Sa réputation de directrice adjointe frigide et réactionnaire était en jeu. Elle attendit que Rachel ouvre les yeux.

Bonjour Melle Summers. J'espère que vous allez bien.

Elle avait repris le vouvoiement comme le protocole le spécifiait, même si sa première envie aurait été de tutoyer Rachel et de l'appeler par son prénom. A cette pensée, elle réalisa qu'elle en avait le pouvoir. Elle continua la discussion télépathiquement.

Excuse-moi Rachel, j'ai du mal à trancher avec mes habitudes de directrice adjointe, même si après ce que nous avons partagé, je préfère te tutoyer.

Elle renvoya une mèche de cheveux en arrière.

Je voudrais surtout te présenter mes excuses pour avoir fait irruption dans tes pensées sans ton autorisation... Et bien sûr, pour y avoir amené Ernest. Je voulais juste te parler et te convaincre de rester avec nous. Je ne sais pas tout ce que tu as vécu, mais j'ai cru comprendre que tu m'as connue, disons, un peu moins fraîche. J'espère que l'on s'entendait bien. Je ne voudrais que l'on parte du mauvais pied sans que je ne sache ce que je t'ai déjà fait, ou plutôt ce que je vais te faire pour que l'on se crêpe le chignon.

En disant cela, elle faisait un petit sourire à Rachel, puis, vers la fin, fît un clin d'oeil.
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MessageSujet: Re: Echec et Mat [PV Rachel]   Jeu 7 Fév - 1:23

Ce post a été fait en accord avec les Stepford Cuckoos
Jeudi 20 Septembre – 08 : 06 A.M.
Elle avait ouvert les yeux à une heure inhabituellement matinale, sentant contre son nez le contact humide et râpeux d’une langue bien connue. Contact suivit par un autre dès qu’elle avait commencé à émerger, bien plus direct cette fois, moins diplomatique, mais tout aussi attendrissant et familier : un coup de boule poilu dans le nez. Cerberus, petite chatonne banche de plus de six mois maintenant, récupérée et adoptée avec l’accord de Xavier par les Cuckoos et elle-même il y avait 17 jours exactement. Son chat, même s’il avait appartenu à un autre élève et sa bande de schtroumfs bleus écossais avant elle (c’était d’ailleurs eux qui l’avaient nommée). Elle avait passé des journées entière à la cajoler, à tel point qu’elle n’en était pas tellement sorti que cela de sa chambre, troquant son antre à l’infirmerie pour une autre, mais considérant que sa première tentative d’intégration l’avait vu se réfugier, en larmes sous un arbre du bois alors qu’il tombait des trombes d’eaux, on ne lui avait pas dit grand-chose ; elle avait essayé, elle avait planté, et Jubilee avait rejoint la liste des personnes qui n’avaient pas le droit de l’approcher, malgré un départ des plus prometteurs. Enfin, cette interdiction n’aurait servie à rien, car Jubilee n’avait pas tenté de reprendre contact, demandant simplement des comptes à un Xavier qui n’avait rien lâché de la vérité sur la demoiselle Richards, et maintenant, elle avait dû voir ce qui posait problème. Allait-elle la détester, la mépriser, la rejeter ? Elle avait déjà fait le dernier, alors pourquoi pas les deux premiers ?

Mais ce n’était pas face à Jubilee qu’elle avait dû s’expliquer, mais face aux Stepford Cuckoos, qui avaient amenée Cerberus avec elles. La petite chatte avait été la plus câline des trois, mais pas la plus inquiètes. Les sœurs étaient mortes d’inquiétude, et considérant que Rachel avait de nouveau sombrée dans l’inconscience après sa rencontre avec Ernest, la nuit avait été plutôt longue. En témoignait la boule de poils qui s’installa bien vite sur le ventre de la rousse pour y dormir tranquillement, laissant cette dernière la caresser.

Elles lui en voulaient un peu, mais n’en démordraient pas : elles allaient l’aider, encore plus. Elles avaient aussi peur qu’elle recommence ; Rachel n’en était pas à sa première tentative de suicide, il y avait eut son premier réveil face à Xavier, où, croyant qu’il s’agissait d’une hallucination mise au point pour la torturer mentalement, elle avait tentée d’avaler sa langue. Le Prof X l’avait shootée télépathiquement pour qu’elle arrête. Puis dans le parc, lors du goûté avec Franklin et de la rencontre avec Ernest, où elle avait tenté de s’étrangler par télékinésie parce qu’elle n’avait pas la force de volonté nécessaire pour se briser la nuque. Elle avait fini par perdre connaissance. Enfin, la dernière avait été le jour même où elle avait quitté l’infirmerie, menaçant de faire imploser une chambre en tout point identique à celle-ci, et elle avec, sous le coup de la culpabilité de n’avoir put protéger le Franklin de ce monde. La seule chose qui l’avait arrêtée, c’était le fait qu’elle ait réveillé le Phénix, lequel lui avait rappelé une chose importante : si elle n’essayait pas, elle ne pourrait jamais savoir si elle réussirait ou échouerait. Partante de ce principe, elle avait essayé.

Les Stepford lui avaient parlé, voulant plus que jamais la tirer vers le haut, la faire affronter ses propres démons pour que la fuite ne soit plus dans ses recours ; Rachel avait promis cela à Ernest, et elle l’avait refait aux Cuckoos : elle n’allait plus essayer de se tuer. Mais ce que les sœurs ne pouvaient pas savoir, c’était que Phénix était constamment confrontée par ses démons : les X-Men étaient de ses démons, et c’était le fait qu’on ait attiré l’attention sur elle qui l’avait fait réagir ainsi. Rachel ne connaissait que deux moyens de réagir face à elle : se battre, ou s’effondrer. Elle c’était battue, dans un premier temps, Xavier pouvait en témoigner ; mais elle n’avait pas put aller jusqu’au bout, et de ce fait, elle s’était effondrée.

Personne ne connaissait l’entière vérité ; certains, comme Xavier, Ernest, Caitlyn ou les Cuckoos, s’en approchaient, mais même en recoupant les informations qu’ils disposaient tous, il leur manquerait encore des éléments ; mais il fallait avouer qu’il lui manquait des éléments à elle-même. A part eux et une autre personne dont elle ne se souvenait pas, personne à l’Institut n’avait la moindre idée de qui était Rachel Anne Richards ; sans doute l’aurait-on lié, de part son physique et ses pouvoirs, à Jean Grey, mais Phénix II ne correspondait à aucun parent connu de Marvel Girl. Une impasse ; lorsqu’on avait interdiction de l’approcher, toute enquête sur elle ne conduisait qu’à une impasse, et pour cause : elle n’existait pas ici. Mais cela n’empêchait pas quelqu’un d’essayer ; l’interdiction était, dans un sens, levée pour elle, car elle savait son simple nom, ce qui était déjà tant, et qu’elle l’avait sauvé : Emma Frost.

La Directrice Adjointe de l’Institut avait succédée aux Stepford Cuckoos lorsque ses dernières étaient reparties, emportant avec elles la petite chatte qui ne manquerait pas de retrouver son chemin jusqu’ici si la porte de leur chambre était mal fermée, que les animaux fussent interdit dans l’infirmerie ou pas.

Rachel avait fermés les yeux quelques instants après leur départ, pour les reposer, bien qu’elle ne se fut pas rendormie. Elle était faible, la perte de sang et le refus de la transfusion n’aidant pas à sa guérison. Pâle, pâle à en être blême, elle semblait épuisée, de larges cernes soulignant ses yeux, mais ce qui ressortait le plus de son apparence étaient les marques rouges sang disposées sur son visage comme le reste de son corps ; les « cicatrices » des Limiers semblaient à des blessures à vif sur son corps blafard, chose pas si éloignée de la vérité de son esprit. Allongée sur le dos, elle s’était légèrement redressée avec l’aide des infirmières, la tête enfouit dans l’oreiller dont ses cheveux dépassaient chaotiquement. Elle n’avait pas encore songé à les couper, et ils ne l’avaient plus été depuis qu’elle s’était enfuit des camps. Heureusement que jadis, elle les avait eut court.

Ses mains et ses poignets, posés dos sur les draps, ne devait pas être trop sollicités, sans quoi elle risquait d’arracher les points de suture, chose qui était très dangereuse à l’heure actuelle ; sa prestation du soir précédent aurait put lui coûter la vie, et ils devaient à tout prix éviter les crises d’angoisse ou d’affolement. Elle avait le droit d’user de sa télékinésie, mais le moins possible de ses mains ; de toute façon, ce n’était pas pour la dextérité manuelle qu’il lui restait qu’elle allait pleurer. Bouger le poignet, oui, bouger les doigts ne serait-ce que pour prendre une chose, c’était déjà plus compliqué (elle s’aidait de ses pouvoirs pour y arriver). Mais lorsque Frost lui prit les mains, Rachel apposa une légère pression, puis doucement, rouvrit les yeux.

Bonjour Mlle Summers. J'espère que vous allez bien.

Phénix ne répondit rien et détourna la tête ; Mlle Summers, Frost savait. Non, elle savait pour cela, la vraie question étant alors de savoir ce qu’elle savait, jusqu’où allait son savoir. Elle avait promit de ne pas la juger ; pas par les mots, mais par les actes, et cela rassurait Rachel. Restait à savoir si Emma serait capable de tenir cette promesse.

Un fil télépathique s’engouffra dans son esprit, le premier reflexe de Rachel étant de dresser ses boucliers pour repousser l’intrus ; Frost ? Peut-être, peut-être pas, dans tous les cas, Phénix ne voulait pas de quelqu’un dans sa tête. Trop de secret, encore, des secrets qu’elle voulait avoir le choix de révéler. Cependant, elle restait encore faible, et sa faiblesse physique avait une incidence sur ses pouvoirs psychiques; elle ne put réellement bloquer le fil télépathique, qui se fraya un chemin jusqu’à son cerveau pour y faire son œuvre.

Rachel était mauvaise en télépathie, mais elle avait tué suffisamment de télépathes pour savoir que c’était très dangereux si les propres boucliers de l’autre n’étaient pas activés : elle pourrait très bien se servir du propre fil de la Reine Blanche comme fil conducteur pour l’une de ses attaques télépathiques. De ce qu’elle en conceptualisait, la Télépathie était très proche d’un circuit électrique, niveau conductivité.

Mais Phénix ne tenta rien, le filin ne servant qu’à transmettre des pensées. Des excuses, Emma Frost voulant la tutoyer mais ayant du mal à outrepasser les habitudes dues à sa fonction ; Rachel tenta une nouvelle fois de repousser l’intrusion, voulant dissimuler une pensée plutôt importante : qu’elle la tutoie, ce n’en serait que plus familier à la voyageuse temporelle, puisque cela avait déjà été le cas, dans le monde d’où elle venait. Rien à faire, sans doute que cette pensée avait été captée.

Je voudrais surtout te présenter mes excuses pour avoir fait irruption dans tes pensées sans ton autorisation... Et bien sûr, pour y avoir amené Ernest. Je voulais juste te parler et te convaincre de rester avec nous. Je ne sais pas tout ce que tu as vécu, mais j'ai cru comprendre que tu m'as connue, disons, un peu moins fraîche. J'espère que l'on s'entendait bien. Je ne voudrais que l'on parte du mauvais pied sans que je ne sache ce que je t'ai déjà fait, ou plutôt ce que je vais te faire pour que l'on se crêpe le chignon.

Et elle lui sourit, et prit même la peine de lui faire un clin d’œil ; une marque de confiance, Amy lui avait expliqué : cela signifiait soit « fais-moi confiance », soit « je te fais confiance », soit les deux.

Mais pour s’excuser d’être rentrée dans sa tête, Frost rentrait dans sa tête ; Rachel ne comprenait pas la manœuvre. Ce qu’elle comprenait parfaitement, c’était que les connaissances de la Reine Blanche étaient encore très limitées, et qu’elle s’intéressait à leur relation, voulant en commencer une nouvelle.

*Sors de ma tête, s’il te plait ; je peux parler, c’est un effort mais je peux parler. Il y a cependant des choses que je ne veux pas dire.*

Elle s’était servie du fil d’Emma pour transmettre sa pensée dans le crane de la blonde, démontrant que malgré une maitrise calamiteuse de sa télépathie, elle n’en restait pas moins capable. Elle devrait apprendre, rien de plus.

- Que sais-tu… sur moi ?

Le moment des vérités ; les suppositions concernant le gène Summers-Grey, le Phénix, le Voyage Temporel, et tant d’autres choses, qu’était parvenue à découvrir Emma Frost dans le délai de l’inconscience de Rachel ? Elle n’était peut-être pas la X-Men la plus intelligente, mais elle l’était beaucoup, surement beaucoup plus que Phénix, ainsi, savoir ce que la Reine Blanche avait put découvrir renseignerait la rousse sur ce que les autres pouvaient découvrir également. Et cela, ça lui faisait peur.

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Des divinités ont fait de moi une divinité,
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MessageSujet: Re: Echec et Mat [PV Rachel]   Jeu 7 Fév - 10:26

Emma se mordit la lèvre inférieur. Elle se sentait sotte. C'était normal que Rachel réagisse mal à son contact télépathique. Même si elle n'avait pas cherché à lui fouiller le cerveau, elle avait établi un contact sans son accord.

Je suis maladroite. Je voulais juste m'assurer que notre discussion ne serait pas entendue, je n'ai pas envie que tout l'institut sache ce que l'on se dit. Les bruits courent vite et certains élèves ont une ouïe très fine. Mais je peux respecter le souhait de ne pas établir de connexion télépathique, c'est un droit que j'entends bien respecter chez les autres.

La directrice adjointe faisait des phrases étrangement tournées pour éviter de devoir utiliser le tutoiement ou le vouvoiement. Si bien que son discours devenait un peu bancale. Elle avait dit qu'elle ne contacterait pas Rachel par télépathie, et elle le ferait. Cependant, elle ferma les yeux quelques secondes pour chercher si un élève était proche, ou si une quelconque conscience dans l'institut pouvait être en train de les écouter. Ne trouvant personne en particulier, elle se permit de continuer.

- Que sais-tu… sur moi ?

Rachel avait donné la note : elle se tutoieraient donc... en privé, tout du moins. Elle lâcha la main de la jeune fille et se pencha un peu en avant pour chuchoter.

Très bien, on va donc jouer cartes sur table, je suis rentré dans ton esprit, je te dois bien ça.

Emma essaya de mettre de l'ordre dans ses pensées. Elle avait appris pas mal de choses, mais de là à savoir exactement ce qu'il s'était passé, c'était plus tendu. Elle usa donc de sa capacité de déduction.

Je sais déjà que tu t'appelles Rachel Summers, et que donc, potentiellement, d'une façon ou d'une autre, tu peux être liée à la famille Summers. Parente directe, cousine éloignée, ou simple homonyme, ça, je ne sais pas. Enfin, j'ai mes idées, mais rien de concret.

Je sais surtout que tu m'as connue, moi ainsi que d'autres Xmen, plus âgés, ce qui soulève deux hypothèses différentes : soit tu viens du futur, soit tu as la capacité de percevoir ce futur. Dans tous les cas, ce futur n'est qu'hypothétique puisque le fait que j'en aie perçu une partie va le changer : tu penses bien que je ne vais pas laisser ma beauté se ternir à ce point, pas envie de ressembler à une couguar toute flétrie.

Elle fit un nouveau sourire à Rachel, puis inspira un grand coup, parce que le coeur de ses questionnements arrivait ensuite.

Je sais que tu as, disons, une sorte de double personnalité appelée Phénix. Là encore, ce n'est qu'une hypothèse, ça pourrait être un souvenir obsessionnel qui prend la forme d'une entité à part entière (HRP : Emma parle d'entité au sens traditionnel du terme, pas au sens marvelien). Quand tu nous as parlé, juste avant de tomber inconsciente, tes ondes psychiques étaient différentes, comme deux symphonies qui vibraient en même temps et qui n'était pas vraiment en harmonie.

Emma observa le visage de Rachel, elle tenait à adapter son discours, mais surtout à ne pas la choquer.

Je le répète, ce ne sont que des déductions et je suis bien consciente que je peux me tromper sur toute la ligne.

Enfin, je sais que tu as un profond sentiment de culpabilité parce que tu aurais du sauver de nombreuses personnes et que tu ne l'as pas fait. Ces personnes seraient nous, les Xmen, voire peut-être même tous les mutants, je ne sais pas, mais ça expliquerait pourquoi tu t'en veux tellement et pourquoi tu as peur que les mutants en général te rejettent. Comme s'ils allaient te juger de ce qui va se passer plus tard avant même que ce soit arrivé.


A mesure qu'elle parlait, Emma voyait les choses s'ordonner. Ca lui arrivait souvent aux échecs, elle avait l'intuition du coup à jouer et c'était en le jouant qu'elle comprenait pourquoi c'était le bon.

Si je combien toutes ces infos, voila les deux hypothèses que je retiens. Surtout, entends-les avec beaucoup de distance parce qu'à aucun moment je n'émets de jugement en les énonçant. Je ne veux pas que tu penses que mes déductions auraient plus d'importance à mes yeux que la personne que tu es vraiment.
- Soit tu viens du futur et tu es d'une manière ou d'une autre une descendante d'un Summers de notre présent. Dans ce futur, étant donnée la puissance de tes pouvoirs, tu avais la responsabilité de sauver les mutants d'une menace impressionnante. Ca ne s'est pas déroulé comme attendu, et d'une manière ou d'une autre, tu es revenue à notre époque, ce qui, selon moi, est la preuve que tu n'as pas échoué puisque tu as toujours la faculté de modifier le futur et donc de sauver à nouveau les mutants.
- Soit tu perçois ce même futur à un tel degré que ces informations sont aussi palpable pour toi que des souvenirs et tu as l'impression que tu viens du futur et que tu as échoué à sauver les mutants alors que justement l'information que tu perçois de ce futur est l'outil par lequel tu peux modifier ce futur et l'empêcher d'arriver.

Je pencherais plutôt pour la seconde hypothèse, parce que c'est la plus économique en terme d'énergie, en plus, elle peut expliquer cette sensation de double personnalité que j'ai pu ressentir dans ton esprit. Mais le fait que l'on ne trouve pas vraiment de trace de ton passé ni de lien avec les Summers tendrait à valider la première hypothèse. Bref, ce que je sais sur toi, c'est surtout que je ne sais pas qui tu es, tu restes une énigme.

Mais je te retourne la question : que sais-tu, toi, sur moi ?
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MessageSujet: Re: Echec et Mat [PV Rachel]   Jeu 7 Fév - 19:44

La Reine Blanche c’était retirée de son esprit, Rachel ne parvenant cependant pas à dresser ses barrières psychiques de manière suffisamment conséquente pour pouvoir prévenir une autre intrusion ; elle était aussi vulnérable que les humains, à l’heure actuelle. Mais ne l’avait-elle pas toujours été ? Si pas physiquement ou psychiquement, psychologiquement, c’était, et cela avait été, le cas. Cela le resterait également.

Frost lâcha ses mains pour se rapprocher d’avantage, se penchant vers elle pour lui murmurer ; si Phénix avait put avoir un mouvement de recul, elle l’aurait eut, ce comportement intrusif venant prendre le relais de la télépathie ; jouer cartes sur table ? Voulait-elle tout savoir, que la rousse abaisse toute ses défenses et lui confesse tout ? Non. Rachel ferait des confessions, si elle en avait le courage, mais elle ne les ferait pas à une personne.

Murmures, pour éviter que d’autres n’entendent ; qui s’amuserait à épier sa chambre ? Qui d’assez fou ou courageux pour tenter de se dresser face au monstre qui avait frappé Xavier ; car ce fait ne resterait pas silencieux, et les élèves l’apprendraient, et sans doutes lui en voudraient-ils et…

Je sais déjà que tu t'appelles Rachel Summers, et que donc, potentiellement, d'une façon ou d'une autre, tu peux être liée à la famille Summers. Parente directe, cousine éloignée, ou simple homonyme, ça, je ne sais pas. Enfin, j'ai mes idées, mais rien de concret.

Rachel Anne Summers-Grey, pour être exacte, croisement des deux lignées. C’étaient les idées d’Emma qui intéressaient le plus la jeune femme, ses suppositions ; pas les possibilités, même si ses dernières l’éclairaient sur ce que pouvaient penser les X-men connaissant seulement Rachel Anne Richards.

Bon, les informations découvertes par la Reine Blanche étaient de loin inaccessible aux autres X-Men, à moins qu’elle ne leur ait confiées ; chose que Rachel n’espérait pas, et qui l’effrayait tout autant. Frost était intelligente, elle avait dût comprendre pourquoi Xavier avait interdit aux X-Men d’approcher Rachel « Richards », pour ne pas qu’ils découvrent le nom de jeune fille, mais de là à garder pareil secret.

Soit elle venait du futur, soit elle avait la capacité de percevoir le futur ; la vision temporelle d’Emma était faussée, aucune de ses hypothèses n’étaient juste, même si l’une d’elle se rapprochait de la vérité. Pas du futur, d’un futur. Cependant, là où elle avait entièrement faux était sur le fait que sa connaissance du futur allait le changer ; c’était l’une des leçons les plus amers que Rachel avait apprise : on ne change pas ni le futur ni le passé, on en crée simplement de nouveau. Il n’y avait pas réellement de futur, d’ailleurs, juste le présent ; différents présents. Difficile à concevoir pour un esprit humain, mais elle, elle l’avait vu.

Tu penses bien que je ne vais pas laisser ma beauté se ternir à ce point, pas envie de ressembler à une couguar toute flétrie.

Réplique narcissique, et de ce fait, légèrement familière ; Emma Frost égale à elle-même, à travers le temps, l’espace et les réalités. Rassurant ? Peut-être, ou peut-être pas, la rousse n’en savait rien. Elle n’avait pas entretenue de bons termes avec la Emma de son monde, pour des raisons simples de fillette préférant qu’on lui rende sa mère plutôt que d’avoir une belle mère froide et strict, sauf quant elle faisait des cochonneries avec Papa, et qui avait de ce fait usée de toute sa fertile imagination d’enfant pour la faire fuir. Chose qui n’était jamais arrivée.

Les yeux perdus dans le vague, malgré la distance la séparant d’Emma, Rachel semblait absente, mais était en réalité parfaitement là ; elle n'osait juste pas affronter le regard de la femme. Elle ne put cependant s’empêcher de relever les yeux lorsque le Phénix fut évoqué comme une sorte de double personnalité ; elle était folle, c’était cela ? La Reine Blanche la croyait folle ? Elle allait nier l’entité ? Elle escomptait vraiment lui faire croire qu’elle avait rêvé tout cela et que la Force Phénix, cause de la mort de sa mère, et de son propre enlèvement par les Shi’ar ainsi que de la tentative de meurtre sur elle-même de ces dernier, c’était juste un souvenir obsessionnel ? Qu’elle aille se faire foutre !

C’était réel, elle avait autant de preuve de l’existence du Phénix que celle que Dieu n’existait pas ; l’un entrainait l’autre, d’ailleurs.

Cependant, une chose intéressante, et regrettable ; deux jeux d’ondes mentales lorsqu’elle avait fait son rêve… Salopard, c’était donc le Phénix qui était à l’origine de ce dernier ? Une hallucination de plus pour la maintenir en vie ? Il avait prit les traits de Franklin et de tous les autres pour lui faire comprendre des choses ? Quelque soit le plan que la Force Phénix avait pour elle, Rachel ne semblait pouvoir s’y soustraire, ni pouvoir mourir avant de l’avoir accomplit. Le visage de la jeune femme ce durci alors que son regard quittait celui de Frost ; elle n’avait jamais eut aucune chance de mourir, elle n’avait jamais eut le choix, en réalité… Elle tenta de serrer le poing, y arrivant du mieux qu’elle le pouvait.

Je le répète, ce ne sont que des déductions et je suis bien consciente que je peux me tromper sur toute la ligne.

Aucune réponse de la part de Rachel, qui écouta les paroles suivantes en ne pouvant leur donner tord, et en culpabilisant de ce fait. Non seulement elle n’avait pas put les sauver, mais elle leur avait fait du mal ; à quel point et à qui, même elle l’ignorait. C’était une partie de son drame, être la méchante de l’histoire. La juger de ce qui allait se dérouler ? Cela c’était déjà déroulé, simplement, pas ici. Et cela se déroulerait différemment, ici. Restait à savoir comment.

L’exposition des faits terminée, on put passer aux théories, et Emma Frost n’en retenait que deux : le futur et sa mission, ou une prescience tellement puissante qu’elle croyait avoir vécu le futur. Aucune hypothèse juste, mais encore une fois, la première plus proche de la vérité.

Bref, ce que je sais sur toi, c'est surtout que je ne sais pas qui tu es, tu restes une énigme.

Une énigme ? Mais une énigme n’était-elle pas faite pour être résolue ?

Mais je te retourne la question : que sais-tu, toi, sur moi ?

Rachel releva la tête, regardant Frost plusieurs instant avec un mélange de tristesse et de peur ; que savait-elle sur Emma Frost ? Que savait une enfant de sa belle-mère ? Qu’elle ne l’aimait pas, déjà, ça faisait parti des règles de l’univers. Que dire sans risquer de bouleverser la donne ? D’altérer les choix dans le temps présent ? Elle ne changerait rien à son temps, mais à celui-ci, elle pouvait en effet l’altérer, sa simple présence le faisait déjà.

Une inspiration, lente et profonde, puis une autre, alors qu’elle prenait du courage, et tentait de ne pas trembler.

- Je sais qu’aucune de tes hypothèses est juste, ‘mma.

Phénix ferma les yeux, un phénix de lumière, géométrique, couvrant le gauche, alors qu’elle usait de ses pouvoirs télépathiques. Elle perdit conscience.

- Qu’il s’agisse de moi, ou du Phénix, tu as tord.

La voix provenait de derrière Emma, là où la projection astrale de Rachel était réapparue. La forme astrale de Rachel était bien différente de sa forme physique : couverte d’une peau rouge sang où les marques des limiers, dont les lignes couvraient tout son corps des pieds à la tête sans faire cas de son intimité, ressortaient en un noir abyssale, elle était nimbée de flammes, et dernière continuant ses bras pour former des ailes, et composant ses yeux comme ses cheveux. Chaque être pouvait changer l’aspect de sa forme astrale à volonté, mais celui-ci, mélange de la perception qu’elle avait d’elle-même, de l’apparence qu’elle avait lorsqu’elle usait des pouvoirs du Phénix et que la combinaison des limiers, était sa « prédéfinit ».

- Le Phénix n’est pas un trouble psychologique, il s’agit d’un héritage. Un héritage de ma mère. Quant à sauver les X-Men et les mutants… Je suis un monstre ; Limier, Warhound, Meurtrière, Assassin… Je les chassais… je les chassais pour les enfermer… les enfermer dans des camps de la mort… et s’ils résistaient… je les tuais. Mon père… mon père a résisté…

La forme astrale disparue à nouveau, simplement parce que l’évocation des souvenirs entrainait une peine trop grande pour que Rachel put la maintenir ; elle n’ouvrit pas les yeux, mais les larmes qui en coulait indiquaient qu’elle avait reprit confiance.

- 5 Septembre 2007… Je suis née le 5 Septembre 2007… à l’Institution Charles Xavier…

Sa voix n’avait été qu’un murmure, et alors qu’elle déglutissait péniblement, les sanglots commençaient à la prendre.

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MessageSujet: Re: Echec et Mat [PV Rachel]   Jeu 7 Fév - 22:15

Emma nota la tension de Rachel. C'était prévisible, elle ne savait pas en quels termes elles étaient dans le futur. Cette pensée était un peu étrange. Peut-être qu'elles ne s'aimaient pas du tout. Elle marqua un étonnement certain quand la jeune fille lui indiqua que ses deux hypothèses étaient fausses. Pourtant, elle les avait plutôt bien construites. C'était le signe qu'il lui manquait beaucoup d'informations ou qu'elle avait déjà terriblement vieilli au point de perdre ses capacités de réflexion.

Elle sursauta en entendant la forme astrale de Rachel parler et se redressa d'un coup. Elle-même était une adepte du voyage astral, mais elle ne s'attendait pas à ce que la jeune fille le fasse à ce moment-là. Elle regarda l'image qu'elle prenait. Elle était souvent révélatrice de la perception que l'on avait de soi-même. Emma par exemple, apparaissait avec sa tenue de xmen et sa cape blanche. Rachel avait une forme bien plus torturée. Elle avait des ailes de feu, ses cheveux et ses yeux étaient aussi en flammes, peut-être un rappel du fameux phénix, mais ce qui interpellait le plus Emma était les sortes de scarifications qui apparaissaient partout sur le corps. Elle se demandait si elles avaient une signification propre ou si elles étaient la manifestation de l'automutilation psychologique que s'imposait Rachel.

Dans sa tête, elle raccordait les fils : le phénix... Un héritage de sa mère. Donc cette chose, le phénix, était une sorte de créature symbiotique qui se transmettait par filiation. Cette chose devait donc exister dans celle qui était sa mère, ici, dans le présent. Donc, potentiellement, il y avait deux phénix dans la nature. Mais la suite de l'explication de Rachel sortit Emma de ses réflexions. Rachel avait été une sorte de SS du futur. Cette idée était vertigineuse. Il se préparait donc une épuration des mutants. Cette idée fit frémir la reine blanche. Il fallait se préparer. L'arrivée de Rachel était une mise en garde.

La directrice adjointe secoua la tête. Elle ne devait pas juger Rachel, elle s'était promis de ne pas le faire. Si la jeune fille avait agi de la sorte, surtout contre son propre père, c'était probablement parce que d'une façon ou d'une autre, elle y avait été forcée. Elle avait entendu parlé des malgré-nous, des français sous la seconde guerre mondiale qui étaient embrigadés de force dans l'armée allemande, contraints de se battre contre leurs propres frères, pour que leur famille de soit pas inquiétée. Rachel avait du vivre des choses horrible. Elle remit ses doigts dans la main frêle de la jeune-fille.

Alors que la jeune fille terminait par sa date de naissance, Emma s'attarda sur un rapide calcul : Rachel devait avoir une vingtaine d'année. Si elle était née en 2007, non seulement elle existait déjà dans le présent, mais en plus, la chasse aux mutants serait pour dans environ une quinzaine d'années. C'était court, très, très court. Mais non, ce n'était pas possible : si Rachel était née à l'institut, alors le professeur Xavier serait forcément au courant. D'une manière ou d'une autre, la petite fille Rachel n'existait pas dans le présent. Pourtant la jeune fille n'était là que depuis peu, elle ne pouvait pas avoir empêché sa propre naissance. La dernière possibilité était donc que Rachel venait d'une réalité alternative. C'était une des théories pour régler le problème des paradoxes temporels. Plusieurs branches parallèles pouvaient se tisser avec à chaque fois quelques détails qui changent. Rachel ne venait pas de notre futur, elle venait d'un futur d'une autre branche.

Pour l'instant, ce n'était pas la priorité, Emma vît les larmes se former aux yeux de Rachel, et machinalement, elle vint en rattraper une au milieu de sa course sur la joue de la jeune fille, ne réalisant que plus tard que c'était peut-être à nouveau un comportement trop intrusif.

Je suis désolée Rachel, tu as du vivre des choses horribles. J'aimerais pouvoir te soulager de toute cette douleur, mais j'ai bien peur d'être impuissante.

Elle ravala sa salive, cherchant à ne pas se laisser trop aller aux émotions, mais sa voix vint trahir ses sentiments.

Si une petite Rachel était née dans cet institut en 2007, le professeur Xavier aurait été au courant, et moi-même, je l'aurais su en prenant mes fonctions ici. Tu n'existe pas dans notre présent. Tu viens probablement d'une réalité alternative. Mais cela ne veut pas dire que tu n'as pas ta place parmi nous. Tu as déjà commencé à tisser des liens avec les personnes de cet institut. Tu fais partie de ce présent... Et ta présence ici pourrait bien empêcher que les horreurs que tu as pu vivre ne se reproduise à nouveau.

L'idée d'affronter une chasse aux mutants terrorisait Emma parce que sa présence dans cet institut visait justement à tout faire pour empêcher cette situation d'arriver. Elle avala à nouveau sa salive avec difficulté.

En nous rejoignant, sans t'en rendre compte, tu as probablement sauvé tous les mutants de notre réalité et tous ceux qui vont arriver, et pour ça, je te serai éternellement reconnaissante. Merci.

Elle fit à la jeune fille un petit sourire. Grace à elle, ils pouvaient se préparer, et Emma le savait mieux que quiconque, c'était sur la préparation que reposait une grande partie de la victoire. Mieux vaut prévenir que guérir.

Tu sais exactement comment les choses vont arriver, comment ils vont réussir à nous avoir, et comment ils vont en capturer certains pour leur faire affronter les autres. Grace à toi, nous savons ce qu'ils comptent faire avant même qu'ils en aient eu l'idée. Et même si tu préfères ne pas ressasser ces souvenirs douloureux, rien qu'en nous mettant en garde, tu as peut-être déjà sauvé ce monde.

Emma voulait passer sa main sur le front de Rachel ou la prendre dans ses bras, mais elle n'osa rien faire, inquiète de ne pas savoir l'impact que cela aurait pu avoir sur la jeune fille.

Quant à ce phénix, es-tu d'accord pour en parler ? Je serais intéressée par ce qu'il est. Mais bien sûr, je comprendrais si tu voulais garder ça pour toi. Je suis bien placée pour savoir qu'une femme doit avoir ses secrets.

Elle ponctua sa phrase par un nouveau clin d'oeil qui se voulait complice.

Tu es chez toi Rachel, même si nous ne pourrons pas remplacer l'ancienne, nous sommes ta nouvelle famille. J'aimerais que tu te sentes libre de me demander tout ce dont tu peux avoir besoin, en ce qui concerne l'institut, mais aussi en ce qui concerne le reste.
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MessageSujet: Re: Echec et Mat [PV Rachel]   Ven 8 Fév - 1:46

Emma puait la peur ; étrange que même aujourd’hui, Rachel puisse encore s’en rendre compte. Mais la seule chose que cela lui laissait, c’était un goût amer dans la bouche ; pas de plaisir, pas d’excitation, elle n’était pas en chasse. Et elle ne voulait plus jamais l’être.

Mais la Reine Blanche faisait face, affrontant le regard de la forme psychique de Phénix comme ses révélations sans rien révélé d’autre qu’une secousse de tête. En fallait-il plus ? Rachel ne savait pas, et n’avait pas envie de savoir ; après qu’il y avait une grande menace et qu’on avait déjà échoué à l’arrêter, apprendre qu’on allait perdre tous ceux que l’on aimait et que l’on allait mourir dans une version moderne des camps nazis, il y avait de quoi effrayer ; Frost n’en montrerait rien, elle était toujours plus ou moins impassible, mais elle n’était pas de diamant, au sens figuré : elle n’était pas inerte, et cela, Rachel le savait.

Elle aurait voulut lui expliquer que leur futur n’était pas son passé, qu’elle n’existait pas ici, et que donc les lignes temporelles étaient différentes, mais elle n’avait put que concéder l’indice de sa naissance, qui n’était pas effective ici ; suffisant pour que Frost ait les bonnes conclusions ou tout juste bon à la perdre un peu plus ? Elles n’allaient pas tarder à être fixées, l’une comme l’autre.

Le geste d’Emma la surprit : la Reine Blanche lui prit la main. Par réflexe, la rousse la serra, ou ce qu’elle avait de plus approchant, alors que les larmes montaient. Et le suivant, qui fut dans la continuité de cette preuve de soutien, s’il avait été intrusif, fut accueillit avec gratitude. Rachel n’ouvrit pas les yeux, mais elle pencha la tête sur le côté, comme pour garder quelques instants le contact, pour se laisser aller.

Des excuses et l’énonciation de deux vérités ; on ne pouvait pas la soulager de cette douleur, elle était là et serait toujours là, les fantômes du passés étant les spectres de l’avenir, mais on pouvait lui apprendre à vivre avec, à la surpasser.

Si une petite Rachel était née dans cet institut en 2007, le professeur Xavier aurait été au courant, et moi-même, je l'aurais su en prenant mes fonctions ici. Tu n'existe pas dans notre présent. Tu viens probablement d'une réalité alternative. Mais cela ne veut pas dire que tu n'as pas ta place parmi nous. Tu as déjà commencé à tisser des liens avec les personnes de cet institut. Tu fais partie de ce présent... Et ta présence ici pourrait bien empêcher que les horreurs que tu as pu vivre ne se reproduise à nouveau.

Rachel eut un petit sourire, bref et discret, disparaissant aussi vite qu’il lui était venu ; Frost avait comprise. Elle avait comprise, et tentait de lui donner des raisons de continuer la lutte. Elle faisait parti de ce présent, désormais ; elle y avait des amis, des proches, une chance de s’y reconstruire. Sa seconde chance. Et peut-être qu’en effet, sa présence pourrait empêcher les horreurs de son monde de se reproduire ; elle avait échouée, deux fois, face à elles, et le dicton ne voulait jamais deux sans trois. Mais au moins, elle aurait une raison de ce battre ; encore fallait-il qu’elle en ait la volonté. Une raison de ce battre, une raison de mourir ; un moyen de tenir sa promesse.

Sauver tous les mutants de cette réalité ? Lui être reconnaissante ? Elle avait déjà essayé de sauver sa réalité, et en avait probablement sauvé une autre, celle-ci ou non, comme savoir ? Les flux du destin devenaient si complexes lorsque les réalités alternatives entraient en jeu qu’il était presqu’impossible pour un esprit humain de les appréhender, ou de se diriger à travers eux. Elle l’avait fait, aidée du Phénix. Mais elle n’avait aucune idée de si elle était capable de le refaire. Qu’avait bien put lui crier Kate ?

Après un sourire Frost reprit la parole, croyant que Phénix savait, crois qu’elle pouvait les aider à empêcher les choses avant qu’elles arrivent, à connaitre les coups de l’adversaire à l’avance ; elle raisonnait sur un jeu d’échec, comme dans son monde. Mais tout n’était pas une histoire de prévisions, de stratégie et d’anticipation. Elle avait peut-être déjà sauvé ce monde ? Si c’était ici que Kate avait atterrit, oui, sinon, non, c’était peut-être même déjà trop tard. Mais elle voudrait essayer, car si elle n’essayait pas, elle n’aurait aucun moyen de savoir si elle y arriverait ou pas ; et elle avait une promesse à tenir. Qu’ils ne soient pas morts en vainc.

Quant à ce phénix, es-tu d'accord pour en parler ? Je serais intéressée par ce qu'il est. Mais bien sûr, je comprendrais si tu voulais garder ça pour toi. Je suis bien placée pour savoir qu'une femme doit avoir ses secrets.

Rachel détourna la tête, pinçant les lèvres ; qu’était-ce que le Phénix ? La Force Phénix, le Phalkon, l’Enfant des Etoiles… tant de noms, mais surtout tant d’ennemis, et une existence défiant l’imagination du commun ; héritage et malédiction, le Phénix était ce que les hommes nommaient Entités, des divinités. La preuve que Dieu n’existait pas, et que l’humain était livré à sa propre barbarie et à sa propre cruauté sans la moindre retenue ou limite autre que celles qu’il s’imposait.

Tu es chez toi Rachel, même si nous ne pourrons pas remplacer l'ancienne, nous sommes ta nouvelle famille. J'aimerais que tu te sentes libre de me demander tout ce dont tu peux avoir besoin, en ce qui concerne l'institut, mais aussi en ce qui concerne le reste.

Gardant la tête tournée de l’autre côté, Phénix ne dit rien, réfléchissant à quoi dire. C’était si compliqué, et si douloureux pour la plupart. Sa famille, elle l’avait perdue, elle l’avait détruite, et n’était-ce pas renier leurs mémoires que de s’en forger une nouvelle ? Elle avait été mariée, pas officiellement, mais ils avaient été considérés comme tel par leur communauté, renié par les hommes et les religions, cela faisait acte de fois. Rachel Richards, sans valeur juridiquement, mais avec une immense valeur de cœur ; une valeur qui aujourd’hui reposait quelque part sous forme d’ossements. Franklin était mort, et elle avait perdu son amour. Elle avait tout perdu, mais essayer de rebâtir quelque chose. Ernest, les Cuckoos, et maintenant… Frost ?

- Le Phénix, ou Force Phénix… c’est une créature cosmique… la vie et la mort, la puissance cumulée des psychés qui ont existé, existent et existeront ; la force vitale de l’univers. Cela se rapprocherait du Dieu des humains. Mais pas un Dieu bienveillant et à l’écoute ; pas non-plus un Dieu venger et rancunier.

Rachel s’interrompit, ramenant ses bras contre son torse, relâchant la main de la Reine Blanche pour désigner le Phénix lumineux qui apparut autour de son œil gauche, lequel émettait également une vive lumière, dès l’instant où elle utilisa sa télépathie.

- Qu’est-ce qu’il veut, j’en sais rien, j’sais juste que c’est par moi qu’il l’aura. Il dort, il dort quelque part en moi, je peux le réveiller pour qu’il amplifie mes pouvoirs à des niveaux incommensurables, inimaginables, et même m’en conférer de nouveaux. J’ai peur de lui ; peur de son pouvoir, peur de ce qu’il pourrait faire…

Phénix se tut à nouveau, interrompant sa télépathie pour laisser la signature lumineuse disparaitre ; elle ferma à nouveau, respirant lentement. C’était un sujet plus aisé que les autres, tant il la dépassait et n’était pas directement sujet à une vive douleur ou de la culpabilité. Le Phénix avait détruit des mondes et sauvé d’autres, sans logique apparente, à travers ses différents porteurs, au fils des millénaires. Les Shi’ar le traquaient pour cela, pour l’empêcher de nuire. Ils avaient tué sa mère et avaient essayé de la tuer elle pour cela ; détruire le vaisseau pour forcer la bête à hiberner en attendant qu’un autre soit près, était-ce cela la finalité de la chose ?

- Quant à savoir ce qui va se passer… j’étais trop jeune pour y faire vraiment attention. Jusqu’à ce qu’ils rasent l’Institut et m’enlèvent, pour me dresser à devenir l’un des Warhound, des Limiers. Ses marques rouges, sur mon visage… il y en a sur tout mon corps ; les Marques d’Assermentation des Limiers. A l’origine, cela m’identifie comme l’un de leurs chiens de guerre, mais surtout, cela leur permettait de me faire souffrir sur commande. Ils me les ont implanté par chirurgie, sans anesthésie… ce… c’est pour ça… que je supporte plus la médecine… que je panique quant y’a du matériel médical… J’avais treize ans quant ils m’ont enlevé… torturée… et entrainée… dressée… comme un chien d’attaque… Warhound…

Les larmes coulaient fortement désormais, mais elle avait encore quelque chose à dire avant d’éclater en sanglot.

- Je… Je…

Rachel posa ses mains sur son visage, toujours allongée sur le dos, sanglotant désormais.

- J… j’suis… un putain… de monstre… J’ai fais fuir Cait’… elle avait dit qu’il fallait m’aimer… mais… mais quant elle a vu… vu qui j’étais… elle a voulut me donner au BAM… pour protéger les autres… je veux pas… être rejetée… je… j’veux pas être jugée… j'peux plus être enfermée... J'suis pas qu'une arme... j'suis pas qu'une arme...

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MessageSujet: Re: Echec et Mat [PV Rachel]   Sam 9 Fév - 22:12

Emma suivait avec attention les explications de Rachel. Elle avait elle-même remis en question plusieurs fois la légitimité d'une divinité créatrice. A force de voir le potentiel humain, les miracles devenaient des choses de plus en plus naturelles. Au fond, elle en avait conclu que de toute façon, quelle que soit les puissances avec lesquelles on flirtait, il y avait toujours moyen de mettre une divinité juste au dessus. La question ne lui était plus vraiment intéressante. Advienne ce que pourra et on avisera ne fois confronté à la situation. Les paroles de Rachel la poussait dans la même direction. Une créature atemporelle, universelle et dématérialisé, ça ressemblait pas mal à une divinité, sauf que le fait qu'elle s'abaisse à traiter avec les humains le redescendait au statut de chose du même ordre de grandeur, et donc, lui refusait le statut divin. Cette pensée était étrangement alambiquée, mais pour Emma, c'était l'évidence même.

Au final, la seule idée pertinente qui restait dans l'esprit de la reine blanche, c'était :
Est-ce que tu penses qu'on pourrait te libérer de son emprise ? S'il est arrivé, il doit bien exister un moyen de le faire sortir, non ?

Emma était un peu déçue que Rachel n'ait que peu de souvenirs, surtout que cela voulait dire que le problème était pour bientôt. Si l'attaque de l'institut avait eu lieu vers ses 7 ans, alors, c'était pour 2014, soit l'an prochain. C'était impossible. Si les choses tournaient ainsi, Xavier aurait au moins eu un petit indice avant. Non, il y avait autre chose forcément. Et comment le BAM aurait-il pu ne pas réagir ? Mais encore une fois, sa priorité restait Rachel :

On pourrait essayer de te les retirer, par méthode médicale ou par psychochirurgie, si tu veux. Je pourrais orienter ton corps pour qu'il rejette ces marques comme si c'était des corps étrangers. Mais c'est à toi de choisir.

Emma avait beaucoup de peine pour la jeune fille. Elle aurait tellement voulu pouvoir faire plus pour elle. Elle devait accepter qu'au fond, elle ne pouvait lui apporter que du réconfort. Pour tout le reste, ça devait venir d'elle en premier. Elle lui avait déjà dit qu'elle ferait tout pour qu'elle se sente mieux, et à part le répéter, que pouvait-elle ?

Elle posa le dos de sa main contre la tempe de la jeune fille.

Rachel, si on m'avait jugé pour ce que j'ai fait, je ne serais pas là. J'ai manipulé beaucoup de monde par égoïsme. J'ai même affronté les Xmen plusieurs fois, et pourtant, aujourd'hui, je suis à l'institut Xavier. Est-ce que ce n'est pas la preuve que c'est le lieu idéal pour laisser ses erreurs derrière soi et se construire un nouveau présent ? N'en veux pas à Caitlyn, c'est une brave fille. Elle juste peur, et comme tout animal qui a peur, elle essaye de se défendre. Mais au fond, le seul moyen de ne pas avoir peur, c'est de faire confiance. Cette confiance viendra, ne t'inquiète pas. Elle a juste besoin d'un peu de temps pour comprendre que tu n'es plus celle que tu as été. Et toi aussi, tu dois l'accepter.

Emma se risqua à esquisser un léger sourire.

Et puis, tu sais, moi aussi, je fais fuir Caitlyn, ça ne veut rien dire. Je suis sûr que si elle avait une excuse pour m'envoyer au BAM, elle s'en donnerait à coeur joie. Il y a plein de gens ici qui sont tout à fait capable de t'écouter et de t'apprécier, non pas pour ce que tu as vécu par le passé, mais pour celle que tu es maintenant, et pour ce que tu fais aujourd'hui et ici. Si le BAM vient te chercher, Xavier interviendra. Et s'il se dégonfle, moi, je le ferai.

Emma s'étonnait de la compassion qu'elle avait intuitivement pour cette fille. Peut-être le fait de l'avoir vue en danger l'avait-elle particulièrement touchée. Ou alors c'était le fait de s'être vue elle-même dans sa mémoire et de savoir qu'elle l'avait connue. Ou alors c'était autre chose, quelque chose de plus profond. Qu'importe, elle ne voulait pas la voir souffrir, elle la voyait comme une petite fille à qui on avait volé son innocence et son enfance, et ça, c'était quelque chose qui la mettait trop en colère pour qu'elle n'agisse pas.
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MessageSujet: Re: Echec et Mat [PV Rachel]   Dim 10 Fév - 1:16

Est-ce que tu penses qu'on pourrait te libérer de son emprise ? S'il est arrivé, il doit bien exister un moyen de le faire sortir, non ?

Pareille question, Rachel ne s’y était pas attendue ; Emma Frost se croyait de taille face au Phénix ? Elle lui appartenait, elle faisait partie de lui, puis qu’elle avait vécu, et vivait. Une puissante telle n’était pas à un niveau de compréhension mortel, et lutter contre avait demandé les efforts de milliers de surhumains d’une espèce bien plus avancée que ne l’était les Humains ; une espèce qui se contentait de le tuer lorsqu’il se réveillait pour qu’il dorme à nouveau dans un nouvel hôte. C’était arrivé, oui ; lorsqu’un vaisseau mourrait, le Phénix en changeait, c’était aussi simple que cela. Peut-être existait-il une autre réponse aux questions de Frost que celle que la jeune femme avait en sa possession, mais alors elle lui échappait totalement ; non, elle pensait qu’elle ne serait libéré de la Force Phénix qu’en mourant, comme toute les autres personnes avant elles, à sa connaissance. Les Shi’ar avaient réussit à le bloquer durant quelques temps, et Xavier avait tenté de le maintenir en léthargie durant des années, mais lorsqu’il voulait s’éveiller, le Phénix le faisait. Et tant qu’il dormait, il n’était qu’un danger potentiel ; puis, peut-être avait-elle peur de ce danger, mais elle lui devait la vie. De nombreuses morts, particulièrement au sein de l’Empire Shi’ar, mais également de nombreuses vies ; il l’avait sauvé et lui avait donné la force de ce battre, et on voulait lui prendre cette force ? Ne pouvait-on lui faire confiance pour l’utiliser ou s’en faire la gardienne ?

Le sujet des Marques d’Assermentation des Limiers ne fut pas beaucoup plus rassurant, Frost proposant de les lui retirer, soit grâce à une opération de la médecine soit par une opération de la télépathie. Qu’elle aille se faire foutre ! Elle n’approcherait ni un scalpel ni ses tentacules psychiques de l’esprit de Rachel sans y rencontrer la résistance qui se devait. Pourquoi ? Pourquoi vouloir lui retirer ce qui la constituait ? Elle voulait lui faire prendre son identité, ses souvenirs ? Oui, elle avait peur du Phénix, mais il faisait parti d’elle. Oui, à chaque fois qu’elle regardait les cicatrices des Limiers, elle devait lutter pour ne pas fondre en larme ; mais cela faisait parti d’elle aussi. Elle ne pouvait pas rayer d’un trait tout son passé. Elle les cacherait, oui, mais elle avait besoin qu’elle soit là ; si se rappeler ce qu’elle avait fait été une torture, c’était une torture nécessaire : sans cette torture, pourquoi essaierait-elle d’avancer ? Pourquoi essaierait-elle de se repentir ?

Le contact de la main de Frost contre son visage entraina une réaction de rejet, alors qu’elle détournait la tête de l’autre côté, ne pouvait guère plus bouger que cela.

Rachel, si on m'avait jugé pour ce que j'ai fait, je ne serais pas là. J'ai manipulé beaucoup de monde par égoïsme. J'ai même affronté les X-men plusieurs fois, et pourtant, aujourd'hui, je suis à l'institut Xavier. Est-ce que ce n'est pas la preuve que c'est le lieu idéal pour laisser ses erreurs derrière soi et se construire un nouveau présent ?

Rachel aurait eut une seule question à répondre à cela : combien ? Combien la Reine Blanche avait-elle tué de X-Men ? En avait-elle vu mourir un seul, au moins ?

Ne pas en vouloir à Caitlyn… Rachel savait ce qu’était un animal apeuré, et savait comment réagissait un animal acculé ; elle n’avait été rien de plus durant des années. Un chien de guerre, un Warhound ; la chasse, le meurtre, c’était son métier, le tout par la simple volonté de survivre : tuer ou être tué. On chassait, on capturait ou on tuait, pour ne pas soi-même être capturé ou tué. Car les Limiers capturés ne survivaient pas longtemps, la douleur finissait par les rendre fou ou les tuer. Les cicatrices n’avaient d’autres buts que cela ; mais ce qu’il y avait à l’intérieur des cicatrices, Phénix l’avait déjà détruit. Elles n’étaient plus que des marques, et non un instrument de torture.

Le seul moyen de ne pas avoir peur, c’était la confiance ? La confiance en soi et la confiance aux autres ? Elle ne demandait pas mieux, mais accorder sa confiance à la mauvaise personne, c’était s’exposer à la douleur, se vulnérabiliser ; c’était son drame aussi bien dans le fait qu’elle n’accordait pas sa confiance que le fait que les autres ne devaient pas lui la accorder. Certains le faisaient quant même, ou lui donnaient l’impression de le faire. Mais Frost avait-elle la moindre confiance en elle ? S’eut été folie !

Rachel avait détourné la conversation dès que Frost lui avait demandé sa confiance, ne donnant aucune information sensible sur le passé de la Frost de son monde, ou de la « famille » qu’elles avaient formée. Cette famille était morte depuis longtemps, et Rachel en avait détruite une bonne partie. Les larmes, encore et toujours les larmes, répondantes à la voix calme d’Emma par un filet chaotique.

Besoin de temps pour l’accepter ? Besoin de temps pour s’accepter ? C’était pas facile, Rachel ne le savait que trop bien. Mais elle devait le faire, non détruire ce qu’elle avait à accepter.

Et puis, tu sais, moi aussi, je fais fuir Caitlyn, ça ne veut rien dire. Je suis sûr que si elle avait une excuse pour m'envoyer au BAM, elle s'en donnerait à coeur joie. Il y a plein de gens ici qui sont tout à fait capable de t'écouter et de t'apprécier, non pas pour ce que tu as vécu par le passé, mais pour celle que tu es maintenant, et pour ce que tu fais aujourd'hui et ici. Si le BAM vient te chercher, Xavier interviendra. Et s'il se dégonfle, moi, je le ferai.

Le BAM… s’ils la capturaient, s’ils tentaient de l’enfermer ou de lui passer un collier inhibiteur, à nouveau, elle en perdrait la raison. Oh, ils ne la retiendraient pas longtemps, mais dans sa peur et sa panique, Rachel savait pertinemment qu’elle perdrait pied, et donnerait lieu à un véritable carnage. Il ne fallait pas seulement la protéger du BAM, il fallait aussi protéger le BAM d’elle ; il fallait protéger le monde d’elle. On ne voulait pas qu’elle mette fin à ses jours, alors ce serait par la morale et sa bonne volonté qu’elle tenterait de le faire, mais si ces dernières venaient à s’effondrer…

Elle continua de pleurer durant quelques instants, attendant que cette vague de larmes se soit tarie pour relever le visage, regardant le plafond de ses yeux bouffis.

- Je vais les garder, commença-t-elle doucement. Comment puis-je accepter ce que je suis si je n’en garde pas les traces ? J’ai déjà détruit ce qui était dangereux dans ces marques, ce sont plus que des cicatrices ; elles marquent mon corps comme les souvenirs marquent mon âme. Je vais les cacher, mais je vais les garder. Elles me feront mal jusqu’à la fin de mes jours, chaque fois que je les regarderais, mais au moins, elles témoigneront du chemin accomplit…

Si chemin accomplit il y avait.

Un nouveau silence, alors qu’elle repensait à ce qu’Emma venait de lui dire. Devait-elle la remercier pour sa protection ? N’était-ce pas ce dont elle avait besoin, de protection ? Elle avait surement perdue celle de Xavier, même si c’était peu probable au regard des évènements, mais lui en fallait-il d’autres ? Rachel n’en savait rien.

La relation entre Frost et Fuzzy ne lui était pas inconnue, contée jadis par celle qui se trouvaient dans le non man’s land ; mais elle ne la concernait pas vraiment non plus, à dire vrai. Rachel aurait volontiers défendu Caitlyn, déclaré que même avec une excuse, elle ne trahirait pas, mais elle n’en savait rien, et même foutrement rien. Son expérience tendait à lui dire le contraire, même, mais avoir foi en les autres, leur faire confiance, n’était-ce pas cela qu’elle devait faire ?

- J’ai pas répondu à ta question, tout à l’heure. Elle était mal posée. C’est pas ce que je sais de toi qui importe. Mais qui tu étais, pour moi.

Pas un mot de plus, elle se contenta de fermer les yeux ; pour une fois, la question qu’on lui poserait semblait évidente, mais Rachel ne savait toujours pas jusqu’où elle pouvait en dire sans trop impacter ce présent, et fausser les choix…

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MessageSujet: Re: Echec et Mat [PV Rachel]   Dim 10 Fév - 15:30

Emma était touchée par la réponse de Rachel. A sa place, elle n'aurait pas hésité, et aurait préféré retirer toutes les marques du passé, histoire de retrouver sa beauté. C'était bien la preuve qu'elles n'avaient pas du tout vécu la même chose. Enfermée, traquée, torturée, Rachel devait n'en avoir rien à faire de son apparence physique. Quelle place faire à l'esthétique quand on vit en perpétuelle souffrance ?

Elle ramena sa main à elle, sentant bien que c'était trop intime pour Rachel. Quelle désagréable situation que de ne pas pouvoir soulager la souffrance de quelqu'un. Ce sentiment d'impuissance, Emma le détestait.

Pardonner mais ne pas oublier, aller de l'avant sans oublier d'où l'on vient. C'était une leçon dure à apprendre et encore plus dure à mettre en oeuvre, et pour cela, elle respectait le courage de Rachel, ou sa témérité. Si Rachel choisissait d'affronter son passé, c'était une bonne chose, tant qu'elle se donnait le droit de vivre aussi son présent.

- J’ai pas répondu à ta question, tout à l’heure. Elle était mal posée. C’est pas ce que je sais de toi qui importe. Mais qui tu étais, pour moi.

Emma afficha un air perplexe. De quoi voulait-elle parler ? Elle comprenait bien qu'il y avait une nuance, mais en quoi était-elle si importante ? Étaient-elles ennemies ? L'avait-elle tuée ? Ou alors avaient-elles été amantes ? Emma déglutît à cette idée. Elle s'était bien imaginée devenir une couguar croqueuse de petits jeunes, mais elle ne se voyait pas devenir homosexuelle. Même si l'idée lui avait traversé l'esprit, elle aimait trop les hommes pour arriver à s'en passer, physiquement parlant déjà, mais d'un point de vue émotionnel aussi. Elle aimait chez les hommes ce petit malaise qu'ils pouvaient ressentir en se trouvant face à une femme un peu trop sure d'elle pour rentrer dans le rôle de la jeune jouvencelle en détresse.

- Tu ne peux pas me suggérer ça sans m'en dire plus. Quelle était exactement notre relation ? J'espère que je ne t'ai pas fait de mal au moins.

La reine blanche trépignait d'impatience, et même si elle était consciente qu'elle ne devait pas brusquer Rachel, elle mourait d'envie d'en savoir plus. Son esprit partait divaguer sur le sujet. Était-elle la nouvelle directrice de l'institut ? Retournait-elle au cercle des damnées ? Était-elle mariée à un riche jeune héritier aux pouvoirs extraordinaires ?

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Echec et Mat [PV Rachel]   Lun 11 Fév - 14:39

Se souvenir était dur, douloureux ; toujours. Même les moments joyeux, quant on savait ce qui arrivait après, ne laissaient qu’un goût amer dans la bouche, non-pas de la nostalgie mais de la culpabilité, le sentiment que l’on avait tout gâché, que c’était de notre faute. A chaque fois qu’elle voulait se rappeler son père, qu’il lui sourit ou qu’il la gronde, elle ne pouvait s’empêcher de voir ses mains à elle pleines de sang. Il n’y avait que le sang, la mort ou les ténèbres ; le sang de ceux qu’elle avait tué, la mort de ceux qu’elle avait vu mourir et les ténèbres de ceux dont elle ne se souvenait pas le sort, et ne se souvenait pas l’avoir jamais sut. Regarder chaque X-Men, chaque visage qu’elle avait connu, c’était se demander si on lui avait fait du mal, le savoir ou prendre le risque de déclencher des flashs, qui quelques soient la réponse qu’ils apporteraient, la ferait souffrir. Elle avait eut de la chance, pour Emma Frost, personnage proche d’elle, voulant le devenir ici aussi, et qu’elle avait vu en camp de la mort ; au moins, il n’y avait pas la culpabilité, même s’il y avait toujours les regrets et al tristesse. Elle se souvenait d’un grand nombre des bêtises qu’elle avait faite juste pour la faire tourner en bourrique, pour « la faire chanter », comme elle n’avait pas comprit l’expression à l’époque. Désormais, si Frost essayait de la gifler après une bêtise, elle ne s’en irait plus pleurer auprès de Scott ou dans son placard, elle lui briserait le poignet. Les choses avaient changé, mais de là à savoir si c’était en bien ou en mal, elle n’était pas sure. Surement que la réponse se trouvait entre les deux, mais Rachel ne la connaissait pas : se battre ou s’effondrer, mode de réaction binaire.

- Tu ne peux pas me suggérer ça sans m'en dire plus. Quelle était exactement notre relation ? J'espère que je ne t'ai pas fait de mal au moins.

Vraiment ?

Oui, surement, laisser une question en suspend n’était pas la chose à faire, surtout pour un esprit aussi aiguisé que celui de la Reine Blanche ; c’était facile de la faire tourner en bourrique ici aussi, avec de tels trucs, surtout que la situation était bien différente. Ce n’était pas une fillette venant lui tirer la langue en lui disant qu’elle avait un secret et qu’elle lui dirait pas (surtout considérant le côté sale dudit secret déposé dans la penderie d’Emma, qu’elle avait découvert le soir même), mais celle d’une étrangère venue d’une autre réalité dans un temps postérieur. Elle avait vraiment de secret, et le problème étaient qu’ils avaient un coût. Et une influence potentiellement importante sur la vie de la Reine Blanche.

Un soupire, Phénix concluant qu’elle n’aurait pas dût parler de cela ; elle n’en savait pas assez pour savoir quels impacts auraient sa réalité sur celle-ci. Elle avait voulut s’ouvrir, parler, mais c’était une erreur, elle aurait dû garder le silence. Rouvrant les yeux, elle regarda Emma, laquelle était étrange. De l’excitation ? Elle s’attendait véritablement à une bonne nouvelle ? Elle voulait vraiment savoir ? N’était-ce pas elle qui disait que la curiosité était un vilain défaut ? A moins que cela ne s’applique que lorsqu’il soit question d’ouvrir un tiroir avec marqué « réserve personnelle de Logan ».

Rassemblant ses pensées, Rachel chercha ce dont elle pouvait parler en toute tranquillité.

- Je sais pas ce que j’peux te dire ou pas te dire, j’te connais pas assez ici pour risquer de révéler de tes choix… importants. Tu m’as jamais fait de mal, à part des engueulades et des claques, ainsi que le fait que j’ai apprise à écrire en recopiant le règlement intérieur de l’Institut ; on s’aimait pas, enfin, c’était plutôt moi qui t’aimais pas.

Une pause, alors qu’elle la regardait ; oui, elle avait été une sacrée chieuse, et cela lui avait valut beaucoup de coups de fouet, plus tard. Les Limiers l’avaient matée, c’était indiscutable, ils avaient fait par la douleur et la peur ce qu’Emma Frost avait essayé par les cris, certes, mais aussi la compréhension. Elles ne s’aimaient pas ? Non, juste une petite fille détestant sa belle-mère comme il se devait, parce qu’elle était aventureuse là où l’autre était disciplinée, bruyante là où elle voulait le calme, et que la rousse avait l’impression de s’être faite voler et remplacer sa mère à elle. Les caprices d’une enfant, qui lui faisait penser avec amertume qu’elle serait bien différente aujourd’hui, si on lui avait laissé le temps de faire sa crise d’adolescente face à Frost.

- Mais je sais pas si je peux te dire pourquoi. Toujours était-il que j’ai montrée une imagination débordante, et parfois une bonne ingéniosité, juste pour t’énerver. Notre relation dans ma jeune peut se résumer à cela. Ta cape blanche a dut voir de toutes les couleurs, et d’un grand nombre de matières, aussi. J’ai parfois repeint les pièces de ton échiquier pour faire un arc-en-ciel… j’ai aussi remplacé ta teinture blonde par une teinture rousse une fois, mais ça c’était sur conseil d’un élève.

Il n’y avait pas la moindre fierté ou le moindre sourire, car elle n’avait pas la moindre joie à évoquer ses souvenirs pourtant joyeux ; car il était un temps, où elle dormait mal si elle n’avait pas été grondée par Emma au moins une fois dans la journée. Certains aimaient les histoires avant de s’endormir, elle c’était écouter la Reine Blanche se péter la voix. Non, elle racontait cela d'un air absente, le regard tourné vers Emma sans pour autant la voir, alors que les paroles s'échappaient d'elles-mêmes.

- Mais ce qui te faisait enrager le plus, c’était… c’était que j’embarquais ta fille pour faire mes conneries.

Les larmes revinrent, et Rachel se reprit, recommençant à fixer le plafond, sa main attrapant maladroitement son médaillon en X cerclé pour la serrer aussi fort qu’elle pouvait, à s’en faire blanchir les jointures et surtout, à s’en faire souffrir les poignets.

- Je… je suis désolée… j’ai aucune idée… de ta situation… actuellement… et… j’aurais pas dû en parler… Elle est pas née, ici, elle non-plus… et… merde… j’aurai pas dû parler de ça… plus de questions… que réponses… Je… je… je veux pas en parler… ça fait trop mal…

Roulant sur le coté, non sans difficulté, elle tourna le dos à la Reine Blanche, s’isolant d’elle comme de son regard ; cela faisait mal, oui, cela la faisait culpabiliser, même s’il n’y avait ni ténèbres ni sang, mais cela risquait de ne pas faire mal qu’à elle. Se souvenir était toujours douloureux, ainsi, si l’on commençait à souffrir des souvenirs des autres…

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MessageSujet: Re: Echec et Mat [PV Rachel]   Mer 13 Fév - 23:03

Emma, quelque part, était fascinée par ce que racontait Rachel. C'était comme s'entendre raconter son histoire par quelqu'un d'autre. D'un autre côté, elle sentait que pour Rachel, ces souvenirs étaient douloureux. Donc Rachel ne l'aimait pas, mais ça ne voulait rien dire. C'était une autre Emma. Et puis leur univers était différent. En plus, Emma lui avait apparemment bien rendu ses taquineries. Copier le règlement intérieur de l'institut, ça manquait terriblement d'originalité. Elle était presque déçue d'elle-même.

Par contre, Emma marqua une pause en entendant l'allusion à sa propre fille, une fille qui n'était pas née dans ce monde. Elle se demandait comment elle aurait pu être, ce qu'elle aurait pu vivre avec elle. Mais elle ne la connaîtrait jamais. Elle ne la verrait jamais naître, elle ne la verrait jamais parler, marcher, faire des bêtises. Toutes ces choses qu'elle ne connaîtrait jamais. Emma en perdit sa joie à peine naissante. La dure réalité des... réalités alternatives : tant de proches que l'on ne pourrait jamais connaître. Quelque part cette considération était vertigineuse. Emma concevait un peu la tristesse dans laquelle devait vivre Rachel, perdue dans une réalité où elle pouvait voir des personnes qui ressemblaient à ses anciennes connaissances, mais qui ne la reconnaissaient pas.

La reine blanche voulait mettre une main sur l'épaule de Rachel, mais n'osa pas et arrêta son geste en chemin. Emma avait trop de questions sur sa fille en tête pour arriver à penser à autre chose. Finalement, elle se leva, et se dirigea vers la porte. Juste avant de quitter la pièce, elle mit la main sur le cadre de la porte, et tourna la tête pour regarder Rachel une dernière fois.

- Je suis désolé Rachel. J'aurais voulu pouvoir faire plus.

Elle ferma les yeux quelques secondes pour tenir ses larmes en respect puis finalement les rouvrit et quitta l'infirmerie. Dans le couloir, elle marchait en repensant à ce que lui avait dit Rachel. Ces pensées sur la fille qu'elle n'avait jamais eu allaient la hanter pendant un certain temps, mais qu'est-ce que ça représentait comparé à ce que vivait Rachel au quotidien ?

RP terminé pour Emma
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MessageSujet: Re: Echec et Mat [PV Rachel]   Ven 15 Fév - 22:33

Si l’on commençait à souffrir des souvenirs des autres, la douleur ne s’arrêterait plus jamais.

Emma souffrait ; elle ne le dit pas, mais comme la peur, la souffrance était suffisamment commune à Rachel pour qu’elle parvienne à la deviner. Un geste interrompu, perçu par son sens télékinétique, une main s’approchant, pour s’interrompre et s’en retourner ; comme Emma Frost d’ailleurs, qui se leva et s’en alla. Désolée ?

Elle était désolée ? Elle n’avait pas à l’être ; elle n’avait rien fait. C’était Rachel qui l’avait blessée, en lui parlant d’une personne chère qu’elle n’aurait jamais.

Phénix avait exactement fait ce qu’elle avait peur de faire : trop en révéler. Elle avait dit une vérité qui n’avait pas lieu d’être dévoilée, un souvenir qui touchait Frost en plein cœur ; elle savait pourtant à quel point la Reine Blanche avait était heureuse d’avoir une enfant, d’avoir une famille, la sienne n’étant pas des plus enviable, mais lancée dans ses confessions, la rousse était allée trop loin. Contrairement à ce qu’elle faisait croire, Emma Frost n’avait pas un cœur en diamant, il était en cristal : son apparence de dureté ne laissait place qu’à une fragilité encore plus grande. Et avec une pointe de rubis, Rachel venait de tirer en plein dans cette fragilité.

La Reine Blanche s’enfuit, rapidement, la laissant seule, mais s’en allant seule également. Elle avait voulut la sauver, sans la connaitre, et lorsqu’elle s’était aperçue qu’elle-même n’était pas une inconnue, elle avait fuit. Emma Frost avait fuit face à une vérité ; pas face à un monstre, mais face à une humaine. La Dame d’Adamantine savait gérer les monstres, mais elle ne savait pas gérer son cœur, semblait-il. Etait-elle seule ? Avait-elle perdue un alter-égo de sa fille ? Trop d’ignorance pour savoir jusqu’où s’enfoncerait la dague.

La seule chose qu’elle savait, c’était qu’elle avait blessé Frost ; et il ne s’agissait plus d’une provocation comme dans sa jeunesse, il s’agissait d’une blessure bien réelle, d’une blessure à l’âme. Sans compter que sa propre âme souffrait du souvenir de sa sœur, qu’elle ne rêverait plus jamais.

Rachel était un monstre, car même lorsqu’elle se contentait de se confier, de parler de son passé, elle brisait les gens qui lui tendaient la main. Etait-il plus douloureux de raconter la mort de quelqu’un ou du fait qu’il n’ait pas donné là vie ? Avait-ce une si grande différence que cela ? Elle devrait retourner lui parler, s’excuser, essayer de réparer les dommages, même si elle doutait que Frost veuille la revoir avant longtemps. Elle l’avait faite fuir ; Emma avait voulut être là, comme dans le passé, et Rachel l’avait faite fuir.

Phénix s’en voulait, sentant monter la culpabilité et la honte, la tristesse et la peur, et pour une fois depuis longtemps, la colère. La colère envers elle-même, qui était incapable de saisir cette chance qu’on lui offrait, la colère de n’être bonne qu’à détruire, la colère de ne faire que du mal aux autres, même quant il n’y avait pas lieu d’être.

A travers les larmes, elle serrait les poings à s’en faire blanchir les jointures, couinant sous la douleur que cela provoquait à ses poignets. La douleur, elle connaissait, la haine, elle connaissait ; elle les sentait monter à nouveau, surpassant la tristesse et la crainte. Elle avait de nouveau une personne à haïr : elle-même.

La colère et la haine avaient longtemps été ses moteurs, des moteurs qu’on avait cherché à brider, à détruire, tant ils étaient dangereux. L’amour les avait vaincus, puis sa perte les avait fait rentraire. Elle croyait en l’idéal de Xavier, une collaboration pacifique entre humains et mutants, mais elle haïssait une partie des humains, celle qui avait fait d’elle ce qu’elle était. Elle n’en n’était plus à vouloir exterminer les humains ou les Shi’ar, mais elle ne leur pardonnerait jamais entièrement. Sa rage était là, bridée sous la tristesse, brisée et morcelée par la perte de son monde, par sa perte dans ce monde, mais elle n’en était pas moins là, et à nouveau, depuis longtemps, elle montait. Rachel la sentait monter, et elle devrait évacuer.

Se coupant de son corps, Phénix se retrouva en projection astrale, se déplaçant à la vitesse de la pensée jusqu’à la limite de son périmètre avant de réintégrer l’univers physique, chose qu’elle fit sous sa forme astrale rouge et flamboyante. Forme qui résumait bien mieux son être que la frêle apparence de jeune femme apeurée, somme toute. Cherchant la lune du regard, elle fit quelques pas, un champ Télékinétique donnant corps à sa projection. Mais il n’y avait pas que cela qui signalait sa présence au monde physique ; les flammes, les flammes psychiques qu’elle dégageait embrasaient les alentours herbeux de la petite clairière dans laquelle elle était arrivée.

La colère, c’était le feu ; l’une de ses premières leçons de pouvoir. La colère, c’était le feu.

Crispant sa forme astrale à la peau rouge, Rachel poussant un long hurlement muet, déclenchant une déflagration autour d’elle ; évacuer la colère. Elle ne pouvait se tuer elle-même, alors elle devait évacuer autrement ; la colère c’était le feu, alors quoi de mieux qu’un brasier ?

Seule au milieu de cette tempête de flammes s’élevant en colonne et s’élargissant comme une tornade, Phénix tournant son regard vers la lune. Son cri de rage devint bien réel. Elle haïssait la Lune pour lui avoir prit sa mère, elle haïssait la Lune, témoin muette et indifférente de sa vie, identique ici ou sur son monde, le sens d’une femme en moins. Elle haïssait la Lune pour lui rappeler qui elle était, ce qu’était on héritage, ce qu’elle avait fait. Et toute ça colère, toute cette rage, toute cette haine enfouie et qui n’avait plus de cible, elle la laissa éclater à l’intention de la Lune, à l’intention d’elle-même.

La jeune femme avait toujours fonctionnée à trois choses : la culpabilité, l’instinct de survie, et la haine. Elle n’avait plus à ce battre pour survivre, on essaye qu’elle arrête de culpabilité, et sa haine n’avait plus trouvée de cible, jusqu’à lors. Cerclant sa boule de flammes d’un bouclier télékinétique pour éviter qu’elle ne crée un incendie incontrôlée, plus par habitude que par réelle intention d’ailleurs, elle resta là à bruler au cœur de sa colère, l’évacuant par ce seul moyen, de même que les forces qu’elle avait conservées.

Rachel finit par perdre conscience, sa projection réintégrant naturellement son corps désormais endormis, ne laissant de son apparition qu’un cercle calciné.

Elle était l’hôte du Phénix, et elle allait renaitre de ses cendres. Mais pour finir en cendres, il fallait bien ce consumer, à un moment où un autre…

RP TERMINE pour Rachel
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